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                    <text>111STO'J{1.Jt - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - rures, un Yoile blanc tombant de la coiffe et
llollant sur les épaules jusqu'au bas de la robr.
Quelques rares amis, des serviteurs l'entour~nt. Elle embrasseceux-ci, elle consoleccu:xlà. Elle demande que ses femmes l'accompa•
gnent, et elle se porte garante de leur courage. Entre les halleùJrdiers, le funèbre cortège se met en marche et gagne la grande
salle, En face de là cheminée, où brûle un
grand feu, se dresse, entouré d'une balustrade, l'échafaud, drapé de noir. Là se tiennent immobiles deux hommes masqués, ,"ftus
de noir; avec des tabliers blancs. Trois chaises et un billot. La hache rst posée contre la
balustrade. Au fond de la salle se liennrnl
quelques spectateurs, des châtelains du voisi-

nage.
~farie s·a~seoit, écoute la lecture de l'arrêt

et refuse d'abjurer sa foi a\'ec un calme
extraordinaire. Elle prie encore, même pour
ses ennemis, même pour Élisabeth! Ses femmes lui ôtent ses \'êtements de cérémonie et
elle apparait, les épaules découvertes, en habit de velours pourpre. Quand elle avance vers
le billot, ses lemmes se mettent à sangloter.

(&lt; Ne criez pas; j'ai promis pour rnus! )&gt;
leur rappelle la reine. Elle s'agenouille sur le
cous~in de velour~ noir, se laisse bander les
yeux avec son mouchoir et Jit encore à ses
femmes en les saluant de la main : « Adieu
pour la dernière fois et au revoir! l&gt; Elle récite alors un psaume, làle le billot et y pose
la tète en murmurant: « Seigneur, je remets
mon âme entre vos mains! n Ce furent ses
derniers mols. Le billot lui faisant mal, elle
place ses mains sous son cou. Le bourreau
les lui écarte, puis il !ère et abat la hache,
qui glisse sur l'os et blesse la reine. Aucun
cri, aucun tressaillement. Au second coup, lu
tête roule par terre. Au moment où sur les
restes sanglants on jette le manteau royal, le
petit chien favori dè Marie Stuart sort de sous
les plis du manteau, se prend à hurler et refuse de s'écarter du cadavre.
Aucune main amie ne couche la reine dans
son cercueil.
Ainsi Iadv Blenncrbasset nous relate en
détail la captivité et la mort de Marie Stuart.
L'émotion qu'inspire à la femme un si long
martyre n'innue pas sur le jugement de l'his-

torien. L'auteur n'a souci, dans celle intéressante étude, que de nous montrer àlarie
telle qu'elle fut : séJuisanle, généreuse,
passionnée et plus fidèle en amitié qu'en
amour.
La reine d'Écosse et la reine.d'Angleterre,
nous explique encore l'auteur, luttaient avec
une énergie et une ténacité pareil!t s pour
deux conceptions inconciliables. Ce duel fatal
entre les convictions politiques et religieuses
des partis qu'elles représentaient s'envenima
d'une féroce rivalité de femmes. Les moiens
d'allaque &lt;t de défense dont elles usèrent
peu vent répugner à des consciences modernes; mais, au xv1e siècle, la trahison et le
meurtre étaient considérés et acccplés comme
d'indispensables ressorts de gouvrrnement.
Or, quand, dans ce duel aussi long qu'acbarné
des deux reines, on voit de tels moyens assurer sans cesse le succè5, la puissance et la
victoire à l'une des rivales, comment se défendre d'un peu de pitié pour l'autre qui,
toujours malheureuse et vaincue, ne trourn
dans ces mêmes moyens qu 'humiliations, défaites, expiations et douleurs?
C HARLES

FOLEY.

Docteur MAX BILLARD

.,,.

La mort du Duc de Reichstadt
En 1851, Marie-Louise était demeurée à
Plaisaqce el se reposait de ses émotions loin
de la ,ille insurgée. Elle recevait de la capi•
tale les meilleures nouvelles et elle pouvait
enfin écrire à sa clière Victoire : cr A Parme
tout est tranquille; grâce au Giel, l'esprit
commence à devenir meilleur, et l'on m'y
désire beaucoup; on dit que la ville est dans
une tristesse terrible et toute déserte; elle
ne se remettra pas, je suis sûre, de bien des
années 1• l&gt;
~Tarie-Louise, en tout cas, se plaisait
beaucoup à Plaisance : le printemps était
venu, et avec les rayolls de soleil, clair et
chaleureux, les beaux jardins de celte résidence d'Cté étaient panaché5 de belles fleurs
llouvelles . Le mois d'avril rajeullissait la souveraine de ses fraiches harmonies, et la
compagnie de ses enfants et de ses intimes
amis ne gâtait rien à ces impressions balsamiques. Aussi quilte-t-elle, {( les larmes
aux yeux, Plaisance )) oil elle trouvait un
repos à.ont elle avait c&lt; si besoin l&gt; .
La duchesse reçut à Parme un &lt;&lt; accueil
froid , . La ville pourtant fut « illuminée
trois jours n. On chanta le lendemain de son arrivée &lt;c une cantate
au théâtre &gt;J, où la souveraine fut
saluée, dans sa loge, ()ar les applaudissements des spectateurs. Mais,
dans son ensemble, la population
ne manifestait aucune sympathie
réelle à son égard, et Marie-Louise
en faisait part ainsi le 2/~ août à sa
chère Victoire :
« On ne doit pas se faire illusion, le feu couve sous la cendre et
l'esprit est très mauvais; on n'a qu'à
rer1ardcr la manière insolente de
be~ucoup de gens, lorsque la voiture
de cour passe dans les rues, pour
s'en convaincre. )&gt;
Aussi la duchesse quitte-t-elle Parme assez ,,ile pour aller à Sala
&lt;( respirer un bon air et n'entûndre
rien lJ,
)lais à ptine est-elle installée dans
sa résidence d'été, que la nouvelle
arrive que le choléra, parcourant l'Europe
comme un vent mortel, moissonnait du Nord
Eilrait du volume : Les maris de 1\Jarir.-Louise.
,tapl'i.1s cfr,; docu111e11~s nouveaux ou i11édits, oun1we omè de lrènle-crnq gravures, par le docteur

)k-:° Billard. (Librairie acadêmique ~errin et ~ie.)
\. /,elfrc iL Mm e de Cre,rneville, Piaisa11ce,
l'i avril \~jl. - Co1-respo11danre de llariP-1.rmist'
t liOU-1847 /, Gêrolcl. Vienne, 1887.
Vl - ll1sToR1A. - Fasc. 4.~.

au Sud et de l'Orient à l'Occident des milliers
d'individus. C! S'il vient ici - ce n'était pas
très fier - je reste tout l'hiver à Sala, écritelle à sa chère amie; je serai à portée de faire
des dispositions, et cependant un peu isolée. &gt;)
Déjà, elle apprend que le Oéau s'est abattu
sur Vienne, et elle fait de nouveau part de
ses terreurs à Mme de Crenneville : &lt;( Je suis
dans les plus cruelles angoisses pour tous les
miens, et surtout pour mon fils, qui, quoique
près de l'empereur à Schœnbrünn, ne voudra
pas se ménager autant que le reste de la
famille; je crois que j'aurai beaucoup moins
peur lorsqu'il sera ici, qu'à présent, qu'il
est près des miens et que j'en suis éloignée
i1 tant de cent lieues. Je ne sais encore où je
me renfermerai à l'approche du choléra, et
je ne crains pas cette prison comme vous,
si nous venons dans ce cas; ce serait, pour
ce qui regarde la réclusion, comme ,un hiver
passé à la campagne; mais les suites, les
calamités et les dépenses du choléra seront
incalculables. Je suis sùre que le printemps
ne SC passera pas sans que nous l'ayons
en Italie, et toutes les mesures qu'on a à

LE DUC DE REI CHSTADT SUR SON LIT DE )lORT,

D'après la gravure de

SERZ.

prendre me donnent une peine terrible!. &gt;&gt;
Marie-Louise prévoyait donc de sérieuses
2.Lclfrc datb- de Parme. dit 24 septembre 1831.
~- Le 1.terceau du Roi de Home n'était pas à Vienne,
wmrne _l'ont prëtendu certains_ liist.oricns, ~ l'époque
oll )lar1c-Lou1se ordonna la fusion de sa to1lcllc d :irpenl. L'expédition c 1_1 fut faite de Pa1·m_e i1 S~lum~
IJrünn en ·1831. \01r J. Lecomte, lllal'te-Lmuse n
Panne, Somerai11. Paris. 181-5, t. JI. p. 87. - (.:I".
0

difficultés pour faire farc aux dépenses
qu'allait occasionner l'invasion du fléau. Cc
fut au milieu de cette crise, qu'elle pensa,
pour multiplier les ressources, que la toilette en vermeil et lapis qu'elle tenait de la
Ville de Paris, ile pouvait être mieux employée qu'au soulagement de ses sujets menacés d'une contagion générale . Marie-Louise
décréta, sur la proposition de son ministre
des Finances, le comte Bondani, la conversion en espèces de toute la matière fusible
de ce magnifique ouvrage, et en ordonna
immédiatement l'application au soulagement
des victimes et aux besoins des orphelins du
choléra. Cette fonte produisit 125.000 francs.
Marie-Louise avait songé un moment à battre
également monnaie avec le berceau en argent
du Roi de Rome; mais, sur la réclamation
du duc de Reichstadt, le ·somptueux souvenir
fut expédié à \'ienne'. •
Les angoisses de Marie-Louise ne l'empêchaient pas de goûter les douceurs de la vie.
Avec une sorte d'insouciance, elle écrivait de
Parme, le 26 février 1832 : c&lt; Je crains bien
de ne pouvoir venir au bal du 6 : car je
n'arrive que le 5 à Plaisance, el
ils m'ont préparé je ne sais quoi
pour les fêtes du carnaval. Mercredi
a été en scène le nouvel Opéra de
Ricci : 11 nuovo Figaro e !Cl A/odi:sla: quelle charmante musique!»
Au mois de mai -1832, !larieLouise était à Plaisance. Bien qu 'absorbée par des bals, des dlners, de:;:
soirées dansantes, l'al'chiduchei:isc
n'était pas sans songer à la santé du
duc de Reichstadt. Dans une letlre
à sa chère Victoire, elle écrivait :
« Je suis assez sotte, lorsqu'il y a
de mauvais bruits en ville, de m'en
inquiéter outre mesure, car, lorsqu'on est loin, on se fait bien des
monstres, et je ,,ois avec terreur
l'avenir; quoique je serais bien heureuse de revoir mon fils et de pouvoir m'assurer de l'état de sa santé
qui me tourmente bien cruellement
.
.
'
Je cr01s que le climat d'Italie lui
serait bien perniçieux, car sa poitrine, rrrâce
au Ciel, est tout à fait libre et touie la
Jloslein, qui rela_te qu~ le berceau _avait étê apporlé ;i
P~rme_ par ~ar1e-L2u1se et figurait au palais duc:il.
L llabe, Pans, l ~3a, Jl· 99. Ce chef-d'œuvrc ries talents réunis de Prud'hon, Roguct, Odiot et Tho~ire, qui a _figuré it l'Exposi~iou 1;ét~ospccti1·e de Ja
\Jlle de Paris (19001, fait au.1oui-d hm parli,i du tr1L
;;or de la maison impl'r1ale de \ïcnnc.

�!

I'

fflST01{1.JI

----------------------------------------

maladie s'est jetée sur le foie; on sait que
les climats chauds sont nuisibles ; il est
d'une mélancolie terrible, veut toujours
rester seul, et est extrêmement tourmenté

de la bile, qui continue à se dé9ager par
des évacuations; il ne tousse plus du tout,
et sort à pied et en voiture i mais la cure
sera longue; Ferrari me dit que ce qui

, lui fera le plus dè Lien sont les eaux minérale5:, el je crois qu'il en prendra, que cela
ne l'étonnerait pas qu'il prît la jaunisse, mais
que je dois être tranquille. Dieu veuille qu'il
aye raison. Car s'il arrivait que le malheur
voulût qu'il devî11t plus mal, el que le clw-

léra f"ùl ici, je ne pou,-rnis pas aller à
Vienne, ccir je sens que le devoll' de fout
;,01werain est de sacrifie1· ses plus chères
affections pour rester &lt;W milieu du danger
&lt;uec ses sujets . 1) Et Marie-Louis:c ajoutait:
« Uepuis mon bal, mon rhume est de nouveau re,·enu, et la poitrine me faiL mal. Je
suis contente que cette canée soiL p·assée,
mais je dois dire qu'il a vraiment été beau.
Mme Scarampi a donné une soirée dansante
charmante, mais, comme les veilles 1lle sont
défendues, j'ai été obligée de partir à minuit
à mon grand regret. ii
A l'époque où Marie-Louise écrivait cette
leltre à sa chère Victoire, on ne se faisait
plus d'illusions, à Vienne, sur la santé du
duc de Reichstadt. Le jeune prince ne quittait plus le lit el se mourait lentement.
Marie-Louirn arait été instruite du daugn
qui menaçait son fils, mais elle ne pouvait se
décider à quitter ses États 1 • Elle ne consentit
à partir que lorsque les nourelle, furent
alarmantes. Rlle s'arrêta à Trieste pour voir
l'empereur qui s'y trouvait en ce moment;
une indisposition assez grave la força même
d'y rester quelques jours.
Le soir du 24 juin, elle arrivail enfin à
Schœnhrünn.
On assure que son désespoir fut profond,
à la vue des ravages que le mal avait déjà
faits sur ce jeune homme naguère si beau,
1. « Votre .\llessc conçoiL que pour des raiso11s
d'œoonomic (sfr) et d'ordre aussi bien que puur la
tranquillitê du ,Pays 1 je 1w conseille point a Sa Majesté de le quitter el de se rendre a Vienne sans
motîrs, mais elle concevra ~galcmcut mon a11xiété de
ne pas contribuer inrnlontaircmeut ii cc que l'on
puisse un jour blùmcr celle au_gustc princesse d'uuc
iudiffèreuce (qui ne !erait cerla1nemcnl qu'apfarenlr)
pour son fils; j'ose tlonc rnus prier, mon prmce, tic
\·ouluir bien me !'.'.tire connailrn votre opinio11 it ccl
l'gard. » Le/ln~ du b(u·o11 de ,llarshall â Meflemicli,
~ mai ·IR32, citf'c par Eduard Wertheimer, Der ller:::.og vo11 Reiclt,ïludl , Stuttgart cl llerliu 1902, p. 436,
uote 5.
2. fr.li gehe u11lt:.rJ /ch qehe w1ter !
3. 1llei11e Alutler 1·ufènl Meiue ilfolfer 1'11fe11!
lreg mit dem 'fùch.' lch bmuc!te uicltls meltrl Cc
sunl les pt1roles textuelles prononœcs par le duc de
Hcichstacfl. • Eduard \Vcr1hC'imcr, d'aprês une lettre
tic Moll â Oiclrichstein du ü aolll 1832, loc. cil.,
p. 4i2. note 1.
4. Umscltfiigc! J'esil,alor! Ces dcruiers dclails

au front rayonnant d'intelligence, actuellement sans voix, courbé, les joues creuses, les
yeux hâves el enfoncés, se soulevant sur son
lit de mort pour presser de ses bras défaillants sa mère, qui, dans l'oubli de ses plus
saints devoirs, l'avait sevré de l'amour et. de
ses caresses, et venait recevoir son dernier
soupir.
La présence de sa mère parut, pendant
quelques jours, diminuer l'intensité du mal
par la satisfaction qu'éprouva le prince. Mais
ses jours étaient comptés.
Le 21 juillet, une circonstance singulière
signala le premier jour de l'agonie du Hoi de
Rome. La foudre, comme pour proclamer son
arrêt de mort, tomba sur une des aigles impériales qui décorent et dominent le palais de
Schœnbrünn. , Le fils de Napoléon, dil-on à
Vienne, devait Onir par un coup de tonnerre. i&gt;
La nuit se passa dans une alternalirn dd
ralme affaissé cl d'agitation nerveuse. Le ca~
pitaine baron Moll, gouverneur du prince,
11e quittait pas la chambre du malade. Vers
les trois heures et demie llu matin, le duc
ressentit tout à coup une violente douleur; il
Se leva sur rnn s~ant et s'écria en allemand :
« Je me meurs! Je me meurs! t » Moll bondit
au lit du moribond et, al"ec l'aide du D'" Nickert, souleva le duc qui se mit à crier: « Appelez ma mère! retirez la table!. .. je n'ai
plus besoin de rien! 3 » Croyant que la crise
serait vite passée, on ne crut pas devoir
avertir l'archiduchesse. Moll el le o,· Nickert
étaient près du lil el soutenaient. loujours le
malade. Soudain, le baron sentit que le duc
lui saisissait les bras et les pressait com'ulsivement, el le jeune prince se mit à crier avec
de grands elTorls : " Cataplasme! vésicatoire! 4 1} Ce furent ses dernières paroles. Ses
yeux devinrent hagards, vitreux, presque
éteints; il respirail doucement, mais il ne
pouvait plus parler. C'est alors que Moll courut avertir la grande maîtresse de MarieLouise et l'archiduc Fraaçois, &lt;( à qui le
sf)n1 empru11lè~ au rétcnl l'l saranl ounagc Je
~I. Eduard Wertheimer (Der 1/er~og 1•on lleù:hsladl ),
qui, 11ppuye sur des documents inédits, émt111ant des
témoins mèmcs du drame ile ~d1œ11hrünn, donne 1111
t'&lt;'cil de la mort du duc de l\ciclisladt, &lt;1ui dill'l·n·
rnr plus d·un point tle la relation de dr ~lo11tbcl
dont se srml, en gênèral, în~pirés l~s liîsto1·ic11s • .
5. Oc Montbel. Le duc de Jiewltsla il. Le :-i;ol'manl, Paris 1852, p. 33i.
tî. El 11011 le rlianoi11c WagnC'r, ui un prêl~L, comme
le con:li"nent génCralcmcul lrs historie11s. Eduard
Wcrlhei;.cr, lue. l'il. ; 11. H::i.
7. Le même.
S. li l'ut µris 1iar un ~culplr,ur inconnu jusque-lit,
du nom de Klein. F'oresli a Dielrù.:hsteù1. Vie1rne,
8 septembre 183'1. Cilé par Eduard Werlhcimcr , foc.
cil ., p. 4i5.

9. Les rcmmp1oblPs lrarnux, préscurs il Ioules lf'S
m,!moircs, de Ml!. l\lassu11, Webchingcr, Imbert de.
Saint-Amand cl CalianCs, nnus dis11f'nsent d1• tout
il1i\·cloppl.'mcnt sur la maladie , les cérémo11ic~ et les
o!Jst'11ucs ,lu tluc tic J:cichs1~1H.

prince avait demandé de l'assister dans ses
derniers momenls 5 n.
Quand Marie-Louise entra dans la chambre
morluaire, elle trembla de tout son corps,
chancela, et, pour se soutenir, saisit le bras
du baron avec conlraction. Arrivée au pied
du lit, elle fondit en larmes, incapable de
proférer une parole. Le prince la reconnut;
un sourire triste dessina l'arc de s:es lèvres,
et il fit à sa mère par deux fois un signe de
tête, cherchant à exprimer un dernier adieu
que ses lèvres ne pouvaient plus articuler.
A ce moment, outre ~farie-Louise, se tenaient autour du lit du moribond le général
Hartmann, le capitaine Standeisky, le baron
Marshall, le comte Scarampi et le D' Malfaui.
Au milieu du silence de mort qui régnait
dans la chambre, on introduisit alors un
jeune chapelain du chàteau, r1ui assistait
pour 1a première fois un moribond 6, et qui
évita, pendant toutes les prières de l'cxtrêmeonction, tout cérémonial qui pi'll impressionner le jeune prince. La cérémonie eut Jieu
au milieu du triste et profond recueillement
de l'entourage. Tout le monde se mit à genoux, Marie-Louise, appuyé.c conlre un fauteuil, anéan 1ie. &lt;! Les prières finies, le jeune
prêtre demanda au duc s'il devait lui foire
une leclnre ou une prière. A la première
question, il répondit : Non, d'un signe de
tête. A la seconde, .il fit une légère affirmation
de la lèle. Alors le chapelain se mil à prier à
mi-voix 7 • )) Mais, tout à coup, à cinq heures
huit minutes du matin, après avoir jeté la
iète deux lois d'un côlé el de l'autre, le prince
s'éteignit doucement le jour même où il avait
appris à Schœobrünn la mort de Napoléon,
dans la même pièce où le vainqueur de Wagram, surgissant avec ses légions et ses fanfares, avait fait la paix avec l'Autriche domptée
et pantelante, où le même jour encore, déshérité, frappé dans tous ses droits, le Roi de
Home s'était vu frustré de son nom glorieux
pour prendre celui de due de Reichstadt.
Tout était fini. Le Roi de Rome dormait du
dernier sommeil, et l'on emportait MarieLouise évanouie.
Le duc Je BeichstaJt, Loité, éprronni, revêtu d'un pantalon bl1in brodé d'argent cl
d'un habit blanc avec des Mcoralions, resta
exposé à Schœnbrünn sur son lit de mort,
pendant la journée du dimanche.
Le lundi ~5 on procéda à l'aulop:.ie du cadavre el, après l'ouverture du corps, au moulage du masque du jeune princ{l sur sa focc
amaigrie 8. Le 25, à 5 heures du soir, un
char fu11èbre trainé par six chevaux blancs,
richement caparaçonnés, emportait à la crypte
de la petile église des Capucins lti cercueil èlc
celui f}UÎ fut le Roi de Ilomc,.
DOCTEUR ,\L\X

~

BILLARD.

VvE

DE

BORDEAU,'-, A LA

JOSEPH

La
CHAPIT~E Il
Sans prétendre f.tire le relevé des amours
de la belle Mme de Fontenay, encore moins
celui de ses caprices et gaillardises, il est
certains épisodes de sa vie, d'autant plus inlércssants q~'ils sont difficiles à dire, qu'on
ne peut véntaLlement passer sous silence :
l'esquisse de sa physionomie en serait trop
incomplète.
Une fois arri\'ée à llorJcaux, Mme de Foulenay, qu'il ne faut pins appeler que Mme de
Cabarrus maintenant qu'elle est di\'orcée, se
mit à voir fréquemment ses deux frères el
son oncle Galabert qui étaient en cette ville.
Elle avait besoin de distractions; à son àO'e,
après un divorce, c'était bien naturel. Il ;ùt
été plus naturel d_e ne les demander qu'à. son
enfant et aux sorns de son éducation; mais
la corde maternelle n'est pas celle qui vibrait
le plus fort chez celle belle coquette. L'oisiveté, les exigences d'un tempérament ardent
qui n'était point satisfait depuis que le ma-

FIN DU

XVII!•

SIÈCLE,

TURQUAN

cito:yenne Tallien
riage, puis le divorce, avaient mis son cœur pos,tion ll. Il faut le dire pour l'excuse de
en disponibilité, le manque d'éducation mo- Thérésia, ces sortes de goûts n"étaient pas
rale, de sentiment du devoir, et même de rares à la fin du xnue siècle. La liaison de
cette sorte de propreté morale qui les rem- M. le Duc (de Bourbon) avec sa sœur la duplace quelquefois: devaient promptement faire chesse du Maine avait été chose non seulenaitre en elle une inclination quelconque. ment connue, mais admise. Elle avait fait
Cette manifestation du sens d'aimer ~e pro- école et trouvé des imitateurs, comme si l'on
duisit par une aberration. Une espèce de né- eût ,écu dans l'ancienne Grèce ou au temps
vrose du cœur compliquée d'une curiosité des Ptolémées. Personne n'ignorait la liaison
dépravée des sens et d'une fermentation du duc de Choiseul et de sa sœur la duchesse
printanière et de jeunesse', la jela dans une de Grammont; personne non plus ne. son~ingulièrc avenlure. Nous ne toucherons .geait à s'en scandaliser, el si l'on en parlait
que deux mots sur ce sujet délicat, un et de dans les salons, c'était comme de la chose la
ces honteux secrets que Ie cœur humain plus naturelle. Il était donc tout simple que
pour parler comme Cbateaubriand, qui lt"s les indulgences excessives que le m9nde arait
eonnaîssait - cache trop rnuvent dans ses pour ces faiblesses - é,1~:'Ilent parce que
abimes , . Nous n'en aurions pas dit un mot ceux qui se les permettaient occupaient les
si l'indiscrète duchesse d'Abranlès n'en avait pins hauts degrés de l'échelle sociale - Théparlé la première. Thérésia se mil donc à résia les eùt pour ses propres faiblesses êt ne
aimer .. .. Vous avez lu le René de Chateau- t;herchât point à réfréner ses instin~tS. Son
briand? ... Eh bien, c'est la même histoire frère, cependant, ne les partagea point; du
que celle de Rene', mais, comme l'a dit la moins, il ne s'y laissa pas aller, et il espéra
duchesse d'Abrantès, C&lt; arec une entière trans- que les distractions auraient vite raison de

�r--

celle aberration p:1ssagère. Il fit donc en
sorte d'avoir toujours des amis à la maison
quand Thérésia devait y venir.
Parmi ses amis était un jeune homme de
dix-neuf ans, alors adjoint au commissaire
des guerres, M. Édouard de Colbert, qui
avait déjà servi l'année précédente dans la
garde nationale de Bordeaux. Il avait de l'esprit, beaucoup de distincLion naturelle, des
manières cLarmantes et une fougue de tempérament qui semble avoir diminué, en

même temps que le charme des manières,
chez les jeunes gens d'aujourd'hui. Il se proposait de quitter les bureaux et de prendre
du service actif aux frontières, ce qui était

plus dans ses goûts, lorsque l'arrivée de

1'

1

1

LA

1f1ST01{1.Jl

Mme de Cabarrus ajourna ses projets.
Une jeune femme aussi belle que l'était
'fhérésia avait plu tout de suite à li. de Colbert qui en était sur l'heure devenu amoureux, mais amoureux fou, comme on l'est à
son ,lge et comme on l'était quand il s'agissait de Thérésia.
li ne paraissait pas facile de déclarer à la
jeune femme les sentiments qu'elle avait
in.'-pirés. Le véritable amour rend les hommes
timides, surtout quand ils n'ont pas encore
vingt ans et que l'éducation leur a enlevé la
présomptueuse assurance qui est presque
toujours inséparable de la médiocrité ou de
l'exlrême jeunesse. Ne trouvant pas l'occasion de faire part à Thérésia de son amour,
il en fit part à un ami, M. de Lamothe, fils
du médecin ordinaire du feu roi Louis XVI.
Il lui raconta comme quoi il aimait la jeune
femme de toute son âme, que le son de sa
voix l'enivrait, que son regard lui donnait le
vertige, que ses lèvres lui inspiraient l'irrésistible envie de les presser sur les siennes,
qu'il n'en dormait plus, qu'il ne pensait qu'à
elle et l'adorait à en mourir!
Il. de Lamothe ne fut pas longtemps sans
rencontrer Mme de Cabarrus . li vil qu'elle
justifiait de tout point l'amour de son ami.
o: Ma rencontre avec Mme de Fontenay, a-t-il
raconté, avait eu quelque chose d'étrange.
Édouard de Colbert, avec qui j'étais en relations d'amitié, sans pourtant être fort inlime,
m'avait choisi pour son confident et me racontait combien il élait malheureux. Souvent
il voulait s'éloigner, ruais la magicienne resserrait ses liens par un regard et le malheureux jeune homme restaiL plus insensé que
jamais. Je craignais d'èlre présenté à cette
femme qui enfl~mmait ainsi pour ne pas
aimer, et puis un jour, je ne sais par quel
événement sii!1ple cela se fit, je m'y trouvai
présenté par Edouard lui-mème. ))
C'est toujours une grande imprudence à
un amoureux de présenter un homme, jeune
ou vieux, beau ou laid, à celle qu'il aime;
il semble que les femmes apportent jusque
dans leur coquellerie et dans les choses du
cœur leur esprit de contradiction. Ces jeunes
gens sont, en vérité, d'une inexpérience! ...
Mais c'est le défaut des natures lo)ales : elles
sont trop confiantes. M. tdouard de Colbert
pria donc son ami de plaider un peu en sa
faveur auprès de 'fhérésia,

« Puisque maintenant tu es dans la maison, me dit Édouard, je t'en conjure poursuit M. de Lamothe - lais Les efforts
pour découvrir ce qui peut causer sa froi~
deur; car je l'aime, je l'aime comme un
pauvre fou, cette femme, et je vois que non
seulement elle ne m'aime pas, mais qu'el1e
ne m'aimera jamais. n
li n'était pas aisé à M. de Lamothe de
plaider la cause de l'amoureux. L'oncle de
Thérésia, M. Galabert, avait conservé au fond
du cœur quelque levain secret des sentiments
quïl avait eus pour elle huit ans auparavant
à Madrid; et, soit qu'il eût gardé, depuis
qu'elle était divorcée, l'espoir de se voir
agréer par elle, soit pour toute autre cause,
il se montrait aussi jaloux que s'il était déjà
son mari. Il ne laissait jamais sa nièce seule
et M. de Lamothe ne parvenait pas à lui dire
deux mots qui ne fussent entendus de ses
gardiens. Car l'oncle n'était pas seul à garder
la précieuse Thérésia. Son frère aîné, Théodore Cabarrus, c&lt; était un vrai tuteur de comédie. Jaloux comme un Espagnol, grondeur
comme un vieillard de tous les pa}'S, il était
si désagréable qu'il fallait aimer sa sœur
, comme l'aimaient ces deux jeunes gens pour
supporter ce qu'ils supportaient de lui 1 "·
Car, à peine présenté, M. de Lamothe
n'avait pu échapper à ce captivant parfum
d'amour, à ce charme étrange et enivrant
que la jeune femme répandait autour d'elle.
Bien qu'il fùt devenu le confident des sentiments de M. de Colbert, la beauté de Thérésia lui avait fait une plus grande impression qu'il ne le pensait lui-même; et c'est
malgré lui qu'il était de,'enu sou rival. Il
avait beau se promettre de ne plus la revoir,
il se donnait ensuite le prétexte de soigner
les intérêls àe son ami et reYenait auprès
d'elle. Puis, devant la charmeuse, hypnotisé
par ses yeux de velours et la musique de sa
rnix, il oubliait tout et se laissait aller à
aimer pour son propre compte celle dont il
aurait dû aiguiller le cœur vers le cœur de
M. de Colbert.
Mais Thérésia se montrait aussi aimable et
indifférente pour l'un que pour l'autre;
celui auquel el1e pensait restait rarement
dans son cercle, et c'est ce qui explique la
sérénité avec laquelle elle recevait les madrigaux de ses aimables adorateurs.
Et le temps passait ainsi, les jours succédant aux jours., les semaines aux semaines,
sans que les affaires de chacun en fussent
a\•ancées.
L'été, au milieu de cet enchevêtrement de
sentiments si divers, était venu. On sait combien il est enchanteur dans celle ville de
Bordeaux; il l'est encore davantage dans ses
environs. Pour des amoureux, c'est le paradis. Mais, en cette année 1795, l'été fut
extraordinairement cliaud. Aussi allait-on le
soir, aux Allées de TournY, s'asseoir sous les
arbres el causer en pre~ant des glaces. Le
cercle ordinaire se formait et l'on devisait
gaiement en dépit des terribles événements
politiques. Or, un soir, on en vint à parler
1. Duchesse d'AoRANTi'.:s, Sftlo11s de Paris.
,,., JOU w-.

du repos et de la tranquillité que l'on goùte ~
la campagne.
- Pourquoi, dit Édouard de Colbert,
n'irions-nous pas à la campagne?... A Bagnères, par exemple? ... On doit y jouir d'une
fraicheur délicieuse ... .
1'hérésia, qui ne disait non à rien quand
il s'agissait de plaisirs, s'écria : et Allons à
Bagnères ! l)
- Allons à Bagnères! Allons à Bagnères!
s'écria après elle toute la bande, folle de jeunesse, d'amour et de mouvement.
Chacun espérait bien, à la faveur des mille
incidents d'un voyage en voiture et des haltes
aux auberges, avancer ses affaires d'une façon
décisive. Aussi fut-il décidé, séance tenante,
qu'on irait tous ensemble à Bagnères. La
journée du lendemain devait être employée
au~ préparatifg et l'on partirait le surlendemam.
Ainsi fut fait. Les cinq personnages du
petit roman, assez compliqué, qui allait se
dérouler comme un rouleau de ruban de
Bordeaux à Bagnères, montèrent en voiture.
Le jeune Cabarrus avait trouvé un prétexte
pour ne pas venir : Théodore, lui, s'était
constitué le gardien de 1a vertu de sa sœur,
et était de la partie, avec l'oncle Galabert.
C'était une chose-bi:en curieuse que·de voir
ces quatre hommes, tous jaloux les uns des
autres, graviter autour de la belle Thérésia.
Olympienne et sereine, aimable pour chacun,
de,,inant certainement les sentiments si divers
qui l'enlaçaient silencieusement, mais ne
laissant pas de-viner les siens, la jeune femme
se livrait à une gracieuse causerie, cl un bon
ton parfait couvrait, il est inutile de le dire,
l'acuité de la gituation.
Le voyage se faisait d'une façon charmante . On al1ait à petites journées, déjeunant dans une auberge, dinant et couchant
dans une autre .... C'était délicieux. On eût
dit une idylle ambulante, douce comme de
l'eau de guimauve, comme les fadeurs de
Bouilly et de Florian. ll_n'y manquait même
pas la jolie bergère, enrubannée de rose et
de bleu : mais, dans peu de lemps, le roH'
allait se changer en rouge et le drame remplacer l'idylle, c'é1ait plus conforme au règne
de folie et de sang que l'on traversait.
En effet, la paix qui régnait entre les
voyageurs ne pouvait pas se prolonger;
c'était une sorte de paix armée, passablement
hypocrite, comme celle qui règne entre certaines nations, mais la seule qu'il pût y avoir
entre ces gens partis pour Bagnères et dont
quelques-uns comptaient bien débarquer à
Cythère. Cette paix était il la merci du
moindre incident. Il ne larda pas à surgir,.
On était arrivé dans un petit bourg, au
delà de Langon. Chacun mourait de faim el
de fatigue·. On trouva bien de quoi souper :
avec des poulets et des œufs, on peut toujours improviser quelque chose; mais, pour
le coucher, ce fut une autre affaire. 11 n'y
a,•ait en tout que trois chambres. Comment
s'en arranger? ... L'oncle Galabert -et son
neveu Théodore, qui avaient cru s'apercevoir
d'un échange d'œillade,, plus électriques el

plus répétées qu'ils ne l'eussent voulu, entre
la brebis donl ils s'étaient adjugé la garde et
les jeunes loups qui auraient bien voulu se
l'adjuger à eux-mêmes, l'oncle et le neveu,
4ui foisaient même assez piteuse mine dans
&lt;·e feu croisé de regards amoureux auxquels
ils ne participaient en aucune foçon, trouv~renL un arrangement extrêmement ingémcux. &lt;C A la guerre comme !L la guerre, dit
Galabert; ma nièce prendra la chambre du
fond. Quunt fr moi, qui lui srrs de père et
qui ai le devoir de veillcr sur elle, je ne puis
m'en éloigner : j'occuperai donc la seconde
pièce, donnant sur celle du fond. Le troisième chambre, il est naturel que mon neveu
la prenne; la famille ne peut pas se séparer. &gt;)
- Et nous? .. . dirent M. de Colbert et
li. do Lamothe.
L'oncle leur fit entendre qu'ils étaient
jeunes et qu'à leur âge on est bien partout.
Eh! mon Dieu, ils n'auraient qu'à faire
comme le cocbt'r et les domestiques : c'élllit
bien le diable s'ils ne trouveraient pas dans
le village une grange et de la paille fraiche,
et ce serait encore eux les mieux couchés.
Théré.sia se récria aYec indignation. Mettre
ces mes~icurs sur la paille! Oh! non, cela ne
se pouvait pas faire ... Comme les domestiques? En vérité, son oncle n'y songeait pas!
ll n'i, songeait que trop au contraire et
chacun des jeunes gens vit que ses sentiments
avaient élé pénétrés par la jalousie de l'oncle
et la vigilance hostile du frère de celle qui
les avait si bien ensorcelés. Ils se promirent
donc d'ètre sur leurs gardes et lancèrent en
même lemps un regard tendrement reconnaissant sur Thérésia, qui avait la bonté de
prendre leur parti et ne permettait pas
qu'ils couchassent ailleurs que sous son toit.
L'oncle Galabert fut obligé de céder, mais
non sans grogner un peu. On discuta et l'on
finit par s'arrêter à l'arrangement suivant:
Thérésia gardait naturellement la chambre
donnant sur le jardin qui lui avait élé d'abord
assignée; on mettait des ma tel.as par terre
dans la seconde chambre et les quatre
hommes y camperaient de leur mieux. Le
cocher et les domestiques s'entasseraient de
la même façon dans la troisième pièce.
Ainsi fut fait.
Mais il faut ici lais~er la parole au général
de Lamothe, qui a raconté ce voJage à Bagnères.
(( Je remarquai, dit-il, une sorte d'alliance
entre Edouard de Colbert, Cabarrus et Galabert. Ce soir-là on me plaça de manière que
j'étais entouré des trois autres : ceci avait
une raison.
&lt;( Depuis que le voyage était commencé,
nous avions trouvé le moren de nous réunir,
~lme de Fontenay et moi, c'est-à-dire que
j'en avais enfin oLtenu la permission de lui
dire que je l'aimais et elle m'écoutait sans
colère. Ce même soir, nous devions nous entendre mutuellement, car je voyais, je sentais
qu'elle m'aimait, et cepcndant,je me désespérais, car elle ne faisait encore que m'écouter.
Aussi, lorsque je me Yis ainsi entouré, il me
prit un vertige, causé par la colère, qui me fit

perdre toute pensée de retenue, et je résolus
de parler à Thérésia ou de tuer tout ce qui y
mettrait obstacle. J'avais de fort bons pistolets, ils étaient chargés el toujours auprès de
mon lit, maÎ!ï le bruit aurait pu l'effrayer. Je
pris avec moi, dans mon lit, un grand couteau à découper que je tromai sur la table
0\1 nous avions soupé et que j'emportai avec
moi sans que l'on s'en aperçùt. Nous nous
couchàmes. Avant de faire une tentatiYe pour
me lever et passer au milieu de tous ces corps
qui semblaient s'entendre pour me barrer le
passage, je voulus bien m'assurer que tous
étaient endormis.
«La volonté ferme est toujours puissante. Je
ne crois pas qu'il y ait une chose, quelque
forte qu'elle soit, qui résiste b la ,·olonté qui
veut. Au bout d'une heure mes gardiens étaient
endormis. Alors je me levai. Mais lorsque je
voulus me chausser, je ne trouvai ni souliers
ni bottes. Cabarrus avait tout fait emporter
sur le conseil d'Edouard de Colbert.
« Je ressentis une telle colère, que si, dans
ce moment, l'un d'eux s'était éveillé, je lui
aurais donné un coup de couteau ou lui
~urais cassé la tête, mais ils ne bougèrent
pas. Cette mesure m'expliqua leur sécurité et
pourquoi ils s'étaient endormis si paisiblement. Je ne voulus pas leur donner cause
gagnée, et, toujours attendant que leur sommeil l,H plus profond, je ne me levai que
lorsqu'il fut tout à fait certain qu'ils ne
s'éveilleraient pas. Je passai au milieu d'eux
avec des précautions dont le détail vous
amuserait et j'allai trouver celle qui m'attendait. Nous parlâmes de cet esclavage oü elle
était retenue et je lui fis roir que c'était une
souffrance qu'elle s'imposait volontairement.
Elle m'écoutait et m'aurait cru dans les con-

Vm: DU FORT DU lIA, A BORDEAUX. -

seils que je lui donnais, quand même
Edouard de Colbert n'aurait pas agi comme il

CTTOYDNN'E TllLLTEN - - ~

le fit. A mon retour dans notre chambre, il
me parla sur un ton qui me déplut. Nous
nous balllmes à l'heure même et ,i'ens If'
bonheur de recevoir un coup d'épée. n
C'était en effet un bonheur pour cet amoureux, car la conséquence de sa blessure fuL
d'être soigné par la belle Tbérésia. Ce duel
avança donc 1_Jlus que ne l"eussent fait des
semaines de la cour la plus assidue les affaires de M. de Lamothe. En tout cas, il
brusqua la situation, trancha toutes les intrigues qui enserraient 'l'hérésia comme une
mouche dans les fils d'une araignée, et amena
une solution.
Un duel pour elle! quel bonheur pour une
coquette! Il y a bien ordinairement un petit
embarras : lequel faut-il aimer, le blessé ou
le vainqueur1 Le vainqueur est certainement
un homme supérieur au vaincu, et par la
force, et par l'adresse, et par le sang-froid,
et par la fougue, et sans doute aussi par
l'amour qui a décuplé toutes ces qualités au
moment décisif; mais le pauvre blessé ne
méritc-l-il pas aussi un regard'!... regard
moins flatteur assurément, puisqu'il y entre
plus de pitié que d'admiration. Mais comme,
au demeurant, c'est pour elle que son sang a
coulé, qu'il souffre, on aurait mauvaise grflCe
à ne pas lui en témoigner quelque reconnaissance.
El c'est avec ces sentiments passablement
enchevêtrés, et qu'elle ne se mit pas en peine
de débrouiller, que la compatissante Thérésia, guidée a,·ant toul par son bon eœur,
s'installa en infirmière au chevet du blessé,
suivant peut-être par la pensée son adversaire victorieux.
Mais tout cela, comme on le pense bien,
ne s'était point passé sans faire quelque ta-

D'apres la gravu,·e dl C0:-ISTA:-IT BOURGEOIS,

page. Il y eul de vh·cs explications entre
l'oncle et la nièce, le îr(·re et la sœur; mais

�r-1t1ST0R,.1.ll
il n'y eut pas d'autre duel. Thérésia, qui
croyait 1e blessé en plus mauvaise po~ture
qu'il ne l'était réellement, se montrait désespérée et, dans le fond de son cœur, était aux

anges de ce que deux beaux jeunes gens se
fussent coupé la izorge pour elle, aux anges
aussi de. soigner un blessé. Pensez donc, à
vingt ans. romanesque et un peu espagnole
comme elle l'était!. .. Aussi, exaltée par cet
événement, le prit-elle de haut avec son
oncle et son frère qui venaient lui faire des
représentations.

En

quelques mots, elle

sabral'affaire. Elle déclara qu'elle n'avait
que faire de leurs conseils et qu'elle ne voulait pas être gardée; elle ajouta que, à partir
de ce moment. elle prétendait secouer le joug
de leur tutelle, agir à sa /?UÎse et être sa
maîtresse. Que diable! quand elle a cinq ans
de service dans le mariage; que, de plus, elle
est divorcée, une femme sait se conduire, ou
bien elle ne le saura jamais ....
Ainsi congédiés, J'oncle et le frère tinrent
conseil avec Il. de Colbert, pendant qu'on
leur préparait à déjeuner . Le résultat de la
délibération fut que Je VO}age ne pouvait se
continuer, que Il. Galabert, qui avait des affaires à Bayonne, irait à Bayonne; que M. de
Colbert retournerait à Bordeaux et que M. de
Cabarrus l'y accompagnerait. Cette entêtée
de Thérésia demeurerait au village et soignerait M. de Lamothe. Ainsi lut lait. On se sépara aw•c heauroup moins d'entrain qu'on ne
s'était réuni et mis en route; puis, chacun
tira de son côté.
&lt;t Tbrrésia et moi, a raconté le général de
Lamothe, h~ureux comme on l'est quand on
s'aime Pt qu'on Pst libre, nous passâmes le
temps de ma convalei-cenre dans }p plus beau
pays. ressentant au rœur une joie qui n'a
plus de parf-'ille dans Je reste de la Yie. 1&gt;
M. Edouard de Colbert, dépilé de celle
avrnlure, se lassa de la vie de bureau qu'il
menait comme adjoint au commissaire des
guerres. Les frontières étaient menacées; il
alla à Paris, s'en:ra~ea, et partit comme simple so!Jat dans le 8• bataillon des volontaires
de la Seine, dit bataillon de Guillomne Tell,
ft'Cruté dans 1a section de Brutus. Il fit une
brillante et glorieuse carrière. (1 dt&gt;vint général de division et a écrit ses Souvenirs simplement destinés à sa famille. Ces Souvenirs 1
ne mentionnent pas l'épisode du voyage à Bagnères, d'abord parce que le général ne parle
que peu de ce qui n'a pas lrait aux choses de
la guerre, ensui1e parce qu'il ne commence
ses Souvenirs qu'a_u mois d'août i795!, c·està-dire après son départ de Cordeaux.
Il faut donc s'en tenir au récit de M. de
Lamothe qui devint lui aussi général. Il y
faut ajouter cependant que le jeune frère de
Thérésia, qui s'était lié avec M. Edouard de
Colbert, partit avec lui pour l'armée. " Depuis longtemps, il était visible que le malheureux jeune homme voulait se faire tuer. ll Il
1. Nou$. sommes heureux de remercier ici le général marquis de Colbert,petit-lils du général Auguste de
C11Ibcrl, tué à \'ennemi, pelil-nernu du ~énéra l

J::d1.1uard de Colbert, de nous avoi r communiqu é le
pl11,; gra~iCll~emenl du monde lesSowumir,y el papiers
inédits de son s1·a11d-onclc.

Llt

La Convention avait déjà enroi-é dans la
Gironde deux de ses membres, Paganel et
Garrau, pour assurer l'exécution du décret
sur le recrutement de l'armée, et, dans de
telles circonstances, ces représentants avaient

toutes les peines du monde à remplir leur
mission.
Le désarroi n'existait pas que dans l'administration : il exislait aussi dans les esprits.
Il est curieux de remarquer que les femmes
_!:C montrèrent, à Bordeaux, plus déséquilibrées que les hommes. c! Nous devons indiquer comme un signe des temps et de laperturLation morale qui régnait dans les esprits
- a écrit le très distingué auteur de l'llistoù-e de la terreu1· à Bordeaux, M. Aurélien
de Vivie - l'immixtion des femmes dans les
affaires publiques. La manie de la politique
les avait chassées du innécéc et faisait des
ravages surtout dans la classe moyenne. Paris en offrait des exemples, Gordeaux les suivit. On voyait les femmes abandonner leur
ménage, les .soins à donner à leurs enfants
et aux affaires domestiques, pour se réunir
sur les places publiques, où les plus audacieuses haranguaient ]a foule ébahie, et parlaient sur toutes les questions à l'ordre du
jour avec une ,,olubilité qui émerveillait les
auditeurs. C'était un spectacle à la fois risible
et déplorable. Il
On voit que le fé)Ilinisme ne date pas d'aujourd'hui.
Des femmes qui avaient la langue la plus
alerte ne se contenlèrent pas des succès du
Forum : il leur fallut ceux de la tribune.
Mais comment y arrh·er?... Les laisserait-on
parler dans le:; clubs que fréquentaient Jeurs
tyrans de mari5. ?... C'était assez doutl:'ux : on
avait supprimé la tyrannie, mais, en t'ait de
tyrans, on n'avait encore osé supprimer que
celui des Tuileries : quand donc supprimerait•on les Capet de ména~e? ... Pour y arriver, il fallait que les femmes s'en mêlassent,
car, avec ces hommes! . .. Elles demandèrent
donc l'autorisation de fonder un club à elles.
Car, c'est un fait, les Îl·mmes n'étaient pas
libres : il leur fallait, pour chaque chose, demander des permissions, même pour satisfaire le besoin qui leur est le plus naturel,
pour parler!
L'aulorirntion fut accordée et les Amies de
la Con.stitntion, - tel lut le nom qu'elles
prirt"nt - se réuairent dans l'église df's Augustins. Elles nommèrent une présidente,
Mme F. Gentil, des vice-présidentes, une
trésorière, des secrétaires.... En peu dC'
temps, le nombre des Amies de la Constitu~
üon dépassa deux mille. La peur d'être signalées comme mauvaises patriote!-:, plus peutêtre que le besoin de parler et de faire parler
d"elles, poussait les Bordelaises à se faire
inscrire au club.
Le premier soin de ces citoyennes avait été
de \'Oler une adresse-programme à l'évêq1:1e
constitutionnel élu, vénérable octogénaire,
rempli des meilleures intentions, donl l'occupation étaif. de rechercher les moyens d'allier
la discipline ecclésiastique avec les libertés
révolutionnaires et le soin de sa popularité.

2. « Je ne &lt;lirai rien, a-t-il é..:ril, de ce qui a rapport ou à ma vie priréc ou à 1m première Jeunesse :
JCUIIC homllle. j'at beamoup aime lt1 beau sexe, qui
m'a µayé de retour. Je Jois loulcfuis reconnaitre que
la sage éducaliün que j'arn.is reçue et les Oon!ô exemples (rue j'ens de honne heure sous les yeux ont été

toujours pour 1n,ii ct·un grand secours dans lt1 mau1•;iisè forluuc.
rt Cet abrégé de. ma modeste histoire ne rcnJra
donc compte 4ue de ma 1·ie publique, m1lîtafrc et
politique, et ne datera que du iuois d'août 1797'. »
3. Dud1. d'.~llRA,·rt:s ~[tm. t. 11 ,p. 50 (t'.d. Garnier).

fut en effet mortellement blessé dans une
affaire et chargea Il. Edouard de Colbert de
ses dernières volontés pour celle ciu'il était
presque heureux de ne plus revoir~.
Ces différents é\'énements, qui doivent
marquer, ce semble, dans la vie d'une
femme, ne paraissent pas avoir laissé grande
trace dans celle de Thérésia. Il est vrai que
la fié\·olution, en ces temps, faisait l'histoire
au pas de charge: les choses les plus extraorJinaires se succédaientavec une rapidité sans
précédents; chaque jour Yoyait une chose
nom elJe et l'événement de la journée faisait
oublier celui de la veille.
1

Lorsque Il. et Mme de Fontenay étaient arrivés à Bordeaux, au mois de mars 1795, la
ville était loin de jouir du calme et de la
prospérité.
Depuis plus d'un an, les clubs gouvernaienl
tout, c'est dire que l'anarchie y élait complète. Les sociétés populaires, loin d'être une
soupape aux fermentations des esprits, ne
faisaient que les activer. Pour assurer l'ordre en ville, il y avait la garde nationale.
Formée tout d'abord d'excellents éléments,
elle a,·ait vu peu à peu les bons cituyens la
déserter, - cc qui était une faute de leur
part, puisqu'ils laissèrent la place aux hommes
de désordre qui avaient tout à gagner dans
l'anari:hie.
Les affaires é!aienl dans la stagnation la
plus complète, le travail man~uait, la disette
régnait ....

Cliché Giraudon.
TALLIEN,

D'afrës le portrait dessiné el g ra11é par

...,, 102

~

BoNXE\'l LLF..

On avait aussi délégué des citoyennes pour
porter solennellement la même adressr à la
municipalité. Le maire les avait reçues, écoutées, haranguées, félicitées de leur civi_!:me,
cou,,ertes de fleurs et d'une rosée de larmes
altendries.
A partir de ce moment, c'étaient chaque
jour des réunions, des discours, des adresses,
des petites lètes à harangues où les plus emballées se taillaient peu à peu une réputation
d'orateur et une intluence de tribune.
On avait d'abord mêlé l'Èll'e s11p1·ême' et
la religion à ces petites drôleries; on ne tarda
pas à s'apercevoir qu'ils n'avaient, l'un et
l'autre, rien à voir avec les questions de po·
litique et de morale dont on délibérait au
club, et on les rejeta totalement. Aussi bien
y avait-il des intérêts plus importants
qui réclamaient leur temps et leur application.
Le Club national de Bordeaux avait donné
l'idée au citoyen Galard, président du clnb
les Surveillants de fa Constitution, d'organiser militairement, en compagnies et en ùataillons, les Amies de fa Conslitution.
L'idée fut trouvée superbe et adoptée par
acclamation dans le c]ub enjuponné . On ne
sait quel uniforme fut adopté, mais des armes
furent distribuées, et l'on vil, chaque jour,
des femmes, armées de piques, de lances l't
Je fusils, s'exercer sur les places et promenades à l'Acole du soldat, et, ce qui leur convenait à coup sûr davantage, à l"école dupe/01011. Elles s'appliquaient aussi à garder le
silence dans les rangs et à ne jamais répliqner à une observation.
Tout cela était au mieux, et les Archives de
la Gironde possèdent une leure, écrite en
style de corps de garde et dont les termes ne
peuvent être reproduits ici, par laquelle une
citoyenne Lée remercie le cito)'en Galard de
son heureuse et patriotique idée.
D'autres citol'ennes, pour qui les exercices
militaires avaient peu d'attraits, cherchaient
à se faire remarc1uer par d'autres moyens.
Une citoyenne Dorbe cadelle, à la suite d'un
banquet donné chez le restaurateur Battut,
vers les premiers jours de janvier (1795)
chanta des couplets patriotiques de ,!:a composition, sur l'air de l'Hymne des AJarse!llais
- c'était alors le nom de la Afarseillaise et improvisa, dans un accès d'enthousiasme,
un salut en trois points au drapeau tricolore,
ce qui lui valut une popularité immédiate, la
place d'archiviste de la société des Amies de
la République française, el, pour sa sœur
ainée, le fauteuil de présidente de la même
sociélé.
Les femmes qui faisaient l'exercice devinrent jalouses de la popularité de celle qui
faisait des chansons. Aussi bien le public
était-il déj,, blasé sur la nouveauté de ce
spectacle. 11 fallait à tout prix ramener à elles
son attention, Car, à quoi bon aller à l'exercice, faire par le Oanc droit et par le flanc
gauche, si les h~ur:nes ne vous regardent
pas? à quoi bon dVOir des armes entre les

mains, si c'est pour ne pas s'en servir? ...
Autant manier le balai, alors!
L'occasion de s'en servir ne devait pas
tarder à se présenter à des lemmes qui la
cherchaient. Le prix du pain allait, disait-on,
augmenter. Les Amies de la Constitution
d'entrer au5sit0t en campagne. Le 8 mars,
une colonne de deux ou trois cents femmes
armées, précédée d'un tambour, marche sur
la municipalité. Un détachement de grenadiers, envoyé à sa rencontre, ne peut lui
faire rebrousser chemin, et, pour éviter des
malheurs, se replie sur !'Hôtel de Ville. Le
bataillon des femmes poursml les grenadiers
et se grossit en roule de nombreuses recrues.
On arrive devant l'llôtel de Ville. Les grenadiers en défendent les portes. On parlemente,
mais inutilement. Les femmes s'avancent en
dépit des sommations. Les grenadiers font
fou : une femme tombe morte.
Yoilà donc le bataillon des lemmes qui a
reçu le baptème du feu : il en est tombé une,
- cent, deux cents, cinq cents, disait-on, le
soir dans ce bon pays où l'enthousiasme el la
passion aiment assez à grossir la vérité quand
le sang-froid ne s'amuse pas à la travestir,
- et l'on ne parle plus que de l'héroïsme
des Bordelaises et de leur sang qui a coulé à
flots : elles ont sauvé la patrie!
C( Nous sommes, a écrit M. de Vivie, de
ceux qui pensent que la femme est faite pour
le gynécée et pour la vie de famille et non
pour les clameurs de la place publique; nous
ne pouvons aussi que regretter J"immixtion 1
des femmes en 1705 et toujours, dans les
actes de la vie politique d'un peuple . Elles y
perdent le charme délicat qui nous attache à
elles et peu\'ent derenir des mégères, comme
les tricoteuses du tribunal révolutionnaire et
de l'échafaud parisien, ou de monstrueuses
exceptions, comme Charlotte Corday, que
Lamartine, dans son langage poétique r,t
coloré, n'a pas craint d'appeler l'Ange rie
l'assassinat'!. ))
La belle Thérésia, tombée en pleine popularité des femmes à Bordeaux, fraîchement
divorcée par-dessus le marché, était admirablement disposée à applaudir au mouvement
féministe. Après s'être un peu familiarisée
avec la ville et ses habitants, elle jela aux
orties ce qui pouvait lui rester de ses idées
de 1788, alors qu'elle était si heureuse de
son marquisat de contrebande; elle se dépouilla en même temps des idées de 1789 et
de celles de 1791, que ses amis Félix Le Pelletier de Saint-Fargeau et les Lameth l11i
avaient lait partager. Elle deYint absolument
sceptique en matière politique et se borna à
suivre les événements d'un œil distrait, étant
d'ailleurs occupée par certaine passion dont
nous avons dit plus haut quelques mots. Avec
son ambition toujours latente, elle aurait bien
voulu peut-être faire un peu parler d'elle.
Mais le moJen ?... Pouvait-elle aller au club des
Amies de la Constitution et pérorer à la tribuae '? ... La chose ne lui souriait qu'à demi,
ce club, en définitive, étant assez mal corn-

1. Ce sont les femmes de Bordeaux: qui ont trou\'é
cc mul rl'l-~lre sup1·fme. Rohcspicrrc ;oua a son tour

du mol el de la chose, mais cc jeu ne lui réussit pa~.
2. flislmrc de la Tm·eur à Bordeau.r:. 1. 1, Jl. 148.

.... 103 \,\-

C1TOYENNE

TJtLLIEN

---.

posé; on ne s'habitue pas si vite, quand on a
été marquise et fètée dans les salons les plus
rarfinés de Paris, à une réputation secondaire
dans un club de femmes de province plus ou
moins communes et vulgaires. Et puis son
scepticisme en matière politique ne pouvait
plaire dans ce milieu d'énergumènes i sa
beauté lui aurait fail des jalouses, ses instincts
délicats auraient été froissés à chaque instant
par les trivialités et les grossièretés de lani;age des clubistes. Non, décidément, sa place
n'était pas là. Cependant, c'est dans les crises
d'un pays ' que les ambitieux trouvent les
occasions de se mettre en évidence : et, critique, la situation de Bordeaux l'était singulièrement. Les souffrances, la misère étaient
générales; les proclamations, les adresses, les
brochures ne l'étaient pas moins, mais ne
remédiaient à rien.
Non pas qu'on se plaignît: ]es âmes étaient
alors trop à la Plutarque, le souille révolutionnaire et patriotique faisait trop oublier les
souffrances pour qu'on en gémît, et, si l'on
en parlait, c'était moins pour s'en plaindre
que pour chercher le moJen de les guérir .
Chacun avait son remède et le proclamait
bien haut supérieur à celui du voisin. De là,
ces débauches inimaginables de discours, de
paroles et d'adresses pendant la Révolution.
Bordeaux ne resta pas en arrière des autres
,·illes et, après le 21 janvier, les femmes
Amies de la Conslitulion avaient enVO)'é des
félicitations à la Convention .
Les députés girondins avaient vu ces
adresses avec plaisir : elles devaient, dans
leur pe1sée, consolider leur situation auprès
Je ]a Montagne qui commençait à les regarder en suspects. Mais, tout à coup, la Convention supprime une allocation extraordinaire,
qui, depuis deux ans, était accordée à la ville
de Bordeaux pour venir au secours des misères
créées par l'arrêt complet des all'aires.
Or, cette mbvention était employée en bons
de pains. Les boulangers, pressentis par la
municipalité, déclarent qu'ils ne feront pas
de pain si on ne leur donne la juste indemnité
qu'ils tonchent depuis deux ans. Mais la ville
n'a pas d'argent et se voit obligée de la supprimer. Le prix du pain augmente alors
d'une façon énorme, d'autant plus qu'on
apprend que les Anglais viennent de capturer
un convoi de vingt-trois bJtiments chargés de
blé pour le gouvernement français.
On fait alors du pain avec du riz, des fèves,
des haricots et des pois avariés; on y ajoute
du son, les balayures des greniers, et ce
mélange, qu'on ne voit parailre que dans les
années de famine ou dans les villes qui subissent un long siège, se vend un prix exorbitant. Et la vie à Bordeaux était auparavant
si facile I Malgré tout, cette chose sans nom
qu'on vendait sous le nom de pain allait bientôt manquer.
La ville fit un emprunt, se recommanda à
la Convention .. .. Un remède momentané fut
le départ pour l'armée d'une foule de
jeunes hommes : cela rédui~ait le nombre
des bouches à nourrir. Et c'est à ce moment,
oll le patriotisme de la ville se montrait d'une

�. - - 1f1STOR..1.ll

________________________________________.

façon si éclatante, que ses députés Gensonné,
f.uadet, Vergniaud étaient dénoncés à la barre
de la Convention. Ils se justifièrent victorieusement. mais la Convention cnvoia à Bordeaux
deux commissaires chargés d'y remo11te1· l'esJil'il 7111/JI i,·. Ce furent le~ représentants Paganel
el Garrau. lis firent tout d'abord une proclamation dont le résultat fut la surexcitation
des passions ré\'olutionnaires et des persécutions contre· une foule de citoyens. Pendant
qu'il exerçait ses persécutions, le peuple
oubliait ses souffrances ....
Mais ce triste remède ne pouvait durer.
Les représentants ne virent d'autre solution
que dans un secours pécuniaire de la Convention. L'Assemblée accorda deux millions, mais
décréla que les habitants seraient tenus
d'afficher Jt la porte de leurs maisons les
noms, prénoms, âge, profession et lieu de
naissance de ceux qu'elles abritaient. Les
,,isites domiciliaires furent la conséquence
immédiate de ce décret, des arrestations sans
nolllhre la consé'fuence de ces visites .
Tout cela n'était pas fait pour rétablir le
calme dans les esprits. On crût à des complots
contre la Convention, il y eut des rna.nifestaiions .... Bref, l'anxiété fut générale, comme
la disette.
Cependant, les commissaires de la Convention, après avoir pourvu aux besoins les plus
immédiats, et organisé la défense des côtes,
quittèrent Bordeaux.
Le Ji mai, l{ls Girondins avaient été, à
Paris, décrétés d'accusation. Cette nouvetle
avait plongé Bordeaux dans la stupeur et l'indignation. Le mois de juin se passa dans la
fièvre. On. avait reçu une lettre de Gensonné
"qui avait excité les esprits en faveur de la
liberté de la représentation nationale, violée
dans la personne des députés de la Gironde.
Le conseil général du département ouvrit des
négocia.lions avec différentes villes pour pro\"Oquer une entente contre la toute-puissance
de la Commune de Paris : on songea à envoyer des bataillons à Paris pour souslraire
la Convention à la pression et aux menaces
des anarchistes; enfin, l'on arrêta, mais pour
les remettre presque aussitôt en liberté, les
représentants Dartigoeyte et Ichon, alors en
mission à Bordeaux.
Le conseil général du département se réunit.
•llans le désir de sauver la République de
l'anarchie,. qui avait envoyé en prison vingtdeux député,s girondins, il se constitua en
Commission pop11latn, cfr .-;af11t-p11b/ir rlu
,r/épartemenf de la Gironde, et se déclara en
permanence.
C'était marcher à la guerre civile. La Con.,,ention, aucun gouvern.ement, ne pouvait tolérer une p1reille atteinte à l'unité nationale.
La &lt;:m11mi.~.-;i011. populoli'èenvoya des délé.gués dans toute la France, et près de soixante
départements adhérèrent à ce mouvement
insurrectionnel. Un de ses premiers actes,
cependant, fut l'envoi d'une adresse à la ConYeution; le même jour elle rendait compte
au ministre de l'Intérieur de ce qui venait de
~e passer à Bordeaux.
La Uontagne répondit à ce défi par le trans-

fert des députés arrêtés dans une maison
nationale.
A Bordeaux, la Commission populaire s'efforçait de réunir une force armée et se heurtait à une grande tiédeur; tout cc qui avait
vigueur, énergie et patriotisme était parti
.pour les armées.
C'est alors que la Convention, par un décret
du 17 juin 1793. envoya Treilhard et Mathieu
en mission dans la Gironde et les départements voisins.
Ces représentants arrivèrent à Bordeaux le
2,i juin . Ils se rendirent à la Commission
populaire et firent tous leurs efforts pour
l'amener à une conciliation. Ils échouèrent.
La Commission les engagea même à quiller
Ilordeaux, où ils n'avaient pu circuler qu'entre
des gardes; ce r1u'ils firent le soir mème du
27 _juin .
Mis à la porte de la ville, les représenlants
mandèrent t1 la Convention le mauvais résultat
de leur mission; ils durent déclarer qu'ils
avaient été chassés de Bordeaux par les /ëdéralisles, et que cette ville était en étal de
rébellion.
C'est à la suite de cette lettre que la Convention nomma, le 10 juillet ·1795, quatre
commissaires munis de tous pouvoirs pour
rétablir son autorité à JJordeaux. Ces commissaires étaient Chaudron-Rousseau, Tallien,
Ysabeau et Garrau .
Mais à peine avait-elle congédié Treilhard
et Mathieu, que l'insurrection bordelaise
réfléchit sur les conséquences de ses actes :
la lassitude, la crainlc, des ambitions qui
n'eurent pas la force d'affronter la lutte, des
rancunes aussi, jetèrent le découragement
dans la Comm:'ssion populaire. On pensa à
recruter d~s forces pour marcher sur Paris et
entraîner les autres départements; on n'arriva pas à réunir plus de quatre cents hommes .
La Commissio11 était vaincue; comme on la
vit la plus faible, on l'abandonna, et le 2 août,
elle prononçait elle-même sa dissolution.
La Convention avait fulminé une sorte
d'excommunication contre Bordeaux. Les commi~saires Ysabeau et Baudot, arrivés le
19 août, lurent mal accueillis d'une population qui avait souffert des mesures vexatoires,
visites domiciliaires, etc., édictées par l'Assemblée : injuriés, bousculés par les « habits
quarrés » (c'est ainsi qu'on appelait l~s jeunes
élégants), ils en imposèrent par leur fermeté
et leur couràge. liais, gardés à vue par une
foule hurlante durant toute la nuit, ils déclarèrent qu'ils allaient quiller Bordeaux puisqu'ils n'y étaient pas libres.
Quelques citoyens qui avaient consen·é leur
sang-frojd et qui jugeaient sainement les conséquences de l'accueil fait aux représentants
et celles de leur départ; les supplièrent de
revenir sur leur décision. Ils furent inflexibles
et partirent, non sans être l'objet de nouvelles
et regrettables violences.
A peine furent-ils partis que les têtes se
calmèrent. On leur envoya des adresses. li
faut citer, entre autres, ceile des cito)·e1rnes
Amies de la l~iberlé et de cf';galité, remar- quable en ce qu'elle invoque les sentiments

de conciliation et de-·générosité des représen
tants. On ne sait si la citoyenne Thérésia
Cabarrus faisait partie de cc cluL féminin,
mais cette adresse semble inspirée par un
rœur })On comme le sien.
C'est à La Réole que s'étaient retirés Isabeau et Jlaudot. C'est là que Tallien, arrivant
de Tours, les rejoignit. Recevant les adresses
et les vœux des Bordelais, instruits des inquiétudes qui les envahissaient, wnnaissant
fa disette qui les accablait, les représentants
se sentirent forts. et parlèrent haut. lis demandèrent la dissolulion de la Société de la jeunesse bonlela.ùe : la société fut dissoute. Ils
demandèrent la dissolution de la municipalité : elle fut prononcée et des commissaires
choisis dans chacune des sections, au nombre
de deux par section, formèrent une nouvelle
municipaliié. Celte révolution, faite le 18 septembre par l'influence de la Saciet é Pran!.·li11,
le club jacobin de Bordeaux, assura le succès
des Monlagnards en cette ville.
Ysabeau et Tallien créèrent un Comité rét•o/utionnaire de surveillance chargé de diriger la noll\·elle municipalité. Ce Comité manifesta aussitôt son existence par les mesures
les plus arbitraires; avec lui les dénonciations,
les visites domiciliaires, les arrestations se
multiplièrent. Puis les représentants, trouvant que le moment était venu de pénétrer
dans Bordeaux, s'y firent précéder par des
subsistances qu'ils arni~nt fait athcter dans
les Charentes; et le 16 octobre ils entrèrent
à Bordeaux par une brèche pratiquée au mur
de la ville près la porte Sainte-Eulalie ou de
Berry ....
c&lt; Précédés et suivis d'une armée révolutionnaire· de 5,000 hommes, sous le commandement des généraux Brune el Janet, le premier ami et le deuxième neveu de Danton,
les conventionnels, impassibles et calmes en
apparence, s'avançaient au milieu de la foule
et du peuple dans des calèches découvertes.
lis avaient revêtu pour la circonstance leur
costume traditionnel 1 • &gt;&gt;
Il n'est pas probable que la vue des
conventionnels et l'appareil militaire qui
les entourait ait impressionné Mme Théresia
Cabarrus. Il n'est pas probable non plus
qu ïls l'aient conquise sur l'heure à la R.évolution. Ses lendances politiques étaient libérales, tant par ses amis de Paris que par ses
parents de Bordeaux; Je haut commerce auquel appartenaient les Cabarrus, ruiné par
la Révolution, ne pouvait guère êire attaché
à un état de choses qui avait lué les affaires
en attendant qu'il en fi't autant de ceux qui
les faisaient. Les mesures ré\•olutiounaires
prises par les commissaires de la Convention
ne durent pas non plus êire bien sympathiques à la jeune femme. La ,·ille, tout d'abord,
fut placée hors du droit commun et l'arbitraire des représerltants fut la seule loi. Cet
arbitraire était cependant masqué par une
apparence de légalité: une Commù;sion m,ilitain, exclusivement composée de civils à qui
l'un donna pour la circonstance des grades de
1..\. m: Yirn:. lli.~·loii·e d&lt;· la
{leau.-r, l. 11 p. 400-410.

1'en'l'lli' 1/ /Jor-

"------------------------------- LJi
généraux, de colonels, de capitaines, 'etc.,
remplissait auprès des proconsuls de Bordeaux lPs fonctions remplies à Paris par le
tribunal révolutionnaire auprès des comités
de salut public et de sll reté générale. ljacombe
en fui le président.
Les comtnissaires de la Convention prirent
des mesures pour que l'influence, parfois
douce et clémente des femmes, ne s'exerç:ît
point sur ce tribunal, et Tallien, qui ne prévoyait pas qu'il cèderait bientôt plus qu'un
autre à cette innuence, signa un arrèté où se
lisent ces phrases peu galantes :
&lt;( Considérant que les actes de ]a justice
« la plus sévère doivent caractériser toutes
&lt;! les démarches des représentan1s d'un grand
(l peuple, et qu'ils doivent fermer l'oreille;,
&lt;( toutes espèces de sollicitations, surtout à
&lt;&lt; celles présentées par une portion de ce
« sexe (autrefois appelé ,lames) dont la sé&lt;( duction est le premier apanage et souvent
&lt;I le seul mérite;
« Considérant que si le pauvre et l'ope&lt; primé doivent avoir un accès facile auprès
c1 dt:s hommes chargés des affaires du peuple,
&lt;( les importuns, les oisifs, les muscadins et
&lt;( les dames doivent être soigneusement
&lt;( éloignés' .... )l
,\lais il est temps de faire le portrait de
T,1llien, de cet homme qui fit une révolution
dans la Révolution, de cet homme qui semhlait appelJ aux plus hautes destinées après
le 9 thermidor, et qui, une fois cet effort
fait, retomba llasque et vide dans l'obscurité
&lt;lo11t il n'aurait jamais dù sortir.
Tallien (Jean-Lambert) , né il Paris le
2;; janvier 1767, était le fils d'un doméstique,
portier, valet de chambre ou mai'tre d'hôtel,
peu importe, du marquis de Bercy. On a dit
que le marquis élait peut-être pour quelque
chose dans la naissance de cet enfant, parce
qu'il le fit élever comme ses propres enfants
et lui témoigna une bien\'eillance que sa
paresse et sa mauvaise conduite ne méritaient
guère. C'est possible, mais c'est là une de
ces choses qu'il est aussi difficile de prouver
que de réfuter, et il faut se garder d'accueillir
témérairement les interprétations méchantes
que certaines gens aiment à donner aux choses
les plus honnêtes et le3 plus désintéressées.
En lait d'études, le jeune Tallien n'apprit
guère dans ses classes que ce qu'il lui en
fallait pour fronder la socié!é. jalouser eeux
qui étaient au-dessus de lui par les talents ou
la fortune, et pérorer contre tout ce qui était
éle\•é. Il fut, dans toute la force du terme,
ce qu'on appelle un fruit sec.
Un jeune homme qui, comme lui, allendait, comme on dit vulgairement, que les
alouettes lui tombassent du ciel toutes rllties,
ne devait pas demeurer longtemps dans les
emplois qu'on lui procura. li fut d'abord
homme d'affaires du marquis de Bercy, puis
clerc de procureur. Mais, se sentant peu de
goùt pour la basoche, ce dont on ne saurait
le hlàmer, il entra commis chez un négociant, puis dans une banque.
l. Ard1i\'llS d è la Gironde. - ,\, n~:
1·e111• à /lonlea11.1-, t. Il , p. '.W,

·v1vn:.

f.a 1'Pr-

Le dépuié Brostaret, de l'Assemblée constituante, le prit comme copiste. li fut ensuite
nccepté par M. Pankoucke pour un emploi
subalterne au Afonifrm·.

ClTOYENNE Tlll.I.ŒN

Dans le renouvellement complet qui semblait
se préparer, il voyait un moyen de satisfaire
ses appétits plutôt qu'un avenir à ses ambitions . Avec les quelques lueurs de lillératurc

'fHÉRÉSIA CARARHUS COMPARAiT DEVANT LE CON\"E;\TIOXNEI. TALLIE~.
!)ANS LE GREFFE DE LA PRISON ()E BolrnEAC-.: (1;93) . ~

Tat/eau ,te J.-F.-&lt;.: .

('ù:RE,

Il avait beau tàter un peu de tout, il ne et de philosophie qu'il avait, prenant pour
trouvait pas sa voie; pour faire sa place au de la science et du talent ce qui n'était qu'une
soleil, il fallait travailler, et Tallien aimait exaltation révolutionnaire et juYérlile, il était
mieux ne rien faire. Aussi ne pouvait-il tenir prèt ;l devenir agitateur, pamphlétaire, jourdans aucun emploi. li était, de plus, d'une naliste comme Camille Desmoulins. Mais il
~rande ignorance . C'est parce qu'il le trouva ne pouvait ètre qu'un sous-Camille. Il fonda
incapable de rédiger une lettre que M. Alexan- un journal qu'il nomma l' cc Ami tle.~ Cidre de Lameth, qui l'avait pris comme secré- loyem ». Cette feuille tomba bien vile sans
taire, dut le congédier. C'était un amateur, attendre l'automne. li devait la faire renai'tre
happant au passage toutes les idées fausses après le 9 thermidor an li. Fruit see du
qu'il trouvait dans les livres ou entendait journalisme, il rn crut alors, comtne tant
émettre devant lui, et se formant ainsi à la d'autres, les capacités de l'homme public.
diable un semblant d'instruction. li se cropit Sa haine contre l'ancien régime lui fit croire
fort éclairé, parce qu'il ne croyait pas à de qu'il était capable de travailler à la constitucertaines choses, et se regardait comme un tion d'un grand Êtat où les abus, qu'il reprophilosophe parce qu'il avait lu Voltaire et chait avec raison à la monarchie de Louis X\' l,
Rousseau. Il s'était pénétré de tout ce qui, n'existeraient pas. Il se jeta donc entièrement
chez ces gén}es si diilërents, llattait ses pas- dans la politique. Une crrlaine facili!é de
sions ou ses faiblesses, - ce qui est souvent parole, une facilité de conscience non moins
la mê~e chose; - il citait leurs tirades avec certaine, beaucoup d'emphase, des grands
emphase, déblatérant contre ceux qui étaient mots, des grands gestes, un grand aplomb,
~icbes , parce qu'il ne l'était pas, ou qui en Yoilà plus qu'il n'en faut pour •expliquer
avaient des talents, parce qu'il n'avait que la la réputation qu'il se fit d'homme capable.
prétention d'en avoir. Bref, comme tous les li sut jouer de cette notoriété de carrefour et
fruits secs et les ignorants, il se croyait apte se fit donner l'emploi de secrélaire-greffier
à gouverner un pays et ne savait pas se gou- de laCommunede Paris avant le 10 août 1792.
verner lui-même.
n Je l'ai connu, a écrit Mallet du Pan, et
La Révolution commençant, un jeune je n'ai point rencontré de révolutionnaire
homme comme lui, qui prenait ses rancunes subalterne plus faux, plus dépourvu de
sociales pour des principes, était on ne peut toutes ~onnaissances et de tous principes,
mieux disposé à s'y jeter à corps perdu. plus fait pour ramper dans les derniers
...., IOS ""'

�111STONJJf
rangs. » Cela ne l'empêcha pas, avant l'âge
de vingt-cinq ans, de jouer les premiers
rôles. Son emploi de greffier, c'était pour lui
le pied à l'étrier. fülgré cela, Tallien n'était
pas encore parvenu à un poste assez élevé
pour qu'on lui découvrît du talent, mais
patience! cela allait venir. Il commençait à
,e trouver mêlé· aux membres de la Commune, il causait avec eux, il prenait goût aux
intrigues de couloirs, il devenait politicien,
vilain mot inventé pour désigner un plus
vilain métier encore, refuge des incapables,
des intrigants, des déclassés des hautes et
des basses classes de la société, véritables
parasites sociaux . Les politiciens sont les
poux du corps politique.
En sa qualité de secrétaire-greffier de
la Commune de P]lris, il fut chargé de l'orf!;anisation administmtivet des massacres de.,
2, 5, 1- et 5 septembre 1792 à Paris. Ses
bons services le firent distinguer et on lui
flt l'honneur de pemer à lui pour organiser
mème besogne à Yersailles, quand il s'agit
de se débarrasser des prisonniers d'État ramenés d'Orléans. Il s'en acquitta le H septembre à la satisfaction de ceux qui l'employaient.

Après avoir bénéficié administrativement
d'une part des dépouilles des victimes de
Paris2, le secrétaire-greffier de la Commune
recueillit semblables bénéfices de son expédition de Versailles. C'est ce qui lui permit
sans doute de faire les frais de son élection à
la Convention. Il fut en effet élu représentant
du peuple par le département de Seinc-etOise. Doué d'une certaine audace de tribune,
d'une grande faconde dans le style révolutionnaire, il cherche à se faire prendre pour un
orateur. Il parle souvent et ses discours
égalent en déclamations extravagantes tout
ce qu'on pouYait souhaiter de mieux en ce
temps-là. Devinant d'instinct qu13 l'avenir,
en politique, est aux exaltés et aux violents,
il provoque les journées des 31 mai et 2 juin
et leur doit d'ètre désigné comme commissaire de la Convention à Tours. Là, il donne
carrière à tous ses mauvais penthants, trafique des passeports, entre en relations coupables, mais fructueuse~, avec des chefs ro-yalisles, cl scandalise la ville par ses débauches".
C'est de là, on l'a vu, qu'il fut envoyé à Bordeaux.
Sur ce plus grand théâtre, il put donner
plus d'extension à ses op.lrations de flibustier.

1. « Il est certain. a diL li. Tlncrs, qu'il y ova1t
des comma11demc11Ls inconnus CL ,·onlradictoires, el
que tous les signes d'une autorité ~ccrête cl opposée
à l'aulorilé publi&lt;j,ue s'étaient manifestés. » \ Hév.
(ranç. t. Ill , p. 13.) Tallien étail l'un des agents
qui, au nom de la Commune, exerçaient un de ,·c~
• commandements inconnus. » \'oir, a .:c sujet et
au su1ct du massacre de \'ersaille&gt;: 1/éoélation, pui.,ée., da11., le, l'llr/011s d11 Comité tif sofut 7nd1lic el du
/:omilf de ·,url'lé (/éllél'llle, ou Mémoires de ~éuart,
rlrnp. Il. Cc s;.11a1·, cl non Sénart, n'est pas, de •'.•n
c,îté, un homme ùes plus retommandoblcs; ma,s,
rspion tics ùcu, comités, il s'érnit trouvé rn~lé i, bien
des all'airts, arait vu de près hien des choses cl bien
des gc_ns. c: c~ ·c1uïl a dit de Talli_en olf!'e un tel caractère d aulhcnt1c1té el de lranch1sc qu un ne prul en
soup~onncr la véracité. Du reste, les arrux de Siltrnr
concol'dcnt al'~C plus d'un passage des lettres de )lallcl du Pan, al'eC les l'élicenccs et les demi-aveux d'une
foule de mémorialistes.
2. « Tous les effets des malheureux massacrés dans
l?s prisons_ d~. Paris el sur la route de Yersaill_es,
/ flners fa1l 1c1 une erreur : le massacre, a \ ersailles, avait eu lieu dans !'Orangerie oit l'on a1·ail
l'ait enlrer les prisonniers) avaient élé séquestrés et
déposés dans les vastes salle~ du Comité de suneillaucc. Jamais la Commune ne ,·oulul représenter ni
les objets, ni leur valeur, èl refusa même toute
réponse à cet rgard. soit au minist ~rc rle l'intérieur,

soit au directoire du rlépartemenl , qui, comme on
sait, arait ètè co11rerti en simple commission de contrilmtions. glle lil plus I ncore. et elle se mit à l'Cndrc
uc sa propre autorité le mohilicr des ~rands hôtels
HU' lesquels 1 , sl'Cllés riaient !'estés apposés depuis
le départ d,•s propriétaires. l'ainement l'admini,tration ,upêrieorc lui faisait-clic des défenses; Ioule
la classe de• s1,/Jord111wt!,, chargi•e de l'cxél'lltion des
ordres, ou ap11arlenail ti t,, 11111nicipalité, ou était
Lrop faible pour agir. » .\. T111Ens. Rü. fra11c., 1 Ill,
p. t:;i. \'oir aussi .llém11i1·es de Sénar.
:;, Voir pour plus amples détails le; .ltémofre,Y de
S{,nar. Yoiô quelqu,•s lignes de )lallet du Pan, qui les
conlirmcnl : u Ce petit misirabl,•, cnl'oyé en mission
à Tours, y commiL les cxaclions les plus révoltantes,
emprisonna el pcrsén1ta de tout son pouvoir les
noLIC's. lcs prêtres, les négociants, les pr, ,priétaircs.... "
(rrançois IJ&gt;:scosTF.s, la /1éi•o/11lif111 1·uc di: /'étra11r1er,
p. :iO!l.)
4. « Tallien, plus a,·ide encore que sanguinaire.
calcula cc qui rendrait le plus du sang ou de l'arge11l
el commença aussitôt ses assassinais en contributions.
Il établit un commerce de la 1•ic et de la mo1·l, qu'il
avait déjà essayé al'eC succès tians le Comité de sùrcté
générale. » Lettre de )lallet du Pan. - Fr;inçois DE~cosrEs, la lléMl11lio11 vue de l'étra11ger , p 310. \'oir
aussi les ,llémoii·es ,le Sénar.
:,. ,11,morial de lfos.1e/111, 1. Ill, p. 129.
li. A. oE \'mE, fa 'l'erreur ri florrleau.r, t.11, p. lM.

li lrafiqua des subsistances, il trafiqua des
armes de luxe qu'il fit saisir chPz les particuliers, il trafiqua du change des assignats
et du numéraire; il trafiqua enfin de la liberté
des prisonniers, de leur vie'. On sait qu'il
s'était logé sur la place où se faisaient les
exécu lions et que l'échafaud était dressé
devant ses fenêtres. &lt;&lt; Ob! ces Jupiters de
bas étage, a dit Shakespeare, laissez-leur un
moment la foudre et vous verrez comme ils
en useront sans pitié! l&gt;
La terreur, cependant, régnait dans flordeaux. L'échafaud était en permanence, et de
soi-disant patriotes se permettaient toutes les
licences. Les visites domiciliaires allaient leur
train, et bien des vols s'y faisaient sous le
couvert d'une apparence de légalité. C'est à
un de ces vols que Tallien dut, selon toute
probabilité, de faire la connaissance de la
citoyenne Cabarrus. li paraîtrait, du reste,
qu'il l'avait déjà vue lrois ans auparavant
quand elle allait faire visite à Mme Charles
rle Lameth, pendant le peu de temps qu'il
fut secrétaire de son beau-frère, Alexandre"'.
\'oici comment la chose se serait passée.
&lt;( Le ~5 noYembre 1795, dit M. de Yivie,
des agents du Comité de surveillance volaient
chez le citoyen Cabarrus, frère de Thérésia,
trois écus de six livres dans une armoire,
cinq autres dans la malle de son domestique,
enlevaient toute son argenterie sous prétexte
qu'elle était armoriée, et ne lais~aienl qu'une
petite cuiller à l'usage de l'enfant du citoyen
Cabarrus.
«C'est sans doute à la suite de ces enlèvements, pour~uit )I. de Yivie, que Tallien vit
Thérésia Cabarrus, qui devint plus tard la
belle madame Tallien, et noua avec elle des
rt'lations que la morale condamne l't dont
l' iutimité ne fut bientôt plus un secret pour
personne r, .... l&gt;
Il est très probable que les choses se sont
passées de la sorte et non comme le dit la
légende, si galamment ornée de fioritures par
Mme Tallien elle-mème et, à sa suite, par
des écrivains qui aimaient mieux Mme Tallien
que la vérité.

( A suivr·e. )

JOSEPH

\-UE DE LA PLACE ROYALE, A L'E;o(TRÈE DE L'Al!B.\SS.\OEUR DE PERSE A PARIS, LE~ Ft[ VRIER

Son Excellence Méhémel Riza Beg

TURQUAN.

L'audiencesolennelleaccordéepar Louis XI\' , pieds à la tète, s'était couvert de diamants
le 19 février 1 7l 5 , à Son Excellence de Perse, et de perles ; il en avait sur lui pour
est restée le type parfait de ces fètes théâ- 12.500.000 livres et fléchissait sous le poids.
trales dont la galerie des Glaces fut la scène D'après M. de Breteuil, introducteur des amau temps du grand roi. Comme Louis XIV se bassadeurs, sa mine était pourtant, sous ces
sentait vieux et fatigué, - il avait soixante- falbalas, haute et majestueuse; à en croire
dix-sept ans et était usé par les médecines et Saint-Simon, au contraire, il paraissait cassé,
les médecins, - il sentait bien que celle maigri et pouvait à peine se traîner.
cérémonie serait la dernière de ses splenL'audience se passa sans incident notable;
deurs, le « bouquet; l&gt; et pour revoir encore le Persan se tira gauchement des saluts
une fois sa cour dans son éclat, il avait dé- d'usage, il ne prononça point de discours,
cidé que les assistants, hommes et femmes, mais seulement « quelques phrases hachées l&gt;
porteraient toutes leurs pierreries sur leurs que traduisit un interprète - il fallut improhabits ou dans les chel'eux; lui-même, des viser, pour les gazettes, une belle harangue
... lOb ...

lït5.

qu'on lui attribua et dont il était parfaitement innocent - et après une courte collation de fruits, Son Excellence persane fut
reconduite jusqu'aux grilles du château avec
tout le cérémonial usité.
Quelqu'un qui poussa un soupir de soulagement en le voyant partir, sa visite faite,
fut M. François Pidou de ~aint-Olon, gentilhomme ordinaire de la chambre, que Je roi
avait dépèché à la rencontre de l'ambassadeur et qui, depuis MarseilJe, était son cornac
et son chambellan. Tout n'avait pas été rose
dans la mission de Saint-Olon .... Il s'était
figuré en l'acceptant - le pauvre homme! _

�r--

H1STORJJI

SoN Exc"En"ENC"E Mt1fÉJK"ET 1{1ZJ1 BEG - - - .

avoir alfaire à un ambassadeur semblable il
tant d'autres; il s'attendait bien à quelques

il répliqua qu'il était son maître el qu'il partirait quand il le jugerait bon. Puis il exécuta

DO:'\:&gt;.É:E P.\R Lf. ROI

Loms XIV

A L'A~ilASS.\DEUR DE PERSE,
A VERSAILLES 1 LF. 19 Fl::vRIER 1715

excentricités de la part de cet exotique, mais
nP s'en inquiétait guère, ayant vécu an
Maro&lt;' et se fiant à son habileté diplomatique.
Aussi ne s'étonna-1-il que très peu lorsque,
arrivé à Marseille, le G décembre 1714, il

de grands moulinets de sabre-, pJrla de crrver des yeux et de fair~ rouler des têtes ....
Saint-Olan se retira très préoccupe. « Ce sC'ra
un grand coup, écrivait-il piteusement à rnn
ministre, si nous parv,•nons
reçut les doh•anres de l'intendant, des inter- à ébranler celte machine-lit et
prètes et de tous ceux qui avaient eu jus- à la mener à Lyon en &lt;1uinze
qu'alors des rapports avec le Persan. A les jours. J&gt;
entendre, celui-ci étai! un grand enfant irasPourtant, après trois secible et fantasque, cruel, méfiant, sournois, maines de flagorneries et de
· égoïste et besogneux; Son Excellence avait complaisances, on réussit à le
débarqué à !lar~eille sans un sou, après décider; il consentit à se metsept mois de voyage et d'innombrables péri- tre en chemin à la condition
péties, n'ayant sauvé de ses aventures que la qu'on lui fournirait « six escassette précieuse, estimée - d'après lui claves turcs JJ et qu'il ferait,
un million de livres, qui contenait les pré- dans le moindre bourg de la
sents envoyés par l'empereur son maître au route, une entrée solennelle.
roi de France.
« Pour avoir la paix )) , on lui
M. de Saint-Olon sourit à ce tableau peu acheta cinq chevaux; Son Exflalteur; il était persuadé que son ~ang-froid cellence quitta Marseille où
et son habitude des cours auraient vite ama- elle laissait 24.000 francs de
doué le personnage. Il se fit annoncer au dettes et le souvenir d'un hôte
Persan et le lrouva, fumant sa pipe, d'une honorable certes, mais coûhumeur de dogue. Méhémet Riza Ileg exposa teux.
immédiatement, avec de grands éclats dr
Le pauvre Saint-Olan n'était
voix, ses prétent~ons : la ville de Mari::eille l'a pas sans angoisses. En prévimal reçu; on ne lui montre que de « petites sion des caprices du Persan,
gens »; à pari les grisettes et quelques dan- il avait dû emprunter à lforseuses du théâtre, il n'a pu encore fréquenter seille dix-sept mille livres qu'il
avec personne; il s'estime mal logé, mal rnpit avec effroi fondre dès
servi, mal nourri, mal gardé; d'abord on ne les premières étapes. L'amlui donne, pour s'entretenir, que trois cents bassadeur ei;ige maintenant
livres par jour;. que peut faire avec trois que son voyage lui soit payé
cents livres une Excellence t.le sa sorte? ... quatre cents francs par jour :
Saint-Olon essaya de placer un mot aimable, &lt;tétant un grand seigneur dans
il n'y parvint. Quand il insinua que le roi de son pays, il n'est pas venu en
France avait hâte cle recevoir l'ambassadeur France pour y mendier son
et qu'il faudrait bientôt songer à se mettre pain ». De fait on lui fournit
en route, Méhérnet Riza lleg lut pris d'un quotidiennement, outrelesécus, trois agneaux,
accès de rage. « Avec une voix de taureau » deux. moutons, dix-huit poulets, cinq poules,

trente-six livres de chandelle, vingt-trois livres
de bougies, cent soixante-dix livres de pain,
trente-denx livres de beurre, huit livres de
café, un quintal de riz, sans compter le safran,
la canelle, les dons de girolle, le sucre candi,
etc. Sa suite revendait, presque intactes, ces
provisions aux marchands qui les apportaient cl
Mébémet lli,a Ueg tirait profit de ce commerce. Il boudait néanmoins, se plaignant
d'être mal hébergé. A Lambez, il exige que
les dames de la ville dansent de,·ant lui pour
le distraire, et elles s'exécutent volontiers. A
Orgon, colère terrible : le carrosse ne lui
convient plus, il déclare qu'il ne bougera pas
de là, devient fou de rage, interdit l'entrée
de sa maison aux. Français qui l'accompagnent; il faut plusieurs heures pour le calmer
el lui faire entendre raison. A Montélimar, il
accepte yingt lirres· de nougat blanc, mais
une jeune fille s'étant approchée de l~i pour
lui présenter ses hommages, reçoit de Son
Excellence un terrible coup de pied : bagarre,
sabres au clair; l'ambassadeur et sa suite se
lancent contre la foule. li y eut deux blessés;
la troupe fut obligée d'intervenir pour rétablir l'ordre.
·
A Lyon, Je terriLle Persan commença par
bouder deux jours; puis, comme il se trou,,ait confortablement installé, il îeignit d'être
malade pour ne plus partir. Versailles perdait
patience et les· ordres étaient de presser le
voyage. Mais le moyen? On mobilisa enfin
!'Oriental et l'on se remit en chemin. A la

d'un château inoccupé et s'y installa avec sa du cheval; il n'y gagna rien. Très mortifié pour lui faire couper la tête, &lt;&lt; afin de l' emsuite. A Moulins, il manifesta le désir de voir de l'aventure, le Persan remarqua que la lune porter en Perse comme une rareté française l&gt;.
rouer un homme; gentiment il offrit, à était décidément peu favorable et se remit au Il avait aussi des goûts plus pratiques, avait
admis dans son intimité une ravissante fille
défaut d"un Français de bonne volonté, l'un lit, - à cinq cents francs par jour.
Ce lut M. de Breteuil qui « en parlant de dix-sept ans qu'on appelait la marquise
de ses serviteurs. Comme Saint-Olan s'excusait de ne pouvoir exaucer son souhait, haut et ferme 1, le décida d'en sortir. Comme d"Épinay; celte petite personne, d'abord, cul
!'Excellence se déclara prise de coliques et se on l'a vu, l'audience de Versailles se passa grand'peur; puis elle se familiarisa vite avec
coucha. Il faut noter que chaque journée, sans -incartade; mais Saint-Olon devait s'épon- !'Asiatique et se füa chez lui: on peul
qu'on voyageât ou non, lui était paJée quatre ger. Quant aux présents du chah, cc fut un assurer que c'est Ja seule alîection qu'il s'atcents livres. Sainl-Olon, aux abois, résumait déboire; la fameuse cassette, estimée un tira en France, car tout le monde souhaitait
de le voir s'en aller.
ainsi son impression dans une .lettre
Lui, ne faisait à son départ aucune
adressée au ministre: et L'ambassadeur
allusion; il fallut l'arracher, au bout de
est un homme furieux. venu de Perse
huit mois, à l'hùtel de la rue de Tournon.
pour faire de la dépense. »
Saint-Olan, exaspéré, ne con sen lait pour
EnÎln le 25 janvier on arrivait à
rien au monde à recommencer le voyage
Melun après trente-deux jours de route;
de
Marseille: on mit !'Excellence à bord
là les dames de la ville furent admises
d'un chaland qui descendit la Seine
à l'honneur de contempler l'envoyé du
jusqu'au Havre. Dans les bagages, outre
chah. Il les fit déchausser et asseoir
de superbes présents envoyés par le roi
sur le tapis. Le lendemain, sans noude Fr:mce à l'empereur de Perse, rn
velle lubie, on panenait !t Charenton
trouvait une grande caisse percée de'
011, suivant l'usage, l'ambassadeur detrous, sur laquelle les serviteurs deUéhévait séjourner jusqu'au jour de sa récepmet veillaient jalousement: cette caisse
tion solennelle.
conleuait la jolie marquise d"Épinay que
Les scènes qui se passèrent à Chal'amoureux oriental n'avait pu se résourenton sont épiques; on en trouve le
dre à abandonner et qui avait consenti à
détail dans un volume, aussi exhilarant
le suivre.
que documenté, de 11. Maurice HerLe 15 septembre, au Havre, Saint-Olon
bette Vne ambas.~acle persane sous
pritcongé de son pensionnaire - sans
Louis .\"TV, d'après des documents inélarmes à ce qu'on peut croire . La frégate
dits, chez Perrin). Méhémet Riza Beg
l'A~h·ée reçut l'ambassadeur et fit voile
n'avait-il pas la ~prétention de régler
;rnssitôt. Le but du voyage était Péterslui-même l'étiquette de son &lt;( entrée &gt;&gt; ?
bourg et Uéhémet comptait rentrer eu
Un sauvage, régler l'étiquette) au temps
Perse par la Moskovie; mais la fin de
du Grand Roi 111 y avait là de quoi glal'odyssée lut lamentable : le pauvre
cer d'épouvante les nobles gardiens de
homme, torturé par le mal de mer,
l'arche sainte. Bien plus, le Persan
voulait descendre du bateau; il fallut
s'était mis dans la tête de /"ai,·e al/en.MÉUÉ.lr1ET RIZA BEG QUITTE V'ERSAILLES 1 LE 13 AOUT 171t,
le déposer 11 Copenhague. li était sans ardre Louis XIV .... On l'avait logé dans
APRES t,ON AUOJENCE DE CONGÉ.
gent; sa suite s'égrenait à chaque étape;
une belle maison, à terrasse sur la riil erra quelque temps deHambourg àilervière; il touchait par jour quatre cents
lin, vendant, pour vivre, les cadeaux de
livres, bientôt portées à cinq cents, et
il n'était pas prrssé d'en finir a,·ec ce reg1- million de livres, rie conlenait que quelques Louis XIV à son souverain; il séjourna trois
mc. Comme il se trouvait bonne grâce, encore petites perles sr.os ,,alcur et un admirable mois à Dantzig, puis il rn remit en roule. On
qu'il fùt laid à faire effroi, il pensait tharmer onguent, véritable élixir de longue vie dont n'a pu recueillir aucun renseignement sur la
les Parisiens en faisant son entrée à cheval, ce personne à la cour n'eut la témérité de tenter suite de son voyage. On sait seulement qu'en
mai 1717, vingt et un mois après son embarqui bouleversait taules les traditions. Soup- !"emploi.
A Paris, Méhémet était logé à ce bel quement au Havre, Méhémet franchissait les
çonnant des résistances,l'ambassadeur déclara
que la lune de férricrétait une époque néfaste; hôtel des ambassadeurs extraordinaires, rue frontières de Perse. Très inquiet de la réception
il attendrait qu'elle fùt passée avant de se de Tournon, qui sert aujourd'hui de caserne qui l'attendait, après tant de retards, et les
mouvoir. Et il se coucha, non sans avoir brisé à la garde républicaine. li s'y trouvait à mains vides des présents du grand roi, il se
quelques meubles, brandi son poignard et l'étroit; on dut, à grands frais. lui procurer sentit perdu et s'empoisonna. La marquise
proféré d'étranges menaces. JI fallut céder. une installation de bains. Il sortait peu, dai- d'Épina)', qui l'avait sui,,i jusque-là, se conUn cheval des écuries du roi fut amené; gnait recevoir quelquefois, surtout des vertit à l'islamisme el partit courageusemmt
Méhémet Riza Beg en voulut essaier; la bête femrnes, car - il faut dire le bien comme le pour Ispahan afin de remethe au chah ce
s'emporta et faillit précipiter Son Excellence mal - il était galant: ainsi, ayant remarqué, qui restait des cadeaux de Louis XIV. Depuis
du haut des terrasses dans la Seine. Je soup- à l'une de ses audiences, une jeune femme lors, connue dans les contes, jamais on n'ençonne fortement Saint-Olon d'avoir fait choix d'un très joli visage, il proposa de l'acheter tendit plus parler d'elle.

T. G.

LE BAIN DE J\'IÉHÉ~IET RIZA BEG.

Bresle, mécontent de la maison qui Jui était
réservée, il fit forcer par ses gens les portes
~

..,., Jo8

w•

lO&lt;J .,,.

�•
.iJft.MOIR,ES DU GÈNÈR,JIL BJIR,ON DE .iJfJIR,llOT - - ~

place . Il traversait la ville pour aller vers
Maubeuge. Je n'ai eu que le temps de mettre
mes effets sur mes chevaux, de confier ma
voiture à un ami et de partir. Je tombais de
sommeil, mais il a falJu marcher toute la
journée au milieu d'une armée immense.
Nous venons de prendre position pour cette
nuit. ...
Nous marchom !. . . Il paraît que le gant
est jelé définitivement. .. . Je ne crois pas
qu'on se batte avant cinq jours ....

ciers qu i s'en vonl. Jugez si les soldats sont
en reste! li n'y en aura pas un dans huit
jours, si la peine de mort ne les retient. ...
Si les Chambres veulent, elles peuvent nous
sauver; mais il faut des moyens pl'ompls et
des lois sùères .... On n'envoie pas un hœuf,
pas de vivres, rien . .. ; de sorte que les soldats
pillent la pauvre France comme ils faisaient
en Russie ....
Je suis aux avant-postes, sous Laon; on
nous a fait promettre de ne pas tirer, et
tout est tranquille ....

llcrbcs-le-Châtcau, 14 juin.

Nous arnns encore marché aujourd'hui,
et j'ai été à cheval ce matin à trois heures ....
Nous voilà sur l'extrème frontière. L'ennemi
se retire, et je ne crois pas qu'il y ait un
grand engagement. Tant pis, car nos troupes
sont bien animées ... .
(Après une brillante affaire, le 17 juin, à
Genappe, Je colonel de Marbot est nommé général de brigade; la chute de l'Empire empêche que cette nomination soit confirmëe.
Après Waterloo, le colonel se retire avec son
régiment sur Valenciennes, puis
vers Paris et derrière la Loire.)

{Lettre écrite. en 1 830 par le colonel de
Marbot au général E. de Grouchy.)

Mo.\'

GÉ~ÉnAL,

J'ai reçu la lettre par laquelle vous exprimez: le désir de connaître la marche des
reconnaissances dirigées par moi sur la Dyle,
le jour de la bataille de Walerloo. Je m'empresse de répondre aux questions que vous
m'adressez à ce sujet.
Le 7e de hussards, dont j'étais colonel,
faisait partie &lt;le la division de cavalerie légère

Laon, 2&amp; juiu 1815.

"'ATEIILOO, 18 JUI:\" 1815,

6 IJEURES

DU SOUL -

D'Jprés la lithographie de

RAFFl::T,

Mémoires

du général baron de Marbot
LETTRES
écrites par le Colonel de Marbot
en 1815'.
(Après le licenciement du ::i.J • de chasseurs et
son incorporation au 3" de la même arme, le
colonel de Mar bot est nommé au commandement
du 7• de hussards (d'Orlians). Ce régiment fait
partie du, ~" corps d'observation, aux ordres du
comte d'Erlon.)

~ysoing, 10 anil ·1815.

... Je suis en face de Tournay et je garde
la ligne depuis Mouchin jusqu'à Chéreng.
Quand je dis que je garde la ligne, je n'ai pas
grand'peine, car les Anglais ne font aucun
l. &lt;:es lûllres soul les seuls documenls que nous
possC,lions sur la cam11agne de Waterloo.

mouvement et sonl aus!-i tranquilles à Tournay que s'ils étaient à Londres. Je crois que
tout se passera à l'amiable. J'ai été hier à
Lille, où j'ai été on ne peul mieux reçu par
le général en chef comte d'Erlon .
Saint-Amand, 5 mai.

... Je \'Îens de recevoir l'ordre de former
une députation de cinq officiers et dix sousofficiers ou soldats pour aller à Paris, au
Champ de !lai. L'ordre porte que le colonel
sera lui-même à la tête de la députation.
Celles de tous les régiments de la division
doivent se mettre en route pour être rendues
le l 7 à trras et partir le lendemain pour
Paris. Tout est ici fort tranquille, et l'on n'y
parle pas de guerre. li y a beaucoup de désertions dans les troupes étrangères. Les
hommes qui en arrivent assurent que tout cc
qui est belge, saxon ou bol/andais, désertera

:, nous. Mon rép,imenl devient de jour en jour
plus considérable. J'ai 700 hommes. Dans
mon dépôt, il en est arrivé 52 hier; le costume les flalte tant qu'ils arrivent d1'11s comme
mouches; on ne sait où les fourrer ....
Saint-i\mand, 8 mai.

... Drpuis huit jours, 1a désertion est au
dernier degré dans les troupes étrangères. Les
soldats belges, saxons, hanovriens, arrivent
par bandes de 15 à 20 . Ils affirment que les
Russes ne viennent prls et qu'on croit qu'il
n'y aura pàs de guerre. Cela parait ici presque
certain. S'il eu arrh'e ainsi, rp1e de paroles
perdues! Que de projets qui se trouveront
manqués! .. .
Ponl-sur-Samhrc,

1;; juin.

Je suis arrivé ce matin de Paris à Valenciennes. J'aj trouvé mon régiment rnr la

Je ne reviens pas de notre
défaite!. .. On nous a fait manœuvrer comme des citrouilles.
J'ai été, avec mon régiment,
llanqueur de droite de l'armée
pendant presque toute la bataille.
On m'as5urait que le maréchal
Grouchy allait arriver sur ce
point, qui n'était gardé que
par mon régiment, trois pièces
de canon et un bataillon d'infanterie légère 1 ce qui était trop
faible. Au lieu du maréchal
Grouchy, c'est le corps de Blücher qui a débouché!. .. Jugez
de Ia manière dont nous avons
été arranges! ... Nous avons été
enfoncés, et l'ennemi a été surle-champ sur nos derrières! ...
On aurait pu remédier au mal,
mais personne n'a donné d'ordres. Les gros généraux ont été
à Paris faire de mauvais discours. Les petits perdent la
tète, el cela va mal. ... J'ai reçu
un coup de lance dans le côté;
ma blessure est assez forte,
mais j'ai youlu rester pour don- ·
ner le bon exemple. Si chacun
eût fait de même, cela irait
encore, mais les soldats déserlent à l'intérieur i personne ne
BARON DE MARBOT
les arrête, et il y a dans ce
Général de iiivision , pair de France, aide de camp du Prince
pais-ci,quoi qu'on dise, 50,000
Peint par SAINT (11¼0).
hommes qu'on pourrait réunir;
mais alors il faudrait peine de
m.01·t conlre tout homme qui quille rnn
attachée au 1er corps, formant, le 18 juin, la
poste et contre ceux qui donnent permüsion droiie de la portion de l'armée que !'Empede le quitter. Toul le monde donne des reur commandait en personne. Au commencongés, el 11:s diligences sont pleines d'offi- cemrnt de l'action, vers onze heures du
"'1

li 1 ..,.

matin, je fus détaché de la division avec mon
régiment et un bataillon dïnfanterie placé
sous mon commandement. Ces troupes furent
mises en potence à l'exlrème droite, derrière
l?richemont, faisant face à la Dyle.
Des instructions particulières me furent
données, de la part de l' Empereur, par son
aide de camp Labédoyère et un oflicier d'ordonnance dont je n'ai pas retenu le nom.
Elles prescrivaient de laisser le gros de ma
troupe toujours en vue du champ de bataille,
de porter 200 fantassins dans le bois de
Frichemont, un escadron à Lasne, poussant
des postes jusqu'à Saint-Lambert; un autre
escadron moitié à Couture, moitié à .Beaumonl, envoyant des reconnaissances ju!-que
sur la Dyle, aux ponts de Moustier et d'Ottignies. Les commandants de ces divers détachements devaient laisser de quart de lieue
en quart de lieue des petits postes à cheva],
formanl une chaine continue jusque sur le
champ de bataille, afin que, par le moyen
de hussards allant au galop d·un poste à
l'autre, les officiers en reconnaissance pufsent
me prévenir rapidement de leur jonction
avec l'avant-garde des troupes
du maréchal Grouchy, qui
&lt;levaient arriver du côté de la
Dyle. Il m'était colin ordonné
d'envoyer directement à l'Empereur les avis que me transmettraient ces reconnaissances. Je
fis exécuter l'ordre qui m'était
donné.
llme serait impossible, après
un laps de temps de quinze
années, de ûxer au juste l"heure à laquelle le détachement
dirigé vers Moustier parvint sur
ce point, _d'autant plus que le
capitaine Eloy, qui le commandait, avait reçu de moi l'injonction de s'éclairer au loin et de
marcher avec la plus grande
circonspection. Hais en remarquant qu'il partit à onze heures
du champ de bataille et n'amit
pas plus de deux lieues à parcourir, on doit 11résumer qu'il
les fit en deux heures, cc qui
lixerait son arrivée à Moustier à
une heure de l'après-midi. Un
billet du capitaine Éloy, que
me transmirent promptement
les postes intermédiaires, m'apprit qu'il n'avait trouvé aucune
troupe à Moustier, non plus
qu'à Ottignies, et que les
habilants assuraient que les
Français laissés sur 1a rive
droite de la Dyle passaient la
rivière à Limal, Limelette et
royal.
Wavre.
J'envoyai ce billet à l'Empereur par le capitaine Kouhn,
faisant fonction d'adjudant-major. Il revint
accompagné d'un ofticier d'ordonnance lequel me dit de la part de l'Empereu; de
laisser la ligne des postes établie sur , ~fous-

�•

111STORJ.ll
lier, et de prescrire à l'officier qui éclairait
le défilé de Saint-Lambert de le passer, eu
poussant le plus loin possible dans les directions de Limal, Limelette el Wavre. Je
transmis cet ordre, et envoyai même ma
carte au chef du détachement de Lasne el
Saint-Lambert.
Un de mes pelotons, s'étant avancé à un
quart d,, liène au delà de Saint-Lambert,
rencontra un peloton de hussards prussiens,
auquel il prit plusieurs hommes, dont un
officier . .Je prévins l'Empereur de cette étrange
càplure, et lui envoyai les prisonniers.
Informé par ceux-ci qu'ils étaient suivis
par une grande partie de l'armée prussienne,
je me portai avec un escadron de renfort sur
Saint-Lambert. J'aperçus an delà une forte
colonne se dirigeant vers Saint-Lambert.J'en,·oyai un officier à toute bride en prévenir
!'Empereur, qui me fil répondre d'avancer
hardiment, que cette troupe ne pou\'ait être
que le corps du maréchal· Grouehy venant de
Limal el poussant dcl'anl ·lui ·qu_elques Prussiens égarés, dont faisaië,tJ.t partie les prisonniers que j'avais faits; ·
J'eus bientôt la certitude du contraire. La
tête de la colonne pruSsiénne approchait,
quoique très lentement. Je rejetai deux fois
dans le défilé les hussard, el lanciers qui la
précédaient. Je cherchais à gagner du temps
en maintenant le plus possible les ennemis,
qui ne pouvaient déboucher que très difficilement des chemins creux et bourbeux dans
lesquels ils étaient engagés; et lorsque, enfin,
contraint par des forces supérieures,je battais
en retraite, l'adjudant-major, auquel j'avais
ordonné d'aller informer !'Empereur de l'arrivée positive des Prussiens devant Saint•
Lambert, revint en me disant que !'Empereur
prescrivait de prévenir de cet événement la
tête de colonne du maréchal Grouchy, qui
devait déboucher en ce moment par les ponts
de Moustier et d'Ottignies, puisqu'elle ne
venait pas par Limal et Limelette.
J'êcrivis à cet effetau capitaine Éloy; mais
celui•CÎ, ayant vainPment attendu sans voir
parai'tre aucune troupe, et entendant le canon
vers Saint•Lambert, craignit d'ètre coupé. JI
se replia donc successivement sur ses petits
postes, et rrjoignit le gros du régiment resté
en vue du champ de bataille, à peu près au
même instant que les escadrons qui revenaient de Saint-Lambert et Lasne, poussés
par 1\mnemi.
Le combat terrible que soutinrent alors
derrière les ~ois de Frichemont les troupes
que je commandais et celles qui vinrent les
appuyer, absorba trop mon esprit pour que
je puisse spécifier exactement l'heure; mais
je pense qu'il pouvait être à peu près sept
heures du soir; et comme le capitaine Éloy
se replia au trot et ne dut pas mettre plus
d'une heure à revenir, j'estime que ce sera
vers six heures qu'il aura quitté le pont de
Moustier, sur lequel il sera, p:ir conséquent,
resté cinq heures. Il est donc Lien surprenant qu'il n'ait pas vu votre aide de camp, à
moins r1ue celui-ci ne se soit trompé sur le
nom du lieu ,iù il aura abordé la Dyle.

.ifft.MOll/,ES DU' G'ÉN'Él/,JIL BJ!l/,ON DE .ifflll/,BOT --...
Tel est le précis du mouvement que fit le
régiment que je commandais pour éclairer
pendant la bataille de Waterloo le flanc droit
de l'armée française. La marche, la direction
de mes reconnaissances furent d'une si haute
importance dans cette mémorable journée,
que le maréchal Davout, ministre de la guerre,
m'ordonna à la fin de 1815 d'en relater les
circonstances dans un rapport que j'eus l'honneur de lui adresser et qui doit se trouver
encore dans les archives de la guerre 1.
Des faits que je viens de raconter est résultée pour moi la conviction que !'Empereur
attendait sur le champ de bataille de Waterloo
le corps du maréchal Grouchy. Mais sur quoi
cet espoir était-il fondé? C'est ce que j'ignore,
et je ne me permHtrai pas de juger, me
bornant à la narration de ce que j'ai vu.
J'ai l'honneur d'être, etc.

Les ricits du général de Marbot se terminant
à la batailJe de Waterloo, nous avons pensi que
le lecteur désirerait connaître la suite de la carrière du vaillant soldat. Nous la trouvons
retracée dans un article biographique publié
au Journal des Dêbals, par M. Cuvillier-Fle.ury,
le lendemain de la mort du général : il y pari~
précisément des Jlfimoires dont il avait eu connaissance et qu' il engage vive.ment la famille à
publier. Nous avons donc cru ne pouvoir mieux
faire que de terminer cette publication en reproduisant ici in extenso l'article de M. Cuvillier•Fleury, l'un des morceaux les plus éloquents du célèbre académicien.

Le général de Marbot.
(Article du Journal des DibaJs
du n novembre 1 854.)

Une nombreuse assistance, composée de
parents et d'amis, ,d · 'péraux, de magistrats,
de membres de..
· ., .airie el de per~
scmnes distingu· · _. ,., .. ;_._eu desquelles on
remarquait le maréchal minislre de la guerre,
accomp:ignait samedi dernier, à l'église d13
la Madeleine, r..t conduisait ensuite au champ
du repos les restes mortels de ~!. le général
baron de Marbot, enleré le 16 nol'embre, el
après une courte maladie, à l'affeclion et aux
regrets de sa famille.
Le nom de !larLot avait été doublement
inscrit dans l'histoire de la Révolution et de
l'Empire. Le père du général qui ,•ient de
mourir, ancien aide de camp de M. de Schomberg, député de la Corrèze à l'Assemblée
constituante, avait commandé la 1ro division
militaire, présidé le Conseil des Anciens, et
il était mort des suites d'une blessure qu'il
avait reçue au siège de Gênes. Ce fut pendant
cette campagne, si fatale à son père, que
Jean-Baptiste-Marcellin de Marbot fit le premier apprentissage de la guerre, comme
simple soldat au J er régiment de hussards.
li était né le 18 août 1782, an chàteau de la
Rivière (Corrèze), et il n'avait que dix-sept
1 . Les rlt.'•mart'hcs failes au ministère de la gucn·c
pour lrou\'tr ce rapport sont malheureuscmr11t rcstCcs
infruclmiuscs. (.Yole des ldiltt11'1i. }
~

112 w

ans quand il entra au service. Un mois plus
tard, à la suite d'un brillant fait d'armes, il
fut nommé sous-lieutenant; et c'est ainsi que
s'ouvrit pour lui, entre cette perte irréparable qui lui enlevait son plus sûr appui et
celte promotion rapide qui le désignait à
l'estime de ses chefs, la rude carrière où il
devait :;'illustrer.
Marbot appartenait à cette génération 'fUÏ
n'avait que très peu d'années d'avance sur
le grand mouvement de 89 el pour laquelle
la Révolution précipitait pour ainsi dire la
marche du temps; car il faut bien le remarquer ici : parmi ceux qui, voués au métier
des armes, devaient porter si haut et si loin
la gloire du nom français, tous n'avaient pas
eu le même bonheur que le jeune Marbol.
L'ancien régime faisait paier cher aux plus
braves le tort d'une origine obscure et d'une
parenté sans blason. On attendait quelquefois
quinze et vingt ans une première épaulette.
Plusieurs quittaient l'armée faute d'obtenir
un avancement mérité. Ce fut ainsi que Masséna prit son congé le 10 août 1789, après
quatorze ans de service comme soldat eL
sous-officier. ~loncey mit treize ans à gagner
une sous-lieutenance. Soult porta six ans le
fusil. Bernadotte ne lut sous-lieutenant qu'après avoir passé dix ans dans le régiment de
Royale-Marine. JI mit à peine le double de ce
Lcrnps•H1, une-fois la Révolution commencée,
pour devenir de sous-lieutenant roi de
Suède'. Marbot, soldat en 17\19, était déjà
capitaine en 1807, On lui avait tenu compte
des canons qu'il avait enlevés aux Autrichiens, dans une brillante charge de cavalerie,
pendant la seconde campagne d'Italie; on lui
avait su gré de l'énergique activité de ses
services comme aide de camp du maréchal
Augereau penaant la bataille d'Austerlitz. Ce
fut donc comme capitaine qu'il lit Ja campagne d'Eylau. Pendant la bataille de ce
nom, et au moment le plus critique de cette
sanglante journée, Augereau lui donne l'ordre
de se rendre en toute hàte sur l'emplacement qu'occupait encore le J4e de ligne,
cerné de tous -côtés par un détachement formidable de l'armée russe, et d'en ramener,
fil le pou vai!, les débris. )lais il était trop
tard. Pourtant .Marbot, grâce à la vitesse de
son cheval, et quoique plusieurs officiers du
maréchal, por"teurs du même ordre, eussent
rencontré la mort dans cette périlleuse mission, Marbot' pl\nètre jusqu'au monticule
où, pressé$ d~ toutes parts par un ennemi
acharné, Ifs :estes de l'infortuné régiment
tentaient leur derhier effort et rendaient leur
dernier coIIlbai. Marbot accourt; il demande
le colonel; ;to~s les officiers supérieurs ~vaicnt
péri. JI communique à celui qui commandait
à leur place, en attendant de mourir, l'ordre
qu'il avait reçu. Cependant les colonnes
russes, débouchant sur tous les points et bloquant toutes les issues, avaient rendu toute
retraite impossible .... cc Portez notre aigle à
]'Empereur, dit à Marbot, avec d'héroïques
larmes, le chef du 14, de ligne, et_ laites-lui
2. \"oir les Porlraits milita/l'es de )1. de l,:i
Darrc-Duparcq, p. 23. - Paris, 1$53.

des suites de ses blessures. Sa convalescence
mème est héroïque. Son courage et sa mention tirent parti mèrne des mauvaises chances.
Blessé ou non, les maréchaux, commandant

les adieux de notre régiment en lui remettant
ce glorieux insigne que nous ne pouvons plus
défendre .... )) Ce qui se passa ensuite, Marbot ne le vil pas : atteint par un boulet qui
le renversa sur le cou de son cheval, puis
emporté par l'animal en furie hors du carrt!
où le He achevait de mourir jusqu'au dernier
homme, l'aide de camp d'Augereau fut renversé quelqces moments après, puis laissé
pour mort sur la neige, et il eût été confo.1d11
dans le même fossé avec les cadaues qui
l'enlouraient, si un de ses camarades ne l'eùL
miraculeusement reconnu el ramené à l'élatmajor.
Le général ~farbot racontait parfois, el
avéc une émotion communicative, ce dramatique épisode de nos grandes guerres; rl
c'est bien le lieu de faire remarquer ici tout
ce qu'il mettait d'esprit, de verve, d'origi11Jlité et de couleur dans le récit des événements militaires auxquels il avait pris part;
il n'aimait guère à raconter que ceux-là.
Précision du langage, vigueur du trait, abo:1dance des souvenirs, netteté lumineuse et
,·éridique, don de marquer aux yeux par
quelques touches d'un relief ineffaçable les
tableaux qu'il voulait peindri!, rien ne manquait au général Marbot pour intéresser aux
scènes de la guerre les auditeurs les plus
indifférents ou les plus sceptiques. Son
accent, son geste, son sl}'le coloré, sa vive
parole, cette chaleur sincère du souvenir
fidèle, tout faisait de lui un de ces conteurs
si attachants et si rares qui savent mêler au
charme des réminiscences per5onnelles tout
l'intérêt et toute la gravité de l'histoire.
Le général Marhot a laissé plusieurs volumes de mémoires manuscrits, qui ne sont
entièrement connus que de sa famille. Pour
nous, à qui sa confiante amitié avait pour•
tant donné plus d'une fois un avant-goût de
ce rare et curieux travail, œuvre de sa vigoureuse vieillesse, nous n'anticiperons pas sur
une publicatiou qui ne saurait êlre, nous
l'espérons, ni éloignée, ni incomplète. Depuis
Eylau jusqu'à Waterloo, les services de Marbot ont d'ailleurs assez d'éclat pour qu'il ne
soit pas nécessaire de les rappeler longuement, el mieux vaut attendre qu'il nous les
raconte. De l'état-major d'Augereau, Marbot
passe en 'i 808 à celui du maréchal Lannes,
en 1809 à celui du maréchal Masséna. li lait
sous ces deux chefs illustres les deux premières campagnes d'Espagne, blessé le Ior novembre 1808 d'un coup de sabre à Agreda,
puis d'un coup de feu qui lui traverse le
corps au siège de Saragosse. La même année,
il reçoit un biscaïen à la cuisse et un coup de
[eu au poignet à Znaïm, au moment même
où une trêve vient d'être signée, et où il est
envo1•é entre les deux armées ennemies a,·ec
mission de faire cesser le feu. Mar bot, comme
on a pu le remarquer, est blessé partout, et
partout on le retrouve. L'ambulance ne le
retient jamais si longtemps que le champ de
bataille. Sa vigoureuse constitution le sam·e

en chef des corps d'armée dans des positions
difüciles, veulent tous avoir Marbot dans
leur état-major, et on comprend que ce n'est
pas seulement l'intrépide sabreur que les
maréchaux recherchent, c'est aussi l'officier
sérieux, instruit, d'excellent conseil, l'homme
de bon sens, l'esprit avisé el plein de ressources, l'inLelligence au service du courage,
et le calme dans la décision 1 ; c'est tout cela
qui désigne sans cesse le jeune Marbot à la
confiance et au choix des généraux; et c'est
ainsi qu'il passe les dix premières années de
sa vie militaire, faisant la guerre sous les
yeux des plus illustres lieutenants de Napoléon, à la grande école, celle du commandement supérieur, ayant vu de près, dans plu•
sieurs campagnes mémorables, le fort et le
faible de ce grand art si plein de prodiges et
de misères, de concert et d'imprévu, de
hautes conceptions cl de méprisable hasard,
apnt saisi son secret, el capable pour sa part

t. « •. , Plurimum audnciœ ad. pe,·icula capcssend3,
plurim~m ~o.milii intra _ipsa per1cula erat ...• » (TiteLive 1 l1b. XXI, De Amubale.)
2. Remarques ci·itiques sm· l'ouvt•ogo ,Ir ):J. le

lirutenont gênéral Rogniat, intilulé : Crmsidfralions
sur l'art de l,;,. rruel're, pat· le colonel )hrbot :Marcellin ), Pnris, 1~20. Mai-bol ëcri,•it aussi en 1815 un
al1lre oun.i;e, IJUÎ eut 3]ors. 11n cer1ain rl'L&lt;'nlisse-

\'1.-

HISTORIA. -

Fa.se.

43.

LE GthiilRAL DE MARBOT

Statue far .\IILLET DE MARCILL v, inautfun'e
(Corrêze), le 2-:- Octot:re Jll'J5,

à neaulieu

de nous le donner dans celte confidence posthume dont il a laissé à de dignes fils la primeur et l'héritage.
En 1812, le capitaine Marbol quitte définitiœment l'état-major des maréchaux. Nolis
le retrouvons à la tète d'un régiment de
cavalerie (le 25e de chasseurs), qu'il commande avec supériorité pendant toute la campagne de Russie; ('l :, la Bérésina c'est lui
qui protège, autant que la mauvaise fortune
de la France Je pNmet alors, le passage de
nos troupes, et qui contribue à refouler les
forces ennemies qui écrasaient leurs héroïques débris. Blessé tout tl la fois d'un
coup de feu et d'un coup de lance à JacouLowo pendant fo retraite, il revient peu de
mois après, et à peine guéri, recevoir en
pleine poitrine la flèche d'un Ba,kir sur le
champ de bataille de Leipzig.
Au combat de Ilanau, le dernier que nos
troupes livrèrent sur le sol de l'Allemagne,
le colonel Marbot retrouve sa chance, il est
blessé par l'explosion d'un caisson; et enfin
à Waterloo, dans une charge de son régiment,
il reçoit d'une lance anglaise, et après des
prodiges de valeur, une nouvelle blessure,
mais non pas encore la dernière.
L'aveugle et fanatique réaction qui emporta un moment le gouvernement restauré
après les Cent-Jours fit inscrire le nom de
Marbot sur la lisle de proscription du 24 juillet 18-15. La réaclion lui devait cela. !larbot
se réfugia en Allemagne; f'l c'est là, sur ce
théâtre de nos longues victoires, qu'il composa ce remarquable ouvrage 1 qui lui valut
quelques années après, de la part de l'empereur Napoléon mourant sur le rocher de
Sainte-Hélène, cet immortel suffrage de son
patriotisme et de son génie : « ... Au colonel Marhot : je l'engage à continuer à écrire
pour la défense de la gloire des armées françaises, et à en confondre les calomniateurs
et les apostats 3 !. .. »
La Restauration élait trop intelligente pour
garder longtemps rancune à la gloire de
l'Empire. Elle pouvait la craindre, mais elle
l'admirait. La lettre de Vérone, dans laquelle le sage roi Louis XVIJ[ avait rendu un
si grand témoignage au héros d'Arcole et des
Pyramides, é1ait toujours le fond de sa politique à l'égard des seniteurs du régime
impérial. Le général Rapp était un aide de
camp du Roi. Les maréchaux de Napoléon
commandaient ses armées. Marbot fut rappelé de l'exil et nommé au commandement
du ge régimenL de chasseurs à cheval. Déjà,
en 1814, el très peu de temps après le
rétablissement de la monarchie des Bourbons,
le colonel Marbol avait été appelé à commander le 7• de hussards, dont M. le duc d'Orléans était alors le colonel titulaire. Celle
circonstance avait décidé en lui le penchanL
qui le rapprocha depuis de la famille d'Orléans, et qui, plus tard, l'engagea irrévocablement dans sa destinée. llornme de cœur
et d'esprit comme il l'était, attaché plus enment cl qui le mérilail; il est ÎPLitulè : De la 11écessité d"a11gmeulel' les forct•s militaires de la Fi·a 11 ce
5. Par~graphe il, ,11° :51 ,du tes!amcul de Napolêon. I,~

lrgs rlr l Empereur a M~rhot (·ta 1l rlc ant mille {l'llnr.,.

8

�111ST01'{1.J!
)J(i:M01R,ES DU GÉJ\IÉR,l!L 1!Jl]I.OJ\I DE .Jlîll'R,110T

core peul•èlre par sa raison que par sa passion à ces principes de 89 et à ces conquêtes

la discussion intrépide comme le cœur; il
marchait droit à la vérité, comme autrefois
à la bataille. Il affirmait quand d'autres auraient eu peut-être intérèt à douter; il tranchait des questions qu'une habileté plus
souple eftt réservées, et il n'y avait à cela,
je le sais, aucun risque sous le dernier règne.
L'époque, le lieu, l'habitude des controrerses
publiques, l'esprit libéral et curieux du prince
qu'il servait, tout autorisait et encourageait
chez ~farbot celte franchise civiquê du vieux
soldat. D'ailleurs, comment l'arrèter? Elle
lui élait naturelle comme sa bravoure et elle
découlait de la même source.
Le livre que l'Empereur avait si magnifiquement récompensé par deux lignes de sa
main, plus préciruses que le riche legs qu'il
y a,·aiL joint, ce livre aujourd'hui épuis~ 1
sinon oublié, est pourtant cc qui donnerait ll
ceux qui n'ont pas connu le général Marhot
l'idée la plus complète de son caractère, de
son esprit et de cet entrain qui n'appartenait
pas m'lins à sa raison qu'à son courage. Le
liHe est presque tout entier technique, et il
traite de l'art de la guerre dans ses plus
vastes et dans ses plus minutieuses applications; malgré tout et en dépit de cette spécialité où il se rf·nferme, c'est là une des plus
attachantes lectures qu'on puisse faire. Je ne
parle pas de celle verve de l'auteur qui
anime et relève les moindres détails; c'est là
l'intérêt qui s'adresse à tout le monde, c'est
le plaisir; l'ouvrage a d'aulres mériles, je
veux dire cette vigueur du ton, cette ardeur
du raisonnement, cc choix éclairé et cette
mesure décisive de l'érudition mise au service
des théories militaires, - mais surtout cet
accrnt de l'expérience personnelle et ce reflet
de la vie pratique, lumineux commentaire de
la science. Tel est ce livre du général Marbot.
Il l'écrivit à trente-quatre ans. Le livre est
l'homme; el je comprends qu'il ait plu à
!'Empereur el qu'il ait agréablement rempli
quelques-unes de ses longues veillées de
Sainte-Hélène; il lui rappelait un de ses officiers les plus énergiques· et les plus fidèles;
il ralliait dans leur gloire et ranimait dans
leur audace tous ces vieux bataillons détruits
ou dispersés; il flattait, dans le vainqueur
d'Austerlitz, l'habitude et le goùt de ces
grandes opérations de guerre offensive I dont
.1a théorie intrépide el la pratique longtemps
irrésistible avaient été l'instrument de sa
grandeur et la gloire de son règne. !llarbot
flattait ces souvenirs dans l'Empereur déchu
plus qu'il ne l'aurait voulu faire peut-être
dans l'Empereu r tout-puissant; mais il écrivait en homme convaincu. Il défendait la
guerre d'invasion comme quelqu'un qui
n'avait jamais fait autre chose, avec conviction, avec ,,érité, par entrainement d'habitude
el sans parti pris de plaire à personne. li
était l'homme du monde qui songeait le
moins à plaire, quoiqu 'il y eût souvent bi~n
de l'art dans sa bonhomie, bien du cœur et
bien de l'élan dans sa rudesse. Le général
Rogniat avait écriti que les passions les plus

de la France démocratique que la Charte
de 1814 avait consacrés, esprit libéral, cœur
patrio~e, }fafbot s'était senti tout naturellement entrainé vers un prince- qui avait pris
une pari si glorieuse en 1792 aux premières
victoires de l'indépendance nationale et qui,
le preniier 'aussi, en 1815, avait protesté du
haut de la tribune de la pairie contre la
réaction et les proscripteurs. Aussi quand le
duc de Chartres fut en âge de compléter par
des études militaires la brillante el solide
éducation !]_u'il avait reçue à l'Université, sous
la direction d'un professeur éminent, ce fut
au colonel Marbot que fut confiée la mission
de diriger le jeune prince dans cette voie
nouvelle ouverte à son intelligence et à son
activité; et tout le monde sait que le disciple
fil honneur au maître. Dès lors le général
Marbot (le roi l'avait nommé maréchal de
oamp après la révolution de Juillet) ne quitla
plus le duc d'Orléans jusqu'à sa mort; et il
le servit encore après, en restant attaché
comme aide de camp à son jeune fils. Devant
le canon d'AnYcrs, en 1831; plus tard,
en l 855, pendant la courte el pénible campagne de Mascara où il commanda l'avantgarde; en 1859, pendant l'expédition des
Portes de Fer; en J 840, à l'attaque du col de
Mouzaïa, partout Marbot garda sa place
d'honneur et sa part de danger auprès du
prince, et il reçut sa dernière blessure à ses
côtés. c1 ••• C'est votre faute si je suis blessé J&gt;,
dit-il en souriant au jeune duc, comme on
le rapportait à l'ambulance. - , Comment
cela? dit le prince. - Oui, monseigneur;
n'avez-vous pas dit au commencement de
l'action : Je parie que si un de mes officiers
est blessé, ce sera encore Marbot? Vous avez
gagné!. .. l&gt;
Je montre là, sans y insister autrement,
un des côtés de la physionomie militaire de
~[arbot: il avait, dans un esprit très sérieux,
une pointe d'humeur caustique très agréable.
Il était volontiers railleur sans cesser d'être
hienveillant. Une singulière finesse se cachait
dans ce qu'on pouvait appeler quelquefois chez
lui son gros bon sens. J'ajoute que les dons
les plus rares de l'intelligence, la puissance
du calcul, la science des faits et le goùt des
combinaisons abstraites s'alliaient en lui à
une imagiaation très invenlive, à une curiosité très littéraire et à un géaie d'expression
spontanée et de description pittoresque qui
n'était pas S!;!ulement le mérite du conteur,
comme je l'ai dit, mais qui lui assurait partout, dans les délibérations des comités, dans
les conseils du prince, et jusque dans la
Chambre des pairs, sur les questions les plus
générales, un légitime et sérieux ascendant.
D'un commerce très sûr, d'une loyauté à
toute épreuve, sincère el vrai en toute chose,
Marbot avait, dans la discussion, une allure,
non pas de guerrier ni de conquérant, personne ne supportait mieux Ia contradiction, - mais de raisonneur convaincu et
déterminé, qui pouvait se taire, mais qui ne
1. Voir le chapitre ir.tilulé : Des grandes opb·ase rendait pas. Il avait, si on peut le dire, l ions
o/femives. p. 597 cl suiv. de l'ouvrage précilê.

propres à inspirer du courage aux troupes
étaient, selon lui, (f le fanatisme religieux,
l'amour de la patrie, l'honneur, l'ambition,
l'amour, enfin le désir de's richesses ... . Je
passe sous silence la gloire, ajoute l'auteur;
les soldats entendent trop rarement son langage pour qu'elle ait de l'influence sm· lem·
courage .... &gt;l C'était là, il faut bien l'a,,ourr,
une opinion un peu métaphysique pour
l'époque oit le général Rogniat écrivait, et
qui, ftît-elle fondée (ce que je ne crois pas),
n'était ni utile à répandre ni bonne à dire.
« ,. . Mais quoi! s'écrie le colonel Marliot
dans sa réponse, quoi! ils n'entendaient pas
le langage de la gloire, ces soldats qui jurèrent au général Ilarnpon de mourir avec
lui dans la redoute de Montélésimo ! Ceux
qui, saisissant leurs armes à la voix de li:léber, préférèrent une halaille sanglante à une
capilulation honteuse! Ils n'entendaient pas
le langage de la gloire, ces soldats d'Arcolc,
de Rivoli, de Castiglione et de Marengo,
ceux d'Austerlitz, d'Iéna et de Wagram! Ces
milliers de braves qui couraient à une mort
presque certaine dans le seul espoir d'obtenir
la croix de Ia Légion, n'entendaient pas le
langage de la gloire!... Que veulent donc ces
braves .:ïoldats qui s'élancent les premiers sur
la brèche ou s'enfoncent dans les rangs des
escadron.:ï ennemis? Ils veulent se distinguer,
se faire une réputation d'hommes intrépides,
qui attirera sur eux l'estime de leurs chefs,
les louanges de leurs compagnons et l'admiration de leurs concitoyens. Si ce n'est pas
là l'amour de la gloire, qu'est-ce donc 5 ?... &gt;&gt;
J'ai cité cette héroïque tirade, non pas
pour donner une idée du style du général
Marbot : il a d'ordinaire plus de tempérance,
plus de mesure, plus d'originalité, même
dans sa force; mais ce slJtle lt la ba1·onnelle
qu'on aurait pu taxer de déclamation dans
un temps différent du noire, a aujourd'hui
un incontestable à-propos.
Une fois en guerre, qui ne reconnait que
celte façon de juger le soldat français est à la
fois la plus équitable, la plus politi1ue el la
plus vraie? !larbot était le moins pindarique et le moins déclamateur des hommes,
quoiquïl y eùt parfois bien de l'imagination
dans son langage. Mais un sûr instinct lui
avait montré ce qui fait ballre la fibre populaire sous l'uniforme du soldat et sous le
drapeau de la France; el aujourd'hui, après
quarante ans, en rapprochant de ces lignes
épiques, détachées d'un ,,ieux livre, la liste
récemment présentée au général Canrobert
des 8,000 braves qui se sont fait inscrire
pour l'assaut de Sébastopol, n'est-ce pas le
cas de répéter avec le général Marhot : Si
l'amour de la gloire n'est pas là, où est-il
donc? ...
Cette solidarité traditionnelle de la bravoure dans les rangs de l'armée française,
aussi loin que remontent dans le passé ses
glorieuses annales, est très nettement marquée dans l'ouvrage que le colonel !larbot
écrivait en 1816 el qu'il publiait quelques
1

2. Co11sidéraliou.,; s111· l'a1·t de la guen·e, p. 410.
5. Rewm·ques critiques, etc., p. HH-102. _

.,. AU CHATEAU DE lMONDETOUR
SOUVENIRS nES C.\MPAGNES DU G11N~:RAL BARON l)E MARJIOT, CONSERVr.S
•

(Seine- lnférieme). - Tat/eau de E. DE

Ro1sLE1·0MTE.

• de cours dc sa br_c a· Ao-reda·
chapeau
d'aide de
troué d'un
biscaïen,
à !a bataille a·E1·!au; épau•
Sur la table, de gauche à droite : shako d_'aidc de camp cnt~11lé
. ,,. . -'hako
de co"!onel
ducamp
..,. hussards
porté
,i \Yatcrloo. - Sur e fauteuil :
~ lcttes et aiguillettes portees pr Je g-éncral en_ qu~lité d'aide de ccmp du
O~lc{;t 5.' ;uîdon du 2 3. chasseUrs pendant les campagnes de Russie et de Saxe. uniforme de co!cr.cl du ï. hu!sards r,orté a "atcrloo .. - ,\_u•des.s.u~ el " t"b'r·etachc de colonel du~· hussards.
·
Panneau supéncur, a droite. sa ire c sa
1

dt~

�1f1ST0~1A - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~
années après. S'il l'eùt écrit vingt ou trente
ans plus tard, il n'eùt pas seulement nommé

les conquérants de l'Égypte, de l'Allemagne
el de l'Italie; il eût signalé, dans les héritiers de ces belliqueux instincts, la même
llammc d'héroïsme qui animait les pères; il
les eût suivis sous les murs de Cadix, dans
les champs de la llorée et à l'attaque du fort
!'Empereur. Plus lard, il eùl cité ces infati~ables soldats qui nous ont donné l'Afrique :
il les avait vus à rœuvre.
Il est mort en faisant comme nous tous de
patriotiques Yœux pour le succès de nos
armes, engagées si glorieusement et si loin!
Les. drapeaux changent, les révolutions s'ac•
cumulent, les années s'écoulent : la bra\'oure
française ne varie pas. Elle est dans la race
et dans le sang. Marbol élait plus que per5,onne un type éminent de ce courage de natu,·e, comme il l'appelle, qui n'a pas seulement la solidité, mais l'élan, qui n'attend pas
l'ennemi, qui court à lui et le surprend,
comme les zouaves à !'Alma, par ces apparitions soudaines qui font de la vitesse ellemême un des éléments de la victoire. Ce
courage de l'invasion, de l'o!Tensive, c~t art
ou plulôt cc don de marcher en avant, (( de
tirer avantage des lenteurs Je l'ennemi, de
l'étonner par sa présence, et de frapper les
grands coups avant qu'il ait pu se reconnaitre D, celte sorte de courage était bien
celle qui convenait à une nation prédestinée,
plus qu'aucune autre, par la franchise de son
génie, par l'expansion contagii::use de son ca•
raclère, par la facilité de sa langue acceptée
de tous, à la diffusion de ses sentiments el
de ses idées; et il n'est pas inutile de le rappeler, au moment où un si grand nombre de
Français sont en ligne devant un redoutable
ennemi. Marbot avait, avec toutes les 'lualités
sérieuses du métier, ce courage d'a,,antgarde, el il était cité dans l'armée pour l'audace de ses entreprises ou de ses aventures.
Un jour (c'était, je crois, au début de la
campagne de Russie, et il venait d'être
nommé colonel), il arrive à la lêle de son régiment devant un gué qu'il avait mission de
franchir. Le passage était défendu par un
nombreux détachement de Cosaques, appuyés
sur une artillerie imposante. Marbot fait reconnaître ]a po:-ition, qui est jugée imprenable. « !larchons, dit-il, mes épauletles
sont d'hier, il leur faut un baptême; en
avant!. .. » En disant cela, il pique des deux.
Il y eut là, pendant quelques instants, une
luue corps à corps, sabre contre sabre, et
des prO\'ocalions d'homme à homme, comme
dans un chant d'Homère. Enfin l'ennemi
céda, les canons furent pris. llarbot reçut
sa huitième blessure, mais il passa.
Le crénéral Marbol a,ait été fidèle à l'Em•
pire j~squ'à souffrir, en mémoire de celte
Alorieuse époque, la proscription et l'exil.
Nous aYons ,u comment la Restauration lui
rendit à la fin justice, et comment la dynastie
de Juillet lui donna sa confiance. La révolution de Février le mit à la retraite. Le général Marbot se résigna. Il accepta sans se
plaindre une disgràœ qui le rattachait encore

à la royauté déchue. Il avait la qualité des
nobles cœurs, il élait fidèle. Le souci très
éclairé et très intelligent du père de famille
n'avait jam?is affaibli chez lui le citoien ni le

soldat. Après avoir élé un des héros de l'épopée 'impériale, il fut un des personnages les
plus considérables el les plus fal'orisés de la
monarchie de Juillet, et il s'en est souvenu
jusqu'à son dernier jour, non sans un méJange de douloureuse amertume quand il
songeait à cette jeune branche d'un tronc
royal, brisée fatalement sous ses yeux, mais
avec une imperturbable sérénité de conscience, en songeant aussi qu'il n'avait jamais cessé, depuis soixante ans, de servir son
pays sur tous les champs de balaille, dans
toutes les rencontres sérieuses, dans l'armée,
dans le Parlement, dans les affaires publiques,
dans l'éducalion d'un prince, el jusque dans
ces derniers et trop courts loisirs de sa verte
,·ieillesse, consacrés au récit de nos grandes
guerres et au souvenir de nos victoires immortelles.

ÉTATS DE SERVICES
de

J eau-Baptiste-An toine-M arcelli n,
Baron de Marbot.
Né à Altillac (Corrèze), le 18 août 1782.
Entré au 1el' régiment de hussards . . 28 septembre 1799.
Maréchal des logis . 1". décembre 1i 99,

Sous-lieutenant . . 51 décembre 1799.
Passé au 25e régiment de chasseurs à
11 juin 1801.
cheval. . . . . . .
Envoyé à l'école
d'équitation de Versailles. . . .
12 septembre 1802.
Nommé aide de
camp du général Au51 août 1803.
gereau. . . .
H
juillet 1804.
Lieutenant . . . .
5 janl'ier 1807.
Capitaine. . . . .
Passé aide de camp
2 nol'embre 1808 ·
du maréchal Lannes .
Che! d'escadrons .
5 juin 1809.
Passé aide de camp
18 juin 1809.
du maréchal !!asséna.
Passé au 1er régiment de chasseurs. . 25 novembre 18 11.
Passé au 23e régi28 janvier 1812.
ment de chasseurs. .
Colonel ou 23' régi•
ment de ehasseurs. . ·15 nol'embre 1812.
Passé au 7• de hus8 octobre 1814.
sards . . .
Porté sur la 2• liste
da l'ordonnance royale
24 juillet 1815.
du . . . . . . .
Sorli de France
12 janvier 1816.
d'après la loi du. . .
Rappelé par l'ordon15 octobre 1818.
nance du.
Admis au traite•

ment de réforme . .

Rétabli en demisolde avec rappel du.
1" a\Til 1820.
Colonel du 8• régiment de chasseurs. .
2':? mars 1~29.
Aide de camp de ~A. Il. le duc d'Orléans.
12 aoùt 1830.
Maréchal de camp.
22 octobre 1~:iO.
Compris dans le cadre d'activité de l'étal2':? mars J8j 1.
major général. . . .
Commandant la 1"'
brigade de cavalerie
au camp de Compiègne . . . . . . . .
18 juin 183t.
Commandant une
brigade de grosse cavalerie au camp de
Compiègne . . . . .
10 juillet 1856.
Lieutenant général
maintenu dans ses
fonctions d'aide de
camp de S. A. Il. le
duc d'Orléans. . . .
21 oclohre 1858.
Mis à la disposition
du gouverneur de I' Al:; avril 1840.
gérie . . . . . . .
m,i -!MO.
llentré en France .
Membre du comité
d'état-major . . . . 20 septembre 1841.
Nommé inspecteur
µénéral pour 1842 du
,J4e arrondissement de
22 mai 1842.
cavalerie. . . . . .
Commandant
les
troupes destinées à figurer la ligne ennemie
dans le corps d'opéra29 mai 1842.
tions sur la Marne. .
Aide de camp de S.
A. fi. Monseigneur le
20 juillet 1842.
comte de Paris . . .
Inspecteur général
pour 1845 du Re arrondissemcnl de cava11 juin 184:i.
lerie
. . . . . .
inspecteur général
pour 1841 du 6•· arrondissement de cava•
25 mai 1844.
lerie . . . .
Membre du comité
13 avril 1845.
de cavalerie . . . .
Inspecteur général
pour 184â du 2• arrondissement de cava24 mai 1845.
lerie . . . . . . .
Inspecteur général
pour 1846 du 2• ar-

rondissement de

C.'l\1 a-

lerie . . . . . . .

Inspecteur général
pour 1817 du 15• arrondissement de cavalerie . .
Maintenu dans la Ire
section du cadre de
l'état-major général .
Admis à faire valoir
ses droils à la retrailr

.JJftM01'lfES DU GÉNÉ~JU. BJl~ON DE .JJfll~BOT

1rr aniI 1~20.

27 mai 1840.

11 juin IX\7.
l"' aoùt 1817.

par le passage d'un
boule!, qui a enlevé la
8 juin 18i8. corne de son chapeau à
8 février 1807.
16 novembre 1854. la bataille d'Eylau. .
Un coup de sabre
au front à Agreda. . I" novembre 1808.
(jn coup de feu au
travers du corps au
Campagnes.
siège de Saragosse . .
9 lévrier 1809.
Un coup de biscaïen
An Vlll, Italie. -An IX, Ouest. - An\,
dans la cuisse droite
Gironde. -An XII, au camp de Balonne. 22 mai 1~09.
An Xlll,aucamp deBresl.-An XIV, 180:,, à la halaille d'Essling.
Un
coup
de
feu
au
1806 et 1807, Grande Armée. - 1808 et
1809, Espagne et Autriche.-1810 el 1811, poignet gauche au
12 juillet 1809.
Portugal. - 1812, llusù. -- 1815 el combat de Znaïm . .
Un coup d'épée dans
18H, Grande Armée. - 1815, Belgique. 1831, 1832, à l'armée du Nord. - 1855, e visage et un coup
de sabre dans le \'en1~59 el 1840, en Algérie.
re au combat de Miranda de Corvo . . .
1'&gt; mars 1811.
Un coup de feu à
l'épaule gauche au
Blessures.
combat de Jakoubo110.
31 juillet 1812.
Un coup de baïonUn coup de lance
nelle au bras gauche.
au genou droit au
A!Tecté d'étourdissecombat de Plechtchéments considérables
nitsoui . . . .
l décembre 1812.

par décret du.
Retraité par arrèté
du . . . . .
Décédé à Paris

17 avril 1848.

Un coup de flèche
dans la cuisse droite à
la bataille de Leip,ig .
Un coup de lance
dans la poitrine à la
bataille de Waterloo .
Une balle au genou
gauche dons l'expédition de Médéah. . .

18 octobre 181;;.
18 juin 1815.
12 mai 1840.

Décorations.

Ordre de la Légion
16 octobre 1808.
d'honneur. Chevalier.
28 seplemhre 181;;.
- Orficier. . .
21 mars 1831.
- Commandeur .
30 avril 1836.
- Grand-officier .
Che\'alier de SaintLouis . . . . . . . 10 septembre 1814.
Grand-croix de la
Couronne de chêne de
décembre 1X32.
llollande. . . . . .
Grand officier de
août 18'&gt;2.
Léopold de Belgiqùe .
1845.
Pair de France en .

FIN

Par Paul de SAINT-VICTOR
~

Machiavel
L'éternel grief jeté et rejeté, comme une
pierre, depuis trois siècles, à cette mémoire
qui m'apparait, à moi, son admirateur passionné, revêtue de la majes.té touchante d'une
grande statue lapidée, c'est son Traité du
Prince, c'est ce livre que le cardinal Poins

sorts du pouvoir, quelque cho~e comme la
Leçon ,L'anctlomie de Rembrandt, un maitre
noir disséquant un cadavre, sur une table de
marbre, devant de mornes élèves. Pour moi,
sans prétendre de,·iuer son énigme, et en
m'en tenant à sa lettre, je le prends comme

disait écrit avec le doigt de Satan, el qu'un
bénédictin proposait de couvrir d'une reliure
en peau de serpent, comme d'un san•benito
d'infamie, dans toutes les bibliothèques de la
chrétienté.
On a traduit en mille variantes les oracles
ambigus du mystérieux sphinx. Il en est qui
lui prêtent une formidable ironie, celle de ce
prophète de la Bible qui se roulait dans les
iniquités et les adultères. D'autres croient y
voir un piège à tigre, tendu à Laurent de
Médicis, auquel MacbiaYel dédia son œuvre;
une amorce de perversité oOerte au tyran de
Florence, pour le faire tomber dans le crime
el, de là, dans la haine et dans la mort.
D'autres enfin ne veulent y trouver que la
froide opération d'un chirurgien politique qui
démontre aux princes les organes et les res-

le produit naturel d'une époque à part, et je
ne reproche pas au fruit du mancenillier
d'être mortel.
N'oublions pas que ce livre lut écrit pendant un tremblement de terre d'anarchie,
d'invasions et de guerres civiles; alors que
Ioule idée de droit, autre que celle de la défense naturelle, avait disparu du monde;
alors que le sang humain aYait moins de prix
que n'en a aujourd'hui l'eau des fontaines.
Dans celte sombre el sublime Italie du
xv1e siècle, une créature inoffensive, sujet ou
prince, était bientôt détruite. La vie était une
lu lle, la maison une forteresse, le vêtement
une cuirasse, l'hospitalité un guet-apens,
l'étreinte un étouffement, la coupe offerte un
poison, la main tendue un coup de poignard.
La patrie esl livrée aux factions du dedans et

aux barbares du dehors, l'ennemi est aux
portes, la révolte dans la rue, la conspiration

dans l'église, le_ brigandage dans la campagne:
parlout la trahJSon, partout la haine partout
la méfiance, partout la mort.
'
Machiavel fait son prince àl'ima•e du temps
qu'il d~it go~verner. Il le trempe, pour le
rendre IDl'u!nerable, dans le Styx de sang qui
co~le à pleins bords; 11 lm forge, sur sa
froide enclume, une armure de dissimuJation
à, l'épreuve des plus pénétrants regards;
1 habitue aux horreurs, comme Mithridate
aux poisons. Cela est atroce sans doute mais
encore une fois, cela est du temps. '
'
Et puis n'oublions pas l'excuse suprême
~e, ce hvre _condamné! son dernier chapitre :
1 Exho,·tatwn au prince de delivrer l'Italie
des barbares, hymne digne de Tyrtée, qui
éclate, comme un chœur héroïque de trompelles, el répand la solennité fatale d'un sacrifice propitiatoire, pou1· le salut du peuple,
sur les meurtres moraux et les étouffements
de vertus qui s'accomplissent au-dessous
dans les profondeurs des ténébreuses théorie;

il

�-

msT01{1J1 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ·

qu'il domine. Ce prince que Machiavel nourrit,
à la façon des oiseaux de proie, d'axiomes
carnassiers et de sanglantes doctrines, c'est
contre les ennemis de sa patrie qu'il ,,eut le
lancer, furieux, armé, implacable; c'est
contre eux qu'il aiguise ses serres, qu'il
exerce son ml aux cercles perfides, aux directions obliques, aux attaques impréYues, el
qu'il l'allèche aux curées féroces du vaincu et
du peuple ,, terre.
Mai,, une fois la part de blâme laite et
p,rfailc au livre du Prince, quelle grande
vie que celle de llachiavel ! li était de la race
de ceux dont le royaume est de ce monde, rl
qui sont fails pour manier, à pleines mains,
les choses el les hommes. Sa jeunesse se
passe dans les ambassades, à négocier les
affaires de Florence auprès des papes, des
empereurs et des rois. C'est contre César Borgia qu'il lait ses premières armes de diplomatie militante. César ne se dérange pas pour
Machiavel; il conçoit, médite et exécute ses
crimes devant lui, avec l'effrapnte sérénité
d'un damné et l'ingénieuse perfection d'un
artiste. Macbia\'l'l ne se contente pas de Jt,s
trammettrc à la seigneurie de Florence; il
les prédit, il les devance, il les prophétise;
il lit dans les entrailles du monstre, comme
un augure dans celles d'une viclime, et, plus
tard, quand son jour est venu, c'e~t lui
qui montre à l'ilalie le défaut de celle cuirasse di.1bolique, qui semblait trempée au
leu de l'enfer.
Mais arrirc la restauration des ~lédicis; la
flépublique succombe, et Matl1ian:l, disgracié,
est brusquement écarté d~ celle vie des a(îaircs,
sa région et son élément.
Il conspire, on l'arrête, on le met à la
question pour lui arrarher un aveu. Mais
autant aurait valu iorlurer une statue de
bronze. A la fin , les Médicis lui font grâce, tl
c't.:st ici que commence son supplice: le supplice de l'activité enchaînée et du génie qui
se ronge lui-même.
Le gcand homme d'Élat, exilé dans sa métairie de San-Caseiano, y rugit d'ennui et de
colère. li implore des Médicis un emploi, une
fonction; un rôle, « fût-ce celui de tourner
une meule ou de rouler une pirrre ». Vous
diriez un lion affamé demandant sa pâture.
On a voulu voir un abaissement dans cette
attitude; je n'y vois, pour ma part, que la
secousse d'une grande force comprimée, qui
tend les bras à l'action loinlaine et se débat
dans son vide. Que lui importait, à lui, le
nom propre du pouvoir, Médicis ou Soderini,
Léon X ou Clément Yll! Ce qu'il voulait,
c'était agir, discuter, convaincre, persuader,
travailler pour ~a villr, en lon ouvrier d'élo~

quence, et courir, entre les nations et elle,
comme la navette d'un tisserand entre les fils
de la toile dont elle trace le dessin el agrandit
la trame.
Les Médicis dédaignent ou redoutent ce

MACIJIAVEL.

D'après 1m

tableau de l.i Galerie des
J Florence.

Ujfices.

tout puissant auxiliaire; alors rhomme · de
pratique se rejelle dans la théorie. li compose
ses immortels Disco111s sur 'l'ile Lti 1e, son
llisloire de Casl1'11cio Caslrat'ani, son merveilleux conte de Belphryor; il aiguise et rarfi'nc amoureusement le style d'acier ciselé du
livre du Prince ; il groupe, autour de lui,
dans les jardins de Ruscellai , un Décamérun
politique dont il est la voix et l'oracle.
Mais ni le tra,ail ni l'abstraction ne peuvent guérir la fiè,·re lente qui le consume.
L'inaction pèse, comme la chape de plomb
dantesque, à cette âme fougueuse; pour y
échapper, il sejelle dans la mort de l'orgie et
de l'ivres se. Le bison, a dit Jean-Paul, dans
une comparaison sublime, se roule dans la
fange pour_ guérir ses blessures. Ainsi fait
l'homme d'~tat, meurtri de la chute de rnn
ambition idéale. li faut l'entendre, dans un
transport de joie sardonique, crier son abjection à tous cenx qui passent, en jetant contre
le ciel plus que son sang, sa boue.
« Tous les jours, - écrit-il à son ami
Vellori, - je vais à l'hôtellerie. Là sont ordinairement l'hôle, un boucher, un meunier et
deux chaufourniers. Jem'encanaille - m'in-

yoglioffo - arec eux, en joijanl à la crica.
Mille disputes s'élèvent, mille injures se croisent; le plus souvent, c'est pour un quatrino,
et l'on nous entend crier de San-Cajetano.
Ainsi vautré dans celle bassesse, j'empêche
mon cerveau de moisir, jedéreloppe la malignité de ma fortune, satisfait qu'elle me Ioule
aux pieds, pour voir si elle n'en aura pas
lionle. »
Elle n'en cul pas honte, l'aveugle déesse,
el, quand elle sembla revenir à lui, quelques
années après, ce lut pour le mystifier el le
tral1ir encore.
Les Médicis se réconcilient enfin arec le
théoricien du pouvoir, et leur premier acte
de faveur est de l'enroier en ambassade auprès ... d'un chapitre de capucins. li s'agissait
de je ne sais quelle chicane de couvrnt à pacifirr. Il y alla, le pauvre grand homme; cl,
pour ma part, je ne sais pas de plus poignante
ironie du sort que ce dix-huitième d'épingle
dnnné à faire à la main puissante qui venait
de forger la panoplie des dominations et des
majestés. Machiavel ju3e du camp d'une
batrachomyomarhie monastique! le lion arbitre des querelles d'une fourmilière 1
L'invasion des Impériaux décide enfin le
pape Clément Vil à appeler Machiavel au
secours de l'[ talie. Il se jette en héros dans
llome menacée, et }' prodigue, en quelques
jours, des trésors de génie, d'é} ,1 quf'!nce et
d'inventions soudaines. La prise de la ville
éternelle le renvoie à Florence, où une leure
d'un brio éperdu, dont les rires rnnglotent et
dont la gaieté nane, nous le montre, au
milieu d~ la pesle, fou d'étourdissement,
malade d'ardeur et cherchant la mort dans
l'amour, alèC une fougue passionnée. Ainsi
les fiomains des dt}rnicrs temps de l'Empire
s'ounaient les veines et fondaient voluptueusement en sJng, dans l'eau parfumée des
Uains asiatiques.
Le reste de sa vie ne fut plus que disgràce,
langueur, abandon, lente agonie . La république restaurée de Florence Je traita en partisan des Médicis et rdusa ses services . Il
regagna son désert de San-Casciano, }a foudre
dans la poitrine, en répétant, sans doute, la
mélancolique apostrophe de Dante àFlorenee:
Papule mi, quùl feci tibi? li languit longuement, lentement, abreuvé d'ennui. Chassé de
cc monde, où il avait placé ses espérances, il
se réfugia dans l'autre. Sur la fin de sa vie,
il tourna le dos aux affaires, comme dit si
énergiquemen l Pierre Matthieu, et ne songra
plus qu'à l'éternité. JI mourut, désabusé,
amer, flétri, blessé au cœur, ne croyant
plus qu'au crucifix, qui consola sa dernière
heure.
i'AUL DE

SAINT-VICTOR.

FRANTZ FUNCK-BRENTANO
dj,&gt;

L'Affaire du Collier
bouche de souveraine, les mots a\'aicnl un
poids plus grand. Les traits qu'elle lançait
pénélraient plus avant, et les blessures faites
Marie-Antoinette 1
étaient d'aulant plus douloureuses que, le
plus souvent, la malice portait juste.
Dè3 son entrée à Strasbourg, la petite
Quand elle était venue à la cour de France,
dauphine avait eu un mot que la ville entière
Marie-Antoinetle était encore une enfant.
a\'ait répété. Comme le chef du )lagistrat,
Louis XV en fait la remarque. Ses plus grands
c'est-3.-dire du com:eil de villP, dans la pemée
plaisirs,
à elle, épouse de l'bérilier du trône,
de lui être agréaLle, entamait une harangue
sont des parties de jeux avec les enfanls de
en allemand : « Ne parlez pas allemand,
sa première femme de chambre, déchirant
monsieur, à dater d'aujourd'hui je n'entends
ses robes, détériorant le mobilier, meltant le
plus que Je français. »
salon sens dessus dessous. On s'attend à voir
Nous devons à la plume d'Edmond el de
entrer par la porte la maman grondcu:,;e. Et,
Jules de Goncourt le meilleur portrait de
de fait, le courrier de Vienne apporte les
~foric-Antoinetle qui ait étP. tracé :
gronderies: « On prétend, lui écrit sa mère,
« Un cœur qui s'é!ance, se liHe, se proque Yous commencrz à donner du ridigue, une jeune fille allant, les bras
dicule au monde, d'éclater de rire au
ouverts, à la vie, avide d'aimer et
visage des gens. Cela vous ferait un
d'ètrc aimée : c'est la dauphine. Elle
tort infini, et ferait même douter de
aimait toutes les choses qui berçent
la Lonté de votre cœur. Ce défaut,
et conseillent la rêverie, toutes les
ma chère fille, dans une princesse,
joies qui parlent au, jeunes femmes
n'est pas léger. u Louis XY fait appeet distraient les jeunes sauve.raines :
ler Mme de Noai,lcs. li désire causer
les retraites familières où l'amitié
de la dauphine. Assurément ses quas\:panche, les causeries intimes où
lités et son charme mériten l tous les
l'esprit s'abandonne, et la nature,
éloges, mt1is elle a trop de vi,·acité
cette amie, et les bois, ces confidents,
dans son maintien public et trop de
cl la campagne et l'horizon, où le
familiarité, à la chasse, par exemple,
regard et la pensée se perdent, et
quand elle distribue des provisions
les fleurs et leur fête éternelle. Par
aux jcunrs gens réunis autour de .::a
un contraste sin3ulier, la gaieté couvoiture. Futilités,dira-t-011. LouisXV,
ne le fond Cmu, presque mélancoesprit clairvoiant, lisait peut-èlrcdans
lique de la dauphine. C'est une gaieté
l'avenir.
folle, légère, pétulante, qui va et
L'abbé de Vermand, qui avait é1é
vient, remplit toul Versailles de mouenvoyé à Vienne pour veiller à l'éduvement et de vie. La mobilité, la
cation de la future daupbine, n'avait
naïveté, l'étourderie, l'expansion,
pas cru devoir corubattre les tenl'espièglerie : la dauphine promène
dances de son caractère. Il les arait,
et répand tout autour d'elle, en couau contraire, aceentuées. \'ermond
rant, le tapage de ses mille grâces.
était, lui aussi, un homme de son
Lajeunesse et l'enfance, tout se mêle
temps : un abbé xv111e siècle, qui aien elle pour séduire, tout s'allie conmait l'esprit, les reparties rives, le
tre l'étiquette, toul plait en la prinbon sens et la bonne humeur. Au
cesse, la plus adorable, la plus lemme,
loin l'ennui, l'étiquette, le cérémonial
si l'on peut dire, de toutes les femmes
encombrant, dont une tradition sécude la Cour. Et toujours saulanle et
laire a embarrassé la reine de France!
voltigeante, passant comme une chanPRIXCESS E DE LAMBALLE.
« L'abbé de Vermond, disent les
son, comme un éclair, sans souci desa
D'aprês le dessitt de C.1R,10NTELLE (Musëe Condé, Chanti.11)'.)
Goncourt, voulait par l'éducation
queue ni de ses dames d'honneur. l&gt;
En tête de ces dames d'honneur
mettre )larie-Antoinetle plus prè.s
vient Mme de Noailles, duègne grave et solen- elle Fut bien de son temps, mais qui lui sus- de son sexe f[UC de son rang. » C'est la docnelle, pénétrée de l'importance de son emploi. cita des inimitiés irréconciliables. Dans sa trine de Jean-Jacques. L'auteur d'Émili•

H

\. Edmoml cl Jules ile GonC'ourl , 1/ist. ,Ir .llurit-Pierre de ~olhac, !Jlm·ieA11lowefle daupltme, ed. de 1808. - Ou même, fo

A11to1:11c1tr-, Cd. de. 188~. -

La dauphine, rieuse, l'a baptisée : !!me l'liliquelle. Quand la dauphine fut devenue reine
et mère, et que, tenant son enfant clans ses
bras, elle voulait le poser dans le berceau,
Mme de Noailles intervenait : ce n'était pas
conforme à l'étiquette. Il arriva, Marie-Antoinelte étant un jour montée tt dos d'âne,
que la hêtc, d'un coup d'arrière-train, la jela
sur 1~ gazon . Elle est assise dans J"herbe
haute, les jupes retroussées et battant dPs
mains : « Vile I allez chercher Mme de
Noailles, qu'elle nous dise ce que veut l'étiquette quand une reine de France est tombée
d'un à.ne! » Ce trait caractérise l'esprit de
Marie-Antoinette, son ironie raite de gaieté et
de bon sens; ironie charmante par laquelle

f:eim.' bf111"ie-.l11ioiiwlfe, Pnris, IX!)O. - )la~imc J,,
J;, Hochcterie et rnar&lt;piis ile Bc:mconrl , /,c/fres tfo
Marie-. lufoineUe, Paris, 1805. llémoires de
... 119 ,,,,.

Jlmc Campu. de llc~cmal. dl' ~!me (l'Oherkircl1.

111•

,1mc Vigcc •Lc Bruo. - Maoricc Tournr-u'i. M(lrieAului11elle dcva11t f'l!isloirc, Paris, 18ilü .

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111STO'R1A

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n'eût pas éduqué son élève différemment.
S'il était permis de supposer que Rousseau

encore se sont figuré, mais un petit village
réel, a rcc une exploitation rurale sérieuse,

LE l'.\RTAGE DF. L.\ POLO&lt;,:\!::. -

Estamte satirique.

eùt admis dans l'Ùat qu'il rêvait une souve- une vraie laitière el de véritables fermiers.
raine, on dirait que Marie-Antoinette eût réa- « Ce séjour de campa~ne, écrit )1. de :\olhac,
lisé son idéal. Qu'est-ce qui la caractérise? augmente la familiarité cl l'abandon. La
L'amour de la nature, l'horreurdesconvenlions reine de France y tient moins de place que
cl la sensibili Lé du cœur. \ a-t-il au lre chose . Mme dl' llonlesson ou la maréchale de Luxemdans les doctrines morales de Jean-Jacques?
bourg dans leur cercle à Paris. C'est une
Elle concevait la vie comme une petite maîtresse de maison sans prétention, qui
demoiselle sentimentale l'imagine à son prin- laisse volontiers ses invités se grouper au tour
temps : aller le matin, du haut de la colline, d'une femme, ~!me de Polignac, par exemple,
l'Oir se lever le soleil, courir dans les gazons el qui se réserve les soins de l'bo~pitalité.
verts, parmi les Oeurs des champs, se pro- Son unique plaisir est de plaire à des hôtes
mener dans les bois, ou le soir au clair de qui sont tous ses amis, à des amis choisis
lune. Sa résidence farnrile est un séjour par son cœur cl dont elle se croit aimée. l&gt;
qu'elle a rapproché de la campagne autant Quand elle entre, les femme~ ne 11uillent pas
qu'elle a pu, Trianon. Trianon n'a pas été le l'épinelle ou leurs métiers de tapisserie; ni
village d 'opéra-comi(1ue que les Concourt les hommes le billard ou le trictrac.
..., 120 ,..

On connaît lc.s traits de sa sensibilité.
C'était la reine qui, assise sur un fauteuil,
au haut d'une estrade oit ~lme \ïgée-Le Brun
la peignait, se précipitait pour ramasser le
pinceau de l'artiste, dans la crainte que
cdle-ci, en état de grossesse a,aneée, ne se
fit mal. Les SOU\'enirs de )(me Vigée-Le Orun
ont laissé de jolis dét:iils sur les « ~éances l&gt;
de son modèle. Quand on était fatigué de
peindre et de causer, la reine Pl l'artiste
chantaient au clarecin les duos de Grétry 1 •
C'était la reine qui, soucie~1se des jeunl's
filles de sa domesticité, lisait le malin les
pièces du soir - elle qui s'astreignait si difficilement à la lecture - pour savoir si le
spectacle leur en pou\'ait être permis. Le
postillon du carrosse où se trouve MarieAntoinelle, tombe et se blesse. Elle refuse de
continuer son chemin et ne veut repartir
qu'une heure après que tous les bandages
ont été post'•s. Elle a organisé les secours,
bns son émotion appelant tout le monde :
« Mon ami n, - pages, palefreniers, postillons. Elle leur disait, les tutoyant : 11 lion
ami, ,a chercher les chirurgiens; mon ami,
cours ,ite pour un lirancard; vois s'il parle,
~•11 est présent! i&gt;
~ous touchons au trait saillant de son caractère, il celui qui lui fera le plus de tort :
1'1rrésistil.ile besoin de témoigner son affection à ceux qu'elle aime el de recevoir les
témoignages d'affection de ceux dont elle se
croit aimée. D'abord sa mère. Celle-ci connait sa fille. Elle sait la puissance de la Lendresse qu'elle lui a inspirée, et qu'en MarieAntoinette la tête n'est pas capable de luller
contre le cœur. Elle en use et abuse. Après
avoir obtenu d'elle ce qui lui semblait le plus
dur, ce qui révoltait tout son être, qu'elle fit
lion visage à la Du Ilarry, - à l'époque où
celle-ci, maîtresse de Louis :\\', dominait la
cour, - ~farie-Thérèse et Joseph li pèsent
sur Marie-Autoinelle et parviennent à faire
d'elle leur auxiliaire dans l'affaire du partage
de la Pologne, dans celle de la succes~ion
de Ba,ière, dans celle de l'ouverture de l' Escaut. La seule idée politique que la reine ail
reçue étant enfant et qui, arnc le temps, a
pris én elle plus de force, est que l'union
étroite de la famille de sa mère a\'ec celle de
son mari, cimentant l'alliance des couronnes
de France et d'Autriche, e5l la base nécessaire de toute politique salutaire aux deux
pays. Elle écrit à sa mère en termes touchants : « )lercy m'a montré sa lettre qui
m'a donné fort à penser. Je ferai de mon
mieux pour contribuer à la conservation de
l'alliance et bonne union. 011 en serais-je s'il
arrivait une rupture entre nos deux familles'!
J'espère que le Bon Dieu me préservera de .ce
malheur el m'inspirera ce que je dois faire.
Je l'en ai prié de bon cœur. » Elle ne croit
pas trahir les intérèts de la France. - Au
reste, les trahit-elle? - Mais son attitude
parviendra grossie, dénaturée, dans la pensée
populaire. Son règne finira aux cris de &lt;( A
1. Les mémoires de )lmc \ïgéc-Lc Brun n'ont pa,
it,• rédigés par elle', mai, de son 1i\'8nt et pi:esquc
s'&gt;US sa &lt;1ic, t'.•C', ~ur sr:; noies el "!l'S ~ou,rnir..; .
1

HISTORIA

Cliché fiirau&lt;lon.

MARIE-LOUISE, ARCHIDUCHESSE D'AUTRICHE
F'EJ\IME DE NAPOLÉON l''
Tableau de j.-B. BORGIIESI. (Pinacothèque royale, Parme. )

�"-------------------------------- Z: An-

AJJ(E

»u Cou.œ~ - ~

bas I'Autrichienne! 1 qui l'accompagneront dans la gêne générale, la prospérité rapide,
jusqu'à l'échafaud; tandis que sa mère et injustifiée, des Polignac parait un défi provo- veut plus autour d'elle de demi-monde. Les
son frère, irrités de trouver en elle des résis- cant. A la cour, la noblesse s'en irrite, le femmes qui ne sont pas veuves ne paraitront
tances de Française, l'accusent de leur côté mécontentement gagne Paris, la f'rance en- qu'avec leurs maris; ce qui raye des listes
d'ingratitude, noMm.tant ses complaisances, tière. Il grandit, devient plus àpre par l"éloi- une foule de noms. Affronts qui ne se paret de ne pas êlre ,·is-à-vis d'eux la fille el la gnement. &lt;&lt; Depuis qu 1tre ans, écrit )lercy, donnent pas.
Au clan des courtisanes ne tarde pas à se
sœur dévouée qu'ils a,·aienl espéré.
on comple que toute la fam~lle de Polignac,
Poussée par son besoin d'affection, Marie- sans aucun mérite envers l"Elat et par pure joindre celui des dérn:s. La piété de la reine
Antoinette crut que, élant sou,·eraioe, il lui faveur, s'est procuré, tant en grandes charges est franche, simple, droite, prime-sautière.
était possiL!e, il lui était permis d'avoir des qu'en autres bienfaits, pour près de cinq Cérémonies et pratiques lui semblent de\'Oir
amis. ifous samns ses affections cordiales, cent mille livres de rerenus annuels. Toutes plaire à Dieu beaucoup moins que les élans
prime-sautières, charmaoles de forme et les familles les plus méritantes se récrient de l'àme et la bonté du cœur. Et cela encore,
d'expression. Deux noms en sont dHeous contre le tort qu'elles éprouvent par une telle les dérnts ne le pardonnent pas. D'autant qui'
célèbres : ceux de la détcieuse princesse de dispcnsatioo de grâces et, si l'on en voit ces dévots, La \'auguyon el sa suite, la comLamballe et de la jolie comtesse Jules de encore ajouter une qui serait sans exemple, tesse de llarsan et sa coterie, uaient été les
Polignac. « La comtesse de Polignac, dit le - il s'agissait de la donation de la terre de plus cyniques flagorneurs de la Du Barry et
duc de Lévis, arni t la plus céleste figure qu'on Bilt'he en Lorraine, - les clameurs et le dé- drs vices du ,·ieux roi. Infiniment bonne,
Marie-Antoinette n'eût pas pris sur elle de
pût voir. Son regard, son sourire, tous ses goût seront portés au dernier point. »
faire
un tort réel à la personne qu'elle eùt
traits étaient angéliques. Elle avait une de
Encore si, dans cc commerce d'amitié, &lt;1ui estimée le moins; mais cet enlrain qu'elle
ces tètes où fiaphaël sait joindre une expres- lui semblait l'essence de la vie, llaric-Antoision spirituelle à une douceur infinie. » Le oelle eût lrom·é des natures sincères et dé- apportait dans ses affections, elle le mellait
timbre de sa ,·oix élait pur et captivant. Elle Youées comme elle-même. De sa chère Poli- aussi dans ses antipalhies. Les deux traits
chantait d'une manière simple et sua,·e el gnac elle ne douta pas; mais clic ,·it un jour sont inséparables dans un caraclère. Son cœur
avec le plus gracieux abandon. Ses mouve- que l'amie préfér,:e n'avait élé dans ses était également franc et vif, 11u'il s'aAil d"aments souples et presque négligés avaient le mains, depuis des années, qu'un instrument mitiés ou d"aversions. Celles-ci se traduisaient
charme de la nature. Sa parure était toujours à procurer des fa,·curs. Et, d"autre part, que en brusqueries, boutadl's, en mols cinglants
des plus simples, une rose dans les cheveux, de désillusions! La reine ,·oulait ètre aimée comme des coups de fouet qu'elle faisait claune robe de linon ou de mousseline légère, pour elle, et elle ne tarda pas à comprendre quer d"une main légère. Et c'est ainsi qu'aublanche, Oottante, bien en harmonie avec ce qu'on n'aimait en elle que la reine. Le dou- tour d'elle, de qui l'àme élait encore celle
caracti·re nalurel, tendre, allectueux. Ses pa- loureux mouvement de recul! Mou,·ement d'un enfant alors qu'elle était dijà mère,
s'élèvent et s'entassent haines, rancunes et
roles semblaient des caresses, son sourire
qui, peu à peu, la rejclle vers les étrangers, rancœurs. A ses propos railleurs, mille bouavait la tendresse d'un baiser. Dès les pre- ceux qu'elle rencontre chez Mme d'Ossun, ou
miers jours, )farie-Anloinelle fut conqui~e. dans les salons des ambassades, les Slaël- ches invisibles, dJns des coins obscurs, mais
Et cc fut une de ces jolies amitiés de jeunesse llolstein, les Stratho,·en, les t'ersen, les Es- où elles sont d'autant plus à redouler, réponfaites de familiarilés el d'étourderie, de con- terhazy, le prince de Ligne. Si bien qu'à la dent par des traits 11ui portent du venin.
fidences et de badinage : « Des jeux où les Cour, autour d'elle, le mécontentement gran- 1&lt; C'est dans les méchancetés et les mensonges
deux amies n'étaient plus que deux femmes, dit encore. Comme on lui montre les incon- répandus, de 1785 à 1788, par la Cour contre
et, se lutinant cl se battant, se décoiffant vénients de celle préférence nou,·elle pour les la reine, écrivait le comte de la lfarck, qu'il
presque avec mille gr:\ccs animées, se dispu- étrangers, elle répond, a1·ec un sourire triste, faut aller chercher les pré tex les des accu~ataient entre elles à qui serait la plus forte. » d'un mot poignant : « fous uez raison, tions du tribunal rémlutionnairc en 17!1:;
L'affection de Mme de Polignac pour la mais c'est que ceux-là ne me demandent co:ltre Marie-Antoinette. »
La reine, il est vrai, était d'humeur joyeuse,
reine était sioct'.•rc et désintéressée. Son déta- rien. »
légère, si l'on veul. 1&lt; Elle aimait la vie, dichement des honneurs et de la fortune avait
Et alors, parmi ceux qui demandent sans
été un de ses principaux attraits aux yeux de lrève ni merci, que de colères! Elles se tra- sent les Goncourt, l"amusement, la distracAlarie-Antoinelle el un slimulaot à la com- duisent par des plaintes, des récriminations, tion, ainsi que l"aiment, ainsi que l'ont toubler de faveurs. Avec quelle joie elle avait bientôt des épisrammes, des satires. Jusqu'au jours aimée la jeunesse et la beauté. • La
appris un jour que son amie était chargée de sein de la Cour, on chante d"un ton moqueur : comlesse de la llarck, dans sa description di!
la cour de France, en parle à Gusta\'C Il :
famille et sans fortune, logeant à Versailles
Pet ile rei11e dr 1·i11gt 1ms,
« La reine va sans cesse à !'Opéra, à la Codans un médiocre hôtel de la rue des Bons(lui lr11ile~ mal ici Ir, g1·11•,
médie,
fait des delles, sollicite des procès,
Enfants ! Et rnici des places, des pensions,
roux rrpassere:. /11 b11rrièrr,
s'affuble
de plumes et de pompons cl se modes titres. Peu ambitieuse pour elle-même,
La11 /aire!
11ue de tout. » La note n'est pas encore lrop
Mme de Polignac, semblable à son amie,
Par étourderie, sans la moindre malveil- méchante, elle va s'envenimer. Au bal chez
était remplie d'afTcclion et de dévouemeut
lance,
le plus souvent en voulant obliger ses M. de Vitry, Marie-Antoinette cotre incognito,
pour les siens. Cc fut un nai parti qui se
amis,
la
reine s'est aliénée, l'une après l'au- en masque, a\'Cc la duchesse de la Yauguion.
groupa autour d'elle, d'abord ses parents,
tre,
les
plus
puissantes familles de la cour : Le marquis de Caraccioli, ambassadeur de
puis ses amis, puis des courtisans. Autour
les fiohan-}larsan-SouLise, qui arnient acquis Naples, ne la reconnait pas el lie conversation
de cette amitié fraiche et gracieuse les intrigues se nouent et les cabales se forment, une situation prépondérante, les Clcrmont- a\'ec elle, sur un ton de badinage. L'intrigue
des manœuvres et des menées. Marie-Antoi- Tonnerre, les Civrac, les La fiochefoucauld, amuse la reine qui y répond. liais ,·oici que
nette devient prisonnière de son amitié. Les les ~oaillcs, les Crillon, les Montmorency. le marquis rougit de confu~ion : a\'ec un
lianes d les ronces étoulîcnt les fleurs dans füvarol a une remarque très profonde. LouisX\l éclat de rire, la reine s'est démasquée. Le
leur fragile éclat. A son amie, la reine ne aimait sa femme d'un amour que les derniers lendemain, la chronic1ue s'est emp~rée de
peut rien refuser, et l'on Yoit peu à peu par llourbons n 'naient accordé qu'à leurs mai- l'anecdote et déjà l'on sent combien peu de
elle s'élever aux honneurs cl à la fortune une tresses. lJarie-Anloioelle hérita des haines chose suffirait pour la retourner contre la
famille aYec son cortège d'amis, de créatures que soulevait autour d'elle la maitresse du réputation de la jeune femme. La familiarité
el de clients, - la faction des Polignac. Ce- roi. Elle avait en outre conlrc elle les médi- de llarie-.\ntoinetlc a d'ailleurs été exagérée.
pendant la misère publique se fait cruelle- sances des femmes arri1·écs à la Cour par la « Son tact, dit le prince de Ligne, en impoment sentir. Les banqueroutes sont retentis- Du Barry. Sa \'erlu mèrue, sa purelé, leur sait autant que sa maje~ té. Il était aussi imsantes, les impôts semblent plus lourds, et, étaient une insulte, et c'est cette pureté possible de l'oublier que de s'oublier soiqu"elles s'efforcent de ternir. La reine ne mèmc. ,, Elle s'est rendue à !'Opéra avec la

�. _______________________________

. - - 1f1STOR,.1.Jl

,

princesse d'llénin. L'essieu de sa voiture se
brise. Elle monte en fiacre et arrive ainsi.
Nul ne saurait l'aventure si, franche et insouciante, elle ne la disait la première, dès son
rntrée : (&lt; Moi, en fiacre à l'Opéra, n'est-ce
pas plaisant?» Le lendemain se murmurait nt
à l'oreille de sales propos sur on ne sait
quelle aventure louche où la reine aurait été
mêlée. La jolie expédition par une malinée
d'avril, sur les coteaux de Afarl,, d'où l'on
verra le solèil monter à l'horizdn, se développe en tout un pamphlet, une ordure, le
Lever de l'A urore, que les courtisans se passent sous le manteau. Par les chaudes soirées
d'é1é, sur les terrasses de Versailles, MarieAntoioelle aime se promener. Des orchestres
dans le feuillage font entendre des accords
que la douceur de la nuit rend plus harmonieux. Marie-Antoinette, qui aime le peuple
et n'a pas de plus chère émotion que de sentir
chacun autour d'elle partager son plaisir, veut
que la fuule entre librement, Au bras du
comte d'Artois ou de la comtesse de Polignac,
elle y heurte le premier venu. Les gazelles
de Londres se remplissent de détails infàmes
sur les « nocturnales » de Vers-ailles. Les
Anglais sont friands des détails scabreux qui
transforment ces promenades familières en
immondes orgies. Les feuilles passent la Manche, sont traduites, se répandent dans Paris.
Les nouvellistes imaginent des folies à
propos des constructions de Trianon. Mazières
y a fait une décoration peinte sur toile arec
enchâssements de verroterie. On parle de
murailles de diamants. Ceux-ci ont birntàt
un tel seintillemrnt dans l'imagination populaire que, lorsque les députés aux Étals génc'iraux, en t 789, visitent Trianon, ils demandent obstinément à mir la s-alle aux diamants. Et comme il est impossible de leur en
montrer aucune, ils partent avec la conviction
que ce témoignage des folies royales leur a
été caché.
Les dépenses et les detles de la reine furent
la plus redoutable des armes dont on l'accaLla. Son étourderie l'yavait exposée, Louis XVI
dut un jour acquitter pour trois cent mille
livres de deltes que la reine avait faites personnellement. Les nouvellistes en parlèrent :
« En lui remt:Ltant ces trois cent mille francs,
disent les Mémoires secrets de Bachaumont,
le roi lui a fait sentir que ceux qui l'entouraient, de crainte de lui déplaire, lui déguisaient la vérité. Il la priait de réfléchir que
cet argent provenait de la substance la plus
pure des peuples et ne devait pas être consacré à des dépenses frivoles. l&gt; Le trait, qui
se répandit, eut des conséquences. En 1777,
une dame Cahouet de Villiers fut arrêtée
pour avoir escroqué d'énormes sommes d'argcnl en se servant du nom de Ja reine. Au
fermier· général Béranger, qui désirait des
honneurs à la Cour, elle avait fait croire que
la reine ,•oulait contracter un emprunt sans
en faire part au roi, parce que celui-ci 1a
grondait de ses trop grandes dépenses. Elle
montrait de faux reçus. L'argent fut donné.

et La reine, écrit le comte lleugnot, avait alors
une réputalion de légèreté que, sans doute,
elle n'a jamais méritée. On la supposait aux
prises avec les besoins d'argent que provoquait son goùt pour la dépense. On citait
d'elle des traits, des paroles, qui la faisaient
descendre du rôle de reine à celui de lemme
aimable. On se familiarisait avec elle à ce
dernier titre par la pensée. l&gt;
Quelques mois après l'alTaire Cahouet de
Villiers, le -19 décembre 1778, Marie-Antoinette mettait au monde le premier de ses
enfants. li était attendu depuis huit ans.
&lt;&lt; Ma santé est entièrement remise, écrit-elle
peu après à sa mère. Je vais rt&gt;prendre ma
vie ordinaire et, par conséquent, j'espère
pouvoir bientôt annoncer à ma chère maman
de nouvelles espérances de grossesse. Elle
peut être rassurée sur ma conduite et je sens
trop la nécessité d'avoir des enfants pour rien
négliger sur cela . Si j'ai eu anciennement des
torts, c'était enfance et légèreté; mais à cette
heure ma tête esl bien plus posée et elle peut
compter que je sens bien tous mes devoirs sur
cela. D'ailleurs je le dois au roi. Il
Ces paroles sont sincères et furent mises
en praliqne. Une profonde cl durable réforme
se fait dans Loule la vie de la souveraine. Mais
est-il encore temps d'arrêter la médi:iance?
Marie-Antoinette veut donner par elle-mème
l'exemple de l'économie. Au Salon de 1785
est exposé son portrait par Mme Vigéc-Le Brun
en robe longue, blanche, tout unie. Elle s'habille comme une femme de chambre, disent
les uns; elle veut, affirment les autres, ruiner
le commerce de Lion et enrichir les Ilelges
de Courtrai, sujets de son frère. Et l'on doit
enlever le portrait. A ce seul trait on voit la
profondeur de l'action qui a été exercée.« Les
accusalions contre la reine, dit M. de Nolhac,
on les lit dans les brochures obscènes qui
courent les cercles et passent de mains en
mains, du boudoir à l'antichambre; on les
retrouve dans ces recueils manuscrits où l'on
rougit de reconnaitre de nobles armoiries et
des e.t Libris de femmes. Les immondices
que remuera la fiévolution, les allusions à
Messaline et à Frédégonde, s'étalent en couplets piquants, aux rimes élégantes et poudrées, et les grandes dames les chantent sur
les airs à la mode, dans l'inLimité des fins
soupers. Mais les fenêtres sont ouvertes; les
passants de la rue écoutent, et, du salon, la
chanson descend au cabaret. Cs peuple, à qui
l'on enseigne le mépris des reines, des femmes et des mères, n'oubliera aucune des leçons qu'il a reçues, et ce sont les refrains des
gens de Cour qui les accompagneront à la
guillotine. &gt;&gt;
Et cependant, s-i une femme eùt dû être
sympalhique aux hommes de la RévoluLion,
c'était bien Marie-Antoinetle. Elle se rapprochait du peuple par so n alîecLion pour lui,
par la manière dont elle en élait émue, par
la manière dont elle s'elTorçnit de le comprendre. Elle se rapprochait des hommes de
la Révolution par les idées qui leur étaient

communes. ~·est-ee pas elle qui obtint l'autorisation du nfariage de Figaro; qui prit la
défense de Linguet; elle qui fil ses efforts
pour que Vollaire fùl reçu à la Cour? MarieAntoinette ramena Necker au ministère. Elle
soutint la double représentation pour le Tiers,
En 1788, elle supprimait spontanément pour
1 200 000 livres de charges dans sa Maison.
Le 8 juin 1775 avait lieu l'entrée solennelle de Louis XVI, encore dauphin, dans la
ville de Paris, avec la dauphine. L'enlhousiasme de la Ioule allait au délire. Les maisons élaient en Heurs, les chapeaux volaient
dans les airs. Des acclamations ininterrompues : cc Vive monseigneur le dauphin! vive
madame la dauphine! » se répétaient en
mille échos. « Madame, disait le duc de Brissac, vous avez là deux cent mille amoureux . n
Marie-Antoinette voulut descendre dans les
jardins, se mêler directement à la foule, remercier de plus près, serrer les mains qui se
lendaienl à elle. Et elle écrit à sa mère une
lettre où bat son cœur :
« Pour les honneurs, nous avons reçu
tous ceux qu'on peut imaginer; mais tout
cela, quoique fort bien, n'est pas ce qui m'a
louchée le plus; mais c'est la tendresse et
l'empressement de ce pauvre peuple, qui,
malgré les impôts dont il est accablé, était
transporté de joie de nous voir. Lorsque nous
avons été nous promener aux Tuileries, il y
avait une si grande foule que nous avons été
trois quarts d'heure sans pouvoir a\'ancer ni
reculer. Nous avons recommandé plusieurs
fois aux gardes de ne frapper personne. Au
retour, nous sommes montés sur une terrasse
découverte. Je ne puis vous dire, ma chère
maman, les transports de joie, d'affection,
qu'on nous a témoignés dans ce moment.
Qu'on est heureux dans notre état de gagner
l'amitié du peuple à si bon marché! li n'y a
pourtant rien de si précieux. Je l'ai senti et
je ne l'oublierai jamais. »
Marie-Anloinelle et les Français de la Révolution étaient faits pour s'entendre i mais
entre la reine el le pays s'était glissé Basile :
il est l'homme du jour. Beaumarchais, qui a
laissé de son temps une pitloresque peinture,
l'a merveilleusement défini: « La calomnie!. ..
il n'y a pas de plaie mécbanceté, pas d'horreur, pas de conte absurde qu'on ne fasse
adopter en s'y prenant bien .... D'abord un
bruit léger rasant le sol comme l'hirondelle
avant l"orage, 7ûanissimo murmure et ûle et
sème en courant le trait empoisonné. Telle
bouche le recueille, et piano, piano, vous le
glisse adroitement. Le mal est rait, il germe,
il rampe, il chemine, 1·in(orzando, de bouche en bouche il va le diable; puis, tout à
coup, ne sais comment, vous voyez la calomnie se dresser, siffler, s'enfler, grandir à me
d'œil. Elle s'élance, étend son vol, tourbillonne, · enveloppe, arrache, entraîne, éclate
et tonne; et devient, grâce au ciel, un cri
général, un c1·rscenrlo public, un chorus universel de haine el de proscription '. l&gt;

1. 11 im1wrte ici ,l'olisern~r qu'en 1îH Hcaumarcl1ais arail clé Cll\'oyê à Londres par Louis XVI cl

~arlinc pour y acl1clcr l'Cdition entiCrc 11'1111 affreux
pamphlet cont re )lal'ie-Antoincllc. C'Ctail J'.lvis im-

1w1·ta11l ù la brtn1du· 1•8pag11ofr SHI' st•s ilrnifa àl rl
{'QltrQ/llle ile Fm11ce, il difa11l tl'hfriti,i·/i, el qui

....,

121 w-

L'A'F'FJllR_E /JU COL1.1ER_ - - ,

Les Goncourt ont écrit ces lignes d'une ronne . La femme qui devait accomplir de Lrusque passage des voitures, ou se blottissait
vérité profonde :
pareille façon les actes suprêmes de sa vie, dans l'ébrasement des porles, la pauvre petite,
« La vie parliclÎlière, ses agréments, ses
attachements sont défendus aux souverains.
Prisonniers d'État dans leur palais, ils ne
peuvent f•n sortir sans diminuer la religion
des peuples et le respect de l'opinion. Leur
plaisir doit ètre grand et royal, leur amiLié
haute et sans confidence, leur sourire public
répandu sur tous. Leur cœur même ne leur
appartient pas, et il ne leur est pas loisible
de le suivre et de s'y abandonner. Les reines
sont soumises comme les rois à celle peine
et it cette expiation de ]a royauté. Descendues
à des goùts privés, leur sexe, leur àge, la
simplicité de leur âme, la naïveté de leurs
inclinations, la pureté et le dérnuernent de
leurs tendresses, ne leur acquièrent ni l'indulgence des courtisans, ni le silence des
méchants, ni la charité de l'histoire. )l
Toute de son Lemps, dont elle fut l'expression vire et piltoresque, imbue de la philosophie Sèntimentaleet naturiste qui, du bourgeois au gentilhomme, avait pént'tré tous les
esprits, Marie-Antoinette crut qu'étant reine
elle pouvait èlre femme. Erreur que la Cour
où elle vivait ne lui pardonna pas; que ne
lui pardonna pas la Rél'Olution et qu'aujourd'hui encore nous avons beaucoup de peine
à lui pardonner.
Voici dans quelles conditions fürie-AnLoinette accouchait.
Le garde des sceaux, les ministres et secrétaires d'État attendaient dans le grand cabinet avec la Maison du roi, la Maison de la
reine et les grandes entrées. Le reste ùe la
Cour emplissait le salon de jeu et la galerie.
Tout à coup une voix domine : « La reine va
accouchrr ! &gt;J La Cour se précipite pèle-mêle
ani.; la foule. L'usage veut que tous entrent
en cc moment, que nul ne soit refusé : le
spectacle est public. On envahit la pièce si
tumultueusement que les para\·ents de la
tapisserie entourant le lit de la reine en sont
presque renversés. La place publique est dans
la chambre. Des Sivoyards montent sur les
meubles pour mieux voir. Une masse compacte emplit la pièce, la reine étouffe. « De
l'air! lJ crie l'accoucheur. Le roi se jette sur • LA FRA'iCE IŒÇOIT DES ,\l.\l:iS DE L'AUTHICIIE UN D.lUPHIN" 1 FRUIT PRÉCŒUX DE LEUR ALLIA'.'iCE.
Est;unpe al/egori.;_ue pubtue à l'occ.:,sion dt ta naissa11ct du Dauphin,
les fenêtres calreulrées et les ouvre avec la
force d'un furieux. Les huissiers, les valets
de chambre sont obligés de repousser les ba- aurait dù comprendre que son eœur n'a mit grclollanl dans ses baillons, pieds nus, les
dauds qui se bousculent. L'eau chaude que pas le droit d'aimer et que sa bouche n'avait traits tirés, les lèvres Lleuies de froid el de
l'accoucheur a demandée n'arrivant pas, le pas le droit de rire.
faim. Elle tendait une main fine, frèle, et
premier chirurgien pique à sec le pied de la
Elle ne le comprit pas, et fut guillotinée'· murmurait d'une voix tremblotante, que
reine. Le sang jaillit. Deux SJVo)ards, debout
secouaient par moments comme des frisson,
sur une commode, se sont pris de querelle
VII
de colère : « Pitié pour une pauvre orpheline
et se disent des injures. C'est un vacarme.
du sang des Valois I JJ Les passants, la pluEnfin la reine ouvre les )"eux, elle est sauJeanne de Valois
part, ne l'écoutaient pas; d'autres jetaient,
véc1.
dislrails ou hautains, quelque monnaie; ceux
Tel était le cérémonial de la cour de France
On était en mars et il faisait encore froid. qu'arrêtaient ses paroles « ... une orpheline
quand la reine donnait un héritier à la couElle se collait vile contre les murailles au du sang des Valois JJ, répondaient des injures:
peut éfre frès

t1l1le it

Ioule la famille de Bourbon,

IUl'fout au. roi !.oui, Xl' I , signé: G. A. (Guillaume

Angelucci) , à Pal'is, 17H. Cet Angelucci éta it juif.
lleaumarrhais se mel en rapport avec l11i 1 achêle
l'l•dition.11 fait dClruirc les exemplaires cl proccde
de même pour une scronde (•dition à Amsterdam. li
allait r,~venir triompbant, quand il apprend 11u'Angelucci s'est sau\'é avec un exemplaire soustrait â Ja
destruction. - Voir Corresp. elll1'e blatie-Tltértse et
Uercy-A1·genteau) éd. ll'Arncth et Geffroy, 11,224;

-A. d'Arneth, Reaumm-clrnis u. So1111e11fels \'icnnc,
1868i ; - Paul lluol, Rraumarchaù en .ll/e111ag11c
(Paris, 1869). - Peu aprés il fallut racheter un
autre pamphlt 1. les .lm1Jit1•., de f.lwl'lol el de 'l'oi11clle, s. 1. 1 iiO. Chal'lot reprt·~entail le l'omle d'Artois. JI était ornt! d'estampes immondes La destruction en coüta 17 400 IIJ. a la cas,ctle particuliêrc de
l.ouis XVI, comme en témoigne la 11 uittance du libraire
Boissière, publiëe par llanuel, J&gt;olicc dévoilée, l ,

327-38 .

1. Ed. cl J. de Goncourt 1 !,Ja,•ie-A11foi11ellr,
p. 15l-:i2.
2. Œ :'tapolUou a \'li f'l Sll fJll&lt;'is l'l:l\'lg"CS 3 CXCl't'éS
o;ur l'&lt;'sprit puhlic. sur l'esprit ile la cour, la suppres~io11 011, au moins . l'amollldri~s&lt;'mcnt de l'C'11qucttc
par ~laric-AntoineUe. (.;uitlt:e, st1r\'cil1Cc, cmprisonni•c
par l't:tiquclic, la reine de Fr.lncc 11'ciH pas Clé
SOUt)t·onnCc, nul bruit n':iurail couru, nulle calomnie
ne se serait répandue. » l~redéric )lasson, !,forie/,ouise, p. 201.

�. _____________________________
,

L' Jl'F'F.1t1~1:

. - - 111STORJ.Jl - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - « Oh! la petite friponne! » et la repoussaient
durement. Alors elle s'asseyait quelques instants sur les bords de la route, lasse, les
coudes sur ses genoux, le menton au creux
des mains. Le vent soulevait ses chereux chà~
tains dont il caressait son visage. Ses lèvres
frémissaient et ses yeux prenaient un éclat
e/Trayant. Elle regardait les carrosses, passant
comme un ven~ de tempête sur le pavé du roi,
de Paris à Versailles, les chevaux au poil
luisant, les cochers galonnés d'or, la livrée
brillante des laquais, les chapeaux à plumes
des gentilshommes, les dames dans leurs cerceaux garnis de satin et les fins corsages où
les dentelles faisaient comme une écume
légère que les diamants étoilaient de leurs
scintillements. Et les yeux de la petite mendiante avaient un éclat dur, ils brillaient de
haine et d'envie.
Le soir, elle regagnait un affreux taudis,
grimpant, épuisée, un escalier de boi~, ou•
vert à la pluie, que Ie lierre, la vigne vierge,
le chèvrefeuille avaient envahi. Tremblante
elle poussait la porte . Dans la pièce, c'était la
misère sordide. Un homme l'accueillait par
des jurons; une femme, qui était sa mère,
ne l'embrassait pas. Tous les jours l'enfant
devait rapporter une somme fixée; el, quand
elle ne l'avait pas atteinte, sa mère lui arrachait ses haillons pour la frapper jusqu'au
sang avec des poignées d'orties.
La petite était dans sa huitième année. Parfois elle emmenait sa sœur plus petite encore,
qu'elle portait sur son dos, après avoir fait
de son tablier une écharpe pour la mainlenir,
et ses genoux, quand elle avait marché quelque temps, pliaient sous le poiùs.
Par une fraîche matinée d'avril, où la
brume, baignée de lumière, faisait une
atmosphère joyeuse, l'enfant s'était arrêtée
hors d'haleine à mi-eôte du village de Passy.
Au loin, sur la route, un carrosse Œnait lentement. Elle l'attendit, et, quand elle lut
auprès, approchant et tendant la main :
cc Faites l'aumôi1e, pour Dieu, à deux
pauvres orphelines du sang des Valois.
- Que dis-Lu là, petite'! l) fit une dame,
richement parée, assise dans le fond du carrosse auprès d'un gros homme couvert de
. broderies qui, déjà, commençait à marmonner . H était absurde d'arrêter sa voilure pour
écouler les mensonges d'une gueuse. Mais la
dame voulait entendre, car déjà l'enfant avait
entamé son histoire. &lt;&lt; A merveille, répondit
la marquise, et je vous promets, ma bonne
petite fille, que, si votre récit se trouve véritable, je vous. servirai de mère. Mais prenez bien garde à vous, ajouta-t-elle, vous

repentiriez de m'en avoir imposé 1• ))
C'était la marquise de Boulainvilliers, qui
se rendait à sa terre de Passy en compagnie
de son mari, le prévôt de Paris ,: . La marquise, ainsi qu'elle l'avait dit, prit des informations auprès des Yoisins du logis qui servait d'abri aux petites mendiantes, ~L, plus
particulièrement, aupr&lt;'s de l'abbé ~noque,
curé de Bouiognc, sur la paroisse duquel elles
demeuraient. Le prèl re, homme de bien,
d'une charité féconde, avait pris ces malheureux en compassion. Au sujet de la mère et
des enfants, il s'était muni de renseignements
précis, qu'il avait fait venir de leur pays, de
Fontette 1 entre Bar-sur-Aube et Bar-sur-Seine,
et il s'empressa de les mellre à la disposition
de la marquise.
L'enfant s'appelait Jeanne; elle était la fille
ainée ' de Jacques de Saint-Rémy, baron de
Luz et de Valois, lequel était né dans son
chàteau de Fonlelte, à six lieues de Bar-surAube, le 22 décembre 1717, et venait de
mourir en l'Jlôtel-llieu de Paris, le 1G février 17U2. Quand elle disait qu'elle était du
sang des Valois, l'enfant disait vrai. Elle descendait réellement en ligne directe, par les
mâles, de Henri li, de la branche des Valois,
ainée de celle de Bourbon alors sur le trône.
La généalogie fut certifiée exacte par le juge
d'armes de la noblesse française, d'IJozier de
Sérigny, et par le savant Chérin,· généalogiste
des ordres du roi. Henri ri avait eu, de Nicole
de Savigny, Jlcori de Saint-Rémy, qu'il reconnut et légitima, reconnaissance et légitimalion
étant alors deux actes identiques et qui ~e
confondaient en un seuP. Henri de SaintRémy avait eu de Chrétienne de Luz, René
de Saint-Rémy, qui avait eu de Jacquette
Drél'ot, Pierre de Saint-Rémy de Valois, qui
avait eu, de Marie de Mulot, Nicolas-René de
Saint-1\émy de Valois, qui avait eu, de MarieÉlisabeth de Viern1e, Jac4ues de Saint-Rémy,
baron de Luz et de Valois, le père de la
fillette en haillons que la marquise de Boulainvilliers avait accueillie sur le marchepied
de sa voilure. Les armes étaient d'argent à
une fasce d'azur, chargée de trois fleurs de
lis d'or. Et elle connaissait ses armes, la
petite; c'était mêrne la seule chose. qu'elle
parût savoir dans son affreuse indigence. La
fasce d'azur, les fleurs de li s d'or : sa petite
tête en était comme tapissée. Et quand elle
en parlait, avec une précision singulière,
ainsi que de l'aïeul, le royal bàtard de Nicole
de Savigny, tout son corps, que la misère
avait incliné, se redressait en un mouvement
de révolte et d'orgueil.
Depuis plusieurs générations, les Saint-

Rémy de Valois menaient, dans leurs domaines
de Fontette, ee que le comte Beugnot appelle
la vie héroïque : agriculteurs et chasseurs, ou
plutôt braconniers; la vraie existence, diraiton: qui convenait à des fils de rois du moment
qu'ils n'étaient pas sur le trône, si, parfois,
on ne les voyait aussi faux monnayeurs. La
ferme du château, immense, dressait sa construction plate et carrée, sans style, datant de
la fin du xv, f' siècle et remaniée dans le courant du xv111(', à mi-côte, dominant une plaine
ondulée, diaprée de champs de luzerne et
d'avoine. Des noyers séculaires l'entouraient,
au feuillage luisant , aux troncs noueux . En
contre-bas, le château d'aspect féodal, de
grosses tours rondes plongeant dans des fossés
où croupissait une eau fangeuse, servait de
grenier à foin, d'abri aux récoltes de fruits,
el de logement au gardien. Il était délabré,
la toiture défoncée; les étages du haut étaient
ouverts à la pluie. « Mon père, écrit Beugnot,
avait vu le chef de cette triste famille - il
s'agissait de Jacques de Saint-Rémy, le père
de la petite Jeanne; - il le peignait comme
un homme de formes athlétiques, qui
vivait de la chasse, de la dévastation des
forêts, de fruits et même de vol de fruits
cultivés. Les Saint-Rémy menaient depuis
deux ou trois générations celle vie liéroïque qu'enduraient les; habitants et les autorités, les uns par crainte, les autres par
quelque retentissement d'un nom longtemps
fameux. n La société du baron n'était composée que de paysans avec lesquels il s'enivrait et se Lattait quand il avait bu. Il vendait
lopin par lopin ce qui restait du patrimoine
familial, pour subvenir à ses débauches. Enfin1 il séduisit une nommée Marie Josse], fille
d'un tâcheron du pais et employée comme
servante au château 5 • Après qu'elle l'eut
rendu deux fois père, il l'épousa 6 •
Marie Josse! aebeva de le ruiner. Elle était
adonnée aux vices les plus dégradants, et
Jacques de Saint-Rémy, avec sa force d'hercule1 avait un caractère faible, une nature
indolente. Dans les mains de sa femme il
n'était qu'une loque. &lt;! Mon père, écrit le
comte Ueugnot, se souvient que, il y a quinze
ou vingt ans, il se transportait chaque année
dans le canton d'Essoyes pour la répartition
des tailles. Lorsqu'il passait dans la paroisse
de Fontette, le curé ne manquait pas de lui
couper la bourse pour les pauvres enfants de
Saint-Rémy. Ces enîaots étaient au nombre de
trois ;, abandonnés dans une chétive masure,
percée sur la rue d'une petile trappe par où
les habitants, chacun à son tour, leur apportaient de la soupe ou quelques aliments gros-

l. Les sources, pour recc,nslituer cetle }larlie du
l'écit, sont très nombreuses et perrncllcnt, non se ulement une certitude, mais d'entrer dans de minutieux
dètaîls. Ce sonl les Sou1•e11irs rie la comtesse de la
~folle el son interrogatoire du 20 jamîet· 178ti pM les
commissaires du Parlemcnl; les J!Jmofres du comte
de la ~loue; les .Mémoires clu comte Ileugnol; un
récil très curieux intitulé l/ÙJloire t·érilable de
Jeanne de Suinl-llémii publiC en 1786, écrit par
c1uclqu'un qui était parliculièremeu t renseigné sur
celle parlie de la \'Îe de notre hCroïnc; les lllfmofrrs
secrets de Jlachaumonl; des cor1·espond:111ccs : entre
autres une lettre de Jacques de Saint-Rémy de Valois, en date du hi moi 1776, au comte de Vergennes,
11'1 il parle de se~ :in11éC's d'enf:mrc (Ardlives rlcw

Affaires étrangères, ml. 1383, f•80 ); enfin les renseignements que M• Target, avocat ùu cardi11al de
Rohan , fü recueillir sur place et qui sont conservés
dans son dossier, Bibl. v. de Pa1·is, ms, de la r é~rve.
2. Marie-Mudelcine de llcllencourt de Dromesnil,
née en 1730, qui avait épousé, en 1748, Anne-GabrielUenry Bernard Je Saint-Saire, marquis de Iloulainvil·
tiers, petit-fils du cl'lCbre financier Samuel Bernard.
3. Mc au ehiitcau de fonlette, département de
l'Aube, le 22 n,·ril 1750 (c l non juillet, comme l'indique ln lègendt' du portrait, cunsm·n! it la llîbliolhl•r1uc nationale (Cabinet des Estampe\, gu·o,11ieut roir
rqJroduit it la pa~e 125 du pl'ésent fascicule ) .
t Sur Nicole cte Sarigny, dame el baronne de SainlP.Cmy, voir les flâlard.t dr la Jlaùon de Fl'(IIIC(' ,

par le marquis deBelleval (Paris, 1901 ), p. 23 el sui\·.
5. ~laric Josse! ou Jossellc était née à Font-elle le
2 mors 1720 de Pi erre Jossel, !l ma11ounicl' », et
rr.rnçoisc Pitois .
6. Le 14 août 1755 en l'église Sai nt- )Jartin de 1.angres. Aulérieurement au maria.9e ëtaient nés cle celle
union , le 9 mars 1153, un 11ls nommé Joseph qui
mourut le 19 décembre de la même annCe, et 1 le
25 fCHicr1755, un fils nommé Jacques de qui il est
question plus loin. Voy. Arsène Thève.no!) SMice lo·

YOUS

71ogl'({p/uque, slalislique cl ldslm·ique sur Fon/elle.
B:ir-sur-Scinc, 1881t, in-8 (IC 50 p.
7. Jacques nê le 2J février 1755, Jea1111e nec le
22 anil 1750. (\'. la noie 3, ci-contre ) et ,1:irie-Anne
1H!l' le 2 octohre ·1757. Le huron ,le Saint-fü•my cul

vu Co1-1-11:~ - - - .

sicrs. {( J'en ai été témoin, disait mon père, la porte - le baron était presque toujours ma&lt;( et le curé n'osait pas ouvrir la porte dans
lade à présent - pour le remplacer par un
" la crainte de m'affliger par le tableau de soldat aux gardes, un nommé Jean-!3aptiste
&lt;&lt; ces enfants nus et nourris comme des
Raymond, natif de l'ile de Sardaigne. Jacques
(! espèces de sauvages; il me disait que mon
de Saint-Rémy mourut à l'llotel-Dieu, comme
ci aumône contribuerait à les habiller. »
il a élé dit, de misère et de chagrin. La vie
Jeanne, la fille aînée, sortait avec Jes trou- de la petite Jeanne devint atroce. Elle était le
peaux du village. Elle allait pieds nus, mai- sou/Tre-douleur de ce couple dépravé et mégrelette, ses cheveux embroussaillés de fétus chant, enfant martyr sur laquelle la débauche
de paille et de foin, pressant les vaches lentes et le remords faisaient retomber leurs viode son brin de houx noir. Sa robe rapiécée, lences. « Insensible à mes pleurs, ~crit
d'un bleu éteint, s'harmonisait à la verdure Jeanne, mon impitoyable mère fermait la
grise des avoines . Mais elle était paresseuse à porte et, après m'avoir forcée à me dépouiller
se lever et il arriYait que, le matin, sa mère de mes misérables haillom, qui me servaient
la poursuivît à coups de fourche, jusque sous à peine à me couvrir, elle tombait sur moi
son grabat, pour la faire sorlir 1 •
avec furie et m'enlevait la peau à grands
Quand le baron de Saint-Rémy et sa femme coups de verge. Ce n'était pas tout. Raymond
eurent épuisé les ressources provenant &lt;lu me liait au pied du lit et si, pendant cette
dernier carré de terre cédé à d'anciens fer- opération cruelle, j'osais jeter des cris, elle
miers, qu'ils eurent vendu leur château mor- recommmçait de me frapper à coups redouceau par morceau à plusieurs familles du blés. Souvent sa verge se brisait entre ses
paJS 11 et lassé la patience de créanciers qui se mains, tant sa brutale fureur s'appesantissait
préparaient à faire exercer contre eux la con- sur moi. »
trainte par corps, ils résolurent d'aller
chercher fortune à Paris. On se mettait
en route, le père, la mère et trois des
quatre enfants : Jacques et Jeanne, les
deux aînés, et la quatrième, !fargueriteAnne, qui venait de naitre et qu'il était
facile de porter. Plus embarrassante était
~Jarie-Anne, âgée d'une année et demi.
On se décida à partir de nuit et à l'accrocher, enveloppée de langes, qui formaient maillot, à l'auvent d'un brave
homme de paysan, nommé Durand, ancien fermier du baron de Saint-Rémy,
qui avait gardé avec lui de bons rapports. Disons immédiatement que cet
excellent homme eut grand'pitié de l'enfant délaissée et, se chargeant d'elle,
l'éleva en lui donnant tous ses soins et
en y mettant tout son cœur.
On était au printemps de J760. « li
n'arriva rien de remarquable sur la roule,
dit un contemporain fort bien renseigné3.
lis allèrent à petites journées. Après plusieurs jours de marche, ils arrivèrent à
Paris. Ne trouvant pas d'occupation dans
cette ville, ils échouèrent à Bouloane
dont ils connaissaient le curé. CeluÎ-ci
C o.,n·.1-: :.; .)J: lH: 1.. \ \tO'f TC..
les visitait de temps à autre et fournissait c:haritablement à une partie de leur
'7/,-é ~,,,0111t,;;,• k 'l,llv 1,7.rf'.
dépense. " L'autre partie était défraj'ée
par la petite mendiante. La baronne mettait aussi à profit sa beauté de paysanne roC'est alors, en 1765, que Jeanne se trouva
busteetavenante. Elle finit par jeter son mari à sur le chemin de la marquise de Iloulainvil-

liers. Celle-ci la recueillit et la mit, avec sa
petite sœur Marguerite-Anne qu'elle avait vue
attachée sur son dos, chez une dame Leclerc,
qui tenait une maison d'éducation pour jeunes
filles, à Passy. ~forguerite-Anne mourut peu
de temps après de la petite l'érole.
Cependant la baronne de Saint-Rémy, qui
avait abandonné son mari, ne tarda pas à
èlre abandonnée de son amant. Elle retourna
avec son fils Jacques, demeuré près d'elle,
dans Je Dar-sur-Aubois. Des adorateurs rustiques l'aidèrent à y subsister tant que ses
charmes conservèrent des attraits. Peu à peu,
avec l'âge, ceux.ci se perdirent, et la misérable femme mourut dans le dernier dénuement. A peine sorti de l'enfonce, son fils
Jacques était parti avec un peu d'argent en
poche. li avait cheminé jusqu'à Toulon, où il
s'était engagé comme mousse sur le premier
navire qui avait consenti à le recevoir. C'était
une nature énergique, un homme de valeur.
JI fit dans la marine une carrière honorable ' ·
Jeanne demeura chez Ja dame Leclerc
jusqu'aux années qui suivirent sa première communion. Quand elle eut quatorze ans, la marquise de Boulainvilliers
la plaça à Paris, chez une couturière,
Mlle La Marche, d'où elle passa ehez
Mme Boussol, couturière dans le fau.
bour~ Saint-Germain, d'où elle entra en
condition. Son caractère inquiet, agité
ne lui permettait pas de demeurer e~
place. C'était comme une fièvre qui ]a
dévorait. Elle supportait impatiemment
l'obligation de servir. De temps à autre,
Mme de Boulainvilliers la prenait chez
elle pour lui égayer l'humeur, remettre
sa santé. Elle fut, de la sorte, tantôt en
apprentissage, tantôt en service, s'irritant de plus en plus . « Je devins, ditelle, blanchisseuse, porteuse d'eau, cuisinière, repasseuse et lingère; tout enôn,
excepté heureuse et considérée. )) Une
petite-fille des rois de France était-elle
faite pour demeurer en domesticité?
Elle ne laissait pas d'en glisser un mot
parfois, arec gràce et càlinerie, à SJ protectrice, si bien que Mme de Boulainvilliers s'occupa de faire Yérifier officiellement la descendance de Henri JI.
Sentant la jeune fille malheureuse, elle
la prit enfin chez elle oü elle la garda
deux ans.
Jeanne était devenue belle fi Ile, dans la
fleur de ses dix-huit ans, quand Mme de

('11,corc. de lla1·ic Josse!, M:irgue1·ite-Ann e, née le t 7 férrier 1759, morte le 27 novembre de l:i même année•
Je~n , né le 5 mars 1760, â Fontette, mort le O mar~
SUl\'anl.
Au suj~t clc la petite ~larguerite-Ann~, dt' qui il
est rpi~stwn dans celle note, M. Arsène ThévéuoL
veut bien 1~o~s c~voyer _les obscnations suii·anles :
« ~c l"Ous. :it signa le un po1ut oLscu!' et contrad icLoirc
qm m_'urnitci(,jà. fr:ippê et que je n'ai pas pu déc!ai1·cir
au SUJc~ de Ma~gu~rite-An ne, la petite sœur de Jeanne
de V~!ot~, née a J.ontcltc le 17 fh-rier 1i50 et dont
\~Us rn.d1f1ucz l~ mo1·t le '17 110\·embre suirnH d':iprès
1etat cm! de ~?nlette. Coml'!Jcnt expliquer que l'on
ret~·ouve lu meme \\largucnlc-Anne au mois de
ma, 1760. ,1gé7 de quinze mois et e~porlêe de I-'onlelle p:ir s.i mcrc, et, plus .t~rd, à P~r!s,porlée sur Je
(!o~ de sa sœur pour sotl1C1t&lt;'r la p1l1é cles passants?

ques annEies. Quant à rancicn chtltcau oui: lours
ronJes, il est entièrement dêtruil; mais on retrou\'e
le bas des tours il l'intérieur des maisons qui onl élé
construites sur l'cmpl:iccment.
:;, L'auteur anonyni.i de l'Jlisloire i·,'.rilable de
Jeanne de Saint-Rémi.
If. Jacques de Sainl-Bémy de Valois clait nU le
25 1."êvrier 1755, ~l'ant le m~riage de son pi,re avec
)(a1"1c Jossel. Enseigne de vaisseau à Bre~L Je 1c, oc•lob~e .1776; lic\1~cnant de v:iisseau le 4 avril 1780:
cap1t:une de ru.s1l1crs au corp3 de la marine le 1~, no,,embre 178~; il col?mand 1i! la frégate la Sm•i•elllante e l éta~l chevalier de Samt-Loui~quand il mourul
au Port-1.oms (Il~ de Frar!ce), le 9 mai 1785, à J'àg&lt;'
de tr~ntc ans. Voir sur lut l~s lMlard:s tfe ta ,lfo.isrm
de. J,rrwcr, par IC' mar&lt;p11s ,le Belll'l'nl, Il· 4:z E' l

Celle existence ne me paroit pa..~ douteuse, car elle est
aflinnéc par lou;dcs auteurs cl par Jeanne elle.même
qui, dans se~ Mémoires, tlit que )largucrite mou1·ut
de la petite vérolr- a Boulogne-sur-Seine en 1i65 a
l"àge &lt;fc si .X uns. Y o-l-il eu deux M:1rgucrile-Anne
jumelles, ou plulôt - cl j'incline vers cette hypothésc - fa seconde n'aur.iit-clle pas été. emprun tée
ou volée cl sub~tituêe à la première pour exci te!'
plus , ivcment la c!1arilé publique'! t e cas étai l frê•
quont. »
J, Do,s. Targel, Bibl. v. de Pm·1s, m,. de la ré5el"\'è.
· 2. Les desc1!ndanls de ces famil!es occupenl aujourd'luî encore les di/T&amp;rentès pa rlies des bâtiments qui
composoicnl la ferme du château , où chaque famille
&lt;'St séparée de ses voisins par de simples cloisons.
Ces familles sont au nomhre de huit. L'ne partie de
la ferme a 1111? anéantie pnr un i11rerulie, il y n 'JllCl-

SUI\',

�msTO'Jt.1.ll
Boulainvilli!'rs fil venir de Fontcllc MarieAnne qui, jadis, avait été accrochée en maillot
à l'auvent du fermier Durand, pour les placer
toutes deux au pensionnat de l'ab~aye d'Yerres,
près de sa terre de Montgeron, où l'on terminait l'éducation des demoiselles. Elle subvenait aussi aux prrmiers besoins de Jacques
de Saint-Ilémy, qui s'était engagé comme
mousse et lui procurait la pro'ection du duc
de l'cnthièl-re. Le G mai l 776, elle pouvait
enfin faire authentiquer officiellement par
d'llozicr la fameuse généalogie, le seul bitn
des enfants, et, en faveur de celte orig:nc
royale, olJtenait pour chacun d'eux, par Lrcvet du 9 décembre 1776 ', une rcnsion de
1. ..frd1.

uM.,

0 1;rno.

huit cents livres sur la caisse du roi . En
mars 1778, elle retira les deux sœurs de
l'abbaye d'Yerres, pour les placer en celle de
Longchamp où n'étaient admises que des
filles de qualité.
Jeanne a vingt et un ans. Par son habileté
à manier la sympathie de sa protectrice, elle
a transformé son existence. En fut-elle dans
la suile plus heureuse? Elle était la proie
d'un orgut:1il sans mesure. C'é1ait en elle,
disait-elle, le sang des Valois . Cc sang drs
Valois, chacune de ses pensées, chacun de
ses écrits en est comme imprégné. Qurlle que
soit 1a ~ituation de fortune où, par momenls,
elle parviendra, il lui semblera qu'elle rst
toujours la pauHc délaissée, qui répète sur

le bord du chemin, en haillons, les )'CUX allumés de haine et d'envie: C( Prenez pitié d'une
petite mendiante du sang des Valois! » « Tyrannisée par un orgueil indomptable,
écrit-elle elle-même, que j'ai reçu de la nature el ~ue les bontés de Mme de BoulaiOl'illicrs, en me fais;ant entrevoir un avenir plus
Lrillant, avaient rendu plus irascible.je n'arrêtais qu'en rrémissant mes réllexiops sur
mon état. Jll!las I me disais-je, pour11uoi
suis-je issue du sang des Valois? 0 nom
fata1, c·e~t toi qui as ouvert mon ftme !1
cette fierté qui 11\·ût jamais dù y trou\'rr
place; c'est pour toi que je répands des
larmes; c'est :1 toi que je dois mes malheurs! JJ
fRANTZ

['l'\"C'l,-BRE:\T\NO.

(A suivre.)

Au château d'Awill:y
Le château d'Avrilly appartenait à la comtesse des Roi-s, la fille du général Hoche. La
veuve du héros ne quittait pas son unique
.enfant. C'était une belle vieille lemme, très
digne, très intelligente, très intéressante à
écouter; elle est morte fort âgée.
La comtesse des Roys avait un port de
reine, une taille superbe, elle en imposait
beaucoup, malgré son gracieux accueil. C'était
une personne distinguée sous tous les rapports. Elle passait les hivers à Paris el ne
venait à sa terre que l'été. Avrilly était un
vieux château à tourelles, assez laid, la vue
était médiocre, le pays plat. Les appartements de réception étaient beaux, j'y ai ,·u
des bals magnifiques; il n'y avait guère qu'une
lieue de Moulins au château, el par la route
royale de Paris.
Ume des Roys avait encore sa belle-mère,
la comtesse douairière des Roys, seconde
femme de son père. C'étail une adorable
vieille comme on n'en voit plus. Née de Chauvigny de Blot, elle était nièce de la fameuse
comtesse de cenom, une des dames de Mme la
duchesse d'Orléans.
Mme des Roys racontait des histoires qui
me faisaient tenir des beures tranquille à
l'écouter. Il est très vrai que Mme de Blot ne
mangeait pas; elle trouvait cela grossier et ne
vivait en apparence que de fruils, de lait et
de blancs de volailles, qu'elle suçait en les
tenant du bout des doigts . Elle s'en vengeait
en secret sur quelques cütelettes; elle s'enfermait dans sa chambre et les faisait cuire
elle-même, ce qui n'était pas une petite
entreprise pour une dame de celle espècelà.

Elle était fantasque et bizarre; sa toquade
était d'ètre mince, elle s'étouffait, mais sa
taille se fût littéralement prise enlre dix
doigts. Elle est morte jeune encore; on croit
que celle folie l'y a aidée.
Près de Mme des Roi-s, dans la rue de
Paris, où elle habitait un de ces hôtels qui
ont vu ~[me de Sévigné et la duchesse de Montmorency, demeurait une cousine, Mwe du
Château, comme elle demoiselle de Chauvigny.
Ces dames avaient été en prison ensemble
pendant la Terreur, je ne sais plus si c'est
aux Carmes ou ailleurs. Je sais seulement
qu'elles m'en ont raconté d'étranges choses.
Ce qui occupait le plus la majorité des
prisonniers, ce n'était pas la mort, c'était
l'amour. Leurs imaginations el leurs cœurs
surexcités enfantaient des passions inouït's.
Ils aimaient avec une ardeur, un dévouement
dont nous ne nous faisons pa'i idée. [I:; mmquaient de tout, ils avaient à peine de quoi
se vêtir, leurs habits étaient en lambeaux, et
souvent on leur reîusait une aiguille pour
les coudre.
~•la ne les empêchait pas de faire des
visites et de se réunir, de jouer et de rire.
Ils récitaient des vers et représentaient des
scènes. On improvisait des toilettes incroyables pour les grandes occasions, toutes les
industries de la coquetterie des femmes s'exerçaient à qui mièux mieux. Les jàlousiè!s, les
intrigues allaient leur train, les plus jo)ics
avaient leur cour, les vieilles et les laides
s'en vengeaient en les dépréciant.
Leur insouciance pour le sort qui les atlendait ne peut se rendre. Ils savaient qu'un jour
ou l'autre l'échafaud les allendail, ils s'y
résignaient comme les moutons qu'on mène
a la boucherie.
Un jour, je ne sais qui dit qu'il élait bien
désagréable de se donner en spectacle aux

mis~rables qui les égorgeaient el de prêter à
rire à la populace.
- ,Je suis sûr, ajoula-t-on, qu'on doit
ÎJÎrc une laide grimace et que si l'on cherchait dans Je panier du bourreau, on trom·erait que nous sommes horriLles ....
- Il faudrait remédier à cela.
- Comment fa ire?
- Exerçons-nous i1 mourir avec grâce, la
leçon ne sera pas perdue, nous n'en pournns
douter; répétons tous les jours la pi1\ce, jusqu'à celui où nous la jouerons en réalité.
L'idée fut trouvée sul.Jlime; on simula
l'échafaud par la table ù manger, un escabeau
à deux étages représenta l'escalier, une ou
deux chaises tinrent lieu de la fatale machine,
les prisonniers se rangèrent à l'entour comme
au spcctac!c, et chacun monta l'un apr~3
l'autre pour s'essayer.
Tous les jours le geô'.ier arrirait avec ses
listes; il faisait l'appel, on sa\ ait d'a\'ance
que c'était la mort. Un étran3cr ne l'eût
jamais soupçonné.
Quand un nom était prononcé, celui qui le
portait embrassait ses amis à la btite, donnait ses commissions pour ceux qui n'étaient
pas présents, et le dernier adieu était souvent
une plaisanterie. Pas une plainte, pas une
faiblesse, on eût juré qu'ils partaient pour un
voyage de plaisir.
Si, au lieu de celte insouciance et de cette
résignation, ils avaient employé leur courage
à défendre la nnnarcbie et leur intelligence a
diriger les réformes nécessaires, ta Ré\'olution n'aurait pas eu lieu.
Mme des Hoi-s el Mme du Château, très
jeunes encore, f'urent le bonheur d'échapper
à la guillotine : la mort de Robespierre lrs
délivra comme les altlres, comme toute la
France. Elles aimaient à se rappeler ce temps
épouvantable et à raconter les détails de leur
emprisonnement, comme on aime à raconter
les naufrages dont on est rernnu.

ClicM A. Block.

SEDAN ( 1"' SEPTE:\IBRE 1870.) -

Marquis PHILIPPE DE MASSA
dj&lt;&gt;

SOUVENIRS

ET IMPRESSIONS
dj&lt;&gt;

Sedan

1

COMTESSE DAS 11.

Tableau de G. GLARIS.

Le marquis Philippe de Massa, ancien chef
d'escadrons, ancien écuyer de l'empereur Napo léon Il 1, nous a laissé, sur les ivénem,mts qui
précédèrent et suivirent la reddition de Sedan,
des Souvenirs el impressions, écrits au bout d'un
quart de siècle, où il retraçait fidèlement ce qu'il
avait vu au cours de journées douloureuses,inoubliables et inoubliées. c&lt; Au sujetdesévinements,
déclarait ce. parfait galant homme, je ne dirai
que ce que je crois sincèrement ê.tre la vérité.
Au sujet des personnes, je tiendrai à honneur
de parkr avec reconnaissance de celles qui ont
été bonnes pour moi, fussent-elles tombées depuis dans l'impopularité. n On retrouve cette
double prêoccupation dans les pages qu'Hisloria
publie aujourd'hui, et l'attachement que le marquis de Massa professait à l'égard du souverain
déchu, n'ôte assurément rien, à ce vivant récit
d'un témoin, de sa haute valeur documentaire.

Il ne m'appartient pas d'entreprendre la
relation technique de la bataille de Sedan, à
laquelle je n'ai assisté que comme spectateur
plus ou moins exposé, mais je m'efforcerai
de faire un récit véridique de ce que j'ai vu

ou appris pendant l'action, au second plan de
ce sinistre et trop inot_1bliable tableau.
Le feu s'ouvrit au point du jour, au milieu
du brouillard, du côté de Bazeilles, puis, des
bords de la Meuse au sud, s'étendit progressirement à l'est et à l'ouest, à mesure que les
deux armées allemandes, fortes de deux cent
trente mille hommes, opéraient cc grand
mouvement enveloppant qui, dès une heure
de l'après-midi, ache\'ait de couper à l'armée
française sa retraite sur Mézières, la seule
possible peut-être, si le dispositif adopté au
début par le généra] Ducrot n'avait pas été
changé par son successeur dans le commandement en chef.
Depuis six heures et demie du malin, les
officiers de la maison militaire, y compris les
écuyers, allendaient la bride au bras dans la
cour de la sous-préfecture pour accompagner
!'Empereur sur le champ de bataille.
Pendant qu'il s'habillait, Emmanuel d'Harcourt, capitaine de mobiles, officier d'ordonnance du duc de Magenta, arrivant à la bâte,

mit pied à terre au milieu de nous et demanda
à être indroduit auprès de Sa 11ajcsté, pour
lm apprendre que le maréchal venaü d'ètrc
grièvement blessé à l'aine par un éclat d'obus.
Après avoir écouté, les yeux voilés de larmef:,
la communication tle ce fatal événement
I'Empereur approuva la remise du comman-'
dement au général Ducrot, bien qu'il ne fût
pas le plus ancien des commandants de corps
d'armée, mais en réfléchissant que c'était
celui d'entre e~x qui devait être le plus au
courant des proJets du maréchal. Ce dernier
ne savait nullement, pas plus quel'Empcreur,
que le général de Wimpfon, arrivé de Paris
l'avant-vèille pour prendre le commandement
d~ 5e corps,. é~ait en même temps porteur
dune comm1sswn de général en chef, dans
le cas o~ la vacance viendrait à se produire.
En la lm remettant, 1e ministre de la Guerre
croyait encore que l'armée française conser,·ait une avance de deux jours sur la
Ill• armée allemande, el n'aurait affaire qu'à
la seule armée de la !leuse. Calcul opli-

�'--------------------------------------------

111STO'Jt1.ll
mi,te, déjoué par les mar1;bcs forcées de la du fleuve, achC\ :rnt &lt;lt• se dissipl'r, nous
armée, à laquelle appartenait d'ailleurs aperçûmes les hauteurs de la rive gauche
le corps bavarois Mjit engagé la veille 11 couronnées d'une longue lig, c de hallerics
Bazeille,. On ne pomait donc plus douter &lt;JUC allemandes étagées depuis Hcmilly jusqu'au
ddà de \\'addincourt. Aux premiers rayons
l!', autres ne suivi,senl de près!
.\près arnir cmoyé un de se:; officiers d'or- de soleil qui dardèrent sur nos képis galonnés,
donnance, le capilainr Gum1an, auprès &lt;lu notre groupe drwnant nn des obj, ctifs de
général llucrol, ~apoléon Ill monta i1 cbernl leur tir à longue portée, l'Empereur nous
cl, 11 la tète de son étal-major, suivi d'un • ordonna d'aller nous défikr derrière le mur
peloton de guides fourni par l'escadron d'une fabrique près &lt;le laqu1·llc se tenait en
d'escorte, se. dirigea ,ers la porte qui s'oune réserve un bataillon de chasseurs, et resta
sur la route de Bazeilles. A peine avait-il fait volontairement e\posé au feu, ne gardant
&lt;1uclques pas qu'il se croisa anc la mit ure autour de sa personne r1uc D,nillicr, son
dans laquelle était étendu le maréchal, et premier écuyer, Cor\'isart, rnn médecin,
s'arrêta pour s'informer de son étal. Le doc- Pajol, son aide de camp &lt;le senire, el
teur Théophile Anger, qui, bien que non d' Ilendecourt, rnn officier d'ordonnance
monté, avait résolu dt&gt; nous suivre à pietl hirntôt tué raide derrière lui.
Puis - dit le génrral Pajol dans son récit
autant qu'il lui serait possible, s'empressa
d'olîrir fes senices et constata que, malgré de la bataille de Sedan - c1 Sa Majesté rn
sa gravi té, la blessure ne serai l pas mortelle. dirigea sur un point culminant oi1 étail'nt
Hassuré par le rapport de son chirurgien, placées les batteries de réserve du comman!'Empereur continua son chemin sous les dant de Saint-Aulaire el demeura plus d'une
heure dans celle position, au milieu d'ur.c
J&lt;'UX des habitants c1ui, de leur, fenêtres, )p
grêle de projectiles rnnemis, occupé à suiue
regardaient silencieusement passer.
Avant de sortir de l'cnceinlt•, nous rencon- le momemcnt en échelons par bri~ade qur,
tr,imcs plusieurs prisonniers ennemis qu'on conformément aux ordres du général Ducrot,
ramenait cùte à côte avec un certain nombre le général Lebrun commençait à faire ext'tic nos blessés, la plupart atteints au bras. Il cutcr aux di\'isions de son corps d'armée, dars
y avait, marcbant parmi ces derniers, un un combat défensif bien soulenu et habile:.:ouave de hault' stature qui lendit vers nous ment conduit. »
son poignet mutilé en s'écrian~, la rage dans
Informé par le retour du capitaine Guzman
les yeux :
- Je ms me faire pansn et j'y retourne! de la mutation qui renait de se produirr
li ~· a des regards et des paroles enflam- dans l'exercice du commandement en cht.:f
réclamé inopinément par le général de Wimpmés qu'on n'oublie pas.
Au delà des remparts, Sa Hajesté mit son fen, mis au courant du contre-ordre donué
cheval au trot jusqu'à cc qu'elle fùt arrivée par celui-ci à la manœuue du général Ducrol,
aux premières maisons de Balan, oü des et de l'objectif de Carignan substitué à celui
infirmiers transportaient de nouveaux blessés. de ~lézières, J'Empereur comprit que tout
Soutenu par deux fantassins, aHcndait la espoir de salut était désormais perdu. Mais,
voiture d'ambulance un chef d'escadron ne pouvant inlerrnnir sans être accusé de
d'état-major dont le visage était tellement gêner l'aclir,n de ses généraux, ne Youlant
ensanglanté qu'on n'en distinguait plus les pas non plus, quoique privé de toute initiative, quitter le terrain tant que ses forces lui
traits.
- Suis-je donc à cc point défiguré que permettraient d'y rester, il résolut de se portu ne me reconnaisses pas'? me dit-il lorsque ter plus au nord, vers les positions que déje passai à côté de lui.
fendaient les troupes du Ier corps. Nous
C'était, la joue déchirée par une balle, ftimes alors rappelés près de lui et, après un
Octave de Bastard, den'nu plus tard général temps de galop frénétique au milieu du sifde brigade et décédé il y a peu d'années.
flement des balles et des éclats d'obus qui
Au milieu du village, l'Empcreur se porta criblaient le sol, nous rejoignîmes !'Empepar une ruelle en Lerrain décomerl du côté reur dans le chemin creux de Givonne où le
de la ~loncclle et, gagnant un talus d'o11 général de Wimpfen ,·enait de lui dire avec
tirait une des batteries divisionnaires de exaltation en parlant des troupes bavaroises
l'infanterie de marine, s'arrêta près d'elle, et saxonnes :·
non loin de la place où a,ait été frappé le
- Que Yotrc ~Iajesté ne s'inquiète pas;
maréchal. En reconnaissant le souverain dans deux heures, je les aurai jetées dans la
impassible derrière eux, les artilleurs le Meuse ....
saluèrent de leurs Yirnts, les derniers qu'il
Étrange illusion d'un valeureux soldat Je
dm·ait entendre 1
qui la présomption égalait le courage; d'un
L'a}ant aperçu de loin, le général de Vas- général en chef n'envisageant qu'une face du
soigne s'approd1a un instant pour lui donnrr champ de bataille sans se préoccuper assez
&lt;"onnais,ance de la manœuvrc prescrite par des masses énormes qui s'avanpient derrière
le général Ducrot f:n ce qui concernait les lui le long de la presqu 'lie d'lges.
divi~ions du 12• corps chargé de luller pied à
Aussi, loin de partager sa confiance, :Xapopied, tout en ballant en retraite dans la léon Ill ne doutait-il déjà plus du sort fatal
direction tlè Mézières.
réservé à celle malheureuse armée engagée
li élait plus de huit heures, &lt;Juand, la et maintenue malgré lui dans une aventure
hrume légi'•re, qui montait encore des bords dont l'injustice humaine ne dernit pas manIl[c

quer de lui allribucr néanmoins la responsabilité. Pendant trois quarts d'heure encore il
resta, paraissant chercher la mort, sous le
feu croisé de la mitraille.
Mais, depuis cinq heures IJll'il payait ainsi
d'exemple, l'infortuné souverain se sentait de
plus en plus en proie aux souffrances qu 'aggravait celle longue station à cheval. Deu,
fois, il avait di1 mettre pied à terre pour
olitenir quelques minutes de r{&gt;pit, el deux
fois il avait rrtrouvé assez d',:ncrgie pour se
foire hisser de nouveau sur l'étrier.
Yers onze heures el demie, n'r tenant
plus, il se résigna à regagner la ville· dont les
approches élaient encombrées de voitures du
train abandonnées par leurs conducteurs,
d'alTùts brisés, de caissons vides, de soldats
décourais venant chercher un illusoire abri
dans les fossés où l'artillerie a,h-erse n'exerçait pas moins ses ravages. AYanl que le
pont-levis s'abaissât, le général de Courson,
le capitaine de Tréccsson, venaient d'èlre démontés et gravement blessés derrière Sa Majesté.
En dcr!i de la porte, un éclat laboura l'encolure de mon cheval au-dessus du garrot,
un autre alleignit au flanc le cheval de Canisy, un troisième déchira à côté de nous le
bras d'une malheureuse femme arrêtée sur
le seuil de sa maison.
Sur la place Turenne, sur le pont, lieux
découverts, le, projectiles commençaient à
tomber aussi quand l'étal-major impérial les
traversa pour rentrer à la sous-préfecture.
Sur le pont, rencontrant Stolfel et le lieutenant Paul de Waru qui sortaient de chez le
maréchal auprès duquel il se rendait luimême, !'Empereur s'arrêta quelques instants
pour leur demander de ses nouvelles. Aux
premiers mots qu'il leur adressa, un obus
s'aoallit à quelques pas de son cheYal, soulevant devant lui un nuage de poussière. S'il
n'avait interrompu sa marche, il ClÎt Né
infailliblement renversé.
Quel contras le 11 celle heure entre les destinées des deux monarques en présence! D'un
côté Napoléon 111, annihilé, courbé sous le
poids de la défaite, risquant sa vie à chaque
pas comme le plus obscur de ses soldats; de
l'autre, Guillaume Jcr, hors de toute atteinte
sur la hauteur de Frénois, assistant, comme
en une apothéose, à l'agonie de l'empire
français sur les ruines duquel l'empire d'Allemagne allait bientôt se réédifier à son
profit.
Celle agonie d'une armée et d'un régime
qui ne devait pas survivre à sa perte dura
cependant cinq heures encore, au milieu
d'actes héroïques donl nos descendants, tant
qu'il restera une France unie el palpitante,
conserveront pieusement le souvenir, inséparable des lieux et des noms qui s'y rattachent:
A Bazeilles, l'épisode des dernières cartouches brùlées par le capitaine Aubert et le
commandant Lambert;
Au calvaire d' llly, la glorieuse charge de
la division Margueritte, conduite, celui-ci
tombé, par le général de Gallifîet;
A Cazal, la percée audacieuse enlrcprisr

par Ir commandant d'Alincourl avrc un escadron du Ier cuirassiers rt quel11uf's braves
oflicit•rs de Jiflërentes armrs 11ui s'était•11l
joints à lui;
A Balan, enfin, la trouée suprême tentée
pour l'honneur des armes par les généraux
de \\'impfen el Lebrun à la tète des valeuréux
restes du 12·· corps.
Et combien d'autres faits sans doute, pleins
d'abnégation el de courage, dont les modestes
auteurs sont restés ignorés?

major du maréchal de )fac-\lahon, le tir ,Ir·
I'c11Dt•mi s'était un instant ralenti, pour reprendre ensuitr avec une nouvelle intensit1.,.
La relation officielle allemande ne fait aucune
mention de ccl incident, précédé de l'arrivéè
des généraux Douay et Ducrot venant rendre
compte eux-mêmes à !.'Empereur qu'aucun
ralliement de leurs troupes ne leur paraissait
plus possible pour comballre au delà des
remparts; de celle du général Lebrun, annonçant que le, siennes tenaient encore la
moitié du \'illage de Balan et qu'il retournait
parmi elles. L'extrait suivant permet de penser
que c'est vers trois heures et demie que le
drapeau blanc fut vainement déployé une première fois sur la citadelle, el nous apprend
de quelle façon la question d'humanité était
envisagée dans le camp du vainqueur :
c1 Vers quatre heures, afin de hâter la
conclusion d'uue capitulalion et d'épargner à
son armée de nouveaux sacrifices, le Roi
avait donc prescrit que toute l'artillerie disponible eût à faire converger ses feux sui·
8Pdan. A cet ell't:l, les batteries wurtembergeoises étaient également appelées à Donchery
el prenaient position des deux cMés de la
grande route, à l'est de Bellevue et de Frénois .... »
C'est-à-dire à la place même où se tenait
Guillaume I•r pour présider méthodiquement,
en Yertu des plus implacables lois de la
guerre, à la destruction d'une ville entière et
à l'autodafé de ses habitants!
Cette recrudescence de bombardement se
poursuivit par son ordre jusqu'au soir,
n'épargnant même pas l'hôpital où, entrant

· En rentrant pour recevoir les soins ordin:üres de ses médecins, ] 'Empereur avait ordonné qu'on tînt un de ses autres chevaux
prêt, mais l'obstruction, déjà rencontrée dans
l'intérieur el au dehors, avait pris de telles
proportions qu'il dul renoncer à sortir et,
comme a écrit le général Pajol, &lt;&lt; altendre à
la sous-préfecture la fin du drame qui se
déroulait ».
\'ers deux heures et demie, on amena près
de lui le général Margueritte dont il fil panser
sous ses yeux l'horrible blessure. Le patient,
la langue coupée par la balle qui lui traversa
la mâchoire, était obligé de se serl'ir d'un
crayon pour répondre par écrit aux témoignages d'intérêt dont il était f objet.
Pendant ce temps, le c1•rcle de fer se rétrécissait d'heure en heure autour de la place,
circonscrivant de plus en plus l'étroit espace
sur lequel se mouvait encore une résistance
dé,espérée. Bientôt le champ de tir des cinq
cents pièces qui dominaient l'entonnoir se
trouva limité aux abords des remparts et
aux rues de la ville où, malgré la fermeture
des portes, a,·aienl pénétré à l'aide d'échelles '
des milliers de soldats de toutes armes mêlés
, f
aux habitants.
C'est alors seulement que, pour arrêter
l'elînsion de tant de sang aussi noblement
qu 'inutilement répandu, !'Empereur résolut de
provoquer un armistice qui permild'rntrer en
'
pourparlers avec l'ennemi, et qu'il fit appeler
91 . "p /' - r -·
celui de ses officiers cl'ordonnancedont c'était
,__ .,_,. t: - &gt;-- ~
le tour à marcher. Je me rappelle qu'à ce •
d'-~-......,,r;;:/~·"'
moment douloureux, Paul de Cassagnac, qui
:.:,,.:- -.-r!. 4
depuis le matin avait fait le coup de fusil
/').,"~~·~
avec les zouaves de la ligne, se trouvait à côté
de moi dans la cour, et je n'oublierai jamais
d ~ .•~., ~~
quelle émotion poignante nous saisit quand
-i: ~
Arthur dr Lauriston, chargé d'arborer un
drapeau blanc en haut de la citadellr, nous
dit en sanglotant :
- Moi! moi! le petit-fils d'un maréchal
de France!
La mémoire me fait défaut pour préciser
Je moment exact où Napoléon Ill prit l'initiative de cet acle d'humanité sévèrement ju~é F .IC-SIMIU: DL LA I.ETTRE DE .l\'APOLÉO:- 111 ,Il
par ses détracteurs, mais conforme à la nature
ROI Gl'll.l.AUME.
généreuse du soUYerain qui, Yainqueur à
Solferino, offrait spontanément à son rival
l'aincu l'enlrel'ue de Villafranca, destinée it par les fenêtres, les projectiles allaient achewr
mettre un terme aux hécatombes consommées les blessés jusque sur leurs lits.
de part et d'a1tll'e.
Ue toutes les hauteurs autour de la place,
Je croyais me rappeler qu'it l'apparition de l'ouragan de fer, décrivant dans l'air ses
cet emblème, presque aussitôt abattu, paraît- courbes incessantes, le remplissait de vibrail, par ordre du général Faure, chef d'état- tions sinistres. Du rez-de-cbaussét' de la sous-

,,,.

\'I. -

HISTORIA. -

Fasc

4,1,

SEDAN--,

préfecture, nous entendions les ohus briser
les ardoises au-d1•ssus dr. nos t1:tes, nous les
VO}ions. tomber sous nos yeux dans la .cour,
mettre en flammes les toits voisins, éventrer
hommes et chevaux dans les rues, faire sauter
les caissons contenant nos dernières munitions. Quelques heures encore et il ne serait
resté debout que des pans de murs ébréchés
émergeant d'un monceau de cendres étendu
sur un charnier humain!
Pendant cette exécution matérielle et sanglante, les Bavarois s'étaient approchés de la
porte de Torcy, d'où la fusilladedes remparts
les tenait encore à quelque distance. C'est de
ce côté que, vers six heures, nous vimes partir,
envoyé en parlementaire, le commandant
Rouby, en même temps que, d'un commun
accord, l'ordre était donné etéxécuté de cesser
partout Ie.s hostilités de notre côté. A ce moment, prévoyant les rigueurs attachées à la
rrddition imminente de la place &lt;•t des troupes
le capitaine Pierron, officier d'ordonnance de
!'Empereur, quitta notre groupe pour faire
observer au prince de la ~foskowa l'urgence
qu'il y avait de faire brûler les drapeaux et
fut chargé d'en transmettre l'avis au général
Faure.
Dès que le feu, déjà ralenti du côté de
l'ennemi, eut cessé à son tour, dem officiers
bavarois pénétrèrent jusque dans la cour,
presque aussitôt suivis d'un officier supérieur
de l'état-major général prussien, qui les congédia avec autorité. C'était le colonel Bronsart,
d'origine française, et qui, sans la révocation
de l'édit de Nantes, aurait probablement suhi
dans nos rangs lès. rigueurs dont il venait
poser les préliminaires. Quelques instants
après partait, suivi d'un trompette des guides,
le général Reille, porteur de la lettre par laquelle Napoléqn 111 déclarait - cruelle ironie
des mots!- rendre son épée à Guillaume l•·•,
son hon frère.
En signant ce message, dont la teneur était
préméditée depuis sa première tentative pour
arrêter la lutte, !'Empereur espérait obtenir
du destinataire, sinon un de ces élans chevaleresques dont il était lui-même coutumier,
du moins une intervention bienveillante en
faveur d'une courageuse armée qui n'avait
cédé qu'anéantie sous la supériorité du nombre et la muiliplicité des engins meurtriers.
Ilrisé par l'émolion, attendant avec anxiété
le rc:sultat des négociations ouvertes, il ne
parut naturellement pas à ce dernier diner
servi quand même au milieu d'un silence de
mort, et auquel on comprendra que nous
touchâmes à peine, sous le coup de l'oppression qui nous étreignait.
Plus tard, dans la soirée, Galliffet vint
s'informer auprès de nous de l'état du général Margueritte et nous réconforta un peu par
le récit du glorieux fait d'armes accompli
par les régiments dont il a.vait rallié .les débris. Des huit escadrons de sa brigade 1er et :i• chasseurs d'Afrique - il ne restait
pas plus de cent quarante cavaliers montés
ou reYenus à pied. Le colonel Clicquot, du
1er de ces régiments, el le lieutenant-colonel
du :;,, étaient au nombre des morts. Parmi le~

�. - fflST&lt;»(lA

-------------------------------------·

nombreux officiers blessé~', il nous cita Jac- pour y atlendre de nou\'eaux ordres ..\Jais, à
&lt;Jues de Ganay, sous-lieutenant au 5e régi- Ja barrière de l'avancée de Torcy, une grand'- parc attenant au cbàtcau de. Bellevue dan,
lequel Napoléon Ill a.-ait été conduit, après
ment, aujourd'hui général de brigade.
gardc bavaroise nous ferma le passage, et son interrogatoire par le chancelier, jus'Iu'à
Il venait, nous dit-il, de parquer de son nous demeuràmes ainsi près d'une heure
mieux dans les fossés ceux qui restaient en- entre l'avant-poste ennemi, derrière 1cquel ce que le souverain eût décidé dans quelle
core debout, et de pourvoir autant que pos- des hommes de cor\·ée enterraient des morts, province de son royaume il serait transféré.
A peine a,·ions-nous mis pied à terre,
sible à leurs besoins.
et les remparts de la place, du haut desquels qu'arrivèrent, en rniture découverte, les deux
- Quoique j'aie eu souvent la main dure des soldats français exaspérés ou gouailleurs
avec mes hommes, ajouta-t-il, j'ai été touché nous lançaient, les uns des imprécations, les plénipotentiaires allemands, le comte de Bisde l'intérêt qu'ils m'ont témoigné en voianl autres des quolibets, pendant &lt;Jue le corres- marck el le général de Moltke, qui entrèrent
que je n'étais pas tué. Rien ne les l forçait, pondant anglais d'un journal illustré prenait dans l'habitation pour y attendre le retour du
général en chef de l'armée française.
et je leur en sais d'autant plus de gré.
un croquis de notre abominable situation!
Coïncidence fortuite ou raffinement de
Quand il nous quitta, je remarquai qu'il
Le retour du général Waubert, accompagné
portait à son képi de colonel les deux étoiles de l'officier supérieur chargé de nous emme- cruauté, c'élait de la hauteur de Bellevue
du grade qui lui avait été verbalement conréré ner, nous causa donc un soulagement relatif. qu'une batterie prussienne devait donner le sià Raucourt, le lendemain du jour 011 sa L'officier nous compta, inscriYit notre état gnal dela reprise du reu à l'expiration du d,'lai accordé pour la prolongation de l'armistict•.
nomination arait été décidée à Stonne.
numérique sur son carnet, puis nous dit a\·ec
A neuf heures trois quarts, elle vint prenLes combles de l'hôtel oi1 nous avions cou- un sourire ironique :
dre position sous les fenêtres mêmes de la
ché la veille •ianl été troué, à jour par le
- rn instant! Il convient de vous donner pièce où se tenait !'Empereur! Nous ,imes
bombardement, c'est sur la paille, derrière une petite escorte ....
les officiers se servir du 1élémèlre pour menos chevaux, que nous passàmes celte nuit
li fallut encore attendre un quart d'heure surer la distance, les sous-officiers régler la
d'insomnie pendant laquelle s'énuméraient, à l'arrivée d'une demi-douzaine de dragons,
peu de distance de la ville, les dures condi- derrière lesquels nous nous a.chemin:imes en- hausse en conséquence, le capitaine commandant tirer sa montre, et nous nous drmantions dictées par les plénipotentiaires prus- fin vers notre destination.
dions
avec terreur si nous n'allions pas, abrisiens à l'acceptation du général de Wimplen.
.\vant de l'atteindre, nous rencontr:lmes, tés derrière les canons ennemis, as!-ister dt!
- Si vous ne les subissez pas, lui a,,ail ,·enanl au-devant de nous sur la route, un
dit en substance le chef du grand état-major élégant officier des hussards de la garde loin à nnc nouvelle boucherie des ncitres,
allemand, l'armistice expirant à c1uatreheures royale, qui, saluant avec la plus grande poli . . quand arriva à son tour le malheureux général de Wimplen rapportant le protocole de la
du matin, je rouvrirai le feu et brillerai tesse, nous dit:
capitulation
el, en présence de Sf'!-i deux bourSedan,
- Permettez-moi , messieurs, de vou.s reaux, y apposa son nom.
Cependant, au moment de se séparer, avant adresser une question. Je suis le baron de
Les larmes '(ui me montent aux 1eui, en
que rien fl1t conclu, il consentit à proroger Je Gustedt, officier d'ordonnance de Son Altesse
délai jusqu'à dix heures, afin de permettre le prince ro~al de Prusse, commandant en retraçant dans les moindres détails ces épouau général en chef français de réunir tous les chef la Ill• armée. Mon h&lt;au-frère, Il. de ,,a.ntables sournnirs, prouvent assez que, dans
générau, sous ses ordres et de leur eiposer à Bussierre, sert comme engagé volontaire au l'àme comme sur le corps, le temps qui
quel point les posilions inexpugnables ocr.u- ::;e chasseurs d'Afrique, I"un des régiments panse leurs plaies n'en elfatejamais la cic,1trice.
pées par l'ennemi rendraient vaine toute ten- qui se sont si courageusement sacrifiés hier,
tatfre de sortie à l'arme blanche, les muni- et peul~ètre pourriez-vous me renseigner sur
tions élan t entièrement détruites ou épuisées. le sort de mon parent. . ..
Les plénipotentiaires el la batterie s'étant
Informé par le général Castelnau de ce qui
Puis, sans s'interrompre pour attendre la retirés, il ne resta devant la propriété qu'une
venait de se passer dans celle conférence, Na- réponse :
compagnie d'infanterie bavaroise chargée dt•
poléon Ill résolut de profiter du sursis accordé
- Mais avant tout, continua-t-il, laissez- nous garder.
pour se rendre immédiatement auprès du roi moi d'abord vous dire quelle a été l'admiraVers midi, un grand mouremcnt i;e prode Prusse, se constituer son prisonnier el tion de Son Altcsse !loyale en voyant celte
duisit
au dehors ; c'étaient les troupes enviplaider, pendant qu'il en était temps encore, charge, tellemenl belle qu'elle méritait de
la cause de cette malheureuse armée qu'il ne réussir. Je vous ra_pporte ses propres paroles. ronnantes qui prenaient les armes pour rendre
les honneurs sur le passage du lloi et le sacommandait pas, toujours avec l'espoir d'obL'esprit conciliant et la courtoisie toute luer de leurs :iedarnations. Comme tout se
tenir pour elle, de souverain à souverain, un française du prince héritiE-r de Prusse, si fort
adoucisrnment aux clauses rigoureuses atta- appréciés à la Cour pendant son séjour à fait au commandement dans l'armée pru~chées à sa reddilion. On sait combien furent Paris en 1867, ne pouvaient laisser planer sienne, les« Hoch! hocb! » n'étaient répétés
par les diJTérentes uoilés qu'au signal succesvite déçues les dernières illusions qu'il fon- aucun doute sur la réalité de ce propos.
sivement donné par leurs chefs . Je ne prédait sur la générosité de son ancien hôte des
Comme je sal'ais par Galliffet que M. de tends pas dire par là que ces cris nous paruTuileries.
Bussierre était resté au petit dépdl de so1, rent moins en1housiastes pour être plus méSorti de Sedan à six heures et demie du régiment, à Metz, je m'empressai de rassurer
thodiquement proférés.
matin, accompagné de ses aides de camp, il son parent et ennemi, qui me remercia dans
La compagnie de garde se forma aussitôt
fut obligé de s'arrêter à Donchery, dans une les termes les plus chaleureux en nous deen
bataille à l'entrée du parc, el Guillaume I"·
maison de pay~an, la première en entrant mandant si, à son tour, il pou\'ait nous rendre
ne
manqua pas d'en passer l'inspection avant
dans le lillage, où il attendit longtemps, assis un service en quoi que ce fùt.
de
descendre
de chem l devant la porte de son
sur un banc, un émissaire royal qui lut !I. de
Nous lui signalâmes la place où était tombé impérial prisonnier.
Bismarck, duquel, seul, il eut :1 subir l'inter- notre panne camarade d'llendecourt, reconIl était accompagné d'un nombreux ~tatrogatoire, pendant que Guillaume Jer était naissable à son uniforme spécial, a\·ec prière,
major
en tête duquel marchaient le comte de
soigneusement tenu à l'écart à Vendresse.
si son corps était retrouvé, d't:n recommander Uismarck et le général de !foltke, tous deux
la sépulture provisoire au maire de Balan, en
Peu après le départ de !'Empereur, et pen- attendant que la famille pùl venir le récla- en tenue de parade, coiffés du casque. Le
dant que se tenait à Sedan le conseil de mer. li. de Gustedt nous fit ultérieurement premier, droit sur sa selle, dominait l'autre
guerre présidé par le général en chef, le reste savoir que ses recherches étaient demeurées de sa haute taille; le second, légèrement
rnùté par l'àge, était immédiatement suivi
de la suite de Sa Majesté lut prévenu qu'il r;;ans résultat.
d'une
ordonnance, portant, comme un objet
dernit quitter Ja ville à son tour el s'arrèter
A un kilomètre en deçà de Donchery, nous
à un kiJomètre, sur Ja route de Oonchery, quitlàmes la grand'route pour gagner un petit de piété, la casquette de petite tenue de son
maître, recou,·erte de toile blanrhe,

�_

msT0~1.ll _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __.

L'entrevue fut de courte durée et, autant
que je m'en souviens, eut lieu sans témoins,
pendant Que, de l'extérieur, nous considérions à distance et arec une indéfiniss;ablc
tristesse les deux principaux artisans de nos
désa~trcs.

Après leur déparf, nous apprimes que Napoléon III serait transféré à Wilhelmshœhe,
près Cassel, en passant par le Lu1embourg
Leige, sous la conduite du général de Doyen
assisté du prince de L1nar, jeune diplomate
que nous a,·ions tous plus ou moin~ connu b.
Paris et qui, ufficier de la landwchr, était
altaché à l'ewadron &lt;l'escorte du lloi, composé de deux cavaliers de choix pris dans

chacun des régiments de cavalerie de la Confédérntion.
Le soir. ordre fut donné de nous tenir
prêts pour le lendemain, 5 septembre, à onze
heures.
Dans la matinée de ce jour, le général de
Boyen dressa lui-même l'état nominatir des
officiers ou assimilés composant la suite, en
priant Sa Majesté de dé~igner ceux qu'elle
désirait avoir près d'elle dans sa captivité. Cc
furent IBs cinq aides de camp, deux des officiers d'ordonnance, Hepp et Lauriston, Davillicr, nainbeaux, Pié.tri et, naturellement,
Conneau et Corvisart, de qui la com·cntion de
Cenère garantissait d'ailleurs la liberté. Lr~
autres furent autorisés à retourner à Paris,
en prenant l'engagement de ne pas servir
pendant la durée de la guerre, engagement
auquel les bienséances leur commandaient de
souscrire, car opter pour un internement à
part eût semblé un reproche indirect au souverain qui les séparait de Jui. Le prince èe
Lynar fut chargé de veHler à l'exécution de
cette formalité. Lorsqu'il voulut nous mettrr,
Canisy et moi, en d~meure de la remplir,
nous nous y refust,mes en alléguant que nous
n'étions plus titulaires d'aucun grade dans
l'armée, ce qui parut l'étonner fort, surtout
à came de moi qu'il croyait être encore capitaine de cavalerie. li laissa provisoirement
enlrc nm mains le formulaire non signé,
disant qu'il en référerait à son supérieur, et
il n'en fut plus question.
A rheure dile, nous fimes avancer, devant
le pc·rron, la coureuse, coupé de poste à deux
place!-, pcrmetlant de s'y dissimuler entièrement à l'aide des volets relc,és. D~s que le
marchepied s'aLaissa, n:mpereur parut sur
le seuil, livide, grelottant de fièvre , se soutenant à peine, pendant que Davillier el PiéLri,
redoublant de soins, l'aidaient à passer, pardessus sa tunique d'uniforme, un épais caban
noir garni d'un cnprn:hou pournnt ~c rallallre
jusque sur Ies )'eux.
C'est ainsi qu'accompagoé du prince de la

Moskowa, il monta dans cette voiture d'aspect
funéraire, comme une ombre devant laquelle
nous nous découvn'mes ave~ le respect dll à
ln Majesté tombée.
Le lugubre cortPp:e se mit rn roule précéJé
d'un détachement des hussards de la Mort.
Le coupé de l'Emperrur sui\'ait le premier,
devant le grand char à Lancs de poste sur les
banquettes duquel avaient pris place les deux
g-rôliers. cOle à côte avec les aides de camp,
Piétri, Da\'illicr et nous. Le re.:,te de nos
compa~nons d'inîorlune venait ensuite, les
uns a chesal, les autres en ,·oiture; les chevaux de main et les bag:1ges fermaient la
marche.
L'itinéraire, pour gagner la frontière belg&lt;',
comprenait un grand Mtour par DonchNy,
Vrigne-aux-Bois, Saint-)lenges, Fleigneux et
les bois.
Dans Jes ,•illages et hameaux que nous traversâmes, les habitants jetaient des regards
attPrrés, les femmes pleuraient, les enfants
même se taisaient comme s'ils avaient eu
comcience de cette grande infortune qui passait de\'ant eux.
La moitié de la roule que nous étions
appelés 1l parcourir étaît bordée de trOupes
ennemies en cantonnements ou drjt1 en formation de marche pour ponrsuivrc fa campagne. Mais, pas un mot, pas un sarcasme ne
sortirent de leurs rangs pendant )es longs
temps d'arrèt occasionnés pour nous par les
mouvements en cours d'exécution.
En rerunche,:m moment oll nous passâmes
à peu de distance d'un groupe de soldats
franrais prisonniers, quelques-uns montrèrent le poing en criant à la trahison, car il
était écrit que, pendèlnt cette dernière étape
de son calvaire, le malheureux Empereur
viderait la coupe d'amertume jusqu't1 la lie.
Enfin, p:issé l'extrême limite nord-ouest
du champ de bataille que nous; Yenions de
contourner, le chemin devint libre. On put
augmenter l'allure pour gagner La Chapdle,
dernier village fr:rnçais. li s'y trouva quelques
francs-tireurs et fant:issins de la ligne qui,
bles~és ou épuis&lt;:s, ;n,aient pu s'éc·bapper et
se trainer jusque-là. En les aperceva11I,
Napoléon Ill lendit sa bourse à llainbaux, qui
escortait à la portière, afin que les derniers
louis de sa liste civile servissent ù secourir
les derniers soldats qu'il rencontrait au moment de quitter le sol frun~·ai~.
A la frontière, le déta&lt;.:hement de hussards
s'arrêta, -et les voilures con\inuf'rent le trajet : mais, à peine avaient-clics dépassé le
poteau indicateur 1 qu'un r.olonel de chasseurs
belges, dont le régiment étaiL échelonné aux.
environs, accourut au galop en s'écriant, le
sabre a la main :

- Arrètrz ! Vous êtes dnns le Luxrmbourg.
Vous ,·iolez la neutralité du territoire.
- Parrlon, rt&gt;pliqna le ~énf'ral de Royen.
nousn'arnns p:1s rpialîté de !Jclligt'1·anls. c·c:-1.
le comte de JlierrP(Olulr; qui voyage a\'ec sa
suite.
Et,dcsccndant de ,,oiturc, il allira !°officier
ll l'écart pour lui dire quelques mots ctuc
celui•ci écoula arec étonnement, penché sui·
sn selle.
- C'est dillërcnl, reprit-il ensuite. Vous
pouvez conlinu~r ,·otre chemin, mcssieurf.
Et il salua du s:abrr.
A Bouillon, on était n1ienx infurmê, c1 unP
foule sympa1hi11ue nuendail !'Empereur pour
le saluer quand il descendit de voiture de\'anl
l'auberge où elJe a,•n:t ,qipris qu'un logement
(,lait retenu pour lui.
La manifestation devint mèruc peu i1 peu ~i
bruyant~ qne le g-énérJl de Boycn craignit un
inslJnl de mir la foule délivrer son pri~onni r !
La fatigue do celui-ci était rxtrème et,
devant repartir Je lendemain malin pour aller
prendre la mie ferrée à Xeukhùte:rn, il
demanda aussitôt à s'aliler.
Une 1,cure :.iprè:-:., il voulut biC'n me recevoir et je fus introduit dans la modeste
chambre où il venait de se coucher.
Malgré son abatt.emcnl, il se soulc,·a sur
un coude.
- \'ous allez rctourncr à Pari!:.? me
drmanda-t-i\.
- Oui, Sire, pour me mellre aux ordres
de l'impératrice, et si l'EmpC"reur a quelque
message particulier à me confier ....
- Aucun, répondit-il. Yous direz hautement ce que ,ous avrz rn, car je n'ai rien à
dissimuler de ce que fai fait en intervenant
pour rnu\'er la vie à tant de hra\'es soldals
déjà décimés par le leu, el à une population
inoffensive de ,,ingt mille âme~ que je n·(œais
7ms le droit de /aissP1' sacrifie/'.
Puis, il me tendit la main pour me congédier, et je quitlai, pour ne plus le revoir, rel
homme si Lon, si lo1al, si reconnai~!-ant
envers ceux qui l'avaient mème le plus
modestement servi; sor1i de l't!iil pour monter sur le trône; tombé du t11Jne pour 1elourner mourir dans l'exil; longtemps populaire
el Lien faisant an gré de la plupart; mortellement haï et dé(riê par quelques-uns, mais
que personne n'a jamais approrhé, dans sa
bonne ou rn mauvai~e fortune, san~ être
séduit par la noblesse de ses sentiments cl
par sou exquise simplicité.
C'est fort de ses dernières paroles à moi
adressées que je me suis cru, au bout do
vingt-six ans, autorisé à écrire ce que j'ai \'U
et assez de fois raconté à ceux c1ui y prenaient intérêt, pour n'en rien oublier.
11

MARQUIS )'HILIPPE DE

MASSA .

LA CHOUANNERIE

NORMANDE AU TEMPS DE L'EMPIRE
~

Tournebut
-

1804 -1809 -

•

Par G. LENOTRE

PRÉFACE

En 1801,, nous hnbilions l'ile Saint-Louis, muns 1 la disparition de mon père et, compaj'avais une huitaine d'années - et j'ai tissant à notre infortune, mettait une habitation
P"
gardé l'impression très vive de l'émotion voisine de la sienne à la disposition de ma
VICTORIEN SARDOU.
causée dans le quarlier et surtout dans notre mère, qui y trouverait la sécurité et le calme
maison par l'arrestation de Georges Cadoudal. dont elle avait grand besoin après de si
- Je vois ma mère, anxieuse, envoyer notre cruelles émotions. Ma mère hésitant, l'enroJé
Une vieille tour.
fidèle servante aux nouvelles; celle-ci les lui de celle bonne dame fil valoir l'intérêt de
donner à voix basse; mon père se faire de ma santé, l'exercice, le bon air indispensab~es
Un soir d'hi,·er,en 1868 ou 69, mon beau- plus en plus rare au logis, et, enfin, une à mon âge et, finalement, elle consentit! père, "Moisson, avec qui je devisais au coin nuit, me réveiller en sursaut, m'embrasser, Munis de tous les renseignements nécessaires,
du feu, après diner, prit sur ma table un embrasser ma mère à la hâte, - etj'entends le surlendemain matin, ma mère, la servante
livre ouvert à la page où j'avais interrompu encore le bruit sourd de la porte de la rue et moi, nous prenions, à Saint-Germain, la
ma lecture et me dit :
se refermant sur lui! - On ne l'a jamais galiote qui, le soir même, au coucher du
- Ah!. .• vous lisez Mme de la Chanterie? revu!
soleil, nous déposait nu l\oule, près d'Aube- Oui, répondis-je. - Un beau livre!. ..
- ,\rrêté? ...
voye.
Yous le connaissez'?
- Nous l'aurions su! - Non; mais proUn jardinier nous attendait, avec une char- Sûrement! ... J'ai même connu l'hé- bablement tué dans sa ruile ou mort de rette pour nous et nos bagages. Et quelques
roïne ....
fatigue el de besoin; ou encore DO}'é au pas- minutes après, rious entrions dans la cour du
Mme de la Chanterie?
sage de quelque rivière, - comme d'autres château.
- ... De son vrai nom, Mme de Com- lugiliîs dont j'ai su jadis les noms .... li
Mme de Combray nous reçut dans un grand
Lray .... J'ai demeuré trois mois chez elle .... devait nous donner de ses nouvelles, dès qu'il salon ayant vue sur la Seine. Elle avait près
- Rue Chanoinesse?
serait en lieu sûr. - Aprl's un mois d'at- d'elle un de ses fils et deux autres familiers
- Non pas rue Chanoinesse, où elle n'a tente, Je désespoir de ma mère prit le carac- du logis, qui accueillirent ma mère avec les
jamais demeuré, - pas plus qu'elle n'était tère le plus alarmant. Elle était comme folle, égards dus à la veuve d'un serriteur de la
la sainte femme du roman de Balzac· risquait les démarches les plus compromet- bonne cause. On soupa; je tombais de som. a' son château de Tournebut d'Aubevoye,
'
mais
tantes et parlait de Bonaparte tout haut, avec meil, et je n'ai gardé de ce repas que le souprès de Gaillon!
si peu de réserre, qu'à chaque coup de son- venir des éclats de voix de ma mère, exubé- Eb ! bon Dieu! ~foisson, contez.moi cela. nette, nous nous attendions, la servante et rante et passionnée à son ordinaire.
Et, sans se faire prier, Moisson me conta moi, à voir entrer la police!
Le lendemain matin, après le premier
ce qui suit :
Ce fut un vi~itcur tout autre qui se pré- déjeuner, le jardinier reparut avec sa char- Ma mère, une Brécourt, qui avait pour senta un beau matin.
rette, pour nous conduire à l'habitation qui
ancêtre un bâtard de Gaston d'Orléans, était
li était, disait-il, l'homme d'affaires de nous était destinée, par une mont'3e si rude
à ce titre, r0) aliste dans l'âme,
'
que ma mère préféra faire la
et très entichée de sa noblesse.
route à pied, lui-même condui- Les Brécourt, gens d'épée,
sant son cheval par la bride.
n'avaient jamais fait fortune.
Nous étions en plein bois, grimLa Révolution les ruina tout à
pan_t toujours et surpris d'aller
fait. Et, sous la Terreur, ma
1.:hercher si loin et si haut l'ha~
mère épousaMoisso11, mon père,
bitation qu'on nous avait donnfo
graveu·r et peintre, simple ro•
comme voisine du château. turier, mais ro)·aliste ardent et
liais ce fut bien une autre afaffilié à tous ·les complots pour la
faire quand, au débouché du
délhrance de la famille royale :
sentier sur une clairière, le jar- ce qui explique la mésaldinier s'écria :
liance! - Elle espérait, d'ailcc Patience!... Nous y
leurs, que la Royauté, dont le
sommes! J&gt;
rétablissement ne faisait pour
Et nous indiqua notre logis.
elle aucun doute, reconnaitrait
&lt;t Oh! s'écria ma mère ,
les services de mon père en
un donjon ! &gt;&gt;
Dessine sur /talure e11 1843 . (Bibliothèqu e 11alio11ale, CaNtf et des Esfamtes. )
l'anoblis~ant et en faisant ~e\'iC'était une ,·ieille tour ronde,
ue le nom des Brécourt tombé
surmontée d;une plate-forme,
en. quenouille. Aussi se faisait-elle appeler Mme de Combray, darne des plus respectables sans autre ouverture que la porte d'entrée,
Mo1sso~1 de Brécourt; et m'a-t-elle su toujours qui vivait dans son chùteau de Tournebut, à et des meurtrières, en guise de fenètres.
rnam·a1s gré de m, en tenir modestement au AuLevoye, près de Gaillon. - Royalisle ferL'endroit, en lui-même, n'avait rien de
nom de mon père.
vente, elle avait appris, par des amis corn- déplaisant. - C'était un plateau, déboisé

.,..

1

�1f1ST0~1.lt - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - sur un large espace, entouré de grands arbres rien moins que de repartir à l'instant pour
lui criant: « Il l a quelqu'un là-haut, dans
et de jeunes taillis, avec une éclaircie sur la Paris. \fais notre !&lt;iervante était si heureuse
Seine, et une belle rne qui s'étendait au loin de n'avoir plus it redouter la police; j'avais la chambre. " Elle n'en croit rien, me
sur la campagne. Le jardinier avait sa cabane pris tant de plaisir, dans le bois, à cueillir gronde .... J'insiste, elle me suit avec la ser\'ante; nous montons! Du pa1ier ma mère
à l'écart et un petit jardin potager à notre des fleurs el à courir après les papillons; ma
crie,
sans franchir le seuil : « Il l a quelusage. En somme, on se serait bien accom~ mère elle-même se trouvait si bien de cc
•1u'un là? Il Silence. - Elle ouvre, pousse la
rnodé de celle solitude, après les tristesst.•s grand calme, de ce grand silence, que la
de l'ile Saint-Louis. si la tour avait eu meil- décision fut remise au lendemain. - Et, le porte vitrée. - Personne! ... Mais un lil de
sangle tout défait 1... Elle y porte la main ... .
leure ~ràce ....
lendemain. on renonça au départ!
Il est chaud! Quelqu'un était donc là .. .
Il fallait, pour y entrer, franchir un petit
Notre \'Îe là, pendant deux mois, ne fut couché... tout habillé sans doute!... 011
fossé sur lequel étaient jetéet-, en guise de troublée par aucun incident. Un était aux
est-il? ... Sur la plate-forme? ... On y monte ....
pont, deux planches reliées par une traverse. plus longs jours de l'année; une fois par
une corde ajustée à l'un des côtés de cc semaine on nous in\'itait à souper au cbt,teau, Elle est vide! ... Il a donc profilé pour s'entablier et glissant sur une poulie, permettait cl nous revenions la nuit par les bois, en fuir du moment où je courais au jardin!. ..
Nous redescendons vivement, et la senante
de le redresser de l'inlérieu,·, contre la porte pleine sécurité. Dans l'après-midi, ma mère
appelle
le jardinier .... li a di,paru .... On
d'entrée, pour en douLler la fermeture.
allait parfois rendre visite à !!me der.ombra) sangle }\)ne, et ma mère descend dare-dare
« - El voila le pont-levis!. .. Il dit ma mère et la trou\·ait toujours occupée à jouer aux
au cbàteau! ... Elle lrou1·e à son éternel lricrailleuse ....
cartes ou au trictrac a"ec des amis de séjour lrac, avec le notaire, !!me de Combray qui,
Tout le rez.de-chaussée consistait en une ou de passage: mais, le plus souvent, a\'ec
dès ]es premiers mots, san5 interrompre sa
seule chambre circulaire, avec table, chaises, un gros homme, son notaire. Aucune eiis•
partie, fronce le sourcil ....
bulfel, etc. En lace de la porte, dans l'embra- tencc n'était plus paisihle, plus bourgeoise
a - Encore des rèveries ! La thambre esl
sure du mur qui a,·ait bi~n partout deux que celle-là. Encore que l'on parlàt politique
abandonnée!. .. Personne n'y couche!
mètres d'épaisseur, une fenêtre grillée éclai- librement, - mais arnc plus de mesure que
- !lais le rideau!
rait si mal cette pièce, qui devait servir à la ma mèr(', - jamais, elle me l'a dit plus
- Eh bien quoi, le rideau? - \'otre enfois de salon, de cuisine et dP salle à manger, tard, un seul mot n'a pu lui Faire soupçonner
Faat, en om rant la porte d'entrée, a établi un
que pour y Yoir clair, en plein jour, il fallait ' qu'elle était dans un nid de conspirateurs.
courant d'air et le rideau a flotté!
laisser la porte ouvel'te. D'un côlé était la Une ou deux fois seulement, Mme de Com- Mais le lit tout chaud?. ..
rheminée; de l'autre, l'escalier de boiS qui bray, louchée par la sincérité et l'ardeur de
- Le jardinier a des chats .... Ils étaient
montait aux étages supérieurs; sous l'esca- son royalisme, parut sur le point de lui Faire
couchés là, et se sont enfuis! - Voilà tout 1
lier, une trappe solidement fermée par une quelque confidence .... Elle s'oublia même
- Pourtant! ...
grosse serrure ....
jusqu'à lui dire : « Oh! si vous n'étiez pas
- Enfin, l'avez-vous trouvé, ce fantôme?
« - C'est la cave, dit le jardinier; mais si exaltée, on vous dirait bien certaines
- Non!
l'lic est condamnée, élanl pleine de décombres. choses!... » !fais, comme regrettant déjà
- Eh bien, alors? ... Il
J'ai un cellier où vous pourrez déposer votre d'en arnir trop dit, elle s'en tint Ht! ...
Et, assez malhonnêtement, elle agite soa
boisson. &gt;&gt;
Une nuit, où ma mère ne dormait pas, son cornet, sans plus s'occuper de ma mère qui,
« - Et pour manger? ... » dit la servante. attention fut attirée par le bruit sourd, au
sur un bonsoir très sec de part et d'autre,
le jardinier expliqua qu'il descendait re.z-de-chaussée, d'une porte que l'on ferme
revient à la tour, admettant si peu l'intervenconstamment au château, avec sa charrette, ou d'une trappe qu'on laisse retomber malation des chats qu'elle détache deux pitons de
et que la cuisinière aurait toute facilité pour droitement. L'inquiétude la tint él'eillée toute
l'une de nos caisses, les fixe à la trappe, y
faire ses empleues à Aubevoye. - Quant à la nuit, prêtant l'oreille, mais en vain. Le
passe un cadenas, le ferme, prend la clef, et
ma mère, Mrnede Combray, pensant bien que matin, nous tramâmes le rez-de.chaussée
nous dit : t1 Nous verrons bien si on entre
cette ascension à travers bois lui ·serait trop dans son état ordinaire. Ma mère toutefois
par là. Il Et pour plus de sûreté, le soir,
pénible, devait envo~er un âne, qui nous n'admettait pas qu'elle eùl rêvé. et, le jour
après le souper, elle s'avise de rele,·er le
servirait de monture, quand nous irions au même, elle conta la chose à !!me de Combray,
fameux pont-levis. Nous voilà tous les trois,
château, l'après-midi, en visite, ou, le soir, qui la prit en plaisanterie ... el renvoya ma
allelés
à la corde, qui glisse mal sur une poupour y souper.
mère au jardinier. Celui-ci se déclara l'auteur lie rouillée ... ! C'est pénible; on s'y reprend
Au premier étage, deux chambres séparées du bruit. Passant devant la tour, il avait cru
à trois fois f - Ça grince!... Enfin, le po11t
par une cloison - uue pour ma mère et moi, l'Oir la porte mal close et l'avait heurtée pour
s'ébranle, se soulère, se redresse!. .. C'est
l'autre pour la servante - ne recevaient du constater si elle était fermée. - L'incident
fait!
jour que par les meurtrières. - C'était n'eut pas de suites.
Et le :soir, ma mère me dit, en bordant
~inistre et glacial.. ..
A quelques jours de là, noul'elle alerte, mon lit:
1• El ça, s'écria ma mère, c'est la pri- celte fois plus sérieuse.
(( - t\ous 11·1 l'Îeillirons pa::;, dans ~a
~on ! )l
J'a"ais aperçu, au sommet de la tour, un Bastille! ,
Le Jardinier fit obserrer qu'on n'était là nid de merles qui. de la plaie-forme, était
En quoi elle disait ,·rai. - Car, après huit
c1ue pour dormir, et, ma mère s'apprêtant à facile ;l prendre. Fidèle à la consigne, je n'y
jours à peine de tranquillité, nous sommes
monter au deuxième étage, il l'arrêta, lui étais jamilÎS monté; mais cette fois la tentaréreillés, au milieu de la nuit, par un terrible
montrant les marches qui y conduisaient, tion était trop forte. Je guettai l'ins.tant où
vacarme au rez-de-chaussée. De notre palier,
disjointes ou absentes. - « Cel étage était ma mère et la servante étaient dans noire
anxieux, nous entendons deux ou trois vob:
abandonné : b plate-forme au dessus était en petit jardin, pour grimper lestement là-haut
peut-être, jurant, pestant, sous la trappe que
très mauvais état, l'escalier impraticable et et m'emparer du nid.
l'on veut soulever, el qui présente une résh•
dangereux jusque-là; Mme de Combray nous
Sur le palier du deuxième étage, curieux tance inattendue : celle du cadenas ... mais si
invitait formellement à ne jamais dépasser le de donner, en passant, un coup d'œil au
palier du premier, de peur de quelque acci- logement inhabilé,je pousse la porte d'entrée peu sérieuse, qu'une forte pesée lait tout
sauter ... et la trappe s'ouvre à grand fracas!
dent. J&gt;
et je ,·ois distinctement, derrière la porte - Ma .mère et la senante se précipitent sur
Après quoi, le jardinier alla chercher nos vitrée de la cloison qui sépare les deux pièce,,
notre commode, la poussent, la trainent deUagages.
un rideau Yert que l'on tire brusquement. ... vant la porte ... tandis que l'ennemi, sorli de
Ma mère alors donna cours à sa mam·aise
Effrayé, je descends l'escalier quatre à
humeur. C'était une dérision de nous loger quatre, au risque de me èonner une entorse, la cave, traverse le rez-de-chaussée, en maudans ce grenier à rats! Elle ne parlait de et je cours au jardin, appelant ma mère et rrréant, omire la porte de sortie, ,·oil le tablier
~elevé, dé!ncbe la corde, pousse I': pont qui
1

1

"·-------------------------------------

Tou~NEBUT - - ,

retombe avt.-c bruit. .. puis les voix s'éloignent amant, le notaire Lefebvre et divers autres.
Les routes, à l'abandon depuis l 792, sont
et se perdant sous bois .... Mais allez donc
- Et le mari?
ravinées
par dP.s ornières si profondes que,
dormir après cela! Nous restons rn, trf's in
- Belâché ! - C'était 110 mouchard!
pour les éviter, les voituriers font de longs
11uiets, attendant le jour, el bien que tout
- Votre mère n'a pas été assignée comme
circuits dans les terres labourées, el les chaises
danger ait disparu ... n'osant nous parler lémoin?
de poste glissent cl s'enlizenl dans des fonqu'à voix basse!
drières
boueuses, d'où on ne les tire qu'en y
Enfin, voici le petit jour! - Nous déplaattelant des bœufs. Dix fois, dans une seule
çons la commode, el ma mère, toujours
tournée d'inspection, Fourcro1 est ,·ictime
vaillante, une chandelle à la main, descend la
d'un accident de ce genre. A chaque pas,
première. La trappe, toute béante, laisse voir
dans la campagne, c'est un hameau déserl,
le trou noir de la cave ... la porte d'entrée est
une maison sans toit, une ferme incendiée.
grande om·erle et le pont rabattu. :\'ous appeune église, un chàteau écroulés. Sous l'œil
lons le jardinier, qui ne répond pas, et sa
indifférent d'une police, qui n'est soucieuse
cabane est vide. Ma mère, cette fois, n'attend
que de politique, et de gendarmes, recrulés
pas l'après-midi, saute sur son ,ineetdescend
au château.
de telle sorte que, dans celui qui l'arrête, le
malfaiteur reconnait souvent un ancien camalime de Combray est à sa loilelle. Elle
attend la visite de ma mère el en connait si
rade, des bandes se sont formées de vagabien le molif que, sans lui laisser le temps
bonds et chenapans de toute prm·enance :
de conter l'affaire, elle s'emporte, comme
déserteurs, réfractaires, fu1ards de la préteutous les gens qui, étant à court de bonnes
due armée révolutionnaire el terroristes sans
raisons, les remplacent par de mauvaises
emploi, « l'écume, dit Français de Nantes,
paroles, et lui crie, dès son entrée :
de la Révolution et de la guerre : lanterneur.s
« - \'ous êtes folle, folle à lier!. .. \'ous
de 91, guillotineurs de 03, s;ibrcurs de J'an Hl.
feriez prendre rHa maison pour un repaire de
assommeurs de l'an IY, fusilleurs de l'an V1J.
bandits et de faux monnayeurs! Je suis assez
Cette
canaille ne vit 11ue de rapines C't de
L.i:: Ptn:11.IEK CO:-iSL:L.
fàchée de \'Ous y avoir fait ,·enir !
meurtres, campe dans les forèts désertrs. les
DessinèJ.'après nalu,·e par lsABEY,gravè f.lrTAROJEu·
El moi d'y être venue!
ruines, les carrières abandonnées, comme
Eh bien alors, décampez!
celle de Gueudreville, quartier-général de la
- lleureusement non 1- On nous ignerait ! bande d'Orgères : souterrain ile cent pieds de
Dès demain!. .. Je ,·enais ,·ous le dire!
D'ailleurs qu'aurait--clll• dit? fiien, - sinon long, sur trente de large, où fonctionne Ulll'
Bon voyage 1 )l
Là-dessus lime de Combray lui tourne le que ces gens qui nous ont tant effrayés étaient société de bandits, màles et femelles, parfaidos et ma mère revient au logis, exaspérée ... sùremenl de la bande; qu'ils al'aient dû tement organisée; - chefs, sous-chefs, gardeforcer la trappe, à la suite d'une expédition magasins, espions, courriers, barbier, chirur.
cl bien résolue à prendre, sans tarder, le banocturne où on les avait pourchassls jusqu'à
teau pour Paris.
gien, couturières, cuisiniers, précepteurs
l'enlrée d'un souterrain qui donnait sans pour les gosses (sic) el curé!
Le lendemain, de grand matin, les paquets
doute accès à la cave. ,,
sont laits; le jardinier est à la porte avec sa
Et ce brigandage est partout!
Après que nous eûmes jasé 11uel11ue temps
charrette, et va et vient, prenant nos bagages,
Dans le Midi, il y a si peu de sûreté, de
tandis que la servante sert la soupe. Afa mère à ce propos, Moisson me souhaita le bonsoir Marseille à Toulon et à Toulouse, qu'il ne faut
et je repris sur ma table le chel-d'œuvre de
en mange une ou deux cuillerées en courant;
pas voyager sans escorte. Dans le Var, les
Balzac, pour en poursuivre la lecturei moi de même, détestant la soupe. La servante
Bouches-du-Rhône, Vaucluse, ... de Digne, de
seule vide son assiette 1... Nous descendons au mais je n'allai pas au delà de quelques lignes. Draguignan, d'Avignon à Aix, il faut payer
Mon imagination nouait ailleur~. li } avait
Roule, où le jardinier nous quille à peine, que
rançon. - Un placard, aux abords des routes,
trop loin de l'idéalisme de Balzac au réalisme
la servante est prise d'affreux vomisseavertit le voiageur que, faute de ,·erser cent
de lloisson, qui réveillait en moi le souvenir
ments! ... Nous avons bien quelques nausées,
francs d'avance, il risque d'être tué. La
lointain des romans et des mélodrames de
ma mère et moi; mais la pauvre fille seule ne
quittance remise au conducteur tient lieu de
Ducray-Duminil, de Guilbert de Pixérécourt :
garde rieu de sa soupe du matin, heureusepasseport. Le l'Ol à main armée est à ce point
Alexis ou la ,llaisonneUe dans les bois; ment pour elle; - car nous rentrons à Paris,
passé dans les mœurs, que certains l'illages
l'ictor ou /'Enfant de la forêt! - et au Ires
convaincus que le jardinier, étant seul un
des Basses-Alpes servent publiquement de réœuvres de même date et de même style, si
instant, a jeté quelque poison dans la sousidence à ceux qui n'ont pas d'autre métier.
décriées
de nos jours! - Et je songeais que
pière ou dans nos assiettes.
Sur les rives du l\hône, on avertit charitablece qui fait aujourd'hui leur discrédit a lait
« - Et pas d'autres suites?
ment le rnyageur de ne pas descendre dans
jadis leur vogue; que, souf une forme ridi- Pas d'autres!. ..
telle auberge écartée, sous peine de n'en pas
cule, elles ont bien un fond de vérité; que
sortir. A la frontière d'Italie, ce sont les b111·- Et après, pins de nouvelles de Tources histoires de brigands dans le milieu tranebut'/
bets; dans le Nord, les garroteurs; dans
ditionnel : forèls, ca\'ernes, souterrains, etc.,
- Aucune, jusr1u'cn 1808, où nous apl'Ardèche, la bande noi1'e; dans le Centre, les
charmaient par leur vraisemblance Je lecteur
primes successivement que le courrier de la
chiffon11ie1·s; dans l'Artois, la Picardie la
de ce temps-là, pour qui l'auaque d'une dilireeelle avait été attaqué et dépouillé du côté
Somme, la Seine-Inférieure, le paysChartr~in,
gence par des malandrins à la figure noircie
de Falaise par une bande de gens armés que
!'Orléanais, la Loire-Inférieure, l'Orne, la
~!nit chose aussi naturelle que l'est pour nous
commandait la fille de lime de Combray, Sarthe, la Mayenne, l'Ille-et-Vilaine, etc., et
un accident de chemin de fer; enfin, qu'il
Aime Acquet de Férolles, déguisée en husl'Ile-de-France, jusqu'aux portes de Paris,
voyait dans ce qui nous semble pure extravasard! - puis, que l'on avait arrêté, outre
mais surtout dans le Calvados, le Finistère et
gance la peinture à peine exagérée des mœurs
Aime Acquet, son amant, un \'Ïveur nommé
la Manche, où le royalisme leur sert de dradont il était journellement le témoin el
Le Chevalier; son mari, sa mère, son notaire,
peau, les chauffeu,·s et les bandes des Gl'ands
des dévastations qu'il a,•ail partout sous les
ses serviteurs et ceux de Mme de Combray à yeux!
Gars et des Coupe el Tranche, qui, sous préTournebut : intendant, jardinier, etc., el,
texte de chouannerie, donnent l'assaut aux
C'est dans les rapports publiés par!!. Félix
enfin, que !!me de Combray avait été co,:ferme::;, aux habitations isolées et inspirent
Rocquain qu'il faut ,·oir l'élnl de la France
damnée à la réclusion et à l'exposition putant d'effroi que, si l'un d'eux est arrêté, on
sous le Directoire et les premières années du
blique, - Mme Acquet à mort, ainsi que son Consulat.
ne trouve plus ni témoins pour le reconnai'lre,
ni jury pour le condamner! - La politique
6

�- - - 1f1ST0-1{1A
évidemment n'a rien à voir à ces exploits.
C'est la guerre aux particuliers! Et les
Chouans ont la prétention de ne la faire qu'au
gouvernement. ... Tant qu'ils se Lornent à
livrer bataille, par 1,andes de cinq à six cents,
aux gendarmes el aux gardes nationaux, à
envahir les localités sans défense, pour)'° couper les arbres de la liherté, brùler les paperasses municipales,piller les caisses des receveurs,
des perccptcufs, - l'argent de l'l~tat devant
faire retour à son propriétaire légitime, qui

TOUR,Nr.BUT - -..

élanl brouillée avec tous. Je- souhaitais vivement d'en savoir plus; mais, pour cela, il
fallait consulter les pièces du procès, au
greffé du palais de justice de Rouen. Je n'en
lrouvai jamais le loisir. Je dis quelques moL'i
de l'alfairc à M. Guslare Bord, à Frédéric
Masson, à M. de la Sicotière, etje n'y songeais
plus, même après l'intéressante étude' publiée
par M. Ernest Daudet dans le Temps, quand,
au cours d'une promenade en compagnie de
Lenotre, dans le peu qui a surréi.:u du vieux
est le Roi, -on peut encore les di~tinguer des Paris de la Cité, la maison de la rue ChanoimaJraiteurs de profession. Mais, quand ils nesse, où Balzac loge Mme de la Chanterie,
arrètent les diligences, rançonnent les vo~a- me rappela Moisson, dont je contai l'aventure
geurs, fusillent les curés jureurs et les acqué- à Lenolre, qui mettait alors la dernière main
reurs des biens nationaux, la distinction à sa Com~piration de la Houërie. li n'en
devient trop subtile! Elle n'a plus de raison fallait pas plus pour lui suggérer l'idée d'étud'être en l'an VIII et en l'an IX, où des me- dier J'alfaire de JSOi dans les pièces du prosures vigoureuses a~aot à peu près purgé la cès que personne n'avait consultées avanl lui.
province des chauffeurs et autres bandits qui A quelque Lemps de là, il m'apprenait que la
l'exploitent, le pluS- grand nombre de ceux tour de Tournebut était encore debout; qu'il
qui ont échappé à la rusillade et à la guillo- ne tenait qu'à nous de la visiler, le gendre de
tine s'enrôle dans ce qui subsiste de l'armée la propriétaire actuelle du château d'Auberoyale, dernier refuge du brigandage!
rnye, H. Constantin, s'offrant obligeamment
Dans un tel milieu 1 l'aventure de &amp;foisson i1 nous senir de guide : et, par une belle
n'a rien d'extraordinaire. On ne peut guère matinée d'automne, le chemin de fer nous
lui reprocher que d'être trop simple. C'est la cléposa à la station qui dessert le pelit yiJlage
moindre scène d'un gros mélodrame, ol.l sa &lt;l'Aubevo~·e, dont le nom a retenti deux fois
mère el lui ont joué le rOle de comparses. en justice, pour le procès de Mme de ComMais, si mince que soit l'épisodr, il avait pour bray et pour celui de Mme de Jeufosse.
moi l'attrait de l'inconnu. De Tournebut, de
Celui qui n'a pas le goùt de ces sortes
ses hôtes, je ne sa,·ais rien! - Qu'était, en d'excursions et d'em1uètcs ne saurait s'en
réalité, celle Mme de Combray sanctifiée par figurer le charmr. Que ce soit un petit proBalzac? - Une fanatique, on une intrigante? blème historir1ue à résoudre, un fait ignoré
- Et sa fille, Mme Ac11uet? - Une héroïne ou mal connu à élucider, cette course au
ou une détraquée? - Et l'amant1 - Un document, a,·cc les déceptions de la recherche
vaillant ou un avenlurier1 - Et le mari? ... et les joyeuses· surprises de la décomerte,
Et le notaire'! ... Et les familiers du logis1 t'Sl bien la chasse la plus amusante, en
~ Mme Acquet surtout piquait ma curiosité.
compagnie surtout d'un fureteur tel que LeCnc fille de bonne maison. déguisée en bus- notre, doué d'un flair admirable qui le mcl

f ,E

CHATEA t; DEi Tt:!LERIES 1 IJ.\~S LES

sard, pour arrêter le courrier, comme Chopparl l ... Ce n'est pas banal! ... Au moins
était-ellejeune et jolie? - !19isson n'en samit
rien l Il ne l'avait jamais vue, pas plus que
son amant et son mari, Mme de Combray

Ou château primitif, qui avait élé construit
par le maréchal de Marillac, et que Mme de
Combray a\'aÎt considérablement agrandi, rien
malheureusement ne subsiste plus que les
communs; une terrasse d'où l'on a vue sur
la Seine; la cour d'honneur convertie en pelouse; une vieille allée de tilleuls et l'ancienne clOlure. Une construction nouvelle a
remplacé l'ancienne, il y a une cinquantaine
d'années. Le petit château, dit de Gros-ll,•snil, voisin du grand, a été remanié récemment.
Toutefois l'ensemble est Lei qu'en IXOt. A
la vue'de ces grands bois qui serrent de près
le mur d'enceinte, on comprend que celte
demeure se prêtait admirablement aux allées
et venues mystérieuses, aux conciliabules secrets, au rùle que lui destinait Mme de.Combray, préparant la plus belle chambre pour
l'arrivée prochaine du roi ou du comte d'Artois, et, dans le grand et Je petit chàteau,
ménageant des cachettes, dont une seule pouvait contenir une quarantaine èe gens
armés.
La tour - elle - est toujours là, loin du
cbàteau, au sommet d'une côte boisét!, assrz
raide, et au centre d'une clairière, qui domine
de très haut le cours de ]a rivière.
C'csl une construction massive, trapue, de
mine farouche, telle que la décrivait Moisson,
avec des murs épais et de rares fenêtres si
étroites qu'elles ont plutùt l'air de simples
meurtrières.
Elle parait bien avoir été primilivemcnl
l'un de ces postes de garde et de surveillance
construits, sur les hauteurs, de Mantes à
Paris, tels que la grosse tour de )a· Montjoi-e,
dont Je fossé est bien reconnaissable dans la
forèl de Marly; ou celles de Montaigu et
d'l-lennemont, dont les ruines étaient encore
visibles au dernier siècle. Quelques-unes de
ces tours furent converties en moulins ou en
pigeonniers. La nôtre, dont le dernier étage
et le toit en poivrière ont été démolis et remplacés par une plaie-forme, à une date indéterminée, fut flanquée d'un moulin de bois,
incendié avant la Hévolulion; car il ne figure
pas sur la carte de Cassini qui signale, avt.:c
soin, tous ceux de la contrée. liais rnn souvenir a survécu. La tour et ses abords sont
encore désignés sous le nom de C! Moulin
brûlé».
JI n'y a plus trace de J'excavalion qui précédait la porte d'entrée en 1804, et qui dcYait être le dernier vestige d'un ancien fossé.
Le seuil franchi, voici la pièce circulaire; au
fond, faisant face à la porte, la renèlre dont
on a retiré les barreaux; à gauche, une cheminée moderne qui remplace l'ancienne; 11
droite, l'escalier en bon état. Sous l'escalier,
la trappe a disparu, la cave étant abandonnée
comme inutile. Elle ne pouvait prendre jour
PREMIËRES A'\\(ES DU XI.X• SIÉCLE.
que sur le fossé; en le comblant, on l'a areuglée. Au premier, comme au deuxième étage,
toujc1urs sur la bonne piste. Il y arnit ici, de où l'on a supprimé Jes cloisons, leur trace est
plus, l'attrait particulier de cette ,,ieille to11r encore très apparente, a,·ec quelques fragoubliée, à Jaqnelle nous étions Seuls à nous . ments de papiers de tenture. Le peu de jour
intéresser, et du récit de Moisson à con- qui filtre par les fenêtres justifie l'exclamation
trôler!
de Mme Moisson: « C'est une prison! » La

,

plate-l'orme, d'où la vue est fort belle, a été
remise à neuf, comme l'escalier. Mais, du
rez-de-chaussée au faite, tout concorde avec
la description de lloisson.
Il ne nous reste plus qu'à sarnir comment
du dehors on pouvait pénétrer dans la
cave.
.'\ous aYons deux bons guides : notre aimable bote, li. Constantin, et )). l'abbé llrouin,
curé d'Auhevoye, très au fait des tradilions
locales. Ils nous indiquent la G,·ot/e de rllel'·
mite.'
0 Ducray-Duminil !. .. Encore loi!
C'est. au llanc du coteau qui descend vers
la Seine, une ancienne carrière, en contre-bas
de la tour et sans communication apparente
avec elle, mais située de 1elle sorte que, pour
les relier, il sul'nsait d'un couloir de quelques mètres, rampant sous terre. La grotte
étant aujourd'hui comLléc en grande parlie,
l'entrée de ce boyau a disparu sous le remblai.
En la regardant - lrès innocente en apparence - sous sa chevelure de broussailles et
de ronces, je croyais voir quelque Chouan, à
la clarté des étoiles, l'œil et l'oreille au guet,
se jeter là, brusquement, comme un lièvre
au gite, pour aller dormir loul habillé sur
le grabat du deuxième étage. - l~videmmP.nt
celle tour, machinée, comme toute l'habitation de Mme de Combray, était l'un des refuges que les Chouans s'étaient ménagés, des
côtes de Xormandie jusqu'à Paris, et dont ils
avaient seuls le ~ecret
Mais pourqboi y loger Mme Moisson, sans
la mellre dans la confidence? - Si Mme de
Combray voulait détourner tout rnupçon, par
la présence de deux femmes et d'un enfant,
c'était bien le cas de le leur dire.... Et, si
elle jugeait Mme Moisson trop exaltée pour
un tel aveu, il ne fallait pas l'exposer à des
surprises nocturnes, qui ne pouvaient que
l'exalter encore plus! ... Pbélippeaux, dans le
procès de Georges, interrogé sur le père de
Moisson, qui a disparu, répond qu'il habitait
rue et ile Saint-Louis, près du n0uveau pont ;
qu'il était graveur et dirigeait une manufacture de boutons; et que Mme Moisson avait
rn1e femme de chambre nommée R. PetilJean, mariée à un garde municipal. Est-ce la
crainte de quelque indiscrétion de celle femme
écrivant à son mari qui motivait le silence de
lime de Combray? - Alors et toujours,
pourquoi la tour?
Quoi qu'il en soit, la précision des souvenirs de Moisson nous était démontrée. Seulement la trappe n'avait pas été forcée, comme
il le cropit, au retour d'une expédition nocturne, par des Chouans en déroule. Nous
étions déjà fixés sur ce point par les premiers
documents que Lenotre avait réunis en vue
du présent ouvrage. Dans l'été de 1804, il
n'y eut aucune expédition de ce genre, aux
environs de Tournebut. On n'aurait eu garde
d'attirer l'attention sur le chù.teau, où se cachait alors celui que les Chouans de Normandie appelaient le Grand Alexandre el jugeaient
seul capable de succéder à Georges : le vicomte Robert d'Acb,\ qui, traqué dans Paris,

comme tous les roplistes dénoncés par Qurrclle, avaiL su dépister les recherches, sortir
à la réouverture des portes, sous l'un de ses
déguisements habituels, colporteur, charretier, gagne-pelit, etc., gagner la Normandie
par la rive gauche de Ja Seine, et se réfugier
cbez sa vieille amie, il Tournebut, ol1 il pul
sPjourner quatorze mois durant, sous le nom
de Dcslorières, sans que jamais la police y ail
soupçonné sa présence.
Il était sl'irement, ainsi que Bonnœil, fils
ainé de Mme de Combray, l'un des trois convives, aYec qui Moisson a soupé le soir de
son arrivée. Celui qui jouait toujours aux
cartes, au trictrac, avec Mme de Combra}, et
qu'elle donnait pour son notaire, pourrait
bien être d'Acbé lui-mème. Quant aux hôtes
furtifs de la tour, étant donné le séjour de
d'Aché à Tournebut, il y a !orle apparence
qu'ils étaient là de passage, pour conférer
avec lui, sous bois, sans mème paraitre au
cbàteau. prendre ses ordres cl repartir m)"stérieusement, comme ils étaient venus.
Car, dans sa retraite, d'Acbé conspirait
toujours et s'efforçait à renouer, avec le ministère anglais, les fils du complot qui venait
d'échouer misérablement, Moreau s'étant dérobé à la dernière heure. Le parti royaliste
était moins intimidé qu 'exaspéré par la mort
du duc d"Enghien, de Georges et de Pichegru, et ne se tenait pas pour battu, même
par la proclamation de l'Empire, qui, d'aillcur.s, en province - surtout dans les campagnes, - n'avait pas excité l'enthousiasme
que signalent les rapports officiels.
En réalité, il lut accepté par la majorité
de la population comme un gouvernement
d'expédient, qui rassurait prorisoirement
les intérèls menacés, mais dont la durée
n'était rien moins que certaine! - li était
trop évident que l'Empire, c'était Napoléon,
comme le Consulat avait été Bonaparte, et
que tout reposait sur la tête d'un seul homme.
Que la machine infernale l'eùt supprimé, la
royauté avait beau jeu. Sa vie n'élait pas
seule en cause; sa fortune elle-même était
bien chanceuse. Fondé sur la victoire, l'Empire · était condamné à toujours vaincre. La
guerre pouvait défaire ce qu'a,•ait fait la
guerre. Et celle inquiétude est manifesle
dans les correspondances et les mémoires
contemporains. lis étaient plus nombreux
qu'on ne pense, les courtisans du nouveau
règne, aussi sceptiques sur sa durée que
Madame Mère, économisant ses revenus et
disant à ses filles railleuses : &lt;! Yous serez
peut-être bien heureuses de les retrouver un
jour! » En vue de la catastrophe possible,
ceux-là. se ménageaient une retraite vers les
Bourbons el, par des phrases vagues, des
sourires d'enlente, entretenaient les royalisles
dans l'espoir d'un concours sur lequel on 11e
de,,ait compter qu'au lendemain du succès,
mais que les rO)'alistes considéraient comme
positif et immédiat. - Quant au désastre
qui devait le provoquer, ils l'espéraient et le
promellaient à bref délai aux Chouans impatients, - avec débarquement d'une armée
anglo-russe, ... soulèvement de l'Ouest, ... en-

trée de Louis XVIII dans sa bonne ville de
Paris et renvoi du Corse à son ile!. . Prédictions, en somme, qui n'étaient pas si folles!
-A quelques détails près, dix ans plus tard,
c'était chose faite! ... Et, en politique, qu'estce que dix ans? Froué, Georges, Pichegru,
d'Aché n'auraient eu qu'à se croiser les
bras .... lis auraient ,u l'Empire crouler sous
son propre poids.
Ces réflexions, nous les faisions, de retour
au cbàteau, en regardant, de la terrasse, au
soleil couchant, le cours paisible de la Seine,
et cc joli paysage d'automne que Mine de
Combray et d'Aché, à la même heure, à la
même place, avaient dù contempler laut de
fois, ne prévo~·ant guère le triste sort que
leur réservait l'avenir.
Les inl'ortunes de la malheureuse femme;
la d,:plorable affaire du Quesnai, où le courrier de la recette fut allaqué et dépouillé par
les gens de Mme Acquet, au profit de la caisse
rople el surtout de celle de Le Chevalier;
l'assassinat de d'Achl:, vendu à la police impériale par la Vaubadon, sa maîtresse, et le
louche et làche Doulcet de Ponlécoulnul, qui
ne s'en v.ante pas dans ses ,lfémoires, ont
servi de prétexte à de nombreux récits, romans, nouvelles, etc., où la fantaisie joue
un trop grand rôle, et dont les auteurs, mal
informés, Hippolyte Bonnelicr, comtesse de
)lirabeau, Chennevières, etc., etc., ont usé
largement des libertês acquises aux œuvres
d'imagination. - On ne peut leur adresser
qu'un reproche : - c'est de n'avoir pas le
génie de Balzac.
)lais il est permis de critiquer plus sévèrement les écrits, à prétentions historiques,
sur ~lme de Combray, sa famille, ses résidences et ce cbàteau de Touruebut que
M. Homberg, nous présente flanqué de quatre
tours féodales, et que MM. Le Prévost et
Bourdon nous donnent comme démoli rn
180i !
Mme d'Abrantès, avec sa véracité ordinaire, décrit le mobilier luxueux, et les
grosses lampes des &lt;( labyrinthes de Tournebut, dont il fallait pour ainsi dire la carte,
afin de ne pas s'y égarer &gt;L Elle nous montre
Le Chevalier, crucifix en main, haranguant les
assaillanls du bois du Quesnai, encore qu'il
fùt à Paris ce jour-là, pour se créer un
alibi, ... et ajoute sérieusem~ut : « Je _connais une personne qui était dans la diligenee
et qui, seule, a survécu, les sept autres
voyageurs a~ant été massacrés et leurs cadavres abandonnés sur la route ! »
Or il n'y a eu ni diligence, ni voyageurs,
et personne n'a été tué!. ..
!'lus étranges sont les erreurs de M. de la
Sicotière! - Au moment où il préparait son
grand travail sur Frotti et les Jnsur1'eclio11s
normandes, a~ant su par )1. Gustave fiord
que j'a\·ais quelques renseignements particuliers sur Mme de Combray, il m'écrivit pour
en prendre connaissance. Je lui adressai un
résumé du récit de .lloisson, en l'invitant à
en ,·érifier l'exactitude! - Et c'est là qu'il
se fourvoia de la bonne façon.
Mme de Combray, outre son habitation à

�TOUR,NEBUT - - ,

111S TO']t 1.Jl
Houen, avait deux résidences: l'une, à Aubevoye, où elle séjournait depuis longtemps;
l'autre à trente lieues de là, à Donnay, dans
le département de l'Orne, où elle ne paraissait plus, depuis que son gendre y était installé.
Deux tours portent le même nom de Tour.
nebut, l'une, à Aubevoie, c'est la nôtre;
l'autre, à quelque distance de Donna~ ,
celle-ci n'appartenant pas à Mme de Combray.
Persuadé, sur le seul dire de !Ill. Le Prévost et Bourdon, qu'en 1804, le chàleau d'Aubevoye et sa tour n'existaieut plus et que
Mme de Combray habitait Donnay à cette
date, ... M. de la Sicolière prit naturellement
un Tournebut pour l'autre, ne comprit pas
un traitre mot du récit de Moisson, le traita
de chimère et, dans son livre, me donna acte
de mes renseignements, par cette petite note
dédaigneuse:
&lt;! Une confusion s'est faite, dans beaucoup
d'esprits, entre les deux Tournebut, si diflërents pourtant et si distants l'un de l'autre,
et a donné naissance aux légendes les plus
romanesques et les plus étranges : retraites
inaccessibles, mé1v1gées à des proscrits ou à
des bandits dans les combles de la vieille ·
tour, apparitions nocturnes, victimes innocentes payant de leur vie le malheur
d'avoir surpris les secrets de ces terribles
hôtes . ... »
li esl plaisant de voir M. de la Sicolière
signaler la confusion qu'il est seul à commettre. Mais il y a mieux! - Voici un écrivain qui nous offre en deux gros volumes
l'histoire de la chouannerie normande. Il
n'est que.stion, dans son line, que de déguisements, faux noms, faux papiers, guetsapens, enlèvements, attaques de diligences,
souterrains, prisons, évasions, enfants espions
et femmes capitaines! ... Il constate lui-même
que l'affaire du bois du Quesnai est(&lt; tragique,
éh'ange et mystérieuse! ... )&gt; Et tout aussitôt
il conteste, comme éfrange et romanesque,
la plus simple de toutes ces aventures : celle de Moisson! - Il raille ses cacbelles
dans les combles de la ·vieille tour. Et c'est
précisément dans les combles du château
que la police découvrit le fameux refuge, où
une quarantaine d'hommes pouvaient tenir à
l'aise. li déclare légendafres les retraites
ménagées aux proscrits et aux bandits, et
cela au moment même où il vient de consacrer deux pages à l'énumération de tous les
trous, puits, caveaux, toutes les tanières,
grottes, cavernes, etc., où ces mêmes bandits et pràscrits avaient des retraites assurées!
En sorte que M. de la Sicolière a l'air de
se moquer de lui-même!
Je me reprocherais de ne pas citer, à titre
de curiosité, la biographie de lime et Mlle de
Combray, réunies en une seule et même personne dans le Dictionnaire historique (! ! !)
de Larousse. - C'est un morceau unique en
son genre. Noms, lieux et faits, tout est faux!
Et le comble, c'est qu'à l'appui de ces
rêveries on nous cite les fragments de pré-

tendus mémoires que Félicie (!) de Combray
aurait écrits sous la Hestauration ... , ouCIIAPlTRE PllEMIEn
bliant qu'elle avait été guillotinée sous l'Empire!
Jean-Pierre Querelle.
Avec M. Ernest Daudet, nous rentrons
dans l'histoire. Personne, avant lui, n'a,·ait
IJans la nuit du 25 janvier 1804, le Preétudié sérieusement le crime du Quesnai. mier Consul s'étant levé pour travailler jusIl en a donné dans le journal le Temps, il y qu'au petit jour 1 , ainsi qu'il le faisait fréy a quelques années, un récit fort exact, au- quemment, parcourut les derniers rapports
quel on ne saurait reprocher d'ètre simple- de police déposés sur son bureau.
ment ce quïl voulait être: un résumé fiJèle
Il n'y était question que de sa mort : on
~t rapide. M. Daudet n'a eu, d'ailleurs, à sa l'annonçait déjà, comme chose certaine, à
disposition, qne les dossiers 8170, 8171, Landre.::, en Allemagne, en Hollande; (&lt; assas•
8172 de la série F1 des Archives nationales, siner Bonaparte u était une sorte de sport
et les rapports adressés à Réal par Sarnye- auquel on s·exerçait de tous côtés en Europe
Rollin et Licquet. ce policier si ingénieux et dont les Anglais surtout se montraient ferque le Corentin de Balzac, auprès de lui, a vents; c'esl de chez eux que parlaient, larl'air d'un écolier! - Par suite, le drame de gement munis d'argent et bien équipés, les
famille échappe i, M. Daudet, qui, du reste, amateurs désireux de gagner l'enjeu, anciens
n'avait pas à s'en préoccuper. On ne saurait chouans impénitents pour la plupart, royatirer un meilleur parti qu'il n'a fait des do- listes fanatiques considérant comme un acte
cumenls à sa portée.
pieux le crime qui de,,ait débarrasser la
Lenolre a poussé plus loin ses recherches. France de l'usurpateur.
Il ne s'est pas borné à étudier, pièce par
Ce qui, dans ces rapports de police, peu
pièce, le volumineux dossier du procès dignes de foi à l'ordinaire, était de nature à
de 1808, qui remplit tout une armoire; de causer quelque souci, c'est que tous s'accorcomposer, d'opposer les témoignages l'un à daient sur un point : Gemges Cadoudal avait
l'autre; de contrôler les rapports, les en- disparu. Depuis que cet homme, formidable de
quêtes; de démêler les noms réels sous les courage et de ténacité, avait déclaré au Prefaux, les vérités sous les mensonges; en un mier Consul une guerre sans merci, les agenrs·
mot, d'instruire l'affaire à nouveau : travail de la police ne l'avaient jamais perdu de vue;
formidable, dont il ne donne ici que la subs- on savait qu'il séjournait en Angleterre el on
tance. Servi par ce merveilleux instinct et l'y faisait espionner; mais, s'il était vrai
cette obstination de chercheur, qui triomph,mt qu'il eût échappé à cette surveillance, le dande tous les obstacles; il a su obtenir commu- ger était imminent et le &lt;&lt; tremblement dG
nication de papiers de famille, dont qual- terre' Il prédit était proche.
ques-uns dormaient dans de vieilles malles,
Bonaparte, plus irrité qu'inquiet de ces
reléguées au fond d'un grenier, et, dans ces racontars menaçants, voulut en avoir le cœur
paperasses, découvrir de précieux documents, net. Il redoutait Fouché dont il suspectait,
qui éclairent les dessous de cette affaire du non sans raisons, le dévouement et qui, d'ailQuesnai, où la folle passion d'une pauvre leurs, à cette époque, n'avait pas- officiellefemme joue le plus grand rôle.
ment du moins - la direction de la police,
Et que l'on ne s'attende pas à lire ici un et il avait « attaché à ses flancs )&gt; un espion
roman. - Ceci est une étude historique, dangereux, le belge Réal. C'était à celui-ci
dans toute la rigueur du terme. Lenotre que, pour certaines besognes, Bonaparte prén'avance pas un fait dont il ne puisse fournir férait s'adresser. Réal était le policier type :
la preuve. li ne hasarde pas une hypothèse, ami de Danton, il a,,ait organisé jadis les
sans la donner comme telle, et dans le grandes manifestations populaires destinées
moindre détail il s'interdit toute fantaisie. à intimider la Convention; il avait pénétré
S'il décrit une toilette de Mme Acquet, c'est les terribles dr.ssous du Tribun:.Jl révolutionqu'elle est signalée dans quelque interroga- naire et du Comité de Sùreté générale; il
toire. Je l'ai vu scrupuleux, sur ce point, connaissait et savait utiliser les débris des
jusqu'à supprimer tout le pittoresque qui anciens comités de sections : septembriseurs
pouyait être mis sur le com(lte de son ima- sans occupations, laquais, parfumeurs, dengination. II n'est pas de cause célèbre, où la tistes, maitres de danse sans clientèle, tous
Justice, dans l'exposé des faits, se soit piquée les rebuts de la révolution, toutes les filles
de plus d'exactitude. - Bref, on retrouvera du Palais-llopl, telle était l'armée qu'il
ici toutes les qualités qui ont fait le succès commandait, ayant pour lieutenants Desmade sa Conspiration de la Rouërie : début rets, curé défroqué, et Veyrat, ancien forçat
chevaleresque de cetle chouannerie qu'il nous genevois, marqué et fouetté par le bourreau ;;.
montre, sur son déclin, réduite à arrêter les
1. Recherc!tes ltislüriques sur le procès ,et la
diligences!
ccndamnation du duc d'Enghien, par A. Noug-aPour moi, si je me suis trop attardé à rède de Fa1·et.
2: Une Iêttre de Vienne, rclati1·e à des affaires de
cette vieille tour, c'est fJ_u'elle lui a conseil!~ finances
el saisie par 1a police portail : « - lei,
celte œuvre : - et l'on doit bien quelquiJ comme chez vous, l'hiver a été très doux; mais ou
poui· la fin de février : des personnes bien
reconnaissauce à ces muets témoins du passé, craint
instruites pensent que 1·ous aurez un tremblement de
dont ils nous gardent le souvenir.
terre; si donc vous avez des opérations ù fai:-e, tenez
\"JCTORIEN

""' t38""'

SARDOL".

cet a,.is pour certain; je ne puis m'expliquer da\'antage. » Recherches hislol'iques, Pte.
J. Archi,·cs nationales. P 1H7 I.

Réal el ces deux subalternes seront les protagonistes occultes du drame que nous allons
raconter.
Cette nuit-là, Bonaparte manda Réal en
toute hâte. Procédant, comme à l'ordinaire,
par brèves questions, il s'informa du nombre
de royalistes renfermés ?1 la tour du Temple:
ou à Bicètre, de leurs noms, des soupçons

deux premiers noms désignés à son attention
furent ceux de Picot et de Lebourgeois. Picot
était ua ancien officier de Frotté et avait
commandé en chef, pendant les guerres de
la Chouannerie, la division du pays d'Auœc;
il y avait mérité le surnom d'Egorge-13/eus;
il était chevalier de Saint-Louis. Lebourgeoi!-,
cafetier à Rouen, accusé, vers 1800, d'arnir

DEB.ŒQUE)1Ei\T IJU 16 JANVIER lt3o-t .\ LA FALAISE üE

.BI\ Il.LE.

-

De~sin de Juu:s

autre chouan, Piogé, dit Sans-Pitié ou Tapeà-Mort t, et Desol de Grisolles, ancien comprignon de Georges, &lt;! ro1aliste très dang~reux i 1). Enfin, pour montrer du zè!e, 11
ojouta à ~a liste un cinquième nom, celui de
Querelle, ex-chirurgien de marine, arrèté depuis quatre mois:; sous un vague sonpçon
d'espionnage, mais que le dossier signalaiL

Dl:: POLJG:-;AC, 1111

,tes co11j11re:.. (illusr:e Carn:rnJ!et.)

qui avaient motivé leur arrestation. Vile
satisfait sur tous ces points, il ordonna que,
avant le jour, on choisit quatre des détenus
parmi ceux qui paraitraient les plus compromis et qu'on les 1ivrât à une commission
militaire : s'ils ne faisaient des révélations,
ils seraient fusillés dans les vingt-quatre
heures.
Desmarets, réveillé à cinq heures du matin, fut chargé de dresser la liste, et les

pris part à l'attaque d·une diligence el renvoyé absous, avait, comme Picot son ami,
émigré en Angleterre; tous deux, dénoncés
par un agent provocateur comme ayant laisté
enlend1·e qu'ils ,·enaient attenter à la vie
du Premier Consul, et arrêtés à Pont-Audemer au moment où ils rentraient en
France, étaient au Temple depuis près d'un
an.
A ces deux victimes Desmarets joignit un

rnrumc un homme pusilJanime dont on pouvait (1 attendre quelque chorn 4 ».
- Celui-ci, dit Uonaparte C'n lisant le nom
de Querelle et la note qui l'accompagnait, e~t
plutôt un intrigant qu'un fanatique; il parlera 5.
Le jour même, les cinq « prévenus d'embauchage et de correspondance avec les ennemis de la République » étaient traduits
devant une commission militaire que présidait

l. Archives nationales, Af1" 116, n° ijjJ.
'l. Archi\'es nationales, même dossier.
::i. li al'ait été al'!'ètê le H) vcndCmîairc, an
\11 (octobre 1805\. Archives de la préfecture de
police.
4. En fouillant le passê de Querelle. on avait troun~,
il la date du 22 fénier 1800, un rapport écrit de DelleJsle-en-Mer pai- le général Quantin, établissant qu{' Il~

pri;:onnirr m1it (lt!jà trahi son pa~ti e~ sen·ai! d'e~_vion au génêro.1. Voir: l.,'ne ro11sp1ralwn c11 l an .\1
f'l en l'an Xll, par lluon de l'émrnstcr.
5. Dans le Journal _dll général b~ron Gottr~aud
it Sai11lt'-l1élè11e, publié par MM._le ,,comte d~liroud1y et Antoine (;uîlloîs, on lit ida date du 20mtH 1.816:
(\ L'empereur nous raconte qu'étant consul 11 se
1'C1·cil!n u11c nuit. tout inquiet. Il lroma sur sa talilr

un i-apporl de police annonçant qu'un nommè Trais•
ne! (sic ), chirurgien, venait de débarq~1cr el a1•ail été
arrêlê comme chouan. Sa )lajestê, qui le counaissa1l,
donna oi·dre de le juger sur-le.i.:han_ip. li c,L condamné il mort. l)n suspentl rcxécut1011 et (JIJ c~~aye
de le fai1·e pa1·ler en lui promettant sa g1·âce : la
crainte du supplice lui fail tout dire: il a,ouc que
Geo!'ges et P1~hcgTu sont it Paris .... o etc.

�rr--

111ST0~1A _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ___,,
T OUJ?,N"EBUT - - - .

le général Du plcssis : Desol et Piogé, acfurenl remis à la dispJsition du gouvernement et réincarcérés aussitôt. Picot,
Lcbourgeois et Querelle, condamnés à mort,
étaient transférés à L\Lhaye en attendant
l'ex_éculion qui devait avoir lieu le lende&lt;1 uittés,

main.

- Pas de sursi~, cntendez ...vom, je n'en
,,eux pas, a,,ait dit 0onaparte 1 •
Mais i,I fallait néanmoins laisser au courage
des condamnés le temps de s'amollir et aux
policiers celui de (&lt; cuisiner )&gt; les malheureux.
Il n'y avait évidemment aucune révélation
à altcndre de Picot ni de Lebourgeois : ils
ignoraient tout de la conspiration et étaient
résignés à leur sort; mais on pouvait tirer
parti de leur mort pour frapper l'esprit de
Querelle qui paraissait beaucoup moins ferme
et l'on n'y manqua pas.
011 eut soin de le faire assister aux apprêts
du supplice : il vit arriver devant la prison
le pelolon qui allait fusiller ses compagnons,
'il fut témoin de leur départ et, tout aussitôt,
on lui annonça que « c'était son Lour 1&gt;.
Puis, pour lui distiller son agonie, on le
laissa seul dans ceUe chambre basse de l'ALbaye ol1, jadis, avait siégé le tribunal de
)Jaillard ; ce lieu tragique était éclairé par
une petite fenêtre donnant sur la place et
garnie de forlcs grilles. De là le condamné
vo~•ait, dans l'étroit carrefour, se ranger les
soldats qui devaient le conduire à la plaine
de Grenelle et percevait les gouailleries drs
cm:ieux massés dans l'attente de sa sortie;
même un des gendarmes, aiant mis pied à
terre, avait attaché la bride de son cheval à
l'un des barreaux de la fenètret et l'on entèndait, dans l'intérieur de la prison, le bruit
des pas hâtifs, des portes ouvertes et lourdement retombées, indiquant les derniers préparatifs ....
Querelle resta lnng1emps silencieux, tapi
dans un angle et, tout à coup, comme si la
peur l'eût rendu subitement fou, il se mit à
appeler dése~pérément, criant qu'il ne voulait pas mourir, qu'il dirait tout ce qu'il snvait, suppliant les geôliers de courir chez le
Premier Consul afin d'obtenir pour lui grâce
de la vie; en même temps, il réclamait avec
de grands sanglots le général Mural, gouYerLe 1rdcParis,juranl &lt;fU'illui forait des aveux
complets s'il YOulait seulement donner l'ordre
aux soldats du peloton d'exécution de rentrer
à leur quartier ~.
ilien que Murat, prévenu aussitôt, ne \'lt,
1. I1ul,ii;c1·étio11s, 1108-1830. SomenÙ's anecdot 1-

et. polili~11es l.irts d~t portefe11ille d'1111 fo11clw1wau·e del Empue, mis en ordre par JllusnierDesclo:.eaa..c.
2. Indiscrétions. Op. ri(. Ces souvenirs passent.
pour :t\'oir été dictés par Rëol lui-même.
.~. Querelle du~ mêm e .écrire _une su pplique au g:•11en1! Mural, car 11 csl fa1l :illusion à celle fellrc dans
url pr~~ès-~'er~al que nous. citerons plus loio; m:iis
cette p1ccc 111teressHnle a disparu du dossier.
4. Le signalem ent de Querelle se trouYe sur le registre ?"écrou du Temple .. Ard1ircs de la préfecture
tic pohl'e.
5. lndisrrélions l W8-1$j0. Op. cil.
{i. Le procès•vcrbal de la première déclarnl1011 •le

(J(tCS

dans- cet incident, qu'un prétexte imaginé
par un condamné pour gagner quelques minutes d'existence, il crut devoir en référer au
Consul qui Ill aussitôt prél"enir Béal. Ces
allées et venues avaient pris du temps : le
malheureux Querelle, voyant to~ujours sous sa
fenèlrc les hommes prêts à l'emmener et la
foule impatiente qui le réclamait arnc de
grandes clameurs, était au paroxisme du
désespoir .
Quand Béal ouvrit la porte du cachot,
il aperçut, accroupi sur lP,S dalles et rt1lant de peur, un petit homme au visage
grêlé, aux cheveux noirs, au nez mince et
poinlu, aux yeux gris qu'un tic nerveux con~
tractait continuellement l.
- Vous avez, dit fiéal, annoncé l'intention
de foire des révélations. Je viens pour \'OUS
entendre 5.
Uais le mori~ond pouvait à peine articuler
une parole : Réal dut le rassurer, ordonna
de le porter dans une autre chambre et lui .fit
espérer sa grùce, si ses révélations étaient
importantes 6.
Encore tout tremblant, à mots entrecoupés,
le condamné, faisant effort, raconta &lt;( qu'il
était à Paris depuis plus de six mois, venu de
Londres avec Georges Cadoudal el six de ses
plus fidèles officiers; ils y avaient été rejoints
par un grand nombre d'autres, arrivés de
Bretagne ou débarqués d'Angleterre; ils étaient
en ce moment plus de cent cachés dans Paris,
attendant l'occasion d'enlever Bonaparte ou
de l'assassiner J&gt;. A mesure que sa fra1eur se
calmait il ajoutait des détails : un bâtiment
de la marine anglaise les avait débarqués sur
les cotes de France, au pied de la falaise de
Bi,·ille, près de Dieppe; là, un homme d"Eu
ou du Treport était Yenu les prendre et les
avait conduits à quelque dislance de la côte,
dans une ferme dont lui, Querelle, ne savait
pas le nom. Ils en étaient repartis à la nuit
et avaient ainsi poursuivi leur route de ferme
en ferme jusqu'Il Paris, où ils ne se voyaient
que lorsque Georges les faisait appeler; ils
recevaient leur solde d'une manière convenue
cl, quant_ à lui, &lt;&lt; c'était sous une pierre des
Champs-!Ll}'sées ol1 on la déposait chaque semaine et où il allait la chercher; )) ; un
&lt;&lt; monsieur~ l&gt; était Yenu au-dnant d'eux
jusqu'à la dernière étape, près du village de
Saint-Leu-Taverny, pour préparer leur entrée
à Paris et les aider à passer la barrière.
De ces révélations faites sans ordre, dans
la fièvre, un point primait tous les au1res:
Georges était ll Paris! · fiéal, dont nous sui-

vons lextuellcmcnt Ie récit, laissa Querelle et
se fit conduire aux Tuileries; le Premier
Consul était aux mains de Constant, son valet
d,e chambre, quand on annonça le policier.
1oya_nt sa pâleur , Bonaparte pensa qu'il
renait d'assister à l'exécution des trois
condamnés.
- C'est fini, n'est-ce pas? dit-il.
- No □ pas, général, répondit Héal.
Et, comme il hésitait, le Consul reprit :
- Vous pouvez parler devant Constant.
- Eh bien ... Georges et sa bande sont à
Paris.
En entendant le nom du seul homme qu'il
redoutait, Uonaparte, se tournant à demi, lit
rapidement un signe de croix et, tirant Réal
par la manche, il l'entraina dans le salon
voisin 9 •
Ainsi celle police du Premier Consul, si
nombreuse, si soupçonneuse et si active, cette
police qui &lt;! avait l'œil partout J&gt;, à ce qu'assurait le Alonilenr, se trouvait depuis six
mois en défaut: cent rapports s'amoncelaient
chaque jour sur la table de Béal et pas un
n'avait
signalé les allées et venues de Georo-es
.
0
qui se promenait avec ses chouans de Dieppe
à Paris, entretenait une petite armée et combinait ses opérations avec autant de liberté
que s'il eùl été à Londres. Ces révélations
étaient si alarmantes qu'on préférait n'y point
ajouter foi. Querelle devait avoir menti et
inventé de toutes pièces cette fable absurde
comme un suprême moyen de prolonger sa
vie. Encore fallait-il, pour calmer toute inquiétude, le convaincre d'imposture: s'il était
vrai ~u'il eût ~ccompagaé les (&lt; brigands JJ,
depms la mer Jusqu'à Paris, il pourrait, en
rcc6mmeaç:mt le voyagi!, indiquer leurs différentes étapes; c'est à cc prix qu'on lui laisserait la vie.
Depuis le 27 janvier, date de ses premières
déclarations, Querelle subissail chaque nuit
la visite de Réal ou de Desmarets qui l'interrogeaient longuemenl. La secousse morale
avait été telle que le malheureux, tout en
maintenant ses aveux, tombait dans des accès
de démence, se déchirait la poitrine, s'a&lt;renouillait en érnquant, pour implorer 1:ur
pardon, ceux dont la crainte de la mort lui
arrachait les noms l(t.
Quand il apprit cc qu ·on allcndait de
lui, il parut atterré; non point que sa lâcheté hésitât devant le nomLre énorme de
,·idimes qu'il allait désigner; mais· il s'el'farait, au contraire, à l'idée de ne point (l'u idcr sùrement les policicr3 sur une r~utc

Querelle csl am: Archives de la P1·éfcclurc tic police:
en \'OÎci quelques cxlrtiils :
u - Aujourd'hui, 7 phnitise :111 XI[, nou~, conseille~ d'Etal, comlnis spêcia!emcnl à cet clfrt p:ir le
P!·enuer ~onsul, no~s sommes t1·an~J?Ortés â la prison
chlc de l Abhaye ou nous a,,ons ltt1l comparaitre le
nommé Jcan-Pic~rc Q~cre_llc, natil' de Yanncs, départe~~nt du_ .M~1"b1han. Jngc el co11dam11é par la Comm1ss1on mil1ta11·c, auquel nous avons exhik• la lettre
écri te par lui cl adressée au géné ral Murnt cl c1ue
nùuS a1·ons ann_ext1c a_ la pré~cntc {Celle pih-e a di.~JJ(l1'U du doss1uJ. Nous lm arnns demande &lt;'C qu'il
avaîl â ré1élcr, il. nous a répo11du ainsi qu'il suit :
Nous sommes p:trl 1s de Londres su r la fin d';w1H, au
nombre. de sep! ... nous al'Ons cm b:i rquê il 11:islîng sur
ur_1 h;l\1~ent de n:1~t armé ifo vi11gl c~nons: 11011s
debarquamcs cnt1·e Dieppe et le Ti-ëport 1 de là nous

1inmes il Paris lout d!·oil. Nous avi_ons dcs[ici 101 blfJ1tc
r~al/S le_le:cle] de d1st~ntè'. cin J1s1ar1('c où nous pa~
s1ons le Jour_. .. _chaqu~ le1:m1cr ~hez qui uous arrinom
nous condmsa1t cnsuJle a la forme 0(1 nous de\'ÎOm
couchei· le jour (\'oprCs ... » e tc.
1. Depuis qnïl élail en prison, Quer'el!e n'er: rcce•
\·ail pas moins rt'guliêremenl sa solde : c'est une
smrcilluole de la lingerie de Sainl-Lozarc nommée
Lo_uisc )lirhcl, qui la lui faisail pas~er au Tdmplc. ArCh1\'Cs de la prêfcdurc de police .
~. Cc ' · mo11_sicu1· » .Clail, colllme on le \·err:i plus
10111, le lll:irquts d'llozicr: Querelle. soit qu'il ail mul
entendu le nom, soit que d'Hozicr ait crn utile d~ le
dissimuler, l'appelle Charles /Jaunay.
9. ill~liis_crélt011s, 1798--1830. Op. cil .

10. l'iol1,·e sw· les généraux Pichegm el Moreau,

par Fauche-Borel.

qu'il n'a,,ait parcourue que de nuit et qu'il
craignait de ne pouvoir reconnallre.
L'expédition commença le 5 février. Iléal
avait pris la précaution de mobiliser un fort
détachement de gendarmerie pour escorter le
prisonnier dont Georges et ses hommes pou,,aient tenter la délivrance; il en avait remis
le commandement au lieutenant )langinot 1
officier intelligent et zélé, qu'assistait le citoyen Pasque, - un colosse, - inspecteur
général près le grand juge, agent plein d'astuce et renommé pour la sûreté de son coup
de main•. On sortit de Paris à l'aube par la
barrière Saint-Denis et l'on prit la route de
l'Isle-Adam.
La première journée d'exploration ne donna
aucun résultat. Querelle cropit bien se souvenir qu'une maison du village de Taverny
avait servi de retraite aux chouans la Yeille
de leur entrée dans Paris; mais il n'avait
prêté alors nulle allrntion à la disposition des
localités et, malgré ses efforts de mémoire, il
ne put fournir aucun indice.
Le lendemain on parcourut, sans plus de
succès, la route de Pontoise depuis Pierreiayr
jusqu'à Franconville; on re,·int vers Taverny
par Ermont, le Plessis-Bouchard et le chàteau
de Boissy. Querelle, qui savait sa vie en jeu,
montrait une ardeur fiévreuse que ne partageaient ni Pasque, ni Manginot, bien persuadés maintenant que le condamné
n'avait voulu que gagner du t~mps ou
se ménager 4uelque chance d'évasion.
Ils étaient d'avis d'abandonner ces recherches illusoires et de rentrer à Paris;
mais Querelle implora avec tant d'instances \'ingt-quatre heures de répit
que Manginot se laissa fléchir. Le troisième jour, on explora donc les environs de Taverny et la lisière de la
forêtjusqu'à Bessancourt. Querelle conduisait son escorte au hasard, croyant
se rappeler un groupe d'arbres, un
tournant de chemin, s'imaginant même
retrouver une ferme « à la nature
pal'ticulière de l'aboiement d'un chien».
Enfin, harassée, la petite troupe reprenait le chemin de Paris, lorsqu'en traversant le village de Saint-Leu, le condamné poussa une exclamation de
triomphe : il venait de reconnaitre la
maison tant cherchée, et il donna de
l'intérieur et des habilar.ts une description qui se trouva être si minutieusement exacte que Pasque n'hésita pas,
après vériflcalion, à interroger le propriétaire.
C'était un vigneron, nommé Denis
Lamotte; il fil d'abord valoir qu'il avait
un fils au service d'un orncier de la
garde des con,uls i son autre fils, Vincent Lamotte, habitait avec lui i. Le
bonhomme se montrait, au reste, fort
surpris dd l'envahissement de sa maison;
mais sa finesse paysanne ne put tenir long1. C'csl Pasque qui, quelques jours plus tard, ful
chargé d·arrôte~ Pichegrn, au domicile de Leblanc,
l'UC de c11~ùana1s.
'.:!. llossiers de Georges-Yincenl Lamollc, cl de Denis
l,:tll\Otle. Archives naliouales, F7 ûiOO.

temps contre la professionnelle habileté du route sur Paris; chacun des particuliers en
policier; au bout de quelques minutes il per- prit un dans son cabriolet; deux partirent à
dit pied et s'abandonna. Il comint avoir cheYal i les autres attendirent Je passage de la
reçu, au commencement du dernier mois de guinguelle qui fait le service de Taverny.
Ce récit complétait si bien les déclarations
juillet, un particulier qui se faisait appeler
llouvel ou Saint-Vincent et qui, prenant de Querelle qu'il n'était plus permis de conprétexte d'un achat de vin, lui proposa de server un doute : la bande des sept \'O}'ageurs
loger pendant une nuit sept à huit personnes. se composait de Georges et de son état-major:
Lamotte avait accepté. Le 50 aoùt, au soir, le gros était Georges lni-mème et Querelle
llouvel reparut et annonça que les hommes dit le nom des autres:., tous chouans émérites
arriveraient dans la nuit; il allait les chercher et redoutés; Lamotte, de son côté, ne cacha
aux environs de l'Isle-Adam, et Vincent La- point celui de l'homme qui avait amené les
motte, le fils, l'accompagna pour servir de (( brigands J&gt; jusqu'au bois de la Muette : il
guide aux voyageurs qu'ils rencontrèrent il la s'appelait Nicolas Massignon et était fermier à
lisière du bois de la Muette. Ils étaient au Jouy-le-Comte. Pasque se mit en route avec
nombre de sept, dont un lrès gros qui, cou- ses gendarmes et Massfgnon avoua qu'il était
vert de sueur, s'arrêta dans le bois pour allé chercher les rnyageurs de l'autre côté de
changer de chemise. Tous paraissaient très l'Oise, jusqu'à l'avenue de Nesles; c'était son
fatigués; deux d'entre eux seulement étaient frère, Jean-Baptiste Massignon, fermier à
Saint-Lubin, qui les lui avait remis en cet
à cheval.
Ils arrivèrent, sur les deux heures du ma- endroit. Pasque prit, sans désemparer, le
tin, à Saint-Leu, chez Lamotte; on mit les chemin de Saint-Lubin et marcha toute la
cb.evaux à l'écurie, les hommes s'étendirent nuit. A quatre heures d11 matin, il arrivait
sur la paille dans une chambre de la maison. chez Jean-Baptiste qui, surpris au saut du lit,
Lamotte remarqua que chacun d'eux portait reconnut avoir logé des gens que lui avait
deux pistolets; ils dormirent longtemps et se amenés son beau-frère, Quant.in-Rigaud, cullifirent servir à diner vers midi. Deux particu- vateur à Auleuil, près de Ileauvais 4 • Pasque
liers, venus de Paris en cabriolet et qui tenait ainsi quatre anneaux de la chaine, et
avaient laissé leurs voilures dans le vi_llage, Manginot se mit en campagne pour rele\'er
l'un à la « Croix-Blaache " et l'autre à jusqu'à la mer la ligne suivie par les conjurés.
Savary l'y avait précédé pour surprendre un nouveau débarquement annoncé
par Querelle : en arrivant à la côtr,
il aperçut, à quelque distance, un Lrick
anglais qui louvoyait; mais malgré les
précautions prises et la surveillance
minutieuse, le navire n'aborda pas :
on le vit s'éloigner sur un signal donné
du rivage par un jeune homme venu à
cheî'al de l'intérieur des terres et que
les gendarmes de Savary poursuivirent
jusqu'à la lorèt d'Eu où il s"enfonça.
En douze jours, d'étape en étape,
toujours trainant Querelle, Manginot
avait terminé son enquête et remis aux
mains de Réal une telle masse d'inl,errogatoires et de dépositions qu'il fut
possiùle de reconstituer, comme il suit,
le voyage de Georges et de ses compagnons.
C'est dans la nuit du 23 aoî,t 180~,
que le cutter anglais Vincejo, commandé par le capitaine \Yrigbt avait
débarqué les conjurés au pied des falaises de Biville, mur abrupt de roches
et de craie, haut c.l e t:-ois cent vin()'t
pieds. Là existait, de temps immém~ria1, au lieu dit le creux de Parfon,,al, une estampercl1e5, longue corde
fixée à des pieux, qui servait aux gens
du pays pour descendre à la plage. JI
fallut se hisser le long de ce câble, à
,·'il
force de bras, exercice que la corpulence
l' « Ecu », causèrent avec le; voyageurs qui, de Georges rendait pour lui particulièrement
vers sept heures du s::iir, poursuivirent leur pénible. Enfin, les sept chouans se trouvèrent
j, Villeneuve, dît d'As,as; la Ha ve Sttint-llilairr .
rlil d'Oison: Lahrèche, dit la [fonte:· Jean ~la1·ie, diL
Lemaire; Picot, ,fil le Pelil, rlomcstique de GPorge~.
J.~ septi~me 1'tail Querelle lui-même.
'+ . lnte1·1'ogatoir..,s ,le Df'11is el dt• \ïnrrnt 1.amolh',

rle .lca n-Baplisle Mas~i_gnon, de. Calherinc Rigaut,
frmmf' ).(ass1goon, de Nicolas ~Jass1gnon, etc. Archin-~
mtîon:iles, F 1 4600-4602.
'
5. Voir Sou~ di.c 1·ois, pai· Boucher de Pcrlhcs, 1. [,
p. 149.
·

�. _____________________________________ T

111STO'R,.1.ll
réunis au haut de la falaise el, sous la conduite cette reconstitution prenail d'autant plus d'imde Troche, fils de l'ancien procureur de la ·· portance que l'établissement des stations, échecommune l'Eu, l'un des plus fidèles affidés lonnées depuis la mer jusc1u'à Paris, avaitcerdu parti, ils gagnèrent, à travers champs, la laioement nécessité une longue et coûteuse
ferme de la Poterie, écart du hameau d'Heu- organisation et que les conjurés utilisaient cette
delimont, distant de deux lieues de la côte. route couramment. Ainsi deux des hommes
Tandis que le fermier Detrimont servait à signalés dans le débarquement du 25 août
boire aux débarqués, un personnage mysté- a-vaient repris , vers la mi-septembre, le cherieux, qui se faisait appeler M. Beaumont, min de Bi ville; le 2 octobre, Georges et trois
vint conférer longuement avec eux; c'élait un de ses officiers, venant de Paris, s'étaient de
homme de haute stature, taillé en hercule, au nouveau présentés •..:hez Lamotte qui les avail
teint basané, au front élevé, aux sourcils et conduits au bois de la Muette, où Massignon
aux cheveux noirs : il disparut au petit jour. les attendait. Quinze jours plus tard, Lamotte
Georges et ses compagnons passèrent à la les voyait reparaitre avec quatre nouveaux
Poterie toute la journée du 24. Ils quittèrent compagnons. On constatait, à l'aller et au
la ferme pendant la nuit et marchèrent jus- retour, leur séjour chez tous les affiliés et les
qu'à Preuseville - cinq lieues- où un sieur voyages s'effectuaienl avec une régularité parLoisel les hébergea. L'itinéraire, habilement fàile : mêmes guides, mêmes marches de
combiné, ne s'écartait pas de la vaste forêt nuit, mèmes ah ris pendant le jour 3 • La maid'Eu, qui offrait des chemins toujours cou- son de Boniface Colliaux, à Feuquières, celle
verts et, en cas d'alerte, des refuges presque de Monnier, à Aumale, et la ferme de la Poleimpénétrables. Dans la nuit du 2(), cinq lieues rfe semblaient être Jes principnux lieux de
encore à travers la basse forêt d'Eu, jusqu'à conciliabules. Autre passage dans la seconde
Aumale; Georges et sa bande y arrivèrent à quinzaine de DO\embre; autre passage encore
deux heures du matin I et logèrent chez un en décembre, concordant avec un nouveau
maÎlre de _pension, nommé 1fonnier, qui occu- déharquement1.. En jam ier '180't, Georges
pait l'ancien couvent des re1igieuses domini- fait une quatrième fois la route pour aller
caines. Le gros était monté sur un cheval attendre à Biville la corvett.e anglaise amenant
· noir que Monnier, à défaut d'écurie, cacha Pichegru, le marquis de Hivière et quatre
dans un corridor de la maison, le licol noué autres conjurés;_ Un pêcheur de la côte,
à la clef de la porte '. Quant aux hommes, ils Etienne Horné, donna sur ce débarquement
se couchèrent pêle-mêle sur la paille et ne de précieux détails; il avait bien remarqué
sortirent pas de la journée. A Aumale avait celui qui semblait être le chef, c&lt; un homme
reparu M. Beaumont:.; il était arrivé à cheval gros, une figure pleine, assez dure, voûté et
et, après une heure passée avec les conjurés, les bras un peu embarrassés i&gt;.
il s'était éloigné dans la direction de Quin- Ces mes~ieurs, ajoula-t-il, arrivaient à
campoix. On l'avait rem encore chez Boniface la nuit et repartaient ordinairement vers miColliaux , dit Boni, Il Feuquières, l'étape sui- nuit; ils se contentaient de notre pauvre ordivante - quatre lieues - que les ,,oyageurs naire et restaient toujours entre eux, dans un
avaient gagnée dans la nuit du 27. Ils pas- eoin, pour causer.
sèrent la journée du 28, cinq Jicues plus
Quand venait l'heure de la marée, Uorné
avant, chet Leclerc •, à la ferme des Mon- descendait à la plage pour guetter l'arrivée de
ceaux, appartenant au comte d'Hardivilliers la chaloupe : le mot d'ordre étai! Jacques,
et sise sur la commune de Saint-Omer-en- :mquel les gens du bateau répondaient :
Chaussée. C'est de là que, dans la nuit, le fils
Thom,a.~it.
Leclerc les avait guidés, en évitant .Beauvais,
~langinot, comme bien on pense, mettait
jusqu'à Auteuil, chez Quentin-Rigaud, qui, en arreslation tous ceux qui avaienl prêté aux
Je 29, les conduisit à Uassignon, le fermier conjurés leur concours et les expédiait à
de Saint-Lubin, lequel les repassa, le 50, 1, Paris. La tour du Temple se reruplissai t de
son frère Nicolas, chargé, comme on l'a vu, paysans, de bonnes femmes à bonnets norde leur faciliter la traversée de l'Oise el &lt;le mands, de pèchrurs dieppcis li, ahuris de se
les diriger vers le bois de la Muette, où Denis voir dans ce lieu fameux ol1 la monarchie
Lamotte, le vigneron de Saint•~Jeu, était venu avait agonisé. Mais ce n'était Hi que les suballes chercher.
ternes, le menu fretin du complot, et le PreTel était, très sommairement exposé, le mier Consul, à qui ne déplaisait pas de se
résultat de l'enquête du lieutenant l\langinot. poser en victime grandiose exposée aux coups
Il avait relevé l'itinéraire de Georges avec une de tout un parti, ne pouvait décemment traperspicacité véritablement remarq uable et duire ces villageois inolfènsifs devant une
1

1. ..\rchivc.~ nationales, F' 4(;(l2.
2. Archives nationales, même dossif'r,
5. Archives nalionales, P 360i.
4. Pierre-Cha des Leclerc, char1·etîer, dix-neuf ans .
1lJpo~e : « Vers la fin du mois d'autlt, sui· les ll'oi:.
l1f'ures d~ matin, sept individus dont un ayant uu
d1~rn~ non·, homme cxtr~mcment puissant et qui pa•
ra1ssa1t êlre leur cl,ef, 1·rnrent loger chez mon pèl'e
l'l il~ partirent au dCtlin du jour. » Al'chiw•s nationales, F1 6400.
5. Pour entrer dam le dtlail. il convient de noler
que les Polignac logèrent cependant chez i\l. de Bertenglcs, au chàtpau de Saint-Crépin. On utilisa aussi
uoe roule passant par Gaillefontaine et Gournay.

Forges et Elr~pagny ëtni&lt;'nt aussi drs li1°ux d'«'•l11prs
pour les royalistes.
O. Cc débaNp1cmenl eut lieu le 10 dêecmbi-e 1805.
Il compi·enait ..\rm11nd de Polignac; Coster, dit,
Stiù1t-V iclm·: Jean-Louis Lemercier; De,·ille, dit
Tamerlan, el Pierre.Jean.
7. Lajolais, 1tit Frédfrù:. dit Ouille; Rnsillion,
dit Ir gros fllajo1'; Jule~ de Polignac, dit ,Iules, ri
Armm1d Gaillard. Cc déb:m1uemenl tst lin 16 janl'icr 1804.
8. Archives nationales, F7 6~97.
9. Ainsi on arni l cx1iédié il Paris le pêcheur llorné,
père de neuf enfants, et mis sous les verrous tou~
~es parents, cousins, cousines et bc-lles-sœurs. On les

haute cour de justice. En attendant qu'un
hasard ou une nouvelle trahison révélassent
à la police l'asile de Georges Cadoudal, il était
urgent de découvrir les organisateurs du
complot et ceux-ci semblaient devoir à tout
jamais rester inconnus, bien que Manginot
eût quelques raisons de penser que le centre
de la conjuration se trouvait aux environs
d'Aumale ou de Feuquières.
Son attention avait été attirée, en effet, par
une déposition mentionnant ce cheval noir
qui avait porté Georges de Preuseville à
Aumale et que l'instituteur Monnier avait
caché dans l'allée de sa maison. C'est sur ce
faible indice qu'il se mit en campagne. li
apprit qu'un manœune, nommé SaintAubin 10 , domicilié au hameau de Coppegueule,
avait été chargé de reconduire un cheval à
l'adressed'unelettre que Monnier lui avait remise. Cet homme, appelé à comparaître, recon.
nut avoir mené le cheval &lt;&lt; à une belle maison
bourgeoise des environs de Gournay : lorsqu'il r était ai-rivé, un domestique avait conduit la bête à l'écurie et une dame s'était présentée pour recevoir la lettre ll ; mais il se
défendit de connaître le nom de la dame et la
situation de la maison.
Manginot résolut de battre le pays en compagnie de Saint-Aubin, et celui-ci, qui n'avait
pas l'esprit délié ou qui jouait la bêtise,
s'obstinait à ne pou\'oir fournir aucun renseignement. li promena les gendarmes jusqu't,
six lieues d'Aumale, et crut d'abord reconnaître . le château de !lercatel-sur-Villers;
pourtant, en examinant les avenues et la disposition des bâtiments, il déclara c&lt; qu'il
n'était jamais venu là 11. Mème. déconvenue à
neaulevrier et à Mothois; mais, en approchant
de Gournay, ses souvenirs se précisèrent et il
mena Hanginot à uoe maison du hameau de
Saint.Clair qu'il désigna comme étant celle oll
Monnier l'avait adi:essé; mème, en entrant
dans la cour, il reconnut le domestique auquel,
six mois auparavant, il avait remis le cheval:
c'était un garçon d'écurie, nommé Joseph
Planchon, que Manginot fit immédiatement
arrêter. Puis il commença son enquête.
La maiwn appartenait à un ancien ofncier
de marine, François-Robert d'Acbé 11 , qui l'habitait rarement, étant grand chasseur et préférant le séjour de ses !erres, plus giboieuscs,
des environs de Neufchâtel-en-Bray. SaintClairii'étail donc occupé que par!lmed'Aché,
toujours souffranle, sortant à peine de sa
chambre, et ses deux filles, Louise et Alexandrine. La mère de d'Aché, pres~ue octogénaire et impotente, y vivait également depuis
quelques années, ainsi qu'un jeune homme,
expMin sous la sur\'eillonce de la haute police i1
Auxe1·re; puis, comme ils )' mouraient de foim, à
llruxellrs où ils avaienl du moins tn ressource de
coucher à l'hospice. Ils ne furenl nutorisës il rentrer
chez eux qu'en IS'IO.
m. ProcêMea·bal des pcrqui~itions opt'rl'es pa1·
?ilanginot, en compagnie de :')aint•.h1b in , aux Pmiron,
&lt;l'Aurnale rtde Gournay. Archi\'es n.'llÎonales, F 1 639'i.
11. « Mairie de Marbeuf, Eure. !,'acte de baplêmc
de François-Robert d'Aché, né it llarbeuf, fils dr
Françoîs*Placide d'Aelié, profession rlc chevalier (sic),
et de Louise-)larguerite Uuchesnr, a ét6 reçu et curt&gt;gistré à la paroisse dr. celle com...mllne le 24 dt1•
cembre 1758. » Archives de la mairie de )larbeuf.

nommé Caqueray ·, qu'on appelait aussi le
cheva1ier de Lorme, et qui, par affection,
s'occupait à• faire valoir les terres de M. et de
Mme d'Arhé, dont un jugement récent avait
prononcé la séparation de biens. Caqueray
se considérait comme faisant partie de la famille; l'aînée des filles, Louise, lui était
fiancée.
Rien n'était moins suspect que cette patriarcale demeure; on y paraissait ignorer la
politique, et les ré,,oJutions semblaienl
n'avoir jamais sé,·i sur ces gens tranquilles
et peu fortunés. L'absence seule du chef de
cette famille très unie pouvait étonner; mais
lime d'Aché et ses filles expliquèrent que,
s'ennuyant à Saint-Clair, il habitait ordinairement Rouen, qu'il chassait beaucoup et
qu'il parlageait son temps entre des parents
fixés aux environs de Gaillon 2 et des amis
qui habitaient Saint-Germain-en-Laye. Elles
ignoraient où il se trouvait pour le moment,
n'en ayant pas reçu de nouvelles depuis près
de rleux mois. ~fois, en interrogeant les domestiques, Manginot recueillit certains renseignements qui changeaient l'aspect des
choses : Lambert, le jardinier, avait été fusillé récemment à Évreux, convaincu d'avoir
pris part, avec une bande de chouans, à
l'attaque d'une diligence; le frère de Caqueray venait d'être exéculé à Rouen pour la
même cause; Constant Prévot, Je garçon de
ferme, accusé d'avoir tué un gendarme, avait
été acquitté; mais le pauvre homme était
mort peu de temps après son retour à SaintClair .. .. Manginot avait mis la main sm· un
nid de chouans, et quand il apprit que le
signalement de d'Aché ressemblait singulièrement à celui du mystérieux Beaumont
qu'on avait vu avec Georges à la Poterie, à
Aumale et à Feuquières, il comprit seulement l'importance de sa découverte; après
une rapide perquisition, il prit sur lui de
mettre en arrestation tous les habitants de
Saint-Clair et expédia à Réal un exprès pour
l'aviser de l'incident et demander des instructions complémentaires.
Depuis plusieurs années, chaque fois qu'un
individu était signalé à la police comme étant

un -ennemi du gouvernement ou mèmc un
simple mécontent, on dressait à son nom,
dans les bureaux de Desmarets, une fiche
sur laquelle s'ajoutaient, au fur et à mesure
des dénonciations, tous les renseignements
de nature à compléter la physionomie du
personnage. Bien des gens auxquels on ne
pensait pas se trouvaient ainsi posséder un
assez important dossier. On consulta celui de
d'Aché. li s'y trouvait des annotations dans
le genre de celles-ci : Il est par son au.dace
un des hommes les plus importants du
parti royaliste; ou bien : An moi.,; de décembre dernier, il prit, à Rnnen, un pa.-rseporl pont Saint-Germain-en-Laye où. l'ap, pelaient quelques affaires; et encore : Sou
hôte de Saint-Germain, Brand in de So inlLrull'ent, a déclaré qu'il rie couchait pas
régulièrement chez lui, quelquefois deux
jou 1·.~, quelquefois troi.i; jours de sui fr. Enfin
on avait intercepté une lettre adressée à
Mme d'Aché et qui contenait cette phrase, où
l'on cropit bien reconnaître la maniè•re de
Georges: P1·évenfr M. Durand que lesaffnfres
p1·ennent une bonne tounwre ... sa présence
est nécessaire ... il am·a de mes nouvelles à
l'hôte/de Bordeaux, rue de Gnnelle-SaintJfono1·P, où il demandera HouveL:.. Or, 1-Iouvel
était cet inconnu, qui, le premier, s'était
présenté chez le vigneron de Saint-Leu pour
le décider à prêter son concours aux « bri_gands ". On relevait ainsi la trace de d'Aché
sur tous les poinls du parcours de Biville à
Paris et on en concluait judicieusement r1ue
connaissant admirablement, en sa qualité de
grand chasseur, tout le pays de Bray où il
possédait, d'ailleurs, des propriétés, il avait
été chargé de tracer l'itinéraire des conjurés
et d'organiser leurs vo1ages : il les avait
accompagnés de la Poterie à Feuquières,
tantôt les précédant en éclaireur, tantôt sé·
journant avec eux dans les fermes où il leur
avait ménagé un asile.
C'était donc de d'Aché qu'à défaut de
Georges il fallait s'emparer, et le rremier
Consul le comprit si bien qu'il mobilisa pour
cette recherche deux brigades de la gendarmerie d'élite et cinquante dragons. Tout ce

1. 11 Commune de Beauvoir-en-Lions du 2 mai
1779, acte de naissance rie Jean-Baptiste de Caqueray,
fil~, d~ Honoré-Charles de Caquera y. maitre et proprwta1re de la ,·errerie des Tloulicux, Cl de l.ouisrAng:éliq_ue-lllarie Godarl, son i'pouse. »
Arcl11ves nationales, F7 6397.
~- La fa_mille du Hazey. au ch~leau rln Huzey.
.1. Areh11'es nationales, Fi 6391.

4. On dénonçait parliculiérement la maison de
Mme de SennM·illc, rue de Pai·is, 78. Ai-chi1·es 1mtio11ales, F7 6597.
5. Le 1~• 'mars 1804, à Rouen.
li. Lettre de So,·oye-Rollin, prc\fcl de lo Seine•
lnlëricure, à l\é11L Archircs nationnlcs. F7 8170.
7. li &lt;appelait l.ouis-Plal'idc d'Achê; il Plait am·ien
officier du régiment dr Rassiguy-intanreril'.

OUR_N'EBUT -

,-,.

renfort ne servit qu'à escorler Ja pauvre
Mme d'Aché, malade, sa fille Louise et leur
ami Caqueray qui furent mis au secret,
celui-ci à la Tour du .Temple, les femmes à
la prison des Madelonnettes; la vieille grand'mère impotente restait seule à Saint-Clair;
quant à Alexandrine, elle voulut suivre sa
mère et sa sœur et on lui en laissa toute liberté.
D'Aché, d'ailleurs, restait introuvable;
l'armée que dirigeait Manginot avait battu
sans succ~s tout le pays, de Beaunis au Tréport; on l'avait cherché à Saint-Germain-enLa)'e, où cerlains rapports le disaient caché';
on le cherchait à Saint-D~nis-des-Munts, à
Saint-Romain, à Rouen. Les préfets de l'Eure
et de la Seine-Inférieure avaient reçu l'ordre
de lancer à ses trousses tous leurs agents;
le résultat de cette campagne fut piteux : on
ne parvint à arrêter' que le frère cadet de
d'Aché, brave homme inoffensif et extrêmement borné 6 qui portait Je prénom justifié
de Placide, et qu'ou appelait familièrement
1'om·lour, à cause de sa lourdeur d'esprit el
de sa rotondité' · Sa plus grande crainte était
d'être confondu avec son frère, ce qui lui
était advenu fréquemment; d'Acbé l'aîné
étant insaisissable, c'était sllr Placide, qui
aimait la tranquillité el ne bougeait guère de
chez soi, que Pévoyaient invariablement toutes
les enquêtes. Celle fois encore la chose ne
manqua pas et Manginot mit la main sur lui,
croyant faire merveille; le premier interrogatoire le détrompa. Pourtant il rendit rorupte
de sa prise à Réal qui, dans son ardent désir
de satisfaire aux ordres du Premier Consul,
essaya de donner le change et prit sur lui
d'assurer que Placide d'Aché était un brigand royaliste tout aussi redoutable que rnn
frère; il expédia l'ordre de trainer sous forte
escorte le prisonnier à Paris, se réservant de
l'interroger lui-même; mais, dès qu'il eat
vu 1'onrlour, dès qu'il lui eut posé quelques
questions, entre autres sur sa conduite pendant la Terreur, l'autre ayant répondu :
cc - Je me suis caché chez maman n, Réal
comprit que ce n'était pas li, un bommc
digne d'être posé devant un tribunal, en rival
de Bonaparte. Il le garda cependant en prison
pour que le nom d'Aché figurâl tout au moins
sur le livre d'écrou du Temple.
Du reste, à l'heure où, le 9 mars 1804,
Placide d'Athé f;Ubisfait son interrogatoire,
un événement se produisit qui transformait
le drame et en ht,tait le tragique dénouement.
G. LE;&gt;,iOTRE.

(A suivre.)

�. --- filSTO'R.1.ll
FIGURINES· ET SILHOUETTES
~

La Marquise de ·Sévigné
« Il faut se résoudre 11 être banal, a dit
Henri ~[artin, si l'on veut parler, après tant
d'excellents panégyristes, des qualités de ce
charmant esprit qui a su mellrc une si prodigieuse variélé dans l'expression d'un sentiment toujours le même, et faire pi\'oter la
cour, la ville, la pro\ ince, le monde entier
autour de sa fille. Mais ce que l'histoire ne
peut se dispenser de rappeler, c'est que tous
les Mémoires du temps ensemble n'en donnent pas un tableau plus fidèle et plus complet que madame de Sévigné à elle seule. Les
letlres de madame de Sévigné ne sont pas un
livre sur le siède; c'est le siècle lui-même
qui empreint son image indestructible dans
un miroir merveilleux. ))
A ce lilre-là, en effet, et la correspondance
de la divine marquise ne fût-elle pas l'incomparable recueil par lequel son auteur
s'égale aux plus grands prosateurs français,
madame de Sévigné mérite une place de
choix parmi nos principaux mémorialistes,
car pour jamais, sur le papier où elle laissait,
la bride au cou, trouer sa plume, elle a fixé
l'image vivante, éclatante cl sincère de son
temps. Et nous pourrions, tous tant que
nous sommes, répéter ce que disait le duc
de \'illars-fkmcas :-iprès avoir ache\·é la lecture de ses Jeures: " Il m'a semblé que
d'un coup de baguette, comme par magie,
elle a\'ait fait sortir cet ancien monde ... pour
le foire passer en revue dev?nt moi. n Mais,
de plus, &lt;]uant à elle-même, nous avons une
satisfaction qui ne nous est gnère donnée
pour ses contemporains : celle de pouvoir,
quand le désir nous en prend, la voir en
q11rlc1ue sorte se réincarner et revivre sous
nos 1eux. les vingt dernières années de sa vie.
Il suf!i t pour cela que nous nous rendions à
ce lieu de pèlerinage, dès longtemps consacré
pour les fervents de la litlérature et de l'histoire, qui s'appelle le Musée Carnavalet.
Là, dans le cadre opulent qn'au moment de
sa maturité madame de Sé,·igné s'était choisi,
el qur nous relronvons, conse1·vé a\'eC un
soin pieux, Lei qu'il était pendant le dernier
quart du xvuc siècle, nous n'avons pas it
faire un bien grand effort d'imagination pour
évoquer la bonne et spirituelle babitante de
jadis allant et venant dans le somptueux
logis. Nous l'y voyons, soit&lt;&lt; toule fine seule n,
rêvant, lisant, - ou écrivant,d'une plume t' l1
vérité plus surveillée que la grande épistolière ne se plaisait à l'avouer, quelqu'une de
s:&gt;s admirables missives; soit au milieu d'une
1

Cliché Giraudoo

L'ALERTE,
OU LA CONVERSATION l:S:TERRO.IIPUE.
Gravure de C.-N. CO CIIJ:-i , d'.:zprt!s DF. T ROY.

YI. -

•

lir STORIA . -

Fuse 44·

compagnie brillante de grandes dames, de
gens de cour, d'écrivains et de lettrés, lui
apportant - dans la franchise parfois gaillarde des propos ou . la malice mouchetée de
leurs racontars sur le. roi et sur ses maitresses, sur les inti:igues de Versailles, sur
le monde, l'Église ou le théâtre - les matériaui qu'il ne lui restait plus qu'à mettre en
œuvrc dans sa prochaine letlre à sa Olle. Et,
dans celle enfilade de pièces, dont chacu11e a
gardé, pour les visiteurs d'aujourd'hui, l'attribution qu'elle a\·ait reçue du ,:ivant même
de la marquise, on a si bien la complète illusion dcla présence possible de celle-ci, que, se
penchant sur l'appui d'une des fenêtres à
petits carreaux donnant au-dessus du porche.
principal, on ne se sen1irait qu'à demi étonné
ùe voir arriver à grand fracas une ancienne
calèche de VO}'age, ramenant madame de ,
Sévigné, retour de Grignan, d'où elle re\'Îendrait après un sPjour &lt;Jui n'aurait pas duré
moins de deux cent dix-sept années ....
Mais lorsque, respectueusement accueillie
à son propre seuil par M. Georges Cain, lrn
arlistc de grand laient, un écrivain tout à ]a
fois savant et spirituel, un administrateur
exemplaire, qu'elle n'eîit pas manqué de re-

ccvoir autrefois parmi les gens de bonne
compagnie admis dans son salon, madame de
Sérigné rentrerait ainsi miraculC'usemcnl en

cet admirable hôtel du Marais qui lut el
reste le sien, sa ·surprise, à elle, serait, forte.
Dans la glorieuse maison, devenue le. précieux
musée que l'on sait d'archéologie el d'iconographie parisiennes, elle pourrait, mieux .que
partout ailleurs, apprendre jour 'par jour
l'histoire de la révolution gr:ice à laquelle
fut radicalement transformé, dans son esprit
çt dans ses mœurs, le pays qui · pour elle
ét.ait avant tout un (&lt; royaume &gt;&gt;. Et l'on se
demande ce qu'elle penserait, en se rappelant le sombre château-fort dont elle avait vu
les buit tçmrs sinistrement se dresser d'ans le
voisinage, - prison ,temporaire de Fouquet,
son ami, pendant certaines phases du fameux
procès, ,- et qui ne subsiste plus qu·en une
minuscule effigie, ciselée dans l'une des pierres ~e ses propres murailles, qu'on peul voir
:rnjourd'hui en l'hôtel même de la m.arquise
de Sévigné. Qudle lellre nous vaudraient la
stupeur de la royaliste ressuscitée et, d'autre
pnrt, la joie qu'elle éprou\·erait en retrou,•a11t
,iia maison si heureusement ga,·déc intacte,
avec le rayonnant portrait de sa 1111.e trônant
ù la place dlrnnneur.
Mais, depuis. deux cent quinze ans, madame de Sévigné n'écrit plus de lettres ....
Elle dort h tout jamais là-bas, dans une prlilc ville de la Drùmr, à l'ombre des ruinrs
de ce château de Gri;.{nan vers lequel a\·aient
pris leur ml lant de Jeures où ellc _épnncliait
tout son esprit et tout son cœur. Quoi qu'il
en soit, la sunie matérielle qu'elle doit à la
possibilité où nous _sommes de 'reconstituer,
sans nul effort, sa vi~ dans le milieu même
qui ra v~e en partie se dérouler, fait pour
nous de la marquise presque une contcmpo•
raine.' i◄:t lorsque, aprt'•s une noU\'clle lecture .
de ses letlres, - cbefs-d'~uvre qui n'ont
pas pris une ride et pas un che\'Cu blanc, nous par~urons les pièces de son iogis, c.'est
sa ,:oix même que nous croyo~s enlt'ndre
ré_sonn~r., sous les hau_ts plafon_ds qL)Î out _rn
Ct se'mblent ·encore abritC'r ses joies et ses
tristesses de rclTlmè, ses peitiês et · seS bon~
hcnrs dr mère.

)lais la marquise de Sévigné, si fort qu 'clic
aimât sa grand'ville, en Parisienoe de Paris
qu'elle était, dut s'imposer de fréquents et
longs séjours à la campagne, pour réparef,
par les konomies qu'on y peut faire, les brQches qu'('lle dut parfois OU\'rir dans sa fortune afin de \'enir c11 aide à ses enfants. JI en

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                  <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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                    <text>. --- filSTO'R.1.ll
FIGURINES· ET SILHOUETTES
~

La Marquise de ·Sévigné
« Il faut se résoudre 11 être banal, a dit
Henri ~[artin, si l'on veut parler, après tant
d'excellents panégyristes, des qualités de ce
charmant esprit qui a su mellrc une si prodigieuse variélé dans l'expression d'un sentiment toujours le même, et faire pi\'oter la
cour, la ville, la pro\ ince, le monde entier
autour de sa fille. Mais ce que l'histoire ne
peut se dispenser de rappeler, c'est que tous
les Mémoires du temps ensemble n'en donnent pas un tableau plus fidèle et plus complet que madame de Sévigné à elle seule. Les
letlres de madame de Sévigné ne sont pas un
livre sur le siède; c'est le siècle lui-même
qui empreint son image indestructible dans
un miroir merveilleux. ))
A ce lilre-là, en effet, et la correspondance
de la divine marquise ne fût-elle pas l'incomparable recueil par lequel son auteur
s'égale aux plus grands prosateurs français,
madame de Sévigné mérite une place de
choix parmi nos principaux mémorialistes,
car pour jamais, sur le papier où elle laissait,
la bride au cou, trouer sa plume, elle a fixé
l'image vivante, éclatante cl sincère de son
temps. Et nous pourrions, tous tant que
nous sommes, répéter ce que disait le duc
de \'illars-fkmcas :-iprès avoir ache\·é la lecture de ses Jeures: " Il m'a semblé que
d'un coup de baguette, comme par magie,
elle a\'ait fait sortir cet ancien monde ... pour
le foire passer en revue dev?nt moi. n Mais,
de plus, &lt;]uant à elle-même, nous avons une
satisfaction qui ne nous est gnère donnée
pour ses contemporains : celle de pouvoir,
quand le désir nous en prend, la voir en
q11rlc1ue sorte se réincarner et revivre sous
nos 1eux. les vingt dernières années de sa vie.
Il suf!i t pour cela que nous nous rendions à
ce lieu de pèlerinage, dès longtemps consacré
pour les fervents de la litlérature et de l'histoire, qui s'appelle le Musée Carnavalet.
Là, dans le cadre opulent qn'au moment de
sa maturité madame de Sé,·igné s'était choisi,
el qur nous relronvons, conse1·vé a\'eC un
soin pieux, Lei qu'il était pendant le dernier
quart du xvuc siècle, nous n'avons pas it
faire un bien grand effort d'imagination pour
évoquer la bonne et spirituelle babitante de
jadis allant et venant dans le somptueux
logis. Nous l'y voyons, soit&lt;&lt; toule fine seule n,
rêvant, lisant, - ou écrivant,d'une plume t' l1
vérité plus surveillée que la grande épistolière ne se plaisait à l'avouer, quelqu'une de
s:&gt;s admirables missives; soit au milieu d'une
1

Cliché Giraudoo

L'ALERTE,
OU LA CONVERSATION l:S:TERRO.IIPUE.
Gravure de C.-N. CO CIIJ:-i , d'.:zprt!s DF. T ROY.

YI. -

•

lir STORIA . -

Fuse 44·

compagnie brillante de grandes dames, de
gens de cour, d'écrivains et de lettrés, lui
apportant - dans la franchise parfois gaillarde des propos ou . la malice mouchetée de
leurs racontars sur le. roi et sur ses maitresses, sur les inti:igues de Versailles, sur
le monde, l'Église ou le théâtre - les matériaui qu'il ne lui restait plus qu'à mettre en
œuvrc dans sa prochaine letlre à sa Olle. Et,
dans celle enfilade de pièces, dont chacu11e a
gardé, pour les visiteurs d'aujourd'hui, l'attribution qu'elle a\·ait reçue du ,:ivant même
de la marquise, on a si bien la complète illusion dcla présence possible de celle-ci, que, se
penchant sur l'appui d'une des fenêtres à
petits carreaux donnant au-dessus du porche.
principal, on ne se sen1irait qu'à demi étonné
ùe voir arriver à grand fracas une ancienne
calèche de VO}'age, ramenant madame de ,
Sévigné, retour de Grignan, d'où elle re\'Îendrait après un sPjour &lt;Jui n'aurait pas duré
moins de deux cent dix-sept années ....
Mais lorsque, respectueusement accueillie
à son propre seuil par M. Georges Cain, lrn
arlistc de grand laient, un écrivain tout à ]a
fois savant et spirituel, un administrateur
exemplaire, qu'elle n'eîit pas manqué de re-

ccvoir autrefois parmi les gens de bonne
compagnie admis dans son salon, madame de
Sérigné rentrerait ainsi miraculC'usemcnl en

cet admirable hôtel du Marais qui lut el
reste le sien, sa ·surprise, à elle, serait, forte.
Dans la glorieuse maison, devenue le. précieux
musée que l'on sait d'archéologie el d'iconographie parisiennes, elle pourrait, mieux .que
partout ailleurs, apprendre jour 'par jour
l'histoire de la révolution gr:ice à laquelle
fut radicalement transformé, dans son esprit
çt dans ses mœurs, le pays qui · pour elle
ét.ait avant tout un (&lt; royaume &gt;&gt;. Et l'on se
demande ce qu'elle penserait, en se rappelant le sombre château-fort dont elle avait vu
les buit tçmrs sinistrement se dresser d'ans le
voisinage, - prison ,temporaire de Fouquet,
son ami, pendant certaines phases du fameux
procès, ,- et qui ne subsiste plus qu·en une
minuscule effigie, ciselée dans l'une des pierres ~e ses propres murailles, qu'on peul voir
:rnjourd'hui en l'hôtel même de la m.arquise
de Sévigné. Qudle lellre nous vaudraient la
stupeur de la royaliste ressuscitée et, d'autre
pnrt, la joie qu'elle éprou\·erait en retrou,•a11t
,iia maison si heureusement ga,·déc intacte,
avec le rayonnant portrait de sa 1111.e trônant
ù la place dlrnnneur.
Mais, depuis. deux cent quinze ans, madame de Sévigné n'écrit plus de lettres ....
Elle dort h tout jamais là-bas, dans une prlilc ville de la Drùmr, à l'ombre des ruinrs
de ce château de Gri;.{nan vers lequel a\·aient
pris leur ml lant de Jeures où ellc _épnncliait
tout son esprit et tout son cœur. Quoi qu'il
en soit, la sunie matérielle qu'elle doit à la
possibilité où nous _sommes de 'reconstituer,
sans nul effort, sa vi~ dans le milieu même
qui ra v~e en partie se dérouler, fait pour
nous de la marquise presque une contcmpo•
raine.' i◄:t lorsque, aprt'•s une noU\'clle lecture .
de ses letlres, - cbefs-d'~uvre qui n'ont
pas pris une ride et pas un che\'Cu blanc, nous par~urons les pièces de son iogis, c.'est
sa ,:oix même que nous croyo~s enlt'ndre
ré_sonn~r., sous les hau_ts plafon_ds qL)Î out _rn
Ct se'mblent ·encore abritC'r ses joies et ses
tristesses de rclTlmè, ses peitiês et · seS bon~
hcnrs dr mère.

)lais la marquise de Sévigné, si fort qu 'clic
aimât sa grand'ville, en Parisienoe de Paris
qu'elle était, dut s'imposer de fréquents et
longs séjours à la campagne, pour réparef,
par les konomies qu'on y peut faire, les brQches qu'('lle dut parfois OU\'rir dans sa fortune afin de \'enir c11 aide à ses enfants. JI en

�1f1STO'R..1Jf,
résulte que son château des Rochers, près de
Yitré, est, ainsi que l'hôtel du Marais, une
demeure qui reste imprégnér des souvenirs
de celle femme, et que, tout nous y parlant
d'elle encorr, on y peut compléter l'illusionnante évocation à laquelle tout à l'heurr nous
nous sommes complu.
Gaston Baissier, dans l'exquis volume qu'il
lui a consacré 1 , nous retrace les conditions
d'un voyage de madame de Sévigné dans sa
terre de Bretagne. &lt;( Aujourd'hui, dit-il, on
va de Paris à Vitré en sept heures; madame
de Sévigné mettait huit ou neuf jours, el
quelquefois plus, quand elle s'arrêtait en
route, dans quelque demeure amie. On faisait au plus dix lieues par journée. L'équipage était digne du rang de madame la marquise. « Je vais à deux calèches, écrit-elle à
(( sa fille. J'ai sept chevaux de carrosse, un
(( cheval de bât qui porte mon lil, et trois ou
&lt;( quatre hommes à cheval. Je serai dans ma
c( calèche, tirée par mes deux beaux che« vaux; l'abbé sera quelquefois avec moi.
« Dans l'autre, mon fils, la Mousse el Hélène.
« Cela aura quatre voitures avec un postil« Ion. ».... Comme la route était longue, on
s'arrangeait pour ne pas s'ennuyer. Madame
de Sévigné avait soin de choisir quelques
compagnons agréables; elle emportait dans
sa voiture les livres qu'elle aimait; on causait, on relisait Corneille ou Nicole, et de
temps en temps on regardait le pays .... En
somme, le voyage s'achevait sans ennui, et
madame de Sévigné nous en fait de si plaisantes descriptions, que nous, qui ne connaissons plus ces interminables traversées,
nous sommes quelquefois tentés de les regretter. »
On arrivait enfin à Vitré, et de là au château des Rochers, qui n'en est éloigné que
de six kilomètres. « Le château des Rochers
existe encore, dit Gaston Boissier, et il n'a
pas trop changé d'apparence depuis l'époque
où madame de Sévigné l'habitait. C'est un
bâtiment composé de deux corps de logis en
équerre qui s'appuient sur une tour centrale
du xv• siècle. L'aspect en est simple et noble;
point d'ornement inutile; la tour seule, avec
son toit élégant, ses clochetons et ses tourelles, a une assez fière tournure. Vers la
gauche s'avance une rotonde isolée, que le
mur et la porte du jardin relient au château.
C'est la chapelle, qui fut bâtie par l'abbé de
Coulanges. Entre la chapelle et le château,
une porte s'ouvre sur le parterre. Madame
de Sévigné s'empressait d'y courir. Ce qu'elle
1 . .1/adame de SINg11é, pa1• Gaslon Ilni,sicr. rn
volume, 2 frarm. (Haehclll' el Cie.)

aime le plus aux Rochers, c'est le parterre
et le parc. Ellr n'a pas de plaisir plus vif que
de s'en occuper; elle les modifie sans cesse,
elle les orne, elle• les embellit, elle les met à
la mode du jour.... Aussitôt que Le 'lôtre
s'est fait une réputation dans l'art de décorer
les jardins, elle lui demande des dessins et
des plans. Lorsqu'ils sont e,écutés, et que
les Rochers ont pris un petit air de Versailles, elle contemple. son œuvre et s'en félicite. &lt;( Voilà, écrit-elle à sa fille d'un ton de
« triomphe, ce que notre parterre de houx
&lt;( n'aurait jamais cru pouvoir devenir. » Du
parterre on passe dans le parc, qui est vaste
et bien aménagé. C'est là plus qu'ailleurs que
s'est conservé le som-enir de madame de Sévigné. Les allées qu'elle a plantées existent
encore, et on vous les nomme des noms
mèmes qu'elle leur avait donnés. Yoici la
solitaire, l'infinie, qui serpente et dont on
n'aperçoit pas le terme; le mail, droit et
large au contraire, et qui aboutit à une sorte
de place d'où la vue peut embrasser tous les
environs. C'est un paysage tranquille, dont
l'œil jouit paisiblement et qui repose l'esprit. )&gt;
Quant à la vie qu'ou mène aux nochers,
madame de Sévigné a pris soin de la décrire
elle-même, dans une lettre à madame de Grignan : (( On se lève à huit heures ; très soucc vent je vais jusqu'à neuf heures, que la
cc messe sonne, prendre la fraîcheur de ces
&lt;( bois ; après la messe,on s'habille, on se dit
&lt;&lt; bonjour, on retourne cueillir des fleurs
cc d'orange, on dine; jusqu'à cinq heures, on
« travaille ou on lit: depuis que nous n'avons
cc plus mon fils, je lis, pour épargner la poi&lt;( trine de sa femme. A cinq heures, je la
« quitte, je m'en vais dans ces aimables
,c allées; j'ai un laquais qui me suit ; j'ai
« des livres, je change de place, et je vuie
n les tours de mes promenades ; un livre de
1c dévotion, ou un autre d'histoire, on change,
« cela fait du divertissement ; un peu rêver
« à Dieu, à sa providence, posséder son âme,
cc songer à l'avenir ; enfin, suries huit heures,
c, j'entends une cloche, c'est le souper .... &gt;&gt;
« Comment, se demande Gaston Baissier,
une femme du monde, accoutumée à vivre
au milieu des sociétés les plus agréables de
Paris, a-t-elle pu se plaire à ce point dans
son château de Bretagne, el y rester sans ennui des années entières? ... C'est qu'elle possédait une merveilleuse souplesse de caractère, et, de même qu'elle s'accommodait
sans effort de toutes les personnes, elle savait
se plier à toutes les circonstances.» Elle a dit
de son fils : « Il prend l' e5pri t des lieux où il

est. n gvidemment c'est une qualité que le
fils tenait de sa mère. La plus mondaine des
femmes, quand elle était dans le monde,
devenait campagnarde aux champs. La solitude ne l'effrayait pas, au contraire · il lui
arrivait souvent de la rechercher. Et,' quand
au plaisir d'Ptre seule, de rêver, de lire, de
causer avec les vaches et les moutons, s'ajoutait celui de se promener dans un parterre
Jleuri ou sous de grands arbres et de regarder
un beau paysage, elle y prenait tant de rroût
qu'on avait grand'peine à la ramener da;s le
monde .... C'est ainsi que le temps s'écoule
au_xno~herssans qu'elle s'en aperçoive. Chaque
saison a ses agréments pour elle. Sans doute
elle est heureuse &lt;( d'entendre le rossignol,
le coucou et la fauvette ouvrir le printemps
dans les bois », mais elle trouve du plaisir
aussi dans (( ces beaux ,jours de cristal de
l'automne, qui ne sont plus chauds et qui ne
sont pas froids )J. Et l'hiver lui-même n'est
pas sans charme, quand le soleil brille par
un froid piquant, « et que les arbres sont
p~rés de perles_ et de cristaux &gt;&gt; . Le temps
vient enfin de qmtter sa solitude; elle retourne
sans empressement à Paris, rapportant à sa
fille les économies qu'elle a faites, économies
importantes, qui, une fois, dépassèrent seize
mille livres, et je suppose que, tandis qu'on
la félicite de son courage, elle se dit au fond
du cœur que c'est de l'argent gagné sans
peine. 1,

..

Le château de Br,etagne el l'hôtel à Paris,
si nous prenons la peine de les interroger et
de reconstituer, sur des documents qui ne
manquent pas, la vie qu'y menait la bonne
marquise, nous aideront donc à mieux con•
naitre encore celle-ci et à la mieux aimer .
Quant 1t ses lettres, on aura tout profit à les
relire souvent, autant pour y trouver, prise
sur le vif et sur le fait, la vivante histoire de
près d'un demi-siècle de vie française, que
pour y admirer l'œuvre d'un de nos plus
grands écrivains.
Etde toutenouvelle rencontre avec madame
de Sévigné, on conservera l'impression qu'un
jour Sainte-Beuve, de façon si heureuse, traduisit ainsi : « On est heureux, avec une
personne aussi pure, aussi morale et d'une
vie au-dessus de tout soupçon, de trouver la
belle et bonne qualité française de nos mère~,
la franchise du ton, la rondeur des termes,
le contraire de tout raffinement et de toute
hypocrisie, el, avec tant de délicatesse et de
fleur, l'éclat du rire, la fraicheur du teint, la
santé florissante de l'esprit. n
FO;\TEX ILLES.

LES LÉGIONS DE VARUS

Le Champ des Morts
Par CH. GAILLY DE TAURINES

&lt;(

~ends-moi mes légions!· »

La stupeur fut grande à Rome quand on y
ap~rit _q?'en pleine paix, par guet-apens, les
trois leg10ns commandées par le léaat Varus
ve~aient, e~ Germanie, d'être massa~rées jusqu au dermer homme, et leurs aio!es
prises
0
par les Germains!
U~ jeune Germain, Arminn, qui se disait
l'ami de Rome et avait même servi dans les
troupes romainrs, avait, par trahison été
'
1,.ame de ce complot.
A c~lte nouvtille, parmi les officiers qui se
trouvaient à Rome et qui connaissaient la
Germanie pour y avoir autrefois fait campagne, ce fut une violente explosion de fureur :
« Ainsi, - s'écriait l'un d'eux, Velleius Paterculu.s, préfet de cavalerie ayant récemment
s~r~1 en Germanie; ainsi, victime de 1a stupid1te de son chef, de la perfidie de l'ennemi
de l'iniquité. de la ~or~u~e,. une armée, la plu~
brave, la mieux 1hsc1phnee, la plus aguerrie
des armées romaines, s'est trouvée soudain
perdue. Elle voulait des combats, on les lui
défendit; bien plus, des soldats furent blàmés
. même de peines sévères pour s'être'
pun~s
servi~ de leurs armes et avoir agi en Romaips !
Aussi, dès que, bien perdue au milieu des
forêts et des marécages, celte armée se trouva
pr!s~ au piège, elle put sans peine être extermmee par ce même ennemi que tant de fois
elle avait frappé comme un vil bétail dont 1~
mort ne dépendait que de sa colère ou de sa
pitié. ))
'
. ~uguste, alors âgé de soixante-douze ans,
eta1t, 4uant à lui, en proie à la plus sombre
do~leur. Dans sa maison du Palatin, reconstr?1te, après un incendie, par souscription pubhqu~ d~ peuple, celle maison qu'il avait voulue ~1 simple, sans marbres ni mosaïques
préc1~uses, et où, pendant plus de quarante
ans, 1! coucha, hivercommeété, danslamême
ch~mbre, se retirant, qùand il désirait travailler e.~ secret, à l'étage supérieur, en une
salle qu 1I nommait « Syracuse )l et c, le ber?ea~ des Arts 1&gt;, dans cette demeure, témoin
~~dis de ta~t de ~u.ccès et de ?Joire, Auguste,
l~ux e,t desespere, promenait tragiquement
auJourd hui sa douleur.
d Cille élude est extraite de l'ou1Tage: Les Lé_qions
ai·us, par Ch. GAtLLY DE T.101t1NES que la niaiso11
lieacI1elle
•
' ~ubhcr
. en 'un
lolum . cl C're va lr ès. proc11arncmenl
e rn-16 a,ec hml planches l1ors lcxle el une
carte, au prix de 3 fr. 50.

.-:- cc Varus! \'arus I s'écria-t-il, à la pre~1ere nouveUe ~u désastre, en se frappant la
tete aux murailles et en déchirant ses vêtements, Varus, rends-moi mes légions! 1,

les_ tribus des Marses et rasa jusqu'au sol leur
bms sacré de Tanfana, il se retourna vers les
Caltes, au cœur même de cette immense et
mrstérieuse_forêt d'Hercynie sur laquelle couraient de s1 curieuses lécrendes les mit en
. l
C
'
f mie,
es poursui rit au delà de l'Eder et incrndia Mattium, leur chef'..Jieu.
Il
Thusnelda.

Cliché Giraudon
TltUSXELDA.

Statue a11t1,ue. (Loggia dei Lan=i, Florence.)

C'est 1t ce moment que parvint à Germanicus une ambassade envoyée par l'un des chefs
rhérusques, Ségeste, le beau-père d'Arminn •
ce Ségeste implorait le secours des Romain~
contre son gèndre, le massacreur des légions.
Le difiérend qui mettait ainsi aux prises
~r1?-es, en main'.. le gendre et le beau-père:
eta1t d ordre ent1erement privé.
Chez tous .les peuples encore sauvages, en
quelque partie de la terre qu'on les prenne
dans les forêts du nouveau monde le~
brouss~s de l'Afrique ou les steppes d:Asie,
le mar1~ge affecte toujours, on le sait, la
forme d une vente : en échancre d'armes de
bétail, d'objets d'ornements ;ius ou m~ins
luxueux, colliers, anneaux, bracelets offerts
en_ plus ou moins grand nombre par !; fiancé,
smvant sa fortune et aussi suivant la violence
d~ son désir amoureux, le père de famille
cede, pour sa part, l'objet qui lui appartient
yfi~.
'
Tel ~n effet nous voyons le mariage chez les
~ermam_s : &lt;( Ce n'est pas la femme, dit Tacite, qm apporte la dot, mais le mari• Je
pèr~, la mère, les proches interviennen~ et
ag~eent les pr1sents, non point quelques frivol~tés ou objets de toilette pour l'épouse,
mais des bœufs, un cheval avec sa bride un
~ouc_lier avec glaive el framée pour le ;ère.
~n echange de tout cela, la jeune fille est
livrée et offre 11 son tour à son mari quelques
armes,J. ~
~r, c'est par violence qu'Arminn arait enleve Thusnelda, fille de Ségeste, promise déjà à
un autre. Le père outragé conservait donc cont~e ~rminn _une irréductible haine pour l'avoir
ams1 frustre des riches donations d'armes, de
chevaux et de bétail qu'il pouvait raisonnablement attendre.

Durant plusieurs mois, oublieux de tous
soins de toileue, lui si recherché d'habitude
il laissa croître barbe el cheveux. Jusqu·à l;
lin de sa vie, l'anniversaire du désastre de
Yarus demeura pour lui un jour de tristesse
et de deuil.
Cette douleur
. toutefois ne lui fit pas néaliC
ger ses devo1rs et, après avoir pris dans
nome toutes les mesures nécessaires et levé de
nouveaux soldats, il envoya sur le flhin
Tibère, son fils adoptif, et le jeune Germanicus, neveu de celui-ci, avec mission de
venger Varus et de reconquérir les aigles.
Peu après, succombant à tant de chagrins,
le vieil Auguste mourait et léguait son pouvoir à Tibère.
Dès lors, à Germanicus seul, jeune général
de vingt-cinq ans, incombait la tàche de
1. Tafile, Germanie, ch. 18. Jusqu'â une é uc
venger le massacre des légions de Varus; c'est a~sez
reccnle, dans la nasse-Saxe, les fianfafiltes
de la façon la plus brillante qu'il le fit. Après s, appclarent Brudkop (Braul-Kaul', achat de fiancée)
\oy. Adelung, Gescluc/ite Allen Deutsclte p - 01 ·
une première campagne dans laquelle il chàtia note
2.
' · .:&gt; '
""' 147"'

�,.. __ 111ST0~1.ll
Sa rancune élait d'autant plns vire que,
une fois unie à Arminn, Thusnelda, loin d'en
vouloir à son brutal ravisseur, s'élait au
contraire attachée à lui d'un ardenl amour et
prenait avec , iolence le parti de celui-ri
contre son père.
On sait combien était rigoureuse, enrers
leur mari, la fidélité des femmes germaines :
,, Elles vivent, dit Tacite, enveloppées dans
leur chasteté, sans spectacles, sans festins
corrupteurs, ignorant le galant commerce des
mrstérieux billets 1 • »
·on peut bien ici soupçonner un peu Tacite
de décocher, par-dessus la tête des Yerlueuses
Germaines, une petite satire indirecte aux
lrop coquelles dames de Rome; quels spectacles, quels festins corrupteurs suppo-er en
effel chez des gens nnu rris de viande crue
triturée sous les pieds? quels billets galants
chez des peuples pour qui l'écriture était un
profond mystère?
Cette fidélité &lt;les femmes était d'ailleurs
rigoureusement protégée el rendue facile par
une coutume bien favorable à la vertu :
&lt;c Dans une si
nombreuse nation, ajoute
Tacite, bien peu d'adultères; le châtiment,
en effet, en est prompl, terrible cl appartient
au mari : nue, les cheveux rasés, la femme
coupable est chassée de la maison, puis, à
travers loul le canton, poursuivie à coups de
verges par le mari el ses proches ' · ll
De la punition du séducteur il n'est nullement question, car, chez des gens pour lesquels le droit c'est la force, l'homme peul
nalurellcrnenl tout. EL pourlant, la femme
germaine, par son enlier dérnuemenl et son
ardent courage, ne se rnonlrc point inférieure,
hien au contraire, à ceux qui osent la traiter
ainsi : &lt;1 Dans le combat, d,L encore Tacile,
les guerriers r:ipporlent leurs blessures 11
leurs mères, à leurs épouses, et celles-ci ne
craignent pas de compter, de sonder le~ plaies;
elles porlenl aux comballanls des ,·ivres el
ùes encouragements. On raconte que certaines
lroupcs de Germains, prêtes à lâcher pied,
ont élé ramenées au combat par les coura:rcuscs supplications des femmes &lt;1ui présentaient la poitrine aux fuprds. ,, Aussi, au
mépris pour la femme, se mêlait pourtant,
chel ces sau1·ages. une sorte de superstitieux
respect : &lt;c Ils croient (c·est toujours Tacite
qui parle) qu'il y a dans la femme quelque
chose de sacré el de prophétique, ils ne
m\;ligent pas leurs réponses et na méprisent
par leurs avis. ,,
En vraie Gcrm:iine, Thusnclda était, d'une
façon absolue, soumise à Arminn, son mari,
seigneur et maitre. füntrée un moment , par
suite d'événements qui ne nous sont pas connus, en possession de Ségeste son p~re, elle
n•a~pirait qu'à le fuir el 11 rejoindre Arminn;
quant à celui-ci, c'est pour recouvrer son
bien, sa chose, sa femme, qu'il tenait pour
le moment son beau-père étroitement assiégé.
Prompt i1 saisir l'occasion qui s'offrait si
favorablement 11 lui, Germanicus marche
au secours de Ségeste, vers le sud du pays
1. Tacite, /;en11a11ù. ch. 19.
'.!. Tacite, .l/cew·• des Ge1·11111i11s. ch. 12.

des Chérusques, chasse sans peine l'armée
a~siégcantc rt, dans le camp abandonné par
Arminn, retrouve une partie des dépouilles
rnlcvées rar les b1rb:ircs 11 l'armée de Varus.
Ségeste alors vient remercier son sauwur;
dominant, de sa haute taille, tous ses compagnons, il se présente à Germanicus avec l'assurance que lui donne sa fidélité à la cause
de Rome.
&lt;c Celle fidélité, dit-il, n'est pas chose
nouvelle; du jour où, par faveur du divin
Auguste, j'ai été décoré du titre de cito)'en
romain, je n'ai choisi mes amis, marqué mes
ennemis que d'après Yos seuls intérêts; non
par haine contre ma patrie (car à ceux-là
mêmes qu'ils servent les traîtres sonl odieux),
mais parce que, tant pour nous-mêmes que
pour les Romains, j'estimais la paix préférable
à la ~uerre.
cc Ce ravisseur de ma fille, ce riolateur de
voire alliancr, Arminn, je l'ai accusé devant
Varus qui commandait alors votre armée.
Repoussé par lïmprévoyanle mollesse de ce
chef sans énergie - ah! de quel fail,le secours lui fut alors son amour des lois! - je
l'ai supplié de nous enchainer Lous, moi, Arminn et ses complices. J'en atteste rrtle nuit;
et plût aux dieux que pour moi clic eût ~Lé
la dernière!. .. Ce qui suivit, on le peul mieux
pleurer que dire : j'ai mis dans les fers Arminn, sa faction m'en a fait porter à mon
tour. Maintrnanl, sous la proleclion, César,
je préfère aux nouveautés lès vieux usages,
aux troubles le calme. Je n'agis roinl ainsi

Cliché; Giraudon
AR}IIX:'l.

Sculpture antique. (Musée

au Capitole, Rome.)

dans l"espoir de quelque récompense, mais
ar.n de devenir pour les Germains un utile
conciliateur s'ils viennent à préférer enfü1 un
5. Tacite, A1111ales, T. 58.
4. Ibid., cl,ap. ~ï.

loyal repentir à la perte certaine de leur nation 3 •
cc Permets-moi maintenant, César, continua
Ségeste, de te parler de mes enfants : quan L
:1 mon fils, que sa jeunesse serre d'excuse 11
sa faute. Pour ma fille, elle n'esl, je l'avoue.
ici que p~r force; à toi, César, de décider ~i
c'est en fille de Ségeste ou en femme d'Arminn que tu la veux traiter. ,&gt;
C'est en femme d'Arminn qu'elle le fut,
et, dans le défilé des captifs, les légions étonnées viren l passer, superbe de fierté sauvage,
Thusnelda, s'avançant droite, sans une larme,
sans une plainte, les bras croisés sur son
sein, les yeux obslinémen t baissés et fixés
avec orgu~il snr son ventre, lourd d'un précieux tré~or, l'enfant d'Arminn donl elle était
enceinte•.

m
Le champ des morts.
Captive, Thusnelda fut envoyée cl gardée à
Ravenne ~. En celle ville, où l'on élevait de
jeunes esclaves destinés comme gladialeurs
aux comlwls du !'ir'lue, elle mil au monde
un fils qu'elle nomma Thumaic 6 •
Lorsque Arminn apprit qu'il était ainsi drvcnu père d'un esclave de flome, rien ne put
contenir sa fureur; à tran•rs le pay~, chez
les Chérusques, ses compatriotes, &lt;l'une ardente parole, il allait excilanl la haine contre
les Romains, prêchant la rél'olte, réclamanl
d~s armes contre Ségeste, contre Cé~ar, contre les légion~.
c, Le digne père, s'écriait-il, le grand général, la vaillante armée! tant de bras pour
enlever une femme! A moi, du moins, cc
sont lrois légions. a1·ec leurs légats, qui se
sont rendues, et j'ai fait la guerre non poinl
làchemenl, contre des femmes enceinte~, mais
en brare, contre des soldats. Dans les forêts
sacrées des Germains, ne voit-on pas encore,
suspendues de mes mains en l'honneur des
dieux de nos pères, les aigles romaines que
j'ai conquises!
&lt;c Que Ségeste, s'il le veut, habile une
terre vaincue; que, par celte humiliation, il
restitue à son fils un sacerdoce étranger, les
nais Germ:iins, quant à eux, n'effaccronl jamais de leur cœur la honte d'avoir, entre
l'Elbe et le Rhin, vu les verges, les haches
des licteurs el la loge romaine.
« Chez IPs nations qui ignorent Rome el
son empire, tributs, exactions, supplices sonl
également inconnus. Eh bien! vous, Germains, qui avez su secouer tout cela, rnus
qui avez fait reculer impuissant cet Auguste
que nome a mis au rang des dieux, ce Tibère
qui lui succède, allrz-vous donc trembler aujourd'hui devant une armée de soldats ~édi•
lieux, devant un jeune général sans expérience? Si votre terre, Y0S pères, les antiques
souvenirs des ancèlres vous semblent préférables à des maitres, à une servitude nouvelle, c'est un chef de liberté et de gloire,

1

:i. TacitP, Am,ales, 1. 58.
li. Strahon. li,. VII, ch. 1

�...-

111STO'J{1.Jl

Le Cn.A.MP Des .Mo~rs ---..

..
De là,,.vers l'est, barrière pleine d'épouYanle
el de ' mystère, se dressait devant Germanicus
la soniù;·e masse des montagnes et de la forêt

Arminn, non de honteuse servitude, Ségeste,
qu'il faut suivre 1! »
Par ces paroles, Arminn parvint à soulever,
non seulement les Chérusques, mais toutes
les tribus voisines; lnguiomer même, son
oncle, qui depuis longtemps jouissait d'une
grande considération parmi les Romains, se
laissa entrainer dans son parti, défection qui
ne fut •pas sans causer à Germanicus de fort
graves inquiétudes.
La saison n'étant pas très avancée, Germanicus résolut donc de recommencer la campagne d'après un plan entièrement nouveau :
divisant ses troupes allo de distraire l'attention de l'ennemi, il ordonna à son lieutenant
Cécina, avec les quarante cohortes de ses
quatre légions de l'armée Inférieure, de
prendre comme base d'opération le camp
nouvellement réoccupé d'Aliso, sur la Lippe,
d'y établir ses magasins ' , et de se porter de
là ostensiblement vers n :ms à travers le pays
des Bructères; quant à lui, pendant ce temps,
s'embarquant en secret avec les quatre légions de l'armée Supérieure, il gagnerait la
mer par les lacs et de là l'embouchure de
l'Ems qu'il remonterait pour surprendre à
revers l'ennemi attaqué de front par Cécina.
Sous le commandement du préfet Pedo, la
cavalerie suivrait ce mouvement en longeant,
en pays ami, chez des tribus allié~s, les plages
sablonneuses et les vastes prairies de la Frise.
Les navires emplo1és par Germanicus pour
le transport de ses quatre légions devaient
être au nombre de trois cent cinquante environ ; c'étaient ceux de la flotte entretenue
par les Romains, depuis le temps de Drusus,
sur le Rhin, la Meuse et l'océan Germanique.
Avec précision tous ces mouvements s'accomplirent; en arrivant aux bouches del 'Ems,
le général en chef augmenta encore son armée
des contin11ents
auxiliaires que lui fournirent
O
les tribus des Chauques, ces fidèles alliées
des Romains. Mais, malgré la promptitude et
le secret de ces opérations, l'ennemi ne s'était
point laissé surprendre, et Germanicus, remontant l'Ems tandis que Cécina le descendait, fit sa jonction avec ce dernier sur le
cours moJen du fleuve sans avoir pu joindre
les Germains:
Sous les ordres d'un jeune et brillant général, Lucius Stertinius, le général en chef
lance alors en avant des troupes légères pour
essayer de prendre contact avec ce fuyant adversaire; mais celui-ci persiste à se dérober,
emmenant son bétail, brûlant derrière lui
cabanes, étables et tout ce qu'il ne peut emporter; dans une des escarmouches de cette
poursuite, Stertinius est cependant assez heureux pour reconquérir l'aigle de la XIX• légion, perdue dans le désastre de Varus.
Ainsi, au milieu d'un pays ravagé, l'armée
s'avance entre l'Ems et la Lippe jusqu'aux
sources toutes proches de ces deux rivières.

de Teutobourg, récent théàtre du massacre.
&lt;( Là, disaient les soldats en regardant de
loin ces cimes boisées et ces gorges profondes,
là gisent épars, sans sépulture, en proie aux
bêtes sauvages, les restes de trois légions ;q »
Le cœur serré, chacun se rappelle les
parents, les amis perdus dans le massacre et
brùle de rendre à ces restes ,·énérés les
suprèmes devoirs.
Cédant à ces désirs, Germanicus envoie en
avant Cécina pour reconnaître gorges et défilés, établir des ponts et des chaussées à
travers les marais et les terrains momants;
l'on se met en marche et l'armée en deuil se
trouve bientôt en présence de ces tristes
lieux.
Lugubre et humiliant spectacle! Par l'étendue de son enceinte, la situation de son prétoire, le premier camp de Varus indiquait
bien le travail de trois légions! plus loin, sur
l'emplacement du second camp, des re tranchements à peine formé~, un humble fossé,
montraient que là ne s'étaient arrêtés que les
restes d'une armée déjà décimée, épuisée et
vamcue.
Depuis le massacre, six ans s'étaient écoulés ; le temps et les bêtes sauvages avaient fait
leur œuvre. Sur tout l'espace Pilrcouru entre
les deux camps, par l'armée débandée,
c'étaient des ossements blanchis, amoncelés
là où l'on avait combattu, épars là ou l'on
avait fui; puis des armes brisées, des sque-

lettes de chevaux, des crânes humains suspendus comme trophées aux branches des
arbres; dans des bois voisins, tenus pour
sacrés par les barbares, s'élevaient encore les
exécrables autels sur lesquels, en l'honneur
de divinités avides de sang humain, avaient
été égorgés les tribuns et les centurions de
premier rang.
Échappés par miracle à la captivité ou au
carnage, quelques témoins survivants se trouvaient là : c1 Ici, disaient-ils, tombèrent les
légats de légion; là furent prises les aigles;
ici Varus reçut sa première blessure; là il se
donna la mort. ... Voici le tertre d'où Arminius harangua ses hommes'. »
Puis ils énuméraient les gibets où le vainqueur avait pendu, les fosses où il avait
enfoui les captifs; ils contaient les outrages
infligés aux aigles et aux enseignes.
Ainsi, six ans après le désastre, une armée
romaine venait recueillir les ossements des
trois légions.
Au lendemain même de la sanglante hécatombe, les parents et amis de tous ceux qu'on
supposait massacrés, espérant pouvoir un jour
recueillir leurs restes, avaient songé à honorer
de suite leur mémoire par des monuments
funèbres : sur la rive gauloise du Rhin, à
Vetera Castra, ancien cantonnement d'hi,·er
de la XVIII• légion, anéantie tout entière dans
le désastre, un citoyen romain, Publius Cœlius, érigea ainsi en souvenir de son frère, le
centurion Marcus Cœlius, un bien touchant
monument : sous un fronton triangulaire, on
y voit, en bas-relief, l'image du vieil officier;
sa main est armée du cep de vigne, insigne
de son grade; sa tête s'orne de la couronne
de chêne accordée à quiconque avait, dans un
combat, sauvé un citoven romain; autour de
son cou s'enroule le 'torque, autour de ses
poignets les anneaux, sur sa cuirasse s'étalent les cinq phalères ou décorations, récompenses variées et nombreuses de sa rude
vaillance. Au-dessous du buste, se lit cette
inscription : C( A Marcus Cœlius, fils de Titus,
de Bologne, tribu Lemonia, centurion dans la
dix-huitième légion, tombé en sa cinquantetroisième année dans le désastre de Varus.
Qu'on dépose ici ses os s'ils se peuvent retrouver. Son frère Publius Cœlius, fils de Titus,
a érigé ce monument". ,, De chaque côté du
buste de l'officier, sont sculptées les images
de ses fidèles.affranchis, Thiaminus et Privatus, tombés peut-être à ses côtés dans les
sanglants marécages de la forêt de Teutobourg.
Mais, sur le champ de mort, devant ces
monceaux d'os blanchis, comment reconnaître des restes aimés? S'il se trouvait là,
le frère du vieux centurion ,dut renoncer
pour toujours à l'espoir de transporter les
restes de Cœlius dans le tombeau qu'il
· leur avait préparé, et chacun, en livrant à la

1. Tacite. Am111les, I, :19 «... li n'i· a plus rien à
dire sur celle habitude des historiens anciens de
prêter à leurs pers_onnagcs des, _di~cours de leur invention .... Les ccm•ams qui n cta1ent qne de J'Ul"S
rhéteurs se contcnlnicnt de fabriquer des piéccs d'éloquence pour faire . n,1mi,·cr lem· ta.lent;_ les autres,
comme Tacite et Salluste, chercha1enl a les accommoder it la situation véritable; ils {011t dire à celui

qui pai·le, sino11 ce qu'il IL dit réelleme11t, du
moù1s ce 7u'il a dà dirf', en so1·te que ce, discOU1'S
ue sont pas sans utilité pour les hislo1'ie11s de nos
jnurs. » G. Boissicr, Co11juratio11 de Catilina, p. 152,
Hacl,ette, édit.
2. Le camp d'Aliso a été retroun\ à !laltern. Voy.
de fort mteressanles photographies des rctranchP-ments mis à jour, dans D• Fr. l{œpp. ])ic Romer

in De11lschla11d, in-8', BielefelÎI, 1905, pape li.
5. Tacite, Annales, J, 61.
4. Tacite, A1111ales, 1, 61.
5. llonumcnl trouvé en 1620 au village de Birtcn.
près Xanle11, emplacemcnl de Vetera. Pur(i• d'abord à
Clèves, ce monument se trouve aujourdlmi au musi-c
de Bonn. Le musée de Sainl-Gcnnain en possède 1111
moulage.

GERMANICUS.

Srnlfturc antique. (Rome.)

"" 15u ...

terre ces misérables, informes et anonymes
débris, les y déposait avec le respect véritablement dû à des proches, à des parents, à
des frères 1 •
Au-dessus de ce triste amoncellement d'ossements sans nom, l'armée éleva un haut
tumulus de terre dont, en témoignage de sa
douleur, Germanicus voulut, de sa propre
main, poser la première motte.
Sous ce rustique monument, les morts au
moins reposaient en paix; mais quel sort
était celui des malheureux prisonniers demeurés au pouvoir des Germains? On sait quelle
implacable sévérité Rome professait envers
ceux de ses soldats qui s'étaient laissés prendre
vivants par l'ennemi : aux temps héroïques
de la république, durant la seconde guerre
punique, le Sénat avait formellement refusé
de racheter les prisonniers faits par Annibal
et que celui-ci proposait de renvoyer contre
rançon.
Lors du désastre de Varus, quelques-uns
de ceux qui ne purent mourir les armes à la
main, surent du moins se souvenir de cet
1. Tacilc, A1111a/es, !, 62.
2. Velleius Paterculus. Il, 120.

antique exemple des ancêtres; c'est ainsi que au moment même où tu le méprises, lu peux
Calvus Cœlius, cc bien digne de l'ancienneté toi-même si facilement tomber 5. lJ
de sa race J&gt;, nous dit un de ses anciens
Ainsi, de jeunes hommes appartenant aux
camarades militaires!, ayant été enchainé par plus illustres familles de Rome étaient develes barbares, parvint à saisir un des anneaux nus esclaves des barbares I Heureusement,
de sa chaîne et s'en frappa si violemment la pour ceux-là, le nouvel empire ne montrait
tête qu'il en fit jaillir la cervelle.
plus l'inflexible intransigeance de l'antique
Tous ne montrèrent point si farouche république patricienne; le désastre de Varus
énergie :
avait d'ailleurs été si prompt, si effroyable,
cc Songes-tu, écrivait, trente ans plus tard,
que, par dérogation aux vieux usages, autorile philosophe Sénèque à son ami Lucilius, sation fut donnée aux familles de racheter les
songes-tu que celui que tu appelles ton captifs, à cette condition toutefois que ceux-ci
esclave sort des mêmes origines que toi, jouit demeureraient dans les provinces, sans poudu même ciel, respire, vit et meurt comme voir jamais rentrer ni à Rome, ni même en
toi? Tu peux un jour le voir libre et lui te Italie•.
voir esclaYe. Dans le désastre de Varus, comQuarante ans plus tard, dans une expédibien de jeunes patriciens, très splendidement tion sous l'empereur Claude, les légions
nés, qui accomplissaient dans. l'armée les romaines arrachaient encore, chez les Gerannées de service nécessaires pour leur per- mains, it une honteuse captivité de~ esclaves
mettre d'aspirer aux honneurs sénatoriaux, à chevrnx blancs, au dos voûté, aux membres
se trouvèrent, tout d'un coup, accablés par la tremblants, entrés jadis dans la vie, au temps
fortune! De l'un elle fit un berger, d'un autre de leur jeunesse, d'une façon si brillante, et
un gardien de cabane; ose maintenant mé- que les privilèges de la naissance semblaient
priser un homme dans le funeste sort duquel, alors rnuer d'avance, d'une façon certaine et
facile, aux plus solides et aux plus haut~
:i. Pli11c. f;pislofa•, liv. V, cp. 47.
t Oion Cassius, 1.ïl ch. un.
honneurs.
Cu. G.\ILLY DE TACRl;--;Es.

Souvenirs sur la cour de Louis XV

Le premier événement qui me frappa dans avancer une chaise pour ma mère; elle me
ma tendre enfance fut l'assassinat de plaça sur ses genoux. Nous demeurions dans
Louis XY par Damiens. L'impression que j'é- l'avenue de Paris, et tout le temps de notre
prouvai fut si vive, que les moindres détails course j'entendais sur les trottoirs de cette
sur la confusion et la douleur qui regnèrent avenue des pleurs, des sanglots. Enfin, je vis
ce jour-là dans Versailles me sont aussi pré- arrêter un homme : c'était un huissier de la
sents que les événements les plus récents. chambre du roi, qui était deYenu fou et qui
J'avais diné avec mon père et ma mère chez criait : &lt;1 Oui, je les connais, ces gueux, ces
un de leurs amis. Beaucoup de bougies éclai- scélérats ! lJ Notre chaise fut arrêtée dans
raient le salon, et quatre tables de jeu étaient cette mêlée : ma mère connaissait l'homme
déjà occupées, lorsqu'un ami de la maison désolé que l'on venait de saisir; elle le nomma
entra pâle et défiguré, et dit d'une voix au cavalier de maréchaussée qui l'arrêtait.
presque éteinte : cc Je vous apporte une ter- On se contenta de conduire ce fidèle serviteur
rible nouvelle. Le roi est assassiné! &gt;&gt; A l'ins- à l'hôtel des gendarmes, qui était alors dans
tant, deux dames de la société s'évanouissent, l'avenue. Dans les temps de calamités ou
un brigadier des gardes du corps jette ses d'événements publics les moindres imprucartes et s'écrie : cc Je n'en suis pas étonné, dences sont funestes. Quand le peuple prend
ce sont ces coquins de jésuites ! - Que part à une opinion ou à un fait, il faut
faites-vous, mon frère ? dit une dame en craindre de le heurter et même de l'inquiéter.
s'élançant sur lui, voulez-vous vous faire ar- Les délations ne sont plus alors le résultat
rèter? - Arrêter! pourquoi? parce que je d'une police organisée, el les châtiments
dévoile des scélérats qui veulent un roi ca- n'appartiennent plus à l'impartialité de la
got? n !\Ion père entra; il recommanda de la justice; tout le prouve. .\. l'époque dont je
prudence, dit que le coup n'était pas mortel ; parle l'amour pour le souverain était une requ'il fallait que chacun retournât chez soi ; ligion, et l'assassinat de Louis XV amena une
que les réunions devaient cesser dans le mo- foule d'arrestations non motivées. M. de la
ment d'une crise aussi affreuse. Il avait fait Serre, alors gouverneur des Invalides, sa
... 1.51

...

femme, sa flllc el une partie de ses gens,
furent arrêtés, parce que mademoiselle de la
Serre, venue le jour même de son courent,
pour passer le temps de la fête des rois en
famille, dit, dans le salon de son père, quand
on apporta cette nouvelle de Versailles :
c1 Cela n'est pas surprenant; j'ai entendu
dire à la mère N... que cela ne pouvait manquer, parce que le roi n'aimait pas assez la
r?ligion. l! ~a mère N... , le directeur et plusieurs rehg1euses de ce courent furent interrogés par le lieutenant de police. Une malveillance entretenue dans le public par les
partisans de Port-Royal, et par les adeptes de
la nouvelle secte des philosophes, ne cachait
pas les soupçons qu'ils faisaient tomber sur
les jésuites; et bien certainement, quoiqu'il
n'y eût pas la moindre preuve contre cet ordre, l'événement de l'assassinat du roi servit
le parti qui peu d'années après obtint la destruction de la compagnie de Jésus. Ce scélérat de ~-amie~s se .vengea _de beaucoup de
gens qu ~lavait servis dans diverses provinces,
en les faisant arrêter, et quand ils lui étaient
confrontés il disait aux uns : « C'est pour
ID? venger de vos méchancetés que je vous ai
fait cette peur. J&gt; A quelques femmes, il dit

�r--

111ST0'/{1.ll

« que dans sa prison il ~'élail amusé tic l'effroi qu'elles auraient ll Ce monstre avoua
&lt;1u'il avait fait périr le vertueux La Bourdonnaye en lui donnant un lavement d'eau-forte.
Il avait encore commis d'autres crimes. On
prei;id lrop aisément des gens à son service :
de semblables exemples prouvent qu'on ne
saurait mettre Lrop de précautions aux renseignements néèeisairesavant d'ouvrir l'intérieur
de sa maison ù des étrangers.

+
J'ai &lt;mlendu plusieurs fois M. de Landsmalh, écuyer, commandant de la 1éneric,
11ui venail sou1·enl chez mon père, dire qu'au
bruit de la nouvelle de l'assassinat du roi il
s'était rendu précipitamm&lt;'nt chez Sa Majesté.
.Je ne puis répéter les expressions un peu cavalières dont il se servit pour rassurer le roi;
mais le récit qu'il en faisait lorsque l'on fut
calmé sur les suites de ce funeste érénemenl
:unma pendant longtemps les sociétés où on
le lui faisait raconter. Ce M. de Landsmath
élait un 1•ieux militaire, qui avait donné de
grandes preuves de valeur; rien n'avait pu
soumettre son ton et son excessirn franchise
aux convenances et aux usages respectueux
de Ja cour. Le roi l'aimait beaucoup. Il était
d'une force prodigieuse, et avait souvent
lullé de vigueur du poignet avec le maréchal
de Saxe, renommé pour sa grande force.
M. de Landsmath avait une voix tonnante.
Entré chez Louis XV, le jour de l'horrible attenlal de Damiens, peu d'inslants après il
lrouva près du roi la Dauphine el Mesdames
filles du roi ; Loutes ces princesses, fondant en
larmes, entouraient le lit de Sa Majesté.
&lt;I Faites sortir toutes ces pleureuses, sire, dit
le vieil écuyer, j'ai besoin de vous parler
seul. l&gt; Le roi fit signe aux princesses de se
rclirer. &lt;I Allons, dit Landsmath, voire blessure n'est rien; vous aviez force ,·estes et gilets. ll Puis, découvrant sa poitrine : &lt;1 Voyez,
lui dit-il en lui montrant quatre ou cinq
grandes cicatrice;, voilà qui compte; il y a
trente ans·quej'ai reçu ces blessures; allons,
toussez fort. » Le roi toussa. Puis, prenant
le vase de nuit, il enjoignit à sa majesté dans
l'expression la plus brè1c, d'en faire usage.
Le roi obéit. &lt;I Cc n'est rien, lui dit Landsmatb, moquez-vous de cela; dans qualre
jours nous forcerons un cerf. - Mais si le
fer est empoisonné? dit le roi. - Vieux
mntes que tout cela, reprit-il; si la chose
était possible, la veste et ll•s gilets auraient
nettoyé le fer do quchJues mauvaises drogues. » Le roi fut calmé, et passa ur:e lrès
bonne nuit.

La manière dont mademoiselle de Romans,

mailresse tic Louis .\V, cl mère de l'abbé de
Bourbon, lui fut présentée, mérite, je crois,
d'ètre rapportée. Le roi s'était rendu en
grand cortège à Paris, pour y tenir un lit de
justicP. Passant le long de la terrasse des
Tuileries, il remarqua un chevalier de SaintLouis vètu d'un habit de lustrine, assez passé,
el une femme d'une assez bonne tournure,
tenant sur le parapet de la terrasse une jeune
fille d'une beauté éclatante, très parée, ai•ant
un fourreau de lalletas couleur de rose. Le
roi fut imolonlairemrnl frappé de l'affectalion avec la&lt;1uellc on le faisait remarquer 11
rrlle jeune personne. Ile retour à Ycrsailles,
il appela Le Bel, ministre cl confi&lt;lenl de ses
plaisirs secrets, el lui ortlonna de cherrher cl
de lrouver dans Paris une jeune personne
de douze à lreizc an~, dont il lui donna le
signalement de la manière que je viens de
délailler. Le Bel l'assur:i. qu'il ne vopil nul
espoir de succès dans une semblable commis~ion. c1 Pardonnez-moi, lui dit Louis XV;
relie famille doit habiter dans le quartier
rnisin des Tuileries, du côté du faubourg
Saint-Honoré, ou à l'entrée du faubourg
Sainl-Gerruain. Ces gens-là vont sûrement à
pied; ils n'auront pas fait traverser Paris à
la jeune fille dont ils paraissent très occupés.
lis sont pauvres; le vètement &lt;le l'enfant était
si frais, que je le juge avoir été fait pour le
jour même oit je devais aller à Paris. EUP. le
portera tout l'été; ks Tuileries doivent êlrc
leur promenade des dimanches et des jours
de fètes. Adressez-mus au limonadier de la
terrasse des Feuillants; les cnfanls y prennent des rafraichissements, vous la décou1Tirez par cc moyen. » Le Bel suivit les
ordres du roi, et dans l'espace d'un mois il
découvrit par ce moyen la demeure de la
jeune fille; il sut ']Ue Louis XV ne s'était
trompé en rien sur les intenlions qu'il supposait. Toutes les conditions furent aisément
acceptées; le roï contribua, par des gratifications considérables peudant deux années, à
l'éducation de mademoiselle de P.omans. On
lui laissa lolalement ignorer sa destinée future; et lorsq.u'elle rut quinze ans accomplis;
elle fut menée à \' ersailles sous le simple
prélexle de Yoir le palais. Elle fut conduite,
entre quatre ou cinq heures de l'après-midi,
dans la galerie de glaces, moment où les
grands appartements élaient toujours très
solitaires. Le Del, qui les allendait, ourrit la
porte de glace qui donnait de la galerie dans
le cabinet du roi, cl invita mademoiselle de
l1omans à venir en admirer les beautt's. Rassurée par la vue d'un homme qu'elle connaissait, et excitée par la curiosité bien pardonnable à son âge, elle accepta avec empressement; mais elle insistait pour que Le Bel
procuràt le mèmc plaisir à ses parents. Il

l'assura que c'élail impossible, qu'ils allaient
l'attendre assis dans une des fcnèlres de la
galerie, el qu'après avoir parcouru les appartements intérieurs il la reconduirait vers eux.
Elle accepta; la porte de glace se referma
sur elle. Le Bel lui fit admirer la chambre,
la salle du conseil, lui parlait avec enthousiasme du monarque possesseur de toutes les
beautés donl clic était environnée, et la conduisit enfin vers les petits appartements, où
mademoiselle de Ilomans trouva le roi luimêmc, l'attcndanl avec toute l'impatience et
lous les désirs d'1111 prince qui avait préparé,
depuis plus &lt;le deux ans, le momcnl où il
&lt;lcl'ait la posséder.
Quelles réflexions alfügcantes naissent de
tant d'immoralité! L'arl avec lequel celte
intrigue avait été conduite, l'innocence réelle
de la jeune de Romans, furent sans doute les
motifs qui attachèrent plus parliculièrement
le roi à celle mallresse. Elle est la seule qui
obtint de lui de faire porter le nom de llourbon à son fils .•\u moment d'accoucher elle
reçut un billet de la main du roi, conçu en ces
mots : &lt;I M. le curé de Chaillot, en baptisant
l'enfant de mademoiselle &lt;le Romans, lui donnera les noms suivants: Louis N. de Bourbon l&gt;. Peu d'années après, le roi, méconlenl
&lt;les prétentions que mademoiselle de Romans
établissait sur le bonheur qu'elle avait eu de
donner le jour à un fils reconnu, et voyanl,
par les honneurs dont elle l'environnait,
qu'elle se llattait de le faire légitimer, le fit
enlever des mains de sa mère. Celte commission fut exécutée avec une grande sévérité.
Louis XV s'était promis de ne légitimer
aucun enfant naturel ; le grand nombre de
princes de cc genre que Louis XIV avait
laissés était une charge pour l'État, et rendait
la détermination de Louis XV très louable.
M. l'abbé de Bourbon était très beau, ressemblait parfaitement à son père; il était fort
aimé des princesses fi Iles du roi, cl sa fortune ecclésiastique aurait été portée par
Louis XVI au plus haut degré. On lui destinait le chapeau &lt;le cardinal, l'abbaye de
Saint-Germain-des-Prés el l'él'èché de Bayeux.
Sans ètre rangé parmi les princes du sang, il
aurait eu une très belle existence. li mourut
à Rome, d'une petite vérole eonflucnte; il y
fut généralement regrellé; mais les é1énements sinistres qui ont assailli l'illustre maison dont il avait l'honneur de porter le nom
doivent faire envisager sa mort prématurée
comme un bienfait de la Providence. ~[adcmoiselle &lt;le Romans s'était mariée à un gentilhomme nommé M. de Cavanac; le roi en
l'u l mécontent, et tout le monde la blâmait
J'avoir, en quelque sorlc, quitté par celle
alliance le simple titre de mère de l'abbé de
Ilourbon.
MADAME

.-r, ,

CA.;\lP.\'.\.

LA CHOUANNERIE NORMANDE AU TEMPS DE L'EMPIRE
~

Tournebut
-

1804-1809 -

Par G. LENOTRE

CII.\PITRI-: li

Georges Cadoudal.
Georges élail cnlrJ à Paris, le 1•• septcmLrc 1803, dans un caliriolct à caisse
jaune, que conJuisait, rètu m cocher, le
marquis &lt;l'llozier, ancien pa 0e du roi, établi,
drpuis quelques mois, loueur de rnitures rue
Vidlle-du-Tcmplc 1. D'll01,icr mena Gcor~cs à
l'hôtel de B'or&lt;fcaux tenu, rue de GrcnellcSaint-llonoré, par la rnuvc Dathy.
La mission de préparer dans Paris des
abris pour les conjurés avait éLé confiJe à cet
llouvcl, dit Saint-Vincent, que nous avon; ,·u
déjà chez le l'igneron de Saint• Leu. Hou vcl
s'appelait de son véritable nom Raoul Gaillard t : type parfait du chouan incorrigible,
c'était uu beau garçon &lt;le trente ans, aux
dcnls blanches, au teint frais, !!rand rirnr,
,ètu à la mode. li é1ait très lié vavec d',\ché
cl l'on prétendait qu'ils avaient à Rouen la
même maitresse•. La spécialité &lt;le Haoul
GaillarJ et de son frère Armand était l'allaque
des diligences chargées des fonds de l'État :
l'argent enlevé, versé dans la caisse royale,
serrait :t payer les enrôlés. Depuis près de six
mois ]boui Gaillard était à Paris, rccherch:i.nl
les logeurs discrets, as;islé dans cette délicate
Lcsognc par Ilournt de Lozier, autre intime
do d'Aehé, avec ci.ni il avait servi dans la
marine avant la llévolu tion '.
Georges descendit chez P.aoul GaillarJ 11tii
logeait à l'hôtel de Bordeaux; mais il 1·11
partit le soir et alla coucher à la Clocue d'Or,
chez Den and, 1t l'angle de la rue du Bac et de
la rue de Varenne, OLL vint le rejoindre ~011
lidèle domcsli 1ue, Louis Picot, entré :1 Paris
lcmèmc jour. La Cloche d'Orélait, en 11uel4uc
sorte, le ccnlre des cooj urés : ils remplissaient la maison et Ocnand leur était tout
acquis. C'était un homme dévoué et peu
timide. Il avait placé dans la remise du séo:iteur François de Ncufohàlcau , dont l'hôtel
était tout voisin, le cabriolet, c1 forme de
Bruxelles, garni de drap blanc ll qui servait
ù Georges pour ses courses 5 •
1. .\uraham-Cbarles-Auguslc trlluti,•r : il avait
vingl-srpt ans en 1803. Procès de illo1·1•au, Il, 415,
cl Archi\'CS nationales, 1"1 (ij98 : précis de l'cxistcucc
de Charles-Auguste d'llozier rlcpuis 17()0 .
'2. Il était fils d'un cullil'alcur aisé de l.,\uéucl'illc,
près &lt;le Roucu.
J. La femme Lcrnsscur : elle avait, disait-on , un
fib de chacun ,rcu,.
i. • On présume •1uc c'est par IJouvcl 11uc ,L\ché

Six semaines auparavant, Boul'cl de Lmirr
al'ail loué, p:ir l'inlcrmédiaire de Mme Costard
tic Saint-LégC'r, sa maitresse, une jolie maison, isolée au has &lt;le la colline de Chaillot,
près de la Seinc6, et y avait installé comme
concierges, un sieur Daniel et sa femme; dont
il connai~sait d~ longue date le dévouement à
sa famillt". On accédait au pavillon d'habitation par un double perron &lt;le qualorzc rnarthcs : une première salle à quatre fenèlres
élail pavée &lt;le carreaux de marbre blanc cl
noir; table dtl noyer pour huit couverls,
chaises cannées de paille de couleur, dessus
de portes représcntanl des jeux d'enfants,
rideaux de mousseline des Indes &lt;1 à mille
raies &gt;&gt;; tel était le décor &lt;le celte pièce qui
servait de salle à man0er. Le salon suivant
s'édairail également de quatre fenêtres et

B OUVET DE L OZIER,

D'ap,.ès u11e gravure du CaMnet des Est.impe.• .

contenait une ollomanc et six fauteuils recouverts de velours d'Utrecht bleu et blanc,
a êlé affilié dans le parti : ils sont, 1'1111 cl l'aulrl',
oflicicrs de marine; ils ont les mêmes ronnaissancc,,
les mêmes goùt, cl les mêmes hauitudes : prcs•J11C
compatriotes ils se "oyaiènl chez lime de Sainl-l'afr.
,!ont la maison servait de rendez-vous à Lous les
méconlenls qui se Lrouvairnl i: quelques lieues à la
ronde de ,es propriêtés. » Archi,·es nationale~.
F7 ü307.
;,. Archives dè la prércclurc de police.

tl,·ux bergères en ~oie hro~hée, deux talilcs
J'acajou à dessu~ &lt;le marbre. l'ui, venait la
diambrc à courber avec son lil 1t colonnes,
~es consoles, ses glaces. Au premier étage se
lrourait un apparkmenl de trois pièces et,
Jans un bàliment voisin, était nne grande
salle qui pouvait senir de lieu d'asscmlilée;
le tout entouré d'un grand jardin, fermé, du
rù'é de la berge, par une furie grille à deux
vantaux 8•
Si .nous nous attardons à cet inventaire,
1;'cst qu'il a, seml&gt;le-t-il, une sorte d'éloquence. Qui pourrait imaginer, en effet, que
cc pavillon, si élégamment disposé, eût été
loué par Georges pour s'y loger, lui et ses
amis'/ Ces hommes, dont on ne peut s'empêcher tl'admircr le désintéressement et la ténacité, qui depuis dix ans luttaient pour la
cause royale avec une héroïque cnùuraoce,
supportant les plus rudes privations, alTrontanl les tempêtes, couchant sur la p:iillc,
marcuant fa nuit; ces hommes, dont les corps
s'étaient durcis à force de fatigues, gardaient
des ,'tmes d'une candeur véritablement touchante; ils croyaient encore que le prince
pour lequel ils combattaient viendrait un
jonr partager leurs dangers. La chose avait
été si soul'cnt annoncée et si somcnt ajournée,
qu'un peu de méfiance eût pu leur être permis; mais ils a vaienl la foi el elle leur inspirait cette chose qui leur semblait toute simple
et qui était sublime: tandis qu'ils se logeaient
dans des bouges, qu'ils vi,·a:cnt d'une paye,
modique comme une aumône, parcimonieusement pnilevée sur la caisse &lt;lu parti, ils
ménageaiE-nl une relraite confortable et
SO)'CUSe où leur prince - qui ne devait
jamais venir - pùt altendre douillettement
qu'ils eussent, an prix de leur rie, assuré le
succès de sa cause. Si l'hisloire mème de
nos sanglantes discordes conserve toujours
des allures d'épopée, c'e&amp;t qu'elle abonde en
exemples de ces abnégations aveugles, si
lointaines, si introuvables aujourd'hui qu'elles
nous paraissent d'une invraisemblable extravagance.
Après six jours passés à la Cloche d'Or,
Georges vint prendre possession du pavillon
Ci. La ma ·son appartenait à un sieur Ilarizon le
prix ùc _la. locaLi..11 étai L_ de J
francs pour' ,ix
mois de Jou1s,ance: le bail a,,a,l etc signe le 19 juil1
let ·180}. Archives nationale,, F 6307.
7. La femme Dauicl, née Matlelcinc Pclhuy. blanrl11sscuse de bas de suie. 3l'a1I élel'é le fils J.e Bouvet
de l.ozicr..\ rchi ves nalionalcs, F7 6307.
~- tint des lic11J· el 111e11bles de la p etite 111a i•o11

.5p~

limée à .1!111e de Saint-Léger.

�,

111STOR,.1.Jt
de Chaillot, mais il y séjourna peu 1 , car on
le trouve, vers le 25 septembre, rue Carême-

Prenant, 21, dans le faubourg du Temple;

Tou~NEBUT - - ~
la maison'. Spain apportait à la pratique de
son étrange spécialité une sorte d'amourpropre : il se montrait Her d'avoir réussi à
établir, dans le logement d'un de ses amis,
Je tailleur Michelot, rue de Bussv, une cache
dont Michelot lui-même, obligé par sa profession à de longues absences, ne soupçonnait
pas l'existence et où séjournèrent successivement quatre des conjurés'. Quand le tailleur
était en courses, ses pensionnaires se dégourdissaient dans l'appariement; dès qu'ils l'entendaient monter l'escalier, ils rentraient
dans leur repaire, et le brave ~Iichelot, qui
devinait vaguement qu'un mystère planait
sur sa maison, ne connut le mot de l'énigme
que lorsqu'il comparut devant la justice
comme complice de la conspiration royaliste
dont il n'a,·ait jamais entendu parler.
C'est de la rue Carême-Prenant• que
Georges parlit pour le premier de ses voyages
à Biville. Nous avons indiqué les dates de
ces pérégrinations dont le détail n'entre pas
dans notre sujet. Le 23 janvier il rentrait
définilivement à Paris, amenant Pichegru,
Jules de Polignac et le marquis de Rivière
quïl était allé recevoir à la ferme de la Poterie. Il logea Pichegru chez un employé à la
liquidation générale de la dette publique,
nommé Verdet 1', qui avait cédé aux conjurés
le second étage de sa maison de la rue du
Puits-de-l'llermile : ils restèrent là quatre
jours; le 27, Georges conduisit le général à
la maison de Chaillot c&lt; où ils ne couchèrent
que quelques 6 nuits Jl. A l'heure oit ils s'y
installaient, Querelle signait entre les mains
de Beal ses premières révélations.
Nous n·avons pas à suivre les allées et
venues de Pichegru, ni à conter ses entreYues
arec Moreau : l'organisation seule du complot
nous intéresse, en raison de la part qu'y
a,·ait prise d'Acbé. Personne, d'ailleurs, n'a
jamais démêlé le résultai politique qu'aurait
pu amener la rencontre de l'ambition aigrie
de Moreau 7, de l'insouciance de Pichegru et
de l'ardeur fanatique de Georges. Dans cette
collaboration bùtarde, cc dernier seul était
décidé à l'action, encore qu'il se trouvât paralysé par l'obstination des princes à ne vouloir
0

d'llozier avait loué là un logement à l'entresol
et y avait fait pratiquer &lt;1 une cache )&gt; par un
entrepreneur, nommé Spain, doué d'aptitudes singulit:'res pour ce genre d'architecture. Spain, sous prétexte de réparations
indispensables, s'était enfermé avec ses outils
dans rappartement, et avait machiné dans
le parquet une trappe habilement dissimulée,
au moyen de laquelle, en cas d'alerte, les
locataires pouvaient se glisser jusqu'au rezde-chaussée et sortir par une boutique inoc-

cnpée dont la porte omrait sous le porche de
l. D'après les_ déhats du proc~s, il s·y serait installé
I septembre /ProcU .
1. H, p. 419), mais la déposition du concierge Oauic l
est formelle : il prit avec sa femme, dit-il, possessiou
de la maisou le 16 aoùl et ils y restërent absolument
seuls pendant dcm: mois emiro11: il portait à Mme de
Saiut-Léger les t'ruits du jardin; elle lui annonça un
jour qu'elle partuit pour la camp:iguc, mais que des
personnes de ses amis ,·iendraient l111biter la maison
cl qu'il faudrait les recevoir « comme si c'était ellemême l}. /luit jonrs après, deux individus arrivèrent,
conduits par Hyacinthe {Bouvet de Lozier ). « Daniel
lui remit les clefs et leur donna de la chandelle
parce &lt;p{il_ faisait nuil ; ils rest_êrcnl à la maison pendant hmt JOurs. » Al'elmcs naL10nales, F7 6397.
2. Archi\·cs nationales, F7 6405.
3. D'llozicr, entre auh'es, y passa quatre jours.
pour tro,s semames, vers le

Procès, V, 13ft.
4-. La femme qui, dans le logement de la rue

Carême-Prenant, faisait le lit et rangeait la chambre
des conjurés, s'appelait Marie-Josèphe ~ c'était la cousine de Georges; elle disparut « avec ces messieurs l) .
Archives nationales, F7 ti405, et P1'ocès, Il, -420.
5. Jac&lt;1ues Ye rdet·, quarante-huit ans. né à Vaucouleurs {Meuse). li semlile que ce soit par l'intermédiaire de Monnier, d'A umalc, que d'Aché avait attire
Verdet au parti. Archives nationales, F7 ü-i02. cl
Procès, 11,406.

û. 11 Oet1x indi,·idus soul ar1·î1·Cs et 011t couch.:,
quelques nuits. li y eut, penclant dt"!ux ou lrois jours,
deux l'luwoux dans l'écurie. soîgrn1s par Joseph (Louis
Pico!.), domestique de Lari1·c (Georges) ; Hyad ntl1c
(Bouvet de Lozicl') a apporté un jour une hure de
sauglier cl deux paniers de vin. » Uéposition du (;oncicrgc 0ai1iel. Archives nationales, ~-, 630i.
7. «. Dans la co11fércnce qui eut lieu le 28 ja1n·ie1·
cnll'e IJichcgru, Georges et More;iu, celui-ci ne cacha
pas qu'il dcmaudait pour lui la dictature. - Qu'e5l
ceci, dit Georges avec colère, et pour f/Ui nous prcnez\'ous? :\"ous n'aurions donc ll'av11illé que pour mus'!
S'il en est ainsi, je me re lire et ,·ous pou\·cz bien
faire vos affai1·cs !out seul. Et il Mlrtit en répétant :
- Il parait que lforeau ne roulait se sen·ir de nous
que pour prendre la pl~ce du premier Consul : mais,
un bleu pour un bleu, j'aime encore mieux celui qtu
y est que cc j .-r... là. »
Oéposilion de Bou \'el Uc Lozicr. Voi r 1'ougarètle,
op. cit., t. I, p. 67.
8. « Des conspirateurs a,·aient fait faire des uni~
formes semhlahles à ceux des guides consulaires qui
faisaient jour cl nuit le service auprès du Consul et
le suivaient à chm·al dans ses excursions. Sous ce
costume, cl ~ l'aide de leurs intelligences avec leurs
complices 1te l'intérieur du châtetiu (des ounicrs
marbriers chargés des embellissements et des réparation s à faire aux cheminées ... ) ils auraient pu facile-

traitait ses amis 1 , entre autres Deois Lamotte,
le vigneron de Saint~Leu, et Massignon, le
fermier de Saint-Lubin, auxquels il offrait
des déjeuners fort gais, avait découvert que
Massignon cultivait à bail quelques terres
appartenant à Macheret, le cocher du Premier
Consul, et il s'était mis en tête d'entrer, à
tout hasard, en relation avec ce personnaget;
il eut même l'audace de se présenter au chàteau de Saint-Cloud dans l'espoir de le ren -

passer le détroit que quand le trône serait
rétabli. Il disait vrai, lorsque plus tard, devant
les juges, il affirmait n'~tre venu en France
que pour tenter une restauration ({ dont les
moyens ne furent jamais réunis u ; car on ne
s'entendit même pas sur la façon dont on
agirait à l'égard de Bonaparte. Une idée assez
étrange avait d'abord été émise : le comte
d'Artois, à la tête d'une bande de royalistes
égale en nombre à l'escorte du Consul, devait
l'attendre sur la route de la Malmaison et le
provoquer en un combat singulier, mais la
présence du prince était indispensable à celle
réédition du combat des Trente et, comme il
ne parut point, il fallut renoncer à ce projet
d'un chevaleresque un peu suranné. On s'arrêta ensuite à l'idée d'un enlèvement; des
hommes résolus -les compagnons de Georges
l'étaient tous - se chargeaient de pénétrer,
la nuit, dans le parc de la .\lalmaison, enlevaient Bonaparte et le jetaient dans une berline qu'une trentaine de chouans, costumés
en dragons, auraient escortée à fond de train
jusqu'à la mer. Ce théàtral coup de force
reçut Înème un commencement d'exécution :
on en trouYe l'écho dans les Mémoires publiés
sous le nom du valet de chambre Constant•,

qu'hébergeait Monnier, de capotes et de
culottes de drap vert, auxquelles il ne manquait que des boulons de métal pour qu'elles
fussent transformées en costumes de dragons.
Le, dénonciations de Querelle coupèrent
court à ces préparatifs : il ne restait qu'à se
terrer. Bon nombre des conjurés y réus5irent,
mais tous n'eurent pas cette adresse. Le premier dont se saisirent les agents de Béal lut
Louis Picot, le domestique de Georges.

posa une somme de 1.500 louis d'or qu'on
prit soin de compter devant lui; comme il
repoussait ces offres, Béal le fit metlre à la
torture. Bertrand, le concierge du dépôt, se
chargea de la besogne; on écrasa les doigts
du malheureux Picot au moyen d'un chien de
fusil et d'un tourne-vis; on lui mit les pieds
au feu en présence des oWciers de garde'. JI
n'avoua rien. et Il a tout supporté avec une
résignation criminelle, écriYait à Réal le ma-

,

e ⇒

..._......_H.~
Clkhé Braun et Cl•
ARRESTATION DE GEORGES CADOUDAL. -

Tableau de II. DE

CALLIAS.

et certains détails de l'enquête confirment
ces assertions : ainsi, Raoul Gaillard, qui
continuait à loger à l'hôtel de Bordeaux et y

contrer. D'autre part, Genly, tailleur aux
galeries de bois du Palais-Boyal, aYail livré
quatre uniformes de chasseurs, commandés
par Raoul Gaillard, et Debausseaux, tailleur
à Aumale, avait, à l'époque de l'un des passages, pris mesure, à quelques-uns des hùtes

C'était u11 Lomme rude et grossier, mais fanatiquement dévoué à son maître sous les ordres
duquel il avait servi en Vendée. On le traioa
à la préfecture, on lui promit la liberté immédiate en échange d'un mot qui pût mettre
la police sur la piste de Georges j on lui pro-

gistrat enquêteur Thuriot l; c'est une àrue
endurcie dans le crime et fanatisée. Je l'ai
laissé aujourd'hui à ses souffrances et à sa
solitude; je ferai recommencer demain; il a
le secret de la cachette de Georges, il faut
qu'il le livre. "

ment s°approchcr et sil m~l er à !a garde_ qui était l~g6c
~ la Malmaison; ils auraient pu m&lt;•me
parrenir jusqu'au premier Consul et l'enlever .... Leur
poinl de ralliement élail aux carrières de l\"anlerre :
il y avail dans le pare de la )lalmaison une Cf!rrièrc
as~ez pl'ofonde : on craignait qu'ils n'en prof;ta,sent
pour s'y cacher et on y avait fait metfrc une purlc
en fer.» Mémoires de Constant, t, l, p. 4:1-i.:i.

1. Déposition de Jeanne )lougea.l, cuisinière à
l'hôtel de Bordeaux. Archives nationales, F7 6402.
2. « Saint-\ïnceot nous a cmmrnés déjeuner et je
vis .qu'il y al'aÎt là quatre personnes de sa hauclc.
Désirant \'Oir ~I. Machcrct c1ui était à Saint-Cloud.
Saio~-\'i~cent_ nous _proposa de nous y mener : il
paraissait désire!' mir ce cocher sans chercher, cependant à lui parler, « pour boire, disait-il, une goulte

ensemlilc, s'il le rencontrait» ... . Déposition de J.-B.
~fassignon. Archive~ natiouoles, 1-' 7 6402.
3. « On a commencé par m'o!frir 1.MIJ louis et ma
liberté : ou les a comp1és sur lo tab!e pour partir où
je vouilroi~ nllel' et dire J'a&lt;lrrssc de mon maitre : j'ai
dil que je ne la sa,•ais pils. Lll citoyen Bertrand a
envOl"é che!'cl1cr l'officier de gnrdc el lui a dit d'apporlt!r u·n chieu de fu~il et un tournevis pour me serrer

Je:- doigts. li m·a fait attacher, il m·a fail serrer les
doigts autant qu'il a pu .... C'e:;t la vérité, les olficiers
de garde p~uvcnt le 1t ire : j'ai étl' ch auffé au feu .... n
Déclar:1tion de Pitot. Proâ:s, IV, J35.
4. JI n'csL pas i11u1de de r~ppclcr que Tliuriot fi c
la llozère, Hncirn con,mtionnel régicide, arnit été tltt
parti de Robc:;pierre jusqu'à sa chute cl s"élail ensui le
prudemment rangé au nombre des Thermîdorieus.

el nourrie

�"---------------------------------------

1/1STO'f(1A
Le lendemain nou vclles tortures et, celte
fois, la douleur arracha à Picot l'adresse de
la maison de Chaillot : on y courut; elle était
vide : la journée, pourtant, avait été bonne,
car la police, avertie par une dénonciation
anonyme, avait mis la main sur Bouvet de
Lozier au moment où il entrait chez sa maitresse, Mme de Saint-Léger, rue Saint-Sauveur. Il fut 'interrogé et nia tout; écroué au
Temple, il se pendit pendant la nuit, à l'aide
de sa cravate nouée en corde aux barreaux de
son cachot; un geôlier, l'entendant râler,
pous~a la porlc et le décrocha; mais Bou\'Ct,
plus qu'aux trois quarts morl, fut pris, dès
qu'on l'eut ranimé, d'un treml,lemrnl convulsif et, en proie au délire, il parla .. .. Ce
suicide, pour tout dire,'Lrouva &lt;les incrédules,
et bien des gens, informés des scènes dont le
Temple et la préfecture étaient le théàtrP,
pensèrent qu'on avait un pru aidé Bouvet it
s'étrangler, de même qu'on avait ,, 111is au
feu H les pieds de Picot. Ce qui rendait &lt;·&lt;•s
soupçons assez vrairnmblables, c'est d'abord
que les mains du pendu « étaient horr;blement en0ées 1 » quand il parut le lendemain
devant Réal; c'est ensuite la forme étrange
donnée 11 la déclaration qu'il était cenFé ,l\oir
dictée, à minuit, au moment même où on le
rappelait à la vie : Un homme qui sort des
portes du tombeau, encore cuurert des
ombres de la rnorl, demande vengeance de
ceux qui, par leur p1·1·fidie .. .. On ~·accordait
à penser que cc n'était point là le ~Lyle d'un
pendu, râlant encore, et que les agents de
füal devaient arnir, tout au moins, prêté
leur éloquence it ce morillond.
Quoi qu'il en soit, le gomernement en
savail assez maintenant pour ordonner les
rires mesures de rigueur contre les « derniers
royalistes ». Bou\'ct n'avait pu in&lt;liquer,
comme Picot, que le pavillon du quai de
Chaillot et le logement de la rue CarêmePrenant, et l'on ignorait toujours la retraite
de Georges. Les révélations, arrachées par la
peur ou la torture à ses affiliés, grandissaient
encore la figure de crl homme extraordinaire
en monlranl la puissance de l'ascendant qu'il
exerçait sur ses compagnons et le mystère
dont s'entouraient tous ses actes. Une légende
se créait autour de son nom cl les conwwniqués publiés par le Afonilew· ne contribuaient
pas peu à faire de lui une sorte &lt;le personnage fantastique qu'on s'attendait à
voir surgir tout à coup, pour terminer la
ré,·olution par qucl&lt;Jue grandiose coup de
théâtre.
1. Faurie!, /,es demiers JO!lrs clu Co11sulat.
'l. «. 1,e ~éném!, Duplessis au géuér"I ;ouverneur

de l'an,, 2J pluno5C an XII. Deux md1ln1res rccounaisscnt Georges dans la rue ~euvc-des-Petits-t:liamps,
le suil'ent jusqu'au coin de la rue Coquillière où il
entre dans un cale. Les deux sergents y sont entrés,
ont demandé une bouteille de bière et ont été chercher la garde._ P_end:mt celle minute, Georges, étonné
(Jue cieux m1htmes demandassent une buntcille de
bière sans la boire, en rémoigna rn surprise tout haut
et s'en l'ut avec son camarade. o Arcl,. nal. F7 ti 392.
5. « 8 venlûsc au XIl (t8 février 1804).
" En vertu de l"ortlrc dt1 Prrmier Consul Ioules
les La,·rièrcs de Parisseronl fermées t·e soir, à ~ompter
de. sept heures pr(&gt;cises : 011 laissera entrer tous ceux
•1111 se présenteront et on ne lai~scra sortir pcr,oune
ju,.1u'i1 demain, six heures du mat111 .

et cet homme-lantôme traqué dans la ville,
qu'on croyait rencontrer partout ! et llui demeurait insaisissable. Les barrières étaient
fermées;; comme aux jours les plus tragiques
de la Terreur; des patrouilles de policiers et
de gendarmes gardaient toutes lrs rues; les
troupes de la garnison étaient réparties, armes
chargées, le long des boulevards extérieurs;
des affiches blanches annonçaient « que les
recéleurs des Lrigands seraient a~similés au~
brigands eux-mêmes l&gt; ; c'était la mort pour
qui donnerait asile à l'un deux, ne fût-cc que
pendant vingt-quatre heures, sans le dénoncer à la police; le signalement de G~orgcs el
de ses complices I é1ait in~éré dms tous les
journaux, distribué en brochures et placardé
sur Lous les murs; on y indiquait leurs derniers domiciles et tous les renseignements qui
pouvaient les faire reconnaître; les commis
des· barrières avaient ordre de fouiller les
tonneaux, les charrettes des blanchisseurs, les
paniers et, comme les cimetières ét~ienl situés

hors de l'enceinte, de visiter avec le plus
grand soin les voilures de deuil qui y transportaient les morts 5•
Georges. en qui liant Chaillot, était retourné
chez Verdet, rue du Puits-dc-l'Ilermite.
Comme il ne sorlait pas et que ses amis
n'osaient ,•enir le ,·oir, Mme Verdet s'était
instituée le commissionnaire de la conjuration.
Un soir elle ne revint pas. Chargée de
porter une leltre à Bouvrt de Lozicr, elle était
arrivée rue Saiut-Sauveur au moment 011 l'on
emmenait llomct au Temple cl clic al'ait été
nrrèléc avec lui. Ainsi le cercle autour de
Georges se rétrécissait; il lui fallait quiller
au plus vite la rue du Puits-dc-l'lfermite, car
la lorlurc pouvail arracher à Mme Yerdct le
secret de son asile. Mais où aller? Le pavillon
de Chaillol, l'hôtel d~ la Cloche d'Or, la maison de la rue Carême-Prenant étaient maintenant connus de la poiicc, Charles d'llozier
consulté, indiqua une retraite qu'il se réservait pour lui-même et que lui aYait ménagée
Mlle llisay 6 , pa111 rc fille contrefaite et maladive qui servait l, s conjurés avec un zèle
infatigaL!e, prenant loulcs sortes de déguisements, parvenant à luller d'adrrssc et d'aclivilé avec les agents de fléal. Elle aYait loué
chez la femme Lcmoinc fruitière. rue de la
Montagne-Saiotc-Genevièl'e, une boutique et
une cbamLre haute, en se réservant « d'y
placer des personnes de sa connaissance ï &gt;l.
C'est là qu'elle conduisit Georges dans la
nuil du 1i février. Le lendemain, deux de
ses officiers, Durban el Joyaut, vinrent l'y
rejoindre; tous trois vécurent chez la femme
Lcmoinc pendant l'ingt jours; ils halJitaient
la c:hambre haute, laissa;it inoccupée la boutique du rez-de-chaus~éc, où se tenaient en
surveillance Mlle Jlisay et la petite Lemoine,
âgée de quinze ans. Le soir venu, toutes
deux montaient à la chamLrc des proscrits cl
y passaient la nuit, séparées par un rideau des
lils oii dormaient Georges et ses complices.
D'ailleurs la fruitière cl sa fille ignoraient
absolument la qualité de leurs hôtes, Mlle
Jlisay les ayant présentés comme étant trois
commerçants inquiétés par leurs créanciers
el que le malheur des temps obligcaient à se
cacher.
Cet incognito occasionnait des inci&lt;lrnls
assez piquants : certain jour, la femme Lemoine, revenant du marché 011 les commères
du quarlicr avaient disserté sur la conspiration dont tout Paris s'entretenait, dit à ses
locataires :
- Oh I mon Dieu I vous ne savez pas? On
assure que ce malheureux Georges veut nous

• 10 Yentù5C. - Le con~eillcr d'Etat, prêfcl de police,
recommande de . bien prendre garde que Gcor"CS ne
,orle cles barrières déguisé en chancticr. » ,1,'.'cl,ivcs
,le la prél'ceture de police. 1,e même carton cont ient tic
nombreux rcnrnignemcots sur la surveillance des barrii'rcs et des spécimens des cades déliHées aux militaires que leur SCl'l'ice obligeait à sortir de Paris.
~· Voici, entre autres, celui de Gco,·ges, chef de
br1ga11ds.
« Georges, dit l.arirc , dit Masson, lrcutc-quatre aus
cl n'en paraissaut pas dal'ant~ge, cinq pieds quatre
JJOUCes, cx1t·èmerne11t puissaut et rnnlru, épaules
Jarges, 11'1111c corpulence ênorme; sa lète trè; rcmarcruaLJe par sa prodigieu&lt;c gro$scur. Col très court, le
poignet Jort et gros, jambes et cui&lt;.scs peu lon"ues.
Le nez écra,é et comme cuupG dans le haut, large du

Las : yeux gris dont l'un esl sensiblement plus petit
que l'autre; sourcils légèr ement marqués et séparés.
Cheveux châtain clair. assez fournis, coupés lrès courts,
ne frisant point, excepté s111· le dcrnnt où ils sonl plus
longs; teint frais, blanc et colore, joues pleines, ,ans
rides. Bouche bien l'aile, dents très blanches, barbe
peu garnie, l'a\'oris presque roux, assez fournis, mais
u'étant ni larges, ni longs; menton renfoncé.
« li marche en se bal.mçaul el les bras tendus, de
manière que ses mains sont en dehors. D
Archives de la préfecture Je police. Imprimu.
â. Archives de la préfecture de police.
ü. Marie-Michèle Jlisar élail la fille du toi,cur de
Spain, par qui d'llozic,· i'a,ail connue.
7. l'rocès de Gcorg~s, l'icliegru el -aulru, t. 1,
JJ· ;;;:;;:;.

Paris ,écut dans la fièvre les premiers
jours de mars 1801,, suivant avec anxiété le
duel à mort engagé entre le Premier Consul

"" l

56 ..,.

T OUl(N'EBUT

- - ..,.

elle devait forcément traverser la place où pas derrière lui; Petit et Deslavigny sui"aient
convergeaient le, prinripalcs rues du quar- à plus grande distance. Au moment où la
tier : l'ordre était de la laisser passer, au voiture arrh·ait à l'angle de la rue des Seplcas où elle ne contiendrait qu'une personne!, \'oies, un groupe de quatre individus sortit
mais de la suivre a,·ec les plus extrêmes pré- de l'ombre; l'un d'eux saisit la Larre du tablier, cl, s'aidant du marchepied de droite,
cautions.
La nuit était venue el aucun incident se jeta dans le caLriolet qui ne s'élait pas
n'avait encore été signalé confirmant Irs arrêté et qui partit aussitôt à grande allure ....
Les agrnts arnient reconnu Georges, déhypothèses de Petit. quand, un peu.-- a,·ant
guisé
en fort de la halle. Caniolle, plus rapsept heures, un cabriolet déboucha sur la
proché,
s'élança : les trois hommes restés
place, venant de la rue Galande. Un seul
sur
place
et qui n'étaient autre que Joyaut,
homme s'y troul'ait. tenant les rênes. Lrs
espions qui, sous dillërents costumes, flâ- Durban et Raoul Gaillard, tentèrent de lui
naient autour de la fontaine, le reconnurent barrer le passage; Caniolle, les repoussant,
d'après son signalement : c'était Léridanl. se mit /1 la poursuile de la voiture qui dispaLe cabriolet, du reste, rorlail le n° 55 el raissait dans la rue Saint-Étienne-des-Grès.
n'avait qu'une lanterne allumée, celle de Il l'alleignit au moment où elle s'engouffrait
gauche. Il monta lentement la pente de la dans le passage des Jacobins; saisissant les
rue de la Montagne-$ainlc-GenevièYe; lrs ressorts, il se laissa emporter; les deux offiagent~. rasant les murs, le suivaient de loin. ciers de paix, moins agiles, suil'aienl en
Petit, l'inspecteur Caniolle, l'officier de paix criant : &lt;! Arrête! arrête! ,&gt;
Georges, assis à la droite de Léridant, qui
Destavigny le serraient de plus près, s'allentenait
les rênes, était tourné vers le fond du
dant à le voir s'arrêler devant une dPs maicabriolet
et cherchait à suivre, par le vasislas.
sons de la rue où ils n'auraient qu'à cueillir
les péripéties de la poursuite; au moment où
Georges sur le seuil; mais /1 leur irrand
il s'élait jeté dans la voilure, il arait aperçu
désappointement, le cabriolet tourna à droite
les policiers el avait dit à Léridanl :
dans l'étroite rue des Amandiers rl s'arrêla
- Fouettez, fouettez fort.
rontre une porte cochère Loule proche de
- Pour aller où 1 demanda l'au Ire.
l'ancien collèi?e des Grassins. Comme la lan- .Je n'en sais rien, mais il faut aller;.
lernc projetait une lumière très virn, les
Et le cheval, cinglé de coup~, avail pris le
!rois policiers se dissimuJ1,rent dans les allées
grand trot.
l'Oisines; ils virent Léridant descendre de
Au bas du passage tles Jacobins qui, par
,·oiture. Il entra sous une porte, sortit,
nn angle assez aigu, débouchait dans la rue
rentra enrorc et allcndit près d'un quart
d'heure. Enfin il fit lourncr son cheYal et de la Harpe, Léridanl dut forcément ralentir
pour tourner sur la place Sainl-~lichd el ne
rrmonla sur le siègr.
pas manquer l'entrée de la rue des Fossés1\fonsieur-le-Prince. li se dirigeait vers la rne
du Four, espérant, gràce :, la pente de la rue
des Fossés, distancer les policiers cl arriver
chez Caron a,·ant qu'ils eussent alleint le
cabriolet.
De la place qu'il occupait, Grorges ne pouvait, par l'étroite vitre, voir Caniolle. crnmponné à l'arrière de la capote; mais il en
a percerait d'autres, courant à Ioules jamLes.
Dcstavigny et Petit avaient, en effet, continué
leur poursuite; leurs cris rctrutaient, sur
tout le parcours, les espions postés dans le
quartier; au moment où Léridant lançait à
une allure folle le cabriolet dans la rue des
Fossés-~fonsicur-lc-Prince, Loule une meute
&lt;l'agculs se 1·uail derrière lui.
A l'approche de cc tourbillon les passants
apeurés se garai!'nl sous les portes; une
seule i&lt;lée hantait si bien tous les esprits,
qu'à l'aspect quasi fantastique de celle voilure emportée dans la nuit, au Lruit drs
coups de fouet, des cris, des jurons, du
heurt rnnorc des sabots du chcral sur le
pa\'é, une ~eule clameur s'élcrnit: Georges!
LÉI\IDANT.
Geo1·ges ! C est Georges! Aux fenêtres brusD'après 1111e g1"av11re du Cabinet des Estampes.
que~1enl ouvertes apparaissaient des visages
Le cabriolet s'engagea de nouveau dans la anxieux; de toutes les portes sortaient des
rue de la Monlagnc-Sainle-Geneviève qu'il gens qui, sans savoir, se mcltaient à courir
acheva de gravir au petit pas du cheval; il entraînés c~mme une trombe. Georges vit-ii
prit la place Saint-füiennc-du-Mont, longeant dans celle c~rconstan_ce ?,n dernier moyen de
les maisons : Caniolle marchait à quelques salut? Cru Hl pouvoir s echapper à la faveur
3. Interrogatoirn de Léridant, Arc(,. nal. F7 G392.
'.!. Procès de 1;eo1·ges, P,chtgru el autres, t.lY,p. i t
'l.Pmcès de Georg ts. PichP!l,l'llel aul res. l. 1, p. '.!84.

faire tous périr : si je savais où il est, je le
ferais prendre 1 •
Une autre fois, la jeune fille apporta la nouvelle que Georges avait quitté Paris, déguisé
en aide de camp du Premier Consul. Quelques
jours plus lard, comme Georges lui demandait « ce qu'on disait de nouveau n, elle
répondit :
- On annonce que ce coquin s'est évadé
dans un cercueil.
- Je voudrais bien être sorti de même,
insinua Durban.
Cependant la police avait perdu les lraces
du conspirateur; on estimait généralement
qu'il était parrenu à franchir les barrières,
quand, le 8 mars, l'officier de paix Petit qui,
de longue date, connaissait Léridant, l'un des
conjurés, l'aperçut, causant avec une femme,
sur le boulevard Saint-Antoine. Il le suivit et
le vit aborder, quelques pas plus loin, un
individu dont les traits le frappèrent par leur
similitude avec ceux de Joyaut, le signalement de celui-ci étant affiché sur tous les
murs.
C'était Joyaut, en effet, sorti de chez la
femme Lemoine dans le but de procurer à
Georges un logement où il se trouvât moins
à la merci d'un hasard que dans la mansarde
de la fruitière. Léridanl lui indiqua la maison
du sieur Caron, parfumeur, rue du FourSaint-Gcrmain, comme la retraite la plus sîire
de Paris. Depuis plusieurs années, Caron,
royaliste militant, hébergrait, it la barbe de
la police, les chouans dans l'embarras : il
avait caché pendant plusieurs semaines Hyde
de Nemille; son npparlemcnt était mad1i11é
à souhait; ainsi il avail, pour les cas extrême~,
pratiqué dans son ens&lt;.i;;nc surplomba11l la
rue, une cachellc où un homme pouvait se
tenir à l'aise en cas de perquisition dans
l'intérieur de la maison. Léridant s'était assuré du consentement de Caron et il fut convenu que le lendemain, à la tombée de la
nuit, Georges quitterait la montagne SainteGeneviève pour gagner la rue du Four. Lrridanl derait venir le prendre, à sept heures,
dans un cabriolet.
Quand il vit terminé le colloque dont son
instinct policier lui rér6lait l'importance,
Pclit, qui s'était tenu a dislam:c, suivit
Joyaut à travers les rues et ne le perdit de
vue qu'à la place Maubert. Soupçonnant que
Georges élail logé dans le quarl1t·r, il y organisa une permanence, posta des agents sur
la place du Panlhéon cl dans les rues étroit&lt; s
qui y donnnienl accès; puis il reporla sa surl'eillanrc sur Lérida ni, logé avrc un jeune
homme, nommé Goujon, an cul-de-sac de la
Corderie, derrière l'ancien d11b des Jacobins.
Le lendemain, 0 mar5, l'officier de paix
Petit apprenait, par ses espions, que Goujon
a,ail loué, pour toute la journée, un cabriolet portant le n° 5;;. Il courut à la préfecture et prévint son collègue O.estavigny qui,
avec une nuée d'inspecteurs, viol prendre
position sur la place Maubert. Si, comme le
supposait Petit, Georges était caché près de
là, si, encore, la voiture lui était destinée,

�ll1STO"ft1.Jl
de la cohue·! Toujours est-il qu'à la hauteur
de la rue Voltaire, il sauta du cabriolet. Caniollc, à ce moment. quittant l'arrière de la

voiture que Petit et un aulre agent, nomm{HuOi!t, venaient enfin de devancer, ~e jeta
sur les rênes et, se laissant trainer, contint
le cheval 11ui ~·arrêta fourbu. Buffet fit un
pas vers Georges qui l'étendit mort d'un
coup de pistolet; d'une seconde balle il se
dèbarrassa de Caniolle; il pensait encore se
perdre dans la foule el, peul-être allai t-il y
réussir, car Destavigny, qui accourait sans
souffle, « le vit devant lui, placé avec cette
tranquillité de l'homme qui n'a rien à
craindre; quelques personnes auprès de lui,
trois ou quatre, étaient là sans paraître plus
penser à Georges qu'à rien ». Il allait tourner
l'angle, très déclirn, de la rue de !'Observance, quand Caniolle, qui n'était que blessé,
le frappa de son gourdin : en un instant
Georges fut entouré, terrasse\ fouillé, garrotté• ....
Le lendemain, plus de quarante particuliers, parmi lesquels étaient plusieurs femmes,
se faisaient connaître au grand-juge comme
étant, chacun individuellement, « le principal
auteur » de l'arrestation du chef des
c, brigands ,, .
Par le carrefour de la Comédie, les rues
des Fossés-Saint-Germain et Dauphine,
Georges, lié de cordes, fut conduit à la préfecture. Une foule houleuse l'escortait awc
plus de curiosité que de coli&gt;re, et l'on peut
s'imaginer quelle fut l'i-motion, dans le vieil
bote! de la police, quand on enlendit de
loin, s,ur le quai des Orfènes, la rumeur
grandissante annonçant l'événemenl, et que,
soudain, des corps de garde aux salons du
préfet Dubois, la nouvelle courut : &lt;I Georges
est pris! »
1. 0,1J&gt;&lt;&gt;;ition, &lt;le Coniolle, Je Ue,tavignr, de
l'llil et autre~ témoins el 1deurs de l'arrcsiatiun.
ProcÎ!s ,le 1;eorgc~. Pic·hegru et autres. Pa•.iim.

"·--------------------------------------l'n instant après on poussait Je proscrit
vaincu dans le cabinet de Dubois, interrompu
dans son diner, et il gardait encore, sous J,,,

liens c1ui l'cntra1aienl, tant de hauleur et de
sang-froid &lt;1ue le tout-puissant fonctionnaire
en fut presque intimidé. Desmarets, qui se
trouvait là, ne put lui-même se soustraire à
cette impression. « Georges, que je Yopis
pour la première fois, dit-il, avait toujours
l'lé pour moi comme le Jie11.r de la !t1011tagne, envoyant au loin ses assassins contre
les puissances.

pleine, à l'œil clair, au teint frais, Ir
regard assuré, mais doux, aussi hien que sa
\'OÎ'l;. I

cc Quoique replet de corps, tous s1•s
mouv&lt;'ments et son air i·laient dégagrs :
lète toute ronde. cheveux bouclés, tri·s
courts ; point de favoris, rirn de l'aspect
d'un chef de complot à mort, longtemps dominateur des landes hreton11cs. ,l'étais pri•scnt lorsque le comte Dubois, préfet de police, le 11uestionna : l'aisance du prérenu
dans une telle hagarre, ses réponses fermes,
franches, mesurée~ et dans le meilleur langaf[e, contrastaient beaucoup arec mes idées
sur lui-. 1,
Ses premières répliques dénotaient, en
effet, un calme déconcertant ; on peut citer celle-ci : comme Dubois, ne sachant
évidemment par oi1 commencer, lui reprochait, un peu niaisement, la mort de
l'agent Buffet, « un père de famille o,
Georges lui donna, en souriant, ce con•
seil :
- c, l.a prochaine fois, faites-moi donc
arrêter par des célibataires. 1,
Sa courageuse fierté ne se démentit ni
dans les inlerrog:itoires qu'il eut :1 subir, ni
dernnt la cour de justice : ses réponses au
président ~ont superbes de dédain et d'abnégation; il assume toute la responsabilité du
complot, il nie reconnaitre aucun de ses
amis; il pousse la générosité jusqu'à garder
une attitude pleine de dignité courtoise envers
ceux qui l'ont trahi: même il cherche à pallier l'insouciance de ses princes dont l'égoîste
inertie l'a perdu. Jusqu'à l'échafaud, il resta
grand; onze de ses fidèles Chouans moururent arec lui, au nombre desquels

LE CIi.\ fl:AU DE !.A 1\1AJ \IAISO~, UU Côn: DE L'ARRIVÉE.

[J'.Jfr.'s lt 1essin .lt C, •SSTAST

BouRGE01,. ,CJHntt

« .le trouni, au contraire, une figure
2. Il e,l intére.,sant cle romparer celle de,criplion
n,·ec le si~nalcment que nous avons rerrodnit plus
haut. Ain,i on pt·ul ,01r qu,•, depuis quï était tra,111é

dts EstamftS,)

étaient Louis Picot, Joyaut et Burban, dont
par la pol,ce, Georges nait coupé le~ ravoris qu'il
portait orJinairemrnt.
S. Desmarets, Témuig11agts hiatoriquu.

TO~'N'E'BUT - - -

les noms ont été mêlés à notre récit '
La polie(• n'avait, ,,n somn1P, mis la main
Ainsi se terminait la conspiration; Bona- que sur un petit nombre d&lt;'s conjurés : beau- homme jaloux de recueillir la succession de
parte en sortait empereur; Fouché, ministre coup, même de ceux qui, comme Raoul Gail- Georg&lt;'s.
La capture à laquelle Fouché et Iléal
de la police et son concours allait ne pas être
attachaient le plus de prix était celle dr
inutile car si, aux yeux du public, la mort
d'Aché dont on avait constaté la présence à
de Georges simulait un dénouement, elle
chacune des étapes de Biville à Saint-Leu.
n'était, en réalité, qu ·un simple incident
Ocpuis trois mois, à Paris mèmt•, partout où
d'une lutte &lt;ru'on pouvait prévoir acharnée.
la police ,wait instrumenté, elle avait relevé
Le coup de sonde de l'enquête avait ri•vélé
la piste de ce même d'Aché qui semblait
l'existence d'un mal incurable : tout l'Ouest
avoir présidé à toute l"organisation du comde la France était gangrené de chouannerie;
plot. Ainsi il avait été sigualé rue du Puitsde Rouen à l\antes, de Cherbourg à Poitiers,
dc-l'llermite, chez Yerdet, pendant le séjour
des millions de paysans, de bourgeois, de
de Geor;œs 1 ; il s'était plusieurs fois rencontré
hobereaux restaient attachés à l'ancien régime
arec Raoul Gaillard; en inventoriant les paet si tous n'étaient pas gens à s'armer pour
piers d'une demoisellr ~langeot, chez qui
sa cause ils devaient apporter à l'équilibre de
avait
diné Pichegru, on avait découvert deux
la nouvelle machine gouvernementale un
notes assez énigmatiq ues oit le nom de d',\ché
contrepoids qui en fausserait le fonctionnefigurait·.
ment.
)lme d'.\ché et l'ainée de ses filles avaient
Et puis re que Georges avait tenté, un
été, on l'a vu, écrouées, en février, à la priautre ne pom·ait-il l'essayer à son tour? Si
son des Madelonnettes : on avait laissé la
un homme plus inllucnt que lui sur l'esprit
seconde fille, \lcxandrinc, en liberté, dans
des princes décidait l'un d'eux à franchir le
l'espoir qu'abandonnc:c à elle-même dans
détroit, que compterait alors la gloire toute
Paris, qu'elle ne connaissait pas, elle comneuve du parv&lt;'nu, mise en balance avec l'an•mcttrait
quelque imprudence qui livrerait
tique prestige du nom de Bourbon, grandi
son père à la police. Ellr. s'était logée rue
encore et comme ~anctifié par les tragédies
Traversière-Saint-llonoré, à l'hôtel des Trcizcrérolutionnairc•s"! Telle était la crainte &lt;Jui
PICOT.
Cantons, et, dès son arrivée, Réal avait atlahantait l'esprit de Bonaparte; l'idée l'exaspt:_
D'.itrè.&lt; uJJe J:r,n•ure' du CJN11e/ de.t Es/Jmfts.
ché dPux espions à sa personne; mais leurs
rait qut•, sur la terre de France, ces Bourbons exilés, sans soldats, sans argent, fussent lard, a1·aient joué un rôle dr premier plan, rapports étaient d'une monotonie désolante :
plus maitres que lui : il se sentait chez eux étaient panenus 11 se soustraire à toutes les « Très honnc conduite, très sédentaire, et leur nonchalance même, comparée à son rrcherches. fü étaient él'idemment les plus l'ile rit et elle est journellement avec le
agitation sans trêve, gardait quelque chose habiles, partant les plus dangereux, cl maître el la maitresse de l'hôtel qui sont
d'un âge mùr, - elle ne voit personne, on la
de dédaigneux et d'insolent.
il pouvait se rencontrer parmi eux un
dépeint
sous les couleurs les plus aYanta1. :'ious n'a\'Ons pas à raconter le proc,:, de Georges
el dr ses comp!iccs, mais nous avon,, sur leur cxê- c-unduite, lors d,• J"arrrslatiou ,le lui, Coster, et de
Saint-Parcl,
,1,· Sainl-llo,·h, pour l.rlan.
autant de courage que clïnt~lhgencr l'l d'honculion. nn chx:umenl ~i précirux que nous ,·ro1·ons l\ogl'r,
l.ullon, rlr Saint-\lc-rn·, pour Lemcrl'ier.
u,~tel,:;
mais
qu'il
i·tait
fort
heureux
r1uïl
111• l'eùl
de\'Oir
le reproduire. c·est le rapporl qui rut, ll' Jour
Collet, clc S.,int-\lc1·ry: pour Jorau.
1
pas lu,-., i•lant, aimi q111• llul,:'e r, ormi• jti-11u·aux
rm me, adn&gt;ssé à l'Emprrcur C'l qui fut rc•di~é par
Boileau. de Sainl-)lerry, pour \li•rille.
clrnts.
lïnsp,1"leur dr police chnrgi• de suneillt•r J,•s con\lalmaison, JJrètre de Saint-)lerrJ·, se pr,:.
Coster, H~er. )lfrille et llurban i•taicnl dans la sen1.'ahh&lt;i
1lamnès jusqu'au dernier moment :
ta c'•galcmcnl, ne confc,sa Jll·Nonne ; mais parla i,
même chamhrc: peu clc moments après l!'ur ar,·i\'t'C, •1ur•lr1ucs-uns
c PrHeC'lure de polire, Paris fi messidor an \Il.
cles ronclarnni-s.
Aujourd'hui, à une heur,. du matin, le, contlamni·s ils fin•nl la prière en commun; c·c,t Co,tcr qui parl'n gendarme nomm(, lllon3,son, paraissant 11rcnJr"
(;~~es Cacluutlal, .Coster Saint-\ïctor, !loger ,lit la ri loul haut; ils linirenl leur oraison en chantant un h,•aucoup dîntérèt à llogcr et il Coster, fit clê"errer
/,oueau, Dut'Orps, Picot, Oevrl'c, Jonu, Burhan, L,·- refrain _: il ni do11:r de mo11ri1· pour la reli!fio11 el
lc•s lcrs &lt;i• c••lui-i:i c1ui ensuite lc•s titA tout a fait; sur
mert·irr. Lelan, Pierre-Jean Cadouclal et ll~rillr, ont ,'iOll rot.
!"observation qu'on lui fit qu"il 8\'ait commis une imllog-cr, tlit Loisi•au, i·tail clans la m&amp;me situation prudcm·è.
,·•t,• extraits de Bict'lrc et concluits à la nrni,on de
il répond it 11u·on pourrait les ôter au,
cl"csprit qur. Coster. Il disait en ploi;.,ntant qu"il autre, rl s"c:n
j11stir1•.
rapporter aux Fen&lt;larmrs. li a monh·i·
1•ncore, il y a Quaire mois, trois virginités : heaucoup c1·1rumeur
Leur di•parl de. celle t•n•miërc pri,on a paru leur 8\'&amp;il
cl&lt;&gt; c·c qu on nnil rPmis les fers
I• je n'a\'ais jamais ét,·· arrèti• cl \[. Veyral m·a pris ,le Coster.
foire unr. tmprrs"on proloncle.
à
l"impro,istc
dans
mon
lit;
'l•
jr
n'ai
jamais
{•ti•
en
F.n arrirnrt à la C.mciergcrir, ils (•laient tous di·Dans un autre rnom,•nt, llunasson, ètanl assis pri,s
faits cl abattus, i, rr,ceplion de Coster et de Ro&lt;&gt;t•r prison et le concierge d,• la Force' a eu mes pr,•miccs cl,• Ho;:rr, parut lui faire quelques signt•s d"intrlliil
cet
••Kar•I;
:;,
reste
damr
jl'uillotinc
ne,•
qui
je
1ais
c1ui a,·ai&lt;'nl pris lc•ur Ion de fermeté el d'assuran7r.
A"Cnce, murmura quelqurs mol, rntre ses dents et
Geor,tt•s, l'n arri,·ant à la maison de justice, ne f.,ire c·unnai,,ancc lout il l'heure. Il frra chaud (·e parut montrer hcaucoup d'humeur cle la surveillance:
,oir
ri
œla
sera
plus
sc'-rieu\
que
,fan,
Ir.
cahinrl
dr
prof,•ra point nnc pnrolc; "'"' regard {·tait morn,•,
le lieulcnanl-&lt;:olonel Hhrdy l'a fait relcrnr ri arrc'.1ter.
11 !!C je!a sur 110 (il tl _c,• uc fol que wr, cin,1 heure! Il. B,•rtrand le r1111cie1•9p du Temple).
\li·rillr all,·clait dt• montrer dn ,·ouragr qua11cl srs
Pl tlc1111c du 111alrn qu 11 reprit du cal me cl de J'assnEn sortant cle la mai-on de justice. (;e,1rg(•s clit ii
ram·r qni ne lirc'nl que ,·a1•aoilrr jus,flr"an mom,•nt trois compajl'nons lui parlaient; mais il relomhait l'icol : Ah! ça, 11e t'a pas faire /'e11fa11t.
,lans l"alfa1ssemcnl, ne ,1,sait mol et ron•rrroit un ais·
cln clc'·parl pour le supplier.
IJans la roule que ers individus parcoururint el
Coster ,•st t·elui qui a cau,i• 1,, plus lcuwtrmps f'l 1 roimrnt fi•roce; il dit à VeJral. ,,uc s"il o·n,ait pa, qui était remplie par une foule curieuse, on n'cntom pli- re Iirer ,l'allairr à la prHeclure u·rc &lt;on t1•11dail partout que l'expression dr l'cx,;cration et
nwc le plus de lranquilliti•.
~
passeport, il l'elll poignar,f(, an mo1111'11I 01·1 il l"arait du mtlp, is pour t·cs brigand,, cl on p('ul dire que
Il a cl,t à \l. lc'}rat. onicicr ,r., pai1:, r1u,, 1,, G011 •
arrête l'lr,•z IJrnanl
"'rnrmcnt u ail foit une gran,f,, l'colr en ne• faisant
!"opinion publique i!lait g&lt;!ni·ralcmcnt et fortement
l'icot miel clr Gcori(es, a,ait la lournurr d'un prononci•c
JIClint fusillrr lous les conJur,:, le lendrrn,in clr l"arcontre eu,.
rcslnlion de Georg,•s; _que IO\ll Paris C'Ùl alors applaucli hommc'iur ou ahruti, il paraissait fort peu in,1uirt
Au moment où la t,1 te rie Grorgcs est tombêe. des
clr
10111
r~
qui
allait
se
pas,er.
il ,·elle• mesure• el r11t'rls ,era,rnl m,,rts darrs lïufomic;
c·ris mille fois répi-li•s de : l'ùl' /'empereur! se
!.es nulres rondamn,:, n·ont rien offrrl de rcmar- fir~nl
rnais tiu'cn !es l!11·anl il Ja Cour de justice crimincll,•, •111,,ble
entendre parmi les spct·latcur,; la même cho,1•
au,
oh!!•rvatcurs.
on leur a, art nm crot prc•,ls de gl111rc sur la t,'te.
rut lieu après la mort cfo Pirot cl cle Oc, il!(, 'I'' i, it
Ils
1li·jeuné1·ent
tnus
awc
appétit
C'l
manl{i•rcnl
des
- Je mourrai, ajoula-_t-i_l, a,ec murage; mais rc
lïnstanl de pc'-rir, araicnl crii• : l'it-e la rel19io11,
r1ui me dt-sole, c'est que J'aime ma pairie• et j,• &lt;ni, 1inndc~ J'roicl,•~.
rfre Ir /loi!
\',•rs lt's huit heur,•,, ml. \"oisin, cur,·• clc Saint,11r qu'rllc sera malheur,•use. . .
Oevillr. au moment où il est parti de la ConcirrPuis prrnanl un1 Ion fort _ga,, 11 rc•gardait rn riant Liicnn.-, ,lemanclo'• par Co5ler ri l\err:nen~n, prêtre Kerie, a déclaré qu'il a,ail co111i1•, lors de son arre,,le
SAinl-Sulpicc,
cl,•mancl,:
par
lieorg,'s,
nnr,•nl
h•
s
""' halti: cle llic, lre, rn,1p,· f"r cl,·11, (·oulrurs lra n- l'lllftt ..-.er.
lation, une montre, un 1·achrt el une drr d'or. au
drnnlcs, l'l il clisait.
sieur liillc. 111arèc11al de logis de la gendarmene à
Il _,urlr(•, pr,'•lrp, ,., p1·é-cnt~rr11I _spontM,'· menl,
- J,, ne res-emhle p:11 mal • un arlc•111in ,lu l•,u\lonlmorcncy, et &lt;JIIC lor,r,uïl les lui a reclemnnclés,
-..1\'0rr:
1,•,ard.
t·rlui-t:i a ni,'• le d,;J~•l.
MIl. Gnrnil'r, 1icair,• "" :'lotrc-llame. •111i conle,,a
li dcma111la &lt;i on ~,ail !'nit pc'·rir lforcau; ,ur la
L'ordre el la tranquillité onl c•h• parraitemcnt
1.ouis Oucorp,
r,:ponsc• négati,·e, il aJOttla :
maintenus .... •
v11·air1! 1l,1 b m,:me i·i:li,,,. puur llc,illc
- Quant_ à Pi~lll'gru, 11011, "?.l" ,\'c•rrn,!s. prohabl,•. c-1 From,•nt.
.lrchiws
national,·,, .\F,. 18!10.
Uurhan.
11wnt l'e1 ,o,r d 11 nous ,l,ra ,il ""'t \c•r,tahlr•ment
~Archives
nationales, F7 0397.
1
i-trangl, lui-1111 me.
Lcril'hc, , ira1rc cll' la mêm,• i•f(li,1•. pour Carloucial.
:ï. t a clemoiselle 11angtol, interro;t.:,,, r~pon,lit
Grise!.
prêtre
de
Saint-Eustache,
p·,ur
llogw.
li iiuit par ,lire ic 11. \',,J·ral •JnÏI na,t nri, clan, ,,
« c·est un p,•tit garron qui m'a rc•mis ces pepiers
1
llcinar. de• ~int-llocl,. pou,· Picot.
j'ignore dl! qurlle pari. • .\rchin•s nationale•,, f'' M02'.

�111STORJ.JI
geuses•. i&gt; De ce côté encore il fallait renoncer à tout espoir de s'emparer de d'Aché.
On essaya d'un autre moyen; le 22 mars,
ordre fut donné d'ouvrir les barrières. Fuuché prévoyait bien que, dans leur hâte de
quitter Paris, ceux des complices de Georges
dont on n'avait pu s'emparer reprendraient
aussitôt la route de Normandie, et que, grâce
à la surveillance exercée sur ce point, une
nouvelle rafle pourrait êlrc faite. La mesure, habilement conçue, amena quelque
résultat.
Le 25 mars, un paisan de Mériel, près
l'Isle-Adam, nommé Jacques Pluquet, qui
travaillait à son champ, sur la lisière du
bois de la Muelle, \'it venir à lui quatre
individus, coiff~s de chapeaux rabattus sur
des bonnets de coton et portant à la main de
forts gourdins 11 nœuds. Ils lui demandèrent
si l'on pouvait passer le bac de l'Oise à
~lériel. Pluqurt répondit que la chose élait
facile, cc mais qu'il J avait des gendarmes
fOUr examiner Lous ceux qui passaient ».
Ceci parut les faire hésiter. lis se donnaient
pour des conscrits déserteurs venant de Valenciennes : « Périr pour périr, nous aimons
mieux rejoindre notre pa}S, »
Le récit de Pluquet est assez pittoresque
pour qu'on le cite textuellement :
« Je leur ai demandé d'où ils étaient: ils
m'ont dit : d'Alençon. Je leur ai observé
qu'ils auraient de la peine à aller jusque-là
sans être arrêtés. L'un d'eux m'a dit : cc C'est
vrai, car depuis le coup de chien qui vient
d'arriver à Paris, on monte la garde partout. ,, Celui-ci, laissant aller les trois autres
&lt;levant, me dit : « ~fais si on nous arrêtait,
que nous ferait-on 1 » Je lui répondis : « On
\'OUS conduirait à voire corps de brigade en
brigade. n Sur cela il m'a dit : &lt;&lt; Si on nous
1. Archirns nationales, F7 O:i!li.

2. Archives nutionales. F7 03!l~.
. ~- Le corps d~ l\~oul Çaillard , fut port{- s_u~ ~nr
cmèt·c tic l'onlo1se a l'ar1s t'L pr,•senlc au mrni.l1•re
,le la police. F7 r,;;!)fl.
4. • Ce caralier n'a pas laisse 1gnorrr ses projt-1&lt;
,le vcngcanc~ conlr&lt;' le maire rt il est venu troi,
jours de suite cl il a parlt'• plus familii·remcnl i,
Josepl1 la Chauquelle haliilant J,• la commune. :1011

raltrJpe, on nous fera faire dix mille lieues. n
Et il m'a quitté pour gagner ses camarades;
le plus jeune pouvait avoir viagt-deux ans et
m'a paru fort triste et bien fatigué '. »
Le lendemain, des gens d'Auvers découvrirent dans un bois une petite cabane construite en fai:tots : les quatre hommes y
araient passé la nuit. On les aperçut, les
jours suivants, errant dons la forêt de l'IsleAdam. Enfin, le t••r avril, ils se pré.~entèrent
thez le passeur de Mériel, nommé Eloi Cousin, qui hébergeait chez lui deux gendarmes.
Tandis que les fuyards sollicitaient le passeur
de les prendre &lt;lans son bateau, les gendarmes se montrèrent et les 'lualre hommes
prirent la fuite; un coup de ft'u abattit l'un
d'eux; le second, qui s'arrêtait pour secourir
~on camarade, fut aussitôt appréhendé; les
deux autres purent gagner le bois et s'échapper.
Le blessé fut mis sur un bateau el conduit
à l'hospice ciril de Pontoise où il mourut le
lendemain. nral, aussitôt pré,·mu, expé&lt;lia
Querelle, qu'il gardait soigneusement en prison, afin de l'utiliser en cas de besoin, et
celui-ci, mis rn présence du ca&lt;lavre, le
reconnut aussitôt pour t'trc celui de naoul
Gaillard, dit J/01wel, dit Sai11t-l'inm1/,
l'ami de d'Aché, le principal fourrier de
Georges 7,; l 'aulrr était son frère .\ rmand qui
fut immédiatement dirigé sur Paris cl t1croué
au Temple.
La commune de Mériel avait, dans la circ,0nslance, bien mérité de la patrie et le
Premier Consul lui en témoigna, pour l'exemple, sa satisfaction de façon éclatante. li
exprima le désir &lt;le connaitre cette population si dérouée à sa pP.rsonM et, le 8 avril,
le sous-préfet de Pontoisr se présentait aux
Tuilerirs à la tête de tous les hommrs du
sf'ulement cc cavalier inconnu s·est mo11lrr dans Ir
village ,le Mêrid, dans la campagne, les haulrurs el
proche les boi~. mais encore un autre ,'•tant à pied .
vêtu cl'un habit long, s'est promené dans lrs champ,.
,Jans les cmlroils qu'arnienl parcouru lrs Gaillan! cl
T;imcrlan, cl aus,itùl qu'il aperçut un laboureur qui
faisait siguc à un aulrë de s'approeher de lui, il s·csl
t'nfui à Loule~ jamhes cl a ,h,paru clans le !,ois. ,
Ard1i,cs nationales, t·· 6:iO!l.

,·illage. Bonaparte les félicita personnellement
et, pour marquer plus efficacement sa gratitude, il leur distribua une somme il~
11.000 francs lrouvée clans la ceinture de
f\aoul Gaillard. Celle manifestation était certainement glorieuse pour les pa)'Sa1is de
Mériel, mais elle eut un résnllat qu'on n'avait
pas pré\'U : en rentrant &lt;"hez eux le l11nclrmain, ils apprirent, en enct, qu'un inconnu,
• bien vêtu, bien armé, monté sur un cheva 1
&lt;le prix l&gt;, proft tant de l'absence des habitants, s'était présenlé au \'illage, cl, cc après
beaucoup de questions faites à des femmes
et à des enfants, il s'était rendu à l'endroit
où Raoul Gaillard avait été blessé, en s'informant si on n'avait pas trou\'é un élui auquel
il semblait attacher une grande importance n.
Cet incident fit souvenir que, dan~ le bateau
qui le menait à Pontoise, Raoul (:aillard,
déjà mourant, s'était inquiété de sa\'oir &lt;( si
on a\'ail trouvé dans ses effets 1111 étui il
msofr )&gt;. Sur la réponse négative, &lt;( il avait
paru très fàché el on l'entendit murmurer
que la fortune de celui qui découvrirait cet
objet était faite n.
La risite de cet inconnu - revu depuis
&lt;&lt; dans b campagne, sur les hauteurs et
proche les bois ,, , - les meuaces dr wngeanre qu'il avait proférées, cet étui mystt;·
rieux fournirent matière à un rapport &lt;lélaillé' qui rendit Réal perplexe. N'était-ce
point là d'Aché'/ Une grande battue fut organisée dans la forêt de Carnelle; elle ne donna
aucun résultat ; on explora de même, quatre
jours plus tard, la forêt de Montmorency 011
quelques indices du séjour des &lt;&lt; brigands 11
furent relevés; mais de d'Acbè point de
traces et, malgré l'achr,rnemenl que les
agents de Réal, grisés par la promesse de
fortes primes, apportaient à celle chasse au,
chouans, il fallut bien, après des semaines
el des mois de recherches, d'enquêles, de
ruses, de fausses pistes suivies, de pièges
inulilemenl tendus, se résigner à admellrc
que la police avait perdu la voie et que
l'habile complice de Georges rtait pour lon;temps disparu.
G. LENOTR8.
(A suivre. )

Elisabeth d'Autriche
et Louis de Ba-vière
Par Henry BOIWEAUX.

Avant de lire la biographie de Louis II de
Bavière I que rédigea, non sans un grand
souci de ,·érité, M. Jacques Baim-ille, et les
i_!l)pressions et souvenirs que rapporta sur
Elisabeth d'Autriche! ce jeune Grec, Constantin Christomanos, pour avoir \'écu quelque
temps dans l'ombre de celte impératrice, avant de s'exalter sur ces destinées singulières et tragiques, - il est bon de s'imprégner l'âme de philosophie allemande. li faut
que Hegel nous enseigne que le monde exlérieur ne prend sa réalité que de nous-mêmes,
et que nous entendions les fortes paroles de
Frédéric Nietzche sur les droits
sacrés des supe1'hommes. Un
livre de M. Jules de Gaultier•
nous offre sur ce sujet un enseignement précieux. S'il est vrai
que nous tirons notre métaphysique des étals divers de notre
sensibilité, él'igeant en bien ce

qui (avol'ise noire tempe'rament, el en mal cc qui lui est
conlrail'e, combien les systèmes philosophiques gagneraient
en agrément et en importance
à ètre illustrés de biographies
appropriées ! lXous les décou vririons sur des images, comme
les enfants apprennent à lire.
Ces mots abstraits, dont le jeu
apparaît compliqué à nos cerveaux latins, seraient revêtus
d'apparences vivantes, et nous
en comprendrions le sens et le
charme par leur retentissement
en des cœurs passionnés.
« li m'est apparu peu à
peu, - écrit Nietzche dans
Par de là le Bien et le niai,
- que toute grande philosophie se réduisait jusqu'ici à une
confession de son auteur comme
en des mémoires involontaires
et inaperçus, puis aussi que les
vues morales (ou immorales),
en Loule philosophie, formaient
le _réritable germe d'où chaque
fois la plante entière est éclose. i&gt;
Notre personnalité, - telle
que l'ont sculptée, comme un
marbre, notre race et notre
destin, - déborde dans notre
pensée. Nous concevons l'univers et ses lois selon les tendances &lt;le notre
nature, selon les souhaits de notre cœur,
• l. _Lou[s. Il de Bal'ièrc, par Jacques Bainville
(! erru,, ed1I.).

2. Elisabeth de llai·ière, impt'ratrice d'.lufriclu•,

... 16o ...

et non point selon une logique rigoureuse,
fruit de notre seule connaissance. Ce fut
l'erreur des philosophes d'isoler la raison
de la sensibilité, alors qu'elles se pénètrent.
La morale précède la métaphysi,1ue et la
mène par la main . Ainsi de larges vies frémissantes, dont le dessein s'affirma selon une
volonté, nous exciteraient à tromer leurs
principes de direction el à les résumer en
formules.
Le roi de Bavière et l'impératrice d'Autriche sont des images qui peuvent illustrer
le Culle du moi, lei que le conçoit l'âme

\l. - H1sroR1A. - Fasc. .11 .

seulement de lui-mème, a cru décom1·ir sa
beauté dans la solitude, dans une vie intérieure où s'exaspère vainement le désir mais
qui apporte le mépris dn monde ave~ une
tristesse pleine d'or!!Ucil. Unis par le sawr
·1 l' .
o
o•
1 s étaient encore par l'amitié. Car ils concevaient la vie presque pareillement. Leur
corr~spondancc ne sera jamais publiée, et
~é:1Le ?n regret (regret· d'une joie ou d'une
d~s1llus10~ ?~. Ils l'échangeaient par le mQlen
d un ~ecre_la1re dont chacun possédait la clef
et qui était placé dans le chalet de l'ile des
Roses, au milieu du lac Slarnherg.en Bavière:
là, ils venaient chercher leurs
lcllres qui étaient rares et, pensons-le, singulières. A la mort
du roi (1886), on trou\'a ainsi
une dernière mis~ive adressée
par la Colombe à L'Aigle. Ils
s'appelaient de ces noms d'oiseaux qui ne leur convenaient
point. L'aigle n'avait ni bec ni
serres, mais seulement des ailes, el la colombe &lt;:lait plutôl
une de ces mouettes errantes
qui se plaisent à la diversité
des rivages.

allemande, l'individualisme qui a. coupé tous
liens avec la vie sociale et qui, préoccupé

Ne dit-on point donner pour
épigraphe à la vie de Louis Il
de Bavière ces paroles que son
impériale cousine prononçait à
Corfou sur la statue d'Achille
mourant : « li n'a tenu pour
sacré que sa propre volonté el
n'a vécu que pour ses rèves,
et sa tristesse lui était plus précieuse que la ,ie entière ! i&gt;
Dans ~a biographie, M. Jacques Bainville prétend substituer l'histoire à la légende qui
s'est emparée du roi comme
d'une proie brillante, et ne s'aperçoit point qu'il nous pr{senle un souverain tout aussi
romanesque, bien qu'as&amp;ez dil'ftlrent. Le roman lyrique de
(;ncne hulln
Catulle Mendès (le /foi l'Îerge),
le roman ironique de ~[. Gustave Kahn (le Roi fou), tout
le cicle littéraire allemand qui
gravite autour du pi·ince Lohen91•in, ont sans doute déformé cette figure
dont ils n'ont vu que la bizarrerie el non le

impressions, conversations, souvenirs, par Conilanlin
Chrislomanos, traduction de Gabriel Svvcton, portrail
de l'impcralrice par farnand Khnopff, prélacc de

)lauricc Barrès (Société du !lercure de France' .
5. De Ka11t à .Vietzclu:, par Jules de Gaultier (lier•
cure de France 1•

hll'ERATRJCE ÊLISAB~Tll ,o'Al:TRICIIE,

Tableau de \YINTER!IALTER, '

., .

' Il

�E1.1sA'BET11 v·JIUT1t1c11E ET

, - msro1t1.J1
li
sens philosophique. )1. d'Annuniio voit plus l'histoire de France, mais les satisfactions
clair lorsqu'il dit: « Ce Wittelsbach m'at- débauchées d'un Louis XV ou artistiques d'un
Impératrice errante 1, impératrice de la
tire par l'immensité de son orgueil el de sa Louis II de Bavière n'ajoutent aucun lustre à solitudet, Élisabeth d'Autriche eut, de la
tristesse.... Louis de Bavière est vraiment leur patrie dont ils ignorèrent la vie véritable royauté, la grandeur et non la charge. Ainsi,
un roi, mais roi de lui-même et de son rêve D, et qu'ils ne surent pas confondre avec eux- le contre-coup de ses rêves et de sa ,·ie intécar il fit spécialement servir sa royauté ter- mèmes.
L'aventure de Wagner convient à la jeu- rieure n'abaissait pas tout un peuple oublié.
restre à la satisfaction de la royauté qu'il
nesse
de Louis li, quand bien même elle lui En toute liberté elle se créa elle-même selon
exerçait sur ses désirs et ses songes. Et
son désir. Mais elle ne se souciait point de
\1. Maurice Barrès, plus précis, le complète : inspira des manifestations ridicules, dont ses livrer son intimité. Elle interposait son éwn•&lt; li ressentit jusqu'à la démence la difficulté lettres nous affirment la déraison . 11 n'est tail entre le cours des événements et des
d'accorder son moi avec le moi général, » et pas incomenant que ce royal et bel adoles- hommes cl son visa:re qu'elle ne voulait pas
encore : « Louis Il était un idéaliste, nulle- cent se déguise en Lohengrin, peuple de C)'- laisser voir. « Quand je me meus parmi les
gnes ses étangs el impose une beauté noument un voluptueux d'art. »
gens, - disait-elle, - je n'emploie pour
D'une famille d'artistes et de fous, petit- velle à l'universelle admiration. ~lais il l'est eux que la partie de moi-même qui m'est
fils de l'amant de Lola ~lontez, celle danseuse que, parvenu à l'âge d'homme, le roi oublie commune aYec eux. Ils s'étonnent de me
qui voulait mettre en ballet l'histoire de Ba- le destin de son royaume, et s'en désintéresse trom·er si semblable à eux. ~fais c'est un
,ière, fils du roi '1aximilien trop porté à la pour suivre ses songes. On n'a le droit d'être ,·icux Yèlement que de temps en temps je
métaph)'sique, Louis de Bavière, dès sa plus individualiste sur un trône que si l'on sent tire de l'armoire pour le porter quelques
tendre enfance, fut laissé libre de développer couler en soi le sang même de la patrie. Car heures. o Que sa\'ait-on d'elle? le mariage
ses goùts de rêve et de solitude. Il prit l'ha- Louis de Bavière n'a point pour excuse la romanesque de la pelilr l'ose de 1Ja1•ir1·e, sa
bitude d'oublier le monde pour lui préférer démence. Il ne fut jamais inconscient, et l'on beauté et son amour, - puis ses désillules terres plus vastes et plus fertiles de son ne conçoit point un fou qui caresse sa folie. sions, et tout le pathétique que sa destinée
imagination. Tout enfant, il ne pouvait sup- Il pratiqua le culte de soi-même avec luxe et constamment trainait après elle, et ses fuites
porter la vue d'une personne laide, mais se obstination. li le pratiqua au point de ne pas sur la mer, et ses belles habitations lointournait contre le mur en criant. Et après la consentir à aimer autrement que par imagi- taines. Sa beauté perdue, elle retenait une
campagne franco-allemande, comme il défilait nation. On connaît son dédain de la femme, attention passionnée par ses malheurs dignes
a,·ec le prince Frédéric à la tête des troupes et les mariages projetés qu'il rompit brus- de la tragédie antique. Oo connaissait d'elle
bavaroises, le peuple le vil, avec surprise, quement. Cependant, comme il était beau el ses gestes, et non son àme. Pour avoir voulu
lorsqu'il arri,·a devant les infirmes et les mystérieux, les femmes recherchaient son apprendre le grec moderne. elle a donné au
blessés revenus sanglants et mutilés de la amour. Détail d'une grâce tout allemande, public, sans le savoir, un peu de cette âme
Grande Guel're, détourner la tête : on crut on raconte qu'elles conservaient des poils de dédaigneuse, blasée et lasse. Constantin
à du mi•pris, et ce n't'.•tait qu'un vain souci ses chevaux, ou des lleurs que son pas açait Christomanos, jeune étudiant romanes&lt;1ue et
foulées durant sa promenade. Jamais il ne
des belles formes.
romantique, a retenu les paroles el les attiSon premier acte ro)al fut d'appeler Wa- conduisit l'une d'entre elles aux boudoirs tudes qui la trahissaient, et nous les a répécharmants
qu'il
avait
meublés
avec
art
dans
gner en Bavière. li n'avait point mis la main
tées en paroles cadencées. Sans doute, le
sur le cœur de son peuple pour en connaitre ses châteaux et qui paraissaient destinés :1 petit professeur est un peu grisé, comme si
les battements. li préférait servir l'art, qui encadrer d'aimables idylles. Une chanteuse la contemplation d'une impératrice était pour
est universel, et surtout la satisfaction de ses célèbre, l'ayant ébloui par sa voix, obtint un lui trop capiteuse; il s'exalte dans un enivrecaprices. Voici comme il concevait le pou- jour de lui de visiter sa chambre de parade ment de !leurs trop fortes, el introduit dans
voir : &lt;&lt; C'est un des privilèges de la couronne dont on disait merveilles : après son départ, son style des panaches el des fanfares; il
que le roi n'ait aucun désir à se refuser. ,1 il ordonna de brûler des parfums pour effacer parade pour la galerie, el ne sait pas s'ou~lais ses fantaisies n'étaient point dans le sens la trace de ce passage impur. Il n'était pas- blier. )lais il traduit assez e,actemenl l'imde la tradition et de l'essor de la pairie dont sionné que de solitude. Il demandait à son pression de cette tristesse désabusée sur un
il avait la garde. On ne le voit point souffrir imagination des ivresses plus puissantes, à ce cœur lyrique.
de l'abaissement de la Bavière vaincue en qu'il croyait, que celles de la réalité. Il ne
Élisabeth eut, a,·ec le culte de la jeunesse
t866 avec l'Autriche, et suivant depuis 1870 distinguait pas bien la vie de l'art. Les repré- et de la beauté, l'amour des parages heula destinée de la Prusse, comme une pauvre sentations qu'il se faisait donner pour lui seul reusement divers. Toutes ses résidences,
barque à la remorque d'un grand navire. Son dans un théâtre obscur lui paraissaient plus Lainz aux grands arbres qu'elle appelait le
biographe nous dit qu'il se résigna à l'unité importantes que des événements historiques repos de la fo1'êl, ~liramare penché sur la
allemande sans la rechercher, trop intelligent dont il ne démêlait pas les conséquences. li mer, el Corfou aux jardins d'orangers, l'enpour ne pas comprendre la supériorité du vivait dans d'autres temps, im·itant à sa table tourai~nt d'une poésie qui éblouissait le petit
gouvernement de Berlin et la grandeur qu'il Louis \l\' ou Marie-Antoinette, ~e procurant professeur de grec. Courses d'hiver à Schoënpromettait à l'empire. Je crois plutôt qu'il des hallucinations par une méthode imagina- brunn, par ces temps douloureux qu'elle
fut assez indifférent au sort de son peuple; tive. Les paysans du Tyrol le vopienl passer, aimait parce qu•elle se sentait seule à en
aucun de ses actes ne nous donne l'impres- les soirs d'hiver, dans ses traîneaux dorés, et jouir; croisières sur l'Adriatique, à bord du
sion d'un souverain décidé à cultiver les forces l'été, sur son cheval, franchissant les obsta- yacht Miramare, dont les tentes avec art
de son royaume, à les exalter, à les déve- cles, traversant leurs moissons, cherchant disposées ne laissaient ,·oir que la mer chandans la vitesse et la fatigue l'oubli de soilopper.
geante; grèves de Corfou et bois d'ofüicrs
Il est insuffisant pour la gloire d'un mo- mème, cet oubli qui seul lui donnait le repos. où dansent harmonieusement les jeunes filles
narque de bàtir des châteaux, même ailleurs Eux, cultivaient leurs blés, et lui ne cultivait grecques; terrasse d'Hermès, temple de la
qu'en Espagne, et de fournir à un musicien pas son royaume. Cependant il le respectaient solitude où montait le parfum des prairies,
de génie l'occasion de représenter ses œuvres à cause de son caractère ro1al et de sa mis- c'est dans ces cadres qu'elle nous apparait, à
sur une scène appropriée. Aussi Louis de sion à laquelle il se dérobait. Sa mort, travers les pages du jeune Christomanos, paBavière n'est-il qu'un méchant roitelet sans fuite ou suicide? - ne fut qu'un fait divers reille à un lys noir ,ivant en des pa~sages
importance. Les caprices d'un roi peuvent m1stérieux.
Ainsi Louis de Bavière, romanesque et enchantés. De l'impératrice il trace un porgrandir la renommée d'un ro~aume, si le
trait enthousiaste. Et si nous le pomons
tempérament de ce roi est conforme au tem- puéril, est la preuve vivante que l'indhiduat , D'Annunzio.
pérament national : l'orgueilleuse personna- lisme est sans gloire et ~ans beau té lorsqu'il
•!. )laurice Barrés.
lité d'un Louis XIV ou d' un Napoléon élargit inspire la désertion du but de sa vie.

'

Louis

DE BAVŒ1(E - - - .

croire lorsqu'il consacre des laudes ardentes nos )'eux que trop de soucis quotidiens et entendait ses conseils. llérodote nous rapà ses yeux J'or clair, à sa fière sveltesse o?scurc~ssen~,: « Nous n'avons pas le temps porte que le roi Xerxès fut amoureux d'un
digne. de la chasseresse Diane (et combien daller 1usqu a nous, tout occupés que nous bel arbre et le fit cercler d'or comme le bras
laborieusement conservée ! au
d'une femme. C'était le même
prix de quels régimes sévères!),
roi qui pleurait, devant son inà cette aisance parfaite des mounombrable armée, en songeant
ve~ents que donne une longue
que tous ces hommes rassemhabitude de la beauté, nous
blés dans peu d'années seraient
l'excusons de vouloir sauver
tous morts.
l'impérial visage des injures du
Lor~que la tempète s'opposait
temps au prix d'un témoignage
à son départ pour les riYts de
mensonger, et même de ne pas
Grèce, il fit battre avec des
comprendre qu'une part de
chaines la mer, - la mer qui
cette élégante tristesse désabudeYait le voir revenir, seul avec
sée venait d'avoir senti sur soisa honte, sur un frêle esquif,
même que la beauté est chose
~L en aroir pitié. L'impératrice
passagère.
Elisabeth n'anit pas cette éoerQuelles paroles va prononcer
~ie passionnée pour orner ou
l'impératrice Élisabeth? Elle
frapper la nature. Mais elle préparle tout haut dennt celui-ci
férait aux hommes la mer et
dont elle ne se défie point, el
les arbres. Dans les forêts ou
qui sera un confident inattendu.
sur les vagurs, heureuse, elle
Se souvient-clic de son bonheur
s'oubliait; elle devenait un de
lointain? rn soir, en Bavière,
ces êtres sans nombre qui goû- elle avait seize ans, - elle
tent le bonheur inconnu d'ignodansait a\'ec son cousin Franrer leur individualité. Rapproçois-Joseph, héritier de la couchée des choses, elle ne se senronne d'Autriche. Elle était si
tait plus penser. Et quand elle
belle qu'il ne sentait plus son
rdrouYait sa pensée, c'était
cœur. li lui donna des fleurs à
pour jeter sur ses graves paroles
la dernière valse. Le lendemain,
un éclat d'éternité. Par l'accent
on apprit à la petite princesse
d'une douleur neuve, elle raqu'il demandait sa main, et,
jeunissait ces vieux thèmes détrès pâle, elle murmura simplesolés qui sont la musique de
!Den~ : ? Oh! c'est impossible!
tant de poèmes, el qui nous
Je sms s1 peu de chose ! , Quand
parlent de l'inutilité de tout ce
L E ROI LOUIS Il Dt BA VIÈRE.
elle s'en vint en Autriche le long D'.:ipris 11n tortrall tuNit par l'l1.uSTRAT1os, en juin 1886, 411 /endem.;iln cte la mort qui est destiné à passer un jour.
du Danube, elle respirait l'aEntendez-la murmurer sur la
lraglq11e d11 soui·eratn.
mour comme un bonheur étergrève de C&lt;irfou, au bord du
nel. Puis, lorsque lurent vegrand isolement de la mer ~ans
nus les jours sombres, trop jeune encore sommes à des choses étrangères. ~ous n'a\'ons ,oiles, en regardant au crépuscule les copour connaître l'apaisement, elle promena pas le temps de regarder le ciel qui attend quelicots parsemant la berge : « Quand on
son cœur b)essé aux plus éloignés ri\'ages : nos regards .... J'ai vu une fois, à Talz, une pense que, dans cent ans, il n'y aura plus
e,lle cherchait_ le calme en voyage, et sa peine paysanne en train de distribuer la soupe au, une seule créature humaine de notre temps,
1accompagnait. Elle apprit peu à peu que la valets. Elle n'arriva pas à remplir sa propre pl~s une se~le, - et, probablement, plus un
d_ouleur, comme la joie, a des limites indé- assiette. » Elle, qui eut le temps, ne ,,oulu t trone de roi non plus, - et tout ce &lt;Jui nous
cis~s que peut reculer le destin. Elle était plus consentir à suivre d'autres voies que parait maintenant nécessaire et durable et
déJà faite à la souffrance a\'ant le drame de celle qui menait à son àme. Elle roulut parer grand aura seulement été afin de n'être plus
Meyerl_ing. Quelles paroles va donc prononcer, celle âme de la beauté des choses éternelles. en ce temps-là, - tandis que ces coquelicots
~u. soir de sa vie tragique, l'impératrice Elle oublia les hommes et la durée. Ainsi seront toujours ici, que ces mêmes va11ues
Elisabeth '!
l'on parait grand à bon compte. Car rien n'esl bruiront toujours, et si seules! ... ~ous ~ous
Aucune plainte ne sort de sa bouche 1 et plus facile que de mépriser les œuvres des écartons de notre éternité, parce que chacun
po~rtant « elle ajoute au gémissement bu- hommes, et la hàte quïls apportent à édifier de nous veut être ici pour lui seul, veut
°:lam ce qu'une impératrice adulée peut ces pauvres monuments de leur vie. Cet air enfouir l'autre et se flatte d'incarner à lui
3JOuter d'ac~nt b!asé i ». Elle a appris de la de supériorité, que les contemplatifs affichent seul le monde, tandis que nous ne sommes
nature la résignahon et l'indifférence et au- devant le trarnil des actifs, correspond-il à rien de plus qu'une fleur de pavot ou uni\
cun p~ème nihiliste n'est plus poig~ant el u_ne philosophie plus haute que celle du vague. Nous ne sommes éternels que dans la
plus decouragé que les phrases où elle mur- sm~_ple pa1san, qui mange, le soir, le pain masse, où ni la naissance ni la mort de l'inmure l'acceptation de la vie. La pensée de la qu 11 a gagné a la sueur de son front, sans dividu ne marquent .... 11 Ce n'est point la
mo~t qu'elle ose regarder en face l'a-t-elle rélléchir qu'à sa besogne quotidienne?...,
nouveauté de celle mélancolie qui nous émeut
p~r~fiée, et lui a-t-elle restitué le sens priCette âme passionnée voulait être pacifiée. c'est l'accent infiniment meurtri que l'on ;
~1tJf des choses? Peut-être, car elle ne s'rns- '.&lt; Quand on ne peut être heureux à sa guise, -1eut su~preodre, c·~st .la fè)ure de cœur que
p1re que de la nature et de la mort, et de t1 ne reste qu'à aimer sa souffrance. Cela 1on de\'tne. Celle-ci na point besoin de rasœs deux sommets considère les agitations des seul donne le repos, et le repos, c'est la sembler une armée pour goûter la Yoluplé
hommes avec une pitié dédaioneme. A quoi heautt: de ce monde. » Un temps elle arait des larmes en songeant à tant de morts en
bon cr.~ ~eupations transitoire~ qui prennent placé ailleurs la beauté du monde, cl 111~is ne perspecti\'e; elle n'a t1u'à regarder au dedans
la totahtc de notre ex istrnce? \'ers le fond désirait plus que l'apaisement. Elle le trou- de son :ime, cimetière de toute l'armée ùc ses
permanent de notre être nous derons tourner vait dans le contact de la nature. Elle avait dé?irs el de ses rèves. A celle profondeur, sa
t • )hune,• Barn•,,
pour (,elle-ci une considération mencilleuse, pcmc est consolanti;, elle ;'harmonise à l'in-

�~-

111STOR..1.ll

dillérenle nature qui se soumet docilement )'Hôtel Beau-Rivage, le long des quais. Un
au destin et accepte l'obscurité comme la individu, qui était accoudé à la balustrade,
vint à nous en courant. li se baissa sous
lumière.
D'avance elle accepta sa lin tragique, qur l'ombrelle de Sa Majesté et lui por1a un coup
des bohémiens lui avaient prédite. Elle savait en pleine poitrine. J'aidai l'impératrice à se
qu'à l'heure fixée elle rencontrerait sa desti- relever. Elle voulut marr.her seule jusqu'à
née. Je me souviens d'avoir assisté à Genève l'embarcadère. Comme je lui demandais ~i
aux débats sans grandeur où l'on jugeait son elle souffrait, elle me dit : « Je ne sais pas;
assassin Lucheni. Une seule foi5 l'assistance je crois que j'ai mal à la poitrine. » A peine
sentit peser sur elle le soume de la fatalité, arrivée sur le bateau, elle fut prise d'une
et œ fut pendant la lecture de la déposition syncope. Cependant nul ne songeait qu'elle
de la comletse Sztaray qui accompagnait l'im- avait été frappée avec une arme. Le bateau
le,·a l'ancre. Sa Majesté revint à elle, et murpératrice :
- Nous allions seules au bateau, de mura : c&lt; Que m'est-il arrivé? » Elle semblait

ne point se souvenir de ce qui s'était passé.
Puis elle perdit de nouveau connaissance,
et ne donna plus signe de vie. Le !.iateau
revint en arrière. On la _transporta à l'hôtel. ...
Elle arnit dit : « Je veux être enterrée à
Corfou, près du rivage, pour que, sur mon
tombeau, viennent continuellement se briser
les vagurs. ,, Sur la rive d'un lac étranger
l'a11endait son destin. Déjà frappée au cœur,
elle s'éloigna du bord. Le bateau l'emportait
encore en vopge. Son dernier lit fut fait de
deux rames unies par des pliants. Et son
étonnement n'était pas celui de mourir.
IlENRY

Madame de LiélJen
cc Si jamais je p1·ends un amant, s'écriait
une jolie femme aux intermittences d'idées
sérieuses, ce se mil un amant politique! »
Pour la princesse de Liéven, !'Égérie de lord
Grey et de Guizot, tout sentiment : élan de
l'imagination ou fièvre du cœur, enthousiasme
spirituel ou passion, se transmuait en politique. Faute de pouvoir directement gouverner, eHe s'était faite la conseillère la plus
remuante qu'on pût voir des agissements
diplomatiques; elle remplissait du bruit de
ses opinions les salons, le, ambassades, les
cours de Londres, de Paris, de Saint-Pétersbourg. Thiers qualifiait son salon : l'obsei·l'll-

loire de l'Ew·opc.
L'agitation était son élément naturel. li lui
fallait du nouveau, de l'extraordinaire, i1
tout prix. Un jour qu'elle se lassait d"al1endre, el que rien ne bougeait, à l'horizon,
celle douce ambassadrice écrivait 11 lord Grey:

«Apropos, vous voule::, donc faire La guerre r
M bien.' faites-la. Voyez comme _je suis
accommodante. Le sec1·et de ceci, c'est q11e
je m'ennuie. J'aimerais bien quelqt1e chose
qui remuemit l'Europe. »
Tout simplement, pour distraire Mme de
Liéven ! Que lui importait à elle les coups et
les blessures et ceux qui les reçoivent! Elle
en était si éloignée dans son noble cercle, le
lieu de réunion des aristocraties étrangères,
où son mari, personnage insignifiant et décoratif, pendant vingt-deux ans ambassadeur à
Londres, lui laissait, pour y briller, le~ trois
quarts de la place! Aussi, comme elle parlait
à l'aise, les pieds au chaud, l'éventail à la
main, de prises d'armes et de bataille : « Il
y a nécessité pour nous, déclarait-elle, de

BORDEAGX.

balll'e les Turcs Jl. Elle exerça de l'influence.
Lord Grey la consultait journellement. Elle
correspondait avec le tsar. Des lettres d'elle
parlaient, à chaque moment, pour les chancelleries. Elle avait de l'empire sur son entourage d'hommes supérieurs. Guizot, qui lui
voyait une immense supériorité morale et
intellectuelle, parce qu'il l'aimait, ne pouvait
se passer de sa société ni de ses lell res. Politiquemf:'nt parlant, Thiers, en 1849, appelait
Guizot. el Mme de Liéven le père et la mère
de la fusion. On la prôna, on la 0aua beaucoup. En revanche, des appréciateurs moins
complaisants raillaient volontiers les vaincs
turbulences de celle qu'ils dénommaient la
« Sihylle diplomatique ,, , ou bien &lt;&lt; la Douairière du Congrès ,, . Plus rudement, lord
Malmesbury, traitant de la princesse de Liéven,
disait : c&lt; Ce fut une peste pour nos ministres
des AITaires étrangères ». Chateaubriand, qui
nP lui pardonnait peul-être pas d'avoir, avec
rnn salon, éclipsé celui de Mme Hécamier,
reprochait, 1t relie grande dame d'une morg~e
si hautaine, d"êlre une femme commune, faltgante, aride, el de n'avoir qu'un seul ge~rc
de conversation: la poli Li que vulgaire, capable
d'étonner seulement des intelligences de second ordre. En réalité, malgré sa connaissance
de plusieurs langues, elle possédait peu d'instruction. Son ami Talleyrand et plus encore
~Ime de Dino eurent l'occasion de s'en apercevoir. L'esprit littéraire, ainsi que le sens
de la nature, lui faisaient pr(isque entièrement défaut. Mais l'esprit naturel, une gran~c
abondance de paroles, une habileté singul!ère
à rendre siennes les idées d'autrui lui tenaient
lieu de science acquise. Elle s'habillait avec
beaucoup d'élégance. Son port était d'une
dionité parfaite. Elle causait, elle écrivait
d'~ne façon charmante, et elle eût paru

charmante ell~-même, sans les desiderata
d"une maigreur' excéssive qui ne lui conservait que la transp~rence de la heauté. Telle,
celte fine marq1:1ise de la Chartreuse de
Parme, très agréable, sans doute, aux yeux
du prince son anianr, mais si maigre qu'elle
laissait, disait-=on, la ~arque d'une pincette
sur le coussin d'une bergère, après s'y être
assise un monienl. Mme de Liéven se félicitait, d'ailleurs, d'être ainsi rt non pas autrement, et Guizot lui donnait rairnn : cc li n'y
a pa.ç comme ·le~ pâles et les maigres, assurait-elle 1·e ne 'dois 1·ien à l'ambition des
'
I.
belle.ç joues ». ~'f
Guizot, dision§-nous, lui avait voué un
sentiment ptofond et tPndre, quoiqu'il ne
l'eût rencontrée qu·en 1837, quand elle avait
cinquante-trois ans. Il lui olTrit de l'épouser,
après son veuvage. De se voir trois fois par
jf)ur n'affaiblissait pas leur désir de se revoir.
c&lt; Ce n'est qu'avec 1
•ous que je 1•eux pal'ler.
et' n'est que vouç que je veu.r enlenrfre ,,,
lui écrirnit-elle ; « je reste en vous, je re:;/1'rai toujou1·s a1 ec vous ,, , l~1i répondait-il. li
ne bougeait de chez elle. Etait-il à la campagne, ou courait-elle la poste, ils s'écrivaient
des lettres sans fin 1 • Un si rare attachement
n'était-il, de part et d'autre, qu'une force de
r.,me, mobile unique des aspirations élHécs
et pures! Des curieux auraient bien voulu le
savoir. Mérimée était de ceux-là. Il se chargea
de ren~cigner la galerie. Un soir qu'il y a mit
réception au ministère des A.ITaires étran~ères,
il s'était arrangé de façon à sortir 1~ dernier.
Enfin, saluant le président du Conseil et la
princesse, il quitta l'un des saloos, où ils
s'étaient retirés seuls; mais, au bout de
quelques minutes, il y rentrait en homme
affairé, semblant avoir oublié quelque chose,
faisait un tour ou deux dans la pièce et s'en
allait. « - Eh bien? lui demanda-t-on. -

1. « )!me de Castellane m'écril que rien n'égale
le, coqucllerics Liéven-Guizol. » (Mme cle Dmo, Cl1ro11ique, 28 septembre 1857.)

Eh bien! Le ministre avait ôté son grand
co,·(lôn! ,, C'était tout dire en ne disant rien.

0

1

FRÉDÉRIC

LOLIÈE.

•
Deux maîtres esp1ons
Par P. de PARDIELLAN.

Le public français, toujours galant envers
ses ennemis el confiant en leurs paroles,
s'est imaginé, s'imagine peul-être encore aujourd'hui, qu'à l'époque de Rosbach l'organisation des armées de Louis XV était déplorable, et tient pour exacte l'affirmation de
Frédéric le Grand : c&lt; Soubise a cent cuisiniers et un seul espion, tandis que j'ai cent
espions et un seul cuisinier. »
Ce n'était qu'une boutade el rien de plus,
car, en maintes occasions, par la suite, le
célèbre monarque dut constater - à ses
propres dépens - que le service des renseignements, autrement dit le système d'espionnage français fonctionnait à merveille.
cc Sa sacrée
majesté le hasard ,, , ce
précieux auxiliaire des généraux (s'il faut en
croire le même Frédéric), n'a pas de faveurs
que pour eux, car il en réserve parfois aux
chercheurs. Grâce à une de ces bonnes fortunes, malheureusement trop rares, il a été
possible de retrouver et de suivre la piste,
assez embrouillée, il est vrai, d'un être
extraordinaire, plein de génie, qui a été
précis{·ment l'organisateur du service des
renseignements sous Louis XV. Par la même
occasion, car il n'y a pas de bon drame sans
traître, a été révélée la figure très curieuse
d'un émule du précédent, son ennemi
acharné, son détracteur infatigable. Tout esl
curieux dans l'histoire du premier de ces
prrsonnages, et l'on peut affirmer sans
crainte que peu d'existences ont été aussi
mouvementées que la sienne. Quant à l'autre,
malgré son rôle funeste, il est et reste une
ligure de second plan, et reçoit, comme au
théâtre, la juste punition de ses crimes.
~

Au début de la guerre de la Succession
d'Autriche, lors des opérations qui devaient
amener la chute de Prague, Maurice de Saxe,
commandant l'aile gauche de l'armée aux
ordres de M. le maréchal de Belle-Isle, avait
remarqué un militaire bavarois, un enfant,
à vrai dire, nommé Thürriegel, r1ui, en différentes occasions, avait fait preuve d'une
audace inouïe jointe à un coup d'œil et à un
sang-froid étonnants.
Le futur vainqueur de Fontenoy, plus
c~nn~isseur en hommes qu'en orthographe,
n avait pas manqué de faire appeler le jeune
volontaire et s'était entretenu longuement
avec lni. A défaut de renseignements exacts
sur les propos échangés 11 cette occasion•
entre le~ deux interlocuteurs, l'on ne peut
que se hvrer à des suppositions sur la nature
df' cette conversation. Cependant, elles ont

bien des chances d'être fondées, car nous
savons que Thürriegel, en sortant de cette
conférence, avait emporté une commission
l'autorisant à lever en son nom une compagnie franche et cc à prendre toutes dispositions
,·oulues pour instruire M. le maréchal et
MM. les offi&lt;'iers généraux placés sous ses
ordres de la situation ou des mouvements de
l'ennemi ,,.
La phrase précédente démontre que Thiirriegel avait bel et bien été investi, en la circonstance, des fonctions de chef du service
des renseignements.
Maurice avait eu la main heureuse, car, à
partir de cc jour, l'armée française fut admirablement orientée sur les moindres faits el
gestes des corps ennemis.
A la paix d'Aix-la-Chapelle (1748), notre
homme, qui a,•ait suivi son protecteur et
l'avait aidé à prendre Berg-op-Zoom et Maestricht, rentra en France avec lui et fut successivement chargé de plusieurs missions
importantes, dont il s'acquitta à merveille.
En particulier, dans les années 1754 el 1755,
il fut envo1•é à Min,&gt;rque pour étudier la s'tuation et les défenses de cette île. Au retour
de ce voyage, il fournit un rapport si exact
et si détaillé que 1'amiral de la Galissonnière,
commandant l'escadre qui lransporlait l'armée
du maréchal de Richdieu, se borna simplement à obsener la ligne de conduite indiquée
par Thürriegd. Il n'eut pas lieu de s'en
repentir, car ses opérations furent couronnées
d'un plein succès.
Le débarquement des troupes se fit sans
encomLre à l'endroit désigné par ce dernier
et, après la victoire de la Galissonnière sur
la flotte de l'amiral Byng, Port-Mahon fut
brillamment enleré par Richelieu. Grâce aux
multiples services de ce genre qu'il avait
rendus un peu sur tous les théâtres de guerre,
le capitaine - c'était ainsi qu'on_l'appelait
- s'était acquis une légitime répu1ation. ll
aurait été le plus heureux des mortels, s'il
n'avait rencontré sur son chemin, plus exactement, s'il n'avait côtoyé dans sa carrière un
de ses compatriotes bavarois, un nomm&amp;
Gschray (certains écrivent Geschray), passé
en même temps que lui (f 741) à la solde de
la France, imesti comme lui d"un commandement de troupes franches, rempli de talents
militaires, mais affligé d'un caractère envieux
et bas, et capable · de toutes les vilenies,
ain~i que l'on s'en apercevra par la suite de
cc récit très abrégé.
Le jour même où Louis XV, foulant aux
pieds les anciennes traditions de la diplomatie
française, conclut avec l'Autriche l'alliance

déplorable que l'on sait, Thürriegel, au grand
déplaisir de füchray, reçut mission d'organiser le service des renseignements en Allemagne. A cet effet, il fut investi de pouvoirs
en quelque sorte illimités.
.
D'après un contemporain, le capitaine
prussien d'Archenholz, qui, ,·ers la fin de la
guerre, eut des relations suivies avec lui,
&lt;&lt; Thürrie crel
choisissait lui-même ses aaents
0
0
'
en lei nombre qu'il lui plaisait. C'était lui
qui leur assignait leur rôle, qui fixait leurs
émoluments et qui les leur payait. Installé
en un point central, d'oi1 il expédiait ses
ordres et oit venaient converger les rapports
de ses espions, il comparait les renseignements qui lui parvenaient de toutes parts cl
les épluchait avec une sagacité et une pénétration si extraordinaires que les généraux
français ne pouvaient jamais éprouver de
doutes sur les intentions de leurs adversaires. ,,
Ses deux principaux centres étaient Erfurt
et Gotha. Lorsqu'il s'absentait, - et le cas
se présentait fréquemment , parce qu'il avait
une confiance médiocre en l'honnêteté de ses
subordonnés - un de ses lieutenants prenail
sa place, recevait les dépêches, et après avoir
contrôlé les renseignements, les transmettait
aux quartiers généraux. En plus des arr&lt;&gt;nls
qui battaient la campagne et s'accroch~ient
aux armées ennemies, il en avait d'autres
qui ne sortaient pas de districts nettement
délimités; enfin il s'était assuré le concours
d'indicateurs choisis dans toutes les classes
de la société (Arcbenholz affirme qu'il en entretenait un grand nombre dans les couvents
et les presbytères allemands .
~

Passé maître en l'art de se grimer, il se
mettait en route aussitôt qu'un soupçon germait dans son esprit, toujours en éveil, soit
que la fidélité d'un agent lui inspirât des
doutes, soit qu'il y eût désaccord entre les
renseignements ou que la situation lui parût
équivoque. Hien ne l'arrêtait et bien des fois
on le ,·it, au beau milieu des lignes ennemies, opérer tranquillement à la barbe des
émissaires et des officiers prussiens, auxquels, cependant, les avertissements ne manquaient pas.
Muni de passeports et de sauf-conduits
irréprochables, avec cela porteur de recommandations au bas desquelles figuraient les
signalures d'ambassadeurs et de ministres
accrédités par des puissances neutres, il parcourut à un moment donné Ioule l"Allemarrnc
du Nord, s'insinua dans les camps cnne~is

�_

msTO'J{1.Jl

el parvint même à s'introduire dans les forteresses les plus sévèrement gardées. Plus
fort que cela, il réussit un jour à pénétrer
dans Magdebourg. Là, payant d'audace, il fit la
:::onnaissanœ du gouverneur, dont il ne tarda
point à gagner la confiance et à devenir le
compagnon inséparable.
Un soir, dînant à la table de cet ami, Thürriegel apprit aux invités la chanson que tous
les soldats prussiens fredonnaient, depuis la
victoire de llosbach, et dont les échos n'étaient
pas encore parvenus jusqu'à Magdebourg. li
en était au refrain :
Soubise-bise-bise
Ach ! diese-dicse-diese
Schlage thun dir weh !

(Soubise... ah! ces coups le font bien
mali)
A ce moment-là précisément, on remit au
goùverneur une lettre de frédéric en personne, l'engageant à se tenir sur ses gardes
« attendu qu'un espion français des plus
habiles rôdait autour des forteresses prussiennes et cherchait à en surprendre les secrets ».
Le brave homme, qui n'y voyait pas malice,
donna connaissance de cet écrit à son ami, et
celui-ci en fit son profit. Jugeant qu'il serait
téméraire de pousser les choses à l'extrême,
et d'ailleurs possédant les renseignements
dont il avait besoin, il décampa lestement et,
sans avoir été le moins du monde inquiété,
rentra dans les lignes françaises.
De pareils coups d'audace lui constituaient
des droits indéniables à la reconnaissance des
généraux et de Sa Majesté très chrétienne;
aussi ne manqua-t-il point, en l'année 1760,
d'écrire au comte de Lusace, au corole de
Clermont-Tonnerre, au prince de Soubise et
au maréchal de Belle-Isle, sollicitant leur
entremise auprès du roi, pour lui faire obtenir &lt;&lt; une gratification et une pension proportionnées à ses services, et, en outre, le brevet
de lieutenant-colonel l&gt; que son compatriote
Gschray possédait depuis quelque temps déjà.
Sa requête fut-elle présentée maladroitement
ou ses exigences furent-elles jugées trop
grandes? On ne sait. Mais il est certain qu'il
n'oblint pas complète satisfaction. Le grade
lui fut conféré; quant à la gratification et à
la pension, vu les temps mauvais, elles demeurèrent en souffrance. EL ce ne fut pas
tout. Fâcheusement impressionnés par une

demande émanant d'un homme qui les avait
servis jusqu'alors d'une façon relativement
désintéressée, les généraux, autrefois disposés
à approuver tous ses acles, se mirent à l'observer de très près et n'hésitèrent plus à lui
prodiguer des critiques, dont la plupart, il
est vrai, leur furent suggérées par Gschray.
Ces mesquineries n'auraient peut-être pas
tiré à conséquence, malgré les insinuations
de ce dernier, si, par une sorte de fatalité,
les apparences ne s'étaient mises contre sa
victime.

•

Vers la fin de l'année l 761, trompé par le
rapport d'un de ses agents, Thürriegel donna
un renseignement qui fut reconnu faux. Par
une coïncidence bizarre, à quelques jours de
là, pareille mésaventure ad vint à Fischer, le
célèbre chef de partisans. &lt;&lt; Il fut trahi par
un de ses principaux espions qui dénonça
tous ses camarades à M. le prince Ferdinand
(de Brunswick), ce qui le mit à portée de
les faire tous arrèter le même jour et de faire
un mouvement capital, dont Fischer ne put
donner aucun avis. M~f. d'Estrées et de Soubise, qui commandaient, lui en firent des
reproches amers, et le taxèrent de trahison.
Ce malheureux fnt si sensible à cette imputation qu'il en toJ.Dba malade et en mourut au
bout de quelques jours'. l&gt;
Thürriegel, en sa qualité de Bavarois, n'eut
pas les mêmes scrupules que le brave Alsacien. Un beau jour, il déserta et courut tout
droit chez le roi de Prusse qui le reçut à
bras ouverts et s'empressa de Jui accorder les
avantages demandés. L'autre, en bon mercenaire, prit à cœur ses nouvelles fonctions et
rendit bientôt aux Prussiens les services les
plus signalés. Tout aurait donc été au mieux
pour lui.
Malheureusement, Gschrax veillait.
A peine informé du brillant changement
survenu dans la position du compatriote dont
il croyait avoir consommé la perte, il n'hésita
pas une minute. Quittant les rangs français
dans lesquels il servait, non sans mérite,
depuis vingt ans passés, il vint s'offrir à Frédéric le Grand qui, séance tenante, le
nomma colonel et lui donna le commandement d'un corps franc ne comptant pas moins
de 2.400 hommes.
Gschray se montra satisfait de son sort,
1. 8ese11vnl, 1. p3ge tu.·,.

jusqu'au jour où il fut obligé de s'avouer
que Thürriegel jouissait parmi les Prussiens
d'une réputation au moins égale à celle qu'il
s'était acquise chez les Français. A partir de
là, il n'eut pas d'autre préoccupation que
d'écarter son ri val.
S'autorisant de quelques avantages remportés dès ses débuts el qui lui avaient concilié la faveur du roi, il mit tout en œuvre
pour circonvenir le plus défiant des monarques et ruiner dans son esprit 'fhürriegel,
qui, disait-il, &lt;&lt; n'était entré dans l'armée
prussienne que pour mieux la trahir l&gt;.
Ainsi qu'il fallait s'y attendre, et bien que
l'autre n'apportât aucune prem·e à l'appui de
ses dires, Frédéric prêta l'oreille à ses calomnies et fit emmener à Magdebourg Thiirriegel,
qui n'y comprenait rien.
Toutefois, après réflexion, le roi décida
que le prisonnier ne serait pas détenu à la
citadelle, &lt;&lt; mais pourrait librement circuler
dans l'enceinte de la ville et continuerait à
jouir de ses appointements et gratifications n.
Le plus curieux de l'affaire, c'est que ce
roman d'espions eut le dénouement le plus
moral.
A peine Gschray en fut-il arrivé à ses fins,
que le malheur s'abattit sur lui. Successivement il éprouva des échecs sanglants jusqu'au
jour où, surpris dans les environs de Nordhausen par un parti français, il fut fait prisonnier avec la presque totalité de ses hommes.
Le roi de Prusse, furi1:ux d'avoir accordé sa
confiance à un tel maladroit, licencia les
débris de son corps et les répartit entre
quelques-uns de ses régiments.
Thürriegel demeura enfermé à Magdebouri
jusqu'à la conclusion de la paix. (1765. Traité
d'Huberlsbourg.)
A partir de là, on perd sa trace pendant
quelques années; mais on la retrouve en 1767.
A ce moment, Olavide, le célèbre intendant
général de l'Andalousie, s'occupait de peupler
et de fertiliser la Sierra Morena.
C'est alors que nous voyons reparaitre notre
homme. Il entraine à sa suite quelques milliers d'Allemands, principalemcntdes Souabes,
s'établit avec eux dans les despoblados (entre
Séville et Cordoue) et crée de toutes pièces
les colonies, encore aujourd'hui florissantes,
de la Carolina, la Carlota et Fuente-Palmera.
Ce fut là, que, devenu soldat-laboureur, il
termina par des Géorgiques une lliade singulièrement accidentée.
P.

DE

PARDIELLAN.

JOSEPH TUR.QUAN
dJc&gt;

La cilo))enne Tallien
Voici, au reste, comment Mme Tallien,
quand la gravité de l'àge et la dignité de princesse eurent fait d'elle une autre femme, racontait l'origine de ses relations avec le jeune
commissaire de la Convention :
Elle traversait Ilordeaux avec son mari
M. de Fontenay, ce qui est un singulier oubli
des dates, puisqu'on était au mois de novembre et que le divorce est du 5 avril, - mais
peut-on reprocher à une femme d'oublier les
dates? - lorsqu'elle apprend qu'un bâtiment
anglais, ayant à son bord plus de trois cents
habitants de la ville qui fuient le tribunal révolutionnaire, est sur le point de lever l'ancre;
mais on dit aussi que le capitaine du navire
vient de déclarer qu'il ne partirait pas tant
qu'on ne lui aura pas versé une rnmme de
trois mille francs qui manque au prix du
passage des émigrants.
- Comment! se serait écriée Mme de Fontenay, il ne faut que trois mille francs pour
sauver ces malheureux? Mais je ,·ais les
donner!
Et elle les aurait portés sur-le-champ ellernème au capitaine anglais. Au lieu d'un
reçu, elle aurait simplement demandé la liste
des émigrés et serait allée rejoindre son oncle
,nr la place du Théâtre.
Mais le capitaine anglais, admirateur de
tant dr bonté alliée à tant de beauté, n'avait
pu s'empêcher de raconter ce trait dans un
raîé. Des terroristes s'étaient jetés sur lui.
Tirant alors son épée, il avait bravement fait
retraite, tenant tête à ses assaillants et jetant
bas quelques-uns d'entre eux.
Les blessés avaient ameuté le peuple, dénoncé la belle citoJenne comme amie des
royalistes el juré de lui faire livrer la liste
des émigrants. La foule alors de se porter
sur la place du Théâtre où l'on dit que Thérésia se promène en ce moment.
- La liste! la liste! s'écrie le flot hurlant
du peuple, en l'entourant avec mille menaces.
Mme de Fontenay comprend. « Mais, ditclle, on ,ous a trompés : ceux qui se sont embarqués ne sont pas des conlre-révolution-

naires. - En ce cas, donne-nous la liste, puisque tu l'as dans ton sein. » Et un homme
lui passe la main dans le corsage.
Thérésia recule alors indignée, et, prenant
elle-même un papier dans son corsage :
« Cette liste, dit-elle en la brandissant, la
voilà ! Si vous la voulez, venez la prendre! »
Et elle la déchire en petits morceaux qu'elle
met incontinent dans sa bouche et avale devant la foule stupéfaite de tant de courage.
C'est à ce moment que Tallien, survenant,
se serait interposé pour l'arracher à la fureur
du peuple prêt à se précipiter sur elle, et, au
moment où il venait de donner l'ordre de la
conduire en prison, il l'aurait reconnue! Le
soir même, il était allé au greffe de la prison,
s'était fait amener la belle prisonnière et,
après une conversation où ses grâces l'avaient
absolument subjugué, il l'avait fait sortir en
disant devant le geôlier : &lt;&lt; Tu es libre, citoyenne, je vais au comité expliquer l'erreur
dont lu es victime. »
C'est là la légende. La ,·érité se réduirait
simplement à ceci : Thérésia fit la connaissance de Tallien à propos des réclamations
que Théodore Cabarrus dut faire pour rentrer
en possession de l'arJ?enlerie que les agents
du Comile de -~urveillance, qui auraient eu
bien besoin d'ètre surveillés eux-mêmes,
avaient volée chez lui. Des relations toutes de
courtoisie s'établirent entre elle et le jeune
représentant en mission. Rien de plus naturel : en ces temps troublés, la jeune femme
ne devait pas être fàchée de connaitre un
homme dont la puissance la mettait, elle et
sa famille, à l'abri des persJcutions. De son
côté, le commissaire de la Convention était
doublement flatté dans son orgueil de plébéien
et dans sa vanité de jeune homme, d'ètre
bien vu d'une femme si belle, et qui avait
été marquise!
Arrètée plus tard, sans doute pour arnir
fait quelque imprudence en ce temps de suspicion générale, &lt;&lt; pour quelques peccadilles
aristocratiques», commeledit~I. Ch. Nauroy 1 ,
ou bien parce que ses papiers n'étaient peutêtre pas bien en règle , comme le pense
M. Villenare 1 , Thérésia, de sa prison, avait

invoqué la protection de Tallien. Celui-ci,
qui, depuis qu'il la connaissait, n'avait pas
échappé au charme ensorcelant de la jeune
femme, qui n'avait pas ,·ingt-cinq ans, et à
qui les yeux veloutés de !'Espagnole faisaient
peut-être'déjà bâtir des châteaux en Espagne,
avait couru à la prison. Il était ravi d'une
occasion de revoir Thérésia, enchanté peulêtre de la trouver dans une situation qui
allait lui permettre de lui être utile, espérait
enfin qu'elle lui serait reconnaissante. Bref,
tout un chapitre de roman, ce rêve que tout
amoureux a fait : sauver d'un danger la
femme qu'il aime. A son âge, à une telle
époque, c'était bien naturel; à tout âge, en
tout temps, que ne donnerait-on pas pour cela~
Le programme s'exécuta de point en point.
La liberté de Thérésia pourtant ne fut que la
condition d'un marché. C'est ce qui enlève
toute poésie au roman ; une condition, en pareil cas, est une violence morale, - s'il est
permis d'employer le mot de morale en cette
affaire. Car ce fut bien une alfaire, où la morale n'avait rien à voir - et la belle prisonnière ne sortit de sa cellule que pour habiter
l'hôtel du commissaire de la Convention. La
preuve que c'était bien un marché en est
donnée par Thérésia elle-même : « Quand on
traYerse la tempête, a-t-elle écrit sous la Restauration , on ne choisit pas toujours sa
planche de salut:;. li Ces mots, par parenthèse, ne sont pas très flatteurs pour Tallien;
ils sont peu charitables aussi, et, après tant
d'années, elle aurait pu ne pas les dire. Mais
ils prouvent bien que Tallien ne fut que subi.
Celui-ci, tout planche que veut bien le diro
Thérésia, n'était pas de bois. Mais il aurait
dù d'abord, s'il avait été honnête homme, ne
mettre aucune condition à la liberté de la
ieune femme : c'était une chose atroce que
de lui imposer ainsi le bourreau ou la mort.
D'autres femmes choisirent la mort. Tallien,
qui oubliait les beaux exemples de continence
d'Alexandre, de Scipion et de Turenne, auxquels il ne ressemblait d'ailleurs en aucune
façon, n'était pas le seul à abuser ainsi de
son pouvoir et des prisonnières, et ce temps
otTre plus d'une Thérésia 1. Mme Cabarrus

1. Cu. ~ ,01101, Le Curieux.
2. Bioyrnphie .llichaud, supplément, t. LXT. Lr$
ll3piers ~t3icut alors une bien grosse 3lfaire en voyag~.
•. li fallait, en 1 i9:'i, pour voyager, un certilieat de
r!nsme, un cerlilical _de résidence ou de non émigration. plus, clans les l'llles, une carte de sùreté. Alors
un arrêtait le soir, dans les rues de Bordeaux, tous
,·eux qui n'étaient point munis de celte carte, on les conduisait au corps Je garde, el du coqis ci,• garde il la

prison. o Les gendarmes élaienl stimulés par l'appàtdu
gain. Toul inclil'irlu qui ne pouvait exhiber sa carte
tic sûreté était obligé de donner douze francs on de
laisser son hahil en nantissement. Cet impôt, les gendarmes de la Giroude l'avnienl eux-mrmcs établi; ils
s'en élaicnl _arrogé la perception el les autorités du
temps lermawnt les veux.... »
:i. li est hors de ·i1oule que Tallien ail fai( sortir
Thèrési3 de prison : « .•. Je l'ai sauri&gt;e à Bordeau, "·

a-t-il dit le 2 janl'icr 179:i à la Tribune de la Cou ,ention.
i. Le rcprésent3nt Dumont, à Amiens, u qui est i,
la fois le ca·éaleur, l'interprète cl l'exécuteur de la
loi, a exempté une très jolie femme de la prosc1·ip1ion générale cl paraît journellement en public a,·e,·
Plie. »
li. ÎAIIF, /.J11 stjow· en Pra11ce de 1792 à 1;95,
p. 166.)

CHAPITRE II (suite).

�111STOR_1.ll

----------------------------------------J

était trop femme de son siècle pour hésiter à
accorder ce que Tallien n'aurait dû attendre
que d'un mouvement spontané de celle qui,
il l'avait su peut-être chez M. de Lamelh,
n'était pas d'une vertu bien farouche. Mais cc
fait d'avoir imposé une condition à sa liberté
- indépendamment du devoir professionnel
qui lui ordonnait de faire élargir sans condition
tout prisonnier incarcéré indûment - ce fait

de lui. D'ailleurs, le moyen de dire non? ...
N'oublions jamais, pour les juger tous les
deux, qu'on voit, à de certaines époques, régner de véritables maladies morales; que plu•
sieurs épidémies de ce genre sévissaient à la
fois en France par suite des bouleversements
de la Révolution; que chacun en était plus
ou moins atteint et que, au milieu des fièvres,
des ivresses et des exaltations par lesquelles

HO)BIAGE At: PATRO'I DE I.A LIBERTÉ

est révoltant et il fallait avoir l'âme bien vile
pour se le permettre.
Quelle estime pouvait avoir une femme
pour l'homme qui s'imposait à elle de celle
façon? ... Mais, entre ces deux êtres, il ne fut
jamais question d'estime.
Le marché s'exécuta. Tallien devint de plus
en plus amoureux de celle qui l'avait préféré à
la prison et ne l'avait, en définitive, accepté
que comme pis-aller : mais, comme Talliea,
en somme, était assez joli garçon, quoique
commun d'aspect et de manières, qu'elle n'en
élait pas à faire ses premières armes dans la
vie galante, que M. de Lamothe était parti
pour l'armée, faute de mieux elle se contenta
t. \'oici ce documcnl : « Yu la pétition de 4a
,·itoyenne Thérésia Fontenay, agissan L pour la citoyenne
llo1·er-Fonfrëdc, le Comité autorise Ir citoyen Dorp;ueil

(1793) . - r.ravure de J

'iATJIIEU,

d'après le tableatt de

se manifestait l'alteintc du mal, les cenelles
étaient presque toutes it l'envers.

CHAPITR.E Ill
On ne sait pas combien de temps Thérésia demeura sous les verrous; on ignore
aussi bien la date de son entrée en prison que
celle de sa sortie. Il est certain qu'elle n'y
était pas avant le 16 octobre 1795, jour de
l'entrée de Tallien à Bordeaux. Elle n'y était
pas encore le 15 novembre, puisque, à celle
date, on trouYe dans les registres du Comité
de surveillance une décision relative à une
pétition que 'fhérésia, amie intime des fait lel'el' les sce116s apposés dans les appartements de

cette citoyenne, cl de réapposer les scellés sur les
elfots qui seraiC'nt susceptibles d'êtrl' soustraits i&lt; l;1

"" 168 ...

milles Ducos et Boyer-Fonîrède, avait adres•
sée afin d'obtenir la levée des scellés qui,
après la chute des Girondins, avaient été apposés chez la femme de Boyer-Fonfrède 1 • Elle
n'y était pas davantage le 25 novembre, jour
du vol fait chez son frère par les agents de
l'autorité, car tout fait présumer que c'est à
l'occasion de ce vol qu'elle entra en relations
avec Tallien. D'un autre côté, il est certain

HISTORIA

DE LAl'NAY,

qu'elle n'était plus en prison dès avant le jQ
décembre, car, ce jour-là, on célébra à Bordeaux une fête triomphale en l'honneur de la
prise de Toulon sur les Anglais et Thérésia
Cabarrus, cc qui ne craignait plus d'afticber
publiquement son intimité avec Tallien, et
que l'on voyait presque chaque jour, en compagnie du proconsul et nonchalamment étendue dans sa calèche, parcourir la ville dans
des atours pleins de coquellerie et gracieusement coiffée du bonnet rouge, devait prononcer un discours dans celle circonstance!. ll
Elle n'est donc restée que très peu de
temps en prison, quel4ues jours tout au plus,
un jour seulement peut-être. Et c'est encore
nation n (1. -Archit-es de la Gironde, si·rié L. r1•;.
490 bis. ) A. VE \'mE, La Ter1·e111· à Bordmu.r.
2. Même ouvrage, t. li , p. t :,5.

MADAME DE GRIGNAN.
Tableau dt! 1\llGl\ARO.

(~lusèc CarnaYalet . )

�,

_______________________________ Ll

ici le lieu de détruire une légende, celle qui
veut que, dans sa prison de Bordeaux, Thérésia ait eu les pieds mordus par les rats, et
cela, si cruellemPnt, que les cicatrices ne
s'en allèrent jamais. Plaisanterie que tout
cela! C'est elle encore qui a fait courir ce
bruit-là, sous le Directoire, quand elle se
montrait partout, les pieds nus et les orteils
chargés de bagues; mais c'était bien plus
pour avoir l'occasion de faire voir ses pieds,
qui étaient, paraît-il, de petites merveilles à
mettre sous verre, que pour en dissimuler
des cicatrices absentes. Vovons, de bonne foi,
est-il croyable que, se sen.tant les pieds touchés seulement par des rats, la jeune femme
ne se soit pas démenée de façon à mettre en
fuite les assaillants?... Qui donc se laisserait
mordre les pieds assez profondément pour
que les morsures laissassent des traces huit
ou dix ans après? Et puis, est-il vraisemblable qu'elle n'ait pas eu aux pieds ses
chaussures, ce qui, avec ses protestations actives contre les entreprises des rats, aurait
vite fait fuir ceux-ci? ... D'ailleurs, à propos
de chaussures, si elle avait eu les pieds abîmés, elle n'avait qu'à les mettre dans des
souliers, comme tout le monde, et non à les
couvrir de diamants el de perles. C'est Thérésia elle-même qui mit en circulation celle
fable des rats de Bordeaux, et ses amis complaisants la colportèrent partout 8ans rire.
Que des amoureux le croient, rien de mieux :
une femme sait leur faire croire, si elle le
veut, que les étoiles luisent en plein midi.
Mais la légende s'en est formée, et, comme
une herbe folle, a poussé dans les platesbandes de l'histoire. Qu'on nous pardonne
d'arracher aussi celle-là; hélas,ce ne sera pas
la dernière.
Mais, revenons à la citoyenne Cabarrus, à
la citoyenne Fontenay plutôt, car, toute divorcée qu'elle était, elle parait, pendant son
séjour à Bordeaux, avoir conservé le nom de
son ancien mari. Peut-être était-ce par prudence, car ce nom était moins connu à Bordeaux que celui de Cabarrus. qui appartenait
au haut commerce et qui eût pu lui attirer
des persécu lions 1 •
La citoyenne Fontenay était donc ofllciellrment la maitresse du représentant Tallien.
Cela, toute la ville le savait. Mais un observateur attentif aurait pu se demander comment
une jeune femme aux goûts distingués et
raffinés comme Thérésia, habituée à ne voir
que des hommes aux manières parfaites et à
n'aller que dans des salons qui donnaient le
ton à toute l'Europe, avait pu se faire à vivre
avec un homme dont l'éducation et les manières devaient laisser quelque peu à désirer.
Et à cette époque, les manières et les habitudes des gens de qualité, leur lanzage, leurs
tournures de phrases étaient si diflërentes de
celles de la bourgeoisie, qu'on devinait un

gentilhomme sur sa mine et sur sa façon de
parler. ~lais il est probable que Tallien, qui
avait pour lui l'attrait de la jeunesse, se sera
étudié à dépouiller auprès de Thérésia sa
peau d'ours jacobin et à modifier, dans la
mesure du possible, le commun de ses manières. Et si Thérésia vécut avec lui, c'est
d'abord par nfcessité, puisqu'elle l'avait préféré à la guillotine, ensuite par intérêt, puis
par habitude; elle l'épousa plus tard par ambition, grisée qu'elle était par la popularité
qui l'entoura après le 9 Thermidor, et ne
s'aperçut qu'après le mariage qu'il était incapable de justifier ses espérances. Elle le lâcha alors avec la même facilité qu'elle l'avait
pris.
Mais n'anticipons pas sur notre récit. Lorsqu'on apprit que la maîtresse du représentant
devait prononcer un discours dans une fête
officielle, chacun voulut l'entendre. On n'avait
pas eu pourtant beaucoup de temps pour se
le dire et pour en parler d'avance. A peine la
nouvelle de la prise de Toulon parvin l-elle à
Bordeaux, dans la journée du 29 décembre,
que Tallien el Ysabeau ,•oulurent profiter de
la joie patriotique universelle pour détourner
une partie de cet enthousiasme à leur profil
et à celui de leur mission. Pour cela, il n'y
avait pas un moment à perdre. Aussi ordonnèrent-ils sur-le-champ que cette victoire
serait célébrée dès le lendemain par une
grande fête civique.
M. Aurélien de Vivie, qui tient de témoins
oculaires, derniers survivants de celle époque,
les plus intéressants détails sur le règne de
la Terreur à Bordeaux, a donné une description de cette fète.
C( Dès dix
heures du malin, dit-il, le
50 décembre, des salves d'artillerie se firent
entendre, les navires de la rade furent pavoisés, et la garnison se réunit en armes au
Champ-de-Mars.
C( A onze heures, Ysabeau et Tallien, escortés de toutes les autorités et des corps administratifs, se rendirent au lieu de la cérémonie; un grand concours de peuple remplissait le Champ-de-llars. Après la lecture de la
proclamation et du décret de la Convention
relatifs à la victoire remportée pa1· l'al'mée
fmnçaise su1· les féroces Anglais el les 7ie1·fides Toulonnais, l'hymne de la Liberté fut
solennellement chanté et le peuple y mèla sa
voix puissante.
« A midi précis, le cortège se dirigea vers
le Temple de la Raison.
&lt;c Une affluence considérable se pressait
dans son enceinte; les femmes surtout y
étaient en grand nombre. C'est que le hruil
s'était répandu que Thérésia Cabarrus ... devait prononcer un discours daos cette circonstance.
&lt;c L'attente des curieux ne fut pas trompée : lorsque le cortège des autorités, les re-

1. La preurn en esl dans la pièce rnil'antc extraite des
registres cle la Commission ,le surl'eillancr, a la date
du 13 nol'embre no;:; : « \'u la pè1i1iun de la
rilorenne Thêré,ia Fontenay, etc. • (Archives de la
r;iràudc. série. L. reg. 400 bis) el aussi dans celle-ci,
extraite du même 1·cgistre du Comité de surl'eillance,
~cric J,. 4!!1, à la date du 5 mai 1794 : « Sur les
l'i•clamatious que fait la citoyenne Fontenay. r11·. n

2. « Discours sm· l'éducation, pai· ln citoyr1111e
Tltérésia Cabarn1s-Fo11/may, lu dans 13 si-lance
tenue au Temple de la rlai,on à nordeaux. le 1" décadi du mois de nivôse, jour de la f,',t,• nationale célébrée à l'occ.,sion cle la rep,·i,e de Toulon par les
armes de la Hépublique. Imprimé d'après la demande
des citoyens réunis dans ce temple. » Brochure de
8 pages (Dordraux. J.-Baplistr r.azzara, imp., 1794).

C1TOrE1Y1Y'E

TJU.LTE1Y

présentanls en tête, eut été installé dans le
Temple de la Raison, Thérésia se leva, et
d'une voix émue au début, mais bientôt accentuée et sympathique, elle prononça un
discours où elle essaya, comme elle le dit
elle-même, de tracer l'e.~quisse mpide &lt;{un
plan d'éducation pow· la jPunesse 1 •
La duchesse d'.\brantès, qui raconte dans
ses JIémoi rei; cet épisode de la vie de
Mme Tallien el parle de ce « discours sur
des matières assez abstraites et propre à être
lu en manière de sermon, comme alors cela
se faisait assez souvent», a dit qu'elle n'eut
pas le courage de le lire elle-même et pria
U. Jullien de le lire à sa place. &lt;( füis, ajoute-telle, elle assista à la séance, où SPS auditeurs
étaient bien plus attentifs à la regarder qu'à
écouler le débit lourd et ennuyeux de celui
qui lisait son discours. »
C'est là une erreur : la citoyenne CabarrusFontenay lut bel et bien elle-mème rnn discours, et non pas le citoyen Jullien. La preuve,
c'est que Marc-Antoine Jullien, envoyé en
mission confidentielle par le Comité de SalutPublic, n'arriva à Bordeaux que dans le courant du mois de mars 1794. Mais, si elle lut
elle-même son discours, el elle ne se Lira pas
plus mal que tel autre orateur de cette lecture, Thérésia l'avait-elle fait elle-même? ...
Ceci est moins certain. Il est même absolument sûr que c'est l'œuvre d'un autre. De
'l'alliPn ?.. . C'est doutPux. Bien que la pièce
soit d'une lourdeur emphatique qui était un
peu dans le goût du temps, genre dans lequel excellait Tallien, on y trouve une réminiscence d'Homère qui n'était guère dans ses
cordes d'ancien mauvais élève : &lt;c ••• les générations rapides des faibles mortels ressemblent aux feuilles qui tombent dans les forêts à la fin del'automne .... ll Si celle réminiscence prouve que ce n'est pas Thérésia qui
écrivit ce discours - et vraiment, à vingt ans,
il faudrait qu'une femme le fit exprès pour
écrire quelqu·e chose d'aussi ennuyeux - elle
peul prouver également que ce n'est pas non
plus l'œuvre de Tallien. Ses études avaient
été trop manquées pour qu'il conservât quelque teinture de grec.
Ce que la duchesse d'Abrantès donne d'intéressant sur la présence de Thérésia à cette
fête, c'est sa toilette. « Elle portait, dit-elle,
un habit d'amazone en casimir gros bleu,
avec des boutons jaunes et le collet et les parements en velours rouge. Sur ses beaux cheveux noirs, alors coupés à la Titus et bouclés
tout autour de sa tête, dont la forme était
parfaite, était posé, un peu de côté, un bonnet de velours écarlate bordé de fourrure.
Elle était admirable de beauté dans ce costume3. »
Et c'est bien plus à sa beauté qu'à celle de
son sermon, il le faut croire, qu'elle dut les
applaudissements répétés qui en accueillirent
On connait deux exemplaires de celte brochure. Il
y en a un à la Bibliothèque nationale, sur lequel on

lit ces mols, écrits de la main de Thé1ésia ; &lt;&lt; Envoyi• par r aut,·ur à la ~oc1élé populaire du Calvados. "
~I. s:ins duute_p&lt;!ur qu'on pùt lui rm·oyer des remerc1emenls, la JOiie prêcheuse a ajoute son adre~se :
« :Uaison Fra1,kli11, à Ilo,·deaux. »
5. Duchesse d'Ar.R,'iTi:s . .Uémoù-es. t. Il, p. 4!l.

�1t1ST0'/{1.Jl - - - - - _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _,.
a péroraison. « L'auditoire, dit M. de Vivie,
en demanda l'impression. C'était tout au
moins une politesse faite à la femme aimable
qui, quel que soit le jugement qu'elle ait
donné, à l'histoire, le droit de porter sur sa
conduite morale, ne fit qu'une courte apparition au milieu des saturnales bordelaises. &gt;&gt;
Quelque courte qu'elle ait élé, celle apparition ne laissa pas que d'être bienfaisante.
On a beaucoup dit el répélé que la belle
jeune femme profita de la faveur dont elle
jouissait auprès du commissaire de la Convention pour diminuer les maux de la malheureuse cité, pour faire rendre des prisonniers à la liberté et arracher des têtes à
l'échafaud. Le comte d'Allonville, qui l'a
connue « aussi recommandable par les
nobles mouvements du cœur que séduisante
par sa figure et son esprit ", dit que « Bordeaux eut dû lui élever une statue en reconnaissance des bienfaits qu'elle répandit sur
tant de familles sauvées par elle de la hache
révolulionnaire 1 • » Le comte de Paroy, qui
lui devait beaucoup, a eu la même pensée, et
dit, à propos de Mme Tallien, que « les Bordelais devraient élever une statue de la
Reconnaissance reproduisant ses traits'. »
Voilà bien de l'enthousiasme. Il faut malheureusement en rabattre. Quoi qu'il nous
en coûte de jeter à bas de son piédestal une statue qui n'est pas encore élevée, il faut bien dire
que, si l'on peut s'en tenir au témoignage de
M. de Paroy, il ne faut pas s'en rapporter
absolument à son appréciation. Son père,
emprisonné, a été élargi par l'influence de
Thérésia, et cela d'une façon toute désintéressée. Voilà qui est fort bien, mais il ne
faut pas se hâter de conclure d un cas particulier à la généralité des cas. Il est, en effet,
certains mobiles, dans ses interventions Lienveillantes, qu'il ne faudrait pas trop scruter.
Ce sont les pieds d'argile de la statue. Cc
n'est pas sans preuves que Michelet, malgré
les mille fantaisies dont son génie s'est plu à
à enjolil'er l'Histoii·e de la lléi•olution, a
écrit qu'à Bordeaux Tallien c1 commerça de
la vie » et que, c1 pendant ce temps-là, sa
maîtresse tenait le comptoir. »Et ces preuves,
nous les trouvons dans plusieurs écrits du
temps, san, parler des allusions plus ou
moins transparentes d'une foule de mémorialistes. La marquise de Lage a raconlé:;comme
quoi, étant à Bordeaux, elle dut à Tbérésia
un passeport, par sui te la lil,ierté et peut-être
la vie; mais ce ne fut pas par simple et pur
amour du bien. c1 La Fontenay &gt;&gt; avait une
femme de chambre, la Frenelle, bonne, aimable et charmante fille, qui arail été (( fort
bien élevée el qui écrivait à merveille ».
Aimant à obliger, cette soubrette faisait
main basse, dans les tiroirs de Tallien, sur

tous les passeporls, signés ou en blanc, qu'elle
pouvait découvrir; elle les donnait ensuite à
des gens dénoncés comme suspects, et ceuxci, gràce à ces papiers, s'empressaient de
s'aller mettre en sûreté. Cette brave fille,
voulant donner plus d'extension à ses affaires
toutes d'humanité, eut la pens6e de s'associer sa maîtresse. Thérésia s·y prèta un peu,
s'intéressa à quelr1ues suspects ou prisonniers,
mais elle n'apportait pas à ses démarches le
ïèle de son admirable femme de chambre.
c&lt; Souvent, dit la marquise de Lage, elle oubliait ses promesses, et le prenait quelquefois
mal quand elle les lui rappelait. » Mais
l'amour du bien, chez les âmes qui le
possèdent réellement, surmonte tous les
obstacles. La bonne FrP.nelle, qui connaissait
l'empire des bijoux sur sa frivole maîtresse,
n"hésita pas à les faire interl'enir pour la
décider à procurer un passeport à une cidevant marquise dénoncée comme suspecte.
&lt;I Elle me dit, poursuit l\lme de Lage, que
Tbérésia avait envie depuis plusieurs jours
d'un antique monté en bandeau qui était
chez un marchand qu'elle m'indiqua, et qu'on
voulait vendre mille écus. » Quelques jours
après, J'antique monté en bandeau avait
passé sur la tête de Thérésia et la marquise
de Lage avait son passeport. c1 Quelle folie
vous avez faite, disait l'heureuse poupée en
se regardant à la glace avec son nouveau
bijou sur la tête, il est vraiment charmant. »
Quant au comte d'Allonvillc, qui était reçu
chez Tallien dans les derniers temps de la
Convention, et qui y dinait à côté de 'l'hérésia, on s'explique aisément son enthousiasme pour elle, mais, au point de vue historique, on fera bien de ne pas le partager.
li y a des témoignages plus graves encore
que celui de la marquise de Lage. Les
ll[érnofres de Sénar, qui, de l'aveu de M. Ernest Hamel, l'éminent historien de SaintJust et de Robespierre, peuvent être considérés comme exac,ls en ce qui concerne Tallien, disent que ce commissaire de la
Convention à Bordeaux c&lt; avait défendu de
s'intéresser à aucun détenu, sous peine d'arrestation, mais il paraît que celte peine
n'était exécutée qu'à l'égard de ceux qui ne
pouvaient pas payer .... Il écrivait aux deux
comités de salut public et de sùreté générale
el aux .Jacobins que la guilloti~e produirait
en peu de temps quarante millions.
« La Cabarrus avait chez elle un bureau
dans lequel on vendait les grâces et les libertés et où l'on traitait à des prix e:-.cessifs;
pour racheter leur tête, les riches payaient
avec empressement des cent mille livres; l'un
d'eux, ayant eu la faiblesse de s'en vanter,
fut repris le lendemain et guillotiné tout dt.!
suite. 1&gt;

Ce dernier point expliquerait un passage
des A!érnofres du comte de Paroy, inexplicable sans cela. Pendant que &lt;I La Cabarrus &gt;&gt;
était emprisonnée à Paris, son fils était à
Bordeaux, confié aux soins d'un valet de
chambre. Celui-ci, n'ayant plus d'argent pour
payer sa pension dans l'hôtel garni qu'il
habitait avPc lui, eut la pefüée d'en aller
demander à un négociant, « ~I. Legris, très
riche, que l\lme de Fontenay avait samé de
la guillotine ... ayant obtenu sa gràce de Tallien, qui l'avait fait rentrer dans ses biens
moyennant une amende pour les hôpitaux 4 •••• »
Le négociant refusa de prêter les trois
cents francs qu'on venait lui demander pour
payer la pension du fils de sa bienfaitrice. II
est infiniment probable que sa bourse avait
essuyé une trop forte saignée pour les hôpitau..c et qu'il se considérait comme quille
envers le conven lionne! et sa maîtresse. Il ne
le dit pas, car il était dangereux alors d'avoir
la langue trop longue, mais il refusa net.
D'ailleurs, menant grand train, ne se refusant aucun luxe, Tallien et Thérésia avaient
d'incessants besoins d'argent, et ce n'est pas
la modeste indemnité de représentant du
peuple qui pouvait suffire à leurs dépenses :
quant à la fortune de 'l'hérésia, elle avait été
fortement entamée par M. de Fontenay, et,
dans ces temps difficiles, la jeune femme
avait de la peine à percevoir le revenu de cc
&lt;[Ui en était resté.
Le faux ménage passait joyeusement son
temps : on donnait des diners, où, parmi la
misère générale et la disette de toutes subsistances, la chère était exquise, accompagnée des vins les plus renommés du département et de pain blanc, le seul qui fùt dans
Bordeaux et qui était fait exprès pour la
table de Tallien : on l'appelait le pain de~
1·ep1·ésenlants. Le jeune couple ne sortait
r1u'en ,·oiture et les Bordelais ne parlaient
que du &lt;&lt; char de Tallien dans lequel la Caharrus, appelée Dona Thérésia, se faisait
traîner avec son amant dans un pompeux
étalage, courrier devant, courrier derrière :
la Cabarrus était affublée d'un bonnet ronge
sur la tête. Souvent, il allait en voiture découverte, et la Cabarrus, connue pour prostituée, était promenée en déesse, tenant une
pique .d'une main, el mettant l'autre sur
l'épaule du représentant 'fallien j. »
Cette brillante existence est une bien vilaine page dans la vie de Thérésia. La morale
n'est pas son fort. D'ailleurs, elle l'ignore
totalement. Hàtons-nous de montrer cette
jeune dévoyée dans une attitude qui lui sied
mieux que la mascarade morale et extérirure
dont elle donne le honteux spectacle.
C'est aux mémorialistes du temps qu'il

1. C.omle o'.\1.1.o,v11.u:, Alcmoi,-es .sec,·els, 1. Il. p. 11 ::,_
:1. Comte lJE P.111ov, Jlémofres, p. rnt.

reur ti Bordeaux, 1. Il, p- 402). lnclépendarnmenl d,i
cet argent qui fut dil:1p1dé adminùlrativement, il
est hors ,le doute que Tallien ait Lrait,1 directement,
,le gré à gré, avec les malheureux il qui il vendait
la liherlé et la l'ic. disant que c'élail une amen.le pour
les hôpitaux.
Thérésia 11'a pas dèmcn&lt;i ce qu'elle appelle les
« atroces ralomn,cs » portées contre die cl Tallien.
Elle s'est rontenlée d en gémir, de dire que Tallie11
• ,auva la Franr&lt;' au fi thermidor » r1uc • c'est 1111

peu par sa petite main à elle que la guillolinl' a ••&lt;i·
renversée », et finalement, e~le se demande, la pauvn·
femme : « Qu'ai-je donc fait à cc Sénar·1••• n lanl
,,Jle est désolée de ce qu il ail parle de choses qn'ell"
ciit mieux aimé qu'on laissât dans l"oubl1.
Et, au fail, )(me de Chimar n'tlait plus la fomme
&lt;le Bordeaux, non plus que celle du Bire_cloire, el crhribes du passé, qu'on lui jetait pour ainsi dire à la
race, devaient crucllrmenl la faire rnuffrir.
j_ 1/émoires &lt;le ~énar. p. ~OU.

0

:ï. Marquise or. L,cr., SouL•e11irs, p. 162-176.
, i- « Sur les 6.940.1100 francs d'amendes inOigées
par la Co111111ission militaire, 1.000.000 fut attribué
aux sans-&lt;"ulolles el ·l .325.000 fraucs à la conslruclion
d' un hospice qui ne fut jamais commencé : ces fonds
paraissent a~·?fr. été dilapidés.... Il_ fau_l lire à ~l'l
,•gard les ph1hyp1ques de Cambon, 1ausl~re financit'r
de la Convenllon nationnle. » 1A. m. \'mE, /,a 1i·1·-

.., 1:-0 ,..

0

,,

______________________________

Ut

faut demander le récit de ses bien raits.
Écoutons d'abord la duchesse d'Abrantès.
Elle raconte que la baronne de Lavauret avait
été jetée dans les prisons de Bordeaux. Pourquoi? ... Parce qu'elle avait un fils abbé. Ule
attendait avec angoisse le moment de comparaitre devant le commission militaire que
présidait le terrible Lacombe, lorsqu'on lui
donna l'idée, peut-être reut-elle elle-même,

quelques jours après l'annulation du ban
contre son fils 1 •
Voici un autre trait de sa bonté. Celle fois,
ce fut une bonté militante, qui ne se borna
pas à quelques démarches et à quelques sourires influents, mais qui ne laissa pas que de
lui faire courir des risques. Il s'agit encore
d'une marquise. Elle avait poussé le dévouement jusqu'à prendre celle-ci chez elle et l'y

LE SIÈGE DE TouLo:-:.

d'écrire à c1 la femme parfaite, à la femme
incomparable qui fut l'ange libérateur de la
ville de Bordeaux ». 'l'hérésia, qui connaissait, pour les avoir éprouvées elle-même, les
angoisses de la prison, et pour laquelle, en
cette circonstance comme en plusieurs autres,
le beau vers de Virgile semble avoir été fait:
/1111,d ignara mali. miseri,Y .mccurrere disrn,

Thérésia prit aussitôt fait et cause pour la
malheureuse femme et réussit à la faire
mettre en liberté. Mais le bonheur de Mme de
Lavauret était loin d'être complet : son fils,
prêtre non assermenté, était poursuivi. Elle
parla de ses craintes pour lui à celle qui lui
avait déjà fait donner la liberté, peul-être la
vie, et Tbérésia fut heureuse de lui remettre
1. Ducbesse o'Aon,nÈs, Mémnires. 1. 1, p. ':!72-17.4 (Éd. Garnier .

-

ClTOYlfNJV'E

TALI.T'EN

--°'

)[me Tallien, pour prix de ses services, n'au
rait guère recueilli que de l'ingratitude. i\'ous
savons qu'elle ne recueillit pas que cela; mais
il ne faut pas croire l'humanité si mauvaise
et si oublieuse des services rendus. Beaucoup
oublièrent, c'est certain, mais ils avaient
peut-ètre payé Tallien des grâces que Thérésia obtenait de lui sans se douter qu'un marché intervenait après sa démarche : c'est

D'après une estampe du tem ps.

avait cachée sans même que sa propre femme
·de chambre le sùt. Elle la garda ainsi trois
semaines, parait-il, lui portant elle-même
ses repas et tout cc qui lui était nécessaire.
Elle réussit ensuite à mettre sa protégée dans
un asile sûr, où elle put attendre la fin de
la crise. Comment cette bonté fut-elle récompensée?... Oh! mon Dieu, de la façon la
plus simple et la plus ordinaire : par la plus
complète ingratitude!. .. Ah! comme Mme de
Sévigné avait raison en disant que « quand
on est obligé à quelqu'un à un certain point,
il n'l' a que l'ingratitude qui puisse tirer
d'affaire ».
Cette marquise ne fut pas la seule personne qui se crut dégagée, par la conduite
excentrique de Thérésia, de la reconnaissance
qu'elle lui devait pour sa belle conduite envers elle. A en croire le comte d'.1.llonville,

infiniment probable, et Tallien était très capable de cette canaillerie. Il parait aussi que,
lorsqu'elle rencontrait oubli et ingratitude,
îhérésia « ne s'en plaignait point, mais elle
se parait avec bonheur d'un simple médaillon
renfermant des cheveux de toute une famille
qui lui dut la vie el s'en ressouvenait encore' &gt;&gt; .
Il ne faut pas croire que les libertés qu'elle
obtenait, que les têtes qu'elle arrachait à la
dévorante guillotine ne coûtaient à la belle
Thérésia qu'une câlinerie, quelques caresses
ou une gracieuse bouderie à son ami Tallien.
Loin de là; il lui fallut parfois luller, surmonter d'insurmontabl.:S obstacles, mettre
en jeu des influences réfractaires et en mouvement des hommes répugnants. \'oici un
épisode inédit de sa vie de soldat de la cha0

':!. ComleD A1.1.nw11,1.r . .l/é111.sN'l"Pls,l. \'f, p. 11:,.

�fflSTO'RJ.Jl

LA

rité; nous le tenons de M. Aurélien de Vivie,
que le lecteur connaît par les nombreux emprunts que nous avons faits à sa belle /Jisloire de la Te1n1t1· à Borileau:r. M. de
Vivie la tient lui-même du fils du héros de
cet épisode, un vieux conseiller à la Cour de
Bordeaux, mort depuis longtemps, et qui
l'entendit souvent raconter à son père.
« Honoré Louvet, né à Honfleur, âgé de
trente-huit ans, et négociant à Bordeaux,
avait connu à Rouen Mme de Fontenay, dont
il avait fréquenté le salon. Il la retrouva à
Bordeaux, lui fit visite, et reçut d'elle un
excellent et très aimable accueil. Louvet était
homme du monde et homme d'esprit, aimable, d'une séduisante prestance, et était très
répandu dans la haute société bordelaise. Il
était fort lié avec les membres du club de la
.Jeunesse botdelaise I que présidait le digne
cl éminent Ravez, et qui avaient, à l'occasion
de la levée en masse ordonnée par la Convention, organisé une sorte d'insurrection contre
l'assemblée régicide. Grand amateur d'équitation, Louret s'était enrôlé dans la cavalerie
de la garde nationale bordelaise, corps essentiellement aristocratique et qui avait Dudon
fils pour colonel; il passa par tous les grades
et avait été élu chef d'escadron par ses concitoyens à l'époque des événements qui marquèrcn t le séjour très mouvementé des conYentionnels Ysabeau et Baudot, envoyés à Bordeaux
pour soumetlre la ville, et qu'on en expulsa
purement et simplement. Plus tard, quand
flordeaux fut rentré dans la loi, Louvet se
trouva naturellement compromis. Un mandat
d'arrestation fut lancé contre lui : il se
cacha.
&lt;&lt; Un soir, étant en visite chez Thérésia, il
venait de lui raconter les dangers de sa situation
et d'implorer son secours, lorsqu'un officieux 2
Yint annoncer le président du tribu11al révolutionnaire, Je citoyen Lacombe. Thérésia,
sans perdre son sang-froid, fit cacher Louvet
dans un cabinet de toilette et reçut avec la
plus ~randc amabilité le terrible président
qui, dit-on, était fort louc·bé de la gràce et
de la beauté de Aime Tallien. On causa quelques instants de choses indifférentes, puis
Thérésia parla à Lacombe de Louvet, qu'elle
connaissait et dont elle affirmait Je patriotisme, et elle lui demanda d'être indulgent
pour son protégé s'il venait à être arrêté et
conduit à son tribunal. Lacombe répondit que
ce qu'elle lui demandait était bien difficile,
que Louvet s'était soustrait par la fuite à
l'ordre d'arrestation décerné contre lui, et
que, dans une pareille situation, la Commission militaire (c'était le nom légal du tribunal révolutionnaire) ne pouvait se montrer
indulgente. Thérésia insista et employa toutes
les chaLteries de son éloquence féminine pour
convaincre le président.
« Lacombe résista longtemps, mais, séduit
enfin par son interlocutrice qui régnait après
tout sur l'esprit et le cœur de Tallien à qui il

Nous avons tenu à reproduire le récit de
cet épisode tel que nous l'a communiqué
M. de Vivic. Le tempérament de Mme Tallien,
son c::ractère, son énergie s'y détachent à
merveille. On peut voir que, si elle n'était
pas précisément ce qu'on nomme une gaillarde, elle était loin aussi d'être une femmelette, et que, pour faire le bien, elle savait
mener haut la main les hommes les plus farouches, comme ce Lacombe. On voit également qu'elle n'hésitait pas à Stl déranger
pour une œuvre d'humanilé et qu'dle n'avait
poi_nt de cesse qu'elle ne l'eût accomplie.
Mats que de volonté dans cette jolie tête! et
que de cœur dans cet admirable corps de
femme!
,. Celte _fuis, la belle Thérésia ne recueillit pas
d mgralltude : la preuve s'en trouve dans une
lettre qu'elle écrivit, après le 9 thermidor, à
une amie de Bordeaux, Mme Constance Nairac,
cous!ne germaine ~u girondin Ducos. Elle y
exprime sa reconnaissance pour elle et sa famille et aussi pour une offre que lui fait
M. Louvet : elle se dit pénétrée de sa bonté

et ajoute qu'elle se réser\'C de l'en remercier.
Cette lettre confirme, par là mêmr, l'exactitude du récit qui nous a été si aimablement
envoyé de Bordeaux. Elle confirme aussi la
bonté de Thérésia, car nous , vo1ons le nom
fune autre personne qu'ell&lt;; a arrachée à la
prison. « Je n'ai jamais craint de me compromettre pour l'innocence opprimée, dit~lle, ton mari en est la preuve .... »
M. Laurent-Paul Nairac, ancien député à
la Constituante, mari de l'amie de Thérésia,
n'a pas comparu devant le Tribunal révolutionnaire; son· nom ne figure pa5 parmi ceux
des personnes qu'il a jugées; c'est probablement parce que l'influence de Thérésia lui a
évité d'y paraître 3 on ne pouvait, C'll eflct,
être mis en jugement sans la signature de
Tallien.
Il faut observer ici que celle lettre est
écrite au lendemain de sa sortie de prison,
nprès thermidor. La jeune femme n'avait pas
encore la réputation de bonté qui lui a été
faite depuis, et ne songeait encore ni à se
faire cette réputation, ni à la maintenir; c'est
spontanément et tout naturellement qu'elle
dit qu'elle n'a « jamais craint de rn comprometlre pour l'innocence opprimée » et ce
qu'eUe dit là mérite toute confiance. Plus
lard, elle fera toujours le bien, mais son
goût naturel pour le faire se compliquera
d'un goùt non moins naturel pour qu'on le
sache; elle aura à conserver et à augmenter
sa réputation de bonté : la vanité s'en mêlera
un peu, et ce sera tant mieux pour l'humanité, puisqu'elle en fera davantage.
Pendant que nous sommes encore à Bordeaux, et bien que le récit qui va suivre
allonge encore la partie anecdotique de cc
livre, nous ne poul'ons nous dispenser de le
rapporter. C'est le plus connu des épisodes
du règne de la bonté de llfme Tallien à Bordeaux. Villenave, qui élait détenteur des )fémoires inédits du héros de l'histoire, l'a raconté
longuement dans la Bio91·ophiP Nichaud 1 le
comte Dufort de Cheverny en a également
parlé :; enfin, les Mémoires du comte de Paroy
ont arheYé de le faire connailre dans tous
ses détails. II faut le raconter, puisqu'il
est tout à l'honneur de Thérésia.
Le comte de Paroy avait été amené à Bordeaux par les incidents di l'ers de la vie tourmentée de cette époque. Il avait un véritable
talent pour la peinture el la gravure. Ce talent
lui donnait alors de quoi vivre. C'est à lui
également, comme on va le voir, qu'il dut le
salut de son père, emprisonné comme suspect
à la Réole. Ayant entendu dire que ~lme de
Fontenay, qu'il avait connue petite jeune J1llc
à Paris, cb•z Je comte Bertin, se trouvait à
Bordeaux et que Tallien allait soment diner
chez elle6 il eut l'idée d'envoyer une pétition
à la belle Thérésia et d'y joindre une petite
grarnreau lavis qui avait pour titre: L' Amom·
sans-culotte. C'était un amour tenant d'une
main une pique surmontée d'un bonnet phry-

1. C'éL•il le club des libêraux de Bordeaux.
2. C'ét:iit le nom qu'on donnait aux domesliquPs
sous la Rél'olution,
~- On y lJ•ou,·e un autre_'.'i~irac (!ean-Bapliste), parenl probahlcmenl de cclu1-l:1. rnffi ne111·, 50 ans. &lt;p,i

fui accruitt~ le 16 messidor on Il , peu de tPmps aranl
le O ~hcr~1clor .Jl"" con_séc111en1, lorsque Thërésia étai
en pri~on a_ Paris. Son mfü1encc ne fui donc pour rien
dans I acqu11tcmc11l de celu1-lâ.
',, Tome 1.\1. urliclc : Prince.~.,e de f.himny.

;;. llémoirPs, L. Il, p. :i27-32!l.
6. li paraît bien prohahle, pourtant.. c1uc rriércsia
était allée lrnbitcr l'hôtel &lt;lu commissaire clc la Convention, place Dauphine: peut-être se parlageait-ellr
lenlrc l~s rleux habitations.

devait sa situation présente, il ·promit de
sauver la tête de Louvet s'il se constituait
prisonnier.
« Louvet avait tout entendu et remercia
chaleureusement Thérésia.
·
« Toutefois il hésita longtemps. Las enfin
de la vie précaire où le mettait l'obligation
de se tenir caché, il se constitua prisonnier.
cc S(ln procès :s'instruisit el l'affaire fut
appelée. De l'audience mème, oit les débats
avaient été assez vifs, Louvet put envoyer
quelques mots à Mme Tallien : &lt;t Je suis
perdu si rnus m'abandonnez! »
&lt;1 Tbérésia n'hésita pas. Elle se rendit au
tribunal. On délibérait sur le sort de Louvet.
Thérésia entra dans le cabinet de Lacombe et
le fit demander. Le Président répondit que
le tribunal délibérait et qu'il ne pouvait sortir.
&lt;t Thérésia insista. Lacombe vint.
- « Tu n'as pas oublié, je l'espère, ditelle,, la promesse que lu m'as faite pour
Louvet. Dans lous les cas, je viens te la rappeler. Tu m'as promis de le sauver.
- « Mais les faits sont graves, dit Lacombe, cl je ne sais si je pourrai ....
- &lt;C Il ne s'agit pas de cela, dit Thérésia
avec résolution ; tu as promis de le sauver,
sauve-le.
&lt;c Puis, elle ajouta d'un ton plus bas et
d'une rnix stridente :
- &lt;t Je te préviens que ta tête me répond
de la sienne !
&lt;t Elle se retira sur ces paroles menaçantes.
&lt;c Lacombe rentra à l'audience : deux voix
étaient pour la mort, deux pour l'amende :
la voix du président fit pencher la balance et
Louvel fut sauvé. Il eut seulement trois
mois de prison et ,·ingt-cinq mille francs
d'amende. »

gien, et, de l'autre main, un cœur posé sur
un niveau, lequel niveau était placé sur un
au tri.
Cela ne signifiait pas grand'chose, non plus
que la légende naïvement égrillarde placée
sous celte sorte de rébus :
(Juane! l'amour en bonnet se trou,·c sans culollc.
1.a liherl é lui plait, il en l'ait sa marolle.

Mais, tians ces sortes de cl1oses, il ne faut
pas se montrer difficile; l'amabilité de l'intention fait tout.
C'est à la faveur de cc pasteport illustré de
ce rébus, que le comte de Paroy fit parvenir
à Mme de Fontenay une lettre qui la priait
d'intervenir de toute son influence auprès du
représentant Tallien pour obtenir l'élargissement de son père.
le domestique de Mme de Fontenay, autrefois au service de Mme Le Brun, chez laquelle il avait souvent vu venir M. de Paroy,
se chargea de porter la pétition. Une demiheure après, il revenait et disait que sa
maîtresse l'attendait. On pense avec quel
empressement Paroy se rendit chez la jeune
femme. Il trouva le salon rempli d'une foule
de solliciteurs, qui, la plupart, avaient des
pélilions à la main. « Un instant après,
raconte )I. de Paroy, on ouvrit les deux battants de la porte à une jeune darnP. très jolie,
l'êtue très élégamment. Un salut re.spectueux
rut l'hommage de tout le salon; elle y répondit par un gracieux signe de tête et dit :
1&lt; Le citoyen Paroy est-il parmi vous?. .. ll Je
m'avançai ... elle m'invita de passer avec elle
dans son cabinet. ll
Continuons à écouter le comte de Paroy :
il va nous donner un petit croquis du cabinet,
de l'atelier plutôt, de la citoyenne Cabarrus.
Ce croquis aidera à nous former une idée de
ses goùts et de ses occupations en ces temps
de !erreur. Du reste, l'intérieur d'une jolie
femme est, de tout temps, intéressant à
détailler, ue serait-ce que pour satisfaire ce
sentiment d'indiscrète curiosité qui est au
fond de chacun lorsqu'il s'agit de surprendre
les secrets de ses occupations et de sa vie
intime.
t&lt; En entrant dans son cabinet, dit-il, je
me crus dans le boudoir des Muses réunies :
un forte-piano entr'ouvert avec de la musique
sur le pupilre et beaucoup de cahiers de musique sur une chaise, une guitare' sur un
canapé, une harpe dans un coin, le pupitre
à côté et de la musique, un chevalet avec un
1. Therésia la l'endit e n I i 9',, après ~a sortie tic
prisoo , ainsi IJUe le secr étaire dont il est queslion
&lt;1uelqucs lignes plus bas,

tableau commencé, la boite de couleurs à
l'huile, des pinceaux sur une espèce d'escabeau, une table à dessin, portant un petit
pupitre avec une miniature, une boîte anglaise, une palelle d'ivoire et des pinceaux,
un secrétaire, ouvert, rempli de papiers, de
mémoires et de pétitions; une bibliothèque
dont les livres paraissaient en désordre,
comme si on y touchait souvent; enfin un
mélier à broder avec du salin monté. Je lui
dis: cc Vos talents, madame, sont universels,
à en juger par ce que je vois, mais votre
bonté égale les agréments de votre personne. l&gt;
~r. de Paroy ne pouvait la 0atler davantage : c'était, en effet, un de ses traits distinctifs que le désir de briller en tout, d'être
considérée comme une femme supérieure, la
première même de toutes les femmes! Ce
désir, très louable, quand il est contenu
dans de certaines bornes, se changea vite
chez elle en manie, et comme elle n'avait pas
l'étoffe assez solide pour la façon qu'elle
voulut lui donner, sa prétention ne lit que
démasquer une insuffisance passaLiement
vaniteuse. « C'est à cette manie de briller,
dit un journal du temps, qu'il faut s'en
prendre de la médiocrité en tout genre qui
est le partage de Mme Tallien. Elle sait tout
et ne sait rien. Si vous voulez, elle va vous
parler anglais, italien, espagnol; mais, fussiez-vous natif de Londres ou de Naples, je
vous défie de rien comprendre à ce baragouin qu'elle appelle langue anglaise, langue
italienne. Dans un concert, elle est bonne It
tout, elle chante, touche le piano, pince la
harpe; et l'on est étonné, à la fin, de ce
qu'une femme, avec tant de talents, ait
trouvé le secret d'ennuyer tout le monde 2• l&gt;
Poseuse! c'est là un des défauts de Thérésia; poseuse sous la Terreur, elle sera
plus poseuse encore sous le Directoire, cc
qui lui vaudra le malicieux article qu'on
vient de lire; elle en sera enchantée, car que
veut-elle avant tout, cette charmante cabotine de la politique? Faire parler d'elle. Et
elle a dû être bien heureuse toute sa vie, car
il est peu de femmes qui aient lant occupé
les conversations de son temps.
Thérésia remercia M. de Paroy; son aimaLie
compliment lui avait été au cœur. En fait de
compliments, ceux que nous avons mcrités
le moins sont ceux que nous aimons le plus;
et comme les fornmes ne sont pns bâties
autrement que les hommes, du moins quant
à la vanité, la sollise et la petite hypocrisie
usuelle, 'l'hérésia se sentait délicieusement
2. Tableau de P(lris , 18 ventôse an JI' (8 mars li96).

ClTOYENN'E

TJU.Ll'EN

---.

caressée dans son orgueil, qui était de parallre avoir tous les talents qu'elle n'avait
pas. Le compliment du jeune homme lui
donna de la mémoire : elle répondit en souriant : « Je crois me rappeler vous avoir rn
chez M. llertin avec mon père. J'espère que
vous viendrez me voir le plus souvent que
vous pourrez, mais parlons de li. votre père.
Où est-il?... En prison'!... J'espère obtenir
du citoyen Tallien sa sortie; je lui remettrai
moi-même votre pétition et je veux vous
présenter à lui. l)
On a déjà rn de quelle façon impérieuse
avait su parler la citoyenne Cabarrus au
président du tribunal révolutionnaire; on
voit, comme elle le savait, quand elle voulait,
être aimablement accueillante dans son atelier.
M. de Paroy lui exprima sa reconnaissance
avec une profonde émotion. &lt;t En la quittant,
dit-il, j'étais comme un homme émerveillé,
ayant de la peine à ajouter foi à ce qu'il
voyait, et je m'estimai heureux de ne pas
m'en sentir amoureux. » Mais aussi, la jeune
femme lui avait dit de ces choses qui sont
comme des gouttes d'espérance qui vous
tombent sur le cœur, et elle les avait dites
avec tant de grâce, avec un son de voix si
musical, avec des yeux si délicieusement
veloutés, que le pauvre jeune homme voyait
déjà son père en liberté.
II ne l'était cependant pas encore. On le
transféra de la Réole à Bordeaux. C'était
mauvais signe. Mais Tallien, qui s'intéressait
maintenant à )1. de Paroy, parce que Thérésia lui avait présenté son fils, et que celui-ci
gravait leur portrait à tous deux, disait :
Attendez encore, il faut qu'on l'oublie quelque temps pour le sauver. )&gt;
Le temps se passait au milieu d'allernatives de crainte et d'espoir. Un jour, la
citoyenne Cabarrus dit à M. de Paroy : &lt;t Je
suis désolée que votre père n'ait pas pu sortir
de prison avant que Tallien soit obligé de
partir pour Paris, mais je connais un peu
Ysabeau, qui est son collègue ici; je vais
prier à souper une dame avec laquelle il e~t
fort lié, et je l'engagerai à amener Ysabeau
avec elle. Vous pourrez faire connaissance;
il a de l'esprit et est très instruit. l)
Paroy accepta avec reconnaissance. Au
souper, il fut placé à côté de cette dame,
Mme Delpré, qui le présenta à Ysabeau. Il y
avait là quelques autres députés, envoyés en
mission aux Pyrénées, et qui passaient par
Bordeaux. La réunion fut fort gaie et ~lme Delpré si enchantée de la petite fète, qu'elle
invita tous les convives à se retrouver chez
elle à souper, le lendemain.

(A suivre. )

JOSEPH

TURQUAN .

�'------------------------------------ UNE PAGE D'111ST01'/?E

Clichê Neurdein frères.

Li,;s

BLESSÉS DE LA GARDE IMPÉRIALE RENTRANT A PARIS APRÈS LA IJAT,\ILLE DE Moxn11RAIL. -

D'après l'aquarelle de E.-J. DELÉCLUZE. (Musee de Versailles.)

UNE PAGE D'HISTOIRE

La capitulation de Paris
et la déchéance de Napoléon en /8/4
(D'.llP'JfÈS DES DOCUMENTS 1NÉD1TS)
Par Robert FRANCHEVILLE

Au début de 1814, la France était envahie.
Les alliés marchaient sur Paris_ ;xapoléon
voyait, de jour en jour, diminuer son immense prestige : ce n'était plus pour sa seule
gloire qu'il combattait, mais bien pour la
défense de sa capitale menacée, et de son
.trône revendiqué par les Bourbons. Le 20 mars,
il tenta de s'opposer à la jonction des Russes
el des Autrichiens qui devait s·opérer près de
Châlons. Mais le combat d'Arcis-sur-Aube,
où !'Empereur sembla chercher la mort,
dans la mêlée, ·ne put empêcher Schwartzenberg de donner la main à Blücher.
Dès lors, la partie fut perdue : Augereau
d'une part; de l'autre les ducs de Raguse et
de Trévise étaient en pleine déroute. Le
chemin de Paris était ouvert aux alliés. Déjà
l'armée, démoralisée, parlait tout bas de la
chute imminente de son Empereur. Après
quinze années de victoires, l'idole se brisait,
au milieu de la stupeur d'un peuple accoutumé à la voir et à la croire inébranlable.
Les hauts dignitaires, les généraux, les officiers se demandaient avec angoisse comment
allait finir !'Epopée, et s'ils sombreraient,
eux aussi, dans le cataclysme qui allait

engloutir brutalement !'Empereur et l'Empire? ...
Napoléon n'avait plus qu'un seul parti à
prendre : regagner Paris en toute hâte, s'y
enfermer, et s'y défendre jusqu'à la dernière
extrémité. Il partit donc, doublant les
étapes, espérant, par la rapidité de sa marche,
surprendre l'armée ennemie. Mais il était
déjà trop tard. Le 29 mars au petit jour, il
fit _partir à bride abattue son aide de camp
DeJean, pour annoncer son arrivée aux Parisiens. Mais le 50, comme il approchait de sa
capitale, n'ayant plus que vingt kilomètres à
faire, on lui apprit la bataille de la veille et
la capitulation. Il partit aussitot pour Fontainebleau, la mort dans l'âme.
Telle était, en peu de mols, la situation de
la Fran~e à ce mom~nt critique. On sait que
la garmson de Paris opposa aux Alliés une
héroïque résistance. A ce propos, nous avons
eu la bonne fortune de relrouver,à la date du
16 avril 1814, une longue letlre, ou, plutôt,
un journal manuscrit d'un bourgeois de
Paris, enrôlé dans la garde nationale. Il ne
se battit pas, mais, étant un peu badaud,
comme tout bon bourgeois, il trouva le
..., 174 ,..

moyen d'assister quand même au combat.
Dans ces notes curieuses, destinées à renseigner un parent de province, il décrit assez
adroitement la physionomie anxieuse des
rues et des boulevards, le mouvement des
combats qu'il a vus dans la banlieue,et les
racontars plus ou moins extravagants qui ne
manquent jamais de circuler dans les foules
crédules, à toutes les périodes de trouble.
On le voit fort bien griffonnant, sur une table
de corps de garde, ses impressions et celles
de la ville enfiévrée, tandis qu'au loin tonne
sans relâche le canon de l'invasion ....
Prenons au dimanche 27 mars 1814 le
récit des événements. Ce jour-là, le prince
Joseph, _frère ainé de !'Empereur, passa en
revue l'Ecole Polytechnique, un train d'artillerie à pied, avec 150 canons, el la garde
nationale habillée. La garde non babillée,
c1ui faisait son service en tenue civile, ne
parut point dans la rcrne. Les chasseurs et
grenadiers, au nombre de 20.000, défilèrent, musique en tête. NéanmoinsJa cérémonie fut triste : on n'avait aucune nouvelle de l'armée, el nombre de spectateur~
disaient :

__ ~

- Pauvre garde nationale ! . . . Tu ne tourmenta point; il me laissa du centre, ou pas encore. Toute la plaine de Sainl-Oenis, du
bizet, c'est-à-dire sans être habillé, ce qui côté droit du Canal de l'Ourq était couverte
marches que trop bien !. ..
de nos troupes, et de celles ennemies, mais
Le bruit courut dans la soirée qu'une m'a évité bien des corvées. »
Quoique peu fanatique du senice, il n'en l'action n'était pas encore engagée. Je ,·is
forte colonne ennemie était à Meaux et se
dirigeait sur Paris. On ne s·en inquiéta pas était pas moins bon patriote et eût bravement exécuter différentes manœuvres, ce qui me
outre mesure, espérant qu'elle serait battue. fait son devoir comme les autres. «J'étais faisait présumer que l'affaire ne commenceMais le lundi 28, on apprit qu'elle s'avançait hien résolu à aller me battre si j'1• étais con- rait de ce côté qu'à dix ou onze heures. Cc
toujours. Aussitôt, une foule inquiète en- voqué; mais j'eusse acheté un haLit sur-lc- qui eut lieu.
« L'endroit où le feu était le plus vif, c'écombra les abords des portes Saint-Denis el champ aJin de n'être point fusillé si j'étais
tait entre le côté droit de Pantin et le village
Saint-Martin, pour interroger ceux qui arri- pris. l&gt;
vaient par là. C'était une débàcle indescripCependant, on entendait toujours le canon, des Prés-Saint-Gervais, la butte de Romaintible : plusieurs milliers de véhicules chargés mais on était sans nouvelles. M. D... , qui ville et la huile Saint-Chaumont ; toutes les
de meubles, de provisions, d'enfants el brûlait d'en avoir, proposa, vers quatre hau leurs étaient com·ertes de notre artillerie,
d'animaux jetés là, pêle-mêle, dans la htllc heures du matin (le 29), de faire une pa- qui faisait un feu roulant ; nous avions aussi
de fuir, entraient dans Paris, pour y chercher trouille jusqu'à 1a barrière de Pantin, pour des balleries au pied des hauteurs et dans
asile. Des bœufs, des veaux ou des cochons, aller aux renseignements. Mais la garde la plaine. Notre cavalerie et notre infanterie
égarés dans celle cohue, y semaient un bruyant nationale ayant pour unique mission (à part s'étendaient depuis l'étang de Montfaucon
désarroi. De malheureux paysans affolés les cinq premières compagnies) de veiller à la jusque près de Pantin. L'ennemi occupait le
avaient perdu leurs bestiaux ou leur famille, tranquillité publique; on ne voulut pas l'y reste.
et une pauvre mère qui avait juché ses sept autoriser. Enfin, à 6 heures du matin, son
« Je vis plusieurs charges de cavalerie.
enfants sur une charrette n'en trom-a plus capitaine le laissa partir. Il rentra un instant L'ennemi monta trois fois à l'assaut, pendant
que six en arril'ant à Paris.
chez lui, pour embrasser sa mère el sa sœur que j'étais 11,, et fut chargé ù mitraille, avec
Le même jour, une proclamation du prince qui ne s'étaient pas couchées, et aussi pour une perte considérable. Voyant qu'il ne pou.Joseph annonça le départ de !'Impératrice et prendre quelquechose de chaud ....
vait enlever les positions, il se décida à les
fit appel au courage de la garde nationale.
« Je partis donc, dit-il, pour la barrière tourner. Alors, le fort de l'allaque fut derOès lors, chacun se Lint prèt à marcher au Saint-Denis, que je trouvai fermée. Après rière les Prés Saint-Genais, jusqu'à ce que,
avoir fait plusieurs autres barrières, je sortis le combat s'éloignant toujours derrière les
premier signal.
« Nous dinâmes chez M. Perrier-Legrand, avec beaucoup de difficultés par celle de la buttes, je ne vis presque plus rien. Et les
batteries ayant changé de
raconte le journal de M.
direction, on me dit qu'il
D... ; et pendant le diner,
nous commençâmes à enétait prudent de me retirer;
ce que je fis.
tendre le canon. Un monsieur vint nous annoncer
cc Je rentrai dans Paris
que l'on se battait vivement
par la barrière de Belleville,
et j'allai voir ma tante Jacentre Saint-Denis et Panquet, rue du Faubourg-dutin, el que plusieurs maisons d'Aubervilliers étaient
Temple, qui avait passé la
en feu. Cette nouvelle efnuit dans les transes, plusieurs obus élan t tombés
fraya beaucoup ces dames,
qui revinrent de bonne heure
dans le faubourg, et les
et s'occupèrent de cacher
batteries de Ménilmontant,
ce qu'elles avaient de plus
de Saint-Chaumont el du
Père-Lachaise, qu'elle aperpr~cieux. Aussitot après diner, je retournai au corps
cevait de ses fenêtres,n 'ayant
cessé de faire un bruit soude· garde, où l'on ne s'octenu.
cupa que de nouvelles plus
c1 Je rentrai au corps de
contradictoires les unes que
garde, me promettant bien
les autres, s'attendant d'un
d'être relevé et d'aller me
moment à l'antre à être
reposer. Mais je fus cr~elmené au feu. A minuit,
lemen t trompé : à midi, on
on vint nous annoncer que
nous annonça qu'il fallait
l'on battrait le rappel à trois
redoubler! Nous passâmes
heures du matin et que tous
toute la journée dans l'agiles gardes nationaux se tinstation, entendant sans cesse
sent prêts pour cette heure.
le canon du côté de MonLe rappel fut en·effet battu
treuil el de la butte Montdans tout Paris ei l'effroi se
martre, et au milieu des
mit dans la ville. La canonnouvelles les plus différennade continuait toujours. ll
tes. Plusieurs courriers traLe mardi 29, notre bourversaient Paris de temps en
geois était de garde à la
temps en criant :
place Saint-André-des-Arts,
cc Victoire L.. On a
cl il s'estima fort heureux
d'ètre, par cela même, disfait 8 000 prisonniers l Le
L'ORGANISATIOX__DE L.1 -GARDE NATIONALE DE PARIS. - D'après l'aquarelle à'Op12.
roi de Prusse est pris ! Vive
pensé d'aller au feu! &lt;1 J'avais toujours évité d'être
!'Empereur! L'Empereurest
grenadier, et lorsqu'on voulu l me faire chas- Boyauterie, et je m'avançai sur la route de depuis ce matin à l'affaire!. .. Il vient d'arriseur, je représentai ma ~rande taille qui s'y Pantin, un peu plus loin que la petite Villelle, Yer avec 6 000 hommes !. .. On l'attend dans
opposait, de sorte que le capitaine ue me jusqu'à une batterie de canons qui ne ;ouail une heure, a1·ec 20 000 hommes !. .. L'en-

�, - - 111ST0'/{1A - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~
UNE PAGE D'111ST01'JfE -

nemi n'a que ;;5 000 hommes! etc... etc.... droite pour aller se concentrer sur la route de lauriers. Il lui fallait à tout prix la paix et le
&lt;( JI y eut, à 5 heures, une aler!e, alfrcuse
Fontainebleau.
' repos que le terrible Empereur n'avait pas
pour tous ceux qui se trouvaient alors dans
&lt;( De )feaux à Paris, dit le manuscrit de
voulu lui donner. On se murmurait tout bas
les rues. Tout le peuple, hommes, femmes, M. D... , la perte de l'ennemi est évaluée à que tant, qu'il serait lt, on n'aurait pas de
enfants, gardes nationaux eux-mèmes, en- 10 ou J3.000 hommes, et dans l'affaire sous répit. Aussi sa déchéance, après la capitulatrainés par le torrent, se précipitèrent depuis Paris, depuis le mardi 29, à /4 heures, jus- tion, fut-elle en quelque sorte une promesse
le boulevard de la porte Saint-Denis, jus- qu'au lendemain, mercredi 50, à 5 heures, de calme et de concorde. On accueillit les
11u 'au pont Saint-Michel, en criant: .
·' onl'estime à 16 ou 17. 000 hommes ; et la alliés, non comme des vainqueurs, mnis bien
&lt;( Voilà l'ennemi!. .. Fermez les bouli-; nôtre à 3 ou /4.000 seulement. Ce que je comme des pacificateurs. Si l'amour-propre
ques 1. .. Aux armes! ...
puis assurer, c'est qu'ayant visité Je champ national souffrit de celte humiliation inac&lt;( Madame Dubreuil,qui était alors dans la
de bataille, je trouvai six à sept corps russes, coutumée, par contre, le sens pratique ne vit
rue aux Ours, n'eut que la force d'accourir contre un français. Jl
là qu'un événement heureux pour tous, qui
chez elle, sur-le-champ, dans une agitation
Aussitôt la capitulation signée, les autori- mettait fin aux chevauchées el aux hécatombes
difficile à dépeindre. Celte terreur panique tés se hâtèrent de quiller Paris. La garde inutiles. Qui veut la fin, veut les moyens: si
fut produite par deux causes :
nationale veilla it l'ordre et à la tranquillité. les alliés furent les bienvenus, c'est qu'ils
&lt;( La première : un officier polonais blessé
On dut calmer l'éffervescence populaire qui apportaient la paix!. ..
rentra dans Paris en disant :
n'acceptait pas la défaite. c1 Les ou1-riers et
M. D.. . qui était fatigué, lui aussi, étant
&lt;( Nous sommes perdus! ... \'oilà l'en- les anciens mili Laires assaillirent les mairies resté de garde pendant quarante-huit heures
nemi!
pour avoir des armes. On leur dit qu'il n'y ·consécutives, décrit la cérémonie en ces ter&lt;( Un garde national qui l'entendit lui Jit :
en avait pas, et l'on sait aujourd'hui qu'on a mes, dont la bienveillance semble aujourd'hui
(( - Yous feriez mieux de crier : Yire trouvé, dans les arsenaux, 59.000 fu~ils. étrange, et presque choquante :
!'Empereur, ou de vous taire !
D'où peut venir celte indigne trahison?...
(( Le jeudi, 31 mars, nous f1'.imes relevés
&lt;( Le Polonais tira · sur le chasseur et lü
Au surplus, nous en sommes bien heureux à midi. Loin de m'en aller repo~er,je courus
manqua. Mais celui-ci ne manqua pas l'offi- aujourd'hui ! »
aussitôt avec Mourcin rnir l'entrée de !'Empeciu!
·
·
... Yoilà le cri du cœur !... Le peuple, reur de nussie et du fioi de Prusse. Elle se
C( La deuxième : un peloton de grenadiers
fatigué par vingt ans de guerres, fit : C( OuI !Il_ fil dans le plus grand ordre. 50.000 hommes
nationaux conduisait une
environ des· troupes im pévingtairie de prisonniers. La
riales d'élite défilèrent sur
foule était telle qu'ils cherle boulevard, depuis la
chèrent à s'échapper. Alors
portP. Saint-Denis jusqu'aux
on tira sur eux. Le peuple,
Champs-Élysées, au milieu
entendant cette fusillade et
d'un peuple immense qui
royant des Russes courir
ne cessait de témoigner son
dans les rues, crut que tout
allégresse et son enthouétait perdu et s'enfuit en
siasme, et de crier : c( Vijetant l'alarme partout. »
vent !'Empereur, les EnneOn voit que cette petite
mis, le Roi de Prusse, les
chronique reproduit fidèleAlliés, les Bourbons !. ..
ment les péripéties de celte
etc... » ce qui me déplaijournée. Cc sont les petits
sait beaucoup ainsi qu'à
côtés de l'histoire, narrés
Mourcin, puisqu'on n'était
familièrement à un ami,
encore rien moins que sûr
mais ils nous révèlent,
des intentions de Leurs Mamieux que les récits offijestés. D'ailleurs, comme
ciels, l'état d'àme de Paris
nous savions que les Anglais
anxieux. Le bruit de la caentraient pour beaucoup
nonnade ne cessa que vers
dans la conduite des puiscinq heures du soir. Les
sances alliées,
uns disaient qu'on arait ca« 1'imeo Britam1os et dona (epitulé, les autres croyaient
( rentes! .. .
à une simple trê1·e, d'autres enfin assuraient que
• c1 ... Mais depuis, la conl'ennemi, repoussé, 1·oulait
duite des souverains vainpasser l'eau à Bercy et tenqueurs a été telle, qu'elle
ter une nouvelle attaque au
force tout le monde à une
sud de Paris par les baradmiration générale. Simrières d'lvn, de Fontaineplicité, bonté, politesse,
bleau et du ·Maine. En effet,
cgards pour les Français,
les portes de ces barrières
éloges continuels de notre
furent renforcées; plusieurs
bravoure et de notre coubatteries d'artillerie allèrent
rage, réponses pleines d'aprendre position sur la
mabilité, grandeur d'âme,
route de FontaineblE:au.
magnanimité, ils n'ont rien
L ' .\HL:-ITE DES NOU\'EL,LES, DEVA:-ST LES PAXORAllAS ET LE THÉATRE DES VARIÉTÉS.
Toute la soirée, on demeura
négligé de ce qui peut leur
D'après l'aquarelle d 'Qp1z.
dans · l'incertitude ; vers
concilier l'amour et l'es lime
Pantin, le canon tonnait endes Français, et l'on peut
core, par intervalles. Ce n•~st qu'à minuit loul co111me le bon bourgeois qui écrivait ces dire que, si cette conduite est bien-politique,
seulement qu'on apprit la capitulation, grâce lignes. La France était saturée de gloire ; elle elle n'en est pas moins pleine de vertu.
au passage des troupes qui é1•acuaient la rive demandait grâce, écrasée sous le poids de ses
(C Alexandre a une figure aimable et gra-

cieuse : il est bien fait, bel homme, seulement un peu trop gros, spirituel et bon ; il
joint à cela un courage intrépide et l'amour
de tous ses peuples. Entre autres mots pleins
de grâce qu'il dit aux Français, on cite ceuxci : le jour de son entrée, une jeune femme
bien légère lui dit :
c1 Sire, nous vous attendions depuis
longtemps ! ...
c1 - J'aurais désiré venir plus tôt, répondit-il. Si j'ai tant tardé, n'en accusez que la
bravoure française 1
&lt;( Une autre dame lui présenta une pétition
pour lui demander l'exemption des impôts
qu'il mettrait en France.
c1 - Le bon accueil que les Parisiens m'on L
fait, dit-il, en est la quittance.
&lt;( - Je ne suis pas étonné, dit-il aussi, que
les rois de France abusent de leur pouvoir.
Les Français les gâtent trop I Qu 'on est heureux de commander à de pareils peuples !...
&lt;( C'est la garde nationale qui fait le service
auprès de sa personne, dans ses appartements. La garde russe bivouaque dans la rue,
autour de son hôtel. Il était d'abord logé
chez M. de Talleyrand, mais depuis plusieurs
jours, il est à l'Elysée-Bourbon.
C( Le duc Constantin, son frère, ressemble à !'Empereur, mais en laid. Il a les cheveux presque roux, la figure rogue, et l'œil
méchant. Je l'ai vu plusieurs fois et toujours
en colère. Il paraît qu'il adore son frère.
« Le roi de Prusse est grand, mince sans
être maigre : un air de bonté est sur toute sa
figure, qui n'est pas, d'ailleurs, très expressive.
« L'Empereur d'Autriche est sec et maigre, grand, mais courbé sur son cheval, la
poitrine étroite, rn tenan L mal, une figure
longue, maigre et insignifiante, quoique avec
des traits assez forts.
«Le Comte d'Artois (') est bien. Il est encore très vert ; il a de fort belles dents, il se
tient bien à cheval, a bonne tournure, l'œil
vif, le teint animé, un air chevaleresque,
bon, et loyal; il est aussi fort aimable. l&gt;
Il est facile de s'apercevoir que l'auteur
de la lettre est un royaliste convaincu et un
ami de la paix. Peut-être a-t-il, pour les
besoins de sa cause, exagéré quelque peu
l'enthousiasme de la foule, mais, en somme,
il dit la vérité !
... Le lendemain, 1er avril, il va l'isiter le
champ de bataille avec son ami Mourcin.
Suivons-le dans ms curieuses pérégrinations :
(l ... Nous traversâmes, dit-il, tout le village de Belleville, qui était entièrement
ravagé et dont les malheureux habitants
achevaient d'emporter ce qui avait échappé
au pillage. Au bout du village et dans la rue
du Pré-Saint-Gervais, nous nous trouvâmes
presque seuls au milieu de Cosaques qui
s'étaient logés dans les maisons et qui gardaient leurs bagages. Quand nous fûmes à
la dernière maison de Belleville, nous trouvâmes la concierge, qui nous avertit de ne
pas trop nous avancer, cela n'étant pas
1. Plus lard, Charles X.
VI. -

HisTORJA, -

prudent. Nous allâmes, tant que nous vîmes
des bourgeois épars çà et là. Enfin, ennuyés
de revenir vingt fois sur nos pas et de ne point

à ne pas aller plus avant, disant que cela
n'était pas sûr, que Pantin était infesté de
pillards, qu'il n'y restait plus que huit habi-

L'ENTRÉE DES ALLIÉS DANS PARIS PAR LA PORTE SAINT-MARTIN, LE 31 MARS 18q.

Gravure de

LEVA CHEZ,

d'après le dessin de

parcourir une ligne fixe, nous fimes un appel
pour réunir tous ceux qui voudraient, comme
nous, parcourir les buttes jusqu'au bas du
bois de Romainville, descendre derrière Je
Pré-Saint-Gervais, traverser la grand'route,
sous Pantin, et rentrer à Paris par le
canal de ]'Ourcq. Notre petite troupe se grossit jusqu'à vingt ou trente personnes. De
temps en temps nous voyions passer deux ou
trois Cosaques isolés, mais ils ne nous dirent
rien.
c1 Le village ilu Pré-Saint-Gervais étant
rempli de Cosaques, dont les chants se faisaient entendre de loin, nous résolûmes de
ne point le traverser et de tourner autour ;
mais, en approchant de ce village, une partie
de la troupe, intimidée par leurs hurlements
bachiques, retourna sm· ses pas; et le reste
continua à examiner le champ de bataille,
couvert de débris d'armes, de chevaux, de
cadavres, et à visiter les positions. J'étais
surtout curieux d'examiner le terrain où
j'avais vu combattre l'avant-veille.
c1 Nous avions à peine dépassé le village
du Pré-Saint-G.ervaîs, qu'un homme arriva,
en nous disant que les Cosaques tuaient dans
le bois de Romainville tous ceux qu'ils •rencontraient seuls, et qu'ils les dépouillaient.
Nous entendîmes en effet plusieurs coups de
fusil. Comme notre dessein n'était pas d'y
entrer, nous continuâmes notre marche vers
Pantin, mais une autre partie de la troupe
en fut effrayée, et tourna bride.
cc Nous nous dirigions sur Pantin, lorsqu'un habitant de ce village nous engagea

PÊ CHEUX.

tants, qui tremblaient de peur. A ces mots,
le reste de la bande s'enfuit, et nous eûmes
bien de la peine à en retenir deux avec
nous!
. « Nous traversâmes alors la ruelle de
Pantin qui coupe la grand'rue du Pré-SaintGervais et va rejoindre la route de Pantin en
descendant vers Paris. A peine étions-nous
engagés dans cette ruelle, que nous vîmes
déboucher de l'autre côté une douzaine
de Cosaques, qui, heureusement, ne nous
firent rien. Nous suivîmes le chemin qui
bordait leur camp, et nous arrivâmes sans.
encombre à la grand'route. Là, nous fûmes
en toute sûreté, au milieu d'un camp de
troupes russes de toute espèce : nous le
parcourûmes dans tous les sens et arrivâmes sans accident à la ville et très contents
de noir~ expédition. l&gt;
L'odyssée, drôlement contée, serait comique si elle n'était pas accomplie au milieu
des ruines fumantes et des cadavres encore
pantelants. Ce bourgeois, âme peu sensible,
ne vers(;! aucun pleur sur ce carnage, et décrit
allègrement cette promenade funèbre, comme
une simple visite au Jardin des Plantes. C'est
avant tout un curieux qui veut tout voir et
tout savoir, pour que l'ami de province auquel il écrit soit émerveillé de le voir si bien
renseigné.... Et il note mille observa Lions
instructives sur les mœurs des alliés.
(l Ils tiennent de la brute, en ce qu'ils
n'écoutent que leurs premières idées et leurs
passions. Lors,iu 'ils ont bien à boire et à
manger, ils sont fort doux et sociables ;

Fasc.44.
12

�..-

111STOR,.1.ll

passé cela, ils sont féroces et méchanls. Ils
sont toujours pillards. La troupe régulière
est plus policée. La troupe allemande est

eux,. présidés par M. de Talleyrand, homme
à double face qui avait eu l'esprit de se faire
arrêter à la barrière, afin de paraitre rester à

BIYOUAC DES TROl'PES RUSSES AUX CHAMPS~ÉL YSEES.

bonne par nature et par caractère. Le régiment le plus cruel et le plus terrible est celui
des hussards rouges de Russie. Nous exaruinàmes leur costume, leur tournure, leurs
manières, leur cuisine, qui nous fournirent
des détails fort intéressants.

Les 2, 5 et 4 avril, nous visitâmes les
camps des Champs-Elysées, de !'École Militaire et de )lontrouge. Nous vîmes plusieurs
fois l'Empereur de Russie, tant à ses croi-

sées que dans ses promenades. Il sort accompagné seulement de deux ou trois seigneurs
russes, et, le plus souvent, de quelques
jeunes gens à cheval, et entouré d'une foule
immense de peuple. Comme on lui reprochait
de trop s'exposer :
{&lt; Je sais, dit-il, que, parmi les Français, il n'y a pas d'assassins! ...
« Le roi de Prusse et son fils, le prince
Guillaume, allèrent un matin, en simples
particuliers, dans l'Église de l'Oratoire. Le
ministre, qui aperçut deux étrangers, vint à
leur rencontre, et, les reconnaissant, voulut

leur faire apporter des fauteuils. Mais le roi
le remercia et s'assit sur un banc de bois,
avec son fils. Après le service, ils prirent

leurs chapeaux et s'en furent à pied. Quelle
simplicité!. .. J&gt;
M. D... qui était décidément un esprit
acri[, aborde ensuite les questions politiques
et raconté comment s'e bt la déchéance de
Napoléon, &lt;t prononcée par ces mêmes êtres
qui, pendant quatorze ans, ont été cause de
nos malheurs par leur làcheté, leur faiblesse,

et surtout leurs viles adulations ! )J
cc Le jour de la capi1ulation, quelques
sénateurs; plus hardis et qui avaient· toujours
tté du parti de l'opposition, se réunirent entre

Paris par force. Ils délibérèrent sur ce qu'il
convenait de faire, et se rendirent de suite
chez M. deChabrol,préfet; ils lui dirent qu'il
n'y avait pas un instant à perdre, qu'il fallait
lever le masque, et se déclarèrent en faveur
des Bourbons. M. de Chabrol hésitant, ils
s'assemblèrent le lendemain. 51 mars, après
avoir fait ouvrir les portes du Sénat dont on
avait emporté les clefs, et nommèrent une
commission provisoire de cinq membres
pour motiver la déchéance de Napoléon.
« Ce rapport fait, ils prononcèrent cette
fameuse déchéance, qui aurait dù être faiLe
deux ou trois ans plus lôl, sans le secours de
!'Etranger.lis nommèrent ensuite un ~ouvernement provisoire sur l'invitation de !'Empereur de Russie, qui les engagea 3. se donner
une constitution et 3. choisir le genre de
gouvernement qu'ils voudraient. Ils rappelèrent Louis XVIII au trône et firent une
constitution qui les rendit encore plus méprisables qu'ils ne l'avaient jamais été. On
pouvait jadis excuser leurs flatteries en les
regardant comme forcées, et auJourd'hui que
les hommes sont libres de leurs opinions, ils
profitent de cette liberté pour se donner, au
détriment de l'Elat, des charges beaucoup
plus belles que celles qu'ils possédaient, et
de se les donner héréditairement, eux qui ne
les possédaient qu'à vie, et qui, sous un
changement de gouvernement, de\·aient s'attendre à èlrependus. D'autres devaient s'élever dans l'opinion publique, et prouver que,
lorsqu'ils n'étaient pas contraints, ils étaient
dignes de leur rang; mais non t ils. ont la
bassesse de s'approprier, 3. eux seuls, les
immenses revenus du Sénat, et ceux qui partageront avec eux le siège curule n'auront rien.

a M. le comte d'Artois, dans sa réponse au
Sénat, a passé sous silence ce qui concerne le
traitement et l'hérédité, de sorte que l'on
espP.re que ces articles seront supprimés. On
travaille, dit-on, à une nouvelle constitution.
Il a parlé froidement aux sénateurs et a dit
au Corps Législatif des choses très natteuses. &gt;&gt;
Le journal raconte ensuite la cérémonie
religieuse qui eut lieu le jour de Pâques sur
la place Louis XV. Une messe solennelle fut
dite sur un immense autel, en présence des
souverains et de toute l'armée. Les maréchaux
de France eurent l'honneur de baiser le
crucifix les premiers, par une courtoisie des
ninqueurs. Puis l'Empereur de Russie embrassa le maréchal Ney. 8ingulier spectacle
que celui de ces adversaires frateruisant publiquement, tandis que Napoléon déchu prenait
le chemin de l'exil 1. .. Une grande revue
termina cette solennilé.
&lt;t Les Russes sont fort embrasseurS-, ajoute
M. D... ; ce qui est fort singulier, c'est que
l'Empereur lui-même ne peut se dispenser
d'embrasser un serf, lorsque celui-ci lui
présente un çeuf, ou seulement lorsqu'il lui
en témoigne le désir.
CL •• La police est fort bien faite à Paris
par la garde nationale, conjointement' aŒc
les troupes russes. Les soldats impériaux sont
doux et sociables, du reste lourds et presque
sans jugement. Ce sont de vraies machines
que l'on mène avec une sévérité excessiye: .
il est curieux de voir un régiment d'hommes
de six pieds et très robustes obéir aveuglément à nn enfant de quatorze ou quinze
ans parce que c'est le fils de leur podestal.
JI n'entre point dans la tête d'un Russe qu'il
puisse jamais devenir officier : il n'y en a
presque pas d'exemple. L'Empereur en nomma un à l'affaire de Paris pour avoir fait
prisonnier un général. Encore sa\'ait-il lire Pl
chiffrer, servait-il depuis dix ans, et avait-il
mérité la croix, par sa bravoure. Presque tous
les soldats de la garde sont décorés d'une
médaille d'argent; on pourrait regarder cela
comme une amulette ou une relique : c'est
une médaille en actions de grâce à la Providence, pour la campagne de 1812. Tous ceux
qui sont entrés à Paris en auront pour ce fait
d'armes, ceux seulement de la garde et ceux
qui se sont battus. Cardans les trois premiers
jours, nous avons vu défiler, par la rue SaintJacques, la rue de la Harpe, le pont d'Austerlitz
et la rue du Bac, plus de -150,000 hommes
qui 3e dirigeaient sur Orléans et Fontainebleau.
c&lt; Le mardi 12 avril,
l'entrée du comte
d'Arlois a été une fêle universelle. C'est alors
qu'il convint réellementd'e.xpriruer son enthousiasme et sts sentiments. Au mOins nous
avons urr chef de la famille royale! ... Le gouvernement provisoire lui a été déféré aussitôt
son arrivée.
« Le 15et le 14, j'ai été de garde au PontN.euL Les Russes couchenl sur le pavé, sans
paille, la tête sur leurs sacs. Pour nous, nous
occupons le corps de garde où nous avons un
lit de planches .
« Le-15,entréedel'Empereurd'Autriche. »
Suivent quelques mots sur les transes

�H1STO'J{1.Jl

----------------------------------··

mortelles éprouvées par une bonne dame
dont le fils aîné, polytechnicien improvisé
canonnier, s'était battu courageusement sous
les murs de Paris. La lettre raconte ensuite
un incident de la capitulation:
« M. le duc de Raguse avait capitulé, pour
lui et son cor.ps d'armée, à 4 heures après
midi : il devait se retirer avec armes el
bagages, pour que la ville pût capituler aussi:
mais à deux heures du matin les maires
n'étaient pas encore à Bondy où était l'Empereur de Russie. Il les reçut d'abord assez
·vivement, leur faisant de grands reproches de
leur négligence et de ce que, par leur retard,
ils avaient compromis le salut de Paris ; mais
ensuite il leur parla avec sa bonté ordinaire:
il leur dit qu'il avait été obligé, pour retenir
ses soldats, de leur faire de grandes distributions d'eau-de-vie, et de les faire danser, - ce
qu'ils aiment beaucoup. »
Arrivons maintenant à la partie la plus
curieuse de ce journal, qui vient d'évoquer
une grande page d'histoire d'une façon si
familière et si bon enfant. M. D... , ayant fini
de raconter ce qu'il a vu, pense qu'il faut
conclure; et comme il a du style et de la
jugeolte, il n'hésite pas à risquer un petit
essai sur la situation générale du pays et de
son empereur. Et ce qui donne à cette appréciation toute personnelle un intérêt énorme,
c'est que, vraisemblablement, toute la classe
moyenne avait une opinion identique. Une
lettre intime est, par cela même, sincère:
elle ne peut que fournir la note exacte d'une
époque, n'ayant, en somme, aucun intérêt à
falsifier !'Histoire.
Voici les idées qu'exprime la lettre, au
sujet de Napoléon :
« Aujourd'hui que Napoléon est à bas,
ceux même qui ont été les plus vils auprès
de lui sont les.premiers à le déchirer. Je hais
celle sorte d'injustice, résultat de la haine ou
de la passion qui fait voir tout ce qu'un
homme a fait de mal, sans examiner ce qu'il
a fait de bien ; qui donne à ces actions un
motif beaucoup p,lus odieux que celui qui le
fait agir. Sans doute, je me réjouis avec toute
la France de ne plus l'avoir à notre tête.
Moscou ni Dresde n'ont pu le corriger de
son ambition (encore n'est-on pas certain
qu'il ait pu faire la paix); et sans ajouter
tant d'autres calomnies sur son compte, il
suffisait qu'il fùt ambitieux et conquérant
pour faire le malheur de ses peuples. Il faut
aussi que la prospérité el les lâches flagorneries de ses ministres lui aient fait perdre
la tête et l'aient privé de jugement, en ne lui
laissant que le dérèglement d'une ambition
sans mesure. }lais je ne puis supporter qu'on

dise de lui qu'il aimait le sang, qu'il se gorgeait de sang, qu'il faisait massacrer des
milliers d'hommes par plaisir, qu'il a tout
corrompu et tout détruit, qu'il n'a fait que
du mal, que des sottises, etc ...
&lt;&lt; Sans doute, la somme du mal qu'il nous
a fait est mille fois au-dessus du bien, mais
elle ne vient pas de cruauté. L'effet est le
même, mais le motif moins odieux. S'il avait
ressemblé à Tibère ou à Néron, comme on le
dit aujourd'hui, il n'aurait pas régné en
France; et dans tout le cours de son règne,
il ne s'est pas trouvé un homme qui crût
avoir des raisons suffisantes pour l'assassiner l
Peut-on oublier qu'il mit fin à nos guerres
civiles et sut concilier avec adresse les différents partis? Il ramena l'ordre et la tranquillité, fit respecter et rétablir la religion presque
anéantie dans la Révolution. li mit sur pied
les écoles et les collèges qui, loin de détruire
l'éducation, permettaient à un pauvre de recevoir, pour 60 francs par an, la meilleure
imtruction. Sans parler de toutes les écoles
primaires et de tous ces établissements gratuits, il fit refleurir les sciences et les arts,
encouragea toutes sortes de talents et d'industries, remit les lois en vigueur, en créa de
nouvelles, porta ses grandes vues sur toutes
les branches de l'administration, de sorte que
l'Etat n'éprouvait plus la moindre dilapidation; il s'illustra par de nombreux monuments, tant d'utilité que de luxe, fit ouvrir
les plus belles routes et les plus beaux
canaux à travers les rochers, les montagnes
et les marais ; plus fameux encore par ses
victoires etses conquêtes, il commença d'abord
par préserver le sol français de toute invasion
ennemie et sauva la France par la défaite de
~lelas ; bientôt, songeant à raffermir sa puissance et la nôtre, iI porta l:t guerre chez
l'étranger, et fit repentir les souverains de
n'avoir point soutenu la cause des rois, vengea ainsi la France des maux qu'ils avaient
allirés sur elle, etc... n
Cette longue et élogieuse &lt;&lt; tartine », qu
n'en finit plus, ressemble singulièrement à un
article de dictionnaire, ou à quelque résumé
de manuel à l'usage du baccalauréat .... Fort
heureusement pour l'auteur, aucun ouvrage
classique ou autre ne relatait, à cette époque,
les bitnfaits de Napoléon, sans quoi on eût
pu croire que M. D... y avait tout bonnement
copié le passage relatif à ce grand homme,
dans le but perfide d'éblouir le provincia
auquel il écrivait .... li continue sur un ton
un peu moins didactique :
&lt;&lt; Je sais qu'il est impossible de lui pardonner l'affaire d'Espagne, celle des gardes
d'honneur et son ambition . Aussi était-ce,

en résultat, un malheur pour la France que
d'être gouvernée par lui, tandis qu'elle n'aurait jamais eu de meilleur souverain s'il
eût été sage. Aujourd'hui qu'il a tout perdu,
on l'accuse de lâcheté parce qu'il ne s'est pas
tué. Lui, lâche?... Il a toujours été au poste
le plus périlleux, et des milliers de soldais
ont été moissonnés à ses côtés; il y a souvent
plusde courage à ne pas mourir, et peut-être,
prévoit-il qu'il pourra encore jouer un rôle
important. On le dit fort malade. JP, voudrais
pour notre tranquillité, qu'il mourût; j'en
serais fâché pour la gloire des empereurs.
&lt;! li se portait très bien il y a cinq jours;
il supporta sa déchéance avec beaucoup de
sérénité:
- « Je m'en f... ! dit-il. Je ne suis qu'un
soldat!. .. J'aurai assez d'un louis par jour!. ..
r&lt; Ce dont il fut le plus alfecté, c'est d'ètre
abandonné de ceux qu'il croyait lui être trè~
attachés. Les soldats de sa vieille garde lui
ont été plus fidèles. C'était à qui le suivrait
dans son exil; il est toujours à Fontainebleau.
&lt;&lt; Je me suis bien trompé, a-t-il dit, en
recevant sa déposition; je croyais agir pour
la prospérité de la France, et je n'ai fait que
son malheur 1...
11 L'histoire d'Allemagne offre plusieurs
exemples de souverains dépo~és, qui ont vécu
ensuite comme simples particuliers, notamment Othon IV et Wenceslas. L'accusation du
pillage de Paris el d'a,oir voulu faire sautrr
la poudrière, ainsi que beaucoup d'autres
non moins odieuses, ne sont point avéréfs,
il s'en faut de beaucoup. Néanmoins, nous
en voici débarrassés, Dieu soit loué! Le sénatus-consulte du 2 avril lui a fait plus de mal
que toutes les armées alliées; il aurait
peut-être fini par les battre pour notre
malheur! ... »
Ici prend fin Je manuscrit de M. D.... C'est
en somme une véritable chronique, pleine de
détails intéressants, qui fait revivre cette
page d'histoire beaucoup mieux qu'un banal
compte rendu. Et ce qui en fait le principal
mérite, c'est la franchise et la simplicité. Si
le document passe à la postérité, c'est par
surprise; l'auteur n'arnit certainement pas
envisagé cette éventualité improbable, et c'est
pourquoi il a dit tout ce qu'il pensait.. .. Sans
quoi, il n'eût pas mis la même sincérité
carrée dans ses opinions personnelles, de peur
de se compromettre. Ce n'est qu'en pénétrant
l'intimité des vieux mémoires et des lettres
familières, qu'on peut évoquer la vraie physionomie d'une époque écoulée. C'est là, et
non dans le bref récit des batailles, que résident réellement l'intérêt et l'enseignement de
l' Histoire.
ROBERT

FRANCHEVILLE

Henry R\"IUJON, de l'Académie française.
dJ,:&gt;

Deux

r

La gloire est jolie femme. Les historiens,
redresseurs de torts, commettent volontiers
l'erreur de lui faire un bout de morale.
&lt;r Ab l que vous avez donc tort de ne point
aimer cet artiste, cet écrivain, ce soldat!
(Chacun cite un nom, au gré de ses préférences.) Cet homme-là était éperdument
amoureux de vous. Nul n'a mieux mérité
votre faveur. Il valait cent fois tel ou tel que
vous comblez de sourires. )J La grande capricieuse écoute poliment. Quand le sermonneur a fini de prêcher, elle répond ceci :
&lt;&lt; Tout ce que vous me dites de votre ami
est la vérité même. Mais que voulez-vous? il
ne me plaît pas. »
Elle aura toujours, celle Célimène, pour
justifier ses caprices, des raisons auxquelles
la raison ne comprend rien. A vrai dire, elle
n'en a qu'une seule: &lt;&lt; Je suis incapable
d'aimer par devoir. )J Tous les raisonnements
du monde viennent se briser contre un cœur
fermé. C'est infiniment triste, et d'une ré1·oltante injustice. Hélas! il en sera ainsi tant
que les philosophes n'auront pas trouvé le
moien de discipliner la femme et la gloire et
de créer le droit à l'amour.
Parmi les âmes en peine que cette coquette
s'obstine à dédaigner, il en est une, forte
entre toutes et haute à l'égal des plus hautes.
Les plus riches exemplaires d'humanité se
sont ,·us au seizième siècle, sur ces deux lerroirs de fécondité, l'Italie el la France. Le
génie, la vertu et le crime s'épanouirPnt alors
en fleurs prodigieuses. Notre Rabelais, docile
comme un écrivain public à la voix du siècle, sait bien ce qu'il fait en donnant à ses
héros des slal ures gigantesques; la mesquine anatomie de l'animal humain ne suffit
pas à la volonté de Pantagruel, non plus que
l'ordinaire intelligence à sa soif de curiosité.
Les champs de bataille, les ateliers, les académies, tous les domaines de la force et de
l'esprit se peuplèrent de géants. Il y eut, en
ce temps-là, sur la planète, un passage de
surhommes. A cette époque de miracle, qut:1qu'un de chez nous, un Français de vieille
souche, a résumé en lui les diverses manières
par lesquelles l'être humain peut se dépasser.
li a tout connu, celui-là, !out goùté, tout
aimé, tout servi. Dieu, d'abord. C'était pour
les âmes d'alors le besoin et le devoir premiers. Comment servir Dieu et le prier?
deux foules s'égorgèrent pour l'inquiétude de
ce problème. Des scélérals se firent miliciens
du ciel. Cependant, au milieu des tueries,
quelque chose d'exquis s'ébauchait, la souveraineté de l'humanisme. L'art était partout ; des saints maniaient le pinceau et les
capitaines faisaient des vers. Théologien, lati-

niste, artiste, musicien, orateur, poète, soldat surtout, fou de la guerre, héros constamment, héros quand même, héros toujours,
tel fut Agrippa d'Aubigné.
Il a été tout cela et magnifiquement. Quel
poème que cett~ existence enragée! Tout
l'humain s'y trouve exprimé au suprême.
Des mille aspects de la vertu, il en est un
dont le rayonnement obscurcit les autres : le
monde respPcte, entre tous, les mortels qui
ont méprisé la mort. D'Aubigné dansait à
dix ans devant le bûcher; le péril lui était
volupté. Il fut soldat avec ivresse et gaspilla son sang. L'histoire s'amuse des heureux qui ont su violer la fortune. Si son ironie leur pardonne, sa conscience appartient
aux cœurs fidèles; elle garde le plus pur de
son hommage pour ceux qui n'ont pas
changé. A quatre-vingts ans, d'Aubigné, en
son exil genevois, survivant à des haines
étrintes, cuirassé da ses vieilles colères, restait raidi dans sa foi ; son siècle avait couru
sans qu'il bougeât. Nous aimons encore qu'un
esprit guerrier se soit plu aux choses de la
paix ; ce rude porteur d'épée a joué du
théorbe el de la plume, il a chanté toute la
fête de la vie. Ce reitre méditait. Ce huguenot grondeur fit des poèmes d'amour; ce
ronsardisant, des épopées bibliques. Des facultés de génie autour d'une conscience imprenable, un rocher où poussaient des fleurs,

AGRIPPA D'AUBIGNÉ.

D'après un tab~au du temps.

voilà cette âme. En faut-il plus pour mériter
d'épouser la gloire?
Elle n'a pas voulu de cet amant.

Que les contemporains de d'Aubigné aient
méconnu en lui le poète et le penseur, tous
les manuels d'histoire littéraire expliquent
cela le mieux du monde. Son génie d'écrivain s'avisa d'apparaître, costumé aux vieilles
modes, avec des mots et des sentiments désappris, devant une France que Malherbe
avait habituée aux politesses du style el
Henri IV aux joies de la paix. Ce revenant
choisissait mal son heure pour remuer des
haines anciennes, pour parler des martyrs
à des politiques, et de la Bible à des ciseleurs de madrigaux, Pt de fidélité à des ralliés, et de rancunes à des oublieux. Ce lyrisme épique éclata comme une bombarde
importune au sein d'une rnciété pacifiée. Et
puis, pour dire l'héroïsme et donner son
verbe au sublime, une voix s'éleva aussitôt,
plus jeune et plus forte, qui couvrit ce hrui t
d'autrefois; et ce fut la voix de Corneille.
Tout le dix-septième siècle ignora tranquillement le poète des Tragiques et le conteur de
!'Histoire universelle. Imagine-t-on cet écho
de barbarie sous les quinconces de Versailles?
Une épaisse dalle funéraire s'abattit sur la
mémoire de d'Aubigné et son nom même
n'évoqua plus rien. Lorsque sa pelite-fille,
Mme de ~laintenon, devint quasi-reine, elle fit
peu pour ce grand-père incommode. C'était
un spectre maussade au chevet d'une chanoinesse galante que ce huguenot aux gestes de
prophète. La renommée de d'Aubigné sombra pour longtemps.
li a fallu, après deux siècles, la belle ferveur d'un Sainte-Beuve pour qu"on allât regarder au fond de la tombe de ce grand
mort. Les romantiques s'aperçurent que la
France de Charles IX et d'Henri III avait failli
avoir son Dante. Était-ce enfin l'heure de la
justice'!
Certes, d'Aubigné est aujourd'hui profondément respecté. Mais voyons! nous sommes
entre nous et il est vilain de mentir. Le lisezrnus? Je veux dire, le pratiqurz-vous assidûment, comme vous faites de Uontaigoe ou
de Ronsard. N'avez-vous pas cru lui payer
votre dette d'admiration, très suffisamment,
en pénétrant, une fois pour toutes, dans la
brousse épaisse de son génie? Aussi bien les
authologies sont là pour servir votre paresse;
c'est besogne d'érudits d'extraire les lumières
de ce chaos. Y aller 1·oir vous-même, avouez
que vous ne le faites pas souvent. Après tout,
je me demande de quel droit je me permets
de dire ainsi le confiteor des autres. Parlez
pour vous, me dira-t-on I Mon Dieu, si j'ose
me citer, j'ai achevé-mes humanités dans les
cafés que hantaient les derniers romantiques.
Les maitres de ma jeunesse savaient de d'Au-

�fiSTO'/t1.ll -------------------------------------------bigné des vers sublimes, de grands Yer~
larges où pas~ait un vent d'éternité. Ils les
disaient volontiers, mais c'étaient toujours
les mêmes qui revenaient à leur sou,enir. Et
j'avais ainsi la sensation d'épaves superbes
arrachées à un illustre naurrage. J'ai eu le
zèlt&gt; d'en connaitre plus. L'édition critique de
d'Aubigné se publiait précisément alors chez
notre ami Lemerre. Des guides excellents,
)Dl. Réaume et de Caussade, conduisaient les
pèl_erins de bonne volonté. li devenait presque facile de lire d'Aubigné. Par exemple, la
Création, je n'ai pas pu, je le confesse à ma
honte. Des Tragiques, je suis sorti écrasé,
ahuri, prostré, en toute admiration cela va
sans dire. Cette furieuse mêlée d'images m'a
semblé grandiose, et confuse aussi comme
ces prises d'armes où le vieux soldat de la
Bible lapait sur les crânes des papistes.
Misérables créatures de ,·oluplé que nous
sommes, nous demandons au génie le plai• 1
Sir.

li était malhabile, ce capitaine au cœur
indomptable, ce politique hérissé de rancunes, et maladroit ce poète sublime par
instants. Alors on comprend, sans l'excuser,
la cruelle réponse frivole : « li ne me plait
point. » Une heure de la vie de d'Aubigné
résume et symbolise l'infortune de sa destinée. M. Samuel Rocheblave, le mieux informé
de ses admirateurs et le plus persuasif, nous
raconte à nouveau le roman d'amour de son
héros. Cette idylle douloureuse avait été déjà
pieusement commentée par li. Henri Monod.
A vingt ans, Agrippa a follement aimé une
blanche jeune fille, la Diane de son poème du
Printemps. Ce fut, au lendemain de la SaintHarthélemy, dans l'horrible France de la
haine, un coin de fraîcheur adorable. C'est
l'heure de la vie de d'Aubigné, la seule, où
a sauvage énergie se soit reposée. Échappé

aux 11 Noces VPrmeilles », le partisan traqué
faisait halte au manoir de Talcy. La fille
de son hôte, Diane Salviati, une de ces fées
italiennes qui vinrent s'adoucir au pays ùe
Loire, était belle comme on l'est dans Ronsard. C'est elle qui a fait un poète du rude
batteur d'e~trade. D'Aubigné vieilli l'a proclamé : 11 Cet amour me mit en tête la
poésie. » Il a chanté Diane en parfait ronsardisant qu'il était alors, mais r,'est bien autre
chose qu'une musique de concert. Amour
exalté, frénétique, farouche, qui jeta un
reitre, dont le cœur était vierge, aux pieds
d'une merveille de séduction. C'était sa vie
entière et tout son être que d'Aubigné , ouait
à Diane Salviati. Leur histoire est la plus
simple du monde : il l'a aimée, elle ne l'aima
point. Elle aurait dû l'aimer. Il semble bien
qu'elle a es5ayé. C'est trop facile d'expliquer
par la coquetterie le stage cruel que celte
enchanteresse d'[talie fit subir à ce terrible
amant. Ils allèrent tous deux graver leurs
noms sur les chênes des bois de Marchenoir;
leurs mains s'enlacèrent. Diane poussa la
bonne volonté jusqu'au baiser; la tête orageuse de d'Aubigné eut parfois pour oreiller
la blanche poitrine où rien ne battait. Blessé
dangereusement dans une rixe, il fit vingt
lieues, la mort aux lèvres
1

Pour, entre ses deux bras, si doucement mourir.

Diane exécuta loyalement les gestes de la
correcte fiancée; elle s'assit au chevet du
malade el pansa ses plaies physiques. Elle ne
put guérir l'invisible blessure. Il comprit
alors. « Tu es émue, mais point attendrie! »
s'écria-t-il. Il s'évada de cette passion torturante et pensa mourir de s'être délivré.
Elle avait eu peur, la jolie Diane, de cet
amant Cl qui sentait la poudre, la mèche et
le soufre ». Cette âme profonde, mise à ou

devant elle, l'épouvanta. D'Aubigné avait fait
pour la froide idole quelques milliers de vers.
En prose, il a très peu parlé d'elle. li l'a
punie, pourtant, en montrant qu'une toute
petite âme habitait sa forme divine. Dans lt's
années qui suivirent sa rupture avec .Diane
Salviati, il faillit devenir un autre que luimême. c·est l'énigmatique période de sa , ie
où on le voit, oublieux du serment d"Amboise, hôte domestiqué des Valois, homme
de cour, lui, le soldat de Dieu, faisant des
ballets, les dansant peut-être, en grâce auprès de la reine-mère, en coquetterie avec les
Guisards, combattant à Dormans auprès du
Balafré. Diane, fiancée à ~[. de Laimeux, vint
alors à la Cour. Elle vil, dans un tournoi , son
adorateur de naguère, le plaintif compagnon
des promenades au parc de Talcy, déguisé en
figurant de carrousel. Et, sous ce costume
de mensonge, elle faillit l'aimer.
Diane Salviati, vous étiez charmante et
injuste, et criminelle et innocente, comme la
6loire elle-même. Vous avez pensé épouser
d'Aubigné, au moment même où il déméritait de l'amour. La postérité, belle Diane,
vous ressemble étrangement. Elle et vous,
vous vous plaisez aux tournois. aux escrimes
subtiles du talent, aux sub1iles élégances du
bien dire. D'Aubigné ne s'était déguisé que
pour un instant en joli homme. Il remit
pour toujours son armure guerrière. Et
toutes deux, devant ce triste amant magnanime, vous gardez votre moue dédaigneuse
et vous murmurez : 11 li est sublime, mais
que voulez-vous? il ne me plaît pas. » - Avec
plus de génie que bien d'autres, et des trésors d'héroïsme, d'Aubigné ne savait point
se mettre en parure pour aller dans le monde.
Ardemment amoureux d'une femme et éperdu
de gloire, il a rêvé de deux purs mariages el
les a manqués tous les deux.
HENRY

LE SALO:"! DE

1785,

AU LOUVRE,

ou FUT EXPOSÉ

LE PORTRAIT DE LA REINE AVEC SES DEUX ENFANTS, PEINT PAR 111ME VIGÊE-LE

Brn;x.

(Cc portrait se Yoit sur le panneau du fond, a gauche de la porte.)

FRANTZ FUNCK-BRENTANO
~

r

L'Affaire du Colliér

ROUJO?\',

de l'Académie française.

je dois à Dieu, ce que je dois au roi, ce que
je dois à l'État. ... » Un de ses amis l'interrompit : 11 Tais-toi, dct-il, tu mourras insolvable. »
~
~

Jamais BossuPt ne put apprendre au
grand dauphin à écrire une lettre. Ce prince
était très indolent. On raconte que ~es billets
à la comtess~ du Roure finissaient tous par
r.es mols : Le mi me {ait mander pou1' le
conseil. Le jour que celle comtesse fut exilée,
un des courtisans lui demanda s'il n'était pas
bien affligé. (1 Sans doute, dit le dauphin;
ruais cependant me ,·oilà délivré de la nécessité d'écrire le petit billet. »
~ Le maréchal de Biron eut une maladie
très dangereuse : il youlut se confesser; el
dit devant plusieurs de ses amis : &lt;1 Ce que

Un ambassadeur anglais à Naples avait
donné une fête charmante, mais qui n'avait
pas coùté bien cher. On le sut, et on partit
de là pour dénigrer sa fête, qui avait d'abord
beaucoµp réussi. Il s'en vengea en véritable
Anglais, et en homme à qui les guinées ne
coûtaient pas grand'chosc. Il annonça une
autre fête. On crut que c'était pour prendre
sa revamhe, et que la fète serait superbP. Ou
accourt. Grande afOuence. Points d'apprêts.
Enfin, on apporte un réthaud à l'esprit-dcYin. On s'attendait à quelque miracle. « Mes~ieurs, dit-il, ce sont les dépenses, et non
l'agrément d'une fêle, que vous cherchez :
regardez bien (et il entr'ouvre son habit dont

il montre la doublure), c'est un tableau du
Dominiquin, qui vaut cinq mille guinées;
mais ce n'est pas tout : voyez ces dix billets;
ils sont de mille guinées chacun, payables à
vue sur la banque d'Amsterdam. (li en fait
un rouleau, et les met sur le réchaud allumé.)
Je ne doute pas, messieurs, que cette fêle ne
vous satisfasse, el que vous ne vous reliriez
tous contents de moi. Adieu, messieurs, la
f ète est fi oie. i,
~ On faisait une quète à l'Académie française; il manquait un écu de six francs ou un
louis d'or. Un des membres, connu par son
avarice, fut soupçonné de n'avoir pas contribué; il soutint qu'il avait mis; celui qui faisait la collecle dit : &lt;1 Je ne l'ai pas vu, mais
je le crois. J&gt; ~I. de Fontenelle termina la
discussion en disant : &lt;I Je l'ai vu, moi; mais
je ne le crois pas. l&gt;

CJ-JAJl FORT.

Pour aristocratique que fût la vie r1ue
menaient à l'abbaye de Longchamp nos jeunes
demoiselles qui grandissaient en âge et en
beauté - sinon en sagesse - elles en vinrent
à la trouver monotone et bientôt même fort
ennuyeuse. La marquise de Boulainvilliers les
faisait c1 sortir J&gt; de temps à autre. En son
domaine de Passy, les jolies pensionnaires se
trouvaient en contact avec la vie mondaine,
elles s'y laissaient éblouir par les propos
dorés des jeunes gens élégants et sémillants,
et trouvaient, rentrées au couvent, bien inélégante et fruste la robe grise et noire des
religieuses. Les noces magnifiques de Mlle de
Passy, fille de la marquise de Boulainvilliers,

qui épousait le jeune vicomte Gaspard-Paulin
&lt;le Clermont-Tonnerre 1 , où ~Illes de SaintRémy de Valois avaient été priées, déroulèrent
sous leurs yeux un spectacle enchanteur.
Aussi, quand Jeanne eut regagné son couvent
et que l'abbesse, chargée de sonder ses intentions, lui demanda si elle se sentait de la
vocation pour la vie religieuse, la dame abbesse fut-elle bien reçue!
Un jour de l'automne de 1779 2, écrit le
comte Beugnot, on annonce chez Mme de
Surmont - femme du prévot, juge ciril et
criminel de la châtellenie et président des
greniers à sel de Bar-sur-Aube - que deux
princesses fugitives sont tombées à l'auberge
de la Tête-Rouge, c'est-à-dire à la plus misérable auberge de la ville, où il n'y en a pas
· une de passable. Et nous tous de rire de princesses ainsi logées. On apprend que ces dames
sont échappées du couvent de Longchamp et

qu'elles se sont dirigées sur Bar-sur-Aube
comme sur un point central où elles vont
réunir tous leurs efforts pour rentrer dans
les ~ien~ considérable~ qui forment l'antique
patrimorne de leur Maison. Ces biens sont lt&gt;s
terres de Fon tette, d 'Essoyes et de Verpillières. L'une porte le nom de Mlle de Valois
- c'est notre petite Jeanne, - l'antre de
Mlle de Saint-Rémy - c'est Marie-Anne sa
plus jeune sœur.
'
Elles avaient franchi les haies de clôt ure,
un léger paquet sous le bras et douz~ écus
dans leur poche. Le coche d'eau les avait
conduites jusqu'à Nogent, d'où le carrosse de
voiture le~ avait menées à Bar-sur-Aube. De
leurs trente-six livres tournois, elles en avaient
dépensé vingt-quatre.
Toute une j eunesse gaie et vive papillonnait à Bar-sur-.\ube autour de l'énorme et
majestueus{l Présidente de Surmont 3 , en sa

1 I.e mariage ful célébré le 29 janv. ']1;9_ lime
de Clermont-Tonnerre mourut deux années aprês
(fên. li8t J en laissant deux JJPlites filles.
2. Le comte Beugnot parle de l'automne de 1 i82.

L'acte de mari3ge de Xicolas de la !lotte cl de )Ille de
Saint-Rémy cle Valois, en dale du 6 juin 1780 dans
les registres cle l'faat ciril de Bar-sur-Aube, prouve
qu'il laul lire 1779.

. ;;_ « !°ai peint_ de_ quelques traits la société un peu
libre qut se réumss3tt dans la maison de Mme de l:)urmonl », é~rit le comte Be_ugnol. Il esl regr,•ltablc que
celle partie de ses )fémo,res n'ait pas été publiée:.

\' II[

Le comte de La Motte.

.., 183 ....

�111S T0'1{1.11
belle demeure de la rue de l'Aube, entourée
de jardins fleurist. C'étaient des parties de
campagne en chars à bancs, avec des provisions dans des paniers que
l'on allait étaler sur la
mousse et les nappes de
fougères, dans le fond des
bois; c'étaient des comédies, où jeunes gens et jeunes filles se donnaient la
réplique sur une estrade
garnie de tapis, construite
dans l'une des hautes salles
en boiseries blanches de
l'hôtel, et où les spectateurs
applaudissaient un dialogue
d'autant plus animé et naturel que Frontin et Liselle
avaient plus longuement répété leur rôle, bras dessus,
bras dessous, en toute solitude - il fallait bien ménager la surprise! - sous
les voûtes épaisses et discrètes des profondes allées
du parc.
&lt;( Mme de Surmont avait
quelque temps résisté, écrit
le jeune Albert Beugnot,
avocat en herbe; mais nous étions parvenus à
lui persuader que sa position dans la ville lui
imposait l'obligation de protéger des demoiselles de qualité fugitives, persécutées peutètre, et que la noblesse délaissait d'une manière honteuse. Nous avions fait vibrer la
corde sensible. n La bonne dame prit donc
les jeunes filles sous son toit, nonobstant la
mauvaise humeur de son mari qui n'avait
pas laissé de bougonner et de protester contre
cet envahissement dérangeant ses habitudes.
Il avait cédé. « Le mari, dira plus tard l'inspecteur Surhois, est véritablement on ne peut
plus timide; mais sa femme a de la tète el
de la fermetét. » Comme ces demoiselles
étaient dans le plus grand dénuement, Mme de
Surmont leur prèta, le soir de leur arrivée,
deux robes blanches, mais sans trop d'espoir
qu'elles pussent leur servir, car les robes
étaient à sa taille et cette taille était des plus
volumineuses. Aussi, quelle ne fut pas sa
surprise, quand elle vit, le lendemain, que
les corsages allaient parfaitement. On avait
passé la nuit à les découper et recoudre, si
bien qu'elles convenaient à ravir. « Elles procédaient pour tout avec la même liberté et
Mme de Surmont commençait à trouver le
sans-façon des princesses poussé trop loin. ,,
L'ainée, Jeanne de Valois, avait un esprit
actif, impétueux, mettant tout sens dessus
dessous dans la vieille demeure où , du jour
au lendemain, elle s'était trouvée chez elle.
Elle n'avait pas tardé à faire quitter au prési1. La maison de Surmont est conser1•ée il Bar-surAubc, 16 et 18, rue d'Aube, Les salles, style Louis XVI,
sont, pour la plupart, du temps. Par une coïncidence
intèressante, la mai.son de ~urmont est aujourd'hui
habitée par une descendante directe de Henri II el
de Nicole de Savigny, Mlle Olivia de Valois, appartenant à l'une des deux braoches de la famille dont
l'autre s'est éteinte en I tiro;ne de ce récit, eu ses
dcut ,œurs et en so11 fn;ie. - Voir Em. Socard,

'-----------------------------------dent du grenier à sel sa mauvaise humeur,
en le charmant de sa vivacité gracieuse, de
ses espiègleries enjouées, de mille et une

flatteries et câlineries dont le bonhomme se
trouvait tout farci. cc Les demoiselles de SaintRémy, dit Beugnot, qui ne devaient passer
tout au plus que la semaine chez Mme de
Surmont, y demeurèrent un an. Le temps
s'écoula comme il s'écoule dans une petite
ville de province : en querelles, en raccommodements, en propos, en justifications, en
épouvantables intrigues et qui ne franchissaient jamais les murs de la cité. Toutefois
le génie de Mlle de Saint-Rémy, l'ainée, trouvait à se développer dans un cercle aussi
étroit. Elle préludait en attendant partie.
Elle s'était emparée de l'esprit de M. de Surmont, et recouvrait de l'attachement aveugle
que lui portait cet homme de bien, les noirceurs qu'elle distribuait à tout venant, à
Mme de Surmont elle-mème. Cette dernière
m'a souvent répété que l'année la plus malheureuse de sa vie était celle qu'elle avait
passée dans la société de ce démon. »
Parmi les personnes que nos deux sœurs
voyaient à Bar-sur-Aube, figurait une dame de
la Motte, veuve d'un officier de gendarmerie,
compagnie des Bourguignons•, en garnison à
Lunéville. Elle avait un fils engagé dans la
compagnie même où avait servi son mari.
Marc-Antoine-Nicolas de la Motte venait souvent dans la maison de Surmont. C'était un
jeune homme d'une taille au-dessus de la
moyenne, au visage allongé, figure mince,
teint pâle et basané, les yeux et les sourcils
noirs, les cheveux bruns, le nez aquilin mar-

qué de petite vérole. Il avait bon air, en
somme, dans son habit de gendarme écarlate,
brodé de galons d'argent, portant à son chapeau bordé d'argent la cocarde blanche, son grand
manteau de drap écarlate
doublé de serge rouge et
parementé de couleur chamois•. Mais il était lourdaud, et ses camarades,
déformant son nom C( La
Motte l&gt;, l'appelaient cc Momotte l&gt; sans qu'il s'en formalisât.
La Motte avait du talent
pour la comédie. Il tenait
des rôles avec Mlle Jeanne
et lui donnait, dit-elle, des
leçons de déclamation. &lt;( Ces
moments, observe Jeanne,
n'étaient pas perdus pour
l'amour. n On.déclama tant
et si bien qu'il fallut se marier en grande hâte 5 • L'union de Nicolas de la Motte,
écuyer, gendarme du roi de
la compagnie des BourguiCliché Giraudon.
gnons, et de Jeanne de
Saint-Rémy de Valois de
Luz, fut bénie le 6 juin 1780, en la paroisse
de Sainte-Marie-Madeleine de Bar-sur-Aube.
Les fiançailles avaient été célébrées la veille,
cc sous l'autorisation de messire Joseph-Henri
Ar minot, écuyer, seigneur de Fin-et-bonchemin, élu tuteur ad hoc par assemblée de
parents en date du 20 mai 1780, à cause de
la longue absence de la dame Jossel, mère de
la demoiselle ». - (( A la célébration dudit
mariage ont assisté : Nicolas-Clausse de Surmont, conseiller du roi, président, prévôt,
juge civil et criminel de la prévôté et châtellenie de Bar-sur-Aube, lieutenant général de
police et président du grenier à sel, oncle
maternel du mari; messire Joseph-Henri
Arminot, écuyer, seigneur de Fin-et-bon-chemin, parent et tuteur de la mariée, demeurant audit Bon-Chemin, et Jean Durand, receveur des aides, demeurant à Fontette. » Ce
Jean Durand était sans doute l'ancien fermier
de Saint-Rémy qui avait recueilli et élevé la
petite Marie-Anne. Un mois après, jour pour
jour, à la même paroisse, étaient baptisés
Jean-Baptiste et Nicolas-Marc, fils jumeaux de
Nicolas de la :Motte, gendarme du roi, et de
Jeanne de Valois. Les parrains étaient les
domestiques de Mme de Surmont. Les deux
enfants moururent quelques jours après 6 •
Nicolas de la .Motte avait alors vingt-six ans
et Jeanne de Valois en avait vingt-quatre. Les
deux époux usurpèrent le titre de comte avec
assez d'adresse pour que les contemporains,
et depuis lors tous les historiens qui se sont

occupés de leur histoire, y aient été trompés.
Dans les actes d'état civil qui les concernent
et qui nous ont passé sous les yeux, La Motte
est simplement qualifié d'écuyer. Son oncle,
frère de son père, était marchand. La confusion fut d'ailleurs d'autant plus facile qu'il
existait dans le Bar-sur-Aubois deux familles
de la Motte : l'une, à laquelle appartenait le
mari de notre héroïne, était de petite gentilhommerie; l'autre, de noblesse ancienne et
plus considérable, était établie à Braux-leComte.
&lt;( M. de la Motte, dit Beugnot, était un
homme laid, mais bien fait ; habile à tous
les exercices du corps, et, en dépit de sa
laideur, l'expression de sa figure était aimable
et douce. li ne manquait pas entièrement
d'esprit; mais ce qu'il en avait était tourné
vers les aventures subalternes. Il était gentilhomme et le troisième de son nom qui servait dans la gendarmerie. Son père, chevalier
de Saint-Louis et maréchal des logis dans ce
corps, avait été tué dans la bataille de Minden.
Dénué de toute espèce de fortune, il
avait cependant eu le talent de se noyer
de dettes. » C( Gendarme assez dispos
pour bien porter sa botte de foin du
magasin de fourrage au quartier, disait de lui son beau-frère M. de la
Tour, mais ne lui en demandez pas
davantage. l) &lt;&lt; Il n'est pas beau de
figure, écrit Mayer dans son pamphlet,
mais du reste il promettait. Mlle de
Valois fit cas du reste. n
Quand Mme de Surmont apprit à
quel point Jeanne de Valois et son neveu l'avaient trompée, irritée de l'insulte faite à sa maison, elle pria la
demoiselle de sortir et congédia le
galant. Ils allèrent se réfugier chez
Mme de la Tour, femme d'un ancien
contrôleur du vingtième et sœur de
M. de la Motte ; mais celle-ci, fort
gênée elle-même, ne put les héberger
longtemps. Jeanne aliéna pour mille
francs deux années de la pension de
huit cents livres qu'elle avait obtenue;
La Motte vendit pour six cents livres
un cabriolet et un cheval qu'il avait
achetés à crédit à Lunéville : ce furent
les ressources pour se mettre en ménage.
Les gendarmes rouges résidaient au
château de Lunéville qu'ils entretenaient et meublaient à leurs frais . La
Motte se montra fier de présenter aux
camarades sa jeune femme, très jolie
et très coquette, et Jeanne fut fêtée par le
corps Lou! entier. Le mari eut-il motif d'en
prendre ombrage? nous voyons à cette date
sa femme entrer dans le couvent des Annonciades à Saint-Nicolas-du-Port en Lorraine.

Table gêlltal. de la AlaisQII de Valois Saint-Rémy.
Troyes, 1858, in-8.
2. Rapportdatéde Bar-sur-Aube, 16 septembre 1785,
Archives des Affaires étrangères, llém. et docum.,
France, 1399, f• 224.
5. A la veille de la Révolution la gendarmerie
comprcna(l dix compagnies d~nt les quatre premières
- Ecossais, Anglais, Bourgmgnoos et F'lamands avaient le roi pnur capitaine.

4. Signalement du comte de la Motte, Archives des
A/fafres étra11gè1·es. Mém. el docum., France, 15W,
f• 260.
5. L' Histoire véritable de Jea,me de Sai11t-Ré111t
donne sur les prcmiéres amours de Nicolas de la
Motte et de Jeanne de Valois des détails d'un réalisme
tel qu'il est impossible de les reproduire.
6. Ces faits, d'après le registre de l'état civil de
Bar-sur-A ubc.

1. Doss. Target, Bibl. t•. de Paris, ms. de la
réserve.
2. Bette d'Etienville, Défense à une accusation
d'escroquerie, éd. originale, p. 12. On a un portrait
de Rohan par llossin (1768), grave par Catbelin
(1173), un autre portrait gravé par Campion de Ters•n
d'après le dessin de Ch.-N. Cochin (1765), ceux de
Capellan, Chapuy, Klauber, François, \'oyé le Jaune
cl des estampes anonymes. Le Musée municipal de

LES CHEVAUX
D'APOLLON.

Bas-relief de l'ancien hôtel de
Rohan,
par ROBERT LE LORRAIN.

1..'Ar1'Jt11(,E

JJU

Co1.1.11;1(_ --~

L'ordre en avait été fondé par la bienheu- la Motte apprit que sa bienfaitrice, la marreuse Jeanne de Valois, fille de Louis XI, quise de Boulainvilliers, était de passage à
et Mme de la ~lotte avait sans doute fait Strasbourg,_Elle décida son mari à s'y rendre.
valoir son nom pour y ètre agréée. Et le comte A Strasbourg, les jeunes époux entendent que
reprit sa vie de garçon, se noyant de dettes, la marquise est l'hôte du prince cardinal de
&lt;c faisant des escroqueries avec des juifs » et
Rohan en son château de Saverne : ils vont à
s'amusant de son mieux. Bientôt cependant Saverne. Mme de Boulaimilliers, qui s'était
il retira Jeanne du couvent pour la reprendre d'abord fâchée, quand elle avait entendu la
auprès de lui 1 •
folle équipée de ses petites protég~es franJeanne ne tarda pas à faire partager à son chissant les murs de l'abbaye de Longchamp,
mari les rêves d'ambition qui la hantaient. ne leur en a pas tenu longtemps rigueur.
Certes, avec le nom qu'elle portait, son intel- Elle accueille les jeunes époux avec sa bonté
ligence, son activité, on parviendrait à recon- coutumière. Ils lui content leur détresse, ellPquérir une situation digne d'une fille des en est louchée et consent à les présenter au
Valois. La Motte était une nature banale et cardinal.
bornée sur laquelle sa femme n'avait pas
Le prince Louis de Hohan est demeuré tel
tardé à prendre un empire absolu. Ses créan- que nous l'avons connu à Vienne, si ce n'est
ciers le harcelaient. Songeant à chercher que les années, avec leur expfrience, et les
fortune ailleurs, il sollicita un certificat de dignités de plus en plus grandes dont il a été
service; mais celui-ci lui fut refusé. C'était revètu, lui ont donné un air plus grave l'usage du corps. La gendarmerie formait une pas beaucoup. Il est à présent cardinal, tituarme d'élite où les gentilshommes servant laire de l'évêché de Strasbourg, le plus riche
sans g_rade étaient nombreux. Les autres de France, prince-État &lt;l'Empire, landgrave
d'Alsace, abbé de la grande abbaye
de Saint-Vaast et de celle dela ChaiseDieu, proviseur de Sorbonne, grand
aumônier de France, ce qui est la première charge de la cour, supérieur
général de !'Hôpital royal des QuinzeVingts, et commandeur de l'ordre du
Saint-Esprit. Nous avons son portrait
à r,ette époque : un homme d'une belle
figure, mais toujours une figure d'enfant, rondelette, gracieuse et poupine,
haute en couleurs, les cheveux d'un
gris blanc et le devant de la tête dégarni; d'une grande taille, se tenant
fort droit et bien fait. li porte ses
cinquante ans. Bien qu'avecl'âge il se
rnit chargé d'un peu d'embonpoint, la
démarche est toujours noble et aisée,
trahissant dans son allure à la fois
l'homme &lt;l'Église et l'homme de
Cour. Il est toujours affable, aimable,
d'une grâce avenante, ouvert et accueillant, méritant encore le nom
qu'on lui donnait : la Belle Émi-

nence!.

appartenaient à la classe bourgeoise et, en
grande majorité, à des familles de robe. On
perdait tout droit à l'avancement ou à la croix
si l'on se retirait sans certificat de service,
et l'on n'obtenait de rer tificat qu'en payant
ses dettes.

IX
Au château de Saverne.
Vers cette époque, septembre 1781, Mme de
... 185 ""

Rohan a fai t reconstruire, avecfaste
et dans un beau style, par l'architecte
Salins de Montfort, le palais de Saverne, résidence des évèques de Strasbourg, qu'un incendie, où il a failli
périr lui-même, a anéanti le 8 septembre 1779 : perte de plusieurs millions. L'œuvre réalisée est admirable.
Il y installe des collections de physique, d'histoire naturelle ; une nombreuse
bibliothèque aux belles reliures portant sur
les plats, frappées en or, les armoiries cardinalices avec celle mention : Ex bibliotheca
Tttbernensi 3• A Paris, il occupe l'admirable hôtel de Bohan, rue Vieille-du-Temple,
qui a pris le nom de &lt;c Maison de StrasStrasbourg pos~ède vingt-trois portraits différents du
prince Louis cardinal de Rohan.
3. Ces trésors artistiques et scicntifi&lt;Jues ont été
transportés, par le Directoi.rc1,.du Ba~Rhin en la bibliothèque de Strasbour~,. ou I m_cend1e de 187_0 les a
détruits. Le Roy de Samte-Cro1x, p. 89 et smr.

�---

111S TORJ.JI

'------------------------------------- L' ArrAJ~E

dit un merveilleux érudit, qui fut poète 11 ses
heures, Anatole de Montaiglon 2 •
Rohan réunissait les livres d'heures ancieus, les missels aux brillantes enluminures :
il lui répugnait d'avoir entre les mains, durant les offices, de vilains livres iniprimés.
D'autre part il a pris à cœur la faillite de
son neveu le prince de Guéméné, déclarée en
septembre 1782, la retentissante faillite de
trente millions qui a accumulé ruines et misères. Les plus aueinls sont les petites gens,
boutiquiers, portiers, domestiques, qui confiaient leurs épargnes au prince. Rohan n'y
est mêlé ni compromis en rien ; mais, dans
la mesure de ses forces, il veut atténuer le
désastre. Chaque année, ~ans que rien l'y
oblige, il contribue pour une somme considérable à la liquidation des dettes de son
cousin 3.
Rohan a fait un pèlerinage à Sasbach au
champ où Turenne trouva la mort. « La pensée m'est venue, dit-il, d'élever un monument à ce grand homme. J'ai donc acheté le
champ où un boulet le frappa et, avec lui,
la fortune de la France, pour y faire construire une pyramide. Je ferai bâtir à côté une
maison pour y établir un gardien, un vieux
soldat invalide du régiment de Turenne, je
désire que ce soit de préférence un Alsacien. » Le monument fut élevé, la maison
fut construite, un vieux soldat y fut logé•.
Et, de la sorte, l'argent filait. Aussi tous
les contemporains, Marie-Antoinette la première - et avec quelle àpreté : « Un besogneux », dit-elle, - puis tous les his torieos
jusqu'à ce jour, sans exception, ont-ils repro-

thé à fiohan sa fortune .obérée. Un évêque
qui a des dettes : quelle horreur I il devait
entretenir des femmes. Aussi bien sait-on que
ce que l'homme pardonne le plus difficilement à son semblable est de ne pas avoir
d'argent.
~lme de la Motte était une petite créature
fine et souple , d'une grâce ondoyante et
alerte. Des cheveux châtains, de ce châtain si
fin qui a la nuance des noisettes avec des reflets plus clairs, ondulaient sur son front. Ses
yeux étaient bleus, pleins d'expression, très
vifs, sous diis sourcils noirs bien arqués. La
houche, l!:rande, pouvait paraître ce qu'il y
avait de défectueux dans son visage au point
de \'Ue du dessin; cependant elle en était le
charme par les dents fines et d'une blancheur
parfaite, mais surtout par le sourire qui était
enchanteur. « Son sourire allait au cœur »,
dit Beugnot qui en parle d'expérience. Sa
gorge eùt éte à souhait sïl y en avait eu dal'antage; mais, comme l'observe encore Beu11:not, &lt;! la nature s'était arrètée à moitié de
l'ouvrage et cette moi lié faisait regretter
l'autre JJ. L'éclat si pur de son teint, une
peau blanche et fraîche, une physionomie
spirituelle et une allure vive, si légère, qu'en
la voyant se transporter d'un point à un autre
il semblait qu'elle ne pesât rien, ajoutaient à
son agrément. Enfin c'était la voix, doucP,
insinuante, d'un timbre agréable, qui caressait. Avec une instruction négligée elle avait
l'esprit prompt et naturel, elle s'énonçait
correctement et avec une grande facilité. &lt;! La
nature, dit Bette d'Etienville, lui avait prodigué le dangereux don de persuader 5• »
Devant les personnes d'un rang élevé elle sa,•ait prendre un air d'aristocratie, un maintien
noble, à la fois déférent et aisé, merveilleusement approprié à la circonstanc_e. Quant
aux lois morales et à celles de l'Etat, très
simvlement, avec infiniment de naturel, et
sans autre intention mauvaise, Mme de la
àfotte n'en soupçonnait pas l'existence. Elle
allait ainsi tout droit devant elle, avec les
armes redoutables que son sexe, sa beauté et
son esprit mettaient dans ses mains, tout
droit, sans voir d'obstacle, au gré de ses fantaisies impétueuses. &lt;! Tout cela, conclut
lleugnot, composait un ensemble effrayant

pour un observateur et séduisant pour le
commun des hommes qui n'y regardait pas
de si près 6 • i&gt;
Telle était Mme de la Motte. Nous connaissons le cardinal de Rohan.
On a \'li comment Jeanne de Valois a,·ait
rencontré pour la première fois Mme de Boulain.illiers sur le chemin qui montait au
village de Passy. C'est sur la grande route
encore, entre Strasbourg et Saverne, qu'elle
fut pour la première fois présentée au cardinal. « Je rencontrai la dame de BoulainvilIiers, dit celui-ci, qui se promenait sur la
grande route; elle fit arrêter, je m'approchai
de sa voiture et elle me présenta une personne qu'elle me dit s'appeler Mlle de Valois 7 •
&lt;! Ce nom, ajouta-t-elle, appartient vérita« blement à madame, qui est absolument
(&lt; dénuée de fortune. 1&gt; M. et Mme de la
Motte furent reçus au château de Saverne.
Rohan se montra empressé d'entendre les
aventures qui pouvaient se trouver dans la
vie d'une aussi jolie personne. li était d'ailleurs impossible d'imaginer une histoire plus.
intéressante et qui fût mieux contée.
Tandis que Jeanne. assise mr un tabouret,
la taille légèrement pliée en avant, parlait de
sa voix claire et pénétrante, animée de son
sourire enchanteur, rnn mari, dans un fauteuil, l'air digne et grave, opinait du bonnet,
et la marquise de Boulaiovilliers, affectueusement, soulignait les bons endroits. Rohan
promit sa protection. La Motte obtint un
brevet de capitaine à la suite des dragons de
llonsieur, frère du roi. Notre homme y est
titré « comte », erreur à laquelle il a contribué, mais il peut désormais en faire état aux
yeux des incrédules. Mme de Boulainvilliers,
de son côté, payait les dettes à Lunéville. Le
certificat de service, tant désiré, est obtenu,
et le jeune couple prend la diligence pour Paris.
L'aurore de la fortune se lève devant
Jeanne de Valois.

1. Aujourd'hui palais des Archives nationales. A
l'hôtel de Hohan notre Imprimerie Nationale a trouvé
un abri qu'elle serait sur le point de quitter.
2. Sur l'hùtd ùe Rohan voir Henry Jouin, Ancien
ftôtel de Rohan al/'ecté à tlmprimerie Sationale,
Paris, 189\J, in-fol.
3. Déclaratlon du baron de Planta, 28 nov. l i85
(A1·ch. nal .. X1 , 13/l41î) et son interrogatoire (Ibid.,
(F1/h45, B}; .Mémoires de la baronne d'Oberkirch,
II 1. 1,e Laron de Planta, ancien offlcier suisse, avait
été attaché au cardinal depuis 1772, en qualité de
premier gentilhomn,c. Il était son homme de confiance.
On notera quïl était de religion protestante. J,a déclaration ci-dessus paraitra d"autant plus sincère qu'à
la date o,'t elle fut faite, Pl_anta _n'appartenait elu~ ~ la
maison du cardmal. Il lm ara,t donné sa dcm1ss1on
en juin l7~f&gt;, et avail quillé l'hôtel de Strasbourg
dcs'le mois de janvier. Bibl. 11at., ms JolI de Fleury
2088, ! 241 vO.
4. Sa~bach d~pendil ,jusqu'en ,1803 de la scign~u!·ic
d·Oberk1rch, qui relevait clte-meme de la cour ep1scopale de Stra,;bourg. Le champ de Sasbach, acheté
par Uohan. est demeuré jusqu'aujourd'hui la propriété
de la France. terre française en plein duché de llade.
C'est en 1780 que Rohan le v1sila. En 1781, il fit
commencer les travaux du monument à clever il la

mémoire de Turenne. lis furent terminés en 1782.
En 1786, la pyra!11i,lc constr~ite ful r~nyersée_ p~r une
trmpèle. Les pierres e1~ lurent br1~cs, a111s1 ~ue
celles du socle. En aoùl 1 ,8X, la pyramide fut refaite;
mais a\'ant 1796, le monument a\'ait ét6 détruit à
nou\'eau par le temps. La laute en était i, l'entrevreneur qui empl•&gt;)"ait de mau1·ais matériaux. La mai,on
tlu garde, rlélaissér,, tilai~ tombée e~ délabrement._ A
l'approche des armees re,·olut1onna1rcs, commandres
par l!orrau, le carrlinal ,le Huhan s'était retiré en
Suisse. Au co•irs des années t79ô-li\J7 , le monument
fnl relevé par le soin ,le l'arlministrulion fra11çaise et,
de cc jour. celle-ci considéra champ cl monument
comme ·sa propriété. En 1802, il y eut à cc sujet des
contestations entre le gou,·erncnm,t fran1:ais etr,;"êcl1é
de Strasbourg; mais il partir de 1803, dalc de la mort
du cardinal de Rohan. le gouvernement nomma librement le œarrlien rlu champ el du monument qu'il considéra dèlinitivernent comme sa propriété. Le monument, ahanrlonné dans la suite, tomba de nouveau en
ruine. En 182h Charles X, mr les fonds de sa cassette particuliè;·e, le fil reconstruire d'une _rnanièr~
solide et durable. Les abords et les planlailons qm
s·y trouvent, tels qu'on les vo_il aujourd'hui, furent
orrlonnés en 1~43. t Voir un article de E. Palm, dans
le journal der Tag, '11 juillet 1001 , p. 10.) Les Fran-

çais font aujourd'hui encore pèlerinage au champ de
Sasbach, où s'élève la pyramide de Rohan el se conserve pieusemen~ la pierre oil Ture nne s'appuya_ ~ur
mourir. Le gardien actuel, nom,né par le mm1stere
de la guerre français, le 50 janvier 1902, csl li. rerd.Guill. Pauliu, ancien gendarme français, né à ~lolsheirn
(Alsace). Il a succédê à M. Schnoering, ancit&gt;n adjudaut des pon tonniers.
5. !lette d·E1iem·ille, Second mémofre, dans la
Coll. compl., li. 5~. - George! rlit de son coté :
, Un air cfe bonne foi dans ses récits mettait la persuasion sur ses lèvres. » Mém., 11, ;:i6.
ti. ~ous pournns reconstituer la physionomie de
)lme de la Motte d'aprils le tilmoignage du comte
13cu~not, celui _de Rétaux ùe l'illctle _et celui de B~lle
d'Et1envillc qui I obscna a\'ec son œ,I de romancier.
Ces témoignages se complètent l'un l'autre et concordent exactement.
7. flllerr, du cardinal de Rohan, Il jam. 1786,
Campardon. p. 207.
S. Les documents pour servir à l'histoire de Cag-liostro sont très nombreux. La difllcult~ est Je faire
un choix critique pour écarter ceux qui ne sont pas
exacts. On pla~era en première ligne les renseignements recueillis par la Justice. lo~s du pi:occs du
Collier. Ou les trouve aus Arcluves natzonales :

bourg 1&gt;. De grands jardins le foot communiquer a,·ec le palais Soubise 1 • On y admire encore le salon des Singes, d'un goùt
bizarre, paysanneries chinoises par Christophe
Huet, mais dont l'ornementation est harmonieuse et délicate; le~ trumeaux mythologiques de J.-B. )Iarie Pierre, les pittoresques
paysages de.Boucher, et, avant tout, au fronton des vasles écuries oi1 le prince Louis
nourrissait ses cinquante-deux juments d'Angleterre, l'admirable bas-relief de Le Lorrain,
les chevaux d'Apollon,
L'11 bas-l'elief e11 71ierre et qm semble d'afra111,

0

,.. 186 ...

X
Cagliostro ~.
A l'époque même où le cardinal de Rohan
faisait la connaissance de Mme de la Motte,

DU

Cotz.TE~

il enlrait en relations avec un pPrsonnage qui vait pas vu le Christ. avait pu alleindre t1 une
~lais le domestique, avec une profonde
remplissait alors le monde du bruit de ses ressemblance aussi parfaite.
rél'érence:
prodiges, le comte de Cagliostro. Celui-ci verc Vous avez donc connu le Chrsit?
!! Non, mon~ieur. Monsieur sait bien que
nait d'arriver à Strasbouri( 1
je ne suis à son service que
préci1dé d'une renommée qui,
depuis quinze cents ans. J&gt;
dès les premiers jours, s'y était
Cagliostro débilait une liencore accrue. Il guérissait
CJUeur qui avait la vertu de
toutes les maladies possibles
« fixer J&gt; pour toujours ceux
sans daigner acc('pter la moinqui en buYaient dans l'âge 011
dre chose de ceux de ses clients
ils se lrouvaient au moment
qui étaient riches et en donmême. Un autre élixir, dans
nant de l'argent à ceux d'entre
des flacons plus petits, rajeu!'ux qui étaient pauvres. Le
uissait de üngt-cinq ans. Les
prince de Rohan se trouvait
journaux racontaient le plus
dans sa résidence de Saverne,
gravement du monde :
où il accueillait Mme de la
« Une vieille coquette enMotte ; il vint à Strasbourg
tend dire à Caglim,tro qu'il pospour y entrer en,relation avec
sède la véritable eau de Jouun homme aussi extraordivence. Elle prie, elle supplie
naire.
tant, qu'il consent enfin à lui
Une audience fut demanMe
f'n envoyer une petite fiole.
pour le carqinal-évêque; mais
Son domestique quinze-centeelle fut refusée. « Si S. M. le
naire apporte la petite boucardinal est malade, répond
leille étiquetée : &lt;( Eau pour
Cagliostro, qu'il vienne et je
rajeunir de vingt-rioq ans. &gt;l
le guérirai; s'il se porte bien,
La dame étant absente, la
il n'a pas besoin de moi, ni
femme de chambrP, nommée
moi de lui. ll Rohan trou,a
Sophie, àgée de trente ans, a
celle réponse sublime et son
voulu goûter le breuvage, qui
désir de voir le héros en fut
1ui a paru délicieux, et elle a
accru. On ne parlait d'ailleurs
vidé la fiole. Aussitôt ses mPmque de lui dans la ville. Un
bres diminuent, ainsi que ;a
jour qu'il se promenait sur la
taille,sa tête devient plus petit&lt;',
place, dans son habit de taffe•
enfin Sophie n'est plus qu'une
tas bleu galonné sur les coupetite fille de cinq ans qui se
tures, ses cheveux en nattes
perd dans les hardes d'une
poudrées réu ois en cadenettes,
grande personne. La dame rensuivi d'une bande de gamins
tre, appelle Sophie, qui, envequi re~ardait'llf, émerveillés,
loppée, embarrassée dans ses
ses souliers à la d'Artois avec
j upoos, accourt à la voix de sa
des boucles de pierreries, ses
maîtresse. Surprise de la mébas chinés à coins d'or, lPs :l&gt;IARIE·A"ITOINETTE EN VESTALE. - G,·avure de TARDIEU, d'après le tableàfl de Dm10NT, tamorphose, elle demande la
rubis et les diamants qui brilfiole, qui est vide. Furieuse,
laient à ses doigts et à sa
elle prend la pauvre petite et
jabotière, i-a chaîne de montre en diamants
- Nous étions ensemble du dernier bien, lui donne cruellement le fouet. Elle est allée
à trois brins, terminée par six gros dia- répondait Cagliostro. Que de fois nous nous ensuite chez Cagliostro qui a beaucoup ri,
mants et quatre branches de diamants, à promenâmes sur le sable mouillé, au bord mais qui n'a pas voulu donner une seconde
deux desquelles pendait un gland de diamant, du lac de Tibériade! Sa voix élait d'une dou- potion 2 • ll
à la troi~ième une clé d'or garnie de dia- ceur infinie. Mais il ne m'a pas voulu croire.
&lt;c Cet homme, écrit cette année même
mants, et à la quatrième un cachet d'a;rnte, Il a couru les rivages de la mer; il a ra- Labarthe à l'archéologue Séguier, cet homme
ce qui faisait un étincellement sur son gilet à ma~sé une bande de lazaroos, de pêcheurs, &lt;(U'on soupçonne marié à une sylphide, est
Ueurs, et son chapeau mousquetaire orné de des loqueteux! Et il a prêché. Mal lui en est de race juive et arabe d'origine. Personne n'a
plumets blancs, - Cagliostro s'arrêta avec un advenu. ll
les mœurs plus pures. Ses plaisirs sont
cri de surprise devant le grand cruciHx en
l'étude et le diner, quelquefois la comédie.
l'.:t, se tournant ver~ son domestique :
bois sculpté. Car il ne pouvait comprendre
li ne soupe jamais et se couche à neuf heures
&lt;! Tu te souviens du soir, à Jérusalem, où
comment un artiste qui, certainement, n'a- l'on crucifia Jésus? ,&gt;
en toute saison. Après le dessert il prend du

xa, BflH7 - P, 4415 8 - Y, 13125. \;ne partie
en a été publiée par !f. Cam pardon, mais l'intéressant
rapport du commissaire Foutaine est ,lrmeuré inédit.
Ces indications seront complétéc·s par le livre intitule: Vie de Jouplt Balsamo (Paris, 1791), traduit
sur l'original itali~n que la t.:hamb1·e apostoli~ue venait de publier, l'année mi•me, d'après la procédure
du procès fait à Cagliostro par les magistrats du Souverain Ponti(c. On y joindra lrs interrogatoires et
cunlr11nlatio11s du procès du Collier, les mémoire;
rê,ligé, dans cNte affaire par les avocats, ~t surtout
celui de a1• Thilorier pour Cagliostro, puis les pièce,
de l'action intentée, en juin Ii8ti, par Cairliostro. au
marquis de Launey, gouverneur de la Bastille, et au
commissaire Chesnon. et les répliques de ces der ier,.
ru fervent adepte, le fermi,•r général J.-8. cle Laborde, publia à Gcnè..e, en I i8i, d,·s lettre.~ SUI' ltt
Suisse en 1iR 1. où il parle beaucoup de son héros.

- foir aussi les Leltrts rlu comte de ,1/irabeau sttr
Cllgliostro r 1i86) cl les Re1wig11eme11ls mr le séjo"r
,,111' le fam1&gt;11x Caqlio,lro /il à Millau en 1770, par
Elisa von der Hecke (Berlin et Steitin, li8i ). !)ans le Courl'ier de l Europe, rédig, à Londres,
)loraml entreprit eu 1786-87 (numéros. 15-22) u~e
vive ramp,g-ne contre le célèbre aveulur,er cl publia
les rè-ultats de l'enquète minutieuse qu'il fit sur ~es
faits et gestes en Angleterre. Les rném,,ires de l'Jpoqae, ceux rlu bal'on de Gleichcn, de l'abb \ George!,
du cornle Beugnot, dP. Mme d'Oherki,·ch, de Casanova,
les ,llémoires secrets de Bachaumont, la Co1·respon,/an,.e de )létr•, el. outre le Courrier de l'f;urope,
la /Ja,elle de Leyde, la Gazelle ri'Ull'ecltl, le Cour1·ier dlL /Jas-Rhin, ont été rlépouillés. Enfin, dans le
journal du libraire liard y ( Bibl. 1111.t., ms. franç. 6685)
'et de nombreuses lellres particulières, on voil 1:opinion des co11tcmpJrai11s sur Cagliostro el ses prodiges.

Il rsL question en rlétail de la l'rane-maçonneric
éœvpticnne, dont Ca~l10stro fut le promoteur, H de
s~s rapports avec les loires écossaises el les Philalèthrs, dans les livres de Thory, A11nales oi·iginis ,na'l"i Galliorum Urientalis (Paris, 1812) et Al'la laiomo1wn (Paris, 1812), en français sous les litres
latins.
La meillrure vie de Cagliostro est celle qui a
été écrite par fréd. llulau, trad. par W. DuckPll,
dans Perso111wges énigmatiques, t. 1. (Paris, 1861,
in-16) p. 306-3t!l.
Sur la maison de Cagliostro à Paris, 1, rue SaintClaude, consenèe de nos jours, on lir~ les joli~s
pages de li. G. i,ei,ou·e, Jïe1a popien, vieilles
maisons, p. 1ôl-; 1.
1. Le 19 sept. 1780. llémoire pour Ca@liostro, dans
la (;oil, ction /Jette d·Etienville, J, 19.
2. Gazette d'Utrechl, 2 ao,it 178i.

�,

_________________________

L' ArrA11(E nu Cotz.TER. -

111STO'f{1.ll
moka, et, à la suite, une cuillerée d'une
liqueur qu'il ne permt.t pas que l'on goûte.
On ignore quelle est sa religion ; mais
il parle de Jéhovah dans les termes de
la plus grande éloquence et avec le
plus profond respect. C'est cet homme
que je veux. consulter l'an prochain.
Je suis bien sûr que mon estomac
deviendra celui d'un jeune homme de
vingt-cinq ans et que mon asthme el
mon rhumatisme goutteux disparaîtront. Je suis sûr que vous n'aurez
plus de douleur et que vos probes
vous permettront de courir les montagnes. Mm'.l Augeard, jeune et très
jolie femme de Paris, que je connais
beaucoup, très riche par les emplois
de son mari, fermier général, attaquée d'une maladie incurable, a été
le Irou ver. Elle a reçu en préscn l un
élixir qui a fait disparaître tous ses
maux. Et je tiens de son frère qu'elle
jouit de la plus brillante santé.
« Des guérisons subites, dit l'abbé
George! qui ne l'aimait pas, de maladies jugées mortelles et incurables,
opérées en Suisse et à Strasbourg,
portaient le nom de Cagliostro de bouche en bouche et le fai •aient passer
pour un médecin véritablement miraculeux. Ses attentions pour les pauvre,
et ses dédains pour les grands donnaient à son caractère une teinte de
supériorité et d'intérêt qui excitait
l'enthousiasme. Ceux qu'il voulut bien
honorer de sa familiarité ne sortaient
d'auprès de lui qu'en publiant avec
délices ses éminentes qualités. » Aussi,
Buste
à Strasbourg, cinq ou six cents personnes assiégeaient-elles certains jours
la maison de la servante du chanoine de SaintPierre-le-Vieux, qui le logeait, se bousculant
pour y entrer.
Cagliostro paraissait, en 1781, âgé d'une
quarantaine d'années. Il était petit, trapu,
d'une taille épaisse Il avait le cou gros et
court, le teint brun, le front chauve. De gros
yeux à fleur de tête, très vifs et brillants,
dont le regard bigle « perçait comme une
vrille l&gt;, le nez ouvert et retroussé, une large
bouche et de fortes mâchoires, un rire sarcastique et bruyant, une voix sonore et cuivrée marquaient sa physionomie de hardiesse,
d'effronterie et de bonne humeur. Il semblait
moulé, dit Beugnot, tout exprès pour jouer
le rôle du si9no1· Tulipano dans la comédie
italienne. Casanova lui trouve en somme,
avec &lt;( sa hardiesse, son effronterie, ses sarcasmes et. sa friponnerie », une figure fort
« revenante ,&gt; . La plupart de ceux qui le
voyaient - et ceux même qui ne l'aimaient
pas - le déclaraient lrès imposant. &lt;l J'avais
de la peine, écrit Mme d'Oberkirch, à m'arracher à une fascination que je comprends
difficilement aujourd'hui, bien que je ne
puisse la nier 1. »
Il s'énonçait couramment en italien. Le
français dont il se servait était un baragouin
inimaginable. Mais, dans sa bouche, avec sa

était ctlui qui n'était pas, on ne pon\'ail que
s'incliner avec un air de profonde déférence.
li possédait la science des anciens
prêlrPs del'Egyple.Sa conversation roulait d'ordinaire sur trois points : 1° la
médecine universelle dont il connaissait
les secrets ; 2• la maçonnerie égyptienne, qu'il voulait restaurer et dont
il \'enait d'établir la loge mère à Lyon,
car la maçonnerie écossaisP, alors prédominante en France, n'était à ses
yeux qu'une mauvaise dégénérescence;
5° la pierre philosophale dont il allait
donner la formule par la fixation du
mercure et qui devait assurer la transmutatic,n de tous les métaux imparfails en or fin.
Il apportait ainsi à l'humanité, par
sa médecine universelle, la santé du
corps ; par la maçonnerie égyptienne,
la santé de l'âme; et par la pierre
philornpbale, des richesses infinies.
C'étaient ses grands secrets, car il en
avait d'autres, très intéressants également, bien que de moindre importance : celui de prédire les numéros
gagnants aux loteries, celui de donner
au colon le lustre et la finesse de la
soie, de faire avec le chanvre le plus
commun du fil, aussi brau que celui de
Malines, d'amollir le marbre et de lui
rendre ensuile sa dureté première, ce qui devait être, comme on imagine,
d'une grande commodité aux sculpteurs, qui pourraient dorénavant modeler leurs stalues directement dans le
marbre au lieu de la terre glaise ou
CAGLIOSTRO,
de
la cire. Il avait le secret de faire
en marbre, par llouooN. (Collection MuRFAY ~coTT, à Paris.)
enfler les rubis, les émeraudes, les
diamants, en les enterrant sous terre,
assez grande impression. Un de ses ennemis et de leur conserver ensuite leur nouvelle
a apprécié ainsi sa manière de parler : &lt;( Si grosseur ; le secret d'imiter à s'y méle galimatias peul être sublime, personne prendre toutes les écritures, et enfin celui
n'est plus sublime que Cagliostro. Il fait en- d'enoraisser un cochon avec de l'arsenic, de
0
1
.
tendre Je grands mots dans des phrases inin- manière à en transformer a graisse en un
telligibles et excite chez ses auditeurs d'au- poison foudroyant. Cagliostro proposa même
tant plus d'admiration qu'ils l'entendent un jour à un journaliste français établi à
moins. lis le prennent pour un oracle, parce Londres, Morand, qui l'attaquait dans le
qu'il en a l'obscurité. Son art est de ne rien CoU1·rier de l'Europe, un duel au cochon
dire à la raison, l'imagination des auditeurs arseniqué - car il était lui, nalurellemenl,
interprète. La raison est claire et n'a de puis- au-dessus de toute atteinte. àlais le journasance que sur les sages. L'imposture se rend liste manqua de cœur et la rencontre n'eut
inintelligible et exerce son empire sur la mul- pas lieu.
Cagliostro parlait de Dieu arnc respect et
titude. » Pour guérir, il avait trois grands
remèdes: des bains où dominait l'extrait de ne manquaitjamais d'en faire le plus grand
Saturne, une tisane dont la recette n'était éloge. Quant à la doctrine laissée aux homconfiée qu'à un apothicaire de. son choix, mes par le Créateur, elle n'avait pas dépassé,
enfin des gouttes de sa composition dont les dans son intégrité, l'ère des patriarches,
effets miraculeux el souYerains faisaient en Adam, Seth, Enoch, Noé, Abraham, Isaac et
tous lieux ~clater sa renommée. A tous ceux Jacob. Ces patriarches avaient encore été
qui le pressaient de questions pour savoir dépositaires de la Yérité, laquelle s'était altéqui il était, il répondait d'une voix grave, en rée dans la bouche des prophètes, et plus
ramenant ses sourcils et en levant son index encore dans celle des apôtres et des Pères de
vers le ciel : &lt;( Je suis celui qui est » ; et l'Église. Sa tâche à lui, Cagliostro, était de
comme il était difficile de prétendre qu'il rendre aux idées de Dieu leur pureté. Les
vivacité, son énergie d'expression, sa flamme,
ce charabia ne laissait pas de produire une

1. Outre le buste de lloudon el les gravures du
temps, on a de Caglioslro les portraits en écrilnre
laissés par Beugnot; par Casanou. qui le rencontra à
Aix-en-Provence; pa1· lime d'Oberkirch, qui le vil à

.... 188 ...

Strasbourg en 17RO (illémoires, 135) : par un nommé
Bernard, qui envoia un mémoire, le 2 nov. 1786, de
l'alerme, au commissaire Fontaine, el par le Cour1·ier de l'Europe, 3 avril el 15 juin 1787.

délégués des loges françaises, qui l'entendirent, déclarèrent dans leur rapport « avoir
entrevu en lui une annonce de vérité qu'aucun des grands-maîtres n'a aussi complètement développée, et cependant parfaitement
analogue à la maçonnerie bleue dont elle
paraît une interprétation sensible et sublime».
Cagliostro aYail une femme qui, par ses
charmes, produisait une émotion aussi
grande que lui-même. Elle était toute jeune,
déjà femme et encore enfant. On l'aurait
crue Italienne à son accent, aux traits fins et
précis de son visage, une ltafünne blonde,
qui avait de grands yeux bleus, profonds el
doux, ombragés de longs cils; des yeux dont
Maeterlinck eût dit qu'ils étaient un lac frais
et tranquille pour y baigner rnn âme. Le nez
était petit, finement aquilin. Les lèvres,
arquées à l'antique, d'un carmin vif dans la
blancheur du teint, étaient toujours immobiles, semblant ne devoir s'éveiller qu'aux
caresses de l'amour.
&lt;( Elle affichait la noblesse, dit CasanOYa,
la modestie, la naïveté, la douceur et cette
pudeur timide qui donne tant de charmes à
une jeune femme. » Aussi, quand elle passait
sur Djérid, sa cavale noire, la taille cambrée,
la gorge saillante, les hommes la suivaient-ils
du regard. On était amoureux d'elle à distance, sans l'avoir vue. C( Ses plus chauds
partisans, dit un historien, ses enthousiastes
les plus exaltés étaient précisément ceux qui
n'avaient jamais aperçu son visage. Il y eut
des duels à son sujet, des duels engagés à
propos de la couleur de ses yeux, que ni l'un
ni l'autre des adYersaires n'anient jamais
contemplés, à propos d'une fossette à sa joue
droite ou à sa joue gauche. ll Quand, dans la
suite, elle fut mêlée à l'affaire du Collier et
mise à la Bastille, un avocat du barreau de Paris, Me Polverit, présenta sa
déîeme au Parlement : C( On ne sait pas
mieux, dit-il, d'où elle vient que d'où vient
son mari. C'est un ange sous des formes
humaines qui a été envoyé sur la terre pour
partager et adoucir les jours de l'homme des
merveilles. Belle d'une beauté qui n'appartint jamais à une femme, elle n'est pas un
modèle de tendresse, de douceur, de résignation ; non, car elle ne soupçonne même pas
les défauts contraires; sa nature nous offre,
à nous autres pauvres humains, l'idéal d'un'\
perfection que nous pouvons adorer mais que
nous ne saurions comprendre. Cependant cet
ange, à qui il n'est pas donné de pécher, est
sous les verrous. C'est un contre-sens cruel
qu'on ne peul faire cesser trop tôt. Qu 'y a-t-il
de commun entre un être de cette nature et
un procès criminel? l&gt; Cette argumentation
parut au Parlement de Paris juste et
concluante el il fit mettre en liberté Mme de
Cagliostro.
Le prince cardinal de Rohan, qui n'avait
cessé de prendre un vif intérêt à la botanique
et à la chimie, ne se laissa pas décourager
par son premier échec. Il revint à la charge,
se fit humble et petit, tant etsi bien que, finalement, il futadmis dans le sanctuaire d'Escu-

lape. En sortant, il confia ses impressions ~
son secrétaire intime, l'abbé George], qm
nous les a rapportées: « Je vis sur la physionomie de cet homme si peu communicatif, dit
Rohan, une dignité si imposante que je me
sentis pénétré d'un religieux saisissement et
que le respect commanda mes premières
paroles. Cet entretie~, qui fut as~ez c?url,
excita en moi, plus vivement que Jamais, le
désir d'une connaissance plus parliculière. l&gt;
Et la joie du cardinal n'eut plus de bornes
quand, un jour, Cagliostro lui dit : « y~tre
âme est digne de la mienne et vous mer1tez
d'ètre le confident de tous mes secrets. l&gt; De
ce jour la, liaison devint étroite et publique.
Cagliostro s'installa au chàteau de Saverne,
dont les larges cheminées se noircirent à la
fumée de ses fours alchimiques. Sur la terrasse du château, à la clarté des étoiles, les
entretiens de l'alchimiste avec le prince Louis
se prolongeaient fort avant dans la nuit.
Rohan écoutait, le front penché, les bras aux
appuis de son fauteuil, tandis que la blanche
lumière des astres caressait de ses chatoiements d'opale les longs plis d~ la moire cardinalice.
La baronne d'Oberkirch vit en 1780
Cagliostro chez l'évêque de Strasbourg. A son
entrée, l'huissier ouvrait la porte à deux
battants et annonçait : « Son Excellence monsieur le comte de Cagliostro! » Comme la
baronne exprimait au prince de Rohan sa
surprise de tant d'égards :
•
.
&lt;( En vérité, madame, vous etes trop difficile à convaincre. »

1

LE

BAQUET DE

M,

&lt;( C'est une belle pierre, monseigneur, et
je l'a vais déjà admirée.
«- Eh bien! c'est lui qui l'a faite, entendez-vous ? Il l'a créée avec rien. Je l'ai vu,
j'étais là, les yeux fixés sur le creuset, el j'ai
assisté à l'opération. Qu'en pensez-vous, madame la baronne? On ne dira pas qu'il me
leurre, qu'il m'exploite ! Le joaillier et le
O'raveur ont estimé le brillant à Yingt-cinq
0
•
mille livres. Vous conviendrez au moms que
c'est un étrange filou, celui qui fait de pareils
cadeaux. u
« Je restai stupéfaite. M. de Rohan s'en
aperçut et continua :
&lt;( Ce n'est pas tout, il fait de l'or. JI m'en a
composé devant moi pour cinq ou six mille
livres là-haut, dans les combles de mon
palais'. li me rendra le prince le plus riche
de l'Europe. Ce ne sont point des rêves,
madame, ce sont des preuves. Et toutes ses
prophéties réalisées, _el tou~es le~ guérisons
opérées, et tout le bien qu 11 fait I J_e v?us
dis que c'est l'homme le plus ext:ao~dm~'.re,
le plus sublime, et dont le sayo1r na d egal
que sa bonté. »
Rohan plaça le buste de l'alchimiste dans
son palais, après avoir fait graver sur le socle
en lettres d'or : &lt;1 Le divin Cagliostro.» Quand
le prince revint à Paris, dit George!, il laissa
en Alsace un de ses gentilshommes, le confident de ses pensées, le baron de Planta,
pour procurer à Cagliostro tout ce qu'il désirait.
Quand notre alchimiste eut plongé les
populations alsaciennes dans une stupéfaction

MES "'!ER , OU REPRÉSENTATION FIDÈLE DES OPÉRATIONS DU MAGNÉTISME ANIMAL. •

D'après une estampe d11 temps.

Et il me montrait un gros solitaire qu'il portait au petit doigt et sur lequel étaient gravées les armes de la maison de Bohan.

suffisante, -il crut devoir élargir la scène de
son théâtre et, à son tour, venir à Paris. Il
prit congé des nombreux amis qu'il s'était

�'----------------------------------

111STO']t1.Jl
faits à Strasbourg, du maréchal de Contades,
du marquis de la Salle 1 , et se mit en route à
grand bruit, avec une suite considérable, des
courriers, des laquais, des jacquets, des
gardes armés de hallebardes et des hérauts
drapés de brocart qui soufnaient dans des
clairons. En le voyant partir, de vieilles
l&gt;onnes femmes pleuraient en disant que
c'était Je bon Dieu qui s'en allait.
L'époque semble faite pour Cagliostro. &lt;1 Il
_nous fallait des distractions à tout prix, dit
Beugnot, et on voyait un vntige général
s'emparer des esprits. On courait à ce haquet
de )[esmer, autour duquel des gens bien
portants se lenaient pour malades et des gens
mourants s'obstinaient à se croire guéris 1 »
Marat faisait-il le procès du soleil et lui disputait-il d'être le père de la lumière, c'étaient
des cris d'admiration. Un paysan dauphinois,
Bliton, apercevait des sources à cent pieds
sous terre et les faisait jaillir à rn volonté.
Il avait des disciples et drs écrivains qui
célébraient son génie. La Cour et la ,·ille
étaient blasées, la,sées : il fallait du neuf et
du piquant. La scène française était délais,ée
pour les tréteaux et les bouis-bouis où de
sales et vulgaires niaiseries soulevaient
les applaudissements. &lt;1 L'ennui conduisait à
l'extravagance. » Les esprits élaienl agités
en sens contraires, les liens sociaux rompus.
L'opinion était préparée aux aventures.
Œ l'\os pères, écrit l'auteur du pamphlet si
remar&lt;Juable, Deniièl'e pièce du fameux
Col/ie1· ', se passionnèrent pour les saltimbanques de Saint-~lédard. Après avoir dansé
sur les cendres d'un idiot imbécile;; que leur
fanatisme canonisa, on les vit courir en foule
dans des réduits obscurs où des énergumènes
leur montraient des jeunes filles, d'une complexion faible, soulagées par des Cùups d'épée
ou par des coups de bûches; des hommes
crucifiés, cloués réellement par les mains et
les pieds en l'honneur du Rédempteur. 1&gt; La
Bastille et les douches froidt's ayant eu raison
des convulsionnaires , ceux-ci furent rtJmplacés par les ~omnambules et les magnétiseurs. L'bistérie était cultivée en formules
scientifiques. Les découvertes véritables de
Mesmer avaient peu à peu donné lieu à ces
scènes que l'on voit encore aujourd'hui, mais
qui, dans leur nouveauté, fai~aient fureur :
cris, convulsions el invocations. La sorcellerie
n'était plus sanglante, comme à la fin du
siècle précédenl, mais plus dangereuse pour
les nerfs. Les Illumines, les Marlinistes, les
Théosophes, les Pbilalèthes débitaient des
histoires étonnantes. &lt;1 Il serait diflicilc, disent
les rédacteurs du Bachaumont, de rendre
compte du fond de la doc:trine de ces enthousiastes, qui est un grand galimatias, à en
juger par les livres qu'ils publient. &gt;&gt; riombre
de ces cc enthoù~iastes ll vont jouer un rôle
considérable dans les événémenls les plus
importants 1 •
Depuis la grande crise de !'Affaire des
Poisons, les alcl.timisles avaient été pour-

suivis rigoureusement; mais, avec la tolérance du nouveau règne, les lettres de cachet
tombant hors d'usage, ils avaient repris leur
industrie. Un contemporain a tracé d'eux
une peinture pittoresque. &lt;, C'est dans le faubourg Saint-~farceau que se retirent les alchimistes inconnus. Les uns font de l'or. les
autres fixent le mercure (on sait que c'était
le problème de la pierre philosophale), ceuxci soufflent et doublent la grosseur des diamants; ceux-là composent des élixirs. Les
uns fabriquent des poudres, les autres distillent des eaux, tous possèdent des tré,ors
et tous meurent de faim. Leur langage est
inintelligible, leur extérieur celui de la misère, leur habitation est sale et obscure et,
lorsque la curiosité vous attire un moment
dans un de ces tristes rédui1s, vous apercevez
dans un certain coin une malhonnête créature 11ui a l'air d'une sorcière et qui garde
le laboratoire. - Quant aux ad~ptes con11u•,
ils oot de superbes laboratoires garnis d'instruments coûteux et de vase~ bien étiquetés.
Deux ou trois garçons ont l'air de travailler
et, lorsque le grand seigneur arrive, le directeur fait briller à ses yeux l'espoir de réaliser
les plus beaux secrets ; il lui montre les plus
heureux commencements, il lui promet qu'à
la troisième lune on verra. &lt;1 Voir » est le
grand mot des alchimistes 5• &gt;&gt;
Cagliostro loua à Paris l'hôtel de la marquise d'Orvillers. &lt;1 li existe encore aujourd'hui, dit M. G. Lenotre, et l'on s'imagine
sans grand effort l'ellet que la maison devait
faire dans la nuit, avec ses pavillons d'angle,
alors dissimulés par de vieux arbres, ses
cours profondes, ses larges terrasses, quand
les lueurs - les lueurs vives des creusets de
l'alchimiste - filtraient des hautes per,iennes. La porte cbarrelière s'ouvre rue SaintClaude, à l'angle du boulevard Beaumarchais.
La cour parait aujourd'hui, quand on y pénètre, sombre et sévère, toute solennelle avec
ses cordons de larges pierres que le temps a
noircies. Dans le fond, sous un porche dallé,
monte l'escalier de pierre dont les pas ont
peu à peu creusé les marches vers le milieu,
que le temps a lassé, encore fier de sa rampe
de fer forgé, vestige du temp~. &gt;l Du jour au
lendemain Cagliostro l'anima d'un bruit
joyeux, d'un entrain éclatant. C'était, du
malin au soir, le va-rt-vient bariolé des gens
de toute livrée : la cour pleine de carrosses
laqués, les chevaux s'ébrouant, les cochers
crianl et les petites femmes élégantes montant et descendant l'escalier de pierre, saliss~nt leurs gants à la rampe de fer forgé, le
nez en l'air, le regard vif, émues, effarées,
crainlives 6 •
A Paris, Cagliostro se montra tel f]u'il
avait été à Strasbourg, d,gne et réservé. Il
refusa avec hauteur les invitations à dîner
que lui firent parvenir le comle d'Artois,
frère du roi, et le duc de Cnartres, priuce du
saug. Il se proclamait chef des Ro,e-Croix,
;; . Lu diacre Pàris.

!. Inlerr. de lime tic: Cazlioslro, 2i avùl 178:5,
11'/l.. F\ 4450.
2. S. 1. n. d. (Paris, 1786j. in•8 ,le 4à p.

,frrh.

4. foi,· llc ugnol , 1, 6à ; -

dalt! du 24 mars li86; ft-an~. 6685. p. 1Uti.

le llacha wno11l. il la
Har,ly, lJi/J/. n at .. ms.

...., I ÇO

►

qui eux-mèmes se regardaient r,omme des
êtres élus, placés au-dessus du reste des
mortels. Il donnait d'ailleurs à ses adeptes
les plus rares salisfactions.
cc Ceux-ci, lisons-nous dans la corrrspondance parisienne de la Ga::;ette de Leyde,
soupaient avec Voltaire, Henri IV, Montesquieu; ils voyaient à côlé d'eux, dans un6
maison du Marais, des femmes qui étaient en
Écosse, à ~ienne, etc. Un homme d'un grand
sens fut vmr une de ses amies il y a rnviron
un mois. On se met à table. Surpris de voir
quatre couverts de plus el des chaises auprès,
il demande quelles sont les personnes que
l'on attend. On lui dit que ces places sont
remplies; qu'il a le bonheur de diner avec
des intelligences, avec des êtres bien supérieurs à la faible humanité. Jamais son amie
ne_ fut d'ailleurs plus aimahle, jamais elle ne
mit autant d'esprit et d'affabilité pour bien
traitèr se's convives et pour que les intelligences invisibles fussent contentes de son
diner. Au sortir du repas on passe au jardin :
autre enchantement. Chaque arbre a une hamadryade, chaque plante est cultivée par un
g-énie. Il n'est pas jusqu'au bassin qui ne soit
la retraite d'une nymphe. L'homme prudent
ne voulut pas se brouiller avec la maîtresse
du logis et la quitla sans Youloir détruire une
iUusion qui fait le charme de sa vie. 1&gt; Cagliostro ne tarda pas à avoir dans tous les
coins de Paris des adeptes de cette sorte. A
ceux qui ne voyaient pas se réaliser les merveilles prédites, il répondait durement en accusant leurs péchés, leurs m1irmures, leur
incrédulité.
Il entreprit de réformer la franc-maçonnerie sur le rite égyptien, d'après les détails qu'il avait trouvés à Londres, dans le
manuscrit d'un nommé Georges Coston. li
avait des cais~es remplies de statuettes représentant des Isis, des chameaux el des bœufs
Apis. couverts de signes hiéroglyphiques,
qu'il distribuait à srs disciples. Les francsmaçons furent d'ailleurs émerveillés de sa
personne et voulurent traiter avec lui. Mais,
avec eux aussi, il le prit de très haut, exigeant qu'avant toute conversation ils brùlassent leurs archives qui n'étaient, disait-il.
qu'un ramas de niaiseries. Il comprit le parti
qu'il pourrait tirer de l'indifférence des francsmaçons pour les femmes. Celles-ci n'étaient
admises parmi eux qu'aux fêtes. Dans ces
loges de style égyptien, les femmes avaient
un rôle actif. Le succès en fut prodigieux, el
dans les premières classes de la société. La
loge d'Isis, dont l\lme de Cagliostro était
grande-maitresse, comptait en 1784, parmi
ses adeptes : les comtesses de Brienne, Oessalles, de Polignac, de Rrassac, de Choiseul,.
d'Espinchal, Mmes de Boursenne, de Trevièrès, de 1~ Blacbe, de Montchenu, d'Ailly,
d'Auvet, d'Evreux, d'Erlach, de la Fare, la
marquise d'Avrincourt, Mmes de Afonteil, de
Bréhanl, de Btircy, de Baussan de Loménie,
5. ,Uémoires aullt. p our servir à l'hisl. de Cayliosh'o, Il, 47.
6. )lémoire pour lime de la ~lotte. dans la Collect ïo11 /Jitle d·Etieuville, 1, 39·40.

de Genlis, d'autres encore. Le fanatisme fut
poussé au point que le portrait de Cagliostro
se voyait partout; les femmes le portaient à
leurs éventails et à leurs bagues,
les hommes, sur leurs tabatières.
En 17 81, le grand homme retourne
pour quelques jours en Alsace.
« Jamais, dit Mme d'Oberkirch, on
ne se fera une idée de la fureur, de
la passion avec laquelle tout le
monde se le jeta\t à la tète. &gt;&gt; Une
douzaine de femmes de qualité et
deux comédiennes l'avaient suivi
de Paris pour ne pas interrompre
leur cure. La guérison surprenante
d'un officier de dragons venait d'achever de le dil'iniser.
L'illustre Houdon fit son buste.
Le portrait é1ait publié avec ces
l'ers :

)fontbruel, vétéran de coulisses, mais encore
beau parleur, affirmatif, qui se trouvait par
hasard partout où se trouvait Cagliostro,

Oe l'11 mi des humai11s1·econ11aisse, les traits.
Tous sesjo1a'ssont marqués par de nouveaux
bienfaits,
Il prolo11ge la vie, il secourt l'inf/ige11ce,
Le plaisird'ttre utile estseulsa 1·ecompense.

Le cardinal de Rohan ne pou,•ait plus se passer de lui. Il l'avait
incessamment dans son palais et
plusieurs fois la semaine passait
avec lui ses soirées. Sous les auspices du cardinal, le comte de Cagliostro et Mme de la Motte firent
connaissance. Nous devons à cette
circonstance une page charmante
de Beugnot, qui obtint de son amie,
~[me de la Molle, de diner chez elle avec l'illustre alchimiste. 11 Cagliostro, dit Beugnot,
portait ce jour-là un habit à la française gris
de fer, galonné en or, une veste écarlate brodée
en larges points d'Espagne, une culotte rouge,
l'épée engagée dans les basques de l'habit et
un chapeau brodé avec une plume blanche.
Cette dernière parure était encore obligée
pour les marchands d'orviétan, les arracheurs
de dents et les autres artistes médicaux qui
pérorent et débitent leurs drogues en plein
vent.
c1 ~fais Cagliostro relevait ce costume par
des manchettes de dentelles, plusieurs bagues de prix: el des boucles de soulier, à la
vérité d'un vieux dessin, mais a~sez brillantes
pour qu'on les crût d'or tin. Il n'y avait au
souper que des personnes de la famille, car
on ne tenait pas pour étranger un chevalier de

illb

&gt;

témoignait des merveilles qu'il avait opérées
et s'en offrait lui-même en preuve comme
guéri miraculeusement de je ne sais combien
de maladies dont le nom seul portait l'épouvante.
&lt;1 Je ne regardais Cagliostro qu'à la dérobée et ne savais encore qu'en penser. Celle
figure, cette coiffure, l'ensemble de l'homme
m'imposaient malgré moi. Je l'attendais au
discours. Il parlait je ne sais quel baragouin
mi-partie italien et français, et faisait force
citations qui passaient pour de l'arabe, mais
qu'il ne se donnait pas la peine de traduire.
Il parlait seul et eut le temps de parcourir
vingt sujets parce qu'il n'y donnait que l'étendue de développement qui lui convenait. li
ne manquait pas de demander à chaque instant s'il était compris. Et on s'inclinait à la
ronde pour l'en assurer. Lorsqu'il entamait

L' ArrA1JtE vu Cou.œ,t --~
un sujet, il semblait transporté et le prenait
de haut du geste et de la voix. Mais, tout à
coup, il en descendait pour faire à la maîtresse du logis des compliments
fort tendres et des gentillesses comiques. Le même manège dura
pendant tout le souper. Je n'en
recueillis autre chose sinon 'lue le
héros avait parlé du ciel, des astres, du grand arcane, de Memphis, de l'hiérophante, de la chimie transcendante, de géants, d'animaux immenses, d'une ville dans
l'intérieur de l'Afrique dix fois plus
grande que Paris, où il avait des
correspondants; de l'ignorance oi1
nous étions de toutes ces belles
choses qu'il savait sur le bout des
doigts, et qu'il avait entremêlé le
discours de fadeurs comiques à sa
Mme de la Motte, qu'il appelait sa
biche, sa gazelle, sa cygne, sa
colombe, empruntant ainsi ce qu'il
y avait de plus aimable dans le règne animal. Au sortir du souper, il
daigna m'adresser des questions
coup sur coup. Je répondis à toutes
par l'aveu de mon ignorance, et je
sus depuis de Mme de la Motte
qu'il avait conçu l'idée la plus
avantageuse de ma personne et de
mon savoir. »
Sous le chapeau rouge du cardinal, Cagliostro et Mme de la )lotte
étaient faits pour lier partie étroitement ou au contraire, pour entrer en rivalité
viole~le. C'est la seconde des deux alternatives
qui se réalisa. 11 Mme de la Motte, écrit l'abbé
George}, ne trouvait pas assez considérables
les liienfaits qu'elle tirait du cardinal de Rohan,
elle présumait qu'ils eussent été plus abondants encore si Cagliostro, qui possédait la
confiance du prince et dirigeait pour ainsi
dire toutes ses actions, ne lui avait conseillé de
mettre des bornes à ses largesses vis-à-vis
d'elle. Ce n'était qu'un simple soupçon de la
part de la comtesse; il suffit néanmoins
pour lui faire concevoir l'antipathie la plus
forte contre Cagliostro. Elle fit l'impossible
pour le perdre dans l'esprit du cardinal;
mais voyant qu'elle n'y pouvait réussir, elle
renlerma et nourrit dans son cœur des projets
de haine et de vengeance en cherchant toujours l'occasion de les faire éclater. »

(A suivre.)

F RANTZ

FlJN CK-BRE:,"TANO.

�REINES DE THÉATRE
~

Mademoiselle Duchesnois
Qu 'aujourd'hui surabondent et se multiplient it l'infini les vraies ou les fausses vocations de comédiens, et surtout de comédiennes, cela n'a rien en soi qui puisse étonner. Le théâtre, en effet, s'est de plus en
plus étroitement mêlé à la vie courante. Un
pont semble al'oir été jeté entre le monde et
lui. Pour le premier, le second n'a plus &lt;le
secrets, et ses coulisses n'ont plus de myslères. Les moindres aventures ou mésaventures d'un acteur, Lous les coups de fortune
ou tous les coups de tête d'une jolie actrice,
deviennent sur l'heure un sujet de chronique
écrite ou parlée qui se répand et se répète
d'un bout à l'autre du pass. Et celle publicité constante que prodigalement notre temps
assure aux hommes et aux femmes de Lhéàtre, excite chez nombre de jeunes gens et de
jeunes filll's appartenant au monde proprement dit, à la petite bourgeoisie, ou même
aux milieux populaires, le besoin jaloux de
poursuivre sans tarder ,avec les agrémen tsd' une
existence en apparence indépendante et facile,
les bénéfices d'une notoriété vite conquise.
Sans vouloir sottement écraser ses contemporains sous le poids &lt;le comparaisons arbitraires et dangereuses, ni prétendre opposer,
à des nouveaux venus entrant dans la vie,
ceux qui, leur œuvre faite et leur elîort réalisé, en sont depuis longtemps sortis, il est
permis de dire qu'autrefois on devait être
poussé, pour aborder la scène, par une vocation plus robuste, un plus irrésistible instinct,
un amour de la profession plus franchement
désintéressé. Car l'état de comédien, moins
souvent honoré que décrié et honni, ne permettait guère alors aux gens qui l'exerçaient
de faire très brillante figure ailleurs que sur
leur piédestal de planches. On en resta longtemps au sentiment qu'en 1789, dans une
séance de l'Assemblée nationale, a,•ait âprement exprimé l'abbé Maury, à savoir qu'on
ne pouvait donner aux acteurs l'égalité civi~ue, parce qu'il n'était pas, à son avis, de
préjugé plus juste et plus légitime que de
tenir leur métier, « non peut-être pour infàme, mais à coup sür pour peu honorable ».
Quant aux actrices, elles n'avaient guère, en
général, abstraction faite de leurs mérites
scéniques, droit qu'à la considération spéciale accordée aux professionnelles de la
galanterie. En somme, aux comédiennes,
sinon vertueuses, du moins conscientes de
leur dignité_ de femmes, comme aux acteurs
dont le caractère n'était pas inférieur au talent, le théàtre pouvait jadis procurer bien
EN 1870. -

Aux ARIIES ! -

Tableau d'ÉTIENNE BERNE·BF.LLECOtR.

VI. -

I!J~TORIA, -

Fasc. 4~.

des joies et bien des griseries; mais, au point
de vue moral, il réscrYait bien des rancœurs,
bien des amertumes et bien des humiliations
à ceux qui, pour l'amour de lui, étaient deYenus des hors-la-foi aux yeux de l'l~glise el
pour la sociélé civile des hors-la-loi. Ce fut
cet amour-là, et lui seul, sans arrière-pensées ni calculs pratiques, qui germa di•s l'adolescence dans le cœurct dans le cerveau d'une
petite ,illagcoise de Saint-Saul"e, en Flandre.
Catherine-Joséphine Rafin, dont le nom de
théâtre, lluchesnois, devait plus tard s'inscrire à jamais dans les gloriruscs annales de
notre Comédie-Française, avait rn le jour
dans une auberge, mais les facultés magnifiques dont elle était douée n'allaient pas larder à la faire sortir du bouge paternel, pour
la porter triomphalement au trône des reines
de tragédie qu'occupait alors mademoiselle
Raucourt.
Pour Joséphine Ratin comme pour beaucoup d'actrices de son temps - sans parler
de celles du temps présent dont le Conservatoire n'a pas enregistré, d'après une probante

Cliché Giraudon.
~[AOEMOJSELLE GEORGES.

D'apris une mlnla/ure du M11sèe CamavJ/tl.

pièce d'etal CÎYil, l'âge Yéritable avec une
exactitude rigoureuse, - il y eut toujours,
entre la date de sa naissance qu'elle accusait

et la date de J'acte de baptême dressé en 1777
par le desservant de l'église de Saint-Saulv~,
un écart de plusieurs années. Elle n'en était
pas moins fort Jeune encore lorsque, pour la
première fois, elle vint à Paris. Une sœur
ainée, qui l'y avait appelée près d'e1le, occupait un emploi dans la maison de Monsieur;
elle fit donner à sa cadette une éducation
plus relevée que ne semblait le réclamer
l'existence modeste à laquelle, par destination, elle paraissait vouée. L'enfant était
intelligente. On eut vite fait de la dégrossir,
et même de l'affiner. Si bien qu'un jour,
ayant eu l'occasion de voir dans Ali!tlée la
tragédienne Raucourt, ce lui fut une révélation. « Moi aussi, se dit-elle, je lancerai à la
foule les grands vers de Corneille ; moi aussi,
je déroulerai devant le public extasié les périodes de Racine; moi aussi, je serai tour à
tour ardemment ruaissante
et harmoniense-.
o
ment gémissante; moi aussi, je me ferai
applaudir, acclamer et diviniser; moi aussi,
je serai une artiste! »
Un tel rêve, que d'adolescents et de jeunes
filles se le sont formulé à eux-mêmes, sortant tout enfiévrés d'une représentation où
l'acteur aimé, l'actrice adorée avaient soulevé
l'admiration, déchainé l'enthousiasme? Mais,
hélas! pour combien de celles-ci et de ceuxlà, ce rêve n'était-il pas, en cJTet, autre chose
qu'un rêve, qui s'achèl'erail, s'ils voulaient
le vivre jusqu'au bout, dans une cruelle désillusion'! ... Mais, avec Joséphine Ilafio, il
en allait de toute autre sorte. Ce qu'elle avait
entrevu, en contemplant avec émerveillement
el en écoutant avidement mademoiselle Raucourt, elle possédait en elle, insoupçonnés
jusqu'à celte heure, les dons innés qui lui
permettraient de le réaliser à son tour. Et ce
fut en la fillette, dès ce moment-là, l'idée fixe
d'une) vocation que désormais rien ne saurait
maîtriser et qui finirait par avoir raison de
tous les obstacles, de toutes les résistances.
Ni les unes ni les autres ne tardèrent d'ailleurs à se manifester. A peine Joséphine, de
retour à Saint-Saulve, eut-elle exprimé timidement son insurmontable désir de travailler
pour devenir une actrice, une grande actrice
comme mademoiselle Ilaucourt, qu'éclatèrent
autour d'elle les lamentations et les cris de
colère.L'aubergiste, déjà, se voyait déshonoré
par l'insensée lubie de sa fille. Une enfant qui
portait son nom, devenir une histrionne?
Non, jamais il !)e le tolérerait, jamais ne se
consommerait un aussi révoltant scandale!
Et Joséphine, au lieu de se draper dans le

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                  <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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                <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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                    <text>REINES DE THÉATRE
~

Mademoiselle Duchesnois
Qu 'aujourd'hui surabondent et se multiplient it l'infini les vraies ou les fausses vocations de comédiens, et surtout de comédiennes, cela n'a rien en soi qui puisse étonner. Le théâtre, en effet, s'est de plus en
plus étroitement mêlé à la vie courante. Un
pont semble al'oir été jeté entre le monde et
lui. Pour le premier, le second n'a plus &lt;le
secrets, et ses coulisses n'ont plus de myslères. Les moindres aventures ou mésaventures d'un acteur, Lous les coups de fortune
ou tous les coups de tête d'une jolie actrice,
deviennent sur l'heure un sujet de chronique
écrite ou parlée qui se répand et se répète
d'un bout à l'autre du pass. Et celle publicité constante que prodigalement notre temps
assure aux hommes et aux femmes de Lhéàtre, excite chez nombre de jeunes gens et de
jeunes filll's appartenant au monde proprement dit, à la petite bourgeoisie, ou même
aux milieux populaires, le besoin jaloux de
poursuivre sans tarder ,avec les agrémen tsd' une
existence en apparence indépendante et facile,
les bénéfices d'une notoriété vite conquise.
Sans vouloir sottement écraser ses contemporains sous le poids &lt;le comparaisons arbitraires et dangereuses, ni prétendre opposer,
à des nouveaux venus entrant dans la vie,
ceux qui, leur œuvre faite et leur elîort réalisé, en sont depuis longtemps sortis, il est
permis de dire qu'autrefois on devait être
poussé, pour aborder la scène, par une vocation plus robuste, un plus irrésistible instinct,
un amour de la profession plus franchement
désintéressé. Car l'état de comédien, moins
souvent honoré que décrié et honni, ne permettait guère alors aux gens qui l'exerçaient
de faire très brillante figure ailleurs que sur
leur piédestal de planches. On en resta longtemps au sentiment qu'en 1789, dans une
séance de l'Assemblée nationale, a,•ait âprement exprimé l'abbé Maury, à savoir qu'on
ne pouvait donner aux acteurs l'égalité civi~ue, parce qu'il n'était pas, à son avis, de
préjugé plus juste et plus légitime que de
tenir leur métier, « non peut-être pour infàme, mais à coup sür pour peu honorable ».
Quant aux actrices, elles n'avaient guère, en
général, abstraction faite de leurs mérites
scéniques, droit qu'à la considération spéciale accordée aux professionnelles de la
galanterie. En somme, aux comédiennes,
sinon vertueuses, du moins conscientes de
leur dignité_ de femmes, comme aux acteurs
dont le caractère n'était pas inférieur au talent, le théàtre pouvait jadis procurer bien
EN 1870. -

Aux ARIIES ! -

Tableau d'ÉTIENNE BERNE·BF.LLECOtR.

VI. -

I!J~TORIA, -

Fasc. 4~.

des joies et bien des griseries; mais, au point
de vue moral, il réscrYait bien des rancœurs,
bien des amertumes et bien des humiliations
à ceux qui, pour l'amour de lui, étaient deYenus des hors-la-foi aux yeux de l'l~glise el
pour la sociélé civile des hors-la-loi. Ce fut
cet amour-là, et lui seul, sans arrière-pensées ni calculs pratiques, qui germa di•s l'adolescence dans le cœurct dans le cerveau d'une
petite ,illagcoise de Saint-Saul"e, en Flandre.
Catherine-Joséphine Rafin, dont le nom de
théâtre, lluchesnois, devait plus tard s'inscrire à jamais dans les gloriruscs annales de
notre Comédie-Française, avait rn le jour
dans une auberge, mais les facultés magnifiques dont elle était douée n'allaient pas larder à la faire sortir du bouge paternel, pour
la porter triomphalement au trône des reines
de tragédie qu'occupait alors mademoiselle
Raucourt.
Pour Joséphine Ratin comme pour beaucoup d'actrices de son temps - sans parler
de celles du temps présent dont le Conservatoire n'a pas enregistré, d'après une probante

Cliché Giraudon.
~[AOEMOJSELLE GEORGES.

D'apris une mlnla/ure du M11sèe CamavJ/tl.

pièce d'etal CÎYil, l'âge Yéritable avec une
exactitude rigoureuse, - il y eut toujours,
entre la date de sa naissance qu'elle accusait

et la date de J'acte de baptême dressé en 1777
par le desservant de l'église de Saint-Saulv~,
un écart de plusieurs années. Elle n'en était
pas moins fort Jeune encore lorsque, pour la
première fois, elle vint à Paris. Une sœur
ainée, qui l'y avait appelée près d'e1le, occupait un emploi dans la maison de Monsieur;
elle fit donner à sa cadette une éducation
plus relevée que ne semblait le réclamer
l'existence modeste à laquelle, par destination, elle paraissait vouée. L'enfant était
intelligente. On eut vite fait de la dégrossir,
et même de l'affiner. Si bien qu'un jour,
ayant eu l'occasion de voir dans Ali!tlée la
tragédienne Raucourt, ce lui fut une révélation. « Moi aussi, se dit-elle, je lancerai à la
foule les grands vers de Corneille ; moi aussi,
je déroulerai devant le public extasié les périodes de Racine; moi aussi, je serai tour à
tour ardemment ruaissante
et harmoniense-.
o
ment gémissante; moi aussi, je me ferai
applaudir, acclamer et diviniser; moi aussi,
je serai une artiste! »
Un tel rêve, que d'adolescents et de jeunes
filles se le sont formulé à eux-mêmes, sortant tout enfiévrés d'une représentation où
l'acteur aimé, l'actrice adorée avaient soulevé
l'admiration, déchainé l'enthousiasme? Mais,
hélas! pour combien de celles-ci et de ceuxlà, ce rêve n'était-il pas, en cJTet, autre chose
qu'un rêve, qui s'achèl'erail, s'ils voulaient
le vivre jusqu'au bout, dans une cruelle désillusion'! ... Mais, avec Joséphine Ilafio, il
en allait de toute autre sorte. Ce qu'elle avait
entrevu, en contemplant avec émerveillement
el en écoutant avidement mademoiselle Raucourt, elle possédait en elle, insoupçonnés
jusqu'à celte heure, les dons innés qui lui
permettraient de le réaliser à son tour. Et ce
fut en la fillette, dès ce moment-là, l'idée fixe
d'une) vocation que désormais rien ne saurait
maîtriser et qui finirait par avoir raison de
tous les obstacles, de toutes les résistances.
Ni les unes ni les autres ne tardèrent d'ailleurs à se manifester. A peine Joséphine, de
retour à Saint-Saulve, eut-elle exprimé timidement son insurmontable désir de travailler
pour devenir une actrice, une grande actrice
comme mademoiselle Ilaucourt, qu'éclatèrent
autour d'elle les lamentations et les cris de
colère.L'aubergiste, déjà, se voyait déshonoré
par l'insensée lubie de sa fille. Une enfant qui
portait son nom, devenir une histrionne?
Non, jamais il !)e le tolérerait, jamais ne se
consommerait un aussi révoltant scandale!
Et Joséphine, au lieu de se draper dans le

�illSTO'R..1.Jl

---------------------------------~--------

peplum el le manteau des reines, au lieu de
chausser le cothurne et de ceindre le bandeau, dut sur-le-champ partir pour Valenciennes, où il lui fallut, le cœur bien gros
sans doute, mettre le tablier blanc des femmes
de chambre et se coiffer du bonnet ruché.
On arnit cru, en la contraignant d'accepter
cette place, détourner de son esprit le rêve
qui l'avait ~anlé. On se trompait. La ,jeune
fille en était plus que jamais possédée. 11
ne l'abandonna pas, bien au contraire, lorsque,
de soubrette, clic se transforma, au bout de
1iuelr1uc temps, en demoiselle de comptoir.
llans la boutique où elle était vendeuse, elle
lit la connaissance d'amateurs de théâtre à
qui vint, un beau jour, la généreuse idée
d'organiser des représentations théâtrales au
bénéfice des pauvres de la Yillc. Joséphine
Bafin ne laissa point pa~scr une aussi heureuse occasion d'essayer devant le public le
talent qu'en elle-même elle sentait germer.
On lui confia d'abord un rôle; puis, en présence du succès réel qu'il lui avait \'alu, on
lui en distribua deux autres. Elle incarna
ainsi successirement le personnage allégorique de la Paix dans une pièce de circon~Lancc ; celui &lt;le Sophie dans une sorte de
mélodrame intitulé : Robert, chef de brigands; enfin, dans Jfahomet, celui de Palmyre. Consciente, dès lors, de cc qu'elle
valait, et plus encore de cc qu'elle pomait
dernnir par un travail suivi et bien dirigé,
elle prit un parti héroïque. Sautant, à l'insu
de ses parents, dans la diligence de Paris,
elle s'envola résolument Yers la grande ,·ille
el vers la gloire.
A,·ec l'aide de sa sœur, qui, après un
accueil assez rude, lui anit pardonné sa
fugue, Joséphine obtint d'être présentée à
Florence, un vieil acteur assez médiocre de
la Comédie où il jouait les pères nobles et
les confidents, mais auquel on se plaisait à
reconnaitre toutes les qualités du bon professeur. La première impression de ce brave
homme fut à la fois des plus défavorables et
des plus fausses. JI déclara tout net, après
une première audition, crue l'aspirante tragédienne était totalement dépourvue de
moyens et qu'elle n'était assurément pas
faite pour entrer au théàtre. Fort heureusement pour la jeune fille, l'avis &lt;le Florence, •
&lt;J ui &lt;levait d'ailleurs revenir sur son hmLai verdict et y substituer par la suite de
précieux conseils, ne fut nullement partagé par deux poètes de la maison : Legouvé,
- 11u'on ne connaitrait guère aujourd'hui si
l'on n'avaiL retenu le litre et un vers de son
.Mérite des Femmes et si l'on ne savait qu'il
fut le père d'Ernest Legouvé, - puis Vigéc,
-:-- . dont ?n ne sait plus rien, même qu'il
ctmt le frere de madame Vigée-Le llrun. Ces deux. hommes, qui surent discerner sous
son inexpérience les admirables qualités par
lcsquell~s elle saurait plus tard subjuguer cl
enthousiasmer le public,
ne lui ménaoèrent
•
0
pas pins leur appm que leurs encouragcme11ts. Dès cc moment, Joséphine Rafin cessa
d'exister : mademoiselle Duchesnois était née.

Legouvé, en homme excellent qu'il était, ne
se contenta pas de lui assurer une protection
active et efficace : il alla jusqu'à s'instituer
pour elle professeur de diction. Lorsqu'il la
vit au point, c'est-à-dire prête à affronter le
public avec toutes les chances de succès, d'un
succès décisif qui devait sur l'heure la mettre
hors de pair, il jugea que le moment était
Yenu de solliciter et d'obtenir un début à la
Comédie-Française. Mais cela n'était en vérité
pas chose facile, pour une jeune fille qui
n'était J'élève d'aucun acteur en crédit. « Cc
ne fut, a-t-on écrit à cc propos, qu'avec des
peines infinies et toute la patience qu'inspire
aux artistes le désir d'arriver, que mademoiselle Duchesnois obtint ce qu'elle désirait
ardemment. :Modestement mise, elle allait
tous les soirs dans les coulisses chercher
quelque marque de bienveillance, un appui
quelconque, et, loin de lui en attirer, la simplicité de son costume, les traits peu avantatageux de sa figure augmentaient le mauvais
vouloir du plus grand nombre. On regardait
avec dédain sa petite robe d'indienne, et plus
d'un qui devait la flatter plus tard riait d'elle
alors. &gt;&gt; Mais on avait intéressé à son avenir
madame de Montesson, la veuve morganatique de Louis-Philippe d'Orléans, père de
Philippe-Égalité. L'aimaLle femme obtint
qu'on la fit débuter. C'est dans Phècll'e que,
le 12 juillet '1802, mademoiselle Duchesnois
alfronta le public de la Comédie-Française.
Et ce fut une victoire éclatante, r1ui se renouvela, plus complète encore et plus triomphale,
11 chacune des apparitions de la jeune tragédienne. On la mettait d'emblée, et en toute
justice, au premier rang des artistes les plus
fameuses dont le talent avait ra1onné sur la
scène glorieuse de l'illustre maison.
Bien qu'elle eût une physionomie expressive où se peignaient avec une singulière
puissance toutes les nuances, les ardeurs et
les violences de la passion, le succès immense
et continu de mademoiselle Duchesnois n'étail
pas, à coup st1r, ce qu'on est convenu d'appeler un succès de jolie femme. &lt;( On l'applaudit, constatait un critique du temps,
comme on se laisse entraîner par un torrent
impétueux, parce qu'on ne saurait lui résister. Quoi qu'il en soit, sa figure est bien loin
d'être dépourvue d'agrément; elle est au contraire noble, fière et majestueuse au théàtre ;
à la ville, sa physionomie est douce, intéressante et remplie de candeur. D'ailleurs, sa
taille est avantageuse el convient parfaitement
à son emploi. n Quant à sa voix, malgré une
espèce de hoquet qui entrecoupait sa diction
dans ses moments d'emportement tragique,
et qui avait pour cause l'émotion contagieuse
que la vibrante interprète était toute la première à éprouver, quant à sa voix, elle prenait aux entrailles même le spectateur le plus
flegmatique. Dans .lriane surtout. lorsqu'on
apprend à l'héroïne que sa sœur a ét&lt;\ enlevée, elle atteignait à une telle puissance d'expression dans l'angoisse et dans la douleur,
qu'un jour Lafon, jouant auprès d'elle un
rôle, ne put se tenir de s'écrier : (( Ab! c'est

sublime! n Jugement tout spontané d'artiste,
qu'avec enlhousiasme le public ratifia de ses
applaudissements.
Mais une nouvelle princesse tragique, qui
pouvait régner auprès d'elle sans réussir toutefois à l'éclipser, avait surgi aux côtés de
mademoiselle Ducbesnois. Celle rivale, c'était
mademoiselle Georges, dont la beauté radieuse
fanatisait le public. Les partisans de celle-ci,
parmi lesquels on comptait la future reine
Hortense qui la protégeait, le critique Geoffroy qui lui brûlait tout son encens, mademoiselle Raucourt qui l'avait préparée à aborder la scène, s'étaient coalisés contre mademoiselle Duchesnois. Celle-ci n'en conservait
pas moins, grâce aux qualités que nous Yenon5 d'indiquer, toute sa force d'action sur
la majorité des speclateurs, et compensait
par là l'infériorité que lui créait l'éblouissant
charme physique de sa rivale. Les trop zélés
amis de mademoiselle Georges, roulant assurer à leur protégée la suprématie sur la scène
du Théâtre-Français, exigèrent imprudemment qu'elle abordât les rôles de Duchesnois.
La nouvelle débutante leur ayant obéi, les
partisans de la titulaire de ces différents rôles
s'en indignèrent, surtout quand elle joua
Phèdre. JI se déchaîna, ce soir-là, dans la
salle de la Comédie, de véritables tempêtes,
C'est ainsi que, crrtain autre soir où l'on
donnait Iphigénie, mademoiselle Raucourt,
qui patronnait véhémentement sa belle élève,
fut accueillie, en Clytemnestre, par une bordée de siffiets. La tragédienne, furieuse, accusant de l'organisation de la ta hale mademoirnlle Ouchesnois, se précipita sur elle. Et
l'on dut arracher de ses griffes la jeune
femme défaillante et terrorisée.
Cette guerre prit tout naturellement fin
par le brusque départ de mademoiselle Georges. Le 11 mars 1808, en effet, celle-ci,
après avoir joué pour la première fois le rôle
de Mandane dans Arla.xerce, disparaissait de
Paris en même temps que le danseur Duport,
de l'Opéra, et gagnait Vienne, puis la nussie.
Elle ne devait rentrer à la Comédie qu'en 181 j,
Quant à mademoiselle Duchesnois, elle
parvint, à force de travail, à donner plus
d'ampleur encore au talent qui avait fait
d'elle, dès le moment de ses débuts, une
iitoile dramatique de première grandeur. Son
ambitieux.rêve de fillette avait a tteinl à sa plus
parfaite réalisation. On n'avait pas, au village
de Saint-Saulve en Flandre, à rougir d'elle,
La grande artiste qu'elle était devenue jetait
un lustre imprévu sur la dynastie desRafin ....
)lais des raisons de santé éloignèrent prématurément mademoiselle Duchesnois de la
scène. Lorsqu'en 1835 elle fit ses adieux au
public, elle n'avait plus paru qu'à de plus en
plus longs inlenalles dans les grands rôle,
qui lui avaient valu de si retentissants succès,
Et deux ans plus tard elle mourait, laissant
un nom inoublié, qui restera inoubliable,
comme ceux de la Champmeslé, de la Clairon,
d'Adrienne Lecouvreur, ses ainée,, - et
aussi de mademoiselle fiaucourt et de mademoiselle Georges.
PAUL DE

....

1 94

"'

i\lORA.

JOSEPH TURQUAN
c:fr&gt;

La
CHAPITRE III (suite).

li faut l~isser ra_conter ce souper à Paroy,
pou,r ~e ,faire une JUste idée de ce qu'étaient
les mv1Les : &lt;( Cette dame, dit-il, me trouvant
de meilleure compagnie que ses convil'CS qui
ne parlaient que par b .. . et par f ... , accepta
mon bras pour aller à table et me mit à côté
d'~Ile ~t Ys_abeau près de Mme de Fontenay,
qut lm avait beaucoup parlé de moi. Le souper f~t d'une gaieté un peu grasse; de~
comédiens, des membres du Comité des
députés y as,istairnt; l'un d'eux n~mmé
Lequinio, s'écria : &lt;( Allons! vive '1a népubliquc ! Et Luvons à la santé des Lral'rs
républi~a~ns q~i ont voté la mort du tyran! &gt;J
Lequm10, qui prenait ses ignobles instincts
pour des sentiments républicains, était cet
affreux gredin qui faisait dîner Je bourreau
à sa table; c'était aussi cet imbécile qui proposa, pour enrichir la nation, de détruire
tous les monuments en bronze qui exi,taient
en France el d'en faire des gros sous.
On YOit ce que Tbérésia, avec ses instincts
raffinés et ses goûts distingués, devait souITrir
en cette compagnie, qui ne rappelait que par
le plus éclatant contraste les cercles de la
princesse de Beauvau et de la maréchale de
Luxemb~urg. Il lui fallait cependant faire
bonne mme à toutes ces mauvaises mines· la
nécessité était là ! Mais, comme elle é~ait
. aussi un peu reine, même dans ce monde-là,
elle en avait pris bravement son parti et rn
~ons~lail ~n trônant. Le comte de Paroy, lui,
1ancien dcfenseur de Louis XYI au 1O aot'il
bouillait dans_sa peau en entendant le toas~
de Lequinio. Ecoutons la suite de son récit :
&lt;( Je dis à ma voisine, par contenance et pour
cacher ~0!1 e?3har~as : « J'aurais Lien plus
&lt;1 de pla1S1r, etant a coté de vous, de boire à
&lt;&lt; voire santé. » Ce Lcquinio reprit : « Bois
« donc,cl passe la bouteille.» Mes sentimentssc
relléta,ient sur 1~0~ visage à un tel point que
ce memc Lequm10, se levant, dit : (( Le
« citoyen qui tient la bouteille est sûrement
« un aristocrate; je m'y connais el îOUS le
&lt;r dénonce! J'en découvris un à Saintes qui
« ~'était glis~é parmi nous; le lendemain,
« Je le fis arrêter et guillotiner de suite : il
c&lt; faut en faire autant de celui-ci. &gt;l
C'était vraiment un convive charmant que
ce député du Morbihan!
Thérésia parla de M. de Paroy à Ysabeau
i,.

1. Comte
32U.

Dul'ORT DE C11EvEn~1,

l!lé111oires, 1. fi ,

cilo:yenne Tallien
et le lui recommanda pour le jour prochain
o~ Tallien,,.obligé d'aller à Paris, ne pourrait plus s mtéresscr à son père. Ysaheau
promit! et c'est à son intervention que le
marq~1s_ de Paroy dut sa sortie de prison.
« Il eta1t temps; sur trente-quatre détenus
dans les cachots, il restait le sixième '. n
C'est là quelques échantillons des façons

r 7mises; elle n'avait cependant sauvé aucune
vie humaine. Thérésia, comme Madeleine,
reconnut plus tard ses erreurs, et le fait de
les reconnaitre ne lui enleva rien de sa bonté
indulgente; elle demeura bonne après avoir
reconnu qu'elle aurait dû être plus sévère à
elle-même, et ne se fil pas de sa vertu toute
fraîche un piédestal pour mépriser les vertus
qui n'étaient pas encore sorties de chrysalide.
Une trop grande facilité pour les choses d'argent, prix d'une trop grande facilité sur certaines autres choses où la complaisance et les
usages du temps avaient plus de place que le
cœur, voilà ce qu'il faut sévèrement blâmer
chez celle belle et fragile pécheresse ; mais
ne la condamnons pas; les condamnés qu'elle
a sauvés de l'échafaud se lèveraient de leurs
tombeaux, à la façon des morts de la ballade
allemande, ils se rangeraient autour d'elle
com~e u~ garde d'honneur et nous reprocheraient Justement une injuste sévérité.
Tallien mérite lui aussi quelque indulge~ce._ Il a été atroce pendant quelque temps,
mais 11 reconnut qu'il avait été trop loin.
Thérésia le prépara à la modération et lorsque
&lt;( des représentations furent faites aux proconsuls par quelques citoyens courageux, que
Thérésia Cabarrus secondait en secret, tant
sur les agissements du Comité que sur les
condamnations iniques p!"ononcées par le triLEQUl:-110.
bunal révolutionnaire 2 ». Tallien eut le méD'après la gravure de F, 80N:&lt;Ev, LLE.
rite de ne pas s'entêter dans son erreur et
&lt;le changer totalement son orientation. Et,
certes, il risquait beaucoup à ce chanaement
diverses dont Thérésia s'ingéniait à faire le de politique; que de dénonciations ~llaient
bien. Si, à côté de celle belle passion de la en être la conséquence!
charité, la plus noble qui soit, elle eut quelBeaucoup de ces dénonciations a,sur,lment
ques erreurs, dues à l'extrême facilité des étaient fondées. Tallien n'était qu'un coquin
m~urs de son temps et à son manque d'édu- à qui les facilités de satisfaire ses instincts de
cation morale, il faut les lui pardonner en proie n'ont pas manqué pendant son proconraison _de, s~ Lonté de cœur. SJn biographe sulat de Bordeaux. ~fais peut-être aussi lui en
est ohhge d en parler, il n'a pas la force de a-~-on attribué plus que son compte et a-t-on
les lui reprocher : c'est si beau d'ètre bon, mis sur son dos les infamies de ses collaboet c'est si rare de l'être autrement qu'en rateurs et de ses agents, Car, comme l'a écrit
paroles! &lt;&lt; Que celui de vous qui est sans un contemporain, habitant de Bordeaux, &lt;1 l'arpéché lui jette la première pierre! » disait bitraire en était arrivé à ce point, sous le
Jésus, à propos d'une Thérésia de son temps Comité de surveillance du 2 frimaire, que les
qui n'avait certainement pas à son actif les mandats d 'arrèt·étaient lancés par les agents
états de servi_ce et les campagnes charitables même du Comité~. » Le désarroi, l'anarchie
de celle qui nous occupe. l',mrquoi les étaient tels, on le voit, qu'il était facile aux
hommes seraient-ils plus sévères que Jé- malh~nnêtes gens, et c'étaient eux qui gousus?... Madeleine, cette bonne Madeleine, a vernaient celle anarchie, de faire tout ce
eu aussi bien des erreurs, et elles lui ont été qu'ils voulaient; ils pêchaient en eau trouble.
2. Aurélien ni,: Vmt, La Terreur à !Jordrau:r:.
Hl6,

l, Il, p,

3. S""n:~I.Gr.,:. Ouo 111.1•.:, Il i,toirc cf,, B orderm.r
pcm/(111/ du-/1111/ 111où.-.\. u,; V11ii,:, 1.11,p. Jü7_

�111STO'RJA
Nous avons déjà dit que, sur la somme de
6.940.000 francs, total des amendes prononcées par la commission militaire, l .000.000
de francs fut attribué aux sans-culottes el
l.325.000 francs à la construction d'un hospice qui ne fut jamais commencé. On
n'a rclrou ré aucune trace de cette
dernière somme. Peul-être une partie
en fut-elle àtlribuée à Tallien qui, non
encore satisfait, fit trafic des passeports et des 0orâces. li était assailli•
de pétitions, d'olîres d'argent aus~1
sans doute : peut-être en accepta-t-1\
sans les avoir provoquées. Mais c'est
douteux. On peut citer de lui certaines
lettres, qui, quand on connaît le personnage et son peu de préju_gés ~~1
matière de probité, laissent v01r _qu il
avait le champ largement ouvert _a ces
louches spéculations. Il adressait, le
50 novembre i 795, au ministre de
l'Intérieur, celte lettre signée de lui
et d'Ysabeau : « Celle nuit, plus de
deux cents gros négociants ont été arrêtés, les scellés mis sur leurs papiers, et la Commission ~ilit~ire ne
va pas tarder à en faire JUSllce. La
crui\lotine et de fortes amendes vont
~pérer le scrutin épuratoire. du commerce et exterminer les ag10teurs et
les accapareurs. » Dans une a~t~e lettre, ils écrivent : (&lt; Les moderes, l~s
insouciants, les égoïstes sont pums
par la bourse ... l'argenterie ar~i:e en
abondance à la Monnaie .... » Vo1c1 une
note signée Tallien, qui est aussi bien
suggestive. «Les représentants,du pe_uple en séance à Bordeau~ re~uere (sic),
les administrateurs du d1str1ct de La Reole, département du Bec ~•A~bès,. ~e leur ~rés~n ter
dans le délai de qmnzame l ctat nommatif de
tous les gens riches, aristoc_rate~, et hommes
suspects et accapareurs, qui dmvent, en ce
moment, être taxés révolutionnai_re~ent P?u~
subvenir aux dépenses extraordrna1res! ams1
que l'indi~tion ,Précise ~es ~~mmes ~~1 peuvent être 1mposees. » Signe . TAt,Lth:. .
Au milieu de telles affaires, avec le désordre administratif qui régnait alors et qu'on
avait sans doute, à tous les degrés de la hiérarchie, intérêt à maintenir, avec le peu de
scrupules et de probité qu'o~_connait ~ Tallien, on peut se convaincre_qu 11 n~ devait ~as
lui ètre difficile de donner aux demers publics
telle destination qui lui convenait sans qu'il
restât trace de leur emploi.
D'ailleurs, à celle époque, toutes le~ autorités de Bordeaux volaient plus ou moms ouvertement : c'était Dorgueil, membre du Comité de surveillance, qui s'adjugeait une
partie des objets d'or et d'argent a~mo:iés
que, pour obéir aux décrets, les par_l_1cul~ers
étaient tenus de déposer chez les b1J oullers
afin qu'on en grattât les écuss~n~; c'était
Endron, membre du même Com1te de sm:veillance, qui, plus modeste, . se cont_en~a1t
de voler un jour treize habits de hvree ;
t. ,1,.d,ives de la tifroudc, série L. - .\. UE Vn·1E,
l.

Il, p. 't8:Z.

LI
c'étaient les autres membres et agents du
même Comité qui pillaient le trésor de chacune des éolises de Bordeaux; c'était le maire
mème de ville, Bertrand, quÎ « s'adjugeait
les objets d'or cl d'argent f!Ue la Terreur

la

LA

PETITE-FORCE•

D'après le dessin de Rosm.,.

arrachait !lux familles riches ... et faisait paier
jusqu'à quinze cents et dix hui,t, ~nts fra~cs
des certificats de civisme &gt;&gt; 2 ; c eta1t Courlrn,
secrétaire du maire; c'était Lacombe, cet
ancien escroc, président du Comité militaire,
qui avait retrouvé ses insti?cts de voleur
depuis qu'il était devenu magistrat et assassin patenté....
.
.
Tallien, qui avait de grands bcsoms d argent pour satisfaire à son luxe, a s'adr,esser
de préférence à une source. specrale o~ les
agents subalternes ne pouvaient pas pmse~,
c'étaient les fonds provenant des taxes arbttraire.s impo.sées au.x détenus po11r obtenir
leur libe1·té. Ces taxes étaient employées sous
la haute direction des conventionnels en mission•. Michelet fait évidemment allusion à des
détournements opérés sur ces taxes, quand
il dit que la guillotine, qu'il avait fait dresser
devant ses fenêlres, « lui fut d'un excellent
rapport &gt;&gt; ". EL ce que Marc-A?toi?e _Jullien,
agent du Comité de salut public, ecrit _à Robespierre sur Thérésia, le touche bien év~de_mment aussi, par la plus naturelle associa lion
d'idées :
« Il y a sur la Fontenay, dit-il, des détails
politiques bien singuliers, et Borde~ux sem,?le
avoir été jusqu'à présent un laby~mth~ d ,_nlrigues et de gaspillages. Il est bien d1ffic1le

?t~

2. A.
p. LO~.

11t

\'1v1E, La Teneur it /Jnrdl'lliu, t. II,

de démêler le républicanisme _et la probit_é.
Je fais tout le travail d'un comité de survmllance et passe les nuits avec de~ hom~~~ pr~- ·
cieux que j'ai découverts, mais que J etud,_e
encore. J'ai des renseignements dont le resultat doit arracher Bordeaux à la
classe des fripons qui en faisaient leur
proie et rendre le peuple à l'~mot~r
sincère des vertus et de la Repubhque. 1&gt;
Cependant Tallien avai~ éco~té les
représentations que certams citoyens
coura"eux, poussés à bout par celle
manière de convertir bon gré mal gré
les "ens à la Révolution, étaient allés
lui faire. La réflexion lui vint enfin,
et il se rendit compte qu'il était temps,
plus que temps d'enrayer. L~ 4fé~rier
1704 un décret si"né de lui et d Ysabeau 'destitua en ~asse le Comité de
surveillance et ordonna l'arrestation de
tous ses membres.
Thérésia avait joué un rôle en cet
acte de ,igueur : c'est elle qui avait
encoura"é les citoyens qui pouvaient
0
1
,
avoir quelque influence sur es representants à leur ou Hir les yeux; elle,
s'y était employée, c'est certain. Elle
travailla d'une façon constante à ramener Tallien à la modération, et c'est
bien évidemment à son influence que
l'on voit, à partir du mois de janvier
1791-, le chiffre des exécutions diminuer d'une façon très sensible; il marque, comme un thermomètre enregistreur, le pouvoir de plus en plus gra?d
que sa bonté pren~il sur le commissaire de la Convention et, par contrecoup sur le tribunal révolutionnaire. En revanche Je nombre des condamnations à
J'amende augmente, et ces amendes, généralement de 100,000 et de 200,000 francs,
variaient entre 10,000 el 1,200,000 francs;
ce sont les armateurs, les commerçants, les
banquiers qui, par un sing~lier has?'.d' s&lt;:
trouvent avoir commis des crimes et dehts qui
s'expient par ces amendes écr,as~ntes; !es ~auvres diables, eux, sont envoyes a la gu1llotrnc.
Nous avons relevé, mois par mois, toutes
les condamnations à mort et à l'amende, pro•
noncées par le tribunal révolutionnaire de
Bordeaux. C'est au mois de décembre que
Thérésia fit la connaissance intime de Tallien : on pourra, par la ~impie lecture des
chiffres qui suivent, se rendre compte de sa
bienfaisante influence.
Condnmnation,;;
f1 mort à l'ameutlc

1793 Octobre. •
Nornmbrc.
Décembre.
179't Janvier.
Février.
~Iars .
Avril. .
)lai. . .
Juin .
Juillcl .

5
l!)

3~

1
28
14

1{j

10
7
10
»
72
129

2i
12

4

Tallien quitta Bordeaux le 22 février, mais
;;. A. IIE \'111f;, l,a Ten·eui-àBol'{{f•au.r,LIT, p. 200.
'i. llu:utl.LT, Rél'olultoll (1w1çais1·, l. ~Il.

C1TOYENNE

TJU.'LTEN

--~

Thérésia y resta jusqu'au 4 mai et conserva barrus »'·Les papiers de Robespierre publiés cile de démêler le républicanisme de la
un peu de son influence. Elle partie, les exé- après sa mort montrent que le petit Jullien probité•. )J
cutions se multiplient d'une façon effrayante, n'avait pas dû laisser ignorer à l'inventeur de
c&lt; Ysabeau, qui me vit hier, me dit Tallien
en juin et surtout en juillet.
!'Être suprême que le modérantisme dont on arrêté.... La punition des intrigants de BorCependant la situation de Tallien, ses actes, accusait Tallien était l'œuvre de la belle Thé- deaux, dont les uns n'avaient en vue, comme
lui avaient fait beaucoup d"ennemis; son luxe, résia, mais qu'il se compliquait aussi d"in- Chabot, qu'un intérêt• .... » A Saint-.Just, il
ses voitures, le luxe de sa maîtresse, lui en fluences moins éthérées. Le représentant Cour- propose entre autres choses de « distinguer
avaient fait davantage. La destitution des tois dit, dans l'emphatique rapport qui pré- par un arrêté ceux qui ont donné de l'argent
membres du Comité de surveillance lui en cède la publication de cette infime partie des (à Bordeaux) pour racheter une vie que beaufit de nouveaux, mais pas les mêmes. Les papiers de Ilobespierre, qu • c&lt; il lui dénonce coup n'avaient point mérité de perdre, et
passions étaient d'autant plus excitées contre jusqu'à des femmes », dont il détaille les les infâmes qui ont exigé de l'argent pour
lui, parmi les membres et les amis du Co- charmes. C'est évidemment un portrait de vendre la loi : les premiers, ne craignant
mité, que bien des intérêts privés, mais ina- Thérésia, peut-être un peu dôcolleté, tracé plus, parleront; les autres seront découverts
vouables, étaient compromis. Aussi les dénon- par Jullien fils à l'Jncor1'11ptible, auquel Cour- et punis. &gt;&gt;
ciations contre Tallien se mirent-elles à pleu- tois fait allusion.
Tallien est évidemment visé par ces mots :
voir au Comité de salut public. On l'accusa
Il est très regrettable que ces papiers Les infrîmes qui onl exigé de l' m·gent ....
de modérantisme : on dut l'accuser aussi, n'aient pas été imprimés dans leur totalité.
Ces lettres montrent - et beaucoup d'aubien probablement, de corruption. Averti Mais le représentant Courtois, qui avait été tres existaient qui ont été détruites par l'intésans doute par quelque ami du Comité, Tal- chargé de les inventorier et qui avait eu de ressé après le O thermidor - que l'orage se
lien se sentit menacé. Il voulut aller se justi- bonnes raisons pour réclamer celte mission, formait contre Tallien, à Paris, et que, comme
fier à la Convention. Aussi, le 22 février 1704, ayant eu le malheur, comme tant d'autres, Danton, il aurait bientôt à entrer en lutte
partait-il pour Paris, laissant Ysabeau à Bor- d'écrire fort obséquieusement à Robespierre avec Robespierre.
deaux pour faire tête à leurs ennemis com- au temps de sa puissance, avait commencé
muns.
par reprendre et brûler ses lettres; il en
En attendant, comme Thérésia voyait que
Est-ce pour le même motif qu'il y laissa rendit aussi beaucoup à leurs auteurs qui Tallien serait obligé de rester à Paris plus
Thérésia?... On ne sait, mais elle ne partit eurent bien soin de ne pas les conserver, et longtemps qu'il ne l'avait pensé en partant,
pas avec lui. La raison en est probablement ne se gêna pas pour garder le reste, c'est-à- qu'il ne serait peut-être pas maintenu dans
que Tallien pensait bientôt revenir après s'être dire presque tout : il en fil argen t plus sa mission de Bordeaux, qu'elle-même se
justifié des accusations lancées contre lui.
tard.
sentait mal vue du puissant Jullien, elle se
Sur ces entrefaites, yers la fin de mars ou
Dans plus d'une lettre publiée, Jullien, par décida /1 aller retrouver son amant ;1 Paris.
le commencement d'avril, un jeune homme, des insinuations et des réticences, laisse Par amour? .. . C'est peu probable : n'avaitse disant agent du Comité de salut public, entendre que Tallien n'est pas à l'abri de elle pas dit elle-même à Bordeaux « que ce
était arrivé 11 Bordeaux. Il s'était mis aus- tout soupçon quant à la probité : c1 Bordeaux n'était pas du tout la passion qni l'allachait à
sitôt en relation avec les ennemis de TalTallien, mais une sorte d'honneur et de
lien ctd'\'sabeau el entretenait avec Paris
devoir, puisque c'était elle qui était cause
une correspondanc~ très active. Ce jeune
des dangers qu'il courait:;. &gt;&gt;
homme, nommé Marc-Antoine Jullien,
D'un autre côté, elle avait un ami
fils du député à la Convention Jullien
qui connaissait un certain Taschereau,
(de Toulouse) et qui se fit lui-même aphomme taré, agent secret du Comité de
peler plus lard Jullien de Paris, était
salut public, à genoux devant Robesalors âgé de dix-neuf ans. Le Comité de
pierre, qu'il devait trahir ignominieusesalut public lui avait trouvé assez de
ment dès qu'il fut abattu. Taschereau,
maturité pour l'envoyer comme agent de
qui était au courant de bien des intrigues,
confiance à Bordeaux : il s'agissait de le
dit à son ami qu'il se tramait quelque
renseigner sur la conduite vraie des deux
chose contre elle et qu'elle ferait bien de
conventionnels en mission. Tallien ne
quitter Bordeaux. Cet ami manda immés'était pas suffisamment j ustifié devant
diatement une si importante nouvelle à
la Convention, et les Comités de salut
Thérésia, en l'engageant à s'arrèterquelpublic et de sûreté générale avaient été
que temps dans une ville des bords de
chargés par elle de faire une enquête et
la Loire. D'un autre côté, une loi toute
un prompt rapport sur sa conduite à
récente du 27-28 germinal, anll (16-17
Bordeaux.
avril 1704) interdisait aux ci-devant noLe jeune Jullien, le petit Jullien,
bles le séjour des villes frontières et
comme on l'appela bientôt, était souple
maritimes. Thérésia était donc, pour pluet habile. II ne fut pas long, grâce aux
sieurs motifs, obligée de quitter Borterribles influences qu'on lui savait, à se
de:mx.
créer une petite cour et à miner, par des
La nouvelle loi contre les ci-devant
manœuvres souterraines, l'autoritéd'Ysanobles fut mise immédiatement en vibeau. Il écrivait à fiobespierre, qu "il adgueur. A Bordeaux, Ysabeau chargea le
mirait comme un dieu, ses impressions
Comité de surveillance de son exéculion.
l\IAXIMILIEN ROBESPIERRE.
tant sur la conduite d'Ysabeau et de TalD'après la grav111·e de \\'.-11. EGLETOx.
Le Comité convoqua les ci-devant des
lien que sur la maitresse de celui-ci dont
deux sexes et leur délivra des ordres de
il avait fait la connaissance, la conquête
passe pour quitter Bordeaux. Chaque
aussi, si l'on en croit Senar 1 et que, avec son semble avoir été jusqu'à présent un labyrin the ordre portait naturellement le nom du lieu
accent méridional, il appelait c&lt; la belle Ca- d'intrigues et de gaspillages. Il ·est bien diffi- où le porteur fixait son domicile.
1. • Ce Jullien avait envoyé au Comité de sùrelé
i;:énérale une copie de la tellre que la prostituée
Cabarrus lui avait écrite, cl dans laquelle elle l'inl'Î•
lait à passer dans l'Amérique septentrionale avec elle,
parce qu'elle voulait fuir ce Tallien coure1t de crimes

el qui l'avait compromise : elle lui offrait de partager al'CC lui sa fortune qui serait plus que suffisante pour eux deux. » (SEx.,n, Révélat,011s puisées, etc., p. 219).
2. ;'iotes inédites du baron Larrey, chirurgien en

chef de la Grande Armée. Ces notes soul en nolre
possession. ·
3. Lettre du 11 prairial, un II (30 mai 1794).
4. J,ellrc du 15 prairial, an li l juin l 79i).
5. Cu. l'innov. Le Curieux.

�. - ffiST0'/{1.Jl

•

Le registre des ordres cle passe a été conservé aux archives de Bordeaux. A la date du
15 floréal, an Il (4 mai 1704), on trouve
lïndicalion suivantP ·
11 Caharrus•Fontenay {Thérésia, l'emme FonLcna)-), vingt ans, demeurant cours dr Tourny,
native de Madrid, dirigée sur Orléans. »
C'est donc le 4 mai, au plus tôt, mais plus
vraisemblablement le 5 ou le 6 mai, que
Thérésia quitta Bordeaux. Comme ce n'était
pas encore la mode, chez lrs femmes. d'être
honnes mères, elle laissa son fils dans un
hôtel garni, sous la garde d'un domestique
nommé Joseph. Elle n'allait pas directement
à Paris, mais à Orléans : peut-être ne voulait-elle pas faire connaitre à Jullien, qu'elle
savait ne lui être pas favorable, qu'elle allait
rejoindre son amant à Paris, et chercbait-e)IP
à lui donner le change. Mais. une fuis à OrJ,:ans, elle saurait bien se foire délivrer un
passeport pour Paris et l'aller retrouver.
L'ordre de passe délivré à Thérésia est
assez curieux pour èlre r1'produil ici : lll
voici Je texte intégral :
« Délivré à la citoyenne Thérésia CabarrusFontenay, épouse divorcée Fontenay, âgée de
vingt ans, ayant joui ci-devant des privilèges
de noblesse, natiYe de Madrid, en France
depnis quatorze ans, domiciliée à Bordeaux,
cours de Tourny, laquelle nous a déclaré aller
dans la commune d'Orléans, où elle déclare
vouloir se retirer, conformément à la loi des
2i et 28 germinal dernier.
« Signalement :
« Taille cinq pieds deux pouces, visage
blanc et joli, cheveux noirs, front bien fait,
sourcils clairs, yeux bruns, nez bien fait,
bouche petite, menton rond.
c&lt; Fait en séance, le 15 noréal, an II 1• »
Conformément à son ordre de passe, 'l'hérésia s'arrèta à Orléans, comme en !ail foi le
r3pport du citoyen Boulanger, général de brigade de l'armée re .. olutionnaire. Là, elle se
fit donner un passeport pour Fontenay-auxRoses, et c'est dans la maison de son ancien
mari que son amant vint la îOir. Mais en
secret, car ce pauvre Tallien, donl la position
était assez ébranlée auprès du Cnmité de
salut public, et qui savait que 1'hérésia était
encore moins en faveur que Jui, qui, de plus,
se doutait qu'il était epié, ne voulait pas
qu'on sùt où il allait. Et c'est à ce moment
que le pelit Jullien, qui poussait Robespierre
à les faire arrêler tous les deux, lui écrivait.
(11 prairial, 50 mai). « Je crois deroir t'envoyer copie de l'extrait d'une lettre de Tallien
au Club national; elle coïncide avec le départ
de la Fontenai, que le Comité de salut public
aura sans doute fait arrêter. li y a sur elle
des déLails politiques Lien ~ingulicrs ' .... n
Quelques jours après, le 15 prairial, il
écrivait: &lt;&lt; Ysabeau, qui me vit hier, me dit
Tallien arrêté .... La Fontenai doit maintenant
être en état d'arrestalion 5 • »
1. Arcldves de la Gù-oude, sCrie J,1 2li0. Re135. ~ous de,;ons cet
rntércs!-nul document, q111 hxc la d3te du clcparl de
fhCré:.:i'l de BorclC'aux, el la came rl·elle (le ce départ,
il la bienveillance lie li. A. de \ï,,ie, 11ui nous a eomm1111i(ILIC qncl1111e, nulrrs documt•111s et 1m11~ a guidé
gistre des 01·dres de pa~5:(!

y,

On rnit que celle double arrestation était décidée, en principe, par Robespierre. Il s'y était
décidé sur les conseils de Jullien qui avait
ronnrmé, dans ses l~ttres, les dénoncialions
dirnrses dont Tallien éL1it l'objet. Mais en
attendant le rapport que le Comité de salut
public Jtait chargé de présenter li la Convention, ,, la suite de l'enquête à laquelle se
livrait Jullien sur les agissements de Tallien
à Rordeaux, on devait s'assurer de Thérésia.
'l'allien .~cn!ait vaguement tout cda.

Cl ... Un grand nombre d'intrigants bordelais sont en ce moment à Paris et vont partout
calomaiant Bordeaux et les représentants du
peuple qui y ont été envoyés. S'il ne s'agissait que de moi, je ne serais pas venu aujourd'hui fixer l'attention de la Conrention nationale; •mais ces calomnies sont, je le déclarC',
"'J,andues par des hommes perfides ....
&lt;( ••• Il faut que la Convention nalionale
rende justice à ceux qui ont rempli leur devoir: il faut qne les bons citoyens soient rassurl's, qne les intrigants SOÎl nt rlJuils au
CHAPITR.E IV
silence, et que les hommes qui n'ont jamais
varié dans Jeurs principes soient encouragés
On se rappelle que Tallien avait quitté Bor- par ceux qui savent les apprécier.
deaux le ~2 lévrier 179{ pour aller se justifier
&lt;c· Je suis bien loin de redouter l'examen le
à Paris. Les· défiances l'y accueillirent. li ne plus sévère de ma conduite et de celle de mon
put parvenir à se faire entendre du Comité de collègue; jP le provoque au rontraire: j'atSalut puLlic'. Après plusieurs tentatives tends avec irnpalience le moment ol1 je pourinfructueuse·s, il fallut bien sr rendre à l'évi- rai faire à \'OS Comités le raprort de taules
dence : il était en smpicion. Dès le 12 mars, nos opéralions, et ils seront, comme vous,
il montait à la tribune de la Convention et. étonnés des immenses travaux auxquels nous
voulant a1ler au-devant de l'accusation, il di- nous sommts livrés a,·er une infatigable a1•tisait: « Depuis longtemps, la calomnie s'atta- vité. ))
che sur les pas des patrioles . Les représentants
Ce discours ne fit pas tomber les défiances.
du peuple e9voyé~ dans les départements sont Pourtant, dix jours après qu'il fut prononcé,
aujourd'hui en hutte à toutes les persécutions, Tallien présida la Convention (22 mars) jusà toutes les contrariétés. Rien sans doute qu'au jour 011 les têtes de Danton et de Camille
d'étonnant dans celle condui1e de la part des Desmoulins tombèrent par suite de l'applicaintrigants, car leurs complots ont été déjoués, tion du programme systématique de llobescar le masque a été arraché à tous les hypo- pierre (16 germinal-5 ·avril)•.
crites, Les représentants du peuple envoyés à
Cependant, Tallien sentait que les suspiIlordcaux devaient s'allendrc à n'êlre pas cions se ravivaient contre lui. La fa çon dont
épargnés. Celle commun~ était devenue l'un Robespierre s'était débarrassé de Camille et de
des principaux loyers du fédéralisme; les Danton lui faisait terriblement appréhender
esprits' y étaient agités, égaré5 par des hommes qu'il ne méditàt pour lui un sort pareil. Pour
astucieux; les girondins de Bordeaux et de le conjurer, il crut utile de monter encore une
Paris s'entendaient parfaitement; la conspi- fois à la tribune et de natter habilement ceration s'étendait sur toute la République; et lui à qui toute la Comcntion obéissait :
~i nous n'eussions pas agi arec cette sagesse n ... S'il reste encore parmi nous, dil-il, des
énergique qui com•cnait aux loc..,lités et aux hommes dont les principes politiques soient
circonstances, Bordeaux aurait éprouvé le condamnables, des hommes sa.os probi1é, sans
mème rnrt que Lyon . .Nous avons été assn: honneur, sans verlu, qu'on nous les fasse
heureux pour rendre celle importante com- connaitre franchement, et, si les accusations
mune à la République sans quune goulte de rnnt vraies, nous nous lèverons lous pour les
sang patriote ait coulé. Nous avons détruit le faire traduire au tribunal révolutionnaire.
fédéralisme jusque dans ses racines; nous
« Mais il faut aussi que les défiances pararnns relevé le courage abattu des patriotes; ticulières cessent, que le5 hommes faits pour
nous les a,ons appells aux fonctions publi- s' t:slimer mutuellement s•examinent et sacben l
ques ; nous a\'Ons poursuivi avec courage les allat:ber leur confünce à ceux qui la mériaristocrates, les fédéralistes et lous les hommes tent .... li faut que les patriotes de la Montasuspects; nous devions donc êlre dénoncés par gne, qui n'ont jamais dévié des \rais principes,
leurs partisans; notre espoir n·a pas étti qui, au nomLre de cinquante seulement, ont
trompé. Les calomnies les plus atroces se sont longtemps lullé contre le parti droil et ses
répandues contre nous. Yotre Comité de sù- ri.bominables machinations, il faut que 1 es
reté générale a reçu bier une lettre par laquelle mèmes patriotes se réunissent aujourd'hui. Et
on lm annonce qu'\"saüeau etmoide\'ons nous s'il en est d'autres qui soient revenus de leur
embarquer pour fuir cn:Amérique sur un navire égarem·enl, qui veuillentsiocèremeut marcher
cbargé de plu~ieurs millions. Tuus les jour- avec nous, qui soient purs comme le peuple
naux publient aujourd'hui que Bordeaux est en qu'ils repré-eutt:nl, qui 11'aie11t poiut trempé
conlre-rémlution, que les gens suspects s'y dans les complots que nous avons punis, nous
promènent audacieusement cl que le patrio- marcherons avec eux par la ,·oie des sacrifitisme y est opprimé. Eh bien! cito)ens, tous ces, nous ferons arec eu, le bonheur du
ces faits sont faux.
peuple. "
On voit que Tallien recherche l'appui des

de son érudition et de ses recherches en lout. ce qui
couccrne le séjour de Tallien et de Thfr(,,i.- â Bordeaux.
2. /lapiel's i11hlils /l"oui:éa the:. Robespiel'l'e,
Saùd-Jitsl, /&gt;ayau. l'IC., s11pp1·i1111 1s uu omis JHlf
Co11rtoi11, t. Ill , p. 31.

Ibid .. p. S~.
4. Lr:tlre de follîe11 ù l"sahra11, :; mar.. - Archivrs de la (;l/'midt, sé rie L. A. m: \"rm:.
;). l,es prèsidcnts de la Convc&gt;11tion n'Ctaienl élus
que jKHlr quinze jours.
;j,

�'----------------------------------- LA C1TOYENN'E T.Jf.1.L1'EN

111S TOR,.1.Jl
Montagnards, qu'il compte sur eux et qu'il
fait des avances am: autres en les assurant
qu'ils seront les biemenus dans rnn parti.
Car il veut aussi se concilier leurs sympathies.
A part cela, pas une idée pratique, rien que
des mots Yagues : la voie des sacrifices ... le
bonheur du peuple .... Mais ces phrases vides
plaisent au peuple qui depuis longtemps s'en
contente. .
Après cettJ déclaration, Tallien sent le besoin de rassurer la Montagne sur la pureté de
ses intentions et l'intransigeance de ses principes. Pour lui plaire davantage, il va lui
parler de ses ennemis, de ceux qui s'opposent
au bonheur du peuple; il excite à la haine
après avoir pleuré de tendresse. &lt;1 Mais,
ajoute-t-il, nous ne voulons pas de ceux qui
n'ont pas paru dans les premiers jours de la
Ré,·olution, qui étaient cachés dans leurs caves quand nous étions à la Bastille, qui se
sont montrés sur la brèche quand il n'y avait
plus de danger, et qui ne se montrent aujourd'hui que pour nous demander une part des
dépouilles de l'ennemi vaincu. »
Ah! les dépouilles de l'ennemi vaincu!
C'est là la grande affaire, et c'est, en fait d'affaires, pe qu'il connait le mieux ; c'est là ce
qui le touche le plus, et, il le sait, ce qui touche Je plus un certain nombre de ses collègues.
C'est le point capital de son discours; en deux
mots il cherche à se justifier, mais fort vaguement, des vagues accusations qui, il le sait,
circulent sur lui parmi les représentants et
parmi le peuple.
&lt;I Ces dépouilles de l'ennemi vaincu, poursuit-il, nous neles lui avonsenlevées que pour
les donner au peuple. Vous l'avez décrété sur
le rapport du Comité de salut publi&lt;;, et la
distribution en sera faite selon le vœu que nous
portons dans notre cœur ; elles amélioreront
le sort des patriotes infortunés. Yoilà le fruit
des Yictoires que nous avons remportées; voilà
tout ce que nous voulons. »
Le peuple des tribunes devait applaudir à
ce langage; prendre la fortune de ceux qui
l'avaient gagnée par leur travail, leurs talents,
leurs t&gt;conomies, leurs services au pays, leurs
privations, leurs dangers souvent, el cela pour
la distribuer à ceux qui, au lieu de travailler
el d'économiser, aimaient mieux passer leurs
journées aux séances de l'Assemblée, leurs
soirées au cabaret cl au club, c'é1ait assurément une idée meneil1euse et celui qui
l'exprimait un grand homme. Le peuple applaudit ceux qui le flattent el caressent ses
instincts, pas les bons, mais les mauvais.
Tallien le savait et chercl1ait à se tirer d'une
situation désagréal.,le par un compliment au
peuple, qui l'amnistiait par ses applaudissements. Mais il dtipassc un peu la note quand,
entraîné par son amom· de la phrase, il
ajoute :
« Nous reviendrons ensuite dans nos chaumirres, dans nos greniers, et là nous savourerons le plaisir d'avoir rempli notre tâ('he
glorieuse, d'avoir répondu à J'attente de la
nation, d'avoir justifié la confiance qu'elle
avait mise en nous; là, nous jouirons en paix
du bonheur d'avoir fait celui du peuple; c'est

un bien que nous préférons à tous les trésors
de la terre. 11
Est-cc bien sûr? On en peul douter, car ce
n'est pas dans un grenier que l'aurait suivi sa
belle maitresse, qui voulait jouir de toutes les
satisfactions matérielles de la vie, qui ne voulait se priver de rien, à qui il fallait des chevaux, des voitnres, des domestiques, des
bijoux .... li habita bien la Chaumière plus
tard; mais, si le chaume couvrait celle habitation, le plus grand luxe régnait à l'imérieur
el elle ne rappelait en rien les maisons des
paysans pauvres. C'était donc une dérision à
lui de dire qu'il se retirerait dans une chaumière ou dans un grenier, alors qu'il avait, il
Bordeaux, déployé un véritable faste dans son
hôtel de la place Dauphine, alors qu'il ne sortait qu'en voiture, qu'il mangeait du pain
blanc, tandis que toute la ville n'en mangeait
que du noir, et ne bnvait que les vins les plus
renommés du Bordelais. Ce qu'il disait, ce
n'était &lt;Jue pour llatter les bas sentiments
d'envie que pouvaient avoir ses auditeurs;
cette flagornerie était aussi lâche qu'hypocrite.
Robespierre n'aimait pas Tallien; il n'avait
que du mépris pour cet ètre brouillon et faux,
sans l'ombre de caractère, à genoux de,·ant
un'jupon comme deYant un écu, et prêt à tout
trahir pour l'amour de l'un comme pour
l'amour de l'autre. Tallien n'ignorait pas cette
antipathie. li se sentait gêné par le regard investigateur, froid comme le bistouri du chirurgien, que Robespierre attachait parfois sur
lui, à travers ses bésicles, comme. pour le
scruter jusqu'au fond de la conscience. Devant
lui, il ctailembarrasséà l'égard d'un coupable
devant un juge. Aussi ne l'aimait-il pas ; mais,
faible et sans consistance, il le craignait;
faux et rampant, il essayait de le llaller. Figé
dans un dédain glacial, Robespierre n'accueillait pas ses avances. ,\. la séance du 1cr germinal an II (21 mars 17\H), 'l'allien, qui
n'était rentré à Paris que depuis un mois,
donna lecture à la tribune de la Convention
d'un discours extraordinairement violent contre les aristocrates el les modérés. C'était
moins dans l'intérêt de la Répuhlique que
pour faire sa cour à Robespierre qui 1~ tenait
en disgrâce, il le vopit bien, à la suite des
rapports qui lui avaient été faits sur sa conduite à Bordeaux. Pour plaire également à
Hobespierre, d'auh·es Talliens demandèrent
l'affichage du discours. Hobespierre s'y opposa
énergiquement: c1 Je m'oppose, dit-il, à l'impression &lt;le ce discours, à cause des expressions inexactes qu'il renferme. 11 n'est pas
vrai que les aristocrates et les modérés soient
en joie el lèvent la tête; jamais au rontraire
ils n'ont été si consternés .... u Tallien ne le
fut pas moins deYant cette fin de non-receYoir
à laquelle se heurtaient ses avances; mais,
plat et obséquieux, il déclare que Robespierre
a raison, reconnait que lui-mème tout à
l'heure n'a dit que des sottises et que ce serait
en faire une que de les al'ûcher dans toutes
les communes de France.
Une si basse Oagornerie ne lui concilie pas

les bonnes gràces de celui qu'il s'évertue à
gagner. Il le sent et cherche des appuis contre
cette mauvaise volonté menaçant&lt;'. \oici i.i
quoi il s'arrète :
.\ la façon de tous les amants passés, présents et futurs, Tallien racontait à Thérésia
tout ce qu'il faisait et tout ce qu'on lui faisait. Parce que sa maîtresse l'écoute afin d'en
tirer profit, l'homme croit qu'elle lui témoig-ne la plus grande confiance. Tbérésia est
donc mise par Tallien au courant de la mauvaise volonté llagrante de Hobespierre; je vous
demande un peu de quoi se mêlait cc l'àcheux
en voulant les empêcher de jouir en paix de
leurs économies de Bordeaux ! Eh! s'il tenait
tant que cela, ce poseur, à être incorruptible,
personne ne J'en empêchait; mais, pour
Dieu! qu'il ne ,int pas empêcher les autres
de vivre à leur guise. Aussi, d'un commun
accord, on décida que, pour ramener tt Tallien
l'opinion de la Convention qui, par suite
des menées de Robespierre, menaçait de l'abandonner; pour faire connaitre en même
temps Thérésia comme une bonne citoyenne,
puisqu'elle aussi avait été dénoncée, celle-ci
adresserait à la Convention, sous la forme
d'une pétition, un factum qui, inspiré des
plus purs principes, serait une manière de
profession de foi républicaine selon la formule
du jour et mellraitae-dessus de tout soupçon
d'incivisme celle qui l'avait écrit et, par suite,
son amant. C'était le renouvellement, au sein
de la Convention, de la petite comédie jouée
le 50 décembre précédent dans l'église des
Récollets de Bordeaux; seulement, cette foi~,
ce n'est pas Thérésia qui ferait la lecture. Et
c'était grand dommage, car alors elle aurait
eu tout de suite cause gagnée. Mais ne fallaitil pas employer tous les mo1r,ns pour consolidt r
la situation de Tallien menacée? Ne lui devai relle pas cela, à lui qui l'avait tirée de prison
à Bordeaux et qui, s'il était maintenant accusé d'avoir saigné quelr1ues bourses réactionnaire!', ne l'avait fait que pour elle, pour
fournir à son lu \e?
La pétition fut donc écrite, copiée sans
doute sur le brouillon que Tallien lui adressa
de Paris, et envoyée à la Convention. Tallien
n'était plus au fauteuil de la présidence :
c'est dommage ; il eùl été piquant de lui voir
donner lecture de la pétition de sa maitresse.
C'est nobcrt Lindet qui eut cet honneur.
Quelle singulit?re comédie! La Convention
nationale écoutant une élucubration indigeste,
envoyée par la maitresse d'un représentant,
connue'pour son extrême facilité de mœurs, el
parlant de 11 la morale qui est plus que jamais
à l'ordre du jour ll, de c1 la pudeur et son
heureuse inlluence &gt;J ; disant : « Qui peut
enseigner la pudeur, si ce n'est la rnix d'une
femme? Qui peut la persuader, ~i ce n'est
son exemple? &gt;J Et pour dire tout cela, la jolie
prêcheuse n'était appuJt'.·e que sur l'expérience
de ses vingt ans etla moralité de sa conduite.
Quant à prècber d'exemple, il ne fallait pas
le lui demander.
Personne ne se méprit sur le but Yisé par
la belle pétitionnaire, mais pas une protestation ne s'éleva contre Je gaspillage qu'on fai-

sait du temps de l'Assemblée. La pétition fut
envoyée am Comités dïnstruction et de Salut
public. Si, au lieu d'arnir été écrite par une
femme que l'on savait jeune et admirablement
belle, celte pétition eut été l'œuvre d'une
vieille institutrice, pauvre el vertueuse, lui
eût-on fait le même accueil'!
Ce factum réclamait pow· les femmes
l'honorable avantage d'ètre appelées dans les
hôpitaux et hospices pour y donner des soins
et des consolations au\ malheureU\; il réclamait aussi, pourlesjeunes filles, un apprentissage dans les asiles de la souffrance. De celte
façon - et ceci n'est pas mal pensé du tout,
mais détonne dans la bouche de Thérésia elles n'arriveraient pas au mariage seulement
avec des idées de plaisir et dP, dissipation, ce
qui cause le malheur de tant de maris, elles
verraient par elles-mêmes que les $Oulfrances
sont une des conditions de la vie et qu'il faut
être armé d'autre chose que de diamants et
de belles robes pour les surmonter.
Robespierre ne fut pas dupe de la comédie
de Tallien ; il démasqua fort bien le coup de
la pétition et vit que cette manœuvre tendait
à donner le change, tant au Comité de Salut
public et à la Convention qu'au peuple. Son
&lt;I incorruptible ll et intransigeant programme
ne pouvait admettre les compromissions de
Tallien. li voyait en lui un corrompu qui l'accablait de serviles protestations de dévouement,
mais il n'était dupe ni de lui ni de ses protestations, et se croyait assez fort pour triompher
quand il le voudrait de cet ob~équieux ennemi.
Mais il voyait aussi que ce faible, à genoux
devant sa maitresse, ne pouvait être complètement responsable de ses actes. li est des
hommes à qui l'amour fait abdiquer Ioule
pensée personnelle et qui sont réduits à l'étal
de Yil instrument entre les mains de la femme
qui s'en sert. Robespierre voyait que Tallien
n'était plus, commeces jouets d'enfants, ces
pantins dont les bras et les jambes, reliés par
des ficelles à une tige centrale, ne font que les
moul'ements qu'on leur commande; qu'il
n'était plus que la chose de Thérésia Cabarrus. C'est celle-ci qu'il rendit en partie re;ponsable des concussions et des tri potages &lt;le
Tallien, - et il se trompait d:rns ses calculs
de psychologue, car, à Tours, Tallien ne connaissait pas 'fhérésia et il n'y avait pas brillé
par un plus vif désintéressement qu'à Bordeaux. Aussi voua-t-il à Thérésia une raocune
toute particulière, presl1ue une haine de famille. ])'abord , parce qu'elle était une ci-devant
aristocrate dont la conversion à la République
était assez sujette à caution; ensuite, parce
que sa facilité de mœurs ne cadrait pas avec
les austères principes qu'il affichait; enfin,
11arce qu'elle avait déployé à Bordeaux un luxe
alimenté par les concussions et les trafics de
son amant, luxe -que lui, Hobespierre, ne se
permettait pas à Paris. C'est de tous ces griefs
qu'il songeait à envoyer Thérésia se justifier
devant le tribunal révolutionnaire.
De la pensée à l'exécution, il n'y avait pas
chez lui un long intervalle. C'est le 24 avril
qu'on avait lu la pétition de Thérésia à la
Convention; c'est le_4 ou le 5 mai que celle-ci

avait quitté Bordeaux; le 10 mai, naisemblablement, qu'elle était arrivée à Fontenay-auxRoses, et douze jours après, le 22 mai, le
Comité de salut public prenait un arrêté ordonnant son arrestation immédiate. Chose
bien significative, cet arrêté était entièrement
écrit de la main de Robespierre.
C'est à lui que revient la responsal,ililé
presque entière de l'arrestation de 'l'hérésia,
malgré les signatures de Billaud-Varennes,
Barère et Collot d'Herbois, qui aœompagnent
la sienne sur le mandat d'amener. Voici, en
effet, ce que dit plus lard Collot d'Herbois, se
justifiant à la tribune de la Convention d'ayoir
signé cet ordre d'arrestation :
« Quant au mandat d'arrêt décerné contre
la citoyenne Cabarrus, il n'en est pas que
Robespierre ait présenté avec des formes qui
nous obligeassent davantage à le signer. II
nous dit qu'elle était fille d'un comte espagnol, ministre d'Espagne, et née à Valence.
Aucun de nous n'a signé par ressentiment,
car nous ne la connaissions pas »1 •
Collot d'Herbois ne dit pas tout, et il ne
pouvait, après le triomphe des Thermidoriens,
dire les autres motifs, les seuls sérieux, que
Robespierre lui avait donnés pour avoir sa
signature. Il faut cependant remarquer que
la signature de Robespierre eût suffi. Seul
des quatre signataires, il faisait partie du
Comité de salut public, et, aux termes de la
loi du 17 septembre J 79~, la signature d'un
membre de ce Comité suffisait pour faire
arrêter un étranger : or, Tbérésia était regardée comme étrangère et l'Espagne était
en guerre avec la France.
Il y avait alors à Paris un agent du Comité
de salut public assez peu recommandahle par
lui-même et pas beaucoup plus par ses fonctions, qui consistaient à renseigner secrètement le Comité sur les personnes qu'il faisait
surveiller. Il se nommait Taschereau. Nous
avons déjà parlé de lui. li était alors le très
humble serviteur de Robespierre, en allendant qu'il devînt, après le 9 thermidor, son
très acharné détracteur'. Il est des gens qui
éprouvent le besoin de s'aplatir devant les
puissants et d'insulter ceux qui ne peuvent
plus rien, quelques services d'ailleurs qu'ils
en aient reçus. Taschereau était de ceux-là.
Comment connut-il Thérésia? Nous ne pouvons le dire, mais voici ce qu'il a écrit à
propos de son arrestation, et ces détails,
malgré le peu de foi qu'on doive ajouter aux
écrits d'un homme comme lui, paraissent
vrais : &lt;1 Jamais victime ne fut poursuivie par
Robe~picrre avec plus d'acharnement. Il était
question de la faire arrèter et juger à J3ordeaux par la commission militaire. Elle avait
à Paris un ami qui était aussi le mien, je lui
fls part de ce qui se tramait contre elle, il lui
écrivit, l'engagea de partir sur-le-champ, de
s'arrêter dans quelque ville sur les bords de
1. lllonitwr du 9 germinal an III (29 mars 1795).
'l. Voir sa répugnante brochure : A illaximilie11

nobespieri·e au.i Enfers, par ÎASCt1EREAu-F,11Gurs.
5. Taschereau fait êvidcmment allusion à la lett re
de Marc-Antoine Jullien à Robes1iierrc, datée du
mai 1794 : « Je crois devoir l'envoyer copie de
l'extrait d'une ](j(re de Tallien au club national; rlle
coïncicle avec le départ de la Fontenai &lt;JuC le Co-

;;o

_,,

201

""

la Loire, et qne là nous irions la rejoindre,
afin de nous concerter ensemble. Dix jours
après celte lellre, elle arrive à Fontenay-auxRoses, nous nous rendons près d'elle. Je ne
l'avais jamais vue el mes démarches en sa
faveur n'avaient d'autre but que d'obliger
mon ami ; mais, aussitôt qu'e11e m'eut raconté ses malheurs, le sentiment qui me fai~ait agir se porta volontairement vers elle, et
je lui promis de ne rien négliger pour la
soustraire à ses persécuteurs.
&lt;t Le lendemain, elle vint à Paris et se
rendit chez mon ami; le danger croissait.
On écrit de Bordeaux qu'elle est partie 3, que
toute recherche est du temps perdu. Les
émissaires de Robespierre, LaYallette et Boulanger, se mirent en campagne; nous sommes
observés de près. Il ne restait d'autre parti à
prendre que de fuir pour essayer de se racher à Versailles, mais Boulanger arrive au
moment où elle entre chez mon ami. L'ordre
porte d'arrêter la citoyenne Cabarrus-Fontenay
et tous ceux qui se trouveraient avec ellr.
Mon ami et sa femme furent donc compris
dans l'arrestation, et ce fut aYec grand'peine
que, s'étant réclamés de moi, on consentit à
les laisser chez eux aYeC deux gardiens.
Grand bruit dans la famille Duplay : celte
maison leur appartenait i, je l'avais fait louer
à mon ami. La citoyenne Cabarrus-Fontenay
s'y était d'abord réfugiée : j'étais donc un
conspirateur! Quelle nuit affreuse! Vers minuit la principale victime est arrêtée à Vers_ailles, conduite à la section de~ ChampsElysées et de là à la Force. »
C'était uai. Dix jours après que Rohrspierre avait laocé le mandat d'arrêt contre
Thérésia, Je citoyen Boulanger, général de
brigade, l'arrêlai t à Versailles. On arrêtai l
en mème temps « le jeune homme qui demeure avec elle 1&gt;, comme l'indique le mandat, un citoyen Guéry, qui, on ne sait pourquoi, pour charmer peut-être les ennuis d'un
long voyage, tenait, depuis Bordeaux, compagnie à la maîtresse de Tallien. Son domestique, nommé Guillaume Bidos, était arrêté
de son côté, dans la maison du citoyen Desmousseau, rue de l'Union, n° 6, quartier des
Champs-Elysées. l&gt;e plus, cette excellente
Frenelle, la femme de chambre à qui Thérésia devait d'avoir fait les premiers pas dans
la charité, avait été arrêtée à Fonlenay-auxRoses el essayait, la bra vc fille, de se faire
prendre pour sa maitresse afin de la sauver.
Cet événement se passa dans la nuit du
J1 au 12 prairial (50 au 51 mai 1704).
D'après le rapport du général Boulanger, et la
citoyenne Fontenay a été conduite à la PetiteForce, où elle a été mise au secret, le citoyen
Guéry au Luxembourg, le domestique et la
femme de chaml,re, l'un au Luxembourg.
l'autre à la Petite-Force •.
mité de sal!-'t pul,lic aura sans doute l'ait arrêter. »
4. On sait que Robespierre habitait a\'CC la famill,1
Durlay la maison qui porte actuellement te n• 598 de
la rue Saint-Honoré, et qui appartenait à M. Du play.
Celte maison est encore telle qu'elle était en 1 ï94
sauf _qu'.elle a été surèletêe d'un étage. (Voir à ce sujet
le Ires rntéressant OU\'f3!(e du D• CABANÈS, le cabiurt
.,ec:re/ de /'histoire, 2• série, p. 196, l!l!l.)

�, - fflSTOR..1.Jl _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ____.
La Petite-Force, annexe de la Force, au•
tremenl dit l'ancien hôtel de M. de Caumont,
duc de la Force, était située dans la rue
Pavée-au-Marais. Elle louchait à l'hôtel de
Lamoignon, sur un emplacement compris
entre cet hôtel, au nord, el la rue du Roi-deSicile, au sud. Le registre d'écrou de la Force
mentionne l'entrée de Thérésia à la prison;
comment se·fait-il qu'avec ce renseignement
l'on ait dit qu'(•lle avait été incarcérée aux
Carmes?
Voici l'extrait du registre d'écrou de la
Force en ce qui concerne Thérésia; il est daté
du 8 prairial an II (27 mai 1791), el non du
22 mars, comme on l'a dit par erreur manifeste, puisque, à cette date, Thérésia était
toujours à Bordeaux. D'ailleurs, cette date
même du 27 mai est inexacte, car, arrêtée
dans la nuit du 50 au 51 mai, it Versailles,
comment Thérésia aurait-elle pu être incarcérée à Paris le 27 mai? Mais les guichetier,, en
l'an Il, n'étaient pas encore très familiarisés
avec le calendrier républicain et, comme tout
le monde, faisaient chaque jour des erreurs.
Cet extrait devrait porter la date du 12 prairial (51 mai), comme l'ordre du Comité de
surveillance des Champs-füysées en vertu duquel Thérésia était écrouée.
Yoici donc l'extrait du registre d'écrou :
C! Thérèse Caharrus, femme Fontenay, âgée
de vingt ans, native de Madrid, en Espagne,
sans état, demeurant à Versailles, taille quatre
pieds onze pouces, cheveux et sourcils bruns,
front ordinaire, yeux bruns, nez moyen,
bouche pelile, menton rond.
&lt;C Envoyée dans cette maison pour y être
détenue au secret, en vertu de l'ordonnance
du Comité de salut public en date du 3 prairial. »
Maintenant, en exécution de quel ordre
fut-elle conduite el admise à la Petite-Force?
En exécu lion de celui-ci :
&lt;! Ordre du Comité de suneillance révolutionnaire de la section des Champs-Élysées
de conduire, en vnlu d'un arrêté du Comité
de salut public de la Comention, en la maison
d'arrèl du Luxembourg ou Ioule aulre, le
nommé Jean Guéry, désigné comme le jeune
homme accompagnant la nommée Thérè,e Cabarrus, femme Fontenay. 12 prairial an Il. ,,
Et de qui était signé cet ordre? Oh! l'étrange chosll ! Outre la signature du président
Dumas et celles de six membres du Comité,
il y avait celle de Tallien!
On se ,demande en &lt;Juelle qualité Tallien
apposait sa griffe sur cette pièce. Quant à ses
motifs pour le faire, ils peuvent s'expliquer.
On se rappelle que Thérésia étail venue de
Bordeaux avec un jeune homme, M. Jean
Guéry. Était-ce le fils de cet indiYidu qui, au
dire du rapport de Boulanger, l'avait intéressée dans une affaire desalpêlre'!On l'ignore.
On ne sait pas davantage s'il fut question de
salpêtre entre elle et son compagnon, mais il
est possible que les beaux yeux de Thérésia
aient mis le feu aux poudres chez le jeune
Guéry. Le tête-à-tète capiteux d'un voyage en
chaise de posle entre un jeune homme el une
j cune jemme de vingt ans, romanesque, di-

rnrcée par-dessus le marché, qui ne se lais~ait guère gêner par les principes, qui n'aimait pas l'homme qu'elle avait pris pour
amant I el qui était séparée dclui depuis plus
de deux mois; l'excitation du voyage, les
beaux jours de mai et, comme dit La Fontaine :
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et. je pense,
Quelque diable aussi la poussant,

il est possible que sa conduite ail donné à
Tallien quelque sujet de jalousie. Car il devait être, non moins bien que Robespierre,
instruit de ce que faisait sa belle maîtresse;
et, à la suite d'une explication qui ne lui
aura pas donné satisfaction, peut-être a-t-il,
dans un accès de dépit amoureux, de jalousie
furieuse plutôt, donné celle sinf:!;ulière ~ignalure qui le venge à la fois de Thérésia et de
Jean Guéry?
Peut-être aussi avilit-il vu dans les cartons,
au Comité de salut public, la lettre dans laquelle Jullien faait que Thérésia lui avait
offert de s'enfuir avec lui en Amérique?
Peut-ètre enfin, avec le caractère làche et
obséquieux qu'on lui connait, - et sans que
cela soit une raison d'exclure les autres motifs, - Tallien eut-il la pensée de sacrifier
lui-même sa maîtresse, puisqu'il la voyait
petdue, et de se faire auprès de Robespierre
un mérite de son sacrifice, afin de rentrer
dans ses bonnes grâces? Avec ces natures-là,
tout est possible. On va voir, du reste, que,
en fait de platitudes devant Robespierre,
Tallien n'était p:1s au bout de son rouleau.
Le lendemain de l'arrestation de Thérésia,
Taschereau raconte qu'il rencontra Tallien se
promenant aux Champs -Élysées , triste et
abattu. Il alla à lui: &lt;&lt; Tu n'as rien à craindre
pour la citoyenne Cabarrus, lui dit-il; ton
amie ne sera pas encore aujourd'hui traduite
au tribunal rérolutionnaire. i&gt;
En effet, Thérésia avait été interrogée par
Coffinhal, que Robespierre lui avait envoyé;
et il lui semble bien que c'est Taschereau,
ami de Desmousseau, que Thérésia connaissait, qui fit une déruarch en faveur de la
belle prisonnière auprès du citoyen Boulanger,
qui l'avait arrêtée, auprès de La Valelle et
de l'ex-fermier général Verdun : ces trois
hommes allèrent lrouv~r Coffinhal et obtinrent
de lui qu'elle ne serait pas encore envoyée au
tribunal révolutionnaire. Il fallait, avant tout,
gagner du temps ....
Que fit Tallien apri•s l'arrestation dtl Thérésia? Fut-il parmi les solliciteurs de Coffinhal
pour faire ajourner sa comparution devant le
tribunal? On ne sait, mais il est probable
que, comme il se sentait très suspecté, il
chercha tout d'abord à se faire oublier &lt;le
ceux qui distribuaient les billets de guillotine
avec la même libéralité qu'il les avait délivrés lui-même à Bordeaux. Et puis, il avait
besoin de rassembler ses idées, de se ressaisir .. .. L'idée d'une action hardie, d'une
1. li fout se rappeler. sur ce point, ces mols que
nous avons dcjà cités et qu'on troure dans une lettre
d'elle, écriJe sous la Restauration : « Quand on tra"" 202 v.-

attaque directe contre Robespierre ne parait
pas lui être venue dans les premiers temps
de l'incarcération de Thérésia. Peut-être
est-ce à ce moment qu'il fit une visite à
Robespierre? « Robespierre, a tcrit Barras,
était devenu dans la Convention une espèce
de tribunal auquel chacun croJait devoir se
référer pour obtenir un jugement sur les
choses dont il pouvait être accusé; on imaginait se mettre en sûreté dès que Robespierre
aurait prononcé l'absolution » 1 • Tallien se
présenta donc, comme Fréron, comme Barras
l'avaient fait à leur retour de Toulon, à la
maison de la rue Saint-Honoré : pas plus que
ces corrompus, il ne reçut de l'incorruptible
un accueil satisfaisant. Grave imprudence de
la part de Robespierre : dans sa ~iluation, il
ne devait mécontenter personne et ne pas
compter sur sa popularité d'une façon trop
absolue. Mais il savait qu'on lui avait reproché d'a\'oir serré la main à Danton le jour
même où il le faisait envoJer au tribunal révolutionnaire. Est-ce dédain pour Tallien,
comme pour Barras et Fréron? Est-ce pour
ne pas être accusé d'hypocrisie comme on
l'avait fait au sujet de la mise en accusation
de son ami Danton? Robespierre l'éconduisit
avec une politesse glaciale.
Tallien ne se tint pas pour ballu et riposta
par de nouvelles platitudes. A la séance du
24 prairial (12 juin) , douze jours après
l'arrestation de Thérésia, deux jours après le
vole de la loi connue sous le uom de loi du
22 prairial, que Robespierre avait fait voter
pour atteindre d'une façon sùre et rapide ces
hommes, disait-il, &lt;t gorgés de sang et de rapines )&gt; et qui ne fut qu'un coup de bâton
dans l'eau, Tallien avait été convaincu de
mensonge par Hobespierre qui , en pleine
séance de la ï.omention, l'avait traité de manière à le couvrir de honte et de confusion
devant ses collègues. Et, le lendemain, l\obespierre r~cevail de lui une letlre des plus
plates, d'autant plus inconcevable qu'il savait
que c'était lui qui avait, au Comité de salut
public, écrit l'ordre d'arrestation de Thérésia:
il est vrai que lui-même, Tallien, avait signé
celui de conduire son ami Guéry en prison.
&lt;! L'imposture soutenue par le crime .... , lui
disait-il, ces mots terribles et injustes, Robespierre, retentissent encore dans mon âme
ulcérée. Je viens, avec la franchise d'un
homme de bien, te donner quelc1ues éclaircissements .... » Comme si un homme de bien
donne des éclaircissements autrement que
l'épée à la main à un homme qui l'a traité
de menteur et de criminel! Mais l'épée, la
noble et loyale épée, Tallien ne connaissait
pas cela ....
Non content de s'être ainsi aplati une fois
de plus devant Ilobespierre, il éprouve le besoin d'en faire autant devant Couthon. Ah! si
Tallien était à genoux de1·aat l'argent et de,·ant une maitresse, il faut conven ir qu'il ne
l'était pas moins dc,·ant les hommes dont il
avai t quelque chose à craindre - ou à espévcr::e la tempêt~, on ne choisit pas sa planch&lt;' de
5alut. »

2. Bmn;s, .lllmoù-es,

L.

1, p. 116.

"·--~------------------ LA C1TO'YENN'E TllLLT'EN
rer - quille ù ltnr en vouloir ensuite mortellement de sa propre bassesse. Hélas! est-ce
que ce caractère n'a pas fait école?
C'est dans ces coups de cravache, inOi!.!1:s
par Robespirrre
vdc
. à ces &lt;t homme t,rrorrrés
t,
sang et dc rapines », c'est à sa volonté nettement e~ primée de les alleindre. qu'il faut
chercher_ les causes premièrrs et déci~irns du
coup d'Etat du 9 thermidor. C'est à celle
séance du 24 prairial que rrmonle la conspi-

Et il laissa celle épée de Damoclès suspendu~ sur la têle de ceux qui n'avaient pas les
mamsnettPs. De là, le rapprochement instinctif,
le syndical de tou Les ces consciences véreuses
et leur alliance contre cet empêcheur de
danser en rond, cc Calon inlempestif qui
avait la ~ingulière prétention de vouloir qu'il
n'y rùt, comme représcnlants du peuple, que
des hommes honnêtes. Si, au lieu de laisser
pesrr son accusation sur un nombre indéler-

RoRESPIERRE EST AME:-!É, BLESSI'.:, DANS !.'ANTICHAMBRE DU COMITÉ DE ~Al.UT PURl.lC. -

ration des crimes cl de la peur contre celui
qui voulait les chàticr.
t&lt; Ce serait outrager la patrir, avait dit
~obespierre, que de soulTrir que quelques
mtrigants, plus méprisables que les autres
parce qu'ils sont plus bJPOCrilcs, s'elforçassenl d'eutrainer une partie de cette Montagne et de s'y faire les chefs d'un parti. l&gt;
A cc moment, Bourdon (de l'OisP) l'interrompit : « On vient de dire assez clairement que
fêlais un scélérat. n Ce qui lui valut celle
sanglante réplique : « Je n'ai pas nommé
Bourdon ; malheur à qui se nomme lui, '
Les .
.
meme.....
rntr1ganls
ne rnnt pas de la
llontagne ! - Nommez-les ! - JtJ les nommerai quand il le faudra », conclut Hobcspierre.

. .... 20.3 ...

crime », comme les appelait un autre révolutionnaire qui ne l'était guère autrement
.
'
Sam~-Just,
mais qui, au moins, était intègreauraient été sur l'heure décrétés d'accusalion
et le tribunal révolutionnaire en fÙt fait
prompte justice; l'ère sanrrlante de la Rérolution était peut-être terminée et il n'y eùt pas
eu de !J lhermidor. füis la menace de Robespierre amena la concentration des représentants qui avaient le; plus gros excès à se

Gravure de

miné de députés, Robespierre avait dit franchement : C! Toi, Tallien, je t'accuse d'avoir
trafiqué des vies humaines à Bordeaur; toi,
Barras, je t'accuse, et toi aussi, Fréron,
d'amir pillé à rotre profit les Hises de Marseille el de Toulon et d'a;uir empoché
800.000 francs au détriment des caisses de
l'État; loi, Rovère, je t'accuse d'avoir été le
complice des vols et des crimes de Jourdan
Coupe-Tètes, à Avignon; toi, Courtois, je
t'accuse d'avoir l'Ol~ daus la mission en Bdgique; toi, André Dumont, je t'accuse d'avoir
fait• toutes sortes de brirrandarres
à Amiens·'
t)
0
lo1, Fouc·hé, je t'accuse d'avoir fait les mêmes
chos~s à Lyon ... », si Ilobespierre s'élait
ex primé avec celle franchise, tous ces coquins,
tous ces « révolutionnaires dans le sens du

- -..

BERTHAULT,

d'après

DUPLESSIS-BERTEAUX.

reprocher ; d'au Ires, qui sans être aussi criminels n'avaient pas la conscience très nette
se crurent visés également par les paroles d~
Robespierre et se rapprochèrent du noyau des
g_rand:~ coupables._ Ctux-ci surent exploiter la
s1~ua_t10n comme ils araient su exploiter leurs
rn1ss1ons. lis dressèrent des listes et les firent
circuler en disant loul bas qu'ellcscontenaicnt
les n~ms des représentants que Robespierre
voulait envoyer rendre compte de leurs
actes au tribunal révolutionnaire. De là une
Terreur au milieu de ceux qui faisaient la
Terreur. De là cette coalition du crime et de
la peur. De là la journée du 9 thermidor qui
ne fut pas seulement, on le voi t, « la punition
de l'ambition dictatoriale », comme veut le
faire croire Barère, ce faux frère doubléd'un

�111S TOR._1.11
faux bonhomme, mais une simple querelle,
une « brouillerie de famille Il, selon l'expression de ~Jallet du Pan.
Cependant Robespierre faisait surveiller
Tallien par les agents du Comité de salut
public. On a des rapporls de police sur ses
faits et gestes. Depuis l'arrestation de Thérésia, il éfait suivi pas à pas et ses q1oindres
actions épiées et rapportées. Il s'était aperçu
de cette surveillance et en avait parlé, mais
fort maladroitement, à la Convention, et,
depuis, il ne sortait plus qu'armé et ne marchait qu'avec la plus grande circonspection.
llabitait-il déjà la rue de la Perle, au Marais?
Y vint-il pour être plus près de la prison de
la Force, où, Lien qu'il ait peut-être essa)é
de l'oublier, était enfermée sa belle maitresse?
C'est difficile à savoir; mais ce dont on se
doute bien, c'est qu'il n'y vécut pas l'esprit
tranquille pendant le court intervalle qui
s'écoula jusqu'au 9 thermidor.
Pendant ce temps-là, que faisait Thérésia?
Ce qu'avaient fait les autres femmes qui, avant
elle, avaient été incarcérées. On se désolait
d'abord, on était désespéré, puis on s'habituait. Elle fit comme les autres.
On a dit et on a beaucoup répété qu'elle
avait été enfermée aux Carmes, que c'est dans
cette prison qu'elle fit la connaissance de
~[me de Beauharnais, qui eut une si prodigieuse fortune, et de Mme d'Aiguillon, qui
&lt;levait plus tard épouser le comte Louis de
Girardin et devenir dame d'honneur de la
reine de Naples. Mais c'est une erreur. Le
rapport du général Boulanger est formel et re
point a déjà été établi par M. Alexandre Sorel
dans son ouvrage sur le Couvent des Carmes.
Il y a là une page qu'il faut citer entièrement : « li existe, dit-il, à la p1·ison des
Carmes, une pièce éclairée sur un jardin par
une fenêtre, située au-dessus d'une petite
salle qui fait suite à la sacristie; on y arrive
par un escalier qui ne compte guère qu'une
quinzaine de marches. C'est à cet endroit que
les prêtres détenus dans l'église venaient décliner leurs noms, etc., avant d'être envoyés
à la mort. Il y a quelques années, les murs
de cette chambre en question, connue sous le
nom de Chambre ciux Epées, conservaient les
traces de nombreuses inscriptions que l'abbé
Guérin a copiées et qu'il a décrites dans une
lellre publiée par le journal ln Vérilé, elc.
Toutes ces inscriptions ont disparu à la suite
d'un badigeonnage dont la chambre a été
l'objet depuis qu'elle est habitée. La première
qu'on remarque dans la chambre est située
sur le mur du fond, en l'ace de la fenêtre.
Elle est écrite au crayon : « Oh I liberté,
quand cesseras-lu d'être un vain mot? Voilà
dix-sept jours que nous sommes enfermés :
on nous dit que nous sortirons demain, mais
n'est-ce pas là un vain espoir?
« Citoyenne TA LLIE~, J oséphinc veuve BEH 11A.R~A1s, n'AIG01uo:-1. 1&gt;
« Ces trois noms mis au bas de l'inscription étaient certainement de nature à commander le respect et, pour éviter toute dégradation, Mme de Soyecourt fit recouvrir cette

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - LA C1TOYENN'E TAU..1'EN

partie de la muraille d'un petit chàssis vitré.
&lt;( Mais il faut se demander si c'est Lien
authentique, d'abord le mot enfennés au
masculin? puis les signatures 1 ».
Il n'y a pas à s'arrêter à une faute d'orthographe : les lettres de Mme Tallien, comme
celles de Joséphine, en fourmillent, celles de
Voltaire en étaient pleines. Tout ie monde
alors en faisait, plus ou moins. Mais on peut
remarquer riue Thérésia n'a jamais signé
Citoyenne Tallien: à ce moment, elle n'était
pas encore mariée avec le représentant Tallien
et signait Cabarrus-Fontenay, Et puis, jamais
Thérésia ne mit les pieds, comme prisonnière,
à la maison des Carmes. Cette inscription ne
peut donc en aucune façon être considérée
comme l'œuvre d'une seule des trois femmes
dont elle porte la signature.
Enfermée à la Pt:tile-Force d au secret,
combien elle dut souffrir, la pauvre jeune
jemme, habituée comme elle l'était à tous les
raffinements du luxe et jetée tout à coup dans
un lieu qui n'offrait pas plus de confortable
qu'un cul-de-basse-fosse! Enfin, nos pères,
moins difficiles que nous, estimaient que,
comme antichambre de la mort, c'était suffisant. Taine fait, de cette prison primitivement
destinée aux assassins et aux voleurs, une
description qui est à donner la nausée : « Au
pied de l'escalier, et sous les lucarnes qui
servent de fenêtres, sont deux loges à cochons;
des latrines communes au bout de la salle cl
le baquet de nuit achèvent d'empoisonner
l'air .... Les lits sont des sacs de paille fourmillant de vermine .... On impose aux prisonniers la nourriture el la gamelle des forçats. »
Tout cela était répu~nant au dernier point,
mais on n'a pas oublié que Thérésia avait du
courage et qu'elle savait surmonter ses répugnances. D'ailleurs, à vingt ans, quelle misère
n'acceple-t-on pas joyeusement? Elle souffril,
sans doute, mais en bonne compagnie. Les
débris de l'ancien régime, hommes el femmes,
enfermés avec elle, n'étaient pas plus qu'elle
habitués à ce nouveau régime eten souffraient
toutautant; ily avait entre autres lemarécbal
de Ségur, le glorieux blessé de Rocoux et de
La"'felt, l'ancil!n ministre de la guerre de
Louis XV[, qui, amputé d'up bras par le
canon autrichi~n, s'attendait chaque jour à
subir une amputation vins grave ....
Il fallait avoirl'âme solidement trempée ou
$ingulièrement frivole pour ne pas se laisser
aller au découragement dans un pareil endroit,
avec la guillotine toujours en perspec1ire.
Quelques prisonniers étaient pris d'une invinc.ible torpeur au milieu de cette oisiveté forcée,
et cherchaient à oublier leurs angoisses dans
le sommeil; d'autres réagissaient contre le
malheur et contre la privation, plus sensible
encore, de ces mille riens qui sont tout dans
certaines existences, et cherchaient à communiquer à leurs compagnons et compagnes
d'infortune la fermelé qu'ils n'avaient peulêtre pas tant qu'ils voulaient bien le dire .
On s'accoutume à tout. Le docile troupeau
des prisonniers s'était, dans chaque prison,
1. Alexandre SoREt,. LP Couvent des Cai·mes peudanl fa Trrreur, pp. 317-325 (Paris, IJidicr, 1l!ti3) .

habitué à celle vie de misères et d'angoisses.

Il le fallait bien, d'ailleurs : le moyen de faire
autrement? Thérésia fit donc comme les
autres et prit son mal en patience. Peu à peu
on adoucit la rigueur première avec laquelle
elle était traitée; on lui donna de la paille
fraiche et l'on se relâcha de la surveillance
du secret.
On sait peu de choses sur sa détention à la
Force, et la légende a vite poussé ses branches
Heuries, après le 9 thermidor, sur le terrain
nu, mais non stérile, de la vérité. Aussi ne
faut-il pas s'attarder à redire et discuter
toutes les fantaisies que l'imagination et la
flatterie ont imprimées sur cet épisode de la
vie de Mme Tallien.
~fais il faut revenir à Tallien et voir ce
qu'il faisait pendant que sa maîtresse gisait à
la Force, sur une paillasse bourrée de vermine.
Il menait naturellement une campagne contre
nobespierre; il réunissait en faisceau tous les
amours-propres froissés, Ioules les peur~, tous
ambitieux de second ordre, et les groupait,
aidé en cela par tous ceux qui avaient à
redouter la lumière sur leurs actes, contre
celui qui voulait qu'on la fit.
Robespierre savait bien que ses ennemis
organisaient de sourdes menées contre lui.
S'il avait eu une plus grande connaissance des
passions humaines, s'il avait eu le flair plus
subtil, il aurait senti que, après avoir manqué
le moment d'agir, le 24 prairial, il était de la
dernière imprudence à lui de laisser à ses
ennemis tous loisirs pour s'organiser et se défendre. Il comptait trop sur sa popularité
pour aroir &lt;lt'S inquiétudes. li méprisait trop
aussi ses ennemis; il eût mieux fait de s'en
méfier. Mais, comme le dit Bossuet, « la sagesse humaine est toujours courte par quelque
endroit ». Robespierre allait bientôt en faire la
cruelle expérience. Il reconnut pourtant que la
situation, extraordinairement tendue, ne
pouvait se prolonger davantage. A la séance
des jacobins du 6 thermidor, il s'éleva contre
ceux qui divisaient les citoyens par leurs
odieuses menées. Couthon, le remplaçant à la
tribune, précisa davantagé; il déclara que les
meneurs siégeaient à la Convention, qu'il y
avait là &lt;&lt; cinq ou six représentants ... dont les
mains sont pleines de richesses de la Répu Llique et dégouttant es du sang des innocents
qu'ils ont immolés ».
C'était là une nouvelle menace, elle précipita les événements. Barras, Fréron, qu'une
révocation avec improbation était allé chercher
en Provence et que le Comité de salut puhlic
refusa de recevoir à leur retour; Tallien, qui
se trouvait dans un ras analogue, Rovère, etc.,
ne voulurent pas se laisser devancer; comme
à la guerre, le succès devait appartenir à
celui qui attaquerait. L'audace et la rapidité
des coups pouvaient seules sauver les conjurés. lis mirent de leur côté la droite del' Assemblée en lui promellant tolérance et modération, et se rivèrent l'extrême gauche en lui
montrant que Robespierre n'ét~it qu'un modéré, qu'avec son invention de l'Etre suprème,
il faisait marcher la Révolution à reculons, et
qu'il ne visait, en définitive, qu'à la dictature.

Flatteries, menaces, tout fut mis en œuvre,
et, le 8 thermidor, Fouché pouvait dire: « La
division est complète, demain il faut frapper.»
Avant de raconter la fameuse journée du
9 thermidor, il faut revenir à Thérésia.
Il paraîtrait qu'elle avait réussi à correspondre avec Tallien, tout au moins à lui faire
parvenir quelques billets. C'est possible : on
s'était peu à peu relâché de la surveillance
étroite dont elle avait été l'objet tout d'abord,
et beaucoup d'autres détenus avaient trouvé le
moyen de faire passer de leurs nouvelles à
leurs parents et leurs amis.
On a beaucoup dit et redit que c'est à une
lettre de Thérésia qu'est due, en réalité, la
chute de Robespierre et du gouvernement de
la guillotine. Cette lettre, écrite sous l'impérieux instinct de la conservation, aurait été le
coup de fouet que, du fond de sa prison,
Thérésia aurait allongé à son amant pour le
faire sortir de sa torpeur.
Mais celui-ci, qui sentait tout autant que
Thérésia l'aiguillon de la crainte et qui se
VO)'ait tout aussi près qu'elle de la &lt;( coupeuse
de têtes », n'avait pas eu besoin de cc coup de
fouet pour agir. On n'improvise pas un
9 thermidor : un acte de vigueur comme
celui-là demande une longue préparatiou.
Tallien avait concerté tout un plan d'attaque
avec ceux quel' on a.depuis appelés les Thermidoriens; il avait formé la colonne d'assaut,
assuré ses flancs et ses derrières, composé
une réserve, et quand tout fut prêt, il livra
bataille.
La lettre de Thérésia n'y fut pour rien.
Cette lettre a-t-elle même été écrite?
M. de Lacretelle, dans son llisl()Ù'e de
France, exprime, sous forme d'éloges, la reconnaissance personnelle qu'il doit à Mme Tallien pour avoir fait des démarches en sa faveur
après le 18 fructidor. Si cette lettre avait
existé, il en aurait eu certainement connaissance et eùt été enchanté de la citer, mais il
n'en parle pas. Il a dû connaitre la fable que
faisaient circuler les Thermidoriens, mais sans
se douter que l'on voulait faire à cette galanterie de salon l'honneur dP. la présenter
comme histoire à la postérité.
Plus tard, en 1824, la princesse de
Chimay, écrivant à M. de Pougens, se plaint
de ce silence : « Rendez-mt1i le service, lui ditelle d'exprimer à M. de Lacretelle ma reconnaissance pour la manière dont il a bien
voulu parler de moi dans le onzième volume
(de son Histoire de France). J'aurais sans
doute voulu qu'il mentionnât ma lettre du
7 thermidor à M. Tallien .... »
Cette réclamation est pour nous une présomption de plus qui nous fait incliner à
croire que Thérésia pense encore à substituer,
en ce qui la concerne, la légende à !'Histoire.
Et, bien qu'il nous en coûte de le dire,
cette lettre existerait que rien ne prouverait
~u'elle n'a pas été faite après coup, pour
etayer la légende, lorsque Tallien se rendit
compte de l'immensité des résultats de sa
victoire, - car, dans de telles convulsions, les
questions sont infiniment plus orandes que
ne le croient les acte~rs, - et q;e, par ama-

hililé, il en fit remonter le mérite à Thérésia.
Les autres Thermidoriens étaient trop galants
pour nP. pas faire chorus avec Tallien et, tout
en sachant parfaitement comme quoi tout
cela n'était pas, ils en répandirent la fable.
D'ailleurs, tout parti veut une héroïne; on
en avait une là, sous la main, tout fraîchement sortie de prison. Il était impossible
d'en trouver une plus belle ; aussi la saluat-on unanimement, à un souper, du titre de
Notre-Dame de Thermidor.
Au reste, voici cette lettre, considérée bien
à tort, selon nous, comme monument historique sérieux et probant.
De

la Force. le 7 thermidor.

Jladame de Fontenay il 1'1. Tallien.
(! L'administrateur de la police sort d'ici;
il est venu m'annoncer que demain je monterai au tribunal, c'est-à-dire sur l'échafaud.
Cela ressemble bien peu au rêve que j'ai fait
celte nuit. Robespierre n'existait plus et les
prisons étaient ouvertes. Mais, gràce à votre
insigne làcheté, il ne se trouvera bientôt plus
personne en France capable de le réaliser. »

Comme les correspondances avec le dehors
n'étaient pas faciles, on a imaginé de dire, et
Madame Tallien a raconté souvent elle-même
que cette lettre parvint à son adresse par des
moyens extraordinaires. Tan tôt on voulait que
Tallien eût loué un grenier, dans une maison
dominant la cour de la prison où elle faisait
sa promenade du soir, et que, du haut de
son grenier, il lui lançùt, dès qu'il l'apercevait seule, un caillou enveloppé dans un
papier sur lequel il avait écrit tout cc qu'il
voulait lui dire. Tantôt on disait sérieusement que c'était au• moyen d'un trognon de
chou évidé, dans l'intérieur duquel elle
plaçait un billet et qu'elle lançait par-dessus
le mur, que Tbérésia avait trouvé le moyen
de correspondre avcc son amant et de lui
envoyer cette lettre décisive.
Voilà des folies. Pour nous résumer, que
Thérésia ait écrit cc fameux billet le 7 thermidor, ou seulement plus tard, après sa
sortie de prison, pour donner un corps à la
légende dont elle voulait pavoiser son nom,
et pour hausser encore le piédestal sur lequel
elle voulait prendre une &lt;( altitude » devant
la postérité, il est certain que, avec ou sans
lettre d'elle, Tallien aurait attaqué quand
même Robespierre.
Thérésia ne fut donc pour rien dans la
journée qui amena la chute de Robespierre :
et, pour aller à la postérité, les légèretés de
sa vie, ses bontés aussi, la servent mieux que
ses services au 9 thermidor.
Le soleil se leva, le dimanche 9 thermidor
(27 juillet 1794), dans une de ces brumes
lourdes et torrides qui sont fréquentes à
Paris vers la fin de l'été. A l'Assemblée
régnait l'anxiété. Le groupe des &lt;( pourris »
était décidé à brusquer la fortune et à ren1·erser, coùte que coùte, un pouvoir qui avait
déclaré son intention de les châtier; les
groupes de droite et d'extrême gauche étaient

décidés à les appuyer, le groupe des trembleurs à les suivre. Une bonne carte dans le
jeu des conjurés; soixante-huit députés, Lous
dévoués à Robespierre, étaient en mission
dans les départements.
La séance commen&lt;'a comme à l'ordinaire
par la lecture du pr~cès-vcrbctl de la séance
précédente. Le procès-verbal adopté, SaintJust monta à la tribune. Il se mit it lire,
scandant ses phrases du poing, selon le geste
qui lui était habituel, un écrit dans lequel il
attaquait les membres du Comité de Salut
public.
Tallien l'interrompit. Il dit que, comme
lui, il n'était d'aucune faction, qu'il n'avait
en ,·ue que le bien de la patrie et l'intérêt de
la libertC:·; la preuve, c'est qu'il demandait
que le voile fùt entièrement déchiré.
Ces mots furent accueillis par une triple
salve d'applaudissements : chacun des conjurés savait ce que cela voulait dire. Là se
borna, - c'est Barère c1ui l'affirme dans ses
,lfémoires et son affirmation paraît, sur ce
point, à peu de chose près exacte, - là se
borna le rôle de Tallien en cette journée.
&lt;( C'est ce di~cours, dit-il, que Tallien interrom1~it un instant, unique service qu'il
rendit dans celte journée dont il a voulu
ensuite s'attribuer les honneurs .... Voilà, je
le répète, la seule part que Tallien ait eue
aux événements du !) thermidor. Ce fait
simple était trop connu pour qu'on lui attribuàt la grande influence que les agents de
Coblentz, arrh·és à Paris, et ses amis de
contre-révolution ont cherché à lui prêter
depuis, avec l'intention de le rendre puissant
dans l'opinion, et les passions du parti réacteur qui domina jusqu'au '15 vendémiairc 1 ».
Rillaud-Varennes s'élança à la tribune
quand Tallien en descendit, et fit un Ion" discou_rs. Robespierre voulut l'y remp~cer;
mais le branle était donné, les conjurés ne le
laissèrent pas varler; les cris de A bas le
ty1·an ! l'empêchèrent de se faire entendre.
Voyant que les affaires prenaient une
fùcheuse tournure pour Robespierre, Tallien
prend de no~veau la ~arole. Cet~e fois, il y
va plus hardiment - Il sent qu il est soutenu - et il déci.ire avec de grands gestes
qu'il s'est armé d'un poignard pour percer le
sein du nouveau Cromwell, dans le cas où
l'Assemblée n'aurait 1,as le courarre de le
décréter d'accusation.
t&gt;
. C'est sur ces parole~, violemment applaudies, que la Convention vote l'arrestation
d'Jfanriot et de son état-major et qu'elle se
déc_lare en pe'.~anence (( jusqu'à ce que le
glaive de la 101 ait assuré la Hévolution J&gt; .
Billaud-Yarennes réclame l'arrestation du
général Boulanger : on l'accorde.
Robespierre veut parler : un tonnerre
d'imprécations comre sa voix. La partie
semble gagnée; les Tallien, les Fouché, les
Rovère, les Ba.rras, etc., ne veulent pas la
compromettre.
1. IJARi:nE. ilfémoires, t. Ill, p. 221. Cc fut là en
cff~L, le _relie de T~llie!l, mais il ne faut pas oublier
~Ill 11 avait _loul prcparc pa: _une campagne acti,·e, oit
11 a,.a,_l dcploye ~es. q uahles de chef de parti cl
monlrc du lOUJl d œil cl ,le la prévoyance.

�~ - 111ST0'/{1.ll
Barère, qui ne ,·eut pas, lui, se compromettre, et qui sent chanceler la fortune de
Hobespierrc, juge prudent de prononcer un
discours ni chair ni poisson, qui lui permette
à un momenl donné de se retourner conlre
celui que, deux jours auparavant, il portait
aux nues; mais il ne l'accable pas encore. Le
vieux Vadi_er s'en charge. Tallien, voyant le
loup à terre, lui porte encore un coup : il
lui reproche l'arrestation des membres du
Comité révolu lionnaire de la section de
rindivisibilité, des calomnies conlre les
sauveurs de la patrie, des acles d'oppression
sur les simples particuliers. Ceci visait évidemment l'arrestation de Thérésia Cabarrus.
Il allait poursuil're, lorsque Robespierre
l'interrompit: cc C'est faux, dit-il, je ... »
Les passions surexcitées, surchauffées dans
celle atmosphère de haines délirantes, éclatent de nouveau en mille cris et l'empêchent
de se faire entendre : les cris redoublenl, ils
se prolongent et ne finissenl pas... El la sonnette du président, dans ce débordement de
toutes les fureurs humaines, tintait et tintait
sans reh'tche, furieuse elle-même, désespérée,
impuissante ...
Robespierre lutte pourlant, il veut se faire
entendre et ne cesse de réclamer la parole au
milieu de cet ouragan de toutes les rages et
de toutes les haines de l'enfer. « Tu ne l'auras qu'à ton tour! l) lui répond Thuriot, qui
vient de remplacer Collot d'Herbois au fauteuil et qui prélude ainsi, par un déni de
justice, à la carrière qu'il fera dans la
magislralure impériale.
Il lulte encore et répond à cette parole
qu'on lui lance comme une flèche empoisonnée : cc C'est le sang de Danton qui
t'étouffe 1 » par celle autre qui démasque les
sentiments vrais de ses bourreaux : « Làches 1
pLJurquoi ne l'avez-vous pas défendu? »1
Dans le cercle des haines grouillantes qui
l'étreignent, Robespierre ressemble à un de
ces scorp:ons que des gamins cruels, en
Espagne, entourent d'un cercle de charbons
ardents : de quelque côté qu'il cherche à
fuir, le malheureux insecte se heurte à une
barrière de feu et, impuissant à sortir de cet
enfer, finit par darder sur lui-même son
aiguillon meurtrier. nobcspierre lu lie cependant jusqu'au bout.
Enfîn, l'épuisement de tous amène le
silence : il se fait solennel, absolu .... La sonnette du président a cessé de sonner.... Le
moment est poignant.

- Je demande le décrel d'arrestation
contre Hobespicrre ! dit Louchet 1 •
- Je demande un décret d'accusation
contre Hobespierre ! ajoute Louau.
On les vote.
C'est alors que Hobespierre jeune, dans un
mou\'ement d'amour fraternel que l'on n'a
pas assPz admiré, demande à partager le
sort de Maximilien.
On J'accorde.
Fréron, que celte simplicité dans le
dévouement a fait un instant trembler pour
le résultat de la journée, - comme si la
générosité était aussi contagieuse que les
mauvaises passions, dit, en s'essuyant le front
que l'effroi a fait perler non moins que la
chaleur: «Ah! qu'un tyran est dur à abattre! 1&gt;
Et ce Fréron, qui a mitraillé Toulon et
noyé Marseille dans le sang, crie : \ïve la
Liberté! Vive la République!
Maximilien et Augustin nouespierre, SaintJ ust, Couthon, Le Bas, décrétés d'accusation,
sont traduits à la barre et emmenés par une
brigade de gendarmes.
La séance était terminée, m:iis la journée
ne l'était pas. La Commune, au fait des événrments, était réunie. Elle rendit arrêté sur
arrêté, défendant aux directeurs de prisons
d'écrouer un seul nouvel individu sans un
ordre formel du maire Fleuriot-Lcscot, ...
ordonnant qu'une députation du conseil
général irait, avec la force armée, délivrrr
Robespierre el ses collègues déc ré Lés d'accusation, ... appelant le peuple aux armes ....
Les nouveaux maitres de la France, non
moins actifs que la Commune, avaient repris
séance à sept heures. Ils rendaient ii la Commune coup sur coup et ripostaient à ses arrêtés par des décrets les annulant. La victoire
leur demeura.
Conduit de prison en prison, - car toutes
les portes, conformément à l'ordre de la Commune, se fermaient devant lui, - Robespierre
fut amené à l'administration de la police sur
le quai des Orfèvres et conduit enfin à !'Hotel
de Ville par une Mputation de la Commune.
Il était huit heures et demie du soir. Peutêtre aurait-il pu, grâce à ,a popularité, rétablir ses affaires. Mais il n'était pas homme
d'action. Il hésita, perdit du temps, et consentant enfin il signer un appel à la section des
Piques, que venait de rédiger le représentant
Lerebours, il avait écrit les deux premières
lettres de son nom, flo ... , lorsqu'il s'interrompit brusquement : un coup de pistolet,
tiré par un assassin soldé\ lui fil tomber la

1. LEH&gt;SEUI\ (ùe la Sarthe), /Jlémoù-es, t. TIi,
p. 147.
'l. !léputé d~ l'A l'eHon. _l~rrorisle elfrén{•. plus
lard lo11ct10nn,11re de f'Emp1rc . Il fil une grosse fcn·•
lune comme trésorier général de la ~nmme.
_;ï. _c·c~l L~oM~cl Bourdon, i, en croire E. llanwl, le
très 1•rnd1t l11stor1cn ~c llobe~picrrc cl de Saint-.lusl,
&lt;J,lll r_ec~uta ~cl assa_ssin ,le 1·111gl ans, nommé ~ll'rda.
l:è vila111 drnlc dcnn I colonel, baron &lt;le l'Empire et
cul l'honnèur, 11u'il ne mérilail pas, d'èlre tué àla
tête &lt;lu 1" ,·égimenl de chasseurs à cl1c,•al le jour de

la halaille de la Moskowa. (\'oir à cc sujet le Général
Cw·ély, par le général T11ouu.,s, p. 2~.)
t Uocleur C;u,"i:i, Cabine/ secret de l'Histoire.
1" série, p. 12!). - l'.:xlrail d'une lellre du docteur
(;aral, de Bordeaux, &lt;1ui avait connu Souberbielle. li n'y a qu'un pcli t malheur it celle jolie boutade d('
S11ubc1·biclle, c'est r1ue llamiol (et non llenrio!) fui
tlécrélê d'accus:1lion le !) thermidor ~n même temps
que l\obcsp1errc, cl que les Thern11dor1cns les l'nvoyércnl tous les deux à la morl en même tempi, le
10 Thermidor.
(A

plume des mains. La balle l'avait atteint à la
joue, lui déchirant les chairs, brisant l'os
maxillaire inférieur et éclaboussant de Laches
de sang le papier sur lequel il écri\'ait.
Robespierre abattu, la lutte était finie. La
victoire définitive restait à ceux que l'on a
appelés les Thermidoriens. C'était un triomphe
d'intérêts personnels sur d'autres intérêts
personnels: c'est pour cela que l'acharnement
avait été si sauvage. Mais de doctrines, d'idées,
point.
C'était le cas, pour les vainqueurs, de montrer leurs sentiments de modération et d'humanité, - s'ils en avaient eu. Comme si elles
avaient attendu un contre-ordre, les tharrettes chargées de porter à la place du Trônenenversé la pâl ure journalière de la guillotine,
s'attardaient dans la cour du palais de justice;
elles attendaient ... el elles parurent ne s'ébranler qu'à regret pou rieur luguLre destination.
Il était cinq heures. La Convention aurait eu
le temps d'envoyer, par un exprès, l'ordre de
surseoir aux exécutions : elle ne le fit pas.
Ceci n'est-il pas une preuve que les Thermidoriens ne sonp-eaient nullement à abolir le
régime du sang? Ils n'eurent pas non plus la
moindre idée de clémence, le lendemain, et
la guillotine régla définitivement leurs démêlés avec flobespierre, son parti et la Commune
de Paris; soixante-dix viclimes porlèrent ce
jour-là leurs tètes sur l'échafaud, et c'est dans
le sang, sur un lit de cadavres, que s'inaugura le règne des Thermidoriens.
Cc ne fuL que qucl4ues jours après, et sous
la prrs~ion de l'opinion pulJlique, que les
exécutions furent suspendues, les prisons
ouvertes peu à peu et la Terreur mitigée.
Mais les Thermidoriens, qui bénéficièrent
ainsi d'une réputation de clémence, et dont
l'histoire a fait des soldats de l'humanité,
méritaient tout autant que ceux qu'ils venaient
de jeter à bas qu'on leur appliquàt les dernières cl vengeresses imprécations de Chénier
que le tribunal révolutionnaire, ce
... tribunal impie
Qui mange, lioil, rote du sa11g,

venait d'envoyer à la morl; de Chénier qui
écrivait, au moment où l'on vint le prendre
pour le faire monter sur la fatale charrette :
Mourir sans l'idcr mou carquois 1
Sans percer, sans fouler, sans pétrir dans leur fange
tes bourreaux barbouilleurs de lois!

Quant à Hobespicrre, sans cherd1er à faire
de lui une innocente victime, comme quelques amis posthumes l'ont essayé, on peut en
penser ce qufl disait plus tard son ami le docteur Souberbielle: « Un homme de sang, lui,
le plus probe des citoyens; un homme de
sang, jamais! Écoutez ceci: Hanriot, son ami,
lui dit: « Pour en finir d'un seul coup, il faut
faire tomber cent mille têtes &gt;i. ()ue fit llobcspierre? li fit guillotiner son ami llanriul.
Et YOUS me direz après cela que c'était uu
homme de sang !~ &gt;1

suivre.)

JOSEPH

,TURQUAN.

Docteur CABANÈS
~"o

Beaumarchais s'est--il suicidé?

Le matin du 8 mai 1799, le valet de
ch~rnbre de Beaumarchais, surpris de ne pas
YOir descendre son mailre comme à l'ordinaire, pénét~ait dans la pièce où il reposait
Pt le trouvait sans mouvcmenl et sans vie.
li était, nous dit un contempor:ün, dans la même attitude 011 il
s'était placé en se mettant au lit 1 •
Aucun dérangement n'annonçait qu'il eût sou f.Tert. Les médecins appelés déclarèrent unanimement qu'il avait succombé à une
attaque d'apoplexie - « le san"
', •
,
0
s eta1t porle au cerveau &gt;&gt; - et
qu'il était sorti de la vie sans douleur et sans avoir eu conscience
de sa fin prochaine.
Ce qui nous laisse croire à une
mort naturelle, c'est que, la veille
même, l'auteur du Barbier avait
passé une soirée très gaie au m:lieu de sa famille et en compagnie de quelques amis.
Il avait évoqué, au cours de sa
conversation, des souvenirs de
jeunesse, qu'il avait contés, selon
les termes d'un témoin, cc avec
une aménité clnrmante &gt;&gt;.
Le libraire B~srnnge, mort centenaire en octobre 1865, rapportait avoir passé celte dernière soirée a\'ec Beaumarchais. Il avait
fait avec lui une partie de dames,
et Beaumarchais ne serait allé se
coucher que sur les instances de
son valet de chambre. A onze heures, il s'était retiré en embrassant
sa femme. Comme celle-ci avait
une légère indisposition, il lui avait
affectueusement recommandé de
prendre soin de sa santé. Quant
à lui, il ne se plaignait en aucune façon.
Après avoir donné ordre de le réveiller· de
bonne
. heure,
. il s'était endormi et , le Ieddemam matin, on le trouvait inanimé.
. ~elle fin subite d'un homme qui paraissait
J0?1r d'une santé si parfaite ,éveilla,chez cerlarns, des soupçons qui, aujourd'hui encore,
ne sont pas tout à fait dissipés.
Dans une com-ersation tenue peu de jours
avan_t s~ mort, Be~umarchai~ avait, parait-il,
e~pr1me le souhait, quand 11 serait las de la
vie, de se débarrasser promptement de sa
1. Gu~" _llf: _1.A ll1n.HLu.111F. fl istoire d&lt;• 1/eaum~rchais (cd1l1on 1'ourncu1), 188~, p_. 47;;_
- •1':evue des Deu.t-Mondes, Ja111·1cr-mars l 8i0,
P' 4 ),;o ,
3. Dans 1~ notice qui précède son édition in-18 de
Beaumarchais.
,

&lt;&lt; guenille 1,, par un de ces moyens chimiques
dont on commençait à parler à l'époque.
Une semaine à peine après le décès de
Beaumarchais, un « ami de la famille » écrivait à sa veuve, qu'il avait rencontré quel-

?e décour~gemenl,_ Beaumarchais ait fait part

a, son .a°:11 de_ proJets que, de sens rassis, il
n a~ra1t Jamais songé à mettre à exécution.
Il n en !allut pas plus pour é1ablir la légende.
Esmenard, dans son article BEAUMARCII \IS
de la Bibliographie universelle,
HaveneP après 13eucbot, SainlrIlcuve lui-même après flavenel,
ne manquèrent pas de reproduire
cette version, et ~ans trop cherch~r à la démentir. Tout au plus
Sarnte-Beuve, quand on lui eut
so_umis les argummts qui milit~1ent en favt:ur de l'hypothèse
d une mort naturelle, se rendit-il
.
mais
rn conservant par devers lui'
« un léger doute• ,&gt;.
Ce doute n'est plus permis aujourd'hui.
Les documents qui ont éLé mis
en lumière, notamment par le Liographe le plus autorisé de Beaumarchais, M. de Loménie• el
pl~s récemment, par M. Eug. Lin~
thtlbac, sont pour entraîner les
contradicteurs les plus tenaces.
. Dans les derniers temps de sa
ne, Beaumarchais présentait l'aspe~t d'un homme « replet et sangum &gt;&gt; : ce sont les expressions mêmes que l'on retrouve dans le
dernier passeport que lui délivra le
ministre de France à Ilambour". A
la même époque, il sequalifiaitluim~me : un bon vieillard g1·and,
yru, groi;, gras.
Mais il Y a plus, et ce détail a
une toute autre valeur à nos yeux:
Beaumarchais était sujet à de fréquentes syncopes.
.
. Le 5 mai 1797, alors àgé de
qu'un qui, disait-il, lui avait cc débité--grare- somnte-crnq ans, il écrivait à sa fille G •
vemenl cette impertinence l&gt;.
« Depuis, la _nuit du 6 au 7 avril, où j'cu~
Celui qui avait fait courir ce bruit calom- un_long aneant1ssement, qui était le second
nieux n:était autre que le poète Népomucène cw1s que la natu,·e me donnait depuis cinq
Lemercier, avec lequel Beaumarchais était semaines, mon état rsl plus tolérable. J'attrès lié: . Dans s,~s derniers jours, l'auteur te,_1ds les poudres végétales ('!). Et soit que la
du Jlanage de J,1gal'o se consolait souvent
saison ascendante où nous sommes ranime
dans l'intimité du jeune poète, des obsession~ un peu mes forces, soit que cet éréthisme
de ~oute sor_te que de ruineuses prodigalités procède de fièvre, j'ai pu faire, ma chère enavaient suscitées à sa vieillesse. li lui faisait fant, d'immenses travaux, dont tu recueilleconfidence de ses embarras financier~, el il ra~ I&lt;:_ fruit par les précautions que j'ai
n'est pas surprenant que, dans un moment prises ' . &gt;&gt;
t Causeries du lundi, t. VI.
étailadoré; lui seul paraissait el lui seul se croyait ca5. L. 1'! _Lo%&gt;1~:, Beaimw1·clrais el 8011 temps,
~nbl_ede dé_br~uil!cr l_'ine~lr;~a_ble chaos de ses affaires.

l. Il, pp. ;,,2lJ cl su,"anlcs.

6. L"r1L111c. 1t'aprës8o~~EVILLE ur. M,11\SüGl, illmede
IJeaumarclta1s, p. 115.
7. Be3urnarchais adorail sa fille umquc dont il

Es~~1I _adm1ss1blc, op_mc _JUd1c1cusemcnt de Loménie,
~u 11 ail pu songer a laisser volonlairemcnl cc lourd
!nrdc~u. sur les bras de sa fille el d'un icune mari
mexperimenlè 1
'

�111STO'l{1.ll

-----------------------------------

Ces « avis de la nature n étaient vraisemblablement des allaques d'hémorragie cérébrale. La première, comme le disait un spirituel médecin d'autrefois, est une sommation
sans frais, la seconde une sommation avec
frais, et la troisième .... l'expulsion de ce
monde.
La mort de Beaumarchais s'explique de la
sorte, très logiquement; mais nous avons
d'autres preuves, plus concluantes.
Et d'abord, le certificat du chirurgien
appelé à constater le décès, certificat daté du
· jour même de cc décès (20 noréal an VII),
déclare que le c&lt; citoyen Beaumarchais est
mort d'une apoplexie sanguine, et non autre
maladie n.
A ce témoignage, Al. de Loménie joint
celui du propre gendre de Beaumardiais qui,
consulté sur ce point, répondit par la lcltre
suivante, dont les termes, très explicites, ne
laissent place à aucune autre hipolhèEe que
celle d'une mort naturelle :
Villepinlc, par Lirry Scinc-cl-Oisr ,
i octobre 1840.

cc Mo.-;smun,

« Je viens d'apprendre avec un étonnement pénible les bruits que l'on a fait courir

sur les dernitrs moments de Beaumarchais,
mon beau-père. L'assertion memongère de
son suicide, qui a été reproduite dans des
écrits sérieux, m'oblige à repousser avec toute
l'indignation qu'elle mérite une fable dont la
famille et les amis de Beaumarchais se seraient émus, s'ils l'avaient connue plus tôt.
c, Ucaumarchais, après avoir passé en
famille la soirée la plus animée, où jamais
son esprit n'avait élé plus libre el plus brillant, a été frappé d'apoplexie. Son valet de
chambre, en entrant chez lui le matin, l'a
trouvé dans la même position où il l'avait
laissé en le couchant, la figure calme et ayant
l'air de reposer. Je fus averti par les cris de
désespoir du valet de chambre, je courus
chez mon br au-père, où je constatai celle
mort subite et lranquille; je ne m'occupai
plus ensuite que de saU\er à sa fille, qui
avait un véritable culte pour son père, l'angoisse d'une nomclle qui aurait pu Jui être
funesle si elle l'eût apprise sans ménagement.
c&lt; Voilà, Monsieur, la Yérité exacte ....
cc DnA11u1s. »
Dans la famille de Beaumarchais, on ne
croyait donc pas au suicide; dans les papins
laissés par la veuve de !'écrivain, on ne
trouve pas la moindre allusion, si voilée

soit-elle, à celle version véritablement insoutenable.
Un des familiers les plus intimes de neaumarchais, Gudin de la Brenellerie, dont
M. Maurice 'l'ourneux a possédé les manuscrits, dit que, la veille de sa mort, Beaumarchais paraissait c, plein de force et de santé 11,
et que cc .a constitution vigoureuse, son embonpoint annonçaient qu'elle n'était point
altérée &gt;l. Dans les lettres qu'il adressait à
Mme de Beaumarchais, Gudin rappelle à
maintes reprises la fin si imprérnc de son
ami et, à cette occasion, souhaite comme lui
une mort cc rnudaine et tranquille 11. Mme de
Beaumarchais écrit, de son cùté : cc Mon mari
est sorti de la vie comme il y était entré. 11
Ainsi, d'une part, un propos en l'air, tenu
par un homme qu'avaient affecté des revers
de fortune, des affaires très compliquées, des
soucis familiaux - sa fille qu'il adorait lui
donnait des inc1uiétudes de santé dont s'était
ému son cœur, particulièrement sensible; de
l'autre, une déclaralion formelle d'un homme
de l'art, une tradition de famille immuable.
Entre les deux versions pas d'hésitation llOSsible : celle de la mort naturelle est la seule
acceptable. li nous semble que le problème est
d'une solution si aisée et ~i simple,quc nous
nous défendrions presr1ue de l'avoir soulevé.
DocTEUR

CABANÈS.

CHARLES FOLEY
~

Les débuts difficiles
de l'Académie française
Hans sont intéressante étude, Le Plaisa11t
:abbe de Boisrobel'l (~fcrcm·e de Frnnce),
)1. Emile Magne nous retrace, non sans indulgence, la carrière d'homme de lellres et de
courtisan d'un des plus célèbres lmmo1·istes
du x.vn• siècle. Auteur dramatique, romancier, poète, épistolier, inépuisable anecdotier,
le frivole mais incorruptible ami de Richelieu
sut faire oublier, par son esprit primesautier
et son imperturbable gaieté, les désordres de
son existence.
Cc ne furent ni Conrart, ni Chapelain, nous assure l'historien, - ce fut Boisrobert,
qui, par son crédit auprès du cardinal, assura
la fondation de l'Institution fameuse c, où devaient se concentrer toutes les lumières de
l'esprit français n .
Dans la vie du plaisant abbé, c'est le point
qui nous intére~se. Aussi avons-nous puisé,
dans le livre de M. Emile Magne, la plupart
des détails qui nous ont permis d'évoc1uer,
sous un jour un peu nouveau, les origines de
l'Académie française.
~

Madame de Maintenon

~laJame deUaintenon m'ad;tsouvcnt qu'elle
avait connu madame de Montespan chez le maréchal d'Albret, cl qu'elle n'al'ait point alors
celte humeur qu'elle a fait paraitre depuis;
ajoutant que ses sentiments étaient honnêtes,
s1 conduite réglée, et sa réputation bien établie.
Elle devint peu après dame du palais de la
Reine, par la faveur de Monsieur, et le Roi
ne fit alors aucune allention à sa beauté :
toute sa faveur se bornait à sa maitresse,
qu'elle amurnit à son coucher, qui durait
longtemps, parce que la Reine s'était fait une
habitude d'attendre toujours le !loi pour se
mellre au lit. Cette princesse était si vertueuse
qu'elle n'imaginait pas facilement que les
autres femmes ne fussent pas aussi sages
qu'elle; et pour faire voir jusqu'à quel point
allait son innocence, quoique avec beaucoup
de hauteur dans ses sentiments, il suffit de
rappeler ici ce qu'dle dit à une carmélite,
qu'elle avait priée de l'aider à faire son examen de conscience pour une confession géné-

raie qu'elle avait dessein de faire. Celle religieuse lui demanda si, en E5pagoe, dans sa
jeune~se, avant d'être mariée, elle n'avait
point eu envie de plaire à quelques-uns des
jeunes gens de la cour du roi son père :
cc Oh non! ma 111è1·e, dit-elle, il n·y avait
/ioinl de roi. )&gt;
)lais enfin, madame de ~lontespan plut au
roi; elle en eut des enfants, et il fut question
de les mettre entre les mains d'une personne
qui sùt et les bien éle\·er et les bien cacher.
Elle se souvint de madame de Maintenon, et elle
crut qu'il n'y avait personne qui en fût plus
capable : elle lui en fit donc l'aire la proposition, à quoi madame de Maiotcnon répondit
que, pour les enfants de madame de Montespan, elle ne s'en chargerait point; mais que,
si le Hoi lui ordonnait d 'a mir soin des siens,
elle lui obéirait. Le roi l'en pria, et elle les
prit arec elle.
Si cc fut pour madame de .Maintenon le
commencement d'une fortune singulière, ce
fut aussi le commencement de ses peines et
de sa contrainte. li fallnt s'éloigner de ses
amis, renoncer aux plaisirs de la société, pour
lesquels elle semblait ètre née, et il le fallut
sans en pouvoir donner de bonnes raisons
aux gens de sa connaissance. Cependant,

comme il n'était pas po;sib'.c de s'en éloigmr
tout d'un coup, pour remédier aux inconvénients qui pouvaient arri rer dans une aussi
petite maison que la sienne, dans laquelle il
était aisé de surprrndre une nourrice, d"c11tendre crier un enfant, et tout le reste, elle
prit pour prétexte la petite dïleudicourt, el
la demanda it madame sa mère, qui ht lui
donna sans peine par l'amitié qui était entre
elles, et par le goùt qu'elle lui connaissait
pour les enfants. C,!lle petite fille fut depuis
madame de Montgon, dame du palais &lt;le madame la Oaupbine de Sarnie.
Je me souviens d'avoir ouï raconter beaucoup de particularilés de ces temps-là, qui
ne méritent pas, jecrois,d'ètreécritcs, quoique
le récit m'en ait infiniment amusé. Je ne
dirai qu'un mot.
On emoyait chercher madame de füinlenon
quand les premières douleurs pour accoucher
prenaient à madame de Montespan. Elle emportait l'enfant, le cachait sous son écharpe,
se cachait elle-mème sous un masque, et,
prenant un fiacre, revenait ainsi à Paris.
Combien de frayeurs n'a\ait-elle point que
cet enfant ne criât ! Ces craintes se sont souvent renourelées, puisque madame de Montespan a eu sept enfants du Roi.
:\L\DAME DE

C.\.YLCS.

çonne ;1à un de ces conciliabules clan des lins
où, sous couvert de belles-lettres et de galanteries, on se permet de fronder sa politique
ou même de fomenter des complots. Il faut
Ioule la verve endiablée, toute la gaieté bouffonne du favori pour calmer les méfiances du
maître. Le plaisant abbé a pris tellement à
cœur la cause de ses nouveaux amis, il en dit
tant et tant. .. qu'il en dit trop I Gagné, séduit,
non seulement Bichelieu abandonne ses idées
de répression, mais, en politicien essentiellement pratique, il cherche, lui qui n'a à son
serrice que des ,·eg ra/tiers de lettres, à quoi
lui pourraient être utiles Conrart et ses amis.
Ne pourraient-ils, par exemple, dirigés, stylés
et largement gagés, atténuer par des éloges
adroits l'impopularité du ministre et même
réfu Ler, par de véhémentes ou spirituelles
répliques, les terribles pamphlets que lui
décochent sans trère d'insaisissables ennemis?
Le cardinal et l'abbé discutent, précisent
leur projet el donnent à leur idée première une
portée plus large et plus haute. Boisrobert est
alors chargé de proposer à ses nouveaux amis
de la rue Saint-Martin de« régulariser et perfectionner la langue ». Dans ce but, le petit
cénacle sera autorisé par lettres patentes,
moyennant privilèges et pensions, cc à faire un
corps et à s'assembler régulièrement sous
une autorité publique l&gt;.
Conrart et ses amis sont bien moins flattés

dance. Aussi regimbent-ils sous le joug qu'on
leur impose, si doré que soit ce joug. 'l'ant
mal que bien, le plaisant abbé apaise les premières résistances et prend sous son bonnet
d'assurer au tout puissant ministre que ses
offres sont accueillies avec la plus humble
gratitude.
Il va sans dire que, sous ses dehors de générosité désintéressée, Richelieu entend user
el mème abuser de l'humble g1·alilwle des
futurs .\cadémiciens. c, Son Eminence veut être
consultée sur tous les ])l'élendants afin de
fermer la porte à la brigue et de ne soufl'rfr
en son assemblée que des gens qu'il connaisse
ses sel'viteur.~. ,&gt;
Le$ ennemis du ministre ont tout de suite
pénétré ses intentions. Ils plaignent ironiquement Conrart et ses familiers d'être désormais
astreints cc à composer des fards pour plastrer
de laides actions el à faire des onguents pour
mettre sur les plaies publiques ». Ils s'indignent que, sur promesse c&lt; d'avancement et
petite assistance l&gt;, cette ca11ail/e consente h
combattre la vérité.
L'Académie s'organise et formule ses
statuts, mais de toutes parts surgissent des
obstacles.
Louis XJII n'ose opposer un refus au cardidinal, mais il n'accorde les lettres patentes
qu'à contre-cœur. Plus brave, le Parlement
refuse de les enregistrer. L'opinion publique

En l 6:i4, au coin de la rue Saint-Martin et
de la rue des Yieilles-Étuvcs, chez Conrart, se
réunissait chaque semaine un petit groupe
d'amis. Là, Godeau, Gombauld, Chapelain,
Uesmarets, Habert, Giry, Serizay, Malleville
et l'abbé de Cerisy devisaient librement.
IJuelqu 'un de la compagnie avait-il composé
un ouvrage? ll le communiquait aux autres
qui lui en disaient franchement leur avis.
Parfois la causerie se prolongeait dans une
promenade ou s'achevait dans une collation.
Nos amis s'étaient engagés à ne parler à personne de leur réunion.
L'abbé de Boisrobert, favori du cardinal de
Richelieu, avait pour fonction de distraire et
d'égayer Son Eminence. C'eût été, pour tout
autre, une tâche impossible. ~lais Boisrobert
se tenait au courant des moindres nouvelles
de la ville et de la cour; il les accommodait à
sa façon piquante et savait, en les contant et
les mimant avec son air tour à tour niais el
finaud de Normand, leur prêter une saveur
comique extraordinaire.
Oès que l'abbé eut vent des cc caquets et
parleries l&gt; du petit cénacle, il brùla de s'y
faire admettre. Un beau jour, par surprise ou
par force, il pénètre chez Conrart et s'impose
à la compagnie. Les dix se méfient d'abord
C1a: SÉANCE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE .\U LOUVRE. - D'après la g ravure de P.-P. SEVIN.
de ce familier du ministre, mais notre Normand a tôt fait de les remettre à l'aiser On ~e
quitte enchanté. Et Boisrobert de courir aussitôt au palais Cardinal et de répéter tout ce qu'ell'rayés d'une telle fareur. lis n'ont aucune se déclare coutre l'Académie. Arnaud d',\11qu'il a entendu de cqrieux et d'amusant.
ambition, et, dans ces causeries intimes, ils dilly refuse d'en l'aire partie. Uésigné, Balzac
Tout de suite ombrageux, Richelieu soup- jouissent délicieusement de leur indépen- proteste: cc C'est une tyrannie qui va s'établir
Vl. -

lhSTORIA, -

Fasc. 45.

"' 209 ...

�~ - ffiSTO'R,.1.11
sur les esprits et à laquelle il faudra que nous
Il y a pis, l'Académie est sans domicile fixe.
autres, faiseurs de livres, nous rendions une Elle promène son registre de la rue Saintobéissance aveugle. Si cela est, je suis rebelle, Martin à la rue des Cinq-Diamants, de l'hôtel
je suis hérétique, je vais me jeter dans le Pellevé à l'hotel de Mélusine. II a été décidé
parti des barbares! n Enrôlé contre son gré, que les Académiciens rédigeraient un dictionil ira aux séances comme on se 1·end au naire, une rhétorique, une poétique et une
gibet et se désolera de figurer parmi tant grammaire. Le dictionnaire seul est entrepris,
d'extravagants niguedouilles. Scarron estime et combien mollement! De l'aveu même de
que les 4-cadémiciens feront autant de por- Chapelain, il n'est pareille assemblée de faitiers, Lons tout au plus à « balayer, éclairer, néants. Les uns ont toujours un prétexte pour
donner des sièges et moucher les chandelles ». s'esquiver. (Certain jour, l'Académie ouvre et
Pour quelques honnêtes gens qui s'y trouve- termine sa séance en présence d'un seul Jcaront, - prétendent d'autres, - le reste ne démicien !) Les autres, ceux qui Yiennent,
· sera composé que de chicaneurs, de sophistes s'occupent de toute autre chose que de littéet de plats panégyristes. « Cette cabale ne sur- rature. On s'y querelle, on y rit, on cherche
passera la médiocrité commune 'Jll'en beau- à tuer le temps en badinages plus ou moins
coup de vanité. 1&gt;
agréables. Mais, dès qu'on reparle d11 dictionInjures et quolibets de toutes sortes pleu- naire, c'est une dérobade générale. Le cardivent sur ceux qu'on surnomme les enfants de nal est obligé de se fàcher. Il met les .\cadéla pitié de Boisrobe1·t.
rniciens en demeure, dans les trois jours, de
L'abbé, chargé de présenter les requêtes s'engager à venir assidûment ou de céder leur
au cardinal, s'intéresse effectivement bien plus place. Les Immortels paraissent donc aux séanaux écrivains besogneux qu'aux écrivains de ta- ces ; mais c'est pour s'y débarrasser une bonne
lent. En l'occurrence, sa charité l'inspire mal, fois du dictionnaire. Ils adjugent, contre une
car l'Académie se constitue en assemblage pension de deux mille livres, l'énorme labeur,
aussi confus et bizarre qu'hétéroclite. « Les qui devait être commun, au seul et malheucourtisans y coudoient les savantasscs, les reux \'augelas !
traineurs de guenilles des secrétaires d'État rl
Son Eminence, dont les rnes intéressées
les bouffons des évêques ! 1&gt;
n'ont pas changé, daigne excuser cette pa-

resse, à la condition toutefois que, de temps
en temps, la Compagnie lui corrigera ses. harano-ues,
travaillera à ses ouvrages
chrétiens
0
.
ef célébrera ses victoires. Pms comme, en
dépit de sa police, les pamphlets se multiplient,
le cardinal, entêté dans son idée première,
confie aux Académiciens le soin dangereux de
répondre aux libelles. Soit manque de conviction, soit scrupule d'employer des paroles
aussi puantes que la partie adrerse, soit enlin
inexpérience dans le maniement de l'injure,
les pauvres Immortels, bafoués, outragés,
vilipendés de la pire façon par des diffamateurs de profession, en sont réduits au plus
piteux silence. Son Eminence elle-même n'a
d'autre moyen de se venger des pamphlétaires que de les faire rouer ou pendre ... en
effirrie !
0
••
De leur défaite mème, nos .\cadém1c1ens
espéraient le repos. Ils avaient complé sans
leur terrible bienfaiteur. Celui-ci les lance
implacablement dans la ridicule el mesriuine
querelle du Cid ....
Mais ici commence une nouvelle série
d'épreuves et l'Académie, quoique péniblement
formée, bien que comptant à peine ses quarante membres, est quand même sortie des
terrriversations
et des difficultés inhérentes à
0
tous débuts.
CllAllLES

Les Parisiens ne se promènent point, ils
courent, ils se précipitent.
Le plus beau jardin se trouve désert à telle
heure, à tel jour, parce qu'il est d'usagr, cc
jour-là, de faire foule ailleurs. On ne voit pas
la raison de cette préférence exclusive; mais
cette convention tacite s'observe exactement.
Dans l'allée choisie où reflue la multitude,
on s'y embarrasse, on s'y heurte, on s·y coudoie, et les Ilots n'y sont pas moins agités
que ceux des spectacles.
Tantôt la poignée d'une épée s'engage dans
les plis d'un falbala dont elle arrache un
lambeau. Tantôt le bout du fourreau s'arrète dans une garniture de point:, et déchire
une vingtaine de mailles. Les boutons des
habits emportent les fils délicats ùe la blonde
des mantelets, et l'on n'est occupé qu'à faire
une profonde inclination aux femmes dont le
pied presse involontairement la robe.
Là les douairières ont le tic de faire l'enfant, et les filles de douze ans affectent l'air
de l'."tge mûr et réfléchi; de sorte qu'à Paris

l'aimable adolescence 11 ·est pas plus de mise
dans la société _que sur le théàtre.
Point de visage féminin qui ne s'étudie à
dissimuler sa date. Que de soins secrets pour
dérober les rides naissantes! Mais le grasseyement d'une prononciation débile ne sert
pas à déguiser les années.
Les filles entretenues ont pris le parti de
se mettre très décemment; et si elles continuent, il faudra les connaitre pour ne point
se tromper, et pour les distinguer d'une honuète bourgeoise.
On s'aperçoit, dans toutes ces promenades,
que les femmes ont grand besoin de voir cl
d'ètre \ ues.
Lorsque les plumes flottaient sur les têtes
de nos belles, c'était un coup d'œil fort
agréable qul' de contempler du haut de la
terrasse des Tuileries tous ces panaches mobiles et ondoyants qui brillaient parmi les
flots de promeneurs.
Il n'est pas difficile d'y deviner les états.
lei un gros procureur foule pesamment la
terre et brise la chaise sur laquelle il s'assied;
un abbé légèrement penché sourit à propos,
et sa face joyeuse et chérie annonce qu'il vil
dans une molle et profonde indolence à l'appui
d"un riche bénéfice. Une douairière immobile
paraît insensible à tout ce qui se passe autour

Madame de Mirabeau

FOLE\'.

d'elle. ici l'on voit des visages étourdis; là
des fronts soucieux. L'un vient pour se reposer, l'autre pour se distraire d'un sombre
désespoir.
On s'entasse 11 uelquefois dans la partie la
plus désagréable du jardin, et là les groupes
tumultueux qui vous piétinent sans miséricorde, obligent le convalescent et le goutteux
à se réfugier dans des allées écartées et solitaires.
Depuis peu, des filles publiques et bien
vêtues se rangent en plein jour sur des
chaises au coin d'un arbre, el de là raccrochent les passants, non avec-le bras, mais
avec un regard qui vous fait baisser la vue.
Elles attendent vers le midi que quelqu'un
leur offre à diner. Rarement manquent-elles
leur coup; il y a toujours quelques officiers
en semestre, quelques libertins désœuvrés
r1ui s'en emparent: elles se rallient entre
elles, et se prêtent la main pour embaucher
les dupes et les imprudents, et former ce
qu'on appelle pai·lies cal'rées.
Cette impudence si visible qu'éclaire encore l'œil du sol,.il, au milieu d'un jardin
où l'honnête bourgeoise est obligée de détourner les regards; ce mépris non voilé des
bienséances est ce qui révolle le plus le partisan de la décence publique.

"'lERCIER.

l

Ce fut un beau mariage el qui mil en émoi
toute la noblesse de Provence que celui du
comte de Mirabeau aYcc Mlle Émilie de Marignane, qu'on célébra le 23 juin 1772, en
l'é![lise du Saint-Esprit à Aix.
Émilie de Marignane était une riche héritière el les prétendants à sa main s'étaient
manifestés nombreux. Mirabeau, qui ne
comptait point parmi les favo,·is, distança
ses rivaux par un moyen assez hrutal, mais
sûr : il se glissa, la nuit, dans l'hôtel de Mari"nane
et, dès l'aube, se. montra à une fenêo
tre, en manches de chemise et en
caleçon, le col débraillé, de façon
à être aperçu par les passants dans
cc costume de séducteur. Ce fut
un esclandre. M. de Marignane
pensa étouffer d'indignation; mais
il lui fallut bien donner sa fille,
et Émilie n'y mit point d'obstacle.
Les noces durèrent plus d'une
semaine et furent splendides; la
plus grande compagnie de ProYence avait signé au contrat. li y
eut bien quelques incidents déplaisants; mais une bombance de hui L
jours se passe-t-elle sans avanie?
Ainsi, Mirabeau rossa comme un
domestique le capitaine de vais~
seau Cresp de Saint-Cézaire, qn1
s'était chargé de représenter au
mariage M. de Mirabeau, le père,
retenu à son château de J3ignon,
et que l'affaire d'ailleurs n'intéressait pas. On surprit aussi, entre
les nouveaux époux, une scène
d'une telle violence que les cris
poussés par le marié arrêtèrent
net les danses et les ripailles des
paysans logés dans les communs.
Pourtant tout s'arrangea el,
dans les premiers jours de juillet,
le jeune couple partit pour Marseille, laissant la société d'Aix
fort intriguée de savoir &lt;« ce que
deviendrait ce ménage-là l&gt; . M. de
Mirabeau, le père, en augurait
bien : « A elle, écrivait-il, il lui
faut des odeurs fortes, des mauvais ragoûts, parfois des passe-temps de singe;
à lui, du piquant, du caprice, de la résistance
• souple. J'ai toujours P.cnsé que cet a,semblage
bizarre était, au fond, ce qui convenait à
l'un et à l'autre. »
li ignorai L sans doute, en portant ce diagnostic favorable, que les dettes du comte dépassaient de beaucoup la dot de sa femme,
dont la fortune se composait surtout d'espé-

mnces. Dès les premiers jours du mariage,
les impatiences de ses créanciers le rendirent
sombre, brutal, insociable : un an ne s'était
pas écoulé, qu'il avait engagé les diamants
d'Émilie; le ménage était aux expédients, la
livrée réduite à lïndispensable. Émilie, du
reste, en prenait son parti; c'était une personne assez passive, peu jolie, petite, mais de
taille bien prise en dépit d'une légère déviation qu'un peu d'art corrigeait; le visage noiraud, irrégulier et commun au premier
aspect, mais d'une expression attachante et

MJRABEAt;.
Gr~vure de FŒs1~GER, d'après le dessin de

J.

G uÉRHI,

mobile quand la timidité ne la figeait pas;
d'abondants cheveux noirs, de belles dents,
la bouche rieuse : au demeurant, elle plaisait.
En octobre :l 775, elle donna le jour à un
fils qui fut baptisé Viclor, et que tout de suite
on appela Gogo. Ce fut le dernier rayon de
soleil qui passa sur le ménage. Mirabeau ,
ravi d'être père, avait à J'avance étudié tou t
"' 211 "'

un système d'hygiène infantile et délibéré un
programme d'éducation, mais le Lemps lui
manqua pour en faire l'expérience; il était
absorbé par les soucis d'argent, les discussions d·ïntérêt ; sa violence, ses emportements furieux lui valaient mauvais renom et
nombre d'ennemis. Un jour, c'était le 5 août
:l 774, il se rua, au cours d'une partie de
campagne, sur un de ses parents, M. de Villeneuve-Mouans, gros homme d'une soixantaine d'années qu'on surnommait Gras-Fondu,
et qui s"était permis quelques propos malicieux sur le compte de Mme de
Cabris, sœur de Mirabeau. Celuici arracha le parasol dont GrasFondu abritait sa rotondité et le
lui cassa sur la tête; puis les deux
hommes, se prenant à bras-lecorps, roulèrent dans les guérets,
se bourrant de coups. Les dames riaient à gorge déployée;
mais quand M. de Villeneuve se
releva, écorché et meurtri, il était
fort mécontent et ne tarda pas
à le manifester.
Ces scènes fréquentes n'étaient
pas une distraction prisée de la
jeune comtesse de Mirabeau, contrainte par le manque d'argent
de séjourner à la campagne. Elle
sut s'en créer d'autres; celle qui
lui plut le mieux était la cour assidue d'un bel officier aux mousquetaires du roi, le chevalier de
Gassaud. Celui-ci par malheur ne
se contcn ta pas d'être éloquent, il
eut le tort d'écrire. Mirabeau
surprit une lettre; sa rage fut
terrible, d'autant plus qu'elle était
muette. « Je ne crie jamais dans
la colère, écrivait-il plus lard en
songeant à cette heure tragique;
je renverserais un mur, je mordrais des boulets _rouges, mais je
ne crie pas! » Emilie tomba à
ses pieds et a voua son crime: Lous
les Gassaud, hommes et femmes,
accourus à la nouvelle de l'événement, s'agenouillèrent, demandant gràce. Mirabeau releva tout le monde
et pardonna.
Mais c'était, en deux années d'union, trop
de scandales, et les époux se séparèrent.
l~milie gagna Paris, afin de solliciter en faveur
de son mari, cQntre lequel le rancunier G1'asFondu venait de déposer une plainte en assassinal. On sait comment les démarches de la
jeune femme avortèrent. Mirabeau, par lettre

�,

JKADJUŒ D'E .lK11(ABEAU

fflST0'/{1.Jl
de cachet, fut écroué au château d'if. Et de
ceci encore Émilie se consola vite; elle proposa bien d'entrer au couvent, ou d'aller rejoindre en prison son fougueux mari, mais
elle réfléchit bientôt qu'dle lui serait plus
utile en restant dans le monde. Réfugiée chez
son beau-père, au château du Bignon, près
de Montargis, elle se résigna à mener joyeuse
vie, coquetant, s'essayant à la comédie, écrivant de jolis billets, ne repoussant pas m1lme

__________________________________

perpétuelle, qui ne dura elle-même que trois
ans. La vie orageuse et bruyante de celui-ci
avait jusqu'à présent détou_rné les checcheurs
d'étudier celle de la cairn~ Emilie. M. Dauphin
Meunier, avec la collaboràtion·· de )CGeorges
Leloir, l'a reconstituée à l'aide de précieux
documents communiqués par ~f. Lucas
de Montigny, apportant à l'histoire du
protagoniste de la Révolution une contribution inespérée. ( l,a Collllesse de .Mira-

jour où, à l'approche des élections aux ÉtatsGénéraux, elle vit son ex-mari porté en triomphe dans les rues d'Aix. Ce regret s'accrut it
mesure qu'augmentait la renommée du robuste tribun; elle le reconnaissait bien là : il
malmenait le vieux: monde comme il l'avait
malmenée, elle; et peut-ètrc, à ce moment,
lui aurait-il plu d'être hattue par ce secoueur
de foules. Quand elle le sut mort et hien
endormi au fond du Panthéon, elle émigra ;

trts, surgis au cours de la Révolution, un nom
dominait tous lt!s autres : celui de Mirabeau.
En vain la Terreur l'avait dépanth{•onisé; les
bonnes gens, dans le peuple et ailleurs, songeant aux catastrophes passées, disaient :
11 Ah! si Mirabeau avait vécu! » Alors, dans
la petite âme d'Emilie, un revirement subit
s'opéra : elle se mit à aimer, oui, à aimer cet
homme qu'elle n'avait pas compris; elle porta
son deuil, reprit son nom; elle s'enferma dans

l'hôtel de la rue de Seine, où, si elle l'avait
voulu, jadis, ils auraient pu vivre heureu,.
Là, recluse, elle s'entourait des portraits et
drs lettres de celui qui n'était plus; elle
chantait les airs qu'il aimait, comme s'il eût
pu encore )'entendre; elle traitait comme son
propre fils un enfant adoptif du tribun, Gabriel
Lucas de ~lontigny, alors âgé de quinze ou
seize ans ....
~!ème elle réclama et fit inhumer secrt•le-

ment, dans le caveau où elle désirait
reposer un jour, les restes de Mirabeau exclus
du Panthéon, inutilement cherchés naguère
au vieux cimetit'•re Sainte-Catherine, où ils
sont encore, selon toute vraisemblance. Elle
mourut à quarante-huit ans, le H mars 1800,
&lt;1 dans la chamhre et dans le lit » de celui
qu'elle n'avait pas aimé vivant el qui, mort,
lui inspira, jusqu'au dernier soupir, des regrets chaque jour plus passionnés.
T. G .

•

COMTE DE SÉGUR
cf:&gt;

Sou1Jenirs de la Cour de Russie

PO)IPI; Ft:NÎWRI,; DE lll!RABEAI,, Li,; ·1 ,\\"IUL

les ,isites du beau mousquetaire, ou d'autres.... Existence nonchalante et falote, à
peine coupée d'un cri de douleur arraché
par la mort de Gogo, étouffant de convulsions, un soir, pendant que sa mère jouait
une charade.
Et quinze années ainsi se passèrent; qui me
années que Mirabeau employa à sortir du chf1teau d'if, à être interné au fort de Joux, à
« rompre son ban ll, à enlever Mme de Mo11ier, à courir de Pontarlier it Dijon, en Italie, en Sardaigne, en Allemagne, en Hollande,
dépistant toutes les polices, écrivant, écumant, jaloux, amoureux, désespéré; tombant
enfin sous le coup d'une condamnation à mort
pour rapt, vite commuée en une détention

1791. -

Gra1·ure de BERTIIHLT, J"après le Jess/11 ,1e PRŒt:R.

beau, 17:J2-1800, Perrin el Cie, éditeurs.)
Jusqu'en 1789, Émilie de Mirabeau resta
insouciante et sans décision, non pas qu'elle
eût horreur de son effrayant mari, mais redoutant son impétuosité et peut-être aussi
l'esclavage qu'elle présageait d'un rapprochement. Miraheau fut suppliant, se déclara
amendé, prêt à reprendre la Yie commune ;
les deux familles s'entendirent, - c'était la
première fois, - s'efforçant à réunir les deux
époux, ne fùt-ce qu'une heure cc pour en tirer
de la race l&gt;. Émilie résista; la séparation fu l
prononcée avec l'éclat que l'on sait; elle seule,
de toute la Provence, ne paraît pas s'en être
émue outre mesure.
Son premier regret, et il fut vif, date du

dès la frontière franchie, elle lit la rencontre_
d'un officier piémontais qui portait le nom
empanaché de Spirito-Francesco Focardi della
Roccasparviera. C'était un brave soldat et un
honnête homme car, le Ojuin 17!12, il épousait à Nice la veuYe de l'illu$trissime Honoré
Riquetti, comte de Mirabeau, à peine remise
de la naissance d'un enfant, qui, né six semaines auparavant, fut baptisé sous le nom
de Charles-Honoré-Esprit-Anne Foucard della
Uocca. Honoré était là en souvenir du premier mari.
Mais l'enfant mourut, et le père. La Jlépublique triomphante se faisait indulgente :
Émilie se risqua à rentrer en France. Quel
étonnement! De Lous les noms à jamais illus-

L'habitude d'ordonner, sans formes, des
chàtimt'nts, qui sont aussitôt innigés que
commandés, pour df.'s fautes rondamné1's
sans examen et sans appel par un maitre
absolu, entraine, de la part même des maîtres
les moins durs, d'étranges méprises.
En voici une dont le dénoûment fut assez
ridicule, grâce au personnage qui s'en trouvait l'objet, quoique h• commencement en
rùt été fort triste et presque cruel.
Un matin, je vois arriver chez moi, avec
précipitation, un homme troublé, agité à la
fois par la crainte, par la douleur, par la
colèrl'. Sc;; cheveux étaient hérissés, ses yeux
rouues et remplis de larmes, sa voix trembla~tc, ses habits en désordre. C'était un
Français.
Dès que je lui eus dcma~dé la caus~ dr
son trouble et de son rhaµ:rm : « Monsieur
« le Comte, me dit-il, j'implore la protection
H dt&gt; Yotre Excrllencc contre un acte affreux
11 d'injustice et de violence; on vient, par
« ordre d'un seigneur puissant, de m'outrager
cc sans sujet rt de me faire donner cent coups
&lt;1 de fouet.
« - Un tel trailement, lui dis-je, serait
« inrxcusablc quand mème une faute µ:ravr
cc l'aurait attiré; s'il n'a pas de motif, comme
&lt;I Yous le prétendez, il est inexplicable et
&lt;1 tout à fait invraisemblable. Mais qui peut
cc avoir donné un tel ordre? .
cc - C'est, me répondit le plaignant, Son
« Excellence ,r. le comte de Bru('e, gouver,, neur de la ·ville. -Vous ètes fou, repris-je;
cc il est impossible qu'un homme aussi esti&lt;1 mable, aussi éclairé, aussi généralement
(( estimé que l'est ~t. le comte de Bruce, se
cc soit permis, à l'égard d'un Français, une
cc telle violence, à moins que vous ne l'ayez
c1 personnellement attaqué et insullé.
cc - Hélas! monsieur, répliqua le plai-

cc
cc
«
cc
cc
cc
«
&lt;1
cc
"
cc

gnant, je n'ai jamais connu M. le comte de
Bruce. Je suis cuisinier; ayant appris que
monsieur le gouverneur en Youlail un, je
me suis présenté à son hôtel, on m'a fait
monter dans son appartement. Dès qu'on
m'a annoncé à Son Excellence, elle a ordonné qu'on me donnàt cent C'oups de
fouet, ce qui, sur-le-champ, a été exécuté.
lion aventure peut vous paraître im-raisemblable; mais elle n'est que trop réelle,
et mes épaules peuvent au besoin me servir
cc de preuves.
cc -- Écoutez, lui di~-je enfin, si, contre !ou te
" apparence, vous avez dit Yrai, j'obtiendrai
,, réparation de votre injure, et je ne souffricc rai pas qu'on traite ainsi mes cnmpatriotes,
u que mon devoir est de protéger. )lais,
cc songez-y bien, si vous m'avez fait un conte,
« je saurai vous faire repentir de votre
" imposture. Portez Yous-même au gouvercc ncur la lettre que je vais lui écrire; un de
" mes gens vous accompagnera. n
En effet, j'écri1•is sur-le-champ au comte
de Bruce pour l'informer de l'étrange dénonciation qui venait de m'ètre faite. Je lui
disais que, bien qu'il me fùt impossible d'y
ajouter foi, l'obligation de protéger les Francais me faisait un devoir de lui demander
l'explication d'un fait si singulier, puisque
enfin il était possible que quelque agent
subalterne ~ùt abusé indigntiment de son nom
pour commlltrc cet acte de violence. Je lt!
prrvenais que j'attendais impatiemment sa
réponse, afin de prendre les mesures nécessaires pour punir le plaignant s'il avait menti
el pour lui faire rendre une prompte justice
si, contre toute apparence, il avait dit la
vérité.
Deux heures se passèrent sans qu'aucune
réponse me parvint. Je commençais à m'impatienter ; ;e me disposais i1 sortir pour

chercher moi-même l'éclaircissement r1ue
j'arais demandé, lorsque je vis soudain reparaitre mon homme, qui véritablement ne
semLlait plu~ le mème; son air était calme,
sa bouche riante; la gaieté brillait dans ses
yeux.
« Eh bien! lui dis-je, m'apportez-vous une
cc réponse? - Non, monsieur; Son Excel" lence va bientôt vous la faire elle-même;
u mais je n'ai plus aucun sujet de me
c1 plaindre; je suis content, très content;
H tout ceci n'est qu'un quiproquo. Il ne me
cc reste qu'à vous remercier de vos bontés.
" -Comment! repris-je, est-cc que les cent
c&lt; coups de fouet ne vous restent plus? - Si
cc fait, monsieur, ils restent sur mes épaules,"
&lt;1 cl très bien gravés; mais, ma foi! on les
11 a parfaitement pansés, et de manière à me
cc faire prendre mon parti assez doucement.
" Tout m'a été expliqué; voici le fait : ~f. le
11 comte de Bruce avait pour cuisinier un
cc Russe, né dans ses terres; cet homme,
,, peu de jours avant mon aventure, avait
c&lt; déserté, el, dit-on, volé. Son Excellence,
cc en ordonnant de courir à sa recherche,
Cl s'était proposé de le faire châtier dès qu'on
11 le lui ramènerait.
cc Or c'est dans ces circonstances que je
cc me présentai pour occuper la place vacante.
&lt;1 Quand on ouvrit la porte du cabinet de
&lt;1 monsieur le gouverneur, il était assis à
« son bureau, très occupé et me tournant le
,1 dos. Le domestique qui me précédait dit
11 en entrant : .lfonseignem·, 1•oilà le cuisicc nier. A l'instant Son Excellence, sans se
cc retourner, répondit : Eli bien! qll'on le
&lt;, mène dans la cour, et qu'oli lui donne
cc cent coups de fouet, comme je l'ai oi-" donné. Aussitôt le domestique referme la
cc porte, me saisit, m'entraîne et appelle ses
cc camarades, qui, sans pitié, comme je vous

�fflST0~1.JI _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __
« l'ai dit, appliquent, sur le dos d'un pauvre
« cuisinier français, les coups destinés à
« celui du cuisinier russe déserteur.
« Son Excellence, en me plaignant avec
&lt;&lt; bonté, a bir•n voulu m'expliquer elle-même
&lt;r cette méprise, et a terminé ses paroles
&lt;&lt; consolantes par le don de celle grande
« bourse pleine d'or que voici. JJ Je congédiai le pauvre diable, dont je ne pouvais
m'empêcher de trouver la juste colère beaucoup trop facilement apaisée.

Tous ces effets, tantôt cruels, tant&lt;Îl
bizarres, rarement plaisants, d'un pouvoir
dont rien n'arrête ou ne suspend au moins
l'action, sont les conséquences inévitables de
l'absence de Loule institution et de toute
garantie. Dans un pays où l'obéissance est
passive et la remontrance interdite, le prince
ou le maître le plus juste et le plus sage
doit trembler des suites d'une volonté irréfléchie ou d'un ordre donné avec trop de
précipitation.
En voici une preuve qui paraîtra peut-être
un peu folle; mais c'est un fait que m'ont
attesté plusieurs Russes, el qu'un de mes
honorables collègues, qui siège aujourd'hui à
la chambre des Pairs, a souvent en Russie
entendu raconter comme moi. Or notez que
ce fait s'est, disait-on, passé sous le règne de
Catherine II, qui certes a été et est encore
citée, par Lous les habitants de son vaste empire, comme un modèle de raison, de prudence, de douceur et de bonté.
Un étranger très riche, nommé Suderland,
était banquier de la cour et naturalisé en
Russie; il jouissait, auprès de l'impératrice,
d'une assez grande faveur. Un matin on lui
annonce que sa maison est entourée de gardes
et que le maitre de police demande à lui
parler.
Cet officier, nommé fleliew, entra avec
l'air consterné.
(&lt; Monsieur Sudrrland, dit-il, je me voi~,
&lt;( avec un vrai chagrin, chargé, par ma gra« cieuse souveraine, d'exécuter un ordre
« dont la sévérité m"effraye, m'afflige, et
&lt;( j'ignore par quelle faute ou par quel délit
&lt;( vous avez excité à ce point le ressentiment
&lt;( de Sa Majesté.
·
« - l\Ioi I monsieur, répondit le ban« quier, je l'ignore autant et plus que vous;
« ma surprise surpasse la ,·ôtre. Mais, enfin,
« quel est cet ordre?
« - Monsieur, reprend l'officier, en ,·é« rité le courage me manque pour vous le
« faire connaître.
« - Eh quoi! aurais-je perdu la con&lt;( fiance de l'impératrice?
« - Si ce n'était que cela, vous ne me
« verriez pas si désolé. La confiance peul

« revenir ; une place peut être rendue.
&lt;c - Eh bien! s'agit-il de me renvoyer
&lt;c dans mon pays?
&lt;c - Ce serait une contrariété; mais avec
&lt;&lt; vos richesses on est bien partout.
,c - Ah! mon Dieu! s'écrie Suderland
&lt;&lt; tremblant, est-il question de m'exiler en
&lt;( Sibérie?
c( - Hélas! on en revient.
&lt;c - De me jeter en prison?
« - Si cc n'était que cela, on en sort.
« - Bonté divine! voudrait-on me !mou« ter?
« - Ce supplice est affreux, mais il ne
&lt;&lt; tue pas.
(C - Eh quoi! dit le banquier en sanglo&lt;c tant, ma vie est-elle en péril? L'impéra&lt;&lt; Lricc, si bonne, si clémente, qui me par« lait si doucement encore il y a deux jours,
&lt;&lt; elle voudrait!. .. Mais je ne puis le croire.
&lt;( Ah! de grâre, achevez! La mort serait
(( moins cruelle que celle allente insuppor&lt;c table.
&lt;( - Eh bien I mon cher, dit enfin l'offi« cier de police avec une voix lamentable,
" ma gracieuse souveraine m'a donné l'ordre
&lt;&lt; de vous faire empailler.
&lt;&lt; - Empailler! s'écrie Suderland en re&lt;c gardant fixement son interlocuteur; mais
&lt;( vous avez perdu la rai~on ou l'impératrice
&lt;&lt; n'aurait pas conservé la sienne; enfin vous
&lt;( n'auriez pas reçu un pareil ordre $ans
&lt;C en faire sentir la barbarie el l'exlrava&lt;c gance.
&lt;( - Hélas! mon pauvre ami, j'ai fait ce
&lt;&lt; qu'ordinairement nous n'osons jamais ten&lt;( ter; j'ai marqué ma surprise, ma douleur;
« j'allais hasarder d'humbles remontrances;
&lt;&lt; mais mon auguste souveraine, d'un ton
&lt;( irrité, en me reprochant mon hésitation,
&lt;( m'a commandé de sortir et d'exécuter sur&lt;( le-champ l'ordre qu'elle m'avait donné, en
&lt;&lt; ajoutant ces paroles qui retentissent mcorè
&lt;&lt; à mon oreille : &lt;&lt; Alle::,! el n'oubliez pas
&lt;( r1ue votre devoir est de vous acquitter
« sans 11w1·mw·e des commissions don/ je
&lt;( daigne vous charger. Jl
Il serait impossible de peindre l'étonnement, la colère, le tremblement , le dése5poir
&lt;lu pauvre banquier. Après avoir laissé quelque temps un libre cours à l'explosion de sa
douleur, le maître de police lui dit qu'il lui
donne un quart d'heure pour mettre ordre à
ses affaires.
Alors Suderland le prie, le conjure, le
presse longtemps en vain de lui laisser écrire
un billet à l'impératrice pour implorer sa
pitié. Le magistrat, vaincu par ses supplications, cède en tremblant à ses prières, se
charge de son billet, sort, et, n'osant aller
au palais, se rend précipitamment chez le
comte de Bruce.
Celui-ci croit que le maitre de police est

devenu fou; il lui dit de le suivre, de l'attendre dans le palais, et court sans tarder
chez l'impératrice. Introduit chez celte princesse, il lui expose le fait.
Catherine, en entendant cet étrange récit,
s'écrie:« Juste ciel! quelle horreur! En vérité,
,, Reliew a perdu la tête. Comte, partez,
&lt;&lt; courez, et ordonnez à cet insensé d'aller
« tout de suite délivrer mon pauvre banquier
« de ses folles terreur~, et de le mellre en
« liberté. J&gt;
Le comte sort, exécute l'ordre, revient, et
trouve avec surprise Catherine riant aux
éclats. &lt;( Je vois à présent, dit-elle, la cause
&lt;&lt; d'une scène aussi burlesque qu'inconce« vable. J'avais depuis quelques années un
&lt;&lt; joli chien que j'aimais beaucoup, et je
&lt;&lt; lui avais donné le nom de Suderla1ul,
&lt;( parce que c'était celui d'un Anglais qui
(( m'en avait fait présent. Ce thien vient
« de mourir ; j ·ai ordonné à Rcliew de le
&lt;&lt; faire empailler, et, comme il hésitait, je
&lt;( me suis mis en colère contre lui, pensant
« que, par une vanité solle, il croyait une
&lt;c telle commission au-dessous de sa dignité.
&lt;1 Voilà le mot de cette ridicule énigme. n

Cc fait ou ce eonte paraitra sans doute
plaisant; mais cc qui ne l'est pas, c'est le
sort des hommes qui peuvent se croire obligés d'obéir à une volonté absolue, quelque
absurde que puisse être son objet.
Au reste, et je crois juste de le répéter,
les mœurs publiques, les sages intentions de
Catherine el celles de ses deux successeurs,
ont déjà, pour la civilisation, fait la moitié
de l'ouvrage qu'on aurait pu attendre d'une
bonne législation.
Pendant un séjour de cinq ans en Russie,
je n"ai pas entendu parler d'un trait de tyrannie el de cruauté. Les paysans, à la vérité,
vivent csclaYes, mais ils sont traités avec
douceur. On ne rencontre dans J'empire aucun mendiant; si l'on en trouvait, ils seraient
renvoyés à leurs seigneurs, qui sont obligés
de les nourrir; el ces seigneurs eux-mêmes,
quoique soumis à un pouvoir absolu, jouissent, par leur rang et par l'opinion, d'une
considération peu différente de celle qui leur
appartient dans les autres monarchies non
constitutionnelles de l'Europe.
Ils doivent à Catherine une organisation
qui régularise dans chaque province leurs
assemblées et leur donne mème le droit
d'élire leurs présidents et leurs juges. Tous
les emplois civils et militaires sont dans leurs
mains; mais ce qui leur manque seulement,
c'est un ciment légal qui garantisse à la fois
la sécurité du trône, les prérogatives de la
noblesse el l'adoucissement graduel de l'existence du peuple.
C'omE DE

lt

Sl~G CR.

Vurc

PERSPECrl\'E llE L.\ PLACE LOUIS

XV,

PRISE DU CÔTÉ llES CH\MPS·ÈLYSÉES

•

· ·

· · -

Gr

.

..

ave Par :--; r E en 1~81, ,l'après le dessin du CHE\'ALIER DE L'E,PINASSF.

Fl~ANTZ FUNCK-BRENTANO
~

L 'Affaire du Collier
XI
Misère de Jeanne de Valois.
Le comte et la comtesse de la Molle
n·~:aie~t _pu se résoudre à la vie de garnison
qu ils eta1ent appelés à mener dans le petit
trou de province qu'était Lunéville. L'accueil
du cardinal de Rohan à Saverne avait stimulé
l'ambition qui dévorait Jeanne de Valois. On
alla jusqu'à faire fi de la charge de capitaine
dans les dragons de Monsieur, dont on ne
conserva que le titre. On emprunta mille
francs à M. Beugnot, notaire à Bar-sur-Aube
et l'on partit pour Paris. Nous sommes su;
la fin de 1781.
Nos jeunes époux s'installent rue &lt;le la
Verrerie, à la Ville de lleims, un hôtel de
1. r.et hôtel, situé rue de la Verrerie a• 83 ava it
~ppartenu, au siècle précédent, à Bos;uet, r;rmier
,ls.gabelles rlu Lyon.nais et. du Languedoc, le père de
1 1cque ùe lleaux. \011· l.eleuvc, les Anciennes mai-

~:nce np~ar~nc~ el _médiocrement fréq uen- riolcs qui portent les paniers d'œufs et les
te . &lt;&lt; li eta1t d aussi bon renom, dit Deu- herbes potagères débordant sous les lourdes
gnot, que la 1'êle Rouge de Bar-sur-.\ube. JJ bâches. C'est le centre du quartier où des:
Jeanne et son mari n'y ont que deux petites cendcnt les petites gens qui ont affaire dans
pièces, à demi meublées. El de ce jour com- le~ bureaux des ministres et les entour$ du
mence la plus ex lraordinaire vie d'a&lt;&gt;ilalions rot. Non lo(n d~ garni Gobert, et toujours
el d'intrigues qu'il soit possible d'i~agincr. place Dauphrne, 1auberge de la Belle /mage.
Ou Ire le logement à Paris, la comtesse en Elle ne vaut guère mieux que la 1ële flo~ge
pr~nd un à ~ersaillcs, afin de pouvoir plus ou la Ville de Reims 1 • Dans le fond de Ja
facilement faire ses démarches auprès des cour, trois remises, à droite et à gauche les
mm1stres et des personnes influentes à la é?uries ,où piaffent les chevaux. On loge à
Cour. Elle s'installe à Versailles place Dau- pied et a cheval. Là grouille tout un monde
phine, où elle loue deux chambres dans un de &lt;c solliciteurs de placets JJ de oazetiers
garni tenu par les époux Gobert. La place d'officiers de fortune et de oa;des du corps'
0
octogonale - avec ses maisons à deux étages mêlés à_ des colporteurs et à des maquignons:
dont la plupart sont ornées au faîte de ba- J_eanne ira prendre à la Belle Image une parlustres bordant la toiture, en imitation du tie de ses repas•.
château - est toujours encombrée de carLe comte de la l\[otte aime le luxe et les
sons de Pm:l8, IV! 3~0. ~ maison, très piltoresqur
~vec ses fenct~c! cmtrecs, s est conservée jusqu'à nos
Jours presque intacte.
2. L'ancienne place Dauphine il Versailles esl au.... 2 1,) ...

~ourd'b~i la place Hoche. La Belle Image se lrou\'aÎt
au numero 8 actuel. Jehaa, ta Ville de Versa 1'lt.e8
sn monuments_. ses 1·ues, Paris, ·1900.
•
~- Confrontation de fücole Lcguay avec llad 1 .
Br11Taull, 21 mars 1785. Pièces de pl'océdw·e, e Cino

�1f1STO'J{1.Jt
divcrlissemrnts, Ir vin cl ln bonne chère. 11 deux fois par semaine, elle me faisait la
s'habille avec mauvais goûl, mais avec faste, grâce d'acrepter au C(llfran Bleu, et elle y
sr couvre de bijoux. li se llalle de se faire étonnait ma jeunesse de ~on appétit. Les
bien venir auprès des femmes, el la sienne, autres jours elle avait recours à mon bras
qui se considère comme fort au-dessus de pour la promenade, qui aboutissait constamson mari, ne daigne y faire attention. La menl à un café. Elle avait un goût singulier
comtesse s'habille, elle aussi, avec une élé- pour la bonne bière el ne la trouvait maugance voyante, tapageuse, très coûteuse. vaise nulle part. Elle mangeait par distracAussi les quartiers. de la pension qui lui est lion deux ou trois douzaines d'échaudés, et
attribuée sont-ils dépensés bien avant que ces distractions étaient si fréquentes qu'il fald'êtres perçus. Elle a momentanément pris lait m'apercevoir qu'elle avait légèrement
auprès d'elle son frère Jacques et sa sœur diné, si elle avait diné. l&gt;
Marie-Anne; car elle veut pousser, d'un coup,
La gêne ni la misère n'empêchèrent
aux honneurs el à la fortune, tous les Va- Mme de la Molle d'augmenter encore son
lois. « Sa vie est alors obscure, dira plus train. Le 5 septembre 1782, elle loue, au
lard l'avocat Target. On y remarque tout numéro 1;i de la rue Neuve-Saint-Gilles au
l'étrange assortiment d'une existence précaire, Marais, vis-à-vis de la petite porte des Miniincertaine, faite de faste et de misère : un mes, une maison avec loge de portier, four à
laquais, un jocquey, des femmes de chambre, pain, remise, grande et petite écurie, trois
un carrosse de remise; mais des meubles de étages, dont les hautes et étroites fenêtres
louage, des querelles avec l'hôtesse, une bat- sont ornées de balustrades en fer à fleurs el
terie, 1500 livres de clelles pour la nourri- dessins Louis XV. Bette d'l~tienville l'a visilure, et la mendicité. »
tée. cc J'ai été dans une maison de la rue
La marquise de Boulai1l\'illiers venait de Neuve-Sai11t-Gilles, dit-il, dont la porte comourir ' . Jeanne avait perdu en elle un pré- chère est fort écrasée en enlrant. A gauche
cieux appui; mais elle comptait sur le cardi- est la loge de portier; ;1 droite, l'escalier, qui
nal, sur le grand aumônier à qui la marquise est assez ordinaire. Au haut se trouve un carl'avait confiée. Elle vint lui dire sa misère, ré servant de vestibule, une antichambre de
de sa voix douce, insinuante, avec ses grands médiocre grandeur où l'on entre dans un sayeux bleus. A dater de mai J782, Ilohan lui Ion boisé à deux croisées en face l'une de
fit remettre de temps à. autre, sm· les fonds l'autre. Une espèce de console ou table ronde
de.I. gi:~nge aumônerief des secours de trois, .1 à dessus de marbre, les meubles d'étoffe mêquatre et cinq louis : une seule fois ,·ingt- lée, une très belle harpe; au bout du salon
cinq louis sur ses propres fonds, dans un un boudoir'. ll
moment de détresse extrême 1 . Dans la suite,
La maiso!l a ét~ conservée". On gravit auelle nia qu'elle eût accepté seml.ilables au- jourd'bui encore l'escalier de pierre à la
mône,. Elle, fille des Valois, n'était pas, di- rampe luisante souterioc d'une ferronnerie à
sait-elle, femme à recevoir quatre ou cinq hautes fleurs de lis, que d'un pied nerveuxet
louis. Or nous voyons que, dans une lettre rapide, Jeanne de Valois monta si souvent.
du 1., mars 178:i, elle envoie au contrôleur · L'appartement de la rue Neuve-Saint-Gilles,
général Lefèvre d'Ormesson des reconnais- loué en septembre 17 82, ne put êlre occupé,
sances d'objets déposés par elle au Mopt-_de- les époux La Motte n'ayant pas de quoi le
P1été el demande humblement assistance; garnir. Le Goctobre Jeanne écrit à la baronne
nous avons d'elle un reçu, daté du 7 octobre de Crussol d'Uzès, belle-fille de la marquise
suivant, par lequel elle accuse à ce contrôleur de Boulainvilliers : cc La majeure partie de
général réception d'un secours de quarante- mes efict5 rnnt au Mont-de-Piété. Le peu qui
huit francs:;. « Son crédit à l'hôtel de me rc&amp;tc et mes petits meubles sont saisis et
Reims, dit Beugnot, avait singulièrement si, jeudi, je ne trouve pas six cents livres, je
baissé, el les deux prêts, de dix louis chacun, serai réduite à coucher sur la paille0 • l&gt; Les La
que je lui avais faits à distance, ne l'avaient Motte avaient dù quitter la Ville de Reims,
que faiblement relevée. Je ne pouvais pas ayant reçu congé parce qu'ils n'y payaient pas
l'inviter à manger chez moi, parce que je leurs dettes . Ils vinrent demeurer Hôlel
n'avais pas de ménage monté, mais, une ou d'Al'tois, 011 .Jeanne fut nourrie par la mère

de sa femme de chambre, une darne Briffault.
tandis que le comte de la Motte, menacé d'nrrestation par ses créanciers, s'enfuyait de Paris jusqu'à Bric-Comte-Robert et s'y cachait
chez un nommé Poncet, aubergiste, à l'Espérm1ce ". Le JO février i 785, plusieurs commerçants, créanciers des La Motte, leur font
interdire par huissier de vendre on de sortir
ce qui pouvait leur rester de mobilier. Et
Jeanne retourne chez le cardinal de Rohan.
Celui-ci consent à se rendre caution pour elle
d'une somme de 5000 livres, prêtée par un
usurier de Nancy, Isaac Beer. Go autre juif,
brocanteur, la cautionne pour des meubles.
Elle avait fait revenir son mari et, vers
Pâques 1784, elle peut enfin prendre possession de la maison louée rue Neuve-Saint-Gilles.
Mme de la Motte était soutenue par le dévouement de ses serviteurs : admirables dévouements, natures simples et aimantes dont
l'essence est l'altacbement; serviteurs comme
on en vit tant sous l'Ancien Régime, restant
soumis à leurs maîtres, sans gages, les assistant de leurs propres deniers dans les moments de gêne extrême, se sacrifiant à eux
jusques et y compris la mort. Rosalie,
femme de chambre de Jeanne de Valois, et
son valet de chambre Deschamps, furent
dans celle période de sa vie ses plus fermes
appuis 8 •
« L'aisance apparente de la rue NeuveSaint-Gilles, poursuit M" Target, n'est qu'un
accroissement de misère réelle. Le mari et la
femme n'y ont vécu que d'emprunts; tantôt à
demi meublés, tantùt démeublés, selon que
la détresse éloignait le mobilier ou qu'un
événement imprévu le rappelait. Des couverts
d'étain, et, les jours de représentation, six
couverts d'argent empruntés 9 ; une pension
de 800 livres, portée à 1500, puis vendue à
perte par l'indigence 10 ; des domestiques mal
payés, des affaires en marchandises qu'on
envoyait au Mont-de-Piété; et cependant toujours des voyages, toujours des sollicitations,
à Versailles, à Fontainebleau, quelques présents aussitôt dévorés que reçus, des detles
et de l'intrigue. l&gt;
A la fin de chaque semaine Jeanne, assistée de fiosalic, lavait les deux robes de mousseline et les deux jupes de linon, les seules
qu'elle n'eùt pas mises en gage, et les repassait sur la table de la salle à manger. Quant
au comte, il 11'osait plus sortir, parce c1u'il

reusc. l'n texte cite par Lcf'e111 e (A11r. 11wisous dr
l'aris, IY, '108-11 , conccrnanl une maison donnant
rur Saint-Gilles et rue des Totu·nrllrs, trnant am
hoirs llaudclot. êt-artc les numéros I ü et 18 actuels,
car les 1,oirs Baudelot représe11te11t la maison tle :llme tle
la Molle. On ne pouvait donc plus hésiter qu'entre
les numéros 8 el !O.
Or, parmi les titrPs de propriête du numéro 10,
qu'on a pu consulter dans les études de :Il• Fleury,
notaire, faubourg St-Honoré, cl de JI• l\ohincau, notai,·e, quai de la ~légisscrie, se Lrouve un inventaire
après &lt;léc~s, en date &lt;lu li mars 178::ï, des biens &lt;le
Mlle Marg.-Cath. de llaudelot, fille majeure, dres~é
par M• Lormeau \aujourd'hui M• Leroy, suecesieur,
rue St-Denis), où est décrite la « maison sise rnc
l'ieuve-Saint-Gilles au Marais, prés les ~linimes, louée
2200 lb. par an : savoir, un appariement au s. Chapuzeau de Viefvillers, parf'ait sous seing privé du
7 oct. 1781, à raison de 1000 lb. par au, et le surplus de ladite maison. y compris l'écurie et la remise,
à M. le comte de la llotte et à la dame son iJp.,usc,
par ha, 1, aussi sous sci11g prh ~. du :, sept. tler111t'r,

pour en joui,· à partir du 1"' oct., moycnnanl 1200 lh.
pa1· an. » L'immeuble fut "endu le 9 mai 18'2I. par
,\lcxandrinr-\Ïcloirc de Courdoumcr, à )1. llonori•.
!Jepuis ,·elle date il n'a rnbi aucune 10odifiration.
(i. LNtre faisant partie de la collection lluplrssi,,
publ. dans l'.111111/eur d'twlographPN, t" mars 1~(i(;.
i. En no"embre 1782, dossier Target, /Jit,L. 1•. ,/t,
Paris, m~. de la réserve.
~- Ces faits d'après les notes de Target, /Ji/,l. ,,
de Paris, ms. de la réserve.
9. Au baron de Vieuxvillers, le colocataire. floss.
Target.
10. En al'ril 1784. On a une lettre du baron de Breteuil, en date du 15 mai 1784. fa isant sa1·01r que le
roi a autorisé le comte et la comtesse de la llolte à
transporter au sieur lluhcrt Gautier, bourj!'eois de
Paris, la pension de 1500 livres atlribuée à la dame
de la llolle, et la pe11sion de 800 lu. attribuée à son
frère, cela en raison de la gêne de leur ménage.
La double cession était l'aile pour une somme de
~000 lb. Oéclaration de Grenier, orl'r•·re (Arl'h. 11al.,
\\ ll.1417), el noies de Target tll,b/. ,,. de /'a ris).

1. En &lt;lêcemhre Ii8 I.
2. ~oles dP l\ohan pour son avocat, Bibl. t•. de
Pa,·is, ms. de la réserve. doss. Target.
5. Pièce pro\'enanl de la collection l)uplessis, l'.l111atru1· d'1111/oy1·11phes -du 1" mars 1X5!i, aujourd'hui
clans la collection de M. AIf. Bégis.
4. )!me de la )lollc reconnut a la confrontation que
« la description de son appartement se trou"c coul'orme ». Pièces de 1n·océdure.
5. Aujourd'hui le numéro 10 (précêdemmenl 6) de
la rue Saint-Gilles. Le 5 sept. l 78i, l\ose-Louise
Vanmine, veuvr de Louis de Courdou,11er. maréchal
des camps. héritière de la demoiselle de Baudelot,
donnait l'immeuble en localion aux (•poux La )tolte
(,irc/1. 11at.. X, 2 ll/1417). \'oici comment on a pu
l'id_rnt\fie1;- l'nc d_escription i~dique !{U~ 1~ maison
êla1t s,tu,•r rue :'ieuve-Sa1nt-(,1tles, 1·1s-a-ns de la
petite porte des )linimes (A1·c/1. nal., F, 7/4441ce qui limitait la recherche aux numéros 8-18 de a
rue Saint-Gilles actuelle. Les numéros 12-14 acl nets
formaient au xvu• siècle la • Cour de Yenise ». rési&lt;lcnl'C ,1,• l'ambassadeur, a1: siêcle suivanl, hillf'I de Pé-

B/,

HISTORIA

MADEMOISELLE DUCHESNOI S.
Tableau de GÉRARD .
(,\Jusée Carnavalet. - Don de M. DorsTEAU, 1910.J

�~------------------------------------ L'
p 'était pas vêtu. Le cuisinier, sur ses deniers,
faisait les avances chez le boucher el le boulanger. La bourse du serviteur s'épuisa. Il
fallut jeûner.
cc Allons nous coucher, disait Rosalie, on
n'a pas faim pendant que l'on dort. l&gt;
De temps à autre, Jeanne se procurait des
ressources en &lt;&lt; faisant des affaires &gt;&gt;, spécula lions en marchandises; elle prenait beaucoup à crédit : au point qu'elle en fut mise
en observation par la police 1 •
Au mois d'août, l'alerte fut vive. Les huissiers frappaient à la porte. Le ficlèle Deschamps sauva le lit et les fauteuils du salon,
aidé d'un garçon perruquier. Ils les portèrent
sur leur dos chez un nommé Berlandeux, r1,1e
des Tournelles.
&lt;&lt; Vite, mon cher Deschamps, s'écriait
)lme de la ~folle, détachez les glaces du salon
et les rideaux des croisées l
- Où les porter?
- Vite, au Mont-de-Piété! ll
Le domestique y court et revient avec cinq
louis.
Le baron de Vieuvillers prête ~00 livres,
un religieux minime vingt-cinq louis. On
achète de beaux habits : un panier en dentelles pour la comtesse,
un frac de velours pour le comte,
afin de se remellre en état de solliciter à la Cour. Nous sommes en
octobre 178;1, Les époux La Molle
parlent pour Fontainebleau, .Jeanne
s'installe, avec son mari, rue d'.\von, à l'ancienne maison du greffe.
Elle a une chambre carrée, assez
grande, joliment attifée. Une cheminée en marbre blanc: aux croisées, des rideaux de mousseline à
fleurs. &lt;&lt; Ht!aucoup de messieurs
comme il faut venaienlalternalivement faire visite à madame la comtesse, tandis que monsieur le comte
allait se chauffer dans les appartements du château. »- &lt;&lt; Militaires
et gens de robe se faisaient un plaisir de lui rendre visite et de lui
laisser des marques de leur générosité'. l&gt;

à crédit une pièce de satin de vingt-cinq
aunes, la met dans sa voiture et continue
son chemin. Arrivée aux Champs-Élysées,
elle en\'oie le cocher chercher un fiacre sur
la place Louis X\'. La Motte y monte, porte
la pièce d'étoffe au Mont-de-Piété, en reçoit
douze louis et retrouve le soir sa femme à
Versailles où tous deux se congratulent de
l'heureuse issue de cette expédition.
Mme de la Motte avait un but précis. Elle
poursuivait la restitution des biens qui, naguère, avaient été dans sa famille, les terres
de Fontette, d'Essoyes et de Verpillières, dont
ses pères, disait-elle, avaient été injustement
frustrés. La restitution lui en paraissait d'autant plus facile à obtenir qu'une partie de
ces 'domaines étaient depuis quelque temps
tombés dans les mains du roi. Elle ne parl'Cnait cependant pas, malgré tous ses efforts,
à franchir le cercle des plus minces bourgeois
de Versailles~. Désespérant de réussir par les
moyens ordinaires, elle en imagina de plus
audacieux. Un jour de décembre 1785, dans
le salon de service, encombré de monde, de la
comtesse de Prol'encr, bl'llc•-sœur de Louis XVI,
elle feignit de tomber de faiblesse et d'inani-

XII
Autour de la Cour â .

L'argent reçu était gaspillé el
de nouvelles ressources devenaient
nécessaires. On imagine mille et
un moyens. Pour aller à la Cour le
comte et la comtesse ont loué un
carrosse de remise. Mais ils n'ont
pas d'argent. Tous deux dans leur
carrosse passent rue Saint-Honoré, chez Lenormand, marchand d'étolfos. Jeanne prend

L lléclaraliou &lt;le ./ -1'. rlc llruguières. insprct. dc
police, en tlate du 11 avr. 1780. A1·c/1. 11al., X2,
Il 1417.
2. Notes de Target, Bibl. de Pa,·is, ms. de la réserve.
3. Les principales sources de cc chapilre sont les
notes cl inl'ormations recueillies -par largcL ms. de

lion. La princesse fut avertie qu'une femme
de qualité mourait de faim dans rnn antila réscrrc à la Bibl. de la Ville de Pans ), que confirment et complètent les « faits pour i111erro~c1· »
)[ma da la l[r,(te, du ms. Joly de Fleury 20!&lt;8 de la

Bibl.

11at.

4. )lma Campan, cd. llarrière, p. 46:i; llaugnot,

[. 2(1.

5. On sait que par l'expression « )fo,lamr

Jl1"1"A11(E DU COl.L'ŒTf. -

chambre. Très émue, elle se fit apporter le
placet que, fort à propos, Jeanne tenait à la
main, et fit transporter la jeune femme sur
un brancard à son logement qui était alors
hôtel de Jouy, rue des Récollets .
Laissée seule, Jeanne appelle son fidèle
Deschamps :
cc Si Madame " envoie quelqu'un de ses
gens demander des nouvelles de mon état,
dites-lui que j'ai fait une fausse couche, que
j'ai été saignée cinq fois. »
Les médecins de Madame vinrent à deux
reprises la visiter. La princesse lui envoya
deux cents livres, une autre fois douze louis.
L'abbé Malet fit dans les salons de la Cour
une quête qui produisit trois cents livres r. .
Avec cet argent Jeanne venait la nuit de
Yersailles à Paris et, le malin retonroail à
Versailles, pour se mettre le jour dans son
lit. Elle passa ainsi trois mois :1 Versailles où
elle laissa, à l'hôtel de Jouy, une dette de
cinq cents écus· - dont elle pensait peutèlre /ètre acquittée par les bontés qu'elle
n'avait cessé de témoigner à l'un des fils de
l'hùtesse 8 •
Ce fut à cette époque que, sur les instances de ~fadame, la pension de
Jeanne de Valois fut portée de huit
cents 11 quinze cents livres O• Mais
qu'étaient quinze cents livres pour
les La Molle? Jeanne essaya de pénétrer jusqu'à la princessl! qui paraissait s'intéresser à elle : à ce
moment la comtesse de Prorrnce
soupçonna l'artifice et l'écarta
comme une intrigante. Un second
évanouissement ne réussit pas
mieux auprès de la comtesse d'Artois.
Troisième tentative le . 2 févrirr 1784, d'une audace plus
grande encore. Jeanne se place dans
la galerie des Glaces, au passage
de la reine qui se rend à la messe.
Elle perce la foule, tombe évanouie; mais cela fit un tel brouhaha
que la reine ne put même l'apercevoir. Le coup était manqué.
Jeanne renouvela enfin ses syncopes en les compliquant de convulsions nerveuses, sous les fenêtres de l'appartement occupé par
Uarie-Anloioetle. Mais celte foisencore la reine ne la vit pas. Dans
ses Mémoires, où elle fait une réalité de ses dé,irs, Mme de la )folle
découvre le fond de sa pensée :
r&lt; Le roi trouva Sa ~lajesté dans une
agitation extrême dont il s'empressa de demander la came. Elle
lui dit qu'elle ,·cnait d'être témoin
d'un spectacle bien triste; qu'elle avait vu
une jeune femme tomher dans d'alfreuses
&lt;p~euc ».''~mmc 0!1 disait, était dt!signéc J'(&gt;pouse ,1 11
rr,•re pu111e du rot.
6, Déclaration de Mme Polhey, premii•re femme do
chamlirc de )[aclamc.
.
7. ~oies de Tnrgcl. Ri/JI. r.de Pai·is, ms. de laréserre.
8. Bibl. 11at., ms. Jol~· de Flcurr 2081{, f 28~.
n. JlrcrcL &lt;lu 18 j:1111'. 1iil~.
•
0

P,

o sans

�fflSTO'}tl.Jl

________________________________________,.

C()lll'ulsions. « J'ai demandé son nom, ajouta de plus en plus forte. li lui en donna avis, intrigants qui usaient d'un crédit réel ou
imaginaire pour se faire livrer, de droite et
« la reine, et on m'a répondu que c'était la assez rudement :
11 Petite mère, j'ai entendu pendant mon
de gauche, des sommes d'argent, sous pro&lt;I demoiselle de Valois, épouse du comte de
« la ~lotte. L'accident qui lui est arrivé est séjour à Versailles ce que l'on dit de vous. messe de faire réussir tel projet, de faire
« bien fâcheux. Ce sont des jeunes gens, et Yous vous vantez, dit-on, de voir la reine, donner une place ou une décoration. Indusd'approcher de Sa ~fajeslé, de lui parler. trie naturellement florissante à celte époque
&lt;&lt; je les plains de tout mon cœur. » L'intérèt
que j'avais inspiré à la reine ne pouvait Léonard, coiffeur de la reine, qui était pré- où la volonté d'un ministre, d'une favorite,
manquer d'exciter l'envie des personnes qui sent, a dit qu'il n'aurait qu'un mot à dire à de la souveraine, pouvait entraîner, sans
cherchaient à se réserver exclusivement ses la reine el que mus seriez renfermée pour lti contrôle, les décisions les plus importantes.
reste de vos jours; qu'il était sùr que vous Jeanne comprit que le jour oit chacun serait
bonnes grâces. •
La seule personne de la Cour dont Jeanne ll·approchez point de la reine. Si vous vous persuadé qu'elle avait de l'influence auprès
parvint à faire la connaissance, parmi tant vantez de cela et que cela ne soit pas, ,·ous de Madame et auprès de la reine, elle verrait
la fin de sa misère. Son nom, Jeanne de Vade démarches et de sollicitations, était un êtes une femme perdue. &gt;&gt;
Jeanne, au premier moment, déconcertée, lois, qu'elle faisait sonner très haut et faisait
nommé Desclaux, musicien du roi et garçon
passer, comme elle dit, sur celui de son mari,
de la chambre de la reine, avec lequel elle balbu1i:1:
signant 11 comtesse de Valois-La Motte », lui
&lt;&lt; Je ne me vante point de parler à la
dina plusieurs fois dans le courant de l'anétait d'un grand secours. Dès les premiers
née 1782, chez la femme d'un chirurgien- reine. &gt;&gt;
temps de son séjour à Paris, quand elle de)fais, aussitôt, se ressaisissant :
accoucheur de Ycrsailles; encore, à p:lrtir de
meurait encore en garni, rue de la Verrerie,
c1 Je vois Sa Majesté et n'en parle jamais! 1&gt;
cette date, cessa-t-elle d'être reçue dans
Jeanne avait son plan. Elle préparait et elle était parvenue à faire prendre son incelte maison et perdit-elle Desclaux de me.
Elle le remplaça par l'un des fils de l' hô- étudiait le rôle de ce qu'on appelait à la lieu- fluence au sérieux : des personnes venaient
la solliciter pour avoir des platesse qui servait à l'hôtel de
ces dans les bureaux'. Elle
Jou y. Celui-ci était un beau garavait extorqué mille écus à
çon d'allure élégante. Mme de
M. de Ganges, en lui prometla Motte paraissait à son bras
tant son crrdit auprès de la
dans les appartements du cbàreine pour faire obtenir une
teau, aux promenades de Verplace de 80 000 livres à M. de
sailles. 0 n les voyait diner à
Blainville, frère de l'abbé de
de petites tables, en tète à tète.
Lattaignant, conseiller au ParEt à ceuxqui demandaient quel
lement 1 ; elle s'était fait enétait ce jeune homme :
voyer par fül. Perrin, négo- Un officier de la chambre
ciants à Lyon, « qui désiraient
de la reine, disait Jeanne de
faire passer un projet utile au
Valois.
gouvernement », lisez : « à
Cependant, à Versailles, à
leur industrie &gt;&gt; , une caisse
Paris, dans la société qui la
remplie d'étoffes superbes, cafréquentait rue Neuve-Saintdeau estimé, par les connaisGilles, Jeanne répandait qu'elle
seurs qui le virent, à 10 000 lidevenait influente à la Cour,
vres pour le moins.
où elle n'était plus appelée,
disait-elle, que la &lt;&lt; comtesse
XIII
de Valois n : elle mangeait chez
Madame et chez la comtesse
La Maison
d'Artois; elle était favorisée
de ta Comtesse.
des bontés de la reine et avait
même un pied dans ses apparLa réputation, mieux assise
tements. Aussi les voyages à
de jour en jour, de cette influVersailles devinrent-ils de plus
ence active auprès de la reine
en plus fréquents. Ces récepet à la Cour, et les charmes,
tions à la Cour se bornaient
la grâce enjouée et séd uisantc
hélas ! à se renfermer chez le
de Jeanne de Valois, et les
teneur de garnis Gobert, où
grosses bouteilles de hou rgoJeanne vivait de sa table, régagne que le comte montait de
lée pour tout diner d'un plat
la cave, groupaient rue Nemcde choux, de lentilles ou de
Saint-Gilles un cercle de famiharicots, et payant son repas
liers.
C'était une curieuse asdouze sols. )lais à Gobert aussi
semblée : quelques financiers
elle disait qu'elle était reçue à
d'un âge mùr, manœuvranl
la Cour, et, certains jours, les
autour de la jeune femme de
jours _où elle y dinait, Jtianoe
qui ils flairaient l'indigence
allait prendre place à la tal.Jle
d'hôte de l'hôtel de Jouy. Elle LES ENFANTS DU COMTE D'ARTOIS : DUC D'ANGOULÊ~IE, FlLS AÎNÉ; MADEMOISELLE: sous le luxe d'apparat; de jolis
ET LE DUC DE BERRY DANS LES BRAS D'UNE DES GOUVERNA'.'ITES,
abbés parfumés; quelques avorentrait tard el ne tarissait plus
cats, M• Laporte, gendre du
sur les bonnes gràces de Masubstitut du procureur général
dame, surl'affabilitédela comtesse d'Artois et sur la bonté de la reine qui lenance de police « une faiseuse d'affaires aux Requêtes; le jeune M• Albert Beugnot,
daignait l'honorer de sa sympathie.
dans les bureaux des ministres à la Cour ».
1. Bibl. na/ .. ms. Joly de Fleury 2088,_ f" 211;'&gt; ,•.
M. de la Fresnaye, qui avait de l'amitié Dans les dossiers des archives de la Bastille
2. Lellre, s. 1. n. tl . s., à ))• Targe!, Bibl. J. &lt;le
pour Jeanne, apprit la rumeur, qui devenait on rencontre par centaines les noms de ces Pa,-is, ms. dr la rèscnc.

'------------------------------------

r

qui n'y venait, dit-il, qu'en habit noir et en
cheveux longs pour marquer son respect; des
comtesses et des marquises de qui, peut-être,
il n'eût pas été discret d'épousseter le
blason; puis des mili Laires, le comte
d'Olomieu, officier des gardes 1, œil
vif, figure martiale, parlant haut, retroussant ses moustaches et grand
trousseur de cotillons, qui venait journellement faire avec Jeanne sa partie
de trictrac. Le plus intime était un
certain ~lare-Antoine Rétaux de Yillcue, ancien gendarme, camarade du
comte de la Molle, lequel l'avait présenté à sa femme. Les maris n'en font
jamais d'autres! Rétaux était fils du
directeur général des octrois de Lyon,
son frère était président en l'élection
de Bar-sur-Aube. Il avait quitté sa
mère, qui demeurait dans cette dernière ville, et était venu demeurer à
Paris dans l'automne de 1784. JI s'était logé rue du Pelit-Carreau, au coin
de la rue Bourbon-Villcneul'e; mais,
dès le mois de décembre, il était venu
demeurer rue Saint-Louis au Marais,
pour se rapprocher de la comtesse i.
Le chevalier de Villette, comme il ~e
faisait appeler, était un beau jeune
gars, d'une trentaine d'années, la taille
bien faite, les . cheveux blonds, où,
malgré la jeunesse, brillaient déjà des
fils d'argent, et des yeux bleus, un IPint frais
et coloré:;. Il était séduisant, faisait de~ vers,
imitait à faire mourir de rire ~Ille Contafde
la Comédie-Française, et, tandis que La Mo.ttc
pinçait de la harpe, chantait agréablement
des mélodies de Rameau ou de F;ancœJir.
Avec son écriture qu'il savait rendre très
fine, une écriture de femme, Rétaux servait
de secrétaire à Mme de la Motte, et nous
avons des raisons de croire qu'auprès d'elle
ses fonctions allaient plus loin. L'inspecteur
Quidor, qui était chargé de la police des
filles, procéda dans la suite à l'arrestation de
Rétaux à Genève. Très expert en ces matières,
il note les rapports du jeune secrétaire avec
la dame qui l'employait, d'une expression
pittoresque et vigoureuse qu'on ne peut
reproduire ici.
On reconnaitra d'ailleurs, à la louange de
Jeanne, que, dans la suite, quand elle aura
fait, comme on le verra, une affaire importante, elle ne laissera manquer de rien un
jeune homme qui lui était si précieux.
&lt;I Mme de la Moite m'a dit, écrira à Rétaux
son frère, le Président en l'élection de Darsur-Aube, qu'elle t'a fait avoir 20000 livres
que lu loucheras à la fin du mois. La Motte
m'avait dit, quelques jours auparavant,

taire adjoint, un minime de la Place Royale,
exerçant les fonctions de procureur de cette
maison, le Père Loth. Une porte bâtarde du
couvent donnait dans la rue Neuve-SaintGilles, en face du numéro 15, oit Jeanne
demeurait. Le minime disait tous les matins
la messe pour la comtesse, car elle entendait
la messe tous les jours. II la faisait entrer
par la petite porte dans la chapelle où l'attendait un prie-Dieu de velours. li lui servait
en outre de majordome, engageait et faisait
agréer les domestiques, surveillait l'office et
la cuisine, morigénait la femme de chambre
Hosalie, la soubrette classique : dix-huit ans,
taille fi ne, des yeux noirs el un petit nez
retroussé•. Il réglait les fournisseurs et. gardait les clefs de la maison quand le comte et
la comtesse allaient à la campagne 6 • Le Père
Loth était au demeurant bon compagnon. On
l'avait vu au bal en habit de canlier, trouvant un égal plaisir aux contredanses et aux
menuets. Il reconduisait sa danseuse jusqu'à
sa chaise, en tenant son chapeau sous le bras,
mettant ses pas en cadence avec un soin
extrême, et finalement baisant la main de
la dame, avec un beau salut de cour, de
l'air le plus galant. Il était recherché dans
les petites fêtes que donnaient lt!s maisons

1. Le scandale du procès du Collier l'obligea dans
la suite à démissionner.
2. Arc/,. des aff. étrang., ~Iém. cl docum ..
France 1400, f• 71 v•.
5. Confrontation du cardinal de Rohan à Rosalie,
21 mars "1786, A?·clt. 11at., xi, B/1417.
4. Arch. des a/{ ét1-a11g., Mém. el docum.,
France 1400, f• 69-14; cf. ibid., ms. 1399, f• 187.
5. Confrontation de Nicole Leguay, dite rl'Oliva, à
Madeleine Briffault, dite Rosalie, 21 mars ·178~.
6. Déposition du P. Lolh dC'l•ant les commissaires

du Parlement, A,·clt. 11at., xi. B/1417; - Vie de
Jeanne de Saint-Rémy, li, 518; - J\lém. du comte
de la Motte. p. :i88 cl suiv.
7. Bibl. na/ .. m~. Joly de t'leury 2088, f• 57-1.
8. Arcli. aO'.étra11g .. l509,f•181 y•,182; tf.ibid.,
f• 224.
9. Bibl. de la V. de Pa,·is, dossier Target. Sur
les Saint-Rémy de Valois établis à Troyes, voir u11e
intéressante lettre signée de Montfort, garde du corps,
datée de Troye;;, 19 avr. 17b6 Arrh. af. étrang.,
1lém. et docum., France 1400, f• 12;;,

qu'elle t'avait fait avoir une pension de
1200 livres'. &gt;&gt;
)lme de la Motte avait, en outre, un sc-rré-

Ill

I

({•il'/,/

""' 2 19

...

L'Arr.JmfE lJU

Cou.œ~ - ~

bourgeoises aux environs du couvent et y
paraissait en costume d'abbé : ce joli costume à manchettes de dentelles, la jabotièr'.l
en point de Tulle, orné par derrière
du large pli en soie moirée, qui tombe
de la nuque aux talons et semble décroché d'un tableau de Walleau. Tel
il venait souper chez Mme de la
Molle 7 •
L'office du secrétaire, Rétaux de
Villette, et celui du majordome, le
Père Loth, étaient complétés par un
intendant. Ces fonctions étaient remplies par un avocat, lieutenant en l'élection de Bar-sur-Aube, nommé Filleux . Mme de la Motte le consultait
sur les affaires importantes, les questions d'argent. C'était en ces questions
un homme très avisé, d'un dévouement
éprouvé : la comtesse le logeait chez
elle 8 •
On avait également ,·u dans le rnlon
de la comtesse un pcrsonnagP arrivé
de Troyes rn Champagne et qui se nommait lui aussi de \"alois. Jeanne l'appelait 11 mon che; cousin&gt;&gt; et le faisait
diner avec des chevaliers de SaintLouis. li était venu pour se faire reconnaitre à l'instar de sa cousine, en
ayant grand besoin, car il avait six
enfants. Mais il eut la maladresse de
dire à table qu'il était savetier de son
étal, ce qui fit que Jeanne le mit à la porte
et lui interdit de reparaitre à l'avenir 9 •
Enfin Mme de la Motte avait pris chez elle
une dem(.)iselle Colson, parente de son mari,
jeune fille fort pauvre à qui elle faisait
remplir le, fonctions de lectrice et de dame
de compagnie 10 •
Valets de chambre, cuisinier, cocher, jocquey, ménage de portiers, soubrette, lectrice
et dame de compagnie, confesseur, intendant,
secrétaire, majordome, un officier pour le
trictrac, un ami du mari pour les besognes
de confiance, un moine élégant et parfumé
pour les missions délicates : la maison de la
comtesse était au grand complet.
Dès l'installation de Jeanne, rue ~euveSaint-t;illes, on )' avait vu apparaîlre une
personne qui, par une singulière rencontre,
s'appelait également Mme de la Motte: de son
nom de fille Marie-Josèphe-Françoise Waldburg
de Frohherg. Elle avait épousé l'administrateur du collège de la Flèche, Pierre du Pont
de la ~lotte. Celle dame avait été détenue à la
Bastille du 22 février au 2\J juin 17 82, d'où
elle avait été transférée à la Villette, chez un
nommé ~facé, qui tenait une de ces curieuses
pensions pour prisonniers par lettres de
cachet comme il y en eut plusieurs à Paris
'1~. )ll(e Colson, qui élail lrès fine cl intelligente. ne
fut Jamais dupe des manœu,·res de sa cousine. Aussi

lime tic la Motte _I~ disgrac)a-l-cllc en juin 1784. Elle
voulut alors se faire rrltg,eus,' et se retira dans un
rouvenl it \'ersailles, de là à l'abbaye tic Lonachamp •
mais dans le ccuranl de 1785 elle en sortit èl s~
maria. Il est question d'elle dans les mémoires manusc1·its du comte de la Motte conservés aux A,·c!âves
11alionales, F1 6354•/7277, p. 118, en ers termes :
« Mme _Dcstony, qui a~·ait demeuré quelques temps
citez mot avant son manage •.

�IDSTOR._1.11
avant et même pendant la Révolution. Elle
s'était évadée de chez )lacé peu de jours après.
L'histoire de cette autre dame de la Motte est
intéressante pour nous. Elle se disait, elle
aussi, honorée de la confiance de la reine,
montrait des lettres que Mme de Polignac
était censée lui écrire, parlait de la faveur
dont elle aurait joui auprès de la princesse de
Lamballe, usait d'~n cachet de la reine surpris sur la table du duc de Polignac, racontait
comment elle avait dP.sarmé, par son crédit
sur la souveraine, le ressentiment de la princesse de Guéméné contre une certaine dame
de ll.oquefeuille, et, mettant toute cette belle
influence à la disposition du plus oflrant,
soutirait aux gens des sommes importantes.
Nous la verrons sous peu collaboratrice de
Jeanne de Valois : mais celle-ci va marcher
sur ses traces avec une énergie et une audace
que Françoise Waldburg de Frohberg n'eût
pas soupçonnées 1 •
Cependant Jeanne, qui menait un train de
vie de plus en plus brillant, sentait de plus
en plus lourdement le poids de la misère.
Un sauf-conduit du ministre Amelot la mettait à l'abri des poursuites que voulaient exercer
contre elle des créanciers auxquels elle &lt;levait
une forte somme depuis deux ans 2 • &lt;( Alais,
comme elle l'écrit au contrôleur général quelques jours après•, cela ne la met pas à l'abri
de vendre ses meubles. n - « Je ferai des
esclandres, ajoute-t-elle, et je ne peux pas
faire autrement. Il faut que je vive et les
miens. &gt;&gt; Le 6 avril, une condamnation pour
dettes est prononcée par le prJvôt de Paris 4 •
Le Lerme de la Saint-Jean 1781~ ne peut être
acquitté que grâce à trois cents livres que le
père Loth est parvenu à emprunter 5 •
Jeanne écrivait le 16 mai li 83 à Lefèvre
d'Ormesson : &lt;, Vous me trouvez sans doute,
monsieur, très extravagante; mais je ne puis
m'empêcher de me plaindre puisque la plus
petite des gràces ne peut m'être accordée. Je
ne suis plus surprise s'il se fait tant de mal
et je puis encore dire que c'est la religion qui
m'a retenue de faire le mal r._ &gt;&gt;
XI\'

La peine du Cardinal de Rohan
Arrivant de son ambassade de Vienne,
le prince Louis de Rohan était porteur de
deux lettres, écrites par Marie-Thérèse, l'une
pour Louis XVf, l'autre pour llarie-Antoinette.
L'accueil du roi fut des plus réserl'és. Il
l'écouta quelques minutes et lui dit brusquement : « Je vous ferai bientôt savoir mes
volontés. » Quant à la reine, Rohan ne put
même pas obtenir d'elle une audience. Elle
lui emop demander la lellre que l'impératrice lui avait confiée. Le jeune prélat en
t. Dans la suite, pendant la périudc révolutionnaire,
Mme ,lu Pont la Motte fut arrêtée sur ordre ùu
Comité de Salut public date du 5 thermidor an li.
Sainl-.lusl lui-même avait rédigé la note suivante :
« La Duponl-Lamolle, embastillée pour intrigues de
Cour. Partie de son histoire se trou,·e dans celle de la
Bastille. La première intrigante de l'Europ1•, correspondant avec 11•1 ministres des com·s étrangères tian

'--------------------------------éprouva une peine profonde, encore plus qu'il
n'en fut irrité. Et il prit la résolution de faire
tout au monde pour adoucir peu à peu la
rigueur de sa souveraine.
L'enfant qu'il avait saluée et bénie à Strasbourg était devenue une femme d'une grâce
délicieuse, que la majesté du trtlne rehaussait
de son éclat. Rohan cherchait à gagner
l'amitié de ceux qui avaient occasion d'approcher la reine et pourraient effacer dans son
esprit les mauvaises impressions que le courrier de Vienne ne cessait d') faire pénétrer.
« Les inquiétudes que Votre Majesté me
témoigne dans sa très gracieuse lettre sur les
intrigues du prince de Rohan, écrit MercyArgenteau à Marie-Thérèse, en date du 16 juillet f 7i6, n'étaient pas sans fondement. Ce
coadjuteur, étant parfaitement raccommodé
arnc la princesse de Guéméné, en obtint que
celle-ci se chargerait de remettre une lettre à
la reine, dans laquelle le coadjuteur la suppliait de lui accorder une audience. Heureusement la lettre, sous un vernis de respect,
aYait un coin de morgue el de reproche qui
choqua. L'abbé de Vermont et moi fimes
notre possible pour décider Sa Majesté à déclarer nettement qu'elle n'avait pas d'audience
i1 donner au coadjuteur; mais la reine prit
un parti moins décisif, et, sur les instances
réitérées de la princesse de Guéméné, la reine,
sans accorder ni refuser, prétexta tantôt une
occupation, tantôt une promenade, de façon
qu'enfin le coadjuteur fut obligé de partir
pour Strasbourg sans avoir eu d'audience 7 • »
Quand, en 1777, la grande aumônerir, la
première charge en dignité de la cour de
France, devint vacante, Bohan, qui avait la
promesse de la succession, faillit ne pas être
nommé à cause de l'opposition très vive que
lui fit Marie-Antoinette stimulée par )[ercyArgenteau. Encore le roi ne donna-t-il son
agrément que sous la condition que Bohan
signerait un engagement de se démettre de
la charge au bout d'une année; mais, comme
le fait observer Mercy, les Roban-MarsanSoubise étaient d'une action trop puissante
pour r.e pas arrêter l'échéance d'un pareil
billet.
•Marie-Antoinette annonce la nouYelle (t sa
mère : « Je pense bien comme vous, ma
chère maman, sur le prince Louis, que je
crois de fort mauvais principe et très dangereux par ses intrigues, et s'il n'avait tenu qu'à
moi, il n'aurait pas de plar.e ici. Au reste
celle de grand aumônier ne lui donne aucun
rapport avec moi et il n'aura pas grande
parole du roi qu'il ne verra qu'à son lever
et à l'église 8 • »
&lt;( F.n vain, dit l'abbé George!, secrétaire
particulier du prince de llohan, le grand
aumônier écrivit-il à la reine jusqu'à trois
fois : ces lettres, il le sut à n'en pouvoir

douter, ne furent jamais lues. Elles ne furent
même pas ouvertes. En vain employa-t-il la
médiation des personnes à qui la reine donnait des marques particulières de bonté et
d'amitié, en vain eut-il recours à Joseph li,
frère de la reine, lors de son VO) age en
France, pour être autorisé à présenter son
apologie, les réponses annoncèrent une volonté
bien décidée à ne jamais se porter à aucune
voie de rapprochement et de réconciliation°. ,i
Peut-être cependant la reine eùt-elle laissé
ses rancunes s'assoupir, si Mercy, agent de
fürie-Thérèse, n'e1it été là, aux aguets, actif
à les réveiller. « 'fel que je connais le coadjuteur de Bohan, lui écrivait l'impératrice
d'Autriche, je le crois aussi capable de s'insinuer da05 l'esprit de ma fille qu'il a été
assez heureux pour se faire ici, à Vienne, de
nombreux partisans. &gt;&gt;
Triste et révoltant spectacle, que cette mère,
Marie-Thérèse, qui ne voit plus dans sa fille
qu'un instrument de sa politique. « Tout en
elle désormais, dit M. de Nolhac, sa beauté,
sa popularité, sa maternité, devra senir, à
l'heure nécesrnire, les intérêts de la politique
autrichienne. » Elle ose faire dire à sa fille,
dauphine de France, que l'.\utriche est sa
patrie. Et cette patrie, comment veut-elle
qu'elle la serve? En étant gracieuse pour la
Du Barry, pour la courtisane qui d4shonore
la cour, qui heurte en Marie-Antoinette la
pudeur de femme et la dignité d'épouse.
Marie-Antoinette répond que c'est plus fort
qu'elle, qu'elle ne peul; mais l'impératrice
insiste, elle veut, elle parle durement! sa
fille s'imagine-t-elle avoir à lui donner des
leçons de dignité et d'expérience? Mercy vient
à la rescousse. Marie-Antoinette, obligée de
céder, parle à la favorite avec un sourire, et
celle-ci, dans sa reconnaissance un peu brutale, ,eut aussitôt lui faire acheter par le roi,
en manière de récompense, une parure de
diamants.
Marie-Antoinette est devenue reine. Elle
aurait le devoir d'entrer en rapport avec le
cardinal de Rohan, son grand aumônier;
mais l'impératrice veille, avec ses dévoués
auxiliaires, le comte de ~fercy et l'abbé de
Yermond, et fait si bien qu'elle réussit à l'en
empècher.
Rohan en était au désespoir. Marie-Antoinette, gracieuse, vive, le fascinait. Et Rohan
était ambitieux. Ses débuts, les progrès
rapides de sa carrière, la situation prépondérante de sa famille, les dignités dont il était
revêtu découvraient devant lui les plus vastes
espoirs. Lrs 0atteurs, qui butinaient sur sa
fortune et ses dignités, le grisaient du souvenir de !lichelieu, de Mazarin, de Fleury, les
cardinaux qui avaient régné sur la L•'rance.
&lt;( li avait plus que le droit, il avait le deYoir,
lui disait-on, de parvenir à la direction de

l'ancien régime, admise chez le cardinal de . Rohan,
maitrc,sc de Fleury qui a élé prisonnier d'Etat à la
citadelle d'Arras. Elle avait, pour agcnlde ses intrigues.
l)ruzy, qu'o;llc a amené à Paris et qu'elle faisait déguiser. Lanlôl en ibhê, lanlôl en officier ». Arc/,, 11al.,

5. 1783, 16 mai.
4. A.rch. nal., F 7, 4145, B.
5. Déposition du P. Loth, H sept. 1785, À1'ch. 11a/.
6. Publiil par Chaix d'Est-Ange, p. 13.
7. Geffroy et d'Arneth, Il. 4i0-7t.
8. Recueil de M)I. de Beaucoart et de la Rocheterie,
T, 140.
9. George!, II, 19-20.

F'/ H37.

ll. Le sauf-conduit eslchtéd n 12 mai 1783. Arc/1.
11at., F7/4ib0.

L' Jl-,=i=A1~E

DU COZ.L1E~ - - ~

l'État. &gt;&gt; Le malheur fit que le prince Louis pureté qui n'eùt d'égale que celle des anges, derrière ce paravent, fermez les yeux et déen arriva à le croire. li dictait à son secrétaire, tles nerfs délicats, des yeux Liens; il fallait, sirez en vous-même la chose que vous soule baron de Planta , les projets qu'il devait en outre, que l'ange fût né sous la constel- haitez voir. Si vous ètes innocente, vous
réaliser quand il serait au ministère. C'étaient lation du Capricorne. Or, il se trouvait que verrez ce que vous désirez voir, ~i vous ne
des programmes de réformes politiques dont Mlle de la Tour remplissait toutes ces condi- l'êtes pas, vous ne verrez rien. &gt;l Mlle de la
l'exécution ferait le bonheur des Français 1 • tions. « La mèrc,dit Beugnot, faillit en mou- Tour se plaça derrière le paravent tandis que
Mais un obstacle se dressait entre le pou voir rir de joie et crut que les trésors de Memphis Cagliostro et le cardinal - qui se tenait à
et lui. Et quel obstacle! - la reine.
et de la grande ville de l'intérieur de l'Afrique côté de la cheminée - restaient au dehors.
Et c'est ainsi que, de plus en plus profon- allaient tomber sur sa famille, laquelle en
Cagliostro se mit à faire pendant quelque
dément, dans cet esprit où l'imagination avait prodigieusement besoin. &gt;&gt;
temps des signes magiques, puis, s'adressant
tenait une si grande place, dans ce cœur tout
L'illustre magicien crut utile de procéder à la jeune fille : c, Frappez un coup par terre
féminin o1t la raison n'avait pas accès, s'en- à des expériences préliminaires. II reçut la et dites si vous voyez quelque chos8? - Je
racina une idée fixe, se développa une obses- jeune fille dans son laboratoire, installé en ne vois rien, répondit Marie-Jeanne. - Eh
sion redoutable : regagner les bonnes grâces l'hôtel de Rohan, rue Vieille-du-Temple. bien, mademoiselle, dit Cao-liostro, vous
"
•
•
t&gt;
de la reine.
« Mademoiselle, lui dit-il, est-il vrai que n ' etes
pomt mnocente. &gt;&gt; Alors la demoiselle
« Je me représentais, ditlecomteBeugnot, vous soyez innocente? ,i Elle répondit avec piquée au vif répondit qu'elle voyait ce
ce malheureux cardinal de Bohan entre Ca- assurance : c, Oui, monsieur. - Eh bien, qu'elle désirait, et sortit du paraveut satisgliostro et Mme de la Molte 2 • &gt;&gt; Ceux-ci, l'un ajouta Cagliostro, je vais dans un instant faite &lt;l'a voir convaincu les grns de son
et l'autre, avaient dès
innocence.
le premier jour pénétré
Nous possédons un
son caractère bon et crétrès
précieux interrorra•
0
dule, d'une naïveté conto1re de Marie-Jeanne de
fiante, un caractère d'enla Tour, racontant plus
fant, et démêlé aussi
tard aux commissaires
l'ambition qui le rondu Parlement les cérégeait et qui, nonobstant
monies de Cagliostro.
tant de richesses et
C'est un document préd'honneurs, faisait le
cis, authentiqur, et
tourment de sa vie.
qui nous montre sous le
Cagliostro se charjour le plus curieux le
geait de parvenir au but
caractère du prince de
par ses cérémonies.
Rohan'.
Le corole de la l\fotte
La jeune fille raconte
avait une sœur, qui avait
11ue, s'étant rendue avec
épousé à Bar-sur-Aube
sa mère ;1 l'hôtel du carun ancien contrôleur du
dinal 5, t&lt; l'hôtel de Strasvingtième, Choppin de
bourg », elle y trouva
la Tour, homme d'esle cardinal et Cagliostro.
pri L, mais caustique et
On lui mit un petit tabrutal. Nous avons vu
blier blanc, sur lequel il
les jeunes gens trouver
y avait un crachat d'arasile chez les La Tour
gent, et, après lui avoir
quand Mme de Surmont
fait réciter des prières,
les eut chassés de sa
on la fit s'approcher
maison. Mmedela'l'our,
d'une table oit étaient
excédée des mauvaises
posés deux chandelles
plaisanteries de son maallumées et un grand
ri, l'avait 11uitté en celte
vase rempli d'eau claire.
année 1785 et était veCagliostro, derrière un
nue à Paris, avec sa fille
paravent, faisait des gesMarie-Jeanne, s'installer
tes avec une épée, inchez une tante, l\fme
voquait le grand Cofte,
Clausse, de la famille
les anges Raphaël et Mide l\f. de Surmont, qui
chaël. li demandait à
l'aYait reçue chez elle,
Mlle de la Tour si elle
rue du Sentier. Mariel'oyait la reine dans le
Jeanne était une petite
•
vase. Marie-Jeanne, qui
demoiselle de quinze ans
ne voyait rien, répondit
d'une beauté et d'une
qu'elle la voyait parfaiblancheur remarquatement et cela c, pour se
NICOLE L E&lt;..UAY, DITE BARONNE IJ°ÛLil'.I.
bles•. Or , Cagliostro,
débarrasser &gt;l, déclaraD'apres UII pastel &lt;'011/emporai11 . {Colleclio11 FRANTZ F u NCl(·llRE.'ffANO .)
pour ses opérations,
l-elle aux juges.
avait besoin d'une voyanCagliostrolui demanda
te, sujet plus difficile à lrournr qu'on n'ima- connaitre si vous l'êtes. l\ecommandez-vous ensuite si elle ne voyait pas des anges el de
gine, car il fallait plusieurs conditions : une à Dieu et, avec votre innocence, mettez-vous petits bonshommes qui voulaient l'embrasser,
1. Hétaux d.: Villette ùéclarc devant le ParlclllCllt qu'il a vu les mémoires él'ri ts de la main
d~ Planta. Uoss. Target, /Jil,/, v. de JJai·ù . ms. &lt;le la
~E~~

.

2. 1, 62.
::;. ' · 58-59.

?· Intcn·.

de )laric-Jcaunc de la Tour, âgée tic
quinze aus, 21 sept. 1785, Arc/,. 11al. , xi, B/1117.

La ,·é,·acité de celle· déposition csl d'ailleurs ronfirmi-c par les détails du ms. tic la Ili/A. na/. , Jolv cle
Fleury 2088, I'• :'i14-l5.
•
r,. Le 1 anil 178;i.

�111S TORJ.Jl
cl, comme elle répondit que non : « Mettezvous en colère, dit Cagliostro, frappez du pied,
appelez le grand Cofte, dites aux anges de venir
, ous embrasser! ,&gt; A quoi elle répondit qu'elle
les voyait et embrassait les petits bonshommes,
et cela, ajouta-t-elle, &lt;I pour se débarrasser ».
« Le cardinal, pendant ce temps-là, était en
prière et se prosternait et dit à la déposante,
en s'en allant, de ne rien dire, car cela lui
ferait du tort. l&gt;
Mlle de la Tour revint au palais du cardinal trois jours après 1 • On lui donna cc jourlà une· longue chemise blanche tissue d'argent, un &lt;I grand soleil » au milieu, ornée
sur les bords de crépine d'argent, et une
écharpe bleue : costume dessiné par Cagliostro. Vètue de cette chemisr, le grand soleil
llamboyant sur sa poitrine, et, ceinle de cette
écharpe, elle fut introduite dans la chambre
à coucher du cardinal, tout éclairée de bougies. Sur la table il y avait encore un vase
rempli d'eau transparente et, tout autour,
des étoiles, de petits bonshommes et des
signes qu'elle u'avait jamais vus. C'étaient
des hièroglyphes et des figurines représentant
Isis et le bœuf Apis . Cagliostro, ayant recommencé à faire de grands gestes avec son
épée, lui demanda si elle ne voyait pas dans
la carafe une Ît'mme blanche et si celle
femme ne ressemblait pas à la reine. MarieJeanne, qui ne voyait toujours rien, répondit qu'~llc l'apercevait.
« Il lui demanda ensuite si elle ne voyait pns
un vieux bonhomme vêtu de blanc, qui se
promenait dans le jardin, qui venait pour
l'embrasser; elle dit qu'elle le voyait, et que
c't&gt;tait pour se débarrass&lt;r. ll Elltl dut ensui le
répétrr ks invocations au gran~ Cofte et à
l'ange Gal,riel, pui~ Cagliostro l'averlil qu'elle
allait voir le cardinal à genoux, tenant en
main une labatière dans laquelle il y aurait
un petit écu, et, comme il recommençait
dms une agitation de plus en plus grande
ses gestes al'ec son épée, la jeune fille lui
dit qu'elle \'oyait effectivement le cardioal à
genoux tenant en main une tabatière dans
laquelle il y avait un petit écu. Alors le cardinal, très animé, dit que c'était cc incroyal1l&lt;',
extraordinaire », et il avait, obsef\ ê Mlle de
la Tour, &lt;c l'air pénétré de joie et de satisfaction l&gt;. &lt;1 Le cardinal s'était mis à genoux, il
pleurait et levait les mains au cieli. ,i &lt;c J'ai
été complètement aveuglé, dira plus lard le
prince de Rohan devant le Parlement, par le
désir immense que j'avais de regagner les
bonnes grâces de la reine 3• »

" - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - L' A'F'FJll~ë vu Co1.1..œ~ - - ,
tacle principal auquel se heurte l'histoire du
Collier, est l'invraisemblable crédulité qu'elle
exige de la part du cardinal~- Et voilà que
des textes précis, concordants, authentiques,
prouvent que le cardinal était incroyablement
crédule. Deux jours avant qu'il fût arrêté,
Cagliostro lui avait persuadé qu'il avait diné
avec Henri IV. &lt;c Cette anecdote, dit la
Gazette de Leyde, dont on peut garantir
l'authenticité, justifie toutes les imprudences
du cardinal•. l&gt; &lt;I Sa crédulité incroyable,
note le duc de Lévis, est réellement le nœud
de toute l'affaire et dispense de recourir aux
explications non moins incroyables qu'on n'a
pas manqué de suggérer 6 • » On dira que,
plus haut, nous avons présenté Rohan comme
un homme d'esprit. Dans son Garde du
Corps, Mayrr a prévu l'oujection, et cite le
Barbier de Séville: &lt;I Quand la jo!ie Suzanne
dit à Figaro que les gens d'esprit sont bêles,
elle a bien rairnn, 3uzanne. »

Tel était le cardinal de Bohan. Or, l'o!Js-

La comtesse de la Motte avait de son côté
dressé ses batteries. En avril 1784, elle commença de parler au cardinal, discrètement
d'abord, de ses relations avec la reine 7• Puis
elle donna des Mt ails que Rohan, tenu éloigné
ùe la Cour, ne pouvait contrôler. Elle accumulait les anecdoles avec son imagination
précise, vivante, cl qui, dans le courant
111ême de la conl'ersation, la servait avec tant
d'abondance el de rapidité.
« Quand j'épomai le comte de la Motte,
disait-clic, nous n'avions rien : 800 livres de
pension qui ru 'étaienl faites sur le Trésor. Et
il fallut vaincre l'opposition que faisait au
mariage la famille de mon mari, de 11ui la
mère crJignait que Hous lui tombassions à
thargP.
&lt;c Nous nous rendimes à Paris où, p;ir les
moyens dl! nos amis, Madame et Mme la comtesse d'Artois eurent la bonté de s'intéresser
à nous auprès des minislrts du roi. Les besoins
de l'l~tal et la multiplicité des affaires firent
traîner en longueur nos sollicitations et celles
de nos protecteurs, de sorte qu'après avoir
épuisé la bonté et la patience de nos amis,
sans avoir rien obtenu, on nous conseilla
d'essayer les bontés de la reine.
« Après bien des débats entre la crainte
et l'espérance je me déterminai à présenter
un placet à Sa M11jeslé; mais l'appareil de la
majesté et la hardiesse de l'action manquèrent
de me coùler la vie, car je tombai évanouie

aux pieds de la reine, qui en fut touchée et,
par un mouvement de bonté et d'humanité,
ordonna qu'on me portât sur un lit chez une
dame de la Cour.
cc Quand je fus revem~e de mon évanouissemr.nt la reine a eu la bonté de me voir, de
s'intéresser à mon sort en m'encourageant 11
Jui demander des grâces qui ne seraient pas,
disait-elle, dans le cas d'ê1 re refusées. »
Le cardinal, très confiant, ne doutait pas,
doutait d'autant moins que, peu à peu, elle
lui donnait les nouvelles les plus agréables.
Elle était reçue dans l'intimité de la reine,
disait-elle, qui n'avait plus de secrets pour
elle, qui lui confiait ses pensées, à elle, son
amie, sa cousine, nJle des Valois, pensées
dvnt le fond lui était à présent connu peulêtre mieux qu'au roi lui-même 8• Et elle pouvait affirmer que la reine revenait peu à peu
de ses impression~ premières, des mensonges
perfides que lui avait insinués le comte de
Mercy. des calomnies que lui apportait le
courrier de Vienne. La conduite du cardinal
de Rohan, si généreuse vis-à-vis du prince de
Guéméné, son neYeu, el d'autres traits de sa
bienfaisance monlrent, disait la reine, que le
grand aumônier a le cœur bon 9 • En mai,
Jeanne déclara au prince Louis que, pénétrée
de reconnaissance pour tant de bienfaits reçus
de lui, elle était résolue de consacrer désor
mais à lui être utile toute l'influence rlonl
elle disposait à la Cour, et, en mai, le 1isage
radieux, elle lui annonça que, sans doute, le
but ne tarderait pas d'ètre atteint 1°.
Elle alla plus loin. fienouvclant le procédé
qui avait si bien réussi, en 1777 ,à Mme Cahouet
de Villiers avec le f~rmier général Béranger,
elle persuada à Bohan r1ue la reine, en passan t, lui ferait un signe de tête où il verrait
clairement une marque de son intérêt. Rohan
fut aux aguets, et ce signe, &lt;I celle nuance ll,
comme il dira lui-même, il crut effectivement
l'apercevoir i1 plusieurs reprises 11 • Ce point
acquis, Mme dt! la Motte fit un pas de plus.
Elle se hasarda à mettre sous les yeux du
prince Louis des lellres sur papier blanc
vergé, bordé d'un liséré bleu clair, ayant au
coin les lis de France, que la reine écrivait à
sa cousine, la comtesse de Valois, et oit, de
temps à autre, passait le nom du gr,rnd
aumônier.
Le Père Loth déposera plus tard devaol les
commissaires du Parlement : &lt;! Je me rappelle qu'une fois, me pré,enlanl chez Mme de
la Molle pour lui parler, je ne pus entrer
parce qu'elle était, me dit-on, occupée avec
le sieur Villette. On ouvrit la porte peu après
et je vis auprès du lit de Mme de la ~lotte

t. Le 1 aVl'll 1785.
~- llibl. nat., ms. Joly de Fleury 2088, f• 51:i.
:;. George!, Il. 201.
.
.
4. \'oir li• Labori, le Procès d11 Collier, discours
prononcé à la conft'•rencc _des avocats le 2ü nov. ·1888,
tians la Gazelle des Tr1bu11au.r rlu \!6 no,·. t88~,
p. 2, col. 1.
5. Gazelle de Leyde, du 9 nov. 1i85.
6. Souvenirs et Pol'lrail, (181:'i), p. 154.
i. Notes de Rohan pour ~!• Target, Bibl. v. de
Paris, ms. de la réserve.
8. Au point de vue cle l'histoire qui fut imaginée
par ~lmc de la Molle, de ses rapports avec ~larieAntoinelle, la déposition faite par le Père Mac Dermot! ,

à Lon,lrcs, le 10 octobre Ii8:i, clcva11l i\l• Ouùourg-,
notaire public, est des plu, curieuses ( Arcli. des .lff'.
étra11g., Mém. el docu,u. France 1390, I'•• 1àl-25u).
Mac IJcrmoll rapporte cc que lui a conliè le comte
de la Molle, lc11ucl répèlatl les propos de sa fcmmf'.
On y YOil que, dès l'origine, dès 178~, Loule celle
histoire s'était fixée dans l'eipril clc Mme de la Molle
avec une précision élonuante. Elle n'osa la produire,
ni dans ses interrogatoires, ui devant le Parlement
assemblé, ni dans les mémoires qu'elle fit rédiger par
ses avocats. Le contrôle en étail trop faci le et, dès la
première objection, !"échafaudage se fùl écroulé. liais
plus lard, quand elle fut réfugiée à Londres, à l"époquc
où les calomnies commencêrcnt à se déverser 1m1H1-

némenl sur la reine. Jeanne de Valois mil son l,istoire au jour, clans son Mémoire justificatif, puis
clans la Vie de Jca11ne de Saint Rémy. Elle l'écri1·it
telle qu'elle l'avait conçue dès 178 11. telle qu'elle la
racontait au cardinal. El celle longue gestation, où
cha1fue trait en , inl à prendre dans son esprit la
r eltelé et le relief de l'idée fixe, explique la marche,
l'encliaînement qu'elle pan-inl à donner aux faits, et
qui, dans la suite, onl trompé lant cl'hisloricns.
9. Notes de Rohan pour l!• Targel. Bibl. v de Paris.
10. Notes de Rohan pour li• Target, ibid.
11. O&lt;iclaralion rérligée par le cardinal de Rohan à
la Bastille, pour Vergennes cl le maréchal de Castries.
le 20 août 1785.

XV

La faveur de la reine.

.,,. 222 """

une petite table de nuit sur laquelle étaient
p_osés une écritoire et du petit papier bordé de
vignettes bleues 1 • l&gt; Le fidèle Deschamps allait
acheter le p~pier à vignettes chez un parfumeur_ rue Samt-Anastase, et parfois chez un
papetier rue des francs-Bourgeois.
Mme de la Motte dit bientôt au cardinal :
&lt;c Mes instances ont eu leur effet. Je suis
autorisée par la reine à rous demander rotre
justification par écrit. l&gt; Jeanne avait un sou-

a commencé à écrire au cardinal des lettres
soi-disant de la reine, en mai 1781. Il écrivait sous la dictée de Mme de la Motte.
C'étaient, dira-t-il, des lellres 1c agréables». li
aYait d'abord dit c1 d'inclination », mais il se
reprit.
&lt;1 Je ne comprenais pas, déclarera Yillette,
ce que Mme de la Motte me faisait écrire;
mais je m'apercevais que, par ses écrits, elle
voulait tromper le cardinal et, par les réponses

YuE PERSPECTIVE l)U NOUVEAU PALAIS-ROYAL. -

Dessine et gravé

e1I

r;BS

rire enchanteur, une 1·oix qui persuadait; &lt;lu cardinal, je voyais qu'il avait l'ambition
Hohan écoutait, enchanté, persuadé. Rohan de se servir du crédit de Mme de la Molle
écrivit sa justification . Il y mit un soin infini. auprès de la reine, pour devenir premier
Le brouillon en fut fait et déchiré vingt fois. ministre!. »
Enfin il en donna le texte. Mme de la Motte
Ces lcllres furent assez nombreuses, mais
apporta quelques jours après une réponse sur toutes, celles qui étaient censées émaner de
papier de petit format, doré sur tranches. La la reine, aussi bien que les réponses du
reine y disait : &lt;! Je suis charmée de ne plus prince Louis, étaient brûlée, au fur et à
1·ous trouver coupable. Je ne puis encore vous mesure par Jeanne de Valois 3•
accorder l'audience que vous désirez. Quand
Ce fut aimi, observe l'abbé George!', que
les circonstances le permettront, je vous en les lettres et réponses se succédèrent. Cette
ferai prévenir. Soyez discret. l&gt; Et la com- correspondance, dont, malheureusement, on
tesse de la Motte engagea le cardinal à ré- n'a plus trouvé de vestige, était graduée et
pondre pour dire sa joie, sa gratitude.
. nuancée dans les prétendues fottres de Ia
Villette avouera devant le Parlement qu'il reine, de manière à faire croire au cardinal
I. Confrontation de Rohan au P. Luth, 16 mars l 78ll
A,•c/1, na/., Xi, B/H17. Oéclaration confirmée par le;
aveux ,te !\étaux de Villclle.
·

2. i'ioles rédigées pour la défense du cardinal clc
Rohan. Ooss. Target, Bibl. v. de Paris, ms. de la
réserve.

qu'il était parvenu à inspirer à celle princesse
!a pl~s intime confiance et le plus grand
mteret.
'
George! parle à celle date des conciliabules
entre Rohan, le baron de Planta, son homme
de confiance, Cagliostro cl le secrétaire particulier du cardinal, Ramond de Carbonnièrës.
Le baron Frédéric de Planta appartenait i1
une bonne famille des Grisons. li était protestant et avait servi avec distinction comme

fa,· N.

RANSONIŒTTE

capitaine dans les armées du roi de France
et dans celles du roi de Prusse. Le prince
Louis l'avait rencontré à Vienne, où Planla
lui avait rendu de grands services comme
« observateur des choses de la Cour et dtJ la
politique ll . Carbonnières était un jeune
homme très distingué, mais d'une imaoinalion exaltée et qui joua plus tard, co~mc
député de Paris, un ri\le marquant à la tribuoe cl dans les comités de l'Assemblée
législative. A ce petit conseil fut adjointe
Mme de la Motte. On lisait en grand secret, à
la lueur des chandelles, les billets à liséré
hie~. « _~Ime de la Uotte, remarque George),
les JOua1l tous. ll Cagliostro invoquait l'aa(\'e
de lumière et l'esprit des ténèbres. II proph~3. Déclaration cle Rétaux de lïllclle

'&gt;. Mémoires, II, 42.

·

�,,_______________________

111STO'RJA
tisait que celle heureuse correspondance allait
placer le prince au plus haut point de faveur,
que son influence dans l'État allait devenir
prépondérante et qu'il en userait pour la
pi:_opagation des bons principes, la gloire de
!'Etre suprème et le bonheur des Français.
Tant et si bien que Rohan ne douta plus du
désir que la reine arail de le recevoir pour lui
dire seule à seul ses sentiments d'affection et
d'estime, mais qu'à cause de Breteuil el de
sa faclion encore si puissante sur l'esprit du
roi, ce revirement devait être tenu caché
quelque temps encore. La première entrevue
aurait lieu secrètemenl, le soir, au fond d'une
allée solitaire du parc de Versailles, à quelque
distance du ch,Hcau.
Ce fut pour Rohan une aurore radieuse de
lumière cl de joie. Dans l'éloignement, la
reine était devenue pour lui une créature
surnaturelle, rayonnant dans la gloire royale
qu'elle rendait plus brillante encore par sa
gr.lcc et sa bonté. Et c'était la bonté qui la
rapprochait de lui. Elle savait à présent la
cause de ses dettes, de ces dettes tant reprochées, et se reprochait sans doute à elle-même
sa dureté, ce dédain froid et hautain dont
elle l'avait si longtemps meurtri. Elle allait
lui dire elle-mème sa r.entrée en faveur et
qu'elle savait à présent qui il était. Elle viendrait lui dire ce retour en gràccs, seule, dans
le silence de la nuit, en attendant le jour où
elle le proclamerait del'ant la France entière.
Rohan était accoudé à l'appui de la fenêtre
ouverte sur les jardins de l'hôtel Soubise. Le
soir s'obscurcissait. Ses idées devenaient incertaines. Il ne démêlait plus lui-même ses
sentiments. Ce n'était plus en lui qu'une
émotion de reconnaissance, de rcconnais~ance
pour la souveraine gracieuse el clémente, el
pour la jeune femme aussi, Jeanne de Valois,
qu'il avait assistée dans sa misère de quelques
deniers, comme une pauvresse, et qui, à
présent, de ses faibles mains, par un effet de
la Providence trop atLentive au peu qu'il avait
fait, le portait, lui, prince de l'Églisr, jusqu'auprès du tronc royal.
c1 J'ai toujours remarqué dira l'an
d'après un pamphlétaire, au cours d'un
libelle vendu sous le manteau, - dans le
génie de M. le Cardinal, une sorte d'élévation, de droiture et de pénétration, qui me
l'ont fait regarder comme un homme rare,
dont les qualités ne paraissent pas avec tout
leur avantage parce qu'il ne s'assujettit pas
assez pour les montrer dans un certain jour
et pour s'attirer l'estime qu'elles méritent.
C'est une pierre précieuse qui, polie selon des
lois moins ordinaires, rend un genre d'éclat
d'après lequel on n'est pas encore assez habitué d'en juger le prix 1• »

XVI
La baronne d'Oliva.

En juillet 178.1, le comte de la Molle re1. Leltre à l'occasion de la détention de S .•E.
Jl. le cardinal de lloha11 à la Bastille (s . 1., 178;;;,
p. 17.

enfant de quatre ans, un joli petit bonhomme
marquait dans les jardins du Palais-Royal le rendez-\'ous à cette époque de la jeunesse aux boucles brunes, qu'elle avait pris en
joyeuse et où la Motte, pour cause, se trou- affrction et que ses parents lui confiaient.
Nicole était en somme une bonne et gen~
vait souvent - une jolie personne qui venait
s'asseoir régulièrement à la même place, où tille créature, une de ces petites Parisiennes
elle se distrayait très gracieusement à jouer qui demandent peu à la vie, cueillent dans
avec un enfant. Elle avait de longs cheveux leur jeunesse les fruils de l'amour, heureuses
d'un blond cendré, souples et ondoyants, le de leur bea ulé et de leur tendresse, iusou:..
cou assez long, mais fin et gracieux, une ciantes et confiantes, à la fois naïves el rusées;
belle gorge et de grands yeux bleus d'une mais dont les ruses ne sont guère méchàntes.
expression claire et douce, un regard d'en- Marie-Antoinette la traitera avec mépris :
fant. Les lèvres, un peu avancées, étaient « Une barboteuse des rues », dira-t-ellc.
d'une couleur vive, avec une expression de Conservons-lui noire sympathie. En somme
volupté, à laquelle se mêlaient beaucoup de elle en était digne.
Le comte de la Motte est dès l'abord frappé
bonté el de tendresse!, Elle exerçait le joli
métier de modiste et s'appelait de son vrai des grâces de la jeune femme et, plus encore,
nom Marie-Nicole Leguay. Elle était née rue de sa ressemblance vraiment surprenante
Saint-Martin , le 1cr septembre 17 61 , de avec la reine. ll lie conversation. « li se préClaude Leguay, officier invalide, bourgeois de sente, dit Nicole Leguay, avec tous les témoiParis, et de sa femme, Marguerite David. gnages du respect el de l'honnêteté et me prie
« ~lon premier malheur, dira-t-elle dans la de lui permellre de Ycnir me voir et me faire
suite, fut de perdre trop tôt une mère tendre sa cour. Je ne pus prendre sur moi de lui
et vigilante, dont la présence et les soins refuser cette permission. )) Assurément.
Dans ses pamphlets, 11/olus, libelliste et
eussent éloigné de moi les dangers inséparables d'une jeunesse abandonnée à elle-même. » mauvaise langue, reproduit le récit fait par
Orpheline de père el de mère, Nicole avait été Nicole en le coupant de ses réllexions.
&lt;1 Un jour du mois de juillet, dit Nicole,
placée rue de la Grange-Batelière, chez un
certain Antoine Legros, qui prenait des en- après midi, j'étais assise au Palais-Royal.
fants en pension; mais elle y fut maltraitée .J'avais pour toute société l'enfant dont je
et son éducation entièrement négligée. La viens de parler. Je vois passer plusieurs fois
jeune fille fut contrainte de se sauver et se devant moi un grand jeune homme qui se
lrouva sur le pavé de Paris. Legros se garda promenait seul. li m'était inconnu. Il me
de lui faire connaitre sa famille. Il se garda fixe. Je m'aperçois même qu'à mesure qu'il
aussi de lui remellre une somme d'argent m'approche, il ralentit sa marche, comme
assez imporlante qu'avant de mourir Leguay pour me considérer à loisir. Une chaise étail
lui avait confiée pour son enfant. Legros était vacante à deux ou trois pieds &lt;le la mienne ....
- Un petit clin d'œil. .. , interrompt
mort à son tour, en février 178:i, et ses héritiers venaient de remettre à Nicole quatre Jlolas.
- li vint s'asseoir, poursuit Nicok.
mille livres. En réalité ils lui del'aient da- C'est l'ordinaire, observe Motus.
vantage; mais, faible à se défendre, elle avait
- Je passe rapidement, dit Nicole, sur ces
accepté celle lransaction 5 • Elle obtint son
rmancipation par sentence au Châtelet du premières circonstances dout un plus long
28 février 1783. On ne l'appelait plus Nicole délai! serait inutile.
- Très inutile, selon Motus. Le plus petit
Leguay. Dans le monde de la jeunesse dorée,
bourgeois
de Paris sail ce qu ïl en est.
elle n'était connue que sous un nom de
- li suffit de dire, continue Nicole, que
guerre, Mme de Signy, car, bonne fille, trop
bonne fille sans doute, elle ne savait rien re- nous nous rencontrâmes plusieurs jours de
fuser, mais absolument rien, à ceux - et ils suite au Palais-Royal.
- Bon! s'écrie .lllol11s, tout va au mieux.
étaient nombreux - que ses charmes rem- Je venais un soir de le quitter et de
plissaient d'admiration. Elle demeurait au
Petit hôtel tle Lambesc, rue du Jour, au coin retourner au logis, dit Nicole en terminant :
de la rue Montmartre, fréquentée assidûment il m'avait suivie. l)
llfolus conclut : « C'est l'usage• &gt;&gt;.
par un jeune gentilhomme, Jean-BaptisteLe
comte de la Motte se conforma à cet
Toussaint de Beausire, écuyer, fils d'un lieutenant au grenier à sel de Paris. Beausire usage d'une manière assidue. D'ailleurs sa
élail joli garçon, grand, bien fait, le teint femme, ne tardant pas à faire la connaissance
brun, un peu marqué de petite vérole 4. Après d'une personne aussi aimable, introduisit
avoir perdu, lui aussi, son père et sa mère, Nicole Leguay dans sou salon de la rue Neuveil dépensait gaiement le patrimoine assez Saint-Gilles, après lui avoir donné le nom de
baronne d'Oliva - l'anagramme du nom de
considérable dont il avait hérité.
Les après-midi, la jeune modiste allait Valois. Elle l'invite à diner, lui fait toutes
fréquemment passer deux ou trois heures sortes de politesses et mille el une cajoleries•.
dans les jardins du Palais-Royal, avec un Elle a bientôt gagné sa nouvelle amie à ses
'.t Sig,iulcm,•11l M la baronne d'Oliva .. ll'l'h. dl's
I)[ clorum .• Fra11cc l3!l!l, l• 230.
- Belle tl'Eticnvillc, Second ille1110Îl'e, dans sa Coll.
&lt;'?IIIJII,, Il, ~2; -:- On a te. por(rail de ~icole Leguay,
dtlc baronne cl Ol11a, ad v11•11111, pat· PUJO;, gravé pat·
Lcgra11d.
3. Arc/&lt;. 11at., \ , 5110.

A//'- i'lrn11q., llém.

i . .l,·c/1. d1·s ,1/f. elrall!J.,
France l3ll~. r• 230.

!\lérn. cl docum.,

:,. Suite des observalious de Jlotus sur le ,llti·
11wii·e de Mlle rf'Olfra; p. 21-22.
6. Analyse pour la demoiselle rf'0lil'a, d:ms la
&lt;:olledùm m111plèle, \l, 1~; sccim&lt;l .llt!111uÙ'e pour
llcUc cl' Elicnvillc, ibid., li, 4:,.

projets. Ce qu'elle lui demande n'est d'ailleurs
- Qu'est-ce donc que vous voulez qur. je
q_u '?ne ba~atelle, et &lt;1 vous ferez tant de plai- fasse?
s!r a la rerne, ma toute belle, qui a l'inten- La plus petite chose du monde. Vous
t!on de vous donner en retour quinze mille remettre~, un soir, dans une allée des jardins
livres el, en outre, un cadeau qui vaudra de Versa1lles, une rose et un billet à un arand
0
davantage encore.
seigneur qui vous baisera la main.
_i. Além. pour _la de1?1oiselle Leguay d'Olim, éd_
orig., p. 72 cl smv. : Second illémoire, p. 18.

2. lntcrr. du 8 mai 1786, publié par Campardon,
p. 391.

L' ArrA11(E
-

Du CoLLŒ1(

--...

Mais qu'importe à la reini,?

~ Mon cher cœur, il serait trop long de vous

ex phquer cela. Le comte viendra vous chercher
demain soir et vous mènera à Versailles 1 • &gt;&gt;
« Il ne m'a pas été difficile, dira Mme de
la Motte aux commissaires du Parlement, de
persuader à la fille d'Oliva de J·ouer ce rôle-là
'
parce qu' elie est fort bête 1 • »

(A suivre.)

FRANTZ

FUXCK-BRE:\'TANO.

SOUVENJRS DE LA LECTRICE DE LA REJNE HORTENSE
~

le départ de l'Empereur
Madame Mère fut la dernière personne de
la famille impériale qui vint prendre congé
de !'Empereur. Talma, qui, en habit de garde
national, s'était rendu à la Malmaison pour
s~lucr le gr?nd homme avant son départ,
nnt me v01r le lendemain et me raconla
combien il avait été touché de ce que l'Empereur l'avait reçu, quoique déjà l'ordre eût
été donné de ne plus laisser entrer personne;
que !'Empereur avait paru sem,ible à sa
visite et lui avait témoigné beaucoup d'intérêt :
« De quelle belle scène tragique ai-je été
témoin, mademoiselle Cochelel ! me disait
Talma avec celte âme de feu qu'on lui connaissait.
« Quel spectacle que cette séparation de
Madame Mère et de son Ols!
&lt;&lt; Elle n'arracha aucune marque de sensibilité à !'Empereur; mais qu'elle a fait naître
d'expression dans sa belle physionomie, dans
sa pose, et que de choses probablement dans
sa pensée!!! L'émotion de Madame Mère se
tit_jour par deux grosses larmes qui sillonna1ent ce beau visage à l'antique, et sa bouche
ne prononça que ces trois mots, en lui tendant la main au moment du départ :
&lt;1 Adieu, mon fils! »
&lt;t La réponse de !'Empereur fut aussi
laconique :
&lt;c Ma mère, adieu! »
« Puis ils s'embrassèrent. &gt;&gt;
C'est ainsi que se fit celle sépara.lion, qui
devait être éternelle!
Mais revenons à !'Empereur, qui se dirige~it rapidement sur Rochefort,. ayant avec
lm dans sa voiture le général Becker, comm~saire délégué par le gouvernement provisoire pour l'accompagoer jusqu'à son embarquement. A son arrivée à Rochefort
l'Empereur y rencontra son frère Joseph, qui

~tait prêt à s'embarquer pour se rendre aux
Etats-Unis sur un bâtiment de cette nation•
le trajet se fit heureusement, après avoi;
év(lé la croisière anglaise. Un capitaine danois, dont le navire était réputé fort bon
marcheur, et qui se trouvait en rade à La
Rochelle, offrit à !'Empereur de le transporter à New-York; il répondait sur sa tête
du succès_ ~e l'ent_r~prise, mais il y mettait
une c~nd1t1on ~peciale; c'était que !'Empereur s embarquat seul et se cachât dans une
armoire secrète .... L'Empereur refusa.
li y avait un moyen de soustraire !'Empereur aux Anglais : l'attachement que son
frère Jo_sep~ l_ui vouait était le garant que ce
moyen rnfailhLle n'aurait pas élé inutilement
proposé. Il aurait fallu que Joseph endossât
1~ red!ngote grise, qu'il se coiffàt du chapeau
h1stor1que, et, qu'entouré des fidèles de l'Emper.eur,, il se fit prendre pour lui par les Ani.(la1s. Certes, fa ressemblance du visage élait
frapp~nte, et ce n'était pas un pouce de plus
en taille que fo Roi avait sur son frère qui
eùt fait découvrir l'ingénieux stratagèm/ Les
Anglais,. se trouvant en possession de Joseph,
se seraient empressés de le conduire aux
bords de la Tamise : alors !'Empereur aurait
passé d'autant ~lus ~acilement en Amérique
que la llotte qui était en croisière se serait
éloignée.
J'ai souvent raisonné sur ce sujet arec la
Reiue Hortense, et nous sommes tombées
d'accord sur la réussite :
. «. Si l 'En_ipereur ou son frère y avait pensé,
d1sa1t-elle, il y aurait eu là une belle paae
pour _l'h!sto(re ~e Joseph; el, tel que je.Je
connais, il n aurait pas laissé échapper l'oi;casion d'un pareil dél'Ouement. 1&gt;
La Reine, avant le départ de !'Empereur
pour a!ler s'~mbar~uer, ne sachant pas quel
sorl lui serait réservé, l'avait prié avec insis-

tance d'accepter son beau collier de diam~nts, pensant avec raison qu'un objet de
prix, .en un I?0 me~t critique, lui sauverait
peut-et~e )a vie. L ~mpereur n'y avait pas
~onsenll d ~~ord; puis il avait fini par céder,
~ la cond111on que la Reine recevrait en
echan~e un papier contenant les délé&lt;rations
des b?1s qu'il avait réservés sur la liste"civile
et qui furent saisis par les Bourbons à leu;
~etour. Malgré sa légalité, cette dette n'a
Jamais été payée. Le collier fut donc cousu
dans _un ruban de soie noire, que !'Empereur
a touJours porté autour de lui.
, La Reine, ~p~ès cette dernière marque de
devouement a l Empereur, avait pris conaé
de lui. A peine fu l-elle de retour chez ell~
qu:un~ idée subite lui rappela tous les objet~
~m lm apfartenaient_ encore, et qui allaient
etre exposes à devenir la proie de l'ennemi
à la Malmaison :
., &lt;1 J.'ai là d~s tableaux magnifiques, que
J aura~s .Pu faire transporter à Paris; mais
poma1s-Je y penser, lorsqu'il s'aaissait
des
0
dangers de l'F.;mpereur? &gt;&gt;
.Le _salon de la Reine, à Paris, ne dé,emphssa1t pas; beaucoup de dames de sa société
la_ duc.hesse de ~icence, Mme Corbineau, s;
desola1ent du depart de Napoléon; l'armée
et le peuple demandaient à cor et à cris des
armes pour combattre et sauver la France.
&lt;1 Il est trop lard, disait la Reine d'un ton
calme et résigné; on a repoussé, on a méconnu !'Empereur, lui qui, jusqu'au dernier
moment, avait pensé qu'on finirait par comprendre la nécessité de le rappeler au commandement de l'armée qui lui était si dévouée, el qui certes se serait plutôt fait
h~che~ avec l~i ,sous les murs de Paris, que
d y laisser pcnetrer les alliés une seconde
fois. Ceux: q,ti l'ont éloigné auront de grands
reproches à se faire; maintenant tout est fini In
LOUISE

VI. -

HISTORIA, -

FASC

45.

.... 225 ....

COCHELET.

rS

�LE CHATEAU DE VINCENNES, -

D'apres la gravure de PERELLE (Cabinet des Estampes.)

ALEX, MINSTER
"'J&lt;&gt;

La mort de Mazarin
MAZARIN GOUVERNEUR DU DONJON, -

MOLIÈRE JOUE A VINCENNES

DEVANT LOUJS XIV,

LES DERNIERS JOURS DU CARDJNAL.

L'un des plus curieux et des plus émouvants souvenirs qu evoque le château de
Vincennes est, sans contredit, celui de Mazarin, qui y décéda en 1661, étant gouverneur
du Donjon.
L'histoire raconte qu'aux derniers jours de

''

sa longue carrière, déjà mortellement atteint
du mal qui devait le terrasser, Uazarin, quoique conscient de sa fin prochaine, donnait à
la Cour une hospitalité digne d'elle et présisidait lui-même à l'organisation des diverlissements du Roi. C'est ainsi qu'il manda Molière et sa troupe, et que celui-ci donna devant
la Cour la premiè-t"e représentation de Don
Gai·cie de Navarre, qu'il devait jouer, cette
année 1661, pour l'ouverture du Palais-Royal
mis à sa disposition par le Roi.
Mais le célèbre ministre, en homme qui
connaît l'humanité et qui avait expérimenté
les ,,icissitudes du sort et de l'impopularité,
ne bornait pas là, malgré le mal qui le rongeait,
son rôle et sa mission. Il ne voµlait pas lais-

ser à d'autres que lui-même le soin de pour- (JUe, si le Cardinal était dur pour les autres
voir à la sécurité de la Cour et à la sienne il savait l'être pour lui-même à une heure
propre.
où, cependant, les volontés les plus mâles sont
Indépendamment de la puissante artillerie parfois défaillantes. Les mémoires du temps
du Donjon, des nombreux mousquetaires et sont unanimes à le représenter C! bravant la
des pelotons de ses 300 gardes à pied, " por- mort», qu'il savait imminente, aussi soigneux
tant une petile mantiHe rouge à ses armes, du moindre détail de_sa toilette que des plus
relevées en broderies sur l'épaule », spéciale- grands intérêts de l'Etat, et témoignant haument chargés de la surveillance et de la sécu- tement son désir de mourir, sinon debout,
rité de ses hôtes, le Cardinal, craignant un du moins impavide.
coup de main, toujours possible, n'avait pas
Et cependant Mazarin avait montré plus
hésité à faire peupler les fossés du château d'une fois qu'il était 1oin d'être un héros,
par de nombreuses bêtes féroces : ours, ti- qu'il était homme, et comme tel, selon l'exgres, lions, panthères, etc., se gardant ainsi pression du poète, nullement étranger aux
de la trahison des hommes par la férocité faiblesses humaines : cc Nil humani a me alienative et aveugle des grands fames ....
num puto 1 &gt;&gt;
Inutile de dire qu'à cette rude époque nul
Loménie de Brienne dans ses mémoires,
ne se fùt avisé de meltre là un écriteau, qui paraissent éciitS 'avec sincérité, dépeint
d'ailleurs bien inutile pour les hôtes sangui- ainsi l'une des luttes les plus poignantes que
naires des fossés du cbàteau : &lt;! Soyez bons le Cardinal ait soutenues moralement, dans
pour les hommes 1 "
ses derni.ers jours, pour dominer sa nature
Nous devons toutefois à la vérité de dire craintive et avare.

�mSTO'J{l.R

------------------------~---------.

« Peu de jours, dit-il, après que Guénaud
eut annoncé au Cardinal sa fin prochaine, je
me promenais dans les appartements neufs
de son palais. J'étais dans la
petile galerie où l'on VO)ait une
tapisserie tout en laine, représentant Scipion, exécutée sur
les dessins de Jules Romain;
elle avait apparlenu au maréchal de Saint-André: le Cardinal n'en avait pas de plus
belle. Je l'entendis venir au
bruit que faisaient ses pan~
toufles qu'il trainait comme
un homme fort languissant

sais le contraire, me dit-i1, mais n'en parlons
plus. li laut mourir plutôt aujourd'hui que
demain.11 souhaite ma mort,je le sais bien! ... JJ

et qui sort d'une grande ma-

ladie. Je me cachai derrière
la tapisserie el je l'entendi!-

moribond que les courtisans venaient de voir
dans son lit si pâle et si délait el qui leur
apparaissait tout à coup tout frais, tout rajeuni avec toutes les apparences de la santé, ils regardaient
cela comme un songe, comme
une vision.Cependant, toujours
impitO}'ables, ils murmuraient
en Ire eux: « Fourbe il a vécu,
fourbe il a voulu mourir! lJ
Mais l'effort de volonté du
, ieillard moribond l'avait épuisé; aussi, à peine reporté sur
son lit, Mazarin faillit perdre
connaissance, ce qui fâcha fort
son dévoué valet de chambre
Bernoin.
Cependant, sentant venir sa
fin prochaine, Mazarin réclama
les secours spirituels deM.Claude Joly, curé de Saiot-Nicolasdes-Cbamps, qui devint plus
tard évêque d'Agen.
Madame de Motteülle nous
montre enfin le Cudinal à son
dernier jour, &lt;&lt; entouré de ses
domestiques,assi s dans sa chaise, en simarre couleur de feu,
des Estampes.
sa calotte sur la tête, la barbe
!aile, étaol propre et de bonne
mine comme un homme - qui veut brner
la mort». Après leur avoir demandé pardon
de ses moments de colère ou de rudesse envers
eux, le Cardinal, dans la soirée, revit son testament et signa encore des dépêches pour le
service du Roi. Par une ultime déférence
pour sa volonté, en effet, le Roi et la Reine
lui firent même encore demander ce qu'il
désirait qui lût fait après sa mort. « Ses paroles étaient autant d'oracles qui ordonnaient
de l'avenir .... l&gt;
Puis il entra dans une agonie qui fut ter•
rible, et il mourut deux heures après minuit. ...
Cependant Louis XIV avait déjà réuni son
Conseil des ministres, et pris en mains l'au•
torité !iu prème.
La mort du cardinal Mazarin ne désarma
pas ses ennemis. Nous terminerons en reproduisant ici trois épigrammes que la haine
inspira aux vieux frondeurs impénitents qui,
oublieux de la majesté de la mort, avaient
peut~ètre encore trop présent!: à l'esprit. .. les
fauves des fossés du Donjon.

qui disail : « li faut quitter
tout cela! l&gt; Il s'arrêtait à
chaque pas, car il était très
faible et se tenait tantôt d'un
côté, tantôt de l'autre, el, jetant les ieux ,ur l'objet qui
lui frappait la vue, il disait du
profond de son cœur : « Il
faut quitter tout cela 1 " El se
retournant il ajoulait. C! Et TOl!BEAU DU CARDINAL MAZARIX, - D'après une gravure du Cabinel
encore cela I Que j'ai eu de
peine à acquérir ces choses !
Puis-je les abandonner sans regret 7 Je ne Je compris qui! roulait parler du Roi dont
les verrai plus où je vais 1. .. » J'entendis ces la capacité, qu'il connaissait, lui donnait de
paroles très distinctement. Elles me touchè- la jalou.sie. l&gt;
Par ces lignes, on peut juger de la lutte
rent peul-être plus qu'il n'en était louché
terrible qu'instinctivement cet homme énerlui-mêmr .. ..
« Je tis un grand soupir que je ne pus re- gique devait soutenir en son for intérieur
tenir el il m'enlcndit. « Qui est là, dit-il, contre la mort.
Mais. sans aucun doute, sa longue maitrise
qui est là? - C'est moi, monseigneur,_ qui
attendais le moment de parler à Votre Emi- de lui-même, qualité qui caractérise les
nence d'une leltre fort importante que je hommes forts ; son habitude de celer ses
viens de recevoir. - Approchez, approchez, pensées ou ses émotions sous un air impasme dit-il d'un ton fort dolent i donnez-moi la sible; la qualité royale de ses hôtes, appelés
main, je suis bien faible, je n'en puis plus. ll sous peu à assister à son dernier geste et à
Je lui présentai le bras, il s'appuya dessus. son dernier soupir: toutes ces considérations
Alors, revenant i1 sa pensée: n \'oyez, mon le tinrent, malgré la faiblesse de la nature, à
ami, cc beau tahleau du Corrège, et encore la hauteur de son héroïque attitude dans la
cette J'én11s du Titien et cet ine;ompara- souffrance et devant le trépas.
Écoutons encore Loménie de Brienne :
hlc Déluge d"Antoine Carrache, car je sais
« Le Cardinal donc, peu de jours aYaot sa
que ,·ous aimez les tableaux et que vous vous
y connaissrz très bien. Ah! mon pauvre ami, mort, se fit faire la barbe et relever la mousil faut quitter tout cela! Adieu, chers la- tache au fer; on lui mit du rouge aux joues
bleaux, que j'ai tant aimés et qui m'ont tant et sur leslè,·res ,el on le farda si bien a,·cc de
la céruse et du blanc d'Espagne qu'il n'avait
coûté .... n
Je lui répondis: « Ah I vous êles moins peut-être été de sa vie ni si blanc, ni si ver- - Enfin le Càrdinal • terminé son sort :
Français,que dirons-nous de rc grand personnage?
mal que vous ne pensez. Bon courage, mon- meil. Montant alors dans sa chaise à porteurs
Il a fait la paix; il est morl !
seigneur, personne ne désire plus votre mort. qui était ouverte par dovant, il alla faire en
JI ne pouva1l 1 pour nous, rien faire davanlage.
- Est-il vrai? Ab! vous ne savez pas tout. ce bel équipage un tour de jardin, pour enn'ai jamais pu mir Jules sain ni malade;
terrer, comme il le disait lui-mème, « la - Je
Quelqu'un la dé~ire! »
J'ai reçu mainte rebuffade
1
SJnagogue avec honneur )&gt;. A la vue de cc
o: Cela ne peut être, 1uonseigneur ! - Je
Dans sa salle cl sur le degré ;
1.

L:n ~oir que le commandeur de Louvrl' tenait le

jeu du Cardinal cl qu'il s'empressait, après avoir fait
un beau coup, de l'annoncer à llazarin, celui-ci lui
répondit en souriant : , Commandeur, je perds beaucoup plus dans mon liL que. je ne gagne et ne pe.ux
gagner à la !able où. vous tenez mon jl'u. ~ - e Bon,

bon, lui répondit !.ouvré, ne fa'.1l-il pas enterr~r la
syaagogue a,·ec honneur~ , - « Oui, ,·iposta leCard_1~al.
a,·cc beaucoup d cxpr, mon cl de calme d~ns la. '?11;
oui mais cc sera ,·o'.ls autres, mes amis, qui I entcr;crez, cl je paierai les frais de la pompe funèbre! 11

~lais enfin je l'ai ,·u sur son lil de parade ....
Et je l'ai m forl à mon gré.

Enfin celle épilaplie:
Ci-gît ]'Éminence Deuxiéme :
Dieu nous garde de la TroisiCme l

Ai.Ex. ~llNSTER.

BELLES DU VIEUX TEMPS
djo

Mademoiselle de Charolais
Si Mlle de Clermont apparaît à nos yeux
comme l'image de la tendresse et de la constance, Mlle de Charolais, sa sœur, personnifie
au contraire 1a société galanle de la Régence
et du règne de Louis XV, période voluptueuse
et charmante qui devrait nous éloigner par ses
défauts mais qui pourtant, presque malgré
nous, nous retient par ses charmes.
Née à Chantilly, le 25 juin 1695, elle était
l'ainée de ces quatre sœurs qui de\'aient embellir Chantilly et Versailles et les égayer, en
mèmc temps, par leurs piquantes intrigues
et leurs prouesses amoureuses.
C'était à l'époque où la marquise de Prie
régnait sur le cœur de son frère le duc de
Bourbon, alors ministre tout puissant, qu'elle
avait fait ses débuts à la cour, et si elle n'imita
pas les excès de la duchesse de Berry, Ioule
sa vie, néanmoins, ses mœurs se ressentirent
des dangereux exemples qu'elle avait em
autour d'elle. Connue d'abord sous le nom de
Mlle de la Roche-sur-Yon, elle porla jusqu'en
t 750 celui de « Mademoiselle», titre attaché
à la première princesse du sang avant son
mariage. Elle avait montré dès l'enfance un
caractère altier, ,·iolent et fantasque, et avec
les années, son indépendance d'allures n'avait
fait que s'accentuer. Ses immenses revenus
lui permettaient de dépenser sans compter,
et habituée à voir réaliser à l'instant tous ses
caprices, à satisfaire sans exception toutes ses
fantaisies, e1le n'essaya même pas decommander à ses instincts lorsqu'elle se trouva à vingt
aos libre et indépendanle.
Ardenle et passionnée, elle avouai! ellemème avec un cynisme presque naïf qu'elle
ne pouvait s'arranger de l'existence de tout le
monde et qu'il lui répugnait de vivre comme
une bourgeoise.
Sans êlre méchante elle avait l'esprit caus•
tique et le verbe tranchant, aussi s'était-e11e
attiré le courroux du duc de Bourbon qu'elle
prenait un malin plaisir à inquiéter sur la
fidélité problématique de lime de Prie. M. le
Doc n'avait pas manqué de s'en ouvrir à sa
~~tresse et celle dernière, outrée de pareilles
1~smuations, n'avait pas eu de peine à desservir la jeune princesse dans l'esprit de son
frère. Celle-ci, pour se venger de la froideur
qui lui était témoignée, se tourna du côté du
roi et se mit à fréquenter assidûment sa sociélé habiluelle.
So1.1Rn:s. - Jlistoire du Xl'J/Je sircte, par lf. de
l;acretelle, 1808. -Jour11a/ et Mémoiri:s du marquis
li Arge11~011, publiés par M. Ratherr, (808. -Journal
de8arbte1·. -

Jllémotres du duc

de

/h"cltelitu 1 I 792.

Louis XV, alors dans tout le charme de
l'at.lolescence, pouvait passer pour le gentilhomme le plus beau el le plus séduisant de
son royaume. Nulle conquête ne pouvait être
plus flatteuse, et il est probable que Mlle de
Charolais ne négligea rien pour lui plaire.
Ambitieuse el dépourvue de scrupules, elle
n'eùt pas rougi de devenir sa maitresse, etsi
elle n'atteignit pas le but qu'elle s'était proposé, c·est que le roi encore timide trompa
son espoir par une retenue dont il n'osait
pas s'écarter.
Yais les attraits de la reine de devaient pas
le releoir longtemps. Le maréchal de Richelieu raconte dans ses mémoires qu'au mois
de janvier t 752, à la fin d'un souper où l'on
s'était égayé un peu plus que d'ordinaire,
Louis XV but à la santé de « sa maîlresse inconnue )) , puis après avoir brisé son nrre il
invita ses hôtes à en faire autant.
Il leur proposa alors de deviner « le nom
de celle inconnue et de déclarer à la compagnie quelle dame pouvait lui plaire». Le repas
comptait vingt-quatre convives ; lorsqu'on

MADE:\IOISELLE DE CHAROLAIS . -

D'apres

BOUCHER.

recueillit les YOix, Mlle de Charolais avait
obtenu sept suffrages, Mme de Lauraguais en
avait eu dix, et les septautres s'étaient répartis
sur quelques femmes de la cour.
Aucune de ces prévisions n'était juste ; ce
.. 229 ..

fut à Julie de Nesle, mariée à son cousin le
comte de Mailly, qu'allèrent les préférences
royales, et sans se montrer jalouse de ces
lauriers qu'elle n'avait pas su cueillir pour
elle-même, !lademoiselle devint la confidente
habituelle de leurs amours.
Le chùteau de !ladrid dont elle avait fait sa
résidence favorite se trouvait tout près de la
Muette où le roi allait souvent passer plusieurs
jours, et la complaisante chàtelaine se faisait
un plaisir d'héberger che:t elle la comtesse de
Mailly. De là, rien de plus commode pour la
favorite que d'aller, en traversant le bois de
Boulogne, retrouver le galant monarque.
Pendant quelque temps l'intrigue demeura
secrète mais on remarqua bientàt que chaque
matin, pendant les séjours du roi à la Muette,
les allées fermées par des clôlures vertes portaient des traces de roues encore fraiches sur
le parcours compris entre 11::s deux châteaux.
Aucun doute n'était possible : les barrières
a,,aient été ouvertes, une calèche avait passé
là pendant la nuit ; la nouvelle ne tarda pas
à s'en répandre, el il ne lut pas difficile de
s'en expliquer le pourquoi ....
MademoiseUe s'était faite la compagne assidue de Mme de !lailly et élait devenue son inséparable. lorsque le roi venait chasser dans le
bois de Boulogne, c'était elle l'organisatrice
des divertissements et des fètes, et le temps
passait joyeusement. Le diner avait lieu à Madrid et le souper à la Muelte, puis, dans
l'après-midi, on allait goûter chez la maréchale d'Estrées, Cl dans la petite maison appelée Bagatelle" qu'elle possédait au milieu du
bois.
A cette intimité de chaque jour, la princesse
lrouvait son compte ; elle poussait Mme de
!lailli à profiler de son règne pour en tirer le
meilleur parti et s'assurer le plus possible de
profits et de richesses. Sonascendantd'ailleurs
croissait peu à peu sur le roi comme sur sa
maitresse, car la hardiesse et la volonté subjuguent les esprits timid~s lorsqu'ils se sont
ouverts à quelque ascendant. Assurée de
l'indulgence du jeune souverain,qu'elle amusait par ses saillies et par ses boutades, elle
donnait libre cours à ses folies, sans cesse
renouvelées, et l'amenait à sourire de ses
folles équipées.
Tantôt on la voyait, passionnée pour la
chasse, parcourir sans relâche ses forêts en
tous sens au milieu d'une meute hurlante,
forçant le gibier ou les bêles sauvages sans
trêve ni merci ! Son costume d'amazone était

�.MJIDEMOISELU
. - - 111ST0'/{1.ll
rouge pour courre le loup, bleu pour le cerf
et vert pour le daim et le saaglier !
Tantôt elle se faisait architecte, élevant au

mêlée encore à des divertissements et des
fètes, mais le crédit dont elle avait joui était
perdu pour toujours. Cefuten 1740, espérant

Clich~ Giraudon.

VUE DU CHATEAU DE MADRID, DANS LE BOIS OF, BOULOGNE.

Gravure dt N~;E, d'après le CHEVALIER DE L"ESPINASSE,

Ces vers montrent suffisamment que la
liberté d'allures de la princesse ne lui ayait
pas conservé une réputation sans tache; on
allait jusqu'à prétendre que !"arrondissement
~~ cette même ceinlure la contraignit plusieurs
101s à aller à Bagatelle faire de lon•ues et
mystérieuses retraites pour y cacher ~ fruit
indiscret de ses amours.
J'ai rappelé dans une étude précédente sur
Mlle de Clermont le jeu de mots qu'avaient
su_ggéré ses liaisons avec llichelieu, le comte
de Melun et le chevalier de Bavière . Dès t 721,
au moment de sa première intrigue, on avait
raconté qu'à Chantilly M. le Due avait profité
d'une chasse pour entrainer le duc de Richelieu dans un coin écarté du bois et lui demander raison de ses assiduités près de sa
sœur .. Celui-ci, après avoir invoqué Ja qualilé
~e pr1_n~ du sang de son adversaire, qui lui
mlerd1sa1t de se mesurer avec lui, avait dù
céder à ses menaces, mettre l'épée à la main
et engager un combat meurtrier dont le duc
de Bourbon, grièvemeni blessé, avait failli
être la Yictime.
Sa liaison avec le comte de Coiany 2 n'avait
pas causé moins de scandale. U~e chanson
la~euse sur_ les plus secrets appas de Mademoiselle avait couru tout Paris après un souper à Madrid où le jeune Nivernais s'était
trouvé témoin inattendu de ses sinuuliers
ou?lis des convenances. « Deux mille\ qui
Coigny succède .. . ", disait un des couplets
de cette outrageante chanson.
La ~n du comte de Coigny fut mystérieuse
et tragique. On le trouva un beau matin au
fond d'un fossé sous sa voiture versée, avec
la gorge ouverte.
Après avoir soupé chez Mademoiselle il
avait voulu, au cours de l'hiver et par ~ne

gré de son caprice les constructions les plus rentrer en gràce, qu'elle envoya au roi et à
coûteuses et les palais les plus luxueux.
Mme de Mailly son portrait en cordelier peint
. ltf. le_ ~uc, son frèr~, était depuis longtemps par Boucher sur une tabatière. Celle curieuse
d1s;gracie; Mme de Prie, en e1.1l lan"uissait à peinture est restée célèbre : enveloppée de
Courbépine, el le pomoir de Mddem~iselle ne grâce et d'abandon, elle est, par un piquant
faisait que s'accroitre et s'affermir · maloré contraste, Yêtue d'une robe de bure, d'une
le dérèglement de ses mœurs, elle av~it coupe monacale, les reins ceints d'une corde
l'oreille du cardinal de Fleury dont elle forti- grossière ; ses yeux noirs pétillent de malice
fiait le parti et, ~ Fo1_1taineb1eau, son appar• dans son visage éblouissant de jeunesse et de
tement commumqua1t avec celui du vieux fraicheur, et sa bouche s'entr'ouvre en un
ministre par un escalier dérobé. Elle y mon- sourire voluptueux empreint d'une grâce mutait deux ou !rois fois le jour et y demeurait
longtemps, discutant avec lui .rnr les affaires
les pl~s importantes.
finit pars 1eITrayerde
cette mOuence grandissante, et l'on craiunit
qu'à la mort du cardinal elle n'en arrivât à
gouverner le royaume, tant son ascendant sur
le roi avait augmenté. Pourtant celui-ci subissait son influence plus par l'habitude qu'il
avait de ~a p_résence. que par raffection qu'il
lm portait; il connaissait ses défauts, et s'il
appréciait son esprit, il haïssait ledérèglement
de ses habitudes et le décousu de ses façons.
O,n n'eut_ donc pas grand"peine à !"éloigner
d elle ; 1] suffit de la séparer peu à peu de
Mme de Mailly en suscitant entre elles des di•cussions et des brouilles. Une impruden~e
acheva de ruiner son crédit : elle avait émis
la prétention de faire nommer sous-secrétaire
d'État !!gr de Vauréal arcbevèquede Rennes'.
Le prélat, si l'on en eroit le journal de Barbier, était fort a~ant dans ses bonnes grâces,
et, devant les eugences de Mademoiselle le
cardinal de Fltury jeta les hauts cris. Mg; de
Vauréal fut avisé de. rentrer dans son diocèse
Vl'E ou PAVILLON DE BAGATELLEl DU COTÉ DE L'ENTRtE. - D'apris lt tableau de L. BELLENGER·
et la princesse se vit rayer de la liste des soupers. c·est en vain qu'elle voulut s'appuyer tine. Tout le monde connait le quatrain que nuit glaciale, se faire reconduire à Versailles
sur la comtesse de Toulouse dont la faveur ce délicieux portrait inspira à Voltaire :
où il devait à la première heure chasser le
s'annonçait comme brillante ; elle se trouva
Frère ange de Charolais

?n

~, Louis-Guy de Vauréal , archevêque de Rennes,
qm fut plus tard ambassadeur en Espagne.

Dis-moi par quelle avcniure
Le cordon de Saint-François
A Venus sert de ceinture.

'l. Jcan-Aatoine, comte de Coigny né en 1702,
cordon hleu, colonel-général des drag'ons el lieutenant-général.

lendemain avec le roi. La neige tombait à
gros flocons, le postillon, à demi gelé, se déclarait aveuglé par la tourmente. Coigny ne
voulut rien entendre : « Vous avez toujours
peur, vous autres, répondit-il avec insouciance, rentrons et marchons bon train. )&gt;
Vis-à-vis le village d'Auteuil, le cocher qui
ne vo1 ail plus sa route culbuta dans un ravin;
Coigny avec sa tête cassa une glace de la berline et des fragments de verre lui entrèrent
si profondément dans la gorge qu'il succomba
en quelques instants. Tel fut le récit que
rapportèrent les gazettes, mais on ne se fit
pas faute de prétendre que c'est dans un duel
auquel Mlle de Charolais n'était pas étrangère
que Coigny amit trouvé la mort.
Quoi qu'il en soit, la Princesse témoigna
d'un grand chagrin, mais chercha pourtant
bientôt par une aulre intrigue à faire diversion à sa douleur.
Ce fut le prince de Dombes qui la consola.
C'était le deuxième fils de la duchesse du
Maine, et Jeurs amours furent si publiques
qu'on prétendit qu"ils étaient unis par un
mariage morganatique .
Il est curieux de remarquer que, sur ces
quatre sœurs, il en est trois qui passèrent à
tort ou à raison pour s'être engagées secrètement dans les liens du mariage. Nous avons
vu que Mlle de Clermont avait épousé le dur,
de Melun, Mlle de Charolais passa pour avoir
été unie au prince de Dombes et )Ille de Sens
devint, dit-on, la femme du comte de Langeron.
Seule, la fière Mlle de Vermandois ne
donna jamais prise à la critique. Élevée dès
son enfance dans un couvent loin de Versailles, elle avait été préservée des séductions
de la Cour, et à un esprit cultivé elle joignait
un caractère élevé et loyal. De toutes les princesses de l'Europe qui pouvaient prétendre à
monter sur le trône de France, elle était celle
qui l'emportait en beauté sur toutes ses
rivales. Il. le Duc avait jeté les yeux sur elle
pour la faire épouser au roi ; mais ce fut,
dit-on, !!me de Prie qui vint mettre obstacle
à ces séduisantes perspectives. Désireuse de
voir de près sa future souveraine, elle se
présenta à elle sous un nom supposé et lui

fit pari de la brillante destinée qui lui était
réservée. La jeune fille, habituée à se maitriser, ne témoigna ni joie ni surprise; mais
lorsque la favorite eut prononcé le nom de
Mme de Prie, elle s'exprima sur le compte
de la maîtresse de son frère en termes qui

1

,,

1
1
1

MADAME DE MAILLY.

ne pouvaient laisser de doutes sur l'horreur
qu'elle lui inspirait. Lorsqu"elle lui eut déclaré avec une calme assurance que son premier devoir serait de la faire expulser de la
Cour, la mar11uise de Prie ne contint plus sa
colère : c&lt; Vous ne serez jamais reine! » lui
dit-elle en s'éloignant, et ce fut, en effet,
quelques mois plus tard, Uarie Leczinska, au
lieu de!llle de Vermandois, qui devint l'épouse
de Louis XV.
On raconte que la jeune princesse refusa
de paraitre devant la reine qui lui avait
été préférée, et elle mourut, trois ans
après le mariage, abbesse de Beaumont-lesTours.
Mlle de Charolais eut une fin moins édiliantè, bien que ses dernières années aient
été exemptes de scandales.
1. Louise-}larie-Bathilde d'Orléans, née le 10 juillet 1750, qui fut la mêre du duc d'Enghien.

DE C1t.J11(0LJITS

La naissance de la fille du duc de Chartres'
lui arnit lait perdre son titre de « Mademoiselle "• et Bagatelle, qu'elle avait acquis de
la maréchale d"Estrées, était devenue son séjour de prédilection.
Elle le préférait à son magnifique hôtel de
la rue de Grenelle-Saint-Germain et au grand
château de Madrid qui lui semblait démodé.
Du petit ch.Heau dont elle avait pourtant traeé
jadis tous les plans et dessiné elle-même les
parterres, elle s'était lassée à son tour, et
elle ne se plaisait plus que dans cette délicieuse retraite que le comte d'Artois devait
transformer quelques années plus tard. Au
cœur même du bois de Boulogne, à deux pas
de Paris, voisine à la fois de Versailles, de la
Muette et de Marly où elle faisait de fréquentes apparitions, elle se plaisait là plus
que partout ailleurs, entourée d'un cercle
nombreux, menant un train royal, et lancée
dans un tourbillon incessant de plaisirs et de
fètes. Le couvent de Longchamp se trouvait
tout proche, et dans la célèbre abbaye dont
la règle n'avait rien d'austère elle séjournait
parfois pendant plusieurs jours.
Lorsqu'elle s'éteignit à soixante-trois ans,
elle avait, quatre jours avant, fait son testament qu'on peut lire aux Archives; elle instituait pour son hérilier son neveu le comte
de la Marche, prince de Bourbon-Conti, mari
de la duchesse de Modène, âgé de vingtquatre ans. Elle n'avait oublié personne
autour d'elle, à tous elle laissait un souvenir.
Plus fidèle en amitié que constante en amour,
elle avait su se faire des amies qu'elle s'était
attachées par la reconnaissance, car dans ses
prodigalités elle se montrait charitable. Au
cours de ses changeantes passions, son humeur
s'était assagie el son existence était devenue
moins brU}'anle. Sa jeunesse s'était évanouie,
sa beauté avait disparu, mais il lui était resté
le charme d'une intelligence aiguisée el une
gaieté naturelle inaltérable.
Aussi la postérité s'est montrée indulgente
pour ses faiblesses. Elle a voulu oublier le
scandale de ses aventures trop retenth,santes
pour ne se rappeler que ses qualités génJreuses, le charme de son esprit et de sa gràce,
el ses triomphants succès.
VICOMTE DE

L'Escurial
·*
Je partis de Madrid pour me rendre à la
cour, et je fus coucher à l'Escurial avec les
comtes de Lorges et de Céreste, mon second
fils, l'abbé de Saint-Simon et son frère. Pecquet et deux principaux des officiers des
troupes du roi, qui demeurèrent avec moi
tant que je lus en Espagne. Outre les ordres
du roi d'Espagne et les lettres du marquis de
Grimaldo, je fus aussi muni de celles du

nonce pour le prieur de l'Escurial, qui en est
en méme temps gouverneur, pour me faire
voir les merveilles de ce superbe et prodigieux
monastère, et m'ouvrir tout ce que je voulais
y visiter, car j'avais été bien averti que, sans
la recommandation du nonce, celles du roi et
de son ministre, ni mon caractère ne m'y
auraient pas beaucoup servi. Encore verra-t-on
que je ne laissai pas d'éprouver la rusticité
et la superstition de ces grossiers hiéronymites.
Ce sont des moines blancs et noirs, dont
l'habit ressemble à celui des célestins, fort
oisifs, ignorants, sans aucune austérité, qui,
pour le nombre des monastères dont aucun

REISET.

n'est abha)'e, et pour les richesses, sont à
peu près en Espagne ce que sont les béoédictins en France, el sont comme eux en congrégation. Us élisent aussi comme eux leurs
supérieurs généraux et particuliers, exœpté
le prieur de l'Escurial, qui est à la nomination du roi, qui l'y laisse tant et si peu qu'il
lui plait, et qui est à proportion bien mieux
logé à l'Escurial que Sa Majesté Catholique..
C'est un prodige de bâtiments, de structure,
de toute espèce de magnificence, que cette
maison, et que l'amas immense de richesses
qu'elle renferm~ en tableaux, en ornements,
en vases de toute espèce, en pierreries semées
partout, dont je n'entreprendrai pas la des-

�1nST0~1A - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - criptwn, qui n'est point de mon sujet; il et où il mourut. Il entendait les offices par
li,·res qu'on l destine, ceux-!~ le sont aux cersuffira de dire qn'un curieux connaisseur rn
ces fenètres. Je \'Oulus voir cet appartement cueils qui y sont rangés les uns auprès des
toutes ces différentes beautés s'y appliqnerait
où on entrait par derrière. Je fus refusé.
plus de trois mois sans relâche et n'aurait J'eus beau insister sur les ordres du roi et autres, la tète à la muraille, les pieds au
pas eocore tout examiné. La forme de gril a du nonce de me faire ,·air tout ce que je ,·ou- bord des ta~seaux, qui portent l'inscription
réglé toute l'ordonnance de ce somptueux drais, je disputai en vain. Ils me dirent que du nom de la personne qui est dedans. Les
édifice, en l'honneur de saint Laurent et de cet appartement était fermé depuis la mort cercueils sonl re,,ètus, les uns de velours, les
autres de brocart, qui ne se ,·oit guère qu'aux
la bataille de Saint-Quentin, gagnée la reille
de Philippe 11, sans que personne y fût entré
par Philippe li, qui, royant l'action de dessus depuis. J'alléguai que je savais que le roi pieds, tant ils sont proches les uns des autres,
une hauteur, voua d'édifier ce monastère si Philippe V l'avait YU as·ec ,a suite. Ils me et les tasseaux bas dessus.
Quoique ce lieu soit si enfermé, on n'y sent
ses troupes remportaient la victoire, et de- l'avouèrent, mais ils me dirent en même
aucune
odeur. Nous hl.mes des inscriptions à
mandait à ses courtisans si c'était là les plai- temps qu'il y Plait entré par force et en maitre
sirs de l'empereur son père qui, en effet, les qui les a,,ait menacés de faire briser les notre portée, et le moine d'autres à mesure
y prenait bien de plus près. li n'y a portes, portes, qu'il était le seul roi qui, depuis Phi- que nous les lui demandions. Nous fimes
serrures, ustensiles de quelque sorte que ce lippe Il, y lùt entré une seule lois, et qu'ils ainsi le tour, causant et raisonnant là-dessus.
soit, ni pièce de vaisselle qui ne soit marquée ne l'ouvraient et ne l'ouvriraient jamais à Passant au fond de la pièce, le cercueil du
malheureux don Carlos s'offrit à notre vue.
d'un gril.
personne. Je ne compris rien à cette espèce
La distance de Madrid à l'Escurial approche de superstition; mais 1I fallut en demeurer (( Pour celui-là, dis-je, on sait bien pourquoi
fort de celle de Paris à Fontainebleau. Le là. Louville, qui était entré avec le roi, et de quoi il est mort. " A cette parole, le
pays e!-t uni d devient fort désert en appro- m'avait dit que le tout ne contenait que cinq gros moine s'altéra, soutint qu'il était mort
de mort naturelle, et se mit à déclamer
chant de l'Escurial, qui prend son nom d'un
ou six chambres obscures et quelques petits
gros ,illage dont on passe fort près à une trous, !out ceJa petit, de charpenterie bou- contre les contes qu'il dit qu'on avait répanlieue. L'E,curial est sur un haut où on monte ~illée, sans tapisserie lor~quïl le vit, ni au• dus. Je souris en disant que je convenais qu'il
imperceptiblement, d'où l'on voit des déserts cune sorte de meubles : ainsi je ne perdis n'était pas vrai qu'on lui eùtcoupé les veines.
Ce mot acheva d'irriter le moine, qui se mit
à perte de vue des trois côlés; mais il est pas grand'chose à n'y pas entrer.
à bavarder avec une sorte d'emportement. Je
tourné et comme plaqué à la montagne de
En descendant au Panthéon, je vis une
Guadarrama qui environne de tous côtés Ma- porte à gauche à la moitié de l'escalier. Le m'en divertis d'abord en silence. Puis je lui
drid à distance de plusieurs lieues plus ou gros moine qui nuus accompagnait nous dit dis que le roi, peu après être arrivé en
moins près. Il n'y a point de village à l'Es- que c'était le Pourrissofr, et l'ouvrit. On Espagne, avait eu la curiosité de faire ouvrir
curial; le logement de Leurs Majestés catho- manie cinq ou six marches dans l'épaisseur le cercueil de don Carlos, et que je sa,,ais
liques lait la queue du gril, les principaux du mur, el on entre dans une chambre d'un homme qui y était présent (c'était Lougrands officiers et les plus néCf'ssaires sont étroite et longue. On n'y YOit que les mu- ville) IJU'on y avait trouvé sa tête entre ses
logés, même les dames de la reine, dans le railles blanches, une grande fenêtre au bout jambes; &lt;1ue Philippe Il, son père, lui avait
monastère; tout le reste l'est fort mal sur le près d'où on entre, une porte assez petile lait couper dans sa prison devant lui. « lié
côté par lequel on arrive, où tout est fort mal vis•à-vis, pour lous meubles une longue table bien I s'écria le moine tout en furie, apparemment qu'il l'avait bien mérité; car Philippe Il
bâti pour la suite de la cour.
de bois, qui tient tout le milieu de la pièce en eut la permission du pape », et de là
L'église, le grand escalier el le grand cloitre qui sert pour poser et accommoder les corps.
me surprirent. J'admirai l'élégance de l'apo- Pour chacun qu'on y dépose, on creuse une crier de toute sa force merveilles de la piété
thicairerie et ]'agrément des jardins, qui niche dans la muraille, oi, on place le corps et de la justice de Philippe Il, et de la puispourtant ne sont qu'une large et longue ter- pour y pourrir. La niche se renferme dessus sance sans bornes du pape, el à l'hérésie
rasse. Le Panthéon m'effraya par une sorte sans qu'il paraisse qu'on ait touché à la mu- contre quiconque doutait qu'il ne pût pas ord'horreur et de majesté. Le grand autel et la raille, qui est partout luisante et qui éblouit donner, décider et dispenser de tout. Tel est
sacristie épuisèrent mes yeux par leurs im- de blancheur, et le lieu e,t fort clair. Le le Fanatisme des pays d'inquisition, où la
menses ricbesrns. La bibliothèque ne me sa- moine me montra l'endroit de la muraille qui science est un crime, l'ignorance et la stupitisfit point , et les bibliothécaires encore couvrait le corps de !I. de Vendôme, près de dité la première vertu. Quoique mon caracmoins. Je fus reçu avec beaucoup de civililé l'autre porte, lequel, à sa mine et à son dis- tère m'en mit à couvert,je ne voulus pas diset de bonne chère à souper, quoique à l'espa- cours, n'est pas pour en sortir jamais. Ceux puter et faire avec ce piffre de moine une
gnole, dont le prieur et un autre gros moine des rois et 'des reines, lesquelles ont eu des scène ridicule. Je me contentai de rire et de
me firent les honneurs. Passe ce premier re- enfan1s, en sont tirés au hout d'un certain faire signe de se taire, comme je fis à ceux
pas, mes gens me firent à manger; mais ce temps et portés sans cérémonie dans les tiroirs qui étaient avec moi. Le moine dit donc tout
gros moine J' lourait toujours quelques pièces du Panthéon qui leur sont destinés, Ceux des ce qu'il voulut à son aise, et assez longtemps
qu'il n'eùt pas été bonnète de refuser, et infants et des reines qui n'ont point eu sans pouroir s'apaiser. Il s'apercerait peutmangea toujours avec nous, parce qu'il ne d'enfants sont portés dans la pièce joignante èlre à nos mines que nous nous moquions de
nous quittait point pour nous mener partout. dont je vais parler, et y sont pour tou- lui, quoique sans gesles et sans parole. Ent:in,
il nous montra le reste du tour de la chambre ►
l'n fort mauvais latin suppléait au français jours.
toujours fumant; puis nous descendimes au
qu'il n'entendait point, ni nous l'espa\'is-à-vis de la fenêtre, il l'autre bout de la Panthéon. On me fit la singulière laveur
gnol.
chambre, en est une autre de forme semblaDans le sanctuaire, au grand autel, il y a ble, et qui n'a rie/l de funèbre. Le bout opposé d'allumer environ les deux tiers de l'immense
des vitrées derrière les sièges des prêtres cé- à la porte et les deux côtés de cette piè'Ce, et de l'admirable chandelier qui pend du milébrant la grand'messe et de ses assistants. qui n'a d'issue que la porte par où on y entre, lieu de la voùte, dont la lumière nous éblouit,
Ces fenêtres, IJUi sont presque de plain-pied sont accommodés précisément en bibliothèque; et faisait distinguer dans toutes les parties du
à ce sanctuaire, qui l'Sl fort élevé, sont de mais, au lieu que les tasseaux d'une biblio- Panlhéon, non seuleme11t les moinJres !rails.
l'appariement que Philippe II s'était lait bâtir, thèque sont accommodés à la proportion des de la plus petite écriture, mais ce qui &gt;f
trouvait de toutes parts de plus délié.
SAINT-SIMON.

DE L'EMPIRE

Tournebut
-

1804-1809 -

Par G. LENOTRE

CHAPITRE Ill
Les Combray.

contre le cardinal de llichelieu il y avait établi un atelier clandestin de fausse monnaie.
C'était à lui qu'était due la construction de
l'aile de briques, restée inachevée, sa condamnation à mort, pour crime de péculat 1, étant
venue interrompre les embellissements qu'il
avait entrepris.
li ne suhsiste plus guère en France de châteaux comparables à ces romautiques manoirs
du trmps passé dont les pierres avaient vécu
toutes les crises d~ notre histoire et que cha&lt;JUC siècle avait enrichis d'un pavillon et dotés
d'une légende. Tournebut é1ait, au commencement du x1xe siècle, le type achelé de ces
vieilles demeures où il y avait tant de grandes
salles etsi peu de logemenls, et dont les hautes
toitures d'ardoises recouvraient des enchevêtrements de charpentes formant des greniers
vastes comme des cathédrales. On assurait que
ses épaisses murailles étaient percées de couloirs secrets et recélaient des cachettes que
Louis de Marillac avait jadis utilisées.
Tournebut était habité, en 1804, par la

Il y avait alors, dans le département de
l'Eure, sur la rive gauche de la Seine, au delà
de Gaillon, un vieux et vaste manoir, adossé
au coteau qui s'étend en promontoirejusqu'aux
Andelys; on l'appelait le cbàteau de Tournebut. Quoi~ue ses hautes façades, émergeant
d'un taillis bas, fussent visibles de la rivière,
Tournebut restait cependant à l'écart de l'actif transit, entrelenu par terre et par eau, de
Rouen à Paris : des bois assez vastes le séparaiPnt, en effet, de la grand'route qui, de
Gaillon, gagne directement, par le plateau,
SJint-Cyr-du-Vaudreuil; quant aux coches
d'eau, ils faisaient généralement escale au hameau du Roule où des bidets de louage - des
mazettes -attendaient et portaient jusqu'au
bac de Muids les marchandises et les passagers,
leur épargnant ainsi le grand détour formé
par la Seine.
Tournebu tétait donc isolé entre ces deux voies
toujours très suivies; sa principale façade, à
l'exposition du levant, en regard dela rivière, se
composait de deux lourds pavillons, accolés
l'un à l'autre, construits en brique et pierre,
dans la manière du temps de Louis XIII, avec
de grands combles d'ardoises et de hautes lucarnes i elle se prolongeait par une construction plus basse et d'aspect plus moderne que
terminait la chapelle. Derant le château, formant terrasse, une sorte de vieux bastion carré
dont les murs moussus baignaient dans l'eau
stag-nante d'une large douve. L'autre façade,
regardant l'ouest, avait moins d'aspect; quelques toises seulement de terrain plat la séparaient du coteau abrupt et boisé auquel était
adossé Tournebut; un mur, percé de portes
discrètes, ouvrant sur les bois, enclavait le
chàteau, la ferme et la partie basse du parc:
un vaste marais, s'étendant du pied des terrasses jusqu'à la Seine, rendait, de ce côté,
l'accès presqueinabordable.
GRos-)1ESNIL (ou LE PETIT-CHATEAU},
Par le mariage de Generière de Bois-l'Evêque, dame de Tournebut, cette seigneuriale
DANS so~ ÉTAT ACTUEL.
demeure était passée, dans les premières années du xvn• siècle, à la famille de Marillac.
Le maréchal Louis de Marillac - oncle de marquise de Combray, née Geneviève Gouyn
Mme Legras, Ja collaboratrice de saint Vin- de Brunelles, fille d'un président de la Cour
eeotde Paul-l'avait possédée de 1613à t 631, des comptes, aides et finances de Normandie.
et la tradition assurait qu'au cours de sa lutte Son mari, Jean-Louis-Armand-Emmanuel Hélie de Combray, était mort en J 784, lui lais1. Il fut exécuté à Paris le 10 mai 1tl32.
2. Madeleine Hubert, après la mort de son premier

mari Gouyn de Brunelles, uait épousé en secondes
noces If. Lcdain d Esteville.

- 233 .....

sant deux fils et deux filles, et des bieos considérables situés aux environs de Falaise, sur
le territoire des paroisses de Donnay, Combra1,
Bonoœil « et autres lieux ». Mme de Combray tenait Tournebut de sa mère, Madeleine
Hubert, fille elle-même d'un conseiller à la
grand'chambredu Parlement de Normandie•.
Outre le château et la ferme, qu'entourait un
parc planté de vieux arbres, le domaine comprenait les bois qui couvrent le coteau el i"i
l'exlrémité desquels, sur la hauteur, se trouvait une vieille tour, ancien moulin à vent,
bâtie au.dessus de profondes carrif'res et (Ju'on
appelait la Tow· du moulin brûlé ou de /'Ermitage: c'est sous ce der11ier nom qu'elle
figure sur les plans anciens du pays; elle le
devait au souvenir d'un solitaire &lt;fUÎ avait vécu
dans ces carrières pendant de longues années
et qui y était mort vers la fin du règne de
Louis XV, laissant dans toute la région une
grande réputation de sainteté.
~lme de Combray était « d'un caractère
altier el impérieux; son âme était forte el
pleine d'énergie; cllesa\'ait braver les dangers
et l'opinion; les projets les plus hardis ne
l'eflrayaient pas; son ambition élait démesurée•"· Tel est le portrait que traçait d'elle
un de ses plus irréconciliables ennemi:: et l'on
verra, par la suite du récit, que les princi"
paux traits en sont assez fld,Hes. Mais, pour
aider à parfaire la ressemblance, il faut, dès
l'abord, faire valoir une circonstance atténuante : Mme de Combray était une roi•aliste
fanatique, et cela même ne suffirait pas à
rendre son histoire intelligible si l'on ne faisait la part de ce calvaire que montaient,
depuis tant d'années, les fidèles de la royauté,
et dont toutes les stations se comptaient par
des désillusions et des déchéances. Depuis
qu'avait été entreprise, en 1789, la guerre
contre les nobles, toutes leurs tenlatives de
résistance, dédaigneuses d'abord, opiniâtres
plus tard, maladroites toujours, avaient piteusement avorté. Leurs échecs ne se comptaient
plus et il y avait là de quoi justifier, à l'égard
du nouvel ordre de choses, le dépit haineux
d'une caste qui, pendant tant de siècles, s'était complue à se croire douée de toutes les
supériorités. Beaucoup, il est vrai, s'étaient
résigoés à la défaite; mais les intrans_igeants
s'obstinaient à la lutte et, pour tout dire, cet
attachement tenace au cadavre de la monarchie n'était pas sans grandeur.

3. Note d'Acquct de Férolles. Archives de la famille
de Saint-Victor.

�111ST0'1{1.JI - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - La marquise de Combray s'était placée, dès
les premiers jours de la Révolution, au nombre des royalistes irréductibles. Son mari,
homme timoré et placide, employant à d'interminables lectures les heures qu'il ne consacrait pas au sommeil, lui avait, de tout temps
abandonné la direction du ménage, et la gestion de sa fortune. Le veuvage n'avait fait
qu'augmenter l'autorité de Mme de Combra)'
qui régnait sur tout un monde de petits fermiers, de paysans et de serviteurs, plus craintifs peut-être que dévoués.
Elle exigeait de ses enfants une passivité
complète : l'ainé de ses fils1, qu'on appelait
le chevalier de Bonnœil, du nom d'une terre
voisine du château de Donnay, aux environs
de Falaise, supportait patiemment le joug
maternel: il était, aù reste, officier au noyaidragons à l'époque de la Rérnlution. Son frère
puîné, Timoléon de Combray', était de tempérament moins docile. Au sortir de l'Ecole
militaire, comme son père venait de mourir,
il sollicita de M. de Vergennes une mission
dans les Etats barbaresques et s'embarqua
pour le Maroc. Timoléon était un homme
d'esprit libéral et droit, d'une haute culture
intellectuelle et d'un scepticisme philosophique
qui cadrait mal avec le caractère autoritaire
de la marquise : quoique fils dévoué et respectueux, on le verra, c'est pour se soustraire
à là tutelle de sa mère qu'il s'expatria. cc Notre diversité d'opinion, écrira-t-il plus tard ,
m'a valu l'avantage de n'avoir pas habité avec
elle deux mois de suite en dix-sept ans•. »
Du Maroc il passa en Algérie, puis à Tunis et
en Egypte. Il allait pénétrer dans la grande Tartarie quand il eut connaissance de~ débuts de la
Ré\'olu lion ; il reprit aussitôt le chemin de
France où il arriva au commencement de
17~1.
Des deux filles de Mme de Combray, l'aînée' avait épousé, à vingt-deux ans, en i 787,
Jacques-Philippe-Henri d'Houel; la plus jeune,
Caroline-~ladeleiue-Louise-Geneviève, était née
en 1775 5 et n'avait, par conséquent, que
onze ans à la mort de son père. C'est celte enfant qui sera l'héroïne du drame que nous
avons à conter.
En août 1791, )!me de Combra)' s'inscrivit
avec ses deux fils sur la liste des otages de
Louis XVI qu'avait imaginée le journaliste
Durosoy. C'était nn acte de courage, car il était
facile de prévoir que les six cent onze· noms
portés à cc ce livre d'or de la fidélité », composeraient bientclt un répertoire de suspects.
Du reste, tant qu'il y eut espoir de faire triompher la cause monarchique, les deux frères
luttèrent courageusement: Timoléon resta
près du roi jusqu'au 10 août et ne passa en

Angleterre qu'après avoir pris part à la dé- avec une ardeur intarissable, la croisade sainte
fense des Tuileries ; Bonnœil avait émigré aux quelques femmes qui l'entouraient.
L'exaltation royaliste de Mme de Combray
l'année précédente et servait dans l'armée des
Princes. Mme de Combray, restée seule avec n'avait pas besoin de ce coup de fouet: un
ses deux filles - le mari de l'aînée avait éga- sage lui eût conseillé la résignation ou, tout
lement émigré,- quitta en i 795 Tournebut au moins, la patience ; mais, par un effet de
et vint se fixer à Rouen, où, bien qu'elle fût, sa mauvaise fortune, elle ne se trouvait entouen ville, propriétaire de plusieurs immeubles, rée que de gens dont le fanatisme excusait
elle loua, rue de la Valasse, au faubourg et réglait le sien propre. La fureur était
Bouvreuil, &lt;tune maison sans numéro, isolée, devenue l'état habituel de ce monde dont
ayant une entrée sur la campagne 6 n. Elle l'esprit surchauffé ne se nourrissait que de
donnait comme prétexte à sa retraite le désir fausses nouvelles, de récits légendaires, de
de parfaire l'éducation de sa plus jeune fille, l'espérance folle des représailles imminentes.
qui entrait alors dans sa vingtième année.
On y accueillait avec une crédulité jamais
Caroline de Combray était de très petite découragée des prophéties grossières, antaille - grande comme un chien assis, disait- nonçant de prochains et terribles massacres,
on - mais charmante ; son teint était d'une auxquels, invariablement, devait mettre fin le
pureté parfaite, ses cheveux noirs d'une abon- retour miraculeux des lis, et, comme les illudance et d'une longueur peu ordinaires. Elle sions de ce genre se fortifient de leurs décepétait aimante et sensible, très romanesque, tions mêmes, la maison de la rue de la Valasse
pleine de vivacité et de franchise; le grand entendit bientôt des voix mystérieuses et deattrait de sa menue personne résultait d'un vint le théàtre &lt;t d'apparitions célestes ll qui,
mélange piquant d'énergie et de douceur. sur l'invitation du P. Lemercier, prédisaient
Elle avait été élevée au couvent des Nouvelles l'imminente destruction de tous les bleus et
Catholiques de Caen 7 où elle était restée six: la restauration de la monarchie.
Certain jour, dans l'été de 1795, un inconnu
ans, recevant les leçons &lt;t de maîtres d'agrément de touteespèceetdedifférenteslangues l&gt;. se présenta chez le P. Lemercier, muni d'un
Elle était musicienne et jouait de la harpe; mot de passe et d'une très chaude rècommandès qu'on fut installé à Rouen, sa mère lui dation, émanant d'un prêtre réfractaire 1°, qui
donna pour professeur d'accompagnement vivait caché à Caen. C'était un chef de chouans
Boïeldieu &lt;&lt; qu'elle pa)'a longtemps 6 francs portant le tilre et le nom de général Leb1·et :
argent par cachet 8 )), somme qui paraissait il était de taille moyenne avait la barbe et
fabuleuse en ce temps d'assignats et de man- les cheveux roux, les yeux couleur d'acier, le
dats territoriaux.
regard froid 11 .
Admis chez Mme de Combray sous les auspiMme de Combray, d'ailleurs, se trouvait fort
gênée; comme ses deux fils étaient émigrés, ces du P. Lemercier, il ne dissimula point que
le séquestre avait été mis sur tous les biens son véritable nom était Louis Acquet d'Ilauteprovenant de la succession de leur père, et les porte, chevalier de Férolles. li venait à Rouen,
fermages ne rentraient pas. Des 50. 000 francs disait-il, envoyé par les princes pour transde rentes que possédait la famille avant la mettre leurs ordres à Mallet de Crécy, qui
Révolution, un cinquième à peine, représenté commandait pour le roi la Haute-Norpar les propres de Mme de Combray, restait mandie.
On juge quel accueil fut fait au chevalier.
disponible et elle aYait été réduite à des emprunts pour subvenir aux charges très lourdes Mme de Combray et ses filles, et aussi les
bonnes religieuses et les pères chartreux, s·éde sa maison de Rouen.
Outre ses deux filles et ses domestiques, puisaient en prévenances et s'ingéniaient à
elle y abritait, en effet, cc une demi-douzaine satisfaire le moindre désir de cet homme qui
de bonnes religieuses et deux ou trois char- prenait modestement le titre &lt;t d'agent génétreux 9 J&gt; au nombre desquels se trouvait un ral de Sa Majesté ,, . On lui avait ménagé, dans
moine insermenté, nommé Lemercier, qui prit l'endroit le plus discret de la maison, une
bientôt sur son entourage une influence pré- cache sûre qu'avait bénite le P. Lemercier;
pondérante. En sa qualité de réfractaire, le Acquet s'y tenait une partie du jour et, le soir,
P. Lemercier s'exposait, s'il était découvert, ne dédaignait pas de se mêler aux évocations
à la mort ou, tout au moins, à la déportation, habituelles, et de conter,en manière d'interet l'on comprend qu'il n'éprouvât qu'une sym- mède, le récit de ses exploits.
A l'entendre, il était possesseur de vastes
pathie très mitigée pour la Révolution qui le
vouait, bien malgré lui, au martyre: il appe- domaines situés aux environs des $ableslait de tous ses vœux le feu du ciel sur les d 'Olonne d'où il était originaire u: officier au
mécréants et, n'osant se montrer, prêchait, régiment de Brie-infanterie avant la f\évolu-

1. Jean-Louis-Alexanrlrc-César Hélie de Combray,
chevalier de Bonnœil, né à Falaise le 6 juillet 1762.
2. ,\.-Timoléon de Combray. né à Falaise en 176i.
5. Archivl's de la famille de Saint-Victor.
4. Louise-Geneviève llélie de Combray, née en septembre 1765, mariée le 19 septembre 1787.
5. Extrait des registres de la paroisse Saint-Gervais
de Falaise: le mercredi 21• jour de juillet 1773, a été
baptisée par nous, curé de celle paroisse, Carolinr.Ma~delaine-Louise-Geneviévc, nèe le même jour du
légitime mariage de llessircJean-Louis-Armand-Emmanuel Hélie de Combray, seigneur el patron de Combray, Donnay, Bonnœil et autres lieux, et de noble
dame Gene\'iève Gouin Brunelle, ... etc.

6. Rapporl du préfet de la Seine-lnférieurr au
Conseiller d'Etal Réal, 26 février 1808. Archives nationales F 1 8172.
7. • ~ous soussignées, direclrisse (sic, de la maison
d'éducation des NouYelles Catholiques de Caen, et
l\lme de Ranville, religieuse dudit couvent, attestons
à qui il appartiendra que la demoiselle Marie-LouiseCaroline llélie rlc Combray a été en pension dans noire
communauté pendant six années entières avec une
femme de chambre pour la soigner et ce, à raiwn de
700 livres par an; nous attestons en outre que, pendant ces six années, elle a eu continuellement des
maitres d'agrément de Ioule espèce et de différentes
langues. t Archives de la famille de Saint-Victor.

8. Nole de Mme de Combray. Archives de la famit e
de; Saint-Victor.
9. Lellre de Timoléon de Combray à sa sœur. Archi,·es de la fomille de Saint-Victor.
10. Note de Timoléon de Combray. Archil'CS de la
famille de Saint-Victor. - Ce rél'ractaire s'appelait
J\oux-Deslandes, el fut condamné plus tard, dit Timoléon, aux galères pour fabrication de faux billets de
banque.
11. r.ote de Timoléon de Combray. Archil'es de la
famille de Saint-Yictor.
12. Il était de Saint-Cyr-la-Lande Deux-Sèvres).
Voici son acte de baptême: « Aujourd'hui, 0 norembre 1760. a été baptisé Louis, fils légitime de ~Je,sirc

"·---------------

T OU'Jf,'N'E1JUT

---.

tion 1, il se trouvait à Lille en 1791 et avait dont les deux frères, émigrés, ne reparaîla vérité est que Acquet &lt;t déclara sa flamme »
pro~té du vo~si_nage de la frontière pour in- traient probablement jamais, et, dès l'abord
~ur:,_er_son_ regm~ent et émigrer en Belgique; il mit tout en œuvre pour flatter la marott; à ~Ille de Combray el comme celle-ci, un peu
11 s etait_mis_ aussitôt à la disposition des prin~éfiante, encore que très disposée à se laisser
royalis_te de la mère et les idées romanesques aimer, se défendait comme il convient le checes, a_vait ~ait en Vendée, en Poitou, en Nor- de la Jeune fille. Le P. Lemercier lui-même
vali?r signa une _sorte d'engagement ;1ystique
mand1e ~eme, des enrôlements pour l'armée
date du 1er Janvier 1796. où, &lt;t à la face de
royal~, aidant des prêtres à émigrer, sauvant
la sainte Eglise et au plaisir de Dieu » il
d~s _villages entiers de la fureur des bleus. Il
s:obligeait
à l'épouser sur première réquisic1ta1t Ch_ar:tte, Frotté, Puisaye comme étant
5
s,o~
• Elle serra soigneusement ce précieux
ses plus mt1mes amis et ces noms évoquaient
paprnr et, un peu moins de dix mois plus tard,
l?s chevaleresques épopées des guerres de
1 OueSt auxquelles il avait pris une "lorieuse
le 17 octobre, l'agent municipal de la commun~ d'.Aubev?ie, sur le territoire de laquelle
part. Parfois il disparaissait pendant ;lusieurs
est
situe le chateau de Tournebut inscrivait
~our~, et.' au retour de ces fugues mystérieuses,
la ~aissance d'une fille, née de 1~ citoyenne
11 laissait ente~dre qu'il venait d'accomplir
Lomse-Charlotte de Combray, épouse du ciquelque haut fait ou de mener à bien une mistoyen
Louis Acquet 6. Voilà pourquoi la marsion périlleuse. C'est ainsi que le chevalier
quise
&lt;t
se trou va obligée de donner son conAcquet de Férolles était devenu l'idole du
s.ente~ent_
au mariage,"• qui n'eut lieu que
petit gr~upe de naïves royalistes parmi les1annee smvanle : on n en trouve mention à
quel_les 11 était réfugié : il avait bravement
l'état civil de Rouen, qu'à la date du 17 j~in
servi la cause; il se targuait d'avoir mérité le
1797.
surnom d~ toutou des princes, et ceci, aux
Acquet était ainsi parvenu à ses fins : il
yeux ébloms de Mme de Combray, tenait lieu
de toutes les références.
avai~ séd~it ~Hie de Combray pour rendre le
mariage mév1table et, celui-ci conclu il s'était
En réalité Acquet était un aventurier: s'il
fait envoyer, sous prétexte d'empêcher leur
nous fallait ici tenir compte de tous les méfaits
vente, en possessiJn provisoire des biens de
portés à son actif, on nous soupçonnerait de
ETAT ACTUEL OE LA MAISO'I OU MAOA)rE DE COMla
famil_le de Co~bray, situés à Donnay, près
pousser gratuitement au noir cette fio-ure
de
0
BRAY ÉTAIT DO)!ICILIÉE A ROUEN, RUE OU CIIA.\IP·
de Falaise, et sequestrés par suite de l'insmélodrame. Quelques traits, recueillis par les
DES-Ü!SEAUX, N° 36, LORSQU'EN I ïC)8 ELLE ACHETA
cription du nom de Bonnœil sur la liste dt's
C?mbray, suffiront à l'esquisser: officier à
GROS-:\1ESNIL.
émigrés. A peine installé ï, il met les terres au
Lille, sur le point d'être interné à la suite
pillag~, il fait argent de tout, il coupe les bois
d'une délation odieuse dont il s'était rendu
sans epargner les bosquets et charmilles :
c?upable 1 '. i_l dése~ta et se rendit en Belgique, fut conquis; Acquet simulait, pour se l'allirer
n_osa.nt reJomdrel armée des émigrés; il s'ar- la piété la plus vive et la plus scrupuleus; &lt;t le domaine de Donnay devient entre ses
mains une espèce de désert 8 &gt;&gt;. Arrêté dans
reta a Mons, puis gagna bientôt l'ouest de la dévotion.
ses
déprédations par une plainte de ses deux
~rance et s_e mit à chouanner ; m1is la poliUne note de J3onnœil nous renseiane sur la
tique restait étrangère à son fait· il s'était façon dont se termina cette tragique"intrigue: beaux-frères, il im1gina d'attaquer le testaassocié à quelques spadassins de sa' trempe et &lt;t Acquet employa tous les moyens de séduc- ment du marquis de Combray, prétendantque
détroussait à son profit les voyaaeurs ou tion pour parvenir à son but. La jeune per- sa ~e~~e: ?1rneure au décès de son père,
. 1
0
rançonnait
es acheteurs de biens nationaux.
sonne, craignant d'ètre lonatemps sans se avait ete lesee dans le partage. C'était déclarer
~ans l'Eure, Ott il opérait d'ordinaire, il assas- marier à cause du malheureu~ temps d'alors, ouvertement la guerre à la famille dans
s1?a de sa main deux gardes-chasse sans l'écouta, malgré tant de raisons qui la sollici- laquelle il était entré et, pour forcer sa femme
defense que sa petite troupe avait rencontrés 3. taient d'attendre et de rejeter les propositions à épouser sa querdle, il la terrorisait et la
li excellait à enlever les caisses des percep- que pouvait lui faire un homme dont on ne rouait del coups. Une seconde fille était née de
9
teurs ruraux et, le coup fait, pour colorer ses connaissait ni les noms, ni le pays, ni la for- celle triste union , et ces enfants elles-mêmes
ex~loits d'une teinte de royalisme, il ab1ttait tune... Les conseils mêmes de la mère ne n'échappaient pas aux brutalités de leur père:
nmtamment, dans les villages où il opérait, furent malheureusement pas écoutés, et elle une note écrite de la main de Mme Acquet est
'
les arbres de la liberté, Las enfin « d'un mé- se trouva obligée dti donner son consentement sur ce point, d'une ~l,,quence navrante :
li. Acquet assommait tous les jours ses enfants .
tier où il n'y avait que des coups à recevoir au mariage, les lois d'alors accordant toute
et sa tète à perdre J&gt;, il vint à Rouen chercher liberté aux filles et les autorisant à secouer le il me maltraitait aussi sans cesse: c'était souven~
fortune; sans doute, avant de s'introduire chez joug salutaire de leurs parents. l&gt; Les dates avec des cotrcts qu'il corrigeait ses enfants et s'en
~cr_vait toujours lorsc1u'il_les faisait lire; elles
Mme de Combray, avait-il eu soin de se ren- de certaines pièces complètent sans ménagt!- etaien~ lOUJours toutes noires des coups qu'elles
seigner•. Il savait trouver là une riche héritière menLs les périphase; discrètes de Bonnœil; reccva1cnt.

.1

Jacqucs-Fra_nçois Acquet, chevalier seigneur d'Jlautcporte, de Fe~ol_lcs cl autres lieux, chevalier de l'ordre
royal et m1hta1rc de Saint-Louis, el de dame Jeanncl'aulc_ Cordier,. ses père el mère, ledit Louis, né d'hier.
P,arrarn: mcsme Louis ~e Losjle, _prêtre doyen et curé
d Oyron, marrame: demo1sPlle Lou1se-Charlolle Acquet
sa_sœur, qui _a dé~laré ne savoir signer. »
'
1. Son dosswr n existe aux archives du ministère de
la Guer1:~ q11e sous la forme d'une chemise vide de
toules, p1eces. _0)1 i:elève le n~m d'Acquct de Férolles
dans I Etat rmlzlatre de la h·a11ce comme sous-lieutenant, puis li1;utenantde Brie-infanterie, 1782 à 1i9 I.
A celte dernière dale le régiment était en effet à
Lille. Acqu~t ligure également sur les cont;ôles du régiment de Brie.
2. «... 11 avait été bien auparavant condamné à vingt
an~. au chàtea~ de Saumur, pour un fait si honteux
qu 1! faut le ta,_re. » Note de Bonnœil. Archives de ta
fam,lle de S~rnt- Yictor. B~nncr•il exagère : sur les
contrôles du regiment de Bric, aux archives du ministère de la guer~·e! on trouve, au nom d'Acquet, celle
men!1on : • 10 Jmlle_t 1780 - condamné par le tribunal a trois ans de prison à Saumur. »

3. «... Il fait conduire le nommé :Uercié, garde du
duc de Bouillon, demeurant à• Sainte-'.llarguerite-desBeaux, près Breteuil, à un endroit écarl~ de la forêt
où il le fait ma~sacrer; et, comme le fils de ce Mercié
vint pour dégager son père, il ordonna, de sang-froid,
à Gérard Saint-llclme, son second (ce Saint-llelme,
dit Gérard, a été fusillé à la suite de cette affaire-là
à Rouen, il y a six ou sept ans) de s'en débarrasser;
mais comme une telle barbarie répugnail à la lroupe,
composée pour la plupart de jeunes réquisitionuai~es
égares, on dit qu'il le tua lui-même d'un coup de sa
carabine... •
~oie de la main de Bonm.eil. Archives de la famille
de Saint-\'ictor.
4. • li a cherché à avoir des renseignements sur la
fortune ... » Nole de Bonnœil.
5. Ceae pièce èlranfe se trouve dans les Archi,·es
de la famille de Saint-\ictor; l'acte n'estsignéque des
seuls conlraclant:1 et non point des amis et parents
dont le consentement semble y être annoncé, Mlle de
Combray signe Charlolte: ce prénom qui ne figure pas
à son acte cle baptème élait sans doute celui qu'on lui
donnait familièrement.

- 235 -

, 6. Extrait des actes de )'état. ci~il de la commune
d A~bevo1e (Eure) : • Ce .~ourll hm, 26 1·endémiairc
&lt;le l_an V ( l '7 octobr_e _1_~90 1.. . est comparu le CÎtùyen
Louis Acq\1ct, \lom1c1lie en cette commune, lequel
a_ccompagne du citoyen Claude ~otlier, bourgeoisrlomici~
héen celle commune, cl de la ~1~~enne Marie-Françoise
Lambert d_e Chalange, dom1c1hee au Pelit-Ant.lelys
cauton dudit lieu, lesquels m'ont déclaré que la cito:
yen ne Lou1s~-Charlotte_ de Combray, domiciliée en celle
co~munc,. epouse du c1toren .L~uis, Acquet, est accouchee lner, a une heure apres-m1d1, d une enfant femelle
laquelle m'a été representée, et à laquelle ils ont
donné le nom de Charlolle. •
7. Acquet s'installa à Donnay au mois de frimaire
an VI (décembre 1797).
8. Mémo!re po!-'r MM. Ilf lie de Bonnœil et /Jélie de
Combray, a Falaise , de 1imprimerie de Brée frères
en 1806.
·
•
9. Nous n'av?ns pu _tr~uver l~ace d~ la naissance de
cette _seconde hile. q~1 s ap~ela1t !larie-1Ienrie1te-Clément111c. Une lro1s1eme hile, Marie-Céline-Octavie
naquit plus tard, en 1801. Nous retrouverons ces !roi~
cnfanls.

�1f1ST0-1{1.l!
Il me doooa un jour un soufflet si forl que le
sang m'en a jailli rlu nez el de la bouche, et que
j'en restai un momrnt sans connaissance ... . 11 a été
chercher ses pisloleL&lt;: pour me lmiler J;-. ce1·vclle,
ce qu'il aurait fait s'il ne s'était pas trouvé du
monde ....
11 élail toujours armé d'un poignard qui ne le
quilhlÎt pas 1 •

Au mois de janvier 1804, Mme Acquet s'était
résolue à s'enfuir de cet enrer; profitant d'un
voyage de son mari en Vendée, elle lui écrivit
qu'elle renonçait à la vie commune et courut
à Falaise demander asile à son frère Timoléon
rentré depuis peu en France'. Celui-ci s'entremit pour éviler un scandale et obtint de sa
sœur qu'elle réintégrerait le domicile conjugal.
Mme Acquet suivit ce sage conseil; mais elle
ue put se décider à revoir son mari, revenu
en toute hâte et qui, trouvant fermée la porte
du château où elle s'était barricadée, fit constater par le juge de paix du canton d'Harcourl,
assisté de son gref6er et de deux gendarmes,
que sa femme refusait de le recevoir 3 • .AJant
enfin trouvé, un beau matin (( son sPcrétaire
forcé et tous ses papiers enlevés J), elle revint
à Falaise, obtint un jugement l'autorisant à
habiter chez son frère et déposa une plainte
en sépara lion.
Les choses en étaient là à l'époq11e du procès
de Georges Cadoudal. Acquet, dont la foreur
s'exaspérait de la résistance que rencontraient
ses projets, jura qu'il tirerait de sa femme et
de tous les Combray une vengeance éclatante :
il:, devaient, pour leur malheur, donner trop
facilement prise à sa haine.
Après trois années passées à Rouen, Ume de
Combray était rentrée, au printemps de 1796,
à son château de Tournebut: elle y apportait
intactes ses rancunes ro~ alistes et ses tenaces
illusions. Elle avait déclaré la guerre à la
Révolution et croyait la victoire assurée dans
un très court délai.
C'est un effet assez ordinaire des passions
politil1ues que d'aveugler ceux qu'elles dominent au point de leur présenter comme des
réalités imminentes leurs désirs et leurs prévisions. Mme de Combray escomptait si impatiemment le retour du roi que l'une des raisons
qui l'avait-nt décidée à regagner son château
était d'j- préparer des appartements pour
y abriter les princes el leur suite au cas où le
débarquement tant attendu s'effectuerait sur
la côte de Normandie. Déjà, en 1792. Gaillon
avait été dé:5igné pour se rvir d'étape à
Louis XVI, s'il s'était décidé à renouveler ,,ers
1

1. Archives (le la famille dt Saint-Victor.
'2. Idem.

3. Procès-verbal de Jacques-François Bullct,jugc de
paix du canlon dïlarcourL 1 nivôse. an XII.
4 On pense qu'un souterrain unissait le grand au
petit chàteau, et la découverte assez récente d'une
sorte rle cave sous la pelouse du parc actuel donnerait
du poids it celle opin10n.
5. « Le 1t prairial an VI (50mai 1708), vente pal'
le citoyen Hue il la citoyenne Gouin, veuve llêlie. Jlenry-Guillamne Hue demeurant en la commune de
Bougy (Ca\l·ados) ,,end à Genevihe Gouin, veuve du
citoyen Armand-Emm,muel JIJlic, demeurant à Rouen,
rue du Champ-des-Oisf'aux, n° 56, une maison de
propriêtaire, cour, jardin et petite forme ... le tout
situé en la commune d'Aubevoie, près Gaillon; ladite
petite ferme contenant, tant en maison, bâtiments,
terres et vigues, coteaux, masure, labour cl bois taillis,
environ hu1L acres, y comr,ris la maison de propriétaire. Celte vente est de mit mille francs de principal que ledit citoyen Hue reconnait avoir reçu ce

TOW{JI/F.1JUT - - ,

la mPr la tenta live arnrlée à Varennes; le
chàteau de Gaillon n'était plus, en 1796,
habitable; mais Tournebut, qui en était voisin, devait, dans l'idée de la marquise, offrir
les mèmes avantages, .se trouvant, à peu près,
à mi-chemin entre la côfe et Paris. Son isolement permettait, d'ailleurs, d'y recevoir des
hôtes de passage sans éveiller les soupçons, et
ses vaste:, cachettes, où pouvaient se terrer
soixaute à qualre-vingts personnes, favorisaient des conciliabules clandestins.
Pour plus de sùreté encore, Mme de Comhra-y fit, Yers cette époque, l'acquisition d"une
assez vaste maison, située à quelque deux
cents mètres des murs de Tournebut et qu'on
appelait Gros-Mesnil ou le Petit-Château.
C'était un pavillon à deux étages, çoiffé d'un
haut toit d'ardoise; la cour qui le précédait
était entourée de (&lt; masures &gt;) et de bàtiments
de service: une muraille assez haute fermait
de tous cûlés celle propriété qu'une sente discrète mettait en communication a\'ec l'une
des petites portes pratiquées dans la cloture
de Tournebut~.
A peine en possession du Petit-Châleau 5 ,
Mme de Combray y fit construire deux vastes
cachettes; elle employait à ces besognes confidentielles un homme sûr, nommé SoJer, qui
cumulait à Tournebut les fonctions d'intendant, de maître d'hôtel el de valet de chambre.
Soier était né à Combray, l'une des terres
que la marquise possédait en Bisse-Normandie, et était entré à son service, en 1791 ,
à seize ans, en qualité d'aide de cuisine 6 ; il
avait suivi sa maitresse à flouen pendant la
'ferreur et, depuis le retour à Tournebut,
elle l'avait chargé de la remplacer daas l'administration de son domaine; il avait, à ce
titre, la haute main sur la domesticité du
château, qui se composait de six personnes,
parmi lesquelles la femme de ehambre Querey;
et le jardinier Châtel 8 méritent une mention
particulière.
Chaque année, vers Pâques, .Mme de Combray se faisait conduire à Rouen où, sous
prétexte d'emplettes et de loyer à toucher,
elle séjournait un mois; Soyer el Mlle Querey
seuls l'accompagnaient. Oulre sa mai.son patrimoniale de la rue Saint-Amand, 'elle avait
gardé son discret immeuble du faubourg
Bouvreuil qui continuait à servir d'asile à des
proscrits' recherchés par la police du Directoire et. d'entrepôt aux réfractaires de la région, assurés d'y trouver des engagements et

les moyens de rejoindre l'armée, royale. Tournebut lui~mèmc, admirablement situé pour
servir de passage et de lieu d'étapes entre Ja
Haute et la Basse-Normandie, devint le refuge
indiqué de tous les partisans qu'un coup
hardi signalait aux autorités de l'une ou de
l'autre rive de la Seine, totalement sPparées
à cette époque par la rareté et la lenleur des
communications. et plus encore par la centralisation policière qui excluait, pour ainsi
dire, tous rapports directs entre les diverses
autorités départementales. C'est ainsi que,
de 1796 à 1804, Mme de ComLray, devenue
chef de parti c&lt; aYec cet avantage de n'ètre
connue dans ce sens que par le parli luimême 10 &gt;&gt;, hébergea ]es chefs les plus compromis de la Chouannerie normande, étranges
héros auxquels leur bravoure fo]le avait
créé une renommée légendaire et dont les
noms se retrouvent à peine, douteusement
orthographiés, dans les récits des historiens.
Au nombre des hôtes qui séjournèrent à
Tournebut était Charles de Margadel ", l'un
des o.rnriers de Frott~. qui avait organisé une
police royaliste à Paris it même, d'où il s'échappait pour venir faire le coup de Ît'u dans
l'Eure, sous les ordres d'Hingant de Saint.Maur, autre habitué de Tournebut, qui !
prépara son étonnante équipée de Pacy-surEure.
Outre Margadel et Hingant, Mme de Combray avait, le plus sôuvent, offert asile à Armand Gaillard et à son frère Raoul1 5 , dont
nous avons conté ]a mort. DcvilJe, dit Tamerlan, les frères Tellier, Le Bienvenu du
Buc, l'un des officiers de Hingant; un autre
encore, caché sous le 110m de Collin, dit
Cupidon; un :,:padassin allemand, nommé
Flicrlé, dit le ~la1'Chand, que nous retrouverons, éLaient également ses bôles ordinaires,
sans compter les Sauve-la-Graisse, les San~Quartier, les Blondel, les Perce-Pataud, comparses sans nom et sans histoire qui étaient
toujours assurés de lrouYer, dans Jes cachettes du grand château ou dans la Tour de
l'Ermitage, refuge et secours 14 •
C'étaient là des locataires compromettants,
et il n'est que trop facile d'imaginer à quel
passe-temps occupaient les loisirs de leur
retraite à Tournebut ces gens depuis longw
temps dégoûtés des occupations régulières, et
pour qui la lutte et le danger étaient devenus des besoins impérieux. Une statistique,
difficile à établir, fournirait sur ce point des

jour, en espèces d'or et d'al'gcnt ayant cours, de ladite veuve Hélie... D
Archives du greffe de la Justice de paix de Gaillo11.
Quelques années plus tard, en juin 1800, Mme de
Combray, 11e se réservant que le petit château proprcme11l dit, donna à Lail pour 1rois ans, à Claude
Bachelet d'Aubevoie, les terres, bois et vignes qui en
dêpenda1ent.
ti. Interrogatoire de Jean-Henry Soyer, 31 octobre 1808. Archives du greffe de la Cour d'assises de
Rouen.
7. Catherine Querey, âgée de !rente-sept à trentehuit ans {en 1807), née à Fromanville, près de PontAudemer. Archives du greffe de la Cour d'assises de
l\ouen.
8. Nicolas Châtel, né à Saint-Cyr-du,Vandreuil, âgé
de vinpt-six ans (en 1807 ). Archives du greffe de la
Cour d as~i~f's de Rouen.
9. 4 - J1avais loué une maison qui leur aait consacrée et où ils trouvaient toules les caches nécessaires à leur sùrelé, D Lettre de Mme de Combray

au roi Louis XYIII. Archi\·es nationales, F' 81i0.
10. Rapport du Préfe t de la Seine-Inférieure. Archi,·es n:ilionalei:i, F' 817'1.
11. La note de la Sicotière sur Margadel est très
confuse. Voir de préfl!rence, sur ce p~rsonnage. un
pa~sage des Mimofre&amp;d' l/yde de !Yeuville, t.1, p. 284.
12. o: ~'aitcs-\•ous rendre complede tous les indivi•
dus qui sont logés chez Coulal, restaurateur, en face
d~ la rue de Chartres ... c'est dans cette maison que
logeait Margadel. Faites une recherche rigoureuse
dans cetle maison . C'est là que s'adressaient autrefois
les lettres du Comité anglais. ll
Archives de la Préfecture de Police. Affaire du
5 nivôse.
13. 11 Le. peu de ressources qui nous restait encore
élait consacré à sauver du glaive vos fid éles serviteurs
el j'ai eu à re.gretter le chevalier de Margadelle,
Raoulle, Tamerlan el le jeune Tellier •.•. ll Lettre de
Mme de Combray à Louis XVIII.
14. Quand Saint-Réjant, l'auteur et la victime de la
machine infernale de la rue Saint-Nicaise, vint à

""'236 -

présomptions saisissantes : - en septembre 1800, les deux diligences de Caen à Paris
sont a:rêt~es ~ot~e Evreux et Pacy, au lieu
nomme R1q111qui. par deux cents brio-ands
bien armés: 48.000 livres de fonds, appartenant à l'Etat,sonl soustraites. - En 1800 encore, la diligence de Rouen à Pont-Audemer
est attaquée par vingt chouans qui enlèvenl,

'

'

quelques jours plus tard, la malle de Caen
à Paris est dévalisée par six brigands. Sur la
grande route de la rirn droite, les attaques
de diligences sont fréquentes à la côle de
Saint-Genais, à la montée d'Authevernes, au
vieux moulin de Mouflaines 1 • Beaucoup plus
tard seulement, quand le château de Tourm·but fut connu pour un repaire a\'éré. dr.

LA FAl'ollLLE DE COMBRAY. -

D'apresun tableau appartenant à M.

LE

Paris par Vernon et par Magny-en•Vcxin où
les courriers avaient été si souvent arrêtés! i&gt;,
il pouvait bien avoir servi de centre à ces
opérations et, comme les auteurs en étaient
demeurés introuvables, on les porta toutes à
l'actif de Mme de Combray. li faut bien reconnaitre que cette accusation rétrosprctive
et sans preuves certaines n'avait rien de trop

Co;,,nE DES

ALLEURS,

De gauche a jro,tc : ,\rmand-Timo!éon de Combray; ~ouise-Gene\'iève de Combray (Mme d'll ouel de la Pommeraye\: Caroline de Combrai· C,lme Acquet de
Férolles;; J ean-Louis Alexandre de Combray, chevalier de Bonnœil; .l\lmc de Combray.
·

une partie des fonds qu'elle transporte. En 1801, vol d'une dili~ence près d'Evreux;

chouans, les autorités songèrent que &lt;! par sa
situation à égale distance des deux roules de

Paris pour prêparer son crime, il arrivait d'une \ocnlil~ du ~éparlcmcn t de l'Eure qu'il s'obstina à ne
poml dé~19ncr : on ~ut seu lc~enl qu'il étai t muntè
en rouJe dans ~ne ,:01ture puUltque ,·enant d'Eneux.
Pour se loger. 11 priL le premier 110m qui lui passa
j~ar l'esprit cl ~e ful celui de Soyer, le nom de
1 homme de confiance de Mme de t.:omlirav. Il n'est
pas interdit rle supposer qüe sa derniOre étape a\'ait
&amp;Lé Tournebut.
) . La fréquence de ces arrestations de dili,,.enccs
a11ola1L la police de /'arîs : dans les cartons det&gt; documents relatifs à l'affaire du 5 nivôse on trouve aux
Archin!s de la préf~c~ure de police la' nole que Yoici r
~ « ~e vol, J~s dilrgences et de tous les fonds pubites s organisait chez üourmon! 1 sous la direction du
ci-de\·a11t chen lier d~ Luxembourg et de tlalartic,
demeurant rue Florentm , en entrant par la rue Jlonoré
le premier hôtel à gauche.
'

téméraire. Le vol des fonds de l'Etat était
une bagatelle pour dés gens que dix ans de

Les êtres secondaires chargés de l'exécution de cet
in~âme briganclage sont les particuliers dont les noms
SUJ \'Cllt :
- Charles Godet, à P:iris.
- I.e~ deux frères Le Pclleti, r, qui rc~tent du cùté
d'A vranches.
- Daguerre le jeune (sic ), à Paris.
- Charles Sour1lak (sic), a Paris.
- Bernard Sourdak, rue des Auguslint
- Godin,. hôtel oll a ·logé \'Empereur.
- I.e petit Alexandre, i'1 Paris,
- El Chappedelaine, hûtel de May~nne, rne du
Four-Honoré.
On entretenait, pour l'exècution de ces horrililes fo1·faits. U';'e trentaine d'hommes qui recevaient 60 francs
par mots et le Yètcment : ces hommes n·ont aucun
domicile.
Le dépôt de tous les secrets de celle société se

t,rouve rne ~euve-Sainte-C~tl~erine. maison d'un 1onnel1cr, ..chez les filles Fr_ém1ll1011, au quatrième, sur le
rlerricrc. dans un ?·,limet mansardé clans lequ el se
trouve u!'e cache q.ui n est.connue que des demoiselles
en question. c.~s _filles doivent aussi ètre dépositail'es
du secrel de l mfernale age.nec anglaise.
Dans tous les cas, on ne risque rien de fouillf'r tout
le corps ~e logis du 1c!·rière de la maison habitée par
les demoiselles Frém1llion et une dame au premier
amie intime de Sourdak le père. 11
'
• Archives de la préfecture de polire. Alfai1·e du S niYose.
On pc~t. cons~ller aussi, sur les aUenlats que nous
venons d enul?er'o!r, le~ notes de la Sicotièr~. Voir
Fl'Otlé et les 11/SutTrctwns normandes t 'I pp 290
457,647, 6i8, etc.
' ·' ' ·
'
2.. Happor.L du prêfct de la Sei ne-Inférieure à Réal
Arclnves nalJOnales. fî 817'1.
'

�• - mSTO'/t1.Jl

T OUR_N'EBUT

guerre acharnée avaient blasés sur tous les brigandages; on conçoit, au reste, que le piège
odieux tendu par Bonaparte à Frotté, si populaire dans toute la région normande, l'exé-

C'est à Tournebut que d';\ché s'était réfugié. JI avait quitté Paris dès la première heure
de l"ouverture des Larrières et, soit qu'il eût,
plus habilement que les !rères Gaillard, dépisté les surveillances, soit, ce qui est probable, qu'il pût, d'une traite, gagner SaintGermain, où nous savons qu'il avait un asile,
et, de là, sans avoir à risquer le passage d'un
bac ou d'un pont, sans s'arrêter à aucune
auberge, franchir en un jour les quinze lieues
qui le séparaient de Gaillon, il arriva sans
malencontre chez Mme de Combray qui referma immédiatement sur lui Ja porte d'une
des caches du grand château 1 •
Tournebut élail pour d' Acbé un lieu familier, des liens de parenté l'unissaient à Mme de
Combray et, bien avant la Révolution, quand
il était « en semestre )&gt;, il y avait fait d'assez
longs séjours, alors que la &lt;&lt; grand'mère
Brunelle » vivait encore. JI y était revenu
depuis et avait passé là une partie de l'autonrne de 1805. Une grande réunion y avait
eu lieu à cette époque, sous prétexte de fèter
le mariage de M. du Hasey, propriélaire d'un
château voisin de Gaillon. Du Hasey était
l'aide de camp de Guérin de Bruslard, le fameux chouan que Frotté avait désigné pour
son successeur dans le commandement en
chef de l'armée royale, et qui n'avait eu qu'à
la licencier; c'est dire que celte réunion, dont
la mention revient souvent dans les ra pporls,
avait dû prendre, par le choix et la qualité
des convives, une importance plus grande
que celle d'un simple repas de noces.
D'Aché apprit à Tournebut la proclamation

de l'Empire et l'exécution de Georges. C'était là, semble-t-il, la fin des espérances du
parti royaliste : de quelque côté que l'on se
tournât, nulle ressource; plus de chefs, plus
d'argent, plus d'hommes : s'il restait dans
les campagnes de l'Orne et de la Man_che
nombre de réfractaires, il était impossible
de les grouper et de les solder. De jour en
jour la machine gouvernementale gagnait en
force el en autorité; au moindre mouvement
la France sentait se resserrer cet étau de fer
auquel elle était prise, ravie, d'ailleurs, ou,
tout au moins, stupéfaite et grisée; et si grand
étoil le prestige de l'extraordinaire héros qui
personnifiait à lui seul tout le régime, que
ceux mêmes qu'il avait vaincus ne déguisaient
pas leur admiration : le roi d'Espagne - un
Bourbon! - lui envoyait les insignes de la
Toison d'Or. Le monde fasciné se donnait, et
nulle histoire n'offre l'exemple d'une puissance matérieUe et morale comparable à ce
que lut celle de Napoléon dans le temps où le
Saint Père passait les monts pour venir reconnaître et saluer en lui l'instrument de la
Providence et le sacrer César au nom de
Dieu.
C'est pourtant à la même époque que
d'Aché, proscrit, reclus dans les cachettes de
Tournebut, sans un compagnon, sans un sou
vaillant, sans autre conseil et sans aulre allié
que la vieille femme qui lui donnait asile,
conçut l'étonnant projet d'entrer en lutte
contre l'homme devant lequel toule l'Europe
s'agenouillait. Ainsi présentée, la chose paraît
folle et, sans doute, les illusions royalistes
de d'Aché l'aveuglaient-elles sur les conditions du duel qu'il allait entreprendre. Mais
c'est l'histoire de ces illusions mêmes qu'il
est d'autant plus intéressant de suivre qu'elles
étaient communes à bien des gens pour qui
Bonaparte, au faîte de sa puissance, ne fut
jamais qu'un crimintl audacieux, dont la
grandeur factic~ était à la merci d'un coup
de main.
La police de Fouthé n'avait pas renoncé à
découvrir la retraite du lugitil. On le cherthait à Paris 2 , à Rouen, à Saint-Denis-duBosguérard, près de Bourgthéroulde, où sa
mère possédait une petite propriété; on le
guettait surtout à Saint-Clair où sa femme et
ses filles étaient rentrées après l'exécution de
Georges. On leur avait ouvert les portes de la
prison des Madelonnettess en leur fais'ant
savoir que, par mesure de haute police,
elles eussent à se retirer à quarante lieues
de Paris et des côtes; mais les pauvres
femmes, presque sans ressources, n'avaient
point tenu compte de cette injonction, et on
tolérait leur présence à Saint-Clair dans l'espoir que d'Aché se lasserait de sa vie no-

made et viendrait se faire prendre au gîte.
Quant à Placide, dès qu'il se vit hors du
Temple et qu'il eut conduit chez elles sa
belle-sœur et ses nièces, il regagna Rouen où
il arriva vers la mi-juillet. Il n"était pas
installé de la veille dans son logement de la
rue Saint-Patrice qu'il reçut - sans qu'il
pût dire d'où ni comment - une lettre lui
annonçant que son frère cc s'éloignait pour
ne pas compromettre davantage les siens, et
qu'il ne reviendrait en France qu'à la paix
générale, espérant obtenir alors du gouvernement la permission de finir ses jours au
milieu de sa famille 4 l) .
D'Acbé, pourtant, vivait à Tournebut sans
grand mystère. Pour toute pr,foaution il évitait de sortir de la propriété et il avait pris
le nom de Deslorières, qui avait été l'un des
pseudonymes de Georges Cadoudal, « comme
s'il avait voulu se désigner pour son successeur5 J&gt;. Les domestiques, peu à peu, s'habituaient à la présence de cet hôte que Mme de
Combray entourait de soins, u parce qu'il
avait en, disait-elle, des désagréments avec
le gouvernement )&gt;. Sous prétexte de réparations entreprises à l'église d'Aubevoie, le
curé de la paroisse était invité à venir, chaque
dimanche, célébrer la messe à la chapelle
du château, et d'Aché pouvait ainsi assister à l'office sans se montrer dans le village.
Les jours passaient sans doute avec lenteur pour cet homme accoutumé à la vie la
plus active; il rêvait du retour du roi avec sa
vieille amie; Bonnœil, qui séjournait une
partie de l'année à Tournebut, donnait lecture
d'une oraison funèbre du duc d'Enghien,
pamphlet virulent que les royalisles se passaient de main en main et dont il avait pris
copie. Que de lois d'Aché ne dut-il point
arpenter la magnifique allée de tilleuls,
encore debout a11jourd'hui, seul vestige de
l'ancien parc. li y a là une table de pierre
verdie sur laquelle on aime à penser que cet
homme étrange s'accoudait quand il songeait
à son rival et que, du fond de sa retraite, il
façonnait l'avenir au gré de ses illusions
royalistes, comme l'autre, dans son Olympe
des Tuileries, au caprice de son am~
bilion.
Celle e:xistenced' oisiveté et de recueillement
dura plus de quinze mois. Depuis la fin de
mars 1804, date de son arrivée à Tournebut,
jusqu'au jour où il s'en éloigna, il ne parait
pas que d'Aché reçut d'autre visite que celle
de la dame Leyasseur, de Rouen, qui, s'il
fallait en croire certain rapport de police,
aurait été simultanément sa maîtresse et celle
de Raoul Gaillard. A la vérité, elle était une
amie dévouée des royalistes auxquels elle

1. « Mme de Combray m'a parlé d'une cachellc
dans le grand châleau, niais sans me ta faire voir, en
me disant qu'elle nvait servi à rr.Lirer Deslaurières
(d'Aché) apres l'alli:iire de Georges, à Paris. , Interrogatoire de Lefebvre, 22 août 1808. Archives du greffe
de la Cour d'assises de Rouen.
2. Bulletin de police du 11 ,·endémiaire an XIII (3 oc
tobre 1804). r Alexandrine d'Aché: une pièce dêposée
à la Cour criminelle prouve que le sieur Daché, son
père, était un des conspiraleurs, et que sa famille
étail iniliCe dans le secret du complot. On sait, d'ai1
leurs, que cet indi1·idu êlail lié avec Raoul Gaillard

et qu'il s'Ctait reu_ni à Georg~s dans J; dernier ~·oyage
que ce chef de br1gan!ls a [ait à 1~ cote. ~urre!ller la
demoiselle de passage a Paris etqu1 pourrait arn1r pour
but de suivre une nouvelle intrigue ou de donner des
soins à son /1ère qui y serait caché. Continuer à re
chercher ce ui ci donl on rtonne le sigualemenl. 11
Archives nationales, AF •• 1491.
5. « Jearme-Louisc d'Aché, née Roquefeuille, RenCe-Louisc ,\'Aché. Caquera y dit De Lorme , cl Miche1
Louis--Placide d'Aché, do11l YOUS rn'nct ordonné la
mise en liberté, ont pris leurs passeports. Leur d~pllrt a été surveillé, les trois premiers sont parhs

pom· Saint-Clair, prC~ qournay, l'autre pour Ro_!)en. b
Rapport à Réal, 10 Juillet 1804. Ar. nat. F7 6:,97.
4. Interrogatoire de Plaeided'~ch~, 31 octobre 1808.
Arehi1·es du greffe de la Cour d assises de Rouen.
5. Rapport du préfet de la Seinc-Inrérieure. Ar
cl1ivcs nalimrnles, F' 817'1. li esl possible que d'Achè
utilisât depuis longlemp~ ce surnom. Nous avons ren
contré dans les Archives de la famille de Snint-Victor
un diplùme de franc-maçon au nom du F. ·. de Lorière,
daté de l'an de la vraie Lumière 4786. P eu t-êire
est ce la un document laissé par d' Achë à Tournebut
et qu'avait eonsenê Mme de Combray.

cution sommaire du général et de ses six

officiers, l'assassinat du duc d'Enghieo, la
mort de Georges - presque un dieu pour la
Chouannerie- et de se.s braves compagnons,
on conçoit que ces faits, succédant à tant

de fusillades, d'emprisonnements sans jugement, de trahisons policières, de guets-apens,
de dénonci~tions payées et récompensées à
l'égal de hauts faits, aient exaspéré les royalistes vaincus et envenimé leur haine au point
que tous les moyens d'action leur parurent
acceptables : tel était l'état d'esprit de Mme de
Combray au milieu de l'année 1804, date à
laquelle nous avons arrêté le récit des mal-

heurs conjugaux de Mme Acquet de Férolles,
el il justifiait le mot de Bonald : « Des sottises faites par des gens habiles, des extravagances dites par des gens d'esprit, des crimes
commis par d'honnêtes gens, ,,oilà toute la
Révolution. &gt;&gt;

4

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4

--~

avait rendu de signalés services et c'est par ment, l'Empire de.Napoléon s'écroulerait sans
armée de volontaires à panaches blancs, il
elle que d'Acbé, pendant sa réclusion à Tour- quïl fùt besoin de porter un seul coup.
irait ~ecevoir Sa Majesté, la vieille marquise
nebut, ~arvint à se tenir au courant de cé qui
Tel était l'éternel sujet des causeries que mettait la dernière main à la disposition des
se passait en Basse-Normandie. Depuis la pa
~[me de Combray el son hôte entrecoupaient
cification générale, la tranquillité y était, en d'interminables parties de cartes ou de tric- appartements depuis longtemps préparés pour
abriter, sur le chemin de Paris, le roi et sa
apparence du moins, rétablie; la
suite; même, pour perpétuer le souChouannerie semblait oubliée; mais
venir de cette visite, qui devait èlre
la conscription n'enlrait pas dans les
la
page glorieuse de l'histoire de
mœurs des classes rurales, et la riTournebut,
elle avait fait recrépir
gueur avec laquelle elle était appliquée
et orner d'un fronton l'ancien bâtiindisposait la population : le nombre
ment du château que Marillac avait
des réfractaires et des déserteurs
laissé inachevé!.
augmentait à chaque réquisition;
Au mois de juillet 1805, après
protégés par les sympathies des payplus d'un an passé dans cette solisans, ils se dérobaient facilement aux
tude, d'Aché jugea le moment d'agir
recherches; les gens de la campagne
arrivé
: l'empereur allait partir pour
les considéraient bien plus comme
combattre
une nouvelle coalitions ;
des victimes que comme des rebelles
le sort des armes pouvait lui être déet ]es nourrissaient quand ils poufavorable; il suffisait d'un échec pour
vaient les accueillir sans être vus. Il
ébranler
sur ses bases mal affermies
y avait là les éléments d'une nouvelle
le
nouvel
Empire que mainter:ait
insurrection auxquels viendraient se
seul
le
prestige
d'une armée toujours
joindre, si l'on parvenait à réunir et
victorieuse.
Il
s'agissait
de profiter
à équiper ces réfractaires, tous les
de
cette
chance
au
cas
où
elle
vînt à rn
survivants des bandes de Frotté,
présenter.
D'Aché
devait,
d'ailleurs,
exaspérés de la rigueur du nouveau
pour se ttnir à portée de la croisière
régime et des maunis traitements
anglaise, se rapprocher du Cotentin;
des gendarmes.
il comptait, dans cette région, des
La descente d'un prince français
amis dé\ oués et savait y trou ver
sur les côtes de Normandie devait,
des retraites sûres; de son côté, Mme
dans l'esprit de d'Aché, opérer le
de Combray, prenant prétexte de la
groupement de tous les mécontents.
foire de Saint Clair qui se tenait, chaBien persuadé qu'il sulfirait d'anque année à la mi-juillet, aux envinoncer à M. le comte d'Artois où à
rons du château de Donnay, pouvait,
l'un de ses fils, que leur présence
sans donner prise aux soupçons, con
était désirée par les fidèles popula&lt;luire son hôte jusqu'au delà de Fations de l'Ouest, pour décider l'un L'ALLÉE DES TILLEULS DE TOURNEBUT, TELLE QU'ON PEUT LA VOIR
laise. On résolut donc de se mettre
ENCORE
AUJOURD'HUI
d'eux à passer le détroit, il projetait
en route et, le 15 juillet 1805, la
de se rendre en Angleterre afin d'en
marquise quittait Tournebut avec
rorter lui-mê~e à Hart,~elll'invitation; peut- trac; dans leur oisiveté fiévreuse, isolés du son fils Bonnœil, dans un cabriolet que menait
etre ne pourrait-on empecher le roi de prendre reste du monde, ignorant tout des nouvelles d'Acbé vêtu en postillon'·
en personne la tète du mouvement et de dé- idées et des nouvelles mœurs, ils se calfeuC'est en cet équipage qu'entrait en campabarquer, ie premier, sur la terre de France; traient dans leurs illusions et se grisaient de
gne, sans autre ressource que son courage et
c'était la secrète conviction de d'Aché, et, dans leurs ulopies au point de leur donner la cousa foi royaliste,cet homme dont le rève était
l'ardeur de son crédule enthousiasme. il avait leur d'une réalité. Et, tandis que le proscrit
de changer la face du monde; et l'on songe,
la certitude qu'à l'annonce d'un tel événe- étudiait l'endroit de la côte où, suivi d'une
malgré soi, en présence de cette héroïque c:m1. ~lie était chargée, dit•011, de la corre5pondance
informé, « avant même notre gouvernemenl D. des
deur, au départ du héros de Cervantès,
a1•cc I Angleterre. Rapport Ju préfet Je la Seine4
préparatifs de la coalition et c1u'il eùt quitté Tourquittant un beau malin sa gentilhommière,
Inférieur~. Archives nationales, F' 8172.
nebut 11: deux mois avaut que l'Empereur quittiit les
2, Celte nouvelle lacaJe, en regard de la Seine
muni d'une vieille rondache et couvert d'une
Tuileries
». On en concluait qu'il était ires informé
portait, au fronton, la date de 1801..
'
iles projets de l'Angleterre el qu'il y ai:aîtdes corresarmure démodée, pour aller, poussé par une
. Titres de {a prnpriélé communiqués par Mme Le
pondants.
V1lla1n, propriétaire actuelle du domaine rle Tournebul.
folie sublime, prendre le parti des oppri4. Rapport du préfet de la Scine Inferieure. Ar
3. La police s'étonna, plus la1·d 1 que d'Aché eùl été
chives nationales, F1 8172.
més el déclarer la guerre aux Géants.
1,

4

1

4

4

4

4

G. LENOTRE.
(A suivre.)

�·r--

ffiSTO'J{l.JI - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - '

ques voix ont rrié : \'i,,e la République!
Il est retourné lentement à sa place. Son cousin Napoléon, fils de Jérôme, celui qui ressemble tant à l'empereur, est venu le féliciter
par-dessus M. Vieillard.
.
Du reste, il s'est assis sans dire un mot à
ses deux voisins. Il se tait 1 mais il paraît
plutôt embarrassé que taciturne.

Louis Bonaparte
Les Débuts
24 septembre 1848.

Louis Napoléon a paru aujourd'hui à l'Assemblée. li est allé s'asseoir au septième banc
de la troisième travée à gauche, entre M. Vieillard et Il. llavin.
li parait Jetrne, a des moustaches et une
royale noirrs, une raie dans les cheveux.
Cravate noire, habit noir boutonné, col rabattu des gants blancs. Perrin et Léon Faucher,' assis immédiatement au-dessous de lui,
n'ont pas tourné la tête. An bout de quelques
iuslants, les tribunes se sont mi.:ies à lorgner
le princ~, et le prince s'est mis à lorgner les
tribunes.
26 seplemlirc.

Louis Bonaparte est monté à la tribune
(5 h. 1/4). Redingote noire, pantalon gris. li
a lu, avec un papier chilfonné à la main. On
l'a écouté dans un profond silence. Il a
prononcé le mot compatriotes avec un
accent étranger. Quand il a eu fini, quel-

9 octobre.

Pendant qu·on agitait la question de la présidence, Louis Bonaparte s'est absenté de
l'Assemblée. Cependant, lorsqu'on a discuté
l'amendement d'Antony Thouret qui excluait
lt:'s membres des familles royales ou impériales, il a reparu. Il s'est assis à l'extrémité
de son banc, à côté de son ancien précepteur,
M. Vieillard, et il a écouté en silence, tantôt
s'accoudant le menton dans la main, tantôt
tordant sa moustache.
Tout tl coup, il s'est levé et s'est dirigé
lenlement vers la tribune, au milieu d'une
agitation extraordinaire. Une moitié de l'Assemblée criait : Aux voix! L'autre criait :
Parlez!
Il. Sarrans était à la tribune. Le président
a dit :-M. Sarrans cède la parole à Il. LouisNapoléon Bonaparte.
li n'a dit que quelques mots insignifiants et est redescendu de la tribune au mi-

LA DAN:SE DES CHIENS• -

Gravure de

LEVA CllEZ,

d.'aprës

,.

'

MICHELET
No,·eml:ire 181.8.

J"ai diné le 19 novembre chez Odilon
Ilarrot à Bougival.
li y avait là MM. de Rémusat, de Tocqueville, Girardin, Léon Faucher, un membre
du Parlement anglais avec sa femme, laide
avec de belle, dents et de l'esprit, Mme Odilon
Barrot et sa mère.
Vers le milieu du diner, Louis Bonaparte
est venu avec son cousin, le fils de Jérômi;&gt;,
et M. Abbatucci, représentant.
Louis Bonaparte est distingué, froid, doux,
intelli()'ent
avec une certaine mesure de déféo
rence et de dignité, l'air allemand, des moustaches noires; nulle ressemblance avec l'empereur.
Il a peu mangé, peu parlé, peu ri,quoiqu'on
fùt très gai.
!!me Odilon Barrot l'a fait asseoir à sa
gauche. L'Anglais était à droite.
M. de Rémusat, qui était assis entre le
prince et moi, m'a dit assez haut pour que
Louis Napoléon ait pu l'entendre : -je donne
mes vœux à Louis Napoléon et mon vote à
Cavaignac.
Louis Bonaparte, pendant ce temps-là,
faisait manger des goujons frits à Ja levreltt!
de !!me Odilon Barrot.
VICTOR

LA VIE D'AUTRJ::FOJS. -

1

lieu d'un éclat de rire de stupéfaction.

CARLE VER"1ET.

(Musee Carnavalet.

JIUGO.

~

Catherine de Médicis

et Charles IX
L'écrh·ain distingué auquel nous devons la· prêle, toujours taillée. A la tête des LaubesElle représentait fort bien, avec une cerpublication des Négociations de la H·ance pin, des Pinart et des Villeroy, et autres sedans le Levant, dit que les lcllres de Cathe- crétaires français, à la tête des Gondi, des taine noblesse dans le costume, les fêtes et
rine de Médicis donnent l'idée 'd"une femme Birague et autres secrétaires italiens, il faut les bâtiments, une belle tenue de reine mère,
que démentaient, d'une part, sa cour équi•
&lt;1 simple, bonne el p1'esque naïve, qui eut
placer cet intarissable scribe femelle, Cathe- vogue de filles faciles, d'autre part, certaines
surtout le génie de l'amour malernel et lui rine de !lédicis. Elle écrivaille toujours. S'il
échappées de paroles qui lui arrivaient à elle•
dut ses hautes qualités politiques. »
n ·y a pas de dépêche à faire, elle se dédomPour porter sur Catherine un jugement si mage en écrivant des lettres de politesse; de mème, des saillies bouffonnes et cyniques qui
favorable, il faudrait s'en remettre unique- compliment, de condoléance, même aux sim- rappelaient la vulgarité des Médicis, la fausse
ment à ce qu'elle écrit elle-mème. La naïveté ples particuliers; elle sollicite des procès; bonhomie qui n'aida pas peu à l'élévation de
apparente de ses leltres, leur grâce incontes- elle écrit pour ses bâtiments, pour ses petites ces princes marchands.
Elle n'était jamais plus gaie que quand on
table, sont du reste le charme propre à la Yillas, les casines qu'elle fait ou veut faire.
lui
apportait quelque bonne satire contre elle,
1angue de cour, vers la fin du xv1e siècle. La plus connue est la gentille casine de ses
amère,
outrageante et sale. Elle riait, se
Tandis que les provinciaux, même hommes Tuileries, petit palais élégant qu'on ne peut
de génie, un Montaigne, un d'Aubigné, fati- plus retrouver sous les monstrueuses gibbo- tenait les côtes. cc Le roi de Navarre et la
guent par un travail constant, les grandes sités et perruques architecturales dont l'a royne mère étant à la fenestre · dans une
chambre assez basse, écoutaient deux goujats
dames de l'époque, Catherine, Marie Stuart, affublé le grand siècle.
qui, faisant rostir une oye, chantaient des
~farguerile de Valois, écrivent au
vilenies contre la rovne.... Et ils
courant de la plume une langue
maugréyoent de la ;hîenne, tant
déjà moderne, agréable et facile,
elle leur faisait de maux. Le roi
où le peu qu'on troure de formes
de Navarre prenait congé de la
antiques semble une aimable naïroyne mère pour aller les faire penveté gauloise et donne un faux air
dre. !lais elle dit par la fenestre :
de vieille franchise.
« Hé! que vous a-t-elle lait? Elle
Mais le même écrivain se met
est
cause que vous rôtissez I'oye. &gt;&gt;
en contradiction directe avec, les
Puis
se tourne vers IP. roi de Navarre
actes, quand il ajoute:&lt;&lt; On admire
en riant, et lui dit: &lt;&lt; Mon cousin,
la pensée infatigable qui dirige
il ne faut que nos colères descen•
tout le mouvement de cette épodent là.... Ce n'est pas nostre
que, que les ambassadeurs intergibier. J)
rogent comme l'âme de cette poliVoilà la vérital,le Catherine de
tique, devant laquelle s'incline le
Médicis, bonne femme si l'on veut,
conseil de Philippe Il , etc. »Tout
en ce sens qu'à toute chose elle
au contraire, on voit que le conseil
fut
insensible.
de Philippe li (le modéré GranDu reste, prête à admettre !out
velle comme le violent duc d'Albe)
crime utile. Son admirateur Taest unanime dans son opinion .fur
vannes, qui la justifie assez bien
la reine mère, et, loin de s'incliner
dequelques
empoisonnements, lui
devant elle, ne la nomme jamais
attribue le meurtre d'un favori de
qu'avec mépris.
son fils, et même la grande iniliaCe n'est pas que ces politiques
tive de la mort de Coligny. li la
soient tombés dans l'erreur des
surfait,
je pense, et l'exagère, en
écrivains protestants qui ont accului
attribuant
l'idée d'une chose si
mulé sur elle tous les crimes del' éhardie. Elle y consentit, y céda.
poque. Ils la connaissaient mieux,
Alais jamais, sans une pression
sachant parfaitement qu'elle avait
'--.
très peu d'initiative, nulle audace, 1,-_::__ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _= - - ~ - - - - ' étrangère et une grande peur, elle
n'aurait osé un tel acte.
mème pour le mal. Elle suivait
Elle n'avait pas plus de cœur que
les événements au jour le jour,
CATHERINE DE MÉDICIS,
de sens, de tempérament. Comme
accommodant son indifférence moUthographie d.e M ,I.URIN, d'apres 11n tableau ancie11.
mère, elle appartenait pourtant à la
rale, sa parole menteuse et sa dexnature, elle était femelle, aimait
térité à toute cause qui semblait
ses petits. Un seul du moins; elle
prévaloir. Ainsi, quoique. à fa suit~, elle
Catherine aimait les arts, mais dans le
influa infl ni ment. Seule elle était laborieuse, petit. Elle était restée juste à la mesure des appel)e sincèrement et hardiment le duc
d'Anjou « la personne de ce monde qui m'est
seule elle avait une plume facile 1 toujours petites principautés italiennes.
la plus chère » (lettre du l"· déc.1571). Elle
\'!. - III STORIA. -

Fa.se. 4G.

16

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                  <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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        <name>Baron Heckedorn</name>
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                    <text>·r--

ffiSTO'J{l.JI - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - '

ques voix ont rrié : \'i,,e la République!
Il est retourné lentement à sa place. Son cousin Napoléon, fils de Jérôme, celui qui ressemble tant à l'empereur, est venu le féliciter
par-dessus M. Vieillard.
.
Du reste, il s'est assis sans dire un mot à
ses deux voisins. Il se tait 1 mais il paraît
plutôt embarrassé que taciturne.

Louis Bonaparte
Les Débuts
24 septembre 1848.

Louis Napoléon a paru aujourd'hui à l'Assemblée. li est allé s'asseoir au septième banc
de la troisième travée à gauche, entre M. Vieillard et Il. llavin.
li parait Jetrne, a des moustaches et une
royale noirrs, une raie dans les cheveux.
Cravate noire, habit noir boutonné, col rabattu des gants blancs. Perrin et Léon Faucher,' assis immédiatement au-dessous de lui,
n'ont pas tourné la tête. An bout de quelques
iuslants, les tribunes se sont mi.:ies à lorgner
le princ~, et le prince s'est mis à lorgner les
tribunes.
26 seplemlirc.

Louis Bonaparte est monté à la tribune
(5 h. 1/4). Redingote noire, pantalon gris. li
a lu, avec un papier chilfonné à la main. On
l'a écouté dans un profond silence. Il a
prononcé le mot compatriotes avec un
accent étranger. Quand il a eu fini, quel-

9 octobre.

Pendant qu·on agitait la question de la présidence, Louis Bonaparte s'est absenté de
l'Assemblée. Cependant, lorsqu'on a discuté
l'amendement d'Antony Thouret qui excluait
lt:'s membres des familles royales ou impériales, il a reparu. Il s'est assis à l'extrémité
de son banc, à côté de son ancien précepteur,
M. Vieillard, et il a écouté en silence, tantôt
s'accoudant le menton dans la main, tantôt
tordant sa moustache.
Tout tl coup, il s'est levé et s'est dirigé
lenlement vers la tribune, au milieu d'une
agitation extraordinaire. Une moitié de l'Assemblée criait : Aux voix! L'autre criait :
Parlez!
Il. Sarrans était à la tribune. Le président
a dit :-M. Sarrans cède la parole à Il. LouisNapoléon Bonaparte.
li n'a dit que quelques mots insignifiants et est redescendu de la tribune au mi-

LA DAN:SE DES CHIENS• -

Gravure de

LEVA CllEZ,

d.'aprës

,.

'

MICHELET
No,·eml:ire 181.8.

J"ai diné le 19 novembre chez Odilon
Ilarrot à Bougival.
li y avait là MM. de Rémusat, de Tocqueville, Girardin, Léon Faucher, un membre
du Parlement anglais avec sa femme, laide
avec de belle, dents et de l'esprit, Mme Odilon
Barrot et sa mère.
Vers le milieu du diner, Louis Bonaparte
est venu avec son cousin, le fils de Jérômi;&gt;,
et M. Abbatucci, représentant.
Louis Bonaparte est distingué, froid, doux,
intelli()'ent
avec une certaine mesure de déféo
rence et de dignité, l'air allemand, des moustaches noires; nulle ressemblance avec l'empereur.
Il a peu mangé, peu parlé, peu ri,quoiqu'on
fùt très gai.
!!me Odilon Barrot l'a fait asseoir à sa
gauche. L'Anglais était à droite.
M. de Rémusat, qui était assis entre le
prince et moi, m'a dit assez haut pour que
Louis Napoléon ait pu l'entendre : -je donne
mes vœux à Louis Napoléon et mon vote à
Cavaignac.
Louis Bonaparte, pendant ce temps-là,
faisait manger des goujons frits à Ja levreltt!
de !!me Odilon Barrot.
VICTOR

LA VIE D'AUTRJ::FOJS. -

1

lieu d'un éclat de rire de stupéfaction.

CARLE VER"1ET.

(Musee Carnavalet.

JIUGO.

~

Catherine de Médicis

et Charles IX
L'écrh·ain distingué auquel nous devons la· prêle, toujours taillée. A la tête des LaubesElle représentait fort bien, avec une cerpublication des Négociations de la H·ance pin, des Pinart et des Villeroy, et autres sedans le Levant, dit que les lcllres de Cathe- crétaires français, à la tête des Gondi, des taine noblesse dans le costume, les fêtes et
rine de Médicis donnent l'idée 'd"une femme Birague et autres secrétaires italiens, il faut les bâtiments, une belle tenue de reine mère,
que démentaient, d'une part, sa cour équi•
&lt;1 simple, bonne el p1'esque naïve, qui eut
placer cet intarissable scribe femelle, Cathe- vogue de filles faciles, d'autre part, certaines
surtout le génie de l'amour malernel et lui rine de !lédicis. Elle écrivaille toujours. S'il
échappées de paroles qui lui arrivaient à elle•
dut ses hautes qualités politiques. »
n ·y a pas de dépêche à faire, elle se dédomPour porter sur Catherine un jugement si mage en écrivant des lettres de politesse; de mème, des saillies bouffonnes et cyniques qui
favorable, il faudrait s'en remettre unique- compliment, de condoléance, même aux sim- rappelaient la vulgarité des Médicis, la fausse
ment à ce qu'elle écrit elle-mème. La naïveté ples particuliers; elle sollicite des procès; bonhomie qui n'aida pas peu à l'élévation de
apparente de ses leltres, leur grâce incontes- elle écrit pour ses bâtiments, pour ses petites ces princes marchands.
Elle n'était jamais plus gaie que quand on
table, sont du reste le charme propre à la Yillas, les casines qu'elle fait ou veut faire.
lui
apportait quelque bonne satire contre elle,
1angue de cour, vers la fin du xv1e siècle. La plus connue est la gentille casine de ses
amère,
outrageante et sale. Elle riait, se
Tandis que les provinciaux, même hommes Tuileries, petit palais élégant qu'on ne peut
de génie, un Montaigne, un d'Aubigné, fati- plus retrouver sous les monstrueuses gibbo- tenait les côtes. cc Le roi de Navarre et la
guent par un travail constant, les grandes sités et perruques architecturales dont l'a royne mère étant à la fenestre · dans une
chambre assez basse, écoutaient deux goujats
dames de l'époque, Catherine, Marie Stuart, affublé le grand siècle.
qui, faisant rostir une oye, chantaient des
~farguerile de Valois, écrivent au
vilenies contre la rovne.... Et ils
courant de la plume une langue
maugréyoent de la ;hîenne, tant
déjà moderne, agréable et facile,
elle leur faisait de maux. Le roi
où le peu qu'on troure de formes
de Navarre prenait congé de la
antiques semble une aimable naïroyne mère pour aller les faire penveté gauloise et donne un faux air
dre. !lais elle dit par la fenestre :
de vieille franchise.
« Hé! que vous a-t-elle lait? Elle
Mais le même écrivain se met
est
cause que vous rôtissez I'oye. &gt;&gt;
en contradiction directe avec, les
Puis
se tourne vers IP. roi de Navarre
actes, quand il ajoute:&lt;&lt; On admire
en riant, et lui dit: &lt;&lt; Mon cousin,
la pensée infatigable qui dirige
il ne faut que nos colères descen•
tout le mouvement de cette épodent là.... Ce n'est pas nostre
que, que les ambassadeurs intergibier. J)
rogent comme l'âme de cette poliVoilà la vérital,le Catherine de
tique, devant laquelle s'incline le
Médicis, bonne femme si l'on veut,
conseil de Philippe Il , etc. »Tout
en ce sens qu'à toute chose elle
au contraire, on voit que le conseil
fut
insensible.
de Philippe li (le modéré GranDu reste, prête à admettre !out
velle comme le violent duc d'Albe)
crime utile. Son admirateur Taest unanime dans son opinion .fur
vannes, qui la justifie assez bien
la reine mère, et, loin de s'incliner
dequelques
empoisonnements, lui
devant elle, ne la nomme jamais
attribue le meurtre d'un favori de
qu'avec mépris.
son fils, et même la grande iniliaCe n'est pas que ces politiques
tive de la mort de Coligny. li la
soient tombés dans l'erreur des
surfait,
je pense, et l'exagère, en
écrivains protestants qui ont accului
attribuant
l'idée d'une chose si
mulé sur elle tous les crimes del' éhardie. Elle y consentit, y céda.
poque. Ils la connaissaient mieux,
Alais jamais, sans une pression
sachant parfaitement qu'elle avait
'--.
très peu d'initiative, nulle audace, 1,-_::__ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _= - - ~ - - - - ' étrangère et une grande peur, elle
n'aurait osé un tel acte.
mème pour le mal. Elle suivait
Elle n'avait pas plus de cœur que
les événements au jour le jour,
CATHERINE DE MÉDICIS,
de sens, de tempérament. Comme
accommodant son indifférence moUthographie d.e M ,I.URIN, d'apres 11n tableau ancie11.
mère, elle appartenait pourtant à la
rale, sa parole menteuse et sa dexnature, elle était femelle, aimait
térité à toute cause qui semblait
ses petits. Un seul du moins; elle
prévaloir. Ainsi, quoique. à fa suit~, elle
Catherine aimait les arts, mais dans le
influa infl ni ment. Seule elle était laborieuse, petit. Elle était restée juste à la mesure des appel)e sincèrement et hardiment le duc
d'Anjou « la personne de ce monde qui m'est
seule elle avait une plume facile 1 toujours petites principautés italiennes.
la plus chère » (lettre du l"· déc.1571). Elle
\'!. - III STORIA. -

Fa.se. 4G.

16

�1f1STOR1ll - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - était dure pour sa tille Marguerite cl Pour le
duc d'Alençon, fort hypocrite pour l'aîné, le
roi Charles.
Il ne tient pas à sa fille Marguerite que
nous ne croyions que cette digne reine n'ait
eu des révélations prophéliques, « ces averLisscmcnts particuliers que Dieu donne aux
personnes illustres el rares .... Elle ne perdit
jamais un de ses enfants qu'elle n'ait vu une
îorL grande flamme. Et la nouvelle arrivait. n
Malade à l'extrémité, elle s'écrie, comme si
elle ci'1t vu donner la bataille de Jarnac :
&lt;( Voyez çomme ils fuyent ! mon fil s a la vic&lt;t Loire!. .. Eh I mon Dieu! relevez mon fils,
t( il est par terre!. .. Voyez-vous dans cette
" baye le prince de Condé mort! Il Ce qui
fait tort à ce récit, c'est un mélange de deux
faits et deux époques, de Jarnac et de Montcontour.
Si elle aimait llcnri d'.\njou, nous l'avons
dit, c'est qu'il était Italien. Elle restait toute
Italienne. Elle fit la fortune de son parent, le
Florentin Gondi, à qui elle confia Charles L\;
la fortune de son cousin, le Florentin Slro2zi,
c1ui devint colonel général de l'infanterie.
Quand le duc d',\njou quittait par moment le
commandement de l'armée, clic y mellail un

Italien, Gonzague, duc de Nevers. Elle correspondaiL régulièrement avec son cousin
Côme de Médicis, duc de Tosca.ne, et ce qui
l'indisposait le plus contre Philippe li,
c'est qu'il contestait à Côme le tilre de
grand-duc que lui avait accordé le pape,
et qui eût donné le pas aux Médicis
sur tous les princes d'[talic.
Ses lctlres montrent partout une Italienne plus que prudente, fort craintive
pour ses enfants, qui ménage tout et
a peur de tout. Nulle trace de celle profonde dissimnlation qui lui eî1l fait pré. parer la Saint-Barthélemy pendant tant
d'années. On voit, et par ses dépêches
confidentielles, el par les plus secrètes
instructions données à nos :imbassadcurs, que, si elle avail eu celle idée en
1568, elle ne songeait plus alors à rien
de pareil. Elle sentait le poids de l'épée
proleslante el n'espérait plus rien. Jamais elle n'eut l'idée ni le courage
d'une révolte contre les faits. Enlc,·ée
par les Guise en 1561, elle se résigna,
fut quasi caLholique. Dominée et vaincue
par Coligny en 1570, elle se résigna, fut
quasi prolestante. Cela dura deux ans.
Toute sa préoccupation, c'étail l'intérieur, sa famille, son fils Henri d'Anjou. La guerre semblait l'avoir débarrassé du concurrent Henri de Guise qui,
par deux fois, s'était ridiculement
avanct!, compromis. A la Roche- l'Aheille, il entraîne l'armée, malgré les
généraux, se sauve; On fut au moment
de tout perdre. Devant Poitiers, il s'obstine à
combattre, se sauvr, se trouve trop heureux de
se réfugier dans la ville. Brave de sa per.Gonnc, il parut un franc étourdi, parfaitement indigne de son père, indigne du grand

rôle de chef des catholiques que saisissait père l'engendra malgré lui d'une femme haïe
et méprisée. Il l'ut un divorce \'Î\'ant.
Henri d'Anjou.
Pendant que sa l'acilité, son éloquence naLa seule inquiétude de Catherine, c'était la
jalousie de Charles IX. Elle avait gagné sur turelle, son amour des vers el de la musique,
lui de lui faire garder, en pleine paix, dans eùt semblé un reflet de François [er ou de
un frère du même ùgc, un lieutenant général Marguerite, sa furie d'armes, de chasse, et
du royaume, un commandant de l'armée, une ses tueries de hèles (même à coups de bùion)
espèce de maire du palais. Le roi entrevoyait étonnaient, faisaient peur. li était né baqu'il avait fait un autre roi, et qu'il ne pou- roque, a inuit les masques hideux, burlesques,
vait le défaire, les généraux catholiques étanl les divertissements périlleux, les tours de
à lui. Mais, s'il ne pouvait le destituer, il ÎJrce qu'on laisse aux baladins. On a de lni
pouvait le tuer. li en eut l'idée, un peu tard. une gJg:eure contre un seigneur, portant
qu'en deux ans d'exercice le 1'oi pal'vienrfra.
Déjà son frère l'avait perdu.
Charles IX n'avait personne à lui. Sa mère (L baiser son pied. Quoique ses mœurs fosle tenait isolé. Au contraire llenri d'Anjou. sent bonnes (relativement à son frère), il était
La cour galante, parfumée, de ce mignon tou- cynique en paroles, et ce qu'on peut dire,
jours au lil, et déjà médcciné pour l'épuise- polisson. Parfois, dans ses gaietés étranges, il
ment, était pleine d'hommes d'exécution : se levait la nuit, faisait lever tout le monde,
Tavannes, si sanguinaire à la Saint-Barthé- courait masqué, avec des torches, éveiller en
lemy; le noir Strozzi, qui, en un jour, noya sursaut, prendre au lil quelque jeune seide sang-froid trois cents l'emmcs; Montes- gneur, qu'il faisait sangler ou fouettait luiquiou, qui avait assassiné Condé, et enfin des même.
Mais plus souvent encore, d'humeur noire
assassins de profession, comme Maurevert.
Ce prince femme aimait les mâles, et, comme et mélancolique. Il s'enfermait, forgeait des
armes, battait le fer jusqu'à n'en pouvoir
tels, tous ceux qui frappaient.
La vie de Charles IX ne leur cùt guère plus. Ou bien il s'enfonçait dans les grandes
pesé, s'ils n'avaient cru régner sous lui et forêts, s'épuisait et ne s'arrêtait que quand
bientôt hériter. On était sûr qu'il mourrait la fièvre le prenait.
On lui attribue de beaux vers à Ronsard.
de bonne heure de quelque accident, blessure, excès ou maladie. Il fut blessé d'un cerf Moi qui ne crois gul're aux vers des rois, je
ne suis pas trop éloigné d'accepter
ceux de Charles IX. Dans son portrait
(fait à seize ans) où son œil furieux
est quelque peu louslie, par l'obliquilé
du regard, il y a pourtant une lueur.
Cette :\me violente, hautaine, put, par
quelque beau jour d'orage, rencontrer
et forcer la Muse; la capricieuse, qui
l'uit les sages, se laisse quelqm l'ois surprendre aux l'ous.

DÉFENSE D' li:'i Yll.L.\ GE. -

T~Ne.m de A. LE IJRU.

L'-Colonel ROUSSET
~

Î3 lyre, qui raviL par tlll si t! nux .'H·cord",
T'a~senil le, esprils donl jr 11':1i (Jtl ll le'&lt; corp~.
1-J lr l'eu rend If! maitre ei le ~~il introduire
Où le plu~ fi r r 1i·ran 11(! 111:ut arnir d'empire ...
Tou~ dru x l!gal e menl nou s portons des eoui,mnrs,
l\l1ii~ , roi, j e !e-, l'e~oi ~: poète, Ul ll's d01111r,.

CIIARLES IX.

D 'apr ès un tab/e:w d11 Jll11s èe de l'&lt;'n ailles.

en 15 il; son frère un moment se crut roi.
Ce malheureux Charles IX (disons aussi :
c,e misérable) l'ut une énigme pour tous et
pour lui-même. Son àme trouble était l'image
de sa naissance absurde, du moment où sou

~-

Ce qui est sùr, du reste, c'est qu'il
n'eut rien de la bassessé de sa mère,
rien ·des sales amours des Valois, des
égouts de son frère Henri. JI aima, et
la mème. li l'a aimée jusqu'à la mort.
L'objet de cet unique amour était
une demoi.seHe un peu plus âgée que
lui, ~larie Touchet, Flamande d'origine,
petite-fille par sa mère d'un médecin
du roi, et fille d'un juge d'Orléans.
Deux choses avaient forre sur lui,
la musique et cette calme Flamande.
C'est en elle qu'il se réfugia aux deux
moments les plus terribles. Le seul
entant qu'il laissa d'elle tut conçu dans
le désespoir au jour 011 on lui nt dire
qu 'il avait voulu le massacre. Et peu après,
quand il mourut, parmi les ombres et les
visions de la Sain l-Barihélemy, il la fit venir
encore, chercha en elle le suicide et s'extermina par l'amour.
.\lfCIIELr:T.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA GUERRE FRANCO-ALLEMANDE (1870-187l )
~

Les firmées de province
Dans k tome li ,ri ctmment paru, de l'édition complète et définitive de son 1foloire g/néra/e de la Guerre
frarico-21/em!lnde ( 18; 0-1 87 1). Je L'-CoLONEL RoussET
retrace les diveTSCS phases de la lutte héroïque que
nos arméu de la Loire, du Nord, de J 'Est et nos
places fortes soutinrent jusq:i:' à la dernière heure pour
sauver l'honneur du pays. A cet admirable volume
digne en tous points dt celui qui l'a pricéd(, et dan;
lequel l'émintnt écrivain militaire fait plus que jamais
preuve dts plus hauts mérites d historien, nous empruntons le début du ch,pitre consacré à la formation des
armées dt province, ainsi que la relation saisissante de
la dtfenst dt Chàtc:audun en octobre 1870. Et nous
joignons à ces extraits des illustrations tirées également
de ce tome dcuxiime qui vi,nt dt paraitre. Lcs lecteurs
d Jfotoria pourront ainsi st fairt une idü si restreints
forcément, que soient les fragments que ~ous pouvon;
~etlrt sous leurs yeux, de la valtilr que présente,
a t.lus les points dt vue, cette édition de l'ouvrage céJé.
bre du L'-CoLo:-iEL RouSSl!T.

Situation de la province
au mois de septembre 1870.
Le 19 septembre 1870, jour où, par lecomLat de Chàtillon, les armées allemandes terminaient l'investissement de Paris, seize départements fran~ais étaient envahis, en totalité
ou en partie. De nos places fortes, les unes
étaient déjà prises, l'es autres assiégées, masquées ou sur le point de, l'ètre. 815,000 ennemis foulaient le sol du territoire, et, derrière eux, 550,000 hommes exercés et encadrés, sans compter ni l'arrière-ban de la
landwebr, ni Je landsturm, étaient prêls, soit
à combler les vides des forces belligérantes,
soit à renforcer au besoin celles-ci.

Pour refouler hors de son territoire des
masses aussi redoutables, quelles éLaient les
r~ssources ~ont la France pouvait encore
dISposer? L armée de Metz, véritable noyau
de notre ancienne puissance militaire, ne
comptait déjà plus, et celle de Sedan avait
disparu tout entière. Les 15e et 14e corps,
seules épaves échappées au désastre étaient
r
venus s•en1ermer
dans Paris, d'oll il• était à
prév~ir r1u'ils ne sortiraient pas de sitôt; les
gar~1s.o~s des places fortes, composées en
maJor1!e d_e gardes mobil~~' étaient bloquées
et vouces a un sort que I ctat d'infériorité de
no.s forteresses et de leur armement ne faisait que trop pressentir. Il restait en tout
pour tenir la campagne et garder l'Alcérie'
0
•

�_

. ____________________

ff1STOR._1Jl

un effectif de 420 officiers et 15,427 hommes.
La situation de notre colonie ne donnant pas,
pour le moDlent, d'inquiétude, ces corps
furent appelés en France, et, au
C'est en face d'une situation
milieu de septembre, ils étaient
amsi lamentable que se trouva,
déjà
en route pour la plupart. On
en arrivant à Tours, le 16 sepdirigea
également sur la Loire
tembre, le vice-amiral Fourichon,
les
trois
compagnies
de discipline,
délégué au ministère dn la marine
qui comptaient, ensemble, 18 9fet ~t celui de la guerre par intérim.
ficiers el l, i67 soldat~.
li ne dispos~it au surplus que
La cavalerie se composait des
. d'un personn·el restreint, le minis6
régiments
de la division Reyau,
tère de la guerre n'apnt, par suite
laquelle,
primitivement
affectée
d'une conception peut judicieuse
au
,
t
5e
corps,
avait
été,
dès
le 1.J
des exigences de la situation,
septembre,
distraite
de
ce
corps,
envoyé en province que le quart
à Paris, et envoyée à Orléans.
de ses employés 1 • Néanmoins,
Elle était forte de 200 officiers,
on se mit immédiatement en de2,500 hommes et 2,700 chevaux.
voir de remplir les instructions
L'artille1·ie n'aYait, comme
qu'avait données, au départ de
troupe
organisée, qu'une seule
Paris, le général Le Flù, et on
hatlerie
montée (5' du i2'), ayant
panint à mettre sur pied, en
également appartenu au 15ecorps,
quelques jours, un corps d'armée
et laissée par lui à Mézières; encomplet, le 15e, dont le général
core 1' existence de cette batterie
de la Motte-Rouge ' reçut le comne tut-elle connue à Tours qu'au
mandement.
mois de décembre. Restaient seuQuand on songe, pendant les
lement, pour être utilisés imméloisirs de la paix, à la somme
diatement, les débris de 7 batteprodigieuse d'efforts qu'il a fallu
rie!- échappées de Sedan et en
dépenser pour arriver, en aussi
train de se reformer à Lyon,
peu de temps etavec les éléments
Valence et Grenoble. li existait
épa rpillés dont on disposait, à
également
5 batteries (5'rnfficiers,
former rron seulement le ·15ecorps
1,807
hommes
et 572 chevaux),
d'armée,mais successivement tous
laissées
en
Afrique,
et 2 compaceux qui ont constitué les armées
gnies de pontonniers axec leurs
de la Loire et de l'Est; quand on
équipages de pont attelés. Cet ense reporte aux difficultés de tousemble donnait à peu près 1,500
tes sortes qui, en présence de
hommes et 1,800 chevaux.
masses victorieuses arrivées jusLe génie comptait 18 officiers
qu'au cœur du territoire, entraet 655 bommes, tous en Algérie.
{'liché Xadar
vaient la mise en œuvre des serSi donc l'on totalise les forces
CHARLES-LOUIS DE FREYCDl:ET,
vices, les mouvements et la créade
campagne, on arrive à l'effecDéléguë au Ministêre de la Guerre. {Go11vernemenl .te la Difense 11alio1iale),
tion du matériel, la fabrication
tif
misérable
de 15,000 fantassins,
des armes et des engins de guer6,800 cavaliers, i ,500 artilleurs,
re; quand on réfléchit à la tâche
écrasante qu'ont assumée el accomplie, sauvegarde de l'honneur national, l'œuvre de et moins de 700 sapwrs. C'est là tout ce
en ces jours de troubles et de deuil, quelques relèvement dont, quelques semaines plus qu'on possédait de troupes actives. Fort
hommes soutenus seulement par leur dévoue- tard, Gambetta allait deYenir l'âme et la heureusement, il existait encore dans les
ment et leur patriotisme, on ne peut se personnification même, devrait laisser dans dépôts une réserve assez imposante, qu'il
défendre d'une émotion consolante et d'un tous les cœurs français un souvenir plein de était possible d'encadrer plus ou moins vite.
Ces TT\OUPES DE m:PôT se décomposaient
patriotique orgueil. L'improvisation des ar- fierté.
comme
suit:
Ressources
existant
en
personnel.
On
mées de province est un des plus étonnants
Pour
l'inf'anterif', 91 dépôts de régiments,
ne
saurait
se
rendre
un
compte
exact
de
tours de force dont l'histoire fasse mention,
et·qui laisse loin derrière lui, quoi qu'on en l'énorme travail de production auquel ont dû 14 de bataillons de chasseurs, 5 de zouaves,
ait dit, l'effort national de 1793. Nos ennemis se livrer les organisateurs de la défense en 3 de tirailleurs, donnant un effectif total de
étonnés ont avoué eux-mêmes, par la bouche province, ni porter sur leur œuvre un juge- ·l ,27,\ ofnciers et 100,1172 hommes.
Pour la cavalerie, 9 déJJÔls de cuirassiers,
d'un de leurs écrivains les plus autorisés, le ment équitable, sans examiner avec quelque
11
de dragons, 8 de lanciers, Ude chasseurs,
détail
les
ressources
qu'ils
ont
trouvées
et
général von der Goltz, que, seule en Europe,
la France, grâce à son unité, sa richesse et celles qu'ils ont créées. li est donc indispen- 7 de hussards, 4 de chasseurs d'Afrique,
sa puissante vitalité, était capable de l'accom- sable de faire l'énumération complète des donnant un effectif total de 772 officiers,
plir; et nous pouvons ajouter, nous, que si unes et des autres; leur simple ·comparaison 27,2:.7 homme~, !5,559 chevaux, dont
le succès n'a pas répondu à tant d'ardeur sera le plus éloquent des commentaires et le 1,440 de trait.
Pour l' artillei-ie, i1 dépôts de régiments
généreuse, du moins celle-ci a-t-elle eu pour plus décisif des arguments.
Les TROUPES DE CAMPAGNE comprenaien1, montés, 2 de régiments !L cheval, 1- de ponconséquences le réveil de la confiance et des
courages, l'exaltation des passions les plus nous l'avons dit, cinq régiments tle 1-igne, tonniers, 2 du train d'artillerie, auxquels il
nobles, la fusion dans une ardente commu- stationnés en Algérie, et lrois bataillons d'in- faut ajouter 7 compagnies d'ouvriers, 7 comnion d'amour pour la patrie d'hommes appar- fanterie légère d'Afrique, comptant au total pagnies d'artificiers et 1- compagnie d'armu-

une {,·action de la garde mobile de
p1·ovince, cinq 1·é,qiments d'infanterie,
six de cavale1'ie et n11e batterie montée.

1. L'ami1·al Fouric\1011 arail auprès de lui deux
directeurs seulement : le gènêral Lcl'orl {cavalerie)
et le général Véronique (génie), plus quelques chefs
de bureau dont un, Je colonel Thourn1.1s (artillerie),

tenant à toutes les croyances et à toutes les
opinions. N'eût-elle produit que ce résultat,
sans compter la conservation de Belfort et la

ne derait pas tarder 3. dc\·enir directeur et à assumer
la lâche pre5quc surhumoine de doler nos armées de
leur a.rmcme11l cl de leur matériel.

'l. Le général de la :\folle-Rouge. brillant soldat
de Malakoff el de llagenta, vena.il d'être rappelê du
cadre de réserve, où la limite d'rlgc l'a,·ait place
depuis peu de temps.

riers, donnant un total général de 288 offiiers, !5,592 hommes et 9,570 chevaux.
Enfin,_pour le génie, 2 dépôts, comprenant
offlmers et 2,012 sapeurs, mineurs ou
conducteurs.
, En somme, les dépôts comprenaient une
lorce totale de 2,;:;75 officiers et 145,355 hom~es de troupe, plus ou moins exercés. Nous
disons plus ou moins exercés, car si l'on décompose par ~tégories !e~ soldats des dépôts,
o~ est fr?PP~ de la mmime proportion qui
s. y trou_v~1t. d hommes ayant reçu une instruction m1hta1re complète. Voici du reste cette
décomposition, instructive à plus d'un titre:
Ancien~ Ouvrier;; llecrucs
soldab hors-ra 11 ,. ,le la

'fotaux

l 4.82i
20,188
IO ,:'iOü
1,805

3,210
t,286
207

ï6,H20
3,520
4,000

100/t72
27,2~7
'15,502
2,0t2

47,426

13,467

84,H0

145,535

"' cla~sl' l8G~

Iul'anl crie.
Ca ra let·ic.
Arlilleric.
Génie .

8,ï'l,J

On voil qu 'il n'y avait guère là que
47,000 hommes sur lesquels on pût immédiatement compter. En les ajoutant aux
2?,5.00 hommes de troupes de campagne,
c eta1t une armée de 70,000 hommes, tout
au plus, dont on pouvnit disposer. Encore
faut-il ne p~s, oublier que nous avons compris,
dans ce clnflre de 47,426 anciens soldats, la
deuxième portion du contingent, les malades
et les absents temporaires.
Les deux dépôts du 1'rain des équipages comptaient d'autre part 57 officiers,

LA GUfü(J(E 1'1(.11.NCO-ÀÜEMJtND'È _ , .

4,976 hommes et 4,585 chevaux, plus 15 of-

Report. . . . 905. 000 hommes;
ficiers et 85i hommes classés comme ouvriers
6° Les célibataires ou
constructeurs; et l'Algérie conservait à sa veufs sans enfants des
disposition 96 officiers, 5,923 hommes et classes 1863 et 1866
2,010 chevaux.
incorporés dans la aard~
Enfin, il existait 198 médecins militaires mobile par la loi du
disponibles, dont 39 seulement en France et 15 août. .
10,000
159 en Algérie.
Total . . . 9-15,000 hommes.
Ainsi les forces totales constituant au milieu de septembre 1870, tant en France qu'en
Tels sont les éléments, plus ou moins bons,
Al~érie, l'armée régulière française, y comavec lesquels purent être organisées les arpris tontes les non-valem·s, se montaient au
mées qui allaient chercher à refouler l'enchiffre rond de . . . . i80,000 hommes. vahisseur.
Il convient d'y ajouter:
i ' Les troupes de la
garde nationale mobile,
soit. . . . . . .
225,000
2° La portion de la
classe 1869 incorporée
M. de Freycinet.
dans cette même garde
mobile, soit . - . . . . l '&lt;0,000
... A côté de Gambetta se trouvait un homme
3° La classe de i870
qui, depuis, a joué en France un rôle poli{mise en route au mois
tique considérable. Ingénieur des mines,
chargé au 4 septembre de la préfecture de
d'octobre), soit. . . . IG0,000
4° Les corps francs,
~!onta~b~n, où_il, ~e réussit pas 1, ~• · de Freyles engagés volontaires
cmet eta1t arnve a Tours sans situation dépour la durée de la
finie. Sa grande activité, ses remarquables
guerre, etc., environ . .
50,000
facultés d'assimilation, des relations antérieures aussi, paraît-il i , le désignèrent au
5° Les hommes âgés
de moins de 55 ans, céchoix de Gambetta, qui, trouvant trop lourd
libataires ou veufs sans
pour ses épaules le double fardeau dont elles
enfants, appelés par la
étaient chargées, en imposa une partie à ce
loi du lO aof1t . .
170,000
collaborateur improvisé, et le nomma, sous
A repol'ler .

\JO:-;. 000 hommes.

1. Gén. 1'11oi:.111s, Pm·is, Tom· s, IJ01·deaux,p. l00
2. /&amp;id., page OD.

�1f1STOR,,1A
sa direction , délégué au ministère de la
guerre. C'est lui, par suite, qui, en réalité,
dirigea les opérations militaires, pas toujours
avec bonheur, comme on le verra.
Telle se trouva donc, vers le milieu d'octobre 1870, la constitution du gouvernement
de province. A celte date, deux corps d'armée
étaient à peu près complètement créés ; une
division, formée à Besançon sous. les ordres
du général Cambriels, et des groupements
épars de forces portaient l'effectif des troupes
organisées à 120,000 hommes environ. Le
général Lefort; obligé par le mauvais état de
sa santë d'abandonner la Délégation, avait
émis l'avis que ce chiffre était déjà suffisant
pour sauver l'honneur. Mais un objectif ainsi
limité n'était pas celui que Gambetta entrevoyait dans ses généreuses espérances; pour
lui, il s'agissait d'armer le pays tout entier,
et de refouler les armées ennemies hors du
territoire français ; tàche formidable, que les
circonstances devaient rendre impossible ,
mais qui n'était au-dessus ni de son activité
ni de son ardeur . Il se trouvait à Tours depuis quatre jours à peine, et déjà les premiers
décrets étaient lancés, qui devaient, à son
sens, donner à la résistance toute son opiniâtreté, et à l'organisation militaire son développement maximum.
Le 13 octobre parut un décret qui suspendait les lois ordinaires de l'avancement pendant la durée de la guerre : toutefois, les
grades accordés n'étaient valables après la
paix que s'ils avaient été {( justifiés par quelque action d'éclat ou service extraordinaire
dùment constaté par le gournrnement de la
République lJ. C'était là une mesure qui s'imposait, si l'on Youlait se procurer des cadres
en nombre suffisant. Elle a pu entrainer des
conséquences fâcheuses; mais ce serait commeltre une injustice que d'en rendre responsables ceux qui l'ont adoptée. sous la pression
du besoin. Le 14, nouveau décret, créant une
armée (Wttiliafre, c'est-à-dire autorisant la
collation des grades militaires, à titre temporaire et spécial, à toutes personnes paraissant en état de les exercer. Cc procédé,
dont la première application, faite pendant
la guerre de Sécession, avait permis au gouYernement américain fédéral de sortir riclorieux de sa lutte avec les provinces du Sud,
ne donna pas en France d'aussi briUants
résultats. Il procura beaucoup d'officiers,
dont quelques-uns ont rendu d1.:s ser\'iccs
réels, mais il amena aussi la présence dam;
nos rangs de pas mal d'av~nluricrs ,1u'il 1:ùt
été plus avantageux à tous égards de ne point
distraire de leur existence vagabonde. M. de
Fre)·cinet lui-même n'en disconvient pa s :
« Je n'affirmerai pas, dil-il, que, sur le nomLre, il n'y ait pas eu des choix reprochables.
Mais on s'en étonnera peu, si l'on songe à la
célérité cxtrème avec laquelle il a fallu les

faire. En quelques semaines, nous avons corps de francs-tireurs agissaient tanlôt avec
réuni plusieurs milliers d'officiers; élait-il une pleine indépendance, tantôt élaient placés
possible de scruter les antécédents de chacun? sous les ordres de l'autorité militaire. Au
Un titre antérieur, le patronage d'une per- demeurant, il y avait là plus de confusion que
simne connue, des certir.cats dont nous de profit.
n'avions pas loujours le moyen tle vérifier
Enfin, le 2 OO\'ernbre, fut promulgué un
l'aulhenlicilé, déterminaient notre accepta- décret qui appelait sous les drapeaux tous les
tion. L'ennemi était à nos portes; souvent ' célibataires ,,alides jusqu'à l"âge de quarante
nos soldats n'attendaient qu'un chef pour ans. C'était le ministre de l'intérieur qui avait
partir; une enquête, en ce cas, n'était guère mission de procéder à l'organisation de ces
de mise. Nous nous attachions surtout, je nouvelles levées, de leur fournir leur habillel'avoue, aux qualités militaires, laissant un ment, leur équipement et leur armement, et
peu au second plan les autres conditions r1ui même, par unè étrange anomalie, de pouront leur légitime parl dans les temps calmes, voir à la formation de leurs cadres et au démais qui s'efl'acent sur les champs de ba- veloppement de leur instruction. Comme on
laille 1• » Malheureusement, ces qualités mi- aurait dû s'y attendre, le ministre de l'intélitaires elles-mêmes étaient souvent dou- rieur fut impuissant à suffire à une tàche f:ti
teuses. Existeraient-elles, d'ailleurs, qu'elles nouvelle pour lui; les mobilisés (c'est ainsi
ne suffiraient pas à donner à l'homme revêtu qu'étaient dénommés ces derniers contind'un grade éleré l'ascendant moral nécessaire gents) furent aussi mal habillés que mal
pour imposer aux autres le sacrifice déter- armés et surtout mal instruits. On les réminé de leur vie. En tout cas, le procédé, pandit dans des camps dits d'instruction,
utilisable peut-être pour le recrutement d~s commandés par des généraux auxiliaires; ils
grades très suballernes, ne saurait, sans in- y végétèrent misérablement dans la boue et
convénients graves, servir à créer des officiers sous la neige ; mais on ne réussit pas à [aire
supérieurs; l'expérience de la dernière guerre d1eux des soldats.
l'a surabondamment démontré.
Un troisième décret, paru à cette même
date du 14 octobre, organisait la défense
locale dans les départements. Ce décret avait
pour but it la fois d'utiliser les ressources
Châteaudun.
dérensivcs de chaque région, et de soustraire
... Depuis le 29 septembre, Châteaudun
à l'ennemi, à mesure qu'il progressait, les
appro\'isionnemenls dont il aurait pu s'em- était occupé par un bataillon de francs-tireurs,
parer. « Il était question de créer autour de commandé par un officier du nom de Lil'armée allemande une sorte d'fovestisscmenl pow:$ki, bomme énergique et résolu, qui
comparable dans ses effets à celui qu'elle- avait su discipliner ses 700 hommes, et faire
même avait créé autour de Paris,:. JJ A cet d'eux une troupe digne de cc titre ' . Avec lui
ellet, tout département dont la frontière se se trouvaient 115 francs-tireurs de Nantes
trouvait, par quelque point, ;, moins dt: (capitaine Legalle), 50 francs-tireurs de
100 kilomètres de l'ennemi, était, ipso facto, Cannes, et 55ti gardes nationaux de Cbàteaudéclaré en e'Lat de guerre. Un comité, com- dun (com mandant de Tcstaoières); en tout
posé de cinq à neuf membres, tt présidé par t 200 hommes au maximum, sans artillerie.
le général commandaat le département. avait Les forces allemandes se montaient à une dimission d'organiser la défense, de tout di!'.'.,- vision d'infanterie (6088 hommes environ),
poser pour disputer le passage à l'ennemi, de une division de cavalerie (~000 chevaux) et
réquisitionner personnel et matérjel, enfin 5G pièce::, 5 • On avait aménagé dans Chftleaude faire disparaître lés approvisionnements de &lt;lun 11uclques b:irricades, et crénelé une ou
toutes sortes:;. Ce système, centralisé au mi- deux maisons isolées; mais à cela se bornai l
nistère par un commandant du génie, avait l'organisation défensive de la localité.
Au moment oi1 [le f 8 octobre], vers onze heuson bon et son mauvais côté. Dans certains
cas, il entra mit assez efficacement les progrès res un quart du matin, le régiment de hussards
de l'adversaire, arrêlait ses patrouilles de , qui formait la pointe d'avant-garde apparaisdécouverte et jetait l'inquiétnt.le dans ses :,aît mr la route d'Orléans 6 , en m e de la gare
avant-gardes; mais il avait l'inconvéuitnt de de Chàleaudun, il lut accueilli par une vive fuproduire une dispersion d'efforts qui dimi- sillade p1rtie &lt;l'une ferme en bordure de la
nuait de beaucoup la portée des résultats, et route. Aussitôt une halterie à cheval \'Ïnt caune dissémination de forces qui rendait im- nonner cette ferme et la voie ferrée, (( mais
possible la réalisation de tout plan se ratta- s.ans par\'enir à déloger l'adversaire de ses
chant à l'ensemLle des opérations. Un certain positions' &gt;l. Le général de Wittich fil alors
nombre de bataillons de mobiles, avec la avancer quatre Laiteries montées, une au
garde nationale sédentaire, étai en t mis à la nord de la route d'Orgères, les trois autres
disposition des commandants régionaux; les :iu sud de la route d'Orléang, et déploya snn

1. Cu.
page :..3.

pour chef, à Tours, le eapitainc tfo Li1,owski, a111:il'11
of'fieier tlP. chasscul's à pied, J,,11ucl ne Larda p.is à lui
donner les qualités qui lui manqu.:ticnl. 011 peul le
ci ter comme le modèle des corfs francs. C'est lui qui
surprit à AUiis, le 8 oclobrc, 'l·scadron de hussards
prussiens.
llepuis, il do11na nrnintes pre:u1·cs de sa valeur,
et le général d'Aurellc a pu dire que, « sous un ehd

111:'.

Fni-:Ycm:T.

La Guerre eu prol'l11ce,

;l. Ibid. 1)agc 59.
3. Jûid. pages 5'J cl 60.
4. t'ormê à Paris, araul la lrnlaille de Sc,lan, ce
l,ataillon arait qui1té la ('apilale dans la so inlc du
4 septembre, cl apr~s .de_s débnl~ 11ss.ez fàcheux au
p oinl ile vue lle la d1sc1p!1ue, u ·a1\ fim µa1· ~é d1oisil'

intelligent et d'une l,rnourc in contestée, i! avait
rendu &lt;le réels sen·iccs ».
5. Qwitrc Wlllerié~ divi,,ionnaircs, une ballcl'ic à
ehcval et une batterie bararoisc.
ti. Yennnl de Tournoi~is, oit les troupes ;illcmandes
avaieHL passé la nuil. Ce rêgîmc11t de lms,ards (n° 13 )
l·lait le régimeut di\isionnnire de la 22• dirision.
7. La i:uc/'fe (ra//co~atle111a11de, 2• parlie, p. 242.

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que l'assaillant se voit réduit à conqufrfr
maison par maison, et la lutte se prolonge
ainsi jusqu'à une heure fort avancée de ]a
nuit, déterminant sur son passage des incendies qu.i consumaient nne grande partie
des maisons". 1&gt; Le commandant de Lipowski,
avec 500 hommes environ, s'était replié vers
sept heures dans la direction de Brou; mais
les autres défenseurs tenaient toujours; ce
n'est qu'à neuf heures du soir que l'ennemi
put arriver sur la place Hoyale, étant définitivement maître de toute la partie de la
ville comprise enlrc la gare et ce point. Les
pertes, de part et d'autre, étaient d'une
centaine d'hommes ; mais nous laissions
aux mains des Allemands 1.J0 prisonniers
environ.
Ainsi cette vi1le ouverte, défendue par une
poignée de braves gens, venait, pendanttoute
une journée, de tenir en échec une division
complète'. C'est là, à coup ~ùr, un des plus
glorieux épisodes de la guerre, et la France
entière s'est associée à l'hommage rendu à
la noble cité dunoise par le décret du 25 octobre l870, déclarant qu'elle avait bien
mérité de la patrie s. Quant à la colère des
Allemands, exaspérés par l'inutilité de leurs
procédés d'intimidation habituels ' , elle ne
connut plus de bornes, et se traduisit en des
atrocités sans nom, que leurs auteurs n'ont
pas même eu le courage d'avouer 7 • 197 maisons, sur les 255 qui furent détruites, ont
été incendiées par eux à la main, et la fin
de la lutte n'éteignit par les torches incen-

diaires qu'ils promenaient partout. Par plaisir, après souper, ils brûlaient l'hôtel du
Grand.~fonarque, où ils venaient de prendre
leur repas, et, le lendemain encore, ils met•
taient le feu 3. une auberge, sans qu'on ait
jamais su pourquoi. C'était le pendant de
Bazeilles et d 'Ablis!
Pour excuser une pareille barbarie, les
Allemands ont prétendu que les lois de la
guerre autorisent à traiter aYec la dernière
rigueur les combattants dont ]a qualité de
belligérant n'est pas reèonnue, el que, cette
qualité, ils se refusaient à l'accorder aux
francs-tireurs et aux gardes nationaux. Les
Allemands ont l'argutie facile ou la mémoire
bien courte. Avaient-ils donc oublié, en
1870, l'ordre du eabinet du 17 mars 181â,
dans lequel le père de leur souverain, le roi
Frédéric-Guillaume Ill, recommandait aux
hommes de la levée en masse (landst1mn) de
ne pas revêtir d'uniforme, :et de courir sus
aux Français, partout où iis les rencontreraient? Ces principes de défense à outrance
que le gouvernement prussien avait proclamés le premier, nos partisans ne faisaient,
en prenant les armes, pas autre chose que
les appliquer, et encore avec des tempéraments. Les Allemands étaient donc mal venus
de se plaindre d'une résistance dont ils
avaient eux-mêmes donné l'exemple, et ils
commettaient, en tout cas, un acte indigne
de gens civilisés, en la châtiant par une répression aussi sauvage. Le droit striet d'une
nation envahie est de combattre l'envahisseur
par tous les moyens en son pouvoir, pourvu
seulement que ces moyens ne. soient pas
condamnés par les lois de la guerre admises
entre les peuples civilisés; or, ces lois, nos
francs-tireurs ne les ont point violées. Au surplus, ainsi que l'a écrit le maréchal GouvionSaint-Cyr, &lt;&lt; l'idée de résister à une invasion
puissante au moyen de l'armée permanente
seule, sans y faire participer la population,
serait pour un pays comme le nôtre unefaule
grave et un manque de confiance envers la
ualion )J.
La vérité est que les Allemands se piéoccupaient beaucoup de cette résistance inexorable,
de cette lutte pied à pied qu'il leur fallait
soutenir contre des populations exaspérées,
dont le patriotisme s'exaltait en proportion
des rigueurs d'un ennemi impitoyable. ,Ils
constataient avec dépit que si, aux environs
de Paris principalement, quelques habitants,

1. la guerre fraw;o-alle'maude, 2" parlie,pagc 24;;.
2. Il ne restait que six compagnies en rêscrvc.
5. La G1rnl're frauco-allemamle, 2• parlic, p. 243,
4. li n'y a pas a Le11ir compte de la 4 division de
cavalerie, dont la batterie à cheval fut seule cng:igCe.
La 8" brigade obserr8it les Onnes, ,·ers Cloyes; le
reste ne fut pas empl oyé.
5. Par décret du 3 ·septembre 1877, la ville de
Clidtcaudun a été autorisCe â faire figurer tians ses
armes la croix de la Légion d'honnet11·.
ü. t ·artillerie allemande a lancé sur C!niteautlun
:.!179 projectiles.
7. L~ Nrhtliou allema11dc se borne à dire ceci :

rne foi·te amende élait împosëe uux habitants, en
raison d(' leur 11articipalio11 au combat. » (Page 243.)
8. Cette colonne. empruntée il la division wurtcmbergcoisc, partit de l-'0111,wlt, le· :!L oclolirc tians
l'après-midi, arrira à ~angis, le _ 22, à ~larolles, c.ù
elle passa la Seine 1 le 25, pénétra dallS Monterca_u,
puis se dirigea par Brays sur ~ogcnL. Le 25, elle rhspersait en cc point Jcs francs-tireurs cl quel11ues mobiles de l'.i. suhdi\'Îsion de Troyes, qui lui inlligèrcnt
une perte de 50 homm.::s (dont le lieutenanl-coloncl
qui la comurnndail, lilcss\!). Le 27, elle rent rait it
}lontault, ayant parcouru plus de 200 kilomélrcs en
6 jours.

infanterie de façon à attaquer la ville par le
nord et par le sud. Cependant, au son du
tocsin, tous les défenseurs de Châteaudun
avaient couru à leur poste; ils ne purent empêcher l'ennemi de s'emparer des avancées,
que les obus incendiaient, mais ils l'arrêtèrent net devant les barricades qui intercep-

taient les entrées de là ville. En vain, le général de Wittich met-il en action une sixième
batterie; la lutte se prolonge pendant des
heures sans qu'il soit possible aux Prussiens
de faire le -moindre progrès. Ceux-ci canon-

nent longuement les positions de la défense';
enfin, à la nuit tombante, ils parviennent, en
déployant presque toute leur infanterie', à
pénétrer dans la ville par trois côtés à la
fois. &lt;c Les barricades construites dans le
périmètre extérieur sont emportées; mais les

Français n'en continuent pas moins une résistance désespérée dans l'intérieur de la ville,

8

«

par làcheté, peur ou âpreté au gain, leur
donnaient toute facilité pour se procurer ce
dont ils avaient besoin, dans la plupart des
circonstances, au contraire, les mesures les
plus sévères, les promesses les plus alléchantes ne parvenaient pas à vaincre la gêné•
reuse inertie des populations, et à obtenir
d'elles le concours sans lequel des services
d'intérêt général ne pouvaient plus fonctionner. Partout, les gardes nationaux, les
francs-tireurs, les habitants eu:x-mèmes harcelaient leurs escadrons de découverte, fusillaient Jeurs troupes de réquisition, et i]s
avaient fini par tuer toute hardiesse chez
leurs cavaliers. Le 14, en arrivant devant
Varize, les avant-gardes du général de Witt~ch avaient été refoulées par les gardes naLionaux de Varize et de Civry, et il avait fallu,
pour pouvoir pousser p]us avant, s'emparer
des deux villages, qui fuient d'aillems incendiés, après des scènes de massacre révoltantes~
Les lignes d'étapes de l'armée d'investissement de Paris étaient constamment harcelées
par des groupes francs, qu'il fallait pourchasser, bien que, par suite de la dispersion
de leurs efforts, ils n'obtinssent que des résultats locaux et de peu d'importance. Du
côté de Nogent et de Montereau principalement, leurs perpétuelles escarmouches étaient
devenues inquiétantes, et les troupes d'étapes
ne pouvant suffire à les refouler, le Prince
royal avait dû envoyer contre eux une colonne
volante forte d'un bataillon, d'un demi-Jscadron et de deux pièces 8 • De même dans l'est,
dans le nord, dans l'ouest, la défense locale
se manifestait par de petites actions quotidiennes, et qui montrent ce qu'on aurait pu
faire, avec une organisation plus complète
et mieux centralisée.
Aussi esl•ce avec une colère non dissimulée que, dans un des numéros de son Journal
officiel (novembre 1870), l'état-major allemand insérait les lignes suivantes, tout à
l'honneur du peuple français : " A toutes les
distances et de toutes les maisons dans la
campagne, nos ca,,aliers sont assaillis de
coups de feu; à leur approche, le laboureur
isolé jette sa bêche, empoigne son fusil à
terre à eôié de lui, el fait feu. Chaque maison devient une petite forteresse, chaque
homme en blouse, un franc-tireur. 1&gt; Et il
ajoutait : &lt;&lt; Ce n'est que par une sévérité
draconienne qu'il est possible de mettre fin
à cette manière tralh'esse et infânie de faire
la guerre, et de donner satisfaction à nos
troupes . »
Sévérité draconienne, soit. Mais qualifier
de traitre et d'infâme l'homme qui défend le
sol de ses ancêtres, sa chaumière, sa famille
et son foie.r, c'est abuser étrangement de la
licence permise au vainqueur, ou se méprendre absolument sur les droits que confère aux nations le souci légitime de leur
indépendance et de leur liberté!
!.'-COLONEL

ROUSSET.

FRANTZ FUNCK-BRENTANO
~

L'Affaire du Collier
XVII
Le bosquet
LB lendemain était le
sept et huit heures du
soir, le comte de la
Motte et Rétaux de Villette vont, en voiture de
remise, chercher la nouvelle baronne d'Oliva
au Petit hôtel de Lambesc et partent avec
elle pour Versailles. Ils
arrivent à dix heures
du soir. La voiture s'arrête place d'Armes où
les voyageurs mettent
pied à terre. De son
côté Mme de la Motte,
dans une autre voiture
de remise, était passée
prendre le baron de
Planta et était arrivée
avec lui et avec Rosalie, ]a soubrette au nez
retroussé. Nicole est
conduite au logement
que la comtesse occupe
place Dauphine, chez
les Gobert 1 •
La demoiselle d'Oliva
est coiffée par Rosalie
sous les ordres et au
goûl de !!me de la
Hotte, une coiffure &lt;&lt; en
demi-bonnet 11. C'est I,
dame de la Motte ellemème qui l'habille :
elle lui passe une robe
blanche de linon moucheté, garnie d'un dessous rose, une (( robe
à l'enfant ll, appelée
alors &lt;&lt; ga ullr, 1&gt; ou
&lt;t chemise ». La comtesse s'inspire du portrait de Marie-Antoinette par Mme Yigée-

Avant de sortir, Mme de la !lotte jette sur
les épaules de sa jeune compagne un mantelet
de Vénus
blanc, en laine fine , et lui met sur la tête
une " calèehe blanche" en gaze d'Italie. Elle
J 1 aoùt 178 ! . Entre
revêt elle-même un domino moiré de taffetas
noir. Et l'on se rend
avec le comte de la Motte
ehez le plus fameux
traiteur de la ville pour
y souper et s'y donner
du cœur.
Dans le grand parc,
morne, désert, le silence de la nuit. On
entend seulement au
loin, dans l'ombre, le
bruit de l'eau qui joue
dans les bassins. Le
ciel est sombre, sans
lune ni étoiles. La baronne et ses deux compagnons ont marché
quelc1ues instants sur la
terrasse qui s'étend devant le château, dont
le grand rectangle ne
forme lui-même qu'une
masse noire dans la nuit
noire. Puis ils sont descendus vers le bosquet
de Vénus'. Ils y sont
entrés. Le bosquet, hlot~
li contre l'énorme mur
qui soutient l'escalier
des Cent-Marches, dans
ce bas-fond, est plus
sombre encore . Les
pins et les sapins, les
cèdres, les tilleuls, les
ormes qui le couvrent
de leur feuillage, mêlent leurs branehes.
C'est une voûte dont
les percées rencontrent
le ciel noir. Les charmilles font des rideaux
MARJE·ANTOINETTE, EN « GAULLE ».
épais de mélèzes et de
Tableau cte .l\1ADAME \'IGÎ:E·LE BRUN, (Apfar/ie11/ à Madame la CO~ITESSE DE BIRON,)
tulipiers et de buis
massif. A peine distin~

1. Z'io~rs de Tar·gcl, Biblolhè.que v. de Pttriis, 1fü .
de l.i rcserrc; Secu11d lll é111où·c /IO!ll' ltt ,tOlil'a,

p. l0- 11.
2. L·e,.pressio11 ( gaullc e, 1c11ail tlu 11101 gofe, ~ 1ètcmcnt de unit fait d'une ctoffe légCrc -» . 1Jiclio1111aire
d u patois de la Fla11dre (ra11raise. p.a.1· Vcrmc~sc.
3. C'est par erreur que plusieurs historiens placent
J,1 scè ne sur la terrasse du cliâtrau d 11'~u11·e~ dan~ le
lioStJllCl tics Bains d'Apollon. Elle a i·k r ccomtiluCt'

Le Brun, qui venait de faire sensation au Salon
·de 1785, où l'on avait effectivement vu la
reine vêtue d'une gaulle longue et blanche,
très simple, dont la mousseline et la batiste
faisaient tous les frais'!.

ici J'aprl:s les tlêpfüÎL]ons cl 1ulcrrogaLOircs du canli11al (le ll ul1an, de l\étmix dr, \ï!lellc cl de la d'Oliva,
les ml'nwirns de l'abbé George! cl la dèclaraLion, rlu
i nul". 1785, d'uu juif uommé ~alhan, lirocoutcur et
usurier. a tjlli la peli!e d'Oliva 1 qui était entre s,•s
palles. fit des confidentes quelques jou!'s après l'é1·é11cment. Rétaux, dans ses deux interrogatoires, celui
1p1'il rnliil di·s Sot/ arrrs!a1ion à Genève (Arc hives
drs A/F, l'lra119. 1 i\lém. cl d0t11111. 1 France 14DO.

f,, liû-H} . et celui c1uïl suLit tic.vaut les commissaires du \ 1,1rlcrnent (Campardon, p. 362),indfriuc 11cltcrne11l le bosquet de \'ênus. Une statue de Vénus
devait y être placée, au centre : cl le ne le ful pas,
mais it celle date, en prévision de te projet, le bosquet, aujourd'hui bosquet de la 1·cù1c, portail bi('n
le no~i de bosq1:ct ~e Vénus. Voir Aug. Jchan, le
laby1·111lht. de l_ usailfrs el _Je bo1&gt;quet de la ,·einc,
tkms l'e1·8a1llcs tllustrr, 20 Jan\'. WOI, p. 115-19.

�-

111ST0~1A _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __,

gue-t-on le carré d'une petile clairière, les d'Artois ! » C'est encore l\étaux de Villette.
allées el le rond-point du milieu. Ici le La demoiselle d'Oliva esl emmenée par le
silence est absolu. Seuls les oiseaux de nuit, comte de la )folle el le cardinal se relire
en volant, froissent les feuilles de leurs ailes : suivi de la comtesse.
bruissement qui surprend et fait frissonner.
Telle fut la fameuse scène dite du Losquet.
Nicole a vraiment peur et se serre au comte
Les quatre compères, ll. et Mme de la Molle,
de la Molle. Subitement, comme une ombre, nétaux et la d'Oliva, se retrouvèrent peu
arrive un homme, à qui le comte dit : « Ah l après chez la comtesse, place Dauphine, où la
vous rnilà! l&gt; et l'homme disparait. C'était d'Oliva passa la nuit. Ils étaient d'une gaieté
Rétaux de Villette.
folle. L'aventure avait réussi au delà de tout
On s'est arrêté dans une allée. Mlle d'Oli- espoir. On riait surtout de l'agenouillement
va, craintive, immobile, n'ose se retourner. du Cardinal'.
On prêle l'oreille. Les petites pierres des allées
Le jeune Albert Beugnot était le lendemain
craquent sous un bruit de pas qui se rap- rue Neuve-Saint-Gilles, ol1 il allendait agréaprochent. Trois hommes paraissent. L'un blement la mailresse du logis en compagnie
deux s'avance, grand, mince, serré dans une de la lectrice et dame de compagnie, Mlle
redingote, sous un long manteau, son grand Colson. (( CeIIc-ci ne manquait ni d'esprit ni
chapeau rabattu en clabaud sur le visage. de malice n, écrit-il. (( Je crois, me dit-elle cc
Mlle d'Oliva est poussée par le bras. Le comte ,, jour- là, Leurs Allcsscs occupée~ à do
et la comtesse se sont éloignés. Elle est seule. &lt;&lt; grands projets. On passe la vie à des conElle tremble autant que les feuilles des arbres : « seils secrtts ol1 le premier secrétaire,
la rose qu'elle tient s'échappe de ses doigts. " (!létaux) est seul ad:nis. Sa Hévérence le
Une lettre est dans sa poche, mais elle ne " second secrétaire (le Père Loth) en est
songe pas à l'en tirer. , L'homme au granJ &lt;&lt; réduit à écouter aux portes, et il fait trois
manteau s'incline jusqu'à terrr, baise le bas &lt;1 voyages par jour rue Vieille-du-Temple,
de sa jupe. Nicole murmure, elle ne sait pas, (( sans deviner un traitre mot des messages
elle n'a jamais su quoi. Le cartlinul, qui « qu'on lui confie. Le frocard s'rn désole,
n'est pas moins ému,croit entendre: (( Vous c&lt; car il est curieux comme une vieille dévote. &gt;&gt;
pouvez espérer que le passé sera oublié. J&gt;
« Entre minuit et une heure, poursuit
li s'incline de nouveau avec de~ paroles de IJeugnot, nous entendons enfin Je bruit d'une
reconnaissance et de respect, auxquelles la voiture d'où desrendrnt M. el Mme de 1,
demoiselle d'Oliva, &lt;1ui tremble de plus en Motte, Villette et une femme de vingt-cinq l.U
plus, n'enlend pas un mot. Brusquement un trente ans, blonde, fort belle cl remarquaindividu sunient en coup de vent : « Vite, Llement Lien faite. Les deux femmes élaient

deux hommes en frac; de sorte qu'on a,,ait
l'air de revrnir d'une partie de campagne. On
commença par des plaisanleries obligées sur
mon lêtc-à-têle avec !Ille Colrnn. On déraisonnait, on riait, on fredonnait, on ne se
tenait plus sur ses jambes. L'inconnue parlageail l'allégresse commune, mais elle gardait
de la limidité. ll Beugnot, sentant r1ue sa
présence gênait les joyeux compagnons et les
empêchait de parler librement de ce qui les
mellait en si bonne humeur, prit congé. Sans
le retenir, on Jui demanda de reconduire en
voilure Ia jeune inconnue.
&lt;c Comment donc, mais avec plaisir! &gt;&gt;
« La figure de celte femme, dit Beugnot,
m'avait jelé, dès le premier coup d'œil, dans
celte sorte d'inquiétude qu'on ressent devant
une figure qu'on est bien sûr d'avoir vue
rp1el,~ue part. En voiture, je lui adressai
différentes qucsiions, mais je n'en pus rien
lirer. Je déposai celte belle silencieuse rue
de Cléry. L'inriuiétude que m'avait causée sa
fi~ure était sa parfaite resseml.Jlance avec la
reine'.... l&gt;

XVlil
Premiers effets des bonnes grâces
de la reine.

vite, venez, voici Madame et Mme la corutesse

mises avec élégance mais avec simplicité ; les

nuhan dira lui-mème, par l'intermédiaire
de son avocat, Me Target, en quel état la scène
du Losquet avait mis son esprit : (l Après cc
fatvl ruoment, le cardinal n'est plus seule~
ment confiant et crédule, il est aveugle et se
fait de son arnuglemenl mème un inviolaLlc
dernir. Sa soumission aux ordres qu'il recevra
par la dame de h Motte s·enchaîne aux scnliments du profond respect et de la reconnaissance qui vont disposer de ~a v:e entière;
il attendra avec résignalion le moment où la
lJonlé qui rassure voudra bien se manifester;
mais en attendant il obéira à tout : tri est
l'état de son âme. &gt;&gt;
Mme de la Molle ne larde pas à mettre cel
état d'àmc en exploitation. Quelques jours se
si.ml à peine écoulés depuis l'entrevue du
Losquet, qu cllc fait savoir au cardinal que
1a reine désire un prompt secours de cinquante
milJe livres pour une famille d'infortunés
gen1ibhommes. Jeanne esl anxieuse : le
prince donnera-t-il l'argent ' '/ Rohan est heureux que la reine daigne avoir recours ii ses
humLlcs services. Comme il n'a pas la somme
sous la main, il l'emprunte au juif Cerf•Beer.
« \'os bons offices, lui dit-il, vous donnent la
certitude d'une protection de la plus haute
importance, pour ,·ous et pour Yotre nation "'. Jl
Le 2 l aoùt, il cinq heures du soir, le père
Loth était dans le cabinet de toilelle de la
comtesse - parfaitemenr, dans le cabinet
de toilette. Jeanne s'apprètait pour le souper
et le bon moine lui tenait compagnie. Cependant il lui trouvait l'air inquiet.
(( )jn souci '!...
- J'attends 50 000 livres d'une personne

1. DCclaralion de Rélaut de \'i!letle ii. Genè1·c, .1frclt.
des Aff. élr., )lém. et doc., France 1400. (" 69-74.
2. Sur celle ressemblance tous les conlcmµorai ns
011l d'accord. « li n'esl pas surpremnl , rl 'aprl:s mes

yeux , que M. le cardîual , dans l'obsrnritê, ait Jlll
i,rendrc la fill e d'Oliva pour la reine : même corporcnce, même pcau 1 mêmes cheveu x, une resscmbl:mce
de ph ysionomi e qu i m'o11t frappé. )) ~oies rlu dossier

Targe l, lliblinlf11lqm~ v. de Paris, ms. de la réscn ·e.
j, Mém. de Targcl, &lt;lan s le recueil de Be lle
d'Eti e 111·ill e, IV , 28-"20.
~- Grorgel 1 Il. 43.

1

B OSQU ET DE V É!'. US

(ou

Cliché J. Aubert et Cie, \'crsailles

DE LA REIN E) . -

ENT RÉE DU U.B YRINTIIE. -

n ·apres une estampe a ncie nne.

""' 2.50

w-

,

____________________________ L'

AFF.!11~E DU C01.L1E~ - - ,

qui doit me les apporter à ce moment et ce
délai me fait croire que la chose n'aura pas
lieu, ce qui m'aUligerait beaucoup.
Le lendemain, Loth apprit que les 50 000
livres avaient été réellement versées. La joie
de Jeanne éclatait :
&lt;&lt; A peine flltcs•vous sorti hier, que le
baron de Planta arriva avec la bonne nouvelle! ll
Et comme le Minime réitérait ses compliments :
&lt;&lt; C'est la reine qui a ordonné à M. le
cardinal de me compter cette somme et il a
ordre de Sa Majesté de me compter successivement 50 000 écus'. Il
C'est le chilTre que Jeanne elle-même a fixé.
Cependant elle jugea utile d'éloigner le prince
momentanément. Un petit billet à liséré bleu
vint tout à propos lui conseiller de se retirer
quelque temps en Alsace. Avant de partir,
Rohan recommanda à Planta, qui restait à
Paris pour les besoins de la correspondance
à liséré bleu, de remettre à !!me de la !folle,
pour la reine, tout l'argent qu'elle lui demanderait, ajoutant que, si la somme était d'un
chiffre élevé et le besoin pressant, il devrait
vendre des objets d'art et des meubles de prix.
Une nouvelle demande se produisit en effet,
mais, comme elle n'était pas urgente, le
cardinal attendit norembre pour envoyer de
Saverne à la comtesse une deuxième somme,
de cent mille francs cette fois, ·qui fut également portée par le baron de Planta'.
Nous avons vu dans quelJe gêne affreuse
se trouvait Jeanne de Valois en juin 1784 :
elle avail aliéné à celle date non seulement
sa pension de quinze cents livres, mais celle
de son frère le m.a.rin, dont elle avait le brevet
entre les mains; le père Loth négociait pour
elle un emprunt de trois cents livres afin
qu'elle pût payer son loyer. Or, en ce mois
d'aoùt 1784, ol1 est fait le premier versement
de cinquante mille livres, Jeanne place trenteneuf mille livres chez divers particuliers. En
septembre, elle charge son homme d'affaires,
le Père minime, de convertir en argent vingt
billets noirs de cent livres chacun de la caisse
d'escompte :;. En novembre, après Je deuxième
versement, elle achète d'un ancien contrôleur
de guerre, nommé Charton, au prix de dixhuit mille livres, qu clle paie comptant, une
maison à Bar-sur-Aube : une vaste maison
bourgeoise, avec entrCe rue Saint-llichel au
centre de la ville. On accède dans la cour par
une large grille s'ouvrant à deux battant5,
dont les gonds sont scellés aux murs de petits
pavillons s'élevant à droite et à gauche,
coiffés de toitures haules et pointues. La cour
s'étend en longueur. Dès l'abord, l'œil esl
agréablement charmé par une lerrasse garnie
de fleurs, exhaussée de quelques marches et

a. fait faire, masquent la basse-cour qui est fait faire plusieurs parures de diamants que le
dans le fond. Le corps principal du logis sieur Régnier lui a apportées à différentes
s'étend sur la gauche en entrant: cuisine qui reprises. &gt;&gt; L'argent complant qu'elle verse,
prend jour sur la rue Saint-Michel, vestibule, en prenant certains objets, lui permet d'en
antichambre, salle à manger, salon, deux acheter d'autres pour des sommes beaucoup
chambres, sellerie, et, dans le fond, l'écurie plus considérables. Au payement de cellespour les chevaux, tel est la disposition du ci l'avenir pourvoira. Elle est rencontrée
rez-de--chaussée. Toulcs ces pièces en enfilade, dans les galeries de Versailles fort parée :
se commandant l'une l'aulre, selon la dispo- elle dit que sa fortune s'est améliorée et
sition habituelle des vieilles" demeures, à que c'est par les bienfaits de la famille
l'exception de la sellerie et de l'écurie qui royale 5 •
n'ont entrée que sur la cour. Le corps de
Pllu à peu le ton de la société devient, rue
bâtiment de droite a beaucoup mùins d'éten- Neuve-Saint-Gilles, celui de la bonne compadue en longueur : il se compose, au rez-de-- gnie. Le comte de la Motte y fait valoir son
chaussée, de trois remises en vollte d'arrêt. talent sur la harpe, et l\étaux la heauté dè sa
Des fenètres on découvre la campagne, le voix, devant d'élégants connaisseurs. « Je
cours sinueux de la Dresse et de l'Aube entre rencontrai alors chez la comtesse, dit Beugnot,
les bouquets d'arbres où les saules mèlent le marquis de Saisseval, gros joueur, riche
leurs touffes vert pâle aux massses sombres et faufilé à la Cour; l'abbé de Cabres, condes aulnes sous les longs peupliers : la rivière seiller au Parlement ; Rouillé d'Orfeuille,
divise ses eaux contre les piles moussues des intendant de Champagne; le comte d'Estaing;
vieux ponts, elle miroite parmi la verdure un receveur général nommé d·Orcy et Lecoul•
grasse des prairies, au pied des coteaux de teux de Ja Noraye. l&gt; Ce dernier aspirait à
Sainte-Germaine où mùrit le Yin·mousseux I. supplanter le Père Loth, majordome de la
El à Charonne, près de Paris, Jeanne s'installe comtesse. On cùl laissé au !linime le soin de
une jolie villégiature, dans une coquelteLp,ro-- lui dire la messe.
priété, pour les parties de campagne. &lt;l etat
Nous pouvons reconstituer exactement l'as-

1. ;\'oi es de Targel d'aprës les indications 1lu
P. Loth,Bibl. v. d e Pa1·is ms. de laréscr\"C; déj&gt;osition
du P. Loth, H sept. 178â, A1·clt. uat. X-,? 8 / 1417.
2. !,'envoi des ccnl cînquanle mille livres, f:ait par le
Clll'dinaJ , ful nîê dans la suite par Mme de la Molle :
il est prouvé, non seul cmc11t par IC's déclarations du
cardinal de Bohan, mais par cell es du harnn de Planta
qui porta 13 somm e, par celles du P. Loth, par celles
&lt;l!!: Rélam qui écrivit les prl!Lcndues letLres ~c la
t'Clllc dcnrnndan l l'argent. ~lme de la Motte cl1t au
P. Loth e lil H!!t.mx que les sommes lui a\·ai culété rcmi•
se:,;. l,'cmoi est e ncore prou1·é par les acquisi!ions de

valeurs cl de maisons fuites alors pa r les b Molle et par
le luxe 1lonl ils s'entourent exactement en cc momr nt.
j_ Ceci de l'a1·eu de Mm e de la lloU c : M~moirc
de Mo. Doil!ot. Collection complè te, I, 60 ; CL rnterr.
tie Mme de la Molle puLlié par c~mparllon, p. ~77.
Mme de la llolte place il es l vrai, l'achat des titres
de renlc en juillet ; mai s comme elle J;ll_ace égalemcnL
eu juillet la ~cène du bosquet, le, fatl s Jcrn eurent
concordants.
4. Celle maison fu t achéLec le 10 thermidor an V
{28 juillet li07) au comte de la ~lotte par :Nicolas
Armand. Le corps de bàtimenl a di sparu par le pc r-

1

entourée de berceaux en vollte, aux plantes
grimpantes, qu'encadre une ligne de jeunes
tilleuls. Terrasse et berceaux, que la comtesse

de la maison, dit HosaUc, a été alors augmenté tant en meubles, bijoux, qu 'argenterie.
Dans le mois de novembre Mme de la !lotte a

-~.~-.-;;r:~:-.r~~~
;:.

-· .

"' ~~, -... .,...

'?;;i

.r(V&gt;~ .
t'lid1 ê J.•\ ubc re t C'•, Yersa illcs

\'U E ACTl:ELLE OU B OSQUET DE LA REINE. - LA SALLE DES 'fL'LIPIERS.
D'après le dessin de L ARR UE .

cernent de la rue Annaml. (,'aile gauche forme aujnurtl1111i les uuméros 1, 3, ~ de la ru é Armand , cl 57 de
la rue N"alionalc (ancienn e ru e Suinl-)liehel); l'aile
droil e, les numCros 2, 4. 0 de la ru e Armand et
::iU de la rue 1' ali onale. M. Armand, qui fuL dëputC
de l"M1be de 18~/! â 1848, a dcssiué les pl1rns el la
pcrspecli1·c de lïrnmcuhlc avanl la lransforillali orl.
t:c,; dessins nous ont été communiqués a\'ec la plus
gracieuse oh:igeancc par nolrc d1slînguê co11frêre
.Il. Arlhur Tluh·cnol.
5. Têmoîgnage lin comte d'Ol omie u, dans sou interr.
tlu li nnil 178G. ,11-clt. na l., x~ ll/ 1417.

�..,

fflSTO'J{l.ll
pect du salon de Mme de la Motte 1. [nehaule
pièce en boiseries blanches, éclairée de deux
fenêtres montant jusqu'au plafond et se faisant
face, l'une sur la rue, l'autre sur la cour.
L'énorme poutre qui soutient le second
étage est apparente. La corniche est ornée de
la moulure à petits carrés qui caractérise le
stvle du temps. Les illustrations militaires du
grand siècle, Turenne et Tourville, sont représentées par des bustes en bronze sur socles de
marbre avec ornements de cuivre doré. Devant
la glace de la cheminée - une glace en deux
morceaux, dans un mince cadre en bois doré
dont l'ornementation est de perles et de dentelures, - une pendule marquant les secondes, les heures et le quantième du mois, en
marbre blanc, portant une statuette de la
Sensibilité, entre deux vases de Sèvres sur
pieds d'albàtre blanc. Les murs sont tendus
de hautes lisses à personnages; aux trumeaux,
des tapisseries plus petites à verdures. Le
mobilier comprend un canapé et six fauteuils
en tapisseries représentant les fables de La
Fontaine, et des chaises à dossiers ovales, couvertes de satin rayé à bouquet : le vrai style
Louis XVI. Aux angles, des &lt;! encoignures »
en bois laqué peint en vert d'eau, avec fleurs;
par terre un grand tapis d'Aubusson, et,
pour l'éclairage du soir, deux colonnes de
stuc « sur lesquelles sont des figures de bronze
tenantes chacune une girandole à trois branches de cuivre doré Jl. Mme de la Motte, vive,
alerte, charmante, parmi ses invités, va de
l'un à l'autre vêtue d'une « anglaise ll gorgede-pigeon et d'une jupe de soie rose.
Notre petite baronne d'Oliva continue de
paraitre quelque temps rue Neuve-SaintGilles, mais bientôt on la rebute. Mme de la
Molle ne la trouve plus d'assez bon genre.
Elle lui reproche de ne pas s'être comportée
décemment chez le baron de Lilleroy, officier
aux gardes, où elles furent déjeuner ftnsemble,
et d'avoir dit des indécences chez Mme de la
Fresnaye qui les avait priées à diner. En
outre, sur les quinze mille livres promises à
Nicole, Mme de la Motte n'en a versé que
quatre mille et ne désire pas en donner
davantage.
Jeanne s'occupe de marièr sa sœur MarieAnne, &lt;! bien blonde, bien fade, fort bête &gt;&gt; ,
dit Beugnot, très fière elle aussi d'être petitefille des Valois. Nous l'avons vue se sauver
gaiement avec sa sœur de l'abbaJe de Longchamp; mais, depuis, elle s'est retirée au
couvent de Jarcy, près de Brie-Comte-Robert,
où l'abbesse, Mme de Bracque, l'a 'prise en
affection. Mme de la Molte a trouvé un beau
parti, le comte de Salivet de Fouchécourt, et
en écrit à Mme de Bracque. Mais il faudrait
queMarie-Annevint demeurer quelque temps
auprès d'elle. « Il paraît que ma forluue
apparente, écrit-elle, a fait naître en ma sœur
des soupçons offensants pour moi. li lui serait
1. D'après la piêcc même qui esl encore aujourd'hui
conscl'vée, et l'inventaire du mubiliel' fail les 9, 10,
12 sept. 1785. Arcli. 11at., x~. B/ 1411 .
'2. Doss. Targe!, /Jibl. ,,. dr Paris, ms. de la réseL·,•c.
3. Confronlalion du il mars I i~G. , !rd,. 11al. , X',
B1Ht 7.

facile de connailre la source honorable d'où
elle me vient. JJ
Cependant Jeanne n'en continuait pas moins
de se présenter au cardinal comme réduite à
l'indigence et à obtenir de lui, de temps à
autre, quelques louis, comme auparavant•.
En somme, quel chemin fait par la petite
mendiante que Mme de Boulainvilliers écoutait
sur le marchepied de sa voiture, chemin fait
grâce à son énergie, à sa volonté, à son esprit
d'intrigue! Que n'a-t-elle su employer dès
lors la fortune qu'elle avait su conquérir! Il
est vrai que le bien acquis de la sorte ne peut
profiter. Ce qui vient au son des fifres s'en
va au bruit des tambours. L'argP.nt est jeté
par les fenêtres. Puis l'ambition est sans
bornes : la médiocrité, même dorée, ne saurait convenir au sang des Valois. De nouvelles
ressources sont nécessaires.

XIX
Délicate énigme.
Dejà, sans doute, l'on se sera posé laquestion : quel était le caractère des relations
enlre le cardinal et Mme de la Motte?
Tous les historiens ont été jusqu'à ce jour
d'accord sur ce point et nous allons nous
mettre en contradiction avec eux tous. Pour
établir que le cardinal désirait et obtenait de
)[me de la Motte ses plus précieuses faveurs,
deux témoignages sont invoqués. Le premier
est celui de Mme de la Motte elle-même
devant les conseillers instructeurs du Parlement; le second est la relation deBeugoot, à qui
la comtesse montrera dans la suite un paquet
de lettres que lui aurait adressées le cardinal.
Nous récusons Mme de la Motte. Elle aura
un intérêt 1mpérieux à parler ainsi devant
le Parlement. Ce sera son unique moyen de
défense. L'instruclion lui demandera d'où
était venue la fortune prodigieuse qui, tout
d'un coup, avait surgi sous ses pas : &lt;&lt; J'étais,
répondra-t-elle, la maîtresse du cardinal. »
Ce fut d'ailleurs la manie de Jeanne de
Valois. On n'imagine pas le nombre d'hommes qu'elle accuse d'avoir été ses amants, ou
d'avoir voulu l'être, de gré ou de force.
Quelqu'un la gênait-il, ou lui déplaisait-il, ou
la contrariait-il, le trait ne se faisait pas
attendre : « Vous avez été, ou, vous avez
voulu être mon amant. J&gt;
Le cardinal niera avec tant de âignité, de
mesure, de force, qu'il est impossible d'hésiter entre les deux témoignages. Il y a plus.
Ayant un intérêt si grand à établir le fait,
Jeanne ne pourra apporter le moindre indice.
Les dépositions des domestiques seront contre
elle. Rosalie, confrontée à Rohan, reconnaîtra
que le cardinal n'est venu, en tout el pour
tout, chez Mme de la Motte, que quatre ou
cinq fois à Paris, deux ou trois fois à Veri. Confrontalion de nohnn à Belle d'I'.1ic11\'ille,

Arc!,. nat.,

x.•, Il/1Hi.

5. IJéclaralion 14scpl. li8:i,.lrch. 1111t., X2 , R 141i.
Il. « :"ious ou1•rons un grand coffre de bois de sandal rempli de papiers clc loulrs couleurs et de loules
dimension;. J'èla1s pressé d'en finir : je lui demande
s'il y a clans ces papiers des obligation, au porteur ou

sailles'\ visites faites la plupart devant témoins; aucune le ~oir ni de nuit~.
•
Rosalie ajoutera : &lt;( Pendant que M. le cardinal était chez Madame, la porte n'était pas
du tout fermée. &gt;&gt; Les rendez-vous, dira-t-on,
avaient lieu ailleurs : mais c'est précisement
chez elle que Mme de la Motte déclare avoir
comblé le cardinal de ses faveurs - et très
souvent.
Une autre indication, non moins concluante,
est fournie par ces secours de trois, quatre
ou cinq louis, que Rohan avait coutume de
donner à Mme de la Motte, depuis mai 1782
jusqu'à leur arrestation. Jeanne, qui sent la
force de l'argument, essaie de nier; mais les
témoignages de ses familiers, du Père Loth,
de la demoiselle Colson, sont encore décisifs.
Le Père Loth ajoute que Mme de la )lotte
avait imaginé de raconter à Rohan qu'elle
avait reçu de la reine un don de mille écus,
afin d'obtenir de lui des secours plus grands".
Si Jeanne e.û tété la maitresse du prince, peuton supposer qu'avec sa fortune, son caractère
généreux et prodigue à l'excès, alors qu'il la
considérait comme une femme du meilleur
·monde, amie particulière de la reine, il l'eût
réduite à des aumônes?
Quant à la prétendue correspondance que
Beugnot verra dans les mains de Jeanne de
Valois à Bar-sur-Aube, il en parlera ainsi :
« li est heureux pour la mémoire de M. le
cardinal que ces lettres aient été supprimées.
C'est une perle pour l'histoire des passions
humaines. Mais quel était donc ce siècle où
un prince de l'Église n'hésitait pas d'écrire, de
signer, d'adresser à une femme qu'il connaissait si peu et si mal, des lettres que, de
nos jours, un homme qui ,e respecte le moins
du monde pourrait commencer de lire, mais
n'achèverait pas jusqu'au bout. &gt;l Ce témoignage se détruit par lui-même. Le prince de
Rohan n'était pas homme à écrire de la sorte.
Est-il utile d'insister? Jeanne, avec son
imagination en ébullition perpétuelle et désordonnée, passa sa vie à forger des romans, des
correspondances surtout et à les remplir de
malpropretés. On reconnait son doigté à ce
que dit Beugnot. Pourquoi brù lera-t-elle ces
lettres dans une circonstance où elles auraient
constitué toute sa défense? - parce que les
lettres étaient fausses. Et pourquoi les ferat-elle auparavant lire à Beugnol 6 , qu'elle s'empressera quelques jours après de demander
pour avocat? - afin qu'il en témoigne quand
le contrôle n'en sera plus possible.
On observera encore que si ces lettres eussent été écrites par Rohan, celui-ci n'eût pu
s •exposer à en recevoir le cinglant démenti
devant le Parlement assemblé, au moment où
il niera toute relation intime avec la comtesse.
Car il ne saura pas alors, lui, que les lettres
ont été brùlées. Aussi bien, quand Rohan
répondra à son accusatrice avec autant de
des l,i Ilets de la caisse &lt;l'escomplc, et, sur ,a réponse
négalive, je propose de tout jclcr au feu, en bloc.
Elle insiste au moins pour un examen sommaire ; n~~s
y procédons fort lentemcnl ,le son culé, et 1u·i•c1p1lammcnl du mien. C'est li, qu·en porlaut des regard;
assez fugitifs sm· r1uelqucs-uucs des mille lettre; tl_e
)l. le tardinal de l\oban ... D llcugnol, ,l/é111oi,·cs, 1, !Ili.

1

t

:

___________________________________

L' .ArrAmE DU COLL'Œ'Jt. - - ~

Aye~ un

))l'lt

de déce11ce

El laissez là les catin., !

L'histoire suivra le jugement du
peuple, et nous quitterons nousmême cette matière, convaincu
de notre impuissance à relourner
l'opinion ;_

XX

rivière dépassant en richesse et en éclat tous
les bijoux connus. Ils avaient ainsi composé
Le collier.
un « grand collier en esclavage JJ , qu'ils
avaient espéré faire acheter par Louis X\'
Le joaillier de la couronne et de la reine• pour la Du Barry, mais le roi était venu à
était à cette époque un saxon, Charles- mourir. Alors ils avaient envoyé le dessin de
.Auguste Biihmer 5 • Ses magasins s'ouvraient la parure à la Cour d'Espagne: le prix avait
rue Yendôme. Biihmer avait conduit ses effrayé.
Après l'avènement de Louis XVI, connaisaffaires avec beaucoup de hardiesse, d'activité
et d'intelligence; mais, à l'époque de ce récit, sant la passion de la nouvelle reine pour les
ses facultés s'étaient affaiblies, et il s'effaçait bijoux, escomptant la réputation faite à
devant son associé, son compatriote Paul Marie-Antoinette de coquetterie et de folles
Bassenge, originaire de Leipzig, d'origine dépenses, les joailliers, dès 1774, présenfrançaise cependant, car il appartenait à une tèrent le collier au roi. Louis XVI en parla à
famille de réfugiés chassés par les sui tes de Marie-Antoinette, mais la reine, effrayée elle
la révocation de l'édit de Nantes. Les Bühmer, aussi du prix si élevé, un million six cent
comme on les appelait du nom du principal mille livres - c'était l'estimation des joailassocié, avaient acheté depuis des années, par liers Maillard et d'Oigny - le refusa.
Bühmer revint à la charge : il ferait les
toute l'Europe, les plus beaux diamants qu'ils
conditions les plus avantageuses ;
les payements s'échelonneraient à
diverses échéances, partie en rentes viagères. Il suppliait le roi
de faire l'acquisition. Ses iastances étaient d'autant plus pressantes
que, pour faire cette parure, il
avait emprunté 800 000 livres au
trésorier de la marine, Baudard
de Sainte-James. Les inlérèts, qu'il
se trouvait obligé de payer, devenaient pour lui un poids de plus
en plus lourd et qui devait, avec
le temps, entraîner sa ruine complète, mais la reine refusa encore.
Sa réponse au roi est demeurée
célèbre :
« Nous avons plus besoin d'un
vaisseau que d'un bijou. ll
De ce moment les plaintes de
Bühmer allèrent à tous les échos.
Il les faisait à tout venant. En
1777, s'adressant directement à
Marie-Antoinette, il se jeta à ses
genoux. Sa Majesté était suppliée
d'acheter le collier, sinon il irait
se préci piler dans la rivière. Et il
versait des larmes. &lt;( Levez-vous,
Bühmer, lui dit la reine sévèrement, je n'aime point de pareilles
exclamations : les gens honnêtes
n'ont pas besoin de supplier à genoux. J'ai refusé le collier. Le roi
a voulu me le donner, je l'ai refusé encore. Ne m'en parlez donc
plus jamais. Tàchez de le diviser,
de le vendre et ne vous noyez
pas. ll
Sur de nouvelles instances des
bijoutiers, le roi en reparla à la
reine devant Mme Campan. « Je
MADELEINE BRIFFAULT, DITE ROSALIE, FEMME DE CHAMBRE DE LA cmtTESSE me souviens, écrit celle-ci, que la
DE LA MOTTE. D'aprés une gravure du Catinet des Estampes.
l d
.
l
reine ui it que s1 rée lement
La scène qu·on roit sous le médaillon représente Mme de la lllotte et le marché n'était pas onéreux, le
Rosalie habillant Mlle d'Olirn.
roi pouvait faire celle acquisition
et conserver ce collier pour les
avaient pu se procurer, pour en faire une époques des mariages d~ ses enfants, mais

hauteur que de force, Mme de la Motte, qui
ne recule cependant devant aucun moyen de
défense, n'osera-t-elle rappeler cette correspondance; bien plus, elle n'osera pas invoquer le témoignage de Beugnot.
« J'ai hésité jusqu'ici, dira Rohan, dans sa
ronfrontation à Jeanne de Valois, le 2 i avril
1786, de répondre, par une répugnance bien
naturelle, à tout cc que Mme de la Motte a
tenu de propos à double entente sur ses rapports avec moi. Si elle ne se respecte pas
assez et veut faire croire même ce qui n'est
pas, je repousse comme je dois les soupçons
qu'elle cherche à accréditer . Je ne peux
d'aillC"urs, pour ce que je me dois à moimème, insister davantage. Voilà donc une
nouvelle atrocité, qui, accompagnée de toutes
invraisemblances, ne me laisse que la même
horreur que j'ai exprimée lorsque Mme de la
)lotte, à tant de reprises, a déjà
cherché à jeter des soupçons
odieux. L'invraisemblance rend
impossible ce qu'elle voudrait présenter comme vrai. Je ne peux
que détourner mes regards et ma
pensée de dessus une inculpation
pareille. D'ailleurs, j'observe que
Mme de la Motte a fait attendre
bien longtemps lacalomnie qu'elle
préparait pour excuser son mensonge, quand elle s'est vue contrainte à ne plus pouvoir le soutenir. &gt;&gt;
Autant que pareille chose peut
Nre tenue pour certaine - car,
comme dit l'autre, avecles femmes
on ne peut jamais savoir - , nous
sommes disposé à nous porter
garant des paroles du cardinal.
Mais telle est la force de la calomnie que, dè;; le premier éclat
du procès, se répandront des libelles, qui se passeront sous le manteau et se payeront au poids de
l'or1, où les amours de la comtesse et de Son Eminence seront
contés en termes inouïs, avec les
détails les plus graveleux ; des
recueils d'informations relativement sérieux, comme la Conespondance sec1·ète, affirmeront des
anecdotes qu'une plull_le qui se
respecte ne pourrait reproduire;
les nations protestantes applaudiront à la corruption du clergé
français 1 ; le peuple viendra chanter au prisonnier jusque sous les
murs de la Bastille :

1. Jomnal de Hardy, Bibl. nat., ms. franc. C\685,
p. 406.
2. Jlémofres du comte de la Motte, p. 9i.
5. Le seul conlcmpol'ain qni, à notre connaissance,

ait exposé le Yéritablc caractère des rclalions " toutes

blanches» clu cardinal de ltohan cl de Mme de la 3lolle,
csl l'auleur ile la Lettre à l'occasion de la délt-11/Ù,n
de S. E. JI. le cai·di11al, p, (i.

.... 253 ...

4. Arch. des Aff. ~l1·ang_., France 1309, f• 220 v
5. On prononç,ut a Pans : llocmcr, comme le
11rouve la graphie Bo!témer, Boëltme1·. qui revianl
dans les texlcs.
0

•

�. - - 1t1STO'R_1.Jt

_________________________________.

qu'elle ne s'en parerait jamais, na voulant p:is
qu'on pûl lui reprocher dans le monde
d'avoir désiré un objet &lt;l'un prix aussi
excessiF. » Comme les cnrants étaient encore
très jeunes, Louis XVI ne voulut pas immobiliser pendant de longues aonées une si
grosse somme et refusa définitivement la
proposition.
BOhmer connaissait le procureur grfléral
aux requêtes, Louis-François Achet, de qui
nous avons vu le gendre, Me Laporte, fréquenter ~hez la comtesse de Valois. M0 Laporte parlicipait n:èmc aux (&lt; affaires &gt;&gt; que
Jeanne entreprenait, et comme la comtesse
lui arnit montré, il lui au5-si, des lellres midisant de la reine, il avait une haute idee de
son crédit. Le 20 novemLM 1784, comme
on causait dans le salon de la rue NeuveSaint-Gilles et qu'il était question &lt;le bijoux,
L:iporte dit à Jeanne, sans parailre y atladlt'r
aucune importance, que, puisqu'elle était c11
si grande faveur auprûs de Sa àfajesté, ell..:
devrait bien faciliter aux pauvres bijouliers
BOhmcr el Bassenge la vente de leur collier.
C'était une lourde charge pour ces négrn.:ian1s
que de conserrer si longlemps un objet de
pareille valeur.
11 Ce collier, demanda Mme de la Molll',
l'avez-mus vu?
- Une vraie merveille, répondit Laporte.
Les joailliers de la couronne y ont travaillé
pendant des années, et, ne fùt-ce qu'au
point de vue de la valeur des pierres, c'est
un trésor. u
Et il offrit à la comlesse de lui amener les
Bohmer avec leur bijou. Mme de la Molle
accepta. Dans les premiers jours de dé~embre,
le beau-père, Achet, voyait les joailliers :
t( ~\'ez-vous toujours votre collier? vous
occupez-rous de le pb1cer?
- Oh oui! mais il faudrait quelqu'un qui
eût assez de crédit sur le roi ou sur la reine
pour les déterminer.
- Mon gendre, répondit Achet, a fait connaissance depuis quelque temps de la comtesse de la ~folle, de l'ancienne maison de
Valois. Elle se dit en crédit aupri•s de la
reine : il serait possible de Ja déterminer à
agir . !&gt;
Et les joailliers assuraient qu'ils donneraient I OOU louis à qui leur ferait vendre le
collier. Laporte était criblé de dcucs.
Quelques jours après, Achet revint trouver
les Biihrncr : Mme de la !lotte ne paraissait
pas disposée à intervenir, mais la curiosilé la
porlait à voir le collier'.
Le cardinal de Rohan se trouvait à celle
époque en AJsaee. Achet et Bassenge arrivèrent ainsi rue Neuve-Saint-Gilles, le 29 décembre, avec le précieux écrin. Il fut ouvert
devant Jeanne. Quelle surprise! Un étincellement de paillettes lumineuses se jouant
aux angles des pierres limpides, mille et
mille petites flammes mullicolore:,, ,•ires
eomme des éclairs, qui jaillissaient au
moindre mouvement.
1. Bibl. nat . , ms. Joly de Fleur/', 2088, f"' 529
. 2. C.elle ~latc est importm1te.A,·anl e retour du car~
limai a Paris Mme de la llotte avait dl·jà cngagP la né-

"---------------------------- L' .lfr'FJll]lE DU COLLTE]l

,

Le cardinal ne quitta Saverne que le
1~ janrier J78:5 pour revenir à Paris'· Le
21 janvier, Lt comtesse eut avec les joailliers
une deuxième entrt'.vue, en présence de
M' Arhcl. Elle leur dit que le collier serait
pcut-êrrc vendu dans quelques jours. L'acquisition en sera faite par un lrès grand seigneur. ime ajoute, el insiste sur ce point, notf'z la prudence, - qu'elle leur conseille
très virr.mmt de prendre directement arnc
lui Ioules les précaulions utiles pour les arrangements qn'on pournit songer à leur proposer. Quant h elle, clic ne wut en aucune
façon être mêlée à l'affaire. Son nom n'y doit
pas être prononcé. Les joailliers lui offrent
un bijou en reconnaissance du service rf'ndu.
Elle ne veut pas du cadeau. Elle n'en agit que
pour les obliger. Et elle s'oppose même à ce
qu'on ]a considère comme une intermédiaire.
Le 24 janvier, à sept heures du matin, frannc
retourne chez les joaillkr.:i arrc son mari,
pour leur annoncer la visite du prince cardinal de i1ohan. (( C'csl Lien ave1..: lui, insistet-elle une fois de plus, que VliUS prcndrrz
Lous les arrangements et toutes les précautions nécessaires. Gard, z-rous de lui dire riue
je me suis mêlée à l'affaire. Si j'ai pu vous
être utile, je me déclare surnsamment récompensée. n Et elle s'en va.
Peu après, arrirc le cardinal. Mme de la
~lutle lui a fait croire que la rt'.ine désire
acheter ce bijou, en catbettc du R1,i et à
crédit, se trou\'ant pour le moment démunie
d'argent. La reine paiera à échéances, avait
dit Jeanne de Valois, de trois ,en trois mois :
pour ce marché, elle a besoin d'un intermédiaire, d'un intermédiaire qui, par sa per-

sonne même et la haute considération dont il
est environné, sera une garantie aux yeux des

joailliers, craintifs de faire crédit d'une
sorçme pareille, el c'est au cardinal que ]a
reine a songé. &lt;&lt; Pour me déterminer, écrit
le prince Louis, Mme de la Motte m'apporta
une ldlre supposée de la reine, dans laquelle
S1 Majesté paraissait désirer d'acquérir le
collier et marquait que, n'ayant pas pour
l'instant les fonds nécessaires et ne voulant
pas entrer elle-même dans le détail des arrangements à prendre, il lui serait agréable que
je traitasse celle affaire, prisse toutes les
mesures pour l'acquisition et déterminasse
les époques de payement qui pourraient
convenir:;. » Comment le cardinal put-il
croire à la réalité d'une telle commission'? Un pamphlétaire du temps dit en termes très
justes :
&lt;&lt; On se persuade si facilement cc qu'on
désire t C'était une erreur qui n'eût pas séduit un homme ordinaire, qui ne se mire
que dans une eau tranquille, habitué à ne
calculer que des cho~l's du sens' commun,
donl les idées lentes et mesurées se combinent à chaque p:is ffuÏl fait : mais c'é1ai1
une erreur qu'on dt!vait penser avoir pu
cnlrainer l'esprit vif et agité de M. le CardinJI, en lui fai:;ant adopter, par penchant,
pas~ion même, un arrangement qui fût
propre à nourrir qu elque sentiment, quelque
vue nouvelle, dans les labyrinthes continuels
de son imagination 4• l&gt; Opinion que reprendront les magistrats qui, sous la direction du
procureur général, instruisirent avec beaucoup d'indépendance l'affaire du Collier :
« Le Cardinal n'a été que séduit, diront-ils,
il était dans le délire, entraîné par une ambition qui l'a égaré, c'est un esprit e:xa1té 5 • JJ
Rohan vient donc chez les Bohmer Je
24 janvier 1785. La parure ne lui semble pas
d'un joli dessin : elle est lourde, massh·e.
Celle fantaisie l'étonne de la part d'une
femme d'un goût alerte comme Marie-Antoinette. Mais, puisque c'est la volonté de la
reine, le marché est conclu . Le 29 janvier,
les joailliers sont reçus à l'hôtel de Strasbourg, el Bohan fixe les conditions auxquelles
le collier sera livré : un million six cent
mil1es livres, pa1'ahles en deux ans, par
quartiers, de six mois en six mois; le premier \'ersement de quatre cent mille livres
devant être fait par la reine le 1'' août 1785.
La livraison du bijou aura lieu le :1er février,
parce que, dit Jeanne, la reine veut le collier
pour la Chandeleur. Le cardinal met luimême ces conditions sur papier et les communique à Mme de la !lotte, afin qu'elles
soient soumises à la reine et ratifiées par
elle. Le 50 janvier, Jeanne revient. Sa
Majesté approuve Ie marché, dit-elle, mais
voudrait ne pas donner sa signature. fiohan
insiste, l'affaire est de conséquence et il lui
faut un mot d'écrit. Enfin, le 51 janvier, la
comtmse lui apporte, à l'hôtel de Strasbourµ,
une ratification du lrailé. C'est la feuille
même écrite par le cardinal et signée par les
Ilôhmer. En marge de chaque article, on a

gociati~n avec les bijoutiers .L'initial ive del'acquîsilion
des 61Joux ne peut donc être Yenue du card inal.
S. Ooss. Target, niûl. v. de Pm·is, ms. de la réserrc.

4. Lettre sw· la détenlio,1 d e S. E. il!. le cardinal, p. 14-15.
j, Bibl. mit., ms. Joly de Fleury 2088, f0 {ij , ·0 •

1

l

1

1

-- .J

1

mis le mot &lt;t approuvé J&gt; et au bas, en
- La reine les donnera )l, répond Mme de
manière de signature, c! Marie-Antoinette de la )folle.
France ». Jeanne de Valois ajoute : &lt;t La
Et elle sort, après avoir fixé au cardinal
reine, qui agit à l'insu du
roi toujours contrarié de
son penchant à la dépense, a expressément recommandé de ne pas laisser sortir le billet de vos
mains. Ne le montrez à
qui que ce soit. ))
La veille, Cagliostro
était rernnu de Lyon. Le
prince s'empressa de le
consulter sur l'affaire doJJt
il était chargé. &lt;( Ce Python, écrit l'abbé George!,
monta sur son trépied.
Les invocations égyptiennes furent faites pendant
une nuit éclairée par une
grande quantité de bougies dans le salon même
du cardinal. L'oracle, inspiré par son démon familier, prononç.a que la négociation était digne du
prince, qu'elle aurait un
plein succès, qu'elle mettrait le sceau aux bonlés
de la reine el ferait éclore
le jour heureu, qui découvrirait, pour le bonheur
de la France el de l'humanilé, les rares talents de
M. le cardinal. " Toul à
îait rasssuré, nohan, le
1er février au matin, écril
aux bijoutiers pour les
presser de livrer la parure. Ceux-ci d'accourir. Ils
remettentl' écrin et apprennent alors que le collier est
pour la reine, le cardinal
CoLLIER EN ESCI.AVAGE, DIT • LE COLLIER DE LA REINE
ne croJant pas enfreindre
D'après mie estampe contemporaine.
les volontés de la souveraine en leur montrant,
pour leur tranquillité, la
pièce signée : 1lfarie-Antoinette de France. rendez-vous pour le soir, à Versailles. Avant
Car Rohan était très Lon. Dans ce moment il de monter en voiture le prince Louis écrit
était heureux et voulait, dans sa bonté, faire encore aux IlOhmer pour leur annoncer
partager son bonheur. Le mème jour Mme qu'ils recevront les intérêts à courir jusde la Molle revient impatiente.
qu'aux divers versements; puis, muni du
« Le collier ?
bijou, il part. JI est accompagné de son
- Le voici.
valet de chambre, Schreibcr, chargé du pré- Sa Majesté l'allend aujourd'hui même. cieux fardeau. La brume du soir lombe sur
- Jè le porterai aujourd'hui même. Mais les larges avenues de la ville quand on arrive
les intérèts des sommes jusqu'au jour du au logement de la comtesse, place Dauphine .
payement?
Au pas de la porte, Rohan renvoie son valet
1. QuelquC's jours plus lar,I, Mme de la Motte &lt;l iL
à llohan que cet hom me s'appelait Desdaux. Elli!

empruntait le nom du garçon allaché à la chambrn
de la reine, a1ee lequel elle avait Jtné il r a
quelques années. Desdaux seul, en effel, dail
attaché à la fois it la chambre de la reine cl à la
musique du roi {grande chapelle, symphonie cl Yiu-loë)~st ici un des points du récit où la démons.
!ration peut être faite ..t·une maniCre précise. Mme de
la Houe apparaitra innocente ou coupable, selon que
ce sera Desdaux ou !létaux de Yillctle qui aura reçu
le liijou, Dcsclaux p(lur le do11JJC'r à la reine, l\élrtm

pour le lui remcllre à elle. Or, tous les lCmoignages
concordent pour démonlrer que cc ful Hétaux de
\ïlleUe : celui du cardinal qui reconnut un des 11ersonnages rlc la scène iJu bosquet oll Réla11x avoua
avoir figuré; celui de no~alie. la fémme ile
chambre, qui dCclal'C a\'oir dans ce moment ouverl à
Hétaux la JlOrlc qui èlait condamnée pour tout autre
r1u e pour ui; le témoignage de Desclaux lui-même,
qui affirme n'avoir jamais porté â Mme de la 1'1oUe
une lettre de la reilrn. el que celle-ci ne l'a jamais
chargé de remettre it la reine une boite remplie de
diamants. « La vêrité. dit-il dans son interrogatoire
du 2 dh:C' mlwc 17 85, t'Sl que dt•i1uis trois ans el

.., 255 ....

---.

et, prenant la boile, monte seul au premier.
Mme dr la Molle est chez elle. Elle a loul
ordonné· comme pour une comédie. fiohan
est introduit dans une
chambre qui a uae alcôve
en papier et communique
avec un petit cabinet par
une porte vitrée. Une
&lt;( lumière sombre&gt;&gt; Cclaire
la pièce. li me de la Motte
entremit dans les mains
du prince l'objet de ses
comoitises. Elle se contient.
« La reine, diL-elle,
attend le collier. lJ
Quelques minutes s'écouJent.
On entend les pas d'un
homme ·qui se fait annoncer :
" De la part de la reine! )J
Par discrétion, le cardinal se relire dans l'alcOve; mais il a rn la silhouette du personnage,
un grand jeune homme,
entièremenL habillé de
noir, figure mince, teint
pâle, le ,·isage allongr, les
yeux profonds el les sourcils noirs. A l'allure, il
reconnaît le même homme
qui, au mois d'août, avait
annoncé dans le bosquet
la promenade de Madame
el de la comtesse d'Artois. C'est en effet Rétaux
de Villette, qui s'est grimé. L'homme remet un
Lillel. La comtesse le fait
sortir alors jusque sur le
palier et, se rapprochant
du cardina], lui donne
lecture de la lellre. La
reine ordonne de remettre
le collier au porteur. Le
cardinal donne l'écrin, Mme de la !lotte le
tend au mes~ager &lt;Jtt'elle fait rentrer: Rétaux
le prend el port, la comtesse étant allée lui
ouvrir elle-même la porte.
Jeanne dit au cardinal que cet individu
était attaché à la musique du roi et à la
chambre de la reine 1 • A son tour, le prélat
prend congé.
Le soir, de retour rue Saint-Gilles, Jeanne
de Valois rccevail la parure des mains de
son amant.
demi je n'ai pas parlé à la dame de la Molle. »
Enfin, il sa coufrontation du 25 mars ·I ï86, Mme de
la Motte ful contrainte d'avouer « que la déposition
de "Desclaux contenail. la plus cractc vêrilé », el,
clans celle du 22 avril au cardinal, ~ue Desclaux
u'étail j:1mais ,·cnu chez elle, et qu 'il étiiil faux
qu'on ftil 1·enu chez elle chercher Il! collier de la
part de la reine; - ce qui ne l'empêcliera pas plus
lard, dans H?S MCmoires, de redire c1ue c'est Oesclaui:
qui porta le bijou ii la reinr. {/'te de Jeanne de
~afrit-Rémy, 1, 361.) Toutes les pîctes aux 1l1'cltivcs nationales, parmi
la procédure.

�'HlSTO'R._1.JI - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - XXI
Un supplément aux « Mille et une
Nuits».
Combien nous devons regretter qu'aucun
document ne nous révèle ce qui se passa chez
la comtesse de la Afotte, rue Neuve-SaintGilles, en ces premiers jours de février 178:i !
Le merveilleux bijou est grossièrement'dépecé
avec un couteau 1 , sur la table, les fenêtres
closes, les rideaux tirés, entre deux chandelles dont la lumière est rabattue. Le comte,
la comtesse et Rétaux de Yillette sont penchés sur ces richesses qu'ils enfouissent dans
lti fond des tiroirs à l'approche des domestiques.
Le mercredi des Cendres, 9 février, Jeanne
charge Rétaux de Villette de vendre des fragments du collier. Dès le 15 février, il est
arrêté les poches pleines de diamants. Les
historiens n'ont pas suffisamment mis en
lumière ce fait qui, à lui seul, dénonce cependant les voleurs. sans doute possible. Le
12 février, un juif, bijoutier au Petit-Carreau,
nommé Adan, était venu trouver lïnspecteur
de police du r1uartier Montmartre, J .-Fr. de
Bruguières, pour lui dire qu'un nommé
Rétaux de Villette colportait des brillants
chez les marchands et les juifs, les offrant à
si bas prix qu'on ne voulait pas les acheter,
soupçonnant un vol. Cel homme, disait
Adan, « avait l'air très suspect par son encolure )J et il devait partir incessamment pour
la Hollande, avec le brocanteur Abraham
Franc, pour y vendre des diamants. Adan
ajoutait que Rétaux lui avait promis, s'il lui
achetait ses premières pierres, de lui en procurer bien d'autres semblables et parmi lesquelles il y en aurait de très belles.
Bruguières fait une perquisition chez l'ami
de Mme de la Moue dans l'appartement, au
cinquième, qu'il occupe rue Saint-Louis au
Marais 2 • li l'oblige à une déclaration chez le
commissaire du quartier. Confus, hésitant,
[\étaux finit par avouer qu'il tient les dia1. Déclaration des bijoutiers auglais à c1ui les diamants furent vendus.
2. Au numéro 53. La ri;e Saint-Louis au llarais
correspondait à la portion de la rue de Turenne actuelle comprise entre la rue des FranLs-Bourgeois et
la rue Charlot.
:'i. Déposil. de l'insp. de Bruguières, 11 avril 178G.
4. )1 se prèsenla chez le joaillier Jefferys le 2:i avril.
Déposition de Jelferys, 19 di•ccmbrc t 78â, brochure
in-12. p. 51.

mants d'une dame de qualité, parente du
roi, nommée la comtesse de Yalois La Motte.
S'il a fait difficulté de donner son nom, c'est
que la dame l'a prié de ne rien àire. Encorr
s'oppose-t-il à ce que le nom qu'il indique
soit mis par écrit. On a vu plus haut que
Jeanne avait été surveillée par la police. On
savait qu'elle &lt;( faisait des affaires» et comme
on n'avait reçu aucune plainte en vol de
hijoux, on crut qu'il s'agissait encore là
d'une de ces affaires dont, moyennant bénéfice, il lui arrivait de se charger~. Jeanne de
Yalois en fut donc quille pour la peur, mais
l'aventure lui ouvre les yeux sur le danger de
négocier à Paris des diamants en trop grande
quantité. Elle décide que son mari ira se défaire en Angleterre de la majeure partie du
collier, et, d'autre part, elle insiste pour que
Rétaux aille vendre des brillants en Hollande.
Mais celui-ci ne se soucie plus de la commission.
La ~folle partit pour Londres le 10 ou
le 12 avril 4, en compagnie d'un capitaine
irlandais au service de la France, le che\'alier
Jean U'Neil. Celui-ci le mit en rapport avec
un capucin irlandais, Frère Barthélemy Mac
Dermoll, qui avait d'ailleurs séjourné dans la
maison de son ordre à Bar-sur-Aube. Mac
Dermolt avait été aumônier du marquis de
Noailles pendant son ambassade en Angleterre. Il était resté à Londres après le départ
du marquis, demeurant en communication,
à la fois avec le département des Affaires
étrangères et avec celui de la Marine, pensionné par l'une et par l'autre, ce qui donnerait à penser qu'il jouait en Angleterre, pour
le compte du gouvernement français, le role
d' cc informateur &gt;l, pour reprendre l'expression du temps 5 • La Motte· séduisait, dit Mac
Dermot!, par la distinction de ses manières.
Le capucin se lia avec lui et lui rendit de
grands services. Il nous a)aissé une précieuse
relation de ses conversations avec le comte
tandis qu'ils se promenaient au long des pelouses vertes de South-Kensington 6 • La Motte
était couvert de bijoux précieux : montres,
5. Bibl. 11at., ms. Joly de Fleury, 2088. f• 366;
Arcltivc.i des Afl'. élr., Mém. et coc, France 1399,

fo 248.
6. A1·ch. des .If{. éfrang., Mém. et docum., France
1399, f•• 2,ll-256.
7. Confronta lion de Victor Laisus, valet de chambre
ducomtede la)lotte, au cardinal de Rohan, 17 avril 178ti,
,frch. mit., X', o.'f ~17, el interr. du P. MacDermott
,tans le &lt;lo~s. forg~I, Bi!JI. ,,. de f'aris, ms. de la r,•;;;crve.

tabatières, bagues, boucles de brillants : et
il avait clans ses mains des diamants en quantité étonnante. II disait que ces pierres provenaient d'une boucle de ceinture, depuis
longtemps dans sa famille, bijou démodé et
dont il désirait se défaire. Il entra en rapport
avec les principaux bijoutiers de Londres,
Robert et William Gray, associés dans New
Bond Street, et Nathaniel JcfferJs, joaillier
dans Piccadilly, qui enverront dans la suite
leurs déclarations au procès. Le comte se
présentait les mains pleines de Lrillants du
plus grand prix. Quelques-uns, dirent les
bijoutiers, étaient endommagés, comme s'ils
avaient éLé arrachés d'une parure, par une
main hâtive et maladroite, avec un couteau. C'étaient les diamants du collier. Les
joailliers les reconn11rent plus tard aux dessins qui leur furent transmis par les soins de
Bohmer et de Bassenge. La llfotte les offrait
tellement au-dessous de leur valeur que, à
leur tour, les bijoutiers anglais soupçonnèrent
un larcin. lis firent prendre des informations
par l'ambassade de France, mais comme il
n'était toujours question d'aucun vol de diamants, ils consentirent à négocier. Ils achetèrent à La Motte des brillants pour plus de
deux cent quarante miJ!e liYres, payées partie
argent comptant, partie par une lettre de
change sur Perregaux, banquier à Paris;
d'autres, s'élevant à une valeur de soixante
mille livres, furent laissés par le comte entre
leurs mains pour être montés en bijoux de
diverses sortes; d'autres enfin, représentant
une somme de huit mille livres sterling,
furent échangés en hùte contre lès objets les
plus divers dont nous avons la liste: un assortiment de montres avec leurs chaînes, des
boucles de rubis, des tabatières à miniatures,
des colliers de perles, des pendants d'oreille
et une Lague en brillants, « un écran à feu,
un entonnoir et son verre, deux très belles
épées d'acier, quatre rasoirs, deux mille aiguilles, un tire-bouchon, une agrafe de chemise, une paire de pincettes à asperges, un
portefeuille de soie, une bourse, un grand
couteau à découper et sa fourchette, un syphon, des étuis pour cure-dents, etc. », et
toute « une pacotille &gt;J de perles et un lot
d'autres bijoux. Un collier à un rang et une
paire de girandoles remis par le joaillier Gray
sont, à eux seuls, estimés trois mille livres
sterling et la pacotille de perles à une valeur
égale 1 •
FR.\NTZ

(A suivre.)

FUNCK-BRENTAAO.

BARON HECKEDORN

L'opinion à Berlin en 1806
Il peut arriver que les annonces des journaux - je parle des annonces en dernière
page - reflètent l'opinion d'un pays; il suffit, pour s'en convaincre, de consulter la collection de la fameuse gazette berlinoise, de
flaude et Spener, dans la période comprise
entre septembre et décembre 1806. Ces Be1'linische Nachrichten 1Nouvelles de Bel'lin) 1,
dont chaque numéro forme un cahier de six
à huit feuilles, reproduisent des racontars,
des histoires de chiens écrasés aux quatre
coins du monde, des bavardages vaguement
scientifiques, mais ne contiennent pas un
article de fond, pas une discussion, rien qui
soit de nature à trahir les sentiments politiques du pays. En revanche, les petites annonces, dont un grand nombre sont fort amusantes, retracent avec une implacable netteté
la courbe de l'opinion.
Comme on sait, la guerre fut déclarée par
Ja Prusse le 9 août 1806.
A part quelques avis officiels, concernant
la ré,1uisition des chevaux, des voitures, des
fourrages, etc., etc., les journaux ne disent
pas un mot pouvant faire croire à des hostilités prochaines. C'est le 23 septembre seulement que le 1Titiq1œ théâtral de la gazette
de llaude et Spener, parlant du Camp de
Wallenstein, représenté le 19 au Théàtre
National, fait allusion à la guerre.
A partir de celle date, il semble que le
public berlinois s'emballe soudainement. Le
Camp de Wallenstein et la Pucelle d'Ol'léans, deux pièces qui fourmillent d'allusions
patriotiques et guerrières, ne quittent plus
l'affiche. En même temps, les journaux annoncent la mise en vente de brochures tendancieuses et de « portraits artistiques de
LL. MM. le roi et la reine, ainsi que de leurs
enfants royaux, œuvres de M. Dahling, dont
les pinceaux ont été guidés par l'enthousiasme du patriotisme et de l'art n, ainsi que
la prochaine apparition du Telegmpli, journal fondé par le professor Lan,ge.
Le 7 octobre, trois jours avant le combat
de Saalfeld, où devait périr le prince LouisFerdinand de Prusse, la gazette notifie la
mise eu venle d'atlas et de cartes. Le 9, on
l trouve une réclame qui persistera jusqu'à
la fin de l'année. Rédigée en français, elle dit
ce qui suit: « Les Dames Vincent de Genève
ont, à la sollicitation de plusieurs personnes
distinguécs, rétabli leur Pension, déjà si
célèl1re pour le Sexe. On s'adresse chez M. le

prJf esseur Molière, rue Française, n° 4:_; _ JJ Malheureusement, le même jour, l'officieuse
Le 11 octobre, à la drmantle g&lt;inérale, gazelle de llaude et Spener publie que, &lt;( suion joue la Pucelle d'Orléans. - En raison vant des nouvelles provisoires, l'armée du roi
des circonstances, le nommé Dieterici, édi- a perdu une bataille à AuerstœdL. On ne sait
teur, met en vente, au prix de 2 groschen, encore rien de précis, mais il est certain que
,c le numéro 3G du P1·e11ssische I/ausfremul S. M. le roi et ses frères sont en vie )J .
(l'Ami de la maison prussienne), dont voici
Malgré la teneur décourageante de ce comle sommaire intéres~ant: .\ux nobles guer- muniqué, la gazette continue à insérer des
riers prussiens. - Aphorismes. - Le Vau- réclames en faveur de nombreuses publicatour (fable). - Correspondance: Lettre du gé- tions patriotiques.
néral-lieutenant de Rüchel à M. de MalEn revanche, le 2 l octobre, il se produit
Lzahn, au nom de ses camarades. (Cette lettre un changemenl plus marqué. Ce sont des
contient notamment l'opinion de Son Excel- détails sur la mort du prince Louis-Ferdilenre sur... don Quichotte.) »
nand, puis un appel à la population, signé
Le général de Rüchel, auteur de ce pam- des membres du magist1·at:; de Berlin et
phlet coutre ... don Quichotte, est le même engageant les habitants de la ville « à s'absqui arriva trop lard à Iéna pour donner la tenir de toute manifestation hostile et de
mesure de ses talents militaires, mais assez à toute résistance contre les troupes impériales
temps pour se faire prendre 2 • Le même et royales françaises, afin d'éviter les mal11 octobre, Beaumgartner (éditeur à Leipzig) heurs les plus effroyables lJ ; ensuite, un rt'.•cit
fait connaitre qu'il met en vente c, les Ins- très circonstancié des séjours que Napoléon
tructions secrètes de Frédéric Il à ses géné- a faits à Bamberg et à Cronach; enfin, la
raux inspecteurs &gt;&gt;, et Werkmeister, à Ber- .note sui vante : &lt;( Vu mon départ pré•cipi té à
lin, annonce que le public lrouYera chez lui destination de Stellin, j'envoie mes plus cor« Six chants patriotiques n, au prix de six diales salutations i, mes amis cl connaisgroschen. Enfin, c, !'Arrivée de S. M. l'em- sances. Signé : 13reuvel, secrétaire intime au
pereur Alexandre 1°' à Berlin, en noir à un collège supérieur de la guerre. &gt;&gt;
frédéric d'or, en couleurs à deux frédérics
Les jours suivants, il n'est plus question
d'or, se trouve chez Philipson, Iagerstrassc, de gravures , de lithographies, d'ouvrages ou
40, à Berlin )J.
de chansons patriotiques : la cavalerie franLe U octobre, le jour même où se livraient çaise n'est plus loin de Berlin. Les Lhéàlrcs
les batailles d'Jéna cl d'Aucrstmdt, la gazelle ne chôment pas, mais le Camp de Wallenspublie: 1° un appel du roi à la nation prus- tein et la Pucelle d'Orléans ont précipitamsienne, et 2° un appel aux guerriers alle- ment quitté l'arfiche et cédé la place au Coumands. Aux annonces figure une réclame en sin de Lisbonne, à Eulenspiegel, à TphifJénie,
faveur du Preussische Ilcwsfreund, n° 57, à l'Abbé de /'Épée. à Be/monte et ConslancP.;
lequel glorifie le libraire Palm (fusillé par le 27, jour où Napoléon 1°" fait son entrée à
exécution d'un jugement de conseil de guerre Berlin, le programme comporte : /'Abbé de
« pour avoir propagé des livres et des bro- /' Jt11ée et Ale.ris ; le ma:-di 28,c'cst le fü11·iage
chures excitant les Allemands à la révolte n). secret que l'on joue; le 29, c'est l'hèdre.
Le 16 octobre, la l'ucelle d'Orléans tient
A partir du 1er novembre, la gazette et le
toujours l'affiche et la gazette reproduit le Telegraph commencent à publier des anmanifeste du roi de Prusse et l'annonce du nonces et des réclames en français.
Telegraph, journal des opàations de la
Le tribunal crimi ncl de Berlin ouvre le feu
911e1"re de 1806, « dont. le wcmier numéro par une longue lellre de 1·iiquisitio11 contre
paraîtra le 17 de ce mots et donnera Lo~1Le 22 prisonniers qui, profitant des événements,
salisfaction à l'Allemand, au patriote prussien se sont évadés des prisons de la ville. Concl à l'ami de la vérité ».
curremment avec lui, un sellier fait savoir
Mais, le 18, la situation change. Le 1'ele- qu' « on peut avoir toutes sortes de ceintures
graph, né de la veille, rapporte « que le de cuir vernissé pour 1 1/lt à 1 ':i/ 1 thaler,
prince de llohenlohe a battu les maréchaux au quartier du Werder &gt;J .
Soult et Ponte-Corvo (Bernadotte), leur a
Le 4 novembre, il y a déjà une demi-doutué beaucoup de monde et leur a pris zaine d'avis rédigés en français.
15,000 hommes et Loule leur artillerie ».
Le 15, cc un jeune homme, natif de Berlin,

1. Cc journal parai,sait trois fois par semaine les
mardi, jeudi N samedi.
'
2. C'est &lt;le lui qu'il est question dans le 8i• bullelin : " Autant les prisonniers français se louent des
Il nsses, autaul ils se plai~ncut des Prnssiens, surtout
tin général RiiclH'I, officier aussi méchant cl fanfaron
qu'il est inepte ~t ignor~nt sur le 1:liamp de bataille.
!Jcs corps prussiens qui se lrouva1rnt à la journée

ll'lt•na. le sien est c&lt;:lui qui s'est le moins brnl'Cmcnl
comporté .... En entrant à K~•n,gsberg, o~ a tyo~v~
aux galères un caporal franra1s, •1u1 y avait éle Jelc
parce qu'entendant les scdateurs de füich_el earlC\'
mal de l'Emprreur, il s'i•Lait emporté el al'a1L dcclarc
ne pas vouloir le souffrir en _sa présence. Le g~ncrul
Victor, qui fui fait prisonmcr da~s une c\ia1se de
poste, par un guet-apens. a 1,u aussi à se plarndre du

\'l. -

HISTORIA, -

fASC •

.;6.

traitement qu'il a rci:n tlu gi·ni•ral Hiichel, qui i•tail
o-oul'erncur tle Kœui!!Sbcrg. C'est cependant le même
frnchel qui, hlessé à la batai llc ù'jéna,,fut ac~alilé_dc
bons traitements par les l•1ran~a1s; c est IUI qu on
laissa libre, cl â qui, :rn lieu d'envoyer ~es g:ardes,
comme on devait le J'aire, on cnYoya des d11r11rgw11s. »
3. Les qu~trc patriotes qu_! avaient signé ce d~cumcnt s'appela1c11t: Büscl11ng, llullcr, Gerrcshc1m et l..:C,•ls.

�, - - 111STO'ft1.ll
souhaite de récévoir un emplacement pour
valet de chambre à une personne attachée à
l'armée française. Ceux qui en ont besoin

voudront bien remettre leur adresse cacheté,
signr O., au Conloir de la Gazette de flaude
ct Spcncr l&gt;. Un :rntrc fait savoir que (&lt; celui
qui ramenera à l'h0tcl d'Eicbhaum, 22, ]-leiligengeistslrasse, un chien de chasse,· tigré
noir, des oreilles noirs, un Collier sur lequeI
on trouve les Iiellres : A. JI. M., recevra un
Louis d'or pour Becompens J&gt;.
Dès le 25 octobre, messieurs les libraires
de Berlin commencent à Yendre des portraits
de Napoléon Je1•• &lt;! Le portrait très ressemblant de S. M. )'Empereur et Roi, Napoléon Jer, en buste, estampe gravée au trait
et coloriée, se trouve ,1 un écu l'épreuve chez
Lehmann, Probstgasse, Nr. 14 J&gt;.
Pour satisfaire à un besoin direct des soldàts, le &lt;c Véritable Taba~ de France se vend
chez le marcba~d Rodcnbeck, près du pont
du Spandau, Nr. 4 &gt;J .
'
Il serait dommage d'oublier le mécanicien
G. Winckler, rue des Chasseurs, Nr. 59, qui
cc construit toutes sortes d'instruments artificiels, enlr'autrts une plume imbue d'encre
qui écrit toujours; des marques de Whist de
nouvelle invention; des cachets pour cacheter
avec de l'oublie, qui découvrent si on a ouvert les lettres; des dents artificielles, individuellcs ou en gallerie entière; un instrument pour se nettoyer les dents, comme
aussi de l'encre ineffaçable pour marquer le
linge l) .
Un industriel nommé Papengulh fait savoir
que « des boutons pour la garde impériale

peut-on trouver dans la fabrique Spittelmarkt, Nr. 5 n, et Stohwasser et Cie annoncent que

cc

des Tabatières en papier m,kbé

avec le portrait très ressemblant de l'Empercur Napoléon sont à avoir dans notre ~fogazin Stechhahn, Nr. 6, comme aussi dans
notre Fabrique, Wilhelmstrasse, Nr. 98 ,i.
II
de soi que les réclames et avis concernant les « harnois de gueule )J tiennent
une large place dans la nomenclature.
Ainsi : « Mes pains d'épice français se
trouvent chez moi, Mittelstrassc, Nr. G, qu'à
la foire, dans la grande rue, devant la maison Nr. 58, Tackmann », ou : c&lt; Les célèbres
pains d'épice sucrés, français, d'Hambourg
et hollandais, se tr01ncnt de nouveau à la
foire, dans mon magazin, placé devant le
manège Iury lJ, ou encore : cc On vient d'élablir une chambre à vin dans la Krausenstrasse, Nr. 53. Outre de toutes sortes de
vins de bonne qualité, on peut avoir aussi
quelque chose à manger. 11
Le confiturier Lange amor~e lrl client dans
les termes que voici: &lt;( J'ai l'honneur d'annonccr au Public que mon exposition de celte
année représentera une scène intéressante du
quatrième acte du drame : l~s Hussites devant Naumbonrg. Je pourrai aussi fournir
au respectable Public de l'eau de cerises de
Basle et autres raîraîchissements de bonne
qualité. ll Le confiturier Weyde est plus bref;
-voici comment il s'exprime : « Que j'ai ouYert mon exposition annale, j'ai l'honneur
d'en avertir le public. L'entrée à deux gros
sera accepté pour payement. i&gt; Dès le ·15 noYcmbre, une colonne entière de la gazette

,·a

est remplie d'annonces en allemand, concernant des portraits de Napoléon, et même il
se trouve un libraire assez plat valet pour
insérer ce qui suit : rc Le Portrait de S. M.
Napoléon Jer, l'Empereur des Français, Roi
d'Italie, et vainqueu1· d'Allemagne, in-'~".
16 groschen. Ce porl1'ait, r11ti est le pluli
ressemblant de Lous les p01·lm.ils de cet Emperem· si grand et si unique, est copié à
Bel'lin et se vend dans toutes les Librafries. »
Après cela, il n'y aurait plus qu'i1 tirer le
rideau, mais il serait criminel de ne pas
reproduire 1cs quelques vers français insérés
dans la gazette du jeudi ! ! décembre 1806 :
A )JADEl!OISELLE WILLICII

(l'ai·

tt/1

Berlinois)

Vous i·trs jcunf', sage et belle,
Yous chantez comme PhilomNe.
.\.dorablc \\ïllicl1, aux sons de voire voix.
L'Amour quitte Cyl11C1·c et 1'oic sur vos traces.
Il l'OUS prend pour une des Grâces,
Vous les valez bien toutes trois.

Au lieu de rimer d'aussi détestables vers,
ce jeune Berlinois aurait mieux fait, semblet-il, de se joindre à ceux de ses compalriotes
qui s'efforçaient - inutilement, d'ailleurs de disputer aux armées de Napoléon Jer les
derniers lambeaux du royaume de Prusse.
Mais ce garçon pensait différemment.
A lire ses vers ainsi que les offres de service des commerçants berlinois, on gagne
quelque chose : on comprend l'état d'esprit
des Allemands, nos contemporains, qui s'étonnent qu 'au bout de quarante ans les Français n'aient pas encore oublié leurs départements perdus.
BARON

Je ne veux pas ometlre une bagatelle dont
je fus témoin à cette promenade, où le roi
montra ses jardins à ~larly, et dont la curiosité de voir les mines el d'ouïr les propos du
succès du voyage de Clichy m'empêchèrent
d'en rien perdre. Le roi, sur les cinq heures,
sortit à pied et passa devant tous les pavillons
du côté de llarly. Bergheyck sortit de celui
de Chamillart pour se mellre à sa suite. Au
pavillon suivant, le rai s'arrêta. C'était celui
de Desmarets, qui se présenta avec le.fameux
banquier Samuel Bernard, qu 'il avait mandé
pour diner et travailler avec lui. C'était le
plas riche de l'Europe, et qui faisait le plus
gros et le plus assuré commerce d'argent. Il
sentait ses forces, il y voulail des ménagemenls proportionnés, et les contrôleurs généraux, qui avaient bien plus souvent affaire de
lui qu'il n'avait d'eux, le traitaient avec des
égards et des distinctions forL grandes. Le roi

dit à Desmarels qu'il était bien aise de le voir
avec M. Bernard, puis, tout de suite, dit à ce
dernier : c( Vous êtes bien homme b. n'avoir
jamais vu Marly, venez le voir à ma promenade, je vous rendrai après à Hes marets. 1&gt;
Bernard suivit, et pendant qu'elle dura, le
roi ne parla qu'à Bergbeyck et à lui, et autant à lui qu'à d'autres, les menant partout
et leur montrant tout également avec les
grâces qu'il savait si bien employer quand il
avait dessein de combler. J'admirais, et je
n'étais pas le seul, celte espèce de prostitution
du roi, si avare de ses paroles, à un hon:ime
de l'espèce de Bernard. Je ne lus pas longtemps sans en apprendre la cause, et j'admirai alors où les plus grands rois se trouvent
quelquefois réduits.
Desmarets ne savait plus de quel bois !aire
flèche. Tout manquait et tout était épuisé. Il
avait été à Paris frapper à toutes les portes.
On a,,ait si souvent et si nettement manqué à
toutes sortes d'engagements pris, et aux paroles les plus précises, qu'il ne trouva partout
que des excuses et des portes fermées. Bernard, comme les autres, ne voulut rien avancer. li lui était beaucoup dù. En vain, Des-

l!ECIŒOOR!i.

marets lui représenta l'excès des besoins les
plus pressants, et l'énormité des gains qu'il
avait faits avec le roi, Bernard demeura inébranlable. Voilà le roi et le ministre cruellement embarrassés. Desmarets dit au roi que,
tout bien examiné, il n'y avait que Bernard
qui pût le lirer d'affaire, parce qu'il n'était
pas douteux qu'il n'eùt les plus gros fonds et
partout; qu'il n'était question que de vaincre
sa volonté, Pt l'opiniâtreté même insolente
qu'il lui a,·ait montrée; que c'était un homme
fou de vanité, et capable d'ouvrir sa bourse
si le roi daignait le Jlatter. Dans la nécessité
si pressante des affaires, le roi y consentit, et
pour tenter ce secours avP.c moins d'indécence et sans risquer de refus, Desmarets
proposa l'expédient que je viens de raconter.
llernard en fut la dupe; il revint de la promenade du roi chez Desmarets tellement enchanté que, d'abordée, il lui dit qu'il aimait
mfoux risquer sa ruine que de laisser dans
l'embarras un prince qui venait de le combler, et dont il se mit à faire des éloges avec
enthousiasme. Desmarets en profita sur-lecharnp et en lira beaucoup plus qu'il ne
s'était proposé.
SAINT-SIMON.

.,,,

BAR.ON DE MARICOURT

UNE SÉQUESTRATION AU XVII' SIÈCLE

.,,,

Catherine Denis
Pendant une soirée d'hiver de l'année 1693, auditoire considérable. Sa « plaidoirie pour
armées du Roi, chef de nom et d'armes de
M. Pierre Gillet', le fameux avocat, s'apprê!.. un gentilhomme accusé de rapt et d'enlèvesa maison, une des pJus considérables du
tait à souper en son austère '.dem~ure de la ment 11 permettait alors au public de connaiPoitou, et Mlle deJussac 2, sa sœur, qui vivait
rue des Noyers, paroisse Saint-Etienne-du- ·tre la déplorable histoire qui suit:
dans la pralique des œuvres. En ,·isilant les
Afont, à Paris, quand un coup de marteau,
Non loin de la maison de II. !"avocat Gillet églises et les prisons, Mlle de Jussac y renfrappé à Ja porte de Ja rue, suivi d'une demeuraient, en 1686, dans la rue de la Cacontrait souvent une dame également charibrusque irruption, vint mettable, laquelle était la femme
tre en émoi Mlle Catherine Godu
sieur Denis, établi docteur
rillon, sa femme, et les dixen
médecine
dans la rue Sainlneuf enfants issus de leur
André--des-Arts, YÎs-à-Yis celle
union, bénie de Dieu, lesquels
de la Contrescarpe. Bien que
s'attablaient dernnt la soupe
M. Denis fût d'humeur atrafumante.
bilaire et quinteuse, ses grandes
Quarante-deux yeux, y comconnaissances médicales le faipris ceux de M. et de Mme Gilsaient honorer de l'estime du
let, se tournèrent vers l'étranduc de Montausier', de Mme la
ger qui troublait leur quiéduchesse d'Hanovre, voire
tude, et demeurèrent admiramême de celle de Madame,
tifs devant un gentilhomme de
belle-sœur du Roi. Le ménage
bonne mine.
Denis possédait une fille faite
M. Gillet," connaissant à sa
à ravir et douée des qualités
vue qu'il avaitafl'aire à un hôte
précieuses du cœur et de l'esd'importance, se leva de table
prit. Elle accompagnait sa mère
en soupirant, prit et moucha
dans ses visites de charité, et
!"une des chandelles et s'en fut
de fréquentes rencontres avec
dans la salle de compagnie où,
Mlle de Jussac amenèrent entre
pendant une heure d'horloge,
elles un commerce d'amitié.
il écouta patiemment les paroQuelques visites s'échangèrent.
les de son visiteur tardif.
Apparemment, la pieuse Mlle de
Celui-ci se nommait messire
Jussac n'était pas fâchée de
Alexis de Jussac, chevalier,
faire connaître à son frère la
marquis de la Morinière, et veparfaite beauté de son amie .
nait l'entretenir d'une curieuse
Catherine était, il e~t vrai,
affaire, dans laquelle il priait
de condition médiocre, mais
Il. Gillet de vouloir bien plaises charmes suffiraient peutder sa cause.
ètre à dégager Jussac des liens
Dès le lendemain, !"avocat
qui l'unissaient à certaine marse me liait à l' œuvre et se plonquise de mœurs dissolues, vigeait dans l'étude de quantités
vant en état de viduité, à lade pièces de procédure que lui
quelle il avait promis mariage.
faisait tenir M. de Jussac. Il
!Ille de Jussac ne se trompait
s'écbaulTait à cette lecture, et
pas. A peine son frère eut-il
bientôt il parlait en faveur de
connu la fille du docteur, qu'il
sa partie, avec le talent et le
s'en éprit éperdument et larezèle qu'on lui connait, par-dechercha en justes noces. li
vanl le Parlement de Paris, en présence d'un lendre, ledit Il. de Jussac, aide des camps el s'ouvrit à la marquise de sa passion, et celleCelle élude est c:ürai le ~u volume ; En mm·ge
,le 110/re llisloire , par le baron de )lariconrl, édilë.
à la Lihrai1·ie Emile-Paul. Pnx : 5 francs.
Soi:ncr.s. - Archives de la famille Gillet de la
flcnommière, Plaidoyers de ~I. Gillet.
i. l.a famille Gillet, connue dans les fastes de ln
magistrature, a donné plusieurs juriscofüultes de
marque au Pa rlemen t de Pdris, un doyen des procureurs dudit Pulemcnl, uuleur du code Gillet: un
prl'sident du Conseil souvera in du Roussillon, uo
èche1'În ,le Pnris, etc. l,'un d'eux, avocat de talent,
Pierre Gillet, seigneur de la Renommière, épousa

Catherine Gorîllon, fille d'un conseiller au Cli:111:let,
&lt;jui lui donn:i ,,ing-t-deux enfants. (n grand nombre
d'entre eux sun•l•curcnt. Une ll·,1dition comervée
dans ln famille veul que Mme Giliel ail un jour
com·iP, à souper une dame de condition qu'elle
n'nvait point vue depuis dC' longues annécB. « \'cncz
dans ln soirée, lui aura il-clic Jit; venez, Madame,
partager noire modeste souper el soyez assurée que
nous demeure1·ons en famille. »
Or, lori&lt;que la dame de condition s'en fut dans la
rue des ~O)ers, elle exprima ses regrets de ne point
êlre parée quand elle fut en face d'un forl nombn·ux cOuYerl. « Je vois, dit-elle à Mme Gille!, que

vous me faites une méchante affaire, car vous avez
c~ soir une société des plus !l considé~ables i. Dans
l'instant qu 'elle se courro~ça.il'. lli:ne Gillet la _rass~ru
en lui rli~a 11 t qu'elle avait ete nngt-d~u~ fois merc
et que bon nomlire de ses enfants cla1ent encore
en l'ic.
On lit une anecdote du même genre concernant
une famille bretonne, compûsCc d_e plu~ de. vin.gt enfants, dans les lUémoùe:s du géncral d Amlig11~ ...
2. llr-nriet te-Suzanne de Jussac de 1~ Mormiere.,
mol'te fille le 2K juin '1689 (carrés d'lloz1er).
3. Le gouverneu1· du Dauphin, époux de Juli~
d'Angenncs.

�~-------------------------

, . _ msTO'R,.1A
ci, bonne personne au demeurant et comprcn:ml qu'elle ne pouvait lutter contre les altrails sensibles de l'innocence, eut la sagesse
de déchirer la promesse de mariage &lt;[U'ellc
avait obtcnucdc son amant.
La famille Deni.;;, d'origine modcslc et peu
favorisée des biens de fortune, se montra tuut
d'abord ilalléc des avances du marquis. Le
docteur ne marqua point d'éloignrmcnt pour
ce projet, sans cependant recevoir dans sa
maison, par sé\'érité de mœurs, celui qu'on
destinait à ·m. fille. Ainsi le voulaient :tlurs
les baLiludes d'une bourgeoisie d'austère apparence. Quant à Mme Denis, clic ne fil pas
mystère qu 'clic aimerait assez avoir pour
gendre un h 1mmc de qualité. C'est la seule
imprrssion, manifestée par elle, que l'on
connaisse dans toute celle affaire où elle demeura tr~s effacée. Elle ne tarda poiat, du
reste, i, décéder.
Bientôt après sa mort, un ami de M. de
Jussac, le comte de Mauléon, grand seigneur
de Gascogne, fit à M. Denis l'honneur de rcnir
chez lui, en grand appareil, pour lui demandel' la main de sa fille au nom de son ami.
M. Denis agréa d'abord la demande el permit
à Jussac de « lui faire une visite en forme »,
,i;ite au cours de laquelle ledit Jussac pul
apercevoir celle qu'il aimait et entendre Denis
lui répondre celle phrase évasive :
- Vous me faites, monsieur, beaucoup
d'honneur, cl je penserai à ce que vous me
demandez ici.
Ces paroles, hélas! ' dissimulaient une défaite . Denis ne rnulait point marier sa fille.
Depuis la mort de sa femme, il \Î\"a.Ît sous le
charme d'une servante qui l"avait captivé, et

osera à peine, dans Ja cha!.leté de rnn langage, parler en srs plaidoiries de celle passion honteuse que Mlle Denis elle-même ne
voulait point révéler. Il est toutefois hors de
doule que c·est dans cette intrigue qu'il faut
rechercher l'origine des procédés iniques dont
le dorteur usa ,,is-à-,is de sa fille Catherine .
En effet, il "ne tarda pas à faire savoir à ~f. de
Jussac qu'il n·arail pas assez de biens pour
prétendre à fa main de sa fille. Le prétexte
était dénué de toute espèce de vraisemLlance,
car Catherine Denis n'élait point un bon
parti. Son père ne lui donnait pas de dol. Sa
mère n'avait laissé aucune espèce de fortune,
et, après avoir fait grand mystère sur la
situatioil pécuniaire de sa fille, Denis dira
plus lard qu'il ne peut rien lni donner de
son vivant et ne pourra lui assnrer que son
héritage après dfcès, afin qu'elle épouse
quelque homme de robe.
&lt;! Rare et merveilleux effort de tendresse
pour une fille unique, s'écriera alors le digne
M. Cillel, de tout lui donner quand on n'aura
plus besoin de rien! )J
D'autre part, au moment où il a fait sa
demande, Jussac élait apanagé d'une estimable fortune. li était riche à 5,000 livres
de rentes du chef de sa tante el de sa tante
feue Mme de !!aillé.
- Il rsl vrai, dit!!. Denis en avril 1G8G,
qnand on lui fait savoir l'état des biens de
Jussac; il est vrai, mais il est à peine gentilhomme, el je ne le puis qualifier &lt;[UC
d'écurer.
A une {poque où les litres nobiliaires possédï.tient aux Ieux de tous une incontestable
importance, la suffüancc de M. Denis porta

rés: comment! !Ille Denis est fille d'un médecin, cl de telles paroles petll'enl échapper
ii son p~re quand ma partie est l'aîné de la
maison de Jussac, qui tire son origine des
anciens comtes de Limoges par la branche de
Rochechouart? Sa généalogie, marquée pour
une des premières. et des plus illustres du
Poitou, remonte à cinq cents ans. Un de srs
ancêtres fut tué à Pavie, son trisaïeul a été
éle\'é auprès de- François Jer en qualité d'un
des enfants d'honneur que nous appelons aujnurd'hui menins. Il est allié aux premièrrs
maisons du roiaumc, entre autres à celles de
La nocbefoucauld, de Souvré, de Lavardin,
de Laval, de Matignon. li y a eu plusieurs
chevaliers de Malte dans cette maison, et
M. de Jussac, qui a été dans le service dès sa
première jeunesse, a mème eu l'honneur de
servir sous Monsieur I Par un malheur as~rz
ordinaire &lt;lans les plus illustres maisons, il
y a eu des detles dans la sienne, mais il lui
reste du Lien. On ne peut rien concevoir aux
prétentions de la partie adverse! )&gt;
füen, en effet, ne p~ut fléchir la rnlonté
de M. Denis. Ce que vopnt, sa malheureuse
fille s'en va, dans le courant du printemps de
168U, faire ses Pâques dans l'église de SainlGcrmain-Ic-Vieux, où elle retrouve Alexis de
Jussac, qui communie aYec elle pour obtenir
de Dieu la bénédiction de leur dessein. Denis,
à celle nouvelle, entre en fureur et accuse sa
fille d'avoir fait une communion sacrilège .
ci Eh! quoi, dit à cet égard U. Gillet, dans
un langage religieux qu'on aimerait voir
tenir à beaucoup de nos modernes avocats,
s'il en faut croire un soupçon odieux et criminel, on se sera présenlé avec un cœur impur à cette sainte table où l'on mange le pain
des anges! On aura profané, par des désirs
déréglés, le plus adorable, le plus sacré de
nos m) Stères ! On aura offert à Dieu, pour un
désir illégitime, un sacrifice auguste et redoutable devant qui tout tremble de crainte
ou de respect! Mais que le sieur Denis nous
regarde, tant qu'il lui plaira, avec des yeux
envenimés qui ont empoisonné ,jusqu'ici toutes
nos actions, on ne trouvera pas dans le public la même disposition à faire un crime de
l'acte de religion le plus respectable, cl celle
seule communion suffira pour justifier les
accusés. ))
Vers le mois de mai de la même année,
Denis, pour arracher du cœur de sa fille le
souvenir de celu~ qu'elle aime, la met au
couvent de Panlbcmont, d'où il la retire
quelque temps après pour l'envoyer aux FH!es
de b Miséricorde, dans l'espoir qu'on lui donnera la vocalion religieuse. A la .Miséricorde,
non plus qu'à Panthemont, elle ne voit personne sans un ordre écrit de son père. Dans
la situation de l'infortuné Jussac, il était difficile qu'il supportât patiemment de ne point
avoir de nournllcs Je Catherine. L'amour on le répète depuis longtemps en une phrase
stéréotypée - est fertile en expédients. Pcmr
tâcher d'entendre parler de celle qu'il aimr,
il prie une fille, nommée Uarie-Anne Masrnn, d'entrer comme pensionnaire à la Miséricorde. Elle y demeure douze à quinze jollrs
1

LE GRAND CHATELET.

qui, jalouse de 11lle Denis, cherchait, par les
moyens les plus perfides, à entraver son bonheur. Comme on le verra plus loin, M. Gillet

à son comble l'irritation des partisans du
marquis. (( Commcnl ! s'écria M. Gillet, quand
il connut, par la suite, ces propos immodé-

·et fait parvenir deux ou trois Jeures de Ju.:sac à sa compagne. J;e père, aux aguets, apprend hientOt cet in~ident et dépose une
plainte contre Jussac le 3 j:rnrier 10~7.
Cependant, comme les lettres (( étaient conformes à l'esprit de décence )), il est débouté
de cette plainte, et, au mois de mars miva11t, il relire sa fille pour la meure aux Ursulines de Sain le-.\ voye où elle est observée
plus exactement que jamais. De sorte qu'Alexis de Jussac, ayant pe:rdu jusqu'à l'espérance de pouroir même lui étrire, en C"st
réduit à chercher accès dans une maison dont
le quatrième étage a vue sur le jardin de
Sainte-A voie,
li y monle de temps à autre. Voilà encore
un de ses crimes aux yeux du père irrilé. Et
que pouvait-il, cependant, y aroir là de cri•
mine!? li voit quelquefois la demoiselle Denis
se promener avec d'autres pensionnaires,
sans pournir en être remarqué à cause de
l'éloignemrnt. li suit des yeux- faible con~olation - tous les tours qu'elle fait dons le
jardin. Il examine ses manières, son air, son
habillement; il écoule sa roix ,1ui parvient à
peine jusqu'à lui. Peut-être verse-t-il les
larmes de l'amour contrarié? llen vient enfin
à lrnsarder quelques bil1ets qui sont intC'rcrpiés. Ou n'y rencontre que la marque Je
l'estime et du respect, el, ct'pendant, M. D~nis contraint sa fille à écrire à Jussac qu'elle
ne l'aime plus. Le stilc forcé de la lellrc fait
assez comprt-ndrl! à celui-ci que cc n'est point
là le langage du cœur. De plus, comme la
demoiselle Uenis possédait un porlrait de lui
qu'on l'oblige à lui renroycr, il s'aperçoit
avec transport qu'elle a c,mscrvé l'original et
expédié la copie exécutée par elle, car elle
peint à ravir.
Que fait alors le médecin Denis? Il relire
sa fille en sa maison et l'enferme chez lui .
On fait rnystl·re aux domestir1ues eux-mêmes
de sa présence, et quand quelqu'un, dans le
quartier, s'informe qui est celle personne
invisible logée chez le sieur Denis, on répond
que c'est une dame de campagne qu'il soigne
d'un mal secret. Qui lui donne-t-il pour surYeillanle de ses acles? La ::enanle indignc)larie Pelil-qu'il dé.!-honorede son amour!
Celle frmmc, d'une réputation fort décriée,
la garde à vue, cl l'on im~gine aisément de
quels opproLres elle accaLlc Catherine Denis.
Marie Pelitjoinl la plus détcstaLle audace
au scandale de ses mœurs. Dans Je temps
qu'elle est dans la maison des Denis, elle
met au wond0 un enfant dont l'extrait b;:iplislairc porte qu"elle est &lt;( r~mmc de Jean de
La Motlrn, bourgeois dt! Tonnerre, le mari
absent J&gt;. Mais, quelques mois plus tôt, elle
prenait la qualilé de veuve de cc même Jeau
de la Mothe! Voilà donc Marie Petit veuve
avant la naissance de son enfant, puis ensuite
femme du même m;:l.I'i. A moins que le prétendu Jea11 Ll0 La Mothe ne soit ressuscité, on
aura peine à conœvoir deux qualités si 011posécs.
Quel éta;t le père de cet enfant? C\st cc
que n'osent affirmer d'abord les pièces de
procédure. Mais il est aisé de lire entre les

UNE S'ÉQU'EST'II.JITTON AU XV1l 0 Sl'ÈCLE -

lignes les soupçons qui se portent sur le sieur
Denis, malgré que, par respect filial, Catherine Denis n'ose accmer son père.
L'existence de l'infortunée devient intolérable entre son père et sa maitresse. Que ne

fcra-l-elle pas pour recouvrer la liberté!
Seule, s;:ins expéri('nce, sans conseils, elle
chcrchl' sans cesse l'occasion qui 1a pourra
servir, et quand celle-ci se présente, elle ne
la laisse point échapper.
11 chambre dans br1uelle on la tenait élait
la dernière d'une enfilade &lt;le plusieurs pièces.
Un jour où son père s'entretenait dans cette
chambre avec 1a Petil, on vint le quérir pour
une visile de malade fort pressante. li sortit
brusquement. Sa fille le suivit dans la salle
qui tenait à la chambre. La Pètil sui\·it aussi.
Comme Catherine, les yeux attachés sur le
portrait de feu sa mère, restait trop longtemps dans celle salle :
- fkntrons, dit Marie Petit avec aigreur.
Il fait froid ici.
Et, n'éiant pas dans la maison sur le pied
d'une servante, elle passa la première. Catherine, au lieu de 1a suirrc, retira la porte à
elle cl la ferma à douLlc tour .... La Petit
cria, hurla, frappa la porte à coups de poings
et à coups de pieds, cependant que Mfle Denis,
heureuse et tremblante, allait quérir l'l1ospitalité chez ~[me la marquise de Congnée.
parente du duc tle Afontausier, laquelle était
une amie et protectrice de sa dJfunLe mère.
Ceci eut lieu le 3 fé\-rier 1689, après une
longue sé{JllCSlration qui menaçait de ne
jamais prendre fin. Ilien qu'à cc moment
Catherine n'ait même pas vu M. de Jussac,
son père chercha à faire croire dans 1e puLlic
à un enlèvement cl déposa une accusation de
rapt contre le malheureux. JI eut même
l'audace, pour donner plus de force à son
accusation, d'avancer en juslicc que Jussai.:,
l'honnête Jussac, 1ui avait dérobé 400 pistoles.
Celui-ci, se reposant sur son innocence, ne
s'alarma p:&gt;int de celle plainte el se mon1ra
fort élonué quand, le 26 fcvrie~, il fut arrèté

~

cl conduit aux prisons du Chàtclel par décret
de prise de corps décerné bien légèrement
contre lui par le lieutenant criminel de Paris.
Denis fot très joyeux de cette victoire, mais
il s'alarmait de ne point voir revenir chez lui
sa fille qui, épouvantée à la pensée de rentrer
au domicile paternel, demeurait chez Mmcde
Congnée.
Jusqu'au 5 mai, les choses restèrent en
l'étal. L'inrortuné Jussac ne quittait pas la
prison, quand son cousin, le comte de Jussac,
gouverneur du duc du Maine, et qui périt
depuis à la bataille de Fleurus', el le marquis
de Congnée vinrent demander à Denis - la
démarche dut leur coûter! - s'il ne pourrait point se désister de sa plainte el faire
rdaxer leur parent.
- J'y consens, répondit le médecin, qu'il
fallait implorer, alors qu"on eùl été fort aise
de l'incarcérer lui-même. J'y comens, mais
rendez-moi ma fille.
M. de Congnéc promit Lien de faire ce qui
lui serait possible el s'adressa au duc de
Montausier, intermédiaire entre les deux
familles qu'il connaissait C:galemrnt. Le duc
obtint, à force 'de prières et de conseils, que
la demoiselle Denis rentrerait, non sans une
Yéritable angoisse, chez son père dénaturé.
C'est alors que celui-ci sa,·oura sa froide
vengeance. Il fit, il est vrai, élargir Alexis
de .Jussac, mais il ne ménagea point sa fille.
Sur-le-champ, il fit enfermer la malheureuse,
dont les appréhensions n'étaient que lrop
justifiées, dans la .Maison de 1a Proridenc\,
&lt;! communau!é établie pour recevoir, à 20 écus
de pension annuelle, de pauvres filles de
service justiu'à ce qu'elles aient lrouré une
condition. ,,
Il est aisé de conceroir la douleur el l'indignation de l'infortunée Mlle Demis quand
elle se vit entourée de personnes au5si grossières. l~lle écrivit à son père des lettres
touchantes, elle ne cessa de le supplier dl!
cha.ng~r son déplorable état, et le caracl~rl'
&lt;lu méJecin se révéla alors dans toute s 1
bir~arie. Jt sembla qu'il cùl pitié de sa fille.
t( Je comprends, lui dit-il en venant la vi~iter,
'luelle est mire angoisse préscntr, et je Yeux,
rna fil!c, vous mettre en meilleur lieu. 1~ A
peine s'était-il t!Xprimé lians ces termes, le
7 scplcm\Jrc 1G8~, qu'il cmmeni Catherine
dans un carrosse de lum::ge, sans lui dire où
il la menait.
La voiture roula pendnnt longtemps ....
Toul à coup, cil~ s'arrête derant une sombre
demeure. Un guichet ~·ouvre. Une femme
d'aspect revèchc fait entrer C11herine, et son
père s'esquive rapidement sans mol dire. On
lra\'erse un long couloir, un second guichet
s'ouvre encore. La voix rude d'une femme
du commun apprend à Catherine qu'il lui
faut changer de vêtements. La pauvre innocente s'imagine qu'on va l'habiller d'une
robe de religieuse, comme cela se pratiquait
alors vis-à-\'Îs des pensionnaires de quelques
couvents. Elle se dévêt en t,·cmLlant . Quelle
n\:sl pas sa stupeur c1uand on lui pr~sentc
1. Claude, comlc Je Ju~sac, ancien capitaine des
gardes du duc d'ûl'léans 1 morl en -1690.

•

�1f1STO'J{1.Jl - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - un déshabillé de cou1'euse, composé d'une
Or, suivant un registre du temps, on appe•
La réfugiée s'empara du taffetas, et sitùt
seule pièce de bure noire, d'une grosse cor- lait ainsi dans la maison « de petits cachots qu'elle eut quillé la Providence, elle s'en
nette plate en manière de coiffure et d'un noirs, fort affreux, oit l'on couche sur une
fut chez la cousine Denis, qui s'émerveilla
long mouchoir de même, descendant jusqu'à planche enclavée dans le mur, d'où pendent
en voyant une repentie dépasser le seuil de
la ceinture!
de courtes chaines, pour le col, les pieds et sa maison. Son indignation fut grande quand
lnterdile à la vue de cet habit, immobile,
elle sut que c'était en pareille compagnie
le cœur saisi, elle tombe de faiblesse sur une
que demeurait Catherine, alors que son père
chaise, ne répondant que par des larmes aux
la disait morte au monde, ensevelie dans un
duretés qu'on lui dit en la dépouillant.
bon couvent à plus de cent lieues de Paris.
Toutefois, elle ignorait encore dans quelle
La nouvelle en fut vite répandue dans la
communauté de Paris on donnait aux pensionfamille. Denis fut considéré comme l'homme
naires un équipage aussi lugubre; mais elle
le plus détestable du monde, et ses parents
le sut bient(Jt, lorsque, entourée d'une troupe
Mposèrrnt une plainte contre lui. M. le Lieude filles vêtues comme elle, qui la traitaient
tenant civil de Paris s'empressa de courir au
de sœur et de compagne, elle apprit que
Refoge et, ayant cnlendu conter les malheurs
c'étaient les excès de la plus inràme proslide Catherine, il l'en tira pour la mener an
tution qui les avaient fait inlernn en ce lieu.
couvent de Port.nopl, sous la prolection de
Mlle Denis était enfermée à la Providenee _.
la supérieurP, la vénérable Mme de Harlay 1 •
dépen~ance du triste reruge de Sainte-PélaLa pauvre fille en pensa, dit-on, mourir de
gie!. .. Je laisse imaginer au lecleur et sentir
contentement.
par lui-même le trouble, le saisissement, la
Preuve du respect de 1a puissance paterdouleur dont elle lut frappée à celle nouvelle.
nelle à celle époque, M. Denis ne lut pas
L'art ne fournit point de traits assn forts ni
même inquiété. Sa fille se contenta de déposer
assez heureux pour peindre une situation si
une plainte pour prolester contre le mémoire
viYe. Quel séjour pour des oreilles chastes et
qu'il lui avait extorqué, et M. Denis 2, sans
un cœur innocent!
plus s'en occuper, ne craig-nit point de dire
La nuit venue, on la conduisit dans la
qu'il était fort irrité du commerce entretenu
cellule qu'on lui avait destinée. Qu'était-ce
par Catherine avec une fille de mauvaise vie,
alors que la chambre d'une fille repentie?
telle que celle qui lui avait ouvert les portes
Les pièces du procès nous permettent de le
du Refuge. C'était dépasser les bornes de
dire : " Les cellules du Dortoir de la Provil'audace, et M. Gillet le lui fit durement
dence sont de petites chambres qui n'ont d'esentendre, en disant qu'il ne fallait poiol
pace que pour une couche fort étroite et une
s'attendre 1&lt; à ce que Mlle Denis rencontrât
chaise de paille.A chaque porte est une petite
des rosières au mauvais lieu où son père
fenestre grillée et un trou par où l'on passe les mains. L'on donne à celles 11u'on enferme l'avait si cruellement recluse 1&gt;.
à manger. Chaque chamhre reçoit par cette plus ou moins de ces chaines, selon que la
Cependant, que &lt;lever.ait M. do Jussac?
fenestre et le trou la lueur d'une lampe qui faute est plus ou moins griève u.
Eut-il connaissance du séjour de ~a bienen éclaire quatre à la fois et. ne reste allumée
Une fille s'effrayerait pour de moindres aimée dans une maison de Elles repenties? Il
qu'autanl de temps qu'il faut pour se mettre menaces. Catherine Denis signa le mémoire
est permis de ne point Je croire, car des
au lit, après quoy l'on ferme toutes les portes sous promesse d'être mise de suite en liberté. pièces du procès il ressort que l'infatigable
en dehors avec de gros verroüils. J)
Cependant, prise d'un remords, elle allait le amoureux ne put lui donner aucun signe de
Ainsi enrermée, Mlle Denis ne put contenir déchirer au moment où son père quiuait la vie depuis un jour où, à la Miséricorde, il
ses gémissements. Le bruit en vint jusqu'aux maison. On le lui arracha des mains et lui avait fait tenir une promesse de mariage
oreilles d'une offi,cière qui monta pour lui M. Denis s'en fut, emportant le mémoire ... signée de son sang. Cette promesse fut enfin
dire que, si elle ne se taisait pas, on la met- et laissant sa fille au Refuge.
suivie d'un simnlacre d'exécution qui donne
trait en un endroit où elle ne troublerait
Deux mois encore elle y demeura. Sa dou- une idée des mœurs du temps.
le repos de personne. li fallait étouffer sur ceur et sa sagesse édifiaient ses indignes
Le 14 novembre 1692, Catherine, alors
l'heure des sanglots el des plaintes. Elle compagnes, et l'une d'elles chercha à la servir pensionnaire de Port-Roya], atteignit sa majos'était jetée toute habillée sur son lit et sa dans la mesure de ses moyens. C'était une rité. Aussitôt, elle adressa des sommations à
nuit tout entière s'écoula dans les larmes et fille qui avait purgé sa peine et qui allait son père et fit dresser, par-devant un notaire
l'insomnie.
quiller le Refuge. Catherine Denis s'ouvrit à convoqué dans l'austère couvent, un contrat
Combien en passa-t-elle par la suite de elle de ses malheurs, el la fille repentie de mariage entre elle et M. de Jussac, qu'elle
semblables! Que d'affronls elle subit! Que promît son concours à « l'honnête prisOJ\· ·n'at10it pas vn depuis bientôt sept ans et
d'amertumes elle dévora sans oser même Jes nière ii. Il s'agissait de prévenir les parents de qui ne comparut point à la cérémonie, n'ayant
adoucir par la trisle consolalion que l'on Catherine Denis de sa détention. Que faire? pas obtenu licence de rencontrer Catherine!
trouve dans la liberté de se plaindre! C'est li n'y avait point d'encre dans la prison. 11 signa l'acte dans l'étude du notaire, après
ce qu'elle conta par la -suite à ses parents Toute correspondance y était interdite!
que cette formalité eut été remplie à Porlémus, quand elle sortit de cet infernal séjour.
Catherine confia à sa compagne l'adresse Rosal par tous les parents de Catherine, son
Vingt mois s'y écoulèrent sans qu'elle en- et le nom d'une de ses parentes. Mais ce père excepté, el par !!me de Harlay.
tendit parler de son père et sans qu'elle pût renseignement verbal ne suffit point à éclaiEn face de cet événement, la colère du
faire connaître, à qui que ce soit, sa 5ituation rer la bonne pécheresse un peu bornée qui sieur Denis ne connut plus de bornes. Depuis
déplorable. Un jour, cependant, son père lui venait en aide. A chaque moment, e!Je longtemps s'échangeaient entre lui et la partie
vient la voir et ,·eut la contraindre à sianer
oubliait l'adresse indiqul,e... . Alors, avec Jussac de nomLreuses pièces de procédure,
0
un mémoire qui contient de calomnieuses lïngéniosité des prisonniers, Catberine s'avisa appels, contre-appels et autres, dont le détail
accusations contre I\1. de Jussac. Elle résiste. qu'un morceau de taffetas noir qu'elle avait
1. füêce de François de llarlay, archevêque de
- C'est bien, ma fille, lui dit M. Denis. dans sa misérable garde•roLe l'erait assez
Pans: elle fut cnsuifo ablics~e de l'Abbayc-au-J;ois, oi,
C'est bien. On va, pour lors, rous mettre au bien son affaire el, patiemment, elle y traça, clic porla les erreurs du jansënisme.
2. Elle appela aussi de la _sentence que son pêre
pain et à l'eau dans les Jacquelles, et vous y par le moyen de la couture, l'adresse et le
avait olllenue du lîeolenant civil, le 7 septembre 1689,
passerez le restant de vos jours.
nom de sa parente.
autorisant son iuterncmcut au fü•fuge.

UN"E S"ÉQUEST"J/,.JtT10N .JtU xv11, Sl"ÉCL"E - - ,

ici serait fastidieux. Disons seulement qu'en
recevant de sa fille trois sommations respectueuses, il fit paraître un mémoire calomnieux - véritable chel-d'œuvre de perfidie
- accusant Jussac de rapt, d'enlèvement et
de subornation. C'est à cette dernière accusation que répondit Gillet dans deux beaux
plaidoyers prononcés à la Tournelle en 169;;.
D'enlèvement et de rapt, il ne pouvait être
question, car, depuis sept ans, Jussac et Catherine vivaient éloignés l'un de l'autre dans
J'égale tristesse qui convient aux amants
contrariés. Gillet, à cet égard, se livre à quelques réflexions qui donneront idée de ce que
ce mot de rapt évoquait dans l'esprit des
juristes en un temps oll les difîérences sociales étaient chose d'importance.
&lt;c Ce qui fait proprement, dit•il, le crime·
de rapt ou ~ubornation, c'est le désavantage
et le déshonneu'r de l'union; et toutes les
ordonnances que nous avons contre le crime
de rapt et les mariages clandestins n'ont é1é
faites que pour empêcher l'inégalité des
alliances dans les mariages, car celle de 16:iU,
qui est la plus célèbre en la matière, dit que
c'est pour arrèler le cours du désordre qui a
troublé le repos de tant de familles et flétri
leur honneur par des alliances inégales et
souvent honteuses et infàmes. &gt;&gt;
Le cas de M. de Jussac est tout à l'encontre
de celui prévu par les lois. Bien plus, c'est
lui qui, peut-être, a élé C( suborné n par Catherine! Et cette hypothèse un peu osée se
développe sous la plume de Gillet, dans une
forme charmante, encore qu'un peu ironique,•
qui mérite d'être tout au long rapportée :
&lt;f Une fille séduire un homme plus âgé
qu'elle? La proposition paraît un paradoxe;
mais la séduction dont nous l'accusons est
une séduction fort innocente el nous ne pensons pas à nous en plaiqdre. Cette séduction,
c'est la seule force de son mérite, et, pour Ja
séduction du cœur, les filles les plus âgées
ne sont pas les plus à craindre. Elle avait
dix-huit ou dix-neur ans quand le sieur de
Jussac l'a recherchée. A cet âge, que les
charmes sont puissants! Peut-on dire qu'à
dix-huit ans et dans un âge plus jeune encore, une fille ignore l'art de plaire, l'art
d'engager, qu'elle est incapable de séduire?
Dans un âge où le premier usage que l'on
fait de sa raison est de se connaitre aimable
ou de se chagriner de ne l'être pas; dans un
ttge où l'on compte pour le plus grand de tous
les maux une maladie, parce qu'elle grossit
le teint, cave la peau et laisse quelques sillons
sur les joues; dans un âge où l'on perd tous
les jours tant de temps à consulter ce qui
sied ou ce qui ne sied pas; à étudier des manières engageantes, à composer son air, à placer une mouche, à rendre un sourire agréable,
à apprendre à ses }'eux le dangereux langage
qui, arec un regard doux et languissant et
des œillades tendres, porte le feu dans l'âme
la plus tiède? A quoi bon tous ces soins?
Pourquoi tant d'inquiétudes? El que veut di rc
tout cela, sinon que, dans la funeste science
de séduire les cœurs, presque toujours la
malice devance l'âge .... J&gt;

Tandis qu'en la chambre de la Tournelle,
M. Gillet prenait la défense du marquis de
Jussac, le &lt;1 Tout-Paris n d'alors s'intéressait
à ce curieux procès, fruit d'une obstination
paternelle que l'on a peine à concevoir.
!I. Denis avait de puissants protecteurs. Chacun s'efforçait vainement de le ramener à des
sentiments plus humains. Lo duc de Montausier lui fit entendre quelques paroles conciliantes. La duchesse d'llanovrc ne dédaigna
pas de lui représenter que li. de Jussac était
un parti de tout point avantageux pour sa fille.
Enfin, on parla de cette aventure en aussi
haut lieu qu'il soit possible, à la Cour! Madame, la célèbre Madame, duchesse d'Orléans, palatine de Bavière, s'en fut, un jour,
visiter Catherine Deni, à Port-Royal cl voulut
bien, après avoir Illandé son père, s'abaisser
jusqu'à faire de fortes instances auprès de lui
pour qu'il consentit à un mariage désiré par
elle, ::.econde princesse du royaume!
Tout fut en vain. Denis demeura dans sa
farouche obstination, que personne ne pouvait concevoir.
« Une conduite si outrée, disait Gillet, e:;t
certainement uae preuve bien convaincante
que le cœur de l'homme est un abime qu'on
ne peut sonder. L'on entreprend en vain
l'anatomie de celui du sieur Denis. L'on
fouille, en vain, dans tous les replis de cc
cœur, pour trouver la passion qui le domine.
C'était, d'abord, disait•il, pure amitié pour
sa fille ... . Met-on une fille au Refuge par
amitié? Est-ce la voie de lui trouver un bon
parti? .. . Aurait-il de la haine pour elle? Mais
quoi! un père haïr son propre sang, ses
entrailles, sa fille unique ... Serait•ce prévention! entètement? Porta-l•on jamais l'opiniâtreté, la bizarrerie si loin? Serait-ce grossièreté? mauvaise humeur?
« Quelle apparence qu'un homme éle,é
à Paris, qui a vieilli dans le centre de la politesse, n'eût pas corrigé ce qu'il y aurait eu
d'inculte dans son éducation ou de sauvage

Qu'est-ce donc enfin, si ce n'est ni amour, ni
haine, ni caprice, ni obstination, ni ,·engeance, ni amour-propre, ni intérèt, ni férocité naturelle? Ce pourrait être tout ensemble.
C'est peut-être un amas confus, un assemblage de diverses passions violentes, qui ont
produit un sentiment monstrueux, qu'on ne
peut ni concevoir, ni définir. 1&gt;
Pe11dànl que M. Gillot parlait ainsi, de
sourds murmures d'indignation se faisaient
entendre dans la salle, et quand Denis sortait
de la Tournelle, les huées de la foule le suivaient aussi dans Paris. Il est vrai que le
docteur portail le comble à son audace, li en
arriva;\ demander que M. de Jussac fùt con•
damné à mort comme suborneur. Ce que
YO)'ant, Gillet, rempli d'une juste Jureur,
se décida à dévoiler à demi au public les
honteuses raisons qui motivaient l'attitude
de Denis envers sa fille. li s'indigna d'abord
do l'obstination de Denis. cc Quel est donc,
s'écria-t-il, cc crime impardonnable, aux
yeux d'un père? Règle-t-on comme on veut,
au gré d'autrui, les mouvements d'une pas•
sion impérieuse qui fait la loi à toutes les
autres passions? Se défait•on ainsi d'un sentiment opiniâtre qui se nourrit de difficultés
et d'espérances?
({ C'est un torrent qui grossit, qui acquiert
de nouvelles forces contre l'obstacle d'une
digue, un brasier que le vent de.s contrariétés enflamme davantage, un l'eu qui n'était
qu'une étincelle dans sa naissance et qui
devient un grand incendie dans ses progrès ....
&lt;c Et maintenant que le sieur Denis porte
la fureur jusqu'à demander le sang de ma
partie, suis-je obligé, sans trahir mon ministère, de garder toujours, avec ]a même
retenue, des ménagements qui n'ont servi
qu'à rendre notre accusateur plus hardi, plus
emporté, plus téméraire? Ce qui a perverti si
indignement le cœur de ce père inhumain,
c'est une brutale passion qui a donné aux
enfants du. crime toute l'affection, toute la

L'ÉGLISE DU COUVENT DE PORT-ROYAL, AU FAUBOURG SAINT-JACQUES,

D'aprês la gravure ae l.

dans son tempérament 1L'imagination s'épuise
en rénexions inutiles, l'esprit se perd à chercher le ressort d'un mouvement si déréglé.

.... 262 --..\1

263 ""

MAROT,

tendresse paternelle, et n'a réservé pour la
fille unique et légitime qu'une aveugle insensibilité, qu'une cruauté inouïe .... l&gt;

�, - filSTORJ.JI - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - Ainsi donc, l'enfant de Marie Petit, soidisant femme de Jean de La Molhe, est, à
n'en pas douter, le fruit ou l'un des fruits du
honteux commerce du médecin Denis et de
sa servante! li faut que Gillet soit poussé
jusque dans ses derniers retranchements pour
dévoiler cc crime, que l'honnête Catherine
voulait cacher à tous .. L'agent de toute cette
ttSnélireusc intrigue, c'est la Petit qui non
seulement est jalouse, comme on l'a vu plus
haut, de la fille de son amant, mais qui, par
de sourdes menées, cherche à la faire interner
dans un couvent pour le reste de ses jours.
Son fils illégitime bénéficiera de celle habile
mesure.
Quand les _juges et le public curent la parfaite connaissance des &lt;&lt; dessous ,, de ce scandaleux procès, l'affaire ne traîna plus en longueur. La dernière et brillante plaidoirie de
M. Gillet, en date du 11 avril 16\J:i, soutenue
contrccelle de M. de Betz, en faveur de Denis,
acheva de perdre le mauvais docleur dans l'es-

prit de la foule et des membres du Parlement.
Par un arrêt du 6 juin de la même année,
il fut ordonné &lt;&lt; que l'écrou d'emprisonnement du sieur de Jussac serait rayé et biffé,
la détention de la demoiselle Denis, en la
maison de Sainte-Pélagie, déclarée injurieuse,
tortionnaire et déraisonnable, et que M. Dorijat, doyen des conseillers de la Cour, se
transporterait au monastère de Porl-Hoyal
pour saYoir si elle persistait dans son désir
de mariage ,, .
M. Dorijat se transporta à Port-Royal, cl
comme Mlle Denis lui dit, avec une certaine
véhémence de paroles, qu'elle persistait plus
que jamais dans ses desseins, la Cour ordonna,
le 22 juin 1695 :
(( Qu'il serait procédé à la célébration du
mariage d'entre elle et ledit de Jussac,
nonobstant toutes oppositions ou appellations
failes ou à faire! ll
On imagine aisément que Catherine ne se
fit poinl prier pour quiller Port-Royal, quand,

avec sa bienveillance habituelle, la vénérable
Mme &lt;le Harlay vint lui marquer qu'elle était
libre.
Comme dans les contes de Perrault ou de
Mme d'Aunoy, les tristes arentures qui précèdent se terminèrent par un heureux hymen.
Après sept années de constance et d'amour
contrarié, les deux amants s'épousèrent en
justes noces, et il y a tout lieu d'espérer, bien
que l'histoire demeure muette à cet égard,
qu'ils vécurent longtemps et qu'ils eurent
beaucoup d'enfants.
Quant à l'honnète M. Gillet, qui joua un
peu dans tout ceci le rôle de la l'éc bienl'aisante, il n'eul point à regreller l'ineommodilé
que lui avait causée M. de Jussac, par un
dérangement tardif, au cours d'une soirée
d'hiver, car, ayanl agi en homme de bien
autant qn'en avocat de talent, il grandit
encore dans la considération de ses concitoyens et dans l'estime de Mlle Catherine
Gorillon, sa femme.
BARON DE

,.,-

MARICOCRT.

telle était la spécialité de U. de Jlonlrond, des autres, ,, ce trait fameux qu'Alexandre
quand il s'y reposait de jouer gros jeu, de Dumas fils glissa dans une de. ses comédies,
calculer en secret, d'intriguer au dedans et qu'on pensa restituer à Mme Émile de Girarau dehors, pour lui-même ou pour M. de din, et dont l'ami de Talleyrand fut le véri'l'alleyrand. li les gardait à son compte ou table père. C'est encore lui, l'ancien roué du
les repassait au voisin; et, sauf qu'il oc les ven- Directoire, qui avait lancé la rénexion trop
Un homme d'audace et d'esprit, un intri- dait peul-être pas, il ressemblait à ce Rouge•véridique, ordinairement mise au complc du
gant de haut vol : Sainte-Beuve l'enferma mont, passé maître dans l'art d'improviser
prince de Bénévent et que La Rochefoucauld
tout entier dans une seule ligne. Le beau, des mots, voire des mots historiques réservés eùl signée· «S'il l'OUS a1Ti1•e q11elque clw.~e
l'insatiable Montrond I eut, à son actif, trois aux grandes occasions.
d'heureu.r, ne uwnque::; pas d'alle1· le dire
faits signalés. Il fut le sauveur el l'époux, au
à
1•os amis, afin de leur faire de la peine. »
cfc&gt;
deuxième tour, de « la .Jeune Captive, ,, la
Dans le bon temps de ses rapports familiers
hcllc Aimée de Coigny, duchesse de Fleury.
c1 S'il était possible, remarquailllme S... ,
avec le grand chambellan de Napoléon et
Il mil en échec la vcrlu miraculeuse de J u- de réunir les grains de l'esprit de Montrond, Louis XVIII, il était reçu partout et, si nous
lielle l\écamier. Et Talleyrand, par de longues cc serait, à coup sûr, le chapelet de l'ancienne en croyons Mme de Coigne, fèté, recherché
années de compagnonnage, le porta dans un amabilité franraise, mais cc ne serait le code
par beaucoup de gens haut placés. Cc crédit,
jour si public qu'il ne fut plus possible, dé- de la morale d'aucun temps ni d'aucun l'ondé sur une équivoque, ne dura pas tousormais, d'avoir la vision de l'un sans que peuple. »
jours. Tallcyrand se fatigua d'entendre le
s'y rellétàt, comme une vivante contrcDétachons l'un des grains d,1 ce rosaire. mème refrain, pendant quarante ans. ~lontépreu vc, l'image de l'au lre. Devant Montrond )!me Davidolf, quêtant, lui demandait sa rond, vieilli, malade et pauvre, termina dans
on disait de Talleyrand jeune : « // est si contribution en faveur des filles repenties : une médiocrité relative une existence conduite
ai111able! ,, - cc Jl est si vicieu,r.1 l&gt; ajou- cc .l!rulame, lui objecta-t-il, si elles sont sans méthode et sans but. li trouva, pour
lail-il.
repentie.&lt;, je ne lem· donnerai pas: si elles abriter ses derniers jours, des consolations
Sur le lard, le prince voulanl expliquer ne le sont pas, je ferai mes clw1·ilà moi- auprès de l'ex-merveilleuse Fortunée Hamelin,
les raisons de son attachement pour le per- mrme. l&gt; C'est Montrond qui disait plai- dont il avait été l'amant, au plein de leur
sonnage un peu singulier qu'on voyait partout samment de l'orgueilleux Cambacérès : « Je jeunesse brillante, qu'il avait lassée de son
avec lui: c&lt; Save::;-vous po11rquoi j'aime asse" 1•iens de lra1 el'ser les Tuileries el j'ai eu humeur singulière, de ses injustices, de sa
ce Montrond? C'est }J(ll'Ce qu'il n'a pas
l'honneur de voir /'a1·chicha11ce,lier qui s'ar- déloyauté même, et qui lui fut secourable
beaucoup de pr~ju,qés. » - « Save::;-1•011s chipro111e11ait. ,, C'est lui qui, sur une ques- lorsqu'il Yint s'abattre à ses pieds, mourant,
pourquoi j'aime faut JI. de Talleyrand~ tion d'emprunt particulier, répondait à James
goùter auprès d'elle encore 11ucl11ues heures
répliqua celui-ci. C'esl parce qu'il n'en a pas de Rothschild : &lt;c l,es affaires, c'est l'm·genl de douceur et de paix, enfi a rester dans la
du tout. 1&gt; Faire des mols dans le monde :
2. /,ellrr.ç de Forlw1f,, lfa111eli11. Paris, le 12 dé- mémoire de celle qui lui pardonna, &lt;I comme
1. Tallcwand l'ayail qualifié : /'Eufa11t Jésus de
ccmhrc 181,;ï. P. p. .\. Gayol, Brnilc-Paul, édi- le plus aimable des vieillards, le plus reconl'E11frr. •
leur, 1911.
naissant des amis et le plus noble chrétien 2 • ,i
1

J'ose. 46.

FRÉDÉRIC

Cïicbê Giraudon.

LOUÉE

ÉLISABETH D'AUTRICHE, FEMME DE CHARLES IX , ROI DE FRANCE
Tableau de

F R ANÇOIS

CLOC ET. (Musée &lt;lu Lou\Tc. J

�LA CHOUANNERIE

NORMANDE AU TEMPS DE L'EMPIRE
~

Tournebut
-

1804 -1809 -

Par G. LENOTRE

CHAPITRE IV
D'Aché

damations it maintes reprises formulées pa1·
Bonnœil, avait continué it ravager la terre de
Dounay, pour en tirer profit immédiat, coupant les bois, débitant en fagots les charmilles, abattant les hêtres centenaires; le
chàteau lui-même, dont la façade s'allongeait
naguère au bout de solennelles avenues, avait
souffert de ses dévastations; ce n'était plus
qu'une masure, aux portes ballantes, au toit
effondré où Acquet s'était réser1•é un logement, abandonnant le reste aux ravages des
saisons et du temps. Rembuché dans cette
ruine comme un fauve dans sa bauge, il ne
supportait aucune atteinte à ce qu'il appelait
ses dl'oil.~. Mme de Combray ayant voulu, en
1803, passer le Lemps des moissons dans ce

Le domaine de Donnay, ~ilué à trois lieues
de Falaise sur la route d'llarcourt, était une
de ces terres dont Acquet de Férolles al'ait
usurpé la possession, sous couleur de les
soustraire au fisc et de prendre en main la
gérance des biens de son beau-frère Bonnœil,
émigré. Or, celui-ci était depuis longtemps
rentré en jouissance de ses droits civils et
Acquet ne lui cédait pas la place : ce terrible
homme, agissant au nom de sa femme
comme créancier de la succession de r~u
M. de Combray 1 , aYait engagé contre ses
beaux-frères toute une série de procès ; il s'était révélé si habile procédurier qu'il était parvenu, bien que
lime Acquet eût depuis longtemps formé
contre lui une demande en séparation,
à vivre sur les biens des Combray où
il se maintenait comme en pays con&lt;1uis, au moyen de tout un arsenal de
text~s, tirés, suirant l'occasion, de
l'anden droit coutumier de Normandie,
des lois révolutionnaires ou du Code
Napoléon. Traiter ces questions, dans
le détail, serait fastidieux. et inutile :
il suffira de saYoir qu'à l'époque où
nous a conduit notre récit Mme Acquet
n'avait, pour toute ressource, qu'une
pension de deux mille francs que lui
aYait allouée, à Litre de provision, un
jugement du l er août 1804. Elle vivait
seule à Falaise, dans l'hôtel de Combray, rue du Tripot, assez vaste immeuble composé de deux corps de logis
dont l'un se trouvait vacant par l'absence de Timoléon, fixé à Paris. Mme de
Combray s'était chargée de subvenir à
l'entretien de ses petites-filles : elles
avaient été reléguées à Rouen, dans
une pension tenue par uue dame Du
LA TOUR DE TOURNEBUT, D.\:'iS SO:'i ÈTAT ACTUEL,
Saussay".
Prévoyant bien que celte situation ne
serait pas éternelle, Acquet, en dépit des l'écbàtcau où s'étaient &lt;!coulées ses années heu1. A la mort ,.le son p~re, en 1784, Donnœif l'ainé
des lits, av:1it hàité d~s terres de Combray, Donnay,
llonuœil el Le~sarl. Le second fils, Timoléon, reçut la
rn.;ison ,le Falaise, d'autres immeubles, des rentes cl
m, capital de v:i.:540 Ji\'rcs. Jlonnœil ayant été in~crit
sur la liste des émigrés, le séquestre fut mis sur ses
hicns; _ses deux sœms, ~lme d'Jloucl e_t )lm~ ~cquet,
réclamcrent alors une deltvrancc du bien hcrpd,taire
pour leur tenir lieu de leur légitime N leur réclamation f'ut admise jusqu·à concurrence &lt;le la moitié de
leurs droits : 1111 arrêté du 13 nin)s~ an IX envoya

lime Ac&lt;1uet en possession des Liens séquestrés ~ur
Bo11nœ1l Jllsqu'a concun·(•ncc d'un capital de
32.114 francs. lime de Combr;iy inlerdnl à ,on lour
pour la liquidation de; droits qu'elle arail i, cxercrr
rnr la succes1ion de s011 mari; les cho~es en étaient
là, quand Donnœil, amnistié, réclama la toi.alité de
ses bien:;. La s1laalion, comme on voit, était un nid ,i.
procès : il semble hien qu·elle ne fut jamais complètement liquidée à la complète satisfaction de tous le;
inlé1·csst~s.
2. Archil'cs dr la famille de Saint-Vi('lor.

reuses, où tous ses enfants avaient été élevés,
il l'en avait fait expulser par huissier, et la
marquise s'était réfugiée au presbytère du
village, vendu comme bien national lors de
la Rél'olution, et qu'elle avait racheté de
compte à demi arec la commune pour le
rendre à son ancienne destination•. Comme
aucun desservant n'avait encore été nommé,
elle put s'installer là, tant Lien que mal, à la
grande colère de son gendre qui considérait
celle intrusion comme une bravade.
Deux ans plus tard, )fme de ComLra)'
n'avait pas à Do1inay d'autre asile et c'est à
ce presbytère, toujou!'s inoccupé, qu'elle
amena d'Aché; ils y arrivèrent le f 7 juillet
au soir. li ne pouvait être question, pour le
proscrit, d'un long séjour dans celle
maisùn très en évidence et sans cesse
exposée a l'espionnage haineux d'Acquet. Il y demeura cependant quinze
jours, nese cachant pas, chassant même 1
et recevant quelques visites, celle de
Mme Acquet, entre autres, qui vint de
Falaise pour voir sa mère et qui rencontra là d'Aché pour la première fuis .
Au commencement d'aoî1t, celui-l:iquittait Donnay et Mme de Combray l'accompagna jusqu'au château d'un voisin
de campagne, M. l)escroisy::, où il passa
une nuit; au petit jour, il s'éloigna à
cheval dans la direction de Bayeux.
Mme de Combray seule était dans la
confidence du lieu où il se relirait.
D'Aché avait, dans la région, le
choix de plusieurs asiles. Il était particulièrement lié avec la famille Duquesnay de Montfiquet, qui habitait
Mandeville près de Trévières. M. de
)fontfiquet, gentilhomme d'une grande
loyauté, mais parfaitement insignifiant,
ayant émigré au début de la Révolution, sa terre de Mandeville avait été
mise sous séquestre, son chàtcau pillé
et en partie démoli. 1\Ime de Montfiljuet,
femme de tête et d'énergie, restée sans
ressources avec ses six tilles, s'était réfugiée chez les d'Aché, à Gournay, où elle

:;_ « Celui qui l'arnit achclé d'abo1·d 1·uulut s'en défaire cl le proposa aux habilanls de la commu11c au,
11uels il le l'Cndit 3600 francs cl ma mère a fourni la
moitié de la somme. » Interrogatoire dt· Bonnœil.
Archi1·es du greffe tle la Cour &lt;l'as,iscs rle Rouen.
4. Interrogatoire de Guillaume, dit Lanoë, 4 janvier 1808. Arch. du greffe de la Cour d'assises tic fluuen.
:;. « - Qui est ce )1. J&gt;escl'Oisy? - c·cst 1111 gentilhomme des cnrirons, fils de li. de )lanoury, ancien
ami de la maison. , Interrogatoire de Lanoë. )1, Dcscroisy habitait à Les lloulicrs-cn-Cinglais.

�, - - 1flSTO'RJA
passa loul le temp, de la Terreur 1. lime d"Acbé
garda mème auprès d"elle, pendant cinq ans,
une des jeunes filles, Henriette, qui l·tail disgraciée el bossue, mais d'une intelligence
remarquable.
M. de Montfiquet, revenu de l'étranger en
l'an Vil', avait tant bien que mal reconstitué
son petit domaine de Mandeville : il y vivait
pamrement avec les siens dans l'espoir du
retour de la monarchie qui rJmènerait dl's
jours meilleurs. Tous ces motifs assuraient
l.i, à d'Aché, non seulement un abri s11r,
mais un concours de tous Ies instants; Je
très pl'Lit nombre de personnes au couraat de
ce 11ui se passait à MandC\'Îlle étaient persuadées que )Ille llenrielle avait sur le proscrit
une rrrande iuOuence et qu'elle (:tait, depuis
]ong~mps, sa nrnitresse:;. Ile Lnü unanime,
elle recevait toutes ses confidcnecs et Je servait en admiratrice passionnée. Ue fait, elle
lui amil ménagé, pour les cas d'alerte,
d'autres retraites aux environs de Trévières :
l'une au moulin de llungy, l'autre cbez M. de
Canlelou à Lingèvres; une troisième enfin,
chez un tanneur tic Ba~eux, nommé la Péraudièrc. Et, pour l'escorter ~ans ses expéditions, elle a\'ait recruté un homme d'une
audace inouïe qui brigandait depuis dix ans
dans la région ; il avait 11 ,·cnger la mort de
ses deux frères, tombés dans un guet-apens
et fusillés i1 Bayeux en 1796; on rappelait
David l'Jntrépide. Dix fois condamné i, mort
et certain d'être immédiatement fusillé s'il
était pris, Ualid n'avait pas de domicile; par
les nuits de tempête, il s'embarquait dans
un canot qu'il conduisait et. sûr de n'être
pas rejoint, il gagnait l'Angleterre où il servait de commissionnaire aux émigrés; on
as:-ure même qu'il n'était pas sans influence
dans l'entourage du comte d'Artois'. Quand
il séjournait en France, il logeait chr.z une
vieille dame, ancienne gouvcrnanle d'un conseiller au Parlement de Normandie', qui habitait seule un ancien hôtel de Bayeux et à
qui \Ille Henriette de \lontfiqucl l'avait
recommandé. David n'y tenait pas grand'place; quand il arrh·ait, il faisait basculer
deux marches de l'escalier machinées i1 son
idée, se glissait dans une caYité que cette
manœuvre découvrait et remettait la chose
en placr; toute la gendarmerie du Calvados
aurait pu monter au premier étage et en
redescendre sans se douter qu·un homme
était caché dans la maison où, d'ailleurs, on
ne le chercha jamais 8.
Tels étaient les moyens et le personnel
dont disposait d'Acbé 7 sur son nouvt&gt;au terrain d'opérations : une pauvre fille bossue
1. .-\rchi,·es natioo:iles. l)o)o,ier Montfiquet. F• 8li 1,
'2. luten·oga.toirc de l\ichard. ~liche! Guilherl,
7 jan\'ier I Rtl8 ..\1·d1iH s du grclfo de la Cour tl'usi~!
de lloul'n.
3. Déclaration du notaire Lcfcl.m·c . Lellr'e du prffct
,le la Seinc--Inlérîeure i Réal. ArdlÏn!s n:tlionalei:.
F' 8171.
i. a: Cel homme serait d'autant plus rsscutiel i
entendre qu'il a aecompa;,'Ill" M. Ale.1.all(/re td i\che;
c.hcz 11. do la Ch11pclle et qu'il pos~l!dc le~ secrets de
son cabinet. • Déclaration de Guilbert, 17 jam·ier 1R08.
.\rchin~~ tlu greffe de 111 Cour d'ao:si•es de HouC'n.
;",. M. Lucour. Al'ch1\'Cs 11alionall'~, p: Xli2.
6. l\enscigncm('nl~ communiqut:~ par Guîlbrrt l'l
1

TOU]tll/EBUT
formait son conseil, et son armée se compo- ment réparateur auquel la France devait le
sait de David l'Jnt,-épide. Du reste, il n'avait Concordai. L"abbé Clérissc, obligé par la dispas un sou vaillant; au commencement de position du local à faire presque ménage
l'automne, Mme de Combray lui envop huit commun avec Mme de Combra,. ne tarda pas
louis par Lanoë, garde-chasse qu'elle avait 11 s'apcrce"oir de l'allure louchè de la maison :
eu à son service et qui occupait maintenant c'étaient des conciliabules à voix basse, dr:une petite ferme à Glatigny, près de Brette- vi!-iteurs admis ]a nuit et disparus au petit
ville-sur-Dives. Lanoë était le type du paysan jour, des allées et "enues mystérieuses, bref,
rapace que l'appât d'un petit écu rend docile; tout le train d'une maison de conspirateurs,
jadis il anit servi de guide au baron de Com- si bien qu'un jour l'bonnèle curé prit à part
marque et à Froué, au temps où Mme de Lanoë et lui prêcba la prudence &lt;c lui prédiCombray leur offrait asile à Donnay; il avait sant de gra,·es ennuis s'il ne quittait au plus
même, pour cc fait, paru devant une com- tôt le service de la marquise "· )fme de
mission militaire et était resté près de drnx Combray, exaspérée, traita l'abbé de conco1·ans en prison; mais la leçon n'avait seni it dataire, injure qui, dans sa bouchl', signirien : pour trois francs il faisait dix lieues; fiait ,·enégat; elle eut lïmprudence d"ajouter
s'il se lamentait sur les dangers aux1quels ces que le règne de &lt;1 l'usurpateur ne durerait
missions l'exposaient, on doublait la somme pas toujours, et l{Ue les princes licndraicnt
et il partait content. Au milieu d"aoùt, il bientôt, à la têle d'une armée anglaise. rc•
alla chercher à Mandeville, pour l'amener à mettre les choses en place ». Et, dans sa
Donnay, d'Aché qui y passa dix jours el qui colère, elle quitta avec éclat le presbytère
y séjourna encore pendant trois semaines à pour aller demander a~ilc à son fermier,
la fin de septembre. Il del"ait y re1·enir en llébcrt 8 , logé dans un tournebl'ide qui serdécembre; mais il vit, it J'beurc où il s'ap- vait de cabaret, à la rencontre des routes
prêtait à s'y rendre, surgir, à Mandeville, d'llarcourt et de Cesny, et qu·on appelait la
Bonnœil en alarmes qui l'avertit de ne pas Bijude. Acquel triomphait; l'abbé, stupéfait,
~e montrer : ~lme de Combray était accusée se tenait coi, quand le malheur voulut qu'il
d'un crime et sous le coup d'une arrestation .... tombât malade. se mit au lit et mourùt
après quelques jours d'indisposition. Le bruit
Acquet n'avait pas vu, sans dépit, sa belle- circula, venaat du chàteau, que MmedeCommère s'installer à sa porte , très à l'affût Je hray l'avait (&lt; tué de chagrin »; puis on se
ce qui pou\·ait êlre désagréable à la marquise, parla, à l'oreille, d'un certain panier de Yin
il se mit à songer que, si un titulaire était blanc dont elle aurait fait cadeau au pauvre
nommé à la cure vacante de Donnay, il fau- prêtre; huit jours plus tard, tous ceux. &lt;1ui
drait bien le loger au presbytère, dont la tenaient pour Acquet étaient persuadés que
commune possédait la moitié, et que cette la marquise avail empoisonné l'abbéClérisse •
cohabitation gênerait considérablement Mme de &lt;&lt; après l'aYoir imprudemment admis dans
Combray. Celle perspectire réjouit Acquet, ses confidences 10 &gt;&gt;. L'émotion fut grande au
et comme il aYait des amis haut placés, \·illage: Acquet jouait la consternation; l'auentre autres le haron Darthenay, son voisin torité pré,·enue par lui, sans nul doute,
de Meslay, récemment désigné comme député commençait une enquête, quand M. de Saintdu CalYados, il obtint. sans grande peine, la Léonard, ne"eu de la marquise, maire de
nomination d'un desserYant. Peu de jours Falaise et très bien en Cour, parvint à étouffer
après, un brave prètre, nommé l"abbé Clé- l'affaire et à imposer silence aux malveillants.
ris!'-e, débarquait à Donnay, très disposé it
Cette première passe du duel engagé entre
remplir saintement les de\·oirs de son minis- Acquet de Férolles el la famille de Combray
tère, et bien éloigné de pré\·oir le sorl tra- avait eu pour résultat d'interdire à d'Acbé la
gique am1uel il était destiné.
maison de sa vieille amie : se sentant aux
Mme de Combray avait pris ses aises au prises avec un ennemi toujours aux agu&lt;•ts,
presbytère qu'elle considérait un peu comme elle n'osait exposer à une dénonciation
sa propriété personnelle, puisqu'elle en avait l"homme sur la tête duquel reposait le sort
pa)'é la moitié; elle se \·it forcée de céder de la monarchie. D'Aché, de lonl l'hiver, ne
une partie de l'immeuble, ce lfUÎ l'aigrit, dès parut pas à la Bijude; Mme de Combray y
l'abord, contre le nomeJ arrivant. Ile .son vivait seule avec son fil s Bonnœil et son fercôté, Ac11uel fit fètc à son protégé, le reçut mier Hébert : elle avait fait repeindre el
chaleureusement, le mil en ga rde contre les approprier la maison; mais elle souffrait d_e
agissements de la marquise, qu'il dépeigait se voir logée si mesq uinement et regrettait
comme une ennemie acbarnée du gouverne- les hautes salles el la quiétude de Tournebut.
Placl'nc sur les retraites de /k!lorièrt1 (d'AchéJ.
i\rcl1ives uatioonlcs, F7 8172.
7. Ou Jour de son arrin'·e à Mandc\illc, d'Achl'
a,·ail ll't.H.Jllé son 110111 de Drllorfrres coutre celui
d'Alexamll'e, précanli1111 (/Ili lui créai! en quelque
~rle dcu,; personnalités dirfèrcnles rt qui dc\·ait, en
ca, de rechel'chc!&lt;, faîn• hifurquer les polici1•rs,
K. François llt·berl. nC au \'C, a1wudi-.scment Je
Falaise, était fermier ,le la Bijudc depuis trente ans :
füuo Je Comùray 11vt1it en lui un e .coati 1nce absolue;
la Uijudc nait étC doanl•e en douaire i lime de Combray; la lermr rnpporlail 6 it 700 1t,,rcs par amwe .
O. Aucu ne prL'uvc. est-il Jwsoi11 de le dire, ne fut
apportC(' i l'appui de et•llc llL'CU!-:tllon; il ~- n doue

tout autant de 1m~somplions contre. Acquet )Ille co,~trc
sa bellc•mi!re; Acqucl pouvait :ivmr comnu_s le cr ime
- s'il v cul rrimc - pom· en accuser ensuile :ilrnc de
Combrà'J. liais il n"étnit pas muLile de 1ueutio11nt•ni:fait, car de semblable~ calomnie_~ se rC'produ1~ircul
plus tard, ri d'autres 11\·entures du même f::~l!rc ool
pu fnil'e croi re que \fmn de Com!iray sacnhu11, ~ns
scrupules, à lïntérèt de sou Jltlrh, les gens .11u'_cllc
cro,,1it trop ÎmL_ruils tic ses sC'rret~. "· de la Su:ot1Crl'
a tô'rl tl(! )&gt;arler 1rouiquement d1•s l'ic l imrs iimorenl~s
payant le _kur rie ... etc .. ,car 1·a~_usation, fondl•e. ou
11o11, rut pr1•c, 11lus tard, trl'!- nu sl'r1cmpnr la Jl~,llce.
10. l\a 11 port du pr,:ret ile b Semc-lnf't·ncurl',
.\n.:hn·es nationales, P Sli2.

1

1

_ _ -.

Au commencement du carême de 180G, elle à toute épreuve. Comme il était propriétaire
envoya une dernière fois Lanoë à Mandelille d'une ferme dans la commune de Saint- conté 1a morl aux premières pages de ce récit,
décida de sa vocation : Le Chera lier se fit
pour con\'enir avec d'Aché d'un moyen de
Arnould, aux environs d'Exmcs, on l'appelait
correspondance et elle repril, avec Bonoœil, le C/1e1•a/iei· dt• Saint-Arnould, ce qui lui C( officier royaliste n, non poinl tant par conla route de Gaillon, déterminée à ne plus donnait l"allure d'un gentilhomme. Il était, viction que par un ~entiment de générosité
qui le portait du ctité des vaincus et des
remettre le pied sur ses
terres de Basse-Normandie
opprimés. Dès les premiers
tant que son gendre y réjours de son enrôlement,
µ,-nerait en maitre, et bien
un coup de feu lui fracas!,;e le bras gauche-'; à
pers11adée que le prochain
retour du roi la \'cngerait
peine guéri de sa blrsdes humiliations qu'elle
sure, il se remet en camvenait d"1 supporter. Elle
pagne, est compromis dans
était, d'ailleurs, brouillée
une arrestation de dili.
avec sa fille qui n'était vegcnce : on empr;,rnnne
nue à Donnay que deux
!rois de ses amis; luilois pendant le séjour de
mème, arrêlé, panient à
prouver que, le jour même
sa mère, où elle n'a\'ait
où l'attaque a,,ail lieu au,
manifesté 11u'une admiraen\'irons d'Évreux, il rention très mitigée pour les
projets de d'Aché el avait
dait "isite, à Paris, à un
sénateur très ami du pouparu se dé:sintéresser comvoir, et les magistrats duplètement des tracas susrent s'incliner devant cet
cités à la marquise et de
indiscutable alibi. Le Cbrson e1ode à la Bij ude.
valier pourtan,t voulut comSi Mme Acquet de Féparaitre devant le triburolles s'en désintéressait,
nal qui jugea ses compaen elfet, c'est qu'un grand
gnons et plaida leur cause
événement s'était passé
daas sa vie.
11 avec l'éloquence de l'aL'EGLISE DU VILLAGE DE COllllRAr.
mitié la plus pure et la
Acquet savait bien que
plus héroïque , ; m~mc
le procès en séparation
quand il entendit prononintenté par sa femme se terminerait inévi- d'ailleurs, bien apparenté et de famille loucer leur condamnation à mort, il demanda,
tablement au profit de la demanderesse : chant à la noblesse.
dans un élan d'émotion qui émerveilla, à
les mam,ais traitements qu'elle avait endurés
Le Che\'alier est resté un des personnages
étaient de notoriété publique; tout le monde, les moins étudiés de l"histoire des troubles de partager leur échafaud. On se contenta de
à Falaise, la plaignàit et prenait son parti. Ce l'Ouesl : ses aventures, pourtant, méritent l'envoyer dans les prisons de Caen d'où il
procès perdu était, pour Acquet, la fin de la mieux que les quelques lig;nes, souvent erro- sortit au bout de quelques mois, pour rester
plantureuse existence qu'il menait à Donnay nées, que lui ont parcimonieusement consa- à Caen même, sous la surveillance de la poet, non seulement il eût rnulu gagner du crées certains chroniqueurs de la Chouannerie. lice, et c'est alors que son existence devint
temps, mais il souhaitait secrètement que sa C'est une figure très spéciale, copieusement une extravagante épopée.
Il se lrom·ait maitre d'une fortune assez
femme mit de son coté quelques torts bien romanesque, un peu éaigmatique comme il
importante
_: sa chevaleresque conduite à
établis et fit ainsi regagner, à lui, défendeur, convient, el qui tranche, par une nuance de
sinon les sympalhies, du moins une chance galanterie et de scepticisme, sur le food uni- l'affaire d'fü,rcux lui avait valu, dans le
de voir repousser la demande en séparation formément héroïque et brutal du tableau•. monde de la Chouannerie, une célébrité telle
que, sans le connaitre autrsmcnt que de
qui causait sa ruine. Pour mener à bien cette
(( Né généreux et amoureu1 de gloire)), renom, Mme de Combray avait traversé la
machiavélique combinaison, il m:inifesta l'in• ainsi qu'il le disait lui-mème, il était le fils
tention d'entrer en arrangemeal avec la d'un conseiller garde.marteau de la maîtrise Normandie pour ,,enir, comme Lien d'autres
famille de Combray et il dépècha à Mme Ac- des eaux et forêts de Vire. Un séjour de plu- dames royalist!!s, visiter le héros dans sa
&lt;Juet un de ses amis chargé de poser les sieur~ aanées à Paris, où il reçut les leçons prison et lui offrir ses services : il eut des
hases d'une transaction. Cet ami, nommé Le « de maîtres de toute sorte, tant pour les admiratrices qui l'adulaient et des flatteurs
Che\'alier, était un beau garçon de vingt-cinq sciences que pour les beaux-arts cl les lau- qui l'exploitèrent; comment celle tête, un
ans•, aux cheveux poirs. au teint mat, aux gues étrangères~ 1&gt;, avait complété son édu- peu chaude, de vingt ans aurait-elle résisté à
dents Uancl1cs. Il avait les yeux tendres, la cation. Il était rentré à Saint-Arnould en de telles griseries en cette étrange époque où
\'oix chaude et, par surcroît, une tournure 1799, fort embarrassé du cboix d'une car- les plus sages déraisonnaient? Ou moins sa
élégante, une bonne humeur inépuisable, rière, lorsqu'une rencontre avec Picot, chef folie fut-elle généreuse.
A peine hors de prison, apitoyé par la
malgré son air mélancolique, el une audace de division du pays d'Auge, dont nous al"ons
misère des chouans amnistiés, véritables
1. • Extrait des regislres di?. la paroisse Xotrc-Oamc
cicmcnts pour l'obligeante êrudition arec laquelle il Jétais en contcmpl~tion dc,·ant cet homm1: don! Jal"ais
de \ire : le 2 mars 1i80 a été baptisê un 1ils, nê di!
m'a guidt•,
ce jour du légitime mariage de Charle,• Frani;-ois•llari11
entendu lanl Je fois ,·a.nier le courage: Je ne pou tais
J,e Sénl•ca l se trompe sur certains points, mais son
Le Chenlil'r, comeiller, ,rardc•marteau de la maitrise
conci lier ce ton simple, modeste, distingm\ avec les
tCmoiguag:_e est précieux cependant et nous y aurons
des Eaux et Forêts de \'1re, et de dame \for1e-A11ne~
actes
de courage 11u'on lui allr1huail : il était nHu
queh1uefo1~ recours.
J1cquel inl'-Suzannr Dumont, son épouse. Xommt!
d'un habit noir, dans un costume correct, é!Cg:mt,
- • Le Che,·alicr ét11il memhre tri•s cl1êri d'une
Armanrl•Viclor por Armoud-1,ouis Oumonl de la' fto.
c1u·1.I était _bien _rare d~ 1·01r à c~lle époque .... li h'ait
famil_fe dont une partie habitait Tinchebray cl l'autre
rhclle, rcpré:.cntl· par dame l/aric-Suzanne•llenée du
en viron cmq pieds, crnq ou six pouces, mince mais
llcr111ères•lc-Patry,
à
un
kilomt!trc
de
ma
famille.
li
parfaitement proJlOrlionn,~. ,
llonthra.r, t•pouse de Philippè Dumo11L 1 conseiller ,
n'était pas de Jù_ur où nous ne \'Îs.sions quelque
ma.rraînê de l'enfanl. ,
3. Dillard de \'eaux, blémoire,, t. lJI , p. 21'.
membre
de
rt:Ue
lnmille
Le
Chc,·alicr.
Pour
aller
Je
2. Un écrirain normand, Charles Le Sénêetil, tlont
4. « A J'arTaire du Gast ,, dit La !)1colièrc. UiU.rd
~Ïn~hchray
chez
son
1
1arcul,
M.
de
la·
Hochcllc,
il
l•toit
de Veaux donne une autre \'Crsion :
nou~ aurous plus lard â citer les trm,·am, se soun••
md1spc11sable que Le t.:he,alicr Jlassàt dans noire pare :
nait d':noir ,u , t'lanl enl'ant, Le Chcn1licr, cl avnil
« En faisant une patrouille dans les em·irons du
r.'est
lâ,
qu'rtant
chez
mon
oncle,
je
l'ai
rencontré.
consigné ses imprc-.sions dan~ des noies mo.nuscritcs
haras du Pin, J,e Che,·alier plaça nonchalamment
J'ai
assisté
penrlant
une
demi.heure
il
une
conversa'!~·a liicn \Oulu me communiquer 31. BCuel, l'arcltison c,piugolc sou,s son liras; le eouj' partil el dixtion soutenue u ·ec le n,cilleur ton, cl fnoue que je
1·1stc ,ln Cah·ados, ii qui j'adrrs~e ici Ions m!'s rrnwr•
neuf balles lui bmt!rcnt l'l'paulc ,. il émoir~,, l. llf,
n'ai ril'll compris ni reLenu de cc 11m s·c~t dit, car p. 215.

�. - - 1l1STORJA
nable; le personnage qui surgi,saiL dans sa
parias dont les bandes affamées vivaient d'ex- d'autres faisaient le guet; on partageait jn~vie
répolldail si bien à l'idée qu'elle se faipédients ou d'aumônes, il prend à sa charge qu'au dernier sou l'argent du gouvernement,
sait d'un héros; il était si beau, si brave, si
en
ayant
soin
de
rèplaccr
dans
les
coffres
« les royalistes sans aveu de tous les partis,
généreux; il p:irlait avec tant de douceur et
les nourrit, les loge, le, entretient )) , tou- celui appartenant au, particuliers; quelques
de
politesse que Mme Acquet, pour qui ces
jours suivi d'une douzaine de ces parasites heures plus tard la bande rentrait à Caen el
qualité,
étaient rle surprenantes 11ouveaulés,
dont la troupe dépenaillée encombrait le c~fé les réunions bruyanl e; du café llervieux
l'aima,
dès
le oremier jour, « d'un amour
llcrvicux, où il tr.oait sa cour el où lraînaicnl, n'étaic1,t mèmc pas interrompues.
effréné:;&gt;&gt;. Elle s'associa à son existence avec
Ce
qui,
en
dépit
de
ces
équipées
que
peren outre, des maitres d'anglais, de mathéune ardeur qui excluait tout autre sentiment ,
matiques el d'escrime qu'il avait 11 sa solde sonne, d'ailleur~, ne jugeait dé,honorantes,
clic voulut être si bien à lui que, perdant
et dont il recevait. les leçons entre deux par- rend particulièrement attachante la figure de
Le Chevalier, c'est la douleur intime et pro- toute retenue, elle adopta son aventureuse
ties de pharaon.
fonde
qui assombrissait sa vie d'aventures. Il façon de vivre, se mêlant aux déclassés qui
Le Chevalier avait le cœur ardent, la bourse
entouraient son amant et fréquentant avec
toujours ouverte; il parlait facilement el a\'ait épousé en 1801 - à ,ingt el un ans,
eux les auberges et les cafés de Caen. Il était
« avec. le ton du barreau &gt;). li apportait à ses alors qu'il était détenu à C1en- une jeune
parvenu à se soustraire à la surveillance de
affections une sorte d'exaltation passionnée : fille un peu plus âgée que lui, Lucile Tliila police de Caen; il entreprenait secrètement
boust,
dont
le
père
avait
été
directeur
des
il apprit, en prison, la ~ort d'un de ses
des voyages à Paris éü il avait, disait-il, des
amis, Gilbert, guillotiné à Evreux, et, comme domaines!. Il lui fallait s'échapper de ~a
amis
dans l'entourage même de l'empereur;
1p1elqu'un le félicitait de sa prochaine mise prison pour passer qut']ques rares heure~
il
courait
les roules de ~ormandie, connu de
en l1berlt\, il répondait : - &lt;&lt; Ah l mon bon auprès de sa femme qu'il chérissait d'auta11t
tous les anciens chouans, causant avec eux
que
le
plus
souvent
son
amour
était
réduit
à
camarade ! Était-ce une lcLlre &lt;le félicitations
du bon temps où l'on faisait h guerre aux
q11'il fJllait m'écrire? Mon c1rur vons c,L-il s'exhaler en lettres brùlantes et non dénuées
131eus et ne cachant pas que, le jour où il
si peu connu et ne sa vrz-vous pas combic:i de littérature. C'est en prison qu'il apprit la
le
rnudrait, il n'aurait qu'à faire un signe
je chérissais Gilbert? Oui, le bonheur de mes naissance d'un fils né de celte intermittente
pour
voir se ranger autour de lui toute une
jours est i1 jamais détruit; rien ne peut union, et, huit jours plus tard, la mort d(• la
armée. li entretenait, au reste, une petite
femme
adoré(•
qui
l'a\'ait
rendu
père.
Son
remplir le vide de mon cœur .... J'ai vécu ....
troupe de gens déterminés qui portaient ses
Oh! bien trop! 0 devoirs divins de l'amitié cliagrin fut immense; il rn mit à aimer son
messages et composaient son état-major.
et de l'honneur, que mon cœur brûle de l'nfant de toutes les forces de son âme exalNombre d'indices ne permettent pas de
vous satisfaire! 0 moment de l'anéantisse- · tée, et, de œ jour, oo peut affirmer qu'il
ùouter que leur grande ressource était l'enn'eut
plus,
à
proprement
parler,
d'autre
ment ou de l'éternité, que vous me semblerez
li!vemcnl des fonds de l'lttal transportés par
doux 11uand je les aurai remplis! &gt;) Telle affection. îl avait vécu si vite qu'à vingt-trois
les voitures publiques, et c'est de ces butins
était la manière de Le Chevalier, et celle ans il était lassé de l'existence; sa seule
que s'alimentait la caisse du parti, le trésoatrectalion détonnai L singulièrement dans le préoccupation était l'asenir de son fil~ qu'il
rier Bureau de Placène étant depuis longavait
r.onfié
aux
soins
d'une
brarc
femme,
monde 011 il vivait; son opulence rclalive, sa
temps blasé sur la provenance des fonàs qu'il
nommée
Marie
Hamon
;
il
traçait,
pour
ce
générosité, un certain mystère qui planait
recevait. Certaines concordances de dates
bambin
au
maillot,
une
règle
de
conduite
sur sa vie lui donnaient, sur les chefs les
sont singulièrement probantes : ainsi, au
plus populaires, une sorte d'avantage : on « qu'il fuie la corruption, la séduction et
commencement de décembre 1805, d'Aché
savait qu'il rêvait de « projets gigantesques » toutes les passions hontruses et violenles;
est à Mandeville, chez Mont fiquel, ~i dénué
qu'il
soit
ami
comme
oo
l'étai!
dans
l'ancienne
et ses partisans le considéraient comme étant
d'argent ![HC ~fme de Combray, on l'a vu, lui
Grèce,
amant
comme
on
fut
dam
l'antique
de taille à accomplir de grandes choses.
envoie,
par Lanoi.!, huit Joui, d'or; cependant
En réalité, Le Chevalier dépensait sans Gaules .... ))
il
songe
à passer en Angleterre pour en rameAu rést1mé, ses exploits, sa captivité, se,
compter son patrimoine qui se trouva bientùt
ner les princes: une somme importante lui est
malheurs
intimes,
sa
faconde,
son
courage
et
singulièrement réduit' : la caisse du parti
nécessaire' pour Lli,poser son voyage el parer
dont un ancien officii.:r de Frotté, Bureau de sa belle prestance faisaient de Le Chevalier
aux
éventualités d'une si audacieuse tentative.
Placèoe, s'intitulait pompeusement le tréso- un héros de roman et voilà l'homme qu'Aclime
Acquet est instruit~ de la situation par
1·ie1· général, la caisse du parti était vide cl, quct de Férolles jugea bon de « décocher l&gt;
sa
mère
qu'elle est venue voir i, Donnay, et,
pour la remplir, des instructions 11 venues de à sa femme. Sam doute l'avait-il connu par
le 22 décembre 1805, la diligence de llouen
l'intermédiaire
de
quelqu'un
de
ses
anciens
haut 1), sans qu'on sîtt nettement de qui elles
à Paris est attaquée à la côte d' Authe\'ernes,
émanaient, recommandaient aux fidèles le compagnons de chouannerie; il le reçut à
distante de trois lieues seulement du chf,teau
pillage des caisses de l'Ùal. Le Chevalier, Donnay, lui prêta, pour se l'attacher. d'assez
de Tournebut. Les voyageurs remarquèrent
dont la manière de virre avait peu à peu fortes sommes que Le Chevalier distribuait
qu'un des brigands, vêtu d'un costume miliaussitôt
à
la
mcu
le
de
parasites
qui
ne
le
di\ten&lt;lu la surveillance de la police, en protaire, et que ses camarades appelaient le
quittait
pas~
:
Acquet
lui
fit
confidence
des
fitait pour faire de rapides absences. Certains
D1·agon, é1ait plus mince et plus actif que
al'aient remarqué que chacune de ses fugues projets &lt;le séparalion dont le menaçait sa
les
autres, si bien qu'on l'~ùt pris « pour
coïncidait ordinairement avec une arrestation femme et le pria d'user auprès d'elle de ~a
une
femme habillée en homme 0 l&gt;. La même
de diligence, chose fréquente en Normandie séduisante éloquence pour parl'enir à un
bande
opérait de nouveau, au même lieu, le
à celle époque el considérée par tout 1e parti arrangement amiable.
1
:-5
février
1806; ainsi que dans l'affaire préOn nun'luc de renseignements sur la
comme jeu de bonne guerre; la plupart
cédente,
elle
disparut, le coup foi t, si rapidu temps, d'ailleurs, l'exploit n'était pas façon dont s'acquitta de sa mission ce condement
qu'on
pensa bien qu'une maison des
de nature à éveiller grands scrupules, le ciliateur que, sans son mari, la pauvre
environs lui senait de retraite; les soupçons
femme
n'aurait
jamais
connu.
Elle
s'était
conducteur de la voiture, et souvent aussi
se portèrent sur le chàlcau de ~lusscgros 7 ,
son escorte, étant de complicité avec les donnée, autant par inexpérience que par
situé à trois lieues d'Autheverncs; uni ne
chouans; on tirait seulement quelques coups surprise, à un homme qui, pendant cinq am,
songea alors à Tournebut, dont les maitres
de fusil ou de pistolet pour simuler un com- l'avait martyrisée; elle vivait à Falaise dans
élaicnl absents depuis sept mois. C'est en
uo
isolement
dont
s'accommodaient
mal
son
bat; les uns ouvraient les caisses, tandis que
besoin de tendresse et sa nature imprcs~ion- Réal, 11 octobre 1807. Arrhives nationales. I" Still.
l. \'oici, eslimé par lui-m~rnc, à quoi se réduisait
sa fortune vers 180~ : une maison i, Caen, érnluéc
.t0.000 francs, ltnc petite ferme et un bois dans les
cnvil'ons dt! \'ire, evalués '.!5.000 francs. l'l'éanccs certaines 50.000 t'rancs . .lrcl11vcs nationales F1 81 i:!.
'l!. Renseignements particuliers.

;;. llcmcigncmcnls particuliers
4. « li. Acquet me prèla 2.400 francs que je lui
3i reudus, il y a quatre à ci1u1 mois. ~ lrllrc tic L,·
Chevalier à Réal. Archives uallonalcs, F' 8171.
5. Lettre du préfet ,le la Seine-inférieure à

ü. Dèclaralion du sieur llurgaull, propriélai1·~, tl,••
meuranl à Paris, rue de la Pa,~, n" 14..\rchi\'CS 11a•
Lionalcs. F 817':l.
7. Hècapilulalion ril's faits qui sr licnl au procès ,les
,lames Combray. Archives nalioualcs, F1 8170.

"-------------mars, seulrmcnt, qu'y revint Mme de Combray, cl c';sl, en a1Ti! qnc .d'Aché, copieusrmcnl leste cl argent, se décidait à franchir Je
détroit pour porter aux princes les ,·œux de
leurs fiJèlet provinces de l'Ouest.

T OU1t,'N'E'BUT

--,

Depuis qu'il hahilait .Mandeville d'Aché
n'avait pas perdu son temps. C'6tait une
entreprise délicate que d'orrraniser dans les
co?di1ions où il se trouvait, un' passsage
oflrant quelques chances de réussite. L'embarquement était relativement aisé et David
~'/i'.t1'ipùle se chargeait d'y pourroir; mais
11 importait suriout d'assurer le retour 1 et
l'abo_rdage cland1:s1in de la. côte frança ise,
garme de patrouilles, sillonnée jour et nuit
par les douaniers et gardée par des sentinc~lcs sur Lous les points où un ba,lcau pouYa1t approcher du rivage, présentait des difficultés presque insurmontables. D'Aché fit
choix d'une petite crique, au pied des rochers de Sainte-Honorine, à deux lieues à
peine de Trévières. David, qui connaissait
lo~s les côtiers de la région, acheta à bon
prix la complicité d'une des virrics chargées
de la surveillance de la mer~. On coo\'int
avec cet h?mme d'~n système de signaux qui
permettraient de n aborder qu'en cas d'absolue sécurité.
C'est par une nuit de tempête à la fin
d'avril 1806, que d'Aché prit la m~r dans un
canot de dix-sept pieds de long que dirirteait
0
seul David l'Jntrépùle. Après cinqu antc
heures de traversée, ils abordèrent en Angleterre cl David regagna aussiLôt le larrre
tandis que d'Aché se meltait en roule p~u;
Londres.
On s'imagine aisément quelles devaient èlre
les impressions de c~s fanatiques de la royauté
lorsqu ils_ approc?a1en~ de ces princes pour
lesquels 11s se del'Oua1cnt depuis tant d'années; traqués sur la terre de France et
poursuivis comme des malfaiteurs ils se fi,,.u.
•
'
0
r?•e~t trournr a Londres l'accueil l[UC mér1~a1t l~u~ héroù!u_e fidélité : ils se prépara1en L a ctre trrutes en fils par le roi en
amis par les princes, en chefs par les ~migrés qui allendaieol impatiemment, a1ant de
rentrer en France, qu'on la leur eût reconquise .... La déception était cruelle: ce monde
&lt;le l'émigration, que ses malheurs et son
incommensurable vanité rendaient si facile à
duper, avait été victime de tant de faux
chouans, d'espions déguisés ou de simples
csc.rocs, tous apportant des plans de reslauralron, se les faisant payer et s'esquivant
pour ne plus reparaitre, que la méfiance à la
lin, avait pris la place de celte assu;ance
can.dide d~s premiers lemps : tout Français,
arrivant a Londres, é1ait considéré comme
un aventurier el, autant qu'on peut lire dans
une histoire ferm~c, - car ceux qui ten-

tr1:e?L l'expérience d'une ,·isile aux princes
rx,lcs ont rcspecluensrmcnt fait silence sur
leur déconvrnuc, - il semble Lien qu'un
rapprochement avec l'émigration réserrnit
aux royafülcs mililanls de terribles déboires.
D'Aché 1ù\chappa point à celle désillusion,
cl, quoiqu'il fùl resté muet sur les incidents
de son séjou r à Londres, on sut qu'il y aYaiL
ét6, &lt;lès !'ab?rd, mis en prison et q~e, &lt;l,·
deux mois, 1l ne put parvenir à approcl1cr
le comte d'Artois et moins encore le roi
exilé.
M. de la Châpelle, qui était alors le personnage inOueot de la petite cour d'llarlwel,
!e fit corn paraitre, le questionna sur ses proJel.s, s'~ppos~ à cc qu'il fùt reçu par les
prmccs , mais le mit en rapport avec les
minis~.rP~ du roi George; tout individu apportant l 1dcc de quelque macbioalion contre le
gournrnemen~ de Napoléon élait toujours,
chez ces dcrmcrs, bien venu et écout1\.
Après trois semaiues de ronférences on
arrêta, pour le printemps de 1807, un' débarquement qu'appuierait une levée générale
des paysans de l'Ouest. L'attaque simulée de
Porl-&lt;;n-Ilessin permellrai l de s'emparer, par
surprise, des îles Tabitou et Saint-Marcouf
ainsi que de Port-Bail, sur la côte occideo~
tale du Cotentin; la destruction de, chaussres
qui défe?dent la partie basse de la péninsule
assurerait le succès de l'entreprise en isolant
Cherbourg, pris à revers el enlevé sans résistance possible. Le corps d'inrnsion, concentré
sous les forts de la ville, ayant là une retrai.e
assurée, descendrait par Carentan sur SainlLô et sur Caen à la rencontre de l'armée de
paysans et de réfractaires dont d'Aché ,,.arantissait le concours; il se faisait fort de ~éuoir
vingt mille hommes; le gouvernement anglais en offrait tout autant en soldats russes
et suédoi~ q11'il se chargeait de transporter
sur les cotes de France; en altendant afin
de parer aux dépenses que ofo:issiteraie~l ces
préparatifs, un « crédit illimité &gt;&gt; était ouvert
11 d'Aché sur le banquier Nourry de Caen•.
~on séjour à Londres dura près de trois
mois; vers la fin de juillet, une fré"ale anglaise le ramenait à la station de l'amiral
Saumarez qui le reçut avec de 0 -rands é"ards
0
et fit appareiller, pour Je cond;irc à la côte
un brick de quatorze canons. Quand oo fut'
la nuit, il quelques portées de fusil du rivarr~
&lt;le Saint-Honorine, d'Aché exécuta lui-mê~c
les signaux convenus auxquels la Yirtie
de
0
terre ne tarda pas à répondre. Une heure
après: le canot_ de David rtnt1'épùle accost:iiL
1~ br,?k. a~gla1s et, avant le lever du jour,
d A.die cla1 l rentré à ,1aodeville cl faisait
1:artager à ses Mies la joie que lui causait
l ~eureux succès de son ,·oyage. EL, tout de
smte, on fit des projets : on décida, sur-lechamp, que le chàteau des Monfiqncl seni-

rai! d'~sil~ au roi durant les premiers jour~
qm smvra1enl le débarquement 1 • Huit mois
devaient s'éconler a\'ant l'entr,:e en campag:ne
tL cc temps suffisail à d'Aché, l'argent ~ne
manquant_ pas. pour préparer ses opérations.
com·1en~ de dire tout de suile que le
cabmet anglais, en spéculant sur le fanatisme
de d'Aché comme jadis sur celui de Gcorrres
0
Cadoudal c~. de ta!1t d'autres, n'était point du
tout &lt;l:i.ns 1111 Len llon de tenir ses promesses;
sa poli~ir1ue h~ineuse contre Napoléon lui
suggérait celle rnfamie de stimuler les naïfs
~oy_alisl.cs de France par des espérances qu'il
cla1t Lien .déterminé à ne pas réaliser; il les
ab~ndonna1l lorsqu '.i1 les voyait engagés au
P?•~l de ne pouvoir reculer, peu soucieux,
&lt;l a11leurs, de les pouss(•r à l'échafaud et désire~x seulement d'entretenir en France des
a~1taleurs et de les acculer à une situation
désespérée, dans le but de susciter parmi
eux quelque assassin qui débarrasserait Je
monde de Bonaparte. Sans doute est-ce là
un.e. d:s caus~s de l'obslinalion des princes
exiles a ne pomt encourarrcr les tentatives de
leurs partisans; connaissai~nt-ils le piè"e tendu
à la loyauté de ces malheureux? ~•~saicnlils les mcllre en garde dans la crainte de
~'aliéner le ?ouvcrnement anglais? Papienl1ls de ce prix le loyer d'llarlwel? Cette histoire des intrigues qui se jouaient autour du
prétendant est pleine de mystères ceux qui
y furent mêlés, tels que Fauch;-Ilorel ou
!lydc de Neuville s'y perdaient eux-mèm13,, et
1I fal_Iut le grand jour de la Restauration pour
ou vr1.r les yeux des principaux intéressés sur
certams dél'Ouemenls qui se trouvèrent
n'avoir été que des trahisons.
En ce qui concerne d'Aché, il semble bien
certain qu} ne reçut des princes aucune prom~sse, qu il ne fut mrmc pas admis en leur
~res~o_ce et ,que les ministres ao3lais, seuls,
l exc1lerent a se lancer dans l'extraordinaire
aventure 011 ils avaient bien l'intention de 1
1a,sser
·
· Ainsi le crédit illimité ouverte
périr.
chez le ba_nquier l\'ourry n'était qu'un leurre:
t?ut en laissant croi~c _aux conspirateur, que
1argent ne leur Îèra1t pmais défaut on lin1 •_
. d'avance ce crédit à ::;0.000 francs
'
i
Lait
l
cet_te duplicité indigna jusqu'aux policic:s
qui, plus Lard, eo eurent la révélation.
li n'est point facile de suivre d'Aché da
' ns
le_ trava,·1 occu.Ile qu'il entreprenait : il appor~ail tant. de so'.~s et de précautions à échapper
a la rI'.c~ q~ 11 ~• du_ mGn~e coup, dépisté la
posterite . c est a peme s1 qudques jalons
pe1:mette~t de . suivre sa trace pendant les
~ro1S annees .cim marquèrent l'apogée de son
etonnante existence.
On le trourc d'ahord, pendant l'automne
de 1806, à ,la Bijude où Mme &lt;le Combray
restée à Tournebut, av:ût charoé llonnœil ~
Mme ,\cquet d'aller le recevoi~. li s'agissa~t

1. ~ lin jour jr. l_ui faisais ous,·n·cr qu'en drsccn
da.nt a lcrn• 11 aurait pu l'ire arrèté; mais il m'appr,~ al_ors quïl ne. courait aucun risque, parce ,1uïl
av~,t . a lu, ses ~,gnaux, cl par là il e11lcudail celui
11_111 signale sm· la_ &lt;'Ôle. Il s'embarquait à cl,rnx petites
lieues de :lande , die : . c'élnil Joui près tf,, là que rn
l~ouva,l ! 1111lmdu r1111 lui faisait des sin-11aux en
rq,ons.. a ceux qur Oeslorii•rcs faisait av~nt tl~ dübarqucr. - D. - M. [kslurières vous a-t-il dit corn-

bicn il lui en. avait co_ùlé pour gagner la vigie? _
Il; - li ne ma p~s ~les1gné la somme. mais il m·a
d1l que cela l 111 coula, l cher. »
l11lcl'rog,_,1oirc clc Guillaume. dit Lanoë, j fdnicr
l8~8. Archl\·es cl!-' grelfedc la Cour d'assises ,le Jloucn.
t .. lnterro,:a101rc oie llme de Combray ~ aoùt 1807
Al'~lll\'es ,lu g-rcfl'c de la Cour d'assises Je llouen. ·
,,. « m!!c Acgucl se rappelle que lorsqu'elle vil
~[. Dcslor,erns, il y a un an, à Donna~, il fui apprit

~u.c .le_ g-ouvcrncmcnt. anglais lui avait donné crécliJ
1ll11mlc sur un banquier de Caen. ,, Déclamt i 011 I
,l!nll' Acquel, 9 octol,rc IR07.
&lt;P
4 . ."· 1.a mai~c,n des )l.onlfiqucl avait éh; tlcsli1111 •
rcce1011· le 1·01, s'il cla1 l débarqué incou•uilo
P. a
qu'elle était le centre des habitudes cf,, Uc-lo' ynrce
on complait aussi sm ll. de Cantclou ~ichc' ricrP;~:
lai~c des environs de llareux. » Dfrlarapropr1&lt;•·
,lf,11e A,·quet, 20 déccmb,·è J807
ion de

l!

�r--

T OUJ?.NEBUT

111ST0'/{1.ll

de Jui procurer un porteur d'ordres rompu
aux habitudes et aux dangers de la Chouannerie. Mme Acquet avait proposé, pour remplir ces îooctions, un AllcmanJ nomméFlierlé 1
que Le Chevalier recommandait. Flicrlé s'était
distingué dans la Chouannerie; spadassin
émérite, il avait éLé mêlé à tous les complots.
Venu à Paris à l'époque du 18 frncridor, il y
avait reparu au moment où Saint-Héjant préparait sa macbin'e infernale; il I sPjourna de
nouveau pendant trois mois lors de la conspiration de Georges. Depuis deux ans il vivait,
en attendant quelque nouvel engagemt'nt,
d'une' petite pension sur la caisse royale el,
quand les fonds manquaient, il se faisait h'!!Jerger par se!:&lt; anciens compagnons plus fortunés, rôdant de Caen à Falaise, de Morlain à
llaveux ou à Saint-Lô, pous5:ant même ses
exèursions jusque dans la Mayenne'. Bien
qu'il ne l'eùt pas avoué, on peut affirmer
qu'il élait un des hommes employés ordinairer:pent aux alla4ues des voitures publiques :
c'était en ce genre un professionnel: on l'appelait le Teisch '.
Convoqué à la Bijude, il s'y présenta un
matin de la fin d'octobre; le soir du mème
jour, tandis qu'on était à table, d'Aché arriva
à son tour; on causa, - assez ,,aguement
du grand projet, - mais beaucoup des anciens camarades de la Chouannerie; malgré
son accent tudesque des plus prononcés,
Flierlé, sur ce sujet, était intarissable. D'Aché
el lui couchèrent dans la même chambre et
cette intimité dura deux jours pleins, au bout
desquels on convint que Flierlé serait employé, en qualité de courrier, aux gages de
cinquante écus par mois. Cette nuit-là, Lanot
conduisit d'Aché jusqu'à deux lieues de la
Bijude et le mil sur la route d'Argentan ·~ .
Ici, nouveau jalon: le 26 novembre, J'inspecleur de police Veyrat informe eu loule
bâte Desmarets que d'Aché, tant cherché
depuis deux ans, a débarqué la veille à Paris,
descendant de la diligence de Rennes avec un
nommé Durand "· Celui-ci, laissant sa malle
au bureau, s'é1ait logé dans un hôtel de la
rue Montmarlre, d'oti il élait parti, lf' matin
mème, pour Boulogne. c&lt; Quant à d'Aché,
écrivait Veyrat, il n'avait ni malle ni paquet
el il a disparu dès qu'il fut descendu de voiture; les recherches que l'on a faites aux
1. FlicrlC Ctait nC à l,eibs\adl, dans le duché de
~eu bourg, en~A!lemagnc. 11 a\·ail_quaranle ans en 1808.
'2. Les rl!vêlations de Flierlê fournissent des indicalîons prècic~ses _sur , I? sort de~ anciens. chouans
pendant la pénodc 1m~er1ale: vo1c1 un extra1l de ces
1 nter;ogaloires: « D. Etiez-vous pay~ _exaclemenl? R. Oui, exactement.. - D. Y ava1t-1l beaucoup de
monde payé comme \·ous? - R. Nous pouvions ètre
une cinquantaine, parce qu'on ne pcnsio1mait que les
chouans qui avaient ètC orficiers. On donnait se ulement des secuur3 aux simples soldat s qui Ctaicnl dans
le besoin, on ,•n logeait même dans les maisons particu lières et on p!lyait leui· nourriture. On en plaçait
aussi comme domestiques chez les Jlarliculicrs riches. ti
Archives du grcll'c de la Cour d'assises de Rouen.
3. Le /Jeutslt (l'Allcmand ).
4. , En le reconduisant suz· la route pour le mcl\rc
dans le chemin de Paris, il me tlil qu'il a\'ail étC eu
Angleterre pour se concerter avec M. de la Chapelle;
que, 5il pom.·3it lui être utile, il le? fera it , mais qu'il
n'y ,·oyait pas encore bien clair. , lnterrogat~ire de
(;uillaume, dit Lanoë, 2 septembre 1808. 1\rclmcs du
~relfe de la Cour d'assises de Rouen.
~1. On s'ap('l'~·ut que cc llu1·nud Ctait un placide

maisons garnies et hôtels du voisinage n'ont
rien produit. l&gt; Desmarets mit en campagne
ses meilleurs agents; mais tout fut inutile :
d'1ché resta introuvable.
Il était à Tournebut 6 où il demeura un
mois. Il est probable que cc passage à Paris
cl ce séjour chez !!me de Combray étaient
motivés par un pressant besoin d'argent: :1
cette date, d'Acbé avait épuisé le crédit ou vert
chez le banquier Nourryi croyant la source
intarissable, il l'avait exploitée largement7;
sa déception fut cruelle quand on l'avisa que
sou compt~ était définitivement clos. li se
trou\'aÎt de ~uveau sans argent, et, par une
coïncidence u'il faut bien signaler, tandis
qu'il séjourn, il à Tournebut, eu ce mois de
novembrf' 1806, la diligence de Paris à Rouen
fut dévalisée au Moulin de ~louflaiues•, à
quelque cent mètres d'Authevernes où avaient
eu lieu les précédentes attaques. Cette fois le
butin lut JDédiocre; quand d'Aché reprit le
chemin de Man4eville, il n'avait que six cents
francs pour toute ressource 9 •
Il dut passer l'hiver dans une oisiveté tor•
turante: nul ipdice de ses agissements jus•
qu'en février 1807 . Le temps des grauds événements était proche, et il était urgent de les
annoncer. Il s'arrêta à l'idée d'un manireste
qui devait être répandu à profusion dans
tau te la province, et ne laissa à personne le
soin de le rédiger; celte proclamation, faite
au nom des princes, stipulait l'amnistie générale, la conservation des autorité~, la modifi- •
cation des impôts et l'abolition de la con•
scription ,q_ Lanoë, mandé à :Mandeville, reçut
dix louis et le manuscrit de ce manifeste avec
ordre de le faire imprimer aussi secrètement
que possible 11 • Le madré :Normand promit,
glissa le papier dans la doublure de son habit et, après une tentative infructueuse - et
probablement assez molle - auprès d'un
apprenti typGgraphe de Falaise, il le remit à
Flierlé, avec toutes les recommandations de
prudence, mais en y joignant cinq louis seulement 11 • Flierlé s'adressa à un libraire de la
Froide-Rue à Caen; celui-ci, .iprès avoîr pris
connaissance du tex te, refusa son concours.
Ici se place un incident dont il est dirücile
de démêler l'importance, qui semble avoir
été considérable, cependant, à en juger par
le mystère dont il resta entouré. Soit qu'il

eût reçu quelque communication urgente
d'Angleterre, soit, plutàt, que, dans son dé- .
nuement, il eût pensé à réclamer l'assistance
de ses amis de Tournebut, d' Aché expédia en
hâle Flierlé il !!me de Combray et lui remit
deux lettres en lui recommandant la plus
extrême discrétion. Flierlé partit de Caen à
cheval, le 15 mars au matin. Le lendemain,
à l'aube, il arrivait à Rouen, et, tout de
suite, il se rendait rue de l'Hôpital, chez une
modiste, la dame Lambert, à laquelle était
adressé un des billets dont il était porteur .
« - Je le lui remis, dit•il, sur son escalier,
sans lui parler, parce qu'on m'en avait donné
l'ordre, et je partis dans la matinée même
pour Tournebut où j'arrivai entre deux et
trois heures. Je donnai l'autre lettre à
lime de Combray qui la jeta au feu après
l'avoir lue 1::. . )J
Flierlé coucha au chàteau; le lendemain,
Bonnœil le conduisit à Louviers et lui confia
là un paquet de lettres à l'adresse de d' Aché.
Tous deux se dirigèrent ensemble sur Rouen,
et !'Allemand prit, rue de !'Hôpital, « la
réponse de la marchande de modes qui la lui
remit elle-mème sans dire un mot 14 ». Puis
il poursuivit aussitôt son voyagP: le 20 mars,
au soir, il était de retour à Mandeville et
déposait le précieux courrier entre les mains
de d'Aché . A peine celui-ci en eut-il pris connaissance qu'il expédia à David l'ordre d'appareiller son canot et, sans perdre un moment, les lettres venues de Rouen furent
portées en mer aux stationnaires anglais pour
être ùe suite envoyées à Londres"'·
On ignora toujours ce que contenaient ces
mystérieuses dépêches et, sur ce point, l'enquète fut réduite aux suppositions. On prétendit que d'Aché avait adressé à Mme de
Comhray le manifeste et qu'une imprimerie
clandestine fonctionnait dans les caves de
Tournebut; on assura, d'autre part, que
Bonnœil était rentré, \·ers le {5 mars, d'un
voyage à Paris et en av!lit rapporté, pour la
faire passer par Mande,,ille, la corre~pondance d'un comité royaliste secret;, l'adresse
du cabinet anglais Hi_ D'Aché. certainement,
attachait une importance extrême à cette
expédition qui devait, selon lui, décider d·uu
emoi immédiat de fonds et hàter les préparatifs de la descente à l'ile Tahitou. Mais les

voyageur qui ignorait le nom et !la personnalité de

me parler. Il me remit un manif~s\e pour le !~ire
imprimer: !l annon\·ail au~ Fran!_;m S qu~ les anc1l'ns
princes allaient rentrer; qu ils co11~ervcra1enl les autorités, que les prop~iét~s ser~i~nt respecté.es et que
cllacun cùt à se lemr L1ei1 pa1s1blc chez soi. 1&gt; Interrogatoire de Guillaume dit Lauoë, 5 février 1808.
..\1·chivcs du grctfc clc la Cour d'as~i~cs de Rouen.
·l'L « Lanui; me dit qu'ayant élll chargé par ~I. Dcslorîèrcs de faire imprimer la proclamation, cl n'aymL
pu trouver dïmpr1meur qui \'uulùl le faire, il m:,
priait de voir si je ierais plus heureux que lui cl qu•i1
me remeLtrail les cinq louis que lui avait donnés
M. Deslorièrcs. - B. M. Oeslorièrc~ lui en an1il
donné di:t: ne vous le dit-il p~s? - R. li ne m'en
parla pas. o Interrogatoire de Flicr\C, 16 janvif'r 1~08.
.\ rchivcs du grell'e de la Cour cl'asmes de lloucn .
15. Archives nationales, ~-; Nlï2.
1i. interrogatoire de Flicrli·, 15 ja11\'Îcr ISO!l.
Archives du greffe de la Cour 1l'assiscs de Rouen.
1:,. Dêclaration de (;uilbcrt, huissier ii TréviCrcs.
11 janvier 1808. Al'cl1i1'CS du Greffe de kl Cour t!'as•
sises cle Rouen.
-l(i. ;füpport du 11rHet de la Seine-I nférieure.
Archi\·es natiom1\es, F7 817~.

d'Ache: il n'ét:tit monté 11u'à Laval dans la diligence

oll d·Aché se trouvait dCjà. Archives I rn1lionalcs,
F7 0397.
6. « Il est tombé comme une bombe .... Il a passé
un mois chez moi, il y a environ ucuf mois; mais cc
u'est pas de Donnay qu'il venait, je ne sais cl'oil. »
lulerrogatoirc de l\lme de t:ombray, 2 aoùt 1801.
Archives du greffe de la Cour ,rassises de Rouen.
1. Une grande partie de cel argent 3\'ait élé
emoyée dans les environs de Roue11. Rappo1'l du
préfet de la Seine-Inférieure. Âl'chives nationales,
F'Ml72.

8. Le 30 novembrn 1806 . Récapilulation des faib
qui se lient au procès des dames Combrav. Al'chi,·es
nalionales, P 8170.
"
!). Mme de Combray affirma lui aroir prêté ccLlr
somme. Archi\·c~ du greffe de la Colll' d'assi~cs &lt;l.:
Rouen.
IO. l)(•daratious de lime Acqurt de Férolles, cl
rapport du préfet de la Seinc-lnrêrieurc, déjâ cité.
11. • Au mois de fo\'l'ier de 1'011 dernier, et \'ers la
moitié, 11. Dcslorières m'ècri,,iL par la poste il Donnai·
et me dit tic me rendre oit il éla il parce qu'i l ,,ou lait

.

•

jours se passèrent et aucune réponse ne par- aux brigandages dont le produit devait lui
en règle; sur quoi, Le Chevalier, prenant
vint. Dans l"angoisse de l'inc.ertitude et de revenir sans danger 3 » ; cette accusation rél'avantage, le traita &lt;l d'agent des Anglais ))
l'attente, il pensa à se rapprocher de Le pond mal à la loyauté chevaleresque de sou
et, posant ses pistolets sur la table, « l'invita
Chevalier qu ïl ne connaissait que par sa caractère : il nous semble plus probable qu'à
à se brûler immédiatement la cervelle 4 n. On
réputation d'homme adroit et résolu; l'entre- l'un de ses voyages à Paris, il était tombé
se calma pourtant de part el d'autre et chavue eut lieu à Trévières vers le milieu
cun exposa ses moyens d'action : Le
d'avril 1807. Le Chevalier avait amené
Chevalier connaissait la plupart des
un de ses aides de camp. D'Aché s'y
ebouans de Normandie, soit pour avoir
présenta seul.
combattu en leur compagnie, soit parce
Le_nom de ces deux hommes est si
qu'il s'était lié avec eux dans les difféignoré, ils tiennent dans l'histoire une
rentes prisons de Caen ou d'Évreux oli
si humble place qu'on a peine à se
il arait sPjourné. Il se chargeait donc
figurer, maintenant qu'on connait le
des enrôlements et de la conduite de
piteux avortement de leurs rêves, coml'armée dont il déléguerait le commanment, sans ridicule, ils pouvaient imadement à deux hommes qui lui étaient
giner que de leur rencontre sortirait
tout dé\'Oués. Le nom de l'un ne fut
un résultat quelconque. !lais l'atmopas publié : c'était, dit-on, un ancien
sphère dans laquelle ils se mouvaient
chef d"état-major de Charette ; l'autre
leur créait à tous deux une puissance :
étail fameux dans toute la Chouanned'Aché était - ou croyait être - le
rie, sous Je pseudonyme du général
porte-parole du roi exilé; quant à Le
Antonio: il s'appelait Allain et, depuis
Chevalier, - soit gloriole, soit créduLrn IX, travaillait a\'eC Le Che\'alÎL'f.
lité, - il se targuait d'une immeme
Celui-ci assurait, d'ailleurs, Je conpopularité dans le monde de la Chouancours de son ami, ~r. de Grimant, dinerie et parlait, avec mystère, du co•
recteur du haras d'Argentan, qui fourmité roialiste qui, fontionnant à Paris,
nirait à l'armée des princes la cavalerie
était parvenu, disait-il, à rallier à la
nécessaire; il offrait, en outre, de se
cause du prétendant des hommes consirendre à Paris ci pour le grand coup 5 n
dérables de l'entourage rllême de l'emet
se faisait fort, à l'aide de certaines
pereur.
L'HÔTEL DE CmmRAY, DANS LA RUE DU TRIPOT, A FALAISE.
complicités Il, de « s'emparer de la
Depuis qu'il était l'amant adoré de
(ÉTAT ACTUEL.)
trésorerie impériale 1&gt;. D'Aché, de son
!lmc Acquet, les stations de Le Chevalier
càté,
irait en Angleterre chercher le
au cal'é llervieux étaient devenues plus
roi, présiderait au débarquement el
rares; ses parasites s'étaient dispersés, et Lien dans le piège _tendu par l'espion Perlet C[Ui,
guiderait, à tra,·ers la Normandie insurgée,
qu'il eùt conservé sa maison de la rue Saint- payé par les prmces comme chef d'une acrence
l'armée suédo•russe jusqu'aux portes de la
J
•
•
Sauveur, à Caen, il passait 1a plus rrrande par- uc renseignements, vendait à Fouché leur
capitale.
. de son temps soit à Falaise, soit• à la Bij ude
lte
correspondance et livrait à la police les royaLa besogne ainsi distribuée, les deux 11001qu'habitait alternativement son ardente mai'- listes qui la lui apportaient. Ce Perlet avait
mes se &lt;Juittèrent alliés, mais non amis :
tresse. La police du comte Caffarelli, préfet ima_giné, comme appât pour son trébuchet,
d'Aché s'était trouvé olfonsé des prétentions
du Calvados, s'était déshabituée de le sur- l'e.ustence d'un comité de puissants personde Le Chevalier; celui-ci, en rentrant chez
1
veiller; mème il avait obtenu un passeport nages qu'il se vanlait d'avoir amenés à la
pour Paris, où il se rendait fréquemmenl. Il cause rOj'ale, et sans doute Le Chevalier fut-il Mme Acquet, ne cacha pas qu'à sou idée
d'Aché n'était &lt;! qu'un vulgaire intrigant et
en revenait toujours plus confiant, et dans le l'une de ses trop nombreuses victimes. Quoi
un agent de l'Angleterre &gt;&gt; 7•
petit groupe où il vivait à Falaise, et qui se qu'il en soit, il tirait vanité de ses hautes
Restait la question d'argent qui, pour le
composait de Dusaussay, son cousin, de compromissions, et c'est en égal, presque en
moment,
primait toutes les autres; on était
Beaurepaire et de Desmontis, deux cama- t!mule, qu'il se présenta chez d'Aché.
bien
tombé
d'acco!d sur la nécessité de piller
rades de la Chouannerie, de Révérend, ancien
La conférence fut, d'abord, plus que les caisses de l'Etat en attendant l'arrivée
chirurgien à l'armée de Frotté, et de Me Le- froide; ces deux hommes, si différents de
lehvre, le notaire de la famille de Combray, façon et de nature, aspiraient tous deux à un des subsides d'Anglelerre i m;iis ni d'Acbé
ni Le Chevalier ne s'étaient ici formellemen~
il ne tarissait pas en confidences sur ce fa- grand ràl~ et se jalousaient instinctivement;
meux comité secret et sur l'imminence de la leurs sentiments personnels même les divi- prononcés : chacun d'eux voulait laisser à
restauration; la révolution qui l'amènerait saient : l'un était l'amant de !!me Acquet de l'autre la responsabilité du vol; ils se la rejedevait, à l'en croire, être Lrès pacifique: Férolles, l'autre était l'ami de Mme de Com- tèrent plus tard obstinément : l'un asmrant
Bonaparte, fait prisonnier par deux de ses bray, et celle-ci blâmait fort l'inconduite de que d'Aché, lui-mème, avait, au nom du roi
généraux, disposant chacun d"uu corps de sa tille à qui elle avait signifié de ne plus donné l'ordre d'arrêter les voitures publiques~
40.000 hommes, serait expédié aux Anglais reparaitre à Tournebut. Le Chevalier, après l'autre reniant Le Chevalier et l'accusant d'a:
et lremplacé C( par une régence dont on choj- les politesses d'usage, se rt!fusa à poursuil're voir compromis la cause en employant de
sirait les membres parmi les sénateurs sur l'entretien avant d'être fixé sur la nature des tels moyens. Le débat est de peu d'intérêt·
lesquels ou pouvait compter' ». On rappel- pouvoirs conférés par le roi à son interlocu- l'argent manquait, et non seulement la caiss~
lerait alors le comte d'Artois - ou sou fils teur et sur l'autorité dont il était investi. Or, royali~te éta_il vide, m1is, ce qui était bien
le duc de Berry - qui prendrait possession de po~voirs écrits, d'Aché n'en al'ait jamais plus immédiatement gra\'e, Le Chevalier et
du royaume en qualité de lieutenant-général. eus ; 11 se retrancha, avec arrogance, sur ce ses amis se trouvaient sans ressources. A
Le Chevalier ajoutait-il foi à ces utopies? que la confiance que les princes lui témoi- force de mener large vie et de se sacrifier
On a dit qu'en les propageant cc il ne cher- gnaient da lait des premiers jours de la Révo- pour le parli, il avait totalement dissipé sa
chait qu'à enivrer les gens pour les exciter lution et qu'il attendait d'eux une commission fortune el il était couvert de ~elles: l'avoué
Vanier, chargé de ses aITaircs d'intérèts, pcr-

1. En auûl 1 806. Archh·es nationales, F 7, 8110.
2. _Interrogatoire de 1,el'eb\·re, 9 janvier 1808.
Arcluvcs du greffe de la Cour d'assises de l\oucn .
. 5. Note épinglée à l'inlcnogatoirr &lt;lu notaire LclPIJrr(' . Archives nationales, F 7 8171.

~- Rapp_ort du prérel de la Scinc•Inféricurc. Arcluves nationales, P l'!l12.
~. Lellre de Héal au préfel clu Calvados. Archires
n3tionalcs, F 7 81 ~O.
6. Entre auli·es celle de l'adjurlaul-gén6ral La11-

tom·:lf~hc~,. co~patriote Je Le &lt;:hcralier cl que
cclu1-c1 d1sa1t cln~ sun ami. Arcltil'Cs national ,5
F 7 817J.
c,
_7. lntcrrogatoi 1·e de Flicrlé, 15 janvier ·18œ. Arcl11res du greffe de la Cour tt'assi~cs df' Bolll'H.

�. - - 1t1STO'R.1.ll - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~
dait la tête sous l'avalanche de traites, de
protèts, dr billets impayés qui tombait sur
son étude 1• Le notaire LcfoLvre, gros homme
viveur et sensuel, n'était pas mieux en fonds
et mettait sur le compte du gouvernement la
débàcle de ses affaires qui n'avait d'autre
cause que son désordre.
Quant à Le Cbe\'alier luimême, il attribuait, non
sans raisons, sa .ruine à son
désintéressement et à son
dévouement pour la came
royale, cc qui lui était une
excuse pour le passé et aussi
pour l'avenir. Hme Acquet,
qui l'admirait aveuglément,
avait donné jusqu'à son dernier louis poursubrenir aux
coùteuscs libéralités de son
amant. li reste d'elle des
billets touchants qui montrent à quel point elle lui
était attachée :

sion de deux mille francs, sans pouvoir disposer des biens de l'hérilage palrrnel. Et
voilà qu'un soir, seule à Fnlaise avec Lanoë,
à l'bôtcl de Combray, rue du Tripot, dont
l'un des corps de logis avait été loué au rece•
vcur des finances, elle entendit, à travers le

Yoili1 la lcltrc de Mme Blin
(une créancière), &lt;1uc je vous
emoie; loute m.i peine est de

cabriolet, elle revinl à la charge et lui remit,
enveloppr dans du colon, un_morceau de circ
jaune en lui ordonnanL d'aller, dès qu'ils
seraient rue du Tripot, prendre l'empreinte
de la serrure du rece,·eur. Lanoë s'en défendit, alléguant c&lt; que c'était la maison de
Il. Timoléon el qu'il pourrait en arriver it celui-ci du
désag"émcnt ~ D, Mais elle
insista. - &lt;&lt; Je veux l'empreinte, dit-elle; je ne vous
dis pas pourquoi faire; mais
je veux l'avoir. &gt;&gt; Lanoë,
pour se débarrasser d'une
mission qui lui déplaisait,
s'en alla prendre en cachette l'empreinte de laserrure du grenier à foin. Une
clef fut faite sur ce modèle,
et, la nuit venue, la lille de
la marquise de Combray,
retenant son souffle et marchant sans bruit, se glissa
jusqu'au bureau du receveur des finances et tenta
vainement d'en ·ouvrir la
porteu ....

n',noir pas la somme, j'aur:iis
le plai~ir de la ~1:iycr pour· vous
A peu près vers le mêet jamais vous n'en auriez rien
LE PRESBYTERE DU VILLAGE DE D ONNAY. (ÊTAT ACTUEL. )
me temps, Le Chevalier,
su .... Je \'Ous aime de tout
qui revenait d'un voyage à
mon cœur et je suis toute f1
Paris, recevait de l'arnué
vou~ cl · jr- ferai tout pour
1
Yanier, tout aussi cndelté que son clienl,
vous .... Aimez-moi com me je vous aime; JC vous mur, le tintement des louis qu on ensachait.
cmhras~c hicn fort~.

Je ferai tout pour vous, - et la pauHc
l'cmme se désolait de savoir le a héros qu'elle
idolâtrait l&gt; aux prises arec de mesquines
préoccupations d'argent. Elle n'y pouvait
parer, ayant été récemment déboulée de sa
demande en séparation 3 • Acquet triomphait :
elle était réduite à vivre de sa modique pen1. La plupart ile ces réclamalious se ti·ouv c11t aux
An•11ives naliouall's dans le carlon Fj 8171.
2. Archives nalîom1les , J!7 8171.
::;, Le 4 mars 1807. Arclii,·cs de la fomîllc &lt;le ~ainlVidor.

4. « Un soir que ,Ït\lais el1cz elle. )!me Acqucl:
cnlcnJ.aul ,·ésonnc1· J.c l'argcnl chez le 1·ec1'veur q111
dcmcul'ait 1la11s la maison, me dit &lt;p1'il lui follait de
i"al'gcnl; q~1'il lui fall_ait sculem~nl dix ~ille fr~ncs. îJ
ln!c1·ro":ilo1rc &lt;le Gudlnumc, 1ht l,anoe. Arclures du
grrlfo :lr la Cour t1·asûscs d,, Boue11.
fi. l11lerron-ntoil'C ile l,ar10ë, 5 scplcmbl'e 1808.
ü. &lt;! Elle Ïit faire des dcl's sui· cCUi' cmpreinle cl

Ce bruit produisit sur elle une sorte de griserie : elle songea qu'il y a\'ait là de quoi
satisfaire à toutes les fantai$ies de son
amant. ...
-Lanoë, dit-elle tout à coup, il me fout de
l'argent, il me faut seulemenl 10.000 Iranc:- 4 •
Ce soir-là, L:rnoë, terrifié, ne répondit
rien; mais, quelques jours plus tard, comme
il la ramenait de la Bijude à Falaise dans son
me chnrgca ensu ite tl'nller les essayer; comm e jp
~3\·ais bien qu·ellcs ne pout"raient scnir, je lui rlis
qu ellcs u·111laienl pns. Quelque Lemps nprl•s, cllè me
dil: « .1'11i élC lt's essa~cr moi-mênic pc111la11l la nuit.
parce lJUe je w~ m'en l'apporte /)as à mus. » lnlcrroj,Oloirc de Lauoë, ~, seplcmLrc 80~.
7, Archives nationales, Fi 8171.
8. « La eo11lrc-n'.:\'olution était immanquable : ccux&lt;pai la scrviroicul scraicn l bien ri·cornpensès; mais,
s1 011 ne lui êlait pas utile 1la11s le momC'Hl actuel,
tum les a11cirns ~rrvicrs ~erai1 nt oubliés.» illlerrogatoirc de Fliel'h.'•. Arclii1·rs du greffe d(' !:1 Cuur 1L1ssiscs tic l\ourn.
0

1

l'avis que la situation pécuniaire était désespérée. - (( Je crains, écri\·ait Vanier,
l'accomplissement du psaume : Cnde veniet auxilium nobi:; quia perimus ' . l) Ce
à quoi Le Chevalier répondit, comme il le
faisait, invariablement : (( - Dans six semaine~, peut-être avant, le roi sera remonté
sur le tràne; les beaux jours alors reviendront
et nous aurons de bonnes places : seulemenl,
il est temps de montrer du zèle, car ceux
qui n'auront rien fait n'auront, comme de
juste, rien à altendre a. l&gt; Il ajoutait que
l'beurc était propice, c&lt; Bonaparte étant au
fond de l'Allemagne arec toute son armée l&gt;.
li aimait ces allusions qui le posaient,
pour ainsi dire, en rival de Napoléon et grandissaienl son rôle à la hauteur de ses illusions.

G. LENOTRE.

(A suivre.)

HENRY BORDEAUX

Adélaïde de Bellegarde
Dans le salon drs sept cheminées, au musée
du Louvre, juste au-dessus de Mme Réca?1ier
mollement étendue, est un autre portrait de
femme qui eut son heure de réputation, de mauvaise réputation. -A vrai dire, onne
,·oit à celle place que la grande composition
correcte et !roide de David, l'Enlèvement des
Sabines. Entre les guerriers qui se menacent
de la lance sans excès, deux femmes se sont
précipitées au premier plan : une grande
blonde étend ses beaux bras suppliants el
rrénéreux, tandis qu'une brune, à genoux, sa
•
1.
noire che,elure dénouée, les vêtements a1ssant voir, dans un désordre habile, l'épaule
et le sein opulents, montre d'un geste apprêté
des enfants nus qui sourient et qui jouent
sans attacher d'importance à la bagarre. La
brune, c'est AdélaïJe de Bellegarde. A tous
ceux qui seraient curieux d'approcher cette
beauté qui rappelle la Judith d'Allori, cette superbe Judith du Palais Pitti, à Florence, qui tient en main la tête de son amant,
car le peintre qui rt'présenlait sa maitresse
en Judith se peignit lui-même snus les traits
d'llolopherne afin de montrer comment il
avail perdu la tète, - je conseillerais la lecture de l'ouvrage que M. Ernest Daudet lui a
consacré sous le Litre le Roman d·un Conventionnel, el une visite au cbàteau des Marches,
en Savoie.
Ce cbàteau des Marches est une sorte d'ancienne forteresse, bâtie presque à la limite de
la Savoie el du Dauphiné. li s'élève sur un
mamelon d'où ron découvre cette merveiUe
assez rare dans les pays.ages savoisiens : une
belle plaine arrosée par un fleuve et encadrée
par des formes diverses de montagnes ; la
vallée du Grésivaudan entourée par les Alpes
de Maurienne et du Dauphiné, et surtout le
mont Granier semblable à un lion couché qui
lève la tête, - le mont Granier terrible et
sauvage avec sa haute muraille nue que les
sapins ont renoncé à escalader. Aujourd'hui,
si l'on pénètre dans le château, c'est pour
trouver cette grande cage toute pleine de cris
d'enfant. lis chanrent dans les corridors,
dans la salle d'honneur, sur la terrasse qui
domine des jardins en pente. La vieille caserne e&amp;t devenue un orphelinat, un orphelinat au bon air, en pleine campagne, où l'on
semble ignorer la mélancolie. La salle des
fètes est particulièrement bien consenée.
D'une dimension de dix-huit mètres sur quatorze, haute de deux étages, elle n'a été transformée que dans son usage et porte encore
les décorations mythologiques qu'imprima sur
s :s murs, au xv111e siècle, le pinceau des
frères Galliari. Hercule el Mars, Minerve et
Vl.-

H1STOR1A. -

Fasc. ,fJ,

Diane se font vis-à-vis comme lt&gt;s figurPs
d'un quadrille divin. li y a mèmc, sur un
panneau, un exquis médaillon de l'Amour.
Le petit enfant, dévêlu, grassouillet et charmant, tire une 0èche que le Yisiteur croit
dirigée contre sa poitrine; et si rnus tournez
autour de lui pour le mieux observer, la
pointe de la flèche maligne vous suit dans
toute.i vos évolutions. L'enfant qui sourit ne
cesse point de vous viser. Ainsi nul ne peut se
dérober à ses traits. li les dirige de tous les
côtés à la fois.
Aujourd'hui celte salle des fèles est nne
salle de récréations enfantines. l!:n 1792,
Adèle de Bellegarde y dansa : c'était un Lai
donné en l'honneur du général Kdlcrmann.
Adèle de Bellegarde a vingt ans, elle est dans
tout l'éclat de sa beauté. Mariée à un cou~in
deux fois plus âgé qu'elle, mère de deux
enfants, elle est revenue, seule aYec sa jeune
sœur Aurore, du Piémont oll elle avait émigré, afin de sauvegarder par sa présence ses
propriétés de Savoie menacées de la confiscation. Elle n'a pas d~ peine à les sauvegarder,
ear l'un des trois délégués envoyés par la

recevoir le trait du petit Amour. On connait
le caractère de Hérault de Séchelles. Ce terroriste que l'ancienne sodété avait couvé tendrement, qu't·lle avait pourvu de tous ses
Yiœs, soif de luxe, libertinage, scepticisme,
et de toutes ses qualilés, élégance, grâce;
insolence et courage, est une de ces ileurs de
décadence comme on en trouve dans l'histoire
romaine à la veille des barbares. Les femmes
l'appellent le cc délicieux " Séchelles; il ne
sait pas se passer d'elles, el aucune ne peut
se vanter de le détourner une heure de son
travail. La race des roués de la Régence dt~vait aboutir à ce conventionnel. Les blasés
de,iennent vite cruels el dangereux; la domination les aUÎie comme un plaisir plus puissant, ils sont avides de tous les spectacles et
brûlent d'y jouer un rôle; le sang même les
e11ivre. Jeune, beau comme Antinoüs, adoré,
llérault de Séchelles est pris d'un cc désir
effréné de renommée "· Toul d'un coup le
magistrat d'ancien régime se rérèle implacable et violent. Il vote toutes ks spoliations,
toutes les exécutions, jusqu'à celle du roi.
Arriviste, il a laissé une 1'hé01·ie de l'ambi-

Cliché Giraudon.

L'ENLÈVEMENT DES SABINES. -

Table:iu de

Convention pour organiser le département du
Mont-Blanc est Hérault de Séchelles, et il lui
a suffi de venir au château des Marches pour

DAV!D.

(Musee du Louvre. )

tion où l'on trouve des conseils comme celuici : &lt;c Ayez une haute idée de vos facultés et
travaillez, vous les triplerez. &gt;) Plus jouisséur
18

�111STOR._1.ll
encore qu'arriviste, il donne le fin mot du
caractère furieux qu'il cachait sous de froides
apparences dans un billet que cite une de ses
maîlresses : cc Je veux me bàter de vivre.
Lorsqu'ils m'arracheront la vie, ils croiront
tuer un homme de trente-deux ans, j'en aurai
quatre-vingts, car je veux vivre en un jour
dix années. » Et il tient parole. Il se hâte de
vi1Te; il jouit du pouvoir et des femmes, par
le cerveau et par les sens. Quand il est dénoncé, arrêté, enroyé à l'échafaud, il manifeste sans pose, sans arrogance, une indifférence stupéfiante. Quand tout le monde fait
des phrases ou des ge&amp;tes, accuse ou se défend, -il rfpond sobrement, se sait perdu, ne
s'en afflige point et montre dans la mort
celle altitude des beaux joueurs dont il est
impossiblè de savoir s'ils songent à leurs
perles ou à lem·s amours.
La séduction de cet homme devait être bien
puissante, à en juger par la transformation
de la comtesse de Bellegarde qui est évidemment son œuvre. De celte jeune femme,
élevée dans le devoir, au fond d'une province,
sans grande initiative, accoutumée à la vie
monotone, il fait une coquelte et surtout une
curieuse. David nous la peint le visage désespéré, penchée sur de petits enfants dans un
beau geste de pitié. Elle quille sans un regret ses enfants - de son vieux mari je ne
parle pas - pour suivre Hé, ault de Séchelles.
Après s'être arfichée avec lui aux Marches el
à Chambéry, après avoir changé pour lui son
air et ses toilettes et donné des fêtes en son
honneur, elle l'accompagne à Paris. Elle
n'emmène avec elle que sa jeune sœur Aurore dont elle ne se séparera jamais, par une
affection touchante et réciproque que les dangers ni les plaisirs ne purent interrompre. A
Paris, les deux petites Savoi~iennes se grisent
de la nouveauté et de la diversité des spectâcles. La légère Aimée de Coigny - la cc Jeune
Cap1ive » que poétisa André Chénier - les
représente en quelques mols de femme dans
ses Mémofres: « Leur curiosité pour voir les
personnes célèbres de cette époque n'étant
arrêtée par aucune répugnance, nous dit-elle,
on peut se figurer les gens qui sont entrés
dans leur chambre. »

Cependant le spectacle auquel elles assistent sous la conduite de Hérault devient de
plus en plus dangereux. Plus il est dangereux, plus elles se plaisent, semble-t-il, à le
r

HÉRAULT DE SÉCHELLES.

Gravure de

LEVACHEZ,

d'après

LANEUVILLE.

regarder. Ont-elles pris l'habitude, dans leurs
monlagnes de Savoie, de contempler sans
peur les ahimes, ou veulent-elles rallraper
leurs tranquilles années d'enfance en vivant
double, à la manière que le délicieu:c Hérault
dè Séchelles leur a nouvellement apprise?
Insouciantes et curieuses, elles ne veulent
pas s'en aller. La Terreur sévit; elles restent
dans la fournaise. Elles assistent aux séances
de la Convention, aux audiences du Tribunal
révolutionnaire 1~ jour ot1 Marie-Aaloinelte y
comparaît. « Leur jolie figure et leur jeunesse J&gt; attirent Lous les regards. !&lt;:Iles sont
nobles; le mari d'Adèle sert à l'armée du roi
de Piémont. La guilloline les guette. Par
amour peut-être Adèle demeure, et sa sœur
ne l'abandonne pas. Hérault ne les entretient
pas de ses propres dangers. Il est dénoncé,
il est arrêté, il est condamné : elles sont là.
On raconte que lorsqu'il descendit de lac barrette cc il regardait du côté du Garde-~leuble
une main de femme qui, à travers les volets
entr'ouverls, lui envoyait un dernier adieu ».

Était-ce Adèle de Bellegarde? On n'en sait
rien. Leur vie à Lous les deux était lrop compliquée pour 4u'il soit possible de l'affirmer.
Les deux sœurs furent arrêtées à leur four.
Il ne paraît pas que le désespoir d'Adèle fut
bien profond. Était-elle fa1aliste comme son
amant? Je la crois plutôt un peu pas~ive,
subissant assez volontiers les événements sans
les rechercher ni s'en étonner: de là celle
légèreté qui a toujours étonné ses contemporains. Elle ne courait pas au-devant de3 passions ni des dangers, mais elle ne les écartait
pas. llérault avait plus de violence concentrée
et plus de flamme. En prison, ces dames
nouèrent des relations de société. Elles furent
sauvées par le neuf Thermidor, bien que
Lamartine allribue leur salut à un motif plus
poétique : &lt;! L'échafaud, dit-il, ébloui de
leur beauté, les avait refusées. lJ En re temps,
l'échafaud ne se laissait éblouir ni par la
beauté, ni par la jeunesse, ni par l'infortune.
Adèle, \Ïle consolée, reprit sa '"ie mondaine que partageait Aurore, mais celle-ci
persistait à demeurer au second plan. Elle
préférait le rôle de confidente et d'intendante,
et comprenait fort bien, quoiqu'dle fùt ellemême agrrable, que la figure de sa sœur
l'obligeait à être aimée. Adèle l'entendait
ainsi, et tout marchait à merveille. Elle
accorda ses faveurs à l'acteur Garat dont elle
eut un fils, et découvrit brusquement pour
cet enfant naturel le sentiment maternel
qu'elle avait loujours ignoré pour les légitimes. En 1814, elle s'enlhom,iasma pour la
Restauration, comme elle s'était enthousiasmée en 1792 pour la Révolution. Mais cet
enthousiasme n'était point, celle fois, commandé par un autre senlimenl. Elle avait
oublié le mieux du monde Hérault de Séchell~s. Elle ne mérite point de figurer parmi
ces femmes passionnées qui introduisent dans
l'amour une violence tragique. De son pays
ualal aux lignes heurtées c:t sévères el aux
couleurs délicates elle avait surtout relenu le
g••sle mutin du petit Amour qui, dans la
grande salle du chf1leau des Marrhes, sourit
en tirant ses flèches.
HENRY

""' 274 ""'

BORDEAUX.

Le tombeau de Turenne
Le f 1 octobre -1793, un seul monument
restait debout dans la 13asilique de Saint-D"'nis
silencieuse el dévastée : c'était celui du vainqueUI' de Sinzheim, de Ladenbourg, de Turckheim, dont le retour à Versailles, en 1674,
avait été salué par le canon, les fanfares et
les acclamations de la foule. Turenne mort
ne devait pa~ êlre protégé par sa gloire, et
son tombeau allait crouler, comme tous les
autres, sons le marteau des barbares.
Le monument, qui était adossé à l'un dl's
côtés de la chapelle de Saint-Eustache, t\1ail
le même qui fit1ure aujourd'hui sous le dôme
des Invalides: ~'était la même effigie &lt;lu capitaine avèc sa cuirasse et son manteau. La
statue de l' Immortalité le recevant dans ses
bras n'a pas changé; les figures allégoriques de la Sagesse et de la Valeur, qui ornent le monument, sont les
mêmes personnifiant les vertus cardinales du maréchal :
la Sagesse, avec un vase d'où
s'écoulent des pièces de monnaie rappelant les liLéralilés
du prince; la Valeur, dans
l'altitude d'un guerrier que
la douleur accable.
On sait trop que les sépultures qui remplissent aujourd'hui la Bisilique de SaintDenis n'ont rien gardé de leurs
poussières, et qu'elles ont par
là même perdu tout leur dl'et.
Ici, du m1 ins, nous avons un
tombeau qui ne sert pas seulement à l'histoire de l'Arl,
mais qui dit quelrp1e chose à
l'imagination et au cœur: seul
de tous les sépulcres l'iolés en
1795, le mauwlée de Turenne
a gardé toutes ses cendres.

placé immédiatement au-dessous du tombeau
de marbre que sa famille lui avait îail ériger,
et qu'ils eurent ouvert le cercueil! Turenne
fut trouvé dans un état de conservation lei,
qu'il n'avait pas été déformé et que li&gt;s !raits
de son visage n'étaient point altérés; ks spectateurs, surpris, admirèrent dans ces restes
glacés le vainqueur de Turekheim, el oubliant
le coup mortel dont il fut frappé à Salzbach,
chacun d'eux crut voir son àme s'agiter encore, pour défendre les droits de la France 1 • l&gt;
Ce corps, cc nullement flétri et parfaitement conforme aux portrails et médaillons
r1ue nous possédons de ce grand capitaine,
était en état de momie sèche et de couleur de
bistre clair )J t.

Or, le 12 octobre uu malin,
avant de pénétrer dans le caveau des Bourhons, les ou,-riers, impatients de voir les
restes d'un grand homme,
s'empressèrent d'ouvrir le
tumbCJ u de Turenne. Ce fut
le premier l
« QJel fut leur étonnement, lorsqu'ils
eurent démoli la fermeture du petit caveau

On allait le jeter dans la f11sse préparée
pour les Ilourbons, quand cc sur les obserrn-

tions de plusieurs personnes de marque ,, 3
qui se trouvaient présentes à celle première
opéra tion, il fut remis au nommé Host, gardien du lieu, homme rangé, méthodique,
qui conserva cette momie dans une boite de
chêne, et la déposa dans la petite sacristie de
l'église où il l'exposa pendant plus de huit
mois aux regards des curieux.
Jusqu'au mois de juin 17!H une foule de
,isiteurs vinrent des quatre coins. du pays
dans celle dépendance de l'église. Et ce ne
dut pas être un spectacle banal que celui de
ce gardien de la vieille église, veillant, du
fond de sa lo6e, sur sa relique funèbre_, prcnn nt un air de circonstance rour recevoir son
monde et montrer, (( moyennant une petite
rétribution l&gt;, les restes du
héros. Détail d'ignoble cupidité, qui nous montre que
le cilo1en Host avait également
Ir génie du trafic, cc cet homme
vil se permit d'ôter toutes lt s
dents de Turenne pour les
1•endre à ceux qu'un spectacle
aussi curieux que touchant altirait dans l'église,&gt;•. Le jeune
orateur de la Révolution, si
connu par son exaltation républicaine et rn poétique inspiration du Palais-Royal, était
venu, lui aussi, contempler la
curieuse relique. li voulut posséder un souvenir du grand
capitaine et, à défaut de denls
épuisées, il coupa un doigt
au cadavre desséché 5 •
De la capitale, pendant la
belle saison, des milliers de
curieux vinrent conlempler ce
11ue le bamum de Turenne
faisait voir comme un étrange
Libelot. Un beau jour, en juin
1794, M. De~fontaines 6 , prcfesseu r de Bolaniquc au Jardin
des Plantes, a Lli ré aussi par
tout le tap~ge fait autour du
cadavre exhumé, frappé de
l'étonnante conservation du
corps, réclama l'objet histol'Îque et l'obtint pour le Cabiuet d'Histoire naturelle.
Le vaillant capi1aine dont, en d'autres
temps, on t ùl transféré les restes aux rouk-

1. Alexandre Lc11oi1· . .llusé,, ,/es mo11u111e11ts (,·a11çai~.
2. • Procès-,·erbal cummui,iqué par Ti11ll1011in. ,
Cc paragraphe qu'on r,·lroun; liUé1·alemcnL trai,scriL
dans le Le,11• d'A!cxandrn Lrnuir, ,ans indic,1tio11 ,le la
source, cl &lt;1ue tous les auteui-s citent cumrnc émanant

de lui, est ~xtrait tlu manuscrit en question, donl nous
avons eu l'origi1111I entre les m11ins.
3. Alcxln,lrc Lenoir. /.or. cil.
4. L.e même.
5. Cal,anès cl :Xaas. La .Yëvrose l"évolutio1111ai,e.
ti. Dcsfontaincs l llcué-1.oui; , mcmlirc de l' Aca-

d/,rnie ries ,cicnrC's. profcssc_ur d,: Duta_niquc _au )luséum d'lii,loirc naturelle et a la Facullr ries suencrs
de P~ris né en 1751 à Tremblay. en llrctag11c, mort
à Paris,' en 183:3. On a de lui 'nne !Jore du Moul
.lllas, t i98, tt un .llé111_où:e rnr. les t,gcs des Jl"!UIIO·
cotylétlunécs. Lcbas. Dtclio111ia1re e11cyclopéd1que-

�"·---------------------------------1f1STOR,_1.ll
menls des tambours drapés et aux salves inin-

terrompues du canon, n'eut pas une grande
pompe étalée autour de son cercueil, lors de
cette translation à Paris:i Ce que nous en
savons se résume dans ces deux lignes de

dom Laforcade: " On m'a assuré que ce lut
deux maoœuvricrs ou journaliers qui le transportèrent à bras jusqu'à Paris. n
li fut déposé au Muséum, dans c.e ,·ieux
bâtiment, aux murailles lépreuses et moisies,
qui comprend encore aujourd'hui différentes

Le cadavre du grand capitaine était là,
quand, le 2 août 1706, un député de l'Isère,
Dumolard, monta à la tribune du Conseil des
Cinq-Cenis :
{! Je parcourais dernièrement le Jardin des
Plantes, dit-il; enlré dans l1's diversf-S s:illes
du Lâtiment, quelle a élé mon affliction t·n
vopnt les restes du grand Turenne plaré-s
entre ceux d'un éléphant et d'un rhinocéros!
Ne devait-il échapper à la fureur de ces
modernes vandales, que pour obtenir un tel

je vous propose de faire, en demandant au
Directoire, par un message, les mesures qu'il
a dû prendre pour faire déposer dans un lieu
plus convenable cl plus décent les restes du
grand Turenne!. )l
La proposition fut adoplée, mais elle n'eut
pas de suite immPdiate. Ce fut seulement le
24 germinal an \11, que le Directoire exécutif ordonna ]a fin de ce scandale et arrêta
que lPs restes de Turenne seraient transportés
dans le Musée des Monuments françai~, et

,
f

MORT DE TURENNE A SALl.BACH, LE

galeriCs d'Histoire naturelle 1 • Ce corps, qui
fut debout sur tant de ch,mps de bataille et
qu'atteignit un boulet liréau hasard, demeura
exposé, pendant quatre ans, à la curiosité
publique, arec les bêtes empaillées, les fossiles fanlasliques et les animaux rJres. Pendant des semaines, cc fut la grande attraction, et l'on fit queue, le dimanthe, à la parle
&lt;lu Muséum.
1. Le Cabinet d'llisloire naturelle ne se tomposait,
â celle êpoqur, que de quatre grandes salles. Belin,
7• édition a1111o~Cc p:ir lm de l'l/istoire de Paris par
Dulaurc, 183tl.

27 J 1LLET 1675. -

D'après une a11cie11ne ~ravure allemJnde au Cabind des Est:rn1f'eS.

asile? Il esl d::s faits, citoyens, qui suffisent
seuls pour dépraver un gouvernement el le
rlésbonorer aux yeux de l'étraoger. Tel est
celui que je mus dénonce ....
« Ce n'est pas que je veuille demander que
vous honoriez la mémoire de Tùrenne, je propose seulement de ne pas diminuer quelque
chose de noir~ suprême gloire en l'oubliant.
«Je ne &lt;lemande pas pour cet homme illuflre les honneurs du Panthéon ... ; mais vous
avez le droit d'éveiller l'attention du Directoire
sur un objet d'inlérèt national; c'est ce que

qu'ils seraient déposés dans un sarcophage
placé dans le jardin É'ysée de cet établissement.
Et c'est ainsi que le 24 prairial, à la nuit
tombante, le citoyen Lesieur, dans une carriole que lui avait procurée un nommé Berthier,
officier de l'ar:;enal, se rendait au Jardin des
Plantes « pour retirer les rt-'slcs du guerrier
recommandable par sa valeur el ses vertus
civiques, d'un lieu où il était confondu avec
2. Séance du C,onscil des Cin;i-Cenls, présidence de
Bois~y d"Ang!as, 15 thermidor an Y. - Monilew· du
10 aoùl 11!:16.

LE TO.llfBEJ!U DE TUR.ENNE

&lt;f Ici esl le corps cle seren1ss11ne J)1'ince
des objets de curiosité publique Il 1• Arrivé au
Muséum, à huit heures du soir, il trouvait là llenri de Lrt Tom· d'A11ve1'gne, viconite de
Alexandre Lenoir, admini'itrateur du Musée Turenne, 11Ut1'échal général de la cat•cderie
des Monuments français, les
citoyens Biaart et Par.hez, et
les ·frères Sauvé qui l'altenclaient pour procéder à l'enlèvement du cercueil.
Le lecteur nous saura gré
de citer textuellement un e&gt;,trait du procès-verbal de cette
translation, lui épargnant ainsi
tous les ornements oratoireïl,
susceptibles de lui enlever quelque chose de sa saveur :
c&lt; Nous étant fait donner
connaissance du liru où étaient
déposés les restes de Turenne,
nous fûmes introduits dans
un local servant de laboratoire,
au milieu duquel était posér,
sur une estrade de bois peiut
en granit, une caisse en forme
de cercueil, aussi de bois peint,
vitrée par dessus, de la longueur de 1 mètre 97 milljmètrcs, dans laquelle on nous
a déclaré que le corps de Turenne était enfermé. Nous remarquàmes, en effd, au travers du vitr.ige qui couvrait ce
certueil, un corp5 étendu, enveloppé d"un linceul, lequel
To~IBEAU DE TURENlŒ. - Gravu,·e de S1MO:mEAU, d'après le dusin
avait été déchiré et découvrait
la tête jusqu'à l'estomac: ce
qui nous ayant portés à le considérer plus attentivemenl, il nous parut que llgèl'e de France, go11verneur du haut et du
ce corps a\'ait été embaumé avec soin dans bas Limousin, lequel fut tué ,L'un coup de
toutes ses parties, ce qui en avait conservé canon à Sahbach, le XXVII Juillet, l'an
Ioules l( s forme~. Le crâne avait été coupé et M.DC.LXXV "•.
remplacé ou recouvert d'une calotte de bois
de la même forme, mais excédant dans toute
Cette con~latation terminée, les ouvriers
sa circonférence. Toutes les formes du visage chargèrent dans la carriole ce cercueil dont
ne nous parurent pas tellement altérée~, que le couvercle de verre laissait voir la face monous ne pûmes reconnaître les traits que Je mifiée du béros, les ieux clos el la bouche
marbre nous a laissés de ce grand homme; il ouverte; et très tard dans la nuit, la berline,
re:-tail encore des cJJets du funeste coup qui qui ne rappelait guère le deuil triomphal, ni
l\nleva au milieu de ses tri'1mphes, et qui lui J'enthousiasme funèbre de 1675, entra arnc
causa sans doute une violente convulsion rnn lugubre chargement dans la cour du
dans la flgure, ainsi qu'il nous a paru par Musée des Uonumenls Français. La bière liréc:
l'état de la bouche extrêmement ouverte. Et hors de la voilure fuL déposée dans un coin
continuant à considérer ces respectables restes, de l'immeuble, en atlendant Je mrcophage
nous aperçûmes que les bras étaient étendus commar.dé en son honneurs.
de chaque côté du corps, et que les mains
Pendant deux aus, les restes de Turenne
étaient croisées ~ur la région du ventre; le
reste était enveloppé &lt;lu linceul et offrait les figurèrent dans le nouveau Musée, mais guère
formes ordinaires. Sur le côté du cercueil plus noblement qu'au .Jardin des Plantes, à
était attachée une inscription graYée sur une côlé d'une tombe mérovingienne, des effigies
plaflUe de cui"re, qui paraît êlre ctlle qui d'HéltÏse et d'ALelard et du sarcophage
avait été placPe sur l'ancien cercueil où ce peut-être d'une petite-fille de Sésostris. En
corps avait été renfermé, ~ur laquelle nous 1800 seulement, à peine investi de toutes les
al tribu lions du pournir suprème, le Premier
lùmes cc qui suit :

1. Procè.,-l'el"bal de franslaliou de.s 1·esfes de
Turenne, du 24 prairial a11 Vil. l/ori!!i1111l de cc
doc11menl est cousené dans les archi vcs de }I• Jousse!m, aujourd'hui lilulaire de l'êlude du citoyen
Polier, cheL qui il ful déposë par acte du 20 nmdémiairc an VIIJ.
2. C'esl le. lieu de signaler l'intére~sante page qu'a
consacrêe notre distingué confrère, le Or Cabanès, il
l"odys,éc du cœur du vaillant capitaine, dans son

Cabinet secret de l'Jlistofre, 3• s., p. 310. Cc cœur.
échappé au ,·anùalîsmc r,{yoJutiomrnire, est t-onscr'"ê
aujourd'hui au château de Saint-l'aulel « dans une
en vcloppe de plomb, rc\'èlue d'un sac de velours
cramoisi u, 1&gt;0ur cmeruntrr à notre frudit collègue
des dét.ails toujours s1 précis et si minuticnx.
3. Cc sarcophage fut exCculé sur un dessin de
A. Lenoir. - Procès-vei·Ual cité plu~ haut. Une couronne et des altriùuls de guerre dêcor.:iicnt ce lomèCau
,,M

277 ....

_

~

Consul lrou"a la place qui convenait aux
dépouilles du capitaine du Grand Siècle, qui
avaient eu une si étonnante odyssée : il ordonna
leur lrafülation sous le dôme
des lmalides, dans ce lieu silencieux el sacré oit rnnt se reposer les rnldals de la pa1rir,
et où lui-mème de,ail dormir
un jour, au milieu du temple
consacré par la fleligion au Dieu
drs a1 mées.
Le 22 ,eptemLre IEOO, le
caron des lmalides annonçait
la solennilé. C'é1ait la même
foule, le mèmc enthousiasme
qu'on dnait mir quarante ans
plus lard, lor~que le cuc.ueil
du grand Empereur, longtemps
bercé par les murmures de
l'Océan, entra sous le dôme
digne de lui. A deux heures de
l'après-midi, le corps de Turenne, placé sur un c-har de
triomphe, trainé par quatre
chevaux Llancs, quillait le Musée iles Monumenls Français.
Sur le cercueil était placée l'épée du héros'. Un chc,al pie 5 ,
harnal hé comme au temps du
grand roi t:t conduit par un
nègre, ouvrait la marche. I.e
pompeux cortège traversa Paris
au miliru d'une foule immcu.-c,
de LE BRUN".
saluant de ses acclamai ions le
vaillant capitaine dont le ca1-ra&lt;:tère Pgala le génie. li était
1ruis heures quand le précieux dépOt pénétra sous le dôme où l'attendait le Premier
Consul.
Ce fut Carnot, ministre de la guerre, qui
pada, devant le cercue:t pompeusement paré,
au nom du gouvernement : &lt;&lt; Vos yeux so_nt
fixés sur les restes du grand Turenne; voilà
le corps de ce guerrier si cher à ton I Français-,
à tout ami de la gloire et de l'humanité ....
Demain r:ous cé!E'brons la fondation de la
llépublique. Préparons cette fèle par l'apothéose &lt;le ce que nous laissèrent de louable et
de justement i!Justre les ,siècles antérieurs.
Ce temple n'est pas réservé à ceux que le
hasard fit ou doit faire exister sous l'ère républicaine, mais à ceux qui, dans tous les temps,
montrèrent des vertus dignes d'elle. Désormais, 0 Turenne! tes mânes habileronl cette
enceinte; ils demeureront naturafü;é,.; parmi
les fondateurs de la République; ils embelliront leurs triomphes et participeront à lems
fêtes nationales.
&lt;&lt; Aux braves apparlient la cendre du bra\'e;
ils en sont les gardiens naturels; ils doivent
en êlre les dépositaires jaloux. Un droit reste
après la mort au guel'rier qui fut moissonné
â quatre face:; el de forme antique, a,·ec celte ios-

crijllÎon :
&gt;assant, t•a tlù-e aux enfants de Mars que Tu1·e1111e esl dam ce tombeau.
Des 1.:iuricrs, des chênes et des sapins ombragcaicnl
ce monument.
lt. Elle a,,ait étê cou~cnêc dans la famille Je
Bouillon et prêtée 1iour la cê1·Cmon1c.
5. Comme celui que moulait Turenne.

�filSTO']t1.JI
sur le champ des combats : celui de de-

u:te propriété que la mort n'enlève pas .....

meurer sous la sauvegarde des guerri~rs
qui lui survivent, de partager aVèC &lt;ux
l'asile tonsacré à la -gloire; car la gloire tst

« C'est au nom de la fiépubliqus que
ma main doit déposer ces lauritrs daus sa
tombe.

. 1. « Discours 1•rononc:é par le cilo~·cn Carnot, mi111slrc de la guerre, dans le temple &lt;le llars, à la
c~rémonie de Ju tramlation du corps de Turenne. le

cinquièmr jour complCml'ulairc an \LII ll . - Monilr:111' i1.nii:ersi:t, 1°' el 2 \'('lHiêmi,iire nn IX.
:L Jlouih'W' wiwerscl, 3 vcndémi.iire au IX.

C( Puisse l'ombre du grand Turenne être sensil.ile 11 cet acte de la rt!connaissance nationale,
commandé par un gouvernement qui sail apprécier les vertus 1 ! n
Le ministre de la guerre déposa sur le cercueil une couronne de laurier, et une symphonie militaire termina la cérémonie~.

DOCTECR

Scu1Jenirs
Uon mari, Eugène de Poillow de SaintMars, commença sa carrière par son entrJe
aux pages, et la façon dont il oLtint son brc"et est assez étrange pour être racontée.

Son grand-père était officier supérieur aux
gardes françaises. Il avait eu sous ses ordres
un sergent nommé Lefebvre, dont la femme
était blanchisseuse de la compagnie.

vous eussiez besoin de moi? Vous ne douiez
point de mon empressement à vous satisfaire.
Jt! n'ai pas oublié vos bontés pour moi et
pour ma femme, qui m'a chargé de tous ses
re.{pects pour vous, et nous sommes tous les
d~ux. entièrement à votre serrice.
Il eut même le parfait bon goût de ne pas
demander à préseoler sa ferµme.
Mille de Saint-Mars lui fil part de ce qu'elle
désirait pour son petit-fils; moins de huit
jours après, le brevet était obtenu et le jeune
homme entrait aux pagrs.

..

Le sergent devint le maréchal Lefebvre,
duc de Dantzig.
!la grand'mère était restée chargée de ses
petits-enfants, après la mort de son fils qui
succomba aux suites de la guerre d'Espagne.
Leur mère \'O)'ageait bcJUcoup et songeait à
se remarier. Ils demeurèrent donc aux soins
de leur aïeule; cependant le baron de Courval
prit avec lui, depuis l':'i_:;e de quntre ou cinq
ans, son neveu Eugène de Saint-llars, et le
fll élever avec son fils, ce qui resrnrra cncoriJ
les doubles liens de parenté.
L'état militaire était, à celte éµoqne, le
plus propice à l"avancement et à sati::ifaire
l'amLition d'un homme; on songea à mellre
Eugène aux pages. C'était un excellent délm l,
mais les places étaient fort demandées; il fa 1lait de haules protections pour en obtenir une,
et la marquise ne connaissait personne à la
nouŒlle cour.
- J'ai bien une connaissance, cependant,
dit-elle un jour, mais je n'ose pas l'invoquer.
C'est le maréchal Lefebvre. Lui el sa femme
seraient peu fla.ttés de se rappeler le tem p~
où ils venaient dans mon antichambre, et où
l~ sergent, de planton chez mon ruari, attendait ses ordres.
- Détrompez-vous, ma.d,unc, rt•prit une
des personnes à qui elle s'adressait, le maréchal se souvient toujours d'où il est parti et
ne trouve pas mauvais qu'on le lui rappelle;
adrcssf•z-vous à lui et mus obtiendrez, j'en
suis sùr, tout cc que vous désirez.
La marquise se risqua.
Le lendemain, dès qui! fut l"heure des
visites, oo lui annonça le maréchal Lefebvre.
Il enlra sans aucun embarras el, arec une
bonhomie et une simplicité rares dans une
pareille position, il alla droit au fait:
- Serais-je assez heureux, madame 1a
m.'.lrqnise, dit-il en lui donnant ce titre alors
prohibé, serais-je assrz heureux pour que

Lefobvrc était Alsacien, sa femme aussi.

Ils allaient souvent dans leur pays, toujours
a,·ec ce profond bon sens qui ne craignait pas
de remonter à leur origine.
Pendant un de ces \'O)'ages, M. de Chnert,
président de la cour royale de Culmar, visila
la duchesrn. Ils se connaissaient dès longtèmps, et elle le recevait à merveille.
Après les premiers compliments, il lui demaada des nouvelles de monsieur son fil~,
enfant fort insupportable et qui leur avait
camé beaucoup de chagrins.
- Ab I dit-elle, en prenant son air le plus
bénin, vous ne le reconnaîtriez pas .... Si vous
saviez comme il est poli, bien élevé, charmant! J,Hnais un mot plus haut que l'autre;
il apprend bien maintenanl, j'en suis très
contente. Je vais vous le faire venir, vous en
jug-crrz.
Elle se lè,·e, ouvre une porle dérobée, à
côté de son l1l, rn face du président.
- Coco! Coco! crie-l-elle.
Pas de réponse, elle recommence.
- Coco ! Coco !
- Il va venir, il est dans sa chambr,•.
Elle se rassoit, la conversation reprend; au
bout d'un quart d'heure elle s'iuterrompl.
- li faut pourtant que rnus voyiez Coco.
Il ne m'a donc pas entendue?
Elle recommence le même jeu, sans plus
de résultat.
- Mais, sacrebleu! Yiendras-tu '? s'écriel-elle impatientée .
Un léger mouvement indique qu 'tlle I st
obéie. Satbfaite, elle retourne à sa place.
- Le voilà, ajouta-t-elk
Quelques secondes après, lc:1. porte s 'tntr' ouvre, une têle toute hérissée parait dans
l"entrc-bâillemenl, c'est celle de Coco.
11 lùcbe d'une voix sonore le mol de Camhronae, tire la langue et disparait bru pmmeut.

MAX

Mon mari avait beaucoup de mémoire, il
aimait fort à raconter; j'ai retenu de lui quelques faits assez curieux et qui doiv~nt trouver
place ici.
Étaut page de Napoléon Jer, celui-ci, qui,
de ces enfants, voulait faire des hommes assez
robustes pour pouYoir le suivre dans ses rapides conquêtes, les exerçait de bonne heure
aux fatigues; c'était entre eux une sorte
d'émulation à qui en supporterait le plus.
lis suivaient l'empereur cl l'impératrice
dans leurs VO)'ages, pres4ue toujours à cheval. !l. de Saint-11ars arrivait donc d"Allemagne à la suite de Marie-Louise. Us pa!)sèrent à Vare11nes, et là, pendaot qu'on relayait
les chevau1, les habitants s'altroupèrent autour du cortège ainsi que cda se passe toujours et partout.
Un homme s'avança près de la voiture et
commença un discours verbeux, avec force
révérences. L'impératrice l'écoutait avec ct tlc
patience des malheureux souYerains, obligés
de subir un ennui pcrpéluel; il est vrai qu'on
les y drt'sse Je Lanne heure-.
La duchesse de Montebello était à côté de
Sa Maje'!-té. Un des ofliciers de service lui dit
un mot à l'oreille. La dame d'honneur fit un
geste de surprise el de mécontenlemeut.
- l i faut prévenir Sa Majesté, ajouta+elle.
Marie-Louise l'entendit el s'i1iforwa de ce
que c'élait.
'
- Nous sommes à Varennes, continua la
maréchale, et cet homme qui ose haranguer
Yolre Majesté est ce même Drouet, qui a fait
arrêter la rein~ Marie-Antoinette.
L'impératrice poussa un cri.
Les chevaux élaient attelés, on n'aUcndait
que la fin des compliments pour se remettre
en route.
- Qu'on parle loul de suilr, ordonnat-elle.
Et, sans écùuter la fin, ~lie tourne le dos à
l'orateur, toute rouoe, et courroucée au dernier degré.
- Cet homme est bien hardi, continuat-é1le, il ne sait donc pas que la reine était
ma tante! ...
Drouet resta ~tupéfait. Il n'avait pas volé
1, leçon.

DA.Sil.

(MARQ l: t SE DE PO! LLOW DE S1.rnr -i\lARS.)

TUR.QUAN

+

La citoyenne Tallien

BILLARD.

C'était là sa meilleure éducation, jugez &lt;lu
reste!
Ce fils est mort jeune; il n'aurait proLablement pas fait oublier :,On père.

COMTESSE

JOSEPH

CHAPITR.E V

profit, Je regmie de la Terreur, sans avoir
l'audace entreprenante, le patriotisme, les
talents, les aspirations de Cf'Ux qui avaient
joué les premiers rôles, sans arnir pour excuse
1a situation critique de la France prise entre
la gmrre civile et l'invasion. Et s'ils furent
obligés d'enrayer, au lendemain même de
leurs premières vengeances, ce fut à cause du
mout·ement général et irrésistible de la
France entière, qui fit voir qu'elle ne tolérerait
plus le gouvernement de la guillotine.
Un des premiers soins de Tallien fut de faire
metlre en liberté sa maitresse. Si elle avait eu
des torts à son égard, si elle arnit commis
quelque inconséquence dont son extrême ('O·
quetterie é1ait seule coupable- et, coupable ,
comment l'aurait-elle été puisqu'elle ne lui
avait pas encore juré fidélité- sa longue détention l'en arnit assez cruellement punie. De

Après leur triomph9, les Thermidoriens
eurent un moment d'étonnement. Tallien
n'était pas parmi les moins étonnés. Il se
rnyait 4evenu l'homme du jour pour aYoir osé
attaquer Robespierre en face et avoir entraîné
la masse des indécis. Il entrevoyait vaguement qu'il y avait pour lui une grande situation à prendre dans la Convention après cet
acte gui le mettait tellement en évidence, et
c'est à lui que les flatteurs, qui lui YOJaient
déjà une grande autorité, rapportaient tout
l'honneur de la journée. Croyant aisément ce
qui le Oal!ait, Tallien n'avait garde de les
contredire. En politicien avisé, il chercha à
tirer le plus grand parl.i possible de son succès . L'intérêt personnel l'avait seul poussé à
attaquer Robespierre, l'intérêt personnel seul
continua à dicter sa conduite : il n'y faut
chercher ni un plan, ni une idée politique, ni
l'amour du bien public et du pays; on ne
trouverait rien de tout cela, - mais seulement
le désir de jouir, dans son débraillement moral, des richesses et de la maîl resse qu'il avait
scandaleusement acquises à Bordeaux; il faut
y voir aussi , et avant tout, le dé.\cir de supprimer ou de faire taire les témoins de ses crimes .
Il chrrdrn à faire monter les uns à l'échafaud 1 ; il fait em·oycr les autres en prison 1
dans l'espérance qu'il n'en sortiront pas.
Il semble sètre pénétré de celle détestaLle
maxime de Machiavel : C! li ne fout pas qu~
celui 4ui gouverne soit honnête homme, mais
il faut qu'il ait grand soin de le paraître. J&gt;
Car maintenant son coup d'État lui a ouwrt
des horizons nouveaux : l'ambition le mord
au cœur, il se croit appelé à jouer un grand
ràle, à prendre une grande place, f.t il ne faut
pas pour cela avoir un passé trop gènant
qu'on pourrait à l'occasion lui jeter à la face.
Aussi, les premières mesures prbcs pour
assurer la durée de leur triomphe, leurs vengeanct:s pnsonneilcs assouvies, les Thermidoriens respirent; ils pement se mettre à leurs
petites alla.ires, les seules d'aiHeurs qui préoccupent ces petits hommes. Ah! comme !lallet
du Pan les a bien dépeints en disant : c&lt; Ce
sont des valets qui ont pris le sceptre des
mains de leurs maîtres apiès les aroir assassinés. ll Ils ne voulait:nt, en effet, ces comparses, que continuer, m_ais à leur propre

son côté, Tallien n'était pas blanc comme
neige: n'avait-il pas, on s'en souvient, signé
l'ordre d'incarcérati un de son ami Guéry?
Thérésia ne s'en douta jamais. Afais tous deux
avaient expié leurs torts réciproques, tout grief

1. Dans le premier numCro du journal qu'il fonde
3~rCs le 9 Lhcrmidor, l'Am i de~· Ciloy1m1t, Tallien
denoncc uu agent des ComitCs 1\e Salul public et tic

d' un lémoin gèuant.

FRÉRO~.

Sureté gC.néralé, qui con11ai'l ses mê~ails comme complice de Robespierre. 11 c.~père se débarrasser ainsi

... 279 -

élait oublié, el, le 1~. la belle Thérésia sortait
de prison.
Le petit Jullien, lui, J entrait! « Il aine aux
satellites de Robespierre! avait dit Tallien, le
11 thermidor, à la tribune de la Convention;
on arait mis à la tête de l'instruction publique
un jeune homme de dix-neuf am, un jeune
homme que son âge appelle à la défense de la
patrie aux frontières . On ne s'est pas contenté
de cela; on a envoyé ce jeune homme dans un
département du Midi; là, il a exercé un pouvoir révoltant; il a fait couler le sang I our
s'applaudir ensuite de ~es actes arbitraires
auprès de Hobespierre et lui envoyer la liste
de ses victimes. " C'était habile à Tallien de
parler ainsi, mais c'était canaille; c'était une
manière de rejeter ~ur le petit Jullien les crimes dont il s'était couvert lui-même. Toute sa
conduite, dPpuis ce temps, consista à en
charger ce malheureux qui n'avait cependant
pas besoin d'endosser ceux des autres.
A quoi Thérésia ernploya+elle les premiers
Lemps de sa liberté 1 A mettre tout d'abord un
peu d'ordre dans ses affaires que deux mois
de détention et le malheur des temps a\'aient
passablement dérangées . Elle avait besoin
d'argent : une lettre qu'dle adressa à une de
ses amies de Ilurdeaux nous montre, dans le
menu, ses préoccupations.
Tous ces détails de la vie matérielle réglés:,
elle envoya de l'argent à sondomesliqueJosei h,
resté à Bordeaux avec son fils : c'était pour
paJer leur pt&gt;nsion pas~ablement arriéré!! par
rnite de force majeure. Puis, la direction des
travaux à faire et les soins de son installalion
!1 la chaumière clu Cours-la-Reine, ancienne
habitation de ~Ille Raucourt, lui prirent quelque temps. Après cela elle n'eut plus qu"à
jouir de la popularité immeme qui entourait
Tallien el dont elle avait une bonne part.
« L'homme auquel !"opinion publique allribue le mérite de la réaction dont on sentait le
bienfait, a écrit le chancelier Pasquier, c'est
'l'allien ... la France oublie le proconsul cruel
qui a tyrannisé Bordeaux, l'un des promoteurs des massacres de septembre, le régicide.
Il y a des sentiments qui effacent ou surmontent tous les autres: Lei est celui de la reconnaissance qu'on porte à cet homme. Je l'ai
vu, après le bruit d'un assassinat dont il avait
paru menacé, après une retraite de quelques
jours dont le motif n'était pas bien connu,
On \·oil que l'Ami des Ciloye11s èlait cousin gcrmaio de l'A ·mi du Peuple.
2. Comme llarc-Antoine Jullîen, pnr exemple .

�1f1STO"l{1.ll

jeune, assez beau; il avait l'air calme et serein. Mme Tallien élait à ses côtés, elle partageait son triomphe. Pour elle aussi tout '!tait
effacé, et l'opinion ne savait pas avoir de rigueurs 1 • J&gt; Oui, il faut le répéter après le duc
Pasquier, l'homme qui a fait ouvrir les prisons
à ses semblables opprimés, mérite qu'onlui pardonne beaucoup, quels qu'aient été les mobiles
qui l'ont poussé à agir; il mérite aussi de la
reconnaissance, quelque fortuit qu'ait été le
bien qui découla de son acle.
Les premiers mois qui suivirent le 9 thermidor ne furent pas pour Tallien un temps
de désœuvrement et de seuls plaisirs. La vie
politique n'était pas calme à la Convention et
tandis que la population, pour se consoler des
ruines et des deuils de la Terreur, se jetait à
corps per&lt;lu dans les plaisirs el les débauches,
bien des colères couvaient sous la cendre. [l
fallait avant tout museler les comités. Tallien,
avec Cambon, fit décréter qu'ils ne seraient
plus permanents, mais renouvelés par quart
tous les mois. Le Comité de Salut public,
décimé par la guillotine, lut complété;
l'homme qui avait osé attaquer en face SaintJust et Robe~vierreen fit partie. La puissance
dictatoriale des comités se trouva ainsi détruite. C'est dans l'intérêt de leur conservation
personnelle que les Thermidoriens avaient
pris ces mesures énergiques: la France, elle,
n'y vil que le bien qui en découla; elle l'allrihua à leur sagessP, et c'est pour cela qu'elle
les applaudissait en toute occasion.
'Tallien et les autres Thermidoriens qui ne
pouvaient se méprendre, à la popularité qui
les entourait, que la France ne tolérerait plus
un régime de sang, se rendirent aux prisons
'en personne, en ouvrirent largement les parles
et se firent encore acclamer.
Mais le parti de Robespierre ne les acclamait pas. Une foule de mécontents, entre
autres les quelques milliers de citoyens qui
recevaient quarante sous par jour pour assister
aux assemblées des sections, et à qui ]es Thermidoriens avaient supprimé cette prime à la
fainéantise, se réunissaient à la société des
Jacobins. lis y déclamaient avec fureur contre
la nou.velle orientation de 1a politique conventionnelle et lançaient des menaces contre les
nouveaux maitres de la France. Le 25 fructidor même (9 septembre), Tallien faillit, à
ce qu'on assura, être assassiné. La Convention s'émut de cet attentat. Merlin de Thionville dil que le peuple « voulail que le règne
des assassins finît » et rejeta sur le club des
Jacobins la responsabilité de cette tentalive
criminelle. Hais ce n'est que le 21 brumaire
( l l novembre) que les comités de la Conven-

lion décidèrent la suspension des séances des
Jacobins, la fermeture de leur salle el le dépôl
de la clef de celle salle au secrétariat du comilé de Sûreté générale.
Thérésia, dans une letlret, ::.'attribue le
mérite de la fermeture de ce club. Il est probable qu'elle n'y fut pas étrangère. Après
raLlenlat donl Tallien (qui n'était pas encore
son mari) avait failli être victime, et dont
celui-ci attribua la re~ponsahilité aux rancunes des Jacobins, Thérésia l'engagea sans doute
à provoquer, à la Convention, un décret de
dissolution de celle société. Mais elle s'attribue un rôle actif dans l'a Ifaire: &lt;( Ce fut aus~i
moi, dit-elle, qui lus dans la rue Saint-Honoré, accompagnée de Fréron el de Merlin de
Thionville, enlever les clefs de la porte du club
des Jacobins, ce qui empêcha leur réunion ce
jour-là et donna ainsi le temps au parli contrairede provoquer leur clôture définiti,ve avant
qu'ils ne sef ussent concertés pour l'empècher. )&gt;
La chose a dû se passer ainsi, puisqueMmeTallien le dit. Mais il est curirnx de voir que deux
membres de l'Assemblée, arcompagnés d'une
femme, se donnaient mission d'attenter au
droit de réunion, au moment où la Convention
le faisc1il elle-même par une loi de circonstance.
Ce petit incident e~t une des mille preuves
de l'anarchie qui régna en France après le
9 thermidor et qui se prolongea, sous le Directoire, jusqu'au f8 brumaire. Cette anarchie
n'était pas seulement dans l'administration,
mais aussi dans les esprits. L'atonie des affaires
avait amené une misèregénérale,et les mémorialistes du temps onl tous fait le tableau des
souffrances de la population. Donnons celui-ci,
qui monlre en même temps ce qu'était alors
la vie à Paris : cc La disette était affreuse, dit
l'un d'eux, la misère au comble, et ce souverain déchu (le peuple) osait à peine se plaindre. Ce n'était plus qu'une vile populace sans
énergie, rugissant encore sous Ja main qui la
chàtiait, mais n'ayant plus même la pensée
d'une révolte. Tous les malins, la ville entière
présentait le déplorable spectacle de milliers
de femmes et d'enfants accroupis sur le pavé,
aux. portes des boulangers, pour y recevoir,
en paianl, un morceau de pain! Plus de la
moitié de Paris ne se nourrissait que de pommes de terre. Le papier•monnaie était sans
valeur, l'argent sans circulation; celte situation a duré plus d'une année. Un spectacle
plus élrange frappait encore les yeux de l'observateur : les infortunés qui avaient gémi
dans les prisons étaient rendus à la liberté,
et comme ils avaient échappé au supplice, ils
jouissaient de leur bonheur avec transport;
les dangers auxquels ils avaient été exposés
si longtemps excitaient un grand. intérêt. Hais
la vanité, si ingénieuse en France, en sut
tirer parti; c'était à qui prétendrait avoir le
plus souffert, et comme il était de bon goût
d'avoir été persécuté, une foule de gens qui
s'étaient cachés ou avaient acheté leur tranquillité à force de bassesses, se vantaient
d'avoir gémi dans les prisons. Des milliers
d'innocenls avaient péri sur l'échafaud; mais

si l'on s'en fût rapporté aux récits de la haine
et de la vanité, la moiûé de Paris eût emprisonné ou massacré l'autre moitié. A celle
époque, le désordre de la société était porté à
son comble; ]es rangs avaient disparu, les
richesses avaient changé de mains : comme il
était encore dangereux de se vanter de sa
naissance et de rappeler une ancienne existence, les nouveaux enrichis voulaient donner
le ton et joignaient à tous ks travers d'une
mauvaise éducation lous les ridicules d'un
patronage sans dignité. Une autre classe,
plus recommandable, les artistes, trouva de
la considération dans le besoin que beaucoup
de gens éprou\'aienl de chercher des distractions el mème des ressources dans les arts de
l'imagination. Ce goût des art~, généralement
répandu, acheva de jeter dans les modes el
jusque dans les mœurs de la capitale un dévergondage inconcevahle ; les jeunes gens se
coiffaient en victimes, l~s cheveux relevés sur
le sommet de la lêle, pour rappeler les infortunés qu'on conduisait au supplice; ]Ps femmes, au contraire, imitaient dans lPurs vêtements les usages de l'ancienne Grèce. On ne
croirait pas, sans l'avoir vu, que des femmes
charmantes, bien élevées et d'une naissance
distinguée, portaient des pantalons couleur de
chair, se couvraient les pieds de cothurnes,
étaient à peinè vêtues de robes de gaze transparentes, et, le sein détouvert, les bras nus
jusqu'aux rpaules, se présentaient dans les
lieux publics, et loin de révolter la pudeur,
n'excitaient que l'admiration el les applaudissements. Les anciens palais, ]es jardins particuliers é1aient transformés en asiles de
plab,irs: c'était l1 Él1·sée, c'était P.iphos, Tivoli,
ldalie, etc. ; et partout une cohue, une étourderie turbulente, un débordement de mauvais
ton et un mépris de toutes les bienséances qui
excitaient la honte et le dégoùt 5 • ))
La citoyenne Thérésia n'était pas étrangère
à cette corruption des mœurs ni à ces licences
de la mode. Dans ce renouveau de la Société
parisienne, c'est elle qui, en sa C[Ualité de
femme en vue, de grande coquette et de
beauté hors de pair, donnait le ton aux autres
femmes, comme le fait la reine dans une monart.:hie. Elle n'allait cependant pas tarder,
parmi bien des mauvais exemples, à en donner
un bon : celui du mariage.
Thérésia de,·ait à Tallien de l'avoir arrachée à l'échafaud, à Bordeaux; de cela, elle
l'en a\'ait payé et, de part et d'autre, les
conditions du marché avaient été tenues. Us
étaient quittes. Si elle lui devait aussi un
peu, pui~qu'il en avait signé l'ordre, l'incarcération de son ami Guéry, c'est bien à lui
qu'elle de\'aÎt sa mise en liberté. De son côté,
Tallien, pour lui être agréable, avait la courtoisie de lui dire que, sans son amour, sans
sa lettre, il n'aurait pas eu l'énergie d'allaquer Robespierre. On se devait donc réciproquement beaucoup de reconnaissance. N'y
avait-il pas lieu de faire sanctionner ces sentiments et l'irrégularité de leur situation par
le mariage'? Bien des convenances se trou-

1. Chancelier PMQu111t , Mém oins , t. I, p. 114.
2. A. M. de Pougcns, Bruxell es, 16 novembre 1824.

3. C1&lt; LA\'.ILETlE , Mém ofres et Sout:enù s, t.1 , p.1 M.
4. li y avait aussi une autre raison. Peut- être Thê-

résia était - elle d~jà enceinte de relie de ses fill es qui
de\'Înl la comtesse de Narbonne-Pelet.

reparaitre au 1héâtre de l'Odéon. On ~avait
qu'il devait y venir, ·on l'I attendait. JJmais
salle de spectacle ne ful aussi remplie. L'intérieur n'avait pas suffi; les escaliers mêmes
étaient pleins comme le parterre. Il paraît

enfin : quel accueil! Quelles acclamations!
Les spectateurs des loges, du parterre, les
hommes, les femmes, tous montent rnr les
bancs,. on ne peut assez le regardtr. Il éJait

...., 28o .....

�111ST0'1{1A

----- -----------------------·

veraient réunies - du moins tous deux Je
crurent - dans une union où il en avait
d'abord été si peu question. On ne sait si le
souci de la morale, celui de la dignité de leur

vie privée, entra dans les calculs de chacun.
C'est peu probable : à celle époque, à leur

âge, dans les classes sociales si opposée~ d'où
ils sortaient l'un et l'autre, on ne se preoccupait pas de pareilles niaiseries. Tallie~ ai~ait

'J'hérésia et en était aimé, ou du moms 11 le
croyait, ce qui revient au même. Il n'ignorait
sans doute aucune des légèretés de celte co-

quette. En véritable amoureux, il oubliait
celles qui avaient précédé le moment où il
l'avait connue et ne pensait pas que de nouvelles coquetteries pourraient 5ui, re celles-I_à.
Pour ce qui est de la façon dont elle avait,
pour lui, oublié ks lois de la m?ral~ el_ de
l'honneur, elle était toute ammsl1ee : falhen
oubliait assez volontiers qu'il lui avait imposé
lui-même cette conduite, il s'imaginait peutêtre aussi qu'il avait fait sa conquêle : sa
vanité y trouvait doublement son compte, car
'l'héré~ia était fort jolie, et puis, pensez donc,
elle était marquise I Pour le fils d'un domestique, ce n'élait pas là une mince considération, et, pour tout le monde,que serait l'amour
si la vanité ne venait pas en pimenter un peu
l'éternelle banalité?
Et le pauvre aveugle, qui, sans rappeler ~e
trop près l'enfant au bandeau et au carqu01~,
n'était pas mal de sa personne .e~ comptait
peut-être sur ses avantages ext~r•~~rs ~our
conserver sa conqnêle, ne pourn1t s imaginer
que Thérésia, un beau jour, lassée de lui ou
tout simplement curieuse d'un autre hommr,
pourrait se permettre _avec celui-1~. c~ qu'ell~
s'était permis avec lm. De cela, l 1dee ne lm
vint pas; ou, si elle lui vint, il se dit pl ut-~!re
qu'elle avait une jolie forlune et que,_lorsque
amour et beauté ,,iennent à nous faire banqueroute, c'est toujours u?~ comp~nsat~on.
Mais celte cruelle éventllid1te pom•a1t arriver
à d'aulrcs, à lui jamais! li aimait. il était
aimé et il arait peut-être eu vent de cette p~role de l'Étriture : Fortis esl ut nwt·s diLectio 1 (l'amour est fort comme la mort).
L'avenir devait lui monlrer bien vite que
l'Écriture ne se connaisrnit pa.:; plus que lui à
ces choses chez les femmes. Et c'est en toute
confiance qu'il s'embarl1ua dans l'aventure du
mariage.
.
.
,
De son &lt;Ôlé, Théré~ia ne m:rnqua1t 1,as d y
apporter une bonne ~rm·i~ion dïll_usions .
Mais pas les mêmes. L 'en1 vrement du tr10mphe
de thermidor, les exagérations qu'elle entendait de toutes parts sur les mérites de Tallien,
les ·applaudissements qui, durant plusieurs
mois 2, saluaieut l'entrée de son amant dans
tout lieu public, lui firent croire qu 'die
s'était trompée sur son compte et qu'il élait
réellement un homme de valeur.
Ambilieuse, elle pensa qu'arec les qualités
qu'elle lui prêlail depuis qu'on l'applaudissait
partout, Tallien ne s'arrêterait pas là. Il était·
fort jeune, vingt-cinq ans, pas davant:ige;
avec un peu de savoir-faire on pouvait espérer
pour lui les plus hrntes deslinées. Tout était
1. Gant., Vlll, 6.

créer à la société nouvelle qui s'élevait sur
les ruines de l'anf'ienne. li y avait de grandes
situations à prendre pour Ms hommes Jeunes
et entreprenauts. Tallien avait fait ses preuve~,
il était l'idole du puulic parisien : elle saurait
bien le pou~ser en se poussant el_le-même.
L'avenir, devant lui, s'ouvrait donc 11nmeose.
Elle aima il les nobles et délirates jouissances
du poun•ir; elle adorait le luxe : elle cr~t
que les hantes situations qu~ n~ manqu~ra1~
pas d'orcuper un ~omme s1. hwn_ par~t lUJ
procureraient les r1cbess:s necessa1res a. ~e~
&lt;Toùts dé\oraleurs. Et pm-:, a\ec cette îanltt~
~ue l'on a à prendre ses dé~irs pour des
Jilés, elle se di~ait qu'à !out prendre elle eta1t
haLituée à Tallien. Homme pour homme, autant accepter celui-là. li n'était pas plus la_id
qu'un autre, et, depuis qu'il la fré4ue_nta1t,
il s'était as~ez convenablement forme aux
usarres ex1érieurs de la bonne compag-nie.
~iais l'aimait-elle? Ceci est une autre question, el bien oiseuse, car qu'est-ce que
l'amour a à faire, je vous le demande, dans
le mariage? Elle trouv:iil ou croyait trouver
son avantaoe à épou.~er Tallien, elle l'épousait. Quoi de plus simple! Et y a-t-,il be~oi~
de s'embarrasser d'autre chose? Etc est arns,
qu'elle se trouva avoir pris pour mari JUStement l'homme qui ne pouvait en aucune
façon lui convenir, et Tallien, la femme qu'il
ne lui fallait pa,.
. . . ,
Et le 26 décemure 1~94 la mume1pahte
donmiit la sanction légale à l'union commencée rle ~i cavalière façon à Bordeaux. De
sanction religieuse, il n'eu fut point question.
Pas un parent ne si.!na au mariag~.
Après son mariage, Théréi ia quitta rnn
appariement de la Chaussée, d'Anlin p_our
aller sïnslaller anc son mari a la Chaumiere.
C'était une charmante habit11tion couverte en
chaume, située au coia de l'allée des Veuves
(à présent a,·enue Montaigne) et du CoursLa-Rl'ine.
La citO)'enne 'fallien, qui ai.mail le monde,
ce qui é1ait bien naturel, pmsqu~ sa beauté
lui valait dt!S succès et que sa gracieuse amaLilité lui en prof'urait d'aulres, voulut, une
fois mariée, se mettre à recevoir. Elle eut
pein~, tout d'ab~_rd, à recruter so_n s_alon :
l'émi«ration la !erreur, encore :-1 recente,
les d~uÜs, ia ruine générale en était'nl lrs
causes principales. !lais les dé~u_tés.' l_cs banquiers avec lesq~els son père av~11 ele. en relation, les fourrnsseurs drs armees qm commençaient à étaler un grand luxe, quelques
«ens de lettres et artistes lui formèrent
bientôt un noyrn d'habitués fort agréables.
On jouait, à la Chaumière; on jouait ~ème
très gros jeu; on 1 d!uait, on ,Y sou rait, on
y faisait de la musique ; mais, malgré la
vo«ue extraordinaire qu'avaient alors toutes
les° danses, on n'y dansait pas.
Toujours aimable, toujours charmante, la
belle mailresse de maison faisait on ne p('ul
mieux les honneurs de chez elle. QuelqUts
femmes commençaient à y venir, et, si elle
parlait avec elles plaisirs . et toilett~s, cela
ne l't:rnpêl·hait pas de smvre atten11,,em1:11t

;é~-

2. Chanctlier P.i.~Qun.:n, ./Jlémoh-es, t. 1, p. 114.

la politique de couloirs à laqu~lle é1ail mêlé
son mari et qui venait se contmuer _dans le~
soirées de la Chaumière. Elle prenait part a
toutes les causrries, même à celles d'affaires,
- les politiciens, on le voit, ont de tout
trmps traité les affaires entre les femm_es e_t
le champagne, - et s'évertuai_l à _pla1r~ a
chacun, ce qui ne lui était pas d,rûcile. c.~sl
ainsi qu'elle plantait les jalon.s de la carne~e
qu'elle rê\'ait pour son mari, et elle ~~,•ait
bien que, dans toute carrière, en po!1h~ue
plus encore qu'ailleurs, la femme dmt etre
le collaborateur de son mari. Du reste,
n'rst-ce pas elle qui en recueille les plus
beaux bénéfices! Mais il y en a si peu de capables! Et, par une dé~ision du sort.' ce. ne
sont jamais ctlles-là qui occu~ent la s1tuat10n
où elles pourraient faire briller leurs qualités, leur esprit et leurs talents. . ..
Dans l'anarchie universelle qm smv1l le
9 thermidor, Mme Tallien eut un ml'~ile;. el
hien grand : celui de prêcher la Lonle, I_mduluence et l'oubli des discordts passees.
1m: recevait des pétitions, comme j~dis à
Bordeaux · elle les apost11lait el se fais:a1t une
,
•
t '
clientèle de sollii;iteurs. Les émigr~s ren res,
les anciens royalistes, lui rappelant d'a1~ciennt&gt;s relations, ne craignairnt pas de _venu
s'adresser à elle, pour s'assurer le succes de
leurs demandes. Elle s'emplo)·ait avec une
bienveillance infati«able à obliger tout le
monde, et cette bie;veillance, trait distinctif
de son caractère, ne la quittera jamais.
Malheureusemeul. la r.oquLLterie, uue
extrême léo-èreté ne la quitteront pas darantao-c. Les t~rribles leçons des événements ne
lui apportent pas le moindre_ séricu.x dans le
caraclère ·1 le don de réflexion lm manque
to1alemen t; elle est toute de prime-saut, ne
fait que cc qui lui plait et ~e s'inquiète ~as
des conséquences. On pourrait presque cr01re
que, si elle fait le bien, c'est pour s'ti_mus.eri
si elle oblige les gens, c'est pour se d1str:ure,
pour satisfaire un besoin d'intri~uer, parce
qu'elle trome drôle de ~e mêler d'affaires et
de faire marcher les g(•ns à son commandement, &lt;JUe c'est une cbose délicieuse d'ê~re
une femme politique. Elle est du reste bien
convaincue qu'elle l'esl, depuis qu'elle cherr..:hc
à faire croire que c'est elle qui a ren,·ersé
Robespierre. N'écrivait-elle pas, en 1~2!, e~
faisant, il est vrai, une légère restr1d1on _a
ce qu'elle disait san~ aucune rt'.ticence d~pu1s
sa sortie de prison : « . ... Le 9 thermidor,
le plus beau jour de m~ vie, puisyu~ c't~t un
peu par ma petite mai~ que 1~ gu1Ilotrne a
été renversée. J&gt; Complice obligeant de ce
petit empiètemcnl sur les droits de son. mari,
le public le croyait alors, ou. du_ morns se
plaisait à se le figurer, tant 11 a1rue à personnifier en une idolr, homme ou femme,
ses sentiments, ses préférences, ses afli:clions,
comme aussi ses rancunes et ses haines.
C( On rendait gràces à Mme Tallien, dit un
contemporain, de la salutaire influence e~ercée par elle lors du U Lhermidor, et on aJo.u•
tait presque les hommilges de la reconnaissance puhlique au culte rendu à sa beauté 3 • )&gt;
3. Duc de Il \GtJsE , .llémoires, t. 1, p. 80.

1.JI

ClTO'YEl\lN'E

T ./11..Ll'EN

Mme Tallien rrut un peu trop à la situation meubles les plus recherchés, l'or, les diade sainte, tout au moins d'idole, qu'elle mants, devenus la proie de trois cents bri- charges et emplois extraordinaires, comme il
y eu avait sous la monarchie, demeurait un
s'était faite, et, dans son admiration pour gands dont l'opulC'nce insulie à sa )'lisère. La
simple dépu·é, perdu dans la masse des
elle-même, elle ne songea point, en ces plupart de ces dépulés sont sortis de la caaulrl's; que l'Henir qu'elle lui rroyait était
temps de misère navrante, à mettre un frein naille : à ces vices, ils ont ajouté celui d'une
bien long à se dessiner, qu'il ne justifiait
à son goût excessif pour la toilette. Lrs
pas,
en somme, les espéranc-cs qu'elle avait
gazettes du temps ne dédaignent pas de donner
placées en lui. Elle avait beau le pousser à se
parfois les détails de ces extravagances.
mettre en arnnt cl à devenir l'homme indisMallet du Pan, dans sa Correspondance avec
pensable
de la Conl'ention, Tallien, qui pala Cour de Vienne, parle d'une robe à la
raissait avoir fourni dans la conjuration
~recque que &lt;! Ja femme d'un député nommé
contre floblspierre la somme de ses capaTallien a payée douze mille livres». Si elle aicités, ne réussissait pas à prendre à. la Conmait à obliger ceux qui venaient s'adresser à
vention une place prépondérante. C'est qu'il
elle, il ne semble pas qu'elle ait beaucoup
y avail du subalterne en lui, du ,alet; il rn
songé à aider Jes pauvres, les uais pauvres,
ressentait de son origine : de plus, il n'avait
qui, par miiliers, mouraient de faim et de
pac; assez d'instruction pour s'occuper utilefroid . Sa bonté était plus passive qu'active,
ment des questions de législation ou d'admic'est-à-dire qu'elle ne refusait rien à ses amis,
ni,tration, el ses C( talents l) n'étaient pas de
mais ne pensait pas à aller au-devant des
ceux qu'on peut uliliser souwnt dans une
infortunes pour les soulager. Tout le mondr,
assemblée deliLérante : on ne f.tit pas Lous
d'ailleurs, était alors ainsi. On 1.e songeait
les jours un 9 thermidor. Aus5i le rnpit-on
qu'à s'amuser, qu'à faire la fète à outrance :
errer dans lrs couloirs, se mêl, r à une foule
théàtre, bals, concerts, soupers, se parlageaient
d'intrigurs, s'occuper de spéculations comle temps de ce petit noyau &lt;l'enrichis, de banmerciales rJbaissantes, s'éparpiller rn mille
quiers, de fournisseurs des armfos, de spépetitrs affaires.. Et, romme il n'arait pas dans
culateurs sur les biens nationaux, d'agiosa vîe un but élevé et d'intérèl général, il deteurs sur les subs:istances, de déptJtés, etc .,
meurait un médiocre et ne sorta'.t pas de
qui formaient alors le Tout-Paris de l'époque
M ER LIN" DE TIUONVILLE.
l'ornière
de~ rnlgaircs politiciens. li ue mûet s'étourdissaient, dans une orgie sans fin,
D'apres le dessin de i".IAuRrn.
rissait pas. C'est le défaut des hommes chez
sur les dangers de la patrie et les souffrances
qui les passions rt le sentiment l'emporttnl
des patriotes. Écoutons sur la façon de vivre hypocrisie plus effrontée que leurs mœurs, et sur
le caractère.
de tout ce monde, qui élait celui dont s'c n- ils donnent le premier exemple connu de
IJ
y avait amsi à cela une autre raison,
tourait Mme Tallien, le calvinisle et philo- l'impudence dans le crime el de la profanaoh! bien prosaï4ue, et que, comme lous les
sophe de Berne, Mallet du Pan. Il écriYait, le tion journalière des mots de justice, de vertu,
hommes faibles, il n'osait pas supprimerpnr un
1er février 1795 : « Je craindrais de peindre de désintPressement, de démence 1 • »
coup d'énergie, par un petit 9 Thermidor de
la vie inràme de trois ou quatre cenls de ces
Voilà le milieu dans lequel viYail lime Tal- ménage. Le malheureux a\ ait besoin J"argent
dépulés. lis é1onnent la Yillc la plus corrom- lien, jeune fr•mme de vingt et un am. Après
pour fournir aux dépenses écrasantes de sa
pue du monde entier par leurs débordements. Ie monde corrompu qu'elle avait rn et fréfemme. C'est pour cela qu'il prostitunit son
C'est du sein de la débauche la plus effrénée, quenté sous Louis XVI, après les singuliers
mandat électif dans des affaires commerciales
qu'ils rendent l'ordre drs massacresi c'est com,ivcs parmi lt·squels elle s:oupait l1 Buret qu'il ne rougissait pas d'en faire argent.
en sorlant des bras des plus vill·S prosliluées dèaux, il ne faut pas s'étounrr 4u'elle ne
Mais comment aurait-il pu rougir de quelque
qu'ils vont parler de mœurs el de vertus à s'en étonnât pas el11'•même, qu'elle ne pemàt
chose après Tours et Bordcaux? C'est aussi
la tribune; c'est au milieu d'orgies qui feraient point qu'on pf1t êlre autrement et vivre plus
pour de l'argent qu'il trahit la République,
rougir les plus impudents libertins qu'ils re- honorablement. Les comcrsalions de ces grns
lui , enfant de la République, qui lui devait
çoivent lts clefs des villes conquises et les aux sentiments si peu élcYés n'élaient guère
tout, qui n'avait été quelc1ue chose que par
propo!)itions de paix. Pres11ue tous out fait à faites pour remontn le. niveau de l'honn ur
elle: oui, il travailla, en 1795, à n·tablir la
Paris et dans les départements le commerce et de la dignité, et, dans son salon comme
royauté des BourLons. Incapable de faire ~a
des emprisonneml'nts èt des dêlivrances , des dans ceux qui s'ouH.1Îent peu à peu à Paris,
place au soleil par son travail dans une démomorls et d(s ,·ies; ils ont J1JÎ; à prix les têtes Mme Tallien n'entendait parler que du cours
cratie, a)ant de l'ambition et point de talents,
et les fortunes; mille fois ils ont envoyé à journalier des assignaLs c·t des de11r1:rs de
ce chacal dé la politique complait tirl'r honl'érbafau&lt;l celui dont ils avairnt reçu des s·1m- consommation, d'agiolage, de ~péculatious et
neurs et profits, profils surtoul, de la monarmes énormes pour le sauver. Partout ils ont d'alfoirrs. Ce n'est r1u'après ces conversations
chie. Et c'est ce qui fait tomber l'accusation
forcé des femmes chastes à se prostituer pour qui faisaient du salon une SU( cursale du Perlancée contre lui d'avoir été C! l'empoisonnc.-ur
racheter leurs jours ou ceux de leurs maris;. ron' ou du marchéaui: Llés,que qutlqurs esdu fils de Louis XVI au Temple ». D'abord
Tuul ce que l'impiété peut vomir de Llas- prits moins terre à terre parlaitul del, Consl'eufant n'a pas été emroisonné ; ensuite 1
plièmes, tout ce que l'immoralité peul dicta titulio11, de I.1 guerre, de la pacification des
comment Tallien aurait-il songé à le suppride turpiludes, forme leur habitude et leur esprits, parfois d'art et de littérature, et
mer, puisqu'il voulait au contraire le faire
com-cr~alion. Ils ont acquis l,·s hôtels, les alors une aimaLle pointe de galanterie venait
proclamer roi, afin d'asseoir solidement sa
fermes, le moLilit:r des propriétaires qu'ils égayer la causerie .
propre situation pendant la régrnce?
ont fait assassiner; leur luxe est celui dl's
Ccpendanl, Mme Tallien ne semLlail pas
La mort du jeuoe prince ruina, pour le
satr.ipes de l'ancienne Perse. Ils ne prennent m•oir trouvé dans son mariage, dans son
moment, ses espérances. Et l(s Jacobins n'apas la peine de dissimuler ces fortunes; mais mari plutôt, tout ce qu't,lle avait paru s'en
vairnt pas si tort qu'on pouvait le croire au
le peuple est tellement corrompu 4ue ce prometlre. L'affection de Tallit:" □ ne lui ma11premier abord en trnitant Tallien, Barras et
spectacle le touche peu, et lt·Ilemcnl ser,ile 4uait pas, mais cda ne la touchait que peu,
les autres Tbermidorie11s de royalistes~ puisque
qu'il Yoil aYec iudiflérence les plus belles dc- étant de ces femmes qui aiment mirux ètre
en préparant par des négocii:..tions secrètes le
Dlf:'urcs, les plus magnifiques maisons de préféréts qu'aimées. Ce qui l'ennuyait, c'est
rttour de Ja roputé, ils trahissaient la Répuplai~ance, les taLles les plus exquises, les que son mari, pour qui die avait rêvé des
Lliqur. Il est à remarquer, du reste, que
1

1. Mua.ET

011

PAX, Con·espoJ1da11ce at•cc fo cour

tle lïem1e, t. 1, p. 01.

2. Le Perron était cel f'sealier· aux marches dP
disjointes Cjui élail à l'cxlrt\milC de

pic1-rcs usées cl

ln rue \ïrirnne el sur 1, quel se trnaient tous ceux ~ui
1·i,·aienl Ue la Dom·sc.

�. - - mSTO'R,_1.JI
Tallien et Barras. furent seuls exceptés de la

loi dite d'amnistie qui, en 1815, exila les conventionnels régicides. Est-cc la citoyenne
Tallien ,qui les avait l'un et l'autre engagés à
entrer en pourparlers avec les Bourbons pour
une restauration royaliste? Peut-être. Toujours est-il que, en 1815, ils surent se prévaloir de leur trahison, et c'est bien plutôt à

cela. qu'au souvenir du 9 Thermidor qu'ils

aYeucrlemenl d'amoureux, Tallien commençait
o
.
b
à s'apercevoir qu'il ne ~ompta1t ~as ~~ucoup
chez lui : Lientdl on lm fera sentir qu 1l y est
de trop. Le pauvre homme dut terribleme~t
souffrir en voyant que sa femme ne voulait
pas être belle que pour lui. _Et belle, ~Ile
l'était, ~n ces années, au dela de ce qu on
peut dire. Sa beauté faisait événement "quand

elle entrait dans un salon, dans un théalre ou

FERMETURE DE LA SALLE DES jACOBlXS. -

durent les ménagements que la flestauration
n'ellt point pour les autres régicides.
Le jeuoe couple n'avait encore q~e tr.ès P,~u
de mois de mariage et le ménage n alla1t deJà
plus. Sa lune de miel n'av~it été qu'~n _déjeuner de soleil. Les tira1~lelD:ents cla1ent
fréquents. Tallien pourtant a1ma1t sa femme,
il l'aimait sincèrement. Et c'est pour cela
qu'il ne pouvait voir avecindifférenc,e les légèretés et inconséquences de plus dune sorte
que Thérésia, charmante si on_ veut, ~a~s volage el passablement perfide, mventa1t JOurnellement, comme si elle se fùt juré d'excéder
et de pousser à bout son mari. Malgré son

L;i

jauues collanls. C'ctait la mod~ de se dandiner
ain~i. Avec leur cliqutti;; de breloques, de
grosses chaînes de montre et de cannes torsPs,
avec leurs chapeaux à deux cornes Et leurs
cocardes gigantesques, ces incropbles ~~aient
em,ahi peu à peu le salon de la Chaum1ere et
rien n'était plus curieux que d'entendre, au
lieu de langage, le gazouillis de petite maîlre1:=se, fait d'inepties et de fadaises, que ces

Gravure de l\lALAf'E.~U, d,'aprés DUP LF.SSI-BF.RTF.A UX,

·dans quelque lieu public. Même chez lui,
cette beauté empêchait Tallien d'approcher sa
femme comme il l'aurait désiré. Et, comme
il y avait toujours beaucoup de monde dans sa
maison l'intimitéétaithannie du foyn. Chaque
soir, q~and on nê sortait ras, il voy~it Thérésia
trônant au milieu d'un cercle de Jeunes gens
à la mode. Ces inc oyables, comme on lrs
appelait, coiffés à l'imbrci_le jusque ;ur les
yeux, maniant avec millesmgeries un enorme
lorrnon avant de se le pbcer sur le nez, se
da;dinaient avec leurs habits bleus à basques
traînant jusqu'à terre, leurs gilêls à grands
re,·ers et à grands ramages, leurs pantalons

inr.-oyables Jêlaient avec une gracieuse étourderie à tous les échos du salon.
Tallien n'aurait pas voulu de tous ces
rrens-là
chez lui. Bien qu'il ne pût s'emfècbrr
0
.
d'être flatté , simple enfant du peuple, de rn11·
dans sa mai~on des hommes de l'ancienne
arislocralie venir en solliciteurs , il rn était
aus~i gêné. Mais il n'élait pas le _maîlre .de
signifier une volonté, d'avoir un avis, de fa1.re
une observation, de donner même un conseil,
On ne lui demandait rien de tout cela, et,
s'il aYait un droit, c'était celui de se taire.
Tout amoureux t1ui n'est pas aimé - et
c'est le cas général - en est là : c'est celui

1

des deux qui n'aime pas qui est lout; l'aulre
ne compte pas, ou si peu!. .. IleureusemE'nt
que la Providence nous a donné le don d'illusion et aussi l'espérance : ces deux viatiques
nous permettent d'atteindre, sans trop de désespoir, le moment où il raul dire adieu aux
chimèr~s. Tallien ne vivait donc que d'illusions
et d'espérances. Il cherchait à s'aveugler sur
son triste sort lorsque le voile des illusions
se déchirait lrop brulalement deYanl ses )·eux;
et c'est ce qui l'excuse de s'être plongé alors,
pour s'étourdir, dans toutes les sensualités.
Politicien, il cherchait aussi des disfractions
d,ms ces éternelles intrigues de couloirs, et,
toujours à l'affût des occasions de se mellre
en évidence, il essayait de gravir à nouveau les
li auteurs où l'arnil un instant porté le O Thermidor. filais l'éloffe, rn lui, faisait absolument
défaut, et, après quelque tcnlative, il rrtombait
dans la désolante réalité de son insurflsance.
Thérésia cependant le menait, el il est probable qu'elle fut plusd'unefois son inspiratrice.
On peut atlribuer un peu à son influence
la plaido-rie que fit Tallien, le 5 frimaire,
en faveur des fédéralistes bordelais, tt aussi
l'abrogation du décret du 6 ao ,'it 17!)5 qui
les aYait mis hors la loi i -à moins gue, dans
un simple intérêt particulier, une i11tention
électorale pcut-èlre ou le n1lurd désir de fairè
oublier les rnuvenirs fàcheux de son proconsulat, Tallien n'ait chnché à se concilier ainsi
des sympathies dan; Bordeaux.
Mme Tallien avait une ambi1ion : c'était de
rt!unir dans son salon tous les députés qui
avaient volé con Ire nobespierre le 9 Thermidor,
d'y amener peu à peu les autres, de les
gagner par ses manières gracieuses, et d'opérer
ainsi une concrntration dont son mari serait
le chef et elle l'inspiratrice. Le plan était
bon, et si Tallien avait eu quelque vdleur
personnelle, il aurait pu se réaliser facilement.
])ans les temps agités, un caractère doublé
d'une intelligence et d'une solide instruction
parvient toujours à s'impü:ier. Et il} avait
certainement une place à prendre dans l'Éwt,
car, depuis la chute du Comité de Salut public,
le pournir était de fait vacant.
On ne saurait blàmer Mme Tallien de cette
ambition, bien qu'elle eût trouvé rnn intérêt
à la réaliser. Rien ne saurait donner une idée
du point d'exaspfration auquel ]es esprits
étaient montés à la Convention, et la femme
qui rnulait en amenn la pac:fi~tion avait
assurément une pensée génért!use. S'efforçant
de faire de son rève une réalité, ~ltne Tallien
essayait de faire prendre goùt, par ;on exempt ·,
à un langage poli et à des manières moins
débrailJées que celles qui avairnt eu cours
avant thermidor, et cherchait à nettoyer les
laches de sang et de boue dont beaucoup
étail'nt couvrrls. Elle s'était entourée d'un
petit état-major de femmes plus aimables
que scrupuleuses, qui l'aidaient à attirer et à
retenir chez elle les hommes dont elle voulait former un groupe politique. Parmi ces
femmes SP. trouvaient Mme Ilovère, femme du

!·

nue \'icl?r de BR0G1.TR, Souvc11irs, 1. 1, p. 23.
~ ... L.a Pell[~ l'oste ~~ le Pl'ompt /11/ormatcw·,
.)me551doran ,. -221u1n 1797.

député montag-nard, Mme Je Navailles, Mme
de Chàteaurenault, lemme d'un député de
Saône-et-Loire, Mme de Beauharnais, dont le
mari avait péri sur l'échafaud et qui promenait son deuil dans les hais el les fêtes ....
Mme Tallien avait connu celle-ci pendant sa
détention, etla jeune veuve, trouva11t chci elle
une hospitalité facile qui lui parut devoir être
aussi profitable qu 'agréable, était vite devenue
son intime. Thérésia la présenta à diOërentes
perrnnnes qui l'aidèrent dans la situation
embarrassée ol1 elle se trounit, entre autres
i1 Barras qui, depuis thermidor, fréquentait
beaucoup la maison Tallien.
Mais sa facilité de mœurs, celle des femmes
de sa cour, le mépris qu'elle affichait de
toute pudeur, lui fire:it un grand lort dans
ses ambitions politiques . Le scandale de ses
élégants déshabillés défrayait tout Paris. , Je
voyais comme bien d'autres, a écrit un contemporain, la belle Mme Tallien arrivant au
fianelagh, babillée en Diane, le buste deminu, chaussée de cothurnes et rètue, si l'on
peut rmplo)'er ce mot, d'une lunique qui ne
dépassait pas le genou 1 • u La Lellc ciloyenne,
en effet, pour avoir plus de succès que les
autres femmes, a rait revêtu, comme toujours,
les grâcfü de la jeunesse, mai~ dépouillé à
peu près complètement ce qui aurait pu empêcherle public de les voir. Le mauvais exemple est toujours suivi. Mme Tallien eut le tort
de donner ce mauvais exemple, les autres
femmes de le suirre. « L'effronterie du luxe,
écrivait !lallet du P•n, surtout celui de la parure, surpao;;sc à Paris tout ce que les temps

C1TOYE.NNE T.l!LL1EN _ _ ,.

de la Momrchic offraient en ce genre de plus
immoral. » Et ces ligars, écrites en janvier 1795, seront mcore vraies deux ans
aprè5, car on lit dans un journal de 1 ~97 :
« Dimanebedernier était le jour de la décade.
C'était fête pour toutes les religions et chacun

s'était empressé de prendre l'air par un beau
temps et après quelques jours de pluie. Les
Champs~ElyséP,g regorgeaient d'endimanchés
et de déoadés. Deux femmes descendent d'un
joli cabriolet, l'une mise décemment, l'autre
les bras et la gorge nus, avec une .seule jupe
de gaze, sur un pantalon couleur de chair ... t »
Mme Tallien n'était peut-être pas la femme au
panlalon couleur de chair de œ jour-là, mais
elle était responsable de la licence qui se
voyait partout dans le vêtement des femmes.
Ces excentricités de tenue ne pouvaient plaire
à ceux des conventionnels qui aflicbaient ou
avaient vraiment des princ·Îpt'S d'austérité.
Amenés dans le salon de Tàllien, ils se scandalisaient de la mise plus gue fan1aisiste de
la maîtresse de maison, et, s'ils admiraient
ses petits pieds, ses bras et c&lt; quel4ues accessoires J), ils admiraient moins cette idée de
les montrer aux gens. Ils ne re\enaient plus
et retournaient aux clubs. Li ils ne craignaient pas de dire francheme11t leur avis sur
la belle impudente. Du haut de la tribune des
sociétés populaires, ils tonnaient contre la
Cabarrus et la corruption gu'elle introduisait
dans les mœurs rle la Républi4ue. lis ne ménageaient pas davantage lesaristucrates qu'ils
avaient coudoJés chez elle, Jt,s fournisseurs
et intrigants de toute sorte 4u"elle traînait à
ses !rousses. Et des appla11d1~sements, très
justes, il faut le reconnaitre, a(X;ueillaient
leurs virulentes déclamations.
Levasseur (de la Sarthe) avaitdit à la tribune
des Jacobins: &lt;( Demandous a Ti!llien un compte
exact de ses liaisons; qu'il nous dise où il en
est avec la femme d'un émigré 4ui se trouve
être la fille du trésorier du roi d'E,.pagne. JJ
Tallien avait répondu àce coup droit, /;!fOS de
sous-entendus. filais ses e-x pliC&lt;l lions n'avaient
satisfait personne, et, bien qu'il prole~làt de
sa pureté jacobine, on le chassa du club.
On ne le chassa pas de la Comention,
parce qu'on ne le pouvait pas, mais on l'y
attaqua a\·ec 1a même ,·iolen1..e. L't;t.iit toujours sur le même rnjct, sur la Cabarrus.
li lut obligé, à la séance du 2 jaurier f 7!)5,
d'expliquer à quel point il en éiait aVec elle.
Mais copions le Moniteur :
Du11u1 - ... Et nous qui n'avons pas les
trésors de la C1barrus ... (Grand bruit.)
ÎALI.ŒN réclame avec force la paroi~.
TAI.LIEN, à la tribune. Il en cuû1e à un
représentant du peuple d'entretenir de lui
une grande Assemblée. Depuis lo11gtemps je
me suis imposé silence, soit par mes discours,
soit par mes écrits. J'ai lait à la patrie le
sacrifice de mon amour-propre blessé; mais,
depuis quelques jours, les calomnies les plus
atroces ont retenti dans cette enceinte. Je
mets un terme à mon sil~nce, parce gu'il deviendrait un aveu tacite des horreurs qu'on
déverse sur un représentant du peuple.
« On a parlé dans cette Assemblée d'une
femme .... Je n'aurais jamais cru qu·elle dùt
occuper Je3 délibérations de la Convention
nationale'. On a parlé de la fille de Cabarrus.

3. Tallien oublie qu'elle occupa dejà , l"année llrécêdeule 1 les délibéralions de la Comcnlion. Et la
pélition qu'i! lui lil écrire &lt;le Bordeaux, qui fui lue

en. pleine Assemblée à la séance du 24 avril 1793, cl
qui euL le,; honneurs du reuvoî au Comité de l'instruction publique ?..

BARRAS.

�1

. - - 1f1ST0'/{1.ll
EU bien, je le déclare au milieu de mes collègues, au milieu du peuple qui m'entend,
cette femme est ma femme.

.

.

...

(( ... . Quant à la femme dont on a \'Oulu occuper l'Assemblée, je la connais depuis longtemps. J~ l'ai sauvée à Bordea~1x. Ses 1:1a!heurs et ms ver lus me la firent aimer. Arr1vee
à Paris dans des temps de tyrannie et d'oppr~ssion, elle fut perséculée et jetée dans une
prison.
.
,
&lt;1 Lin émissaire du tyran IU1 fut envoye et
lui dit: &lt;c Écrivez que vous avez connu Tallien
(!

comme un mauvais citoyen; alors on vous

donnera la liberté et un passe-port pour
c! a1ler dans les pays étrangers. l&gt;
« Elle rr.poussa rémissaire av~c indi~nation. Voilà pourquoi elle n'est sortie depr1son
que le 12 thermidor. On a trouv~ dans lts
papiers t.lu 1yran une note pour l en'"oyer à
l'échafaud.
« Voilà, citoyens, voilà celle qui est ma
femme. &gt;&gt;
Sl femme, elle l'était en effet, mais depuis une semaine seulement. .
.
Combien, ce jour-là, la c1loyenne Tall1e_n
dut bénir le représentaut Duhem ! Il avait
parlé d'elle à ]a Convention! Pas av1 c beaucoup de bienveillance, c'est ,T~i,_ ni de ~ourtoisie non plus, mais que lm importait? Il
avait parlé d'elle, c'est tout ce qu'il lui fallait.
Tourmentée du désir d'occuper les conversations de chacun, elle était aux anges de savoir
que la Crmvention l'avait prirn pour objet de
ses délibérations; son cœur faisait la rose en
entendant le récit de ce qui avait été dit à
\'Assemblée; il la faisait le lendemain en le
lisant dans le Moniteur .... Oh! ce Du hem, elle
l'aurait embrassé pour lui avoir fail le plaisir
de l'insulter à la tribune de la Convention!
(i

MaJr,ré les mœurs licencieuses qu'introduisit cel~e "rande prêtresse de la mode, il serait
injuste d~ ne pas reconnaître que Mme Tallien
exerça aussi une heureuse influence : ce fut
sur le retour de la sociabilité en Franct&gt;.
Héunissanl aulour d'elle tous les enrichis du
jour, elle leur donna, par ses prodi~alités, l_e
goùt de la dépense. Cela procura du trav:itl
aux ouvriers et ouvrières qui, depuis si longtemps, mouraient de faim, et fit ainsi renaître la circulation de l'argent dans le commerce, di! l'esprit dans les classes supérieures.
Recevant les plus rustres des conventionnels, elle s'évertuail à leur faire apprécier le
charme d'une réunion où l'on causait décemment, où l'on faisait de la musique et où l'on
laissait pour quelques moments de cô~é
!'odieuse politique. Remplie de grâce, mais
ayant &lt;( plus de jargon que d'esprit )), pour
emplo1er une e1pression d'une de ~es conremporaincs, la princesse Hélène de Ligne, elle
s'amusait à plaire, causant, jouant du piano,
ch:wlaul !t tour de rùle. Elle allait même jusqu'à dire des vers, plus, sans doute, pour
Lriller elle-même que pour faire goûter à son
auditoire les douceur:, de la poésie. &lt;c Un certain soir, - dit un journaliste du temps,
Mme Tallien, après avoir brillé tour à tour

r
auprès d'une harpe et d'un piano, voulant
prouver à ses convives qu'elle n'était étrangère à aucune sorte de talent,, se ~il _à déclamer quelques vers du rôle d Agrippm~ da~s
Britannicus. &lt;c-Mafoi, ma bonne amie, dll
&lt;! Uerlin de Thionville, vous avt&gt;z appris le rôle
&lt;&lt; d'Agrippine comme moi ci-lui de Brutus, par
&lt;1 in!-tinct. n Cette saillie fit rire tout le monde;
Mme Tallien eut le bon esprit de faire comme
tout le monde 1 • l)
Tous les banquiers et fournisseurs se mirent eux-mêmes à recevoir et ouvrirent leurs
salons : une société nouvelle essaya de se
constituer, augm,.,ntée des débris et épaves de
l'ancienne. &lt;&lt; C'était, a é1.;rit Mme de Staël
revenue à Paris au mois tle mai 1795, c'était
vraiment alors un spectacle birn bizarre que
la société de Paris .... L'on ,,oyait, les jours de
décade, car les dimanches n'existaient plus,
tous les éléments de l'ancien et du nouveau
réoime réunis dans les soirées, mais non
o
..
des perréconcilié;;,
Les élégantes mameres
sonnes bien élevées perçaient à travers
l'humble costume qu'elles gardaient encore,
comme au temps de la Terreur. Les hommes
convertis du parti jacobin entraient pour la
première fois dans la société du grand monde,
t'l leur amour-propre était plus ombrageux
encore rnr tout ce qui tient au bon ton, qu'ils
,,oulaiPnt imitf'r, que sur aucun au1re sujet.
Les femmes del' ancien régime les t&gt;nlouraient
pour en obtenir la rentrée de Jeurs frè:e::, de
leurs fils, de leurs époux, et la flatterie graciruse dont elles sav:iienl se servir venait
frapper ces rudes oreilles et disposait les factieux les plus acerbes à r.e que nous arnns ,,u
depuis, c'e11t-à-dire à refaire une Cour, à reprl'ndre tous ses abus, mais en ayant soin de
se les appliquer à eux-mêmes'. »
11 faut remarquer ici que, malgré l'opinion
avantageuse que Mme Tallien aimait assez
&lt;tu'on eût de son esprit, elle ne cherr.ha pai:
~ entrer dans les salons où l'on causait. Peutèlre n'y eùt-elle pas été admise. Mais tbez
Mme de Staël, où se groupaient Lou,; les genres
de supériorités, la chose lui E-ÛL été aisée.
Mme de Staël, 11ui avait un bon cœur et ne se
laissait pas arrèter par les préjugés, lui aurait
ci•rlainementouvert toutes grandt&gt;s les portes
de son salon. Elle ne pouvait avoir oublié que,
le 2 septembre 1792, Tallien était venu lui apporter un passeport, qu'il lui avait donné, pour
f!;a ~ùreté, un gendarme chargé de l'accompa·
gner jusqu'à la frontière, qu'il avait mê~e
poussé la courtoisie jusqu'à dire qu'il oublierait les noms des personnes qu'il avai l trouvées chez elle et qui s'estimaienl fort compromises d"y avoir été vues par un secrétaire de
la Commune. Celle conduite parait bien
naturelle. A ce moment, elle le paraissait
m(lins el était fort r:ire. Il n'y a pas tant de
Ldles actions dans la vie de Tallien pour
qu ·on ne lui tienne pas compte de celle-là.
Mme de S1aël ne l'ouhlia pas et son hienveillant souvenir se manifeste dans srs Conside'ratians sur la Re'volution /1·auçaise. Mais si
Mme Tallien ne fut pas de ses r(.'uuions, c'est

qu'elle ne désirait pas en être. Dans le cercle
d'intelligences d'élite qui gravitaient aulour
de Mme de Staël, elle n'eût pas fait très brillante fioure; à côté de cette reine de l'esprit,
elle eût°été assez effar,ée, elle qui n'était que
reine de la beauté. Elle n'aurait eu là que le
second rang, tout au plus; aussi n'y alla~
t-elle pas. Plustard,sousle Directoire,Mmede
Staël, qui renait souvent chez Barras au
Luxembourg et à Grosbois, la rencontra plus
d'une fois, mais ces deux femmes s'en tiendront toujours à de simples rapports de politesse.
Mme Tallien cherchait avant tout à s'amuser et à jouir de la vie selon ses goûts, plus
matériels qu 'éthérés . Elleconrribua cependant
à établir, sinon le règne de la clémence, tout
au moins celui de l'oubli, sur les ruines du
rè"ne
de la Terreur, et il n'est pas douteux
0
qu 'elle ail sou\'ent aiguillé son mari vers la
modération politique . Nous l'al'ons déjà dit.
Mais Tallien, incapable de suivre plus de quelques semaines un plan de cond~_ite, retomh~it
trop fréquemment dans l ormere de la violence. Enfant de la Terreur, il ne concevait
pas, en polilique, d'aulre syslèm?. de gouvernrment. C'est évidemment sous I rnlluence de
i:-a femme qu'il avait dit : ci La Conventionne
doit pas souffrir que la République soit pl~s
longtemps divisée en deux classes: les persecuteurs et les persécutés, ceux qui font peur
el ceux qui ont peur. » Mais sa conduite démentait bientôt ces sages paroles jusqu'au
jour où, rappelé de nouveau à la modération,
il prononçait encore des phrases sonores sur
la liberté et recevait en récompense quelque
sourire de Thérésia. Cela Je tirait pour un
moment des préoccupations moroses et ch~grines qui étaient maintenant son état o~d1:
nairP. Car, des deux côtés, on commençait a
s'apercevoir quel' on n'était nulleme~t fait l_'u~
pour l'autre. Il en est presque touJours ams1
lorsqu'un entrainement, où certains avantages
physiques plus ou moins contestables, ont eu
plus de part que les froids calculs de. la raison, a déterminé un manage. Le pauue Tallien commençait à s'en rendre compte et
chaque jour lui montrait corn Lien sa femme
était le contraire de ce qu'il avait cru et dece
qu'il aurait souhaüé qu'elle lùt. _Ses gaspillages insensés le fa1sa1ent non moms sou0rir
que ses coquetteries trop accentuées et ses
costumes trop déshabillés. Après a mir dépensé
pour y pourvoir les sommes qu'il avait rapportées de Bordeaux, prévotant le °:1oment
très prochain où il ne pourrait plus faire ~ace
à de telles dépt'nses et sachant que cerlarnes
femmes n'aiment leur mari - c'est-à-dire ne
le supportent - que tant qu'il leur fournit de
l'aroent
le malheureux se voi·a;t au moment
0
'
•
de ne plus être aia:é de sa femme. Il y avait
si peu de temps cependant qu'il5 ét~ient ~ariés ! Et c'r.st cette cruPlle perspecllve qui le
jeta, peut-être pour s'étourdir sur les tri~tesses de son intérieur si brillant, dans le vm
el les courtisanes de Las étage. lis sont plus
nombreux qu'un ne le pense, les hommes qui

1. Tableau de Paris, 18 rc11Lôsc an \'. {8 mars
1 ;06).

lion fra11ça.•se.

1

2. ll11E Dt: STAEL, Co11sidéraliom sw· la Rt:volu-

i

Î

Lli

CITOYENNE TALLIEN - - . . ,

ont recour$ à ces Iris tes déri, atifs pour oublier Sa femme, dont le parti thermidorien cherche
les chagrins que l,mr donnent des femmes li faire l'héroïne et la divinité de la llépuhli- perdre à chacun la saine notion des choses, le
peuple finit par être aussi insensé que ms détrouvées séduisantes et aimables dans le monde.
que, y siège, y trône, plulôt, entourée d'hom- putés : cc Un agiotage effréné, des fortunes
En les voyant se plonger dans les désordrrs
t&gt;t les dissipations, on leur jelle la pierre;
mais si l'on se donnait la. peine de rechercher
les molifs d'une telle conduite, c'est à la
femme qu'on jelterait la pierre, à la femme
qui, par ses indifférences, par ses rebuffades
souvent, par ses exigmces folles et ses dépenses extravaganres, choses dont le public ne
voit que le càté brillant, rend la ,,ie commune
intenable au meilleur des maris. Tout montre
que tel était le sort de Tallien dans son ménage. S'il avait lu Massillon, il aurait pu
reconn:iître, tout en s'en faisant l'application il
lui-même, la justesse de cette réflexion :
« C'est un désordre d'aimer ce qui ne peut
être noire bonheur, ni notre perfection, ni
par conséquent notre repos .... Et, au fond,
nous sentons bien nous-mêmes l'injuslice dt!
cet amour,quelque emporté qu'il puisse être,
nous découvrons bientôl,dans les créatures qui
nous l'inspirent, des défauts et des faiblesses
r1ui les en rendent indignes, nous les trou\'ons
Lienlôl injustes, bizarres, fausses, vaines,
incoaslantes; plus nous les approfondissons,
plus nous nous disons t1 nous-mèmes que
notre cœur s'est trompé et que ce n'est pas
C!icbe A. H!Otk.
là ce qu'il cherchait.. .. Notre raison rougit
LES ECLAIREURS DE HOCHE DANS LE r1N1STÈRE. TaNeau de CotSSIN OE LA FOSSE.
tout bas de la faiblesse de nos penchants;
nous ne portons plus nos liens qu'avec peine,
notre passion devient noire supplice. . .. &gt;) mages et d'amirscomplaisanles. Pour donner
Tallien en était à cette dernière étape de le change sur de œrtains bruils qui ont eu immenses en papier élt&gt;vées en un clin d'œil,
l'amour i mais, en ce moment, c'était laques- cours, il propose de célthr,·rune rète commé- la corruption la plus vile, le brigandage et
tion pécuniaire qui le tourmentait le plus. morative du supplice de Louis XVl; il va à J'pJTronterie des mœurs publiques, un million
Car si sa femme avait une grande qualité, une aulre f'ète dounée par le comte Carletli, de~ familles. plon~/es de l'aisance dans la
l'horreul' de l'avarice et d13 la mesquiMrie, minislre plénipotentiaire d'une petite cour n1i~èrp, le luxe le plus impudent conlrastant
elle avait aus,i, fautede réflexion rt de mesure, italienne, le jour même où l'on apprend la avec lï11digence, et les mots de vertu, de morale, d'humanité, de sagesse dans la bouche
le défaut de cette qualité : c'était un gouflre, mort du malheureux fils de Louis X\"!.
de
tous les fripons et de tous les imbéciles qui
et tous les trésors de l'Inde eusst:nt filé comme Mme Tallien accompagne son mari ou y va de
de l'eau à travers ses jolis doigts aux ongles son côté. Il n'y a pas de fète sans elle . !lais composent. les !rois quarts de Paris, ,·oilà la
roses . Tallien se mit donc à spéculer, tomme à ct&gt;Jlc-1·.i, la hclle ciloyenne eut un su~cès situation de celte capitale. &gt;&gt; C'est le 21 juin
chacun d"ailleurs le faisait à cette époque, inouï. ~lallel du Pan, trJs bien renseigné sur 1795 que Mallet du Pan faisait ce tableau de
Paris.
Après s'être enrichi par lrs exactions à Ror- ce qui se passait à Paris, écrit que « c'était
Tout ce luxP, toutes ces jouissances factices
dt&gt;aux, il cherche à faire une seconde fortune une fête somptueuse où dt!s femmes, aussi
à Paris par l'agiotage. Comme tout le monde viles par l'infamie de leurs mœurs que par se tournaient chez Tallien en amertumes. Et
il se fait marchand de savon, de chandelles, leurs principes, é1alèrent le luxe des voitures, c'esl à cet état d'âme particulier, où le jetaient
de bonnets de colon .... Mais il ne réussilsans des pierreries. d~ la parure la plus recherchée. les extravagances inconcevables de son adodoute pas dans ses spéculations, car on le voit, Un grand nombre de députés ... étaient réunis rable femme, qu'il aimait et qui ne se souciait
'"ers la ûn du règne de la Convention, faire à ces prostiluées, la plupart leurs conculiines. pas de lui, qu'il faut peut-être attribuer les
partie d'une société de fournitures et sub~is- La femme TalliPn rrçut les adorations d'une propositions sanguinaires qu'il fit à la Conlanœs militaires, Ja compagnie Ouen, sise rue rPine. Mme de Staël y prodigua son impu- rention. Le terroriste, le buveur de sang se
Taranne. Fouché en était aussi, Héal égale- dence et son immoralité; la joie la plus retrouvait en lui sous l'apprenti homme du
monde qui avait le plus brillant salon de
ment. Il est probable que Tallien chercha à bruyante di:')tingua r:ette orgie. 1&gt;
Paris. sous Je mari malheureux qui en avait
entrer dans d'autre:: entreprises financières
Et quels temps pour des lètes pareille,!
plt~s ou moins avouables, toujours pour com- C'est au plus fort de la di,ett", alor, que la la plus jolie femme. li monta à la tribune le
bler le gouffre sans cesse béant des dépenses ruinP est générale, que le peuple entier souflre 15 germinal an III pour demander 4ue les
Je sa femme, et ces dépenses n'éraient c rtai- de la faim, que l'avenir est on ne peut plus députés condamnés à la déportation (Barère
nement pas faites pour des fondations d'or- menaçant. ... Quel démoralisant spcctncle pour étai! parmi ceux-là) fussent condamnés à mort
phelinats ou d'asiles de vieillards, dont le les ma«ses ! Mais les massPs, est-ce que les poli- et exécutés sur-le-cbamp. Un murmure de
réprobation s'éleva sur tous les bancs et l'Asbe~oin se faisait alors si terriblement f-'entir.
ticiens s'occuprnt d'elles? La moralisa1io11 du semblée passa à l'ordre rlu jour.
Cela ne l'empêt.:hait pas de chercher aussi. peuplc,est-ce que cela vaut un in~tant de leurs
Moins de deux mois après, le 1er prairfol,
comme politicieu, la fortune dans les inlrigues plaisirs ou de l1•urs intérèts particuliers? IJède couloirs. Pour ne pas se laisser ouLlier, il tises que fout cela! ... li fautjouir, il faut jnnir la Convention c:,t envahie par lè peuple. Une
~c mèle à tout, il se montre partout. 11 fait vite de la fortune malpropre qu'on a amass~e fuis l'émeute apaisée, quinze députés sont
partie d'une sorte de comité dont l'abbé en qul'lques jours : qui satt si demain on le arrètés comme ini;;tigateurs ou complices du
Sie1 ès est le cbf'f et qui se tient le plus souvent pourra eucore ?... Aussi les habitants de Paris mouvement. &lt;&lt; Ce n'est point assez d'arrêter
quelques hommes, ~•écria Tallien; il faut
à la Chaumière, d'autres fois cbezJ ulie Talma. sont-ils en proie à un affolement qui a fait
d'autres rueurtres, car il ne faut pas que le

�_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _J

,---

1!1STOR,.1.ll

Tallien, qui était à la recherche d'un '.ôle
cul ]ïJéc peu délicate da s'appropri_er ecl
depuis
qu'il en avait joué un, fut enchante~~
écrit. li le demanda à M. Charles, le mil dans
encore. l&gt;
celte
mission.
De son côté, Horhe n'eut qua
Voyant que les lois de sang étaient passées sa poche, et, plus tard, « le lut comme son se louer du concours des deux commissaires.
à la Convention 1. » Mais ce retour à
de mode, Tallien se rejeta du côté de la mo- ouvra"e
0
Habitués aux procédés révolu1i?n~1airt-~, il~
dération. Les principes ne le gênaient guère, la mo dération ne dura pas. Un mois après, n'hésitèr( nt pas, pour procurer a I armee de:s
comme
les
Chouans
avaient
repris
la
campagne
puisqu'il n'en avait _aucun .. Politicien ~e _b~s
et en Normandie, et que la Con- vivres el des chevaux, à employer dt•s moyen.s
étarte 1 il allait là où 11 croyait que son rnleret en Bretacrne
0
&lt;l'é m1.0• res
' de qui répugnaient au général et auxquds il
ét:;i.it d'allcr, sans même penser qu'il était venlion a\'ait appris qu'un corps
n'eût sans doute pas rrcouru.
.
quatre
mille
hommes
venait
d'~tre
débarqué
député pour s'occuper des inlérèls du payscl
Mais ils ne s·en tinrent pas à cefa. Une&lt;·ap1tnsur
nos
côtes
par
la
flotte
angl~1se,
~~s
~emnon des siens. Il versa donc dans la modéralation avaitété.arrêtèe, ,•erbahmt&gt;nl !-e11l1·menl,
tion et cette voile-face fut mème l'occasion bres du Comité de Salut publtc, s msptranl
Parait-il ' entre le 0(rénrfal Hoche et fh·s démigrés
pour lui d'un succès qÙi ne lui fit pa~ grand des traditions de leurs terribles devanciers et débarqués:
.
ceux-ci, moins les c:ht' ~, e,aienl
honneur. Yoici le fait: Rœderer, qm, pour se rappelant l'énerg~e. passée de !allien, ~e être traités comme prisonniers de tfUnrt·. Les
sauver irn têle sous la Terreur, s'était retiré au firent ré\'eiller au m1heu de la nuit et parltr commissaire de la ConvenLion sur,1ennenl el
Pecq, village au pied de la ,ùte de Sainl- pour l'armée de l'Ou~st en qu~lité de_com- acceptent la capitulation. et _Vous_ S.t:'r, z, ~e~Germain, avait écrit pour se distraire, pen- missaire de la Conve.nt10n. On lui donnait des s.ieurs, dit Tallien aux pnsonmer:-, traites
.
.
dant sa réclusion volontaire ou plutôt forcél&gt;, pou,·oirs illimités.
La Convention avait repns ses anciennes avec toute l'humanité due au malheur'. ))
une sorte de discours satirique sur le régime
Puis Tallien se rend à Paris pour faire part
de la Terreur. C'était un morceau tout à fait habitudes : elle croyait la République mena- de ces événements à la Convention.
réactionnaire. li l'envoya à un rédacteur d.u cée elle nommait des commissaires. Le
Il n'avait point à ce moment d~ dis~ositions
journal le Rtipubticain, nommé Charles. Celui- rep~ésentanl Blad fut joint à Tallie~. llsavaienl, sanouinaires à l'égard des pr1sonrners. Le
comme
instruclions
générales,
l
ordre
de
seci en prit connaissance et en rit un~_Ieclure
général llocbe lui avait prêché la clémence _e~
un soir dans le salon de la Cliaum1ere. Cet conder le général Hoche, '3ans toute~ois se mê!er Tallien s'était rendu à ses rai~ons d humanile
article obtint le suffrage de la uelle Théré,ia desopérationsmilitaires et, au besom, de faire et de bonne politique. (! Je serai lcu_r avocat,
et des assislanls. Tallien, devant ce suecès, lever en masse la Normandie et la Ilretagne. écrivait-il au général avant de partir, et au
secrètement avec Tallien et lui prêta sa rédaction, ses
1. fü.11.f.RE, Ménwfres, t._ IV, .P- 105._.-:- S.1.1~n;besoin je prierai pour ces monstre!! 5 - lJ
ide,•s. »
"90
DE0\'E, Cause1'ies du lu11dt, L \111,_p. J;:i0: a Tal2. Comte o'AtLo~nLu:, .llém.twcrels, L Ill. p.v lien n·arait fait qu'y adapter un ~et1t_préamhule;-··
II partit donc avec des idées de cl(rurnce.
j_ 13rnGoc~1o~x, J'ie di, génel'al llocl,e, p. 'l 90-lf.ll.

MADAME CAMPAN

soleil se lève et qne ces scélérats eÀisLcnt

Rœderer, dès ce moment (28 aout 11~4), travailla

JOSEPH

(A suivre. )

TURQUAN.

~

Marie Leczinska, reine de France
Marie Leczinska, femme de Louis XV, par des histoires que dans ce cas elle se faiparlait souvent de la position plus que mé- sait conter comme les enfants en dèmandenl
diocre où elle se trouvait à l'époque où la po- à leurs bonnes. Cette nuit, rien ne pouvait
litique du cabinet de Versailles Îll rompre le ramener son sommeil : sa femme de chambre,
mariage du roi avec la jf'lmc in fan le, et mon- Ja croiant endormie, s'éloignait de son lit sur
ter au rang de reine de France une princesse la pointe des pieds; le moindre Lruit du parpolonaist', fille d'un souverain détrôné. 1hant r1uet réveillait la reine, qui criait ; &lt;( ÜL1 allezqu'un événement aussi peu espéré e1il changé vous? Restez; contez encore. )&gt; Quoiqu'il fût
la destinée de celte Ycrtueuse princesse, il plus de deux heures après minuit, celte
avait été question de la marier au duc d'Es- femme, qui se nomm:iit Iloirot, et qui était
trées, et quand la duchesse de ce nom vint fort naïve, lui disait : &lt;1 Mais qu'a donc Votre
lni faire sa cour à Versailles, C'lle dit aux Majesté celle nuit 1 y a-t-il de la Îlèvre? fautpersonnes qui l'environna.ient : cc Je pourrais il faire éveiller son médecin? - Oh, non,
cependant être à la place de cellç dame, el non, ma bonne Ooirol, je ne suis pas malade;
fai~e la révérence à la reine de France. n Elle mais cette pauvre madame de Châteauro11x 1
racontait que le roi son père lui
avait appris son élévation d'une
manière qui aurait pu lui faire
une trop grande impression; qu'il
avait eu soin, pour ne pas troubler sa tranquillité, de lui laisser
ignorer totalement les premières
négocia1ions entamées pour son
mariage, et quf\ tout étant définitivement arrêté et l'ambassadeur arriré, son père s'était rendu
chez elle, avait avancé un fauteuil, l'y avait fait placer, et lui
avait dit: cc Permettez, madame,
que je jouisse d'un bonheur qui
répare et surpasse tous rues revers : je veux être le premier à
rendre mes hommages à la reine
de France. ►&gt;
Marie Leczinska n'était pas
jolie; mais elle avait de la finesse
dans l'esprit et dans les traits,
et ses manières simples étaient
relevées par les grâces des dames
polonaises. Elle aimait 1~ roi;
ses premières infidélités lui fure1Jt
très pénibles à supporter. Cependaol la mort de madame de Cb,\leauroux, qu'elle avait connue
fort jeune, et qui avait même
été l'oujcl de ses bontés, lui fil
une pénible impression. Celle
bonne reine se ressentait des premières années d'une éducation
superstitieuse : elle avait peur
des revenants. La première nuit
qu'elle passa après avoir appris
celte mort presque subite, elle ne pouvait si elle revenait!. .. - Eh Jésus! madame, lui
s'co&lt;l.ormir, et faisait veiller une de ses répondit cette femme, qui avait perdu toute
femmes, qui cherchait à calmer son insomnie patience, si madame de Cbftteauroux revient,
VI. -

U:Œ CHASSE

sors

LA RESTAURATIO:-i. -

L ' HALLALI DU CERF. -

◄

288

w,

n·après re~tamte de

]AZET.

IhsTORtA. -

f asc . 4(•

bien sùrement cc n'est pas Votre Majesté
qu'elle viendra chercher. ii La reine partît
d'un éclat de rire à celte naïveté; son agitation cessa, et bientôt elle fut endormie.
La nomination de madame Le Normand
d'l~tioles, marquise de Pompadour, à la place
de dame du palais de la reine, offensa la dignité autant que la sensibililé de cette princesse. Cependant les hommages respectueux
de la marquise, l'intérêt qu'avaient les grands
qui briguaient ses faveurs de la faire traiter
avec indulgence par la reine, le respect de
Uarie Leczinska pour les rnlontés du roi,
1out concourut à cc que la marquise fùt assez
Lien vue par celte princesse. Le frère de madame de Pompadour reçut du
roi des lettres de haute naissance, et fut nommé surintendant des bâtiments et jardins.
Soment il faisait offrir à la reine,
par la marquise sa sœur, les
neurs, les ananas, les primeurs
les plus rares, venant des jardins de Trianon et de Choisy.
Un jour que la marquise était
eatrée chez la reine, portant une
grande corbeille de lleurs qu'elle
tenait avec ses deux beaux bras
sans gants, par signe de respect,
la reine admira tout haut la
beauté de la marquise, et par
des éloges déLaillés, qui auraient
convenu autant à une production
des arts qu'à un être animé, elle
semblait vouloir justifier le goùt
du roi. Le teint, les yeux, les
beaux bras de la favorite, tout
avait été le sujet d'éloges faits
avec le ton de supériorité qui les
rend plus offensants que flatteurs, lorsque la reine pria la
marquise de chanter dans l'attitude où elle était, désirant entendre cette voix et ce talent do.nt
Loule la cour du roi avait-~té
charmée au spectacle des petits
appartements, et réunir à la fuis
le plaisir des oreilles à ceux des
yeux. La marquise, tenant toujours son énorme corbeille, sentait parfaitement ce que cette
invitation avait de désobligeant,
et cherchait à s'excuser sur l'invitation de
chanter. La reine fiî1it par le lui ordonner;
alors elle fit entendre sa belle ,,oix, en chai'9

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                  <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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                <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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                    <text>_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _J

,---

1!1STOR,.1.ll

Tallien, qui était à la recherche d'un '.ôle
cul ]ïJéc peu délicate da s'appropri_er ecl
depuis
qu'il en avait joué un, fut enchante~~
écrit. li le demanda à M. Charles, le mil dans
encore. l&gt;
celte
mission.
De son côté, Horhe n'eut qua
Voyant que les lois de sang étaient passées sa poche, et, plus tard, « le lut comme son se louer du concours des deux commissaires.
à la Convention 1. » Mais ce retour à
de mode, Tallien se rejeta du côté de la mo- ouvra"e
0
Habitués aux procédés révolu1i?n~1airt-~, il~
dération. Les principes ne le gênaient guère, la mo dération ne dura pas. Un mois après, n'hésitèr( nt pas, pour procurer a I armee de:s
comme
les
Chouans
avaient
repris
la
campagne
puisqu'il n'en avait _aucun .. Politicien ~e _b~s
et en Normandie, et que la Con- vivres el des chevaux, à employer dt•s moyen.s
étarte 1 il allait là où 11 croyait que son rnleret en Bretacrne
0
&lt;l'é m1.0• res
' de qui répugnaient au général et auxquds il
ét:;i.it d'allcr, sans même penser qu'il était venlion a\'ait appris qu'un corps
n'eût sans doute pas rrcouru.
.
quatre
mille
hommes
venait
d'~tre
débarqué
député pour s'occuper des inlérèls du payscl
Mais ils ne s·en tinrent pas à cefa. Une&lt;·ap1tnsur
nos
côtes
par
la
flotte
angl~1se,
~~s
~emnon des siens. Il versa donc dans la modéralation avaitété.arrêtèe, ,•erbahmt&gt;nl !-e11l1·menl,
tion et cette voile-face fut mème l'occasion bres du Comité de Salut publtc, s msptranl
Parait-il ' entre le 0(rénrfal Hoche et fh·s démigrés
pour lui d'un succès qÙi ne lui fit pa~ grand des traditions de leurs terribles devanciers et débarqués:
.
ceux-ci, moins les c:ht' ~, e,aienl
honneur. Yoici le fait: Rœderer, qm, pour se rappelant l'énerg~e. passée de !allien, ~e être traités comme prisonniers de tfUnrt·. Les
sauver irn têle sous la Terreur, s'était retiré au firent ré\'eiller au m1heu de la nuit et parltr commissaire de la ConvenLion sur,1ennenl el
Pecq, village au pied de la ,ùte de Sainl- pour l'armée de l'Ou~st en qu~lité de_com- acceptent la capitulation. et _Vous_ S.t:'r, z, ~e~Germain, avait écrit pour se distraire, pen- missaire de la Conve.nt10n. On lui donnait des s.ieurs, dit Tallien aux pnsonmer:-, traites
.
.
dant sa réclusion volontaire ou plutôt forcél&gt;, pou,·oirs illimités.
La Convention avait repns ses anciennes avec toute l'humanité due au malheur'. ))
une sorte de discours satirique sur le régime
Puis Tallien se rend à Paris pour faire part
de la Terreur. C'était un morceau tout à fait habitudes : elle croyait la République mena- de ces événements à la Convention.
réactionnaire. li l'envoya à un rédacteur d.u cée elle nommait des commissaires. Le
Il n'avait point à ce moment d~ dis~ositions
journal le Rtipubticain, nommé Charles. Celui- rep~ésentanl Blad fut joint à Tallie~. llsavaienl, sanouinaires à l'égard des pr1sonrners. Le
comme
instruclions
générales,
l
ordre
de
seci en prit connaissance et en rit un~_Ieclure
général llocbe lui avait prêché la clémence _e~
un soir dans le salon de la Cliaum1ere. Cet conder le général Hoche, '3ans toute~ois se mê!er Tallien s'était rendu à ses rai~ons d humanile
article obtint le suffrage de la uelle Théré,ia desopérationsmilitaires et, au besom, de faire et de bonne politique. (! Je serai lcu_r avocat,
et des assislanls. Tallien, devant ce suecès, lever en masse la Normandie et la Ilretagne. écrivait-il au général avant de partir, et au
secrètement avec Tallien et lui prêta sa rédaction, ses
1. fü.11.f.RE, Ménwfres, t._ IV, .P- 105._.-:- S.1.1~n;besoin je prierai pour ces monstre!! 5 - lJ
ide,•s. »
"90
DE0\'E, Cause1'ies du lu11dt, L \111,_p. J;:i0: a Tal2. Comte o'AtLo~nLu:, .llém.twcrels, L Ill. p.v lien n·arait fait qu'y adapter un ~et1t_préamhule;-··
II partit donc avec des idées de cl(rurnce.
j_ 13rnGoc~1o~x, J'ie di, génel'al llocl,e, p. 'l 90-lf.ll.

MADAME CAMPAN

soleil se lève et qne ces scélérats eÀisLcnt

Rœderer, dès ce moment (28 aout 11~4), travailla

JOSEPH

(A suivre. )

TURQUAN.

~

Marie Leczinska, reine de France
Marie Leczinska, femme de Louis XV, par des histoires que dans ce cas elle se faiparlait souvent de la position plus que mé- sait conter comme les enfants en dèmandenl
diocre où elle se trouvait à l'époque où la po- à leurs bonnes. Cette nuit, rien ne pouvait
litique du cabinet de Versailles Îll rompre le ramener son sommeil : sa femme de chambre,
mariage du roi avec la jf'lmc in fan le, et mon- Ja croiant endormie, s'éloignait de son lit sur
ter au rang de reine de France une princesse la pointe des pieds; le moindre Lruit du parpolonaist', fille d'un souverain détrôné. 1hant r1uet réveillait la reine, qui criait ; &lt;( ÜL1 allezqu'un événement aussi peu espéré e1il changé vous? Restez; contez encore. )&gt; Quoiqu'il fût
la destinée de celte Ycrtueuse princesse, il plus de deux heures après minuit, celte
avait été question de la marier au duc d'Es- femme, qui se nomm:iit Iloirot, et qui était
trées, et quand la duchesse de ce nom vint fort naïve, lui disait : &lt;1 Mais qu'a donc Votre
lni faire sa cour à Versailles, C'lle dit aux Majesté celle nuit 1 y a-t-il de la Îlèvre? fautpersonnes qui l'environna.ient : cc Je pourrais il faire éveiller son médecin? - Oh, non,
cependant être à la place de cellç dame, el non, ma bonne Ooirol, je ne suis pas malade;
fai~e la révérence à la reine de France. n Elle mais cette pauvre madame de Châteauro11x 1
racontait que le roi son père lui
avait appris son élévation d'une
manière qui aurait pu lui faire
une trop grande impression; qu'il
avait eu soin, pour ne pas troubler sa tranquillité, de lui laisser
ignorer totalement les premières
négocia1ions entamées pour son
mariage, et quf\ tout étant définitivement arrêté et l'ambassadeur arriré, son père s'était rendu
chez elle, avait avancé un fauteuil, l'y avait fait placer, et lui
avait dit: cc Permettez, madame,
que je jouisse d'un bonheur qui
répare et surpasse tous rues revers : je veux être le premier à
rendre mes hommages à la reine
de France. ►&gt;
Marie Leczinska n'était pas
jolie; mais elle avait de la finesse
dans l'esprit et dans les traits,
et ses manières simples étaient
relevées par les grâces des dames
polonaises. Elle aimait 1~ roi;
ses premières infidélités lui fure1Jt
très pénibles à supporter. Cependaol la mort de madame de Cb,\leauroux, qu'elle avait connue
fort jeune, et qui avait même
été l'oujcl de ses bontés, lui fil
une pénible impression. Celle
bonne reine se ressentait des premières années d'une éducation
superstitieuse : elle avait peur
des revenants. La première nuit
qu'elle passa après avoir appris
celte mort presque subite, elle ne pouvait si elle revenait!. .. - Eh Jésus! madame, lui
s'co&lt;l.ormir, et faisait veiller une de ses répondit cette femme, qui avait perdu toute
femmes, qui cherchait à calmer son insomnie patience, si madame de Cbftteauroux revient,
VI. -

U:Œ CHASSE

sors

LA RESTAURATIO:-i. -

L ' HALLALI DU CERF. -

◄

288

w,

n·après re~tamte de

]AZET.

IhsTORtA. -

f asc . 4(•

bien sùrement cc n'est pas Votre Majesté
qu'elle viendra chercher. ii La reine partît
d'un éclat de rire à celte naïveté; son agitation cessa, et bientôt elle fut endormie.
La nomination de madame Le Normand
d'l~tioles, marquise de Pompadour, à la place
de dame du palais de la reine, offensa la dignité autant que la sensibililé de cette princesse. Cependant les hommages respectueux
de la marquise, l'intérêt qu'avaient les grands
qui briguaient ses faveurs de la faire traiter
avec indulgence par la reine, le respect de
Uarie Leczinska pour les rnlontés du roi,
1out concourut à cc que la marquise fùt assez
Lien vue par celte princesse. Le frère de madame de Pompadour reçut du
roi des lettres de haute naissance, et fut nommé surintendant des bâtiments et jardins.
Soment il faisait offrir à la reine,
par la marquise sa sœur, les
neurs, les ananas, les primeurs
les plus rares, venant des jardins de Trianon et de Choisy.
Un jour que la marquise était
eatrée chez la reine, portant une
grande corbeille de lleurs qu'elle
tenait avec ses deux beaux bras
sans gants, par signe de respect,
la reine admira tout haut la
beauté de la marquise, et par
des éloges déLaillés, qui auraient
convenu autant à une production
des arts qu'à un être animé, elle
semblait vouloir justifier le goùt
du roi. Le teint, les yeux, les
beaux bras de la favorite, tout
avait été le sujet d'éloges faits
avec le ton de supériorité qui les
rend plus offensants que flatteurs, lorsque la reine pria la
marquise de chanter dans l'attitude où elle était, désirant entendre cette voix et ce talent do.nt
Loule la cour du roi avait-~té
charmée au spectacle des petits
appartements, et réunir à la fuis
le plaisir des oreilles à ceux des
yeux. La marquise, tenant toujours son énorme corbeille, sentait parfaitement ce que cette
invitation avait de désobligeant,
et cherchait à s'excuser sur l'invitation de
chanter. La reine fiî1it par le lui ordonner;
alors elle fit entendre sa belle ,,oix, en chai'9

�.r--

1f1STORJ.ll

sissanl le monologue d'Armide : Enfin il est
en ma puissance. Toutes les dames présentes
à cette scène eurent à composer leur visage
en remarquant l'altération de celui de la reine.
La reine recevait avec beaucoup de grâce
el de dignité; mais il arrive très som:ent aux

rrrands de répéter les mêmes questrnns, la
~térilité des idées étant bien pardonnable
dans des réceptions publiques où on a si peu
·de choses à dire. Une ambassadrice fit sentir
à celle princesse qu'elle Tie se prêtai_! pas à
ses distractions sur ce qui la concernait. Cette
dame était grosse, et, malgré son état, elle
se présentait ass\dûment ch~z la _reine, qu~,
toutes les fois qu eUe la voyait, lm demandait
si elle était grosse, et, après la réponse affirmative, s'informait du nombre de mois où
en était sa grossesse. Fatiguée de la récidi'"~
de ces questions, et· désobligée de l'oubh
total qui avait toujours suiv~ celte fo~sse

marque d'intérêt, l'ambassadrice répondit à
la question : Etes-i·ous grosse? Non, madame.
Dans l'instant celle réponse rappela à la mémoire de la reine celles qui lui m·aient élé
faites précédemment. &lt;c Comment, madame!
lui dit•elle; il me semble que vous m'avez
répondu plusieurs fois que vous étiez grosse:
seriez-vous accouchée~ - Non, madame;
mais en répétant toujours la même chose à
\'olre Majesté j'ai craint de l'ennuyrr. 11 Cette
ambassadrice fut depuis ce jour reçue très
froidement à la cour de Marie Leczinska; et
si êlle avait eu plus d'influence, l'ambassadeur eût bien pu se ressentir de l'indiscrétion de sa femme. La reine était gracieuse et
modeste; mais plus, dans l'intérieur de son
âme, elle remerciait Dieu de l'avoir placée
sur le premier trOne de l'Europe, moins elle
,,oulait qu'on se rappelàt son élévation. Ce
sentiment la portait à faire observer toutes
les formes de respect, comme la haute idée
du rang dans lequel les princes ~on~ nés, et
qui les conduit trop souren t à dedaigner les
formes d'étiquetle el à rechercher les habitudes les plus simples . Le c~ntraste. sur ce
point était frappant e~tr~ Mane Leczm~k~ et
Marie-Antoinette. On l a Justement et generalement pemé : celte reine infortuné~ por~a
trop loin son insouciance pour cc qui te_na1t
aux formes sévères de l'étiquette. Un Jour
que la maréchale de Mouchy la fatiguait de
questions sur l'étend~e qu'elle rnulait accorder aux dames pour oler ou garder leur manteau, pour aYoir les barbes de ~curs ~oi~ures
retroussP.es ou pendantes, la reme lm repondit en ma présence : &lt;{ Madame, arr~ngez
tout cela comme vous l'entendrez; mais ne
· croyez pas qu'une reine née arthiduche?se
d'Autriche J' apporte l'intérêt cl_ l'attention
qu'y donnait une princesse polonaise de\'enue
reine de France. ll
La princesse polonaise, à la véritP,, ne pardonnait pas le moindre écart sur le pro~on,d
respect dû à sa personne et à tout ce qm dependait d'elle. La duchesse_ de ·:•, dame de
son palais, d'un caractère impérieux et aca-

riàtre, s'attirait de ces petits dégoûts que l~s
serviteurs des princes ne manquent 1ama1s
de donner aux personnes hautaines et désobligeantes quand ils peu_vent les appuier, :~r
leurs de,·oirs ou sur de simples usages. L ell&lt;1uetle on pourrait dire les seules convenances' du respect, interdisaient de rien p~ser
à soi sur les sièges de la thambre de la rernc.
On traversait à Versailles celle chambre poOr
se rendre au salon de jeu. La duchesse de***
posa son manteau sur un. des, pli~n~s rangés
devant la balustrade du hl; 1hmsS1er de la
chambre, chargé de suneiller tout ce qui se
passait dans cette pièce pendant la durée du
jeu, vit ce manteau, le pnt et.le porta d~ns
l'antichambre des valets de pied. La reme
avait un gros chat favori, qui ne cesrnit de
parcourir les appartements. Ce manteau de
satin, doublé de fourrure, se trouve à sa
conrenance, il s'y établit. Malheurrnsement
les traces de son séjour se firent remarquer
de la manière la plus désagréa~le sur !e sat~n
Liane de la pelisse, quelque som que Ion eut
pris pour les faire disparaître avant de I_a lm
donner. La duchesse s'en ;iperçut, prit le
manteau à sa main, et rentra furieuse dans
la chambre de la reine, qui était encore environnée de presque toule sa c?ur : C( Yoyez,
madame, lui dit-elle, l'impertmence de l'Os
gens, qui ont jeté ma pelisse sur une banquette de l'antichambre, où le chat de V~lrc
Majesté vient de l'arranger com~e la v01l,a. &gt;l
La reine mécontente de ses plamtes et d une
semblabie familiarité, lui dit de l'air le plus
froid : c( Sachez, madame, que vous avez _des
gens, el que je n'en ai pas; j'ai des officiers
de ma chambre. qui ont acheté l'honneur de
me ser,ir : cc sont des hommes bien élevés
et instruits; ils savent quelle est la dignité
qui doit accompagner une de mes _d~me.s d~
palais; ils n'ignorent pas que, cho,~ie parmi
les plus grandes dames du royaume, vous
devriez ètre accompagnée d'un écuyer, ou
au moins d'un valet de chambre, qui ]e
remplacerait et recevrait de vous votre pelisse, et qu'en observant ces form:s con~enables à votre rang vous ne seriez pomt
exposée à mir Yos effets jetés sur des banquettes d'antichambre. ))
Marie Leczinska ne put voir sans prérention la princesse de Saxe, q~i épou.sa le dauphin en secondes noces; mais l~s rga~ds, les
respects, les soins de la daupb~ne, lm. firent
oublier qu'elle était fille du prrnce qm portait la couronne de son père. Cepend:int quelques preuves des profonds rerncntimen~s ne
peuvent échapper aux yeux des gens qui_ environnent sans cesse les grands; et s1 la
reine ne voyait plus dans la princesse de
Saxe qu'une épouse chérie par son fil ~, et ln
mère dn prince desliné à la succession du
trône elle n'avait pas oublié qu'Auguste por•
tait l~ couronne de Stanislas. Un jour, un
officier de sa lharnbre s'étant chargé rle lui
demander une audience particn li ère pour le

ministre de Saxe, et la reine n'étant point
disposée à l'acc?~der, cet ~.om:°e _insista en
se permctlant d aJouter qu 1! n avait osé demander cette faveur à ]a reine que parce que
ce ministre é1ait un ambassadeur de famille.
u Dites anti-famille, reprit la reine avec
vivacité, et faites-le entrer. &gt;J
La reine aimait beaucoup madame la duchesse de Tallard, gouvernante des enfants
de France. Cette dame, apnt atteint un âge
avancé ,·int prendre concré de Sa Uajesté et
'
0
.
lui faire
part de la résolution
qu'e 1le avait
prise de quitter le monde et de mctlre e°;6n
un interYalle entre la vie et la mort. La reme
lui t(moigna tous ses regrets, essa)a de la
détournE&gt;r de ce projet, et, tout attendrie par
l'idée du sacrifice auquel la princesse se déterminail, lui demanda où elle comptait se
retirer : C&lt; Dans les entresols de mon bôlel,
madame, 11 lui répondit madame de Tallard
Le comte de Tessé, père du dernier comte
de cc nom, qui n'a point laissé d'enFants,
était premier écuJer de ]a reine Marie Leczimka. Elle eslimait ses wr!us, mais s'amusait quelquefois de la simplicité de son esprit. Un jour qu'il avait été question des
hauts fails militaires qui prouvaient Ja noblesse française, la reine dit au comte : c&lt; Et
vous 1 monsieur de Tessé, toute votre maison
s'est aussi bien dislinguée dans. la carrière
des armes? - Ah! madame, nous avons tous
été tués au service de nos maîtres! - Que je
suis heureuse, reprit la reine, que vou,; soye-z
resté pour me le dire. 11 Ce bon M. de Tessé
avait marié son fils à l'aimable, à la spirituelle fille du duc d'Aycn, depuis maréchal
de Noailles; il aimait éperdument sa be l'e~
fille, et n'en parlait jamais qu'avec attendrissement. La reine, qui cherchait à l'obliger,
l'entretenait souvent de la jeune comtesse, et
lui demanda un jour quelle qualité il remarquait essentiellement en elle. cc Sa bonté,
madame, sa bonté, répondit~il les yeux pleins
de larmrs ; cUe est douce... douce comme
une Lonne berline. - Voilà bien, dit la
reine, une comparaison de premier écuyer. &gt;&gt;
Le père de la reine était mort consumé
auprès de sa cheminée. Comme presque tous
les vieillards, il répugrniit à des soins qui dénotent l'affaiblissement des facultés, et avait
ordonné à un valet de chambre, qui voulait
rester près de lui, de se retirer dans la pièce
voisine. Une étincelle mit le feu à une douillette de taffetas ouaté de coton, que la reine
sa fille lui avait emoyée. Ce pauvre prince,
qui espérait encore sortir de l'état affreux ol1
l'avait mis ce terrible accident, voulut en
faire part lui-même à la reine, et, mêlant la
oaieté douce de son caractère au courage de
~on :îme, il lui manda: &lt;( Ce qui me console,
ma fille, c'est que je brûle pour ,,ous. ))
Cette Jeure ne quitta pas Marie Leczinska jusqu'à sa dernière hc?re, et ses _femm;s la
surprirent souvent ba~sant ~n papier qu_ elles
ont jugé être le dernier adieu de Slamslas .
ill,DAME

CAMPA:\.

JOSEPH

TURQUAN

"""

La cilo])enne Tallien
CHAPITRE V (suite).

1

(

qu'il réclamait d'elle, et pour solde el pour
acompte. Ala séance du 9 thermidor de l'an Il,
il avait exhibé el brandi théàlralemenl un
poignard en disant : « J'ai vu se former l'armée du nouveau Cromwell, et je me suis armé
d'un poignard pour lui percer le sein si la
Convention nationale n'a\'ait pas le courage de
le décréter d'accusation. 11 Le coup du poignard lui avait trop bien réussi pour n'en pas.
faire, le 9 thermidor de l'an III, une seconde

Arrivé ;) Paris le 8 thermidor, Thérésia,
qui menait de front les plaisirs de l'intrigue,
ceux de l'ambition et les autres, avertit Tallien, dès sa descente de voiture, qu'il y avait du
nouveau: le Comité de Salut public avait des
preuves de ses relations secrètes avec les royalistes. C'était Sieyès, cette taupe de La Révolution, comme l'avait appelé Robespierre,
qui avait éventé la mèche, surpris des pièces
probantes en Hollande et remis le tout au
Comité.
A cette nouvelle, le traitre se sentit perdu.
Comment se justifier devant le Comité de Salut public? .. . Il n'y avait pas de temps à
perdre pour prendre une détermination, car
le lendemain même il fallait se présenter à la
Convention. Aussi, peut-êlre d'un commun
accord avec sa femme, Tallien décida-t-i[ de
nier tout ce dont on pourrait l'accuser. L'audace tire presque toujours d'affaire. De plus,
il fallait afficher un républicanisme plus
intransigeant que jamais, se montrer farouche
et requérir contre les royalistes de Quiberon
les plus terribles châtiments. Mais la capitulation,? il fallait la nier. Mais les paroles échangées 1 il fallait nier !oui cela. !lais les letlres,
les papiers? ... il fallait les détruire.
Ainsi fut-il fait. Des centaines de prisonniers devaient être sacrifiés pour sauver un
traitre du chà1iment que méritait sa trahison!
Le lendemain, 9 thermidor, la Convenlion
tenait une séance solennelle. Tous les députés
siégeaient en costume. Des guirlandes de
fleurs décoraient les murs, un orchestre faisait entendre des airs patriotiques, et des
choeurs de jeunes fi Iles habillées de blanc
chantaient des hymnes de !larie--Joseph Chénier. La séance commença par la lecture, que
fit Courtois , d'un rapport sur la journée du
!) thermidor de l'année précédente. Ensuite
Tallien monta à la tribune. li lut, lui aussi,
un rapport, mais sur l'affaire de Quiberon.
Toujours à l'affùt d'un rôle, d'une situation
à prendre, il était visible que Tallien cherchait à rajeunir sa popularité, vieille déjà
d'un an, et à se faire décerner de nouvelles
couronnes ci\'iques ....
Un jour de fête, on est indulgent. Le 9 thermidor, pour qui l'aurait-on été si ce n'est
pour Tallien? La Convention ne marchanda
pas à ce représentant] les applaudissements

édilion. Mais, cette fois , il ajouta des fioritures et manqua son effet pour l'avoir voulu
trop complet. Parlant des vaincus de Quiberon , il tira de sa ceinture un poignard et le
brandit aux yeux des représentants étonnés,
en disant :
{( Ce poignard est un de ceux dont ces
chevali'crs étaient armés, qu'ils destinaient
à percer le sein des patriotes, et dont ils n'ont
pas fait usage pour eux-mêmes, parce qu'ils
connaissaient le venin que cette arme recélait.
li faut apprendre à toutes les nations qu'un
animal en ayant été frappé, il a été vérifié que
la blessure était empoisonnée. J&gt;
Voilà legalimatias que le goût de Ja phrase,
plus que le goût de la vérité, faisait faire à cc
cabotin de la politique. !lais Tallien , " qui
avait fort peu de traits dans l'esprit, a écrit

1. On a vu un peu plus haul qu 'i l ne se bornait
pas â s'approprier leurs mots, mais qu 'i l n'a.nit pas

hêsitê un jour
Hœderer.

Cliché Giraudo n.
i'IÎADA)I E T A LLIEN.

Gra vure de

a lire

Q UENEPE Y,

comme siens les travam rie

son ami Barras qui n'en avait guère plus, ne
faisait point de bons mots par lui-même; il
répétait ceux des autres 1 , il les répandait et
les multipliait dans sa causerie peu vive, mais
inextinguible, qui l'a fait appeler Robinet
d'eau tiède. JJ
Ce jour-là, pourtant, ce n'était pas de l'eau
tiède qui coulait du robinet; c'étaient bel et
bien des paroles calomniatrices, empoisonnées
comme les poignards dont il parlait et auxquels personne ne crut dans l'Assemblée. !lais
la Convention. que le débarquement des émigrés avait passablement alarmée, n'était pas
disposée à Ia clémence : Tallien se mit à
l'unisson. Aussi bien arait-il pour cela ses raisons. Les memhresdu Comité de Salut public,
lhermidoriens comme lui, consmtirent à garder pour eux ce qu'ils avaient appris de ses
menées avec les royalistes et se contentèrent
de le tenir à !'oeil. Il le sentit el dès lors le
terroriste se montra plus d'une fois sous le
thermidorien afin d'assoupir les légitimes déflances des républicains sincères.
L'on n'a pas de pièces sur cc point de l'histoire de nos discordes civiles. Tallien avait
trop d'intérêt à les faire disparaitre pour qu'on
ne le soupçonne pas de les avoir détruites
lui-même ou fait détruire par ses amis. ll
n'avait pas fait autrement après le 9 thermidor de l'an Il. De même pour celle gênante
affaire de ses négociations avec les royalistes.
cc Ce fourbe avait intrigué avec l'Espagne dans
l'intérêt du dauphin, et, après sa mort, il
intriguait encore pour mettre sur le trône de
France un infant d'Espagne, et pour masquer
ses diverses machinations, il proposait les
mesures les plus terroristes i. )J
Et pourquoi Tallien qui, par ses origines,
aurait dû , moins qu'un autre, être soupçonné
de jouer au républicain , cherchait-il à se
vendre aux rnnernis de la République, à
traillr le régime auquel il dm•ait, faute de
pouvoir être quelqu'un, d'avoir été quelque
chose? Eh! mon Dieu, pour une femme,
comme toujours! C'était peut-être pour obéir
à la direction de Thérésin, mais bien plutol
pour avoir de quoi suffire à ses gaspillages
insensés : car ce n'est pas avec son indemnité
de vingt-huit livres par jour :1uïl le pourait
faire.
Mais revenons à la fète du 9 thermidor.
Une fois la soleÎlaité terminée à la Convention, Tallien rejoignit sa femme. Eux au~si 1
ce jour-là, donnaient leur petite fète. Du
'l. Lunom:: Scmr:T, I.e Direc(o ire, t. 1, p. 2'18.

�_

111STO'J{1.Jl

------------------------------------~

9 thermidor ils aYaient fait leur chose, et
cette chose les anil faits : c'était leur piédestal à tous les deux. Il y avait donc grand
diner de gala it la Chaumière pour célébrer
cette fêle de famille. lime Tallien avait-elle
choisi ses con,ives?C'csl probable; d'ailleurs
elle le dit, " J'avais réuni tous les députés
marquants et exagérés de tous les partis. ))
li l avait surtout les principaux girondins et
]es thermidoriens , Louvet, Lanjuinais, Boissy
d'Anglas, Fréron, Barras, no\'ère, etc., cl l'on
mit par les mots : c1 J'arais réuni. ... » la
suprématie qu'elle avait dans son ménage.
lime Tallien aimait assez que le public
s'occup,it d'elle cl de ce qu'elle !aisa1l. Elle
trouva, d'accord a"ec son mari, que l'occasion
était bonne pour se rappeler à son souvenir.
Aussi firent-ils insérer au 1foniteur la note
suivante :
« Tallien, pour qui celle époque est aujrmrd'hui glorieuse à des titres nournaux,
avait invité plusieu!'~ de ses colll'gues à un
banquet frugal.
« Voici les toasts qui ont été portés dans
cette assemLlée d'amis, qui sentaient également le besoin de se rapprocher et de s'unir.
a Lanjuinais a proposé le premier.
(C 1. Au 9 Thermidor,auxreprésentantsamis
de la liberté, qui, dans ce jour mémorable,
ont abattu le tiran, et depuis ont renversé la
L}'rannie. Puissent l'attachement de leurs
collègnes el l'amour des Français être la récompense de leur patriotisme cl de leur
dé\'ouemenl !
« Tallien a porté le second.
« 2. Aux députés mis hors la loi sous la
tyranniedel'anciengou,·ernement ,aux soixantetreize, aux autres ,·ictimes de la Terreur et à
tous ceux qui, dans ce temps dé5astreux, sont
restés fidèles aux lois de l'amonr et de la
librrlé !
a J'ajoute, a dit Louvet : EL à leur union
intime avec les hommes du 9 thermidor 1
« Voici les aulres toasts:
,, ~- Aux armées de la Ilépublique: puissent-elles trouver dans la paix glorieuse
qu'elles préparent la n'compeme de leur
dévouement !
« 4. Les mânes des Français morts en combattant contre la royauté.
« :, Les amis de l'égalité et de la liberté,
quelque pays qu'ils habitent.
, (i, Les puissances amies de la République
frail(:.aise.
, 7. La conslilulion de la République :
puissent la sagesse et la réOeiion de ses représentants corriger les défauts qui auraient pu
s'y être glissés, avant de la soumettre à l'acceplalion .
a 8. Le général Kosciusko, et tous ceux qui
comme lui sont dans les fers pour la cause de
la liberté.
a 9, La clémence : puisse le peuple français, victorieux, donner l'exemple de cette
vertu !
« 10. La concorde entre Lous les représen1. Comte

d'ALLOS\lLLE,

J/im, secret,, l. Ill, p. 398.

'2. Mme Talli en , ou M. de Lecretelle, ignore que
Je,; \HÎ50llnicrs n'on t pas étë exl'cutés en une fois. mais

tants, amis de la justice el de l'humanité.
« Le dernier toast a été porté au milieu
d'acclam,tions nouvelles :
,, 11. Tallien, Hoche el les vainqueurs de
Quiberon. »
I.e .lfonileill' appelle modestement ce diner
un banquet {r11gal. Il était si peu spartiate,
cc banquet, 11u'il y eut au moins onze toasts
cl que l'échaulTcmenl des convives élail lei
que, vingt-neuf ans plus tard, Mme Tallien
s'en sournnail encore et écrivait « ..• le diner
anniversaire du ll, dans lequel j'avais réuni
tous les députés marquants et exagérés de
tous les partis. \'oyanlque par les toasts portés
on allait finir par se jeter les assiclles à la
tète, je me levai el, avec un s.ang-froid qui
imposa à la bruyante assemblée, je portai le
toast qui fit tout rentrer dans le calme le plus
parfait: A l'oubli des erreurs! au pardon des
injures ! à la réconciliation de tous ks Franç,is ! »
C'est dans ce banquet frugal que Tallien,
en s'associant au toast porté à la clémence,
oublia le mensonge qu'il avait fait à la Convention et s'élourdil sur les hécatombes humaines qui en allaient être la conséquence.
En effet, la Com·cntion, à qui Tallien n'avait
pas parlé des engag('menls, verbaux tout au
moins, é1.:hangés entre les combattants, pour
faire cesser une lutte fralricide ; la Convention, auprès de qui Tallien calomnia les prirnnniers, la Convention se crut ohligér, devant
les craintes des répuLlicains cl les pré~omrtuern~e~ audaces des royalistes, d'appliquer
les lois dans toute leur rigueur. Une commis•
sion, réunie à Vannrs, rut chargée de distinguer dl·s ,•fr:tablrs émigrés les prisonniers
enrôlés comme gens de service. C'élait une
soupape om·ertc par laquelle un crrtain nombre d'hommes put être sauvé. ll01•hf', de son
cOté, arait eu soin de faire gardl'r les prirnnniers aussi mal r1uc possible pour f.n·oriser
kur évasion ; mais, conriants dans la capitulation, la plupart restèrent au camp. Les soldats, 'IUÎ n':miienl pas la mêmeconriance que
ccu:x qu'ils garJaienl, en firent échapper le
plus qu'ils purenl. \lalgré tout, le nombre des
victimes ful encore énorme, et, pendanl cinq
mois, on fusilla chaque jour des prisonniers.
L'effet de ce massacre ne fut pas, à en croire
un contemporain, aussi grand à Paris qu'on
aurait pu se l'imaginer. « Je le dis à regret,
et pour l'avoir remarqué, a écrit un combattant de l'armée de Condé, les atroces résultats
de celle catastrophe de Quiberon furent loin
d'exciter le sentimentd'borreur,1u ' ils auraient
dû inspirer .... Puis, pourquoi le !aire? Quelques femmes divorcées, quelques hommes
qui avaient arrangé leurs affaires aux dé1lens
drs absents, craignaient le retour de leurs
parents ou de leurs époux : c'était le petit
nombre, sans doute, de ce qui fut nommé
jadis la bonne compagnie; mais leurs ,·oix
s'unissaient à celles des acquéreurs de biens
nationaux qui déblatéraient sur ce qu'ils qualifiaient l'esprit de Coblentz'. u

Cependant, il semble que lime Tallien ail été
assez affectée des exécutions de Quiberon, bien
qu'elle ait eu, à ce moment, la contrariété de
voir la Convention préférer La ne,·ellièrc à
son m,ri pour le fauteuil de la présidence.
Nous allons laisser M. de Lacretelle raconter
une enlrcvue qu'il eut aYec elle Yers cc temps
là ; mais, comme ~llne Tallien était toujours
du même avis que la personne avec qui elle
parlait, Lanl elle aimait peu à contrarier les
gens, - on m le rnir par les lignes suivantes, - ne faudrait-il pas se méfier un peu
de ces éclats de douleur chez une femme aussi
indifférente et aussi honne tout à la fois '!
Et puis n\ a-t-il pas à se méfier aussi un
peu du récit d'un homme à qui lime Tallirn
permellait si aimaLlement de Laiser ses beaux
bras? ... Quoi qu'il en soit, ,·oilà ce que dit
!I. de Lacrelcllc : " .ravais eu le bonheur de
mir souvent Mme Tallien chez elle el dans ks
cercles où elle éLail alors fêlée par la reconnaissance. Ses rapports arec moi avaient une
jolie nuance d'amitié ; j'en re5tai près d'elle
à l'éblouissement et ne m'a\'enturai point jusqu'à l'amour. Souvent, il nous était arri\'é,
lorsqu ·elle revenait de ses soirées triomphantes
au spectacle, de jouer, soit chez elle, soit chez
d'aulres dames, parmi lesquelles figurait la
jolie vicomtesse de Beauharnais, de jouer à
des jeux innocents, dans un lieu, dans une
société qui ne rappelaient 1•as une innocence
complète, et Ir sort m'a\'ait falorisé d'un
baiser innocent. File fut un jour si conlcn!L'
d'un de mes articles qu'elle me permit de
baiser un bras digne de la Vénus du Capitole:
mai~ , peu dr temps après, je ,,js la même
raveur accordée à un député tnl)Jllagnard conrcrti, ce qui me fit reven:r à moi•mème. »
C'est pour cela qu'on peul douter de la
sincérité des sentiments dont !I. de Lacrl'lellc
va nous faire le tableau : mais cela montre
par quels moyens lime Tallien ,al'ail élal,lir
son pouvoir : chacun s'y laissait prendre et
chantait partout les litauies de la nourellc
s:iinte qui savait si bien prendrr les gens p:i.r
le bras.
a Maintenant, poursuit M. de Lacretelle,
je me présentais à clic a,·ec un "irngc consterné, el la pâleur inaccoutumée du sien me
ré\'élait toutes ses souffrances et ses cruelles
insomnies; je ne sus l'aLorder qu'aYec les
lieux communs de la con\'crsalion : « E!:!t-ce
là, me dit-elle, ce que nous avons à nous dire
après un si cruel éYénemrnt ?. . . Ah ! sans
doute, vous me compremz aussi bien que je
YOUS comprends ,·ous-même. D Puis, en ,·ersant un torrent de larmes : &lt;( Ah ! que
n'étais-je là !.. . me dit-elle. - Eh! mon
Dieu, repris-je avec feu, e.::i t-il une de ces vieLimes des guerresciviles qui n'aitditcent fois:
" Ah! que lime Tallien n'est-elle ici ! • Oui, rnns doute, je serais parvenue, je crois,
à faire différer le supplice', nous aurions
gagné du temps, et, reYenue à Paris, j'aurais
été à la lêle des mères, des filles cl des rnaurs
de ces malheureux émigrés, ou plutotàlasuitc

que I• Commi~s.ion militaire de \'anncs cr: jugeail cle
dix à trente cha9uejour et que les maJl1curcux condam•
nés Claicnt fus11\é, le lendelll8in. La Commissio11.

présitlëe par l'odieux génCral Lcmoine, foncltonn1
pendnnl cinq mois. )lme Tallien aurait C'u tout le
Lemps dïnterrenir ~i &lt;'Ile y :ll'11il so1,l{ê,

�111STOR.1.ll
de Mlle de Sombreuil auprès de laquelle je ne
suis rien 1 ; oui, j'aurais été frapper à la porte
de tous nos thermidoriens, j'aurais été a\'ec elle
à la barre de la Convention. Tout ce que Paris
a de plus distingué par l'âme aurait peuplé
les tribunes, et un grand acte de clémence,
bien avoué par la politique, aurait été une
nouvelle victoire des femmes et le plus grand
honneur de la Convention. Voilà le plan que
je méditais lorsque j'appris la délaite des
émigrés qui m'avait toujours paru inévitable.

J'allais partir lorsque j'ai xu revenir mon mari
effaré el me perçant l'âme p~r ces mols: Toul
est fini! Et voilà que je me dis maintenant:
Tout est fini pour moi et pour une inOuenr.e
que les malheureux ont souvent bénie. Le

cruel événement de Quiberon va servir de prétexte à l'ingratitude pour se dispenser de
reconnaissance envers l'auteur du 9 thermidor; mais, moi, je ne me dispenserai pas de
mes devoirs, je ne gémirai qu'en secret. Je

n'accuserai point celui qui a donné quelque
gloire à mon nom : il faut dire adieu à cette
gloire dont j'étais trop enivrée. Attendez-vous,
mon ami, à voir tomber sur moi autant de
calomnies que naguère il pleuvait de bénédic•
tions, et ceux qui croiront me devoir encore
quelque reconnaissance se contenteront de
dire : « Pauvre madame TaJlien ! _!! ».
Pauvre madame Tallien, en eifet ! mais nullement pour les causes qÙ'elle veut bien dire :
elle a ici plus de jargon que de C&lt;J!!\t,v~ilable
et pense plutôt à l'inUuence des événements
de Quiberon sur son nom, qu'à aviser, avec son
mari, à en empêcher les conséquences sanglantes. Mais peut-être, au contraire, n'y
songe-t-elle que trop, car elle n'ignore pas les
motifs pour lesquels Tallien, disposé &lt;l'abord
à invoquer la clémence de la Convention, a
changé subitement de dispositions. Et eUc
est obligée de ne se mêler en rien de cette
déplorable afiaire, afin de ne pas raviver les
soupçons qui pèsent sur son mari. Ob ! oui,
pauvre madame Tallien !. .. Et si elle a vraiment dit les mots que Lacretelle lui met dans
la bouche : «mais, moi, je ne me dispenserai
pas de mes devoirs! ~, c'est à se demander
jusqu'à quel point peul aller l'aYeuglement
de certaines femmes sur elles-mêmes, car il
parait bien que c'est au moment où elle dit
qu'ellene se dispensera pas de ses devoirs qu'elle
rêve au divorce, c'est-à-dire à manquer à ses
devoirs. Mme Tallien avait pris une (( attilude»
après le 9 thermidor, et l'indulgente complicité du public pour la légende qu'elle voulait
créer autour de son nom lui conservait cette
attitude auréolée. Le peuple a besoin d'idoles
pour ses engouements périodiques. Mme Tallien remplit ce rôle d'idole pendant une année.
C'est beaucoup à Paris. C'était assez pour
qu'elle prît goût au rôle et ne consenlît jamais
à descendre de son piédestal de convention.
C'est pour cela aussi qu'elle n~ s'abaissait pas
à descendre jusqu'aux plus simples devoirs de
son sexe : elle se dispensait de ses devoirs de
l. On vqit que la Jégen&lt;le de lllle de ~ombrewl el
de ~on verre de sang êlait déjil. monnaie courante,
comme celle Je la Jeure de Thêt·ésia à Tallien , le i
thermidor,

LA
mère,- il est vrai que ce n'était pas alors la
mode d'être bonne mère, mais il faut qu'une
femme soit bien mal inspirée pour se priver
du bonheur de l'être, - avec la même charmante désinvolture que de ses devoirs d'épouse.
N'avait-elle pas laissé à Bordeaux, avec un
domestique, son petit garçon âgé de quatre
ans, lorsqu'elle vint à Paris pour rejoindre
son amant 1... S'en était-elle inquiétée depuis?... Oh ! pas beaucoup. S'en occùpàitelle ?.. . Pas du tout. Elle ne s'occupait que
d'elle, de faire de la dépense, de faire des
toilettes et de faire la coquette. Le reste, et Tallien était compris dans ce &lt;&lt;reste)&gt;, - elle
ne s'en souciait pas plus que de son premier
mari.
C'est à la suite de son entretien avec Mme
Tallien, dont on vient de lire le compte rendu,
que M. de Lacretelle ajoute : « Ne reconnaissez-vous pas, d'après de telles paroles, que
c'était là une belle àme que le ciel s'était plu
à orner des formes les plus ravissantes ? Ce
fut un grand tort au public que de la désenchanter sur la gloire et sur la reconnaissance .... Je partageais trop tous ces pressentiments pour pouvoir les combattre. c&lt; Pour
moi, repris-je, il y a un culte auquel je serai
toujours fidèle, c'est celui de Notre-Dame de
Bon-Secours. &gt;&gt; C'est le nom que nous nous
plaisions à lui donner. Son mari entra. Je ne
pus lui dire que des paroles glacées et je
me bâtai de :sortir. &gt;)
C'est une- chose à remarquer que ce nom
de Notre-Dame donné, avec plusieurs variantes
dans ses épilbètes, à une femme qui ne rappelait la mère du Christ-en aucune façon, si
ce n'est par une bonté qui était plutôt attachée au rùle qu'elle al'ait p~is qu'à sa douce
indifiërence native. C'est Notre-Dame de BonSecours, c'est Notre-Dame de Thermidor ... li
est vrai que, dans ces temps d'incrédulité générale, on ne prenait guère plus au sérieux cette
Notre-Dame que les autres. Le peuple, lui,
injuste souvent dans ses aversions comme dans
ses engouements, lui donna aussi le sobriquet
de ?foire-Dame de Septembre. li semblait
qu'on YOulùt à toute force faire d'elle une
Madone et la canoniser, fùt-ceau prix du plus
exécrable souvenir. Mais c'était l'usage, à
celte époque, où le temps se passait presque
entièrement en causeries, de donner un surnom à chaque personne en Yue : n'allait-on
pas avoir bientàt le général Vendémiaire?

les royalistes, pour sa honte. La Convention ne
termina pas sa longue session sans qu'il
elltendit encore porter des accusations sur
l'ambiguïté de sa conduite. A la séance du
1" brumaire (25 octobre) le représentant
Thibaudeau ' dit au milieu d'un silence
attentif : cc Les agents du gouvernement à
Gènes et à Venise ont écrit, il y a quelque
temps, que les émigrés comptaient beaucoup
sur Tallien pour rétablir le royalisme. Une
leltre du prétendant Alonsie11,r, signée de lui,
annonce qu'il a de grandes espérances sur
Tallien. Les pièces existent aux Comités. ))
Mme Tallien n'aurait donc pu, comme le
fit Mme Roland, s'appeler orgueilleusement
la femme de Caton: elle n'en eut pas plus la
pensée qu'elle n'avait eu, à Bordeaux, celle
d'être une seconde Lucrèce ; dans ce temps
de classique à outrance, elle aurait pu dire,
de chacun de ces exemples de l'antiquité :
Souffrez que je l'admire el ne l'imite point.

Ce qu'elle n'admirait plus, c'était son mari.
Elle voyait nettement qu'il était complètement
démonétisé et qu'il serait à tout jamais condamné à demeurer dans sa brouillonne inca~
pacité. Ses espérances étaient donc déçues de
ce côté-là. Illui fallait bien en prendre son parti.
C'est à peu près à ce moment, mais avant
le t5 vendémiaire, que le général Bonaparte
fut introduit chez Mme Tallien. C'est Barras
qui l'avait présenté 4 • Malgré sa pauvreté,
qui perçait sous son uniforme usé, la bienveillance de la maîtresse de maison l'engagea à
revenir. Le jeune Corse n'eut garde de négliger une maison qui pouvait lui être utile. Il
commençait à voir, depuis qu'il était à Paris,
la grande influence que les femmes avaient
dans les aifaires. Il écrivait à son frère Joseph :
1&lt; Les femmes sont partout: aux spectacles,
aux promenades, aux bibliothèques. Dans le
cabinet du savant, vous voyez de très jolies
personnes. Ici seulement, de tous les lieux de
la terre, elles méritent de tenir le gouvernail;
aussi les hommes en sont-ils fous, ne pensent-ils qu'à elles et ne vivent-ils que par &lt;I
pour elles.
&lt;! Une femme a besoin de six. mois de Paris
pour connaître ce qui lui est dû et qud est
son empire u. u
Mme Tallien, qui pensait que tout lui était
dù et que le monde avait été fait spécialement
à son usage, était donc courtisée par celui c1ui
allait bientôt avoir la même manière de voir
Cependant le règne de la Convention tou- pour son propre compte. Le petit général, qui
chait à son terme. 11 avait failli être écourté savait par intuition que les femmes cotent le
par le mourement royaliste du 15 vendé- mérite des hommes selon le plus ou moins
miaire. Heureusement pour l'Assemblée que d'attentions qu'ils ont pour elles, faisait mille
le général Bonaparte, choisi par Barras pour eiforls pour se concilier la faveur de la soucommander sous ses ordres, la tira d'affaire! veraine de la Chaumière etde Paris. Le financier
l'attaque avait été, du reste, comme toutes les Ouvrard nous a laissé le joli tableau d'une des
autres tentatives royalistes, menée en dépit du soirées de La Chaumière, o_ù Bonaparte, prebon sens ; et,siTallienavait quelque intérêt dans nant c&lt; le ton et les manières d'un diseur de ,
l'affaire, il en l'ut pour ses espérances. Il en bonne aventure, s'empara de la main de Mme
fut aussi, toujours à propos d'intrigues avec Tallien et débita mille folies'· » S'étant
:!. LACllElt.J.u, Dix amuies dëpremeb', p. 24!&gt;.
3. Thib,mdcau sunêcul à tous ses collègues de la
ConvCntiorî el de,,int, sous le seêond Empire, sénalcm·
d~ Napoléo11 lll.

f-. ÜAH1tAS , .llémofres, 1. 1, }J,
~- CmtTE DE S&amp;R\'ILL1Bl\S (roi
!Cltl.'e

u.

:.!Sâ.
Joseph, A/émoll'es,

de Napoléon à. son frère, le 18 juillet 1795,
ÛUVllARD, .Mimofres, l. 1, p. 20.

ainsi ~~uis la bienveillance de la jeune femme,
le general voulut employer son crédit pour
obtenu· une faveur. On sait combien il était
b~so~neu_x à celle. époque : chef de brigade
d aruller1e à la smte, sans solde, il prenait
ses repas chez ~fmePermon, amie de sa mère,
el promenait ses hottes éculées et son uniforme râpé dans toutes les rues de ])aris. Un
soir, il pria Mme Tallien de s'intéresser à lui.
C'est elle, il le savait, qui était la grande
dispensatrice des faveurs et des Ocrrâces ·,
devant elle, tout s'aplanissait · sa volonté
était plus forte que la loi. Un arrêté du Comité
de Salut puLlic an Ill accordait aux officiers
e~i activité du drap pour habit, redingote,
~il~t ~t culo_tte ~·un~forme. Bonaparte, qui
eta_1t a la smle, n avait aucun droit à ces prestations. 11 le savait bien. Mais il savait aussi
que si Mme Tallien le demandait pour lui,
on ne refuserait rien à Mme Tallien. li la
pria donc de lui donner une lettre pour
!I. Lefeuve, ordonnateur de la 1 7, division. La
lettre opéra, comme par magie, et Bonaparte
eut son uniforme neuf. C'est pour cela qu'on
a dit depuis qu'il &lt;( devait ses culottes &gt;J à
Mme Tallien.
Cette petite lJisloirea été contée autrement,
et avec des fiorilures de roman, par M. Alissan de Chazet, à qui Mme Tallien l'avait contée
en l'embellissant, et amsi par Mme Sophie
Gay, qui, la tenant de la même source, la raconta de la même façon. M. Lairtulier, dans
ses Femmes célèb1·es, la répète d'après cette
\'e~sion, mais celle d·ouvrard est la seule qui
soit exacte.
Le salon de Tallien était très suivi à celle
époque, moins, on peut le croire, pour le
maître que pour la maîtresse de maison. Là,
se combiaaient les intrigues des politiciens;
là, se traitaient les afîaires de fournitures
pour les armées, les spéculations sur les biens
nationaux: politique véreuse, aifaires véreuses,
qui attiraient dans les salons de la Chaumière
tout ce qui était mêlé à la vie enfiévrée de
celle époque. C'est là aussi que se distribuèrent les roles pour la journée du 15 vendémiaire qui sam·a la représentation naliona]e
et fit surgir l'homme qui devait plus tard la
briser et se subsliluer à elle.
Mis en évidence par sa victoire, ce &lt;c général de rue)&gt; fut récompensé largement et reçut
même de grosses indemnités pécuniaires.
Nommé commandant en chef de l'armée de
l'intérieur, logé dans l'hôtel de la rue des
Capucines, Bonaparte fréquenta de plus en
plus la Chaumière. Et, pendant qu'il était
auprès de sa femme, 1'allien, tourmenté du
hcsoin de faire parler de lui, - peut-être
1~our faire oublier ses intrigues arec les royalistes, peut-être pour assurer sa réélection, monta un jour à la tribune pour accuser un
certai~ nombre de ses collègues d'arnir été
complices de la faction royaliste au 1;; vendémiaire. L'accusation était ridicule, absurde ;
cepe_ndant, pas une voix ne l'appuya. Elle ne
serv1t_qu'à raviver les ferments de haine qui
co_uva1ent sous la cendre et à faire adopter Ja
101 de vengeance et d'exception du 5 brumaire. Cc fut le dernier acte législatif de Ja

Convention. Le lendemain, 4 brumaire an III,
l'Assemblée se séparait au milieu des haines
politiques bouillonnantes, et, pour cela sans
doute, pour des souvenirs plus anciens peut-

ClTOYENNE T1tLLTEN _ _ ,.

~o~gue crise, des mauvaises passions et des
1dees fausses qui l'aYaient désorienté : il était
dù aussi aux pernicieux exemples donnés
par les hommes corrompus qui détenaient le

-~-

- -=:-;~-""'-

LA PRO,\IENAOE DE LO~GCHA!ilP, SOUS LE DIRECTOIRE,

être, donnait le nom de C! place de la Concorde " à la place sur laquelle al'ait été élel'é
le premier échafaud.
CHAPITRE VI

pouvoir à tous les degrés de la hiérarchie,
dans toutes les hranches des administrations.
. Les nouveaux chefs de la France, les cinq
Directeurs, par la diversité de leur c1ractère,
celle de leurs "Vues, de leurs tendances ne
semblaient pas capables de marcher ~vec
l'union indispensable pour donner une impulsion uniforme au pays, pour panser les
plaies saignan_tes-:, ramener peu à peu la paix.
dans les esprits et dans les provinces, faire
renaîtrr le travail et donner du pain à tout
le monde. Le gouvernement allait à hue et à
dia : les csprils suivaient le mourernent.
Une apparence de vie et de splendeur en•
l'eloppait pourtant le palais du Luxembour«
siège du Directoire exécutif. Des soldats, s~~
perbcs de prestance et de tenue, montaient
la garde à toutes les portes'. Des , oiturcs
élégantes, garnies des plus coquettes merveille_uses, des tilburys élevés, conduils par
de br1llanls muscadius, entraient au palais,
en sortaient à toute heure de jour el de
nuit, au risque de rouer sous les voûtes les
malheureux qui n'allaient qu'à pied. Mais
c'est surtout chez B1rras, l'un des cinq Di~
recteurs, que se rend toute cette foule. Des
femmes d'une élégance recherchée, Mme de
Forbin, Mme de Chàteaurenault, Mme de
Beauharnais, sont les plus assidues. Mme Tallien l'est davantage. Elle va au Luxembourg
tous les matins el déjeune presque chaque
jour avec le jeune Directeur .
Le vicomte de Barras, à la fin Je l'année
1795, n'a pas plus de 40 .ans. li est «rand
bien fait, vigoureux, poseur. Il a ceU~ mû~
diocrité présomptueuse qui en impose aux
hommes, celle fatuité insolente qui séduit
les ft?mmes, ces vices distingués qui font
qu'elles l'adorent. füis ce n'est qu'un drille.
A sa corruption accomplie, ce drôle joint

Le Directoire fut bien le pire de tous les
gouvernements ~ur la Ji'rance eut à subir. Ce fut
le règne des thermidoriens, des c1 pourris l&gt;, et
leur pourrilure s'étendit de proche en proche
jusqu'aux masses honnêtes de la popul.1tion.
C'est celle corruption, le plus redoutable de
tous les dissohants, pour une nation, surtout pour une démocratie, qui prépara l'asservissement de la France. Sans les exr,ès de
corruption, sans les excès de pomoir du Directoire, ja1:1ais Bonaparte n'aurait pu faire
son coup d'Etat de Brumaire.
On se figure généralement l'époque du
Directoire comme un temps de fêtes et de divertissements sans .fin. li y en eut, à la véril6,
mais dans une porlion infime de la France
ou plutôt de Paris. Le bruyant troupeau des
fournisseurs des armées, des agioteurs, drs
banquiers, des enrichis de tout acabit, aurait
pu faire croire par son luxe et ses prodigalités à la prospérité de la France, si, autour
de lui, ne s'était trouvé grouillant l'immense
troupeau des malheureux mourant de Faim.
Le scandale des fortunes récentes, de gens
qu'on savait enrichis par la spoliation, par le
vol, par le lraGc de la vie et de la liberté des
citoyens, s'affichait sans pudeur au milieu
des m_isères de la rue; et le gros du peuple
en était arrivé à un tel aflJiblissement physique
et moral) par suite de ses privations, qu'il
voyait cc révoltant spectacle avec un hébétement passif et résigné, sans même avoir la
force de s'indigner. Cette décomposition des
caractères était le résultat du provisoire qui
régnait drpuis cinq ou six ans, des convul1. Il y arnit ~me_ garde du Directoire, composée
sions qui avaicnl ébranlé le pass durant celle de 140 hommes a p1cJ et Je I iO hommes it chcral.
1

�111STOR.1A

'------------------------------- LA C1TOY'ENNE TAH1EN - - . , .

pourtant une qualité : comme Thérésia, il _a
l1orreur de la mesquinerie. Comme d~e, 1I
est aimable dans i-es propos; de plu s, il e~l
accommodant pour placer dans les empl01s
de la Répuhli&lt;1ue Lous les fripons qu'en lui
recommande, pour faire adopter toutes les
affaires vérrusrs qu'on lui propose, car tout
rela lui rapp"Jrle : il fait argent de son crédit,
YCnd le:; radiations de la liste des émigrrs et
empoche dl'S rots-Jc•vin. Mais il ~ si Lanne
grâce à le faire! El puis, il_ a un s1 bra~ costume! Qui donc parle nueux que lm cet
ha!Jîl-Inantcnu nacarat brodé d'or, celte veste
· IJ/anche brodée, celle écharpe bl1 uc fr:rngfo

cilc d'honnêh.1 homme, n'a-t-il pas honlt:!.
d'avoir cherd1é noise su r ce sujet ~1 un aussi
bel homme? ...
Comme les aulres Oirectcurs1 Barras est
lorré au Luxembourg, CL la plupart de~ gens
qt~i y ,·ienncnt ne viennent qu~ pour lu.i. ll ·a
loujours mille affaires en tra,.~, 1:rç01t u1 c
foule dï11trir,anls
et surtout d mlr1pa11tr:-. Il
0
a plus d'une liaison à la foi~. Mais il _a_ trop
d'esprit cc saltimb:mque de la politique,
pour m'rure le cœur de la prtic. :-:a p~se
farorite, auprès de chacun: est de se faire
passer pour fo véritable 111a1lre de_ la France.
Il pari~ de ses collègues cl les trallc aHC un

·
JOURNÉE Dt, l3 VE~DE~IIAIRE,

d'or, œ col de mous~dine ga rni du dentelles? ... On le prendrait presque pour une
femme, de loin, tant il a bonne mine avec
::;un chapeat.i n .nd, panaché de grandes
plumes tricolores, son visa.ge r~ sé, ses bas
de soie blanche et ses souliers a boulfdtes,
_ s'i l n'avait à ses côtés ce glaive de form e
antique comme un glah•e de la !~~. Ah I ce
n'est pas ce bossu_ d,e Lr~ Reve~herc, ccll~
espèce de singe ltab11le, qui representc au_ss1
dignement le Gournrnemcnt! On dit bien
toul bas que Barras a fait des atrocités dans
le !li&lt;li, qu'il a mitraillé Toulon, qu'il a pillé
les églises de Marseille avec son ami Fréron,
que tous deux sont cm~ptablcs _envers le
Trésor d'une somme de hmt cent m1l1efranc s:
mais le O thermidor n'a-t-il pas donné quittance de tout cela? .. . EL Cambon, cet imbé-

.,,.· !\'. -

que l'élection de ce ~entillàtrc déclassé sera
désa gréable aux royalistes.
Avant qu'il n'a11àt trôner au Luxembourg,
Barras lrônail déjà dan, le salon .~e son ro~lèlJ"ue Tallien. Ces deux homml:s s ela1ent lt_t's
ra;idement, par suite de l'intérêL qu'ils
avaient 11 se soutenir mumellemenl comme
thermidoriens et !l s'oider à faire disparaître
les traces d'un passé fâcheux qui po.u~'airnt
subsister dans les cartons des Com1le~ d~
~a\ut public et de Sllreté génér~le . Leur _rnrele
particulière ainsi con'luisr 1 a 1~ smte de
l'envoi à la guillotine de Rubcsp1crre et de
tous ceux qui auraient pu leur drmandt:'r

Gravure J'll1::L1tA~, cl'.iprès le ..te~si11 Je )lo~:-ET,

pclil air de mépris mèlé de pili_é. On le
rem(.-t !Jien parfois i1 sa place, mais cc!a lui
est égal; la dignité n' est pas plus so_n fait q.ue
la probité. Il tient seulemen_t à fo1r_e cro~re
au public que rien ne se fait au D1recto1 re
que par lui; il licnl surloul au, 150.000 francs
que lui vant sa place. et oux bcndires rn~Iproprcs qu'il sail en l1rer. Uo.mme de IJru11,
de v;inité, de succi•s, .il&lt;rnt a la boud1e le
propos gaillard, polisso11 mên~e, rele,é, à la
provençale, d'une po.intc. d'ail, pa~e~scux:
hf,bleur, menteur, hLcrlm el touJours a
vendre : au demeurant , Je meilleur fils du
monde. 'fel est Barras: Mais pourquoi avoir
élu un l'lre pareil à la plus haute magistrature de la République? ... A cause de so_n
ràle actif àu f5 vendémiaire, au 9 tJ10rm1dor, et puis, rnrtout, parce qu·on s'i magine

comple de lt·urs vols et de leurs atroces
excès, Tallien put, grâce à l'amitié de Barras,
plus délié cl plus débrouillé r1ue lui, enlrer
dans quelques affaires et spéculallons productives.
Ç'a,·ail été un crève-rœur pour T~llie?.que
de ne pas être élu Dir~ctru_r. Il ?vatl dl•Ja eu
une déception, lors de l anniversaire du 9 l_~ermidor, en se w1)·ant préférer La l\evelh~re~
Lf&gt;peaux pour la présidence de la Come_nt10~.
Mais il lui était dur, alors que son am, ava1l
cent cintptante mille francs par ,a~ comme
Direclcur sans compter les bencfices de
contreba~de, de n'avoir, lui, que vingthuit francs par jour comme membr~ d~
Conseil des Cinq-Cenis. Sa lemme, qm lrn
avait prodit1ué de l'humeur et non des conw·
•
1•
lations à ses différents échecs, ne lll mar~

quait pas des sentiments plus Lirnveillant:, braves armées, ne se comptèrent bientàt
depuis qu'elle lui royail marquer le pas dans plus. Le peuple était blasé sur lanl de fêtes. habit vert, et son énorme crarate verte, à la
la carrière poli1ique. Et, si loul le monde la Les familles pannes, c'est-à-dire presque façon de celles des ch•)uans, el qui le salue,
disait aimable el cLarmante, le pauvre Tal- toutes, étaient peu disposées à se réjouir, à son entrée, en inclinant la tête par un petit
lien commençait à èlre d'un aulre a\is . quand, au lieu de souper le mir, elles étaient mouvement brusque, comme si elle tomhail
L'amliition déçue, la modicité rclati-m drs . obligées de se contenter d'un maigre morceau sous le couperet. ... Et Tallien, JJlus étrangtr
chez lui quel'émigré qui y vient pour la première
revenus élaient, chrz 'l'hérésia, les princi- de pain noir acquis avec peine.
fQis, entend tout cc monde parler moins du
pa1rs causes de sa désaffection. Et puis, ô
Mais on oublie vite ces misères - on les
logique des femmes ! quelle considérai:on oublie d'autant plus facilement que cc sont passé que de l'avenir; iI sai~it les c~pérances
pourra-t-elle avoir désormais pour son mari ... cc·lles des autres - quand on arrive dans sa de chacun. On ne se gêne pas dcrnnt lui; on
un mari trompé? .. . Car, c'est non moins posi- loge, au bal Tht'.•lu~son, am: réunions du Pa- dit : Quand le roi reviend1'a .. .. Cu on sait
lif, le pauvre Tallien est supplanlé dans le villon de Hanovre, à une soirée du Directeur qu'il n'est pas un répuLlieain Lien sé\ère Sur
cœur de la volage Thérésia par ce poseur de Barras .... Mais c'est à la Chaumièn~, c'est les principes; on se di!, dans les groupes,
que c'est lui, Tallien, qui a été le principal
Barras. Cela, tout le monde le mit, et Tallien
quand elle reçoit chez elle, que !!me 'l'allirn ortisan de la paix avec l'Espagne; on se racomme les autres, sans doute.
sait fan'e passer les heures agréablement. conte que, grâce à sa charmante frrnme, il
C'est un trÜ,le jour que celui où le voile
Elle a un tri laient pour Lien grouper son est hès bien vu en cc pays, .qu' « il a une
des illusions se déchire complètement et où
monde! Ses amies sont des femmes si char- correspondance acthc et rrgulière avec le
l'homme pénètre taule la bassesse d'âme
mantes! Voici la citoyenne llainguerlot, duc d'Alcudia; que, par suite de celle liabon,
d'ur.e femme aimée. Tallien, quelque peu
grande, jolie, élégante, vire dans ses rcpar- il est parvenu à foire rendre à son beau. père
difficile qu'il puisse être sur le chapitre de
tiei&lt;, piquante dans tout ce qu'elle dit, cour- tous ses honneurF, sa place, sa fortune et
la moralité, passe par toutes les tortures de
tisée par les hommes de lettres cl les artisles mème des indemnilés; qu'il a fail écarler et
l'amant, du mari trahi. Ses préoccupations
qui lui prêtent de leur esprit, jalousée par exilèr les principaux ennemis de Cabarrus;
se lisent sur son visage. Peut-être cssaie-t-il
tontes les femmes qui lui refusent jusqu'à que le duc d'Alcudia !ni a annoncé cette noude quelr1ues scènes, peut-être menace-l-il
celui qu'elle a. Vuici la citoyenne Hamelin, velle dans une leUre qu'il a rrçue au milieu
d'un éclat .... Mais on le prend de haut a1·cc
créole ou plutOl mulâtresse, l'air vaporeux de janvier, Icure remplie de flagorneries et
lui, on sait les moyens de lui fermer la
et canaille à la fois, le propos polisson, le de proleslalions d'amitié les plus humbles,
bouthe et de lui prouver qu'il a tous les
geste libre, la mise encore plus : lanccus:e lellre que Tallien a communiquée à plus de
torts. Ses emLarras d'argent, hélas! ne le lui
des C( nudités gazées &gt;&gt; , la voici, à peine deux cents pcrrnnnes 1• &gt;&gt; ci-Ali! uaimcnt,
montrent que trop.
arrivée, entourée de toute une cour de jeunes 'l'allien est si bien que cela a1·ec la Cour d'EsSon beau costume de député aux Cinqgens détaillant, l'œil allumé sous leur énorme pagne!. .. Et pourquoi?•.. -D'où venez-vous
Cenis ne le console pas de ses tristesses. Ce
lorgnon, les beautés plasti11ues de cette im- donc que vous ne savez pas que Tallien est
costume n'est a~surJmeut pas si beau que
pertinente de salon. Et puis, voici la ci- le meilleur royaliste de la l\épubliquc francelui de Barras, mais il a Lien aussi son métoyenne Mailly de Cbâtcaurenaull, la peau çaise, que sa femme Œt au mieux avec le
rile. Ceci a son importance, car les femmes
blanche et rose, l'œil candid&lt;', causant Leau• marquis del Campo, ambassadeur d'Espagne,
jugent souvent des talents d'un homme
coup, souriant loujrmrs, la citoyenne de et quf', depuis qu'il a fait rendre à son beaud'après la coupe ou la couleur de ses ,èteKrüdner, blonde Livonicnne donl le mysli- père les bieus r1ui lui avairnt été confisc1ués,
mcnls. Une robe longue el blanrhe comme
eisme futur ne paraissait pas près alors de (r il a proposé ou duc d'Akudia la couronne
celle du Pape, un manteau écarlate comme
foire éclosion; cl Mme de Navailles, et la de France 2 JJ . I&lt; Cabarrus va travailler de
celui de Richelieu, une toque de velours bleu
citoyenne Saint-Fargeau, la fille de la nation, toutes ses forces à la réussite de cc projel. lJ
comme celle de Cbéruhin, une écharpe en
el la citorenne Beauharnais, et la citoyenne - Mais s'il ne r~ussit pas? ... - Eh bien!
ccirllurc comme celle de Vénus : voilà le
de ForLin ... . Du ràlé des hommes, Lenoir, Tallien soutiendra Louis .\l'JI!. - !lais il
costume du législateur Tallien. Mais Tbérésia
Digeon, Hoffmann, Méhul, Arnauld, ~I. de 11'est pas populairr .... - Cc sera alors le duc
le troure plus ridicule quïmposaut dans cet
Cbàleaurenault causant morale dans ce sin- d'Orléans; n'a-t-il pas eu, en :1702, des
accoutrement. et lui préfère Barras. li est si
?ulier pêle-mèle de toutes les immoralilés a\'ec accointances avrc Je père de ce prince, pour
charm~nt, Juil Carnot n'a-t-il pas dil, l'autre
Mme de Cl1astcnay, U. Récamier r1ui promet l'organisation des.... Chut! le voit.:i, il
jour, qtt' {1 il ayait tous ks vices du Régent
d'amener sa jeune femme à Ja prothainc pourrait nous entendre. &gt;&gt;
sans avoir une seule de ses qualités'!. .. n EL
fète, M. Séguin, M. Pcrregaux, M. llottinTallirn passe. Derrière lui marche un petit
quel plus bel éloge peut-on faire d'un homme
guer, Ilarras, FrPron, Tallien enljn, le maître officier, maigre, la peau jaune collée sur les
auprès de ccrlaincs femmes? ... Aussi les
de la maison. Mais que sont ces vulgaires tempes, les cheveux p)ats collés sur la peau.
avantages moraux et physiques du Directeur
politiciens à rôté des arlisles et des gens de C'est le général Bonaparte, qui a maintenant
l'ont-ils dJfinilivement rmporlé, chez la peu
lellres qu'ils coudoient? Que sont-ils à cùté un uniforme neuf. Les hommes à collets rerts
sé\·ère Thérésia, sur ceux &lt;le son mari.
de ces ~migrés rentrés qui, arec leur habi- regardent arec un certain mépris cc grinQuoi qu'il rn soit, la citorennc Tallien metude du monJe, parlent tl circull'ut d1rz l,1 galet r1ui les a si bien mitraillés sur les marnait une ,·ie de µlu s en plus l'Il l'air.
citoyenne Tallien, arec la même aisance que ches Je Sainl-rloch, lrnusc&gt;cnl les épaules et
Le Directoire aurait bien rnulu dunrwr au
jadis dans les salons d s \'ersailles? ... S'il y ront causer arec la veure ncauharnais, qu·ou
peuple, comme les Empereurs de l'aui.:ieune
a qudtiu'un 11ui ne parait pas èlre chC"z lui, sait ètre du dernier bien arec lui, comrue
llome, 1w1ie111 el circenses, du pain et dl's
dans ce salon, c'est Lil'II Je moîtrc de la avec Barras; mais c'est auprès de la cilo)ennc
fètes. Ne pouvaut lui donner du pain, il se
mai~on , cv u·loyt' par lïnt:ro~·al,lc aY('C ~on Tallien que lJ foule est le plus compadt&gt;,
rabattait ~ur lc.s fè1es : fètc du 21 jauvier,
habit Llt:u, les maius dans lès pod,cs de son c'est autour d'elle que papillonnent tous les
lète du 2(j messidor (14 juiLieL), fètc du
pantalon jaune montant jusqu'a ux aissdlcs; hommagrs : {{ Qul'lle frmmf! cha-m:mlc !
!} thermidor, fète du I er vendémiaire (1cr jour
par l'émigré, arec sa perru11ue poudrée, son Elle est à fai-e mou-i 1famou ! 1&gt; 'l'e.ls sonl
de l'année répuLlicaine ) ; puis, fète.s à
1. .llAI.J.r.T DU p"~, t. 11 , p. 10.
les propos qu'on saisit au \'o) cl.trz les jeunes
chac1uc victoire, et ces fètes, grâce à nus
2. lbid.
grns qui s't·n vonl.
( A suivre,)

joSEJU

TURQUAN.

�LES FEMMES DU SECOND

Julie de Lespinasse

L' AM1JASSAD~1CE

Par Henry l{0UJ0N 1 de l'Académie française.

"'"'

AUX

EMPIRE

CHEVEUX

~

D'O~

La comtesse Le Hon
Messieurs Georges et Jean Monval ont découvert, dans un volume provenant de 1a bibliothèque du marquis de La RochefoucauldLiancourt, un manuscritde huilfeuillels dont
l'écriture est, sans nul doute, celle de Julie de
Lespinasse. Le manuscrit porte ce titre :
Porl.-ail de Madame .... Une femme qu'on ne
nomme point s'y trouve analysée a,,ec la plus
élé•anle
cl la plus perspicace férocité. Il• a
0
été facile d'identifier le modèle du porlra,t :
à chaque ligne, à chaque mot, l'on reconnaît
la comlesse de Bourflers, l'idole de la société
du Temple. !lais fallait-il attribuer à la dolente
Lespinasse ce chef-d'œuvre de littérature féminine? Le style n'est pas dans sa manière douceâtre; il est fait de menues phrases sifflantes
qui crachent leur venin par petites gouUes.
MM. Monval n'bésilent point à attribuer à la
marquise du Deffand ce portrait de Mme de
Boufflers. Julie de Lespinasse aurait simplement tenu la plume sous la dictée de la vieille
aveugle. On voit la scène d'ici. Il y a eu
bureau d'esprit dans le salon de Saint-Joseph;
tous les papillons ont tournoyé autour de la
rayonnante BouFllers. La petite mère du
lJeffand, c&lt; murée dans le cachot de sa cécité J&gt;,
a entendu toute la soirée la musique des
madrigaux monter vers &lt;1 l'Idole l&gt;. Et, par
surcroit, la comtesse de Boufllers ne s'est pas
contentée d'être belle; elle a eu de l'esprit,
elle s'est prononcée sur la politique el la
morale, elle a philosophé. Les sentences ont
coulé à flots de celle bouche éclatante . ll a
fallu que Mme du Defünd fit rouler son fauteuil vers le cercle où la Boufners pontifiait
parmi les désirs. Enfin elle est partie, l'accapareuse! Derrière elle, le salon s'est vidé.
L'aveugle et sa demoiselle de compagnie
restent seules. « Uettez-vous là, mon cœur,
et écrivez ! l&gt; Alors la voix cassée a dicté rageusement les rancunes du vieux cœur flétri.
Et Lespinasse, sans trop de déplaisir, a obéi.
&lt;! Mme de ... , sans être ni belle, ni fraiche,
ni même jolie, ni bien faite, a beaucoup de
grâces dans tout l'ensemble de son visage et
de sa personne ... »
Ici Mme du DuITand s'est interrompue :
« Uites-moi, ·mignonne, est-ce que vous lui
trouvez tant de gr,1ces, à cette Bouffler~? Vous
qui par bonheur avez vos Ieux, comprenezvous ce qu'ils ont tous à s'échauffer pour cette

pédante? " Julie de !'Espinasse répond avec
une petite toux équivoque : (( On ne saurait
nier qu'elle est faite passablement. »
Et un long silence rend encore plus désert
et plus maussade le salon où ces deux femmes,
la galante retraitée et la jeune fille laide,
communienl 1 sans se l'avouer, dans la haine
de la beauté triomphante. &lt;! Moi aussi, se dit
la vieille marquise, j'ai été charmante. Boufflers trône au Temple, dans la salle des
Quatre-Glaces, et le prince de Conti est à ses
pieds. Il y a quarante ans, j'ai soupé avec le
régent. Pourquoi ne m'a-t-il gardé que quinze
jours? Je mourrai sans comprendre les raisons
qui ont détaché de moi ce polisson délicieux.
J'aurais fait une fav,orite accomplie. Ma vie
fut manquée. Ma part d'amour, c'est avec ce
pauvre président Uénault que je l'ai mangée,
en maigres tartines. Je méritais mieux. n
Cependant Mlle de Lespinasse rêve de son
côté : « C'est un froid chevalier que d'Alembert. J'ai de l'esprit, de la seosibilité, du
charme. A quoi cela m'avance-t-il? Voici
bientôt dix ans que je végète dans la domesticité de cette vieille despotique qui me couvre
de caresses, qui me déteste et que j'exècre.
Si elle savait que tous les jours, avant d'aller
chez elle, ses amis montent dans ma chamLrelte et y tiennent séance, elle me chasserait
c.:,mme une servante! J'espère bien ne pas
mourir sans avoir aussi un salon à moi. Un
jour où l'autre, j'aurai de l'influence sur les
scrutins de l'Académie. Mais que ce sera donc
peu de chose encore! Je donnerais tout pour
èlre comme cette effrontée de comtesse de
Boufflers, avec des lèvres rouges, de gros bras
et des épaules blanches. lis me disent tous que
je suis aimable. C'est aimée que je \'oudrais
être. Jusqu'ici aucun d'eux ne m'a troublée.
Je sens en moi pourtant des trésors de passion inutilisés. Tandü: que je parle littérature,
à qui pensé-je? A un milirairc dont je serais
amoureuse éperdument. li Yiendra tôt ou tard,
ce militaire, et ce sera mon bourreau. Ah! si
j'élais belle! "
Du coin obscur où grogne l'aveugle, la
tremblotante voix recommence :
c&lt; Julie, ma chérie, écriYez :
cc Le cœur de Mme de ... , ou plutôt son
àme, car, de cœur, je ne lui en connais point,
est factice comme son esprit. On ne peut pas

dire qu'elle n'ait ni vices, ni vertus, ni même
des défauts et des travers; mais pour peu
qu'on l'étudie, on ne lui trouve ni sentiments,
ni passions, ni affections, ni goûts, ni haine. J&gt;
Ainsi de suite pendant huit feuillets. Celle
exécution de !!me de Boufllers fut, d'après la
&lt;laie probable, le dernier bon.moment que la
marquise du Deffand et Mlle de Lespinasse
aient passé ensemble. Elles se brouillèrent
aussilol après. Julie fonda son salon. Et le
militaire de ses rêves s'incarna dans le comte
de Guibert. Il lui apparut à la fête du lloulinJoli; elle connut alors la cruauté de l'amour
cl devint une virtuose incomparable de la
douleur. Guibert était volage. li faisait figure
de grand homme et les dames se disputaient
ses sourires. La pauvre Lespinasse eut à
lutter, entre cent rivales, contre cette maudite comtesse de Boufflers, toujours insolemment séduisanle à quaranlc-huil ans. Elle
écrivait à l'infidèle : « L'abbé !lorellet disait,
ces jours passés, et dans l'innocence de son
âme, que vous étiez fort amoureux de la comtesse de Boufflers. Si cela n'est pas tout à
fait vrai, cela est si vraisemblable qu'il me
semble que je n'aurais qu'à me plaindre de
ce que vous ne m'ayez pas mise dans la confidence. Je ne mus demande, pour vous acr1uilter envers moi, qu'une chosr, c'est de
me dire la vérité. l&gt;
Après avoir expédié celle làche supplique
douloureuse, Julie de Lespinasse songea sans
doute à cette soirée de jadis où Mme du
Deffand lui avait dicté le portrait de l'Idolc.
Elle a dù penser : ,, C'était une méchante
femme, mais qui ne manquait point de clairvoyance. Et qu'elle avait donc raison de délesler Mme de Boufflers. »
Deux croquis de Carmontelle, au musée
Condé, nous montrent l'idole el Julie. Devant
une table à thé toute .servie, la comtesse de
Boufflers, en déshabillé de mousseline, semble
sortir des nuées; une heureuse tète rose
émero-e des blancheurs. Puis voici Lespinasse,
o
.
en robe
noire, tenue d'institutrice, profi I maigrelet, charme chétif; elle l'ait de la frivolité
et regarde dans le vague. Carmontelle, en
dépit de sa gaucherie, était psychologue. Il a
deviné ce que se disait la triste Julie :
« Pounruoi ne suis-je point belle? Quelle
iniquité! Jl

Par Frédéric LOUÉE.

C'était aux environs de septembre 1856 . mières lignes d'une leltre adressée à la comEn de certains milieux, Youés à l'indiscrétion tesse Le Hon :
professionnelle, - politiques, diplomatiques
ou policiers, - circulaient de singuliers ra« Saint-Pétersbourg, 1856.
contars, au sujet d'un événement d'ordre
(( Je me marie .... L'empereur le veut et
privé rendu public par la qualité des per- la France le désire. Pendant que j'étais au
sonnes .
pouvoir, les rapports de police me disaient
On y mettait en cause vn homme d'État toujours : (( Mariez-vom .... Mariez-vous. »
du plus brillant relief, qu'un miraculeux J'espère, et le désire, que ma femme n'aura
concours de circonstances avait poussé à édi- pas de meilleure amie que vous, et que vous
fier, de ses propres mains, une fortune non ne perdrez pas l'habitude du chemin de
moins extraordinaire. Et l'on y mêlait le nom Bade ....
d'une femme du monde, célèbre par sa
&lt;&lt; Mon:'lr. &gt;&gt;
beauté, par l'éclat de ses réceptions, par ms
qualités rares d'esprit et de cœur, et que la ,
M. de Morny se maria donc, pour le bonchronique quotidienne n'oubliait jamais de heur de la France, comme_il Je croyait, et
porter en première ligne, parmi celles qui pour le sien. li épousa une ,jeune el blonde
gouvernaient l'esprit de Paris. Un incident de princesse moscovite, aux yeux noirs, aux
lettres échangées, grossi de toutes les cir- traits fins, à la tournure élégante, Sophie
constances qu'il plaisait aux imaginations d'y 'l'r~mbctzkoï, demoiselle d'honneur de la t.rnajouter, avait donné le vol à ces propos et
commentaires.
I1 s'agissait, quant au fond de l'histoire,
du mariage, bruyamment annoncé, de !f. de
Morny, alors ambassadeur extraordinaire de
France près la Cour de Russie, et qui s'y était
rendu avec une suite pompeuse, à l'occasion
du couronnement du tsar Alexandre II ....
Des difficultés s'étaient produites, issues de
causes tout intimes . Des réclamations avaient
été formulées. li avait fallu, disait-on, par
ordre supérieur, prendre des mesures, intervenir.
On savait bien, en parlant d'épousailles,
qu'avec ses goûts voyageurs le duc de Morny
entama plus d'une fois de telles négociations,
sans les conclure.
li faillit serrer les liens d'hyménée à Florence. Avant son départ, il était fortement
parlé de son union avec une Américaine,
plus lard devenue l'une des comtesses de
Moltke; puis encore avec une charmante
jeune fille du faubourg Saint-Germain, ~Ille
de Bondeville. On le crut, un moment,
engagé du côté de l'Angleterre. Les bans
allaient même être publiés, à Londres, lorsLE DUC DE l\IOR~Y EN 1852
qu'on apprit qu'il venait de se fiancer a, cc
D'après le dessin de A. FAR CY ,
une beau té russe.
liais, cette fois, la chose était formelle.
Lui-même,_ haussant Ie ton au langage rine, qu'il avait fascinée dans un bal d'amd'un chef d'Etat, qui croit indispensable au
i . li le faut dire aussi : elle n'a\·ail aucune forbonheur de ses peuples la réalisation de s•s tune.
Celte descendante d'un des compagnons de
personnelles joie:-:, lui-même l'avait annoncé flurik , le liéros national et fondateur· de la monarchie
d'une façon presque solennelle, dans ces pre- russe , èlait L_oule prêle, quand survint llorn y, à épou1

..

IIENRY

ROUJON ,

de l'Academie française.

ser le premi er grand seigneut', qui lui demanderait

bassade, a\'eC son charme habituel, bien quïl
eût le double de son âge 1 •
La nouvelle, aussitôt que connue, avait fait
naître, dans l'àme de quelques grandes dames
parisiennes, comme une vague impression de
délaissement. Elle aYait provoqué des revendications plus fondées, de la part de celle qui
fut la providence des ambitions de Morny, à
ses débuts, de celle qui put dire :
•
« - Je le pris sous-lieutenant,je le laisse
ambassadeur. )J
En l'associant à de larges combinaisons industrielles et financières, dont les siens et
son mari assurèrent le dé\'eloppement et le
succès, la comtesse Le Hon av,1it mis entre
ses mains les éléments de puissance et d'autorîté, qui furent les premiers facteurs de sa
haute fortune polilique. Elle y avait engagé,
dis-je, plus que sa confiance, - ses biens
aussi. Quelques millions étaient restés en
route. Une _mise au point s'imposait.
La protestation que n'avait pu retenir la
comtesse Le Hon était rerenue de Saint-PélPrsbourg à Paris, par voies extra-diplomatiques. M. de Morny avait fait pr:ir un de ses
courriers pour en remettre le texte direclement à l'empereur.
De suite on en exagéra, outre mesure·, le
sens et la portée. Des serviteurs trOIJ11Jzê1és
prirent l'alarme. A les entendre, de. ·graves
révélations allaient surgir de cet inddcnt.
Des divulgations fàcheuses, à l'encontre des
fauteurs du coup d'État, étaient imminentes,
~i l'on ne se mellait en garde aussitôt. Déjà,
prétendait-on, des papiers dangereux étaient
entre les mains des princes d'Orléans; et
d'autres allaient partir, qui menaçaient d'a rnir
un retentissement déplorable. Toutes ces suppositions bizarres avaient trouve créance, aux
Tuileries. L'empereur avait jeté ces paroles à
l'un de ses agents secrets :
&lt;! Allez, agissez vite, et énergi[Juement. )J
Francesco Piétri, qui régentait alors le domaine où gouverne, en 1011, M. Lépine, était
entré dans une violente agitation, comme si
l'on e[Lt eu vent d'un complot contre la sùreté
de l'Etat. Des imaginations ridicules avaient
inspiré des décisions non moins extravagantes. Quelques hommes de police avaient
sa main. Tout alla, d'ailleurs, au mieux Jcs inlêrèls
comme du bonheur de )loruy. L'e mpereur de Russie
attribua une dotation importante, en faveur de son
mariage avec l'ambassad eur de France, à la princesse
Sophie T'roubclzkoï.

�l
1f1ST0~1.ll - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~
lait irruption dans l'hôtel el pénétré dans les Litre de la paix ou de la guerre. Récnnm(nt, veau , pour éclairer l'horizon maussatle. La
apparlemenls de la comtesse Le Hon. o·une son ambassade, à Paris, avait apporlé, a\'ec comtesse Le Hon fut celle étoile. JI ne lui falvoix sombre, l'un d'eux, le spadassin corse elle, un présent roial. Cette couronne, offerte lut, exprime Arsène Iloussa)'C, qu'un regard
Griscelli, avait exigé qu'on lui livrât, sans i, un prince de la famille de France, le duc et un sourire pour entrainer le') eœurs, et il
attendre, la mystérieuse casselle renfermant de Nemours l'avait refusée. A 1a possession ajoute, en son langage de poète :
et Elle enchaîna, dans ses cheveux blonds,
les pièces secrètes et rcdoulées. Elle a\!ail de ce ro~ aume il avait préféré l'assurance
les
dieux et les hommes du jour. o
remis à ces gens la fameuse boîte, qui ne palriolique de ne point troubler, en l'acccpElle
était, en effet, très blonde el fort jolie,
tanl,
la
paix
de
ses
concitoyens.
conlenail que des leures et qu'on alla déposer,
la
sédui.:ante
femme que l'une de ses chères
La
jeune
comlesse
Le
Hon
n'eut
pas
à
recomme un précieux butin, dans le cabinet de
Napoléon Ill. Griscc\li, qui avait conduit celle prendre, avec son mari, le chemin de Brux.elles. amies, Mme Janvier de la Molte, et l'académcrveilleme expédilion, rrçut six mille francs Un autre prétendant, agréé des puissances, micien Valout appelaient, à tour de rôle et
de récompense. Tout rentra dans le calme. le prince de Saxe-Cobourg, avait ceint le dia- sans s'être concertés, en leurs lettres: C! Mon
Tant de hruit s'était fait uniquement autour dème dont n'avait pas voulu le duc de Ne- Iris aux ~eux bleus. 1&gt;
JI m'a été permis de l'entrevoir, mieux
d'une question de comptabilité délicate et mours , et confirmé le comte Le llon dans son
embrouillél', - llÙ le ministre nouher devait poste de ministre plt!nipotcntiaire. Elle a,,ait que d'imagination pure, en contemplant lonramener l'ordre et 1a lumière, à la légitime son sort il\-:é, pour longtemps, dans la capi- guement, chez la princesse Poniatowska, sa
fille, un tableau superbe de Dubufe ainé, qui
tale française.
satis[action di:: la comtesse Le lion 1 •
la
représente en pied. C'est une rencontre
C!
Que
nous
importe
celle
couronne
L'empressement, le zèle qu'y déploya Ilouher
furent même si prononcés qu'il en résulta étrangère, lui dit un prince, si vous nous 3.ssez rare qu'un portrait de femme, avec la
fixitl! de son expression, avec ce sourire infaune rupture complète de l ..ancien a,·ocat &lt;le restez! Jl
tigable, qui ne s'adresse à personne, ces yeux
Elle
était
arrivée
fort
à
propos.
Un
roi
sans
Hiom et futur« ,•ice-empereur J&gt; avec Morny;
toujours ouverts, qui YOUS suivent partout
prestige,
une
Cour
sans
courtisans,
des
salons
et l'on sail 11uel grave préjudice causèr~nt les
conséquences de celle brouille à la stabilité sans éclat, sau[ un ou deux, dans tout Paris .... sans vous voir; il est assez rare, dis-je,
On therchait, quand elle vint, si, de quelqu e qu'une telle et passagère figure, immobilisée
de l'Empire ' ·
U en fol encore parlé quelque temps, en pari, ne se lèverait pas bientôt un astre nou- sur la toile, contenle pleinement la pensée.
Mais, quand le fluide lumin('ux
vertu de ce privilège qu'aH1il le
s'y
est répandu, pour en illuminer
duc de Morny de pass'onncr !"opilous les traits, que l'impression est
nion sur tout ce qui concernait sa
autre! En l'admirant là, si vraie,
personne ou ses actes.
si
rapprochée de nous, celle reine
Maisqueful, rllc-mêmr, lacomdrs
soiré1:s cl des bals d'autrefois,
tesse Le lion? Quel avait été rnn
je rendais grf1ce à l'art divin, r1ui
role défini, quelle ,a part de prespeut ainsi mainlenir dans la vie
tige dans l'espace de temps si brel
ks
êtres de beauté que nous a
que rrprésente la duréi d'une exisravis
la mort. Son image traduit
tence humaine?
adorablement l'idéai féminin du
Elle n'avait pas écrit et n'était
jour, lorsque Dubufe préludait aux
point sortie des limites de la vie
grâces un peu convenues de Win~
prÎ\'ée. Un moment, elle y pensa ;
tcrhalter; et, cependant, rien ne
elle arail comm{ ncé à rédiger drs
date:
ni le cm,tume, ni la pose, ni
notes, rappelant ce qu'elle avait
l'air du ,•isage. Elle est debout,
observé ou ressenti, au plus haut
cambrée avec une grâce attirante.
étage de la fortune et de la consiSes cheveux, tordus sur sa lêle,
dération mondaines; puis, elle s'élaissent
écbapper des boucles létai\ interrompue, par un sentiment
gères ondulant sur les épaules.
de modt'stie el de crainte en soi,
Toute la physionomie est animée
qui lui donnait à douter de l'étend'une
expression juvénile et caresdue de son esprit. A défaut de
sante.
Le sourire se joue dans ses
confidences intime~ , contresignées
prunelles,
comme sur sa bouche,
de sa main, vont nous répondre,
avivant les fossettes creusées dans
pour elle, des documents précis et
la Llancbeur rose de ses joues et
rares.
de son menton.
Fille d'un riche banquier de
C'est le charm{', en un mot,
Bruxelles, Mosselman, elle avait
dalls la per[ection du naturel.
épousé, très jeune, le comLe Charles-Aime-Joseph Le lion, l'un des
Étant ainsi, on la regarda heaufondateurs de la monarchie Leige,
roup.
Lorsque Mme Le Hon en Irait
et qui fut, . pendant onze années,
à
!'Opéra,
c'était, dans la salle,
le représentant du roi Léopold l"
un grand remuement de têtes vers
auprès du gomcrnement frân çais 3 •
cette loge de lace, qu'elle avait
Les circonstances élaient critiques.
arrêtée,
dès 1832, puis rnrs cette
Dans celle période mémoraùh•, où
L\ R EIN E; H ORTENSE ET SON F'ILS AI NÉ1 N APO LÉON-LOUIS-CHARLES.
baignoire
légendaire, où se pressètous les intérêts de l'Europe se
Ta bleau du BA RON G ÉRARD ( 18o7).
rent, autour d'elle, tant de persontrournient en lulle, la Belgique
nages illustres. Au fo~'er, ceux qui
élait au premier pfon, comme ar1

1. Cdtc salisl'adiun ruL-dl .i romplêlc ? La douce
:11uba$sadrice prétcudait le conlrairc. On lui avait
enlevé le ~roduit de SC3 capitaux :
« On m accorde trois millions , quand on m'en devrait si'l: 1 » disail-rllc à Estanceli11 1 qui m'a rêpété le
mot.

:2. llcm:m1uo11s-lc , CIJ pas$aul, l\ uulil'r f...1 l rcdcr:1.~le
de sa fortun e politique au frl•re de N3poléon 111. qui
l'avait &lt;fülingué, lorsqu'il n'étail qu'un jeune a\·ocat
de province, et l'avait puussC auprès du prince pl'Csidcnt.
Des médisants a,·ançaicnt que l'.CIIC chaleur mani-

""" 300"""

lc~lée dans la ùéf,wsc des i11Lérèls de la tomlessc I.e
li on a\'ail éveillé un vogue scnlimcnl de dépit tians
l'â me de Mme l\ouhcr.
i). t e Hon élail le prcmir.r ambassadem: de .Bclgiriuc, accrédite a_uprè.~ d'une cour élrangere, a la
suite de la formation du royaume.

1

1

1

paradaient dans le cortège du duc d'Orléans :
le comte de !lorny, le duc Decazes, le marquis de la Valette, le baron Thiers, - car il
élail baron, - Camille et Nestor
Iloqueplan, Saint-Marc Girardin
et les jeunes doctrinaires en appélit d'avantages sociaux moins
spéculatifs, erraient, empressés
et Oatteurs, sur sa trace.
Dès son apparition, elle anit
arrêté le regard et touché le cœur
du duc d·Orléans, le plus aimable et le plus aimé des princes
de la maison régnante. C'était un
rare esprit, une âme d'élite. S'il
avait su conquérir une inOuence
énorme sur l'armfie, s'il jouissait,
dans le pays, d'une extrême popularité, s'il était le -Mécène et
l'ami des artistes, il était bien
aussi le favori des reines de salons. Des autographes, adressés
de sa main à la belle ambassadrice, el qu'une heureuse fortune a portés sous nos )'CUX, vont
nous permettre de suivre, en
même temps que l'affection grandissante du prince, l'étatd'estime
olt l'on tenait, en ces milieux
arislocra1iques, la comtesse Le
lion et l'allraclion qu'elle exerçait.
Aussitôt qu 'il se lut porté à sa
rencontre, le duc d'Orléans, avec
une courtoisie cxtrême et des
égards parfaits, mil sa sollicitudé
lt rechercher les suffrages de la
gracieuse étrangère. Il ne manquait aucune occasion de lui marquer le prix qu'il allarbait à son
jugement, le désir qu'il avait de
connaître, préférabll'ment à celle
d~s autres, son opinion en toutes
choses . Cbacun et chacune, dans
l'entourage familial du roi, qui,
lui-même, s'était avisé de littérature el composa un opéra, cultivait une inclination, un goût artistique. D'Aumale devait mêler
la plume à l'épée. Joinville cl
Nemours dessinaient. La princesse Uarie
sculptait dans le marbre des œuvres dignes
de durée. L'héritier présomptif, " Mgr d'Orléans », s'adonnait à la peinture. Sans prétendre à aucune supériorité, dans ce genre,
il ne lui était pas indîflërcnt de recueillir,
de bonne part, une approbation aimable,
une louange spirituelle, u:i à-propos flatteur sur le point de ses tentatives d'art,
de ses ébauches. Il ne s'en faisait pas accroire, quant au degré du talent; il lui était
sensible, toutefois, qu'on ne l'en jugeât pas
dénué.
Avec une modestie non ·feinte , mais
qui ne demandait qu'à êlre encouragée, et
avec une délicatesse respectueuse dans les
termes, dont il ne se départit jamais, il incitait doucement la comtesse Le Hon à lui en
donner l'assurance, certain jour qu'il lui en-

voyait une œuvrette de sa compos1t10n, enguirlandée de ce madrigal :
t( Je m'Pmpresse de profiter, madame, de

A COJHTESSE l.E 1fON

---

nement du boulevard du Temple. J'ai reconnu ce cœur, bon et généreux, dans les
accents d'indignation et de sympathie, qu'il
a su rendre si bien. J'y réponds,
eomme toujours, par un attacheIf
ment trop sincère pour que vous
n'y comptiez pas entièrement el
trop respectueux pour qu'il ne
soit pas toujours agréé par vous.
" Philippe d'OnLÉA"· »

L'allachemenl, donl parle le
prince, n'en resta pas toujour.l à
ce ton de cérémonie révérencieuse, à ce pur zèle un peu froid ;
mais, en s'approfondissant davantage, il se nuança d'une expression plus directe, plus personnelle el je dirai plus tendre,
comme dans ces lignes charmantes, qui ont, pour nous, l'int~rêt
de compléter le porlr;il de celle
11 qui elles furent adressées :
Tuileries, dimand1e matin.
&lt;c On a beaucoup parlé de vous,
hier soir, au salon, et d'une manière qui a été Lien douce à mon
cœur; car, parmi les nombreux
iuterlocuteurs, il ne s'en est pas
trouvé un seul ni une seule qui
ait laissé échapper un blàme ni
une parole amère envers vous. Je
ne puis vous dire combien je
jouissais de ce triomphe, que
vous remportiez sur Ja médisance
el sur l'esprit de critique de notre salon; j'ai été vraiml'nt heureux de voir que l'on vous ait
rt1ndu justice el que tout ce qu'il
l' a de bon, de noble, d.élcl'é en
,ous ne rf'ste pas inaprrçu. Les
sensations les plus vives sont en
ceux que l'on aime; cc wnt leur3
peines qu'on ressent encore plus
profondément que les siennes
propres; ce sont aussi leurs plai:sirs aux11uels on prend une part
plus grande qu'elles- mêmes.
Aussi vous n~ sauriez croire combien j'ai d'amour-propre pour vous.
(&lt; Ferdinand-Philippe d'0•1.iA,s . »
&lt;c

LA CO ~I TE:SSE LE ll o N, AMB .~SSA ORI CE DE 8F:LGI QU E:.

JJ'o tri:s I'! laNeau de DunuFE,

votre gracieuse permission pour vous prier
d'accepter ce croquis à l'aquarelle. Je rédame,
en faveur de ma palette, toute l'indulgence
dont nous avons, elle et moi, grand besoin;
néanmoins, je me consolerai même de la critique d'un juge aussi sûr que vous, madame,
si j'ai pu vous occuper, un instant, de celui
qui saisit cette occasion de vous renouveler
ses hommages.
(1 Ferdinand-Philippe d'On,ÉANS. Il
D'autres lettres du duc d'Orléans avaient
pris le même chemin, avant celle-ci, qu'ir:spirèrent des circonslances moins frivoles.
C'était au lendemain de l'attentat de Fieschi:
c&lt; Je suis très reconnaissant à voire cœur,
madame, des sentiments qu'il nous a témoignés , lorsque vous avez appris l'horrible évé-

Toute critique rendait les armes à la douceur de~ attraits qui tempéraient de gfilce
ses airs de reine. Les femmes, sans trop de
jalousie, lui résignaient l'empire de la hraut~,
parce qu'elle étaH souverainement bonne et
qu'il semblait naturel qu'une âme si tendre
eùl un charmant visage pour l'exprimer. Elle
avait une grande raison d'être aimée et le secret le plus sûr pour endormir le.l passions
envieuses : c'était son ardeur à seconder les
désirs de ses amis. J'en vois les signes dan s
une foule de lettres la remerciant d'un service rendu ou 1a priant d'un serYice à rendre.
Elle joignait à tout ce qui plaît tout ce qui
attire et tout ce qui touche. Dans l'intime,
elle séduisait par la mutinerie du geste, la

�"------------------------------------

1f1ST0'/{1.JI
jolie ioffoxion de la voix, l'espièglerie ùe ses
yeux rieurs. Car, visiblement, le rire de ses
lèvres se réflétait dans le bleu de son regard
caressant et animé. On ne résistait
point à ce rayonnement s1mpat.hique; et c'était un besoin, en sa
présence, de le lui dire, sans qu'elle
pùt s'en défendre. Devisait-elle à
table, voulait-elle conter quelque
histoire? On l'interrompait, à chaque minute,· pour revenir sur une
attention dont elle était l'objet,
pour insinuer à son adresse un
compliment. Elle devait répéter
plus d'une fois, avec une expression
d'aimable impatience, ce : &lt;( Laissez-moi donc parler », qu'on connai ~sait si bien autour d'elle.
Té'moin ce passage d'une lettre débordante d'atfeclion, que lui écrivait, sous une impression de souvenance heureuse et de regret,
l'une de ses amies retirée, pendant
les vacances d'été, dans une modeste campagne de Maine-et-Loire :
(( Chère comtesse,
Si j'étais là, près de vous, si
je vous écoutais, un soir, comme
je me sentirais réveillée! On ne
sait ce que vaut un plaisir et son
vrai prix que lorsqu'on en est privé.
Je vois votre sourire, vos yflux de
gaieté, et j'entends vos : Dfais, laissez-moi donc parle/'! Je voudrais
bien vous interrompre et vous embrasser. Vous êtes trop aimable:
le savez-vous? On ne rnus le dit
pas assez. C'est avoir le charme
suprême que de posséder, réunis, comme
vous, l'esprit, le goût, le naturel.

avec le cœur. Encore s'intéressail-elle à ces
choses al'ec assez d'intelligence et de raison
pour en soutenir l'entretien.

politiques, elle avait su réserver, dans son
salon, le coin des arlistes, et aussi le coin
des femmes, où Mmes Duchâtel, de Liadières,
toutes les Laffitte, se repassaient
le dé de la causerie assez joliment
pour attirer, par là, les pas d'un
Walewski ou d'un Morny. On y
pouvait deviser aimablement, galamment. Elle s'y prêtait toute la
première. N'avait-ellepas ses beaux
esprits? L'académicien Vatout, l'inévitable &lt;( Vatout», quand il ne madrigalisait pas chez Mme Dosne,
courtisanail avec succès sur le tabouret de la comtesse Le Hon. Ses
mots, sinon sa personne, qui n'avait rien de séduisant, l'avaient
mis en situation de faveur dans la
maison; il y tranchait en amicale
liberté, comme on peut en juger
par ce hou t de conversation épistolaire. La comtesse prenait les eaux
à \ïchy, dans la belle saison, et
\'atout devait lui faire tenir des
nouvelles :
&lt;(

&lt;(

(( Adèle PERROT (Mme JA~v1ER

DE LA

MorTE).

)&gt;

S'il est vrai que la beauté d'une femme
s'épanouit sous les compliments des autres
femmes, il est visible aussi qu'on ne lui en
méuageait point les effets doux et rares.
Il fallait qu'on lui reconnût, en outre, du
jugement, de la sagacité, puisque des hommes du plus sérieux mérite se complaisaient
à lui faire part, soit en causant, soit en écrivant, de leurs idées, de leurs préoccupations.
J'ai, sous les yeux, une liasse de missives
développées, que lui envoyèrent des ministres
de la Belgique, Van Praët, entre autres, el
où ils ne craigoaient point d'aborder, aYec
elle, ambassadrice, les questions épioeuses
du moment..
Plus tard, de 1855 à i 856, c'est un diplomate, un futur ministre des Alfaires rtrangères, Thouvcnel, qui, de Constantinople, la
tient au courant des négociations engagées
sur les affaires d'Orient. Et j'en laisse.
Je ne dirais point qu'elle ne préférât, en
soi, des conversations moins austères, par
exemple des lettres de femmes, comme celles
de son amie, Mme Janvier, où l'esprit se joue
1. Yaloul avait ses grandes entrées aux Tuileries cl
au ch;iteau &lt;l'Eu sous le gouvernement de Juillet.

Paris, ce jeudi 3 août 18 '13,
à bord de mon li l de clou leur.

Si elle invitait un peu beaucoup d'hommes

Aimable et chère,
&lt;( Que vous êtes bonne d'arnir
songé à moi, que vous êtes gentille de m'avoir écrit quatre jolies
pages! En uaic sœur de la charité, ou plutôt en ange que vous
êtes, vous avez pitié du pauvre malade. Le ciel vous bénira!
&lt;( Je nis mieux, beaucoup
mieux .... Mais mon docteur n'est
pas assez imprudent pour m'envoyer à Vichy.
Il sait qu'il y a là certaine Naïade aux blonds
chereux, dont les yeux bleus, par leur douce
flamme, détruiraient toute espèce de vertu et
même la vertu des eaux. Je fais donc de la
sagesse dans mon alcô1:c et_ ~e ciel m:est témoin (le ciel de mon ht) s1 Je pense a autre
chose qu'à mériter ma liberté._ Qu'en fera!-j~?
Je devais faire un voyage en Egypte; mais J y
renonce et, si Dieu et le roi le permettent,
j'irai achever ma conva~es~ence ~u _chàtea_u
d' Eu 1 • Le départ est fixe, Je crois, a lundi.
Je n'ai pas été à Neuilly depuis quin_ze ,jours,
et je ne sais rien que par des on-d1l.
&lt;&lt; On dit que la princesse de Joimille est
très jolie et que, pour les traits, elle rappelle,
à la fois, la princesse llarie, et aussi un peu
la marquise de Loulé. On dit qu'il est question d'une haute proposition de mariage ....
Mais ... et puis mais .... On dit que la duchesse de Nemours et sa beauté ont grand
air en voyage .... Vous voyez que je suis hie~
maio-re en nouvelles. C'est l'imprévu qm
m'e~graisse sous ce rapporl, et je suis clo~é
dans mon tonneau, où je n'ai ni la philosophie
de Dioo-ène, ni le courage de Régulus. Cependant, ai quelque chose de romain, c'est de
manger couché, c'est de lire couché, c'est

'.'i"était-il pas de la famille? Un détail qui n'est pas
connu de tout le momie : \'alout était un fils de Phi-

lippe-Egalité et, par conscqucnl, un frère de Lo11isPl11lippe.

&lt;(

LOl,;IS-:N'APOLÉON BOXAPARTE.

rrravure d'E,11LE PrcHARO, d'après Se:BASTrEN ConNu.

De nature, elle avait le caractère facile,
l'humeur enjouée. Et l'impression s'en rendait communicative, aux alentours. La gravité de Guizot daignait sourire chez elle.
'fbiers, au sortir des Assemblées, retrouvait,
en sa compagnie, sa vivacilé méridionale.
Armand Bertin, le puissant directeur des Débals, qui forçait la volonté roplc et faisait
plier les minislèrés, se rendait, à sa voix, le
phis amène d(s causeurs.
Il ne dépendit pas d'elle qu'elle ne fit
danser Victor de Broglie, sur le tard de la
carrière du ministre, pair de France el
membre de l'Académie. Ne lui écrivait-il
pas, pour en décliner l'invitation, ces lignes
où passe une légère inquiétude :
&lt;c Vous êtes trop bonne de n'avoir pas tout
à fait oublié un pauvre solitaire, étranger,
désormais, au monde, à ses plaisirs, et je
voudrais qu'il me fût permis d'ajouter à ses
affaires. Je serais, dans un bal, un meuble
déplacé el ridicule ; mais, si vous le permettez, j'irai vous remercier, dans un moment
plus opportun, de votre obligeant souvenir.
(( V. OE BROGLIE. ))

f

J{

d'écrire couché. En vérité, le peuple-roi avait
de singulières manies; comme si le lit était
fait pour autre chose que pour ... dormir!. ..
Vatry m'a raconté vos succès. Où n'en auriezvous pas? Un flatteur lisait, hier, à côté de
moi, un volume de Cellamare, et j'ai souri au
portrait de Mme d'Avernes, l'ange de la volupté ....
'&lt; Adieu, charmante buveuse. Quanù sortirez-vous des eaux, comme Yénus?
(( V. VATOUT, ))
Le ton de la lettre est badin. Mais Vatout,
ne l'oublions pas, était un peu le Voilure du
salon de Mme Le lion .
Ses compliments et ses pointes la changeaient des conversations rmpesées des diplomates.
J'aurais idée que U. de Montrond, dont les
beaux jours en étaient à leur dernier quartier, dut faire acte de présence, lui aussi,
chez la comtesse Le Hon. Depuis le temps
qu'il promenait de par le monde son humeur
caustique et jouait au Chamfort, ayant prêté
de l'esprit à Talleyrand lui-même, on recherchait en lui le diseur de bons mots, le conteur
d'anecdotes, le voltairien acerbe, qui amusait
les présenls aux frais des absents. C'est lui
qui, rnyanl des gens de la meilleure compagnie se quereller au point de se jeter des
flambeaux à la tête, leur détachait gaiement :
« Comme j'avais raison de dire que vous
étiez bien ensemble! )&gt; Cc M. de ~lontrond,
dont la quiétude égoïste eût rendu jaloux un
Fontenelle, attendait ~t diner l'un de ses
amis, M. de Sampaye, et celui-ci ne venait
point, parce qu'il avait eu la malechance de
mourir en chemin. On annonce à Monlrond
la fatale nouvelle. li découpait un perdreau
truffé. Aussitôt, il se lève de table, comme
pour se livrer à un violent accès de désespoir,
puis, se rassied : il mange à lui seul le délicat
volatile. &lt;( C'est étrange, remarque-t-il, je
croyais que cela m'aurait coupé l'appétit! l&gt;
Et l'on racontait, du personnage, bien des
traits de la sorte, qui faisaient plus d'honneur à son esprit qu'à sa bonté d'àme,
Mme Le llon eut autour d'elle des gens
d'aussi belle humeur, el d'un cœur moins
sec.

1foN --.,.

térêt d'autrui, à produire des talents 1, elle désirât davantage d'être introduit. Tout
en al'ait elle-même réglé chaque détail, sug- homme un peu marquant s'interrogeait avec
géré les motifs de décoration et disposé tout une espèce d'anxiété sur le néant de sa gloire
l'aménagement intérieur. Rien dans son s'il n'avait pas acquis droit d'entrée dans
ameublement n'était en place, qu'elle ne l'eût l'hôtel du C( rond-point )&gt;. Tout ce que Paris
dessiné, modelé ou remanié. &lt;( Je veux, di- comptait de poitrines décorées rnulait y pasait-elle, que ce soit de telle façon ,, , et elle raitre, y jeter sa lueur ou son reflet.
précisait la chose ou fournissait le dessin.
Elle élail vraiment alors dans l'apogée de
Cet art féminin, cc don qu'elle possédait de cette faveur mondainf', dont les retours sont
mu mettre et de transformer, à son gré, les inévitables.
hasards de la richesse, d'animer d'une ,·ision
de gràce personnelle la froideur des marbres
li
el la lumière inerte de l'or, l'un de ses hùtcs,
Arsène Houssaye, les célébra, en ces vers _inLe salon de la comtesse Le Hon était netteconnus :
ment orléaniste. Il avait le caractère officieux, qui répondait à la situa'ion officielle
Voire palais, madame, est un ricl1e poème,
du mari et aux personnelles sympathies royaParadis idèal, que le Tasse lui-même
listes de tous deux. Les princes et les gouverEût choisi pour .lrmidc en ses rêl'es de feu.
nants de la monarchie de Juillet en avaient
Ainsi qu'une autre grande dame de beau- consacré la couleur par l'habitude, qu'ils
coup d'esprit, la comtesse de Castellane, elle avaient prise, d'y fréquenter assidûment.
transformait, quand il lui plaisait, ses salons Néanmoins, la comtesse étant femme et faien théâtre. On y donnait la comédie del'anl sant prévaloir, en cette qualité, les raisons
un public, dont chaque unité représentait du sentiment sur celles de la politique, elle
une aristocratie de race, de Laient, ou de entretint des relations et serra des attaches,
beauté.
((Ui eussent pu rendre suspect un esprit
Les diners 11u'elle donnait, à jour fixe, le moins sûr que le sien. Elle ne les afficbait
samedi, jouissaient d'une réputation notoire. pas; elle s'enl'eloppait, en les cultivant, des
lis étaient fameux beaucoup plus par le luxe YOiles de la prudence et de la discrétion,
et l'élégance qui présidaient à leur distribu- mais ne s'en laissait point détourner. Dès les
tion, que par le nombre de convives; car il se premiers temps où son alîection s'éreilla sur
limitait à quatorze et l'on n'excéda presque l'al'enir du jeune Morny, elle était en corresjamais ce chiffre d'invités!. Mais chacun en pondance suivie avec la reine Hortense.
parlait, au dehors. Il n'était guère de deLes originaux de ces lettres de la reine
meure aussi en vue que celle-là cl où l'on Hortense, nous les avons en main. Ce n'est

Dans les réunions à petit nombre excellent
les qualités d'une maitresse de maison. ~lais
la comtesse se fùt sentie trop privé!! de s'en
tenir aux lumières discrètes de la demi-intimité. C'était une grande metteuse en scène,
ayant l'amour i□génieux du faste et du décor.
En 1846, s'éleva, au rond-point des ChampsÉlysées, le majestueux. hôtel où s'écoulèrent
ses années les plus radieuses. Artiste par
août
- car elle peignait, .sculptait,. ou grao
.
vait des eaux-fortes - curieuse et rnvenlivc,
pour son plaisir autant que portée,.pour l'in1. Elle protégea beaucoup Tcnnyrc, le prédéce~scur de Darbedienne. - Elle eut une belle galerte
rie tableaux. Cne vente en fui faile, en 185!1, dont
quelques morceaux de choix, comme la S01·tie de
l'lcole, de Decamps, ou des peintures de Meissonier,
r1u'elle seconda beaucoup à ses dêhuls.
2. On y ,·oyait, d'ha~ilude, ~lorny, l'ambassadeur
rnssc l(isseicf, Estancehn, M. rie )lonl~uyon, cl'llober-

LA COMTESSE LE

LOUIS-NAPOLÉON DANS S.\ PRISON DE 11AM.
Dessiné d'af&gt;rés na/u,·e pa1· te Do~nrn CONNEAt'.

Arrnanil Bcrl111, Tl11crs, John Lemoinne, Yaloul
el le comte Léon de Laborde - le père de toute
une lignêe de femmes charmantes. Je trourc, par
hasard, de ce dernier personnage de l'Empire, membre de l'lnslitul, dircclCUI' tin )[usée des antiques au
Loune, plus tard direcleur général des Archives, ce
court billrt, où il s'efforce de répondre ~pirituellcmcol à une invitalioo de la comtesse :
SHI,

« Du pam sec, cl ,·ous me comblerez de bonheur.
Jus-~z. un peu a'.cc du melon el du dessert. Qurnl au
cu1s1 11er fu tur, Je ne me permels aucuue ohservation;
j'ai trop d'inlêrèl à être bien avec celle haute puis•
sance.
« ,\ demain, cht're madame.
« \'otre dévoué scrrilcur,
(( OE LA&amp;ORJlP.. »

�r---

_______________

,.

111STOR._1.Jl

pas sans un émoi d'irriaginalion facile à concevoir que je palpe· ces _feuillets jaunis où se
laissa parler, sentir, vivre·, ·une fille d'impératrice, mèlée, très jell.[1e, à des splendeurs
incomparables, puis rejetée dans les tristesses
de l'exil et les soucis d'une existence pre~que

précaire, intcrrogc:mt, d'un œ.il anxieux, des
lever$ d'aube &lt;1u'elle ne verra pas luire, pres~cnlant peut-être, à travers les brouillards
opalines mu,rant l'horizon, des retours de
fortune inouïs, de merveilleux lendemains
cnsoléillés . Sur le fon&lt;l du tableau, IJU'évoqucnt ses confidences plaintives ou inquiètes,
:ie déc'lnvre la figure tragique de l'homme
qni connaîtra les plus brillantes et les plus
sombres extrémités de la dcslinée humaine.
Dans le secret des phrases alambiquées, par
les détours des allusions vagues et, cependant,
pressantes, une autre ph)'sionomie s'annonce,
non moins étonnante, celle de Morny, fils
caché d'une reine et frère inavoué d'un empereur, q11'unP suit~ dccirconstanccsexlraordinaires pou,.s:era !1 reprrndrc s:a place au
premiC'r rang, ainsi qnc par un droit héréditaire.
A première vue, les lcUres d'llortense à
Mme Le Hon n"ont rien qui frappe cl se distingue de l'ordinaire. Les caractères graphiques ont un aspect de banalité. Le p,picr
sur lcqûel a couru cette écriture abondante
et négligé eSt mince, sans élégance, dénué
de tout signe capable d'en trahir l'origine.
Mais c'est au fond des choses qu'on s'attache,
c'est p1r 111 i1u'on est retenu, car on y rt'çoit
l'impression directe des é,·énemcnts, tracée
d'une main que faisaient trembler, ltmr à
tour, les t'·motions &lt;lela tcndr~S!:.C, de l'am.iélé
ou de la c,Jlère.
Pour la plnpart, ell, s se rapportent aux
annél'S qui s'écoulèrent entre 1855 et 1838.
C'élait la pé,iodè trouble, a"enlun•usc, de la
carrièr~ de prétendant de l.ouis-'.'fapoléon; le
temps, en particulier, de la bizarro échauffourée de Strasbourg.
Peu de temps avant, accomplissant un
vopgc en Suisse, la blonde comlesse ~Yail
rendu \"i:ûtc à la reine Hortense et fait la
connaissance de Louis-Napoléon : « Qui sait
si nous nous reverrons? l&gt; s'était-on dit en se
quiuant. Quelques jours plus tard, elle rn
1rouvail à Berne, avec sa dame de compagnie.
Dans l'bôtd où elle ayait pris appartement,
on eut le dJsagrémeut de s'apercevoir, au
milieu de la nuit, q11c des voi~ins brupnts
s'étaient installés, en la chambre voisine,
allant, marchant, disculaut, parlant fort.
~)étaient-ils annoncés mus leurs véritaLlrs
noms? On pou Yail en concevoir le doute. Elle
n'en eut la certitude que plusieurs années
ensuite. Fialin de Persign~', causant avec
Min&lt;! Le 1-lnn, l'amenait sur le chemin des
suurcnirs. 1, Vous rappelez-vous, lui disait-il,
ces vui~ins incommodes, à Berne, qui, certaine nuit, troublèrent volre sommein Eh
bien, c'était le prince Louis et moi-même.
Nous nous rendions à Slrasbourg. l&gt;
De cette dernière équipée nous n'avons pas
à refaire le récit. Tandis qu'elle allait à ses

fins provisoires : la prison, l'exil, avant le'
trône, pour Je fataliste agissant qui s'y était
lancé, sa mère écrivait d'abondance à la
comtesse Le Hon. Outre qu'elle lui portait
une confiance sans bornes et un sincère attachement, elle n'ignorait point sa situation
influente à la cour i elle al tendait beaucoup
de son inter"ention auprès des ministres et
du roi. Elle lui livrait toutes ses impressions
du moment, comme elles se produisaient et
se succédaient, de jour C'n jour : soucis personnels de sa propre vie, inquiétudes sur sa
santé chancelante, anxiétés vives sur les agissements de son fils .
Cette correspondance, en ses façons extérieures, était enveloppée de beaucoup de précaulions et de mystères. On l'adressait poste
restante, sous des noms supposés, très bourgrois : une Aime Adèle Michrwl ou une
:llme Callit&gt;ri11e Loisel. Encore avait-on
trouvé q11elque péril à la première forme de
suscription; car je vois, sur l'une de ces
pages, en post-scriptum, une recommandation dilférrnte :
« Donnez-moi votre adresse à Paris, oll je
vous écrirai toujours comme pour une dame
C'ltherine; mais ce ne serait plus poste restante, ce qui paraît toujours louche ... . ,,
On y chercherait vainement le cachet de la
châtelaine d'Arenembrrg, el elle avait recommandé ~ la comtesse d'imiter son abstenlion.
- Votre petit cachet, lui dit-elle, est très
bien ainsi, puisque rien n'est gravé dessus.
Elle signe d'une manil•re quelconque :
Adèle Il ..•. , ou d'un parafe illisiLle, ou d'un
point, el c'est tout. Les perrnnncs y sont
désignées, de manière à ne pas s'y méprendre, par des détails qui parlent clair;
toutefois, on se garde dt! les qua'ifier nommément. Il est bon de se sentir instruit d'avance
ou de posséder la clé de ces allusions, pour
comprrndre entièrement de qui et de quoi il
retourne. Les titres d'alliance et de parenté
répondent à d1•s arrangements particuliers,
convenus enlrè la reine Hortense et l'ambassadrice, qu'dle n'appelle jamais : ma chè,·e
comtesse ni ma chère amie, mais bien : ma
chère n-ièce, lt la mode de Ilrclagne ou de
Belgique. Expressément lui recommandet-elle d'user de retour :
&lt;( Certainement, je suis votre amie sincère; appelez-moi donc de cc nom. Ct'pendan1, je pe111:.e qu'il serait préférable, dans
vos lettres, de mellrc ma tante el de prévrni r
volre sœur' qu'elle ait à en écrire de mèmC'.
C'est afin d'èlre !i même de les consen•cr, les
unes el les aulres, el que, si jamais les vôtres
passent sous des Jeux: étrangers, dies semblent émaner d'une nièce &lt;1ue j'aime tendrement. l&gt;

Sa préoccupation est si ,·ive de ne point
nuire à la tran_quill~té morale d'une si générruse et si dé\'ouée jeune amie!
·

Tant de circonspection, dans les formes,
ne l'empêche pas de s'exprimer fort libremeut sur le comple de ceux et de celles qu'elle
dénonce sans les nommer; elle ne se sent
que plus à son aise de dire, sous le voile, cc
qu'elle a sur le cœur, au sujet des oncles de
Louis-Napoléon, par exemple, voire même de
son mari à elle, le roi détrôné de llo\landc :
(C Croiriez-vous que les oncles, de peur,
ont été indignes? Aussi le mariage" eH-il
rompu. Des imbéciles, pour lesquels on aurait eu la sotLise de se sacrifier! Voilà quelle
récompense on en recueille; car c'étaient eux,
en somme, qui auraient prolité de la réussite
de celui qu'ils blàment aujourJ"hui. lJ

De temps en temps, la royale épisto\ii•re
laisse tomber ·quelques ré0exions atlri5tées
sur l'ingratitude du monde, sur ses illusions
cruellem~nl déçues par l'expérience :

« Je sens le besoin de fuir, aussi loin qu'il
me serait possible, cc monde oi1 je n'ai
trouvé que des douleurs, tandis que je n'avais
éprouvé que de doux sentiments pour lui.
Car j'ai eu la faiblesse d'aimer jusqu'à mes
ennemis, el ceux-là m'en onl bien punie.
&lt;t Là où je trouverai du calme et l'absence
de calomnie, là, seulement, je me dirai
contente. »
Mais le fond de sa correspondance est toujours la question irritanle de la famille napoléonienne : les affcclions ne furent jamais
lrès chaudes entre les Ileaubarnais et ]es
Bonaparte. 'l'iraillrmeots financiers, difficultés de règlements, arrérages tardifs, elle
se plaint aussi de ces choses, et pour en
faire retomber sur qui de droit, sur son
mari surtout, le pauvre roi de llollande, les
responsabilités :
« 4 février 1857.
&lt;t Je ne sais encore l'arrivée (de LouisNapoléon) que par les journaux, etje crains
que ce soit un faux bruit. Son père ne donne
signe de YÎC', mais c'est presque agir Lien
que de ne pas faire de mal. Comme on n'avait
pas voulu me prévenir d'avance, on avait
pris rargenl nécessaire chez le banquier,
c'est-à-dire une somme sur laquelle on avait
réellement des droits, puisqu'elle élait le produit d'un Lien ,·endu. Or, la première déclaration du père a été qu'il n'acquitterait
jamais cette delle, cl vous devinez qui a dû
la paier à sa place. Ah! les enfants qui
n'ont pas de famille doi,·cnt, parfois, se lélicitcr. Je deviendrais saint-simonienne! &gt;&gt;

" 51 décembre 1856.
Pendant ces trois jours d'angoiss~, j'ai

Entrainée par le Lesoin de répandre son
âme, elle ne déguise aucune des préoccupa-

1. Nous \·cr1·ons, plus loin, quelle êtait ccttu sœur
prHendue.

2. J,'u111on proJelée de la prini.:essu Matliiltle nvcc
son coùsin le prince l.oui,;-~apoléon.

&lt;c

L11 COMTESSE LE 1ION

pensé à vous, ma chère enfallt·; je me suis
dit :
« - Elle a senti comme moi \a-t-elle pu
le cacher? N'aura-t-elle pas montre trop dïntérêt en laissant voir son inquiétude? )&gt;

Cliché Braun et C"

LA COUR IMPÉRIALE A fONTAINEBLE~U (2 1 JUIN 186o).

ti?~s. qui la traversent : personnels soucis,
d1v1s1ons de famille, jalousies, rivalités intestines entre les Bonaparte, perplexités profondes sur le sort réservé à celui de ses fils
qui s'est imposé d'être le continuateur et le
seul dép~sitaire d~ la tradition napoléonienne,
retours mvolontmres de sa pensée vers un
· au~~e fils, qu'on ne nomme point, parre
qu 11 fut désavoué dès sa naissanee mais qui
réclame, pourtant, une place dans' les fibres
de son cœur. De celui qui s'appela tout simp!emen~, d'abord, Demorny, puis, gràce à la
separation des syllabes, et avec l'aide propice
de la particule : de Morni, en attendant l'adjonct~on, quand il aura richesse et puissance,
des t1lres de comte, de duc: de celui-là elle
ne parle pas en propres termes; mais elle ne
cesse d'y songer, et des allusions se répètent,
dans ces pages, qui le visent d'une manière
transparente.
·
Il ! a un terrible papier, renfermant le
secret, qui lui tient à cœur, et dont la divulgation possible est l'objet continuel de sa
crainte. Ce papier intéresse fort une autre
personne, la sœur encore, la sœur inconnue,
d?nt on parle toujours à mots couverts et qui
n est pas une parente, qui n'est pas une
VI. - H!STORJA, - Fasc. 47·

femme, mais un ami de la comtesse Le Hon,
Morny lui-même :
J'étais bien sûre que le papiet n'avait
été d~vulgué; mais il n'en a pas moins
ete trouve dans un portefeuille. Je ne l'avais
don~é- que pour le cas où il y aurait eu danger 1c1, et on m'avait garanti la promesse de ne
c(

~a~

s'en _servir que dans cette conjoncture. J'ai la
ce~tilu~e, comme on est loyal, qu'on ne
m aurait pas trompée. Je sais en outre
qu'on a cherché toutes les lettr~s de moi à
votre sœur. Les lui a-t-on rendues? Il me
semLle qu'on a dû voir la vérité .... Si l'on
avait été près du succès, on n'aurait pas eu
à s'en plaindre.

INDEX DES PERSOXNAGES

figurant
DANS LA PHOTOGRAPHIE CI-DES2US

...., 3oj w.

20

�. - - msTOR..1.ll

LI

(( Je compte aller en Angleterre, au printemps, je vous écrirai de là. Et, là seulement, je pourrai voir votre sœur Augustine!
et lui dire adieu. &gt;&gt;
On a prétendu que Louis-Napoléon et
Morny ne se rencontrèrent, pour la première
fois, qu'après la proclamation de la République, lorsque le futur empereur vint poser
sa candidature électorale à Paris. En réalité,
depuis Strasbourg et Boulogne, l'homme qui
était appelé à devenir l'esprit dirigeant du
second'Empire, Morny, n'avail pas perdu de
vue Napoléon, son frère. li se trouva avec lui
en Écosse. Et, sans se le dire peut-être,
mais ne l'ignorant point, tous deux ne furent
pas loin de se voir en même temps chez leur
mère, dans la dernière année de la vie de ]a
reine Hortense.
Les portions de correspondance concernant
Morny ne s'arrêtent pas aux di&gt;tails que nous
venons de lire. On y efOeure d'autres points
infiniment délicats de légitimation, sur lesquels nous préférons glisser, mais qui prendraient une singulière clarté, si l'on en
rapprochait les termes ambigus d'une déclaration autrement précise qu'on trOU\'a dans

les papiers de l'ancien ministre d'État~. et ,'était développé dans le salop de la comÉmile Ollivier affirme que Morny n'avait tesse Le Hon, lorsque Morny n'était encore
jamais eu le dessein de revendiquer un rang qu'un dPmi-personnage politique, incertain
dans la famille impériale, en le dévoilant. Il de la route à prendre, ayant un pied dans
n'usa pas de son droit; il en eut l'idée, ce- l'orléanisme, et l'autre pied dans le bonaparpendant, et des allusions, qui ne nous ont tisme. Là, son ambition et ses appPtits
pas échappé, dans une des Jeures de la reine s'étaient senti grandir. Là, s'étaient agités en
Hortense à la comtesse Le Hon, indiquaient son CPrveau des espoirs audacieux et téméassez qu'il y fut encouragé par elle-même, raires.
Qui s'en doutait, dans ce beau cercle
d'une mallère secrète et prudente.
Tel est, en effet, l'intérêt des lettres que orléaniste?
Un épais baodeau recouvrait les yeux des
nous venons de révéler; elles jettent des
politiques réputés les plus sagaces. La dictalueurs inattendues sur des côtés de la vie,
restés dans le vague, de ces personnages ture! qui songeait à cela, vraiment 1 Si, par
hasard, quelque augure importun en pronoshistoriques.
Tant que Louis Bonaparte était demeuré tiquait le noir présage, on se récriait, puis
silencieux à A1"enemberg et au secret dans la on riait de cette vaine menace.
&lt;c C'est dans ce milieu, précisément, me
prison de Ham, Morny n'avait pas laissé
soupçonner qu'il pût ètre, quelque jour, un racontait le général Estancelin (à un demirestaurateur d'empire. Il était au mieux avec siècle de distance), qu'ai-ant porté là-dessus
les princes d'Orléans, et l'infiuence de la la conversation et laissant voir ma crainte
comtesse Le lion en était, pour ainsi dire, le d'un terrible réveil pour le lendemain, je
trait d'union. Car il sut toujours, dans le jeu m'entendis répondre par Mme Dosne, la bellede ses ambitions comme dans la recherche mère de Tbiers :
&lt;f Monsieur Estancelin, il ne faut pas dire
de ses intérêts, de ses plaisirs, habilement
mettre les femmes de son cûté. Tout en rPs- de ces choses : personne ne veut de diclatant attaché d'àme et de cœur à la famille ture, pas même de celle de mon gend1·e ! 1&gt;
d'Orléans, qu'elle ne cessa jamais d'affecL'un des soirs qui précédèrent la fameuse
tionner, dans l'exil comme sur le trône, la
comtesse Le Hon, poussée par une inclination journée, Morny était resté, jusqu'à deux
plus forte, suivait, d'un regard complaisant, heures du matin, dans le petit salon au preles vues, les desseins de Morny, l'encoura- mier étage, songeant, ironique, au momen~
geait à les remplir et l'y aidait des moyens de faire jeter par les fenêtres des gens qm
que procure la fortune. Ou, plutôt, ses sym- étaient entrés par les portes ouvertes à deux
pathies s'entremêlaient, comme à soQ insu, battants.
dans la même et unique intention d'être
La reine Hortense ... , Morny .. . , Fleury ... ,
utile. De même qu"elle avait voulu atténuer,
sous la monarchie de Juillet, les rigueurs du Persigny, ces nom-:, ces influences, ces sympouvoir contre le prétendant bonapartiste, pathies, ne pouvaient qu'imprimer une sende même, sous la présidence et dans les pre- sible évoluûon aux sentiments politiques de
mières années de l'Empire, devait-elle user la comtesse Le Hon. Son salon se teinta
de son ascendant pour suspendre des mesures d'impérialisme, c'est-à-dire qu'il prit la couleur d'une préférence individuelle. L'aspect
de réaction contre les princes dépossédés.
Tout contre le somptueux hôtel de Mme Le fondamental n'en changea pas beaucoup,
Hon, aux Cbamps-Élysées ", se blottissait un toutefois, tant 11u'il continua d'occuper une
pavillon non moins célèbre et qu'on avait plaee dans les cercles de la haute société. On
surnommé, par comparaison de ses propor- continua d'y recevoir les amis poliliques d'un
tioas plus modestes avec celles du palais autre bord . Des affections anciennes, restées
voisin, et par une intention facile à com- au cœur de la coIDtes~e Le lion, ne s'en laisprendre, de ce sobriquet trop connu : la sèrent pas arracher par les alternatives du
Niche à Fidèle. C'est là que demeurait succès . Durant les dix-huit années de la restauration bonapartiste, et longtemps après la
Morny.
Il ne reste plus rien à connaitre du disparition de ce régime, elle se fit un devoir
coup d'État, tel qu'il l'avait prémédité, de d'entretenir des rapports fidèles avec la faconcert avec Saint-Arnaud, Maupas et Fleury. mille royale, dont le souverain se ralliait
On sait moins que le projet avait pris corps de façon si étroite à ceux de ses débuts

1. Ce détai"I, seul, suflirail à édairn tout le mvslérede la s1lua1ion. Comment eût-il pu être question
d'une Mos~elman. - la famille de Mme Le Hon étant
une des plus fortunées de la Belgique.
2. Morny était prênommé Aug11sle.
3. li y traça nettement, de sa main, ces lignes définitives : « Je suis le dernier fils de la reine, pendant le mariage du roi Louis de Hollande, par consèquenl, suiv.inl la loi, très rCgulîèrcmcnl prince
Bonaparte. frére légitime de \'em/&gt;ereur actuel, et
victime cl'un crime. c'est-il-dire 1 'une suppression
d'êtal. J'ai, pour établir mes droits - si j'étais homme
à le faire - plus de preuves qu'il n'en faudrait: la
notoriété, la ressemblance, des lettres de ma mère;
enfin, une leltre de mon frt'Jre, fjui le reconnait.
Bien que je sois, par principe, três peu disµosé it
m'en pré\'aloir, ce n'est pas une raison .... 1&gt; Et la

plume s'était arrêtée su.~ ces p_oints de s~spension.
Mais voici une autre piecc captl~le,. ~elevee av.cc la
plus scrupuleuse e1actitude sur 1. or1gmal (Reg1str~s
de l'élal civil de Paris 3" arromhs!'-emenl) : l'extrait
de naissance du rutur 'grand personnage d'Etat, duc
de Momy :
« L'an mil huit cent onze, le vingt-deux octobre,
à midi sonné, pa~-devant. no.us, f!laire du 1.11• a~·ro1_1dissemcnt de Paris, souss1gne, fa1saut fonction d ofhcier de l'élal civil :
« Est comparu 1t~sieur Claudc-;\fartin Gar~ien , d?Cteur
en méde1·ine et accoucheur, demeurant a Paris, rue
~lontm:u-tre, n° ·137, &lt;livision du Mail. lcqnel n~us _a
déclaré que l~jour d'liier, a deux heure~ du °!~lm, 11
est né chez lm un enfant du sexe masculm, qu 11 nous
prés.-ntc et auquel il donue les prërm~s Char!esAuguste-Louis-Joseph, lequel enfant est ne de Lomse-

Sa sollicitude, sur cc sujet, n'est pas en
repos. On a besoin de la rassurer à tout
moment:

c1 Je vous ai écrit, il y a deux jours. Vous
aurez mon opinion pour votre sœur. Je veux
qu'elle se sente heureuse et, si son amourpropre a été souvent froissé, qu'elle s'élève
au-dessus des opinions et en impose par là.
Je sais bien qu'il faut, pour cela, de la for.
tune, parce qu'elle assure l'indépendance 1 :
c'est à quoi il faut travailler .... Je vous dirai,
ma chère nièce, qu'une lettre reçue ici affirme
. que le père de votre cousin /Louis-Napoléon)
tient à cc qu'on termine mes affaires à ma
satisfaction i mais je n'ose pas y croire .... )&gt;
Et encore :
{! Je ne veux pas que votre sœur dérange
sa vie .... Qu'elle se soigne, voilà tout .... Que
jela sache heureuse, autant qu'il est possible,
,;oilà ce qu'il me faut. J&gt;
Puis, en post-scriptum :
&lt;1 Cette lettre est pour vous deux . »
Est-ce assez d'en écrire? Les sentiments
qu'elle est obligée de comprimer dans les
termes d'une correspondance indirecte n'auront pas à se contraindre, quand ils pourront s'exprimer de vive voix :
cc

6 décembre 1856.

~ 3o6 -

Emilie-Coralie Fleury, épouse &lt;lu sieur Au~uste-Jeanllyacinthe Demorny, propriétaire à Saint-Domingue,
demeurant à Villetaneuse, département de la Seine.
Lesdites J)l'ésenlalion et déclarnlion faites en présence des sieurs Ale-:us-Charlemagne Lamy, cordonnier,
âgé de 42 aos, demeuranl à P_aris, ru~ Bu!faut! n~ 2:&gt;,
ami, et de JoSf'ph ?t\anch, tailleur d habits, age dP.
40 _ans, demeurant a Paris, rue des Deux- ,eus, n" 3,
ami.
11 Lequel déclaranli et les témoins ont signé avec
nous, après lecture faite.
(Signé) : « Gardien, L1my, Ma~~h.
Cretté, ad;oml •·
4. Il devint la propriété de lime. Sabatier d'Espe~ra11. Le dépulè Archdeaeon occupa1l encore, en HlOti,
le pavillon ,·oisin.

triomphants dans le grand monde parisien .
Cependant, à travers res vicissitudes de
temps et de gou\'ernements, une grande
brèche avait été faile dans sa fortune. On ne
l'avait pas reconstituée sans brisures, après
le relevé de comptes sensationnel dont nous
parlions tout à l'heure. Les minC's de la
Vieille-Montagne avaient vu tarir leurs \"Cines
prodigues. Entre les doigts de la belle comtesse les brillants dividendes s'étaient écoulés
comme une onde.
li fallut, d'accord avec le comte Le Hon,
- qui ne se sépara jamais d'elle, contrairement à ce qu'on a prétendu, en alléguant des
inlervalles d'absence plus ou moins prolono-és
du diplomate à Bruxelles', - il fallut vendre
le palais qui avait été l'Olympe de sa souveraineté mondaine. Elle adopta de vivre les
trois quarts de 1'année en son château de
Condé'. Par échappées, elle reprenait possession de ce Paris, dont les fascinations, si
vaines r1u'on le dise, sont toujours prêtes à
ressaisir ceux et celles qui I.çs goûtèrent. Il
lui était resté, au fond de l'âme, quelque
amère souvenance de l'autrefois. Des regrets
passaient au travers de ses lettres; elle s'y
montrait, par instants, triste et désemparée,
et, bien qu'elle se flattât d'avoir mis son
cœur à la raison, ellP ne pom·ait s'empêcher
d'en exprimer la. plainte. C'est à l'u11e de
celles-ci que répondait, sans doute, une jolie
page épistolaire de Mme Janvier de La !lotte
1Adèle Perrol ), trop sincère, trop réellement
féminine, pour n'être pas tirée de l'ombre où
nous l'avons découverte :

Entre deux déplacements, elle retrouvait
des visages connus. Elle se reprenait à savourer les hommagf's qu'on lui avait tant prodigués. Puis:, on Iui promeuajt d'aller saluer
le soleil couchant sur ses terres.
&lt;c Je connais ces promess:es-là, répondait-elle, un soir; ce ne sont que des cartes
de visites; on ne vient jamais. Mais je suis
très beurt'use dans ma solitude; rar ce n'est
que là, vraimenl, que je me suis trouvée en
face d'une femme que j'aime, et que je ne
connaissais pas .
« - Oui, repartait son interlocuteur,
homme d'esprit et poète; et cette femme
charmante, c'est vous!
&lt;&lt; Je n'avais jamais eu le temps, je ne
dirai pas de regarder ma figure, mais de
descendre en moi-même. l&gt;
Le temps des grandes réceptions dans le
cadre somptueux des Champs-Élysées était
bien fini. Pt'u après le mariage de sa fille,
devenue la princesse Louise Poniatow~ka, et
qui s'était acquis, par ses qualités de personne et d'esprit, une brillante place à la
Cour impériale, elle cessa d'aller dans le
monde.
Le crépuscule avait continué de s'assombrir
au-dessus de sa tète. Elle avait dû vendre
aussi le château, où elle s'était fait une seconde existence plus calme, plus intime, et
revenir à Paris, pour s'y confiner dans
l'amour des siens. En 1879, elle perdait son
fils très chéri le comte Léopold Le lion. Ce
lui fut, à elle-mème, le coup de mort. L'année suivante, sa douleur cessait avec sa vie.
Beaucoup de ceux qu'avaient séparés les
désaccords de la politique ou le simple émiettement des destinées humaines, se retrouvèrent, fidèles, à ses obsèques. On l'avait ensevelie dans les violetles, en cette saison
voilée de brumes, où de premières éclaircies
font croire au réveil prochain de la nature.
Et, en effet, le soleil, perçant à travers les
nues, vint jeter un rayon consolateur sur ce
cercueil, qui renfermait, dit un témoin,
« tant de lumière évanouie ».

c( Quand je pense que vous bénissez Dieu
de votre indifférence! Ne maudissez pas
l'amour, mais les amoureux! Je me figure,
parfois, être jeune, et seule comme je suis
dans cette vilaine chaumière. Crovez-vous
que je conna1'trais l'ennui, si j'avai; l'espérance d'y voir arriver le Préféré? Combien je
me moquerais que tout fùt laid autour de
moi! J'aurais un cher visage qui réjouirait
mes yeux. Et le charme serait là! JI vaut
mieux avoir aimé, alors même que c'est fini,
y:u'ignorer l'unique vrai bonheur de ce
monde. L'isolement fait seul la vieillesse. Je
m'y résigne, mais sans renier le dieu que j'ai
adoré!
« Adèle PERROr (M•E lüv1eo DE LA MoTTE). "

Tout à l'heure parlaient à notre mémmre
les révélations les plus précises - tirées des
entrailles maternelles en quelque sorte, sur

1. Lorsque mourut le comte Le lion, des témoignages de l!onsidération sympathique affluèrent chez
elle.
L'un des ministres de Belgique, Van Praët, ~crivait à la comtesse, le 5 mai 1868: 11 Bien souvenl,
en passant en revue les temps (JUe uous avons connus,

le roi disait : « Mon pêre m'a toujours répété que
le comte Le Uon lui avait rendu les plus granrls
11 ~ervices, â l'époque la plus difficile de son rëgne. 11
Et il ajout.ait : « Vous avei mille fois raison de le
« dire : C'était le bon el beau temps. »
2. Dcveuu la propl'Îétè du comte de Jarnac.

Un Post-Scriptum.

, M.

COMTESSE LE 1foN - - - .

la nais~anre du duc de Morny, qui n'avait
point, :lans de bonnes raisons, adopté pour
son écusson une füur d'hortensia barrée.
Un autre fait et d'une terrible signification,
celui-là, concernant les origines également
troubles de son frère couronné : Louis-Napoléon. Je le reçus d'Alfred Mézières, qui l'entendit conter à la duchesse de Plaisance, en
la ,•il~e d'Athènes, lorsque, fraichement sorti
de !"Ecole normale, il accomplissait le pèlerinage classique dans ces lieux privilégiés.
Belle-fille de l'ancien deuxième Consul, elle
était de celui-ci grandement appréciée pour
son intelligence vive, dont les affinilés étaient
plus rares avec le caractère abrupt de son
mari, le général Lebrun, un soldat, rien
qu'un soldat. Il lui disait finement : 11 Vous
et moi, nous nous rejoignons ... à travers
CharlPs! Il Or, dans une de leurs fréquentes
causeries, il lui confiait ce souvenir d'un
rnyage en Hollande.
Un après-midi, Lebrun, duc de Plaisance
et la duchesse se rendaient ensemble au château du roi Louis-Bonaparte. En arrivant au
palais, ils considérèrent sous Je péristyle une
jeune femme pressant contre son sein un
Laby enveloppé de langes précieux. C'était le
prince Louis, dans les bras de ~a nourrice.
Les visiteurs s'approchent, donnent à l'enfantelet une caresse, puis montent l'escalier.
Au premier étage ils se séparent, le duc
allant chez le souverain, la duchesse allant
présenter ses devoirs à la souveraine.
Les premiers mots de Lebrun aussitôt
qu'admis en la présence du roi sont pour le
féliciter du gentil enfant qu'il venait de voir,
et pour Oatter aimablement l'amour-propre
paternel : 11 Que dites-vous là? répondit
Louis d'un ton brusque. Mais ce n'est pas le
mien. Il n'a jamais été à moi. Je sais très
bien qu'il n'a pas une goutte du sang des
Bonaparte dans les veines, mais comme il est
le troisième, comme il n'a aucune chance de
me succéder et parce qu'il ne régnera nulle
part, je n'ai pas voulu faire de bruit, de
scandale. Soyez seulement certain que celuilà n'est pas mon fils. "
Quel étrange imbroglio dans les origines
de la restauration impérialiste! Louis-Napoléon arrivant au faîte de la puissance humaine,
par la grâce d'une naissance plus que douteuse; Morny, son frère inavoué, l'aidant à
gravir les marches du trône et le suivant de
près, tandis que bientôt, dans l'orbe de leur
étonnante fortune, graviteront d'autres destinées exceptionnelles : celles du comte Walewski, - le véritable fils du grand homme,
par droit de nature.
FRÉDÉRIC LOUÉE.

�LES SALONS E1 LA COU}! SOUS L'I 'R,.ESTJI.U}!JI.T1ON

MES SOUVENIRS
&lt;t&gt;

Les salons et la cour sous la Restauration
Par DANIEL STERN (Madame d'Agoult).
'

.,

Au moment où j'entrai dans le monde,

la bonne compagnie parisienne se divisait en
trois parties principales, dont chacune prenait son nom du quartier qu'elle habitait de
préférence : le faubourg Saint-Germain, le
faubourg Saint-llonoré, la Chaussée-d'Antin.
Ce rapprochement, dans un même quartier,

des personnes qui se fréquentaient, ce voisinage de fait, qui devenait aisément voisinage
d'esprit, était extrêmement favorable à la
sociabilité; on s'en aperçoit aujourd'hui qu'il
a cessé d'exister. Avec l'éloignement des demeures, on a vu se produire la froideur des
rdations; ce n'en est pas la seule cause, il
s'en faut bien, mais ce n'en est pas non plus
une des causes moindres.
Les deux premières sociétés, le faubourg
Saint-Germain et le faubourg Saint-Honoré,
séparées seulement par des nuances d'opinions ou par des situations plus ou moins
variables, se rencontraient, se mêlaient aisément.
Elles ne voyaient la troisième, formée
de gens nouveaux, enrichis dans les affaires,
qu'aux rares occasions des fètes officielles 1 •
J'appartenais, par mon père, à la partie la
plus exclusive, la plus pure, en ses opinions
comme en ses traditions, du faubourg SaintGermain. L'émigration, la Vendée, le pavillon Mai·san, la Congrégatfon, le Bord de
l'eau, tous les défenseurs de l'autel et du
trône, tous les fervents du Vive le roi quand
même, toutes les coteries de l'ultra-royalisme
s'y donnaient la main'.
La vieille aristocratie de la cour, de la
ville, de la province, qui faisait le fond de
cette noble compagnie, admellait bien dans
ses salons, par haute faveur, quelques
hommes récents, mais seulement ceux qu'un
grand :zèle, de grands talenl s ou des circonstances heureuses, avaient mis à même de
1. Une anecdole de ma ,·îc mondaine montrera
commenl ropinion sCparait alors ces drux sociétés.
Dons un bal qui se donnait à Francfort, ebez mon
oncle Bethmann, en 1815, quelques dames allemandes. comparant, à la contredanse, une jeune
Françai~e, mademoiselle Lambert, et_ moi, demandèrent à un secrétaire de noire ambassad ~ laquelle,
selou lui, dansait avec le plus d~ gràc~. « Elles da~senl lo11tes deux à merveille, rcpondtt le galanl d1pl,,mate (M. Denys Benoist, aujourd'hui M. 1~ comte
Benoist d'Azy), l'une, comme au faubourg Saml-Gf'rmain l'autre, comme à Ill. Cllaussêe-d'Antin. ~ Le
mot fut lrou,·é joli, répél~, bientôt altéré. Lorsqu'il
revint a son auteur, on l~i foisait dire que made-

'

I

•

I

servir efficacement la cause des Bourbons, et
toujours avec une nuance d'accueil. Les habitudes de ce monde par excellence, qui ne
voulait connaître et compter que lui seul
dans la nation, étaient d'une régularité parfaite : six mois dans les châteaux, six mois
à Paris; le bal en carnaval, le concert et le
sermon en carême, les mariages après Pâques;
le théâtre fort peu, le voyage jamais 3 , les
cartes à jouer en tout temps, tel était l'ordre
invariable des occupations et des plaisirs.
Tout le monde, comme on disait alors, en
parlant de soi et des siens, faisait comme
tout le monde. Mais tout le monde, il faut le
dire s'accordait dans une manière d'être
aussi simple qu'elle était noble. Tout avait
grand air et bonne ' façon dans ces chàteaux
antiques, dans ces vieux h0tels, où 1~ présence des ancêtres, le culte des souvenirs, le
maintien des habitudes solennelles ou familières, entretenaient de génération en génération je ne sais quelle gravité, doue~, je ~e
sais quelle naturelle fierté qu on n abordait

ExPOSITJON DU CORPS DE

Louis

,

pas sans respect. Dans cette sociélé, la plus
illustre du monde, comme on se connaissait
avant même de s'être vu, dès le berceau, on
pourrait dire dès avant la naissance, par
alliances, par récits nourriciers, par tout un
cousinage historique qu'il n'était pas permis
d'ignorer ou de négliger; comme on recevait
même nourriture d'esprit, aux pages, aux
écoles militaires, au régimenl, dans les
ambassades et même dans l'Église: égalité
entre soi, fière obéissance aux princes, largesses aux pauvres, confiance en Dieu et en
la fortune de la France, on apportait. dans
le commerce du monde, une aisance parfaite,
une sécurité, une ouverture de physionomie,
une cordialité d'accueil et d'accent que je n'ai
plus jamais rencontrées ailleurs. Il régnait
dans les demeures de ces grands seigneurs
d'autrefois une certaine magnificence, mais
tempérée par un air de vétusté et d'habitude
qui lui ôtait toute apparence de faste. Les
repas étaient longs, nombreux, substantiels,
mais sans grands apprêts. Le maître de la

XVIII. DANS LA SALLE DU TRÔNE, AUX TUILERIES,

DU 18 AU 22 SEPTEMBRE 1824.

maison servait lui-mème; il tranchait, il découpait avec coquetterie et bonhomie. On
offrait à ses convives le poisson de ses étangs,
le gibier de ses forêls; on leur Yer~ait abondamment les vins vieux des ancêtres. Au
dessert, la chanson gaillarde; ni gêne, ni
piaffe; rien jamais de gourmé, de crêté, d'infatué, dans ces réunions de gentilshommes
où personne n'avait ni vouloir ni pouvoir,
comme il arrive en nos assemblées de parvenus, de se donner pour autre qu'il n'était,
de paraître ce que ne l'aYait pas fait sa naissance. Là aussi, contrairement à la vanité
bourgeoise, les titres, les charges, les emplois, tous les accidents de la fortune ne
comptaient guère, et l'on ne s'y réglait aucunement pour accroître ou diminuer l'honneur de l'accueil. Les femmes, on ne l'ignore
pas, recevaient dans cette société d'origine
chevaleresque des hommages fervents et constants. Jeunes, elles y régnaient par la beauté;
vieilles, elles commandaient au nom de l'expérience; elles gardaient la préséance au
foyer, le privilège de tout dire, le d1·oil
d'asile et de grâce; elles décidaient sauve.
rainement de J'opinion dans les délicatesi:es
de la bienséance et dans les délicatesses de
l'honneur. De leur accueil dépendait le
plus souvent la faveur d3ns le monde et
l'avancement à la cour des jeunes gentilshommes.
La coquetterie et la galanterie ne cessaient
à aucun âge dans les relations des deux
sexes. En amour comme en amitié, les liens
étaient souples, légers: ils rompaient rarement; la vieillesse Yenue, on les trouvait
d'ordinaire resserrés plutôt que relàchés par
l'action du temps et de . l'habitude, Le temps
et l'habitude donnaient à la bonne compagnie, que j'ai vue si brillante encore dans ma
jeunesse, une perfection d'intimité et aussi
une puissance d'opinion que les sociétés nouvelles et mobiles ne sauraient atteindre. Il s'y
produisait, dans une fréquentation à la fois
libre el discrète, des nuances d'expression
&lt;l'une délicatesse infinie. Il y régnait, en1re
personnes de condition et d'éducation entièrement semblables, un sous-enlendu gracieux,
une convention facile. obserYée de tous sans
effort, qui prévenait la dispute, écartait l'importunité, détournait ou palliait les fàcheux
discours. Il en résultait, sans doute, quelque
chose de peu accentué et de trop semblable
qui tournait aisément à la monolonie 1 mais
pourtant les salons, les châteaux, les familles
avaient chacun sa physionomie propre et sa
manière d'être distincte. Je choisirai dans les
différents groupes du faubourg Saint-Germain
les personnes que j'ai le mieux tonnues, ou
cellf's qui, lout en ne faisant que passer deva,H mes Ieux, m'ont laissé l'impression la
plus vive, afin de donner l'aspect général de
ce monde évanoui.

Il
moiselle de Flavigny dansait comme au faubo!1rg
Sai11t-A11toine. Les bons Allemands n'y entendaient
fJ8S malice; mais, pour nous autres Français, quelle
é.normitê l
'2. Les lecteurs qui ne se rappelleraient pas le sens
de ces dénorninations en trou,·eront l'impression très

vive dans le volume de Polthmque des OEuvrea

complètes de Chateaubriand.

. .

5. On avait encore un peu l'op1mon de madame
de Sévigné, lorsqu'elle êcrit il sa fille =. u. Une fe~nme

ne doil paa -remuer sea oa, à moms que d étre
ambatsadi·ice. ,

A tout seigneur, tout honneur! Je parlerai
en premier lieu du roi et des princes, gui,
sans dominer l'opinion, avaient néanmoins

dans les prépccupations du grand monde une
part considérable,
On se gênait fort peu, dans la société du

ENTRÊE DE CHARLES

X

DANS PARIS, LE 27 SEPTEMBRE 1824.

faubourg Saint-Germain, pour critiquer les
princes. Quand on avait fait son dewir de
gentilhomme, en leur offrant ses biens et son
épée, on se tenait pour quille envf'rs eux; on
ne se faisait pas scrupule de dire tout haut
ce qu'on avait à reprendre dans leurs personnes .
La noblesse émigrée, ruinée, décimée par
la révolution, trouvait ses princes ingrats.
Le milliard d'indemnité qu'on lui faisait
espérer sous le rè~ne de Louis XVlll, qu'on
lui donna sous le règne suivant, les grandes
cbargeS rétablies pour elle, n'apaisaient que
le plus gros des colères. Il restait mille
pointes d'aigreur, un vif déplaisir de la
Charte, avec le plus railleur dédain de la politique nouvelle qui accueillait les parvenus,
oubliait le passé, cherchait les compromis,
prétendait enfin réconcilier des gens irréconciliables. Vainement le roi Louis XVlll avaitil essayé, par de nombremes faiblesses, de
désarmer les rO)'alistes. Un prince philosophe,
un prince lellré, assis, quelque peu anglais,
non hostile aux parlements, comprenant
tout, se faisant expliquer tout, se faisant à
tout, n'était guère le fait d'une noblesse
orgueilleuse, qui ne voulait connaitre que le
cheval et l'épée, les droits de la race et les
privilèges du sang. On ne pouvait contester à
Louis XVlll les dons de l'esprit; on ne pouvait méconnailre dans son caractère une certaine grandeur royale; on s'attaqua aux prétendus vices de son cœur; on railla ses fa''oris , et ses favorites. Les caricatures, les
anecdotes, les persiflages, les sarcasmes
contre le roi infirme et libéral, couraient les
...., 309

i,....

salons. On n'y cachait pas du tout l'impatience d'un nouveau règne. Cependant les
profonds respects dynastiques dont la famille

royale entourait son chef, l'étiquette rétablie
au chàteau, plus que tout cela, la dignité
tranquille qui se lisait au front de Louis XVlll,
ôtaient, dès qu'il paraissait en public, malgré sa fàcheuse impotence et la bizarrerie de
son accoutrement, toute possibilité, toute
envie de le trouver ridicule.
Je vis Louis XVIII deux fois, en deux occasions solennelles. Une première fois d'assez
loin, à son balcon, où il assistait, le 2 décembre t823, entouré des princes et des
princesses, à l'entrée triomphale dans le jardin des Tuileries de monseigneur le duc
d'Angoulème et des régiments de la garde,
4ui revenaient victorieux de la campagne
d'Espagne; une autre fois le 25 mars de
l'année suiYante, à l'ouverture de la session
qui devait êlre la dernière de son règne.
La cérémonie se faisait en grand appareil,
au Louvre, dans la salle des gardes, Pn présence de toute la cour. li y avait des places
réservées aux dames prés~ntées; d'autres,
plus en arrière, où étaient admises les personnes non reçuei: au chàteau. Le spectacle
était pour moi tout nouveau. Il fut très grave.
Le vieux roi - il avait altJrs près de soixantedix ans, - vètu selon sa coutume du frac en
drap bleu orné de deux épaulettes d'or, couvert des plaques de ses ordres, la chevelure
poudrée, reniermée derrière la nuque dans
un ruban de soie noire, le chapeau relevé, à
trois cornes, l'épée au côté, ses jambes entlées enveloppées de larges guêtres en velours
cramoisi, entra, roulé par ses pages, dans
son fauteuil, entouré des princes et des grands
de sa maison. L'œil d'un Holbein aurait vu,

�LES SALONS ET LA COU]! SOUS LA "J{ESTAUfl.AT1ON - - - - ,

111STOR._1.Jl
appuyées sur le dossier de pourpre du siège
royal, les mains pâles de la Mort, officieus1:s
el perfides. Louis X\'111 n'avait plus que peu
de mois à vivre. li le savait. Alleint de celle
somnolence sénile qui annonçait aux mPde•
cins. sa fin procbainP, observateur impassible

hàos du Trocadéro célébraient les grâces

piquantes sous la noire mantille, des bouquets
de roses sur le crêpe et la gaze de nos robes
de deuil et de bal; et cet aspect inaccoutumé
des quadrilles, ce mélange de deux couleurs
emblématiques de la plus grande tristesse el
des progrès de la gangrène qui rongeait ses de la plus grande joie en parut un agrément.
Ce fut à son entrée dans Paris, au retour
os ramollis et ses chairs paralysées, le roi,
lorsqu'il se montrait enr.ore en public, n'avait du sacre - 6 juin 1825 - dans sa vaste
plus qu'ull souci : maintenir dans sa per- voiture d'or et de cristal, traînée de huit
sonne affaissée la majesté ro~'ale. Par un chevaux blancs empanachés, que je vis
effort inouï de sa YOlonté, Louis xvrn, rele- Charles X pour la première fois . L'année suivant sa belle tête Lourbonnienne que la pr- vante, je le vis encore dans une procession
. santeur du sommeil faisait malgré lui retom- du grand jubilé - 5 mai 1826. - Il était
ber, prononça le discours solennel, dont les cette fois vêtu de violet, en signe de deuil,
phrases, commencées d'une voix vibrante
encore, s'achevaient inarticulées dans un pé-

nible et confus murmure.
Le comte d'Artois, debout près de son
frère, jetait de loin à loin sur l'assemblée un
regard vague; il souriait, comme par habitude de courtoisie, d'un sourire plus vague
encore. A ses côtés, le duc d'Angoulême, le
héros J,u Tl'ocadéro, selon le langage des
gazettes, embarrassé de sa gloire et de sa
contenance. La duchesse d'Angoulême, en
costume de cour, droite et raide. La duchesse de Berry, gracieuse dans sa gaucherie enfantine, tout affairée à ses dentelles,
tt ses plumes, à ses colliers; occupée,
sans y parvenir, à se composer un maintien. Les ministres derrière le roi. Tout
en avant, le président du conseil, M. de
Villèle, chétif, timide et de peu de mine;
le vicomte de Chateaubriand, ennuyé là
comme ailleurs, et promenant, sur la foule
comme sur le désert, son grand œil superbe.
Les ofliciP.rs de la couronne remplissaient le
fond de la scène; tout autour, une rangée de
gardes du corps, dans leurs brillants uniformes, en formaient la perspective.
Le discours de Louis XVIll annonçait des
changements à la- Charte, qui devaient, faisait-on dire à son auteur, en consolider l'établissement. Le roi fiignifîait aux députés
qu'un projet de loi leur serait présenté pour
substituer au renouvellement annuel, par
cinquième, de la chambre, le renouvellement
intégral, ou ce qu'on appelait dans le langage
parlementaire du temps la septennalité. Je
ne savais guèr~ alors ce qu'on pouvait vouloir
dire par là, mais je n'entendis pas sans émotion ce vieillard royal, dont la voix mourante
commandait à uoe si grande el si noble
assemblée un suprême silence.
L'année suivante, 1824, je portais le deuil
de Louis XVIII, deuil de père, disait-on, el
qu'on de,,ait garder pendant une année entière. Mais après les obsèques, quand le cercueil du feu roi fut descendu au caveau de
ses ancêtres, et que, au bruit du canon, le
roi d'armes eut proclamé, dans la basilique
de Saint-Denis, Charles, dixième du nom, par
la gràce de Dieu, très chrétien, très auguste,
très puissant roi de France et de Navarre, on
tempéra les signes trop lugubres du regret
public. Les fêtes de la saison n'en furent point
attristées. On jeta, à l'espagnole, par imitation peut-être des dames andalouses dont nos

ÜUCUES!àE DE BERRY.

D'après un dessin àll

BARON GiRARO.

non plus pour la mort de Louis XVlll, mais
en commémoration de la mort de Louis XVI.
li se rendait à la place 1e la Concorde pour y
poser la première pierre d'un monument
expiatoire, rnté par la chambre introuvable,
_d'après le vœu exprimé par le maréchal
Soult, à la mémoire du roi martyr, sur le
lieu même de son exécution.
Dans l'année 1828, après mon mariage, je
fus présentée à la cour. A partir de ce moment jusqu'à la révolution de juillet, je vis
assez souvent le roi, soit aux réceptions, soit
aux bals ou aux spectacles du château, soit
dans les soirées intimes de la Dauphine . Les
habitudes et l'étiquclle de la maison de
Bourbon apnt aujourd'hui une sorte d'intérêt historique, je dirai ce que j'en ai vu.
L'usage voulait alors que les nouvelles mariées fussent, à leur entrée dans le monde,
présentées en cérémonie au roi et aux princes.
On était pour celle présentation assistée de
deux 1nan·a1.nes, choisies parmi les parentes
les plus proches ou les plus considérables.
Comme le cérémonial était compliqué, on prenait, pour s'y préparer, des leçons spéciales

du maître à danser de 1a cour, M. Abraham.
C'était lui qu'on avait appelé aux Tuileries,
dans les premiers jours de la Reslauration,
quand la duchesse d'Angoulême s'occupa de
rechercher l'ancienne étiquette; c'était lui
encore qui avait été chargé d'enseigner à la
vive Napolilaine, qui venait épouser le duc de
Berry, les len1eurs de la ré\'érence, l'art de
tenir les pi·eds en dehors, et les autres éléments des grâces françaises . Seul, après plus
d'un quart de siècle d'émigrations, de prisons, de Msastres, M. Abraham les avait
retrouvées intactes dans sa mémoire. Seul,
il pouvait professer le beau main1ien traditionnel. Selo11 la coutume, M. Abraham, en
jabot de dentelle el en manehelles, me donna
trois répétitions de la révérence au roi. li
n'en fallait pas moins pour s'accoutumer à
manœuvrer le long manteau de cour, dans
des marches Pl contre-marches où jamais on
ne devait tourner le dos à Sa Majesté. li fallait apprendre à donner lestemeot, sans qu'il
y parût, de petits coups de pied, à lancer de
petites ruades à la lourde queue traînante,
à désentortiller ses plis confus, à l'étaler
largement et bellement aux yeux, sur les
lapis . Il fallait aussi se mettre bien· en
mémoire les trois inclinations pr11fondes,
à espace égal, qui se devaient faire avant
d'arriver au roi; la première, tout à l'entrée de la galerie à !"extrémité de laquelle
il se tenait, entouré de ses gentilshommes; la seconde, au tiers du chPmin que
l'on faisait vers lui, après une dizaine de
pas, graves et mesurés; la troisième, après
dix autres pas encore, en présence de Sa
Majesté, qui, de son côté, s'était avancée de
quelques pas à la renc~mtre des dames. Enfin,
congédiée d'un signe gracieux, on avait à
opérer une retraite extrêmement difficile,
un mouvement en diagonale, au moyen duquel, en présentant toujours le front au
roi, on devait gagn~r la porte de sortie,
qui se trouvait un peu de côté, dans le
fond, à l'extrémité opposée à celle par oü
l'on était entrée. Il y avait là, avec les préoècupations et l'émotion inséparablas d'un
tel début, si l'on manquait de présence
d'esprit, des occasions d'accidents, ou tout
au moins de gancheries, les plus fâcheux
du monde. Les histoires de ces accidents ornaient la mémoire des gens de cour; on
ne manquait pas de les raconter à la future
présentée, ce qui achevait, comme on peut
croire, de porter le trouble dans son àme el
dans son maintien.
La journée qui précédait la présentation elle se faisait le soir - appartenait aux faiseuses et aux habilleuses, au conseil en permanence des man·aines expérimentées. Mes
deux marraines étaient la vicomtesse d'Agoult, tante de mon mari, dame d'atours de
madame la Dauphine, el la duchesse de !lonlmorcncy-Matignon. Mon habit de cour était
entièrement blanc. Il se composait d'une
robe en tulle lamé, tout enguirlandée de
fleurs en haut relief d'argent, et d'un manteau en velours épinglé, d'un ton plus mat,
également brodé d'argent : le tout, couleur

r

CORTÈGE ROYAL ( 27 SEPTE~IBRE 1824). -

de la lune, comme ]a robe de Peau d'âne,
à ce que je prétendais . Ma coiffure haute et
roide, selon la mode du temps et !~ goùl de
la Dauphine, était formée de plusieurs boucles ou coques de cheveux énormes très
avancéPs sur le devant de la tête, et d'~ù retombaient en arrière de riches barbes en
blondes. Ces coques étaient surmontées d'un
panache de plumes d'a_ulruche. Sur le Iront,
q~e cachaumt en partie deux touffes symétriques de cheYeux frisés, reposaient Jourdement, en manière de diadème, des fleurs et
des épis en diamants. Je portais à muu cou
un collier d'rmeraudes d'üù prndaient d'immenses poires entourées de brillants, dont
on disait qu'ellt::s surpassaient en «rosseur et
en éclat la parure, très vantée à
cour, de
madame la duchesse d'Orléans. Un éventail
taillé à jour dans la nacre et l'or, un mouchoir garni de vieilles dentelles très précieuses que le Yi.comte d'Agoull avait détachées pour moi de son grand costume de
l'ordre du Saint-Esprit, une couche de fard
sur les joues complétaient mon ajustement et
le_ laisai;?l tel qu'il devait être pour satisfaire à l ellquelle de la cour du roi Charles X.
Par une spéciale faveur, pour les amis
dévoués de son long exil - le vicomte et la
vicomtesse d'Agoult n'avaient jamais quitté
mada~e Roy~I~ - la D~uphine avait exprimé
l~ grac1eu1: des1r de voir, dans son particuher et avant qu'elle parùt devant le roi la
nouvelle présentée. En conséquence, ~ous
nous rendîmes dans les petits appartements
de la fille de Louis XVI quelques minutes
avant l'heure indiguée pour la réception
royale. A peine étions-nous dans Je salon
affecté à la dame d'atours, que la porte s'ouvre. Venant droit à moi, la Dauphine me regarde des pieds à la tète, puis, son examen

1;

l

CARROSSE DE LA DAUPHIXE
· ·-

D'a••,·s
r•

1m

dessn,. •conlemporain.
.

fait, se tournant brusquement vers la vicom- re. fa.meux. Français de plus, inventé pour le
tesse d'Agoult: &lt;1 Elle n'a pas assez de roua-e 11 ilfoniteur par le prince de Talleyrand ou
dit-elle d'un ton tranchant; et, sans un° ~ot M. Ileugnot. Quoi qu'il en soit, quand je fus
de plus, elle regagne la porte comme elle en sa présence, le roi voulut être, il fut en
était venue, avec une rapidité foudroyante. réa1ité très aimable. S'adressant à mes deux
cc Comment n'avais-je pas vu ce]a? &gt;&gt; dit Ja
marr~iu_es_, ?a~s l'_inlention vi~ible d'épargner
vicomtesse en me regardant à son tour, sans m~ t1m1d1te, il tmt sur mm, devant moi,
montrer le moindre étonnement du sincrulier mille propos flatteurs, et nous retint beauacc?eil ~e la prince:-se. Mais que faire? n'y coup plus longtemps qu'il n'avait coutume
avait pomt de remède; on venait nous aver- ~e le f?ire d~ns ces fati~antes r~eptions où
lir que les apparlemen1s du roi s'ouvraient. 11 ne s asse_ya1t pas. Uepms lors, Je retournai
A cinq minutes de là, la vicomtesse, la régulièrement au château, et toujours Charles X
duchesse de Montmorency et moi, toutes !rois se rappela, avec cetle mémoire des petites
en ligne, nous faisions notre triple, profonde choses qui sied si bien aux personnes que
et lente révérence à la Majesté du roi l'.on suppose occupées des grandes, mon
Charles X.
visage, mon nom, mes circonstances . Aux
~e spectacle devait être pompeux, de ces petit_es soirées de la Dauphine, il semLlait
trms grandes dames en gala, s'avançant à pas aussi vouloir me distinguer; mais, sans qu'il
comptés dans celle galerie resplendissante, y eùt de sa part ni raideur, ni hauteur auvers un groupe de g-rands seigneurs tout cha- cune, la stérili1 é de son esprit suftisait à
marrés d'or,
qui faisaient cortè«e
au plus rendr~ très insignifiants les rapports qu'il
.
0
gran d seigneur entre tous, à Charles de Bour- e~~ay_a1t d'étahl!r: Ces soirées de la Dauphine
bon, par ]a grâce de Dieu et de ses ancêtres
n eta1ent _pas d ailleurs un lieu propice aux
très auguste et très puissant roi de France
conversatwns agréablei-. Il y régnait une froide Navarre.
de~~ gla.ci_ale, malgré leur apparente mtiCharles X, bien qu'il eût alors soixante-dix m1t~. Vmc1 comment les '-'hoses se passaient.
ans, gardait encore un certain air de jeu- Ass!se au haut bout d'un cercle qui s'allonnE&gt;sse, avec ce je ne sais quoi indéfinissable geait en amande des deux rôtés de son faudu gentilhomme français, lorsqu'il a été très teuil, madame la Dauphine travaillait à un
aimé des femmes . Sa taille était mince, sou- ouvrage en tapisserie. Dans ce cercl~ où
ple, élancée. Ni dans l'ovale maiare et allonaé chacun é~ait placé selon son rang, il ft"était
.
. d
,
o
de son vISage, m ans son front fuyant, ni pas de mise qu'on parlàt à sa voisine autredans son regard indécis, ni même dans ses ment qu'à voix basse, et comme à ia déroehe,·enx blancs, il n'y avait de beauté ou bée. La princesse tirait ses points d'une main
d'autorité véritables; mais l'ensemble de tout sa~cadée_1. Sans s'interrompre, elle jetait de
cela paraissait noble et gracieux.
1010 à Iom, ~vec_ u~e certaine spontanéité apOn vantait beaucoup aux Tuileries l'affabi- parente, ma~~ reglee en effet par l'éliquette,
lité de la parole royale. On répétait des mots
J. Dans la ,·1s1te que fit M. &lt;le Chnteaubriand à madu roi. Les aYait-il jamais dits? li se pour- clame la Dauphine, '-"n. 18Zij, à Carlsh11d, il rcmarqu~
~ c~ m?uvc~enl rapide, 11iachi11al et co11vuk1f 11 .
rait bien qu'il en ait été de tous romme de (Memoires d outre-tombe. )

i1

e;

�- - msTOR,.T.Jl - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - du tout à lui rendre justice. En le voyant, il
à l'une ou à l'autre des dames qui siégeaient avec son cousin germain, Louis-Antoine, duc
était difficile de ne pas se dire: que l'union
d'Angoulême,
avait
une
noblesse
de
traits,
autour d'elle, une question brusque. La réd'un tel homme avec la fille de Louis XVI
ponse, au milieu du silence général, était, un éclat de carnation et de chevelure qui
comme on peut croire, aus- rappelaient, disait-on, l'éblouissante beauté de n'avait dû être, pour celte princesse malheureuse, qu'une occasion de plus d'étouffer en
si brève, aussi banale que sa mère. J'ai porté longtemps en bague une
elle
tout ce qui n'était pas le devoir,
petite
miniature
qu'elle
avait
donnée
à
Hartpossible. En dehors de ce
Tout autre était le souvenir que laissait
well
à
la
vicomtesse
d'Agoult;
on
l'y
voit
cercle féminin, le Dauphin
et d'ordinaire la , icom- blonde el blanche, arec des yeux bleus très dans les imaginations le duc de Berry. Très
enfant que j'étais encore lorsqu'il fut tué par
tesse d'Agoult, sa vieille doux. Mais, peu à peu, en prenant de l'âge,
amie de Millau, jouaient ce qu'elle tenait de son père s'était accentué: Louvel, je n'appris ce qu'avait été sa vie que
dans les récits de sa mort. Mais ces récits paensemble aux échecs, si- la tai1le épaisse, le nez busqué, la voix rauthétiques., celui de Chateaubriand surtout,
que,
la
parole
brève,
l'abord
malgracieux.
lencieusement , cela va
qu'on dévorait, le peignaient sous des cousans dire, absolument Dans les adversités d'un destin toujours conleurs si touchantes à sa dernière heure, qu'on
comme auraient pu le traire, sous la perpétuelle menace d'un avese persuadait l'avoir connu, et qu'on lui donnir
toujours
sombre,
dans
la
prison,
dans
la
faire deux automanait des larmes.
proscription,
madame
l\oiale
s'était
cuirassée
tes.
La popularité du duc de Berry, depuis .son
ç,: ·
Dans le fond du d'airain. Sa volontP, toujours debout, refoumariage
- i8i6 - avec Alarie-f.aroline
salon, Charles X, lait incessamment, comme une faiblesse
princesse des Deux-Siciles, était grande. La
indigne
de
la
fille
des
rois,
la
sensibilité
nasilencieusement ausvie animée, communicative, que les jeunes
CosTUME DE COUR,
si, faisait ~a par- turelle à son âme profonde. Simple el droite,
époux
menaient ensemble dans le joli palais
VER$ 1825.
tie de whist avec courageuse el généreuse, comme il a été
de
l'Éljsée,
disposait favorablement l'opinion.
trois des gentils- donné de l'être à peu de lemmes; intrépide
L'absence
de
toute étiquette autour du duc
hommes de sa mairnn ou de celle de sa dans les résolutions les plus hardies; ne cherde Berri, l'ordre et la simplicité qu'il voulait
r,hant,
ne
voulant,
ne
connaissant
ici-bas
que
nièce, le duc de Duras, MM. de Vihraie,
dans sa maison, son goût pour les arts dont
de Périgord, de Damas, ete. De temps en le devoir; fidèle en amitié, capable des plus les aulMs princes n'avaient aucune idée, l'ai•
temps, à la fin d'un rubber, il s'élevait une grands sacrifices, charitable sans mesure et
!ure vive et franche de qualités, de délauts
voix ; c'était celle du roi, qui se fâchait sans fin; malgré tant de vertus, Marie-Théqu'il ne cherchait point à cacher, les fairèse
ne
sut
pas
se
rendre
aimable;
elle
ne
quand il avait perdu; son partner s'excublesses de l'amour, cc ces faiblesses de Franfut
point
aimée
des
Français,
comme
elle
eûl
sait, et le silence recommençait jusqu'au
çois
[" ei-de Bayard, de Henri IV et de Crilprochain rubbe1'. La partie terminée, le roi mérité de l'être. La France, qu'elle chéris- lon, de Louis XIV et de Turenne, que la
se levait en repoussant son siège; aussitôt, sait avec une tendresse douloureuse, ne lui
France, écrivait Chateaubriand, ne saurait
et comme par un re~sort, la Dauphine, qni pardonna jamais d'être triste. Ni son mari,
condamner sans se condamner elle-même 1&gt;,
qui
se
pliait
à
sa
supériorité,
ni
le
roi
son
n'avait pas perdu de vue le jeu roial, se
faisaient au duc de BPrry une physionomie
levait aussi. Elle jetait sa tapisserie; et, d'un oncle, ni le roi son beau-père qui lui ren- dislincte. Il attirait à lui une curiosité indulregard, commandait à son cercle la dhper- daient hommage, ni les serviteurs dévoués
gente cl les simpathies de la Ioule; il retesion . Dans le même temps, à quelque péri- qui l'admiraient, ne pénétrèrent, je le crois, nait après l'offense,à son amitié, brusque mais
le
secret
passionné
de
cette
âme
héroïcrue.
La
pétie qu'on fùt de la marche des échecs, le
sincère, des hommes de cœur et d'honneur.
Dauphin, qui liant tout, se rapprochait du roi maternité lui manqua. Elle vécut et mourut
Ce lut six années après la mort du duc, à
respectueusement. On échangeait alors deux connue de Dieu seul.
Dieppe,
pendant la saison des bains, que
Lorsque, à l'issue de la réception chez le
ou trois paroles; puis le roi, s'acheminant
j'eus
l'occasion
de voir madame la duchesse
vers la porte qui conduisait à ses apparte- roi, je fus présentée au Dauphin, que je de Berry et de lui parler quelquefois. Elle me
n'avais
jamais
vu
que
de
loin,
mon
étonnements, nous adressaît, à chacune en particuplut tout d'abord, el toujours davantage, à
lier, quelques mots; après quoi, il se reti- ment fut extrême. Le contraste était brusmesure que je la connus
rait, en faisant une inclination de tête géné- que. En passant de la solennité, des grandes
mieux. Elle n'.était pas
rale à toute l'assemblée. A prine le roi atlitudes d'une cour nombreuse el brillante,
jolie régulièrement; ses
~,/.,
,_
on
se
trouvait,
tout
d'un
coup,
de
biais,
au
disparu, le Dauphin el la Dauphine dispatraits n'offraient rien de
•
détour
d'une
porte,
en
présence
d'un
P"tit
raissaient également. Les invités rentraient,
remarquable; son regard
. . •,
chacun chez soi, très flattés assurément, très homme presque seul, chétif, grêle el laid,
était
incertain,
sa
lèHe
--.:~
enviés, car celle faveur des petites soirées embarrassé, contracté, agité d'un tic nèr•
de la Dauphine passait pour la plus grande veux, qui clignotait, grimaçait des lèvres et trop .grosse et presque
toujours ouverte; elle se . ._
du monde, mais fort peu avancés en réalité des doigts, faisait elîort pour parler, pQur
tenait fort mal, et les
., _
dans l'intimité d'esprit des augustes per- resler en place. Ce petit homme était le hlros
mieux
disposés
ne
pou'
~.
sonnes qui les admeltaient de la sorte au du T1'ocarléro, Son Altesse f\O)'ale monseivaieot
lui
trouver
grand
~
silfnce et au vide imposant du cercle de gneur le Dauphin, fils ainé du roi Charles X,
grand amiral de France. Il avait alors qua- air. !fais celte. blond~
··
famille.
Napol1ta10e avait
~; ~:} ~
Madame l\ople, duchesse d'Angoulème, rante-neuf ans, mais on n'aurait su quel ~ge
" ~-~ ,,
qui portait, malgré sa maturité - elle avait lui donner, tant, par sa ph)•siooomie ingrate; son charme : une
alors quarante-six ans - depuis l'avènement par le trouble de son maintien , par le ma- splendeur de teint .11:, .. ·. '· './...~
merveilleuse , de "Wl '/, ,:A .· .
de son beau-père, le titre juvénile de Dau- laise de tout sein être, il échappait à l'idée
soJeux cheveux
'4-.~-- J)
qu'on
peut
se
faire
de
la
jeunesse
ou
de
la
phine, n'était pas douée des agréments d'esblonds,
le
plus
joli
prit et de manières qui avaient rendu si maturit é. On a loué, et, je crois, très équibras du monde, des
attrayants l'entretien et la familiarité de tablement, la droiture et la loyauté du duc
COSTUME DE BAL
pieds qui, bien
Marie-Antoinette. Elle n'y prétendait pas, d'Angoulème.
1829.
qu'en dedans, faiOn
a
dit
qu'il
était
de
bon
conseil;
il
a
loin de là. Quelque chose en elle protestait
saient
plaisir
à
voir,
contre ces grâces imprudenles auxquelles promé qu'il était capable de fermeté, de tant ils étaient mignons et bien faits. Et
certaines gens, parmi les rO)'alistes, impu- bonté parfai1e. Mais, au point de vue fémi- puis : « hanté, douceur, esprit, gaieté 1, 1 ,
nin où je me place pour parler des cours el
taient les malheurs de la révolution.
1. Chaleauùriancl. Lettre du due de Berry à llarie•
Marie-Thérèse de France, au moment de des salons, il paraissait disgracié et il proCaroline .
duisait
une
impression
qui
n'inclinait
pas
son mariage- à Millau, le 10 juin 1799 -

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ClîcM Giraudoo.

MADAME VICTOIRE DE FRANCE, FILLE DE LOUIS XV
Tableau ' de NATTIER. tillusée de Versailles. )

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L'ES SJU.ONS 'ET LJt COU7( SOUS .LA 'JtëSTAlffl.ATlON

elle portait tout cela sur son visage c:mdide. la Morle, parut sous ses auspices. Elle fit velure, un pantalon et un sarrau de laine
Malgré la timidité qui la faisait rougir et dans les provinces de nombreuses excursions. noire, sans aucun ornement, d'épais chausbalbutier à propos de rien, on sentait qu'elle Enfin elle prit goût à la plage de Dieppe. Elle sons de lisière. Lorsqu'elle sortait du bain,
désirait plaire, et on désirait de lui plaire.
Je viens de dire qu'elle était timide. On
peut se figurer par quelles épreuves la pauvre
princesse avait dû passer en venant seule, à
dix-sept ans, trouver un mari inconnu qui
approchait de la quarantaine t ; un vieil oncle
toujours assi~, toujours auguste, surtout en
famille; une belle-sœur et un beau-frère qui,
n'ayant connu ni les joies de l'enfance ni les
joies de la m1ternité, ne pouvaient, quoi
qu'ils fissent, ni deviner, ni excuser, encore
moins chérir les ignorances, les inadvertances, les inconséquences sans nombre d'une
enfant qui ne se connaissait pas elle-même.
Ses familiarités italiennes aux prises avec
l'étiquette française et l'austérité de la duchesse d'Angoulême amenaient les conflits les
plus drôles. On contait en ce temps-là mille
traits d'ingénuité de la pauvre Caroline, mille
espiègleries de son mari, mille malices du
roi qui la jetaient toute en confusion et divertissaient la cour. On savait que les dames
de la Dauphine s'offusquaient de ses corsages trop peu épinglés, de ses bas de fil trop.
à jour, de ses yeux trop distraits pendant
vêpres, de son cierge trop agité dans sa
main, à la procession, et d'où la cire découCHATEAU DE ROSNY, D'après l'aquarelle de la DUCl!ESSE DE BERRY.
lait sur sa jupe, beaucoup trop courte; mais,
puisque son mari s'arrangeait de tout cela,
il n'y avait trop rien à dire, et lorsqu'on les y vint chaque année pour la saison des bains. dans sa gaine collante et gluante, la plus jolie
vit heureux ensemble, à leur façon, bien- Elle y attira beaucoup de monde. Loin des femme du monde semblait une monstruosité.
veillants et bienfaisants envers tous, en yeux de la Dauphine, elle osa s'émanciper On se baignait néanmoins en vue de la protoutes circonstances, lorsqu'ils donnèrent, davantage, être elle-même, c'est-à-dire en- menade et l'on permettait que les hommes,
dans les frais jardins de l'Élysée, des bals de jouée, un peu frivole, mais bonne et char- du haut de la terrasse, armés de lorgnettes
printemps où tout respirait la joie, on cessa mante. On vil à Sils côtés, el cela plaisait d'opéra, assistassent à l'aller et au retour,
de parler des inconséquences de la princesse. beaucoup, car le peuple aime presque égale- parfois très long, de la tente à la mer et de
Néanmoins, tout en se taisant, on ne la consi- ment les faiblesses du cœur et ses généro- la mer à la tente, où l'on quittait et repredérait pas comme une personne sérieuse. li sités, les deux jeunes filles que son mari nait les vêlements de ville. C'était aussi malfallut la nuit tragique où le poignard d'un mourant lui avait léguées : les filles de l'An- séant que possible. La princesse napolitaine
assassin fit jaillir sur sa robe de fête le sang glaise, comme on disait dédaigneusement à ou bien n'y avait pas songé, ou bien n'avait
de son mari frappé au cœur, pour la mon- la cour. Elle ordonna des promenades en osé risquer sa popularité en touchant à la
trer à tous ce qu'elle était : grande et simple mer, des fêtes dans les ruines du château coutume; toujours est-il qu'elle n'échappait
en son courage, en son amour, en ses dou- d'Arques; elle porta des bijoux sculptés dans pas au sort commun, bien au contraire. Les
leurs, inspirée dans les élans d'une âme vrai- l'i\'Oire et donna ainsi un élan d'émulation lorgnettes croissaient et multipliaient de jour
ment bonne, et telle que personne, jusque-là, à l'industrie dieppoise. Bref, elle se fit aimer, en jour aux endroits où elle s'ébattait dans
ne l'avait su ni comprendre ni deviner.
chérir; elle eut là sa petite royauté, joyeuse les flots. Mais elle n'y prenait pas garde, et
se divertissait avec ses dames, devant ce
La naissance du duc de Bordeaux, célébrée et familière.
par l'Église de France comme un miracle,
Une particularité de la plage de Dieppe, public curieux, à maintes espiègleries d'endonna à la duchesse de Berry, mère de l'hé- c'est la manière dont on y prenait le bain. fant.
Le jour de l'ouverture de la saison, au
ritier du trône, et rentrée au palais des Tui- Point de petites voitures trainées dans la mer,
leries, une situation plus haute qu'elle ne comme à Ostende, mais des baigneurs atti- premier bain, l'étiquette voulait - qui l'avait
l'avait eue auparavant. A l'avènement de trés, attachés au service de l'étalJlissement, établie? je l'ignore - que l'on tirât le canon
Charles X, prenant le titre de Madame, elle qui emportaient dans leurs bras les bai- au moment où la princesse entrait dans la
eut aux faveurs royales une part qui lui per- gneuses, et, s'avançant dans l'eau jusqu'à mer, et que le médecin inspecteur y accommit d'obliger beaucoup de gens. Elle conti- une cerlaine distance, variable selon la marée, pagnàt !'Altesse Royale. Le docteur ~fourgué
nua, comme elle l'avait fait avec le duc de par delà les rudes galets, les plongeaient, - il se nommait ainsi, si j'ai bonne mémoire
Berry, à s'occuper des arts, à protéger les tête première, et les remettaient debout, en - gardait, pour cette grande occasion, son
artistes. Peu à peu, elle reparut en public; équilibre, sur un sable fin, très doux aux plus bel habit de ville, avec un pantalon
on la revit au spectacle, elle se reprit aux pieds. Nous faisions de laides grimaces pen- neuf ; il offrait à la princesse sa main droite
amusements de son âge. Avec l'agrément du dant et après l'opération du plongeon, qui gantée de blanc, comme pour le bal; c'était
roi, elle patronna le théâtre du Gymnase, qui nous laissait les yeux, les oreilles, le nez, à mourir de rire. Ce premier jour passé, la
porta son nom. Une revue du monde élégant, quelquefois la bouche, quand la peur nous princesse reprenait sa liberté; elle se baignait
avait fait crier, tout remplis d'eau salée. Le à sa mode et comme une simple mortelle,
1. e Je suis toujours elfrayé de mes lrenlc-huil
ans, lui écrirnil le duc de llcrry; je sais qu"à dixcostume que nous portions était aussi fort accostant ses voisines, les mettant de la parscpl ans, je trouvais ceux qui approchaient de la
laid : une coiffe, ou serre-tête de taffetas tie. Cette partie consistait principalement en
•1uarantaine bien rieux. » 51 mai 181li.
ciré, qui enveloppait et cachait toute la che- aspersions, en douches de toute espèce, que
Chateaubriand, Mémoire sur le duc de Berry.

�ms T0-1{1.11
la petite main folàtre de l' AILesse inCTigeait
de droite et de gauche, par surprise, à tout
re qui passait à sa portée. Elle exigeait
,qu'on le lui rendit. Attaques et ripostes; cela

faisait tout un petit tapage maritime et de
pensionnaires en vacances qui lui donnait du
plaisir. Le baigneur de la princesse étant
aussi le mien, j'avais plus souvent que d'au-

tres l'honneur du bain royal. Jeune, blonde
et blanche comme Marie-Caroline, comme elle
hardie au jeu des lames et timide à l'entre.tien, point mariée, point présentée, je lui
Ius une compagnie à souhait avec laquelle
elle se sentait tout à l'aise. Elle complimenta
ma mère sur mes beaux cheveux, sur mes
beaux yeux, et me mit ainsi à la mode pour
toute la saison.
Du vivant de son mari, la duchesse de
Berry voyai.l beaucoup avec lui la famille
d'Orléans. Le cercle intime du Palais-Royal
et de Neuilly, plus nombreux, plus jeune,
moins grave que celui des Tuileries, leur
!()laisait à tou;; deux beaucoup. Ils témoignaient au duc de Chartres surlout tant
d'amitié que le public supposait déjà un
projet d'union &lt;fulre le petit prince et la
,petiLe Jlademoiselleencore au berceau . Après
la catastrophe de !'Opéra, la duchesse de
Berry continua de fréquenter les d'Orléans.
Le duc de Cba.rtres grandissant, devenu un
beau jeune homme, lorsqu'on les vit ensemble ouvrir les bals à la cour et dans les
..ambassades, personne ne douta plus du lien
nouveau qui resserrerait un jour leur parenté 1 .
Au château des Tuileries, on en jugeait
autrement. L'entourage du roi et surtout
celui de la Dauphine ne voyaiPUt pas d'un
J,on œil les relations de la mère du dnc
de Bordeaux avec le fils el les petits-fils de
Philippe-~galité. Le duc d'Orléans restait suspect aux ultras. L'émigration, fermée long·tcmps au soldat de Jemmapes el de Valmy,
ne s'était rapprochée de lui que pour La
forme. O □ n'aimait pas son attitude à la
Chambre des pairs, moins encore ses liaisons
avec Talleyrand et Fouché; on mettait à son
comple la conspiration de Didier; on lui
faisait un crime d"oun·ir ses salons aux buonapartistes et aux libéraux. Lorsque parut,
en 1827, la f,elt,·e au duc d'Orléans', les
1. Comme je visitais un jour le cliàteau de Randan,
- c'était en 1853, - j'y "is, au milieu des souvenirs
-Oc famille, une aquarelle représentant le chàlrau de
Rosny, avec celle signature et celle date : Marie
-l'aroline, fecil 1823.

soupçons qui se murmuraient éclatèrent.
On parla tout haut d'un complot organisé
pour substituer aux Bourbons de la branche
aînée les Bourbons de la branche eadelte. Les
choses en étaient à ce point que, dans cette
même année 1827, entrée, comme je l'ai dit,
par mon mariage, dans l'entourage le plus
proche de la Dauphine, je n'osai point, sans
l'agrément de la vicomtesse d' Agoult, accepter
une invitation qui m'était adressée pour un
prochain concert au Palais-Hoyal. Et celle
personne, si réservée d'ordinaire, était si
agitée de soupçons à l'endroit des d'Orléans,
qu'elle se trahit. &lt;&lt; Je n'aime pas ces genslà, 1J s'écria-t-elle avec un accent singulier;
puis, se reprenant aussitôt et se calmant,
€-lie prononça qu'il n'y avait pas à balancer;
qu'on ne refusait pas de se rendre, quand on
était prié, chez les cousins du roi; que cette
invitation, qui me prévenait gracieusement,
devait être tenue, nonobstant certaines compagnies qui se rencontraient au Palais-flo)·al,
à très grand honneur; et qu'enfin Madame la
duchesse d'Orléans était une personne fort
pieuse.
Les réunions du Palais-Royal étaient, en
effet, comme l'insinuait ma tan le, fort mêlées
et déparées de bourgeois que l'on ne voiait
pas aux Tuileries. Le faubourg Saint-Germain
se plaignait dece mélange. J'entendis un jour
la vieille duchesse de Damas dire, en revenant
&lt;l'une de ces soirées : (&lt; On n'y f'Onnaissait
personne )&gt;. Ce personne se composait d'une
infinité de gens illustres déjà, ou qui devaient
sous peu s'illustrer, et que la révolution prochaine allait porter au pouvoir.
Je me rencontrai au Palais-Royal avec
toute cette haute bourgeoisie que Ic journalisme, le barreau, ]a tribune el les lettres
signalaient et saluaient déjà comme l'élite de
la nation. Je vis là, sans aucun doute, MM. Laffitte, Royer-Collard, Casimir Perier, Thiers,
Guizot, Odilon-Barrot, les frères Bertin, etc.
Je dis sans doute parce que la société à laquelle j'appartenais, faisant toujours partout
bande à part, affichant l'insolence suprême
de la non-c11riositê envers les gens nouveaux, je ne SU5 point mettre les noms sur
les visages inconnus que je voyais passer, et
n'osai les demander, de peur d'inconvenance.
Le duc d'Orléans et sa sœur, Madame Adélaïde. causaient beaucoup, longuement, sérieu2. Le duc d'Or!Cans rlésavoua relte lettre; rauleur.
)1. Cauchois-Lcmaire, fut poursuivi dernnl les tribunaux et condamnê à deux mille francs d·amcndc.

sement, à ce qu'on pouvait croire, avec les
hommes, dans ces grandes réunions dansantes ou musicales; Madame la duchesse
d'Orléans, entourée de son beau cortège d"enfants, faisait le tour des salon5 et disait à chacun un mot aimable.
Le duc de Chartres, avec ses dix-huit ans,
s'essayait à (aire la cour aux dames. On
disait qu'il s'y prenait bien. On vantait sa
bonne éducation, Lien que faite en partie
dans les collèges, ce qui semblait déplorable.
Son abord prévenait en sa fa'"eur. Grand,
svelte, élégant, simple dans sa mise, réservé
dans ses manières, le duc de Chartres, avec
ses che\"eux blonds, ses yeux bleus, son teint
pâle, avait l'air d'un jeune gentleman plutôt
que d'un prince français. JI causait déjà très
bien, d'un ton très doux. Cette année même,
il commençait d'aller dans le monde, chez
les ambassadeurs, chez les ministres et dans
quelques salons des deux faubourgs . li y fut
vite à la mode, comme on pf'ut croire. Les
femmes qu'il distinguait s'en firent honneur.
On lui supposa des bonnes fortunes, et rien
ne parut plus naturel.
Par un singulier hasard, il se rencontra
que l'année même où le duc de Chartres paraissait pour la première fois dans le fauhourg Saint-Germain, on y vit en même
temps un autre jeune homme très beau, très
élégant, bienvenu des femmes, lui aussi, d'un
sang glorieux, d'une naissance romanesque,
qui attirait à la fois la curiosité et la sympathie: c'était le fils de la belle comtesse Walewska, le jeune comte Walewski . De même
àge, à quelques mois près, que le duc de
Chartres - ils élaient nés tous deux dans
l'année 1810 - il était un peu moins grand,
mais, comme lui, mince et svelte. Il dansait
à merveille. JI valsait comme un étranger,
comme un Sldve, avec une grâce innée, une
verve que n'acquièrent jamais nos Pa.ri~iens .
Cette qualité d'étranger le servait, sa naissance encore plus, ses beaux )'eux bruns, son
sourire rêveur et jusqu'à son léger accent
quand il « DISAIT n'A\IOUR ». Pendant plusieurs
hivers, il partagea avec le duc de Chartres plus tard duc d'Orléans - les bonnes grâces
des femmes et l'empressement des salons. La
mode hésitait entre ces deux jeunes rivaux,
entre ces deux charmants cavaliers, à peine
hors de page. La mort n'hésita pas. A quinze
ans de là, elle fit son choix, sûr et rapide.
En emportant le duc d'Orléans, elle emportait
tout un règne.

( A suivre. )

DANIEL

Napoléon vendu aux Anglais

1
1

STERN

Le baron Denon avait, parait-il, coutume
de répéter à ses collaborateurs que le premier
devoir d'un conservateur de musée est de
considérer « comme son propre bien l&gt; les
collections confiées à sa garde.
Celte profession de foi d'un honnête homme
s.'est depuis lors piemement transmise, et
sans contresens, chez les fonctionnaires chargés d'augmenter notre patrimoine artistique;
aujourd'hui seulement, on s'aperçoit que le
mot prêtait à l'amphibologie et que du meilleur conseil suivi à la lettre résultent des
effets désastreux. L'exception est unique sans
doute; maintes fois no;, conservateurs de
musées ont poussé jusqu'à l'héroï-5me le zèle
administratif et bon nombre d'eux ont passé
par de rudes épreuves. Je sais un dossier
d'archives plein d'éloquence; il date de la
Restauration. Dès la rentrée des Bourbons,
les commissaires des puissances étrangères
s'avisèrent que notre Louvre s'enrichissait
indiscrètement depuis vingt ans du fruit de
nos conquêtes et qu'il se faisait temps de
réintégrer à Vienne, à Brunswick ou à Munich les chefs-d'œuvre que les armées victorieuses de la République et de l' Empereur
a\'aient apportés à Paris dans leurs bagages.
Ces commissaires, choisis avec intelligence,
étaient connaisseurs et s'étaient munis d'avance de la liste des tablf'aux, bronzes, marbres et objets d'art qu'ils étaient chargés de
réclamer. Le comte de Pradel, directeur général du ministère de la maison du roi, et le
comte de Forbin, directeur général des musées
royaux, tentèrent bien une timide résistance;
ils prétendirent ignorer la provenance des
objets d'art confiés à leur responsabilité; ils
alléguèrent l'excuse de leur nouveauté dans
le service et l'obligation de remf'tlre à leurs
successeurs les collections dans l'étal où ils
les avaient reçues; mais les alliés n'étaient
pas gens à se contenter de ces fadaises; en
leur qualité d'alliés, ils agissaient comme
chez eux; ils avaient conquis Paris et ne se
souciaient pas de reconduire vides ces fameux
fourgons qui leur avaient servi « à ramener
les Bourbons ll.

( MADAME o'AGOULTJ.

•
JI semble que le pillage commenç, à Compiègne. Le 18 juillet 1815, Pradel fut avisé
par un gardien accouru en émoi que les officiers supérieurs saxons logés au château em~
ballaient cinq tableaux qu'ils croyaient bien
reconnaitre pour apparlenir à leur souverain.
Il fil atteler sa chaise et partit aussitôt pour
Compiègne. Il n'y était pas depuis une heure
qu'une estafeue lui apportait la nouvelle que
des Prussiens casernés à Saint-Cloud décro-

chaient un Rembrandt el faisaient main basse
sur les portraits de Napoléon et des membres
de la famille impériale. De ceux-ci, il n'y
a\'ait rien à dire : c'était. vu l'époque, un
débarras; mais le Rembrandt! Vite Pradel se
fit conduire à Saint-Cloud. Le château était
la proie des étrangers; les serviteurs avaient
été licenciés; pas un gardien, pas un surveillant. Il réclama le secours des gendarmes : il
n'y avait plus de gendarmes. Comme on suspectait leur opinion politique, on les avait
tous expédiés sur la Loire, à la suite de
l'armée impériale. Le malheureux directeur
de la maison du roi fut réduit à armer les
gardes forestiers du parc, qu'il installa dans
le château en leur commandant d'y soutenir
au besoin un siège, si les prétentions des
vainqueurs se manifestaient de nouveau. Un
peu tranquillisé, il rentra à Paris.
Mais là, ]es commissaires l'attendaient; il
fallut bien leur ouvrir la porte du musée, et
tout de suite, ils firent leur choix. La cour
du Louvre était encombrée de fourgons où
venaient s'entasser les toiles des maitres et
les marbres antiques. On procédait à l'aveuglette; on proposait des échanges . c&lt; Passezmoi ce Murillo, je vous cède ce Tilien. - Je
laisse ce Van Ostade et j'emporte ces deux
Lancret. ... )&gt; D'un bout à l'autre de la galerie, on marchandait, on clonait des caisses;
les consenateurs affolés perdaient la tète;
quelques-uns pleuraient; d'autres s'indignèrent. Le 50 septembre, M. L. Casta, commissaire de S. 1\1. le roi de Sardaigne, est surpris arrondissant sa pacotille de deux tableaux
jadis régulièrement achetés et payés par le
musée. Les gardiens s'opposent à la sortie
des colis, exigent un ordre, préviennent leurs
chefs. Casta se retire en maugréant; une
heure plus tard il reparaît, accompagué d'un
aide de camp du gouverneur prussien de
Paris, le général Muflling. L'Aiiemand tempête, menace, parle d'enfoncer les portes el
d'appeler une compagnie de ses soldais : « JI
fera arrêter et conduire à la grand'garde
tous les administrateurs .... &gt;&gt; Il fallut céder.
On oblint à grand'peine de remettre au lendemain l'examen des tableaux en litige.
En apprenant que C( leurs amis les ennemis » ne se gênaient pas, les émigrés rentrés
suivirent l'exemple : à tous le séquestre ou
la conÛ:ication révolutionnaire avaient pris
quelque chose, et les revendications affluèrent. L'un réclamait les portraits de ses ancêtres, ou à défaut, des tapisseries pour
garnir les murs de son hôtel; l'autre se plaignait de la disparition d'un service de porcelaine de Chine; à celui-ci on avait volé un
lustre; celui-là retrouvait sa maison vide et

sollicitait un mobilier d'art; on devait à ces
quéma~deurs montrer mine aimable et visage
compahssant, car tous étaient chaudement
appuyés et se recommandaient des plus influents personnages. Le duc d'Orléans fut
discret : il se contenta d'abord de réclamer
un tableau de l'ancienne galerie de son père,
le !tlarty1·e de sainte Félicité, par Giroust,
« dont les figures étaient des portraits des
ducs de Chartres et de Montpensier, du comte
de Beaujolais et de Mlle d'Orléans ,,.
Aux TuilC'ries rnèmes, les prétention~
étaient d'un autrP. ordre : il fallait, au plus
vite, nettoyer le château des effigies de l'usurpateur qui le profanaient. Dès 1814, on avait
déménagé en hàte tous les portraits de Buonaparte et tous les tableaux rappelant ses ·
victoires; on les avait remplacés par des toiles
ou des tapisseries apportées de Versailles, ou
plus rapidement encore par du papier uni ou
du velours tendu sur châssis; même on avait
descendu, à grands_ frais, le plafond de la
salle du Conseil d'E1at, dont les allégories
choquaient les yeux royalistes . Ce labeur était
terminé dans les derniers jours deférrier 1815.
L'empereur revint; vite, il fallut raccrocher
les tableaux el remettre les batailles en place.
Waterloo interrompit Ja besogne, et tout de
suite on relégua au galetas les effigies impériales .... Les tapissiers ne chômaient pas en
1815 et les emballeurs faisaient fortune.

Pourtant il existait au Louvre, dans une
salle voisine des antiques, un buste de Napoléon difficile à escamoter; c'était un marbre
colossal, de Canova, haut de deux mètres et
demi et pesant sept mille kilogrammes. On
avait bien eu l'idée de le vendre, mais à qui?
Le grand empereur élait en bais~e, même
chez les brocanteurs; d'ailleurs la ~ièce était
d'un tel volume, et si connue, qu'on ne pouvait s'en défaire discrètement. M. de Forbin
eut un trait de génie : puisque les Anglais
s'étaient chargés de débarrasser le monde de
l'original, ils n'hésiteraient pas, sans doute,
à débarrasser aussi le Louvre de son effigie.
On tâta l'ambassadeur de S. M. Britannique,
lequel consulta son gouvernement, et l'on
tomba d'accord assez rapidement. L'Angleterre consentait à acheter, moyennant 66.000
francs, Je marbre encombrant ; la France se
chargeait de tous les frais d'emballage et de
transport, moins la prime d'assurance que
les Anglais consentaient à payer ; il était
stipulé. en outre, que l'énorme buste serait
adressé au marquis d'Osmond, ambassadeur
de Louis XV Ill à Londres, et débarqué comme

�•

- - - fflST0'1(1JJ

marchandise française sur les quais de la On employa un jour à traîner ce coffre giganTamise, où, dès la livraison, on échangerait tesque, sur des rouleaux, à force de cabesdécharge et quittance.
tans, jusqu'aux guichets du Carrousel; il
L'affaire, ainsi conclue, ne fut pas ébruitée. resta là durant toute une nuit; le lendemain
On convoqua au Louvre un emballeur auquel on entreprit de le tirer jusqu'au port Sainton recommanda le secret; il prit ses mesures, Nicolas. Les Parisiens qui s'amassaient pour
établit un échafaudage et commença la cons- voir les ouvriers manœuvrer cette boite imtruction de la caisse; une caisse immense, en mense et si lourde, ne se doutaient guère
cœur de chêne, qui devait peser, à elle seule, qu'elle contenait l'empereur, livré pour la
presque autant que le malencontreux bibelot. seconde fois aux Anglais. Le soir du deuxième
Ce fut une rude besogne : les travaux de jour, la caisse était arrimée à bord d'un bacharpente durèrent plus d'un mois; il ne teau appartenant au marinier Deriberpray,
fallut pas moins d'une semaine pour y intro- avec lequel on avait passé un traité moyennant
duire l'usurpateur de marbre, qui s'y trouva 480 francs. Le colis devait être transbordé à
enfin installé, calé, encastré, inébranlable. Rouen et gagner de là le Havre, où on l'emOn rabattit sur lui le couvercle, dûment cloué barquerait pour l'Angleterre. Tous les détails
et vissé, et ce jour.là les conservateurs, bons de l'opération sont consignés en de nombreux
royalistes, respirèrent : il leur semblait avoir rapports contenus dans le carton 0' 1450 des
scellé pour jamais au cercueil l'insolente Archives nationales.
effigie, et l'homme néfaste, et sa légende.
Mais à Rouen, nouvel embarras : la grue
Depuis ce moment le nom &lt;lu personnage du port n'était pas assez forte pour soulever
ne lut plus une fois prononcé : la chose de- un pareil poids; il fallut recourir à l'industrie
vint le « colis n, la &lt;( caisse lJ, le &lt;1 fardeau &gt;&gt;, privée et le transbordement s'effectua non
l' &lt;&lt; appareil n.... Le contenu resta anonyme. sans peine. Tous les débardeurs qui y prirent

+

part, tous les badauds qui y assistèrent s'informaient de ce que pouvait contenir ce colis
de dimensions et de poids insolites; à tous il
lut répondu qu'on l'ignorait; et de lait, il
paraît bien que seuls les conservateurs du
musée, les emballeurs, le maire du Havre,
et l'ambassadeur de France à Londres furent
mis dans la confidence.
Le voyage dura quatre mois; parti du
Louvre le 1" avril, le fardeau lut déposé le
50 juillet sur les quais de la Tamise. On ouvrit la caisse; le marbre était intact; il apparut dans sa blancheur de spectre, avec sa
lèvre dédaigneuse, son front limpide, ses
yeux de marbre sans prunelles .... Tout bien
considéré, ça valait l'argent; lord Hamilton,
sous-secrétaire d'État aux affaires étrangères,
signa la traite de soixante-six mille francs,
ainsi qu'on était convenu, et la somme, versée
dans la caisse du musée, lut employée à
l'aménagement de la salle des antiques el à
réparer les dégâts occasionnés dans la galerie
des tableaux par les opérations des commissaires étrangers.
T. G.

•
La marqutse
de Rambouillet

Madame de Rambouillet pouvait avoir
lrente-cinq ans ou environ, quand elle s'aperçut que le feu lui échauffait étrangement le
sang, et lui causait des faiblesses. Elle qui
aimait fort à se chauffer ne s'en abstint pas
pour cela absolument; au contraire, dès que
le froid fut re,·enu, el1e voulut voir si son
incommodité continuerait; elle trouva que
c'était encore pis. Elle essaya encore l'hiver
suivant, mais elle ne pouvait plus s'approcher du feu. Quelques années après, le soleil
lui causa la même incommodité: elle ne se
voulait pourtant point rendre, car personne
n'a jamais tant aimé à se promener et à considérer les beaux endroits du paysage de
Paris. Cependant il fallut y renoncer, au
moins tandis qu'il faisait soleil, car, une fois
qu'elle voulut aller à Saint-Cloud, elle n'était
pas encore à l'entrée du Cours qu'elle s'évanouit, et on lui voyait visiblement bouillir le
!-ang dans_ les veines, car elle a la peau fort
délicate. Avec l'àge son incommodité s'augmenta; je lui ai vu un érysipèle pour une
poèle de feu qu'on avait oubliée par mégarde
sous son lit. La voilà donc réduite à demeurer
presque toujours chez elle, et à ne se chauffer
jamais. La nécessilé lui fit emprunter des
Espagnols l'invention des alcôves, qui sont
aujourd'hui si fort en vogue à Paris. La compagnie se va chauffer dans l'antichambre.
Quand il gèle, elle se tient sur son lit, les
jambes dans un sac de peau d'ours, et elle

dit plaisamment, à cause de la grande quantité de coilîes qu'elle met l'hiver, qu'elle devient sourde à la Saint-Martin, et qu'elle
recouvre l'ouïe à Pàques. Pendant les grands
et longs froids de l'hiver passé, elle se hasarda de faire un peu de feu dans une petite
cheminée qu'on a pratiquée dans sa petite
chambre à alcôve. On mettait un grand écran
du côté du lit, qui, étant plus éloigné qu'autrefois, n'en rece\'ait qu'une chaleur fort
tempérée. Cependant cela ne dura pas longtemps, car elle en reçut à la fin de l'incommodité; et cet été qu'il a fait un furieux
chaud, elle en a pensé mourir, quoique sa
maison soit fort fraiche.
Personne ne fut plus aimé de ses gens, ni
des gens de ses amis, que madame de Rambouillet. Il y a deux ans ou environ, que
M. Patru m'en rapporta un exemple illustre.
li soupait à l'hôtel de Nemours avec l'abbé
de Saint-Spire, qui est à M. de Nemours,
alors M. de Reims. Cet abbé va souvent à
l'hôtel de fiamhouillet; ils parlèrent fort de
la marquise. Un sommelier, nommé Audry,
qui était là, voyant que M. Patru était aussi
des amis de madame de Rambouillet, se vient
jeter à ses pieds, en lui disant: cc Monsieur,
« que je vous adore! j'ai été douze ans à
Cf M. de Montausier; puisque vous êtes des
Cf amis de la grande marquise, personne deC( vant le soir ne vous donnera à boire que
« moi. ll

Madame de Rambouillet est un peu trop
complimenteuse pour certaines gens qui n'en
valent pas trop la peiine; mais c'est un défaut_ que peu de personnes ont aujourd'hui,
car il n'y a plus guère de civilité. Elle est un
peu trop délicate, et le mot de teigneux dans
une satire, ou dans une épigramme, lui
donne, dit-elle, une vilaine idée. Cela va dans
l'excès, surtout quand on est en liberté. Son
mari el elle vivaient un peu trop en cérémonie.
llors qu'elle branle un peu la tête, el cela
lui vient d'avoir mangé trop d'ambre autrefois, elle ne choque point encore, quoiqu'elle
ait près de soixante-dix ans. Elle a le teint
beau, et les soues gens ont dit que c'était
pour cela qu'elle ne voulait point voir le feu,
comme s'il n'y avait point d'écrans au monde.
Elle dit que ce qu'elle souhaiterait le plus
pour sa personne, ce serait de se pouvoir
chau/Ter tout son saoul. Elle alla à la campagne l'automne passé, qu'il ne faisait ni
froid ni chaud; mais cela lui arrh·e rarement,
et ce n'était qu'à une demi-lieue de Paris.
Une maladie lui rendit les lèvres d'une vilaine couleur; depuis elle y a toujours mis
du rouge. J'aimerais mieux qu'elle n'y mit
rien, Au reste, elle a l'esprit aussi net et la
mémoire aussi présente que si elle n'avait
que trente ans. Elle lit toute une journée
sans la moindre incommodité, et c'est ce
qui la divertit le plus.
TALLEMANT DES RÉAUX.

...- 3r6 ....

FÊTE DE NUIT DANS LES JARDINS DE TRIANON,

sous

LOUIS

XVI. -

Tableau de E.-L. C!IATELET. (Musée Carna,alet.

-

Don de M. JACQUES

DuocET.)

FRANTZ FUNCK-BRENTANO
dj,,

L 'Affaire du Collier
CHAPITRE XXI

Un supplément
aux , Mille et une Nuits » (suite).
Si l'on songe à la dépréciation que les diainants avaient subie du fait d'avoir été enlevés de la parure, du fait d'avoir ' été endommagés ~ar celui qui les avait dessertis et par
le rabais que La Motte consentait, dans sa
hâte à. s'en défaire, on voit que la majeure
parti~ du collier fut par lui vendue, échangée
ou laissée entre les mains des bijoutiers Gray
et Je/Terys. De son côté, Mme de la !lotte
vend des diamants à Paris, en mars 1785,
t. Note de la main de Mme de la ·Motte au verso de
l'état du linge donne par elle â sa blanchisseuse le

pour 56 000 livres au joaillier Paris. En avril, parures. l!;t comme Régnier s'étonne de cette
elle profite de la présence chez elle de Fi lieux, quantité de diamants :
avocat et liculenant en l'élection de BarC( _C'e5t un ~deau qu'on m'a fait pour un
sur-Aube, qui était son homme de confiance, service essentiel et une place que j'ai fait
pour lui faire vendre à un bijoutier de ses avoir dans l'Amérique. »
cousins pour 50000 livres de diamants•.
Au mois de juin, elle lui en porte encore
D'autres sont Yendus à des juifs par son pour 16 000 livres, lui disant celle fois qu'elle
neveu de La Tour, fils de l'ancien contrôleur est chargée de les vendre pour une Je ses
. au vingtième, jeune officier de dragons, âgé amies. Elle se libère en diamanls d'une dette
de dix-sept ans. Elle avait une dette de contractée chez &lt;&lt; le sieur Mardoché, rue aux
f2 650 livres chez Régnier, son joaillier, dont Ours )). Dès le mois de février encore, c'estelle s'acquitte dès le mois de février, non en à-dire aussitôt après la livraison du collier,
espèces, mais en diamants. De plus, ~lit: lui en elle achète, payant toujour~ en diamants, des
vend pour 27 540 livres et lui en confie pour chevaux, des voitures, des livrées, deux pen50 000 livres afin qu'il en compose diverses dules, dont l'horloger Furet reçoit 5 700 livres
15 aoùt 1785) Àl'c/i. nat., X1 , B/ 1417 et Bibl. uat.,
en_ deux hrill~nls, « deu~ pots à oille ll, qui
ms. Joly de Fleury 2088, fo -301 v• .
lm sont fournis par un Juif. Et, malgré tous

�~---------------------------------

111STO'J{1.ll
ces diamants répandus de Loule part, 11égnier
voit encore chl'z elle un écrin de brillants
qu'il estime à 100 000 livres pour le moins,
et le comte de la Motte en conserve de son
côté par devers lui pour 50 000 li ires 1 • C'est
donc le collier tout entier que nous pouvons
suivre dans sa dii::persion par Jeanne de Valois el son mari entre les mains des marchands de Paris et de Londres et dont nous
trouvons les restes dans leurs propres écrins .
On ne s'étonnera pas que Mme de la Motte
ait ju~é qu'une nourelle absence du cardinal
de fiohan fût nécessaire à cc moment. On vit
donc arrÏ\'er une nouvelle petite lettre bordée
d'un liséré bleu. « Ces billets, dit George!,
étaient entre les mains de Mme de la Motte
la ba~:uelle enchantée de Circé. l&gt; &lt;! Votre
absence, disait la reine, de,·ient nécessaire
aux: mesures que je crois devoir prendre pour
vous placer où vous dernz être. 1&gt; Jeanne préparait d'autre part l'opinio:1 à son brusque
changement de fortune, en annonçant à tous
que son mari re,enait d'Angletnre après
avoir fait aux courses des gains importants.
Le mari revient de LondreS" dans la nuit
du 2 au 5 juin, et, comme sorlant de terre,
ce sont des chevaux, des li\'rées, des carrosses, des meubles, des bronzt&gt;s, des marbres,
des cristaux, un luxe éblouissant. Les visiteurs
s'amusaient rue Saint-Gilles d'un oiseau automate qui chantait en battant des ailes. La
comtesse l'avait é,·hangé contre un diamant de
1500 livres. Un mobilier immense estimé à
plus de 80 000 livres, est envoyé à Bar-surAube : quarante-deux voitures de rouliers y
arrivent à la file. C'est le Père Loth qui a surveillé l'emballage, dirigé le départ. Tessier,
tapissier de la rue Saint-Louis, a fourni des
étoffes, tentures, tapis pour 50 000 francs;
Gervais, Fournier et Héricourt, du faubourg
Saint-Antoine, ont vendu les meubles meublants; Chevalier les stators de bronze; Adam
les marbres; Sikes les cristaux. On admirait
un lit de velours cramoisi, garni de crépines ·
et de galons d'or, semé de paillettes et de perles. La valeur de l'argenterie al teint 50 000 livres, et celle d,s bijoux 15 000. Les époux
La Motte eurent à llar-sur-Aubl:! six voitures
et douze chevaux. Jeanne aimait surtout son
&lt;t cabriolet léger, fait en forme de ballon et
élevé do plus de dix pieds ".
Et la comtesse a placé 120 000 livres chez
un notaire à Paris, M• La Fresnaye, 80 000 sur
le clergé de France, 60 000 en billets de la
caisse d'escompte'.
Elle avait fait son entrée dans la petite
ville, précét.lée de plusieurs courriers, assise
à la droite de son mari dans sa berline anglaise peinte en gris perle avec armoiries,
doublée de drap blanc, les coussins et tabliers
en taffetas blanc : les armoiries étaient aux
1. Confronlation du P. Lolh au ca rdinal de Rohan
16 mars 1186. Arch iwl.. xi, 13/1411.
'
'2. RenseignemenLs donnês par fillem:, l'homme
d'alfaires dé lime de la Molle, il l'inspecteur Surbois.
Arclt. des Afl'. élra11g., Mem. et docum., France 1309,
rOI 181·186.
3. Arch. nal., X', B/1417.
4. Inventaire des objets laissés dans leur maison de
Bar-sur-Aube par le C'°lmte el la comtesse de la llolle,
fait les 9, to et 12 septembre, Arclt, nat., ~1, 8/1417.

armes des Valois avec la devise: Rege ab avo
sanguinem., nomen et Lilia - du roi l'ancêtre, je tiens le sang, le nom rl les lis. L'attelage se composait de quatre juments anglaises
à courtes queues. Des laquais par derrière,
et, sur le marchepied, pour ouvrir la porte,
&lt;t un nègre couvert d'argent de la Lêle aux
pieds "· Plus étonnants encore étaient la bijouterie et le trousseau de Madame, la rivière de
diamants, la parure de topazes. les robes en
pièces brodées de Lyon. Voici la description
de l'une d'elles d'après un inventaire d'huissier qui ne se répand pas en exagérations poéliques : « Satin blanc, brodé or et argent et
soie de différentes couleurs, avec guirlandes
et épis, lesdites guirlandes entourées d'ùn
velours noir el de plumes et bordées de blondes (dentelles) chevillées avec bouquets détachPs de différentes soies 3 • »
Quant au comte, il avait à tous les doigts
des bagues ornées de rubis et d'émeraudes,
et se promenait avec trois ou quatre chaînes
de montre sur l'estomac. Voici sa garde-robe:
un habit de satin, veste et cu]otte, mouchetés
blanc el noir; un autre des quatre saisons en
velours; un autre de printemps et d'automne
en velours, les boutons en diamants; habit et
culotte de velours cramoisi en broderie de
Lyon, pailletés d'or, boutons en or ciselé,
veste de satin brodée pareillement en or; un
habit frac de talfelas flambé de différentes
couleurs ; un habit de drap couleur de crapaud, boui.Ons dorés a la turque; un frac de
soie cannelée boutons d'argent, à soleils, avec
des diamants autour; un frac de taffetas ce-

en drap de soie, brandebourgs de soie et boutons pareils, veste et culotte pareilles; un
babil de mousseline en soie r,1Jée et flambée,
boutons pareils; un habit de soie camelot à
brandebourgs, boutons pareils; un habit de
drap vert galonné or et argent, parement et
collet de velours cramoisi, boulons en corne
de cerf; un habit couleur vert de mer, boutons de cuivre jaune; un frac de drap flambé
en brun, doublé en soie, boutons de cuivre
doré; un habit couleur chair, brodé, en soie,
avec sa veste et sa culotte; un frac en soie
rayée cannelé bleu; un habit &lt;le drap de coton
chamarré ; - ceci sans compter les vêlements
que le comte de la llotte emporta en Angleterre et qui ne se trouvent pas dans cette liste,
sans compter les mouthoirs en baliste garnis
de malines, les manchettes et jabots en point
d'Angleterre, les chemises en toile fine, tous
Jes accessoires de la toilette et tous les vêtements ordinaires, vêtements de mairnn, robes
de chambre, etc.•.
Et Rétaux de Y,llette, de son coté, apparait
subitement dans un grand état d'opulence•.
Le comte et la comtesse donnaient fêtes sur
fêles, réceptions sur réceptions. lis tenaient
table ouverte. On dinait chez eux lors même
qu'ils n'y étaient pas. Le luxe dans la maison,
en vaisselle plate ~t en valetaille, était Lei que
les gens du pays n'avaient jamais rien vu de
pareil; mais ils avaient tous connu la misère
de Nicolas de la Motte et celle de Jeanne de
Valois. Aussi, comme l'observe Beugnot, qui
était à ce moment à Bar-sur-Aube, on ne
s'abordait plus dans la rue qu'en se demandant quel était ce supplément aux Afi/le et

une Nuits 6.

rise; un frac de drap pistache; un habit noir

Encore leur maison de la rue Saint-Michel
ne leur suffisait plus. La comtesse de la Motte
hésitait dans ce moment à acheter une terre
dans le Bar-sur-Aubois d'une valeur de trois à
quatre cent mille livres. « Je sais, écrira
l'inspecteur Surbois, que, dans ces dispositions,
le comte de la Motte s'est rendu à Servigny,
proche Essoyes, pour a,,oir cette terre; mais
qu'elle lui a paru d'une valeur trop peu
importante. 1&gt;
Ces faits contribuent à faire comprendre
Jeanne de Valois. Si grande qu'ait pu être la
somme d'argent qu'elle venait Je se procurer,
ses dépenses étaient sans mesure aucune.
Songeait•elle à la vie courante, au lendemain'?
Un collier d'un million de livres lui tomberait-il entre les mains chaque mois? Nous
retrouvons ici la mendiante qui passe de la
misère à un luxe disproportionné. De proportion, d'ordre et de mesure, elle n'en pouvait
avoir; nulle éducation, nulle habitude dans la
vie de famille ne lui en avaient donné.
A son tour elle est donc assise parmi les
coussins de satin bleu turquin, dans un car-

Cet inventaire est précieu1, non seulement par les détails qu'il contient, mais parce qu'il permet de contrôler, en en montrant l'exactitude, les descriptions que
Beugnot fait dans ses Mémoires. racontant à celle
dalc la ,,ie des époux La Motle à Bar-sur-Aube.
5. Bibl. nal.. ms. Joly de Fleury 2088, f0 178 v0 •
6. Cès faits, d'après un rapport de l'inspccteur Surbois. rédigé à Bar-sur-Aube en date du 16 septembre
1785 (Arck des Aff. élrm1g .. llêm. et docum.,
~~rance 1309, r"" 181-186), tl'après Dcugnot et d'aprCs

l'auteur de, \'lltslo_ire a1!tl1entique (ces derniers se
trouvèrent I un el l autre a cette date l Bar-sur-Aube),
el d'!tprès les informations recueillies pour son plaidoyer
par M• Target {IJibl. v. de Parit, ms. de la réser,·e),
le tout contrôlé par l'imentaire des 0-1'.! dëc. (Arch.
11al. X2 , B/1417) . Encore cet inventaire n'est-il pas
eomPlet, une grande partie des effets, et les plus précieux. a,·anl été, les uns mis à l'abri par les La Molle
chez Jeù'l'5 parents de Surmont, les autres emportés
par le comte en Angleterre.

""' 318 ....

~os~e à six chevaux. la petite mendiante qui,
Jadis, ~relouant de froid, suivait de ses grands
yeux effarés les dames portées, comme en des
nids de soie et de dentelles, dans leurs voitures brillantes, bruyantes, roulant sur le pavé
du roi.

biens ». Un jour elle refusa de laisser vendre
le peu qui lui en restait. Et Bette de la mettre
sur-le-champ au couvent de Sainte-Catherine
à Saint-Omer, pour aller chercher meilleure

Bette d'Étienville,
bourgeois de Saint-Omer 1 •
Mme de la Molle était en possession du
collier depuis le l" février 1785.
Quelques jours après, le 8 ou le 9 du
même mois, un certain Bette d'Étienville,
venu de Saint.Omer pour soUiciler le privilège
des almanachs chantants et qui fréquentait,
dans les clubs naiSsants, les gazetiers et les
nouvellistes, fut abordé au café de Valois, sur
les jardins du Palais.Royal, par un particulier
qui dit s'appeler Augeard et ètre l'intendant
d'une _dame de qualité. « Ses cheveux blonds,
dit d'Etienville, commençaient à blanchir. Il
était peu chargé d'embonpoint. li avait !'oeil
ouvnt et bleu et la taille un peu au-dessus
de l'ordinaire•. "C'était Rétaux de Villette'.
Connaissance fut bientOt faite. Ap.rès avoir
obtenu la promesse d'une confiance illirnilée,
d'une docilité sans borne et d'une discrétion
à toute épreuve, l'intendant Augeard déclara
à son compagnon qu'il allait faire rn fortune.
Le compagnon en avait besoin.
Jean-CharlE:_s-VincPnt Ilette, qui signait :
« de Bette d'Elicnville, bourgeois, vivant noblement de ses biens en la ville de SaintOmrr &gt;&gt;, était un jeune homme de vingt-sept
ans, au regard doux, fils d'un ouvrier tireur
de pierres b)anches, qui n'a,·ait jamais eu
denier vaillant. Après des études en chirurgie
à Lille, - on sait à quel point ces études
étaient alors rudimentaires, - il avait obtenu
le brevet de sous-aide-major dans les hôpitaux de l'armée. On contait l'histoire de ses
noces avec une vieille demoiselle. Le jour
était fixé, quand Bette, allant à la comédie,
vit jouer Nanine. Le rôle de la baronne
d'Olban le frappa. Si j'allais épouser une baronne d'Olban ! idée qui l'elfraie. Il se cache
chez un ami el part le lendemain pour Li He;
mais la future, instruile de ses démarches,
s'était placée dans la diligence, si bien qu'au
point du jour Bette trouve sa &lt;( promise &gt;&gt; à
ses côtés. L'affaire s'arrangea : l'un n'était
effrayé que du mariage, l'autre décidée à s'en
passer. lis arrivent l'hez la mère de Bette, se
disent mariés, vivent ensemble. Or la demoiselle était réellement un peu baronne d'Olban.
Elle tracasse, la mère se plaint et Bette, pour
se débarrasser, dévoile le mystère;· mais la
mère était scrupuleuse et les fit se marier.
Le galant demeura auprès de sa lemme
dix-huit mois, « vivant noblement de ses
, '-. Voi.r le!l numbreux mémoires rédigés par Belle
d Ehcnv1lle, le baron de Fages, le comte de Précourl
l'abbé ~lulot1 et e~ntre eux,. Pn faveur de Loque cl
Vaucher; pms les rn!errogatmrcs rt confront.ntions des
tP.moifü.et accusés, au~ 1rch. nat., X1 , D/1411, les
déclarations de Dette d Et1ennlle qui se lrou,•cnt dans
le dossier Target, Bibl. v. dP Pari,, ms. dP. la rêserve; les lellres relatives à l'affaire Bette d'Etien-

V Arr.1u1re vu Co1.1.œ~ - - ~

s'il est militaire, la plaœ qu'il demandera,
celle-ci serait-elle occupée. n Une seule condition était exigée en retour,. que le f!Cntilhomme en question fùt de noblesse authentique et qu'il produisît ses titres afin qu'on
les pùt examiner avant d'aller plus a,,ant.
« J'acceptai, dit Bette, ces propositions
avec transport. n Le jour mème il se met en
campagne, s'adre~sant en premier lieu au
comte Xavier de Vînezac, capitaine d'infanterie attaché au maréchal de füilly, mais qut
ne fournit par les titres dt-'mandés. 11 n'est
pas plus heureux auprès de M. de LaurioVissec, avocat au Parlement. Celui-ci, à na~
dirP, âgé de soixanle ans, eût peut-être semblé
un peu mùr pour les noces. L'histoire étonnante n'avait pas tardé à se répandre. Louis
Cardinal de Beaurepaire, ancien gentilhomme
servant de la reine, avait fait connaitre les
conditions du mariage à l'abbé de SaintAndré, aumônier du prince de Condé. qui en
avait informé 1 par une leltre du 22 mai,
Roger-Guillaume, baron de Fages-Chaulnes,
garde du corps de Momil ur. Le baron de
Fages, cadet de Gascogne, hàbleur et criblé
de dettes, semblait l'homme de la situation.
Cc fut d'ailleurs aussilOl son avis, car il
courut chez l'abbé Mulot, chanoine prieur de
Saint-Victor, qui s'était intéressé à Ilette
quand celui-ci était en prison. L'abbé Mulot
mit le baron en rapport avec le bourgeois de
Saint-Omer. Les deux hommes s'entendirent
à merveille et Bette, dans les jardins du Palais-Royal, put annoncer à Augeard que le
gentilhomme était trouvé.
Le gentilhomme est trouvé. " Il est pauvre
mais sensible »; c'est le baron de Fages luimême qui parle. Ce n'est pas l'intérêt qui le
décide; c'est le portrait de la prétendue :
« dons de la nature, talents agréables, qualités de l'esprit et du cœur, naissance illustre
et bien prouvée, alliances importantes, une
fortune acquise de 25 000 livres de rente et
qui devait au moins quintupler. &gt;&gt; On voit
donc très bien que, parmi tant de raisons
d'épouser, la fortune n'était pas la raison
déterminanle.
&lt;&lt; Une faute, il est vrai, ternit cet éloge. »
La future &lt;! est victime d'une faiblesse que
cerlaines personnes ne pardonnent jamais )l.
C'est toujours le baron de Fages qui parle.
La belle a un enfant de quinze ans que lui a
fait jadis le grand seigneur. On aura l'enfant
en sus de la mère. Notre gentilhomme a le
cœur généreux. a ll ne croit pas qu'une
faute, qu'ont pu effacer les larmes du repentir, soit un crime irrémissible. Si le portrait
est ressemblant - et pourquoi en douter si
les sommes sont exactement versées cbez le
notaire? - il n'hésitera pas d'unir soa sort
à celui d'une femme qu'il croit aussi respeclable que malheureuse. " Noble mépris des
vieux préjugés.

fortune a Paris. li y demeurait rue du PetitLion, chez le sieur Lefèvre, vinaigrier, au
moment où Rétaux de Villette, sous le personnage du sieur Augeard, intendant d'une
dame de qualité, le rencontra. La charité publique venait de le faire sortir de l'llôlel de
la Force, où des dettes criardes l'avaient fait
emprisonner. Oo ne l'en voyait pas moins se
promener, assez élégant, au Palais-Royal, sa
taille élancée serrée dans un bahit cannelle
ou prune-monsieur; la jambe prise dans une
culotte de soie noire el des bas blancs; les
cheveux relevés en bourrelet sur les oreilles et
noués à la nuque par un ruban de faiUe noire.
Augeard déclare donc à d'Étienville qu'il
va faire sa fortune. &lt;! Ce projet, répond
d'Étienville, me convient à ravir. »Il ne s'agit,
dit Augeard, que de trouver un gentilhomme
titré qui veuille épouser une dame encore
jeune et jolie, d'une figure très aimable et
d'un caractère très doux, jouissant de vingtcinq mille livres de rente, el au sort de laquelle un prince, l'un des plu!-i grands seigneurs
du royaume, prend un intérêt particulier.
&lt;( Vous préviendrez ce gentilhomme, poursuit
Augeard, qu'il ne pourra voir sa future que
le jour du mariage et vous l' exriterez à la
confiance. Vous lui annoncerez encore que si,
par le contrat de mariage, on stipule la séparation des biens, il sera dédommagé par une
pension de 6 000 livres et qu'il recevra un
gros présent le jour de ses noce~; qu'on lui
payera ses deltes et qu'on lui fera obtenir,
ville et les • éclai rcissements • du comle de Prérourt ni gros ni maigre, les cl1e,·eux blonds el même un

dans les recueils iles Arch. des Aff. t!lra11.g., llêm. et
docurn., F'rauec 1399-1400.
2. Udle d'Eti cnville, Répome au bar",i de Fayes,
dans la Collection complète, Ill, 14.
:;, La femme de clldlnbrc dè lime de la Yotte, Rosalie, rtans sa conrrontat ion au cardinal do Rohan,
trace le portrait !le Vilh:tlc : « d·une taille ITIO) enne,

peu gris, quoiqu'il n'ait que lrente1uatre â trentecinq ans, a~·ant beaucoup de couleurs, es yeux bleus».
Le signalement est idrntiquc.
Dans la suite, quanri Etienvillf' vil combien r111Taire
de Mme de la llotte devenait mauvaise, il nia l'idenlill' entre Hétaux et Augeard, afin de se dêgiigcr de
toute complicité.

�1.'Ar1'.Jl1~E DU COLZ.IB~ - -..

1l1STORJA
Le 5 avril Augeard informe le bourgeois
de Saint-Omer que l'on est très content de
ses bons offices, qu'il peul considérer sa fortune comme faite et que, dès le lendemain,
il sera présenté à la dame en question. En
effet, le 4 avril, à dix heures du soir, dans
un fiacre dont les panneaux ont été rele,·és,
Augeard mène notre homme en une maison
dont il lui est interdit, sous les plus grandes
menaceS, de s'enquérir. c&lt; Si vous cherchez à
connailre l'endroit où je ,·ous conduis, vous
êtes un homme perdu. )) On entre par une
porte cochère basse, dont les battants sont
immédiatement refermés. Au premier, un
salon où d'Étienville est présenté à une
femme charmante qui était seule et lui fit le
plus gracieux accueil. Elle avait trente-quatre
ans environ, de l'embonpoint, une belle figure
et des yeux noirs. Elle causa avec autant d'esprit que de confiance et d'abandon, s'informant avec intérêt du baron de Fages. Tout
ce que d'~lienville lui en dit .eut son approhation. On se sépara assez avant dans la nuit,
et un fiacre, aux panneaux toujours relevés,
ramena le bourgeois de Saint-Omer .au Palais-Royal. Il avait été convenu qu'on se reverrait le lendemain.
Des recherches ultérieures firent· retrouver
à d'Étienville le domicile mystérieux où on
le conduisait ainsi la nuit : c'était le numéro 15 de la rue Neuve-Saint-Gilles, la maison mème de Mme de la Motte. Quant à la
charmante femme qu'il.y rencontrait, il nous
est possible de l'identifier; c'était cette autre
Mme de la !lotte, de son nom de jeune fille
Marie-Josèphe-Françoise de Waldburg-Frohberg, qui avait été mise à la Bastille pour
des escroqueries où elle avait compromis les
noms de la reine, de la comtesse de Polignac
et de la princesse de Lamballe, puis transférée de la Bastille chez le nommé !lacé, qui
tenait à la Villette une pension pour prisonniers par lettres de cachet, d'où elle s'était
évadée presque aussitôt. Elle s'était sauvée en
Allemagne, d'où elle était revenue en France 1 •
Étienville avait dû faire bonne impression
car, dès le 5 avril, à la deuxième entrevue
nocturne, ce furent des confidences sans réserve. Le grand seigneur en question, protecteur de la dame qu'il s'agissait d'épouser,
n'était autre, assurait-on, que le grand aumônier de France, le prince Louis, cardinalévêque de Strasbourg. La belle inconnue était
appelée comtesse Melia de Courville, mais ce
nom, dit-elle de son' propre mouvement,
était d'emprunt. Elle confia dans la suite à
d'Étienville qu'elle se nommait en réalité baronne de Salzburg, jadis chanoinesse du couvenl de Colmar en Alsace, où, élant jeune
fille, Rohan l'avait séduite, puis amenée avec
lui à Vienne, à Paris, à Slrasbourg. C'est à
l'enfant dont il l'avait rendue mère qu'il
s'agissait de faire un sort.

Auprès de !!me de Courville, Étienville
trouva cette fois un troisième personnage qui
dit s'appeler de Marcilly, et qu'on nommait
familièrement u le magistrat)&gt; ou « le conseiller u : un homme d'une quarantaine
d'années, pâle el maigre, portant perruque
nouée aux deux bouts et habit noir. Le signalement trahit le comte de la Motte. Ce magistrat, qui paraissait fort avant dans la confiance de la dame, recommanda la plus grande
prudence et un sPcret absolu. Au cours de
cette deuxième entrevue, Marcilly s'étant retiré, Mme de Courville montra à notre chirurgien aide-major une partie de brillants
non montés, dans une vulgaire petite caisse
de layeterie. Elle disait qu'ils avaient été
estimés 452 000 livres. " Je n'ai jamais rien
vu de si magnifique, écrit Étienville, tant
pour l'éclat que pour la grosseur, et comme
mon étonnement était extraordinaire elle me
dit que ces diamants provenaient d'une rivière
dont Il. le Cardinal lui avait fait présent;
mais que cette sorte de parure n'étant plus à
la mode, elle était décidée à les réaliser avant
son mariage. Elle me fit entendre, à cette
occasion, que je lui paraissais mériter une
telle confiance qu'elle serait charmée que je
voulusse accepter la commission de les aller
vendre en Hollande; mais je lui répondis que
je ne pouvais m'en charger parce que je
n'étais nullement connaisseur. Elle n'insista
pas. » Si !!me de la !lotte n'avait, dans la
suite, fait elle-même l'aveu de la part prise
par elle dans l'intrigue de Mme de Courville 1,
- ces lignes de Bette d'Étienville suffiraient à
en témoigner.
L'histoire mystérieuse des fiançailles du
baron de Fages avec· Mme de Courville esl
intéressante à suivre parce que le genre d'intrigue dè .Jeanne de Valois s'y éclaire vivem~nt. Rétaux découvre au Palais-1\oyal Bette
d'~tienville; comme La ~lotte y avait trouvé
la baronne d'Oliva. Ce sont les mêmes scènes
nocturnes, ordonnées comme des comédies
dont Mme de la !lotte lai l mouvoir les per·
sonnages selon le rôle qu'elle leur a distribué. Ce sont également des comtes et des
conseillers, de nobles dames au:xquelles ~a
pensée prète une réalité fugitive, mais &lt;lans
laquelle, pour fictive qu·ene soit, Jeanne parait se complaire. L'intérêt que Mme de la
Motte avait à nouer celle nouvelle intrigue
fut défini dans la suite par le baron de Fages
lui-même : c( La quantité de diamants renfermés dans une seule main, ne pouvait disparaitre que difficilement et il aurait été trop
facile d'en suivre la trace; il fallait des gens
intermédiaires, ou plutôt des êtres fantastiques qui, ne pouvant être connus, rendraient
impossible la découverte de la vérité et c'est
ce qu'on a imaginé. Une femme à marier,
une femme d'un rang el d'un état faits pour
nécessiter les sacrifices d'un homme juste et

genereu:x, en proportion de sa fortune et de
ses dignités : voilà le fantôme qu'il fallait
créer. D'Étie'1ville, d'autant moins suspect
qu'il est plus inconnu, plus isolé; devait être
chargé de prôner ce fantôme. » Mme de la
Motte y trouvait en outre, pour le jour où le
vol du collier serait connu et où la culpa•
bilité retomberait sur le cardinal, le fait nécessaire à expliquer l'urgent besoin où celuici se serait trouvé de s'approprier le collier
pour. en faire ?rgent sans retard. Aussi dira•
t-elle dans ses interrogatoires : « J'ai vu cette
dame de Courville, chargée de diamants,
chez M. le_cardinal de Rohan pendant la semaine sainte O ; » et ailleurs : C( M. le Cardinal voulait la marier et lui donner 500000 livres: il m'a pressée dans le mois d'avril
d'écrire à mon mari, pour l'engager à revenir
de Londres, pour avoir les ' fonds nécessaires&gt;&gt;. Enfin elle espérait trouver en d'Étien"ille un auxiliaire utile pour la vente des
brillants.
A la fin de cette première semaine d'avril,
Étienville vint annoncer à son nouvel ami, le
baron de Fages, que le mariage aurait lieu le
jour même dans la chapelle du palais Soubise, rue des Francs-Bourgeois, à onze heures
de la nuit, chaque partie n'amenant que ses
témoins. Fages revêt donc ses plus beau
atours et attend, inébranlable, qu'on vienne
le chercher. Tandis qu'il attendait de la sorte
en son appartement, 157, rue du Bac, Étienville était rue Neuve-Saint-Gilles, en compagnie de la future, de !I. de Marcilly et d'un
personnage vêtu d'une lévite petit-gris, portant un chapeau rond où jl y avait un cordon
et des glands d'or, et à qui chacun parlait
avec le plus profond respect. C'était d'Étienvillc n'en douta pas un instant - le
prince Louis, cardinal de Rohan.
Ce cardinal se montrait affable, aimable,
remerciait le bourgeois de Saint-Omer de ce
qu'il faisait pour lui el assurait qu'il ne l'oublierait pas. « Hais, disait-il, pour des raisons
importantes, le mariage ne pourra pas avoir
lieu avant le 15 juillet. » D'litienville de se
récrier : (( Et le baron de Fages 1 &gt;&gt; On va,
dit le cardinal, lui écrire une lettre. Mais
d'Étienville répond que ce délai est de nature
à inspirer de l'inquiétude. Un dédit de
50 000 livres pour le cas où le mariage ne se
ferait pas est rédigé et signé sur l'heure. On
le date du 26 avril, le jour où le dédit sera
remis.
Le lendemain d'Étiem,ille trouve son ami
de Fages dans la plus grande colère; mais en
apprenant l'histoire du dédit il se calme, et,
effectivement, le ':.'.6 avril, Delle lui montre
une enveloppe cachetée de cinc1 cachets de
cire rose, où est contenu, dit-il, le précieux
papier.
Il est si précieux, ce papier, que nos deux
amis prennent la précaution de l'aller déposer

1.. Rapport en date du 28 janvier 17R6 au licul en:mt de police. Arch. nat. , 0 1/4-24, et Bastille devoilée , fasc. VIII, p. 155-54. Comparer avec les lellrcs
du ms. 1590, l\lèm. el docum. , France, des Arch .
des Aff. étrn11g. A cause du nom, La )toile, on prit
la personne qui jouail le rôle de lime de Counille
pour la sœur de Jeanne de Valois ; on \'OÎt d 'autre

µarl qne Mme de Cour\·ille prenait la nom de com~
!esse de Faubert (lisez Frolwrgl, ou de baronne de
Salzbur~ {lise; Waldburp) . O,n conserve il. la Bibl.
nat. (Nouv. acq. fr. tio78}, un recueil de leltres
autographes de Mme de la Motle. née de Waldl.mi-gFroiberg; mai s il y a. une lacune dans la correspondance pour l'époque qui nous inLCresse.

'l. Confront. au cardinal de Rohm , , ,,. mai 1786.
Arch. 1iat. , X't, B/ 1417. - « Mme de la l\lolle, écrit
le comte de Précourt il. Vergenn~, parle de ~!me )lella
de Courville, du mariage cl des diamants de la même
manière que d"Eticmille 11. Le llreendate du 8 fèv.1786.
A rch. des Aff. éh·ang., 1400, f 0 27 v•.
J. 20-25 mars 1785.

1

l

entre les mains de l'abbé François llulot,
chanoine régulier et. prieur de Saint-Victor.
Celui-ci reçoit le pli cacheté et ne doute pas
qu'il ne contienne un dédit de 50000 livres,
puisqu'un gentilhomme et un bourgeois de
Saint.Omer. qui n'ont vu le contenu de l'enveloppe ni l'un ni l'autre, le lui affirment,
l'un el l'autre, très sérieusement. Il promet
d'en avoir grand soin : on verra le parti que
nos compagnons vont tirer de la circonstance.
Nous arrivons au moment le plus invraisemblable de cet invraisemblable mais véritable récit et qui soulèvera dans tout Paris,
quand il y sera connu, la plus hilarante incrédulité. A la fin de mai, !!me de Courville
annonça à notre chirurgien aide-major qu'elle
allait partir pour une terre qu'elle possédait
et dont elle ne lui dit pas le nom, lui proposant, quand elle y serait installée, de l'envoyer chercher pour faire un séjour de
quelques jours qui lui serait un repos el une
partie de plaisir. D'Étienville accepta. Les
mêmes conditions mystérieuses étaient toujours imposées : voJage de nuit en voiture
close et rigoureuse interdiction de s'informer
du lieu ol1 l'on se trouverait. C'est entendu,
répondit d'Étienville. Et les choses se passèrent effectivement ainsi. Augeard, qui vint le
prendre, n'abandonna pas notre homme un
instant durant tout le vo1•age, le séjour et le
retour. On roula en voiture, la nuit, pendant
trois ou quatre heures. Le château était très
beau . Un parc immense communiquait
avec une rivière qued'.Étienville, pour
préciser, déclarera être la Seine, à
moins que ce ne fût la Marne. C'était
assurément dans les environs de Melun. La gracieuse châtelaine lui aurait
dit qu'il avait appartenu jadis à ParisDuverney'. Ce qui le frappa le plus
fut le boudoir 1 tout en glaces et en
dorures. li y vit la belle Mme de Courville, Marcilly le magistrat, l'intendant Augeard, puis un monsieur qu'on
nommait le baron, une dame qui était
veuved'un consejller, un jeune homme
de quinze ans avec son précepteur. Ce
jeune homme, que chacun nommait
(( le petit chevalier», était précisément
le fils de Mme de Courville el du cardinal.
D'Étienville passa en cette société
quelques journées charmantes et revînt, le 5 ou le 4 juin, absolument
enchanté. On eut beau, dans la suite,
lui objecter que tout celaétail absurde
et incroyable : il tint bon. Dans ses
interrogatoires, confrontations, récolements, dans les mémoires et consul.cc
tations de ses avocats, d'Étîenville ne
~démord pas de son château de féerie
où, auprès de la jolie Melia de Courville, il avait passé des jours enchanteurs.
Qu'en faut-il croire? Étant donnée
!!me de la !lotte, la chose est possible; d'autre part, Bette fut un romancier

ne veut pas contracter le mariage avant que
la somme soit versée. ))
• Je ne dissimulais pas à Mme de Courville, dit Bette d'litienville, que si elle était
propriétaire des gros diamants qu'elle m'avait
montrés en me disant qu'ils provenaient d'une
rivière dont elle ne se souciait plus, elle était
assez riche pour se marier sans attendrr, la
somme considérable pour la réalisation de
laquelle je croyais m·être aperçu qu'elle
pressait !I. le Cardinal; mais elle me répondit
que la vente en était très difficile à faire pour
des raisons qu'elle ne pouvait me confier. »
Le mariage fut donc fixé au 12 aoùt. Pour
calmer son ami de Fages, d'Étienville lui
conte que le cardinal lui destinait un cadeau
superbe, une voiture admirable avec deux
chevaux d'un poil cendré. L'abbé de SaintAndré aurait une belle abbaye, celle de SaintVaast sans doute, dont le cardinal était commendataire. Quant au cadeau que lime de
Courville se propose de faire à son futur,
c'est un superbe nécessaire en vermeil et, en
outre, une montre avec sa chaîne, l'une et
l'autre enrichies de diamants, deux bagues
ornées de pierres précieuses, et une tabatière
avec son portrait à elle, baronne de Courville, une merveille de richesse et d'art.
D'Éticnville a vu tout cela. Il a vu encore une
argenterie princière, estimée soixante mille
livres, dont le cardinal a fait présent à la dame,
et le portefeuille contenant les t 00 000 livres,
en billets noirs de la caisse d'escompte,
que Mme de Courville donnna à son
mari le jour des noces. Fages écoute,
trouve tout cela très beau, de plus en
plus beau, mais il trouve aussi que
c'est de plus en plus long à venir.
Ce qui rend les intrigues de !!me
de la Motte intéressantes, ce n'est pas
seulement la hardiesse de ses conceptions, c'est l'inimaginable complica1ion des fictions qu'elle réalise, le nombre des personnages qu'elle met en
scène, forgeant à chacun d'entre eux
un rôle dont elle voit d'un coup d'œil
tout le développement, et les faisant
tous manœuvrer de manière à les
amener chacun au but, au moment
voulu, avec une précision étonnante,
avec une connaisrnnce des caractèrts
que les meilleurs dramaturges n'ont
pas surpassée.
!lais tandis qu'en la petite Nicole
Leguay, qui joua si gentiment le rôle
de la baronne d'Oliva, Jeanne avait
1
trouvé une enfant confiante, timide,
tranquille, elle avait en la personne de
Bette d'Étienville, mis en mouvement
BETTE D ETlllNVILL'W
--s•
un gaillard qui n'a pas tardé à s'en•
lourer de quatre ou cinq compères de
son espèce, lesquels, a, ec une spontanéité que Mme de la !lotte ne leur demandait sans doute pas, vont mener les
cboses à leur façon, hardiment, vive(; rnn1rc de la collection Frnnt1. h1nd- Breu tano .
ment, à la diable, et faire de la belle
dinai répond qu 'il ne faut s'en prendre qu' i, !I medeCourville, qu'elle fùt fantôme_ou réalité
- et là vraiment était le cadet de leurs soucis 1
Mme de Courville :
" Je lui ai promis 500 000 livres et elle - une fée habile à remplir les escarcelles.

:!1onrm1mn :~~-~~Lm~~\Î:

I. « !Mair&lt;'issemcnts n par le comte cle Prt!coUl't.
A i-clt. des Aff. é frang.1500, f"' 126-12ï.
VL -

•

d'une imagination féconde, qui publia un certain nombre de romans d'amour, chacun de
plusieurs volumes. Au lecteur d'en décider.
Dès son retour à Paris, le 4 juin, d'Étienville écrivit au baron de Fages pour lui narrer
son voyage. Il ajoutait que la dame aurait
100 000 écus de rente, qui lui rentreraient
dès après les noces, et qu'elle comptait même
faire à ce sujet avec son mari un voyage en
Allemagne.
D'Étienville et son ami le baron étaient de
la sorte tenus en haleine. Tantôt c'étaient des
bijoux que le bourgeois de Saint-Omer avait
vus entre les mains de la dame, qui les destinait à son futur époux, tantôt l'assurance
que la cérémonie aurait lieu mi-juillet sans
délai nouveau. Le 1" juillet, le baron de
Fages sollicita et obtint de son capitaine,
!!. de Chahrian, l'autorisation pour le
mariage. Le cardinal de Rohan , assurait
Il. de Marcilly. ne restait à Paris que pour la
cérémonie nuptiale, refusant de partir pour
Saverne, où il aurait cependant dû se rendre
pour y recevoir le prince de Condé qui devait
aller tenir une revue des troupes à Strasbourg.
Mais le 15 juillet passe et les noces ne se
font pas. Le 18 juillet, nouvelle entrevue, rue
Neuve-Saint-Gilles, entre d'Étienville, !!me de
Courville et le cardinal. Celui-ci est vêtu celte
fois d'une lévite violet foncé. Le bourgeois de
Saint-Omer marque son impatience. Le car-

HISTORIA. -

Fasc. 47·

1

01

�, . _ 111STO'}t1.Jl - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~
L' JlFF JtmE

XXIII

permettez que je vous demande des nouDans le même mois, séduit par les mêmes
velles de ma boëte pour mon frère l'abbé. » procédés, Vaucher, horloger dans la Cité,
Les fiançailles du- baron de Pages'
Un premier terme avait été payé. Le se- li\'rait au baron douze montres enrichies de
cond ne le fut pas. li était plus important. pierreries et treize chaînes en or. D'Étienville
Le baron de Fages n'était pas homme à C'est, disait le baron, que le mariage éprouservit encore d'intermédiaire dans cette noulaisser traîner fos choses. A peine Bette lui vait un retard imprévu. Et, pour rassurer le
velle affaire. Et le bourgeois de Saint-Omer
eut-il parlé, le 5 avril, de projrt de mariage, négociant, il l'envoie chez dom Mulot, prieur
venait par-dessus le marché manger la soupe
qu'il allait, en compagnie de l'abbé de Saint- de Saint-Victor, qui, gravement, lui montre
de l'horloger « amicalement )&gt;; très amicaleAndré et de Colavier d'Albissy, ancien direc- le pli, fermé de cinq cachets de cire rose, où
ment même, observeront les ~vocats, puisteur de la compagnie de la Guyane française, doit être contenu un dédit de é0.000 francs.
qu'il emmenait ses amis. D'Etienville concommander des bijoux chez Loque, joaillier En outre le bourgeois de Saint-Omer - qui
duisit l'horloger à l'hôtel des Indes où
_au Punt Notre-Dame 2 • Le baron n'a pas un n'a pas de quoi payer son loyer - propose
logeait le baron son ami. Ils le trouvèrent au
sol, mais il va faire un mariage, et quel ma- de transformer les billets du baron de Fages
premier dans son appartement vaste et richeriage! - 10.000 livres argent comptant, en acte notarié dont il s'offre généreusement
ment meublé, donnant des ordres à plusieurs
. une charge de 50.000 livres, et 100.000 en caution. Loque est rassuré.
domestiques à la fois, qui se pressaient aulivres de rente. L'abbé et l'ancien directeur
Tandis que ces choses se passaient sur le tour de lui. " La comédie était parfaitement
de la compagnie de la Guyane française con- Pont-Notre-Dame, elles se répétaient dans
jouée. Après avoir présenté au sieur Vaucher
firment. A cette première visite on n'emporte l'enclos Saint-Germain. Fages y était le débiun état des objets qu'ils voulaient acheter,
aucun bijou.
teur, depuis treize ou quatorze ans, d'un né- le baron de Fages parut ne s'occuper de lui
Du moment qu'il devait faire un pareil gociant, nommé Bernard, pour une somme
et de la négociation que très superficiellemariage, le baron ne pouvait demeurer peti- de cinquante écus qu'il n'avait jamais pu
ment. A toutes les questions de l'h~rloger il
tement logé dans sa garçonnière de la rue du payer. Il en profite pour lui faire une comne faisait qu·une réponse : (C D'Etienville
Bac.
mande énorme en étoffes, toiles et bijoux. vous l'expliquera, d'Étienville a dù vous le
Le rnici rue du !lai!, hôtel des Indes, Comme Bern3.rd avait des doutes, on l'envoie,
dire. " C'était affecter en même temps cette
au premier, où il occupe un appartement lui aussi, à l'abbé Mulot. « Il le trouva dans
· indifférence aisée qui décèle Ja certitude des
somptueux. Des amis colportent les splen- la sacristie, prèt à dire la messe. L'instant
moyens, et cette noble insouciance qui dédeurs de son prochain établissement. Le et le lieu sont remarquables. L'abbé Mulot
daigne l'attention des petits détails . Vaucher
baron s'environne de plusieurs domestiques. l'assura qu'il avait entre ses mains un dédit
fit une fourniture d'objets admirables : une
li a un valet de pied et un chasseur. C'est en de 50.000 livres, que le baron de Fages
montre à répétition enrichie de diamants
équipage qu'il va courir les marchands de la allait faire un mariage de la plus grande
fond bleu, étoiles de brillants, avec sa chaine
ville. emmenant avec lui Bette d'Étienville, à importance et qu'il n'avait rien à craindre
d'or émaillée de bleu à un rang de perles :
qui il a donné des chemises et des habits el pour les fournitures . ll Et Bernard fournit
c'était un oLjet de près de quatre mille francs;
li ui atteste solennellement la véracité de ses des marchandise; pour 15.000 francs, qui
une montre à répétition, boîte à l'anglaise,
déclarations. Le 12 avril, accompagné de rejoignirent celles du sieur Loque au Montavec sa chaîne d'or; une montre enrichie de
l'abbé de Saint-André el de l'ancien gouver- de-Piété.
deux rangs de perles fines, fond bleu, étoiles
neur de la Guyane, Fages revient chez le
Au sieur Thiébault, son tailleur de la rue d'or, avec sa chaîne d'or; une montre unie
bijoutier pour prendre les bijoux commandés: Saint-Nicaise, le baron de Fages et le bourgeois
avec les aiguilles garnies de diamants, avec
il y en a pour 10.000 francs. Le jour mème, de Saint-Omer parlent d'un mariage qui donsa chaine d'or; une montre à fecret à double
afin qu'ils ne s'égarent, le baron a soin de nera 500.000 livres de rente, el déclarent
rang de perles; une montre à chiffres arabes
les porter - et recevoir de l'argent en re- que le dédit entre les mains _de dom Mulot
avec sa chaîne d'or; une montre émaillée de
tour - au Mont-de-Piété, Le 15, les trois est de plus de 50.000 écus. Etant allé à Vibleu, bordure fond blanc, à roue de renamis reviennent ~hez Loque et prennent une neuil il lui ét:rit : &lt;&lt; Bonjour, monsieur et
contre, avec sa chaîne émaillée de bleu et
nouvelle fourniture qui se monte à 12.000 madame Thiébault, je désire bien sincèreperles fines; une montre gorge-de-pigeon
francs. &lt;c Les premiers bijoux avaient !!té ment que ma lettre ,•ous trouve en bonne
avec deux rangs de perles; puis une boîte
donnés aux parents de l'épouse, ceux-ci santé car elle m'intéress~ singulièrement, à
d'or, d'homme, ovale, à portrait; une autre,
étaient pour les parents de l'époux, et la raison de tous les sentiments que vous m'avez
ronde; trois boîtes semblables, pour femme;
famille était nombreuse. 11 Ils reçurent une inspirés en votre faveur cl qui ne se démenun étui d'or émaillé, fond bleu de roi; un
destination identique : le !!ont-de-Piété. Ces tiront jamais .... Comptez sur le vif i~térêt
autre émaillé d'azur, un autre d'or plein,
fournitures étaient faites sur simples recon• que je prends à votre santé, el sur la reconenfin une soupière couwrte, avec son plat,
naissances de l'épouseur. Un premier billet naissance la plus étendue pour toutes les l'une et l'autre en argentJ.
de 2700 livres était payable à très court dé- bontés que rnus a\'ez eues jusqu'à présent
Les deux amis firent de la sorte en quellai, et il fut payé. Étant parti dans les der- pour moi et 4ue je saurai reconnaître quand
ques semaines un butin de 60,000 francs.
niers jours de mai, pour Vineuil, parc de il en sera temps : en attendant je me dis auOr voici que, le 7 août, comme i1 revenait
Chantilly, où il demeurait, le baron écrit au tant votre serviteur que votre débiteur. i&gt;
de Chantilly, où il avait été reçu par le baron
bijoutier pour presser l'envoi de nouveaux
" Les sentiments du baron de Fages, di- de Fages, d'Étienville vit arriver Augeard qui
bijoux dont la livraison se fait attendre. Il ront plus tard les avocats des malheureux
lui demanda de venir d'urgence voir !!me de
ajoute : c&lt; Et vous, monsieur, commeut vous négociants, pour son tailleur et les bontés du
Courville . Il la trouva dans la plus grande
portez-vous 1 Et la cuisse de Mme Loque est- tailleur pour le baron de Fages, rappellent la
agitation. Elle le suppliait de lui rendre le
elle entièrem·eot rétablie? Je le souhaite, car scène de Molière : Don Juan dit aussi Hl. Difameux dédit de 50.000 livres qui était déil est impossible de ne pas prendre intérêt à manche : « !!. Dimanche! le meilleur de vos
posé entre les mains de l'abbé ~lulot.
sa personne, quand on a l'avantage de la con- amis! Je sais ce que je vous dois. Vous avez
« Cette malheureuse pièce perd tout Je
naitre. Elle inspire des sentiments bien dignes un fond de santé admirable. Je veux qu'on monde. J&gt;
d'elle et au-dessus de l'estime. Voilà l'eflet vous escorte. Je suis votre serviteur et de
Bette d'Étienvi!le hésite.
que j'ai éprouvé et vous félicite de plus en plus votre débiteur. " C'est en pareille mu« Vous doutez donc de moi, vous doutez
plus d'un choix aussi heureux. A présent siq_ue que le baron de Fages et son ami Bette du cardiml '? »
d'Etienville se firent forer dans le conrant
Lui, d'Étienvi!le, douter de Mme de Cour1. !!(&gt;mes sources que pour le cltapitre précédent.
&lt;le mai, e'est-à-dire dans le plus court délai
~. 11. li. d'Albissy a été dans l'entreprise des dili:i .•ilbnoil'es pour les •sieurs 1'auclter, lw1·logrr,
gences, a eu des procês à ce sujet, a tait faillite et a
possible, quinze habits, dont la facture déet Loque, bijoutier, contre Belle d'Elienville el le
Clé longtemps au Temple. » Note du doss. Targel.
passa deux mille écus.
batoll de Pages, éd. orig., p. 65.00.
..... 322 ....

ville, douter du cardinal! JI va reprendre
sur-le-champ l'enveloppe chez dom !lulot.
« Les parties intéressées, lui dit-il, sont
chez le notaire pour ratifier l'acte
dont le dédit fait sûreté'. J&gt;
Et il rapporte l'enveloppe précieuse à Mme de Courville; mais
à peine celle-ci l'a-t-elle entre les
mains qu'elle déchire le papier en
mille morceaux et les jette au feu.
D'Étienville dit qu'il renonce à
peindre lui-même sa stupéfaction.
N'essayons pas.
Cette enveloppe, qui était œnsée
contenir une pièce que personne au
monde n'avait jamais vue, avait
été la seule garantie des marchands. Elle n'existait plus,
Mais que s'était-il donc passé qui
pùt mettre Mme de Gourville en un
pa.re:il état? Nous sommes ramenés
à son inspiratrice, la comtesse de
la Motte'.

XXIV
Le coup de foudre
Le cardinal avait remis le collier entre les mains de Mme de la
Molle, le I" lévrier 1785. Le lendemain, jour de la Chandeleur dont
avait parlé Jeanne de Valois, il
chargea son valet de chambre d'accompagner Gherardi, officier au
régiment d'Alsace, pour observer
au diner du roi comment la reine
!lerait mise. On sait que le roi el
la reine avaient le devoir de dîner
en public. Le même jour, Bassenge avait été à Versailles dans
l'espérance d'apercernir la reine ornée de
son bijou. Celle-ci ne le portait pas. Le
jour suivant, 5 février, les Bfihmer, un pe~
tourmentés, vinrent trouver le cardinal, llll
exprimant leur surprise de ce qu'ils n'avaient
pas vu à la Chandeleur la reine parée du collier. Rohan n'y attacha pas d'importance,
mais il ajouta :
« Avez-vous fait vos très humbles remerciements à la reine de ce qu'elle a acheté
votre collier? Il faut les faire'. »
Comme les joailliers ont plus d'une fois
importuné la reine de ce bijou et que, la dernière fois, elle a répondu avec impatience, ils
attendent une occasion pour lui faire leurs
remerciements. L'occasion ne se présente pas.
Les mois passent. lis ont d'ailleurs l'esprit
en repos et le prince Louis de mêm_e•. Les
avocats du cardinal ont eu raison d'insister
1. Leure du comte de Prt!(.-ourl

a Ycrgcnnes,

Atrh.

des Aff. élrm1g., 1399, fQ 124.
2. Les lignes suivantes, Ccrit~s ~al' llar~y dans su.n
journal. à 1•e110que où loul Paris_ s occupait_ tlu prores
du Collier, montrent quelle action pômaient ~lors
avoir sui' 1"opinio11 publique les manœunes dune
ioiguéc 1l'c~croc9, et, f~•a~tre part, que Mme_ d~ ln
,lotte n'ava1l pas donne a sa nom·cl.le. combma1so11
une portée imraisemb_labl~ : « _On d1sail que M. le
cardinal de Bohan a,·a1t fait reltrcr de chez son notaire (songer â dom Jlulot) une somme de 200.000

!

DU CoiL1E](_ - - , .

derant le Parlement sur cette démarche et
cette conversation des 2 et 5 février : elles
mettent la bonne foi de Rohan hors conteste.

traignit le cardinal à acquitter en son lieu et
place le billet de 5000 livres qu'elle avait
souscrit, en 1785, envers Isaac Beer, juif de
Lorraine. Le cardinal l'avait alors
cautionnée. A présent il était pris.
li dut payer'. Le trait est évidemmelll très drôle.
Le 12 mai une petite lettre à
vignette bleue renvoya le prince
Louis à Saverne.
Comme l'avocat Laporte, qui
avait été mêlé à la négociation du
collier, s'étonnait de ce que la reine
ne le portait pas : « Sa füjesté
ne le mettra que pour venir ~1
Paris &gt;&gt;, dit Jeanne; et, une autre
lois : « Quand il sera payé ".
Elle se rendit d'ailleurs ellemême à Bar-sur-Aube où elle fit
l'entrt!e sensationnelle que nous
avons dite et déploya un luxe éclatant. Elle s'y occupa à meubler el
décorer sa maison de la paroisse
Saint-Macloux. De la cour au grenier, tout fut transformé, embelli,
remis à neuf. Nous avons des détails sur la bibliothèque, et ils sont
curieux. C'était un meuble en bois
de rose, grillé, les rayons protégés
de rideaux en taffetas vert; sur le
haut, les bustes de Voltaire et de
Rousseau. Le regard y était dès
l'abord attiré par la grande « Jlistoire généalogique et chronologique
de la maison royale de France 1), du
Père Anselme, neuf volumes infolio; la première acquisition éviLA SU~ATE.
demment que devait faire une fl Ile
Gravure ,t'après Cuonow1E&lt;.:1(1.
des Valois. Puis vingt-sept volumes
des &lt;&lt; Hommes illustres de France JJ
el douze des" Hommes 11luslres de
Dès le ~ fé\TÎer, en revanche, les B0hmer Plutarque lJ ; une histoire de France en trois vo-avaient offert un diner à la comtesse de la lumes, les voyages de Cook, les Voyages auMotte. Le lendemain 4, ils étaient retournés lom· clii !Jlonde, six volumes sur l'hémisphère
chez elle pour ]a remercier encore. Ils dé- austral, un atlas; en fait de littérature :
bordaient de reconnaissance. Le 6, c'étaient Rousseau en trente volumes, Mme Ricoboni,
les Bôbmer qui dinaient rue Ncuve-Sainl- Crébillon, Racine et Boileau; des livres de
Gilles.
piété : Çommentaires 1·éfléchis de l'amour
Auprès du cardinal, Jeanne continuait ce- de Dieu, un volume sur le Miserere, une Sependant de pleurer misère, demandant et maine sainte, un ouvrage sur la Dignité de
recevant les mêmes secours de trois ou l'âme; puis deux livres pratiques : un dicquatre louis qui lui étaient portés, soit par lionnairc français-anglais et anglais-français
Brandner, valet de chambre, soit par Fri- qui sera utile lors d'un prochain ,·oyage
bourg, le suisse de la maison de Strasbourg, outre-Manche, et l'almanach royal de l'année
soit par un commissionnaire nommé Phili- 1781, l'année des premières grandes inbert. Les deux ou !rois fois que Rohan vint trigues et des vastes espoirs de Jeanne de
chez elle, il fut reçu &lt;! dans une chambre en Valois.
haut )J, pauuement meublée .
Vers la fin de mai, !!me de la !lotte fit un
Jeanne fit mieux. Les mains pleines d'or voyage de Bar•sur-Aube à Saverne, travestie
provenant de la vente des diamants, elle con- en homme. Nous trouvons son costume dans
livres (le dt!dit de ;:.o 000 li1,rcs) pour procurer l'éla•
blisstment d'une de ses filles naturelles (le fils d_e
~lme de Counillc) , qu'un garde ùu corps Je Monse_1gneur le comte d'Artois (le baron de Fnges) _s'ét:ut
engagé formellement d'épouser il. la s01J1cital1on d.e
Sou Eminence, en Ye1·tu dudit dépôt qu'il réclamait
aujourd'hui, mena~anl de faire un procCs au notaiz-e
qui s'en !!tait dessaisi inducmeul. » Bibl. 1wl. , ms,
franç. üb85, p. 203.
, ..
::i. Ce fait esl mis hors de doute par Je,:; dcpo,1L1ons
conconl.inles de Ruha11, de Biiln11e1· cl de llas,cugc.

Si 1'011 consitli·rc qu'au mdme momcnl le cumlc cl la
comtesse de la Motte el Hëtaux de \ïHcUe répa11&lt;laicnt de Loute p~rt les tliamanls tlo11t ils avaient les
mains pleine:,, 011 se demande comment il a pu sr.
trou,·er des esprits rétléch:s pour prenJre au sérieuJC
des dissertations ol1 ll1rn~ de la lrotte élail innocenle
et où le cardinal élail rendu coupahl(' du \'()/ 1111
collier.
4. )lém. tlesjoai!lie1·s pour llarie-,\ntoi11elle, Colin:-.
mmplèle, 1, 18 : - l\lêm. de M• Targcl, ibid., l\', 5:..
5. Dos~. Targel, !Ji/JI. v. de Pari,, ms. de la rés,

�1f1STO'J{1.J!
sa garde-robe : lévite en drap bleu foncé,
gilet et culotte de nankin. C'était pour annoncer au prince qu'elle avait obtenu pour lui
une audience de la reine à son retour. Elle
jugea, el ne se trompa point, qu'une routr.
de deux cent vingt lieues, faite exprès pour
porter elle-même cette heureuse nouvelle,

lui donnerait tout le poids possible, el que si
la tranquillité d'esprit du cardinal chancelait,
rien ne Pouvait mieux la raffermir 1 •
Le cardinal revint de Saverne à Paris le
7 juin , Nous entrons en juillet : l'échéance
fatale du 1er aoùt est imminente, échéance
où les bijoutiers doivent recevoir 400.000
livres, premier versement sur les 1.600.000
livres, prix du bijou. Jeanne voit le cardinal
dans les premiers jours du mois. Celui-ci lui

fait parl de l'étonnement qu'il éprouve de ce
que la reine ne porte pas sa parure. La défiance commençait-elle à se glisser dans son
esprit? Mais Jeanne, ingénieuse, a réponse
sur-le-champ. La reine, dit-elle, trouve le
collier d'un prix trop élevé et demande une ·
réduction de 200.000 livres, - sinon elle
rendra le bijou. Et les premières défiances
du cardinal s'évanouissent. La reine ne considère pas le bijou comme dérinitivemenl
ac4uis. Le lO juillet, Rohan voit les joailliers
pour leur parler de la réduction, Ceux-ci,
1. )Jaur. Méjan, Aff. cfo Collier, p. 51:i.
'.l. Il esl intêressanl de reproduire la rédaction de
Hassen,C"e pour apprécier la concision, en même temps
que l'éclat el l'él~ancc que Rohan lui avait dom_1Cs.
\'oîci ce qu'ava.1ent loul d'abord êcrit les hiJOUlicrs :
« La crainte où nous sommes de 11c pouvoir pas
èlre :tsscz heureux pour trouver le moment de têmoigner de ri\·c voix il Volre Majesté notre respectueuse
rcmunaissam.;e nous oblige de le faire par cet écrit.

comme on pense, font la grimace. Ils allèguent leurs engagements, les intérêts qui se
sont accumulés; mais, grimace faite, ils
consentent au rabais. Et le cardinal, avant
de les quiller, les presse une fois de plus
d'aller à Versailles remercier la souveraine.
Bassenge écrit alors sous ses yeux un billet
que Rohan corrige en lui donnant la forme
définitive qui suit :
Jladamc,
:\ous sommes au comble du IJ011heur d'oser
penser &lt;1ue les derniers arrangcmenls qui nou~
ont élé proposés, et auxqucl~ .nous nous sommes
soumis a1cc zèle et respect, sont une nouvelle
preuve de notre soumis~ion el dévouement aux
ordres de \'ot1·e Mflje~té, et nous avons une Haie
satisfaction de penser que la plus belle parure de
diamants qui existe servira à la plus gt·ande et à
la meilleure des reines 2:.

Le 12 juillet, Bühmer, ayanl à paraitre
devant Marie-Antoinette, pour lui remettre
une épaulette et des boucles en diamants
dont le roi lui faisait cadeau à l'occasion du
baptème du duc d'Angoulème, fils du comte
d'Artois, présenta lui-mème le billet. La fatalité fit qu'à ce moment entra le Contrôleur
général, en sorle que le joaillier s'éloigna
avant d'avoir reçu une réponse. Dès que le
Contrôleur fut sorti, la reine lut le billet,
« Votre )lajesté n1et aujourd'hui le comU!e ii nos
1·œux en acquéraut la \'ai'ure de diamants que nous
arons eu l'honneur de ui prfu;enter.
« Nous 8\'0llS accepté avec empressement les der• nicrs arrangements qui nous ont été pro_posés au nom
de Voll'C Majesté. Ces arrani::-cmcnls lui éla11l agréables, nous nous sommes est1mês heureux de saisir
l'occasion de prou\·er à Votre Majesté notre zèle et
110s respects. 11 Doss. Bôhmcr, Bibl. v. de Pai·is, ms.
tic la réserve.

n'y comprit rien. Elle donna ordre de chercher llohmer pour lui demander le mot de
l'énigme, mais déjà il était parti. Bühmer
l'avait obséMe avec son bijou. Elle gardait le
souvenir pénible de la dernière scène où il
s'était précipilé à ses genoux en menaçanl
d'al1er se jeter dans la rivière. &lt;t La reine,
dit Mme Campan, me lut ce papier en me
disant, qu'ayant deviné le matin les énigmes
du ,ifercu,·e, j'allais sans doute trouver le
mot de celle de ce fou de llübmer. Puis elle
brûla sans plus d'attention le billet à un
bougeoir qui restait allumé dans la bibliothèque pour cacheter ses lettres. n La reine
ajouta : &lt;&lt; Cet homme existe pour mon supplice, il a toujours quelque folie en tête.
Songez bien, la première fois que vous le verrez, à lui dire que je n'aime plus les diamants
et que je n'en achèterai plus de ma vie. i&gt;
Ce moment est, dans sa banalité, pour
ceux qui savent la sui le du récit, le plus poignant du drame. Que raffairc fùt alors éclaircie - et c'est par un enchaînement de circonstances des plus médiocres qu'elle ne le
fut pas, - et Marie-Antoinette devait être
tenue à jamais en dehors de l'intrigue. Son
altitude - bien simple cependant et toute
naturelle - en ce seul moment où elle ail
été en contact avec l'intrigue du Collier, a
prêté matière au seul reproche que ses détracteurs aient pu lui adresser, et l'on sait
quelles terribles conséquences les événements
se sont chargés d·en tirer contre elle.
Son silence eut pour résultat de confirmer
les joailliers, non moins que le cardinal,
dans la pensée que le collier était bien entre
ses mains.

(A suivre.)

FRANTZ

FUNCK-BRENTANO.

La rage de mettre tout en nigte en a formé
du ramonage deii cheminties : les rPgis-

pour prix de son danger et de ses peines.
C'est ainsi que se ramonent taule,; les chemiseurs ont chassé ces petits Savoprd.s, et l'on nées de Paris, et des régisseurs n'ont enrégia vu dans des maisons neuves et blanches menté ces petits malheureux que pour gagner
tous ses visages basanés et noircis qui étaient encore sur leur médioC'rc salaire.
aux fenêtres en attendant de l'ouvrage.
Ces Allobroges de tout sexe et de tout âge
L'établissement de la petite poste a fait ne se bornent pas à être commissionnaires ou
tort aux Savoyards. lis sont moins nombreux ramoneurs. Les uns portent une vielle entre
aujourd'hui, et l'on dit que leur fidélité, leurs bras, et l'accompagnent d'une voix nasi longtemps éprouvée, commence à n'être s:de. D'autres ont une boîte à marmotte pour
plus la même; mais ils se distinguent tou- tout trésor. Ceux-ci promènent la lanterne
jours par l'am•ur de leur pays et de leurs magique sur leur dos, et l'annoncent le soir au
moyen d'un orgue nocturne, dont les sons
1Jare11ts.
Il est bien cruel de voir un pauvre cnfarit deviennent plus agréables et plus touchants
de huit ans, les veux bandes et la tête cou- parmi Ie silence et les ténèbres. Les femmes,
verte d'un sac, dtonler des genoux et du dos étalant leur étonnante fécondité, sous le
dans une cheminée étroite et haute de cin- masque de la laideur, vous montrent des enquante pieds; ne pouvoir respirer qu'au fants, et dans leur hol!r, et pendus à leurs
sommet périlleux; redescendre comme il est mamelles, et sous leur.s bras, sans compmonté, au risque de se rompre le cou, pour ter ceux qu'elles chassent devant elles, le
peu que la vétusté du plâtre forme un vide tout pour. attirer . des aumônes ; déo-oûtansous son frêle point d'appui; et la bouche les, maigres,_ nmres, cl paraissant âgées,
remplie de suie, étouffant presque, les pau- elles sont touJours grosses, et à pleine ceinpières chargées, vous demandr,r cinq sols, ture.
une

Paris au XV/Il' siècle
Savoyards

lis sont ramoneurs, commissionnaires, et
forment dans Paris une espèce de confédération qui a ses lois. Les plus âgés ont droit
d'inspection sur les plus jeunes; il )' a des
punition~ contre ceux qui se dérangent; on
les a vus faire justice d'un d'entre eux qui
avait volé; ils lui firent son procès et le pendirent.
Ils épargnent sur le simple nécessaire, pour
envoyer chaque année à leurs pauvres parents.
Ils parcourent les rues depuis le matin
jusqu'au soir, le visage barbouillé de suie,
les dents blanches, l'air naïf et gai; leur cri
est long, plaintif et lugubre.

.

.\lERCIER.

La 1Jie d'une grande comédienne
Une grande artiste, Madame Judith, de la Comédie-Française, qui fut rnêlic, pendanl plus d'un demisiide, à la vie artistique, ]ittirairc et mi:mc politique
du pays, a voulu retracer avec précision 1out cc qu'dlc
avait pu voir et observer au cours de cette carritfe
·aussi longue que brillantc, et reproduire fidilemcnt
tous ln propos qu'elle: avait retenus et notés. C'tst â
cc désir de revivre dans lc passe'. que nous dnons les
tr1h curieux .Mémofre, 1 qui viennent de paraitre, cl
dans lesquds on retrouve nombre de personnages qui,
depuis lerè:gne de Louis-Philippe: jusqu'â ces dcrnil".tS
ttmps, ont 11.".llU dans le monde une place importante ou
joui un grand rôle. Par le trop court utrait que nous
reproduisons id, ln lecteurs d'1listoria jugeront du ton
alcrlt cl infiniment captivant de cc volume,

Guizot déplaisaient à Girardin, celui-ci pourrait
les rejeter lui-même; et je consentis à transmettre au directeur de la Presse la communication de Buloz.
Girardin accepta le rendez-vous.
Buloz revint chez moi pour connaitre cette
réponse. Il revint encore pour fixer d'après
les indications de Guizot la date el l'heure de
l'entrevue.
Cette conversation entre le ministre ployant
sous le poids de son impopularité el le journaliste, maître de l'esprit public, eut donc
lieu che7; moi. Je les vis arriver l'un après
l'autre, Emile de Girardin très vif, tout frétillant, le visage rond et la physionomie
expansive, Guizot sec, anguleux, roide comme
une barre de fer, engoncé jusqu'au nez dans
une cravate qui paraissait l'empêcher de
remuer la tête.
Leur entretien dut être fort curieux. A
vrai dire, la démarche de ce rigide ministre
cherchant à corrompre celui même qui dénonçait arec le plus de furie l'achat des ,
consciences était d'une ironie gigantesque. Jt
n'entendis rien: j'avais laissé, comme bien
on pense, mes deux hôtes seul à seul.
Deux jours après, je reçus de la part de
C:uizol un merveilleux bracelet de diamants.

Au commencement de février 18A8, ,1e
reçus chez moi, inopinément, la visite de
Buloz, l'administrateur de la Comédie-Française.
Comme c'était l'homme le moins courtois
Je la terre, je fus trè!:: étonnée de son apparition. Je m'empressai autour dr, lui, je le
remerciai de l'honneur qu'il me faisait. Il me
laissait dire et ne me répondait que par quelques mots brefs. Je voyais bien qu'il était
préoccupé.
- Judith, me demanda-t-il brusquement,
vous connaissez beaucoup tmile de Girardin?
J'étais, en effet, en excellentes relations
d'amitié avec le célèbre directeur de la Presse.
li venait souvent me voir et ne manquait
jamais de faire publier mes louanges dans
son journal quand l'occasion s'en présentait
A celle époque, il était plus en vue qu'à
aucun autre moment de sa carrière. Longtemps partisan de la monarchie de Juillet, il
avait fini par se tourner contre elle. 11 lui
-reprochait la corruption qu'elle entretenait
dans le pays, la vénalité des honneurs et des
fonctions, l'autoritarisme cassant de M. Guizot, le premier ministre.
Les petits bourgeois qui lisaient la Presse
devenaient insensiblement les farouches adversaires d'un régime qu'ils avaient idolâtré.
Êmile de Girardin tenait, en somme, le sort
de la royauté entre ses mains.
Buloz, ayant entendu ma réponse affirmative, reprit :
- Est-ce un homme accessible à l'argent?
- llund hum 1. .. Demandez-le-lui vousmême .... Je ne me charge pas de lui· poser
la question.
- Pouvez-vous lui dire que Guizot voudrait lui parler chez vous?
MADA:\IE JUDITH,
Je réfléchis un instant. Je sentais bien qu'il
s'agissait d'un marchandage politique; mais
je pensai qu'après tout, si les propositions de J'eus donc tout 1ieu de croire que sa tentative avait réussi.
1. !.a 1.&gt;ie d'une graude coml!die1me : ll/é11w,:C'est d'ailleurs ce que mP. confüma Buloz .
Tl'I! de Madame Judith. de la ComMie-1-'nrnçaù,•.
D'après ce qu'il m'apprit, le ministre avait
ri-digés p:ir Paul Gsell. llluslrnlions ile Laurent
Gsell. Un volume: in-UL Pdx : 3 fr. JO.
obtenu de Girardin, non point que celui-ci

1

·eloumât sa reste - c'eût été Lrop demander et, s:m~ doute, le public n'ellt pas été
du~.e-:-- mais quïl s'éloignât de li"rance.
l~m,1le de_ Girardin, pourtant, ne partit pas.
La Rev?l~t10n de 1848 éclata juste au moment ou ,l bouclait sa valise et lui évila ainsi
nne lâcheté.
Avait-il touché l'aro-ent?
C'est
.,.
0
ce que J ignore.
~n avait Yu si souvent en une seule semarne l'administrateur de la Comédie-Française mo?ter chez moi que je passai dès lors
pour_ avoir été sa maîtresse. Le bracelet que
Je mis à mon poignet ne cOntribua pas peu à
confirmer cette opinion. J'eus beau nier avec
la ,derni_ère _énergie, .des sourires impertinents
m averlissa1ent que Je ne pourrais rien contre
la conviction générale. Buloz me disait-on
avait. pris des précautions p~ur cacher se~
fredarnes, mais des indiscrets avaient dépisté
to~!es ~es ~uses et avaient compté les visites
qu il m avait rendues. Je ünis par laisser les
langues aller leur train ....
Parmi les dramatiques journées qui sionalèrent cette année 1848, c'est celle du 25juin
qui esl restée le plus profondément gravée
dans ma mémoire.
On sait que la terrible insurrection de juin
fut provoquée par le licenciement des ateliers nationaux, institution humanitaire créée
pour parer au chômage des ouvriers mais
qui avait fin~ par devenir une charg~ écrasante pour l'Etat.
Les malheureux qui avaient été recueillis
da_ns ces ateliers,. se trouvant brusquement
reJetés dans leur détresse, se soulevèrent avec
furie contre le gouvernement.
L'insurrection commença le 23 juin.
Ce fut le 25 &lt;JUe les convulsions de la lutte
furent le plus atroces.
. Po~r moi, dans mon logis de la rue Richeheu, Je me demandais avec une anxiété mortelle ce que devenait ma vieille mère qui habitait faubourg du Temple.
Depuis deux jours déjà, j'entendais la canonnade et la fusillade que la nuit même
n'interrompait
pas. C'était un 0"rondement
•
• •
contrnu, sm1stre, effro:yahle. Les ,·olets fermés s~r Ia rue, les clameurs incessantes qui
montaient du dehors, la claustration hermétique où je vivais, tout contribuait à exalter
mon imagination affolée .... Je savais, d'ailleurs, _que le faubourg du Temple était un
des pornts les plus exposés de la ville.
Je_ n'y tin~ plus.
voulus à tout prix
revmr ma mere. Je n écoutai aucun conseil.
Je me serais fait hacher plutôt que de rester
claquemurée
chez moi. Dans la matinée du 9~
.
'
~-&gt;,
Je sorhs ....

!e

�..-- 1f1STO']t1.ll

---------------------·------------~

J'allai devant moi à pas rapides el automatiques, poussée par mon idée fixe .... Mais,
presque aussitôt, je m'entendis appeler:
- Mademoiselle Judith! Mademoiselle Judith !
Il -y avait là, sur un trottoir, un détachement de jeunes gardes mobiles qui, assis sur
leurs sacs derrière des faisceaux de fusils,
mangeaient dans leurs gamelles. Une boutique ouverte leur servait de campement.
C'était l'un d'eux qui m'interpellait:
- ~fademoiselle Judith, où courez-vous
donc r Vous allez vous faire tuer !
Je ne le connaissai~ pas. C'était presque un
enfant : il devait avoir de quinze à seize an~.
Fort joli garçon du reste. Était-ce le contraste
de son extrème jeunesse avec son équipement martial qui donnait encore plus de
gràce à ses traits? Il me dit qu'il m'ayait
souvent applaudie du haut des dernières galeries des Français, qu'il allait au lhéâlre
exprès pour me voir et qu'il rêvait de moi.
li me répéta qu'il était effrayé des dangers
auxquels je m'exposais en sortant seule dans
Paris bouleversé.... li s'était battu la veille
el le matin même. Il me représenta les maisons brûlant de toutes parts et le sang coulant de tous cotés ....
Je lui répondis qu'aucune considération ne
m'arrêterait. Alors, il me proposa de m\1 ccompagner pour me prêter aide au besoin.
J'acceptai, et, quand il en eut obtenu l'autorisation de son lieutenant, il vint avec moi.
Vous peindre toutes les horreurs que
j'aperçus dans cette course ... je ne saurais le
faire.
Mon guide avait choisi, cela va sans dire,
l'itinéraire le moins périlleux. Cela ne m'empêcha pas de voir dans presque toutes les
rues des tronçons de barricades qui avaient
Jté emportées d'assaut , mais qu'on n'avait

11u'à moitié démolies et sur lesquelles gisaient
encore pêle-mêle des cadaHes d'ouvriers et
de soldats. Ah! quel spectacle épouvantable!
Des vieillards en blouse avec des brassards
tricolores étaient culbutés sur des tas de
pavés à tôtés d'enfants Yêtus de l'uniforme
des mobiles. Les cheveux blancs et les cheveux blonds se mèlaient agglutinés par le
sang de plaies hideuses. Des corps de femmes
l1 demi nus, el d'ailleurs noirs de poussière,
de poudre, de meurtrissures:, avaient roul é
lète en bas dans le ruisseau .... C'était 1111
cauchemar inrernal. Je rue mettais les mainc;
sur les yeux pour passer.
Quand nous approchâmes du faubourg du
Temple, le décor devint plus tragique encore.
Force nous fut d'entrer au cœur mème de
1'insurrection.
Là, j'entendis plus d'une balle sifner ,, mes
oreilles. Je crois même que j'aurais rebroussé
chemin si mon amour-propre ne m'avait
interdit de paraitre làche aux Jeux Je mon
compagnon. La maison de ma mère se trouvait au delà d'une barricade que la troupe
n'avait pas encore attaq_uée. C'était un étrange
amoncellement de poutres, de pavés, de voitures renversées, de tables, de fauteuils, de
matelas . La rue en était barrée jusqu'à la
hauteur d'un premier étage.
Mon petit mobile leva la crosse de son fu sil
en l'air pour indiquer le caractère pacifique
de notre expédition et pour demander qu'on
nous laissât passer. On l'apostropha. On vint
à nous . Il expliqua mon dé~ir. A vrai dire,
j'avais à ce moment perdu tout espoir d'arriver à mon but. Contre mon attente, notre
témérité fléchit les défenseurs de la barricade.
L'un d'eux, un grand diable hirsute eu
blouse noire de typo, et coiffé d'une chéchia
rouge de zouave, m'aida même à franchir
l'entassement des pavés.

Citoyenne, mets ton petit pied ici ... , lit
mainten:mt ... el puis là ... , disait-il en m'indiquant les gradins les moins branlants.
Nous pass.',mes. Je vis ma mère. Elle s'était
réfugiée au rez-de-chaussée d'une arrièrccour. Elle était en sûreté. Je l'embrassai :
mon affreuse inquiétude était, enfin, dissipée;
j'étais folle de joie.
Je ne restai, d'ailleurs, que peu de temps,
Mon compagnon devait regagner son poste de
la rue Richelieu.
Désormais rassurée, je résolus de repartir
avec lui. J'avais le diable au corps.
Nous reprîmes le même chemin et nous
eùmes le bonheur extrême d'éviter une seconde fois toute aventure malencontreuse.
Quand j'évoque dans ma mémoire cette incroyable équipée, je me dis que je fus prise
cc jour-là' d'un accès de démence ....
Au moment où je quittai mon compagnon
devant l'espèce de corps de garde ol1 campaient ses camarades, je lui remis vingt francs.
JI rougit jusqu'aux oreilles. Je vis bien
que je venais de le blesser. li voulut me
rendre ma pièce. Puis, soudain, se ravisanl,
i1 s'adressa aux autres mobiles qui se trouvaient Hl :
- Tenez! 1eur dit-il, voilà un louis que
vous donne Mlle Judith de la Comédie-Française pour boire à sa sanLé. Je vous propose
de crier : Vive !Ille Judith!
Us s'empressèrent de pousser cette acclamation et ils la renouvelèrent même plusieurs
lois.
- :&amp;fais, qu'est-ee qui rnus reste, à vous?
demandai-je à mon petit amoureux.
- Laissez-moi vous embrasser I supplia-t-il.
Je lui tendis mes deux joues, après quoi
je l'embrassai !1 mon tour et vite je remonlai
chez moi.
MADAAIE

JUDITH,

de la Comédie-Française.

A Alger
184:i .

Les deux premiers Français quJ mirent le
pied dans Alger en 1850 ont été Eblé, autrefois mon camarade à Louis-le-Grand en mathématiques spéciales, et Daru, aujourd'hui
mon collf'gue à la Chambre des pairs.
f:blé (fils du général) ctait premier lieutenant et Daru second lieutenant de la batterie
qui ouvrit le feu contre la place. li est d'usage
que lorsqu'une armée entre dans une ville
prise d'assaut, la batterie qui a ouvert la
brèche et tiré le premier coup de canon passe
en tête et marche avant tout le monde. C'est
ainsi qu'Éblé et Daru entrèrent les premiers
dans Alger.
li y arnit encore sur la porte par où ils

passèrent des têtes de Français fraichement
coupées et reconnaissables à leurs favoris
blonds ou roux et à leurs cheveux longs. Les
Turcs et les Arabes sont tondus. Le sang de
ces têtes ruisselait le long du mur. Les assiégés n'avaient pas eu le temps ou n'avaient pas
pris la p•ine de les enlever. Dernière bravade
peut-être.
Les troupes allèr_ent se ranger sur la place
devant la Casbah. Eblé et Daru l arrivèrent
les premiers. Comme ils trouvaient le temps
long, ils obtinrent de leur capitaine, vieux
troupier et bonhomme, la permission d'entrer
dans la Casbah en attendant. - Je n'y vois
pas d'inconvénient, dit le vieux soldat, lequel
sortait des armées d'un homme qui n'avait
paS vu d'inconvénient à entrer dans Potsdam,
dans Scbœnhrunn, dans l'Escurial et dans le
Kremlin . Éblé et Daru profitèrent bien vite
de la permission.
La Casbah était déserte. li n'y avait pas deux

heures que les dernières femmes du Dey l'avaien
quittée. C'était un déménagement qui ressemblait à un pillage. Les meubles, les divans,
les boîtes, les écrins ouverts et vides étaient
jetés pêle-mêle au milieu des chambres. Le
palais entier était une collection de niches el
de petits compartiments. Il n'y avait pas trois
salles grandes comme une de nos salles à
manger ~rdinaires. Une chose qui frappa
Daru et Eblé, c'était la quantité d'étoiles de
Lyon en pièces empilées dans les appartements
secrets du Dey. Cela par moments avait l'air
d'un magasin, soit que le Dey en eût la manie,
soit qu'il en fît le commerce. Il y en avait tant
que, le soir, les officiers logés à la Casbah les
arrangèrent sur le carreau de façon à s'en
faire des matelas et des oreillers.
Les soldats du reste regorgent de toutes
sortes de choses prises dans la déroute du
camp de Hussein-Dey. Daru acheta un chameau
cinq francs,
VICTOR

HUGO.

LA

AU TEMPS DE L'EMPIRE

Tournebut
-

CHAPIT~E y
L"affaire du Quesnay.

Le notaire Lefebvre 1 n'en perdait rien de
sa bonne bu_meur: de haute taille, les épaules
larges, le temt fleuri, il aimait à diner fort
et à pérorer dans les cafés, en alternant les
parties de billard avec les " tournées " de
calvados. C'était là, jusqu'alors, sa part dans
la conspiration, et il n'en espérait pas moins à
1~ rentrée des Bourbons, obtenir quelque gra;se
smécure en récompense de son dévouement.
Dans les premiers jours d'avril 1807, Lefebvre et Le Chevalier dinaient ensemble à
Argentan, à l'hôtel du Point-de-France. Ils
avaient :etro_uv~ là les amis Beaurepaire et
Desmontis, ams1 que le cousin Dusaussay; on
alla au ca[é et on y resta plusieurs heures.
Survint Al_laia dit le général Antonio', que
~e Chevah~r ~vait, _on l'a vu, désigné pour
etre son prmc1pal lieutenant; il le présenta
~ux a?tres. Allain dépassait la quarantaine;
11 avait le nez long, les yeux clairs, la face
co_lorée, était marqué de petite vérole et portait une forte barbe noire; l'air, d'ailleurs
d'un bourgeois des plus calmes et des plu;
rangés. Le Chevalier prit sur la table une
carte à jouer, en déchira la moitié, y traça
quelques caractères et la remit à Allain, disant: «-Ceci
vous servira pour entrer. » Ils
causèrent ensuite à mi-voix
dans l'embrasure d'une fenêtre et le notaire surprit encore cette phrase : c&lt; - Une
fois dans l'église, vous sorlirez
par la porte de gauche et vous
trouverez une ruelle; c'est

1804-1809 -

gendarmes. Comme la rniture portant la recette d'Alençon relayait ordinairement à l'hôlel du Point-de-France, à Arrrentan il suffisait
d'être prévenu de l'heure d~ son ~rrivée dans
celle ville pour en déduire tout !"horaire du
reste de son rnyagc. Or, Le Chevalier s'était
assuré le concours d'un palefrenier nommé
Gauthier, dit Boismâle, qui se chargeait,
~oiennant payement, d'avertir Dusaussay
des que_ le_ chargement serait signalé. Dus:aussay hab1ta1t Argentan; en montant aussitôt à
c~eval, il pouvait facilement arriver, plusieurs heures avant la voiture, à l'endroit de
la route où les gens seraient postés . C'était
ce Borsmâle qu'Allain était allé trouver.
Quand il rentra dans le calé, il rendit
c~~pte de sa mission : le palefrenier était
dec1dé, en efl'et, à servir Le Chevalier· mais
l'~~a,ire n'aurait pas lieu, selon taules ~robahil,tes, avant six semaines ou deux mois·
c'était plus d~ temps qu'il n'en fallait pou;
r~~mr la petite troupe nécessaire à l'expéd1t10n. Les rôles furent distribués : Allain .rn
fit fort de recruter des hommes; le notaire
se procurerait des fusils pour les armer· il
mettait, en outre, à Ja disposition d'All~in
une maison située au faubourll' Saint-Laurent
de Falaise, et qu'il était chargé de vendre·
on pourrait établir là " un dépôt d'armes

_I. Jean-Charles Le~cbvrc , !rente-six ans (en 1808),
ne au _Fresne , ~rrond1ssemenl de Caen. Il était notaire
à Falaise depuis 1804. Auparavant, il avait été clerc

s;

de prol'isions », car _la difficulté était de loger
et de nourrir les enrôlés pendant un temps

C'est une chose presque incroyable que ce
recrutement d'une troupe de réfractaires armé~, logés, défrayés de tout pendant deux
mois, parc~urant les routes, s'embusquant
dans les bois, menant aux environs de Caen
el de Falaise une existence de Mohicans sans
qu'aucun gendarme s'en étonne et sans
qu'eux-mêmes, satisfaits d'être nourris et de
boire à leur soif, sonrrent à
s'informer de ce qu'on ~!tend
d'~ux. Et l'on est à la plus
brillante année du régime impérial, à l'apogée de cette administration si vantée qui, en
réalité, n'était que façade : la
Chouannerie avait semé, dans
les populations de l'Ouest, de
tels ferments de désorganisation que les autorités de tous
rangs se sentaient impuissantes
à lutter contre relie épidémie
sansccsserenaissante. Lecomte
Caffarelli, préfet du Calvados,
dans son grand désir de conser•
ver sa pJace, apportait à la
surveillance des réfractairrs
une indolence voisine de la
complicité et ne ce~sait d'a..
. d'.esser à Fouché les rapports
les plus o~t,mis!es sur l'excellent esprit
de ses ':l.dmm1stres et sur leur inviolable

diez_M~ Po!gnant, a Caen, et chez li• Belencontrc. à
Falaise ; pu_,s notaire à Argences, Arch. nat. F' 8171.
2. Hyacmthe-Françoia Allain , quarante-deux ans

(en 1_807). 11. était nê â Appeville, dans la Manche
Arclmes national es, f' 8! 70.
·
3. Interrogatoire du notaire Lefehne, 4 août 1808.

ei

]à:;_'))

Quand Allain se fut éloigné,
Le Chevalier exposa à ses amis
l'affaire qu 'il était en train d'étudier : à l'approche de chaque
trimestre, un mouvement de
fonds s'opérait entre les différents chefs-lieux de la région.
Les receveurs d'Alençon, de
Saint-Lô, d'Évreux expédiaient
del 'argent à Caen; mais ces envois avaient lieu à des dates irrégulières et
étaient, la plupart du temps, escortés par des

qui pouvait être assez long. Le CheYalier répondait de l'assistance de Mme Acquet de
Férolles, qu 'il déciderait aisément à héheraer
!es ho~mes au moins pendant quelq~es
Jours : 1I offrait, e-n outre, comme lieu de
rassemblement, sa maison de la rue SaintSauveur, à Caf'n.
Les grandes lignes du projet ainsi arrêtées
on_ se sépara et, dès le lendemain, Allain
mit en campagne, portant sur lui, comme à
rnn ordinaire, un matériel complet d'arpentage, et muni d'une sorte de diplôme ci d'ingénieur particulier &gt;&gt;, qui lui servait de référence et justifiait ses perpétuels déplacements . C'élait, au reste, le chouan type, le
gar~ déter~iné ~t prêt à tous les coups de
mam, aussi habile à commander une bande
qu·~ dépister _les. gendarmes : intrépide et
ruse, 11 conna1ssa1t tous les réfractaires du
pays et savait s'en faire obéir.

LA BrJUDE, DANS SON ÉT AT ACTUEL.

�fflSTOR._1.ll

--------------------------------~

attachement aux constitutions impériales.
On 'était au milieu d'avril 1807; Allain
passa par Caen où il s'adjoignit Flierlé, et
tous deux, se cachant le jour, marchant de
nuit, gagnèrent les confins de la Bretague.
Allain savait où trouver des hommes : à
vingt-cinq lieues environ de Caen, dans le
département de la Manche, est situé, à l'écart
des grandes routes, le village de la Mancellière dont tous les gars étaient réfractaires.
Le général Antonio qui, dans tous les centres
d'insoumis, était très populaire, s'y fit indiquer la maison d'une femme Harel dont le
mari, incorporé en l'an VIII, à la 65e demihrigade, avait dé.5:erté au hout de six mois,
(! affolé du besoin de revoir sa remme et ses
enfants ll. Son histoire était commune à
bien d'autres : la conscription répugnait à
ces paysans de l'ancienne France qui ne pouvaient se résigner à perdre de vue leur clocher : ils ne manquaient pas de courage et ne
demandaient qu'à se battre; mais, pour eux,
l'ennemi immédiat, c'étaient les genda rm es,
les Bleus, qu'on voyait dans les villages faisant rafle des hommes valides, et ils n'éprouvaient aucune ;inimosité contre les Prussiens
et les Autrichiens qui, eux, ne cherchaient
noise qu'à Bonaparte.
Comme il apportait une olTre de travail
lar~ement rétribué, Allain fut bien reçu chez
la femme Harel, réduite avec ses enfants à
l'extrême misère. Il s'agissait, disait-il,
« d'une opération d'arpentage autorisée par le
&lt;rouvernement l). Harel, lui-même, sorti le
~oir de sa cachette, accepta avec joie la proposition de son ancien chef et, comme celui-ci
avait besoin de &lt;( solides porteurs de perches"• Harel fit profiler de la bonne fortune
deux de ses amis qu'il présenta au géniral
sous le nom de G1·ancl-Charles 1 et de Cœurde-Roi '. Allain compléta sa troupe par l'enrôlement de trois autres recrues : Le lléricey, dit la Sagesse'; Lebrée, dit Flem· d'É11ine~; et Le Lorault, dit la Jeunesse 5 • On
Lut ensemble un coup de cidre et on partit le
soir même, Allain et Flierlé guidant la marche.
En six étapes ils gagnèrent Caen et Allain
conduisit aussitôt ses hommes à la maison
de Le Chevalier, rue Saint-Sauveur. Ils &lt;lev.aient y rester près de trois semaines. On les
mit au grenier, sur du foin 8 ; Chalange, le
domestique de Le Chevalier, qui leur portait
à manger, les trouvait dormant ou jouant
aux cartes 7 • Afin de ne pas éveiller les soupçons des fo1,1rnisseurs habituels de la maison,
un nommé Lerouge, dit Bornet, ancien boulanger, se chargeait de cuire le pain et d'en
approvisionner la maison de la rue SaintSauveur•. Un jour, il apporta, dans sa charrette à pain, quatre fusils procurés par le
notaire Lefebvre'; llarel, qui avait été sol1. Charles-François Michel, ,·ingt-six ans, charpentier, dit le Grand Charles.
2. Son ,·êritable nom etail Grenthe.
7,. Le lléricey, rlit la Sagesse, dîl Gros Pierre,
vingt-huil nns, charpentier.
4. Gabrid Lcbrée, dit la Cheùiaye, dit Fleur d'Epine, vingt--qualr? ans, charpentier. .
5. Jacques-Lu_ms-Mari~ Le Lorault, d1~ la Jeunesse:
6. Allain, qm coud1a11 a,·ec eux, était le seul qui

Elle ne restait pas 01s1vc, d'ailleurs, prédat, les netto)"a, les démonta et les dissimula
dans une botte de paille. Ainsi empaquetées, parant elle-même la nourriture des sept
on chargea les armes sur un cheval que Le- hommes logés sous les combles du château;
rouge 1H sortir, la nuit, par la porte de la des bottes de foin et de paille leur servaient
cave, ouvrant sur la rue Quimcampoix der- de lits : il leur était recommandé de ne point
rière la maison 10 • Les hommes suivirent; sortir, même pour satisfaire aux besoins les
sous la conduite d'Allain, ils traversèrent plus impérieux, et ils restèrent là pendant dix
toute la ville; arrivés à l'extrémité du fau- jours. Chaque soir, Mme Acquet se glissait
bourg de Vaucelles, à la croisée du chemin dans cette tanière empuantie : elle para_isde Cormelles, ils firent halte et se distribuè- sait, tenant son ombrelle de ses mains gan~
rent les armes; Lerouge regagna la ville tées, vêtue d'une robe de mousseline claire,
avec le cheval et la petite troupe s'éloigna le front couvert d'un grand chapeau de
pailleit; elle était ordinairement accompagnée
sur la grande route.
A cinq lieues environ de Caen, après a,·oir de sa servante, Rosalie Dupont, grande et
passé le relais de Langannerie où était alors forte fille, et de Joseph Buquet, cordonnier à
casernée une brigade de gendarmerie, Je Donnay, portant de larges plats de terrr,
chemin de Falaise traverse un fourré assez (( ressemblant à des gamelles », contenant du
épais, mais de peu d'étendue, appelé le bois veau cuit au four, avec des pommes de terre.
du Quesnay. C'est là que les hommes s'arrê- C'était l'heure de la bombance et des gauloitèrent; ils se tapirent dans le taillis et y pas- series; la jolie châtelaine ne dédaignait pas
sèrent toute une journée. La nuit suivante, de présider au repas allant et venant parmi
Allain les conduisit, en trois heures de mar- ces hommes vautrés, s'informant si &lt;( ces
che, à une vaste maison abandonnée dont les braves gens n ne manquaient de rien et se
portes étaient ouvertes et où il les installa trouvaient satisfaits du régime.
Elle était, de tous, la plus impatiente :
dans un grenier, sur le foin : c'était le châsoit
qu'elle prît au sérieux les illusions politeau de Donnay.
Le Chevalier ne s'était pas trompé; tiques de ceux qui l'entraînaient dans cette
Mme Acquet avait accepté, avec une sorte aventure, et qu'elle eût hâte de s'exposer
d'enthousiasme, de servir ses projets; la pen- pour &lt;&lt; la bonne cause &gt;&gt;, soit que son funeste
sée qu'elle se rendait utile à son héros, amour pour Le Chevalier l'eût complètement
qu'elle s'associait à ses dangers, l'aveuglait dévoyée, elle faisait sa chose de l'attentat qui
sur toute autre considération. Elle eût offert se préparait et qui lui semblait devoir mettre
à Allain et à ses compagnons l'hospitalité de fin à ses malheurs. C'était déjà de sa part un
la Bijude, sans la crainte de compromettre acte de témérité folle que d'héberger el d'enson amant qui y faisait d'assez longs sé- tretenir les recrues d'Allain dans une maison
jours, et ·elle s·était arrêtée à l'audacieuse occupée par son mari et d'oser y pénétrer
idée de les loger chez son mari qui, confiné elle-même pour les y visiter; elle se comprodans une dépendance du château de Donnay, mettait ainsi, comme à plaisir, sous les yeux
laissait à l'abandon le corps principal de l'ha- de son ennemi le plus acharné, et, sans
bitation oit l'on pouvait pénétrer par les der- doute, Acquet, tenu au courant, par ses gens
rières sans être vu. Peut-être espérait-elle dressés à l'espionnage, se gardait-il d'interrejeter sur Acquet la complicité du crime au venir, de crainte d'interrompre une aventure
cas où la retraite eût été découverte. Quant où sa femme devait se perdre irrémédiableà Le Chevalier, apprenant que d'Aché venait ment.
Mme Acquet agissait, d'ailleurs, comme si
de quitter Mandeville et de passer en Angleterre &lt;( après avoir annoncé comme très pro- elle eût été assurée de la complicité de tout
chain son retour avec le prince, avec des mu- le pays; elle combina les moindres détails de
nitions, avec de l'argent, etc. 11 ll, il partit l'expédition avec une étonnante fortilité d'espour Paris, aJant à concerter certaines dis- prit; elle cousit, de $es mains, de grands
positions, disait-il, avec le Comité sec1'el. bissacs de grosse toile qui devaient senir à
Avant de quitter la Bijude, il recommanda porter les provisions de la petite troupe et à
bien à sa maîtresse, si le coup se faisait en contenir l'argent retiré des caisses; elle couson absence, de remettre immédiatement l'ar- rut à Falaise pour inYiter Lefebvre à receYoir
gent enlevé à Dusaussay, qui se chargerait de · Allain et Flierlé, en attendant l'heure de
le lui apporter à Paris où le Comité l'atten- l'action. Lefebvre, qui déjà avait fixé son
dait; elle lui donna une boucle de ses admi- prix et s'était fait promettre douze mille
rables che,•eux noirs pour qu'il en composât francs à prendre sur les fonds attendus, ne
un médaillon, et lui fit promettre " qu'il roulait, cependant, s'engager qu'/i. demi; il
n'oublierait pas de lui rapporter de bonne eau consentit néanmoins à loger Allain et Flierlé
de Cologne"· Puis ils s'embrassèrent; il par- dans l'immeuble vacant du faubourg Sainttit : on était au 17 mai 1807; c'était la der- Laurent. Rassurée sur ce point, Mme Acquet
revint à Donnay; dans la nuit du jeudi 28 mai,
nière lois qu'elle le voyait.
eùl un malelas : pendant le jour, il tenait avec Le
Che\'aiicr de longues conférences. D'Aché même
serait ,·enu 5'y joindre quelquefois. l~terroga~oire de
Cœur de Rot . :! octobre 1807. Arclmes nalionales,
F7 ~liO.
7. Déposition de Jean-~·rançois Chalange. Archi,·es
nationales, P 8171.
8, u Bornet venait quelquefois à notre chambre et
nous rlisail : 11 Eh bien, 1we.;-vous bie1t prié le B011

11 Interrogatoire de P.-F. Harel. Archives nationales, F1 817'l.
9. Lefebvre avait acheté ces fusils d'un nommé
Dusaillant, à Falaise. Archi,·es nationales, F'1 8170.
10. Archives nalionalcs, F7 8171.
11. Déclaration de )!me Acquet, 20 décembre 1807
Archives du irretfe de la Cour d'assises de Rouen.
12. Déposition de P.-F. Harel. Archives nationales,
F7 8171.

Dieuf

'---------------------------------les hommes sortirent du cbttlcau, sans em- c:hons de cidre cl partirent, par le derrière
porter leurs armes, et furent conduits tl une de la maison, un peu avant neuf heures.
grange oit on les laissa seuls toute la journée,
Le vendredi, Allain reparut seul à l'auen présence d'un tonnelet de cidre qu'ils mi- berge d'Aubigny; il commanda à la servante
rent à sec'; Mme Acquet, pendant ce temps, de parler des vivres sur la route de Caen
leur préparait une nouvelle retraite;
à peu de distance de l'église de Donnay se trouvait une maison isolée appartenant aux frères Buquet, très dévoués à la famille de Combray; l'un
d'eux, Joseph, le cordonnier, passait
dans le village, pour être, depuis le
départ de Le Chevalier, l'amant de
Mme Acquet, et s'il est possible, grâce
à l'absence de tout témoignage décisif, de sauYer 1a mémoire de la pauvre
femme de cette nouvelle accusation,
il n'en faut pas moins reconnailre
qu'elle exerçait sur cet homme une
influence inexplicable; elle l'avait,
pour ainsi dire, asservi et il lui élait
aveuglément soumis &lt;&lt; par les droits
même qu'elle lui avait accordés~ )),
affirme un rapport adressé à l'empereur. Quoi qu'il en soit, elle n'eut
qu'un mot à dire pour que Joseph
Buquet lui livrât sa maison et, le vendredi, les i;ix hommes en prirent possession 8 • La mère Buquet se chargea
de les nourrir pendant quatre jours;
ils la quittèrent enfin le mardi 2 juin,
à la nuit tombante : Joseph leur inL'AUBERGE DU ~ CHEVAL :--;"OIR " , A FALAJSE,
diqua la route qu'ils devaient suivre
et leur fit même un bout de conduite.
Les pauvres gens traînèrent leurs
guètres jusqu'au matin, s'égarant dans les jusqu',1 l'embranchement du chemin d'llarterres, n'osant ni demander leur chemin, ni court; deux des hommes attendaient là; ils
suivre les routes battues. A l'aube, ils rencon- prirent les provisions et s'esquivèrent rapitraient, à une lieue de Falaise, Allain qui les dement. Allain, vers deux heures du matin,
attendait à la lisière d'un bois, près du ha- se coucha; le samedi, à midi, comme il se
meau de la Jalousie : il les conduisit, en tra- mettait à table, une carriole s'arrêta devant
versant AuLigny, jusqu'à une auberge isolée la porte de l'auberge; Lefebvre et Mme Acà l'extrémité du village.
quet en descendirent; ils apportaient sept
Le notaire Lefebvre avait pris lui-même la fusils 6 qui furent aussitôt montés au grenier.
peine de venir l'avant-veille en personne pré- On causa : Mme Acquet tira d'un petit pasenter Allain à l'aubergiste et demander à nier quelques citrons qu'elle coupa dans un
celui-ci s'il voudrait recevoir pour quelques saladier rempli de vin blanc et d'eau-de-vie 1 ;
jours &lt;1 six braves garçons de déserteurs que tout en tenant conseil, Lefebvre et la jeune
la gendarmerie tourmentait l&gt;, ce à quoi femme buvaient; de la salle basse on percel'homme avait répliqué qu'il les logerait vait leurs grands édats de rire; la chaleur
avec plaisir.
était accablante, tous trois s'enivrèrent 8 • Il
fallut aider Mme Acquet à se remellre en
En arrivant à l'auberge, Allain et ses hom- voiture, et Lefebvre se chargea de la reconmes, harassés de fatigue, demandèrent à :dé- duire à Falaise. Allain, resté seul à Aubijeuner et montèrent tout de suite à la chaµi- gny, fit disposer un souper « pour six à sept
bre qui leur avait été préparée'. JI était personnes li; il en surveillait les préparatifs,
quatre heures et demie du matin 5 • Ils se quand survint un cavalier qui demanda à lui
couchèrent sur la paille et, de tout Je jour, parler : c'était Dusaussay apportant des noune bougèrent qu'à l'heure des repas. La nuit velles; il vmait d'une traite d'Argentan où il
et toute la journée du lendemain se passèrent avait vu la voiture, chargée de caisses d'arégalement à dormir, à manger et à boire. Le gent, entrer dans la cour de l'auberge du
jeudi 4 juin, au soir, ils engouffrèrent dans Point-de-France : il décrivit le chariot,
leurs bissacs du pain, du lard et des cru- l'attelage, le conducteur : puis il 'remonta
1. Déposition de P.-F. Uarel. Archi\'Cs nationales,

F7811'I.
2. Happort du préfet de la Seine-Inférieure, 26 l'ênier 1808, F1 81 i2.
S. Interrogatoire de Grenthe, dit Cœùr de /toi,
2 octobre 1807. Archives nalionalcs, t' 7 8170.
4. Déposition de Chevalier, aubergiste à Auhig11 )"•

5. Acte d'accusation. Archives du greffe de la Cour
d'assises de Rouen.
6.. Outre les. quatre fusils apportés de Donnay, le
notaire en avait acheté d'autres à un ancien chouan
d~ _t'alais; nommé Cour~aceul. On assur~ qu'il les
nait payer; 11 douze louis chacun D, Archi,·cs nationales, F1 8170.

T OUH_NlfBUT

--~

aussitôt à cheval et s'éloigna rapideme11t.
.\ ce moment, la bande tout enlièra reparait, conduite par Flierlé. On distribue les
armes; les hommes se rangent au tour de la
table et mangent debout, hàliveruent. IL,
remtJlissent leurs bissacs de pain et de
viandes froides et, à la nuit pleine,
ils parlent : Allain et Flierlé les accompagnent et rentrent à l'auberge
après deux heures d'absence 9 • lis ne
dormirent pas : on les entendit, jus'lu·au juur, aller et venir lourdemenl
dans le grenier. Le dimanche 7 juin,
.\llain paya la dépense, acheta à l'aubergiste une hache courte et un vieux
fusil, ce qui portait it huit le nombre
des armes à feu dont la bande pouvait disposer. A srpt heures du matin
il s'éloignait définitivenieut, sur la
route de Caen, avec Flierlé, et gagnait,
i, trois lieues de là, le bois du QuesnaJ, où ses hommes avaient passé la
nuit.
Le chariot destiné au transport des
fonds avait été, le J au soir, chargé
à Alençon, dans la cour de la maison
de M. Decrès, receveur général de
l'Orne, de cinq Jourdes cai!-ses contenant en écus et en monnaie de billon
55.489 fr. 02 centimes. Le 6, il cinq
heures du matin, le roulier Jean Gousset, voiturier aux gages du sieur Hubert, directeur des Messageries à Alençon, aYait attelé au camion trois chevaux et, escorté wir deux gendarmes, avait
pris la route d'Argentan où il était arrivé à
cinq heures du soir. Il s'arrêta au Point-deFrar.ce où il devait charger une sixième caisse
renfermant en or et en écus 55.000 francs,
qui lui fut livrée dans la soirée par les agents
de M. Larroc, receveur des finances. La voiture, soigneusement bâchée, resta pendant la
nuit dans la cour de l'auberge. Gousset, qui
avait bu, allait et venait, « parlant à tout
,,enant de son chargement )) ; même il interpella un voyageur, M. Lapeyrière, géomètre
du département de l'Orne, et lui dit en clignant de l'œil sur la caisse que les commis
du roulage hissaient dans le chariot :
- Si nous en avions chacun dix fois autant, notre fortune serait faite 10 •
Le dimanche 7, il attela à quatre heures
d_u matin ; en raison du supplément de
charge, on lui avait imposé un quatrième
cheval; trois gendarmes étaient commandés
pour l'accompagner. On fit assez lentement
les cinq lieues qui séparent Argentan de Falaise où l'on arriva vers dix heures et demie.
Gousset s'arrêta chez Bertami, au (( Cheval
noir 11 », où les gendarmes le quitlèrent ; il y
dina et, comme la chaleur était forte, il s'y
reposa jusqu'à trois heures de l'après-midi;
7. Acle d'accusalion et déposition de Chevalier
aube11iste à Aubigny.
'
8. Idem, et rapµort du pi-Cfet de la Seine-Intérieure. Archives nationales, ~'1 8172.
O. DéJ;WSÎ~i~n de Clicvalier. au~l.ergistc il Aubigny
10. Depos1t1ou du sieur Lapcyncre. Archi\'es .natiO~
nnles, l-'' 8172.
l ·f. 1nlrrrogatoirc de Jean Gousset.

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fflST01(1JI

_____________________________________

le chariot, pendant l'étape, resta clevanl la
porte de l'auberge, sans sur\'eillance. On r('marqua que les che\'aux demeurèrent allelés
trois hèures d'avance et J'on en conclut que
Gousset désirait n'arriver qu'à la nuit à Langannerie, lieu de la couchée.
De lait, il prit son temps. A lrois heures
un quart seulement, il se mil en chemin,
sans escorte cette fois, tous les hommes de la
brigade de Falaise étant employés aux opérations du recrutement qui avaient lieu ce jourlil. Par hasard, à la sortie de la ville, il rencontra \'inchon, gendarme de la brigade de
Langannerie, qui, accompagné de son ncreu,
jeune garçon de di1-sept ans, nommé Antoine Morin, regagnait à pied sa résid1:nce.
Ils engagèrent la conversation avec le roulier,
'1UÎ marchait à la gauche de sa voilure, l'l
firent la route avec Jui. Ces compagnons Je
rencontre n'étaient pas pressés; Gousset nci
paraissait pas, lui non plus, avoir hàte d':irrher. Aux dernières maisons du faubourg, il
offrit une tournée de cidre; après quelqu , s
cents mètres, le gendarme rendit la polittssc
et on s'arrêta devant le cabaret du a Sauvage ». Une lieue plus Join, nouvelle halte à
la « Vieille cave' •· Là, Gousset proposa ~ne
partie de quilles que le gendarme et Morin
acceptèrent. Il était près de sept heures du
soir lorsqu'on passa à Potigni. La journée
était magnifique et le soleil encore haut sur
l'horizon; comme on savait ne plus rencontrer d'auberge avant l'étape, on fil là une
qualrième stalion. Enfin Gousset el ses compagnons se remirent en marche : en une
heure ils pouvaient maintenant atteindre LaDgannerie, où le chariot devait s'arrêter pour
la nuit.

n'avoua-t-cllc pas plus tard, la pauvre fomme,
que, dans le désarroi de son esprit, elle
,i'arnit pas craint d'implorer de Dieu la réussite de « son entreprise »?
Quand, vers cinq heures, la procession fut
terminée, par les rues jonchées de roses,
Jlme Acquet s'en lint trouver Rosalie Dupont, sa confidente. Son impatience était telle
que, n·y pouvant résister, elle partit a\'ec
cette fille, invinciblement attirée vers cette
route où se jouait son sort et celui de son
amant. Lanoi' qui, les offices chantés et les
reposoirs défaits, regagnait, à la fraiche, sur
son bidet, sa ferme de Glatigny, fut lrès ~urpris de rencontrer, au crépuscule, la cb,Helainc de la Bijudc, dans un petit bois près de
Clair-Tizon•. Elle était là, à une lieue à peine
de l'endroit où sa bande éla1l embusqué,. Hu
lieu désert oll elle se trouvait, t-lle put, le
cœur Lattant, immobile et mueue d'angoisse,
entendre les coups de fusil lointains qui résonnaient clair dans le silencedu soir d'été; il
étai! rx.actement huit heures moins un quart.

La veille au soir, Mme Acquet de Férolles,
en rentrant à Falaise avec le notaire Lefebvre,
s'était couchée plus malade de fatigue que
d'ivresse; pourtant, dès l'aube, elle avait regagné Donnay, dans la crainte que son abs~nce
n'y éveillât des soupçons; ce dimanche 7 JUID
était, en effet, le jour de la Fête-Dieu, et elle
devait s'occuper, comme elle le faisait chaque
année, de l'ornementation des reposoirs.
Lanoë, arrivé la veille au soir de sa ferme
de Glatigny, travailla toute la matinée à tendre
des nappes et à tapisser les murs de branches
vertes 2. Mme Acquet dirigeait avec une e1altation fébrile l'arrangement de la procession,
remplissant des corbeilles de roses elTeuillées,
groupant les enfants, posant des guirlandes;
sans doute sa pensée échappait au charme de
cette fête lleurie pour se tourner vers ce bois,
là-bas, où, à cette même heure, les hommes
qu'elle avait embauchés attendaient, tapis
sous les feuilles, le fusil en main. Peul-être
trouvait-elle une jouissance perverse au contraste des cantiques chantés le long des haies
avec l'anxiété criminelle qui l'étreignait;

La voiture avait, en effel, quitté Potig11y à
sept heures. Un peu après le village, la route,
désormais en droite ligne pendant six lieues,
descend une pente au bas de laquelle se rencontre le pclil bois du Quesnay, taillis fourré
et bas de coupe qui n'était guère peuplé que
de noisetiers dominés par quelques pieds de
cbène. Allain avait posté ses hommes sous
les branches, le long de la route : à la lisière
du bois, du côté de Falaise, se trouvaient
Flierlé, le lléricey et Fleur d'Épine. Il s'était
embusqué lui-même .avec llarel et Cœur-defioi à l'extrémité du taillis la plus voisine de
Langannerie. Grand-Charles et Le Loraull
étaient placés à distance égale de ces deux
pelotons, au milieu du bois.
Les huil hommes allendaient depuis midi
le passage du trésor : ils commençaient à
perdre patience et parlaient de retourner
souper à Aubigny quand ils perçurent le
bruit du lourd chariot dévalant la côle: il
avançait assez rapidement, Gousset n'ayant
point pris la précaution d'enrayer. On entendait ses hue et ses dia lancés à pleine voh.
Marchant à gauche de la voiture•, il dirigeait
ses chevaux au moyen d'un long cordeau, son
petit chien trollinail à colé de lui. Le gendarme Yinchon et Morin se trouvaient, pour
l'instant, distancés par l'allure accélérée de
la voiture. Les hommes du premier et du second poste Ja laissèrent passer sans se montrer; elle roulait, maintenant, entre les deux
taillis que coupait la route; en quelques minutes elle atteignit la lisirrc du fourré du
côté de Langannerie quand Gousset aperçut
tout à coup un homme portant une longue
houppelande grise et des bottes à retroussis,
debout au milieu de la chaussée, un fusil à
la main : c'était .\llain.

1. Près du hameau de Saint-Loup.
2. • lléhcrl me dit : c Te voilà bieu arrin! pour
m'aider û. faire le reposoir .... » J,e lendemain,toute la
journée, on m'a \ 'li it Donnay, soil à lraniller au re11osoir soil à roffice. • Jnterrogaloire de Lanoé,
:ï. Lan()tl, qui déposa du fait, assure que Mme Acquet éta.it, i ce moment, accompagnée de troi, per-

ao,wrs. Une chose assez remarquable, c'est qu e Lanoi:,
qui passa, pour retourner â. Glatigny, à moins d'un
QU3rt de lieue du bois du Quesnay el précisément au
momenl où avail lieu le combat, s'est dcJendu d'en
avoir rien entendu.
4. Allain, uançant la tête hors du fourre, aperçut
le ctmioo et eut un instant d'hésitation, Dusaussay ne

,.

- llalte-là, coquin I cria-l-il au charretier.
Beux de ses compagnons, n·ayant qu'un
pantalon et une chemise, un mouchoir de
couleur noué autour du front, sortent aussitût
du bois, apprêtent leurs armes et le mettent
en joue. D'un vigoureux effort, Gousset, pris
de peur, fait tourner tout l'attelage à gauche
el le lance, à grand renfort de jurons et de
coups de fouet, dans qn chemin de tra,·erse
qui vient, en oblique, croiser la route un peu
avant la sortie du bois; mais en un instant
les trois hommes sont sur lui, Je renversent,
lui mettent le canon du fusil sur la tempe,
tandis que deux autres, surgis du taillis,
saut,,nt à la tète des chevaux. La lutle fut
courte : on arrache à Gousset sa cravate, on
la lui noue en bandeau sur les yeux; une
main le fouille et lui prend son couteau, il
est « bourradé "• poussé dans le bois et
menacé d'une balle s'il fait un mouvement.
Cependant Vinchon et Morin, restés en
arrière, onl vu de loin la voiture disparaître
dans le bois. Morin, peu soucieux de se mêler
à la bagarre, se lance à travers champs,
tourne le tailJis très peu étendu, et court vers
Langannerie afin de prévenir les gendarmes.
\'incbon, au contraire, tire son sabre et
s'avance courageusement sur la route; mais à
peine a-t-il fait quelques pas qu'il reçoit, du
premier poste, une triple décharge. Il roule,
frappé d'une balle à l'épaule et .-a s'abattre,
perdant son sang, dans le fossé. Les hommes,
alors, se h:ilent autour de la voiture; à l'aide
du couteau de Gousset, ils coupent les cordes
de la bàcbe, découvrent les coffres, les attaquent à grands coups de hache. Tandis que
deux des brigands détellent les chevaux ,
d'autres jettent pêle-mèlc, à pleines poignée8,
l'or et les écus dans les bissacs dont ils sont
munis. Le premier sac, gonflé d'argent, était
si lourd qu'il fallut l'elforl de trois hommes
pour le hisser sur le dos d'un cheval; Gousset
lui-même, malgré le bandeau qui l'aveugle,
est invité brutalement à donner un coup de
main el obéit :, tâtons. On défonçait la seconde caisse quand le cri : « Aux armes! »
vint interrompre la besogne. Allain rallie ses
hommes et les forme en ligne au bord de la
route.
Morin, en arrinnt à Langannerie, y avait
trouvé seulcmen l deux gendarmes, le brigadier et un homme, qui, aussitôt avertis,
étaient montés à cheval et avaient couru, à
toute bride, jusqu'au bois du Quesnay. li
faisait presque nuit lorsqu'ils parvinrent à la
lisière du fourré. Une décharge les accueille;
une balle frappe le brigadier à la jambe et
son cheval s'abat, morlellemenl blessé; son
unique compagnon, complètement sourd, ne
sait où donner de la tête; voyant rouler son
chef, il prend le parti de baltre en retraite et
court jusqu'au hameau du Quesnay chercher
du renfort. Le bruit de la rusillade a déjà
lui avait an.11oncC que !roi~ chenux et. J'attclag-e q111
se présentait en com1•ren01t quatre. Ma,s 11 reconnut
au signalement. qu'il ui en nait donné, le petit chie~
de Gousset et 11 se renfonç:i dans le bois en criant iJ
ses compagnons : « C'est bien cela. • Interrogatoire de P1erre .. fr1nçoiJ llareJ. Arcliivcs nalionafes

F' 8171.

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jl'lé l'alarme aux alenlours, le tocsin so,rnc li
Potigny, à Ouill} -le-Tcsson, à Sousmont; des

vaux lourdement chargés que les hommes
t•xcitent de la rnix 1 •
Ils prirent a, ec leur butin le chemin
d'Ussy, rntrillnant le charretier Gousset, auquel ou avilit lais:-é son bandeau et que
Grand-Charles tenait par le bras. Ils m&gt;rchaient vite, dans la nuit, pour se garer d'une
poursuite possible. A moins d'une demi-lieue
du Quesnay, la tra"er.se qu'ils suivaient passe
au hameau d'Aisy, écart dn village de Sousmont et où le maire de cette commune avait
un chàteau : il s'appelait li. Dupont d'Aisy
et avait reçu, ce soir-là, à sa table, le capitaine Pinteville, commandant la gendarmerie
de l'arrondissement. Le repas avait été interrompu par le bruit lointain de la fusillade.
M. Dupont envoya aussitôt ses domestiques
donner l'alarme à Sousmont; en moins d'une
heure il avait réuni une trentaine de villageois; il se mit à leur tête avec le capitaine
Pinteville et marcha vers le Quesnay. La petite troupe n'avait pas fait cent pas quand
elle se heurta à la bande d' Allain; un combat
s'engage; )es brigands exécutent un feu
nourri qui, par un hasard bien étonnant, ne
produit d'autre elTet que de disperser les
paysans. Dupont d'Aisy et le capitaine Pinteville lui-même jugent dangereux d'engager
la lutte contre des adversaires si déterminés :
ils replient leurs hommes, et, tournant résolument le dos à l'ennemi, ils battent en retraite du côté du Quesnay•.
Lorsqu'ils arrivèrent ~ dans le bois, une
sorte de foule l'occupait déjà ; des villages
environnants, où le tocsin continuait de sonner, des gens accouraient, attirés uniquement, d'ailleurs, par la curiosité. On riait du
bon tour joue au gouvernement. On estimait
l'affaire bien conduite et nul ne se gênait
pour applaudir à son succès 3 • On entourait
le chariot à demi versé dans l'orni~re du
chemin et on battait en tout sens le petit

l,oi.s pour ~- rde\'l'r le~ traces du comh:il.
Dupont d'.\isi et le capitaine Pinteville, rn
arrivant avec leurs hommes, mirent un peu
d'ordre dans les premières constatations : ils
s'étaient munis de lanternes; en présence des
gendarmes, enfin arrivés en nombre, qui con•
templaienl piteusement la scène, les paysans
recueillaient les débris des colTres et y replaçaient, en la comptant d'un ton gouai11eur,
la monnaie de billon que les voleurs avaient
dédaignée et jetée dans l'herbe. On trouva
dans le taillis le portefonille de cuir du voilurier renfermant les deux bordereaux du
chargement; on sut ainsi que le gouvernement perdait un peu plus de 60.000 francs,
el, devant ce chiffre respectable', l'estime
grandit pour les gens babiles qui avaient fait
le coup. Dans l'endroit le plus épais du bois
on découvrit une sorte de hutte de branchage
où restaient des os, des bouteilles vides et
des verres, et, tout de suite, la légende s'étahlit que les brigands logeaient là , depuis
des semaines n atlendant une occasion lucrative. Ceux qui avaient assisté, de loin , au
combat, décrivaient n ces messieurs )1 qui
étaient, disaient-ils, au nombre tir tlour.e;
trois portaient des redingotes de drap gris,
ceux--ci étaient chaussés de bottes; un autre
avait été frappé « par la très petite taille de
deux des hrigands i; . »
Enfin, la monnaie recueillie et les coffres
rechargés, on attela deux chevaux au camion
qu'on traina chez Dupont d'.\isy; celui-ci
s"était prodigué; il ne quitta pas le chariot
qu'il fit déposer dans sa cour et mit sons
clef les caisses brisées et le billon dont le
total s'élevait à :;401 francs. Et quand, dès
l'aube, M. le comte CalTarelli, préfet du Calvados, prévenu par exprès dès minuit, arriva
sur le1- Heux dans sa chaise de poste, c'est
encore chez Dupont d'Aisy qu'il fut reçu;
mème, apr1'&gt;s avoir recueilli les témoignages
el considéré les pièces à conviction, il adressa
au ministre de la police un de ces rapports
optimistes qu 'il troussait avec tant d'aplomb.
Par celui-ci, il annonçait à Son Excellence
&lt;c qu'ap1·è.s 11éi'ificalinn faite le chargement
avaü été reconnu intact ... sauf les caisses
contenant l'argent du gouvernement&gt;&gt;. M. Caffarelli possédait à fond l'art délicat de la correspondance administrative et savait faire
glisser, à grand renfort d'eau claire, la pilule
dorée des Yérités désagréables.
Ce fonctionnaire modèle passa la journée à
Aisy, attendant des nouvelles; les paysans et
les gendarmes battaient le pays avec précaution, car, depuis la veille, la légende avait
grossi et on parlait, non sans terreur, du

Après l'escarmouche d'Aisy, Allain et ses
compagnons avaient marché µrand train dans
la direction de Donnay: ils allaient à l'aventure et s'égarèrent. En traversant le ,·illage
de Saint-Germain-le-Vasson, ils entrainèrent
de force un garçon meunier qui prenait le
frais sur le seuil de sa porte et qui, bien que
tr/·s effrayé à la vue de cette bande d'hommes
armés et de chevaux chargés de lourds bissacs, consentit à leur servir de guide. 11 les
conduisit jusqu"à Acqueville. Allain le renvo~'a en lui donnant dix écus 6 •
Il était environ minuit quand ils arrht'•rent
à Donnay; ils passèrent derrière le chàteau.
Joseph Buquet les attendait lit et les mena
jusqu'à sa maiscn. Son frère et lui font entrer les huit hommes, leur recommandent le
silence, l~s aident à décharger les sacs dont
le contenu est vidé dans un lrou, creusé
d'avance, au bout du jardin'; puis, on c&lt; tire
à boire JJ. On prend une heure de repos et,
comme le jour allait paraitre, Allain donna
le signal du départ. Il avait bùte de conduire
ses gens hors du département du Calvados et
de les mettre ainsi à l'abri des premières
poursuites de la police de CalTarelli. Au jour
naiss.ant, ils pa,saient l'Orne au pont de La
Larnlelle, jetaient leurs fusils dans une pièce
de blé et se séparaient après avoir reçu chacun 200 francs '.
Cette journée du 8 juin s'écoula pour les
habitants de Donnay dans le calme le plus
parlait. !!me Acquet ne sortit pas de la Bi-

1. Iutcrro11:atoire de P.-F. Harel. Archives nationales, F' 8171. Déclaraliun do Jean Gousset. Archive-,
nationales, P 8172. Rapport du préfet du Calndos il.
nal. Archives nationales. F' ,817:l. ~apport du prél't•t
cle ta Seine-torérieure. Archives naltonales, F1 8172.
Procès : acte d'accusation; interrogatoire de Flierle.
2. Rapport dn préret du Calvados, 9 juin 1801. Lettre du général _M~ncey-, insµ~cleur _g~néra\ _de la
gendarmerie au m1mstre li ouche, U Jmn 1801.
j, Archi1·cs 111tlion11lcs. F' 8172.
1-. Exactement 63.0ïli fr. 85. !\apport Ju préreL du
Calvados.
a. 0-aprês Ir prrmirr r~pporl du prêfct 1h1 Çnh-~dos ;1 Réal, c11 date du !) JUio. la troupe iles hr1gand,

aurait été, 011 effet, composée de dou:,e perso1111es,
dont deux de trè, petite taille a~ant mviron ci./lq
pieds. ~fous &amp;avons, cependant, à n en pou\'oir douter,
qu'Allain et FJierlé n'avaient enrôlé que si1 compagnons, Quatre complices se.raient-ils donc venus, e11
amateurs, prendre part à l'action? Et cette question
nous reporte à la déposition de Lanoë qui, ,·ers huit
heures du iioir, renconlra , le 7 juin, Mme Acgutl et
trois autre, perso1111es aux cm•irons du hois du
Quesnav. L"une de ces fcrsonnes était la fille J)upont:
mais lès deux autres. llé\crl l'l Joseph Buquet,
peul-être. Si Mme Acquet a111ena, au d~rmer mommt,
l'e renfort â .\ lloin , cl qu'elle ,·ou lut assister au pilla-'tC de la ,·oiture. sa pre~ence et rrlle de la fille lluponl expliqueraient la très petite l(tille que If' rnp-

porl rle Calîorelli attribue à deux des compagnons
d'Allain. riotons, en ou1re, que, le 16 septembre sui,·ant, RCal écrirait à ,ll. le prlftl du Calvadoa, à
lui ,eul, qu'il était d,émontrê que Mme Acquet de
Férolles avait participé au \"OI au 7 juin. Archi,es
nationales, F1 81 iO.
6. lnterrogatoire de Flicr!ê. Archives du greffe de
la Cour d·asmcs de Rouen.
7. Rapp:irl du préfet de la Seine-Inférieure. Archives nationales, P 8·172 et. Acte d'accusation.
IL a All~in distribua à ses compagnons et je pris
moi-mi'·mc '200 francs Jans un mouchoir. » Interrogatoire de Flierlé. Ln rapport du préfet de la SeinPlnl'érieure à Iléal assure que chacun des bandil'i ne
rc1;ul que 50 rrrncs, Archives nationales, f7 8172.

1

paysans s'attroupent aux deux extrémités du
bois mais ils sont sans armes et n'osent avancer; Allain a placé en grand'gardes cinq de
ses hommes qui, au jugé, font feu dans les
taillis et ceci tient à distance les curieux les
plus résolus. Derrière ce rideau de tirailleurs
résonnent Jes coups de hache éventrant les

caisses, le fraca:s des planches arrachées, les
urons des trnvailleurs se h.'ttant au pillage;
cette scène extraordinaire se prolonge pen-

dant près d'une heure. Enfin, sur un cri
d'appel, la fusillad e cesse: les brigands s'enfoncent dans le fourré ion entend s'éloigner,
par le chemin de traverse, les pas des che-

1

romL:1l courageu'-i'mc11t liH1: par M. Uupoul
d'Aisy à toute une armée do Lrigand.s. Ycrs
midi, les éclaireurs rentrèrent ne ramenant
qne les quatre chevaux du chariot qu'ils
avaient trouvés attachés à une haie près du
village de Placy, et le pauvre Gousset qui
s'était tranquillement assis à l'ombre d'un
arbre, sur un sillon, près d'une pièce de blé.
Il raconta que la bande !"avait abandonné là,
de très grand ma.tin, après l'avoir fait marcher, pendant toute la nuit. les l'enx bandés.
.\11 bout d'une heure et demit1, n'entendant
plus rien, il avait osé détacher son handrau,
et, ne connaissant pas le pays, il attendait
qu'on vint le cbt,rclll'r; il ne put fournir,
louchant les ,·oleur~, aucunr intlicalion, si ce
n'est qu'ils marchaient très vite et qu'il a,·ait
reçu d'eux de terriLlts roups. li. Calfarelli
plaignit beaucoup cc pauvre homme, le chargea de conduire à Cat!n le chariot et fos
caisses brisées, puis, après arnir h:wlcment
félicité M. Dupont d'Aisy de sa Lelle conduite,
il rèprit, le mèmc jour, le chemin de sa
résidence.

r.

4

Tou~NcBUT - - ,

jude. Dans l'apr~s-midi, un tanneur de des os encore frais, des débris de pain el de allait grossir la liste, si longue depuis dix
Placi, nommé Brazard, en passant devant la viande 1 des ordure~ témoignaient que la bande~ ans, des vols de fonds publics dont les aumaison, héla Hébert qu'il aperçut dans le avait sPjourné i des feuilles de papier, prove~ teurs resteraient à tout jamais impunis. lléal,
,jardin. JI lui apprit que, le matin, à son nant d'un mémoire imprimé par le sieur llairant d'instinct que d'Aché était daus l'afréveil, il avait trouvé quatre chevaux attachés Hely de Bonnœil, frère de Mme Acquet, faire, se souvinl à propos du capitaine Manù sa haie; les gendarmes de Langannerie étaient roulées en cartouches et cachées dans ginot qui, au temps du complot de Georges
étaient venus les réc1amer, disant que un roin sous les tuiles. On découvrit même Cadoudal, avait réussi ;'1 reconstituer Je:-&lt;1 c'étaient ceux de la diligence de Falaise à
les bissacs qu'après le vol les Buquet avaieut étapes des conjurés entre Oiville et Paris el
Caen allalJuêe par les chouans pentlant la cachés là; dans le sol d'une cave, un trou .auquel on devait précisément la révélation
nuit n . Hébert s\:tonna beaucoup 1 ; Mme Ac- &lt;c de deux pieds et demi en carré, profond dn rôle joué par d'Aché dans la conspiration'.
quet fit l'incrédule; mais le bruit de !"atten- de même, avait été creusé pour recevoir l'arJfan ginot' reçut donc l'ordre de se rendre
tat se répandit : le soir, la nouvelle était gent 1&gt;: on avait eu la précaution d'ouvrir, en toute h,lte dans le Calvados. Le 2:; juin il
connue de tout le village.
au-dessus, le plancher, afin que, de l'étage arrivait chez Caffarelli, porteur de ce mot de
Acquet, depuis un mois, restait invisible : supérieur, il fût possible de snneiller le présentation : « L'adresse, le zèle, le bonheur
rnn instinct haineux, et sans doute aussi des dépôt •. Le projet d'enfouir en cet endroit le de cet officier dans ces sortes de recherches
indices sournoisement recueillis, l'avertis- produit du vol avait été, on le sait, abandonné sont connus: ils ont t1té assez prouvés par
saient (JUe sa femme machinait sa propre an profit des Buquet; mais l'indice était d'im- son succès dans une affaire du même genre,
perte, et il se gardait de l'arrêter en si bon portance et Pinteville en fit son rapport.
je Y0us invite à l'accueillir comme il méchemin. Quelques jours auparavant, son jarLa chose, d'ailleurs, n'alla pas plus loin. rile de l'ètre. " Le préfet fit donc fète à l'ofdinier Aumont avait remarqué un matin que Quel soupçon pouvait atteindre les chàtelains ficier; il connaissait trop bien Ia manière des
la rosée « sur la pelouse était abattue » et de Donnay1 Les brigands avaient, à la vérité, chouans et leur habileté à disparaitre pour
rele,·t' des traces de pas conduisant à la ca,·e choisi leur maison pour asile: mais il n'y cont:-crvcr personnellement aucune illusion
Liu cMleau~; mais Acquet sembla n'attacher avait rien ]à qui pùt serdr de base à une sur le ré:sultat final de l'aventure ; mais il
à cc,; J'ai1s aucune importance.
accusation de complicité : ni Pinte,·ille, ni n'en montra rien et manil"e~ ta, au contraire,
C'est par sa sef\'anle qu'il apprit l'enlèrn- Calfarelli, qui transmit au ministre le procès- la plus grande confiance tians le savoir-faire
ment de la receue d'Alençon; le lendemain, verbal, ne songèrent même à pous~er plus d'un homme qui paraissait :-;i Lien en cour.
le boud1er nedel , de Meslay, raconta que, avant sur ce point leur enquête.
Celui-d débuta par u11e nou\'elle perquisihuit à d1\ jours auparavant, comme il pasFouchP. n'en savait pas davantage ; mais il tion au thâteau de Donna} : mais, comme sa
sait en charrette, vers trois heures du matin, trouvait l'alTaire mollement conduite. Il pa- grande réputation l'obligeait au succès et
près des ruines de l'abbaye du Val, « sa ju- raissait évident que l'attentat du Quesna~ &lt;1u'il n'était pas fàcbé d'étonner lei:i autorités
ment avait fait un écart, effra~·éeparJa
du Calvados par la sûreté de son coup
vue de sept ou huit hommes qui sortirent
d"œil, il fit arrèter tout d'abord .lequel
subitement de derrière une haie »; il s
de Férolles; c'était lui qui, le premier,
lui demandèrent le chemin de Rouen.
avait ~révenu la gendarmerie du séjour
Hedet, sans répondre, s'était enfui, et
des brigandsà Donnay, et ceci semblait
comme il parlait à tout venant de celle
à Manginot prodigieusement Jonche. Le
rencontre, Hébert, l'homme-lige de
mème jour, il donnait l'ordre de s'asMme de Combray, l'avait instamment
surer d'llébert; quelques personnes du
prié de ne point ébruiter l'incident. Si
village essayèrent bien d'insinuer qu 'HéAcquet eût gardé un doute, cette rebert et Acquet étaient irréconciliaLlecommandation l'eût dissipé. Il par1it
ment ennemis et que Manginot faisait
aussitôt pour )leslay prendre conseil de
fausse route; mais celui-ci, très "Onflé
.
•
0
l'ami Darthenay, et, le jour suivant,
de son 1mportance, n en voulut pas
il écrivit au commandant de la gendardémordre. Poursuivant ses e1trava•ranmerie l pour l'inviter à perquisitionner
t~s déduclions, _il flaira que la coi:pliau chùleau de Donna 1.
c1té du cbarreller Gousset, convaincu
La visite eut lieu le vendredi 12 juin,
d'avoir bu et joué aux quilles tout Je
et c'est le capitaine Pinteville qui la
long du cLemin, ne pouvait faire doute
dirigea . .\cqut::l s'offrit à guider les reet le pauvre homme fut arrêté dans so~
cherches; la perquisition amena des
village, où il était retourné, près de sa
constatations singulières : certaines
femme el de ses enfants, pour se reportes de cette grande maison, abanmettre de ses émotions. Enfin ManO'idonnée depuis longtemps, furent trounot, él idemment en ,erve de hévu~s
vées munies de fortes serrures récemi:i'imagina que Dupont d'Aisy lui-mèm;
ment posées; d'autres étaient clouées
avait bien pu retenir Pinteville à diner
et on dut les enfoncer; « dans un greet ameuter ses paysans dans le but
nier retiré et obscur auquel on ne pard'assurer la retraite des bri•"ands
· en
O
•
·1 décerna contre
Yenait qu'avec peine » - Acquet conconsequenee,
1
lui' un
duisait les gendarmes - &lt;c un tas de
LE CHATE AU VE .M. Ül,;PO~T D',;\ISY 1 llANS SON ÉTAT .\CTUl:.L.
mandat d'amener7, à la grande stufoin conservait encore l'empreinte des
peur de Caffarelli t1ui myait ainsi emsh hommes qui s'y étaient couchés n:
prisonner tous ceux dont il avait loué
1

1. lnlcrrogaloîrc de Fram,:ois-Jean ll éhcrl.
'-1. Ib id.

J u J'eu~sc. l•criL sur-le-champ :.iuï gcutlarme~
pour les i1witer à faire la ,isilr ... mais jï·crhîs seulement le lendemain qui l:lait le 11, et fJlauique ma
lettre fùl remise dès cc mt•me jour. la v1silc ne se
lit que le llimanchc 1 i. , DCclaratiou d'Acquct de
FCrolles. Archives du i.rrell"e de la Cour •l'assiscs lie
llouen ..\cqu~t commC'I ici unu crrt•u1· : c'est le ,·eu111'(.'di 1'l qu'eu t lieu la perqui,~ ilion : la leltrc de
Ca1forelh qui en fl'IHI compte â l\éal est datée de

Caen. l:i juin.1807. Ou peul encore citer Ct'\ aveu.
fait !lai· lui-même, Je l'odieuse délation rlont Ae&lt;rucL
se rendait hypocritement coupable : (1 C'csl i1 moi
1111'011 doit la d~com·crte tlu rrpo1re ile,- ,·olcurs dan-.
le château de Donnay : c'est moi tJui :ii écrit an brigaJier de la gendarmc,,ic pour Jll"OVOfjUCI' la visite. »
El ciuaud Acquet (o('rin1il celle leltre ,'.Ill ministre dt&gt;
la polie~• (U déccmbn· ·1807 sa remme !!lait depuis
tleux mois ar1':lèc, et il sanit, par consl•11ncnt, 1.1n'il
l'accusait ain si personnellement.
4. Lcllrt' dn pr1ff('t du Calvmlüs a Hé.il.

, 5. « J'cnv~ie sur les_ lie111_ ~1.-.nginol : personne
n est plu~ en cl~~ 11ue lm de rcusSLJ', à raiso11 c.m•tout
des rcla!JOns qu il p~ut !' tiYoir en tre cea bandits cl
tf&gt;u1 qui ou! co111m1s. 1lans l'Eurr, des délits semblables. » :,iote de Réal i1 Foucl1ë.
ü. J,'rançois Man~in~l, né le ~O ma.rs I n1, à Dieulouard {*'ml he), elail en 1807 capitaine de ••cudarmerie à E"reux . Ses _nolcsétail'nl ainsi eonruet: , des
n~oyens. ~le la ~ondml~,de la ll'nuc, très actir. serra i,!
l11i.:_11 t' l riuiia~t ~•en scrnr; assez. adr-oil pour les e~pt ures&gt;).
L Le 11 Jll lllcl 1807 . Artl111·(•S 11.itionalC'~. F7 ~17'1

�'H1STO'l{1.Jl
1a belle conduite el donné en exemple le dé-

,ouement.
Ainsi dans une région olt il n'avp.it, pour
ainsi dire, qu'à frapper au hasard pour
atteindre un coupable, le capitaine Manginol
était asse1 malchanceux pour n'incarcérer

que des irmoceots, et, par surcroit d'ironie,
le hasard voulail que ces innocents fissent,
dO\·ant l'enquête, une si pileuse figure que
les soupçons s'en trouvaient justifiés. Acquet
désirait grandement dénoncer sa femme,

mais il ne \'Ou lait parler qu'à coup sùr, et le
magistrat de sûreté de Falaise, devant lequel
il comparut, note qu'au cours de ses interro(Tatoires c il tombe dans des contradictions;
s~ réponsei,; sont loin d'être !-alisfaisante:-,
quoh1u'il les combine avec le plus grand soin
el réfléchisse longtemps avant de parler ».
\u premier mot qu'il insinua contre Mme de
Combrav et sa fille, le juge, indigné, le fil
taire et ~l'expédia, sous bonne garde, à Caen
où on le mil au secret•. Quant à lléberl, ne
,oulanl pas compromettre les dames de la
Bijude auxquelles il était tout dévoué, il répondit à peine aux questions qui lui étaient
posées; il n·i eut pas jusqu'à llupontd'\isi
qui ne prêlàt au soupçon; on découvrit chez
lui soixante fusils, ce qui parut excessif,
mème pour, un grand chasseur tel qu'il se
piquait de l' ètre, et là encore tous les indices
concouraient à convaincre Manginot qu'il était
dans la bonne voie.
Mme Acquet, cependant, affectait la plus
grande st.'.-curité. Voyant l'enquête s'égarer,
clic p9uvait, en effet, se figurer que tout
tlaoger était pour elle écarté : elle avait bien,
d'ailleurs, d'autres soucis. Depuis le 7 juin,
I.e Chernlier attendait à Paris les fonds dont
il avait le plus pressant besoin, el, comme il
ne receYait rien, malgré ses réclamations
réitérées, il :nait pri~ Je parli de Yenir luimême ('hercher l'argent; il n'osait, cependant, se montrer dans la région de Falaise,
et fixa au notaire Lefebvre un rendez-,,ous à
Laigle en l'i11\·ila11t avec instance à lui
apporter là tout ce dont il pourrait se charger.
Ur, les Buquet, chez qui les 60.000 francs
avaieul été déposés pendant la nuit du 7 juin,
s'obstinaient, malgrli les supplications de
Mme Acquet, à ne pas s'rn dessaisir: ils les
avaient retirés de l~ur jardin et cachés en
di\·ers endroits dont ils gardairntjalousem(lnt
le secret. Ct'pendant, en usant de son inOuence
i:;ur Joseph, Mme .\cquet parrint ;, lui soutirer ;i,;;oo francs qu'elle remit au notaire
pour les porter à Le Chevalier; mais Lefebue,
dès qu'il Lint l'argent, al!Pgua. i1 son tour,
l. « Caen, le 1•r juillcl 1807. Celle uuil, cuire
onte heures el minuit , le !'ieur Acquel de fëroll es a
dé déposé :1 la maison d'arrêt de celle ,·ille. • Lettre
tle Calfarelli i Réal. Archi,·es nationales, F 7 81 :O.

2. L't.'lllrcvue arnit ru lieu le . 2~ _rniu. lut('rrogaluirc de LcM1,·re . .\n:l1i,·es du greffe de la Cour d'assi -:es de Boucn.
:i. c ~Oll :i 11'cnlril11ws point 1land 't1ul.it•rg1•; nous
nom :i~~imcs sur 1'11t•1ht• cl ma lilll' me dit : - Saun•1,-moi, marnau, ,.aun•z-moi. - lit' doutant bien dt•
11uui clil• !'.•lait eoupabl1• il t'DU&lt;;c lie ~&lt;'s rl'l:itions 1,·cc
l.t• U1eulicr,je lui di~ : -(..!u'u·ez-,ous fait, ma filll' '!
- Elle 1111• 1·{,pontlil· - c·e~l pur l'ordrt• dt· li. tl 'Ad,é .
J1· l'CJ}llrtis ~ur l1•-d1mnp : ~ Cel/\ rw !-1.' peul pa~. il
t'n -~~t i,!caJ?oUlc . C'e~l '!n hornm,• d'honn,.u;.. Elle
fH'1-s1.:ta a dire c1ue c était par "OIi ordre. 1, in-tant

qu'on lui avait promis, pour prix de son concours, nne somme de 12.000 francs el qu'il
gardait celle-ci comme acompte. Il poussa
cependant jusqu'à Laigle, à la rencontre de
Le Chevalier• et, pour calmer l'impatience de
celui-ci, il l'assura que Dusaussay allait,
incessamment, prendre la route de P:tris
avec 50.000 francs, qu'il lui remellrail inlL'-

des B1:1quet; r.eux-ci prétextaient, pour-garder
l'argent, qu'il appartenait à la caisse royale
et qu'ils en étaient les dépositaires responsables, et la malheureuse se trouvait avoir
commis un crime que rendait vain l'obstination de ces paisans rapaces. Elle était là,
prête à tout abandonner pour rejoindre
Le CheYalier, prèle à s'expatrier mème avec
lui, lorsqu'on apprit que Mme de Combray,
informée par la rumeur publique des laits
qui se passaient en Basse-Normandie, s'était
décidée à se rendre à Falaise pour plaider
auprès des magistrats la cause de son fermier Hébert. Elle arail quillé Tournebut le
13 juillet et pris à Évreux la diligence de
Caen.
Mme Acquet, venue au-devant de sa mère
jusqu'au relais de Langannerie, attendit là
le passage de la voiture publique et, quand
en descendit llme de Combrai, la jeune
femme, tout en larmes, se jeta dans ses bras.
Comme la marquise s'étonnait un peu de ces
manifestations au,quelles elle n'était plus
accoutumée, sa fille, à voi1 basse, lui dit en
sanglotant :
- Sauvez•moi, maman, sauvez-mail!
Ce fut, de part et d'autre, un retour momentané à l'affectueuse confiance d'autrefois.
Tandis qu'on changeait 1cs chevaux et que
les postillons buvaient à l'auberge, les deux
ft:mmes am•renl s'asseoir à l'ombre d'un
arbre, sur l'herbe du talus, au bord de la
route. l.a confession de Aime Acquet fut sans
réticence : elle dit comment son amour pour
Le Chevalier l'a,,ait entrainée à combiner
l'affaire du 7 juin, à héberger les hommes
d'Allain el à recéler chez les Buquet l'argent
enlevé. Si on le trouvait là, elle était perdue
sans ressources, et il était urgent de soustraire les fonds aux Buquet pour les remeure
au, chefs du parti auxquels ils étaient destinés. Elle n'osa, cette fois, nommer Le Chevalier; mais elle argua que, redoutant
l'espionnage des gens de son mari, elle ne
pouvait ni transporter l'arrrent chez elle, ni
opérer le change des espèces chez quelque

banquier de Falaise ou de Caen; tout le pays
la savait réduite aux expédients. Mme de
Combray n'avait pas à redouter les mèmes
dangers, et elle convint, en elTet, que « personne ne s'étonnerait de ,,oir à sa disposition
,,O ou 60.000 francs, plus ou moins "·
!lais, sur les autres points, son jugemenl
lut moins approbatif: non point qu'elle s'étonnât de voir sa fille compromise en pareille
aventure; combien d'attentats similaires
avaient été préparés, en sa présence, à son
château de Tournebut? N'al'ait-elle pas ellemême inoculé à sa fille le fanatisme politique
en lui présentant comme des martyrs des
hommes tels qu'flinganl de Saint-Maur, Raoul
Gaillard ou Saint-Réjanl 7 Et de quel droit
l'eùt-ellc jugée sé,·èrement, elle qui, fille de
l'intègre président de la Cour des comptes de
Normandie, se montrait prête à se faire la
complice d'un vol à main armCe, que &lt;1 la
sainteté de la cause » rendait, à son a,·is,
méritoire. La marquise de Combray professait, sans Je sa\·oir, Je jacobinisme à rebours; .
elle acceptait le brigandage, comme outrefois
les h::rroristes avaient admis la guillotine; le
but rêvé justifiait les moyens d'action.
Aussi ne s'épuisa•t•elle point en reproches;
elle s'emporta, il est vrai, au nom de Le Chel'alier qu'elle haïssait; mais Mme Acquet
l'apaisa en l'assurant que son amant n'avait
agi que sur l'ordre exprès de d'Acbé el que
tout avait été combiné entre ces deux hommes.
Dès lors que rnn héros était de l'a!Taire, la
marquise de Combray était heureuse d'y jouer
un rOle. Le soir même, elle arrÎ\'ait à Falaise
et, laissant sa fille à l'bôtel de la rue du Tripot,
elle alla demander l'hospitalité à l'une de ses
parentes, Mme de Tréprel. Dès le lendemain
matin, elle manda le notaire Lefebvre-'.
Mme Acquet, avant d'introduire celui-ci che,
sa mère, lui fit la leçon : a Parler le moins
possible de Le Chevalier el affirmer que
d'Aché avait tout ordonné. » Sur ce terrain,
Lefebvre trouva Mme de Combray três oonciliantej il n'eut be.min d'employer« ni prières
ni instances » pour l'engager à se charger de
soustraire les GO 000 francs aux Buquet; celle
}' consentit sans aucune difficulté ni observation contraire : elle parut lrès satisfaite de la
tournure que prenaient les choses et elle
s'offrit à transporter elle-même l'argent à
Caen chez Nourry le banquier de d'Aché "·
lei lime Acquet obser\'a qu'elle n'était point
maitresse de disposer ainsi des fonds; c'était
par amour que la pauvre femme s'était associée à l'attentat dn 7 juin et elle se souciait
fort peu de lïntérèt de la caisse royaliste :

du ùêpiu-t ile la ,oiturc arrira l'l uou~ 1·ep.irlimcs ... .\
Falaise jo couchai che:t un(• de mes parentes, Mm&lt;! Trt•·
prl' (sic) qui C111it absente. •
Interrogatoire de M!'le de f.omlu·,1!. _.\rchi,·cs du
greffe de la Cour d'assises de Huuen.
i. • l.cfobne Toulul se jmtilicr en ,lisant &lt;111e
('·,:1ail par J"ordre de )[. OC'slorièrcs. Je lui rcp;irtis
11ue c.::la u'l'lait pas; que je connaissais trop bien M!S
principes. JI m1.: r~pliqua - l\ladamc, je puis ,·ous
11~surer que c'est par son ordre : depuis que ,·ous
l'avt•z ,·u dianger de faron tic p('mcr , les circonstances ne sont plm les mt'mcs, lia lille tenait 1,,
même lanrrage el je ne !ô81ais 11uc 1•épo11drc, &lt;1uoique
j e w•ncha:~è loujours ~ 1'roire 11ue cela n'l•bil 11as.
l.cfcli1·re cl ma llllr, pendant mon i;éjour à Falaise,
me sollicitfrcnl , ,:,1 puliculiéremcnt l.cfeh'1·e, â leur

nider à tran~porter l'nrgenl provenant du 10I.. .. Je
leur fis voir le dauger auquel je m'exposais; mai.)
l·tant seule nec ma fille, elle se jeta dans mes bras
en fondant eu larmes; je ue pus rt'·sister â se~ sollicitalioos. -.
- lnterrogaloire tle ~lme de Cornbrav. Arcl1i,·es
tlu greffe de l:1 Cour d'assi~ s de llouen. •
Ile son t'1ilê Lcft•lnre dCpo,.ri : - « l,a décfor.1tio11
clt~ llm(' de Comhra1· esl im.' \1tcl1•. Je n'eus bcsoiu
11 ·1•mplorcr aucunes 1iriêr1•s ni instances ris-i-ris d'&lt;'lle
pour r cnga,ll'L'r ile transporter des fonds â c~cn. t~llt•
co1ht.'nlil !&gt;OIIS auruue rtifficulli• 11i obSt'rn1li1ms conlraires cl parut mt'me tri·~ satisfailt&gt; clc la tournure
1111e prenaient les cho"l'S. ,
lnlcrroi:ratoire d1• l.delJ1rc ..\rd1iq•-, 1lu greffe de
la Cour d'as,ises d&lt;' lloucu.

gralement.
Mme Acquet ,e désespérait; la prudence
l'empèchait d'essaier de vainue l'entètement

T OU7t.NEBUT - ,
elle ne souhaitait rien, sinon que son dévouetirent pour la Dijude; Leleb1Te les accomment profitàt à l'homme qu'elle adorait et,
bumeur, ne manque pas de pittoresque :
pagna jusqu'au faubourg; il leur donna rensi l'argent était remis à d'.\ehé, toutes ses
dez-vous à Caen pour le surlendemain el leur
peines devenaient inutiles; elle essaya d'inJe revins, dit-il, de la foire vers u11e heure de
remit,
tracé de sa main, un itinéraire qui
sister, alléguant que Dul'après-midi ; lorsque je fus pour attelcr,je \'is dans
saussay se chargeait de porla ,·oiture unt• --rali~ en cuir
ter l'argent au caissier royacl un sac de nuit. Colin, le domc~lique de la Bijucle, jcla
liste de Paris; que Le Che1li--u1 houes dr p.ulle dans la
valier l'attendait pour se
rnilure pour as.seoir ces darendre en Poitou où sa prémes, et Mme t.le Combray 111e
sence était indispensable;
donna un portemanteau, Lin
mais sur ce point, Mme de
ptHfUCl qui mt• sembla êlre du
Combray lut inflexible : la
linge ri LIii parapluie pour
somme entière serait remeure dans la roiture. Quand
mise au banquier de d'Anous flimes en route, je fis
ché ou elle refusait son
lrottrr mes che\'aux: m.iis
Mme .Acquet mr dil de ne
concours 1• Mme Acquet dut
pas aller !;Ï ,ite parce c1u'elles
s'incliner, le cœur bien gros,
ne voulaient arrh·er que le
et tout de suite on tint consoirà C.icn, rn qu't'lles arnicul
seil sur la façon dont s'efdans la ,·oiture d1• l'argent du
fectuerait le transport.
l'OI. Je la fixai et je ne lui dis
La marquise expédia
rien; mais je rnP dis à moiJouanne, le fils de son anmème : - « Voilà encore un
cien cuisinier, à GlatignJ,
de ses !ours; :-.i je !':nais su
pour prévenir Lanot'
:1vanl de parlir je les aurais
laissées là; elle a usé de suh« &lt;1u'elle voulait sur-leli'rfuge pour me compromelchamp lui parler». Jouanne
lre, ne J'ay:rnt pu ouverlrfit d'une traite ]es six lieues
ment. J) Quand je lui en fis
de Falaise à Glatigny el redt•s reproches, queJr1urs jou1-s
Yint, sans prendre haleine,
plus lard, elle ml' dit : _
en compagnie de Lanoë qui
l( Je me doulais bien, si je
le mit en croupe sur son
,·?us ~n eusse parlt•, que ,ous
cheval. A peine lurent-il;
n aur1('z pas voulu. » Pendant
arrivés que Mme de Comla route, ces dames p.irlèrent
bray ordonna à Lanoë d'alensernhle; mais le bruit de la
,,oiture m'empècha d'entendre
ler à Donnay chercher une
cc qu'elles disaient. Ccpe11Yoiture et de se préparer
d?nt j'cnll•ndis lime .\cquct
à un voyage de plusieurs
chrc que cet argent ser,·irait
jours. Lanoë se fit un peu
:1 payc1· des dettes ou à donner
prier, représenta qu'on était
à des malheurcu.:t. Je l'entenau temps des moissons et
ËGLISE 8AINT•GERlL\l~ lJ'ARGENTAN,
dis àirc aussi que Le Chem.
qu'il avait des travau1 urD'après lt ,dtssîn d'fauu: SACOT,
lier ~l\aiL de l'esprit et Mme
gents à terminer; mais ceci
de- C.Om!Jra! di..ait que M. d'Aimportait peu à la marquise
ché alait l'rsprit plus mûr;
qui parlait ferme et tenait à être obéie;
Le Chevalier aurait llCutleur permettrait d'éviter la grande route trop être pl us de l.111guc que
que lui' .... »
Mme Acquet d'ailleurs insista, disant : « fréquentée.
Yous savez bien que maman n'a confi.ancc
Mme de Combray et sa fille couchèrent ce
qu'en vous pour la conduire et qu'on vous
L'itinéraire indiqué par Lelevre se détoursoir-là à la Uijude; la journée du lendemain
paJe toujours bien ,·os courses'. » Cet argunait de la grand'route à Saint-André-de-Fonlut employée en pourparlers arec les Buquet
ment décida Lanoë qui, le soir même, se mit
tenay,_ vers le_ hameau de Basse-Allemagne;
qui, celte fois, n'osèrent résister à l'ordre
en route pour la Ilijude où il coucha. )lme
la nUJt tomba,t quand la voiture de Lanoë
formel de Mme de Combray el, la nuit renue,
de C.Ombray, on le \'Oit, ne ménageait guère
ils livrèrent, bien à contre-cœur, deux sacs passa rorne au bac d'Athis. On gagna, de là,
les pas de ses serviteurs; la dk,tance, du
Breltenlle-sur-Odon, afin d'entrer en ville
contenant neuf mille francs en écus que la
reste, ne semble pas avoir été, pour ces gens
comme
si. ('on venait_ de Vire ou de BaJeux.
marciuise fit placer, en sa présence:., dans la
accoutumés à la marche el au cheral, un
De son cote, le notaire était arrivé dans la
charrette remisée sous la grange. On ne pouempéchement aussi grand qu'elle le serait de
journée à Caen: après avoir mis son cheval lt
vait charger davantage pour un premier
nos jours.
l'auberge dans le faubourg de Vaucelles, il
voyage et ~lme Acquet sen réjouit, espérant
La r,marque n'est pas sans utilité, el elle
tra,·ersa, en promeneur, toute la ville et alla
encore que le surplus de la somme resterait
aidera à l'intelligence de quelques-uns des à sa disposition.
à 1a rencontre « du trésor » sur la route de
incidents qui vont suivre.
Vire. li atteignait, c.ommc huit heures sonLa marquise avait cru prudent d'éloigner
Le jeudi 16 juillet, Lanoë revint à Falaise
naient, les premières maisons de Bretteville
Lanoë; elle l'eoroya à la foire de Saint-Clair
avtc une petite charrette que lui avait prêtée
qui se tenait en pleine campagne à une lieue et se dispo~ait _à re\'enir sur ses pas, très
un paysan de Donnay; il l'a1·ait allelée de son
étonné de n aro1r pas rencontré 1a charrette,
de là cl on ne le revit que le samedi, au mocheral cl d'un autre, emprunté à Desjardins, ment fixé pour le départ.
l~rsque Mme Acquet l'appela par la fenètre
fermier de Mme de Combray. Les deux
La relation qui] laissa de son vopge, d """:'.haret. Ile~tra; Mme de Combray etsa
femmes prirent place dans la carriole et parfiUe _s eta1en1_ arretées là, tandis que Lanoë
quoique notée avec une é,·idente mauraisr
fa1sa1t consolider, par le charron du vi!Ja"e
t. tntcrro$"11Luirc- Ll1• Lefeb\'l'c. Archive~ du gl'effc
0 '
:i. c Celte son111u• fut apportée le soir cl Mme de
de la Cour d assises ,le Rouen.
Féroll~, ~ ocLoLre 1807. \rd1i1·es tlu "relfc 1/e lu
Combray la lit charger sur une pl'lile voiture et aida
2. Intcrrugdoire de Guillaume, dit Lauoë.
0
Cour ri a ~~ l~('s ile /loucu.
lll l\me il la placer. • Oêclaration de lime .kquc-1 dè
i-. Interrogatoire de l,1110C, i scplcmLrc ISO~.

"" 335 ..,.

�1f1STO'J{1.JI - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - une des roues de la voitur~. On prit (( un
rafraîchissement » l't on laissa rcposrr les
ehcvaux: vers dix heures H•ulemt•ut on se
remit en marche : Lefebvre avait pris place
avec les dames sur la carriole; à la barrière
de la roule de Granville, il descendit, paya
les droits d'octroi sur le; deux bottes de
paille c1ue contenait la voiture et l'on pénétra
dans la ville sans autres incidents 1 •
C'était à l'auberge de Gélin, rue PavJe,
que, ~ur l'avis du· notaire, on avait décidé de
porter les fonds; Gélin était le gendre de ce
Lerougc, dit Bornet, que Le Chevalier employait quelquefois, mais la voiture se trouva
trop large pour pénétrer dans la cour de
l'auberge; un passage de troupes avait eu
lieu, ce jour-1.1, et la maison était remplie
de soldats. Il ne pouvait être question 1e s\
loger; mais, du moins, fallait-il laisser là les
deux sacs d'argent; tandis que Gélin faisait
le guet, la marquise, consternée de se roir
en pareil lieu, ne pouvant sortir de la cour
parce que la voiture barrait la porte, dut

assister au déchargement; deux hommes,
l'un en veste, l'autre en ,c pelande bleue '»,
s'empressaient autour de la charrette; ce dernier tenait une lanterne sourde : Lefebne,
Lerouge, Mme Acquet elle-même tiraient de
la paille les sacs qu'on bissait par la fenêtre
du rez-de-&lt;:haussée dans la maison. li semble
que lime de Combray éprouva là, pour la
première fois, le sentiment de sa déchéance:
elle se trouvait brutalement mêlée à l'une de
ces expéditions qu'elle s'était représentées
jusqu'alors comme de chevaleresques pas
d'armes, et ces coulisses du brigandage lui
faisaient horreur. « - Mais c'est une bande
de coquins! , dit-elle stupéfaite, à Lanoë',
et elle insista pour qu'il la fit sortir; il lui
fallut passer par la salle du cabaret encombré de buveurs. Enfin dans la rue, sans tourner la tête, elle s'en alla à l'hôtel des Trois
Marchandli, en face de Notre-Dame, où elle
descendait habituellement.
Mme Acquet ne connaissait plus ces hésitations; elle dut souper avec les recéleurs;

1. l11lerrog1toires de l.anol'. tic lime tic Combray.
de Guillaume, dil L:rnol', passim. Archi\'CS ,lu greffe
tlt! la l:our d'assises de lloucu.
~- lntrrrogatoire rie Guillaume, dit L1110l'.
5. 11. EtonL avec Lanoi; iJui portait mon paquet , je
lui 1li.i: c C'est une l;ande de coquins, il ne faut pa~
se m1'.-ler d'eux. • JI m'olJscn a qu'il ne ,·oulait pas
liti~srr sa rnilurl! ni ses cl1C\'t1U~; JC l'approuvai cl lui
clis de h·s reprendre et tic les 0011,luire i son auberge
accoutumée. • Interrogatoi re de :lime de Cornbra1.

I,_ • - IL Qu'est-ce que le sieur cl'.\chC ,ous a &lt;lit
lor~(fllt' vou~ lui parlâtes de~ mis de la diligcnce '.1 I\. li m'as,nra qu'il u•~· étoit pour rien et qu'il élail
toujours digne de mon estime. - D. A \'Oire&gt; retour
tic Bayeux a,·cz-vous dit il volrc lillr cl à Lefebvre
(1uc vous a\·icz vu d'.\ché't - 1\. Xon, je m'en suis
hicn gardée : je les ai laissés d111s la persuasion oit
ils Cto.ient qu'il l•to.it en Angleterre. 1 Interrogatoire
de lime de Combray ..\rchh·es du greffe de la Cour
d'as~ise!i de llouen.

on sut que, dans la nuit, elle eut uec Allain
une entrevue mystérieuse derrière les murs
de !'Abbaye-aux-Dames; Bureau de Placène,
le caissier des chouans, a.}'ant eu vent d'un
transport de fonds, les y retrou,·a après arnir
encaissé l'argent; ils se séparèrent après une
heure d'entretien.
On ne sait où coucha, cette nuit-là,
Mme Acquet; elle ne parut à l'hôtel des
1'rois-.llarrlwnds que quatre jours plus tard;
elle l' rencontra Mme de Combray qui revenait de Bayeux. Dans son besoin de réconfort,
la marquise avait voulu voir d'Aché et savoir
de lui s'il était vrai qu'Allain eût agi d'après
ses ordres; mais d'Acbé, comme bien on
pense, avait assuré sa vieille amie qu'il réprouvait d'aussi vils moyens et u qu'il était
toujours digne de son estime • ». Elle était
re\·enue à Caen, très marrie de s'être laissé
jouer par sa fille et par le notaire; elle ne
leur dit rien de son séjour à Baieux, sinon
qu'elle n'y avait pas vu d'Acbé et qu'il était
encore en Angleterre; puis, toute boudeuse.
elle partit pour Falaise par la diligence, ne
voulant pas foire route a\'ec sa fille. Celle-ci,
le même jour - c'était le jeudi 25 juillet prit une voiture faisant le service de Caen à
Harcourt et descendit à la Forge-à-Cambro
où l'attendait, avec sa charrette, Lanoë, rentré à Donnay depuis le lundi.

(A

PARIS AU X XVII

J• S!Ëcu:.

-

LE HO! SORTANT

ou

PALAIS DE jl'SrlCE APRËS li:-.E SÉA:,;'C.E ROH.LE. -

...,,. 336 -

suivre.)

G. LENOTRE.

(D',.1frës 1111 Jtssin J/1 ,\fllsu CJ1·11,naltt.1

BELLES DU VIEUX TEMPS
&lt;'l"

Madame du Barr:y

•

i

Par le Vicomte de REISET.

C'est une mode généreuse pourrait-on dire
&lt;1ue celle &lt;Jui consiste à tenter de réhabiliter
des personnages historiques trop séYèremcnt
jugés par la postérité, mais parfois cette générosité franchit les limites
admises et c'est arec une surprise toujours renaissante que
nous \'oyons successivement
éroquer à nos yeux étonnés
des personnages historiques
que nous avons peine à reconnaître tant ils s'écartent
et ils dilfèrentde l'aspect sous
lequel nous nous les étions
jusqu'ici figurés~
Est-&lt;:e à l'amour du paradoxe ou au souci de la vérité
((u'il faut attribuer celle propension singulière? c'est un
point sur lequel il serait peutêtre délicat de se prononcer,
mais la tendance existe d'une
façon incontestable et c'est
avec un sourire quelque peu
sceptique que nous V0)'Ons
maintenant tresser de::; guirlandes à des hommes que
nous regardions jadis comme
des criminels vulgaires ou de
simples scélérats. M. Henri
d'Almeiras a tenlC de justifier Hobespierrc et, si cette
étonna11le disposition doit
E'accenluer davantage, il ne
faut pas dé;espérer de ,oir
prochainement béatifier Fou!lu ier-Tinvillc, el mèmc canoniser Uarat !
Est-ce à dire qu'on ne saurait se montrer trop rude ou
trop sévère et qu'il ne faille
pas quelquefois témoigner de
l'indulgence pour les compromissions des uns et les défaiJ.
lances des autres? Je suis
loin de prùner un pareil ri~
gorisme, et je me plais à
reconnaitre que certains personnages, mieux connus et
mieux étudiés depuis quelSo1mcEs. - ,1/me Du Barry, par Claude Sailll-Audrû:
~ll1Lt: PHL, féui er l9u.11. - La Du /Jarry, !llr
Ed.mont! C'l Jde., de Goucourt: C1u.RJ&gt;t.HIER 181M
- Anec~olcs sur la comtesse Du ·lllirr!} , pa~
0cta1c l za,m~ : Qu.1.\TI\. 1880. - Pierre de
Nol11~e, .J/arie-A11loÎ1/tlle, daup/ti11e - Capefiguc,
Lows .\ V el la ,oczélé dit Xl'IIJ• sii:clc, 18f:ii.
VI. - HISTORIA. - Fasc. 43.

ques années it la suite de recherches consciencieuses, nous apparaissent aujourd'l1ui
tout autres que nous ne les avions jugés.
Je citerai comme un frappant exemple la

Z.u1oa, LE NÊGRE DE

Tatllau de

VAN

4~

1tbtE

DU BARRY.

Loo. (Musü Carnavalel.

.\/me Cm11p1v1, 1822. - Smwr1~01. - Sout•e1tir1
de WebeJ·, 182t. - Arsêue Hou55AJC, f.ouis .\ V,
188i. - LcscurC', Corrrspouda11ce secrète sur
la cour el. la i·illc, 1866. - llaurice Bouln
falo11r de Alorie~ l11loù1etle, 1006. - )Jax. &lt;le l~
l\veheteric , llisloire de lla1·ù-A11loi11ctte, tOOà.

-: ,llémoires

uu·s de Jlme J rgée-te Br1111,

remarquable étude que M. Funck-Brentano a
consacrée à Mandrin. L'éminent historien,
tout en respectant scrupuleusement la vérité
historique et en ne nous dissimulant aucun
des pillages ou des exactions
dont son héros était coutumier, a su faire ressortir en
maintes cir..:onstances les côtés généreux de son carac•
tère, et a réussi à le rendre
pres'(ue sympathique à nos
ieux.
Mais si, dans certains cas,
la postérité a lait preuve de
sévérité excessive et s'il y a
eu des figures historiques injustement calomniées, il est
peut-être dangereux de tomber dans l'excès contraire,
en voulant à tout prix excuser toutes les erreurs, absoudre toutes les légèretés et
blanchir indistinc:tement toutes les consciences.
Tel est le cas, ce me semble, de Mme du llarry, que
M. Saint-André, dans un fort
heau livre paru récemment,
nous montre sous un aspect
un peu dilférent de celui
sous lequel nous nous la. figurons. La du 0arry qu'il nous
présente est toute de tendresse, &lt;le séduction et de
charme, et ne resscmLleguère
moralemenl,, il faut l'avouer,
aux portraits que nous counaissions d'elle.
La perfection de corps cl
de visage de la favorite de
l.ouis XV ne faisait point de
t.loule, et nul n'm•ait jamais
contesté l'aurait irrésistible
de ses blonds chernux boucl&lt;!s, ni des longs cils bruns
qui ombrageaient ses yeux
bleus, alanguis et remplis de
caresses.
Mais si cette merveilleuse
beauté réunit l'unanimité
- Edmond el Jules de Goncourt, 1/istoire de 1llarit:-A11tometle. - Charles Vatel, 1/istoire de la
comles,e d" Barry, 5 ,·olurnes. - Ar~ène Jlous~ye, la ~omlt88t: _du /Jarry. - Émile Canlrel,
,, o,welles a la mcw1 sur la com/r,;He du Barry
lrouvee, dan, les Jmpiers du comte de"". '
Mémoires du comte d' E,pinchal .

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                  <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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                <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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        <name>Madame Campan</name>
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                    <text>1f1STO'J{1.JI - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - une des roues de la voitur~. On prit (( un
rafraîchissement » l't on laissa rcposrr les
ehcvaux: vers dix heures H•ulemt•ut on se
remit en marche : Lefebvre avait pris place
avec les dames sur la carriole; à la barrière
de la roule de Granville, il descendit, paya
les droits d'octroi sur le; deux bottes de
paille c1ue contenait la voiture et l'on pénétra
dans la ville sans autres incidents 1 •
C'était à l'auberge de Gélin, rue PavJe,
que, ~ur l'avis du· notaire, on avait décidé de
porter les fonds; Gélin était le gendre de ce
Lerougc, dit Bornet, que Le Chevalier employait quelquefois, mais la voiture se trouva
trop large pour pénétrer dans la cour de
l'auberge; un passage de troupes avait eu
lieu, ce jour-1.1, et la maison était remplie
de soldats. Il ne pouvait être question 1e s\
loger; mais, du moins, fallait-il laisser là les
deux sacs d'argent; tandis que Gélin faisait
le guet, la marquise, consternée de se roir
en pareil lieu, ne pouvant sortir de la cour
parce que la voiture barrait la porte, dut

assister au déchargement; deux hommes,
l'un en veste, l'autre en ,c pelande bleue '»,
s'empressaient autour de la charrette; ce dernier tenait une lanterne sourde : Lefebne,
Lerouge, Mme Acquet elle-même tiraient de
la paille les sacs qu'on bissait par la fenêtre
du rez-de-&lt;:haussée dans la maison. li semble
que lime de Combray éprouva là, pour la
première fois, le sentiment de sa déchéance:
elle se trouvait brutalement mêlée à l'une de
ces expéditions qu'elle s'était représentées
jusqu'alors comme de chevaleresques pas
d'armes, et ces coulisses du brigandage lui
faisaient horreur. « - Mais c'est une bande
de coquins! , dit-elle stupéfaite, à Lanoë',
et elle insista pour qu'il la fit sortir; il lui
fallut passer par la salle du cabaret encombré de buveurs. Enfin dans la rue, sans tourner la tête, elle s'en alla à l'hôtel des Trois
Marchandli, en face de Notre-Dame, où elle
descendait habituellement.
Mme Acquet ne connaissait plus ces hésitations; elle dut souper avec les recéleurs;

1. l11lerrog1toires de l.anol'. tic lime tic Combray.
de Guillaume, dil L:rnol', passim. Archi\'CS ,lu greffe
tlt! la l:our d'assises de lloucu.
~- lntrrrogatoire rie Guillaume, dit L1110l'.
5. 11. EtonL avec Lanoi; iJui portait mon paquet , je
lui 1li.i: c C'est une l;ande de coquins, il ne faut pa~
se m1'.-ler d'eux. • JI m'olJscn a qu'il ne ,·oulait pas
liti~srr sa rnilurl! ni ses cl1C\'t1U~; JC l'approuvai cl lui
clis de h·s reprendre et tic les 0011,luire i son auberge
accoutumée. • Interrogatoi re de :lime de Cornbra1.

I,_ • - IL Qu'est-ce que le sieur cl'.\chC ,ous a &lt;lit
lor~(fllt' vou~ lui parlâtes de~ mis de la diligcnce '.1 I\. li m'as,nra qu'il u•~· étoit pour rien et qu'il élail
toujours digne de mon estime. - D. A \'Oire&gt; retour
tic Bayeux a,·cz-vous dit il volrc lillr cl à Lefebvre
(1uc vous a\·icz vu d'.\ché't - 1\. Xon, je m'en suis
hicn gardée : je les ai laissés d111s la persuasion oit
ils Cto.ient qu'il l•to.it en Angleterre. 1 Interrogatoire
de lime de Combray ..\rchh·es du greffe de la Cour
d'as~ise!i de llouen.

on sut que, dans la nuit, elle eut uec Allain
une entrevue mystérieuse derrière les murs
de !'Abbaye-aux-Dames; Bureau de Placène,
le caissier des chouans, a.}'ant eu vent d'un
transport de fonds, les y retrou,·a après arnir
encaissé l'argent; ils se séparèrent après une
heure d'entretien.
On ne sait où coucha, cette nuit-là,
Mme Acquet; elle ne parut à l'hôtel des
1'rois-.llarrlwnds que quatre jours plus tard;
elle l' rencontra Mme de Combray qui revenait de Bayeux. Dans son besoin de réconfort,
la marquise avait voulu voir d'Aché et savoir
de lui s'il était vrai qu'Allain eût agi d'après
ses ordres; mais d'Acbé, comme bien on
pense, avait assuré sa vieille amie qu'il réprouvait d'aussi vils moyens et u qu'il était
toujours digne de son estime • ». Elle était
re\·enue à Caen, très marrie de s'être laissé
jouer par sa fille et par le notaire; elle ne
leur dit rien de son séjour à Baieux, sinon
qu'elle n'y avait pas vu d'Acbé et qu'il était
encore en Angleterre; puis, toute boudeuse.
elle partit pour Falaise par la diligence, ne
voulant pas foire route a\'ec sa fille. Celle-ci,
le même jour - c'était le jeudi 25 juillet prit une voiture faisant le service de Caen à
Harcourt et descendit à la Forge-à-Cambro
où l'attendait, avec sa charrette, Lanoë, rentré à Donnay depuis le lundi.

(A

PARIS AU X XVII

J• S!Ëcu:.

-

LE HO! SORTANT

ou

PALAIS DE jl'SrlCE APRËS li:-.E SÉA:,;'C.E ROH.LE. -

...,,. 336 -

suivre.)

G. LENOTRE.

(D',.1frës 1111 Jtssin J/1 ,\fllsu CJ1·11,naltt.1

BELLES DU VIEUX TEMPS
&lt;'l"

Madame du Barr:y

•

i

Par le Vicomte de REISET.

C'est une mode généreuse pourrait-on dire
&lt;1ue celle &lt;Jui consiste à tenter de réhabiliter
des personnages historiques trop séYèremcnt
jugés par la postérité, mais parfois cette générosité franchit les limites
admises et c'est arec une surprise toujours renaissante que
nous \'oyons successivement
éroquer à nos yeux étonnés
des personnages historiques
que nous avons peine à reconnaître tant ils s'écartent
et ils dilfèrentde l'aspect sous
lequel nous nous les étions
jusqu'ici figurés~
Est-&lt;:e à l'amour du paradoxe ou au souci de la vérité
((u'il faut attribuer celle propension singulière? c'est un
point sur lequel il serait peutêtre délicat de se prononcer,
mais la tendance existe d'une
façon incontestable et c'est
avec un sourire quelque peu
sceptique que nous V0)'Ons
maintenant tresser de::; guirlandes à des hommes que
nous regardions jadis comme
des criminels vulgaires ou de
simples scélérats. M. Henri
d'Almeiras a tenlC de justifier Hobespierrc et, si cette
étonna11le disposition doit
E'accenluer davantage, il ne
faut pas dé;espérer de ,oir
prochainement béatifier Fou!lu ier-Tinvillc, el mèmc canoniser Uarat !
Est-ce à dire qu'on ne saurait se montrer trop rude ou
trop sévère et qu'il ne faille
pas quelquefois témoigner de
l'indulgence pour les compromissions des uns et les défaiJ.
lances des autres? Je suis
loin de prùner un pareil ri~
gorisme, et je me plais à
reconnaitre que certains personnages, mieux connus et
mieux étudiés depuis quelSo1mcEs. - ,1/me Du Barry, par Claude Sailll-Audrû:
~ll1Lt: PHL, féui er l9u.11. - La Du /Jarry, !llr
Ed.mont! C'l Jde., de Goucourt: C1u.RJ&gt;t.HIER 181M
- Anec~olcs sur la comtesse Du ·lllirr!} , pa~
0cta1c l za,m~ : Qu.1.\TI\. 1880. - Pierre de
Nol11~e, .J/arie-A11loÎ1/tlle, daup/ti11e - Capefiguc,
Lows .\ V el la ,oczélé dit Xl'IIJ• sii:clc, 18f:ii.
VI. - HISTORIA. - Fasc. 43.

ques années it la suite de recherches consciencieuses, nous apparaissent aujourd'l1ui
tout autres que nous ne les avions jugés.
Je citerai comme un frappant exemple la

Z.u1oa, LE NÊGRE DE

Tatllau de

VAN

4~

1tbtE

DU BARRY.

Loo. (Musü Carnavalel.

.\/me Cm11p1v1, 1822. - Smwr1~01. - Sout•e1tir1
de WebeJ·, 182t. - Arsêue Hou55AJC, f.ouis .\ V,
188i. - LcscurC', Corrrspouda11ce secrète sur
la cour el. la i·illc, 1866. - llaurice Bouln
falo11r de Alorie~ l11loù1etle, 1006. - )Jax. &lt;le l~
l\veheteric , llisloire de lla1·ù-A11loi11ctte, tOOà.

-: ,llémoires

uu·s de Jlme J rgée-te Br1111,

remarquable étude que M. Funck-Brentano a
consacrée à Mandrin. L'éminent historien,
tout en respectant scrupuleusement la vérité
historique et en ne nous dissimulant aucun
des pillages ou des exactions
dont son héros était coutumier, a su faire ressortir en
maintes cir..:onstances les côtés généreux de son carac•
tère, et a réussi à le rendre
pres'(ue sympathique à nos
ieux.
Mais si, dans certains cas,
la postérité a lait preuve de
sévérité excessive et s'il y a
eu des figures historiques injustement calomniées, il est
peut-être dangereux de tomber dans l'excès contraire,
en voulant à tout prix excuser toutes les erreurs, absoudre toutes les légèretés et
blanchir indistinc:tement toutes les consciences.
Tel est le cas, ce me semble, de Mme du llarry, que
M. Saint-André, dans un fort
heau livre paru récemment,
nous montre sous un aspect
un peu dilférent de celui
sous lequel nous nous la. figurons. La du 0arry qu'il nous
présente est toute de tendresse, &lt;le séduction et de
charme, et ne resscmLleguère
moralemenl,, il faut l'avouer,
aux portraits que nous counaissions d'elle.
La perfection de corps cl
de visage de la favorite de
l.ouis XV ne faisait point de
t.loule, et nul n'm•ait jamais
contesté l'aurait irrésistible
de ses blonds chernux boucl&lt;!s, ni des longs cils bruns
qui ombrageaient ses yeux
bleus, alanguis et remplis de
caresses.
Mais si cette merveilleuse
beauté réunit l'unanimité
- Edmond el Jules de Goncourt, 1/istoire de 1llarit:-A11tometle. - Charles Vatel, 1/istoire de la
comles,e d" Barry, 5 ,·olurnes. - Ar~ène Jlous~ye, la ~omlt88t: _du /Jarry. - Émile Canlrel,
,, o,welles a la mcw1 sur la com/r,;He du Barry
lrouvee, dan, les Jmpiers du comte de"". '
Mémoires du comte d' E,pinchal .

�r--

111STO'/t1.ll

dans l'hommage, personne, toutefois, n'a\'ait

songé jusqu'ici à nous entretenir de ses généreuses qualités, ni de la délicatesse de ses sentiments. Son nouvel historien a pris
à tàche de nous dJmontrcr que ~a
séduisante héroïne avait été calomniée et que le moral chez elle ne
venait pas déparer le physique. JI

lades d'enfant gâté déridaient le vieu\ roi
11ue tous les plaisirs avaient lassé.
Sa naturelle bonté n'avait pas été altérée

nous affirme que c·~st avec une sys-

tématique malveillance que la postérité s'est acharnée sur son nom, et

il s'indigne de ce déchainement de
calomnies que rien, à l'en croire, ne
peul juslirier.
Peut-èlrc M. Sainl-.\ndré s'était-il
laissé émou\'Oir par le charme de
celle qu'il a voulu défendre; mais.
grâce it des documents probants, il
a fait bonne justice de bien des fâcheuses légendes dont elle avait été
victime, et ce qui ressort clairement
de celle nouvelle étude, c'est que,

malgré la l,~gèreté de sa conduite,
Mme du llarry n'eut pas la jeunesse
éhontée que lui allribucnt les pamphlets de l'époque. Lorsqu'elle quilla
sa province pour débarquer à Paris,
elle avait quinze ans à peine, et
son visage était aussi joli que le nom de
Lange lfu'dle portait à ce moment. Tout
conspirait autour d'elle « pour dresser des
embùches sur le chemin de sa beauté », et
sa vertu fragile ne tarda pas à trébucher. La
cbute était inévitable pour celle petite ouvrière en modes; mais, s'il faut en croire :;on
apologiste, elle resta la cc grisette » amoureuse
et coquette, el ne descendit jamais au rang de
courtisane ,·énale, comme nous la dépeignent
les nombreux libelles souffiés par Choiseul.
Une &lt;1 grisette JJ avec toutes ses qualités,
tous ses défauts et tous ses appétits, c'est, en
effet, ce que ~Jme du Barry semble être restée
durant toute son existence, et c'est peut-titre
ce qui peut l'excuser davantage à nos yeux!
Elle en gardera toute sa ,•ie les goùts et les
sentiments, et ne sera pas même troub!Ce par
celle étonnante fortune qu'elle n'avait jamais
rêvée et dont elle eût été incapable, à elle
seule, de préparer les moyens !
A Versailles, entre sa perruche favorite, sa
petile chienne Dorine, ou Zamor son négrillon, comme Drouais nous l'a peinte dans le
grand portrait que j'ai sous les yeux, elle
restera ce qu'elle était, insouciante et rieuse,
sans nul désir de s'immiscer aux affaires dont
s'accommodent mal sa cervelle d'oiseau et sa
tète légère. Une seule fois elle touchera à la
politique, et ce sera entre deux éclats de
rire qu'elle renversera le ministère: « Saule,
Choiseul! saute, Praslin ! &gt;J disait-elle en
jonglant avec deux oranges.
Elle s'occupa bien moins des Jésuites et
des Parlements que des fêtes dont elle était
la reine, des parures dont elle ornait sa
beauté, et des bijoux dont elle aYait la hantise. Vivre à sa fantaisie, satisfaire à tous ses
caprices el plaire à Louis Je flien-Aimé, telles
furent son unique ambition et son occupation
constante. Son irrésistible gaieté, ses hou-

..
":\larli, apparllt'D11at ik .\S•• ~
a&lt;"...,_tc,,r,. du f\ar&lt;r·

;et,'

par la violence des attaques dont elle fut
l'objet. Les chansons qu'on lui prodigua
n'aigrirent pas son caractère el ne lui imposèrent jamais aucun désir de vengeance. Elle
ne sollicita aucune lettre de cachet et c'est à
sa prière que l'on mit en liberté les auteurs
de la Belle Bourbon,wise qu'un couplet trop
hardi avait menés à la Bastille. N'était-elle
pas la première à rire de la chanson et au
besoin à la chanter au roi lui-même 1 c, Je
n'ai jamais fait de mal à personne JJ, dirai-elle à Fouquier-Tinville qui vient de la conJamner, lorsqu'elle comparait, apeurée, devant le tribunal révolutionnaire pour entendre
son arrêt.
Légende encore, nous dira son biographe,
que cette grossièreté de langage qu'on s'est
plu à lui attribuer et dont on a voulu souiller
sa jolie bouche. Che, tous les contemporains

TRAi.'lEAU UE J)l\u; DU BARRY,

(Collection dit

Vrc0}1Tf: DE

REtSET,

au chjteau de

Vic-sur Airne.)

Ce traineau, qui proviciit de LOU\'Ccicnncs, s·ornc

il. t·a\'ant du portrait de Zamor. La teinte de la ti2:urc
est du plus beau noir. Zamor porte une coillure dorec
et un hausse-col, doré egalement. L'interieur du trai neau est garni de damas crème avec crépines et
r..a]on::. d'or. Sa caisse est roug-c amaranthe. Il a la
~orme ct·unc conque. Le petit siège de !'arnl!rc, dcs_tme au wndnclcur. est ,·ccoul'ert de velours roug-c a
crcrincs d'or. Les Q"Uidcs tenue~ p~1r le conducteur
pa.~saicat Jans l'ouverture pratiquée au-dessu;; du
bonnet de Zamor, a1in de ne pas !!èner :\\me ùu
Barry, assise dans le traîneau.

qui nous ont parlé d'elle, on ne trouve pas la
moindre trace de cette injuste imputation!
On nous vante au conlraire son goùt incontestable pour les arts et son amour
drs belles choses. Et à l'appui de ces
dires on nous cite les chefs-d'œnvre
donl elle avait peuplé son pavillon
de Luciennes et qu'elle avait commandés elle-même aux plus célèbres
artisles.
D'Espinchal, dans ses Me'mo1res,
nous apprend même que les lettres
ne lui demeurèrent pas étrangères.
&lt;&lt; Depuis sa retraite, nous dit-il,
sa principale occupation après la
toiletlc devint la lecture. )J Enfin,
en parlant de Mme du Darr), Talleyrand Jui-mème !,:e départit de sa
malignité habituelle; il nous parle
non seulement de sa grâce triompbante mais encore du charme de
ses propos; et Belleval, peu suspect
d'indulgence, s'étonne de la Yoir acquérir si vite le ton et les manières
de la cour.
Tous ces portraits séduisants ,
nous croyons sans peine à leur exactitude, mais ces qualités attirantes
ne pourront jamais cependant surfire à innocenter la favorite du scandale caus6 pendant tant d'années à Versailles par sa seule
présence aux côtés de Marie-Antoinette et
des princesses de la maison de France, et,
malgré tout, le nom de Ume du llarry rappellera toujours de f:icheux souvenirs! Sans
doute, M. Saint-André, à l'aide de documents probants et de preuves convaincantes,
a lavé la chàtelaine de Louveciennes de nombreuses accusations, et l'inconscience de
Mme du Barry a droit à des circonstances
atténuantes, mais son biographe ne s'en est
pas tenu là. En se faisant l'écho d'un récit
purement fantaisiste, il a voulu faire jouer à
la favorite un rôle dont la hauteur n'était pas
à sa taille, et lui a prêté un héroïsme dont la
pauvre femme n'était guère capable. C'est sur
ce terrain-là que nous ne saurions le suirre.
C'était au plus fort de la Terreur, nous dit
celle étrange légende, et quelques jours avant
que Mme du Barr)', détenue i, Sainte-Pélagie,
montât sur la fatale charretle pour y faire
son dernier voyage. On sait comment, en
effot, au mois de mars i W3 (avec u □ e telle
imprudence qu'on peut à peine se l'expliquer), Mme du Barry avait quitté l'Angleterre, où elle vivait paisible à l'abri de tout
danger, pour rentrer en France et revenir
s'exposer aux fureurs populaires qui devaient
lui ètre fatales. Fut-elle attirée à ces dangers
par le désir de retrourer ses trésors enfouis
dans les jardins dé Luciennes, ses vaisselles
cachées, ses diamants et ses objets d'art,
restes de son ancienne splendeur 1 Fut-ce le
désir de rentrer dans ses bijoux en poursuivant les a·uteurs du vol dont deux ans auparavant elle avait été victime1 Ou bien, comme
on l'a prétendu, vint-clic remplir une mission
secrète et servir les intérêts du parti contrerévolutionnaire en allant chercher pour ses

HISTORIA

i
DROUAJS, PINXIT

CLICt&lt;f 1111.AU .. t

ce,

MADAME DU BARRY
PL 48

�,

___________________________________

MllDJUŒ DU_BAR}ft - - - ,

amis de nouveaux sub5ides? c'est ce qu'il
n'est guère possible d'affirmer de façon certaine. Ce qui est sùr, c'est que ses sympatbies
politiques bien connues, le respectueux
dévouement qu'elle avait montré à la
famille royale, le deuil qu'elle avait porté
ostensiblement ù la mort de Louis XVI,
tout, même ses relalions en France, se
réunissait pour la rendre suspecte. Son

plus grand désir, en voyant confisquer
ses biens et les dénonciations s'accumuler sur sa tète, avait été d'obtenir un
nouveau passeport pour retourner en Angleterre. liais il était trop lard et eUc
allait périr victime de sa témérité. Le
21 septembre l 7DS, elle était jetée en
prison; elle ne devait plus en sortir que
pour aller 1l la mort. C'est ici (JUe se
place l'épisode rapporté par son apologiste.
Durant les deux mois où elle resta au
secret, un ami dévoué pénétra auprès
d'elle et lui olTrit le moyen de s'évader
si clic pouvait fournir une somme assez
forte pour acheter la complicité de ses
gardiens: « Pourrez-vous sauver deux
personnes'! &gt;&gt; demanda la prisonnière.
Et comme on lui répondait que le plan
préparé ne permettait d'en saurer qu'une:
«Alors, reprit Mme du Barr}', ce n'est pas
moi qu'il faut faire évader, c'est Mme
de Mortemart 1• Voici un ordre sur mon
kmc1uier qui vous comptera la somme. »
Mme de Mortemart était la fille du
&lt;l11c de Ilrissac, commandant général de
la garde royale, gouverneur de Paris,
massacré devant les grilles de l'orangerie de Versailles, que l'alTection la plus
tendre unissait à la favorite et dont les septembriseurs étaieat venus un soirjcter la tète
sanglante dans son salon de Louveciennes.
La dernière pensée du duc avait été pour celte
maîtresse adorée tl laquelle il avait adressé
les derniers mots qu'il eùt pu tracer, et en
échange de cette lidèlc alTection, Mme du
Barry avait voulu, au prix de sa propre vie,
sauver celle de la fille de son amant.
1. Adlllaï1lc-Pau line-llosalic de Cossé-BriS5.1c, fille tic
Timolüon, duc de Brissar, massacré à Versailles, Cl de
Uclie )laucini de l\"cvcrs. Celte dcrnii&gt;rc élail clicmême fille du duc de fürc,mis cl d'llélêne de Pontd1arlrai11.
A1\élaïdc ùc Brissac êpourn, le 28 déccmLrc
1781, le duc de Mortemart, niuf en prcmiêrcs
noces tic An11c-l,;al1riclle d'Jlarcourl ~ !a11uellc i! s·élait

'

et la déclaration suivante est plus catégorique encore:
" Dès les premiers troubles de la Révolution, m'a dit la marquise d'Havrincourt, propre petite-fille de Mme de
~Iortemart, ma grand'mère avait émigré
avec ses enfants en Angleterre, où elle
habitait un cottage avec la duchesse
d'llarcourt i. Ce n'est donc pas à l'intervention de Mme du Barr) qu'elle dut
d'avoir la vie sauve. De plus, elle ne fut
j:imais détenue en prison, ni !t Sainte-Pélagie ni ailleurs. Ce récit est une pure
légende dénuée de toute espèce de fondement. 1&gt;
Nulle affirmation ne peut ètre plus
probante, pnis11ue la marttnise dïlavrincourt est la fille de Louis-Victorien de
Mortemart et se trouve être, par conséquent, la propre petite-fille de la duchesse
de Mortemart, née Brissac.
La favorite de Louis X\", d'ailleurs,
n'avait rien d'une héroïne de roman. et
nous ne saurions conclure avec 11. Saint_\ndré que !"anecdote rapportée puisse
t!tre, à défaut d'authenticilé, du moins
conforme à son caractère.
Si l'on en voulait douter, ses défaillances, ;l son heure dernière, sont là
pour démentir le généreux sacrifice
qu'elle eût fait dans des circonstances si
1ragiques ! - La petite modiste d'autrefois a pu ùtre bonne fille et même
msceptible de louables sentiments, mais
elle était incapab]e d'une pareille immolation, mèmc pour celle qui lui eùl
Cliché Leroy.
été la plus cltère. Sa pelite âme, un
MoNmŒNT ,\ Fm, LE srn1N DE i\brn ou BARRY.
peu rnlgaire, n'élait faite ni pour les granTerre cuite comma,iiëe à CLonroN
des choses, ni pour les grands sentiments.
par la comtesse en 1~72. ( llusie de Cluny.)
Elle n'appartenait pas à la race des grandts
dames qui montèrent sur l'échafaud, en
martyres résignées et en chrétiennes ; elle
montrer la complète inanité. Les descendants fut, au contraire, la première victime de
de la fille du duc de Brissac, le duc de Mor- cette époque sanglante qui ait eu peur de
temart, la comtesse Guy de la Rochefoucault mourir et tlui ait tremblé devant la guilet tous les autres m'ont donné formellement lotine. Elle aimait trop la vie pour avoir
Ic lémoignage que cc récit élail mensonger, fait ,·olontairemcnl le sacrifice de son existence. La mort lui sembla si alJ'rcuse et si
m;iriC ('U 177'!. Ile cc mnriag,; naquirent qu:tlrc !'nfonls: l°Casimir-Louis•Viclurnicn, 116 lc '10 mars li87;
ellrayante que, jusqu'au pied de l'échafaud,
'2° Emma, née en 1i!)ll , mariée ,111 duc de Bc.1u!ieu;
elle implora sa gdce avec des sanglots cl des
::; .. :\11lonic, nCc en 17!)1, mariée au manpm Je Furhi11-Ja11~on; 4° .\licia, nCt· en !SOO, mariêe au duc de
;,émissements, et, pour sauver du couperet
:\uaillcs; clic mourut en 1818.
sa tète char.mante et légère, sous la main du
'!. c·ctaît la mère de la première femme de sou
m.1ri cl elle l'affcclionuail Luul parliculiCrcmcul.
bourreau, elle se débattait encore!
Si touchante que soit cette tradition, elle
p1\:he malheureusement par l'invraisemblance et tout vient se réunir pour en dé-

VtCO)!TE DE

REISET.

�RETOUR DE L'ILE o'ELBE. -

/../après SrEUBEX.

P. DE PARDIELLAN

/:

Un épisode des Cenl--]ours

1

D'après la légende, la grosse fortune de la
maison Rothschild s'est faite au lendemain de
Waterloo; mais s'il fout ajouter foi aux dires
d'un banquier anglais, anonyme, auteur de
mémoires dont le Berliner Lokal An;;eiger

a publié des extraits, le seul retour de l'ile
d'Elbe aurait déjà valu des gains énormes
aux célèbres financiers. A part une allusion
assez obscure que Napoléon fit à ce sujet, en
présence de ses familiers, à Sainte-Hélène, il
n'existe aucune trace de l'épisode suivant,
mentionné pilr le banquier en question.
Celui-ci, très jeune en 1815, travaillait

comme petit employé dans les hureaux de
M. James de Rothschild, à Paris. Le 5 mars,
entre neuf et dix heures du soir, le personnel
de la maison se préparait à s'en aller, c1uand
la porte s'ouvrit brusquement, livrant passage au baron James, qui, tout elfaré, annonça le débarquement de Napoléon à Fréjus,
et sa marche sur Paris. (&lt; Louis XVIII, continua-t-il, ,,a se sauyer aussi \'Île que sa corpulence le lui permettra. Les ministres rédigent une proclamation emphatique qu'ils
feront afficher demain matin. Cc n'est pas

cela c1ui les sauvera. Une fois de plus, la stupidité des Bourbons va troubler la paix et
entraîner la France à de nouvelles guerres.
Vous n'ignorez pas, messieurs, que nous
avons dans nos caves cent millions en napoléons d'or. Il est évident que 'l'alleyrand et
Fouché ne reculeront devant rien pour se
faire bien venir dç l'empereur. Comme ils
savent le monlant de notre encaisse en or, il
est non moins évident qu'ils l'engageront à
s'emparer de celte somme, à titre d'emprunt
force. Comment nous tirer de là 1 La confiscation o"': cent millions entraînera la perle
de notre maison. Mon frère Nathan seul (qui
était l1 Londres) pourrait nous sauver; mais
comment le prévl!uir? 1)
La chose n'était pas facile, car les barrières éLaient fermées et gardties par ]a
troupe. Cependant, l'auteur de Cû récit ayant
appris qu'un Allemand nommé Schmidt,
courrier de l'ambassade d'Angleterre, était
autorisé à sortir &lt;le Paris pour porter des
dépêches à Londres, offrit à M. de Rothschild
de remplir auprès du baron l'\athan la mission qu'il lui plairait de lui confier. Quoique

très inter1oqué par la proposition que lui faisait cet employé à 1,500 francs par an, le
baron James condescendit à lui exposer que
ce Schmidt avait refusé les dix mille francs
qu'on lui avait offerts s'il wulait se charger
d'emporter une leurc à l'adresse de son frère
Nathan, el que, par conséquent, il était superflu de renouveler une tentative auprès de
lui. ~fais J'auteur ne se laissa pas convaincre
et insista auprès de son patron, déclarant
nettement qu'avec de l'argent et une lettre
d'in'troduclion, il se faisait fort de remplir la
mission.
Gagné par sa &lt;:haleur et se disant, en
somme, qu'il ne fallait dédaigner aucune
chance de salut, le baron James lui fit donner
de l'argent et lui remit un chilTon de papier
avec ces mots griffonnés en hébreu : cc 'l'u
peux te fier entièrement au porteur. l&gt; Avant
de suivre l'auteur dans sa course ,·ertigineuse, il importe de remarquer que cet
homme était un passionné joueur d'échecs.
Dès qu'il avait une minute de loisir, il se
précipitait au café de la Hégence, où il engageait, sans tarder, une partie avec le courrier

I

\

�1f1ST0~1.ll - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~chmidt, lequel avait au même degré que
lui Je culte de ce jeu, noble enlre tous ..\
force de s'escrimer l'un contre l'autre, res

deux jeunes gens étaient dcrenus une paire
d'amis, plus que cela, de vrais inséparables.
L'auteur, qui, évidemment, n'était pas Je
premier venu, a\'ait entrevu dès le nom de
Schmidt prononcé le parti qu'il pourrait
tirer de la communjluté de leurs goùts. Au
sortir des bureaux de ~r. de Roth~child, il se
rendit au caré de la Hégence et demanda
qu'on voulût bien lui prê!er un jeu d'échecs .
Oe Jà, il s'en alla trouver son partncr. Celuici, tout n·aturellement, s'empressa de lui conter ses peines, c'est-à-dire l'obligalion oll il
était de faire le vopge de Londres . ~on moins
naturellement, l'autre lni proposa de l'accompagner, histoire de faire d'interminables
parlies en vue de rompre la monotonie de la
roule, et finalement l'entortilla de Ja façon
la plus merveilleuse. Schmidt ne demandait
qu'à se laisser convaincre, et bientôt l'émissaire de M. de r.othschild fut installé en face
de lui, dans une conl'oriahle chaise de poste.
An dernier relais avant Iloulogue, l'auteur
s'a,·rangea pour provoquer un accident &lt;le
voilure (il avait enlevé l'écrou d'une roue).
Tandis que ce pauHc innocent de Schmidt
s'échinait à faire faire les réparations nécessaires, son ami, qui, véritablement, n'était
pas digne de ce titre, enfourchait le premier
cheval venu, partait au galop cl, d'une seule
traite, gagnait la ville, après 3\'0ir parcouru
les dix milles qui la séparaient du lhbilre de
l'accid~nl. C'était, on l'avouera, une chevauchée peu ordinaire pour un homme qui.
peul-être, montait à cheval, ce jour-1~, pour
la premil·re fois de sa vie 1 ou qui, du moin~.

ne devait pas être entraîné 11 cet exercice
violent.
Le rniei donc à Boulogne, 011 de nombreux
obstadcs se dressent devant lui, sous forme
de sentinelles postées de distance en distance.
Des pièces d'or, semées adroitement, lui
frayent un chemin. Il se jctle dans une barf(U~ de contrebandiers qui semble préparée !1
c.on intention - comme dans les Trois MousquelaÏl'es - et. poussé par un vent favorable, s'éloigne de la rire. Quelques heures
plus tard, il débarque à Douvres, se fait donner une voiture allelée de quatre vigoureux
postiers et repart à une allure folle. Enfin, à
cinq heures du malin, trente heures après
arnir quitté Paris, il sonne à la porte de
M. Xalban de Rolhschild, lequel, sur le premier moment, n'esl pas autrement enchanté
d'être ré,·cillé à une h1,ure si matinale.
&lt;&lt; Tiré brusquement d'un profond sommeil
et informé de la catastrophe à laquelle sa
maison était exposée, il garde tout son sangfroid et, après une minute de ré/lexion, me
donna les instructions suivantes : C! Vous allez
retourner en toute hâte auprès de mon frère .
Ne vous laissez pas surmonter par la. fatigue
et arrivez à Paris arnnl J\apoléon. Soyez Lien
persuadé que vous n'obligez pas des ingrats.
Je ne vous en dis pas da\'antage, car Je moment n'est pas aux remerciements. Et maintenant, retenr z mes paroles. Le règne de
Napoléon sera éphémère. L'armée se dédarrra évidemment pour iui, mais la nation,
lasse de si nombreuses guerres, ne la suivra
pas . Le problème consiste pour nous à faire
disparaitre notre or, sans nons brouiller avec
l'empereur. ~ous n'avons rien it payer d'ici
quelque Lemps 1 mais les hillC'ls et valeurs vont

subir une dépréciation; par conséquent, l'or
fera prime. Notre ligne de conduite est donc
tracée : nous n'avons qu'à échanger notre
mélal contre des billets el des valeurs et à
garder le tout dans notre caisse jusqu'au
jour oll le calme aura succédé à la tempête.
Il est bien entendu que mon frère devra
assister à toutes les réceptions des Tuileries,
quitte, si on lui demande de l'argent, à répondre qu'il n'en a plus:. ~t maintenant,
partez, mon garçon, et rentrez ù Paris aussi
vite que possible. »
Lorsque le jeune homme allait sortir, le
baron .\alhan le rappela el lui demanda combien de temps il faudrait à Schmidt pour arri\'er à Londres. Sur la réponse qu'il ne pourrait pas y être avant neuî ou dix heures du
matin, M. de flothi:cbild en,·oya son agent
prévenir lord Castlereagh (alors ministre des
affaires élrangères) des én'•nemcnts qui se passaient en France.
&lt;c Comme mus n'avez pas de passeporl,
ajouta-t-il, et que j'en ai plusieurs signés eu
hlanc, je vais vous en donner un. Passez. par
Calais; ce sera plus prudent, car, à Boulogne,
on vous arrètcrait probaLlement. ))
Tout ceci fut exécuté à la lettre, cl le
8 mars, à une heure de l'après-midi, notre
homme remit au baron James les instructions
de son frère. Elles furent si exactement suh·irs
que Je jour où l'empereur rentrait 11 Paris il
n'y avait plus un centime dans les caisses de
la maison Rothschild.
Les plans de Tallei·rand et de Fouché étaient
d~joués, mais pcndaut la courte durée de son
deuxième règne, Napoléon J~r ne témoigna
ni mécontentement ni ressentiment à M. de
Rothschild.
P.

Preuves et épreUl!es

J'ai ouï faire un conte aux anciens, d'une
dame qui était à la cour, maitresse de feu
M. de Lorge, le bon homme, en ses jeunes
am, l'un des vaillants et renommés c.1pilaines des gens de pied de son temps. Elle,
ayant ouï dire tant de bien de sa Yaillance,
au jour que le roi François premier faisait
combattre des lions en sa cour, voulut faire
preuve s'il était tel· qu'on lui avait fait entendre; et pour cc, lais~a tomber un de ses
gants dans le parc des lions, étant en leur
plus grande furiei et Hi-dessus pria M. de
Lorge de l'aller quérir, s'il l'aimait tant
comme il disait. Lui, sans s'étonner, met sa
cape ~m poing et l'épée à l'autre main, et
s'en va parmi ces lions recouvrer le gant. En

DE

BRANTŒIE.

3.:p -

VUE DU CHATEAU DE VERSAILLES, DU COTE DES JARDINS- -

Gravure de

Ni':E,

a·après le

CHEVALJE:R DE L'ESPINASSJ,:,

FRANTZ FONCK-BRENTANO
~

PARDlELLAN.

quoi la fortune lui fut si favorable, que, fai- et faire preuve de leur valeur, ou les y poussant toujours bonne mine et montrant d'une ser davantage, que non pas faire de ces sotbelle assurance la pointe de son épée aux tises.
lions, ils ne l'osèrent attaquer. Et ayant reJI me souvient que, lorsque nous allàmcs
couvré le gant, il s'en retourna dcvrrs sa assiéger Rouen aux premiers troubles, mamaîtresse et lui rendit; en quoi elle et tous demoiselle de Piennes, l'une des honnêtes
les assistants l'en estimèrent bien fort. Mais filles de la cour, étant en &lt;loure que feu
on dil que, de heau dépit, ~J. de Lorge la M. de Gergeay ne fùt été assez vaillant pour
quitta pour avoir von lu tirer son passe-temps avoir tué lûi seul, et d'homme à homme, le
de lui et de sa valeur de telle façon . Encore feu Laran dïngrande, qui était un des \'aildit-on qu'il lui jeta par beau dépit son gant lants gentilshommes de la cour, pour éprouau nez, car il eùt mieux voulu qu'elle lui ver sa valeur lui donna une faveur d'unr
eût commandé cent fois d'aller enfoncer un écharpe qu'il mît à son habillement de tète;
bataillon de gens de pied, ol1 il s'était bien et, ainsi qu'on vint pour reconnailrc le forl
appris d'y aller, que non de combattre des de Sainle-Catherine, il donna si courageusebêtes, dont le combat n'en est guère glorieux. ment et vaillamment dans une lroupe de cheJe crois que telles femmes, par tels essais, vaux qui étaient sortis hors de la ville, qu'en
se veuJcnt défaire ainsi gentiment de leur.;; Lien combattant il eut un coup de pistolet
serviteurs, qui, possible, les ennuient. Il vau- dans la tête, dont il mourut roide mort sur
drait mieux qu'elles leur donnassent de belles la place; en quoi ladite demoiselle fut satisfaveurs, et l~s prier, pour l'amour d'elles, faite de sa valeur, et, s'il ne fùt mort sur le
les porter aux lieux honorables de la guerre coup, ayant si bien fait, elle l'eùt épousé.

~

•

L'Affaire du Collier
XXIV

Le coup de foudre (snite),
Mme de la Motte voyait approcher le terme
du 1er août où devait être fait le premier
payement de 400.000 livres. EUe avait vu,
chez le cardinal} Baudard de Sainte-James,
trésorier général de la marine, et savait que
celui-ci était attaché au cardinal, fort entiché,
par surcroit, de Cag]ios~ro, en_ relation enfin
avec les Bühmer. li avait marié sa fille avec
le marquis de Puységur, un adepte fervent
de Cacrlioslro et de Mesmer. « Sainle-James,
dit M~e Vigée-Le Brun, était financier dans
toute l'étendue du terme. C'était un homme
de moyenne grandeur, gros et gras, au visage
très coloré, de cette fraicheur qu'on peut
avoir à cinquante ans passés quand on se
porte bien el qu'on est heureux. 1&gt; Dans son
hôtel de la place Vendôme, dont les salons
immenses étaient entièrement tapisséa de

glaces, il donnait des dîners de cinquante vous à. Sainte-James. Pour lui, cent mille
couverts où la nohlesse et les lettres étaient écus ne sont rien. &gt;&gt; Rohan en parla au finan~
brillamment représentés. Sa magnifique pro- cier. li tombait bien.
priété de Nenilly reçut du peuple le nom de
11 Prêter 400 000 livres pour payer le col&lt;t Folie-Sainte-James )), à cause du 1uxe
lier; mais le collier esl fait de 800 000 livres
inouï. li y organisail des soirées où l'on que j'ai prêtées! J&gt;
jouait la comédie, où l'on tirait des feux d"arEncore Sainte-James consentirait-il à cette
tifice, où tant de personnes étaient invitées nouvelle avance, mais, rendu méfiant par
que l'on se croyail dans une promenade pu- l'aventure du fermier général Béranger, il
Llique. Sainte-James étail très ambitieux, désire qu'une lettre, ol1 la reine demanderait
avide de protections puissantes à la Cour; l'argent, demeure enlre ses mains. li n'y faut
il rêvait, non du ruban, mais du cordon donc plus songer.
rouge. C'est lui qui avait jadis prêté aux
Cependant on arrivait à la fin de juillet.
Bohrner les 800.000 livres avec lesquelles ils Mme de la Motte devient agitée, nerveuse.
avaient acheté les diamants du collier, pri- Comment reculer le terme du paiement.?
mitivement destiné à la Du Barry de qui c&lt; Que signifient, lui dira maître Target, ce
Sainte-James avait escompté la faveur.
trouble de votre maison, ces agitations du
Mme de la Motte dil au cardinal: « Je vois 27 juillet, où vous sorte, précipitamment de
la reine embarrassée pour le rnrsement du chez vous, où vous ne revenez ni dîner, ni
1er aoùt. Elle ne vous l'écrit pas pour ne pas souper, ni coucher; où vous vous réfugiez
vous inquiéter . J'ai imaginé un moyen de lui chez des amis et ne voyagez que la nuit? )J
!!tire votre cour en la tranquillisant. Adressez- Ce jour, 27 juillet, elle fait chez le notaire
- 343 ..,.

�r--

fflSTO'R,.1.ll

Minguet, en déposant des diamants C( d'une
immense valeur l&gt; , un emprunt de trentecinq mille livres. Le 51, elle lait porter chez
le cardinal une lettre signée (1 Marie-Antoinclle 1&gt;, ol1 il est dit que les quatra cent
mille livres promises pour le lendemain ne
pourront être payées que le ter octobre, mais
qu'i1 cette dale il serait fait un paiement dl!
sept cent mille livres en une fois, moitié de
la somme totale. Cette fois, l'inquiétude commence it pénétrer dans l'esprit du prélat.
!lais le lendemain une femme de chambre
vient l'appeler de la part de la comlcsse.
Celle-ci, de ses paroles insinuantes, s'efforce

de calmer ses esprils. Et la conriancc lui
revient quand lime de la Molle lui tend une
somme de trente mille li\ res, intérêt à V&lt;'rser
1

aux joailliers pour les srpt cent mille livres
dont le paiement était reculé en, octobre. Le

cardinal, qui croyait toujours Mme de 1a
Molle dans la misère, ne doute pas que celle
somme ne lui ait été remise par la reine. Le
juillet, il voit Jes joailliers, qui accueillent
très mal la proposition du délai. lis protestent avec vivacité et n'acceptent les trenle
mille livres qu'en acompte sur ft,s quatre
cent mille qui leur sont dues immédiatement 1 •
li est urgent qu'ils soient payés, disent-ils.
Sainte-James, leur créancier, de,,ient pressant
et les intérêls qu'ils ont à lui verser les accablent. Le cardinal craint un éclat. L'attitude
des lli.ihmer rendait en effet la 1-ituation extrêmement critique. L'histoire de Mme de la
Motte fait voir en elle une incroyable inconscience, qui fait d'ailleurs sa hardiesse et sa
force . Elle ne voit le danger que quand il est
immédiat et, alors .seulement, cherche à y
parer. En hâte elle fait revenir son mari de
Bar-sur-Aube, où le comte, dans une insouciance parfaite, menait un train royal; puis,
elle combine un coup si hardi, déno l:rnt une
vue si claire des caraclèr('s et de la situation,
qu'une fois de plus on ne peut retenir un cri
de surprise devant ce génie d'intrigue. Le
5 aoùt, elle envoie le Père Loth chercher Ilassenge et lui dit hardiment : (( Vous êtes
trompé. l'écrit de garantie qne possède le
cardinal porte une signature fausse; mais le
prince est assez riche, il payera. D
Parmi ces manœuvres longues, compliquées, conduites avec tant de suite et d'une
main si sùre, c'est ici le coup de maître. Mis
dans cc moment, brutalement, en face de 1a
réalité, épouvanté par la pcrspectire du scandale d'un procès certain, par l'effroyable
honte qui allait rejaillif sur lui Je la scène
du bosquet, à propos de laquelle le procureur du roi lui dirait qu'il avait été entrainé jusqu 'à la lèse-majesté, le cardinal,
qui avait des ressources très grandes, ne
devait pas hésiter à payer les joailliers et à
étouffer toute l'affaire. Et il n'eût pas hésité,
et Mme de la Motte et son mari eussent joui
tranquillement du fruit de leur larcin! Ceci

;;o

. 1. Ces f~it.s, d'après_ le mémoire des joailliers, les
rnterrogalo1res du carrltnal, le plaidoyer de M~ T:iro-et
et les notes qt!C cel_ui-ei r~unit et &lt;JUI sont consen·~es
dans son does1er.8tbL. 11 • de Paris, ms. de !a rt'~en•e

L' JlFF.!11~E
n'est pas une h} polhèse; on a les déclarations
du prince de Roban : « li entrait dans les
projets de Mme de la !lotte, dit-il, de déclarer elle-même que la signature était fausse.
Elle se flattait de m'avoir réduit par ses
adroites manœuvres à payer le collier sans
oser me plaindre. Et j'aurais certainement
pris le parti de m'arranger arec les joailliers,
('n sacrifiant ma fortune et en employant le
secours de mes parents !. n
Malheureusement pour Raban et pour
Jeanne de Valois, les bijoutiers, par timidité,
n'osent affronter le cardinal. Instruit, par son
collègue Bass('ngc, des paroles de Mme de
la Molle, lJiihmcr, en proie aux plus vi\'es
alarmes, court I,~ même jour à Versailles,
s'efforçant d'obtenir une audience de la reine:;.
Il ne peut voir que la lectrice, ~Jme Campan,
qui lui dit :
\( Yous êtes la ,•ictime d'une escroqu('ric,
jamais la reine n ·a reçu le collier . o
Au moins, à présent, les joailliers iront-ils
hardiment faire au cardinal la déclaration
que lime de la Molle leur a conseillée? Jusqu'au bout leur conduite déjouera ses calculs.
Le même jour, 5 août, Mme de la Moite
mandait Hétaux de l'illellc, le pressait de
fuir, lui remellait 4000 livres pour son
voiage. nétaux fait charger ses malles sur un
cabriolet ffUÏI a loué chez Hinnet, sellirr,
rue Saint-Martin . Le cbeval appartient à La
Motte. Il vient souper rue Saint-Gilles, gaiement, jusqu'à minuit, et comme les meubles
de la maison sont d~jà emballôs, à l'exception du lit des époux La Molle, Rétaux va
s'installer dans son cabriolet qu'il a fait
entrer dans la cour et part à deux heures du
malin. li prend le chemin de l'Italie, en passant par la Suisse.
Enfin, ce mème jour, 5 août, Jeanne envoie Rosalie chez le cardinal pour le presser
de venir la voir. Le cardinal a fait défendre
sa porte, mais la femme de chambre insiste,
le suisse la laisse monter. Le cardinal se
rend ru e Neuve-Saint-Gilles. n J'ai des ennemis, lui dit-elle, je suis accusée d'indiscrétions et de van/crics; d·un momrnt à l'autre
je puis être arrèlée; on m'a fait espérer, si
je quille Paris, que peut-être on cessera de
m'apercevoir oll je suis cachée. Je devrais
êl re partie. Juscru e-là je tremble. l~n attcn•
dant que mes ~lfTaires soient terminées ici et
que tous mes meubles soient enlevés, accordez-moi, de grùce, un asile dans votre
hôtel. )J Rohan, confiant jusqu'à la dernière
minute, lui ~it qu'il est prêt à la recevoir
avec son mari.
Dans la journée, elle avait donné un diner
oil elle avait reçu le comte de Barras, sa sœur
Marie-Anne qu'elle avait décidée à Yenir à
Paris, un neveu, et d'autres personnes. Il ne
fallait pas que son trouble intérieurse trahît.
Mais entre onze heures et minuit, après
qu'elle a fait éteindre toutes les lumières
par le portier, elle ouvre la porte doucement,

sans bruit, et glisse comme une ombre,
suivie de Rosalie.
ci Le tremblement, dira Me Target, se
montre dans tous vos pas . Les ténèbres ne
suffisent pas pour vous rassurer contre les
regards; vous craign('z jusqu'à la chandelle
de rntre portier; vous ne sortirez que lorsque
tout le monde sera sorti de sa loge et quand
la lumière sera éteinte; le capuchon de vos
mantelets vous couvrira le visage à l'une el
à l'autre; et c'est ainsi que vous parcourez
mystérieusement, dans l'ombre, la solitude
de celle parlie du boulevard qui vous conduit
à l"botd de Il. le Cardinal où vous allez
prendre refuge. l) Huc Vieille-du-Temple, elle
trouva son mari : c&lt; Le sieur de Carbonnières
nous conduisit dans une chambre qui avait
élé occupée par le sieur abbé George!. ,,
Par cette dernière rnanœuvre, Ume de la
Motte cro}'ait lier définitivement son .sort à
celui de Rohan, établir sa bonne foi : " Si
elle n'avaif pas agi de bonne foi, serait-elle
Yenne ainsi se livrer au prince1 J)
Le 4 aoùt, lendemain de la double déclaration laite par Mme de la Motte et par !!me Campan, Biibmer est appelé à l'hôtel de Strasbourg C'est Bassenge qui y va. Il désire
s'expliquer avec le cardinal, mais, intimidé,
il n'ose encore dire franchement ce qu'il a
sur le cœur, répéter ce qu'il lui a été déclaré
la veille, parler d"un faux. li demande seulement:
C{ Son Éminence est-elle certaine de l'inLrrmédiaire qui a été placé entre die et la
reine? lJ
Bohan voit la surexcitation du joaillier l't
en est effrayé. li faut le calmer. Il serait
capable d"aller jusqu'au roi lui révéler le
secret. nohan lui propose de remettre entre
ses mains le titre contenant les conditions du
marché, revêtu de la signature C! MarieAntoinette de ~·rance &gt;J . Ce sera sa garantie.
Mais immédiatement Bassenge comprend
qu'en cas de duperie cette seule garantie
qu'il a n'en est une qu'en demeurant dans
les mains du cardinal qui lui sert de.caution.
Le cardinal a Leau insister, il refuse de
prendre le billet.
Bassenge reparle de ses inquiétudes ; ses
créanciers s'impatientent, Sainte-James qui
lui a avancé sur le collier 800 000 livres ....
L·angoisse serre le prince Louis à la gorge;
à tout prix Bassenge doit être rassurl•.
&lt;! Si j e vous disais que j'ai traité directe•
ment avec la rei~, seriez-vous content?
- Cela me donn erait la plus grande tranquillité.
- Hé bien, j e suis aussi sûr que si j'avais
traité directement. »
En eflet Rohan n'a-t-il pas vu Marie-Antoinette à Versailles, le soir, dans le bosquel?
la reine ne vient-elle pas de lui faire remettre
50 000 livres? n'a-t-il pas reçu de nombreuses lettres d'elle?
Bassenge répond qu'il demeure inquiet.

1. lnt crr. de Rohan, publié par }[. Campardon,
p. ':223; confrontation à lïnspecteur Quidor, Ardt.

entrant à la Bastille, fut : « J"ai été trompé, j('
payerai le coll ier. »
3. DJclaration de Ilühmcr cl llssse11gc, Arch. 11al.,
Fi/441-~, 13.

1

,ml., X", B/ 1417; )lémoire de lfe T11rgt!l. Collection
complète, IV 1 177. - I.e premier mot du all'll inal,

c&lt; Je ferai représenter à Ja reine combien
ces délais sont nuisibles à vos intérêts. »
ÜJssengc se défie de l'intermédiaire. Sainte•
James est de plus en plus pressant.
&lt;c Je prendsdoncl'eagagement, dit Rohan,
d'obienir du trésorier de la marine qu'il
patirnle pour les pa)'emenls. )&gt;
Cc sont ces mots qui calment le négociant
et il prend congé.
A la suite de cette entrevue angoissante le
prince Louis dicta à Liégeois, l'un de ses
valets de cbambre, un billet où se peignent
ses tourments et qui a été retrouvé parmi ses
papiers. Le voici avec les indications qui
permettent d'en comprendre les termes.
Ell\"o~-J chercher B[assenge], qui soupçonne que
c'est pour lui parler clu même objet (le collier).
Il m'a demandé commer1t il devail répondre. Je
lui ai dit qu'il se garde bien de
foire aucunè ronfi /cncc, qu'il
del"aÎl di1'e qu'il a\'aÎL env,1\é

Entrée avec son mari dans ce petit appartement de l'hôtel de Rohan dans la nuit du
3 au 4 août, Mme de la !lotte en sortit le 5;
le 6 elle partait pour Bar-sur-Aube.
Elle prenait le chemin de son pays natal,
l'esprit rassuré. L'orage en éclatant tomberait
sur J\ohan, qui n'hésiterait pas à le dissiper
en payant les joailliers. D'ailleurs, la négociation n'avait-elle pas été faite directement
entre les marchands et le cardinal? Il n'y
avait pas raison de s'alarmer.
Quand les commissaires du Parlement objectèrent dans la suite à Rohan, que si la
dame de la Motte eût réellement fait imiter
la signature de la reine et rendre les diamants
à son profit, elle n'ellt pas déménagé au
vu et su de tout le monde pour aller à Barsur-Au be et se fût plutôt retirée en pays

l'objl'l rn question à l'étranèr
el que ji&gt; lui rt·comm:rn1lc ab50lumcnl le gerrct rl de ne f.iire
:rncune confidenci&gt;. Il m'a a firmé et n!pété ;J plusicms l'C'prisL'S
que sa vie n'était plus qu'un
lour1nenl dC'puis qu',I il\'nil p1 i:;
la li!lt'r!é tl'éc1·in:1 ii ... ( a rein,,)
, 1 1111'il lui rivait été dit l'flr' C.

(J/111e Cnmpan) &lt;111e le mailrc

(/tt 1·ei11e) 11e s 1,·:iit ce &lt;pic ci&gt;s
gcns-1~ (les Bühmer) \"Oulaicnt

dire. Que la lète lui lournail.
Cet eusemble des choses pourr:iil
aus~i faire tourner la mienne,
si cr n'était si1r que le mo~en
propo.~t.\ (la démarche aupri:s de
Sainlt-James) :1rrange louL pour
le présent el le futur. D'aillem·s l,t
J)C'rsonnc que je propose (SainfeJctmes ) est in struilc dr !nul

parce que débiteur (Les Bülimer)
n·n pu fc.irc nutremr.nl. Ain~i
cela ne change rieu à l'ordre dt'S
cho~cs et au contr,1irc fera naître le ealrue oil est actuellement
le Lroul,lc et le tlés1·~poir 1.

Le cardinal \'it elfccti,·ement Baudard de Sainte-J,1mcs. Il le rencontra dans le
monde, r □ une soirée. Tous
deux se promenaient sur la
terrasse parmi les invités. Le
cardinal supplia le financin
de ne pJ.s presser les bijoutiers el, pour le rassurer, il
lui confia qu'il venait de voir,
écrit de la main de la reine,
&lt;Ju'ellc avait 700 000 livres
pour Jes llühmer. Ruban faisait allusion à la prétendue
lellre de Marie-Antoinette que
Mme de la Motte lui avait
montrée en lui apportant les
30 000 livres d'intérêt sur la somme à verser
ultérieurement! .
1. Bibl. v. de Paris, doss . Target. C'est celte note,

su r laquelle R_ohan ne voulul pas s'expliquer au cours
du procès, ~n'il appelle la « riote informe ».
2. Les fo11s des 3 el 4 aofit 1785, d'a11rès les inter-

Gral'ure d'llubert, d'après L. M. Van Loo.

étranger, Rohan répondit très justement :
« La conduite de ladite dame de la Motte
rogatoires, confrontation~ et récolements du procês,
A1·ch. 111ll., X'! ll/14li, et d'après les notes des dos~iers Target et 8ül11ner, Bibl. v. de /lmis, ms. dc la

réserve.

DU COUTE~ - - ,

n'est pas si inconséquente qu'il semblerait au
premier abord. Elle croyait m'avoir tellement
enveloppé dans ses artifices que je n'oserais
rien dire, et de fait, les manœuvres sont tellement multipliées que j'aurais préféré payer,
ne rien dire et laisser Mme de la !lotte jouir
du fruit de ses intrigues. J)
« Quelle conduite plus naturelle, plus
habile, plus prudente, pouvait donc tenir
Jeanne de Valois? ohserv8 Me Labori. Fuir,
c'est s'accuser, donner à Rohan peut-ètre le
moyen de se déga~er. Rester, c'est condamner
Rohan à arrêter l'afiàire à tout prix, à payer
Biibmer, à se charger de tout. Que peut-elle
craindre en effet? Rohan n'est-il pas un peu
son complice, par son audace à s'élever jusqu'à la reinr, par cette crédulité naïve de
cette entrevue simulée, par cette correspondance ir1Yentée à plaisir? Encore dupe, Rohan ne peut
vouloir perdre la reine; désabusé, il ne peut affronter
une accusation de lèse-majesté, affronter l'échafaud:;. l)
De fait, noLan hésitait. Son
Hprit élait ballotté enlre des
incerlituJes cruelles. Laquestion qui lui avait été posée
par le joaillier, le hanlail. li
s'était efforcé de rassurer IlObmer; mais lui-même n'était
guère rassuré. Et voici q11e
l'escroquerie va lui apparai/re
dans son plein jour quand,
comparant pour la première
fois l'engagrm'ent signé (C Marie-Antoinette de France ,,
qu'il a entre les mains, avec
des billets de la reine qui lui
sont confiés par quelques-uns
de ses parents, il ne lrome
entre les écritures aucune ressemblance.
Cagliostro, son conseill1'r
habituel, e,t appelé auprès de
lui. L'alchimiste, pour une
fois, laisse de rùté les Jumières du grand Cofle, de l'archange Michaël et du bœuf
.Apis. Très perspicace, il démêle l'intrigue. &lt;r Jamais, dit
Cagliostro à floban, la reine
n'a signé Afarie-Anloinetle de
France. Sùrcment vous êtes
trompé. Vous êtes victime
d'une friponnerie et n'av('z
qu'un parti à prendre : aller
vous jeter sans retard aux
pieds du roi et Iui conter cc
qui s'est passé. »
Cagliostro de,·inait-il l'avenir? Dans le présent il parlait
d'or. Nous venons d'indiquer
le moment critique dans la vie de MaricAntoinette, celui où l'arrivée du Contrôleur
3. Fernand Lahori, Confê.rence des avocals, 20 nor
188~.
Alph. Karr (le Figaro, 11 j&lt;lnl'. 1800) d1h-eloppc
des considtlrotions identiques.

�, . _ 111STOR,_1.ll

L' JlFF .111]tE DU COLZ.1E]t _ _ .,.

général l'empêcba de questionner Bühmer
sur le billet qu'il lui remettait: nous voici
au moment critique dans la vie du cardinal.
Eûl-il suivi le conseil de l'alchimiste, l'effroyable scandale était évité. Il était dans une
perplexilé douloureuse. Et c'est encore sa
bonté qui l'arrêtait. Il hésitait à jeter dans
les fers cette jeune femme, une Valois. Elle
avait été poussée à bout pa'r la misère.
« Eh bien, si je le fais, répond-il à Cagliostro, cette femme est perdue.

- Si vous ne voulez pas le faire, un &lt;le
vos amis le fera pour vous.
- Non 1 non, laissez-moi réfléchir. l)
&lt;&lt; J'étais dans la perplexité sur le parli
qu'il me convenait de prendre, incertain s'il

27 juillet 1785, à l'abbé George!, son vicaire
général à la grande aumônerie, pouvoir de
disposer de tous les bénéfices dépendants de
l'évêché de Strasbourg. de l'abbaye de SaintVaast, de celle de la Chaise-Dieu, du prieuré
de Soucillange et d'accorder toutes lettres de
nomination.

A Ilar-sur-Aube, Jeanne donnait des fèles
éblouissantes. C'était un luxe fou. Avec son
mari elle va aux réceptions organisées par
les seigneurs de la contrée. A Châteauvillain,
le duc de Penthièvre l'accueille avec les plus
grands égards . {! Lê prince, dit Beugnot, la
reconduisit jusqu'à la porte du deuxième

jardins de l'abbaJ"e. Le ciel était rempli de
lumière. Le soleil avait disparu derrière les
hauteurs boisées qui enserrent Clairvaux. Les
arbres que porte la colline se découpaient en
dentelles noires sur un fond pourpre et or,
avec des coulées de cuivre vert, flamboyant ;
mais la vallée était dans l'ombre. Seules les
cimes des peupliers et des sapins émergeaient,
d'un jaune orange, comme trempées dans du
safran. Peu à peu la lumière s'est apaisée, le
ciel est devenu violet. Dans la vallée se tasse
une brume blanche, d'instant en instant plus
opaque, où se mêlent des tons gris de plus
en plus sombres . De gros nuages envahissent
lecoucbanl. Le crépuscule se perd dans la nuit.
Neu[ heures sonnent. C'est le moment du

VUE DE L'ABBAYE DE CLAIRVAUX 1 PRÈS DE BAR-SUR-AUDE.

fallait tout ébruiter en dénonçant la dame La
~Joue, s'il ne serait pas plus sage de payer le
collier et d'assoupir celte affaire 1 • »
En ce moment, l'âme du_cardinal fait pitié.
Enfant gâté de la fortune, élevé dans la richesse, les honneurs, tous les obstacles tombant d'eux-mêmes devant ses pas, il ~tait
devenu l'homme d'esprit, de manières délicates et agréables qui charmaient ses amis :
mais l'agrément même de la vie avait émoussé
en lui le caractère. Devant une décision à
prendre, il recule. Et cependant quel gouffre
s'ouvre devant lui. Un fait montre les craintes
qui l'envahissaient. En prévision d'événements
redoutés, peut-être mème de la privation de
la liberté, le cardinal de Rohan donna le

salon donnant sur le grand escalier, honneur
qu'il ne fait point aux duchesses et qu'il
réserve pour les princesses du sa11g 1), tant il
a de respect pour la petite-fille des rois. Le
comte Beugnot voit les époux La Motte presque
journellement.
Le i 7 août, Beugnot avait accompagné
Mme de la !lotte à l'abbaye de Clairvaux
pour les solennités en l'honneur de saint
Bernard. L'abbé, dom l\ocourt, prodiguait
lui aussi à la comtesse les plus rares distinctions. Il croyait, dit Reugnot, à ses relations
avec le cardinal et la traitait comme une princesse de l'Église. Jeanne était dans une toilette brillante et toute couverte de diamants 1.
On se promena toute la soirée dans les beaux

souper. L'abbé Maury, qui devait arriver le
soir même pour prêcher le panégyrique du
saint, était en retard. On se décide enfin à
neuf heures et demie à se mellre à table sans
lui. Le grand réfectoire, percé de deux: étages
de fenêtres, est en fête. Les murailles d'un
blanc cru renvoient la lumière des Lougies,
et les camaïeux: bistres, dans les voussures,
entre les pilastres élevés - des sujets religieux auxquels le style du temps donne un
air de mythologie à la Van Loo - brillent
d'un joyeux éclat.
f,e roulement d'une voilure. L'abbé Maury
parait, essoufOé, agité.
Des nouvelles?
&lt;( Comment des nouvelles1 Mais où vivez.

1. ~oies ile Bohan pour son 3\'0Cal ~I• Target, Bibl.

1•. de Paris, ms. de la rCserve cl inlNJ'. dC' Cagiiostro.

2. ~ol&lt;'s de T:irgel, Biul . v. de Pal'is, téscrve.

Yous donc? le prince cardinal de Bohan,
grand aumùnier de Franee, arrêté mardi
dernier, jour Je l'Asscmption, en habits pontificaux, au moment où il sortait du cabinet du roi. On parle
d°Lm collier de diamants acheté
au nom de la reine .... &gt;&gt;
.Jeanne était assise entre les
robes noires de deux moines et
sur son sein les diamants resplendissaient.
(&lt; Dès que la nouvelle avait
frappé mes oreilles, dit Beugnot, j'avais jeté les yeux sur
Mme de la Molle, qui avait laissé
tomber sa serviette et dont la
figure, pMe et immobile, restait perpendiculaire à son assiette. Le premier moment
passé, elle fait effort rt s'élance
hors de la salle à manger.
L'un des dignitaires de la maison la suit, et, quelques instants
aprè3, je quitte la table et vais
la retrouver. Déjà elle avait fait
mettre ses chevaux ; nous partons. »
Jeanne de Valois prononce
des paroles incohérentes. Brusquement sa pensée s'arrète sur
le no,TI de Cagliostro :
c1 Je vous dis que c'est du
Cagliostro tout pur.
- Mais vous avez reçu ce
charlatan, et ne vous êtes-vous
pas compromise avec lui?
- En rien, et je suis tout à
fait tranquille, j'ai eu grand
tort de quitter le souper. i&gt;
Ucugnot n'a pas une égale
confiance. Il conseille de fuir
en Angleterre.
C! Monsieur, vous m'ennu}'CZ
à la fin ! Je vous ai laissé aller
jusqu"au bout parce que je pensais à autre chose. Faut-il vous répéter dix
fois de suile que je ne suis pour rien dans
celle affaire? Je suis très fàchée de m'èlre
levée de table. Il
Le temps s'était g:Hé. De lourds nuages
roulaient au ciel. C'é1ait l'orage. Dans la nuit
noire la pluie tombait à Yerse. La Yoiture
était fouellée par les branches mouillées des
arbres, ·des hêtres et des frênes qui forment
les bois de Clairvaux : un clapotement monotone qui énervait. Les roues s'embourbaienl
dans les ornières. Le tonnerre éclatait. Par
moments les chevaux s·ébrouaient, refusant
d'avancer. Enfin on sort du bois. Des deux
cùtés du chemin les champs s'étendent mornes
el dé:;erts . Les lanternes sont éteintes. On ne
voit plus devant soi. La comtesse a peur que
les chevaux ne traversent pas droit les ponts
de l"Aube el la jettent dans la rivière. On
passe aux. Crottières. Enûni on arri\"e rue
8aint-Michel, à la maison de la comtesse.
l:Jeugnot lui conseille de brûler tous les papiers qui concernent ses rapports avec le
cardinal. 1( Nous ouvronsi écrit-il, un grand

colîre en bois de santal rempli de papiers de
toutes couleurs. J'étais pressé d'en finir. ii
Pourqnoi ne pas jeter le tout au feu, ensemble,

Grarnre d'Hubert, d'après Méont.

tience 1 • BOhmer s'y rend le U août. Interrogé, il dit comment il a vendu le collier.
~farie-Antoinctte, étonnée, effrayée, ordonne
au bijoutier de lui rédiger un
mPmoire, qui lui est remis le
12 i. La négociation du Collier,
l'initiative de !!me de la !lotte,
les démarches du cardinal et la
remise du bijou entre ses mains
y sont racontées en détail.
:\farie-Antoinette en parle
aussitôt au roi, émue, irritée.
Elle se senl outragée par l'abus
fait de son nom. L'antipathie
que sa mère lui a communiquée et a entretenue si soigneusement en elle, reparaît dans
toute sa force. cc L'affaire, écrilelle à son frère Joseph ![, a
été concertée entre le roi et moi,
les minislres n'en ont rien su. 1&gt;
Ce fut le malheur. Dans le ministère, étaü alors un homme
de premier ordre, doué d'une
connaissance profonde des hommes et d'une précieuse expérience, le comte de Vergennes.
Il eût empêché la faute irréparable qui Ya être commise.
Le 10 aoùt, Baudard de Sainte-James dinait chez le cardinal.
Celui-ci, au cours de la conversation, se plaignit encore de
Ilühmer, de ce qu'il avait négligé de parler à la reine du
collier, ayant eu occasion de la
voir.
&lt;t Je ferai dire à Ilassenge,
ajouta+il, d"aller à Versailles
vendredi prochain, pour parler
avec Sa Majesté".»
Le 15 août, jour de l'Assomplion, était jour de grande
fêle à la Cour depuis le vœu de
Louis XIII plaçant sa couronne
et le royaume sous la protection de la Vierge.
C'était aussi la fête dtl la reine. Toute la cour,
et la noblesse qui gravitait autour de la cour,
se trouvaient à Versailles, et le peuple arrivait en foule de Paris. Dans la matinée, le
roi, la reine, Breteuil, le garde des sceaux

en bloc? Mais Jeanne tient à ce que le jeune
avocat lise certains documents. C'était la prétendue correspondance amoureuse de Rohan
avec Jeanne de Valois . Il était nécessaire que
Beugnot en pril connaissance afin d'en pouvoir témoigner à l'occasion, mais nécessaire
aussi que les lellres fussent anéanties après
cette lecture, afin que l'authenticité n'en pùt
.1. « lfonsie.~r, M~1lam e de ~fozri ti l s·agil de ~lme de
)lise1")&gt; premier~ f7mme de charge de la reine) nl'a
être contrôlée .
elrnrge de vo~s i•crne de la par de Ln Beine de \'OUS
L'aube blanchissait quand Ileugnol prit lro_uver demin mat1n 1 9 du présent. à Trianon. ~a
MaJeslé veue ,·ous l'aire voit- une boucle de cinlurc
congé. 'fous les papiers étaient détruits.

XXV
De la fange sur la crosse
et sur le sceptre.
Tandis que le cardinal était dans ces perplexités, la reine, mise au courant de la
conversation que Mme éampan avait eue, le
vendredi 5, avec son joaillier, manda celui.ci
à Versailles, le lundi 8 aoùt. Elle le mande
en toute hâte. Le billet, rédigé par Loir, son
valet de chambre, témoigne de son irnpa-

dont les diameJJl ue tienne pas bien, leur (l'heure)
l! pl~s como&lt;le serel entre neuf ou cl ix heur du matin .
.1ai I h_~nnenr cleslre, Monsieur, Yot1·e humble ser\'iteur. Signé : Lorn. F,n poslscriplum : Si monSÎt!llr
llohemer 11etés p:is à Pal'is, je pry monsieur llazauge
denv~yer un cx1Jres it lloisi (l:iuissy•Saint-1,l'ger). Uc
Ve1:s11.1llcs, cc 8 aou~l 171fü. Au 11erso : Service de ]a
~eme trës p~essC. Monsieur, monsieur Bohemer, juuuillicr .du .Rot ~l de la Couronne, rue Vendom'me au
ifüra.1s, a ~:iri s. En apnstille : Au porteur dix-huit
so! ~1 !a presente est remis ..avan lroi~ heur de J'npri:s
rn1.d1, cc g a?ust. » Doss. llohmer, Bi.hl. v de Paris,
m~. de la resctre.
2. Il y a deu" mëmoires du Bôhmcr cl Ilassen&amp;e
c~posant l'a!l~ai~e du _Collier, c~,lui qui fut remis Îe
12 ;oùl 178;i a la rerne _(publie e1~ 1786, s. 1., in-~
de. -4 p.) el u11 autre qu, fuL remis le 23 août au1
m1~1str~s. Arch. trnl., F~ 4445/13.
oJ. Bd.il. ual., ms ..loly de Fleury 2088, f 0 328 v.

�..,
r--

H1STO'l{1.11

Miromesnil se sont réunis à dix heures dans
le cabinet du roi 1, Vergennes n'y est pas; la
riuestion qui va être agitée n'est pas de son

celte acquisition d'un collier de diamants que
vous auriez faite au nom de la reine? &gt;J
Rohan est devenu blême.

CHATEAU DE VERSAILLES, -

département. Breteuil donne lecture à haute
voix du mémoire des joailliers. Les opinions
sont exprimées. Miromesnil recommande la
prudence, la modérat;on : « Il faut, dit-il,
s'informer encore, Rohan n'est-il pas d'un
rang et d'une famille à être entendu avant
que d'ètre arrèté? J) Avec violence, Breteuil
exprime une opinion opposée. Nous avons dit
la haine personnelle qui s'était élevée entre
Rohan et lui.
Uretcuil étr1it un homme très bon et fut
un minislrt! dislingné auquel l'histoire finira
par rendre justice. Avec ses grandes qualilés
de cœur et d'esprit, il avait malheureusement
une nature ardente el brusque. Il crut véritablement que le cardinal, abimé de delles,
avait imaginé une pareille nf'gociation pour
se libérer de ses créanciers. Il exprima l'avis
de l'arrêter sur-le-champ. Marie-Antoinette,
non moins passionnée, ne comprenait pas
qu'on hésitàt : « Le cardinal a pris mon
nom comme un vil et maladroit faux monnayeur. &gt;&gt; Louis XVl inclinait vers l'avis de
Miromesnil. Il demanda à Breteuil d'aller
chercher Rohan. Celui-ci s'était rendu à Versailles pour célébrer, dans la chapelle du
palais, l'office de ]'Assomption. li se trouvait
avec les &lt;&lt; grandes entrées &gt;&gt; dans le cabinet
du roi !, C'étaient les dignitaires de la Cour,
les noms les plus illustres de la noblesse. A
onze heures, il entre dans le Cabinet intérieur,
vêtu en soutane de moire écarlate et en
rochet d'Angleterre.
« Mon cousin, dit le roi, qu'est-ce que
1 . Aujourd'hui, au châl ëau de Versailles, salle 130.

LE CA131NET DU ROI.

&lt;! Sire, je Je vois, j'ai éié trompé, mais je
n'ai pas trompé.
- S'il en est ainsi, mon cousin, vous ne
devez avoir aucune inquiétude. ~Jais expliquez-vous .... J)
La reine était devant lui, la tète haute et
fière. Elle le perçait de son re~ard qu'elle
savait rendre si dur et altier; elle l'écrasait
de sa colère, de son mépris . Quelle chute
brusque, atroce, où d'un coup était brisée la
belle et Iongnc espérance qui s'était peu à
peu élevée en Rohan depuis la scène du soir
au fond du parc. Bohan étouffe, le sang enne
ses tempes, ses jambf's fléchissent. Le roi
voiL sen é~otion et lui dit d'une voix plus
douce : « Ecrivez ce dont vous avez à me
rendre comple. » El le roi passe dans sa
bibliolhèquc5, avec la reine, avec Breteuil el
Miromesnil. TTohan est seul, assis devant une
grande feuille blanche, les yeux hagards, la
cervelle vide. li regarde la feuille blanche
fixement. Sa main tremble. Il écrit quinze
lignes commençant par ces mols : C( Une femme
que j'ai cru ... », finissant par ces mols :
u madame J,amotle de Valois ».
Nous lisons dans le rapport officiel au lieutenant de police de Cros11e : 1&lt; Le roi a lais~f!
le cardinal seul dans le cabinet ari.n qu'il pût
écrire lranquillcment. Quelque temps après
le cardinal a apporté nu roi sa déclaration
qu'une femme nommée de Valois lui avait
persuadé que c' étai I pour la reine qu'il fallait

2. Aujourd'hui snlle 125. Ne pas confondre le Cabinet, appclë amsi cabincl du Conseil, al'cc le Cabiriel
intérieur.

- 348 ""

faire l'acquisilion du collier et que cette
femme l'avait trompé. n
cc Où est celte femme? dit lo roi.
Sire, je ne sais pas.
- Avez-vous le collier?
- H est entre les mains de cette femme. &gt;J
(( Le roi lui a dit de retourner dans le
caLinel et d'y allendre. Quelques instants
après, le roi et la reine ont été dans le cabinet
où le cardinal attendail. lis ont ordonné au
garde des sceaux et à M.' de Breteuil de les
suivre. Alors le roi a ordonné au baron de
.Breteuil de faire lecture du mémoire des
deux marchands. lJ
C( Où sont ces- prétendus billets d'autorisation, écrits et signés par Ja reine, dont il est
question dans le Mémoire? dit le roi.
Sire, je les ai, ils sont faux.
Je crois bien qu'ils sont faux!
.le les apporterai à Votre Majesté.
El cetlc lellre écrite par vous aux marchands joailliers, qni est également d;ms lé
Mémoire?
- Sirr, je ne me rappelais pas l'arnir
é,-rite. mais il foet bien que je l'aie écrite
puisrpt 'ils en donnent copie. Je pa}crai le
colli(•r. l&gt;
Un moment de silence, et le roi rl'prend :
c( Monsieur, je ne puis me dispenser, da11s
une pareille circonstance, de faire mettre les
scellés c:hez vous et de m'assurer de YOtre
personne. Le nom de la reine m'est précieux.
Il est compromis, je ne dois rien négliger. &gt;&gt;
l\ohan supplie de lui éviter l'éclat, surtout
an moment où il va entrer dans la chapelle
pour orficier devant toute la Cour el la foule
de peuple ,enue de Paris. Il invoque les bontés
du roi pour Mme de Marsan qui a eu soin de
son enfonce, pour le prince de SouLisc, pour
le nom de Rohan.
Le roi, reut-êlre, allait céder; mais la
reine, qui s'étaiL contenue a\'eC peine, inter, ient :
&lt;( Comment est-il po,;;sihle, monsieur le
cardinal, que, ne vous ayant pas p·irlé depuis
huil ans, vous ayez pu croire que je voudrais
me servir de rntre entrf'rnise pour conc:lure
le marché du collier? i&gt;
Marie-Antoinette parle d'une voix haule et
nerveuse. Elle pleure. Ce sont trop dt.! r:111cnnes, avec celles de Marie-Thérèse, qu'rlle
ressent en ce moment. Son émotion g-.ignc le
roi. Breteuil l'emporte sur Miromesnil.
&lt;l :Monsieur, je tàcherai de consoler ,·os
parents aula1H que je le pourrai . .le dé:-ire
que vous puissiez vous justilier ..le fai~ cc
que je dois comme roi et comme mari. &gt;&gt;
Cependant la foule brillante qui emplissait
les appartements du roi, l'Œil-de-Br~uf, la
ChamiJre, le Cabinet du Conseil, lcCalii11l'l de
la Pendu le, était devenue nerveuse. L'IH'U re
de la messe était écoulée depuis longtemps.
Tout était devenu sombre. On pressenlait un
orage. Que se passait-il derrière la lourde
porte de glace, dJns le Cabinet intPrieur '! Et
les rumeurs de circuler, des bruits vaguts,
des propos.
Un remous. La porte de glace s'est ouverte.
3. Aujourd'hui salle 155.

_______________________________ L'

Rohan parait, droit, pâle. Breteuil est derrière lui. Celui-ci ne se tient pas de joie. Son
,·isage en est empourpré. D'une voix éclatante
il crie au duc de Villeroi, capitaine des gardes
du corps :
&lt;( Arrètez monsieur le cardinal! &gt;&gt;
Quel hourvari l Les courtisans se bousculent. Ceux du second rang se haussent pour
mieux voir. Il en est sur les banquettes. Et
ils sont tous là, les « entrées de la Chambre &gt;1 ,
les &lt;( entrées du Cabinet i&gt;. Sous les yeux qui
le dévisagent, le front moite, le regard 11xe,
talonné par Breteuil qui se rengorge, le prince
Louis lraver.;e l'enfilade des salles, le cabinet
de la Pendule, le cabinet du Conseil, la
Chambre. l'Œil-de-llmuî : le long calvaire!
Il csl enfin appréhendé au moment où, sortant des &lt;! appartements n, il passe de l'Œilde-Ilœuf dans la grande galerie. Une lumière
éblouissante. Le soleil tombe à plein par les
larges fenêtres, reflété par les glaces. EL ici
c'est la foule, le peuple même qui s'entasse.
Dans sa parure ponti0cale, s'apprètant au
sacrifice divin, le prince cardinal, grand aumônier de la France, est arrèté comme un
voleur 1 •
Au premier moment la confosion avait été
si grande que Villeroi avait dù attendre avant
de mettre l'ordre rrçu à exécution. Il avait
confié le cardinal à M. de JouITroy, lieutenant
des gardes du corps. Et, dans l'émotion générale, le seul qui ait du calme, c'est Rohan,
redevenu maître de lui, Il demande d'une
voix tranquille à M. de Jouffroy un crayon,
et écrit, sans autre façon, quelques mots sur
un billet qu'il a appuyé au fond de son bonnet
cat·ré rouge : c'est l"ordre à son fidl:le :iLbé
Georgel de brûler immédiatement tous les
papiers qui sont dans « le portefeuille rouge ii :
les lettres si thères jusqu'à ce jour - cc
qu'il a,·ait pu conserver des petits billets à
virrnelles bleues. Quand il arriva à l'h(Jlel de
St;asbourg, sous escorte, l'ordre était exécuté.
Le lendemain Rohan partit pour la Ilastille,
rassuré de ce côté.
Mme Campan nous fait connaitre l'~tat
d'esprit de la reine : C&lt; Je la vis après la sortie
du baron de Breteuil. Elle me lit frémir par
son agitation.
&lt;! Il faut, disait-elle, que les rices hi&lt;lcux
C( soient démasqués. Quand la pourpre ro(1 maine et le litre de prince ne cai.;hent
(( qu'un besogneux, un escroc, il faut que la
France entière t·t que l'Europe le sac.lient! J)
Marie-.\ntoinctte complait sans les partis
qui allaicut se mettre avec TTohan . Tout
d'aLord sa famille imrnédiale, les fiohan, les
Soubise, les Marsan, les .Brionne, le prince
de Condé qui a t'·pousé une Bohan et sa maison puissante; et autour d'eux tous les méronltnts de la Crmr; tout le clergé, dont
l\ohan esl le chef, depuis le plus humble
séminariste jusqu'au prince-archevêque de
Cambrai qui est, lui aussi, un Rohan; le
. ~ .. Celle sc~u.e ~ ~lé reeonsliluée d':iprês le rnpporl
olf1c1cl ad'.·esse a 1 \uroux de Crosne, ,l1el~lenanl général de µohce (puhl. par Pcuchct, Memoire11 tirés des
A_l'~hives de t.a poli~e, Ill, 158-61 ), complété par le
r~cat que Mane~Anlomette en a c1woyé à son frëre
Joseph Il (lettre du 22 :1oùl 1785, pu!Jliée par lll\l. de

Parlement rival du trône; la Sorbonne où
Bohan est proviseur E:l où il est aimé; les
ennemis de Breteuil, et ils sont nombreux
puisque Breteuil est un homme de valeur;
les ennemis de la reine, et ils sont nombreux
puisqu'elle est charmante et bonn~; Calonne
et ses créatures; Lenoir el ses partisans; le
Garde des Sceaux lui-même, ami du cardinal;
enfin les gazeliers, les libellislcs, les nouvellistes, les esprits forts d'estaminet, les di-5coureurs de prÔmenadc5 publiques , les orateurs du Palais-Ropl, qui voient dès alors,
dans ce conflit enlre la reine et le premier
dignitaire de l'Église de France, une lutte où
le trône et l'autel, précipité.:5 l'un contre
l'autre, vont, l'un l'autre, se fracasser.
l\ivarol écrit : ,, li. de Oreleuil a pris le
cardinal des mains de Mme de la Molle el l'a
écrasé sur le front de la reine qui en est
restée marquée. l&gt; Cette image, qui compare
nohan dans sa robe rouge aux coqnelicots
qm: les enfants s'écrasent sur les tempes, est
hardie, a~surément; mais elle dit bien cc
qu'elle veut dire.
Au Parlement, l'un des conseillen les plus
écoutés, Fréteau de Saint-Just, s'écria, se
frottant les mains, quand il apprit le scan&lt;lale, : c&lt; Grande el heureuse affaire! Un cardinal escroc. la reine impliquée dans une
affaire de faux!. .. Que de fange sur la crosse
el sur le sceptre! Quel triomphe pour les
idées de liberté! Quelle importance pour le
Parlement 1 »
Le 1• juiu 1 70., , à P,ris, ledit conseiller
Fréteau de Saint-Just f11l décapité, Les lrico-

CHATEAU DE VERSAILLES. -

Beaucourt cl de la Rochelerie, Il. 74-76); par le

récil que Rohan en fiL d~ns la suite lui-même; par l:1

relation de Bescnval (Mémoires, éd. Barrii:irc, Il ,
164-65) qui en tenait les circonstances de la bouche
même de la reine; cl par les letlres que Rivière,
agent diplomalique de Saxe, adressait au priucc Xo"ier

Jl1'1'.1!11(E DU COLI.TE]( - - .

leuscs débraillées 1 les patrioles aux figures
Jie de ,,in se pressaient autour de la guillotine. Fréteau pensa-t-il à ce moment à reprendre sa harangue : (( Grande et heureuse
affaire!. .. de la fange sur la crosse et sur le
sceptre ... triomphe de la liberté!. .. » Un
bruit sec : la tète roule, sanglante, les yeux
ouverts.

XXVI
La Bastille.
Le jour mème de l'arrestation du cardinal,
une lettre de cachet, contresignée Breteuil,
ordonnait l'incarcération de Mme de la Molle
à la Bastille'. Le 18 aoùl, à gualre heures du
matin, sous la direction de l'inspecteur Surbois, quelques hoquetons soutenus par la
maréchaussée du pays se présentaient au
domicile de la comtesse, rue Saint-~fichel, à
Bar-sur-Aube. Les hoquetons mirent plus de
h,He que de soin à exécuter leur mission. l!s
n'avaient pas ordre, il est vrai, d'arrèter le
comte de la Motte, mais ils le laissèrent tranquillement détacher les boucles d'oreilles, ôter
les bagues ornées de brillants qui étaient aux
doigts de sa femme, et faire ainsi disparaître
le corps même du délit qu'elle portait sur
elle. Aussi1ôt aprè; le départ des hoguetons
et de sa femme, La Molle alla rendre compte
de l'événement à Albert .Beugnot c&lt; d'un ton,
dit celui-ci, suffisant et tranquille )l,
Dans ses Mémoires, Beugnot passe sous
silence une réunion des parents et amis de
Jeanne de Valois, où La !lotte était venu le

LA SALLE OU CONSEIL.

de Saie, à Pont-sur-Seine (,frchives de l'Aube), puLI.
par Ars. Thé\'enot.! Corresp?udaJ1ce
pt.iuce Fr.-X.
de Saxe, p. 232-.:,4. - VoJr, pour 11dcnt10ration des
salles où la scène se déroula. Pierre de :Solhac le
Châlea!t de. Yersai!les sous Louis XV, p. 74-75.'
2. Or1g. Btbl. del Arsenal, ms. Ba~tillc 1'2457, f :m.

1u

0

�r--

1l1STO'J{1A

convier et où le jeune avocat s'empressa de se
rendre. Le soir même, ''ers les huit à neuf
heures, le comte de la ~fol te, sa sœur Mme de
la Tour et le mari de celte dernière, le prévüt
Clausse de Surmont et sa femme, oncle et
tante de Jeanne de Valois, le lieutenant en
l'éleclion de Bar-sur-Aube, Filleux, et Bcugnot en personne, s'assemblèrènt dans la
mai,on de la rue Saint-Michel. Que ferait-on
en fal'eur do Mme de la !lotte et par quels
moyens parviendrait-on à sauver les biens qui
étaient alors dans ses mains? Sur le premier
point il fut décidé que le comte de la Molle et
sa sœur, Hme de la Tour, partiraient pour
Paris où ils agiraient au mieux. En ce qui

L' .ll'F'Fltl"Jl.E
dans deux grosses caisses et dans six à sept
boites de moindre dimension'·
Et l'on comprend à présent l'inquiétude
qui ne Larda pas à saisir Ileugnot, étant
donnée la part qu ïl avait prise à ces conciliabules et à ces recels. Ses relations a, ec
!!me de la )lotie étaient connues. On répétait
communément à Bar-sur-Aube que la comtesse lui avait donné un diamant de 3 000 livres. (( On me conjurait, dit-il, de m'éloigner
IJien vite. » )lais il se détermina à rester,
« quelque chose qu'il pùt lui en coûter ». Il
vint mème hardiment à Paris, ayant été
chargé d'un procès que la ville avait au Conseil. &lt;( Je préparais, dit lleugnot dans ses
Mémoires, mon néressaire de Bastille. Je le
composai de petites éditions de nos meilleurs
auteurs, que l'on appelait alors des Ca:;.ins,
du noŒ du libraire qui les publiait. J\
ajoulai un étui de mathématiques, un atlas,
une suffisante provision de papier, de plumes,
d'encre et du linge de corps. Je distribuai le

tout dans une malle que je rangeai au pied
de mon lit, comme un ami placé en sentinelle
pour me suivre à quelque heure qu'il me
fallût déloger. »
Le comte de la Motte montra moins de fermeté. On vient de voir qu'il devait se rendre
à Paris avec sa sœur pour y veiller à la
défense de Jeanne de \'alois : aussi le vit-on
quitter Bar-sur-Auùe en compagnie de Mme de
la Tour: mais arrivé à Meaux, il prit la route
de Boulogne-sur-Mer ol1 il demeura trois
jours au Lion d'(œgenl et d'où il s'embarqua
pour l'Angleterre, les poches garnies de billets de la caisse d'escompte et de diamants' .
Quand les hoquetons reparurent à Bar-surconcernait les biens on arrêta les mesures
Aube, ils trouvèrent maison vide. Dès le
suivantes :
2j août, La Motte eut même l'audace de se
Un acte fut passé sous seing pri ,,é, el daté
présenter à Londres, chez le l1ijoutier Gray,
du 1 juillet précédent, par lequel la maison
pour lui vendre les diamants qu'il avait
dt! la rue Saint-llichel appartenant au comte
encore provenant du collier et ceux qu ïl
de la !lotte élait vendue à !f. de la Tour. Le
Jui avait laissés entre les mains lors de
prix, fixé à 12 OUO livres, é!ait déclaré payé.
son premier voyage~.
Le comte et la comtesse se
Le cardinal coucha chez lui,
réservaient la jouissance de
rue Vieille-du-'l'emple, la nuit
l'immeuble et le droit d'y apdu 15 au 16 août. L'aprèsporter toutes les transformamidi du mardi 16, on le vit
tions riu'ils jugeraient utiles.
aux fenêtres de son salon, qui
Restaient les objels mobidominaient les grands jardins
liers, dont il y avait de deux
par lesquels la maison de
11' 't'""L :ii:t- Ô,· t:,·.',•,•111 4.t11.' "''"' gd,.rn ;\. /4 /4,1;(."(¼·
f"'
sortes :
Strasbourg communiquait
,. ,.,,,_ ,•..._,
,-('
....,, "" ... ...,/ ,;:._
i Les meubles meublanfs,
avec l'hütcl Soubise, jouant
les voitures et les chevaux. l ls
avec rnn singe. Le soir, le
étaient frais, du dernier goût,
marquis de Launey, gouveril i\(,(t)' ttf,~,;,. ju,;,yu·:i 1tPu1·:(
connus de toute la ville. On ne
neur de la Dastil!e, alla le pren,Î•· yti&lt;· (J);,1,, 'J" 'd t•uu.t... ,llL,
pouvait espérer les soustraire
dre
pour le constituer prisonaux revendications de la juse!ICo,u. f.' • /
~
.1,, j,i;,,.,, 4•• ~Jc,,,_.,
nier. C'est à onze heures et
tice. On se résigna à en faire
demie, dans la nuit, que la
l'abandon' ·
,·oiture où fiohan avait pris
2° Les diamants, parmi lesplace aYec Launey et le comte
quels l'écrin d'une valeur de
d'Agoult, commandant les gar100 000 livres qui avait servi
des dJ) corps, franchit les
de gage chez le notaire Minponts-levis de la forteresse
guet el que l.a !lotte avait fait
ro~·ale 5• Il ne fut pas logé
retirer par Villette; auxquels
dans les tours, c'est-à-dire
s'ajoutaient huit livres pesant
dans les locaux réservés aux
de perles. On en fit deux parts,
détenus ordinaires. Deux apdont La !lotte emporte l'une
partements élaient aménagés
avec lui et dont l'autre fut conpour recevoir les prisonniers
fiée à llme Clausse de Surmont
de distinction, d;ins les bàtiqui s'engageait à la placer en
ments qu'occupaient les offilieu caché et sù r. Les scellés
ciers de l'élat-major. Le plus
apposés chez La )lotte furent
vaste d'entre eux fut mis à la
rompus. L'argenterie fut condisposition de Rohan. Trois de
fiée à l?illeux, qui l'enfouit
ses domestiques, Brandner,
sous un hangar, près de sa
Schreiher et Liégeois, furent
maison, au fond &lt;l'un lrou enau1ori~és à le servir. Une
foncé dans le sol à. un mètre
somme de cent ringt francs
el demi. Pour plus de précaupar jour - ce qui parait prestion il fit entasser sur l'emLETTRE DE CACIIE:T, CO~TRE:SIGNEE: PAR LE BAMN" DE 8RETEUIL ORDONNANT
1
que invraisemblable étant donplacement du fumier qu'il ret.'E,\\UASTILLE~IENT DU CARDINAL DE ROHAN.
née la valeur de l'argent à
D'après l'original conser...,e a la Bitliolhèque de fAne11,1/
couvrit encore de paisseaux.
cette époque - fut alfectée à
L'argenterie avait été enfermée
son entrelien 6• Sa table était
1

O

..

... ,?,•,t "•' • ., ..,_

1. lis furent revendiqués et saisis, en \'Cl'lu d'une
ordonnance du lieutenant civil ~? .Chàlelct.. par
Ume ycuve d~ Courdoumer, p1:opriet:1.1re à P:ms &lt;le
la maisun que les La Molle :n·a1enl louée rue SainlGil!es .. Le ~a.il était lie neuf ans, dont il n'y avait que
t1·01s d exp ires.
2. Uapporl 1e l."impeclew: Sm·Uois (16 juin 1785).
A rch. de,-&lt; Af/. 1'fra11g.1 Mem. et clocum .. France
131,J!I, f"' 181-tiü: !etlrc tlu subdèlëg-ue de ·nar-su!'-

(

·~

AuLe i,_ l'iulc11tlanl ,le Champagne (3 juin 1780) .
Arc/1. des Aff. t!trtt11g., Mém. el docum., France
1400, los 223-~21-; lellre signée Guichard, au Procureur gènûral, en t!ale du 18 anùl li86. Bibl. 11at ..
ms. Joly de Fleury 2080, f 225.
·
.-:ï. Bapporl de l'in,;;pecleur Smhois, A1·ch. des Afl.
èlraug., llèm. el tlocum., France 130G, f"' 18l-18li·
rx l. du .llomù1q (,'/mmiclc, ibid. 1400, fo 31 J ,.... nos~
sicr Targd il la ilil.,f. de la v. d1J Pol'is, m~. del,, rJscr\'e.
0

.... .35o ..,

4. IJL!posiliou du joaillier Gray, p. t4; dépo,ition
de Victor Laisusi dornesliqu~ du comte de ln llolle.
Arch. 11at., x_t, 0/1417; et M0 Target, dans la Collection complète, I\', 140-4"1.
5. Journal du major de Losme, collcclion Alf. Régis,
dont une anal)·~e et quelc1ues fragments _ont µaru
dans la .Youvel e Ucwe, 1~, dt!c. J8g0, p. 522-i7, et
Bil.,l. de l'Arsenal, ms. Bostil!e, 12457, fo 65. ,•
ü. LcU rc de La Chapelle, premier cornmis du dé0 •

t

servie princièrement. 11 vopit toutes les personnes qu'il désirait, sa famille, ses secrétaires, ses conseils .... Il lui arriva de donner
dans sa prison un festin de
vingt coumrts où l'on ouvrit
des huitres et fit mousser le
champagne. Hardy note que, à
cause de cette affluence de visiteurs, le grand pont-levis de
la Bastille était abaissé pendant
toute. la journée et les deux
vantaux de la porte principale
toujours OU\Perts, C! ce qu'on ne
se souvenait pas d'arnir jamais
vu 1 &gt;&gt;. De sa prison, Rohan
con Li nua de veiller aux affaires
de son diocèse\ à celles de la
grande aumônerie et des QuinzeVingts. Il tenait salon à peu
près comme à l'hôtel de Strasbourg. Il se promenait lesaprèsdîners sur la plate-forme des
tours. Il était alors en redingote brune, en chapeau rond
et rabattu. Les badauds satlroupaient pour le voir. Il y eu
des manifestations et l'on dut
interdire au prisonnier la promenade des tours. Pour prendre l'air le cardinal avait il est
vrai encore les jardins du gouverneur, en triangle, dans l'ancien bastion de la forteresse.
Tel était, comme on sait, Je régime auquel étaient soumis à
la Dastille les prisonniers du
roi, c'est-à-dire ceux qui 1'
étaient renfermés par lettres de
cachet. Mais quand, à partir
du 15 décembre, le cardinal
eut été régulièrement décrété
de prise de corps par le Parlement as~emhlé, et que, cessant d'être le
prisonnier du roi, il devint celui de la magistrature, il fut soumis au régime ordinaire
des détenus. Et, dans la solitude, son buparlement de la Moison du roi, au gouverneur de la
llastille: 6 Versailles. le 28 oct. 1785. Yous pou,·ês.
Monsieur, employcl' sur les états du quar!il'r le Lraitcmcul de M. le cardinal de Rohan â raison de 120 lb.
par jour. » /Ji/.,/. de l'Arsenal, ms. lla slille 124:,ï ,

r~ G:;.

1. Voici la liste des visites que le cardinal rr!rul a
la füastill e dans la seule journl'c du 20 ao!il 178;):
Prince de Condé, duc de Uourbon, comtesse de
Brionne, princesse de Carignan et comtesse Ch11rl0Ue,
SL~ filles, prince et princesse de Vaudemoncl, prince
Ferdinand de Rohan, prince c&gt;t princesse de Moulbazon, duc et duchesse de Mo11tbazon, prince Camille
de Montbazon, prince Charles de Bohan, comtesse de
Marsan, maréchal de Soubi~e, duchc~se de la Vauguyon, prince de Lambesc, ,·icomle de Ponl cl comte
de la Tour, son écuyer; Carbonniëres; Dubois; les
abl.Jés George!, Odornn, de Villefond. Sinatery et
Bidot ; Louvel et Calès, o charges de depemes D :
Racle, « charge des affairei: Guéméné » ; Ravenot;
Roth, "alcl de chambre: Tra\'crse, chirurgien, et les
«

1

.+
1

1

meur devint plus sombre et sa santé s'altéra.
Louis XV[ arnit désigné, dès le premier
moment, pour interroger Rohan à la Bastille,

Dessiné et grasé par Clément Bcn·ic, en 1780.

Breteuil et Thiroux de Crosne. Le choix é!ait
régulier. C'était, en effet, du ministre de
Paris et du lieutenant de police que relevaient
les prisonniers de la Dastille. liais Rohan les
D\'Ocals Target, Colet, Tronchet et de Bonniercs, Bibl.
de l'Anenal, ms. Bastille 12'l5i, r• 50.
2. Le p·ipe Pie VI, eu con•isloirc particulier , suspe11dil le cardrnal de Rohan, jusqu'à lïssuc de l'affaire,
de ses fonctions épiscopales en sa qualilé c1·évèque
de l'églisf'. germanique f' l de rn vnix dans le Sain lCollègc. Le clioeêse de Strasbourg fut administré en
l'aùscnce de Rohan par l'abbé d'Bymar, que le cardinal avait nommé son grand vicaire, cl piir l'abbé Lautz;
le temporel fut mis par le cardinal entl'e les mains du
s. de lleill. procureur fiscal général étahli à Saverne.
Sur les conflils entre ces officiers el le grand chapitrl',
l'iutervcnlîon du Pape, de !'Empereur et de la OiChi
ile rEmpire, voir uoe lettre de Strasbourg, dalëc du
!1 mars 1786, Arclt. des Aff. élrang., )lém. et
docum., France 1400, fto• 48-4\:1 .
3. Puùlié par Peuchct. Mémoires lù-és des At-ch.
de la police, Ill, 162-65.
4, Simeon.Prosper llardy, né it Paris en 1720.
libraire â Paris, rue Sainl-Jacques, depuis le 15 mai
1755, mort à Paris le 16 avril 1806.

DU COl.1.1:f"Jl. - - ..

récusa l'un et l'autre: le premier, pour cause
d'inimitié personnelle, le second comme
n'étant pas d'un rang à l'interroger. lis
furent remplacés par Vergennes, ministre des Affaires étrangères, et le maréchal de Castries,
ministre de la !farine. Le cardinal leur remit, le 20 août,
un résumé clair, modéré et
d'une rigoureuse exactitude, dP.
· J'hisloire du Collier, telle qu'il
la connais:-ail j.
Cependant dans Paris couraient déjà des récits fantastiques , Dès le premier jour l'opinion se passionna. Et pendant
des mois on trou\Pera, tel un
écho, dans les gazettes de Ilollande, la constatation : &lt;&lt; On
ne s'occupe ,l Paris que de l'affaire du Collier . Il
Pour suivre les contre-coups
de ces événements dans l'opinion populaire nous avons un document d'une valeur inestimable, lejournal du libraire Hardy'. Les boutiques des libraires en vogue peuvent alors se
comparer aux salles de rédaction de nos grands journaux.
Là paraissaient et s'enlevaient
ces pamphlets, libelles, brochures, feuilles volantes, qui
s'imprimaient dans la nuit, paraissaient le matin, et à midi
parfois étaient déjà épuisés, Là
se pressaient les échotiers, les
nouvellistes, les curieux et les
flâneurs. Grouillantes potinières
où se répétaient les bruits de la
rue, des cafés et des promenades, de la cour, du Palais et
des salons. Le libraire llardy, brave homme,
d'esprit modéré, sans parti pris, a écrit au
jour le jour la relation de lout ce qui tenait
de la sorte à sa connaissance.
L'opinion publique lut au début hostile au
cardinal. On parlait de ses débauches, des
sérails qu'il entretenait dans Paris. U n'a pas
paru une femme dans le procès, Mme de la
)lotte, la comtesse Cagliostro, la petite d'Oliva,
sans qu'immédiatement les Parisiens ne se
fussent confié l'un à l'autre: &lt;( Encore uoc
maitresse du cardinal! )J El puis le refrain :
« C'est un besogneux! &gt;&gt; On publia des caricatures. L'une représentait !'Éminence captive
tenant de ehaque main une tirelire, avec ces
mots : &lt;1 Il quête pour payer ses dettes Il.
(lloban élait grand aumônier.) Une autre lui
mettait la corde au cou, avec ces mols : &lt;&lt; Autrefois j'étais bleu Jl, allusion au cordon du
Saint-Esprit. Et les chansons de courir les rues.

(A suivre.)

FRANTZ

FUNéK-BRENTANO.

�...

PAUL DE SAINT-VICTOR

COMTE DE SÉOUR
~

Benvenuto Cellini

Potemkin
De tous les personnages que je vis à

Pe-

lcrsbourg. celui qui me frappa le plus et
qu'il était le plus important pour moi de bien
connaître, c'élait le célèbre prince Potemkin,
tout•puissant alors sur le cœur el l'esprit de

l'impératrice.
En Lraç::rnt son por1rait on est cerlain qu'il
ne ponrra point être confondu avec d'autres,
car jamais peut-être on ne vit dans une cour,
dans un conseil et dans un camp, un courtisan plus fastueux et plus rnuvage, un ministre plus entreprenant et moins laborieux,
un général plus audacieux et plus indécis.
Toute sa personne olfrail l'ensemLle le plus
original par un inconceYablc mélange de grandeur et de petitesse, de paresse et d'activité,
d'audace et de timidité, d'ambition et d'insouciance.
Partout un tel homme eût été remarquable
par sa singularité; mais, hors de la Russie,
et sans les circonstances extraordinaires qui
lui concilièrent la biem•eiJlance d'une grande
souveraine, de Catherine II, non seulement il
n'aurait pu acquérir une grande renommée
et parvenir aux éminentes dignités qui l'illustrèrent, mais il ne serait même peut-être
jamais parvenu à un grade un peu avancé.
Ses bizarreries et les inconséquences de son
esprit l'auraient arrêté dès les prcmîers pas
d'une carrière quelconque, soit militaire, soit
civile.
La fortune des hommes célèbres tient plus
qu'on ne pense au siècle, au pays, aux circonstances. Un défaut, à certaine époque,
peut réussir mieux que certain mérite, tandis qu'une belle qualité déplacée nuit souvent
autant qu'un défaut et même qu'un vice.
Le prince Potemkin avait dix-huit ans
lorsque Catherine délrona Pierre III. Épris
des charmes de celle princesse, il s·arma l'un
des premiers pour sa défense; mais, comme
il n'était alors que sous-officier, ce zèle pouvait n'Gtre pas disliogué dans la foule.
Un heureux. hasard fixa sur lui l'attention.

Catherine, tenant à ]a main une épée, voulait
avoir une dragonne; Polemkin s'approche et
lui offre la sienne, elle l'accepte. JI veut respectueusement s'éloigner; mais rnn cheval,
accoutumé à l'escadron, s'obstine à rester
près du cheval de l'impératrice.
Cette opiniâtreté la fait sourire; elle examine avec plus d'intérêt le jeune guerrier,
qui, malgré lui, se serre si près d'elle; elle
lui parle. Sa figure, son maintien, son ardeur, son entretien lui plaisent également;
elle s'informe de sa famille, l'élève au grade
d'officier, et bientôt lui donne une place de
gentilhomme de la chambre dans son palais.
Ainsi ce fut l'entêtement d'un cheval rétif
qui le jeta dans la carrière des honneurs, &lt;le
la richesse et du pomoir. Il m'a raconté luimême cette anecdote.
Potemkin joignait le · don d'une heureuse
mémoire à celui d'un esprit naturel, ,,if,
prompt et mobile; mais en même temps le
sort lui avait donné un caractère indolent et
enclin au repos.
Ennemi de toute gêne, et cependant insa•
liable de volupté, de pouvoir et d'opulence,
voulant jouir de tous les genres de gloire, la
fortune le fatiguait en l'entrainant; elle contrariait sa paresse, c.t pourtant jamais elle
n'allait aussi ,·ile et aussi loin que ses vag_ues
et impatients désirs le demandaient. On pouvait rendre un tel homme ricbe et puissant,
mais il était impossible d'en faire un homme
heureux.
Son cœur élait bon, son esprit caustique;
à la fois avare et magnifique, il prodiguait
des bienfaits et pa}·ait rarement ses dettes.
Le monde l'ennuyait; il y semblait déplacé et
se plaisait néanmoins à tenir uoe espèce de
cour.
Caressant dans l'intimité, il se monlrait,
en public, hautain et presque inabordable;
mais, au fond, •il ne gènait les autres que
parce qu'il était gêné lui-mème. Il avait une
sorte de timidité qu'il voulait déguiser ou

vaincre par un ton froid et orgueilleux.
Le vrai secret pour gagner promptement
son amitié était de ne pas le craindre, de
l'aborder familièrement, de lui parler le premier, el de lui éviter tout embarras en se
mettant promptement à l'aise avec lui.
Quoiqu'il eùt· été élevé à l'université, il
avait moins acquis de connaissances par les
livres que par les hommes; sa paresse fuyait
l'étude, et la curiosité lui faisait chercher
partout des lumières.
C'était le plus grand questionneur qu'il y
eût au monde. Comme son autorité mettait à
sa disposition des hommes de tout rang, de
toule classe et de toute profession, il s'était
tellement instruit en causant et en questionnant que son esprit, riche de tout co que sa
mémoire avait retenu, étonnail souvent, quand
on lui parlait, non seulement les politiques C't
les militaires, mais les voyageurs, les sa,,ants,
les littérateurs, les artistes et même les artisans.
Cc qu'il aimait surtout, c'est la théologie;
car, bien qu'il fùt mondain, ambiLieux et
voluptueux, il était non seulement croyant,
mais superstitieux. Je l'ai vu souvent passer
une matinée à examiner des modèles de casques pour des dragons, des bonnets et des
robes pour ses nièces, des milres et des haLits pontificaux pour des prèlres. On étnil
certain de fixer son allention et de le distraire
de toute autre occupation en lui parlant des
querelles de l'Église grecque et de l'Église
latine, des conciles &lt;le Nicée, de Chalcédoine
et de Jllorcnce.
Dans ses rèves pour l'avenir il passa~l tour
à tour du désir d'ètre duc de Courlande 011
roi de Pologne à celui d'ètre fondateur d'un
ordre religieux, ou mèmc simple moine. En•
llll)'é de ca qu'il possédait, envieux de cc
qu'il ne pouvait obtenir, désirant tout et dégoùté de tout, c'était un uai favori de la fortune, mobile, inconstant et capricieux comwe
elle.
ComE DE SEGUR.

_Bcn,rc_nuto Cellini avait cinq ans, lor:;qu'un
smr ~ b1ver, son père, gui jouait de Ja viole
~u corn ,de l'ùtre,_ crut roir un animal pareil
a un ll'zard qm dansait tout vif dans la
llam_mc. Il dit à l'enfant d'approcher, et lui
appl_"1ua sur la face un soufflet qui lui fit
pdhr les lar~es des yeux. Mais le père les
essuya bu::m vite arec ses caresses : u Cher
" petit, lui dit-il, je ne te frappe point pour
« te punir, mais seulement pour que tu te
&lt;&lt; souviennes que œ lfzard que tu aperç0is
{( dans le feu est une s~lamandre. animal
cc que n'a vu aucun homme vh·ant sur la
(( terre. »
Ce phénomène de sou cufance lut le présage et le symbole de .sa ,·ie : lui aussi fut
un animal vivant dans la flamme, un homme
de feu, de fiel et de Lile, qui s·agita, pendant
soixante ans, au milieu de passions dont le
premier jet aurait dévoré une organisation
moins robusle. Ses Mémoires, écrits dans ms
dernières années, sont ceux d'un Orlando
/iirioso de la vie réelle. La main du
,·ieillard tremble en retraçant son histoire, non de vieillesse, mais d'orgueil
postbume, de haine inaEsouvie ou de
vengeance i-alisfail!e. C'est le cheval de
!lazeppa rentrant à l'étable : il saigne, il fume, il écume encore. Là on
peul \·oir ce que fut l'Art au xne siècle, non pas comme dans les époques
reposées, un luxe-, un goû f, un dilettantisme; mais une passion violente el
terriLle, un fanatisme à outrance, quelque chose comme un mahométisme
remersé, propageant, prêchant, imposant ses idoles a,,cc la même ardeur
que l'autre mcllait à les démolir, La
vie de Cellini ne fnt qu'un long accès
de colère entrecoupé d'inspirations ravissantes. Bandit aux mains de fée, il
semait les bijoux dans le sang des
assassinats cl des emLuscades, comme
Atalante jetait Ees pommes d'or dans
la poussière de l'arène. La Renaissance n'eut pas d'enfant plus excentrique que ce gladiateur maniant le
hur;n, :1ue ce cyclope tisclanl des bagues. Contraste bizarre d~ .l'imagination la plus délicate unie au caractère
le plus intrailaLle !
Cc qui le caractérise, c'csL la rage
passée à l'étal chronique. li est exaspéré de naissance, il est né l'écume à
la bouche. Toul esl instinct dans celle faure
nature, élan primesautier, exercice soudain
et passionné de la force. li rugit et il se
hérisse contre ses émules, c0mme le lion
contre les concurrents dl! son antre ou de
VJ. -

HISTORIA- -

fASC. 48.

sa citerne. A vingt ans, on le voit donner
tête baissée dans une boutique d'orfèvres
rivaux. « Traitres! m'écriai.je, rnici le jour
oll je vais tous vous tuer! • Plus tard, il
poignarda, en pleine rue de Rome, Pompeo,
le joaillier du pape, dont il avait,, se plaindre. (( Je ne Youlais que Je saigner, dit-il,
mais, comme on dit, on ne mesure pas ses
coups . ll A Paris, il entra, armé jusqu'aux
dents, dans l'atelier du Primatice qui lui disputait une statue, et il le fit renoncer à sa
commande, l'épée sur la gorge. C( Messer
c( Francesco, sache que si jamais j'apprends
" que lu reparles de façon ou d'autre de
&lt;&lt; cette commande qui m'appartient, je le
&lt;( tuerai comme un chien! n A Florence, il
s~ rencontre avec ce sombre et haineux Baccio
Ilandinelli, qui usait ses dents sur le ciseau
de Michel-Ange, plus dur encore que la lime
mordue par le serpent de la fable. Type de
l'artiste envieux, que Dante aurait plJcé dans
son Pm·gatoire, parmi ces âmes qui ram·

penl, dans des postures de cadatides, courbées sous d'énormes pierns. - Mais sa
charge, à lui, aurait été un h:1s-relief de Buonarotti, pour qu'il fùl écrasé deux fui s, sous
le poids du marbre cl sous la beauté du ,bcf,\1

353 .-..

d'œuvre. - La lutle fut terrible entre Baccio
et Bcrmnulo. Ici l'allaquc et la défense
s'équiliLrent : même hauteur d'orrrucil
t,
!
meme noirceur de tempérament, mêmes facultés d'acrimonie et de haine. Il faut les
voir se disputer chaque bloc de marl,re qui
arnve au duc de Carrare ou de Grèce : on
dira:t qu'ils vont le briser pou.r se lapider
avec ses fragments. D'autres fois, ils se renc?ntrent deva_nt un ouvrage que l'un d'eux
vient de termrner. Alors, au pied de la statue
ou du groupe, s'engage une rixe qui rappelle
ces seul pturrs des socles antiques repré~entant deux béliers furieux s'rntre•heurtant de
la corne. ~fais Cellini a I'nantao-e dans ces
invectives homériques : il_ sonne° de l'injure
comme de la trompette. Ecoutez-le éreinter
l'JJerc,LLe de son rira]; sa parole vaut le couteau d'Apollon disséquant llarsyas : elle entre
dans le marbre comme dans la chair vive :
" On prétend que si l'on coupait les cheveux
&lt;! de ton Hercule, il ne lui resterait pas assez
cc de crâne p011r contenir sa cervelle ;
C! on ne sait si son visarre est celui
C( d'un homme, d'un li~n ou d'un
r( bœuf; on dit que sa tête n'est pas à
&lt;&lt; l'action et ne tient pas it son cou·
c&lt; que ses deux épaules ressemblenl
&lt;( aux paniers d'un àne; que les mollets ne son l pas copiés sur un mo•
dèle humain, mais sur un mauvais
c: sa~ rempli de melons que l'on au" rart appuyé tout droit le Ion•0 d'un
mur; que le dos produit l'eITet d'un
({ sac d? courges longues; on cherche
(( en vam de quelle manière les deux
&lt;( jambes sont attachées à ce torse
(( hideux qui ne s'appuie ni sur l'une
« ni sur l'autre. Cette paune statue
c, tombe en avant de plus d'une brasse
(( ce qui est la plus grande et la plu;
« affreuse erreur que puissent commettre les ~rtistes à la douzaine que
11 nous connaissons; on trouve que les
bras pendent si disgracieusement
C( que l,'on ~st tenté de croire que 1~
&lt;( 11 as Jamais vu de gens nus et vi" vanls; que la jambe droite d'llercule el celle de Cacus n'ont pas
(1 même un mollet à elles deux. on
dit encore, qu'un des pieds d 'lle;cule
(1 est en terre et 'JUC J'aulre semble
(( posé sur du feu ... : »
Et il poursuit ainsi, raillant outrageant, rnciférant à perdre haleine. 11 'n'y eut
pas un instant de repos, pas une trê\·e de Dieu
dans celle existence agressh·e. Déaainer tirer
son poignard était le plus nJturel ~ le pl~s fréquent de ses gestes. Tous les griefs semblaient
A

•

23

�BENVENUTO CELL1N1 - - -.

11lSTO'f{1A - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ~
égaux devant sa rancune. Il taxai~ de mort
l'irrévérence et l'outrage, l'offense futile aussi
bien que l'aO'ront sanglant. Comme il s'était
sacré lui-même et couronné monarque absolu
de son art, chaque délit à son égarJ dcrenait
crime de lèse-majesté. -

Son f1 ère est tué

dans une rixe de corps de garde; il &lt;l lorgne
comme une maîtresse i&gt; l'arquebusier qui a
fait le coup, jusqu'à cc que 1 le rencontrant à
la parle d'un cabaret, il l'égorge, par derrière, d'un coup de stylet entre l'os du cou
et la nuque. - Un hôtelier de Ferrare, chez
lcquei il entra, ,,oulut être paié d'avance
avant de le recevoir: même fureur, même
ressentiment. Il passa. la nuit à forger dès
projets de vengeance. " Je pensai d'abord à
cc mettre le feu à la mlison, puis à égorger
C! quatre chevaux que l'hôtelier avait dans
(t son écurie. n Mais le temps lui ayant manqué, il déchargea sa colère, avant de partir,·
sur les lits de l'auberge, dont il tailla les
draps à grands coups de couteau. (&lt; Je hachai
" si bien qualrc !ils, que j'y fis pour plus de
(( cinquante écus de dégât. &gt;&gt; - Ses querelles avec ses maîtresses tournaient à la rixe
et à la tuerie. Ayant à se venger d'une jeune
fille qui lui serrait de modèle, et qui l'avait
trompé arec un de ses apprentis, il la forçait
de po:;er, durant des heures, dans les altiLudes Je; plus fatiganles . Quand elle l'Oulul
se plaindre, il la battit jusqu'à l'assommer.
Enflammé de fureur, je la saisis par les
&lt;1 cheveux et je la trainai dans la chambre,
en la rouant de coups de pied et
t( de coups de poing, jusqu'à ce que la
(( fatigue m'obligdl.t de m'arrêter.)):
Cette violence fiévreuse était d'ailleurs
l~ tempérament de son siècle. Rien de
plus curieux que les rapporls de Cellini
a,·ec ses patrons; il y règne je ne sais
quelle cordialité bourrue et acerbe. Un évêque espagnol lui fait attendre le
salaire d'un vase, il le reprend sous prétexte de le finir, cl montre aux valets qui
,·icnncnt le réclamer des dents de dragon
garJant son trésor. L'é\"êquc envoie une
Lande de coupe-jarrets l'assaillir dans
son atelier; il les reçoit l'escopette au
poing, puis il endosrn sa cotte de maille,
et, le vase d'une main, le poignard de
l'aulre, pénètre fièrement dans le palais du prélat. Il traverse une antichambre jonchée de sbires assis sur leurs
armes. (( Je crus passer au milieu du
« Zodiaque; l'un avait la mine du Lion,
(\ l'autre du Scorpion, celui-là du Can(( cer. J&gt; A sa vue l'évêque édate en
imprécations : il veut son calice, Cellini
réclame son argent. L'affaire se termine
par un troc à l'amiable mêlé de louanges
et d'injures .
Les papes eux-mème:; ne l'intimidaient
pas: il 1int lèie à Clément VII, à Paul Ill,
ces 1erriblcs pontifes qui tenaient le bàton
pastoral de façon à faire trembler leurs troupeaux. Il les ajournait, il les faisait attendre,
il traraillait pour eux li sa fantaisie, à ses
P,eures. Voici comment se passaient d'ordinaire ces altercations. - Le pape compte sur

sortes de gens sont des ignorants qui ne
connais_sent que leur métier. ii Mais le
pape, furieux, se redressant à demi, frappa
de sa canne le porte-mitre imbécile : C( Igno« rant toi-même! Tu l'outrages quand nous
et ne lui disons pas d'injures, nous! lgno(( ranle sei tu che gli di villania, che non
&lt;t gliene diciam noi. &gt;&gt; Cellini eut, avec ses
papes, des scènes toute:; pareilles. Il avait
üeau remplir nome de meurtres et d' algarades, il lui surnsait de montrer une bagur,
un joyau, un camée pour rentrer en grâcr .
- Ainsi, lorsqu'il vient d'expédier le meurtrier de son frère, Clément VII se fàche
d'abord, le mande au Quirinal et le regarde
avec des yeux menaçants. Celli11i tire de son
escarcelle un bouton de chape, au milieu Juquel il a gravé, en demi-rclicî, un mencillcux Dieu le Père, assis sur un gros diam:mt
supporté par de petits anges. A l'instant, la
colère du pape se dissipe; son vis.1ge s'illumine, comme frappé par le rdlet du di,in
joyau. Cc n't'st plus un juge irrité, un sou\·erain prèt à punir, c'est un amateur idohHre tournant et relournant un Lijou unique
enLrc ses mains lremLlantes d\!lllhousiasme.
(( Benvenuto mio, tu aurais été là, dans ma
{( tète, que tu ne l'aurais pas fait autre" menl. " - Le premier acle de Paul Ill
fut de l'absoudre du meurtre de Pompeo,
commis pendant l'interrègne; et comme un
Monsignor objcèlait la loi à cet excès de clémence : « Apprends, lui dit le pape, que des
i! hommes uniques dans leur profession,
C&lt; comme Benvenuto, ne doivent pas êlre
n soumis aux lois, et lui moins qu'un
&lt;( nutre . ll
Ainsi la raison d'art était mise audessus de la raison d'État dans celte
nome de la Renaissance qui fètait comme
des Sainls les dieux de !'Olympe et qui
promenait par srs rues le groupe e&gt;.bumé
du Laocoon, ainsi qu'elle aurait fait
d'un corps de rnartp· retrouvé dans les
Catacombes. L'art élait la seconde religion de ces pontifes patriciens; ils voulaient que le catholicisme l'emporlàt,
même par la formP, sur le paganisme,
et que le crucifix fùt anssi l1ien modelé
que le Jupiter. li élait la première affaire cl la dernière rnllicitudc de leur
règne. - Clément Vif a\"ait commandé
des méJaillcs à Benvenuto~ la maladie
le prend, il se les fait apro;lcr à son lit
de mort. Le vieux pape mori Lond se
soulèrn sur ses oreillers, on allume des
c.-icrgcs, il mel ses luncltes : mais la
taie de l'agouie voile déj/i ses ICUX; il
ne peut plus rien discerner. Alors il
palpe, en !âtonnanl, de ses mains séniles,
les faibles reliefs de ces Lelles médailles
PAVLVS·ll ·PONT·OPT·l\1AX· 1
renonce à Yoir; puis il pousse un
... - = - - . - ·- ..
-,J qu'il
grand soupir et relombe, en bénissant
pour la dernière fois son Benvenuto.
Jamais siècle n'eut une admiration si naïve
irrité : c&lt; Enfin, au lieu de venir nous trouver
,, à nome, tu as attendu que nous ayons été et si profonde pour les chefs-d'oeuvre de la
« nous-même le chcrch,,r à Bologne! JJ Sur main humaine. On sortait du chaos des époquoi, un dt!s évêque:; de sa suite se prit à ques barbares, la sculpture antique surgisdire : (1 Que Yotre Sainteté lui pardonne, ces sait du sépulcre; des lypcs inconnus de gran-

le calice ou la tiHe qu'il a commandés; l'artiste n'est pas prèt et envoie au diable ses
messagers. On le mande au Vatican, il comparait tète luulc; Sa Sainteté est en colère,
die gronde, elle menace. &lt;( En véritéd~ Dieu,
C( je te déclar~, à toi qui fais profoss10n de
&lt;( ne tenir compte ùc personne, que ~i ce
c&lt; n'était p1r respect humain, je te ferais
&lt;! jeter par les fenêtres arec to:1 ouvrage! n
Cellini répli11ue, il élève le ton au diapason
de cette voix qui bénit le monùe et qui excommunie les empires; le Vatican tremùle,
les carJinaux inquiets se regarJ~nt. ... Cda
finit par un baisement de pied et par un sourire paternel.
Car les grands artistes étaient les enfants
g:Hés de celle papauté athénienne de la Renaissance. Elle leur passait toutes leurs exeentricilés et tous leurs caprices; elle les
comblait de ses absolutions et de ses largesses : ils se brouillaient et se raccommodaient
impunément avec elle.
Ce violent Jules li, qui faisait tout lrcmbler, ne se déridait que pour Micbel-An3c .
C'était un cas d'anathème qnc de lui enlcvtr
son sculpteur. lorsque l'artiste, rudo)é par
lui, s'enfuit à Florence, il lanp à la Seigneurie des brefs fulminants pour la sommer de
le rendre. Michel-Ange vint le rctrom'er à Bologne; il entra, avec une moue de lion privé
battu par son maître, dans la salle où le pape
soupait, entouré du Sacré Collége. Jules,
fronçant son sourcil blanchi, le toisa d'un œil

Ci

&lt;(

deur et de beauté apparaissaient au soleil.
Sous leur divine influence, le génie humain,
si longtemps slérile, recouvr,ii·t ses forces
plastiques : il concevait, il engendrait
des formes exquises et grand:oses. Le
monde vivant contemplait, ébloui et ravi,
cc monde immobile. C'était comme une
seconde Création aussi féconde, amsi
srontanée que l'autre. L'homme se retrouvait dans l'altitude étonnée d'Adam
s'éveillant au milieu du peuple infini des
êtrrs éclairés par la première aurore.
On comprend, ,dors, le prix que le
xnc siède atlachait à ses grands arlistes, dt'puis l'arcl1i1ectc qui bâtissait
ses palais, jusqu'à l'orfèvre qui ciselait
ses annraux. On comprend surtout l'accueil que les Barbares fuisaient à ces
Jtaliens, qui h-11r arrirail'Dt, comme les
Magrs de Ja nenaissancc, les mains
pleines de raretés et de mcl'\'eilles exotiques. - füpn n'est touchant comme la
conJ11i!c de François Jcr envers. Bcnrenuto Cellini, lorsque, sur son appel, il
vint install~r rn France sa forge de Polyphème . Il le curnbla de l:trgcsscs, il
lui donna un cli:Heau Four atelier, il
l'appelait u so1 ami. )) &lt;( Je te noierai
« dans l'or 1&gt;, lui dit-il un jour. A char1ue aiguière, _à chaque coupe, à chaque
stalue nouvelle, c'étaient des flatterirs
ro)'alrs et dfs louanges magnifiques :
&lt;t \'oil/i un h 1mme qui mérite vériu tablemenl d'être aimé! ll Ou Lirn
encore : (t En ,,érilé, je ne crois pas
&lt;! que les Anciens aient jamais rien produit
&lt;( d'aussi beau! l&gt; Ce roi, gaulois et batailleur, mais sensuel jusqu'au bout des ongles,
tombe en adoration devant les délicates figurines que lui pétrit cette main d'enchanteur.
li s'émerveille de boire dans une aiguière sur
laquelle une Nymphe recourbée en anse mire
dans le vin sa tête élégante. li se plaît à
prendre son sel dans la conque d'Amphitrite
enlaçant Cybèle de srs longues jamb.es florentines. Il ne se lasse pas d'admirer les gràces
el les fiertés du style toscan, pour lui si nouvelles. C'était la' surprise du guerrier du 11asse
transporté du camp farouche des Croisés,
dans ce jardin d'une fée d'Orient, où les fleurs
pleuvent, où les oiseaux parlent, où l'Amour
plane dans l'air lumineux.
Un jour que le roi ployail sous les anxiétés
d'une guerre désastreuse, le cardinal de Fer-:.
rare le mena voir une porte &lt;lont Cellini venait d'achever le modèle. li se laissa conduire,
soucieux et morose encore. Mais à peine eut-il
vu la Nymphe de Fontainebleau, accoudée sur
le flanc d'un cerf, et voluptueusement allongée
dans la courbe de l'hémicycle, que sa physionomie s'éclaircit : ses yeux reprirent leur
joyeux regard, son sourire de faune amou~
reux revinl à ses lèvres. li ne pensait plus à
l'Empereur ni au Milanais : il était tout à ces
joies de l'admiration artistique, qui correspondaient en lui aux sensations de l'amour.
« Mon ami, - dit-il à Benvenuto en lui frap(( pant sur l'épaule, - je ne sais quel est le
C\ plus hcUl'l'll\", du prince qui trom·e un

homme selon son cœur, ou de l'artiste qui
rencontre un prince qui sache le compren« dre . )J
C(

c&lt;

Comment s'étonner, après ces récits, de
l'orgueil d'un homme devenu le compère des
papes et l'ami des rois! - Un trésorier de
François {cr veut le faire voyager en poste.
&lt;( Ainsi voyagent les fils de duc l&gt;, lui dit-il
pour le décider. " N'ayant jamais été fils de
duc, - répond Cellini, - je ne sais comment ces pcr.sonnages voyagent, mais les
" fils de mon art voyagent à petites jour" nées. IJ - Un majordome du duc de Florence, qu'il rudoie selon sa coutume, s'étonne
cc qu'il l'ait jugé digne de parler à une per" sonne telle que lui. - Les hommes tels
que moi sont digues de parler et aux papes
et aux empereurs et aux grands rois. On
(( n'en trouverait pas deux de ma taille dans
&lt;( le monde entier; mais les gens comme vous,
&lt;( on les rencontre par dizaines à chaque
« porte. » Jamais vanité ne fut plus féroce :
qu'on se figure un paon armé du bec et des
serres de l'oiseau de proie . li faut que tout
cède et que tout ploie devant lui. Seul il a le
génie, la gloire et la science infuse. Il ne conteste pas le talent de ses rivaux, même les
plus illustres; non, il le nie radic:alement et
de haut en bas. L'Antiquité même n'est
bonne qu'à faire repoussoir à ses œuvres.
- Primalice vient de rapporter de Rome des
statues de bronze reproduisant les plus beaux
marbres du Vatican et du Capitole; mais on
les expose dans la galerie où trône le Jupiter
de Cellini, et les pauvres figures antiques ne
peuvent soutenir la présence de ce dieu tonnant. La comparaison les écrase; encore un

·" 355 ...

peu, il les ferait choir en terre devant son
chcf-d'œu~re, comme ·des idoles devant le
vrai Dieu . - L'aplomb dans l'outrecuidance
ne saurait aller au delà. Ce n'est pas
assez des apothéoses perpétuelles où il
se pavane; un jour, il empanache d'une
auréole sa toque florentine, et se cnnonise lui-même tout vivant. &lt;( Je ne veux
c&lt; point passer sous silence la chose la
et plus étonnante qui soit jamais arri\"ée
1&lt; it un homme. Qu'on sache qu'après
u la vision qur j'ai racontée, il me· resta
C( sur la tète une lncur miraculeuse
ci qui a été parfaitement vue par le petit
(( 11omLre d':1111is li r1ui je l'ai montrée.
(' On l'~pcrçoit sur mon ombre, le matin, penda11t deux Lcurcs, à comptrr
" du lerer du soleil, surloul quand le
(( gazon est couvert de rosée, et le soir,
&lt;f au crépuscule. Je la remarquai en
&lt;! Franct', à Paris, uù on la rnyait beau(( coup mieux qu'en Irnlie, parce qur 1
(( dans cc pays, l'uir est plus souvent
c( chargJ de Yapeur.s . Je puis cepenJant
&lt;&lt; la voir et la monlrcr aux autres en
c1 tous lieux, mais toutefois moins disci tinctemcntqu'enFrance. »
Tel quïl esl, id qu'il s'est peint de
couleurs bilicn~rs c·t sanglantes, on
l'aime rt on l'admirr, ce bravo de génie. Ses e.xeès sont ceux &lt;le la force, ses
passions celles de la vie exaltée à son paroxysme. Le zèle de l'art le dévore; il
se bat pour une statue co~me pour une
maltrc5-se, il approurn les élèves de
fiap!1aël qui voulaient tuer le Rosso parce
qu'il avait dénigré leur maître. La &lt;( force
superbe de la forme n, Vis superba {o1'ntœ,
comme dit un poète latin de son temps, le
transporte d'admiration. li faut l'entendre,
dans son Discours sw· les principes de /'art
du Dessin, pal'lcr en idolàtre de la beauté du
corps humain, de ses ossements, de ses membres, des ressorts internes qui le font mou mir
et agir. t( Tu feras copier à ton élève un de
&lt;t ces magnifiques os des hanches qui ont la
&lt;( forme d'un bassin, et r1ui s'articulent si
&lt;( admiraLlèment avec l'os de la cuisse ....
&lt;( Quand tu auras dessiné et bien gravé daus
C( ta mémoire ces os, tu commenceras à dest&lt; siner celui qui est placé entre les deux
« hanches; il est très beau et se nomme
&lt;1 sac1·um .... Tu étudieras ensuite la mer&lt;( veilleuse épine du dos que l'on nomme
11 colonne \'ertébrale. Elle s'appuie sur le sa(r crum, et elle est composée de vingt-quatre
&lt;( os qui s'appellent vertèbres .... 'l'u devras
&lt;{ avoir plaisir à dessiner ces os, car ils sont
(' magnifiques. Le crâne doit ètre dessiné
&lt;( sous tous les sens imagi11ables, afin qu'il
&lt;' ne puisse sortir du souvenir. Car sois bien
certain que l'artiste qui n'a pas les os du
(t crâne bien gravés dans la mémoire, ne
({ saura jamais faire une tète qui ait la moindre gràce .... Je veux aussi que tu te mettes
dans la tête toutes les mesures de l'ossa&lt;I Lure humaine, afin que lu puis5-es ensuite
(( la revêtir plus sûrement de sa chair, de ses
« mll5clcs c:L Je ses nrrf~, dont la divine

�_

111STOR..1.ll

c1 nature se sert pour assembler et lier celte
&lt;( incomparaLlc machine. 1)
Cet enthousiasme e~t plrtagé par toute son
époque. On sait avec quelle ferveur MichelAnge anatomisait les cadavres, plantant une
chandelle dans leur nombril, pour les éludier
jus1uc dans Ia nuit. Le sq.uclette n'est plus,
comme au moyen âge,· la LiJeusc guenille
d'une chair méprisable, mais l'admirable
armature de ]a vigueur d de la beauté.
L'homme se penche sur la tète de mort avec
r.1.Vissemcnl; il n'y cherche plus le dégoût,
mais le secret cle la vie : il mesure sur les
trous du crànc l'orLite des yeux d'Apollou,
de son rictus grimaçant il tire le radieux sourire de Yénus . Les Dieux, les N)'mphes, les
Héros, les Anges, lûs DJesses qui peuplent de
leurs beaux corps les palais et les temples,
sortent du charnier fécondé, comme des fleurs
dl! la pourrilure. Le xne siècle inaugure le
lriomphe plastique de la llorl.
Tonies les choses du burin el de l'ébau-

choir sonL sacrée~ pour Benvenuto. Son art le
possède si bien lout enlier qu'il le poursuit
jusque dans ses rêves. Il sculple l'impalpable,
il ci~èle le songP,. Emprisonné par Paul Ill,
au cbàLeau S:iinl-.\nJe, une \·ision lui apparait oll il \'Oit le soleil comme un disque
énorm·e, représentant tour à tour le Christ et
la Vierge. c&lt; Le soleil, ~ans rayons, rcssem" lilail à un bain d'or fondu. Pendant que je
(t considérais ce phénomène, le centre de
C( l'astre se gonfla et il en sortit un Christ
1( sur la croix, formé de la même matière
lumineuse. Il respirait une grâce et une
(' mansuétude telles, que l'esprit humain ne
H pourrait en imaginer la millième parlie ...
(1 puis le centre de l'astre rn gonfla comme
(1 la première fois, et prit la forme d'une
({ rariss1nte Madone assise cl tenant mr son
&lt;( bras l'Enfant divin qui semble sourire. Elle
était JJlacée entre deux Anges d'une incroya&lt;! Lie Leau lé. )&gt; L'orfèvre, pcrsi~tant dans l'halluciné, rrappc le soleit à l'effigie des médailles.

Par ses qualités comme par ses défauts,
par son talent comme par sa folie, Dcnrenutu
Cellini est la plus originale personnification
d1~ cette Italie artistique du xv1e siècle, qui
produisit des êtres à part dans les séries de
l'histoire. Élran;-cs créatures organisées pour
le mal et pour le génie, pour les violences du
crime et pour les œuvres de l'inspiration.
L'Italie, à celle rpor1ue, offre l'étonnant spectacle d'un pandémonium ennobli et décoré
par lc3 arl.~. Elle a des monstres lettrés et
des bandits dilettantes, des Périclès empoisonneurs el des Phidias meurtriers. Des tigre:liondissent et s'emLusqucnt dans les jardins
d'Armide. Les haines sont arrocrs, les rcsscnlimenls implarables, les coneurrences se
dénouent à coups de stylrt; mais un soufll,J
di,in plane rnr toute cetle tempête humainci
la sè&gt;rc dJborde et fermente; et l'Art grandit
au fort de ces passions déi.:haînées, comme ·1c
bronze prend une forme sublime au milieu
des Oammes cl des scories de la fonte.
PAUL DE

SAINT-\'ICTOR.

Frédéric II et d'Alembert

Le 2U janvier 1770, d'Alembert, écrirant cl ses enfants c:it un Lien plus grani.l crim~
11 Frédéric, se demande comment il serait que de dérober à 11uclqu'un de son superflu:
pos!-iblc de persuader à ceux qui n'ont rien 3° parce que l'intention du vol esl vertueuse
et ·qui souffrent dans la société &lt;&lt; que leur et r1ue l'action en est d'une nécessité indis\·érilaLle intérêt est d'être vertueux, dans le pemable; je suis même persuadé qu'il n'est
cas où ils pourraient impunémrnt ne l'être aucun tribunal, qui, arant Lien constaté la
pas n. La morale utilitaire n'est-elle point Yérité du fait, n'opinât à absoudre un tel Yo. impuissante à les mainlenir dans l'obéis.rnnce? lcur. J) Les biens de la société s.ont fondés
A cela Frédéric rl:pond, le 17 fl!uier, qll'il') sur des senices récip;oqnes; les engageauront recour.:; à lJ charité, plutôt tptc d'user ments sont rompus et l'on rentre dans l'âlat
de moyens criminels, qni scrairnt dangereux de nature dès que les clauses du pacte ne
pour eux : leur intérêt Lien entendu le leur sonl pas observées. Dans sa lettre du 50avril,
commande. Mais d'Alembert insislc : &lt;&lt; Je d'Alembert approuYe cette doctrine: dans ce
suppose, cc qui est possiUle, que l'indigent cas le Toi est permis et même est une action
soit, d'une part, sans espérance d'être secouru juste. li ajoute qu'à son avis, cc cas de néet que, de l'autre, il soit assuré de pournir cessité absolue n'est pas purement métaen cachclle dérober au riche une partie d8 physique el qu'il peul se produire dans la
~on superflu. J) Que fera-t-il dans cc cas? réalité assC'z facilement. Malheureusement
l\!ut-il oa mème doit-il se laisser mourir de celle doclrinr, toute raisonnaLle qu'elle est,
faim anc ~a famille? A nia Frédéric répond es t dangereuse ù répandre, c&lt; par l'abus que
que le cas n'est p:is naisemLiaLlc. a Toute- la eupidilé ou la paresse pourrait en faire».
fois, si, par impossiblr, il se trouvait une Les tribunaux: seraient pcul-èlre obligés de
famille dépourvue de toute assistance et dans chàth-r le voleur innccent, pour cmpèchcr
l'état alîrcux où mus la dépeignez, je ne que tt·aulres, moins malheureux, ne suhisscnt
balancerais point à décider que le vol lui de- son rxcmple. &lt;( Le mot de l'énigme est, ce
vient légitime: 1° parce qu'elle a épromé me semLlc, que la distrilmtion des fortunes
des rcîus au lieu de rcc(voir des secours ; dans la société est d'une inégalité mons2° parce que se laisser périr soi, sa femme trueuse; qu'il est aussi atroce qu'absurde de

Yoir les uns regorger de superflu el les autre&lt;.
manr1ucr de nécessaire. Mais, dans les grands
États surtout, cc mal est irréparaLle, et on
peut être fore-! de sacrifier qucl11uefois des
victim·es, même innocentes, pour empêcher
que les membres pauues de la société ne
s'arment contre les riches, comme ils seraient
tentés et peut-être en droit de le faire. J&gt;
Voilà de singullèrrs Lhéuries et de violentes
paroles. Il faut leur adjoindre les correctirs
nécessaire5. Il n'y a pas loin à aller pour voir
d'Alembert railler la chimère de l'égalité el
déclarer que la philosophie digne de ce nom
ll'a d'autre Lub que (&lt; d'éclairer les souverains
sur leurs nais intérêts, rendre Jcur autorité
plus douce, el plus fidèle l'obéissance qui
1eur est due ». Quant à Frédéric, il ne se
prive pas de persifler les beaux théoriciens et
les législateurs encJcloprdistes qui, n'aianl
jamais gouverné, s'amusent à édifier &lt;les
Étals où ils mettent des hommes de fantaisie.
En réaliLé, la discussion que nous venons
d'analyser n'est qu'un de ces jeux d'esprit
auxquels pemcnl se complaire un philosophe
r1ui vil dans les li\'res et un monarque libre
de prt\jugé5, qui cherche à se distraire des
soucis de la réalité.
A,oRÉ LICHTENBERGER.

MES SOUVENIRS

""'
Les salons el la cour sous la Restauration
Par DANIEL STERN (Madame d'Agoult).

')t

'

Ill
Présentée à la cour, il foll,tit l'èlre ensuite
aux vieilles dames douair:ères du faubo11rg
Saint-Germain. C'était leur droit; elles le
maintenaient el ne se Iai'5saienl poin l ou l1licr.
Les plus .1gées n'allaient plus di.lns le monde
depuis long1r,rnps. Pc1ralJsérs de tout, hormis
de hi langue, elles ne quitLaienl pas leur
paravent, lenrs chenet~, leur bergeJ'e antique,
leur chat familier, leur tabatière et leur Lonbonnière. Elles ne rccevaienl, en dehor.5 de
four descendance, que de rares visites rn de
rares occasions. On allait là une fois en sa
vie, en visile de noces; 11r, y
restait dix minutes, au plus,
puis on n'y retournait pas. C'élait
assez; rurngc était fatisfail.
Les vieilles dames ,·ous avaient
vue; elles avaient salué de l'évenlnil les nouveaux époux. Sôurdes
tl criardes, elles avaient prononcé, haut el dru, de leur voix
rauque, sur les )'Cux, les dents,
la gorge, la main, le pit:d, sur
loul l'air de la mariée. Elll'S
avaient dit: die est {01·t bie11,
ou: elle n·est pas bien, el prévenu ainsi, de leur arrêt, l'opinion du monde.
Les plus jeunes en Ire ces dernières, celles qui n'élaienl point
infirmes et ne s'éear!aient pas
trop de la soixantaiur, ~renaieut
encore leur part du momemcnt
des plaisir.5 mondains. Elles
avaient un salon et généralement un châtra11, où elles
rnyaiL•nl &lt;lu monde, hin:r et été.
li fallait l,·s lréqucnlcr pour se
meure en Lon renom. Quand
on quillail leslcntures éraillées,
les boiseries rnfumét·s, les vieux
cadres poudreux de la douairière de Lu}"ne~, de la douairière
d'Uzès, de la duuai,ière de Duras 1, pour entrer cher. la prince!se de 1a. Trémoïlle, chez la
comtesse Je Afatignon, chez 'la
princesse de Puix 1 d1ez ]a duc11essc d' Escars, chez 1a duchC'ssc
de ~arbonnc, chez la duchesse
J._~ Céreste, on se :sentait rajeuni d'un demi~1,•cl··.
1. Ilelle-mèreilc 1'.1ul cnr d'Ourika.

..,., 356

1-Y,

,

'

•

,

•

Le s:ilon de la princesse de la Trémoïllc,
outre son grand air d'ancien régime, a\'ait
un caractère poliliqtle très prononcé. Ce salon
élait une cour. La princesse, mademoiselle
de La119eron, extrçait de longue date, sur
tout ce r1ui l'approclnit, une domination
entière. Elle n'avait pourtant jamais dl, être
belle, dn moins ne voyait-on pas dans sa
m1nièrc d'ètrc cl de d;re, co:um: il arrive
aux fommcs qui ont eu le don de plaire aux
yeux, aucuns restes de vanilé ou de coquetterie fJminine. Toute sa co~uetterie était
d'03prit : virile, et visant à la souveraineté.
Avec ses petits yeux gris, bordés de rouge,

D.\ME A SA PSYCIJÉ. -

D'après U:o~ Noù...

avec so n tour i.lt! d1eYcux LlonJs, rnn grus
ventre et la dt1ublc mafodie qui décomposait
SOI! sang - le dialète et rh)&lt;lfOJ·ÎÛe - la

1

princesse de la TrémoïllC', grande dame jusqu'à la moelle des o~, a.s~ervissait à ses YOJonlé~, r,ar la force de son intelligence et par
la hauteur de son caraclèrr, toute une masse
de clients, de familiers, de flatteurs et de
parasites. Elle savait aussi, bien que dédaigneuse, s'insinuer là oi1 elle ne pourait s'imposer; caresser les amours-propres, quani.l
elle ne les subjuguait pas tout d'un coup.
Aucunement dévote, instruite sérieusement, elle avait pour elle-même une belle
biblio1hèr1ue: pour les autres, une laLle donl
on parlait, abondante et recherchée. La poJitique était srrn goût, son occupation cons
tante. Elle en avait, sinon le
génie, do moins 1a sagacité et ]a
,ive pratique. la campagne, le
tète-à-tète arec son mari l'ennuyaient à mourir; elle ne s'E.&gt;n
cachait pas. Jamais elle n'avait
pu s'haLilucr ni à la belle terre
de Pezea.u que le prince de Il
'frémoïlle possédait héréJitaircrr.cnt en llerr\', ni même au
cl1à!cau de C~oiss9, bâti par
Colbert, non Join des bords de
la Marnr, au milieu des riches
campagnes de la Brie, récemment acheté par elle, en me
du rnisinagc &lt;le la , ille. La
princesse ne quittait plus guère
Paris, son hôtel de: la rue de
Bourbon!, son jardin en terrasse
sur le quai. Danssa bibliolhèque
en bois de cilronnilr, qu'on
célébrait comme une merveille
d'élPgance et où elle rece\·ait
Li cour etla ,,iJle, de son fauteuil
l'n damas ve1 t, d'où elle ne bougeait qu'à grand'peinc, tlle animait de sa Vtrre inlaris.saLI&lt;',
de ses pi,1uantes sorties, de
ses sarcasmes:, un cercle perpétuellement renouvelé des prrrnnncs les plus marquantes de
~on parli. On y rnpit tous les
hommes de qmlque \'aleur ou
de quelque renom dans l'l~glise
ou dans lî'.1al, r1ui faisaient opposition au liLl'falisme: le &lt;ardinal de La Fare, M. de fionald,
!!. l'ahhé de Genoude, M. de
2. A relie lwure, rue ile Lille. l.'b\Jtcl de la princesse de la 1'rémoïllc, très rapprod1é du palais légis-

latif, n disparu dans les nouH'~Ux aligncmr11l!!.

�LES SA.LONS ET LA. COUR_ SOUS LA. °J{ESTJIUR_A.TTON - - ,

, , _ 111STO'}t1.ll
Maistre, Malhien de Montmorency, ou tout
simplement Mathieu; le chancelier Dambras;
les Polignac; les députés LaLourdonnaye, Delalot, de Castelbajac, de Neuville, de Marcellus, toute la droite passionnée;
quelques hommes de moindre
condition, mais utiles : l'avocat
Piel, M. Ferrand, M. de Lourdoueix, etc.
Dédaigneuse des choses nouvelles, elle qui possédait des
anciennes toute la fleur, ]a princesse raillait sans pitié la politique de transaction entre le.
passé et l'avenir 1• La moindre
concession l'offensait.
Les Villèle, les Corbière,
ne trournient pas toujours gr:îce devant ses
yeux ; les princes,
bien moins encore.
FÊTES DE STAINS,
Elle n'allait pas chez
E:-i 1830.
eux, se sentantreincj
jamais je ne l'ai
vue avec personne sur un pied d'éga- .,. :.' ·
lité. Son infirmité la serrait en cela; /~~
la lourdeur de son corps lui donnait
comme le droit de rester assise; elle
en usait arµplement pour accueillir du
regard, du geste et du sourire, avec
mille nuances de grande dame,
les gens de sa cour.
Le salon de la marquise de
Montcalm, politique comme celui
de 1a princesse de La Trémoïlle,
avait une physionomie différente.
Il avait pris son importance au mo~
ment où le· duc de füchelicu, frère
de la marquise, était entré aux affaires.
«· Le jour oll mon frère a été ministre,
disait-elle, non sans amertume, tout le
monde s'est avisé que j'étais une femme
d'esprit. Il Elle l'était, cela ne pouvait se
nier; et de plus, cultivée par le plus grand
monde européen. D'un caractère noble, désintéressé, modeste au fond, comme son
frère, et, comme lui, d'une admirable droiture; de grande naissance et de grand nom,
comme madame de la Trémoïlle, toujours
souffrante aussi; s'il se peut, moins dérnte
encore; moins exclusivement française, moins
altière en ses opinions, plus curieuse de nouveautés, madame de Montcalm avait un cercle
beaucoup plus étendu par les idées que ne
l'était celui de la princesse. Couchée sur sa
chaise longue, où la retenaient les infirmités
d'un petit corps contrefait et grêle, écoulant
beaucoup, interrogeant de son &lt;Trand œil noir
plein de rayons et de sa parole ;leine de bienveillance, madame de Montcalm n'exerçait
pas une domination visible comme celle de
madame de la 'l'rémoïlle, mais rnn ascendant

À~

•

I_. ~l_lc s~ rn_oq1.iait l.1t:i.ucoup des moulons de la
qui ?U.l\'a1enL docile!nent, en tous pâturages,
la vou du m11mlre. (J. Eh bien monsieur de Villèle
quelle ~èli~e allons-nous.faire ~ujourd'huiJ » di.,;ail~
elle un JO~r. ri! c?nlrl'fo1sant un d1~ ces minîsléricls.
dont elle s1mula1l I cntrêc dans le cabinet du ministre
2. On prMait C'11lre aulre3 î1 la cumlc!'.Sc d~ M~li:
maJ0~1tc.

pénétrait bien plus avant. On sentait en elle plus qu'au château de C01crta[ain, il n'était
la femme qui avait aimé, souffert, rèvé peut- presque jamais question de politique. Les
ètre même une tout autre destinée. Elle ne hommes que l'on recevait là étaient du
commandait pas à la conversation; elle n'y meilleur monde, mais on s'y occupait peu
lançait pas le trait; elle y maintenait sans des choses de l'esprit. Le ton de la maison
effort l'élévation, le tour délicat, la nuance était gai; les façons étaient simples et sans
exacte et aim,ble. Les hommes qu'elle voyait aucune morgue. Malgré la présence d'une
journellement étaient les anciens collègues, jeune fille, la piété de la jeune baronne de
les amis eolitiriues du duc de Richelieu; beau- )fontmorency et la vertu conjugale fort célécoup de aiplomates étrangers: M)L Pasquier, brée de la princesse de Bauffremont, la conMolé, de Barante, Mounier, Rubé.\tarbois, versation avait, à la manière d'autrefois, des
Pozzo di Borgo, Capo-d'Istria, le duc de allures très lestes; vide d'idées, pnm re de
Raguse, le général de Lagarde, \1. Lainé, etc. sentiments, elle se nourrissait d'historiettes
Dans ce salon modeste et tranquille, point el de nouvelles du jour, de modes et d'ajusde discussions trop vÎ\·es; des entretiens où t~~ents; on ! mPdisait du prochain; on }'
la politique n'avait pas d'acrimonie et se riait des maris trompés; on s'y moquait à
mêlait avec souplesse aux intérêts du l'envi de tout le monde. La vieille comtesse
beau monde, des beaux-arts et des de Matignon n'avait jamais été ni prude ni
belles-lettres. Autour de cette femme dévote; ce n'était pas la mode en émigration,
couchée, souffrante, il régnait une . malgré le malheur des temps. Les abbés
sorte de clair-obscur, une dou- galants, les évêques mondains avaient été
ceur sérieuse. Madame de Montcalm très en faveur, db·ait-on, auprès de 1a dame.
ne voulait jamais ni briller, ni éton- On en faisait mille récits, les plus drôles du
ner, ni éclipser, ni intimider per- monde'.
sonne. Elle rechrrchait le mérilr,
Oms cé salon venaient habituellement le
devil'.îait et faisait valoir les moin- duc de Castries, les Brancas, les Luxembourg,
dres talents. Auprès d'elle, les jeu- les Sal,ran, les Rosambo, les Sainle-Alde,,.
nes femmes s'essayaient à la con- gonde, les Clermont-Tonnerre, les Béthune,
~
versation. Elle m'y encourageait les Castellane, les Talaru, les La Guiche
les Vérac, elc. Là se prenaient le~
plus que d'autres. Elle avait
degl'és dans la considération et la mode .
pour moi des indulgences
.' . •
extrêmes, Confidente des
On disait bien quelquefois, tout bas,
1
." , ~ ; ~
sentiments que m'avait
que· madame la Dauphine ne rayait pas
il '"&lt;&lt;.t," •. . .,
voués l'un de ses plus chers
d'un bon œil la duchesse de Montmo1
~
-.i.&lt;
amis, elle me portait
rency, mais celle-ci ne voul~it pas
•.
,p._
un intérèt maternel et
s'en apercevoir. Elle tenait un si
qui ne se démentit jahaut raog à la cour, la maison de
mais. Je me plais1is
Montmorency était d'ailleurs si
chez elle infinimcnl.
pu~ssanle, que la critique avait beau
mordre, la gloire du nom bravait
Quand je veux me rappeler une
tout.
douce image de ma vie du monde
En dehors ds ces maisons brild'autrefois, c'est à elle que je pense,
lantes de la noblesse de cour, où
à son entourage aimable, à son
fréquenlaient aussi les ambassaintimité noble et charmante.
drices, lady Stuart, la
Dans la maison de Montmocomtesse ApP.onyi,
rency-Matignon où j'allais aussi
qui avait introduit
beaucoup, ce n'était pas un salon
en France la grande
proprement dit; c'était chaque
nouveauté des désoir un cercle nombreux de pajeuners
danumts,
rents et d'habitués. La vieille
la baronne de
comtesse de Matignon le présiWerther , le
dait. La duchesse de Montmorency, son fils Raoul, et sa bru, la baronne faubourg Saint - Germain
de Uontmorency, ses deux filles, la princesse comptait un nombre de
de Bau!Tremont et la jeune Alice, mariée plus familles moins illustres,
lard au duc de Valençay, y paraissaient en- moi as titrées:., moins dûsemble ou tour à tour. Assises à une grande daigneuses, plus mèlées à
table ronde, qu'éclairait une grande lampe la noblesse de province, et
suspendue, chargée de corbeilles à ouvrage, dont les salons, moins
les dames, renommées dans cette famille retentis~ants, avaient
pour leurs doigts de fées, travaillaient ~l des un caractère de bontapisseries, à des broderies délicates. Dans homie tout à fait ail'hotel de la · rue Saint-Dominique, non mable.
Le fond de la soj{non, três j(lune -~ncore, un mol piquant. Une jeune
ciété de ma mère,
SORTIE DE BAL
f~mme de sa soc1clé pleurrrnl un e disgràce de l'opiavant mon mariage, DE MADAME, EN 1828.
nion : 4 Consolez-vous, ma chère, lui av:til dit ln
comtesse, chez les grandes- darnes comme nous l'honse composait plus parneur l'cpoussc comme les cheveux. »
ticulièrement de celles-là.• EUe voyait habi- 3. Les till'és étaient les ducs, dout Ir~ femmes
tuellement les anciens amis de mon père,
avaient droit, en cour, au labmtrel.
1

~

•~li•i

~

358 .,,,.

émigrés ou vendéens, les - Suzanne!, les
d'Andigné, les d'Autichamp, les Bourmont;
les députés de h droite, ultra-royalistes :
les Villèle, les Castelbajac, les Delnlol, les
Labourdonna)·e, les Kergorlay, etc. Depuis
que mon frère était entré dans 1a diplomatie, ma mère invitait sc.s chefs ft ses
collègues, tout ce qui, gentilhomme ou
bourgeois, tenait au déparlenienl, à la:
carrière, c'est ainsi que les diplomates
désignaient entre eux le ministère des ::dfaires étrangères et les ambassades, où se
prenait, selon l'opinion des salons, une
sorte rle noblesse. Les Pasr1uier, Hyde de
Neuville, llonnay, MM. de Caux, de Gal,riar,
de Bois-le-Comle, de Vi,•'castd, de !larcdlus,
L:1grenée, de Lagrange, de La1our-~laul.10urg,

de Laroebefoucrnld, de Vaudreuil, de Bourgoing, venaiept chez nous très rnuvent. Les
réunions, les soirées dansantes ou musicales
qui se donnaient thcz ma mère et chez ses
amies, pour les jeunes filles, étaient sans
opprèt.
On n'y cherchait ni luxe ni étalage. Les
pauvres pouvaient imiter les riches, on
n'y regardait pas. Un piano, accompagné
d'un violon, quelttudois d'un instrument à
\·ent, d'un fifre quelconque, pour .. marquer
le rvthmc et la mesurr, tenait lieu J'orcheslrc.
En fait de souper ou de hulîel, un
bouillon, un riz au lait, un lait d'aman&lt;les :
c'était là tout. Les danseuses se paraient Je
leur printemps. l'ne Lland,e robe de mous-

scliuc, un ruban Lieu, rose ou lilas, noltant
à la ceinture, une Oeur dans les cheveux,
elles ne connaiss.aicnt pas d'autres alours.
Entr(' elles et les jeunes gens dont l'llge se
r:1pportait au leur, aucune con:raintr, aucune
pru.leric, mais une bicnsé:rnrc eXl1uise; il
rfgnait dans ces rapports u·ie coquetterie
uahe, une gaieté franche que tempéraient
les discrètes h1Li1ud,•s de la vie de famille,
la réserve nalurelle à la première jeunesse
et celte solidarité de l'honneur qui imprimait à la bonne compagni1i d'autrefois un
caractère totalement différent de celui de
nos sociétés bourgeoises, telles que les îail,
à cette heure, sans lien, sans traJilion, pour
quelques jours à peine, le ha5arJ Jes affaires
ou dL'S rencontres.
D.IKIEL

STERN

(MAP.\ \JE o'AGOUL T ).

regardé, de faire bonne contenance. Un marin;
il fume insouciamment sa pipe; on sent qu'il
montera dans la nacelle du même cœur indifférent et résolu dont il saute à l'abordagci
c'est aIfaire de senice. Ua employé des postes;
il est très occupé; le fourgon des imprimés
Le gouvernement ét,Llil une grande fa- vient d'entrer; c'est lui qui transporte les
brique de ballons, de façon à en avoir tou- précieux sacs et les dispose autour de la
jours un prêt à partir, aussitôt que le vent nacelle. Cinq petites cages arrivent, conteserait favorable. C'était de jour aux premiers n:rnt trente-six pigeons; des pigeons adotemps du siège que ces ballons prenaient leur rables, des noirs, des blancs, des dorés, des
vol, mais on ne tarda pas à s'aperc,.;voir que pigeons qui ont des noms de victoire : Glales Prussiens, avertis de l'heure du départ, diateur, Vermouth, Fille-de-l'Air. C'est le
en guettaient le passage et lanç:iient sur propriétaire lui-même qui les apporte et
l'aérostat ou des fusées încendiaires ou des veille à leur installation. Au moment de
balles de fusils à longue portée, dits fusils partir, on s'aperçoit qu'aucun des voyageurs
de rempart. On se résolut d1Jnc à ne plus n'a ·songé aux provisions; on court; on se
partir que de nuit. C'était presque toujours fouille, on finit par réunir trois petits pains,
dans une gare que les aérostats étaient gonflés deux tablettes de chocolat et une bouteille
et s'envolaient : gare du Nord ou d'Orléans. de vin.
Ce retard a eu son bon côté. Un aide de
Jamais ceux qui ont assisté à ce spectacle ne
l'oublieront de la vie. Au milieu d'une vaste camp entre !out essoufflé: Une dépêche du.
cour, le ballon, à dèmi gonflé, se démène Cou ve,·neur! L'aéronaute la prend; la nacelle
furieusement sous l'effort de la rafale; il est est fixée; on entend le sacramentel : cc Làchez
en taffetas jaune, et les lanternes à réflecteur tout! 1&gt; Le ballon s'élance d'un bond, il
des locomotives jetlent sur la route des lueurs p~rn:hc sous l'effort du vent, qui le courbe
fantastiques. Tout autour s'agitent, dans avèc violence. C'est une seconde d'émotion
l'ombre, des hommes que l'on prenJrait inexprimable; nous sommes tous là, retenant
pour des démons, s'acharnant à quclr1uc notre sourne, les veux fixés sur cette masse
œune infernale. Dans un coin, le directeur noire, qui se r;bat dam une convulsion
des Postes, M. namponl, tire sa montre, d'un e!TroyaLle. Sera-t-elle brisée? non, elle s'éair soucieux, interroge le vent, ·et semble lève, et à peine le ballon a-t-il dépassé le toit
demander conseil à l'aéronaute, M. Godard, vitré de la gar.::, que déjà la nuit s'est referavec qui il cause à voix basse. Il est évident mée sur lui; il se fond en quelque sorte dans
qu'il y a danger, trois hommes doivent partir. l'obscur Lrouillard. c: Adieu! adieu! &gt;J nous
Un voyageur, dont le nom est un mystère. crient les voyageurs, et nous leur répondons
li est enveloppé de fourrures; il se promène par des souhaits de bon voyage, en agitant
inquiet et pâle, el tâche, quand il se sent nos chapeaux: &lt;1 Vhe la France! lJ·

Pendant le Siège

Les pigeons qu'il:i emmènent avec eux
nous reviendront bientôt, à moins que le
froid, la brume, l'épervier ou la balle d'un
Prussien ne les arrête en route. Chacun
d'eux apportera, lié par trois fils à une des
plumes de sa queue, un léger tube, où se
trourera roulé un petit carré de papier de
40 millimètres sur 50 millimètres.
C'est la réduction microscopique, par la
photographie, d'une composition typographique ordinairè.
Cette petite planche, à peine lisible arec
un rnrre de loupe très puissant, ressemble
assez à un journal sur quatre colonnes. Celle
de gauche contient uni11uement celte mention :
SF,RVICE DES DÉPÊCHES PAU PIGEO.\"S VOYAGEURS,

Steenackers à ilfercarlier, 103, rue
de Grenelle.
Les trois autres colonnes conliennent, au
verso comme au recto, la transcription de
dépêches, les unes à la suite des autres, sans
blancs ni interlignes. Quelques-unes de ces
dépêches sont officielles. D'autres viennent
de source privée. Ah! qu'elles nous ont apporté de consolaLion et de joie! Que de pièces
de cent sous et de louis d'or sont lombés
dans la main des facteurs q11i nous remettaient la dépêche si attendue I Et ces pigeons,
de quel tendre respect on les entourait 1
Quand, par hasard, un d'eux, à bout de
l'orces, ruisselant de pluie, s'aliattait au bord
de quelque corniche, de quel œil avide la
foule hientOt amassée suivait ses mouvements! Comme Ioule; les mains se tendaient
vers lui pour lui offrir le pain ou le millet
qui devait l'altirer ! et quel cri de joie quand
il reprenait soh vol droit vers son colombier!
FRANCISQUE

O·

SARCEY.

�'-------------------------------------LA CHOUANNERIE

Tournebut
-

1804-1809 -

Par G. LENOTRE

CHAPITRE V

darmes à Donnay. Lanoë, elTrayé, obéit;
mais Lcft·bvre ne put le suivre que dans
L'afiaire du Quesnay (suilf ).
l'aprèS•!lliJi; ên arrivant à Noron, ils trouvèrent Mme Acquet à l'auberge où elle s'élait
Dès que Mme Acquet eut pris place dans trainée; Ja pauvre femme aYait 1a fièvre;
sa carriole, La.noë s'assit à côlé d'elle et lui presque en fo·aguant, elle informa Lefel,vre
apprit que, la veille, les gendarmes élaienl &lt;! qu'elle n'avait pas d'argent à lui donner;
venus à Donnay et a,·aicnt pnquisitionné dans que Jes gcndarlllcs étaient venus 3 Donnay;
la m~ison des Ouquel; ils étaient partis, tou- que l'homme qui ]es conduisait était peultefois, sans arrêter personne ; c&lt; un homme être un des compagnons d'Allain, amen&lt;) là,
en houppelande noire semblait les conduire)). sans dout(', pour rcconnailre les lieux ; mais
!!me Acquet posa quelques questions hâtives, elle ne craignait rien; el!e allail y retourner
puis elle.dit à Lanoë de fouetter les chevaux · et rapporterait l'argent n.
et garda le silence jusqu'à la Dijude; il l'obLelebrre essaya de la calmer; dès qu'il se
servait du coin de l'œil et vil qu'elle était fut éloigné, après une demi•heure d'entretrès pâle. En arrirant le so:r au viilage, elle tien, elle en lreprit Lanoë, le suppliant de la
voulut allrr de suite à la maison des Buquet, reporter à Donnay; il s'en défendit énergiresta pendant un quart d'heure enfermée que men!, ne voulant plus rien entendre;
avec Josrph; sans doute fit-elle près de lui enfin, dt.:mnt son désespoir, il se laissa attenune suprêm':! tcntati\'e pour obtenir de l'ar- drir, mais jura bien (( que, cette fois, il rn
gent; clic n·parut le teint animé, très fié- avait assC'z et qu'il la laisserait à la Bijude n.
vreuse : - « l'ile, à Falaise "• dit-clic. Mais Elle consentit à tout, se hissa sur le cheval,
Lanoü lui rcpré.,enla &lt;c qu'il avait à faire chez et, de noureau, tenant Lanoë à bras-le-corps,
lui et que son cheral ne pourrait rûsister à les ,,füements trempés d'eau, plaqués sur ses
êlre loujours en roule ii. Pourtant, elle le membres grêles, elle rC'prit le chemin de
" harcela » de telle fa çon qu'à la fin il con- Donnay. En passant à Villeneuve, ferme apparsentit.
tenant à son frère Ilonnœil, elle aperçut un
'l'ahdis que le cheval mangeait l'aroine, groupe de femmes qui l'interpellèrent; le
Mme Acquet _s'en alla à la Bijude et se jeta fermier TrulTault s'approcha et, commr,
tout habillée sur son lit : le temps, très anxieuse, elle l'interrogeait, il répondit:
lourJ pendant toute la journée, s'était chargé.
- Un malheur est arrivé; les gendarmes
,·ers le soir cl de grands éclairs déchiraient sont revenus tout à l'heure chez les Buquet;
le ciel. Vers deux heures du matin 1 Lànoë ils ont pris le père, Ja mère, le fils ainé.
vint fr.ipper au carreau et Mme Acquet parut, Jùscph, qui s'était cach~, est seul, bien dé•
prête à parlir; elle mania en croup.c derrière soM, C't ne sait fJue de\'enir.
lui; ils se mirent en route par la forêt de
Le fermier ajoula qu'il ,·enait d'expéJier à
Saint-Clair et llJnnœil; comme ils péné- Falaise son gars p:iur instruire Mme de Comtraient dans le bois, l'orage éclata tout à Lrar dé cet é\'énemcnt.
coup d'une extraordinaire violence; d'énor!!me Acquet descendit de chernl. Elle tira
mes rafales courbaient les arbres, brisant h•s Trulfault à l'écart cl Je questionna à rnix
branches; la pluie tombait à fluts, transfor- bas~e. Quand elle rnint prl's de Lancë, elle
mant 1..:: chemin en torrent; le cheval avan- était cc aussi blanche qu'une cire ».
çait pourlanl; mais, rnrs le jour, alors qu'on
- Je suis perJuc, lui dit-elle; J0srph
approchait du village de Noron, Mme Acquet Buquet veut me 'Cl.énoncer.
se sentit suLitement indisposée au point
Puis, le regard fixe, parlant pour diequ'elle se lai5sa glisser à terre, prc!lque éva- même :
nouie. Lanoë l'étendit sur les Lruyères, au
- Je pourrais bien, à mon tour, &lt;lé,wnbord de la roule, dans la bouc; quand elle cer Allain, puisqu'il est proscrit; mais où
eut repris ses sens, elle le supplia de la dirais-je que je l'ai connut?
laisser là, de pour&amp;uivrc jusqu'à Falaise et
« Elle paraissait Lien inquiète, ne sachant
d'en ramener le notaire Lefebvre ; elle pa- que faire. » Enfin elle insinua « qu'il fallait
raissait hantée dn souvenir de cc l'homme en la reconduire à Falaise J&gt; . Mais Lanùë fut
houppelande noire ll qui arnit guidé les gcn• intraitable: il jura qu'il n'irait pas plus loin ,
·t. i\"ous con~en ons ll's termes mêmes du rêcit de

l.:1J1oi} . lnl crrogatoircs.

2. lulerrog11tuircsde )Jmc deCo mLra v, 2t :ioùt 180ï ,
11 avril 1808 ; de Guillaum e, dit l.a1,n?, 2 H' Jllcm-

"" 36o -

&lt;! qu'elle pouvait s'adresser au fermier si clic
voulait &gt;&gt;. Et, rendant la bride à rnn cheval,
il s'éloigna au trot, la laissant là, au milieu
d'un CC'rclc de paysans r1ui, silencieusement,
contemplaient, avec une consternation ébahie,
la fille de leur dame, couverte de boue, les
yeux égarés, les Lras ballants, l'air si éperdu
et si désolé que les plus durs la prenaient en
pitié! ,

En rentrant chez lui, cc soir-là, le nolaire
Lefebvre apprit que, pendant son absence,
Mme de Combray lui arnit dépêché son jardinier pour l'inviter à venir, au plus lût, la
rejoindre à I'hô'tel de,la rue du Tripot. Pourtant, harassé, il s'élait jeté sur son lit el dormait à poings fermés quand, vers une heure
du matin, ou frappa à sa porte : c'était encore le jardinier;· il fut si pressant que, malgré sa fatigue, Lefebvre se décida à le suivre.
Il trouva la marquise presque folle d'angoisse; elle avait appris par le gars de Truf.
fault l'arrestation des Buquet; elle ne s'étail
pas couchée, s'altmdant à toute miaule à
recevoir la visite dts gendarmes; elle n'avait
qu'une pensée : fuir, retourner en hâte :1
Tournebut el s'y cacher avec sa fille; elle
pressait le notaire de l'accompagner et, tout
en parlant ûévreusement, elle nouait sur sa
tète un fichu de laine. Lefebvre, plus calme,
lui représenta quïl avait laissé tt Noron
!!me Acquet épuisée de fatigue; il fallait
attendre, 1Jour quiller Falairn, qu'e11e fùt en
état de se mettre en roule; que, d'ailleurs, à
cette heufe de nuit 1 on était dans l'impossibilité de se procurer une rnilure; mais
Mme de Combray, avec l'ubstination d'une ·
femme égarée, ne voulait rien enttndre; elle
e&gt;.péJia à Noron, en lui donnant un écu de
trois liues, son."jardinier, chargé de prévenir.
lime Acquet qu'elle eùt à prendre, sur-lcthamp, le drnmin de Tourne Lut, par SaintSylvain et Lisieux; puis, cnlrainant à lrawrs
les rue5 désertes LefeLue fJUÎ moula thez lui
pour y chercher les trois n,ille francs provc•
nant du vol du 7 juin, die gagna le Vald'Antc et s'engagea sur la route de Caen.
La nuit était lrès sombre; la tempête avait
cessé, mais la pluie tombait sans discontinuer.
Sur le chemin défoncé, la vieille marquise
a\·ai1çait , s'obstinant contre la fatigue, s'arrèlant parfois pour s'assurer qu'elle . n'était
pas dépistéf'. Left!Lvre, pris dt! peur à son
lire- 1808 ; ùu nolairc Lcfelwrc, 7 jan\'icr et 4 ao1il 1808.
A1·c hil''CS 1lu greffe Je ln Cour d 'assise,; ile l\ 011cn.

TOUR_N'EBU1 - - ,

tour, hâtait le pas à côlé d'ellc 1 pli:rnt sous surveillance de la police. Il était neuf heures
le poids de son porlc-mmlcau rempli d'écus: du soir quand, après une heure de marche,
tous deux allaient sans parler; c'était cette die parvint à la hauteur de l'Ermitage; elle
interminable route qu'avait sui rie, le jour du crut prudent d'expédier Lefebvre en éclaivol, le chariot portant la recette d',\len&lt;;,on et reur; elle l'accompa~na jusqu'à la grille rl le
rc sou\'enir devait rendre plus tragique rn• Jai.!- s1 s'a\'cnturer seul rers le cbàteau. Tout
core celte marche effarée dans la nuit.
parais.sait y être au calme: le notaire pénéL'aube pointait à peine quand les fugitifs tra dans la cuisine ol1 il trouva une fJlle d'outraversèrent le bois du Quc5nay; au hameau vrage qui prévint aussitôt Soyer, l'homme
dr, Langannerie, ils quillèrent la route et de conOani.:e; et Mme de Combray ne se
1•rirenl la traverse de Ilrelleville-le-R,hN. li monlra tout r, fait ras.surée que quand celuifaisait maintenant t,rand jour; les granges ci ,·int, m personrH\ lui 011\TÎr uoe porte du
s'ouvraient, les gens s'Jtonnaicnt du passage jardin: clic put ainsi se gli~sC'r 1 sans être
matinal de ce couplé étrangd qui semblait vue, jmqu'à sa chambre 1 .
avoir marché toute la nuit; la marquise sur&lt;a\'&gt;
tout 'intriguait avec ses c·he\·eux col~és aux
tempes, sa jupe trempée d'eau et ses broDEUXIÈME PAR,TIE
dcr1uins couverts dè boue. On n'osa pourtant
les questionner.
CHAPITRE PREMIER
A six heures du mltin, Mme de Combray
et son compagnon atldgnircnt le bourg de
Licquet.
Saint-Sylvain, à cinq grosses lieues de Falaise. Si Mme Acquet était parvenue à quilL'homme cc en houppelandè noire n qui
ler :'\oron, c'était là qu'on devait la rencon- arnit guidé les gendarmes dans leur Yisite à
trer. A l'aul&gt;erge où Lefebvre s'informa, per- Donnay n'était autre que le Gl'and-Cha,·/es,
sonne n'avait paru. 011 attendit pendant deux l'un des compagnons d'Allain, Arrè:é le
heures, que le noLaire employa à s'assurer 1 '~ juillet au village de Le Chalange, il cond'une charrellc pour continuer la route vers sentit, sans difficultés, à désigner l'endroit
Lisieux. Un paysan conscnlil à conduire les où avait été enfoui le trésor et c'est ainsi
voyageurs moJcnnant t5 francs payés d'a- qu'il dirigea la perquisition opérée le 22 chez
,·ance, et, ver3 huit heures, Mme Acquet les Buquet. li reconnut 1, disposition de la
n'arrivant pas, ils se décidèrent à partir. Un maison et du jardin, la s:i.lle oll Allain et ms
peu plus loin, à Croissanville, on fit halte, et compagnons avaient été rrçus dans la nuit du
LefchHe, tout en déjeunant, écri\·it une let- vo1, le verre même dans lequel l t mère Ilutre à l'adresse de Lanoë pour lui recommander instamment de se mettre à la recherche
de Mme Acquet et de l'exhorter à rejoindre
au plus tùt sa mère à TouraeLut.
Le resle du voyage se passa sans incident.
On arriva à Lisieux pour l'heure du souper
et on y passa la nuit. Le lendemlin matin,
Mme de Combray prit, 5-0U_s un faux nom 1,
deux places dans une ,·oiluM publique qui
partait pour Éuèux où l'on débarqua le soir.
Les fugitifs avaient fü un asile, rue de l'Union,
près le gr,rnd séminaire, chot un ancicu
chouan, .nommé Vergne, qui avait été dans
les orJrcs avant la Hévoluliun et qui s'était
établi médecin depuis la pacification. Le jour
suivant, Mme de Combr,y el Lefebvre se
procurèrent une carriole dans ln~tudle ils
firent les cinq lieues qui séparent Evreux de
Lauriers. Ils mirent pied à terre arnnt d'en•
trer d.rns la ville, car Lt marquise voulait
é\ Îter l'hùtel du l\[outo1i où elle était connue.
Ils gagnèrent donc, pat· des rues détournées,
le pont de l'Eure et trou\èrc;it à louC'r, dans
une auber Je du faubourg, un CJbriulet qui
les dépos::i, i1 la nuit tomb11Jle, au hameau
du Val-Tesson,
Us étaient là à une lteue de T0uMehut
qu'ils p::mvaient atteindre en passant par les
VU E DE L'AEIB.HE-AUX- DA~IES, A C.u~. bois; mais n'allait•on pas y lr,.mver les gcn•
&lt;larmes? L1 îu3ue dd Mme de Combray à
Falaise, à Dai·eux. et à Caen, pouvait avoir quel lui avait ,·ersé t.lu c:dre. Au bout du
éveillé l~s sou pço:1.s et atliré sur sa maison la jardin on retrouva les traces de l'excavation

g1·m/fls p eNonnages

1.,: - ~lmc de Comlway me dit , d:in s la roiture,
qu'ell(~ :wait pri s un ,rntre riom qu'elle me tlé:;i911a
pour 111\ •11 scn ·i1· ~i je lu i p:1rlais, OlJis je 11c 111 en

2. lnl error;alo ircs de ~l11w de Cumlmiy et du nolnirc
l.e rcbnc. Archin,s du greffe ,le la Cou r trassis,!s ile
ll u11 cn

où le tré.:;or avait séjourné; le grenier couicnait du linge et des effets npparlenànt à
Jfme .\cquel; son portrait peint en miniature était accroclié au mur dans la chambre
de Joseph. Celui•cÎ, !-cul, a~·ait pris la fuite:
son père, sa mère et son frhe Alexandre
furent conduils, le soir mèmc, aux prisons
de Caen,
Grmul•Clwrles, en hc,mme r1ui rnudrait
IJien ne pas être compromis tout srnl, montrait le plus grand zèle à rccherchC'r ses
complices . Ainsi que jadis l'avait fait Querelle, il parcouraiL le pays, conduisant le cnpilainc Manginot cscortl• de trente gendarmes,
et celle petilc troupe, marchant dr nuit,
poussa SC's recherches jusqu'au ,·illage de la
Mancellière qui passait pour être le plus
fam eux rrp:iirc de réfractaires à ,·ingt lieues
à la ronde; comn:c au plus beau temps de la
Chouannerie il y eut entre gendarmes et dé·
serteurs des cornbals sanglants. A ln suite
d'un de ces engagements, oq arrêta, dans Ja
mais.on d'un sieur LeLougrC', Pierre-François
llarel qui était entré là pour y demander de
l'can-dc-vie et du sel afin de panser une
blessure qu'il venait de rrceYoir; il avait
passé, depuis le vol, la majeure partie de
son lemps caché dans un tonneau enfoui en
terre au fond d'un jarJin . Dans cette expédition Manginot fit une prise plus importante, celle de Flierlé, découvert à Amaié•
sur~Orne, où il villégiaturait paisiblement
chez un de ses anciens c·hefs, Rouault dés
Vaux. Dès son premier- interrogatoire, Flierlé

1

1':ippcllc point ; je ne sais p:is trop, ccprndu11l. ~i cc
n'l•tail pas Mina . , Int errogatoire de Lcfobwe.
Al'd1in,:s du grr ffe de la Colll' d'assises de Rouen.
~

36 1

w,.

Dessin d~ C ONSTANT BOURG EOIS (1819) .

raconla toute soî1 hi~tuire: li savait que de
étaient du complot et

�1f1STO'J{1.ll
pensait bien qu'on y regarderait à deux fois
avant de pousser l'enquètejusqu'au bout.
Si Manginot se dépensait aimi avec une
aJ'deur digne d'éloges, i1 n'en recevait aucun
de Calfarelli, désolé de la tournure que prenait l'affaire, et qui dcsirait, par intérêt d'abord, et aussi par amour de ~a tranquillité,
voir l'altentat du Quesnay réduit aux proportions d'un simple incidenL. Il interrogeait les
prévenus avec la réserve el les précautions
d'un homme qui se mê!e de ce qui ne le r~garde pas; aussi, s'il apprit de Flierlé des
choses qu'il aurait bien voulu ne pas savoir.
touchant l'organirntion, toujours pcrsislanlc,
de la Chouannerie dans le département du
Call·ados, n'en put-il rien tirer sur le fait
même qui motivait son arrestation. L'Aiiemand ne cachait pas sa crainte de périr s'il
parlait, Allain a)'ant promis, le 8 juin, à ses
compagnons, avant de les c1uitter au pont de
la Landelle, « du poison ou un coup de fusil
au premier qui révélerait quelque chose, et
un secours dr deux cents hommes déterminés pour soustraire ceux qui seraieni discrets
à la vengeance de Bonaparte 1 1&gt;.
A Paris, il en était autrement : fa police
n')' travaillait pas de main-morte et Fouché
était tenu journellement au courant des
Il1oindres incidents présentant un rapport
quelconque avec les faits qui se passaient en
Basse-~ormandie. Depuis plusieurs semaines
déjà, un jeune homme, débarqué à Paris
dans la seconde quinzaine de mai, avait attiré
l'attention des agents de la police secrète; on
le yoyait souvent au Palais-Ropl; il se disait
sans mystère général des chouans et &lt;1 se
donnait beaucoup d1importance 1, . Un second
rapport fil connaitre qu'il se nommait Le
Chevalier et qu'il arrivait de Caen, ce qui
permit de demander à Cafiarelli des renseignements. Le préfet du Calva~os répondit
que le signalement communique correspo~dait de tout point à celui d'un homme qui,
plusieurs foi~, lui .a~ait été ?énoncé comm~
un royaliste 111corr1g1ble, facile, du reste, a
reconnaître, car il ne pouvait se servir du
bras gauche'.
Les a~ents reçurent l'orJre de ne pas perdre de v:e le personnage; il habitait rue des
Vieux-Augustins, l'hôtel de Beauvais, maison
connue, depuis la Révolution, comme un allri
toujours ouvert. aux ro~alistes de passage à
Paris. Le Chevalier sortall Leaucoup; presque
chaque soir, il.dinait en vill~ cl frCquentait
chez quelques personnes Lien posées . On le
la

•L Interrogatoire de Flicrlé. Archirn:,; du greffe dç

d'assises de Rouen.
9 Archi\·es nationales, F; 8171.
i On ne trouva chez lui que « 56 sols et un ~s-:scporl délivrti il Caen le 21 mars pour Bordeaux, vise
\e 'l mai à Cacii pour Cherbourg et nou ,,isé à
Paris»4. Archives natio11ales, }' i 3171.
. _
5. 4 Le Chevalier sera sûre~cn,l acqu1tLc _pour le
vol. » Le prCfet du Calvados a Real, '10 aout 1807.
Arcl1îves nationales, F18171.
.
6 Cafforelli craignait que Le Chernher ne fût enleni au cours du Y11Jage de. .Paris à .Caen., et ses
craintes n'étaient pas sans mol1fs. Le prmmmer, dont
on arait annoncé le départ de Paris le 25 juillet.
11 'étail pas encore arri"é à sa deslinatio1! le 7 aoû.L.
a Si nous n'étions à l'approche de la foire de GmCour

'-----------------------------fila pendant une quinzaine de jours; enûn Chevalier était le chef du complot; Lien qu'on
l'ordre fut donné de l'arrêter, et, le 15 juil- eût perquisitionné avec soin - sans trouver
lel, il était conduit, les fers aux mains, à la pourtant autre chose que des papiers partipréfecture de police, sous l'inculpation d'avoir culiers - dans sa maison de la rue Saintparliripé à l'attentat du Quesnay'.
Sauveur; Lien que Flierlé, mis en sa préLe Chevalier n'était pas homme à se lai~- .. sence, l'eût reconnu pour être l'homme à
ser prendre sans vrrr. Ses belles façons, son qui il senait de courrier et de secrétairf', adresse et son éloquence l'avaient déjà tiré ce à quoi l'autre répondit avec mépris que
de si mauvais pas qu'il ne doutait pas qu'elles u l'Allemand n'était pas d'espèce à être son
ne dussent, celle fois encore, lui sauver la domestique et qu'il n'y avait entre eux que
vie. La lettre que, du dépôt de la préfecture. les rapports ordinaires entre le bienfaiteur et
il écrivit à füfril, lC' jour même de son arres- l'obligé )), il n'était pas douteux qu'il ne se
tation, est si bien dans sa manière, à la fois renconlrerait jamais un lrihmwl pour confamilièœ et hautaine, qu'il serait regrettable damner un homme qui se trouvait, le jour
du crime, à soixante lieues de l'endroit où
de ne point la citer :
il avait été commis 5 • Quant à le pOursuine
Arrête sur le soupçon d'un brigandage dont il comme royaliste approuvant le vol des fonds
m'esl aussi important &lt;le me justifier que pénible puLlics, autant valait mettre en jugement la
d'avoir à le faire, mais plein de confiance'en mon
honneur qui ne s'csl jamais démenti el dans Normandie tout entière. D'ailleurs, pour Cafl'équité bien connue de votre caracfère, je ,·ous farelli, qui ne se leurrait pas sur les sentiprie de m'accorder une audience de quelques mi• ments de ses administrés et qui redoutait
nutes prndant lesquelles, dispos.é à répondre à toujours l'explosion imminente d'une nouchacune de vos questions, à les prëvcnir même, velle ChouflnneriP, la présence de Le Chevaje me flatte de vous co11v.1incre que la situation lier dans 1rs prisons de Caen était un perpé,le mes affaires cl surtout ma conduite de toute tuel cauchemar 6 : Allain pouvait surgir tout
la vie doivent me meure au-dessus de la suspicion
à coup avec une armée et renom·elcr, au prod'un brigandage particulier.
fit de son chef, une tentative d'enlèvement 7
J'espère aussi, monsiem·, que rel entrrticn
srmLlable
à celles qui, sous le Directoire,
dont voire justice me garantit la faveur ,,ous conarnient
sauré
la vie au vicomte de Chambray
vaincl'a que je ne suis point frappé de folie au
point de me livrer à un brigandage politique et ou au chevalier Destouches et dont toute la
de songer à lutter contre un gouvernement au- prorince s'était amusée et émue. Et voilà
quel ont dù céder les plus fiers souverains ....
pourquoi, très peu soucieux de s'encombrer
d'un détenu si compromettant, le prudent
A. LE Cnt:vAurn'.
préfet avait, au bout de quatre jours, obtenu
Et pour Lien étaLlir qu'il n'avait pu pren- de Réal l'autorisation de renvoyer à Paris Le
dre part au vol du 7 juin, il joignait à sa Chevalier qui fut définitivement écroué au
lettre vingt allestations de personnes hono- Temple'. Ah! la belle lettre qu'il écrivit, à
rables et connues· qui l'avaient rn à Paris ou peine rentré, au ministre de la police, et
qui y avaient diné avec lui à chacun des jours comme il s'y posait en rival malchanceux de
du mois depuis le 1er jusqu'au 20; au nom- Napoléon !Celle profession de foi est trop longue
bre de ces témoins étaient son compatriole le pour figurer ici dans son intégrité, mais elle
poète Chênedollé et le D•· Dupuytren qu'il projette une si vive lumière sur le caractère
avait consulté sur« l'urgence de se faire am• de celui qui l'a écrite et plus encore sur les
puter les doigts de la main gauche malade illusions que se forgeaient obstinément les
depuis longtemps &gt;&gt;. II avait même eu le soin royalistes à la plus brillante période du réde se montrer au 1'e Deum chanté à Notre- gime impérial, qu'il est indispensable d'en
Dame pour la prise de Dantzig.
produire quelques extraits :
Ses précautions, on le voit, étaient bien
Vous avez désiré savoir la vérité concernant les
prises et cette fois · encore son -aplomb allait
triompher de la mauvaise forlune quand déclarafions de Flierlé sur mon compte et sur les
Réal, très embarrassé de cc prisonnier beau projets q11'il dévoile dans ses déclarations; je vais
parleur,'imagina de l'expédier à Caen, dans vous la dire: la dénégation convient à un crimi . ne) qui redoute l'œil ùc la justice; mais ce sysl'espoir qu'une confrontation avec Flierlé,
fème est étranger à mon caractère qui ne redoute
Grand-Charles et les Buquet déjà arrêtés, rien que le mépris et pour lequel le premier sucamènerait quelque résultat. Mais, bien que cès de ses entreprises est l'estime de ses ennemis
Cafîarelli îùt intimement convaincu que Le mêmes.
hrny, il ctil été facile

de

mcllre Le Che,·alicr entre

deux. gendarmes dans ln première dilig-enèe et de

l'amener de suil\" ici. )Jais dans cc temps-ci les ,·ui•
!ures étant encombrées de ,·oyageurs, je me suis délerminti à rcquilrir M. Manginot qu'il fit partir, sur•
le--champ, deux gendarmei&lt; en poste pour aller aude,,ant de Le Chevalier, l'enlever s'il est possible l.'.1
nuit, et arril"cr de même afin que ses partisans ne
puissent sa\'Oir cc qu'il est dcv~nu .... Alloin. a pro:
mis un coup de fusil ou du poison au /Jri'm1er qw
ré,·êlerait quel&lt;1ue chose et un secours le 200 hommes déterminés poul' enle,•cr ceux qui seraient arrêtés. }'licrlC conlirme ces détails eu térnoiguant la
plus grande crainte d"ètre découvert comme dénonciatcn11', il redoute surtout le poison. »
l.cllre du préfetJu Calvados à Réal, 7 uollt 1807.
Archi\"CS nutionales, F7 8171.

7. Il fut étalili que Le Chorpentier f'i!s, notaire aux
e1nîrons (l'Argentao, a\·ail rt'·uni quelques hommes
pour enle1·er Le Chevalier, lors de son transf'Cremcnt
à Caen. Arcliivcs nalioualcs, Fj 8171
8. Écrous du Temple, 16 :.ioùt 1807. Le concierge
du Temple recevra, en se conformant à fa loi, le
nomme\ Le Chevalier qui sera détenu au secret. Signalement:« 27 ans, pror,riélaireà Caen,taille, •tm,76,
cheveux cl sourcils c 1.ilain foncé, front élevé et
bombé, yeux liruns, nez court, pincé du haut cl un
Jeu large du bas, .houche moyenne, menton un peu
ong el relevé, \'Ïsngc ovale et colore, portant de~
nageoires chàtains, estropié de la main gauche. n
Le prMet du Calvados s'était, en mème temps quç
de Le Chevalier, débarrassé de J&lt;'licrlé qui fut, lm
aussi, amené à Puris et écroué au Temple. Archi,·cs
de la préfecture de police.

!

1

Yotrc Eiccllencc voudra bien ne mu· en moi
ui un homme tremblant devant la morl, ni une
,\me sé;iuilc par l'espoir des récompenses; je uc
demande rien pour dire cc que je pense, car en
le disant je me saLisfais.
J'ai pl'ojeté une insurrection conh·e le gouvcr·
nement de Napoléon; j'ai désiré sa ruine, et, si
je n'ai pu la tenter, c'est parce que j'ai toujours
éh1 mal secondé et trompé somcnt.
... Quels élaienl donc mes moyens pour concevoir au moins l'espérance du succès? Ne voulant p:is paraître tout 11 foil insrnsë à ros 1eux, je
v:ils les fairr connaitre; ne \'Oulant p:is trahir la
ronfl::mcc de ceux qui m'aurnient serri, je vons
rn tairai l&lt;'s détails.
... Je slLis né généreux cl amoureux de gloir('.
Apri&gt;s l'amnistie de l'an YIII, j'étais le plus riche
de mes camarades; mon argent, habilement
donné, me J&gt;1·ocura des partisans. PJusicurs années, j'épiai le moment farnrab\e à une insurt'&lt;'Ction : la dernière campagne d'Autriche m'offrait celte occasion; chacun, dans l'Ouest, croyait
;'1 la défection &lt;les armées frauçaises i je u'y cro?ais
pas, mais j'allais profiter de celte opinion : la
victoire fut trop rapide, j'eus à peine le Lemps
rle projeter.
Après avoir étahli quelques correspondances
dans divers départements, je pal'lis pour Paris;
là, tout concourait à fortifier mes espérances. Des
républicains partageaient mes désirs; je lraitai
a\·ec eux de la réunion des parlis pour une action
plus sùre cl pour une réaction moins forte. Le
mouvement devait s'opérer dans la capitale, un
gouvernement pro\'isoire devait être établi ... toute
la France eùt passé sous un nouveau régime avant
que !'Empereur eût été de retour.
... Mais je ne fus pas longtemps à m'apercevoir que ces républicains n'avaient pas tous les
moyens qu'ils vantaient. .. je me retournai vers
les roplistes de la capitale; ils étaient désunis,
sans plans .... Je n'avais à moi, dans Paris, qu'un
très petit nombre d'hommes : j':i.bandonnal mes
desseins sur Paris, je retournai vers la province.
Là 1 je pouvais réunir deux à trois mille hommes.
J'aurais, aussitOt après-leur rëunion, clépulé vers
les princes Bourbon pour les engager il se rendre
à la tête de mes troupes ....
Mais, à l'ouverture de la seconde campagne,
mes desseins furcnl définitirement ajournés. Ce•
pendant les mesures qu'il m'avait fallu prendre ne
purent partout rester secrètes: quel{1ucs conscrits
réfractaires, quelques déserteurs p:irurent armés
sur différents points; il fallut les soutenir et,
sans ordre ad hoc, mais en vertu d'instructions
générales, un de mes officiers s'empara des fonds
publics pour y parvenir ....
Les coupables sont... moi-même, pour lequel
je ne demande rien, 1101qiar orgueil, puisque la
fierlé la plus altière ne saurait ètrc humiliée de
recevoir des gr;ices de celui qui en fait aux rois,
mais par honneur. Yolrc Excellence voudra sans
doute connaître le motil qui a pu me déterminer
à concevoir, à nourrir de pareils projets; ce motif, le voici : j'ai m le rn:tlheur des amnistiés et
ma propre infortune, peuple proscrit dans l'Etnt,
classé en scnage, exclu non seulement de Lous
les emplois, m:lis encore tyrannisé par ceux mêmes
auxquels n'a jadis manqué que le courage pour
faire cause commune avec eux ....
Quel que soit le sort qui m'est 1·éserré, je YOUS
prie d(' considercr que je n'ai point cessé d'ètre

On s'imagine quelle devait être, à la lecture d'une semblable missive, la stupeur de
Fouché, de Réal, de Desmarets, de Veyrat, de
tous ceux à qui incombait la mission de montrer au Maître ses peuples enthousiastes et
satisfaits, ou tout au moins soumis et silencieux. Ils sentaient bien que, dans cette lettre,
tout n'était pas •hâbleriej on y retrouvait,
amplifié, le plan de Georges : même menace
d'une descente des Bourbons sur lt:s côtes,
même assuraqce de renverser, en frappant
Bonaparte, l'immem:e édifice qu'il avait é!è\'é.
De fait, la croyance que l'Empire, alors que
toute l'Europe paraissait définitivement subjuguée, restait à la merci d'une bataille perdue, était si bien ancrée dans resprit des
populations qu'un homme comme Fouché,
par exemple, très instruit des dessous· de
l'opinion, ne dut jamais croire à la solidité
du régime qu'il servait. Toute l'histoire de la
Restauration n'était~clle pas en germe dans
la profession de foi de Le Chevalier1 Ne devait-elle pas se retromer, cinq ans plus tard,
dans l'étonnante conception de Malet1 Les
choses, en J814·, se passèrent-elles dilTéremment? L'empereur ,•aincu, la défection des

1. ,\rcbi1·es mitionales. Fi 8171.
t. lbid.
5. Jacques-Fortunat Savoye-Rollin, nC â Grenoble
le 18 1\êcembre 1751. Il avait épousë, en '1788 un~
sœm· ile Casimir Perier : c'tSta1t une femme' d'un

grand mérite; .aprC~ qu'ell~ fut _m?rle: Savoye•rlollin
publia une notice b1~ru.pl119,ue ml!tulce 1'111&lt;/.ame. de
Jlollin. Grenoble, l'.\. ct. rn-8 de 1::i p:igcs, s1gur a la
fin : G. Héal.
4. Res prénoms étaienl Picrrc•A!cxandrc.

Français, que j'ai JlU su_ccombcr dans une noble
folie, mais non chercher un ltiche succès, et par
ces motifs j'espère que Yotr1! Exrcllrncc voudra
bien m'accorder la seule faveur que je réclame

L'ANCIENNE

PRÉFECTURE

DE POLICE

FAÇADE

SUR LA RUE DE ]ÉRUSALrn.

Dessin de

CHARLES

TOUVENOT.

pour moi : que mon jugemenf. si j'en dois subir
un, soil mililaire, ainsi que son exécution ....
A. LE

. . .,_ 363 .....

CuEVALrf:R 1 •

TOU](NEBUT - - ~

généraux, le débarquement des princes, l'in
tervention d'un gouvernement pro,·isoire, le
rétablissement de la monarchie, telle lut,
dans la réalité, la suite des événements
c'élait celle qu'avait pré,,ue Georges, celle
que d'.\ché escomptait également, celle que
Le Chevalier augurait avec une clairvoJance
si nette, et qui, pour miraculeuse qu'elle
parût à bien des gens, fut simplement le ·ré•
sultat Jocrique
d'un effort continu, la réussite
0
.
d'une conspiration dont les acteurs avaient
chanrré bien des fois, mais qui n'avait point
subi de trêve, depuis le coup d'État de Ilrumaire jusqu'à l'abdication de Fontainebleau.
Les chefs de la police impériale se voyaient
donc en présence &lt;&lt; d'une nouvelle affaire de
GeorO'es'
)l ,· des révélations partielles de
0
Flierlé, du peu qu'avaient raconté les Buquet, on inférait que d'Acbé pom-ait en être
le chef et l'on recommandait à toutes les autorités {( de bien chercher sans rien ébruiter JJ. En dépit de ces exhortations, Caffarelli
semblait se désintéresser du complot, qu'il
avait déclaré en dernière analyse C( vaste
mais fou )&gt; et qui ne lui semblait pas devûir
mériter davantage son attention.
Le préfet de la Seine-Inférieure, SavoyeI\ollin, avait montré, chaque fois que Réal
s'était adressé à lui au sujet d'incidents se
rattachant à l'affaire du Quesnay, Une ardeur
et un zèle qui contrastaient singulièrement
avec l'in&lt;lolence de son collègue du Calvados, Savoye-Rollin appartenait à une ancienne
famille parlementaire~; avocat général au
parlement de Grenoble avant 1790, il s'était
rallié aux idées modérées de la Révolution et
avait été nommé, au 18 Brumaire, membre
du Tribunat. A cinquante-deux ans, en 1806,
il remplaçait Beugnol à la préfecture de
Houen. C'était un fonctionnaire distingué,
tr.n ailleur, très digne et possesseur d'une
Lelie fort une,
Réal s'en remit à Savoye-Rollin du soin de
découvrir la retraite de d'Aché qui arnit habité, on se le rappelle, avant le débarquement de Georges, la ferme de Saint-Clair,
près de Gournay, el qui possédait quelques
terres dans l'arrondissement de Neufchàtel.
La police de Rouen n'était ni mieux organisée ni ph;s nombreuse que celle de Caen,
mais elle avait pour chef un personnage singulier dont l'activité suppléait aux qualités
qui manquaient à ses agents. C'était un petit
homme instruit, remuant, malin, plein d'imagination et d'esprit, ayant son franc parler
avec tout le monde et ne craignant, comme
il le disait lui.même, (! ni femme, ni Dieu,
ni diable n. Il s'appelait Licquet• el avait,
en 1807, cinquante-trois ans; la Révolution
l'avait trouré procureur du roi de la mai- _
trise des eaux et forêts de· Caudebec, fonctions qu'il avait résignées en 17\JO pour venir
occuper à Rouen un emploi dans l'administration municipale. En l'an lV, il était chef
_du bureau de l'instruction publique~; mais,
en réalité, il faisait, lui seul, toute la besogne
de la mairie et un peu aussi celle du dépar1

5. Archi,·cs adminisli·atives de l'llùlcl de Ville de
l\oucn.

�IDST0'/{1.Jl

__________________________________

.,

C'était la seconde fois que l'allention de
lcment, si Lien qu'il se lrouva tout nalurellcmenl amené, en 1802, au poslc de secré- Licquet était allirée sur le nom de Mme de
taire ('Il cht:f de la municipalité; il délivrait Combray. li l'avait déjà lu, cilé incidemmrnt,
et visa.il en celle quali1û lrs pa~scports. De- dans le procès-verbal de l'interrogatoire ·de
puis cinq ans, personne 11 ·avaiL pu rnpger Flicrlé, et, tout de suite, avec l'instinct du
daos la Seinc-Inréricurc sans passer par son policirr pour qui un mot suffit à la reconsl iLureau; comme il a,ail de la mémoire et que tution de toute une i11lriguc, il eut l'intuition
ses fonctions cc l'amusaient lJ, il gardait un suLile r1ue là était 1~ nœud de l'alfairè. Cette
souvenir très net de tous Jes gens qu'il y impruLlt'nle conridl'ncc &lt;.:tbappée à To11l'lom·
avait toisés et signalés; il se r;1ppclait fort Ût!\ait ~1llirer sur b tête de Mme de Comlmiy
hicn :noir sigor, en déccml1re l80j, le pas- &lt;l\;pou ran lahles cala3l1\1phcs et Licquet lenai t
seport qui.avait servi i1 d',\ché pour se rendre Cn main le Lont de fil qui allait lui servir clt.!
&lt;le Cournay à Saint-Germain-rn-1.:iyr, cl il guide dans le dédale où Caffarclli ;nait refusé
conservaitla,ision très précise de cet homme de s'engager.
Près d'nn mois auparavant, en arrivant,
robuste, grand, au front élevé; aux cheveux
noirs 1 ; Lirquet connaissait d'ailleurs d'.\ché la nuit, à Tùnrnebut avec le notaire Lefebvre,
as~cz particulièrement pour être ioslruit de lime de ComLray avait exprt•s3émcnt recomce détail inlimc (( qu'il arait les ongles de ma11Jé à Soyer de ne po:nt ébruiter son
pieds tellement rrcourliés dans la cl1air qu'il retour. Elle s'é!ait enrt&gt;rmée dafJs son apparmarchait dessus 1&gt;.
tement a\·ec ~a femme de chamLre, Catherine
Depuis celle rencontre avec d.Ad1é, les Querey; le notaire avait partagé la chamLrc
attriliutions de Licquet avaient encore grandi: de Bonnœil. La nuit fui tr;inquille. Le lcnd&lt;'tout en con.servant sa place de secrétaire main - c'était le mardi '::!8 juillet - la margénéral, il avait mis Ja main sur la direction quise fit voir à Lefebvre Jcs a.ppartemenls
de la police et il s'acquillail de ces functions 2 préparés pour reccrnir le roi et les cachelles
avec tant de verve, d'aulorité el de mali~c du grand chàlt•au ~; Tionnœil lui montra les
r1ue nul ne soogeait à criliquer se5 empiète- copies du Jh:1uireste diJ d'Acl1é cl l'urilison
ments. On le craignait, d'ailleurs. car il avait fun~bre du duc d'Engliien, dont oi1flt, après
la langue acérée ; mais il plaisait au préfet le diner, IJ lecture respectueusement. \'ers
qui aimait son esprit et appréciait son habi- le soir, Su)·er annnonça la Yisile du recc,·eur
leté.
de la poste de Gaillon; c'était un ami qui
Découvrir l'introuvable conspirateur et avait, à plusieur3 reprisc3, rendu aux hal.iimontrer par là son savoir-faire à la police de iants de Tourm•hut de signalés ~ervices.
Paris, rnilà. qui, dès l'abord, séduisit grande- Il venait d'apprendre &lt;rue le commandant
ruent Licquet. - Aussi sa satisfâ.ction fut- de la gendarmerie avait reçu, de Paris,
clic sans bornes ciuand, le 17 am\l ·1807, l'ordre de faire à Tournebut unC perquhitrois jours après qu'il eut donné ses inslruc- Lion qui aurait lieu incessamment. Mme de
Lions à ses agents et drt:'Ssé leur plan de cam- C11nbra.y ne se lroubla point; depuis long-p.1gnc, on vint lui apprendre que « ~I. d' Aché temps , elle était préparJc à cette éve11tualitt! :
était écroué à la Conciergerie du Palais de elle ordonna à Soyer de porter quelrptes projustice l&gt;. li )' courul et se fit amener le pri- visions au petit château et, quand la nuit fut
sonnier : - c'élait 1'nurlour, le frère de vcnur, elle s'y rendit avec Left!Lvre. li y a\ttil
d·Aché, l'inoff,nsif Placide, arrèlé à Sainl- là deux cachettes confortables dont elle lui
Denis-du-llosguérard, où il 6tail allé, de expliqua le mécanisme : l'une dt!. ces ouf\ouen qu'il habitait ordinairement, passer bliettes était assez vaste pour qu'on pùt y
une quinzaine chez sa vieille mère :; . La dé- installer côte à tôle deux matela; '; : elle y fit
ceplio:1 de Li c11uct était cruelle, car il n'y entrer le notaire, s'y glissa après lui el rea rait rien à lirèr de Tourlour; il l'inter- ferma sur eux les cloisons.
rogea cependant, pour dissimuler sa déconBonnœil reslait seul à Tournebut; l'exisvenue, sur so.1 rrère, que Placide déclara
tence paisible r1u'il } menait depuis deux
n'avoir pas vu depuis quatre ans, et sur l'em- ans le mettail à l'aLri de tout soupçon el il
ploi de son temp3 qu'il partageait, lorsqu'il s'apprêta à recevoir les gendarmes qui se
n'occupait pa) son logement de la rue Saint- présentèrent le venJrc&lt;li, dès l'aube. te comPatricc, entre Sainl-Denis-du-llosguérard tt mandant du dê 1acbemenl exhiba son mandat
le château de sa parente, Mme de Combray, de pcrquisilion; Iloanœil, fort rassuré sur
aux emirons de Gaillon. D'ailleurs il protesta l'is5ue de l'iuciJ1•nl et, par suite, plein de
&lt;( qu'il n'avait en rue que sa lrarn1uillité et
sang-froid, ouvrit toutes les portCfl, livra
les soins à donner à sa mère impotente et toutes les clefs. Les soldais parcoururent le
fort àgée ll.
•
château des caves aut combles; rien ne

paraissait moins suspect que cette grande
maison dont la plupa.rt des appartements semblaient ill'1ccupés depuis Longtemps, el Ilunnœil afnrma que sa mère était partie depuis
une quinzaine de jours pour la Ila5se-Normandie où elle allait, chaque année, à pa·
reillc époi1uc, recueillir ses fermages et visiter
ses terres dt!s emirons de Falaise; les domestiques, sommairement interrogés, furent
d'autant plus unanimes dans leur dl·claration
quit rcxceplion de Snycr el de Mlle Querry
qui, sC'uls, étaient &lt;liins le secret, ils avaient
Lous vu la m:lrrJuisc partir pour Falaise et
r1u'1l.s ignoraient son retour.
L'orncier reprit aYcc ses hommes le chemin
de Gaillon, sans se douter que la femme qü'il
cherchait était tranquillemrnt occupée, tandis qu'on perquisilionnait dans rn maison, à
jouer aux cartes à cent pas de là, avec un de
ses complices. C'est à cet innocent passetemps que Mme de Combray employait, en
effet, les longues heures que la politique
l'obligeait à vivre dans les réduits herméliquemcnt dus du petit château.
Elie sPjrmrna, avec son hôte, pendant huit
jours dans celte maison à do.ni.le fond, ne se
montrant point au dehors, occupant la journée à parcourir les deux élages de pièces démeublées et rentrant dans la cachelte dès
r1uc lombait !a nuit 0 • Tous deux ne reparur~nl à Tournebut que le mardi 4 août. Ce
jour-là, S01er reçut de Mrne Acquet une
lettre sur l'enveloppe de laquelle la jeune
femme arait écrit : 7iom· maman : c'élait
la réponse au billet envoyé de Crui~sanvillc
pu Lcfebvrr. Mme Ac11uel mandait que &lt;&lt; le
départ t.1.è sa mère lui faisait licaucoup de
tort »; elle assurait pourtant qnc tout daU:gcr semblait écarté €l q1Jc le not:iirc pouYait
rernnir à Falaise sans inqui éludc. Pour ~a
part elle avail trouvé asile 1( cbtz une personne sûre »; l'abbé Morand, vicaire d1•
GuiLray, se cbar5eait, ajoutait-elle, de lui
faire tenir sa correspondance. De la proposition qui lui a,·ait été faite de ,,cnir 5,e rt: fugicr à 'l\mrneliut, pas un mol. Évidemment
Mme Acquet préférait la retraite quelle
s'était choisie et qu 'elle ne désignait pa s.
Mme de Combray, de son càié, s6it quelle
fùt peinée de cette défiance injm,tifiéc, mit
qu'elle craignil de se poser en complice du
vol si elle ne st\p:i.rait pa~ complètement sa
cause de ccllè de lime Acq uet, fit répondre
pnr sa femme de chambre« qu'il n'r!ait plus
temps de rrnir, qu't'llo se portait fort mal rt
ne pouvait reeernir personne; l&gt;. Aimi sr
trouva nellcmcnt accusé le disscn !i 111rnt q1:1i
div:sait ces d !.!UX fommes,
Ce fu l Lefebvre qui se chJ.rgea de remetrre

1. Cc pas;;cporL sign6 de d·Ach~ et tic Licr1uel est
aux Arcl1i\·cs nalimalcs, F7 8 170.

i. « [)i'\ à 1lom.c jo11r.l apri:s son arl'in'•eit Tournclm !, 11ml' .dr C:.un!J1·ay voulul 1111e j'éeri1·issc ponr clic
u11 e lcll1·e il un ahl,é de FalaiFî' &lt;1ur je rruis être
l'nl1bë ]Jorand. Jc fis ohsrl'vcr à lladame que j'éc1·i\'3Îi for! mal; mais Mad ame insista e t j'f!l:ril"Ïs. Ccuc
lcllrc ne di,;ail rien null'l.l dw-e, si cc n'est &lt;Jue )ladamc se porlait l"ol'l mal, qu'elle ne pourait recnoir

2. Les 111Jnuait'èS ,lu dl'parlcmcnt de la Scine-lnl'l•·
1·ie11re. Je 1806 i1 1~11, mentionnent Lic1iuct au
,louble Litre Jè s1•crêlaire gênéral tli! fa rnaine et d1•
clid df' la police.
J. Mme d',\d1éavait11uillé Saint-Clair en mars 1801
et PlaC'îdc tJ'..\c\1é l'arail inslalléc i1 telle épm1ue ù
Sa inl-Dcnis-du- l111S;uérn 1·d.
4. « On m·a monti·é un grand et vaste apparl~m~nl ~lu cùlé du Nord. ler1uc~ était d~sliné, à cc 1p1 c
m n 1\1L ~lmr ile Comhra.)·, a ~cc~rn•r Ir pre!enrlant
cl IL'" pcrsonnr'- 1lt: ~.1 sullc . ~1 on a\·:iil Il' !1onlwur

r1uïl vinL rn Fl'ance, el elle nt(' mor11ra u:1 pelil escal1e1· (\LÙ contluis~il i• ptmicurs appariement.:. au-dessus
ile et&gt; ui-ci, qu'elle me dit être assez nslcs et que dan,;
celle pa1·lic du château on poU\'aiL bien ~· logl'r &lt;JU~ran tc â. cinc111 an lc pcrsoune~. 11 lnlcrroj:t"aloire de L1'fehvre, 22 :mût 1808. ,\rchivcs tin greffe de la Com·
d'assises fie Houen.
5. • C'était un awart~menl de hnil pieds de
]un~ .... o Interrogatoire cle l,cfrhvm, 22 août 1808.
Arc11i1·cs du greffe de la Cour d'as~iscs de Rouen.
ü. Interrogatoires de )lmc de Combray, du notaire
T.efch1rc, ,le Soyer, tic )1111• Què1•1•~·· Passim. Arcliiw•s ùu grelfo dr la Cour d'a!;siscs ile llonen.

personne. Comme Jlmc de Cmnhray ara.il dit fJUC
)lmc Acquet pourrait 11rri1·cr, j'ai lieu de présunicr
c{uc celle lcll rc n'élail é~ritc. que 1lans l'iotcntion de
1en dêlourner. • DCclaralron dc. Mlle Quercy, 5 septrmhrc 1807. Archiws du g1·c.lfo de 1~ Cour d'n~si~c&gt;s
,k llouc11.

Tou~NEBUT - - ,
la lettre lt l'ab!Jé Morand; le notaire avait
hâte de rentrer à Falaise où il se sentait, par
sa situation, plus en sécurité que dans les
caches de Tournebut. li partit le jour même
après arnir foit choix, dans les écuries du
château, &lt;( d'un cheval jaune' J&gt;; il chaussa
une paire de bottes et endossa une redingote
appartenant à llonnœil, puis gagna le I ois
par une pelite porlc percée dans le mur du
parc. Soyer Je conduisit jusqu'à la grande
roule, près '&lt;lu moulin des Quatre-Vents.
Lefebvre prit, pour éviter JtHeux et Louviers,
la roule &lt;lu Neubourg. Le surlendemain,
0 aoùt, il déjeunait à Glatigny, chez Lanol:,
l laissail la redingote, les bottes et le cheval
jaune; et, le même jour, il se dirigeait gaillardement sur Falaise, oll il arrivait le soir.
Dès le 7, il voyait !!me Aquel et la trouvait
comp~ètemcnt rassurée.
Après que Laooë, douze jours auparavant,
l'eût abandonnée, désespéréf't devant la ferme
de Villeneuve, Mme Acquet avait tant supplié
une femme qui se trouYait là que relie-ci
consentit i1 aller chercher Colin, l'un des
domestiques de la BijuJc : c'est avec lui que
la fille de la marquise de Combray revint à
Falaise sur l'un des chevaux du fermirr.
Elle n·osa se présenter à l'hôtel de la rue du
Tripot et s'arrêta chrz 1a mère Cbaurel, une
Urave femme qui blanchissait le linge de la
maison de Combray; ce qui l'allirait là, c'est
que le fils , Victor Chaurel, était gendarme;
il avait fait partie du détachement envoyé la
veille à Donnay et elle voulait savoir de lui
si les Buquet l'avaient dénoncée.
Elle enlra donc chez les C~auvel mus le
prétexte de demander l'adresse du capitaine
Manginot. Le gendarme était à souprr: c'était
un beau garçon de trente-six ans, ancien hussard, lion sujet, mais, quoiqu'il fût marié et
père de trois enfants, noté comme &lt;&lt; courC'ur
cl aimant le sexe 1 J&gt;. - &lt;&lt; Quand Chauvel
est auprè3 des femme~, dirnient ses camarades, il oublie loul "· " li voyait là Mme Acquet pour la première fois. Aux questions
lJU'clle lui posa, il répondit que son nom
avait, en ('(îet, été prononcé, d Manginot,
logé au Gl'and-Turc, était à sa rechenhe.
La jeune femme se mil à pleurer : elle supplia la mère Chauvel de la garder, promettant de payer pension, laisanl appel à sa
pitié, et la blanchisseuse se laissn toucher :
elle disposait d'une mansarde au troisième
étage de la maison; elle y fit porter des couchages qu'on jeta sur le rarreau et c'est de
là que Mme Acquet écrivit à sa mère r1u'elle
s'était procuré une retraite sûre.
Très sûre, en effet, et l'on comprend qu'elle
n·ail pas cru devoir détailler d'une façon plus
précise les conditions de l'hospitalité qui lui
était olfertë. Est-il en effet l.iesoin d'insister
sur le genre de relations é!aLlies, dès la première heure de son installalion dans la maison Chauvel, entre celle pauyre femme chez
1. Déclar:ilLon de Mlle Quèrcy.
:!. Archives du greffe de la Cour d'assises Je Rouen.
:i. Ibid.
4. « LorS11uc je rèvins de Tournebut, Mmè .\ c1Juet

qui la peur d'êlrc prise étouffuit tout aulre
sentiment et le soldat dont son sort dépendait'! Cbaurel n'avait qu'un mol à dire pour
la faire arrêter; elle se donna à lui, il se tut
et l'existence qui, dès lors, commença pour
tous deux, fut ··si miEérablc et si tragique
quelle inspire plus de commisération que de
révolte. Mme Acquet n'avait qu'une pensée,
échapper à l'échafaud; Chauvel n'eut plus
qu'un désir, ne point perdre celle maitresse
inespérée et d'autant plus chère r1u'il lui
faisait le sacrifice de sa carrière, &lt;le son honneur, dé sa "ie peut-être. Les choses, d'abord, se passèrent de foç::in assez calme :
aucun mandat d'amener n'avait été lancé
contre la fugitive et, dans les premiers jours
qui suivirent sa retraite chC'z Chall\'el, elle
sorlait avec lui, le soir, sous un déguiscmenP : bientôt même clic s'rnbardit et osa,
en plein jour, se montrer dans lès rues de
Falaise. Le 15 aoùt, comme le nolairc Lefebvre recevait chez lui Lanoë à déjeuner,
elle y fut également invitée : on causa,
Mme Acquet ne cacha point qu·ellc avait
trouvé dans la maison de la mère Chauvel un
abri, et qu'elle serait tenue au Courant par
le fils des ordres que recevrait de Caen ou de
Paris la brigade de gendarmerie. Lefebvre
amena la conwrsation sur &lt;&lt; le trésor lJ.
L'argent dépos_é chez les Buquet extilait Lien
des comoitises : Bureau de Placène, en sa.
qualité de banquier des chouans, avail, lè
premier, fait valoir les droit,s de la caisse
royale ; Allain el le boulanger Lerougc -

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'

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', l

L 'AKCIENNE PREFECTURE DE POLICE :
L'ARC EN PIERRE DE LA RC~ DE NAZARETH.

Dessi11 de

CHARLES TOUVENOT,

llla_i~ !ogl!e c\1~z Cha!--lvc\. Ccl_ui-eiA lui p~·ocnrail \a
facilile de s')r!ir le soir; Je crois mcmc quelle se degu!sait. Jïrrnorc quels moyens clic avnil employl!s
pour ~voir fa prolcdio11 J e ChauYe\; mais je présume
~

365

v.--

&lt;JHÏ montrèrent un désintéresscmenl absolu
- avaient entrepris le voiage de Donnay cl
soutiré, non sans peine, aux recéleurs douze
cents francs : à cinq reprises, Lerouge, avec
une petite cbarrclle, était rc\"C'nu·scul, à des
jours comcnus, jus11u'à la forêt d'llarcour:;
il allenda;t (1 sous un grand arùre, au Lord
d'une roule de traverse n, ot Buquet lui
apportait là de l'argent. Placènc rrçut ainsi
une douzaine de mille francs &lt;! en écus, si
maculés de- terre que sa femme Fut obligée
de les laver" "· Mais Joseph Buquet, disparu
drpuis l'arrestation de ses parents, savait seul,
juraient ceux-ci, oll le trésor arait été enfoui
cl l'on n'y pouvait plus puiser.
Tout en drjeu111nt avec le notaire et Lanoë
Mme Acquet supplia ce dt:rnier de se mettre
en quète : elle croyait l'argent enterré dans
le chJ.mp de sarra-.in silué entre la maison
desllu·1uet cl les murs du château; elle invi•
tait Lanoë à aller &lt;&lt; pi1p1rr la terre 1&gt; pour
drcouvrir la cacbettr, ce à quoi il se refusa.
Elle semblait aroir « la tête perdueG l); clic
projetait d·aner sc jeter aux pieds de rempcrcur pour Implorer de lui son pardon; elle
parlait de recouvrer l'ar;;ent volé pour le
rendre au Gouvernement, d'y ajouter, s'il le
fallait, le montant de sa dot el de quiller la
France pour toujours. Le soir, en rcnlranl ,
très fiévreuse, chrz IJ Llancbissrnsc, elle lui
fit part des mêmes projets; pendant trois
jours elle se complut à celle idée qu'elle rcssassail continuellcmrnt : la pauue Îtmme se
figurait qu'il lui suffirait, pour se soustraire
au châtiment. de restituer la somme enlc\'ér.
Chauvel était rn tournéè; quand il rHi11t,
le 10, il rapporta une nouvelle : le préfet
Calfarelli devait arriver le lendemain à Falaise
pour y procéder à l'ioterrogatoire de Mme Acqull. Cc fuL une nuit d'angoisse et de larmes;
peul-être est-ce à celle date qu'il fout reporter une tenta.lire de suicide de la malheureuse, l1 qui Cbaunl dut arrac:ber le poison
qu'elle allait absorber. On touche ici, d'ailleurs, à un point très obscur; s'il est permis,
en effet, de croire à la molles:sc, à lïm:ouciance même de CafTardli, il 1nraît assez dif•
ficile de l'accuser de complicité actiYe; il est
cependant bien surprenant que, prévenue
de son arrivée à Falaise, Mme AC'quet n'ait
pas aussitùt pris la fuite et qu'elle consentit
à se présenler devant lui comme ü die cùt
éié assurée de trouver là rncours et protection; l'enlrcrne eut lieu chez le maire,
M. de Saint-Léonard, parent de Mme de Combray, et ressembla plulôt à un conseil de
famille qu'à un interrogatoire. CafTarC'lli s'y
montra beaucoup plus paternel que ne le
comportait son rôle de juge; la tradition subsista longtemps, dans la famille, qu'on a"ail
mis en jeu, pour attendrir le sensible préfet, la parenté - fort éloignée et dont on
avait jusrp1e-fa soigneusement négligé de se
targuer - de Mrne de Combray avec les
Tascher de la Pagnie dont était issue l'imque c'était ccus: de la s&amp;luctiun. :o lnlcrrog,1loirc de
Lefebvre, 23 aollL 1807.
5. Dêclaratio11 tic l,crougc, &lt;lil Uornet, 0 ~otil 1808.
ü. Intcrrug[l_loirc 1k Lano(•. j Sè()lcmbrc l80~.

�IDSTO~}.Jl

---------------------------------·

pératrice. Quoi qu'il en soit, Mme Acquet
sortit de chez li. de Saint-Léonard très rassurée, annonça à la mère Chauvel qu'elle allait
voyager et se chargea même des compliments
de la brave femme pour la marquise de Cumbray près de laquelle elle arnit, disait-ellr,
l'inJ.ention de passer quelques jours, à Tournebut. Dans la journée du 22, elle fil un paquel de ses hardes, et, le soir, déguisée en
pa~'san, clic quilla, au bras du gendarme, la

•

maison de la blanchisseuse 1 •
Après le départ du notaire Lt·febvre, la vie
avait repris à Tournebut son cours haLituel.
Mme de CombrJJ', persuadée que sa fille se
trournit en sùrcté et que le préfet du Cakado~, - soup~·onnàt-il sa complicité, -- ne
se hasarderait jamais à ordonner rnn arrcstalion, se montrait sans défiance et voisinait,
comme d'habitudri avec quelques châtelains
des cmirons. Elle ignorait que l'instruction
c'.tait pas~éc des mains de Caffarelli à cclle&amp;du
préfet de Rouen et qu'il y avait là, pour la
diriger, un homme dont la malice et l'opiniàtrcté ne se décourageraient pas facilement.
Licquct avait employé quinze jours à étudier l'affaire; il n'ayail, pour point dè départ, que les réponse&amp; ambiguës _de Flierlé
et les déclarations pleines de réticences des
Buquet; mais, depuis des années qu'en amateur passionné il s'adonnait à la poHce, il
avait emmagasiné bien des soupçons; l'insuccès de la visite des gendarmes à Tournebut
l'avait confirmé dans la certitude que ce
vieux manoir, de si paisible allure, devait
recéler de terribles secrets et que ceux qui
l'babitaient s'y étaient ménagé d'inaccessibles
retraites. Aussi cbangea-t-il de tactique : le
19 août, Mme de Combray et Bonnoeil, très
rassurés sur l'avenir, étaient allés passer
l'après-midi à Gaillon; comme ils revenaient,
le soir, vers Tournebut, ils se trouvèrent
tout à coup en présence d'un détachement de
gendarmerie posté en travers de la route; la
marquise et son fils durent décliner leurs
noms i l'orficier exhiba un mandat d·amener
et tous ensemble revinrent au château qui
était occupé militairement. La marquise protesta aYec indignation contre l'envahissement
de son domicile; elle n'en dut pas moins
assister à une perquisition sommaire qui se
prolongea pendant toute la soirée. Vers minuit on la mettait, avec son fils et deux gendarmes, dans une voiture qui prit, sous
escorte, le chemin de Rouen, et, à l'aube,
tous deux étaient écroués à la Conciergerie
du Palais de justice.
Licquet n'était d'ailleurs qu'à moitié salisfait du résultat de l'expédition; il avait espéré
surprendre d'Aché qu'il croyait caché à Tournebut 1 ; les agents avaient également arrêlé
la femme Levasseur et Jean-Baptiste Caqucray, marié récemment à Louise d'Acbé mais,
du conspirateur lui-même, aucune trace; del. Yoic! en ~ucl s tC'rn(CS Calî11rclli apprenait à Réal,

le 29 aoul 1807, ln fu1lc de ~lmc Acquet : « J'ai
rnlendu )!me A... i1 Falaise, il y a huit jours: je
n'av11is pas cru dC'\'oi1· la foire arrêlcl'; mais j'avais
charge le magistral de ~flrclè de !.'l Sll\'reiller. JI
nùppre!uJ qu'~llt; a dispar~ l~ 25. " La négligence de
Caffarcll1 fut sen:iremcnl Jugcc pai· Foucl1é. A partit·
de cl'l i11ci1lcnl on lui 1·ctira, de fait, la co11dmle de

puis trois ans cet bomme ex1raordinairc déjouait les recherches de la police : fallait-il
donc croire que, depuis ce temps, il vivait
enfoui dans quelque oubliette de Tournebut
et devait-on attendre que Mme de Combray
révélât le secret si bien gardé de sa retraite?
Dè., l'arrivée de la marquise à la Conciergerie, Licquet, sans se montrer, étail alié
(( étudier l&gt; sa prisonnière : semblable à une
vieille lionne mise en cage, celle femme de
soixante-srpl ans se démenait arec une énergie surprenante : chez elle, nul indice d'abattf1nent ou Oc confusion; clic prenait ses
aises dans la prison, rn plaignait dn régime,
maugréait tout le long du jour, s'emportait
contre les geôliers; il n'}' avait pas à espérer
'(Ue son caractère .rn démcnlil ni à escompter,
pour lui arracher quel1p1c conûdencf', une;
émotion qu'elle ne ressl'nt.iit p:i.s. Le préfet
la fil amenrr en rnilure à son hôtd, par le
concierge de la prison, le 2;; aoùt : l'interrogatoire dua deux jours entiers . Arec l'cxpér~ence et l'astuce d'un repris de justice, la
marquise simula la plus enlière franchise
mais « elle comint srnkment des choses
qu'tlle ne pourait 11ier awc succès:; &gt;&gt;. Licquet posait lc.s questions; elle n'y répondait
qu'après les arnir fait répét,~r plusieurs fois,
sous prétexte qu'elle ne les comprenait pas .
Elle luttait avec acharnement, discutant, ergotant, bataillant pied à pied : si elle avoua
connaître d'Acbé et lui avoir souvent offert
asile, elle nia formell~ment être instruite de
son domicile actuel. Bref, quand SavoJcHollin et Licquet la renvoyèrent à la Conciergerie, ils gardaient l'impression qu'ils avaient
&lt;c eu le dessous et que l'enquête n'avait pas
fait un pas&gt;&gt;. Bonnœil, i~terrogé h son tour,
n'apprit « rien que ce qu'on savait 1&gt;. Placide d'Aché, remis sur la sellette, nia tout et
s'emporta.
Le préfet el son acolyte restaient assez penauds de leur déconvenue quand le concierge
de la prison qui avait reconduit au Palais
Mme de Combray, demanda à leur parler;
introduit aussitôt, il conta que, landis qu'il
s'en retournait seul dans 1a voiture avec la
prisonnière, celle-ci cc lui avait proposé une
forte récompense s'il voulait se charger de
transmettre ses lettres à quelques-uns des
détenus n. Le concierge, accoutumé à ces
sortes de propositions, C! n'avait répondu ni
oui ni non, mais en promettant cependant !1
la femme Combray de la revoir pendant la
nuit, à l'beure de la ronde », et il venait demander au préfet ses ordres au sujet de cette
correspondance; Licquet insista vivement
pour qu'il fût autorisé à la recevoir; il espérait, en interceptant les billets, tirer grand
profit des confidences et des conseils que la
marquise ne manquerait pas d'adresser à ses
coaccusés ile moyen, tout d'abord, répugnait
fort 1t Savoye-Rollin, mais la proposition
l'arfaire poUt' en charge!' le préfet de la Scine-/11féricure. On s'abstinl même de tenir Calfal'clli au cournnt des divers incidents de renquêtc etl1icn sourcnt,
tomme on !c vcna, il n·en app1·il les rêsullal s que
par la roix publique.
'l. « Rouen. 20 aoùt 1807, Mme de Combray cl
Bonnœil sont arrêlés, ils ont été trom·és li Gaillon et
amcuès ici cc malin : r1uant à d'.\ché. ruiué, on a

même de la détenue établissait si bien sa
culpabilité qu'il ne se crut pas obligé à la
discrétion et céda, non sans laisser à son
secrélairc général -- c'était là un des titres
de Licquct - la responsabilité du procédé.
Muni de cc Liane-seing, celui-ci prit en
main la direction de l'enquête; il trouvait là
un merveilleux emploi de ses aptitudes;
jam:iis duel ne fut plus impitoyal1le; jamais
policier ne fit preuve de plus dïnrcntion et
de duplidté; par c&lt; amour de l'art n, par
plaisir - car il n'ambitionnait ni honneurs,
ni argent - Licquet s'acharna contre H's
prisonniers arec une passion qui serait
inexplica!Jle si ses lettres ne révélaient les
joies profondes que cette lutte lui procurait:
il n'éprouvait contre se.s victimes ni rancune,
ni haine; on ne prrç1,it en lui d'autre senliment que la sati.::,faction féroce de les voir
trébi.:cher dans ks pièges qu'il leur !end et
de percer les mystères d'un complot dont la
portée politique seml1le même le laisser tout
à lait indifférent.
A,·cc une jouissance de dilettante il attenait
l'heure où devait lui ètre remis le billet que
Mme de Combray, sans défiance, adressait à
Ilonnœil et à To11r/011r. Il dut patienter jusqu'au lendemain H celle première lettre ne
lui apprit rien : la marr1uise do-nnait à ses
complices un aperçu de ses interrogatoires;
elle le faisait avec tant d'art que Licquel se
demanda si la prisonnière n'avait pas été
avisée que le papier devait passer par ses
main:;. Le même jour le concierge lui remit
un second billet de Mme de ComLray à son
fils, billet tout aussi insignifiant que le premier, mais qui se terminait par celte phrase
énigmatique dont la lecture causa à Licquet
&lt;( un éblouissement )J :
Est-cc que vous ne savez pas que le frère de
Tourlour a brûlé le fichu de mousseline'?

Le frère de Toui-loll1" ... c'était d'Acbé.
!~tait-il donc venu récemment à Tournebut?
Ne s'y trouvait-il pas encore? Une nouvelle
lettre confiée par Bormœil au geôlier et remise
par celui-ci à Licquet semblait répondre
affirmativement à ces questions. Adressée .à
un homme d'affaires de la rue Caucboise,
nommé Legrand, elle était ainsi conçue :
... Je vous en prie, partez de sui le pour Tournebut sans dire à p&lt;'rsonne l'objet rle ,·otre Yopge;
allez à Grm:mesnil (le petit chàteau), ,,oyez la
femme Bachelet et brùlez toutes les pièces suspcclcs qu'elle peut arnir; vous nous rcndrf'Z un
senice inappréciable. Renvoyez-moi cc hil!ct.
Dites à Soxcr que, si on demande si M. d'Acbé
est venu, il y a environ deux ans qu'on ne l'a
pas vu à ToUfnebu t.
Le soir même, l'ordre parlait pour Gaillon
de s'assurer de la personne de Soyer, et,
douze heures plus tard, il étai!, à son tour,
écroué à la Conciergerie de Tiouen, ce qui
inutilement cherché. li parait constant que, dcpui,;
plusieurs annCcs, il ne s'est montré ni dans la commune de Se11ncvillc, ni chez ~!me Dourches. • Letlre
du prefcL de la Seine-Inférieure à Réal.
3. Lcllre du pretet de la Seinc-lnféricm·c à nt:al.
4. Tous ces billets en originaux ou en copies faites
de la main de l,ic11uct, se trouvent dans les cartons
des Archi1·cs nationales, Fi 81 i'l.

T OUR_NEBUT
n'empêchait pas Ilonnœil d'écrire, le lendemain, à ce même Soyer dont Licquet, comme
bien on pense, ne lui avait pas appris l'arrestation :
Je te prie, mon cher Soyer, de regarder dans
les deux ou lrois secrétaires dans la chambre de
ma mère si lu n'y trouverais pas quelc1ucs pièces
qui pourraient la compromettre, surtout de l'écrilurc de M. Dclorièrc (d'Aché). Enlève tout cc qui
esl de ~on écrilurc .... Si on te dem:mde s'il v a
longtemps que )1. Dclorière est venu à Tournch~l,
lu diras c1u'il n'est pas venu depuis environ deux
ans. Dis-le i1 Colas, à Catin et à la fille de la
basse-cour ...

par plus de vingt endroits différents sans être
vu n ; il fit éloigner les domestiques, posta
un gendarme à chacune des parles et, sous
la conduite de Soyer, il entra dans les appartements.
C'était d'abord, au baut du perrOn, sur la

Licquet prenait soigneusement copie de ces
billets; puis il les laissait aller à deslinalion,
dans l'espoir que la réponse, également con•
fisquéc au passage, lui apporterait quelque
lumière ... . O'aillcurs, il ne pouvait, dans ses
fréquentes ,·isitcs aux dr1rnus, hasarder 1a
moindre allusion aux coIJfidcnces qu'ils échaÎlgeaienl, de crainte qu'ils ne vins~cnt à suspe::ter la fidélité dt! leur me::sagcr et à renoncer à son intermédiaire. Dien des points restaient dqnc pour le policier trè~ obscurs. Le
Lil!et suiranl de IJonnccil à So)'Cr contenait
cette phrase :
Mets les petits rideaux SUI' la f'enèlrc de l'endroit oi1 je t',1i dit d'rnfonccr le clou ....
Et on se représente Licquct, le front dans
ses mains, cherchant à déchiffrer cc rébus;
jACQlJES-FORTUN.AT SAV(lYE-ROLLIN.
ce ficbu de momseline, ces petits rideaux, ce
D'après le dessin de BELLLIRD.
clou... était-ce donc là un langage figuré
convenu d'a,·ance entre les prisonniers? El
toutes ces précautions semblaient prises pour cour, dans l'aile de briques construite par le
sauver cc mystérieux d'Aché, dont le salut sire de Marillac, une vaste pièce senant de
était l'unique préoccupation des prérenus; un · chamLrc à Bonnoeil et par laquelle on accémol écrit par Mme de Combray à Bonnœil ne dait !t la grande salle, étonnamment haute et
permettaiL plus aucun doute sur le récent solennelle malgré son délabrement, avec son
carreau de briques, son plafond à poutrelles,
séjour du conspirateur à Tournebut :
ses immenses fenêtres ouvrant sur la terrasse
Je désire que Mme K... aille chez moi et voie du coté de la Stine. Par une double porte à
avec So 1 .•• si Oelor'! ... n'aurait pas laissé dans la ferrures monumentales, percée dans un mur
petite chambre près la ch:imhrc où couchaient épais comme celui d'une bastille, on pénéles cuisiniùr, s du papier dans la doublure de toile
cirée; enfin qu'il regarde J)ill'!oul et hrùle tout. trait dans l'apparterncnt de Mme de Combrn}' : une pren1ière chambre lambrissée de
L'indication, celle fois, était si précise que boi-5l'ries; un boudoir; un cabinet qu'un
Licquct n'y tint plus; il partit pour Tour• escalier dérohé meUait en communication
nehut que la grndarmerie occupait dl'puis ayec un dédale de petits entresols. Un grand
quinze jour.s; il emmenait avec lui Soyer qui couloir, éclairé par trois fenêtres ounant
dcYail lui senir de guide, et le commissaire sur la terrasse, menait, laissant à droite la
de police Lrgcndrc pour dresser le procès- chambre à coucher de la marquise, à la partie la plus ancienne du chàteau, rl'llc dont la
verbal des pcrqui~itions.
façade avait été récemment réédiûée; après
011 arriva à Tournebut le 5 septembre au
matin i Licquct, que cette chasse aux conspi- avuir trayersé le palier du rlC'gré conduisant
rateurs exallait, dut éprourcr une singulière au jardin on se trourait dans le salon, puis
émolion en approchant de cc mp,té, ieux do- dans la salle à manger d'où s'élevait, dans
mainC) objet de tonies ses pensées; d'un coup une tour carrée formant avant-corps sur la
d'œil il en prit en quelque sorle possession : fa çade postérieure, un e:;calier de pierre qui
il fut frappé de lïsolcmcnt du cb,Heau, si dessenait le premier étage . Là, un très long
bien placé à l'écart de la route, au pied des couloir, trois cbambres, prenant vue sur la
bois; il conslala rc qu'on pouvait y pénétrer vallée Je la Seine, et nombre de débarras el
1. Soyer.
2. Est-il utile de rappeler que c·csl sous le pseudonyme etc DeslaUl'ières que l'llme de Combra_\' dési-

gnait toujours d'Acl1é.?
:ï. Les pians a11cicns du chàlcnu cl du domaine de
Tournebut nous ont Clé lrès obligeamment commu11i,1ués par :Ume I.e Yillaiu , pro1wiélairc actuelle.

Nous lui adressons ici l11ommagc di! nolre recounais- ·
sance ainsi qu 'a Mmes de B... cl de 1\ .. , arriërcpetitds-fillcs de Mme de Combray, qui, nées à Tour11cbut, nous ont fourni sur les disposilion~ du château, aujourd'hui démoli, de . lrès précîèuscs iadication.9.
i-. C'était un cal1icr grossier de papier bleuâtre

---.

de petites pièces sans destination. Toul le
reste était en greniers où s'entre-croisaient
les charpentes du fairage: lors«iu'on en poussait la porte, des chouettes dfaroue:hées s'envolaient avec un grand bruit d'ailes dans les
profondeurs de cette forêt d·énormes poutres
,·ermou]urs;;. En somme, rien que de Kès
ordinaire, nul indice de cache que1conque :
on ouvrit tous les meubles, on sonda tous
les murs, on ausculta tous les lambris sans
découvrir aucun double fond .
C'était ~u tour de Soyer d'entrer en scène.
Soit qu'il craignît d'aggranr sa situation,
soit que Licquet lui eùt fait comprendre que
toute dénégation était inutile, l'homme dè
confiance de Mme de Combray consentit à
guider les policiers : il rrit un trousseau dê
clefs et, suivi de Liequet et de Legendrr,
monta, par un escalier de service, dans une
pelile chambre située rnus le toit d'un é1roit
bà1iment acco!é au pa,illon de briques de
Marillac. Cette pièce u'arait qu'une lenètrr,
pcrrée au nord et garniP, en manière de rideau, d'un lambrau d'étoffe verte;. pour tout
mcublr, un mauYais bois ·de lit, tiré au milieu de la chambre. Licquet et le commissaire
de rolicc examinèrent les cloisons et les
firent rnnder sous leurs ieux. SoJer ln1r
laissa le temps de fureter dans tous les coins,
puis, quand ils eurrnt renoncé à décomrir
d'eux-mêmes l'entrée de la cacheue, il s'approcha du lit, mit la main sous le sommier
et en retira un clou . On entendit aussi lût la
chute d'un contrepoids derrière la muraille
qui s'ouvrit, laissant apercevoir une chambre
assez vaste pourant conlenir une quinzaine
de personnes : il s'y trouvait un banc de bois,
un grand réchaud, des chandeliers d'ar(Tent
0
'
une malle remplie de papier à lellres, deux
paquets de che,·eux de diverses couleurs et
quelques traités des jeux. On y saisit, en
outre, l'oraison funèbre du duc d'Enghieu'
copiée par Placide, el le passeport que d'Acbé
avait levé à Rouen, en 1805, et qui portait
la signature de Licquet.
Quar.d on eut mis le tout dahs un sac et
refermé la cloirnn, ciuand on se fut bien
extasié sur la perfection du mécanisme qui
ne lahsait apparenles ni fente ni ouverture
d'aucune sorte, Soyer, toujours suivi de
deux agents, traversa tout le château, monta
au grenier el s'arrêta. enfin dans une petite
pièce siluéc à l'cxtrémilé du bâtiment; elle
était encombrée de linge sale étendu sur des
cord:s; une grosse poutre était fixée presque
a~ mreau du sol, le long de la muraille garme de tablettes supportées par des tasseaux.
Soyer " mit la main dans une petite cavité
de la poutre remplie de bois vermoulu· il en
rf:tira un morceau de for, le porn sur ia tête
d'un clou qui paraisrnit fixé !t demeure dans
l'un des tasseaux et, sur-le-champ, les tablettes se replièrent, une porte s'ouvrit dans
P?rlant tomme lÎl\'r. : Notice hisloriqur wr tassassmat de ]Jo11sc1g11ew· ic Dur De. Ce cahier se
lrou,·c, au~ Archi,·es na!iona!cs, F1 8170. 1t conlicnl,
out!·c I Orl1s.011 fun ébrc, un 11récis assez exact de l'execl!t1~n ~u ,Jeune prince _où l'on reuco11trc quelques
dctail~ 111lercssanls et qui ne me semblent pos a,·oir
lrou\'c pince dans d'.iulrcs r()cits.

�r-

111STO'l{1A

le mur el l'on pénétra dans une salle assez
grande pour que cinquante pcr::=onnes pussent
s'y tenir à l'aise )) ; une fcnêlrc ouvrant sur
le toit de la chapelle et qu'il élait impossible
d'aperccrnir du dehors donnait ;, celle pièce
le jour et l'air; elle ne conlrnait qu'une
grande armoire renfermant un plat de terre
et une pierre d'autel 1 •
Ainsi ce vieux manoir d'aspect si vénérable
et si familial était machiné comme un rf'pairc
de brigands et tfüposé pour senir d'arsenal
et di.! retraite à !oule une armée de conspirateurs; car Soyer révéla également le H'crcl
des ouLlieues du petit c/1âle"11 dont les
ch:u11brcs démeublées pouvaient aüriler au
bl'soin uec garui-rnn consiJéraLle; on n'y
lrouva que trois malles pleines d'argenterie
marquée d'écussons si variés qnc Licquet
i.:rul Lica pouvoir aftlrmcr que cc lrésor provenait des nombreux: mis opérés depuis
quinze ans sur loulrs les routes de la contrée;
après examen, il fut reconnu quïl n'en élait
rien et que la lotaliLé des fièces de ce scnil'e
portait les armes des di1îért'ntcs branches des
familles de Brunelles et de Combra) t; mais,
s'il fut contraint d'en rabltlrc sur cc point,
Licquct ne s'_entèla pas moins à attribuer aux
bûtes de Tournebut tous lt&gt;s méfails commis
dans la région depuis l'époque du Directoire:
ces caehettes si parfaitement dissimulées, cc
château poslé au bord du fleuve, dans les
bois, à portée de deux routes, comme ces nids
de piare où s'embusquaient les chevaliers
pillards du mo-ycn âge, ces choses expliquaient
si bien les atlaqucs de diligences restées impunies, les lundes de brigands subitement
disparues cl à tout jamais intrournLles, que
l'imagination du policier ~e dvnna liLre cours;
il sc persuada que d'Acbé élait là, enfoui ·
Jans queh1uc murail'.c crcu::ic dont So)·cr luimême n'arait peut-être pas le secret, et,
comme il ne rc~tait, dans ce ca~. que l'espoir
Je prc.o&lt;lre k proscrit par la faim, Lic,1ul'l
fit sorlir de TourneLut tous les serviteurs de
Mme de Combray et lais~a en permanence un
pi«111ct de gend.irme1 il! au chàkau dont il
rrmit les clefs, ainsi que l'adminislration du
d0mai11e, au mnire d'Auùevuic. •
1, b procl·s-\'Crhal de celle surprcnanlc perquisition csl aux Archi,cs nationales, P 8172.
2. Dans les Arclii\'CS de la famille ile Saint-\ïclor,
nous tl\'Olls retrouvé l'inventaire &lt;le cc riche rni~sclicr : il mentionne une très nomlJl"cusc \·aisselle
plate, êcucllcs, CU\°Cllcs anciennes, goliclcts, rédiauds,
Jc.lons, cui!ll·rs à ragollls, - ~ix rluuznincs d'assieUcs
au.c armclf de M:nc d'Eslci:illc. la mère de
)lm ~ Je Comhrav arait C'pousê 1111 d'(,:stcville eu secomics noces, _: q119lon~ :usicUcs aux a,·mcs de
.lime d' ,-lssas ("! ) etc., etc.
;;. « Des bruits de verrou~ cl de portes 011l fait
croire a Mme de Combray que le notaire est arrivi!

DJs qu'il fut rentré à Hout"n, sa première été renrn~é d par 11m, Si on m'en parl;1Îl, que
pensée fut pour ses prisonniers : kur carres• dir:iîs-jc?
pond anec avait continué en son absence t t on
Le nwlwais sujet, c'était Licquet luilui rcruil fid,·lement copie de Lous les i,illels rnèmc et il ne s'y trompa po'.nt; mais pour
qu'ils avaient échangés, mnis il!-i srmLlaicnl celle fu:s, il fallait répondre; quoi'! Licqucl,
s'èlre communiqué tout ce qu'ih avaiml d'in- espérant qu'un hasarJ lui scr\'iraiL le mot de
téressant à se dire cl leurs confidcnrrs mrna- l'énigme, usJ d'un e1pédient pour gagner
çairnt de iourncr à la monotonie. L'ima3ina- quelques heures : il fil apprendre à Mme de
1ion du policier trouva le mo1cn d'en Combray que le notaire s'était évanoui au
rc1.oun}!er l'intérèl. L1n soir, à l'heure 011 la cours d'un inlcrrogatoire et qu'il n'était pas
prb on s l'ndormai t, Licquct drnr.a l'ordre aux en état d'écrire•; elle n'en ralentil point sa
gnrdi.·ns d'oun ir Lrusqurmcnt quelques corrrspondanrc; plusieurs fois par jour clic
portes, &lt;le pousser drs verrous, de mnrrhrr adrl}ssait à Lefebvre de courts billets qui ajouavrc bruit d,ms les couloirs et, comme, le laicnt nux perplexités de Licquet :
lcndrm:iin m:itin, Mme de Combray ne
DitCS•moi cc qu·csl dc,·cnn mon cheval j;muc.
man11ua p:1s dl! s'informer des cames de cc
lirank-!Jas, il fut facile de lui foire croire l.c5 commiss::iires sonl toujours à Tournebut : or,
que le notaire Lefebvre avait été arrêté à s'ils étaient instruits du chcrnL. ,ous dcrincz le
l'Cs(µ, ! So~·cz ::isscz !lpiriturl pnur dire cp1c vous
Falaise rt wnait d'èlre écroué pendant la l':ivtz vendu 1t [huen, aux foires. Le petit Licc1uct
nuit:.. Ui-e heure plus lard le concierge est fin rl a beaucoup d'esprit; mais il em11loie le
r,2mcllait, en grand mystère, à la marquise, mensonge soul'cnt.
u11 petit Lillet tracé par Licquel et dans leMon seul embarras csl le c1cr:il : ils auraient
quel &lt;&lt; le notaire l&gt; anoorn;ait lui-rnèmc son bien l'ile la clef. L:i m:iin me lrc1nble, rouvezarrivée à la marquise, rn l'arcrtissant qu'il vous füd Si j'apprends des nouvelles du rhen.1\ je
contrefaisait, par prudencr., son écrilurc. Ce l'OUS les ferai passer de sui le; mais jusqu'ici ib
stratagf'me eut son plein effet : Mme de Com- n'en ~an•nt rien. N'a~cz aucune inquiétude sur la
Lray répondit el sa lrllre fut aussitôt trans- sP-lle et la l,ride : elles sont rcl"Cnucs dans les
m1i;1s de De~lorièrcs qui m'a dil les avoir reprises.
mise à Licquetqui,s'attendantà quelque réYéCc cheval jaune prennit, dans l'imagination
lation décisivc, l'ut consterné de se trouver en
présence d'un nouveau mystère : c&lt; Afandez- de Licquet, des proporlions fantastiques : il
moi, disait la marquise, commenl le cheval hantait jour et nuit sa pensée rt galopJÎt
e:;l revenu; que pasonne ne /'ail vu nulle dans ses cauchemars. Une noU\·ellc perquisition à Tournebut arait permis de constater
part. »
Quel cheval? Que répondre? Si l'on avait que les écuries du château ne contenaient
eu en réalité Lefebvre sous la main, s'il cût qu·u1 petit âne et quatre c.:hi.::,ttux, an lieu de
été possible, en lui repassant le Lillel, d'ob- cinq qui s'y trouvaic:H haLiluellement, et les
tenir une réplique qui eût le sens commun; gens du pays, interrogé.:;, avaient déposé qnc
mais comment, sans son concours., ne pas la Lèle absente élnit, en rll'c::!, &lt;&lt; d'une couéveiller les rnupçons de la marquise sur la leur rougeâtrcl tirnnt s111· le jaune lJ. Comme
pcrsonnalilé de son correspondant? Licquet, le po!icicr expédiait à fiéal, dans son courcontinuant à jouer le rôle du notaire, s1: rier quotidien. les Lillcts érrits par Mme de
borna à tracer quelques lignes, se g;irdant de Combray, on se montrait, à Pnris, tout au~si
parler d'aucun che1·al et demandant des dé- inquiet du service rp1'avait pu rendre l'animal
tails sur la façon dont se passaient les inlcr- mrstéricux dont la d~courcrte dt•v,üt, au
rogatoire~, ce à quoi la marquise répondit : dire de la m1rquise 1 donner la clef de loulè
l'affaire. Qui donc cc cheval avait-il conduit
C'esl le rréfcl el un maurai't sujl'l qui i11terro- ou porté? Un de~ princes de UourLon, peulgent. )lais 1•ous ne me mandez pas si le choral a ètrc? D'Aehé? lime Acquel , qu'on cherchait
vainement dans Ioule la NormJnJie? Licquct
Elle en est comaincuc. Le notaire l'en prê1·icnl lui- était obligé d'avouer à ses chds qu'il ignorait
même cl lui annonce que, pour qu'en aucun cas son
11 à qudle circon::;lance raUatber l'liistoire du
êcriturc uc soit reconnue, il l'a alisolumcnl rcm'crsée. » Note de Licquet â HC'aL .\rcliil'Cs nationales-.
cheval
u. 11 sentait que « l'imporlanrc fjUl!
1-' 7 81ï2.
.
4. Vuici en quels termes Licqucl informai! l"léal lie )fme de Combray mettait à son retour augcelte nou1·clle ru~c : u I.e notaire a dù 1li1·e li Mme de mentüt ce!le qu'on devait apporter à conCornbray qu'il s'élnit lroUYé mal !or~ lie i;on interrog-aloirc cl tJtÙ)ll a\'ait Clé oblige dè le su~pcndrc. li naitre 1c YO)ï\JC qu'on lui nvait fail faire !l.
fallail bien le ,lîspeuscr tic" cun11mmiquer it Mme Je - c! Le point scn5ible est là, ajoutait-il, c'est
ComUray, qui le demande, les qucslioJ1s &lt;Ju'ou lui a le cheval, c'e5t la scll~, c'est la bride qu'il
raites. » Archives nutioualcs, 1-"; ~&lt;tn.
faut retrouver:;. l)
5. Lettre â Héal. Archircs nationale:&gt;, Fi 8li2.

ANATOLE Fl{ANCE, de l'Académie française.

""'

Madame de Lafayette

1

(A suivre.)

....1

368

la\-'-

G. LENOTRE.

M. d'Haussonville a lait, dans le trésor de
M. de La Trémoïlle, des découvertes fort
intéressantes et tout à fait inattendues sur la
vie domestique de Mme de La Fayette. On
savait que Marie-Madeleine de La Vergne
épousa, à l'àge de vingt-trois ans, en 1655,
Jean-François !lotier de La Fayette, qui descendait d'une très ancienne famille d'Auvergne. On avait quelque raison de croire
que ce gentilhomme n'avait pas été beaucoup
aimé et qu'aussi il n'était pas très aimable.
S'il faut en croire une chanson du temps, à
la première entrêvue avec ~llle de La Vergne,
il ne souffla mot et fut agréé tout de même:
Ln belle, consultée
Sur·son futur époux,
Dit, dans celle assemblée,
Qu'il paraissait si doux
Et d'un air fort honnête,
Quoique peut-Nre bête,
Mais qu'après toul, pour elle, un lei mari
Était un bon parti.

Mlle de La Vergne, avec beaucoup d'esprit
el tout le latin que lui avait enseigné Ménage,
n'était pas d'un établissement facile. Son
bien était petit. Elle avait perdu son père.
Sa mère, fort écervelée et quelque peu intrigante, n'avait pai- une très bonne réputation. Elle n'avait pas su garder sa fille il
l'abri de la médisance. D'ailleurs, elle venait
de se remarier. _Marie-Madeleine, qui était
raisonnable, fit un mariage de raison et s'en
alla tranquill1:;ment en Auvergne.
Dans une leUre qui date des premières
années du mariage, elle fait part à i::on maître,
Gilles Ménage, du genre de vie qu'elle mène
en province et du paisible contentement
qu'elle y goùte. Cette lettre a été publiée
pour la première fois par ~I. d'Haussonville.
JI faut la citer tout entière :
cc Depuis que je vous ai él"rit, j'ai loujours
été hors de chei moi /1 faire des visites.
M. de Ba}'ard en a été u11e et, quand je Yous
dirais fos autres, vous n'en striez pas plus
savant. Ce sonl gens que vous avez le bonheur
de ne pas connaitre et que j'ai le malheur
d'avoir pour voisins. Cependant, je dois
avouer, à la honte de ma délicatesse, que je
ne m'ennuie pas avec ces gens-là, quoique je
ne m'î divertisse guère; mais j'ai pris un
certain chemin de leur parler des choses
qu'ils savent, qui m'empèche de m'ennuyer.
Il est vrai aussi que nous avons des hommes,
dans ce voîsina~e, qui ont bien de l'esprit
pour des gens de proyince. Les lemmes n'y
sont pas, à beaucoup prè:.:,, si raisonnables,
mais aussi elles ne font guère de visites; par
conséquent, on n'en e:;t pas incommoJé .
-

H1STORIA. -

Fasc.. 48 .

Pour moi, j'aime bien mieux ne voir guère
de gens que d'en voir de fàcheux, et la solitude que je trouve ici m'est plutôt agréable
qu'emm1•euse. Le soin que je prends de ma
maison m'occupe et me di~·ertit fort : et
comme, &lt;l'a.meurs, je n'ai point de chagrins,
que mon époux m'adore, que je l'aime fort,
que je suis maitresse absolue, je vous assure
que la vie que je mène est fort heureuse et
que je ne demande à Dieu que la conlinuation. Quand on croit être heureuse, vous savez
que cela suf'fit pour l'être; et, comme je suis
persuadée que je le suis, je vis plus contente
que ne le ·sont peut-être toutes les reines de
l'Europe. t&gt;
La jeune femme laisrn assez entendre que
le bonheur si pâle qu'elle goûle est le pur
effet de sa raison. Elle s'en félicite comme
de son ouvrage. On sent bien que ce mari
qui cc l'adore , n'y est pour rien et que, c&lt; si
elle l'aime fort n, c'est avec résignation et
parce qu'elle est une personne tout à fait
raisonnable. M. de La Fayette vivait sur ses
terres de Naddeset d'Espinasse.

retrouvons la comtesse de La Fayette à la
Cour de Madame et dans ce petit hôtel de la
rue de Vaugirard, en face du Petit-Luxembourg, où il y avait un jardin avec un jet
d'eau et un petit cabinet couvert.

. « C'était, dit Mme de Sévigné, le plus joli
heu du monde pour respirer à Paris. »
. M. de La Rochefoucauld y venait tous les
JOUrS.
De M. de La Fayette, point de nouvelles.
!!me de Sévigné n'en dit mot. Tous les biographes en ont conclu qu'il était mort et
c'élait l'opinion unanime que Mme de' La
Fayette était devenue veuve après quelques
années de mariage. Or, il n'en est rien. M. de
La Fayette élait vivant et vivait sur ses terres:.
li survécut de trois ans à M. de La Rochefoucauld, mort en 1680. !f. d'Haussonville (qui
de nous n'enviera son bonheur?) a lrouvé,
dans les archives du comte de La Trémoïlle
un acte établissant que François Motier,coml;
de La Fayette, décéda le 26 juin 1685.
Mme de La Fayette fut, en réalîté, mariée
pendant vingt-huit ans, et elle n·était pas
veuve quand elle souffrait les assiduités du
duc. Mme de Sévigné ne s'en scandalisait
nullement. Al. d'Bau.:;sonville se montrerait
plus sévère. li ne cache point que Mme de
La Fayette lui plairait moins, si elle avait
trahi la fui jadis promise à l'excellent gent,lbomme yu, chassait dans les lorêls d'Auvergne pendant qu'elle écrivait des romans à
Paris, dans le petit cabinet couvert. Il la veut
toute pure. Heureusement qu'il est sûr que
sa liaison avec M. de La Iloehefoucauld fut
innocente. Elle aima le duc· elle en fut
aimée; mais elle lui résista. le veut ainsi.
Au fond, il n'e~ _sait rien. Je n'en sais pas
davautag~, et, s~ Je le contredisais, j'aurais
pour ~01 la vraisemblance. ~fais la politesse
resterait de son côté et ce serait, pour moi,
un gr~nd désavantage. Aussi, je veux tout
ce qu'il veut Mais je confesse qu'il me faut,
pour ceJa, faire un grand effort sur ma raison. !lwe de La Farelle avait alors vingt-cinq
ans, le duc en avait quarante-six. On se demandera comment, de l'humeur qu'il était
elle put l'atlacher platoniquement. li ne vivai(
que pour elle, el près d'elle. JI ne la quittait
pas. Cela donne à penser, quoi qu'on veuille.
M. d'Haussonville ne croit pas lui-mème à la
continence volontaire de M. de La Iloehefoucauld, et je doute, malgré moi, de la piété
de Mme de La Fayette. L'âme de cette charmante femme lui semble limpide. J'ai beau
m'appliquer à la comprendre : elle reste
pour moi, tout à fait obscure.
'

u'

MADAME DE LAFAYETTE.

D'a.pres un tatleau du temps.

&lt;! Il paraît avoir été assez processif, dit
M. d'llaussonville, à en juger par d'assez
nombreuses difficultés qu'il eut avec ses
raisins. 11

Après quelques années de mariage, nous

�H1STOR1.JI - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - A mon sens, cette personne C( vraie n élait
impénétrable. Prude, dévote et bien en cour,
je la soupçonnerais presque d'avoir douté de
la vertu, et, ce qui est plus étonnant pour
l'époque, haï le roi. Ses plus intimes amis
ne l'ont point baignée de paresse, et elle
menait les affaires avec une ardeur infatigable. Je ne lui en fais point un reproche i
mais je ne crois pas que jamais femme fùt
plus secrète.
Le livre de M. d'Haussonville est précieux
pour la biographie de Mme de La Fayette. Ce
n'est pas sçn seul mérite. On y trouve une
étude judicieuse des œuvres de celle illustre
dame. M. d'llaussonville estime à sa valeur
la délicate histoire d'Henriette . Il ne goûte
qu'à demi Zaïde, histoire espagnole où l'on
rencontre des enlèrements, dl·S pirates, des
solitudes affreuses, et où de parfaits amants
soupirent dans des palais ornés de peintures

allé~oriques. Et il garde très justement le
meilleur de son admiration pour la Princesse
de Clèves.
Avec la Princesse de Clèves, qui parut en
1678, Mme de La Fayette entrait harmonieusement dans le concert des classiques, à la
suite de Molière el de La Fontaine, de Boileau et de Racine .
Mais il faut bien prendre garde que, si la
/',-incesse de Clèves atteste, par l'élégant
naturel du style et de la pensée, que Racine
est venu, Mme de La Fayette n'en appartient
pas moins, par l'esprit même de son œune,
à la génération de la Fronde et à cette jeunesse nourrie de Corneille. Elle demeure hé-

roïque dans sa simplicité et garde de la vie
un idéal superbe. Par le fond même de son
caracLère, son héroïne est, comme Émilie, une
&lt;c adorable furie n, furie de la pudeur, sans
doute; mais je distingue, dans sa chevelure
blonde, quelques tètes de serpent.
Mme de Clèves, la plus belle prrsonne de
la Cour, est aimée de M. de Nemours,
l'homme le« mieux fait il de tout le ro1 aumP.
M. de Nemours, qui avait, jusque-là, montré dans de nombreuses galanteries une audace heureuse, devient timide dès qu'il e~l
amoureux . li cache sa passion; mais Mme de
Clèves la devine Pl, b!en involontairement, la
partage. Pour se fortifier contre le péril où
son cœur l'entraîae, elle ne craint pas d'avouer à son mari qu'elle aime M. de Nemours,
qu'elle le craint el se craint elle-même. Celui-ci la rassure d'abord. Mais, par l'effet ·
d'une imprudence et d'une indiscrétion du
duc de Nemours, il se croit trahi et meurt
de chagrin.
Ce qu'il y a de plus original dans la conduite de Mme de Clèves, c'est, sans doute,
cet aveu qu'elle fait à son mari d'un amour
qui n'est pas pour lui. Sa vertu s'y montre;
mais, à considérer la simple humanité, elle
n'a pas lieu, il faut bien le reconnaitre, de
s'~n féliciter beaucoup. Cet aveu e~t la première cause de la mort de M. de Clèves. Si
ell~ n'avait point parlé, M. de Clèves ne serait
pas mort; il aurait vécu tranquille, heureux
dans une douce illusion . Mais il fallait être
vraie à tout prix.
Ce fut aussi l'avis d"une dame célèbre qui
renouvela, cent ans plus tard, cette scène
1

d'aveux. Mme Rolaild éprouva, sur les quarante ans, ce qu'elle appelle, en fille de
Rousseau et de la nature, « les vives affections d'une âme forte commandant à un
corps robuste )J. L'homme qu'e1le aimait
avait, comme elle, un sentiment exalté du
devoir. C'était le député Buzot. Ils s'aimèrent
sans être l'un à l'autre. Mme noland avait un
mari plus âgé qu'elle de vingt ans, bonnète
homme, mais caduc et décrépit. Elle crut
dc\'Oir, à l'exemple de ~Jme de Clève!-, avouer
à ce bonhomme qu'elle sentait de l'amour
pour un autre que lui. L'aveu fait à un mari
si amorti ne pouvait tourner au tragique, et,
à cet égard, Mme Roland semblera peut-être
moins imprudente que Mme de Clèves. Pourtant, les effets en furent lamentables.

« Mon mari, dit-elle dans ses Mémoires,
exces~ivement ~ensible et d'aJTection el d'amour-propre, n'a pu supporter l'idée de la
moindre altération dans son empire. Son imagination s'est noircie; sa jalousie m'a irritée;
le bonheur a fui loin de nous. li m'adorait,
je m'immolais à lui, et nous étions malheureux. »
Mme de Clèves n'eut pas, dans sa cruelle
franchise, que je sache, d'autre imitatrice
que Mme Roland. Êncore faut-il considérer
qu'en agissant comme Ume de Clèves, Hme Roland n'avait pas de si bonnes raisons. Mme de
Clèves, en se confiant à son mari, lui demandait secours dans sa détresse. Elle implorait
un appui. Mme Roland ne voulait qu'étaler
sa passion avec sa vertu. Cela est moins admirable.
ANATOLE FRANCE,
de l'Acadtmie française .

Lorsque Jean-Jacques Rousseau revint de
son exil, j'allai le relancer dans son grenier,
rue Plâtrière. Je ne savais pas encore en montant l'escalier comment je m'y prendrais pour
l'aborder; mais, accoutumé à me laisser aller
à mon instinct, qui m'a toujours mieux sen•i
que la réfiexion 1 j'entrai, et parus me tromper.
cc Qu'est-ce que c'est? lJ me dit JeanJacques. Je lui répondis : « Monsieur, pardonnez. Je cherchais M. Rousseau de Toulouse. - Je ne suis, me·dit-il, que Rousseau
de Genève. - Ah, oui, lui dis-je, ce grand
herboriseur ! Je le vois bien. Ah, mon Dieu!
que d'herbes el de gros livres! ils valent
mieux que tous ceux qu'on écrit. l&gt; nousseau
sourit presque, et me fit voir peut-être sa
pervenche, que je n'ai pas l'honneur de connaître, et tout ce qu'il J arait enlre chaque
feuillet de ses in-folio. Je fis semblant d'admirer ce recueil, très peu intéressant et le
plus commun du monde; il se remit à son

travail, sur lequel il avait le nez el les lunettes, et Je continua sans me regarder. Je lui
demandai pardon de mon étourderie, et je le
priai de me dire la demeure de M. Rousseau
de Toulouse; mais, de peur qu'il ne me l'apprit et que tout fût dit, ,j'ajoutai : « Est-il
vrai que vous soyez si habile pour copier la
musique? » li alla me chercher des petits
livres en long, et me dit : cc Voyez comme
cela est propre! , Et il se mit à parler de la
difûculté de ce travail, et de son talent en ce
genre, comme Sganarelle de celui de faire
des fagots. Le respect que m'inspirait un
homme comme celui-là m'avait fait sentir
une sorte de tremblement en ouvrant sa
porte, et m'empêcha de me livrer davantage
à une conversation qui aurait eu l'air d'une
mystification si elle avait duré plus longtemps.
Je n'en voulais que ce qu'il me fallait
pour une espèce de passe-port ou billet d'entrée, et je lui dis que je croyais pourtant
qu'il n'avait pris ces deux genres d'occupations serviles que pour éteindre le feu d~ sa
brùlante imagination . &lt;&lt; Uélas ! me dit-il, les
autres occupations que je me donnais pour
m'instruire el instruire les autres ne m'ont
fait que trop de mal. » Je lui dis après la

..,.

seule chose sur laquelle j'étais de son avis
dans tous ses ouvrages, c'est que je croyais
comme lui au danger de certaines connaissances historiques el littéraires si l'on n'a
pas un esprit sain pour les juger. Il quitta
dans l'ins1anl sa musique, sa pervenche et
ses lunettes, entra#dans des détails supérieurs
peut-être à tout ce qu'il avait écrit, el parcourut toutes les nuances de ses idées avec
une justesse qu'il perdait quelquefois dans la
solitude, à force de méditer et d'écrire.
Sa vilaine femme ou servante nous interrompait quelquefois par quelques questions
saugrenues qu'elle faisait sur son linge ou
sur la soupe. Il Jui répondait avec douceur,
et aurait ennobli un morceau de fromage.
s'il en avait parlé. Je ne m'aperçus pas qu'il
se méfiât de moi le moins du monde. A la
vérité, je l'avais tenu bien en haleine depuis
que j'entrai chez lui, pour ne pas lui donner
lti temps de réfléchir sur ma visile . J'y mis
fin malgré moi; et après un silence de vénération, en regardant encore entre les deux
yeux l'auteur de la Nouvelle lléloise, je
quittai le galetas, séjour de$ rats, mais sanctuaire du génie. li se leva, me reconduisit
avPc une sorte d'intérèt, et ne me demanda
pas mon nom.
PRINCE DF. LlGIŒ.

ÉDOUARD ûACHOT

""'

Marie~Louise intime
Dans lt volume qu'il vient dt consacrer à Mari~Louiu inlime 1, M. Édouard Gachot, grâce à la dicouverte heureuse dt. documt.nts nouveaux, nombreux d
très sivèrtmtnt contrOlis, a traci dt. ctltt impiratrict.1
t.n réa.lité asse, mal connut jusqu ici, une image qu'on
ptut tenir pour définitive. Dt et. très curit.ux, très intirtssant, très captivant ouvragt., nous ditachons lt
chapitre qut voici, qui prtnd Marie-Louist. à Braunau, cinq jours après lt mariage par procuration cilibri à Vit.nnt., et la conduit jusqu'à Compiègnt., où
l'attend l'tmptrtur.

De Braunau à Compiègne.
Le vendredi 16 mars 1810, les cloches de
Braunau~sur-Inn sonnaient pour l'allégresse,
annonçant au peuple un grand événement.
A ces voix de bronze, celles du canon répondirent!. Une ville, que le .soleil illuminait,
allait servir de quartier à l'archiduchesse
!larie-Louise, plutôt à l'impératrice des Français. Car un prince autrichien, Trauttmansdorf, mandataire de François I, avait remis,
près du village de Saint-Pierre, au maréchal
Berthier, mandataire de Napoléon, la prin~
cesse qui devait, publiait-on en Allemagne,
sceller définitivement la paix de Vienne.
Cette princesse, portée en
carrosse de gala, était dans la
compagnie de Caroline Ilonaparle. Elle semblait résignée à
su.bir sa destinée. Durant un
trajet de quatre kilomètres,
le trot des chevaux des hussards &lt;l'escorte ajoutait aux
bruits d'une marche bien réglée
des chevaux d'attelage. Ceux-ci,
à l'entrée de Braunau, ralentirent. !farie-Louise voyait inscrits
sur les bandes d'un arc de triomphe: &lt;l L'amour nous assul'e
cont1·e de fuwrs dangers, lJ
et: 11 Qu'il nous /"asse aussi
heureux que nous pouvons
l'être. l&gt;
Devant une haute maison,
les généraux Friant et Pajol :s,
qui avaient chevauché près des
portières, durent s'écarter, et
l'écuyer prince Aldobrandini
s'empressa, l'archiduchesse descendant, de lui prêter aide.
Lentement, M. de Seyssel d'Aix,
chambellan, la précéda dans
l'auberge de Michel Fink où put
se loger en partie le service d"honneur,
1. Marie-Lo1use intimf}; sa vie à c6té de Napoléou (1800-1814i, par .Eoou.1.no G,1,c110T. Un Ueau

rolumc illuslrê, prix : 6 fro.ncs.

service français, que Berthier avait instruit
de ses devoirs.
Un ordre du prince de Neuchàtel, qui suivait les instructions de Napoléon, allait renVOJer à Vienne la comtesse de Bukowa,
Grande ~lailresse, soupçonnée d'être l'agent
de Metternich. llemplocée par la duchesse de
!lontebello, Marie-Louise s'éprit, tout de
suite, d'admiration pour une femme qui serait désormais son guide sûr et avisé. Elle
l'eut présente à son goûler; elle l'eut dans
sa chambre dans le temps que prit !Ille Lehœuf " pour ôter à Sa Majesté le costume
autrichien de cérémonie pris le matin à
Altheim ,,.
M. de Traultmansdorf, pressé de rentrer a
Vienne, envoyait demander les derniers
ordres. Marie-Louise écrivait à son père cette
lettre que le mandataire remettrait incessamment:

« Mon cher papa,
Pardonnez-moi de ne pas vous avoir
encore écrit hier, comme cela aurait été mon
devoir; mais le voyage, qui était un peu long
&lt;&lt;

BAISE-~1,1.IN A BRAU:-.'AU.

Traullmansdorf, je trouve une occaûon de
pouvoir encore une fois vous écrire sincèrement, et je la saisis avec plaisir pour vous
assurer que je pense sans cesse à vous . Dieu
m'a donné la force de supporter aussi la dernière et pénible secousse, la séparalion de
tous mes parents; ce n'est qu'en lui que je
mets toute ma confiance; il m'aidera el ce
sera lui qui me donnera du courage; et je
trouverai le calme et la consolation pour·
avoir rempli mon d~voir envers vous, en
ayant fait ce sacrifice.
&lt;&lt; Je suis arrivée hier bien tard à Ried,
préoccupée de l'idée que je serais peul-être
pour toujours séparée de vous. Aujourd'hui,
j'arrivai à deux heures ~ l'après-midi au
camp français, dans la baraque de Braunau'".
Après m'être arrêtée quelque temps dans la
baraque autrichienne, je me suis rendue sur
un trône placé dans la pièce de neutralité.
Après qu'on eut lu les actes (d'échange),
tous mes compalriotes me baisèrent encore
la main. Dans ce moment, je ne savais pas
ce que je faisais; j ·eus des frissons et je perdis tellement contenance que le prince de

(Collectio11 PR. o'Ess1.1:-.G.)

et fatigant, m'en empêcha. Par le prince
2. Une partie des renscignemeuts contenus dans la
premiêre parL!c de cc chapitre, piêces inCdites, nous
ont él ê fourms par )Ille AmC!ie Rosenberg. de Linz.

Neuchâtel commençait à pleurer. Le prince
5. l}u corps de Darnul.

4. t'ion, la baraque élevée par les sapeurs du ma-

rêchal Davout Hait prês de Saint•Pierre.

�ll1STOR._1.ll - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - Trautlmansdorr me remit et on me présenta
Loute ma cour. DieJ ! quelle différence enlrè
les dames françaises el viennoises!
(( La reine de Naples venait à ma

B&lt;rthier son désir de garder Mme Lazansky
au moins ju-;qu'à ~funich.

nid d'aigle qui, d'une plate-forme rocheuse,
domine le large Inn - son premier arrêt.

Mlt'l(1E-LOU1SE 1NT1JIŒ - - ...

peuple, dans les villes traversées. Un persoonel très disci•pliné obéira toujours, dùt-il

époux; et elle veut bien lui reconnaitre du
style.

rencontre dans l'autre chambre; je
l'embrassai et me montrai aimable,

d'une manière élonnante; mais je ne
me fie pas à elle tout à lait, car je
crois que ce n'était pas seulement le
zèle du service qui était la cause de

son voyage.
« Elle partit avec moi pour Braunau. Arrivée là, il me fallut faire
une toilette qui dura deux heures; je
vous assure que je suis déjà aussi

parfumée que toutes les autres
françaises. L'empereur Napoléon m'a
envoyé une magnifique toilette en or,
mais il ne m'a pas encore écrit. Puisqu'il me faut vous quitter, j'aime-

rais mieux être chez lui que de
voyager avec toutes ces dames. Alon
Dieu, que je regrl'tte de ne plus
pouvoir passer d'heureux jours auprès
de vous i ce n'est que maintenant que
j'apprends à les connaitre. Je vous
assure, bien cher papa, que je suis
très triste et que je ne peux pas
eucore me consoler.
&lt;&lt; J'espère que
votre rhume de
cerveau va déjà mieux. Tous les jours, je prie
pour vous. Pardonnez mon griffonnage, mais
j'ai si peu de moments à moi. Je vous baise
encore mille fois les mains et j'ai l'honneur
d'ètre, bien cher papa,
Yo!re très humLle el obéissante fille. "
Ilr,1unou 1 le 16 mars 1810.

MARIAGE CIVIL1 A VŒNNE. (Collectîon

PR.

n'EssusG.)
.MARIAGE CIYIJ., A

L1 réponse ne pouvait èlre que favorable.
Une fète militaire et nocturne remplissait
Braunau de tels bruits que l'impératrice ne
put goûter un repos qui lui était nécessaire.
Et elle s'inquiéta à la vue du mauvais trmps
qui assombrissait la matinée du 17, Néanmoins, ·1e départ eut lieu de bonne heure. Le

MARIAGE RELIGIEUX, A VIENNE. (Collect-io11 PR.

n'ESSLJNG.

Dix heures sonnées, l'archiduchesse pria le
comte de Beauharnais de porter au maréchal

convoi s'avança en terre ba,·aroise. Ce cortège,
important et brillant, fil, dans Alt•Otling -

1. Perrusse, payeur du Trésor de la Couronne,
dcntit \:crscr aux caisses de secours des µau1Tes

5000 francs à Braunau; 12000 à Stra~bourg; 3000 à
Lunéville; 5000 à t\uncy; 1500 à Dar; 6000 à Ch:i-

On y déjeunait. Ensuite, Marie-Louise
allait visiter celte chapelle d'une vierge réputée miraculeuse; et elle daignait informer
!!me de Montebello : " J'ai bien prié pour la
santé et pour la salisfaction de l'empereur
Napoléon. » Dans l'après-midi et sans incident, le cortège gagnait le gros bourg d'Haag.
Attendait là, le prince héritier,
Louis de Bavière, qui devait conduire l'archiduchesse dans la
capitale des Willelshacb.
Maximilien-Joseph avait décidé,
le 1 0 mars, d'accompagner MarieLouise à StrasLourg où, déjà, des
appartements lui avaient été retenus. Le t8, son écuyer écrivait
à un fonctionnaire : a Sa Majesté,
le Roi, a daigné de changer de
résolution et Elle ne partira pas
pour Augsbourg. » Étrange revirement, ou concept politique. Ce
souyerain, devenu tiède envers
l'homme qui, en 1806, l'avait lait
roi, Uarie-Louise le quittait à six
heures du matin, le 19 mars. Elle
ne dit que ces paroles à la comtesse Lazausky : « Adieu, llla
bonne amie ; ,·ous direz à mon
cber papa que je prends tous
les jours du courage. »
Berthier, ordonnateur d'une
marche qu'il fallait pousser à fond,
va donner les itinéraires, décider
quant aux arrêts indispensables
el aux réceptions protocolaires. Des
acclamalions? Le Major général peut les
obtenir en faisant distribuer de l'argent I au
Jons; 4000 a Reims; 1500
sons (Q::! H)).

.a

\'i1ry, et autant à Sois-

s UNT-CLOuo.

êlre surmené. Alais aux instructions précises
du prince de Wagram, Marie-Louise se dérobera parfois. C'est que des r.aprices, innocents, lui commandent : d'embrasser les
petites filles, d'acheter tous les bouquets
présentés, d'interroger les ,·ieillards, et aussi
de demander à deux des dames qui l'accompagnaient, la duchesse de Bassano et
la comtesse de Montmorency, quels
goùts et quelles habitudes dislinguaient Napoléon du commun des
mort~ls.
Si l'archiduchesse sait mettre à
l'aise, très vite, dames du palais et
chambrières, ses façons vont contristt·r le chambellan et les écuyers,
gens gourmés. Devant le roi de Wurtemberg, Frédéric, la jeune MarieLouise se plait a relire, tout haut, un
billet que lui a lait parvenir son
1. ~larie•Louise a élé reçue par le conseil municipal. Lrs rues, sur son passag-&lt;',
étaient tendues de draps blancs, de nœuds,
de guirlandes, tic fleurs et des chiffres de
Napoléon et de lllarie-Louisc. Sa Majesté,
entrée au petit pas des clievaux, a répondu
avec bonié aux Ct'ÏS de: Vive l'impératrice 1
et a salué plutiÎeurs fois le pcuµle accouru
sur son pass.:tge. Elle était très f'aligu(,r,
mais mali:-ré cela elles'csl montrée plusieul's
fois aux fenêtres de son palais (liaison de
M. Joseph Garnaud, actuellement habitée
par M. l'abbê Truchon et qui porte le n°
12 de la rue Dornini de Yrrget). La garde
d·honneur de Sa ~rajesl6. était composée
d'un détachement du 7• régiment de chasseurs à cheval et de !!O gardes nationaux.
l,a '\'il[c a été illuminée. Le 27 mars, il
six heures du matin, Marie-Louise a reçu
le corps municipal qui l'a complimentée.
Au cours de la réception, Sa Majesté a Jit au maire,
li. teblanc-Dubois ; « Je n'oublierai jamais J'ac,·ucil
gracieux des habitants de Vitl'y. ll Des jeunes filles
ollrent a Sa Majesté une corbeille de fleurs, des
dragées el des confitures sèches. Ce fut Mlle Lel'ebvre de Norrois qui complimenla Sa llajesté. Marie-

{Collection PR. n'EsSLDIG.)

Les équipages ont maintenu une vive
allure. Notons, des villes traversées : Ulm,
Stutlgart, Carlsruhe et Rastalt. Dans Kiel,
l'archiduchesse reçut un billet de Metternicb.
Son _correspondant fut qualifié de « Bon
homme». A l'instant de passer le Rhin, sur
un pont de bateaux, l'impératrice refuse de

•!

~

Î t

nanl le bras de llme Lannes, elle quittait la
rive au cri de : n Adieu, Deulschland! )J Le
Lruit du canon, la sonnerie prolongée des cloches, les vivats dans
Strasbourg, hommages rendus à sa
dignité, tout cela l'enchantait. Elle
allait dom, nder au préfet, M. LezayMarnésia, en quel immeuble MarieAnloinelte avait logé en 1770. On
lai imposait des réceptions.:
Après avoir vu l'Alsace en fêtes,
Marie-Louise I'Ppartil le 24 mars, à
huit heures du matin. Son itinéraire était marqué: Saverne, Phalsbourg, Lunéville, Nancy, Toul,
Ligny, Bar-le-Duc, Châlons, Reims.
Hors de cette ville, Je chef des
piqueurs s'engage sur la roule
d'Amiens. Le 26, les voyageurs
vont déjeuner à Sillery, chez le
comte de Valence. L'Impérotrice
hoit du champagne et Je trouve
« vin délectable ». Le soir, à cinq
heures et demie, elle touche à
Vitry-sur-Marne', prend logement
chez M. Garnaud, rue de l'Hôtelde-Ville, et repart le 27, à six heures et demie du malin, sous l'escorte d'un détachement du 7• régiment de chasseurs.
Caroline prévient : &lt;( Que la rencontre très
solennelle des deux époux aura lieu le 28,
dans l'après-midi, non loin de Soissons, sous
la tente élevée près de la ferme de Ponlarcbé. )&gt; L'archiduchesse s'émeut et s'informe:
&lt;&lt; Va-t-on nous faire recommencer tout Je
« cérémonial de Braunau1 ,i Ilerthier peut

1

.4 .\'

MARIAGE RELIGIEUX A PARIS (Collection Pa.

o'EsSLtNG.)

céder aux instances de Caroline lui demandant de rester en voiture. Descendue, et prc-

rassurer l'impératrice: C( L'Empereur ,,ou' dra éviter à Votre Majesté les émotions et

Louise remit au maire et au commandanl de la garcle
d'honneur, à chacun une boîte en or; à )Ille de

Norrois, un collier et des boucles d'oreilles. (BibUolhèque de Vitry.)

�ms T O-R..1.11
" la fatigue. " La jeune fille passe spontanément aux aveux : « Je m'ennuie bien de voir
" !'Empereur. »
Encore, la volonté de celui- ri faisait loi.
On éviterait au moins le séjour à Soissons.
Sorti de Compiègne, avec Murat, porté dans
une calèche sans armoiries, Napoléon pou-

vait, vers cinq ·heures du soir, joindre le
grand cortège au village de Courcelles. Il
pieu vait.. Non, l'Empereur ne surprenait pas
Marie-Louise dans son carrosse. M. de Seyssel ouvrait la portière et l'annonçait. Le mo-

narque ôta son chapeau avant de gravir un
haut marchepied. Très pâle, Marie-Louise
tendit la main droite que César baisa, avant
de dire: C( Madame, j'éprouve à vous voir un
grand plaisir. » Une fois Caroline embrassée,
il s'assit en face des deux princesses. Le
prince Aldobrandini, venu aux ordres, reçut
celui de faire courir sur Compiègne, au galop.
Les chevaux de poste, fati~ués, ne s'avancèrent que difficilement au long d'une route
qui était en mauvais état. Arrêt à Soissons'.
Murat va présenter ses hommages à MarieLouise. , A la petite fille de Caroline des
Deux-Siciles, dont il occupe le trône. » En
quelque sorte, Murat arrache du carrosse sa
femme, qui est tiers peut-être gênant. Donc,
le Corse et l'Autrichienne restèrent seuls.
La pluie continuant, une obscurité très
dense rendit plus difficile la marche des ,·oitures. A Jaulsy, le premier piqueur prit un
guide.
On allait quiller la grande route devant
une grille récemment placée au bord d'une
forêt. Le carrosse impérial était engagé, cette
fois, dans l'avenue des Beaux-Monts, nouvellement ouverte. Les roues criaient sur le
sable ou y creusaient des ornière!&lt;. Enfin,
d'un tertre, les feux du château de Compiègne apparurent. Le quartier-maitre Erlaut
et l'huissier Gallot portèrent des lanternes
devant le perron; éCU}'ers et chambellans
1. Où fut hissf'e 1111e partie du service, dans les
\og-cments préfrés. SerYice qui paya, en dépenses,

2!00 fr. 65 (0 18).
2. l.es Français continuaient à désigner amsi le

prince rêgnant de Lorroinc-llabsbt urg. L'empereur

s'empressèrent à aider !'Empereur et l'impératrice à descendre de voiture.
Marie-Louise, qui portait sur une toilette
blanche un long manteau de velours et que
coiffait mal une toque ornée, devant, de
plumes d'ara, gravit, mais sans avoir quitté
l'appui du bras de Napoléon, les marches du
perron. Dans le premier salon, carré, qui recevait sa lumière d'un grand lustre, deux
petites filles présentèrent assez gauchement
des fleurs à l'archiduchesse qui entendit,
mal, un compliment balbutié plutôt que lu .
. Il est vrai qu'à ce momtnt c&lt; un besoin de ~e
mettre à l'aise la commandait ». Mmes de
Montebello et de Luçay la guidèrent vers son
appartement. L"bui,sier qui les précédait eut
la charge de deux flambeaux. Napoléon allait
s'arrêter dans sa chambre où Marchand lui
changerait son uniforme.
Marie•Louise traversait, dans l'aile droite
du palais, le cabinet de travail de !"Empereur, le salon des Dames, pour arriver à sa
chambre. Par un couloir reliant celle chambre
aux petits appartements, les femmes de service étaient venues; avant qu'elles ne fassent
leur entrée, la princesse avait exprimé à ses
deux assistantes : « L'Empereur est bien
charmant et bien doux pour un homme de
guerre si redoutable; il me semble maintenant que je l'aimerai bien. l&gt;
A dix heures et demie, le souper impérial
était servi. Pendant, Marie-Louise sut pbserver l'étiquette française. A onze heures, Napoléon commanda au grand écuyer, d'un
g~ste, d'éloigner sa chaise. Debout, il offrit
la main droite à l'impératrice qui allait rentrer dans le salon carré. Caroline ayant fait
former le cercle autour de sa belle-sœur, les
dames déjà présentées répondirent à ses
questions, tandis que !'Empereur, Murat et
Berthier, causaient devant une fenêtr~.
Plus tard, la duchesse de Bassano écrivit :
cc En celle soirée, la fille de l'empereur
romain-allemand. François li, nail, en 1804, abandonne Ct' lilre; il anit pri~. en 1805, cclni d'empereur d'Autriche, sous le nom de François I, non
11 François premier ,, sui,·ant ses instructions t\U
prince Collorcdo.

François li• se laissa aller à dire des choses
fort communes. Elle interrogeait bien librement les gens; ce qui lui plaisait à entendre,
elle l'approuvait d'un signe de tête ou d'un
gros rire qui partait sans que ses dents se
soient même desserrées. Que lui importait
tant de connaitre l'histoire de l'ancien pritannée de Compiègne, et ses festes et ses
chasses aux temps de la reine Marie-Antoinette, la ma1beureuse guillotinée. )l
Voulant assurer le repos de la vol"ageuse,
!'Empereur ordonnait à M. de Seyssel. Le
chambellan prévint aussitôt l"lmpératrice que
le cercle allait se rompre. Marie-Louise se
leva pour embrasser familièrement Caroline,
et donner au roi de Naples une main qu'il
baisa; puis, appuyée au bras de Napoléo_n,
l'archiduchesse parcourut un chemin déjà
fait avant le dîner. Les souverains s'arrêtèrent un moment au milieu du cabinet de
travail.
Aldobrandini renseigne : « Les époux se
parlaient à mi-voix, se communiquant quelques projets. Bientôt, leur marche reprise,
ils riaient, comme ces fiancés qui, étant parvenus à la veille des épousailles, ont la pleine
certitude de saisir ·le bonheur. »
Dans le salon des Dames, les dames du
palais formaient la baie. Elles s'inclinaient au
passage de Leurs Majestés qui étaient précédées d"un écuyer et de deux pages portant
des flambeaux.
Mme de Montebello avait devancé l'impératrice dans sa chambre. Deux femme5- de service : Balan et Boisbrûlé, lenues à dislance,
la dutbefse attendait la souveraine au seuil
de l'appartement.
Napoléon s'arrête. Marie-Louise le quitte,
fait trois pas, ~e retourne et s'incline, sans
dire un mot. L'Empereur s'est imposé une
retraite ou plulôt une "discrélion néce~saire
avant que fût accompli le mariage français.
César va suivre l'écuyer et reloufner au salon. Donc « cette prise de possession imposée
à Marie-Louise, dans la nuit du 27 au
28 mars, ll n'a été qu'une assertion maligne
des mémorialistes.
ÈDOUARD

GACIIOT.

JOURNÉE DU 18 FRUCTIDOR, AN V. -

JOSEPH

Gravure de BERTHAULT, d"après GIRARDET.

TURQUAN
et&gt;

La
CHAPITRE VI (suite).

Malgré la Îatilité des mœurs, la corruption générale plutôt, quelques personnes
remontaient aur causes de ce déplorable état
de choses et en renda.ient un peu responsable
la belle citoyenne Tallien. La conduite plus
qu'évaporée de cette grande maîtresse de la
mode, ses allures, ses toilettes plus que fantaisist~s justifia_irnt pleinement les reproches
que lm adressait la partie restée honnête de
la population. Elle reçut même, par suite de
sa fàchcuse célébrité, plus d"un alTront dans
les réunions et les lieux publics. Comme les
salons ne s'ouvraient encore qu'en petit
nombre et que la masse du public, sevrée de

ciloJ)enne

Tallien

toute distraction pendant la réclusion forcée
de la Tem ur, était prise depuis le 9 thermidor d'un goût immodéré pour les plaisirs,
on avait ouvert partout des bals publics et
l'on y dansait tous les jours. li y avait des
hais pour toutes les bourses. On y prenait
de:; abonnemenls et chaque soir une société
étrange, bigarrée, singulièrement mêlée s'y
rencontrait et s'y amusait en commu;. À
l'une de ces réunions, une émigrée rentrée,
!!me de Damas, s'adressant à M. d"Haut,fort,
qui.l'avait conduite au bal de Thélusson, lui
demaada quelle était celle belle personne qui
venait d'entrer dans le salon et vers laquelle
les jeunes gens et les regards des femme::i
s'étaient portés. aussitôt.

« Cette lemme, a écrit un témoin oculaire
de cc petit épisode, était d"une taille audessus de la moyenne. Mais une harmonie
parfaite dans toute sa personne empêchait de
s'apercevoir de l'inconvénient des trop hautes
statures. C'était la Vénus du Capitole, mais
plus belle encore que l"œuvre de Phidias,
car on y retrouvait la même pureté de traits,
la même perfection dans les bras les mains
l~s pie~s, et_ tout cela animé par ~ne expres~
swn h1enve11lanle, une réflexion du miroir
ina~ique de l'àme, qui disait tout ce qu'il y
avait dans cette âme, et c'était de la bonté.
Sa parure ne conlrîbuait pas à ajouter à sa
beauté, car elle avait une simple robe de
mousseline des Indes, d,apée à l'antique c•

�LJt

mSTOR._1.Jf

•

rattachée sur les épaules avec deux camées.
Une ceinture d'or serrait sa taille et était
égalemP.nt fermée par un camée; un large
bracelet d'or arrêtait et fixait sa manche fort
au-dessus du coude. Ses cheveux, d'un noir
dP Yelours, étaieot courts et frisés tout autour de la têle; celle coiffure s'appelait alors
à la 1'itus; sur ses Llanc·hes et belles épaules
était un superbe chàle de cachemire rouge,
parure à cette époque fort rare encore et fort
recherchée. Elle le drapait autour d'elle
d'une manière toujours gracieuse et piltoresque, formant ainsi le plus ravissant tableau 1• l)
A la demandedeMmedeDamas, M. d'/laut,fort répondit :
- Mais c'est Mme Tallien!
- !lme Tallien! s'écria Mme de Damas :
;,h! mon Dieu, comment m'avez-vous amenée
ici!
Et elle s'éloigna avec une affectation marquée du voisinage de la belle Thérésia.
Après l'hôtel Thélusson, le Cercle des
Ét1'ange1'S était le lieu où la société parisienne aimait le plus à se réunir. On y donnait des bals masqués qui faisaient fureur.
Mme Hamelin, Mme llainguerlot, lfme Rovère, Mme Tallien n'y manquaient jam:iis et
portaient dJns ces réunions l'entrain, la
gaieté el le charme qui les caractérisaient.
Leur présence suffisait pour en assurer le
succès. On y rencontrait aussi une ft'mme,
plus jeune que celles-là, dont la célébrité, qui
commençait alors, devait se prolonger, ainsi
que sa jeunesse, pendant près d'un demisiècle : Mme Récamier. Femme d'un riche
banquier de la Chaussée-&lt;l'Antin, belle de
jeunesse el d'une carnation idéalement nacrée, celle-ci alfectait, pour trancher sur Ja
masse des autres femm~s à la mode dont le
luxe sentait un peu trop le parvenu, de ne
se montrer qu'a\'ec une mise des plus simples : une robe blanche, un fichu de linon
sur la tète, et c'était tout. El partout elle
était la plus charmante. Souvent, on quittait
la triomphante beauté de Mme Tallien pour
venir courtiser les ~râces plus discrètes de
l'aérienne Mme Récamier; ce qui étaLlit entre
ces deux femmes à la mode une sorte de
rivalité.
A Tivoli, au Pavillon de Hanovre, Mme Tallien aimait aussi à ~e montrer. Elle y allait
souvent prendre des glaces, le soir. On la
voyait, imposante et le ~ourire aux lèvres,
tra\'erser la foule qui s'y donnait rendezvous. Celle foule était en grande partie composée d'émigrés reiitrês . Par goùt, par politique prévoyante, peut-être, Mme Tallien seml,lait prendre à tâche de plaire à ces éparns
d'un monde où e1le avait débuté et qui, après
l'expérience qu'elle venait de !aire du monde
nouveau, avait srs préférences. Mais on ne la
voyait pas d'un bon œil, •t seuls les gens qui
3\'3Îent quelque grâce ou faveur à demander
lui faisaient bonne mine. Ceux-là] 'accueiUaien t
1. _D&amp;cui,; s~E o'Au11ANTÈS, Afémofres, l. J, p. 367 (êd,

Garnier).

2. « Son vèritable motif était de pénélrer dans ma
société où elle savait Mme Tallien admise en pre-

parce qu'ils savaient qu'elle était toute puissante, qu'ils pensaient recourir à son appui
pour leurs sollicitations, et personne n'ignorait qu'elle ne demandait pas mieux que de
rendre service aux gens, surtout aux royalistes. Elle aurait voulu reparaitre dans cette
société, non pas seulement pardonnée, pour le moment, elle ne songeait point à
s'amender, - mais en souveraine triomphante, comme au Luxembourg.
Car maintenant, la belle pécheresse, à qui
1a société royali~t~ reprochait bien plus ses
fréquentations jacobines que certaines libertés
d'allures, devenait de plus en plus intime de
Barras, à la grande mortification de 'J'alliPn,
qui était bien obligé de s'apercevoir des
coup de canif que sa charmante femme don11ait publi4uement au contrat. Car on n'était
pas re~té bien longtemps dans les régions
éthérées du sentiment. Ce n'était dans les
goflts ni de l'un ni de l'autre, et c'e!it très
rapidement que l'intimité s'était faite.
Il était assez naturel que le Directeur plùt
à Thérésia. Ses manières à la fois distinguées et soldatesques tranchaient sur les
façons vulgaires et bourgeoises de la plupart
des hommes qu'elle voyait, et, dans ce milieu
de parvenus, Barras était un prodige de
di~tinction.
Le Directeur, qui était marié, mais dont
la femme n,~ voulc1it pas, et pour plus d'un
motif, rnnir tenir la maison à Paris, faisait
lui-même à ses invités les honneurs du
Lu,.embourg, comme il les avait faits, un
peu avant, dans son petit hôtel de la rue de
Chaillot. li était cependant aidé en cela par
Mme Tallien. Mme de fü•aubarnais ne vint
que plus tard partager cet empire'. Ces
deux femmes, quel1p1e singulière que 1a
chose puisse paraitre, faisaient bon ménage
entre ellrs .... Ume de Ileauharnais, qu'on
appehit Rom dans le cercle intime du Directeur, n'était ~ortie de prisnn que gràce aux
démarches de 'l'bérésia : Tallien lui-même
avait signé l'ordre de son élargisseweut. Elle
était dans une situation trop précaire pour
négliger une amitié aussi utile que_le pouvait être cell! de la m:iîtœsse de Tal lien et~
à la faveur de la reconnais~ance. elle était
vite devenue une intime des 'l'allit&gt;n. Elle
n'avait fait qu'un pas de la Chaumière au
Luxembourg, s'était attachée à plaire au
Directeur, et c'est ai □ si qu'elle jeta les fondemen!s de sa prodigieuse fortune . La haute
fa\'eur dont elle joui!"-sait auprès du pacha du
Directoire ne porta aucune atteintè aux sentiments d'amitié qui existaient entre ces deux
femmes, ce r1ui montre bien c1ue le cœur
n'avait aucune part dans le commerce de
galanterie que l'une et l'aulre entretenaient
avec IlJrras. L'utilité prati,1ue immédiate
chez l'une, rambition chez l'autre, le désœuvrement et le manque absolu de sens moral
chez toutes le;; deux, expliquent suffisamment cette amitié persistant dans ce singumiè:e ligne depuis le 9 thermidor. , (Brnnu, illemou·cs, t. .1, p. 358).
5. G Mon mari m y r.ouduisit une foi s ou deux seulement el a\"CC rC'pugnance ; ce n'était pas la place

lier ménage à trois . Tout cela est as,urément
bien dénué de poésie; mais en avez-vous
souvent trouvé dans la rJalité des choses et
des gens? ...
Une apparence de bon ton, mais un peu
cavalier, régnait dans les salons du Directeur.
La citoyenne Tallien, qui trouvait a,ec jmte
raison que la grossièreté des façons n'est pas
la conséquence forcée d'un gou\"ernement
répuLlicain- et qu'on peut être poli tout en
ayant la plus grande liberté, même dans les
mœurs, cherchait à donner le ton et les
usages de la bonne compagnie au monde
très mélangé qui fréquentait les salons de
Barras. Pour les décl.1ssées de l'ancien régime, c'était fort bien, et leur t~nue était parfaite. Pour les hommes, cela pouvail encore
aller; il y avait bien quelques notes discordantes dans ce rama'isis de financiers véreux
qui venaient continuer leurs sales spéculations
jusque dans les goguettes du Directeur; mais
leurs femmes! C'é,tait pitié que de les YOir
avPc leurs grosses mains rouges et leurs
vh,ages communs; leur vulgarilé r.n tant soulignée par une richesse criarde, d'entendre
leurs voix plus criardes encore et leurs propos
qui rappelaient à merveille ceux que le spirituel Aude lait tenir à Mme Angot. Et si le
non moins spirituel Bussy ét:tit revenu sur
terre, il aurait pu dire de toutes ces femmes
cr. qu'il écrivit de celles qu'il avait connues :
C( Elles :iimaient, de mon 1emps déjà, l'argent et les pierreries plus que l'esprit, la
jeunesse et la beauté. »
Le Directeur, avec ses manières presque
parfaites, recevait de Slln mieux son peuple
d'invités 3 • Ce Lauzun de la canaille écoutait
chacun d'un petit air protecteur, Il allait de
groupe en groupe, donnait à tous une parole,
un signe de tête, ne vous quittait que sur un
mot aimable ou spirituel, et, content de luimême, allait enfin s'asseoir à une table de
jeu où les cartes étaient républicanisées, les
rois avec des chapeaux à trois cornes et ]es
reines en déesses de la liberté avec le bonnet
rouge sur la tête.
Telles étaient les soirées du Luxembourg,
et elles étaient les plus brillantes de Paris.
Si Mme Tallien venait presque tous les
jours chez Barras, Tallien y venait quelquefois &lt;( et toujours avec le ton et l'extérieur
de l'amitié; mais son esprit était pénétré
d'amertume-'. ll Certes, il y avait de quoi.
L'affection d~ sa femme. qui aurait dll êlre sa
consolation dans ses déboires politiques, lui
faisait absolument banqueroute. La fortune
ne lui souriait plus, Tbérésia pas davantage.
Parmi les habitués des salons de Barras,
on commençait à remarquer le géaéral Bonaparte. On disait même tout bas qu'il était
question de lui pour le commandement de
l'armée d'Italie. Comme on le savait en fort
bons termes avrc la citoyenne Tallien, on
commençait à croire à cette invraisemblable
d"une femme, jeune surloul, et celles qu'on y trouvaient n'étaient bonnes ni à voir ni it reocoolrer. &amp; (Mé~
m oires cl'u11e /11comiue, p. 112 ).
4 Mn: oi,: CnASTENAY, !tlémoires, t. I, p. 562.

ClTOYENNE T1tH1EN _ _ ,.

« Tiens, c'est sa femme!. .. C'est rnn aide
chose. Car IïntimitJ était grande entre la portaient d(:s vicloires. qui demandaient
reine de Thermidor et le petit général corse. presque une ovation pour recevoir les dé- &lt;le camp! Comme il est jeune!. .. Et elle,
li l'invitait à des dPjr-nncrs sompLUt'UX où se pouilles opimes. Quoi qu'il en fût, Marmont donc, comme elle est jr1lie 1
trouvaient d'autres femmt&gt;s de la cour du 'el Junot avaient été magnifiqm•ment reçus
- Vive le général Bonaparte! s'écriait le
'
Luxembourg, entre aulrt"S la gracitu!-e !orsqu'ils furent envoyés en France par le peuple.
créole, veuve du gPuéral Beauharnais, dont il général en cbef. Le jour de la récepti"n de
- Vive la citoyenne Bonaparte! Elle est
commrnçait à s·occuper 1 • ~l:lis il paraît qu'a- Junot au Directoire, Mme Bunaparle. qui bonne pour le pauvre monde!
vant de la courliser, ou plulôt de se lais..;er n'était pas encore partie pour rejomdre Napo- Oui, dbait une grosse femme de l9
courtiser par el!t•, Bonaparte avait élevé ses léoa, voulut êtr.~ témoin de cette réception. Ilalle, c'est bitn Notre-Dame des Victoires,
vues amhitien~es jusqu'à l'autre maîtresse Elle s'y rendit avec Mme Tallien, avec la- celle-là.
- Oui, dit une autre, tu as raison . Mais
du Directeur. Non pas pour l'épouser, puis- quelle elle était intimement liée à celte époque,
r1u'elle avait déjà deux maris vivants, sans et qui, elle-mêmr, était une fraction dt: la rrgarde, à l'autre bras de l'officier, c'est
compter les suppléant~. A moins, cependant, royauté directoriale, dont Joséphinr, comme Nuire-Dame-de-Septembre.
« Le mot était affreux et il Ptait injuste, 1&gt;
que le général, qui aimait assez les premiers Mroe de Beauharnais et peut-être bit&gt;n un peu
rôle~, ne se contentàt, en amour, d'un effà- Mme Bonaparte, avait été égaleme11t revêtue, a ajouté la duchesse d'Arantès'- C'est cercement de comparse. A en croire Ilirras, il si l'on peut parler ainsi. M1ue Bonaparte ét:iit tain. Mais il est curieux d'observer que le
osa, comme on di.;ait alors, lui déclarer sa encore cbarmarite .... Quant à Mme 'fallit'n, peuple, dans sa pensée, fai..;ait partager ]a
Damme ! ; il fnt repoussé sans pitié. Il n.e elle était alors dans la fleur de sou admirable re~ponsabilité du passé de Tallien à sa ft'mme;
il savait le rôle qu'il avait joué dans les mastint pas rancune à la cruelle, pui:--qu'il l'in- beauté.
'foutes deux étaient mises avec cette re- sacres de septembre, il en rejetait une partie
vi1ait, comme le dit Bourrienne, à des drjeu-.
ners somptueux; la grande familiarité qui · cherche antique qui constituait l'élégance de l'odieux sur Tbérésia. Et ce n'est pas le
exishit entre elle et lui ne s'en ressentit du temps et avec toute la richesse que pou- luxe insolent qu'elle déploia:t alors qui
même au.cunemenf. Lorsqu'il alla prendre le vait comporter une toilette du milieu de la était fait pour rayer ce fâcheux passé de la
commant.lement de l'armée d'Italie, il ter- journée. On peut penser que Junot nt fut mémoire d'un peuple qui, mourant de faim,
minait une lellre à Barras, qui décidément pas médiocrement fier de donner le bras à était moins disposé à l'indulgence. On en a
n'était pas plus jaloux que Tallien, par ces ces deux charmantes femme~, lorsque, la tant, cependant, pour Je succès, pour l'inmots : « Adiru, mon ami, sous peu de jours récrption terminée, ils quittèrent le Direc- conduite! surtout quand la l&lt;mme est belle!
je t'écrirai d'Alhenga. Donne-moi des nou- toire .... En sortant, il offrit son bras à Et, en fait de b"auté, on sait que Thérésia
velles de P•ris. Un petit baiser à Mmes Tal- Mme Bonapartè qui, étant femme de son en avait à revendre. ~formant, qui l'a vue à
cette époque, fait chorus avec Ja duchesse
lien et Châ1eaurenault, à la première sur Ia général, avait droit au premier p1s, surtout
bouche, à la seconde sur la jouer;. u Les dans cette solennelle journée. li donna l'autre d'Abrantès sur cette beauté : « Tout ce que
mœurs du temps, comme les maris et les à Mme Tallien et descendit ainsi avec elles l'imagination peut concevoir, dit-il, fera à
amants, autori~aient peut-être ces petites l'escalier du Lux_emhourg. La foule était peine approcher de la réalité; jeune, belle à
fa manière antique, mise ayec un
familiarités; tt ~lme Tallien, qui
goùt admirable, elle avait tout à
permettait à Lacretelle et à d'aula fois de la gràce et de la dignité;
tres de lui baiser les bras, ne desans ètre douée d'un esprit supévait pas s'efiaroutberd'êlre haisée
rieur, elle possédait l'art d'en tirer
sur les lèvres par le général Bonaparti, et séduisait par une extrème
parte.
bienveillance 5 • »
Tout allait donc comme de couLe règne du Directoire est le
tume à la petite cour du Luxemrègne de la citoyenne Tallien. C'est
bourg, avec Bonaparte en moins,
sa graude époque, l'époque de sa
puisque, à peine marié, il 1a\'ait
gloire. Tout Paris s'occupe d'elle,
dù partir pour l'llalie. 11allien,
tout Paris ne parle que d'elle. On
bravé tout d'abord par sa femme,
parle bien ùD peu des victoires de
avait fini . comme tant d'autres,
l'armée d'Italie, mais c'est ~i peu
par ne plus rien dire et tolérait
cette intolérable chose de ]a voir
important, ces choses-là, que les
Parisiens en reviermcut aussitôt à
maîlresse en pied de son ami Bardoùa Thérésia, à son carrosse sangras. On recevait souvent des noude-bœu[6 et à ses perruqurs, à ses
velles d'Italie, et chaque nouYelle
amants et à ses toilettes. Ah! ses
était une victoire. C'était pour
tuildtes ! . . . Quel succès t-Hes ont
Mme Tallien un regain &lt;le lètes et
auprè~ de chacun I Hommes el
de triomphes . La duchesse d'Abrantès nous a laissé le récit d'une
femmes, tout le monde accourt
pour voir la belle citoyenne dès
de ces fêtes, celle donnée à l'ocqn'on signale son arrivée; tout le
casion de l'arrivée à Paris des dramonde veut la voir, et du plus
peaux conquis par Bonaparte et
près possible. Mais aussi, quelle
apportés par ses aides de camp
excentrici1é! Quel déshabillé! Et
Junot et Marmont.
comme on l'apprécie! Voyez tous
&lt;( Junot, dit-elle, fut reçu en
ces incroyables qui jouent des cougrande pompr, et les directeurs
C O:'\"SEIL 01:.S CINQ-C ENTS.- D'après une estampe du temps.
des et du lorgnon, en se pressant
wirent même à cette réception un
apparat qui était sans doute desà qui mieux mieux pour jouir de cc
tiné à. donner au peuple français une grande immense. On se pressait, on se heurtait pour spectacle alléchant! Jeunes et Yieux s'en
idée du gouvernement .sous lequel se rem- mieux voir.
pourlèchrnt d'avance les lèvres, et iis n'auraient certes pas pareil empressement pour
1. floo11RJE:l"N tc: . A/t!mo fres. t. 1, p. 82.
2. Voir noll·~ ouvrage Na11oléon amoureux.
3. 8011aparle à Bat l'a 1, ,,uartier gènéral de füce, le

10 grrminal an IV. Leltre inédite, d,ljit citée par nou s
dans Napoléo11 am11urcu.x.
4. Ducnt:sse: o'.\oR1NrÈS, Mémoi r es, t. H, p. 52.

5. 0cc

nE

R \GUsE , Mr'moù es, t. 1. p. 87.

6. /,e Thé, juin 1797.

�r·-

LJi

H1STO'l{1A

voir passer Cornélie ou Lucrèce, si, d'aventure, ces illustres Homaines revenaient au

monde pour se promener au PtiLiL Coblentz.
Enfin, la voilà! Elle descend de son carrosse. Chacun aussitôt de s'arrêter, de lorgner,
de lui faire cortège ... Il y a de quoi. Belle,
elle l'est chaque jour plus que la veille. Avec
cette assurance et cet air de supériorité que
donne la fortune, · surtout quand elle est

rabaltent sur les oreilles, retenues par des
rubans roses artistement chiffonnés? ... Ce
chapeau cache un peu trop la tète par derrière,
mais pas assez cependant pour empêcher de
voir sa superbe perruque blonde-celle d'hier
était noire, celle d'avant-hier rousse ... 1 , dont
les boucles d'or frémissent tremblotantes, de
même que sa croupe puissante, chaque fuis
qu'elle pose le pied sur le sol. Mais ce n'est

à l'antique el retombant en légers plis jusqu'à
terre! Sur les côtés, pour ne point gêner la
marche, une large échancrure montant, comme
le sommet d'un triangle isocèle, jusqu'à la
hanche : et le public, les yeux dilatés, la
bouche ouverte jusqu'au gosier, paraît avaler
les divines et 1roublantes beautés que la commodité de la déesse lui laisse voir à découvert.
Pas tout à fait à découvert pourtant, car un

1

'

FETE DE LA FONDATION DE LA REPUBLIQ UE: J ervENoEMIAIRE, AN V. -

Gravure de BERTHA ULT, d'après GIRMIDET

jointe à la beauté et à un bonheur qui se met
au-de5-sus des scrupules de conscience et des
lois de l'honneur, bons pour de simples
mortels, la citoyenne Tallien s'annce .... Elle
domine les autres (emmes de toute la tète,
elle les domine aussi par une aisance et une
distinction d'allures qui s'accordent rarement
avec une taille si élevJe. &lt;&lt; Jncessu paluit dea 1&gt;,
dit quelque royaliste, à cc pa-ole ,numé-ai-e &gt;&gt;,
à qui la vue de celle belle femme ne fait pas
perdre son latin. El, en effet, Mme Tallien
semble une de ces déesses qui, au dire des
poètes, daignaient jadis descendre de !'Olympe
pour visiter la terre. La voyez-vous, avec ce
chapeau à forme haute, dont les ailes se

ni pour les rubans roses de son chapeau, ni
pour les grâces blond naissant de sa perruque,
que la foule s'étouffe sur les pas de la déesse.
Ses bras sont nus, ses épaules sont nues, sa
gorge nue, ou, pour mieux dire, un léger
voile de crêpe noir, négligemment drapé,
mais sans plis, en fait valoir avec délices les
voluptueuses rondeurs, sans nuire en rien aux
lis et aux roses de ces divins appas. Est-ce là
tout? ... Dieu merci, non. Le~ déesses, autrefois ne s'embarrassaient point de jupons :
aujourd'hui pas davantage. La belle citoyenne,
plus rigoureuse sur l'exactitude du costume
que sur bien d'autres choses, a une robe ....
Oh! la charmante robe de gaze noire drapée

maillot de so:e couleur de chair protège une
peau trop délicate pour affronter les rayons
d'un soleil ardent et les œillades non moins
ardentes de ce fouillis d'imbéciles en babils
jaunes ou en habits verts qui sont à ses
trousses. Passe le citoyen Talleyrand. Il salue
avec sa gràce la plus charmante et dit à un
jeune mu::.cadin qui l'aborde : &lt;&lt; On ne peut
être plus richement déshabillée. "
Oui, la citoyenne Tallien est la grande
prêtresse des sans-chemise; de complicité
avec la citoyenne Hamelin, eUe a juré de faire
tomber cet absurde 8ac, linceul de leurs
beautés, dans lequel les femmes ont eu, jusqu'à présent,la manie de s'enfouir. Les hommes

1. • Au nombre des folies du temps, les perruques
jouaienl un rôle important. Rien ne peut êlre comparé a l'absurdilé de celle mode. Unn femme brune

denil aroir une perruque blonde, une femme blonde
une brune. Enfin une perruque devenait partie nêcessairc d'un trousseau. J'en ai vu qui coùtaient jus-

qu'à 8 et 10.000 fr.,mais en assignats, cc qui rc\'e11ait
à 150 ou 200 fran cs en argcnl. • \Duchesse d'AuRA:XTÈS,
Mémoires, L l. p, 238 , êd. Garnier).

ont fait leur révolution dans la politique, les
femmes la font dàns la mode. On veut qu'elle
soit grecque et romaine .... Les femmes le
seront aussi. Et c'est pour prêcher d'exemple
que la belle Thérésia, qui trouve la chose
convenable puisqu'elle lui convient, se montre
ainsi &lt;&lt; nue dans un fourreau de gaze ». Elle
est cependant un peu plus babillée que de sa
pudeur et d'un rayon de soleil, comme veulent
le faire croire des malveillants. Voyez ses
jambes : des cercles d'or garnis de rubis, de
saphirs, de diamants, enserrent la finesse de
ses chevilles, des bracelets relèvent la gracieuse rondeur des poignets et font valoir
celle des bras . Le scintillement de cet or et
de ces pierreries se mêle à l'entrelacement régulier des rubans qui retiennent les sandales.
et aux bouffettes surmontées de camées antiques qui reliennent ~es rubans . Mais le
comble de l'audace, ce n'est pas cette mythologie dans le costume, ce nu dans le vê.tement;
le comble de l'audace, c'est d'avoir mis des
bagues à ses orteils! Cela, on ne sait pourquoi,
on ne le lui pardonne pas, et un de ces hommes
à I habits quarrés J&gt;, dans une affreuse brochure, où le mauvais goût le dispute à la
brutalité, mais qui, cependant, n'a pas tort,
reproche à cette merveilleuse « ses diamants
aux pattes de devant et aux palles de derrière Il.
Et la même brochure ose dire en toutes
lellres : « Non, la prostituée de la rue du
Pélican ou de la rue Jean-Saint-Denis, celle de
la Grève, celle du quartier Saint-Martin, ne
sont pas plus coupables que toi ! " Des grincheux, qui n'aiment pas la liberté, prennent
pourtant celle de corner ces vilaines paroles
aux oreilles de la belle citoyenne. ~I ,is celleci n'en a cure. N'a-t-elle pas déjà répété mille
fois que, si elle portait des bagues aux doigts
de pieds, c'est pour dissimuler les cica1rices
des morsures que lui ont faites les rats, dans
les prisons de Bordeaux? ... Mais personne ne
la croit : si cela était, pourquoi ne les dissimulerait-elle pas dans des souliers, comme
tout le monde? Ahl voilà : c'est qu'elle ne
veut pas faire comme tout le monde I Et
devant les sourires moqueurs, elle se contente
de se draper dans sa dignité; dans son chàle
rouge aussi, ce fameux châle qui a coûté une
fortune, mais qui lui vaut tant de regards
envieux, .par conséquent tant de jouissances,
et qu'elle sait porter, avec sa grande taille,
plus pittoresquement que pas une. Elle
n'ignore pas que les femmes jeunes la
jalousent, que les vieilles la critiquent, que
certains esprits mal faits ne la supportent
pas el déblatèrent toute la journée contre elle;
elle en est ravie et aime mieux qu'on dise des
horreurs sur elle plutôt que de n'en pas parler
du tout.
Et, certes, le public ne se prive pas de
jaser; à sa vue, les langues se délient, les
caquets se font à perte d'haleine : « Vous ne
sawz pas, dit l'une, ce n'est pas vrai ce
qu'on disait hier. - Quoi donc? ... - Qu'un
échappé de Coblenlz avait attaché au dos de
la citoyenne Tallien une pancarte avec ces
mots : Respect aux propriétés nationales.
\. Bapsodies, ti~ trimestre.

Ce n'est pas vrai. Les Rapsodie.s l'ont démenti
ce matin. - V-aiment? dit un lncropble.
C'est dommaze, le mol est zoli . Mais ze vais
vous en di-e un aut-e qui vaut son pesant
d'o-. Ze -ega-dais l'aut-e zou- celte meYeilleuse, qui po-tail su- elle toute une
moisson de diamants. Ze ne sais pas pou-quoi
elle 5-e -etou-ne et me dit: - « Qu'avezvous, monsieur, à me considé-er? ... - Ze ne
vous considè-e pas, madame, z'examine les
diamants de la cou-onne. Il Ma pa-ole d·bonneu- la plus pa-fumée, z'ai été si content de
mon mot que ze l'ai po-té tout de suite au
di-ecteu- de la Petite Poste qui l'a insé-é le
lendemain. - Et sait-on, dit une grosse
commère, ce qu'est devenu son premier
mari? ... - Blondinet? ... - Mais non, je ne
parle pas de Saint-Fargeau; si l"on parlait de
ses amants, l'on n'en finirait pas, et je n'ai
pas de temps à perdre; je parle de !I. de Fontenay. - Mais vous le saYez bien; il a
émigré. - On dit pourtant qu'il est rentré à
Paris et qu'elle va se remettre avec lui. Elle a eu à ce sujet une scène violente de
Tallien qui s'est avisé de faire le jaloux j et,
c'est positif, elle l'a menacé de le quiller
pour reprendre M. de Fontenay; celui-ci,
moins jaloux que jamais, lui donnerait pleine
el entière liberté. - Ah I c'est pour cela ....
[l savait bien que sa femme lui reviendrait,
ce mari idéal, quand, au moment du divorce,
ne -voulant pas lui rendre une parure à laquelle
elle tenait, elle lui en demanda la raison :
&lt;( C'est, madame, pour vous l'offrir quand
\"Ous serez ma mal1resse! 1 ... n - Ab!
cha -manl, cba-mant ! Mais vous savez, la
Tallien est fac-ée avec Ba-as, positivement.Oui, répond_un ,·ieux monsieur, l'autre mir,
j'étais au Luxembourg, chei Barras, et je vous
donne ma parole qu'en vopnt l'ancienne mar~uise - il é•ait fort occupé à parler avec
Mme de Staël - il s'est tourné vers moi et
m'a demandé : 11 Quelle est donc celte
femme?' ... " -Allons donc! li n"y a pas de
danger qu'ils se brouillent; ils sont trop
faits l'un pour l'autre .... l&gt;
C'était vrai : r1uelle autre femme était plus
enviable comme maîtresse que celle-là? ...
C'était même sa vocation d'être toujours maitresse de quelqu'un puisqu'elle ne savait pas
l'être d'elle-même. Le mariage, dans sa vie,
n'a été qu'un accident, trois fois répélé il est
vrai, mais qui n'a eu chance de durer avec
elle que lorsque l'àge, nétrissant ses attraits
plus qu'il n'éteignait ses éternellement jeunes
ardeurs, la condamna à une réserve qui était
plus selon les convenances de son rang social
que selon lessiennm, .A.ussi Barras s'accommode~
t-il au mieux de l'étourderie vaniteuse et prodigue de Thérésia. Il se laisse aller avec une
facilité charmante à tous les enlrainements
des sens quet chez lui, il appelle cœur. li se
fait gloire de ce &lt;( morceau de roi l&gt; Ah! ce
n'est pas avec lui que se disputera Thérésia;
les grooneries, les rebuffades, les scènes,
0
•
'
comme toujours, c'est pour le mari; c est
bien décidément le lot de ce pauvre Tallien qui,
à la façon de Georges Dandin, peut se dire, si
2:. Le Tlté, juillet 1791..

ClTOYEN'/'Œ TALHEN

-- ...

cela est une consolation : &lt;( Vous l'avez voulu, vous l'avez ,,oulu, cela vous sied fort biPn,
cl mus voilà ajusté comme il faut. n S'il ne
prenait pas son infortune gait"ment, il ne la
prenait pas non plus au tragique, imitant en
cela les gentilshommes d'avant la Révolution,
dans l'existence desquels cette sorte d'accident
était prévue et escomptée par avance. Et,
comme eux, les filles le consolaient de ]a
femme, et le vin de la triste réalité.
li fallait à la citoyenne Tallien un inconcevable entraînement dans les mauvaises voies
pour se jouer comme elle le faisait des plus
élémentaires convenances, même à cette
époque. On ne doit pas trop cependant s'en
étonner, ni lui jeter la pierre. La nature,
chez elle, n'était nullement mauvaise, mais
dévoj'ée seulement. Les usages de la ,-ieille
société monarchique avaientcommencé l' œu vre
de corruption. Son mari, M. de Fontenay,
l'avait continuée en y apportant sa bonne part
de collaboration. Ses amis s'étaient chargés
du reste. Plus tard, à Bordeaux, Tallien survint, ciui cueillit ce fruit encore vert d'une
civilisation pourrie; et, au lieu de songtr à
réformer chez sa maitresse les défauts et
lacunes morales qu'il pouvait remarquer en
elle, - aussi bien ne prend-on pas une maîtresse pour lui prêcher la morale, - ce sont
ces défauts et lacunes qui précis.ément le
séduisirent, et à tel point qu'il s'imagina
qu'eux seuls pouvaient raire .rnn bonheur .
Peut-être, une rois marié, ,·it-il les choses
sous un jour moins léger et essaya-t-il des
_représentations? ... On peut le croire puisque la
brouille suivit de peu le mariage. Mai.; aussi
n'était-il pas un peu tard pour faire de la
morale à une femme qui avait été choisie
précisément parce qu'elle en man~uait? ....
C'est avant le mariage qu'il aurait fallu le
faire. Mais pour cela il aurait fallu réflé('hir.
Et si Tallien avait réfléchi, jamais il n'aurait
épousé la Cabarrus. Le pli était pris : Thérésia
devait fatalement être légère et inconséquente
usqu'au jour ou de graves événemenls, son
mariage avec un prince, la fuite de lajeunesse,
le sévère o~tracisme dont la frappa le monde,
la firent rentrer en elle-même . Alors seulement elle s'apercevra, chose dont elle ne
s'était jamais doutée jusque-là, que la femme
n'a pas élé créée et mise au monde uniquement pour/amuser et porter dts belles robes,
prendre el quitter des amants, mais qu'elle a
sur terre une mission infiniment plus baule.
En attendant, elle ne cherchait qu'à jouir
de sa jeunesse, mais elle n'en faisait pas un
très bel emploi. li fallait qu'elle ne fùl pas
difficile sur le choix de ses relations - ttdans
sa situation, elle ne pouvait pas l'être, pour
se plaire dans le monde interlope qui fréquentait cht"Z Barras, et vivre dans ce réceptacle de toutes les corru plions. Ecoutez ce
qu'en dit un collègue du Directeur : « Au
Luxembourg, Barras n'élait entouré que des
chefs de l'anarchie la plus crapuleuse, des
aristocrates les plus corrompus, de femmes
perdues, d'hommes ruinés, de faiseurs d'affaires, d'agioteurs, de maîtresses et de mignons.
La débauche la plus infâme se pratiquait, de

�LA

mSTO'Jt1.ll
rnn aveu, dans sa maison 1 u Et voilà le milieu ou tràn:IÎt Thfrésia, le monde dont elle
était la reine! Au fait,c'était bien là sa place,
c'était bien là son monde, el le pamphlet avait
raison : la prostituée de la rue du Pélican
n'était pas plus coupable qu'elle! Elle l'était
même beaucoup moins.
La citoyenne Tallien sent la réprohation
qui perce sous la curiosité dont elle est
l'objet; mais elle dédaigne les sarcasmes dont
plus d'un la cravache lorsqu'elle passe dans
son triomphant déshabillé, elle dédaigne les
outrages dont l'aceahlent les homme!. et h·s
femmes du peuple; elle ne s'émeut point de
l'ostracisme dont la frappent les gens hon.nêtes; elle brave lazzis, pamphlets et carica-

tures, comme elle brave son mari, comme
elle brave la morale et les convenances. Elle
E&lt;St riche, elle a une cour et elle fait parler

d'elle : que faut-il de plus à son bonheur? ...
Sa cour? ... Peu de reines l'eurent plus nom-

breuse, plus brillante .... Jamais il n'y eut,
c'est vrai, plus de déclassées qu'après la Révolution, et cette classe peu intéressante se
presse dans ses salons et anlichambrPs. C'est
Ill qu'elle a choisi ses dames pom· accompagner, et, comme u~e souveraine, elle nomme
celles qui auront l honneur de prendre place
à sa table, de s'asseoir à côté d'elle dans son
carrosse. Elle n'a qu'à choisir dans le troupeau, écume de l'ancien régime, Toutes tarées
plus ou moins, ces femmes sont à ses ordres,
avec des raffinements de servilité à faire honte
aux gens de Cour d'autrefois. On en connaît
léjà quel11ues-unes: Hmes de Cbâteaurenault,
de Navailles, B011aparle, Clotilde de Forbin,
une gaillarde, qui partagèrent avec elle, plus
ou moins, les faveurs de Barras; inais voici
llme de Fleurieu, fille adultérine du mari de
!!me de Pompadour el d'une comédienne;
Ume de Conta&lt;les, qui a toute l'assurance et
la taille d'un caporal prus!'&lt;ien; lime de Noailles,
11ui sort de la finance comme la Cabarrus;
Mme de Chauvelin, ronde comme une boule;
Mmes de Puységur, de Grandmaison, de Beaumont, dJ Listenay, de Brancas, de Wassy,
de Villette, de Gtrvasio, de Croiseuil, de Vigny,
dellorlaix .... Ces femmes, modèles de la plus
basse et de la plus élégante dépravation, entourent sans cesse la ciloyenne Tallien, qui ne
se plait que dans le cliquetis de toutes ces
servililés à titres et à particules, très bonor~es
de tenir compagnie à Ja maîtresse de Barras,
de ce drôle r1ue le hasard des révolutions a
mis à la tète du lJirectoire exécutif de la
République française ..
La famille llarras, en apprenant la haute
dignité de cet indigne, est vite venue s'abattre,
comme un vol de corbeaux, sur le Luxembourg.
Mme Barras seule, que la majesté du malheur
préserve de ces majestés de p:icotilles, et qui
a jadis été vilainement abandonnée par son
mari parce qu'elle était honnête femme,
Mme Barras seule ne vient pas à la curée &lt;les
dépouilles de la France et de l'Italie. Mais le
ban et l'arrière-han de la famille Barras se
sont empressés de venir partager la royauté
1.

L.1. REVELL1ÈRE-LKPt:A.Ox,

illémoires, t. I, p. 330.

de papier doré du vicomte. Quelques femmes
on L mème oublié de retourner dans leur
Provence et prennent racine au Luxembourg.
Voici Mme de ~lootpezat avec ses trois filles
et s:i. ni,'&gt;ce, Mme Janson . Ce sont les com:ines
du Directeur. Quand on a un parent arrivé,
on a toujours beaucoup d'esprit, du moins
ces dames en sont convaincues et veulent le
persuader à tout le Luxembourg. Aussi n'entend-on que leurs voix d'un bout du palais à
l'autre. Mlle Clémentine de Montpezat, qui
cherche un mari, fait des cbaUeries à tous
les jeunes gens à collet vert ou à collet noir,
qui, eux, font des singeries et se dandinent
5Ur leurs jambes et leurs cannes torses dans
les salons de son oncle. Elle chante assez bien,
dit-on, mais n'enchante pas; elle a trop l'accent de la terre natale. Quand elle ne chante
pas elle parle et ne déparle pas pendant des
heures. Comme elie est fort ennuyeuse et
qu'on est trop poli pour en convenir, on dit
qu'elle a beaucoup d'esprit. Ses deux sœurs
sont mariées . .le ne sais si leurs maris sont
ridicule", mais elles le sont, elles, terriblement.
Pas sottes, ridicules seulement. C'e~t ainsi
que la plus jeune, Mme de Malijac, sans dianter comme sa sœur Clémentine, parce qu'elle
sent vaguement que l'accent de Marseille n'est
pas apprécié comme il le mérite par ces routiniers de Parisiens, se contente de faire drs
vers. Si encore elle se contentait de cela! Mais
c'est qu'elle les lit à !out le monde, la malheureuse!. .. Et elle trouve sa ~œur r;dicule
parce qu'elle roucoule des romances .... Oh!
l'éternelle parabole de la paille et de la poutre
dans l'œil, comme elle rst vraie! Mais ce n•e~t
pas tout. !!me de Rougeville, l'aînée des lrois
sœurs, complète la colleclion. Ah! la jolie
pièce que celle-là I Avre elle, il ne s'agit ni
de vers ni de chansons; elle ne fait que des
cancans. Et pas des cancans de Paris; non,
ceux-là ne sont pas intéressant!:, surlout en
ce temps ridiculement prosaïquP, où il ne rn
passe rien et où il n'y a ni roi, ni reine, ni
cour, ni Paris, ni Vnsailles . !fais des Cftncans
de Pro\'f'DCe, cancans à l'ail et à l'huile, panachés de bergamote et de benjoin, propres à
faire fuir tout le monde, d'autant que la
bra"e femme se répète tout le long du jour.
A vrai dire, elle n'a qu'un sujet : l'histoire
de la famille de La3uiche. C'est ,on dada. On
ne raconte pas une anecdote, on ne dit pas
une nouvelle sans qu'elle vous mette immédiatement ses Laguiche sur le tapis; c'est
Mme de Laguit:he qui ... c'est M. de Laguiche
dont... c'est le petit Lag:uiche, vous savez
Lien, le vicomte .... Et puis, c'est le cocher,
les valets de chambre des Laguiche, leurs
chevaux, leurs poules, leurs oies, leurs dindons ... . En Yérité, on dirait une échappée de
leur basse-cour.
Chacun supporte cependant ces insupportables provinciales qui détonnent dans ce mé~
lange de grâce, de nonchalance etde corruption
parisiennes. Barras, qu'elles excèdent, les a
recommandées à son ami Laurenceot. li a
thargé celui-ci de les distraire, de les initier
à la vie de Paris et de les piloter dans le
2.

LA REVELLIÈRE-L1:Pi,;,ur1 1

"" 38o

Mémoires, t. 1, p. 561.
~

monde étrange du Luxembourg. Mais Laurenceofse décharge au plus vite de ce soin, qui
ne l'amuse pas plus que cela, sur ce mauvais
sujet de Louis, - espèce de secrétaire à tout
faire du Directeur et qui, en effet, fait un peu
de tout, jusqu'à voler les bouts de bougie
dans les lustres, après la fète, - pour l'aider,
avec d'autres menus profits non moins honnêtes, à faire la fêle à son tour•. li ne faut
pas lui en vouloir : il prend modèle sur son
patron, qui c&lt; fait de l'argent de toutes mains
pour subvenir à ses dépenses, à ses prodigalités 3 » et à ses maîtresses.
Il est assez curieux de remarquer que
B1rras aimait de préférence à s'entourer de
gens de l'ancien régime. Mais, comme toute
personne h1mnète de sa caste lui aurait tourné
le dos, il ne voyait que les déclassés, le r'2bul,
ceux à qui les autres n'auraient pas rendu un
salut. Peul-être mème que, malgré sa beauté,
Ume Tallien n'aurait pas fait sa conquête si
elle n'a\·ait été quelque peu marquise - ob !
bien peu - avaut de s'affubler de la livrée
révolutionnaire, tant Jes préjugés de naissance
étaient puissants chez ce satrape de la République.
Ce cercle de déclassés était son cercle
familier. Il en avait un autre, moins intime,
composé de flibustiers de toute sorte, vautours
qui dévoraient la substance du peuple et du
soldat, mais que le Directeur était heureux
de recevoir, parce que ces rapaces lui abandonnaient, sous forme de pots-de-vin de cinquante et de cent mille francs, des bribes de
leurs brigandages.
Mme Tallien n'était pas tout à fait étrangère à ces belles choses. Si c'est un peu pour
alimenter ses fantaisies ruineuses que B.1.rras
s'était lancé dans ses sales spéculations, il
est ,·rai de dire que sa belle maitresse rabattait sur lui le gibier qu'il plumait ensuite
de main de maître. C'est elle qui lui présenta
le fameux fournisseur Ouvrard - avec qui
tous deux devaient faire plus tard un bien
singulier marché - et qui, en ce moment ;
sollicitait une fourniture pour la marine.
Gràce à Tbérésia, il l'obtint.
C'est Thérésia aussi peut-être qui imagina
celle jolie combinaison qui consistait à faire
nommer son père, M. de Cabarrus, ambassadeur d'Espagne à Paris . La chose se passa
peut-être en dehors de Barras, mais non
sans l'assentiment de M. Cabarrus, qui ne
rougit point de se voir mêler à une négociation pareille. A moins encore que l'initiative
ne vint de lui, ce qui, au fait, est aussi fort
possible. Toujours est-il qu'il y eut une intrigue, que le général Pérignon, ambassadeur de France à Madrid, fut circonvenu on
ne sait comment ni par qui, et qu'il fit auprès du gouvernement espagnol une démarche &lt;1 en l'assurant que le Directoire
verrait avec plaisir le père de Mme Tallien représentant de l'Espagne à Paris'.» L'Espagne
ne souscrivit pas à cette jolie comédie. C'est
dommage; il eùt été piquant de voir réussir
une intrigue où, chez le père comme chez la
3.
4.

ÎHT6AUDF.Au, Jllmoires
B .11\RAS, Mémoires, t.

sur le Co11sulat.
Il, p. 468.

C1TOYENN'E TAL'LTEN - - . , ,

FÊTE DONNÉE A BON.APARTE AU PALAIS NATIONAL DU DIRECTOIRF- 1 APRÊ:S LE TRAITE DE CAMPO-FORMIO, LE 20 FRIMAIRE, AN

Gra1•ure de

bile, le patriotisme tenait assurément moins
de place que d'inavouables spéculations.
La cralanterie, les toilettes, le nu, n'étaient
pas, ~n le voit, les seules occupations de
Thérésia. Les affaires financières, les combinaisons politiques marchaient de pair avec
tout cela; politique Yéreuse et de boudoir,
politique mesquine d'intérêts privés, de spé-

BERTHAULT,

d'après

Gu~ARDET.

culations malpropres, de préférences particulière5, de rancunes personnelles, polilique à la
Barras. Mais, est-ce l'amant ou la maitresse
qui en prenait l'initiative? ... C'est sans doute
d'un commun accord que tout cela se faisait.
L'accord ne sera pas moins complet quand
Barras, voulant du même coup assouvir sa
haine contre Carnot, assurer sa suprématie
... 381 -

Vf.

sur les Conseils et aussi le succès de plus
d'une compromission particulière, tentera un
véritable coup n~tat.
Dans ce coup d'État, qu'il fera le 18 fructidor, la main des femmes, celle de Thérésia,
notamment, se laisse aisément apercevoir.
La belle citoyenne était plus que jamais ambitieuse. Aimant à dominer, ayant, par con-

�,__ ffiSTO'/t1A

____________________________.

L.11

CITOYENNE

T .IILLIEN

---.

1

séquent une certaine supériorité d'esprit et
de caractère sur ceux qui se laissent domi
ner, elle s'était mis en tète d'occuper en
Fraoce la place de la reine. Croyant la monarchie légitime à tout jamais bannie du
pays, n'était-ce pas à elle, à sa beauté, à sa
supériorité en tout, que rernnait de droit ce
rang suprême? ... Les attaques quolidiennes
des journaux n'étaient-elles pas la constatation de son pouvoir, le seul vraiment établi
sur des bases solides dans une nation aussi
versatile que la nôtre? ...
Aussi lui répugnait-il de voir que son
amant n'était pas tout à fait le premier personnage du pays et qu'il y avait quatre
autres hommes à partager avec lui, sous Îe
mème titre de Directeur, le pouvoir exécutif.
Elle eût voulu qu'il fùt le seul, par la double
raison qu'elle le trouvait, réellement, à cause
de ses manières distinguées, supérieur aux
autres hommes, communs et vulgaires, qui
étaient au pouvoir; ensuite, parce que c'était
elle qui le menait et qu'elle eût éLé, en
mème temps que sa maîLrrsse, la maitresse de
la f'rance. Peut-être même rêvait-elle déjà
d'un divorce avec Tallien pour épouser Barras,
qu'elle eût bien forcé, de son côté, à divorcer.
Ce ne sont pas là propos en l'air. M. Carnot-Feulins, frère du Directeur, a raconté à
son neveu llippolyle Carnot que, &lt;t dinant
chez Barras, assez peu de temps a~ant la
journée de fructidor, et les convives s'étant
dispersés dans le jardin avec leurs tasses de
café, Mme Tallien, fort connue par son attachement pour l'amphitryon, se mit à dire :
" C'est une belle position que celle de Directeur, mais, 3. mon avis, il ne devrait y en
avoir qu'un'. &gt;&gt; Mme Tallien était femme;
elle eut ce jour-là la langue trop longue et
laissa voir son ambition du moment, qui
était probablement aussi celle de Barras.
On sait que la lutte entre le Directoire et
les Conseils était très vive; on sait aussi que
l'union n'existait pas entre les membres du
Directoire, et que Barras, Rewbell et La Revellière songeaient à se débarrasser de Carnot
el de B.trthélemy qui les gênaient. Barras
était l'âme de toutes ces intrigues. C'étaient
là de vilaines affaires; aussi était-ce son
affaire. Mais il fallait une épée pour trancher
les dirticuhés. Mme 1'allien, qui éLait son
inspiratrice, son Égérie, comme on disait
alors, le pouisa fort à emplorer celle du
général Hoche. Barras envoya donc l'ordre à
Hoche de délacher une division de douze
mille hommes de son armée sur la Sambre
et de la metLre en ·route pour Brest, sous le
prétexte d'une nouvelle expédition en lrlandP.
Les douze mille hommes devaient passer par
Paris, y faire les affaires de Barras et se
retirer après la vilaine besogne à laquelle
celui-ci complait les employer.
Le général lloche, que les lauriers de Bonaparle empêchaient de dormir, ne demandait
pas mieux que de jouer uu rôle politique. Il
ne cacha pas à Barras les difficultés de son
projet, mais se mit à sa disposition pour les
vaincre.

Barras venait d'échouer dans des négociations secrètes avec le comle de Lille
(Louis XVIII). Comme ce prioce venait de
lui supprimer toute subvention, il se lança à
corps perdu dans un coup d'État qui consistail à expulser la majorité des Conseils des
Anciens et des Cinq-cents, et la minorité du
Directoire. li le fit à son seul bénéfice et dupa
tous ceux qui avaient fait quelque fonds sur
lui.
Si Mme Tallien l'avait décidé à choisir
Hoche pour l'exécution du coup d'Etat, c'est
une autre femme - tant il est vrai que c'est
la femme qu'on trouve au fond de toutes les
combinaisons des hommes, - Mme de SLaël,
qui fit concevoir des craintes sur l'intervention de ce général, en le représentant comme
ambitieux, donc dangereux. Elle le fit écarter . Hoche, berné, repartit furieux pour son
quartier général, où il mourut quelques jours
après, épuisé par ses excès, et non empoisonné, comme on l'a dit.
Tallien avait son rôle dans celle affaire
qui tendait, avant tout, à élever au pouvoir
l'amant de sa femme. Mais, comme il n'était
pas sûr de la réussite, il ne s'engagea pas à
fond. li se borna à faire au Conseil des CinqCents un discours où il démontrait, à grand
renfort de phrases creuses et sonores, qu'il
était désirable de voir régner la paix et la
confiance entre le Directoire exécutif et le
Corps législatif. Avec ce discours, que !!. de
La Palisse n'eût pas désavoué, il ne se compromettait pas et retombait sur ses pieds,
quel que fût le résultat des machinations en
cours .
Le général Bonaparte, qui, du fond de
l'Italie, surveillait les événements, envoy.a le
général Augereau à Paris wus prétexte de
remettre au Directoire les adresses de l'armée
d'Italie. Ce général se troma honoré de la
honteuse proposition qu'on lui fit d'envahir
les Conseils et de violer la représentation
nationale. Il accepta, et remplit sa mission à
la satisfaction de Barras. Pas à celle de Carnot qui, proscrit, poursuivi, traqué, eut mille
peines à échapper aux assassins et à gagner
la Suisse. C'est lui qui a écrit : c&lt; Cetle
journée du 18 frudidor sera certainement
immortelle dans les fastes du crime 2• 1&gt;

1. .llémot/"es ,'&lt;Ill' Car.1ot, par con fils, 1.11, p. 118.

2. Jlé1111,ires sur Carnot, par son fils, t. Il; 11. 176.

4

CHAPITRE VII
Le coup J"Élat du t 8 fructidor avait dooc
réussi. Pas tout à fait cependant, puisque
Barras était toujours obligé de partager le
pouv1,ir avec quatre collègues. Dans Paris
régnait comme une nou,·elle Terreur. Presque
toutes les familles pleuraient un parent, un
ami proscrit; on os:ait à peine s'informer des
personne~ auxquelles on portait intérèt et l'on
savait qu'une foule de députés, de journalistes
et d'honnêtes gens étaient dirigés sur les ports
de !'Océan pour èire déportés aux plages
meurtrières de la Guyane. Et cela, en somme,
pourquoi? ... A peu près uniquement parce
qu'une courtisane avait eu l'ambition de ,,oir
son amant devenir seul maitre de la F'rance !

Celui-ci avait profité de l'occasion pour se
débarrasser de quelques hommes qui le
gênaient, el ce coquin de llovère ne dut sa
proscription qu'aux plaisanteries qu'il avait
faites sur certains goûts crapuleux du directeur.
Cependant, au bout de peu de temps, quelques salons se rouvrirent, l'horizon s'éclaircit,
et, si l'on entendait parfois comme le grondement de coups de tonnerre lointains après
l'orage, c'était l'écho de quelque exécution
dans la plaioe de Grenelle, celui des protestations indignées et des cris de rage des malheureux déportés .... Puis, tout s'apaisa, et,
avec leur légèreté habituelle, les Parisiens se
reprirent à s'amuser. Les bals de chez Véry,
de Richelieu, de Tivoli, de Marbeuf. le pavillon
de Hanovre, Frascati furent plus animés que
jamais. La citoyenne Tallien y paraissait avec
ses excentricités de costume et faisait son
possible pour faire oublier les événements de
Fructidor. Barras donnait des fêtes au Luxembourg; elle en faisait les honneurs, s'y montrait on ne peut plus accueillaole et jouait de
plus en plus à la souveraine. C'est là qu'elle
se faisait des partisans en causant dans les
coins, à voix uo peu basse, avec les journa. listes, les généraux .. ,. Ces entretiens un peu
mystérieux - qui suffisent à faire l'enchantement des naïfs - se terminaient toujours
par le grand moyen de séduction qu'on
connaît : à la faveur t.Ies tentures baissées,
elle permeltait à son interlocuteur de lui
baiser le bras, qu'elle avait fort beau, el
recrutait ainsi des amis nouveaux pour célébrer ses vertus.
Une femme qui connut Mme Tallien, et
dont nous avons déjà cité des lignes sur elle,
a laissé d'elle la petite esquisse que voici, à
cette époque : &lt;t Elle n'avait pour criiffure
llue ses beaux cheveux noirs bouclés autour
de sa lête, mais point du tout pendants, seulement bouclés à la manière antique, comme
les bustes qu'on voit au Vatican; cette coiffure
allait admirablement au genre de beauté parfaite et régulière de cette femme; elle encadrait comme d'une bordure d'ébène son col
rond et poli comme de l'ivoire, ::,on beau
visage d'un blanc animé sans couleurs apparentes, un vrai teint de Cadix. Elle n'a,'aÎl
pour parure qu'une robe de mousseline très
ample, tombant à longs et larges plis autour
d'elle el faite sur le modèle d'une tunique de
statue grecqur. Seulement, la robe faite en
France en 1798 était d'une belle mousseline
des Indes et faiLe plus élégamment sans doute
que par la couturière d'Aspasie ou de Poppée.
Elle drapait sur la poitrine, et les rnam:hcs
étaient ratLachées sur le bras par des boutons
en camées antiques. Sur les épaules, à la ceinture, étaientdemêaiedes camées. Cette femme
n'avait pas de gants . A l'un de ses bras, qui
auraient pu servir de modèle pour la plus
belle des statues de Cano\·a, elle portait un serpent d'or émaillé de noir, dont la tête. était
fai1e d'une superbe émeraude taillée comme
la tète du rt·ptile; elle portait un magnifique
châle de cachemire, luxe encore très rare en
France à celte époque, et faisait tourner ce

1

j

châle autour d'elle avec une gràce inimitable,
à laquelle elle mettait une grande coquetterie,
car le rouge pourpré de l'étoffe indienne faisait
ressortir l'ét:latante blantheur de ses épaules
et de ses bras. Quand elle souriait, ce qu'elle
faisait gracieusement pour répondre aux révérences multipliées qu'elle recevait, elle
montrait deux rangs de perles brillaûles
qui devaient faire bien des jalouses. 1 J&gt;
De son côté, le Directoire, pour forcer
l'opinion publique à passer J'épono-e sur
les événements de Fructidor, multi;lia les
fètes nationales et civiques. (&lt; J'ai vu, écrivait plus tard le comte Lavalette, j'ai vu
les cinq rois vêtus du manteau de François Jer, avec son chapeau, ses pantalons
et ses dentelles ; la figure de La Revellière, établie comme un bouchon sur deux
épingles, avec les gras et noirs cheveux de
Clodion; M. de Talleyrand &lt;·n pantalon de
soie lie de vin, assis sur un pliant aux
pieds du directeur Barras, dans la cour du
Petit-Luxembourg, présentant gravement à
ses souverains un ambassadeur du grandduc de Toscane, tandis que les Français
mangeaient le diner de son maitre, depuis
la soupe jusqu'au fromage; à droite, cinquante musiciens et chanteurs de l'Opéra,
Lainé, Laïs, Regnault, et lPs actrices, aujourd'hui tous morts de vieillesse, beuglant
une cantate patriotique sur la musique de
![ébul; en face, sur une autre estrade, deux
cents femmes, belles de jeunesse, de frait.:heur et de nudité, décolletées, dépouillées,
s'extasiant sur la majesté de la pentarchie et
sur le bonheur de la République; elles portaient aussi des pantalons de couleur chair
et avaient des bagues aux orteils. C'est un
spectacle qu'on ne reverra plus ... 2 1,
Les fètes n'empèchaient pas !!me Tallien de
se montrer bonne et obligeante. Elle trouvait
le temps de !"être. On venait beaucoup la
solhc1ter en faveur des personnes arrêtées et
elle se prêtait volontiers à faire les démarches
qu'on lui demandait. Elle avait fait de la
bonté une carrière. « Je l'ai vue, a écrit une
femme d'esprit, rendre avec autant de grâce
q.ue de bonté, et, dans l'occasion, avec persistance et courage, les services les plus importants; ~I. de la Millière, enlre autres, lui
dut la vie dans un momentoù seule peut-être
elle pouvait atteindre jusqu'à Barras et obtenir l'ordre exprès d'un sursis 3. &gt;&gt;
Parmi les quarante journalistes qui avaient
été arrêtés par suite du coup de force du
·18 fructidor, se trouvaient deux jeunes gens,
li. de Lacretelle et M. de Norvins. Mme de
Staël, que les frères de ces deux hommes de
lettres avaient intéressée à leur élargisscmen t,
1, Durhesse d'A1111 ,):.:TÈS, Safo11s de Paris

t. Il

p. 'lî9 , {êd. Garnier).
'
'
'l. lettre du co111te Lavalette à Cuvilfiu-fleury
18'19.
'
3 lime de CnAsrE~,H, .llb11011·es, L 1, p. 364.
, 4. Ce pomrail être encore le n° :! I d"aujourcl"hui.
Cu. ;'\unoY, Le Curieux ).
5. J, De 1\"ourns, ilfémorial, t. li , p. 1:10. LicnhT,.LJ.E, Di.c années d'épreuves, p. 3'!7-M'2.
15. foici I e que dit rie lui une l"C!mmc d"1mlanl de
~ns q~c 1l"espril, dont il frêl1uenlai1 le salon. qu:ind
il a1·a1l hesorn d'elle : 11 l1ersuadê ~aus doute l]UC la

el qui, si elle avait poussé au coup d'Etat,

n'approuvait pas les excès qui en furent la
suite, se prêta avec empressement à ce qu'on

LE COXSEJL DES ANCJENS.

en malière politique, tout juste la fixité d'une
girouette 6 •
Cependant, les événements politiques sui-

-D'après une estampe àu ti:mps.

lui demand.ait. Elle n'hésita pas à aller, en
pleine nuit, frapper ala porte de !!me Tallien,
qui habitait alors rue de la Chaussée d'Antin
n° 21, en face de la maison où est mort
Mirabeau•. F,lle la fit lever et la conduisit
dans sa ,,oiture au Luxembourg, afin qu'elle
arrach&lt;lt à Barras les moyens de sauver les
deux jeunes journalistes. Barras céda devant
les instances de ces femmes et leur accorda
leur deJDande 5 • Devant d~ pareils dévouements, devant de pareils services, on ne peut
lrouver que des louanges, et une telle conduite, chez l'une et chez l'autre, efface bien
des choses. Aussi ne faut-il pas s'étonner de
t"ut le bien que M. de Nor vins el !I. de Lacretelle, dans une reconnaissance qui s'était vite
changée en adoration, di,ent de !lme Tallien.
Mais l'on se tromperait étrangement si l'on prenait pour vérité historique les pages écrites
sur celle aimable femme par ~I. de Lacretelle,
au tome XI de son llistofre de Fmn,:e; on
ne se tromperait pas moins en accordant la
même confiance à presque tout le reste, car
cet écrivain, estimable d·ailleurs, mais également dénué de caractère et de dignité, avait,

vaient leur cours. Le général Bonaparte,
après avoir signé la paix de Campo-Formio,
après être allé à Rastadt, était rentré en
France et préparait l'expédition d'Égypte. li
se montrait pru, sachant combien il était
dans la suspicion du Directoire qui venait
pourtant de lui offrir, au Luxembourg, une
bien belle fête. Il faisait le réservé et, en effet,
il se réservait. Cela oe l'empêchait pas de
recevoir un peu dans son petit hôtel de la rue
Cbantereine.
Ume Tallien n'avait pas été des dernières
à venir le féliciter des succès prodigieux de Sjl.
campagne d'Italie. Elle vint aussi lui faire
son compliment quand il fut élu à l'Institut.
Un témoin oculaire a le\'é un petit coin du
rideau du salon pendant celle visite, ce qui
nous permet d'y assister. &lt;c Après le dîner,
dit-il, c'est-à-dire à neuf heures du soir, le
général reçut quelques visites, entre autres,
celle de Mme Tallien qui s'empressait de le
féliciter de son nouveau lriomphe. L'opinion
universelle ne pouvait pas s'exprimer par un
plus gracieux interpr~te. La conversation,
bien qu'elle fùt engagée avec des dames,

justice est du cùté de la fo1·ce, il s'est toujours !)lacé
µrP:s du vainq11eu1·. CL _si vile qu·o11 ne ~avait cQmment
il était lâ: p11urlan1, il avait encore eu le lcmps de
passer à l'irnprimcrie pour quelques variantes qui,
suivant revé11cmei1l du jour1 mrllaicnl dans le récit
du p:issé les torts du côlé du peuple ou les crimes tl11
cùté des rois. /,e3 différentes modific:itions que le
pouvoir a ~u l&gt;ies de notte temps se rel1'0ureraient,
faute d'autres preurc dan s les variantes des l.!Jitions
successives des ouvrages de J,acretclle sur l 'histoire
du p:i~sé.
« Mais cria ne lui coùtai t ni efforl ni calcul : c·etail
in~linclif; il s'approchail du µo,Hoir cumme 011 s'.1p-

pt'och~ rn:ic\1i11alemeut du . feu_ quand on a froid; sa
comc,enc&lt;! ne lui l"CJJl'Oclta1L r10n el ron n'a,,ait pas.
aupr~s de lui, l_e ~ou_rag~ d'êt.re plu~ exigeant que sa
comcienc&lt;! 1 car 11 chu t s1 heureux Je la moindre faveur r1uïl ol1!c11ait, 11_ ai~ail Lant c_e l!x qui faisaient
quc!11ue chose pour IUJ el 11 les oul&gt;lm1l s1 rrnïvemeùl
r1u:rnd il• ne pouxaienl plus lui être utile~. qu·on était
plus étonni!- q11ïnitC ... » (.llme AxcnoT, Ùn salo1t dt
l'aris, p. .i,! ).
. On _,·uit qu'il ne faut pas fairr, µlus de cas des ~crils
l11~Lor1ques de Lacretelle que de J'3uteur lui-mèm('.
Mais, ,;oit dit en pass~;:il. Lacretelle n'a-t-il pas fait

0

,

école? ...

�fflSTO']tl.11
tomba sur les armes, sur les sabres, sur les
lames, sur la qualiié que la lrempe pouvait
leur donner et qui les rend propres même à
couper le fer; je citai comme preuve du fait

un yalagan que j'avais rapporté de Corfou.
cc Qu'en avez-vous fait1.. me dit le général.
- Je l'ai donné à Talma. - Cela est bien
LAnr-:.1.c,.T, Sour:enirsd'un s~xagé11aire, 1. IV, p. ii.
-?-

d'un poèle. CPs messieurs font leur cour,
même aux rois de théâlre. - Je ne la fais
même pas aux héros, général i je ne la fais
qu'aux dames : madame est là pour le dire 1 )).

(A suivre.)

JosEPH TURQUAN.

1'APOLÉON REÇOIT A 8AINT·CLOUD LE Slb\ATUS-CONSULTE QUI LE PROCLAllE EMPEREUR DES FRA.~ÇAIS.

Gravure de PJGEOT. d'atrès k laéfeau de Roue.ET, - (Mttsie de Versailles.)

FR_ÉDÉR_lC LOLIÉE

"""

Napoléon et Talleyrand
Dans l'un de ses fréqu cnls accès de dépit ra)·onnement, elle n'a pas éclipsé l'autre.
contre une inte1ligence . qu'il ne put jamais Napoléon étendit sa gloire beaucoup plus haut
&amp;ubjuguer entièrement ni conduire à sa guise, et beaucoup plus loin : il fut déraciné par la
Napoléon croJait enfnmer en ce peu de mots lempête. TalleFand plia et dura. Nul ne fut
tout ce que Talleyrand, wn œuvre entière et d'aussi près associé que Tc1ll1::yrand aux vastC's
M réputation pou nient attendre du jugement
et tumuilueux desseins do !'Alexandre mcde l'avenir:
derne; nul ne connut, commelui,le caractère
, La poslérilé ne lui donnera d'autre place et la portée de la peméc impériale : son étenque celle qu'il faut pour dire qu'il a éié mi- due, ses irrégulariLés, ses excès. De même
nistre sous tous les gomernements, qu'il qu'il avait tendu l'échelle (tt d'une manière
a prêté ,,ingt ~ermcnts 1 , et que j'ai été assez combien dili~ente, combien opportune! ) à
sot pour m'y laisser prendre. 1)
l'ascension de Bonaparte, quand il le vit porL'hisloire, plus généreuse, ne devait point ter, en quelque sorte, par les événements; de
ratifier une opinion aus~i sommaire, mais, au même se rctourna-t-il contre lui, quand il le
contraire, élargir Je rôle et l'irnporlance du sentit irrémédiablemeut condamné. Napoléon
personnage qui fut l'adn-rrnire poli, perfidf', n'eut pas de plus préci, ux allié, ni de plus
quelquefois, en ses rno}ens, des dernières dangereux adversaire, - ce qu'il savait très
fautes de Napoléon. Les deux figures sont bien 1 . Oui, quant à cela, son opinion était
restées en présence dans la juste lumière de double-ment faite; et, cependant, jusquts après
leurs proportions ,éritaLles; et toute supé- la terrible leçon de 1814, ju,que pendant les
rieure qu'ait été l'une par l'immensité de sùn Cent-Jours, cherchant de dernières clartés

sur les bords de l'abîme où trébuchait ,a
puissance, il en reviendra au ministre qui l'a
trompé, d réclamera encore 'falleJrand.
Ces deux énergies se complétaient l'une par
l'autre, quand elles étaient unies. La première
incarnait le génie de l'action, la seconde exprimait cette force calme, lumineuse, du conseil, qui prépare les voies aux grandes résolutions ou permet d'en atténuer les retenlissements dangereux. Napoléon, comme l'exprime l'historien Mignet, projetait ce qu'il y
a,·ait de grand, de glorieux, de lointain;
Talleyrand parlait .ses soins à en écarter les
périls; et 1a fougue créatrice de celui qui détenait la puissance pom·ait être tempérée par
la lenteur drconspccte du ministre armé de
prudence, - aulant, du moins, que l'un
permettait à l'autre de s'interposer entre
l'obstacle et sa volonté.
Dans les rencontres difficiles où quelque
ingénieux euvhémisme, une déœarche de

Extrait de l'ounagc: Tollcyra11d el- La Société
fran çaise: Du p1·ince de Bénéi•eiil au duc de il lorny.
1-'11ü1]Rlf. l,111.1ü: . Un ,·o lumc in-8°. prix:
i fr. 50, tmilc-Paul, Cditcur.

noL1•c n1aison, à JJré~enL que la forlune l'abandonne,
depuis quelque lemps. , (Curre$]J01tdanee de IYapofëon 1~ t. XXVII, p. l:ïl , piCce 21 1 210. Au roi
Jo•epl1, .\"og-ent. 8 fénicr rnt L 1

ru·

VIL - lhSTORtA, - Fasc. 49.
LES AMATEURS DE PEINTURE, -

Tableau ,je ME(SSONIE:R. -

(Collection CIIAUCJIARO, Musé.! du Louvre.)

1. Exnclt'menl ll'ci1,c.
2. « Méficz-w,us de Tal!e~·r:uHI. Jo le pr.'llîl1ue
drpuis seize annCcs; j'ai mt'me eu ile ln fi11'cur )lO\ll'
. lui; mnis c'est sûrcmcnl le plus grand ennemi de

0

,

�</text>
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                  <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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                <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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        <name>Comte de Ségur</name>
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                    <text>fflSTO']tl.11
tomba sur les armes, sur les sabres, sur les
lames, sur la qualiié que la lrempe pouvait
leur donner et qui les rend propres même à
couper le fer; je citai comme preuve du fait

un yalagan que j'avais rapporté de Corfou.
cc Qu'en avez-vous fait1.. me dit le général.
- Je l'ai donné à Talma. - Cela est bien
LAnr-:.1.c,.T, Sour:enirsd'un s~xagé11aire, 1. IV, p. ii.
-?-

d'un poèle. CPs messieurs font leur cour,
même aux rois de théâlre. - Je ne la fais
même pas aux héros, général i je ne la fais
qu'aux dames : madame est là pour le dire 1 )).

(A suivre.)

JosEPH TURQUAN.

1'APOLÉON REÇOIT A 8AINT·CLOUD LE Slb\ATUS-CONSULTE QUI LE PROCLAllE EMPEREUR DES FRA.~ÇAIS.

Gravure de PJGEOT. d'atrès k laéfeau de Roue.ET, - (Mttsie de Versailles.)

FR_ÉDÉR_lC LOLIÉE

"""

Napoléon et Talleyrand
Dans l'un de ses fréqu cnls accès de dépit ra)·onnement, elle n'a pas éclipsé l'autre.
contre une inte1ligence . qu'il ne put jamais Napoléon étendit sa gloire beaucoup plus haut
&amp;ubjuguer entièrement ni conduire à sa guise, et beaucoup plus loin : il fut déraciné par la
Napoléon croJait enfnmer en ce peu de mots lempête. TalleFand plia et dura. Nul ne fut
tout ce que Talleyrand, wn œuvre entière et d'aussi près associé que Tc1ll1::yrand aux vastC's
M réputation pou nient attendre du jugement
et tumuilueux desseins do !'Alexandre mcde l'avenir:
derne; nul ne connut, commelui,le caractère
, La poslérilé ne lui donnera d'autre place et la portée de la peméc impériale : son étenque celle qu'il faut pour dire qu'il a éié mi- due, ses irrégulariLés, ses excès. De même
nistre sous tous les gomernements, qu'il qu'il avait tendu l'échelle (tt d'une manière
a prêté ,,ingt ~ermcnts 1 , et que j'ai été assez combien dili~ente, combien opportune! ) à
sot pour m'y laisser prendre. 1)
l'ascension de Bonaparte, quand il le vit porL'hisloire, plus généreuse, ne devait point ter, en quelque sorte, par les événements; de
ratifier une opinion aus~i sommaire, mais, au même se rctourna-t-il contre lui, quand il le
contraire, élargir Je rôle et l'irnporlance du sentit irrémédiablemeut condamné. Napoléon
personnage qui fut l'adn-rrnire poli, perfidf', n'eut pas de plus préci, ux allié, ni de plus
quelquefois, en ses rno}ens, des dernières dangereux adversaire, - ce qu'il savait très
fautes de Napoléon. Les deux figures sont bien 1 . Oui, quant à cela, son opinion était
restées en présence dans la juste lumière de double-ment faite; et, cependant, jusquts après
leurs proportions ,éritaLles; et toute supé- la terrible leçon de 1814, ju,que pendant les
rieure qu'ait été l'une par l'immensité de sùn Cent-Jours, cherchant de dernières clartés

sur les bords de l'abîme où trébuchait ,a
puissance, il en reviendra au ministre qui l'a
trompé, d réclamera encore 'falleJrand.
Ces deux énergies se complétaient l'une par
l'autre, quand elles étaient unies. La première
incarnait le génie de l'action, la seconde exprimait cette force calme, lumineuse, du conseil, qui prépare les voies aux grandes résolutions ou permet d'en atténuer les retenlissements dangereux. Napoléon, comme l'exprime l'historien Mignet, projetait ce qu'il y
a,·ait de grand, de glorieux, de lointain;
Talleyrand parlait .ses soins à en écarter les
périls; et 1a fougue créatrice de celui qui détenait la puissance pom·ait être tempérée par
la lenteur drconspccte du ministre armé de
prudence, - aulant, du moins, que l'un
permettait à l'autre de s'interposer entre
l'obstacle et sa volonté.
Dans les rencontres difficiles où quelque
ingénieux euvhémisme, une déœarche de

Extrait de l'ounagc: Tollcyra11d el- La Société
fran çaise: Du p1·ince de Bénéi•eiil au duc de il lorny.
1-'11ü1]Rlf. l,111.1ü: . Un ,·o lumc in-8°. prix:
i fr. 50, tmilc-Paul, Cditcur.

noL1•c n1aison, à JJré~enL que la forlune l'abandonne,
depuis quelque lemps. , (Curre$]J01tdanee de IYapofëon 1~ t. XXVII, p. l:ïl , piCce 21 1 210. Au roi
Jo•epl1, .\"og-ent. 8 fénicr rnt L 1

ru·

VIL - lhSTORtA, - Fasc. 49.
LES AMATEURS DE PEINTURE, -

Tableau ,je ME(SSONIE:R. -

(Collection CIIAUCJIARO, Musé.! du Louvre.)

1. Exnclt'menl ll'ci1,c.
2. « Méficz-w,us de Tal!e~·r:uHI. Jo le pr.'llîl1ue
drpuis seize annCcs; j'ai mt'me eu ile ln fi11'cur )lO\ll'
. lui; mnis c'est sûrcmcnl le plus grand ennemi de

0

,

�-

111STOR._1.ll
°NAPOLÉON ET TIILLEY11_/11YD

.

sage et lente préparation, un temps d'arrêt,
une suspension favorable, pou\'ait amorlir les
effets d'un -choc brusque, 'J'alleyrand excellait
en la manière d'arrondir cc que la dictée de
Xapoléon arait de trop impérieux et de lui
frayer à Iui-mème les moyens de paraitre ou
plus habile ou plus fort, en redevenant plus
ëalme.
Bonaparte, qui jouait volontiers au Jupiter
(surtout au Jupiter tonnanl), oubliait, en
maintes occasions, les caressantes douceurs
de Tallcyrnnd, si moelleux en de certaines
letlres, si rmeloppant en ses paroles; il l'asrnillai( de reproches, d'interpellations vives;
néanmoins, il lui avait confié, n'ayant, auprès
de soi, personne qu'il en jugc:ît plus digne
ou plus capublc, les négociations d'Amiens,
celles dJ Prrsbourg, sinon celles de 'l'ilsitt.
Après Au:-tcrlilz, c'est sur lui qu'il se rPposcra
d'assurer la victoire par des accommodl'ments
qu'on e)pérait duraLles.
(&lt; Je veux la paix, lui écrirniL-il, arrangez
tous les articles du mieux. que vous le
pourrez. )l
Lorsr1u'il avait Lenté d'organiser l'Allemagne et l'Italie, c'est-à-dire d'en parlagf•r
les territoires, d'en diviser le~ gouverncmrnt-:,
pour fortifier d'aulant plus l'unitéde son empire: c'est 'l'alleyrand qu'il consulla longncmenl, afin d'en obtenir des clartés sur lt.!s
dé1ails et de la précision sur l'ensemble.
Le caractère de 'l'alleyrand ne lui élait
jamais apparu comme un miroir de droilurr;
et ses raisons étaient fondées pour lui en refuser
la louange. En revanche, la correspondance
de l'empereur déct\le, !t chaque page, l'eslimc
que lui inspirait - malgré lui - sa pénélration diplomatique et le prix qu'il allacbait
à ses scnices, parce qu'il en avait fait l'épreu vc
en des conjonc!urcs heurem-es oucompliquél'S
de son règne. li fallait que cet homme lui
semLlàt bien utile, ou qu'il en craignit singulièrement les dl's~eins cachés, ou qu'il allribuàt à sa présence une influence mistéricusc
dont il ne pouvait se passer, puisquP, sans lui
vouer une rétlle confiance, il ld coml,la
d'honneurs et d'or avec une munificence sar.s
égale. ll l'avait maintenu sept ans dans le
ministère; il avait inventé des fonctions supérieures inconnues pour qu'il fùt appelé viccgrand-élccteur après avoir été grand chamhtllan, el découpt', à son intention , dans la
di~tribution dLs grands fiefs nouvellement
créés, la principauté de Ilénérent.
Toutes cho5es finies, NapoMon dérlarera
qu'il s'était exagéré ses mérites, qu'il ne
l'avait trouré ni éloquent, ni persuasif dans
leurs entretiens, qu'il roulait beaucoup et
longtemps autour de la mème idée, et qu'au
sortir d'une longue conversation, entamée pour
obtenir des éclaircissements de sa _part, force
était de s'apercevoir qu'il n'y avait pas répandu plus de lumières qu'en la comrnen,~nt.
C'est que vraisemblablement, en ers joutes
malaisées, avec un interlocuteur fougueux et

imarrinatif comme celui-là, Tallcirand. se
confinait il dessein dans un argument umque,
qu'il y revenait sciemment, parce qu'il y
VO)ait lacler d'une situation. et qu'enfin , après
beaucoup d'insistances perdues, renonçant à
convaincre un homme qui le contredisait sans
l'écouter, il se tirait d'affaire, comme il pouvait, par des mots évasifs. ~apoléon ne faisait
pas si bon marché de ses avis, puisqu'il les
recherchait, surtout les regrettait dans les
périodes de dirficultés. Pourquoi Talleyrand
n'était-il plus là! Ah! ,i Talleyrand eût ru
l'affaire en main! Il en maniîestait l'impression sans ménagement au ministre chargé de
le remplacer, et qui n'arrivait point à tirer au
clair une situation embrouillée. En 1800,
étanl à Si.;hœnbrun, assis devant le bureau de
llarie-Thérèse, il rembarrait li. de Champagny
sur les lenteurs apportées dans les négociaLions. c&lt; Tallc)-rand, lui disait-il, avait une
allure plus \'ire; cela m l'Ùl coùté trente
millions, dont il m'aurait pris la moitié, mais
tout serait fini depuis longtemps. )&gt;
Soupçonneux à juste titre des intrigues qui
se tramaient, au dehors, entre ses alliés prétendus 1 cl ses rnncmis déclar~s, sans qu'il p1H
naimcnt distinguer ceux-ci de ceux-là, cherchant dans cette marche à tâtons des l larlés
indicatrices, il se retournait. en fin de comptr,
vers 'l'alle)'rand, pour qu',l l'aidàt à les découvrir. La vcill1&gt;, il se plaignait amèrement de
son jeu ténébreux. Maintenant, il lui rendait
en plrolcs une aIT~ction singuliè-re .
&lt;! Yous êtes un drôle d'hommei je ne
puis m'empêcher de vous aimer &gt;&gt;, lui déclarait-il sans le croire, ni le lui faire accroirt !.
Et le lendemain, il reparlait en de'i tirades
furibonJcs contre la traitrise innée dt! ce
Tallt'JTand.

1. « Alliés sm· le rêlin , ln dL•foction dans l';lmc. »
(A. Sorel.)
2. Le p1·incc de !lellernidt rapporte, en ses sou-

je veux faire une cliose, j1• n·emploic p.1s le pi·incc de
Bënén!nl; je m'a.Jrcsse à lui quand JC ne rem: pas
fail'e une chose, en ayaul l'air da la vuuluir. 1&gt; (Mél'HfJirC,&lt;:; \. 1·
p. 70. 1 Il y 3\ail là lii&lt;-n de la contre-

vf'nir~, qu'un jom· l'empereur lui a\·ail dit : « Qnan,I

0

....

C'était le plaisir de Xapoléon de réveiller
son monde, comme il le disait, par des sorties
imprûrncs autant qu'embarrassantes. D'habiludr, quand il y arait cercle autour de lui, il
parlait seul, lrès écouté, très rcdoulé. Sur
quelque point qu'il tùt porté le sujet de son
monologue, parli en coup de foudrr, comme
une inkrpella1ion, on ne se pcrmellait ,,ne
rarement d'y donner la réplique. Soil qu'ils
fussent tenus sous la crainte, soit pour une
aulre cause, les gens ~e dérobaient p:ir une
réponse fuyante et soumise ou par une ré\·érence de cour aux tiuestions trop dirt"cles
qu'il leur lançait à la tèle. 'l'alleyrand ne partagfait point celte impression générale d'i1llimida1ion , sincère uu jouée, en sa présence,
mais allendait le choc, ,ans lroul,le, et lui
renvoyait en douceur des mols où perçait de
l'ironie contenue, sous des apparences Je
respect et de louange. Au lem ps où l'rmpereur
n'en arnit pas encoreLrisé avec lui quant aux
formes de l'urh:mité, il savait esquire.r le:;
détails gènants par l'agrément d'un trait d'esprit, qui lui perm ettait de glisser sur Je reslt',

0

,

ou par une llatterie d'autant plus adroite
qu'dle n'avait pas l'air d'en ètre une, - la
seule manière de flatter qui ne fùl pas épuisée dans celte atmosphère d'adulation. E&lt;L
sofa species adulanrli superat. Ce fut à Bruxelles que Mme de némusat a\'ait entendu
Talle,rand répondre avec tant de finesse (le
détail en est bien connu) à l'interrogation subite de Bonaparte sur la façon dont il s'y
était pris pour accrollrc si rapidement sa
fortune.
&lt;c Monsieur de Tallc}'f.:tlld, on prétend que
vous êtes fort riche.
l) - 0,1i, Sire.
D Mais extrêmement ricl.e.
n - Oui, Sire.
» - Comment arez-vous fait? Vous étiez
loin de l'être à votre retour d'Amérique?
ii Il est vrai, Sire, mais j'ai racheté,
la veille du 18 brumaire, tous les fonds publics que j'ai trouvés sur la place; et je les ai
revendus le lendemain. 1&gt;
L'histoire était bien inrcntée pour les besoins de la cause. On dut se résoudre à l'accepter comme de la bonne et franche monnaie.
Cette indépendance mesurée, que rendait
soutenable en face d'un souverain aussi peu
endurant que Napoléon la délicate maoiè.·re
dont elle se traduisait, il s·attachait à la conserver sur les différents sujets qui mettaient
leur.s idées en présence. Il arrivait, de loin
en loin, que la littérature et les arts en fissent
Jes frais, quoique Napoléon préférât en causer avec des poètes et des artistes. Un jour
qu'il s'entretenait là-dessus avec son ministre
des ltelations extérieures, leurs vues ne s'étaient pas accordées sur les limites de cc discernement heureux, ,,jf et précis du nai, du
beau, du juste dans la pensée et dans l'expression, qu'on appelle le goût : " Ah! le
bon goût, riposta le prince de Bénévent, si
vous pouviez vous en défaire à coups de canon, il y a longtemps r1u'il n'existerait plus. lJ
TaUe)'rand, qui savait écouler et porter jusque
dans le mutisme des airs de louange, possédait as!urémenl l'un des meilleurs mo)ens
de lui plaire; encore ce genre de complaisance était-il suspect de sa part. Napoléon ne
s'en rapportait qu'à demi à ses silences approbateurs. Il lui senlait des arrière-pensées
dissidentes, contre lesquelles il éprou,·ait de
l'humeur, malgré qu'elles ne lui fussent
point connues.
Étrange vis-à-vis de ces deux maitres dissimulateurs! C'était une des tendances de
Napoléon de poser en principe que l'homme
vraiment politique doit saroir calculer jusqu'aux moindres profits qu'il peut tirer non
seulement de ses qualités ou de ses talents,
mais encore de ses défa uts. Or, TallcrranJ
professait la mèmc théorie. Mais, ce clui le
piquail au jeu, c'est que l'empereur Ja mettait en pratique si à fond qu'il en déconcertait la clairvol'ance la plus lucide. " Ce diable
fii1e!'.S&lt;'. )lais peut-èlrc, en pnl'hrnl ainsi, :\"~poléon lit!
tendail-it qu'à llaltcr Jldlcrnich, eu lui sug~l!rau_t
lï1léc qu'il lui cun!iait à lui cc quïl dis;imnluit a
Tallr':JT&lt;111ll.

•

D

•

_

_

NA~OLÉO:-l' DONNANT L A co;-.;STITUTI(•N AU DUCIIÊ DE VARSOVIE, EN 18o7. -

Tableau de ~lARCEL DE BAC CIARELLI

cgau~hc a drone: Valentin Sobo!ewski: Xa,·ier Dz_1atinski, _Pierre Bielcnski, L:ouis Gutakowski, Jean-Pau! LuszczcwsJ.i, Stanislas .Mata~howsld. ,\
c
Bassano; Talle) rand, prince de Bënèvcnt ; );apolèon; Stanislas Potocki, Joseph \\"tbicJ.i.
' i laret. duc d

d'homme, s'écriait-il chez Mme de Rémusat
!rompe, sur tous les points. Ses passion;
ellcs-memes vous échappent, car il trouve
moyen de les feindre, quoir1u'ellcs existent

réellement. 1&gt; Dans cc genre de comédie, si
la part de la sincérité était aussi mince d'un
côté que de l'autre, il est certain que Napoléon manœu\'rait avec plus de rm:c, Tafüy-

r~nd avec plus de mystère, et que ce derrncr, tout en apportant en affaires les mille
restrictions dont se gardent par métier les
diplomates, visait plus franchement au hui,

�-

'fl1ST0~111------------------------

parce qu'il n'aimuil pas, en somme, qu'on
fùt toujours dans l'inccrlituJe ou sur le
qui-rirn.
Durant la belle période, quand on pensait
y mir drs gages dP. stabilité, Talleyrand seconda d'un vouloir réllécbi les des~eins de
l'empereur, avec d1•s allernalin~s d'accord el
de d1!sunion. A din•rscs fois, éclataient dl'S
critiques, auxquelles il ne s'était pas allendu
rJ. qui gênaient ou déplaçaient le terrain des
négociations diplomatiques entamées. De,
admonestations impatiente,; lui par\'enaicnt

Qum! rnus t~les munan1uc et mus m'aîmt'Z

encore?
li n'était plus semible lJU'à sa gloire; il

sur ce que le ministre semblait outrepasser

les instructions qu'il avait reçues. ll laissait
couler l'averse et reprenait ensuite la discus~ion, d'un esprit calme et en se }oun•nant

que son rôlt! de modérateur lui avait toujours
été fort difficile à remplir. Uans un dé,ir
égal de retenir les excessifs de la fié:rnlution
et d'apaiser les violenls du pouvoir, n'avait-il
pas encouru, tour à lour. llS colères des uns
et des autres'! Les r~puLlicains l'accusèrent
d'aroir voulu soumellre l'l~lal à un maitre;
et ce maître, mêcontent des résistances même
légères qu'il lui opposait et de son refus poli
d'applaudir à tous ses actes, lui reproduit
celle demi-indépendance comme une trahison.
C'étaient les premiers ~ymptômes d'un désaccord plus profund.

Aux alentours de la paix d'Amien~, Talleirand eut sur les lèvres et alt bout de la
plume des compliments extrêmes à l'égard
de celui qu'il arait assuré, pour toute la riP,
d'un tendre et immuable dévoucmunt 1. Svus
le Directoire, passant les bornes, il arait représenté aux gomern:rnls, dont il dCsirait
endormir le3 soupçons, le général BonaparttJ
comme une âme éprise de calme el de simplicité, n'aimant que la paix, l'~tud~, les
poésies d'Ossian et n'aspirant qu'au repos,
après la ,·icloire. En parlant de la sorte, il
sa,·ait pertinemment qu'il n'était pas un
oracle de vérité. C'était bien de l'amour encc.re, sous le Consulat, lorsque des raisons
de santé l'ayant contraint de s"absenter de
Paris - le temps d'aller prendre les eaux à
Bourbon - il se plaignait comme d'un malheur véritable de cette cruelle nécC'ssiLé ,1ui
le priverait, pendant deux semaines, peul•
être trois, d'admirer de plus près la suLlimc
aclivité du héros~. Que serait-il? Que pourrait-il faire, n'étant plus à parlée de son
inspiration?
\'oil."1 le morncnl où je m'aperçois i,icn que,
depuis deux :ins, je ne suis plus accoutumé à
penser seul; ne pas vous voir laisse mon esprit
sa11s guide; aussi ,,1is-jc prohahlemcnl éaire de
pauvres chose~; mais ce n'est p:1s ma foule; jè
ne suis pas; complet, lorsque je suis loin de rnus.

,\ l'a,èncment de l'empire, ~es accents s'étaient tlc,és arec la grandCur Je l'homme ....
1. Bourbon, 30 messidor an IX (19 juillet 1801 ).
2. 20 messidora11 IX. (Arch. Fs. l~rance, ü5X, fol. 11. ;
'.i, /,el/n• 1'1: Trrlll'yrcwd à Sapuléou , Strasbourg.

senlir, à son tour 1 le charme de cette hienvcillance enjouée et prévenante 011 excdfoit
l't::mpercur, quand il daignait s'en donner la
peine; à s'en laisser pénétrer,'dis-jc, au point
de s'en souvenir longtPmps après, avec une
naucusc rntisfaction. Malgré qu'il ~ùl à quoi
s'en tenir sur sa sécheresse habituelle et
qu'il C'll eût rcsrnnli les cITds, il lui revenait
de citer, de sa part, des exemples aima1,lcs
de douceur et d'aménité. Un jour qu'il ~·
insislail, jusqu'à verser dans la louange rnperlatire, Montrond lui repartit, en riant :
!&lt; Vous pournz faire son éloge, ,·ous lui avez
fait assez de mal ! l&gt;

Voltaire n'écrivit pas à Frédéric d'épîtres
plus adroitement complimenteuses que certaines lettres de 'J'alleyrand à i'\opoléon. Comment, par quelle aggravation de causes, de
si Lell~s protestations devaient-elles aboulir,
chez le prince de Ilénévcnt, à un n!rita!Jle
anlag~nisme, rnu3 ks apparences d'un scr,·ice conlinuanl d"ètre actif et soumis?
Des démêlés sur la quc~tion curopéennr,
il y en eut toujours entre l'empereur et son
ministre, quant au fond ou dan~ la forme.
Au cours des années prospères, ces contradictions étaient accidentelles et mesurées.
Puis, rc,·enaienl des entre-temps de conciliation el d'harmonie exemplaires, oll leurs
sentiments se dt'ccraient à l'cnri. Napoléo11
arait failli presque l'aimer, si tant est qu'1l
eût jamais afl'l'ctionné &lt;1uelquc chose ou qu1:lc1u'un, hors &lt;li.! lui, dans ~on cercle mililaire
ou poli1ique. Talle}ranJ s'était $urpris à res-

Talle)'rand rn connut une période de crédit soutenu et qu'il fut prrsque seul à
exercer sur l'esprit Je Ilonapartc; sans lui
consentir aucune sympathie d':lme réelle, on
prêtait l'oreille à l'autorité de sa parole. Il
ne s'était pas abusé, dans ces avantageuses
conditions, jusqu'à se dire qu'il convcrlirail
jamais un tel Jominateu r 1t épomer les , u s
d'une politit1ue d'équilibre cl de modJration.
Mais il avait conçu l'espo:l" qu'il lui serait
possible d'endiguer le torrent. Il s'éfforça,
selon le mol d'un historien, de lier ses pas~ions en les reportant ailleurs, dans la voie
de3 créations à la fuis grandes et salutaires.
Napo!éon, avec sa percrption instaalanée df's
thoses et son amour de la nou·:cauté, inclinait à l'y suivre, pour l'y dépasser bientôt. 11
engageait l'entreprise et en jetait les bases
sans allcndre. Malheurcu~ement, il ne s'y
fixait point. li dérivait à d'autres flots, 11égligeanl ou renversant par caprice cc q11ïl
avait commeni::é d'établir. TalkyranJ, qui
n'arait pas le goftt de la lutlP, pied à pied,
ne persistait point. [l en arriva forcétne11t à
se décourager; et Jc3 ressource.; ffu'il avJit
mises à son service, il se fit à ridée de les
tourner, un jour, contre lui, quand ses exigentcs auraient lassé la fortune.
Dans leurs face à face pk.;us Jïu!errog1lÎùns, où se croi~airnt le doute, la défiance
réciproque, tous deux avaient eu le Lcn~ps de
se pénétrer 1l fond. Talleyraod ne cores;ait
aucune espèce d'illusion sur la capacité d'atlachement de l'empereur pour qui que cc
fùt. Non plus, Napoléon, tout en éprouvant
un plaisir intérieur à piler, puur son usa.~e,
h·s ~ervices ll grandes mani~rcs dl! cc parî.tit
homme cte cour et Ju monde, non plus NJpuléun ne rn lcurrail sur cc qu'il dernil
alleaùrc Je lui, en dehors d'un intérêt imméJial. Sïl cronil en la soumis~ion arcuglémenl idu}àtrc"' d'un duc de Uassano, il
n'ê1aiL pas dupe dl! la fidélité de cœur d'une
certaine portion de son entourJgc . li ménageait Talltiyrand, il tulCraiL Fouehé, parce
fJu'il aimait micut les saroir sous sa griffe
qu'en liberté. M..1i5 il l'tait fixé sur le vrai Je
leurs scnlimcnls. Talleirand l:l Fom:hé ... ces
nom!&gt;-là furent la t:ontinucllc oLsession dl! si
pensCc. Lors'fnÏl ne sera plus le maître de
frapper, Jes mou\'cmcuts vindicatifs lui re~

2;:i ,·c1ulémi.iircau XIV {17 oclolwc 1805). Tallcyramt,
en écrîva11L 1·cs lignes, usail d"uu conseil détourné
pour rf'lrnîr '.\'apoléon dans les bornes •le la m0&lt;1l;r:t~

lion, après ses rapiclee ,ictoîres en Allcm.1in e, cl l'iodi•
ncr ii. ,tes mes con~iliantrs, ér1uit.ibll'~ 1 génl'rcu~c~,
riuï! feint de lui w .z~ércr poui· l'y mi1'11x dis110srr.

CHARLES-MAURICE

DE TALl,F.YRA);D ,

PRINCE DE BÉ~ÉVE'.'iT

D'apn\s le /.:Jl'/eau du R\RO:,. Gf.RARn.

n'a,·ait plus d'amour-propre que par rapport
à lui, Sans tomber dans ua genre Je flagornerie contraire à la délicatesse du goût, il
lui prodiguait de cet encens choisi, où se
surpassent les connaisst urs :
Sire,

Dans l"éloignement où je suis de Yolrc ~fojeslé,
ma plus douce ou plutôt mon unique consolalion
est de !Hl' rapprol'het· d'clll', aulant qu'il est en
moi, par le someoi1· el par l::i préro~·:ince. Le
p.is~é m·cxpliquc le présent et cc qu'a fail \'otrc
ll:ijcslé me devient tm J)l'!i~age de ce qu'e1lc doil
f:1îre; car, t:rndis que les dé.crminations des hommes ordinaires varient ~ans cesse, celles de Volre
~fojestt', prco:rnt leur ~ourre dans sr. magnanimité
nalurclle, !;OUI, d,ms les même~ circonslaoces-,
irrévocaùlemc11l les mèmcs~.

HISTORIA

MADAME GRAND _ PRINCESSE DE TALLEYRAND
Peinlpat&gt;M":-"VIGÉE LE BRUN~ CollectiondeM1'Ja.cquea DOU CET

PL. 4 9

�'-------------------------------monteront au cuveau pour le mal qu'il aurait pu leur faire et l'imprudence, qui fut
sirnnc, de s'en abstcni.r.

Il y avail des instants ot, Talleyrand surtout, cette énigme vivante, crispait, exaspéra:t ses nerfs. Il le haïssait et le désirait, le
rèC'herchail et l'éloignail, le □ allait et l'accaLlait d'invectires; c'était une con tinuelle hésitation de la colère cl de la faveur. Le garderait-il ministre? L'eu\'errait-il en ambassade?
Ou le ferait-il assassiner1 Serait-il moins à
craindre, bien rivant ou menacé de mort,
dans les honneurs ou dans l'exil? Parvicnèr.,it-il , lui Napoléon, à se l'attacher défiaiti-

NAPOLÉO'N 'ET TJ1.Ll'E'Y7/.J1.'ND -

en soi. Tel, Louis XI\', à l'égard de ses gJnéraux, de ~es ministres, qui ne pouvaient h!!.sarder d'initialire éclatante qu'en lui donnant
à croire qu'il en avait été le conseiller, l'inspirateur, et que la gloirè entière lui en revenait à lui seul. Conscient de la supériorité de
ses aptitudes en la science diplomatique, Talle)'rand avait fondé des espérances lonJues
sur la durée d'une influence que l'empereur
s'était empressé de lui retirer, du jour où il
pensa Yoir qu'elle aspirait ~l se rendre indispensable. Napoléon n'aimait pas entendre
louer. On vantait trop la prudence et la sagacité de Tallei-rand; on en redisait lrop sou-

dépassaient pas les limites d'une couverrntion, il avait afl't!cté, depuis lors, de tenir
loin de ses conseils le prince de Talleyrand el
de ne travailler ostensiblemenl qu'avec le
comte de Champagny.
Le signataire des traités de Lunéville,
d'Amiens et de Presbourg, en conçut une
aigreur dont les eITets rejaillissaient de la
personne du maître sur celle du serviteur.
On s'en apercevait, de reste, aux sarcasmes
qu'il se plaisait à décocher contre le noaveau
ministre et la nature suballerne de ses fonctions. Obéissant à des considérations plus relevées, il vopit avec douleur son impuissance

ESQUIS.iE 1/,\Ptü,.S ,\ATJ.;!œ, l&lt;El-'RESEN'fA/\'f LA RÉ.t;NluN DES SuUVERAINS ACCOMPAGNA:.T L'E.ul•EkEUR AU BAL DONNE P~R LA VILLE DE PAIW.::)
LE 4 DÉCE)IBRE 1809. -

Dessln et gravure

ae A .

GODEFROY,

Personnages assis (de gauche à droite) : Joachim·:\'apolêon, roi ùe ~aplcs; Frédéric-Auguste, roi de Saxe; NrOme-Xapo!~on, roi de \\"estphalic; Frl!tléric, roi de
Wurtemberg; Louis-Napoléon, roi de Hollande; :\'apo\eon; l'Jmpératrice J oséphine; Madame, mère de !'Empereur; Marie- Julie, reine des Espagnes; Hortense•
Eugénie, reine de Hollande; Marie-Caroline, reine de :\"ap!es; Frédérique-Catherine, reine de Westphalie; Marie•Pauline. princesse Borghèse.

vcment, à force d'argent? Ou le verrait•il lui
échapper comme une ombre glissante et
jamais sùre? Plus d'une fois, il avait arrêté
le projet de le perdre, mais il en avait suspendu l'exécution, pu l'arrière•pensée quïl
aurait eu l'air dele craindre en s'en défaisant.
Les premiers refroidissements sensibles
suryenus entre eux tinrent à des causes tout
humaines.
Une susceplibililé jalouse, donl toul son
génie ne pouvait le défendre, indisposait 1'apoléon co,ltrc les succès lrop marqués de ses
anciens compagnons d'armes ou de ses négociateurs, parce qu'il prétendait résorber tout

vent les termes à son oreille. Il s'était senti
fatigué d'un ministre, à qui l'opinion attribuait tout le mérite des négociations heureuses. C'était une part qu'on lui dérobait d~
sa puissance et de ses facultés géniales. En
éloignant Talleyrand des affaires étrangères,
sous les compensations apparentes d'une
dignité essentiellement décorative, en choisissant pour lui succéder un homme instruit
mais faible, comme l'était Champ33ny, il
avait voulu qu'on s'accoutumât, d~orm3ÎS,
à Lien savoir que lui seul, chef &lt;le l'Élat,
concevait ses plans et en surrcillait l'exécution. Sauf des rappels occasio_nncls, qui ne

i1 conlre-balar.cer par des arnrtissemenls salutaires les conséquences d'une polilique
intempéranlc.
De son côté, Napoléon avait trop de pénétration pour ne pas comprendre qu'il avait
piqué au vif l'amour-propre de Talleyrand cl
que ni l'argent ni les honneurs ne seraient
un baume assez efficace pour guérir ce genre
de blessure, donl le premier effet est de supprimer toute sensibilité de gratitude et Ioule
capacité de dévouement. li en étail d'aulanl
mieux averti qu'il le savait peu scrupuleux
et qu'il en avait eu la preuve, par lui-même,
aux dépens du Directoire. Sa défiance s'était

�H7$T0'1{1.ll
fortement accrue; il la nourrissait et l'entretenait, contre lui, par des motifs sans précisirn qui ne demandaient qu'à s'exhaler en
des paroles de colère. Ils étaient à deux de
jeu. Tallcyrand arail fait ,on compte sur Je
néant d'un zèle sans résultat d'utilité ni pour
les autres ni pour lui-même. Du mécontentement à la froideur, de la froideur à la mésintelligence, de la mésintelligence à l'inimitié profonde, ce furent Jes élapcsfrancbieil,
en peu d'années, de son ressentiment jusqu'à ce qu'il lui eût donné celte joie de voir
à terre l'empereur et l'empire.
c&lt; Celui qui négocie toujours trouve enfin
un instant propice pour venir à seS' fins. 1 i&gt;
Cette heure devait arriver immanquablement, dans le délai qu'avait entrevu Talleyrand, du fond de ses desseins d'intrigue,
dont une partie, bùtons-nous de le dire, tendait à un but sincère de pacification générale.
Les manières d'agir et de parler de Napoléon,
comme elles se prononçaient, de jour en
jour, contre lui-mème, n'étaient pas de nature
à J'en détourner.
Avant que le grand choc n'éclate, bien des
mots sonneront à son oreille, qui ne seront
pas exactement des douceurs. Il devra les
supporter sans avoir l'air de les entendre. Il
n'en modifiera pas d'une ligne son habituel
maintien. Mais s'il possédait une patience à
toute épreuve pour affronter les procédés
blessants, sourire aux impertinences qu'il ne
pouvait pas corriger d'un mot dominateur, ou
dévorer l'insulte quand elle venait de si haut,
il n'y était pas aussi insensible que semblait
l'indiquer le flegme de son attitude. Il fei•
gnait d'ignorer, mais il. n'oubliait poinl.
Savoir attendre était son art.
Napoléon avait conçu une singulière i&lt;lJe
- quelquefois trop justifiie - de la bassesse
humaine, et sur laquelle il se fondait pour
croire que plus on houspille un homme tenu
sous ·mtre dépendance, plus on l'outrage,
plus il vous devient ami, s'il y voit de l'intérêt. Il l'avait pratiqué contre ses frères,
contre de hauts fonctionnaires et des gens de
bas étage. Il eut le tort d'appliquer les mêmes
vues et le mème traitement à.. un Salicclti et
à un Tallej'fand.
La double humiliation que lui avait infligée Bonaparte, d'abord en l'obligeant à contracter un mariage peu digne, ensuite rn
repoussant de la Cour celle qu'on l'avait
presque forcé d'épouser, n'était pas sortie de
sa mémoire; elle y avait déposé les premiers
germes d'une longue rancune. Qu'on ajoute
à ces précédents d'ordre intime les causes
plus générales dont nous arons développé
l'enchaînement, et c'est assez pour s'expli1.. Richelieu , T esfam enl politique.

quer son effort mélhodique à seconder contre Iéon triomphait. D'opposition de principe, il
Napoléon la marche adverse des événements. n'en avait rencontré que chez Talleyrand. Il
Les alfa ires d'Espagnedécidèrenl la rupture . voulut le rendre témoin de son orgueilleuse
Lorsqu'il avait été q•eslion d'envahir la salisfactiorr. li le rappela de Valençay à
Péninsule sans motif de guerre, 'falleyrand Nantes, où il s'était arrêté, à son retour de
n'avait pas craint d'élever la voix, au sein Bayonne :
:&lt; - Eh bien! lui avait-il lancé, à l'une
d'un Conseil d'État asservi, pour condamner
celle entreprise comme impoliLique et dange- des premières conversations entamées sur le
reuse. Après l'insuccès trop certain de cette sujet, eh bien ! vous voyez à quoi ont abouti
aventure de rapt, qui avait débuté par l'inva- ms prédictions, quant aux. difficultés que je
sion de Burgos et de Barcelone, celui qui rencontrerais pour terminer les affaires d'E'il'avait ordonnée voulut en rejeter la faute, en pagne, selon mes vues; je suis, cepen~an!,
grande partie, du moins, sur celui qui l'avait venu à bouL de ces gens; ils ont tous éte pris
déconseillée. Tout au conlraire des déclara- dans les filets que je leur avais tendus; et je
tions de Talleyrand, Napoléon affirmera qu'il suis maitre de la situation en Espagne, comme
avait presque cédé à son instigation en con- dans le reste de l'Europe. n
Il avait pris, en parlant ainsi, le ton mofisquant le lrùne d'Espagne.
Dès 1805, le prince avait eu connaissance queur, l'air sarcastique. Légèrement ému de
du projet, que nourrissait l'empereur, d'y cet excès de conGance, alors qu'on n'en était
remplacer la dynastie des Bourbons par celle qu'au début des événements et que des comdes Bonaparle. li avait pu, tout en ne l'ap- plications graves étaient à craindre, Talle)Tand
prouvant pas intérieurement et en princi~e, ne put se défendre de lui objecter qu'il ne
l'admellre comme un moyen terme, se rallier voyait pas la situation sous la même face et
t1 l'idée d'un arrangement, qui aurait donné qu'à son avis l'empereur avait plus gagné
à la France le territoire situé au nord de que perdu, dans cc qui venait de se passer à
l'Èbre et cédé, en guise de compensation, le Bayonne.
" - Qu'entendez-vous par là? demandaPortuaal à la monarchie espagnole. Les
0
t•il en arrêtant de marcher, de long en large,
moyens
employés ne furent point ceux qu ''l
1
avait prévus, mais des procédés sans fran- à travers la chambre. »
Et son interlocuteur, avec un calme plein
chise, dont il porta condamnation de la mad'énergie,
que nul ne posséda comme lui en
nière la plus formelle : " On s'empare des
couronnes, prononçait-il, mais on ne les présence de Napoléon, reprit, de la manière
escamote pas. " Il l'avait dit avec une égale suivante, sa démonstration :
" - lion Dieu! c'est tout simple et je
netteté au comte Beugnot, qui en a laissé le
vous
le montrerai par un exemple. Qu'un
témoignage par écrit.
homme
dans le monde y lasse des folies,
0
Nul ne l'i nore : la trame fut savamment
ourdie. On ~péra, avec un art de perfidie qu'il ait des maîtresses, qu'il se conduise
consommé, ce dépouillement d'un roi qui mal envers sa femme, qu'il ait même des
était venu, de confiance, rendre des hom- torts graves envers ses· amis, on le blâmera,
mages à un souverain son allié depuis dix sans doute· mais·, s'il est riche, puissant,
ans. Les princes, on les tenait en chartre habile, il p~urra rencontrer encore les in~ulprivée dans Valença.y'. Le trône était va~ant, oences de la société. Que cet homme triche
le territoire inondé de troupes françaises. ~u jeu, il est immédiatement banni de la
Joseph n'avait plus qu'à s'installer. Le pro- compagnie, qui ne lui pardonnera jamais! )J
Le visage de Napoléon bl~mit d'une colère
o-ramme de cette dépossession s'était accompli, de point en point, comme l'avaient réglé muette. li s'abstint de répondre, voulant se
les ordres sans réplique d'une activilé ~ans donner le temps de réfléchir sur la sanction
scrupule. Persuadé que les Espagnols, s'ils qu'appellerait, tôt ou tard, un!:! contenanc~
commettaient la folie de résister, seraient aussi osée. li ne retint pas Talleyrand , qm
incapables de tenir, il considérait déjà comme put retourner à Valençay, auprès de ses
terminées les affaires de la PJninsule et, pir hùtes, les prisonniers de l'empereur.
Il avait gardé le silence, ce jour-là, où l'on
conséquent, les e3lÎmant indignes d'occuper
était
seul à seul. !fais, quelle revanche de
plus longtemps son allenlion, impatient d'en
son
irritation
contenue, celle qu'il se ménagea
reporter l'dfurl sur d'autres objets, contre
l'Autriche, surtout, qu'il se proposait de à son heure aux Tuileries, entouré de ses
faire rentrer dans le néant, contre tous ses grands digni~aires ! Talleyrand n'a pas jugé
adversaires du jour et du lendemain, Napo- bon d'en relever les termes, au courant de
ses souvenirs; une telle réserve se comprend
2. Napoll·on arnit loué cette J.lrOpri~té de_ Ta}leyran!I au prix de 75,000 fra_ncs lie p~inee a1ma1~ le.s plus qu'à demi : il n'aurait eu rien d'agréable
affaires 1io~iti vcs), pour servir de résidence forcec a
à en rappeler.
Ferdinand Vil cl à son frère, l'infant don Cal'los.
FRÉDÉRIC

(A suivre.)

LOUÉE-

Tournebut
-

.

DEUXIÈME PAR_TIE

CHAPITRE PREMIER

Licquet (suite).
En l'absence du notaire Lefebvre qui eùt
pu donner la solution de cet obsédant rébus,
et que CalTarelli ne se décidait pas à faire
arrêter, il restait un moyen de connaître le
secreL de Mme de Combray; moyen odieux, à
la vérité, mais que Licquet, dans son désarroi,
n'hésita pas à employer : c'était de placer
près d'elle un« mouton&gt;&gt; qui la ferait parler.
Il y avait, à h Conciergerie de Rouen, une
femme Delaitre, recluse pour six ans, qu'on
employait au service de l'infirmerie; elle avait
d'assez bonnes manières, s'exprimait bien et
était à peu près du même âge que Mme Ac-quel. li lut facile de s'assurer que celte
femme consentirait, moyennant remise d'une
partie de sa peine, à servir d'espionne à licquet. On parla d'elle à Mme de Combray, en
ayant soin de la présenter comme une ro1alis1e
fanatique « tourmentée pour ses opinions J&gt;;
la marquise témoigna le désir de la voir; la
femme Delaitre joua parfaitement son rôle,
se donna comme ayant été élevée avec
Mme Acquet au couvent des Nouvelles Catholiques de Caen, se dit fort honorée de partager la prison de la mère de son ancienne
amie de pension; bref, le ~oir même, elle
était en mesure de transmettre à Licquet les
confidences de la prisonnière. Celle-ci lui avait
conté comment Mmr. Acquet avait assisté,
sous un costume d'homme, à ~e nombreuses
attaques de diligences; Mme de Combray ne
redoutait rien tant que de voir sa fille tomber
entre les mains de la police : " Si elle est
prise, disait-elle, elle me chargera 1 • » D"ailleurs, la marquise était résignée à son sorti
elle se savait destinée à l'échafaud : " au surplus, le roi et la reine ont péri sur la guillotine; elle y mourra bien aussi' 1&gt;; pourtant,
elle s'inquiétait de sarnir si, au moyen d'une
forte somme, elle pourrait se sauver; du
cheval jaune pas un mot.
Le lendemain, elle insista sur les craintes
que lui inspirait le sort de sa fille; elle aurait
voulu l'avertir ci de changer de costume et
de se placer, comme servante, à dix ou douze
lieues de Falaise )) , revenant toujours à ce
1. Dèclaralion il e la femme Delailre infirmière à
la conciergerie du Palais. Archives nationales, F7 8 Ji2.
2. &lt;1 Elle complc tellcmeul périr, qu'e lle a promis

1804-1809 _ .

refrain : &lt;&lt; Si elle est arrêtée, elle parlera et
je suis perdue. &gt;&gt; De sorte que Licquet se
persuada que, si la marquise attachait tant
d'importance à ce que le cheval jaune ne lùt
pas trouvé, c'était parce que sa décôm·erte
devait indubitablement amener celle de
Mme Acquet. Celle-ci avait, depuis deux semaines, si complètement échappé aux recherches du capitaine Manginot et de toute la
gendarmerie du Calvados que Iléal était convaincu de son passage en Angleterre. - &lt;1 Les
pêcheurs de la côte, écrivait-il, sont si mal
snrveillés 3 ! l&gt; Or, .sans d'Aché, sans Mme Acquet, point de procès possible : l'arortement
des poursuites, en divulguant la force de
l'organisation du parti royaliste et l'impuissance du gouvernement, donnerait pleinement
raison à l'indolente neutralité de Calfarclli;
en revanche, Licquet savait bien qu'un insuccès serait la fin de sa carrière : il a\"ait
fait de l'alTaire sa chose; son préfet, Savoyef\oHin, ne le suivait qu'à contre-cœur, tout
prêt à le renier en cas d'échec; Réal luimême prenait des précautions pour sacrifier
au besoin un subordonné si compromettant
et, aux lettres de ton amical, émanées du
ministère de la police, succédaient maintenant des ordres secs qui présageaient la défaveur : " Il est indispensable de découvrir la
retraite de Mme Acquet; - il faut procéder
dans le plus bref délai à l'arrestation de
d'Aché- et surtout trouvez lechernljaune ! l&gt;
Comme si la marquise se fût complue à
accroître le désarroi où l'évocation de cette
bête fantôme jetait son persécuteur, elle continuait à griffonner de sa haute et rude écriture, sur des chiffons de papier que le concierge était chargé de ti:;ansmettre au notaire,
toujours absent, d'ailleurs :
Il y a un grand cmlnrras : le clicral jaune est
dénoncé pour manquer. Je p1·endrai le parti d'envo~·er un homme bien Slll' et spil'ituel il l'endroit
du cheval pour en prévenir les habitants et faire
tuer le cheval, ù douze lieues de l'endroit et le
dépouiller ensuite. Mettez•moi par écrit la toute
qu'il faut qu'il 1irenne, les personnes auxquelles
il f:iut s'adresser pour arriver san s foire une seule
de mande. Il est fort et homme à faire quinze
lie ues par jour. RéJJonclcz-moi.

Pour trouver &lt;&lt; cet homme bien sûr et
spirituel » Aime de Combray avait eu recours
à la femme Delailre, laquelle, sur le conseil
â la dé clarant e de lui fa ire cadeau de son ajustement
le jour oll c lic montera à. la guillotine, ce à quoi r,lle
s'aHend . » DCclaration de 111 femm e Del,1ilre.

de Licquet, arniL offert le concours de &lt;1 son
mari, honnête royaliste » qui, en réalité,
n'existait pas; mais Licquet tenait un de ses
agents prêt à jouer le rô1e de ce personnage
fictif et à se mctlre en quèle du cheval dès
qu'on serait fixé sur l'endroit où il était
caché. Sur ce point, comme sur d'aulrcs,
Lefebvre s'obstinait à ne pas répondre, et
pour cause, et Licquet se trouvait obligé
d'avouer sa déconvenue à Iléal : - " La difficulté n'est plus d'intercepter les lettres des
détenus, écrivait-il, mais elle consiste à y
répondre dans un sens tellement juste qu'ils
puissent s'y méprendre. Cela commence à
devenir très embarrassant à cause des imbroglios que chaque jour nous amène. Vous
aurez, Monsieur, à m'accorder une bien
grande absolution de tous les péchés que celle
circonstance me fait commettre; au reste,
toute ruse est permise en amour comme en
guerre, et bien certainement nous y sommes
avec les méchants 4 • » Ce à quoi Réal répondait : - c&lt; Je ne puis croire que le cheval
n'ait servi qu'à la fuite de !lme ,\cquet : on
ne conseillerait pas l'étrange précaution de
lui faire faire un voyage de douze lieues, de
le tuer et de le dépouiller ,ur-le-cbamp. Ces
craintes vous annoncent l'existence de quelque
délit grave pour lequel ce cheval aura servi
et que son existence peut faire dévoiler. li
faut savoir l'histoire de cette bête; depuis
quel temps elle appartient à Mme de Combray, quels étaient ses maitres auparavant 5 . &gt;J
Et Licquet avait beau jurer qu'il était à bout
de ruses et d'inventions, on lui répliquait invariablement: - c&lt; Trouvez le cheval jaune! 1&gt;
Il en était déj~t à maudire son propre zèle,
quand un incident inespéré lui rendit la confiance et l'énergie: Lefebvre, arrêté à Falaise
dans les premiers jours de septembre, venait
d'être écroué à la Conciergerie de Rouen :
c'était là une nouvelle carte qui, bien joriée,
pomait rétablir la partie. li fut facile de faire
écrire par Mme de 8ombray un billet daos
lequel elle insistait une fois de plus pour
connaître (( l'adresse exacte du cheval &gt;J , et le
notaire répondit, sans méfiance, au verso du
feuillet :
Che; La1we, à Glatigny , 11ri!s d e Brei/ailli:-s111·-Dit•1'~.

Chez Lanoë! Comment Licquet ne l'avait-il
pas deviné! Ce nom, si fréquemment cité
. Archi r cs nati onales, F1 8170.
. Archives nationales, F 7 8172.
. Archî\·cs nalîonales 1 F' 8110.

�. _____________________________________T

111STOR,.1.ll
dans les déclarations des inculpés, n'avait
pourtant point retenu son attention. C'était là
bien certainement qu'était cachée Mme Acquet
et, tout de suite triomphant, il expédia à
Réal un exprès pour lui annoncer l'heureuse
nou\'elle: en même temps il mettait en route
vers Glatigny deux agents adroits 1 : ils partirent de Rouen le 1:; septembre et les heures
parurent longues it Licquet en attendant leur
retour. Trois jour~, cinq jours, dix jours se

Il

fous vo1ez que mon commissionnaire rst d'expétlition. J'en re.;.ois par occasion sùre une l1·tlrc.

Il a été chez la femme L:moë, a lroun~ le cheral,
a monlé dessus, a foit cinq à six lieues, l'a tué et
;1 emporté la peau. li m'en en,·oie les crins dont
je parlagr. avec vou,; moitit! pour _,,ous faire \"O!r
b ,·érité · ainsi sovez s,ms inquiétude. Je v:i1s
l'crire à S0~-cr pom~ qu'il dise qu'il ~ Yendu le
cheval 550 li,•rcs à l'{&gt;poquc de la Gmbra~, à un
1

marchand.
Dans sa joie d'ètre délivrée de son caurhcmar, la prisonnière écrivait le même jour à
Colas, son valet d'écurie, écroué, lui aussi, à
la Conciergerie :

être l'une des péripéties iraient rejoindre,
dJns les cartons des affaires à classer, toutes
les tentatives du même genre dont la police
ùc Fouché renonçait à rechercher les auteurs
insaisis-=ables, lors1u'un incident inattendu
réreilla la verve de Licquet et lui suggéra
l'idée d'une nouvelle machination.
CHAPITR,E Il

Madame Acquet.

passèrent sans qu'il reçût de leurs nouvelles;
pour s'aider à prendre patience, il s'occupait
à cuisiner - c'est le terme de police consacré - le notaire Lefebvre : une correspondance suivie s'était établie entre Mme de
Combray et celui-ci ; mais il montrait dans
ses billets, aussi Uien que dans ses interrogatoires, une défiance exlrême!. Licquet
s'effarait mème à la pensée que le prudent
notaire n'aurait pas indiqué l'asile du cheval
jaune s'il n'était bien persuadé d'avance que
celle pi~te ne pourrait conduire à rien . Aussi
le policier, qui jouait son va-tout, vécul-il
dans l'angoisse les deux semaines que dura
l'absence de. ses agl'nts. lis rCparurent enfin,
déconfits et na,rés, trainant le cheval jaune
fourbu et amenant une sorte de colosse,
« assez semblable à un grenadier 3 )) , qui
n'était autre que la femme de Lanoë. Le récit
des émissaires de Licquet fut aussi court que
décevant. En arrirant à Ilretleville-sur-Dires,
ils s'étaient présenlés, avec mille précantiom:,
à la ferme de Glatigny et n'y avaient pas
trouvé Lanoë. que Caffarelli a mit arrêt6 quinze
jours auparavant. Seule, la fermière les avait
reçus et, dès leur première question, les avait
conduits à l'écurie du fameux chenil, ravie
d'ètre débarrassée de celte Lête affamée qui
consommait tout son fourrage. Les agents
avaient poussé jusqu'à Caen et obtenu du
préfet l'autorisation de converser avec Lanoë:
celui-ci avait reconnu sans difficulté que le
cheval lui avait été remis, à la fin de juillet,
par Lefebvre, revenant de Tournebut; mais il
s'~tait défendu de connaitre la retraite de
Mme Acquet. A l'en croire, celle-ci élait
et prisonnièr~ de sa famille &gt;&gt; cl jamai~, sans
doule, on M la dPcouuirait, tout le pa1s de
Falaise étant vendu à M. de Sainl-LéonarJ,
maire de la l'ille, qui s'était déclaré le protecteur de sa cou~ine.
On renvoya à Glalign)' la femme Lanoë,
mère de trois enrants en bas âge, mais on
garda à Rouen le cheval, dans le vague espoir
que Ja présence de ce « témoin muet » amènerait quelque révélation : même Licquel
prit le soin de lui couper quelques poils qu'il
tit passer, précieusement empaquetés, à
Mme de Combray, lui laissant croire que cet
envoi provenait du fidèle Delaitre auquel eUe
a\'ait confié le soin de faire disparaitre l'animal compromettant. Le soir même, la nnrquise, rassurée, adressait au notaire ce billet:

Ainsi finit l'histoire du cheval jaune : il
termina sa mystérieuse od)'Ssée dans les écuries du préfet Saroye-Rollin où Licquet venait
souvent le visiter, comme s'il ellt pu lui arracher son secret. Car il lui restait un doute :
la phrase de Iléal le poursuivait : Si ce cheMl n'amil servi qu'ù. la fuite de Mme Acquet, on ne conseillerait pas fétrange précaution de lui faire (afre un 11oyage de
douJe lieues, de le tuer et de le dépouiller
sur-le-cliam1J. Aujourd·hui même qu'on peut
aisément pénétrer les dessous de l'intrigue, il
reste là une sorte d'énigme. Le cheval n'avait
pas servi à Mme Acquet, puisque nous savons
que, depuis le Yol du 7 juin, elle n'avait point
quitté la région de Fàlaisc : le notaire L~febvre l'avait monté, il est vrai, pour reYemr
de Tournebut; mais était-:-e une circonstance
à dissimuler avec tant de soin? Pourquoi la
marquise, dans ses lettres confidentit·lles, insiste-t-elle à ce poinl? - Dites que le notaire
est rentré chez. lui à pied, e~l une phrase
qu'on retrouve à chacun de ses billets; puisqu'on ne faisait pas m)'S tère du rnyage, la
façon dont il s'était eficctué n'était-elle pas
indifférente?
li resta donc là une part d'inconnu et Licquet ne s'en consola pas : ses ruses n'avaient
amené aucun résultat; d'Aché restait inlrouvable. Mme Acquet avait disparu; son signalement avait été vainement adressé à toutes
les brigades de gendarmerie'. Manginc,t,
désespérant de réussir, renonçait à la poursuivre, et Sa\'Oie-11ollin lui-même &lt;( était délerminé à tout suspendre~ •. Telle était la
situation dans les derniers jours de septembre; il était bien probable que le l'Ol du
Quesoay et le grand complot dont il semblait

La réclusion, l'isolement, les angoisses
n'avaient en rien modifié la rude nalure de
Ja marquise de Combray. Celte femme, accoutumée à la vie de cbàleau, s'était, dès le premier jour, accommodée de l'existence des
prisonniers, sans rien perdre de son caractère hautain et despotique; ses illusions
mêmes restaient intactes. Elle se figurait
diriger encore, du fond de rnn cachot, ses
affidés et ses agents qu'elle considérait en
bloc comme des serviteurs, sans se douter
que la liberlé d'écrire dont elle abusait n'était
qu'un piège tendu à sa vanité ingénue. En
moins d'un mois el!e avait adressé à ses
codétenus plus de cent lettres qui, louté::,
étaient passées par les mains de Licquet : à
l'un elle dictait les réponses qu'il avait à
faire; à l'autre elle conseillait le silence,
s'érigeant en juge absolu de ce qu'ils devaient
dire ou taire et ne pournnl s'imaginer qu'un
seul de ces pauvres gens pût préférer la vie
au bonheur de lui obéir. Elle eût traité d'imposteur quiconque lui eùt affirmé que tous
ses comp1ices l'avaient abandonnée, que Soyer
s'était empressé de dévoiler les caches de
Tournebut; que Mlle Querey avait dit cc
qu'elle avait vu; que Lanoë importunait Caffarelli de ses incessantes révélations, et que
Lefebvre, qui ne se taisait plus que par prudence, était tout prèt, pour sauver sa tète, à
raconter plus qu'il ne savait.
La marquise ignorait toutes ces défoctions :
Licquet avait créé autour d'elle une atmosphère à ce point artificielle qu\,Jle vivait
dans l'illusiou de sori importance d'aulrdois;
convaincue que personne ne l'égalait en finesse
et en autorité, elle considérait le policier
comme un homme assez spirituel pour un
petit bourgeois, mais qui, dès qu'elle voudrait s'en donner la peine, tournerait tout à
sa dévotion. Et Li,·quet, avec une habileté
quasi géniale, pénétra si bien l'àme altière
de la marqui~e, il fot si parfait comédien
dans sa façon de se tenir devant elle, de lui
parler, de la regarder d'un air d'admiration
soumise que, sans étonnement, elle se persuada qu'il était très disposé à la servir; et,
comme elle n'était pas femme à prendre des
ménagements avec les gens de cette espèce,
elle lui dépêcha tout nellement le guichetier
pour lui proposer une somme del 2.000 francs,

1. « ~lme de Combray, qui ignorait effccti,·ement
où le chev3.\ et ~a fille Cloient cachés, l"a dcmundé à
son fils Ilon11œil, qui ne le s.'.l.it pa~ non p!us. 011 o
essnyC de faire pns5cr le liiliet de )lme de Comlir:J\'
au notaire, qui, dè sa m.1în, a êcrit sur !e dos !"adresse
de la J"cnuue el du cheval. On a mi5 imméiliatcmenl
à leurs 1rous~es des hommes bien a1lroits. » Lellrc

de l.icqurt a fiéal. Archives nationales, F7 8 li'1.
~. (\apport de J.icqueL au préfet Je la Seiue-lnl"érieure. Archives natio11ales, F7 8170.
3. ~ote de Licqur.:l. Archi,'es nationales: Fi 811_0.
4. Le préfrt &lt;lu Calvados à ncal. Archives nn\lonales, f,'7 ~L 7'1.
5. , Au moment de fermer ccll.::: lellre arrivcnl

les principaux agents _1_1ue j'ar:iis Cll\'OJ~~ chez Lanoë.
Le comple remtu qu ils me font me fait renoncer à
emoyer de nouveau il. Falaise oU. l'on ne peul plus
espérer de trouver Mme Acquet. M. Savoye•Rollin
vous fera connaitre !es motifs qui l'ont delerminé à
lout suspendre. » l.ellre de Lic11uet à R1!al, 21 sep1.
1807. Archives nationnles, F7 817'2.

Xe l'ennuie p:n; as-tu bt·soin d'argent'! Je te
douze francs. Le maudit chernl : il
m'en a envc,ré du poil. Je t'en fais tenir pour
que tu le rccÛnna:sscs; brùle cc billet.
fefai passer

Et à sa femme de chambre, Catherine
Querey :
Le cheval est tué: mon commlssionn.1ire a 1iris
la peau el l'a brùlée. Si on mus inlerroge sur un

cheval qui a manqué, vous direz qu'on l'a vendu ....
)la maudile fille me donne Lien du mal.

OU'J(J\/'E1JUT - - ~

dont moitié comptant, s'il consentait à entrt."!r qui n'existait, comme 01 le sait, que dans· .-se1'\'Îcc qu'on réclamait de lui et de Jui tran~dans ses intérêts 1 • Licquet se montra tr~s son imagination; elle avou l ne pas le con- mettre trois leures que Mme de Combray
reconnaissant, très honorJ, accept:1 l'argent, naitre perrnrmellement, étanl entrée en rela- \'oulutécriresur-le-champ. La première et très
qu'il d!porn à la caisse de la préfecture, et il lions avec lu'i par l'intermédiaire de la femme confidentielle était adressée au bon Delailre luiput lire, d,'s le jour mêmèmc; la seconde devait
me, un Lille! par lequel
èlre remis(\ au moment de
Mme de Combray annonçait
l'embarquement, à ~Jaugé,
à ses complices lï1eurcusc
homme d'affaires à Sainlnouvelle : /( Nous avons le
V,der~ 3 , qui de\"ait fournir
petit secrilaindans notre
l'argent nécessaire à l'exism,a11c/œ 2 • ••• l&gt;
tence de la fugitive en AnAh l les bonnes causeries
gleterre; la troi~ième lettre
qu'échangèrent Licquc-t et
accréditait Delaitre auprès
la prisonnière, devenus
de !lme Acquet. La maramis! Dès le premier enquise ordonn:iit à sa fille
tretien, il put se convaincre
de suiue l'honnête palron
qu'elle ne connaissait pas
qu'elle lui présentait comme
la retraite de Mme Acquet:
un am1 éprouvé : elle la
mais le notaire, enfin ~orti
suppliait, dans son intérêt,
de son mutisme, n"avait
daas celui de tous leurs
point caché qu'on pourrait
amis, de s'expatrier sans
la découvrir en s'adressant
perdre un jour et elle terà une blanchisseuse de Faminait en prôrnel tant, en
laise, nommée Mme Cha ucas qu't'lle obéit immédiavcl - et Licquet transmit
lcment, de subvenir largeaussitùL ce renseignement
ment à tous ses besoins;
à Mme de Combray, lui
puis elle signa et remit ;,
r('présentant amicalement
Licquet les trois Lillets, en
les dangers qu'entraînerait
l'accablant de témoign~gcs
pour elle l'arre~tation de sa
de rccounaissance.
fille et insinuant qu'il n'y
li ne restait au policier
aurait pas de sécurité à esqu'à se procurer un faiu·
pérer tant que Mme Acquet
Delaitre, puisque Je Yr:ii
« dont le gournrnement,
n'e:xi~lait pas : il fit choix
disait-il, a,•ait mis la tête à
d'un agent iutdligent et de
prix 1) , ne serait pas réfuprestance congrulnle pour
gitie én Angleterre.
lequel il dressa un passeL'idée plaisait à la marport détaillé et il l'expéquise; mais qui se chargedia, muni dt"s leltres de la
PALAIS DE JUSTIC E DE ROUE.'/ : EXTERIEUR UE LA SALLE DES PROCt.,REt.:RS.
rait de découvrir 1a fugitive
marquise, à }-i'alaise pour
D'apres le dessin de T. DE ]OLl)LO:-IT.
et de présider à son emLars'aboucher avec la blanquemenL? A qui, dans la
chisseuse. Cinq jours plus
situatio:1 désespérée où clic se trouvait, ose- D,dailrc, l'iuGrmière qu'on avait placée près tard, le faux Oelailre rentrait à Rouen;
rait-elle se fier? Licquet semblait désigné : il d'elle; mais elle savait qu'il était le mari de les Chauvel, sans déGance aucune, au rn des
se récusa pourtant, alléguant qu'un homme celte femme, patron d'une barque à Saint- lettres de )[me &lt;le Combray, avaient fait à
dél'oué, porteur d'une lettre de Mme de Com- Valery-en-Caux et, par surcroit, parent du l'émissaire de la mar4uise l'accueil le plus
hra)', serait tout aussi bien accrédité et la pauvre Haoul Gaillard, dont la marquise gar- chaud; le gendarme pourtant n'approuva pas
marquise ne don tait pls que sa fille ne suivît dait, au milieu de ses malheurs, un souvenir d'abord l'idée du passage en Angleterre;
aveuglJment ses recommandations, appuyées attendri.
Mme Acc1uet, disait-il, est à Caen, bien
d'une somme surfi;anle pour srjourner à
Licquel écoutait avec le plus grand sérieux cachée, et personne ne rnupçonne sa rclrailc :
l'élranger en allendant des jours meilleurs. sa victime débiter l'histoire de ce personnage à quoi bon l'~xposer aux hasards, toujours
fiestait à trouver l'homme détioué; la mar- fictif que lui-même avait inventé; il assura périlleux, d'un embarquement dans un port
quise n'en connaissait qu"un, celui qui, tout que le choix était excellent, qu'il connais~ait très surveillé. Pourtant, comme Delaitre inrécemment, aYail consenti, sur sa demandr, de longue date le patron Delaitre pour ua sistait, disant qu'il avait re çu de Mme de
à rechercher le cheval jaune, qui l'avait tué, homme d'une loyauté à toute épreuve. Comme Combra)' une mission dont il de\'ait s'acquitdépouillé, aaéanti, et qui s'était, si habile- il ne pouvait être queslion d'introduire ce ter, Chauvel, que son service retenait à
ment, disait-elle, acquitté tle sa mission; elle comparse dans la prison - et pour cause Falaise, donna rendez-mus au patron pour
ne tarit pas d'éloges sur cet honnête compère, Licqµet Youlut bien se charger de l'avertir du le 2 octobre à Caen 4 ; il voulait le présenter
1. « ~lme de CJmbray, füli:le à son système de
co1Tu11lion, a d~po~è dans les mains J.u guichelie1· une
somme de ti.O"UO füres â compte sur cc!le de
12.0LIO li1Tes. Je l'ai fail po1·1er au même monienl .i
!a pr&amp;fccturc. » l.-ett1'e de _Li~quet à nea\. Quelques
plus tard L1c11uet écr1ra1t ou mf·m e : o: J'ai eu
jours
'honneur de vo1B annoncer la remise à fa prCfccturc
d'une somme de 6.000 Jil-res que Mme de Comliray
~êsirait employer à. 1,ne ~orrompre : j'ai égalcrnenl
1honneur Lie vous prcremr que celle dame vient ile
compléter par un second cuvoi celle de Jt.000 füres
~u'elle m·a,·a1t foil offrir .... Le tout est à b disposition de ~I. de Hollin. i Archi,·es nationali?s, fi 817:l.
. .'1. ~illcl de ~lme de Combrn)· à Colas, son garçon
J ecune.

;:;. , Monsieur quelle 3. été ma surprise, lorsque
j'ai èlé à Caen, d'apprrndre que ma fille c:idellc, uon
contenl_e du chagri11 qu'elle m"a donné jusqu'à pl"l'sent, vient d"v mettre le comble en volanl une dili•
g1•nce 3\'CC u~1e douzaine de m3uvais sujets coinmc
elle. On m·a arrêlée comme complice peut-être, ou
att moins connai~sant sa demeure, Cllr ,·ous j1Jg-ez
combien elle est recherchée. 11. Oebitre \'eul bien
me rendre Le service daller la chercher et de la
raire parti1· ~oil à Jersey ou en Angleterre: niais
obligez-moi de lui rcmellre la somme de 3.000 lines
pour lui tlonner les moyens de ,·ivre .. .. Lï10nnêle
homme qui m'oblige se nomme lle\aitrc; vous pourrez
lui donner toute confiance. »
•'- « Quelle con,·ersolion clllcs-rous a\·ec ce 5ienr

Delailre"!-11 me dit que Mme de Combray l'avait
chargé JC venir chercher ~lme Acquet pour la conduire à Saiut-Valery, et Jlom· mïnspii-('r ile la cou.
finncc, il aJouta qu'il an11L de grandes obligations a
)lmede Combray. Je lui rêpondisquc ma sœur ne poumit pas se clwrgcr de l:i mi5sion Lie Mme de Com!Jra v
et qu"à la sollicitation tle toute ma fJrni!le, je pren·drais des informations pour tlCcouvrir Mme Acquet et
lui fnirc connailre la ,·ulonlè de i;a mére. C'étail u11
dimanche et je lui donnai rendez-mus le \"Cndredi
s11Îvtlt1l il rhùtel du l'ure, faubourg \':iucclles, â Caeu.
Je lui obs~nai que Mme Acquet 1ùvail p:is d"argenl
P.OUJ' payer les petites dctt~s qu'elle 1murait aYoir :
tl me dcmand.'.l. s1 10U francs sulfiraicn t. » l11trrroga1oirc de Cliauvel, 29 odobre 1808.

�r-

111STOR,.1.Jl

Six semaines auparavant, en quittant Fa1aisP,, le 25 août, après l'interrogatoire que
lui avait fait subir Caffarelli, ~lme Acquet,
ignorant encore l'arrestation de sa mère,
avait le projet de gagner Tournebut pour s·y
cacher pendant quelque temps, puis de se
rendre à Paris, où elle espérait retrouver Le
Chevalier. Elle trainait avec elle sa troisième
fille, Céline', enfanl de six ans, dont elle
comptail se débarrasser en la plaçant dans la
pension que tenaient à l\ouen les dames Du
Saussay et où se trournient déjà les deux
ainées; la femme Normand, sœur de Chauvel,
l'accompagnait 2 •
Elle alla d'abord jusqu'à Caen, où elle
devait prendre la diligence, et se logea chez
Dessin, à la Coupe-d'Or, rue Saint-Pierre.
Chauvel y vint le lendemain pour dire adieu
à son amie; ils dinèrent ensemble. Tandis
qu'ils étaient à table, un homme, que le gendarme ne connaissait pas, entra dans la salle
et adressa quelques mols à !lme Acquel qui
passa avec lui dans la chambre voisine. C'était
Lemarcband, aubergiste à Louvigny, l'hôte
habituel et l'ami d'Allain. Chauvel, que cet
aparté inquiétail, voyant approcher l'heure
de la diligence, ouvrit la porte et prévint
~[me Acquet que le moment était venu de se
mettre en route; à Sl grande surprise, elle
répondit qu'elle ne partail plus, de graves
intérèls la retenant à Caen. Elle le pria de
conduire la lemme Xormand el la petite fille
jusqu'à la voilure et lui indiqua l'adresse
d'un homme d'affaires de Rouen auquel l'enfant pomail être remise. Le gendarme obéit.
Lor~que, une beure plus tard, il revint à la
Coupe-tl'O,·, Sl maitre~se avait quitté l'auberge. Il reprit tristement le chemin de Falaise.
Lemarchand, instruit du passage de
Mme Acquet, était venu l'avertir, de la part
d'Allain, qu'on avail trouvé pour elle « un
logement où elle serait en sûreté et que, si
elle voulait ne pas partir, elle n'avait qu'à se
rendre, la nuit venue, sur la promenade
Saint-Julien, où quelqu'un l'aborderait pour
la conduire à son nouvel asile ~. &gt;&gt; Peut-être
bien qu 'à cett~ oll're obligeante était venue
s'ajouter quelque menace de la dénoncer si

elle quittail le pays : toujours est-il qu'on
sut 1a décider à différer son voyage. Vers dix
heures du soir, suivant l'avis de Lemarchand,
elle gagna seule le cours Saint-Julien, se promena quelque temps sous les arbres et, avisant deux hommes installés sur un banc, elle
vint s'asseoir à côté d'eux. On s'observa d'a~
bord réciproquement sans mot dire; puis,
l'un des inconnus, prenant la parole, « lui
demanda si elle n'attendait pas quelqu'un ».
Sur sa réponse affirmative, ils se concertèrent
un moment, puis déclinèrent leurs noms :
c'était l'avoué Vannier et Bureau de Placène,
deux intimes de Le Chevalier. Mme Acquel se
nomma à son tom\ et Vannier, lui offrant le
bras, la conduisit chez lui, rue Saint.Martin.
Le lendemain on tint conseil en dJjeunant.
Lemarchand, Vannier et Bureau de Placèrc
se montrèrent très empressés à retenir
Mme Acquet : elle pouvail, disaient-ils, être
assurée de l'impunité tant qu'elle ne sortirait
pas du départemenl du Calvados: ni le préfet
ni les magistrats de Caen ne se souciaient
dïnstruire l'affaire, les hobereaux de BasseNormandie se déclaranl solidaires de la famille
de Combray qui se trouvait, d'ailleurs, alliée
à toute la noblesse de la région. Telles étaient
les raisons que les trois compères faisaient
valoir; mais leur véritable mobile n'était, au
fond, qu'une question d'argent. lis se figuraient que Mme Acquel avait la libre disposition du trésor enfoui chez Buquet et qui se
monlail encore à plus de 40.000 francs . En
la voyant prêle à rejoindre Le Chevalier, persuadés qu'elle portait à son amant le reliquat
des fonds volés, ils avaient cru bon de confisquer au passage la femme et l'argent
auquel ils se croyaient des droits : Lemarcband, comme ami et créancier d'Allain;
Placène, à titre de caissie1· des chouans.
L'avoué Vannier, lui, en qualité de li&lt;1uidateur des deltcs de Le Chevalier, s'élait olferl
à garder ~fme Acquet prisonnière jusqu'à ce
qu'on eût réussi à lui soutirer, écu par écu,
toute la somme.
t
La ,,ie que mena chez Vannier la malheureuse en proie à cc trio de faquins fut un
calvaire d'humiliations et de déchéances.
Quand l'avoué comprit que non seulement sa
prisonnière n'avait pas un sou vaillant, mais
encore qu'elle ne disposait nullement du
trésor &lt;les Duquel, il fut pris d'une furieuse
colère et la menaça tout nellement de la
livrer à la gendarmerie 4 : il lui reprocha« ce
qu'elle mangeait», jura que, d'une façon ou
d'une autre, « il saurait bien lui faire payer
pension et que, certes, il ne continuerait pas
à la nourrir gratuitement ». La pauvre
femme , qui avait cmplo)·é ses derniers louis à
pa)'Cr, dans la diligence de Jlouen, la place
qu'elle n'avait pas occupée, écri\it, dans les
premiers jours de septembre, à Lefebvre
pour le supplier de lui envoyer un peu d'ar-

gent : lui, du moins, avait reçu sa large part
du vol et aurait dù se montrer généreux;
mais il répondit sèchemenl qu'il ne pouvait
rien faire pour elle et qu'elle eùt à s'adresser
à Jo,epb Duquel ' ·
C'était bien à cela qu'on voulait l'amener.
C'est Vannier qui, brutalement, lui enjoignit
de tenter, au risque d'être arrêtée, l'expédition de Donnay pour en rapporter de l'argent, et Lemarchand, pour ne pas 1a perdre
de vue, résolut de l'accompagner.
Mme Acquet lassée, asservie, consentit à
tout ·ce qu'on eiigea : vêtue comme ~une
mendiante, elle reprit le chemin de ce domaine de Donnay où jadis elle avait régné en
souveraine maîtresse; elle revit les longues
avenues au fond desquelles se dressait,
encore imposante, en dépit de sa décrépitude,
la façade du chàteau dominant les trois terrasses du parc : elle en longea les murs pour
gagner la chaumière des Buquet où Joseph,
caché dans les bois voisins, revenait parfois
afin de surveiller son trésor. Elle le surprit
ce jour-là chez lui, le supplia de lui venir en
aide; le paysan fut inflexible; pourlant, elle
obtint une aumûne de cent cinquante francs
qu'il lui compla en pièces de douze sous et en
monnaie de billon 6 • De retour à Caen, le
soir, .Mme Acquet remit fidèlement l'argent à
Vanmer, ne se réservant qu'une quinzaine de
francs pour prix de sa peine; encore dut-elle
subir l'outrage des allusions obscènes de son
hàte au moyen dont elle avait dû se sen·ir
pour extorquer à Duquel celle somme dérisoire. Elle supportait tout) impassible; sou
indifférence ressemblail à de l'hébétement;
elle ne paraissait plus avoir conscience de
l'horreur de sa situation, ni des daogers auxquels elle était exposée. Ses meilleures journées se passaient en promenades autour de
la ville avec Chauvel, auquel elle donnait
rendrz-vous et qui \'eoait de Falaise passer
quelr1ues heures avec elle; ils gagnaient un
village voi~in, déjeunaient dans une guinguelle et reprenaienl à la brune le chemin de
la ville.
Allain lui lémoignail égalemenl quelque
intérêt; il vivait caché dans les environs de
Caen, et venait quelquefois le soir conférer
chez Vannier en compagnie de Ilureau de
Placène et d'un avocat nommé Robert Langelley, avec lequel l'hote de MmeAcquel élail
en relations d'affaires. Tous était également
besogneux et passaient leur temps à imaginer les mo)·ens de faire rendre gorge à
Joseph Buquet. Allain n'en prônait qu'un qui
fut adopté : il s'agissail de retourner encore
une lois à Donnay. Mme Acquet serail du
voyage et lttcherait d'attendrir le paysan; s'il
refusait d'indiquer la cache de l'argen l, Allain
sauterait sur lui et l'étranglerait. ...
C'était vers le 25 septembre; on partit un
matin de Caen. Mme Acquet avnit donné

1. a. Du 27 fl oréal , an IX de la rCpubliquc française, acte de naim ncc de ,)Ia.ri c-Cé li11c-Od~vic1 née
ledit jour à sept heures du matin, fill e de Louis Acquet
el de Caroline-ll ê!îe. Têmoins : Pons et Duparc,
Suivent tes siçnalurcs . \) ArchiYCS de la mairie de
Uonnay, Calvactos.
2. , ~!me Acquet me dit ell e-même qu·eue alfo.il

à Paris et qu·cll c mcllrail sa fill e rn com'enl en passant par Rouen. » Interrogatoire de Cham·el.
S. Dédarali on de J!inc Acquet , 12 décembre ·1807.
Archives nationales, Fi 81i0.
If. Rapport de l'arrcstalion de la J arne Acquet.
Arclti\'es nationales, F1 8172.
J. « Quanl au notaire, c'est un J.. . F.. ,. Il a refu sé

J e J'arge~L à ~!me Acquet qui manquait des clioscs
les plus necessaarrs. Il a pourlanl touché 10.000 fran cs
du _vol. ~! est .v rai que c'est d~ rarge11t que Le Chc"altcr lw den1l. &amp; Rapport de I arrestation de la darne
Acqu et.
6. Acle c1 ·aceu5lllÎ011 cl dCclaraliun de Jlme Aeque t
12 décembre 1807.
'

lui-même à Mme Acquet et assister sa mai-,
tresse dans cette circonstance d'où allait'
dépendre tout son avenir. Et c'est ainsi quele jeudi 1er octobre, Licquct, sûr du succès,
installail dans la diligence partant pour Caen,
le faux capitaine Delaitre, auquel il avait
adjoint, pour plus de sûreté, un neveu du
même nom et un domestique, chobis tous
deux, avec soin, parmi ses plus madrés collaborateurs; le lendemain, les trois espions
descendaient à Caen, à l'hôtel du Parc, faubourg de Vauce1les, où Chauvel avait fixé le
rimdez-vous et promis d'amener Mme Acquet.

1

rendez-\'Ous à Jos:eph chez un fermier nommé jours maintenu à la geôle de Caen: de l'a,,is de escalier fort sombre. C'était une pauwe
Halbout, dont la maison était située à l'écart tous, Mme Vannier élait sa maîtresse et allait chambre sous le toit, prenant jour pn.r deux
du village de Donnay. li vint à l'heure fixée; chaque jour le voir dans son cachot li passait petites croisées el dont rameublement était
mais, comme il approchait avec circonspection, pour être un espion du gourernemmt et Pla- des plus mesquins; Cham•cl vint l'y voir le
craignant quelque guet-apens, il aperçut Allain cène prétendait que Vannier recevait de l'ar- lendemain et c'esl là qu'elle apprit de lui
dissimulé derrière une baie et, t&lt; pris de gent pour le tenir au courant des agissements l'arrivée très prochaine du patron Belaitre,
de Mme Acquet. Langclley, de son côté, affir- envoyé par Mme de Combray pour la sauver
peur, il dévala à toutes jambes ».
li fallut donc reprendre, les mains vides, mait que Placène était un fripon et que, cl lui procurer le moyen de passer en Anglele chemin de Caen et alîronter la colère de « s'il avait déjà louché ,a bonne parl du roi, terrtt. Mme Acquet ne manifesta ni répuls.ion
Vannier qui accusait sa pensionnaire de com- il recevait au moins tout aulant d'argent de ni joie; elle s'étonna que sa mère pensât à
elle: mais il semble qu'elle n'allacha pas
plicité avec les Buquet pour faire aYorter la police 11 .
La pauvre femme qui formait le pivot de grande importance à cet incident qui dc"ait
toutes les tentatives. On tint de nouveau conseil, et, cette fois, Chauvel y fut admis; lui ces intrigues n'était pas davantage épargnrü décider de sa desti11ée. Une seule idée l'obséaussi avait un plan : il proposait dese rendre par ses indignes complices. Après Joseph Bu- dait; trouver une retraite qui lui permît
en uniforme à Donnay avec Mallet, l'un de ses quet, après ChauYel, tous se soupçonnaient d'échapper à l'odieuse tutelle de Vannier; et
camarades; Langelley jouerait le rôle du com- réciproquement d'a\'OÎr été ses amants : Lang1~lley, très surpris de la lrouver chez la
missaire de police : « ils arrèteraicnt Duquel Vannier se serait aimi payé de son bospitalitl!; dentellière, ,·oyant sa perplexité, olfril de la
comme pour lecomple du gouvernement; s'il l'avocat Langelley et le genJarme Mallel lui- conduire à une mais:on de campagne qu'haconsentait à dire où élait l'argent, on lui même auraient taxé à ce prix leurs services ; bitait son père, à une lieue de la rillr. Elle
donnerait la liberté et une adresse sûre pour accusations aussi impossibles qu'inuliles à accepta et partit le soir même sous la conse cacher; en cas de refus, les gendarmes le contràler; elle avait elle-même, d'ailleurs, duile de l'avocat; à cette heure le faux patron
tueraient et seraient quittes pour dresser l'intelligence de son abaissement et le dégoùt, Delailre quillait Houen, el la ruse si babilemen l
par moments, la prenait. Un soir, c'était le ourdie par Licquel allait rnellre fin à la
procès-verbal de rébellion I J).
Tels étaient les conciliabules auxquels assis- 27 septembre, elle ne rentra pa.s chez \'an nier; lamentable odyssée Je !!me Acquet.
tait, muette et résignée, la fille de la marquise fuyant cet enfer, elle vint demander asile à
En arrivanl à l'hôtel ,111 Parc, le 2 octobre
de Combray, le cœur gros pourtant à la pensée une dentellière, nommée AdélaïdeMonderard,
le « patron )J Udaitre s'é:
que cet argent maudit altant mis à la fenêtre de sa
lait devenir la proie de ces
&lt;hambre vers sept heures
hommes qui n'avaient pas
du soir,aperçut un homme
élé à la peine et pour qui
qui faisait les cent pas dans
serait tout le profil. Chaque
la rue, ayant au bras une
jour clles'enlizait plus protrès petite femme, fort comfondément dans cette fange:
munément habillée. A la
cc qui se tramait là, ce
démarche, il reconnut Chauqu'elle enlcndit - car on
vel, vêtu en bourgeois :
ne se gênait pas devant
la femme étail Mme Acquet.
elle- fait horreur; comme
Les deux hommes se saelle représentait, pour ces
luèrent et CbauwJ, qui lforbans, quarante m_i 11 e
iant sa compagne, monta
francs , elle devait subir
à la charubre du patron.
non seulement leurs galane&lt; Compliments, poignées
teries brutales, mais aussi
de mains, confiance la plus
leurs confidence,. Mme Plaintime, comme il est, en
cène émit un jour l'idée de
général, de règle entre un
(ai,·e disparaître le boumilitaire et un marin::.. JJ
langer Lerouge, dit Bornel;
Chauvel exposa qu'il était
comme il avait &lt;c beaucoup
venu à pied de Falaise,
de religion et qu'il était
dans l'après-midi, et que,
très honnête homme J), elle
pour
rn rendre libre, il
craignait que, s'il était aravait
prelexlé, auprès de
rêté, &lt;( il ne consentît pas
ses chefs, une affaire parà mentir et qu'il ne les perticulière qui l'appelait à
dit tous ». Langelley rellayeux.
Le faux Ddaitre
doutait surtout les bavarlui
remit
aussitôt les deux
dages de Flierlé et de Lalellres de Mme de Combray
noë, détenus à Caen, et il
que Chaurel parcourut diss'occupait de les faire emtraitement.
poisonner : il s'étail déjà
- Descendons, dit-il, la
entendu &lt;t avec le pharmadame est proche et nous
cien et l'officier de santé
allcad.
de la prison qu'il avait
PAL.\IS UE jL,SllCE DE ROllEN : lNTfRJEUR DE LA COUR, FAÇADE OU CÔTÉ OU MIDI.
Après quelques pas dans
dans sa manche )) , et il
D'après le dessin de T. DE Jou~ONT,
la
rue,
on la rencontra, en
connaissait aussi un brave
effet,
avec
Langelley, que
homme qui, (( pour peu de
cborn, ferait du bruit en ,,iJle, se laisserait ar- logée rue du Han, et qui était la maîtresse de Chamel présenta à Delaitre. Celui-ci olfril ausrêter et condamner à quelqu&lt;'S mois de prison Langelley. Celte fille consentit à la recevoir et silôl son bras à Mme Acquel : Chauvel, Lanet trourerait ainsi le moyen de se défaire de lui céda une des deux pièces dont se compo- gelley et (( Delaitre neveu JJ suivaient à bonne
ces individus 1 1&gt;. On parlait aussi d'Acquel, tou- sait son logement, auquel on accédait par un distance : on passa le pont et on s'engagea,
1. Happort du ,·oyage du p:ill·ou llr lailre à Ca r n.

2. /Md

�. _____________________________________

Jf1ST0'1{1.ll

T OU'Jt,NEBUT

soir? J'irai a,·cc ,·ous :;.
Le palron Delaitrc fil d'auord quelques
difficultés avant de consentir à retarder ~on
voyage; enfin le Mpart fut fixé au lendemain
samedi, 5 o~tobre, à la nuit tombante . Une
discussion assez hrupnle s'ensuivit. L:111gellcy obserrn que Vannier, Allain, Placène

et les aulrcs n'approuveraient certainement
pas la détermination de Mme Acquet; qu'on
était solidaire les uns des autres, qu'elle ne
courait, d'ailleurs, aucun danger en rcsta nl
a Caen al\cndu qu'il ne s'}' trouverail jamais
un juge pour la poursuivre ni un tribunal
pour la condamner. Delaitre répli~ua que,
précisément pour parer à l'indulgence des
autorités du Calvados, un dém.!t impérial
avait saisi de l'affaire la cour spéciale de
Rouen; mais 1iarncat, f1UÎ ne vopit pas sans
dépit s'éloigner sa mule chance de mettre la
main sur le trésor des Buquet, ripostait qu'il
ne fallait ricn conclure àrant d'avoir pris
l'avis de ses amis, quand la jeune femme
termina la discussion, en dédarant qu'elle
partait (&lt; parce que c'était la volonté de sa
mère &gt;J.
- ttes-vous sûre, demanda Chauvel, que
c'est bien là l'écrilure de votre mère"?
Elle répondit oui et le gendarme opina
qu'elle avait raison d'obéir.
On convint alors des détails du départ :
Lmgelley s'olfrit à conduire les voyageurs
jusqu'à la limile du département du Calvados
que Delailre connai:;sait mal. Mme Acquet ne
devait emporter aucun bagage; se:; efTèts
seraient adressés à fioucn, bureau restant, à
l'adresse J.u patron; la conversation prit C( le
ton de la plus sincère amitié et de la plus
grande confiance &gt;&gt;. Quand I heure ,·int de se
sépa~cr, jJme Acquet serra plusieu rs fois la
main du patron, disant :
- A demain, m msicur.
Et comme clic descendait l'escalier, Cliauvcl resté avec Ddaitrc s'assura que celui-ci
avait apportJ de l'argent pour payer les petites
dettts qu11 la fugitive avait co:1traclécs chez
divers fournisseurs.
Le jour suirant, au matin, ,·ers onze
heure.;, Chauvel se présenta seul à l'auberge
i/11 Parc: il monla à la chambre de D.lailre
qui l'invita à dt&gt;jl'uner cl cnvnia son nc,·cu
chercher des huHre3. GhJurd \'Cnait I ricr
Ddailre de retarder son ,·o):ige d'un JOUI' encore, )lmc Ac 1uct ne pou vaut p1rtir araut le
dimaoche .1, . Tout en mangeant, Chauvel se
lai55ait aller à &lt;les confidences; ce n'était pas
sans trish sic qu'il rnyail s'éloigner son
amie ; lui seul, assurait-il, l'avait servie par
pur dévouement, il dit comment, pour dépister h·s recherches de ses camarade3, chargés
par Manginol d·étalJlir le signalement de la
proscrite, il l'arait rédigé, à dessein, complètement faux, la désignant (( comme étant de
!orle taille cl blonde de che\'eux IJ , li parla
de d'Aché qu ïl traita de brigand c&lt; seul cause
des malheurs arrivés à Mme de Combray et à
sa famille Jl. Enfin il s'informa si Dclaitrc
consentirait à transporter en An3letcrre Allain
et Buquet, qui étaient, en somme, les dtUX
principaux acteurs de l'alfaire, ( l le cc patron )&gt; y consentit hien volontiers; il fut con-

venu que, dès qu'il aurait déposé ~Ime Acquet
en Angleterre, il reviendrait à Saint•\'alrr)',
sou porl d'allache. Allain cl Buquet n'avaient
qn'à se trouver, avec un mot de reconnaissance, le mercredi 14 à Cany, chez Prérnsl,
aubergiste, en face de la poste; il irait là les
quérir pour les rrnbarquer.
Le bnn Delaitre, qui était bien manifestement un messager de la Providence, compta
sur la table, en déjeunant, 1.00 francs en or
qu'il remit à Cbauvel, pour payer les delles
de sa maitresse.
Vannier avait réclamé six louis pour l'hospilalité qu'il lui avait ofîcrle, all~guanl que
&lt;&lt; ces sortes de pensionnaires doivent payer
plus que d'autres à cause des dangers à courir &gt;l; il demandait, en oulr~, qu'on lui remw
boursât le prix de vingt messes que Mme Acquet avaitlait dire '. Chaurel passa une parlie
de la journée du dimanche avec Delailte; le
rendez-vous était fixé pour sept heures du
soir; le patron devait attendre sur la parle
de son auberge et suivre Mme Acl1uet quand
il la verrait passer au bras du gendarme.
Elle ne parut qu'à dix heures du soir et l'on
marcha isolément .jusqu'à la demi-lune dè
Vaucelles. L1ngelley se fit attendre, il arriva
enfln sur un cheval d'emprunt; Je p:itron
a"ail pris un b:dt:t dè poste; quant au ne\'CU
Dclaitre cl au domestique, il:i avaient, dès la
veille, ro?gagné fioaen par la diligence.
C'était le nn:n.!nt dei adieux : M:ne Acquet embrassa Cham·el, qui la 11uitla « de la
maoièrc la plus tendre. en recommandant
au d,:positairc les plus grands soins pour
l'ohjct précieux qui lui était conllé 6 '.&gt;. L1ng&lt;·lley, armé d'un gourdin en mamère de
cravache, pril la tète de la caravane. Delaitre en"doppa th1uJ('menl d1ns sa capote
Mme .\cquct qu'il prit en croupe derrière
lui et, après de nouveaux souhaits, de
thaudes poignées d:! mains, de5 C( au re,·oir Jl
attendris, les cavalirr5 s'éloignèrent au trot
sur la route de Dires . Cha.urcl les vit se
perdre dans l'ombre cl il re5ta au carrefour
désert tant qu'il pul entendre résonner les
s~ibJts des chevaux sur le pa,·é de la route 1.
Vers trois heures du matin, on arriva il
Dives; la jeune femme, qui s'était monlrée
et a~sez gaia », protesta qu'elle n'était pas
fa1i•uée el refusa de descendre. Lan:;elley
eol~a donc seul à la poste, y réveilla un guide
qu'il :ivait com1™:1ndé la veille·~ et l'~n se
remit en route; le JOUr commençait à pomdre
lorsqu'on parvint à Anne!Jaull; les trois voyaoeurs firent halte chez un aubergiste où ils
Passèrent toute la journée; l'avo.::a_t l't Mme Acquet (&lt; réglèrent quelques petlls_ comptes
qu'ils avaientensemble 9 )J; on dormit un peui
on causa braucoup, on dina lon~uem1;;at. A
six heures du soir, on remon:a à cheval et
l'on pril la roule de Pont-l'Érèque. Langelley
condui5Ît les [ugitirs jusqu'à 11 forêt de

1. fiapporl du faux patron Dclaitrc.
2 . .Nou:; ne changeons rien 1'. ces d13loguc.i : eclte
seime cl le; termes Uout se srnircnl füfü• Acquet cl
son interlocuteur sont rappodés sons celle f,:mne cl
presque id&lt;:11Liquem{'nl tians les dîll'ércnls récils de
ceux qui a-sistaicnl à C{'lle cnlre\'UC.
Zi. l11tc r.-o"a
loire de ChaU\'cl, 20 octobre 18l'8.
0
,\n:hirc~ &lt;lu gre!fc di:: 1:i Cour t1·a~~ises dr l\oucn.

l. l11tcrrogaloÎ!'c de Chau1·el. Archircs &lt;lu grcff..: 1\c
la Cour d'Assi,es de Rouen.
5. l)05sicr 1,angcllev. Archire5 n:itionul~s, Fi Slil.
ti. i\rchi1·c~ ndtiomÏ!cs. Jl1 ~ 1n.
'i. lutcrro;atoires Je Chaurel, dCc\aralîo11!\ de
Mme Acquc1, rapport Ju faux patron Dclaitrr, [dires
de J.icquct â l\éal, clc.
8. , Arrivês il l)i1·c s, nous 11ous r:irraicliimes pen-

dant que le guide s'hahillait i. cl apr~s ~vo:r c~ntinué
nol1·c roule, nous sommi.&gt;s enhn arn\.'c: a 1~ po111lc cl.u
jour il Annebault, oil nuus a~·ous pas.se le Joui:, •, 0('·
cJal'atiou de Langcl!cy, Ardmcs naltonal~s,, l• 7 81.71.
fi. , hlme AcqucL emµru nta deux l~u1s a ~d'.1-ilrc
pour solder la peiuc de Langellcy. s111~·ant I an~ rlc
Chauvel. » Rapport du faux patron Dcla1trc. Arcllll'es
11ationales, P l:!172.

tout en camant, sous les arbres du grand
cours, le long de la rivière. La nuit élait
complètêmrnt tombée.
Le patron Dclaitre, (( après aroir présenté
à )ltnc A(quct les cornplimcnls de sa mère,
lui fit part des intentions dt: celle-ci relativement à son passage en Angle.terre ou aux
iles ·)). Mais la jeune femme repoussa nellcment la proposition : elle 'était, disait-elle,
&lt;t très en ~ùreté chez le père de son défenseur,
à portée de toutes ses relations, et die ne
consentirait jamais à quiller Caen, olt elle
comptait de nombreux et dévoués prolccteur.s 11. Le patron objecta que celle détermination était d'autant plus regrettable que
(( la personne puissante qui s'intéressait au
sort des siens exigeait qu'elle cùt quitté la
France aYant de s'occuper de mellre Mme de
Combray en liberté Il . Ce à quoi Mme Acquet
répliqua qu'elle ne chang~rait jamais de. r6soluliun.
La discussion dura près d'une demi-heure :
le palron ayant alors parlé d'un billel de la
martpiise dout il était parleur, Mme Acquet,
se tournant vus Langellcy, lui dt:manda de
les conduire dans un caLaret où elle pourrait
lire la leltre de sa mère. On repasrn le pont
pour remonter la rue de Yaucelle~, sui,ant
Lang:clley qui s'arrêta à un cal1Jrct siLué à
cent mètres au-dcsrns de l'hôtel du Parc :
Mme Acl.picl s'engagea, avec ses compa~no~s,
dans qn couloir étroit cl monta au premier
étarrc où l'on s'attaLJa. L1ngtlley arait comma~dé du vin cl dçs biscuils . La jeune
femme prit des mains du patron la lettre de
la marquise; Ions, autour d'elle, se- taisaient
et« la lixaient altentiremcnt 1 ». On s'aperçut « qu'll chaque ligne elle changeait dè
couleur et qu't:lle soupirait J&gt;.
- Quand parlez-vous? dcmanda-t-elle a
Delaitre en s'essuyant les 1rux.
- Demain, de grand malin, rt:pondil-il 1 .
Elle poussa de nouveau un gros soupir et
se remit à lire : « die arnil des crispations
et p::traissait prèle à se trouver 1~rnl ». Quind
elle eut terminé sa lecture, elle rnlerrogea de
noureau Delailre.
- Vous connaissez sûrement, monsieur,
ce que contient la lettre?
- Oui, madame, votre mère me l'a lur.
Elle garda _le silence « plus de deux minutes »; pms, cummc faisant un grand
efforl :
- ll faut donc obéir aux orJres d'une
mère, dit-elle; eh! bien, monsieur, je rn::s
suivrai : voulez-vous ne parlir qnc dt main

""

lJ

.,,..

Touque.s: a\'ant de quitter Mme .\c11uet 1 il
lui demanda avec beaucoup d'émotion une
boucle de ses che\'eux; puis il l'embrassa à plusieurs reprises.
Il était emiron minuit
quand Ja jeune femme se
trouva seule avec Delaitre; le cheval arnaçait péniblement par les roule5
de traverse de la forêt;
blollie conlre le patron
qu'elle tenait serré à deux
bras, Mme Acquet ne parlait plus; son entrain de
la veille avail fait place à
une sorte de stupeur, si
bien 4ueDelaitre qui, dans
l'obscurilé, ne pouvait
aperCevoir ses beaux yeux
grands ouverts, pensa
qu'elle s'était endormie
sur son épaule. A trois
heures du malin on altt:ignit enfin les faubourgs de
Pont-Audemer : le patron
s'y arrêta à l'auberge de
la Poste et demanda une
chambre; ~ur le registre
qu'on lui présenta, il écrivit : Monsieur Delailre et

-

..,

lui fit comprrndrc, arec beaucoup de ménagements, qu'il était inévilaLle de la retenir
j11~rp1'à rloucn, oî1 Dèlaitr~ devait èlrc con-

,jeune Îl'mme, dont il scrutail 1 de ses yeux
malicieux, lf's attitudes, les ge!,;tes, les façons
d·è1rc, el donL il semblait, en quelque sorte
prendre possessi,.m ... C'êlail Licquet - on l'a déjà
reconnu - qui, dans sa
hàtc de savoir le résultat
de l'odyssée du faux Delailre, s'élait affublé d'un
uniforme d'emprunt et ,·enait recevoir sa nouvelle
,iclime'. JI fut pour elle
plem de prévenances: c'est
en ,oiture qu'il la conduisit de Pont-Audemer à
lluurg•,\chard, où il lui
laissa le temps de se reposer: le 7 au malin on parlait dè Dourg-Achard t l
l'on arriroit à Houcn ara1,t
midi. L'aimable brigadier
fut si perrnasi[ que Mme
Acyuct se laissa ~ans résblance et sans rérrimin al ion conduire à la
Conciergerie, où elle fut
écrouée sous le nom de
Bosalie-llourdon :t - celu i,
sans doute, sous 11 quel
f'lle vopgeait. D'ailleurs,
sa /'ew.me.
elle paraissait indifférente
lis déjeuoaicnt tous les
à tout ce qui l'entourait;
d~ux vers midi quand enen entrant dans cette pritra dans la salle un brigason où elle savait que
dier de la gendarmerie de
se trouvait sa mère, elle
marjne, accompagné de
n'eut pas un mot qui pût
deux soldais d'rscorte. li
faire croire qu'elle ressenalla droit à Delailre, lui
tait quelque émotion . Elle
demanda ses noms, et, le
garda pendant deux jours
voyant très troublé, il le
cette attitude de lassitude
somma d'exhiber ses parésignée: Licquet, qui vint
piers, qu'après un court
la voir plusieurs fois, cher~
examen il confisqua, en
chait à la laisser dans la
donnant l'ordre aux solpersuasion que son emdats de mellre le patron
prisonnement n'a\·ait d'auen état d'arrestation.
LA GROS5E HORLOGE, A Rot:EN. D'après la lithographie rie DEROY.
tre cause que l'infraction
Le brigadier, petit homcommise par Belaitre aux
me aimable et très eaurègl• menb m:iritimes; il
seur, s'excusa grandement auprè5 de~lme Ac- duit pour y subir une réprimande du com- poussa la précaution jusqu'à feindre d'ignoquet du dérangement forcé qu'il lui occa- mrndant du port. Mme Acquet, persuadée rer son nom .
sionnait: le patron Ddaitre, disait-il, a rait qu'il u'y avait là qu'un malentendu qui
Entre temps il préparait son plan d'atqui lté son bord sans y èlrc autorisé tl, de s'édaircirail à Ilouen, s'inquiéta peu de l'in- taque : tout d'abord sa joie avait été si vive
plus,il était sigaalé comme faisant assez; vo~ cident; comme elle était brisée de fatigue et, en mettant la main sur celle proie tant conlonticrs la fraude sous prêtexlc de cabo- de plus, iudisposée, elle manifesta le dé&amp;ir ,•oitée qu'il n'avait pu résister au plaisir d'en
tage.
de ne point voyager de nuit et de passer adresser dire1,;tement la nouvelle à Réal:; en
li Le poussa pas l'indiscrétion jus-1u'à Yingt-qualre heures à !\ml-Audemer; le petit
demanJanl &lt;c le secret pendant quinw
s'informer du nom de la rnpgeusc ni du brigadier y consentit arec emprl'ssement; t(}ut JOUr5 &gt;J; pui5, à la réflexioo, il avait compris
motif qui l'oLJigt!ait à courir les routes en en ay.mt l'air de ne sur\'eillcr que Dclaitre, combien il ser,.iit diffi cile d'obtenir des a,·eux
compagnie d'un patron de bart1.ue; mais il il ne perdait pas un seul i11sla11l de rne l:i d'une Îèmme qni venail d'être si odieusement

!ui

1. Voici en quels termes le l,réfcl &lt;le l\oucn rendait compte à Héal de celle mise en scène ; « On
nrriv:i Uc très gr,md mntin à Pont-Audemet· : là
li. J.icqn ct , dt'guisé en brigadier d,1 gendarmerie de
la Mal'ine, accompagn é Je deux gendarmes de sa façon.
er.tra subitement dans la chambre tics voyagctirs,
demonda lcuN apicr_;;. ne les l1'0U\'3 JHts en règle et
cou!i,qua toul. n a séJOurné un jour à Pont-Audemer parce que l\lme Acquet èpromait une l'aligua
l'llt·aordinaire, augmentêe par un accident naturel à sou
sexe, el d'ailleur.:1 l\les èmi~soircs qui ne s'étaient ni·
couchl·s, ni reposés depuis huil jour$ èlnienl sur ks
dents. Mme Al·r111cl est partie cc m.'ltin ile Bourg-

6

Acl1aril , pcrsuadCc qu·on arnilè!e\'C unemuuraise dil'ficulté au patron cl qu'elfo s'éclaircir,1it à Rouen. Ellil
n':i élé dèlrompél! qu'en entrant à la Conciergerie;
mais on a encore filC le mc\mc roman avec cllti; on
lui 3 dil qu'on pùurfüi1•ait depuis huit joul's le patron
parce qu'un rle ses m'Llelotj l'n•ait lrahi el avait déuoncé à lu µo!ii:e qu'il était allé chercher plusieur3
personnes darH la U.issc-'.'formundie pour les conduire
il une s1at io11 auglaise; &lt;1u•it Claît donc înérilable de
la retenir en prison puisqu·on l'a\•ail lrouvl!e avec lui.
On n'a pas eu l'air d'en sa\·oir tlara 11tagc. 11i de la
connaitre .... » Lettre du préfet de la Seine-Inférieure
i1 Iléal, 7 uctohrelROi.Archîvcs n~tionales. F7 RliO.

2. Jablcau. des tlCtenus par mesure de liaulc police
Arduve3 nationales, I" 8172.
5. Je 11e. m·explique pas comment la le111·e par
laquelle L1cqueL a·monce à llJal l'arrestatio~ de
11,me ~equet, csl datée de 1/011/lf'lti', le 5 oetolirc.
C est a Pont-Audemer que \'arrestation eut lieu cl la
pré\·euuc a Clé amenée directement il Houen inc~
un seul arrêt à nourg-,\,:ha.r~ Cette !cure, êcrilc par
~a homme . c.xu.ltauL de JOIC, se terminait par ces
lignes.: Œ J a1 1.hor!neur de ,·ous écrire, tout épuisé
de,. fat,1gu.es; mais ,1c retrouve &lt;les forces en 11cmant
11111~ s agit du service de Sa ~fojcslP cl &lt;Ir votre .sa1 islaet1011 pNsonnrllc. »

�111STO'J{1.Jl
trompée, et il sentit que les pièges où se
prenait la naïrn marquise de Combray ne
seraient plus de mise avec sa fille. li trouva
mieux; il a\ ait sur lui la lellre f]UC \lme de
Combray avait écrite à son chei· Delailre,
lettre qu'il avait rnisic sur le patr_on, en présence mème de MmP Acquet. D.rns ce bil!et,
la n1:irquise trailait sa fille « comme la plus
vilr des créatures et gémissait d'ètre obligée,
1

transporler à Caen les fonds volés; elle s'accusa
elle-même d'avoir donné asile aux brigands;
elle n'excusa que Jo,eph Buc1uel qui n'avait
agi que sur les iustructiom qu'elle-même lui
avait données el Le Chevalier qu'elle représenta comme séduit par les promesses trompeuses de d'Aché. D'ailleurs son « amour
effréné n perçait à cha~ue mol de son récit;
elle dit même à Licquut que, " si elle pouvait sauver les jours de Le Chevalier aux
dépens des Fiens, elle n'hésiterait pas:; 1&gt;.
Quand elle eut terminé sa longue déclaration, elle devint tout à coup très mélancolique. Le lendemain, en entrant dans sa prison, Licquet la trouva occupée à couper ses
magnifiques cheveux qu'elle voulait, dit-clic
tristement, soustraire au bourreau. Elle ohserra que, puisqu'elle était inexoraLlcmcnt
vouée à la mort, Chauvel, qui se disait son
ami, avait eu Lien grand tort de l'empêcher
de s'empoisonner; tout serait fini à présent;
mais elle espérait que le chagrin la tuerait
avant qu'on eût le lemps de la condamner.
&lt;I En disant ces mots elle tournait ses }"eux,
très beaux et très perçants, vers un coin
assez obscur de son ca&lt;:hot. D Licquet, sui,·ant son regarJ, aperçut à cet endroit un
gros clou très saillant fiché dans le mur à
six pieds d'élévation i sans rien témoigner de
ses inquiétudes, il chercha à dirigH l'allention de la détenue sur d'autres objets el parvint« à la rendre d'une gaieté folle' J&gt;.
On fit, le jour mème, enlever le clou; mais
restaient les verrous de la porte et les piliers
du lit aux4uels la prisonnière, étant donnée
l'e1iguïté de sa taille, aurait pu chercher à se
pendre : on mit près d'elle, pour la sur,·ciller, une remme de Ilicêlre.

pour sa propre sllrcté, de ,·cnir au secours
d'un monslre; elle se plaignait surtout beaucoup de, l'argent que cela lui coùlait 1 1J.
Le 9 ociobre, Licqucl se préscnla au cachot
de füne Acquet, se mil à causer familièrement avec elle, lui avoua qu'il samit son.
nom et lui communi•1ua la lettre de Mme de
Combray. ,\près l'avoir lue, )lme Acquet fut
prise d'une effra)anle crise de r;ige. Licq nct
la con,ola, lui fil comprendre &lt;I c1u'ellc n'avail
q@ lui d'ami n, que sa mère la haïssail et
ne l'arait serrie que dans l'espoir de sau,·er
sa propre vie; que le nolairc Lefebvre l'avait
lui-mème vendue à la police en indiquant
l'adresse de la famille Chauvel, à Falaise et il montrait, comme preuve, la note tracée
de la main du notaire; - il a.Ha jusqu·a
faire allusion à certaines infidélités de Le
Chevalier C'l à des maîtresses que celui-ci
aurait eues à Paris, si Lit~n qu'indignée, à
bout d'écœurcmenls, la malheureuse fondit
en larmes.
- Soit 1 dit-elle, c'est à mon tour; recevez sur-le-champ mes déclarations, portez-les
à !I. le préfet; je veux tout a rouer; la \ie
m'est importune!!
Et loul de suite elle raconta la longue histoire des projets de d' Aché, ses passages en
Angleterre, l'orga.ni:sation du complot, la tentative dïmpression du manifeste des princes
el aussi comment il avait séduit Le Chernlier
Il n'est pas possible de suirrc Liquet à
et avait su se l'aUirer par la promesse d'un travers toutes les phases de l'instruction : cet
haut grade et de grands honneurs. Elle dit homme endiablé semble a,·oir posséJé le don
également que ce d'Aché, qu'elle accusait d'uLiquité : il est à la prison, ol1 il cuisine
d"avoir fait le malheu r dt! sa ,·ie, avait &lt;1 for- les détenus; à la préfecture ùÙ il dirige les
mellement coaseillé le roi des fonds publics; interrogatoires; à Caen, où il enquête ;l la
son ordre était qu'on organis:il les attaques barbe de Calfarell_i qui croit depuis longtemps
de dili3enccs, qu'il fallait même les arrètcr l'affaire enterrée; à Falaise, où il récolte des
toutes ». Elle accusa sa mère d'avoir aidé à témoignages; à Honneur, à Pont-.\.udemer, ~
1. Lettre du prércl de la Seine-Inférieur(' â H~dl,
11 octohrc 1807. Archircs nalionalcs, ~'j 8li0.
2. Lcllrc du préfet_ de ln. Scinc-luforicurc à Rtal,
Il oclobl'e 1807. Arch1,·cs nationales, F7 81711.
3, Pl'cmièt·c déclaraliun de la l'cmmc Acquet, 9 octobre'" 1807. Arch11·cs du greffe de la Cuur d',Miscs
de Rouen.
4. Rapport de Licquct au 1iréfel de la Seinc-1nfëricurc ..\rchi,·cs nationale~, F 7 8172.

!). Réal.

6. Celte lcllre, dalêe du 11 juillel 1809, 1'Sl adressée à un fonctionnaire du ministère de la Police dont
je n'ai pu tro11\·cr le nom : l.ic&lt;1ucl l'appelle mon
cite,· complttriolc, Archh·cs 11atio11alcs, F7 8172.
7. Happort tin voyage à Caen ..\rcl1i1·cs nat!onalc~,
F' 817t.
8. Il possé&lt;hit, â cc qu'assurait Mme Placène,
1.:)00 francs de rente. Arclmcs nationales, F7 ~l 72.

Paris; il rédige d'innombrables rapports à
l'adresse de son préfet ou de fiéal avec lesquels il correspond directement, et, quand
on lui demande quelle récompense il ambitionne de sa vie dépensée avec tant d'ardeur au
service de l'Élal, il répond philosophiquemeal:
Ce n'est pas pour ma gloire que je lra,aille;
c•c~t uuiqut' ment pour celle de la police général&lt;'
et de nolrii dtl'I' conscill&lt;•r 5 que j'.iimc de toutes
mes forces. Quant à moi, pall\rl' tliahle, jr suis
,·oué i1 un e ohscuritC qui, je l'arnue, fait mon
bonheur, depuis que j'ai rccannu l'incom·énicnt
des réputations 0 •

Henriette de Coligny
Par Henry ROUJON, de l'Académie française.

1

•

Hercule de Lacgrr, seigneur de Massuguiès,
quel beau nom de cadet de Gascogne pour un
drame de cape el d'épée! Quelqu'un a réellement existé qui s'appelait ainsi. Et comme il
n'est rien d'impossible à l'érudition, cc quelqu'un a trouvé son historien. M. Frédéric
La.chèvre, subtil el sannt explorateur du
monde des précieuses, ressuscite IIC'rculc de
Lacger. Nous possédions, sans nous en douter,
une soixantaine de poésies de CP. gentilhomme
oublié. Importaient-elles ,\ la gloire de la
liUéralurc1 Peut-èlrc pas absolument. Là
n'est point la qucslion. Bien qu'il n'ait pas
eu de génie, ce rimeur au nom formidable
mérite sinon un chapitre, du moins une note
marginale dans l'histoire de la politesse française. Cette figure de capilan héroï-comique
prend place dans une galerie des modes d'autrefois.
M. Frédéric Lachèvre a idenlifié le personnage en analysant un manuscrit injustemmt
négligé. Sous une reliure de maroquin rouw•,
en lrenle-deux fouillels d'une belle écriture
de calligraphe, des sonnets et des madrigaui
portent ce titr~: «Vers pour Iris 1&gt;. Qui
élail Iris? Et quel son adoraleur1
C'est ici qu'apparait douloureusement
la vanilé des psychologies liYresques. Il
ressort de la lecture de ce manuscrit
qu'une dame, toute pénétrée encore de
l'idéal de l'Aslrée , mil par ses rigueurs
un parfait amant aux portes du tombeau. Iris s'enveloppe de chasteté féroce
ainsi qu'une bergère de M. d'Urfé. Son
chevalier obserrn rigoureusement tous
les rites de l"amour courtois. li va sans
dire qu'il menace constamment de sa
mort prochaine l'immatérielle cn1alure
qui le désespère el le ravi!. li parle
sans cesse de « terminer ses jours n ;
l'infortuné &lt;&lt; souffre les enfers ». Iris
s'absente-t-elle pour quelques semaines? Un amoureux vulgaire se bornerait à Yerrnr des pleurs : ainsi s'expriment les douleurs bourgeoises!

Une des plus pilloresqucs péripélies de son
enquête fut le nouveau vopge qu'entreprirent, vC'rs la fin d'octobre, le faux capitaine
Delaitre el son faux nc\"eu, à la red1erche
d'Allain cl de Buquet qu'ils n'avaient pas
troU\•és, au jour dit, à l'auberge de Cany.
Delaitre revit à Caen l'aYocat Langelley, les
Placène, la fille Mondcrard, avec lesquels il
festoya; il leur donna les meilleures nouvdlcs
de Mme Acquet, très conforiablemenl inst.allée, raconta-t-il, dans une des stations de
bains de la côte anglaise; mais., bien qu'il
eût pour Allain une lellre très pressante de
Mme de Combray qui avait hâle de le voir
passer en Angleterre, le rusé chouan ne se
montra pas; sa fille, établie couturière à Caen
el qui était en relations avec Mcne Placène,
se chargea pourtant de lui faire tenir la
lcllre; le patron émit bien l'idée de suivre la
petite Allain dans l'espoir de découvrir la
retraite du père; mais Langelle)' et les autrrs
I'assurèrint que cc serait peine perdue; la
jeune fille connaissail seule l'asile du pros•
cril; , cbaquc fois qu'elle allait lui porter
des nouvelles, elle se déguisait, entrait dans
une maison C'l s'y déguisait de nouveau pour
en sortir, entrait dans une seconde, y changeait de costume el ainsi de suite; il était
impossible de juger, quand elle sorlait de
chaque maison, que c'était la même personne
qui y était cnlrée cl &lt;le sa,·oir daus laquelle
éiait son pèrc 1 ". llcux jours plus tard lape•
titc Allain reparut : elle as$ura que son père
élail parli dans son pays, du cclié de Cherbourg OÎl &lt;c il avait du bien »; il voulait,
avant de pa.sser eu Angleterre, vendre son
mobilier et affermer ses terres; telle élait
l'autre face du terrible « général Antonio 1&gt;;
il éiait bon père de famille et petit renlier '·
Delaitre comprit que c'était une défaite et
qu'Allain n'avait pas confiance : il n'insista
pas, plia bagages et rentra à nouen.
(A suivre,)

G. LENOTRE.

1

•

\lois si tians cc moment, pour les mieux exprimer.
Je ne tomhe à vos picd5 immol,ile et Hins ,-i&lt;' 1
Je: ne ml·l'ilc 11as !11onneur de ,·ous aimer!

Il faudrait a\'OÎr un cœur de rocher
pour ne poiat compatir au supplice endurê par ce modèle de continencr.
Trente-cinr1 sonnets témoignent qu'lris
demeura impiloy,blcment pure. Quant à son
malheureux esclave, on l'imagine s'allant noyer
au fond du Lignon grossi de s1:s larmes. La
rérité c.st moins désolante. Iris et son poète,
dans les loisirs que leur lai!-sa la littératurC',

furent deux faibles créatures morlellc&lt;;, enclines ~, la concupiscence. lis firent run el
l'autre dans leurs rers une telle débauche
d'innocence qu'il ne leur en resta guère pour
l'usage quotidien. Cc couple d.élégiaques était
farceur.
Qui dit cela~ Celle canaille de Tallemant
des Réaux, toujours embusqué derrière les
élégances pour cligner de l' œil et ricaner.
Tallcmaul sert de guide à M. Frédéric Lachèvre et à M. l~milc Magne, à tra\'C rs les
aventures sentimentales d'HC'rcule de Lacger
et de son Iris, Henriette de Coligny. Lorsqu'ils
ne mettaient point du noir sur du blanc, ce
Gascon cl cette précieuse se reposaient gaillardement du sublime. Henriette a rencontré
cbez M. )lJgne un biographe gaiement véridique; M. FrJdéric Lachèvrc, en nous racontant la vie d'Hercule, seigneur de ~fassuguiès,
ne prétend aucunement nous attendrir.
A défaut de Tallemrnl des Réaux cl de ses
modernes auxiliaires, un dessin de Daniel du
~lonslier suffirait à révéler llenriclle de
Coligny, comtesse de La Suze, d:ms toute son

c~ .rr•zF. '' ·

,.-. ~,.,r., ,t: '1.l

jngénuité de bonne personne. Le sincère
portraitiste a souligné de traits malicieux le
nez curieux et la Louche gourmande de cette
belle commère au triple menton. Dire que
celle dame si bien portante a composé énor-

miment d'élégies! c1 Les plus tenJres C'l ks
plus amoureuses du monde, qui courent partout l&gt;, est-il arfirmé par l'auteur des l/i:,to1·i,.lles. llcnriellc de Coligny a fait verser des
larmes à maintes lectrices, à Mme de Sé\·igné
peul-èlrc, à coup sùr à Calhos et à Maddon.
Au dix-huitième siècle C'lle était admirée
encore pour son génie de poétesse. Son éditeur
de 1725 explique ce génie par de cruelles
déceptions conjugales. &lt;&lt; Liuée successiwmcnt
à deux époux, elle n'eu t pour eux que de
l'aversion et de l'horreur. 1&gt; Le premier mari
de Mlle de Coligny fut nn Anglais qui ne survécut qu'un an à son bonheur. Le second, le
comte de La Suze, était borgne et très ivrogne
Tallemant raconte qu'il lui arriva, au retour
d'une ripaille, de tomber sur le chemin; un
lroupeau de cochons lui passa sur le corps. li
fil alors un rêve guerrier et~ 'écria : «Quartier,
cavalerie, quartier! )&gt; Cet intempérant gentilhomme était jaloux; il enfermait sa femme
el la fai sait espionner par deux prudes bellessœurs. Faut-il s'étonner que l'esprit élégiaque
se soit emparé d'une dame ainsi persécutée,
dont la jeunesse avait brillé à la Chambre llleue d'Arlhénice 1 L'édilcur de
li2J ne s'en étonne point. « Malheureuse en amour, dit-il, elle a dù tourner du côté de l'élégie, ainsi qu'dle a
fait, le talent qu'elle avait rrçu pour la
poésie. " Le don poélique semble avoir
éié, chez Mme de La Suze, plus spontané que eomplel. « Elle ne put jamais
enchaîner la rime. Elle digérait ses
pensées, elle lrs exprimait poé1iquement, mai s, pour IC's rimer, il fallait
qu'elle cmplo)àt un secours élranger. u
Plusieurs secours étrangers se préH ntèrent. L'un d'eux fnt notre llercule de
Lacger, lequel, au dire de Tallemant des
néaux, &lt;! avait de l'esprit, mais n 'élait
nullement hoanesle homme». M. frédêric Lacbèvre reconnait de la meilleure
grâce du monde que les recherches auxquelles il s'est livré ne démentent en
rien ce jugement sommaire. ,'\'ou~ n'avons aucun portrait du sire de Massuguiès. li est facile de lïmaginer; lous
les mauvais garçons croqués au passage
par Abraham Bosse nous rendent cc
clpitan d'alcôve avnnlageux, beau parleur, insolent, parfois bàtonné, ni plus
niZmoins poète, à tout prendre, que les
aulres habitués des ruelles, un Malleville ou
un Sarazin. Ce joyeux drille fournil à !!me de
La Suze des rimes pour ses \'ers et des consolations pour ses mélancolies. Dans ses sonnels,
il la traitait abondamment d'inhumaine. La

�111STORJA
comte~se, couchée sur son lit de parade,
entourée de beaux esprits el de précieuse~,
écoulait le malin Gascon bramer s.a douleur.
Au pit'd du lil. deux ~·etili s mules de velours
n'étaient ,·is1b!rs que pour le seul Ilt•rculr. Il
glissait la main dans la mignonne chau$Sure;
il en tirait une lettre et )' introduisait unfl
réponse d'u1oe toute autre lil!érature que ct•lle
de l'Asll'ée. Le geste est charmanl. Il résume

la chevaleresque hypocrisie de celle société de
la Fronde qui s'essayait au stile noble cl à
l'amour poli. Les vers d'Hercule de Lacger
sont généralementinsipidesetl'homme fut(&lt; un
grand coquin». L'Iris de ses sonnets à la glace
était une poupine personne d'humeur égrillarde. Sans doute, mais le miracle opéré par
les fées de l'hôlelde Rambouillet a été dïmposer à un siècle brutal la ~imulation de la Yertu.

Pour obéir au code idéal de la bienséance,
Hercule de Lacger el llcnrielle de Coligny
se présentaient dans le monde en loilette spirituelle. Cette darne galante et ce sacripant
s'habillaient I"àme pour rnrtir. Cliez eux, il
est inflniment probable qu'ils se mellaient à
l'aise. Et cela ne regarde personne, n'en déplaise à Tallemant des Réaux et à son indiscrète postérité.
HssRY ROUJON,
de fAcadimit françaist.

•
Voyage de retne

Je vins coucher à lluv '. Celle ville était
des terres de l'évèque de Liége, mais, toutefois, tumultucurn et mutine (comme tous ces
peuples-là rn senta:cnt &lt;le la ré\'olte générale
de3 Pays-lJas), ne reconnaissait plus son évèque, et elle tenait le parli des Étals. De sorte
que sans reconnaitre le grand-maitre fmajordome] de l'é\'è,1ue de Liége, ttui était avec
moi, soudain que nom fùmes logés, il,;: commencent à sonner le tocsin et trainer l'artillerie par les rues, et la hra11ucr contre mon
lo3is, tendant les chaines alin que nous ne
puissions joindre en:;emL!e, nous tenant toute
1a nuit en ces alarmes, sans avoir moyen de
parler à aucun d'eux, étant tout petit pcuplt',
gens brutaux et s1ns raison. Le matin, i!s
nous laissèrent sortir, ayant bordé loule la
rue de gens armés.
Nous allù.mes de là coucher i1 Dinant, où
par malhèür ils avaient fait, ce jour même,
l~s bourgmc~tres, qui sont comme consuls rn
Gascogne et é~hevins en France. Tout y était
ce jour-là en déLauche; tout le monde ivre;
point de magistrats connus; Lref, un vrai
chaos de confusion. El, pour y empirer davantage notre condition, Je grand•maitre de
l'évèque de Liége leur avait fait autrefois la
guerre, et était teou d'eux pour mortel ennemi.
Cette ville, c1uand ils sont en leur sens ras.Sis, tenait pour les États j mais lors, BJcchus
l' dominaut, ils ne tenaient pas seulement
0

\. Sous le prélcxlè de pr!!nclrc les eaux: dl! Spa.
Marguerite lil, en 15i7. un voyage politique dans lè
llain,ul cl 1~ pays de Lil!gc. c11 me dèg11gucr des partisans il son frël'C, le duc d'Alcn~m. el d'cnlc\·cr les
l'11ys- Ras ù rE~pal{nc.

pour eux-mêmes et ne connaissaient personne.
Soudain qu'ils nous voient a pprocbrr les faubourgs.., avec une troupe grande comme était
la mienne, les roilà nlarmés. lis quittent les
Yerres pour courir aux armes, et LouL en tumulte, au lieu de nous ouvrir, ils forment la
Larrière. J'avais envoié un gentilhomme devant, avec les fourriers cl maréchal des logis,
pour le prier de nous donner passage; mais
je les trouvai tous arrètés lù, qui criaient sans
pou\'Oir être entendus. Enrin je me lève debout dans ma litière, et, ôtant mon masque,
je fais signe au plus apparent que je veux
parler à lui; et, étant venu à moi, je le priai
de faire faire silence, afin que je puisse èlrc
entendue. Ce qu'étant fait avec toute peine,
je leur représente qui j'étais, et l'occasion de
mon VO)'age; que tant s·cn faut que je leur
voulusse a·pportcr du mal par ma rnnue, que
je ne leur voudrais pas seul~ment donner de
soupron; que je les priais de me laisser entrer, moi et mes femmes et si peu de mes
gens, dans la ville, qu'ils voudraient pour
cette nuit, et que le reste ils le laissassent
dans le faubourg. lis se contentent de cette
proposition et me l'accordent.
Ainsi j'entrai dans leur ville avec les plus
apparents de ma troupe, du nombre desr1uels
fuL le grand-maitre de l'évêque de Liége, qui,
par malheur, fut reconnu comme j'eutrais eu
mon logis, accompagnée de tout ce peuple
i\'re l t armé. Lor, commencent à lui crier
injures et à vouloir cbarger ce Louhommr,
C[Ui était un vieillard ,·énéraLle de quatrevingts ans, ayant la barLe Llanche jusques il
la ctinturc. Je le fis cnlrer dedans mon logis,

oll ers ivrognes faisaient pleuvoir les arquebusades contre les muraille&amp;, qui n'étaient
que de terre. Voyant ce tumulte, je demande
si l'hôte de la maison n'é1ait pas là-dedans .
li s'y trourc de bonne fortune. Je le prie
&lt;1uïl se mette à la fenètre cl qu'il me fasse
parler aux plus apparents, cc qu'à Ioule force
il veut faire. Enfin, ayant assez crié par les
fenêtres, les bourgmestres viennent parler ;,
moi, si rnouls qu'ils ne savaient ce qu'ils di
saient. Enfin leur assurant que je 11'avais
point su que ce grand-maitre leur l'ùt ennemi, leur remontrant de quelle importance
leur était d'oflenser une personne de ma qualité, qui était ?mie de tous lrs principaux
seigneurs des Etals, et que je m'assurais que
monsieur le comte de Lalain cl tous les
autres chefs trouveraient fort mauvais la réception qu'ils m"ayaient l'aile; a1Qnt nommé
monsieur de Lalain, ils se changèrent tous,
et lui portèrent tous plus de respect qu'i1 tous
les rois à qui j'appartenais. Le plus vitil
d'entre eux me demande, en souriant et L,Iga)·ant, si j'étais donc amie de monsieur le
comte de Lalaio; el moi, voyant que sa parenté me servait plus que celle de tous les
potentats de la chrétienté, je lui réponds :
« Oui, je suis son amie, et sa parente
aussi. »
Lors ils me font la révérence, et me baisent
la main, et m'offrent aulant de courtoisie
comme s'ils n'arnient fait d'in~olcnce, me
priant de les excuser, et me promettant qu'ils
ne demanderaient ri~n à cc Lonhommc de
grand-maitre, et qu'il:ii le laisseraient sortir
arec moi.
&gt;L\RGUERITE DE FRA:'\CE.

"Ill

16

1M

AlPHONSE SÉCHÉ ET LÉON BER,TAUT
q,,

Balzac el la Duchesse de Castries

L'al'cnlure de Balzac el de la duchesse de hriel Ferry, avait uoe jolie figure couronnée
Castries est un des plus curieux et des plus par une superbe chevelure blonde hardiment spirhuellc, frottée d'un peu de sensibilité, de
émou_vanls épisodes de la vie du grand ro- d.orée; u~7 taille s,,elte, une to;rnure gra- dévotion, de chaleur de salon· une vraie
mancier : on y sent virre Balzac tout entier cieuse, aer1enne; enfin un rayonnement sé• Parisienne aYec toutes ses quali~és brillantes
avec sa passion, rn grandiloquence, son en- ducteur dans toute sa personne qui captivait du dehors; ~ualités raffinées par l'éducation,
thousiasme pour la beauté et aussi ses dé- les yeux . Quand elle apparaissait à quelque le luxe, l'anstocratie des milieux, mais aussi
boires, ses désillusions, le réveil cruel que la bal _de la duchesse de Berry, son entrée faisait avec toutes ses sécheresses, ses défauts; en
un ~ot, ~ne de ces femmes auxquelles il ne
réalité opposait à l'infini de ses illusions.
tou1ours sensation, soulevait Joutes les admi- faulJama,s demander de l'ami lié de l'amour
Dans le courant du mois de juin 1831, rations. »
du dévo~ement au delà d'une légère couche:
Balzac, tout à la création de son admirable
Un accident survenu à la chasse - la duLouis Lambert, se trouvait au château de ~h~sse s'éta,it accrochée à une branche d·arbre, par la raison que la nature a créé des femmes
Saché, en Touraine, chez M. de Margonne, et~1t tombee sur les reins et s'était à demi moralement pauvres. n
Somme toute, la plus hypocrite des
lorsque, dans 1a nombreuse correspondance brisé l'épine dorsale - avait endolori toute
qu'il recevait - lettres d'affaires lettres ~a personne &lt;&lt; et donné à son visage une coquettes et la plus dangereuse pour un
homme à imagination vive comme l'était
d'importuns, lettres de créanciers 'surtout
1~teressante expression de mélancolie sou- Balzac,
hélas! - il dislingua un billet é1é(Tant e; riante, de souffrance voilée i&gt;. &lt;( Un demiAu. début, ce fut un triomphe pour soo
parfumé, écrit d'une écriture tout aristocra- cadavre élégant, écrit Philarète Chasles voilà
tique et signé romanesquement : &lt;( Une ce qu:était devenue cette belle, si écl;tante orgueil : la porte de l'un des plus aristocrafemme qui ne veut pas se faire connaitre. )) d~ fraicheur qu'au moment où elle mettait le tiques hôtels du Fau~ourg lui était ouverte à
La lettre était un dithyrambe passionné en pied dans un salon à vingt ans, sa robe naca- deux battants. L'au leur de la Comédie humaine ne se fit pas prier pour profiter de la
f~rn~r de l'écri~·ain el de ses œuvres. L'on y rat tombant sur des épaules di11oes du Titien
d1sa1t l enthousiasme ressenti à la lecture de elle effaçait littér~lemenl l'éclatdes bougies. ,; permission octro~•ée par la duchesse. L'hiver
de 1832 le vit mondain, fashionable &lt;land,
certains romans. Cependant l'on avouait
Au moment ou Balzac allait devenir l'un
'
~'
aussi certaines critiques, l'on s'inquiélait de des assi.dus de son salon, elle était âgée de incomparable!
Pour
aller
de
pair
avec
la
société
qu'il
fré!'amoralité de la Phy~iologie du Maria,ge ou trente-cmq ans environ, sa tête était toujours
de la_ P_eau ri~ clwgnn, l'on faisait quelques demeurée très belle, sa chevelure merveil- quentait, il crut qu'il serait bon de transrestr1ct1ons piquantes et très justes, somme leuse, son port d'une aristocratie admirable. former
. son logis, son train de maison ' son
eqmpage.
toute, qui frappèrent plus le romancier que
Quelle était maintenant au moral la femme
Le moment était, du reste, bien choisi
les pages de louanges qui lui étaient consa- dont, _avec sa fougue accoutumée, Balzac va
pour se meubler : les années qui suivirent
trécs.
devemr amoureux dès qu'il la verra, ou, 1850 furent excellentes pour les collectionli daigna répondre. Lui qui laissait tan l de
neurs. On trou,,ait alors à un prix fabuleux
l~ttrcs en souffrance, prit le temps, au mide
bon marché des bibelots, des objets d'art,
heu de son labeur écrasant, de réfuter queldes
lableaux. C'est à partir de celle époque
ques-unes des critiques de l'inconnue. Cette
que
Balzac
commença sa collection, - collec•
dernière répondit à la seconde lettre, Balzac
tion qu'il devait poursuivre avec ténacité, à
en fit de même pour la troisième. Bref un
travers les avatars et les soubresauts de sa
commencement de correspondance s'ébauchait
vie,
si bien, qu'à la veille de sa mort,il avait
lorsque, un peu irrilé de l'anonJmat de son
réuni
dans le petit hùtel de la rue Fortunée
contrldicteur, le romancier somma celui-ci
des richesses artistiques dont l'ensemble était
de se dévoiler. La lettre suivante lui li\Ta le
eslimé au bas mol à 150 000 francs.
nom de cette femme, car c'en était une : la
Pour l'instant, son mobilier était plus mod~chesse .de Castries, une des étoiles les plus
deste.
Cependant un ancien directeur de
a~istocratigues du .faubourg Saint-Germain
journal,
nommé Solar, qui visita l'écrivain
d ~l~rs: qm, avec une bonne grâce charmante,
à cette éfoque, nous a fait le récit de l'aspetl
prmt l auteur de la Comédie humaine de la
de la ma1s00. Nous y voyons qu'entre autres
venir voir, dès son retour, eo son hôtel de la
choses,
Balzac avait déjà acquis ses fameux
rue de Varenne.
meubles
noreotins qui n'étaient autres riue
On devine l'étonnement el la joie de Balzac.
la commode de Marie de Médicis et le secréLui qui avait toujours désiré de toutes ses
taire de Henri IV! Balzac les avait décom-erts
forces approcher ce monde brillant du Paris
dans
la petite ville de Luynes, en un de ses
aristocratique, lui dont l'esprit et le (Ténie
voyages
de 'l'ouraine.
BALZAC.
étaient faits pour rivaliser avec les plus ;piriLa commode était en bois d'ébène veiné
tuelles élégances de son époque, se tramait
D°aprJs la lithog mphie de J ULIEN.
d'or, à pans brisés, avec cul-de-lampe el filets
par hasard introduit et de la plus piquante el
dorés en spirales aux angles. Un seul morde la plus flatteuse façon au sein même d'un
plutôt, la reverra, car il la connaît déjà pour ceau d'ébène recouvrait cette commode armodes salons les plus haut cotés de la Restaural'avoir entrevue dans le salon de Ja princesse riée aux armes de France et de Florence.
tion. « La duchesse de Castries', dit!!. GaBag:alion?... !!. Gabriel Ferry la dépeint . ~ Quant ~u ~ecrétaire, dit ~I. Ferry, il
ams1 :
etait compose d un avant-corps à deux van_I. G; FERRY, Balzac et ses a11nes. p. 70. (Calmann1.evy, edit.)
c&lt; Une femme coquette, vaniteuse, fine, taux, chargé d'une tablette profilée, sur la1

.

VI 1. - HISTORlA. - Fasc. 49-

...,,. 17

V,,,.

2

�1nSTO']t1.ll
quelle s'élevait la partie supérieure, également dhisJc en deux compartiments et
terminée par une corniche d'une exquise

'------------------------drai. .Je veux un million ou un remerciement. Pas~om-. »
Et, devant les )''ux ahuris de son interlo-

L'ÛPÊRA: FAÇADE SUR LA RUE LE PELETIER.

cuteur, il fait valoir toutes les richesses qu'il
vient d'acquérir : des Yases de 1ieille _porcelaine de Chine, des tasses de porcelame de
Saxe et de Sèvres, des statuettes précieuses,
des bronzes si11nés,
des écharpE:s d'or et
d'ara
.
.
gent, des étoles du xue siècle, des tap1sser1es
du \Hic et encore des tableaux et encore des
composer une gale~ie.
.
.
Lorsque Solar vmt le ,·01r, le romancier, meubles et encore des objets d'art.
Grâce à toutes ces richesses, Balzac ne
« l'œil en feu », les che\'cux en désordre,
les lèvres émues, les narines palpitantes, les peut-il pas aller de pair maintenant arec
jambes écarquillées, le bras tendu com~e un haute société qu'il fréquente? Au reste, 11
montreur de phénomènes un JOUr de f01re en prend deux domestiques, il achète _des cheplein soleil et en pleine pl_ace publique, _rar- vaux et des Yoitures, il galope au 001s.
lait ainsi en faisant v1s1ter ses dermeres
Lui-même arbore des gilets magnifiques,
endosse un superbe habit Lieu à boulons
acquisitions :
.
« Admirez, admirez ce portrait de femme dorés pour se montrer à !"Opéra dans la
de Palma le vieux, peint par Palma lui-mêm~, log• infernale ou des lions. Là s_'étalent le
le grand Palma, le Palma des Palmas, car _,l marquis de Podensac, Lautour-Mezeray, de
y a autant de Palma en Italie que de Miéris Boigne, tous les beaux de l'époque, tous les
en Hollande. C'est la perle de l'œuYre de lions du jour. Cbacun apporte son anecdote
ce grand peintre, perle lui-même parmi ou son historiette scandaleuse dont les autres
les artistes de sa belle époque. Altesse, s'égaient bruyamment, si bruyamment mè~e
que le commissaire de policechargé_du mainsaluez!
« Voici, maintenant, le portrait de tien de l'ordre dans la salle doit mlervemr
Mme Greuze, peint par l'inimitable Greu'.e. parfois. !lais tout n'est-il pas_ permis aux
C'est la première esquisse de tous les portraits lions'! Là Victor Roc1ueplan se l,rre à la plus
de Mme Greuze, le premier trait! celui que impitoyable critique de l'adminislratio_n de
l'artiste ne retrouve plus. Diderot a écrit sur !"Opéra. Avre un esprit infernal, 11 satmsc et
celle esquisse suave vingt pages déli~ieuses, tourne en ridicule les actrices et les chansublimes, dirinrs, dans son Salon. LISez so_n teurs, le régisseur et le corps de !Jallet, le
Salon; voyez l'article Greuze, lisr1, cel admi- caissier et le pompier de service. C'est un feu
roulant de mots d'esprit auquel personne
rable morceau !
« Ceci est le portrait d"un cbevalier de n'échappe.
A la sortie du spectacle, loulc la bande rn
Malte, il m'a coùlé plus d'argent, de temps
et de diplomatie qu'il ne m"cn eùl fallu pour joyeusement souper au cabaret de la füISonconquérir un ropume d'_ltalie. l'n o'.dre du Doréc dans lequel elle possède un salon parpape a pu seul lui ouvrir la :ront1cre des ticulier oll nul n'a le droit de pénétrer sans
Etats Romains. La douane l'a laissé passer en sa volonté expres~c. Yers les trois heures du
frémissant. Si celle toile n'est pas de Ra- matin, chacun rn retire chez soi, Balzac en
phaël, Raphaël n'est plus le_ premier peintre son équipage, un coupé magni~que, un
du monde. J'en demanderai ce que Je vou- locatis de cinq cents francs par m01s sur les

pureté de moulure. " Le célèbre marchand
d"antiquités Monhro estimait ces deux merYeilles à 60 000 francs.
Balzac acquit, en outre, un grand nombre
de meubles de la Renaissance italienne de
la plus grande valeur el il s'occupa de ,e

b

.... 18 ""

panneaux duquel resplendissent les armes
parlantes des Balzac d'Ent~a~ues.
,
.\u milieu de toutes ces elegances, on pense
si l'auteur de la Comédie humaine se rengorgeait avec son habit de drap bleu '?rlant
de chez Buisson, ses boutons d or c1sdes par
Gosselin, son pantalon noir à ~ous-pieds et
,on gilet de piqué blanc anglaIS stir. lequel
s~rpentaient les mille ann~aux d'uDl' 1mperceptihlc chaine d'or de Vcmsr.
A la vérité, les envieux et les ricaneurs
trouvaient plutôt qu'a,·ec sa toilette ébouriffante il avait l'air d'un riche marchand de
bœufs de Poissy en grande tenue d'apparat,
mais Bal1ac paraissait si convainc~, si sé~ieux,
si enthousiasle que sa vue desarma1t les
rieurs.
Cbaquc soir d'Opéra, il était donc là, se
prélassant en faisant tournoyer sans ce~se
entre ses mains gantées de blanc cêllc fame_usc
canoc 1 vrai instrument de tambour-maJor,
qui es t de,·enue si célèbre, gr.ice en p~r.Lie à
Mme de Girardin avec son chumant rec1t de
la Ca1111e de Al. de Bahac.
Celle canne était un objet très prec1eux
pour le romancier, et elle a tc~u trop_ de
place dans sa "ie pour que nous n en parlions
pas un instant.
.
.
Un ancien éditeur de Balzac, \\ crdet, qu,
fut une mauvaise langue el un rancunier,
nous a donné de, détails très piquants sur
cette fameuse canne.
Balzac recevait déjà à celle époque, paraitil ' des lémoirrn;irres
d'admiration et dP. s1m0
0
pathie qui lui étaient adressés par des femmes,
saphirs, émeraudes, pierres de toutes sortes,
cl l'idée lui vint, un jour, d'en,·oJer tous ces
dons provenant d'amies, .Ja plupart inc~nnues, au bijoutier Gosselm avec ordre den
faire une tête de canne. L'intérieur de la tête
devait ètrc creux afin d'y placer des boucles
de chefeux !
Gosselin exécuta son travail à la lettre,
surmontant une canne monstrueuse de tam1,our-major de toutes les pierreries que
Balzac lui avait confiées. Dès lors, le romancier la promena triomphalement partout où
il allait.
Or, un jour, la fameuse canne s'égar~.
.A.u moment de partir, l'écrira.in ne lrouvaIL
plu, cet objet unique à ses )'eux. Il fouille
partout. Point de canne!
.
.
« Balzac, raconte \Verdet 1 , était en pr·o1c
lt une inquiétude cxlrème, ses traits étaient
Loule,·ersés :
- Messieurs, ~•écl'iait-il à chaclue instant,
assez de ce jeu cruel; je mus en supplie, au
nom du ciel, rendez-moi ma canM.
« Et il s'arrachait les chereux, mais nous
ne pou\'ions lui rendre ce que nous n'alion,;
pas .... J'offris alors à son propriétaire désolé
Je prendre un cabriolet et d'aller, nomrau
Cbr1slophe Colomb, à la recherche de Ja
canne. J'étais résolu à aller la demander
dans tous les lieux sans exception où notre
grand étourdi aur,tit fait des ,·isites. li.
accepta. Je revifü au bout de deux heures
qui arnienl paru deux siècles de tortures
1. E. \\'t.•1·dct, So1wr11ir1 de la Vie liLUrairc.

BALZAC ET L}I DUCHESSE DE C11sT7/.IES

pour lui, Hélas! Trois lois hélas! Je ne rap0Jns une page célèbre, Lamartine nous a bras courts gesticulaient avec aisance, il cauportai rien ....
conservé le ~ouvenir de cc que fut le Balzac sait comme un orateur parle .... »
(C .\ cette accahlanle nouYellr. notre grand
de cette ép011uc, tel qu'il le vit si souvent aux
Gavarni disait de lui que « physiquement,
romancier s'évanouit. Quand il reprit ~c.s soirées de Mme de Girardin:
du derrière de la tète aux talom, chez G.111.ac,
sens, je lui dis :
« Dah!:ac élaiL dehout, raconte La.martine •
- \lions, ne vous dése:-pPrez pas ams1. devant la cheminée de marbre de cc cher il y avait une Jig,1e droite avec un seul resJe vais courir chez voire loueur dt• rnitures salon où j'amii ,·u passer cl poser tant saut aux mollets; quant au de,·ant du roc'était le profll d'un l'éritable as de
t 18, rue du Bac : pcut-1~lre l'nez-\·ous ou- d'hommes ou de femmes remarquables. Il mancier,
pique;;. ll
hliée dans \Otrc coupé? C'était cc que nous n't'tait p:is grand, bien que le rayonnement
Cependant le; milieux Lrillants que lréaurions dù ,·Prifier tout d'aLord, mais on ne de son visa~e et la mobilité de sa stature
s'avise jamais de lout .... Il ne rnulut à empècha~senl de s'a.percernir de sa taille; queotc Balzac n'ont pas H'Ull'mcnt une inaucun prix me quiller; j'étais sa dernière mais cette taille ondopit comme sa pensée: fluence immédialt• sur son train de -Yic, ils
planche de salut, il s'atta&lt;'h1it tt mes p:1:-, à eulre le sol et lui il semblait y aYoir de la accaparent si bien sa pensée qu'ils l'orientent
mes habits, il fai:-:iit peine à ,,oir. Nou~ marge; tantôt il se baissait jusqu'à terre wrs des horizons nou,·caux. Sincèrement
lombâmcs comme une double bombe chtz le comme pour ramasser une gerbe d'idées, libéral, Balzac lt•nd à d,·venir chaque JOur
loueur de voitures. Noire coupé n'ayait pas lanlol il se redress&gt;it sur la pointe des pieds plus royalisle, plus ultra, chaqur jour aussi.
été Yisité, nous y courùmes: la magnifique pour suivre le vol de sa pensée jusqu'à l'infini. sous lïnllucnce de la duchesse de Castries,
du duc de Fitz-James et de lt·urs amis, lt·~
canne s'y prélassait nonchalamment couchêt!
« Il ne s'interrompit pas plus d'une mi- préoccupations politiques !"envahissent dadans un coin. Qu'on juge de fa joie d'HonorJ nute pour moi; il élait emporté par sa convantage. L'annét&gt; précédente, en juillet h(il,
en retrouYant son inséparable compagne!. ..
versai ion avec ~f. et .\lme l~mile de Girardin. il a tenté - sans succès - de se préscntrr à
Après !'Opéra, l'endroit où llalzacse montre Il me jeta un r1•gard ,-.f, presse, gracieux,
le plus assidùment est le salon de !!me de d'une extrême l,ien\'eillancc ..le m'approchai Angoulème. Cette année, comme il est l'n
Touraim•, :1u domaine de Saché, cnlrelenact
Girardin, la charmante fille de Sophie foy.
pour lui serrer la main, je vis que nous nous toujr&gt;urs unr correspondance acti\"r aYl'C la
.\rec sa taille élel"éc et ses proportions de comprenions sans phrase, et tout fut dit
statue, éblouissante dans ses robes de ,·elours entre nous; il élait lancé, il n'a,,ait pas le duchesse, une raca.ncc parlementaire se prénoir, Delphine était d"une perfection et d'un Lemps de s'arrètcr. Je m·assis et il continua sente : Il. Girod, J,, député de Chinoo,
esprit inestimables. 11 Cc n'était pas coquet- son monologue, comme si ma présence l'eùt vient d'être nommé ministre dt• l'instruction
terie chez elle, a dit Théophile C,utier, ranimé au lieu de l'interrompre. L'attention publiqul' et des Culi,~. Occasion inespéré,,
c'était sentiment d'harmonie: sa belle àme que je prètais i, sa parole me donnait le pour Bal1.ac de lenter à nouveau la fortune
politique. Il s'e:-,L rclirJ en Touraine pour
était heureuse d'habiter un beau corps. »
temps d'obscrrcr sa per:onnc dans son éter- lra\'ail1cr, accablé de labeur, ach('vant Louis
Et l'auteur de P-mau.o cl Camée., d"ajoulcr nelle ondulation.
Lamber/. \'importe! Il fait démarches sur
ces détails sur les réceptions de la belle
« 11 était gros, épais, carré par la base et démarches, est agréé par les élc.::lcurs inDelphine :
les épaules; le cou, la poitrinE::, le corps, les
« Tout l'appartement était tendu d'un cuisses, les membres puissanls; beaucoup de fluents, désigné officiellement par la Quotidama.s de laine vert d'eau, dont Je ton glauque l'ampleur de Mirah~au, mais nulle lourdeur; dienne, journal roy:iliste: ~ ... M. Balzac,
comme crlui d'une grotte de néréide ne pou- il 1 arait tant d"àme qu'elle porlait tout cela jeune écrivain plein d'ardeur cl de talent, et
vait ètrc supporté &lt;111e par un teint da Llonde légèrement et gaiment, comme une enveloppe qui parait vouloir se dévouer à la défense des
principes auxquels le repos et le bonheur de
irrt!prochab!c: elle a,,ait choisi celle nuance
sans méchanceté, mais les brunes égarées
dans cette ca,,ernc Yerte y parai!-saient jaunes
comme des coings, ou enluminées comme
des fusées t. »
Toul était, du rcslc, sans prétention chez
!lmc de Girardin. Elle rcccrail ses ,mis à la
honne franquette, dans sa chambre à coucher
r.i:_,
dont le lit était dissimulé sous un rideau. On
~t.,,::,l•
s'y rendait généralement après !"Opéra et les
BoulTes, ou bien avanl d'aller dans le monde,
c·est-à-dire entre onze heures et minuit.
Dllzac était à peu près assuré d\ rrncontrcr
Lamartine - qu'il retrouvait chez la fille
après l'a\"Oir connu chez b: mère, - ainsi
que Victor Hugo, Alphonse Karr, Eugène
Sue, Gautier, Jules Janin, Lautour-.\k•zeray,
Chassériau, Cabarrus, cl, de temps en temps,
Alfred de Musset. La com·ersalion élait pi&lt;1uante, animée, spirituelle. On } fgratignait
bien un peu ceux qui ne faisaient pas partie
du cercle de la belle Delphine, m,is on l
défondait aussi les amis avec une sorte
d'àprcté d'excellente camaraderie. A ces moments-là, Delphine était transportée d'une
sainte colère qui transfigurait ses traits jusqu'au sublime, scion la remarque de GauL.\ .\I.\ISO:s.-Donü. - Ll/hng,·.Jp!ue dt PRovosT (JlJ,/U., d'apres 11n daguerrèOlJ"fl'.
licr. Autrement clic était douce, gaie et l-011
ym·ron, comme disait Lamartine. Balzac y
passait dfs soirées délicieuses.
souple, cl nullement comme un fardeau, ses la France sont attachés .... » L'alTaire est

.

.

.......

~

f

f ~
·-/ - -

1. Théolphilc kmticr, Porf1"11it.~ t·I Sm1r1·11irs lil•
làairca, Pari,, 1875, Colm~1111-Lé1-y, éilill'ur.

2. l..imartinr. /lahm· cl
\lichel Ler)', éditeur.

il/'$ «'llt'l'CS.

Paris, 18Gû.

donc en bonne voie, lorsque, patatras! Voilà
1. J1111r11al dc8 Crmrourl, t. l.

�r--

msTO'J{lll

A cinq heures et demie, sa journée d'écritaules ses espérances encore une fois effondrées. Au moment où !'écrivain se dispose à vain est terminée; sa journée de mondain
aller visiter .5es électeurs, il fait une chute de commance. A six heures, il va retrouver la
YOiture si malheureuse qu'il est obligé de duchesse et demeure en sa compagnie toute
garder le lit pendant plusieurs jours. Le la soirée. Mme de Castries goûte infinimenl
18 juin a lieu l'élection. Balzac n'a pas une Phommage empressé de cc grand homme qui
s'arrache à ses travaux pour venir bavarder
Yoixl
·Cet échec ne le décourage pas encore. uvec elle, et, en outre, la causerie substanN'est-il pas mêlé à la société la plus brillante tielle et spirituelle du romancier l'amuse au
d·u parti royaliste, et telle autre occasion ne plus haut point. Balzac l'initie à ses idées, à
peut-elle se présenter dans laquelle le servira ses projets, il la met au courant des mille
à coup sûr le duc de Fitz-James et son en- péripéties de sa vie, la fait participer aux
luttes qu'il est obligé de soutenir, lui lit partourage? ...
Justement, la duchesse de Castries lui an- fois une page ou deux parmi celles qu ïl vient
nonce qu'au mois de septembre, elle va s'ins- d'écrire, mendie son approbation, s'exalte
taller à Aix, en Savoie, et elle invite gracieu- quand l'e\lrait des Contes drolatiques a fait
sement son cher romancier à venir la re- rire la duchesse, s'en veut lorsqu'il ne parvient pas à dérider ce joli front, à faire soujoindre.
A la fin d'août, il s'arrache au séjour rire cette jolie bouche.
Comme toujours, le pauvre grand- homme
monotone mnis reposant d'Angoulême et se
s'est
donné tout enlier, et l'affection qu'il
rend à L}"DD pour, de là, gagner Aix en Savoie. )lalheureusement, à Thiers, dans le demande n'est pas, ne peut pas être égale à
Puy-de-Dôme, il est victime d'un accident de celle qu'il ressent. La duchesse n'est, au
voiture. En montant sur l'impériale de la fond, qu'une coquclte qui se soucie du grand
diligence, sa jambe heurte le marchepied et P,crivain comme de son premier amour, mais,
il se !raclure le tibia. Le voilà obligé de s'ar- pour l'instant, il l'amuse et elle est toute à
rêter quelques jours à Lyon pour se faire
panser, et il arrive à Aix en boitant un
peu.
::\éanmoi11s Mme de Castries reçut son
grand homme avec des transports d'enthousiasme. Lui-même est ravi et de

l'accueil qu'on lui fait et de la beauté du
site où il s'installe. 11 De ma chambre,
écrit-il à sa sœur, je découvre toute la
vallée d'Aix; à l'horizon, des collines, la·
haute montagne de la Dent-du-Chat et le
délicieux lac du Bourget. Mais il faut toujours travailler au milieu de ces enchantements .... »
La hantise de son labeur ne lui permet

pas de jouir des beautés de cette Savoie
comme le ferait n'importe quel humble
écrivain. N'est-il pas d'une autre espèce

que les aulres, taillé d'une façon différente? N'a-t-il pas mi1leengagements qu'il
doit tenir? Les soucis ... et les créanciers

BALZAC ET LA DUCHESSE DE CAST](TES
&lt;(

Ici, je suis venu chercher peu et beau-

coup, écrit-il à . Mme Carraud. Beaucoup,
parce que je vois une personne gracieuse,
aimable; peu, parce que je n'en serai jamais
aimé .... C'est le type le plus fin de la femme;
Mme de Beanséant en mieux; mais toutes ces
jolies manières ne sont-elles pas prises aux
dépens de l'àme ?... "
Cependant il semble bien que, durant ce
mois entier passé ensemble, chaque jour, la
grande dame et l'écrivain aient eu rux fois
l'occasion de s'avouer les sentiments vrais
qu'ils pouvaient en secret nourrir l'un à
l'égard de l'autre. Balzac ne fut-il pas assez
hardi 1 Ne lut-il point assez explicite? La duchesse - chose plus vraisemblable - demeura-t-elle jusqu'au bout la grande coquette
qu'elle était? Toujours est-il que leur liaison
ne se départit pas une heure de l'amitié platonique qu'elle avait eue dès le début.
Cependant le duc de Filz-James, beaufrère de Mme de Castries, apporta avec lui
un projet de ,·oyage: il se proposait d'amener
toute sa famille en Italie, de voir Genève,
Gênes, Rome et Naples où l'on restera jusqu'en décembre. On offre à Balzac d'être de
la partie. L'écrivain accepte avec empressement. &lt;c Je suis aux portes de l'Italie,
écrit•il à sa sœur, et je crains de succomber it la tentation d'y enlrer. Le voyage ne serait pas très coûteux; je le ferais
avec la famille Fitz-James qui m'y donnerait tous les agréments possibles; ils sont
tous parfaits pour moi; je voyagerais dans
leur voiture, et, toute dépense calculée,
il en coûterait mille francs pour celle de
Genève à Rome. Mon quart serait donc de
deux cent cinquante francs . .\. nome, il
me faudrait cinq cents francs, puis je passerais l'hiver à Naples, mais pour ne
pas toucher aux recettes de Paris et les
laisser pour les échéances, j'écrirais pour
Marne le iJJédecin de campagne, et ce
livre payerait tout.
c&lt; Je ne retrouverai jamais pareille
occasion. Le duc connait l'Italie et m'éviterait toute perte de temps; les ignorants
en dépensent beaucoup à voir des choses
inutiles. Je trava11Jera1s partout; à Naples,
j'aurais l'ambassade et les courriers de
li. de Rothschild dont j'ai fait ici la connaissance, et qui me donne des recommandations pour son frère; les épreuves
iraient donc leur train et le travail aus-

ne le poursuivent-ils point jusque dans la
charmante retraite où il mériterait tant,
cependant, de goûter un repos bien gaoné1. .. Allons, marche, continue! Il lui
Îaut reprendre malgré lui son labeur de
forçat. ll a quarante pages par mois à
fournir à la Revue de Patis, il lui fant
s1. ... ll
achever le Jlédecin de campagne pour
Ainsi l'on voit que Balzac n'a rien néglil'~diteur Marne, il doit encore donner une
gé: il a minutieusement tout prévu, tout
dizaine de Contes drolatiques. Tout cela
réglé. Et, de fait, le vo1·age commence: le
ne s'accorde guère avec la ,-ie oisive et
10 octobre s'effectue d'Aix le départ de
élégante que mène à Aix la duchesse de
la
petite caravane qui, quelques jours plus
C;1slries el son entourage. Cependant, pour
tard, arrive à Genève. Mais que se passeconcilier entre elles toutes ces choses incont-il dans celte dernière rille1 Quel caciliables, il se lève à cinq heures du malin
price arrête le vaillant écrivain parti si
et travaille devant sa fenètre ouverte, en
joyeusement pour cette terre italienne oll
face du. merveilleux paysage savoisien ,
BALZAC l T SA CA~:-JE.
jusqu'à cinq heures et demie du soir . .Sl.ituelte-ch.uge en ler-re cuite, par DAN TAN. (Mus ée Carnavalet. ) il sait que l'attend la Beauté sous un ciel
di,in? Quel froissement se produit entre
Dans l'intervalle, un seul repas composé d'œufs et de calé très !ort que l'on ce divertissement de rillégiature. Dalzac les "oyageurs? Quelle déconcertante décifabrique spécialement pour lui dans un res- s'aperçoit-il du rôle de dupe qu'on lui fait .!,ion est prise par eux? ... On ne sait, mais
toujours est-il que Balzac, dépilé, déclare
jouer? Parfois il semble voir clair.
taurant \'OÎsin.

qu'il n'ira pas plus loin, qu'il se fait adresser de Paris une foule de lettres réclamant sa présence imm€diatc, ou, du moins
son soin immédiat pour des affaires de
plus haute urgence, qu'il rmient, en effèl,
avec Ja mème bâte qu'il était parti.
L'on n?, ~nnaîtra probablement jamais le
mot de l emgme des scènes qui se déroulèrent, à Genève entre celui qui avait le plus
~dm~rable des cœurs d'homme et celle qni
.iou_a,t des plus pertides armes de la coquelteri('. Mais on peut se douter de J'aventure
qui lrur érhul. Balzac. on l1 a su par ln le1tr1~ t1 ~Jmc• Carraud ,·ilt:l' plu:- h,rnl, répuonnit
au'\: perpétuels manèges de la sédu~tion
comme aux scènes révoltantes des sentiments
jonl•s: (( ,Jamais il ne put concevoir, a dit
M. d: Lormjoul, q~t'on allirât ou bien qu·on
cssaiat,_ tout en lui résistunt, de reteni1· par
d_r ~arcils mo~"E'ns une affection puissante et
s1neere. J&gt;
D'autre part, la duchesse de Castries était
le type de la coquette-née . Elle av;1it tramé
plaisant de retenir toute une saison à ses
pieds un adm!rablc écrirain qui était de plus
un causeur incomparable et un charmant
compagnon, et eHe ne son!:!c:lit mème pas
qu'elle arnit éreillé Je désir et stimulé la
passion dans cette ..'ime sincère qui s'étail
sincèrement donnée.
Balzac se rrtirait donc des r:rriffcs de œtte
coquette, mais s'il partait, c\tait le cœur
ulcéré, l'àme endolorie, meurtrie à jamais.
1.focore une fois sa \'Îgoureuse nature ,·cnait-d'éprouvcr ce qu ïl en coûte i1 une imagin.:ition trop puissante d'échafauder des rèvcs
en pleine réalilé, et il se retrouvait à terre

I;

•

'

brisé, au milieu des débris de sa chimère.
Encore une fois son ard t'nt tempérament, dC'
lutteur
retrouva toute rnn éneroie pour ré.
1.;1ster an désr-:.poir el y r~sister suiv;int la

.

MAOA\IF. OE GIRARDl:-l',

ml'lhode gœthienne rllc-mêm&lt;\ rn luant la
douleur par le tra\".'.l.il.
Il repurtit pour Angoulême et se plongea
da,~s un labeur sans trêve de jour et de
nmt.

Cette crise de trarail eut un clfet salulai1·e
sur l'.lme endolorie de Balzuc: elle en()'ourdit
dérinitiremcnl sa souffrance.
r,
Au printemps de J83;), Mme de Castries
re,·int d'Italie. Balzuc fut tenu &lt;l'aller lui
rendre visile, il reparut plusieurs fuis~ l'hô-

tel de la rue de Yarcnne, puis sa présence
s'y fit pins rare, sa correspondance avec la
duchesse se ralentit chaque mois. La passion
était définitivemenl éteinte, les heures dr
souffrances abolies .... Mais chez ers hommes
supérieurs, les épreuves traversées ne sont
pas seulement surmontées par le travail intense, le someoir des heures tragiques qu'ils
ont véc~es. se traduit toujours chez eux par
une creat10? qucl_conquc . 1/a\'cnturc c1ue
Balzac YCna1t de ,1\TC avec la duchesse de
Castries devenait une œuvre et une des plus
bellrs du romancier, puisqul' Cl? fut la D11che.~se de Langeais qu'il écrivit en 1854.
On y pouvait retrouver jusque dans ses pet~i5
dét_ails l'histoire même qu'il a,·ait vécue.
Ma,s Balzac voulut que la chose fût plus
piquante encore. Un soir, il se rendit cbe1.
la duchesse de Castries et.JI lui lut sa nouvelle œurrr.
Celle-ci écouta tranqwllcment la lecture
du roman, fit semblant de ne pas en reconnaitre Je5 personnages et couvrit d'éloO'es
0
)'écrivain . La soirée s'achen rraiemcnl par
'
une gaieté factice de part et d'autre car
. qu'elle ressentit du remords, soit' nou-'
soit
veau caprice de coquette, la duchesse était
toute mélancolique en retrou\'ant Balzac.
La plaie n'était cependant pas entièrement
guérie non plus chez l'auteur de la Duchesse
de L~ngeais. Quelques années plus tard, il
avouait: « Il a fallu cinq ans de blessures
p'lur qur ma nature tendre se détachât d'une
nature de fer .... Cette liaison ... a été l'un
des plus grands chagrins de ma YÎC . . •. Moi
seul sais ce qu'il r a d'horrible dans la
Duchesse de Langeàis ! .. . )l

.

J\LPHONSE

Croquis •
~

•

18oû.

Lamartme. - Pendant la séance Lamartine est venu s'asseoir à côté de ~oi à la
place qu'occupe habituellement M. Arber.
Tout en causant, il jetait à demi-voix d~-:.
sarcusmcs aux orateurs.
Thiers parlait. « Petit drôle! , murmure
Lamartine. Puis est venu Cavaignac. f! Qu'en
pensez-vous1 me dit Lamartine. Quant à moi
voici mon sentiment : il est heureux il es~
bravr, il est loyal, il est disert, il est
bête! »
A Cavaignac succéda Emmanuel Ararro.
L'Assemblée était orageuse. " Celui-là, il a

;t

de trop_ petits bras pour les affaires qu'il lait.
Il se JCtle volontiers dans les mêlées et ne
sait plus comment s'en tirer. La tempête le
tente, et le tue. »
Un moment après, Jules Favre monta à la
tribune. &lt;c Je ne sais pas, me dit Lamartine
où ils voient un serpent dans cet bomme-là:
C'est un académicien de province. 1&gt;
Tout en rilnt.' il prit une feuille de papier
d.im mon t1r01r, me demanda une plume,
demanda une prise de tabac à SavaticrLaroche, écrivit quelques lignes. Cela fait, il
monta à, la tribune et jeta à M. Thiers, qui
venait d attaquer la rérolution de février, de
graves et hautaines paroles. Puis il redescendit à notre banc, me serra la main pendant
que la gaucqe applaudissait et que la droite
s'indignait, et vida tranquillement dans sa
tabatière la tabatière de Savatier-Larochc.

---...

SÉCIJÈ

ET JULES

BERTAUT.

Changarnier. - Changarnier a l'ai 1
~·~n v,ieil ~~démicien, de même que Soult a
I air d un ne1l archevèque.
Cbangarnier a soixante-quatre ou cinq ans
1:e~colure. longue et sèche, la parole douce:
1 a~r . gracieux et compassé, une perruque
chata~ne comme M. Pasquier et un sourire à
madrigaux comme ~I. Brifaut. Avec cela c'est
un. homme bref, hardi, expéditif, résolu,
mais double et ténébreux. Il siè•e à la
Cbarnbre à l'extrémité du quatrième r,banc de
la dernière section à gauche, précisément audessous de M. Ledru-llollin.
JI se tient là, les bras habituellement croisés. Ce banc oll siègent Ledru-Hollin et
Lamennais est peut-être le plus habi1uellcmen t
irrité de la gauche. Peadant que l'Assemblée
crie, murmure, hurle, rugit, rage et tempête,
Changarnier bàille.

�La fiotte du Sultan
?ARTJCULARITÉS OUBLIÉES DE LA GUERRE RUSSO-TURQUE
(,877)

Som-rnir piquant t'l un pru mélancolique:
~c doukr:iiL-ci11 aujourd'hui qu'il n'y a pas
mcorr bien longtPmps de cela, wrs 1875, la
flollt.. lur1p1t' élail unr des plus puissantes
di1 nirmde1
Ce n'fü.t ni une plai5antcric, ni un , ain
paradoxe, .mais bien une réalité que nos
p!Jrcs ont vue de leurs propres yeux: en 187 7,
- il y a seulement trentc-quatrcan,,-lor.s
dt• la guerre russo-Lurquc (qui devait ahoulir
au fameux Lrait&lt;l deBerlin), la marine turque
était de beaucoup supérieure, non seulement
à la marine russe, nuis encore à celle Je
l'Allemagne el à celle de l'Italie, pour ne
parler que des n:1tions européennes.
Sans compter un assez grand nombre de
prtill'.; unités d'une valeur assez secondairt&gt;,
la SuLlimc Porlc mettaiL en ligne contre la
Russie :
Gfrégates cuirassée~,
~I corvettes cuirassée;,
2 monitors.
SoiL un total respectai.ile de t 7 cuirassés,
jaugeant chacun 9 a 10.000 tonnes, Lou;
rerèlus d'une enveloppe d'acier de 50 centimètres d'épaisseur, el portant en tout 140 canons, dont quelques-uns pimvaienl bncer
des obus de 750 kilos.
Bref, si étonnant que œla puisse paraitre
aµx gens du xx1• siècle, la Turquir se trouvail t'llre à cette époque la fl'oisième puis:;ance maritime dn monde, au point de vue
n1ilitaire.
Elle ,,cnail immédiatement après l'Angleterre et la France arn.; i 05 bâtiments et
;;o.ooo marins.
D'où provenait œtte étrange particularité,
qui, aujourd'hui, nous déconcerte?
D'un simple caprice du sultan Abd-Ul-Aziz,
qui, depuis 1861, avait succédé !l son frère
Ahd-Ul-Uedjid. Ce monarque avait pour les
n:Hires cuirassés une véritable passion de
collectionneur, et, pour la satisfaire, il n'avait
pas hésité à dépenser des centaines de millions, aux frais bit!n entendu des contribuables ottomans. Avoir une belle flotte, dùt-elle ne servir à rien, - tel était le principal but de sa vie. Le métier de Sultan n'est
pas des plus folâtres, et il trouvait la des
joies qui le consolaient de son ennui.
Xaturcllement, il n'achetait pas les ,·ieux
&lt;1 rossignols u. Il lui fallait tout ce qu'il y
avait de plus moderne; il y mettait sou
amour-propre .... Dès qu'un nouveau type de
cuirasi:é lui était signalé, Sa Majesté s'em•
pressait d'en commander un exemplaire, pour
enrichir sa collection. Aussitôt achevé, le
1

était conduit t, Constantinople et
mouillé en vue des ÎPnèlrcs du palais de
Dolma-Baglché. Abd-ül-.\,iz rontempl,il pendant de longues hcm·2s ces joujoux coûteux
et splendides dont il était fier, el qui ne
bougeaient plus de la Corne d'Or. Car, de
peur l1u'il ne leur arrivât quclr_rue accidc11t, on
avait soin de ne pls les emoycr naviguer sur
les Ilots hasardeux de la mer ....
Leur entretien était impcccaLlt! : il.s Lrillaient comme des jopux, il:, resplendissaient
comme des rnlril'i : les équiplges n'arnienl
pas d'autre obli;ation militaire et navale
que celle d'asliquer du nntin au soir et de
r_ccommencer le leridem1i11. En fc,it de poudre,
celle dont on usait le plus abondamment était
celle de tripoli!
Les machines, organes délir.ats et redoutables, étaient con liées à des mécaniciens anglais, qui coulaient des jours paisibles dans
cet te douce sinécure. Plusieurs officiers étaient
également des fils d"Albîon. Tel l'amiralissime llubarl-Pacba.
Hobart-Pacha, - qui, en Angleterre, s'appelait llolurl tout court, - était un capitaine
de vaisseau de la marine britannique qui
s'était distingué en maintes circonstances et
avait fini par entrer au service de la fiolle
turque. Son gouvernement continua pendant
plusieurs année5 à. lui allouer des appointements de 10.000 francs (il était en demi-solde,
et non démissionnaire) ; puis, quand la guerre
éclata entre les Russt:s et les Turcs, l'Angleterre, ne voulant point violer la neutralité,
mit le capitaine Hobart en demeure d'opter.
Hobart opta pour la Turguie où son prestige
lui assurait plus de gloire, plus d'argent, el le litre de pacha. li se fil rayer des contrùles britannicrues.
Un détail curieux et qui laisse rêveur :
le budget de la marine turque en 1876,
c'est-11-dire en temps de paix, avait été de
28.640.000 francs. fo 1877, année de guerre,
il ne fut plus que de 1G millions.
Nous ne tenterons pas d'expliquer ce phénomène.
Voici, à titre de comparaison, quel fut
celle aunée-là le budget maritime des autres
puissances :
Angleterre 282.221.800 francs.
France
157.084.705
"
l\ussie
99 .475.140
Allemagne
,9.251:596
Italie
45.906.075
Hollande
28.925.188
"
On peut constater que, depuis ce temp.5, le
progrès a marché. Hélas!
na\'Îrc

Quoique ayant un budget très supérieur,
la flotte russe était sensiblem('nt inférieure à
celle dC' la Turquie; ce n'étaient pas les
fameuses t( popofl'kas ii qui pouvaient lui
assurer la suprématie de la mer, car si Jcs
popo/fkns avaient quelque chose de remarquable, c'était Leaucoup moins au point de
vue naval r1u'au point.de me ori~inal. Depuis
l'invention des baleacx, jamais l'histoire de
Lt marine n'avait eu 11 enregistrrr une inaovation aussi bizarre et aussi sensationnrllc
que celle-là.
Conçus par l'amirt1l rus~e Popoif, et construits sur les chantiers de Nikolaïcf, que
baigne la mer Noire, ces navires, au lieu
d'être de forme oblongue, élaienl de forme
circulaire, et resseml.ilaient à d'énorme:, fromages de Gruyère ou à de gigantesques toupies hérissées de canons.
Le premier, lancé en 1873, se nommail fo
Nowgorocl. Il possédait six machines à vapeur, actionnant six h..;lices, ce qui lui permettait de tourner sur lui-mème, et de marcher indifféremment dans tous les sens, aussi
vile que nïrnporle quel autre bâtiment. li
avait 30 mètres de diamètre, et sa ceinturé
cuirassée était épaisse de 30 centimètres. Sa
surface inférieure était formée de douze
quilles rayonnantes partant du centre et présentant l'aspect d'une monstrueuse roue.
Le Si!cond navire du même type s'appela
L'Amirnl-Popofl·, du nom de son inventeur.
li avait huit machines, jaugeait 3.550 tonnes,
el son diamètre élail de :;7 mètres. Il était,
comme le Nowgorod, surmonté d'une Lou·
relie blindée qui braquait vers les quatre
points c1rdinaux des canons de 280. Qu'on
s'imagine l'aspect déconcertant de ces immenses disques d'acier, flottant sur la mer;
et qu'on s'imagine aussi la façon dont ils
devaient se comporter les jours de gros
temps 1. ..
Néanmoins, leur succès arait été considérable, et la mJ.rine russe en était très satisfaite et très fière. Ils n'eurent malheureusement pas l'occasion d'affirmer leurs brillantes
qualités à la bataille : on ne les utilisa pas
dans la guerre contre les Turcs ... et comme
tout passe, ici-bas, même les navires cuirassés, la Camille des &lt;&lt; Popoffkas », après
avoir joui d'une gloire éphémère, s'éteignit
bientôt sans postérité.
De même que l'homme retourne à la poussière, les bateaux ronds retournèrent à la
ferraille, cl, 1nalgré les espérances qu'on
fondait sur eux, ils n'en sont jamais rcs- sortis .... Sic transit .. .

ROBERT FRANCHE\"JLLE.

UNE AUDŒ~CE PL'l3LIQUE DU DIRECTOIRE. -

JOSEPH

•

Dessin

d'opres

1/a/ure, t,1r CHATAIG!&lt;IŒR.

TURQUAN
~

La cito:yenne Tallien
CHAPITRE VII (suite).

Le représentant Tallien, qui avait été
réélu dans deux départements aux élections
de l'an VI, mais dont le Directoire avait
cassé la double élection, ne savait que devenir. Il était un de ces hommes qui, lors•
qu'ils sont dépouillés de loul mandat ou de
Loule fonction publique, ne sont plus rien
par eux-mêmes et laissent voir dans sa désespérante nudité la profondeur de leur insulfisane.e. Tallien était trop nul et trop ignorant,
trop paresseux aussi, pour être autre chose
que député. Il n'avait, pour toute valeur, que
celle qu'on lui avait prêtée, à la suite du
9 thermidor; puis il était. retombé à plat,
comme une outre vide.
Sa situation, à Paris, était fort difficile.
Mari de la mai~resse d'un des premiers personnages de l'Etat, ce n'est pas un rôle facile
à tenir avec dignité. Tallien sentait Ja faus-

seté de ce rôle el ne voulait pas le garder
plus longtemps. Non pas pour lui, il supporte
le joug conjugal avec un dévouement à toute
épreuve et parait en arnir pris son parti,
puisque, la veille de son départ pour l'Égypte,
il passe la soirée chez Barras, - mais pour
le public. De plus, sa situation était très
obérée. li avait des dettes, beaucoup de delles,
et quelque plaisir que sa femme ail eu à les
faire, il n'avait, lui, que le déplaisir de les
payer. Et il n'avait plus d'argent, même pas
le nécessaire, et il savait que Thérésia n'était
pas femme à se contenter du nécessaire. Ses
économies de Bordeaux, il y a beau temps
qu'elles sont dérnrées par les jolies dents de
sa charmante épouse; son journal ne lui rapporte plus rien, et, d1 puis qu'il n'est plus
député, les brasseurs d"affaires lui tournent
le dos. Thérésia n'avait pas attendu ce moment pour en faire autant. Les femmes sont
sans pitié pour ceux qu'elles ont cessé d'aimer, ou qui n'ont pas réa1isé leurs espérances

d'arnnir ou de fortune . Tallien reconnait avec
amertume que Ia sienne ne pardonne ni
l'insuccès, ni la pauvreté; et pourtant il pardonne, lui, l'indiflërence, et pis encore, à
Thérésia. Mais, à la suite de ses échecs cenjugaux, devant cette éternelle duperie du sentiment par l'indifférence, il demeure en proie
à l'un de ces chagrins d'amoureux qui sont
peut-être la pire torture qu'il y ait au monde.
Torture compliquée d'une autre plus déprimante encore, le manque d'argent. Ah!
comme les vingt-huit livres par jour qu'il
louchait en sa qualité de député lui font
défaut en ceconcour.s de toutes les détresses,
ainsi q ne les denrées en nature : &lt;c huile,
sucre, riz, drap, toile, ll que messieurs les
représentants, prenant une assemblée délibérante pour un bureau de bienfaisance, n'avaient pas honte de se faire distribuer 1 •
Mais admirons ce contraste en passant : le
septembriseur Tallien, sceptique et jouis1. l,.1.

RHE1.L1ÈnE-LEn:,u:x 1

Mémofres, L. I, p._214.

�1t1ST0'/{1A _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ,.

. _____________________

LJs.

seur, parait auprès de l'ex-marquise dont il

C1T0YENN'E TllLL1'EN

se débarrassait en la lui faisant épouser en
justes noces; lui, Tallien, en était réduit à
demander la protection de son ancien protégé. Et pour obtenir quoi?... Une modeste
place dans une administration. Et où? ... En
f;gyple.
Mais aussi quelle rage était la sienne!
Comme il se « mangeait les sangs » d'en être
réduit à une pareille extrémité! Quel contrecoup sur sa santé et sur sa bonne mine!
&lt;t Une autre fois, écrit Mme de Chastenay 1 je
trom·ai Tallien. Mais quel changement, grand
Dieu! Un demi-siècle, je crois, ne l'eût pas
plus changé. Un heureux instinct me permit
de le reconnaitre encore. Il était vÏ\'ement
irrité; mon accueil lui fit plaisir 1 • ))
Pour déterminer Tallien à aller en Égypte,
il fallait que sa vie, toute diaprée de scènes
et de récriminations avec sa charmante épouse,
fùt devenue intolérable. La question budgétaire n'y était sans doute pas étrangère. Quand
il n'y a plus de foin au râtelier, dit un proverbe très juste, les chelaux se battent. M. et
Mme Tallien n'en vinrent assurément pas à
cette extrémité, mais il est probable que
leurs explications prirent ce caractère d'aigreur qui est le ton de toutes ces scènes
fâcheuses de ménage. On en profita pour
s'adresser réciproquement des récriminations
fort vives, on se dit de dures ,·érités qui sommeillaient dans le dossier des griefs de chacun des époux et qu'on gardait précieusement pour en faire usage à l'occasion. Bref,
ces moments furent pénibles et orageux. Et
c'est avec un extrême chagrin que Tallien,
reconnaissant l'impossibilité pour lui de rester
plus longtemps à Paris, et à cause de sa disgràce · conjugale, et à cause de sa disgrâce
pécuniaire, et à cause de sa disgrâce politique, se décida à aller chercher oubli et fortune en Égypte. Aussi Thérésia était-elle mal
venue plus lard à écrire : (t Est-ce ma faute
si M. Tallien est parti pour l'Égypte, quand
son rôle le retenait à Paris? ... li C'est une
chose inconcevable que la facilité avec laquelle
notre paune nature humaine oublie les sou~
venirs désagréables et gènants pour chercher
à se donner raison quand elle a tous les torts.

Quoi qu'en dise Mme de Chimay le rôle de
Tallien ne le retenait nullement à Paris. Ce
rôle y était intenable au contraire et on ne
saurait blâmer Tallien d'avoir pris le parti
d'aller tenter la fortune en Égypte, pendant
que sa femme 1 prenant sa revanche de l'union
libre imposée à Bordeaux, la trouvait auprès
de Barras. D'ailleurs, pour certaines femmes,
l'adultère n'est-il pas une des joies du ma•
?
riage
....
Mais Tallien ne pensait pas que, sur la
terre des Pharaons, il serait sous l'œil sévère
de Bonaparte et qu'il ne pourrait pas y brusquer la fortune comme il l'avait brusquée
jadis à Bordeaux. L'avenir lui réservait, ~ur
ce point, plus d'une désillusion. Plus d'un
désagrément aussi, car, à peine débarqué, il
trouva ... qui? ... Le petit Jullien, son ancien
dénonciateur de Bordeaux, dont il avait cru
se débarrasser à tout jamais en le dénonçant
à son tour après thermidor, qu'il avait fait
emprisonnkr et que 1a prison avait rendu à
la circulation. Le général Bonaparte, à qui
il s'étaitadressé, comme Tallien, J'avait nommé
commissaire des guerres t .
Le pauvre Tallien s'était donc mis en route
pour l'Égypte, la mort dans l't\me. Rien ne
pousse à la réflexion comme les loisirs d'un
voyage. En route, la pensée de sa femme ne
le quittait pas. Ces grandes coquettes, on ne
peut plus les sou!Trir au bout de peu de
temps de vie commune, mais on ne pm1t
plus s'en passer dès qu'on est loin d'elles.
Dans le cours de ses méditations, il fut peut~
ètre amené à reconnaitre la vérité de cette
réflexion d'une grande amoureuse, Mlle de
Lespinasse, dont son ancien collègue à la
Convention, Barère, allait bientôt publier les
lettres, à savoir que &lt;r cc que les femmes
veulent, c'est d'être préférées ; presque personne n'a besoin d'être aimé. » Et Thérésia,
pas plus que les autres, ne demandait de
l'amour, mais seulement des satisfactions
matérielles et d'amour-propre. Pourvu qu 'ell~
se fit du bruit à elle-même et qu'on en fit
autour d'elle, elle était heureuse. Pauvre
Tallien, de ne pas s'en être aperçu a"ant le
mariage! Et pourtant, le malheureux, il l'aimait toujours et, dès qu'il fut loin d'elle,
l'amour le reprit avec toutes ses fièvres. Il
lui écrivit à chaque escale que faisait son
M.timent.
Arnault, le spirituel auteur des Souvenit s
d'un sexagénaire, qui avait accompagné le
général Bonaparte et qui s'était arrêté à Malte
pour soigner son ami et beau-frère Regnault
(de Saint-Jean d'Angély), rencontra, en rentrant en France, le bâtiment qui emmenait
Tallien en Égypte. " A la hauteur de Pantelerie3, dit-il, nous avons hélé un petit hâliment qui venait de Toulon et allait à Malte,
ou plutôt courait après la flotte. Il avait sur
son bord, entre autres passagers, Tallien,
qui, n'ayant pas été renommé à la législature i
et renié de Paris dont il avait été l'idole,
allait en Orient chercher fortune, ou, disons

mieux, chercher sa vie . Trois ans auparavant,
il régnait en Francej il avait une cour à
Chaillot. Déchu aujourd'hui de son crédit
comme de son pou voir, et sans autre compagnon que 81·indavoine, espèce de groom qui
de l'écurie de Madame avait passé à la chambre de Monsieur, il se réfugiait sous la protection d'un général qu'il arait protégé 5.
Si Tallien n'oubliait pas sa femme, celle-ci,
de son côté, ne pouvait l'oublier plus, absent,
qu 'elle ne le faisait quand il était à Paris.
Elle continua tout simplement à mener la
même vie que par le passé. Elle n'était nullement hypocrite, c'est une qualité l(U'il faut
lui reconnaître, et elle a toujours fait ses
fredaines au grand jour, tout naturellement,
comme la chose la plus simple du monde.
C'est assurément un mérite - faute d'autres
- mais qui ne laisse pas que d'avoir quelques inconvénients . En son for intérieur, cependant, Thérésia devait s'applaudir du départ de Tallien . Elle ne trouvait pas que
(&lt; l'absence est le plus grand des maux ii,
puisqu'il y avait beau temps qu'elle n'aimait
plus Tallien, si tant est qu'elle l'ait jamais
aimé un instant; et comme certaine grande
dame à propos de son amant, elle constatait
peut-ètre que son mari avait « l'absence délicieuse JJ . Il ne faut pas lui en faire un
crime; combien d'autres femmes qui, comme
elle, trouvent que l'absence du mari est ce
qu'il y a de meilleur dans le mariage! Elle
parait cependant s'être un peu défendue de
ce sentiment, car elle répondit un jour i,
quelqu'un qui était venu solliciter sa protection : (( Que voulez-vous que je fasse maintenant? ... Je n'ai même pas le. droit d'empêcher mon mari de partir . 6 JJ Son crédit,
cependant, n'était nullement entamé: son
mari seul était déconsidéré, elle, non. Le
monde est ainsi. Quand une femme a des
torts, c'est à son mari qu'on tourne le dos.
Mme 'l'allien était, au contraire, plus puissante que jamais, et Barras se pliait à toutes
ses fantaisies. ~lie était vraiment reine et trônait à toutes les fètes.
L'arrivée d'une Sùrle d'ambassadeur turc
à Paris, au lendemain du départ de Tallien,
fut un prétexte à des galas ofriciels et privéL
Les journaux de thermidor an V sont remplis
des faits et gestes de cet ambassadeur . On le
promène, comme une bète curieuse, dans
tous les lieux de plaisir de la capitale, du
Luxembourg à Idalie, de Tivoli aux Tuileries,
aux bals, à Feydeau .... La présence de cet
Oriental à Paris a tourné toutes les tètes. On
ne parle que d'EITeid-Ali-EIJendi, C'est à qui
pourra dire qu'il l'a vu, 1 qu 'il lui a parlé.
Mme Tallien, naturellement, est parrui les
plus empressées. Pour voir? ... non, pour se
faire voir. Elle s'assied à ses cOtés, à une fêle
de l'Élysée, et es t toute fière d'un banal c)mplimenl que lui fait l'EITendi. !lais la foule
a vu qu'il lui a parlé, et la foule parle d'elle
autant que de lui. C'est tout ce qu'elle vou•
lait. Pau\'re plaisir! De pareils succès, auprès

d'un tas d'imbéciles et d'oisifs que la pré- savait que les Turcs sont connaisseurs en femsence de cet envoyé d'Orient a achevé de mes i elle aurait voulu un compliment de dit que le citoyen Peters - il y a là une erdésorienter, ne sont pas à envier. Mais on ne celui-ci, afin que sa beauté reçût en quelque reur, il faut lire « Potter n - &lt;c entrepres occupe alors que de ces inepties. Voulez- sorte l'estampille officielle de ce diplomate. neur de la manufacture de Chantilly et provous un petit tableau de l'état moral de Toute sa diplomatie échoua piteusement. Elle priétaire du hameau qui se trouve dans les
Paris à cette époque? ... En voici un brossé en fut quitte pour son costume oriental et pour jardins du prince, fait réparer à grands frais
par u~ contemporain, et Ja brosse, je vous l'humiliation de se rnir préférer Mlle Lanoe. ce joli endroit pour y recevoir sa bienfaiJure, n est pas trop rude : t1 A ces désa,,an- Car c'est devant cette rivale que, séduit &lt;&lt; Par trice, la célèbre Cabarrus -~ . l&gt;
tage~'. il faut joindre celui de la présomption, ce luxe inconcevable et par ce ton extraordiMme Tallien aimait assez à aller se reposer
de l mcurable légèreté et de la dissolution naire de décence empreint sur les détails de
morale de Paris. Nombre de députés sont sa parure somptueuse '! le Turc s'arrêta et à la campagne de ses triomphes de Paris.
Uais ce _n'était pas pour y jouir du calme,
plus occupés de leurs plaisirs que de leurs dit : " Il est beau! »' ·
de la solitude et du recueillement. Il· lui faldangers. Dans une conjoncture qui peut raIl fallait se consoler d'une telle déception
mener sur la France un rè"ne d'horreurs au d'amour-propre. Mme Tallien le fil en allant lait le mouvement d'une foule d'imités, le
train et le tourbillon des chasses, Je bruit du
milieu de la mi~èr~ publi;ue et des plai~tes
à Cha_ntil!y, .r~ndre ~•isitc à un citoyen Polier,
géné~alcs, la _frivolité et la déprarntion des anglais d origine qm, en 1i95, s'était inslallê sable écrasé devant le perron par les roues des
voitures, le son des trompes, fo sourd galop
Par1s1ens se deploi_ent avec éclat. Trente specà Chantilly, y avait relevé la manufacture de des chevaux sous la futaie, les diners, les
tacles, autant de lieux de rendez-vous, où un
porcelaine et I avait joint une fabrique de bals, le jeu .... C'était là son repos, et c'est à
las de désœuvrés vont admirer des coiffures
faïences et une manufacture de car&lt;lc.s. Em- Grosbois qu'elle }'allait prendre. Cette magnigrecques et se mêler à une canaille de parprisonné sous la Terreur, le 9 thermidor
ven.us scandaleux, so_nt plus ~emplis que ja- l'avait rendu à la liberté. On sait qu'il était fique propriété avait appartenu, avant la Révolution, à Monsieur, frère de Louis X\'I.
mais. Dans la semame dernière, l'artificier
de mode, depuis ce jour, d'attribuer à Barras l'avait payée un prix dérisoire, comme
Ruggieri a fait vingt-cinq miJJe francs d'une
Mm_e TaUien le coup d'État auquel son mari bien national, sur l'argent provenant des obséance.
avait pris une part prépondérante : les ther- jets sacrés Yolés dans les églises de !larseille
~c L'ambassadeur ottoman, qui n'est autre
mid_oriens lui faisaient le plaisir de lui en et de Toulon; qu'on vienne dire après cela
qu un. consul cl~argé d~ négocier le payement
attribuer tout le mérite, el il était poli, de la que l'origine de s~ fortune n'était pas très
de bl~s vendus_ a la natw~, a absorbé ce peupart des prisonniers élar;ûs à la suite de cet catholique! liais les principes républicains de
ple d enfants; 11 a perdu Jusqu'au goût qui le
événement, de dire qu'ils lui devaient la vie. ce gentilhomme ruinés 'étaient bornés à chercaractérisait autrefois : ses modes comme ses
M.
Potier la proclamait donc sa cc bienfai- cher dans le nouveau régime des occasions de
mœurs, ses mœurs comme ses
refaire, quibuscumque viis, une
discours et ses jouissances ont
fortune gaspillée dans Jes déborpris dans toutes les classes et
dements d'une jeunesse aussi
dans tous les partis ce caractère
orageuse que prolongée . Tout cela
de basse turpitude, de sansavait jeté sur lui un bien vilain
cufottisme_ el d'impudeur que
vernis,
quoique on ne fût "Uère
lm a 1mpr1mé la Révolution. Rien
difficile sur l'honorabilité e~ ces
de plus mesquin, de plus sale
temps de transition ; et si ce
que l'introduction de cet envoyé
bourgeois de Carnot ne pouvait
turc au Directoire. Le marquis
soufl'rir cette espèce de saltimd'El Campo y a paru, ramenant
banque empanaché dans son cosdans sa voiture Aime Tallien et
tume théàtral et dans ses vices
d'autres coquines de son esplus ou moins distingués, beaupèce 1• 1&gt;
coup d'autres se montraient
L'austère calviniste qui a écrit
moins regardants, sous prétexte
ces lignes n'est pas lendre pour
que la conduite du Uirecteur ne
cette pauvre Mme Tallien. L'Efles regardait pas . Tous les minisfcndi ne l'est guère davantage.
tres,
Jfme de Stai.SI, qui dictait
Au grand bal donné à l'Odéon en
chaque matin à lienjamin Consson honneur, Mme Tallien s'est
tant la façon dont il devait penavisée, pour lui êlre agréable,
ser ce ,Jour-là, Mme Visconti,
peut-être, pour allirer son attentout fraichement déballée à Paris
tion sur elle plutot, de s'habiller
des
bagages du général Berthier
à la turque. !lais quelle disgrâMme Hamelin, ce polisson e~
ce! Les Turcs sont d'une turjupons - quand elle en avait querie, d'un mal élevé à ne pas
qui amusai~ tout le monde par
croire! Figurez-vous que celuises
ge~tes ~1squés et ses propos
ci, avec le flegme de sa race,
plus risques encore; MmB Hainimpassible sous les regards de
guerlot qui, belle, faisait semquatre mille spectateurs, a passé
bl~nt de ne pas le savoir, pograve et muet devant le turban ,
sait .pour l'esprit et n'avait que
la chemisette de soie et les
Cliché Bloc!.:.
celui que lui prêtaient ses amis:
culottes bouffantes de celle qui
U:-. COIN DE CAF E soi;-s LE DIRECTOIR E. - TaNe au ae M. GEORGE:$ CAi;\".
Mme Rague!, dont tout l'esprit
mendiait de lui un compliment,
se bornait, comme chez tant
un regard, ce qui l'eùt fait
d'autres,
à faire de la dépense
triompher devant toute sa cour de courti- trice ,_.
fit de grands préparatifs pour la et à porter de belles robes ... tout ce monsans en titre et de courtisanes titrées. Elle recevotr dignement et un journal du temps
de ,·enait à Grosbois et y portait un goût

1. Mme DE cu ~!T!SU , nlémoii-es, t. II, p. 48.
2. C'était à pau prês équivalent à intendant mililaire.

3. L'ile de Pantellarîa.
4. C'est une erreur : le Directoire. comme on l'a
n1 , avait cassé sa double élection.

5. AaN.n :u, Som;e11 irs d'un se:.cagén«ire,t !V,p.17U.
tl. CollTE Du YORT DE C11 EHR N\', Jlémo fres, t. II.
p. 38J.

l. M1.u1::T DU Pn•, Correspo11da11ce oi•1·c la rour
de Viemie, t. 11, p. 319 ..
2. Semaine critique, t. ru.

a pavoisé son existence, dont il a fait sa
femme, un homme sensible et bon; et c'est
à lui, maintenant, que rnnt les sympathies.
Pourquoi? ... Parce quu cette femme le rend
malheureux.
Que faire, pourtant? ... li n'a plus qu'une
ressource : lui, le Tallien du 9 thermidor;
lui, qui a été président de la Convention à
vingt-cinq ans; lui, qui avait recommandé à
Barras le petit général Bonaparte, obscur et
inconnu, pour l'affaire du 15 vendémiaire;
Jui, .dont la femme a fait obtenir à ce général,
alors on ne peut plus besogneux, quelques
aunes de drap des magasins de l'État pour
renouveler son uniforme usé; lui, qui l'a

assisté comme témoin à son mariage avec la
vieille maitresse dont Barras, l'autre témoin ,

...., : q -

1

H

3. Rapsodies, 4• trimes1re, 1708. ne Guxcoum·.

l.,e Directol1'e.

4. Uapsodies, l •1 trimestre. Nous devons ces r en-

""" 2.5 ....

seignemcnls à ~J.. Roussel, l'ërudit archinste du dep~rtement de I Oise, que nous remercions bien sincerement de sa complaisa11cc .

�1f!ST0~1.1l
immoM ré pour les plaisirs tapageurs de la
chasse, des soupers, des déjeuners champêtres avec orchestre de trompes el de détonations de bouteilles de champagne, et pour
d'autres plaisirs, qui, pour être plus discrets,
n'en foisaient pas moins de bruit parmi celt('
brupntc société.
On se donnait beaucoup de mouvement en
C'fl'd, on jouait gros jeu, mais on parlait peu
i'1 Grosboi~, - du main:; le.s hommes. Il y
avait là des éléments si diverJ, certains souvenirs si rt!cents, et la plupart des habitués
avaient trempé dans tant d'affaires dont ils
aimaient mieux, et pour plus d'un motiî,
qu'on ne parlàt pas, que le Lemps se passait

surtout en plein air, quand il faisait beau.
On se promenait dans le parc; on allait donner à manger aux: carpes des bassins, aux
faisans; c, plusieur:; des dames, dit une chroniqueuse qui fut d'un diner de Grosbois, allürent aux portes d'une enceinte se raire effrayer
par des daims et par des ccrrs qu'on y gardait, et je me souviens que M. Réal, frappé
de ces caricatures de jeux de princes, me diL:
&lt;&lt; Je le mis, les princes étaient ainsi, non
parce qu'ils étaient princes, mai s parce qu'ils
étaient là 1• 1&gt; Béal avait raison, et lui-même
plus tard, et tous les autres parvenus de
l'Empire, cl les princes de la finance, et les
enri1,;his du commerce et de l'industrie ne
vécurent el ne Yirent pas autrement, non pas
parce qu'ils sont princes, mais parce qu'il:;
ont ce qui était aupara,·anl inséparaùle de
l'état de prince, ce qui est le nerf de tout,
l'argent. Et c'est aYec cet argent, - argent
très malpropre chez llarras, - que le propriétaire de Grosbois a\'ait fait venir à grands
frais des daims pour peupler les forèts de son
domaine ~.
Mme Tallien ne descendait de ses appartements que peu de temps avant le déjeuner.
Ellé faisait son entrée dans le s:&gt;.lon aux côtés
de Barras. Celui-ci, avec une grâce et une
liberté qu'on trournit toutes charmantes, s'aYançait souriant, un bras passé autour de la
taille de sa coquette maitresse. " Ma belle
Athénienne, lui disail-il, auprès de qui ,·oulez-vous que je vous conduise1 ... )&gt; Avec les
mouvements onduleux d'une chatte, Mme Tallien levait les yeux, le r~gardait d'une certaine maaière, le remerciait, se dfgageaitaver
une petite nl'Jue adorable de son étreinte, et
le quittait. Elle faisait alors le tour du salon,
disant, ayec ces façons à la Longueville 11u'elle
possédait si bien, un mot aimable à chacun,
et s'arrêtait enfin auprès de celui qu'elle aYait
intérêt à cajoler ce jour-là. Barras venait l'y
rejoindre après arnir galamment présenté ses
devoirs à ses invitées eL la trouvait soit avec
le citO)'en Talleyrand, soit a,·ec le citoyen Cochon : " Eh bien! disait-il , qu'est-ce donc
que ce tête-à-tête avec un ministre, ô ma
belle Athénienne?... \' oudri,•z-vous le séduire? ... ou gouverner l'empire comme une
autre Aspasie? ll
C'était la phrase favorite de Barras, el la
1. ~me 11t; C,u.sTESH, .Uémoirtt, t. I, p. 3i0.
'l. a. Ui, voiturier de Chinon pao;se :mmt-hier à
Bloi s a,·ec une voilure fe rmée; un parti culi er a la

LA C1T0YENN'E TALI.l'EN

citoi-enne Tallien ne s'en làchail pas. D'ail- l'honneur et des sentiments. Les mœurs
leurs, il n'attachait, dans sa pensée, aucun étaient aussi relâchées que possible et faisaient
sens désobligeant à ce nom d'Aspasie, au revivre les temps les plus abominables de la
contraire; &lt;( il se mettait par là dans les san- cour de llenri Ill et de la Régence. En voici
dales de Périclès, a dit la duchesse d' Abrantès. un épisode. Il a d'autant mieux sa place ici
que ~rme 'l'allien en fut !"héroïne. Avec une
et le partage n'était pas mauvais. o
Les compliments échangés, on passait dans admirable absence de sens moral, Barras se
la salle à manger. On déj eunait à onze heures. plaisait à le raconter, et riait aux larmes en
Une fois le calé pris, et quelquefois on le pre- en répétant les détails. Cc fut un des triomphes
nait au grand air, on allait faire une prome- de sa vie de ai bustier.
Comme il avait d'incessants besoins d'argent
nade sous les ombrages et, sitôt rentré, on
pour
lui et pour ses maîtresses, comme
s'asse~·ait aux tables de jeu.
On parlait beaucoup à Paris des « sommes llonaparte ne faisait pas mine de lui envoyer
effrapnles » qui se perdaient et se gagnaient lrs trois millions qu'il lui a,·ait demandés
dans ces parties, et il paraît bien qu'en effet après fructidor, que ces pingres d'hommes
il se jouât un jeu d'enfer à Grosbois. Le d'affaires se faisaient tirer l'oreille pour rémuwhist, le pharaon, le vingt-et-un, la bouillotte, nérer honorablement les services qu'il leur
tout cela occupait les invités au milieu d'un rendait eo leur faisant adjuger des fournitures,
silence qui n'était troublé que par les mols de il s'al'isa, d'accord avec la citoyenne Tallien,
l'argot des joueurs. Le creps y avait aussi d'un arrangement « fort honnête », aurait
droit de cité depuis que !!me de Chàleau- dit Brantôme, « d'un infàme marché 1, a
renault, une des favorites du rnigneur de écrit La Revellière-Lepeaux. li obligea le
Grosbois, l'y arnil introduit. I.e billard dis- fournisseur Ouvrard, sïl voulait continuer il
trayait des cartes; les toilclles délassaient les jouir de la protection du gom•erncment, de
lemmes du billard, el les femmes, par leur prendre pour maitresse en Litre, au moins
aimable gazouillis, délassaient les hommes de ad honores, comme Tallien était un mari
leurs jeux et de leurs préoccupations. La ad honores, la belle citoyenne Thérésia qui,
table délassait chacun de tout : c'était, avec au su de Lout le monde, était sa propre maitresse, et d'afficher publiquement celle liaison.
les cartes, la grande affaire de la maison.
Toutes les ambitions couvaient sous cette De celle façon, c'était à ce fournisseur de
,,ic de jeux el de divertissements, el les in- chevaux, de chaussures et de ,·êtements pour
trigues allaient leur train. Ce qu'il s'en noua, les armées, à fournir de chaussures, de ,·êtcde politiques et d"autres, est inconcevable. ments et de c:hemux, la dévoratrice jeune
Ali'. si lt!s Yieux murs du cb:Heau pouvaient femme. li avait le droit, par exemple, de se
rarler, que de choses intéressantes ils auraient payer en nature de tous ses débours: le traité
à raconter I Jusqu'aux histoires que, certains ne s'y opposait pas, - Thérésia non plus.
soirs d'automne, deYant une Oambée de C'était affaire entre elle et lui. Mais pas de
fagot, dans la grande cheminée, chacun était Th6résia, pas de fournitures . C'était à prendre
tenu de conter à son tour pour égayer (( l'as- ou à laisser. Comme, somme toute, si la
semLlée ,, . Et, dans cc genre de di\'crlisse- pensée qui avait présidé à cet arrangement
ments, le plus spirituel assurément qu'on eût n'était pas belle, l'affaire l'était, que la lemme
à Grosbois, Darras racontait avec une fatuité l'était aussi, le financier en passa par les
non dissimulée les aventures de terre et de désirs du Directeur, la femme par ceux. du
mer qu'il a relracées dans ses Jlémoires, financier , et tout le mon dt! fut content. a Tout
ruais qui devaient avoir, dans la bouche de fut lraité, a écrit un collègue de Darras,
celui qui en était le héros, un sel qui manque arrêté et mis à exécution à Grosbois. Une
grande parlie de chasse 1· fut indiquée; de
un peu dam son récit écrit.
Ce n'était pas là précisément de la bonne nombreuses invitations avaient été faites. On
rnmpagoie, mais tous ces déclassés en avaient s'y renci la veille du décadi au soir. Ouvrard
à peu près les manières el les formes; sauf ctla Tallien sont logés dans des appartements
certaines libertés de tenue et de langage, contigus. A la chasse, la Tallien monte l'un
dont les rnœurs du temps étaient en partie des chevaux d"Ou vrar&lt;l, qui trotte à ses côtés;
responsables, il régnaiL à Grosbois une ap- deux jockeys à la livrée d'Ouvrard, l'un pour
parence de décence que l'éducation première lui, l'autre pour elle, sont à leur suite. Le
de Barras el de Mme Tallien avaiL établie. Ce couph·, séparé du gros de la chasse, s'égare
n'est que dans les bals du Luxembourg qu'on dans les bois. Au retour se donne un grand
diner dans lequel Mme Tallien est traité&amp; et
voyait cet étrange amal.;ame de la fine 1\cur
saluée comme la favoritedu noble fournisseur.
des « nouvelles couches » el du rehut des
li
parait c1u'Ouvrard était asses confus du
anciennes, mélange que l'on retrouvait dans
rôle qu'on lui faisait jouer et du ridicule
les bals les plus renommés de l'époque, ceux
qu',l se donnait de payer les plaisirs el les
de !I. Boycr-fonlrède el ceux que donnait
fantaisies des autres. Après le dîner, on part
M. Vilain Xllll, dans le petit hôtel qu'il avait
pour !'Opéra: c'est dans la voiture d'OuYrard
fait construire pour Mlle d'llervieux.
qu'on s'l' rend , et aYec ses gens, et c'est dans
Si le Lon de la bonne compagnie était à pru
sa loge que la l'arorite est introduite par luiprès observé à Grosbois, il n'en était pas de
même, pour notifier au public entier l'accommême, tant s'en faut, des délicatesses de
cur1us1ltS de r&lt;'garder à trarcrs les ba rreau x. I.e ,·oil111·icr lui dil bo11nemenl : « Ce soul six daim5 que je
mène prés de Fontaincùleau, chez Barras, dircd eur ;

il les a fait venir de Chinon, pou r pcuplt'r sun
p~rc. i (Cu)ln; OurnnT 11E Cut.: venn- , ,llé m oireli, \. 11,
page 580 ).

plissement de cette indigne comcntion. 1 n
Indigne, celle convention l'était en effet et
si l'honnête La Revellière en est révolté 'on
peut affirmer qu'aucune des a hautes pa;ties
contractantes», comme disent les diplomates,
- el on peul emploj'cr ce terme puisqu'il
s'agit d'une négociation diplomatique, - ne
trouvait .'1 redire à cc marché. D'ailleurs, de
tels marchés n',:1aientpasnourcau\: I.e Brun,
le poète, n'avait-il pas vendu, peu de temps
avant la Révolution, sa femme au prince de
Conti? Etant donaé les personnan-es de b
petite comédie, leurs anlécédents et l~s mœur~

RÉCEPT IO N

ou GÉNÉRAL

du Lemps, qui, à vrai dire, étaient un peu
leur ouvrage, la chose est plutôt amusante ; et
l'on est tenté d'en rire aYec Barras el avec
Thérésia. Ouvrard seul garda peut-être son
sérieux, c1r c'est lui qui faisait les frais du
traité : le marché n'était cependant pas san s
bénéfice et la soulte stipulée dut dérider le
visage spirituel du financier, aussi fait pour
les joies délicates que lui-même pour les spéculations qui ne l'étaient pas.
Il est certain q uc la saine el pure morale
n'avait pas présidé à cette affaire; mais
Thérésia s'en tira avec une désinvolLure de
bon ton qui fit tout oublier. " Mème dans
1.

LA nE\' [Ll,ltl:RE-1.U EAOX , l'llénwfres,

les écarts, a dit le prince de Ligne, il y a des
gens à qui tout va, parce qu'ils onl de la gràce
et du tact. " Mme Tallien était de ces 0oens
priYilégiés.
liais comme de loul temps :
Ll's 11clils onl pâli des ~olliscs rlrs p-rand~,
ce sont nos malheureux soldats qui eurent i1
souffrir de cet arrangement. Pour qu'un
munitionnaire pasât de jolies sandales de cuir
parfumé à la belle Théré,ia, ils reçurent des
souliers à semelles de carton; pour qu'il lui
otrrit de beaux cbcvaux, nolre cavalerie fut
remontée en rosses; pour qu'elle porlàt soie

1. II , JJ . '.!48.

B ONAPARTE PAR L'l:sSTIT UT. -

dis~nguées, et savait jeter l'argent par les
fcne~res avec la même désinvolture quïl
savait le gagner. Ce Richelieu de ]a finance
était pétri de vices et de qualités, et, parmi
celles-ci, il faut lui m·oir gré d'avoir donné
l'exemple de la dépense et fait son possiLle
pour guérir la France de l'avarice el de la
me~quine.rie, ces ~'Îces odieux des petits bourgc01s qui, drpms 1789, sévissent sur la
F~ance ~t. menacent notre pays embourgeoisé
d un abeti,semenl général. li y a si peu de
gens qui savent être riches! Ouvrard, lui,
savait l'ètre, après avoir su le devenir. li

D"atrès le dessin de C11A ~11'10'.'\" .

et Yelours, bijoux et diamants, les soldais,
couchés sur la dure, grelottèrent dans des capotes trop minces, dont le drap s'en allait en
lambeaux dès les premières étapes et les premiers bivouacs. Yoilà suri out où était l'immoralité révoltante de ce marché. Pour le reste ...
eh! mon Dieu, il n'y a,•ait guère plus à reprendre
qu'aux autres actions journalières de cc trio
d'aventuriers et de jouisseurs, ni qu'à celles
de la plupart de leurs contemporains, - el
des nôtres.
Ouvrard était loin d'être le premier venu :
avec ses Ieux "ifs et pointus, ses lènes minces
et son nez aussi pointu que ses 1•eux, il avait
la repartie vive et spirituelle, les manières

é~ail. hardi, large, généreux, magniÎJ4ue. li
a,mail les élégances de la vie mondaine a,·ec
tous ses raffinements de l'art el du luxe. li ne
se priva d'aucune joie de ce monde, ce qui fit
de lui, pour Ja cito1ennc Tallien, un entrcteneur idéal. Plus lard, le goùL des prh·ations ne
le prendra pas davantage, et il ne se refusera
pas le_luxe d'un gendre au faubourg SaintGermam, un pur-sang, un ancien émigré,
comte et général, quelques années après que
rn maîtresse, qui avait les mêmes goûts, se
sera fai~ épouser en justes noces par un prince.
Aussi dénués de préjugés l'un que l'autre
aussi appréciateurs l'un que l'autre de tau~
ce qui vaut qu'on se donne la peine de

�..--- ms TO'J{ 1.11

_______________________________________.

vivre, - quand on s'est placé hors des lois viUon devant Ouvraid et reconnaissaient la pétillaient dans des cristaux; enfin l'abondance
de la ,·aisselle d'or et d'argent réalisait presque
de l'honneur et du devoir, - ils étaient, en supériorité de ses talents.
vérité, dignes l'un de l'autre.
Peu de temps après être entré en possession le luxe des fictions orientales. n C'était suDe même que Barras avait achet~ Grosbois, de la jolie femme qui était une des dam:es perbe, en effet, pour l'Ppoque : cc luxe de
Ouvrard 1 après avoir achtté Thérésia, s'était du traité de Grosbois, Ouvrard donna, en son bazar n'avait pas encore été dépassé. De nos
offort, c1.nnme Barras, une terre princière aux honneur, une fètc charmante :m Raincy. La jours, il n'est guère de boutiquier ou d'entree1wirons de Paris. fi avait acquis le chàteau nouvelle mailrrs~c du maître de la maison en preneur enrichi, qui, à part la vaisselle d'or
du Raincy et avait l'a!)lbiLion d'en faire son faisait les honneurs. C'est l'architecte Berteaux et d'argenl, ne déploie une mise en scène plus
Marly. li y donna des [ètes superbes, dont on qui avait été chargéde l'organisation générale fastueuse quand il donne une fête dans sa
parla autant et même plus que de celles de et des détails de la fête; maîtres et invités villa.
Madame Tallien trônait au milieu de son
Grosbois . Son amabilité, sa générosité étaient n'avaient 1iu'à prendre la peine d'en jouir. li
non moins avantageusement connues que sa est inutile d'en faire ici la description. Toutes peuple d"invilés. Il y avait là toute la finance
richesse. « Lin jour que je parlais de lui en ces fêtes se rcssemhlent. Mais le déjeuner, de Paris et toute la société étrangère. La vébons termes et en bonS' lieux, raconte M. de qu'on srrvit dans l'orangerie avec une somp- rilable société parisienne s'abstenait de toute
l\'orvrns-~fontbreton, des dames me prièrent tuosité tout orientale, comme on disait alor~, relation avec elle. Mais, parmi la pléiade des
de lui demander le pavillon du télégraphe fit parler tout Paris. Voici ce qu'en dit un jolies femmes qui, non seulement formaient
dans son parc du Raincy pour y passer la contemporain : &lt;&lt; Dans une orangerie payée sa cour, mais la lui faisaient, c'était l'ile )a
journée, et de l'engager au pique-nique qui de marbre, on éleva une table sur une plate- plus belle.
Une fanfare de cors de chasse donna le
résulterait de sa réponse. Je remplis ma mis- forme parallèle aux caisses de quelques beaux
sion avec un succès complet. Mais quand nous orangers qui, chargés de fleurs et de fruits, signal de se mettre à table. Elle donna égalearl'ivâmes au nombre de vingt personnes, je formaienl une \"OÙle de verdure d'où s'exhalait ment celui du départ. On rentra au chàteau,
crois, avec nos provisions, nous trouvâmes un délicieux parfum. Au milieu de la table, on s'habilla à la hâle pour la chasse, et les
sur la table toute dressée un déjeuner exquis, était un bassin de marbre rempli d'une eau cors donnèrent le signal de monter à cheval
qu'en voiant arriver de loin nos voitur~s, le limpide avec un lit de sable d'or, et dans et en voiture. Le programme de la journée
maitre d'hôtel d"Ouvrard s"étail empressé de laquelle jouaient des poissons de toutes cou- s'exécutait comme celui des exercices dans
leurs. Le déjeuner fut remarquable par la une caserne : au commandement. Les roues
faire servir. li me remit un billet par leque
l'amphitryon, qui s"était individualisé notre somptuosité, la profusion et l'arrangement des des voitures criaient sur le sable des allées,
pique-nique d'une manière si élêgante, priait mets. Dans l'appartement voisin, où furent les chevaux piaffaient d'impatience .... On
qu'on l'excusàt pour le déjeuner, ajoutant servis le café et les glaces, les murs étaient partit. Les queues de cheval, les plumets des
qu'il avait l'espoir d'être plus heureux pour tapissés de pampres verts, et des rameaux de chapeaux, les rubans des l'cmmes, les éclats
le diner. Mais il en fut de même pour ce cette treille intérieure pendaient d'énormes de rires, les claquements de fouet, tout cela
repas, où son cuisinier se surpassa, et dont il grappes de raisin. Aux quatre coins de cette flottait en l"air, au milieu des appels des
regrettait de ne pouvoir venir faire les hon- salle, il y avait quatre bassins de marbre en piqueurs, du roulement des voitures et du
neurs. Enfin, à neu[ heures du soir, au mo- forme de coquille, d"où jaillissaient des Ion- sourd galop des chevaux. Puis, tous ces bruits
s"éloignèrent. Ils s'éloiment de retourner à
gnèrent peu à peu dans
Paris, on annonça que
;s CQ&amp;
le bruissement confus
le thé était servi, et
et solennel des bois, et
une profusion de glal'on n"enlendit bientùt
ces et de sorbets terplus que le son lointain
mina cette incroyable
et
cuivré des cors, aphospitalité.qui, réellepelant les chasseurs
ment, tenait de la féeau lieu du rendezrie. Si la bonne grùce
vous.
fut dans la réception,
Le diner dépassa le
le bon goùt, le goùt
déjeuner en somptuoexquis fut de ne pas pasité, et mille torches,
raître ... 1 n
flambant dans lesallées
Voilà quel était Oudu parc, sous les vervrard et l'on pourrait
tes et mystérieuses fuciter de lui bien d'autaies, donnèrent à la
tres traits de bon goût
fin de la fèle un caet de supériorité de
ractère fantastique.
vues dans la vie praC'est ainsi que s'atique. Il était le plus
musait la haute b,rnbrillant des financiers
que sous le Directoire.
de l'épuq ue, et la finance alors commt'nçait à
CHAPITRE VIII
jeter un bien vif éclal.
Vanberchcm et son
Cependant Bonaparbeau-rrère Bazin, llotL'AMBASSADE UR DE LA P ORTE OTTmlANE 1 EN THER:\UDOR AN\".
te, qui trouvait que la
tinguer, Séguin, Récapoire était mùre et qui
D'après une gravure du temps .
mier, Tourton et Ravel,
avait l'idée bien arrêPerregaux, les frères
tée de la faire tomber
Michel, Lecouteulx, Julien et Basterrècbe, Hervas, Delessert , laines de punch, d"orgeat et d"eau de fleur dans son chapeau de général, avait quittt!
d'Etchego)'en, Baguenault, Pourtalès, Hame- d'oranger. Les fruits des deux hémisphères , l"Égypte. Il venait de débarquer à Fréjus.
lia, Enfantin frères , Barrillon, Doyen , tous les uns naturels, les autres en sucre, cou- Son arrivée - et personne ne s'y méprit sonnait le glas du Directoire. En six: semaices banquiers baissaient humblement pa- vraient des plats de riche porcelaine; les ,•ins
les plus exquis, les liqueurs les plus fines nes, il prépara son coup d"Etat, balaya le
l. ,1. DE :'ion1·m, .lfémorial , L. IL p. :500.

L;r.
Directoire exécutif, balaya la représentation
nationale, et, seul, prit la place de tout cela.
Dès son arrivée, il s'était YU sur le point de
divorcer d'a,·ecsa femme, « pour des motifs de haute inconvenance u, aurait dit
feu l'académicien Labiche. D'autres motifs, de simple convenance, ceux-là, l'amenèrent à épurer le salon de Joséphine. Il
y avait là un tas d'intrigantes, veuves
d"émigrés vivants, femmes divorcées cinq
ou six fois, toutes tarées à qui mieux
mieux, parmi lesquelles Mme Tallien était
reine. Le Premier Consul signifia leur
congé à ces aventurières· et n'admit aucune exception, si ce n'est pour sa femme. A la porte la Hamelin, grande prêtresse des sans•chemise; à la porte la
Visconti, ]a maitresse de (( ce niais de
Berthier )l ; à la porle la Châteaurenault,
celte doublure de Thérésia et de Joséphine
auprès de Barras ; à la porte la Forbin, celte
espèce de tambour-major en jupons; qui
cependant portail les culottes pendant le
temps de sa liaison avec le Directeur 1 ; à
la porte enfin, la Tallien!. .. . A la porte!
A la porte!
Que de larmes, par exemple, à celle
exécution! Mme Bonaparte n'y comprenait rien . Comment la séparer de ses plus
chères amirs, de ses amies de cœur ! Lui
défendre de les recevoir! Mais c'était de
la tirannie ! Où retrouverait-elle des
affections ausc:i vraies, aussi désintéressées? ... Vraiment, c'étaità croire qu'elle
avait épousé un capucin et non un militaire .... Etjusqu"à celle bonne Mme Tallien
qu'il voulait l'empêrher de voir .... Et pourquoi, je vous le demande? Parce que Barras
et Ouvrard avaient eu, dit-on, la courtoisie
de solder quelques mémoires de ses fournisseurs .... En vérité, il n'y penrnit pas ...
li n'y pensait que trop, au contraire . El la
consigne fut formelle . Bonaparte exigea - ce
fut une des conditions de sa réconciliation
avec Joséphine - que, puisqu'il voulait bien
ne pas rompre avec elle, elle rompit, elle,
avec Mme Tallien et toute la société directoriale.

respectables. El Mme Tallien avait un tel
passé, elle avait un présent si tapageur encore,
que Ilona parte ne voulait d"elle à aucun prix.

LA FACTION I~CROYABLE. -

Mme Tallien, on le conçoit, avait été opposée au coup de force du 18 brumaire. Elle
était allée trouver .Barras lorsque tout effort
contre l'homme de Saint-Cloud paraissaitderenu inutile e.l lui avait dit C( avec une vivacité
charmante, qu'il fallait être encore digne de
lui ll. Avec une naïveté non moins charmante,
l'incorrigible fat répète ces paroles de Thérésia, dans ses Alénioires. C'est sa consolation.
Mais la démarche de Mme Tallil'D, qui avait eu
des témoins, fut probablement rapportée au
général Bonaparte. On aurait tort cependant
d"en conclure que le général lui en tint
rigueur. li l'écarta de son salon tout simplement parce qu'il entrait dans son programme
de ne plus admettre chez lui que des femmes

Elle dit adieu à ses toilettes excentriques pour
rentrer en grâce, mais ce fùl en vain. Le premier Consul l'avait vue, à une représentation
de gala de !"Opéra, dans un déshabillé trop
mythologique pour lui faire oublier un passé
plus mythologique encore, et il ne céda pas.
Un écrirnin de l'époque, qui assistait à cette
représentation de J'Opéra, a retracé pour la
postérité la toilette de llme Tallien. Comme
s'il se fût agi d'un bal masqué, elle s'élait
costumée en Diane. c&lt; Sa tête, dit-il, était
surmontée d'un grand croi~sant de diamants,
dont ses cbeveux de jais faisaient ressortir
encore l'éclat. A ses épaules nues, comme
celles de nos élégantes d"aujourd'hui, é1ait
pudiquement suspendu un carquoisétincclant
de pierreries. Une pean de tigre se drapait
moelleusement autour de sa taille olyrnpiennr.
Une courte tunique cherchait à cacher ses
genoux et ses jambes d'albâtre; quelques
anneaux ornaient les doigts de ses beaux
pieds nus, que des bandelettes de pourpre
tenaient assujettis sur de légères sandales.
Auprès de Diane étaient deux nymphes charmantes, non moins fidèles à la mythologie ....
Je manquai être étouffé à la sortie pour vérifier la déesse de plus près et surtout la ,·oir
monter en voiture. Ce fut là. le dernier
triomphe du costume, au milieu de frénétiques
applaudissements .... t &gt;J
Ce fut aussi le dernier triomphe de Mme

1. C'élait oh5olumcn l une gaillarde, que celle
i\lme Clotilde de Forbin. Elle écrirnit à Barra~, qui
\"Cllail de lui donner une rcm1 la çanle dan s son intimité la plu:; iuliine : e: ••. Je ne me laî~scrai jamais
clêpouillc1· d'uu drnit dont on m'a une foi s re \ êlu c.

Ainsi, j'ordom1e doue que l'on me rouvre une porte
que J"on m·a injuslt•ment ferm ée, el s'il faut faire
marc\1e1· tout le faubourg Saint-Antoin e pour m e la
faire ounir ou pour l'tnfonccr, j e marcherai à sa
lèle ... » (l elfrr médi te). On voit que, .-, j les femm es

1

C1TOrENNE

TJILL1EN

Tallien. Lorsqu'on vit bien clairement que le
Premier Consul ne voulait recevoir que des
femmes 5érieuses, la mode devint aussitôt

Caric:zture du lemts,

ser1euse : plus d'excentricités dans le costume, plus de fantaisies ID)"lhologiques, plus
de nudités surtout. ... Et Mme Tallien, au lieu
de donner le ton, dut, cette fois, se conformer
à la mode.
Comme, au fond, elle valait mieux que ses
mœurs, Mme Tallien s'en serait consolée si
elle avait pu prendre sa part des fêtes qui
renaissaient de toutes parts à Paris, comme
les fleurs sur une pelouse au retour du printemps; mais non! une cruelle consigne l'en
écartait, et c'est triste à en pleurer qu'il lui
fallait entendre les échos des fêtes du gouvernement consulairC'.
Il ne semble pas cependant que Mme Tallien
se mit blessée du blessant ostracisme qui la
frappait. Elle n'en voulut point au Premier
Consul de la cruelle humiliation qui la mettait
au ban de la société. En son for intérieur,
comprenail-ellc les motifs qui avaient fait
prononcer son exclusion, et, dans sa bonté,
les pardonnait-elle?... Ce n'est pas probable; mais comme les relations avec Joséphine étaient devenues le fruit défendu, elles
n'en eurent, pour l'une et pour l'autre, que
plus d'attrait, et leur furent d'autant plus
agréables qu'elles étaient forcément mystérieuses et secrètes.
li est certain en effet que Joséphine ne tint
que très peu de compte de la défense de son
mari et qu'elle voyaiL Mme Tallien en secret,
à la Malmaison généralement, autant qu'elle
ne ~é.-,istaien~ pas à Bai-ras, il avait le mérite, lui, de
:;arn1r leur rc:;1sler.
'.?. J. ot; ~011v1 ~s, J[émor iat, 1. II, p. 251.

�msro~1A
le voulait. Peut-être même Mme Bonaparte
alla-t-ellc la voir dans sa nouYcllc maison de
la rue Cérutti, n° 1 1 • Ne pouvant comprendre.
avec sa nah·c immoralité de créole, le mol if
pour lequel Ilon,parlc lui rléfcndait toute
relation avec Mme Tallien, elle s'était imacriné
la pauvre femme, que c'était à came de0 son'
intimité an•c Ouuard qui, elle le s:avait, était

détesté de Bonaparte, comme les :iulrr.s fournisseurs du reste_. Il Paraît qu 'cUc la ût engager par une amie à rompre celle intimité.
cc C'est là, disait-elle, l'unique rame de l'animosité de Bonaparte contre elle. Tàchez d'obtenir cc saèriflcc etje suis sùre qu'il lui rrndra son ancienne affection d me permettra
de la revoir comme autrefois.! ))

Elle prrnait rrla sous 1:oc. bonnet, comme
on dit, car il est fort douteux que Napoléon
fùt revenu sur sa décision. La prPuvc dn
contr,1ire se trouve mème dans une leltrc que
,·oici, que J'empereur 1ui cnrop de Berlin en
f 806 :
C! Mon amie, j'ai reçu ta le:trc ... Je te
défends de voir Mme Tallien, sons quelque
prétexte que cc soit. Je n'admettrai aucune
excuse. Si lu liens à mon estime et si tu Yeux
me plaire, ne transgresse jamais le présent
ordre. Elle doit venir dans tes appariements,
y venir de nuit; défends à tes portiers de la
laisser entrer . Cn misérable J'a épousée arnc
huit bâtards· Je la méprise elle-même plus
qu'avant. Elle était une fille aimable, elle est
deYenuc une femme d'horreur et infàme. Je
serai à la Malmaison bientôt ; je t'en préviens
pour qu'il n'y ait pas d'amoureux la nuit! Je
serais fâché deles déranger .... J&gt;
L'empereur se montre là bien rigoureux
pour Mme Tallien. Pour être logique, il ·aurait dù l'êlre !out autant pour Joséphine, car
les dernières lignes de sa lctlre, outrageantes
au dernier point pour une honnête femme,
montrent que, dans son estime, il ne foi.sait pas
grande différence entre les deux amies . Mais
celle rigueur, c'est pour le monde, pour la
galerie et non pour des scrupules de conscience.
Ces sentimenls il les garda pendant toute
la durée de son règne, sentiments d'indulgente bonté pour la femme fragile, .souvenir
biemeillant de leurs relations amicales au
temps du Directoire; mais, comme empereur,
il fut impitoyable. Assez de femmes de sa
famille el de sa cour laissaient des flocons de
leur laine aux buissons d'une route qu'on
leur avait cependant bien aplanie, pour qu'il
n·augmen1àt pas le troupeau par l'adjonction
d'une nouvelle brebis galeuse. li n'y en avait
déjà quctrop!
El c'est ici le lieu &lt;l'admirer comme quoi
lime deflçauharnais et ~[me Tallien, ces deux
amies, sont arrivées à une suprême élévation
1. nucr,affltle, d,msunc mui~on qu'a l1:1ltiléc Cërulli
cl qui, dêmolic, a l!tl! remplacée par la Maison Ooréc.
~- SoNnE GH, Salons célëbres, p. :il3.
3. L'empereur cxa.!;'èrl', clic n·en an1.it pas Laut que
cria (rnir plus loin le chiffre exact, p. 31 ).
4. \'oicî une lellrP d'elle à ~lrnè Bonaparte. Cette
lcllrc csl ét·titc moius d'un an aprês le coup d'État
de brumaire qui porta le général au consulat :
2b 1·endémiairc au IX 17 octobre ·1800).
l.f' citoyt'll 8rono11ville, 11w1t a11rie111te omie, désir~
Jll;11étrel' jusqu'à 1·ous; il crnît CJU 'une lettre tic rnui

LA, ClTOYF.NNE

et à la poslérilé moins par leurs mérites général n'étnil pas prodigue de son temps. li
et leur beauté que par le scandale de leur rsl certain que le premier consul lui expliqua
conduilc.
les motifs pour lesquels il ne pouvait pas
Cc qu'il y a de curiem ,c'estque~lme Tallien l'admellrc aux Tuileries. La jeune femme se
ne rompt ni aYec Mme Bomiparte, à qui·e11e récria, supplia, pleura, déploia tous si•s
écrit encore' ni avec le Premier Consul, à qui moyens; c'est si irrésistible, une femme qui
elle fait parler de temps en temps pour sait pleurer avec grùcc ! )fais le consul fut
l'amener à revenir sur sa décision première. i □ OcxilJlc. li enveloppa son refus de i:.:ompliCar elle brûle d'envie de connaitre celte mcnls, de protestations d'amitié et de bon
société nouvelle qui se forme autour du Consul souvenir, mais c'étail un refus.
et de son gouvernement; elle hrùle surtout
Mme Tallien ne se tint pas pour hallue.
du désir d'y paraître et d'y trôner. Sa péni- Elle avait un tel rlésir de paraitre, de briller
tence n'a-t-elle paséléassez longue? ... Aussi, aux bals des Tuileries, qu'elle dérobait sa
comme elle ne se doute pas, non plus que son blessure d·amoul'-propre sous le sourire de
amie Joséphine, des motifs de politique et de la femme du monde et recommencait se:convenanre pour lesquels Bonaparte lui refuse démarcbes. li n·cst point de bassesses~ qu'elle
sa porte : de politique, parce qu'il veut faire ne fit pour lléchir lïnOcxiblc t'C'rbère qui la
l'oubli sur le passé rérnlutionnaire; de conve- tenait à )'écart. Cc f'ut encore peine perdue,
nance, parce qu'il veut faire renaitre les mais la blrssure ne lui en demeurnit pas.
bonnes mœurs : - rien ne lui coùle, ni dé- &lt;&lt; Dans les bals masqués auxquels il se rcnmarches, ni humiliations, pour essayer de da.il, l'empereur, dit le Além01·ial de Sainlefléchir fo général Ilonaparlc.
Uilène, était toujours st'lr d'un certain renTl est inconcevable de voir jusqu'à quel d1•z-Yous qui ne lui manquait ,jamais; il s'y
point elle se montra dénuée d'amour-propre trourait, disait-il, entrepris chaque année
pour s'abaisser jusqu'à demander ù un
par un mème mas&lt;1ue 1 qui lui rappelait d'anhomme qui l'avait mise à la porte de chez lui ciennes intimités et le sollicitait avec ardeur
la faveur d'y rentrer. C'est qu'e11c aYait de la de YOulôir bien le rccernir et l'admettre à sa
vanité et non pas de la fierté. Elle voulait conl'. C'était une femme très aimable, très
paraitre, faire parler d'e11c et de ses toilcltcs, bonne et lrès belle, à qui beaucoup de"aicnt
accaparer les hommages des hommes et les certainement beaucoup . f,'empercur, qui ne
jalousies des fommr,s par sa coquetterie et sa laissait pas que de l'affectionner, lui réponbeauté, et cela, sur le grand thé,itrc que dait toujours : &lt;' Je ne nie pas que mus SO}CZ
,·enait d'ouvrir le génér.il Bonaparte : elle ne charmante, mais voyez un peu 11uclle est votre
se souciait pas d'autre chose. Et c·est pour demande; jugez-la rnus-même et prononcez.
cela qu'elle pleurait sur les salons orficiels \'ous avez deux ou trois maris et des enfants
dont la porte restait close devant elle, - car de tout le monde. On tiendrait à bonbeur
pas un ministre, pas un fonctionnaire ne se fùt sans doute d'avoir été complice de la première
permis de recevoir dans son salon une femme foute : on se fùc:hcrait tle la seconde, on la
que le maitre a,·ait chassée du sien. Malgré pardonnerait peut-être, mais ensuite, et puis,
cela, la malbeureusc ne pei·dail pas l'espoir cl puis!. .. A présent, SO)'ez l'empereur cl
cl'allcndrir un jour la dureté de Bonaparte et jugez! que feriez-vous t1 ma place? .. . El moi
&lt;le venir parader enfin dans le salon &lt;lu pre- qui suis tenu à faire renailre un certain démier magistral de la République. Elle lui fit co1·11m ! l) Alors, 1a belle solliciteuse gardait le
parler bien saurent; bien soureut elle se mit silence, ou lui disait: « Du moins. ne m"tHez
bur son passage pour attirer son allenlion, pas l'espérance! &gt;J et renvoyait 11 l'année suimais san:; succès. Enfin, clic obtint un jour, Yanle 11 être plus lumreusc. C( Et chacun de
en 1802, une cnlrcrne au fameux bal masq uC nous deux, disait l'empereur, était exact à ce
de Marcscalchi.
noureau rendez-vous s. l&gt;
A la faveur du masque et du déguisement,
Essaya-t-elle de forcer la consigne ou du
tons deux pourraient conférer à leur aise sur moins de pénétrer pal' contrebande, avec la
le gram sujet qui faisait le désespoir de la ra1·te d'invitation &lt;l'une autre personne, ;, ces
belle jeune femme. Le Consul avait fait dire bals des Tuileries qui étaient pour elle le
it Mme Tallien de porter un nœud de ruban supplice de Tantale?... C'est probable.
nrt et d'accepter le bras d'un domino qui Mme Georgette Ducrest, dans ses Afémofres
en aurait un scmblahle. li arri rn, ;iccompagné sur lïmpé1'atrice Josej&gt;hine, qui sont la
du docteur Lucas, U cherche le ruban vert ... preurn que les meilleures intentions du
A peine l'aperçoit-il qu'il quitte son dotteur monde ne suffisent pas pour faire un bon
et prend le bras de Mme Tallien. Deux heures liHe, rapporle que, dans un bal masqué des
dur:.rnt, ils se promenèrent ensemble. Ce fut 'J'u.il~ries, elle remarqua un domino gl'is,
un grand triomphe intime pour elle, car le sun 1 de deux grande.s figures noires, qui ne
1

JlOUJTa lui èlrc utile CL sumra pour 1·ous intéresser
en sa ravcul'. UêsaLuséc par le h'm1i~, Il'~ cirronslunces el vol rc cœ11r, je uc me liue pas à telle douce
crl'eur, m::us je n'~i pu rcfusc1· à un hormnc 11ui a
sefl'i pc1Hl_anl vingt-1leux ans le gouvcmcmc11t, uu
homme qui a tout perdu cinns les crises ,!c l.1 Hévolutîon, une prcm·e de ma bonne \'OlontC. c·e~t cnc
cspl;rancc de bonheur J}our lui, et pour moi 1mc occasion de nms rappeler que mon amitié sait n~~ister à
!OUies les éprem·es et qu'elle ne finii-a qu·a\'CC mes
JOUN.

(Cu. 1'"Au1101·. le C11rie11.r. /)Amuleul' d'aulogra~
plws. 1°• oetobl'(' ·1886.)
Celle lcttr.:i C!&lt;l une p1·cu,·c aussi. on est heureux
tic le conslalel', de l'inépuisable bonté de)lme Tallic-n
cl ,te son_ plubir il loujou1·s obliger.
~Ion IJ1cu ! comme C('tle fomrne · cùl été parfoile
avec un l'eu rnoin~ de lt'gèi·eLê, un pèu moins de
co11ucllcr1c cl sul'loul a\'ec une solide éducatiou morale, - 11trn les l1abitudes de son temps, hêlas! ne
compo1·laient guL•rc.
. ;i. :lfémorial de Slti11li'-flëlè11e 1 l. Ill. p. l~O (Cl!.

.Garmer).

pouYaient être que l'empereur et les deux
gardes chargés de veiller sur lui et de surYeiller les gens qui pouvaient l'approcher.
Elle viL ce domino gris rnanœuvrer pour se
rencontrer face à face avec une fort jolie
femme qu'elle ne veut pas nommer. Il se
planta devant elle assez insolemment et la
fixa arnc obstination. La jeune femme était
Yisiblemcnt gènée de ce sans-gène. Elle finit
par en litre si importunée qu'elle trut devoir
dire au masque qu'elle ne le connaissait pas
et qu'il cùl à cesser ce jeu déplaisant. Le
masque continua à la fixer sans mot dire.
Tremblante à la pensée qu'un seul homme
pouvait, en ce lieu, montrer une telle insolence et que cet homme était l'empereur, la
paune femme comprit que son incognito
était dévoilé et que l'empereur en personne,
par sa muette panlomime, était venu lui donner l'ordre de sortir. Elle se leva cl partit surie-champ. Mais le manège de l'empereur avait
été remarqué, la fuite de la jeune femme
aussi, et Mme Georgette Ducrest donne assez
de renseignements pour permettre de rel'onnaîtredans l'écheveau embrouillé de ses aveux
et de ses réticences la belle Mme Tallien.
Au milieu de ses disgrâces, la pauvre
femmeeul un grand mérite : ce lut de n'en pas
prendre prétexte pour s'aigrir et ne plus être
bonne. Elle s'évertua, au contraire, à rendre
plus de services que jamais à ceux qui venaient la soUiciler, et, de cela, il faut lui
sa\'oir gré; tant d'autres,à sa place, auraient
pris le vindicatif plaisir de se mettre en révolte
contre la société et de rejeter sur elle les
fautes dont elle était seule coupable!
Mais il est temps de parler des enfants de
Mme Tallien.
« Vous avez deux ou trois maris et des
cn[anls de tout le monde,,, lui a dit brutalement Napoléon. Il y avait un peu de vrai dans
les paroles de l'empereur, el aussi beaucoup

d'exagération, car elle n'en eut pas de lui.
Thérésia avait eu de M. de Fontenay un fils,
né le 2 mai 1 789. dont elle s'occupa assez peu,
et qui fut parfait pour elle; nous en avons
déjà parlé et nous avons dit qu'il mourut à
la !leur de son âge, en 1815.
De Tallien, son second mari, elle eut une
fille, Tbermidor-Rose-Tbérésia. Cette enfant
naquit en 1795. Elle reçut le nom de Thermidor pour perpétuer dans la famille le souvenir de l'événement politique auquel avait
pris part son père. Quant au nom de Rose,
c'était celui de rn marraine, Mme de Beauharnais1, qui ne s'appela Joséphine qu'après
son mariage avec le général Bonaparle. On
n'a pas son acte de naissance. JI. Ch. Nauroy
en conclut que cc peut-être avait-elle été conçue
a,·ant le mariage de ses parents )J. Elle épousa
M. de Narbonne-Pelet.
Pendant que Tallien était en route pour
l'Égyple, sa femme eut un troisième enfanl,
le 50 frimaire an Vf (20 décernLre 1798), qui
mourut en naissant. M. Ch. Nauroy en attribue avec vraisemblance la paternité à Barras.
Une longue lettre que Tallien écrivit à sa
femme le ·I 7 thermidor de la mème année,
cinq jours après son débarquement aAlexandrie, ne fait aucune allusion à des espérances
de paternité, mais Tallien y exprime respoir
de la t( retrouver toujours aimable, toujours
fidèle ,, .
Toujours aimable, c'était possible; mais
toujours fidèle, ce n'était pas dans ses moyens,
et son mari ne devait pas, au fond de l'àme,
se faire illusion sur ce point, malgré l'espoir
qu'il en exprimait. Et en elfel,le 12 pluviôse
an VIII (51 janvier 1800), Mme Tallien accouche d'une fille, Clémencc-Isaure-Thérésia,
déclarée sous le nom de Cabarrus, et non pas
de Tallien. Cette petite fille devint grande
comme sa mère, _épousa un colonel Devaux,
devint veuve, entra dans un ordre religieux,

1. Mme de Beauharnais, dcrcnuc la gênérale Bonaparte, n'oublia pas sa filleule, D'llalic el!c écrivail il.
Ilarras :
Milnn , cc 18 fruclidor ....
« ... Mon mari csl Jlarli depuis six jours pour
Ravenne cl de là dans Je T)·rol; j'allcnds bicntùt de
ses nou,,etlcs, j'espère qu'elles seront aussi bonnes que
je les ,lë.-irrs (.\"ic). llnppelez-moi au sou\·rni1· de ma
pelitc, - c'est ainsi 11u elle appc!ail ~lme Tallicn; Je ne reçois point de lettres d'elle, cela rnn re11d bien
lristc; dite~-lui bien que )1. Serbclloni csl charge de
lui p1·Csenlcr de ma part une pièce de crêpP cl des
chapeaux de pail (sir) de Florence; pour le dPjcuner

rie son mari, des saucissons rl du fromage; poul'
Thcrrnido1·, du cot'llil. Je u'é1 ris point à ma pe1itc,
parer riue ).(. SerLcllonî part 1lans l'iuslant, embrassez-la pour mui bien lendremcut. ,\dieu, mou cl1cr
Barras, c1·0,·cz-moi a\'ce les senlimcnls de la plus
tendre amit'ié, votre 3mic.
LANGEnrn Bo~ 1l'ARTE.
JI. Serbcllonni l'Cul bien se charger de 1·ous rc.
mettre de ma pari unr c.iis~e de liqul!Ul's de Turin.
llillc amitiés il Holol",complimrnls à Vidor el
Raimond.
J'embrasse Tallic:1. (Lcllre i11êdile. )
• Dollot , et non Ilotot, élail le secrdaire de Ila1·ra::.

T /11.LlEN

--,

oh! bien fantaisiste ! et les élèv,s de la maison d'éducation des dames de Saint-Louis,
dont elle fut supérieurr, à Juilly, ont conservé
le souvenir de sa grande taille et de sa barbe
au menton, et aussi de certaines fantaisies
qui cadraient peu avec la sPvérité des règles
d'un ordre religieux. F.Ue mourut à Juilly,
à la ûn de 1884.
li parait bien qu'elle était ülle d'Ouvrard,
qui eut d'elle trois autres enfanls, rntre
autres celui qui fut l'aimable et ~piriturl
docteur Cabarrus, né le 19 avril 1801.
A peu près à cc moment, Tallien débarquait à Calais.
li avait quitté l'Egypte sur un ordre du
général Menou, qui devint, par droit d'ancienneté 1commandant en chef de 1·armée française,
après l'assassinat du général Kléber. Le
bâtiment qui l'amenait en France fut pris par
une frégate anglaise. Conduit en Anoltterre
d'abord, puis renvoyé en France di~ jours
après la signature de la paix, Tallien fut m:s
aucourantdeses inforlunes conjugales. c&lt; Ors
amis de haute considération, dit Lairtulirr,
l'avertirent que sa femme, pendant son aLsencc, avait eu deux enfants, et le prévinrent
qu'elle le recevrait fort mal. )J C'était un
comble! Comment! être allé rn Egypte au
milieu de la peste et de la guerre, pour acquer1r de quoi pourroir aux fantaisies ruineuses de sa femme, la laisser enceinte à
Paris, la retromer lrois ans après dans le
même état, et avec une petite famille notablement augmentée, et être mal accueilli pardessus lemarché!. .. C'était le monderemersé.
C'était bien naturel cependant, à en croire
Thérésia : «Est-ce ma faute, dit-elle plus lard,
si ,IL Tallien est parti pour l'Egypte quand son
rôle le retenait à Paris? ... ,, Ces diables de
femmes! il faut qu'elles aient toujours raison .
Tallien comprit qu'en erl~t il arnit tort.
C'était évidemment sa faute si, pendant son
absence de trois ans, sa femme avait eu trois
accouchements ; sa faute encore s'il n'avait
pas, comme Ouvrard, une fortune de trente
ou quarante millions.... Pourquoi aussi
n'était-il pas reslé en l~g)'ple, ce gèneur? ...
Es~-ce que &lt;c rnn rôle ne l'y retenait pas? ... )l
Qui donc l'avait prié de revenir? ... Oh! ces
maris, ils n'en font jamais d'aulres !
L'avenir réservait à Tallien de plus grands
revers encore.
(A suivre.)

JOSEPH

TURQUAN.

�FR.ANÇOIS CASTANIÉ
"l'o

La généalogie de Guillaume II

l.'HISTOIRE VUE PAR LA POLICE

~

®

~

Les indiscrétions d'un Préfet de Police de Napoléon ~

'-"=

S. M. Guillaume 11, qui détient le record coup de temps à gravir les marches de l'autel quitta son mari - a,'ec le consentement de
dans une foule de domaines, est imbattable au pied duquel avait été bénie son union ce dernier - après la naissance de leur
sur le chapitre des connaissances gén&amp;1logi- avec Georges-Guillaume de Bru11swick-Zell- sixième enfant. Elle se retira au couvent des
ques, et
a gros à parier que nul souve- Lunebourg. Entrée en conversation avec ce Cisterciennes de Trehnitz, où elle mourut et
rain au monde ne possède sa filiation au point dernier en septembre 1665, elle ne devint fut inhumée (15 octobre 1245). Sa canonisaoù l'empereur d'Allemagne connaît la sienne son épouse que le 15 mai 1676, après la tion fut prononcée en 1267 par le pape Clémort de leur quatrième ftlle .... Ainsi qu'il a ment IV . Or, l'une de ses descendantes dipropre.
A M. Massenet, il disait un jour qu'il était été dit plus haut, Guillaume li cite assez vo- rectes, Sophie de Liegnitz, fille de Frédéric Il
fter de compter l'amiral de Coligny parmi ses lontiers saint Louis; ,mais il y a mieux: il se et de Sophie de Brandebourg-Anspach, ayant
ancêtres. Si l'entrevue avait duré un peu plus félicite de compter parmi ses ascendants une épousé en 1545 Jean-Georges l" de Brandebourg, devint ainsi la trisaïeule dt:: Frédériclongtemps, l'illustre compositeur se serait saùzte el un archevêque.
Guillaume I" de Brandebourg, dit le Grand
probablement vu énumérer les nombreux auÉlecteur.
tres ascendants français de !"empereur, noPar conséquent, l'affirmation de Guilli y a gros à parier que ces détails peu ortamment Claude, duc de Guise (le grand-père
laume
11 était parfaitement e1acte.
dinaires
seraient
demeurés
parfaitement
ignode Marie Stuart), saint Louis, etc.
Passons maintenant à l'aïeul-archevêque 2 •
li est certain qu'il descend de l'amiral de rés, si lui-même n'avait pas eu le soin d'y
En aussi peu de mots que possible, voici la
Colign)' : 1. 0 par ses ascendants paternels 1 ; faire allusion dans les circonstances que
chose :
2° par sa grand-mère, l'impératrice Augusta, voici:
Adolphe li, comte de la Marck, avait eu de
Aux manœurres de 1906 - exactement le
et 5° par sa propre mère, l'impératrice Fréson
mariage avec Marguerite de Clèves deux
22
septembre
il
passait
dans
une
petite
déric. Du fait de CPlte dernière, il possède,
en outre, les ancêtres français que ,·oici : localité de Ja Silésie, nommée Trebni!z. Con- fils, dont l'aîné, Engilbert, lui succéda en
1° ,Claude de Lorraine, duc de Guise, puis formément 11 !"mage, le curé se joignit aux J;;47. Le cadet, Adolphe (né en 1555), avait
d'Aumale; 2° Anloinelte de Vendôme; 5°Jean autorités venues pour saluer le monarque et été mis tout jeune dans les ordres. Il devint
de Bourbon, comte de la Marche, el. par lui : lui débiter un petit compliment. Le digne successivement évêque de Munster (l 558) et
4° saint Louis; 5° Alexandre Dexmier d'Ol- ecclêsiasJique faillit avoir une auaque d'apo- archevêque de Cologne (1565). En dépit de
breuse, gentilhomme poitevin; 6&lt;&gt; Nicolas plexie lorsque, répondant à &amp;on allocution, ce bel avancement, il jeta le froc aux orlies
en 1564, après la mort de son grand-oncle
Poussard, père de Jacqueline, épouse du pré- Guillaume li lui déclara ceci :
cédent. Tout naturellement, Guillaume ][
- ... . D'ailleurs, je tiens essentiellement Jean, comte de Clèves. A la suite de quoi, il
marque une certaine préférence pour ColignJ, à visiter votre ég1ise, car j'ai à réciter une entra en lutte contre deux autres prétendants
son coreligionnaire. Malgré cela, il ne lui dé- prière sur les tombes de mes ancêtres : sainte et finit par l'emporter sur eux. Le 21 décembre 1568, il entra en possession du
plait point de citer à l'occasion saint Louis, Hedwige et Henri Jer.
car, du même coup, il trouve l'occasion de
Dame, il faut remonter assez loin el c;om- comté; puis, en 1570, il épousa Marguerite,
rappeler à ses interlocuteurs (de leur appren- pulser des documents relalivement peu ac- fille de Gérard de Juliers, comte de Berg,
dre serait plus exact) que l'une de ses arrière· cessibles pour arri,,er à établir l'authenticité laquelle lui donna bon nombre d'enfants.
Parmi ceux-ci, Adolphe li, dit le Pmdenl,
grand'mères a été béatifiée.
de calte assertion.
Quant aux Poussard el aux Dexmier, il
Donc, Uedwige, fille de Oerlhold IV, comte comte de Clèves (devenû duc en 1417), lut le
n ·en parle que tout juste a·ssez pour montrer de Méran, née en 11711, mariée en 1186 avec trisaïeul de llarie-Éléonore de Gueldre, la·
qu'il ne les ignore pas. li est certain que la Henri l"· - dit le Barbu - duc de Silésie, quelle se maria, le U octobre 1575, à Kœnigsberg, aYec Albert-Frédéric, duc de Prusse.
fille d'Alexandre et de Jacqueline, demoiselle
'2. Ici la filiation élail plus difiicile à étaLlir que
De ce mariage naquit Anna, femme de
Éléonore Dexmier d'Olbreuse, avait mis beau- dans
le cas précéden~; mais il n\ avait pas à fl' C\1lcr, puisc1u·cn la recomtiluanl uiie occasion s'offrait
Jean-Sigismond, Électeur de Brandebourg, et
1. Les personnes désireuses de L"Olmailre à fonrl les de prouver, â la l1onle des mauvaises langues, ~ue
grand.père de Frédéric-Guillaume Jer, dit le
cc n'esl p.'.ls dans lu marine f'ran çoise seule que l on
détails ile celle gënêalogie les tron\•eronl. mus ma
Grand Électeur. C. q. f. d.
signalure, duus la //r l'lfe du lb octobre 1904.
ll'Ouve des pclils-fils d·archevêques.

a )'

•

BARON

HECIŒDORI\.

~e

0
La

Bibliothèque Historia ,, vient de s'en1 , non moins copieux.
que les précédents en révélations inédites, rectifiant sur nombre de points les témoignages
intéressés trop facilement admis comme vrais
par l'H istoire officielle.
Dans ks 111discrélions d'un Préfet de Police
de JVapolêon, que publie aujourd'hui M. FRA.Nço1s CASTAN1Ê, un haut fonctîonnaire de l'Empire,
u travaillant tous les jours avec Napoléon, le
retrouvant au Conseil d'État, mêli souvent à ses
entretiens&gt;), a librement notê tous les grands
ivênements auxquels, du Consulat à la Restauration, il lui fut donnê d'assister, comme aussi
les menus faits, gros de conséquences parfois,
qu'il vit se produire et qu'il suivit jusque dans
leurs ré.percussions les plus imprévues.
A ces lndi,crilions, nous empruntons lt chapitre qui a trait à l'arrestation, au jugement tt à l'exêcution du duc d'Enghien.
ti

richir d'un nouveau volume

Le Premier Consul s'était rendu,
le 12 mars, dans la soirée, à la
Malmaison. li était soucieux, inoccupé, perdant le temps. Son lmmeur était sombre. li éLait presque inabordable. Il ne causait à
personne, ne travaillait plus.
Le 15, jour de l'arrestation du
prinl:f, il fit annoncer à Réal la
capture de la baronne de Reich
à Offenburg et l'arrestation de
conspirateurs à Strasbourg. Il lui
fit dire encore qu'il paraissait certain que Dumouriez élait à I!;ttenbeim depuis un mois, et lui ordonna d'écrire à Caulaincourt de
preudre le duc ou Dumouriez,
de les expédier à Paris dans deux
mitures dillërentes, sofü bonne et
sûre gard~. En mème temps, il
lui enjoignait de faire venir le
commandant de Vincennes et de
lui demander des renseignements
sur la situation du cliàteau et
l'endroit où l'on pourrait mettre
des prisonniers. Dans la soirée, à
g heures, un courrier, parli de
Strasbourg la veille à 1 heure du
matin, arriva à ,la Malmaison et
annonça les préparatifs de l'expédition.
Ce soir-Hl, Talleyrand, dans un
bal à l'hôtel de Luynes, répondit à une dame
1. l ' flùtoire vue par la Police : Les lndiscrétio11s d"un P1·é(et de Police de 1Va11oléon, publiées
par FR.Al&lt;iÇ01s CAsTA'.\"1~. Un beau vol urne in•8° Ccu, avec
32 illustrations hot'S texte LirCes sur fond chine. Prix,
broché : 6 francs. Jules Tallandi cr, éditeur

VI 1. - H1sTORTA. - F'asc. 49.

qui lui demandait quel sort élait réservé au
prince :
Cl On le fusillera. ll
A Strasbourg, le 16, le duc est prévenu
qu'il va changer de logement, qu'il sera à la
pistole pour la nourriture, le bois et la lumière. JI reçoit la visite du général Leval,
accompagné du général fririon qui, avec
Ordencr, était venu l'eale\'er, après lui avoir
fait dire sous main, à temps-, de s'éJoigner
au plus vite. Leur abord est lrè~ froid. Il est
transféré dans un pavillon d'où il peut communiquer avec de Thumery, Jacques et
Schmitt par des dégagf'ments. Hais il ne peut
sortir; on lui annonce pourtant qu'il aura la

LE DUC o'ENGIIJEN.
"( Lo u 1s -A:-1TOl:-IE·HEllRI DE B 0 UR l!O N), !~ (n80,1 .

permission de se promener dans un petit jardin derrière son pavillon. Un ofûcier et douze
bommes gardent sa porte. Le matin, il écrit
à la princesse de l\ohan, il fait remeltre sa
lettre au général Leval. Il n'a pas de réponse
.-... 33

w-

et s'en allecte. Il écrit alors sur un carnet de
route :
&lt;&lt; Les précautions sont extrêmes de tous
C( cütés pour que je ne puisse communiquer
(( avec qui que ce soit. Si celte posiLion durf',
&lt;&lt; je crois &lt;1ue le désespoir s'emparera de
n moi. A quatre heures et demie, on vient
« visiter mes papiers que le colonel Charlot,
(! accompagné d'un commissaire de sûreté,
cc ouvre en ma présence. On les Lit superfi&lt;&lt; ciellement. On en fait des liasses séparéi s
C( et on me laisse entendre qu'ils vont être
« envoyés à Paris. li faudra donc languir des
C! semaines, peut-être des mois! Le chagrin
&lt;( augmente, plus je réOéchis à ma cruelle
&lt;( position. Je me couche à onze
C( heures ; je
suis excédé et ne
et peux dormir. »
Le 16, le Premier Consul apprit par le télégrapbe aérien l'arrestation du prince et son arrivée
à Strasbourg. II donna aussitôt
l'ordre de le tran~[érer à Paris.
Toujours affermi dans sa résolution, pour se garantir de toute influence et réfléchir avec calme sur
ses déterminations, il évitait de
s'arrêter dans le salon de Joséphine, il se renfermait dans son
appartement prh·é. et refusait de
répondre à sa femme, qui venait
quelquefois frapper inutilement à
sa porte. S,m Ira vail, sa correspondance, si aclive ordinairement,
étaient suspendus.
Le 17 mars, transféré à la citadelle de S rasbourg, le duc d'Enghienjoue aux cartes avec Scbmilt,
son aide de camp. Il s'inquiète de
ne pas recevoir de réponse à la
lettre qu'il a écrite à la princesse
de Rohan.
&lt;&lt;
Je tremble pour sa santé,
cc écrit-il. Je suis bien malheureux.
« On vient de me fairè signer Je
« procès-verbal de l'ouverture de
c( mes papiers. Je demande et ob(( tiens d'y ajouter une note ex plie&lt; cative, pour prouver que je n'ai
« jamais eu d'autres mtenlions
« que de servir et tle faire la
C! guerre. Le soir, on me dit que
« j'aurai la permission de me promener
cc dans le jardin, wème dans la cour, avec
r1 l'offh·ier de garde, ainsi que mes compa« gnons d'infortune, et que mes papiers sont
&lt;c paçtis pour Paris par courrier extraordi3

�IDtiT0'/{1.JI _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ____,
« naire. Je soupe et me couche plus con lent. •
.- Dans la journée, le com~andanl de _l_a
citadelle a annoncé au duc d Enghien qu 1I

a Dim~nche 18. - On vient m'enlever à
« une heure et demie du matin; on ne me
« laisse que le temps de m'habiller; j'em-

va plus loin encore : _il mêle à la con~pir~lion
des princes ... l'archiduc Charle• lm-meme,
l'ancien adversaire de Bonaparte en Italie! Il
demande à faire des perquisitions dans les
ambassades.
Alors Bonaparte se fàehe el ta~ce ,on beau[rère; il lui écrjt de ne pas se laisser amu~er
par de pareilles folies, de les rejeter bien lom,
et de ne pas souffrir que I on dise cela d~vant
lui. Il ne ,·eut même pas qu'il y ait la momd~e
surreillance autour des ambassades. El 1I
ajoute :
.
, Il n'y a pas d'autre _prin"': à Paris q~e
le- due d'Enghien, qm arrivera demam
(20 mars) à Vincennes. •
.
Ce même jour, le 19 mars, à dJI ?cures
du matin, arrive de Strasbourg un lro1s1ème
oourrier e1pédié le 17, à trois heures_ et
demie de l'après-midi : il apporle les papiers
du duc d'Eoghien que le commandant Chariol
et Je commissaire Popp ont remis, a,·ec un
procès-verbal, au général O~dener,
Le Premier Consul les hl 6évreusemenl;
il y remarque plusieur; pièces ca~ilal~s.
L'une entre autres, datée du i5 Janvier
1801,' esl la minute de la noie adressée par
le due à M. Stuart, chargé d'affaires de l'Angleterre à Vienne en l'absence de l'ambassadeur. Leduc commençait par dire qu'il s'élail
fixé sur le llbin dans l'.spoir d'événements
heureu1. Il rappelait qu'il avait déjà écril au
roi d'Angleterre pour lui demander à êlre
employé dans ses l~o~pes pendant le cours de
la guerre. Ayant ms1sté ~ d1ve~s_es. repra.ses
sans obtenir de réponse, 11 solhc1ta1l encore
« la gràcc d'être emplojé n'importe_ commenl où ni en quel grade contre ses 1mplacable; en~emis, les Franç:iis. ». Il demandait
à ètre autorisé à servir a,·cc sa solde anglaise
dans les armées des alliés de l'Angleterre, ou
à commander quelque corps de troupes auxiliaires où il pourrait placer quelques anciens
officiers de sa )é&lt;rion et les dé~erteurs français qui pourrai;nt venir le rej~i.ndre, son
séjour de deux a~s sur la ~ronuere de. ~a
France l'al'ant mis à porlee de pou,oir
compter sur ces déserteurs.
ffautres pièces prouvaient le .co~cert des
émigrés avec l'Angleterre, éta~l,ssa1enl que
le duc n'ignorait pas l~s men_ees de_ l)~ake,
ministre anglais i1 llumc!t, qu~ or_ga111~a1t ~~
complot à Paris; enfin 11 éla1t etahh qu 11
avait des affidés en Alsace, à Paris, à Brt'da
cl dans l'armée française en Hollande.
Le 20 mars Bonaparte ,·ient à Paris dans
la matinée. L~s Consuls arrêtent que le cid vant due d'Enuhicn, prJvenu. d'a,·oir porté
le: armes con\r; la Répuhlique, &lt;l'arnir été
et d'être encore à la sol&lt;le de l'Angleltrr&lt;, de
faire partie des complols. _tra_m_és par cel~e
puissance contre la sùrele mter1eure el exterieur~ de rÉtat, sera traduit devant une commis,ion militaire. Le mème jour, le général
Mural dési(fne les srpl membres de cette
commission° et prend des disposilions pour la
sûreté du prince, qui arrive par la ro~tc &lt;le
Meaux Pl voyage sous le nom d~ Plessis. I.e
commandant du cbàteau_ de _Vmcenn~s e~t
avisé de l'arrivée d'un pr1sonmcr dont 11 dmt
0

LA "!.\ISO~ HABITÉE PAR LE DCC o'EsGIIIEX A ETTE:-.illEDot.

aurait la libre disposition du jardin. Et le
prince, enchanté, a dit à Canone :
« Eh bien, c'est demain dimanche; nous
irons à la messe et lundi nous travail1erons ! »
Le Premier C.onsul, Yeou à Paris le
17 mars, reçul à quatre heures de l'aprèsmidi les rapports des généraux _Leval ;I
Ordener sur les opérations de la nml du la.
li prit la résolution de faire juJer le duc
d'Enghien par une haute cour martiale .et
désigna le colonel Préval, ?fficicr d'une distinction reconnue, pour en etre le rapporteu~.
Mural fil a1•p,•lcr cet o!ficier, lui dil qu''.I
s'anissail
d'un Bourbon pris en Jhgrant deO
lit et nomma le duc d'Enghicn. Le colonel
refusa en disant que son père et lui avaient
seni, ;vant la Révolution, au régiment d'Enghien.
.
Bonaparte dicta une nouvelle note rclattvc
aux looements vacants à \ïncenncs.
Le
à une heure du malin, on, rrap~e à
la porte de la chambre du due d Enghien'
qui dit à Canone :
.
« On Frappe à la porle, va ouvrir. )&gt;
Quatre hommes en\'eloppé:, de mante~ux
entrent. Ce sonl le commandant de la c1ladelle, le commandant Charlot, l"offimer de
(farde,
el le sous-officier l'fer~dorF.
0
(&lt; Monsieur le duc, dit Charlot, on vous
demande à Paris.
- Toul seul? demanda le prince. Ne
pourrais-je pr~ndre un de. m~s oHiciers ou
de mes domt"stlques au moins.
_ Je n'ai pas d'ordres là-dessus, Jl répond
Charlot.
L• prince s'habille, prend un paquet_ d_e
lingl", un peu d'argent et sa montre. Puis il
note sur son carnet :

t"s,

1c

brasse mes malheurcu:a: compagnons, mes
« gens; je pars seul avec deux officiers de
« gendarmerie et deux ~~ndarmes. Je lrom·c
(1 une ,·oit tire avec six dievaux de poste, sur
la place de l'é~lise. On me campe ded~ns.
" Le lieulenaot Petermann monte à côte de
(( moi; le maréchal des logis Pfersdorf sur
11 le siège; deux gendarmes,
un dedans,
(( l'autre dehors. )&gt;
llo1lof, le chien du prince, suit la voit~re,
au milieu de l'escorte de gendarmes &lt;1u1 se
relaient de deux en deux heures.
Quelques Alsaciens dévoués ~,·aient formé
le projet d'enlever le duc de vive force. à la
montée de la mon1a 11ne de Sa,·erne, qm est
très boisée, très raide°et bordée de précipices.
Le départ du prince les surprit vingt-quatre
heures trop tôt.
A Paris Bonaparte est informé par une
dépêche d~ départ du duc. li assiste ~ la
messe aux Tuileries (dimanche de la Pass10n)
et repart pour la ~lalmai~on l'après-~idi. En
route, Jo~éphine raconte a Mme dt! Remusat,
qui est montée dans sa voiture, que le. duc
d'Enobien a été arrêté près de la front,ère,
qu'ir°va être amené à •Paris et jugé. Mme de
Hémusat s'écrie :
« Quoi donc! Vous pemez qu'on le frra
mourir?
- Je le crains a, répond Jos,iphine.
Le bruit court plus fort que jamai; de la
présence d'un prince 13ou~bon dans la _v,I_I~.
.Murat, gom·crneur de Pam:, va plus 1~m.. ~l
désigne des princes et leurs retraites : 11, ecr1t
au Consul que le duc de Berry est cache chez
~I. de Cobenzl, ambassadeur de l'empereur
d'Allemagne, et le duc d'Orléans , cbez le
marquis de Gallo, ambassadeur de Naples. Il

.,

______________us

ignorer le nom et avec qui il communiquera
seul.
Ces ordres onl été dictés enlre quatre
heures el quatre heures el demie du soir : le
duc d'Enghien est déjà à Paris.
A trois heures de l'après-midi, il esl arrivé
à l'hôtel du minis1tre des Affaires éltangères,
rue du Bac.
Talleyrand, surpris, se rend aussitôt chez
Murat, gouverneur de Paris, pour ohlenir
l'autorfaation de faire diriger la berline du
prince sur Vincennes. Une heure plus lard,
le duc d'Enghien, qui n'est pas descendu de
voilure pendant l'absence de Talle)'rand, esl
conduit à Vincennes en suivant les boulevards
extérieurs. Il arrive au chàteau vers six heures
du soir. En enlranl au donjon, il dit, l'air
etfrayé :
« J'ai la chair &lt;le poule! »
Il est exténué de fatigue el n'a pas mangé
depuis vingt-six heures; il se laisse tombt'r
sur un lit dans l'apparlemenl de Hard, le
commandant du fort. On lui sert un repas;
en causant il d,t qu'il aime beaucoup la
chasse et que si le commandant veut bien le
laisser chasser avec lui, il engagera sa parole
d'honneur de ne pas s'évader. li parle du
grand Condé, son aïeul, qui a été prisonnier
aussi dans le donjon.
A la !lalmaison, le Premier Consul est informé de l'arrivée du due à Paris. Il dicte
une lettre pour Murat au sujet des dernières
dispositions à prendre : quarante gendarmes
d'élite et un piquet de soixante hommes d,s
différents corps de la garnison se rendront à
Vincennes sous la conduite de Sa\'ary. Mural
doit voir les membres de la commis:iion militaire et leur faire comprendre qu'il faut Ierminer cette nuil; et si la sentence, « comme
le Premier Consul ne peul en douter Jl, porte
condamnation à mort, elle doit être exécutée
sur-le-champ el le condamné enterré dans
une des cours du fort. c·est Sarnry qui porte
ces ordres à Mural, vt:rs six heurl's du soir.
A Maret, secrétaire d'État, qui se trouve à
la Malmaison, Bonaparte dicte une longue
lellre adressée à Iléal en !ni envoyant copie
de l'arrêté des Consuls. Il ordonne à Iléal de
se rendre sur-le-champ à \ïncennes et de
faire subir au prisonnier un interrogaroire,
dont les onze articles sont soigneusemE&gt;nl d1!taillés et expli(Jués, et dont les principaux
chefs d'accusation - particulièrement la demande de « servir contre les Français, ses
plus implacables ennemis &gt;&gt; doivent
entrainer une condamnation capitale. JI devra
en outre s'entendre .irec le capitaine-rapporteur du procès el le conduire à Vincennes
avec lui.
Depuis la veille, fléal était en possession
de Ioules les pièces du procès que le Consul
lui avait fait passer. llaret parlil de la liaimaison à sept heures du soir i il pouvait donc
êlre Jix heures, quand la lellre du Consul
rut remise che, Iléal.

A 10 heures du soir des délachemenls d'infanterie et quarante cavaliers de la gendarmerie d'élite, sous les ordres du général

JIYD1SC'lfÉTTOJYS D'UN 'P1t,'ÉFET DE 'Pouce DE 'NA'POL'ÉOJY - -..

Savary, aide de camp du Premier Consul,
occupaient le chàleau de Vincennes, ses avenues et ses environs.
La commission militaire était composée de
cinq colo·ncls commandant les régiments de
la garni-on de Paris, du général Hulin,
commandant des grenadiers à pied de la
garde consulaire, et du major de la gendarmerie d'élile Dautancourt, &lt;1ui faisait les
fonctions de rapporteur. Ils se réunirent au
châreau, vers onze heures. Le silence ayant
élé gardé sur le nom dn prévenu, c'est alors
seulement qu'ils apprirent qu'ils allaient
juger le duc d'Enghien. Tous ignoraient les
différentes circonstances de la :zrande conspiration, mais ils élairnt sous l'impression de
l'indignation générale qu'excitait sa découverte.
A minuit, le major Dauiancourt se rend
auprès du prince et procède à un premier
interrogatoire pour établir qu'il a émigré,
porté les armes c:mtre la France, est à la
solde de l'Angleterre, el fait partie des complols tramés par celle puissance. A la fin, le
duc demande, à être entendu par le Premier
Consul. Le major lui conseille d'écrire quel11ues
mots, au bas de son interrogatoire, pour solliciter une :rndiencP.. Le prince écrit alors
une note ainsi conçue :
« Avant de signer le présent procès-verbal, je Fais, avec imtance, la demande d'avoir
une audience particulière du Premier C.onsul.
Mon nom, mon rang, ma Façon de penser et
l'h(lrreur de ma situation mi_• font espérer
qu'il ne se refoscra pas à ma demande. Signe. L. A. H. de Bourbon. »
En attendant sa comparution de\·ant la

!one!, le duc d'Uzès, il l'avait vu à lloobeforl
en-Yveline,, près Bonnelles,
« Êtes-vous homme d'honneur, lui dit le
duc, et puis-je compter que vous remettrez
une lettre, celle tresse de cheveux et le journal de mon itinéraire, encore inachevé, à son
adresse?
- Je rnus le jure », répond l'oflicier.
!lais il y avait un témoin el, le dépdt remis, Noirol n'osa pas le garder el le porta à
son chef.
A une heure du matin, la commission militaire étant assemblée, le duc est conduit
devant elle. Dautanc,mrt lit l'inlerrogatoire;
le président lit l'arrèlé des Consuls et conslaie l'identité du prévenu.
Aux queslions 'f11i lui sont posées, le duc
répond (JU'il a fait Ioule la guerre contre la
République, qu'il est prêt à la faire de nouveau, et qu'il a désiré avoir du ser,·ice dans
la nouvelle guerre de l'Anglelerre contre la
France. Il reconnait être à la solde de l'Angleterre et en recevoir cent cinquante guinées
par mois. Le président lui dil qu'il doit avoir
eu connaissance d'un complot contre la personne du Premier Consul, le due répon~:
« J'ai soutenu les droits de ma famille.
lia naissance, mon rang, mon opinion me
rendenl à jamais l'ennemi de votre Gou"crncment. ,
On cherche à lui faire comprendre le danger de ses déclarations :
&lt;I Je \'Ois, dit-il, les intenlions honorables
dts membres de la commission ; mais je ne
peux me servir des mol·ens qu'ils m'offrent.,
On l'avertit que les commissions militaires
jugent sans appel; il répond « qu'il le sait

LE DUC o·E~GIIJF,',' : LECTURE or Jl:làE.\\ENT .\VA~T L'EXi'.:(TTIO'I,

comm1ss10n militaire, le duc cause a\'ec le
lieutenant de gendarmerie Noirot, qui lui dit
qu'étant, en 1789, à la campagne de son co-

et qu'il ne se dissimule pas le danger qu'il
court ».
Le président lui donne lecture de ses décla-

�.. -

msTO'l{l.ll

Réal Peri vit aussitôt au génPra1 Hulin pour
rations, le fait retirer, et fait évacuer la salle. Moylof, le chien russe, vint se jcler sur la
le
prier de lui lransmellre le jugement et les
tombe
de
son
maître.
A l'unanimité, le prince est condamné à mort
A cinq heures du matin, le p:énfral Savary inh•rro~atoires; n'ayant pas rPÇU de r~ponse,
pour a,·oir pris les armes contre la France et
sètre mis à la solde de l'Angleterre. li est rassembla ses hommes et reprit le chemin de il renouvela sa demande d'une manière plus
pressante. Le général envoya enfin lt's pièces
deux heures et demie du matin. Le général Paris.
du procès; la boude de clwveux,
Hulin ordonne aussitôt au rappor1'1tinêraire el uni:' lettre pour la
teur de faire ses diligences pour
princesse y étaient joints. Réal se
que le jugemenl de cpnclamnation
rendit à la Malmai,on.
soit ex~cuté. Le major DaulanSa,·ary y était arri\é Yers dix
court ordonne de réunir uu piquet
heures; il venail rl'ndre compte
d'exécution de seize gendarmes
de l'événement du malin. Il fut
à pied et .de faire charger les arintroduit aussitôt. Dè:- les premiers
mes; il, descendent dans les fossés
mots, le Premier Consul manifesta
et s'arrètenl à trois ou quatre pas
la
plus grande surprise. Il ne condu pavillon de la Heine. La nuit
Cl:'\'aÎt
pas pour4uoi on a\'ait juge'
est froide; il pleut. Au bout d'une
avant
l'arrivée
dt' Béal. Il me fiiair,
demi-heure, on dit aux gendarmes
a
dit
Savary,
a,'ec
d~s )'eux de lynx
qu'ils vont fusiller un conspiraet
disait:
teur qui ,·oulait rétablir les hor« li y a quelque chose là que
reurs de Rub~spierre et mellre tout
je
ne
comprends pas, Que la comà feu el à sang. Il va venir jusmission
ait prononcé sur l'a\'eu du
qu'à cinq pas d'eux . Le signal de
duc
d'EngbiC'n,
cela ne surprend
faire: Feu! sera donaé par un
pas .... Mais enfin, on n'a eu cet
officier qui enlèvera brusquement
aveu qu'en procédant au jugement
son chapeau. li fait si noir qu'on
qui ne devait avoir lieu qu'après
ne voit pas à un pas devant soi.
que Réal l'aurail inlt-·rrugé sur un
Un gendarme observe tout haut
pomt qu'il nons im11orte d'édairque l'épaisseur de la nuit ne percir
.. .. )&gt;
met pas de tirer; il lui est réEt
il répétait encore:
pondu qu'il y sera remédié. Cha«
li y a lt, quel4ue chose qui
cun se tait.
me surpass~ .... Voilà un crime, el
rendant ce temps le duc était
qui
ne mène à rien I J&gt;
couduit du logement du commanQuand il apprit que le prince
dant (au-dessus de la porte du
avait demandé à le voir, son étonBois) au pavillon du fioi, puis par
nement redoubla que l'on t-Ûl passé
des détours, à la tour da Diable,
outre. Puis il se tul longtemps et
où se trouve encore le seul escalier
MoYLOf'.
fit plusieurs !ours da11s sa biblioouvrant sur les fossés.
Ramené de Russie par le duc d'En~hien, il le suivit d'Ettènheim jusqu'au fossé
thèque, les mains croisét::s derrière
Vers trois heures du matin, au
de Vincennes, et fut recueilli parle marquis de Béthisy.
le dos, jusqu'à cc tiu'on annonçat
brait d'une !roupe qui approchait,
Réal. Il écouta ses explications,
le piquet se divisa en deux peloéchangea
quelques
mots avec lui et rt!tomba
A six heures, à la porte Sainte-Antoine, il
tons de huit hommes, toujours dans le plus
dans
sa
rêverie.
grand silence. Un officier de la gendarme- rencontra la voiture de Réal; le conseiller
La lecture du procès-verbal du jugemeul
rie d'élite, enveloppé d'un manteau, &lt;)'a• d'État, en grand uniforme, bas bleus et boufut
un nouveau sujet de pei11e pour lui; les
cles
aux
soulit"rs,
se
rendait
à
Vincennes
pour
vança; il était suivi du prince que l'on fit
arrêter à cinq pas au plus dt.!s gendarmes. interroger le prisonnier; il tenait à la main formes légales n'avaient pas été observées.
Cet officier lenait une lanterne sourde, Jour- les instructions dictées par le Premier Consul Les irrégularités et les omissions qu'il y renée du côlé du dur. Drrrière lui apparut une et remises chez lui la veille. 11 faisait roule marqua l'obligèrent à le [aire rédiger de
fosse rraîchement ou\'erte; le prince ne pou- du côté de Vincennes et avail l'air très pressé. nouveau. Quoique lt! Premier Consul ne mil
pas en doute que le duc d'Engbien ne fùt
&lt;f Et où allez-vous donc7 lui cria Savary
vait pas la ,·oir. L'officier, à la clarté de sa
condamné, il a\'ail dû laisser le jugement à
lanterne, lut au prince l'acte d'accusation nt en faisant arrêter sa voiture.
l'appréciation
de la commission militaire. Si,
- Je vais à Vincennes, répondit Tiéal, en
la sentence. Le condamné demanda à voir
comme
on
l'a
dit, la condamnation avait été
Bonaparle et à lui parler. L'officier lui ré- s'approchant, et j'y vais par ordre du Preimposée,
on
n'aurait
pas négligé d'instruire à
mier
Consul
pour
interroger
le
duc
d'Enghien.
pondit doucrment que cela ne se pom·ait pas.
l'arnn1:e
la
commission
des formalités pres- Que dites-vous 1 Le Prr1mC'r Consul ne
Alors le duc demanda à lui écrire; l'officier
crites
par
la
loi,
formalités
qui- se trouvèrrnt
opposa le même rdus. Enfin, il exprima le i:ait-il pas que le duc d'Enghien a dù être
ignorer
le
président,
les
juges,
le major rapdésir de mir un prêtre et de recevoir les se- jugé cette nuit 7 li vient d'être condamné et
porteu(.
On
peul
dire
que
le
jugement
fut
cours de la religion; il insista, disant que cxécurtS.
- Mais comment cela est•il possiLle 1 rendu sur un tambour. C'est un motif de
c'était l'aflaire J'une heure ou deux. L'oflirier,
d'une voix trisle, réponJit CfUe srs ordrrs élaient J'avais tant de 4uestions ~l faire au prince! plus de regretter l'incurie du président qui
Son interrogatoire pouvait découvrir lattl de ne crut pas devoir transmettre au Cmsul la
positifs. Et le prince, au désespoir, s'écria:
choses! Enc11re une affaire manquée el dans demande d'audience du duc; en quoi il se
et Combien il est affreux de périr Je b
laquelle 011 ne sau1·a. rien . Le Premier Consul fùt fait grand honneur et eût peut-être éparmain des Français! )l
gné au Premier Consul Je redoublement de
Dans l'instant, l'orficier saisit son chapeau sera furieux! D
Il~ rentrèrent à Paris. fléal ~rn1it attendu haines dont cet acte devint le prétexte.
et rn découvrit: huit coups de feu partirent.
D.rns le moment, Bonaparte parut comme
Le duc tomba foud,oyé et fut placé tout ha- toute la nuit le major Dautancourt à 11m il
billé dans la fosse préparée. L'ofticier ne sc devait remettre les pièces el qu'il devait con- allt'rré par ce concours de circon~tances adretira que lorsqu'elle fut comblée. A ce mo- duire à Vincennes. Mais Dautancourl n'avait verses. Tl écoula jusqu'au bout les explications de Réal; puis, sans un mot de désapment des aboiements lugubres relentirent et pas été prévenu .. ..

. ______________ L1;s

lNDlSCJfÉTIONS D'UN PH,,IffE.T DE PoLlCE DE NAPOLtON

VUE DES RE\IPARTS DE VINCENNES, LE21 MARS t&amp;q,A 4 HEURES ET DEMIE DU MATIN.
Dessin de L. RE:ilER.

--

.

�111STOR,.1.l!
probation ou d'acquiescement, il prit son chapeau et dit : c( C'est bien! &gt;J
On l'entendit monter lentement les marches
de l'escalier qui conduisait au petit appartement qu'il occupait au-dessus de sa bibliothèque; il s'y enferma et resta longtemps
sans reparaitre.

La conviction de ceux de ses intimes qui
suivaienl près de lui· la marche de ces événeuements si rapides, fut toujours que, satis-

fait de l'humiliation inOigée à ses ennemis, le
parti de la clémence l'eût emporté, si le prince
avait été-a1m•né devant lui. Le mal étant devenu sans remède, il acCf'pla hautement l'entière re~ponsabilité de l'acte; il se refusa à
dé~a\ouer tous ceux qui avaient trnu un rôle
dans cet évém•ment. li ne voulut mème pas
recevoir ou donner des explications sur les
motifs de l'arrivée trop tardive de néal à Vincennes. D'ailleurs comment ses ennemis auraient-ils arxueilli ces explications? ll 'prit
la fière résolution d'engager son enlière

A la nouvelle de l'événement de Vincennes,
la Rus~ie protesta contre la violation du droit
des gens et Ja cour prit le deuil du prince.
Talleyrand, qui avait donné un bal trois jours
après l'exécution, écrivit aux ambassadeurs
français qu'il fallait repousser avec moquerie
ces protestations, et Bonaparte dit publiquement qn'il ne supporterait pas la morgue et
les impertinences du Czar. Les journaux parisiens reprirent le récit de l'assassinat de
Paul Jer et accusèrent Alexandre de vivre au
milieu des assassins de son père.
Plus tard, à la paix de Tilsitt, en 1807,
Napoléon choisit intentionnellement pour amùassadeur à Pélersbourg Savary d'abord, puis
Caula.incourt, à cause de Jeur parlicipilation
à l'affaire du duc d'Engbien.

tait finir l'affaire de Périgueux, en exposa
sommairement, mais très vh ement l'objet.
Le comte de 1'oulouse l'appuya de ce ton
froid el d'indignation qu'un déni de justice
donne à un honnête homme. Tout le monde
tourna les yeux sur le duc de Noailles qui dit
en balbutiant que cette affaire exigeait beaucoup d'examen et que des ohjets plus importants l'avaient empêché d'y travailler. Le
comte de Toulouse el Saint-Simon répliquèrent qu'il n'y avait rien de si important que
d'éclaircir des accusations vraies ou fausses
qui depuis trois mois retenaient des citoiens
dans les fers. Le Régent ordonna donc au duc
de Noailles de rapporter celte affaire dans
huitaine. Noailles arriva huit jours après au
conseil avec un sac très plein. Saint-Simon
lui demanda si l'aOaire de Périgueux y était;
Noailles répondit avec humeur qu'elle était
prèle, qu'elle viendrait à son tour, et commença le rapport d'une autre, puis d'une
autre encore. A la fin de chaque rapporl,
Saint-Simon demandait toujours: fi:/ /'affaire
de /&gt;àiguc-ux? ,C'était un jour d'Opéra où le
Régent allait toujours en sortant du conseil;
et Noailles s'était flatté d'amuser le bureau
jusqu'à l'heure do spectacle et peul-être à la
fin de faire oublier Périgueux. Enfin, l'heure
de !'Opéra étant arrivée, Noailles dit qu'il ne
restait plus que l'affaire en question, mais
que le rapport en serait si long qu'il ne rnulail pas priver M. le Régent de son délassement et se mil tout de suite à serrer ses papiers. Saint-Simon, l'arrêtant par le bras et
s'adressant au Régent, lui dt'manda s'il se
souciait si furl de l'opéra, cl s'il n'y préférerait pas le plaisir de rendre ;ustice à des

malheureux qui l'imploraient. Le Régent se
rassit et consentit à entendre le rapport.
Noailles l'entàma donc, aYec une fureur
concentrée, mais Saint-Simon, qui était à
côté de lui, avait l'œil sur toutes les pièces,
les relisait après Noailles, et suivait le rapport avec la défianee la plus affichée et la
plus outrageante. L'affaire élait si criante
que Noailles conclut lui-même à l'élargissement des prisonniers, mais il voulut excuser
Courson el s'étendit sur les servires de IlasYille, son père. Le pétulant Saint-Simon l'interrompit en disant qu'il ne s'agissait pas du
mérite du père, mais de l'iniqui1é du fils,
et, en opinant, ajouta qu'il fallait dédommager les prisonniers aux dépens de Courson,
le cba~ser de l'intendance, et en faire une
ju:;tice si éclatante qu'elle senit d'exemple à
ses pareils. Le Régent dit qu'il se chargeait
du dédommagement, qu'il lavernil la tete à
Courson qui méritait pis, mais donl le père
méritait aussi des égards; qu'il cassait cependant les ordonnances de Courson avec défeme
de récidiver. Saint-Simon demanda que l'arrêt
fùt écrit à l'instant, n'osant pas, dit-il, s'en
fier à la mémoire du duc de Neail/es; et le
Régent l'ordonoa. Noailles, tremlilant de fureur, pouvait à peine tenir sa plume; SaiotSimon, pour le soulager, se mit à lui dicter.
Quand Noailles en fut à la cas~a1ion des ordonuances el à la défense de récidiver, il
s'arrèta : Pow·s11ivez donc, lui dit Saint-Simon, tel est l'arrêt. Noailles regarda tout le
conseil pour voir s'il n'y aurait point d'adoucissement. Saint-Simon interpella toule la
compagnie qui fut là-dessus d'un avis unanime; ainsi finît l'affaire de Périgueux.

1

Un déni de justice

Courson, intendant de .Bordeaux, élail le

fils de Lamoignon de Gasville, le despote du
Languedoc, et avait élé intendant de Rouen.
Le brigandage de ses secrétaires et l'arrogante prétention qu'il leur donnait avaient
pensé le faire lapider à nouen donl il élail
d'abord intendant. li fut obligé de s'enfuir el
le crédit de son père le fil passer à l'intendance de Guienne. L'esprit du despotisme
qu'il avait puisé chez son père, sans en avoir
Ja capacilé, le porta à imposer des taxes de
son autorité privée. La ville de Périgueux lui
porta ses pl 1intes et, pour réponse, il fit
mettre en prison les échevins. La ville envoya
des d~putés à la Cour réclamer contre la tyrannie; mais ils furent plus de deux mois à
assiéger le cabinet du duc de Noailles, sans
pouvoir passer l'antichambre. Ce ministre,
ami de Courson, voulait, à force de lougueurs,
relmterces malheureux.D'ailleurs, une maxime
des l)Tans et sous-tyrans est de donner toujours raison aux supérieurs. Par bonheur, le
comte de Toulouse, parfaitement bonnète
homme, entendit parler de !"affaire. li en
instruisit quelt1ues_membres du conseil de
régPnce et particulièrement le duc de SaintSimon, ennemi juré du duc de Noailles, et
qui meltait à tout la plus grande vivacité.
Le premier jour que le duc de Noailles
vinl rapporter au conseil de régence, le duc
de Saint-Simon lui demanda quand il comp-

qui se faisait en France sur celle affaire, il
rouvrit son testament et y ajoula une nouvelle proteslalion et l'affirmation absolue
que, dans le même cas, il agirait encore de

reI-ponsabilité, de tout assumer sur lui.
Toutefois, trois jours plus tard, le 24· mars,
ayant appris qu'on murmurait _beaucoup à
Paris, il se rendit au Conseil d'Elal et parla
des derniers érénemcnts. li prit de suite la
parole : « Que la France ne s'y trompe pas!
dit-il, elle n'aura ni paix ni repos jusqu'au
moment où le dernier individu de la race des
Bourbons ~era exterminé. J'en ai fait saisir
un à Ettenheim; quel droit des gens ont à réclamer ceux qui ont médité l'assassinat, ceux
qui l'ordonnent et le paient? Et l'on me parle
aujourd'hui d'asile! Quelle hadauderie! C'est
bien peu me connaitre. Ce n'est pas de l'eau
qui coule da11s mes veines, c'est du sang! li a
fallu faire voir aux Bourbons, au Cabinet de
Londres, à toutes les cours de l'Europe, que
ceci n'est pas un jeu d'enfant. 1)
li fit mieux: malgré les attaques les plus
furieuses et les cris de rage, il s'imposa à
lui-même le silence. A Sainte-llélène, deux
iours avant de mourir, sachant tout le bruit

...., 38

w-

,.L~.'[{-"~

~

FRANTZ FUNCK-BRENTANO

.,.

mème.

DUCLOS.

~

, .

L'Ajfaire du Collier
XXI'(

La Bastille (suite) .
.\ Versailles la cour était hostile à la
reine. La noblesse et le clergé poussaient des
cris ai;rns à propos de l'arrestation retentissante du 15 août et cropient devoir se solidariser avt&gt;c l'un de leurs principaux représrnlants. &lt;! A la ville, dit la Correspondance
secrète. on accusait Mme de la Motte et le
C:lrdînal; mais à la cour on accusait la reine. n
Enfin le Parlement!. entraîné par le jeune et
fougut&gt;ux Duval d'F:prémesnil, se prononçait
ouvertement en faveur de celui qu'on appela
immédiatement &lt;I une illustre victime )&gt; de
l'arbitraire royal et des infrigues ministérielles. L'arrestation du 15 août était proclamée un coup de force et une illégalit,:.
cc On se récriait contre un acte aussi absolu
de despotisme que l'était celui de l'enlèvement de S. E. le prince Louis de nohanGuéméné, queq uelques per~onnrs attrihuaient
à l'animadver:,Îon parliculière d'un ministre
empressé d'exercer sa vengeance 1 • &gt;J
!!me de la Motte arriva

a la

Bastille le

20 août, à quatre heures du matin. Avec la
Yivacité de son esprit elle avait dès le premier
moment bâti tout un système de défense,
unissant ses rancunes, ainsi qu'elle le fit
toute sa vie, à ce qu'elle croyait son intérêt.
On a dit sa rivalité avec Cagliostro. Elle n'avait
pas lardé à démêler que l'alchimiste la desservait dans l'e~prit du cardinal. D'autre part,
ce personnage étranger, parlant mal le français, bilarre d'allure, doublement suspect en
qualité d'ale bimiste et de franc-maçon, dépensant des revenus immenses dont per~onne
ne connaissait la source, et soupçonné de
pratiquer l'e::-pionnage, lui paraissait l'homme
à endosser les responsabilités. Elle le charo-ea
dès son premier inl errogatoire. Le 25 :loÛ.t,
Cagliostro et sa femme étaient embastillés.
cc Le. comte de Cagliostro, écrit Hardy, arrivé
depuis peu dans la capitale où il faisait étalage de prétendus secrets et d'un charlatanisme de nouveau genre, passant d'ailleurs
pour espion, vient d'è1re arrêté avec son
épouse soi•disaut maîtresse du cardinal. n
Mme de la Motte se montrait donc rassurée.
Son mari et Rétaux étant en fuite, il était
1. Gau:lle d'Amsterdam. 27 sept. 1785, conrirmêe
par !es ~lèmoires de lime C:ampar,.

difficile d'apporter contre elle un témoignage
probant. Le car~inal avait négocié directement . a,·ec !es JOailli"rs. La pii':ce si~née
n Mar1e-Antomette de France &gt;&gt; était tout enti~re de son écriture, hors la signature contrefaile par flétaux. C'est entre ses mains que
le collier avait été remis. Mme de la ]lotte ne
s'~larma que le jour où elle apprit qu'on faj.
sa1l chercber nétaux de Villette hors de
li'rance. Vergennes réclamait son extradition.
A celte nou\'elle elle vit l'urgence de faire se
sauver la d'Oliva. Si Ilétaux était sai~i il
pourrait indiquer le nom de la firrurante et
0
•
l'accord de leurs dépositions deviendrait
écrasant.

me relient captive et la même main qui me
frappe peut mettre vos jours en danger à
cause de la scène du Bosquet, si vous ne sortez de France. l) Nicole, effra)·ée, partit de
suile avec son amant, Toussaint de Beausire,
et gagna Bruxelles:;. Elle s'y installa sous le
nom de Mme Genest; mais la famille de
Rohan, qui mettait la plus grande ardeur à
-répandre toute la lumière possible sur l'instruction du procès, ne tarda pa~ à l'y retrom·er. L'abbé Georgel écrit à Vergennes
dès le 12 octobre 1785, au nom des princes
et princesses de l\obao, réclamant l'assistance du _ministre d~s Affaires étrangères
pour obtemr l'arrestation et l'extradition de
la fugitive. Vergennes s'empressa de rédiger
une dépêche sur ce sujet pour llirzinger,
chargé d'affaires du roi de France auprès du
L'extradition de la baronne d'Oliva gouvernement des Pays-Bas autric-hiens. Dam
et du chevalier de Villette'.
la nuil du 19 au 20 octobre 1785, la pauvre
petile Nicole fut arrêtée à Bruxelles avrc son
Du fond de la Bastille, Mme de la Molle ami et incarcérée dans la prison dite Treutrouva le moyen de faire tenir un avis il renberg. LPurs effets furent mis sous scellés.
Le comte de Belgioioso, ministre au gouvernf'ment des PaJs-Bas autrichiens et le conseiller au conseil privé, Reuss, s'étaient montrés et continuaient de se montrer d'une
complaisance surprenante. Nicole était donc
en prison; mais voici que rnrgit une difficulté. L'extradition était contraire aux privilèges du Brabant. Quel embarras! li se trouva
heurem:emf'nt un moyen de lever l'obstacle:
• Pour aplanir (ces difficullés) écrit le ministre des Affaires étrangères à l'abbé Georgel_ le 2_4, octobre, o? suggf're un expédient
qm a ete quelquefois employé avec succès.
Ce serait de déterminer ces prisonniers à demandtr f'Ux-mêmes leur translation pour
aller 1,e défendre en personne à Paris. l&gt; A
cette fin, il serait nécessaire d'envo)"er ~
BruxellPs une personne de confiance ou un
ins_pecteur de police hahile et expérimenté.
Th1roux de Crosne proposa ..J.'inspecteur des
mœurs Quidor, et celui-ci accepta Ja mission
d'aller démonlrer au lapin qu'il était de son
intérêt d'être mangé.
CHARLES DUVAL o'EPRfMESNIL.
Arrivant à Bruxelles, Quidor vit d'Oli\'a à
Gravure de LEvActti::z.
la prison Treurenberg. Mais il la lrouva rétive. Cette mauvaise petite tète n'était riPn
moins que disposée à réclamer elle-même
Nicole d'Oliva, rue Neuve-Saint-Augustin, où son extradition. Elle avait tout au contrairf'
celle-ci était allée demPurer depuis le 1er juil- introduit une requête au Conseil du Brabant
let. « Une calomnie atroce, lui mandait-elle, protes1.1ut contre son arrestation illégale et

xxrn

2. D'après les documl'nts conserves dans les A1·ch.
des Aff. llrang., !lém. cl doc . , France 1300 cl 1400.

_3._ L pmepo~t. pou~ Dru:i:cllc!l fut déli"ré p,,r te
rr,1mstè1~ deF Afü,ues clrangèrcs 1e ~5 H'Jll, J ,i&lt;5 .

�• - H1STO'J{1A
demandant - eùL-on imaginé cela? - sa
liberté. &lt;( Au premier coup d'œil, écrit Quidor, j'ai reconnu la demoiselle d'OHva pour
èlre inscrite chez moi depuis longtemps sous
le nom de Signy. Elle n'a jamais joué un
grand ràle, même comme fille galante. Je la
crois plus bête que coquine et méchante. n
Le comte de Belgioioso et le conseiller
Reuss, const&gt;iller au conseil privé de l'archiduchesse. continuèrent de prêter leurs bons
offices . Qnidor fut éloquent. Beausire faisait
tout ce que voulait sa mailresse et celle-ci
faisait tout ·ce que chacun voulait. Si bien
que les deux captifs finirent par rédiger le
mémoire qui suit :
La demoiselle )l:irie-~icole Le Gu:iv el le sieur
Beausire, arrèlCs en celle ville penda~,t la 11uit ùu

19 au 20 rle ce mois et dêtenus dt&gt;puis cc temps à
fa prison dite Treurenbcrg, ont l'honneur d'expoic1· très respectueust'ment à Son Excellence ~I. le

comte de Bel;!_ioioso que, ne connaissant pas le
genre de délit pom· lequel ils sont arrètés el leur
présence devenant absolu111ent nécc~saire ù Paris,
ils prennent la respcctueus&lt;1 liberte de supplier
Son Excellence de vouloir bien faire lever l'ordre
l'll îerlu duquel ils se lrouvl'nl détenus en ladite prison de Treurenbcrg et de leu!' accorder
leur liberté, que leur conduite à Bruxelles n'a pu
leur faire ôfer, déclarant au surplus renoncer formdlemcnt cl désavouer autant que besoin la requête présentée par ladite demoiselle l\icole Le
Guay, le 29 de cc mois, au Cunseil souverain du
13rabanl, i1 la charge du sieur Carton, lieutenant
&lt;le polit·c de celle ville, et s'en rapportant enliè1cmenl, pour la gdce 11u'ils sollicitent, aux bontés d'un mini!:tre aussi bienfaisant que celui dont
ils ont en celte ocrasîon sollicilé la justice et la
clemeoce. fait à Bruxelles, le 5 t octobre l i83 1 •

« En suite de quoi, poursuit Quidor, je
n'ai eu besoin que d'un peu de finesse et de
prudence pour sortir la d'Oliva et Beausire
des terres de l'Empire et _les amener à la
Daslille. »
Les malheureux jeunes gens se virent en
outre dépouillés de l'argent et des effets qu'ils
avaient emportés, &lt;1 J'ai, au surplus, autorisé,
écrit Vergennes à Breteuil, à acquitter les
ftais occasionnés par la détention des prisonniers à Bruxelles, à 1a déduction d'une
somme qui a été trouvée sur Beausire lors
de son arrE'station. JJ On ne se contentait pas
de faire solliciter par le lapin la faveur d'être
mangé, on lui faisait encore pa)'er la sauce.
Or Beausire était entièrement étranger à l'affaire du Collier, il n~ fut mème pas dans la
suite appelé devant le Parlement.
Restait à récompenser le comte de Belgioioso et le conseiller Reuss de leur bon
vouloir. Pour le conseiller au Conseil privé de
l'archiduchesse, Quidor propose crûment, dans
u11e lettre au minislre, de lui donner 50 louis.
Vergennes se dêriJa pour une tabatière en
or. &lt;( Vous voudrez bien, écrit-il au chargé
d'affaires J-lirzinger, témoigner ma sensibi1. Arclt. des Aff. élrnng., 11~m. cl doeum. ,
France l:'1!)9, 1' 273.
2. l.cllrc en date du 20 mars li86, adressée i,
Tronchin, minl,ti·c de la llépuhli&lt;pic de Gcnè\·c auprès du roi tic Fram·r, ('l communiquCc pal' celui-ci à
Ycrgr1_1nes, Arc/1. cles Aff. élrang:, llém. et docum.,
France 1400, f"' ti!)-74: cf. :iu St1Je l d,i relie lcllrc,
Bibl. 11af. , ms. Joly de Fleury 2U88, r• 23.t
0

"·------------------------------------ L' AFFJll~E
lité à cc sujet à M. de Reuss et l'engager à
accepter une tabatière que je vous envoie cijointe. Vous la lui remettrez de la part .du
roi comme une marque de salisfaction que
Sa Majesté ressent de sa conduite et de ses
bons offices. l)
Rétaux de Villette s'était réfugié à Genève
où il virnit caché sous le nom de Marc-Antoine Durand. Ce fut encore l'in!-ipecteur Quidor qui fut chargé de le découvrir. li obtint
des syndics l'ordre d'arrestation, laquelle se
fit le 15 mars 1786. Oans sa prison, à Genève, Rétaux rt&gt;ÇUt plu:-.ieurs fois la visite de
l'auditeur Bontems. Nous avons une relation
détaillée de Ja conversatwn que celui-ci eut
avec le prisonnier ainsi que des interrogatoires que les syndics avaient ordonnés.
Bontems était parvenu à gagner la confiance de Rétaux.
« Ma prison ~era-t-elle longue? demanda
CPJUÏ-Ci.
- Je l'ignore, répondait l'audileur, votre
élargissement ne dépend pas de moi.
- A Paris, le Parlement m'a-t-il décrété?
- Mais, comme vous a\·ez l'air inquiet,
disait Bontems, il semblerait que vous êtes
entré bien avant dans les intrigues de Mme de
la Moue?
- Il est permis de n'être pas tranquille,
lor~qu'on a compromis la reine dans sa personne et dans sa signature.
- Que dites-vous là, insista Ilontems.
Seri,z-vous impliqué dans ce qu'a fait la demoiselle d'Oliva? "
A ce nom, fiétaux eut un sursaut, suivi
d'un grand embarras.
« La d'Oliva serait-elle arrêtée?
- RIie est à la Bastille.
- M'a-t-elle nommé, le savez-vous? En
a-t-on parlé dans le public? Celle _fille seule
peut me compromettre, car je suis bien !:=Ùr
que Mme de la !lotte ne me nommera pas.
Mais si cette fille a parlé, je suis un homme
perdu'! »
Rétaux de Villetle fut écroué it la Bastille
le 20 mars 1786.

XXYIII
A la poursuite du comte de la Motte'
Nicole d'Oliva et Rétaux de Villette étant
arrêtés, il ne manquait plus que le comte de
la Molle pour que le Parlement eùt sous les
vt&gt;rrous de la Bastille tous les acteurs de l'intrigue. La capture du mari de !eanne devait
être de la plus grande importance, car ses
dépositions eussent contribué à mettre la vérité en pleine lumière. Aussi l'abbé Grorgel,
porte-parole des flohan, talonnait-il les miuistres, les pressant dcl faite leurs eOOrts
3. Documents contenus dans le. m&lt;1. )lém. et docum .•
France 1400, aux Arch. des AD'. élra11g. , en parliculièr le rapport 1ti juin HSti) (fo lïuspecleur Quidor
tf·• '.l26-227 ) ; - ra.ppol'l d·un nommê Le fü:l'cic1·
ragent de la police fran\·aisc j, puhl. par Peuch, l,
,\[/moires lfrés des Arcltivrs de la 1mlice, Ill, lil1ia; - lcll rcs de l111ha1~ i, Targel, Bibl. L'. de Par!·s,
ms. de la rCscrrn; - ,!eclaral1on sous sel'mt"nt fo1tc

pour parvenir à l'arreslation du fugitif; mais
l'extradition ne s'obtenait pas en Angleterre
comme en Belgique et en Suisse. Aucun pa)'S
ne se montrait plus jaloux de son droit
d'asile.
On eut tout à coup une lueur d'espoir. Le
comte d'AdhPmar, ambassadeur de France en
Anglelf'fre, venait de transmPltre à MarieAntoinetle une lettre datée d'Édimbourg du
20 mars 178G, signée d'un certain Fraeçois
Bénevent, dit Dacosta, ~ maître de langues
modernes n, qui s'offrait, moiennantfinances,
à livrer, non seulement La Motte, mais les
diamants dont il était porteur.
&lt;&lt; Ma situation, disait-il, m'oblige à un pas
auquel mon cœur répugne; mais si je sacrifie
le comte de la Moue-Valois, je ne fais que
donner une viclime à la justice en rf'Jevant
ma pauvre famille, pendant qne tant d'autres
devitinnent grands et riches en ne sacrifiant
que des innocents. »
Bref Bénevent offrait de livrer La Molle et
son trésor moyennant la somme dP 10 000 guinées qui représentaient plus de 260 000 franc,.
Vergennes rfpondit au comte d'Adhémar
en date du 4 avril : la reine elle-même lui
a,·ait remis la leltre de Béneveot; le roi consentait à ,·erser 1es JO 000 guinées demandées
&lt;'Ontre livraison du comte de la Motte :
1000 guinées seraient payables d'avance et,
pour le restant, toutes garanties seraient données jusqu'au moment du versement intégral
h eflectuer le jour où le comte serait remis
en lieu de sûreté, à Dunkerque, à Calais, à
Dieppe, au Havre, ou rn quelque ;iulre port
des côtes françaises. Le minü,tre recommandait cependant à l'ambassadeur de procéder
de façon qu'on ne pût présumer qu'il eùt autorisé l'enlèvement en Ang-leterred'un réfugié•.
Depuis son arrivf\e à Édimbourg, le comte
de la Motte et Georges, son domestique, prenaient leurs repas chez un CE'rlain Boile, qui
y tenait un établissement assez fréquenté.
Bénevenl Dacosta, italien d'origine, y Yenait
sou,,ent. C'était un vieillard de soixante-dix
ans, de belle figure, l'air ouvert et parlant
beaucoup.
« Vous devriez, dit Georges à son maitre,
faire venir cet homme ici sous prétexte de
vous pnfectionner daas la langue italienne.
Comme il fréquente les meilleures familles
de la ülle, il rntend raisonner sur l'alTaire
qui vous intéressE', et sous ce rapport il serait
possible qu'il vous fût utile. &gt;&gt;
Le comte ne tarda pas à comprendre qu'il
pouvait tirer du vieux professeur un parti
plus imµortant. Dacosla était marié à une
Française beaucoup plus jeune que lui. La
Motte vint demeurer avec eux. Il se donna
pour leur neveu, t:hacun le regarda C'Omme
tel, et il se trouva abrité de la sorte au sein
d'une famille dont il paraissait faire partie
intégrante et qui le garantissait contre les
le 5 avril 1786 par ~larle-Brnjamine Grillon, femme
de 8ént•\'Clll llacosla, pul&gt;l. daus les Mémoires du
comte de la Jlolle, Cd. J.acour, ·fl· 153-5:'I, cl d:ins la
rie de Jea1111e dt: Saint-1/émy, Il, ~80; Mémoire,;
du comte de la .l/o!le, dans lem doul&gt;lc rédaction:
l'une. publiée par l.ouis 1acvur (Paris 1H58); 1'11utre,
conscnèc aux Archivr.s 11ationales, P 67,0i, .\17271.
i-. Arclt, desAff. étra11g., France HOO, f" ~9-90.

DU COLLTE~ - -..

recherches toujours reduulées. Il ne pourait une Yille fort agréable, écrit-il, sur Ja Tine, il compromf'ttrait sa ,,ie sur le pavé de Paris,
plus èLre signalé que par Dacosta. li pap les à d"ux lieues de la mer : il y règne un grand tant que l'occasion se pré,enterait, mais qu'il
dettes du vieux ménage, lui fournit de l'ar- mouvement en raison de ses mines de connaissait le danger d'opérer en Angleterre
grnl, congédia l'interprète qu'il s'étail allaché charbon. &gt;J
et qu'il ne voulail pass'e.xposcr à être pendu. )l
et, meltant tuute sa confiance
L'amhassadeur s'efforça de le
en son hô1e, crut de ce jour
ra!SUrer, pui!:-, de commun acpom'oir viHef'n :-écurilé. Nous
cord avec d'Aragon, on précisa
venons de voir ce qu'il en adla ligne de conduite à suivre.
vint.
" Le capitaine (du cba,bonLe comte d'Adhémar fit ,anier), sous prétexte de chargevoir à Oacusla que s.a propomt'Ill de charbon qu'il fera
silion él~IÎl agréée. Le 7 avril
réellemPnl, s'informera des
1786 il eharg&lt;'a Sibille d'Arausages du p1,rt et assurera du
gou, son pr, niier secrétaire, de
cà:éde la mt1r tous ses mO)'f'ns
l'exécution du projet dont cede départ. Quand le terraiu à
lui-ci traça le plan. D'Aragon,
Shields aura été bien reconnu,
anci.. n olficier, qui avait scni
le capitaine et l'im-pecteur paren Amérique sous les ordres
tiront pour Uunkerque, où
de fiochamhPan, élait homme
l'inspeetPur trourera deux de
d'action. Bénevent obtiendrait
ses records qu'il embarquera
de la Molle qu'il quitlàt Édimtout de mite avec lui, sur le
bourg en lui persuadant qu'il
pdit bâtiment qui fera voile
n'y était plus t&gt;n sùrdé. Il se
pour Shit"Jck Le second inrendrait avec lui à Newcastle,
~pecteur de police resté à Lonsur la T1•ne, daus le Nor1humdres se rendra alors par terre
berland, d'où il ne serait pas
à Sbield~ avec M. d'Aragon.
difficile de faire venir le corole
L'on enverra chercher Bénevent
au port de Shit•lds. Deux in•
et font le monde se concertera
•
specteurs de police vrnus du
dans un lieu qui va ètre con(1,r. itn-v th:i,Q,.,j~,';_ ,k / J, ,t, .f,[;;u',111tl ,).( A.,,1.a,._ 11&lt; •
Paris à Londrt's et de LondrlS
venu au premier voyage dm..,,,i, fi,/.,.._'/._, ,1,,'.,,; ,.,.[;,,.,_, d./,._4,"')4,,/,{k
à Nrwcastle seconderaient l'lta1iné à la. reconnai:'lsance des
Jicn; d'autre p;irt, deux autrt&gt;s
lieux. &gt;&gt; .\ux inspecteurs cuxol'îiciers de police viendrait'nt
111êmes la réussite semhle à cc
jusqu'à Shield.,, par mrr, dans
momeut cert:iine. Dacosla est
un vaisst'au d1arbonuier, dont
appelé à Londres pour fixer
LETTRE ADRESSÉE PAR LE BARON DE BRETEUIL A ,'\[. DE LALNAY,
l'équipage, composé de cinq à
les derniers points. L'ambasGOUVER'-EliR DE LA BASTILLE, LE JOUR DE L'ARRESTATION DU CARDINAL DE ROHAN.
six hommes Sl'Ult&gt;menf, serait
s:ideur de France et rnn :-.ecréD'après l'original conserve à la Bibliothèque Je l',\i·senat.
d'un dé"ouement mis ù l'étaire eurent avec lui une conprPuve. Les mines de Xewft:rence dans un lîacre; mais il
castle étaic•nt en pleine actin'y avait pas de dame voilée.
vité et il DE' paraitrait pas surprenant qu'un
Le 50 avril, les inspecteurs Quidor et
Le mardi 16 mai. à l'entrée de la nuit, les
,·aisseau français vînt jusqu'à Shields pour y Grandmaison recevaiPot leurs pas.seports pour inspPcteur.s Quidor et Grandmaüon quittèrent
charger du charbon. Au moment voulu, Da- se rendre par le port de Oieppe à Londres. Le Londres en chaise de poste, accompagnés par
costa verserait un narcotique au comte de la 12 mai, l'inspecteur Sur!JOis, accompagné d'Ara/!on. Roulant nuit et jour, ils parvinrent
Motte. Assisté drs deux inspect.. urs venus de d'un ageut de la police nommé Chariot, rece- le jeudi soir i1 Neweastle. On était convenu
Paris:, il le roulerait tout endormi dans des vaient des passeports de leur côté: ils devaient d'un lit·u où Dacosta devait venir. D'Aragon
couvertures, le transporterait comme un frétt&gt;r le vaisseau charbonnier pour Shields. lui écri"it aussitôt, Pt comme l'ltalien ne parut
ballot jusque dans un canot arrivé à la côte, A (Juidor et à Grandmaison étaient assurées pas, il alla lui-mème le chP-rcher. ~lais nos
lequel, en peu de minutes, ahordt'rail le une somme de 50 000 livres et une pension compagnons le Lrouvèrent dans des disposivaisseau charbonnier slationnant en mer: et, en cas de réussite; 1,..s récompenses remises à tions toutes transformées. Il paraissait étonné,
voiles dehors, le vaisseau ci11glerait vers Ja Surbois et à Chariot ne devaient pas ètre infé- contrarié, fàché de voir arriver les inspecFranre. Complots de brigands : ils furent riPures. Un a dit que Bénevent recevait pour tPurs pour terminer une affaire qui, disait-il,
conçus le plus sériem:ement du monde par ,a part plus de 260000 livres. A ces chilTres n'était même pas commencée.
l'ambas~ade de France à Londres, en colla- on peul jugn de )'importance que la cour de
C( Vous auriei dù
Yous presser moins.
boration avec le ministère des Affaires étran- France attachait à faire paraitre devant le répondait-il à d'Aragon, e~ vous auriez reçu
gères et la lieu t,..nance générale de police à Paris. Par]t'meut tous ceux qui pouvaient faire con- ces jours-ci une 1~ure, parlie aujourd'hui,
L'ambassadeur estimait que le plan ne naître les dessous de l'affaire du Collier.
par laquelle je vous mande de venir pour
pouvait échouer.
Le 10 mai, d'Adhémar rend compte dans con&lt;'lure, si vous avez intention, les condiLe 20 avril t786, BéneYentécrivaitd'Édim- une It tlre à Vergt'nnrs de son tnlrevue a\'ec tions que Je vous avais proposées, et concerter
bourg à Sibille d'Aragon : cc Je vous ai pro- les inspecteurs Quidor f'l Grandmai.son arriléS ensuite les moyens d't.&gt;nlevrr le sieur de La
mis de vous annoncer notre départ pour à Londres. Le lieutena?Jt de police n'avait pas Moite ..Je n'ai point encore été à Shields :
Newcastle. J'ai donc l'honneur de vous dire fait connaître à Œ-S derniers, en leur donnant
« 1&lt;\ parce que le sieur de la Molle,
r1ue nous partirons dans le coura1,t de la se- leurs in~tructions au moment dt• leur départ, effrayé d'un paragraphe d'une gazelle d'Édimmaine, sans faute. )) Il ajoutait : (( Je ne l'objvt exact de leur mission. « L'un ùes deux bourg, où on assurait que de faux amis, qui
vous dirai rien &lt;ll's propos infàmes que la inspecteurs de police, écrit l'aruhassadeur, avaient su capter sa confiance, a"aient fait
~loue dit arnir été le11us par le cardinal au m'a montré assez de répugnance pour l'el:pé- marché pour le livrer à la Fiance, m'a obligé
sujet de fa réine : ils mot tels que ma plume dition dont il était chargé. li m'a dit à plu- de partir précipitamment;
refu~e de les tracer. J&gt; La .Molle ,,int à sieurs rt'prises qu'appuyé en France de l'auto&lt;1 2°, parêe qu'arrÎ\'é ici il a préféré y
Newcaslle où il se plut be.iucoup. C! C'est rité et ne craignant personne corps à corps, rester plutôt que d'aller i, Shields;

�_ _ filSTOR,.1.JI - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - « 3°, parce qu'avec un homme bourrelé
de remords. et dont tau tes les idées ,,ariPnt
à cha4ue instant, je ne peux pas mettre trop
d'adresse et de prudence dans la manière
d'insinuer le parti que je désire lui faire prendre, sans
lrop insislt•r d'abord, crainte
de faire naître des soupçons;
&lt;( 4°, parce qu'il faut plu,;
de temp~ que vous ne pensez
pour chercher et trouver une
maison telle que je la veux j
c&lt; 5°, parce qu'il mllurait
fallu 50 guinées pour loner

cette maison t-l la payer d'a-

.

tous les vaisseaux rnnt oblig-és d'entrer,
20 000 rrrntelols qui fourmi11ent sans ccsrn,
des wachmann placés pendant ]a nuit, de
cinquanlc pas en cinquante pas, dans toutes

de Londrrs pour éviter qu'une clôture trop
affichée ne nous rendit suspects.
« Mardi 30, ayant, par une lettre dont
copie est ci-jointe, reçu ordre de revenir en
Franrc, nous sommes partis
dans la nuit, et, arrirés à Ounkeni:uf', nous avons trouvé Surbois (lïnspeeteurqui avait fréré
le vaisseau charbonnier) dont
nous étions très inr1uiets. Nous
avons pris ensemble le chemin
f"u" 'Vou.:L. i)Î,,:, (9.' :l...,1•,•JV ;).tu: 111 ,11) 't:~••h'.,u )\ .._ ,.( ""-· ~
de Paris, désolés que noire zèle
C.o.-•)itdt.. fo. #"Y."''-'-&lt; ·Yu-t,.;."'", ~ t . .r"-.~:1-c,,,,i&lt;.a..
et notre dé\'Ouemeol aient été
sans ulilité'. D

•· •. ;'le,: f-; t.'i,~,; .. j11J111 '~ 11~111·:(
rance, 50 autres pour l'emXXI\
pletlc d,-,s mPubles, et que,
o;:-i .." tic. 111'1 J'
, •.lm, ~c, je.. J'ti(, (l);,h 'I" ·;( l'&lt;&gt;IIL .,;, ,
n'ayanl pas œtte ~omme, j'auLa fuite de Madame
&lt;Vf&lt;.JJnJ. ,..... Î{.. .:...,cl,t·M.-0:~:, &lt;'!) .J-1 J,tiulc, ,1,,~t,.-,
rais élé plus qu'indiscret de
de Courville
ÔcrÎL :ilo/t&gt;r,~,.._,dl,.,;._., &amp;., ,;. lv~•1-t., 1-:,&amp;.1
vouloir l'emprunter au sieur
de b !fotte;
El nous voyons rentrer en
C( 0°, enfin, que m'étant enscène Belle d'Êtienville et ses
gagé à le livrer el sachant que,
compagnons : autres bistoirt s
l'opération ne réussissant pas,
de brigands, de brigands d'Of~
je serai~, le premier, assommé
fenharh.
ou pendu. c't·sltt moi d"assurer
C'est le 15 aoùt que Mme de
le suc,·è~. et ,·ous auriez dù
la ~loue avait commencé à déattendre qui" je vofü eusse anménager ses nwubles de la
noncé la i·hose prête. »
rue Neure-Saint-Gilles. Le lenDans re sixième paragraphe
demain, d'ÉLienville prit la
Dacosta donriait le vrai molif
chaise pour Saint-Omer. Le 16,
de son revirt'mcnt : au moil arrive à Arras où il lrOU\'C
ment d'exécuter la trahison
la prétendue baronne de Cour~
qu'il avaiL pro1elée, la peur
ville qui s'était bà1ée de prenl'avait pris. Dans sa pensée de
dre la fuite de son côté. La
,,ieillard, l'épouv;mte avait rabaronne lui annonce que le
pidement grandi, si bien qu'il
cardinal YÎent d'être arrêté et
n'avait pa:- t;1rM à révéler au
mis à la Bastille. On s'étonna
comte de la !Hte lui-même
dans la suite que Mme de Courle projet qui avait été conçu :
ville eût pu savoir à Arras, dès
la M,,tle ne s'en était d'aille i6 août, que 11ohan avait
LETTRE DE CACHET, CONTRESIGNEE PAR LE BARON DE BRETEUIL, ORDON:\'ANT
leurs pas longuement indigné
été mis à la Ilastille, l'incarL'EMBASTILLE)IE;{T DE ;'\lADA.\IE DE LA MOTTE.
et nos deu '&lt; compères, marcération n·asant eu lieu que
chant à présent de concert, ne
D'aprês l'originai conserve J la bibliolhêque de l'Arsenal.
ce jour-là : il r~t plus que
cherchaieul plus qu'à soutirer
probable que d"Etienville el la
le plus d"argent possible aux
dame se sauvèrent dès qu'ils
envoyés du gouvernement françai~. De fait les rues, des hommes de garde sur chaque apprirent la lui te de lime dela !loue, el que,
Dacosta parvint à se faire verser par d'Aragon Yaisseau, un commis de la douane qui s'éla- devant les juges, d'l~lienville imagina ce déune somme de mille guinées (26 à 27 000 fr.). blit sur les vaisseaux étrangers, depuis leur tail, sans en calculer l'invraisemblance, pour
u Une heure après· (son entrevue avec
arrivée jusqu'à leur départ, pour empêcher ne pas indiquer le ,Tai morif de son départ.
d'Aragon), écrit le comle de la Motte 1, Costa la con1rebande, pas une ~cule maison isolée, En passant à Péronne, d'Étienville y avait
revint avt"C un air de jubilation, tenant à la et la rôle tellement dangereuse qu'il faut mis à la poste la lettre suivante pour le baron
main des billets de banque pour la rnleur de avoir recours à un pilote côtier pour échapper de Fages, qui la reçut le 17 août :
1000 guinét-s. )&gt;
au péril; ajoutez à cela que, depuis un temps
Eh! bien, )lonsieurlf' barou'? encore un retard
Quidor raconte la fin de l'odyssée :
infini, les vaisseaux français ont renoncé à
cc Ne ,oulant pas partir sans sa\'oir si du ces parages parce que ceux qui y hasardèrent pour moi. Je suis comme un fou d'un pareil évémoins l'ttaLli:-s,,ment pourraiL se faire à autrefois des chargements de charbon de nement, ,\ladame (tle Courville) me jure - et je
la crois -. qu'elle n'a point envie d, rompre,
Shields, ou s·y tsl lram,-orlé le lendemain terre en furent la dupe.
et m'offre, pour vous tranquilliser, de payer
(19 mai) avec le sieur Ilénment. Examen foit
C! Nous quittâmes tristement Bénevent, dit
10,000 livres. rous sarez qu'ell~s sont dnes à Vandu lociil lant externe qu'inlerne, la chme en terminant Quidor, pour reprendre la route cher et je ne puis, en les rece~·:mt, foire autrefut jugée impossiLle, Shields 11'est point un de Londres. Le lendemain (20 mai) nous ment que de les lui remettre. Voyez, consullezvillage, mais une ville, ou plurôt deux, si- renrlirnes compte à M. l'ambassadeur, qui votts, rêp ,n lez-moi sou~ l'enveloppe de Rose;;,
tuées à droite à gauche d'une rivière qui a jugea à propos de nous garder encore quel- m,1ison de "· Suin, boulP.1'ard des Gobelins. D'ason embouchure dans Ja mer. Les maisons y ques jours pour attendre l'dfet des promesses près votre leltre. JC saurai ce que je dois dire /1
sont amoncdt.&gt;es el les rues si étroites que du sieur Bénevl'nt, ainsi qne les ordres du Madame qui m'a enlevé comme un corps saint.
les croi::~s plongent les unes sur les autres. ministre, à qui il avait écrit, et il nous con- M. d'Albissy me f,iit des reproches. Je reçois les
deux lettres comme la voilure ét.iit à la porte. fo
Pas d'autrP. port que la rivière, dans la4uelle seilla de faire des courses dans 1es en\'irons profile du courrier, pour vous donnPr des 0011·
1. Confirmé par l'affidavit &lt;le Cc~jaminc Costa et
~- Arc/1. des Aff. élrang., Mêm. cl docum.,
3. Commis cmployC dans un bureau des /inancrs
O.

f

par le rapporl de lïnicpcctcur Quidor.

France 1400, f" 2'lt:i-2'17.

à Paris.

"--------------------------------vclles qui me perccnl le cœur. Demain je vou~
t;cri1-ai. J'aurai peut-être la Lèlc. un peu plus à
moi. Je suis pour la ,·ie votre dévoué serviteur.
1
D ÉTIF.1':VILLE 1•

de Saint-Omer délaissé à Arras par Ja baronne
de Courville, porté jusqu'à Saint-Omer, sa
patrie, où il sPjourna quelque temps, « éparn gnant à la plus tendre des mères la douleur
c&lt; d'apprendre une aussi cruelle aventure n,
de là gagnant Dunkerque &lt;c sans aucun pro« jet que d'y chercber le calme d'une vie
n ignorée D, r~ncontrant à Dunkerque le sieur
de Précourt et le baron de Fages, arrèté par
eux en vertu d'un ordre du roi {! qu'ils re~
f( fusent de lui montrer ».
Les trois compagnons s'étaient agréablement rencontrés à la comédie de Dunkerque,
où l'arrestation se fit &lt;&lt; amicalement &gt;J . C( Nous
vivons avec le sieur Belle d'Étienville,. écrit
Précourt à Vergennes après l'arrestation,
comme s'il était innocent, et nous le veillons
comme s'il était coupable. J'ai cru devoir
prendre ce tempérament pour éviter la longueur de la justice, les frais qui absorbent
tout et comme l'unique moyen d'en tirer le
meilleur parti 4 • 1&gt;
&lt;c On l'a vu, poursuit l'avocat de Loque et
Vaucher 1 - il s'agit de d'Étienville, - toujours rassuré sur son innocence, et pourtant

Les angoisses de Bette d'Étienville durent
redoubler quand Mme de Courville lui dit à
Arras : &lt;&lt; 11 faut quitter la France, nous réfugier à Londres : le cardinal est arrêté pour la
négociation d'un collier de diamants où il a
maladroitement compromis Je nom de la reine.
C'était pour fournir les 500 000 livres promises pour mon mariage. Les diama11ts que
vous m'avez vus provenaient du collier. /J La
baronne de Courville ne voit de salut que
dans la fuite. Elle presse d'Étienville de l'accompagner; mais celui-ci refuse : s'il part
on le croira coupable également. Son âme
est pure. li ne réclame que les 50 000 livres
montant du dédit. &lt;( La demande f'St ju:-te,
dit la dame, etje vous donnerai les 30 000 livres, à Saint-Omer, si vous m'accompagntz
jusque-là. i&gt; - &lt;1 Or \'Oilà qu'arrivés à l'endroit uù les chevaux de la diligence changent,
déclare d'Étie11ville, je vis la dame de Courville retournant vers Paris, accompagnée
d'un homme ,êtu d'une lévite bleue. Je
crus alors qu'elle était arrêtée et con~
tinuai ma routt' jusqu'à Sainl-Omer où
j'appris rff1·ctivement l'arrestation du
rardinalt. &gt;) Quand le baron de Fages
apprit la fuite de son ami, il se déclara
en proie à la plus grande stupéfaction.
Aussi agit-il sans larder. Il s'associa
un sien oncle, le comte Duhamel de Précourt, qui se présente ainsi au public:
C! J'ai l'honneur d"ètre colonel et chevalier de Saint-Louis; je me suis trouvé
dans deux combats sur mer, à trois
batailles, cinq sièges, plus de vingt
chocs ou rencontres, et j'ai fait toute
la dernière guerre civile en Pologne où
j'ai comma11dé. 1&gt; Cl Il s'ensuit, conclut le
Bacltaumont, 4ue c'est un aventurier,
mauvais sujet, que l'on ne doit point
s'étonner de trouver ici. ll Précourt,
qui s'était inslallé au Grand hôtel des
llilords, rue du !!ail, non loin du baron de Fages, avait été mêlé, lui aussi,
à l'intrigue de son neveu à qui il serr4it, avec dïttienville, de caution chez
les marcband.;. Le 19 aoùt, il oblient
du comte dl! Vergennes un sauf-conduit, une leltre de recommandation
pour M. Ilir..:inger, chargé d'affaires de
France à Bruxellfs, et un ordre du roi
pour arrêter d'~tienville 3 • Et, à leur
tour, Précourt et de Fagcs prennent la
diligence {Jour Sainl-Omer, afin de joindre le fugit,I. Le i6 septembre, ils le
trouvent à Dunkerque. L1 suite a été
résumée par l'avocat des joailliers Loque et Vauchcr, mettant entre ~nilleLE COMTE D' ADHËMAR, A..,IBA.SSADEUR A LONDRES.
mets les propres termes dont d'ÉtienD'aprês un dessin deC.r.PMONTnu:. (N1,ste Condt, Cha11/i/Iy.)
ville s'est scni dans ~a défense.
&lt;&lt; On a vu, disent-il~, ce bourgeois
1. Arclt. c/e, Aff. élrang., ~lém. et docum. 1
France 1590, f• 1'23.
.
2. Inlerr. Je llrlle d'Eliem·ille, 'IO janv. 1 i86,

AJ'Clt. ,iat., xi, B/1417.

\"oir aussi déclarnliom contenues dans le dossier

Target, Bibl. v.f:de Parh, ms. de la réser,·e.
3. A1·cl1.. des Aff. élra11g., ~lém. et docum., France
1;00, r• 124, nô".
4. Lettre du comte de Précourl a Yergenncs
d:itéc du 18 ~rpl. 1785, Arclt. des Aff. étro11g.:

se croyant perdu lorsqu'il voit une sentinelle
à sa porte; conduit de Dunkerque à Lille par
la diligence; arrêté à Lille par un de ses
créanciers, qui veut le faire meure en prison;
réclamé par le sieur de Précourt comme un
prisonnier d'État; déposé jusqu'au départ du
sieur de Précourt dans la tour de SaintPierrc, la prison militaire de la ,·ille, oil il
est appe1é Afonseigneur par deux femmes
détenues pour fraude au droit du tal,ac, évaluée à i-ix francs pour chacune; et ol1 &lt;( il
(( n'hésite pas à foire deux heureux en déli{( vrant ces deux femmes ll, ou&lt;( il oublie ses
cr maux pour partager leur joie )J, où «il remer·
&lt;1 cie le ciel de luîavoirdonné uneâmesen~ible. &gt;J
c&lt; On l'a vu passrr de la tour Saint-Pierre
au corps de garde de la porte des malades,
révollé de ce trailement, mais &lt;&lt; résigné ainsi
(( que l'agneau que l'on sacrifie &gt;&gt;.
« On l'a vn avec une forfanterie plus ridicule encore &lt;I fournir de sa bol!rse l'argent
« nécessaire aux personnes qui venaient l'ar(! rêter et payer les frais d'un voyage qui ne
&lt;( lui présentait que Ia perspective d'un avec( nir fort malheureux J&gt;, et l'on sait maintenant qu'il payail avec l'argent d'une
dame d'Aulun à laquelle il avait vendu
de faux sauf-conduits. 11
Détails confirmés par une lettre que
le prince de llobecq, commandant général de la Flandre et du Hainaut, écrit
de Lille à Vergennes, le 22 seµtembrc l 785•. Les créanciers de d"füienville avaient apposté des huissiers aux
portes de Îa ville 1 afin d'arrêter leur
débilcur au moment où il en sortirait. Les recors ne manquèrent pas
leur coup; mais Précourt de revendiquer avec énergie son prisonnier, en
verlu de l'ordre du roi délivré par Vergennes. Malheureusement la letlrf' en
était demeurée entre les mains du
chargé d'affaires à Bruxelles. Le débat
lu L porté devant le prince de 11obecq
quj résolut de garder l'objet du lilige,
d'Eliemille, en prison jusqu'à ce que
l'affaire fùt éclaircie. Finalement Hirzinger envop l'(( ordre du roi n. PrérourL l'emporta. " Eufin le voilà à
Versailles, toujours conduit et gardé
par le sieur de Précourt comme un
criminel.~Mais ici la scène change. Le
fugitif d'l•;tienville, poursuivi comme un
\'Oleur, arrêté par ordre du roi, et le
baron de Fages, qui se prétendait volé,
et le sieur de Précourt, porteur de
l'ordre prétendu, le coupable et les
deux satellites, si divisés jusqu'à présent, n'auront plus que le même intfrèt,
les mêmes alarmes : c'est un triumvirat dont d'Étienville devient le conseil et va diriger les démarches. l&gt;
Le comte de Précourt et le baron
de Fages arrivèrent le 28 septembre à Versailles, avec leur prison-

Mëmuires et documents, France 1390, folio IOI.
5. ûch. des Aff. élrr111g., l!,fém. et docum., France
1390, f•• 107-198. - Cf. Lettre du mtime au maréchal de Ségtn·, ministre de la guerre, iûid., folio

207.

�nier.

"--------------- ------------------ L'

'fflSTORJ.ll
XXX

PrJcourt se présenta à Vergennes.

cc Je ne peux, ni ne veux me mêler de
cette affaire, répm1dit le ministre des Affaires
étrangères. Vous êtes maintenant en France,
tous les tribunaux vous sont ouverts. Vous
pouvez vous y adresser, vous obtiendrez justice. n
Et le ministre insistait pour que Pr1:court
el de Fages menassent leur homme au lieutenant de police. Précourl se rérnlle. ffÉtien-

ville l'a suivi de bonne gràce : ce n'est pas
à la poli&lt;"e qu'il le linera. El il exposait à
d'Étienv1lle que Vergennes, qui connaissait
à présent les dépositions des prisonniers de
la Bastille, ne voulait pas compliquer le cas
du cardinal déjà extraordinairement complif]Ué, qu'il ne désirait pas qu'on poursuivit
l'affaire de la dame de Courville et qu'il
conseillait il d 'É1 ien ville de se réfugier dans
l'endos du Temple pour se mellre à l'abri
de ses créanciers. Ce qui fut fait. Et pour se
meltre à l'abri de ses créanciers également,
qui avaient obtenu contre lui une sentence
aux consuls 1 , le b1ron de Fagcs rejoint son
prisonnier. Dl~tienvîlle et de Fages, redevenus compères et compagnons, vivent deux
mois côte à côte dans l'enclos protecteur. Ils
font de&gt; démarches auprès du lieutenant de
police, auprès de la famille du cardinal de
Rohan, promettant à celui-ci une discrétion
absolue, voire des dépositions favorables,
moyennant Je légers secours. Ils apprennent
que la prétendue baronne de Courville est
réfugiée à Londres. Nonobstant celle cohabitition et cette intimité, de Fagcs continue de
porter plainte contre d 'Élicm•1lle, artifi, e
nécessaire à écarter d'eux l'accusation d'escroquerie, car on ne doit pas supposer qu'ils
aieal été d'accord pour duper les joailliers
el autres· fournisseurs . EnGn d'lttienville,
poursuivi pour affaire plus grave, IP.s faux
saur-conduits délivrés à la dame d'Autun, est
chassé de l'asile du Temple et cherche refuge
,, Saint-Jean de Lairan . Le 22 décembre 1785,
il est écroué au Grand Chàtelet.

Aux accusés on réunit tous lt&gt;s témoins
qui parurent utiles : la comtesse de Cagliostro, Ume dt! la Tour et Harie-Jeanne, la jeune
lillc e,core innocente qui avait vu la reine
dam un bocal plein d'eau; Rosalie, la soul&gt;relle; le baron de Plantai Me Laporte, qui
amil parlé à Mme de la Molle du collier;
Grenier, l'orfèvre; Du Cluse!, premier commis de la Marine, et Claude Cerral, dil l'llalien, qui avaient négori4 des bous de finance
1rue les La lloue disaient tenir du cardinal,
enfin Toussaint de Beausirc. arrêté à Bruxelles
avec sa maitres~e, Nicole d'Oliva. Tous furent
logés à la Bastille.
I. Letlre dr, Fagcs â \'crirenn('s rlu 26 févr. 1786,
Arclt. deR Aff. étrang., )lem. cl docum ., France
(400, fu 38 ,· 0 •
•
~t Sapoléon disait â Sarnle-llélirne : « La reine
élait innocente cl, pour donner une plus grande publicitC à son innoccucc; elle voulut que le Par!Pmcnt
jugcàL l,c rè~ullat ftll que l'on crut que la reine élaîl
coupable et cela jeta du discrédit sur la cour. ~ Xapolèon estimait que le devoir de Louis XVI cùl été de
régler l',1l1'airc de son autorité. Gênéral Gourgaud.
3ai11le-f/éh1e. !, ;:;98.
3. lie Tliilorie1 pour Cagliostro, p. 40. li" (l]ondcl,

Les préliminaires du jugement
Voici donc, à l'excepticin du corole de la
Motte, tout notre monde sous les verrous du
roi. Louis XH uffrit au cardinal de s'en rapparier, soiL à la décision de son souverain,
soit au jugement du PJrlement.
Rohan choisit le Parlcmeal par la lellre
qui suit :
Si1·c,
J'ei-pérais par la confrontalion acqué1·ir des
preuves qui aun1ient convaincu Yotre ~J.ijeslé de
la ceflilude de la fraude dont j'ai été I,~ jouet et
alor5; je n'aur.iis amhit.ionné d'autrt:s juges que
votre justice el 1'ulre bonté. Le refus de confronta lion nie p!'lvanl (1,. cette espérance, j'accepte
:nec la plus respectueuse reconnaissauce la Jl"rmis~ion que \'otre )lajes1é me ilonne de prouver
mon i11110c,·nce par les formes juridiques el, en
consé&lt;jUCnce, je supplie Yolrc ~l:ljesté de rlonnet·
les ordres nCcess;1ires pour que mon affaire soil
renvoyée et attriLuée au Parlemcnl de Paris, les
Chambres assemblées.
Cependant, si je pouvais c~pércr &lt;JUC les édaircissemcnls qu'on a pu prendre, et que j'ignore,
eusseol conduit Votre Majesté it juger que je ne
suis coupable que d'avoir été trompé, j'oserais
alors vous supplier, Sire, de prononcer selon
votre ju-ticc et votre bonté. Mc, parents, pénélrés
des tuèmcs sentiments que moi, ont signé.
Je suis avec le plus profond respect, elc.
Signé : L~; C.\lllll~At m; ROHAN,
flE llOIJAX) l'fll~CE OE MO~TB!.ZOX,
PI\IXCE DE llOIIAN, AJ\CHKVÈQfü; OE CAJIB!l. \l,

1..-~J. l'l"\l:iCF. OE SOCO/SE.

Les historiens ne paraissent pas avoir
connu l'original de &lt;'elle lettre et l'apprécient
tous d'une manière inexacte, d'après les·
commentaires qui en furent donnés. En réalité Rohan !SC soumettait au jugement du roi
dans le cas où celui-ci t'estimerait innocent.
Mais Louis XVI, in0uencé par Marie-Aatoinelte, persistait à le juger coupable. Rohan
fut donc remoyé dcva,1t le Parlement. Les
lettres patentes en furent données à SaintCloud le 5 septembre et enregistrées le 6 septembre, la Grand'Cbambre el la Tournelle
assemblées.
Louis XVI commeltaiL ainsi une seconde
faute non moins grave que la prt&gt;mièrc. Le
roi était déjà troublé par les idées qui ont fait
la Révolu1ion. li avait entre les mains un
instrumenl qui était, en la circonstance,
men·eilleusemenl adapté à l'objet pour lequel
il érait fait: ks tertres de cachet. De par la
coutume et de par 1a loi, le "!&gt;Î étail le premier, et, s'il le rnulait, le seul juge de ses
sujets. Le Parlement ne jugeait qu'en vertu
d'une délêgalion du pou\'Oir judiciaire dont
le roi était l'unique source dans le royaume.
~t Louis XVI s'en va confier à cetle assemblée, qui n'exerce la justice que parce qu'il
lui en a délégué le pouvoir, une cafüe oll
pour ~icole

d'Olira,

s'exprime de même:

« Cc procès

trop t·êlèbre qui fixe eu ce moment les r,'ga:-ds rlc
Ioule la France, clc lou\e l'Europe .... " llardy dit
dans son Journal, â la date du 6 sepl. 1 i85 ; « Cc procès qui fixe actuellement l'allenlion non seu!em,,nt de

la France entiCre, mais de taule l'Europe. • -

Dans la

l'honneur de sa femme et celui de sa couronne sont immédiatement intéressés. La
scène du Bosquet, à eile seule, où la dignité
et la vertu de la reine étaient outragées, l'auLorisait à faire lui-même safonclion de juge 1 •
El le Parlement, avec l'e;prit qui animait
la majorité de ses membres, ne désira immédiatement qu'une chose, humilier la couronne; ensuite, atteindre &lt;c l'arbitraire ministériel u. Le comte de la Molle écrira
lui-même : {C Il est certain qu'une partie de
la magistrature, préludant, dès ce moment,
à la résisLaiice ~u'elle opposera biealôt à l'autorité royale, cherchait moins à préparer un
triomphe au cardinal qu'une humiliation
pour la cour "· Jusqu'à l'abbé George! qui
doit en convenir. Il désigne ceux des magistrats qui ser\'aient le cardinal, ci non pas
avec cet inlérêt calme et scrupul~ux qu'un
juge équitable accorde à l'accusé, mais avec
Ioule l'ardeur de l'esprit de parti"·
Les mœurs du temps donnaient aux procès
un retentissement extrême. Les mémoires et .
plaidoyers des avocats étaient imprimés, distribués à profusion, vendus à milliers d'exemplaires. Pendant des mois, la réputation, la
vertu, jusqu'à la probité de la reine seront
en discussion, non seulement en France, mais
dans toute l'Europe. Le roi ne soumettait au
Parlement que la seule escroquerie du collier
et la falsification de la signature de la reine.
Le cardinal en est innocent, et, fatalement,
cette innocence dPviendra un coup mortel à
la rPputation de Marie-Antoinette. C'est ainsi
que, par l'ampleur des intérêts engagés, ce
procès, selon l'obser\'alion de Mirabeau, devint l'alTaire la plus sérieuse de tout le
royaume. Et les avocat~, rédigeant leurs mémoires, pourront dire: c&lt; L'Europe entière a
les ~eux 0U\'erts sur ce procès fameux s: les
plus légères circonstances deviennent l'aliment de la curiosité universelle. &gt;)
Le Premier Présidentd'Aligre désigna pour
commissaires rapporteurs Maximilien-Pierre
Titon de Villotran el Jeaa-Pierre Du Puis de
~farcé, l'un el l'autre conseillers en la Grand'Chambre. Le premier, orateur brillant, avait
le don d'expédier rapidement les affaires,
qu'il rendait lucides par son charme. Il avait
la réputation d'amener toujours ses collègues
à son opinion. Le second avait pour caractéristique d'ètre &lt;&lt; l'ami de tout le monde n.
On trouve le portrait de ce dernier dans les
notes manuscrites de Target : « Il est au fond
bon homme, humain, point intrigant; mais
bien lent et se laissant aller aux impulsions:
point d'esprit, parlant mal, mais doux, honnête et bon. Il plait à ses confrères el dans
le monde par ses qualités. li n'est point fort
occupé d'ambition, ni de considération dans
sa compagnie, parce qu'il a le jugement de
sentir qu'il n'en a pas les mo1ens. » Du
Puis de Marcé fut chargé des confrontations
et Ti ton du rapport général sur l'affaire 4 •
Ga:.elte de Leyde du 'l8 juin: o. Celle gr:rnclè piCCC
qui, par son intrigue, tie11t l'Europe attcnli\·c à son dé-

noul'mcnt. »
4. Tilon de Villotran fut condamnidt mort le 26 prairial an li, et du 11uis de llarcl! le 1• floreal de la même
année.
0

Le procès fut conduit tout entier de la
manière la plus régulière. Un décret du roi
tra_nsforma à cette occasion la Bastille, prison
d'Etat, en prison judiciaire sur laquelle le
Parlement eut la direction touchant le~
prisonniers mêlés i1 l'affaire du Collier 1 ,
'foutes les pièces de la procédure sont
entières et portent la signature des accusés et des témoins. Les procès-verbaux sont entiers, sans lacunes. Aucun
détail de la procédur~ ne fut tenu secret. Les accusés ont tous été confrontés entre eux . Ils communiquai,~nt
librement a,·ec leurs arncats et leur
fou~nissaient tous les renseignements
qu'ils croyaient utiles à leur déîense. La
Gazelle de Leyde rendait compte des
moindres incid~nts. Les Parisit"ns étaient
au courant, jour par jour, de ce qui
se passait à la Bastille. On peul même
dire que, pendant l'instruction, les dimlgations forent très nombreuses et
parfois d'un caractère scandaleux. Aujourd'hui, aucune instruction judiciaire
ne laisserait aux accusés une semblable
liberté.
L'opinion publique exerçait déjà uae
grande influence sur les jugements
mêmes des plus hauts magistrats . L'un
des rapporteurs au Parlement dit dans
un !fémoire au Procureur général : « Si
l'on fait attention enoore à l'opinion publique el à l'influence qu'elle a sur
les jugements : elle les prépare! JL
Or, au début, cette opinion était loin
d'être favorable à Rohan: Cf Personne n'accorde
estime ai iatérêl à !f. le cardinal de Rohaa,..
victime d'une femme avec laquelle il ne rougissait pas de vivre 3 J&gt;. Hais les appréciations
ne tardèrent pas à se retourner.
« On n'y voyait plus, diL llardy, qu'une
1-mtreprise inconsidérée du rninislère, telle
que celle d'avoir fait mettre si indûment au
mois de mars dernier le sieur Caron de
Beaumarchais à Saint-Lazare, avec cette différence qu'il s'agissait d'un personnage de
toute autre importance. 1) Les femmes se déclaraient en faveur de la Belle &amp;minence.
Des rubans mi-partie rouges et jaunes se
mirent à la mode. Cette parure s'appela:
&lt;f Cardinal sur la paille J&gt;. On a vu commeul,
lors de rnn arrestation, Bohan arnit pu envoyer à l'abbé George! l'ordre de brûler la
prétendue correspondance de la reine: c&lt; Les
grandes dames de la Cour, lisons-nous dans
le Jou,·nal de Hardy, prenaient avec la plus
grande chaleur la défense du cardinal, tant
elles étaient touchées el reconnaissantes de la
délicatesse qu'il avait montrée, dans les premiers moments de sa détention, en chargeant le sieur abbé George!, son homme de
confiance, d'anéantir ou de mettre à couvert
généralement toutes les pièces qui auraient
pu déceler ses agréables correspondances avec
nombre d'entre elles. »
1. Pour C'C qui louche à la direclion de la procédure,
les mss Joly de Fleury 2088-2089 de la Bibl. nal. conlienneut des documents importanls.
2. Bibl, nal., ms. Jolr de Flrury 20EIS, f fi8.
;:;. Ibid.
.
0

A l'instruction, Mme de la Moite fit une
défense étonnante de présence d'esprit et
d'énergie. Durant celle procédure de plusieurs mois, où c1le fut presque journelle-

.,

Jlrr.1!11(E DU COLL1E1( _

,

tiroirs; à Mlle d'Oliva elle reprochait ses
mœurs el ses propos inconvPnants; à Cagliostro elle jetait à la figure un chandelier
de bronze, et lui rappelait avec des éclats de
rire comment il la nonimait &lt;c sa cygne » et cc sa colombe n, awc toutes
sortes de roucoulemenL,;. Caµliostro répondait en le\'ant vers lt-&gt;s solh es du plafond un regard inspirf', avec dè grands
gestes, inondant la malheurt'use comtesse d'un flux de paroles f•ÎI rercnaien l
le nom de Dieu et une foule d'npre~sions
arabes, italienues, &lt;'l de grands IPOL!-l
sonores n'appartenant à aucune langue.
Une scène terrible fut la confront.i•
lion du 12 avril à la d'IJliva el à \'illette.
Pressée par leurs déclar:,tions concordantes, Jeanne dut fi11al1•ment avouer
la scène du Bosquet. Jusqu'alors elle
l'avait obstinément niE'e; mais l'avC'u
ne sortit qu'après
mille cris de raJTe et
.
des contorsions, au buul desquels elle
eut un évanouis:emt'nt. On courut chercher du vinaigre. Saint-Jean, porte-clef
de la Bastille, la prit enfia dans srs
liras pour la porter dans sa I hambre.
Mais à peine l'eut-il saisie, que, revenant à elle, Jeanne le mordit dans le
cou jusqu'au sang. Saiai-Jean poussa
un cri et la laissa lomber 4 •
Cagliostro se distinµua particuliérement dans sa confrontation à Ilélaux de Villelle. « Ce fut alors, écritil lui-même, que je lui fis pendant
une heure et demie un sermon pour
lui faire connaître 11~ dernir d'un homme
d'honneur, le pouvoir de la Proridence et
l'amour de son prochain. Je lui fis espérer
ensuite la clémence de Dieu et du gouvernement. Enfin mon discours fut si loo(J" et si
fort que je restai sans pouvoir parlf'r "davantage. Le rapporteur du Parlement en fut si
louché et si allendri qu'il dit à Villeue qu'il
fa1lait qu'il fùt nn monstre s'il n'en était pas
pénétré, parce que je lui avais parlé en frère,
en homme plein de religion et de morale, et
que tout ce que je venais de dire était un
discours céleste. Am•si Rétaux ne tarda-l-il
pas à Mclari r C( que la femme la Moue était
C( une intrigante et une menteuse inconcevable, que lui-même, à présent que tout
t( était découverl, n'y pouvait rien compren(( dre lJ, et dit-il cela« avec des étouffements
n et un maintien si pénétré que tous ses
mouvements eussent ajoulé aux preuves
C! s'il eût été posi::ible 5 )J. ~lais à ces mouvemen1s d'exaltation succédaient, quand Cagliostro se retrouvait seul dans sa chambre,
des moments de pro~tration et de découragement qui allèr&lt; ntjul-4u'à inr1u1étcr le gouverneur de la Bastille. Celui-ci eri" écrivit au
lieutenant de police, qui ordonna de mettre
au~rès de lui. un cc bas-officier /J pour lui
temr compagme et c&lt; prévenir les effets du
dése~poir 6 )l.
1

.

,.
,JJ.V '~4-!Y-,

ment sur la rnllette, elle ne se découragea
pas un instant. Elle tiat tête à tous les témoins. Au moment où elle voyail son système
de défense ruiné, aussitàt, en un clin d'œil,
elle en construisait un autre devant les juges,
avec Jes circonslances IPs plus précises. Si on
demandait une preuve de ce qu'elle avançait:
immédiatement elle ritait deux, !rois, plusieurs faits, inventés, pour appuyer ce- qu'elle
avait affirm~, et, à ces faits nouveaux, donnait sur-le-champ d'autres faits pour preuve,
non moins imaginaires, si l'ombre d'un doute
lui paraissait demeurer dans l'esprit du magistrat. Au cardinal, qui l'accusait en lui
demandant d'ol1 lui était venu subitement
tant d'argent, elle répondait qu'il le savait
mieux que personne puisqu'elle était sa maitresse et 4uïl l'entretenait; au baron de
Planta, de qui les dépositions vigoureuses et
précises la frapp:iitnt comme des coups de
marteau, elle déclarait que c'était impudence
à lui d'oser parler contre elle après avoir
voulu la violer; au Père Loth, naguère son
homme de conflauce c•t qui, partie par gratitude pour Bohan auquel il devait d'avoif
prêché de\'ant le roi, partie par rancune
contre Villelle, qui l'avait supplanté dans
l'esprit de la comlesse, racontait tout, t·lle
disait qu'il ftait un moine crapuleux, amenant des filles à son mari et volant dans ses
4. Gaz.elle de Leyde, 14 a1Til '1786; Journal de
llardy, Bibl 11at., ms. franç. 6685, p. 51 i (26 mars
1786) ; George!, li, 186-87; Jïe de Jea1111ede Sain(Rtmy, 11, 39.
5 Noies Target, Bibl. v. de Pan.~, ms. de la ré~crvc.

6. 1/85, 2~ :rnùt. t D'après ce que rnus m'avez
m~rque, l1011s1eur, de l'état de M. de C11glîostro, cl
pu_1sc1ue \'0'.1s croyez ~om'~naLle de placer u11 garde aup~cs de; lui, µour pr~veo1r les effets de l'ennui et du
desespo1r, auxquels 1( pourrait se livr&lt;'r, je vous prie

�111STOR,.1A

"------------------------------

L'allitude du cardinal était d'une grande
tranquillité, Il comparaissait dans ses vêtemenls de cérémonie, en rochet et en camail,
et nous pouvons très exactement nous Je représenter, avec sa haute taille, ses yeux
bleus, doux el tristes, les cheveux grisonnants sous la calotte rouge La robe rouge
est d'une étoffe soyeuse et d'un ton plus pàle
que ne l'exigerait l'uniforme. Sur les mille
arabesques que fait la dentelle de Bruges,
se détache en nuance délicate le cordon bleu
pàle du Saint-Esprit, Son attitude inspire le
respect et la tristesse.
La petite baronne d"Oliva inspire, par sa
grâce touchante, la sympathie et l'émotion.
« On n'a jamais vu, dit Charpentier dans sa
Bastille dévoilée, tant d'honnêteté et de dissolulion dans la même personne. Jamais on
n'a YU plus de franchise, plus de candeur,
que Mlle d'Oliva en a fait paraitre dans son
interrogatoire. C'est une justice que lui rendirent ses jugtis, ses avocats et tous ceux qui
ont eu avec elle des relalions. J&gt;
Faut-il relever les contradiclions incessantes de lime de la !lotte d'un jour à l'autre de la procédure? Après a\'OÎr nié la scène
du Bosquet, elle en avoue la réalité; après
arnir accusé Cagliostro, elle doit proclamer
son entière innocence. Dans le premier mémoire qu'elle fait rédiger par son avocat, le
voleur est Cagliostro; dans le second, c'est le
cardinal. Celui-ci lui aurait fait une première
livraison de diamants au mois de mars. Mais,
répond le cardmal, dès le mois de février

Villette a été surpris, vendant des diamants
du collier. Dans une même version les faits
deviennent contradictoires. Roban se serait
approprié des fragments du collier, il aurait
chargé la comtesse d'en vendre à Paris, il
aurait chargé la ~lotte d'en aller ,·endre à
Londres; d'Étienville en aurait vu des fragments entre les mains de Mme de Courville;
et voici quP, pressée par la confrontation,
Mme de la !lotte remonte aussitnt cette superbe parure pour l'allacher i, la nuque de
Mme de Courville qui la porte sans déguisement dans le palais du prince 1•
Si bien que les avocats du cardinal, s'adressant à M• Doillot, avocat de Mme de la Motte,
seront autorisés à lui dire: &lt;( De quel œil
peut-on regarder une cliente qui semble vouloir, tantôt dans la procédure qu'on oublie
ses mémoires, tantôt dans ses mémoires
qu'on oublie la prorédure, et pour la défense
de lat1uelle, la veille du jug:ement, il reste à
peine un seul des faits dont se composait la
dérense à l'époque des décrets? "
Son attitude vis-à-vis de lïntrigue Ilette
d·Étîenville est très curieuse. Jeanne l'avait
imaginée très savamment, comme on a vu,
pour fournir un motif au vol du collier par
le cardinal. Au premier moment elle tint bon,
et quand elle fut confrontée à d'Étienville,
s'indi4ua dès l'abord ell,-même comme la
dame qu'il aurait vue en compagnie de
Mme de Courville. Mais dès qu'elle ,'aperçut
que cette intervention ne &lt;( rendait 1&gt; pas
et qu'elle sentit que d'Étienville, besogneux

de chojsir, p~rmi vos bas-offlcie_rs, un sujet dout la douceur, l exacl1ludc et la fermclc \'Ous soient connues et
de le faire c~uchcr dè1 ce soir dam sa chambre. ~
Lettre de Th1roux de Crosne à de Launay, Bibl. de
/'.lrsenal, ms Uaslillc, 12!57, f0 12.

1. )fémoire de fülle d Üiem·itlc contre le baron de
Fages, CollecfiQn complet(', 111 , 26-27.
'2. Lellres it J'encre symp:ithiqucde Rohan à :Y~Targct, Bibl. i·. de 1-'aris, ms. de la rëscrve.

et prêt à tous les rôles, ne chPrcherait plus
qu'à se faire bien venir du cardinal, elle déclara ne savoir ce que signifiait toule cette
histoire et ne l'avoir, au début, fortifiée de
son témoignage que pour se venger du cardinal qui l'accusait d'avoir pris le collier.
Rétaux avait fait des aveux. Il avait reconnu avoir mis la fausse signature c&lt; Marie.Antoinette de France 1&gt; au bas du contrat
passé avec les joailliers, a\'oÎr écrit, sous l'inspiration de Mme de la ~lotte, une fausse corre."pondance, 1es petites lettres à vignettes
bleues. &lt;&lt; Les témoins l'écrasent, dît Me Target: les sieurs Bühmer et Bassenge, le sieur
Grenier, le sieur Achet, Me de la Porte, le
Père Loth, le sieur Villette, l.1 demoiselle
d'Oliva, le sieur Cagliostro, les domestiques
de la dame la Motte, tous les témoins de
France, tous les témoins d'Angleterre, où
son mari a transporté les mêmes fables, élèvent leur voix contre elle; elle crie que ces
témoins en imposent; voilà son unique réponse : elle est donc convaincue. »
Son dernier refuge, comme celui de tous
les criminels aux abois, fut le mystère. Les
explicalions qu'elle avait imaginées ayant été
&lt;lélruites 'l'une après l'autre, el ue trouvant,
devant l'aet.:ablement des témoignages, aucun
système nouveau: c&lt; Il y a là un secret, ditelle, que je ne confierai qu'en tète à lète au
ministre de la maison du Roi . » Enfin, hors
d'elle d'exaspération et de rage impuissante,
elle joua la folie. Elle cassait tout dans sa
chambre, ne voulait plus manger, refusait de
descendre pour les interrogatoires 2• Les
porte-clés de la Bastille, en entrant dans sa
chambre, la trouvaient couchée toute nue sous
son lit.

(A suivre.)

FRANTZ FUl'iCK-BRENTANO.

La fin d'un snob
;.:.....

Mrs. Steale possédait, vers 1795, à l'entrée du Green-Park de Londres, une laitP.rie
modèle, sorte de Pelit-Trianon d'autre-mer.
Les fashionables de la ville y venaient en parties rustiques, friands de sensations saines.
Un jour que le prince de Galles, en compagnie de la belle marquise de Salisbury, regardait là traire des vaches par des laitières
en cottes de satin, il aperçut un jeune
homme d'une irréprochable tenue et qui,
depuis deux jours, était ~orti de l'université
d'Oxford. Le prince s'informa du nom de ce
débutant : celui-ci s'appelait George Brum~
me! : c'était le petit-fils d'un confiseur de
Bury street; son père, ancien secrétaire particulier de lord North, avait amassé une res-

pectable fortune, dont pour sa part le jeune
George avait recueilli 750.000 francs, qu'il
dépensait sans compter, en achats d~ vêtements, de linge fin, de cravates, de chapeaux
et de gants.
Le prince dt! Gllles aimait à se considérer
comme &lt;1 le premier gentleman de l'Europe »; sa toilette lui coùtait 250.000 francs
par an; il possédait cinq cents porte-monnaie;
c'était d'ailleurs, à en croire Granville, « le
plus misérable, làche et égoïste cbien n qui
ait j;trnais été appelé à porter la couronne;
et de fait, si l'on se borne à considérer la
conduite qu'il tint à l'égard de s, femme, la
malheureuse Caroline de Brunswick, ses qualités de cœur sembleot d1Scutables. Mais il se

piquait d'être connaisseur en élégance, et
celle du jeune Brummel le frappa. Jamais
!'Altesse n'avait rencontré si impeccable cravate, pardessus plus seyant, escarpins plus
effilés et ganls mieux moulés; tout de suite
il se sentit pris d'afîeclion pour ce garçon si
bien nippé, et le petit-rils du confiseur, en
trois jours, devint l'inséplrable du premier
prince du sang d'Angleterre.
Ce fut la fable de Londres, et Brummel aussitôt lut à la mode. JI porta superbement son
triompbe; sa vanité paradoxale le lui faisait
considérer comme chose due; il avait le geste
rare, une froideur de haut style, de grands
airs lassés, une jolie taille, une figure assez
piquante, le menton haut, le nez pointu et,

dans les yeux, cctle fatuité dédaigeuse qui
convient à un jeune maccarony célèbre. Il
n'avait d'ailleurs qu'une idée, qu'un désir :
être bien mis, et il y réussissait miraculeu~
sement, sans excentricité, avec &lt;( une modération passionnée )J; jamais une coupe trop
hardie ni une couleur criarde, le moindre
détail de sa mise prenait, de l'harmonie crénérale, une importance savoureuse. Il p~rtait
imariablement « un habit bleu à boutons
unis, un gilet blanc et un pantalon noir parfaitement juste, boutonnant sur le cou-depied, des bas de soie rayés et un chapeau à
claque )) ; un seul bijou : une mince chaîne
de montre, el du linge magnilique « blancbi
à la campagne ". li ne lui fallait pas beaucoup plus de deux heures pour mener à bien
les rites de son ajustement, auqud le prince
de Galles, son ri val et son admirateur, venait
souvent assister. Le nœud de la cravate était
en quelque sorte la fleur et le prodige de sa
toilette; il avait remplacé les lâches et molles
mousselines que l'on portait avant lui, par
un tissu légèrement empesé; le col rixé à rn
chemise était si grand qu'avant qu'il fùt replié,
il cachait complètement sa tête et sa figure,
et la cravate blanche avait au moins un pied
de h:iut. Brummel commençait par replier cc
col à la mesure com-enable; puis, debout
devant la glace, par une pression douce et
graduelle de la màchoire inférieure, il rabaissait la cravate à des dimensions raisonnable:.:-,
la forme de cbaque pli successif étant donnée
par la chemise qu'il venait de rabattre. Le
pauvre homme ne réussissait pas invariablement un tel chef-d'œuvre. Souvent un monceau de blancs tissus froissés encombrait son
cabinet : &lt;&lt; Que voulez-Yous? Ce sont nos
erreurs! J) disait-il.
Quant au moral, ce fantoche puait nul.
Cet h~mme qui, pendant quinze ans, régna
sur la haute ~ociété anglaise, é1ait sans cœur
et sans cerw•lle. M. Jacques Boulen(l'er,
dans
0
le livre singulièrement amusant où il a étudié, parmi plusieurs autrC'S, celle déco11rcrtante figure (Sous Louis-Philippe: Les Dandys, librairie Ollendorff), cite 4uelques-unes
dt::s réparties qui firent la fortune de Brummel : elles sont navrantes d'affectation, d'indifférence voulue, d'insolence fügma1ique.
n - Brumml'I, où donc arez-\'ous dîné hier'!
- Chez un nommé R.... Je présume qu'il
désire que je fasse attention à lui; c'est pour
cela qu'il m'a donné à diner. Je m'étais
chargé des invitations; j'avais pris Alvauley,
Pierrepoint et quelques autres. Le diner éLait
parfait; mais, mon cher, concevez-vous mou
étonnement quand j'ai vu que ce M. B....
avait l'effronterie de s'asseoir et de drner
avec nous!. .. 1&gt; Un autre jour, comme il
revenait de visiter les lacs du nord de l'Angleterre, quel4u'un se risqua à lui demander
lequel lui avait paru le plus pittoresque. Le
bellâtre se tourna en bâillant vers son valet
de cbambre : « - Robinson, quel est celui
des lacs qui m'a plu davantage? - li me
semble, monsieur, que ce fut Windermere. 11
Alors, Brummel s'adressant au questionnenr:
c. Windermere ... cela peut-il vous satis-

faire?» Tt"! étaitl"homme que ses conlPmporains comparaient à Bonaparte et à Byron! ...
Un de ses mots lui coùta gros. A "-Duper, cerlain soir, le vin manquaili l'homme aux
cravates interpella le prince de Galles :
&lt;1 George, dit-il, sonnpz donc. » George
sonna; mai.s il était dans un de ses mauvais
jours, et flt jeter l'insolent à la porte. PQur
la dernière fois Brummt!I regagna, dans sa
chaise à porteurs doublée de satin blanc,
munie d'un tapis de fourrure blanche, - son
écrin, - l'appartelllent qu'il s'était meublé
aVi'c lant de soin et d'amour, Chesterfield
street, n° 4, et le lendemain il partait pour
Calais, où il s'installa, bie11 résolu à priver
de sa prédeuse présence son ingrate patrie 1 et
persuadé que Londres ne pourrait pas se passer
de lui. D'ailleurs, il était ruiné. li avait, en dix
ans, acbeté pour près d'un million de cravates, de pantalons et de redingotes .... A
Calais, il vivait d'emprunts soutirés aux Anglais riches débarquant sur le conlinent. Il
ne faisait rien, se le\·ait à neuf beures, déjeunait, lisait le A!orning Chmnicle; à midi il
commençait.sa toilette qui durait deux heures,
puis il tenait « son lever JJ, comme M. de
'l'alleyrand. A qualre heures, il aJlait se prornpner dans la rue Royale, comme il faisait
jadis à Saint-James street. A cinq heures il
rentrait s'babiller pour diner, et il dinait bien.
Non seulement il était sans res~ources,
mais il avait des dettes; la vente de son moLilier, annoncée à grand fracas, produi:-it
une somme énorn:e, aussitôt absorLée par
les créanciers. Lin ancien ami, devenu minislre, s'apitoya. Brummel fut nommé consul
d·Angleterre à Caen. L'emploi rapportait annuellement dix mille francs; mais l'ancien
beau fut oLligé d'engager encore les quatre
cinquièmes de son traitement. Tout compte
fait, lorsqu'il quitla Calais, il lui restait pour
,·ivrti 2.000 francs par an. Par bravade, pour
s·é1onner soi-même, il acheta en traversant
Paris une tabatière de 2.500 francs; enfin, le
5 octobre 1850, il enrrait à Caen dans une
cbaise à quatre che\'aux, qui le déposa à
l'hôtel de la Victoire, le meilleur de la ville,
où il demanda le plus bel appartement et se
lit servir le plus fin diner. Il jugea le tout
détestable et déclara qu'il ne séjournerait pas
longtemps en pareille gargote. En effet, huit
jours plus tard, il louait un vaste appariement dans l'hôtel de Mme de Gucrnon de
Saint-Ursin, rue des Carmes.
Il y a qucl4ue quinze ans, !!. le comte
G. de Contades fit, à la séance puLlique de la
Société des anti4uaires de Normandie, une
précit::use communica1ion sur le séjour de
Brummel à Caen. Il en avait, évidemment,
puisé les éléments auprès des témoins survivants; car le snob avait laissé, en Normandie,
un souvenir assez semLlaLle à une légende.
Bien des gens se rappelaient l'avoir vu passer,
portant un surtout marron, un gilet de cachemire à palmes, un pantalon de nuance foncée
tiré sur des hottes très poiutues; le chapeau
légèrement incliné sur le càté, le corps un peu
pencbé, le nœud de cravate se mirant dans le
vernis de ses chaussures, il sortait de chez

Ll

'F1N D'UN SNOB

lui, marchant sur la pointe drs pieds, tenant
à la main un parapluie dont le manche
sculpté figurait 13. tête de George IV, son ancien ami, le prince de Galles, devenu roi.
En sa qualité de consul d'Ani:rletnre, il
faisait encore, dans la capilale du Calvado~,
certaine figure; mais bientôt son rmploi lui
fut retiré et, du jour au lendemain, Brummel
se vit sans un écu, en proie à de nombreux
créanciers. Il ''endit ses Oacons de toilette,
ses beaux flacons d'argent, cassolettes jadis
des essences préférées ; ses Yêlements bientôt
ne furent plus que " des haillons de haute
coupe n; un petit tailleur de Caen, mû d'une
compassion touchante, les réparait gratuitement, avec une sorte de re)',ped pour cette
lamentable et glorieuse défroque; le petit-fils
du confiseur de Bury slreet n'avait gardé, de
son luxe d'autrefois, qu'une passion irrési::;tible pour IC's friandises : chaque après-midi,
il se rendait chez un pâtissier, M. ~ladeleinc,
et là, prenait à droite, à gauche, nec une
goinfrerie féline, des dragées et des biscotins.
Un malin, comme sa blant·hisseuse, non
payée, réclamait vertement, le dandy arracha
silencieusement sa cravate, laissa tomber sur
Je sol. en un geste d'abdication, le flot de
mousseline jaunie, et noua à la diable autour
de son cou un chiffon d'étotle noire ... . Ce fut
la fin: quelques jours plus tard, en mai 185:,,
un huissier et deux gendarmes le conduisaient à la prison pour dettes. Quand- on
apprit la chose, à Londres, il y eut tout de
même un peu d'émotion; le duc de Beaufort
et lord Alvanley accordèrent leur patronage à
une souscription dont le montant permit de
désintéresser les créanciers du détenu qui
recouvra sa liberté; mais il n'était plus que
le spectre du Brummel d'autrefois.
Il se logea à l'hôtel d'Angleterre, dans une
petite chambre au troisième étage; sa méuwire s'était engourdie et n'avait plus que
d'étranges rappels. Il marchait d'un air égaré
et ne reprenait un peu d'enlrain qu'à table~
un jour, une étrangère (( d'une distinction
suprème 1&gt; se présenla chez Ficbet, le maître
de l'bôtel d'Angleterre , et demanda si
M. Brummel habitait là; sur la réponse affirmative, elle prit une chambre, OU\'rant sur
l'escalier, &lt;( pour le voir passer. » Bientôt
l'ex-fashionable parut, la mine idiole et congestionnée, se hàtant gloutonnement vers la
s~lle à manger, et descendit l'esraliC'r sans
tourner la tête; quand l'hôtelier rerint à la
chambre de l'inconnue, il la trouva étendue
sur le sol, le visage baigné de larmes ....
Qu'était-elle? On ne le sut jamais. L'une de
ces reines, sans doute, de Carlton-bouse ou
d'Almack, qui avaient jadis cherché une pelile Hamme d'amour dans ces Jeux aujourd'hui atones et demi-morts.
Son seul plaisir à lui, sa folie, consistait it
allumer quatre bougies dans sa pauvre chambre d'hôtel; puis il rangeait ses chaises
contre les murailles, et ouvrait toute grande
sa porte numérotée .... Alors, il annonça.il à
haute voix: « - Son Altesse Royale le prince
de Galles! ... Lady Conyngham 1. .. Lorrl Ycrrmouth! ... Lady Jersey! ... Sa Grâce la d.u-

�r-

1f1STORJA

chcsse de Devonshire! ... Ah! chère duchesse,
&lt;1uelle bonté d'être "e.nue sur u_ne invitation
aussi tardive .... n Pms le mamaque rt'prenait: " - Lord Alvanley!. .. Lady Worces-

ter!. .. J) Et, quand il s'imaginait toute la
nuLlesse d'Anglet"'rre réunie dan_s sa mansarde, le pauvre vieillard annonçall _solennellement, comme avec effroi : - c1 Sir George
-f•

Brummel ! &gt;&gt; Et il retombait sanglotanl1 rrjeté
dans sa honte et dans sa misf're par l'érncation de sa triomphante jeunC!-St', ... Il mourut
à l'hospice des fous le 24 mars 1840.
T. G.

-:,,

""'"
-

~
.

.. ~e
-__ F~--""--···
. . ·.• ..,..:;;·
~-----~-,.~
..

-~

~

VuE DE L,\ BASTILLE DE PA111S, liE LA 1-'0RTE SAJNT·ANTOUŒ ET D'UNE PARTIE /lü FAUBOURG, -

Gravure de

RIGAUD.

FRANTZ FUNCK-BRENTANO

.,,..

L'Affaire du Collier
XXXI
Correspondance secrète'.
Durant qu'il fut au secret, à la Bastille, le
priace de Raban parvint à correspondre avec
ses avocats. Il se disait malade et recevait la
visite du docteur Portal, professeur à !'École
de médecine, lequel imagina bientOt prétexle

à s'adjoindre le chirurgien Traverse, ami
personnel du cardinal 1. Ceux-ci, en cachette,
faisaient la petite poste. D'autres lois, le
prisonnier leur écrivait de courts billets, qui
passaient sous les yeux des officiers de la
Bastille; les médecirn; les remettaient à
Me Target et celui-ci, à Ja chaleur du feu,
faisait apparaitre l'écriture sympathique.
, J'ai parfaitement bien lu, écrit le cardinal
à Traverse, ce que vous m'avez adressé dans
le papier chilîonné ; mais il ne faudrait pas
le tant chiffonner. Je n'ose vous envoyer 1a
suite des confrontations jusqu'à ce que j'aie
votre parole pour ne les montrer qu'à li. Target, car, je vous le répète, si on avait vent
ou soupçon, il n'y a sorte de moyens qu'on
ne prît. » Les billets sont tristes. " J'espère
que je ne serai confronté que lundi, mais le
1. Doss. Target , Bibl. v. de Pa1·is, ms. de la réserve.
2. « Je crois que 11. le cardinal ayant du mal au

plus tôt que vous pourrez m'envoyer sera le
mieux. Vale, vale. Veuille le ciel diminuer
mes peines! " Puis : " Il y a chaque jour
neuf heures de confrontation, je suis très
fatigué. )J - c&lt; Je suis horriblement accoutumé depuis quelque temps, écrit-il une
autre fois, aux cboses qui ne doivent pas être
el certes cette habitude est pénible. Je vous
avoue entre nous que je commence à être
fatigué. !lais je ne ferai qu'en redoubler
d'efforts el surtout je ne veux pas que mes
ennemis puissent s'en douter. Je veux toujours paraître frais en descendant dans l'arène
et étancher le sang de mes plaies. Je leur
ôterai du moins cette satisfaction. Vale, vale. l&gt;
Les confrontations lui ont dévoilé la conduite atroce de celle pour qui il n'avait eu
que des bontés . C( Je suis affronté de~ain
avec la scélérate, mande-t-il à Target. AuJourd'hui elle a eu une scène avec le comte de
Cagliostro. Il l'a appelée cc sacrée raccrocheuse ", parce qu'elle lui disait des choses
désobligeantes sur sa femme et elle lui a jeté
un flambeau qui a frappé le Yentre du comte,
mais elle a été punie sur-le-champ, car elle
s'est porté la bougie dans l'œil. Nous v~rrons
demain. Je réponds qu'elle ne me Jettera
nei el au genoa a besoin rl'uu chirurgien. Ce 13 ma1·s
1786. Signé : Portal. :o Bibl. de l'A,·semil, ms.
Bastille, 12457 , r~ 68.

VII. - HISTORIA. - Fasc, So.
~

49

v.,.

rien et surtout ne me troublera pas : elle me
fait horreur. 1&gt;
!!me de la Motte perd de son assurance.
c1 Le dernier interrogatoire finit par ses
larmes, sa douleur, et pour réponse, qu'elle
se jette dans les bras de la Providence. "
Les déclarations de 11étaux de Villette el
de Nicole d'Oliva ont mis la probité du cardinal hors d'alteinte. (( Nous ne sommes pas
encore au bout des choses ex:traordioaires,
écrit-il; mais je les prévois sans aucun effroi.
Je remercie Dieu d'avoir rendu ma position
si différente .de ce qu'elle était. Ce qui me
renJ aussi plus tranquille, c'est que, l'honneur couvert, tout le reste n'est plus que
mon affaire personnelle. "
Dans ces lettres, sa bonté apparait encore
d'une manière touchante. Il est préoccupé de
Cagliostro et de sa femme, du baron de
Planta, embastillés à son propos. Il se soucie
d'eux autant que de lui-même. Les recommandations reviennent, incessantes. Il faut
mettre, dans le .Mémoire que Target va publier, la déclaration où !!me de la Molle a
fini par proclamer l'innocence du comte de
Cagliostro et de sa femme. Il faut aussi avoir
grand soin de donner toujours à Cagliostro le
t:n cl1irlll'gien _élait officicllef!lent at~ché ~u _scr\'ice des prisonmcrs de la. Dasltlle, mais celu1-c1 fie
pou\·ail faire l'alfairc.
4

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                  <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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                <text>Historia Magazine Illustré Bi-mensuel, 1911, Año 2, No 49, Diciembre 5</text>
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                <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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                    <text>r-

1f1STORJA

chcsse de Devonshire! ... Ah! chère duchesse,
&lt;1uelle bonté d'être "e.nue sur u_ne invitation
aussi tardive .... n Pms le mamaque rt'prenait: " - Lord Alvanley!. .. Lady Worces-

ter!. .. J) Et, quand il s'imaginait toute la
nuLlesse d'Anglet"'rre réunie dan_s sa mansarde, le pauvre vieillard annonçall _solennellement, comme avec effroi : - c1 Sir George
-f•

Brummel ! &gt;&gt; Et il retombait sanglotanl1 rrjeté
dans sa honte et dans sa misf're par l'érncation de sa triomphante jeunC!-St', ... Il mourut
à l'hospice des fous le 24 mars 1840.
T. G.

-:,,

""'"
-

~
.

.. ~e
-__ F~--""--···
. . ·.• ..,..:;;·
~-----~-,.~
..

-~

~

VuE DE L,\ BASTILLE DE PA111S, liE LA 1-'0RTE SAJNT·ANTOUŒ ET D'UNE PARTIE /lü FAUBOURG, -

Gravure de

RIGAUD.

FRANTZ FUNCK-BRENTANO

.,,..

L'Affaire du Collier
XXXI
Correspondance secrète'.
Durant qu'il fut au secret, à la Bastille, le
priace de Raban parvint à correspondre avec
ses avocats. Il se disait malade et recevait la
visite du docteur Portal, professeur à !'École
de médecine, lequel imagina bientOt prétexle

à s'adjoindre le chirurgien Traverse, ami
personnel du cardinal 1. Ceux-ci, en cachette,
faisaient la petite poste. D'autres lois, le
prisonnier leur écrivait de courts billets, qui
passaient sous les yeux des officiers de la
Bastille; les médecirn; les remettaient à
Me Target et celui-ci, à Ja chaleur du feu,
faisait apparaitre l'écriture sympathique.
, J'ai parfaitement bien lu, écrit le cardinal
à Traverse, ce que vous m'avez adressé dans
le papier chilîonné ; mais il ne faudrait pas
le tant chiffonner. Je n'ose vous envoyer 1a
suite des confrontations jusqu'à ce que j'aie
votre parole pour ne les montrer qu'à li. Target, car, je vous le répète, si on avait vent
ou soupçon, il n'y a sorte de moyens qu'on
ne prît. » Les billets sont tristes. " J'espère
que je ne serai confronté que lundi, mais le
1. Doss. Target , Bibl. v. de Pa1·is, ms. de la réserve.
2. « Je crois que 11. le cardinal ayant du mal au

plus tôt que vous pourrez m'envoyer sera le
mieux. Vale, vale. Veuille le ciel diminuer
mes peines! " Puis : " Il y a chaque jour
neuf heures de confrontation, je suis très
fatigué. )J - c&lt; Je suis horriblement accoutumé depuis quelque temps, écrit-il une
autre fois, aux cboses qui ne doivent pas être
el certes cette habitude est pénible. Je vous
avoue entre nous que je commence à être
fatigué. !lais je ne ferai qu'en redoubler
d'efforts el surtout je ne veux pas que mes
ennemis puissent s'en douter. Je veux toujours paraître frais en descendant dans l'arène
et étancher le sang de mes plaies. Je leur
ôterai du moins cette satisfaction. Vale, vale. l&gt;
Les confrontations lui ont dévoilé la conduite atroce de celle pour qui il n'avait eu
que des bontés . C( Je suis affronté de~ain
avec la scélérate, mande-t-il à Target. AuJourd'hui elle a eu une scène avec le comte de
Cagliostro. Il l'a appelée cc sacrée raccrocheuse ", parce qu'elle lui disait des choses
désobligeantes sur sa femme et elle lui a jeté
un flambeau qui a frappé le Yentre du comte,
mais elle a été punie sur-le-champ, car elle
s'est porté la bougie dans l'œil. Nous v~rrons
demain. Je réponds qu'elle ne me Jettera
nei el au genoa a besoin rl'uu chirurgien. Ce 13 ma1·s
1786. Signé : Portal. :o Bibl. de l'A,·semil, ms.
Bastille, 12457 , r~ 68.

VII. - HISTORIA. - Fasc, So.
~

49

v.,.

rien et surtout ne me troublera pas : elle me
fait horreur. 1&gt;
!!me de la Motte perd de son assurance.
c1 Le dernier interrogatoire finit par ses
larmes, sa douleur, et pour réponse, qu'elle
se jette dans les bras de la Providence. "
Les déclarations de 11étaux de Villette el
de Nicole d'Oliva ont mis la probité du cardinal hors d'alteinte. (( Nous ne sommes pas
encore au bout des choses ex:traordioaires,
écrit-il; mais je les prévois sans aucun effroi.
Je remercie Dieu d'avoir rendu ma position
si différente .de ce qu'elle était. Ce qui me
renJ aussi plus tranquille, c'est que, l'honneur couvert, tout le reste n'est plus que
mon affaire personnelle. "
Dans ces lettres, sa bonté apparait encore
d'une manière touchante. Il est préoccupé de
Cagliostro et de sa femme, du baron de
Planta, embastillés à son propos. Il se soucie
d'eux autant que de lui-même. Les recommandations reviennent, incessantes. Il faut
mettre, dans le .Mémoire que Target va publier, la déclaration où !!me de la Molle a
fini par proclamer l'innocence du comte de
Cagliostro et de sa femme. Il faut aussi avoir
grand soin de donner toujours à Cagliostro le
t:n cl1irlll'gien _élait officicllef!lent at~ché ~u _scr\'ice des prisonmcrs de la. Dasltlle, mais celu1-c1 fie
pou\·ail faire l'alfairc.
4

�msro~1.J1 __________________________.
titre de comte. Ce serait lui faire peine que
de l'oublier. Rohan veut encore qu'avec sa
grande autorité Target parle à l'avocat de
l'a1cbimiste, stimule son ardeur, lui donne
des conseils.
Enfin, pour son défenseur, Rohan déborde
de gratitude : &lt;c Adieu, je vous répète encore
toute l'expression de cette douce reconnaissance que ma sensibilité pourrait seule vous
peindre. "
Deux fois seulement, dans ces lettres, sous
le mystère de l'encre invisible, se glisse le
souvenir de la reine. &lt;&lt; Avez-vous des nouvelles de la R(eine]? " La seconde lois l'expression trahit la profondeur du sentiment
et la préoccupation constante :
cc ~farquei-moi s'il est vrai que la Reine
continue toujours à être triste. »

XXXII
La défense et les défenseurs.
L'usage du temps était que les Mémoires
et consullations des avocats fussent imprimés.
Il; étaient mis en vente et distribués à profus.ion. Le retentissement du procès fit lire
a,,ee passion ces écrits dans toute la France
et morne hors des frontières. Le talent des
avocats ajouta à l'intérêt de la cause, au
point qu'après plus d'un siècle, ces écrits de
circonstance demeurent d'une leclure attachanle.
Le « conseil » du cardinal é•ait composé
dPs m:u'tr.. s du harrt&gt;au parisien : Target, de
B11nnièr1·s, La!.!'et-llardelin, Tronchet, Collet
t&gt;t Bigot de Pré11neneu. &amp;Je Target, de l'Académi1~ français~, passait alors, réputation
q11'il a i:rardée jusqu'aujourd'hui, pour une
des gloires du barrt!au français. Il était le
seul avocat qui fùt entré à l'AcaJémie depuis
un siècle et demi, c'est-à-dire depuis Palru,
élu en 1640. li est vrai que l'illustre Le
Normand avait songé à se présenter vers le
début du xv111e siècle; mais le Comeil de
l'ordre lui avait fait savoir que s'il descendait
à Faire les visites de candidature il serait r,1yé
du barreau. Et Le Normand y avait renoncé.
Target était l'bomme de son éloquence :
massif el lourd. Il Courrait ses gros doigts
dans les petites tabatières des dames. Aussi
la gracieuse marquise de Villeneuve-Arifat
ne l'aimait-elle pas. « Cc Target était de
l'Ar..adémie, dit-elle, et un de ses membr, s
les moins brillants ; de plus laid et point
aimable. Ce petit œil bleu céleste dont on le
décorait n'était autre chose qu'un vilain œil
lourhe et noir 1 • »
Mme de la Motte eût désiré être défendue
par le jeune Al!Jert Beugnot; mais lleugnof,
nonobstant l'insistance de Tbiroux de Crosne,
lieutenant de police, qui essaya de le déterminer par la persoectirn de la réputation
t. S01wenirs de la marquise de rille11euveArifat, pub!. par M. llenri Courteault, p. 71-i2.
2. M" Blondel qullta dans ln suite le barreau el

devint juge à la Cour d'appel de l'aris.
5. Gazette de Leyde, 1785, 9 déc.
4. Charles-Louis Hû, êpicier.
5. Obae.rvations de P. Tranquille (La Mecque,
!i86), p. 3-5.

qu'un débutant pouYait acquerir en pareille
circonstance, déclina l'honneur. Tbiroux de
Crosne lui donna alors le propre « consdl n
de sa famille, !I' Doillot, avocat âgé de plus
de soixante ans, qui avait renonré depuis un
certain temps à l'exercice actif de sa profession, mais était encore recberché dans rnn
cabinet comme un jurisconsulte éclairé. « Le
vieillard n'approcha pas impunément de
~!me de la !fotte, dit Beugnot : elle lui
tourna la tète. 11
M• Dlondel, arncat de ln baronne d'Oliva,
un jeune slagiairc tout frais émoulu de
l'École, n'approcha pas impunément, lui non
plus, de sa jolie cliente : elle lui tourna la
tête également. A vrai dire, Je résultat fut
différent : lime de la !lotie mil dans lacervelle de M• Doillot !out ce qu'elle voulut, et
lui fit écrire les mémoires les plus extravaJ!ants: (C Il faut que l'avocat soit devenu fon,
disait de lui son frère, le notaire .iu Chàtelt!l,
ou que la dame la Uo•.te l'ait ensorcelé
comme rlle l'a lait du cardinal. " Si bien que
Je jurisconsulte estimé y laissa sa réputation,
tandis que, sur les ailes de l'amour, celle du
jeune stagiaire fut portée du jour au lendemain au delà des nues 1 •
Le mémoire de Doillot pour la comtesse
parut le premier, en nO\'crnbre 178.3. Grâce
aux passions surexcitées, il eut un succès
fou. « L'avocat Ooillot, dit la Gazelle de
Leyde, ne peut suffire aux demandes qui
sont faites tout le jour. On voit as.;iéger sa
porte par une foule rnnlinuelle. Plusieurs
milliers d'exemplaires ont à peine suffi à conten1er l'a,idité des premiers demandcurss. )&gt;
L'auteur de~ Observations de P. Tranquille,. donne une description pittoresque de
la cohue :
« Comme je ne suis pas de ces êtres qui
se font écraser pour a,·oir du nou,·rau, je
passai mon c·hemin. Je n'étais pas à dix pas
de cette maison - la maison de M• Doillot
- qu'un clerc de procureur, tout essoufflé,
tout rn sueur, me demanda d'un ton précipité : « Monsieur, en avez-vous? en avez(( vous? ,, Ayant Jit que je n'en avais pas,
mon robin me quitta. Je tournai le coin de
celte maudite rue; la voiture d'un E,jculape,
qui s'époumonait de crier: &lt;&lt; Cocher, cocher,
« arrête à la porte que voilà! " - celle de
M• Doillot - faillit m'écraser. Je n'étais pas
encore remis de ma frayeur que le cabriolet
de M. D'" me lrotla l'habit. J'envoyai, au
diable l'avocat et son mémoire et croyais
bonnement être débarrassé de cette Ioule
importune, lor3qu'un chirurgien m'accosta
et me dit : " Sandi, monsieur, je ne vous
« demande pas quel est le sujet de votre
C&lt; sortie. En avez-vous enfin? n Ma foi, je
l'avouerai. je crus tn ce moment qu'au lieu
de distribuer un mémoire, on donnait de l'or
à tous les Français qui n'en ont pas &amp;. 1&gt;
6. Bachaumont, XXI, -123.
7. Vie de Jea,me de Saint~Rémy, 1, 4J2-'.&gt;6.
8. Jean-Charles Thilorier, në à La llochellecn li56,
mourut le 20 juin 1~18, 7, rue Neuve-des~Capucines,
avec le titre d'a\'Ocat aux Conseil~ du roi . Il élail fils
d'avocat cl laissait deux fil s dont l'un, Adrien-JeanPierrc, fut lui-même a,·ocat. Ayant eu, en ·l i90, le
courage de présenter la défense du marquis de fanas,

.,. So ...

Il y eut des désordres rue des !laçons, où
Doillot logeait •. On dut faire garder la maison
par des soldats du guet. Dix mille exemplaires furent ainsi distribués de la main à
la main; les libraires en vendirent cinq mille
en une semaine, et en quelques jours Doillot
reçut trois mille lettres de demande 7 •
L'idée d'impliquer Cagliostro dans l'intrigue avait été, comme dit George), d'une
adresse diabolique. Si Jeanne de Valois eùt
jeté de prime abord son accusation sur le
cardinal de Rohan, nul n'y eût ajouté loi.
Par ses allures, Cagliostro était suspect, et
on connaissait l'empire qu'il avait sur l'esprit
du cardinal. L'alchimiste, insinue-t-elle, a
dépecé le collier pour en grossir « le trésor
occulte d'une forlune inouïe ,,. &lt;( Pour voiler
son Yol, écrit Doillot, il a commandé à M. de
Rohan, par l'empire qu'il s'est créé sur lui,
d'en faire nndre et d'en faire monter d~
faibles parcelles à Paris par la comle;se de
la ,roue, d'en faire monter et vendre des
parcelle; plus considérables en Angleterre
par son mari. » Quant à l'idée que le collier
eût pu être acheté par la reine, dans un
beau mouvement d'indignation Mme de la
Molle la traite de blasphéme criminel.
La défense de Cagliostro est une merveille,
étonnante d'éclat, de hauteur et d'ironie. De
ce jour l'attention des lettrés, des écrivains,
des salons et des cafés littéraires, fut attirée
sur un débat où l'on allait voir, comme en
un tournoi du Parnasse, rivaliser les plumes
les plus habiles.
Du factum de Cagliostro, la C01·respondance lillé1'a.ire parle ainsi :
(&lt; Oh I que cela serait beau, si tout était
vrai, s'écriait une femme d'esprit, après avoir
écouté avec attendrissement la lecture de cet
attachant mémoire.
- Je ne m'arme point, répondit un
homme sensible, contre l'éœotion que me
cause un roman hien écrit, jusqu'à ce qu'un
arrèt ait décidé ce que je dois croire de la
vérité des faits qu'il contient. »
&lt;( Et l'homme sensiLleavait raison ,, , ajoute
le nouvelliste.
Huit soldats du guet, devant la porte de
Me Thilorier, au cloitre Notre-Dame, endiguaient le public qui se précipitait sur cet
écrit sensationnel. Caglio.stro l'avait rédigé en
italien, puis &amp;ie Thilorier, avocat de vingtneuf ans rempli d'esprit, lui avait donné une
forme vive et piquante 8 • Cagliostro, de qui
la liberté, la vie mème, étaient en jeu, débute
par raconter )es hbtoires les plus invraisemblables sur sa naissance et son éducation, sur
la science prodigieuse qu'il a acquise, sur les
guérisons miraculeuses qu'il sème autour de
lui. Son odyssée mythologique à travers l'Europe et l'Afrique est eipùSée en termes inimaginables. Après quoi, le plus sérieusement
et le plus heureusement d n monde, il se
il ful emprisonné, puis il se réfugia chez son beaufrère dans le Rlèsois. li était passionné pour les
scienCes mt!caniques et la philosophie. On a de lui
un Système universel (4 vol. 1mbl. en 1818). li culti-rnit la poésie et lit des tragêdies.
Son fils cadet, Nicolas-Charles, mourut à Blois, en
novembre 185.1, laissant une fille unique, aujourd'hu
Mme Slorclli.

"--------défend. La première partie pouvait faire
douter de la véracilé de la seconde. « Mais cbar~ante et son avocat le disait en termes
cette folie, comme dit Beugnot' dont Tbilo- exqms. « ~e !Iémoire de la demoiselle Oliva,
[ier, ho~me de beaucoup d'esprit, riait tout ~cru le P_ere George!, intéressa toutes les
,e ~rem1er, fut_ tenue pour con\'enable et bien "'"?e~ sensibles par Jes aveux ingénus que
a !_ordre du JOUr. " Cagliostro avait il est fai~ait cette belle courtisane. Le style avait la
vra!, un_ argument. sa~s réplique : le c;rdinal fraicheur du coloris que les poètes attribuent
avait traité avec les Joailliers le 29 janvier! 785, 11à la _reine ~•- Gnide et de Paphos. " Et voilà
,n JOh ~pecimen de style jésuite à propos
et !,m,,Caghostro, n'était arrivé à Paris que
le vO, a neuf heures du soir.
d ~ne Jolie femme. M• Blondel écrivait bien
Arec lime de la Motte, il le prenait de trè; ~,eux :. son_ Afém_oire est si simple, si clJir,
h~ut. La comtesse, dans son .\lémoire, l'a e- d u.ne ernot1on s1 nai\'e el si touchante la
Ia,t
Empiri~ue, bas-alchimiste, rêt:ur log,q~e en .~sl si ~nement et si joli~cnt
sur . a pier~e philosophale, faux prophète. " déduite, qu il _est impossible, aujourd'hui
encore, de le hre sans une vive symp11h:e
Cagliostro repond :
Tout Paris ~our Nicole eut les yeux de Bion:
d~l. Vrngt mille exemplaires dé son petit chef, 1!1!ipir!q1te! J'ai souvent enlendu ce mot
,
na, Jami
,
, mais
. ; is pu sam1r au juste ce qu'il signifiait . d œ~vre furent vendus en quelques jours i.
Peut-elre
, M Blondel trouvait le même intérêt que le
. un 1iomme qui,· sans êlre docteur a d •s·
conn11ss_anc~s en médecine, va ,·oir les ,~alad~:o defenseur du cardinal , il• Target , à prouver
et ne fait pou!l pa1er ses visites, guérit les paun·es que, for~ de la scène du Bosquet, dans cetle
comme les riches et ne reçoit u·arrrent de
- O~ls~ur1te profonde, Nicole n'avait rien pu
sonne
. .
0
per
·
- er~ c~ cas Je s'.11s_ empirique.
d1stmguer. Et Manuel de rimer ces vers qu'il
Bas-alcl111mste ! Alchumstc 011 non la
1·1·
cal'
d
b
,
qua 1 1met dans la bouche de la jolie figurante :
1011
C Ci
as » ne convient qu'à
·
demandeut cl qui ram1&gt;cn1 et 1·
. c:~x q~•
Tous deu:r m'o11t démontré que Je n'a,· _
.
t
..
. .
.
,~enput'Oir,
t,
C .
·
on sait s1 Jam:us 'l'
arge 'qu ' 11msazt nuit, Blo11del, quïlfaisttil noir.
ll ~omt~ aghostro a demandé des
graces :1 personne.

i' ".

Ret'~ur sm~ la 11ierre philosopliale; Jamais le public n'a été
Hnportuné par mes rê~cries
~•aux prophète! Je ne l'~i pas
touiours été. Si M. le cardinal de
Hohan n,'eùt cru, il se serait dérié
de la ~omlPS~e de la Molle et nous
ne sermns pas où nous eu somrncs.

• ~a fin du mémoire serait
a cll~r tout entière; en voici Ils
derrnères lignes :

. Fr~nçais, n'ètes-,·,ms &lt;iue cu'':tins
ecrils où la malice et Ja Jé,,êrcté
se sont plu à Vl'rser sur l'A,~i de~liommes l'opprohrc et fo ridicule
1:1r~ix ! rnus pomcz lire ces

Voule~-,ous, au contraire, êtr~

b01~s c~ Justes'! .\''interrogez point:
mais ccoutez cl aimc1. celui qui
rc~pl'da toujours les rnis parce
qu lis sou l dans Jes maimde Dieu
les ~ouverncmenls p:irce qu'il le~
prolt•gc, la rnli_~ion pai·cc qu'elle
est sa loi, Ja loi parce qu'elle en
est, le sup1ilémcnt, les hommrs
enfin parce c1u'ils sont, comme lui,
ses enfants.
N'.intcrrogcz point; mais écoutez
t!I :ume.z celui q~i est venu pal'mÎ
\'OUS fi.usant le bien, qui se laissa
alta~uer a\'cc p,1licncc et se défendit avec modération.

Ua était encore tout abasourdi de celte littérature, inattendue en la circonstance, _
c~r ce plaidoyer s'adressait véritablement à Nos Seigneurs
du Parlement, sié"eant en la
Grand'Cbambre et Ja Tournelle assembl;
- qua_nd parut le délicieux écrit de Al' B~s'.
del plaidant pour Nicole d'Oliva. Nicole &lt;'ta~t
1_. Ga:~lle d'A mste,-dam, 31
mou·c avait paru le 27.
mars 1786. Le mé-

Voilà cc que ;e sau. Et mo11 âme rngt,we
D(m~ _cet /mm/Ac récil se nwntre Loule 1/1/e.
Jl' s1m1 simple, 11a1Ve Et q,ti 8
.
· '
J'lmazs 11uc11.,·
Que I a belle Olwa
,,e dëi-oiler mu yeu.r 1'
2. Çeus-not, 1, 101.
3. Né a Troyes, le 2 déc. ·1770, d,rns la rue /Jei-

,,t , . .

"" Si .,.

L' .llrr.!117(E DU COLZ.1E]t - -...

~ua nd : du fond du Châtelet, où il était
melaucohquement
détenu
d'E't•ienv1e
·11
..
,
_
, B•tte
c
apprit 1e sucees de librairie de ces écrits qui
s~ transformait pour les auteurs en s~ccès
~ ar?ent, car chaque exemplaire se vendait
e vmgt à trente sols, il demanda énergique:~nl ~nà être, ~r ~nfin, lui aussi, il avait
_e me 1e une histoire de diamants. On a
di~fi~e Vergenues et le ministère eussent
pr re..~e pas compliquer l'affaire si compliquée dcJ'i du cardinal, en y ajoutant l'invrai~emblable aventure du bourgeois de Saint. mer ~t d~ son~ ami, le baron de Fages. Mais
tl te_na1t, lm, d'E~ienville, à parler et à écrire,
qu_oi qu on en eut. Et ses !fémoires de pleuvoir .: du .24 février / 786 au !! avr1.1, 1.1 en
pu hl ie troJS coup sur coup Chac f
d
à 1'li'
,
·
un ut ven u
~
l~r~ d ~xemplaires. &lt;I On a beau s'écrier:
mais _d ou vient ce nouveau venu l A ui en
~eut-i_I? d_e quel droit publie-t-il un lléJoire?
e Memo1re
d •. est
• ~ un roman qui •, du mouver~cn 1' ,. e 1 rnteret, du st}le. Tout le monde le
lit et• s mtéresse
pour M· d''"'' t·iem..I 11 e, sans se
. ,
soucier. St c est un personnage réel ou un être
fantastique'. » Ces '"Mémoires étaient signés
de Afe Montigny' avocat mal
famé, observe le Bachaumont
qui n'en. distribuait pas un scui
cxemplaue gratuitement et les
v? nd3 it lui-mème à son domicile, rue, 1e La Harpe, sans pudeur . . D ~,tien ville, qui y exerçait pour la première fois sa
plume, signait : Auctor el
actor.
La belle comtesse deCagliostr_o_cut pour défenseur M' Polve:11,. qui raconta sa vie en un
Memotre phis invraisemblaLle
encore que c, lui de son mari.
"Celte nouvelle fable, dit Beug,~ot, rut aussi son ~uccès. n
Rel_aux de Villette cboisit un
petit avocat bossu, Me JaillantDescharneb ~' f! aussi malin que
le ~om_po~tait sa constitution »,
qui depeignit Villette tel qu'il
étai~ eu effet : caractère faible
el lege1\ dominé 'p:ir ses maîtresses et loujo"urs prêt à leur
rendre les
. services (!u'elles 1Ill.
deman daient sans trop en discerner la portée. Il fut d'ailleurs
de tous les avocats celui qui
remp~rta le plus grand succès
at~ pomt de vue judiciaire. Son
client,. ~oup~ble de faux et de
complicité immédiate dans le
vol :du_ Collier, s'en tira avec
une peme dérisoire.
Puis vinrent les Mémoires du
baron de Fages, de dom Mulot
du. comte de Précourt, l'accu~
satrnn contre d'Étienville et ses
compagnons rédigée au nom des horlogers
Loque et Vaucher. Ce dernier écrit œu
d
!!• D
,
d
,
vre e
uveyr1er, a mirable d'ironie et d'huc/iame1,, mort â Paris Je "lO ·ani·
.
forlunc de 400 000 francs . J 1 . · 1851, laissant uu,
a sa ·1 11 e natale.

?

�ffiSTO'R,.1A

---------------~---------------- ~

lectionneurs, bibliophiles, amateurs de plamour, :rut placé par les critiques à côté des enfin décom·erts et embastillés le 21 mars quettes et d'estampes. On voulait a,-oir tous
1
1786 •
plaidoyers de li' Blondel et de Cagliostro,
/Jlais del'ant la plus grande partie de les mémoires imprimés, brochures, pamParlant de l'un des Mémoires de d'Étienphlets, petits vers et chansons que l'affaire
ville, le libraire Ilardy écrit : « Entre autres ces publications malignes, les etîorls de la faisait naitre au jour le jour. On tira une sétraits lrappanls, on y remarque, à la page 22, police demeuraient impuissants et ses pour- rie de vingt-deux portraits représentant tous
le discours adressé le 16 août 1785 par la suites n'avaient d'autre effet que de piquer la les personnages en jeu. La plupart étaient de
dame de Courville, qui se sauvait de Paris et curiosité publique. Et les nouvellistes de dé- fantaisie. Les premiers qui portèrent le nom
était pour lors à Arras, au sieur d'Étien- ployer leur imagination. Toutes les feuilles de de lime de la Motte n'étaient autres que des
France et d'Europe suffisaient à peine à conville :
portraits de la Présidente de Saint-Vincent,
« M. le cardinal de Rohan a été arrêté tenir leurs inrormations. Que devenait sous tandis que le comte de la Motte était figuré
leur
plume
la
scène
du
Bosquet?
«
En
accorhier à Versailles. Sauvons-nous. L'achat d'un
par le prince de Montbarey. La même image
collier de seize cent mille livres, dont rnus dant ses faveurs au cardinal, la d'Oliva lui servait pour d'ÉtienYille et pour le baron de
avez vu chez moi des parlies, est le nœud de Fai5'ait accroire, les deux tèles sur le mème Fages. C'était la figure d'un sourd-muet
celle affaire. C'est la découverte de cette oreiller, qu'elle était la reine elle-même; de trou\'é en 1775 sur le chemin de réronne, se
intrigue qui causait mes chagrins et mes li, les grandes idées d'ambition du prélat disant comte de Solar. Des colporteurs, cainquiétudes depuis le commencement du qui se flattait de devenir premier ministre'. » melots de ce temps•là, n'en trouvaient pas
mois. Voilà ce qui empêche mon mariage cl Quant au comte de la Moue, on assurait que, moins bon accueil quand ih parcouraient les
forcé par le lord-maire de quitter Londres, il
me perd. »
rues el offraient à la foule, sortant des presses,
Par l'importance que Hardy auache à ce s'élait réfugié à Constantinople, ùÙ il3 s'était encore humides, les plaquettes nouvelles de
fait
circoncire
et
avait
pris
le
turban
• Ajoudétail, on voit combien l'intrigue de la dame
la série du Collier, attirant par leur cri habide Courville, malgré son invraisemblance, tez l'exaltation des esprits en ces années qui tuel : a Voilà du nouveau I Yoilà du nouavait été birn conçue par Jeanne de Valois, et précèdent la Révolution, et vous imaginerez
,·eaui ! »
de quel secours elle lui eût été, si l'arresta- l'agitation qui naquit du procès. Les caricaEnfin, le 16 mai 1786, peu
tion, inattendue pour elle, de
de jours avant le jugement,
Rétaux et de la d'Oliva, n'eût
parut le Mémoire pour le carruiné dans ses mains toute
dinal, par Target. On en avait
possibilité de défense.
dit par avance mille et une
merveilles. L'avocatavaitdonné
lecture de quelques fragments
à ses collègues de l'Académie,
«Voilà du nouveau! Voilà
qui s'en étaient déclarés chardu nouveau! 1)
més. Quand un académicien
lit quelque chose à ses collèL'émotion et l'intérêt progues, ceux.ci s'en déclarent, il
duits par les brochures des avoest vrai, toujours charmés. Des
OtJ,c, ~" ""' ,111 , ,1uv ,:~ j(, J&gt;I ;~ (J);,i, ·1" •;r ""11.L .. ;L,
cats étaient encore sureJ:cités
copies manuscrites en avaient
eAC,,u. Il # ...,,p,.,.
J( ..:',1,.,. .. ,
_ , J (111\1(, 11,tt,,,
, .. -1
·~- ••,
par les libelles et les pamphlets
été tirées, plus ou moins fidèque l'affaire faisait éclore de
&amp;·.-;L ,; ;, ..,_,.,://-.,1, /{~.,.,,"'-.,....vit.,,_,,.;,'
les. Elles se vendirent jusqu'à
toute pari: le Garde du Corps,
trente-six livres chacune par Ch.-Jos. Mayer, les Réau moins soixante-douze francs
flexions de .llolus, le, Obsei·d'aujourd'hui. Et quand l'écrit
vations de l'. T.-anquille par
parut imprimé, ce fut une vraie
Charle,-Louis llù, le Conte
sédition sous les colonnades du
oriental, la Lettre de l'abbé
Palais Soubise où il fut mis en
G... lt la comtesse et la rédistribution. La Ioule, qui se
ponse de la comtesse à l'abbé,
pressait dans la vaste galerie
le Recueil de pièces authenen demi-lune, devint si grande
tiques, la Lettre à l'occasion
11ue le guet ne suffit pas; il
de la détention du cardinal,
fallut la garde à cheval'. Trois
les Mémoires authentiques
éditions parurent le mème
pour Cagliostro, la Dernièl·e
jour, l'une chez le libraire
pièce du Collier; combien
llardouin, au Palais-Royal;
d'autres I Parmi les auteurs de
l'autre chez Claude Simon; la
ces pamphlets, on trouve des
troisième, imprimée chez Lot·
perruquiers, des épiciers, des
lin, était distribuée à l'hôtel
commis de librairies. Toutes
Soubise. Nonobstant cette disles têtes s'en mêlaient. Une
tribution gratuite, le mémoire
imprimerie clande~Line, blottie
fut vendu jusqu'à un écu. On
dans un fond de cour, rue des
en avait dit tant de bien que ce
LETTRE DE CACHET, CONTRESIGNÉE PAR LE BARON DE BRETEUIL,
Fossés-Saint-Bernard, était enfut une désillusion. Sans doute,
1
ORDONNA:-iT L EMBASTILLEYENT DE CAGLIOSTRO.
tièrement occupée à l'impresil était difficile de !aire mieux
sion des plaquettes relatives à
D'après l'original conservd .i la DfNiolhèque de /'Arsenal.
que les mémoires pour Cal'affaire du Collier. Elle était
gliostro el pour la d'Oliva.
dirigée par Louis Dupré, dit
Mais
l'œuYre
de
Target n'est pas sans valeur,
Point, garçon perruquier - Figaro était un tures devinrent si violentes que la police les il s'en faut. De nos jours on a comparé œ
type de l'époque - et Antoine Chambon, com- interdit à leur tour•.
Ces mesures stimulaient l'ardeur des col- morceau d'éloquence judiciaire aux plus belle,
missionnaire en livres. Les deux associés furent
:i. Journal ,le- Hardy, 1786, 1-2 juillet.
3. Journal d&lt;' Hardy, 1786, 20 mars.
t. La /la$lilfe déi•oif,te, Ill, 108.
G. Ibid., 2-l mai; 8acl1aw11ont, XXXI(, f.2.
~- Courrier de l'Ew·ope, l 78!i, 11 a,·ril.
'1. Bachaumo,it, 1785, lü dl'ccmhrc.

...

__________

harangues de Cicéron. C'est lui faire tort. Le
fac_1~~ de Target contient des parties d'une
prcc1s10n et d'une force démonstrati,·e aux-

Marie-Antoi?ett?. à son frère Joseph li', j'ai
bien com~te qu il ne pourrait reparaître à la
cour; mais la procédure, qui durera plu-

1..' ./l'F'FJUR,ë

DU COZ.l.113R, - - ~

plus d'effet que celle de l'assemblée générale
du. dergé, bien qu'elle émanàt d'un seul
rnd1v1du. L'abbé George!, ancien jésuite, était

xxxm

""' 52 .,,..

L'HOTEL llE SOUBISE, PRIS OU CÔTÉ DE LA RUE

qudles n'a jamais atteint l'insupportable ba•~rd _de Tusculum. Peut-être que si Target
n a,?,t pas eu la conviction que, dans une
par~1ll,e cause, il a\'ait le dernir d'écrire un
chef-d œuvre pour la postérité, il en eùl réellement fait un; pour les chefs-d'œuvre il
faut moins de façons.
'
Le peuple chanta :

· - Gravure de RIGAuo.

sieurs mois, pourrait avoir d'autres suites
Elle a commencé par un décret de prise
corps qui le suspend de tous droits, fonctions
de faire aucun acte ci·vi'l JUS.
'à et faculté
.
qu son Jugement. Cagliostro, charlatan,
La Molle, sa femme et une nommée 01·
barb°teuse d_es rues, sont décrétés avec lui;
iva,
11
que e assoc1atio~ pour un grand aumônier
et un Rohan cardrnal ! 1,
Ta,·get, da,is /JM gi-os Alémoire
De ce. jour comwença pour les détenus
A tract la11t bien que mal
'
une captivité rigoureme. Le Parlement rela sotie et fdcheuse /ii,toire
De ce pauvre cardi11al
pous.5a, le 1 7 février 1786, la prétention lorEt sa t:erbeuse éloque,i~e
mulee
par l'assem~lée générale du clergé,
Et &amp;011 froid rai1om1nne11t
sous la prés,dence d Arthur de Dillon, arcbeProuve11t jusqu"à l'évidtllce
l'êque de Narbonne, de faire juger le cardinal
Que c'tlt un grnnd 111noceut.
par_ le, tribunal ecclésiastique. Déjà le roi
Ce lut le mot de la fin, le mot juste sans a_vait repo_ndu précédemment à la letlre que
doute.
'
1assemblee du clergé lui avait adressée le
18 septembre 1785 : " Le cler•é de mon
royaume
doit compter sur ma p;otectioo et
XXXIV
sur ~on_ attention à faire observer les lois
conshtuli\'es des prhilèges que les rois mes
Avant le jugement.
prédécesseurs lui ont accordés. » Et il ne
s'était pas arrêté davantage à ces formalités.
, Le 15 décembre 1785, les simples décrets On ne crut pas devoir tenir plus grand comp le
d &gt;Journement du Parlement pour être ouï
de~ démonstrations du Souverain Pontife,
décernés. con Ire les prisonniers de la Bas~ qui, ~n g~ande colère, avait menacé Rohan
lll!e, avaient été convertis en décrets de prise de lu_1 ret1r.er ~e chapeau, parce que, cardide corps contre le cardinal, la comtesse de la nal, 11 se laissait juger par Je Parlement. On
M,olle et Cagliostro. Ce dernier avait failli, se contenta d'expédier au pape un certain
des ce moment, trouver une majorité en abbé Lemoine, docteur en Sorbonne, qui lui
laveur de son acquittement • Le 19 JanVIer
• .
expliqua cc dont il s'agissait, et le pape se
seu1ement lut prononcé le décret contre déclara sat,slait.
!Ille d'Oliva. Le décret contre Rétaux fut
Une autre manifestation ecclésiastique fit
rendu lors de son entrée à la Bastille. " Dès
du 2f de&lt;'r-mbre l 7M:i, publiée par
le moment où le cardinal a été arrêté, écrit MJ .· e0 larlate
Hochelerw el ,ti&gt; IJcaUl'Ourl, li, 85--86.

cl;

J

..-.- 53.,..

le vicaire gén~ral du cardinal, aussi bien à
Strasbourg qu à la grande aumônerie. li profita de la rédaction d'un mandement " per~elta?t l'u:age des œufs pendant le carème
JU~qu au dimanche des Rameaux », pour y
faire connaître sa manière de voir. Il y compare h_ravement le cardinal à saint Paul
Louis X_VI à ~éron, et se compare lui-mèm;
au disciple _1 imolhée que l'apôtre exhorte à
ne pas rougir de sa captivité :
Je, François George!, docteur en théolo(l'ie etc
env~yé_ vers _voui;, mes très chers frères: c~m~;
le d1sc1pl~ Timothée le. ful a~ peuple, que Paul,
da~s les liens, ne pou,·ait en:-eionrr J·e vou ru~
&lt; '1
t
. d
o ,
s ~ ...
1u J ,·ous es permis e manger du Lcur,·e el des
œufs en ca1·ème.

Mais entendez :
Puisse not~e voi1, aussi éclatante que la fatale
trompett~ q~1 appellera les morts au dernier jugement, umter les accents des envo\'és de 0·
't d" .
•
leUi
quan
: Cl Peuples écoutez
1 ' d• • s isment
·
, c'est o·1eu
m-meme qui ~arle par notre bouche. L'impiété
a rom1m ses digues, elle a inondé la terre t
dans l~s élans de sa fureur, eUe a dit: Je 1
« ter~1 au c~el, j'insullerai au Tout-Puissant!
" mais, ~u sein de la nue sillonnée par les éclairs,
« au ~ru1t de 1~ foudre qui éclatera sur le monde
!( entier, la maJesté de Dieu apt&gt;arailra. d t ,
. .
, u ronr
« 1te 1a,. JU!illce
pour enl ra1•
. d partira la "enueance
c
(t ner 11mp1e
ans l'abime éternel! »

et ~:u:

. Cc qui paraîtra inouï, c'est que cette manière _de permettre l'usage des œuls durant
le carem~ fut affichée par les soins de George}, v1ca1re de la grande aumônerie, aux
portes des chapelles dans tous les chàteaux

�L' Jl1'1'.1111('E

111STO'J{1.Jl
remme, après quelques jours, alla au Palais1Hopl pour y voir, aux étalages des imagistes,
son portrait, autour duquel se groupait la
Ioule. li était aOreux el elle en rit comme
une folle, ce qui la fit reconnaitre. Par des
cris de fèle, ces dames du bel air la saluèrent
respectueusement et les jeunes hommes qui
passaient lui offrirent les fleurs destinées à
leurs amies. Les meilleures maisons se l'arrachèrent. ~fais, tête légère, elle parlait trop.
Elle disait par exemple, à diner, de,ant une
nombreuse assistance, qu'elle s'était toujours
lrès bien portée à la Bastille et n'avait eu qu'à
11
se louer des égards du gouverneur •
Mme de la Tour, sœur du comte de la
Molle, avait éié mise en liberté dès le 7 léuier.
Ces vides lurent en partie comblés, le
12 mai, par la naissance à la Bastille d'un
nouveau petit sujet du roi que mit au monde
la pelile baronne d'Oliva. Baptisé le lendemain
en la paroisse Saint.Paul, il reçut les nom,;
de Jean-Baptiste Toussaint, ,on père, Jeanllaptisle-Eugène Toussai ni de Beausire n'ayant
pas hésité à le reconnaitre.

de l'amuser. Le H lévrier, il fit paraître un
mémoire au sujet de la détention de sa femme,
prisonnière comme lui à la Bastille. • Tant
que le supplianl, dit le mémoire, a pu croire
que les rigueurs d'une longue et cruelle captivité n'avaient point altéré la sanlé de son
épome, il s'est contenté de gémir en silence.
Mais :, présent qu'il n'est plus possible à ceux
&lt;Jui l'cnlourent de lui dissimuler l'élat de
celle malheureuse épouse et le danger qui
menace ses jour~. le suppliant, pénétré de la
plus profonde afOiction, se réfugie dans le
sein des magistrat.; . t' Tout Paris apprend ainsi
que la lie d'un ange était mise en péril par
la Liad1ar·e du pouvoir royal. &lt;1 C'était un
exposé touchanl, dit liard), de l'éiat eriliquc
el dangereux où se trouve aclucllement la
dame de Cag\ioslro, état qui exige le secours
d'un art bienfaisant exercé par son 1uari, qui
avait eu le bonheur d'arracher mille Français
des bras de la mort ; ainsi que du malheur
de celle dame, qui, n"élanl ni décrétée par le
Parlement, ni accusée, était pri,·ée de sa
liberté depuis le 22 ao1'1t. n Au Parlement
l'alarme fut vive. L'auguste lribunal décida
qu'une délégation de magistrats « se retirerait » par devers le roi pour le supplier d'arracher cette délicieuse vidime au sort épouvantable qui la menaçait. Le gouvernement
s'en émut, prit des inlormalions à la Bastille.
Le marquis de Launey répondit que la pri011 sait que le docteur Porto/
sonnière se portait à men·eille et se promenait
Sou• a rrmlu le cardi11al
journellement au haut des tours 4 •
E11 lt bo111Ta11t cle qu111qui11a.
Toul ce bruit eut néanmoins pour résultat
Alleluia!
de hàler la mise en liberté de Mme de CaOlit·a dit qu'il ell di11do11.
gliostro qui sortit de la Bastille le 18 mars.
Lamolle dit qu'il ut fripon,
Elle se rendit à son hôtel, rue Saint-Claude,
f,ui-mtme dü qti'il r.sl btta.
où, durant plus d'une semaine, un registre
Alleluia!
déposé chez le concierge se couvrit de signaI.e Saint-l'ère L"miail rougi,
tures tout le long du jour. « Il n'est pas rare
l,e Roi, la flei11e l'011t noirci,
de
,,oir le soir près de trois cents visites sur
Le Parle111e11t Le bla11chira.
Allduia!
la liste de son portier. » « Il est exactement
de bon ton, disent les nouvellistes, d'amir
.\. !, veille du jour oü le Parlement ,•a
passé à l'hôtel de Caglioslro. n Ceux 1111i
s'assembler, la question, pour l'opinion puavaient l'honneur d'être reçus par la comtesse,
blique, est entre le cardinal el la reine. La
assuraient en sorlanl 11u'elle avait tant pleuré
noblesse de Versailles espère trouYer dans
à la Baslille que ses JOUX en étaient presque
l'acquittement de l'un de ses plus brillanls
usés. lleurcusement, ce ,,ui en restait était
représentants l'humiliation de la someraine.
encore lort présentable et les consolateurs
Parmi le peuple, hrulalement, &lt;c on assurait
lrappèrent en grand nombre à sa porlc, emque Son Éminence persistait à soulcnir que
pressés à lui !aire oublier la douleur que dele lameux collier de diamants avait été bien
,·ait lui causer la captivité de son mari. Les
et dî1menl remis à la reine et demandait
gazetiers assuraient que Cagliostro s'occupait
a,·ec instance à êlre oonfrontée aYec Sa Maà rédiger un place! , encore plus pathélique
jesté'».
que le premier, pour supplier la Cour de
remetlre son épouse en lieu clos. La jeune
XX.XV

du roi, au Lou\'re, aux Tuileries, jusque sur
les portes de la chapelle du palais ,, Versailles 1 .
Une lcltro de cachet signée Breteuil, datée
du 10 mars 1786, enYOja George) passer le
carème plus tranquillemenl à Mortagne, dans
les Vosgrs, non loin de S:iint-lfü'.·. Il} arriva à
l'époque ,,ù le printemps renait, cependant
qu'à la Haslille Rohan commençait de trouver
les murailles nues et tristes, car depuis le
15 décembre où, de prisonnier du roi il était
devenu celui du Parlement, il ne lui était
plus permis de &lt;( tenir ~alon comme à l'hôtel
de Strasbourg Il, de donner des repas de
"ingl couverts, de rédiger ('Il collaboratÎCln
avec l'abbé George) des noies édifianles pour
le Courl'ier de l'Eu,·ope, la Gazette de T,eydr
et le Journal d'Amsterdam. L'arche, èque
de Paris, qui alla \"OÎr Rohan le 5 jamier,
lut lrappé de l'altération de ses traits. «Vous
voiez un homme bien malheureux, lui dit le
cardinal, mais j'espère, avec la grâce de
Dieu, supporlcr paliemmenl les souffrances
jusqu'au boui. » Ses colic1ues néphréliques
l'avaient repris avec plus de violence. Son
esprit s'aigrit alors; il s'imagina qu'on voulait l'empoisonner•. Et le peuple - jusqu'aux
filles joyeuses, assises avec leurs compagnons, les jambes ballantes, au bord des fossés de la Bastille - lui chantait :
1

Madame de Cagliostro en liberté.
Cagliostro continuait d'étonner l'opinion et
l. Journal de Hardy , 1786, 13 mars; /1acha11mont, \\\1 , 20); licorgcl, Il. 192-193.
'l. /Jac/wumo11l, XX\I, 40-il. - Ga~ellt de Uollwulr, 7 fl•vrier l 7~ô. Gazelle de Leyde, 7 février
el 2 i mars 1786.
3. J1JUrna\ de Hardy, tï8ü, 9 mars.
, 4. 1786, 'l.3 fêvr1er. - t Le commissaire Chesnoo, mon-ieur, ,·ieot de mire lllrl nous témoigner
l'inquiélude de nu. du Parlement su r la santé de la
,lame de Ca~IÎO!llro. Yous deve, être pcrsuad1\ mon~ieur, que ~l elle 11·ait eu 11 moindre indisposition
,·ons en auriez été instruit, comme vous a1·ez cou-

turne de l'être de cc qui arrive journellcmf'nl dans le
château. Celle dame n'est point malade. Elle se promt!nc tous les jours et dans ce moment elle est sur
les 1oun. Elle s"esl donnée il y a qni11te jours un
petit elîorl dans le poignet gnuche 1 mais cela ne J'em1)êche eas de s'amuser à travailler. li. Chcsnon a élé
ce matin chercher le médecin du château qu'il u·a p:as
trou~·é. Il lui a Ccrit et dès qu'il sera ,enu je voua
forai pa~r son rapport. , Lcure du marquis de
La'-!ncy, p;ou,·crneur de. la U3~1ill&lt;', au lieutcnonl d~
police. )hnule ~e la m!m 1\e J.auncy, Uibl. de _CAl·•enal, ms. Bashlle, l:fa17, r• 120. Yme rle Cagliostro
était servie i. la Bastille pu sa proprt femme de
chambre, Françoise, qui avait été mise auprès d'elle.
Jlibl. de /'Arsenal, m,. Bastille, 1'li57, t 0 26.
5. La de~11ière tJièce du Collier, p. 'l6, note.
6 .. Les faits de ce .. chapi.tre d'apres une r&lt;'lati11n
offic1elle rn dalf' du JI mai 1786, conse,·vi•e en ma-

XXXVI
L'arrêt' .
Le ~2 mai, le Parlement commença de
siéger pour l'audition des pièces de l'affaire.
La Grand'Chambre et la Tournelle assemblées
comptèrent soixante-quatre juges, ]es coost-illcrs honoraires et les maitres des rrquêles,
qui se trouvaient en droit de siégl'r, s'y étant
rendus. Mais les princes du sang et les pairs
s'étaient récusés.
Le Premier Président du Parlement était
le marquis ~~tienne-Franrois d'Aligre, à ]a
tète de la compagnie depuis 1768. « li était
connu, dit cette maumise langue d'abbé Georgel, par son opulence, son alarice et un talent
tout particulier de faire valoir rapidement
son argent au taux le plus avantageux. 1 1 Il
n'avait aucune des qualités qui fondent les
grands magistrats, dit Bcugnot, il avait plutôt
les déîauls opposés; mais il était d'une singulière dextérité à manier sa compagnie et
s'était jusqu'alors mon Iré lavorable à la Cour;
mais depuis quelque temps celle-ci l'avait indisposé, en sorte que, tout en ne la combattant pas, il laissa l'opposilion se former. •
Le marquis d'Aligre était très lié aYec
Mercy-Argenteau et lui fournit au cours des
débats les notes les plus curieuses sur la disnuscrit aux Àl'clifres nalimuile1, et une autre de
m~me date conservée aux Ardt. dea Aff. étP"a11g.; les • résum~s • et réquisitions contenu:. dans le ms.
Joly de Fleury 2089 rle la Bibl. ,iat.; - les notes
mss du clo~sier Target, llibl. v. de Paria, ré5er\'C; le Compte rendit tle et qui a'elll paué au Pa1·lr-

me11l relatirement à l'aQafre de JI . le cardinal Jr
/lnha11, Paris, 1786, petit in-8 de 15'i el 31 p.; la relalion de Mercier de Saint-Léger, dans Sourwin
el Atémoirts, sept. 1898, p. 1!l3-201; - les noll.'~
cn\·o)·tics au prince de Kaunitz par le comte de MncyArgenteau qua les tenait du Premier President d'Aligre,
dans le recueil Arneth-Flammermont; - les Corre,po11dm1ee, du agc11U diplomatique, ttrangers e//
Fra11ce at•(Ull la Rél'Ol1ttio11, publ. par J. ~~lammrrmonl (Paris. 1800); - les Lettres de Mme de Sabran,
les Jl!moirr, de llmt• Campan. le Journal de Hardy,
la Ga::.elle de Leyde et lè llac/wumo11l.

DU COI.L1'E1( - -..

position des esprits. \'oici quelle étail l'opi- semenl à perpétuité, qui emporte mort civile frauduleusement falsifiée: il réclama contrp
nion générale, ,, la veille du jour où les accu- el ~ntrainerait la ,·acance des bénéfices consis• I~- comte de la Molle, conlumace, et contre
tor1aux dont le cardinal est pourrn 1. u
sés parurent dC\•ant le Pilrlemeot :
V,llelle, la peine des galères à perpétuit,,:
Pour_ comprendre Je jugement qui va être contre la comlesse de la Molle la peine du
c&lt; Dans le cours de l'inslruction et lant
qu'il n'y a eu d'accusés que le cardinal de rendu, 11 faut se rappeler qu'il l' avait en ce ~ouet, la marque au fer brûlant sur les
Rohan et la dame de la Molle, son mari contu- temps une nuance dans l'acquitlemenl. La e~~ules et la détenlion perpétuelle à la Salpèmace, la demoiselle d'Oliva et le sieur Ca- « décharge d'accusalion • proclamait la com- t:1ere; qu~nt au cardinal, l'organe du minisglioslro, on a pu et on a dù croire que li. le plète _innocence de l'accusé, c'élait la pleine ler_e _publw conclut que, dans le délai de
cardinal rnrait condamné :l une peine arnic- réhab1htat1on après les griels qui avaient éi, hutl Jour_s, tl ,e rendit à la Grand'Chambre
tl\·e el infamanle. L'auteur du faux était formulés. Le « hors de Cour 1&gt; au conlrairee pour )' _decla~er ~ haute voix que, téméraireincertain: le marché, revètu d'approu,·és et prorlamait qu'il n·y avait pas eu assèz d; ment, il a,,ait 3JOUlé foi au rendez-vous du
de signatures [aux, est écrit de la main du preu:es pour a~sC'oir une accusation. Cette Bosquel, tJu'il avait contribué à induire en
solution cooser,·ail tjuelt1ue chose de fàcheux erreur les marc::hands en leur laissant croire
cardinal; il l'a rait exhibé aux joailliers el
sur la foi que le marché était revêlu d'ap'. pour l'accusé et faisait considérer que rnn que la reine avait connaissance du marché
prom·és el de signatures vrais, le Collier lui honneur n'élait plus intact.
déclaràl qu'il s'en repenlait el demandai(
avait été livré; enfin le cardinal se trouvait
pardon au roi et à la~reine; qu'il [ùt en ou~re
~
saisi du corps du délit. La déposilion de Basco_ndamné~ à se démettre de ses charges, à
La lecture des pièces ayant été lerminée le [~1re _au.moue aux pam,res, à se tenir toute sa
!-enge établissait que le cardinal arnil toujours parlé et écrit comme apnt une mission ~9 mai, le Parlement s'assembla le 50 pour ,1e elo1g~é d~ résidences royales, enfin à
directe de la reine. On avait au procès un 1aud1t10n des aèCusés. Dans la nuit du 29 ga rder prison JUS/lu'a l'exéculion de l'arril.
billet dicté par le cardinal, duquel il résulte au 50 ceux-ci avaient été lransîérés do la
Le procur~ur disait dans son réqui~itoirc1:
qu'au moment où il n'a pu se dis~imuler la Baslllle à la Conciergerie. Les lonclions de
c1 Le ~rd_mal am•gue ce qui s·e~l passé
fausseté des approuvés et de la signalure, el procureur général étaient remplies par Joly dans _le prd,~ de_ Ver.sailles comme pouvant
que les payemenl_s ne s'elîecluaient pas, il d_e Fleury. li donn1 leclure de ses eonclu- favoriser son 1llus10n. Mais pouvait-il se peravait conçu le proJel de substiluer le sieur de s1ons .
mettre de croire à un rendt·Z•\·ous noc111rue
Sainte-James aux joailliers et de le déterminer
Jol~ de Fle~ry demanda que la pièce signée faux e_l ~upposé sur la terrasse de Versailles,
à se charger du payement du Collier en • lfarie-Anlomelte da France » lùt déclarée pouva1HI s~ permetlre de s'y rendre et, en
se flallant d'obienir la protec-----:-------::------------~ senv~rs
Y rendant, n'a-t-11 pas commis
tion de la reine. Cet écrit et les
la reine une offense la plus
1
conséquences qui en résultent
pumssable?
s'accordent parl'ailcment avec la
« Le cardinal, à l'insu de la
déposilion du sieur Sainle-Jareine el sans s'être assuré par luimème des intenlions du roi et de
mes.
• Tant que le procès est reslé
la reine, a entamé et suivi uue
en cet éiat, la délense de M. le
négociation el a comommJ avpc
cardinal ne pouvait l'excuser. Inull'sdits joaillin:- le marchl:' pour le
tilement alléguait-il l'erreur et la
collier de brillanls.
séduction. On lui répondait : l'er« Or, peul-on ,oir saris unP
reur est invraisemblable, d'ailleurs
ju~te indignation qu'un dPs prt·elle n'est pas prouvée; la dame de
mu•rs officiers dn roi, érral, m nt
la Motte vous dément; la scène de
d,~tingué par sa nais!-anC: comme
1 par ses digni1és, ait osé empruuler
la terrasse (lise: du Bosquel ) e,t
fabuleuse; elle est allcstée par la
un no~ aussi auguste que cdui
demoiselle Oliva, mais son témoidl! ,l_a r:rne et porlé la 1ém~ri1é jns~nage est aussi suspect que Je vôtre.
qu a ,wle_r à la fois le r€$-µect dû
Mais, depuis que le sieur Villelle
a la !l"J•slé rople et aux perest arrêlé, il est const.rnt: t qu'il
sonnes sacrées du roi et de la
reine?
est l'auteur du faux; - 2° que la
scène de la demoiselle d'Oliva est
« Cette témérité d'oser ainsi
vraie; - 3° que, pour séduire le
manquer de re~tect aux personnes
cardinal, il a écril, sous la dictée
sacrées du roi et de la reine n'cstde la dame la Molle, différenles
tlle pa_s un crime qui exige k·s
lettres qu'elle a enrorées au car•
réparal1ons les plus authentiques
et les plus solennelles; mais il faut
dinal comme écrites par la reine.
&lt;&lt; Dès ce moment, la séduction
e_n même temps que ces réparaalléguée par le cardinal peut pations soient diêncs de la majesté
raitre établie. S'il a éié séduit, ,on
roi ale.
délit n'est plus un faux, c'est une
.« Et n·~!!il-ce pas un des preoffense, un manque de respect aux
miers de.vo1r.s du procureur généDE. 101.s.-;.1,J.r-: 1,i,, ,,li,; r r,'ct,
ral du ro, de les requérir pour une
personnes sacrées du roi et de la
offense aussi criminelJe, et surtout
reine, un abus monstrueux du nom
de la reine el d'une signalure fausse
qu_and elle _a été commise par un
'JUÏl a atle,lée véritable.
fiUJel plus clevé par sa naissance
a Ces considérations font penser
et par _sa di?nité et plus encore
qu'il est impossible d'aller jusqu'au
quand tl a I honneur d'èlre allan·aprl!!i un ponr3it publie â. l'occasion de rAffairc du Collier.
blâme, et encore moins au banniscbé au srnice du roi dans une
0

, I ._ On lira p!us loin le , résnmé I du Président
d Aligre,. pub. d apr1•s lrs mss. Joly de Fleury 2080'lll89 {B16l. tial.). Ces mss contiennent d'autres• re-

sumCs •. encore, enlre aulrc&gt;s cem du substitu1 J.aurencel; ils onl l1 l'aleur d"opioion, personnelles. Cc&gt;ux
de Laurence! ne sont pas d'une impartialilè allsolue,

..- 55 ....

il ':use. de eon entier dél-ouement à Marir--Anlointlle
- · B,~l. 1.1ot., ms. Joly de fleur,· HFO f" '8-"'.t

Reproduit c1-de~S-OUS par eilrails. ·'

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�111ST01{1.Jl
des premières places près de sa personne 1 n
Joly de Fleury avait rédigé ses conclusions
contrairement à l'avis de l'avocat général
Séguier auqm l l'usage lui avait commandé
de les soumettre. A peine eut-il terminé que
Séguicr se leva. Ce fut une scène dont la
violence fit voir dès l'abord où les passions
étaient montées. Séguier émit l'opinion d'acquitter purement et simplement le cardinal.
Et s'adressant à Joly de Fleury :
« Prêt à descendre au tombeau, vous voulez couvrir vos cendres d'ignominie et la faire
partager aux magistrats 1
- Votre colère, monsieur, ne me surprend point, répond le procureur général. 1..;n
homme mué au libertinage comme vous, devait nécessairement défendre la cause du cardinal.
- Je vois quelques fois des filles, réplique
Séguicr. Je laisse même mon carrosse à leurs
porte.-:. C'est affaire privée. Mais on ne m'a
jamais vu vendre bassement mon opinion à la
fortune. &gt;J Séguier faisait entendre que Fleury
s'était ,·endu à la Cour.
Le procureur général était interloqué el
demeura bouche bée.
Rétaux de Villette ouvrit la série des interrogatoires. Il parut vêtu en habit de soie
noire. Très franchement, il fit l'aveu de la
part qu'il avait prise aux intrigues de Mme de
la llolte. C'est lui qui avait tracé les mots
&lt;&lt; 11/arie-.!ntoinette de France &gt;&gt; au bas du
fameux contral. Mais il argua de sa bonne
foi. En écrivant ces mots, dit-il, il ne croyait
pas conlrefairè la signature de la reine qui,
en effet, ue signait pas ainsi. &lt;&lt; Cet homme,
qui est très vif, prévenait même les questions
a,aul qu'elles fussent a1.:he\'ées, avec l'air et
le ton de la plus grande exactitude. 11
A Rétaux d&lt; \'illette succéda la comtesse
de la Molle. Elle avait un chapeau noir, garni
de « blondes &gt;1 noires et de rubans à nœud;
une robe et un jupon de satin gris bleuâtre,
bordés de velours noir; une ceinture de velours noir garnie de perles d'acier, et, sur
les épaules, un mantelet de mous~eline brodée, chevillée de malines. Elle regarda l'assemblée d'un œil hautain. Ses lèvres avaient
un sourire dur. Quand elle aperçut la sellette,
siège d'ignominie, où les sergents lui dirent
qu'elle devait s'asseoir, elle eut un mouvement de recul et la rougeur lui monta au
front; mais bientôt elle s'y lut arrangée a1ec
tant de ~ràce, ordonnanl les plis de sa robe,
qu'il semblait qu'elle lùt dans un salon, agréa•

blement assise en une bergère. Elle parla
d'une voix nette, sè.;be, précise : les phrases
semblaient découpées au couteau. Elle commença par déclarer qu'elle allait confondre
un grand fripon. Il s'agissait du cardinal.
Elle étonna par sa présence d'esprit. Interrogée par un conseiller clèrc qu'elle avait
appris ne lui être pas favorable, elle déclara :
&lt;( Voilà une demande bien insidieuse. Je vous
connais, monsieur l'abbé. Je m'attendais que
vous me la feriez. Je vais y répondre. u &lt;1 La
femme La Motle, note l'un des assistants, a
paru avec un ton d'assurance et d'intrépidité,
arnc l'œil et la contenance d'une méchante
femme que rien n'étonne; mais elle s'est fait
écouter parce qu'elle parle sans l'air d'embarras. Elle s'attachait plus aux probabilités
qu'aux faits et surtout à l'impossibilité qui
est au procès de montrer drs lettres, des
écrits et toutes les preuves matérielles qu"on
désirerait y voir. Je ne crois pas que cette
femme, qui a de la tournure, des grâces et de
)'élévation, ait pu intéresser personne, parce
que son procès est trop clair. » Subitement
Jeanne changea de manière : à une question
relative à une prétendue lettre de la reine au
cardinal, elle répondit qu'elle garderait le
silence pour ne pas offenser la reine.
" On ne peul offenser Leurs Majestés, objecta le président, et vous devez toute lavérité à la justice. »
Alors elle dit que la lettre en question
commençait par ces mots : &lt;( Je t'envoie )l,
ajoutant que le cardinal lui en avait montré
plus de deux cents à lui écrites par la reine,
où elle le tutoyait, et dont plusieurs donnaient des rendez-vous où, à la plupart des
guets, la reine et Rohan se seraient effecti,,ement rencontrés.
Ce fut, à ces mots, parmi les magistrats,
presque une clameur. Quoique la plupart des
juges lussent « de l'oppo.,ition ", de tels propos révoltaient leur conscience d'hommes et
de citoyens. Et c'est à peine s'ils purent retenir leur indignation quand la comtesse leur
fit en se retirant une succession de révérences, avec des sourires provocants et railleurs.
A peine fut-elle sortie qu'on enleva la sellette. Le cardinal fut introduit. Il était vêtu
d"u11e longue robe violette, le deuil des cardinaux : calotte rouge sur les cheveux gris,
bas et talons rouges, et un petit manteau de
drap violet doublé de satin rouge; la moire
bleue du cordon du Saint-Esprit et la croix

épiscopale à une chaine d'or. Il était très
pàle, très fatigué, très ému; ses paupières
pesaient lourdement sur les yeux d'un bleu
éteint. Ses jambes fléchissaient et des larmes
mouillaient ses joues. Plusieurs conseillers
t! voyant son extérieur souffrant et altéré n
proposèrent : « M. le cardinal parait se trouver mal, il faut le faire asseoir. ll Et le Premier Président le fit asseoir à l'uue des extrémités du banc oit se plaçaient messieurs des
Enquêtes quand ils venaient siéger. Son interrogatoire dura plus de deux heures. " Il
parla, dit Mercier de Saint-Léger, avec beaucoup de gràce et de force. Il li imposait par
sa physionomie et son ton de noblesse, il
intéressait « par son air de candeur » et son
&lt;l COl!,rage modeste 1. En se retirant, il salua
la Cour. Son expression était indéfinissable
de lassitude et de tristesse. Tous les magistrats lui rendirent son salut. «Legrand banc
même se leva, ce qui est une distinction
marquée. Il
Les juges étaient encore tout impressionnés
de cette comparution émouvante, quand lut
appelée Nicole d'Oliva. Mais l'huissier revint
seul : l'accusée donnait le sdn à son nouveau•
né. Elle priait humblement Noi Seigneurs du
Parlement de vouloir bien patienter quelques
minutes, que son fils eût terminé son repas.
&lt;t La loi se tut devant la nature», disent les
procès-verbaux. Les Grand'Chambre et Tournelle s'empressèrent de répondre qu'elles
accordaient à la jeune mère tout le temps
qu'elle jugerait nécessaire. Enfin elle entra.
Le désordre de sa parure toute simple, ses
longs cheveux cbàtains s'échappant d'un petit
bonnet rond, et ses larmes, son trouble, son
abandon, rehaussaient sa grài:e et sa beauté.
M. de Bertignières, qui avait une galerie de
tableaux, pensait à la Cruche cassée, de
Greuze, exposée à l'un des derniers Salons,
et l'abbé Sabatier, son voisin, à qui il en fit
la remarque, fut aussitôt de son avis. Aussi,
à peine la belle enfant sembla-t-elle devoir
se trouver mal, que déjà la plupart des membres de l'austère tribunal étaient debout pour
la recevoir. Il lui fut, d'ailleurs, impossiLle
de prononcer une seule parole en réponse aux
questions qui lui furent posées : les sanglots
s'étouffaient dans sa gorge. Il y en avait là
plus qu'il n'en fallait pour convaincre surabondamment les magistrats de son innocence.
Elle se leva pour se retirer « et fut accompagnée, dit Mercier de Saint-Léger, des marques de l'intérêt le plus vil 11.

(A suivre.)

FRANTZ FUNCK-BRENTANO.

Docteur MAX BILLARD

+

Le bras de Charlemagne
Le 26 aoùt 1804, du rivage de Boulo•ne
où il menaçait l'Angleterre avec ses chaloup~s,
Napoléon s'acheminait vers les départements
du Rhin: il visitait Valenciennes, Mons.Arras,
où le préfet, le baron de la Chaize •, ne
craignait pas de terminer sa har:moue
0
au fondateur de la nouvelle di-nastie par 1
cet élan de lyrisme: Dieu créa Bonaparte
et se reposa 2 •
. L'Empereur arrÎ\'ait le 5 septembre à
Aix la-Chapelle, où il était salué par les
plus unanimes acclamations. Dans cette
antique résidence du premier empereur
des Français, le nouveau souverain allait
s'appliqu&lt;r à réveiller les souvenirs de
Charlemagne.
Le 8 septembre, Napoléon visitait la
splendide cathédrale de la ville, se faisait
montrer l'emplacement de la sépulture du
grand homme du Moyen âge et, avec plus
de curiosité encore, les reliques de son
illustre prédécesseur'.

+
On sait qu'en l'an 1000, en cette année
mystérieuse du Mo1·en âge où tous les
peuples croyaient que le monde allait
finir, Othon Ill, l'ami des arts, l'imitateur de Byzance, fit ouvrir le caveau où
depuis cent quatre-vingt-six ans, dormai;
Charlemagne•.
On défonça l'entrée du souterrain sur
laquelle était gravée cette inscription:
St:u

HOC COXDITORJO SJTUY EST

CORPUS KAROLI MAGXI ATQUE
ÛIITIIODOXI

IMPl:rn.uoms,

QUI

DF:n:~s1T $EPrtAGr..un1rs A:uo

deur véritablement plus saisissante. Le caveau éventr~~ à la_ lue~r des lampes, un spec~a~Ie, dont l 1magrnat1on ne peut se faire une
1dee, frappa les yeux d'Othon. Il aperçut le
Jamais scène n'eut un caractère de "ra no
cadavre des~éché du grand Empereur G assis
~----.,---------------, sur un siège de marbre, rerêtu des ornements et des insigues impériaux, un sceptre entre ses mains couvertes de gants
&lt;( qu: ses on~les avaie n~t percés en poussant '' , le livre de l Evangile ouvert sur
les ~enoux et &lt;c une chaine d'or en forme
de diadème sur le crâne 11.
Olhon, stupéfié, oontempla silencieusement. le sp~ctre, dressé devant lui, du
g~erner pmssant qui avait été maitre de
la F~an"';, de I' ~llemagne, des trois quarts
de. 1ltahe ~t d une partie de l'Espagne, et
~m s_
embla1t encore assis sur le trône de
1Occident. Grâces lui soient rendues il
n'eut pas la coupable pensée de dépo~iller ~e caveau de ses saintes reliques. Après
avoir contemplé quelques instants le corps
desséché du vieux monarque dont le souve?ir inspirait encore tout un peuple de
poetes, les troubadours, les trouvères et
~ous !es vagabonds mélodieux du lfoyen
age, tl le fit couvrir d'un suaire blanc
coupa ses ongles, et laissa tout en ordr;
autour de lui. Rien dans les membres du
m?rl n'annonçait la corruption; l'extrémité seulement du nez s"était un peu
amoindrie. Mais l'empereur fit, à l'instant,
rem_pla~r par de l'or la partie qui man9ua1t; 11 enleva une dent :au cadavre, et
il lit combler la brèche du souterrain,.
An 1'"C\Rx.,no:--;E Dom:-,;1 814, J'iDICTIO'"E SEPrrn, 5° K \L. FEBRIJARu.ss.

0

REG:'iUY

FR.L\COI\Ull SOBILITER AllPLl.\\lT,
Er l'EI\ A:-i.'\OS 47 FELICITER llEXIT.

CHARLEMAGNE.

Statuette en bron::e. (Musée Carnavaltl.)

1. le baro~n de _la Çhaize, né à ~utun en ·I 7,H et
mort en 182.:,, qui mit autant d'cmprcssPmcnl il dépo;;cr ses hommages aux pieds de touis XVIII qu'il
en avait mis à célébrer !'Empereur.
2. Rappelons qu'un plaisant ajouta a Ja phrase si

pompeusement illudali\·e :
.llaia, pou,· Ure plu, à 1011 ais.,
•
_Auparavant /U la chaise.
'
J,. 11 Au::-la-Chapclle, 21 fructidol'. - Un Te Ueum
a !le ch~olé _daus la cathédrale co présence de Sa
l.laJesté, a qu, le clergé a présenté les reliques de
Ch~rlem~gne et les différentes reliques dont cette
égl1re a eté nouvellement mise eo possession. 11 Moni•
leur du jeudi 20 frucLidor an 12 de la République
(13 septembre 1804; ,
. ~- L'empereu~ Othon était accompagné, dans celle
v1!1te, de deu.x f,v~ques el du comte Othon qui a Juimcme raconte l cvcnement.
5., Celte _épitaphe subsistait encore à la fin du dixsepl1ème siècle. • G'est la première épitaphe que
nous tr~uvons de nos rois. 11 )l.uutLOx. Dtscouri sur
les a11c,e1mes sépultiwes de 110s rois.
Au centre ,de J'oct~goue de la cathédrale, l'inscripl\on : Caroli b!agni, placée au comrnencemenl du
1
s, ède, passe pour mar:quer la place de la sépulture de
Charlemagne. ~n réalité, par suite des rrsl:rnraûons
des rccoostruct1005 et des addilions de tous les siècles'

if

'

on ignore où cette S~Jlllllure se trou,·ait exactement.
6. • ~e c~rps: é~r•l un témoiu oculaire, Je chroniqu~ur Nornhs, et:111 placé llans une sorte de cellule
~hde~c!1t b~ti.e en cl.taux el en marbre, que nou~
a,ons_et~ obliges de briser pour pé11étrer jusqu'à lui;
el, c_lcs que nous nou:; sommes approchés, nous n,·ons
senl1 une trCs forte odeur. ,
7• Observation purement légendai1·e. Les ongles,
pas _plus (1ue la barbe et les cl1e,·cux, ne µoussenl
api·es la morl. « li tombe sous le bon ~ens. écrit Je
docteur Le Double qui s'est occupe de la queslion
q~e les élémeuts anatomiques 11e peul'ent guére sur:
vivre, les uns 11ux autres. Pour ma part. 1I m'a été
~onnc _de__ conserver, pendant près d'une année à
1 ampluLhealre de l'Ec..Je de ~l~decine de Paris d~ux
cad~vres d'ho~nmf'~ _adultes rlont l'un s'était m'omifiè
cl I autre. avait élc mjecLC au sublimé et badigeonné
!ou_s l~s .J~Urs _avec u11e solulion phéniquée forte ....
el 1e na ; Jamais ohsené, sur aucun d'eux 1 le moindre
allon~ernent ~c~ JXlÎls et des ongles. » Chro11ique
Jffd1cale,_I ~• JUlliel 1001 , p. 420.
8. _Cc :ec1t de '.'l"o,·alis n'a jamais 4'ê contesté par
l~s lu_storie(IS cl ne µouvail l'être. Voici la description,
d aprcs Eginhard el le moine d'A1woulême de la
I
JXlmµe funèbre de t.:harlemagne. , So~1 corps solennellement lavé et embaumé, fut inhumé le jou; mème
de sa mort dans la basilique qu'il a,·ait fondée à Aix,

En 1165, un prince resté célèbre dans
les légendes germaniques, Frédéric Barberousse, eut, à son tour' la curiosité de
en l'.ho~neur de N_.~S. J.,-C. et de sa sainte mère et
o~ l assit sur un sicge d or, sous la ,·oùte du cav~au
sepulcral, a~ec une éuée à son eôté dont t
•
t I
·
"
·
•
e pomme~cau 7 a, g11rmturc du fourreau élaient d'or un
Evangile d or dans ses mains et sur ses genou~ 1
tête liaute ceinte d'un diadt'&gt;mè d'or dao, leq I é't .•
inse· · d 00 · d 1
•
uc
ait
re u . IS e a Saiute Croix. On remplit son
sépulcre d ar?mat~s, de baume, de musc et d'une
grande_ quan_llté d or; on revêtit son cor de \·ête
menh impériaux, on cou,·rit ~a· race d'un ps ,
•
le diad · m
suaire sous
c e, on posa sur sa chair Je cilice qu'il avait
c?utume de _porter, et par-dessus ses vètements im ér(•ux, o~. lm J.!lSSa la besace dorée (insigne des 6fc
rrns) qu 11 ara1t cou_tume de porter lorsqu'il al!~it
Romf::, On posa aussi dennt lm un sceptre d'or t
bouclier d'or béni par le pape Léon. u·
/ un
et on scella son sépulcre. et 1'011 e',P,g is on dcrma
d d é
'
ea au- essus
Ën7 hr~ e Or e a_ve~ celle inscr iptiou rapJXlrlée par
~grn ar , ~n secret-me: • Smu u tombeau Il ,.
corps de 6.arle, grand el orthot.lnxe Em
g ~
accrut glorieu,ement le t·oyaume d .., npereur, qu,
,
1
...
Francs et le
go1111e111a
,1~ureusemenl pendant 47 1111é
L
mourut le cmq des Kale11des de /éin·e~ 2
J

i

8'·.

1, ;anvier) de L'a11nie RU dans la soixante J
née d
·
E'
-uou'.;1e11ie a11e sa 1:u: J Gt:i"HARD. Yita Karoli N
·
Mo)IACII EsooL1S.VL'\s1s. llistoire de, C
agm.
µ. IM6.
auI es, t. V,

�• - fflSTO'R,.1.Jl

menl de Proserpine\!);

RELIQUAIRF.

il s'empara de son épée
et de son diadème; et
le siège de marbre, sur lequel l'homme des
épopées du Moyen àge était reste assis plus
de trois cPnl cinquante ans, fut remonté dans
l'église oll il ser\'Îl dès lors aux couronnements des empereurs 1 •
C'est en 1215 que Frédéric li, empereur
d'Allemagne et roi de Jérusalem, exhuma de
nouveau les restes disloqués du grand Empereur, pour leur rendre les honneurs dus aux
reliques des saints 1 et les recueillir dans une
châsse d'or et d'argent, chel-d'œuvre d'orfèvrerie, conservée aujourd'hui dans une chapelle de la cathédrale•.
Ce lurent donc seulement ces reliques que
put contempler Napoléon lorsr1u'il vint !aire
rclentir l'anlique basilique du bruit de ses
éperons roluriers; et il est permis de penser
que l'âme de l'empereur n'eut pa, lieu d'ètre

nu

t. On le mit aujourd'\mi dans la galerie su1lé•
rieure de l'êglise llochmunsler:.
li semble n•sullcr de cerlains documt•nl.Ji que rréJ,:_
rie Barberousse dut dct:icher le bras droil dn squr,lelle du \ici! empereur, pour le déposer, comm1~
somernr ile !3. visilc, dons un reliq11:airc fabriqué sur
mn ordre.
'.!. • l,'1 mpereur Fredcric BuberousS(' unit foil
canoni~er t:h,rlem1gnè 1 le 29 décemhre I tlij, par
l'anlipape Pa,chal Ill, et le roi Louis XI avnil urd,mni!, eu Bi 5, ,l'en cl!lé.hrl!r li, r,,ll' I&lt;' 28 janl'Î&lt;'r. •
G,11.L\IIO, Jl111loire ,le Charlemagne, l'aris, li72.
I.Tuive&gt;rsité de Paris le choisit pour son patron,
en 16ül.
;'.;. Celte chàs.e se lrouvr, depuis 187:;, clans la chapelle Saint-Charles, construite au commencemC'nt tlu
t t\" :1it'-dc.'
i. L1 mtlgnifi JUC cl1à:iSC clcs quati·e gran les relic1ues,
du slyle roman tertiaire, date de 1220.
~,. L'espos1lio:1 de cr.s nombreu~e.i reli1ur.~ se foiL
tom lc.i sept ans, rn juillet, et allire un gram! nombre
dè pèlerins.
6. Ce reliquaire qui représcnle le!'i images de, ancêtre~ de t'rêJéric Barberousse; lïm1H!ratrice, s.,
rcmme; lui-même élu empereur en 1 t:d, ain~i que
Fr1!1lèric, duc de SoJabc, fut fabriqué par ordre lfo
ceL empereur après l'ouverture Liu lombeau de Charlemagne. Comme Frédèric y est qualifié 11'rmpcrcur
d&lt;'s llomains, 11 J a lieu de reporter celle f1tbr1c1tio11
entre les années l 1â;) cl 1100. - \"t,ir .\ofice de,
Emaux cl de lOr(èt•rerie clu Minée d" J.ouvve, par
A. O:trcd, Paris, 1891, p. i-61.
7. Il. llou:i:i&amp;îe, 181:&gt;. /.,11 lfeco11de a(Jdic:zfio11.
Pcrrîn. Paris. 1:10:;, p. f&gt;j~.
8. Canova vint lout nprès i Paris prendrt• livraison
dè la T1·a1M/i_guration et de l'Apf1110ll tlu /Jtfoédh-e.
Il se tlonnail comme amb;a~dcur. , Emballeur!
1

bras droit de !'Empereur d'Occident, 11u'il fit
déposer au )!usée du Lou1re.
Les rénérables ossements restèrent là exposés, pendant plus de dix ans, dans le beau
coffret à arcature émaillée, un chef-d'œuvrc
d'orfèvrerie du rn·· siècle•, dans lequel !'Empereur avait rapporté sa
précieuse relique.
En 181 ;), aprè.'i ,·ingtcinq ans de combats, le
Lruit des armes cessait
d'un bout i1 l'autre de
l'Europe, Xapoléon,
quittant le sol où il
avait ,·ersé autant de
fléaux que de gloire, se
livrait à s,s vainqueurs,
et Jcs Alliés entraient
au Louvre.
L'heure des reprét;licht GirauJon.
sailles el des exactions
BRAS DE CUARLE~AGSE. - (Musée du Lmn-re, Galerie d'Apollon.)
élait venue, el, dès le
lendemain de son entrée
1·oyées en présent à Charlemagne par l'impé- à Paris, Blücher, dans l'insolence de la forratrice Irène : la robe de la Vierge, les langes tune, faisait sommation à Denon, directeur
de Jésus-Christ, le lineeul ensanglanté dans des Musées, de liuer tous les objets d'art
lc,Juel lut em'eloppé le corps de saint Jean- ayant appartenu à son pays, sous peine d'être
Baptiste, et le linge qui fut mis autour des arrl!té dans les vingt-quatre heures pour être
conduit dans la forteresse de Graunderitz;
reins de Jèsus-Cbrist sur la croix'.
Enfin, on fit contempler à !'Empereur les el, de fait, &lt;1 une vingtaine de tableaux el de
autres richesses du trésor: un buste de Char- bus!es lurent aussitôt emballés et expédiés
l('m:igne en or et en émai!, la croix dont Lo- en Prusse" ».
His en goùt, les Autrichiens, le roi des
thaire fit présent au fils de Pépin le Bref, et
le cor du vieil empereur, ouvrage en irnire Pays-0as, les petits souverains d'Allemagne
qui prm·iendrait de l'une des défenses de et d'ltali&lt;', le Saint-Siège lui-mème se présenl:iicnl à la curée el faisaient leurs récla~
l'éléphant offert par le rai ile de D,gdad '.
l'n fait certain, c·esl que Napoléon voulut mations 8. En vain, Denon se mit aux pieds du
emporter un sournnir de sa visite aux rcli1p1rs roi, supplia li. dcTalleirand. Et que pouvaient
de son illuslre prédécesseur, et il ne trou,,1 Louis XVlll et le prince de Bénévent contre
rien de mieux que d'enlever un précieux le gom·crneur de Paris, Wdlington, devenn
reliquaire contenant le ~quclellc entier du diclateur au Louvre?« 11 !allait, dit-il, don1wr aux Français une leçon de morale. »
\'OU lez-vous dire D, lui répliqua Tallcyr1rnrl. Le même,
Toujours est-il qu'au mois de seplembx. dt., p. â.39.
bre 181:,, les Alliés, pour nuus apprendre la
9. 11 y a lieu de foire ob&gt;N\'Cl' qu'&lt;'n fniL lt• liras
dt• (.;harlcmagne n'nait pa, élt... i. proprement parlt•r,
morale, nous volèrent la pins grande partie
enlc,~ par '.\apoléuu. mlii'i offert à l'empereur par les
de nos chefs-d'œuue. On amoncela les starhanomrs cle la basilique. F,t pour ce qui concerne les
obJrts d'art, statues el lahlcau,. , un tiers peut-Nre
tues, les toiles des grands maitres, les bijoux,
av.iiL t'Lé réqu_isilîonné: mais le re~tc ~vail ét~ cède
lt's pierres précieuses 9• Il en parlit des charpar de) traites de pai:s: ou transporte i Paris. par
~n&lt;'~ure mlmini~lralive à l'l'poque oû les pays à qui
retées; et pendant qu'on y était, les soldats dt!
ils appartenaient faisaienl partie de l'Empirt~ franDliioher et de Mülning mirent paisiblement
rai,. • I.e même, foc. cil., p. â30, note 1.
au nombre de leurs re,·endications le sque10. Charlemagne ayant élC canonise par l'antipap&lt;'
ra,-chal Ill, C'! ~ dét_l'l'l n'ayant pas éte conlreilil par
lelle
éburné du bras droit du vieil empereur,
16 p,pC's lég1t1me,, 11 y n heu cfo se demander si le
et ils crurent faire acte de délicatesse et de
gra.nd Empereur peut èlre considl't'è comme un
.~allll.
désintéressement en nous laissaol le coffret
11 ~sL hors de doute que l'Église a. lie longue date,
vid(} de son importante et curieuse relique.
autorisé le culte de Charlemagne dans un certain
ll?'!lbre de dioeèsc.:i. Aujourd'hui e11co1·e, lo. fèle du
Et c'est ainsi que ce coffret, dit Reliquaire
nc1l empereur d'Occidenl est célébrée dans maints
du
bras de Cha,-femagne, figure encore aulliocèse~ dè l'Allema.~nr, et, en Belgique, dam le dioci•sc de Tournai.
jourd'hui au Musée du Louvre, dans la galerie
(~n P.vurrait dire qu'il ùgit lit d'un,• tolérance;
d'Apollon.
mais li y a plu~ : celte fèlc II ètl! approuvëe par
Il y a lieu de croire que les vieux ossellomc, comme celle d'un bie11he11rcuJ·, sinon J u11
soi11f. c·e~t cc qui rCsulle d'uu JlassJge du De suvoments allèrent rejoindre alors à Aix-la-Charum Dei beatificatiom: tt bcatorum ca1io11isatio11e
pelle ce qui reste des dépouilles vénérées de
de Benoit \ 1\', qui s'exprime 11in~i sur le cas de Charlema5nc, Li\'. 1, ch. 11: , Quoi c1u'il rn !.'Oit d'une
l'homme &lt;p1i fit trembler le monde, du mo-concession railc par un J1011t1fc 1llo!gitime tanl de
narque que rempzreur Frédéric 8Jrbcrousse
Jlaj&gt;t!S l~ilimcs ont connu celle conce~~îo~ cl l'ont
avait fait canoniser, le 29 dl!cembre H65,
admise par tolérance; elle a élé admise, en outre,
penclanl un û long tem_ps, que rien ne semble manpar l'antipape Pasch,1 Ill, et que l'Église a
quer di.:s conditions nccessJires puur la \'ali(litt~ (lu
mis,
au ciel, au rang des bienheureux 10 •
cull~ Jans les EglÎ,;,'s particulières, el pour une bt'ati-

en proie aux mêmes émotions qu'Uthon III et
Frédéric fer.
Le chapilrc présenta également au sou,·crnin la magnifique châsse, de sL1le roman
tertiaire, contenant ce qu'on appelle les
grandes reliques, les mêmes qui furent en•

contempler les ossements, l'épée et le ,rcptre
de ce génie puissant.
Plus d'un siècle et demi après Othon, il
vit le squelette tout poudreux du grand Charlemagne qui se lcnail toujours là sur rn
chaise curule, :nec la majes1é de son siècle,
enveloppé de la chlamyde en loques, et qui
plraissair encore recevoir les hommages de
ses ministres el dl! ses
che,·.iliers.
Alais Frédéric n'eut
p1s pour ses restes le
même respect qu'Othon. Il les fit déposer
dd.nS un sarcophage antique, en marbre blanc,
avec des bas-reliefs représentant l'enlèi1 e-

ficallon suffisante. ,

DocTEUR ~ln BILLARD,

- 58 .,

�Roquelaure

,

et Fontenay-Coup-d'Epée
Le chevalier de Roquelaure est une espèce
de fou, qui est avec cela Je plus grand blasphémateur du royaume. On dit qu'il s'est un
peu corrigé.
A Malle, il fut mis dans un puits, où on le
laissa quelque temps par punition. A l'armée
navale, le comtP. d'Harcourt fut sur le poiut
de le jeter dans la mer, avec un boulet au
pied. Cela ne le rendit pas plus sage ; ear
quelques années après, ayant trouvé à Toulouse des gens aussi fous que lui, il dit la
messe dans un jeu de paume, communia,
dit-on, baptisa et maria des chiens, et fit et
dit toutes les impiétés imaginables. On en
avertit la jus lice. On y lut; mais ils se défendirent, et il y eut un conseiller battu. Enfin
pourtant il lut pris. Quelques jours après il
corrompit le geôlier moyennant six cents
pistoles : le ge0lier se sauva avec lui, dont
mal lui en prit, car le chevalier lui prit son
argent, et le renvoia comme un coquin. On
les suivit, et le chevalier fut repris. Son frère

ainé ne perdit point de temps, et obtint une
évocation à Paris, ou, pour mieux dire, une
jussion de ne passer point outre. Cela lui
sauva la vie, car c'est un crime capital, et
voilà le chevalier en liberté à Paris, qui, au
lieu de se retirer, ou du moins de vivre modestement, se promenait à la vue de tout le
monde, ne bougeait du cabaret et menait
toujours sa vie ordinaire.
Quelques dévots représentèrent à la Reine
que sa régence ne prospérerait point si elle
laissait ce sacrilège impuni. On donna donc
ordre, à l'insu du cardinal Hazarin, au prévôt
de l'ile de prendre le chevalier; ce qu'il fit,
non !.ans y perdre des archers ; el, du côté
du chevalier, .Biran, un de ses frères, grand
gladiateur, y fut fort blessé. On le mena à la
Bastille, où il fut assez longtemps. Le cardinal assura le marquis de la vie de son frère ;
car, pour la prison, ses parents eussent été
ravis qu'on l'y eùt tenu à perpétuité, A la
cour, on murmurait de cette sévérité, et les
femmes mêmes disaient tout haut a qu'on
C( n'avait jamais vu arrèter un homme de
Cl condition pour des bagatelles comme cela ».
Madame de Longueville était de ce nombre.
Après, il lut mené à la Conciergerie, et on
parla tout de boù de lui faire son procès. En
ce temps-là, comme quelqu'un lui disait qu'il
courait fortune, et qu'il avait Dieu pour
partie, il répondit : « Dieu n'a pas tant

à cause d'un furieux coup d'épée dont il
abattit une épaule à un sergent qni le voulait
mener en prison : il était sur un cheval de
poste et revenait de l'armée; il avait de l'or
sur son habit, et l'or avait été défendu depuis
quelques jours. On dit qu'une fois un antre
gladiateur et lui s'étant renconlrés tête pour
tète au tournant du pont Nolre-Dame chacun
voulut avoir le haut du pavé. Notre ho:nme
dit à l'autre d'un ton de Rodomont, pensant
l'inli:nider : « Je m'appelle Fon/enay-Coupd'Épée. » - « Et moi, répondit l'autre, La
Chapelle-Coup-de-Canon. » Ils mirent
répée à la main, mais on les sépara.
Fontenay était de fort amoureuse manière :
il a cajolé une infinité de personnes; et
quoique ce fût une fille à qui il en contait,
il ne l'appelait ja:nais autrement que belle
dame. La principale belle dame qu'il eajola
ce fut madame de Bragelonne, du Marais; il
fit mille folies pour elle, et enfin n'en étant
pas satisfait, sur quelque jalousie qu'il lui
prit, un beau jour, comme elle entendait la
messe dans les Petits-Capucins, il s'alla mettre
à genoux auprès d'elle, et lui dit, prenant
Dieu à té.noin, s'il n'était pas vrai qu'elle
était la plus ingrate du monde de lui faire
des infidélités co.n:ne elle lui en faisait, et en
pleurant il lui rendit des bracelets et autres
bagatelles qu'elle lui avait donnés. &lt;( Mais il
&lt;&lt; faut, lui dit-il, que vous me rendiez mon
« cœur; je vous donne deux jours pour cela
« el n'y manquez pas. J&gt;
Une fois il aimait une femme dont il jouissait; cette lemme, soit qu'elle lùt lasse de
lui, car il était fort quinteux, ou qu'en effet
elle se voulût retirer, lui déclara qu'elle voulait changer de vie, et le pria de ne plus
venir chez elle. Lui n'en fit que rire : il y
retourne, mais il trouve, comme on dit,
visage de bois. Que lait-il? Après avoir bien
harangué, il trouve moyen d'avoir un pétard,
il l'attache à la porte de cette le nme, Elle
qui connaissait le pèlerin, et qui était une
espèce d'aJJ.azone, ouvre une trappe de cave
qui était à l'entrée de l'allée, et se tient au
bout de l'ouverture avec deux pistolets. Je
m'étonne qu'ils ne s'accordaient mieux, car
c'était là une vraie nymphe pour un Coup•
d'Épée. Le pétard lait son elfet, et le capitan
entrait déjà par la brèche, criant : Ville
Fontenay lut surno:nmé Coup-d'.ipée, à gagnée/ qulnd il trouve ce nouveau retraneause de sa bravoure. J'ai appris que ce fut che:nent qui l'obligea à faire retraite.

c&lt; d'amis que moi dans le Parlement. » Quoiqu'il y eût bien des témoins, on ordonna
pourtant qu'il serait plus amplement informé, et cela peut-ètre pour lui donner le
temps de faire évader les témoins; mais le
chevalier trouva que le plus sûr, sans doute,
était de s'évader lui-même . La femme du
geôlier, nommée Dumont, qui était une
grande coquette, à qui saurent les prisonniers donnaient les violons, devint amoureuse
de lui. Il se consolait avec elle tout doucement; il la gagna, et elle fit faire un trou par
lequel il se sauva au bout d'un an de prison.
On dit qu'il jouait au piquet avec le gros La
Taulade, qui était là pour dettes, quand on
lui vint dire à l'oreille que le trou était lait;
il ne se le fit pas dire deux fois, et fit semblant d'aller dire un mot à quelqu'un. Le
chevalier sort; La Taulade, las de l'attendre,
alla voir pourquoi il était si longtemps; il
trouva le trou; l'occasion lui sembla belle,
il voulut en faire autant; mais il n'y put
jamais passer : la mesure n'avait pas été
prise pour lui.
Le lendemain de l'évasion du chevalier, il
arriva douze témoins contre lui; il en avait
eu peut-être avis, et c'est apparemment ce
qui obligea son amante à ne pas différer
davantage : on la prit avec son mari, et on
la mena au Châtelet. Je pense qu'il n'y a pas
eu de preuves contre elle; pour moi, je le
lui aurais pardonné, à cause de sa générosité; car elle avait mieux aimé se priver d'un
homme qu'elle aimait que de le voir prisonnier. Il revint à un an de là, et on ne lui
dit plus rien.
Un jour, Romainville, illustre impie, sou
ami, était à l'extrémité; un Cordelier vint
pour le confesser. Le chevalier prend un
fusil , et couchant le Père en joue, lui dit :
« Retirez-vous, mon Père, ou je vous tue :
« il a vécu chien, il faut qu'il meure chien. »
Cela fit tellement rire Romainville, qu'il en
guérit. Cependant le chevalier se confessa à
quelques années de là, et mourut comme un
autre homme, en disant qu'il ne craignait
que de n'av,,ir pas assez de temps pour se
bien repentir.

TALLEMANT DES RÉAUX.

VUE DE CHAILLOT l PRISE .AU-DEiSUS DU CJIAMP-DE-MARS

· e· et g ravé par
• - Dessin

LEVEAU.

(Musée Carnavalet. )

GEO~GES CAIN

Un ancien logis de Madame de Lamballe
La rue Berton. - Le Passage
des Eaux.
Pendant ~ue l'auto file le long de la Seine,
vers le quai de Passy où nous devons alier
visiter les restes de la maison de campagne
de la princesse de Lamballe, nous songeons
à cette boutade d'un docteur philosophe :
cc La santé est un état précaire, transitoire
et qui ne présage rien de bon.• Malo-ré son al~
Iure parad~xale, l'.ohservalion est pr:sque vraie
et tout à fait de cuconstance aujourd'hui car
l'ancien logis de l'amie de Marie-Antoi~ette
est devenu maison ~e santé P.our maladies
mentales. ?r, combien sont-ils parmi les
malades traités en celte vieille demeure bisExtrait de~ Nou!!el~s Pro!uenades daJJs Paris
(~mvragc orne de fo5 11luslraltons et de 20 plans an'.
c1 c ns et

modernes),

par GEORGES CAIN

Conservateur

du ~usëe Carn_aval et et des Collections' lu storiques de
la Ville de JJam_. - 1 _vol., grand in-16, à 5 francs.
Ernest Flammar,on , èd1tcur.

t?riq~e, qui lurent . fr?ppés en pleine joie de
vJVre .... Ru~n ne faisait présager le coup de
to~nerre q~ les allait foudroyer et puis, soudarn, la nmt, la démence! - cc Pour beauco?p d'~ntre eux, nous avait expliqué la
veille l un de nos plus éminents neurologistes, ce n'est qu'une brève suspension de
l'intelligence, quelque chose comme un courtcircuit en un courant électrique .... D'aucuns
s~nl parfaitement heureux, se croient le bon
Dieu, Rothschild ou Fallières .... lilais d'autres
souffrent cruellement : les mélancoliques les
persécu~és, les furi:ux .... Pauvres gens ~u'il
faut plamdre, améliorer et guérir! J&gt;
. Cette causerie nous revenait en tête, tandis que devant nous défilaient les nouveaux
quartiers co~struits depuis quinze ans à peine
sur les terrains de Chaillot, l'ancienne banlieue de Paris que peignait Raguenet vers
1750 en une suite amusante de tableaux
accrochés dans les salles du musée Carnavalet:
..-.1

61

w-

le chemin de halage et les berges herbeuses
sont devenus des quais; des maisons à six
étages remplacent les guinguettes et les videbouteilles de jadis; mais on retrouve encore
par-ci par-là, des bouquets d'arbres, des ter~
rasses, des jardins déjà vus sur les toiles du
xvme siècle, encadrant alors les petites maison~ ~e cam~agne où, depuis Louis XIV' les
Parisiens, seigneurs ou bourgeois, aimaient
tant à venir villégiaturer pendant les mois
d'été.
Rue Berton, quai de Passy : entre deux
p~rc~, un~ ruelle montante, aux murs gris
P'.ques, de Joubarbe et de coquelicots; à micote s ouvre une grille de fer forgé, et nous
nous engageons sous d'admirables arbres
verts formant dôme, une c1 allée ombreuse »
comme les dessinaient Fragonard tt Hubert
R?bert; n_ou5, descendons devant un élégant
ho_te_l Loms XV, et le parloir franchi , nous
v01c1 sur un balcon dominant l'un des

�..-

._ ___________________ u

fflST0'/{1.Jl - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

JI/ JtJIICŒJII LOGTS D'E JffJtDJt.ilŒ D'E ÙJK1JltLL'E

plus inattendus paysages parisiens un immense jardin que ses pelouses étagées prolongent jusqu'à la Seine, des arbres cente•
naires, un pigeonnier, une orangerie, des
charmilles, un reste de labyrinthe, des bancs
de pierre duvetés de mousse .... Au loin, des
femmes se promenant à petits pas, au bras
d'une servante, cueillent des roses et des
jasmins, chercbcnt des trèfles à quatre
feuilles, d!aulrcs lisent, brodent, rPgardenl
les nuages filer, rapides, derrière la tour
Eiffel; des coqs chantent, des moissonneurs

ber! de Luynel en furent les propriétaires
successifs. En 1780, le duc de Luynes vendit
la propriété à Mme de Lamballe qui chérissait cet aimable séjour. Après que la malheureuse princesse eut été fërocement égorgée,
en septembre 92, au coin d'une borne de la
rue des Balais, près de la prison de la Force
où elle était incarcérée, sa maison de Passy,
saisie et vendue comme bien d'émigré, fut,
par accord entre la liépublique el le roi de
Sardaigne, remise le H lévrier 1797 à
Charles-Emmanuel de Savoie-Carignan, neveu

BARRIERE DE PASSY. -

des très ,·ieux jardins, et nous y évoquons
tous ceux qui, depuis plus de dent cents ans,
y ont vécu, aimé, rêvé, souffert! Dans ces
paysages à la ,vaueau, nous revoyons les
Cydalise et les Aram ynthe
Frêles parmi les nœuds énormes de rubans i,

les mignonnes marquises en \'ertugadins
retroussant des traines de satin su.r leurs
mules à hauts talons; nous croyons entendre
le brouhaha joyeux, causé par l'arril'ée de
la reine Marie-Antoinette venant demander à

Dessiné etgravéf'.lr HrnEL\', (.\fusel! Carnav.Jlet.l

fauchent ... Quel calme prufond ! et pourtant nou~ sommes dans une maison de santé
pour maladies nerveuses 1...
Cet hôlel el ce parc admirable onl tout un
passé d'élégance, de grandeur el de faste. La
duchesse ·de Lauzun, la marquise de Saissac,
la comtesse d'Egmonl-Pignalelli et le duc d'Al-

el héritier de Mme de Lamballe,. lequel céda
le domaine au citoyen Baguenault. Depuis
1845, la propriété lut constamment alfeclée
au traitcmenl des aliénés des deux scxes 1 •

1. Le côté i;:aw:hc de celle ancienne rue de Seine
(aujourd'hui rue Berlon ) ëtail occupe par la propriété de llaric-Thérèsc-Louisc de Snoic, princesse
de J.amùall\'.
Cette belle propriétC 3\'IIÎl d'abord appurlenu it
Gcneviê\'e-llarie de Ourforl de Lorges, fille du maréchal de Lorges, bcllc-Sl!ur clu duc ile Saint-Simon, cl
\·eu,·e, depuis 1723, du célèbre duc de Lauzun.
Après elle, le domaine ful arquis, le 9 seplemhre 17:;¼, par la mar!JUise de Saissac, fille de LouisCharles d',\lbcrt, duc de Luynes.
\ïnt cnsuilè la nièce par alliance de la précêdenle
propriétaire, la comtesse d'Egmont-Pibonatclli, bellesœur du maréchal de Richelieu; de son premier ma-

riage, clic llvail eu, en IH8, Louis-Joscpl1-Cl1arlC'~Amal,lc d'Alberl &lt;1ui, de.,•cnu duc de Lu~·ncs et de
Chevreuse&gt;: et µair de Fr,mce, entra en 1)()sscssion de
la propri1ilé Cu 1775, cl la \f'ndit, cinq ans après, it
la princesse de l.aml.mlle, \'eU\'e du fils du duc de
l'cnthiène, a\·cc laquelle il pouvait comrnuuiquer
aiSCment, pui,;qu'il habila.il le chàte.iu seigneurial de
Pa,sr, dont le parc aYait une issue sur la rue Ra\·nouàrJ, à peu de distance de la rue Berton.
'
Aprës la mort de&gt;: la princc~se de Lamballe , la moison, d'11bord saisie cl Ycnduc comme bien d'émigré,
fut, aprCs l'accord sun·enu en mai 1706, entre la
Républi9ue française et le roi de Sardaigne, remise le
12 jarl\'lcr 1791 it Charles-Emmonucl de Suvoie-Cari-

Le parc a conserré le charme pénétrant

nous sourit béatement, tassée en un fauteuil
d'osier, elle ne vit plus que d'une existence
purement végétative;
avec sa figure ronde,
que !end une bouche entr'ouverte, c'est
moralement et physiquement :

goûter à sa &lt;! chère L~mballe »... Ensuite
nous contemplons, tristementémus, lemonde
mystérieux qui s'y promène aujourd'hui!
Cette jeune femme, qui d'un geste joli
lait de gros bouquets de leuilles, esl une
con\'alescente qui dans quelques jours va
quiller la maison; quanl à la vieille dame qui
gnan, nèveu et hêri ticr de la princesse de l.amhalle.
Ne pou\·a.nt pas habit er ce domaine, il le céda au l'Ïloyc11
Daguenau\t, dans la famille 1\uqud il resta jusi1uc
\'CJ'S

1845.

Depuis celle CpotJUC, la pro1iriCI(· ile fa princesse
de Lamballe a elè constamment habitêe 11ar une
maison de s:mtC pour aliénês.
Le D• Es1iril Blanche y lr.msfêra, en 18fü, ltt maison
de santé !1u'il po%i•daiL à )lontmarlrc, el partagea la
direction a,·et: son fils, le célèb1·c D• Antoine-,...mile
Blanche. lequel conserva la direction jusqu'en 1872,
é1??4Jue à laquelle il céda la maison au Il' Meuriot, dêcêde en mai 1901. Le Dr Meuriul fils succéda il son pêre
2. Paul Verlaine: Fêles gala,ites, l'Allé(•. (page 66.

f

Un Jl3u\·rc ~rclol 1·ide vit
manque cc 11ui ~onnc !

et les loques des marchands de bœuls ....
Nous compulsions de \'Îeux dossiers, des

--

.

qui traça ces bêtes apocalyptiques, ces fan
tômes longs et minces à !êtes de grenouilles,
aux gestes convulsés,
aux mains douloureuses, retournées et
crispées. Ce malheureux a crayonné ses
grimaçantes hallucinations, des vagues
roulant des cada\'res
enlacés à des pieuvres, des rondes de
fantômes plus tournoyantes que les toïe
Fuller, des spectres
décharnés aux Jeux
de batraciens.... Et
les fonds de ces dessins terrifiant!&lt;, qui
de loin semblent d,s
hachures, sont faits
tic mots pressés les
uns contre les autres
sans suite, sans orthographe, où reviennent ces expressions :
le sépulcre, la mort,
.\1. LE Q• ME:URIOT,)
lanuitl ...

Une autre pensionnaire confectionne en
un tour de main d'exquises poupées de papi.!r de soie; quclyues
bouls de fils noirs
pour les cheveux €t
les yeux, quelques
Louts de fils rouges
pour les lèncs cl lt'S
dessous du nez, trois
épingles, un peu de
C3rlon, dix centimèlres de moire blanche.... et voilà un
imprérn bibelot parisien; ou bien le ruL e PAVILLON LE MADAllE DE LAMBALLE (ACTUELLEMENT llAISON DE SANTE DE
ban s'arrondit en coFaça&lt;k sur le jardin.
carde sanglante, une
tresse de laine noire
Abandonnant ce
devient une perruque crépclée, l'œil s'ouvre baux, des ades de ,,ente, quand soudain
triste s~jour, nous traversons le parc où le
hagard dans la fa&lt;;e de papier blanc à la Sada passe sous nos yeux une liasse de dessins
soleil pique des rayons d'or dans l'ombre
\'acco el rnici la « tète de saint Jean
.. ,·erlc, n~u.s om'rons une pelite porle,
qu'emb,rasse Salomé », précise au
nous_ v01c1 rue D~rton. E!Je longe et
cra)'cm · l'ingénieuse artiste.
donune
la proprié1é de Mme de LamCes promeneuses rnnl des convab
tlle,
et
c·e~t une stupeur de rmconlescentes ou des ncuraslhéuiqurs,
tre,r_à
~aris
celle veneJlc campagnarJe
mais derrière la porte voisin&lt;', en la
qu
ecla1rent
encore, à la nuit tomcour que nous travcrso·ns rapidement,
l;anl_e,
rantédilu,·iens
quinqui ts à
1a scène change : une douzaine de
1
hu1l.r.
Z1gzaganle
et
étroile,
elle C'st
malades anonymes sont là, qui ne
l,ordce
de
murs
salpêtrés,
mouchelés
causent jamais entre eux; la plupart
d'mscriplions, de sermcnl.~, de rensembl~nt rèver, d'autres fument ou
drz-vous, de menaces; une Yieille bimarchent à grands pas, automatiquecoque en ruine, un atelier de peintre,
ment; l'un compte et recompte les
quel11ues
_masures à jardinier, une
pavés, l'autre, avec de rauques abois,
parle
an~1enne
au ton bleu délavé,
hurle des mots sans suite. Brusqueune adm1rable broussaille de.fer fichée
ment l'un d'eux fonce droit sur nom,
en un angle du mur où poussent lrs
la main tendue d'un geste large, nous
giroflées sauvages, en font une des
souhaite en riant la bienvenue; le plus
sentes
les plus pittoresques de Paris.
poliment du monde, mais en insistant,
Près d'une mairnn en conslruclion
un second nous commente son exlram~nlons un e~calier envabi par Ja li~
ordinaire ascendance, inscrite sur Jes
na1re
cymbalaire, dont les délicates
phalangfs de ses doigts maigres, nous
fleurs
roses rnmhlent de minus( ulrs
offre deux millions, salue et se relire
gueules de loup, et nous tornLons en
en bâte; respectueux, nous passons
pleine &lt;t mer de plantes ». Les rimes
discrètement; à un détour d'allér,
d~s
arbres rnisins s'épanouissent à nos
nous croisons une extraordinaire et
p1eùs,
la grande ciguë, les bardanes
falote silhouelte .... C'est « le Père
l'angélique, l'acanthe sortent de I'her~
Goriot » tel que nous le dépeignit Balépaisse, luisante et grasse, les· Irones
zac; voilà bien cc cette face lunaire et
t.les ~guier~ et des sureau~ rn pleine
naïvement niaise, au larmier pendant,
floraison
emergent des lianes i la
1
gonfié, retourné », ce crâne en pain
Lryone,
aux
f~uilles lancéolées, y ac.i\lADA.ME DE LAllBALLE,
de sucre ... rien n'y manque, pas même
la redingote à gros plis, où noue un ven- J\Jéj,iiflon en 11 "cJgwoo;J ancien.(MusieCarnavalel. Don de M. A. BicaET.) c_roche ses vrilles tenaces, et dans ce
lieu ~auvage, c'est une surprise d'apertre fiasque, el l'inénarrable casquelle
cevoir
en se retournant Ja tour Eiffel
de drap . rappelant le mortier de Louis Xf st upéfiants, œuvre d'un aliéné .... Quelle inpr?filanl sa silhouette ajourée sur les masses
1. Balzac, • J.e Père Goriot. 1
finie tristesse doit étreindre l'frme de celui gmes el mauves de Grenelle!

�1f1ST0'/{1.J!
Avant de rentrer dans Paris, faisons une
dernière halte : quelques pas plus loin, au

c'est tout à fait curieux; mi-pavé, mi-dallé,
il rappelle ces illustrations comiques semées

LE PAVILLON DE 1'1ADAME DE LAMBALLE, -

numéro 26 du quai de Passy. Près de la rue
Albooi et de la station du Métro, s'ouvre un
long escalier reliant le quai à la rue Raynouard, cela se nomme le passage des Eaux;

Fa,•a:Je sur la cour.

par Gustave Doré dans le, Contes drolatiques
de Balzac - ce grand Balzac qui habita la
1. Viclor llugo. (Ltl Mi&amp;lrablta. Ch. c Qui sera.il
impossible a\'CC l'éclairage au gaz . D

rue Berton 1 - où l'on voit de gentes dames,
de gras chanoines et des capitans bardés de
fer dégringoler de fantastiques sentiers de
chèvres.
Il est facile de se représenter celle pente
roide, large de deux mèlres, ombragée de
cimes d'arbres, descendue el regrimpée par
de bons bourgeois parisiens après une jolie
partie de pèche à la ligne sur les berges de
la Seine. lis ont « taquiné le goujon " el
regagnent Paris par ces escaliers di~joints,
chantant, sui\'ant l'époque, Compère Guillery, Femme sensible, le Dieu des Bonnes
Gens ou l'Amant rl'Amandal
Le mur de droite, nom·ellement reb~ti,
conlraste étrangement avec le mur dP gauthe,
moisi. pansu, marbré de tachrs d'humidité,
fleuri de mousses et de graminées .... On }"
retrouve même l'appareil qui jusqu'au 1.iècle
dernier rnpportait la lanterne à quinquets :
Yoici la potence de fer, le croisillon qui ]a
fixait, le tuyau par où passait la corde ....
C'est une lanterne semblable que - dans /es
Miséi'ables - démolissait Jean Valjean pour
échapper aux poursuites du policier Jarert et
pénétrer par effraction dans le couvent du
Petit-Picpus I I
Tous ces souvenirs prouvent qu'il n'e!=l pas
nécessaire de [aire grande dépense d'imagination pour retrouver dans le Paris moderne
- à cent mètres du Métro qui trépide et
gronde - les traces encore vivantes de l'amusant Paris d'autrefois.
GEORGES

Deux souverains
Par un hasard extraordinaire, en i 770,
l'empereur (Joseph Il) put se livrer à l'admiration personnelle qu'il avait conçue pour
le roi de Prusse (Frédéric Il) ; et ces deux
grands souverains furent assez bien ensemble
pour se faire des visites. L'empereur me permit d'y assister, et me présenta au roi :
c'était au camp de Neustadl, en Moravie. Je
ne puis point me souvenir si j'eus ou si je
pris l'air embarrassé; ce que je me rappelle
fort bien, c'est que l'empereur, qui s'en

aperçut, dit au roi, en parlant de moi : « li
a l'air timide, ce que je ne lui ai jamais vu :
il vaudra mieux tantôt. ,, Il mil à dire cela
de la gràce el de la gaieté, el ils sortirent ensemble du quartier général pour aller, je
crois, au spectacle. Le roi, chemin faisant,
quitta l'empereur un instant pour me demander si ma letlre à Jean-Jacques Rousseau
qui avait été imprimée dans les papiers publics était de moi. le lui répondis : « Sire,
je ne suis pas assez célèbre pour que l'on

prenne mon nom. » Il sentit ce que je voulais dire. On sait qu'llorace Walpole prit
celui du roi pour écrire à Jean-Jacques la
fameuse lettre qui contribua le plus à tourner
la tète de cet éloquent et déraisonnable homme
de génie.
En sortant du spectacle, l'empereur dit au
roi de Prusse : a \'oilà NoYerre, ce fameux
compositeur de ballets; il a, je crois, été à
Berlin. Il Noverre fit là-dessus une belle révérenœ de maitre à danser. « Ab! je le connais, dit le roi; nous l'avons vu à Berlin; il
y était bien drôle : il contrefaisait tout le
monde, et nos danseuses surtout, à mourir
de rire. » Noverre, peu content de cette manière de se souvenir &lt;le lui, fit encore une
belle révérence, à la troisième position, et
espéra que le roi lui fournirait de lui-même
l'occasion d'une petite vengeance. « Vos ballets sont beaux, lui dit-il; vos danseuses ont
de la grâce, mais c'est de la grâce engoncée.
Je trouve que vous leur faites trop lever les
épaules et les bras; car, monsieur Noverre,
si vous vous en somenez, notre première danseuse de Berlin n'était pas comme cela. » , C'est pour cela qu'elle était à Berlin, sire, »
répondit Noverre.
J'étais tous les jours prié à souper avec le

CAIN.

roi : la conversation s'adressait trop souvent
à moi. Malgré mon attachement pour l'empereur, de qui j'aime à ètre le général, mais
point le d'Argens ni l'Algarotli, je ne m'y livrais pas plus que de raison. Quand j'étais
trop interpellé, il fallait bien répondre el
continuer. D'ailleurs l'empereur mettait beaucoup du sien dans la conYersation, et était
peut-être plus à son aise avec le roi que le
roi ne l'était avec lui. lis parlaient un jour de
ce qu'on pouvait désirer d'être, el me demandèrent mon avis. Je leur dis que je voudrais être jolie femme jusqu'à trente ans,
puis un général d'armée fort heureux el fort
habile jusqu'à soixante; el, ne sachant plus
que dire pour ajouter cependant quelque
chose encore, n'importe ce que cela de,·înt,
cardinal jusqu'à quatre-vingts. Le roi, qui
aime à plaisanter sur le sacré collège, s'égap
la-dessus. L'empereur lui fit bon marché de
Home el de ses suppôts. Ce souper-là lut un
des plus gais et des plus aimables que j'aie
jamais vus. L'empereur et le roi furent sans
prétention et sans réserve : ce qui n'arriva
pas les autres jours; el l'amabilité de deux
hommes aussi supérieurs, et souvent si éton nés de se trouver ensemble, était tout ce
qu'on peut s'imaginer de plus agréable.
PRINCE DE

LIGNE.

FR.ÉDÉR_IC LOUÉE

et&gt;

Napoléon et Talleyrand
Il

La scène s'est passée, devant témoins, à la
date du 28 jan,ier i 809. Decrès el Cambacérès, entre autres, sont là. Talleyrand s'est
glissé dans la pièce où l'attend celle sorte
d'exécution. Il y a pris place tranquillement.
Napoléon l'a vu. Son œil s'allume aussitôt
sa voix éclate dans une apostrophe ardente e;
prolongée. Il lui reproche, à la fois, les laits
de la veille et de l'avant-veille. La paix de
Presbourg, dont le ministre de France avait
atténué, modéré. les exigences, lui est rejetée
comme une trahison. c1 Traité infâme œuvre
de corruption 1 » Les mots se press~nt avec
une violence redoublée. li en arrive à l'inrootive directe : « Vous êtes un voleur, un
VJI. - H1STORIA. Fasc. Sa,

lâche, un homme sans foi, vous ne croyez
pas PD Dieu ! ,, 1• Lui, Napoléon, qui se van~ai~ d'avoir attiré dans ses filets par une
~ns1gne tromperie les princes auxquels il avait
Juré sa protection el le respect de leurs
droits, s'~ndigne au nom des vertus, de la
bonne fo,, de la loyauté .... L'orage roula
peadanl une demi-heure. Talleyrand le laissa
précipiter son cours et passer, sans dire un
mot, sans trahir aucun signe d'émotion·
mais en se retirant, il emportait au dedan~
de so_i u_n accroi~sement de haine, qu'il se
promit bien de laisser venir à maturité.
La rude partie, qui se jouera dans la pénombre entre le maitre du jour el Talleyraod, est virtuellement ouverte.
t. Dieu, c·étail lui-même, pcut-!lre.
~

65 ....

s..,uvent la plainte d'ingratitude revenait
su'. les lèrres de Bonaparte, à l'•nrontre du
prmce de Bénévent, soit qu'il la lm adressât
à lm-même, soit qu'il la dévoilât à des personnes de son entourage. En l'exprimant avec
amer~ume, il oubliait, selon la juste remarque
de Samte-füuve, que s'il y a des bienfaits qui
?bhg~nt, 11 y a des insultes qui aliènent à
Jamais et qui délient. La même cause n'avaitelle pas produit les mêmes effets du côté de
ses lrères? En accompagnant d'une loi de
contramte et de soumission humiliée les
biens dont il les combla, honneurs ou richesses, il n'avait pas rénéchi qu'il les dispenserait d'avance des retours de la "ralitude. Comme il s'P.n plaignait pourtan1 J Si
chacun d'eux elit imprimé une impulsior.
5

�... _________________________________

1f1STOR,.1A

,

NAPOLÉON ET TllLLEY'J?.lllVD - - ,

commune aux diverses missions qu'il leur
avait confiées, ils eussent cnsemblc, les Bonaparte, marché jusqu'aux pôles! .\h ! Gengis-

le connaissaio.; pas, c'esl Talle1rand qui _me ,ra fai~
connaitre. Je ne ;.a,,iis pas où il était. C est lui
qui m'a rén.Hé l'endi·oil où il était, et après

CHATEAU DE VALENÇAY : VUE o'ENSEllDLE.

Khan, le ravageur des mondes, avait été plus
heureux que lui, Gengis-Khan, ~on~ les quatre
fils ne comprenaient d'autre rivalité. que de
le bien servir! Et ses généraux, ses mm1stres,
et Talleyrand ! Rœderer a raconté comment
il fut pris à témoin par Napoléon de sa
double rancœur, le G mai 1809, au pala1S de
l'Élysée.
.
L'empereur, qui se promenait à grands
pas, à travers la chamb~e, comme à son
habitude, lorsqu'il entamait un long mo?o-

logue, avait tourné d'~bord contre son îrere
ainé Joseph son premier accès de mécontentement. Porté sur le trùne d'Espagne sans
l'avoir demandé, celui-ci n'aflicbait-il pas
l'étrange prétention d'ètre roi, pour so!1
compte? Joseph, après Louis Bon~parte_. posa'.t
osément cette alternative ou qu on lm rendit
les pleins pomoirs ou qu'o~ I_e la~iss~L ret~ur:
ner aux lobirs de la \"Îe prin.-e. Etait-ce ainsi
que devait lui parler un homme de son _sang,
qui lui devait tout et même celle retra~te de
Morlefortaine, si chère à ses vœu1? Lut_ convenait-il de tenir le langage des ennemis de
la France! \'oulait-il faire comme Talleyrand?
Et en prononçant ce dernier ~om, qui prenait tant de place dans sa pensec, ses accents
s'étaient échauffés de nouveau :
Talleiraml ! Je l'ai couvert d'honneurs, d'or~ de
dîamanls! li a employé tout cela contre mo'.: li
m'a trahi autant qu'il le pouvait, à la prem1ere
occasion qu'il a eue de le faire .... Il a di_t 'l~'il
s'était mis à mes genoUJ pour empècber I amure
d'Espagne, et il me tourmcntai.t de~~is deux :ms,
pour l'entreprendre! Il soutena1~ qu il ne ~e :audrait que vingt milJe hommes; 11 m'a donne n~gt
mémoires jX)Ur le prouver. C'est la_ même ':°~dmte
que dan&amp; l'alfaire du duc d'Engl11en; moi, Je ne

m'avoir conseillé sa mort, il en a gémi avec toutes
ses connaissances.
... Je ne lui ferai aucun mal; je lui co_nserre
ms places; j'ai mèmr, pour l~i, l~s ~entii:n:nts
que j'ai eus, autrefois; mais Je lm a, reh~c le
droit d'entrer, à toute heure, dans mon cabme_t.
Jamais il n'aura d'entrelien particulier ave~ moi;
îJ ne pourra plus me dire qu'il a conse1llé ou
déconseillé une chose ou une autre.
Jl n·aura plus jamais d'enl1'elien pai·!iculie1' avec m.oi. La phrase fol prononcee,
mais le serment ne tin! pas. Des conjonctures
gra,·es reparaitront où le seul .à seul du c~nqu!!rant et du diplomate sera Jugé nécessaire
encore, et ce sera Napoléon qui en marquera
le désir, pour n'écouler, d'ailleurs, en fin
de compte, que sa seule inspiration_ et ~e
suivre que son vouloir. Au surplus, _Jusqu à
quel point sont-elles véridiques les imputa. de en fl amme~.
' 1
tions contenues dans ]a lira
Napoléon en avait articulé les termes, à hms
clos et en des conditions d'intimité '!UÎ devaie:11 le montrer sans colère. Toutefois., on
n'est pas sans sarnir qu'il acco~modait à
son gré les faits et les mots, el tOUJOurs _d~ns
un sens qui dégageait ses responsab1htés
envers les hommes, envers les peuples, enYers
l'histoire.
De 1809 à 1814 se reaouvelèrent, assez
fré11uentes, les rencontres tempêt~eus~~Dans l'un de ces ,•erti 0 os, dont il était salSI,
à ,,olonté, non conten~ de s'efforcer. à l'avilir,
il vit le moment de noyer son nce-grandélecteur sous le ridicule. La princesse de
Bénévent s'était compromise, au su de tout
le monde a,·ec le duc de San-Carlos. Et
Napoléon de ramasser cette hi~toi~e, de la
lancer, en pleine soirée des Tuileries, à la
.,, ô6

w

tête de Talleyrand, de lui crier qu'on le traitait en S«anarelle
et qu'il eût à surveiller
O
d'un peu plus près, à ravenir, les agissements de sa femme. Mais de très haut, avec
son air glacé, son Oegme indémontable, ~e
prince avait répondu: « - Sire, je _ne croyais
pas &lt;1u'un détail de la sorte pùt avoir quelque
importance pour b gloir_e de Votre_ MaJesté et
pour la mienne. » La rephque était i:~perbe~
dans un pareil cas. Talle)rand resta-t-11 a~_ss1
indifférent qu'il parut l'ètre à ~e ge?re d infortune qui blesse au plus sensible I honneur
ou l'amour-propre de tout homn:ie? Nous ne
le croyons point. Ce fut un froissement de
plus à porter au tolal des ma~va.is propos
endurés insti 11ateurs de la dérect1on.
Tant ~ue 1•horizon se montra clair_c~ 9u'il
n'en eut pas brouillé l'azur par les deviatwns
de sa politique orageuse, Napoléon avait p~
garder l'assurance que !alleyra~d ne serait
pas un servileur à surve1ller._Ma1s, quand se
furent terriblement assombries les perspectives prochaines, comm~ celu~-ci en_ avait, eu
la prévision trop nette, 11 eut a se dire qu un
homme ,ivait dans son ombre, dont le blâme
intérieur accompagnait tous ses ge_stes, un
ennemi silencieux et respectueux qui, par la
désapprobation muette, à défaut de mots
exprimés, conlestait ses plans, ses desseins,
et qui jouissait en secret, peut-être, de chacun de ses échecs comme d'un acheminement
progressif à quelq~e perfide solution désir~e,
sinon déjà préparee; et le pensant et s e_n
irritant, il le voyait journellement devant 1~1,
avec sa face inanimée, sa contenance froide
et solennelle, presque impudente en lï_naltérabilité d'un fle11me que ne dérangeait au~
cune secousse d~s événements. Les dignités
éminentes dont il l'avait revêtu, cet homme
continuait à en porter les insignes et à en
recueillir les profits, en y conservant une
tranquillité d'âme qui ressemblait à ~u dédain. Il en frémissait de courroux. Et _des
ennemis de Talleyrand a,·ivaient ~mcore l'rn~pression déjà si aiguë chez le_ maitre des Tmleries, que ces façons, haut~rnes et soumis~
à la fois, avaient le don de Jeter hors de Iu_1.
Après la campagne de Ures de, un mall_n
qu'il se sentait plus nerveux et plus sure:xc~table encore que d'ordinaire, Napolé?n l'avait
aperçu, à son lever, et cell~ vue ~va1t redoublé son irritalion el fomenle sa b~le _:, .
&lt;( _
Hestez, lui commanda-Hl, J a1 quelque chose à rnus dire. »
El ses paroles, aussitôt qu'ils furent seuls,
prirent le ton d'une violente a_P?Stropbe.
« - Que venez-vous faire 1c1 ?... ~le ";1on•
trer votre ingralilude? ... Vous affectez d être
d'un parti d'opposition?... Vous croyez pe~tètrc que si je venais à manquer' vou~ ~.eru:z
che[ d'un Conseil de régence?... S1 J étais
malade dangereusement, ~e vous le déclare,
vous seriez morl avant mo1. o . ,
,
Alors, avec la grâce et la qu1etude ~ u~
courtisan, qui reçoit de nouvelles Îa\·et~rs , il
ndità la menace l'échangedececomphment:
re
.
. d'
« _ Je n'avais pas besom, sire, ~n pareil avertissement pour adresser au ciel des
i. La remarque est d'Henri de Latouche.

nEux hil·n ardents pour la con~er\·ation des
jour; de Votre .\lajesté. »
A le considérer ainsi, cravaté de calme el
de mJstère, les fibres de Napoléon .se contractaient d'impatience et de dépit. Il en était
soulevé jusqu'au point de lui vouloir porter,
de colère, le poing sous la figure, pour le
foire sortir enfin de son élégance immobile.
li ne pouvait se contenir; toute oceasion lui
était bonne de lui jeter de la bile au visage.
El si celle occasion ne se présenlait pas, il la
faisait naître.
A mesure que s'aggravairat les rewrs de
sa politique d'agression, et cela mus les )'PUX
obsenateurs d'un témoin, qu'il s'imaginait
attendant la fin av1 c une espèce de satisfaction anticipée, son humeur éclatait de plus
en plus acerbe et les conlre-coups en rejaillissaitnl d'autant plus intenses contre celle
barrière d'insemibililé. La dernière algarade
précéda le départ de Napoléon pour la campagne de 181-i-. A l'issue du Conseil, il avait
haussé la voix, se disant entouré de lrailres,
et, pour préciser le vague de son acrusation,
il s'était tourné contre Talleirand. Le regardant bien en face, pendant plusieurs minutes,
il l'accabla de paroles dures et offensantes.
Le diplomate se teoait debout, au coin du
leu, se préservant de la chaleur à l'aide de
son chapeau, les yeux au loin et l'air parfaitement absent de tout le bruit que faisait là
quelqu'un. Lorsque l'empereur, ayant épuisé
son réquisitoire, quitta la pièce en tirant la
porte a,·ec violence derrière soi, lui aussi
pensa à s'en aller. Paisiblement, il prit le
bras de !f. Alollicn et descendit les escaliers,
sans articuler une syllabe, sans esquisser
même un geste, mais gardant en bonne place,
dans sa mémoire, ce &lt;1u'il avait entendu.
L'ne conviction plus forte l'avait affermi dans
cette idée qu'aucun principe d'honneur rJe le
retenait au senice de celui qui l'accablait
d'outrages.
Aussi bien, Talleyrand et Napoléon ne
furent pas en reste de mauvais compliments
l'un envers l'aulre. Ils ne se redevaient rien,
quant à cela. Si Napoléon le qualifia des pires
noms, l'appelant un prêtre défroqué, un
homme de rél'olution, un scélérat, Talleirand
ne ménagea pas à l'homme de génie les épithètes vires, dont les plus courantes, quand
il cul cessé d'être empereur, étaient celles de
brigand et de bandit.
Après son rem·ersement, Bonaparte, en
1. Sir .Vt!il Ca,11pbell'R Journal, Londres 1869.
2. c. Talle)rand, a,surc le maréchal ]lannout, qu'on
ne cite pas, habituellement, comme un modCle de
désintCre~scment et de lidèliré, réunis~1ut en lui tout
ce 11ue les temps ancic11s et 11"s 11om·eau:i. pcu,·ent
olîrir d't•1.cmples de corruption, ayant dépi!ssc, à cet
Cgord, les limites connues avant lui. • (Jlémoires,

l. \Il,

l'excès de ses colères rélrospectives, ne cessait point de fulminer contre l'homme d'~tat.
Suivant lui, il aurait été le plus vil des Jacobins; à plusie-urs reprises, il lui aurait conseillé de se dt!barrasser des Bourbons en Jes
faisant assassiner ou en les foi:)ant enlever
d'Angleterre par une bande de conl rehandier.:;,
qui naviguaient d'une cùte à l'aulre. li l'affirmait expressément à sir Neil Campbell•, le
commissaire anglais chargé par son gou\'ernement d'accompag-ner de Fontainebleau à
l'ile d'Elbe, le captif de la Sainte-Alliance! Il
ne manireslait, à celle di.\i-tance des éléncments, ni regret, ni émotion de l'exécution du
duc d'EnAhien; mais il tenail, par-dessus
!out, à faire passer celle allégation dans
l'histoire, que le prince de Bénévent en fut
lïnspiraleur. Napoléon en parlait ainsi, dans
l'abaissement exaspéré de sa grandeur, parer
qu'il avait toute raison de penser que Talleyrand fut, après son propre orgueil, le principal instrument de sa chute. A la vérité, en
aucun temps, déformateur de la vfrilé par
principe, il ne prit la précaution d'accorder
ses paroles entre elles et de se demander si,
d'aventure, elles ne se lrouvaient pas déjà
démenties par d'autres prononrées an.térieurement, sous des impressions différentes.
La rancune de Napoléon se fondait sur de
puissants motifs. La lutte entre eux ne s'était
pas arrêtée à l'abdication de Fontainebleau.
Proscrit par Napoléon, au retour de l'ile
d'Elhe, Talleyrand lui avait répondu en le
faisant mettre au ban de l'Europe par le
Congrès de Vienne. Cette rancune fut tenace.
Dans ses dictées de Sainte-Hélène, Bonaparte
reprendra, maintes fois, le texte de ses accu•
salions contre son ancien grand chambellan.
S'il avait été vaincu, si le torrent des armées
alliées s'était précipité sur la France, la faute

unique en était encore à Talleirand. Chaque
détail, choque tr:iit, ']UÎ lui remontait à la
mémoire tendait à la dépréciation de l'homme,
de ses serrices rendus, sinon de ses talents
qu'il ne pouvait révoquer en doute absolument, et de sa vie intime. Car, s'il rerommençait souvent à dire que le prince était 1~
roi des fourbes, en politi4ue, il ne lui déplaisait pas d ajouter, quand s'y prêtait l'occasion. que la princesse élait la plus sotte des
femmes et, naturellement, n'en ayant d'aulre
exemple frappant à citer, il ressuscitait l'anecdote pas très sûre, la terrible anecdote de
lln,e de Talleirand confondant Benon revenu
d'Eg)pte, llumholdt revenu de partout, ou
Thomas Robinson, un diplomale anglais qu'on
lui présenla, avec le héros &lt;le Daniel de Foé,
le légendaire Robinson Cru:;oe. Mais il s'attardait peu sur le fait de Mme de Talleyrand,
non plus que sur la raison véritable pour laquelle il lui arnit inlerdit de se montrer à la
Cour. Il se rejetait ù l'adversaire constant de
sa politique conquérante, aux vices, à la noire
ingralitude, aux félonies, à la Yénalité de
Talleyrand.
0

Cette vénalité dut être bien rérnltante,
cette corruption bien audacieuse, puisqu'il en
fut tant parlé'. Talleyrand aima trop l'argent;
et Bonaparte lui en fit un long srief. C'est un
point sur lequel il l'avait attaqué souvent,
pendant son règne. « Voyons, Talleyrand, lui
demandait-il à brùle-pourpoint, ~oyons, la
main sur la conscience, qu'avez-vous gagné
avec moi?» Une autrefois, c'était à un membre de la Confédération du Rhin qu'il posait
la question, sous une forme dépouillée de
ménagemenls : c&lt; Combien Talleyrand vous
a-t-il coûté'/ » Cette affaire de chiffres lui
tenait trè1; à cœur 3, à lui Napoléon, qui puisa

p. 3.)

3. Pour dérouler un peu celle manie qu'nait Napoil-on di:: lui parler, i tout propos, par taquinerie ou
sous forme de reproche, de la plénitude de son colfrefort, de tous ces ëcus qui regorgeaient dans sa caisse,
de cc Pactole Lrîllont, où il le voyait nageant it pleine
eau, il feignait, quelquefois, d'être au contraire gêné.
• Talleyrand, lui disatt-il un autre matin, on prétend
que je suis anre. • De.9 gens de son entourage l'en
accusaient, a cause de l'esprit 1l'ordre qu'il avait imposé dans les dépenses du palais, sans cesser d'èlre
magnifique el large dan1 Ica grandes occasions. Le
prince de Béné\·ent avail répondu qu'il ne pouvait
différemment agir, qu'il donnait le bon exemple en

Cliché Ncurllcln frère.s.

CHATEAU DE VALENÇAY, COUR INTfRIEURE.

refrénant le gaspillage,

cl

d'autres lieux communs

ejusdem [arfoœ. Alors, voulant donner un sens plus

accentue a ce qu'il rnnail de dire : • Vous êtes riche,

,·ous, Talleyrand; quand j'aurai Lesoio d'argent, c'est
vous que j'aurai recours. 1 Sans se déconcerter,
celui•ci, qui se tenait sur la dcfense, répliqua qu'il
à

�,__ msTO"R.1.ll _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ..
si librement et sans en rendre de comptes à
personne, dans les caisses de la France et de
l'Europe. A nai dire, en y insista?t• par dC's
interpellations vives et voulues à l adress~ de
Talleyrand, il ne faisait qu'appuier dune
·manière rude sur des points connus, établis, de corruption diplomatique;. L'usa.ge e_n
était, pour ainsi dire, passé à I etal. d habitude· normale, entre les chancelleries, au
temps du Dirrctoire. Le Gouvernement français se trouvait avoir la meilleure part dans
l'échange des u douceurs » glissées en secr~t
aux meoeurs de négociations, parce qu 11
avait, pour lui, la position ~rivilt&gt;giée que
confère la victoire. Mais il usait de retour, à
l'occasion. Sous le Consulat, pendant les conversations diplomatiques avec l'Autriche, Bonaparte avait recommandé aux bonnes attentions de M. de Talleyrand l'enrnré ~e_l'em~°:
reur d'Allemagne, à Paris, où il etatl .a~r1ve
le 2 thermidor de l'an Vlll, el le mmislre
lui répondait, à ce propos : •
.
« Je n'ai point !ail de presenls _a li. de
Saint-Julien, parce que tous les b1Joux du
Directoire sont tels que l'on ne porte plus
rien de pareil depuis cent ans 1 •
.
Quand Napoléon en\'op son frère LuCien,

entre soi, en famille, il lui d°.nna ce premier
conseil : l'i Revenez riche. l) Et la_ recommandation fut si bien comprise, s1 largement
appliquée, qu'il en revint, en effet, a~c~ beaucoup de diamanls', beaucoup_de m1lhons, et
qu ··1I 1u1 très riche , le plus riche. des ,BonaM
parte. Aussi, quel luxe de r~cE'pllons, a . adrid et à Paris I Quelles magmficences,. au retour, et que de fêtes, à l'hôtel de ~rissac el
au manoir de Plessis-Cham:rnt! Lucien p~rut
sarre à Napoléon. Moins indulgent au prrnce
Béné\·cnt, l'empereur ~rnrmera, dans son
Mémorial, que s'il l'a_va,t remplacé par le
duc de Cadore, c'est qu il était lahgué de_ ses
auiotages et de ses saletés. Il aimera ~1eux
s,0armer de ce grief que de l'autre
. . et véritable
Il
motif : le désaccord de sa poht,que avec ce e
d son ministre désapprobateur du blocus
c:nlinenlal et dr la perpétuité des guer~es.
« Ce qui est bon à prendre est bon a garder ,, Co nseillait Figaro. 'fallel'rand
,
é I ava,l
L.
. ' ses principes à la meme
pmse
. dco e.. . UImême évalua à une soiiantarne e m1 11 io~s
ce qu'il pouvait avoir reçu, au _total, des pmssances, grandes ou petites, qm se rappelèrent
à ses bons orrices. Dans cc genr_e _d~ transactions, qui ne tournaient pas prec1sement à sa

de°

que des intérêts de personnes el se sauvat
par là d'un blâme plus grare. A ses yeux,
el!P.s n'étaient que des éléments accessoires,
quoique productifs, de la discussion géné:-ile;
elles ne faisaient pas dé,·ier les grandes lignes
de la politique extérieure; elles ne lésaie~t
ni la prépondérance de la France sur le continent ni ce qui restait encore mtact_ du bon
droit européen. Si bien que, raisonnant
d'après cela, il s'estimait tr~s fondé _à percevoir un tribut sur les concessrnns part1cuhères
dues à son influence. lin contemporain, non
suspect de partialité à son ~ndroil, le comte
de Senfft, lui rendit ce témoignage que, tout
en profitant de sa position pour augment~r
sa fortune à l'aide de moyens quelquefois
peu délica;s, il ne s'él.ait jamais lai~sé conduire, lût-ce par les motifs d'intérêt personnel les plus puissants, à favoriser. des pla_ns
contraires au sens général de sa ~1pl~mat_1e.
A ces réserves près, il ne négligeait rien
d'utile. Ses complaisances devaient être payées
non en tabatière~, ou dfamants, Sul\'ant la
coutume ancienne, mais en argent comptant.
Lorsqu'il fit agréer les princes de Schwarlzenberg, de Nassau, de Waldeck, de Lip_Pe et de
Reuss · dan, la Confédération du Rhm, 11 en

JVAPOLÉON ET TALLEY~AND - - ,
:\'apoléon n'en lut informé que plus tard, et
trop tard pour rev~nir sur leur admission.
Tall,yrand s'était gardé d'agir en son nom
propre, mais s'était reposé du succès de
l'affaire sur l'entremi~e d'un homme adroit,
sap,ace, intimement mêlé à toutes les intrigues
d'alors, le baron de Gagern, ministre du duc
de Nassau. On a\'ait respecté les convenances,
d'une façon attenlive et soigneuse, dans Ja
teneur de ces négociation~. li n'nait pas été
question de marché, de conditions, ni d'olTres
précises, quoiqu'on cùt aLouti aux mêmes
réalit~, sans en employer les termes. JI. dP
Talleyraud voulait bien ne pas fixer de chiffres; il abandonnait à son intermédiaire habituel de tabler au plus juste, d'après son
appréciation d'ensemble et les estimations
supplémentaires du lieux Sainte-Foix, le prix
des obligeances laissées à la discrétion du
prince 1 • Il fallait financer, chaque fois, mais
en y meltant la manière, d'un geste élégant
et délicat. Napoléon arait connaissance de cet
état de choses et n'en était rien moins que
satisfait. Talleyra11â n'y prenait pas tant de
scrupule. Il se disait que sa haute situation
était comme une mine d'or à exploiter, qu'il
aurait eu grand tort à ne point en user, que
sa fortune, quoique grossie d'énormes dotations annuelles, n'était pas suffisante à la
tenue de sa maison princière, qu'il dépensait
beaucoup, qu'il aidait à ses fr~res, à ses neveux; qu'il avait toujours eu la main libéralement ouverte pour ses anciens amis, et que
c'était affaire aux princes de la Confédération
du llhin de subvenir au surplus, dans la mesure des services qu'il avait été appelé à leur
rendre. Tranquille en son âme, il se payait
de ces bonnes raisons, comme de circonstances atténuantes à des actes de vénalité
indéniables. Car, ce lut bien le côté faible de
sa moralité politique.
Mais les dossiers de l'histoire comportent
uni! autre dénouciation grave, à la charge de
Talleyrand. C'est le fait que, rninis!re, prince
de Hénévenl, archichancelier d'Etat, vice~rand-électeur, grand c:bambellan, comblé
de titres el de millions par l'empereur, il
n'aurait eu rien de plus cher que de conspirC'r, ensuite, contre lui et de ruiner son édifice. Quels arguments plaidèrent pour l'absoudre, en partie, de ce cher d'accusation?
L:i perfidie esl nohlc cmers la Lyrannie.

LE CONGRi::S DE VIENN!s, -

Dtssin dt J.•ll . IS,\BEY, (Mu.~ee dl/ Lo11~rt.j

comme arnU3.ssadeur en Espagne, parlont

louanoe
morale, il n'engageait, du moins,
0

avait été récompensé d'avance, abondamment.

ètaiL loin d'êlre riche_. ';'Om_me on C!l _gr?ssis.qit le
bruit, que ce qu'il po~dail, tl le den1l al empereur,

11uïl n'a,·a it rien, d'ailleurs, qui . ne !'til li~·• di"P,gsil.io.~.
1. Lellre dt Talleyrand a .\apol.rm,, • JUl -

let 1800. (Archives uat., ~'tl~ rlc France, 008, f• .$.
:!. JI lt''I re\·cndil en Holla ndf' .

déclare Emilie, dans la tragédie de Cinna.
Cette maxime cornélienne, si féconde en excu~es, si flexible aux accommodements de
conscience, Talleyrand aurait pu lïnvoquer
pour justifier sa propre conduite, en supposant, du moins, qu'il consentit à nommer
perfidies les artifices de sa politique étrangère.
li est certain que, depuis les entrevues de
Presbourg, Talleyrand commenç.a de prendre
le parti des adversaires de son maitre, emisagé comme le parti du droit et de la justice.
Il est hors de doute que, tout en ser"ant Nat. Alémoirra du barm1de(:ager11, t. \"(. , fi anit
dé l'un des signataires de l'acte de la C:Onfédératio11
rh1·•nanc.

poléon, il se fit le miui,tre de l'Europe contre
son ambition démesurée, ambition qu'il jugeait criminelle par ses suites, par tout le

comme Tallc)-rand, comme Fouché, comme
beaucoup d'autres, sur la nécessité de mettre
un terme à cette frénésie, qui n'aurait sus-

Clithê ;\eurdein frtres.
LA CIIA\IBRE DU ROI D'ESPAGX!s, AU CHATEAU DE VALENÇAY.

sang qu'elle faisait répandre. Voyez-le, au
fort des négociations les plus laborieuses : il
emmêle à dessein tous les fils, souffle Nesselrode, excite Alexandre, conseille et déconseille Napoléon, brouille d'un revers de main
les cartes russes et françaises, renseigne el
rassure Metternich, prépare de loin, avec ses
amis de l'intérieur, le rétablissement de l'ancienne monarchie, inlrigue, complote, el n'entre,·oit, au bout de tout cela, qu'un résultat
inévitable el désirable : la fin d'une domination qui consterne la France et le monde.
Par le !ail du rôle officiel dont on le voiait
revêtu, son attitude s'était enveloppée d'un
caractère forcément équivoque. li s'en défendit en alléguant des motifs d'un ordre supérieur. D'une part se dressaient, ennemies de
tout accord, les prétentions à une suprématie
absolue de l'agitateur en permanence, toujours a~sailJant ou toujours assailli, et qu ïl
fallait éliminer comme un élément pernicieux,
d'une manière ou d'une autre, de la vie générale des peuples. De l'autre était la France,
victime cruellement foulée de cet appétit d'extension sans limites en disproportion avec les
vraies forces du paJs et vouée à de suprèmes
désastres. Il avait séparé nettement, dans les
raisons de ses actes 1 la cause de la nation de
celle de l'empereur. La marche détournée de
ses desseins, il l'al'ail réglée sur l'étal de la
France et l'esprit qui y régnait. On était
fatigué au delà de l'imaginable d'un bouleversement sans fin. Les populations é1aient
écrasées d'impositions. Les plus sages considéraient avec une infinie tristesrn les prélèvements annuels de la conscription sur les
dernières réserves de jeunesse et de force de
la patrie. Pendant la guerre d'Espagne, un
homme simple, un prêtre, avait raisonné

pendu ses ravages d'elle-même qu'après al'oir
écrasé l'Europe totalement, du nord au midi,
de l'est à l'ouest; il avait obéi à la même
conviction que le rêve. el st::s réalités tragiques avaient assez duré, lorsqu'il pressait
ainsi le général Wellington de prendre l'ollensive, après son passage de la Bidassoa :
« Le colosse a des pieds d'argile; attaquez-le
vigoureusement, et vous le verrez s'écrouler
plus facilement que vous ne le croyez. • Tel,
le prince de Bénévent avait stimulé les énergies hésitantes des empereurs Alexandre et
François II, pour les pousser à une œuvre de
libération qui ne devait plus larder.
Napoléon protestera que des jours seraient
venus où il aurait culth'é la paix avec amour;
il aurait répandu le bonheur sur le monde et
les hommes l'auraient béni. Paroles du lendemain .... Il ne se serait jamais arrêté: C( Je
ne suis de\'enu grand que par les armes, disait-il à Bourrienne, illustre que par les conquêtes dont j'ai enrichi la France: la guerre
et d'autres conquêtes pemenl seules défendre
ma situation. »
Si, par la situation inextricable qu'avaient
faite à Bonaparte les guerres de la Révolution
et les suites conquérantes qu'il leur avait imprimées, s'il n'avait d'autres mo!·ens de règne, fatalement, que les prises d'armes con•
tinuelles et la victoire indéfectible, c'est-à-dire,
en des termes moias glorieux, l'extermination
des faibles et le partage de leurs dépouilles
avec les forts, puis, dans les riralités àpres
du butin, la bataille encore conlre ceu1-ci, la
bataille sans fin, n'était-il pas préférable,
pour le repos universel, d'abattre, flll-cc
avec le concours de l'étranger, celui que les
peuples et les rois rejetaient comme l'implacable adversaire de la tranquillité des hom-

�, - - 111ST0~1.ll _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ____.
mes? Ces considérations, TalleFand les jugeait irréfragables, sans aucun doute, pour
la justification devant l'opinion de son temps,
devant l'histoire, de son manquement évident
de rectitude, dans le double jeu qu'il s'exposa à tenir entre Napoléon et l'Europe coalis~e. Deux points sont restés vulnérables en
sa démonstration, deux faits à sa charge. Le
premier, c'est qu'il dévoila aux ennemis des
plans dont le ·secret lui avait été confié. Le
second, c'est qu'il n'avait pas cessé de recevoir les gages de celui dont il conspirait la
perte. Avant d'attirer à soi Metternich, avant
d'indiquer le chemin à l'empereur de Hussie,
n'eût-il pas dù rompre les liens qui l'enchainaient au service de Napoléon? Sur tout cela
trainent des airs de trahison, si défendable
que pût être son intention théorique de libérer la France d'un joug insoutenable. Mais il
avait fait litière des scrupules où s'enlizent
les Fermes résolulions. Par-rfessus l'irrégularité des moyens il avait élevé les raisons méthodi1ues du but à atteindre. Ses vues, telles
qu'il les concevait, répondaient à des fins légitimes. et ses procédés étaient de ceux dont
l'usage était presque passé à l'état d'habitude,
tant la pratique en avait été rendue familière
aux uns comme aux autres. II avait intrigué,
cabalé, faussé sa parole; en cela ressemblaitil à beaucoup de consciences princières en
Europe. Frédéric Il en avait déjà posé la
const:1tation, lorsqu'il écrivait à Voltaire, le
8 ao1'U 1736 : « La foi des princes est un
objet peu respectable, de nos jours'. 1&gt; Talleyrand avait fait défection à Ilonaparte,
comme Ronaparte avait renié sa delle de
reconnais5ance envers Barras, auquel il devait tout, mème sa femme, comme il avait
foulé aux pieds ses serments à la République, comme, à la veille de Brumaire, il avait
trompé tout le monde, Barras encore, Gohier,
Lucien lui-même, en jurant de respecter la
liberté qu'il allait détruire. Certes, Talleyrand
fut loin d'ètre un modèle de franchise, de
constance et de lo)'auté. Mais lui, l'empereur .... C'était un terrible homme en matière
de morale publique et privée, ne croyant pas
à la reconnaissance el le disant; n'ajoutant
aucun prix au désintéressement et l'affirmant
aussi', exprima11t comme un fait de constatation simple que la bonne foi n'e).Îste pas,
qu'il n'y a, dans le monde, que de l'amourpropre et de l'hypocrisie; jugeant que rieu
n'était mal ni bien en politique, mais seule-

ment bon ou mau,·ais, selon le parti dans
lequel on était; estimant que si des lois, des
règles, des convenances de principes étaient
nécessaires ~, la masse des humains:, pour la
police de la société, il n'en avait pas afî:.1ire,
lui, le mortel prédestiné, parce que n'étant
pas un homme comme les autres, il n'avait
point à s'en embarrasser; enfin tenant toujours prèle une loi d'exception en sa faveur,
une maxime d'États pour justifier ses üolences ou ses passions. Quelque chose de cette
morale gouvernait l'esprit de la famille; car,
on ne saurait dire que ses frères, ses sœurs
(comme beaucoup de ses généraux) enrichis
par lui, couverts de dignités par lui, tinssent
à honneur de se montrer ses fidèles soutiens.
La duplicité régnait, partout, en Europe.
La défection était dans toutes les âmes . Le
généreux. empereur de Russie, le noble
Alexandre, venait de recevoir une lettre des
plus touchantes du roi de Prusse; le lendemain, il jngPait parfoitement naturel de proposer à l'ambassadeur d'Anlriche de se partager ensemble les débris du royaume de cet
allié, son ami de cœur et d'âme. Si la mauvaise foi semblait être une condition de vie
du cabinet de Vienne, le rPproche de celte
déloyauté systématique aurait pu s'étendre à
tous les cabinets de l'Europe. Conclure la
paix avec l'un pour mieux écraser l'autre, et,
cet aul re vaincu, revenir au premier et l'écraser à son tour, n'était-ce pas la règle ouvertement suivie par tous les che[s d'État?
A chacun de ceux qui tenaient en main,
maitres ou serviteurs, les fils de la politique
étrangère, l'intrigue apparais~ait comme un
recours légitime et nécessaire ; elle était
considérée comme le seul moyen possible de
sortir des conditions insupportables, qu'avait
imposées sur le continent l'abus de la force.
En précipitant la cbute de l'empire, non sans
avoir essayé, par trois fois, de Ie sauver en
1810, en 1812, en 1815, Talleyrand n'avait
fait qu'accélérer la catastrophe, que rendaient
inévitable les haines conjurées de l'Europe
entière. L'expérience des événements accom•
plis avait ratifié, une à une, les prévisions
qu'il avait établies et c1u'on avait refusé d'admettre . Après viagt-deux ans de lutte presque
sans répit et d'extermination entre les peuples, on en était revenu exactement à ses
vues de 1792, celles ()Ue l'Angleterre obstinément avait représentées comme les seules
conditions d'une paix durable, celles encore

1. Il s"y entendait. Personne ne ful llius ii. !"aise
que le Grand Frédéric sur la valeur élastique d'une
parole donnêc. Et comme il jouait, en artiste supérieur, la comêdic -du senlimerit!
DorgP.l avait perdu sa femme. Frédéric lui écrit
une lettre palhélique el même fort cbrêliennc. illais.
le mème jour, il fait une Cpigrammc ronlre la déf1,1ntc. " Cela ne laisse pas que de dom1er a penser, D
co!Umc_ le nmar9uait Vo!ta_ire, songe~nt il ce qui pouvait 1111 en revenir. {Lettre a }hue Dents, 17 noi·.1750. )
'.!. ,a li n'a jamais eu de haines ou d'atfectiuns que
celles 9ui lui ont été commandées par son iolérêl. n
(Pasqmer, Albn., L 1~•, p. 149.l
3. Des condamnations politiques prononcées des
exécutions commises, dans J'ombre cl sans form'e de
jUStice, comme des assa~sinats. pouvaienl-clles lui être

imputées â crime'! iYélail-il pas absolumenl quitte de
toute explicalion subsidiaire, qoancl il avait articulé
celle formule. : « Les grands hommes ne sont jamais
cruels sans uêces~itC. n
4. Au moment de {IUiller Londres. le I •• mars 1 i04,
il écrivait â )!me rie Staël: o: Faites cc que ,·ous pourrez
pour tirer Dime de Laval de nolre horrible France;
JC vous remercie de tout ce que ,·ous ferez pour cela. 11
;). Œ C'est une réflexion que je fais 3\'Cc peine; mais
tout indique q1:e , dans l'homme, la pu1s,ance de la
haine est plu~ forte que celle de I humanité, en génCral, et même que celle de l"i11tér&lt;'t personnel.
L'idée de grandeur cl de prospérilé sans Jalousie el
sans rh•alite est une 1dëc tro~ haute et donl la pensèe
ordinaire de l'homme n·a pomt !a mesure. li (Talley1·arlll. Mém .. t. 1~•, p. 75. )

que l'Autriche re\'endiquait depuis le 1raité
de Luné,·ille et qui fut la pensée constante,
l'objet de toutes les coalitions.
Qu'on lui ait reproché, à une époque où
la corruption était à peu près générale, ses
11 grandes réquisitions de présents n, ses
(1 continuelles et fructueuses complaisaaces
&lt;1 envers la fortune )&gt;, cen 'est pas sans justice;
il a fourni trop de pièces au procès pour
qu'on puisse l'en absoudre. La cautèle el la
vénalité furent trop souvent les associées de
ses combinaisons. A trarers ses défaillances
raisonaées, quoiqu'il fit ou traitM, il s'était
réservé de ne porter nulle alleinte, nul préjudice réel et durable aux vrais intérêts de la
nalion. Dans les replis de S/Jll âme et malgré
son scepticisme de roué politique, malgré les
passagères imprécations '1u'il prononça contre
la France terroriste', demeurait un fond sincère d'amour pour son pals. Jusqu'à la limite
extrème de ses métamorphose,;:, on le vit
rester fidèle à ses premières conceptions d'un
libéralisme progressif et modéré. Enrin il fot
un ami des hommes, au sens pacifique du
mot. En toute circonstance où il parvint à
faire prédominer, tout au moins, une partie
de ses vues et de ses sentiments, il s'attesta
le défenseur du droit cl du bien d'autrui .
Ministre de deux gouvernements belliqueux,
il n'avait cessé de réprouver, C( en arrière et
en confidence )), parce qu'il les jugeait iniques et périssables, les arrêts de spoliation.
qu'il devait contresigner. De 1808 à 1815,
plus de quatre cent mille Français avaient
payé de Jeur vie les querelles particulières du
souverain (qu'ils s'étaient donné) nec les autres potentats de l'Europe. En aucun temps,
ni sous le Directoire, ni sous le Coasulat et
les dernières années de l'Empire, il n'avait
soutenu, sans y ètrc forcé, une politique de
démembrement et d'annexion dont la réplique était fatalement le retour des collisions
en armes et la perpétuité des rauses de
gut'rre. L'esprit de destruction aflligeait sa
raison i: et, je dirais aussi, son âme. c1 Que
me fait à moi, jetait !"empereur à Metternich,
la vie de deux cen l mille hommes 1 )) Deux
cent mille .... Ce n'é1nit pas assez . Il ajoutait:
Uu homme comme moi ne se soucie pas
d'un million d'lwmmes. Toutes ces exi5.tences vouées à la sou U'rance, à la mort ....
Poun1uoi? Parce que l'Autriche lui refusait
une province de plus, l'lllyrie, placée sur le
rbemin de son rêve, entre Rome et Constan.tinoplc.
Talleyrand aima la paix par goùt el par
doctriae, autant que Napoléon aima la
guerre par instinct et pour l'enivrement
d'une gloire cruelle. S'il passa quelquefois
auprès du bien sans l'accomplir, il n'avait
jamais encouragé le mal. Il respecta chez les
autres les principes de liberté, de propriété
individuelle ou collective, le droit de tous à
la vie. Et le sang d'aucun homme, versé par
sa faute ou pour ses intérêts, n'éclaboussa sa
mémoire.
F'RÉDÉRIC

LOLJF.E .

JOSEPH

TUROUAN
et&gt;

La
CHAPIT~E VII1 (suite).
Aprè3 quelques hésitations et malO'ré
l'amour qu'il pouvait encore avoir au fond l'Jdu
cœur pou~ belle infidèle, le pauvre Tallien
s~ décida a mtenter à sa femme une action en
divorce. Le général Lannes en [ais,ait autant
de son côté, pour la sienne, et le générai
Bonaparte, pour des motifs semblables avait
bien failli faire comme lui. Pendant la ~rocédure et comme pour bien ac•
centuer la nécessité d'un divorce, Mme Tallien mit au
monde
un .nouvel enfant ' Cla.
r1sse-Gabr1elle-Thérésia Cabarrus, qui, plus tard, épousa
M. Brunetière.
DeTant cette profusion de
pièces à conviction, le divorce
lut prononcé le 8 avril 1802.
La justice avait été vite. Elle
n'avait mis qu'un an à étudier
et comprendre l'aOâ.ire 1 •
Que fit Tallien après son divorce? ... On ne le sait trop. ll
vécut un peu d'expédients sans
doute, car la fortune ne lui
avait pas souri en Égypte;
Bonaparte non plus. Après l'avoir choisi pour témoin de son
mariage, en 1796, le général
ne lui avait montré que fort
peu de bienveillance sur la
terre de Sésostris. Sa défaveur
allait même aux gens dont
Tallien {'herchait à s'enlourer.
" Il avait presque frappé d'anathème tous ceux ~ui avaient
des relations avec Tallien,:. "
La disgràce dans laquelle il
tint les deux frères Lanusse
n'eut pas d'autre cause que
leuramilié pour Tallien. &lt;c Lanusse est lié, ainsi que son
frère, dit-il un jour, arnc un
homme tellement immoral
qu'il compromet même les gens
qu'il voit comme connaissances .... Je n'aime pas Tallien,
je n'aime pas cet homme; il esl méchant et
corrupteur;;.)&gt; Et c'est parce qu'il n'aimait
pas Tallien, parce qu'il n'avait évidemment
aucune confiance en lui, qu'il le laissait

fa

·I. Voir la Gazelle des Tribunam:, no,,, 18j5.

Tallien
sans emploi sur le pavé de Paris. Fouché,
qui ne valait pas mieux: que Tallien, mais
qui avait une instruction et une capacité
bien supérieures à la sienne, avait été pris
cependant par le Premier Consul comme ministre de la police. Tous les autres tbermidoriens, parmi lesquels il en était d'aussi
inc~pables et d'aussi igaorants que Tallien,
éta,~nt pourvus et se montraient déjà les plus
serviles adulateurs de César. Tallien seul n'avait

jOSÉPlll:-lE DE BEAUHARNAIS EN 18ol.

D'apres 1w dessin de Gf:RARD.

rien obtenu. Découragé, il alla eafin trouver
Fouché, et, grâce à lui, grâce aussi à Talleyrand, il finit par décrocher, en novembre 1804
.
'
le titre pompeux de « cornmissnire général et
2.

D1:cHESS E D'AnR1:-.rËs,

Mémoires, t. V, p. 28~.

agent des relations commerciales n à Alicante;
en d'autres termes, il fut nommé consul 11
Alicante. C'était bien maigre pour celui qui
avait été l'idole de Paris après le 9 thermidor,
qui avait présidé la Convention à 25 ans! Il
fallut pourtant s'en contenter. La nécessité
était là. Et puis, rester à Paris, le pouvaitil? .. . Voir ceUe qui avait été sa femme se
pavaner dans les équipages d'Ouvrard, lui
aurait mis trop d'amertume au cœur. Car
peut-être l'aimait-il encore,
malgré ses infidélités, malgré
son abandon, malgré son divorce : on les aime toujours,
ces monstres-là, en dépit de
toutes leurs trahisons, et telle
est la làcheté de notre pauvre
cœur que les moins dignes
d'être aimées sont toujours les
femmes que nous aimons le
plus! Pauvres aveugles aussi,
qui ne sommes pas capables
de voir que la femme est faite
pour être aimée - quoique
au fond, elJe s'en soucie médiocrement - et non pour aimer! Pauvres fous, qui ne voulons pas nous persuaderqu 'avec
les femmes il est sage de ne
montrer qu'un doux scepticisme, une aimable galanterie,
el qu'il faut avoir assez d'esprit pour ne pas mellre le
cœur de la partie, si l'on ne
reut la perdre sûrement et
porter bientôt ce cœur en
berne. Un cœur d'homme!
qud joli joujou pour une coquelle ! Elle s'amuse avec cela
comme une jeuae chaltc d'une
boule de papier, oh! bien genttment : elle mus l'écorche
elle vous Ie déchire avec un;
grâce adorable, elle le jette en
!"air, le reprend, le roule, lui
donne des coups de palle, l'oublie, marche dessus sans faire
semblant de le voir, le reprend
encore, le mord .... Comme la
challe, c'est par la griffe qu'elle retient son joujou. Un instinct dit aux femmes, même aux
plus sottes, que ce n'est pas en faisant patte de
,,elours qu'on couche un homme à ses pieds,
3. Ibid., t. Ill, p. 227.

�mSTO'R,_lA

LA

offert une robe de douze mille francs! Au
mois de mai 1812, on le mit paraître dans le
cabinet du duc de flovigo. Barère, qui l'y
rencontra, croit que, comme lui, il avait été
mandé par le ministre de la Police pour le
renseigner, en sa qualité d'ancien rérolutioonaire, sur des bruits de mouvement dans les
faubourgs, à propos de l'enchérissemenl des
subsistances. t
En 1815, il était si changé que, étant allé
voir Carnot, l'ancien Directeur ne le reconnut
pas 3. On le voit, en cette même année, voter
l'Acte additionnel et motiver ainsi son vote
sur les registres de la mairie du I[e arrondissement, rue d'Antin : « Les phrases étant
inutiles lorsque .)es dangers de la patrie sont
imminents, lorsque l"honneur et l'indépendance de la nation commandent le sacrifice de
toute opinion particulière, voulant a\'ant tout
ètre et demeurer Français, e~pérantdu temps,
de l'expérience et du patriotisme des deux
chambres les améliorations désirables, je dis
OUI. '
On essaya, sous la Restauration, de lui

susciter des ennuis pour ce vote. On le dénonça, comme si l'on avait été sous la Ré,,olution; mais la dénonciation n'eut pas de
suites. Tallien, qui avait déjà éprouvé la bienveillance du roi en 1814, - il en avait reçu
une pension de six mille francs, - expliqua
les motifs de son vote à Louis XVII[ dans
une lettre où il implore sa bonté et lui expose
son misérable état de santé. li souffrait, en
effet, beaucoup de la goutte : il lui arrivait
de rester des mois entiers sans pouvoir marcher, sans pouvoir même tenir une plume.
De plus, il avait perdu l'usage d'un œil, et il
dit, dans une lettre, qu'il est atteint de la
maladie de la pierre. Son âme n'était pas
moins ébréchée que sa constitution. Dans sa
détresse morale et physique, c'est au roi
Louis XVIll qu'il s'adresse : " .. . Dans cet
état déplorable où tout être m'abandonne, lui
écrit~il, où je ne tiens à la vie que par la
douleur, où ce qui me reste de moi-même est
le courage de l'âme, souffrez, Sire, que tout
ce que Votre Majesté peut faire pour mni, j'ose
le lui demander avec la conÎlance et l'abandon
que m'inspire mon extrême malheur et voire
inépuisable bonté? ... ,, Louis XVIll se laissa
toucher. Aussi bien avait-il une detle de reconnaissance envers son ancien correspondant,
au temps de son exil. li l'excepta de la cruelle
loi de proscription, dite alors d'amnistie,
qui exilait les régicide!-, sauf ceux qui avaient
trahi leur mandatélectif en intriguant auprès
de lui, c'est-à.dire Barras, et lui Tallien . li
Le traitement dont il jouissait comme ancien consul fut supprimé en 1816. Il implora
la bienveillance de M. Decazes (lettre du -25
janvier 1816) et quitta un appartement qu'il
occupait rue Chabanais, n° 4, pour aller
s'installer au mois d'avril, dans la petite
chaurnifre, allée des Veuves, n° 51. C'était
une modeste maison que son ancienne femme
mettait, obligeamment, à sa disposition, afin
qu'il se soignât, avec un jardin, du grand air et
du soleil, mieux qu'il ne le pouvait faire dans
un appartement.
Tallien avait dépouillé tout amour-propre.
Il accepta l'hospitalité de son ancienne femme
comme il acceptait les bienfaits de Louis XVIII.
comme il a\'ait accepté une place sous l'Empire. Et, dans ses Jeures au roi et à
M. Decazes, il parle de sa conscience. Il
avait dû, évidemment, s'en faire une à son
usage, depuis qu'il était entré dans la vie pu~
blique, et aussi depuis qu'il l'avait quittée,
mais cette conscience était bien indulgente.
Pendant l'hiver de 1816 à 1817, l'état de
santé de Tallien s'aggra\'e. Ses ressources
sont épuisées. C'est un temps de souffrances
générales et la famine est en France. La princesse de Chimay en est réduite à faire des
emprunts. Tallien, lui, en est réduit, pour
pouvoir manger, c, à vendre ses livres et ses
effets pièce à pièce », comme il le dit luimême à M. Decazes dans une lettre désespérée. C'était vrai . U. Pasquier rencontra

un matin M. Tallien sur le quai. L'ancien
conventionnel avait des livres sous le bras.
li lui dit qu'il les portait chez un bouquiniste pour les vendre. M. Pasquier pril
les livres, les examina, et, avec beaucoup
de délicatesse, dit qu'ils manquaient à sa
bibliothèque et que, s'il voulait bien les lui
céder, il lui ferait plaisir. Il ajouta qu'il
aurait l'honneur de l'en aller remercier chez
lui. Ce fut un prétexte pour donner à Tallien
une somme assez ronde. Comme c'est au
coup d'État du 9 thermidor que M. Pasquier
avait dû de ne pas monter, comme son père,
sur l'échafaud, il en garda une profonde reconnaissance à Tallien et il dit dans ::es
Afémoires : &lt;( J'ai pu acquitter envers lui,
peu de te~ps avant sa mort, ma part de
reconnaissance pour les services que j'en
avais reçus comme tant d'autres, et j'y ai
trouvé une réelle jouissance. Le secours qui
lui était accordé se trouva, je ne sais comment,
supprimé. J'en fus informé; j'y suppl•ai et
rendis ainsi ses derniers moment moins pénibles. Il m'en a fait, en mourant, témoigner
sa gratitu&lt;le d'une manière fort touchante.' »
Le prince Eugène de Beauharnais aussi déclare, dans sès Mémoires, avoir fait à Tallien
une petite pension daos ses dernières années.
Le malheureux en arnil bien besoin; on trouve,
dans ses lettres à M. Decazes, un exposé navrant de sa misère. En marge d'une demande
de secours qu'il lui adresse, on trouve la
mention suivante : {&lt; Son Excellence a envoié
un mandat de mille francs de sa main,
18mai18l8. 7 »
Dans un pareil état de santé, dans un pareil
état de misère, Tallien ne pouvait vivre longtemps. li s'éteignit le 16 noYembre f820,
emportant avec lui devant Dieu les chaînes
brisées de quelques milliers de prisonniers.
N'en disons pas davantage. L'histoire doit
être clémonle à celui qui a fait du bien,
même accidentellement, el qui a rendu un
de ces services éclatants qui couvrent et rachètent tout. Il ne faut pas examiner avec
trop de rigueur ni avec un microscope trop
bourgeois les excès auxquels un jeune bomme
aux passions vives, sans principes, né dans
une classe inrérieure, en un temps ou la fièvre
révolutionnaire faisait tourner toutes les cervelles, devait fatalement se laisser entraîner.
Amnistie à lui el à sa femme, mais pas de
statues.

1. Dur.HESS!,; o'AOfl.,l~T~:s , jl lémoins, l. \', p. 285
(éd. Garnier).
2. B,,R~RE, Mémoires, t Ill. p. 165.
'3. Jlémoires sur Can1ol , par son ms, 1. I, p. 528.

\. Ibid, L 11, p. 437.
5. !,es lell1·cs cfe Tnllicn ii Louis '.HIii el à M. Decazes, ministre de la police générale , à cc sujet, sont
am Arcl1ivcs nationales.

Elles onl élé reproduites par M. Cu. NAUR0\' 1 dans L~
Curieux.
6: CnANCBLIER PASQUIER, lllémoirts, l. I, p. 115.
7. C11. NA CROY , Le C1œie11x. Archi,cs nalionales.

mais en lui faisant sentir la grille. &lt;! J'avais
mille fois plus d'esprit qu'elle, a écrit Benjamin Constant de je ne sais laquelle de ses
maîtresses, et elle me foulait aux pieds. J)
Comme si l'esprit avait quelque chose à voir
avec ces femmes!. .. Et quand la boule de
papier, le cœur de l'homme plutôt, est bien
déchiré, bien mis en lambeaux, on le jette
de côté d'un petit air dégagé et dédaigneux
et l'on passe i, un autre.
Tallien partit donc pour son consulat. Ses
chagrjns domestiques, ses déboires de carrière
et de fortune l'avaient vieilli et défiguré. La
femme du général Junot, qui le rencontra à
Madrid, à la table du général Beurnonville,
ambassadeur de France en Espagne, en a
fait ce curieux portrait : « J'avais auprès de
moi un grand homme à la figure hideuse et
sinistre, qui ne disait pas une parole. Cet
homme était grand, brun, d'un a!-pel.'t morose
et atrabilaire, l'œil assez sombre dans son

regard et donnant mème d'abord l'idée qu'il
était borgne. Hais on voyait bientôt qu'il
avait ce qu'on appelle un d..agon dans l'œil.
li était taciturne, parlait peu, et, pour dire
la vérité, on ne lui adressait pas beaucoup la
parole .... Le malheureux! Quelle existence il
trainait alors 1 ! )J
Il la traîna jm:qu'à sa mort. Il resta dans

son consulat d'Alicante, oublié, oribliant luimême autant qu'il pouvait. Après avoir eu,
jadis, le plaisir d'être amoureux, il savourait
maintenant le bonheur bien plus grand de ne
plus l'êlre. La guerre de 1808 , inl briser
1

sa douce tranquillité. [! dut quiller l'Espagne.
Sa maison fut pillée. puis brûlée. On sait par
une lettre de lui à M. Decazes, écrite sous la
Restauration, qu'il y perdit plus de dix mille
francs. une fortune alors pour lui, et
jadis, Thérésia, sa he11e maîtresse, s'était

Revenons à Tbérésia .
Après son second divorce, elle quitta la
Chaumière du Cours-la-Reine et alla habiter
sa maison de la rue de Babylone, n' 685. Elle
tenait cette maison de la libéralité de Barras.
Un grand jardin l'entourait, planté de beaux
arbres, et en faisait une demeure des plus
agréable,;. On )' pouvait vi\'re, en plein cœur
de Paris, isolé comme à la campagne. Mais la
vie isolée n'était pas dans les goûts de Tbérésia qui, pour la troisième fois, avait repris

son nom de Cabarrus. Comme Ouvrard sub- grands yeux ouverts fixés sur la cantatrice
honneurs de chez elle : c'est un mérite, et,
venait à ses dépenses qui dépassaient les ses lèvres frémissantes paraissant répéter
assurément,
il n'est pas commun. On voit
reve~us de sa dot, écornée par son premier mélodie, elle eùt été à peindre 1• ))
aussi
que
les
étrangères forment la &lt;1 grande
mari et par les événemenls de la Révo-:-...,.,=-----:------:--,-:----------=-:=-:---------,-.., lon.
majorité » de son saComment en aulution, Thérésia reœrait-il été autre\'ait et donnait des
ment? .. . Depuis que
fêtes. Les crises de la
le
Premier Consul
vie glissaient sur elle
avait donné, par ses
sans l'atteindre. Mais
exécutions nécesaussi, c'est qu'elle
saires, le Ion sérieux
~vait soin de ne pas
au
monde parisien,
Jeter son cœur dans
Mme Cabarrus, qui
la lutte. De cette fane désespérait pas d'y
çon, elle était touêtre admise, avait
jours heureuse, puisrompu avec la société
que nous ne sommes
directoriale. Le monvraiment malheureux
de des émigrés renque par le cœur. Une
trés ne voulait pas se
bienvei11ance consmontrer chez elle et
tante, par système
le monde fonctionpeut-être plutôt que
naires ne l'osait pas,
par élan naturel, était
de crainte de déplaire.
sa règle de rnnduite.
li ne restait que la
Elles 'en tr,Juvait bien
finance
et les élranet ses amis égalegers; tout cela forment. On ne saurait
mait un noyau, assul'en Olàmcr; rien de
rément fort agréable.
plus sot que de se
LA MAISON DE TALLIEN, DANS L'ALLÉ:E·DES-VEUVES.
au
centre duquel trô•
laisser torturer par un
nait la belle impéLithographie de CttAMPrN, d'après le dessin de Rf:GN!f'.R. (Nusée Carna11alet . .1
de ces cœurs qui tyran.
nitente. Car c'était là
nisen t et gàten l une
.
surtout son ambition.
existence en vous entrainant à &lt;les dévouemenls
Ce bon Allemand, M. Reichardt, se laisse
s~upides, par d'impérieuses et lancinantes pas- prendre, comme tout le monde, au charme de 11 fallait ,àson bonheur ètre reine de que/qu~
s10ns amoureuses, qui n'entraînent jamais la sirène, mais il se trompe étrangement en chose, d un salon comme d'une ville, d'un
après elles que chagrins et désespoirs, et lais- croyant que ce qui la rend éminemment sédui- ?ouper comme d'une révolution. De là, son
sent l'àme dévastée et déssécl1ée comme un sante est (( le naturel et l'abandon des ma- immen_se ~rève-cœur de ne pas être admise
arbre frappé de la foudre. Oh! qu'une douce nières l&gt;. Si jamais femme fut le contraire de aux Tmler1es : quelle douleur de n·y pas trôner, comme Bonaparte!
~t sce~tique bienveillance est plus commode!
natureile, c'était ~ien Thérésia. Acette époque,
Mais écoutons encore M. Reichardt : c&lt; Pour
Elle fait peut-être des ingrats, mais qu 'im- tout, en elle, était affecté, étudié, mesuré; et
porte, puisqu'elle ne ride ni le eœur, ni le pourquoi? Pour avoir l'air naturel. De mème les _hommes, il y avait une quantité de tables
f~ont surtou1? ... Mme de Cabarrus avait trop que Racine, s'il faut en croire Boileau avait de Jeu :-la maîtresse de la mairnn présentait
1horrei::- de toute ride pnur agir autrement. appris à faire difficilement des vers faciles. elle-me~e les cartes. Elle voltigeait au milieu
Un Allemand, qui s'était fait présenter à Thérésia s'étudiait à ètre naturelle; son grand des_ parues engagées, hasardant cinq ou six
l~ms sur. une carte, s'attardant parfois à paMme de Cabarrus par le banquier Tourton
art consistait à dissim11ler cette étude et cet rier, _ma!s tout cela en passant. Quant aux
1·a~né~ ,q.ui _sui;it, son second divorce, et qui art, mais, aux yeux d'un observateur claira\'ait ete mv1té a lune de ses fêtes, nous en a "?yant, son esprit était aussi fardé que son Anglais, ils n'ont pas bougé des tapis verts
sur lesquels l'or s'amoncelait; les jeux de
laissé le récit. li nous fait pénétrer dans l'in- visage.
hasards faisaient fureur.
'
térieur de l'hôtel de la rue de Babylone et
&lt;( Par~i les invités, continue M. fieichardt,
Cl Mme ~abarrus a fini par recruter quatre
trace une esquisse de la belle maîtresse de se trouvait un Espagnol qui a chanté en s'accéans. « C'est, dit-il, une bellr, grande et compagnant de la guitare. Mme Cabarrus couples qm ont dansé une cc française &gt;&gt; au
opul~nte person~e. à qui l'on ne donnerait pas nous dit qu'elle n'aimait rien tant que « ces son d'un unique violon faisant un bien mai ore
son age, plus v01sm de_la quarantaine que de romances de sa chère patrie l&gt;, et elle fit ob- a~co_mpa?nement. Sa fille, g-enlille enfant d •:ne
la trentame . Une pehte tète aux contours server qu'en Espagne, ces chants accom- dizaine d années, ressemblant fort à sa mère
délicats la fait paraitre encore plus grande et pagnent toujours une danse. Et, en ellf!t . a dansé. avec iufiniment de gràce une de~
plus_ forte qu:elte n'est en réalité. Sa physio- pendant que le guitariste préludait, les petit; C( f~aaça1ses l&gt;, à la joie de sa mère, qui en
nomie porte l empreinte de cette bienveillance pwds de Mme Cabarrus s'ar,itaient comme avait les larmes aux yeux, et des assistants
charmés de ses ébats mignons. Les façons de
active dont tan~ de. gens ont eu des preuves dans l'attente du signal d'un h~léro. Du reste
la
mère et de la fille l'une à l'égard de l'autre
pendant les terribles phases de la Révolutioo. elle n'a ni dansé ni même touché à la bell;
md1quent
des natures aimantes.
Ses manières ont un naturel et un abandon harpe posée dans un coin du salon. Elle s'e:-;t
«
Cette
réunion, où dominaient les Ano]ais
q?i
rendent tout à fait sympathique et ex~lusiveme~t consacrée à recevoir, à pla.cer,
sedmsante. Lorsque, dans le courant de la e~ a ent~etem~ les dames, Anglaises en majo- et pendant laquelle lime Cabarrus, alla~t e;
soirée, el!~ s'est mise à genoux, joignant ses rité, qm venaient à son &lt;&lt; assemblée 1,. Elle venant sans cesse, ne pouvait suivre une eonver,!:ation, a fini par me se~Ller un peu longue.
belles mams, devant une petite Française
s'asseyait tantôt auprès de l'une, tantôt auprès
,1c Mme Cabarrus venait de reconduire juspour la supplier de chanter nne romance e~ d'une autre, toujours en mouvement, entraiqu'elle est restée dans la même attitude, 'ses nant à sa suite un groupe de cavaliers em- qu à la porte du salon sa dernière invitée avec
la g~àce animée et naturelle qu'elle avait dépressés . ,&gt;
1. HE1C11A_RDT, Un hiver à Pa1·is sous le Consulal
p_loye~ pendant toute la soirée, quand elle reOn voit que )Jme Cabarrus sait toujours vm; a nous, paraissant ne plus pou\'oir se
p. 200, Par1s,_! 1lon. Ce line mé1·i!c d'ètre beaucouP
plus connu qu 11 ne l'est.
s'occuper de ses invités el faire avec grâce les tramer; elle s'affaissa dans un fauteuil, la

1:

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C1TOYENN'E TAL1.1'EN - - ~

fa

�1f1STOR,.1.Jl

L.1t

tète ren\'crsée contre le dossier, s?upira~l
d'une voix presque éteinte : &lt;( .le n en puis
plus, _je :-uis morte! n .Je me trouvais près d'elle
avec Tourton; dans ma simplicité, je lui demandai naïvement si elle s.e senlait indisposée. Elle se redressa comme poussée par un
ressort : &lt;l Ce n'est pas ça, monsieur, » ditelle en souriant. Puis, s'adressant à Tourton
avec le même sourire : H ~Ion assemblée était
bien nombreuse, n'eSt-ce pas? ... l)
Toujours cette préorcupalion de la vanilé·
chez Thérésia ! Elle est heureuse d'a"oir eu
une « assemblée l&gt; très nombreuse, non pas
parce qu'on a pu s'y amuser davantage, mais
parce que la mode était d'entasser dans les
salons plus de monde qu'ils n'en pouvaient
contenir, de presser les gens les uns contre
les autres au point de leur rendre tout mouvement impossible, el de les étouffer pour
leur plaisir. D'ailleurs, l'appariement de
Thérésia n'est pas très grand. Le même témoin le décrit en deux lignes :
&lt;1 ... Il consiRte en un vaste salon et une
grande chambre à coucher suivie d'un boudoir;
il a été suffisant pour les soixante-dix à
quatre-vingt3 personnes qui s'y sont 1rom ées
réunies. &gt;&gt;
Maintenant suivons à pas discrets M. Reichardt dans la chambre de l'idole: « Le magnifique lit en ébène de la chambre à coucher
est d'un style différent et plus sévère que celui de Mme Récamier. Comme celui-ci, il est
décoré de jolis bronzes dorés. Mais le ciel de
lit, très ample et très élevé, a1anl la forme
d'une tente ronde, est soutenu par Je bec
d'un pélican doré, une forme importée
d'Égypte; les rideaux, en satin blanc el cramoisi garnis de franges dorées, retombent en
larges plis jusqu'au parquel. Toute la pièce
est décorée de jolis bas-reliefs. ,
li n'est pas jusqu'à la coiffure de sa charmante hôtesse, jusqu'à sa toilette, que !'Allemand n'ait eu soin de noter exactement.
Comme c·est ce qui intéress~ Je plus les
femmes, il faut encore faire cet emprunt à
son livre : cc Ses magnifiques chereux noirs,
arrangés en larges tresses, étaient enroulés
autour de sa tète jusqu'au front, d'nne part,
jusqu'à la nuque, de l'autre; des cordons de
perles fines s'entremèlaient ·aux tresses. Sa
rul,e était en satin blanc et cou verte de belles
den telles 1 • JJ
Oo voit que son second divorce n'avait pas
affecté la belle jeune lemme plus que le premier : elle y était maintenant habituée. Sa
conscience n'avait pas l'air de lui rPprocber
quoi que te fût, et l'on aurait mauvaise grâce
à se monlrer plus difficile que sa conscience.
D'ailleurs, quel esprit chagrin aurait eu le
mauvais goût, le triste courage de lui faire
de la peine en l'éclairant sur certains cas de
casuistique conjugale qu'dle aimait mieux ne
pas prendre corps à corps, et troul,ler ainsi le
bonheur de cette charmante femme qui, à
tout prendrr, ne vivait que du bonheur des
autres? ...
La belle Thérésia menait donc une rxistence

paisible, se parlageant entre son amant en
titre, ses amis, M. Alexandre de Girardin,
avf'c lequel son amitié semble avoir eu quel-

ques nuances particulières de tendresse, ses
enfants et les plaisirs. Tout semblait indiquer
que cette vie serait la sienne jusqu'à son dernier jour. Peut-être le croyait-elle?... Mais,
si elle en a,·ait déjà fini avec deux maris, elle
n'en avait pas fini avec le mariage. Le 16 thermidor an XIII de la République française
(18 juillet 1805), sous la seconde année du
règne de Napoléon, Empereur des Français,
elle se mariait une troisième fois à la mairie
du xe arrondissement avec le comte Joseph
de Caraman.
Le mariage fut purement civil. Il ne pouvait être religieux; l'Église catholique n'admet
pas le divorce, et, a ses yeux, 'fbérésia était
toujours la lemme légitime de !I. de Fontenay,
quelques liaisons, plus ou moins sanctionnées
par ~a loi civile, qu'elle ait pu avoir depuis ce
mariage.
Le comte Joseph de Caraman, qui n'avait
que trente-trois ans, un an de plus que Thérésia, appartenait à l'illustre famille Riquet.
C'est le père de son grand-père, M. Riquet,
qui avait conçu le plan du canal de Languedoc, et en avait exécuté les travaux. li jouissait d'une grande fortune et la Révolution
n'avait pu toucher que d'une façon passagère
à ses revenus du caaal, dont il était un des
principaux propriétaires. li a\'ait été élevé à
Roissy, à cinq lieues de Paris, dans la saine
atmosphère d'une famille unie. « Roissy,
écrivait Mme du Deffand en 1774, est le
séjour de la paix, de l'ordre et du bonheur.
Un père et une mère, huit enfants qui vivent
ensemble avec une union, une amilié parfaite:
c'est l'àged'o_r. 2 i,
Cette paix, cette union de famille, qui sont

!. Rt:1ŒAIIDT, Un ltü•er à Paris sous Ir C()ltSlllal,
p. :l00-20i.

2. lhte ou DnrHo, Correspo11do11cecomplèle, t. Il,
p. 426 (éd. L&lt;'scurc).

1

PASQl:JER.

D'après une lithograph~ de

MAURIN.

le plus grand bonheur de la vie, celte paix et
cette union que la Révolution n'avait pas
atteintes. étaient maintenant brisées dans la
famille de Caraman. C'était l'œu\'re de Thérésia. Elle avait dtî bien fl'availlel' le jeune
comte Joseph pour le décider à celte chose si
grave : fo révolte contre l'autorité du père de
famille, le mariage contre le gré de toute une
famille. Virtuose d'une beaulé à peu près défunte, e1le en amit joué en artiste. consommée.
Une fois qu'elle eut amené li&gt; jeune comte de
Caraman à l'élat d'amoureux aveuglC', elle lui
avait tenu des propos dans le genre de celuic-i : cc On se marie pour soi et non pour les
autres ... » et les lui avait chantés sur tous les
tons, avec toutes les variantes possibles. Le
pauvre garçon ne vo1ait pas, en sa qualité
d'amoureux, que ce sont là propos à l'usage
des femmes qui "eu]ent arhe\'er de faire
perdre le sens moral aux malheureux à qui
elles ont déjà fait perdre le sens commun;
anssi donnait-il en plein dans le piège, et,
pauvre dupe, il se répétait comme paroles
d'évangiles les piètres arguments de Thérésia. Régie générale, les hommes ne croient,
en fait de désintéressement, qu'à celui des
gens qui ont intérN à les tromper. Et, d'un
autre côté, comment n'a~rail-il pas cru une
femme qui, sur le terrain de l'amour, avait
de si beaux états de services? ...
On croit les hommes bien bêtes : ils sont
encore plus bêtes qu'on ne croit. Les femmes
le savent bien. En tout cas, le manège ne dénote pas chez !'expérimentée Tbérésia une
bien grande délicatesse de sentiment, et l'abnégation ne parait pas être \'enue compléter
le nombre de ses vertus. Quand même elle eût
aimé sincèrement M. de Caraman, - et ce
n'est pas à présumer, car c'eùt été chang('r par trop ses habitudes, - le devoir, pour
elle, était de se retirer, d'engager le jeune
homme à sui"re le vœu de sa famille, à obéir
à son père, à C( immoler son amour sur l'autel
du devoir )J. comme aurait dit Mme de Staël,
une connaisseuse en amour plus qu'en devoir,
mais qui, au moins, quand elle fit la folie de se
remarier, n'épousa pas l'immense fortune de
M. de Caraman. Quanl à celui-ci, il montrait
une fois de plus que c'est dans l'amour que
se constate le mieux la bêtise humaine.
On sait, par l'acte de mariage, que M. Joseph de Caraman dut faire des actes respectueux à son père, c'est-à-dire agir contre sa
volonté expr~se, ce qui n'est pas très respectueux , en épousant la femme que tant d'autres
avaient eue avant lui, c&lt; qui ne lui apportait que
]a rinçure de son verre» , comme aurait ditjadis
Madame, mère du Régent, dans son 1angage
aussi franc que pittoresque. Aussi la cérémonie du mariage se ressentit-elle de cet état de
choses. Le cboix des témoins : deux hommes
de loi du côté du comte Riquet de Caraman,
un commis-principal à l'Administration de la
Loterie et un homme de loi du côté de Thérésia, montre bien que cette union se faisait à
l'encontre de toutes convenances : famille,
amis, société, tout ce qui mérite le respect,
faisait grè\'e ce jour-là, el le rrprésentant
d'une des plus hautes familles de la Belgique

en était ~éduit ;, prendre, pour lémoins de
son m_ariai?e, des gens de Ioi. Du côté de
T!1érés1a, _I'humilité du rang social de ses
tcmorns n e~t pas faite pour étonner i à part
le ~~nde etranger, qui donc l'aurait vue à
Paris ....
. Elle s'en consola en pensant que son man,a_ge avec le comte de Caraman aurait \'Île fait
d epousseter son passé et de Iui ouvrir toutes
grandes les portes des salons de Paris
Les jeunes époux partirent en "o;ane de
noœs. lis allèr~nt en Italie. Aussi b~n y
éta1ent-1ls appeles par de grands intérêts. Le
prmce de Chimay venait de mourir. Comme

patri?te en pays étranger. Ce diplomate parla
a la Jeune reine des mérites de la comtesse
de Caraman; il lui dit, sans entrer dans trop
de d1tails,_ qu'elle_avait été héroïque pendant
la Rc\·olution, quelle avait sauvé un nrand
nombre de vies humaines .... Il n'en fallait
pa_s tant pour que les portes du palais s'ouvrissent devant elle à deux battants. Et
Thérésia, qui n'était pas admise, à Paris, à
la cour des Tuileries, prit sa r('vanche à
Florence, en se pavanant au palais Pitti.
c&lt; Elle y parut avec une robe de velours
brodée à Lyon, et à formes sé\'ères. Son co.s~
lumc fut trouvé si remarquable que les Ita-

VUE DE LA PRŒIENADE-NOUVELLE, PRISE AU TOURNANT DE L'ALLËE-DES-VEUVES ëT DUC

T.Jtl.Ll'E.N

--

le comte de Caraman é1ait son héritier I il
liens . dirent n'a\·oir jamais rien vu de si
alla avec sa fe?1me en Toscane pour le règlemagnifique et que les dessins de la broderie
ment des affaires de la succession. La nou- furent copiés 1 • »
velle comt~~se. cr_ut pournir dérober quelques
Mme de Caraman avait Je bonheur au cœur.
lie~res à 1~ttm 1té conjugale pour St! faire
sa
robe avait été trouvée belle et elle é•al :
prcsenter a 8·. A.1 1a reine dl~lrurie. C'ét:iit,
o e
t 0, ? A I
men
,1 le faut crutre, dans l'intérêt du bonheur f. ·t u.... a cour! li y avait ]à de qUOI·
~1re ourn~r une tête moins solide que la
d~ ~~n mari. Oa s'adressa donc au chargé
stenne. Mais son bonheur fut au comble
d affaires de France,!!. Artaud, qui était trop
quand,_ quelques semaines plus tard, elle fut
galant homme pour ne pas soutenir une comreçue a une autre cour, plus considérable

!

Cha~le~ le lfarcly (1470), et en principauté
(~48[)og?l1
· c C p_rmc1paulé Jla ssa de la maisnn de Cro
dan~ celle de Ligne-Arenberg en t612 l
. Y
1
qu'j;1 1686. A)~rs elle aeparhnl, parhé~ifag~,
:;
rte ~u-su-Pl11hppe-!-,ou1s de llennin , &lt;'l la· maison J
llennm la consen·a Jusqu'en 17{)0 , époquc ou. 1ccomt,ie

~~1:o::i

.

que celle de la reine d'Élrurie, à la cour d'un
Bonaparte!
Oui,. c'. Joseph Bonaparte, alors roi des
Deux-Siciles, instruit de l'accueil fait dans
Florence à Mme de Caraman, la reçut i1 la
cour .de Naples, q~oi, q?'on lui insinuàt que
so? \opge en Italie elalt la suite d'une disgrace )).
Nous n'aJlons pas suivre la comtesse de
C~raman ~an~ .son nou\'cl essai, qui, cette
fo~1s, fut dcfi111ttf, de la vie de femme honnete.
,!l faut cependant dire que, pendant la prem,ere Restauration, la religion catholique se

R
OURS-LA-

.1. • AS"è"' 8\'oir apeartcnu il. la maison de NcsleS.oisson~ ans le xm: s1êele, puis à Jean de llaynoult
~1re ~c ea~monl, P.u1s au.1 ptiastillons, (,'01ules de Diois'.
.', se1gneur1c ~e Clumay, !•lie du Hainaut français, fut
1\Ctlue /car Thibaut de M•~sons, seigneur de ~lorcuil
,t Ca n e Croy; elle fut érigée en comtê par le due d~

C1TOYENN'E.

EINE, -

Gravure de

Pf!WIG!,'.R
•

•

,

d'après "•t ARTISET,

remettanL à ètre à Ja mode, Thérésia souffrit
beaucoup de n'ètre mariée que civilement
av~e ~e comte de Caraman, qui, devenu propriétaire de la principauté de Chimav. avait
le droit de porter le titre rie prince, ~t elle,
celui, de I''.lnces,e de C!timay ! liais quelle
&lt;l,sgrace l Joutes les portes se fermaient
d~vant eilc. La pauvre femme, au lieu d'attribuer _cet ostracisme à son passé trop mouvemente, pensa que son mariage civil en était la
\'iclor-.Mau1·ice Biquet tic Caraman 1; }Oti-Q 1
tique ~u priucc d'!lennin d'Alsace, dcritcr~
1 1
C celte illustre maison. C'est ainsi que la r' •
~
cle Chimay est entrée dans la maison de Cr mcipautc
B;oe,•a
h
·
M'
h
d
S
aramau.
»
l •&gt;;, .P te ~c a~ , upplément, t. til)
.., Bwgmplue M1c!w11d 1 Supplément, L 61.

hé~Jtc

�-

fflSTO~l.JI _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ___.

seule cause 1 • Elle fit donc des démarches en chez vous . On en parlera pendant une secour de Rome pour obtenir la consécration maine, et, le lundi suivant, vous serez prince
religieuse de son mariage avec le prince de et princesse de Chimay. 2 1&gt;
C'était là un ami intelligent : il avait comChimay.
Il lui lut répondu que c'était la chose la pris que Thérésia cherchait le moyen de se
plus simple du monde, que l'Église bénirait pavoiser de son titre de princesse, Pt le lui
avec plaisir son union, et qu'elle n'avait qu'à avait indiqué. Il était de l'avis de Balzac qui
a observé&lt;&lt; qu'il n'est pointdesituation qu'on
produire l'acte de décès de M. de Fontenay.
Hélas l comment le produire, cet acte, ne puisse imposer au monde avec de l'audace
puisque M. de Fontenay était vivant? ... La et avec de l'argent &gt;&gt;. Le monde donna un dépauvre femme était en proie au plus vif cha- menti à cette observation, très fine, souvent
grin . Les portes de l'Église restaient fermées juste, mais pas auprès de tous. Dieu merci,
devant elle, ce qui lui était au fond assez il y aura toujours des gens pour avoir le resindiffêrent 1 - celles du monde ne s'ouvraient pect d'eux-mêmes plutôt que le respect de
pas davantage, cc qui lui était infiniment plus l'argent des autres et pour refuser de voir
pénible. Et c'est au moment où elle maudis- certaines parvenues de la finance ou du
sait le Ciel, que le Ciel allait la prendre en mariage.
C'est donc seulement en 1815, après quelpitié. Ces femmes-là ont toutes les chances .
Justement, à l'issue de ses négociations in- ques années d'une lente et habile métamorfructueuses, M. de Fontenay, qui était cause phose, que Thérésia osa arborer son titre
rie tout le mal et de qui elle était loin de de princesse de Chimay. Lorsque Tallien
s'attendre à la moindre attention, lui fit la l'apprit, le Gavroche qui sommeillait au fond
~racieuseté de prendre congé de ce monde. de son esprit se réveilla, et il s'écria : &lt;( Elle
C'élait avoir autant de complaisance que d'à- aura beau se faire appeler la princesse de
propos. Pour la première fois, Thérésia pensa Chimère, elle sera toujours, dans l'histoire,
du bien de ~I. de Fontenay. Pour la première Mme Tallien. "
Tallien avait raison.
fois, elle en dit; elle lui en aurait même souMais il est piquant de remarquer, en pashaité dans sa bonté, si le premier efiet de la
réalisation de ce ,,œu n'eût été de la priver du sant, que c'est en devenant princesse que
plaisir de le pleurer el surtout d'aller prome- Thérésia embourgeoisa définitivement sa vie.
ner partout son titre de princesse. Car, lui
A cause de la fille qu'il avait eue d'elle,
mort, elle se hâta de se munir de son acte de
décès et de faire donner publiquement la bé- Tallien n'avait pas complètement rompu avec
nédiction religieuse à son mariage. L'union celle qui avait été sa femme; il ne la voyait
avec Tallien ayant été purement civile n'exis- pas, et, d'ailleurs, peut-être ne l'eût-il pas
reconnue tant elle était changée, très peu de
tait pas aux )'eux de l'Église.,
temps après son troisième mariage. &lt;( Je reLe roi Louis XVlll étant revenu aux Tuile- trouvai chez Cambacérès, a écrit Mme Cavairies, après la seconde chute de Napoléon, el le gnac en 18!0, Mme de Caraman devenue
gouvernement de la Restauration semblant épaisse, couperosée, méconnaissable enfin,
solidement établi, Mme de Caraman revint à quoiqu'elle n'eût pas quarante ans. La preParis. i! Elle ouvrit sa belle maison de la rue mière punition des remmes galantes et la plus
de Babylone; ses soirées devinrent à la mode: sentie peut-être, c'est leur jeunesse flétrie,
on y donnait des bals, des concerts, on y abrégée par le genre de vie qu'elles mènent,
jouait la comédie. Les étrangers les plus dis- la jeunesse précieuse à toutes, mais indispentingués et leurs femmes affinaient dans les sable pour elles.' Il
Mais lorsqu'il s'agit pour Tallien et la
salons de Mme de Caraman, mais on n'y rencontrait presque aucun représentant du noble princesse de Chimay de marier leur fille
Thermidor, il fallut bien se trouver lace à
faubourg qu'elle habitait.
, Propriétaire de la principauté de Chimay, face, tout au moins à la cérémonie du mariage.
le comte de Caraman n'osait en prendre le Cette rencontre donna lieu à des incidents
titre. La comtesse, depuis 1806, signait ses amusanls que Boucher de Perthes a racontés
lettres Caraman-Chimay sans oser aller plus dans une lettre à son père, que voici :
loin. Elle consulta plusieurs amies, qui, ignoParis, le 24 avril 1815.
rant les usages de la Belgique et le laissercc
Notre
cousin
Félix
de Narbonne de Pelet,
aller des sociétés de France, soutinrent qu 'il
fils
de
la
comtesse
de
Pelet,
vient d'épouser
fallait que les deux époux restassent M. et
Mme de Carâ.man. Un seul de ses amis, qui !Ille Thermidor Tallien, aujourd'hui Joséavait plus d'expérience, ouvrit un autre avis . phine', dont la mère est actuellem1:mt princesse
« Faites, dit-il, graver des cartes de visite au de Chimay par son mariage avec M. de Caranom du prince et de la princesse de Chimay : man.
cc Mme de Chimay est toujours belle " et
faites-les jeter aux portes des ge.ns anciens et
des gens nouveaux que vous voudrez recevoir parfaitement bonne.

c( Je la voyais souvent chez notre cousine
de Pelet, el c'est là que Félix a rencontré sa
fille, qÙ'i est fort belle aussi, sans égaler sa
mère. Félix en était très épris, mais Mme de
Pelet, alliée à toute la fine fleur du faubourg
Saint-Germain, voulait bien faire sa société de
Mlle Tallien, mais non sa belle-fille. Aussi
manqua-t-elle de tomber à la rem•erse au
premier mot qu'on lui en dit.
&lt;( Félix, qui a été officier dans je ne sais
quel régiment, est en disponibilité; avec cela,
pas grand'chose, et Mlle Tallien, rien du tout.
cc Le lait est que l'ex-dictateur de la
Gironde et le vainqueur de Robespierre était
à peu près à l'aumône quand arriva la Restauration, et, chose inexplicable, LouisXVIIT,
aussitôt après sa rentrée, lui fit une pension
de six mille francs sur sa cassette e.
« C'était sur celte pension que M. Tallien
dotait sa fille de mille écus par année; mais,
le roi parti, adieu la pension, et par contrecoup la dot.
(! Le mariage vient d'avoir lieu. La noce a
élé célébrée presque à huis-clos, ce qui n'a
pas empêché qu'il s'y passât une assez drôle
de chose. Il fallait bien que, comme père,
M. Tallien fût présent. Il s'est donc trouvé
face à face avec son ex-femme. La cérémonie
terminée, Mme de Chima'y lui a proposé de le
reconduire chez lui, allée des Vem·es. Il a
accepté et a, près d'elle, pris place dans sa
voiture.
" Arrivée devant l'hôtel de Caraman, Mme
de Chimay, qui ne voulait pas aller jusqu'aux
Champs-Elysées, fit arrêter sa berline et allait
descendre, lorsque la portière s'ouvrit. M. de
Chimay, qui rentrait dans ce moment, s'avança
pour offrir la main à sa femme; ce fut celle
de M. Tallien qu'il rencontra. La situation
était difficile; néanmoins, il fit contre mauvaise fortune bon cœur, et croyant que
M. Tallien voulait accompagner sa fille jusqu'au bout, il l'engagea à entrer.
« Il. Tallien, soit qu'il fût troublé luimême, soit qu'il ne crût pas devoir répondre
par un refus à une politesse, accepta.
(( Une collation était servie, mais vous
jugez si le repas fut gai et si les yeux quittèrent
souvent les assielles. La princesse était la
moins embarrassée et sut encore faire noblement les honneurs de sa table, car elle a non
seulement la beauté, mais le port, l'organe
et les manières d'une reine. &gt;&gt;

dit â cell e pau,rc P:mlinc du Charnbige, une de nos
camarad es d'enfance qui fit la sottise de se lier avec
elle, et qu'il fnllutrcnoncer à voir.
« Elle la blâmait de mellre un corset et en nombrait les inconvénienls, assurant que ce n'est pas quand
une femme est vêtue quïl lui importe d'être belle. »
(blémoiu~ d 'une i11 co111me, p. 114).
2. Uiographie J!icliaud, Supplément , t . 01.

5. Mémoires d'une biconuue, p. 345.
4. On se rappell e que Thcrmülor Tallien avail pour
marraine Mme de Beauharnais, devenue l'lmpératticc
Joséphine.
5. On ,·ienl de voir que cc n'Clait pas l'avis de
Mme Cavaignac, cinq ans plus tôt.
6. Le lecteur a lu , plus hauL, \'explication de celt e
libéralité du roi à un régicide.

1. l,a vCl'ité est qu'elle jouissa it d'une déteslahlc
répulalion. Voici un lrail d'elle qui ne !-C peul dire
flu 'â l'oreille ou s'écrire qu'au bus d'une page. Une
femme pourtant l'a écrit en plein lextc.
« A Jlropos de jolies lemmes, dit-elle, voici uu mot
bi en n~if d'une qni jouait un rùlc alol'S, qui a visé à
la célëbrité, et n en a, comme il arrive le plus ~ou1·ent,
gardé qu'une bien fâ cheuse . 11me Tallien; rc mol fut

M. Boucher de Perthes continue à donner
dans cette lettre des indications sur ce qu'est,
à celle époque, la princesse de Chimay. Ils
sont intéressants et montrent, a,ec beaucoup
de bienveillance, comment on doit se la
figurer en 1815 :
c&lt; Quoiqu'elle soit aujourd'hui un peu
grasse, dit-il, ses beaux cheveux noirs, ses
belles dents, ses belles épaules et ses yeux

" · : - - - - - - - - - - - - - LA

C1TOYENNE TJS.LLTEN

~

~nagnifiques lui donnent encore l'air d'une en entrant, mais on y avait songé pour elle
Jeune fem~e, ~t quand elle s'anime en par- et fos chuch?t:men,ts l'en firent bientôt aper- t7nir sa promcss? au delà de quelques mois,
lant, ce qm _arrive toujours quand on la met cevmr. Aussitot quelle me vit, elle m'appela, c est que sa penswn lui fut retirée.
Nous n'a~ons pas à suivre plus loin la prins.~r le chapit~e de la Révolution, forte de quitta le bras de !!. de Fontenay el elle prit
1rnflu~nce quelle Ya exercée, du mal qu'elle
cesse de Clumay. Depuis son troisième male mien. Nous fîmes un ou deux tours et elle riage, elle n'appartient plus à l'histoire. li est
'. empecbé et du nombre de têtes qu'elle a me pria de Ja reconduire à sa voiture. »
Juste, cep~ndant 1 de constater que le sérieux
!5auvees, elle parle avec une rare éloquence et
Il faudrait arrêter ici la citation mais ce de son existence - où il entrait peut-êtr~
elle est belle à l'adoration 1 •
qui s~it est trop à l'honneur de la'princesse une bonne part d'illusions et de beautés
&lt;( Ce .n'est plus la _même personne quand
de Chimay pour être omis :
défuntes - effaça ce qu'il y avait eu de trop
elle est a la table de Jeu; dès ce moment, on
« Je le répète, poursuit Il. Boucher de fanta1s1s_tc dJns la première partie de sa vie.
ne peut plus lui arracher une parole.
Perthes, c'est une femme bonne, excellente
Alors, bien reve~ue de la jeunesse à laquelle
• &lt;! Sans do~te_ que son mari l'a priée de ne
~ui a fait un bien infini et qui en fait encor/ elle ne pardonnait pas de l'avoir abandonnée
JOuer q~e ~et1t Jeu, car lorsque la somme est Elle ne peut entendre parler d'un malheureux
elle eut, en ces heures amères, le chagrin d;
fo'.te, s_,l s approche d'elle, elle en lait dispasa~s vo,ulo_ir le secourir; et, quoique riche
ra11_re v1~em~nt une p~rtie. Un jour qu'elle auJourd hm, elle aurait bientôt donné tout cons!ater q_ue le_souvenir des péchés de cette
av~1t. execu_te cette petite manœuvre, je me ce qu'elle possède si son mari, qui est aussi mfidele était tOuJours vivant dans la mémoire
de s_es conte'."porains. Elle ne fut pas plus
mis a sourire, elle s'en aperçut et m'a boudé
un e~cellent homme, . n'y veillait. Elie y admise aux 1 mler1es par re vieux libertin de
assez longtemps.
.
supple~ par des loteries, des quêtes, des
" Elle ne paraît jamais en public sans être souscr1ptwns. Il n'y a pas moyen de lui re- L,ouis XVIII q_u'elle ne l'avait élé par Napole but_ de tous les regards, el les Parisiens fuser, elle est irrésistible quand elle prie ... ;; 1&gt; leon. Elle avait eu beau jeter au feu le souvenir de ses fredaines passées, elle avait beau
son_t s1 m~1screts da_ns leur curiosité que j'ai
d,onne_r ?u ,monde l'exemple de l'oubli, on
mamtes fois, quand Je lui donnais Je bras été
On peut cependant observer que ({ riche
obligé de me tenir à quatre pour ne' pas aujourd'hui » n'est pas très exact. La prin- s o~stma1t a ne voir dans la princesse de
malmener ceux qui venaient nous regarder sous cesse de Chimay était fort gênée à cette Ch1:11ay que l'ancienne Thérésia. On ne sonle nez. Dan_s ces oc~sions, peut-être par la époque. La preuve en est qu'elle fut obligée g~1t pas qu'~v~c l'âge, les réflexions, la gravité morale_ eta1ent. venues. On ne voyait pas,
grande haL,tude qu elle en avait, elle conserde faire un emprunt à !!. Laffitte. Les
on ne voulait pas voir qu'elle était maintenant
vait merveilleusement son sano--froid et lors- guerres, deux mauvaises récoltes successives
•
0
'
~
qu au mouvement convulsif de mon bras elle avaie~t ruiné tout le m~nde, et eHe avait d; une autre femme, une femme toute nouvelle, d_igne de tous les respects.
sentait combien cette impolitesse m'indio-nait
O
la peme à donner à sa fille la subvention
Aussi fut-ce pour elle un gros chagrin que
elle me le pressait fortement pour me fair~ qu'eJle lui avait promise en la mariant. filais,
rester tranquille.
de ne pas être admise à Ja cour du roi des
co~me elle tenait, avec juste raison, à main« Cependant, un jour, je l'ai vue véritable- tenu so~ rang,, le public ne s'apercevait pas Pays-Bas dont son mari était chambellan. Elle
ment contrariée. C'était à l'Exposition du de sa gene. C est pour cela qu'elle écrit : ne s:aigr_it ~epeùdant pas de l'ostracisme qui
Louvre 1 • Je traversais les galeries lorsque je « Être et paraitre sont deux choses bien dis- contmua1t a peser sur elle. Avec une humil!té qui avait encore sa coquetterie, elle
la rencontrai donnant le bras à M. de Fonteti_nctes. &gt;:_ Tallien, qui n'était pas moins gêné,
nay, son fils du premier mariage. A l'autre h'.en _qu 11 ne_ fût pas riche; Tallien, qui l accepta comme une expiation et répondit
par un redoublement de charité au manque
bras, elle avait Mlle Tallien, notre cousine
n a,va,t poudr vivre et soigner ses infirmités de charité qu'on avait pour elle.
actuelle, et celle-ci tenait par la main le petit
q~ une mo este pension, voulut aussi, en bon
Da,ns_ le ~ond_de son exil blasonné et capide Caraman . Elle avait donc là les enfants des pere, donner une dot à sa fille : il lui promit
trois maris.
tonne, 11 lm éta~t venu un autre chagrin, plus
une rente de mille écus par an . C'était la
gra nd chaque Jour, celui de se voir vieillir
cc Elle n'y avait probablement pas songé
moitié de sa propre pension. Et s'il ne put Elle était femme, elle en souffrit beaucoup ..

t·

lo~chrr de. Pe~lhes é,tait jeune alors; on voit
q~ li ~bit la fascmatwu 1u exercent les femmes de
ans. quand elles ont Cté bel!cs sur
les lttrl Jeunes gens.
'
t1 ente a ,uarante

2. Le Sillon aunuel de pei11ture.
3. Boucm:R DE PERTnEs, Sous dix rou 1 Ill
p. 168.
' ·
,
Lettre citée par CJ1. l\"auroy, dans Le Curieux.
FIN

Est-ce ce double chagrin qui lui donna la
maladie de foie dont elle mourut le 15 janvier 18551...
JOSEPH

TURQUAN.

�. _______________________________l.11

VUE UE LA VILLE DF. IIA'.liO\'RE. -

•

D'apr~s

11nt

g,·ayurt anc~nnt.
·
(BitlfoJh~qut .Yatio11alt, C:.itîntt dts Estamtts)

QUELQUES FIGURES DE FEMMES AIMANTES OU MALHEUREUSES

La princesse Sophie-Dorothée
et Philippe de Kœnigsmarck
Par TEODO~ DE WYZEW A

Les lettres.
La nuit du l" juillet !6\)1, _un genlilhommc suédois au scrrice de l'Elccteur de

Saxe, Philippe-Christian de . Kœuigsmarc~.
fut as~assioé, dans un corridor du pala~s
ducal de Hanovre, au moment où il sortait
de la chambre de la princesse Sophie-Doroihée dont il élail l'amant. Les circonslances
de c~t assassinat ont élé décrites bien souvent et souvent aussi on nous a raconté l'histoi,; des amours de Sophie-Dorolhée el de
Kœnigsmarck, telle que se sont plu à la
reconstituer dirnrs érudits, allemands et
scandinaves. Mais le malheur est que ces
érudits, ayant en main une foule de piè~s

qui leur eussent perm_is de prése~ler les !ails
sous leur nai JOur l11stor1que, n ont pas pu
résister à la tentation de les accommoder
suivant leur fantaisie, ce qui a eu pour effet
non seulement d 'enle,·er à leurs ouvrages
toute valeur un peu sérieuse, mais de discréditer les sources même oit ils avaient puisé.

El c'est ainsi que s'explique, par exemple,
que, placée depuis 1848 à la disp?siüon du
public, dans la bibliothèque de I univers1te
sut!doise de Lund, la correspondance amoureuse de Sophie-Dorotbéc el de Kœnigsmarck
ail allendu plus d'un demi-siècle que quelqu'un prit la peine d? !~ lire et de la publier.
Voici ce que d1sa1t Jadis de celle correspondance llt:&gt;nri Blaze, dans une étude sur le

gl•re. Au resl~, aucune c~pt•ce de d:!te, nulle indication du mois, du quantll'me, du heu. Il ne faudrait rÎ('n moins que la patience d'un êpluch('ul'
de chartes pour débrouiller ce cluo~ chron.ologique. La chose cependant en \"auùra1l !a pemr,
car une cla:--sification exaclt•, une traduction n('UC
et claire de ces p:lpier~, dont la plupart son~ en
chilTrcs, amènernicnt, je n'en d~ut~ pas, mamie
révébtion intCl'cssanle pour l 'lustmre de cl'ltt'
époque.

Deniier des Kœuigsmarck. :
La correspondance entre Sophie-Dorothée cl
RœniO'~marck, rCcemmcnl découverte par le docteur P.ilrnblad se trouve aujourd'hui dans les
archire~ de fa bibliotht'que de La G;irdie, à Lœ!wrod en SuMe où la deposa vers 1810 une pelllenii.•~e de la p/oprc sœur d&lt;' Philippe de Kœnigsmarck. Celle-ci, en rernellant à ses l'nfants ces
letlres, leur arnit dit que cc c'était là un déJWl
précieux et dt&gt; conséquence, car c~s lettres
avaient coûté la vie à son frère el la l1be1·lé à la
nière d'un ,·oi JJ. Cette curieuse correspondance
formerait à elle seule un gros ,,olumc. Les lettres
de la princesse se dist.inguent ,par l'élégance de
l'écriture et fa correcllon de l orthographe, luxe
assez rare en ce temps, même en France, el dont
on ne saurait trop tenir compte chez une êtran-

Que Blaze n'ait pas eu « la patience d'un
éplucheur de chartes », c'est _de quoi personne ne saurait lui faire uo grief. Mais celle
patience parait avoir également manqué au
docteur Palmblad, l'auteur suédois dont il se
bornait à analiser l'énorme ouv.~age su.r
Am·ore de Kœnigsmank, et qu 11 louait
comme un « écrivam d'une érudi1ion anecdotique abondante, h~bile surtou_t à feuill~ter
les papiers de fam11le D. _Admis à &lt;I femlleter , les lettres de la prmcesse de Hanovre
et de son amant, ce Palmblad a pris avec
elles les libertés les plus étonnantes : san_s
essayer de les classer ni de les déchiffrer, 11
en a extrait, au hasard, quelt1ues phrases

Pl(INCESSE 80PH1E-DOT(OTHÉE - - - .

quïl a réunies bout à bout, en )' JOlgnanl la police de !'Électeur de Hanovre, el sans
commtmtaires dont il l'a entourée, suffit à
mème, parfois, des phrases de son invention.
doute détruites, au lendemain du meurtre
Et bien que ces extraits de la correspondance de Kœnigsmarck : et, en effet, elles man- nous faire connaître, infiniment mieux que
tous les rétits des historiens ou des romantiennent à peine six ou sept pages, il y a
quent, comme manquent aussi beaucoup de ciers, le caractère des deux héros de la traaccumulé tant d'erreurs, tant d'invraisemleltres de Sophie-Oorothée, que les deux Rique aventure de Hanovre, el les sentiments
blances monstrueuses, - et toutes issues,
amants auront jugées lrop compromettantes, divers qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre.
seulement, de son &lt;c adaptation ,1 , - que
et brûlées sitôt lues. La correspondance est Si incomplè'e et décousue qu'elle soit, et en
les érudits se sont mis d'accord pour déclarer
incomplète, fragmentaire, sans cesse interque les lettres « découvt:rtes » par lui étaient rompue par de grosses lacunes; on y ren- raison même de son évidente authenticité,
leur correspondance est le plus instructif des
é,•idemment apocryphes. Cinquante ans, encontre des réponses à des questions qu'on ne romans d'amour. Deux cœurs s'y manifestent
suite, elles ont dormi dans un carton de la
connait pas, ou encore des questions dont la à nous tout enliers, avec lant d'abandon, et
bibliothèque de Lund, sans que personne
réponse est perdue : jamais une correspon- une passion si ardente, que Jes paroles les
daignàt jeter les Jeux sur elles.
dance manuscrile n'a porlé à un plus haut
Ces lettres sont, cependant, d'une parfaite degré tous les caractère!) matériels et moraux plus banales nous intéressent et nous touchent, nous apportant l'él'ho des profondes
authenticité. Leur ton seul l'attesterait assez, de l'authenticité.
émotions qui Je.s ont in~pirées. A travers les
à défaut d'autres preuves : car on y trouve à
Et comme cette correspondance est écrite mensonges, les llatteries, les colères de Kœnigschaque ligne un naturel, une absence de
en français, nous ne pourons trop regretter mar1.:k, nous assistom:, presque de jour en
~crupules littéraires, une préoccupalion sind'en être réduits à la lire dan~ la lraduction
cère el profonde de menus faits de la vie anglaise qu'en a publiée \1. W. Il. Wilkins. jour, à la lutte impétueuse de son ambition et
quotidienne, - pour ne point parler de leur Combien il eùl été préférable qu'un écrivain de ses instincts. Et les lcltres de Sophie-Doroaccent de passion, - que jamais ne serait fran{'.ais, suivant le conseil de Blaze de Bury, thée:ontbeau ètre toujours remplies des mêmes
plaintes el dt•s mèmes reproches: quelque chose
parvenu à leur donner un faussaire, même
prît J'initiatile de « débrouiUer » peur 11ous se relrouve, dans le ton de chacune d·elles,
le plus savant el le plus habile. liais, en
le « chaos J&gt; des manuscrits de Lund! Com- qui nous montre la malheureuse jeune femme
outre, leur aulhenlicité est établie d'une façon
bien les lellres de la princesse Sophie-Doro- sans cesse plus tendrement éprise de son séabsolument positive et formelle par un écrithée, en particulier, nous auraient touchés et ducteur, sans cesse plus hardie à la fois et
vain anglais, M. W. Il. Wilkins, qui, le precharmés davanta~e dans la langue même où
plus docile, plus aveuglément conduite par le
mier, a entrepris de « débrouiller leur
elles sont écrites! Car DJaie se !rompe lorschaos» 1 •
progrès de son amour au sacrifice de toute
qu'il nous dit qu'elles sont, pour la plupart,
prudence comme de !out scrupule. Deux
M. Wilkins a d'abord démontré, par la
c1 en chiffres » : les chiffres, ou parfois des
cœurs se révèlent à nous dans leur réalité
comparaison du texte manuscrit et de la verpseudonymes, n'y servent qu'à remplacer
sion de Palmblad, que toutes les erreurs cerlains noms, les plus souvent très faciles à vivante, les deux cœurs les plus dissemblables
rebées par la critique n'élaienl imputables relroU\·er; et, pour le reste, les lettres de la qu'on puisse imaginer : et ce contraste ajoute
encore à l'impression de fatalité que dégage
qu'à la fantaisie du soi-disant éditeur : et il
princesse de llanovre sont vraiment écrites
le long drame qui s.e joue sous nos yeux.
a, après cela, contrôlé un à un tous les détails
dans le franç,is le plus élégant (à en juger
historiques mentionnés dans les lettres madu moins par les quelques passages que cite
nuscrites, en comparant celles-ci avec des
II
li. Wilkins), - ce qui, d'ailleurs, n'est pas
documents anglais dont personne, il y a aussi méritoire cllez une « étrangère n que
trente ans encore, ne pouvait avoir connais- parait le supposer Blaze de Bury, lorsque
Kœnigsmarck.
sance. Il a étudié par exemple, aux Archives
I' «étrangère » se trome ètre, comme SophieVoici d'abord l'amant, le beau Philipped'État de Londres, les rapports envoyés Dorothée, la fille d'une Française, et n'avoir
Christophe de Kœnigsmarck. '.'ié d'une race
chaque semaine à Guillaume d'Orange par
jamai~ reçu qu'une éducation toute franc:aise.
de brillants aventuriers, il a employé sa jeulord Colt, ambassadeur anglais à la cour de
C'est en français qu'aurait dù paraitre,
Hanovre : ces rapports, qui élaient tenus d'abord, cette correspondance. Et je ne puis nesse à parcourir l'Europe en quèle d'aventures; et tout porte à croire quïl n'est pas
soigneusement secrets au moment où Jes m'emptkherd'espérer qu'on nous en offrira,
papiers des comtes de La Gardie sont entrés quelque jour, le texte français, son authenti- resté étranger à un attenlat organisé par son
à l'université de Lund, el que, par suite, au- cité étant désormais prou Yée, et son « chaos » frère ainé, dans une rue de Landre!!, contre
cun faussaire ne saurait avoir utilisés, con- à peu près débrouillé. Alors seulement nous le mari d'une dame dont ce frère comoilait
cordent de tous points avec les lettres de pourrons goûter sa valeur littéraire; alor:s la main el la fortune. Il arrive à llanovrr
Kœnigsmarck et de Sophie-Dorothée; et l'on seulement la critique historique pourra nous en f 688, J installe un grand train de mairetrouve même, dans les leures de Sophie- renseigner sur l'importance des renseigne- son, se lie avec les jeunes ms du duc ErneslDorothée, de nombreuses allusions à des pro- ments di\'ers qui y sont contenus : impor- Auguste, et, dès 1689, on le mit me,wr de
jets de voyages, de fètes, etc., gui n'ont pas tance qui parait Lien être, en elfot, assez front deux intrigues : car en même temps
eu lieu, mais dont Colt, dans ses rapports, considérable, car toutes les lettres des deux qu'il lait la cour ,, la princesse Sophi1'-Donous apprend que la cour de llanorre les a amants sont parsemées de détails curieux sur rothée, il de,·ient l'amant de la comtt::sse Pla,,raiment projetés.
ten, maitresse du duc, et la plus crueJle
l'histoire intérieure et extérieure du Hanovre
Les leures de Sophie-Dorothée et de à la fin du wue siècJe; et une longue série ennemie de la jeune princesse. ~fais ce n'est
Kœnigsmarck sont loul à fait authentiques : de lettres de Kœnigsmarck est presque entiè- qu'au mois de juillet 16!)! que, brouillé avec
aucun doute n'est possible là-dessus, après rement consacrée au récit de la campagne de la Platen, il entreprend sérieusement Ja conles savantes recherches de M. Wilkins. l\'ous Flandre en !692, où l'officier suédois a pris c1uète de Sophie-Dorothée. li lui étril en
savons d'ailleurs, par le récit de la confidente une part des plus actil'es, el dont il ne se secret plusieurs lettres, la supplie, menace
de Sophie-Dorothée, que celle-ci et son amant lasse point de décrire les moindres événe- de se tuer, et reçoit enfin un premier billet.
avaient l'habitude de confier la garde de leurs ments à sa maitresse, peut-être pour la diver- &lt;( Yraimcnt, - répond-il, - c'est moi qui
leltres à Aurore de Kœnigsmarck, n'osant tir, peut-être pour éviter de répondre aux aurais le droit de me plaindre, moi qui suis
point les coosener près d'eux, et n'ayant reproches qu'elle lui fait de ses galanteries. forcé il prendre tant de précautions el à subir
tant d'incerlitudes ! !lais je supporterai dépoint le courage de Jes supprimer. Seules,
sormais mon malheur avec courage, puisqu'il
les dernières lettres ont été confisquées par
Mais, en attendant que nous puissions a pour cause l'être le plus gracieux, le plus
porter
sur ces lettres un jugement d'en- captivant, le plus charmant du monde. » A
1. The love of a,i uncrown~d Quee11, par W. H.
Wilkins, 2 \'OI. iu-8• illustrés; Londres, librairie semble, la traduction anglaise qu'en a publiée
cette lettre, de nouYcau, Ja princesse ne réLongmans.
M. Wilkins, avec les copieux et minutieux
pond pas, el de nouveau Kœnigsmarck, par

�msTO~l.R----------------------la prière el la menace, obtient d'elle quelques mots aimables. &lt;1 Si vous n'aviez rien
eu à vous reprocher, - lui dit-il, - vous
n'auriez pas daigné m'écrire du tout; mais,

en dépit de la manière dont vous m'avez
traité, je ne puis m'empêcher de vous aimer.
Le chagrin el la contrition que vous m'exprimez m'ont décidé à repartir pour Hanovre
dès après-demain. "
C'est sur ce ton que· sont écrites toutes ses
lettres, à la fois impérieux et brutal, grondant la craintive jeune femme pour l'amener
sans cesse à de nouVt•IJes faveurs. Et, en
effet, dès le mois d'août suivant, Kœnigsmarck obtient la promesse d'une correspondance en règle; on convient même d'un chiffre pour remplacer les noms propres; et

•

désormais, au lieu de signer ses lettres :
Votre esclave, ou : Votre obéissant valet,
l'officier suédois écrit à la lemme du prince
héritier de Hanovre : cc Adieu, aimable brune l
la poste part, il faut finir. Je vous embrasse
les genoux. lJ C'est dans la même lettre qu'il
offre ponr la première fois à Sophie-Dorothée
une preuve d'amour quî, depuis lors, va reparaître presque dans toutes ses lettres :
n'ayant point l'imagination poétique, et n'aimant pas à se mettre en frais de compliments,
il raconte à son amie que l'excès de sa passion le rend malade. « Hier, écrit-il, comme
j'étais sorli pour me promener, j'ai eu des
palpitations si violentes que j'ai dû rentrer
chez moi. Sans votre chère lettre, je crois
que je serais mort. » D'autres fois, son amour
lui donne la colique, ou l'empêche de manger
à sa faim. Et toujours il insiste pour obtenir
un rendf'z-vous, tantôt faisant honte à Sophie-Doroth~e de son peu de courage et lui
citant l'exemple d'autres princesses plus entreprenantes, tantôt lui déclarant qu'il se
tuera si elle s'ohstine à ne le point recevoir.
cc J'ai ici, prè:$ de moi, une consolation : ce
n'est point une ,jolie fille, mais un ours, un
ours vivant et que je nourris. Si vous manquez à mon amour, je mettrai à nu ma poitrine el me laisserai déchirer le cœur. J' accoutume mon ours à manger le cœur des
moutons et des ,,eaux, el il s'en tire déjà le
mieux du monde. Si jamais j'ai besoin de lui,
je n'aurai pas longtemps à souffrir 1 "
Sophie-Dorothée, de plus en plus touchée
des soulfraaces qu'il lui fait voir, l'engage à
se marier, et se charge de lui trouver une
Î1!mme. n Je me marierai si vous me l'ordonnez, - répond le galant Kœnigsmarck, mais à la condition que vous me juriez, sur
votre honneur, de garder toujours pour moi
les tendres sentiments que vous m'avez montrés. ,, En réalité, il ne veut rien qu'un rendez-vous: et, pour l'obtenir, toutes les ruses
lui sont bonnes. cc Je vais partir pour la
Morée, - lui écrit-il, - et j'espère bien n'en
jamais revenir. » Et il ajoute: « Quand donc
auras-tu enfin pitié'/ Quand vaincrai-je la
froideur1 Me priveras-tu toujours du ravissement de goûter une joie parlai le? Cette joie
ne saurait exister pour moi que dans tes
bras: si je ne puis l'y trouver, tout le reste
m'est indifférent. )1 La princesse, alarmée,

le conjure de ne point courir à la mort; sur elle. (( J'ai repoussé le riche mariage qu'on
quoi il répond: 11 Puisque vous m'ordonnez m'a proposé. J'ai aussi refusé de rester en
de rester, je le lais avec bonheur. Mon plus Suède, bien que ce fùl le seul moyen de saugrand délice est de vous faire ma cour .... ver ma fortune. On m'a assuré que, si j'étais
Mais vous, de votre côté, ayez du courage: rentré, le roi de Suède m'aurait offert un
consentez à me recevoir, une seule fois, pas régiment, avec le titre de général. Voilà tout
davantage, et pour un demi-quart d'heure! JJ ce que j'ai sacrifié! Et qu'ai-je reçu en
Sophie•Dorothée consent. Kœnigsmarck lui échange? &gt;&gt;
Peut-être n'avait-il pas encore, à ce moécrit, en manière de remerciement : c1 Les.
moments me semblent des siècles. Que les ment, « reçu en échange » la seule fanur
heures sont longues à passer ! Ne manquez qu'il convoitàt; mais il la reçut certainement
pas d'a\'oir sous la main de l'eau de la Reine dès son retour à Hanovre : « La nuit derde Hongrie, par crainte que l'excès de mon nière, - écril-il, le 9 novembre i.692, - a
bonheur me fasse m'évanouir! Quoi! j'étrein- fait de moi l'homme le plus heureux et le
drai, cette nuit, la plus aimable des femmes! plus satisfait du monde. Vos baisers m'ont
Je pourrai baiser sa bouche charmante! Je prouvé votre tendresse, et je ne doute plus de
pourrai entendre de ses lèvres l'aveu de son votre amour pour moi. l&gt; C'est vers le même
amour! J'aurai la joie d'embrasser ses ge- temps qu'il renoue son ancienne liaison avec
noux : mes larmes couleront le long de ses la comtesse Plalen. Sophie-Dorothée le lui
incomparables joues! Je tiendrai dans mes reproche: il avoue quelques entretiens, un
échange de compliments; _et, de nouveau, il
bras le plus beau corps qui soit ! "
Une brute, voilà ce qu'est au juste le beau s'avise de paraître jaloux, accusant sa maiKœnigsmarck, et une brute pleine de ruse tresse de le tromper avec son beau-frère, à
dans sa grossièreté : car la princesse, à ce qui elle n'a pas dit un mol depuis plus d'un
moment, n'est pas encore résignée le moins an. Mais, au reste, il se sent désormais si sùr
du monde à se donner à lui, mais il devine de sa conquête qu'il prend de moim; en
qu'elle l'aime, il la sait triste, timide, inex- moins la peine d~ se disculper. Ce qu'il veut,
périmentée, et évidemment il espère la con- c'est que Sophie-Dorothéè obtienne de ,es
quérir de force. Puis, voyant que la force ne parents, qui sont fort riches, une pension lui
lui réussit pas (car elle ne parait pas lui avoir permettant de vivre avec éclat auprès de
d'abord réussi), il recourt à d'autres arti- quelque cour étrangère : car il sent que ~a
fices. « Hon attitude à l'égard de la duche.sse propre situation à llanovre devient de plus
de Saxe-Eisenach doit vous avoir montré que en plus difficile; il se voit presque entièremon cœur est tout à vous, et que nulle autre ment ruiné par ses dettes de jeu, et il rêve
beauté n'y saurait trouver place, pas même d'émigrer dans un pays où il puisse se faire
celle de cette princesse .... Avez-vous remar- gloire de sa princière conquête, sans risquer
qué comme elle m'a attaqué? ,, Sophie-Doro- pour cela de mourir de faim~
&lt;c Je suis ravi d'apprendre, - écrit-il à
thée lui propose., alors, de s'enfuir avec lui
dans quelque recoin caché, où ils pourront Sophie-Dorothée le 17 juin 169:\, - que
s'aimer librement. Et Kœnigsmarck s'em- votre père commence à vous écouter : avec
presse d'enregistrer cette proposition, mais l'aide de votre mère, peut-être pourrez-veus
en donnant à entendre à son amie que mieux réussir dans votre projet, à la condition que
vaµdrait, pour elle, garder son rang et sa ,•os efforts ne se relâchent point. N'oubliez
fortune, et rester princesse tout en le prenant pas que c'est l'unique moyen, pour nous, de
devenir heureux! . .. Si vos parents vous propour amant.
Il part ensuite, avec l'armée hanovrienne, mettent quelque chose de substantiel, conpour la campagne de Flandre : et nous voyons sentez à écrire tout ce qu'ils voudront; mais
commencer un nouvel acte de la comédie. 'gardez-vous d'être jouée par eux! » Quelques
Durant les loisirs que lui laisse la campagne, jours plus tard: c( Votre mère, me ditesKœnigsmarck s'amuse: il joue, il donne des vous, a promis de vous donner deux mille
fêtes, et avec tant de brui1 que la nouvelle couronnes. Je crains que ce ne soit beaucoup
de ses divertissements ne tarde pas à parvenir trop peu pour ce que nous voulons. Mais
jusqu'à Sophie-Dorothée. Mais Kœnigsmarck 1 peut-être le ciel fera-t-il que votre père, lui
pour calmer la jalousie de sa maîlresse, ima- aussi, consente à vous écouter I lJ Le 2 juillet,
gine de paraître jaloux. Il accable la malheu- Kœnigsmarck perd courage : « Je suis déreuse de reproches au sujet de bals où elle solé d'apprendre que vol.re mère s'est queserait allée, de conversations qu'elle aurait rellée avec votre père au sujet du bâtard. On
eues avec des jeunes gens: et toutes les let- devine sans peine qui des deux esl le plus
tres de Sophie-Dorothée ne sont remplies que faible, et je crains que nous n'ayons rien à
d'explications, de justifications, de réponses espérer. Vous serez forcée de vous consacrer
à des accusations imaginaires qu'elle prend plus étroitement que jamais à votre mari, et
ari sérieux, tandis qu'on devine aussitôt l'uni- moi, j'aurai à chercher quelque autre coin
que motif qui les a inspirées. Quand elle se du monde, où je mendierai pour avoir à
hasarde à lui rappeler doucement qu'il a manger! )J Mais le découragement ne dure
laissé passer trois postes sans lui écrire, il que peu de jours, et, dès le 6 août, Kœnigsse fâche, menace de rompre, et affirme qu'il marck enjoint de nouveau à sa maîtresse de
n'a laissé passer que deux postes, el non poursuivre ses démarches auprès de ses patrois. Ou bien encore il énumère à la jeune rents. « Ne vous laissez pas conduire ainsi
femme tous les sacrifices qu'il a faits pour par le nez I C'est vraiment une honte l lJ J'us-

Lli

PR_1NCESSE SOP111E-DOJ(OT1IÉE

qu'au début de l'année suivanle, l'amant n'a je ne crois pas qu'aucune d'elles nous apIll
pas d'autre pensée que de contraindre sa prenne, avec quelque certilude, s'il aime ou
maît~esseà o_bte~ir, de ses parents, celle grosse n'aime pas la jeune femme pour qui il Ya
Sophie-Dorothée.
pen_s10n, qui puisse les faire vivre tous dem.. mourir. On devine parfois qu'il Ja désire,
(( St votre père est ruiné par les frais de la pour sa beaulé et pour son luxe, surtout
M~is, qu'il ail aimé ou non, peu d'hommes
gue:re, - lui écrit-il en novembre, - toute pour ce titre de princesse qui l'aura sans cerlamement ont été plus aimés. Et si, malesp~rance est perdue pour nous; mais je ne doute, dès le début, alliré vers elle. Mais, gré sa mort héroïque, les lecteurs de ses
crms pas que les demandes des Danois soient d'autres fois, l'expression même de ce désir lellres ne peuv~nt se défendre de le mépriser,
assez exorbitantes pour le meure à sec. J)
sonne faux; el jamais, en tout cas, elle ne p;rso~ne certamement ne pourra se défendre
Ses. lettres continuent, cependant, a être s'accompagne d'un vrai cri de tendresse. d adnnrer et de plaindre, malgré sa faute, la
remplies de protestations d'amour el de fidé- Kœnigsmarck gronde la jeune femme, il la mall_1eureuse jeune femme qui s'est livrée
lité. liais. le lo~ y devient sans cesse plus flatte, il lui commande : jamais on ne sent à lu'. t?ut_ entière. Voici une des lettres qu'elle
dur, plus 1mpat1cnt, et l'on y rencontre sou- qu'il s'unisse lt elle, qu'il essaie de la com- lu~ ecr1va1t, la dernière de ses lettres qui nous
vent des passages tels que œlui-ci : cc La vie prendre, ou simplement qu'il la plaianc. smt parvenue :
que je mène depuis le r13tour de la cour doit Seule, sa mort est bien d'un amant. SopÎiieVous êtes parli depuis six jours, cl je n'ai pas
,[e le ~rains, vous donner plus d'un motif d~ Dorothée a décidé avec lui, dans les dern iers
Jalousie : car je passe toutes les nuits à jouer jours de juin, qu'elle s'enfoirait, le 2 juillet, enc~re re..;u un seul mol de ,·ous. Par quoi ai•jc
avec des dames, et sans vanité, elles ne sont à \\'olfenbiillel, où il doit la rejoindre. Il est mérité. d'~trc ainsi traitée? Est-ce parce que je
pas laides ni d'u_n _rang modeste. J'implore lui-même en toute sûreté à Dresde, il sait ::ou~ ~J :wné j~sc1.~';\ l':1d?ralion, parce que je
ou:s a1 tout sacrifie? Mais a quoi bon vous rappevotre pardon 1 mais Je ne puis pas vivre sans que son retour à Hanovre risquera de le ler tout .cela'? 1ron incertitude est pire que la
un peu de plaisir, et l'une de ces dames vous perdre. Et cependant il revient à Hanovre il mort :.rien ne yeul égaler les tourments qu'elle
ressemble si fort que je ne puis m'empêcher se présente, la nuit, chez sa maitresse, la m? fait soulTnr. Ouellc cruelle destinée est la
de m'attarder en sa compagnie. Vous serez force à le recevoir; et c'est au sorlir de chez mienne, grand Dieu! Quelle honte d'aimer ainsi
curi~us~ de savoir son nom, mais je ne vous elle qu'il meurt, en héros. li l'aimait donc
c~ sans èl_rc aimé:! Ala~s j'étais née pour vou;
le d1ra1 pas, par crainte que vous ne me et plus profondément que n'en témoignen~ aimer, _et JC vous a1mera1 tant que je vi,Tai. S'il
défendiez de lui faire la cour. ,, Il donne des ses lettres! Ou peut-être le danger a-t-il, e~t .vrai qt!e vous a~·ez changé, - et j'ai une infi.
mle de nusons_pour le craindre, _ je ne vous
soupers et des bals, et le dit à sa
sou~a,te. pas d'autre punition que de
maitresse, ajoutant seulement qu'il
JJC pma1s trouver une fidélité el un
s'y ennuie lori. A quoi la malheuamour sembla hies aux miens. Je souhaite
reuse jeune fëmme, qu'il paraît avoir
qu'en dépit du plaisir que vous pourrez
dès lors complètement terrorisée,
prendre_ à d~ nouvelles conquêtes, vous
n'ose plusmème opposer l'ombre d'un
ne cessiez pornt ~e regrcller l'amour et
reproche : « Puisque vom me dites
la tendresse que Je vou:, ai montrés. Je
\'?us. aime plus qu'une femme n'a jamnis
que votre souper était ennuyeux et
,mne un homme. Mais je vous répète
triste, et que l'on s'est séparé très
trop souvent les mêmes choses, ,,ous
tôt, - écrit-elle, - je dois vous
devez en être fatigué. Ne vous en fàchez
croire, bien que Stubenlol m'ait afÏlrpas, _je vous en _supplie, ne m'ôtez pas
mé que vous aviez été le plus gai des
la tnste consolation de pouvoir me pl:iinhôtes, et qu'on n'était parti que longdre de votre dureté ! Je n'ai pas i·eçu
temps après minuit! » Sûr de la
u~ seul mot de vous : tout conspire il
soumission de Sophie-Dorothée, Kœm accalJler. Peut.être, en plus du malni3smarck, évidemment, se croit tout
~lcur de n'êll'C plus aimée de vous suisJC :i la veilJe d'être définitirnmen't perpermis. li n'a d'égard ni pour le
~ue; C'est !rop_pour moi, d'un seul coup:
rang de son amie, ni pour sa siluaJe n Y survivra, pas! Adieu, je vous partion et les dangers où il l'expose sans
d ,~11nc tout ce que \'OUS me failcs soul'...
cesse. Libre, lui-même, de ses actes,
fnr!
il entend l'avoirtoujoursàses ordres.
Voici un billet qu'il lui écrit, au mo. Oui vraiment, elle c&lt; était née pour
ment où déjà leurs amours sont con.11~er
l&gt; cet homme grossier et dur
nues de tous, et où l'on épie Jeurs
qm
cc Ja faisait souffrir ! )J Et
moindres mouvements : « Je ne suis
~I. \Vilkins a bien raison d'évoquer,
pas content de votre conduite. Vous
a propos de son aventure, l'imme fixez un rendez-vous, et puis vous
mortel souvenir de Tristan et d'Jso)me laissez geler à mort &lt;lans le froid,
de. Comme l'héroïne du drame de
altendartt le signal. Vous saviez pourWagner, la princesse de Hanovre
tant que j'étais là, de onze heures à
nous apparait victime d'une nécesu~e heure, faisant les cent pas au
5..ité mauvaise qui, peu à peu, lui
corn de la r.ue ! Je ne saï:&gt; que penote toute force de résister et de se
ser, mais je puis à peine cloudéfendre.
ter de votre jnconstance, après
Mariée à un butor rrui la déteste
L\ PRINCESSE SOPJIIE-DJROTHÉE,
c~ avoir reçu une preuve si _glaentourée
d'ennemis qui s'acharnea~
ciale.... Soyez tranquille, je m'en o·après une peinture ano:1yme longtemps conurvee au cl!Steau :i'.4.hlim .
à l'humilier et à la tourmenter
irai au plus vile 1 .tdieu donc! Delongle~ps el!e n'a de pensée qu;
main matin, je pars pour Hambourg. » dans ces tragi11ucs journées, éveillé soudain
pour son de,·01r : mais, du jour où KœoiasTel est Kœnigs~arck, à le juger d'après el exalté son désir? Peut-être lui a-l•il insmarck lui écrit pour la première fois on s:nt
s~s leUre_s à Soph1e-Dorotbée. Et je regrette piré pour Sophie-Dorothée l'étrange senti•
qu ,e1le ne va plus cesser de lui appartenir
d av01r dit que ces lettres nous ré,·élaient son ment qui devait pousser plus tard un autre
Elle-même le sent, avec un mélange d'épou~
cœur tout entier : car, parmi tant de rensei- aventurier, Lassalle, à courir avec la même vante et de ravissement.
gnemenls qu'elles nous fournissent sur lui
• folie au-devant de la mort?
El de jour en jour elle s'abandonne daraa-

ïi

~
·~ ---....

VII -

lhSTORL\. - Fasc. So.
b

�L'ES NOYJtD'ES D'E NJtNT'ES _ _ "

'fl1ST0~1.ll---------------------~
tage à la passion qui s'est emparée d'elle,
de jour en jour ses lettres nous la font
voir plus tendre, phis humble, plus docile,
plus aveuglément résignée à subir la brutale domination de son infidèle et cruel
ami; jusqu'à cc qu'enfin, comme Isolde, elle

oublie, à force d'amour, tout le resle du
monde, et s'expose, presque volontairement,
aux pires dangers. Avec cela, toujours timide
el douce, restant jusqu'à la fin I l'enfant u que
Kœnirrsmarck
lui reproche d'être.
C
,
Ses lettres, même dans la traduction an-

glaisr, ont un charme, unegràce, un parfum
délicieux.
Puisse-t-on nous en offrir bientôt le texte
français, de façon à nous rendre familière,
dans son relief vivant, l'aimable et tragique
figure de la princesse Sophie-Dorothée!
TEODOR DE

\\"YZE\\".\,

Les noyades de Nantes

Entre l'Jlistoire hâbleuse, telle que la concevaient quelques romantiques, cl la maussade nomenclature des pièces d'archives, il y
a, quoi donc? Disons, en appela~t l~s c~oses
par leur nom, c1u'il reste le droit d avoir du
talent. li n'est pas donné à tout le monde
d'en pouvoir user. Voici quelques années, au
moment de la première Yogue des méthodes
tudesques, l'exercice de ce droit faillit devenir
dan(Tereux; la prétention d'intéresser les lecteu;s fut assimilée à un délit intellectuel.
Vous souvient-il du ton de commisération
avec lequel de tout jeunes rongeurs de paperasses laissaient tomber cette sentence: (( C'est
de la littérature»? Mon Dieu, sans parler de
Tliücydide ni de Salluste, ce sont d'impénitents liltérateurs que les La,•1sse, les Lucbairc,
les Sorel, les Vanda), les Frédéric Masson, les
Jullian, tous nos maitres. Le singulier despotisme qui, sous pré~exte c,ue des aventures
sont arrivées, prétend mterd1re de les raconter
bien! Celle cruelle théorie a passé de mode;
licence est de nouveau donnée à lllistoire de
fiaurer parmi lrs genres littéraires. Provisoir:ment du moins, il n'est plus déFendu aux
historiens de saroir écrire.
Parmi ceux qui croient deYoir profiter de
la permission, un des plus zélés .~t d.es plus
populaires est M. G. Lenotre. S 1I a,me
archives et les vieux cartons, et la poussrnrc
des •relTes et l'odeur fade des études de noo
'
'
.
taires, demandez-le a tous les dragons qui
•ardent du passé. Mais après qu'il a !ail son
butin de trouYailles, à ces témoignages de la
mort ce que Lenotre demande, c'est de la
vie. Ce curieux est poète, ce chercheur est
homme de théâtre. li apporte dans l'intelli"ence des drames anciens une sorte de lyrisme
~crupuleu1; tout son souci d'exactitude ne
rend que plus émomante la vérité. Rien
d'aussi difficile que de rester véridique en se
passionnant; là sont le mérite. de. ce. s~duisant historien, son secret de plaire al éhte el
à la foule, la raison de son heureuse influence.
Son dernier livre, qui a pour titre les Noyades de Nantes, est épouvantable. Et comment

.!es

ne point épouvanlcr alors qu'on raconte la
Terreur nantaise'? Napoléon, qui se plaisait
aux histoires fantastiques, évoquait ce sanglant souvenir pendant une des mornes soirées de Sainte-Hélène. « Laissons cela! s'écria-t-il tout à coup; on n'a rien vu de comparable en horreur. 1&gt; Voilà justement où un
Lamartine, par exemple, regardant dans cet
enfer du haut de sa subjectivité, ne savait
ou ne daignait pas se contenter de .la vér!t~;
il était dans l'essence de ce magnamme geme
d'ajouter du laid à la laideur et d'embellir le
beau.
Irautres conteurs, après Lamartine, plus
hâtifs encore avec moins de magnificence,
onl tenté la légende de cette horrible histoire. Ils ont été iuférieurs au réel, parce
qu'il était impossible d'ajouter du crime à
Carrier ; ici le document dépasse en pathétique les pires cauchemars. L'art de Lenolre,
en ce récit des misères de Nantes, consiste à
écrire docilement, sous la dictée des témoins,
et c'est plus qu'il n'en faut pour faire frissonner.
Les pi!'CS atrocités ont rencontré, sinon des
panégrristes, du moins fingénieux déîenseurs pour leur découvrir des circonstances
atténuantes. On a vu les inquisiteurs de Philippe li, les lomes de Machecoul, les tueurs
des massacres de Septembre bénéficier des
plaidoj'ers de l'esprit de parti. Jamais une
voix, fût-elle du plus sot des sectaires, ne
s'est élevée en foreur de Carrier. Le proconsul de Nantes est le lépreux de l'llistoire. Ce
qu'a fait cet homme, chacun le sait à peu
prè~, mais il est terrifiant de le rapprendre
détails par détails : la tragédie des noyades,
trente fois reprise, des enfants assassinés par
centaines, plus de quatre mille victimes, six
mois de folie homicide, une ville martyrisée
par une sorte de bouffon sanguinaire, et tout
ce qu'on ignore! Un Carrier, quelle absurde
énigme! ~l. Lenolre traîne en pleine lumière
cette hèle de nuit.
Malgré toute la pénétration de l'historien
et sa véracité implacable, ce bourreau de-

meure incompréhensible. Ëtail-ce un fou? A
coup sûr un affolé. Les fantaisies du Comité
de salut public étaient créatrices de démences . &lt;&lt; D'un mince procureur de province, dit
M. Lenolre, confiné dans la chicane et les
roueries professionnelles, la loterie des révolutions et l'impéritie du Comité avaient fait
un autocrate tout-puissant, disposant d'un
pouvoir supérieur à celui qu'ayaient exercé
les rois. » Voici non point l'excuse, mais
l'explication de ces subites métamorphoses
de niais quelconques en scélérats. On vient
dire au premier venu des faméliques, brûlé
de convoitises, rongé de rancunes : &lt;! Désormais, tu seras tout-puissant. l&gt; On costume
ce pauvre hère en saltimbanque guerrier,
aYec un panache, un grand sabre et toute
une rhétorique tapageuse dans sa chétive
cervelle; le voilà làché en pleine omnipotence. Edgar Quinet, en ses loisirs d'exilé,
médilait ainsi sur la Terreur : « Donner à
des individus la puissance de lâcher bride à
toutes leurs fureurs, et attendre qu'ils demeurent dans les limites de la raison. c'est
trop exiger de la nature humaine. Jureriezvous qu'en de semblables conditions votre
raison resterait tout entière? &gt;&gt; Qu'était-ce
que Carrier? Le dernier des bavards de clubs,
un chicanons affamé, moins que rien. Sous le
chapeau à plumes, la faible tête a éclaté.
Cette Nantes de l'an li était une chaudière
de fureurs; toutes les pestilences de la guerre
civile montaient de la Loire. Brigands, fédé•
ralistes, mouchoirs rouges, habits Oleus, jacobins, feuillants, hébertistcs, c'était à qui,
dans celle cité de négriers enrichis el de corsaires, souhaitait l'extermination de son misin. Le raté, improvisé empereur I avait pour
instmctioos : « Purger le corps politique de
toutes les mauvaises humeurs lfUÎ y circulent. 1&gt; !!uni d'un pareil pouvoir, il tombait
au milieu d'exaspérés qui hurlaient la mort.
Peut-être en une autre atmosph~re n'eût-il
été qu'un imbécile; ne respirant que folie,
il devint fou, et assafsin, n'entendant que
des haines.

M. Lenotre explique à merveille que si
odieux qu'ait été Carrier, la Terreur nantaise
ne fut pas le crime d'un seul homme. Quel
chapitre des annales de la peur que cette
abdication de quatre-vingt-dix mille citoiens
devant une poignée de gredins, et lesquels!
Le papelard Bachelier, le créole jouisseur
Goullin, et Robin, le voyou sinistre qui chantait des vaudmilles au lendemain des noyades, cent drôles tout au plus. Avant d'arriver
à Nantes, Carrier, dans ses missions antérieures, ne s'était pas montré inutilement
féroce. C'est à se demander si le secret de sa
scélératesse ne fut pas tout entier dans sa
làcheté; il était bassement pleutre, ayant fui
à Cholet, poursuivi par les huées de Kléber,
Ses acolytes du comité révolutionnaire de
Nantes et ses prétoriens haillonneux l'au~aient égorgé au premier soupçon de tiédeur;
11 se fit loup pour n'être point dévoré. li
finassait, évitait de donner des ordres écrits,
s'abritait sous de misérables équivoques, allait vivre à la campagne, se rendait inacces~ible _à tous. Songeait-il à se réserver des
alibis et des excuses pour le jour où tournerait le vent? Pas même. Il agissait ainsi par
couardise naturelle, non par calcul. li y avait
dans les bas-fonds de cette âme on ne sait
quelle ignoble candeur; peut-être se croyait-il
irréprochable. Le Comité de salut public le
rappela, non certes à cause de ses crimes,
mais pour avoir déplu au jeune Jullien, ambassadeur particulier de Robespierre. Il fut
mandé à Paris le plus courtoisement du
monde : « Tes travaux multiples méritent
que tu te reposes quelques instants, et tes

collègues te reverront avec plaisir dans le
sein de la Convention nationale. " Dans l'Assemblée, où il reprend sa place, son attitude
n'est aucunement celle d'un homme qui regrette quoi que ce soit; il dit son mot au
besoin, il est écouté . Robespierre le haïssait,
mais point du tout pour ce qu'on pourrait
croire : cet bébertiste honteux n'était pas de
la coterie de chez Duplay. A la chute de Maximilien, Carrier applaudit hruJamment. Au
lendemain de thermidor il est encore impuni
et tranquille. Cependant ses complices du
comité nantais sont traînés au tribunal révolutionnaire; il fait encore le rève naïf d'échapper à celle redoutable enquête. Mais Bachelier, Chaux, Goullin, tous les autres, n'ont
que son nom à la bouche : ils le vocifèrent,
la rue fait chorus, la Convention s'émeut,
elle nomme une commission de vingt et un
membres pour étudier la Terreur nantaise.
Carrier, sommé de s'expliquer, persiste toujours à se demander ce que peut bien lui vouloir cette Assemblée qui, naguère, acclamait
ses dépêches. li argumente, avec ses formules
de cuistre : « J'ai conserré Nantes à la République, j'envisage le brasier de Scévola, la
ciguë de Socrate, l'épée de Caton, l'échafaud
de Sydney. , Et puis, dans une minute de
génie, il Iàche ce mot immortel, le résumé
des dix-huit mois de la Terreur : &lt;1 Tout est
coupable ici, jusqu'à la clor.helte du président! 1&gt; Avec cette parole et la réplique de
Malet : « Mes complices? Vous, si j'avais
réussi! &gt;&gt;, quelqu'un a osé prétendre qu'on
tenait toute la philosophie de l'histoire.
Enfin on le vit sur la sellette. La réproba-

lion universelle l'y avait poussé. L'horreur
qu'il inspirait était telle que l'alTreuse bande
de ses complices, non moins criminelle que·
lui, en parut soudain innocentée. On lui joua
la vieille comédie du bouc d'Israël. Le président du tribunal rév-olutionnaire, Dobsent,
un fantoche, après soixante jours d'audience,
apporta un verdict sinistrement comique :
seuls, Carrier et deux brutes, l'égorgeur Pinard el le noyeur Grandmaison, se VO}"aient
condamnés. Toute l'infâme séquelle était acquittée, « convaincus, dit le texte bouffon,
mais ne l'ayant pas fait avec des intentions
criminelles et contre-réYolutionnaires ». Uohsent termina ce carnaval judiciaire par une
petite homélie qui a l'air d'un toast : « Allez
jouir des embrassements de vos familles et
de \'OS amis, el après l'effusion de ces premiers sentiment!I, employez bien cette liberté
qui va vous être restituée après la pénible
épreuve que \'Ous venez de traverser. n Le
premier usa~e que les sympathiques acquittés
firent de leur liberté, ce fut d'aller diner chez
Méot, au Palais-Égalité, à cinquante francs
par tète. Quelques convives, en goguette,
quittèrent la table pour aller voir guillotiner
l'ancien patron. Devant la mort, Carrier eut
une sorlt! de sombre courage, l'attitude négatil'e et méprisante de quelqu'un qui ne
comprend toujours pas. Cette obscure conscience était sur la conscience publique en
retard de dix-huit mois. A-t-il senti, à l'heure
suprême, quelque chose qui ressemblât à
du remords? Il se disait peut-être : , li est
possible que je sois un monstre, mais les
honnêtes gens sont de drôles de corps! 1&gt;
IIENRV

ROUJON,

IU l'Académie française.

Palette royale
Les vertus et les lumières des grands sont
toujours démontrées parleur conduite; quant
à leurs talents, cette partie reste dans l'apanage des flatteurs, de manière à n'avoir jamais
de preuves authentiques sur leur réalité; et
quand on a vécu près d'eux il est très pardonnable de mettre leurs talents en doute.
S'ils dessinent ou peignent, un habile artiste
est toüjours là qui dirige le crayon par le
conseil, quand il ne le fait pas de sa propre
main; qui prépare la :palette, amalgame les
couleurs d'où dépend le coloris. Si une princesse entreprend quelque broderie nuancée,
de la nature de celles qui peuvent prendre
leur place parmi les productions des arts,
une habile brodeuse défait et recommence ce
qui a été manqué, passe des soies sur les
teintes négligées. Si la princesse est musicienne, il n'y '.a pas d'oreilles qui jugent si

elle a chanté faux, ou au moins il n'existe
personne capable de le dire : ce sont de
lége_rs inconvénients que ce manque de perfcctwn dans les talents des g;ands. S'en occuper, quoique médiocrement, est un mérite
qui suffit en eux, puisque leur seul goùt et
la protection qu'ils leur accordent, les font
éclore de toutes parts. Marie Leczinska aimait
la peinture, et croyait savoir dessiner et peindre; elle avait un maitre de dessin qui passait
toutes ses journées dans son cabinet. Elle
entreprit de peindre quatre grands tableaux
chinois, dont elle voulait orner un salon intérieur, enrichi de porcelaines rares et de très
beaux marbres de laque. Ce peintre était
chargé de faire le paysage et le fond des
tableaux; il traçait au crayon les personnages i les figures et les bras étaient aussi
conl1és par la reine à son propre pinceau;
elle ne s'ét_aiL réservé que les draperies el les
petits accessoires. La reine, tous les matins,
sur le trait indiqué, venait placer un peu de
couleur ronge, b!euc ou verte, que le maitre
préparait sur la palette, et dont il garnissait
à chaque fois son pinceau, en répétant sans

cesse: &lt;&lt; Plus haut, plus bas, madame, à
droite, à gauche. :1 .\près une heure de travail, la me.sse à entendre, quelques autres
devoirs de piété ou de famille appelaient Sa
Majesté; et le peintre, mettant des omb;es
aux vêtements peints par elle, enleîant les
couches de peinture où elle en avait trop
placé, terminait les petites figures. L'entreprise finie, le salon intérieur fut décoré de
l'ouvrage de la reine, et l'entière confiance
de cette vertueuse princesse que cet ou vra"e
était celui de ses mains fut telle, que, légua~t
ce cabinet à madame la comtesse de Noailles,
sa dame d'honneur, les tableaux et tous les
meubles dont il était décoré, elle ajouta à
l'article de ce legs : « Les tableaux de mon
cabinet étant mon propre OU\'rage, j'espère
que madame la comtesse de :-loailles les conservera par amour pour moi. )l Madame de
Noailles, depuis maréchale de Mouchy, fit
construire un pavillon de plus â son hôtel du
faubourg Saint-Germ~in, pour y placer dignement le legs de la reine, et fit graler en lettres d'or sur la porte d'entrée l'innocent mensonge de cette bonne princesse.
MADA&gt;IE

CA:\IP AN.

�. _________________________________
Lë BOllŒA'J/.DëJIŒNT - - ,

commandement militaire comme le reste à
l'anarchie, tandis que ce commandement
perdait le peu de prestige qui lui rest.it encore,
Pn se donnant en pâture, a\'ee une longanimité qui n'était que de la faiblesse, aux di\'agations virulentes de la presse et des dubs.
Telle était la situation gouvernementale,
qui, ainsi qu'on le voit, n'arait rien de
rassurant. La suspicion où était tenu maintenant le général Trochu avait grandi à ce
point qu'il était question, dans les conseils
des avocats en possession du pou\'oir, soit de
le mettre en tutelle, soit mème de le remplacer. a -Le moment est venu où le gouvernament dnit lui-mème conduire les opé1'(ltions militaires o, disait Jules Favre, et
M. Arago. qui s'opposait au remplacement du
général Trochu parce qu'il entendait au préalable « réclamer de son successeur une profession dé foi républicaine "• adjurait le
gouverneur de commander désormais l'armée
1 en citoyen résolu à tenter des efforts extraordinaires, en dehors de toutes les l'ègles
militaires I n. C'est à des divagations de ce
genre que le gouvernement occupait ses
séances, pendant lesquelles les p,·opositions les
plus fantaisistes étaient successivement pré-

UNE GARDE AU.\'. RE.\IPARTS (BASTION ~ l), -

Tableau de

sentées par des gens dont les aptitudes au rôle
d'hommes d'Etat se montraient là sous leur
,·rai jour, mais où, somme toute, on ne résolvait rien, sinon qu'on ne confierait jamais la
défense de la République à/' e.r-sénateu,· Vinol'.
Cependant, les souffrances morales el matérielles de la malheureuse population parisienne atteignaient déjà un degr1\ d'acuité terrible. Les premières avaient principalement
pour cause le découragement qui, régulièrement, succédait au déluge de fausses nouvelJcs
que propageait la presse, qu'encourageait le
gouvernement, et que le public colportait de
bouche en bouche, se prJparant ainsi les plus
amères déceptions. Tantôt on avait capturé la
natte prussienne, tanlùt on avait battu l'armée
entière du prince Frédéric-Charles, tantôt on
annonçait l'arri\'ée de l'armt\e de la Loire aux
environs de Fontainebleau. Loin de meure la
population en garde contre ces rumeurs fantaisistes, le Joumal officiel publiait de temps
en temps des communiqués rédigt'•s par une
plume habile et où la gravité de nos échec,
était toujours masquée sous des artifices de
langage qui trouvaient pour le présent des
excuses et pour l'avenir des promesses dont
on ne voyait jamais la réalisation. a Ces espé-

rances chaque jour renaissantes, chaque jour
éteintes, ces joies détruites, ces attentes
anxieuses conduisaient plus ~ùrement au
desespoir que Ja vérité, si triste qu'cl1e pùt
être; les esprits les mieux équilibrés tombaient
dans un état riaient, voisin d'une sorte de
folie que l'on a appelée folie obsidionale•. u
Avec cela, pas de nouvelles des parents, des
amis, d1:;s pères ou des fils prisonniers en
Allemagne ou comhaltant en province, la
claustration absolue, l'isolement complet dans
la plus douloureuse des séparations!
Les tortures causées par le froid et la faim
étaient devenues terribles, surtout pour la
classe moyenne. Les économies une fois
épuisées, il al'ait fallu se contenter de la
ration journalière, qui se composait uniquement de ~00 grammes par jour d'un pain
innomable, fait de résidus et de mauvais son,
a,·ec 50 grammes de ,·iande de cheval i car le
gouvernement, après avoir, dans son imprévoyance coupable, laissé gaspiller les ,·ivres
de toute espèce au début du siège, avait d,i,
malgré des promesses solennelles, en venir
au rationnement. Ceux qui n'a,·aient pas ou
beaucoup d'argent, ou un fusil de garde
national, ou un élat reconnu d'indigence:;,

Reproduction autonsee rar laoup11 et L", t.:diteurs, P.1ris,
et E. LAPORTE.

J. GUIAUD

L'-Colonel ROUSSET

+
LE SIÈGE DE PARIS

Le Bombardement
Situation à Paris
à la fin de décembre 1870
Le piteux échec auquel venaient d'aboutir
les récents efforts de la détense de Paris avait
prornqué partout un découragement profond,
et les derniers jours de l'année 1870 s'écoulèrent dans une morne tristesse, à laquelle
faüait cortège, pour ceux que n'a,·euglait pas
la passion politique, l'angoisse des plus
sombres préoccupations. Les espoirs les mieu1
trempés s'évanouissaient devant la constatation douloureuse d'une impuissance désormais
démontrée, la foi en des jours plus heureux
disparaissait même chez les plus vigoureux
caractères, et des hommes, habituellement
Ellr:iil 1k l'//i,tnire gh1érnle ,fe la Gltl·nr fm11,0~1lle111a111lr. ISi0-1871. par lt• l.1 Co10H1 ltor•~lT.

très énergiques, ressentaient les premières
atteintes de la démoralisation.
D'autre part, la déception était grande de
tant d'illusions détruites au sujet des talents
militaires du gouverneur, à qui on avait fait
au début un crédit si large, pour aboutir
bientôt au plus complet désenchantement. Il
n'était malheureusement que trop certain,
les derniers bénements l'avaient prouvé jusqu'à l'évidence, que le général Trochu ne
possédait aucune des qualités nécessaires pour
sauver la situation compromise, et que sa
direction accusait des résultats de jour en
jour moins brillants. « On lui reprochait de
n'avoir pas su se senir des ressources qu'il
avait dans les mains et d'avoir compromis Ja
défense par une tactique malheureuse qui
1:rlilion tléti11i!i1t'. Deux hl'nux ,·ol11mrs (in--i-" ,le bililiotl1C,11w. Jub T::allandicr, l•(liicur.

consistait à en"a"er
ses troupes et à, les retio O
rer, sans jamais occuper un des porn.ts atta_qués. La popularité immemc dont 11 ava!t
joui au commencement el pendant les trois
premiers mois du siège avait fait place à une
hostilité qui grandissait chaque jour'. u Le
rrou,·ernemeot lui-même, qui s'était imaginé
Ïongtemps que son président, par cela mème
qu'il n'était point person« gmla à la. Cour
des Tuileries, devait posséder tous les mentes,
commençait à s'apercevoir de son erreur e~ à
danuereux « de le laisser désormais,
J·urrer
o guideo et sans contro'l e, d.cc1'd er souve•
san3
rainement des opérations qui pou raient_ en_core
être tentées ». L'autorité du g:énérnliss1me,
~ i peu etlecth'e qu'elle fi'tl, s_ubissa~t dom:
une grave atteinte qui menaçait de huer le
1. ,Jul&lt;'s
11aliom1le,

~•\\'RE

1

f,e Goiu•enwme11l tir Ill D!{t•11Jt

tome Il, 1mgc I08.

l:NE CAY[ H:Œ.ANT LE DO.MU.ARCE.MENT. -

1. Prorl'!Herbaux dr!f ,éw1rrs du Goui•rr11n11r11t
tle li, Difrmse natio11ale St•anccs llt&gt;s 21, 2~, N
26 déc('mbre 1870 .

Tatlt,w de

J.

DIDIER

2. Gl•n!!ral Di:cnor, /,a Défow de Pam, tomr Ill,

pai:te 211.

3. Ceux-&lt;;i au moins trom·aienl dnn,. la chnritC' pu-

"""85 """

tl

J. Gt:!Al'D•
hliqu&lt;', toujours nilmiruhlc, des rf''-~ources que_ l1
cla~e moyenne N la !)&lt;'Ille buurgrol'-'Ïc ne JJOument
pas partager.

�111STOR._1.Jl
classe de la société qu'elles appartinssent, se
sont monlrées admirables. Leur courage résigné dans les privations, leur stoïcisme dnns
les larmes, leurs attentions délicates et raffinées auprès des blessés et des mourants sont
au-dessus
de tout éloge. Les riches, dont les
des ra\·a~es de jour en jour plus terribles, et
voitures
blasonnées
étaient remisées faute de
la variole principalement, du 18 septembre
cheYaux, venaient à pied chaque jour aux
1870 au 24 février 187 l, date' de l'armistice,
baraques des Champs-Elysées ou 11 l'ambufaisait 64,200 victimes, soit 42,000 de plus
lance du Grand-Hôtel, assister aux cliniques
que pendant la période correspondante de
de Nélaton, de Jlicord, de Péan, de tout ce
1869-1870. Quant à la mortalité des enfants
que l'Ecole de médecine complait d'illustre,
en bas âge, elle était eJTroyablc, et elle atteiel faire les pansements les plus répugnants el
~nit pendant une seule semaine, la dernière
parfois les plus dangereux. D'autfes allaient
du siège, le chiffre épouvantable de 2,500 !
jusqu'aux
abords des champs de bataille
Rien de tout cela cependant n'empêchait
accompagner
les ambulances de la Société de
les clubs de fonctionner, les journaux de
secours aux blessés. Les actrices prodiguaient
divaguer, les sophistes de déclamer. &lt;( Les
leurs soins aux soldats soignés dans leurs
attaques les plus violentes, les appels à l'inthéâtres transformés en hôpitaux, et toutes,
surrection, à la guerre civile, au pillage,
les
jeunes, les vieilles, les célèbres, apporDétournons
les
Jeux
de
ce
triste
lahleau;
toutes les infamies, toutes les ignominies,
taient
à ce rôle de sœur de charité la même
la
tache
qu'il
imprime
à
la
défense
honorable
toutes les obscénités ont pu être publiées,
affichées dans Paris ouvertement, au grand de la capitale française doit être ellacée par ardeur qu'elles mettaient naguère :l rempor.
le souvenir du courage que la masse de la ter des 1riomphes 1
JOUr , ..• ))
Et si le dévouement de ces favorisées du
Triste conséquence d'une faiblesse inexcu- population a montré au milieu de ses terribles
sort
fut admirable, combien plus admirable
souffrances,
de
l'abnégation
dont
elle
a
fait
sable et qui avait sa source dans les utopies
dont les membres du gouvernement s'étaient preuve, du dévouement généreux qu'elle a . encore le courage st,oïq1;1e des femmes du
nourris toute leur vie. Or, chose étrange! prodigué à la patrie et au gouvernement peuple, des petites bourgeoises, des ouvrières,
lorsqu'un d'entre eux!, frappé enfin des d'occasion qui la représenlait. En face de obligées d'attendre pendant les heures glacées
désastreuses conséquences d'une licence que quelques brailln.rds, &lt;&lt; écume co.smopolite 5 n, de l'aube, dans la boue gluante et froide,
rien, ni le bon sens, ni le patriotisme, ni qui entendaient décréter la victoire et proclamer sous la pluie qui fouette ou le vent qui
la loi sacrée de Ja discrétion militaire ne la déchéance du roi de Prusse; en face des cingle, une maigre ration de pain de siège et
pouvaient refréner, demandait enûn, au nom exaltés, des démagogues el des sophistes, il un morceau de viande de cheval! Comme
du salut public, la suppression pure et simple faut, pour être juste, évoquer la mémoire de elles ont dù souffrir, ces pauvres créatures,
des journaux, c'était le général 1'ror,hu lui- tous ces hommes de devoir qui ont souffert rangées en file, transies et grelottantes, accamême qui, de concert avec Jules Fa,Te et sans se plainJre, de tous ces braves soldats blées sous le fardeau de leur pauvre ménage,
M. flocheforl, combattait le plus ardemment qui sont morts héroïquement, de toutes cP.s et partagées entre les soucis de la vie matérielle et l'inquiétude mortelle qui les dévorait
à chaque coup de canon! Elles n'ont cependant jamais fait entendre une plainte, jamais
poussé un cri d'impatience : leurs seules paroles étaient des caresses pour l'enfant qu'elles
porla.ient endormi sur leurs bras amaigris ....
Ces femmes qui ont souffert toutes les tortures, enduré trop souvent les tourments de
]a faim,. dont quelques-unes, dit le général
Ambert, onl dù mendier, la nuit, un morceau
de pain, ces femmes ont été de vraies héroïnes, et l'histoire leur gardera un souvenir
attendri.
L'essor de la charité a été merveilleux;
partout des hôpitaux, des ambulances, des
fourneaux économiques, où les blessés trouvaient des soins, lt:s malheureux du pain.
Dans la pitié comme dans le patriotisme,
toutes les classes, toutes les croyances, toutes
les opinions se sont un moment confondues,
et c'est bien là la portée la plus haute du
spectacle que la France a donné au monde
pendant près de cinq mois. Qu'importent
après cela les défaillances des peureux, les
cris
des énergumènes, les folies des anarClichë :\'eurdein frères.
chistes
et des braillards? Ne nous reste-t-il
SIÈGE DE PARIS : CONVOI DE BLESSÉS. - Tablea11 d e É .\IILE BOUT IGNY.
pas assez de nobles exemples pour montrer
l'inépuisable fond d'héroïsme el de vitalité
celle proposition si sage'. Quelle alierration femmes dont le noble dévouement jette sur que ce pays possède, et pour nous laisser le
d'esprit chez ce soldat si complètement égaré ces jours de deuil comme un rayonnement de droit de garder avec fierté la mémoire de
dans la politique! Et cependant, ces journaux divine charité. Les Parisiennes, à quelque ceux qui ont tant souffert'!
ne pouvaient plus ni se chaulîer ni se nour•
rir. La mortalité atteignait, par semaine, le
total énorme de 3,G00 décès; les maladies
épidémiques, qui s'élaient abatlues sur la
ville presque dès le début du siège, exerçaient

et ces clubs ne le ménageaient guère; ces
derniers surtout, où l'anarchie se prêchait à
bureau ouvert. cc Chaque jour on y demandait
la destitution du gom•erneur ou de tel fonctionnaire militaire ou autre, les visites domiciliaires, la levée en masse, la sortie torrentielle,
la Commune. Dans les réunions se formaient
des manifestations armée.i; qui allaient aux
mairies. à l'Uôtel de \ïlle, chez le gouverneur,
conseiller, ordonner ou défendre. Enfin, dans
ces réunions, était donné le mot d'ordre pour
la lentatirn d'insurrection et s'organisaient
les sociétés, telles que le Comilé central de
la garde 1wlionale ou l'ac;sociation des déiég11ës t!es 20 mTondissem,enls, qui avaient la
prétention et l'espérance de remplacer le
µ:ournrnement, espérance que les é\'éncments
de 1871 ont réalisée'.»

HISTORIA

,,

1. Gênél'nl Dc:rnoT, Loc. ('il. , tome III , pn,e-e 226.
2. Erncsl_Pic:ird..,
•

:j, Séancr du goun:1•11eme11l tenue le IO 110tembi·e 1870.

i-. f:11 q11éle Pa1·l emei1lafrf', r:ipport de )1. Clmprr.
5. Génér:il 011CRIIT, for. cil ., tome. Ill , page '217.

MARIE -AMÉLIE .DITCHE SSE DE PARME ,SŒURDE MARIE-l\NTOINETTE
CoU..- cl 1.0n d&lt;" M'° l&lt;" BARON DE SCli.L lC' H TIN O

PL ~O

�1..'E

.\\l[!lï.Al\(T Dl' T11i'.:\TRF.-FRA~ÇAIS. -

BO.MBJt'l{DEMENT - - -

Taékilll ,1',hnRl fiROt.:ILLl:T.

�r - - mSTOR,.1.ll

_________________________________,.

Bombardement de Paris

Cependant la situation preca1rc d~ la capilale n'était plus un mJ~Lère pour les
\llemand,-, 11ui }' rnyaient l'augure d'une
explosion populaire el s'étonnaient même
flu'ellc ne se fùt pas produite déjà .... lis
:1\"aicnt, dPpuis le 17 déccrnbrc, renoncé à
entamer les tra,·aux d'un si,'ge, mais ils cnlcndaient les remplacer par une aclion énergique d'un autre gcnrr, qui, en cxa~pérant
la population parisienne déj:'i singulièrement
surexcitée, la pousserait peut-être aux derniers excès. Or, le moment précis où cette
nrtion serait la plus efficace leur ~cm blait
arrill• maintenant. Tout espoir d'un secours
extérieur semblait évanoui; les Cncrgies lt!s
mieux trempées s'usaient peu à peu dans les
privai ions et les souffrances, et la faim, mauraise conseillère, pouvait au moindre événement faire sorlir de leurs repaires les émeutiers en qui M. de Bismarck ro1ailscs meilleurs
alliés. L'homme de fer qui présidait aux
destinées de l'Allemagne voulut alors profiter
de ce qu'il a appelé le moment 71sycholoyiq11e, el salisfaire à l'impatience de son
1mls, qui s'irrit:iit d'une résb-tance aus,i prodigieuse et aussi peu prérne. Am-sitôt que
tout fut prêt pour cet acte barbare, il ordonna
de rommenct'r le bombardement de Pari~.

On :nait été assrz surpris, dans l;après-midi
du :,, de voir tomber quelques obus dans les
qnarliers sud de la ,,me. Comme ils parais~aicnt
s'éparpiller sans but bien défini, on avail voulu
admettre qu'ils provenaient d'un tir mal réglé
ou de l'erreur de quelque canonnier, c.:ir h
population de Paris se refusait à croire que
les armées alll·mandcs, pal' un acte digne des
\'andales, youlussent sérieusement écraser
sous leurs obus la capitale du monde cirilisé.
Mais bienlol la persistance des coups et leur
régularité progressive ne Jai~sèrenl plus de
place ù l'illusion i il fallut ~e rendre à l't!\'id~nce ; c'était hien contre Paris que les soldats du roi Guillaume braquaient leurs canons!
Aussirôt le gouvernemPnt, &lt;' montrant plus
rlè trou Lie cl d'émoi que la population , ,
lança une proclamalion qui passa pour ainsi
1. GCuéral nrcnoT, (()(. dl., tome IV , page 11 .
:!. Jf,id., tome I\'. page 11.
:ï. Située ,;ur la lisii•re ocridrntale de la fon~l de
Uondv. enlrf' lt• c-anal ,le l'Our1·q et le chem in ,le r~r
,le Scii~~m1~.

dire inaperçue 1 ; car les habitants de '.PJris
supportaient celte suprèmc épreuve, il faut
le dire lr~s haut, a,·ec une fermeté qui doit
les ab!;:oudre de birn des rrreur~. Ils eurrnl
des accents de colère, des explosions de rage,
dè la haine, du mépri~, m~me des éclats de
rire; mais de terrei.tr, point. L'essai d'intimidation tenté par nos implacables ennemi.;
comme leur re~source dernière ne fut qu'une
inutile cruauté. Ils en recueillirent même cc
léger ridicule qui s'nttache toujours aux
grands moyens produis:rnt de petits résultats.
Quant à la chute de Pari!-, elle ne s'en lrourn
pas avancée d'un seul jour.
Cependant, dès le G janiier, tous les monument~ de la rive gauche a\·ai!'nl plu,;; ou
moins à rnuffrir. Les 'luartier..; dcl SJint-Victor, du ;ardin des l'lantc.s, de !'École militairC', du Panthéon, des Invalides, la bibliothèque Saintc-Gene,·ièl'C, le jardin du Luxcmhourg, o~ù étaient dl's haraqncmenls d'ambuhnce, l'Ecole politcchniquc rt le couvent du
Sacré-Cœur é1..1ienl sillonnés d'ohus, qni allumaient parfois des in~rndies &lt;1u'on éteignait
en h,ite. Par un r~Jouh\ement de barbarir,
les étaLfüsemcnt,; hospillliers étaient plus
pnrticulièrement visés, c·t semblaient le centre
de la zone des points de chute. L'asile d'aliénrs de Montrouge reçut, du 5 an '17 janvier,
1~7 projectiles; l'hôpilal du Yal-dc-Gràcc,
7,); laSalp1\trièrr, ;il.
On voit que le bomhardementétait méthodique. li coùln à la population cil'ilc 596
victimes (dont 107 femmes, enfants ou ,icillards::-, tuées sur le con p.
~lais, malgré ces effets trop regretlahlès,
son seul résultat immédiat fut une certaine
émiµ-ration des habilants de la rh·c gaucbc
vers la rive droite. l)'aulres « se portaient en
foule vers les quartiers bomh:trdés, pour contempler curieusement la trajectoire des olJus,
dont les gamins allaient ramasser les éclals,
qu'ils vendaient depuis 5 centimes jusq u'à
5 francs, selon leur grosseur' ». Comme les
Allemands lancèrent en tout environ 10,000
projectiles, il en est dont les recettes ont dù
être fructueuses, très certainement.
Entre tC'mps, les assiégés tentaient quelques petites opCrations conlre IC's b:illrries
ennemies de DOU\'ellc coustructinn. c·c~t
ainsi 'lue, dans la nuit du O au 10 ja1H·icr,
;i00 marins, mus les ordres du lièutenant de
Yaisseau Genai~, allèrent ùoule,·crser les tra4. Celte dcmmde l•tail si,nh~ ,les min_islrrs de
Suisse. de Sul•,le. etc lhn&lt;'mark. ile· Hrlg-1quc, des
1iay:&lt;-PIS, des Etals-l"nis cl tics consul5 générau-ç tics
ontrl's pui5,sa11c('~.

va.ux du Moulin-dc-Picrre·'N ramenèrent une
vingtaine de prisonnier:-, ~·ayant perdu, eux,
que cin'J Llcssé::;. Qnar:mle-lmit h&lt;'urrs aprè..:,
dans la nuit du 11 :m 1~, la compagnie de
rrancs-tircnrs du 122·· attaquait 1a ferme de
Nonnrrille ~. s'en emparait et y m&lt;'llait le
fou. ~lai~, al1andonnéc par deux compagnies
d'éclaireurs Ponlizac &lt;fui, n"r.c de la d~·namite, devaient faire sautrr les b,iliments, efü•
resta seule en présence des avant-posles prnssit&gt;ns qui dirigèrent anssilùl contre elle une
série de salves meurtri1\rc~. Un~ de ses sections 'lui, sous les ordres d·un orncier énergique, le mus-lieutenant Nacra, s'était nrcnturée dans les b,Himenls qui lmilaicnt, ne
put se rcpliC'r que le lendemain, après avoir
perdu 12 homme,.
Ces petites actions irnlécs et en général peu
t.fficaces n'atténuaient en rien la rigueur du
hombardemcnt, et nos hôpitaux continuaient
à soulîrir gravement de se!ii effets. Le 1:i, le
gom·ernemcnl em·oya à li. de Moltle une
protestation contre cette ,·iolation de la convention de Geni•ve, mais ne reçut qu'une réponse ddatoire, où il Nait dit « que les fait,
sirrnalés ne se reproduiraient probablem&lt;'nl
pl~s dès que les b1tterics allemandes seraient
71/m 1·approchées de l'enCPinle de /'aris, tl
qu·un temps clair rendrait le but de leur tir
plus :ipparenl )J. Ce même jour, les représentants du corps diplom3tiquc, présrnts l1
Paris, :tdrcssaienl au comte de Bismarck une
demandè tendant à ce que « des mesures
soient prises (lour permettre à leurs nationam: dè se mellre à l'abri, eux &lt;'l leurs propriétés ' ». Le thancelier leur fil connaitre,
arec une raideur narquoise, que depuis longlèmps il élait d'avis qu'une ville assit'géè ne
constituait pas &lt;c une résidence C?mcna!Jlc
pour les agents diplomatif(llCS des Etats neutres »; que cependant il ne pourait laissl'r
rn ce moment les C::trangers quilln Paris;
mais c1ue, par courloisie, il autorisait les
signataires de l'adresse à en sortir .... LPs
agents diplomatiques n'a,•aient guère qu':\
d~cliner une ofTrc présentée sous celle formf',
tt c'rst ce qu'ils firent, d'ailleurs, unanimC'ment. Telle fut la srule tentali\'e d'interv~r1tion faite par les puissances nentres pour
arrêter Jes horreurs indignes de noire temps.
En de'iors de ceUr timide prolcstation de
lt.!urs rt•présrnlants à Paris, pas une d't•lles
n'élc,·;1 la rnix en faveur de J'humanitt.:, et
toutes lais!-èn~nt foire ce que leur honneur de
na.lions civifü•ét's leu r comru:imlait impérieusement de sligmali~Pr.
L'-COLOSEL ROUSSET.

AU TEMPS DE L'EMPIRE

Tournebut
-

1804-1809 -

Par G. LENOTRE

DEUXIÈME PARTIE

prétexte qui ne blessât ni n'efneurât même JI. de Riroire, qui passa en captivité loute Ja
pas l'amour-proprr, de q11i q11e f(' soit. » Qui périodr impériale, racontait, sous la RestauCHAPITRE Il
que ce soit figure ici Savoyc-Rollin. Quel se- ration, à la famille de Combray, que tous les
cret Licquel avait-il donc découYerl qu'il prisonniers considéraient Acquet « comme
Madame Acquet (s,iile).
n'ose confier que de ri,·e Yoix rt !-eulement un e~pion, un mouchard, pendant le mois
au chef de la police générale de l'Empire? qu'il séjourna au Temple '». Après huit jours
Cel échec fut d'autant plus sensible à Lic- Nous crO)'Ons bien ne pas nous tromper en
quet qu'il avait espéré, en aUirant Allain, avani:-ant qn 'à peine arrivé à Caen il ,·enait de détention et trois semaines de surveillance
qu'Aché « serait aussi de la partie &gt;&gt;. Sans de mettre la main sur un lémnin si impor- à Paris, il était mis rn liberté et reprenait le
chemin de Donnay a.
celui-ri, 'lui était bien é,·idemment le chef de tant, mais en même temps si délicat à maLe rapprochement de ces faits et de ces
la conspiration, l'accusation, n'atteignant que nier, qu'il était effrayé lui-même de ce coup
dates
n~ permet-il pas d'induire que Licquel
des comparses, serait oLligée de passer "DUS de théâtre inattendu.
a1•a,t
dec1dé,
sans trop de peine oa peut le
silence le r&lt;ile du principal coupable et de
En furetant dans la prison où il avait croire, Acquet à se faire l'accusateur de sa
réduire, par conséquent, l'affaire aux pro- trouvé moyen de pénétrer pour rauser a,·ec
portions d'un vulgaire brigandagl'. Stimulé Lanoë el les Buquet, il avait rencontré Acquet femme? Mais le désir de ne pas se compropar ces motifs et da,antage peut-ètre par une de Férolles, bien oublié là depuis trois mois; mettre el plus encore la peur des représailles
raison d'amour-propre plus puissante encore, soit que lime Placi•ne fùt, comme le soup- fermaient, à Caen, Ja bouche de l'indirrne
Lirquet partit pour Caen. Sa joie de « prati- çonnait Vannier, employée par la police' et mari, très empressé de par1er à Paris, à c~nquer J) lui-même est si vire qu'elle perce dans eoaniît la véritable personnalité de Licquet, dition que personne ne soupçonnât le rôle
ses rapports pleins d'enlrain el de verve comi- soit que celui-ci eût trou,·é un autre intermé- qu'il assumait; d'où ce simulacre d'emprique : il se montre prenant la poste a\'eC De- diaire. il est cerlain qu'il obtint, dès le pre- s~nnem~nt au Temple - idée de Licquet,
laitre, son neveu C! cl deux ou trois sbires bien mier entretien, la confiance d'Acquet de Ft!- lnen _év,?em_mcnl - qui lui laissa Je trmps
alertes ». Il est si sùr du succès qu'il l'es- rolles et qu'il eut le crédit de le faire mettre de faire a Ilcal des révélations.
Quoi qu'il en soit, cet incident avait intercompte d'avance : - c&lt; Je ne sais, écrit-il à en liberté !, C'est après celte entrevue que
rompu
l'expédition de Licquet à Caen. Il la
Réal, si c'est trop se flatter; mais je suis Licquel demanda à Réal de l'appeler à Paris
reprit
au
milieu de novembre et quitta Rouen
tenté d'rspérrr qu'à la fin de la comédie on pour vingt-quatre heures; rnn voyage s'effecle
18,
toujours
accompagné de Delaitrc et
demandera l'auteur. » li est regrettable qu'on tua dans ]es premiers jours de novembre et,
n'ait sur cette expédition aucun détail. Sous le 12, sur un ordre ,·cnu de néal, Acquet d'agents choisis parmi ses plus habiles. Cette
quel costume Licquet se pré.senta-t-il à Caen? élail arrêté de nouveau cl amené en poste de fois il avait pris la qualité d'inspecteur des
Quelle personnalité avait-il usurpée? Com- Donnay à Paris, escorlé par un maréchal des droits réunis en tournée de service et les
ment put-il manœuvrer entre les amis de logis de gendarmerie; le 16, il était écroué hommes qui l'accompagnaient passaient pour
~lme Acquet, son compère llelaitre, le préfet au Tcmple 3 et Réal, accouru pour rjnterro- ses contrôleurs;. Ce titre lui conférait le droit
Caffarelli, sans éveiller un soupçon ni froisser ger, se montrait pour lui plein d'égards et d'e,ntrer dans les maisons et de visiter jusune susceptibilité? Il e~t impossibl~ d'en rien « promettait que sa détention ne serait pas qu aux raves, sous prétexte de rechercher 1a
démêler; il a le talent de troubler l'eau pour de longue durée' JJ. Une note restée au dos- fraude. Son but était d'attirer Allain, Buquet
y pêcher à coup sll r et semble jaloux des sier semble indiquer que cette incarcération et surtout d'Aché; mais aucun d'eux ne se
moyens qu'il emploie au point de n'en dirnl- n'était pas de nature à causer grande alarme montra. ~ous ne pournns enlrer dans le dé~uer à personne le secret. Par une sorte au chàtelain de Donnay : 11 M. Acquet a été tail de ce troisième voyage, Licquet ayant
d'instinct de mJslificateur, il entretient, pen-, conduit à Paris pour qu'il ne nuisit point aux tenu secrètes les ficelles de sa comédie; des
dant son voyage, une correspondance orf1cielle opérations relalircs à sa femme .... On sait demi-coafidences faites à Réal on peut inflrer
avec son préfet, et une autre - particulière qu'il est étranger au délit de son épouse: qu'il acheta le coacours de Laagelley cl de
- avec Réal. li dit à l'un ce qu'il n'avoue ruais H. Réal croit nécessaire de le tenir Cloi- Chauvel; moyennant Ja promesse jormeJle de
pas à l'autre, écrit :. Savoi·c-Rollia qu'il a gné. » Ce n'e,t point là le ton dont les poli- l'impunité, ils consentirent à servir Je policier
hâte de rentrer à Rouen, et à Réal il de- ciers de l'époque parlaien t de leur clientèle et à trahir Allain; ils allaient le lui liner
mande, par le même courrier, rlëll'e appele' ordiaaire et il n'est point hors de propos de quand " une peur du gendarme Mallet fit
tout manquerR ». Licquet se replia avec sa
à Pm·is pendant t1ingt-quatre heu res . le faire remarquer; ajoutons enfin que Jes troupe, ramenant Chauvel, Mallet et Lan« Si vous adoptez ceue idée, monsieur, il fau- royalistes détenus au Temple ne s'y tromdrait que vous eussiez la bonté de choisir un pèrent pas ; un vieil habitué de la prison, gelley que devaient suivre bientôt Lanoi'
Vannier, Placène el les Buquet, sauf Joseph:
1 . Cette accu!'-'atîon contre llmo Plarènc prend assez
de consistance si on rapproche lrs allusiom de Vannier
de cc pa,:,11.gc de Billartl de \"t.'au -ç : c )1. et lime de
Placi•nc avaient élC compromis l'un èl l'autre cl condamnés i une l't:dusiou pcrpi!tuclle; mais, par un
i.M&gt;nhrur altachi• i l't'toilc de l.lme de Placime, elle
fut mi~e en liherh' en 1811 ou 12. Comment a-t-elle
foi~ pour_ exi,ster ~ Roul'll s.an'I l~rtune Ju~u•en 1814
1111 elll' ,1nt a Paris a,·er son mari? Cerln111t•~ personnes

trou,·enl des re~sourccs où d'nutres mourraient ,le
faim. Plus heureuse que beaucoup d'autres honnètes
g_ens, t'lle _• eu _une pcn~ion de 1.000 francs çur la
lislc du ro1. 11 lldlard tic \"eau'&lt;, t. Ill. p. 322.
:!. Acquet SOl'lÎl de la 1,1·il'-Ot1 de Cacu le i IIQ\'Cmbre 18Ui.
~. Ecrous du ÎC'm11lc. Archin~s (fo la préfecture de

pohre.

4. 1.cill'e d'Acqu!'l d~ Fërollt's. Arch. nat. P 8li0.

:i. Lettr~ de Oon nœil à _son fri•re Timoléon de Combra!', Arcllll'cs de la fanulle de SainL-Viclor.
ti. Oonn~il a~,mra1t c1ue Ac(111et nait ~u rinf/
francs p:ir Jour pe1!dant toute la durée de sou sl-jour
au Temple, en p1uement des services qu'il v al'ait
r,~ndus à la police. An:hires de la famille de~ Saint\ 1clor.
7. Lettre de Licqucl à Réal, 22 nowmlire ISOï
8. Archi,·rs nationales, ~,; X172.
•

�r-

111STO']t1Jl

qu'on n'avait pas revu. Mais, avant de re•
prendre le chemin de Rouen, Vcquet voulut
présenter ses devoirs au comte Caffarelli,
préfet du Calvados, sur les terres duquel il
,·enait de chasser. Celui-ci ne cachait pas son
mécontentement et jugeait singulier qu'on
disposât de sa police et de ses gendarmes
pour procéder it des enquêtes et à des arreslalions dont on négligeait même de l'infor~
mer. Licquet assure qu'après cc lui arnir fait
grise mine, Caffarelli Tit aux larmes )&gt; au
récit des histoires du faux patron Delaitre et
a·u faux inspecteur des droits réunis. Il est
possible que l'anecdote fùt bien conlée; m3is
}P. préfet du Calvados n'en estimait pas moins
fe procédé sans façon : il devait le témoigner
un peu plus tard avec quelque crànerie. Du
reste Licquet ne s'y trompa point; lui-même
écrivait, à son retour de Ca.en : c! Me voilà

brouillé avec le préfet du Calvados' n.

Il s'en souciait peu, d'ailleurs; on anit
tacitement arrêté que le vol du Quesna} serait
jugé à Rouen par une cour spéciale, et c'était
là que se concentraient tous les éléments du
procès. Licquet en était de\'enu l'ordonnateur

et le metteur en scène; à la fin de 1807 il
gardait, sous les verrous, trente-huit prévenus', hommes ou femmes, qu'il ne cessait
d'interroger, de tenir en baleine, de confron-

ter .... Mais il ne se déclarait pas satisfait :
l'absence de d'Aché gàtait sa joie; il aYait
bien compris que, sans celui-là, son triomphe
serait incomplet et son œuvre resterait imparfaite, et c'est sans doule à celte torturante
obsession qu'il avait dû l'idée - aussi cruelle
qu'ingénieusc d'une nouvelle comédie

dont la vieille marquise de Combray avait
encore été la victime.

Certain jour de novembre de 1R07, elle
entendit, du fond de son cachot, un tumulte
insolite dans les couloirs de la prison : les
portes s'ouvraient, les gens s'appelaient;
c'étaient des cris de joie, des chuchotements,
des exclamaûons d'étonnement ou de dépit
- puis de longs silences qui laissaient la prisonnière fort perplexe. Le lendemain, comme
Licquet venait lui rendre visite, elle lui trouva
la figure bouleversée; il fut, ce jour-là, très
laconique, parla, en quelques mots, de graves
événements qui se préparaient, et disparut
comme un homme affairé. Tout est aux prisonniers matière t1 espérer et Ume de Combray laissa, cette nuit-là, libre cours à ses
illusions; le jour suivant elle recevait par la

femme Delaitre un court billet de l'honnête
&lt;t

patron

)&gt; -,..-

de cet bomme qui avait sauvé

\lme Acquet, tué le cheval jaune et qu'elle
appelail son ange protecteur. L'ange protecteur n'écrivait que quelques mots : &lt;( Bonaparte est renversé; le noi débarque en France;
les prisons s'ouvrent de toutes parts .... Écri-

vez de suite à Il. d'Aché une lettre qu'il rel. LeUre de Licquel à Réa\. Archives nalionalcs,
F7 8172.
2. Tableau des détenus par mesure de haute police.
Archives nationale~, F7 8172.
5. A )lonsieur Delaitre, 11 no\'embre 1807; )Ion-

sieur, je ne peux trop vous remercier de la lettre
que vous m·avez envoyée par un exprès qui me
cause une grande joie que mes larmes ont coulé et
'fUi' je me suis trouvé mal, je vous fais passer la

T OUJ/}'ŒBUT
mettra à Sa Majesté. Je me chargerai de la
lui faire parvenir. &gt;)
Une chose véritablement tüuchante c'est
que la Yicille marquise, dont aucune fatigue,
aucune torture morale n'avaient abattu l'énergie, s'évanouit de. bonheur en apprenant Ir
retour de son roi.
L'événement répondait si Lien à tom~ ses
espoirs, à toutes ses pensées, depuis 1::111t

d'années elle l'attendait d'un moment à l'autre, sans jamais se décourager, qu'eJle trouva
tout naturel un dénouement auquel elle était
dès longtemps préparée, et tout de suite elle
prit ses arrangements pour la nouvelle vie

qu"elle allait commencer.
D'abord, elle écrivit au

C! brave Delaitre &gt;l
un mot 3 de remerciement: elle lui promettait sa protection et l'assurait qu'il serait bien

récompensé de tout le dévouement dont il
a,·ait fait preuve. - Elle adressa à d'Aché

arrivce et j'aurais bcsùin de faire un "oyage de
Tournebut poul' tout réparer et préparer si je
jouis de cette faveur. Vous m'écrirez et l'allends
avec impatience.
La plus navrante des letlres qu'envoya,

dans sa joie, la vieille royaliste dupée esl
certainement celle destinée au roi lui-même .
Fier de son stratagème, Licquet l'adressa :1
la police générale et elle rsl restée dans les
cartons 4 , écrite sur grand papier, d'une
grosse écriture masculine, soignée dans le
début et quasi solennelle, puis, sous l'affiux
des pensées, se terminant en un griffonnage

presque indéchilfrable. On sert que la pauvre
femme a voulu tout dire, vid !r son cœur, se

purger de dix-huit ans de déboires, de deuils,
d'indignations renlrées. Vo'ci! à peu près

complet, le texte de celle lettre dont nous
conservons l'orthographe :

A Sa Majesté Louii 18

lui-mème une lettre débordante de joie:
Me voilà, disait-elle, au comble du bonheur.
mon cher ,icomte, en fesant celui de toute la
France dans mes fers que nous souffrons tous
pour vous je jouis de votre gloire. M. de Laitre
qui m'a rt!ndu les services les plus rares et est
depuis deux mois pour moi toujours en route,
que son zèle rend infatigahle par le seul intérêt
qu'il prend aux malheureux, et que sa femme,
ma compagne d'infortune par suite de l'injustice,
lui a inspiré pour moi m'a envoié un exprès pour
m'instruire des grands é\·énements qui met un
terme à tous nos maux me donne le conseil d'écrire au roy et de vous l'adresser pour lui présenter. Celle idée est lumineuse et est capable de
nous dédommager de ce que mon fils n'est pas
assez heureux d\litre à sa place, le but de tous
ses désirs el de tous nos projets. Voll'c chère
frère, dans les fers n'est sou!enu que par voire
gloire. Je ne sais pas le style pour parler à un
aussi gr.ind roy par son courage et sa vertu. J'ai
laissé parler mon cœur et j'ai compté sur vous
pour obtenir la faveur de le po~séder à Tournebut.
Les prisons sont partout ouvertes; ... j'ai soutenu
avec courage depuis plus de trois muis mes fers
et me suis trouvé mal au récit des grands événements. Yous m'instruirez à temps si je suis
assei heureuse de posséder chez moi le roy. Je
suis bien hardie de demander si c'est possible
celte faveur dans une maison que je crois dérnslée
a,·ec des commissaires qui ont épuisé leur rage
de ne point ,·ous trouver. Rendez, je vous prie,
à M. de Laitre tout ce que je lui dois el que vous
connaissez étant le parent de noire pauvre Raoul.
JI tst pénétré de ces mêmes sentiments, vous demande du service 1 ne voulant pas rester oisir dans
une si belle cause et aussi beau moment.
Ce papier se ressent de notre privation de
liberté, distinguez, mon cher vicomte, tous mes
sentimènts d'allachement et de Yénération, et
avec lesquels j'ai l'honneur d'être votre très humble servante,
nE Collnr...1r.
J'irni chez votre mnman pour me trouver nu
passage du roy si j'obtiens ma liberté avant son
letlre pour le roi. et j'ai trouvé votre idée lumineuse, quoique mes. îu~ér~~s enlre, les mains de
M. DachC s01cnt aussi Ires i.Hen places par son alto·
chemcut. Mais trop occupé des gi-ands événements il
n'y aurait peut-êlrc pensé. Je suis charmèe de l'accueil que ma fille éprouve, qu'elle en remercie bien
\a pro\•idence qui la scrl d'une manière LrCs miraculeuse ....
Je p:trle au vicomte pour satisfaire ,·otrc zèle et

Sire,
C'est dans les fers à 66 ans où je suis plongée
ainsi que mon fils depuis plus de 4 mois que
nous rnons le bon heur de yous adresser nos re!ipects el notre félicitation sur ,·olre avènement
hem·eux à ,·otre couronne, tous nos vœux. sont
remplis, Sire .•..
Le peu de ressources qui nous restait encore
était consacré à soutenir et sauver du glaive vos
fidèles serviteurs dans toutes les classes j'ai eu à
regrelter le chevalier de Margadclle, Raoulle, Tamerlan et le jeune Tellier, tous emportés par
leur zèle pour la mmse de V. M. el a fail à Paris
et à Versailles des honorables viclimes. J1avais
loué une mai~on qui leur était consacrée, avec
toutes les caches utiles à leur sùrnté, mon fils :i
eu l'avantage d'ètre sous les ordres de messieurs
de Frollé el lngant de St-Mnur.
J'adresse ma lettre ;l M. le vicomte d'Aché ponr
la présenter il V. M. et solliciter la gdce bi('n
sensible à mon cœur de la préférence '.de votre
séjour sur la roule de Paris. Vous trouverez,
Si,·e, ma maison à jour et dit-on entourée de
barricades, suites des mauvais traitements éprouvés dans leurs recherches que l'on vient encore
de nouveau d'y faire pour y trouver M. le v..
d'Aché ainsi que ma fille, :ivec séjour à différentes reprises par ordre de M. le prérel et interrogatoire de son secrétaire, après avoir éprouvé
onze heures d'interrogatoire à leur Lrihunal appelée de justice pour leur donner connaissance de
ma correspondance avec M. Daché... ainsi que
d'une lettre que j'al"ais reçue de lui le 17 mars
dernier. Les plus grandes menaces ont été emplorées et d'cstre confrontée avec le Chevalier el
de m'en"oyer à Paris pour I estre guillotinée,
rien ile m'a effrayée, je ne leur ai donné aucune
connaissance de mes relations et du pays qu'il
habitait. Je venais sire de le quiller depuis
10 jours ma réponse :, celle persécution ful que
M. d' Aché étoit à Londl'es cl j'a~· terminé par Je3
assurer que je ne craignais point la mort, que je
ferais avec ferveur mon dernier acte de conlrition et ma teste serait tombée sens dévoiller ccl
intéressant mistère.
vous plocer comme vous le méritez : c'est acqnillrr
ma reconnaissauce de YOUS satisfaire dans un pusle
oil votre cœur gênCre~x et ,·otre belle ùrne puissc1:t
élrc connus de son prince et que vous serre,:. d&lt;'pms
si ]ongtcmr,s par ,•os sacrifices,. joui.ssez donc, ~01~sicur, de I heureux moment el Jamais ma Lberlc na
f'u pour moi tant de prix. Ard1i1·f';; nati, nale~. Fi
81i'2.

4. Archi1'es notionales, F7 8172.

Il

---

.

~la. lihe:lé depuis 6 sem.1ines esloit promise, t-il de jouer près d'elle son double rôle? De
sent cachés dans quelque cabane ou dans
m,us a p1·1x de l'or cl que je crois devoir cslt·e quelles invectives lut-il accablé quand il y
quelque fosse abandonnée. »
parlag(~ entre lu préfet et son secrélaire Si(JUel renonça? Comment ![me de Combray appritLe renseignement était trop peu précis
(sic), moitié de la
pour être utilisé, el
somme est déposée
Licquet estima qu "il
d:rns le bureau de cc
dernier sous cleff. J'a~
était préférable de
été longtemps â remtourner sur un autre
plir la somme qui espoint ses batteries 1 •
toit lax~e, a~·ant lrouIl avait, d'ailJeurs,
vés peut de secours
sous la main, une
dans ceux qui se &lt;livictime qu'il n'avait
saient mes amis, ma
pas
encoM torturée
pmpriété m'a mème
et dont il espérail
été refuséc 1J..wec mebeaucoup : c'était
naces et arGgance me
crO)'ant saai6ée sous
!!me Acquet: " Elle
le gl.iive, j' .!SJfrois p,1r
est, écrivait-il, le semes sacrî fice~. el cescond ,·olume de sa
toit mon seul but, s;iumère pour !"hypo"cr la leste le ma fille
crisie; mais elle la
que j'estoi~ instruile
surpasse en malice
arficl1~e h Caen à
et
en méchanceté ....
G.000 fr. La fomillo
Ses eufa.nts paraisde Laitre sans me consent ne l'intéresser
naitre que par l'in!C'que très faiblement;
resl qu'inspire le malheur, m'a prodigue&gt; un
elle n'en parle même
zèle infatiµ:ahle, en
à personne ; son cœur
afrontant au péril de
est fermé à tous les
sa vie toas les dangers
sentiments de la naBARRIÈRE
DE
GRENELLE,
Gravure
de
BARROIS,
d'après
A.
Cl!AZAL.
(Musée
Carnavalet.)
pour l'enlever de Caen,
ture. J&gt;
où les autorités metEt jïmagine que
laient tout en œuvre.
.
•
c'est
pour s'excuser
j de mes &lt;lomestiqlies ont été. deux mois plonelle qu'on avait exploité ses plus nobles ïllugés rlans les prisons, le 4° nommé François Hé- s10ns pour lui faire livrer sa fille et trahir lm-~eme aux yeux de ses chefs que Licquet
traçait de la détenue un si noir tableau. Son
bert recommandable par :n ans de services a défendu nos intérêts et par sa prohit.é est dans les tous ses amis? Ce sont là des choses c1ue Lic- cœur, à lui, ét_ait fermé à toute compassion
fers depuis le mois de juillel ,) F.ilaise. lia qae quet ne ~acontait,_pas; soit qu'il ne fùt pas et on retrouvait en cet homme l'inexorable
n'a t-il pas souffert depuis quinze années par les plus glorieux qu il ne comint des moyens i'."p~ssibililé des La/Ternas et des Fouquierauthorités des lieux, les recevems d'llarcourt de loueh:s qu'il employait; soit plutôt qu'il se 'lmv1ll~~ av~c pe?l-~tre, en plus, un raffinefalaise et ,de Caen et tant tl'aulres qui dc~an- s~u?iat peu de ?e qu'en pouYaient penser ses ment d 1~0Ille qm aJoute encore à la cruauté.
doient sa perte pour a,·olr pris par notre conseille v1ct11nes. Il avait, du reste, d'autres idées en Le supplice moral auquel il allail soumettre
à dessin, la fc1:me de notre habitation, pour I
tête : Mme de Combray avait indiqué à Dc- Mmr Acquet est le produit d'une imaofoation
sauver ros. serviteurs perséculf's il estoiL bien laitre que d'Aché srjournait ordinairement
cmrnu de i\lonsiem' de Frotté, dont il jouissait de aux environs de Bayeux, sans préciser davan- de tortionnaire : - il .A présent, n°otait-il
q~e la matière est à peu près épuisée, je vai;
l'estime et .qu'il a rec:u aycc 24 de ses fidèles; il
tag:, car elle pensait bien qu'on le trouverait m occ~per de brouiller nos gens entre eux.
en fesoil sa maison de confiance pour les d8poser,
lès crO)'ant en sûreté. Tous ces tourments ont factlement aux côtés du roi récemment dé- U? p~t1t choc nous donnera, peut-être, d'utiles
altéré sà santé et celle de son épouse qui estant barqué. Licque~ s'était donc mis en quête el ver1tes. J)
enceinte alors, et l'a perpétuée très mauvaise i1 s~s ,agen!s battaient la région. Placène, de son
_Co petit choc allait briser le cœur de la
son 61s àgé de onze ans. La famille Darlenet (s."c) cote, mecontent de voir qu'Allain manquait à pr1sonillère et lui ravir la seule pensée conet son frère ont hcaucùup contribué lt nos mal- sa parole et ne tentait rien pour délivrer ses solante que tant de malheurs lui avaient
heurs p:ir des dénonciations journalières el renou- ~marad~s déten~s, donna quelques indica- laissée.
velés dans toutes leurs forces en janvier 1806. t10n~; d après llll, pour communiquer avec
C'est par un trait marqué de la providance que AIJa111 et avec d'Acbé, 011 devait s'adresser à
nous avons échapés aux fers ainsy que Monsieur
CHAPITRE III
un cabaretier de Saint-Exupère; cet homme
le vicomte Daché, mon fils s'empressa d'ail!! l'en
prévenir pour ne plus revenir dans notre chau- était en relation avec un individu nommé
Le Chevalier.
mière, accordés par grace pour mon douaire, et nicha rd, qui servait de courrier aux deux
qui ofusquait encore les D,ll'Lenet en convoitant proscrits. (C Entre Bayeux et Saint-Lô existe
. «.Le Cbe~alier est l'amant adoré. &gt;&gt; C'est
encore ce cabaret pour lui faire un tournebride la mine de houille de Litré et la vaste forêt arns1 9ue L1cquet résumait sa première cona son chateau qui est le fruit de J'ini:1uité.
de Serisy
lui
est• presque
con1irruë.
Cette mine
•
.
•
0
Je demmde·ainsi que mon fils à Votre MajC:sté, o~upa1t cmq a six cents ouvriers; comme ver:atwn ~vec Mme Acquet. Depuis lors, il
votre bienveillance et celle des princes de votre Richard y était employé, toul portait à penser avait pu s assurer que &lt;c l'amour effréné »
qu'elle portait à son héros occupait une telle
sang ..••
que les galeries souterraines servaient de replace
dans son àme qu'il y avait étouffé tout
Je !-uis :ivec respect
fuge à Allai~ et à d'Aché, - soit qu'ils y fis- autre sentiment: c'est pour Jui ciu'elle
.t
de Votre fü1jesté
'] h
ava,
sent le méllcr de mmeurs, soit qu'ils se tins- h "b
e
erge
es
ommes
d'Allain;
c'est
pour
lui
Yolrc ll'èS humble et très obéissante servante,
!· On ig~ore où se cachait d'Achê pendanl J'en- ~urait :ëparer ses torts dans celle affaire que
DE Coll BRA. r.
1
qucte tic, L1cc1uel. Il ne parait pas pi·ohable qu'il se ~•v~l~a!aon
de~ véritCs que le gouvernement p:~ 1_a
ha~ar~a a pass~r le détroit. Peul•ètre n'avait-il as mtcret a c1;lll11a1tre
et pen!!ant en même temps que ~ ~
C'élait, on le voit, une confession générale; 3mtte11 0}landc,·1Jle? Pe1;t-ètre aussi s'était-Il réfu~ié md otyen était le seul vropre à lui mériter quelque in
•/
cach~ds mc1,1agëe~ P.our servir de retraite
ugencei&gt;.
qu,illes durent être la douleur et la rage de a ov1 . 11fr~p1 e. Un hmss1cr de Trè,·iêrcs, Ri. Les ~éc\~rati~ns de Guilbert n'apprirent, du resle
chard-lliche_l
Gmlbert,
que
rl'Achë
a\'ait
employé
à
d·la .narquise quand elle comprit qu'elle avait
rien de bien important encore q , 11
.
•
verscs repr)_ses, rê~·éla à 1~ poli~e de Savoye~Rolli~
tout ce 11 ,0'
.
u e es ,·msscnt
été trompée? A quel moment Licquet cessa- tout cc qu 11 savait « apres a,•otr réflérhi qu'il ne confirmer
l'Angleterre et les én1igr~. savail du complot avec

_. ao tr

�T01.fR.NEBUT

msT0~1.ll----------------------~
'\u'elle était allée lanl de fois affronter les
méprisants accueils de Joseph Buquet; c'est

pour lui qu'elle avait si longtemps supporté

de représailles; les lettres qu'elle é?rivait à
Le Chevalier - Licquet encourageait beaucoup la correspondance entre les détenus -

PALAIS DE JUSTICE DE ROUEN: SALLE DES PAS·PER'DUS.

peine. Souvenez-vous donc de cela el ne l'ouhhez
pas 1 •

Ces lettres, est-il besoin de le dire, ne
parvinrent jamais à Le Cbevalier, tenu au
secret dans la tour du Temple en attendant
,1ue Fouché décidêt de son sort. C'était ~n
prisonnier assez embarras~ant, car, pmsqu'on ne pouvait l'accuser d1reclement _du vol
du Quesna)', auquel il n'avait pas .~ss1s~é, et
qu'on redoutait, d'ailleurs, de l 1mphquer
dans l'affaire, ù laquelle son superbe verhia"e son importance de chouan genlll•' son passé aventureux, ses e·1 oquentes
homme,
proîessions de foi risquaient de donner u~e
portée politique semblable à celle du proces
de Geor"CS
Cadoudal, il ne restait qu'à le
0
mettre en liberté ou à le juger isolément
comme agent royaliste. Or, de ro_)'a~is~es, _on
n'en voulait plus parler en 1808; 1I etail bien
entendu que la race en étail éteinlc, et l'ordre
était donné de ne plus en occuper le public
qui devait depuis longtemps avoir oublié que,
dans des temps tl'ès reculés, le:; Ilourbons
avaient rérrné sur la France.
Donc Réal ne sa\'ait trop ce qu'il adviendrait d~ Le Chevalier quand Licquet s'imagina de donner à celui-c~ u? rôl? dans s.a c~médie. Nous avouons, des a present, n _avo~r
pu saisir tous les_ fils de ~ette no~velle 1~tr1gue; soit que ~1~quet a_1t dé t.rm~ cerla1.nes
pièces trop exphc1tes, soll qu 11 ail p~éf:ré,
en matière si délicate, agir sans trop ecrire,
il reste, dans la suite des événements, des
lacunes si considérables qu'il ne nous a pas
été possible d'établir la corrélation des faits
que nous allons simplement exposer.
IJ est certain que l'idée d'exploiter la pa,sion de !!me Acquet el de lni « promellre la
liberté de son amant.en écbange d'une confession générale 1&gt; revient tout entière à Licquel. IJ le déclare neltemenl dans une lettre
adressée à Réal'. On obtint d'elle, par ce
moyen, des aveux com~le~s : le 1~ d~cembre elle fil un récit détaille de sa vie d avenlur;s, depuis son départ de Falaise jusqu'a
son arrestation; &lt;1uelques J0urs plus tard,
elle donna sur la conspiration, dont d'Aché
était le chef, des détails sur lesquels ?.ous
aurons à revenir. Ce qu'il faut, pour l mstant retenir, c'est celle coïncidence au moins
remarquable: le 12, elle parlait,'. sur la pr~messe formelle de Licquet qu il assurerait
l'évasion de Le Chevalier, et, le I'•, celui-ci
s'évadait en efîel de la prison du Temple.
Licquet dans l'intervalle de ces deux dat~s
était-il allé à Paris? Cela 'paraît probable : 1]
parle, dans une l.ettr~, d'un~ ~b!en~~ supposée" qui pourrait bien avoir ete ~erttaLI~.
Quant à la façon dont Le Chevaher sort1l
du Temple, elle est assez _singulièr~ pour être
contée avec quelque détail : en raISon de son
étal d'exallation « qui le jetait dans des transports continuels et qui avait .~aru, au co?ciero-e de la prison, être le dchre de la fievre ~ on l'avait }ooé, non point dans la Tour,
mais 'dans une déflendance « dont l'un des
murs formait pr1foisément la clôture de la
1

l'odieuse existence de la maison Vannier.
Aussi Licquet jugeait-il qu'un sentiment si
violent pouvait, (&lt; bien manié )&gt;, - c'était
son mot - fournir quelque lumière nouvelle.
li aurait fallu voir r.el incomparable comédien dans l'exercice de son jeu cruel. De
quel air écoutait-il les confidences amou-

reuses de sa prisonnière? De quel ton de
compassion attristée répliquait-il aux élogieux portraits qu'elle traçait de son ama~t?
Car elle ne parlait guère que de lui el L,cquet l'écoutait silencieusement, j~~q.u'au. mo:
ment où, dans un élan de sens1b1hté, 11 lm
prit les mains el, comme allendri de l~ mir
dupe, avec des ménagements hypocrites :
c&lt; Ma pauvre enfant!. .. Ne vaut-il pas
mieux tout vous dire? ll il lui fit croire que
Le Chevalier l'avait dénoncée! Elle dut, tout
d'abord, se refuser à l'écouter : pour.quoi
son amant aurait-il commis une telle mfamie? Mais Licquel donnait des raisons: au
Temple, Le Chevalier, très informé par Vannier ou par d_'autres, avait appris ses relations avec Chauvel et, par vengeance, il avait
ruis la police sur la trace de son infidèle ~mie.
Ainsi l'homme pour lequel elle avait sacrifié sa vie ne l'aimait plus. Licquet, pour
bien la torturer, accablait la malheureuse de
ces consolations Yolontairement maladroites
qui avivent la douleur. Elle pleura beaucoup
et n'eut qu'un mot:
- Je voudrais, dit-elle, le sauver malgré
son ingratitude.
Ceci ne faisait point l'affaire du policier:
il avait espéré qu'elle chargerait à son lour
celui qui l'a,•ait livrée; mais sur ce point il ne
put rien obtenir; elle n'éprouvait nul désir
1. Archh'es nalionales., F7 ~11'2.
. ..•
2. t On a s.upposê auprès delle la poss.ihihte de pro-

sont d'une tristesse qui dénoie une rime
brisée mais toujours pleine d'amour .
Cc n'est pas lorsqu'un ami est malheur('UX qu'il
faul lui faire des reproches; aussi je suis loin de
,·ous en foire malgré toute votre conduite à mon
écrard; vous savez que j'ai tout fait pour vous, je
• d.
neo rnus le reproche pas, et vous rn ,avez, aprcs,
e~
noncée ! Je vous le p:wdonne de tout mon cœur SL
cela peul ,•ou~ èlre utile; mais je sais le m~Lif qui
YOUS a engagé d'être aussi injusl~ pou.r moi; :ous
arnz cru que je vous abandonnais cl Je vous JUre
r1ue non! ...

Il n'y avait poin~ là gra?d r~ns~ignemc~t
pour Licquet i aussi, dans l esp01r d en saro1r
plus Joug, excitait-il beaucoup Mme Acquet
contre d'Aché: à l'en croire, c'est d'Aché
qui, le premier, aurait « vendu tout le
monde » ·I c'est lui qui avait fait arrêter Le
Chevalier pour se débarrasser de ce rival
gênant, après l'avoir com~romis; ~·est à lui
seul que les détenus devaient altr1buer tous
leurs malheurs. Et, dans les lettres que
Mtne Acquet adressait à son amant, Licqucl
retrouvait l'écho fidèle de ses insinuations;
mais rien de plus :
Vous savt"'z que lklorière d'Aché est un gueux,
un céll'rat que cet lui qui eSt cause '1~e vous êtes
dans la peine, que lui ~cul rnus a f!lIS ~n avant
que vous ni penssicz pas; que ces lm qui a voulu
faire imprimer un manifeste qu'il n'a pas pu réu~sir; mais que ces lui qui vous a do~rnê de man.vais
conseille; que lui seul mérite la haine a,,ec raison
du trouvernement
: il .est .ahoré el exécré .comme
~
il mérite de l'être et 11 111 a personne qui ne se
ferait un plaisir de le mettre entl'e les mains dt~
gou,,crnemenl ou de le tuer sur le champ; on sc,11
bien que lui seul est cause que ,,ous êtes dans la
curer l'Cva.sion de !lOn amanL; on a fini. par la ~ui promettre si elle vo11lail tout dire. l) Arclures naltooales,
F7 Sli2.

5.

Il.

Mon

abscncc sup~sêe a ache,,é dE: la

con,;ainte

que son but était rempli. » Lel\re de L1cquel a füal.

prison et donnait sur les coul's extérieures 1 &gt;J.
Le Chevalier, souffrant depuis quelque;
jours, était sujet à des sueurs extrêmement
abondantes; il avait demandé à changer trè~
fréquemment de draps de lit el on lui ,n
servait plusieurs paires à la fois. Le 13 décembre, à huit heures du malin, le gardien
Savard, spécialement attaché à sa personne,
était venu vider sa chaise percée, placée dans
le cabinet voisin de la chambre; il était revenu, à une beure 1 servir le dîner et a,·ait
trouvé le prisonnier occupé à lire i à six heures
du soir, le gardien Carabeuf, en apportant la
c:bandelle, l'a,,ait aperçu étendu sur son lit;
le lendemain, 14 décembre, en ;entrant chez
lui le malin, on avait constaté son évasion.
Le Chevalier avait pratiqué dans le mur,
épais de deux mètres, de son cabinet, une
ouverture assez large pour s'y glisser. Un
reconnut qu'il avait mené à bien ce traYail
sans autre outil que sa fourchette: deux morceaux de bûche, coupés en forme de coins,
avaient servi de leviers pour ébranler el retirer les moellons. L'opération avait été conduite avec tant d'habileté que lous les grava.ls avaient été soigneusement retirés à l'intérieur; au dehors ne se voyait aucune trace
de démolition. Le détenu Vaudricourt, logé
immédiatement au-dessous, n'avait perçu aucun bruit insolite, quoiqu'il eûl l'habitude de
ne se coucher qu'à onze heures du soir. Le
Chevalier, dont le cachot se trouvait à une
élévation de seize pieds environ du sol de la
cour, avait dû, en outre, fabriquer une corde
pour effectuer sa descente : il l'avait tressée
de longues bandes découpées dans une cuolte de nankin et dans la toile de son matelas. Sorti, par ce moyefl, dans les cours pendant la nuit, il avait attendu l'heure, très
matinale, où l'on apporlait, du dehors, le
pain des prisonniers. Le concierge du Temple
avait l'habitude de se recoucher après arnir
reçu le boulanger et la porte restait ou,·erte
,1 un quarl d·heure et plus pendant que la
livraison du pain se faisait aux guichets 2 ».
Certes, on s'évadait du Temple, comme de
toute autre prison: l'histoire de la vieille tour
comporte d'illustres exemples de détenus enlevés, par leurs amis, à la barbe des geôliers
el de la garde; mais que de compères ne fallait-il point recruter pour de tels coups de
main! Étant donnée la topographie du Temple, tel qu'il existait en 1807, il paraît impossible que, sans complicité du dehors, un
howmc panînl seul à percer, en quelques
beurr.s de temps, un mur épais de deux mètres et à traverser l'ancien jardin du grandprieur d'où il aurait dù, pour gagner la rue,
soit escalader le mur d'enceinte de l'enclos,
soit passer par le palais et ses cours pour
arriver à la première porte, celle de la rue
du Temple, qui restait - comme le dit le
procès-verbal - ouverte, chaque matin, pe1;,dant vingt minutes, à l'heure du boulanger.
L'invraisemblance du succès nous porte à
penser que, si Le Chevalier réussit à triom1. Bulletin de police des 21-22 dCcembre 1go7,
2. Procès-verhal de l'èvasion de Le Chevalier, de
la prison du Temple.

pher d'une telle série d'obstacles, c'est qu'on
lui facilita la besogne .
Réal mit à ses trousses l'homme qui, depuis dix ans, était le plus intime confident
des secrets de la police, celui qui avait mené
les affaires les plus délicates, telle que l'enrôlement de Querelle ou l'arrestation de Pichegru, l'inspecteur Pasque. Celui-ci s'adjoignit le commissaire Beffara et tous deux
entrèrent en quête.
Licquet, prévenu l'un des premiers de la
disparition de Le Chevalier, en avait immédiatement tiré parti en montrant à Hme Ac•
quet la lettre annonçant l'évasion, qu'il eut
· soin de lui présenter confidentiellement
comme étant son œuvre. Cela lui valut une
copieuse déclaration de la prisonnière reconnaissante; elle vida cette fois tous les tiroirs
de sa mémoire, revenant sur des faits déjà
révélés, [\joutant des détails, racontant toutes
les allées et venues de d'.-\ché, ses fréquents
voyages en Angleterre, la façon dont David
l' Intrépide effectuait le passage du détroit.
Licquet cherchait surtout à éveiller les souvenirs qu'elle pouvait avoir des relations de
Le Chevalier dans la société parisienne : elle
savait bien que cc plusieurs per~onnages en
place étaient du complot n, mais, malheureusement, elle ne se rappelait pas leurs
noms, C! quoiqu'elle les eùt entendu prononcer, notamment par le notaire Lefehne
avec lequel Le Chevalier correspondait h ce
sujet;; J&gt;. Pourtant, comme le policier insistait amicalement, elle prononra textuellement ces paroles, que Licquel nota avidement:
(( - Un de ces personnages est dans le
Sénat; le sieur Lefebvre le connait; un autre
a été en place pendant la Terreur et on peut
le reconnaitre aux: indices suivants : il roit fré-

_ _"

quemmenl Mme Ménard, sœur de Mme veuve
Flahaut, laquelle a épousé Il. de ... , actuellement ambassadeur en Hollande, à ce qu'on
croit. Cette dame vit tantôt à Falaise, tantôt
à Paris où elle doit être en ce moment. Ce
même individu est pelit, brun, un peu bossu;
il a beaucoup d'esprit, de moyens, el pos~ède au plus haut degré le talint de l'intrigue. Les autres personnages sont riches: la
déclarante ne peut en préciser le nombre ....
Le Chevalier lui apprit qu'à Paris les affi,im
allaient bien, qu'on y attendait également la
nouvelle de l'arrivée rlu prince pour s'y prononcer•. l&gt;
Licqnet exigea que !!me Acquet répéiàl
devant le préfet ces déclarations si graves; le
25 décembre, elle les confirmait et les signait
dans le bureau de Savoye-Rollin; le soir même,
Licquet cherchait à mettre des noms sur tous
ces anonymes; l'almanach impérial à la main,
il parcourut, avec la prisonnière, la liste des
sénateurs, des grands dignitaires, des notabilités de l'armée et de l'administration, mais
sans succès. - « Les noms prononcés devant elle, écrÎ\'aÎt-il à Réal, se sont effacés dt.:
sa mémoire. Lefebvre nous fera peut-être
connaître les personnages 5 • ,1
Le notaire, en eJTet, depuis qu·11 voyait les
choses s'assombrir, était dewnu, avec Licquet, d'une loquacité intarissable. JI pleurait
de peur quand il se trouvait en présence du
préfet el promettait de dire loul ce qu'il
savait, en suppliant qu'on prit pitié c&lt; d'un
infortuné père de famille ». Cette fois il
parla, et sî nettement que Licquet lui-même
en demeura abasourdi. Le notaire tenait, en
effet, de Le Chevalier, que le jour où le duc
de Dcrry débarquerait sur les cùtes, l'empereur serait arrêté par deux of!iciers généraux
1( qui se trou"aient sans cesse à ses côtés et

Clicht Neurdein frères

PALAIS DE jU&amp;TICE DE fiOUEN : SALLE OES A~SISES.

::i. Î1'flisième déclaration de lime Acquel, :'.O décembre 1807. Archives du greffe de la Cour d'assises
de Jloucn.

4. Troisiêmc dCc!aration ile Mme Acquet.
5. l.ellrc de Licquct à Réal. Arcl1h·cs nationales,
8171.

!1 7

�1l1STO'J{1Jl

,·asion. Ce qu'on ne peut, par malheur, étamencement d'aoùl, l'enfant avait été amené blir, c'est la part que prirent à celte comédie
qui di~posaient, chacun, d'une armée de à Paris el placé chez la dame Thiboust, belleA0.000 hommes "! El quand, amené devant sœur de Le Chevalier, qui demeurait rue des Fouché et Réal : en lurent-ils les instigateurs
ou les dupes; estimèrent-ils &lt;1u'ils devaient
le pré[et, pour ). répéter celte accusation,
feindre de l'ignorer ou ne fut-eUP, en réalité,
Lefebne eut nommé ces deux généraux, Sa- Martyrs•.
Comment se senit-on du fils pour capturer que l'œuvrc d'agents suba\tP.rncs travaillant
voye-Rollin en resta médusé au point qu'il le père1 C'est un m1slère que nous n'avons
n'osa insérer ces noms au procès-verbal de pu complètement éclaircir. Les récits qu'on à l'insu de leurs ehefs? Personne, en tout
l'interrogatoire: bien plus, il se refusa à les a donnés de ce haut fait policier sont évidem- cas, ne crut un instant « au mur de deux
tracer de Sa main et il exigea que le notaire ment fantaisistP.s; ils restent, tout au moins, mètres percé, en une nuit, à l'aide d'une
lui-même consignât par écrit cc blasphème inexplicables si l'on n'admet pas l'intervention fourchette », pas plus qu'à , l'échelle de corde
devant lequel reculaient les plumes officielles : de quelque compère trahissant Le Chevalier taillée dans une culotte de nankin ". l\éal, en
revanche, ré\"Oqua le concierge de la prison,
Ll•rehm.i a~urc - écrirail à Réal SalOye-Rolaprès lui avoir donné des preuves non équi- fil mettre aux [ers le geôlier Savard el exigea
lin - que le Che,alier n'a jamais ,·oulu lui nom- ,·oques de dévouement. .\insi on a dit que
un rapport « de toutes les circonstances de
mer tous les con:-piratcur!'i. Lefebne en a ccprn- Réal, t&lt; recourant aux procédés extraordid:mt nommé dtiux, donl l'un ~urtoul c!-l :!&gt;Î consi- naires 1&gt;, aurait fait arrêter « la belle-sœur nature à faire connaître les intelligences que
lll•l'aLle el qu'il esl si i1nrai~cmhlahle de rencontrer et la fille du fugitif pour les jeter aux prisons le détenu devait a\"oir dans l'intérieur de la.
prison pour faciliter sa sortie' ».
là que je ne puis mème m'en figurer le soupçon.
de Caen, avec les galeux et les filles publiQue Licquet - soit directement, soit par
P,u· respect pour l'alliance auguste qu'il a contmctéc,
ques ». Le Chevalier instruit de leur incar- l'intermédiaire d'un agent tel que Perlet, en
je u'ai Point con~igné son nom dans l'interro~atoi1·c; je le joins 11 ma lettre dans une déclarahon cération - par qui1 - aurait offert de se qui Le Che,·alier avait certainement toute
constituer prisonnier si l'on mettait en liberté confiance - ail mis la main à celle évasion,
énite cl --ignée par le pr,hcnu.
les deux lemmes el la police accepta le marEt dans sa lettre se trouve, en effet, un ché:;. .\insi contée, l'histoire ne concorde voilà qui semble bien probable. Dès que le
prisonnier rut dehors, dès que Mme Ac'[uet
billet portant ces lignes:
point avec les documents que nous avons pu eut livré tous ses secrets pour prix de la
recueillir. Le Chevalier n'avait point de fille liberté de son amant, il ne s'agit plus que de
Je déclare il M. le préfot cle la Scinc-lnréricurc
que Je!; deu'( générau'( que je ne lui ai pa~ nom- et l'on ne trome, du reste, nulle trace du le reprendre et les moyens qu'on ! emplop
uu:s dans mon interrogatoire de ce jour el qui
transfèrement à Caen de Mme Thiboust.
durent être bien peu avouables, car dans les
m'onl Hé dCsigné'- par le sieur Le Chevalier sont
L'autre version n'est guère plus admissible. rapports adressés à l'empereur, tenu journelles généraui. : füm:-iWOîTE ET ,h,!-~'.'i\,
A peine hors du Temple, le proscrit n'aurait lement au courant de toute l'affaire, les périLEt'ED\RE 1.
pu, assure-t-on, résister au désir de Yoir son péties en sont manifestement défigurées. \'oici
lils el aurait fait prier - par qui encore? les laits qu'on ne peut mettre en doute: Le
Bernadotte et \!asséna ! .\u ministère de la
!lme Thiboust de le lui amener au passage
police on affecta de rire beaucoup de celle des Panoramas. Naturellement la police suivit Cbe,,alier a,,ait tromé dans Paris « une rebonne folie; mais peut-être bien que ceux la lemme et l'enfant el Le Cheralicr lut cueilli traite impénétrable où il aurait pu braver
impunément les efforts de la police ll; Fou11ui connaissaient les dessous de certai.nes
dans leurs bras. On a peine à s'imaginer ché, spéculant sur les sentiments du fugitiî,
vieilles rivalités, et Fouché tout le premier,
qu'un homme aussi habile se fût à lui-même décerna aussitôt un mandat d'amener contre
jugèrent la chose moins ridicule et moins
dressé un piège aussi enfantin, et son aven- Mme Thiboust. Par qui Le Chevalier fut-il
invraisemblable qu'ils ne l'avaient déclarée
tureuse existence ne l'avait-elle pas, dès informé, dans sa cachette, de l'arrestation de
tout baut. li n'était que temps d'arrêter Liclongtemps, habitué à vivre séparé des siens1 sa belle-sœur? C'est là que se place, évidem,1uet dans son cn'[uêle. Ce diable d'homme,
La vérité est autre, certaineme:nt. Il im- ment, l'intervention d'un tiers. Toujours estavec sa manière de fouiller jusqu'au tréfonds
porterait d'abord de savoir qui avait ouvert il que le proscrit écrivit au ministre, « lui
la conscience de ses prisonniers, était de taille à Le Chevalier la porte de ,a prison : une
offrant de se représenter aussitôt que la liberté
, découuir qu'il n'y a,ait en France que Bo1
de ses parentes, Mme Noël, racontait plus serait rendue à la femme qui servait de mère
naparte qui r,,t partisan de l'empire. C'étaient
tard « qu'on avait fait au détenu, s'il Youlait à wn fils ,. Fouché fit amener en sa prélà, en toul cas, des idées à ne point mettre
dénoncer ses complices, des offres d'emploi » sence Mme Thiboust el lui délivra un saufen circulation et, de ce jour-là, Réal se jura
repoussées par lui avec hauteur : comme il conduit de huit jours pour Le Chevalier,
bien que jamais Le Chc,·alier ne di\'Ulgucrail
devenait embarrassant, on donna ordre aux « avec l'assurance positive et réitérée de dondevant un tribunal d'aussi dangereuses mé~
geôliers « de le laisser sortir sur parole dans ner à. celui-ci un passeport pour l'Angleterre
disanccs, si Pasque et Beffora réussissaient à
l'espoir qu'il ne reviendrait pas » et qu'on
aussitôt qu'il se liuerait 5 ».
le retromer.
pourrait le condamner pour évasion. Le CheLa dame rentra chez elle, rue des !lartirs,
Les deux agents avaient établi une surveilvalier profila de cette faveur, mais il rentra oi Le Che,·alier, pré,·enu, vint la trouver :
lance sur les routes de Normandie, mais sans à l'heure dite : ces tolérances n'avaient rien
r1rand espoir; Le Chevalier qui, depuis huit d'anormal dans cette étrange prison, théàtre c'était le 5 jamier 1808, au soir. li çouvrit
;os, avait dépisté tant d'espions el érnnté tant de tant d'aventures à jamais mystérieuses; de caresses son petit garçon et le fit CtJUcher
de r1uet~apens était considéré comme impre- Desmarets ne raconte-t-il pas que le concierge dans son lil : l'enfant se souvint toujours des
nable : il lut repris pourtant et, de même Boniîace laissait sortir du Temple un Ilrison- baisers qu'il reçut celte nuit-là ....
Mme Thiboust, fort peu rassurée par la
que son évasion parait l'tre le résultat d'une nier d'État d'imporlance, sir Sidnej Smith,
combinaison policière, de même, dans la fa- « pour se promener, prendre des bains, diner promesse de Fouché, suppliait son beau-frère
çon dont il retomba aux mains des agents de en ville, même aller à la chasse ll : le com- de prendre la fuite.
- Non, non, répliquail-il, - et c'est en
Réal, croit-on bien reconnaître le tour de modore ne manquait jamais de revenir cou~
ces
termes mêmes que, plus tard, elle rapmain de Licquet. Celui-ci seul, en effet, était cher dans son cachot et « reprenait en renportait
sa réponse, - « le ministre a tenu sa
assez renseigné pour indiquer le cou~. Dans
~a parole ll.
parole en vous rendant la liberté, je dois
ses longues conversalions avec ~lme Acquet, trant
li fallut donc bien que quelqu'un se charil avait appris que, en quittant Caen au mois geàt de faire sortir du Temple Le Cheralier, tenir la mienne; l'honneur le veut: hé!iter sede mai précédent, Le Chevalier avait conr.é puisque celui-ci ne se décidait pas, quand il rait une faiblesse, y manquer serait un crime».
Le 6 au matin, persuadé - ou feignant
son fils, àgé de cinq ans, à sa servante, Marie
était dehors, à fausser compagnie à ses geôllumon, a,•ec ordre de le conduire chez un liers; cl voilà qui explique le simulacre d'é- de l'être - que Fouché allait faciliter son
passage en Angleterre, il embrassa son ensien ami d'Évreux, le sieur Guilbol. Au cornfant et sa helle-sœur.
3. Il. Fornerou, Jli,toirr gb1érole des i.migrés,
1..\n:hhes nalionales, F' 817 l.
•l O~laraüon de Marie Uumon, scrvanle de I.e
7
Çh~-valier. A.rchi\·cs 11a.tionalcs, F 8171.

t. 111. p. 608.
4. Registres du Temple. Arch. de la préf. de police.

r,. l\enseigoements 1mt1culicrs.

-.---------

.

Al~on~, dit-il, c'est_ aujourd'hui le jour
des Rms' c est un beau JOUr; faites dire une
mes~e pour nous et préparez le déjeuner; je
serai de retour dans deux heures 1.
De~x beu:es plus tard, l'inspecteur Pasque
le ré1?tégrait au Temple et veillait à ce qu'il
fût mis « fers aux pieds et aux mai us, au sec:et le plus rigoureux, sous la surveillance
d_ un agen_l de _police qui ne derail le quitter
m JOur. n~ n~il ». Le soir même, Fouché
adress,1t a I empereur un rapport spècial •
n~lle mention n'i•tait faite de la chevaleresq~~
dcmarche de Le Chevalier : il 1· était dit
,les
l " .
que
agen s s eta1ent saisis de cc brigand chez
une f~mme a~ec laquelle il a,·ait des relations
et ,9u ~ls aYa1ent pu se jeter sur lui avant
&lt;1u
· Il fil usao-e
° de ses armes, ,, • Le 'l, au matin, 1e commandant Durand, de l'état-major
de_ la P,lact•' se présentait au Temple el faisait
le~er I éfr~u du prisonnier\ qui comparaissait à m1d1 devant une commission milit.iirc
a.sse°:1blée daas une salle de l'état-m.ijor, quai
\oltair~, n'. 7. Celte juridiction expéditive pa1~rass~1t s1 sobrement qu'aucun de ses doss1c:s na ~ubsisté : elle jouait dans l"oraanisalton sociale le relie d'une trappe sur laq~elle
on poussait les gens dont on était embarrassé.
li y eut des condamnés dont on ne connait le
so:t. que parce qu·oo retrouve leurs noms
gr1Ho_nné: sur un feuillet à demi déchiré, qui
servait d en~eloppe à des rapports de police.
Le Chevaher lut condamné à mort : à qua('•. h~urcs il quittait l'hôtel de l'état-major et
ctait "';'°~é à_ la prison de !'Abbaye en attendant I e~ccu~1on. ?andis qu'on ,·aquait aux
prép~rat,r~, ,_l écrlVlt à !!me Thiboust, restée
depms l~ms ;ours sans nouvelles, cette lettre
q~• parvrnl le lendemain à la pauvre lemme
desolée :
Ce samedi, 0 jamicr 180:i.
~e lais mo~rir, ma sœur, et je mus lè..,ue mon
fil;- Je ne f:u.s aucun doute ,1ue ,ou.." au;cz jlOur
lut tous le~ ~ms cl toute la tendrc!-.~e d'une mère.
.\~ez au.&lt;:si'. Je ,·ous prie, pour former ~n ârne et
~o? caracler~, la, fermeté et la vigilance c1ue j'aurais eues mo1-meme.
~lal~eurc~scment,. en mus lég-uanl cel rnfant
CJ?• m est ~1 ch:r, JC ne peux y joind1·c le legs
d ?uc. rortur~e cgalc i1 celle que mes parents
· • 1p
tm avaient .laissée en héritarrC'
'o · C'est la, prrncipa
~utc. &lt;JUC_ J~ m~ r;p;ochr dans le cours de ma \'ÎC
d ~vo1!· d1mmue I beritagl' qu'ils m',irnient trarn;m1s. Elevez-le selon sa fortune actuelle et faitc-,-h•
pl~tùt _artisan. s'il Ir faut, que de le confier à de,
~oms ctrangcrs.
. Un de, mes pl~s grnnds regrets en quitt,mt Ja
v1~ est d en sorltr sans noir témoigné ma rccon:1 ,·ous cl il \'Olre lille • ,\d.,e u, JC
· vnTa1
· •
..na,s,ancc
.
J _c~pcre ~ans rnlre sournuir et ,·ou.s me rcrez
\"Jll'C au,'i1 dans celui de mon ms.
Li:: C.11uun,;1;•.

La nuit était venue, une nuit d'hiver froid
et br~meuse ', quand le fiacre qui de1ai~
condmre le condamné au supplice vinl se
ranger devant la porte de !'Abbaye : le trajet
Hense!g11cme11ls_ particulier3.
Bul/~1111 de police du 5 jam·icr 1808.
Heg1s~rcs ùu Temple.
Hensc!gncm~nl particu_licr.
j_ Bulletm de I Observatoire, o janvier 1808 .

1.
~.,_
4.

était long de Saint-Germain-des-Prés à la barr,'ère par les rues du Four el de Grenelle
1avenue de l'Ecole-\lilitairc el le chemin'.
a!ors. tortueux et .sans nom, qui est aujourd hui la rue Dupleix, Il faisait, ce soir-là, un

CIIA.liVEAIJ-LAG,\nDE.

brouillrd humide 4ui épaississait encore la
nmt : es curieux, sans doute, furent rares•
et le spectacle, pourtant, dut être sinistre :
su.r ce t:rrain pelé, contre le mur de l'en~
cernte, s adossait le condamné, descendu du
fiacre arrêté dans l'angle formé par le b.'itiment de la barrière de Grenelle. L'usao-e
pour1 les · fusillades
de nuit • était de pIacer
o '
•
su; a po1trmc_ du supplicié une lanlerne allumee q?1 servait de cible aux hommes.
A six heures, tout était terminé : tandis
q,ue le pel~ton rentrait en ville, les îosso~·curs
s approchaient d~ corps tombé au pied du
mur et l~ po.rt~ient au cimetière de Yaugir~r_d i un Jard1mer du ,•oisina"'e et un rentier
Y~e!llard. de quatre-,·ingts an~, que la curio~
site
h avait
· amenés près du cada,-re d~ ce
c ouan mconnu, ~ervirent de témoins à 1
rédaction de l'acte de décès•....
a
. La mo;l de_ Le Chevalier mit fin à l'instrucllo_n de _I affaire du Quesnay : il était de ces
pr1sonrnr~s dont le grand juge disait &lt;&lt; qu'on
~~ po~vait
metl~e en liberté, mais que
I mtéret de l Etat e11ge~it qu'ils ne comparussent
pas dc,·ant des JU"es
.
.
o », et l' on crai~na,t, en pous~ant plus arant les investir1al1o~s., d'être .entrainé. à quelque vaste pr~ès
poh11que qm mettrait en émoi tout l'ouest
de la France, toujours prêt à l'insurrection
e~ que les rapports montraient comme orgamsé pour_ une nourclle Chouannerie. li est
Lien certam que la capture de d'Aché aurait
6. Extrait d_u rrgi~tre des otles de d· .,_ 1 1

t:~

commune_ de .~augira.rd.
8

ccc~ ( e a

torl)1,/ d~~~~~~/ ffc·éd~td de d~ci:s de :\rmand-~ïcnelle, à ,·augirard 1 :igé de ~·f°,J,osu8r,
pl~menédcù. G,~e1
~
mois,
,ire

TOU1t_NcBUT

_ _ ,,,

sin,guliè~emcnt. gêné Fouché et, en attcndan t
qu _on put le !aire disparaitre comme Le Che\"al1er, il préférait, de beaucoup, le voir échapper aux. poursuites de ses agents i l'absence
de _ces chefs du complot allait permettre de
prescnter l~ vol du 7 juin comtnt' un simple
acte de brti;andage auquel la politique était
tout à fait etra,wère.
Ü? imposa do~c sil~nce aux baYarda"es du
nota1.re L~fc~vre, en proie à une incontÎucnce
Je denonciat10ns qu'il n'interrompait que pour
~e ~a~enter et maudire ceux qui l'avairnt entram: dans cette aventure; on modt-ra le zèle
d~ Ltequet à qui le préfet confia le soin de
"énéral de l'an:aire,
.
0
drcd1gcr
l ,le rapport
.
ce
ont! s acqmtta si bien que son volumineux
t:ava1l par~~ à Fouché assez « lumineux et
c1r~ons.1anc1c pour ètre soumis tel quel à Sa
~!aJestc 7 JJ. Puis on commença, sans hâte à
s occuper
du proces
, .· 1·1 1ali ait. mterro11er
.
' rt
f
con ronter, suiv~nt les formes, les qua;antes,ept pe~sonnes mcarcérées; de ce nombre
1accusat1O~ ne retint que trente-deux prérn~u.s, d?nt vrngt-trois étaient présents. C'étaient
Fl1crle, llarcl, Grand-Charles Fleur d'E- .
et L. c 11·mcey
·
prne
qui,· sous les •ordres d' \lia
avaient attaqué le chariot·, la ma rutsec
q · ,&lt;ln,
Ch
orn ray, sa fille et Je notaire Lcfcbne instigateurs
du crime.' Gousset , 1e vo1tur1cr
.• . ·
.1. 1
JJ.. exa_ndre. Bu&lt;Juet, Placène, Vannier, Lan~
gelleJ'
L
.. qut avaient recélé les fonds.
L' Chau ,e. 1
dante, e&lt;_&gt;mme complices, puis les aubergiste;
e . ouv1gny, d'Aubigny et d'ailleurs u i
avaient nourr.i les brigands. Les accusés ~bsents ou _fugllifs étaient d'.\ché, .\llain, Le
Lorault
fill
D dit la Jeunesse
.
• Joseph Buquet, 1a
t e
upont, pms des amis de Le Chevalier
:u de Lefebvre compromis par les révélations
D
,ae ce dermer : GCourmaceul , Révérend ,us• uss~y, etc.... renthe dit Cœur-de-lloi était
!11°r~ ~ la Conciergerie pendant J'enquête. Le
Jard,mcr
l 'é tait
.
. • 'd' de lime . de Combray , Cb't
ac,s
~uic1 e. que14ucs Jours après son arrestation
Q_uant ~.Placide d'Aché et à Bonnœil, on dé~
c1da ?u ils ne seraient point mis en jugement
et &lt;JU on. les l~a_du_irait plus tard devant une
commission mi_hta1re : on écartait manifestement du p~occs tout ce qui aurait pu lui
donner une importance politique.
,_Mme_ de Combray, édifiée enfin sur le genre
d rntéret
.
dque lm avait_ témoi"ne'
. o L.1cquet, et
menue
u
pays
des
,1/uswns
ou' 1e po 1·1cier
.
l' . . h .
avait s1. ab1le~ent" promenée, avait pu enfin
commumquer directement avec sa f 'Il .
so n filI s 1·imoI'con n' avait jamais approm·é,
am, •on·
se le ra~pelle, ses compromissions politiques
~t depnis la l\érolu_tion, il s'était tenu à l'écar;
e Tournebut.
. Mais,
, . à la première nouvc•Ile
. .
des. arrestallons,
. . ,aisant trê\'e à des r écnm1na
1
wns
trop
tac1les,
il
élait
accouru
s
fi
àp
•
e ner
,ouen po~r etr~ à portée de ,a mère el de
son . frère pmonmers.
. banB
. Les lettres qu•·t1 ec
.
.,gea1l arec
. onnœ,l,
, dès qu'il lui lut permis
11 er les detenus indiquent d 1
ue
conse1
d l'
d ,
•
, e a part
e un et e 1autre, un grand sens de la
tCahados). l.a déclaration à nous r11-1
Nl)CI Langlois, jardinier àn-é de ir,, e padr JactJUCS•
• •" . , o
,,., ans cmcura 11
. ,1
cl_os f euqu1er •. ,aug1r_ari!, cl Louis IJacheÙcr
taire, rue _de Sèn:es, a \augiranl, âgé de -9
1 proprie7. ,\rcluves nat;onalcs, p S\ 71.
aus.

�IDSTO'R,1.Jl

_______________________________________.,

situation, une irréprochable honnêteté et une
récipro11ue et profonde amitié. Cette famille,
que Licquel se plaisait à représenter comme
uniquement composée de gens haineux, libertins ou égarés, nous apparait, dans ces cor-

respondances intimes, sous un jour bien difCérent; les deux frères sont pleins de respect
pour leur mèrej ils témoignent à leur sœur,
malheureuse et coupable, un attachement
attendri; jamais un mot de reproches, jamais
une allusion aux faits connus et pardonnés :
tous sont ligués contre l'ennemi commun,
contre Acquet, qu'un::mimcment ils considèrent comme l'auteur de tous leurs maux 1 •
A son retour du Temple, fort des serdces
louches qu'il uait rendus, celui-ci était renlré triomphant à Donnay; il ne cherchail pas
il dissimuler sa joie des catastrophes qui accablaient les Combray, et il les traitait déjà
en ennemis vaincus.
On tint donc conseil : l'avis de Bonnœil et
de Timoléon, comme aussi celui de la mari .\rchivcs ,le la fami!IC' d&lt;' ~aint-\ïctor.

quise, était de tout sacrifier pour sauver
!lme Acquet; ils n'ignoraient pas que les
dénoocialioos intéresst!es du mari faisaient
d'elle la principale coupable et que !'accusation devait peser presque entièrement sur
elle. Ils résolurent de faire appel à CliaureauLagardc, auquel le périlleux honneur d'assi~ter, devant le tribunal révolutionnaire, la
reine ,Jarie-Antoinette avait valu un renom
illustr1 l.f! grand avocat consentit à se charf!er de défendre )lme Aquet : il enmp à
HrlUcn, pour étudier l'affaire, un jeune secrétaire nommé IJucolomLier, qui halJitait
ordinain:menl arec lui : cf - un intrigant,
se disant médecin i,, écrirait dédaigneusement Licquct. Ducolombier se flia à Rouen
et rornmf nça par examiner la filuation, plus
que trouble, de la fortune des Combray. Depuis 11lu~ieurs année!&lt;, lJ marquise, aux
abois, arait consenti à la vente de quelqucsun~s de ses propriétés; Timoléon dut requérir des inscriptions hypothécaires pour la
1

•

:.! ••hdiirl's dC" la famille de Saint-\ïctor.

cousenation des droits de ses sœurs et de
ses propre:i créances; el, tout autant pour
parer au désastre financier qui menaçait 1&lt;a
famille que dans l'espoir d'ètre utile à sa
mère en atténuant, par acte authentique. sa
responsabilité, il pro,·oqua et obtint, devant
le tribunal de Louviers, la mise en curatelle
de Mme de Combray•.
Un arrêt de la Cour de cassation du 17 moi
1808, dessaisissant de l'affaire la cour de
Caen, en avait attribué la compétence à la
cour de justice criminelle et spéciale de la
Seine-Inférieure. C'est donc à llouen que,
« pour c.,usc de sûreté de l'État», allait se
dérouler le procès 11ui, d'arance, passionnait toute 1a Normandie. La curiosité était
singulièrement excitée par ce crime c!1ra11ge,
commis par des clames de thâteau, et l'on
s'allcndait à des révélations surprenantes,
l'instruction apnt duré plus d'un an cl a)"ant
mobilisé une yJritable armée de témoins,
appelés tant de la région de Falaise que des
alentours de Tournebut.

(A suivre.)

G. LENOTRE.

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1

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~

•

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                  <text>La revista Historia Magazine Illustré Bi-mensuel fue creada por un ex librero que se convirtió en editor Jules Tallandier, En diciembre de 1909, se publicó el Léame histórico con el título Historia. La revista dejó de publicarse entre 1937 y 1945. La revista publica artículos y dossieres en los que participan destacados historiadores. Los archivos se detallan en una publicación bimensual temática.</text>
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                <text>Historia Magazine Illustré Bi-mensuel, 1911, Año 2, No 50, Diciembre 20</text>
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                    <text>�	&#13;  
Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 1. Núm 1. enero-junio 2015, pp.1-2
ISSN: 2395-8448

	&#13;  

Presentación del primer número de
Política, Globalidad y Ciudadanía
Gerardo Tamez González
Doctorado en Gerencia y Política Educativa.
Pertenece al Sistema Nacional de Investigadores de CONACYT, Perfil PROMEP.
Pertenece al Cuerpo Académico «Gestión y política educativa».
Director de la Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública de la UANL.
Email: gerardo.tamezg@uanl.mx

Es con enorme placer que presento el primer número de la revista arbitrada de la
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública de la Universidad Autónoma de
Nuevo León: Política, Globalidad y Ciudadanía.
El propósito de la revista es publicar artículos académicos de la más alta calidad en la
disciplina de la ciencia política, incluyendo todas las sub-áreas propias de la misma. Cabe
destacar que todos los artículos deben pasar por un riguroso proceso de revisión por pares a
doble ciego para asegurar la calidad de los mismos. De la misma forma, se publicarán reseñas
sobre libros de reciente publicación y que seguramente tendrán un gran impacto en la
disciplina. La revista se publicará dos veces al año (junio y diciembre) y se publicara tanto en
inglés como en español.
Este primer número cumple plenamente con los requisitos que se establecieron para el
éxito de la revista, incluyendo un riguroso proceso de arbitraje por pares. Los cinco artículos
de investigación y tres reseñas de libros son de la más alta calidad, ofreciendo aportes originales
y sólidos a diversas áreas de la disciplina y con referencia a zonas geográficas muy variadas. De
la misma forma, los autores provienen de instituciones de educación superior e investigación
en México, Brasil, Italia, Alemania y Colombia, ofreciendo una panorama de excelencia y
diversidad tanto nacional como internacional. Sin duda alguna este número ha marcado la
pauta para seguir en los futuros números.
Mi agradecimiento a los autores de los artículos de este primer número por compartir
sus trabajos y confiar en la revista para su publicación. Para nosotros es un gran honor contar
con sus aportes e inaugurar Política Globalidad y Ciudadanía con los resultados de sus
investigaciones. De la misma forma, es importante reconocer el trabajo de los revisores
ánonimos que ofrecieron retroalimentación y críticas constructivas para asegurar la calidad que
se busca en esta publicación. Quisiera destacar además el papel y el apoyo del comité editorial
de la revista, incluyendo las autoridades universitarias, el comité internacional y el comité
nacional, que ha sido crucial para la publicación de este primer número. Muchas gracias a
todos. De la misma forma, me parece importante reconocer la labor de varios profesoresinvestigadores de la Facultad de Ciencias Políticas a la hora de promover este importante
proyecto incluyendo la Subdirectora de Investigación, el Editor Responsable, al Coordinador
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

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�Gerardo Tamez González

de LACOP quien promovió la fundación de la revista hace ya tres años, y por supuesto a la
Coordinadora de la revista un agradecimiento especial.
Política Globalidad y Ciudadanía ha superado una de las barreras más grandes al ver
publicado su primer número y conseguir la asignación de su ISSN. En los futuros meses
buscaremos incorporar la revista a diversos índices internacionales e nacionales y producir un
segundo número a la altura de éste primero. Es un gran reto pero la Facultad de Ciencias
Políticas y Administración Pública, busca producir una de las revistas de Ciencia Política más
importantes de México pero lo asumimos con gran satisfacción e ilusión. Les invitamos a
acompañarnos en este proyecto, como autores, revisores y lectores. Por lo pronto les invito a
leer y disfrutar los excelentes trabajos del primer número de la revista.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

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2	&#13;  

�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 1. Núm 1. enero-junio 2015, pp. 3-23
ISSN: 2395-8448

¿Qué dice la literatura sobre las Revoluciones de Color?
Aciertos y Desafíos
What does the literature say about the Color Revolutions?
Successes and Challenges
Angélica Rodríguez Rodríguez

Docente de Ciencia Política y Relaciones Internacionales de la Universidad del Norte
Miembro del Grupo de Investigación Agenda Internacional – Universidad del Norte
E-mail: angrodriguez@uninorte.edu.co
Fecha de envío: 7 de marzo 2015
Fecha de aceptación: 24 de mayo 2015

Resumen
Este artículo se erige como una reflexión acerca de la literatura especializada sobre las
Revoluciones de Color. Por una parte, señala los aciertos que se han dado en el tratamiento
académico de esta dinámica propia del espacio Euroasiático entre el año 2000 y 2006. Por otra
parte, se propone ofrecer una opción a los desafíos derivados del estudio de este tema
incluyendo a los movimientos sociales dentro del espectro de análisis. Inicia exponiendo el
porqué las Revoluciones de Color no pueden considerarse como revoluciones en el sentido
clásico del término debido, principalmente, a su componente no violento y al acotado alcance
de sus resultados. Posteriormente, el artículo avanza hacia la construcción de una definición
integradora de Revolución de Color y, finalmente, concluye resaltando la riqueza de incluir
otro tipo de actores colectivos dentro del análisis, tales como los movimientos sociales.
Palabras clave: Revoluciones de Color, literatura especializada, movimientos sociales, aciertos,
desafíos.
Abstract
This article offers a reflection on the specialized literature on the Color Revolutions.
On the one hand, it points out the successes within the academic treatment of the dynamic
that occurred in the Eurasian region between 2000-2006. On the other hand, it offers an
option to the challenges faced when studying this issue by including social movements within
its spectrum of analysis. It begins by describing the reasons why the Color Revolutions cannot
be considered revolutions in the classic sense of the term given, principally, their non-violent

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

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3	&#13;  

	&#13;  

�nature and the restricted nature of their results. Later, the article
advances towards the construction of an integrated definition of a Color Revolution and
finally, concludes highlighting the value of including other types of collective actors within the
analysis, including social movements.
Keywords: Color Revolutions, specialized literature, social movements, successes, challenges.

Siglas

Organizaciones No Gubernamentales

ONG

Revoluciones de Color

RC

Unión Europea

UE

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Entre el año 2000 y 2006, Eurasia postcomunista 1 fue escenario de masivas protestas
postelectorales, encaminadas a denunciar el fraude y a exigir la anulación de los resultados obtenidos
en los comicios. Estos eventos, denominados Revoluciones de Color (RC a partir de ahora),
generaron una transferencia de poder no prevista en los cauces institucionales en países tales como
la antigua República Federal de Yugoslavia (RFY a partir de ahora), hoy Serbia2; Georgia y Ucrania,
mientras que en Azerbaiyán y Bielorrusia estuvieron seguidos por el afianzamiento de gobiernos de
tinte autoritario3.La denominación de RC se debe justamente a que estos eventos rememoran la
manera pacífica en la que se puso fin al monopolio del poder político del Partido Comunista
checoslovaco mediante la Revolución del Terciopelo de 1989 y asimismo, busca destacar el marco
no violento y el fuerte componente simbólico que caracterizó a estas protestas.
Esta explosión de RC trajo consigo un gran interés académico que busca dar cuenta de dichos
fenómenos desde diversas aproximaciones tales como las precondiciones institucionales y sociales,
los detonantes de las RC y las razones del éxito o el fracaso de las mismas, entre otras. Con relación
a los actores políticos que protagonizaron las RC, la mayoría de los estudiosos han centrado sus
investigaciones en la figura de los líderes políticos, prestando poca atención al rol desempeñado por
otro tipo de actores como los movimientos sociales. Es por tanto que el presente artículo se erige
como un intento por ampliar la escasa referencia hecha a dichos actores políticos colectivos,
vinculándolos a un marco teórico más amplio.
El desmoronamiento de la URSS estuvo seguido por la expansión universal de la democracia,
en la que se promovió una concepción minimalista de la misma. Esto es, un método político
entendido como un concierto institucional para llegar a ciertas decisiones políticas, esencialmente a
la designación de los gobernantes (Schumpeter, 1983). En este sentido, muchos de los estudiosos del
tema continúan asignándole un gran peso a la figura del Estado y al régimen político, especialmente
a partir de las propuestas derivadas de los enfoques neo-institucionales propuestos por autores tales
como Linz y Stepan (1996) y O´Donnell y Schmitter (1986), y las propuestas desarrolladas por
internacionalistas como Carr, Niebuhr, Schwarzenberger, Kennan, Kissinger, Wight, Bull, Aron y
Hoffmann, que desconocen el aporte que actores no estatales han hecho a este proceso (Salomón,
2002).
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En términos geográficos, Eurasia comprende Europa y la mayor parte de Asia, pero no el subcontinente Indio ni el
Chersky Range, área montañosa al noreste de Siberia. La tradición europea ha considerado históricamente a Europa y
Asia como continentes separados a través de una línea divisoria ubicada entre los Dardanelos, el Bósforo, las montañas
del Cáucaso, el rio Ural y los montes Urales, habiéndose normalizado esta propuesta a lo largo del mundo. Estos dos
grandes espacios a su vez se subdividen en regiones tales como Europa Occidental, Europa del Este, Sureste Asiático,
Asia Central y Asia Occidental, con marcadas diferencias culturales, religiosas, históricas y lingüísticas. A menudo,
también se emplea el término Eurasia en la política internacional como una forma neutral para referirse al área
comprendida por los Estados postsoviéticos (Sengupta, 2009).
1

2La

RFY estuvo vigente hasta 2003, fecha en que pasó a denominarse Serbia y Montenegro. Esta última dio lugar a dos
Estados independientes cuando Montenegro declaró su independencia el 3 de junio del 2006. Puesto que el epicentro de
la Revolución Negra se desarrolló en Belgrado, capital de Serbia, y Montenegro no tuvo un rol protagónico durante estos
eventos, a partir de este momento y a lo largo de todo el texto se hará referencia a la Revolución Negra de Serbia.
3La

Revolución de los Tulipanes de Kirguizistán de 2005, al ser un proceso donde se presentaron niveles relativamente
altos de violencia tanto por los manifestantes como por las fuerzas de seguridad del Estado, no encaja completamente en
el modelo ideal de las RC y por ende ha sido excluido tanto del análisis del presente artículo como de gran parte de la
literatura especializada sobre este tema. Cuando se incluye en los trabajos adelantados por expertos (véase Marat, 2006),
se suele destacar que los niveles de violencia del caso kirguizo difieren significativamente del resto de RC.
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Sin embargo, la tarea de la promoción democrática no solamente ha estado en manos de los
Estados. En este proceso, y sobre todo a partir de la llamada tercera ola democrática, también han
intervenido diferentes actores dentro de los que se destacan los movimientos sociales, los partidos
políticos y las organizaciones internacionales, entre otros (Huntington, 1994). La participación de
estos actores en el fomento de las prácticas democráticas, ha contribuido a la estructuración de una
definición de la democracia más allá de lo procedimental, inscrita en la consecución de principios
como la igualdad en las relaciones sociales y económicas así como en la participación popular
extendida en los procesos de toma de decisiones en todos y cada uno de los niveles de la política
(Collier y Levitsky, 1998).
Ahora bien, la tarea de redefinir lo que significa el fortalecimiento de la democracia debe
superar el carácter residual de los actores de la sociedad civil. Debe ser formulada a partir del
elemento de la oposición política, tal y como fue concebida por Dahl (1996), y no en los términos
tradicionales que aluden al conjunto partidos en controversia con el proceso de formación de la
voluntad política y de la toma de decisiones. La oposición debe entenderse como aquella integrada
por diversos actores no estatales con diversos intereses, responsables en la actualidad de los procesos
de cambio social, de la transformación de las formas tradicionales de participación política y de la
transición hacia una nueva forma de entender la democracia misma como se observa en los párrafos
siguientes sobre cada una de las RC.
En Serbia, las elecciones presidenciales que desataron las manifestaciones tuvieron lugar el 24
de septiembre de 2000. En esta oportunidad, la Comisión Federal Electoral anunció que puesto que
ninguno de los candidatos en contienda había alcanzado más del 50% de los sufragios, debía
realizarse una segunda vuelta, en la que se elegiría al Presidente de entre los dos aspirantes con
mayor número de votos obtenidos: Slobodan Milošević, del Partido Socialista Serbio y, Vojislav
Koštunica, candidato de la coalición de partidos denominada Oposición Democrática de Serbia.
Este anunció fue seguido por las protestas que tuvieron lugar entre el 24 de septiembre y el 5 de
octubre del 2000, y que serían bautizadas como la Revolución Negra de Serbia4. Este nombre se
deriva del color identificativo del movimiento social Otpor (Resistencia), cuya elección simbolizaba
por una parte la radicalización de la postura de la oposición política y, por otra parte, pretendía ser
una parodia de los uniformes usados por las fuerzas de seguridad del Estado.
En Georgia, el fraude perpetrado en las elecciones parlamentarias del 2 de noviembre del 2003
generó movilizaciones en la capital, Tiflis, y posteriormente a lo largo del territorio nacional. El 22
de Noviembre, fecha en que se inauguraron las sesiones del Parlamento, Mikhail Saakashvili,
Ministro de Justicia, irrumpió en el recinto portando una rosa, hecho simbólico que junto al uso de
esta flor por parte de los miembros del movimiento social Kmara (Basta), llevaría a bautizar las
movilizaciones de noviembre de 2003 como la Revolución Rosa. De esta manera, Saakashvili quería
demostrar que estaba desarmado y que en nombre de los georgianos pedía pacíficamente la renuncia
del Presidente Eduard Shevardnadze, quien ante la intensificación de las movilizaciones dimitió al
día siguiente. Así pues, la Suprema Corte anuló los resultados de las elecciones parlamentarias y las
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4La

Revolución Serbia del 2000 también se conoció inicialmente como la Revolución Buldócer, debido a la repetición
por parte de diferentes medios internacionales de la imagen de un Buldócer estacionado frente al Parlamento durante las
protestas del 5 de octubre del 2000. Esta imagen sería interpretada como un símbolo del deseo de los serbios por
terminar de raíz con el régimen de Milošević, pero posteriormente perdería fuerza frente a la propuesta más difundida e
interiorizada por los serbios de identificar las protestas postelectorales con el nombre de Revolución Negra.

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reprogramó para marzo del 2004, a la vez que convocó nuevas elecciones presidenciales para el 4 de
enero del mismo año.
En Ucrania, luego de la segunda vuelta de las elecciones presidenciales celebrada el 21 de
noviembre del 2004, la Comisión Electoral declaró la victoria de Víktor Yanukovich, del Partido de
las Regiones, sobre Viktor Yuschenko, candidato de la coalición Nuestra Ucrania. Este
pronunciamiento desató una oleada de protestas que se prolongó hasta el 8 de diciembre, fecha en
que se acordó realizar la repetición de la segunda vuelta 18 días después. Dichas protestas serían
bautizadas con el nombre de Revolución Naranja, debido a que los manifestantes y los activistas del
movimiento social Pora (Es la hora), inundaron las calles con banderas y atuendos de este color,
elegido por la oposición para simbolizar el despertar democrático, frente al tradicional azul con
amarillo (colores de la bandera ucraniana) utilizado por el partido de gobierno.
En Azerbaiyán, las elecciones parlamentarias del 6 de noviembre del 2005, otorgaron 116 de
los 125 escaños disponibles a los partidos simpatizantes del presidente IlhamAliev, cabeza del
Partido Nueva Azerbaiyán, frente a nueve escaños obtenidos por el bloque opositor Azadliq
(libertad). De nuevo, y tomando como referente el caso ucraniano, los activistas del movimiento
social YeniFikir (Nuevo Pensamiento) junto con la oposición, protagonizaron una segunda
Revolución Naranja, pero a diferencia de la vivida en Ucrania, las protestas iniciadas el 9 de
noviembre del 2005 fueron disueltas de manera violenta por las fuerzas de seguridad 17 días después
de iniciadas y los resultados electorales fueron ratificados.
Finalmente, las elecciones presidenciales bielorrusas del 19 de marzo del 2006, en las que el
Presidente-candidato Aleksandr Lukashenka (independiente entre 1992 y 2007) superó por más de
80 puntos porcentuales a Aleksandr Milinkevič, candidato de la coalición opositora. Por la Libertad,
dieron paso a una serie de protestas entre el 20 y el 25 de marzo del 2006, que se denominaron
Revolución Azul. Este nombre se debe a la utilización de chaquetas de bluyín por miembros del
movimiento social Zubr (Bisonte), quienes eligieron este símbolo ampliamente asociado a la cultura
occidental para expresar su simpatía hacia los valores democráticos a los que se oponía Lukashenka.
Al igual que en Azerbaiyán, las protestas en Bielorrusia terminaron siendo dispersadas violentamente
por las fuerzas de seguridad y Lukashenka fue reelegido como Presidente del país.
Como puede vislumbrarse en los párrafos anteriores, los movimientos sociales tuvieron una
presencia constante y significativa dentro de las RC y fueron parte importante de la oposición
política que desafió el statu quo establecido en dichos países. Para efectos del presente artículo, se
adopta la siguiente definición de movimiento social:
Actores colectivos de carácter movilizador (y, por tanto, un espacio de participación) que
persiguen objetivos de cambio a través de acciones (generalmente no convencionales) y que
para ello actúan con cierta continuidad, a través de un alto nivel de integración simbólica y un
bajo nivel de especificación de roles, a la vez que se nutre de formas de acción y organización
variables. (Ibarra, Martí i Puig y Gomá, 2002, p.29)
Debido a la complejidad de estos procesos y a la multiplicidad de actores intervinientes en los
mismos, un solo enfoque resultaría insuficiente a la hora de abordar las dinámicas revolucionarias
referenciadas. Así pues, y a pesar de la existencia de varias aproximaciones tal y como se mencionó

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en párrafos anteriores, la literatura sobre el tema ha priorizado el rol de las élites, tanto
gubernamentales como de oposición, dejando por fuera de las líneas de investigación a otro tipo de
actores relevantes. En breve, se ha indagado con mayor profundidad sobre los actores sujeto del
desafío que sobre los actores retadores. Es por tanto que este artículo propone una aproximación
complementaria para el estudio de las RC, que incluya a los movimientos sociales dentro del
espectro de análisis. De esta manera no se busca competir con las aproximaciones clásicas, sino
enriquecerlas y robustecer las propuestas existentes. Para ello, la primera parte del documento
ofrece una reflexión acerca del porqué las RC no pueden considerarse como revoluciones en el
sentido clásico del término, para posteriormente, brindar una definición propia que no solamente
agrupa y resume los principales elementos señalados por los autores más representativos, sino que
responde a las siguientes preguntas: ¿qué son las RC?, ¿dónde ocurrieron?, ¿cuándo sucedieron?,
¿quiénes fueron sus protagonistas?, ¿cuáles fueron sus principales características?, y ¿cuál era su
objetivo?.
Subsiguientemente se realiza un breve recorrido por las clasificaciones propuestas acerca de la
literatura sobre las RC, destacando las taxonomías realizadas por autores tales como Tucker (2007),
Silitski (2010) y Polese y Ó Bechaín (2011) y, finalmente, se ofrece una nueva clasificación de dicha
literatura de acuerdo a la formulación de tres interrogantes: ¿cuál fue el detonante de las RC?, ¿por
qué algunas tuvieron éxito mientras otras fracasaron? y; ¿por qué se detuvieron en el 2006? En el
tratamiento de cada una de estas tres preguntas queda de manifiesto la falencia existente a la hora de
dar cuenta del aporte realizado por los movimientos sociales en las RC, especialmente en lo referente
a la unidad de la oposición, la convocatoria de actores sociales y la movilización postelectoral, y por
ende la pertinencia de este artículo concebido como un intento por contribuir a llenar este vacío.
Hacia una Definición de las RC
Desde el estallido de la primera RC, la Revolución Negra de Serbia del 2000, el término RC
comenzó a ser utilizado de manera amplia, primero por los medios de comunicación y
posteriormente dentro de la literatura académica que buscaba dar cuenta de estos eventos.
Resulta evidente que las definiciones de revolución como las propuestas por Tilly (1978) o
Skocpol (1979) 5 , no capturan la esencia de las RC en una forma adecuada (Tudoroiu, 2007).
Siguiendo con este orden de ideas, aunque las RC conservan ciertos rasgos de las revoluciones
clásicas tales como el papel preponderante que ocupa la ideología, el descrédito público del orden
vigente y la subsistencia de la participación de movimientos de masas, la principal diferencia radica
en que no fueron violentas (Fairbanks, 2007). Sumándose al debate de si estos eventos constituyen
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5Era

de esperar que las revoluciones socialistas – de acuerdo al Marxismo clásico se suponía que seguirían después y se
aprovecharían de los logros de las revoluciones burguesas-democrática- hubieran ocurrido únicamente en países que
nunca hubieran establecido sistemas políticos democráticos-liberales en primer lugar (Skocpol, 1994). Para Tilly (1978),
una revolución consiste en “una transferencia por la fuerza del poder del Estado, proceso en el cual al menos dos
bloques diferentes tienen aspiraciones, incompatibles entre sí, a controlar el Estado, y en el que una fracción importante
de la población sometida a la jurisdicción del Estado apoya las aspiraciones de cada uno de los bloques”. Por su parte,
Skocpol (1979) hace referencia al término de revolución social, definidas como “rápidas transformaciones básicas del
estado de una sociedad y las estructuras de clase, acompañadas y en parte logradas a través de revueltas populares desde
abajo”, y se acerca al mismo medianteuna perspectiva estructural. Para la autora resulta determinante encontrar
regularidades en situaciones históricas dadas que son las que explican este tipo de revoluciones (De Andrés y Ruíz
Ramas, 2009).
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ejemplos de revoluciones en el sentido clásico, Way (2008) sostiene que desde una perspectiva sociocientífica estos eventos no deberían ser considerados como revoluciones sino como cambios de
régimen o simples degradaciones autoritarias. Igualmente, Tucker (2007) asevera que en estos casos
la palabra revolución no conlleva las consecuencias de cambio profundo y de largo plazo ligadas a
este tipo de eventos, sino que en los casos exitosos como el de Serbia en el 2000, Georgia en el 2003
y Ucrania en el 2004, hace referencia al hecho que las fuerzas de oposición lograron derrocar el
régimen vigente, mientras en los casos fallidos como el de Azerbaiyán en el 2005 y Bielorrusia en el
2006, las protestas postelectorales estuvieron seguidas por el fortalecimiento de la regla autoritaria.
Dependiendo del enfoque y del mayor o menor peso asignado a determinados factores, la
definición de RC propuesta por cada autor puede hacer énfasis en ciertos elementos y variar de
manera moderada (ver Tabla 1).
No obstante, a pesar de las diferencias existentes, las definiciones propuestas comparten cinco
elementos comunes: 1) las RC no deben entenderse como revoluciones en sentido clásico del
término de acuerdo a lo expuesto anteriormente; 2) el espacio geográfico en el que se desarrollaron
se corresponde con el de Eurasia postcomunista; 3) la temporalidad en que se presentaron
comprende desde el año 2000 hasta el 2006; 4) el núcleo duro de las definiciones lo constituye las
protestas postelectorales y; 5) se subraya el fuerte contenido simbólico y la no violencia que
caracterizó estas protestas.
En un intento por recoger y sintetizar los principales elementos expuestos por los principales
autores de este tema, se ha planteado una definición propia de las RC que busca responder los
siguientes interrogantes: ¿qué son las RC?, ¿dónde ocurrieron?, ¿cuándo sucedieron?, ¿quiénes
fueron sus protagonistas?, ¿cuáles fueron sus principales características?, y ¿cuál era su objetivo?
Teniendo en mente estas preguntas se ofrece la siguiente definición: las RC fueron protestas
postelectorales que tuvieron lugar en Eurasia postcomunista entre el año 2000 y 2006. Fueron
detonadas por el fraude electoral, protagonizadas por la oposición y se caracterizaron por un fuerte
contenido simbólico y el uso de la no violencia. Mientras en el corto plazo reivindicaban el
reconocimiento de resultados electorales legítimos o la realización de nuevos comicios libres y
justos, en el largo plazo el objetivo recaía en la institucionalización de un sistema democrático. El
nombre de RC hace alusión a la manera pacífica en que se desarrolló la Revolución de Terciopelo
checoslovaca de 1989 y a su vez se deriva de la utilización simbólica de colores o nombres de flores
empleados como elementos de identificación por parte de la oposición, particularmente por los
movimientos sociales, actores relevantes tanto para el surgimiento y la caracterización, como para el
desenlace específico de los eventos revolucionarios.

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Tabla 1. Definiciones de las RC
Definición

Autor
Valerie
Sharon
(2009)

Bunce y
Wolchik

Han adoptado una definición más neutral: Revoluciones Electorales, para destacar el hecho que las
protestas ocurrieron dentro de un marco de elecciones fraudulentas.

Katya Kalandadze
y
Mitchell
A.
Orenstein (2009)

Comparten la definición de McFaul (2005), excepto por la violencia; elemento que para los autores
ayuda a distinguir entre revoluciones electorales exitosas y fallidas. En las revoluciones exitosas no
hay rasgos de violencia, mientras las revoluciones fallidas son a menudo reprimidas por medios
violentos. Lo que hace únicas a las revoluciones electorales es la presencia masiva de manifestantes
en favor de un rasgo clave de la democracia: unas elecciones libres y justas que le den a la oposición
la oportunidad de ganar. El hecho de que le gente tome las calles para defender sus derechos
democráticos le da a las revoluciones electorales un sentido de legitimidad, interna e internacional,
de las que otras protestas masivas pueden carecer.

Michael
(2005)

McFaul

Se refiere a revoluciones electorales y hace énfasis en cuatro rasgos: 1) una elección fraudulenta
sirve como catalizador para las protestas electorales; 2) La oposición hace uso de medios extra
constitucionales, dentro de los que se cuentan protestas masivas, para defender la causa
democrática; 3) Debido a la disputa de los resultados electorales tanto gobernantes como
candidatos de la oposición declaran su autoridad; y 4) Ambos bandos evitan cualquier uso
significativo de la violencia.

Abel
Polese
y
Donnacha
Ó
Beachaín (2011)

Cada vez con mayor aceptación pero no de manera universal se hace referencia a las revoluciones
de color como protestas postelectorales que tuvieron lugar en Serbia, Georgia y Ucrania y a las
demostraciones que tuvieron lugar en otros Estados postsoviéticos. El significado simbólico del
color no debe ser subestimado. Un color en algunas ocasiones ha sido la vía para expresar la
discrepancia sin necesidad de hablar, ha tenido un impacto visual sustancial y ha sido el símbolo
que unió emocionalmente y políticamente a los manifestantes. No se estima que el término
revolución de color sea engañoso, desprovisto de valor descriptivo porque se han centrado en la
sustancia más que en la forma de las protestas.

Vitali Silitski (2010)

Las revoluciones de color son cambios políticos a lo largo del mundo postcomunista que pueden
ser divididos en tres categorías: 1) elecciones transformadoras; 2) evoluciones electorales como tal;
y 3) levantamientos populares postelectorales.

Joshua
(2007)

Término para referirse a los eventos acontecidos entre los noventa y dos mil en ciertos países de
Europa del Este y las Repúblicas postsoviéticas. El uso de la palabra revolución no implica que
conlleva las consecuencias de largo plazo de esos eventos, sino que se usa para identificar que las
fuerzas anti-régimen fueron exitosas derrocando el régimen en vigor. Específicamente lo empleó
para referirse a la Revolución Negra de Serbia en 2000, la Revolución Rosa de Georgia en 2003, la
Revolución Naranja de Ucrania en 2004 y la Revolución de los Tulipanes de Kirguizistán en 2005.

Tucker

Lucan Way (2008)

Las RC corresponden a la segunda ola de transiciones en Europa del Este y Europa Central. En
muchas definiciones socio-científicas estos eventos no deberían ser considerados revoluciones sino
cambios de régimen o simples degradaciones autoritarias. Sin embargo, por simplicidad y en línea
con muchos observadores de las revoluciones de color, usa el término para referirse a los casos
postcomunistas de cambio autoritario.

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Aciertos: Las Primeras Clasificaciones de la Literatura sobre las RC
Desde comienzos del siglo XXI y hasta la actualidad, se ha producido una abundante
bibliografía sobre las RC. Joshua A. Tucker (2007), fue el primero de los autores en proponer una
clasificación de la literatura existente y expuso que hasta ese momento, las explicaciones sobre las
RC seguían una de las siguientes tres vertientes: el primer set de explicaciones ubicó a las RC dentro
del amplio marco del mundo de la post Guerra Fría, donde se vislumbraba una tensión entre oriente
y occidente dentro del panorama europeo. La segunda aproximación se centró en la naturaleza de
los movimientos de oposición, haciendo especial énfasis en las coaliciones de partidos políticos y;
una tercera línea, enfocada a explicar el éxito de las RC, argumentó sobre la inhabilidad de los
Presidentes - candidatos para consolidar sus regímenes autoritarios (ver Figura 1).
Tucker (2007) criticó las orientaciones anteriores, al señalar que se trataban de análisis basados
esencialmente en las élites y como contraprestación, propuso explorar qué pasaría cuando se pone
en el centro del análisis a la masa pública que participó en estas protestas. Siguiendo este orden de
ideas, el autor se preguntó ¿por qué los manifestantes de las RC eligieron la calle luego del fraude
electoral? La respuesta ofrecida por este autor establece que cuando hay grandes agravios por parte
del régimen y la manifestación produce altos costos frente a pocas oportunidades de éxito, la
mayoría de los ciudadanos decide no desafiar el régimen. En el caso de las RC, el fraude electoral es
concebido como un elemento clave a la hora de resolver el problema de la acción colectiva,
particularmente en sociedades donde los ciudadanos han sufrido grandes agravios por parte del
régimen, y por ende funciona como detonante de la movilización.

Figura 1. Clasificación de la literatura sobre las RC (Tucker, 2007)
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Tres años más tarde, Vitali Silitski (2010) ofreció una nueva recopilación de la literatura
relativa a las RC, en la que identificó dos paradigmas dominantes en este campo. El primero se
centraba en las precondiciones domésticas requeridas para el cambio de régimen, tales como una
débil capacidad represiva para combatir los desafíos de la oposición democrática y eventualmente, el
conflicto creado entre la intención del grupo dominante para garantizar la sucesión de su autoridad y
la necesidad de su legitimación democrática. El segundo enfoque hacía referencia al efecto bola
nieve o de contagio, y criticaba la comprensión de los eventos revolucionarios desde la aproximación
de las precondiciones domésticas, puesto que fallaba a la hora de explicar el porqué transiciones
electorales similares en el espacio euroasiático postcomunista tuvieron lugar aún en contra del
escepticismo no sólo de los analistas y observadores, sino también de las sociedades en las que se
generó un cambio de régimen (ver Figura 2).

Figura 2. Clasificación de la literatura sobre las RC (Silitski, 2010)
La recopilación más reciente sobre la literatura relativa a las RC fue generada por Polese y Ó
Beachaín (2011). Estos autores sostienen que aunque el debate de las RC ha sido enmarcado
principalmente dentro de la pugna estructura vs agencia, no deben dejarse de lado otros factores
explicativos tales como la difusión y el rol de la oposición política. Además de esto, Polese y Ó
Beachaín han sido los primeros autores en introducir a la sociedad civil como actor relevante dentro
de las RC (ver Figura 3).
Aunque partidarios de la propuesta que hace énfasis en la estructura, e innovadores de la
misma al incluir en el espectro de análisis a actores no estatales, también reconocieron el importante
aporte realizado por los estudiosos de las RC que han optada por la agencia, entendida como el
“conjunto de acciones deliberadas, detalladas, coordinadas y profundamente planeadas tomadas por
un amplio rango de jugadores políticos internacionales pero especialmente domésticos” (Bunce y
Wolchik, 2009, p. 23).

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Abel	&#13;  Polese	&#13;  y	&#13;  
Donnacha	&#13;  Beachaín	&#13;  
(2011)	&#13;  

Estructura
(Way, 2005)

Agencia
(Bunce y Wolchik,
2006)

Difusión
(Beissinger, 2007)

Oposición

Sociedad Civil

Figura 3. Clasificación de la literatura sobre las RC (Polese y Ó Bechaín, 2011)
Una vez mencionadas las principales recopilaciones realizadas hasta el momento sobre la
literatura relativa a las RC (Tucker, 2007; Silitski, 2010 y; Polese y Ó Bechaín, 2011), acto seguido se
propone una nueva clasificación que integra los elementos más relevantes de las propuestas
expuestas anteriormente y que pone de manifiesto la necesidad de integrar a los movimientos
sociales dentro del análisis teórico sobre las RC. Siguiendo con este orden de ideas, la literatura ha
sido agrupada con el objetivo de dar respuesta a tres interrogantes: ¿cuál fue el detonante de las RC?,
¿por qué algunas tuvieron éxito mientras otras fracasaron?, y ¿por qué se detuvieron en el 2006?
Desafios: Hacia una Nueva Clasificación de la Literatura
¿Cuál fue el detonante de las RC?
Con relación al primer interrogante: ¿cuál fue el detonante de las RC? se han ofrecido
diferentes respuestas a partir del modelo de la difusión, el fraude electoral, la dinámica de la post
Guerra Fría y la elección institucional propia de estos países. A continuación se abordará
brevemente cada una de estas cuatro propuestas. Siguiendo a Polese y Ó Beachaín (2011), no es
posible encontrar un punto claro del inicio de las RC, pero se puede argumentar que su referente
directo más importante fueron las elecciones parlamentarias del 25 y 26 de septiembre de 1998 en
Eslovaquia. En esta oportunidad, los cuatro partidos que configuraron la oposición lograron hacerse
con la victoria frente a la coalición tripartita que apoyaba al Gobierno de Vladimír Mečiar. Aunque
técnicas electorales similares a las desplegadas por la oposición eslovaca habían sido empleadas
durante años por movimientos de oposición en las regiones post-socialistas, Eslovaquia proveyó el
prototipo de estrategia que sería desarrollada de manera amplia dentro de las RC y acuñó los
elementos clave para la explosión de las protestas postelectorales. Esta experiencia inspiró el
surgimiento y desarrollo de otros movimientos en la región, que con cada éxito revolucionario y con
el acceso a nuevos recursos, fueron mejorando paulatinamente la estrategia inicial.
En este sentido, hay tres aspectos de la campaña eslovaca particularmente valiosos para el
proceso de aprendizaje de los movimientos sociales en las RC: 1) la coordinación de una campaña
cívica con líderes de la oposición, lo que generó que diferentes frentes trabajaran en conjunto en
torno a metas comunes. 2) El establecimiento de redes con actores externos tales como los Estados
Unidos y la Unión Europea (UE a partir de ahora), cuya intervención ayudó a limitar el nivel de
represión durante la campaña electoral e incidió en la prevención del fraude electoral en 1998. 3) La
campaña desplegada por el movimiento OK’98, Obcianska Kampan (Campaña de educación cívica),

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basada en la no violencia y cuyo éxito a la hora de atraer votantes a las urnas hizo de ésta una de las
principales estrategias adoptadas por los movimientos posteriores. La elección presidencial del 2000
en Serbia constituyó una de las máximas expresiones de esta última estrategia, puesto que los
activistas de Otpor lograron que cientos de miles de jóvenes apáticos frente a la política,
transformaran su percepción en torno a las elecciones y votaran por primera vez en unos comicios
que cambiaron radicalmente el escenario político serbio.
Siguiendo con este orden de ideas, desde el modelo de la difusión las RC deben ser entendidas
como eventos interconectados y no sólo como producto de las decisiones tomadas por los actores
en el ámbito local. Los vínculos entre los casos de democratización han sido la norma, en vez de la
excepción y, a su vez, esos vínculos han afectado los resultados (éxito/fracaso) revolucionarios.
Dicho de otro modo, los actores de las RC, principalmente los movimientos sociales, se prestaron
entre sí tácticas, formas organizativas, consignas e incluso logos. De este modo, a diferencia de
autores como Way (2008) quien sostiene que las RC no deberían pensarse como eventos de una ola
interrelacionada, puesto que cada una pudo haber ocurrido aún si los demás casos en el vecindario
no se hubieran materializado y aún sin la influencia de redes transnacionales, cada RC exitosa
produjo una experiencia que fue conscientemente adoptada por otros, expandida por las
Organizaciones No Gubernamentales (ONG a partir de ahora) y emulada por movimientos sociales
locales, formando el contorno de un modelo de difusión (Beissinger, 2007).
Los elementos básicos de este modelo giran en torno a seis aspectos: 1) el fraude electoral
entendido como el detonante de las movilizaciones masivas en contra de los regímenes pseudodemocráticos, 2) El soporte externo para fortalecer a los movimientos democráticos locales, 3) La
organización de grupos radicales de jóvenes que emplearon tácticas de protesta no convencional
antes de las elecciones, con la finalidad de minar la popularidad del régimen y exigir la renuncia de
los Presidentes – candidatos autoritarios, 4) El establecimiento de una oposición unida, 5) La presión
diplomática externa y un amplio e inusual monitoreo electoral, y 6) Una movilización masiva y no
violenta ante el anuncio de fraude electoral, estrategia propuesta por el gurú de la resistencia pacífica
en occidente, Gene Sharp.
El segundo elemento propuesto para responder a la pregunta de cuál fue el detonante de las
RC hace énfasis en el fraude electoral. Las RC, tanto la Revolución Negra de Serbia del 2000, la Rosa
de Georgia del 2003, la Naranja de Ucrania del 2004, la Naranja de Azerbaiyán del 2005 y la Azul de
Bielorrusia del 2006, comparten el rasgo común de girar en torno a una elección fraudulenta
(Tucker, 2007). En todos los casos, una elección (presidencial o parlamentaria) tuvo lugar y los
resultados fueron vistos como ampliamente manipulados por el régimen en vigor. Como resultado,
se generaron protestas masivas encabezadas por movimientos sociales, que en Serbia, Georgia y
Ucrania decantaron en el reconocimiento de la victoria de la oposición, mientras que en Azerbaiyán
y Bielorrusia estuvieron seguidas por el afianzamiento de las élites tradicionales en el poder. De
acuerdo a este planteamiento, el fraude constituiría un importante marco dentro del cual se crean las
oportunidades para movilización, porque parafraseando a Beissinger (2007), los regímenes se tornan
más vulnerables durante el ciclo electoral.
Por otra parte, se encuentran dos conjuntos de explicaciones de tipo geopolítico sobre el
detonante de las RC (Tucker, 2007). Como se mencionó anteriormente, el primer set de
explicaciones ubica estos eventos dentro del marco de la post Guerra Fría, específicamente en la
pugna librada entre Oriente y Occidente dentro del contexto europeo. Este argumento a menudo
toma una de las dos formas siguientes: 1) la primera aproximación se centra en la ayuda ofrecida por
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varios actores de occidente a los miembros de la oposición en Eurasia postcomunista, temerosos de
que el liderazgo de sus países podría llevarlos a un patio de permanente exclusión europea, en
general, y de las instituciones europeas tales como la UE, en particular, 2) Especialmente popular en
Rusia, la segunda aproximación generada dentro de esta perspectiva ubica a las RC en el contexto de
las luchas geopolíticas de la post Guerra Fría por el dominio entre Rusia y Occidente,
específicamente sobre áreas que habían sido largamente consideradas bajo la esfera de la influencia
soviética.
El segundo conjunto de explicaciones se ha centrado en la naturaleza de los movimientos de
oposición política (conformados principalmente por coaliciones de partidos), en cada uno de los
países escenario de las protestas postelectorales. En pocas palabras, ha subrayado cómo los grupos
de oposición han aprendido a lo largo del tiempo a ser más efectivos, bien sea gracias a sus
experiencias previas, o a través de la transmisión de información de actores externos y en particular,
de actores pertenecientes a países que han experimentado su propia RC.
Finalmente, la última explicación sobre cuál fue el detonante de las RC se deriva de la
presencia del presidencialismo patronal en esta región del mundo. Este tipo de institución está
marcada por oscilaciones regulares y razonablemente predecibles entre periodos de alto cierre
político y periodos (algunas veces repentinos) de apertura política, incluyendo los fenómenos
típicamente llamados RC. La apertura sólo termina en último caso en verdadera democratización si
envuelve un cambio en las instituciones fundamentales del presidencialismo patronal. En suma, las
RC deben ser entendidas no como avances democráticos sino como fases de contestación en los
ciclos del régimen, y resultan exitosas si gana la oposición (Hale, 2006).
A pesar de que la pregunta ¿cuál fue el detonante de las RC? ha encontrado respuestas en el
modelo de la difusión, el fraude electoral, la dinámica de la post Guerra Fría y la elección
institucional, no debe subestimarse la influencia de los movimientos sociales en los orígenes de las
RC, en tanto estos actores resultaron determinantes a la hora de movilizar a la sociedad en contra del
fraude electoral. No solo esto, fueron los movimientos sociales quienes en la mayoría de los casos
modelaron los símbolos (colores y flores) que identificaron a estos eventos y, quienes atravesaron las
fronteras nacionales para capacitar a nuevos activistas en lugares con conato de revolución,
contribuyendo de esta manera a la creación de un complejo, diverso y creativo repertorio de
contienda política. Una vez presentada esta primera clasificación relativa al origen de las RC, se
expondrán los principales planteamientos de la literatura concerniente al éxito o fracaso de dichos
eventos, entendido este como el cambio o permanencia del régimen que se retaba.
¿Por qué Algunas RC fueron Exitosas y otras Fracasaron?
Con relación a la segunda pregunta ¿por qué algunas RC tuvieron éxito mientras otras
fracasaron?, los académicos han hecho énfasis principalmente en los factores estructurales y los
factores contingentes. Mientras que dentro de los primeros se destaca el papel de las élites, dentro
de los segundos se hace mención al Modelo Electoral propuesto por Bunce y Wolchik (2009). No
obstante, y aunque estas dos propuestas han dominado el grueso de la literatura sobre el tema en
cuestión, también se han ofrecido otras propuestas, muchas veces complementarias a las dos grandes
vertientes, dentro de las que cabe destacarse la fuerza del ejemplo.
Antes de hacer referencia a los factores estructurales y contingentes, debe mencionarse que
McFaul (2005) fue el primero en proponer una lista de elementos comunes que unen los casos de
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Serbia en el 2000, Georgia en el 2003 y Ucrania en el 2004 como casos de éxito revolucionario.
Estos casos de ruptura autoritaria se parecen entre sí y se diferencian de otras transiciones
democráticas, en cuatro aspectos críticos: 1) en los tres casos, el inicio para el cambio de régimen fue
una elección nacional fraudulenta, no una guerra, una crisis económica, una división entre las élites
dominantes, un choque externo, un factor internacional o la muerte del dictador, 2) Los retadores
democráticos desplegaron medios extra-constitucionales para defender la constitución democrática
existente, en vez de buscar generar nuevas reglas del juego político, 3) Cada país acogió por un
tiempo la competencia entre retadores y retados y los clamores simultáneos para mantener la
autoridad soberana, uno de los sellos de la situación revolucionaria, 4) Todas las situaciones
revolucionarias terminaron sin violencia masiva. Por otra parte, los Presidentes – candidatos
ordenaron el uso de métodos coercitivos incluyendo asaltos a periodistas y candidatos de la
oposición y la clausura de medios independientes. No obstante, no llamaron al ejército o a las
fuerzas de seguridad para reprimir las protestas, como sí ocurrió en los casos de fracaso que tuvieron
lugar en Azerbaiyán y Bielorrusia.
Dentro de los factores necesarios para el éxito, Mc Faul (2005) cita los siguientes: 1) la
vigencia de un régimen semi-autoritario en vez de uno totalmente autoritario, 2) La existencia de un
Presidente - candidato impopular, 3) La conformación de una oposición unida y organizada, 4) La
capacidad de saber rápidamente que los resultados electorales fueron falsificados, 5) Contar con
suficientes medios independientes para informar a los ciudadanos sobre el fraude electoral, 6) La
presencia de una oposición política capaz de movilizar manifestantes para protestar en contra del
fraude, y 7) Evidencia de divisiones entre las fuerzas coercitivas del Estado.
Igualmente señala que así como los factores anteriormente citados son determinantes para el
éxito de las RC, hay otros factores que no fueron importantes, dentro de los cuales se cuentan los
siguientes: 1) el estado de la economía o el nivel económico alcanzado por los países no jugó un rol
causal uniforme en los casos de avance democrático, 2) Los tres países tuvieron historias recientes
de tensiones étnicas o problemas que incluían guerras abiertas. No obstante, una completa
resolución de las disputas fronterizas no constituyó una precondición para el avance democrático, 3)
Las divisiones entre las líneas duras y suaves que apoyaban a los Presidentes – candidatos
autoritarios también figuran como poco importantes a la hora de impulsar el cambio democrático, 4)
La relación entre las élites políticas en el poder y occidente no tuvo un peso particular, 5) Los
programas de asistencia democrática de occidente jugaron un rol visible en todos los casos. Sin
embargo, la ayuda extranjera no jugó un rol independiente en ninguno de los avances, pero
contribuyó a la conflictividad aumentando o disminuyendo el valor relativo de cada uno de los siete
factores mencionados en el párrafo anterior como necesarios para el éxito revolucionario, y 6) La
calidad de los recursos positivos o plataformas elaboradas por la oposición en cada país, también
parece bastante insignificante.
A partir de la propuesta de Mc Faul (2005) se generó un interés por determinar los elementos
facilitadores del éxito en las RC, siendo los más ampliamente expuestos los factores estructurales y
los factores contingentes. Way (2008), argumenta que los factores estructurales, en oposición a las
dinámicas electorales y de difusión, constituyen la causa real de las recientes olas de triunfos
electorales sobre los dictadores en Eurasia postcomunista. Para el autor, las RC son casos de fracaso
autoritario en vez de casos de democratización. El colapso autoritario trajo democracia en la forma
de elecciones libres y justas y el fin de serias presiones del gobierno sobre los medios. En contraste,
la crisis autoritaria permitió la emergencia de nuevos gobiernos que retomaron muchos de los

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mecanismos autoritarios usados por sus predecesores, incluyendo fraude electoral y supresión de los
medios.
En breve, Para Way (2008) la crisis autoritaria está relacionada positivamente con la fortaleza
de los lazos con occidente y negativamente con la fortaleza del partido autocrático o del Estado del
régimen vigente. En este sentido, se deben tener en cuenta tres elementos: 1) la presencia de un solo
partido reinante y altamente institucionalizado, 2) Un extensivo y bien fundado aparato coercitivo
que ha ganado un conflicto significativo, y 3) control discrecional del Estado sobre la economía, de
jure o a través de la captura de una gran riqueza mineral como el petróleo o el gas.
En contraprestación a esta propuesta, surgió la iniciativa de que los vínculos entre los casos de
democratización han sido la norma en vez de la excepción y que dichos vínculos han afectado los
resultados (éxito/fracaso) de las RC (Beissinger, 2007). En los fenómenos modulares, la influencia
del ejemplo puede substituir algunos vacíos propios de la desventaja estructural permitiendo a
algunos grupos menos avanzados estructuralmente comprometerse en una acción exitosa gracias a la
influencia del ejemplo previo de otros casos. De esta manera, la imitación de éxitos precedentes es el
mecanismo básico que conduce a la expansión del fenómeno modular. El proceso del ejemplo se
diferencia de otros de contagio debido a que no se define por la proximidad o conformidad, sino
por la analogía y beneficios obtenidos a través de la asociación con el éxito previo.
Por otra parte, el cómo responden las instituciones al proceso modular sugiere si el impacto de
este proceso cambia sustancialmente o no. Esto dependerá, como es obvio, de las vías tomadas por
las instituciones dentro de dicho proceso. Indagando sobre esta dinámica, Beissinger (2007) ha
identificado cuatro condiciones que no necesitan estar presentes pero que aumentan las
posibilidades del éxito revolucionario. Estas son: 1) un grado representativo de apertura política; 2)
una tradición reciente de protesta, 3) la existencia de diferencias regionales entre grupos culturales
dominantes, y 4) control de la oposición sobre los gobiernos locales. Siguiendo la línea
argumentativa desarrollada por Way (2008), Beissinger (2007), se han identificado seis condiciones
estructurales que podrían ser necesarias para el éxito revolucionario: 1) la presencia de fraude
electoral, 2) una significativa representación de la oposición en el legislativo, 3) el año de
enrolamiento en la educación superior, 4) unos lazos débiles entre el régimen y los militares, 5) la
presencia significativa de diversas ONG promotoras de la democracia, y 6) La ausencia de una
economía exportadora de energía.
Dimitrov (2009) respalda la propuesta de Way (2008), que sostiene que los niveles de fortaleza
del régimen y los vínculos con occidente ayudan a explicar la crisis del autoritarismo, pero añade el
factor de la popularidad de los Presidentes - candidatos como elemento que puede contribuir a dar
cuenta de la resistencia autoritaria en la región. Así pues, los Presidentes - candidatos deben tener a
su disposición tres estrategias para asegurar su popularidad: 1) populismo económico: el gasto social
y el compromiso con las políticas de redistribución económica aumentan su aprobación pública, 2)
nacionalismo anti-occidente: en algunos países donde el sentimiento público no está a favor de
occidente, los Presidentes - candidatos pueden tener éxito previniendo la unidad de la oposición a
través de la retórica anti occidental; y 3) Control exitoso de los medios: incluye eliminar críticos del
régimen y control estatal sobre la prensa escrita, televisión e información electrónica. Controlar a los
medios les garantiza a los líderes autoritarios cobertura positiva y le niega a la oposición una
plataforma de participación. Estas tres estrategias producen altos niveles de legitimidad del régimen
así como de estabilidad del mismo.

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En contraposición a la propuesta de los factores estructurales, y de una manera más cercana a
la propuesta que se busca desarrollar, en la que se destaca el rol de los movimientos sociales dentro
de las RC, Bunce y Wolchik (2009) señalan que la clave del éxito revolucionario recae en los factores
contingentes. En crítica abierta a la propuesta ofrecida por Way (2008), las autoras sostienen que los
científicos sociales no pueden o no deberían reducir sus explicaciones causales a la influencia de una
categoría sencilla de causas, puesto que la estructura, la agencia y el proceso, todos son elementos
importantes. Es por tanto que no solo debe tenerse en cuenta el rol distintivo de las elecciones,
entendidas como espacios para el cambio político, sino también la difusión trasnacional de un
modelo particularmente efectivo para derrotar al dictador, denominado por las autoras como el
Modelo Electoral.
Por otra parte, así como ha sido importante para el éxito de las RC el aprendizaje de los
movimientos de oposición, el fracaso revolucionario ha estado influenciado por el aprendizaje de las
élites para reversar o neutralizar las estrategias de la oposición. Algunas élites políticas han sido
capaces de producir un antídoto para lo que consideraron un virus del color. Han tomado nota de
las lecciones derivadas del fenómeno de las RC y han estado suficientemente unidas, tomando
decisiones efectivas, mientras aseguran la obediencia tanto de los centros formales como de los
centros informales de poder dentro del Estado (Polese &amp; Ó Bechaín, 2011).
En este orden de ideas, la supervivencia del régimen, y por extensión el fracaso de la RC,
depende ampliamente de la capacidad de la élite gobernante de digerir las lecciones sobre cuál es la
mejor manera de neutralizar o contrabalancear las estrategias de los movimientos de la oposición. Se
sugiere que ha existido una estrategia, o set de acciones, que los regímenes han adoptado para frenar
el triunfo de las situaciones revolucionarias, de tal modo que las fallas a la hora de aprender esta
estrategia, o de aplicarla correctamente, podrían abrir el camino para las fuerzas de la oposición y el
cambio político en un país. Así pues, con cada intento de RC, las élites de Eurasia postcomunista
refinaron su comprensión de los procesos. En este sentido, si querían evitar compartir el destino de
Serbia, Georgia o Ucrania, las élites tendrían que tomar acciones preventivas en diferentes niveles.
La mayoría de los regímenes que habían presenciado el éxito de las RC en esos tres países,
comenzaron a identificar las características clave de las RC y a tomar medidas para asegurar que los
actores de la sociedad civil no fueran capaces de lograr el mismo grado de libertad que en dichas
sociedades.
El movimiento más notable con relación a estas actitudes fue la evaporación de la tolerancia
para las ONG, particularmente aquellas que habían sido identificadas como colaboradoras de los
movimientos de oposición. La contrarrevolución también avanzó en otras dimensiones: los medios
cayeron bajo un estricto control estatal, se suprimió y/o persiguió a los movimientos que intentaron
emular al Otporde Serbia, al Kmara de Georgia o al Pora de Ucrania y, se prohibió la entrada de
activistas extranjeros al país. Asimismo, los gobiernos que buscaban prevenir RC en sus territorios,
crearon movimientos juveniles pro-régimen como Nasha Rusia (Nuestra Rusia), con el objetivo de
contrarrestar el peso de los movimientos juveniles de oposición. En último lugar, algunos
regímenes, principalmente aquellos con importantes recursos naturales o con significativa
importancia estratégica, encontraron que podían escapar de la censura de occidente (Polese &amp; Ó
Bechaín, 2011).
Finalmente, Kalandadze y Orenstein (2009) han adoptado el término revolución electoral
propuesto por Bunce y Wolchik (2009) y han analizado todos los casos que se han presentado desde
1991, distinguiendo entre revoluciones electorales exitosas y fracasadas. A modo de conclusión
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afirman que las revoluciones electorales exitosas han mostrado ningún o insignificante progreso
democrático en sus etapas posteriores. Las revoluciones electorales han resultado poco efectivas a la
hora de promover el avance de la democratización, puesto que ponen demasiado énfasis en las
elecciones mismas y no en otros obstáculos fundamentales para la democratización de regímenes
híbridos y autoritarios.
Es así que la democratización ha sido lenta o nula en esos países, principalmente a causa de la
permanencia de sus profundos problemas estructurales, que las revoluciones electorales no estaban
equipadas para resolver. Las elecciones fraudulentas fueron sólo la punta del iceberg en esos países,
donde persisten otros problemas tales como la falta de una cultura de competencia política, una
estructura de partidos políticos poco desarrollada, conflictos de poder más allá del círculo electoral,
corrupción y falta de Estado de derecho, sólo por mencionar algunos. Sumado a esto, todos los
países que han experimentado una RC permanecen pobres o relativamente pobres y, dos de ellos,
Georgia y Serbia, mantienen disputas territoriales. Para terminar, se abordará el interrogante ¿por
qué se detuvieron las RC en el 2006?
¿Por qué se detuvieron las RC en el 2006?
Gran parte de las respuestas a dicho interrogante ha girado en torno a tres ejes fundamentales:
el agotamiento del modelo, el aprendizaje del modo de obrar de la oposición por parte de los líderes
autoritarios y, el efecto Darwin.
Con relación al agotamiento del modelo, Beissinger (2007) sostiene que el peso del ejemplo
afecta el comportamiento de la siguiente manera: la influencia del ejemplo aumenta gradualmente
con el tiempo y con cada éxito revolucionario. Eventualmente, llega a un punto culmen que
proviene tanto del peso acumulativo de los ejemplos de éxito como de la acción emulativa
multiplicada rápidamente a través de los grupos. Posteriormente, el modelo modular enfrenta un
segundo momento donde el efecto del ejemplo en las acciones subsecuentes comienza a disminuir
rápidamente y se apaga eventualmente.
Así mismo Bunce &amp; Wolchik (2009) sostienen que puesto que el modelo se expandió, los
autócratas fueron puestos en preaviso y comenzaron a desarrollar estrategias de contención,
quitándole de esta manera fuerza a la red opositora. Aunque los activistas locales emularon los
procesos observados fuera de sus países, lo hicieron sin mucha planificación y con grandes
constricciones de tiempo y recursos. Como todas las dinámicas de difusión, la expansión del modelo
electoral fue dispareja a través de la espacialidad y temporalidad, y tuvo diferentes consecuencias
locales, hasta que eventualmente llegó a su fin.
Con relación a la propuesta basada en el aprendizaje de los líderes autoritarios, se sostiene que,
las RC provocaron que las élites políticas en el poder de Azerbaiyán, Bielorrusia, Kazajistán, Rusia y
otros países de Eurasia postcomunista reforzaran los esfuerzos domésticos para prevenir desafíos de
la oposición. Las medidas anticipadas incluyeron restricciones de grupos de la sociedad civil y
persecuciones y sanciones a la oposición, así como limitaciones a la asistencia democrática (Polese y
Ó Beachaín, 2011).
El efecto Darwin propuesto por Silitski (2010), describe la contra-reacción a la ola de RC en
las autocracias de Eurasia poscomunista. Éstas se blindaron ante las posibles amenazas al poder
autoritario, mediante el fortalecimiento de las tendencias y la regla autocrática reinante en estos

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Estados. Mientras el efecto Darwin explica la contra-reacción autocrática interna, esto es, los
esfuerzos locales para adelantarse a la posibilidad del cambio de régimen, el efecto regional explica la
resistencia exterior al contagio democrático. Por una parte, como la ola de revoluciones golpeó la
región hostil al cambio de régimen, provocó la consolidación de las autocracias sobrevivientes a
través de la convergencia autoritaria. Esta fue expresada en medidas conjuntas, interacciones y
alianzas entre los Estados y regímenes en lo que había un interés por la extinción y reversa de la ola
de democratización. Por otra parte, la ola de revoluciones coincidió y aceleró la reafirmación
permanente de la hegemonía regional rusa, debido al temor de contagio expresado por el Kremlin,
en tanto dichos procesos de transformación democrática podría minar su posición dominante en la
región. Esta reafirmación de poder, facilitada por la dependencia de los países postsoviéticos de
Rusia, debilitó las expectativas para el sostenimiento de los avances democráticos y reforzó el
autoritarismo en la región.

Rodríguez (2014)

Detonantes de las RC
-Modelo de la difusión
(Polese y ÓBechaín,
2011)
-Fraude electoral
(Tucker 2007)
-Dinámica post Guerra
Fría
(Tucker, 2007)
-Elección institucional
(Hale, 2006)

Éxito y fracaso de las
RC

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-Factores estructurales
(Way, 2008)
-Modelo Electoral
(Bunce y Wolchik,
2009) 	&#13;  
	&#13;  

Finalización de las RC
-Agotamiento del modelo
(Beissinger, 2007)
-Aprendizaje líderes
autoritarios
(Polese y ÓBechaín,
2011)
-Efecto Darwin
(Silitski, 2010)

Figura 4. Clasificación de la literatura sobre las RC (Rodríguez, 2014)
Conclusión
Durante la primera mitad del siglo XXI el espacio Euroasiático fue testigo de una oleada de
RC. Este fenómeno, en el que se revirtieron procesos electorales fraudulentos mediante protestas
masivas, comenzó con la Revolución Negra de Serbia en el año 2000 y continuó con la Revolución
Rosa de Georgia en el 2003 y la Revolución Naranja de Ucrania del 2004.
Posteriormente, pero esta vez sin éxito, prosiguió con las Revoluciones Naranja de Azerbaiyán
en el 2005 y Azul de Bielorrusia en el 2006. Puesto que las movilizaciones postelectorales se
desarrollaron sin violencia, al menos por parte de los manifestantes, y estuvieron revestidas con un

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fuerte contenido simbólico, cada una de ellas fue bautizada con el color adoptado a manera de
distintivo por los movimientos de oposición.
Un rasgo notable de este fenómeno fue que estuvo acompañado por el ascenso de
movimientos sociales conformados principalmente por jóvenes estudiantes, tal y como puede
observarse con Otpor de Serbia, Kmara de Georgia, Pora de Ucrania, Yeni Fikir de Azerbaiyán y Zubr
de Bielorrusia. Aunque en el escenario Euroasiático de estos comienzos de siglo, los movimientos
sociales desempeñaron un papel significativo dentro de las RC, gran parte de los estudios sobre el
tema han centrado su foco de atención en actores tales como las élites gobernantes autoritarias o
los partidos de oposición. Ha sido por tanto el interés de este artículo asumir el desafío de
contribuir a la ampliación del espectro analítico, mediante la inclusión de otro tipo de actores
relevantes para la acción colectiva.
Las RC no deben entenderse como revoluciones en el sentido clásico del término, puesto que
sus dinámicas, desarrollos internos y alcances distan bastante de los resultados expuestos por
estudiosos de los fenómenos revolucionarios tales como Tilly (1978) o Skocpol (1979). Al abordar
las RC deben tenerse en cuenta ciertos elementos particulares tales como el espacio geográfico en el
que se desarrollaron las protestas postelectorales: Eurasia postcomunista; la temporalidad en la que
se presentaron: entre el año 2000 y 2006; el detonante: el fraude electoral y principalmente; el fuerte
contenido simbólico y la no violencia que revistieron dichas protestas, esta última característica
ampliamente construida desde la estructuración y la puesta en marcha del discurso y el repertorio de
contienda política desplegado por los movimientos sociales.
Expuesto lo anterior, se ha planteado una nueva clasificación de la literatura existente sobre las
RC. Dicha iniciativa ha sido construida en torno a tres grandes temas: la génesis de las RC, las
posibles causas de éxito y fracaso de las mismas y, el porqué se extinguieron en el año 2006. A partir
de este abordaje es posible dar cuenta del importante rol desempeñado por los movimientos sociales
en las RC, a la par que se avanza hacia una comprensión más profunda sobre este tipo de actores,
sus dinámicas y logros, desde una perspectiva comparada.

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21	&#13;  

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�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 1. Núm 1. enero-junio 2015, pp. 24-52
ISSN: 2395-8448

	&#13;  

Synchronization in International Relations:
Triangular interactions between China, Latin American and the United States
Sincronización en Relaciones Internacionales:
Las relaciones triangulares entre China, Latinoamérica y Estados Unidos
Ana Soliz de Stange

Research Fellow/Doctoral Student at the GIGA German Institute of Global and Area Studies (Hamburg, Germany).
Email: ana.soliz@giga-hamburg.de
Website: http://www.giga-hamburg.de/de/team/soliz-landivar
Fecha de envío: 7 de mayo 2015
Fecha de aceptación: 14 de junio 2015

Abstract
Currently, there is an active debate about whether China’s rise is leading to it strengthening
relations with other states around the world, and about what the implications of that are for the
United States’ interests as the current global superpower. Concretely, the arrival of China in Latin
America—the “backyard” of the US—has raised questions about triangular interactions. Despite the
increasing attention being paid to empirical cases of triangular interaction, on the one hand, the
interactions between three states – or triangular interactions- have been far neglected in
International Relations (IR) theories and also there still lack suitable methodological instruments for
their evaluation. On the other hand, there is not enough empirical evidence currently available that
can explain how and to what degree states in triangular interactions may be synchronized.
In order to overcome the aforementioned theoretical and empirical gaps, this article
proposes: (1) to incorporate the principles of Physics—and specifically of Synchronization
Theory—into IR; (2) empirically analyze the interactions between China, Latin American countries
and the US from the Synchronization perspective.
Keywords: China, Latin America, United States, International Relations, Triangular interactions,
Synchronization
Resumen
Actualmente, se observa un activo debate sobre si la creciente presencia de China en otros
países alrededor del mundo, tiene implicaciones para los intereses de Estados Unidos, considerando
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	&#13;  

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�este último como la gran potencia a nivel global. Específicamente, la llegada de China a América
Latina – el “patio trasero” de los EEUU – ha dado lugar a preguntas sobre posibles interacciones
triangulares. A pesar de la creciente atención que se da a los casos empíricos de interacción
triangular, por una parte, las relaciones entre tres paises – o interacciones triangulares – no se han
sido abordadas por las teorías de Relaciones Internacionales (RRII), además de la falta de
instrumentos metodológicos adecuados para su evaluación. Por otra parte, actualmente no existe
suficiente evidencia empírica para explicar cómo y en qué medida los paises en interacciones
triangulares pueden sincronizar.
En búsqueda de superar las lagunas teóricas y empíricas anteriormente mencionadas, el
presente artículo propone: (1) incorporar los principios de la física – especialmente de la teoría de la
sincronización – a las RRII; (2) analizar de forma empírica las interacciones entre China, los países
latinoamericanos y los Estados Unidos desde la perspectiva de la sincronización.
Palabras claves: China, América Latina, Estados Unidos, Relaciones Internacionales, Interacciones
triangulares, Sincronización.

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�Introduction
Triangular relations are still an aspect of IR that—most noticeably in theoretical
approaches—has not been sufficiently studied. There are several empirical studies for these already
in existence, however, and consequently it is ultimately an appropriate theoretical framework and
suitable methods for studying triangular interactions that are missing. This theoretical and
methodological shortfall is reflected in the current impossibility to find whether triangular
interactions between states occur or to measure their degree of mutual correlation Triangular
interactions are basically the reciprocal communication between three states. The interactions can
involve mutual behavioral effects, as well as effects of one side on the other as long as the three
states interact. Interactions are possible regarding the different kind of matters over which states
interact, such as political, diplomatic, economic, military, technology, and cultural issues.
This article scrutinizes triangular interactions from interdisciplinary and eclectic approaches.
Taking an interdisciplinary approach is necessary due to the current limitations of IR theories and
methods for addressing all the factors involved in triangular interactions, where the exchange
between states is more complex due to the presence of a third state. In this case, the interdisciplinary
approach includes the adaptations of the Physics Synchronization theory into IR.
Eclectic approach refers to the use of different theoretical approaches in IR, in this case,
recurring mainly to realism, neo realism, as well as neo liberalism. “...What we refer to as analytic
eclecticism is distinguished by the fact that features of analyses in theories initially embedded in separate
research traditions can be separated from their respective foundations, translated meaningfully, and recombined as part
of an original permutation of concepts, methods, analytics, and empirics.” (Katzenstein &amp; Sil, 2008:111)
In Physics, Synchronization is understood “…as an adjustment of rhythms of oscillating
objects due to their weak interaction.” (Pikovsky, Rosenblum, &amp; Kurths, 2001). The oscillating
objects are two independent systems that are connected by a third mechanism. It is the third
mechanism, which permits the interactions between the two oscillating objects or systems.
Translating Synchronization into IR, it can be defined in its basic form as the correlated
cooperative and/or competitive interactions between three states in similar periods of time. One of
the three states plays the role of the third mechanism, which influences the interactions between the
other two states.
Thus, the main research questions are: how and to what degree does a triangular interaction
between states synchronize? To establish how Synchronization takes places, it looks for the
necessary contextual conditions to be present, e.g. time, the presence of failure and/or improvement
of bilateral demands compliance. The article assumes that although triangular interactions tend to
synchronize, triangular interactions are not per se synchronized. States synchronize when the
necessary conditions are present.
The degree of Synchronization indicates the intensity of the correlated interactions,
translated into more or less cooperative or competitive interactions, as well as the frequency of the
synchronized interactions in a period of time.
The empirical analysis will focus on the triangular interactions between China, Latin
American countries, and the US. There is no doubt that China has been the country with the most
exponential growth and greatest increase of power since the end of the Cold War. If we compare the
expansions of the BRIC countries, China is the leader in terms of an escalation of presence in the
international system in almost all areas: economic-commercial exchanges, investment, and military
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	&#13;  

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�expenditure for example. Therefore, the choice of China as the third state that interacts with other
regions and states is fully justified.
The choice to analyze the arrival of China in Latin America is made for geopolitical reasons.
First, this region is the sphere of direct influence of the US. One of the most important expectations
in IR—especially from a realist perspective—is that China’s rise is threatening US interests, as the
established power.
Second, the rise of China in Latin America is a relatively recent phenomenon (Dominguez,
2006; Jiang, 2006; Cesarin, 2006; Ellis E. , 2009; Fernandez &amp; Hogenboom, 2010). The increasing
presence of China during the last twenty years in Latin America has been unprecedented. At the
bilateral level, China has also established key Strategic Partnerships in Latin America—thereby
becoming the single most important cooperation partner for several different countries in the
region.
The aims of this article are thus to: (1) propose a theoretical framework to analyze triangular
interactions between states, focusing on the potential to Synchronize and (2) analyze whether and to
what degree the triangular interactions between China, Latin American countries and the US, over
political-diplomatic issues, and trade, have been synchronized.
For the empirical part, the article applies a mixed cross-method approach. Thus, it requires
case studies, including some quantitative techniques—such as the running average of the
interactions—and also a cross-correlation approach.
This article is divided into two main parts: the first contains the discussion and development
of the Synchronization approach framework; more briefly, the second includes the descriptive and
analytical scrutiny of China’s arrival in Latin America, with the empirical application of
Synchronization to the triangular interactions formed by the cases: Argentina–China–US, Brazil–
China–US, and Venezuela–China–US.
Triangular interactions in IR theories
In the literature, approaches to triangular interactions are as such almost nonexistent. However,
there are some interesting studies in triangular interactions, such as Dittmer (1981), Goldstein and
Freeman (1991), and Womack (2004). Dittmer (1981) developed the concept of “Strategic triangle”.
It was used to analyze the interactions between China, the Soviet Union, and the US during the Cold
War era. Dittmer (1981) elaborated a conceptual framework for strategic triangles and made a
classification system for them. He classified triangular interactions into three possible triangles:
“Ménage à trois,” “romantic triangle,” and “stable marriage.”
Nevertheless, one of the main limitations of Dittmer’s approach (1981) to the strategic triangle
was the fact that he analyzed it only from the perspective of triangular interactions being static. As a
result, Dittmer’s work could not be extrapolated to the dynamics of the international system,
wherein such interactions are anything but static. Thus, ten years after the Dittmer publications, the
empirical findings of Goldstein and Freeman (1991) would make the classification system earlier
proposed by Dittmer redundant.
Goldstein and Freeman (1991) also presented an empirical advancement on the strategic
triangle formed by China, the Soviet Union, and the US. They used some techniques of time-series
analysis, concluding that during the Cold War era the three countries had some kind of
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	&#13;  

27	&#13;  

�interdependency on each other. However, they nevertheless did not propose an alternative or
improve the existing theoretical framework for triangular interactions.
For his part, Womack (2004) expanded the concept of a strategic triangle, introducing
therein the concepts of an “asymmetric triangle” and “acknowledgment for deference” (AFD).
Womack adapts Dittmer’s strategic triangle concept to the post-Cold War era. He also criticizes the
bilateral level of analysis of Dittmer in the context of explaining triangular interactions. Due to the
Cold War era having come to an end, Womack proposed to adapt Dittmer’s strategic triangle into
his own Asymmetric Theory. Despite the commendable contributions of Womack to our further
understanding of triangular interactions, on one hand, for Womack as for Dittmer bilateralism is still
at the heart of the analysis; on the other hand, the theoretical assumptions of Womack are based on
Constructivism.
Dittmer’s “Strategic Triangle”
The term “strategic triangle”1 was used during the Cold War era for analyzing the interactions
between China, the Soviet Union, and the US, especially from the end of the 1970s after Nixon’s
visit to China. However, a concrete definition of a strategic triangle was never developed. Dittmer
proposed to develop a comprehensible conceptual framework, wherein the three main forms of
triangles are classified.
Dittmer claimed that a strategic triangle “may be understood as a sort of transactional game
among three players” (1981: 485). Despite this perspective, he still opted to use a qualitative
approach, which is not indeed wrong. But, instead he just included terms from game theory, but did
not formally apply its logic to his study as such.
The main question Dittmer poses is: “Why do states fall into patterned relationships with
one another in the first place, and of what do such relationships consist?” The hypothesis of
Dittmer is that “states (representing their constituent members, of course) experience needs that
cannot be adequately satisfied at the domestic level, leading them to enter into contact with those
countries that dispose of the pertinent values” (1981: 486).
The necessities of states include several kinds of requirements: to exchange goods and
services, but also information, propaganda, and/or espionage. He distinguished between the interstate exchange of benefits (positive) and the exchange of sanctions (negative) as trade and warfare.
Dittmer also clarified that the exchange between states can be reciprocal in the sense that for both
players there can be benefits or sanctions, but that these exchanges are not necessarily symmetrical.
The main questions that Dittmer addresses are actually general ones, which are not of
relevance primarily to the research of triangular interactions. However, one of the independent
variables that Dittmer did include was the third state. Dittmer proposed three independent variables
that may affect the type of exchange between states: value (positive/negative); symmetry
(strong/weak); and, how “both value and symmetry of any bilateral relationship are marginally
affected by each player’s relationship with the third player” (1981: 487).
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The concept of a “strategic triangle” was used by different authors during the Cold War era, but without being
comprehensively developed as a concept: Tatu, M. (1970) The Great Power Triangle: Washington–Moscow–Peking; Gottlieb,
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American Policy: A New Look at the Triangle; Pillsbury, M. (1975) US–Chinese Military Ties?; Pillsbury, M. (1977) Future Sino–
American Security Ties: The View from Tokyo, Moscow, and Peking; Garret, B. (1979) China Policy and the Strategic Triangle; and,
Rothchild, D. and Lieber, R. (eds) (1979) Eagle Entangled: US Foreign Policy in a Complex World.
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�Dittmer refers to the effects that the third states can exact on a bilateral relationship as
“marginal,” but this was not thoroughly investigated by Dittmer. Bilateral relations can be measured
by their direct interactions. For its part, the third variable or third state can be understood more as
being related to indirect interactions. Unfortunately, Dittmer did not develop the third angle of these
interactions at all.
Dittmer also argues for the essentiality of maintaining symmetries between states, in order to
preserve balance between them. Balance means that there are no winners or losers. For him,
relations are more durable in a position of balance.
According to Dittmer there are two necessary conditions for a strategic triangle to exist:
First, all participants must recognize the strategic salience of the three principals.
Second, although the three players need not be of equal strategic weight, each
must be accepted by the other two as a legitimate autonomous player. Thus, the
relationship between any two participants will be influenced by each player’s relationship to the
third.” (Dittmer 198: 490–491).
Here it is important to highlight the elements of recognition between states, autonomy, and
mutual influence by the third state.
The approach of Dittmer to triangular relations is strongly influenced by perceptions, with
the classification of the different kinds of triangle being built on the basis of the perceptions that the
three players have of each other, and as such it is not about the material capabilities that each state
has. In the case of the relations between China, the Soviet Union, and the US, Dittmer characterized
it as a symmetrical amity wherein:
“[…] in the absence of international enforcement mechanisms, each player
must constantly and scrupulously monitor all transactions—for, aside from the
danger of cheaters, the perception of symmetry in such dealings is notoriously
subjective, and the data are nearly always equivocal. If confronted by evidence of
cheating, a player must either check such behavior or permit the relationship to
deteriorate from a positive to a negative one; otherwise that player submits willynilly to a losing negative–positive exchange” (Dittmer 1981, p. 488).
According to Dittmer, the symmetry between two players is not necessarily given by equal
power rather it is present in an “ideal-typical patron–client relationship, in which each player accepts
a different (but equally necessary) role in a shared division of labor” (1981, p. 488).
Thus it is possible in the case that a great power provides security to a small one, and the
latter compensates the former through its strategic policymaking (Japan and the US, and Cuba and
the Soviet Union for example). Thus, the great power will not try to establish an asymmetric
relation, so as to avoid the threat of the small one seeking relations with another great power
instead. Thus, it is possible to establish a strategic triangle between different powerful states and
smaller ones, with it always being the case that the relationships are “symmetrical”—at least in how
they are perceived.
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�Dittmer claims that there are at least three different kinds of relationship in these possible
triangles:
•

Ménage à trois. Symmetrical amities among all three players.

•

Romantic triangle. Amity between one pivot player and two wing players, but enmity
between each of the latter.

•

Stable marriage. Amity between two of the players and enmity between each and the third.

There is a special position that one state can reach in strategic triangles, that of the pivot.
The pivot position, for example, in a romantic triangle is the most advantageous one available,
permitting amities with two other players and enmities with none, thereby maximizing benefits while
minimizing expenditures for sanctions. […] The pivot must maintain positive relations with both
‘wing’ players while at the same time attempting to manage the level of tension between them
(Dittmer 1981, p. 510).
One of the advantages of the pivot is to play with the “threat of asymmetry” with the other
two states. It means that the pivot state can threaten the possibility of “getting married” to one of
them. Moreover, the pivot state has a key role in elevating or defusing conflicts between the other
two states “based on the inescapable triangularity of bilateral relationships: the pivot has the
capability to exacerbate tension by shifting its weight to one side or the other in the dispute, or to
assuage the conflict by declining to take sides” (Dittmer 1981, p. 512).
One of the limitations of the Dittmer approach to strategic triangles, however, is that the
author does not explain how to recognize each triangle or how to isolate a given triangle from the
other possible ones. The conditions of strategic triangles that Dittmer has proposed are not
limitations nor can they limit per se the admission of other players into the game. That makes more
sense, especially when Dittmer outlines that the players do not necessarily even know that they are
playing a game.
The “Three-Way Street” of Goldstein and Freeman
The work of Joshua S. Goldstein and John R. Freeman published in 1990 as the Three-Way Street:
Strategic Reciprocity in World Politics analyzes how states and specifically powerful nations cooperate
despite their conflictive interests. They used data on interactions between China, the Soviet Union,
and the US, in the years from 1948 to 1989. They looked to evidence whether Chinese–Soviet–US
relations responded to routine, reciprocal, or rational expectations. In other words, if these three
countries were behaving more cooperatively or competitively.
Goldstein and Freeman recognized the potential effects of Chinese behavior on the complex
and asymmetrical connections of US–Soviet relations, but they also found mutual influences on US–
Chinese and Soviet–Chinese relations. The central research question that Goldstein and Freeman
addressed was: “To what extent and how do great powers respond to each other’s behavior?”
(Goldstein and Freeman 1991, p. 17).
The three possible state behaviors posited by IR theorists were not proved by Goldstein and
Freeman: bureaucratic routine (states behave according their own interests, where we can identify
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30	&#13;  

�Classical Realism); reciprocity (behavior of states are influenced by other states, we can identify
authors from the Interdependence Theory); and, third, that states respond to rational expectations
(states respond not to the influence of other states, but behave according to rational expectations
where reciprocity is not immediately evident, and the problem is that empirical results are
contradictory) (Goldstein and Freeman 1991, p. 17).
With respect to triangular interactions, the authors also found that, “The results of these
simulations are more difficult to interpret with respect to triangular responses. Briefly, they affirm
that Sino–Soviet behaviors are more triangular than behaviors involving the United States: in their
actions toward each other, the Soviet and Chinese consistently take into account US behavior”
(Goldstein and Freeman 1991, p. 28).
The two authors empirically discovered that “great power behavior combines both
bureaucratic routine and reciprocity. Our results also reveal complex, asymmetrical connections
among US–Soviet, US–Chinese, and Soviet–Chinese relations—connections that imply the existence
of a strategic triangle” (Goldstein and Freeman 1991, p.18). Despite the innovation of Goldstein and
Freeman’s work, especially from an empirical, quasi-experimental perspective, they still used
traditional IR theories to explain and interpret their findings. As such, they conservatively explained
the empirical evidence according to traditional descriptions of states behavior as being a
combination of bureaucratic, routine, and reciprocal.
Goldstein and Freeman contributed mainly to confirm the existence of strategic triangles
between states, which can be also asymmetrical, where only a bilateral relationship (Sino-Soviet) is
affected by triangular US-Sino-Soviet influences (Goldstein &amp; Freeman, 1991, p. 30). However, one
of the limitations of Goldstein and Freeman’s findings are the reduction of states’ behavior in
triangular interactions as “reactive links” behaviors. Moreover, and despite the empirical findings of
Goldstein and Freeman (1991), there has not since been any conceptual or theoretical improvement
of our understanding of triangular interactions, apart from validating (Jervis 1976; Osgood 1962;
Larson 1988) or discarding (Snidal 1985; Wagner 1983) some theorists on great power behaviors.
Womack’s Asymmetry Theory and Asymmetric Triangles
Womack (2004) proposes Asymmetry theory and asymmetric triangles. Asymmetry Theory
argues that the system is multipolar, based on the strategic triangle formed by China, the Soviet
Union, and the US during the Cold War era. After the Cold War ended, multipolarism was expanded
by the presence now of at least five poles: the three aforementioned countries plus Japan and
Europe. The asymmetry between states is observed in a stable matrix of international relations, one
of which is multipolar. Womack criticizes, however, Multipolarity Theory, considering its focus to
be on “expanding the circle of powers” but not on analyzing why the expansion of power is
important (2004, p. 356).
Womack refers to the asymmetries of knowledge that states have. Perceptions are the main
variables that determine the behavior of states. According to Womack, “Asymmetry theory is a new
paradigm that addresses the effects of national disparities on international relations. It argues that
asymmetry inevitable creates differences in risk perception, attention, and interactive behavior
between states, and that it can lead to a vicious circle of systemic misperception” (2004, p. 351).
There is a small distinction to be made between the thinking of Wendt and Womack’s
constructivism; the latter says that the asymmetry of knowledge is primary produced by the capacity
and power that afterward leads to the divergence of perceptions. Disparity produces different
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

	&#13;  

31	&#13;  

�“attentions” from the larger to the smaller country: “Asymmetry is defined by disparity. An
asymmetric relationship is one in which the disparity is great enough so that shapes the structure of
the relationship. […] Disparity implies that the larger side (A) has less to gain or lose in the
relationship than does the smaller side (B)” (Womack 2010, p. 322).
However, interactions between states are basically dynamic, where attention between states
cannot be defined as asymmetric or as disparities. Material capabilities permit us to affirm and
measure whether there is a disparity of capacities between countries. But in the case of attention, it
also depends on the context. The asymmetry between countries can be measured according to
different factors and it is also a complex process—but essentially some of the factors to consider are
population, economy, and military capacities.
According to Womack (2004), conflicts between states are produced by misperceptions, but
he does not reveal what kind of perceptions informs knowledge. Womack criticizes Realism and
Neorealism because he believes that powerful countries cannot impose their will on other states.
According to him, if powerful states want to maintain their preeminence in the long term, it is not
really viable for them to impose their will on others. Powerful states have the advantage of
opportunities and responsibilities as compared with smaller countries, but these exist inside a stable
matrix of international relations.
Womack further claims that between two states there is more than only one common
relationship; they simultaneously have two sub-relations between them: of A with B and of B with
A. He explains how for smaller state B these relationships are more important than they are for
state A. Here it is not important what the material or symbolic exchanges the interaction includes
actually are; what matters is what perceptions the states have about it.
Misperceptions are frequently present in these relationships. However when the differences
of attentions between states are continual, then eventually the misperception becomes systemic in
nature, leading to conflicts (Womack 2004). However, one can say that the different perceptions that
the actors have in a relationship does not mean that there are at least two different relations in
existence.
Basically, for any relationship to exist it is necessary to have two actors, two states that
interact, and of course each of them had their own perceptions—nevertheless, there can still be only
one relationship. Perceptions might also be more numerous if we observe a relationship at a
different point in time, because relationships are dynamics processes. As such, there will be more
than just two perceptions, as Womack himself argues.
One of Womack’s aims (2010) is to establish how asymmetries between states can affect
their relations. He accurately affirms vis-à-vis triangular interactions that: “The key feature of
triangular relationships in contrast to bilateral ones is the indeterminacy of simultaneous
interactions” (2010, p.402).
Womack classifies triangular interactions according to the positions that the states have as
players. There is one state that is the most powerful player (X), a second state with an intermediate
power position (Y), and finally the least powerful player of the three states (Z). The triangular
interactions are classified into four kinds of triangles: symmetrical; single head dual asymmetrical;
twin head dual asymmetrical; and, triple asymmetrical (Womack 2010).
•

Symmetrical triangle X=Y=Z
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

	&#13;  

32	&#13;  

�•

Single head dual asymmetrical triangle X&gt;Y=Z

•

Twin head dual asymmetrical triangle X=Y&gt;Z

•

Triple asymmetrical triangle X&gt;Y&gt;Z

Critiques of approaches to triangular interactions
In more recent academic works, a little more has been written by scholars about triangular
interactions. However, there are some authors who are skeptical about these kinds of interaction or
this level of analysis. Thus, Lo noted that, “The notion of strategic triangulism, popular during the
Cold War, has made something of a comeback in recent years” (2010, p. 7). According to this
author, there are at least two elements—the decline of the US/the rising of China and the reemergence of Russia—that in apparent coincidence with each other are now facilitating the
formation of triangular relations between China, Russia, and the US.
Lo (2010) disagrees with this notion of a formation of triangular relations between the three
aforementioned powers. One of the problems from his point of view is the exaggeration of the
“strategic triangle” as a concept and as a form of genuine interaction: “Its value was exaggerated
even during the Cold War. Today, the utility of triangularism as a tool for understanding great power
relations is falling in inverse proportion to China’s rise as the next global power” (Lo 2010, pp. 7–8).
According to Lo (2010), it is not a multipolar world order that is emerging; rather what is
emerging is a new Sino–American bipolarity. “[It is] less stark than the bipolarity of the Cold War,
but world affairs will nevertheless come to be dominated by two superpowers, supported (or
undermined) by various second-rank powers and international institutions” (Lo, 2010, p. 8).
Lo (2010) refutes the notion of the existence of any kind of strategic triangle, essentially due
to the lack of three sufficiently powerful states currently interacting with each other: “An effective
triangle requires three sides that are, if not equal, at least sufficiently powerful and engaged to exert a
significant influence on the interactions within it. There is no such example in the contemporary
international system” (2010, p.10). However, triangles do not have to have the same equality of size,
as there are inter-state interactions that can be affected in different issue-areas.
The critiques of Lo (2010) regarding triangular interactions are reasonable due to the lack of
a solid theoretical framework for them, as well due to the currently limited volume of empirical
research that has been done on these three-way interactions.
Synchronization in International Relations
In Physics, authors agree that Synchronization is primarily a process, wherein minimally two
systems interact as a consequence of the information transmitted by a third mechanism. According
to (Boccaletti, Kurths, Osipov, Valladares, &amp; Zhou, 2002) in Physics “not always the word
synchronization will be taken as having the same colloquial meaning, and we will need to specify
what synchrony means in all particular contexts in which we will describe its emergence”
(Boccaletti, Kurths, Osipov, Valladares, &amp; Zhou, 2002, p. 3). Thus, Boccaletti et al. define the
Synchronization of chaotic systems as “a process wherein two (or many) chaotic systems (either
equivalent or nonequivalent) adjust a given property of their motion to a common behavior, due to
coupling or forcing” (2002: 3). For its part, Synchronization is understood as “an adjustment of [the]
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

	&#13;  

33	&#13;  

�rhythms of oscillating objects due to their weak interaction” (Pikovsky, Rosenblum, &amp; Kurths, 2001,
p.8).
The etymology of the word Synchronization is from Ancient Greek, meaning “to share the
common time.” Thus, the word Synchronization used to be associated with the idea that
phenomena occur more or less simultaneously.
Synchronization as a physical phenomenon has been studied since the 17th century. The
Dutch mathematician Christiaan Haygens described the phenomenon of Synchronization by
observing how a pair of clocks reacted together and influenced each other through a third
mechanism, one which apparently was not interconnected with the other two. He arrived at the
conclusion that an external mechanism (wall) was interacting with two independent systems (clocks).
In other words, both clocks were informing each other through the medium of the wall. This
apparent simply verification led to the later construction of a Synchronization Theory in Physics.
Subsequently studies of Synchronization were expanded, with this phenomenon being
applied in Physics to several examples of Synchronization between different objects, such as, among
others, fireflies (Boccaletti, Kurths, Osipov, Valladares, &amp; Zhou, 2002, pp. 2–3). Additionally, the
theory has been used to explain “weather” behavior, and moreover human behaviors, for example to
explain why the applause in a theater tends to continue until it reaches a simultaneous rhythm.
As already mentioned above, this article proposes to use the concept of Synchronization in
IR. It can be defined as the correlated cooperative and/or competitive interactions between three
states in similar periods of time. One of the three states plays the role of the third mechanism, which
influences the interactions between the other two states.
Despite triangular interactions tends to synchronize, it is only possible when the three states
interact under certain conditions: when there is a mutual interaction in similar periods of time, the
presence of failure and/or improvement of bilateral demands compliance, and one of the states
plays as a “joker card”, then they will tend to synchronize their relationships.
The aforementioned conditions can be defined basically as the following:
•

Mutual interactions in similar periods of time. The mutual interactions include the bilateral
interactions as well as the eventual responses of the third state. There is not necessarily
simultaneous behavior of the three states, but the behavior of one state is slowly followed by
the other state.

•

Failure and/or improvement of bilateral demands compliance and therefore the expansion
of their relationship to a third state looking to satisfy national interests.

•

The third State plays as a “joker card”. In physical sciences, it is called the third mechanism,
which is in charge of transmitting the information between two independent systems. In IR,
it is the State that the other two states look recurrently to in order to resolve the failure of
bilateral demands.

There are currently no studies that measure these kinds of triangular interactions between states,
apart from the aforementioned studies of Dittmer (1981) and Goldstein &amp; Freeman (1991), which
are limited only to the analysis of the interactions of great powers, without offering an appropriate
conceptual framework to understand triangular interactions.
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

	&#13;  

34	&#13;  

�It is important to highlight that Synchronization identifies the existence of synchronized events
in a period of time. Synchronization recognizes that states respond to external stimulus, but the ways
in which they do so, depend mainly on internal factors. Synchronization uses material facts to
determine the effects of interactions between states. Nevertheless, even after the existence of
Synchronization has been proved in empirical cases there is still room for different interpretations of
it according to the particular IR theoretical approach taken. Thus, Synchronization is a kind of
starting point from which to better understand triangular interactions.
States as dynamic and autonomous systems
States are dynamic and autonomous systems. They are dynamic, which underlines the system’s
capacity to react in the face of an external stimulus. However, the reactions of states depend on the
domestic contexts of states and not on the international structures per se.
For its part, autonomous means that states have their own internal structures. Hence,
theoretically, one can isolate a state from the international system and yet this state will still be a state
without a loss of its characteristics. The importance of recognizing the characteristic of states being
autonomous systems is due to their capacity to react pragmatically in the face of external stimulus,
meaning reacting in such a way as to protect their national interests. Hence, Synchronization in IR
also concurs with those realist approaches that consider the state to be the main actor in the
international system.2
According to realist theory, states act in their own national interest, a behavior that is understood
in terms of power. However, a state’s behavior also has to be understood in pragmatic terms. Thus,
a state’s national interests are multiple, as are the issue-areas in which states interact with each other.
This pragmatism can include seeking power, as well as looking for prestige, for economic
development, for cultural influence, and so on.
This article understands the anarchy of states not as a lack of government, but as the capacity to
react however they want to external stimulus, with the near impossibility therewith for the observer
to predict how a state will react in a given context. Thus, the anarchy of the system is formed by the
anarchy of the states. According to Waltz (1979), the structure is what influences the behavior of
states; however, stimulus is not the same as influence.
In Synchronization I refer to the stimulus that the system exerts on states. The idea here is that
states are not passive subjects that are inherently influenced by the international structures alone.
Rather, while the international structures play an important role in the sense of continuously
providing an external stimulus to states it is, however, the latter who are the subjects pragmatically
responding to this stimulus and who also have reciprocal effects on those international structures.3
An important point in the Synchronization process is indeed that it does not focus on or analyze
the domestic or national structures of the states in question. Synchronization observes instead how
states receive stimulus from third states and how they respond, taking the results of these
interactions as the main sources of evidence for Synchronization.
	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  
However, this does not means that the Synchronization can also be applied to other actors in the international system,
such as transnational ones; the actors that are considered dynamic and autonomous systems are those that interact with
another actor playing the role of the third mechanism.
3 This is an assumption mainly from neo-classical realism.
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015
2

	&#13;  

35	&#13;  

�In Synchronization, states are independent variables but also can be dependent ones depending
on the starting position that the researcher decides upon. 4 For example, we can observe the
Synchronization between Brazil and the US in their interactions with China (third state). In this case
the bilateral relationship Brazil–US could be the dependent variable, with China meanwhile being
the independent one. We could also attempt to analyze whether there is Synchronization in the
bilateral relationship between China and the US, wherein Brazil could play the role of the third state.
Thus, states interactions are not exclusively either independent or dependent variables.
States as the third state of interactions
A valid question to ask of Synchronization is why it is important to look at the third state in
order to analyze triangular interactions. On the one hand, doing so is a way to theoretically isolate a
state as the independent variable that could affect a bilateral relationship. 5 On the other, the
presence of this third state is an indispensable factor for the stimulation of the bilateral relationship.
To determine the intensity of effect that the third state has on a bilateral relationship is not
actually that easy.6 The intensity of the third state has to be in some way “weak.” When the third
state stimulates but also determines the kind of response of the states involucrate in the bilateral
relationship, we are not any more faced with Synchronization. In other words, the effects of the
stimulus produced by the third mechanism are just a stimulus, as it does not drive the response
itself. The response depends on the individuality of the states involved in the bilateral relationship.
The states decide according to their own pragmatic considerations if they are to opt for cooperative
or competitive behavior in response to the external stimulus.
Types of synchronization
Every state has different cooperative and/or competitive responses or frequencies (in the language
of Synchronization in Physics) in the face of the stimulus provided by the third state. State
interactions that are synchronized (coupling of the frequencies) is what in Physics is called “an
oscillatory period.” These can normally be measured per year, for example the oscillatory periods of
trade between Brazil and the US as a result of the former’s interactions with China.
The responses or reactions of states (cooperative or competitive) will normally be stable.
During this time, the interactions of the two parties within the bilateral relationship will tend to be
stable, with them taking on either a cooperative or competitive relationship (or a mixture of both).
However, some perturbations might appear that could produce changes in the behavior of the
states, but only temporarily—which could be the synchronized events.
	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  
This is also a principle of Physics. The classical example is of a train in motion.
Regarding the way to isolate variables, Waltz gives a valid answer when he argues that—despite everything in reality
being related to everything else—the task of theory is to “isolate one realm from all others in order to deal with it
intellectually” (1988, pp. 615–616).
6 It is a difficulty in Physics to determine what constitutes the “weak” or “strong” influence of the third mechanism prior
to the systems’ eventual unification: “Usually it is rather difficult, if at all possible, to determine strictly what can be
considered as a weak coupling, where the border between ‘weak and ‘strong’ lies, and, in turn, whether we are looking at
a synchronization problem or should be studying the new unified system. In rather vague terms, we can say that the
introduction of coupling should not qualitatively change the behavior of either one of the interacting systems and should
not qualitatively change the behavior of either one of the interacting systems and should not deprive the systems of their
individuality. In particular, if one system ceases to oscillate, it should not prevent the second one keeping its own
rhythm” (Pikovsky; Rosenblum; Kurths 2001: 17).
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4
5

	&#13;  

36	&#13;  

�Synchronization measures the coinciding of behaviors as well as opposing ones (mismatch)
so as to determine whether the synchronization of phenomena is occurring. Thus, Synchronization
can happen both in the same direction and in different directions as well. Thus, according to the
oscillatory periods observed in Synchronization, this article classifies Synchronization in IR as having
at least two possible forms7:
- Positive Synchronization: the results of the interactions between the states are showed visually
and under certain measurable parameters. The absence of Synchronization is 0, and a positive
Synchronization is a quantity superior to 0 and up to 1. Qualitatively explained, when states are
at least cross-correlated with an index superior to 0 and up to 1, the states interacts
cooperatively, which is called positive Synchronization.
In other words, the cooperative synchronization between three states indicates the degree of
similar collaborative responses of their behaviors with each other.
- Negative Synchronization: the principle is the same as in positive Synchronization however, in
a negative Synchronization, the cross-correlation index shows a result between -0 and -1. A
negative Synchronization indicates that the states are interacting in a competitive way.
The negative Synchronization between three states indicates the degree of similar antagonistic
responses of their behaviors with each other.
The may be several formula to apply for calculating Synchronization, depending of the data. In
this article, we applied a cross-correlation8, which supposes one has two time series Xk and Yk where
k runs from 1 to L.
At the first step one calculates averages:

Then one subtracts these averages from the time series

Then one calculates the variances

	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  
Physics distinguishes between unidirectional and bidirectional coupling as the basic forms of Synchronization.
However, there are in fact at least seven types of synchronization for chaotic systems (Boccaletti et al. 2002, pp. 3–4).
8 The author thanks Prof. Dr. Arkady Pikosky from the Departament of Physics and Astronomy at the University of
Postdam, for facilitating the formula.
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015
7

	&#13;  

37	&#13;  

�Then one calculates the correlation coefficient as follows

This coefficient can vary from -1 to 1. Cxy close to 1 means a strong positive correlation. Cxy close to
-1 means a strong negative correlation (or also called anti-correlation). Cxy close to zero means no
correlation (they are “independent” processes).
Synchronization is not a simple verification of reactive behaviors between states. It is more
about how states in triangular interactions are correlated, sharing properties, and interests, among
others.
Triangular interactions between China, Latin American countries,
and the United States
In recent years, China has expanded its political, economic, technological, and cultural
presence on the global stage by making greater financial investments, developing new technology,
and establishing partnerships with states around the world. It has led to scholars striving to deduce
whether the interests of the US are now being affected by this turn of events (Gu, Humphrey, &amp;
Messner, 2007). The continued rise in China’s importance within the international system has been
identified as the single most important geopolitical challenge that the US will face in the coming
decades (Fukuyama, Ikenberry, &amp; Wright, 2005; Rudolf, 2006) or has been defined as the
relationship that will dominate the future of international politics and that will produce an eventual
transition from a unipolar to a multipolar order (Bergsten, 2008; Gu, Humphrey, &amp; Messner, 2007).
Hence, some academics have suggested in future a probable confrontation between the
US—as the current hegemonic power, albeit one in decline—and China—the rising power. As a
result, academic analyses include likely scenarios ranging from military confrontation between China
and the US (Brzezinski &amp; Mearsheimer, 2005) to intermediate conflicts between China and the
West over economic and geopolitical concerns (Kupchan, 2001) or, alternatively, to cooperative
behavior in international institutions, as proposed mainly by institutionalists, with the predicted
cultivation of cooperative relationships alongside peaceful transitions (Xintian, 2009)
However, the notion of conflicts arising from recent global power shifts has been present
since the Cold War era and is most visible in the Realist approach. On the one hand, some realist
scholars who placed a stronger focus on the security dimension of IR emphasize the potential for
conflict occurring due to: the uncertainties stemming from multipolarization (Waltz 1987); shifting
cost–benefit patterns that incentivize revisionist action in the course of a power transition
(Organski, 1968; Organski &amp; Kugler, 1980; Gilpin, 1981) and, the military overstretch of the
incumbent power (Kennedy, 1987).
For more recently scholars, such as neoclassical realists, the era of unipolarity is seen as being
far from over and hence they adjudge the possibility of direct conflict breaking out in the near future
to be relatively low (Ikenberry, Mastanduno, &amp; Wohlforth, 2009; Pape, 2005; Paul, 2005). On the
other hand, liberal-institutionalists—who place a stronger focus on political-economic issues—
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

	&#13;  

38	&#13;  

�suggest that growing interdependencies and processes of institutionalization at both the global and
regional levels reduce the probability of conflicts occurring (Keohane &amp; Nye, 1977; Keohane, 1984;
Russet &amp; Oneal, 2001).
However, neither realists nor neo-institutionalists are able to explain the relationships that
exist as part of these triangular interactions. In the current process, the strong focus on the security
dimension does not, however, also explain the level of cooperation as well; it focuses mainly on the
powerful states, and not on the role of countries with limited resources, such as for example
Argentina and Venezuela in the current international system. For their part liberal-institutionalists—
with their strong focus on economic interdependence—are not able to satisfactorily address the
issue of a persistent level of competition between states. Also, it is not clear how this
interdependence plays out in other arenas aside from that of economics.
Although the complexity between China and the US is observed, it is necessary to include
the strategies implies for those countries in order to build alliances and how other rising but also
minor powers could be potentially play a role in the interactions between China and the US.
For its part, simultaneously to the China´s rising, countries in Latin America such as
Argentina, Brazil, and Venezuela have been furthering their goal of partner diversification, finding
therein China to be a convenient and supportive strategic partner, which is not the case of Mexico,
although it has signed a strategic partnership with China. As a result, official and academic concerns
have been articulated in the US about the possible implications of this China-related development
for the US’ own national interests and its relationships with the aforementioned Latin American
countries.
The growing presence of China in Latin America has a special meaning for the US with
regard to its own geographical and historical zone of influence. US officials as well as scholars have
thus scrutinized the increasing influence of China in Latin America. General Cradock, former US
Head of the Southern Command, declared the presence of China in Latin America to be “an
emerging dynamic that could not be ignored.”9 On the occasion of an official visit to Beijing in 2006,
Thomas Shannon, US Assistant Secretary of State for Western Hemisphere Affairs, discussed the
increased presence of China in Latin America, as was also done in the subsequent meeting held in
Washington D.C. in 2007, as well as in Beijing in 2008. This discussion has also occurred in the
different reports of the US Congress’ US–China Economic and Security Review Commission.10
Moreover, Secretary of State Hillary Clinton said in 2009 that China and Iran were disturbing the
Latin American region.
According to Ellis (2005), the presence of China in Latin America is seen by the US as a
phenomenon that undermines its own power. Hakim (2006), Pérez Le-Fort (2006), and Hsiang
(2009) have also mentioned that for Latin American countries China seems to be an economic and
political alternative to US predominance.
The exponentially increasing presence of China in the Latin American region leads to deep
questions about whether and how China interactions with Latin American countries could
potentially be correlated with the bilateral Latin American–US relationships. In other words, to
corroborate evidence—in issue-areas beyond just the economic one—for possible changes in the
relationships between Latin American countries and the US due to the presence of China in the
	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  
9

In Pablo Bachelet, “China’s Latin influence is Growing, General Says,” The Miami Herald, March 10, 2005.
http://www.uscc.gov.
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

10

	&#13;  

39	&#13;  

�region. There exists a gap in our knowledge that the literature until now has been unable to fill with
concrete evidence.
Applying Synchronization Empirically
This article applies the typical case approach to select the cases in Latin America; it is also
called the representative case (Gerring 2008). “The typical case exemplifies what is considered to be
a typical set of values, giving some general understanding of a phenomenon” (Gerring 2008, p. 648).
The advantage of the typical case approach is also its exploratory investigation also of the
phenomenon of Synchronization.
The typical case approach is also advantageous for this research because “depending upon
the results of the case study, the author may confirm an existing hypothesis, disconfirm that
hypothesis, or reframe it in a way that is consistent with the findings of the case study” (Gerring
2008, p. 650). The article also chooses to use a typical case approach given “that the probability of
the cases’ representativeness is high, relative to other cases” (Gerring 2008, p. 650). It also uses the
case study method because it enables case analysis and comparison. The use of comparative case
studies allows us to apply mixed methods, including also a combination of deduction and induction.
As well as these benefits, case studies also have an explanatory value or theory-building purpose
(Bennett 2004). Another reason to choose case studies is their advantages in identifying any new
hypotheses during the process of investigation (Bennett 2004). This chosen approach is thus also
useful for improving the theoretical framework of Synchronization.
Case Selection
Considering that there are several cases of triangular interactions in international relations,
the article conducts a comparative study of the political-diplomatic and commercial bilateral
relationships of Argentina, Brazil, and Venezuela with the US.
China, as the most intensely and extensively rising power in the international system during
the last two decades, has in recent years been increasing its political, economic, cultural, and
technological exchange with countries around the world.
The countries in Latin America are selected according to the Chinese side’s hierarchy vis-àvis bilateral interactions in the region, wherein Argentina, Brazil and Venezuela as Strategic
Partnerships of China11 are recognized as the most comprehensive and relevant interactions due to
the political and strategic gains to be had from them.
Thus, the chosen cases are the triangular interactions existing between Argentina–China-US,
Brazil–China-US, and Venezuela–China-US.

	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  

The other Strategic Partners of China in Latin America are Chile, Mexico, and Peru. The case of Chile is discarded due
to its recent establishment—this Strategic Partnership was signed in 2012, and is thus still under construction. Mexico is
a deviant case, as political, economic, and geographical reasons make it completely different to the others. The article
seeks to include only the cases that can be considered typical. In the case of Peru, meanwhile, despite signing up to a
Strategic Partnership with China in 2008 the country also signed up to a Free Trade Agreement with the Asian
country—and almost all of their bilateral interactions are circumscribed to this instrument, and not to the Strategic
Partnership.
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015
11

	&#13;  

40	&#13;  

�Indicators to measure empirical cases
The indicators for the behavior of states in this article are focused mainly on politicaldiplomatic matters and trade interactions. However the indicators of Synchronization can be many,
depending on the area that the research is interested in investigating. It is important to consider that
the article does not pretend to apply empirically Synchronization in all areas of the triangular
interactions. It is a limited initial test for some indicators.
Thus, indicators of political exchange are the bilateral political-diplomatic interactions, in the
form of the bilateral agreements signed in the years from 1990 to 2012. The official reciprocal state
visits of presidents or heads of state are also part of these indicators. Likewise, the trade exchange is
included. The selection coincides with the end of the Cold War, and thus with the end of the
bipolarity of the international system. It is the period that also coincides with the exponential rise of
China and with the relative global supremacy of the US. The cut-off point being set at 2012 is
related to the availability of data. Each of the indicators is divided into quarterly sequences of time.
Testing Synchronization on the cases
In the case of Argentina–China–US vis-à-vis political-diplomatic interactions, the bilateral
agreements signed by this South American country with the US and China respectively were
analyzed first. The bilateral interactions between Argentina and the US included 122 bilateral
agreements signed between 1990 and 2012. The bilateral interactions between Argentina and China
included 62 bilateral agreements signed in the same period of time.
The results of the Synchronization of the bilateral agreements show that from 1990 until
1999 there was no correlation between the three states. However the years of 1999–2003 seem to
have been a period of Synchronization, with the three states interacting in correlation with each
other. Moreover, this was a period of positive Synchronization—meaning that the three countries
were interacting more or less cooperatively, without competitive responses to the triangular
exchange.
For its part, the period of 2004–2008 was one of negative Synchronization; with some kind
of Synchronization. This period coincided when the US stopped signing agreements with Argentina
in connection with the latter’s relationship with China. The period of 2009–2011 was one when
correlation was almost nonexistent (Graph 1).

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

	&#13;  

41	&#13;  

�Graph 1. Synchronization Coefficient of Argentina–China–US due to their bilateral agreements,
1990–2012

0.4	&#13;  
0.3	&#13;  
0.2	&#13;  
0.1	&#13;  
0	&#13;  
-­‐0.1	&#13;  

1990-­‐1994	&#13;  

1995-­‐1998	&#13;  

1999-­‐2003	&#13;  

2004-­‐2008	&#13;  

2009-­‐2011	&#13;  

-­‐0.2	&#13;  

Synchroniza6
on	&#13;  Coeﬃcient	&#13;  
Bilateral	&#13;  
agreements	&#13;  
Argen6na-­‐
China-­‐US	&#13;  

-­‐0.3	&#13;  
-­‐0.4	&#13;  
-­‐0.5	&#13;  

Source: Author’s own compilation, based on data from the Foreign Affairs Ministry of Argentina.

	&#13;  

The indicator of reciprocal bilateral official state visits between the countries suggests
Synchronization from 1999 onward. The number of state visits by high-level officials was low: in the
case of Argentina–US it included 21 official visits; in the case of Argentina–China there were 28
such official visits in the years from 1990–2012.
Regarding the Synchronization of the reciprocal official state visits between Argentina–
China-US, the results indicate a permanent negative Synchronization between the three states. Only
in the last period of 2009–2012 is there almost no Synchronization. This last period also coincided
with the absence of Synchronization vis-à-vis the bilateral agreements (Graph 2).
Graph 2. Synchronization of Argentina–China–US due to their official state visits, 1990–2012

0	&#13;  
-­‐0.1	&#13;  

1990-­‐1994	&#13;  

1995-­‐1998	&#13;  

1999-­‐2003	&#13;  

2004-­‐2008	&#13;  

2009-­‐2011	&#13;  

-­‐0.2	&#13;  
Synchroniza6on	&#13;  
Coeﬃcient	&#13;  Oﬃcial	&#13;  
visi6ng	&#13;  Argen6na-­‐
China-­‐US	&#13;  

-­‐0.3	&#13;  
-­‐0.4	&#13;  
-­‐0.5	&#13;  
-­‐0.6	&#13;  
-­‐0.7	&#13;  

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

	&#13;  

42	&#13;  

�Source: Author’s own compilation, based on data from Ministry of Foreign Affairs of Argentina and
Newspapers.
Finally, the commercial data shows the nonpresence of Synchronization between the cases.
There was an observable tendency to increase commerce—in the form of exports and imports—
between the cases, but only proportional with the global increase in trade and without correlation
between the three states.

Millones	&#13;  

Graph 3: Comparison of Argentina´s exports to China and the US, 1990-2012
3,000	&#13;  
2,500	&#13;  

Argen6na	&#13;  
exports	&#13;  
to	&#13;  US	&#13;  

2,000	&#13;  
1,500	&#13;  
1,000	&#13;  

Argen6na	&#13;  
exports	&#13;  
to	&#13;  China	&#13;  

0	&#13;  

I-­‐19
I-­‐91	&#13;  
I-­‐92	&#13;  
I-­‐93	&#13;  
I-­‐94	&#13;  
I-­‐95	&#13;  
I-­‐96	&#13;  
I-­‐97	&#13;  
I-­‐98	&#13;  
I-­‐99	&#13;  
I-­‐00	&#13;  
I-­‐01	&#13;  
I-­‐02	&#13;  
I-­‐20
I-­‐04	&#13;  
I-­‐05	&#13;  
I-­‐06	&#13;  
I-­‐07	&#13;  
I-­‐08	&#13;  
I-­‐09	&#13;  
I-­‐10	&#13;  
I-­‐11	&#13;  
I-­‐12	&#13;  

500	&#13;  

Source: Author’s own compilation, based on data from INDEC Argentina
In the case of Brazil–China–US vis-à-vis political-diplomatic interactions, the bilateral agreements
signed by Brazil with the US and China respectively were analyzed first. The bilateral interactions
between Brazil and the US included 74 bilateral agreements signed between 1990 and 2012. The
bilateral interactions between Brazil and China included 76 bilateral agreements signed in the same
period of time.
The results of the Synchronization calculated for the bilateral agreements show that between
1990 and 1994 these countries appear to have been involved in a period of positive Synchronization.
However, in the period of 1995–2003 there was no kind of Synchronization, due to the
nonexistence of correlations between the interactions.
For its part, the period of 2004–2008 was a period of negative correlations, with some kind
of Synchronization. In the period of 2009–2011 correlations were almost nonexistent, which could
be taken to indicate the absence of any triangular interactions (Graph 4).
The indicator of reciprocal bilateral official state visits between these countries
suggests at least that some kind of correlation occurred from 1999 onward. The number of state
visits by high-level officials in the case of Brazil–US was 21. In the case of Brazil–China, there were
28 such official visits in the period of 1990–2012.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

	&#13;  

43	&#13;  

�Graph 4: Synchronization of Brazil–China–US due to their bilateral agreements, 1990–2012

0.6	&#13;  
0.4	&#13;  
0.2	&#13;  
0	&#13;  
-­‐0.2	&#13;  

1990-­‐1994	&#13;  

1995-­‐1998	&#13;  

1999-­‐2003	&#13;  

2004-­‐2008	&#13;  

2009-­‐2011	&#13;  

-­‐0.4	&#13;  

Synchroniza6
on	&#13;  Coeﬃcient	&#13;  
bilateral	&#13;  
agreements	&#13;  
Brazil-­‐China-­‐
US	&#13;  

-­‐0.6	&#13;  
-­‐0.8	&#13;  

Source: Author’s own elaboration, based on data from the Ministry of Foreign Affairs of Brazil.
The results of the application of the cross-correlation coefficient to the reciprocal official
state visits between Brazil–US and Brazil–China indicate a permanent negative correlation between
the three states. Only in the last period of 2009–2011 is there almost no correlation. This last period
also coincided with the absence of correlations vis-à-vis the bilateral agreements (Graph 5).
Graph 5: Synchronization of Brazil–China–US due to their reciprocal bilateral official state visits,
1990–2012

0.1	&#13;  
0	&#13;  
-­‐0.1	&#13;  

1990-­‐1994	&#13;  

1995-­‐1998	&#13;  

1999-­‐2003	&#13;  

2004-­‐2008	&#13;  

-­‐0.2	&#13;  
-­‐0.3	&#13;  

2009-­‐2011	&#13;  

Synchroniza6o
n	&#13;  Coeﬃcient	&#13;  
oﬃcial	&#13;  visi6ng	&#13;  
Brazil-­‐China-­‐
US	&#13;  

-­‐0.4	&#13;  
-­‐0.5	&#13;  
-­‐0.6	&#13;  
-­‐0.7	&#13;  

Source: Author’s own compilation, based on data from the Ministry of Foreign Affairs of Brazil and
Newspapers.
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

	&#13;  

44	&#13;  

�As with the previous case, also for Brazil–China–US no period of Synchronization was found for
the three countries vis-à-vis commercial exchange.

Millones	&#13;  

Graph 6: Comparison of Brazilian exports to China and the US, 1990-2012
16,000	&#13;  
14,000	&#13;  
12,000	&#13;  
Brazil	&#13;  
exports	&#13;  to	&#13;  
US	&#13;  

10,000	&#13;  
8,000	&#13;  
6,000	&#13;  

Brazil	&#13;  
exports	&#13;  to	&#13;  
China	&#13;  

4,000	&#13;  
0	&#13;  

I-­‐1990	&#13;  
II-­‐91	&#13;  
III-­‐92	&#13;  
IV-­‐93	&#13;  
I-­‐95	&#13;  
II-­‐96	&#13;  
III-­‐97	&#13;  
IV-­‐1998	&#13;  
I-­‐00	&#13;  
II-­‐01	&#13;  
III-­‐02	&#13;  
IV-­‐03	&#13;  
I-­‐05	&#13;  
II-­‐06	&#13;  
III-­‐07	&#13;  
IV-­‐08	&#13;  
I-­‐10	&#13;  
II-­‐11	&#13;  
III-­‐12	&#13;  

2,000	&#13;  

Source: Author’s own compilation, based on data from the Ministry of Commerce of Brazil
In the case of Venezuela–China–US vis-à-vis political-diplomatic interactions, the bilateral
agreements signed by this South American country with the US and China respectively were
analyzed. The bilateral interactions between Venezuela and the US included only eight bilateral
agreements signed between 1990 and 2012. The bilateral interactions between Venezuela and China
included 369 bilateral agreements signed in the same period of time.
The analysis of the data showed that there was no kind of correlation between the three
states regarding the signing of bilateral agreements, as was also true vis-à-vis reciprocal bilateral
official state visits. It is explained mainly for the absence of a triangular interaction, in reference to
the absence of concrete bilateral interactions between Venezuela and the United States (Graph 7,
graph 8).

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

	&#13;  

45	&#13;  

�Graph 7: Comparison of the bilateral agreements and official visiting Venezuela-US and VenezuelaChina, 1990-2012
45	&#13;  
40	&#13;  

Venezuela	&#13;  
bilateral	&#13;  
agreements	&#13;  with	&#13;  
China	&#13;  Venezuela-­‐
US	&#13;  

35	&#13;  
30	&#13;  
25	&#13;  
20	&#13;  
15	&#13;  
10	&#13;  
0	&#13;  

I-­‐199
I-­‐91	&#13;  
I-­‐92	&#13;  
I-­‐93	&#13;  
I-­‐94	&#13;  
I-­‐95	&#13;  
I-­‐96	&#13;  
I-­‐97	&#13;  
I-­‐98	&#13;  
I-­‐99	&#13;  
I-­‐00	&#13;  
I-­‐01	&#13;  
I-­‐02	&#13;  
I-­‐200
I-­‐04	&#13;  
I-­‐05	&#13;  
I-­‐06	&#13;  
I-­‐07	&#13;  
I-­‐08	&#13;  
I-­‐09	&#13;  
I-­‐10	&#13;  
I-­‐11	&#13;  
I-­‐12	&#13;  

5	&#13;  

Venezuela	&#13;  
bilateral	&#13;  
agreements	&#13;  with	&#13;  
China	&#13;  Venezuela-­‐
China	&#13;  

Source: Author’s own compilation, based on data from the Ministry of Foreign Relations of
Venezuela B.R

18000.00	&#13;  
16000.00	&#13;  
14000.00	&#13;  
12000.00	&#13;  
10000.00	&#13;  
8000.00	&#13;  
6000.00	&#13;  
4000.00	&#13;  
2000.00	&#13;  
0.00	&#13;  

Exports	&#13;  
Venezuela	&#13;  to	&#13;  	&#13;  
US	&#13;  

Exports	&#13;  
Venezuela	&#13;  to	&#13;  	&#13;  
China	&#13;  
I-­‐199
I-­‐91	&#13;  
I-­‐92	&#13;  
I-­‐93	&#13;  
I-­‐94	&#13;  
I-­‐95	&#13;  
I-­‐96	&#13;  
I-­‐97	&#13;  
I-­‐98	&#13;  
I-­‐99	&#13;  
I-­‐00	&#13;  
I-­‐01	&#13;  
I-­‐02	&#13;  
I-­‐200
I-­‐04	&#13;  
I-­‐05	&#13;  
I-­‐06	&#13;  
I-­‐07	&#13;  
I-­‐08	&#13;  
I-­‐09	&#13;  
I-­‐10	&#13;  
I-­‐11	&#13;  
I-­‐12	&#13;  

Millones	&#13;  

Graph 8: Comparison of Venezuelan exports to China and the US, 1990-2012

Source: Author’s own compilation, based on data from COMTRADE
Comparing Synchronization between the cases
The empirical data presented here also indicates that the presence of China at in Argentina,
Brazil, and Venezuela has not produced simultaneous periods of Synchronization between the cases,
but rather that these periods occur at different points in time depending on the country in question.
Thus, it would be not possible to refer to some kind of Synchronization between China–US and the
South American region for example; rather, periods of Synchronization are limited to the level of
states and not to that of the region. Thus, we have Synchronization periods both between
Argentina–China–US and between Brazil–China–US in the political and diplomatic areas analyzed,
and no Synchronization between Venezuela-China-US in the analyzed areas.
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

	&#13;  

46	&#13;  

�Comparing the time sequence of the bilateral agreements signed by Argentina with China
and the US between 1990 and 2012, we can observe some kind of related events occurring since
2004. During the 1990s, the interactions between Argentina and the US were notably intense.
According to the Synchronization, there is a marked positive correlation in the period 1999–2003
and a marked negative correlation in the period 2004–2008.
In the case of Brazil–China–US, the bilateral agreements signed are especially numerous in
1993, 2004, and 2010. In 1993 the main form of interaction was that taking place in the arena of
technology. In both 2004 and 2010, however, technology-related mutual interests were
overshadowed by economic agreements. According to the Synchronization, there were an also a
positive correlation in the period 1999–2003 and a notable negative correlation in the period 2004–
2008.
Regarding official state visits, in the case of Argentina–China–US during the 1990s there is a
negative correlation between the countries. In the period 2009–2011 there was a tendency for the
correlation to be zero, with there being almost no periods of Synchronization between these three
countries. In the case of official visits between Argentina–China–US during the 1990s—and
especially in the period 1990–1995—there was also a negative correlation. However, and
representing a difference with the case of Argentina, while visits by US officials to Argentina were
frequent those by Chinese officials were often made to Brazil instead. However, in the case of Brazil
the situation changes in the period 1999–2011, when the correlation with China and US was
positive. This means that the visits from both sides, China and the US, were closely correlated with
Brazil.
Curiously, there are no correlations between the bilateral official visits and the signing of
bilateral agreements by Argentina–China–US. This could be taken to indicate that the interests
existing between these three countries are assigned only a minor diplomatic ranking, evidenced by
the lack of high-level visits made during the signing of the agreements. The case of Brazil is
different, however, as the majority of bilateral agreements were signed during the course of highlevel official state visits.
Comparing the periods of Synchronization between Argentina–China–US and Brazil–China–
US, it is observable that the first event or period was the case of Brazil–China–US, which was then
followed by the period of Argentina–China–US. Thus, there were no simultaneous interactions
between China and both countries in the region, with China instead apparently first interacting only
with Brazil.
Investigating periods of Synchronization on trade exchange between the different cases,
there was no evidence found that indicates correlations between the interactions of the different
states. Trade exchange showed a trend toward increasing, with some periods of decrease, especially
during the global financial crisis (2008–2009), but there is nothing to indicate that China, the South
American countries, and the US participate in some kind of triangular interaction in this particular
issue-area. It also reflects that the neccesary conditions to synchronize are not present in trade exchange.
There are pragmatic exchanges, differently from those in political and diplomatic arenas.
For their part, the regular correlations—both negative and positive—between Argentina–
China–US and Brazil–China–US show that the triangular interactions between China, the South
American countries, and the US are not necessarily static cooperative and/or conflictive interactions.
Both of these situations are ones that could be taken to evidence the pragmatism of their
relationships, which are sustained without the building of permanent alignments.
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

	&#13;  

47	&#13;  

�The case of Venezuela–China–US did not reveal any kind of correlations, and consequently
the results indicate that the three countries—at least in the period 1990–2012—did not participate in
any kind of triangular interaction. Initially, in the official discourse of Venezuela the country’s
relationship with China was used as an instrument to gain more autonomy from the US. Thus, the
unilateral decision or foreign policy choice of a country to actively engage with other countries so as
to increase its interactions with one of them to the detriment of the other cannot be said to produce
or represent a triangular interaction.
The lack of triangular interactions in the case of Venezuela–China–US could be taken to
indicate that China and the US were interacting with Venezuela for reasons complete independent of
the latter’s own foreign strategy. It could thus be considered evidence of pragmatic policies being
pursued by China and the US. The supposedly more “ideological” interactions between Venezuela
and China thus did not actually exist, at least in the sense of links being cultivated to deliberately
harm US interests. The results that have been presented in this article indicate at least that the
exchanges of China in Venezuela in some political and diplomatic areas are not related to the
bilateral relationship between Venezuela and the US.
The Synchronization occurring in triangular interactions is not a permanent phenomenon,
but rather a dynamic one that is more or less often present in the cases examined in this article. The
presence or not of Synchronizations depends on the presence of certain conditions such as: mutual
interaction in similar periods of time, the presence of failure and/or improvement of bilateral
demands compliance, and one of the states playing as a “joker card”. If these conditions are
present, then they will tend to synchronize their relationships.
Thus, Synchronization is not present in all areas of interaction that were examined for these
cases: while it was mainly present in the political-diplomatic arena this was not the case in the
commercial exchanges occurring between the different countries. Trade is a permanent tendency
between states to increase their commercial exchange, without a real triangulation of the
interactions.
The finding of there being an absence of Synchronization in the arena of trade exchange is
one of considerable importance, in the sense that it refutes the conclusion reached by some of the
literature on the increasing economic presence of China in Latin America that this development
represents a serious threat to the economic interests of the US in the region. In light of this finding,
it might be the case that in reality these states act purely in economically-minded and pragmatic ways
and as such ideological considerations are not anywhere near as important as they have hitherto
been believed to be.
Final considerations
The general relevance of this article arises from it combining the study of the following key
topics: first, the new level of analysis in IR that is triangular interactions, which is as relevant as
bilateralism, considering its potential contribution to more comprehensive understanding of the
interactions between States; second, the testing of a new concept that incorporates principles of
Physics in IR under the nomenclature “Synchronization”; third, that Synchronization could also be
relevant in a way to anticipate desirable conducts of states in triangular interactions, where the
conduct of one of them follows the dynamic of the other states; finally, the potential empirical
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

	&#13;  

48	&#13;  

�findings and comparative outcomes from the triangular interactions between China, Latin American
countries, and the US.
The improvement in every science comes from taking risks, specifically by proposing new ways
to tackle phenomena. In this particular case, the risk was to take a theory from another science,
Physics, and thus to adapt it to the concepts of Synchronization to IR. I have sought to make an
innovative contribution by analyzing triangular interactions between states, due to the lack of
relevant literature thereon and to the uncertainties that remain in that empirical research which has
already been done on this phenomenon. As in Physics, there are several research techniques
available to the scholar wishing to analyze the possible presence of Synchronization. The kind of
technique to be applied will depend on the kind of data that is available.
Thus, this article represents a first proposal of a specific theoretical framework of triangular
interactions, as a particular level of analysis in IR. Future research could henceforth seek to
undertake more empirical applications of this innovative framework. The need for more empirical
cases in this regard is great, and the possibility now exists to conduct more complex and nuanced
analysis. For future research it will be both possible and also desirable to expand the application of
Synchronization to a larger population of cases including more political, economic, and other
indicators.

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	&#13;  

49	&#13;  

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	&#13;  

52	&#13;  

�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 1. Núm 1. enero-junio 2015, pp. 53-72
ISSN: 2395-8448

	&#13;  

La dictadura argentina en el banquillo:
la trayectoria de la justicia y punición a los responsables por los
crímenes de lesa humanidad.
Argentina's dictatorship in the dock:
The path of justice and punishment for those responsible for
crimes against humanity.
Andrés del Río

Profesor adjunto en Ciencias Políticas en el Instituto de Educación de Angra dos Reis (IEAR) de la Universidad Federal
Fluminense (UFF).
Investigador del Instituto Nacional de Ciencia y Tecnología en Políticas Públicas, Estrategia y desarrollo (INCT-PPED).
Email: andres.delrio@gmail.com
Fecha de envío: 22 de mayo 2015
Fecha de aceptación: 15 de junio 2015

Resumen
La Argentina representa, hoy en día, el caso más avanzado en la punición a los responsables
de violaciones a los derechos humanos durante la última dictadura cívico-militar (Sikkink, 2013). El
país selló por la opción favorable a la persecución penal de los crímenes de lesa humanidad,
embarcada en un amplio reclamo social (Filippini, 2011). Pero los procesos, lejos de reducirse,
aumentan en tamaño ganando nuevas temáticas. En esta línea, Argentina tuvo un proceso de
revisión del pasado de la mano de la justicia. A pesar de que la trayectoria no fue lineal, como se
notará, es imposible entenderla sin observar los tribunales. En el presente trabajo, de forma breve,
describimos los principales eventos del proceso de justicia transicional argentina hasta la actualidad,
resaltando la participación en (y con) los tribunales. Observaremos también la posición sobre la
revisión del pasado violento de cada uno de los gobiernos en el periodo seleccionado 1983-2014. El
estudio intenta colaborar en el debate sobre los procesos de revisión del pasado violento en nuestra
región, innovando al observar en esta trayectoria los tribunales y la posición de los gobiernos en el
poder con relación a la impunidad.
Palabras claves: Derechos humanos, Cortes, Sistemas legales, Justicia transicional, Argentina

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	&#13;  

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�Abstract
Today, Argentina is the most advanced case in relation to the punishment of those
responsible for human rights violations during the last civilian-military dictatorship (Sikkink, 2013).
The country chose the favourable option of penal persecution of crimes against humanity, within
the context of broad social demands (Filippini, 2011). Yet rather than decreasing, these trials have
increased in size, generating new issues. In that sense, Argentina revised the past with the help of the
judiciary. Although the trajectory was not linear, as will be shown, it is not possible to understand it
without taking into account the role of the courts. This study will briefly describe the events of
Argentina’s process of transitional justice up until the present day, highlighting the participation in
(and of) the courts. Likewise, we shall also observe the position of each of the governments between
1983-2014 when revising of the violent past. The study aims to contribute to the debate on the
processes to revise our region’s violent past, with the innovation of taking into account the courts
and governments’ positions in relation to this impunity.
Keywords: Human rights, Courts, Legal systems, Transitional Justice, Argentina.

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�Introducción
Con el retorno a la democracia en diciembre de 1983, Argentina cerró el período del último
régimen cívico-militar atravesado por el terrorismo de Estado y la destrucción de la arquitectura
productiva del país. La transición del régimen no fue compartida con los militares. En ese sentido, la
pérdida de la Guerra de Malvinas en 1982 por los militares en el poder fue determinante para la
ausencia de negociación en la transición. Sin embargo, aquella transición no controlada por los
militares no significó una ausencia de legados autoritarios en la democracia. En el horizonte
democrático, hubo dos desafíos fundamentales: por un lado, la restitución de la Ley y los derechos
fundamentales; por el otro, la punición de los responsables por las violaciones a los derechos
humanos durante el último régimen cívico-militar.
Cada país enfrenta su pasado violento según sus posibilidades, estructuras institucionales y
movimientos sociales y políticos. Así, un frágil equilibrio se va gestando a partir de los diferentes
sectores y la diversidad de demandas de cada escenario nacional. En el proceso, la reconciliación no
tiene el mismo significado para todos los integrantes de la sociedad. El poder judicial tiene un papel
fundamental en la materialización de la justicia y la punición. Pero no siempre es parte de los
sectores que desean revisar el pasado, o no tienen una actitud activa en lo que respecta a la búsqueda
de la verdad y la punición. La justicia constituye más un espacio de lucha política y de negociación en
la reconciliación y la reconstrucción. De esa forma, la justicia puede volverse un actor de
importancia en la revisión, o bien un límite en la búsqueda de la verdad.
La Argentina representa, hoy en día, el caso más avanzado en la punición a los responsables de
violaciones a los derechos humanos durante la última dictadura cívico-militar (Sikkink, 2013). El país
selló, por la opción favorable a la persecución penal de los crímenes de lesa humanidad, embarcada
en un amplio reclamo social (Filippini, 2011). Pero los procesos, lejos de reducirse, aumentan en
tamaño ganando nuevas temáticas. En esta línea, Argentina tuvo un proceso de revisión del pasado
de la mano de la justicia. A pesar de que la trayectoria no fue lineal, como se notará, es imposible
entenderla sin observar los tribunales. En el presente trabajo, de forma breve, describimos los
principales eventos del proceso de justicia transicional argentina hasta la actualidad, resaltando la
participación en (y con) los tribunales. Observaremos también la posición sobre la revisión del
pasado violento de cada uno de los gobiernos en el periodo seleccionado 1983-2014. El estudio
intenta colaborar en el debate sobre los procesos de revisión del pasado violento en nuestra región,
innovando al observar en esta trayectoria los tribunales y la posición de los gobiernos en el poder
con relación a la impunidad.
La Justicia Transicional y los Tribunales
La justicia transicional (JT) emerge como respuesta concreta a las violaciones sistemáticas a los
derechos humanos durante el último régimen autoritario. El concepto de justicia transicional fue
delimitado por el Consejo de Seguridad de las Naciones Unidas (UN Security Council, 2004) y de
forma clara Paul Van Zyl indica:
El objetivo de la justicia transicional implica llevar a juicio a los perpetradores, revelar la
verdad acerca de crímenes pasados, brindar reparaciones a las víctimas, reformar las
instituciones abusivas y promover la reconciliación. Lo anterior exige un conjunto incluyente

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�de estrategias diseñadas para enfrentar el pasado así como para mirar hacia el futuro con el fin
de evitar la recurrencia del conflicto y las violaciones. (Van Zyl, 2009, p.32)
En este sentido, el mismo autor remarca:
Las estrategias de justicia transicional deben considerarse un componente importante de la
construcción de la paz en la medida en que abordan las necesidades y los reclamos de las
victimas, promueven la reconciliación, reforman las instituciones estatales y restablecen el
Estado de derecho. (p.33)
La justicia transicional tiene cuatro dimensiones primordiales: la reparación a las víctimas, la
búsqueda de la verdad y la construcción de la memoria, la reforma de las instituciones del Estado y
el restablecimiento de la igualdad de los individuos frente a la ley. Según el International Center for
Transitional Justice (ICTJ): “ninguna medida aislada es tan eficaz como todas combinadas” (Olsen,
Payne y Reiter, 2009, p.166).
Los estudios sobre justicia transicional poseen una interdisciplinariedad intrínseca al objeto de
estudio, un área altamente compleja de estudios de derecho, sociología, historia, ciencia política,
entre otras. Las diferentes dimensiones de la justicia transicional son trabajadas de las más diversas
formas. Pero en cuanto a la dimensión de la igualdad ante la ley, no existen muchos estudios que
hagan foco en la participación de los tribunales en el proceso de revisión y punición al pasado
violento reciente. Juzgar a los violadores es una parte crítica de la justicia transicional. Sin embargo,
los sistemas de justicia no siempre participan del proceso en forma activa. Como indica el
documento del Consejo de Seguridad de las Naciones Unidas (UN, 2011, p.9): “los sistemas de
justicia nacionales, en el proceso de justicia transicional, en general, no realizaron reformas
institucionales y presentan imposibilidades estructurales y de recursos humanos para conocer los
complejos casos de violaciones masivas a los derechos humanos”. Las continuidades institucionales,
particularmente en lo judicial, forman parte de los desafíos con los cuales la democracia debe lidiar.
El objetivo del presente trabajo es analizar la trayectoria histórica reciente de los principales
eventos de la justicia transicional argentina, observando la posición de cada gobierno con relación a
la revisión del pasado violento y la participación de (y en) los tribunales en el proceso de lucha por la
memoria, verdad y justicia.
El Gobierno de Raúl Alfonsín (1983-1989)
La vuelta a la democracia: la búsqueda de la verdad.
Tan pronto el Presidente Raúl Alfonsín, del partido Unión Cívica Radical, asumió el ejecutivo
nacional el diez de diciembre de 1983, envió un proyecto de ley al Legislativo Nacional1. Tenía por
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Cuando Ricardo Alfonsín era candidato presidencial había anticipado que derogaría la ley de pacificación nacional. Ítalo
Lúder, candidato por el Partido Justicialista, por el contrario, tuvo una posición moderada e intencionalmente ambigua.
1

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�finalidad revocar la Ley 22.924 (Ley de Pacificación Nacional) 2 , conocida como Ley de
Autoamnistía, “promulgada” por los militares cuatro mese antes de dejar el poder. Con esta ley, los
militares intentaban extinguir las responsabilidades penales de los agentes del Estado que violaron
sistemáticamente los derechos humanos. Convirtiéndose en la primera ley democrática, la Ley
23.040 revocó la autoamnistía comenzando el proceso de revisión y búsqueda de la verdad sobre las
atrocidades vividas durante la última dictadura. La misma sirvió como signo fundamental contra la
impunidad. La ley sancionada no solo revocó el decreto de autoamnistía sino que también lo declaró
de nulidad absoluta e insanable, anulando los efectos para el pasado.
El 15 de diciembre de 1983, basada en el decreto presidencial 187, se conformó una Comisión
de notables con el objetivo de investigar las violaciones a los derechos humanos durante el último
régimen Cívico-Militar 3 . El régimen autoritario, autodenominado Proceso de Reorganización
Nacional, se desarrolló entre 1976 y 1983. La Comisión Nacional sobre la Desaparición de Personas
(CONADEP) estuvo integrada por: un presidente, seis secretarios y 12 miembros. El presidente fue
el reconocido escritor Ernesto Sábato. Otros miembros reconocidos fueron: el Dr. René Favaloro
(que renunciaría), Gregorio Klimovsky y Magdalena Ruiz Guiñazú, entre otros. Una de las
secretarias fue Graciela Fernández Meijide.
El 20 de septiembre de 1984, 280 días después, la Comisión presentó su informe final: el
Nunca Más. En él, recibieron nueve mil denuncias y oyeron más de siete mil testimonios, de los
cuales 1500 fueron de sobrevivientes. La Comisión llegó a documentar incriminaciones en cincuenta
mil folios. 8960 personas fueron dadas como desaparecidos y se localizaron trescientos ochenta
centros de detención clandestinos, los principales fueron: ESMA (Escuela Mecánica de la Armada),
La Perla, Olimpo y Mansión Seré (CONADEP, 1984). De esta forma, la CONADEP constituyó la
primera comisión exitosa, a nivel internacional, en investigar la desaparición forzada de personas, en
un contexto internacional desfavorable4. Como indica Crenzel:
El informe, Nunca Más, basado en una retórica jurídica, instaló una nueva verdad pública
sobre la desaparición al probar la existencia material del sistema, negada por sus autores, y
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Ley denominada de Pacificación Nacional, con el norte de ser medidas políticas y normativas tendientes a sentar las
bases de la definitiva pacificación del país (según indica la propia ley). La ley fue promulgada el 22 de septiembre de 1983
por el gobierno autoritario, antes de la asunción del presidente constitucional Alfonsín. En su primer artículo:
Decláranse extinguidas las acciones penales emergentes de los delitos cometidos con motivación o finalidad terrorista o
subversiva, desde el 25 de mayo de 1973 hasta el 17 de junio de 1982. Los beneficios otorgados por esta ley se extienden,
asimismo, a todos los hechos de naturaleza penal realizados en ocasión o con motivo del desarrollo de acciones dirigidas
a prevenir, conjurar o poner fin a las referidas actividades terroristas o subversivas, cualquiera hubiere sido su naturaleza
o el bien jurídico lesionado. Los efectos de esta ley alcanzan a los autores, partícipes, instigadores, cómplices o
encubridores y comprende a los delitos comunes conexos y a los delitos militares conexos.
3 Conjuntamente con el decreto 187, debe tenerse en consideración los otros dos decretos fundamentales en este
proceso de justicia transicional: A) Decreto 157 de 13 de diciembre de 1983, Declárase la necesidad de promover la
prosecución penal con relación a los hechos cometidos con posterioridad al 25 de mayo de 1973, contra distintas
personas por actividades ilegales. Boletín oficial de 15-12-83. B) Decreto 158 de 13 de diciembre de 1983. Juicio sumario
ante consejo supremo de las fuerzas armadas integrantes de las juntas militares. Boletín oficial de 15-12-83.
4 Como indica Bohmer (2014, p.129): “La situación internacional no era favorable. La mayoría de los países de América
Latina estaban bajo dictaduras, el breve florecimiento de los derechos humanos en la región que la administración del
presidente norteamericano James Carter acompañó se había terminado y la guerra fría volvía a cobrar vigencia bajo
Ronald Reagan. El muro de Berlín todavía estaba en pie y Mandela todavía en prisión”.
2

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	&#13;  

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�postuló a la justicia y a la democracia como garantías para que el horror no se repitiera.
(Crenzel, 2014, p.42)
El informe Nunca Más sirvió como base para procesos penales y para juzgar a los miembros
de la junta militar, pero su validez como medio de prueba fue colocada en duda por la defensa de los
imputados.
La Ley 23.049, sancionada en febrero de 1984, modificó profundamente el Código de Justicia
Militar. Con la reforma se incorporó la posibilidad de intervención de la justicia civil en procesos
desarrollados en la justicia militar cuando existieran dilaciones injustificadas, sin necesidad de
alcanzar una sentencia definitiva. De este modo, la protección sistemática de la Justicia Militar y su
constante paralización de los juicios, cambió con la intervención de la justicia civil, dejando abierta la
posibilidad de continuar con el proceso de búsqueda de la verdad5. Así, a partir de los trabajos de la
CONADEP, surgió un proceso de judicialización, aunque el mismo se presentaba en un contexto
político delicado.
Juicio a las juntas militares.
El Juicio 13, como es conocido, fue el proceso judicial realizado por la justicia civil, en
oposición a la justicia militar, por orden del Presidente Raúl Alfonsín, contra las tres primeras juntas
militares de la dictadura debido a las graves y enormes violaciones a los derechos humanos
cometidos durante el período. El 22 de abril de 1985 el juicio comenzó.
El 9 de diciembre de 1985 se dictó una sentencia condenando a los cinco miembros de las tres
primeras juntas militares que gobernaron la Argentina: Jorge Rafael Videla, Roberto Eduardo Viola,
Emilio Eduardo Massera, Armando Lambruschini y Orlando Ramón Agosti.
Todas las condenas se convirtieron en un evento sin precedentes para la justicia transicional a
nivel mundial y un gran paso en la consolidación del estado de derecho argentino. El Juicio a las Juntas
contribuyó a crear conciencia de que no existe más espacio en el país para gobiernos autoritarios. En
ese sentido, el juicio promovió el descubrimiento de la ley, en cuanto los ciudadanos percibieron un
sistema legal era más viable y legítimo, asentando la idea que nadie está por encima de la ley (Sikkink,

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Dice el Art. 10 de la Ley 23.049: El Consejo Supremo de las Fuerzas Armadas conocerá mediante el procedimiento
sumario en tiempo de paz establecido por los artículos 502 al 504 y concordantes del Código de Justicia Militar, de los
delitos cometidos con anterioridad a la vigencia de esta ley siempre que: Resulten imputables al personal militar de las
Fuerzas Armadas, y al personal de las Fuerzas de Seguridad, policial y penitenciario bajo control operacional de las
Fuerzas Armadas, y que actuó desde el 24 de marzo de 1976 hasta el 26 de septiembre de 1983, en las operaciones
emprendidas con el motivo alegado de reprimir el terrorismo.
Art. 11 - El art. 34, inc. 5 del Código Penal deberá ser interpretado conforme a la regla del art. 514 del Código de Justicia
Militar respecto de los hechos cometidos por el personal mencionado en el artículo anterior que actuó sin capacidad
decisoria cumpliendo órdenes o directivas que correspondieran a planes aprobados y supervisados por los mandos
superiores orgánicos de las Fuerzas Armadas y por la Junta Militar. A ese efecto podrá presumirse, salvo evidencia en
contrario que se obró con error insalvable sobre la legitimidad de la orden recibida, excepto cuando consistiera en la
comisión de hechos atroces o aberrantes.
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�2013). Desde un sentido simbólico, el juicio a las juntas se trató de la más elocuente escenificación
de la igualdad ante la ley (Martin, 2014)6.
Pero el Juicio a las Juntas tuvo particularidades importantes: en el proceso, más de 800
testimonios fueron escuchados, y más de 700 casos fueron analizados a partir del informe Nunca
Más de la CONADEP. En el Juicio no fueron incluidos todos los casos documentados, habiéndose
elegido únicamente los casos trascendentales, siendo juzgados 281 casos 7 . Solo los máximos
responsables de la cadena de mando fueron juzgados. Los cuadros medios y los ejecutores directos
de los crímenes fueron dejados de lado.
La condena de los máximos responsables no significó el fin de la búsqueda de la verdad y de la
justicia. El Juicio a las Juntas legitimó muchos reclamos y denuncias. Con él comenzaron a abrirse
miles de procesos penales en el país. El destino de los casos dependía en gran medida de la
convivencia (o no) entre los jueces para avanzar en este tipo de procesos. Este movimiento de la
sociedad en busca de justicia en los tribunales fue generando malestar en el ámbito militar. Es en
este escenario que ocurrieron diversos acontecimientos con el objetivo de desestabilizar el gobierno
constitucional. Entre ellos, levantamientos militares, muy sensibles para la sociedad. Y con ellos, el
proceso de justicia se frenaría abruptamente.
Leyes de impunidad: punto final y obediencia debida.
Una de las consecuencias de las presiones de los militares fue la sanción de la Ley 23.492,
conocida como la ley de Punto Final. Esta fue sancionada por el Congreso el 23 de diciembre de
1986. La ley establecía en su artículo primero: "se extinguirá la acción penal contra toda persona que
hubiere cometido delitos vinculados a la instauración de formas violentas de acción política hasta el
10 de diciembre de 1983". La ley otorgó sesenta días para procesar a los acusados por los delitos de
lesa humanidad cometidos durante la última dictadura. Un plazo mínimo que generó desesperación
entre los movimientos sociales y de derechos humanos que buscaban avanzar en la justicia. Este
breve plazo produjo una enorme movilización en los tribunales, tanto por las presentaciones de los
movimientos de derechos humanos como de algunos jueces que no dejarían que el tiempo limitara
su trabajo.
A pesar de la enorme concesión de la ley, la presión continuó. La misma se tornó vivible para
la sociedad en la Semana Santa de 1987. Liderados por el “Carapintada” Teniente Coronel Aldo
Rico, una rebelión militar intentó ocupar la Escuela de Infantería de Campo de Mayo en reclamo a
los cientos de procesos presentados contra militares dentro del período habilitado. El apoyo popular
al gobierno democrático de Alfonsín fue amplio. Pero la rebelión tuvo como consecuencia la
sanción de otra ley de impunidad: la Ley 23.521 de Obediencia Debida. La misma establecía una
presunción, sin aceptar prueba en contrario (iuris et de iure), de Obediencia Debida. O sea, se absolvía
a los militares de rango intermedio y bajo acusados de violaciones a los derechos humanos en la
última dictadura por haber actuado presuntamente en virtud de la obediencia debida. Algunos de los
beneficiados por la norma fueron los reconocidos genocidas Alfredo Astiz, Antonio Bussi, Miguel
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Según Strassera el juicio a las juntas fue más justo, por calificarlo de alguna manera, que el de Núremberg, porque “allí
los jueces eran de las potencias que habían ganado la guerra. Acá el juicio fue hecho en un tribunal que tenía cien años.
Eran jueces que lo podrían juzgar a cualquiera, a uno mismo, no eran jueces especiales” (citado en Eliaschev, 2011).
7 En ese sentido, menos del 8% de los casos de desaparecidos registrados por la CONADEP fueron incluidos en el
juicio (Crenzel, 2008,).
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�Etchecolatz, Jorge Acosta, entre muchos otros. De esta forma, el desprocesamiento inmediato de los
imputados en procesos penales, fue una de las consecuencias de la nueva ley. Además de haber
intervenido en el ámbito de las facultades exclusivas de los jueces.
A pesar del retroceso que significó para la mayoría de las organizaciones de derechos
humanos, la ley declaraba explícitamente en el artículo 2 (de la ley 23.521): “La presunción
establecida en el artículo anterior no será aplicable respecto de los delitos de violación, sustracción y
ocultación de menores o sustitución de su estado civil y apropiación extensiva de inmuebles”. El
artículo era tan explicito como el artículo 5 de la Ley 23.492. Así, el artículo se convertiría en el
futuro en una puerta jurídica para la defensa de los derechos humanos.
A fines de junio de 1987, la Corte Suprema debió analizar la validez de ambas leyes. La corte
juzgó que resultaban de una ponderación de los intereses en juego, exclusiva del poder político y
que, como tal, deberían ser acatadas por el Poder Judicial (Guembe, 2005, p.121). Con una
orientación contraria, en el ámbito internacional, casi un año después, en julio de 1988, la Corte
Interamericana de Derechos Humanos (CIDH) en la sentencia del caso Velázquez Rodríguez8, dejó
establecida la obligación de los Estados de prevenir, investigar y punir las violaciones a los derechos
humanos.
La impunidad establecida a partir de las leyes de Punto Final y Obediencia Debida
multiplicaron los reclamos de justicia de las organizaciones de derechos humanos, estableciendo un
núcleo duro e intransigente contra la impunidad. Y este solo se fortalecerá con el paso del tiempo.
El gobierno de Carlos S. Menem (1989-1999)
La política del cangrejo.
La salida prematura del Presidente Alfonsín9, seis meses antes del término previsto de su
mandato, en un escenario de inestabilidad social y económica, habilitó la asunción el 8 de julio de
1989 del nuevo presidente electo: Carlos Saúl Menem, del Partido Justicialista. Con él, de manera
inmediata, las políticas de impunidad se profundizaron. En claras palabras del ministro de defensa
Ítalo Lúder, en agosto del mismo año: “el gobierno argentino perdonará a militares rebeldes y
acusados de violar los derechos humanos como parte de una estrategia para aumentar la credibilidad
al país y atraer inversiones extranjeras” (citado en Napoli, 2011, p. 67). Entre el 7 de octubre de 1989
y el 29 de diciembre de 1990, el Presidente Menem dictó diez decretos indultando a aquellos que
habían sido condenados en los años anteriores. Según el gobierno, se trató de una política de perdón
que pretendía la reconciliación nacional, en busca de la estabilización de las relaciones cívicomilitares, con el objeto de cuidar la democracia. Una peligrosa política de cangrejo: Menem creyó
que avanzaba, pero solo retrocedió, perjudicando profundamente los avances en el área de derechos
humanos y punición a las violaciones de la última dictadura.
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Corte Interamericana de Derechos Humanos - CIDH. Caso Velásquez Rodríguez Vs. Honduras. Sentencia de 29 de
julio de 1988.
9 La situación económica de la argentina era crítica en los últimos meses del mandato de Raúl Alfonsín. De forma clara,
Aldo Ferrer (2008) indica: En enero (de 1989) se produjo una corrida especulativa contra el austral que trató de contener
contra la venta de reservas del banco central. En febrero, éste carecía de reservas para regular el mercado, que era ya
inmanejable dada la dimensión de la fuga de capitales. En solo los cuatro meses siguientes, la cotización del dólar se
multiplicó por ocho. Entre febrero y agosto los precios subieron el 1.700%, el tipo de cambio se devaluó cuatro veces y
los salarios reales cayeron el 30%. (p. 404)
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�Entre los indultos decretados, fueron beneficiados: aquellos que habían sido procesados y no
beneficiados por la ley de Punto Final y Obediencia Debida, miembros de grupos guerrilleros, los
participantes de las rebeliones de Semana Santa, Monte Caseros y Villa Martelli, los comandantes
condenados por delitos en la Guerra de Malvinas, los miembros de las juntas militares, Guillermo
Suarez Mason, y el ex ministro de economía, José Alfredo Martínez de Hoz, entre otros.
De esta forma, tomando las leyes de impunidad y los indultos de Menem, aquellos que estaban
siendo juzgados, los que fueron juzgados y los condenados terminaron beneficiados por las leyes
y/o indultos. Una intromisión del Poder Ejecutivo en el Judicial porque indultó a quien no resultó
condenado. En seis años de democracia, se pasó de avances importantes en el área de la justicia
transicional a un retroceso profundo que culminaría con los condenados libres en las calles. En este
escenario, las organizaciones de derechos humanos consolidaron su posición de reclamo
intransigente a la impunidad, contando con el apoyo de algunos movimientos sociales.
Fase post-indultos
Desde la sanción de las leyes de Punto Final y Obediencia Debida, un conjunto de individuos
y organizaciones denunciaron al país ante la Comisión Interamericana de Derechos Humanos
(CIDH) de la Organización de Estados Americanos. Estas denuncias se intensificaron a partir de los
indultos de Menem. A comienzos de octubre de 1992, la Comisión se pronunció a través de un
informe, conocido como el 28/92. En él, la CIDH destacó las violaciones del Estado argentino en
relación al derecho de justicia de las víctimas, además de indicar la incompatibilidad de las leyes de
Amnistía por ser contrarias a la Convención Americana de Derechos Humanos y la Declaración
Americana de Derechos y Deberes del Hombre. La Comisión recomendó, a la Argentina en
particular, tomar medidas para esclarecer los eventos, e identificar y sancionar a los responsables por
las violaciones de derechos humanos ocurridos durante la dictadura militar.
En el año 1994, se reformó la Constitución Nacional. La incorporación de los tratados de
derechos humanos a la Constitución, otorgándoles jerarquía constitucional, potencializó los
derechos de las víctimas de violaciones a los derechos humanos. Entonces, el Estado asumió
obligaciones especiales de rango internacional10. En la misma línea, en 1995, se promulgó la Ley
24.584, aprobándose la "Convención sobre la imprescriptibilidad de los crímenes de guerra y de los
crímenes de lesa humanidad", adoptada por la Asamblea General de las Naciones Unidas.
Siguiente un orden cronológico, entre finales de 1994 y 1995 se consolidó la agrupación
H.I.J.O.S. - Hijos y Hijas por la Identidad y la Justicia contra el Olvido y el Silencio - a nivel
nacional. La agrupación fue clave para el mantenimiento de la memoria en un momento de olvido y
apatía. Con los canales institucionales bloqueados, la organización innovó sus formas de protestas: el
“escrache” se volvió una forma efectiva de manifestación y repudio (Oberlin, 2011)11. La condena
social fue exitosa, obteniendo la agrupación gran visibilidad y apoyo de la sociedad. La constancia y
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La reforma constitucional de 1994 no solo incorporó constitucionalmente el principio de supremacía de los tratados
sobre las leyes de la Nación, en el nuevo artículo 75 inciso 22, sino que también estableció que los 11 instrumentos
internacionales sobre derechos humanos enumerados por la propia Constitución, tienen jerarquía constitucional.
11 El escrache era el proceso de identificación de los lugares donde vivían los represores, que culminaba con un acto
público en el cual se marcaba visiblemente la vivienda en la que habitada el represor. Así, todo aquel que pasaba por el
lugar sabía que allí vivía un represor.
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�perseverancia de las organizaciones de derechos humanos fue clave en la justicia transicional en un
momento de retroceso y de políticas de impunidad.
Coincidiendo con la reelección del presidente Carlos S. Menem, al final de 1995, el retroceso
se revertiría para volver de a poco a la trayectoria de la política de la memoria, verdad y justicia. Pero,
lejos de tratarse de una reversión por políticas activas del gobierno nacional, se trató de una
reversión multidimensional: por contexto, evolución del derecho internacional, creatividad y presión
social. La dimensión contextual doméstica era difícil: desempleo masivo, precarización laboral y
pobreza extendida. El pueblo estaba en la calle, y los diferentes reclamos, lejos de desaparecer, se
potenciaban. La continuidad y constancia de las organizaciones de derechos humanos contra la
impunidad aumentaban lentamente su visibilidad y también la presión ejercida. Simultáneamente, el
aniversario del Golpe de Estado de 1976 y el debilitamiento de las fuerzas armadas, abrió
oportunidades y multiplicó apoyos sociales a los reclamos de esas organizaciones. La dimensión de la
defensa de los derechos humanos fue fortalecida por el contexto internacional, entre ellos: el caso
Scilingo, la evolución del pensamiento internacional y los derechos humanos, y posteriormente el
ejemplar caso Pinochet 12.
Innovación ante la restricción: Instancia internacional.
En el escenario internacional, familiares y organismos de derechos humanos (con el apoyo de
organizaciones locales de cada país de destino) presentaron denuncias en diversos países para
acceder a la jurisdicción de los mismos por el principio jurídico de la nacionalidad de la víctima.
España comenzó a investigar lo que sucedió en la Argentina durante la dictadura militar, bajo el
principio de jurisdicción universal a partir del año 1996 (Cels, 2013). La cara visible de este proceso
fue el Juez Baltazar Garzón. A fines de 1999, el prestigioso juez pidió, a través de la Interpol, la
detención de cuarenta y ocho acusados, entre ellos: Videla, Massera, Suárez Mason, Nicolaides,
Bussi, Menéndez, Acosta y Astiz. En 1997, el Caso Scilingo fue particularmente especial por la
confesión voluntaria acerca de los “Vuelos de la Muerte” y su correlativa localización de los cuerpos
en la costa argentina13 14. Pero no solo en España se desarrollaron estos procesos. Jueces de Francia
(caso Astiz15), Alemania (casos Kasemann y Zieschank) e Italia (caso Suarez Mason, y también
utilizando el principio de nacionalidad pasiva por la Operación Cóndor) también pidieron la
extradición de militares argentinos para ser juzgados en el exterior, generando una fuerte presión al
gobierno argentino (Yanzon, 2011). Esto provocó, por un lado, una negativa constante por parte de
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El 16 de octubre de 1998, el juez Baltasar Garzón dictó la orden de detención de Pinochet desencadenando todo el
conocido proceso. Dicho juez investigaba desde hacía dos años los crímenes contra españoles en la última dictadura
argentina. En este sentido, se trató de un cambio fundamental en el derecho internacional, cambios que se vienen
fortaleciendo en las últimas décadas. La protección a los derechos humanos pasó a constituirse en unos de los
principales objetivos de la comunidad internacional. En el mismo año, en julio, representantes de 120 países reunidos en
la conferencia de Roma aprobaron el proyecto de creación de un tribunal penal internacional, con sede en la Haya, países
Bajos.
13 Los Vuelos de la Muerte: los detenidos-desaparecidos que estaban en la Escuela Mecánica de la Armada (ESMA) y
otros centros clandestinos de detención eran narcotizados, amarrados y arrojados con vida desde aviones al Rio de la
Plata y al Océano Atlántico.
14 En abril de 2005, en España, Adolfo Scilingo fue juzgado y condenado a 640 años de prisión. Recientemente, la Corte
española aumentó la pena a 1084 años.
15 Con relación a Astiz fueron varios los países que lo procesaron, y/o condenaron, y/o pidieron su extradición, entre
ellos Francia, España, Suecia e Italia.
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�las máximas autoridades nacionales (los presidentes Menem, De la Rúa, Duhalde)16 a colaborar,
tanto en el ámbito judicial como en las extradiciones solicitadas por los países que habían iniciado
causas penales contra argentinos por crímenes de lesa humanidad. Por el otro, la reforma
constitucional y los compromisos internacionales que surgieron a partir de ello, impedían que la
negativa se extienda por un largo plazo. Todos estos procesos crearon importantes precedentes,
movilizando a la sociedad. Así, los cambios en la esfera internacional motivaron transformaciones en
el país, influyendo en el desarrollo de los procesos que los tribunales estaban canalizando. La
visibilidad del caso Pinochet redobló el incentivo de reclamo de los familiares y de las
organizaciones. Como indica Sikkink (2013), con relación a los juicios de lesa humanidad, estos
contribuyen a disuadir mas allá de las fronteras y, así como es probable que los juicios tengan mayor
poder de disuasión en el país donde se llevan a cabo, también existe la posibilidad de encontrar un
mayor grado de prevención o discusión generales, afectando a países vecinos.
Innovación ante la restricción: Juicios por la verdad.
En este contexto, nuevas estrategias fueron llevadas a cabo por los diferentes organismos de
derechos humanos en pos de obtener justicia y evitar la consolidación de la impunidad. Una
búsqueda constante de nuevas fórmulas jurídicas y procesales para poder superar los obstáculos y
restricciones construidas por las leyes de impunidad establecidas, en un escenario social y económico
complejo con un sector militar debilitado, y una creciente internacionalización de la defensa de los
derechos humanos, facilitaron la apertura del establecimiento de los Juicios por la Verdad. Con ellos, se
abrieron nuevos sentidos del pasado, alterando significados en el presente y posibilitando nuevas
alternativas en el horizonte. La defensa de la memoria y la búsqueda de la justicia fueron pilares
fundamentales en este proceso de transformación. Los juicios fueron el retorno a la trayectoria de la
búsqueda de la verdad y la justicia en los tribunales nacionales, vedados desde la sanción de las leyes
de impunidad y de los indultos (Filippini, 2011).
Los Juicios comenzaron a partir de un amparo presentado por la Asamblea Permanente por los
Derechos Humanos (APDH) y algunos familiares en la Cámara Federal de La Plata, en la ciudad de
La Plata, en abril de 199817. Un mes después, la Cámara resolvió investigar lo que había sucedido.
Los Juicios por la Verdad tenían por objetivo descubrir lo que ocurrió con los desaparecidos durante la
última dictadura cívico-militar, las circunstancias en las cuales se sucedieron los trágicos eventos, el
destino final de las víctimas y la individualización de los responsables. La importancia de esos juicios
é que, a pesar de no considerar la posibilidad de condena y punición (por la aceptación de los límites
establecidos por las leyes de impunidad por los jueces), su objetivo era la fijación judicial de la
verdad. Los Juicios por la Verdad surgen debido a la ausencia de respuesta del Estado en relación a los
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Decretos 111 de 09-02-1998 de Carlos S. Menem, Decreto 1581 de 05-12-2001 de Fernando De la Rúa, y Eduardo
Duhalde rechazó la extradición de Astiz a inicios de 2002.
17 Como precedente inmediato pero con resultado negativo por parte de los tribunales. La causa del Caso Mignone de
1995 finalmente fue cerrada por el tribunal; el Caso Aguiar de Lapacó vs Argentina (Caso 12.059 -1999) exigió el
derecho a la verdad basándose en el derecho internacional e interno. Finalmente, la causa fue negada por la Corte
Suprema de Justicia Nacional. En 1998, Caso Facundo Urteaga c/Estado Nacional (fallo: 321:2767), a partir del Habeas
data presentado, fue aceptado por la Corte Suprema, un mes después de la negativa del Caso Aguiar de Lapacó. En 1999,
una resolución de la CIDH recomendó en el Caso Aguiar Lapacó el acceso a la verdad, abriendo las puertas de los
tribunales. El Caso Aguiar de Lapacó fue resuelto por una solución amistosa por el informe 21/00, de febrero de 2000 –
CIDH-OEA. En él, el Estado Argentino aceptó y garantizó el derecho a la verdad, y se comprometió a adecuar la
legislación para facilitar la competencia y el trabajo de tribunales penales específicos.
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�desaparecidos y, especialmente, por las restricciones impuestas por las leyes de Punto Final y
Obediencia Debida, y los indultos.
Durante los meses que siguieron, se presentaron más demandas en todo el territorio nacional
en busca de la verdad, movilizando a la sociedad Argentina a enfrentarse con un pasado que para
muchos estaba cerrado. En todo ese tiempo, declararon más de 800 testigos, existiendo más de 2200
expedientes. A partir de los Juicios por la Verdad, se reunió información esencial, ayudando a iniciar o
reabrir casos penales por violación a los derechos humanos por parte del terrorismo de Estado
durante la última dictadura.
Una característica importante de los Juicios fue que se basaron extensivamente en los pactos,
sentencias e informes internacionales de derechos humanos. Tanto el informe 28/92 como el
Informe Anual 1985/1986 de la CIDH, fueron parte de la sustentación de los fundamentos de los
Juicios. Como indicó la CIDH en el Informe Anual 1985/1986: “Toda la sociedad tiene el
irrenunciable derecho de conocer la verdad de lo ocurrido, así como las razones y circunstancias en
las que aberrantes delitos llegaron a cometerse, a fin de evitar que esos hechos vuelvan a ocurrir en el
futuro” (Capítulo V).
Además de esos informes de la comisión, diversas sentencias de la Corte IDH fueron
utilizadas (ex. Caso Velásquez Rodríguez de 1988)18, así como también la solución amistosa del Caso
Aguiar de Lapacó del año 200019. De ese modo, los tribunales nacionales fueron reaccionando a la
presencia activa de la jurisprudencia cada vez más insistente de la Corte Interamericana de Derechos
Humanos en lo referido a los casos que violan la Convención Americana de Derechos Humanos
(Roht-Arriza, 2011). Otro instrumento internacional que fue parte de la sustentación argumental de
los Juicios fue la Convención Interamericana sobre Desaparición Forzada de Personas. La
Convención tenía jerarquía constitucional desde mayo de 1997. A los fundamentos basados en el
derecho internacional, se sumaron los argumentos que surgen de la Constitución Nacional y la
protección de las garantías individuales previstas por la misma, además de diferentes sentencias de la
Corte Suprema Nacional (ex. Caso Urteaga)20. Argumentos sustentados de forma combinada por las
innovaciones del derecho internacional, del propio desarrollo del proceso nacional en un contexto
especial. Los Juicios por la Verdad se constituyeron en un camino alternativo en la búsqueda de la
verdad y justicia, una innovación ante la restricción. Aunque lejos de ser el fin del camino, se trató
del comienzo del retorno a la senda de la justicia.
Innovación ante la restricción: las lagunas de la amnistía.
Casi simultáneamente al inicio de los Juicios por la Verdad en 1998, diferentes peticiones fueron
presentadas en los tribunales sobre casos no contemplados por las leyes de amnistía de la década de
los ochenta: por un lado, la apropiación y sustracción de menores o niños nacidos en cautiverio21;
	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  
Corte Interamericana de Derechos Humanos, Caso Velásquez Rodríguez Vs. Honduras. Sentencia de 29 de julio de
1988
19 Comisión Interamericana de Derechos Humanos - CIDH, Informe N° 21/00. Caso 12.059. Solución Amistosa.
Carmen Aguiar De Lapacó. Argentina. 29 de Febrero de 2000.
20 Caso Facundo Urteaga c/Estado Nacional (fallo: 321:2767).
21 Indicaba el artículo 2 (de la Ley 23.521): “La presunción establecida en el artículo anterior no será aplicable respecto de
los delitos de violación, sustracción y ocultación de menores o sustitución de su estado civil y apropiación extensiva de
inmuebles”. En la misma línea declaraba el artículo 5 de la ley 23.492.
18

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	&#13;  

64	&#13;  

�por el otro, denuncias contra militares bolivianos, uruguayos, paraguayos y chilenos que participaron
de la Operación Cóndor y que no eran beneficiados por las leyes de impunidad22. En lo referido a la
apropiación de menores, en la década de los noventa, fueron iniciados algunos procesos por la
sustracción, ocultamiento y sustitución de la identidad de menores, más allá de la recopilación de
datos sobre bebés nacidos en cautiverio23. Las Abuelas de Plaza de Mayo denunciaron que el secuestro
de bebés fue parte de un plano sistemático impulsado por la dictadura24. Con los procesos de esta
temática, los líderes militares volvieron a transitar los tribunales, y algunos de ellos, la cárcel, entre
ellos los ex jefes de Executivo Nacional, Jorge R. Videla25 y Emilio E. Massera 26, entre otros
detenidos. El reconocimiento de que estos tenían cometido un delito de lesa humanidad, delitos
imprescriptibles, alteraba los cálculos jurídicos a futuro. Los tribunales volvían a moverse por
pretensiones con horizonte. Este tipo de delitos, no previstos por las leyes de amnistía, fueron
procesos realmente judicializados (Lorenzetti y Kraut, 2011).
Innovando el fin de la restricción: la revocación de las leyes de amnistía.
El 15 de abril de 1998, el Congreso Nacional sancionó la Ley 24.952, revocando las leyes de
Punto Final y Obediencia Debida. Sin embargo, lejos de satisfacer las expectativas de los familiares
de las víctimas y las organizaciones de derechos humanos, la revocación no eliminaba los efectos del
pasado, sino aquellos a futuro. Se trató de una resolución intermedia: entre los sectores
conservadores se alertaba sobre los efectos institucionales de la anulación legislativa y, del lado
opuesto, se exigía la materialización de la obligación de investigar, procesar y punir en base al
derecho internacional de los derechos humanos (Guembe, 2005). Era una revocación más simbólica
que efectiva. En definitiva, una revocación con efectos castrados. Pero, a pesar de la limitación, la
revocación no dejaba de tener efectos a futuro, y éstos existirán.
El Gobierno de la Alianza (1999-2001)
El reverso del proceso: el desafío de los jueces.
El 2001 no fue solamente el año de la enorme crisis económica y del choque con las miserias
de la barroca construcción política argentina, también fue el encuentro con un pasado presente, o
sea, un período de una argentina al rojo vivo. En marzo de 2001, el juez federal Gabriel Cavallo, del
Tribunal Nacional en lo Criminal y Correccional Federal nº4, declaró inconstitucionales las leyes de
	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  
Un ejemplo de la última fue el Caso Prats, general chileno asesinado juntamente con su esposa en Buenos Aires en
1974. El juicio condenó por asesinato al ciudadano chileno Enrique Arancibia Clavel, integrante de la Dirección de
Inteligencia Nacional (DINA) del gobierno de Augusto Pinochet. El caso se convirtió en un importante precedente.
23 En 1992, se sancionó la Ley 25.457, que creó la Comisión Nacional por el Derecho a la Identidad (CONADI). En
1987, durante la presidencia de Alfonsín, fue sancionada la Ley 23.511 creando el Banco Nacional de Datos Genéticos
(BNDG). Esta fue reformada y actualizada en diversos momentos; la última vez fue en el año 2009 por la Ley 26.548.
24 El 30 de octubre de 1996, las abuelas presentaron la denuncia que dio inicio a la causa por el “Plan Sistemático de
apropiación de niños” (IUD, 2013).
25 Causa n.1499 Videla, Jorge R. S/Supressão de estado civil de un menor; Causa n.1584 Azic, Juan Antonio S/delito de
acción pública, Causa n.1351 Nicolaides, Cristinho y otros S/sustración de menores.
26 Causa n.10326-96 Nicolaides, Cristinho y otros s/sustracción de menores.
22

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�Punto Final y Obediencia Debida en la causa “Simón” 27 . En la sentencia, el juez declaró la
inconstitucionalidad de las leyes de impunidad considerando los tratados internacionales:
En consecuencia, la sanción y la vigencia de las leyes 23.492 y 23.521, en tanto impiden llevar
adelante las investigaciones necesarias para identificar a los autores y partícipes de las
violaciones a los derechos humanos perpetradas durante el gobierno de facto (1976-1983) y
aplicarles las sanciones penales correspondientes, son violatorias de la Convención Americana
sobre Derechos Humanos. Verificado entonces que la sanción y vigencia de las leyes 23.492 y
23.521 son incompatibles con la Convención Americana sobre Derechos Humanos y con la
Declaración Americana de los Derechos y Deberes del Hombre, se impone declarar inválidas
a las leyes de “Punto Final” y “Obediencia Debida”28.
Dos semanas después, el 14 de marzo de 2001, la Corte Interamericana de Derechos
Humanos, fortaleciendo la sentencia del juez Cavallo, confirma el mismo sentido con la decisión (y
leading case) “Barrios Altos vs. Perú”. En ella, la Corte IDH estableció que las violaciones a los
derechos humanos no puede ser amnistiados ni su persecución penal cesa con el paso del tiempo.
En ese sentido, la Corte Interamericana determinó que:
Como consecuencia de la manifiesta incompatibilidad entre las leyes de autoamnistía y la
Convención Americana sobre Derechos Humanos, las mencionadas leyes carecen de efectos
jurídicos y no pueden seguir representando un obstáculo para la investigación de los hechos
que constituyen este caso ni para la identificación y el castigo de los responsables, ni puedan
tener igual o similar impacto respecto de otros casos de violación de los derechos consagrados
en la Convención Americana acontecidos en el Perú.29
Así, tanto en el ámbito nacional como internacional, las cortes indicaron el rumbo y, con ellas,
otros jueces imitaron el camino, iniciando nuevas causas o reabriendo aquellas que habían sido
obstaculizadas por las leyes de impunidad al final de la década de los ochenta. En esa trayectoria, las
decisiones fueron siendo confirmadas por las Cámaras Federales de segunda instancia.
Los Gobiernos de Néstor Kirchner (2003 – 2007) y Cristina Fernández de Kirchner (2007 –
2015)
La imprescriptibilidad y la inconstitucionalidad de las Leyes de Impunidad y de los
Indultos.
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Fallo: 8686/2000.
Fallo: 8686/2000.
29 Corte Interamericana de Derechos Humanos. Caso Barrios Altos Vs. Perú. Sentencia de 14 de marzo 2001. Párrafo
44. En la sentencia se declaran inválidas las leyes de amnistía decretadas por el gobierno de Alberto Fujimori.
27
28

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�Con la asunción del Presidente Néstor Kirchner, en mayo de 2003, las políticas de la memoria
se volvieron políticas de Estado. El acompañamiento institucional a los reclamos de las
organizaciones de derechos humanos se transformó en una nueva orientación del gobierno en el
poder. Por un lado, en 2003, comenzó un proceso de renovación de los miembros de la Alta Corte
argentina, un proceso más transparente y público. La Corte Suprema se encontraba entre los
reclamos principales de los ciudadanos30. Por otro lado, el poder legislativo promulgaría una serie de
leyes que serían fundamentales para el retorno a la senda de reconstrucción del derecho a la justicia.
En este sentido, el 2 de septiembre de 2003, se promulgó la ley 25.778, otorgando jerarquía
constitucional a la "Convención sobre la Imprescriptibilidad de los Crímenes de Guerra y de los
Crímenes de Lesa Humanidad"31.
En agosto de 2004, la Corte Suprema de Justicia Nacional, de acuerdo con esta nueva
orientación de la búsqueda de la verdad y justicia, estableció la imprescriptibilidad de los crímenes de
lesa humanidad (Caso Arancibia Clavel) 32 . De este modo, la Corte resolvió la cuestión de la
prescripción de los crímenes, uno de los obstáculos para la punición de los militares: “… Las reglas
de prescripción de la acción penal previstas en el ordenamiento jurídico interno quedan desplazadas
por el derecho internacional consuetudinario y por la Convención sobre la Imprescriptibilidad de los
Crímenes de Guerra y de los Crímenes de Lesa Humanidad”33. En septiembre del mismo año, se
promulgó la Ley 25.779 que declaró la nulidad de las leyes de Punto Final y Obediencia Debida,
habilitando al sistema de justicia a poner fin a la arbitrariedad que existió durante todo ese período.
Como consecuencia, se multiplicaron los procesos, tanto iniciando nuevos como reabriendo
aquellos que habían sido beneficiados por tales leyes. En esa línea, fueron varios los jueces que
declararon la inconstitucionalidad de los indultos que beneficiaron a tantos represores, además de
declarar la inexistencia de cosa juzgada.
El 14 de junio de 2005, la Corte Suprema confirmó el caso Simón34. Dicha decisión estableció
que las leyes que consagran la impunidad son contrarias al derecho internacional de los derechos
humanos, según el precedente de la Corte IDH en el caso Barrios Altos (Lorenzetti, 2011). Además
de la imposibilidad de amnistiar crímenes de lesa humanidad, el Estado debe investigar y punir toda
violación a los derechos humanos reconocidos por la Convención Americana de los Derechos
Humanos de acuerdo con lo establecido por el Informe 28/92 de la CIDH. De ese modo, la Corte
convalidó la reciente Ley 25.779. El considerando 15 del voto del Juez Eugenio Zaffaroni, declara
claramente sobre los efectos de tales leyes:

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Entre los anos 2001 y 2002, uno de los principales reclamos sociales era la renovación de la Corte Suprema de Justicia
Nacional. Fueron varias las manifestaciones en los tribunales en busca del cambio institucional. Además de ser
considerada la corte de la mayoría automática menemista, existía principalmente un rechazo social a las sentencias del
alto tribunal en relación al Corralito financiero establecido en el país en la época. Un trabajo reciente sobre el tema
específico: BENENTE, Mauro. (2011), Fuera la Corte Suprema. Protestas frente a la Corte Argentina (2001-2002),
Saarbrücken, Editorial Académica Española.
31 ARTICULO 1º — Otórgase jerarquía constitucional a la "Convención sobre la Imprescriptibilidad de los Crímenes de
Guerra y de los Crímenes de Lesa Humanidad", adoptada por la Asamblea General de la Organización de las Naciones
Unidas, el 26 de noviembre de 1968 y aprobada por la Ley 24.584 (en 1995).
32 Fallo: 327:3312.
33 Párrafo 36.
34 Fallo: 328:2056.
30

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�Que a efectos de cumplir con el mandato del derecho internacional, cabe observar que no
basta con constatar que el Congreso Nacional sancionó leyes que violaban tratados
internacionales y normas constitucionales, o sea, que el derecho internacional exige algo más
que la mera declaración de inconstitucionalidad de las leyes 23.492 y 23.521. En efecto: la clara
jurisprudencia de "Barrios Altos" exige que ningún efecto de esas leyes pueda ser operativo
como obstáculo a los procesos regulares que se llevan o deban llevarse a cabo respecto de las
personas involucradas en los crímenes de lesa humanidad cometidos en la última dictadura
militar.35.
Así, las impugnaciones judiciales a los procesos reabiertos desde 2001 fueron cerradas.
A mediados de 2007, en el caso Mazzeo 36 , la Corte Suprema se pronunció sobre la
inconstitucionalidad de los indultos, indicando que ningún tipo de perdón puede oponerse a dejar
sin efecto la persecución y condena de los crímenes de lesa humanidad. Al respecto, la Corte declaró
en el caso Mazzeo:
Que así los principios que, en el ámbito nacional, se utilizan habitualmente para justificar el
instituto de la cosa juzgada y ne bis in idem no resultan aplicables respecto de este tipo de
delitos contra la humanidad porque, "los instrumentos internacionales que establecen esta
categoría de delitos, así como el consiguiente deber para los Estados de individualizar y
enjuiciar a los responsables, no contemplan, y por ende no admiten, que esta obligación cese
por el transcurso del tiempo, amnistías o cualquier otro tipo de medidas que disuelvan la
posibilidad de reproche...37.
De esa forma, esas tres confirmaciones de la Corte Suprema Nacional fueron fundamentales
para la reactivación y consolidación del proceso de verdad y justicia en la Argentina.
A partir de la catarata de procesos, en 2008 se creó la Unidad Fiscal de Coordinación y
Seguimiento de las causas por violaciones a los derechos humanos cometidas durante el terrorismo
de Estado de la Procuraduría General de la Nación. La misma tiene por objetivo implementar las
estrategias jurídicas para organizar los procesos existentes en todo el país. La unidad realiza
constantemente informes sobre el estado de los procesos de delitos de lesa humanidad.
El horizonte en la justicia: avances y desafíos
De acuerdo con el último informe de la Unidad Fiscal de la Procuraduría General de la Nación
de diciembre de 2013 (2014, p.1-9), los números indican: durante 2013, se registraron un total de
1069 procesados (1013 fueron en 2012). El número de condenados creció significativamente: en
2008 había 70 personas condenadas, a fines de 2009 eran 100, para el final de 2010 fueron 199, y en
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Considerando 15 del voto de Eugenio Zaffaroni en la causa: Simón, Julio Héctor y otros (14/06/2005 - Fallos:
328:2056).
36 Mazzeo, Julio Lilo y otros, 330:3248, 13/07/2007.
37 Considerando 37.
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�2011 se condenó a 267 personas. Ya en 2012, el número alcanzó a 378, y en 2013 fueron 160 (142
fueron condenados por primera vez). Según el informe de la Fiscalía, los números muestran que el
proceso de sentencia de los delitos de lesa humanidad han alcanzado su punto máximo de
expansión. Es importante destacar que de los 520 condenados al momento, solo 71 de ellos tienen
condena firme. Esta característica ha sido fuertemente criticada por el Centro de Estudios Legales y
Sociales (CELS), argumentando que la demora de confirmación por parte de la Corte Suprema deja
una sensación de impunidad ante la muerte de los imputados (CELS, 2013). Para comprender la
importancia del nuevo contexto nacional: desde 1983 hasta hoy fueron realizados 122 juicios, de los
cuales 107 acontecieron desde el año 2004. En 2013 fueron concluidos 24 de ellos.
El año 2012 será recordado como el año de los Mega Juicios, denominados de esa forma por
la cantidad de imputados y víctimas en la misma causa. Actualmente, existen 12 juicios (10 orales y 2
escritos) en los cuales se juzga a 219 imputados, por un total de 1924 víctimas. Hay dos procesos de
enormes dimensiones: el caso “ESMA II” en Capital Federal y el proceso conocido como “La Perla”
(por el nombre del centro clandestino de detención) en la provincia de Córdoba (CELS, 2013, p.85).
Como remarca Crenzel (2014), desde un inicio, la verdad jurídica sobre el sistema de
desapariciones forzada presentó a las Fuerzas Armadas y al Estado dictatorial como sus responsables
exclusivos. Ello edificó una imagen vertical de este sistema. Así, las responsabilidades criminales,
políticas y morales de las corporaciones económicas, religiosas y políticas fueron desatendidas, y otro
tanto ocurrió con las de los hombres y mujeres corrientes. Pero hoy en día, existen avances
interesantes en relación a nuevas dimensiones tratadas, abriendo nuevas posibilidades. Por un lado,
las investigaciones sobre la participación empresaria en la dictadura: el procesamiento del Director
del Ingenio Ledesma, Carlos Blaquier, y su administrador, Alberto Lemos; la sentencia dictada en
marzo de 2012 que ordena investigar la responsabilidad del Directorio de la cementera Loma Negra
y su complicidad con la dictadura militar; y el procesamiento del empresario Marcos Levin, dueño de
la empresa La Veloz del norte, entre otros ejemplos (Basualdo, Quintana y Varsky, 2013). Por el
otro, las investigaciones sobre el papel de los jueces, fiscales y abogados durante el último régimen
autoritario. En este sentido, el juicio a los jueces en la provincia de Mendoza es una demostración
del alcance. A 38 años del golpe cívico-militar, se juzga por primera vez la participación de un grupo
de integrantes del poder judicial en el terrorismo de Estado. Se trata de una mega causa con más de
40 imputados y centenares de víctimas.
Consideraciones Finales
En el desarrollo de la justicia transicional, la Argentina utilizó los mecanismos más diversos
para la lucha por la memoria, verdad y justicia. Las cuatros dimensiones de la justicia transicional
fueron implementadas en diversos grados cada una. La dimensión del restablecimiento de la igualdad
de los individuos frente a la ley fue un proceso innovador ante los diversos obstáculos
sobrevinientes en los diferentes gobiernos. Los tribunales fueron buscados constantemente como
principal canal para satisfacer las demandas sociales para evitar la impunidad. Los movimientos de
derechos humanos fueron inclaudicables y esenciales para que la política de la impunidad no reinase
en el país. Aunque las respuestas de los gobiernos y de los tribunales fueron diversas, la retomada a
la senda de la justicia en la última década consolidó el norte de políticas de la memoria. En este

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�sentido, la Argentina representa, hoy en día, el caso más avanzado en la punición a los responsables
de violaciones a los derechos humanos durante la última dictadura cívico-militar (Sikkin, 2013).
Como indica Filippini (2011), la Argentina tuvo dos ciclos de persecución penal. El primero
casi de un lustro, fue intentado recién superada la última dictadura, a partir de diciembre de 1983.
Los juicios de ese ciclo estuvieron enfocados en los máximos líderes y lograron un alto impacto
simbólico. Pero no fueron sustentables y resultaron rápidamente revertidos en sus consecuencias
penales por las leyes de impunidad de 1986 y 1987. El segundo ciclo de investigaciones, el actual,
nació como fruto de la resistencia a la impunidad y se consolidó a partir de la declaración de nulidad
de las leyes de punto final y obediencia debida, entre 2001 y 2005. A partir de entonces, la
persecución penal de los crímenes del terrorismo de estado pasa a ser una política estatal consolidada
e irreversible en sus notas centrales. En ese sentido, el proceso se intensificó con el apoyo del
gobierno y la constancia inagotable de la lucha de las organizaciones de derechos humanos.
Con el gobierno de Alfonsín, desde la vuelta democrática, la creación inmediata de la
CONADEP y, posteriormente, los Juicios a las Juntas, fueron avances significativos en un contexto
regional de asilamiento en este tipo de procesos. Cumplidos seis años de estos eventos, la impunidad
volvió a ser protagonista del proceso con la sanción de las leyes de Punto Final y Obediencia
Debida. De esta manera, en el gobierno de Alfonsín se pasó de la innovación y punición a una
política de impunidad. Pero lejos de ser dominados por la impunidad, los reclamos de las
organizaciones nunca cesaron. Esa característica es fundamental para comprender el caso argentino.
Con la llegada de Carlos Menem al poder, una clara política de la impunidad fue establecida.
Los indultos dictados en los primeros momentos de su mandato, transformó al gobierno menemista
en un importante obstáculo para la revisión del pasado violento. Priorizó la reconciliación basada en
el olvido y la impunidad. A pesar de continuar con su política de impunidad durante su segundo
mandato, los movimientos de defensa de los derechos humanos fueron innovando sostenidamente.
Innovando ante la restricción creada por el gobierno. Y estos reclamos y demandas fueron
fortalecidos por el contexto de internacionalización de la protección de los derechos humanos.
Además, los juicios abiertos en diferentes países profundizaron las demandas locales. Los Juicios
por la Verdad fueron una demostración de la lucha creativa de los movimientos de derechos
humanos. En el segundo mandato de Menem se multiplicaron las acciones de la lucha por la
memoria por parte de los sectores de derechos humanos, pero no existió una política por la memoria
por parte del gobierno Nacional. La transformación se basó en la lucha y no en la política.
Con el nuevo milenio, gradualmente una nueva orientación se consolidó en el país, a pesar de
la lucha de los sectores con intereses antagónicos. La justicia se convirtió en un actor decisivo en la
intensificación de la búsqueda de la verdad y de la punición. La importancia simbólica que la
institución judicial tuvo para establecer la "verdad" (jurídica) sobre los crímenes de la dictadura fue
esencial. Fueron los jueces, y no las políticas del gobierno de la Alianza, las que desafiaron las leyes
de impunidad.
A partir del año 2003, la política de la memoria se tornó política de estado con la llegada de
Nestor Kirchner al Poder. En ese sentido, como indica Duhalde (2013), la renovación de la Corte
Suprema fue importante -incorporando miembros de prestigio e independencia-, la ratificación de la
convención sobre imprescriptibilidad de los delitos de Lesa Humanidad y, finalmente, la declaración
de inconstitucionalidad de las leyes de Obediencia Debida y Punto Final, además de los indultos,
fueron fundamentales para retornar al camino de la reconstrucción del derecho a la justicia. La
búsqueda de la justicia para la resolución de las violaciones a los derechos humanos durante la última
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�dictadura es un elemento inestimable en la consolidación del Estado de Derecho en la Argentina. Y
la fortaleza y creatividad fueron las armas principales de todos aquellos que buscaron (buscan) saber
la verdad de lo sucedido en nuestro pasado, tan presente, vivo, pero con un horizonte de nunca más.
Como indicó el presidente de la Corte Suprema, Dr. Ricardo Lorenzetti (2011), los Juicios a los
autores militares y policiales están consolidados, y forman parte del contrato social argentino. Pero
aún existen enormes desafíos y obstáculos (formales e informales) por delante en lo que respecta a
los procesos para resolver la impunidad del pasado (CELS, 2013; Roht-Arriza, 2011). Parte de estos
desafíos se encuentran en los tribunales. Como sugiere Oliveira (CELS, 1999, p.24), “la verdad y la
justicia se crean todos los días. Solo necesitamos imaginación”.
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�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 1. Núm 1. enero-junio 2015, pp. 73-97

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Autogobierno Indígena:
El Caso de la Autonomía Indígena Originaria Campesina en Bolivia
Indigenous Self-Government:
The Case of the Indigenous Native Peasant Autonomy in Bolivia
Alexandra Tomaselli

European Academy of Bolzano/Bozen, Italia
Johann Wolfgang Goethe Universität Frankfurtam Main, Alemania
Karl-Franzens Universität Graz, Austria
Email: alexandra.tomaselli@eurac.edu
Fecha de envío: 15 de abril 2015
Fecha de aceptación: 6 de junio 2015

Resumen
En los últimos cinco años, Bolivia ha experimentado variaciones legales e institucionales. Un
nuevo escenario ha comenzado para los pueblos indígenas, por lo menos en teoría. La participación
de los pueblos indígenas en la asamblea general constitutiva fue masiva. Mediante esa participación,
así como el lobbying de sus organizaciones (por parte de, por ejemplo, CIDOB, CONAMAQ,
CSUTCB), su proyecto ha sido (parcialmente) incluido en la Carta Magna. En particular, un nuevo y
complejo sistema de autonomías ha sido introducido en el orden constitucional de Bolivia, creando
también la Autonomía Indígena Originaria Campesina (AIOC). A pesar del entusiasmo inicial después de
la creación de los primeros municipios autónomos AIOC en Diciembre 2009 y la promulgación de
la minuciosa Ley Autónoma en 2010 (Ley Marco de Autonomías y Descentralización, Ley Número 031),
hay aún muchas cuestiones suspensas, sobre todo sobre los requisitos formales (como los estatutos).
Por lo tanto, este artículo analiza el desarrollo de las primeras autonomías a nivel municipal AIOC
hasta diciembre del 2014, a partir del análisis de su complejo marco legal.
Palabras claves: Bolivia; pueblos indígenas; autonomía; independencia; Autonomía Indígena Originaria
Campesina
Abstract
Over the last five years, Bolivia has been experiencing legal and institutional changes. A new
legal scenario is dawning for indigenous peoples, at least in theory. The participation of indigenous
people in the constituent assembly was extremely high. Because of this participation, as well as the
lobbying of their organizations (e.g., CIDOB, CONAMAQ, CSUTCB), their agenda was (partially)
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Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015!

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�included in the Magna Charta. In particular, a new complex system of autonomies, including the
Autonomía Indígena Originaria Campesina (AIOC), has been introduced in the Bolivian constitutional
order. Despite the initial enthusiasm after the creation of the first 11 municipality-based AIOCs in
December 2009 and the enactment of the dense Autonomy Law in July 2010 (Ley Marco de
Autonomías y Descentralización, Ley No.031), there are still many pending issues, especially vis-à-vis
formal requisites (e.g., the statutes). Hence, this article analyses the development of the first
municipality-based AIOCs, shedding some light on their complex legal framework.
Keywords: Bolivia; indigenous peoples; autonomy; self-government; Autonomía Indígena Originaria
Campesina

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�Introducción
En décadas recientes, las acciones de los pueblos indígenas jugaron un rol indiscutible en los
cambios institucionales y sociales que ocurrieron en América Latina. Después de la conocida
emergencia indígena de los años 1990 (Bengoa 2007, pp 35 y 43),1 o las marchas masivas en Ecuador y
Bolivia en 1990, los movimientos indígenas han (re) adquirido un alto nivel de participación y tienen
una presencia más fuerte en la arena política de los Estados respectivos, demandando un rol nuevo y
apropiado en sus sociedades, a nivel colectivo más que individual. Para finales de los años ochenta y
noventa, la mayoría de los países latinoamericanos experimentaron reformas constitucionales que
establecieron nuevos órdenes legales y políticos y que concedían derechos “ad hocˮ a los pueblos
indígenas que vivían en sus territorios (Giraudo y Martín Sánchez 2008, pp. 65-66). Las reformas
fueron de tal naturaleza que algunos autores las llamaron “constitucionalismo multicultural” (Sieder
2002; Van Cott 2000). A pesar de este cambio radical, se produjeron dificultades a la hora de
implementar el marco normativo.2
Hoy Bolivia se está haciendo frente a estos problemas. A pesar del valor y la determinación
demostrados por los bolivianos, y sobre todo por los movimientos indígenas dirigidos a
organizaciones indígenas muy arraigadas (por ej., CIDOB, CONAMAQ, CSUTCB), el camino para
realizar un estado plurinacional parece aún largo y complicado.3
En particular, el riesgo de quedarse atrapados en procedimientos y requisitos legales es muy
alto con los nuevos prototipos de la Autonomía Indígena Originaria Campesina (desde aquí en adelante,
autonomía indígena o AIOC).4
El objetivo de este artículo es explorar el marco jurídico de la AIOC y analizar el desarrollo de las
primeras autonomías indígenas a nivel municipal hasta diciembre de 2014. Sobre la metodología,
además del análisis del marco jurídico en vigor y de la literatura pertinente, para este artículo se han
analizado artículos periodísticos y se han efectuado entrevistas en Bolivia en Noviembre de 2010,
con representantes de organizaciones no gubernamentales, políticos y periodistas.
¿Buscando la Autonomía para la historia de Bolivia?
Algunas semanas antes de la adopción de la Ley de Autonomía, el Ministerio de Autonomías
boliviano declaró en su boletín periódico, Bolivia Autonómica número 11, que el proceso de
autonomía no era nuevo para el país, dado que había empezado más de cien años antes (Ministerio
de Autonomía 2010, 3). La Ley de Autonomía está dedicada a Andrés Ibáñez, el fundador de la
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Sin embargo, se ha argumentado que quienes llamamos ahora los “pueblos indígenas” no fueron una especie de ‘la bella
durmiente” que de repente se dio cuenta que era tiempo de despertarse. Por lo contrario fue su organización, a través de
sus marchas y movilización, la que obtuvo más visibilidad.
2Por ejemplo, a pesar de los importantes cambios constitucionales y la jurisprudencia sobre los derechos indígenas en
Colombia desde 1991, se pueden ver algunos recientes desarrollos negativos, sobre todo en relación a derechos
territoriales (Pardo 2008, p. 95).
3Sobre ese tema, véase, entre otros, Schilling-Vacaflor 2008 y Wright 2009.
4El término AIOC será utilizado en este artículo para indicar ambos la institución legal por si, así como las primeras
autonomías indígenas.
1

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�primera experiencia autónoma/federal y que reclamó “igualdad para todos” durante la campaña
electoral nacional en 1874 en Santa Cruz.5
Como el proceso de autonomía, la trayectoria histórica de la autonomía indígena también está
delineada en el boletín, declarando que es “milenaria” (Ministerio de Autonomía 2010, p. 3). Según
el boletín, una de las etapas de la autonomía fue la insurrección de la población en Jesús de Machaca
(La Paz) en 1921, que demandó la identificación de sus propias autoridades y estructura organizativa.
Otro evento importante fue el manifiesto Aymara de Tiahuanacuen, en 1973, en el cual la
autodeterminación y la autonomía se pidieron por parte de los intelectuales Aymara (Cleary 2007,
pp. 59-60). Más recientemente, la marcha de 1990 para el Territorio y Dignidad, y las leyes adoptadas
posteriormente, marcaron un cambio institucional relativo a los pueblos indígenas.6
Para los objetivos de este artículo, debemos decir que los miembros de las comunidades de
personas que actualmente llamamos “indígenas” experimentaron formas de autonomía a lo largo de
la historia y esto no debería ser ni olvidado ni explotado, como pasó en el pasado y, probablemente,
también hoy en día.7 La labor de los Aymaras en las tropas auxiliares de las fuerzas rebeldes en las
guerras civiles de Bolivia en 1870 y 1899 puede servir de ejemplo. La participación de los pueblos
indígenas en la primera guerra, según los mismos rebeldes, puede haber producido por lo menos dos
desarrollos positivos para los –por aquella época aún llamados–“indios” (Irurozqui Victoriano 2004,
p. 392)8, en primer lugar, la recuperación de su tierra; segundo, su pública reincorporación en el
pueblo nacional (boliviano). Durante la Primera Guerra de Independencia y las décadas siguientes
después de la creación de la república en 1825, los “indios” se identificaron, de hecho, como vecinos
o ciudadanos. Sin embargo, en 1870 fueron renombrados la indiada (Irurozqui Victoriano 2004, p.
392). Cada vez que la indiada fue considerada una amenaza para el estado de Bolivia, sobre todo en
relación con el control territorial y sus propios sistemas políticos y de justicia, sus miembros se
encontraron culpables de intentar hacer daño a la unidad nacional (Irurozqui Victoriano 2004, pp.
392-393). De este modo, su participación en las fuerzas de los rebeldes habría significado su
“liberación final” de aquella condición que impedía su estatus como plenos “miembros de Bolivia”
(Irurozqui Victoriano 2004, p. 393). De esta manera, actuando como “patriotas”, los pueblos
indígenas recuperaron una presencia en el ámbito público (Irurozqui Victoriano 2004, p. 394).
A pesar de su participación en las fuerzas rebeldes, un par de décadas después, la masacre de
Mohoza en Pando de 1899 durante la Guerra Federal marcó una tendencia opuesta, o sea la
“criminalización” de la indiada.9 Por lo tanto, esta masacre sirvió como justificación para (re)clasificar
estos pueblos como enemigos y personas incivilizadas que necesitan educación (Irurozqui Victoriano
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
5Este

autogobierno duró cinco meses – de Navidad 1876 hasta el 1 mayo 1877 – antes de ser representado por el
gobierno central, y antes el tiroteo de Ibáñez (Durán Ribera y Pinckert Justiniano 1988, pp. 8–9 y 36–37). Una provincia
dentro del ministerio de Santa Cruz ha sido también dedicada a su memoria. La decisión de ponerle el nombre de este
‘héroe’ de la media luna de Bolivia podía haber sido tomado para complacer el Oriente.
6Como dijo Postero: “esta marcha ha cambiado la cara de Bolivia para siempre” (Postero 2007, p.49).
7En los intentos de “volver a escribir la historia” entre colonizadores y colonizados, poniendo el acento en los países
andinos, ver Giraudo 2007, pp. 48-55. Sobre el contexto especial de Bolivia y la “confluencia del estado y tácticas de
movimientos”, ver Gustafson 2010.
8Marta Irurozqui Victoriano es la principal experta sobre la historia de Bolivia del siglo XIX, eso explica por qué solo sus
trabajos se citan a continuación.
9Entre el 28 Febrero y el 1 Marzo 1899, 120 personas fueron asesinadas en Pando por las fuerzas auxiliaras indígenas.
No obstante, simplemente habían cumplido una orden militar (Irurozqui Victoriano 2005, 310).

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�2004, pp. 398-399). Esto supone una negación de la autenticidad de sus derechos políticos y sociales.
Sin embargo, por supuesto, su rol en la revolución se disminuyó a causa de la amenaza que ellos
representaban, por ejemplo la posibilidad para ellos de cambiar escenario político (Irurozqui
Victoriano 2004, p. 399).
Dicho esto, el autor es consciente que es más que difícil rastrear el origen de la historia de la
autonomía de los pueblos indígenas a través de largos y densos siglos. Además, desde la Conquista,
los pueblos indígenas habían sido etiquetados (tanto por ellos mismos como por los demás),
considerados y tratados de muchas maneras diferentes, que crearon categorías distintas en contextos
diferentes.10 Por lo tanto, como ya se ha dicho anteriormente, el papel desempeñado por aquellos
que nosotros conocemos o llamamos hoy en día como “pueblos indígenas”, a lo largo de la historia
de Bolivia, es innegable, y esto ni debería ser olvidado ni, aún más importante, explotado por otras
finalidades.
Las Reformas de 1990 y el camino (¿final?) hacia la Autonomía
La marcha para el “Territorio y Dignidad” de 1990 en Bolivia puso en práctica por primera vez
uno de los más importantes instrumentos de los pueblos indígenas para entrar en las negociaciones
significativas y adecuadas con el gobierno: las marchas (Zúñiga García-Falces, 2004, p. 35). Esta
medida de protesta representa un escalón en (re)afirmar la existencia de los pueblos indígenas como
otro actor social junto con el Estado de Bolivia, algo que es sobre todo relevante para los más
pequeños (numéricamente) pueblos indígenas de tierras bajas (Libermann y Armando Godínez 1992,
p. 59).
Otras seis marchas siguieron entre 1994 y 2009. La séptima marcha tuvo lugar en junio de 2010.
Su reclamación principal era revisar el borrador de la Ley de Autonomía (Tamburini 2011, p. 177).
Como consecuencia. muchas medidas legislativas se adaptaron, gracias también a una segunda ola de
reformas iniciada por el vicepresidente Aymara, Víctor Hugo Cárdenas, en el Consejo de Ministros
de Sánchez de Lozada en 1993–1997 (Assies 1999, p.35). 11 Estas medidas son (en orden
cronológico): la Ley Ambiental (Ley Número 1333/1992),12 la reforma constitucional de 1994,13 la
Ley de Participación Popular (Ley Número 1551/1994), la Ley Forestal (Ley Número 1700/1996), la

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
10Por

ejemplo, ¿cómo tasar o valorar el casi inevitable mestizaje desde la Conquista a lo largo de líneas familiares? O
¿cómo saber si los protagonistas de la Reforma Agraria de 1952 eran todos indígenas o no-indígenas, o ¿a qué grado ellos
pertenecían del uno u otro grupo? En el censo de 1950 en Bolivia, por ejemplo, el 67% de la población aparecían como
‘indígenas’ (Giraudo y Martín Sánchez 2008, 70). Esto significa, por ejemplo, que por supuesto muchos de ellos fueron
entonces nombrados ‘campesinos’ durante la reforma.
11Antes de estas reformas, el 11 de diciembre de 1991, Bolivia ratificó también la Convención ILO 169.
12En particular, como ha señalado Postero, “estas reformas…fueron el resultado de articulaciones estratégicas entre el
partido dominante Movimiento Nacional Revolucionario (MNR) y los grupos indígenas” (Postero 2007, pp. 124–125).
13Dos principales éxitos deben ser mencionados acerca de los derechos indígenas: la definición constitucional de Bolivia
así como un estado multiétnico y pluricultural (Artículo 1); y la introducción de formas de propiedades colectivas, el
Territorio Comunitario de Origen (TCO), Artículo 171.

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�Ley del Instituto Nacional de Reforma Agraria (INRA) (Ley Número 1715/1996) 14 y la Ley
Municipal (Ley Número 2028/1999).
En particular, la Ley de Participación Popular aumentó el número de distritos a más de 300.
Antes de esta ley, existían apenas 20 distritos (Assies 1999, p.35). Los distritos tenían que recibir el
20 por ciento de las entradas anuales del gobierno y una gama más amplia de responsabilidades
(Artículos 14 y 20 de la Ley de Participación Popular). Lo que es más importante, sin embargo, fue la
creación de las Organizaciones Territoriales de Base (OTB), definidas así como un componente
social para la participación popular (Artículo 3). Ellas se componen de comunidades indígenas y
personas (o juntas vecinales) de acuerdo con sus normas y métodos, y son representados por sus
autoridades (Artículo 3). A pesar del límite de una OTB por cada unidad territorial (Artículo 6), más
de 15.000 OTB fueron registradas en tres años, de 1994 a 1997 (Kohl 2003, p.156). A las OTB les
fue reconocida la personalidad jurídica (Artículo 4) además de un número de derechos y obligaciones
que permitieron una mejora efectiva en la participación indígena dentro de las
municipalidades.15Además, el artículo 17 párrafo 3 de la Ley de Participación Popular autorizó la
creación del Distrito Municipal en aquellos territorios caracterizados por una continuidad geográfica,
sociocultural, productiva o económica para aportar servicios públicos comunes (Artículos 17.3 y 18).
Sobre esa base legal, los pueblos indígenas empezaron a crear sus propios Distritos Municipales
Indígenas (DMI). El primero DMI fue Isoso, localizado en el distrito de Santa Cruz (Colque 2010,
p.1). El número de DMI ha subido rápidamente. Según Galindo Soza, citado por Colque (2010, p.1),
en 2008 había por lo menos 73 DMI. En 2004, la agencia de noticias Enlared había ya declarado la
existencia de 140 DMI (Enlared Municipal, 2005).16
En 1999, La Ley de Municipalidades y el Decreto Supremo Número 26142/2001 se pusieron en
práctica. La primera identificó oficialmente el DMI (Artículos 166–167) y estableció la posibilidad de
formar mancomunidades para devolver a los pueblos indígenas su unidad étnica o cultural (Artículo
158.3). La segunda dio prioridad a la creación de mancomunidades de DMI para evitar la
fragmentación de unidades socioculturales frente a las fronteras de las municipalidades (Artículo 23).
No obstante este favorable marco legal, al final en la práctica se produjeron muchos problemas en
cuanto a la ineficaz dirección financiera y la corrupción de las municipalidades, que dieron lugar a
mayor descontento (Kohl 2003, p.161).
La crisis neoliberal, la conocida Guerra del Agua de Cochabamba de 2000 y la Guerra del
Gas de 2003 contribuyeron a la revolución institucional de Bolivia después de las elecciones
presidenciales de 2005 y a la reforma constitucional (Albó 2007, pp. 344-349). Debe ser especificado
que ya se había reclamado una asamblea constituyente por parte de los pueblos indígenas el 4 marzo
de 2002 (Albó 2007, p. 353). 17 Además, en 2006, nueve de las organizaciones indígenas más
importantes, ambas de tierras altas y de tierras bajas, desarrollaron un trabajo colectivo llamado

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14En

particular, la Ley INRA por fin reguló la entrada a la identificación y fundación del antes citado TCO (Artículos 3 y
41) bajo la supervisión del Instituto Nacional de Reforma Agraria (INRA), Artículos 13–18.
15Ver Artículos 7–8, y también Artículo 10 sobre la Comisión de Vigilancia (un tipo de Comité de Seguridad) compuesto
por un representante de la OTB con el objetivo de supervisar la buena administración del distrito.
16No se encontraron datos oficiales.
17Para más detalles sobre el 4 marzo, ver Romero Bonifaz 2005.

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Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015!

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�“Pacto de Unidad” para sugerir y conceptualizar como la autonomía indígena debería ser.18 Esto
enseña, en particular, que la bandera de autonomía no pertenecía únicamente a la media luna
amazónica de Bolivia. Antes y durante la Asamblea Constituyente, los pueblos indígenas han sido
firmes en reclamar su autonomía (Chávez León 2008, p.59; Chuvirú 2007, p. 53; El Diario 2007).
Durante el mismo año (2006), en el referéndum para la autonomía, el 57.5 por ciento del
electorado nacional votó en contra del proceso de descentralización.19 En los cuatro departamentos
amazónicos (Beni, Pando, Santa Cruz and Tarija) del rico Oriente boliviano (las tierra bajas), la
mayoría de los votos resultaron a favor de la autonomía (Mayorga 2007, pp. 1-2). Luego, a finales de
2007, las fuerzas políticas del Oriente, sobre todo por parte de los movimientos cívicos, negaron la
legitimidad del texto aprobado por la Asamblea Constituyente, y en julio de 2008 prepararon
estatutos de autonomía propios pero ilegales y organizaron elecciones “autónomas” (aun, ilegales;
Tamburini 2009, p. 175). Un mes después, el 10 de agosto, un referéndum nacional se convocó para
reconfirmar o revocar el orden de la presidencia. El Presidente Morales obtuvo más del 67 por
ciento de votos a favor (Tamburini 2009, pp. 178-179). No obstante, luchas y barricadas tuvieron
lugar en el Oriente entre agosto y septiembre, hasta los tristes acontecimientos en Pando, cuando 20
indígenas fueron asesinados y hubo más de 100 heridos durante su marcha. Otra marcha en Santa
Cruz de aproximadamente 20.000 indígenas, descontentos con el texto de la constitución, catalizó las
negociaciones entre los departamentos orientales y el gobierno central. Por fin, después de los
debates en Cochabamba y en el Congreso de la República, así como otra marcha, encabezada por el
mismo Presidente Morales, las negociaciones terminaron el 21 octubre de 2008. Los cambios en el
texto de la constitución afectaron también el sistema de AIOC, que adquirió una forma más clara
gracias a las correcciones (Tamburini 2009, p.181). El texto final de la constitución por fin se
aprobó, a través del referéndum nacional el 25 enero de 2009, con el 61,43 por ciento de votos a
favor (Bolpress 2009).
El Laberinto de la Autonomía Boliviana
El proceso de descentralización y la construcción del sistema de las autonomías sigue siendo un
asunto central en Bolivia. El anclaje normativo de la reforma de autonomía debe ser encontrado
tanto en la Constitución Política del Estado (CPE) de 2009 como en la densa “Ley Marco de
Autonomías y Descentralización” de 2010, Ley número 031/2010 de julio 2010 (de aquí en adelante,
Ley de Autonomía), el fruto de más o menos 40 borradores anteriores no autorizados (Tamburini
2011, p.176).
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18Este

“pacto” fue hecho entre la Confederación Sindical Única de Trabajadores Campesinos de Bolivia – CSUTCB; la
Confederación de Pueblos Indígenas de Bolivia – CIDOB; la Confederación Sindical de Colonizadores de Bolivia –
CSCB; la Federación Nacional de Mujeres Campesinas de Bolivia, ‘Bartolina Sisa’– FNMCB-BS; Consejo Nacional de
Ayllus y Markas del Qullasuyu – CONAMAQ; la Coordinadora de Pueblos Étnicos de Santa Cruz – CPESC;
Movimiento Sin Tierra de Bolivia – MST; la Asamblea del Pueblo Guaraní – APG; la Confederación de Pueblos Étnicos
Moxeños de Beni – CPEMB. Estas organizaciones prepararon una “Propuesta para la Nueva Constitución Política del
Estado: Por un Estado plurinacional y la autodeterminación de los pueblos y naciones indígenas, originarias y
campesinas”, Sucre, 5 de agosto de 2006, publicada en OSAL 2007.
19El Presidente Morales entonces estaba en contra de ese proceso y pidió al electorado de votar en contra (Tamburini
2010, p. 200).

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79!

�El primer artículo se dirige a la delicada cuestión del tipo de Estado que debería ser Bolivia.
Bolivia escogió ser un estado unitario, pero descentralizado, basado en unidades autónomas
(Artículo 1 CPE). La definición de qué tipo de autonomía debería regir en Bolivia está establecida en
la Ley de Autonomía (Artículo 6, párrafo II, núm. 3). La igualdad jerárquica, la elección directa de
los miembros de órganos de gobierno, la administración de sus propios recursos económicos, y el
ejercicio de sus poderes (incluso las normas/decretos) legislativos, fiscales, y ejecutivos son los
elementos fundamentales del tipo de autonomía de Bolivia.
De una perspectiva legal, lo que resulta más singular es el sistema de cuatro niveles de autonomías.
Según la CPE (Artículo 269), Bolivia está subdividida en cinco unidades territoriales, que son los
departamentos, las provincias, los distritos, el Territorio Indígena Campesino Originario (TIOC)20 y
las regiones. La organización administrativa de las autonomías, sin embargo, es diferente. La
Autonomía se otorga a los nueve departamentos de Bolivia (Artículo 277 CPE), a las regiones
(Artículo 280 CPE), a (todas) las municipalidades (Artículo 283 CPE) y a las Autonomías Indígena
Campesino Originarias (Artículo 289 CPE), que a su vez se pueden formar sobre municipalidades,
TCO/TIOC o regiones (véase más adelante). Por lo tanto, las provincias, a pesar de su identificación
como una “unidad territorial”, no pueden ser autónomas. Esta figura sí se ha dado, en cambio, a las
regiones (Artículo 280 CPE). Una región no es un territorio pre-establecido, sino que puede
formarse por un número de municipalidades y provincias que deciden qué hacer, con la condición
de que éstas compartan una continuidad cultural e histórica. Una región puede ser así formada más
allá de los límites de las municipalidades y/o de las provincias, pero no más de los límites de los
departamentos. Además, una “región metropolitana” puede formarse cada vez que la población de
un área suburbana (conurbaciones) es de más de 5.000 habitantes (Artículo 280.1 CPE).
Según el Artículo 281 de la CPE, una región puede tener competencias administrativas y
normativas. El Artículo 301 de la CPE y el Artículo 41.2 de la Ley de Autonomía especifican que
una región puede ejercer aquellas competencias que le hayan delegados tanto el Estado como las
unidades territoriales que la forman. En otras palabras, una región no tiene poderes legislativos
originarios (Artículo 6.2, número 3 de la Ley de Autonomía). Hoy día existen cuatros regiones. Para
tres de ellas (Gran Chaco-Yacuiba, Gran Chaco-Caraparí, and Gran Chaco-Villamontes) se eligieron
los miembros de tres asambleas regionales en las elecciones de 2010 (Corte Nacional Electoral 2010,
pp. 77-78). La región metropolitana de “Tanaka”, se creó más recientemente, constituida por ley
(departamental) Núm.553 de 27 de mayo de 2014.21
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20La

nueva constitución convierte la TCO (Tierra Comunitaria de Origen) en TIOC (2009 CPE, Tendencia Provisoria 7;
ver también Artículos 269.1 y 394). La TCO era uno de los éxitos de las demandas de tierras bajas de los pueblos
indígenas presentados por la reforma constitucional de 1994 (1994 CPE, Art.171). TCO, en síntesis, es una forma de
propiedad colectiva en la cual, en principio, el pueblo indígena puede gestionar el suelo de acuerdo con medios
comunitarios, culturales, sociales y económicos. Artículo 41, párrafo 1 de la Ley INRA declara que la TCO es una forma
de propiedad agrícola. Para un análisis meticuloso, ver Colque Gonzalo y Chumacero 2011; por un mapa de las TCOs en
Bolivia, ver CIDOB (s.f.). El Decreto Supremo Núm.727, adoptado el 6 diciembre 2010, ha disciplinado el proceso de
conversión de TCO a TIOC, de lo cual está encargado el Instituto de Reforma Nacional Agraria (Articulo1). Sin
embargo, este cambio de proceso es largo y discutible por causa de algunos requisitos del Instituto Nacional de Reforma
Agraria (INRA) que necesita cumplir con los requisitos (Erbol 2011a).
21Ley de creación de la Región Metropolitana “KANATA” del Departamento de Cochabamba, Ley departamental de Cochabamba
Num.533 of de mayo de 2014.

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�Desde una perspectiva legal, la elección de otorgar el estatus de autonomía a unas unidades
territorial-administrativas respecto a otras es entonces singular porque la igualdad jerárquica de las
unidades autónomas implica que las decisiones tomadas por un departamento no debe infringir la
autonomía de las demás unidades. Eso puede provocar potenciales conflictos de competencias entre
las unidades autónomas. Además, pueden surgir problemas prácticos en la aplicación de leyes
departamentales o decretos que entren en contradicción con otras leyes municipales (y al revés). La
división de las competencias incorporada en la Constitución en los Artículos 299-304 no ofrece
mucha ayuda, porque las competencias de unas unidades se sobreponen. 22 Por ejemplo, los
departamentos y las municipalidades tienen la misma competencia exclusiva de la promoción del
empleo y mejora de las condiciones laborales en el marco de las políticas nacionales.23 Así que surge
la pregunta: ¿Cómo puede una competencia exclusiva ejercerse de manera efectiva por más de un
órgano sin sobre posición o conflicto de normas? La respuesta aparece incierta pero puede
relacionarse con la coordinación de los niveles de las autonomías. Por lo tanto, a continuación se
agregan algunos detalles adicionales sobre la coordinación entre el nivel central y las periferias.
Según la Ley de Autonomía, tres órganos deberían combinar todas las autonomías entre el nivel
central y las periferias a lo largo del país. Estos órganos son: el Consejo Nacional de Autonomías, el
Servicio Estatal de Autonomías (de aquí en adelante SEA), y el Sistema de Planificación Integral del
Estado) (Artículo 121).
En síntesis, el primer órgano debería tener una simple función política, ser presidido por el
Presidente y estar conformado por tres ministerios (Presidencia, Planificación desarrolladora y
Autonomía), los gobernadores de los nueve departamentos, y un número de representantes de
diferentes agrupaciones: cinco de la Federación de Asociaciones Municipales, cinco de la AIOC, y
una de las autonomías regionales (Artículo 123).
En segundo lugar, el SEA debería ser una oficina de soporte logístico a las unidades autónomas
(Artículo 126). El SEA se compone de un director ejecutivo y de unidades operativas (Artículo 127).
En particular, el SEA debe actuar como conciliador si se producen conflictos en relación a las
competencias de las unidades autonomías (Artículo 129, párrafo I, núm.1).
Luego, el Sistema de Planificación Integral del Estado es un forum de debate para todas las
unidades autónomas para crear estrategias participativas de abajo hacia arriba (Artículo 130, párrafo
I).
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22El

art.297 de la Constitución especifica que existen cuatro tipos de competencias: “I. Las competencias definidas en
esta Constitución son: 1. Privativas, aquellas cuya legislación, reglamentación y ejecución no se transfiere ni delega, y
están reservadas para el nivel central del Estado. 2. Exclusivas, aquellas en las que un nivel de gobierno tiene sobre una
determinada materia las facultades legislativa, reglamentaria y ejecutiva, pudiendo transferir y delegar estas dos últimas. 3.
Concurrentes, aquellas en las que la legislación corresponde al nivel central del Estado y los otros niveles ejercen
simultáneamente las facultades reglamentaria y ejecutiva. 4. Compartidas, aquellas sujetas a una legislación básica de la
Asamblea Legislativa Plurinacional cuya legislación de desarrollo corresponde a las entidades territoriales autónomas, de
acuerdo a su característica y naturaleza. La reglamentación y ejecución corresponderá a las entidades territoriales
autónomas. II. Toda competencia que no esté incluida en esta Constitución será atribuida al nivel central del Estado, que
podrá transferirla o delegarla por Ley.”
23Ambos números 4 de los artículos 300 y 302 tienen la misma redacción: “[Son competencias exclusivas de los
gobiernos departamentales/municipales autónomos, en su jurisdicción: […] [la p]romoción del empleo y mejora de las
condiciones laborales en el marco de las políticas nacionales”.

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�Por fin, además de estos tres órganos, existe un número de Consejos de Coordinación Sectorial,
según el Ministro competente. Los Consejos están a cargo de la coordinación dentro de los
gobiernos centrales y periféricos (Artículo 132). Aproximadamente 20 consejos serán designados por
ley o decreto (entrevista con Justino Avendaño Rodeno 2010).
Junto con las cuatro capas de autonomía, el sistema de organismos de coordinación parece
también complejo. El órgano fundamental tiene que ser el SEA, ya que es la oficina principal y
tendría que abordar conflictos de poder entre las autonomías. De hecho, “Si el Servicio funciona,
funcionará el proceso autonómico de forma ordenada”, afirmó Avendaño Redeno a finales de 2010
(entrevista con Justino Avendaño Rodeno 2010). El SEA está gobernado por el Decreto Supremo
Núm. 802 adoptado el 23 Febrero de 2011. De acuerdo con el Artículo 8 del decreto, el director
ejecutivo del SEA se designó por fin el 8 de septiembre del 2011, fecha en la cual el trabajo de este
órgano se lanzó oficialmente (SEA 2011).
La Autonomía Indígena en papel
Dentro de este sistema complejo de autonomías, la AIOC representa el cuarto nivel. La grundnorm
del AIOC está en el Artículo 2 de la CPE, que garantiza el derecho de los pueblos indígenas a la
autodeterminación. Ese derecho consiste en el derecho a la autonomía y a la autodeterminación,
dado que, en palabras de la CPE, los predecesores de los pueblos indígenas dominaron todo el
territorio y existían antes de la colonización. Además, las instituciones indígenas deben ser aceptadas,
y sus órganos deben ser consolidados, si es que el CPE y las leyes se respetan. Los derechos de los
pueblos indígenas a la autodeterminación y a la territorialidad se repiten en el Artículo 30, párrafo 4.
Unos 200 Artículos después, en el séptimo capítulo, la AIOC prende su forma constitucional
(Artículos 289–296, y 303–304). El fundamento jurídico de la autonomía indígena es una vez más el
derecho a la autodeterminación que se tiene que ejercitarse a través del derecho al autogobierno,
como la AIOC (Artículo 289).
Los requisitos para establecer una AIOC son los siguientes (Artículo 290):
!
!
!

El pueblo indígena que demanda la AIOC debe vivir sobre el territorio en cuestión de
manera ancestral;
La disposición enseñada (a través de la consulta) por la comunidad para crearla;
La aplicación de las normas y de las costumbres indígenas.

En cuanto a cada entidad territorial, la CPE establece que cada AIOC tendrá que adoptar su
propio estatuto, que luego debe pasar a través de una revisión constitucional y un referéndum dentro
de la municipalidad antes de su entrada en vigor (Artículo 275). El estatuto será redactado según las
reglas y procedimientos propios de los pueblos indígenas (Artículo 292). Las reglas y procedimientos
propios de los indígenas también regirán la actividad de la AIOC y el órgano de gobierno
(Artículo296), pero de manera congruente junto con el CPE y la Ley de Autonomía. Otros aspectos
vitales expresados por la CPE, y especificados en la Ley de Autonomía, son los límites territoriales,
que pueden cambiar cuando se forma una AIOC, tanto de la municipalidad (Artículo 293, párrafo II)
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Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015!

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�como de la región (Artículo295, párrafo I).24 La consulta previa y el referéndum son, como se ha
explicitado, obligatorios para cualquier formación de AIOC o proceso de conversión (Artículos 293,
párrafo I, 294, 295, párrafo II).
Por último, pero no menos importante, la CPE también establece la división de
poderes/competencias entre el estado y la AIOC. Existe un número de poderes exclusivos que se
dejaron a la AIOC (Artículo304), que también absorbe los poderes de la municipalidad o la región
que elige convertirse en una AIOC (Artículo303). 25 Además, la AIOC tiene competencias
concurrentes y compartidas.26
A efectos del presente artículo, es inútil insertar aquí el listado de todos los poderes de la AIOC.
Dos aspectos, sin embargo, tienen que ser subrayados. Por un lado, parecen adecuados el número de
poderes que tiene la AIOC y algunos de sus poderes específicos como el control sobre la definición
y manejo de sus propios proyectos de desarrollo de acuerdo con su cultura (Artículo304, párrafo II).
Sin embargo, por otro lado, los poderes principales se dan a nivel central, por ejemplo, en salud,
educación, política de recursos naturales (ambientales y no renovables), que son asuntos sobre los
cuales la AIOC únicamente tiene poderes de implementación.
Más detalles sobre el marco legislativo están contenidos en la Ley de Autonomía de la AIOC (de
aquí en adelante los números de Artículos citados se refieren a la Ley de Autonomía excepto no sea
indicado diferentemente).
Una (nueva) AIOC se formará de tres maneras (Artículo 44):
!
!
!

En territorios conocidos anteriormente como TCO (Tierra Comunitaria de Origen), que la
nueva constitución ha convertido en TIOC (Territorio Indígena Campesino Originario);
En una municipalidad, convirtiéndola de una municipalidad común en una municipalidad
indígena;
En una región, agrupando un número de municipalidades o provincias (Artículo CPE 280),
que les transforma en una AIOC regional (Artículos46, párrafo II, 47, párrafo II, 50, párrafo
I, III and V).27

Una AIOC, como otras unidades autónomas, se establece en un procedimiento de “1+4” niveles.
Como ya se ha dicho, (0) un referéndum o –en el caso del TIOC– una consulta entre la población de
una entidad territorial es obligatorio (Artículo50). Si el referéndum o la consulta resultan favorables,
(1) primero se forma un consejo deliberativo (Artículo 53), que está a cargo de (2) redactar un
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24En

este último caso, el AIOC a nivel regional puede ser formado después de la constitución de una región agrupando
más municipalidades y/o provincias (Art.280 CPE) y la conversión de esta en AIOC (Artículos 46, párrafo II; 47,
párrafo II; 50, párrafos I, III y V de la Ley de Autonomía).
25En este último caso, el AIOC sería con derecho a solo aquellos poderes regionales que podría ser expresamente
traslado sobre esto (Art.303, párrafo II).
26Véase nota 53 y Artículo 297 de la CPE.
27La fundación de esas regiones parece un poco borrosa tanto en la Constitución como en la Ley de Autonomía. En
principio, una región es el único nivel autónomo que no tiene competencias legislativas, a menos que, en teoría, de
acuerdo con el Artículo 46, párrafo II de la Ley de Autonomía, algunas competencias fueron concedidas sobre esto. En
cualquier caso, ninguna región indígena se ha establecido hasta ahora y, considerando la confusión normativa, yo
personalmente considero poco probable que se cree.

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�borrador y votar por el estatuto de la AIOC a través de una mayoría calificada de dos tercios; (3) una
vez aprobado, el estatuto estará sujeto al control constitucional, y, si aprobado, (4) a (otro)
referéndum (Artículo CPE 275). Si es coherente con la CPE, la AIOC empezará a trabajar después
de la creación de órganos de gobierno (Artículo 55).
Sin embargo, algunos requisitos tienen que ser realizados antes de empezar cualquier nuevo
proceso de conversión a AIOC. Además de los tres requisitos definidos por la Constitución
(Artículo 290), los artículos 56 y 58 de la Ley de Autonomía, prevén otros requisitos que se
diferencian por cada entidad que se vaya a convertir a AIOC (municipalidad, TCO/TIOC, región):
a) evidencia que el territorio habitado sea “ancestral”;
b) continuidad territorial;
c) la “Viabilidad Gubernativa”;
d) una “Base Poblacional”.
a) El primer criterio (evidencia que el territorio habitado sea “ancestral”) se aplica a las
municipalidades. Antes de organizar el referendo para la conversión, cada municipalidad que quiera
convertirse a AIOC tiene que proveer evidencia que las tierras ocupadas por parte del pueblo
indígena que la reclama fueron habitadas desde tiempo inmemorial (art.56.2 de la Ley de
Autonomía). Eso es lo que prescribe también el art. 290 de la CPE.
a) y b) juntos: Con la evidencia de ancestralidad, se requiere la continuidad territorial por las regiones
que quieran convertirse (art.56.3 de la Ley de Autonomía).
a), b), c) y d): en el caso de las TCO/TIOC, se aplican dos condiciones más, o sea la Viabilidad
Gubernativa (art.57 de la Ley de Autonomía) y la Base Poblacional (art.58 de la Ley de Autonomía).
La primera (Viabilidad Gubernativa) es un decreto ministerial, una resolución o un certificado que se
emite si se cumple con otros dos requisitos: evidencia de la existencia, representación y efectiva
implementación de una estructura organizacional y un plan territorial que incluya también estrategias
institucionales y financieras. La segunda (Base Poblacional) es una condición numérica de habitantes
que se tiene que cumplir. Deben residir por lo menos 10.000 personas en las tierras altas –reducible a
4.000 en casos excepcionales–, y 1.000 en las tierras bajas para formar una AIOC en una
TCO/TIOC. Sin embargo, es muy difícil probar la continuidad territorial, especialmente en las
tierras bajas, donde el 58.2 por ciento de las TCO/TIOC en la región Amazónica está afectada por
la discontinuidad territorial (Colque and Chumacero 2010, p. 108). Este requisito reduce la
posibilidad de que los pueblos indígenas, en particular los de las tierras bajas, creen su TCO/TIOC
autónomo.
d) Esa última condición, que es obligatoria para las AIOC sobre TCO/TIOC, parece aplicarse
también a las municipalidades, aunque la Ley de Autonomía no lo reglamente. En la práctica, la Base
Poblacional ha sido la amenaza contra la cual protestaban los pueblos indígenas durante su séptima
marcha en junio de 2010. Además, el material distribuido por ONGs a los interesados (Fundación
Tierra 2012b) afirma que este requisito se aplique también a las municipalidades. Ese punto sigue sin
aclaraciones oficiales por parte del gobierno.
Por ende, hay que mencionar que desde julio de 2010, hay un órgano de coordinación de las
AIOC, o sea la Coordinadora Nacional de Autonomías Indígena Originario Campesina –
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�CONAIOC, que ha sido creada para promover los procedimientos de las AIOC (Fundación Tierra
2012b).
La Autonomía indígena en la práctica: las primeras (y hasta ahora, únicas) 11 AIOC
Cómo se crearon las primeras 11 AIOC
El 7 diciembre 2009, las primeras AIOC nacieron en Bolivia. Para llegar a este punto, es
necesario considerar algunos hechos ocurridos a lo largo del año 2009. Después de haber adoptado
la Ley Transitoria Electoral Núm. 4021/2009 en abril, la municipalidad Jesús de Machaca (La Paz)
declaró (sin ninguna base legal) su Consejo Autonómico Indígena Originario durante una visita del
ministerio de Autonomía (Plata 2009, 254). Esta iniciativa catalizó el discurso autonómico en otras
municipalidades rurales, sobre todo en las Tierras Bajas. Más adelante, el 2 agosto del 2009, el día de
la firma del Decreto Supremo Núm.231/2009 que proveía también el referéndum de diciembre del
AIOC, se organizó un evento informativo en la ciudad de Camiri (Santa cruz), presidido por el
Presidente Morales y organizado por el Ministerio de Autonomía y unas organizaciones indígenas.
En esta ocasión, el 2 de agosto fue proclamado el Día de la Autonomía Indígena, (re)etiquetando lo
que era conocido como el Día del Indio (o antes conocido también como Día de la Reforma
Agraria), (Plata 2009, 255). Por fin, el 6 de diciembre, en concomitancia con las elecciones generales
y el referéndum de autonomía en aquellos departamentos que habían votado en contra en el 2006
(Chiquisaca, Cochabamba, La Paz, Oruro, Potosí), se votó también para convertir las primeras 11
municipalidades en AIOC.
A pesar de todo el entusiasmo inicial, los seminarios y los talleres organizados por el Ministerio
de Autonomía y otras ONGs entre octubre y noviembre de 2009 (Plata 2009, 255-257), sólo 12 de
las 19 municipalidades que pidieron acceso al procedimiento de conversión según la Disposición
Transitoria 3 de la Ley Núm.4021 y el Decreto Supremo Número 231 al final pudieron votar. Estas
fueron las municipalidades que cumplieron todos los prerrequisitos obligatorios para acceder al voto
(Plata 2009, 250), que eran parcialmente diferentes en respecto a lo que se ha descrito antes.28 Según
el Artículo 6 del Decreto Supremo Número 231, antes de organizar el referéndum para volverse
AIOC, estas municipalidades debían entregar: (1) un certificado concedido por el Ministerio de
Autonomía (para obtenerse a través de una resolución ministerial), y (2) un decreto adoptado por el
consejo municipal con dos tercios de votos a favor. Para obtener el certificado del Ministerio (1),
además, había que probar que: (1a) el territorio correspondiera con la tierra ancestral habitada por
los pueblos indígenas que vivían actualmente en ello; (1b) el pueblo que demandaba la AIOC tenía
que existir antes de la colonización de Bolivia; y, por último, (1c) el pueblo que demandaba la AIOC
tenía que compartir rasgos específicos (por ejemplo, la misma identidad cultural, el mismo idioma, la
misma tradición histórica, la misma territorialidad y cosmovisión), y tenía que demostrarse la
existencia de sus organizaciones o instituciones jurídicas, políticas, sociales y económicas (Artículo 6,
párrafo 1 del Decreto Supremo Número 231). Como se puede intuir, estos tres prerrequisitos eran
sumamente difíciles de probar, sobre todo la correspondencia entre la tierra ancestral y la
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28En

otras palabras, no sé aplicó la Ley de Autonomías a las primeras 11 municipalidades AIOC en referencia a los
requisitos porque aún no estaba en vigor (se adoptó en julio de 2010).

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�actualmente habitada por un pueblo indígena. Además, el aspecto de territorialidad ha sido muy
delicado porque sólo 25 de las 339 municipalidades en Bolivia (7 por ciento) se asentaban dentro de
límites territoriales específicos en aquella época (La Razón 2011).
Finalmente, la Corte Nacional Electoral no admitió las peticiones de siete municipalidades
(Corque, Santiago de Andamarca, Santiago de Huari y Turco en el departamento de Oruro;
Gutiérrez y Lagunillas en Santa Cruz; y Inquisivi en La Paz) debido a la falta de requisitos (por
ejemplo, el decreto de municipalidad adoptado con menos de dos tercios de votos a favor o retrasos
en entregar la documentación completa; Ministerio de Autonomía 2009, 4-5; Plata 2009, 250).
Entonces, como ya se ha mencionado, 12 municipalidades accedieron al referéndum de 2009,
pero en una de ellas (Carahuara de Carangas, Oruro) ganó el voto en contra de la conversión. Las
razones detrás de este fracaso consisten probablemente en el temor de cambiar un sistema de
participación bajo la antigua Ley Popular de Participación, que ya había llevado mucho tiempo para
su realización. La luz verde era poco probable para otras tres AIOC, como Huacaya y Charagua en
Chaco y Jesús de Machaca en La Paz, donde los votos a favor solo sumaban un poco más del 50 por
ciento (Tamburini 2010, p. 201).
Después del referéndum para la conversión, estas primeras municipalidades empezaron el
procedimiento para convertirse en AIOC. Dichas municipalidades son: Jesús de Machaca y
Charazani (La Paz); Mojocoya, Huacaya y Tarabuco (Chiquisaca); Salinas Garci de Mendoza,
Chipaya, Pampa Aullagas y Totora (Oruro); Chayanta (Potosí); y Charagua (Santa Cruz). Siete AIOC
son así colocadas en Tierras Altas y sólo dos en Tierras Bajas. En otros términos, sólo 4 de los 36
pueblos indígenas reconocidos constitucionalmente (Artículo 5 CPE) están actualmente liderando
las autonomías indígenas. Entre éstos, solo los Guaraníes vienen de Tierras Bajas. Entre las 11
AIOC, 5 se han auto-identificadas como Aymara (Jesús de Machaca, Carangas, Salinas de Garci
Mendoza, Pampa Aullagas y Totora); cuatro como Quechua (Charazani, Mojocoya, Tarabuco y
Chayanta); dos como Guaraní (Charagua y Huacaya); y, por fin, una como Uru-chipaya (Chipaya)
(Plata 2009, 254).
No obstante el fervor inicial, estas municipalidades siguieron pendientes hasta la adopción de la
Ley de Autonomía en julio del 2010. La adopción de esta ley no fue rápida, ni fácil. El objetivo
central de la séptima marcha indígena ya mencionada fue enmendar el proyecto de la Ley de
Autonomía, sobre todo acerca de la Base Poblacional, aplicable a la nueva/futura AIOC (Tamburini
2011, 177). Yo personalmente pienso que también hubo frustración y confusión detrás de esa
marcha. Por ejemplo, a la Gran Asamblea de Pueblos Indígenas-GANPI que tubo lugar en Santa
Cruz en noviembre de 2010 –y que yo atendí en persona– muchos líderes indígenas no tenían una
idea clara sobre el proceso de conversión o los requisitos. Las primeras 11 municipalidades AIOC
supuestamente tenían que adoptar su estatuto dentro de 360 días después de las elecciones
provisionales que se celebraron en abril de 2010, más una potencial prorroga de otros 360 días, o sea
hasta aproximadamente el mes de marzo de 2012 (Disposición Transitoria número 14 de la Ley de
Autonomía). En la GANPI, algunos líderes indígenas estaban convencidos que tenían que
adelantarse para crear, antes que este término, nuevas AIOC. Esta sensación era bastante compartida
en el país, hasta que el Ministro de Autonomías (en ese tiempo, Carlos Romero) clarificó que no
había fecha límite ni para los estatutos de las 11 AIOC existentes, ni por la creación de nuevas AIOC
(Erbol 2011b).
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Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015!

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86!

�El estatus actual de las 11 primeras AIOC
Desde su creación, las AIOC se han desarrollado constantemente y han ido cambiando,
siguiendo tendencias tanto positivas como negativas. Para entender estos cambios, se han
monitoreado a través de investigación a terreno e investigación documental (por medio de boletines
de ONGs, diarios y documentos oficiales) desde mayo del 2011. Esa fecha es relevante porque es un
año después de las elecciones provisionales a los miembros del consejo municipal que estaban a
cargo de liderar el proceso de conversión. Por lo tanto, los progresos y las falacias principales hasta
diciembre 2014 se muestran en el grafico que sigue (figura 1), ilustrando la tendencia general. El
periodo monitoreado cubre aproximadamente tres años, divididos por cinco periodos (mayo de
2011, agosto-septiembre de 2012, diciembre de 2013, julio de 2014 y diciembre de 2014). Una escala
de evaluación va desde 1 a 5 para representar el proceso de conversión mencionado antes. Además,
se han especificados valores intermedios para indicar mejor los desarrollos de cada AIOC. Por lo
tanto, la etapa 0,5 significa que la AIOC está trabajando para establecer el consejo deliberativo; etapa
1 es el establecimiento del consejo deliberativo; etapa 1,5 es el diseño del estatuto; etapa 2 es la
adopción del estatuto por los dos-tercios del consejo deliberativo; etapa 3 es la entrega del estatuto al
Tribunal Constitucional Plurinacional por el control de constitucionalidad; etapa 3,25 significa que la
AIOC está trabajando sobre las revisiones requeridas por parte del Tribunal Constitucional
Plurinacional: etapa 3,5 es la aprobación por parte del Tribunal Constitucional Plurinacional; etapa
3,75 se refiere a la organización del segundo referendo; etapa 4 es la realización del segundo
referendo para la aprobación del estatuto dentro de la comunidad; y finalmente, etapa 5 es cuando la
AIOC está completamente establecida.

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87!

�!

Fuente: Elaboración propia

Figura 1: Status de las AIOC (diciembre de 2014)

�Leyenda de la Figura 1: Estatus actual de las AIOC
0.5
1
1.5
2
3

Trabajando para establecer el consejo deliberativo
Establecimiento del consejo deliberativo
Diseño del estatuto
Adopción del estatuto
Control de constitucionalidad del estatuto

3.25
3.5

Trabajando sobre las revisiones requeridas por parte del Tribunal Constitucional
Plurinacional
Aprobación por parte del Tribunal Constitucional Plurinacional

3.75
4

Organización del segundo referendo
Realización del segundo referendo para la aprobación del estatuto

5

AIOC está completamente establecida y funciona correctamente

En el marco de los objetivos de este artículo, es suficiente centrarse en los últimos dos años,29
durante los cuales siete estatutos de AIOC se entregaron al Tribunal Constitucional Plurinacional
(Fundación Tierra 2013) y cuatro se aprobaron a lo largo del 2014. La AIOC de Totora (Oruro) fue
la primera en recibir la declaración de constitucionalidad en febrero de 2014 (Fundación Tierra
2014). Mojocoya (Chuquisaca), Charagua (Santa Cruz) y Pampa Aullagas (Oruro) entregaron sus
estatutos en octubre de 2012: la primera fue el 12 de octubre, y las últimas dos el 31 de octubre
(Ministerio de Autonomías &amp; Servicio Estatal de Autonomías 2013, 31-32). Chipaya (Oruro) lo
entregó el 23 de noviembre del 2012 (Ministerio de Autonomías &amp; Servicio Estatal de Autonomías
2013, 31-32; Fundación Tierra 2012b). De estas cuatro AIOC, Pampa Aullagas y Chipaya recibieron
una aprobación constitucional preliminar sujeta a revisiones para hacerse para la mitad de junio del
2014 (ANA Noticias 2014b); el mismo día, Charagua recibió la aprobación constitucional final
(ANA Noticias 2014b). El estatuto de Mojocoya fue aprobado a mitad de noviembre de 2014 (ANA
Noticias/Chuquisaca 2014a). Por lo tanto, Totora y Charagua ya están organizando su segundo
referendo para la aprobación final de sus estatutos (Vacaflor 2014b). Además, la formulación de la
pregunta de ese segundo referendo en el caso de Charagua fue certificado por el Tribunal
Constitucional Plurinacional a finales de octubre de 2014. 30 Huacaya y Tarabuco (Chuquisaca)
entregaron sus respetivos estatutos en junio del 2013 (Ministerio de Autonomías &amp; Servicio Estatal
de Autonomías 2013, 31-32) y a finales de 2013. El estatuto de la primera se aprobó el 30 de octubre
del 2014 (ANA Noticias/Chuquisaca 2014d). En el caso de Tarabuco, el estatuto debía modificarse
según el dictamen del Tribunal Constitucional Plurinacional para junio del 2014. Las modificaciones
no se realizaron al tiempo, así que el consejo deliberativo tuvo que empezar nuevamente el proceso
de diseño del estatuto (Erbol 2014; ANA Noticias/Chuquisaca 2014b): por esa razón en la Figura 1,
Tarabuco baja a la etapa 1,5. La AIOC de Jesús de Machaca y Charazani (La Paz) adoptaron sus
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29Para

detalles sobre los otros años véase Tomaselli 2013.
pregunta es la siguiente: “¿Usted está de acuerdo con el Estatuto Autonómico Originario de Charagua y su puesta
en vigencia?” (ANA Noticias/Chuquisaca 2014c; Vacaflor 2014).
30La

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�estatutos internamente pero no los entregaron (Ministerio de Autonomías &amp; Servicio Estatal de
Autonomías 2013, 31-32; Fundación Tierra 2013).31 Finalmente, en Salinas de Garci Mendoza y en
Chayanta (Oruro), el trabajo sobre los estatutos sigue pendiente de iniciarse (Ministerio de
Autonomías &amp; Servicio Estatal de Autonomías 2013, 31-32; Fundación Tierra 2013), pero en el
segundo caso el consejo deliberativo se instaló durante octubre de 2014 (ANA Noticias/Potosí
2014).
Sobre la formación de nuevas municipalidades AIOC, es bastante preocupante que ninguna
municipalidad haya organizado un referendo de conversión desde hace mucho tiempo (Anf-Agencia
2011). En noviembre de 2012, Milton Chacay, secretario de autonomías de la Asamblea del Pueblo
Guaraní (APG), anunció que seis capitanías Guaraní aspiraban a crear municipalidades AIOC en
Gutiérrez y Lagunillas (Santa Cruz) y Macharetí (Chuquisaca) (Fundación Tierra 2012a). A pesar de
esta afirmación, la sola propuesta de conversión municipal que se encuentra oficialmente en
evaluación por el Ministro de Autonomías es la de San Miguel de Velasco (Santa Cruz) (Ministerio
de Autonomías &amp; Servicio Estatal de Autonomías 2013, 34). Otro desarrollo interesante es el de la
municipalidad de Curva (La Paz) que el pasado julio del 2014 recibió el certificado de “territorio
ancestral”. Dicha municipalidad empezó el proceso en el 2011 (ANA Noticias 2014a), así que
tuvieron que esperar tres años para recibir ese certificado. El próximo paso será la organización del
primer referéndum entre su población sobre la conversión. Finalmente, otras fuentes documentan
que recientemente otras 14 municipalidades están considerando convertirse en AIOC (Soliz Tito
2014), aunque no haya informaciones oficiales.
En cuanto a las TCO/TIOC, los requisitos de territorio ancestral, Viabilidad Gubernativa y Base
Poblacional se regularon entre el 2012 y el 2013. El primero (territorio ancestral) se estableció con
Resolución Ministerial número 091/2012, y los últimos dos (Viabilidad Gobernativa y Base
Poblacional) con Resolución Ministerial Núm.032/2013. Ambas resoluciones fueron adoptadas por
parte del Ministro de Autonomías. Eso aceleró también el proceso de conversión de TCO/TIOC
que pasaron de ser inicialmente solamente 2 (Raqaypampa y Lomerio) a 5 en el 2013. Las otras tres
que se convirtieron fueron Monte Verde, Marka Camata, y el Consejo Indígena Yuracaré (Ministerio
de Autonomías &amp; Servicio Estatal de Autonomías 2013, 34). Entre estas AIOC en forma de
TCO/TIOC, Raqaypampa aprobó su estatuto a finales de 2012 (Estatuto de la Autonomía Indígena
Originaria de Raqaypampa 2012) y lo entregó al Tribunal Constitucional Plurinacional el 20 de
noviembre de 2013 (Fundación Tierra 2013), pero aún espera su aprobación (ANA Noticias 2014c).
Monte Verde y Marka Camata recibieron su certificado de “territorio ancestral” en mayo de 2013,
mientras Lomerio y el Consejo Indígena Yuracaré empezaron a preparar los documentos requeridos
en el 2013 (Ministerio de Autonomías &amp; Servicio Estatal de Autonomías 2013, 34).
Conclusiones
Este artículo ha demostrado que el procediendo legal para establecer una AIOC es muy
complejo. Por una parte, se intenta salvaguardar una amplia participación y garantizar la legitimación
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31El

proceso general de Jesús de Machaca ha sido particularmente complejo y contestado por conflictos internos. Por un
reciente análisis, véase Colque y Plata 2014.

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�de la AIOC gracias a un número de mecanismos democráticos como, por ejemplo, el doble
referéndum o la adopción del estatuto a través de dos-tercios del consejo deliberativo.
Por otra parte, el procedimiento se diseño suponiendo un ambiente socio-cultural homogéneo y
no considerando mecanismos para resolver potenciales conflictos internos. Eso se ve claramente
entre unas de las primeras 11 AIOC que aún no tienen su estatuto o su consejo deliberativo (en
Jesús de Machaca and Charazani, en el departamento de La Paz), y en Salinas de Garci Mendoza y
en Chayanta, en el departamento de Oruro.
Relativo a la creación de AIOC en forma de “territorios”, o sea sobre TCO/TIOC, que podría
ser una buena opción para los pueblos indígenas de tierras bajas, los requisitos pedidos (Viabilidad
Gubernativa y Base Poblacional, artículos 57 y 58 de la Ley de Autonomía) son excesivamente
exigentes (por ej., la cantidad de documentación que la comunidad tiene que entregar sin apoyo
administrativo), poco prácticos (por ej., en el caso de pueblos indígenas numéricamente pequeños) y
sujetos a potencial arbitrariedad en referencia a la evaluación de la Viabilidad Gubernativa. Aunque
ambos requisitos se hayan regulado recientemente, estas condiciones permanecen controvertidas.
Sobre la Viabilidad Gubernativa veamos un ejemplo empezando por el certificado de “territorio
ancestral”. Primero, es sumamente difícil probar que el territorio de un pueblo indígena sea ancestral
y/o se corre el riesgo que esta prueba de “ancestralidad” se produzca de manera artificial por parte
de los municipios por diferentes razones, por ejemplo porque se ha perdido a lo largo de varios
siglos, etc. Suponiendo que la municipalidad entregue pruebas suficientes, el certificado de
“territorio ancestral” puede aún ser contestado por parte de la administración pública de manera
arbitraria o sin justificación. Por ende, para que esté totalmente valido tiene que ser expedido por
parte del Ministro de Autonomías. Luego, este certificado de “territorio ancestral” tiene que ser
entregado junto con un número de otros documentos para pedir la Viabilidad Gubernativa.32
Sobre la Base Poblacional, el pueblo Araona (La Paz) estaba considerando formar una región
indígena con otros pueblos indígenas porque ellos cuentan solamente con 200 miembros
dispersados en seis comunidades (Luksic 2011).
Todo este procediendo genera miedo entre los pueblos indígenas y sugiere una general falta de
voluntad política para promover la autonomía indígena. Como ya se ha visto, hasta esta altura (enero
de 2015) solo una de las municipalidades que aspiran a convertirse en AIOC (Curca, La Paz), lo ha
obtenido, pero después de tres años. Así que parece que el marco jurídico garantizado por parte de
la Ley de Autonomía no haya simplificado el procedimiento, sino el contrario.
En particular, los pueblos indígenas de tierras bajas están confundidos y decepcionados frente a
los requisitos mencionados. De hecho, solamente 3 solicitudes de las 19 municipalidades admitidas
en diciembre de 2009 para el primer referéndum de conversión en AIOC provenían desde los
departamentos del Oriente, y todas desde el departamento de Santa Cruz. Ninguna demanda llegó
desde Beni o Pando (Plata 2009, p.252). En estos departamentos, muchas comunidades indígenas
están dispersas en grandes áreas territoriales o son numéricamente inferiores (Plata 2009, p.253), lo
que explica la probable falta de información sobre el procedimiento de conversión de la AIOC.
Asimismo, en las tierras bajas, otros obstáculos están causados por disputas sobre las tierras entre
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32Reglamento

(Solicitud).

para la Emisión de Certificación de Viabilidad Gubernativa y Verificación de Base Poblacional vía TIOC, Articulo 3

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�indígenas y colonos no indígenas, por conflictivos intereses económicos sobre los recursos naturales
no renovables (Bustillos Zamorano 2011a), asuntos de demarcación de municipalidades y
departamentos, y discontinuidad territorial que afecta el 58,2% de las TCO/TIOC de la región
amazónica.
Además, 17 límites territoriales están contestados en las tierras altas y bajas (Mealla 2011). La Ley
de Unidades Territoriales, Núm.339/2013, se adoptó el 31 de enero de 2013 y debería arreglar estos
conflictos. No obstante, las organizaciones indígenas la han cuestionado. En efecto, la Ley de
Unidades Territoriales no sigue el principio de igual jerárquica entre unidades territoriales autónomas
(art.276 CPE; art.6.2, numero 3 de la Ley de Autonomía) y los pueblos indígenas no fueron
consultados sobre esa ley, que en cualquier caso sí les afecta (Agencia Intercultural de Noticias
Indígenas de Bolivia 2011).
Otro aspecto relevante concierne las finanzas de las municipalidades y otras entidades públicas y
territoriales. Muchos alcaldes se quejaron de la Ley de Tasas Núm.154/2011. En efecto, el art.6 de
esta ley reduce las competencias de las municipalidades para introducir nuevas tasas, no obstante la
demanda de servicios públicos de la población (Bustillos Zamorano 2011b).
Finalmente, otra aprensión entre los pueblos indígenas es lo que va a ocurrir con las AIOC
después de las elecciones administrativas de finales de marzo del 2015. Desde finales del 2013, el
órgano de coordinación de las AIOC ha demandado que en las municipalidades AIOC las
autoridades se voten según las costumbres y los procedimientos tradicionales (Fundación Tierra
2013; Vacaflor 2014a), pero su pedido no tuvo respuesta (Página Siete 2014).
En conclusión, Bolivia está corriendo el riesgo de contradecirse sobre la autonomía indígena:
aunque la haya promovida abiertamente, en realidad falta una implementación significativa. Otros
académicos expresaron recientemente su escepticismo sobre la realización del autogobierno indígena
a través de las AIOC (Tockman y Cameron 2014, p. 64). Es posible que el dinámico escenario de
Bolivia nos sorprenda en los próximos años, como ya lo hizo en el pasado. Una noticia positiva fue,
por ejemplo, la entrega por parte del gobierno de un proyecto de ley (número 411 del 2014,
actualmente bajo discusión en la Cámara de Diputados) que regula el financiamiento de un segundo
referéndum para la aprobación final de los estatutos de aquellas AIOC (Totora y Charagua) que han
recibido la certificación constitucional.33 La profunda reforma institucional que está experimentando
el estado andino es reciente y aún un trabajo en desarrollo. Así que los próximos años serán claves
para ver qué dirección tomará Bolivia hacia (también) el autogobierno indígena.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
33Proyecto

de Ley No 411/2014-2015: Transferencia de recursos económicos de los Gobiernos Autónomos Municipales en conversión a
Autonomías
Indígena
Originario
Campesinas.
Al
15
de
diciembre
del
2014,
en
http://www.diputados.bo/images/Docs/PL/INF14-15/INF14_411.pdf, y es bajo Tramitación en la Cámara de
Diputados: http://www.diputados.bo/index.php/leyes/leyes-en-tratamiento. Véase también Vacaflor 2014a; ANA
Noticias 2014d.

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Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015!

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�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 1. Núm 1. enero-junio 2015, pp. 98-118

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La representación sustantiva de las mujeres en las agendas legislativas de
las diputadas mexicanas
The substantive representation of women in the legislative agenda of
Mexican deputies
Sarah Patricia Cerna Villagra

Doctoranda en Ciencias Políticas y Sociales, Universidad Nacional Autónoma de México y en Estado de Derecho
y Gobernanza Global, Universidad de Salamanca.
Becaria del CONACYT, México.
Email: sacervi@hotmail.com

Fecha de envío: 15 de abril 2015
Fecha de aceptación: 1 de junio 2015
Resumen
Este artículo tiene como objetivo identificar la representación sustantiva de las mujeres
en las agendas legislativas impulsadas por las diputadas mexicanas en las LVII y LXII
Legislaturas del Congreso de la Unión poniendo el énfasis en aquellas propuestas legislativas
sensibles al género 1 . Para ello, busca aportar datos empíricos en torno a las propuestas
legislativas y sus temáticas por grupos parlamentarios con el objetivo de conocer qué hacen las
mujeres en el ámbito legislativo, a través de sus agendas parlamentarias y cuál es la
representación sustantiva de las mujeres en este ámbito político. La investigación se concentra
en las iniciativas presentadas en las LVII (1997-2000) y LXII Legislaturas (2012-2015) en la
Cámara de Diputados por las congresistas mexicanas según el Grupo Parlamentario al que
pertenecen.
Entre los hallazgos se comprueba que existen notorias diferencias en las agendas
legislativas de las diputadas de acuerdo al Grupo Parlamentario al que pertenecen, mientras las
legisladoras del PRI y del PAN tienden a priorizar temáticas consideradas más “femeninas”, las
del PRD, PVEM y PT se han caracterizado por issues considerados más “masculinos”. Además,
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

1 Rodríguez Gustá (2008) identifica cuatro categorías de políticas sensibles al género en la literatura especializada,
ellas son: 1) las políticas de acción afirmativa; 2) las políticas para las mujeres; 3) las políticas con perspectiva de
género y; 4) las políticas de transversalización de género. En esta investigación se utiliza esta clasificación para
estudiar todas las iniciativas legislativas presentadas por las diputadas mexicanas cuyo contenido presente
características relacionadas con la ampliación de los derechos para las mujeres, con perspectiva y/o
transversalización de género y se constituyan en acciones afirmativas para ellas.

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�la Representación Sustantiva de las Mujeres en ambas Legislaturas estudiadas se manifiesta en
la introducción de “intereses de mujeres” en la agenda política, así como en la perspectiva
femenina para abordar temáticas diversas, tales como: trabajo, migración, Derechos Humanos,
entre otros.
Palabras clave: diputadas, agendas legislativas, partidos políticos, representación sustantiva de
las mujeres.
Abstract
This article aims to identify the substantive representation of women in the legislative
agendas of female Mexican deputies in the LVII and LXII Legislatures of the Congress
emphasising those legislative proposals related to gender 2. Consequently it seeks to offer
empirical data about legislative proposals and issues by parliamentary group with the aim of
understanding what women do in the legislative sphere, via their parliamentary agendas and
what is the substantive representation of women in this political sphere. The study
concentrates on the initiatives presented in the LVII (1997-2000) and LXII Legislatures (20122015) in the Chamber of Deputies by congresswomen according to the Parliamentary Group
to which they belong.
The findings show that there are noticeable differences in the legislative agendas of
female Deputies according to the Parliamentary Group to which they belong. While those
belonging to the PRI and PAN tend to prioritise issues considered more “feminine”, those
belonging to the PRD, PVEM and PT have been characterized by issues that are considered
more “masculine”. Furthermore, the Substantive Representation of Women in both
legislatures is shown in the introduction of “women’s interests” in the political agenda, as well
as the female perspective to approach different issues, including: work, migration, Human
Rights, among others.
Keywords: deputies, legislative bills, political parties, substantive representation of women.

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2 Rodríguez Gustá (2008) identifies four categories of policy that are sensitive to gender in the specialised
literature: 1) affirmative action policies; 2) policies for women; 3) policies with a gender perspective; 4) transversal
gender policies. In this reach this classification is used to study all of the legislative initiatives presented by
Mexican deputies whose content presents features related to the expansion of rights for women, with a gender
perspective and constitute affirmative actions for them.

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�Introducción
En el año 2015 se ha dado en México un importante debate en torno a los mecanismos
que favorecen el aumento de la participación femenina en política, sobre todo a raíz de la
implementación de las normas de paridad. Este trabajo pretende abonar a la discusión en
torno a la representación sustantiva de las mujeres, en específico, en torno a sus agendas
legislativas. Para ello en las siguientes páginas se busca responder a las siguientes preguntas:
¿qué temas priorizan en su agenda legislativa? y ¿son diferentes los intereses entre legisladoras
de distintos grupos parlamentarios?
Desde la implementación de las cuotas de género en 1997 hasta el año 2015, la presencia
femenina en la Cámara de Diputados de México ha aumentado ostensiblemente pero, como lo
señala la literatura especializada en este ámbito (Archenti, 2011; Bareiro y Echauri, 2009;
Franceschet, Krook y Piscopo, 2012, Freidenberg, 2014) con las cuotas no es suficiente para
alcanzar la paridad en cuanto a la representación descriptiva en el Congreso. Tras la
implementación de la norma de paridad establecida como parte de las reformas políticas del
2013 han surgido muchas preguntas en torno a la participación de las mujeres en política. En
este sentido, esta investigación busca aportar datos que permitan comprender y analizar qué
hacen las mujeres en el ámbito legislativo a través de sus agendas legislativas identificando las
agendas legislativas de las mismas y definiendo si existen diferencias entre las agendas
legislativas de las diputadas de acuerdo al grupo parlamentario al que pertenecen.
Marco Teórico
Las Cuotas de Género en la Región
A partir de la tercera ola democratizadora en la región, y con el agotamiento de los
regímenes de partido hegemónico, las mujeres alcanzaron mayor visibilidad en la esfera política
latinoamericana (Archenti, 2011). Esta autora sostiene que varios eventos internacionales, tales
como la Convención sobre la Eliminación de Todas las Formas de Discriminación (CEDAW,
1979) y las Plataformas de Nairobi (1985) y Beijing (1995) influyeron en la introducción de
mecanismos legales que permitieron combatir la desigualdad de género en el ámbito político de
la región.
En este contexto en la década de 1990, muchos países latinoamericanos iniciaron una
serie de debates en torno a la necesidad de alcanzar la igualdad política de las mujeres; estas
discusiones se tradujeron en sanciones y modificaciones legislativas para implementar
mecanismos para garantizar la equidad de género en los cargos de elección popular. Las
primeras medidas adoptadas fueron las acciones afirmativas conocidas como cuotas de género,
las cuales fueron implementadas progresivamente en la región desde entonces hasta la
actualidad. No obstante, el debate reciente ha superado al tema de las cuotas como
mecanismo compensatorio y actualmente gira en torno a la adopción de la paridad, así como a
los obstáculos institucionales (sistemas electorales y políticos) y las barreras socioculturales a
las carreras políticas de las mujeres.
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�Tras dos décadas de implementación de las cuotas, en la región existe un fuerte consenso
sobre la necesidad de acciones afirmativas como mecanismos fundamentales para que las
mujeres puedan postularse como candidatas y resulten electas (Archenti y Tula, 2007,
Freidenberg, 2014). Las cuotas por sí solas no son suficientes para asegurar el aumento de la
representación femenina en los congresos. Muchos estudios señalan que existen otras variables
institucionales dentro de los sistemas electorales que son también importantes tomar en
cuenta; algunas de estas variables podrían ser las fórmulas de representación proporcional
adoptadas y el tamaño de las circunscripciones (Archenti y Tula, 2007; Bareiro y Echauri, 2009;
Escobar-Lemmon y Taylor-Robinson 2006; Jones 2009; Krook 2005; Lovenduski, 1997;
Norris, 1997, 1985; Rule y Zimmerman, 1994; Schwindt-Bayer, 2009). Pero al mismo tiempo,
otras variables institucionales importantes podrían ser el tamaño de los distritos y la
representación proporcional, ya que se ha encontrado que aquellos distritos medianos y
grandes y la representación proporcional favorecen a las candidaturas femeninas porque los
partidos necesitan sumar a diferentes sectores de la sociedad para así poder llegar a un
electorado más amplio y con ello, obtener más escaños (Freidenberg, 2014).
Las ventajas de las cuotas se manifiestan en su impacto simbólico en la región, tras
generar sensibilización en las sociedades respecto a las desigualdades históricas tanto sociales,
económicos como políticas entre hombres y mujeres (Peschard, 2002). Para esta autora la
implementación de las cuotas ha permitido además, pensar en las mujeres como protagonistas
capaces de desempeñarse en política tanto como sus pares hombres, así también ha
contribuido a responder desde el ámbito político a las demandas y necesidades específicas de
las mujeres a través de políticas públicas y leyes concretas para este sector de la población.
No obstante, los factores institucionales no alcanzan para mejorar la representación
femenina en los puestos de elección relevantes ya que también existen otros de naturaleza
sociocultural que condicionan las carreras políticas femeninas. Es por ello que Fernández
Poncela (1997) describe cómo influyen en las carreras políticas de las mujeres factores como la
socialización política en la familia, el parentesco político, la militancia temprana en centros
estudiantiles o universitarios, sindicales o de partidos políticos y el apoyo familiar tanto de hijos
como de la pareja a la profesión política. Estos factores pueden promover (o no), y permitir (o
no), la entrada y el desarrollo de las carreras políticas femeninas.
¿Qué hacen las Legisladoras? La Representación Sustantiva
En la propuesta teórica de Pitkin (1985) la representación sustantiva hace referencia a la
inserción de temas específicos por parte de aquellos grupos con características particulares al
interior de las agendas del Poder Legislativo. A esta dimensión de la representación, Martínez
y Garrido (2013, p. 408) la denominan “la política de la diferencia”, para referirse al debate
acerca de si el incremento de la presencia de mujeres en el Poder Legislativo ha implicado
alguna diferencia, o bien el aumento de legislaciones y políticas públicas en torno a los
derechos de las mujeres y a la igualdad de género.
En esta línea, este trabajo busca identificar cuáles son las agendas legislativas a través de
las temáticas propuestas por las mujeres en referencia a esa representación sustantiva planteada
por los autores antes mencionados.
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�El Género en el Trabajo Parlamentario
De acuerdo con Celis et al. (2008) existen numerosos estudios que demuestran que los
intereses de legisladores y legisladoras difieren en cuanto a las temáticas de sus propuestas. Un
ejemplo de ello es la investigación de Thomas y Welch (1991) que ha comprobado que los
hombres y las mujeres defienden distintas prioridades políticas. De la misma manera, otras
investigaciones demuestran que las congresistas femeninas a menudo reportan que sienten la
obligación de representar a las mujeres (Carroll 2002). Muchos autores reconocen la existencia
de los “intereses de las mujeres”, lo que implica que muchas veces las legisladoras comparten
las mismas opiniones que las votantes femeninas (Mateo Díaz, 2005) y que los movimientos
feministas y de mujeres (Lovenduski, 1997).
A su vez, Schwindt-Bayer (2006) plantea que por la extensión de los roles sociales del
género, los temas de las iniciativas legislativas están divididos entre: a) los issues de las mujeres,
que abarcan temas feministas, educación, salud, niños y familia y; b) los temas de los hombres
relacionados con la economía, agricultura, empleo, y asuntos fiscales. Estas categorías de
división entre temas femeninos y masculinos de las propuestas legislativas según el criterio de
Schwindt-Bayer son útiles para el caso mexicano para poder analizar en qué temáticas se
insertan las iniciativas presentadas por las legisladoras mexicanas en las LVII y LXII
Legislaturas.
A lo anterior cabe agregar que Heath, Schwindt-Bayer y Taylor-Robinson (2005) habían
planteado que las legisladoras son “aisladas” en el Congreso porque se les asigna solamente a
las Comisiones y temáticas referidas a la mujer y a lo social, y con ello se las aleja de posibles
intervenciones y actuaciones en comisiones sobre temas económicos, asuntos externos y otros
que se consideran “exclusivos” de hombres. Estas autoras encontraron que en las Cámaras
Legislativas de Costa Rica y Colombia, las parlamentarias reconocieron que el Congreso se
comporta de manera Patriarcal, a pesar de la existencia de cuotas de género en ambos cuerpos
legislativos. Este comportamiento se manifiesta en las posibilidades reducidas que tienen las
legisladoras para plantear iniciativas de proyectos de ley en temas como agricultura, economía y
asuntos fiscales, porque estos son temas “exclusivos de los hombres”. Esta hipótesis fue
confirmada en otro estudio por Martínez y Garrido (2013) para los casos de los Congresos de
México, Argentina (en ambos países se han implementado cuotas de género), Chile y Uruguay
(sin cuotas) en los que los autores encontraron que las mujeres son marginadas de áreas
políticas relevantes y de ámbitos de influencia real en el Poder Legislativo de sus países sólo
por su condición de mujeres.
La Representación Sustantiva de las Mujeres
La propuesta de Rodríguez Gustá y Madera (2013) sobre la RSM sostiene que en la
literatura sobre Género y Política existen dos conceptualizaciones distintas en torno a la
Representación Sustantiva de las Mujeres, a saber: 1) como un proceso de articulación y
advocacy en torno a temas e intereses de mujeres y; 2) como resultado concreto y tangible de un
proceso cuyos resultados son leyes y políticas públicas para las mujeres.
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�Por su parte, Franceschet y Piscopo (2008) plantean que la Representación Sustantiva es
el resultado de un proceso legislativo que culmina con el éxito de las diputadas para que las
iniciativas en temas de género y sobre los derechos de las mujeres sean aprobadas en los
congresos nacionales. Para estas autoras, la Representación Sustantiva guarda relación con la
promoción de los intereses de las mujeres.
Contrariamente al planteamiento de Franceschet y Piscopo (2008), Celis et al (2008)
sostiene que la representación política de las mujeres no implica exclusivamente introducir los
intereses de las mujeres en la agenda política y legislativa, sino que además implica introducir
perspectivas de las mujeres en los distintos temas de las agendas. Esta “huella” o perspectiva
femenina muchas veces está marcada por las propias experiencias de vida de las mujeres y sus
posiciones en las estructuras sociales que fueron históricamente marcadas por la discriminación
y marginalización. Esta autora, además, subraya que la RSM es un proceso que implica una
serie de actos y actores quienes introducen y mantienen los intereses de las mujeres en las
agendas políticas, además de sus intereses también insertan sus preocupaciones por temas de
diversa índole, así como sus puntos de vista en la concepción de las leyes.
En otro trabajo sobre RSM, Celis et al. (2008) señalan que la RSM se estudia con
frecuencia únicamente en el comportamiento legislativo de las representantes mujeres en los
parlamentos nacionales, pero varios estudios sobre el tema señalan que no solamente son las
legisladoras las que promueven leyes a favor de las mujeres, sino que además hay movimientos
de mujeres extra-parlamentarios, así como diversos actores políticos que buscan promover los
intereses de las mujeres. En cuanto a cómo se expresa la RSM, estas autoras señalan que las
legisladoras brindan un enfoque diferente al de sus pares hombres en lo referente a la
presentación de proyectos de ley y de aprobación de políticas públicas (p. 105)
Estrategia Metodológica
Esta investigación se enfoca en las iniciativas presentadas en las LVII (1997-2000) y
LXII Legislaturas (2012-2015) por las congresistas mexicanas según el Grupo Parlamentario al
que pertenecen. El criterio de selección de estas legislaturas ha sido el siguiente: la LVII
Legislatura (1997-2000) es la primera en la que fueron electas diputadas tras la aplicación de las
cuotas de género en las elecciones de 1997, en tanto la LXII (2012-2015) es la última elección
con cuotas, ya que desde el año 2015, se ha implementado en México la norma de paridad
(50/50) en las elecciones federales. Además, ambas legislaturas presentan diferencias en cuanto
a la Representación Descriptiva de las Mujeres en la Cámara de Diputados, ya que la primera
de éstas sólo contaba con 17,4% de mujeres diputadas y la última alcanzó un 37,8% de
legisladoras del total de representantes en esta Cámara legislativa.
Con el objetivo de conocer las agendas legislativas de las diputadas en esta investigación
se han sistematizado las iniciativas presentadas por las diputadas en ambas Legislaturas de la
siguiente manera: 1) el Grupo Parlamentario al que pertenecen la legisladora y; 2) el Tema de la
Iniciativa. A partir de los datos encontrados en el portal del Congreso de la Unión, se ha
confeccionado una base de datos, a partir de la cual se pueden distinguir las tendencias
temáticas por Grupo Parlamentario, así como identificar la Representación Sustantiva de las
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�Mujeres con base en las propuestas de leyes y los intereses que promueven, así como las
perspectivas analíticas de los problemas que desean resolver.
Clasificación de las Iniciativas Presentadas por las Diputadas Mexicanas
Para clasificar las iniciativas presentadas por las diputadas mexicanas en este trabajo se
toman las clasificaciones realizadas por Rodríguez Gustá (2008), Schwindt-Bayer (2006) y la
autora de esta investigación. En primer lugar, Rodríguez Gustá (2008, p. 110) identifica cuatro
categorías de políticas sensibles al género en la literatura especializada, ellas son: 1) las políticas
de acción afirmativa3; 2) las políticas para las mujeres4; 3) las políticas con perspectiva de
género5 y; 4) las políticas de transversalización de género6. Se considera que estas categorías de
Rodríguez Gustá son útiles a esta investigación para clasificar las iniciativas legislativas
presentadas por las diputadas mexicanas según el contenido que presenten, ya sea con
características relacionadas con la ampliación de los derechos para las mujeres, con perspectiva
o transversalización de género, o se constituyan en acciones afirmativas para las mujeres.
En segundo lugar, las clasificaciones de las iniciativas legislativas se han encuadrado en la
tipología de Schwindt-Bayer (2006) para aquellas propuestas referidas a Economía, Salud,
Educación, Asuntos Fiscales y Hacienda, Agricultura. Finalmente, la autora realiza otras
incorporaciones entre las que se encuentran las categorías de Seguridad, Justicia y Derechos
Humanos, Familia y Grupos Vulnerables, Puntos Constitucionales, Medioambiente, Trabajo y
Previsión Social. Estas incorporaciones se hicieron porque las categorías propuestas por
Rodríguez Gustá (2008) y Schwindt-Bayer (2006) no abarcan la totalidad de las temáticas de las
iniciativas presentadas en las Legislaturas estudiadas en esta investigación.
¿Cuáles son las agendas legislativas de las diputadas mexicanas y cuáles son sus temas
prioritarios?
La LVII Legislatura ha sido la primera electa tras la implementación de las cuotas de
género en México; como resultado de ello, el porcentaje de mujeres legisladoras aumentó al
pasar de 14,1% a 17,4% y a partir de allí ha ido creciendo hasta alcanzar el 37,8% que
representan en la actual legislatura (la LXII de 2012-2015). Este aumento en la Representación
Descriptiva de las mujeres desde 1997, en este trabajo se quiere observar en cuanto a cuáles
son los cambios en su dimensión de Representación Sustantiva (introducción de intereses de
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
3 Las políticas de acción afirmativa o discriminación positiva implican un trato preferencial temporal a favor de un
grupo discriminado históricamente para permitir el acceso o distribución de ciertos recursos o servicios, así como
el acceso a ciertos bienes (Fondo Indígena, s/f). Por ejemplo: las cuotas de género.
4 Las políticas para las mujeres son acciones y programas específicos para este sector de la población que por sus
características biológicas requiere políticas especiales, por ejemplo, las reproductivas o las sexuales.
5 Las políticas con perspectiva de género son aquellas que reconocen las diferencias sociales, económicas y
políticas entre hombres y mujeres y para revertirlas, están diseñadas para abarcar la complejidad de las
características socio-demográficas de las mujeres y promover la igualdad entre hombres y mujeres.
6 La transversalización implica adoptar una perspectiva de igualdad de género en todo el conjunto de leyes y
políticas en una sociedad, para ello, la igualdad debe atravesar todas las dimensiones posibles: política, economía,
salud, cultura, educación, medio-ambiente, justicia, etc.

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�las mujeres) en ambas legislaturas, es por ello, que se estudian las agendas legislativas de las
diputadas por grupo parlamentario.
Las iniciativas de las legisladoras mexicanas presentadas en la LVII Legislatura que se
muestran en la Tabla 1 se sistematizaron según la temática en la cual se inscriben dichas
propuestas y el grupo parlamentario al que pertenece la legisladora que realizó la iniciativa.
Como se puede observar en la Tabla, la temática que más propuestas recibió en esa legislatura
fue la de Puntos Constitucionales con 24 iniciativas, seguida por Asuntos Fiscales y Hacienda
con 20 y en tercer lugar, la temática de Seguridad, Justicia y Derechos Humanos con 17
propuestas.
Detrás de estas tres temáticas principales, se encuentran las iniciativas sensibles al
género, seguidas por las de economía, trabajo y previsión social, y detrás de éstas, las
propuestas sobre familia y grupos vulnerables.
Si se observan las temáticas de las iniciativas presentadas por las legisladoras del periodo
comprendido entre 1997 y 2000, el tema de las propuestas sensibles al género ocupó el cuarto
lugar en orden de importancia, lo que implica la poca relevancia que aún tenía esta temática
para las primeras legisladoras que ingresaron a través de las cuotas de género en México. Muy
por el contrario, otras temáticas consideradas más masculinas como Hacienda, Asuntos
Fiscales y las Reformas Constitucionales ocuparon lugares prioritarios en las agendas de las
legisladoras de dicho periodo. En la construcción de las agendas de las diputadas no debe
soslayarse el peso de las agendas partidarias por encima de los intereses particulares de los
legisladores, ya que los estudios demuestran que seguir la línea marcada por el partido (ya sea
por los incentivos o los castigos formales e informales) y la disciplina partidaria7 en México es
de suma importancia para la construcción de lealtades en los principales partidos políticos del
país. Precisamente para la LVII Legislatura varios trabajos (Casar, 2002; Lujambio, 2000;
Mena, 2001; Weldon, 2002) demuestran que la disciplina partidaria fue mayoritaria para los tres
partidos principales.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Amparo Casar (2002) define la disciplina partidaria como el acatamiento por parte de los legisladores de las
líneas dictadas por el líder del partido político o de la fracción parlamentaria.
7

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Partido
PRI
PAN
PRD
PVEM
PT
Comisión
Equidad y
Género
Comis. Apoyo
Discapacitado
Diputados
Independ.
Mixtas
Total

2
2

3
1

14

3
5

1

1
1
2

Educ.

7

4
2

1

Salud

1

1

Econ.

2
24

1
1
13
3
4

Puntos Const.

20

12
4
2

2

Asuntos
Fiscales y
Hacienda

9

3
9

Medio
Ambiente

17

1

1
2
11
2

Seguridad,
Justicia y
DDHH

Fuente: Elaboración propia con base en datos de H. Cámara de Diputados (2014)

1
6

1

4

3

Familia y
Grupos
Vulnerables

Sensibles al
Género

7

2

1
2
2

Trabajo y
Previsión
Social

2

1
1

Otros:
Agric./
Ganad.

Tabla 1: Número de Iniciativas Presentadas por Legisladoras por Grupos Parlamentarios y Temas de las Iniciativas Presentadas en la LVII
Legislatura

�Por su parte, como se puede observar en la Tabla 2, la temática que ocupa el primer
lugar en cuanto al número de propuestas por parte de las legisladoras en la LXII Legislatura es
la de Seguridad, Justicia y Derechos Humanos con un total de 108 iniciativas de un total de
856, lo que representa 12,6% de total. El segundo tema prioritario para las legisladoras
mexicanas han las iniciativas presentadas en asuntos de familia y grupos vulnerables que
guardan relación con la niñez, los adultos mayores, la población indígena y afromexicana, que
alcanzan un total de 90 propuestas (10,6%) de las iniciativas de las mujeres. En tercer lugar, se
encuentran las iniciativas de Reformas a la Constitución, denominada en la Tabla como
Puntos Constitucionales con un total de 71 iniciativas, lo que representa 8,3% del total de
propuestas8.
Detrás de estas tres temáticas se encuentran propuestas sensibles al género, asuntos
fiscales, salud, trabajo y previsión social, y educación; temas como medioambiente, economía y
agricultura ocupan los últimos lugares en cuanto al número de iniciativas presentadas por las
legisladoras en estos ámbitos.

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Los datos empíricos respecto a la LXII Legislatura son preliminares, debido a que la misma aún no ha concluido
y por lo tanto, los hallazgos aún no son concluyentes.
8

!
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

107!
!

!

�!

Partido
PRI
PAN
PRD
PVEM
PANAL
PT
MC
Mixtas
Total

15
26
8
6
8
1
5
1
70
40

90

21
16
11
4
6
1
1
3
63

Salud

26

4
4
5
1
7
3
2

Economía

71

7
10
22
9
6
13
4

Puntos
Constitucionales.

70

18
23
12
4
7
4
2

Asuntos
Fiscales y
Hacienda

33

2

3
1
15
11
1

Medio
Ambiente

108

30
19
30
6
7
8
8

Seguridad,
Justicia y
DDHH

11
10
11
5
9
5
4
2
57

Trabajo y
Previsión
Social

Fuente: Elaboración propia con base en datos de H. Cámara de Diputados (2014)

4

17
5
5
2
7

Educación

31
24
13
6
10
2
4

Familia y
Sensibles
Grupos
al Género Vulnerables

13

3
4
1
2
2
1

Otros:
Agricultura

Tabla 2: Número de Iniciativas Presentadas por Legisladoras por Grupos Parlamentarios y Temas de las Iniciativas Presentadas en la LVII
Legislatura

�¿Qué Iniciativas Presentan las Legisladoras Mexicanas por Grupo Parlamentario?
En la Tabla 3 se presentan los tres primeros lugares en cuanto al número de propuestas
presentadas por las legisladoras sistematizadas según la temática y el grupo parlamentario al
que pertenecen. En este Cuadro destaca que las congresistas del PRI presentaron en primer
lugar iniciativas Sensibles al Género, seguidas de propuestas en temas de Hacienda y luego en
Protección Civil. Por su parte, las panistas presentaron propuestas en Trabajo y Previsión
Social, así como en áreas como las de Seguridad, Justicia y Derechos Humanos.
Por su parte, las diputadas del PRD se caracterizaron por la presentación de iniciativas
en temas constitucionales, seguidas por propuestas en el ámbito de Hacienda y Asuntos
Fiscales; a la vez que en rubros como los de Seguridad, Justicia y Derechos Humanos. Las
congresistas del Partido Verde mantuvieron cierta coherencia programática al presentar
iniciativas en temas de medioambiente, primordialmente, así como también en áreas como
Hacienda y Salud. Por último, las diputas del PT se distinguieron porque sus propuestas
giraron en torno a temas constitucionales, así como en Trabajo y Previsión Social (lo que
también demuestra la conexión programática) y en temas fiscales.
Tabla 3: Tendencia de las Iniciativas presentadas por Mujeres por Grupo Parlamentario en la
LVII Legislatura
Grupo
PRI
PAN
PRD

1er. Lugar

2do. Lugar

Sensibles al

Hacienda y Asuntos

Género

Fiscales

Trabajo y

Seguridad, Justicia y

Previsión Social

DDHH

Puntos

Hacienda y Asuntos

Constitucionales

Fiscales

3ro. Lugar
Protección Civil y Turismo

Seguridad, Justicia y DDHH

Hacienda y Asuntos
PVEM

Medioambiente

Fiscales

Puntos
PT

Constitucionales

Salud
Hacienda y Asuntos Fiscales y

Trabajo y Previsión Social

Salud

Fuente: Elaboración propia con base en datos de H. Cámara de Diputados (2014)

!
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

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!

!

�En este punto, llama la atención que las congresistas del PRI hayan sido las únicas
diputadas de todos los grupos parlamentarios que priorizaron las propuestas legislativas
sensibles al género. Para las demás diputadas en general, sus prioridades en cuanto a
propuestas legislativas en dicho periodo tuvieron relación con iniciativas en torno a Asuntos
Fiscales, Hacienda y Puntos Constitucionales.
En la LXII Legislatura, las diputadas de Partido Revolucionario Institucional han
presentado iniciativas principalmente en temas como: Familia y Grupos Vulnerables, al tiempo
que también lo han hecho en rubros como Seguridad, Justicia y Derechos Humanos y en
Salud. Sus colegas panistas han presentado propuestas legislativas Sensibles al Género, en
Familia y Grupos Vulnerables, de la misma manera que lo han hecho en Asuntos Fiscales,
mientras que las congresistas del Partido Revolucionario Democrática se destacan por sus
iniciativas en Seguridad, Justicia y Derechos Humanos, Puntos Constitucionales y
Medioambiente.
Nuevamente las que destacan por sus propuestas en Medioambiente son las congresistas
del Partido Verde Ecologista de México, mostrando con ello su coherencia programática, pero
también enfatizan otros temas como las Reformas Constitucionales y las iniciativas sensibles al
género, la Familia y los Grupos Vulnerables y la Seguridad. Por su parte, las legisladoras del
Partido Nueva Alianza destacan por sus iniciativas en torno a la Familia y Grupos Vulnerables,
el Trabajo y la Previsión Social y aquellas propuestas Sensibles al Género.
Finalmente, las legisladoras del Grupo Parlamentario del Partido del Trabajo presentan
iniciativas principalmente en Puntos Constitucionales, Seguridad y Derechos Humanos, así
como en Trabajo y Previsión Social. Las legisladoras de Movimiento Ciudadano presentan
iniciativas principalmente en Seguridad, Justicia y Derechos Humanos, Sensibles al Género y
Familia y Grupos Vulnerables.
Al observar la Tabla 4 sobresale que en la mayoría de los Grupos Parlamentarios,
excepto en el PRD y el PT, las legisladoras presentan propuestas en issues típicos de las mujeres
como las agendas feministas, la educación, la salud, la niñez y la familia y con ello, se confirma
las hipótesis de Chaney (1992) y Schwindt-Bayer (2006) señaladas con anterioridad. Por su
parte, las diputadas del PRD y del PT se destacan por presentar iniciativas en temáticas
consideradas masculinas tales como: la Seguridad, la Justicia y el Trabajo.

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Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

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!

�Tabla 4: Tendencia de las Iniciativas presentadas por Mujeres por Grupo Parlamentario en la
LXII Legislatura
Grupo
1er. Lugar
2do. Lugar
3ro. Lugar
Familia y
Seguridad,
Grupos
Justicia y
PRI
Vulnerables
DDHH
Salud
Familia y
Sensibles al
Grupos
PAN
Género
Vulnerables
Asuntos Fiscales
Seguridad,
Puntos
Justicia y
Constitucionale
PRD
DDHH
s
Medioambiente
Puntos
Constitucionale
Sensibles al Género, Familia y Grupos
PVEM
Medioambiente
s
Vulnerables, Seguridad y DDHH
Familia y
Grupos
Trabajo y
PANAL
Vulnerables Previsión Social
Sensibles al Género
Puntos
Seguridad,
Constitucionale
Justicia y
PT
s
DDHH
Trabajo y Previsión Social
Seguridad,
Movimient
Justicia y
Sensibles al
Familia y Grupos Vulnerables, Educación,
o Ciudad.
DDHH
Género
Puntos Const. Y Trabajo Y Previsión Social
Fuente: Elaboración propia con base en datos de H. Cámara de Diputados (2014
Semejanzas y Diferencias entre las Legislaturas Estudiadas
La LVII Legislatura ha sido la primera electa tras la implementación de las cuotas de
género en México; como resultado de ello, el porcentaje de mujeres legisladoras aumentó al
pasar de 14,1% a 17,4% y a partir de allí ha ido creciendo hasta alcanzar el 37,8% que
representan en la actual legislatura. De acuerdo con esto, la Representación Descriptiva de las
mujeres mexicanas en la Cámara de Diputados ha tenido notorios avances y es por ello, que en
esta investigación se ha buscado identificar los avances en materia de Representación
Sustantiva.
Tras poco más de quince años de la implementación de cuotas de género en México, la
LXII Legislatura ha sido la que ha registrado el mayor número de mujeres legisladoras en la
historia política de este país. Al respecto, un análisis descriptivo arroja que el número de
mujeres es relativamente similar al peso de cada grupo parlamentario en la Cámara, esto quiere
decir que no debe sorprender a nadie que las tres principales fuerzas políticas tengan el mayor
número de legisladoras, sin embargo, cabe destacar que entre el resto de grupos parlamentarios
más pequeños sobresalen el Partido Nueva Alianza y el Partido del Trabajo como aquellos
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Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

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!

!

�partidos que proporcionalmente se acercan más la paridad entre sus legisladores y legisladoras
que el resto de Grupos Parlamentarios.
Al comparar la producción legislativa de las diputadas de ambas Legislaturas, sólo con
relación al número de iniciativas presentadas, se puede concluir que el porcentaje de
propuestas presentadas por las mujeres respecto al total de los legisladores (tanto hombres
como mujeres) ha aumentado de 19,1% en 1997 a 27,4% en 2015. Esto quiere decir que en
poco más de quince años que se han implementado las cuotas de género en México, el
protagonismo de las legisladoras ha crecido y las temáticas de sus propuestas también han ido
cambiando.
En la LVII Legislatura, las diputadas en general estuvieron más preocupadas con
temáticas referentes a las Reformas Constitucionales, los Asuntos Fiscales y Hacienda. En
dicho periodo, las únicas que promovieron con especial énfasis las iniciativas sensibles al
género fueron las congresistas del PRI, en tanto las demás dieron poca o nula importancia a los
issues considerados por la literatura especializadas como “femeninos”; muy por el contrario, las
diputadas se centraron en temáticas “más masculinas”, como las señaladas anteriormente y
otras como Seguridad, Justicia y Trabajo. Por su parte, las legisladoras de grupos
parlamentarios como el PRD, el PVEM y el PT se han caracterizado por presentar propuestas
en issues considerados “más masculinos”, tales como la Seguridad, la Justicia, los Asuntos
Fiscales y el Trabajo. Estos hallazgos difieren en lo señalado por la literatura especializada en
cuanto a que las mujeres legisladoras priorizan temas femeninos o de género en su agenda.
Por su parte, las diputadas del Partido Verde han sido las que han demostrado mayor
coherencia programática en ambas legislaturas estudiadas, ya que su agenda tiende a priorizar
las propuestas en torno al Medioambiente. Así también, las diputadas del PT han tenido un
número importante de propuestas en torno al Trabajo y la Previsión Social en ambos periodos.
La Representación Sustantiva de las Mujeres a través de las Iniciativas Legislativas de
las Diputadas Mexicanas
Con la revisión de las propuestas legislativas de las LVII y LXII Legislaturas estudiadas
en este trabajo se puede observar la Representación Sustantiva de las Mujeres en términos de
Celis et al (2008) en cuanto a la introducción de intereses de mujeres en las agendas políticas y
legislativas, así como la introducción de perspectivas de mujeres en temáticas más allá del
género y los asuntos femeninos y feministas. Algunas diferencias encontradas en las iniciativas
de ambas Legislaturas destacan que mientras en la LVII Legislatura se hicieron propuestas
exclusivamente en torno a la perspectiva de género, en la LXII sí se hicieron propuestas en las
cuatro categorías señaladas por Rodríguez Gustá (2011). Para corroborar la afirmación
anterior, se presentan a continuación algunos ejemplos de las iniciativas sensibles al género
presentadas en ambos periodos estudiados.
En primer lugar, entre las 14 propuestas legislativas cuyo contenido es sensible al género
de la LVII Legislatura sobresalen iniciativas con perspectiva de género, tales como: 1) la creación de
la Comisión Permanente de Equidad y Género al interior de la Cámara de Diputados; 2) las
reformas en materia de la Ley Federal del Trabajo para eliminar la discriminación por razones
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Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

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!

!

�de sexo o edad a las mujeres trabajadoras, 3) la propuesta de Ley para Prevenir, Sancionar y
Erradicar la Violencia contra la Mujer; 4) la Ley que Crea el Instituto para la Igualdad de
Oportunidades, la Equidad y la Paridad entre Mujeres y Hombres; 5) la Ley de Equidad entre
los Géneros, solo por mencionar las principales en materia de sensibilidad al género. Estas
propuestas muestran el interés de las diputadas de la LVII Legislatura por introducir el debate
en torno al género en la Cámara de Diputados, a pesar de ser una notable minoría ya que solo
representaban el 17,4% del total de legisladores.
Por otra parte, respecto a la inserción de perspectivas femeninas en la agenda legislativa
según la definición de Representación Sustantiva de las Mujeres propuesta por Celis et al
(2008) en esta Legislatura cabe destacar las propuestas realizadas en materia de Derechos
Humanos respecto a la iniciativa de Ley de Prevención, Atención y Combate a la Explotación,
Abuso, Maltrato y Prostitución de Menores, así como la iniciativa en materia de Niñez con la
presentación de la propuesta de Ley de protección de los derechos de las niñas, los niños, las y
los adolescentes. En ambas propuestas se manifiesta el interés de las legisladoras en el trato y
protección que debe brindar el Estado a los grupos vulnerables.
En tanto que en la LXII Legislatura el número de propuestas legislativas sensibles al
género se ha distinguido por abarcar las cuatro categorías propuestas por Rodríguez Gustá
(2011) y a continuación se citan ejemplos de algunas iniciativas presentadas por diputadas en
cada categoría. En primer lugar, en cuanto a las políticas de acción afirmativa, resaltan los siguientes
ejemplos: a) Reformas para incorporar el criterio de paridad en los géneros en la terna que
propone el presidente de la República para la elección de ministros de la Suprema Corte de
Justicia (PANAL); b) Reformas de la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos
para establecer como requisito de validez de la elección efectuada bajo el régimen de usos y
costumbres, la participación paritaria hombre-mujer, en los procesos de renovación de las
autoridades municipales (MC); c) Reformas a los artículos 78 y 81 del Código Federal de
Instituciones y Procedimientos Electorales, en materia de capacitación y promoción de la
participación política de las mujeres (PAN).
Respecto a las Iniciativas legislativas para las mujeres se destacan: a) Reformas a artículos de
la Constitución Política, de las Leyes Federal del Trabajo, del Instituto de Seguridad Social y
Servicios Sociales de los Trabajadores del Estado, y del Seguro Social, para otorgar la misma
licencia por maternidad a las trabajadoras de los sectores público y privado (PAN); b)
Reformas y adiciones diversas a disposiciones de las Leyes General de Salud, del Seguro Social,
y del Instituto de Seguridad y Servicios Sociales de los Trabajadores del Estado, a fin de dar
paso a la universalidad en la atención de las urgencias obstétricas y la garantía de portabilidad
respecto a mujeres en condiciones de pobreza o provenientes de zonas de alta marginación
(esta propuesta también se encuadra dentro de las políticas con perspectiva de género ya que la
pobreza afecta de distintas maneras a los hombres y a las mujeres) (PAN); c) Reformas al
artículo 61 de la Ley General de Salud, en materia de trastornos emocionales derivados del
embarazo y durante el periodo del puerperio (PRI); d) Reformas al artículo 101 de la Ley del
Seguro Social, en materia de ajuste de periodos de subsidio por licencias de maternidad (MC);
e) Reformas al Código Penal Federal con el fin de despenalizar el aborto (PRD); Reformas a
los artículos 132 y 170 de la Ley Federal del Trabajo a fin de promover nuevas políticas y
acciones para proteger la lactancia materna entre las mujeres trabajadoras (PANAL).
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Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

113!
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!

�Por otra parte, en lo referente a las iniciativas de ley y/o políticas con perspectiva de género se
encuentran: a) Reformas a la Ley Orgánica de la Procuraduría General de la República para
facultar a los Ministerios Públicos a emitir las órdenes de protección emergentes y preventivas
en los casos de violencia cometida contra las mujeres (PRD); b) Reforma a la Ley General de
Acceso de las Mujeres a una Vida Libre de Violencia y del Código Federal de Instituciones y
Procedimientos Electorales (PAN); c) Reforma a los artículos 78 y 81 del Código Federal de
Instituciones y Procedimientos Electorales en materia de capacitación y promoción de la
participación política de las mujeres (PAN); d) Reforma de la Ley General de Acceso de las
Mujeres a una Vida Libre de Violencia a fin de reforzar los mecanismos de prevención,
atención y erradicación de la violencia hacia las jóvenes (PAN); e) Reforma del artículo 17 de la
Ley Agraria con el fin de generar igualdad de condiciones para las mujeres campesinas,
respecto al hombre, en la posesión de tierra ejidal o comunal, así como su derecho al usufructo
y administración, cuando los dueños de las tierras, hayan migrado de su lugar de origen (PRI).
Finalmente, como iniciativas de ley y/o políticas de transversalización de género se destaca: a)
Reforma a los artículos 1o. y 28 de la Ley de Educación Militar del Ejército y Fuerza Aérea
Mexicanos, para que la educación militar incorpore la perspectiva de género, tanto en el acceso
como en todo su proceso.
Finalmente, en cuanto a la perspectiva femenina en las propuestas legislativas, se pueden
citar los siguientes ejemplos: a) Reformas de la Ley que establece las Normas Mínimas sobre
Readaptación Social de Sentenciados, en materia de convivencia entre las madres reclusas y sus
hijos; b) Reformas al artículo 61 de la Ley General de Salud, en materia de trastornos
emocionales derivados del embarazo y durante el periodo del puerperio; c) Que expide la Ley
General para la Protección y Asistencia de Niñas, Niños y Adolescentes Migrantes no
Acompañados.
Conclusiones
En lo referente a la Representación Sustantiva, el análisis aquí elaborado arroja que las
diputadas se han concentrado principalmente en tres grandes rubros, en la LVII Legislatura: a)
Puntos Constitucionales; b) Asuntos Fiscales y Hacienda; y c) Seguridad, Justicia y Derechos
Humanos. Por su parte, en la LXII Legislatura las legisladoras han privilegiado temas como: a)
Seguridad, Justicia y Derechos Humanos; b) Familia y Grupos Vulnerables y; c) Puntos
Constitucionales, Sensibles al Género, Hacienda y asuntos Fiscales. Dicho lo anterior, el hecho
de que las legisladoras mexicanas de ambos periodos demuestren un especial interés por
temáticas vinculadas a la Seguridad, la Justicia y los Derechos Humanos puede ser interpretado
como el resultado de las coyunturas críticas que en estas materias ha afrontado el país en los
tiempos recientes: desde las profundas reformas al Poder Judicial concretadas en la década de
1990, o bien la “Guerra contra el Narcotráfico” declarada en 2006 por el ex presidente Felipe
Calderón (2006-2012).
Cuando se analizan por separado las prioridades de las legisladoras por grupo
parlamentario, se puede apreciar con mayor nitidez las preferencias que las militancias
femeninas de cada partido defienden o priorizan y que ciertamente están lejos de lo que a
priori se pudiera pensar que promueven según su orientación ideológica. De esta manera, por
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Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

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�ejemplo, la evidencia empírica rescatada en esta investigación permite destacar lo siguiente: a)
que las legisladoras priistas fueron las que en 1997-2000 impulsaron con especial énfasis
propuestas sensibles al género, mientras que en el periodo 2012-2015 han sido las panistas las
que se han caracterizado por este tipo de propuestas, incluso más que las congresistas de
izquierda, que de acuerdo a una visión más ideológica serían, en principio, más propensas a
impulsar la igualdad y la ampliación de derechos para sus congéneres; b) que las diputadas
perredistas se han enfocado más en propuestas en torno a la Seguridad, la Justicia y los
Derechos Humanos, Puntos Constitucionales y Hacienda; c) las congresistas del PVEM han
mantenido una coherencia programática desde 1997, impulsando propuestas en temas de
Medioambiente, pero así también han cambiado las temáticas de las demás propuestas que
realizan; d) las parlamentarias del PANAL impulsan con más ahínco, issues vinculados a la
Familia y los Grupos Vulnerables, de la misma manera que lo hace el PRI en la LXII
Legislatura. Esto llama la atención ya que mientras en el discurso el PANAL se ha procurado
como nicho la educación, la evidencia arroja que este tema, al menos de cara a sus legisladoras,
pasa a un segundo plano y, por otro lado, la simetría que guarda este partido con las
preferencias manifestadas por las diputadas priistas habla en sí mismo de la esencia del partido,
es decir, un priismo con otra etiqueta.
En esta investigación se pudo demostrar que las mujeres no solo legislan para sus
congéneres, sino que además abarcan una gama más amplia de temas que al igual que el
género, incluyen reformas constitucionales, hacienda y asuntos fiscales, la familia, la ampliación
de derechos a los grupos vulnerables, la seguridad, la migración, los derechos humanos, la
justicia, el medioambiente, el trabajo y la previsión social, solo por citar los principales. En este
sentido, los hallazgos de este trabajo permiten aportar elementos al análisis sobre las mujeres y
la política, en un sentido más completo y complejo, donde no solo el género es la prioridad de
las legisladoras sino también las problemáticas que exigen atención en una coyuntura crítica
como la que actualmente afronta México.
Tanto las diputadas de la LVII Legislatura como aquellas de la LXII se han caracterizado
por sus iniciativas en temáticas muy diversas que oscilan desde issues considerados
“masculinos” hasta aquellos “más femeninos”. Ante esta evidencia, se puede señalar que la
Representación Sustantiva de las Mujeres en la Cámara de Diputados de México trasciende al
Género y se ve influenciada por otros factores tales como la coyuntura crítica y las agendas
políticas de los grupos parlamentarios a los que pertenecen éstas. Así como también, se puede
subrayar que la ideología política no constituye un predictor en cuanto a las agendas políticas
que promueven las diputadas mexicanas.
Finalmente, en este trabajo se pudo observar que en ambas Legislaturas estudiadas, la
Representación Sustantiva de las Mujeres se manifiesta en las distintas propuestas legislativas
sensibles al género, en las cuales las iniciativas promueven leyes y reformas legales en las cuatro
categorías señaladas por Rodríguez Gustá, así como también existen iniciativas cuya
perspectiva femenina sobre temas como Migraciones o Derechos Humanos le imprime esa
“huella” diferente a la óptica masculina como lo apunta Celis en su propuesta sobre análisis
legislativo de la RSM.

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Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

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Minorities. Westport, CT: Greenwood Press.
Schwindt-Bayer, L. (2009). Making quotas work: the effect of gender quota laws on the election of
women. Legislative Studies Quarterly, 34(1), 5-28. doi: 10.3162/036298009787500330
Schwindt-Bayer, L. (2006) Still Supermadres? Gender and the policy priorities of Latin American
legislators. American Journal of Political Science, 50(3), 570–585. doi: 10.1111/j.15405907.2006.00202.x
Thomas, S. y Welch, S. (1991). The impact of gender on activities and priorities of state legislators.
Western Political Quarterly, 44(2), 445-456. doi: 10.2307/448788
Weldon, J. A. (2002). Factores institucionales y políticos de la disciplina partidaria en la Cámara de Diputados de
México, 1998-2002, México D.F.: Instituto Tecnológico Autónomo de México
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

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�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 1. Núm 1. enero-junio 2015, pp.119-121
ISSN: 2395-8448

	&#13;  

Reseña

Alcántara, M. (2012) El oficio de político.
Madrid: Tecnos Editorial, ISBN 9788430954889, 344 págs.
Gerardo Tamez González

Doctorado en Gerencia y Política Educativa.
Pertenece al Sistema Nacional de Investigadores de CONACYT, Perfil PROMEP.
Pertenece al Cuerpo Académico «Gestión y política educativa».
Director de la Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública de la UANL.
Email: gerardo.tamezg@uanl.mx
Fecha de envío: 1 de mayo 2015
Fecha de aceptación: 5 de junio 2015

Qué características o cualidades debe tener una persona para considerarse político?
¿Están todos los que se dedican a la política preparados para ejercer una función dentro del
ambiente político? Muy probablemente estas preguntas saltaron a la mente del Dr. Manuel
Alcántara Sáez, y lo motivó para elaborar el libro: El oficio del político. En dicho volumen, el Dr.
Alcántara nos ofrece un análisis integral de la política y la profesionalización de quienes se
encuentran participando de manera activa en ella, todos aquellos que fungen una actividad para
el servicio a la sociedad desde el gobierno. Este análisis consta de cinco capítulos, todos ellos
relacionados unos con otros y que permiten una lectura continua del texto, empero, de la
misma manera se presta para el estudio de cada uno de manera alternada. Se inicia con un
prefacio, donde hace referencia a cada uno de sus capítulos con una pequeña introducción de
cada uno de ellos, esto produce en el lector el interés por su lectura. Después de ello, continúa
con el primer capítulo en el que analiza las distintas concepciones de lo que es un político,
desde la antigua Grecia hasta los tiempos modernos; pasa por la definición de la carrera política
y cómo es que ella se aplica; continúa con las observaciones de la profesionalización de los
políticos; en el capítulo cuatro nos habla sobre la rendición de cuentas de los políticos; y
finaliza con un capítulo donde se enfoca en los casos latinoamericanos, haciendo un análisis de
las trayectorias de algunos actores políticos influyentes en esta región.
En el prefacio, Alcántara deja en claro su objeto de estudio, el ser humano; éste en
relación con la política, las instituciones y los roles que este mismo pudiese tener. Él realiza un
análisis sobre aquellas personas que no necesariamente están en el reflector dentro de la arena
política, quienes poseen una característica esencial, el liderazgo. El liderazgo hace la diferencia
entre un buen político y los políticos mediocres que en algunas ocasiones se cobijan en las
instituciones, específicamente los partidos políticos, de las que son parte. Dicho análisis lo lleva
al concepto de élites, y cómo éstas surgen de la combinación de poder, autoridad y liderazgo.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

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�Teniendo en cuenta que su objeto de estudio es el ser humano, como político, líder, o parte de
una élite, el Dr. Alcántara centra su estudio en el político profesional, utilizando literatura
obligada, incluyendo Weber, Mills, Maquiavelo, Lasswell, Dahl, y datos empíricos que son
recolectados desde 1994 hasta el 2011, teniendo como fuente encuestas a diputados de
Latinoamérica.
El capítulo primero se compone por cuatro secciones, de las cuales la primera hace
referencia a las concepciones antiguas y modernas que se hacen sobre los políticos; estas
concepciones antiguas son en base a lo que en su tiempo pronunciaron grandes figuras como
Plutarco, Aristóteles, Platón y Cicerón; de este último se toma información perteneciente a su
publicación De Officiis, donde se plasman las virtudes públicas que son esenciales para entender
la tradición republicana; siguiendo con un orden cronológico, el Dr. Alcántara coloca a
Maquiavelo, Erasmo, Tomás Moro, y Guicciardini, algunos con perspectivas totalmente
opuestas, como los que marcaron el pensamiento político de la modernidad. En la segunda
sección el autor hace referencia de lo que se entendía por contrato, distinguiendo las distintas
posiciones que tenían pensadores como Hobbes con ideas pacifistas, Locke que defendía el
poder del pueblo, Montesquieu que denotaba la separación de poderes, Rousseau con el
contrato social, y Kant con la aportación que lleva al Estado de Derecho como una nueva
visión de la política; en esta misma sección se aborda el concepto de democracia, analizando
cómo ha tenido un desgaste en los últimos tiempos, básicamente por la corrupción y pérdida
de confianza. El tercer y cuarto apartado se centran en la figura del animal político, haciendo
referencia a su pensamiento y cómo se desenvuelve en las instituciones.
La estructura del capítulo segundo está compuesta por cinco apartados que definen la
figura del político, en donde se toman las distinciones de Weber de los políticos: los
ocasionales, los semiprofesionales y los verdaderos políticos profesionales. También toma a
Panebianco que refiere a siete tipos de políticos. En una segunda sección menciona las razones
para formar parte de este gremio, una de las más comunes siendo la ambición. En la tercera
sección aborda la forma en que se inicia en la carrera política y en un cuarto apartado apunta
las actividades que se realizan después de retirarse de la política. Lo anterior lleva al Dr.
Alcántara a elaborar y proponer un modelo para el estudio de la carrera política.
Para el capítulo tres, se opta por abordar el tema de la problemática que sufre la
profesionalización de la política. El tema se desarrolla en cinco secciones: la primera nos ofrece
información perteneciente a los trabajos, oficios y profesiones que existen en torno a la
política; una segunda sección formula una pregunta medular en este texto, ¿por qué no se
acepta al político profesional?; por lo consiguiente, la tercera sección pretende ofrecer una
explicación de la profesionalización política; el proceso que se lleva a cabo para la formación
de estos profesionales se imprime (¿expresa?) en el cuarto apartado; para concluir este capítulo,
para el caso de América Latina, el Dr. Alcántara propone un modelo ideal de político
profesional.
La composición del cuarto capítulo consta de cuatro secciones: la primera desarrolla las
reglas que existen en la democracia; continúa con la rendición de cuentas en el segundo
apartado; y los siguientes dos apartados discuten el aspecto ético del político, sobre los
atributos y la calidad que debe poseer.

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�Como último capítulo, Alcántara, acertadamente, aterriza toda la teoría y literatura plasmada en
este texto sobre la profesionalización de los políticos al contexto de América Latina. Para ello
selecciona a dieciocho personajes políticos de América Latina, de los cuales analiza su vida
política, entre ellos se encuentran: el ecuatoriano Velasco Ibarra, quien hacía énfasis en el
poder del Estado, la democracia, el liberalismo, y la solidaridad, entre otros; Víctor R. Haya de
la Torre, un decidido intelectual que ayudó a que surgieran movimientos de reforma en Perú,
sustentando sus ideas de justicia social; también toma el caso de Cuauhtémoc Cárdenas
Solórzano, hijo del ex-presidente mexicano Lázaro Cárdenas, perteneciente a un partido
político (PRI), que lo lleva a conseguir una gubernatura, tiempo más tarde surge una ruptura
entre Cárdenas y el PRI al no obtener apoyo para obtener la candidatura a la presidencia, lo
que provoca la creación de un nuevo partido con orientación de izquierda; otros más son la
guatemalteca Rigoberta Menchú, Juan Bosch, Wilson Ferreira Aldunate, etc. No son todos los
políticos más representativos de los países de América Latina, pero poseen la cualidad de haber
movido el marco democrático en sus países.
Como conclusión, el Dr. Alcántara escribe un epílogo que centra su atención en un
personaje de la obra maestra de Miguel Cervantes Saavedra, Don Quijote. Hace una reflexión
de la manera en la que se desarrolla el personaje y cómo se conduce en la vida real un político.
La riqueza del texto aquí revisado reside en la conjunción de teoría, modelos a
proponer y análisis de casos en el contexto latinoamericano de lo que un político debe
considerar para conducirse por el camino del éxito, a través de la profesionalización de su
carrera, sin deslindarse de la ética que un servidor público está obligado a poseer.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

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�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 1. Núm 1. enero-junio 2015, pp. 122-125
ISSN: 2395-8448

	&#13;  

Reseña

Barrientos del Monte, F. (2014).
Buscando una identidad.
Breve historia de la ciencia política en América Latina
Fontamara – Universidad de Guanajuato, México,
ISBN:978–607–736–095–7, págs. 153.
Héctor Sebastián Arcos Robledo

Estudiante de la licenciatura en Ciencia Política, Universidad de Guanajuato.
Email: hs.arcosrobledo@gmail.com
Fecha de envío: 28 de mayo 2015
Fecha de aceptación: 12 de junio 2015

Quien controle la interpretación del pasado en los archivos de nuestra historia profesional tendrá grandes
posibilidades de controlar su futuro
Gabriel A. Almond (1999), Una disciplina segmentada, FCE, México, pág. 52.

En América Latina el estudio científico de la política es una empresa relativamente
reciente. Durante décadas, su cultivo estuvo marcadamente dominado por el derecho, en
particular, por el derecho constitucional, la filosofía política, la teoría política, la sociología, la
historia y la economía, de los cuales se importaron teorías, conceptos, hipótesis y
metodologías, emergieron una pluralidad de enfoques y paradigmas que le hicieron prosperar y,
a su vez, obstaculizaron una definición operativa de la disciplina como prueba de su
autonomía. Por consiguiente, pocos esfuerzos intelectuales existen por rastrear su
desenvolvimiento tanto interno como externo, escasos son los análisis sistemáticos que
detenten un retrato empírico del desarrollo intelectual y estructural de la disciplina y, al mismo
tiempo, del estado actual sobre su práctica en la región. De allí que, el qué es, qué hace y que
puede hacer el oficio de un politólogo frecuentemente sea confundido como aquella actividad
desempeñada por algún aficionado de la política en los medios de comunicación masiva, la
profesión de quien viven de la política, o simplemente en la opinión de las mesas de café,
distorsionando su justificación que por sí misma la ciencia demuestra, primero, como ciencia
básica y, ulterior, conocimiento aplicable.
En tal sentido, la contribución de Fernando Barrientos parte de los siguientes
cuestionamientos: ¿cuáles son los orígenes intelectuales de quienes practican la ciencia política
latinoamericana?, ¿en qué se parece y en qué se distingue la ciencia política contemporánea de
aquella que se hizo a partir de la segunda mitad del siglo XX en América Latina?, ¿qué
condiciones hicieron posible su institucionalización y qué factores han determinado el
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�progreso desigual de la disciplina en la región?, ¿en qué medida los procesos de
redemocratización a finales del siglo XX en América Latina determinaron el desarrollo de la
política científica como ciencia empírica?, ¿cuál es el estado del arte de la disciplina en la
región?, y ¿cómo se conciben los politólogos de hoy a sí mismos? Con base en una perspectiva
ecléctica de la metodología de la historia de la ciencia política, el libro ofrece un fecundo
análisis comparado cross–national sobre los derroteros a través de los cuales la disciplina se ha
construido a lo largo de tres cortes temporales: a) la tradición e influencia de los estudios
jurídicos – institucionales o tradicional – formalistas, que son anteriores a la década de 1960 y
están a la par de aquella corriente fundacional de la ciencia política empírica estadounidense,
denominada conductismo, comportamentismo o revolución behavorista;1 b) el influjo de la sociología,
principalmente, del estructural – funcionalismo y las corrientes marxistas. Dado que lo que
definía a las agendas de investigación dejó de ser la perspectiva teórica, el cambio en los
objetos de estudio se amplió hacia temas más concretos que pasaron a dar cuenta de asuntos
tales como la cultura, las modalidades de los regímenes autoritarios y, en mayor medida, la
relación de la región con el contexto internacional. De allí que, a partir de 1949 y hasta la
década de 1970, se sientan las bases del pensamiento que promovió el desarrollo económico y
social propiamente latinoamericano, con un fuerte impacto en las ciencias sociales en general y,
particularmente, en la ciencia política de la región: el dependentismo o la teoría de la dependencia, un
modelo de desarrollo que nacería en oposición al modelo de industrialización por sustitución
de importaciones (ISI), implementado al inicio de la década de 1930;2 y, por último c) el actual
periodo donde convergen, por un lado, una pluralidad de perspectivas, más bien eclécticas en
el estudio científico de la política: primero con la aparición del conductismo en oposición al
institucionalismo dominante, luego la teoría de sistemas y más recientemente la presencia del
neoinstitucionalismo y la teoría de la elección racional. Y, por otro, una sucesión de paradigmas
dentro de la ciencia política y sus subdisciplinas: la administración pública, las relaciones
internacionales, la política comparada, etc. No obstante, al mismo tiempo, prevalece una fuerte
disputa subyacente a los dilemas metodológicos, una vez que aquellas dimensiones ideológicas
han perdido vigencia en el cómo y por qué de la disciplina. Se trata de los hard–liners, o línea
dura, aquellos que ponderan el uso de técnicas estadísticas – sobre todo, regresiones y/o
correlaciones – para explicar aquella variable dependiente seleccionada en el modelo de
causalidad; y los soft–liners, o línea blanda, donde se ubican los estudios y autores que privilegian
la elaboración de análisis y categorías analíticas descriptivas, históricas y cualitativas.3
Por lo tanto, la hipótesis que expone como fondo argumentativo Barrientos del Monte,
alude que el desarrollo de la política como actividad científica en América Latina es producto
de un proceso gradual que recorre una concepción de la disciplina en un sentido amplio, las
“ciencias políticas”, al plural, en la medida que denota una tradición de estudios políticos que
combina con alto rigor esquemas filosóficos, sociológicos, históricos u económicos a partir de
premisas deductivas, a una comprensión de la misma que se contrae en sentido estricto, es
decir, la “ciencia política”, al singular, y cuya trayectoria empírica se apoya en las sofisticadas
	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  
1	&#13;  Véase	&#13;  Robert	&#13;  A.	&#13;  Dahl	&#13;  (1961),	&#13;  “The	&#13;  Behavioral	&#13;  Approach	&#13;  in	&#13;  Political	&#13;  Science:	&#13;  Epitaph	&#13;  for	&#13;  a	&#13;  Monument	&#13;  
to	&#13;  a	&#13;  Successful	&#13;  Protest”	&#13;  en	&#13;  The	&#13;  American	&#13;  Political	&#13;  Science	&#13;  Review,	&#13;  vol.	&#13;  55,	&#13;  núm.	&#13;  4,	&#13;  págs.	&#13;  763	&#13;  –	&#13;  772.	&#13;  	&#13;  
2	&#13;  Véase	&#13;  Fernando	&#13;  H.	&#13;  Cardoso	&#13;  y	&#13;  Enzo	&#13;  Faletto	&#13;  (1969),	&#13;  Dependencia	&#13;  y	&#13;  desarrollo	&#13;  en	&#13;  América	&#13;  Latina.	&#13;  Ensayo	&#13;  
de	&#13;  interpretación	&#13;  sociológica,	&#13;  Editorial	&#13;  Siglo	&#13;  XXI,	&#13;  México.	&#13;  
3	&#13;  Véase	&#13;  Gabriel	&#13;  A.	&#13;  Almond	&#13;  (1999),	&#13;  “Mesas	&#13;  separadas:	&#13;  Escuela	&#13;  y	&#13;  corrientes	&#13;  en	&#13;  las	&#13;  ciencias	&#13;  políticas”	&#13;  en	&#13;  
Una	&#13;  disciplina	&#13;  segmentada.	&#13;  Escuelas	&#13;  y	&#13;  corrientes	&#13;  en	&#13;  las	&#13;  ciencias	&#13;  políticas,	&#13;  FCE,	&#13;  México,	&#13;  págs.	&#13;  39	&#13;  –	&#13;  62.	&#13;  	&#13;  
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

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123	&#13;  

�técnicas de estadísticas e incluso modelos econométricos que impulsan la lógica de la
investigación a partir de encontrar inferencias causales.4
Organizado en ocho capítulos y un apéndice que intenta medir las valoraciones de los
politólogos en relación a su formación, desempeño y autoidentificación, Barrientos del Monte
demuestra que tras los procesos de liberalización y transición de los regímenes autoritarios a la
democracia, la ciencia política latinoamericana se desarrolló de forma desigual pero sostenida
en la región, desde facultades y centros de investigación hasta reparar en los recursos,
programas de posgrado, fundación de revistas especializadas y, en menor medida, instituciones
que aglutinaran a las comunidades epistémicas locales o en el ámbito regional. Entre el vasto
inventario histórico – descriptivo se puede destacar, en primer lugar, si bien la ciencia política
no pertenece al grupo de las carreras masivas, la disciplina se desarrolla en gran medida a través
de la docencia e investigación en instituciones públicas. En segundo lugar, que los programas
en licenciatura son mayores en Argentina, México y Brasil, sin embargo, los programas de
posgrado – maestrías y doctorados – no crecen en la misma medida. Por otro lado, en otras
latitudes la existencia de programas de pregrado o grado es nula, como son los casos de
Centroamérica (a excepción de Costa Rica) y Cuba, donde el partido comunista absorbió la
Escuela de Ciencias Políticas para nutrir sus cuadros. En tercer lugar, en relación a su
producción científica, en América Latina la gran mayoría de las revistas tiene una existencia
efímera, por lo que la cantidad de publicaciones especializadas queda a la zaga de los índices
internacionales que comparan la calidad de las publicaciones entre las comunidades
politológicas, lo que va en detrimento de su difusión, alcance y calidad. Las únicas revistas
indexadas que se publican con regularidad desde su fundación, así como dedican material
exclusivo a la disciplina son el caso de Chile y la Revista de Ciencia Política, de la Pontificia
Universidad Católica de Chile (UC), y México, con la revista Política y Gobierno, del Centro de
Investigación y Docencia Económica (CIDE), ambas han optado por emular el modelo de
docencia e investigación estadounidense, es decir, con orientación hacia los métodos
cuantitativos.
Barrientos del Monte supone que este proceso en retrospectiva dio entrada con mayor
fuerza e interés a las corrientes dominantes de la ciencia política estadounidense y sus métodos
de investigación. Huelga decir que la aplicación del método comparado – como método de
control – influyó en su porvenir, en la medida en que contribuyó en alcanzar una objetividad
“científica” y, en gran medida, una neutralidad valorativa, con relación a la producción de
hipótesis, generalizaciones de alcance medio y teorías, que sometieran a prueba – o falsación,
en términos popperianos – aquellas propiedades y cambios de las unidades de análisis
seleccionadas, de forma diacrónica o sincrónica, en los siguientes términos: “si se presentan las
condiciones a, b, c, entonces es probable que se obtenga el resultado x”
Y para entender tal proceso, hay que centrarse tanto en las caracterizaciones como
dilemas de la ciencia política a nivel estructural, intelectual y en el ámbito del ejercicio
profesional. En el plano estructural, Fernando Barrientos es incisivo en demostrar un grado de
institucionalización desigual en la disciplina, a partir de la década de 1950 hasta 1980, por tres
factores: 1) institutos dedicados a la docencia y la investigación; 2) el otorgamiento de título de
pregrado (licenciatura) y posgrado (maestrías y doctorados); y, 3) revistas especializadas,
congresos relativos y su periodicidad. En el entorno de la profesión, los politólogos han
	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  
4	&#13;  Véase	&#13;  Norberto	&#13;  Bobbio,	&#13;  Nicola	&#13;  Matteucci	&#13;  y	&#13;  Gianfranco	&#13;  Pasquino	&#13;  (1991),	&#13;  Diccionario	&#13;  de	&#13;  Política,	&#13;  Siglo	&#13;  

XXI	&#13;  Editores,	&#13;  México,	&#13;  págs.	&#13;  218	&#13;  –	&#13;  224.	&#13;  	&#13;  	&#13;  
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

	&#13;  
124	&#13;  

�encontrado tres vías de desarrollo: la académica (docencia e investigación), el sector público
(nacional e internacional) y los medios de comunicación (opinión publicada), donde
generalmente son socialmente valorados. Y, por último, a nivel intelectual, dos tendencias que
se traslapan entre las influencias externas: aquellas generadas por las universidades y centros de
investigación norteamericanos y europeos, y las influencias internas: dedicadas a generar
escuelas de pensamiento propio en aras de comprender la realidad política de la región.
De allí que, en la búsqueda de su identidad, su afirmación y relevancia frente a otros
contextos y disciplinas, la ciencia política en América Latina se conciba como una ciencia
transdisciplinar y exista cierto recelo de aquella “ciencia central” que se hace en EE.UU. y
Europa continental, y de la cual ha surgido, en muchas ocasiones, una epistemología
ensimismada en su propia realidad, que con dificultades puede “viajar” – en términos
sartorianos 5 – para verificar y, eventualmente, reformular el poder explicativo de aquellas
generalizaciones deductivas. O en contraste, una ciencia política excesivamente parroquial, en
la medida en que sus resultados de investigación no van más allá de sus fronteras o poco se
han adaptado a los cánones de razonamiento científico de la disciplina a nivel mundial.
Por consiguiente, es injustificado que existan pocas contribuciones intelectuales para
delinear su desenvolvimiento tanto interno como externo en las sociedades en las que se
impulsa, esto es, en qué medida ha ocurrido la transición de las “ciencias políticas”, en plural, a
la “ciencia política” en singular, de la mano del método de comparado, su campo de estudio
par excellence, los grados de identificación entre sus miembros, los temas o áreas de interés de
quienes la practican, así como aquellos elementos que dieron origen y planeación prospectiva a
su organización formal. Pues si bien, la ciencia política no detenta el monopolio exclusivo de la
política como objeto de estudio, no todo estudio sobre la política implica ser parte del ámbito
científico que precia su campo de conocimiento.

	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  	&#13;  

5	&#13;  Véase	&#13;  Giovanni	&#13;  Sartori	&#13;  (1970),	&#13;  “Concept	&#13;  Misformation	&#13;  in	&#13;  Comparative	&#13;  Politics”,	&#13;  en	&#13;  The	&#13;  American	&#13;  

Political	&#13;  Science	&#13;  Review,	&#13;  vol.	&#13;  64,	&#13;  no.	&#13;  4,	&#13;  págs.	&#13;  1033	&#13;  –	&#13;  1053.	&#13;  	&#13;  	&#13;  
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol 1 Núm 1. enero-junio 2015

	&#13;  
125	&#13;  

�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 1. Núm 1. enero-junio 2015, pp. 126-129
ISSN: 2395-8448

	&#13;  

Reseña

Natal, A., y Díaz, O. (2014)
Observatorios Ciudadanos: nuevas formas de participación de la sociedad
(1er. Edición). México: Gernika. 295 págs. ISBN:978-607-9083
Miguel Eduardo Alva Rivera

Estudiante de la Licenciatura en Políticas Públicas, Universidad Autónoma Metropolitana – Unidad Lerma
Email: 2113068716@correo.ler.uam.mx
Fecha de envío: 1 de junio 2015
Fecha de aceptación: 5 de junio 2015

Los observatorios ciudadanos (OC) se han constituido como un mecanismo innovador
de participación social dentro de los procesos de formación de la agenda pública y de
formulación de las políticas públicas en México. En este sentido, los OC buscan conformarse
como un nuevo actor social que medie entre la ciudadanía y el gobierno, por medio del
monitoreo de este último, así como en un enlace que permita a diferentes sectores de la
ciudadanía involucrarse en los asuntos públicos y las labores públicas del Estado. Sin embargo,
pese al potencial que tienen los OC como mecanismo de gobernanza y de empoderamiento de
la sociedad civil, la literatura especializada les ha prestado escasa atención. El libro Observatorios
ciudadanos: nuevas formas de participación de la sociedad, coordinado por Alejandro Natal y Oniel
Díaz, busca contribuir a llenar este vacío en la literatura
Los colaboradores del libro desarrollan, a lo largo de diez capítulos, un primer
acercamiento hacia esta nueva figura de participación ciudadana en el marco de los procesos
contemporáneos de gobernanza, en los cuales el involucramiento de los ciudadanos a través de
las organizaciones sociales se vuelve cada vez más relevante, a través de un papel más
institucionalizado de su intervención en las arenas pública y gubernamental. El texto se puede
dividir en dos partes, la primera, de carácter más teórico, comprende los primeros cuatro
capítulos y ofrece al lector una serie de marcos analíticos que permiten contextualizar y
entender el papel de los OC en los procesos de participación ciudadana y de rendición de
cuentas social. La segunda parte ofrece una reflexión, a partir de estudios de caso sobre
diversos tipos de OC en México, sobre los avances y áreas de oportunidad que permitan
enriquecer futuras investigaciones sobre el tema.
En el capítulo introductorio del libro, Natal y Díaz proponen un marco de análisis de los
OC como nueva figura de participación social, destacando tres características estructurales que
han favorecido su surgimiento y posterior desarrollo: 1) la idea creciente de gobernanza, que
enmarca el desarrollo de las relaciones de cooperación entre actores sociales y el gobierno; 2) la
consolidación técnica y política de la sociedad civil, que le ha permitido incidir de manera más
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�evidente en políticas públicas y; 3) un entorno favorable constituido por 3 factores: a) mayor
cultura democrática, b) mayor masa crítica, educada y activa y, c) un cierto desarrollo de TICs,
que permitan un mayor grado de accesibilidad de la ciudadanía a información de los procesos
políticos que surgen en su entorno. En su análisis, los autores proponen una clasificación que
permite entender con mayor claridad las tareas propias de los observatorios, identificando
cuatro tipos diferentes: académicos, públicos, internacionales y ciudadanos. Esta clasificación
establece una línea de discusión para los demás capítulos del libro, poniendo mayor énfasis en
los observatorios ciudadanos, los cuales se plantean a partir de su autonomía e independencia,
como los más trascendentales en términos de deliberación, reflexión e incidencia en la
implementación de políticas públicas a partir del empoderamiento de diversos actores sociales.
De manera similar, el capítulo de Martínez, Valencia y Díaz profundizan, con base en la
clasificación expuesta en el primer capítulo, el papel de los diferentes tipos de observatorios en
términos de su representatividad para con la ciudadanía, así como en los procesos de rendición
de cuentas. De acuerdo con los autores, mientras que los observatorios ciudadanos están más
cerca de los modelos de rendición de cuentas social, los observatorios públicos son quizás más
cercanos a los modelos de rendición de cuentas transversal. En este sentido, los autores
señalan la importancia de que esta nueva figura asociativa se someta, al igual que los actores
gubernamentales, a mecanismos de rendición de cuentas con el fin de ganar mayor
reconocimiento y legitimidad ante la sociedad. De manera complementaria el capítulo tercero
de Figueroa y Ranchero señala la importancia de la participación ciudadana por medio de
organizaciones de la sociedad civil (OSC), incluyendo a los observatorios ciudadanos, en los
procesos de toma de decisiones colectivas. Los autores argumentan que el ejercicio de
organización y consolidación por parte de la sociedad civil no es “fruto de un día”, al estar
respaldada por un importante crecimiento de las OSC dentro de la última década, a partir del
establecimiento de marcos normativos que les han permitido involucrarse en el quehacer
público. No obstante, como los autores exponen, la tarea pendiente es analizar las actividades
concretas de las OSC, así como la interacción que mantienen con las autoridades públicas.
El último capítulo de esta primera parte concluye con la aportación de Natal y Lara,
quienes analizan la relación entre el nivel de educación de la sociedad, el surgimiento de los OC
y la construcción de opinión pública, a partir del análisis geográfico del crecimiento de estas
figuras asociativas en todo el país. Este marco de análisis propuesto consigue mantener una
línea explicativa en torno a la importancia del estudio de este nuevo actor social, y aportar
datos empíricos relevantes sobre el desarrollo de los mismos. Los resultados que arroja este
ejercicio demuestran que efectivamente el nivel educativo de la sociedad y el acceso a las
diferentes TICs juegan un papel fundamental en el nacimiento y la operación de los OC. La
pertinencia de este ejercicio analítico es de gran importancia y sugiere que debe de existir un
entorno favorable con los tres factores que proponen Díaz y Natal en el capítulo introductorio,
para que se establezca de manera efectiva una figura asociativa de esta naturaleza.
En la segunda parte del libro se incluyen diversos estudios de caso de OC, los cuales nos
permiten conocer el grado de incidencia que tienen los observatorios en la arena pública, así
como los problemas a los cuales se enfrentan al tratar de incidir en las agendas tanto de la
opinión pública como gubernamental. El capítulo de Lara, por ejemplo, analiza el caso del
Centro de Investigación Económica y Presupuestaria (CIEP), a partir de un marco de análisis
sistémico en donde se considera al observatorio como un sistema, con el propósito de

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�entender de manera más precisa las relaciones que se establecen en su entorno, a partir de tres
niveles de análisis: a) interno; b) como un todo a nivel agregado y; c) las relaciones externas
con otros actores relevantes. Esta clasificación permite desagregar y clarificar las herramientas
y recursos con los que cuenta un observatorio, dentro de los cuales resaltan los recursos
humanos, al contar el CIEP con un núcleo profesional en los temas que aborda, que le permite
generar información valiosa para otros actores y para la ciudadanía, pero con la desventaja de
no manejar un lenguaje suficientemente digerible para la mayor parte del sector social a quien
va dirigido.
La relevancia de un tema o bien el interés del gobierno por el mismo, es un incentivo
para que se generen mecanismos de inclusión social y participación ciudadana, que le permitan
al gobierno legitimar las acciones que promueva en representación de dichos intereses. Este
puede ser el caso de los Observatorios Ciudadanos Municipales de Seguridad Pública, que
como lo explica Blásquez nacen en el marco del eje transversal de una política federal. Estos
observatorios se muestran como un mecanismo de inclusión social fundamentado en la
relevancia del monitoreo ciudadano en el quehacer de los cuerpos policiales, en pro de evitar
operaciones de corrupción al interior de ellos. Sin embargo en su estructura, se nota una
ausencia de planeación en los ejercicios de inclusión de estos mecanismos, al tomar en cuenta
únicamente a personal capacitado para el seguimiento y generación de datos valiosos en pro
del mejoramiento de políticas de seguridad, lo que excluye a la mayoría de una ciudadanía que
no cuenta con estas capacidades. Es de esta manera como se evidencia un punto de comunión
entre los dos casos ya mencionados, la necesidad de contar con personal capacitado que pueda
llevar a cabo el ejercicio de seguimiento y generación de información valiosa, que le permita en
consecuencia al OC, situarse ante el gobierno como un actor importante en la arena pública.
¿Quién vigila a los que vigilan? Es el nombre del capítulo que desarrolla Díaz y Sánchez,
y que de una manera muy interesante aborda el tema de los medios de comunicación y su
relación con la sociedad civil. Los Observatorios de Medios en México han surgido
gradualmente a partir de la demanda de la democratización de los medios en este país, son el
resultado en muchos casos de la cooperación entre el sector social y la academia, por lo que
han logrado influir de manera limitada pero cada vez más constante, en la demarcación de
políticas públicas en diferentes ámbitos, además de establecer redes de cooperación entre las
mismas, con la finalidad de reducir los costes de transacción invertidos para el ejercicio de sus
funciones. No obstante, si bien realizan una labor de vigilancia, no dejan de ser una fuente de
demandas sociales, por lo que basándose en el marco analítico expuesto en el primer apartado,
es necesario que se sometan al ejercicio de rendición de cuentas por parte de la sociedad a
quienes representan. El capítulo concluye que, si bien los observatorios de medios han
realizado aportaciones relevantes en pro de la democratización de los medios, su incidencia en
las políticas públicas de radiodifusión y telecomunicaciones es limitada debido a la asimetría de
poder entre estos y las empresas dominantes del sector.
Sin duda, el libro de observatorios ciudadanos nos brinda un gran acercamiento a este
nuevo mecanismo de participación social, por lo cual y como se establece en su inicio, cumple
con el cometido de introducir al lector a un marco de análisis teórico y conceptual de esta
nueva figura social. Acertadamente, el libro complementa la parte teórica con la experiencia de
algunos ejemplos de OC en México, entendiendo que estos casos, no son un estudio

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�representativo de la figura de OC, puesto que la diversidad de características con las que puede
contar cada observatorio, pueden acrecentar las herramientas analíticas respecto al tema.
Dado el poco estudio de los OC en México, es prematuro emitir críticas constructivas
respecto a este texto, sin embargo seguramente una tarea pendiente de los autores ante este
tema, será la construcción de participación ciudadana en las labores del Estado, ya que como se
ha descrito parece ser que los mecanismos de inclusión ciudadana están dirigidos a una élite en
el sector social, aquellos que cuentan con la educación suficiente para generar información que
le valga tener un lugar en algún OC.

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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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                    <text>��Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 2. Núm 3. enero-junio 2016, pp. 1-12
ISSN: 2395-8448

Las transformaciones del espacio público ecuatoriano contemporáneo:
estudios y reflexiones
The contemporary transformations of Ecuadorian public space: studies
and reflections
Tema: Las políticas de la Educación Superior en Ecuador dentro de la
acreditación de la calidad en América Latina: nociones sobre la
internacionalización universitaria
The politics of University Education in Ecuador within the quality
accreditation in Latin America: notions about the internationalization of
universities
Bahian Mondavi Sobbi
bahian.mondavi@uleam.edu.ec
mondavi.bahi@gmail.com
Universidad Laica Eloy Alfaro de Manabí ULEAM
Fecha de envío: 03 de agosto 2015
Fecha de aceptación: 15 de noviembre 2015

Resumen
El proceso de internacionalización de la Educación Superior en América Latina es cada
vez más visible y latente. Ecuador cuenta con la visión de un gobierno que busca la
internacionalización de la Educación Superior y con esto la movilización estudiantil al exterior.
En consecuencia, las universidades y escuelas politécnicas aumentan las exigencias en las que
basan sus sistemas de ingreso. Este mejoramiento de calidad requiere de una gran inversión
económica del Estado. Analizar las políticas de internacionalización en Educación Superior
adaptadas por el gobierno nacional y situarlas en el contexto regional implica reforzar a un equipo
de docentes con características y comportamientos distintos además de cambios contundentes
en Las competencias de los docentes, en un entorno heterogéneo y cambiante.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

1

�En Ecuador la interpretación de las leyes se guía en base a las tendencias políticas de
turno, por lo tanto, la ejecución de las políticas públicas se orienta a intereses de grupos políticos;
se propone alternativas para la ejecución de estos artículos de esta forma se evita que esto se
preste a interpretaciones de turno.
Este trabajo pretende hacer un análisis comparativo antes y durante el gobierno de la
Revolución Ciudadana1, en base a una revisión bibliográfica, y reflexionar acerca de la calidad y
exigencia de la educación actual en el contexto de la internacionalización de la Educación
Superior en América Latina.
Palabras clave: Educación Superior, internacionalización, Plan Nacional de Buen Vivir, Ley
Orgánica de Educación Superior
Abstract
The process of internationalization of University Education in Latin America is
increasingly visible and latent. Ecuador has the vision of a government that seeks the
internationalization of University Education and thus the student movement abroad.
Consequently, educational services tend to have a high qualifying requirements in their revenue
systems at universities and polytechnics schools. This quality improvement requires a substantial
financial investment by the State. Analyze policies of internationalization in University
Education adapted by the government and place them to the regional context involves
reinforcing a team of teachers with different characteristics and behaviors in addition to strong
changes in educational skills in the academic and scientific field.
In Ecuador the interpretation of laws is guided based on political trends shift, therefore
the implementation of public policies oriented to the interests of political groups; alternatives
for the implementation of such articles in this way prevents them to interpretations proposed
shift.
This paper aims to make a comparative analysis before and
during the government of “la Revolución Ciudadana” (based on a literature review) and reflect
on the quality and high standards of education today in the context of the internationalization
of Higher Education in Latin America.
Keywords: University Education, Internationalization, National Plan of Good Living,
University Education Law.

1

Se conoce como Revolución ciudadana al gobierno del Presidente Rafael Correa que inicia XXX
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�El presente trabajo tiene como objetivo principal hacer un análisis comparativo de la
Educación Superior antes y durante el gobierno de la “Revolución Ciudadana” en Ecuador, tratando
de responder a las siguientes interrogantes: cómo se han ejecutado los artículos contemplados en la
Ley Orgánica de Educación Superior (LOES) y cómo esto ha afectado en el funcionamiento de las
Instituciones de Educación Superior (IES) a través de un proceso de acreditación de las universidades
–guiado por estándares internacionales. Para este trabajo se toma como estudio de caso la intervención
del Consejo de Educación Superior (CES) en la Universidad Laica Eloy Alfaro de Manabí (ULEAM).
Para el análisis respectivo se ha llevado a cabo una revisión bibliográfica y se ha tomado la
experiencia del caso en estudio. El trabajo está dividido en tres partes. En el primero hablaremos sobre
el contexto político en los últimos años del país para poder entender cómo surge la Reforma
Constitucional, el Plan Nacional del Buen Vivir, y la LOES. Finalmente –y tomando en cuenta el caso
tratado- se propondrán alternativas para la ejecución de estas leyes para que las mismas no se presten
a interpretación de grupos políticos de turno.
1. Contexto político
1.1. Génesis del gobierno de la Revolución Ciudadana y Reforma Constitucional
La historia de la política en Ecuador durante los años 80s y 90s se caracteriza por la ola de
gobiernos neoliberales que no sólo invadieron al Ecuador sino a toda la región. Hasta antes de la
elección de Rafael Correa, los últimos tres presidentes electos (Abdala Bucaram, Jamil Mahuad y Lucio
Gutiérrez) fueron destituidos tras protestas populares. Los breves periodos de estos presidentes, así
como el gobierno de los que les precedieron, se caracterizaron por una serie de políticas que tendían
a favorecer al sector privado y a la oligarquía tradicional de las principales ciudades del país.
Paralelamente a esta ola de gobiernos el movimiento indígena nacional (CONAIE) y otros
movimientos en representación de minorías políticas y étnicas se movilizaban en pro de sus derechos.
Durante el gobierno de Alfredo Palacios (2005-2007) Rafael Correa ejerció el cargo de ministro
de economía y finanzas, pero prontamente anunció su renuncia y así mismo su postulación a
presidente para las siguientes elecciones. Su campaña hace hincapié en la necesidad de una Reforma
Constitucional (la anterior había sido en 1998); así mismo “larga noche neoliberal”, en este y varios
sentidos más su discurso se identifica con el del resto de representantes de gobiernos autoproclamados
progresistas en la región.
Con la ayuda de Alberto Acosta, quien después fue el primer presidente de la Asamblea
Constituyente, Rafael Correa reúne el apoyo del movimiento indígena que fue el que desde la Reforma
de 1998 llevó la propuesta de un “Estado Plurinacional” y la conjugación de las leyes del país con
conceptos de la cosmogonía indígena tales como el Buen Vivir. Tras la elección en 2007, en 2008 se
consulta sobre la Reforma la cual fue aprobada por el voto popular. Una vez formulada la nueva
Constitución se la aprueba y el Ecuador inicia un proceso de reestructuración estatal y un nuevo rumbo
en el manejo de sus políticas públicas.
El eje de las políticas públicas del actual gobierno se basa en –y en contraposición a la sucesión
de políticas neoliberales de los gobiernos precedentes- un énfasis y mayor inversión en infraestructura

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�pública, gasto social, educación y salud; también se pretende fortalecer el Estado, mejorar y agilizar su
burocracia, una mayor conexión y trabajo entre las instancias gubernamentales locales, cantonales,
regionales y nacionales.
La Constitución recoge el principio de Estado plurinacional y se orienta al logro del Buen vivir,
traducción al castellano del concepto del “Sumak Kawsay”, de la cosmogonía kichwa, la cual, se
supone, orienta las políticas del gobierno. El “Buen Vivir” es entendido básicamente como la no
explotación desenfrenada de la naturaleza y la realización de un estilo de vida sustentable y de calidad.
Sin embargo, desde la perspectiva indígena se hace hincapié en la no explotación de la naturaleza a
menos que sea imprescindible para las comunidades que conviven en el entorno natural a ser
explorado. En este sentido el gobierno para financiar el gasto público continúa con el extractivismo
(Dávalos, 2013).
1.2. Plan Nacional del Buen Vivir
La Secretaría Nacional de Planificación y Desarrollo (SENPLADES) elabora el “Plan Nacional
del Buen Vivir”2 que es el documento en el que se basa la dirección de las políticas públicas del actual
gobierno. Dentro del capítulo sexto (“Estrategias para el periodo 2009-2013”) de dicho documento
se encuentra el subcapítulo 6.5 sobre “Transformación de la educación superior y transferencia del
conocimiento a través de la ciencia, tecnología e innovación”. En este subcapítulo ya se puede observar
algunas de las intenciones del gobierno, entre ellas se destaca:
“La educación superior y la investigación asociada a ella deben concebirse como un bien
público en tanto su desarrollo beneficia a la sociedad en su conjunto, más allá de su usufructo
individual o privado. (…) se debe garantizar igualdad de oportunidades para todos (…) Esto,
sin menoscabar la importancia de que operen criterios meritocráticos propios de la educación
superior. (…) En relación a esto último, debe implementarse un sistema de nivelación que
permita dar tratamiento a las desigualdades educativas existentes en los niveles inferiores. (…)
deberá ser política pública la inversión en talentos humanos que estudien prioritariamente en
áreas específicas ligadas a las necesidades de desarrollo del país, a través de becas de cuarto nivel
para estudios de maestría, doctorado y postdoctorado en universidades de primer nivel.” (Plan
Nacional del Buen Vivir, 2009)
Establece también la necesidad imperante de producción tecnológica y sobre la inversión estatal
en talento humano que produzca este conocimiento, así mismo se admite la grave falencia que tienen
los IES del país en investigación científica y académica.
En el siguiente apartado nos enfocaremos en dos aspectos de las medidas del gobierno
referentes a la educación: el Sistema de Nivelación y Admisión (SNNA) y movilización estudiantil, y

2

El gobierno de la Revolución Ciudadana ha elaborado tres: (2007-9), y los otros dos después de la Reforma
Constitucional (2009-13) y (2013-17). El documento es elaborado por un equipo, pero su principal figura es René
Ramírez, uno de los principales asesores del presidente.
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�en segundo lugar la intervención en las universidades -que no presentan los requisitos de lo que el
Estado ha definido como IES de calidad- por parte del CES.
2. Contexto de las IES en Ecuador
A saber, de las universidades en el Ecuador, estas se encontraban en estado de abandono y
condiciones precarias, y eran dependencias de los gobiernos y sometidos a las políticas trazadas por
las autoridades de turno. De acuerdo a Rama (2006), ha habido tres etapas en la gestión de la
Educación Superior en América Latina, la primera, un proceso que se da a principios del siglo XX
para administrar las universidades mediante co-gobierno. Ya durante el segundo proceso comienzan
a surgir universidades privadas pues los intereses de las mismas apuntaban al sector privado, esto
genera una desestandarización en la calidad de la Educación Superior en diferentes países. Por último,
la tercera reforma –y en la que Ecuador se encuentra- consiste un proceso- de “masificación e
internacionalización”, para Rama, este proceso
directa e indirectamente (…) está promoviendo la movilidad estudiantil como parte
constitutiva de las nuevas dinámicas de aprendizaje en la sociedad del saber, el establecimiento
de estándares internacionales de calidad sobre la educación superior, la presión hacia nuevas
pertinencias globales y locales (glocales) y la vinculación de los ciclos y procesos educativos a
escala global. (Rama, 2006, p. 13)
Las universidades privadas exponen escenarios basados en una lógica de mercantilización del
conocimiento y tratan a sus estudiantes como clientes, en su momento la Constitución y la LOES
quiso cambiar esta filosofía de ingreso.
Las universidades públicas, como es bien sabido, reciben sus fondos del Estado, pero hasta
antes de la LOES los estudiantes tenían que cancelar aranceles estudiantiles al matricularse, por su
parte algunas universidades privadas reciben fondos del Estado.3
Hasta cierto punto, la inclusión desde la perspectiva antropológica y socio-histórica dentro de
la Educación Superior, no ha sido comprendida por el Consejo de Educación Superior, ni por las
políticas implantadas por los distintos gobiernos (Room, 1995). Las universidades privadas proponen
políticas económicas localizadas únicamente a la relación de un tipo de ciudadanía. Sin embargo, en el
contexto ecuatoriano el sentido de no pertinencia con los derechos sociales, el bien común y la relación
salarial que fijan las autoridades de las universidades privadas hace que prevalezca la exclusión de los
estudiantes que no pueden sustentar los pagos exagerados que fijan las autoridades de las mismas.
En la actualidad el Estado garantiza el derecho a la educación –“gratuita y de calidad”- hasta el
tercer nivel, no es política la gratuidad en Educación Superior, sin embargo, ha estimulado su estudio
a través de becas en el extranjero y parcialmente en el interior. Por la caída del precio del petróleo la

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Actualmente, el Estado debe una significativa suma de dinero a algunas universidades privadas, entre ellas la FLACSO
y al UASB.

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�cantidad de esas becas ha disminuido y los ex becarios que regresan al país no encuentran
oportunidades laborales
2.1. Sistema Nacional De Nivelación Y Admisión (SNNA) Y Movilidad Estudiantil
Aunque partidarios de la propuesta que hace énfasis en la estructura, e innovadores de la misma
al incluir en el espectro de análisis a actores no estatales, también reconocieron el importante aporte
realizado por los estudiosos de las RC que han optada por la agencia, entendida como el “conjunto de
acciones deliberadas, detalladas, coordinadas y profundamente planeadas tomadas por un amplio
rango de jugadores políticos internacionales pero especialmente domésticos” (Bunce y Wolchik, 2009,
p. 23).
El Examen Nacional para la Educación Superior (ENES) es requisito obligatorio para los
bachilleres que desean ingresar a las IES públicas. Quienes desean acceder a la Educación Superior,
pueden inscribirse dos veces en el año académico, tienen la oportunidad de rendir pruebas en
razonamiento verbal, lógico matemático, y abstracto. Los puntajes referenciales mínimo y máximo
como ejemplo en ingenierías están entre 920 a 1000 en la Escuela Politécnica Nacional. Cada carrera
tiene sus propios puntajes, para citar el caso de Medicina los valores oscilan entre los 800 y los 1000
puntos.4
Además de lo mencionado habría que apuntar que debido a que el Plan Nacional del Buen Vivir
tiene ciertos objetivos que alcanzar (como la creación de tecnologías, empresas, entre otros) el Estado
estimula la formación de técnicos en ciertas áreas. Lamentablemente, esto ha generado una
categorización de las carreras (y a la postura de las universidades) en las que las carreras técnicas como
las ingenierías, y las del área de salud están en el “tope” del interés nacional, por lo tanto los estudiantes
con mejor puntaje pasarán a estas carreras y los de menor puntaje a carreras que no “produzcan”
como las sociales y humanas.5 Todo esto apunta a crear un régimen/cultura meritocrático (por eso
ahora los concursos públicos se llaman de “mérito y oposición”) en el país, régimen que por cierto es
virtual porque aunque ha disminuido la “entrada laboral por favores de conocidos”6 esta sigue siendo,
de hecho, la verdadera práctica para designar puestos y funciones laborales
Volviendo al tema del ingreso, los bachilleres pierden ánimo al no lograr el puntaje esperado
para la carrera deseada, y la presión familiar les lleva a iniciar estudios en la carrera que les ha sido
asignada por el sistema de ingreso dejando al margen sus preferencias.
En cuanto a los créditos (número de horas asignadas a la materia), las universidades no
establecen criterios unificados para guiarse basándose en ello, teniendo en cuenta que el número de
créditos son factores que influyen en la deserción y retención estudiantil. El CES tiene que considerar
que cuando los estudiantes se trasladan de universidad a pesar de ver materias con nombres distintos
4

Estos datos se pueden encontrar en la página del SNNA.
Cabe mencionar que el actual gobierno ha creado cuatro universidades ubicadas geográficamente en lugares
estratégicos (Yachay para la creación de tecnologías, Inkiam para el estudio de la biología de la Amazonía, la Universidad
Pedagógica y la de las Artes ubicada en Guayaquil), la Universidad de las artes aunque parte de estas carreras de “menor
puntaje” nace con la intención de promover la industria cultural nacional para así desarrollar un sentido patrióticonacional en la población alimentada además de una feroz campaña televisiva
6 En el país se dice “palanca”.
5

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�(pero con contenidos similares, pues se debe respetar también la autonomía del docente) esta se puede
homologar; actualmente gran parte de la deserción estudiantil se debe a que en el proceso de traslado
no se convalidan materias y los estudiantes para no repetir materias simplemente abandonan la carrera.
La unificación de las mallas curriculares en las distintas carreras (pero no su homogeneización), y el
número de créditos en las asignaturas es necesaria para que los estudiantes no se perjudiquen al pasar
de una universidad a otra
A pesar de todo, lo que determina en el estudiante su decisión para continuar con el proceso de
su formación, es la integración social y académica que logre en la Institución (Cabrera, Betancourt,
Gonzáles y Álvarez, 2006).
2.2. La intervención del Consejo De Educación Superior (CES) en la Universidad Laica Eloy
Alfaro de Manabí (ULEAM)
Con la nueva LOES las universidades fueron categorizadas de la “A” a la “E” siendo las “A”
las mejor ubicadas y que cumplen los estándares de calidad determinadas por el Consejo de
Evaluación, Acreditación Aseguramiento de la Calidad en la Educación Superior (CEAACES), las “E”
las peores categorizadas.
En Manabí existen cuatro universidades públicas y una privada, siendo la ULEAM la tercera
más poblada del país. En atención de su tamaño, la ULEAM cuenta con un presupuesto de 60 millones
de dólares en el periodo del ex rector (mayor que el presupuesto manejado por el Municipio local de
la misma ciudad). La ULEAM es la única universidad pública de Manta, en un escenario donde la
creación e inversión de fondos para las universidades del país se ha concentrado en Guayaquil y
especialmente en Quito.
En la primera evaluación que realizó el CEAACES en el 2009, once IES fueron ubicadas en
categoría A, ocho públicas y tres privadas y 26 IES en la E. Estas últimas tenían que ascender de
categoría para el año 2013 cuando el CEAACES procedería a hacer la evaluación de desempeño
administrativo, académico y Organizacional, caso contrario estas IES serían clausuradas, durante este
periodo también se prohíbe a las IES abrir nuevas carreras y se suspendieron los cursos de posgrado.
La principal falencia que se presentó en todas las universidades fue el déficit de investigación
científica y académica, los proyectos de vinculación con la comunidad y la gestión administrativa.
Observando que esta primera evaluación fue anterior a la nueva LOES pero posterior a la
nueva Constitución, en este tiempo el gobierno de Alianza País estaba en proceso de consolidación
política en el poder. Ahora, posterior en el 2013 se hizo una nueva evaluación donde los intereses
políticos de los diferentes sectores y administradores de las IES fueron más notorios. La ULEAM fue
desplazada a categoría D sin basarse en los estándares de acreditación. El problema consistió
básicamente en que el rector vigente para entonces (el Dr. Medardo Mora quien ya llevaba más de
veinte años ejerciendo dicha función) no simpatizaba con los métodos del oficialismo y al no
responder a los comunicados oficiales del CEAACES, decidieron bajar de categoría a la misma.
Ahora bien, es verdad que durante la administración de Mora hubo una dudosa –clara- mala
rendición de cuentas, esto se puede apreciar en la cantidad de infraestructura construida y mal utilizada
en los predios de la sede, sus campus y extensiones, en lo que ya parecía cargo vitalicio para algunos
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�directores departamentales en los altos cargos de la universidad, en la costumbre ya quasi naturalizada
de padrinazgo político y administrativo, en los programas de posgrados analfabetos y creados por
conveniencia y en la poca o en mejor de los casos nula investigación.7
Antes de pasar al proceso de intervención hablemos sobre el CES. Esta entidad existía ya en
Ecuador desde 1982, pero con el nombre Consejo de Universidades y Escuelas Politécnicas
(CONUEP), su función era básicamente la misma, pero con métodos diferentes (orientados a las
tendencias políticas de turno), la misma más tarde cambió de nombre a Consejo Nacional de
Educación Superior (CONESUP), durante este periodo hubo una proliferación indiscrimada de
universidades privadas. Dentro del CONESUP crearon el Consejo Nacional de Evaluación y
Acreditación (CONEA), el cual tuvo las funciones del CEAACES pero manejando criterios variados
dependiendo de la universidad (y de la afiliación política de sus administradores).
Ahora veamos el proceso de intervención en la ULEAM para tener un ejemplo de que la
práctica actual todavía sigue siendo la misma. La categorización de una universidad depende en gran
escala de la dirección política de sus administradores.
La ULEAM, como se mencionó anteriormente fue calificada en categoría “C” en el 2009 y
pasó a la “D” en 2013.
En el 2014 se convocó a elecciones universitarias en todo el país;
ULEAM no participó ya que estaba en proceso de presentar un plan de mejoramiento universitario a
CEAACES, inmediatamente fue notificado que se debería convocar a elecciones de nuevas
autoridades en el 2015. Esta resolución se consultó dentro del Órgano Colegial Académico Superior
(OCAS); los consejeros de OCAS sugirieron la prórroga de la estancia del rector en funciones,
Medardo Mora quien ya tenía en ese momento casi 29 años ejerciendo esta función.
Por su parte Medardo Mora desde la campaña de Rafael Correa en el 2007 no simpatizó con
su movimiento y, siendo él una figura pública, su posición era conocida por todos.
El CEAACES decidió el 15 de abril del 2015 intervenir la ULEAM, destituyó a Mora de su
función. El CES dicta la intervención y es la Comisión Interventora la que sostiene un plan de
fortalecimiento institucional para proceder con la universidad.
Por otro lado, la intervención fue de carácter integral, para ello el capítulo tres del “Reglamento
de Intervención y Suspensión de las Universidades” del CES establece que para intervenir una IES
debe haber un proceso en el que una Comisión Investigadora redacte un informe el cual pasará al
CES, después se procederá a una audiencia en el pleno del CES, se presentarán las pruebas y sólo
entonces se dictaminará una intervención, este proceso conlleva por lo menos seis meses.
El reglamento establece una excepción para este procedimiento y es la intervención inmediata,
de acuerdo al artículo 45 que dicta:
En caso de excepción, provocado por situaciones de violencia que produzca o pueda producir
grave conmoción social, que atente contra el normal funcionamiento institucional y los
derechos de la comunidad universitaria o politécnica y que no pueda ser resuelto bajo los
mecanismos y procedimientos establecidos por las Universidades y Escuelas Politécnicas, el
7

Decimos en “mejor caso” nula porque existían proyectos del tipo: “el ceviche de pescado con maní” con un
financiamiento de 11 200 dólares. Los descreídos pueden verificar esta información en http://www.uleam.edu.ec/wpcontent/uploads/2013/04/proyectosdeinvestigacion.pdf

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�Consejo de Educación Superior podrá resolver la inmediata intervención de la Institución. En
este caso, no se requerirá el informe previo del CEAACES ni seguir el procedimiento ordinario
previsto en el presente Reglamento. La Resolución de Intervención en el presente caso, tendrá
un máximo de vigencia de 90 días plazo, el mismo que podrá prorrogarse con el voto favorable
de al menos las dos terceras partes de los miembros del Consejo de Educación Superior; de lo
contrario, quedará sin efecto. (CES, 2012, p. 18) 8
El artículo es claro y no se presta a interpretaciones, sólo en casos de violencia se puede
intervenir la universidad, este no era el caso de la ULEAM. Por su lado, el encargado del CES, Marcelo
Cevallos, indicó en una entrevista televisada que:
-(Cevallos)...lo que hemos hecho con esta medida es anticipar a hechos de conmoción que
podían configurar
-(entrevistador) Pero el CES no es clarividente…
-(Cevallos) En todo caso está tomada la decisión y están los hechos ahí, la historia juzgará
en su momento. (Programa Visión 360, 15 de mayo, 2016)
Mora sostiene que la intervención es ilegal –de hecho, no existen bases jurídicas para esta
intervención inmediata- y en el programa Visión 360 afirma que “el gobierno se la tomó
arbitrariamente”.
No se justifica la posición política y la indiscriminada cantidad de años que Mora llevaba en su
cargo, pero como dice Cevallos “están los hechos ahí”. La categorización de la ULEAM en “D” y su
intervención –aunque necesaria- fueron hechos de orientación política; siendo su dirección partidaria,
la comunidad universitaria no ha visto, hasta hoy, ningún cambio positivo en ningún ámbito. La
comunidad está entretenida, entre comunicados oficiales y discursos de autoridades, en su recategorización, en consecuencia, la mejora de la situación educativa en la universidad es nula pues lo
que se pretende es alcanzar los estándares del CEAACES.
Después de la salida de Mora sucedieron como rectores Antonio Hualpa por menos de un
mes, la Comisión Interventora Temporal por menos de dos semanas, Amalia Reyes por cinco meses
y finalmente Miguel Camino. Estas designaciones se basaron en la antigüedad de decanos en función,
en el pleno seno del Órgano Colegiado Académico Superior (OCAS).
Las elecciones, y lo que finalmente era el objetivo del CES, se dieron en febrero del presente
año teniendo como única lista aprobada la “A” conformada por Miguel Camino y dos simpatizantes
más del oficialismo. Desde entonces la situación en la universidad se ha relativamente estabilizado
pues se conoce que siendo Camino afín al gobierno, el peligro de que se cierre la universidad es mucho
menor que siendo Mora rector.
El caso de la ULEAM es un ejemplo más radical de la situación con las IES en Ecuador, pero
ilustra el supuesto proceso de transición que se vive, aunque no se desconoce los logros alcanzados,

8

Sin embargo, este artículo fue añadido en 2013.
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�se evidencia que, en todo caso, son superficiales. La universidad ecuatoriana se está volviendo una
universidad de apariencia y de etiqueta.
En las IES ecuatorianas no se discute qué modelo de universidad se quiere construir, cuál es
el papel de sus funcionarios, estudiantes y profesores, qué tipo de democracia interna se debe manejar,
cuál es su vínculo y su papel con la sociedad, o cuál es la producción científica-académica que se quiere
generar y cómo esta contribuye al cambio del país, no; se quiere alcanzar simplemente estándares
internacionales sin analizar si estos corresponden a las realidades de un colectivo, en este camino de
calco y copia, esta imitación de paso, está mal hecha pues persigue fines políticos.
Durante el periodo de transición para que las IES alcancen los estándares establecidos se han
presentado una serie de cambios reiterados a las leyes, a los procesos, normativas, régimen académico
y estructuras organizativas, para citar un ejemplo, a lo que hoy conocemos como proyectos de
vinculación con la colectividad se le cambió de membrete más de cuatro veces cuando el propósito es
siempre el mismo, en estos cambios “célebres” el tiempo que es factor importante para el desarrollo
de la producción académica es mal gastado.

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�Conclusión
Actualmente la situación de las IES en el Ecuador no es precisamente la aceptable. Sin embargo,
hay que reconocer que por lo menos con el fortalecimiento institucional del CES los administradores
de las IES son más prudentes en su manejo administrativo y recursos financieros, se ha impulsado un
sentido de superación académica en los profesores y estudiantes, hay mayor estabilidad en el régimen
académico, se ha levantado manuales de procesos y las condiciones de los estudiantes para titularizarse
cuenta con mayores opciones.
De todas formas, es necesario notar que en lo que a administración concierne las orientaciones
políticas de los administradores imponen la relación institucional entre el Estado y la IES en cuestión,
lo que nubla la transparencia en los procedimientos de transición en las IES (entiéndase en el alcance
de los estándares internacionales).
Como se vio en el caso de la ULEAM, la intervención que fue ilegal, debió ser regulada por
un organismo que no se deje orientar por partidismos políticos. S e sabe que los cargos en CEAACES
y en el CES son de confianza por parte del oficialismo y consecuentemente responden a sus intereses.
Como se propuso al principio, deben ser pensarse alternativas. Por ejemplo, para evitar la
politización de la evaluación de las universidades se podría pensar que como organismo anexo al
CEAACES (cuyos miembros seguramente serán tecnócratas del oficialismo) haya un grupo de
docentes cuya experiencia en las IES sea notables, y que ejerzan en diferentes instituciones del país y
con diferentes “categorías” que sean los que evalúen las universidades. Se Propone que los docentes
sean de universidades de contextos diferentes porque así se evitará reducir los criterios de evaluación
a perspectivas locales (por ejemplo un profesor de una universidad privada de la capital evidentemente
tendrá ciertos estándares y estará acostumbrado a procesos burocráticos diferentes a los de un docente
de una universidad pública y rural), en este sentido los resultados de la evaluación estarán más acorde
a los procesos de cambio en cada universidad pues no se puede esperar que universidades con
presupuestos diferentes, con realidades docentes y estudiantiles distintas cambien de la noche a la
mañana al mismo ritmo.
Este grupo de docente debe ser seleccionado sin criterios políticos, de raza, género, de
formación académica, etc. Pero se debe tener en cuenta que el grupo debe ser heterogéneo para que
logre ser representativo en su totalidad y el grupo pueda nutrirse de una mayor experiencia y puntos
de vistas.
En la práctica se ha visto que la intervención de las universidades no ha cambiado la realidad de
la misma pues la Comisión como agente externo no conoce las realidades internas o en todo caso se
tomaría bastante tiempo para entenderla, esto sucumbe en un proceso de cambio lento y fatigoso. El
cambio en las IES no puede darse desde afuera. El proceso de verdadera transformación, como en
prácticamente todo, debe darse desde las bases, medido no sólo por la producción científicoacadémico de las IES sino por su participación en la sociedad (en este sentido la sociedad también
tiene que evaluar a la universidad). Así mismo dicha transformación no sólo debe ser interna o externa,
sino que se debe compaginar diferentes esfuerzos; si bien el cambio se da desde adentro, éste debe ser
medido por herramientas externas para que este cambio no responda a intereses personales o políticos.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�Referencias
Cabrera, L., Bethencourt, J. T., González, M., &amp; Álvarez, P. “Un estudio transversal
retrospectivo sobre prolongación y abandono de estudios universitarios.” Relieve, 12, p. 105-127,
2006.
Consejo de Educación Superior, REGLAMENTO DE INTERVENCIÓN Y SUSPENSIÓN
DE UNIVERSIDADES Y ESCUELAS POLITÉCNICAS, 2012.
Dávalos, P. “La ilusión del desarrollo. Las dinámicas del extractivismo en Ecuador. Le Monde
Diplomatic (Edición Colombia) 09 de agosto, 2013.
Programa Visión 360, “La peor calificada parte 2” | Programa 7 - Bloque 2 | Visión 360 III
temporada, 15 de mayo de 2016.
Rama, Claudio. “La tercera reforma en América Latina y Caribe: Masificación, regularizaciones
e internacionalización” p. 11-18, Introducción al
“Informe sobre Educación Superior en
América Latina y el Caribe 2000-2005, Caracas, mayo de 2006.
Roja, Jaime. “Reforma universitaria en el Ecuador. Etapa de transición”, Revista Innovación
educativa vol. 11 n° 57, p. 59-67, 2011.
Secretaría Nacional del Buen Vivir, “Plan Nacional del Buen Vivir 2009-2013”, Quito, Ecuador,
2009.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 2. Núm 3. enero-junio 2016, pp. 13-35
ISSN: 2395-8448

Factores determinantes para los estudiantes internacionales en la
selección de una universidad destino a través de la revisión de literatura:
un preámbulo para el estudio de los estudiantes internacionales en
México.
Factors determining international students in the selection of a university
destination through literature review: a preamble for the study of
international students in Mexico.
Dr. David Horacio Garcia Waldman
david.garciaw@uanl.mx
M.R.I. Patricia Rebeca Sepúlveda Chapa
paty_rs87@hotmail.com
Fecha de envío: 17 de octubre 2015
Fecha de aceptación: 20 de diciembre 2015

Resumen
El artículo aquí presente investiga los factores determinantes que influyen en la decisión de los
estudiantes internacionales en la selección de universidad destino al realizar un intercambio
académico en el extranjero a través de la revisión de la diferente literatura que ha abordado el
tema alrededor del mundo y la incipiente literatura existente en México, logrando agrupar
dieciséis dimensiones de la totalidad de factores encontrados. Para el caso de la literatura en
México los resultados indican que la principal problemática es la carencia de registros de
movilidad internacional en México.
Palabras clave: Internacionalización de la Educación Superior, factores determinantes,
selección de universidad, estudiantes internacionales.
Abstract
The article here investigate the determining factors that influence the decision of the
international students choice of the destination university through literature review in the main
research documents that have addressed the subject around the world and the incipient
literature that exists in Mexico, managing to group sixteen dimensions of the totality of the

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�factors found. For the case of the literature in Mexico the results indicate that the main
problem is the lack of records of international mobility in Mexico.
Keywords: Internationalization of Higher Education, Determining factors, college choice,
international students.

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�1. Introducción
El presente artículo aborda los factores determinantes que influyen en la decisión de los estudiantes
internacionales en la selección de universidad destino al realizar un intercambio académico en el
extranjero a través de la revisión de la diferente literatura que ha abordado el tema alrededor del
mundo, así como también la incipiente literatura existente en México. Los factores encontrados son
1. Financiamiento, 2. Desarrollo Profesional y Personal, 3. Ambiente multicultural, 4. Calidad
educativa, 5. Disponibilidad de información universitaria, 6. Recomendaciones, 7. Características
institucionales,
8. Interacción social, 9. Idioma, 10. Ambiente seguro, 11. Características del
País/Ciudad, 12. Ubicación geográfica, 13. Agentes educativos, 14. Características personales, 15.
Clima del país receptor, 16. Localización de la Universidad (Belleza y alrededores). Para el caso de la
literatura en México los resultados indican que existe una carencia de registros de movilidad
internacional en México, sin embargo se encontró que dentro de los estudiantes internacionales que
deciden estudiar en México, la región de procedencia implicaba orientaciones significativamente
diferentes en cuanto a sus motivadores para seleccionar México como país destino en su selección de
institución de educación superior.
2. Revisión de literatura
El desarrollo de la investigación inició con una búsqueda exhaustiva de documentos
bibliohemerográficos sobre el tema. Como resultado se encontró como predecesores los trabajos de
Abdolalizadeh (2014), Ruby (2007), y Jenkins (2007), los cuales fueron realizados en Estados Unidos
de América.
En el estudio realizado por Abdolalizadeh (2014), se analizaron los factores de selección de
universidad que influencian la toma de decisión de los estudiantes internacionales para asistir a la
universidad regional rural de Eastern Kentucky University en el otoño del semestre 2014. El análisis lo
realizó a través de cuatro categorías llamadas características institucionales, características del
programa, características mercadológicas y de reclutamiento, y otras características significativas;
teniendo por resultado del estudio que las características más importantes fueron las características del
programa; seguido por las características institucionales; donde las variables de facilidad y eficiencia
del proceso de admisión, y comunicación personal con el personal de la universidad son las más
importantes dentro de las características mercadológicas y de reclutamiento.
Posteriormente Ruby (2007), investigó la relación entre las variables predictoras y las variables
independientes para mejorar la comprensión de los factores que influyen en la elección de la
universidad en relación con los estudiantes internacionales de posgrado que comienzan una maestría
o un doctorado en una institución en los Estados Unidos en el semestre de otoño 2005.
Este estudio tuvo resultados estadísticamente significativos en las variables de características
académicas de programa y país de ciudadanía; se encontró que además de la edad, y la precepción de
las características de reclutamiento del país de ciudadanía, las características financieras fueron también
un hallazgo importante para todos los estudiantes sin importar su edad, sexo ni ciudadanía. Sin
embargo, los hallazgos más importantes para los estudiantes de doctorado y los estudiantes de país de
ciudadanía del sur de Asia son las características de reputación.

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�Finalmente el trabajo de Jenkins (2007) examinó por qué los estudiantes internacionales eligen
estudiar en la universidad Oklahoma State University a través de entrevistas a profundidad y narrativa
personal a todos los estudiantes internacionales de pregrado y postgrado actualmente inscritos en la
universidad Oklahoma State University durante el semestre de primavera 2007.
Teniendo por resultado la conformación de dos categorías de factores compuestos por
factores primarios como el valor y la reputación de un grado estadounidense, colegiatura, dificultad de
entrar a la universidad en su país de origen, asistencia financiera, recomendación de amigos y
familiares, tipo de enseñanza en las universidades estadounidenses, la aceptación de la transferencia
de créditos, y la influencia de un asesor, solo por mencionar algunos.
No se encontró evidencia respecto a que los tres trabajos antes analizados fueran replicados
en México en el cual hubo una escases significativa de información ya que sólo se encontraron en este
país dos estudios: uno de ellos de carácter estadístico, denominado Patlani: Encuesta Nacional de
Movilidad Estudiantil Internacional de México, donde se indagó sobre la movilidad estudiantil internacional
en las Instituciones de Educación Superior de México (Secretaría de Educación Pública, 2012). El
segundo es el estudio de Cantwell et al. (2009) denominado Exploring the orientations of international
students in Mexico: differences by region of origin, en el que se examinan las disposiciones, experiencias y
expectativas (orientaciones) de los estudiantes internacionales en un país en desarrollo para
comprender el fenómeno de flujos estudiantiles invertidos crecientes y el papel de la política
económica en la movilidad estudiantil internacional.
En este entorno de revisión de la literatura fueron identificados los siguientes constructos: el
desarrollo profesional y personal, las recomendaciones, las características personales, el
financiamiento, el ambiente multicultural, la calidad educativa, la disponibilidad de información
universitaria, las características institucionales, la interacción social, el idioma, el ambiente seguro, las
características del país/ciudad, la ubicación geográfica, los agentes educativos, el clima del país
receptor, y la localización de la universidad (belleza y alrededores) con el objetivo explorar los
elementos determinantes para la selección de una universidad por parte de los alumnos internacionales
que realizarán actividades de movilidad académica.
Desarrollo Profesional y Personal
En el estudio de Altbach (1991) al analizar los factores que promueven el flujo de estudiantes
internacionales de países en vía de desarrollo a países desarrollados, resuelve que uno de los elementos
que impactan a esta variable se encuentra en la necesidad de contar con mano de obra especializada
(Chen &amp; Barnett, 2000), incidiendo directamente en mejorar las oportunidades de empleo del
estudiante internacional (Hwang, 1998) y de tener un aprendizaje experimental, este último elemento
coincidiendo con el estudio de Jenkins (2007) para los estudiantes internacionales en Estados Unidos
de América y con el estudio de Lee (2013) respecto a los estudiantes internacionales estudiando en
Taiwán.
Al respecto del elemento de mejorar las perspectivas de carrera del estudiante internacional, el
estudio de Oosterbeek et al. (1992) analizó la relación interdependiente entre la selección de
universidad destino y el salario concluyendo que este no es un elemento determinante para la selección
de universidad, de Li &amp; Bray (2007) respecto a estudiantes de China estudiando en Hong Kong y
Macao, de Maringe &amp; Carter (2007) respecto a los elementos de oportunidades de carrera y de mercado
laboral que toman en cuenta los estudiantes africanos al estudiar en el Reino Unido, Verbik &amp;
Lasanowski (2007) relativo a las tendencias y los patrones de la movilidad internacional de estudiantes,
de Bhati &amp; Anderson (2012) respecto a los estudiantes de India buscando educación australiana en
Singapur, de Mubaira &amp; Fatoki (2012) como séptimo factor de importancia para la selección de
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�universidades de Sudáfrica por estudiantes internacionales y de Bhati et al. (2014) para los estudiantes
internacionales buscando educación australiana en Singapur puesto que representaba un treinta y tres
por ciento de importancia para la totalidad de dichos estudiantes.
Por su parte el estudio de Mazzarol et al. (1996) encontró que de los diecisiete factores que
fueron examinados entre los estudiantes internacionales en Australia, el más importante fue el
reconocimiento del estudio por futuros empleadores, coincidiendo con Yang (2007) respecto a la
selección de Australia como país destino por parte de los estudiantes internacionales.
Lee (2008) donde fueron elementos relevantes para los estudiantes internacionales en Estados
Unidos de América, de Pyvis &amp; Chapman (2007) al respecto de los estudiantes internacionales
buscando educación superior en el Reino Unido y de Eder et al. (2010) al respecto a los estudiantes
internacionales por llegar a los Estados Unidos de América a estudiar en sus universidades.
De manera particular el estudio de Cantwell et al. (2009) evidenció que los estudiantes de
Latinoamérica, Europa y Estados Unidos eligieron México como su lugar destino para mejorar las
perspectivas de trabajo dentro y fuera de sus países de origen.

Recomendaciones
Aunando a las fuentes de referencias de padres y profesores, el estudio de Wagner et al. (1989)
determinó que los estudiantes se veían forzados a no elegir su campo de estudio preferido si contaban
con el apoyo propio o de sus padres y no por recibir o no apoyo de patrocinadores. El estudio de
Waters (1992) amplió los elementos que construyen esta variable, dado que en su estudio identificó
que el hecho de tener familiares y amigos (Bodycott, 2009; Cantwell et al., 2009; Eder et al., 2010;
Chou et al., 2012) radicando en el país destino es un influyente de la selección de universidad destino,
coincidiendo con la investigación de Bhati &amp; Anderson (2012). Por su parte el estudio de de Chen
(2007), de Lee (2013) y Özoğlu et al. (2015) determinaron que las recomendaciones provenientes de
profesionistas, colegas, compañero o conyugue, empleadores y estudiantes en el programa son
influyentes relevantes en la toma de decisión del estudiante.
Por su parte el estudio de Mazzarol et al. (1997), Chen (2007) y Lee (2008) concluyeron que
los principales influyentes en el proceso de toma de decisión del estudiante en orden de importancia
son los padres y familiares, y agentes educativos, en el caso de padres y familiares coincidiendo con
los estudios de Pyvis &amp; Chapman (2007), Li &amp; Bray (2007), Maringe &amp; Carter (2007), Jenkins (2007),
Ruby (2007), Muntasira et al. (2009), Bodycott (2009), Fletcher (2010), Eder et al. (2010), Baharun et
al. (2011), Lee &amp; Morrish (2012) Abdolalizadeh (2014) y Bhati et al. (2014).
Características personales
Los primeros resultados de la importancia de esta variable en la actividad humana están
establecidos a través del suceso de la migración, el desarrollo teórico inicia en el estudio de Lee (1966)
donde establece que el hecho de migrar conlleva un proceso de toma de decisión donde básicamente
se evalúan las condiciones de origen del sujeto a realizar la acción y las posibilidades de verse mejoradas
por un destino a elegir. En la perspectiva particular del flujo de estudiantes internacionales exportados
del tercer mundo a los países de occidente Altbach (1991) precisa que los determinantes que generan
estas condiciones se encuentran por una parte relacionadas al país de origen del estudiante en donde
factores como dificultades económicas, prosperidad económica, políticas económicas, cambios
políticos como revoluciones, y cambios educacionales toman un papel importante en la toma de
decisión de los estudiantes para su selección de lugar de destino, coincidiendo con Lee (2008), Li &amp;
Bray (2007), Maringe &amp; Carter (2007), Jenkins (2007), Park (2009), Bodycott (2009) y Bhati et al. (2014)
al respecto de los factores que empujan al estudiante al estudiar fuera de su país de origen.

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�De manera contraria el estudio de Mazzarol (1998) determinó que la relación entre lugar de
origen con la institución elegida y las variables estudiadas no tenían asociación significativa,
coincidiendo con lo declarado por Cantwell et al. (2009) donde el estudiante internacional le da mayor
importancia a los factores del lugar destino al que se dirige. Específicamente el estudio de Mazzarol &amp;
Soutar (2002) amplia los elementos que componen esta variable y obtiene resultados relevantes para
el estudiante internacional en cuestiones relativas a la baja calidad de los cursos locales en contraste
con la de otros países, dificultad para acceder a las universidades locales y la no disponibilidad del
cursos de interés en la localidad, situación que lo hace coincidir con los resultados de Yang (2007) al
respecto de los motivadores de los estudiantes chinos al salir a estudiar al extranjero.
Financiamiento
En lo relativo al impacto que tienen las cuestiones vinculadas a los costos en la selección de
universidades en el Reino Unido, de Yang (2007) relativo a los bajos costos de vida y de colegiatura
como factor para seleccionar Australia por los estudiantes de China, de Jenkins (2007) en lo relativo
al costo de la colegiatura como factor determinante para la selección de universidades estadounidenses
por los estudiantes internacionales, de Ruby (2007) en lo correspondiente a los bajos costos de
colegiatura como factor importante al seleccionar universidad de mayor a menor grado para mujeres
y hombres extranjeros estudiando en Estados Unidos de América respectivamente, de Soo &amp; Elliot
(2008) y Soo &amp; Elliot (2010) respecto al costo de la colegiatura como factor relevante de manera
discriminada según la institución que se elige durante la selección de universidad en Reino Unido por
los estudiantes internacionales, de Muntasira et al. (2009) en el costo de vida y otros costos como
factor motivante para estudiar en el extranjero, de Bodycott (2009) el costo de vida y de colegiatura
como factores que determinan la decisión de los estudiantes de China de estudiar en el extranjero, de
Cantwell et al. (2009) en lo relativo a la importancia de mayor a menor grado de los costos para los
estudiantes de Norteamérica, Latinoamérica y Europa al seleccionar una universidad en México, de
Malik (2011) respecto a las estrategias de reducción de costos de colegiatura y de vida que están
implementando países como Singapur, Tailandia y China para atraer estudiantes internacionales, de
Baharun et al. (2011) respecto a los costos educativos para la selección de universidad en Malasia por
estudiantes internacionales, de Bhati &amp; Anderson (2012) respecto a los costos de vida más bajos de
Singapur que Australia como factor decisivo de los estudiantes de India al buscar educación superior
australiana en Singapur en lugar de Australia, cuestión que resultó de la misma manera importante en
el posterior estudio de Bhati et al. (2014), en el de Mubaira &amp; Fatoki (2012) el factor financiero resultó
ser el de mayor importancia para la selección de Sudáfrica como lugar destino por los estudiantes
internacionales y de Lee (2013) los factores relacionados a los diversos costos resultaron ser los más
importantes al seleccionar Taiwán como lugar destino por los estudiantes internacionales.
Ambiente Multicultural
Los estudios más relevantes del impacto de esta variable en la selección de universidad destino
por parte de los estudiantes tiene como estudio incipiente la investigación de Discenza et al. (1985) en
la cual se identifican catorce atributos agrupados en dos dimensiones, académica y social, de los cuales
el atributo que suma elementos para la importancia de esta variable es la importancia que los
estudiantes estadounidenses dan a las actividades de entretenimiento cultural y social.
Al respecto de la similitud o diferencia cultural, el estudio de Baloglu &amp; Uysal (1996) determina
que estas dos condiciones son elementos que atraen al alumno internacional al lugar de destino ya sea
por afinidad o por vivir una experiencia nueva, consistente con los resultados del estudio de Altbach
(2004), de Gatfield &amp; Hyde (2005) ampliándolo también en el sentido de afinidad y tolerancia religiosa,
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�de Högskoleverket (2005) para los estudiantes internacionales en Suecia, de Kim et al. (2006) para las
motivaciones de viaje de los estudiantes en universidades estadounidenses, de Cubillo et al. (2006) al
respecto de los elementos que impactan su modelo de toma de decisión de universidad destino, de
Pyvis &amp; Chapman (2007) en los elementos que impactan la migración de estudiantes al Reino Unido,
de Li &amp; Bray (2007) para los estudiantes de China en Hong Kong y Macau, además estos mismos
estudiantes agregan que el no comprender la cultura occidental los llevaba a estudiar en dichas
universidades, de Verbik &amp; Lasanowski (2007) al respecto de las tendencias y patrones de la movilidad
internacional de estudiantes, de Jenkins (2007) en la cual los estudiantes internacionales en Estados
Unidos de América lo calificaron como una oportunidad de una educación de diversidad multicultural
que permite un mejor entendimiento del mundo, de Chen (2007) de los estudiantes internacionales en
Canadá provenientes del Este de Asia, de Cantwell et al. (2009) en cuanto a la diversidad cultural que
México representa para los norteamericanos, los europeos y los latinoamericanos, de Chou et al. (2012)
respecto a las diferencias culturales de los estudiantes internacionales en Taiwan, de Mubaira &amp; Fatoki
(2012) relativo a la diversidad cultural como elemento de importancia de los estudiantes
internacionales al seleccionar una universidad en Sudáfrica, de Bhati et al. (2014) respecto a la afinidad
cultural de los estudiantes internacionales provenientes de Taiwán e India inscritos en una institución
de educación superior australiana ubicada en Singapur y de Özoğlu et al. (2015) respecto a la
proximidad cultural y religiosa como elemento decisivo por el cual los estudiantes internacionales
decidían estudiar en Turquía.
Al respecto de la oportunidad de vivir una verdadera experiencia internacional el estudio de
Lawley &amp; Perry (1997) tiene como resultado para los estudiantes de Malasia y Tailandia como uno de
sus principales elementos de importancia en su proceso de toma de decisiones, coincidiendo con el
estudio de Bodycott (2009) en cuanto al proceso de selección de universidad destino y de Bhati &amp;
Anderson (2012) relativo al proceso de toma de decisión de los estudiantes de India al seleccionar
destino de estudio.
En la investigación de Mazzarol &amp; Soutar (2002) elementos como deseo de asimilar la cultura
(occidental) del país destino. La investigación de Muche &amp; Wächter (2005) que analiza a la comunidad
europea a través de la valoración de estudiantes provenientes de Brasil, China, India, México, Rusia y
Tailandia consideraron que la exposición a la multiculturalidad es un factor relevante en su proceso de
toma de decisión de lugar de destino.
De manera contrastante el estudio de Maringe &amp; Carter (2007) estudia el proceso de toma de
decisión de los estudiantes internacionales en las universidades del Reino Unido que son provenientes
de África teniendo como resultado que la décima preocupación de estos estudiantes al seleccionar su
universidad destino se encuentra el desgaste de su capital cultural, lo cual es coincidente con lo
expresado por los estudiantes chinos en la investigación de Li &amp; Bray (2007) al estudiar en Hong Kong
y Macao.
Por su parte el estudio de Hooley &amp; Lynch (1981) examinó el proceso de decisión de
estudiantes prospectos en las universidades del Reino Unido identificando que la pertinencia del curso
y la reputación académica eran atributos que aseguran la selección de universidad, coincidiendo con
los estudios de Counsell (2011) para los estudiantes provenientes de China al Reino Unido.
Calidad Educativa
Por su parte el estudio de Hooley &amp; Lynch (1981) examinó el proceso de decisión de
estudiantes prospectos en las universidades del Reino Unido identificando que la pertinencia del curso
y la reputación académica eran atributos que aseguran la selección de universidad, coincidiendo con
los estudios de Counsell (2011) para los estudiantes provenientes de China al Reino Unido. Ampliando
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�los elementos que componen esta variable, el estudio de White &amp; Hernandez (1990) delimitó que la
especialización del programa educativo, la reputación del programa académico (Bourke, 2000) y la
reputación de la universidad (Yang (2007), Chen (2007), Jenkins (2007), Ruby (2007), Mazzarol &amp;
Soutar (2008), Muntasira et al., 2009; Eder et al., 2010; Malik, 2011; Bhati &amp; Anderson, 2012; Mubaira
&amp; Fatoki, 2012; Lee, 2013; Abdolalizadeh, 2014; Bhati et al., 2014; Özoğlu et al., 2015) son elementos
que influenciaron el proceso de toma de decisión de los estudiantes participantes en el estudio.
El elemento de calidad de los profesores fue estudiado por Waters (1992) y Cubillo et al. (2006)
como uno de los factores que determinaba la selección de escuelas de graduados.
Disponibilidad de información universitaria
Los resultados del estudio de esta variable han indicado que la disponibilidad de información
universitaria es un factor relevante para permitir la percatación del atractivo de la institución por parte
del estudiante internacional (Krampf &amp; Heinlein, 1981; Pyvis &amp; Chapman, 2007, Ismail (2008),
Nurlida et al., 2010). De manera específica se establece la importancia que tiene en la decisión del
estudiante internacional factores como el contacto directo por parte de la universidad y la información
basada en libros, guías y/o catálogos, además de aquella que se encuentra a través de la internet según
Gatfield &amp; Hyde (2005), Burns (2006), Lee (2008), Jenkins (2007), Bhati &amp; Anderson (2012), Mubaira
&amp; Fatoki (2012) y Abdolalizadeh (2014).
De manera específica al respecto de la fuente de información, el estudio de Mazzarol et al.
(1997) puntualiza que la disponibilidad de información del programa destino es un factor importante
para la selección de universidades en Australia pero no algo importante cuando se selecciona una
universidad en Estados Unidos de América, lo cual se reitera en el estudio de Chou et al. (2012) donde
la falta de suficiente información al respecto del programa afectó la toma de decisiones de los
participantes.
Características Institucionales
Las conclusiones más importantes del estudio de esta variable han puntualizado la importancia
de los elementos que los constituyen, factores como la visita previa al campus destino y que el
programa destino pertenezca al ranking nacional han sido elementos que forman parte de las cinco
etapas en las que se consolida el proceso de toma de decisión del estudiante (Czinkota, Johnston, &amp;
Jelly, 1980).
Elementos como tamaño de la institución educativa, programas específicos, atmósfera social
del campus, pertenencia a rankings han sido estudiados por Litten &amp; Brodigan (1982) demostrando la
relevancia que tienen en cada una de las etapas de selección de institución educativa, al igual que los
resultados del estudio de Richardson &amp; Stacey (1993), Cubillo et al. (2006) y Maringe (2006). Las
investigaciones de Discenza et al. (1985), Turner (1998), Tackey &amp; Aston (1999), Urbanski (2000),
Burns (2006), Holdsworth &amp; Nind (2006), Ruby (2007), Nurlida et al. (2010), y Abdolalizadeh (2014)
puntualizaron la importancia de elementos como la atracción de la infraestructura y las instalaciones,
diversidad de cursos y disponibilidad de los mismos como variables a las que les atribuyen gran
importancia los estudiantes en su selección de institución educativa, últimos dos factores que también
identifican Hossler &amp; Gallagher (1987), Gagnon &amp; Cocolas (1988), Litten (1991), Roberts &amp; Higgins
(1992), Marceau (1983), Lindsay (1994), Kemp et al. (1998), Hwang (1998), Cubillo et al. (2006) y
Bodycott (2009) en sus investigaciones y los primeros dos factores coincidiendo con los resultados de
Bornsztein (1987), Terkla (1988), Altbach (1991), Baldwin (1991), Hossler &amp; Litten (1993), Harman

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�(1994), Belcher (1996), Connor et al. (1996), Cubillo et al. (2006), Malik (2011), Baharun et al. (2011)
y Mubaira &amp; Fatoki (2012) respecto a la infraestructura.
Otros elementos importantes dentro de esta variable están reflejados dentro de los estudios de
Broekemier &amp; Seshadri (1999), Ruby (2007) y Abdolalizadeh (2014) donde los estudiantes
participantes evaluaron como importante la disponibilidad de contar con alojamiento, además de otros
elementos pertenecientes a esta misma variable como son calidad de instalaciones, campus atractivo,
tamaño de la universidad (Mazzarol &amp; Soutar, 2008) y tamaño promedio de la clase.
Interacción Social
Los análisis más destacados del estudio de esta variable se emprenden en la investigación de
Krampf &amp; Heinlein (1981) al identificar los elementos que incrementarían con altas probabilidades la
matriculación de estudiantes, resultando que estos reaccionan positivamente hacia la selección de una
universidad cuando tienen conocimiento de que la misma cuenta con una atmosfera amigable, lo cual
también es coincidente con los estudios de (2007), Verbik &amp; Lasanowski (2007), Jenkins (2007), Ruby
(2007), Bodycott (2009), Cantwell et al. (2009), Petruzzellis &amp; Romanazzi (2010) y Mubaira &amp; Fatoki
(2012).
Ampliando la intervención de esta variable en la selección de una universidad a través del
estudio de Connor et al. (1996) en el cual se puntualizó la importancia que tiene para los estudiantes
internacionales el expandir sus contactos a nivel internacional, coincidiendo con los resultados de
Chung et al. (2009), Baharun et al. (2011), Lee (2013) y Abdolalizadeh (2014).
Siguiendo con este enfoque de diferenciación por las características de los estudiantes
internacionales, el estudio de Mazzarol et al. (1997) demostró que la importancia de este factor entre
los grupos de estudiantes internacionales participantes es diferente, donde los estudiantes provenientes
de Taiwán evaluaron en penúltimo lugar de importancia y los estudiantes de Indonesia en último lugar
de importancia, coincidente con la investigación de Li &amp; Bray (2007) entre estudiantes provenientes
de Hong Kong y Macao.
Desde un punto de vista de las dificultades que tienen los estudiantes internacionales de no
contar con una interacción social favorable, el estudio de Bourke (2000) clarificó que las dificultades
que experimentan los estudiantes internacionales son en segundo lugar las diferencias del sistema
social y en cuarto lugar el sentirse estereotipados socialmente por otros, coincidiendo con los
resultados de la investigación de Klieger (2005), de Strayhorn et al. (2008) y Chou et al. (2012).
Idioma
La mayor parte de los resultados de esta variable del idioma están desarrollados bajo la
determinación del idioma inglés, es así que Altbach (1991) determina que uno de los factores
atribuibles al país destino que afectan la magnitud y la dirección de los patrones del flujo de estudiantes
internacionales es el enfoque de las políticas educativas de determinado país en el aprovechamiento
del desarrollo de cursos de aprendizaje del idioma inglés, coincidente con los resultados de Malik
(2011) en los cambios organizacionales para la atracción de estudiantes internacionales.
En este mismo sentido Moogan et al. (1999) concluye que los estudiantes internacionales se
ven atraídos hacia un lugar de destino ante el deseo de mantener, aprender o mejorar un Nuevo idioma
que les permita realizar negocios con el país del idioma aprendido, coincidiendo con el estudio de
Gatfield &amp; Hyde (2005), Muche &amp; Wächter (2005), Davey (2005), Chen &amp; Zimitat (2006), Verbik &amp;
Lasanowski (2007), Engelke (2008), Muntasira et al. (2009), Bodycott (2009), Counsell (2011), Mubaira
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�&amp; Fatoki (2012) y Lee (2013). Desde una perspectiva de similitud de lenguaje los estudios de
Högskoleverket (2005) y Eder et al. (2010) puntualizan que el compartir un idioma en común
representa un factor importante para la atracción de estudiantes internacionales.
La condición del idioma inglés como atractivo de estudiantes internacionales no es exclusiva
para éste, lo cual se soporta en los resultados de la investigación de Racine et al. (2003) donde la
utilización del idioma francés en la impartición de los cursos es un atractivo relevante en la decisión
de elegir universidad destino y del idioma chino mandarín según los resultados de Chou et al. (2012).
Ambiente Seguro
En el caso de la investigación de Lawley &amp; Perry (1997) el nivel de seguridad personal del
estudiante internacional fue considerado como muy importante entre los estudiantes de Malasia y
Tailandia en Australia, mismo hecho que aumentaba el atractivo de este país, coincidiendo con los
resultados de los estudios de Maringe &amp; Carter (2007), Ruby (2007), Chen (2007), Bodycott (2009),
Cantwell et al. (2009), Bhati &amp; Anderson (2012), Mubaira &amp; Fatoki (2012), Abdolalizadeh (2014) y
Bhati et al. (2014).
Características del país/ciudad
La variable relacionada a las características del país/ ciudad destino ha sido estudiado
concurrentemente a través de distintas investigaciones
Los resultados más significativos relacionados con esta variable que es uno de los factores
más estudiados e importantes como motivador para elegir un destino para migrar (Lee E. S., 1966).
la misma manera la investigación de Mazzarol et al. (1997) evidenció que la reputación del
sistema educativo y el valor de obtener un grado en el país destino fueron factores de gran
importancia entre los estudiantes internacionales, al igual que los estudios de Chen &amp; Zimitat (2006),
Cubillo et al. (2006), Chen (2007), Park (2009), Bodycott (2009), Cantwell et al. (2009), y Bhati et al.
(2014).
En lo correspondiente al nivel socioeconómico de los países, los estudios de Chen &amp; Barnett
(2000) demuestran que los países con más altos niveles socioeconómicos mantienen los niveles más
altos de absorción de estudiantes internacionales, coincidente con los estudios de Srikatanyoo &amp;
Gnoth (2002) y Jenkins (2007). De forma contradictoria la investigación de Pimpa (2003) concluye
que la influencia y expectativas de la familia son más importantes que los elementos relacionados con
las características del país/ciudad. En lo relativo al visado y a las políticas migratorias del país el estudio
de Altbach (2004) lo cataloga como un factor importante para los estudiantes internacionales,
coincidente con las investigaciones de Yang (2007), Verbik &amp; Lasanowski (2007) y Bhati &amp; Anderson
(2012).
Ubicación geográfica
En la investigación de Martin (1996) para una universidad del sur de Australia se evaluó
como importante la distancia entre dicha universidad y el lugar de origen del estudiante, al igual que
la investigación de Pyvis &amp; Chapman (2007), Verbik &amp; Lasanowski (2007), Ruby (2007), Muntasira
et al. (2009), Bodycott (2009), Cantwell et al. (2009), Eder et al. (2010), Soo &amp; Elliot (2010), Bhati &amp;
Anderson (2012), Abdolalizadeh (2014) y Bhati et al. (2014).

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�Agentes educativos
La variable de agentes educativos ha estado presente de manera concordante en los trabajos
de investigación de: Maringe &amp; Carter (2007), Lee (2008), Cheung et al. (2011), Bhati &amp; Anderson
(2012), Chou et al. (2012), y Bhati et al. (2014).
Los resultados más relevantes de esta variable son para el estudio de Mazzarol &amp; Hosie (1996)
que el cuarenta y seis por ciento del total de los estudiantes reclutados habían sido influenciados por
los agentes educativos, lo cual coincide con los estudios de Lee (2008), Maringe &amp; Carter (2007),
Cheung et al. (2011), Bhati &amp; Anderson (2012), Chou et al. (2012), y Bhati et al. (2014) al respecto de
la importancia de los agentes educativos, otros representantes y embajadas como reclutadores y
asesores de estudiantes internacionales al seleccionar su universidad destino.
Clima del país receptor
Los resultados más sobresalientes de esta variable en cuanto a su aportación para ser un factor
determinante en la selección de universidad destino se encuentran, en la investigación de Lawley &amp;
Perry (1997) donde dieciocho personas pertenecientes a doce organizaciones ubicadas en Tailandia y
representativas de Australia, Reino Unido, Canadá, Estados Unidos de América y Nueva Zelanda a
través de entrevistas a profundidad evaluaron que el clima como determinante para la selección de
universidad destino no es considerada de importancia.
De manera contrastante la investigación de Mazzarol et al. (1997) enfocada en estudiantes
dirigidos a los sectores de educación superior, cursos intensivos de idioma Inglés para estudiantes
extranjeros (ELICOS), entrenamiento y educación vocacional (VET), y educación escolar en
Indonesia y Taiwán evidenció que la importancia de un clima confortable en el país destino como
variable si bien no fue lo que los hizo rechazar Australia como país destino, es una variable de gran
importancia al seleccionar la universidad destino donde aproximadamente el noventa por ciento de
los estudiantes de Indonesia así lo calificaron y aproximadamente el ochenta y cinco por ciento de los
estudiantes de Taiwán, concordando en la importancia de esta variable con la investigación de Lee
(2013).
Para la investigación de Muntasira et al. (2009) los estudiantes que formaron parte de los focus
group concordaron en que la selección dependía del hecho de encontrarse en un lugar con clima
diferente al de su lugar de origen, contrastando los resultados de Bhati &amp; Anderson (2012) donde los
estudiantes de India en búsqueda de educación australiana en Singapur eligen esta educación por sobre
Australia por el hecho de que Singapur cuenta con un clima similar al de India.
Localización de la universidad
Los resultados más sobresalientes de esta variable han sido de gran importancia para la
selección de universidad destino en el caso del estudio de Mazzarol &amp; Soutar (2002) los cuatro grupos
de estudiantes (Taiwan, India, China e Indonesia) participantes en el estudio calificaron como
importante el hecho de encontrarse en un lugar excitante para vivir, lo cual es coincidente también
con los estudios de Ruby (2007), Adolalizadeh (2014) y Lee (2013), y la investigación de Altbach (2004)
pero identificado como un lugar con calidad de vida y atractivo cultural, asimismo en el estudio de
Gatfield &amp; Hyde (2005) donde los estudiantes de Singapur establecieron de importancia el hecho de
elegir Australia como un lugar donde podrían vivir nuevas experiencias, lo que también es coincidente
con los resultados de la investigación de Muntasira et al. (2009). En el caso del estudio de Klieger
(2005) el sesenta por ciento de los estudiantes entrevistados concordaron en la importancia de tener
actividades extracurriculares como consideración para la selección de universidad destino. Por otra
parte la experiencia del estudiante relacionada a este factor aseguran es un factor influyente en las
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

23

�tácticas de reclutamiento de las universidades (Verbik &amp; Lasanowski, 2007). De manera contrastante
el estudio de Baharun et al. (2011) mostró que de los siete factores analizados, el factor de localización
de la universidad (belleza y alrededores) fue el menos importante con tan sólo un doce por ciento de
la importancia de los encuestados.
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Tabla 1: Razones e incentivos para el proceso de internacionalización de acuerdo con De Wit

Razones

1- Políticas

Componentes
Política exterior
Seguridad nacional
Asistencia técnica
Paz y entendimiento mutuo
Identidad nacional
Identidad regional

2-Económicas

Crecimiento económico y competitividad
Mercado laboral
Incentivos financieros

3-Sociales/Culturales

Identidad cultural y nacional
Entendimiento intercultural
Desarrollo personal
Desarrollo social

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�Razones

Componentes

4-Académicas

Extensión del horizonte académico
Mejora de la calidad
Perfil
Estándares académicos internacionales
Dimensión internacional de la enseñanza y
la investigación

5-Institucionales

Perfiles internacionales
Producción del conocimiento
Mejora de la calidad

Desarrollo de Recursos Humanos.
Alianzas Estratégicas.
6-Nacionales
Generación de ingresos/comercio.
Desarrollo Nacional y de Universidades.
Nota: Elaboración propia. Datos tomados de “The Dynamics of
International Student Circulation in a Global Context”, por H. de Wit
et al. (2011).

Tabla 2: Factores determinantes para la selección de universidad destino

VARIABLE

1- Financiamiento

AUTOR
Gatfield &amp; Hyde (2005), Shanka et al.
(2005), Högskoleverket (2005), Klieger
(2005), Jacobson (2005), Foskett et al.
(2006), Burns (2006), Chen &amp; Zimitat
(2006), Cubillo et al. (2006), Maringe
(2006), Yang (2007), Pyvis &amp; Chapman
(2007), Li &amp; Bray (2007), Maringe &amp; Carter
(2007), Chen (2007), Verbik &amp; Lasanowski
(2007), Jenkins (2007), Ruby (2007),
Strayhorn et al. (2008), Lee (2008), Soo &amp;
Elliot (2008), Ismail (2008), Muntasira et al.
(2009), Bodycott (2009), Cantwell et al.
(2009); Nurlida et al. (2010), Eder et al.
(2010), Petruzzellis &amp; Romanazzi (2010),
Soo &amp; Elliot (2010), Kondakci (2011),
Malik (2011), Baharun et al. (2011), Bhati &amp;
Anderson (2012), Mubaira &amp; Fatoki (2012),
Lee (2013), Abdolalizadeh (2014), Bhati et
al. (2014), y Özoğlu et al. (2015).

LUGAR-INV

Estados Unidos de América,
Reino Unido, Tailandia,
Malasia, Indonesia, Taiwán,
Irlanda, Nueva Zelanda,
Australia, Suecia, España,
Canadá, China, Alemania,
Francia, Japón, Singapur,
México, Sudáfrica, India,
Italia y Turquía.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

31

�VARIABLE

2- Desarrollo
Profesional y
Personal

3- Ambiente
Multicultural

4- Calidad Educativa

AUTOR
LGatfield &amp; Hyde (2005), Muche &amp;
Wächter (2005), Högskoleverket (2005),
Chen &amp; Zimitat (2006), Cubillo et al.
(2006), Maringe (2006), Yang (2007), Pyvis
&amp; Chapman (2007), Li &amp; Bray (2007),
Maringe &amp; Carter (2007), Verbik &amp;
Lasanowski (2007), Jenkins (2007), Lee
(2008), Cantwell et al. (2009), Eder et al.
(2010), Bhati &amp; Anderson (2012), Mubaira
&amp; Fatoki (2012), Lee (2013), y Bhati et al.
(2014).
Gatfield &amp; Hyde (2005), Muche &amp; Wächter
(2005), Högskoleverket (2005), Klieger
(2005), Kim et al. (2006), Chen &amp; Zimitat
(2006), Cubillo et al. (2006), Pyvis &amp;
Chapman (2007), Li &amp; Bray (2007),
Maringe &amp; Carter (2007), Verbik &amp;
Lasanowski (2007), Jenkins (2007), Ruby
(2007), Chen (2007), Lee (2008), Bodycott
(2009), Cantwell et al. (2009), Chung et al.
(2009), Eder et al. (2010), Malik (2011),
Counsell (2011), Bhati &amp; Anderson (2012),
Chou et al. (2012), Mubaira &amp; Fatoki
(2012), Abdolalizadeh (2014), Bhati et al.
(2014) y Özoğlu et al. (2015).
Gatfield &amp; Hyde (2005), Muche &amp; Wächter
(2005), Shanka et al. (2005), Davey (2005),
Jacobson
(2005),
Burns
(2006),
Holdsworth &amp; Nind (2006), Chen &amp;
Zimitat (2006), Cubillo et al. (2006),
Maringe (2006), Yang (2007), Pyvis &amp;
Chapman (2007), Maringe &amp; Carter (2007),
Chen (2007), Verbik &amp; Lasanowski (2007),
Jenkins (2007), Ruby (2007), Strayhorn et
al. (2008), Ismail (2008), Lee (2008),
Mazzarol &amp; Soutar (2008), Muntasira et al.
(2009), Bodycott (2009), Cantwell et al.
(2009), Nurlida et al. (2010), Eder et al.
(2010), Petruzzellis &amp; Romanazzi (2010),
Soo &amp; Elliot (2010), Malik (2011), Counsell
(2011), Bhati &amp; Anderson (2012), Mubaira
&amp; Fatoki (2012), Lee (2013), Abdolalizadeh
(2014), Bhati et al. (2014) y Özoğlu et al.
(2015).

LUGAR-INV
Estados Unidos de América,
Países
Bajos,
Australia,
Canadá, Nueva Zelanda,
Tailandia, Malasia, Irlanda,
Indonesia, Taiwán, China,
India, Suecia, Brasil, México,
Rusia, España, Francia,
Japón, Singapur, y Sudáfrica.

Estados Unidos de América,
Taiwán, Tailandia, Malasia,
Irlanda, Indonesia, China,
India, Reino Unido, Australia,
Canadá,
Suecia,
Brasil,
México, Rusia, España,
Alemania, Francia, Japón,
Nueva Zelanda, Singapur,
Sudáfrica Y Turquía.

Estados Unidos de América,
Taiwán, Australia, Reino
Unido, Australia, Canadá,
Nueva Zelanda, Indonesia,
Irlanda, China, India, Malasia,
Brasil, Rusia, Tailandia ,
España, Alemania, Japón,
Francia, Singapur, Suecia,
México y Turquía.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

32

�VARIABLE

5- Disponibilidad de
información
universitaria

6- Recomendaciones

7- Características
Institucionales

8- Interacción Social

AUTOR
Gatfield &amp; Hyde (2005), Burns (2006),
Pyvis &amp; Chapman (2007), Maringe &amp;
Carter (2007), Jenkins (2007), Ruby (2007),
Ismail (2008), Lee (2008), Nurlida et al.
(2010), Bhati &amp; Anderson (2012), Chou et
al. (2012), Bhati &amp; Anderson (2012),
Mubaira &amp; Fatoki (2012) y Abdolalizadeh
(2014).
Gatfield &amp; Hyde (2005), Pimpa (2005),
Shanka et al. (2005), Klieger (2005), Chen
&amp; Zimitat (2006), Cubillo et al. (2006),
Pyvis &amp; Chapman (2007), Li &amp; Bray (2007),
Maringe &amp; Carter (2007), Jenkins (2007),
Ruby (2007), Chen (2007), Lee (2008),
Muntasira et al. (2009), Bodycott (2009),
Cantwell et al. (2009), Fletcher (2010), Eder
et al. (2010), Baharun et al. (2011), Chou et
al. (2012), Bhati &amp; Anderson (2012), Lee &amp;
Morrish (2012), Lee (2013), Abdolalizadeh
(2014), Bhati et al. (2014) y Özoğlu et al.
(2015).
Gatfield &amp; Hyde (2005), Muche &amp; Wächter
(2005), Davey (2005), Jacobson (2005),
Burns (2006), Holdsworth &amp; Nind (2006),
Cubillo et al. (2006), Maringe (2006), Walsh
&amp; Beatty (2007), Hillenbrand &amp; Money
(2007), Maringe &amp; Carter (2007), Chen
(2007), Verbik &amp; Lasanowski (2007),
Jenkins (2007), Ruby (2007), Ismail (2008),
Lee (2008), Mazzarol &amp; Soutar (2008),
Muntasira et al. (2009), Bodycott (2009),
Cantwell et al. (2009), Ming (2010), Nurlida
et al. (2010), Eder et al. (2010), Petruzzellis
&amp; Romanazzi (2010), Malik (2011),
Baharun et al. (2011), Bhati &amp; Anderson
(2012), Mubaira &amp; Fatoki (2012), Lee
(2013), Abdolalizadeh (2014), y Bhati et al.
(2014).
Gatfield &amp; Hyde (2005), Muche &amp; Wächter
(2005), Klieger (2005), Chen &amp; Zimitat
(2006), Cubillo et al. (2006), Li &amp; Bray
(2007), Verbik &amp; Lasanowski (2007),
Jenkins (2007), Ruby (2007), Chen (2007),
Strayhorn et al. (2008), Bodycott (2009),
Cantwell et al. (2009), Chung et al. (2009),

LUGAR-INV
Estados Unidos de América,
Australia, Indonesia, Taiwán,
China, India, Reino Unido,
Malasia y Sudáfrica.

Estados Unidos de América,
Australia, Canadá, Nueva
Zelanda,
Reino
Unido,
Chipre, Irlanda, Australia,
Indonesia, Taiwán, China,
India, Australia, España y
Malasia.

Estados Unidos de América,
Taiwán, Australia, Reino
Unido, Canadá, Tailandia,
Malasia, Irlanda, Indonesia,
China, India, Brasil, México,
Rusia,
España,
Nueva
Zelanda, Alemania, Francia,
Japón, Suecia, Singapur e
Italia.

Estados Unidos de América,
Reino Unido, Indonesia,
Taiwán, Países Bajos, Irlanda,
Australia, República Popular
de China Y Sudáfrica.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

33

�VARIABLE

9- Idioma

AUTOR
Petruzzellis &amp; Romanazzi (2010), Baharun
et al. (2011), Chou et al. (2012), Mubaira &amp;
Fatoki (2012), Lee (2013) y Abdolalizadeh
(2014).

Gatfield &amp; Hyde (2005), Muche &amp; Wächter
(2005), Högskoleverket (2005), Davey
(2005), Chen &amp; Zimitat (2006), Verbik &amp;
Lasanowski (2007), Engelke (2008),
Muntasira et al. (2009), Bodycott (2009),
Eder et al. (2010), Malik (2011), Counsell
(2011), Chou et al. (2012), Mubaira &amp;
Fatoki (2012) y Lee (2013).

Shanka et al. (2005), Klieger (2005), Chen
&amp; Zimitat (2006), Maringe &amp; Carter (2007),
Ruby (2007), Chen (2007), Bodycott
10- Ambiente Seguro
(2009), Cantwell et al. (2009), Bhati &amp;
Anderson (2012), Mubaira &amp; Fatoki (2012),
Abdolalizadeh (2014), y Bhati et al. (2014).
Chen &amp; Zimitat (2006), Cubillo et al.
(2006), Yang (2007), Chen (2007), Verbik
11- Características
&amp; Lasanowski (2007), Jenkins (2007), Park
del País/Ciudad
(2009), Bodycott (2009), Cantwell et al.
(2009), Eder et al. (2010), Bhati &amp;
Anderson (2012) y Bhati et al. (2014).
Gatfield &amp; Hyde (2005), Shanka et al.
(2005), Davey (2005), Klieger (2005), Pyvis
&amp; Chapman (2007), Verbik &amp; Lasanowski
12- Ubicación
(2007), Ruby (2007), Muntasira et al.
geográfica
(2009), Bodycott (2009), Cantwell et al.
(2009), Eder et al. (2010), Soo &amp; Elliot
(2010), Bhati &amp; Anderson (2012),
Abdolalizadeh (2014), y Bhati et al. (2014).

LUGAR-INV

Estados Unidos de América,
Australia, Canadá, Nueva
Zelanda,
Reino
Unido,
Irlanda, Indonesia, Taiwán,
República Popular de China,
India, Suecia, Brasil, México,
Rusia, Tailandia, Sudáfrica,
Francia, Japón, Alemania,
Malasia Y Singapur.
Tailandia, Malasia, Estados
Unidos de América, Reino
Unido, Indonesia, Taiwán,
República Popular de China,
India, Y Australia.
Estados Unidos de América,
Tailandia, Malasia, Indonesia,
Taiwán, Australia, Canadá,
Nueva
Zelanda,
Reino
Unido, España, Y México.
Estados Unidos de América,
Australia, Taiwán, Tailandia,
Malasia, Nueva Zelandia,
Reino Unido, Indonesia,
República Popular de China,
Alemania, Singapur, Francia,
Suecia y México.

13- Agentes
Educativos

Australia, Canadá, Nueva
Gatfield &amp; Hyde (2005), Maringe &amp; Carter
Zelanda,
Reino
Unido,
(2007), Lee (2008), Cheung et al. (2011),
Estados Unidos de América,
Bhati &amp; Anderson (2012), Chou et al.
Singapur, y Malasia.
(2012), y Bhati et al. (2014)

14- Características
personales

Estados Unidos de América,
Muche &amp; Wächter (2005), Davey (2005),
Australia, Canadá, Nueva
Yang (2007), Li &amp; Bray (2007), Maringe &amp;
Zelanda,
Reino
Unido,
Carter (2007), Jenkins (2007), Lee (2008),
Indonesia, Taiwán, República
Park (2009), Bodycott (2009), Cantwell et
Popular de China, India,

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

34

�VARIABLE

AUTOR
LUGAR-INV
al. (2009), Kondakci (2011) y Bhati et al. Brasil,
México,
Rusia,
(2014)
Tailandia y Malasia.

Singapur, Tailandia, Malasia,
Muntasira et al. (2009), Bhati &amp; Anderson
Indonesia, Taiwán, Suecia y
(2012) y Lee (2013)
República Popular de China.
Estados Unidos de América,
16- Localización de
Gatfield &amp; Hyde (2005), Klieger (2005),
Indonesia, Taiwán, India,
la Universidad
Verbik &amp; Lasanowski (2007), Ruby (2007),
Australia, Reino Unido,
(Belleza y
Muntasira et al. (2009), Baharun et al.
Suecia y República Popular de
alrededores)
(2011), Lee (2013) y Abdolalizadeh (2014)
China
Nota: Elaboración propia.
15- Clima del país
receptor

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

35

�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 2. Núm 3. enero-junio 2016, pp. 36-45
ISSN: 2395-8448

En pos de la mejora de la calidad electoral: la experiencia de la creación
del Observatorio Electoral de Bariloche
In pursuit of improving the quality of electoral processes: the experience
of creation of Electoral Observatory of Bariloche

Daniela Zacharías y Gilda Garibotti
Departamento de Estadística
Universidad Nacional del Comahue
Fecha de envío: 7 de marzo 2016
Fecha de aceptación: 24 de mayo 2016

Resumen
La observación electoral permite detectar problemas, inconsistencias y errores, en el
desarrollo de comicios, que van en detrimento del ejercicio del derecho al sufragio de los
ciudadanos. Además, en base a sus resultados, puede evaluarse la calidad de los comicios,
ayudando a legitimar el proceso democrático en su faz de elección de autoridades y
representantes.
En Argentina, la experiencia en observación electoral es escasa. En el año 2011 la Cámara
Nacional Electoral estableció un Registro de Entidades de Acompañamiento Cívico,
considerando la realización de actividades de observación tanto a nivel nacional como de
jurisdicciones específicas. En 2015, se creó el Observatorio Electoral en San Carlos de Bariloche
(ObserBar), como una iniciativa conjunta entre la Universidad Nacional del Comahue y la
Defensoría del Pueblo de Bariloche.
Este trabajo trata sobre la logística utilizada para la creación de ObserBar, presenta los
principales resultados de las observaciones realizadas durante 2015 y describe el impacto del
observatorio en la comunidad. Se realizaron cuatro observaciones, correspondientes a los
comicios municipales, provinciales y nacionales (primera y segunda vuelta electoral). Se
conformó una red de observadores con 115 voluntarios, con una amplia participación y
representación de la sociedad civil. En cada elección se observó entre 4% y 11% de las mesas
electorales.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

36

�La devolución a las autoridades electorales del diagnóstico realizado por ObserBar,
contribuyó a la planificación de cambios organizativos tendientes a introducir mejoras en el
proceso electoral.
La logística organizativa de ObserBar puede ser utilizada para la creación de
observatorios electorales en otras localidades.
Palabras clave: observación electoral, participación ciudadana, elecciones
Abstract
The electoral observation allows for finding problems, inconsistencies and mistakes in
the development of elections. These problems undermine the right to vote of citizens. Moreover,
based on the results of electoral observations the quality of elections can be assessed, helping to
legitimize the democratic process regarding the election of authorities.
In Argentina, there is little experience in electoral observation. In 2011 the National
Electoral Chamber established a registry of entities of civic accompaniment, giving leeway to
activities of electoral observation at the national level, and also in specific jurisdictions. In 2015,
the Electoral Observatory of San Carlos de Bariloche (ObserBar) was instituted, as a joint
initiative of the National University of Comahue and the Department of Protection of Citizens
from Bariloche.
This article describes the logistics used to set up ObserBar, gives the main results of the
observations done during 2015, and describes the influence of the electoral observatory on the
community. Four electoral observations were done during 2015, at the municipal, provincial and
national level (first and second poll). A total of 115 volunteers were recruited. Volunteers had
very diverse background, representing distinct sectors of society. In each election between 4%
and 11% of polling stations were observed.
The results of the observations were shared with electoral authorities. These
observations stressed the need to intensify the training of polling authorities and some work in
this direction was already organized after the first observed election.
The logistic of the organization of ObserBar can be used for the creation of electoral
observatories in other towns.

Keywords: election observation, civil participation, electoral processes

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

37

�En pos de la mejora de la calidad electoral: la experiencia de la creación del
Observatorio Electoral de Bariloche
Introducción
Los procesos electorales constituyen la expresión institucional de la voluntad popular en los
sistemas democráticos. Las distintas sociedades han establecido diferentes sistemas para realizar estos
procesos. Los sistemas electorales deben garantizar la transparencia y equidad de los comicios para
legitimar el poder de quienes resultan electos para ocupar los cargos en disputa. En muchos casos, la
legislación electoral incluye como mecanismo para legitimar los comicios y garantizar el respeto por el
derecho al voto de todos los ciudadanos, actividades de observación electoral.
En su versión más simple, la observación electoral consiste en realizar una serie de actividades
coordinadas y metodológicamente coherentes durante las jornadas electorales, para evaluar la calidad
de los comicios de manera independiente a la autoridad electoral a cargo. Para que los resultados de la
observación sean válidos, la actividad debe ser realizada por organismos u organizaciones aceptadas
como imparciales por los diferentes actores del proceso eleccionario. Los observatorios electorales
generalmente son establecidos por organizaciones internacionales como la Organización de Estados
Americanos (OEA) y la Unión de Naciones Suramericanas (UNASUR), organizaciones no
gubernamentales como Transparencia Internacional y el Centro Carter o por universidades nacionales
o privadas.
Numerosas experiencias en otros países y gobiernos locales, demuestran la efectividad de esta
práctica para identificar y prevenir errores, distorsiones y manipulaciones en los procedimientos de
logística electoral y de votación, así como para evaluar la calidad global de los procesos del día de
elecciones y proyectar, o verificar, los resultados oficiales (Estok, Nevitte, &amp; Cowan, 2002; Galván,
2015; Organización de los Estados Americanos, 2008)
La legislación electoral argentina no contempla la observación electoral, ni interna, ni
internacional. En el año 2011, ante reclamos de diversas organizaciones de la sociedad civil, la Cámara
Electoral Nacional publicó la Acordada N°128/11 en la que reconoce la importancia de la observación
electoral por parte de la ciudadanía como manera de contribuir al logro de comicios legítimos y crea
el Registro de Entidades de Acompañamiento Cívico. Actualmente hay 14 observatorios electorales
acreditados.
El municipio de San Carlos de Bariloche está ubicado en la Patagonia Argentina. Es el centro
urbano con mayor población de la provincia de Río Negro. Tanto a nivel municipal como a nivel
provincial, no se cuenta con acceso libre a registros sobre población electoral (número y distribución
de electores), ni a resultados electorales parciales y globales.
En 2015, docentes de la Universidad Nacional del Comahue (UNC) y miembros de la
Defensoría del Pueblo de Bariloche (DPB) crean el Observatorio Electoral Bariloche (ObserBar),
primer observatorio electoral de la Patagonia.
El objetivo de este trabajo es describir la experiencia de la creación de ObserBar, de la selección
de las herramientas y modos de participación ciudadana, y del uso de una metodología estadística
válida para realizar observaciones electorales independientes en el municipio de San Carlos de
Bariloche.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

38

�En particular queremos resaltar los resultados que tienen que ver con la actuación del
observatorio, en su relación con la participación de la sociedad civil en la observación y defensa de los
derechos ciudadanos, salvaguardando uno de los pilares de la democracia: el voto.
Observatorio Electoral Bariloche
El observatorio electoral se creó a comienzos de 2015. Surgió como una iniciativa del
Departamento de Estadística de la UNC en Bariloche.
ObserBar cuenta con un equipo de coordinadores compuesto por docentes de la UNC y
miembros de la DPB, y un grupo de ciudadanos voluntarios que realizan la observación electoral el
día de los comicios.
¿Cómo trabajamos?
La puesta en marcha del observatorio para el día de las elecciones conlleva una serie de
actividades que se realizan antes, durante y después de la jornada electoral:





Antes de la elección: Convocatoria a observadores, diseño del muestreo de las mesas
electorales, elaboración de los instrumentos de recolección de datos y capacitación de
observadores.
El día de la elección: Observación en las mesas de votación asignadas y elaboración de la base
de datos.
Después de la elección: Análisis de los resultados y devolución de las observaciones a las
autoridades electorales, observadores y ciudadanos en general.

Durante el año 2015 ObserBar cubrió el desarrollo durante la jornada electoral de cuatro
comicios en la ciudad de Bariloche:
- Elecciones provinciales: domingo 14 de junio
- Elecciones municipales: domingo 6 de septiembre
- Elecciones nacionales: domingo 25 de octubre
- Balotaje: domingo 22 de noviembre
Las actividades llevadas a cabo por ObserBar fueron como sigue:
Antes de la elección: La convocatoria a observadores se realizó a través de correos
personalizados a distintos grupos de interés, folletería, notas en diarios, radio y televisión.
Se realizó observación en todos los centros de votación de la ciudad. En cada centro de votación
se seleccionaron aleatoriamente mesas de votación a ser observadas. La observación se realizó en los
siguientes tres turnos:

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

39

�Turno 1: Instalación de la mesa de votación y apertura de la mesa
Turno 2: Proceso de votación a mitad de jornada
Turno 3: Cierre de mesa y conteo de votos
A cada observador se le asignó una única mesa y turno de observación, en el centro de votación
donde le tocaba votar o en uno cercano.
Se diseñaron distintos instrumentos de recolección de información, de acuerdo a los turnos de
observación y a cada uno de los procesos electorales. Los instrumentos se elaboraron teniendo como
modelo los utilizados por organizaciones especializadas en misiones de observación electoral. Los
formularios incluyeron entre 11 y 14 preguntas, en su mayoría de opción múltiple. Los aspectos
observados en las cuatro elecciones fueron:






Turno 1: se recabó información sobre la hora de apertura del centro de votación, distribución
por sexo y asistencia a capacitación de autoridades de mesa, presencia de fiscales de partidos
políticos, entrega de materiales, instalación del cuarto oscuro, hora de apertura de la mesa de
votación.
Turno 2: se observaron aspectos relacionados con el flujo de electores: participación hacia la
mitad de jornada, tiempo que tarda en sufragar cada votante, cantidad de electores esperando
en la mesa para votar; elector informado acerca de cómo y dónde votar, presencia de fiscales,
proselitismo electoral, voto asistido, acondicionamiento del cuarto oscuro, entre otros.
Turno 3: se registró lo observado acerca de la presencia de fiscales, hora de cierre de mesa de
votación, cumplimiento del procedimiento estipulado para la realización del escrutinio, hora
de término del escrutinio, resultados de la votación.

Además, se elaboró un instrumento para obtener información acerca de la situación edilicia del centro
de votación: adecuación para personas con discapacidad, salidas de emergencia y matafuegos, baños,
entre otros aspectos; sobre la información que se proporciona al elector en este centro: existencia de
padrones electorales a la entrada del establecimiento, presencia de delegados electorales u otros agentes
que puedan brindar información al ciudadano.
Para cada una de las instancias de observación los voluntarios fueron capacitados en el
procedimiento a seguir y en la aplicación de los cuestionarios. La capacitación se realizó dos o tres días
previos a la elección. La duración aproximada fue de tres horas. Se enfatizó la importancia del respeto
del diseño maestral, indicándose a los observadores que debían realizar la tarea en la mesa de votación
asignada y no en otra. Se recalcó también el rol pasivo que tienen los observadores electorales: no
pueden interferir en el proceso, no emiten opiniones, no resuelven dudas ni conflictos.
Para cada proceso electoral se gestionó la acreditación de los observadores según las
disposiciones específicas de la autoridad electoral que correspondiera. Para las elecciones provinciales
las acreditaciones estuvieron a cargo de la DPB, en virtud de la potestad otorgada por un convenio
firmado con el Tribunal Electoral Provincial de Río Negro. En el caso de las elecciones municipales,
las acreditaciones fueron extendidas por la Junta Electoral Municipal de San Carlos de Bariloche. En
las elecciones nacionales fue la Cámara Electoral Nacional quien extendió las credenciales para los

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

40

�observadores. En todos los casos los voluntarios debían estar empadronados y no estar afiliados a
ningún partido político. 9
En las elecciones provinciales y municipales las autoridades competentes autorizaron la
observación en los tres turnos, mientras que la Cámara Nacional Electoral no autorizó la observación
del tercer turno correspondiente al escrutinio de ninguna de las dos instancias de elección nacional,
debido a que, según la Ley Electoral, en el escrutinio solo pueden estar presentes las autoridades de
mesa y los fiscales (Cámara Nacional Electoral de la República Argentina, 2015).
El día de la elección: En la primera experiencia, se estableció que los observadores se
comunicaban con el "centro de llamadas", ubicado en la DPB, para transmitir lo registrado en los
formularios. La información recibida fue ingresada en una base de datos. En las siguientes elecciones
se implementó una plataforma virtual para el ingreso de datos basada en un sitio web y una aplicación
para teléfonos móviles. Los datos, ingresados por el observador vía internet o aplicación móvil,
conformaban automáticamente una base de datos.
Después de la elección: Las observaciones fueron procesadas estadísticamente utilizando el
paquete estadístico R (R Core Team, 2015). Se analizaron los resultados teniendo en cuenta
ponderaciones correspondientes al diseño muestral. Se realizó una devolución de los resultados a la
ciudadanía y a las autoridades electorales.
Resultados y discusión
Se construyó una extensa y diversa red de observadores voluntarios. En total participaron 115
voluntarios, 30% hombres y 70% mujeres, la edad promedio fue 32 años y el desvío estándar 17 años,
rango de 16 a 75 años, 24% eran menores de 18 años. Esto pone en evidencia la importante
participación femenina, la diversidad etaria de los observadores y el interés de los jóvenes en la vida
cívica. En cada elección se observó entre 4% y 11% de las mesas electorales, la Tabla 1 describe la
cantidad de mesas observadas por turno y proceso electoral.
Tabla 1: Cantidad de mesas observadas por turno y proceso electoral

Elecciones
Provinciales
Elecciones
Municipales
Elecciones
Nacionales

Turno 1

Turno 2

Turno 3

32

33

25

16

29

28

11

16

--

9

El voto es obligatorio para personas de entre 18 y 70 años y optativo para jóvenes de 16 y 17 años y para
adultos mayores de 70 años.
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

41

�Balotaje

15

21

--

Consideramos la construcción de esta red como uno de los mayores logros del proyecto. Para
su consolidación fue fundamental la comunicación permanente y personalizada con cada uno de sus
miembros. La coordinadora de la red mantuvo, durante todo el desarrollo del proyecto, intercambios
constantes con los voluntarios vía correo electrónico, teléfono y personal. Se discutieron las dudas, se
aceptaron sugerencias y, en todos los casos, se compartieron los resultados. Cada observador pudo
considerarse como parte esencial de un todo, comprendiendo que, para poder obtener un panorama
de toda la ciudad, era indispensable que cada uno cumpliera correctamente con su labor.
Un aspecto que contribuyó al éxito de la convocatoria de voluntarios fue la organización de
las observaciones en periodos cortos de trabajo de entre 1 y 3 horas, adaptados a horarios de su
conveniencia y en su mismo centro de votación. Durante los encuentros de información y discusión
de resultados los voluntarios transmitieron su satisfacción con el trabajo realizado, comentando
distintas situaciones observadas y falencias detectadas. Un punto remarcable es que varias de estas
personas, luego de participar como observadores en una elección, decidieron registrarse para actuar
como autoridades o fiscales de mesa como forma de aportar a mejorar el desarrollo de las siguientes
elecciones.
En las elecciones provinciales se encontró que las autoridades de mesa tenían grandes
dificultades para realizar el escrutinio: en muchos casos no conocían la manera de contar los votos
correctamente, no sabían cómo llenar las actas, entre otras falencias. De manera correspondiente,
cuando para esta misma elección se indagó por la capacitación de las autoridades de mesa, se obtuvo
como resultado que solo un 22% manifestó haber asistido a la capacitación. Un porcentaje similar
mencionó haber leído un instructivo. Más de la mitad (56%) no se había capacitado para desempeñarse
como autoridad de mesa y solo el 34% de las autoridades de mesa mencionaron tener experiencia
previa en dicha función. Para entender la extensión del problema, en esa ocasión el órgano electoral a
cargo de realizar las elecciones (Tribunal Electoral Provincial) no impartió ninguna capacitación a las
autoridades de mesa. Fue una organización civil (la Asociación Conciencia) quien, al conocer esta
situación y para llenar el vacío dejado por el órgano electoral, procedió a brindar una corta capacitación
a las autoridades de mesa dos días antes de la elección.
Cuando estas observaciones fueron dadas a conocer, el personal de la Junta Electoral
Municipal (que estaba a cargo de la organización de los siguientes comicios) tomó nota de esta
situación y propuso al observatorio colaborar en la organización de la capacitación de las autoridades
de mesa para las elecciones municipales. El día de los comicios municipales, los observadores
registraron que 77% de las autoridades de mesa había asistido a la capacitación, lo cual redundó en un
mejor desarrollo del escrutinio.
Otro aspecto que fue mejorado en las elecciones municipales, luego de atender los problemas
detectados por el Proyecto ObserBar en las elecciones provinciales, fue la adecuación de los centros
de votación en cuanto a la exhibición de padrones, habilitación de cuartos oscuros accesibles y
disposición de medidas de seguridad física (habilitación de salidas de emergencia, presencia de
matafuegos y señalización correspondiente).

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

42

�La posibilidad de presenciar los escrutinios en la elecciones provinciales y municipales,
permitió realizar sendos conteos rápidos. A partir de los resultados obtenidos se realizaron
estimaciones estadísticas de los resultados generales que fueron muy cercanas a los resultados oficiales.
Con esto se demostró que el diseño muestral utilizado para las realizar la observación de estos procesos
fue adecuado, lo cual dio sustento a las recomendaciones realizadas.
En las elecciones nacionales, el observatorio no fue habilitado para presenciar los escrutinios.
Este aspecto está relacionado con la falta de legislación específica en el tema en Argentina, lo cual deja
librado a la buena voluntad de los distintos organismos electorales cuáles son las instancias en las que
se pueden realizar observaciones. Al momento de escritura de este trabajo, el Congreso de la Nación
se encuentra abocado a la discusión de una profunda reforma del sistema electoral. Si bien el debate
se centra sobre la oportunidad y conveniencia de implantar sistemas de voto electrónico, existe la
posibilidad de plantear la introducción de reglas claras para las actividades de observación electoral.
Esto redundaría en una mayor transparencia de los procesos electorales y, de acuerdo al esquema de
observación puesto en práctica en Bariloche, en mayores niveles de compromiso y participación de
los ciudadanos en estos procesos.
Los resultados de la observación, en toda su extensión, están presentes en el informe anual de
la DPB (Defensoría del Pueblo, 2015).
Conclusiones
A partir de la experiencia realizada se puede extraer varias conclusiones:
- Fue posible establecer un observatorio electoral en la ciudad de San Carlos de Bariloche
mediante la colaboración entre una universidad pública (UNC) y la Defensoría del Pueblo (DPB). Este
observatorio, primero en su tipo en la Patagonia, funciona gracias a la activa participación de
ciudadanos coordinados en una red de observadores.
- La red de observadores se compone de voluntarios. Se observó una mayor participación
femenina en la actividad y una amplia distribución etaria, con un fuerte componente de jóvenes. Este
aspecto se considera auspicioso dado que la participación temprana en estas actividades, redunda en
una toma de conciencia sobre la importancia del voto y el desarrollo de un fuerte compromiso con la
calidad institucional.
- Las observaciones realizadas permitieron detectar falencias en la organización de los comicios
y en la capacitación de las autoridades de mesa. Más aún, las herramientas estadísticas utilizadas
revelaron con precisión la extensión de dichas falencias. La publicación de los resultados y su discusión
con las autoridades electorales, ayudó a implementar mejoras en los comicios subsiguientes.
- Se destaca la necesidad de brindar adecuada capacitación a las autoridades de mesa, a los
fiscales partidarios y al personal de las juntas electorales afectados a tareas presenciales durante los
comicios.
- El proyecto ObserBar quedó instalado en la ciudad de San Carlos de Bariloche no solo como
una herramienta de observación electoral, sino también como un agente de capacitación y mejora de
la calidad de los comicios. En base a esta experiencia, ya se ha manifestado interés en extender las
tareas a la ciudad de Roca, Río Negro.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�- Sería un avance considerable que la Ley Electoral argentina contemple y regule las actividades
de observación electoral, fortaleciendo así este importante instrumento de participación ciudadana.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

44

�Referencias
Cámara Nacional Electoral de la República Argentina. (2011). Acordada N°128/11.
Cámara Nacional Electoral de la República Argentina. (2015). Código Nacional Electoral
- Ley 19.945.
Defensoría del Pueblo. (2015). Informe 2015. Municipalidad de San Carlos de Bariloche.
Version digital disponible en: http://www.defensoriabariloche.gob.ar/.
Estok, M., Nevitte, N., &amp; Cowan, G. (2002). El conteo rápido y la observación de
elecciones. Instituto Nacional Demócrata para Asuntos Internacionales (NDI).
Galván, F. (2015). La observación electoral: Apuntes para su discusión en América
Latina. América Latina Hoy, 70, 17-36.
Organización de los Estados Americanos. (2008). Manual para las misiones de
observación electoral de la Organización de los Estados Americanos. Secretaría General de la
Organización de los Estados Americanos -SG/OEA.
R Core Team. (2015). R:A Language and Environment for Statistical Computing. Viena:
R Foundation for Statistical Computing.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

45

�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 2. Núm 3. enero-junio 2016, pp. 46-67
ISSN: 2395-8448

Política Social y Clientelismo: La Creación del Perredismo
en la Ciudad de México: 2001 - 2006
Social Policy and Clientelism: The Creation of Perredismo in Mexico City:
2001 - 2006

Carlos Luis Sánchez y Sánchez
División de Estudios de Posgrado, Programa Único de Especializaciones en Ciencias Políticas y Sociales; Facultad
de Ciencias Políticas y Sociales, Universidad Nacional Autónoma de México

Fecha de envío: 12 de agosto 2015
Fecha de aceptación: 24 de noviembre 2015

Resumen
Durante el período 2000 – 2006, el incremento que experimentó el Partido de la
Revolución Democrática (PRD), en sus niveles de identificación partidista en la Ciudad de
México, no tuvo una significación emocional tal y como la formulación teórica original sugiere
se basa la membrecía hacia un partido (Campbell et.al., 1960), por el contrario se postula el
desarrollo del perredismo obedeció a una lógica de desempeño gubernamental basado en la
construcción de apoyo por la vía de la política social, el cual generó un esquema de adhesión o
partidismo racional que se finca sobre parámetros de evaluación distintos a los que postula
Morris Fiorina (1981) y el Modelo de Gobierno de Partido Responsable.
La estrategia de comprobación de ésta hipótesis, se basó en un análisis a nivel agregado
que comprendió, con una base de datos propia, verificar la existencia de relaciones lineales entre
las variables independientes de gasto en los cuatro programas que comprendieron transferencias
de renta directa y el perredismo en cada una de las dieciséis delegaciones políticas en que se
divide la Ciudad de México.
La base se construyó con datos de los siguientes programas: 1. Programa de ayuda a
adultos mayores; 2. Programa de apoyo al empleo; 3. Programa de becas escolares, y 4. Programa
de apoyo a personas con discapacidad, y se le indexaron los datos correspondientes a los niveles

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�de perredismo de cada año por delegación a partir de los datos proporcionados por el
Departamento de Investigación del Grupo Reforma.
Con la finalidad de verificar la existencia o ausencia de relaciones lineales entre las
variables independientes de gasto y el perredismo, se diseñó un modelo de regresión en forma
de panel que posibilitó dar un seguimiento del aumento en los niveles de perredismo en las
delegaciones (unidades transversales) a lo largo del tiempo.
Palabras clave: Política social, Perredismo, Gobierno de Partido Responsable, Clientelismo,
Ciudad de México.
Abstract
During the period 2000-2006, the increase that underwent the Party of the Democratic
Revolution (PRD), in their levels of party identification in Mexico City, had no emotional
significance such as the original theoretical formulation suggests is based towards a party
membership (Campbell et.al., 1960). On the other hand, the development of the perredismo
obeyed a logic of government performance based on the construction of support by way of
social policy, which generated a schema of loyalty or partisanship rational that is based on
parameters of assessment different to Fiona Morris (1981) has postulated and the model of
Responsible Party Model
The strategy of verification of this hypothesis, was based on an analysis at an aggregate
level who contain, with its own database, verify the existence of a linear relationship between
the independent variables of expenses in the four programs that included transfers of direct
income and the perredismo in each of the 16 political delegations that divides Mexico City.
The base is built with data of the following programs: 1. Program of Assistant to Older
Adults; 2. Program of Support to the Employment; 3. Scholarship Program, and 4. Program of
Assistant to Handicap People, and have the data corresponding to the levels of perredismo of each
year indexed by delegation from the data provided by the Research Department of Grupo Reforma.
With the purpose of verify the existence or the absence of linear relations between
independent expenses variables and the perredismo, there is designed a model of regression in
form of a panel that allowed a follow-up of the increase in levels of perredismo in the delegations
(transverse units) along the time.
Key Words: Social policy, Revolutionary Democratic Party, Responsible Party Model, Clientelism,
Patronage, Mexico City

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�Política Social y Clientelismo: La Creación del Perredismo
en la Ciudad de México: 2001 - 2006
Introducción
El artículo plantea una forma distinta de comprender la forma en que el desempeño de
los gobiernos impacta en la formación de las identidades partidistas; a partir de una revisión de
la forma en que ha funcionado el modelo de representación-vinculación programática en
América Latina, se establece que la representación programática presenta limitantes para explicar
la formación del partidismo en las democracias que emergieron durante el período conocido
como “La Tercera Ola”.
Por el contrario, en éste trabajo se postula que el desempeño que explicar la formación
del denominado perredismo en la Ciudad de México, se basa en lo que se conoce como el
Patronage-based, party-voter linkage (Kitschelt y Wilkinson, 2007), un modelo de representación
basado en el intercambio particularizado, también denominado “representación clientelar”.
En este modelo, los vínculos entre partidos y ciudadanos se basan en incentivos
materiales directos, focalizados en individuos específicos o pequeños grupos que de antemano
se sabe son altamente receptivos –sobre todo por su grado de marginación y pobreza– a retribuir
electoralmente y/o con su adhesión al partido político que lo está beneficiando con recursos del
Estado en su ejercicio de gobierno.
En este contexto, la noción de partidismo o identidad partidista que aquí se presenta
descansa en la premisa de que es la racionalidad individual y no los procesos de socialización, lo
que permite la formación de una identidad colectiva, en este caso un nosotros perredista.
El Partidismo Racional
Con la publicación en 1985 de “Capitalismo y Socialdemocracia” Adam Przeworski y
John Sprague, demostraron la importancia que tienen las estrategias de representación de los
partidos políticos en la construcción de identidades colectivas.
Al respecto, el modelo de representación que ha primado en el grueso de las democracias
consolidadas, basado en la lógica de distribución y provisión de bienes públicos de índole
programática, se ha denominado Responsible Party Model (RPM) o Modelo de Gobierno de Partido
Responsable (GPR).
Basado en este esquema de funcionamiento de las democracias representativas, Morris
Fiorina (1981) desarrolló su concepto de identificación partidista como una suma continua del
desempeño previo de los partidos en el gobierno. La definición de Fiorina se vincula con el GPR
en el sentido de que los individuos tienen la capacidad de evaluar el desempeño de los partidos
en función de sus preferencias programáticas; preferencias que al ser implementadas generan las
condiciones para una evaluación retrospectiva que impactarían en los niveles de partidismo.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

48

�En el modelo de gobierno de partido responsable, los partidos políticos constituyen los
principales vehículos de agregación de preferencias individuales que habrán de transformarse en
políticas públicas. El GPR ha inspirado una extensa teorización acerca de las condiciones que
hacen posible que los individuos seleccionen partidos que representen y traduzcan sus creencias
y preferencias en políticas concretas; partidos que representen y ejecuten sus demandas (Dalton,
1985; Powell, 1982).
El GPR postula que son tres los requerimientos que, relacionados con el comportamiento
de los individuos y de los partidos políticos, son necesarios para que un esquema de
representación programática se lleve a cabo en su dimensión de receptividad (responsiveness) y en
su dimensión de rendición de cuentas (accountability). Es decir, para que las creencias y
preferencias ciudadanas se transformen en políticas públicas y, con ello, se produzcan las
condiciones necesarias para que los representados, a través de las elecciones, sancionen de forma
positiva o negativa el ejercicio de gobierno se necesita:10
1) Divergencia entre las políticas preferidas por los partidos políticos11
Los individuos hacen una elección significativa sobre la base de una oferta diversa de los
partidos políticos en materia de políticas públicas. Sin esta oferta diversa o divergencia entre las
políticas, los individuos tienen pocas oportunidades de influir en las políticas de gobierno a través
de su voto.
2) Estabilidad intertemporal en las preferencias partidarias
Los partidos deben presentar políticas que sean razonablemente estables a lo largo del
tiempo; los cambios drásticos confunden al electorado acerca de lo que el partido está
defendiendo, lo cual le impide influenciar mediante su voto las políticas de gobierno. Por otro
lado, aun cuando los individuos puedan estar suficientemente informados sobre las políticas
coyunturales de los partidos, esto paradójicamente implica que ellos perciban la dificultad de
traducir sus propias preferencias en votos si, al mismo tiempo, perciben una alta probabilidad
de que los partidos cambien sus posturas políticas.
3) Voto de los electores basado en preferencias programáticas
Los individuos basan sus decisiones en una evaluación comparativa de las políticas de
los partidos en competencia con la intención de influir en los resultados del gobierno. Si no
existiera un voto sobre las políticas y la oferta programática de los partidos, los resultados no
estarían expresando un referéndum sobre las distintas visiones político-programáticas que los
partidos proponen.
Lo que subyace en este modelo de representación es una estrategia de vinculación,
distribución y agregación de demandas que no se refiere a bienes particulares o privados, sino a
la provisión de bienes públicos para una generalidad, donde hay que agregar las demandas de los
individuos, delimitar las preferencias comunes y actuar en consecuencia.
La representación programática conlleva una distribución que apela a categorías
abstractas y generales pero, sobre todo, produce una estructura de competencia en la que
10

Para una discusión más amplia sobre las distintas dimensiones de la representación política, véase Hanna
Pitkin, “El concepto de Representación”, Madrid, Centro de Estudios Constitucionales, 1985, pp. 283.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�se ponen a consideración y evaluación retrospectiva los resultados macroeconómicos
(Dorussen y Palmer, 2002, Gramacho, 2006).
El estudio de la formación del partidismo se ha desarrollado, en su mayoría, bajo las
premisas de representación/desempeño y competencia formuladas por el modelo de gobierno
de partido responsable. De acuerdo a esta línea de investigación, los gobiernos de partido en
democracias consolidadas presentan una gran diferencia entre sí respecto al amplio rango de
políticas sociales y económicas (Castles, 1982; Esping-Andersen, 1990; Huber y Stephens, 2001;
Klingemann, Hoffert y Budge, 1994).
Si bien las premisas del GPR han sido ya exploradas para explicar el cambio en las
preferencias políticas en México, especialmente en investigaciones sobre el impacto del
desempeño del gobierno en el voto (véase, por ejemplo: Buendía, 2000; Beltrán, 2000 y 2003;
Cinta, 1999; Magaloni, 1999; Poiré, 1999 y 2000; Morgenstern y Zechmeister, 2001), considero
que una adopción literal de las mismas se confronta con la específica capacidad de respuesta que
los partidos en el gobierno en México y América Latina han tenido en relación con las
preferencias y deseos de sus ciudadanos a la hora de formular políticas públicas. Lo anterior
conlleva una comprensión distinta respecto de la forma en que el desempeño gubernamental
impacta sobre el partidismo.
En América Latina, la existencia del modelo de representación-vinculación programática
ha sido rastreada desde distintas perspectivas, con los estudios de preferencias programáticas
entre votantes y líderes políticos (Ruiz Rodríguez y García Montero, 2003; Luna y Zechmeister
2005; Álcantara, 2004 y 2008), los análisis de corte institucionalista (Mainwaring y Scully 1995),
los estudios institucionales y de opinión pública (Payne, 2003), estudios comparados de los
niveles de institucionalización existente entre las realidades de Europa del Este, América Latina
y democracias consolidadas ( Torcal, 2005) y el análisis de Coppedge12 (1998)
Sin embargo, aún con la presencia de este cúmulo de trabajos, la presencia de una
representación programática, tal y como lo postula el GPR en América Latina, ha sido exigua. El
GPR ha enfrentado serias limitantes para explicar la realidad de las democracias que emergieron
principalmente durante la tercera ola de la democracia (Sartori, 1996). En ellas, la competencia y
el desempeño del gobierno se ha dado predominantemente sobre la base de lo que se conoce
como el Patronage-based, party-voter linkage (Kitschelt y Wilkinson, 2007), un modelo de
representación basado en el intercambio particularizado, también denominado “representación
clientelar”.
En este modelo, los vínculos entre partidos y ciudadanos se basan en incentivos
materiales directos, focalizados en individuos específicos o pequeños grupos que de antemano
se sabe son altamente receptivos –sobre todo por su grado de marginación y pobreza– a retribuir

Este último, centrado en las coyunturas críticas marcadas por el cambio en el modelo económico –de 1982 a
1990–, que habían afectado el perfil ideológico y las formas de organización de los partidos políticos en
América Latina; posibilitando divergencia programática entre los partidos denominados de derecha, que habrían
apoyado las reformas orientadas al mercado y los partidos de izquierda o centro izquierda, que se opusieron a
dichas medidas como la solución aducida para la crisis económica en el continente
12

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

50

�electoralmente y/o con su adhesión al partido político que lo está beneficiando con
recursos del Estado en su ejercicio de gobierno.13
En este contexto, la noción de partidismo racional que aquí se presenta si bien descansa
en la premisa de que es la racionalidad individual y no los procesos de socialización, lo que
permite la formación de una identidad colectiva, en este caso un nosotros perredista, la
evaluación que el individuo realiza no se lleva a cabo sobre la provisión de bienes colectivos
como el crecimiento económico, el empleo, la estabilidad monetaria, la seguridad social. Por el
contrario, en la también llamada rendición de cuentas clientelar, la evaluación que hacen los
individuos se hace sobre el beneficio mutuo y el intercambio de apoyo a cambio de una
retribución o transferencia de renta directa, o por el acceso a empleo y bienes y servicios de
distinta índole.
La Identidad Partidista en la Ciudad de México
El 2 de julio de 2006, el Partido de la Revolución Democrática (PRD), consolidaba su
posición dominante en el espectro electoral de la Capital del País; con 42.37% de los votos
obtenía por tercera vez consecutiva la Jefatura de Gobierno de la Ciudad de México; ganaba
catorce de las dieciséis delegaciones políticas y treinta y seis de los cuarenta distritos locales de
mayoría.
En un período de seis años, considerando las tres elecciones locales concurrentes, el
PRD había aumentado su nivel de votación en un 40.5% en promedio; este aumento implicaba
considerar que se había producido también una expansión en los niveles de identificación política
con el partido del Sol Azteca, reflejada tanto de forma paulatina, como de un proceso electoral
a otro.
Al respecto, un primer punto de referencia del cambio en los niveles de perredismo lo
ofrece precisamente el incremento observado del proceso electoral de 2000 al de 2006:

En este sentido, tal y como lo enuncia Menenguello (1998: 27): “El Estado ha adquirido un papel creciente
como elemento regulador de la vida y del funcionamiento de los partidos, y la experiencias de gobiernos vienen
ampliando las bases de su desarrollo organizativo a través de los recursos políticos allí producidos”. A través
de su participación en el gobierno, los partidos optimizan la atención de los intereses y necesidades de grupos
organizados, o enclaves sociales específicos.
13

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

51

�Como se puede observar en la figura 1, el incremento del perredismo fue de más de 18
puntos, mientras que en el caso del panismo y el priísmo se presenta un decremento de casi 8 y
poco más de 10 puntos porcentuales, respectivamente.
Por otra parte, con base en las encuestas delegacionales que realizó el departamento de
investigación del Grupo Reforma, se presenta la dinámica del partidismo en la Ciudad de México
que señala el incremento/decremento en el período 2001 – 2006.
Tabla 1. Crecimiento porcentual del Partidismo por Delegación en la Ciudad de México:
2000 – 2006
Álvaro Obregón
Azcapotzalco
Benito Juárez
Coyoacán
Cuajimalpa
Cuauhtémoc
Gustavo A. Madero
Iztacalco
Iztapalapa
Magdalena Contreras
Miguel Hidalgo
Milpa Alta

Priísta
21
-13
-23
-16
-9
-27
-44
-9
-45
-26
-43
-26

Panista
-46
-32
-4
-38
-51
-43
-48
-23
-36
-29
-19
-14

Perredista
145
154
70
58
130
147
203
118
192
208
199
78

Independiente
-21
-26
-12
3
-15
-19
-20
-32
-38
-37
-18
-21

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

52

�Tláhuac
Tlalpan
Venustiano Carranza
Xochimilco
Promedio

-38
-18
-16
-6
-24

-33
-24
-36
-19
-31

130
88
111
71
131

-31
-25
-15
-25
-24

Como se puede observar, el perredismo es la única identidad partidista que se incrementa
en el período 2000 – 2006; considerando los distintos niveles de cada una de las dieciséis
delegaciones políticas este aumento fue en promedio de 131%. En contraste el priísmo y los
independientes decrecen en 24%, mientras que el panismo lo hizo en 31%.
En lo que respecta específicamente al perredismo, el crecimiento porcentual promedio
anual, indica que en delegaciones como Magdalena Contreras, Gustavo A. Madero y Miguel
Hidalgo el perredismo crecio en promedio cada año en 25%, en Iztapalapa lo hizo en 24%;
mientras que en un grupo que va de Azcapotzalco a Tlahuac el crecimiento fue del 20% anual
en promedio, siendo las delegaciones Xochimilco, Benito Juárez y Coyoacán en donde la
identificación con el Sol Azteca creció menos en un 11% y 10% respectivamente.

La serie de mediciones que se han presentado son solo una muestra del aumento que se
produjo en los niveles de perredismo en un corto periodo de tiempo. Al respecto, se plantea que
este incremento del perredismo no ha dependido de la familia u otros grupos de referencia, sino
fundamentalmente del beneficio de políticas concretas que los individuos consideran en un
determinado horizonte de tiempo, como ejes articuladores del debate acerca de la direccionalidad
que debe adoptar el ejercicio de gobierno.
En este sentido, el objetivo siguiente es comprobar que la expansión del denominado
perredismo, observada durante el ejercicio de gobierno 2000-2006, obedeció a las características
particulares del modo de implementación de la política social. Es decir, este incremento no puede

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�explicarse sin considerar la conformación de nuevos vínculos partidarios bajo una lógica de
intercambio particularizado o de índole clientelar.
La construcción del partidismo perredista adquirió un cariz particular en respuesta a
nuevas pautas distributivas-retributivas, que modificaron las formas de vinculación clientelar, lo
cual amplió, a nivel agregado, los niveles de identificación con el PRD.
En el siguiente apartado se analizará el desempeño del gobierno basado en la política
social y su estrategia de implementación basada en una lógica de intercambio particularizado.
Se demostrará, finalmente, hasta qué punto la proyección del perredismo es consecuencia
de un estrategia fincada en nuevas formas de vinculación política, basadas fundamentalmente en
la política social adoptada por el PRD en su ejercicio de gobierno.
Por el Bien de Todos, Primero los Pobres
Durante el segundo periodo de gobierno del Partido de la Revolución Democrática
(PRD) en la Ciudad de México14, se inició formalmente un proceso de reincorporación de la
cuestión social en la agenda política; durante el periodo 2001-2006, la estrategia de gobierno del
PRD supuso un cambio sustancial que trasladó la atención –centrada hasta ese momento en la
necesidad de instituciones y procedimientos formales para la competencia política, al estado de
profunda desigualdad económica existente en el país y en la Ciudad de México.
En este sentido, el PRD fue claro en su planteamiento; sus líneas de acción como partido
en el gobierno se erigirían como una respuesta a la política económica vigente, con la posibilidad
de hacer patente por primera vez –de forma efectiva y bajo políticas públicas concretas– su
denuncia del modelo neoliberal.
El gobierno perredista buscaba rescatar las bases sociales, el carácter asistencial y el
Estado benefactor, interventor y regulador propios del modelo posrevolucionario y con
ello retornar a las bases tradicionales de legitimidad del sistema político, basado en un
pacto social, adoptando un proyecto económico tradicional (Bruhn, 1997, p. 17).
Esta toma de posición sobre las funciones que debería tener el Estado no sólo tendría
impacto en los objetivos y las prioridades que el Gobierno de la ciudad se había planteado, en
respuesta a la política social del Gobierno Federal, que era vista únicamente como un conjunto
de correctivos a las fallas e insuficiencias del mercado; la estrategia gubernamental en la
distribución del gasto social estaba en concordancia con el común denominador de los partidos
de izquierda o socialdemócratas, los cuales ejecutan transferencias sociales mediante la
intervención del Estado (Alesina 1992 y 1997; Boix, 1996) con el objetivo de maximizar la tasa
No obstante, desde 1997 para el Gobierno de la Ciudad de México, el objetivo de la política social sería “la
superación del grave deterioro social, a través de una política social integral, basada en una política económica
orientada al crecimiento sustentable con equidad [para lo cual se proponía] construir un nuevo paradigma para
la política social y enfatizar en el desarrollo de instrumentos de corresponsabilidad gobierno-sociedad”. Veáse:
Informe sobre Política Social del Gobierno del Distrito Federal, Secretaría de Educación, Salud y Desarrollo
Social, 1997: 5.
14

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

54

�de crecimiento económico, priorizando el bienestar de los trabajadores y los sectores menos
favorecidos.
El propósito del gobierno perredista, desde el momento en que Andrés Manuel López
Obrador asumió la Jefatura de Gobierno de la Ciudad de México, sería que todo el proceso de
implementación de la politica pública y la política social en particular se rigiera bajo el lema que
desde su campaña había enarbolado: “Por el bien de todos, primero los pobres”.
A través del Programa General de Desarrollo del Distrito Federal 2001-2006, se realizó
un diagnóstico de la problemática capitalina y se señalaba que la política social se convertiría en
el eje articulador de los programas que aplicaría el Gobierno de la Ciudad de México.
Con base en ésta directriz, se desarrolló el Programa Integral y Territorial de Desarrollo
Social (PITDS), el cual estaba integrado por un conjunto de programas sociales, cuya lógica de
aplicación dependía del grado de marginación existente en las dieciséis delegaciones políticas en
que se divide política y administrativamente la Ciudad de México.
De acuerdo con los criterios del gobierno capitalino, poco más del 58% de la población
de la Ciudad de México, se encontraba en condiciones de ser atendida por las trece vertientes
programáticas que integraron la Política Social del Gobierno; su implementación dependería,
primero, de dividir a la Ciudad de México en 1352 unidades territoriales; para posteriormente,
ubicar aquellas zonas que con los mayores niveles de marginación y pobreza, concentrarían a la
población objetivo de los programas sociales del gobierno perredista.
Tabla 2. Vertientes Programáticas de la Política Social de Gobierno del Distrito Federal:
2001 - 2006
Vertientes Programáticas de la Política Social de Gobierno del Distrito Federal: 2001 - 2006
Servicios Asistenciales
Construcción de Obras y Servicios
Prevención del Delito
Rescate de Unidades Habitacionales
Estancias Infantiles
Ampliación y Rehabilitación de Vivienda
Becas para Trabajadores
Construcción y Mantenimiento de Escuelas
Apoyos a Adultos Mayores
Apoyo a la Producción Rural
Apoyos a Personas con Discapacidad
Crédito a Microempresarios
Apoyo a niños y niñas en condiciones de pobre
Apoyo a Mercados Públicos
Desayunos Escolares

Bajo ésta lógica, la segmentación daría como resultado 767 unidades territoriales
distribuidas acorde al porcentaje de población en grado de marginación en las dieciséis
delegaciones políticas.
El Programa Integral y Territorial de Desarrollo Social (PITDS), daría prioridad a lo largo
del sexenio a los apoyos económicos directos que comprendieron los programas de: Adultos
mayores, Apoyo a personas con discapacidad, Apoyo a niños y niñas en condiciones de
vulnerabilidad, Becas para trabajadores. Del 2001 al 2006 se erogaron 19 mil 977 millones de

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

55

�pesos en estos programas, lo cual representó el 65.5% del presupuesto de la política social del
gobierno.

Como se puede observar en la gráfica anterior, el porcentaje de asignación de gasto en
los programas que representaron transferencia de renta directa, fue entre el 60% en el 2002 a
casi el 80% en 2006; en todo caso, cada año durante el sexenio estos programas fueron la
prioridad del Gobierno de la Ciudad de México15.
En lo que respecta al desglose de los apoyos económicos directos durante el sexenio, el
programa de Apoyo a Adultos mayores representó 78% del presupuesto, con 13 mil millones
505 mil 407 pesos, mientras que en el programa destinado a personas con discapacidad se ejerció,
con 2 mil 518 millones de pesos, el 15% del presupuesto.
La prioridad en el destino de gasto muestra que, en materia de programas de
transferencia de renta directa, la marginación no necesariamente fue el principal criterio de
distribución de las asignaciones en las dieciséis delegaciones políticas.
Al respecto, para tener mayor claridad en la forma en que se asignó el gasto, se presenta
1) cuáles fueron durante el sexenio, las delegaciones que ejercieron el mayor porcentaje de gasto
social considerando los cuatro programas de transferencia de renta 2) cómo se distribuyó el

15

La tasa de crecimiento promedio durante el sexenio en los Apoyos económicos directos fue del 17%, mientras
que la tasa de crecimiento en el período 2001 – 2006 fue del 121% en los programas de transferencia de renta
directa. Por otra parte, los programas de crédito fueron el segundo orden de prioridad en el sexenio y los
programas de suministro de insumos, y los programas de construcción y mantenimiento de servicios, si bien
comenzaron el sexenio con una inversión de 21%, representaron al final sólo 4.8% del presupuesto

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

56

�gasto de cada programa, en cada una de las diecises delegaciones y 3) cuál fue el programa
prioritario o la prioridad de gasto en cada delegación política.
Como se puede observar a continuación en la figura 4, en principio son cinco las
delegaciones que aglutinaron poco más del 56% del gasto en beneficios económicos directos
durante el sexenio: Iztapalapa, Gustavo A. Madero, Álvaro Obregón, Tlalpan y Coyocán; el 43%
se distribuyó en las once delegaciones restantes; con un criterio distinto, como se puede
observar, al del grado de marginación que caracterizaba en ese momento a cada localidad. Éste
mismo grupo de demarcaciones fueron prioritarias en materia de gasto por programa; de tal
forma que el 51.34% del presupuesto del programa de Ayuda a Adultos Mayores; el 62% del
gasto del programa de Ayuda a Personas con Discapacidad; el 58.7% del programa de Becas
Escolares y el 55% del gasto del programa de Apoyo al Empleo, se concentró esencialmente en
las cinco delegaciones punteras: Iztapalapa, Gustavo A. Madero, Alvaro Obregón, Tlalpan y
Coyocán.

Por otra parte, hay que señalar que el gasto en los distintos programas se distribuyó en
diferentes porcentajes en cada demarcación; por ejemplo, en el caso de los programas que se les
destinó mayor presupuesto: Ayuda a Adultos Mayores y Ayuda a Personas con Discapacidad, su

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�presencia fue reducida en delegaciones como Milpa Alta, Tláhuac y Cuajimalpa, demarcaciones
con el mayor grado de marginación en la Ciudad de México.
La fuerza de los programas de transferencia directa si bien se hace patente en conjunto,
fuera de las delegaciones punteras, el grado de marginación y pobreza no fue el criterio de
asignación del gasto social durante el sexenio.
Si bien la concepción de la política social ha estado en consonancia con una plataforma
ideológica identificada con la oferta programática de los partidos de izquierda; la distribución del
gasto social ha seguido distintas estrategias, más acordes con criterios partidistas que con criterios
técnicos, que ponderen la marginación de las delegaciones como el eje principal en la asignación
de recursos.
En el siguiente apartado se muestra todo el proceso de verificación empírica entre el
gasto social principalmente en materia de transferencia de renta directa y el aumento del
perredismo en la Ciudad de México y en cada una de las dieciséis delegaciones políticas.
El Gasto Social y el Perredismo en la Ciudad de México
Con el fin de verificar la relación entre erogación en programas sociales e incremento del
perredismo durante el período 2001 – 2006, se elaboró una base de datos que comprendió la
sistematización de información estadística de los distintos programas que articularon la política
social del Gobierno de la Ciudad de México. Esto permitió observar la dinámica particular de
distribución del gasto de cada una de las siguientes vertientes programáticas.
1.

Apoyo a adultos mayores

2.

Apoyo a personas con discapacidad

3.

Apoyos a niños y niñas en condiciones de pobreza y vulnerabilidad

4.

Becas para los trabajadores

5.

Desayunos escolares

6.

Ampliación y rehabilitación de vivienda

7.

Crédito a microempresarios

8.

Apoyo a la producción rural

9.

Rescate a unidades habitacionales de interés social

10.

Mantenimiento de escuelas

11.

Apoyo a mercados públicos

12.

Estancias infantiles

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�La estrategia de análisis se centró en el diseño de un modelo de regresión tipo panel; éste
modelo permitió analizar la distribución del gasto en las delegaciones políticas, en tanto unidades
transversales, a lo largo del tiempo16 y permitió alcanzar el mayor nivel de individualidad del
impacto de las variables explicativas de gasto sobre la variable dependiente –perredismo por
delegación del 2001 al 2006–, e incorporar también en el análisis la variación del perredismo en
cada demarcación; documentando con ello los resultados de los efectos fijos.
Variables de análisis
La información de la totalidad de los programas y, en específico, la de aquellos que
representaron transferencias de renta directa a los beneficiarios se incorporaron al modelo en
términos per cápita. No obstante, como ya se mencionó, a fin de alcanzar el mayor efecto
individual de las variables de gasto –y dada la incidencia diferenciada que tuvieron los programas
y el peso específico que, en particular, tuvo el programa de apoyo a adultos mayores– se procedió
a verificar la existencia o ausencia de relaciones lineales17 entre las variables independientes de
transferencia de renta directa cuya dinámica y efecto hasta el momento hemos documentado: 1)
apoyo a adultos mayores 2) apoyo al empleo 3) becas escolares 4) apoyo a discapacitados.
Con ello, se observó un alto grado de asociación entre el gasto realizado en el programa
de ayuda a adultos mayores y el gasto en el programa de apoyo al empleo y, por otro lado, entre
el gasto en el programa de becas escolares y el gasto en apoyo a personas con discapacidad. No
obstante, el gasto en adultos mayores y apoyo al empleo no está relacionado linealmente con
becas escolares ni con apoyo a personas con discapacidad.
De esta manera, se formó un índice aditivo entre ambos grupos de programas y se
crearon dos nuevas variables: Gastopc1, conformada por el gasto conjunto per cápita de los
programas de ayuda a adultos mayores y apoyo al empleo; y Gastopc2, la cual representa el gasto
per cápita en becas escolares y apoyo a personas con discapacidad. Por otra parte, con el fin de
calcular el efecto de la totalidad de los programas sociales, se incorporó en el análisis la inversión
per cápita global. Finalmente, se agregó la variación del perredismo por delegación mediante un

16

Al plantear un modelo de regresión en forma de panel, los datos disponibles crecen y permiten analizar,
simultáneamente, la relación funcional entre nuestras variables tanto temporal como espacialmente. Algunos
beneficios de este tipo de modelos, en comparación, por ejemplo, con los denominados de series de tiempo o
de corte transversal, es que proporcionan una mayor cantidad de datos informativos, más variabilidad, menos
colinealidad entre variables, más grados de libertad y una mayor eficiencia. En este sentido, el problema de
investigación que interesa estudiar está definido, tanto temporal como espacialmente. El estudio abarca un
periodo de tiempo de seis años, que va del 2001 al 2006, en el Distrito Federal. A su vez, dentro de esta Entidad,
la unidad de observación son las delegaciones políticas. Ahora bien, un modelo de corte transversal no permite
estudiar la relación funcional planteada, ya que tendrían que correrse seis de estos modelos. Por lo que se refiere
a modelos de series de tiempo, se tendrían que realizar 16 modelos, uno para cada delegación. Pero la limitación
más importante es el número de observaciones que se tendrían para cada una de estas alternativas.
17
Dado que las variables de gasto, por su naturaleza, tendrían un alto grado de multicolinealidad, se realizaron
regresiones parciales entre estas variables para determinar qué tanto una variable independiente explica la
variación de las otras. Es decir, se estimó la Rj2 a fin de determinar cuál es la proporción de la variación total
que hay en una variable independiente a causa de las otras variables independientes de gasto. Estas regresiones,
y la comprobación de la existencia de relaciones lineales entre las variables independientes de gasto, se
efectuaron antes de la especificación del modelo y sirvieron para orientar la misma. Los pormenores de este
procedimiento y las especificaciones del modelo se pueden consultar en el apéndice metodológico
correspondiente.
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

59

�análisis de efectos fijos,18 tomando como variable de referencia a la delegación Iztapalapa, dado
que fue la delegación que presentó un crecimiento constante en sus niveles de perredismo a lo
largo del sexenio y la de mayor gasto social asignado durante el período.
La incorporación del análisis de los efectos fijos por delegación permitirá vislumbrar si
frente a Iztapalapa, como la variable de referencia, cada una de las quince delegaciones restantes
contribuye, en mayor o en menor medida, a la identidad partidista perredista.
Interpretación y resultados
El modelo que a continuación se presenta valida la hipótesis que ha guiado este trabajo;
en el sentido de que el desarrollo del perredismo obedeció a una lógica de desempeño
gubernamental basado en la construcción de apoyo por la vía de la política social. En este caso
concreto, la estrategia de distribución del gasto social durante los años 2001 a 2006 habría tenido
un impacto en la expansión de los niveles de perredismo en la Ciudad de México.
Tabla 3. Gasto en política social: inversión per cápita e inversión per cápita conjunta de
programas de transferencia de renta directa y expansión del perredismo en la Ciudad de
México: 2001-2006
Variable independiente

Variables explicativas
Gasto social per cápita
Gastopc1:
adultos
mayores/apoyo al empleo
Gastopc2: programa de becas
escolares/apoyo a personas
con discapacidad
Efectos fijos
Azcapotzalco
Coyoacán
Cuajimalpa
Gustavo A. Madero
Iztacalco
Magdalena Contreras

Coeficiente

Perredismo
Error
Significancia
Estándar

.6242*

0.2183

0.0040

-5.8935*

1.8694

0.0020

2.3361**

1.1536

0.0430

-.2688*
-.2633*
-.7200*
-.2341*
-.2466*
-.3240*

.0533
.0841
.2245
.0515
.0670
.0570

0.0000
0.0020
0.0010
0.0000
0.0000
0.0000

La introducción de la estimación de efectos fijos se justifica, tal y como dice Wooldridge (2001), “cuando no
podemos considerar que las observaciones son muestras aleatorias de una gran población”. En el caso de contar
con datos sobre estados y provincias, a menudo conviene pensar en αi como parámetros que hay que estimar,
en cuyo caso empleamos métodos de efectos fijos. Utilizar efectos fijos conlleva permitir una intercepción
distinta para cada observación (en este caso cada delegación).
18

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

60

�Milpa Alta
Álvaro Obregón
Tláhuac
Tlalpan
Xochimilco
Benito Juárez
Cuauhtémoc
Miguel Hidalgo
Venustiano Carranza
Constante: Iztapalapa
Observaciones
OverallRˆ2
p&lt;0.01*

-.5177*
-.3434*
-.1604
-.2613
-.3006
-.5394*
-.1801*
-.4904*
-.4741*
31.1816
95
0.7951
p&lt;0.05**

.1894
.0446
.0596
0.353
.0681
.2099
.0553
.0668
.0514
19.7909

0.0060
0.0000
0.0070
0.0000
0.0000
0.0100
0.0010
0.0000
0.0000
0.1150

p&lt;0.10***

El cuadro muestra el modelo con las variables independientes de gasto per cápita y la
variable dependiente de identidad partidista perredista o perredismo. La primera variable, gasto
social per cápita, comprende el gasto por persona realizado en función de la totalidad de las
ramas programáticas que constituyeron la política social del gobierno. Los resultados nos indican
que la relación entre esta variable y el partidismo es positiva y significativa: a medida que el gasto
social per cápita de todos los programas que integraron el Programa Integrado Territorial para
el Desarrollo Social (PITDS) aumentó en una unidad porcentual, el perredismo lo hizo 0.62%.
Esto demuestra que el impacto individual de los programas, más allá de sus objetivos concretos
–mejora de unidades habitacionales, rehabilitación de viviendas, desayunos escolares etc.–, es lo
que prima en el aumento del partidismo durante este periodo.
Esta variable es de suma importancia, ya que demuestra el impacto en su conjunto de la
política social del gobierno en la percepción de cada uno de los beneficiarios de los distintos
programas. Esto también indicaría que el beneficio de los distintos programas puede ser
indirecto, ya sea por un familiar beneficiado, un amigo o por el simple hecho de concordar –
aunque la persona no sea beneficiaria– en la manera en que la política es aplicada. De esta
manera, en la medida en que se incrementa la inversión y los resultados son cada vez más visibles,
la probabilidad de identificarse con el PRD se incrementa.
En este sentido, existe una completa interacción e interconexión entre las distintas ramas
programáticas que integraron el grueso de la política social. Si bien hay programas que tuvieron
un mayor peso presupuestal, como el caso del apoyo a adultos mayores, este resultado no hace
sino evidenciar que la estrategia integral que el Gobierno de la Ciudad de México mantuvo desde
un principio tuvo éxito.
No obstante, al margen de las distintas motivaciones individuales que llevaron a los
integrantes de los diferentes segmentos beneficiados a, directa o indirectamente,
identificarse, reconocerse y formar parte de un “nosotros” perredista; lo que
primordialmente indica la incidencia de la inversión per cápita de los programas sociales
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�en la expansión del perredismo es el éxito de una acción conjunta en varios frentes o
segmentos de población. Entre ellos, se puede contar a los jóvenes, adultos mayores,
niños, mujeres solteras, desempleados de distinta índole e incluso pequeños empresarios
y trabajadores del sector rural. Desde otro ángulo, similar a los procesos susceptibles de
producir una acción colectiva, también puede mostrar el impacto positivo que produjo
la conformación de condiciones estructurales comunes, que permitieron a los distintos
beneficiarios percibir, evaluar y decidir lo que tienen en común (Melucci, 1999).
Por otro lado, si ponemos en el centro de la interpretación consideraciones
instrumentales, esta variable representaría el indicador económico sobre el cual los individuos
estarían evaluando el desempeño del gobierno; una de las causas principales del movimiento del
partidismo a nivel agregado (Erikson, MacKuen y Stimson, 1989). En este sentido, la inversión
en programas sociales se constituiría en la función representativa del desempeño económico que
durante este tiempo habría afectado la oscilación del perredismo en ese nivel.
Este argumento se refuerza al estudiar los coeficientes de los programas que
representaron beneficios directos. Éstos son mayores respecto a lo observado en la inversión
per cápita, pero, paradójicamente, su efecto sobre el perredismo es distinto.
Por un lado, en el gasto per cápita conjunto en los programas adultos mayores/apoyo al
empleo, la variable es significativa, pero el coeficiente negativo; mientras que el gasto per cápita
agregado en becas escolares/apoyo a personas con discapacidad es positivo, significativo e,
incluso, mucho mayor que el gasto social per cápita, dado que, ante un incremento de una unidad
porcentual, el perredismo aumentó en 2.33 por ciento.
Por otro lado, en lo que respecta a la variable Gastopc2: becas escolares/apoyo a
personas con discapacidad, contra todos los pronósticos, que hacían pensar que el gasto
conjunto encabezado por el programa de apoyo a adultos mayores habría de tener una mayor
incidencia, los programas de becas escolares/apoyo a personas con discapacidad fueron, en
términos de efectividad de la política pública, mucho más rentables en la conformación del
perredismo.
El perredismo por delegación
Con el fin de evaluar el efecto diferenciado del grado de partidismo por delegación, se
calcularon los efectos fijos 19 a través de variables dummies. Esto nos permite observar,
19

Los efectos fijos nos permiten medir la intersección diferencial de cada unidad observada; en el caso que nos
atañe, de cada delegación política. Ahora bien, se le llama efectos fijos dado que a pesar de que el coeficiente
de intersección puede variar para cada delegación, en realidad es invariable a lo largo del tiempo. En realidad,
lo que busca es identificar las diferencias que existen en las delegaciones en torno de nuestra variable
dependiente (identidad con el PRD), manteniendo constante el tiempo y el resto de las variables. Sin embargo,
los coeficientes de las variables gastosocial, bendirectos, etc., estimados en el modelo de regresión de panel, sí
consideran la variable tiempo.
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�manteniendo las variables de gasto constantes, cuál es la delegación en la que el perredismo
creció más. Como ya se mencionó, como parámetro de comparación se escogió a la delegación
Iztapalapa. Al tomar a esta demarcación como constante, podemos determinar el peso individual
de cada delegación.20 Con ello se puede observar, dado que los coeficientes son negativos y
significativos, que el análisis se hace en función del grado de cercanía a la constante, en este caso
Iztapalapa. En este sentido, todas las delegaciones contribuyen al perredismo por debajo del
promedio.
En primera instancia tenemos a las delegaciones cuya contribución a la identidad está
muy cerca del promedio: Tláhuac en 0.16%, Cuauhtémoc en 0.18%, Gustavo A. Madero en
0.23% e Iztacalco en 0.24%. Estos resultados son muy consistentes con el crecimiento
observado y el promedio sexenal de perredismo que cada una de estas demarcaciones presentó
durante los seis años analizados.
Luego se encuentra un grupo relativamente homogéneo, conformado por Tlalpan,
Coyoacán y Azcapotzalco; estas tres zonas contribuyen en 0.26%. Por su parte, la contribución
de Xochimilco, Magdalena Contreras y Álvaro Obregón oscila entre el 0.30% en el primer caso
y 0.34%, pasando por 0.32% de Magdalena Contreras; lo cual las ubica en una posición
equilibrada en relación con la constante.
No ocurre así con Venustiano Carranza, Miguel Hidalgo, Milpa Alta, Cuajimalpa y, por
supuesto, Benito Juárez. Estas delegaciones están muy por debajo del promedio, destacando
Cuajimalpa en 0.72%, y los enclaves panistas, Benito Juárez en 0.53% y Miguel Hidalgo en
0.49%. Las diferencias pueden obedecer a muy diversas causas, desde la predominancia del PAN
en Benito Juárez y Miguel Hidalgo, hasta sus niveles de marginación, las características
individuales de la población, etcétera.
Lo interesante del análisis por efectos fijos es que, sin duda, existen factores
inobservables que están latentes en la contribución particular de cada delegación al perredismo
a nivel agregado. Entre dichos factores se encuentran la disminución y consecuente reconversión
de priístas y panistas; la adhesión de jóvenes, en tanto nuevos segmentos de población que
empiezan a participar políticamente; la influencia indirecta que pudieron haber tenido los grupos
beneficiados en su entorno más inmediato: familiar, comunitario, etc., de la que ya hemos hecho
mención; distintas formas de percibir el desempeño del gobierno, y la propia acción de los
partidos de oposición.

La intersección diferencial; en realidad es un coeficiente que evalúa el modelo de regresión en forma de panel;
este coeficiente es el β0 o constante del modelo. Para poder observar cómo varía la intersección en función de
las empresas, se introducen las variables dicótomas de intersección deferencial (variables dummies, una para
cada delegación política, quitando la de referencia, ya sea Benito Juárez o Iztapalapa). En realidad se desea
evaluar los coeficientes de intersección diferencial para cada delegación a fin de observar las diferencias que
existen en las unidades transversales (delegaciones). Si los coeficientes de efectos fijos (variables dummies de
cada delegación) son estadísticamente diferentes de cero, quiere decir que existen diferencias entre ellos; es
decir, diferencias en la identidad con el PRD en cada delegación. Al introducir las variables dummies, se elige
una como referencia, la cual por cierto no se incluye explícitamente en el modelo, ya que su coeficiente es el
β0. Por esta misma razón, el β0 se utiliza para calcular la intersección diferencial de cada delegación.
20
Permitiendo que la intersección varíe en cada una de ellas, pero asumiendo que los coeficientes de las
pendientes son constantes en cada una de las delegaciones (Gujarati, 2004: 619).
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63

�El hecho mismo de que una delegación como Iztapalapa –teniendo el nivel más alto de
marginación– se erija, como la demarcación de mayor contribución a la conformación del
perredismo, señala que existe una convergencia entre la acción del gobierno, la intención
individual y el efecto externo independiente –ajeno al control del individuo– que es la estructura
social.
Conclusiones
La política social del gobierno significó la modificación radical de la orientación vigente
hasta ese momento, no sólo en su aplicación –universalización en detrimento de la focalización–
. Esto no hizo sino expresar las preferencias ideológicas del partido en el gobierno sobre el grado
de compromiso que debe tener el Estado en la gestión de la desigualdad social; lo cual tuvo un
efecto concreto en la expansión de los niveles de perredismo.
La evidencia que hemos presentado hasta ahora demuestra que las preferencias
ideológicas del partido en el gobierno, sobre el papel que debe tener el Estado en el manejo de
la economía, determinó un desempeño que, centrado específicamente en la política social, generó
una expansión en los niveles de partidismo del PRD durante los años 2001 a 2006, en que ejerció
su segundo periodo de gobierno en la Ciudad de México.
Si bien el estudio del impacto de las políticas públicas de carácter social no es nuevo y
existen trabajos pioneros de suma importancia en este sentido –véase, por ejemplo, Moreno
(1997) o, más recientemente, Magaloni, Díaz Cayeros y Estévez, (2006)–, éstos en su mayoría se
han centrado en la incidencia que este tipo de políticas tiene en el comportamiento electoral, en
la aprobación presidencial o, de forma más general, en la formación de una opinión favorable al
gobierno en turno.
En este sentido, el presente trabajo quiere ofrecer una aproximación distinta, no sólo
con la introducción del partidismo como variable dependiente, sino por las implicaciones que el
incremento del perredismo –en función de la forma en que se aplicó la política social– tiene para
la comprensión de los vínculos que se establecen entre los individuos y los partidos políticos. Lo
anterior, cuando la evaluación de un gobierno y la formación de las preferencias se hace sobre
la base de un desempeño económico muy particular, en el contexto de una democracia
emergente, como la mexicana.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

64

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Cultura

política y la percepción de Protección de los Derechos Humanos

en Brasil: una cara de la calidad de la democracia en el país

Political Culture and Perception of Human Rights Protection in Brazil: a
face of quality of democracy in the country

Bianca de Freitas Linhares
Valéria Cabreira Cabrera
Universidade Federal de Pelotas
E-mail: bipolitica@hotmail.com
Fecha de envío: 10 de septiembre 2015
Fecha de aceptación: 5 de noviembre 2015

Resumen
La cultura política de las sociedades se compone por la percepción de los ciudadanos
acerca de los fenómenos políticos. Por lo tanto, saber cómo los ciudadanos han entendido la
cuestión de la protección de los derechos humanos hace que sea posible conocer más de lo
comportamiento político brasileño, que se va a guiar el diseño de políticas públicas que fomenten
el apoyo a estos derechos y reafirman su importancia para la democracia. Siendo así, debemos
tener en cuenta la premisa de que la satisfacción con la actuación del Estado es un elemento
reconocido de la confianza de los ciudadanos en las instituciones y más grande / mejor calidad
de la democracia. Principalmente porque, los estudios de cultura política han demostrado que el
número de ciudadanos brasileños que apoyan el sistema político, pero no están de acuerdo con
los aspectos institucionales democráticos, es alto. En este sentido, se pone en discusión cómo
los ciudadanos brasileños han entendido a lo largo del tiempo la protección de estos derechos
en Brasil. La hipótesis planteada fue que la percepción del ciudadano brasileño sobre la
protección de los derechos humanos se ha mantenido en el sentido negativo, es decir, que el
brasileño no considera tener estos derechos protegidos. La metodología adoptada fue
cuantitativa, con el análisis estadístico longitudinal de datos de opinión pública recogidos por el
instituto de investigación Latinobarómetro en las rondas de encuesta survey en 2007, 2008, 2009,

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

68

�2011 y 2015 en Brasil. Como resultado parcial, se encontró con todo esto dicho series de tiempo,
la mayoría de la población se siente poco o nada garantizado los derechos de protección del
medio ambiente, de la igualdad de género, de la igualdad de oportunidades con independencia
del origen de las personas, de la libertad de expresión (excepto 2009 y 2011), de la seguridad y la
seguridad social. Estos resultados ponen en duda la calidad de la democracia en Brasil.
Palabras clave: Derechos Humanos; Cultura Política; Calidad de la Democracia
Abstract
The political culture of the society consists of the perceptionof citizens about the political
phenomena.Therefore, know how citizens have understood the questionof the protection of
human rights It makes it possible to learn more about the Brazilian political behavior, which is
to guide the design of public policies to encourage support for these rights and reaffirm the
importance to democracy. Being like that, we must bear in mind the premise of which the
satisfaction with the action of the State is a recognized element of the confidence of the citizens
in the institutions and bigger / better quality of democracy. Mainly because, the studies of
political culture have demonstrated that the number of Brazilian citizens who support the
political system, but they do not agree with the institutional democratic aspects, it is high. In this
sense, it becomes in discussion how Brazilian citizens have understood over time the protection
of these rights in Brazil. The raised hypothesis was that the perception of the Brazilian citizen
on the protection of the human rights has been kept in the negative sense, that is to say, that the
Brazilian does not consider have these protected rights. The adopted methodology was
quantitative, with the statistical longitudinal analysis of information of public opinion gathered
by the institute of investigation Latinobarómetro in the rounds of survey survey in 2007, 2008,
2009, 2011 and 2015 in Brazil. As a partial result, met with all this this time series, the majority
of the population feels little or nothing guaranteed of protection of the environment, equality of
gender, equal opportunities irrespective of the origin of the people, freedom of expression
(except for 2009 and 2011), security and social security. These findings call into question the
quality of democracy in Brazil.
Keywords: Human Rigths; Political Culture; Quality of Democracy.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

69

�El final de la década de 1980 en el mundo académico se ha caracterizado por el estudio de las
condiciones de paso de los regímenes no democráticos para democráticos. Tales transiciones en las
décadas de 1970 y 1980 representaron un cambio de regímenes autoritarios a otros que todavía no se
conocen con certeza que la naturaleza haría. El estudio de estas transiciones se centró en la crisis de
los gobiernos no democráticos, proponiendo, en resumen, que la liberación de la acción política por
sí misma permite a los actores políticos ya instalados daría lugar al nuevo régimen con éxito. Por lo
tanto, el enfoque del análisis estaba equivocado, ya que la relación entre la elite de la política y la masa
de los ciudadanos fue pasada por alto. El resultado fue la ausencia de un análisis acerca de la
continuidad de ciertas características restantes del período autoritario. El mantenimiento de las
instituciones existentes en las dictaduras y la permanencia de la conducta autoritaria entre los
ciudadanos aparecen como puntos clave en el estudio de las nuevas democracias (Moisés, 1995).
Estudios, como el de Moisés (2008), apuntan a la existencia de tendencias autoritarias en la
cultura política del brasileño, que, mientras que prefieren la democracia a cualquier otra forma de
gobierno, tiene creencias, valores, opiniones, actitudes y comportamientos contrarios a este régimen
político y desconfían de las instituciones. La insatisfacción con la democracia y la desconfianza en las
instituciones democráticas indican que el ciudadano no cree que su derecho a la participación política
conduce a hacer frente a los problemas del país, como la corrupción o las dificultades económicas. En
este contexto, el hallazgo de Moisés llevó a conocer sobre la existencia de conexión entre la dualidad
de los valores políticos, la insatisfacción con la democracia y la desconfianza en las instituciones
(Moisés, 2008).
Una crítica prominente de la teoría de la transición, así, incluye la simplificación del significado
del período autoritario, que fue resumido a un veto sobre la coordinación libre de la acción política.
Sin embargo, a pesar de la retirada de dicho veto (que permitió la negociación de la transición entre
regímenes), características autoritarias se mantuvieron y trajeron restricciones a la transformación
política. Por lo tanto, en Brasil, donde las relaciones Estado- mercado y mercado-sociedad provocan
desigualdades sociales aún pendientes de compensación, saber cómo los derechos humanos son
percibidos por la población es un paso importante para descubrir más características relacionadas con
la cultura política de la democracia brasileña y, así, saber sobre la calidad de la democracia.
Hoy en día, cuando se habla la gente que se colocan fuera de la protección legal, se habla también
de aquellos que, a pesar de vivir en un estado democrático de derecho, por sus condiciones social,
económica, étnica o cultural, no aprovechan de la eficacia de los derechos básicos. El desafío actual es
revertir esta situación a partir de la inclusión de las minorías y las mayorías excluidas, a través de la
ocupación del espacio público y la participación popular en la reclamación de sus derechos. En Brasil,
hace sólo un poco más de veinticinco años se tiene la sensación de que vivimos en un estado
democrático de derecho, con los derechos civiles y políticos garantizados. Sin embargo, para muchos
brasileños esto ocurrió sólo en el ámbito jurídico-formal. Hay una falta de sincronización entre lo que
se espera en el país legalmente y lo que realmente ocurre en la sociedad brasileña, por lo que dentro
de una nación hay dos nociones diferentes de los derechos humanos: una de la ley y otra de la
población (Mondaini, 2008).
Por consiguiente, se acredita que el fato de la expresión ‘derechos humanos’ tener ganado un
ton negativo para muchos brasileños, les acordando de la impunidad o injusticia, debe, mínimamente,
llamar la atención de cualquier sociedad comprometida con los principios de igualdad y libertad y,
sobretodo, con la democracia. Teniendo en cuenta el protagonismo de la población en las democracias,
es partiendo de la opinión de los ciudadanos que se verifica, por ejemplo, la necesidad de
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

70

�formulaciones de políticas públicas. En este sentido, ponemos en discusión de cómo los ciudadanos
han entendido a lo largo del tiempo la protección de los derechos humanos en Brasil. La hipótesis
planteada fue que la percepción del ciudadano brasileño acerca de la protección de los derechos
humanos se ha mantenido en el sentido negativo, es decir, que el brasileño no considera tener estos
derechos protegidos. El estudio se presenta como longitudinal, que cubre un período reciente (20072015), en el que son tratadas las percepciones de los brasileños sobre los temas propuestos.
Métodos
La metodología adoptada para poner en marcha la investigación fue cuantitativa, con el análisis
estadístico longitudinal de datos de opinión pública recogidos por el instituto de investigación
Latinobarómetro en las rondas de 2007, 2008, 2009, 2011 y 2015 en Brasil. Para efectuar los cálculos,
se utilizó los programas SPSS 20.0 y Microsoft Excel 2010.
Fue seleccionado en el cuestionario una pregunta sobre la protección de las libertades, los
derechos, las oportunidades y la seguridad, la cual contenía trece (13) sub-preguntas, llamadas aquí
"variables sobre la protección de los derechos humanos". Estas trece (13) variables incluyen diversos
derechos humanos, a saber: la libertad de participar en la política, la libertad de elegir la profesión, la
protección del medio ambiente, la protección de la propiedad privada, la distribución equitativa de la
riqueza, la igualdad entre hombres y mujeres, la libertad de oportunidades independientemente de su
origen, la libertad de expresión, la libertad de profesar cualquier religión, la protección contra la
delincuencia, la seguridad social, la solidaridad con los pobres y necesitados, y la oportunidad de
conseguir el trabajo. En este sentido, la pregunta busca conocer la opinión de los encuestados acerca
de cuanto están garantizados esos derechos en el país. Esta pregunta se repitió en todas las rondas
utilizadas en el artículo sin ningún cambio en la lista de los derechos y las alternativas de respuesta, lo
que permite el estudio longitudinal de la percepción de la protección de los derechos humanos con el
fin de hacer una comparación entre rondas.
Las opciones de respuesta disponibles fueron: completamente garantizado, algo garantizado,
poco garantizado y nada garantizado. El primer paso en el análisis de los datos fue determinar la
frecuencia de respuestas en cada ronda por separado utilizando el software SPSS 20.0. Luego,
utilizando el programa Microsoft Excel 2010, estas frecuencias de respuestas se analizaron para cada
una de las variables relativas a los derechos humanos.
Después, se decidió reducir las trece (13) variables a una sola variable que mejor expresase la
percepción de los ciudadanos brasileños en materia de protección de los derechos humanos, creando
así un índice. La realización de pruebas previas al análisis factorial con SPSS 20.0, para comprobar su
aplicabilidad en el caso, fue la primera preocupación que se ha tenido para la creación de este índice,
con el fin de demostrar la correlación entre las variables utilizadas. En este sentido, el primer resultado
que puede verse en la salida originado del análisis factorial fue la matriz de correlación correspondiente
a la Prueba de Correlación de Pearson. Para que el análisis de los factores sea válido, es necesario que
en la tabla generada en el output de SPSS los números de la línea "correlación" sean altos y que la línea
"Sig. (1-tailed)" sean bajos y siempre menores que 0,003. Por lo tanto, este primer paso fue un éxito y
demostró la correlación entre las variables en todas las rondas.
El segundo paso fue la realización de las pruebas Kaiser-Meyer Olkin (KMO) y de esfericidad
de Bartlett. El KMO realiza la comparación entre correlaciones y varía en un nivel de 0 a 1. En este
caso, el resultado de la prueba de KMO fueron mayores que 0,9 en todas las rondas usadas, lo que,
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

71

�según Pestana y Gageiro (2000), significa la existencia de alto nivel de correlación, lo que permite el
uso del análisis factorial. Mientras que en la prueba de esfericidad de Bartlett el nivel de significación
debe ser inferior a 0,05 y, por lo tanto, la correlación entre variables se prueba apropiada para análisis
factorial, a la vista se ha obtenido el valor de 0,000 en todas rondas.
Una vez verificada la validez del análisis factorial y la correlación entre las variables relativas a
los derechos humanos, se inició la construcción del propio índice. Como ya se ha mencionado, los
trece (13) sub-preguntas relativas a la protección de los derechos humanos fueron listadas en el
cuestionario y tomadas como variables. Por lo tanto, las respuestas de estas preguntas secundarias
(preparadas en 4 opciones) fueron sumadas y el resultado de esa suma se dividió por 13 (trece), o sea,
se ha calculado una media aritmética, a fin de crear una escala con valores de 1 (personas que
respondieron a todas las preguntas con la opción 1) a 4 (personas que respondieron a todas las
preguntas con la opción 4). En cuanto a la construcción del índice, se decidió dividir la escala de
percepción de derechos humanos en cuatro secciones intermedias, como sigue: 1 a 1,75 =
completamente garantizado; 1,76-2,33 = algo garantizado; 2,34-3,51 = poco garantizado; 3,52 a 4 =
no está garantizado. La elección de estas secciones tenía la intención de dividir la escala en grupos de
iguales intervalos, a fin de no favorecer o discriminar a ningún valor mostrado.
Por último, se generó con SPSS 20.0 las frecuencias de respuestas del índice en todas las rondas.
Después, estos resultados fueron transferidos a Microsoft Excel 2010, donde se construyó una tabla
de respuestas longitudinales, lo que permitió el análisis temporal del índice de percepción de Brasil en
materia de protección de los derechos humanos.
Resultados
Resultados teniendo en cuenta las variables aisladas
En esta sección se presentarán los resultados longitudinales de las frecuencias e respuestas de
las variables sobre protección de los derechos humanos aisladas. En la figura 1, está el resumen de los
porcentajes que se encontró; donde se ve 'C', 'A', 'P', 'N', 'NS / NR ', debe entenderse ‘completamente
garantizado’, ‘algo garantizado’, ‘poco garantizado', 'nada garantizado’ y ‘no sabía o no respondió’,
respectivamente.
Insertar aquí Figura 1

NS/NR

C

A

P

N

NS/NR

C

A

P

N

NS/NR

3,4

14,3

41,3

28,7

12,5

3,2

7,0

37,3

38,8

9,0

7,9

NS/NR
3,3

N

N
10,7

10,7

P
33,5

P

A
33,2

30,2

C
19,3

A

NS/NR
4,7

35,3

N
13,6

2015

C

P
30,3

2011

20,1

A
29,8

2009

C

2008

21,5

Particip.
Política

2007

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

72

�Figura 1 – Tabla de porcentajes de las variables aisladas
Fuente: Latinobarómetro (2007, 2008, 2009, 2011, 2015).

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

73
24,0
40,5
26,2
2,2
4,1
28,0
35,5
30,1
2,2
1,8
15,9
44,1
34,7
3,4

42,4

25,6

2,0

5,6

34,3

39,4

18,4

2,2

3,1

24,5

46,4

21,6

4,3

2,2

2,2

24,7

35,4

25,2

7,1

37,0

42,5

5,4

19,1

24,5

34,1

33,8

6,2

38,2

42,4

5,6

19,4

17,4

2,9

5,4

4,2

2,2

Solidar.
Pobres

Conseguir
Trabalho

7,3

36,8

42,4

12,2

1,3

3,0

30,1

38,5

24,6

3,8

4,3

19,9

39,7

28,9

7,2

3,1

24,0

41,4

25,4

6,1

5,7

30,4

39,0

19,1

5,8

Segurid.
Social

3,4

44,8

37,3

12,4

2,1

2,2

38,5

35,3

20,1

3,9

1,9

44,9

36,2

13,0

4,0

2,6

48,8

30,2

13,6

4,7

2,6

52,9

32,2

9,1

3,2

Contra
Crime

3,4

7,6

20,6

54,6

13,7

1,1

5,3

19,5

45,1

29,0

2,2

8,1

17,3

30,0

42,3

2,7

9,1

19,5

29,2

39,5

2,2

9,6

18,9

24,6

44,8

Professar
Religião

11,0

18,1

45,1

23,5

2,2

3,3

11,0

32,2

42,4

11,1

3,6

14,6

31,6

37,0

13,2

3,2

12,6

40,1

32,4

11,6

5,1

16,9

33,9

28,2

15,9

Liberdade
Expressão

6,0

18,2

49,6

24,0

2,2

2,0

23,1

39,5

29,2

6,1

3,9

18,9

39,3

29,2

8,7

3,3

26,8

39,8

22,9

7,1

4,7

24,3

37,3

24,3

9,3

S/ importar
Origem

5,5

17,6

39,7

33,8

3,3

1,6

18,9

36,7

32,6

10,2

2,2

13,4

34,1

35,5

14,9

2,3

18,0

37,0

31,4

11,2

2,7

19,9

33,9

30,9

12,7

Igualdade
Gênero

4,4

47,6

35,5

11,5

0,9

2,5

47,8

29,9

16,7

3,1

2,5

42,9

36,0

14,8

3,8

3,1

52,5

25,5

14,4

4,6

3,9

55,3

28,4

10,0

2,4

Distribuição
Riqueza

13,3

11,8

40,8

30,9

3,3

4,4

12,0

36,3

37,2

10,0

5,0

14,5

35,8

36,6

11,1

4,5

18,2

35,5

28,8

13,0

7,1

17,3

38,7

25,6

11,3

Propried.
Privada

6,0

18,2

49,6

24,0

2,2

1,7

19,3

39,0

31,5

8,6

3,1

20,7

42,2

25,7

8,3

3,0

24,5

39,9

24,1

8,6

3,8

24,0

41,3

22,3

8,6

Meio
Ambiente

5,0

7,0

26,6

50,7

10,7

1,9

8,4

27,5

41,8

20,4

2,3

10,5

36,4

33,2

17,6

2,4

13,3

36,0

32,8

15,5

2,5

14,0

33,9

31,1

18,6

Escolher
Profissão

�En cuanto a la libertad de participar en la política, se percibió que la alternativa ‘algo garantizado’
tuvo un crecimiento constante desde 2007 hasta 2011, con un ligero descenso en 2015. Esta alternativa
junto con la que se define como ‘poco garantizada’ fueron las más elegidas en todas las rondas de esta
variable. En 2007, 2008 y 2015 la mayoría de los brasileños dijo que la libertad de participar en la
política estaba ‘poco garantizada’ en el país, mientras que en 2009 y 2011 la mayoría consideró ‘algo
garantizada’ esa libertad. En contraste con esto, la alternativa ‘completamente garantizada’ se ha
reducido notablemente en este período: en 2007, el 21,5% señaló que la libertad de participar en la
política fue plenamente garantizada en Brasil; ya en 2015, sólo el 7% optó por esta alternativa.
Del mismo modo, en cuanto a la libertad de elegir la profesión, las opciones de respuesta más
elegidas fueron ‘algo garantizado’ y ‘poco garantizada’. El nivel de los ciudadanos que consideran la
libertad de elegir la profesión algo garantizado en Brasil aumentó gradualmente desde el 31,1% en
2007 a 50,7% en 2015. En otro sentido, el nivel de los brasileños que dice ser esta libertad ‘poco
garantizada’ en Brasil se ha ido disminuyendo desde 2009, cuando se obtuve el nivel de 36,4%,
alcanzando el 26,6% de las respuestas en 2015. Este resultado puede significar aumento de la
percepción positiva de la protección de este derecho en el país. Sin embargo, los resultados indican
que la percepción de plena garantía de la libertad de elegir la profesión es aún muy baja.
Además, según la mayoría de los brasileños, para todos los años estudiados, la protección del
medio ambiente es poco garantizada en Brasil. El nivel más bajo que se encontró sobre esta alternativa
fue de 39% en 2011, y la más alta de 49,6% en 2015. Por el contrario, en 2015 sólo el 2,2% de las
personas consideraran este derecho totalmente asegurado. Por otra parte, a pesar de venir en declive,
los niveles relacionados con la alternativa ‘nada garantizado’ son considerables, pues están alrededor
del 20% en todas las rondas.
Con respecto a la protección de la propiedad privada, también se observa la prevalencia de las
alternativas ‘algo garantizado’ y ‘poco garantizada’. El número de brasileños que eligió la opción de
respuesta ‘algo garantizado’ creció entre 2007 y 2011, cuando alcanzó el nivel de 37,2%, cayendo a
30,9% en 2015. La alternativa ‘poco garantizada’ consiguió niveles alrededor de 35% en las primeras
cuatro rondas, alcanzando el pico en 2015, con un 40,8% de opiniones. Tanto la alternativa
‘completamente garantizado’ como ‘nada garantizado’ sufrió descenso continuo desde 2007,
alcanzando respectivamente el 3,3% y el 11,8% en 2015, lo que permite la interpretación de que las
alternativas intermedias, que no exaltan ni deprecian la protección de este derecho en el país, se han
preferido.
La distribución equitativa de la riqueza es reconocidamente uno de los problemas más graves
que enfrenta Brasil, por lo que las opiniones de los ciudadanos no muestran otra cosa que no la
percepción de que se trata de un derecho ‘nada garantizado’ en el país, alternativa que logra niveles
siempre por encima de 47% en todas las rondas. Sin embargo, es importante subrayar que en 2007
esta opción de respuesta representó el 55,3% de las opiniones expresadas, asentando gradualmente
decreciente hasta el año 2015. Los niveles correspondientes a la alternativa ‘completamente
garantizada’ fueron siempre muy bajos: nunca superior a 4,6% (2008), alcanzando sólo el 0,9% de las
elecciones en el 2015.
En cuanto a la igualdad de género, los brasileños vienen considerando un derecho ‘poco
garantizado’ en Brasil. Solamente en la ronda de 2009 el nivel más alto se observó unto a la alternativa
‘algo garantizado’ y, sin embargo, con una diferencia de sólo 1,4 puntos porcentuales de la alternativa
‘poco garantizado’, segunda más elegida en la ronda. Después, los niveles más altos de esta variable a
lo largo del tiempo fue aquella indicativa de que el derecho está ‘nada garantizado’ en el país.
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

74

�En lo que respecta a la variable ‘igualdad de oportunidades sin importar el origen de cada uno’,
se encontró que la mayoría de los brasileños consideran este derecho ‘poco garantizado’, con niveles
en crecimiento gradual de 37,3% en 2007 a 49,6% en 2015. Por otra parte, el número de encuestados
que consideraran este derecho ‘para nada garantizado’ fue bastante relevante, alcanzando el nivel
máximo de 26,8% en 2008. Lo mismo ocurre con respecto a la alternativa ‘algo garantizado’, que tuve
niveles siempre más altos que el 22%, alcanzando el 29,2% en 2011.
Por lo que se refiere a la libertad de expresión, la mayoría de los ciudadanos creen que este
derecho ha sido poco o algo garantizado en Brasil. En 2007, 2008 y 2015 los niveles más altos entre
las respuestas encontradas fueron las de alternativa ‘poco garantizado' (33,9%, 40,1% y 45,1%,
respectivamente), mientras que en 2009 y 2011, los más altos porcentajes fueron encontrados en la
opción ‘algo garantizado’ (37% y 42,4%, respectivamente). Además, es importante señalar que los
porcentajes de brasileños que afirmaban estar ‘algo garantida’ la libertad de expresión en Brasil venia
en crecimiento gradual desde 2007, llegando a el nivel máximo de 42,4% en 2011 y presentado un
descenso significativo en 2015, cuando alcanzó el nivel del 23,5%. Por el contrario, el número de
ciudadanos que percibieron la libertad de expresión poco garantizada aumentó de 32,2% en 2011 al
45,1% en 2015.
En una forma sin precedentes hasta aquí, la mayoría de los brasileños ha considerado la libertad
de profesar cualquier religión ‘completamente garantizada’ en Brasil en las rondas de 2007, 2008 y
2009. A partir de la ronda de 2011, los niveles más altos fueron encontrados junto a la alternativa ‘algo
garantizado’. En este sentido, se ha verificado el crecimiento gradual de los niveles correspondientes
a la alternativa ‘algo garantizado’, que obtuvo 24,6% de las opiniones en 2007 y alcanzó 54,6% en
2015. La alternativa ‘completamente garantizado’ viene en sentido contrario, con la disminución de
44,8% en 2007 a sólo el 13,7% en 2015.
Del mismo modo ocurrió con la variable de la distribución equitativa de la riqueza, los niveles
de las personas que dijeron estar la protección contra el crimen ‘nada garantizado’ en Brasil fueron los
más grandes en todas las rondas (tuvo mayor nivel en 2007, 52,9%). En segundo lugar, la alternativa
más elegida en todas las rondas fue la que señaló la poca protección de este derecho en el país. Los
porcentajes relativos a la opción de respuesta “algo garantizado” partió desde el 9,1% en 2007, alcanzó
el 20,1% en 2011 y completó el 12,4% en 2015. En cuanto a la alternativa “completamente
garantizada”, los niveles siempre han sido más bajos y no pasaran el 4,7% (en 2008).
Además, para la mayoría de los ciudadanos en todas las rondas, el derecho a la seguridad social
está ‘poco garantizado’ en Brasil, con niveles que oscilan entre el porcentaje mínimo de 28,5% en 2011
y un máximo de 42,4% en 2015. Los niveles encontrados para las alternativas ‘algo garantizado’ y ‘nada
garantizado’ fueron altos y estas alternativas aparecieran en el segundo lugar como las más elegidas,
especialmente, con destaque para el nivel de 36,8% de brasileños que dijeron estar la seguridad social
‘nada garantizada’ en 2015. Los niveles relacionados con la opción ‘completamente garantizada’ fueron
bajas en todas las rondas, con el máximo porcentaje de 7,2% en 2009 y el mínimo de 1,3% en 2015.
Por otra parte, la solidaridad con los necesitados y pobres ha sido ‘poco garantizada’, segundo
la mayoría de los brasileños. Esta opción fue la más elegida en todas las rondas, con niveles que van
desde el 35,5% en 2011 a 44,1% en 2015. La segunda opción más elegida, también en todas las rondas,
es aquella indicativa de que el derecho está ‘nada garantizado’ en el país. Los porcentajes de la
alternativa ‘completamente garantizado’ para esta variable no superaron el 7,1% de la rodada de 2015.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�Por último, los ciudadanos consideraron que la oportunidad de conseguir un trabajo en Brasil
ha sido ‘poco garantizada’. El nivel más bajo de esta opción fue de 39,4% en 2011, situándose en torno
de 42% en 2007, 2008, 2009 y alcanzando el 46,4% en 2015. Como resultado, se encontró los niveles
más altos en la alternativa ‘nada garantizada’ (en 2007, 33,8%; en 2008, 25,2%; en 2009, 25,6%) y ‘algo
garantizado’ (en 2011, 34,3%; en 2015, 24,5%). Reafirmando la tendencia hasta el momento, la opción
menos preferida fue la indicativa de la plena garantía de este derecho en el país, con un nivel máximo
de 5,6% en 2008 y 2011.
En este sentido, se observa que Brasil está considerando al largo del tiempo los derechos
humanos poco o algo garantizados en el país. Las variables ‘libertad de expresión’, ‘libertad de elegir
la profesión’, ‘libertad para participar en política’ y ‘la protección de la propiedad privada’ tuvieron sus
máximos niveles encontrados entre estas dos alternativas. Sin embargo, de hecho, la opción de
respuesta que prevaleció fue la indicativa de poca garantía de este derecho, elegida mayoritariamente
con exclusividad para las variables ‘igualdad de género’, ‘seguridad social’, ‘solidaridad con los pobres’,
‘la protección del medio ambiente’, ‘oportunidad de conseguir un trabajo’ y ‘la igualdad de
oportunidades independientemente de su origen’. Así, se elaboró un gráfico con el análisis longitudinal
de la alternativa ‘poco garantizada’ para todas las variables aisladas sobre la percepción de los derechos
humanos en Brasil, lo cual está en la Figura 2.
Insertar aquí Figura 2
Participar da
politica
Escolher
profissão
Meio ambiente

60.0%
50.0%
40.0%
30.0%
20.0%
10.0%
0.0%
2007

2008

2009

2011

2015

Propriedade
privada
Justa distribuição
da riqueza
Igualdade de
gênero
Independente
origem
Liberdade de
expressão
Liberdade para
professar religião
Proteção contra o
crime

Figura 2 – Gráfico de la percepción temporal que los derechos humanos están poco protegidos en Brasil
Fuente: Latinobarómetro (2007, 2008, 2009, 2011, 2015).

Resultados considerando o índice de proteção de direitos humanos

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�Como se indicó en la sección ‘métodos’, las 13 (trece) variables sobre la protección de los
derechos humanos fueron reducidas a solo una variable, creándose un índice de percepción sobre la
protección de los derechos humanos en Brasil. En la Figura 3 está el gráfico del análisis longitudinal
de los resultados de las rondas de pesquisa survey para el Brasil en 2007, 2008, 2009, 2011 y 2015.
Insertar aquí Figura 3

60.0%

Completamente
Garantidos

50.0%

Algo Garantidos

40.0%
30.0%

Pouco Garantidos

20.0%

Nada Garantidos

10.0%
Missing

0.0%
2007

2008

2009

2011

2015

Figura 3 – Gráfico del análisis longitudinal de la percepción de la protección de los derechos humanos en Brasil
Fuente: Latinobarómetro (2007, 2008, 2009, 2011, 2015).

Los resultados muestran que los brasileños vienen al largo del tiempo percibiendo poco
garantizados los derechos humanos, con niveles entre el 48,7% en 2009 y el 53,9% en 2007. En
segundo lugar, de 2007 a 2011, apareció la opción ‘algo garantizado’, que alcanzó el pico de 33,3% en
2009, pero cayó considerablemente en 2015, cuando alcanzó sólo 16,2%. Así, se verificó el aumento
del número personas que no quisieron o supieron contestar la(s) cuestión(es). Importante ter presente
que, de cualquier forma, la alternativa menos elegida, con niveles siempre menores de 6%, llegando a
sólo 0,6% en 2015, fue aquella indicativa de la protección completa de los derechos humanos en el
Brasil.
Discusión
Los resultados obtenidos confirman la hipótesis que se sugirió, o sea, que el ciudadano brasileño
no viene percibiendo garantizados los derechos humanos. Este desenlace permite la aproximación con
el comprometimiento de la calidad de la democracia en el país. Esto porque, el fato de la actuación
estatal no alcanzar al ciudadano de forma plena revela su deficiencia, no obstante, pudiera ser ejecutada
regularmente en el ámbito institucional. Aunque la calidad de la democracia sea casi que
exclusivamente trabajada académicamente con objetivo de valoración, por medio del respeto o no de

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�pre-requisitos institucionales, se propuso el análisis de factores culturalistas para pensar la calidad de
la democracia en el Brasil.
Esto porque, parte de la literatura cree que los factores económicos e institucionales explican
suficientemente el sistema político democrático sin que sea necesaria ninguna observación cultural;
otra parte sostiene que la estabilidad de las democracias no puede ser estudiada sólo desde las
instituciones, es decir, afirma que la difusión de los valores y creencias democráticas entre los
ciudadanos importa. De acuerdo con Ribeiro (2011, p. 24), “a despeito da discussão sobre a
causalidade formal, dificilmente um analista poderia questionar a relevância de tais fatores culturais
nos dias atuais”. En la ciencia política, el enfoque teórico que mejor colabora en la exposición de la
interpretación propuesta aquí es la cultura política.
La cultura política es la rama de la ciencia política responsable por el estudio de los valores, las
creencias, las actitudes y las opiniones de los individuos de una sociedad y sus consecuencias. La idea
central que parte de esta corriente teórica es que los aspectos culturales y subjetivos sirven como
factores explicativos de ciertos fenómenos políticos, tales como los procesos de democratización en
todo el mundo. El concepto de cultura política se introdujo en las Ciencias Sociales por el trabajo de
Gabriel Almond y Sidney Verba, publicado originalmente en 1963, ‘The Civic Culture: political
atittudes and democracy in five nations’. En este estudio, desarrollado con la población de los Estados
Unidos, México, Inglaterra, Alemania e Italia, se utilizó por primera vez el método de investigación
survey para la comprensión de los fenómenos políticos. En resumen, los autores relacionaron la
estabilidad democrática a la existencia de un cierto tipo ideal de cultura política, la cultura cívica, el
modo cultural en el que la participación popular y la estructura del sistema político son congruentes
(Almond Y Verba, 1989).
La idealización de una cultura cívica fue una de las principales razones de críticas al enfoque
culturalista, que mostró sobrevaloración de la cultura política de países como los Estados Unidos y la
Inglaterra, a partir del modelo de la democracia liberal. Los resultados de ‘The Civic Culture’ señalaron
la existencia de la cultura cívica en los Estados Unidos, y algo muy cercano en Inglaterra (que no tuvo
la cultura política clasificada como cívica sólo debido al alto nivel de deferencia a las autoridades). Por
lo tanto, cuando se trabaja con la cultura política, el contexto histórico y social de la democratización
de los países objeto de estudio no puede ser pasado por alto, especialmente en América Latina, que
más tarde tuvo contacto con la política económica capitalista (Castro, 1998; Ribeiro, 2011).
En este sentido, la discusión que ahora se expone trae a flote el papel de la cultura política en la
calidad de la democracia. Se cree que, a pesar de la aproximación teórica a la calidad de la democracia,
formulada por primera vez por Diamond y Morlino (2004), ser predominantemente enfocada en el
funcionamiento de las instituciones políticas y dar lugar a análisis de valoración de esta calidad por
medio de las instituciones, este enfoque y la teoría de la cultura política no puede estar en las mesas
opuestas. Se dice esto porque es indudable la importancia del sesgo substancial en el estudio del grado
de democracia en las sociedades contemporáneas, que no puede ser verificado con el mero análisis
estructural y sistemática del régimen político. Sobre todo, porque incluso las instituciones políticas no
existen para otro propósito que el de mediar la relación entre el Estado y la sociedad.
La cultura política es, pues, una teoría de la democracia, cuyo objeto de estudio es el ciudadano.
Importante, en este sentido, es la comprensión de O'Donnell (2013) de que existen conexiones entre
la democracia y los derechos humanos que sirven para analizar la calidad de la democracia. Para este
autor es importante, en primer lugar, que se enfrenten el desafío de descubrir la existencia de algunos
derechos básicos comunes a todos los seres humanos, independientemente de las diferencias sociales,
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�culturales y biológicas de cada uno. En segundo lugar, los estudiosos y practicantes de los derechos
humanos deben exponer lo que está detrás de este conjunto común de derechos mínimos. Este
elemento subyacente, según O'Donnell (2013, p. 19) “(...) é uma concepção moral do ser humano
como um agente, quer dizer, alguém que está normalmente dotado de razão prática e de autonomia
suficiente para decidir qué tipo de vida quer viver (...)” (cursiva del autor). Este es el punto de conexión
entre la cultura política y el enfoque de la calidad de la democracia: el ciudadano como un político es
indispensable para el régimen.
Una característica importante de la democracia es la existencia de libertades para rodear las
elecciones (por ejemplo, de expresión, de asociación, de movimiento, etc.). En otras palabras, la
democracia implica más que la existencia de un régimen político democrático institucionalizado, es
decir, hay diferencia entre la democracia y el régimen democrático. Para la democracia es necesaria
también la efectividad de los derechos civiles y sociales, lo que hace que las democracias que tienen
una fuerte red de los derechos políticos, puedan tener una calidad limitada por su fragilidad en cuanto
a las otras formas de derechos (O'Donnell, 2013).
Dicho esto, el ciudadano como agente político depende no sólo de la existencia de un régimen
democrático institucionalizado de una red formal de los derechos políticos, sino también la efectividad
de los derechos civiles y sociales. La cuestión que está detrás de los derechos humanos, así, es la
equidad que se debe a los ciudadanos, que son capaces de decidir libre y responsablemente. Sin equidad
en la disponibilidad y eficacia de los derechos políticos, civiles y sociales, falta a los ciudadanos libertad
para aceptar voluntariamente sus obligaciones. En palabras de O'Donnell (2013, p 46), importan “as
situações impostas por diversas coerções severas que – físicas, econômicas, ou o que for – violam a
condição de agência”.
La democracia, en resumen, debe constituirse en un sistema legal mínimamente compatible con
los derechos de participación y las libertades políticas y que prescriba la prohibición de que cualquier
persona o institución esté por encima de la ley. Lo que se puede concluir es que el ciudadano - agente
sujeto de los derechos políticos, civiles y sociales - no es menor que la regla o el Estado, sino está
subordinado a la ley de la misma manera como estos y por lo tanto tiene un derecho legal de estar
tratado con respeto y justicia como cualquier otro ciudadano, bajo juramento en el cargo/servicio
público o no. El problema, sin embargo, es que las relaciones de poder que rodean las sociedades,
incluso las democráticas, refuerzan la tendencia de que se niegue a los ciudadanos muchos derechos
civiles y sociales, especialmente con la fuerte desigualdad social (O'Donnell, 2013).
En este sentido, O'Donnell (2013) establece que para la evaluación de la calidad de la democracia
es fundamental tener en cuenta si el sistema legal del país se extiende de forma homogénea en todo el
territorio nacional y llega a todas las clases, sectores y grupos y, aún, si las hay reglas en este sistema
legal (y si estas son efectivas) que prohíban la discriminación de los pobres, las mujeres, los extranjeros
y las diferentes minorías. El punto fundamental de este razonamiento es que, una vez que hay un
marco legal en este sentido, teniendo en cuenta la diversidad de contextos sociales, es el interés de
todos que de cada uno tenga derechos disponibles y efectuados, para que puedan gobernarse por sus
propias decisiones. Un sistema legal como tal, que tiene las libertades individuales y colectivas como
un bien público - disponible para el uso de todos -, es en sí mismo una democracia de alta calidad
(O'Donnell, 2013).
Someter uno a violencia física individual o negar su ciudadanía son, de acuerdo con el argumento
de que se viene discurriendo, formas de negarle la condición de agente en la democracia. La visión del
ser humano como un agente (o sujetos de derechos) es explícito en los derechos humanos desde su
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�nombre. Con respecto a la democracia, como la agencia es inherente a la razón misma de este sistema
político. El enlace, por lo tanto, entre los derechos humanos y la democracia, más allá de la obviedad
evidente, es el estado del agente individual, punto principal del raciocinio de O’Donnell, de lo cual se
apropia este artículo. En esta lógica, la calidad de la democracia, sin duda depende de cómo se tratan
los derechos humanos, ya sea por el Estado, ya sea por los ciudadanos.
O'Donnell (2013) considera que el sistema legal deficiente (o que insatisfactoriamente llega a la
población) tiene participación na formación de las opiniones expresadas por los ciudadanos. El autor
resume de la siguiente manera: el sistema legal no llega a ciertas regiones dominadas por grupos que
imponen sus propias reglas o se aplica con criterios discriminatorios a las minorías, como los pobres
y las mujeres. Es decir, los derechos básicos se les niega a muchos sectores de la población, que
constituye lo que el autor llama de ciudadanía de baja intensidad (O'Donnell, 2013).
Morlino (2012) señala que los valores democráticos que promueven la libertad y la igualdad ya
están presentes en la cultura europea y puedan llegar a otros países sometidos por la Carta de los
Derechos Fundamentales de la Unión Europea, por lo que el verdadero problema en los países donde
las dimensiones de la libertad y la igualdad comprometen su calidad es la falta de aplicación, debido al
hecho de que no existen las condiciones previas necesarias. El autor se refiere, en primer lugar, a la
ausencia de legitimidad plena, difusa y eficaz de las masas y de la élite política. Después, argumenta
que el significado económico y administrativo de aplicación no es adecuado (Morlino, 2012).
A pesar de la discusión propuesta por Morlino (2012) tratar del contexto europeo, el argumento
sigue siendo relevante, pues, principalmente, la cuestión de la legitimidad merece ser mencionada aquí.
Sobre esto afirma el autor:
In this sense, it is necessary to underline how the problem of legitimacy is a salient one.
In terms of democratic consolidation, legitimacy concerns the acceptance and support of
democratic rules and institution. In terms of responsiveness (see below), legitimacy is related to
the presence of attitudes and behaviours that confirm satisfaction with the existing democracy
(Morlino, 2012, p. 208).
Esta discusión remite al tema de la cultura política. Además de la necesidad de aprobación de
los outputs del Estado (Easton, 1965 apud Rennó et al., 2012), los individuos como ciudadanos
políticos - o como agentes - tienen un papel clave en la legitimación de la democracia, ya que deben
aprobar las normas e las instituciones democráticas. Es decir, a la democracia de determinada sociedad
no se puede considerar de alta calidad si la población no acepta o no aprueba las leyes y las instituciones
puestas (o si no se da cuenta de los inputs recibidos), ya que, en este caso, carece de legitimidad el
régimen. Del mismo modo, los comportamientos y actitudes de los ciudadanos deben estar destinados
a confirmar su aprobación al sistema político instalado, pues de esto también depende la legitimidad.
Para Rennó et al. (2012, p. 06) “(...) é necessária a retomada de uma discussão sobre valores, atitudes,
crenças, opiniões políticas e comportamentos dos cidadãos como indicadores da qualidade da
democracia (...)”.
La relación entre la legitimidad y la calidad democrática es “uma relação óbvia” en el
entendimiento de Rennó et al. (2012, p. 02). Según los autores, a estabilidad política en América Latina
puede profundizarse por la búsqueda del espacio político y por una mayor participación de la

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�población. La ausencia de estos espacios causa frustración, haciendo que la población vea el espacio
político relacionado a la cooptación, el clientelismo, el corporativismo, etc., lo que trae prejuicio a la
legitimidad de la democracia al alejar la población de la participación ciudadana (Rennó et al., 2012).
Easton (1965, apud Rennó et al., 2012) desarrolló en el trabajo que ya es un clásico de la
política, la diferenciación entre el apoyo difuso y apoyo específico al régimen político. Consideró el
primer como el apoyo incondicional originada de la adhesión latente a las instituciones básicas del
régimen; y el segundo como un apoyo condicional a las instituciones democráticas, o sea, el apoyo a
actores específicos solamente. A partir de esto, Booth y Seligson (2009, apud Renno et al., 2012)
definen la legitimidad como el apoyo difuso y específico a la democracia. El trabajo de estos autores
pretende identificar por qué razón, a pesar de la pérdida de apoyo, muchas democracias de América
Latina no sufren rotura. Esto porque, la falta de adherencia o la desconfianza de los ciudadanos en las
instituciones democráticas, como lo demuestran muchos estudios, muestra la disminución del apoyo
al régimen democrático y, sin embargo, la estabilidad del régimen no se deteriora (Rennó et al., 2012).
El hecho de que las democracias de América Latina están viviendo con la pérdida de
legitimidad del régimen sin romperse no quiere decir que estén libres de crisis y de cambios inminentes.
La legitimidad depende de factores culturales y del rendimiento del sistema - que determinan el apoyo
o no de los ciudadanos a la democracia y a sus mecanismos (RENNÓ et al., 2012). Es, por lo tanto,
que la percepción de los ciudadanos acerca de los derechos humanos trae relación con la calidad de la
democracia, porque la satisfacción de los ciudadanos con la protección de estos derechos, que se deriva
en gran parte de la acción del Estado, contribuye a la confianza en las instituciones políticas y, al fin,
a la legitimidad de la democracia. Por lo tanto, en el caso de Brasil, reconocidamente una democracia
de cultura política híbrida, con tendencias democráticas y también autoritarias, el régimen democrático
no se ha rompido, pero la caída de la legitimidad es evidente.
Diamond y Morlino (2004), cuando formulan las ocho dimensiones de análisis de la calidad de
la democracia (para recordar: libertad, igualdad, rule of law, accountability horizontal, accountability
vertical, competición, participación y capacidad de respuesta) dijeron que todas las dimensiones se
relacionan e se influencian. Sin embargo, es importante señalar que para cada una de las dimensiones
que los autores desarrollaron hay sub-dimensiones, que especifican de manera inequívoca los criterios
de evaluación utilizados en el nivel micro. A partir de eso, se desarrolla en los siguientes párrafos un
argumento que se piensa relevante para esta discusión.
La dimensión ‘rule of law’ (Estado de Derecho) es el cumplimiento de las normas legales, pero
no sólo eso. Trata también de los sistemas institucionales dirigidos a la eficacia de estas normas, ya
que la existencia de un sistema legal supone que éstos deben funcionar y añadir beneficios a la vida
social; e incluso cuando no lo hacen, que el ciudadano tenga los medios para conseguir los derechos
que están garantizados. Es en este sentido que en la dimensión del rule of law están inseridos otros
temas, como la seguridad individual en el país, el orden civil, la existencia de un poder judicial
independiente y libre de presiones externas para tomar e implementar decisiones, la existencia de un
sistema de justicia moderno, con mecanismos que permitan la igualdad de acceso a la justicia, entre
otras características (MORLINO, 2012). Así explica Morlino (2012, p. 197):
[The Rule of Law] connotes the principle of the supremacy of law that is, the Ciceronian
legum servi sumus, and entails at least the capacity, even if limited, to make authorities respect
the laws, and to have laws that are non-retroactive, publicly known, universal, stable, and

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�unambiguous. These caracteristcs as fundamental for any civil order and a basic requirement
for democratic consolidation (cursiva del autor).
Por lo tanto, partir de la dimensión ‘rule of law’ el enfoque discute el cumplimiento de las leyes
y la eficacia de los medios a su alcance. Aún, para discutir la disponibilidad de derechos, fueran
formuladas más dos dimensiones: ‘libertad’ e ‘igualdad’, llamadas dimensiones sustantivas. La libertad
y la igualdad son dos valores democráticos que aparecen en numerosas definiciones normativas de la
democracia. Según Morlino (2012, p. 205) en la mayoría de estos ajustes, “(...) those values can be
empirically translated into a set of political rights and civil rights for freedom and social rights for
equality/solidarity”. El criterio para evaluar la calidad de la democracia corresponde a comprobar la
disponibilidad por el Estado de derechos políticos, civiles y sociales.
Esto recuerda lo que se acabó de hablar acerca de los derechos que llegan insatisfactoriamente
a la población, ya que, de hecho, vimos que el brasileño cree que no están siendo reconocidos los
derechos humanos en su país. Es decir, con respecto a las dimensiones de la libertad y la igualdad, que
tratan de la disponibilidad de los derechos, la democracia brasileña cumplió con el requisito sólo en
parte, porque, a pesar de la Constitución Federal de 1988 estar llena de predicciones de los derechos
civiles, políticos y sociales, muchos de ellos no están garantizados en la práctica. Lo que pasa es que
muchas de las disposiciones constitucionales de Brasil son normas para el futuro, llamadas de
reglamentos programáticos, que se encuentran en la Constitución para orientar la actuación de los
líderes y representantes del pueblo. Un ejemplo de esto es el objetivo de construir una sociedad justa
y fraterna, el artículo 3º de la Constitución de la República Federativa de Brasil.
Esto no significa necesariamente (aunque haga comprensión de lo contrario) que la realidad
brasileña debe ser considerada inconstitucional porque, desde la promulgación, las normas
programáticas tenían la intención de reflejar sólo directrices de evaluación de la democracia brasileña.
Lo que pasa es que hoy en día esta persecución aún no tuvo impacto y la eficacia de muchos derechos
disponibles (por diversas razones, incluyendo el presupuesto) no se ha completado. Tomemos el caso
del derecho a la salud, que no llega a todos los ciudadanos, a pesar de estar dispuesto en la Carta
Constitucional de Brasil, mismo el país ofreciendo un Sistema Único de Salud al alcance incluso de los
no contribuyentes, como los extranjeros. Lo mismo ocurre con el derecho a la seguridad, que es
positivado, pero cada día las personas mueren, son robadas y sufren muchas formas de violencia en
Brasil (a menudo por quienes deberían garantizar la seguridad). Siguiendo esta lógica de pensamiento
O'Donnell (2013) dice que estas faltas de eficacia de los derechos básicos forman ciudadanos que no
entienden la sociedad y, por lo tanto, no reconocen a sí mismos y a lo demás como agentes de la
democracia, porque su ciudadanía es de intensidad limitada o baja, como denominó el autor.
En el caso de este estudio, se demostró que el ciudadano brasileño percibe que los derechos
humanos no están siendo plenamente garantizados en el país. Parece claro, en este sentido, que la
percepción de los ciudadanos brasileños en este tema afecta negativamente a la calidad de la
democracia en Brasil. La percepción de una baja efectividad de los derechos humanos, los cuales deben
ser garantizados por el Estado, puede indicar la fragilidad del sistema democrático del país, a pesar de
la consolidación de las instituciones democráticas. Por consecuencia, mismo habiendo instituciones y
acciones políticas que califican a Brasil como un país democrático, en el período analizado se observó
que la población no se siente contemplada en varios aspectos que son sus derechos, lo que aquí
entendemos cómo derechos humanos. Esta percepción demuestra que la calidad de la democracia

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�brasileña sigue siendo baja indica, al menos cuando se estudia desde la perspectiva culturalista de
Ciencias Políticas.

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84

�http://www.vanderbilt.edu/lapop/brazil/Brazil-Book-2010_Cover-andText_20Nov12.pdf
Ribeiro, E. A. (2011). Valores pós-materialistas e cultura política no Brasil. Maringá: Eduem.

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85

�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 2. Núm 3. enero-junio 2016, pp. 86-108
ISSN: 2395-8448

Entre el clientelismo y la confianza: vínculos y relaciones entre los
individuos y la institución política local.
Between clientelism and trust: links and relationships between individuals
and local political institution.

Edwin Cohaila
Pontificia Universidad Católica del Perú
Universidad Antonio Ruiz de Montoya
Fecha de envío: 15 de septiembre 2015
Fecha de aceptación: 10 de diciembre 2015

Resumen
El clientelismo es una relación asimétrica que denota cierto aprovechamiento político
por parte de las autoridades, pero posibilita en los individuos la dotación de ciertos recursos. Si
bien el clientelismo tiene un halo de informal e ilegal, ha posibilitado aproximar a los individuos
a su institución. Las relaciones de confianza, por otro lado, procuran establecer vínculos entre
los individuos y la institución política, pudiendo estos perdurar, generando legitimidad, y
logrando una mayor satisfacción con la democracia local. Se intenta observar de qué manera
ambos conceptos están relacionados, pero sobre todo si a través de relaciones clientelares es
plausible construir relaciones de confianza. Se analizará la institución política local en dos
distritos de un mismo estrato zonal de Lima Metropolitana; a través de técnicas cualitativas y
cuantitativas; contemplándose, además, variables como la confianza interpersonal, satisfacción
con la democracia local, el trato de la autoridad local, con el objetivo de observar si juegan un
rol en las formas de relacionarse. Todo ello, es evaluado en modelos determinantes y logísticos.
Se encuentra predominancia del clientelismo como forma de establecer vínculos,
correlacionándose de manera directa con la confianza. Asimismo, el clientelismo logra explicar
la confianza en la institución política local; e igualmente, se observa una probabilidad de poder
confiar supeditada por relaciones clientelares. Por tanto, para construir confianza institucional
se entremezclan formas que uno diría que “atentan” contra el desarrollo de las instituciones y la
democracia, sin embargo, denotan ciertas prácticas que las relaciones formales no logran cubrir
en los individuos.

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�Palabras clave: Clientelismo, confianza institucional, confianza interpersonal, clientelismo
próximo.
Abstract
Clientelism is an asymmetrical relationship that implies certain political advantage by the
authorities, but above all individuals to have certain resources. Although clientelism has an
informal and illegal halo, it has enabled individuals to come closer to their institution. Trust
relationships seek to establish links between individuals and their political institution, which can
last, generating legitimacy, and achieving greater satisfaction with local democracy. It tries to
observe in what way both concepts are related, but above all, if through clientelistic relationships
it is plausible to build trust-worthy relationships. Local political institution will be analyzed in
two districts of the Lima´s same zone stratum; using qualitative and quantitative techniques.
Considering also variables, such as, interpersonal trust, local democracy satisfaction, local
authority behavior with local people, in order to observe if they play a role in the ways of relating
between each other. All this is evaluated in determinant and logistic models. Clientelism
predominates in the way to establish links. It correlates directly with confidence. Also, clientelism
can explain confidence in local political institution. And likewise, a probability of being able to
trust. Therefore, to build institutional trust, there as a variety of ways that one would say
"damage" the development of institutions and democracy, however, they show certain practices
that formal relationships can´t accomplish between individuals.
Keywords: Clientelism, institutional trust, interpersonal trust, near clientelism

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�Entre el clientelismo y la confianza: vínculos y relaciones entre los individuos y la
institución política local.21
Introducción
El presente artículo trata de observar la construcción de vínculos y relaciones que se dan
entre los individuos y la institución política local y cómo estos se entrelazan entre relaciones de
clientelismo y de confianza.
Se parte que ambos conceptos tienen la capacidad de establecer relaciones entre los
individuos y su institución local, aunque no bajo los mismos presupuestos; por tanto, se desea
observar qué tanto estas variables pueden estar relacionadas, y si es posible a través de una
generar, explicar o predecir el comportamiento de la otra. Para ello se analizan modelos
determinantes y modelos logísticos.
Este artículo está dividido en cuatro partes. En la primera se definen los conceptos que
se utilizan, destacando sus características, similitudes, pero también sus diferencias. Aquí se
notará que ambos conceptos pueden tener características similares como lo asimétrico, lo
voluntario o que pueden perdurar en el tiempo; sin embargo, también se analizará los fines y
presupuestos de ambos conceptos, destacando sus diferencias. En la segunda parte se establece
el diseño metodológico; aquí se notará la hipótesis planteada, la forma de recojo de información
y los modelos a utilizar. En la tercera parte se describe la forma de relacionarse que tienen los
individuos con su institución política local, donde se notará relaciones clientelares y un
clientelismo denominado como clientelismo próximo; se notará cierta recurrencia por parte de
las autoridades locales a relacionarse bajo formas clientelares con los individuos y con los
dirigentes vecinales, las cuales procuran relaciones y vínculos, acercando la institución local al
individuo; no obstante el individuo no es un simple actor, sino evalúa dicho procedimiento y
mientras le procura retribución participa de él. En la cuarta parte, a través de una muestra
representativa en la población de ambos distritos, se analizan modelos determinantes y modelos
logísticos, observándose una correlación directa entre ambos conceptos, un nivel de explicación
del clientelismo sobre la confianza institucional; y una probabilidad de ocurrencia de esta última
si es que se desarrollan este tipo de relaciones.
1. Definiendo los conceptos
1.1. La práctica del clientelismo

El clientelismo es una práctica utilizada para relacionarse, tanto por los individuos como
por las autoridades locales, la cual es factible de generar cierta satisfacción para ambas partes y,
en la medida de su uso, es factible de marcar cierta recurrencia, pudiendo perdurar en el continuo
del tiempo, lo que de antemano indica que cubre cierta “necesidad” por parte de los individuos.

21

Este artículo fue parte de una ponencia presentada en WAPOR Monterrey 2016.

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�Para Fenoglio (2007: 7 y ss.) el clientelismo político denota una relación social
particularista22 “en la cual se intercambian de manera personalizada favores, bienes o servicios
para apoyo político entre actores que controlan diferentes recursos de poder”. En ese mismo
sentido, Sosa (2010) menciona que esta práctica está ligada a la obtención de recursos públicos
y económicos para un uso político particular. Hopkin (2006: 8 y ss.), va un poco más allá e indica
que el clientelismo describe la distribución de beneficios selectivos a individuos o grupos
claramente definidos a cambio de apoyo político.
Para estos autores; el clientelismo denota, claramente, una práctica donde existe un
intercambio de ciertos recursos a cambio de apoyo político; sin embargo, es posible identificar
ciertas características adicionales:
-Diádica. El clientelismo es una relación entre dos, patrón y cliente. Así lo menciona
Landé (citado por Muno 2010: 4) y Hopkin (2006:2). Si bien son dos los que establecen esta
relación puede estar mediada por un intermediario entre ambos.
-Asimétrica. Esta relación refleja cierta desigualdad. Construida entre el patrón y cliente,
ambos no tienen el mismo poder en la relación (Rehren 2008:2 y ss). Para Scott (citado por
Muno 2010: 4), la asimetría se ve reflejada también porque el patrón se encuentra en estatus
social más alto.
-Duradera. La relación clientelar construida entre el patrón y el cliente puede perdurar
en el continuo del tiempo, teniendo mayor probabilidad esta, en la medida que el patrón disponga
o esté en la capacidad de intercambiar recursos y, bajo la forma cómo fue construida esta
relación.
-Recíproca. En la relación clientelar se da un intercambio; por un lado, el patrón ofrece
bienes o recursos, y por otro, el cliente da un apoyo político o voto; por tanto, ambos se ven
beneficiados, en dicha medida se puede hablar de reciprocidad.
-Voluntaria. En la relación clientelar, tanto la participación del patrón o cliente es
voluntaria, por tanto, nadie está forzado u obligado a entablarla23 y tampoco existe una necesidad
imperiosa a realizarla.
Se puede distinguir tres tipos de actores en esta relación: los clientes, los patrones y los
mediadores.
Los clientes son los individuos quienes dan el apoyo político a un patrón, a cambio suelen
recibir por parte del patrón bienes, favores o recursos. Este apoyo político se puede manifestar
de varias formas, como por ejemplo apoyo en una movilización, como personero político, votos
22

El término particularista usado por Fenoglio sigue el correlato acuñado por O’Donnell, quien lo
diferencia de la distinción. La distinción denota que las esferas públicas y privadas se diferencian; en
cambio lo particularista denota que desde una institución política se pueden establecer relaciones con el
objetivo de favorecer intereses privados.
23 No obstante, para Hopkin (2006:2) esta relación se da por cierta obligación, en la medida de que no
sería posible que el cliente pueda obtener cierto bien o recurso sino fuera por este tipo de relación. Más
allá de esta anotación, lo que se desea enfocar es que tanto el cliente o el patrón no están obligados a
entablar esta relación, y depende de su decisión entablarla.
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�en una audiencia pública, etc. Si bien puede existir cierta desigualdad, ya que ambos no se
encuentran en la misma posición, no hay que olvidar que el cliente obtiene algo por este
intercambio24, es decir obtiene el bien o recurso, que puede manifestarse desde dinero, víveres,
acceso a una obra pública, etc.
Los patrones son quienes tienen una posición diferente en esta relación, y hasta cierto
punto dominante, ya que acceden a bienes, recursos; los cuales intercambian, con la diferencia
de que estos bienes no suelen ser suyos necesariamente, sino más bien del Estado. En la medida
de la recurrencia de dicho acceso e intercambio logran cierta lealtad en los otros actores de esta
relación; vale decir que existe una predominancia a lo que pueda dar para generar cierta lealtad.
Los mediadores son los individuos que se encuentran en una posición intermedia entre
el cliente y el patrón, son quienes se relacionan cara a cara con el cliente, pero no son los que
reciben el bien o recurso último, pero mantienen una cuota de poder frente al cliente; por tanto,
tienen una centralidad posicional (Auyero 2001:111); ya que para tener acceso al bien o recurso
del patrón se necesita contar con el apoyo de este mediador.
La relación entre el cliente y el patrón se establece por la acción. Torres (citado por
Fenoglio 2007: 28 y ss.) dirá que esta relación bilateral se realiza por intermedio de la acción. Si
bien es la acción la que establece esta acción, esta puede estar relacionada a un hecho fundacional.
Auyero relaciona este hecho a un “favor fundacional” (2001:109); este favor no implica
necesariamente que el patrón resuelva el problema que le acontece al cliente; pero el mostrar
preocupación o predisposición puede ser suficiente para que la relación quede entablada. Este
favor fundacional, sin embargo, no está exento de la acción entablada por ambas partes.
Si bien esta relación se establece por la acción, no implica que no se realice una evaluación
de esta. Los individuos (clientes) que participan observan la relación y evalúan si esta les ha
resultado satisfactoria ante sus requerimientos. En ese sentido, Muñoz (2013) indicará que los
individuos evaluarán la cantidad y calidad de los bienes; sin embargo, también habrá que apuntar
que se evalúa el esfuerzo realizado y si este compensa el tipo, cantidad y calidad del bien o
recurso.
Volviendo a la idea mencionada por Auyero, la preocupación por los clientes denota
cierto componente simbólico, ya que no importa solo “que se da” sino “cómo se da”; situación
que también forma parte de la evaluación. Asimismo, este componente simbólico ofrece,
también, una visión de las cosas, ya que denota una forma de cómo se puede conseguir un bien
o recurso, marcando una forma de proceder que puede ser repetida en otra situación, lo que
también denota cierto aprendizaje por parte de los individuos. Esto último ayuda a reducir la
complejidad social.
Esta relación construida no está exenta de poder romperse, y puede ocurrir bajo varias
circunstancias, ya que el cliente puede dejar de buscar al patrón, debido a que este ya no tiene la
capacidad de proveer bienes o recursos, e irse con otro 25 ; o los individuos pueden resultar
24

Fengolio dirá que el cliente se encuentra en una situación de desigualdad, pero Trotta (citado por
Fenoglio 2007: 27) dirá que hay que sacar la idea de que el cliente es víctima de políticos inescrupulosos
que se aprovechan de la situación de desigualdad, sino que obtienen réditos fruto de este intercambio.
25 Aunque dicha posibilidad siempre existe, implicará ciertos riesgos o costos; como indica Torres
(citado por Fenoglio: 2007: 29) el patrón puede verse perjudicado porque el cliente se fue con otro, y
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�oportunistas particularmente cuando no se identifican con un partido y no están vinculados
permanentemente con un patrón (Muñoz 2013).
1.2 La relación de confianza
La confianza es una cualidad que gozan ciertas relaciones, por tanto, bajo esa premisa no
toda relación que se establece entre los individuos o para con una institución gozan de dicha
cualidad26. Luhmann (1996) y Giddens (1993) indican que esta relación se estable entre dos.
La relación de confianza, además, conlleva un riesgo en sí. Riesgo, en el sentido, de que
no existe nada que garantice, previamente, que el resultado final sea de acuerdo a nuestro juicio.
En ese sentido se trata de una probabilidad, tal como apunta Gambetta (2000).
Del mismo modo, se puede identificar ciertas características de esta relación:
-Bilateral. La relación de confianza necesita para establecerse la conjunción de dos
sujetos, pudiendo ser estos individuos, organizaciones o instituciones.
-Voluntaria. En la relación de confianza no existe una obligación por parte de los sujetos
de entablarla, tampoco existe una necesidad; sino parte de la misma voluntad por parte de ellos,
pudiendo generar cierta retribución.
-Asimétrica. La relación de confianza designa una relación asimétrica, ambas partes no
se encuentran a un mismo nivel, en el sentido de que depende de otro para que la relación se
complete. Para Karpik (1996) la asimetría se observa como una delegación, donde se ha delegado
la última acción a otra persona o institución, por tanto, ya no depende de uno. Gambetta (2000)
dirá que se trata de la probabilidad de ocurrencia, la cual depende de otro.
-Perdura en la práctica. La relación de confianza, en la medida que se va recreando,
practicando, hace de ella más duradera y ayuda a reducir el riesgo.
Si bien no existe certeza plena del resultado final, lo que denota cierto riesgo (Luhmann
(2006), Q Fu (2004)); al establecer una relación de confianza, ambas partes han asumido un
compromiso. Este compromiso siempre está a prueba, y no existe certeza sobre este; pero es un
compromiso realizado por las partes, de que uno actuará de determinada forma y no defraudará
al otro.
La relación de confianza, también, tiene la capacidad de crear vínculos, haciendo que una
relación pueda ser más llevadera. Diaz Albertini (2010) dirá que esta relación puede generar la
acción colectiva, la cooperación. Para Luhmann (2006) y Laso (2010), además, la confianza
reduce la complejidad social; por tanto, la vida social se hace más sencilla.

podría perder el apoyo político; y para el cliente, este puede ser considerado como una persona con
poca lealtad, perdiendo la confianza como posible cliente.
26 Como se verá más adelante, en la construcción, práctica y recurrencia de esta relación es que se va
generando dicha cualidad en ella.
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�La relación de confianza se establece por la acción (Gambetta 2000, Giddens 1993); y a
través de ella, los sujetos expresan el conjunto de opiniones, valoraciones, actitudes. En ese
mismo sentido es que Mitzal (1996) indicará que en la acción se expresa una motivación y
capacidad. De alguna forma, por medio de la acción, expresamos una manera de cómo
entendemos las cosas y también como deseamos que sea.
La acción que ha permitido entablar este tipo de relación, implica una posición, una
posición del espacio donde uno se desarrolla. Barber (1983) dirá que implica un reconocimiento
del orden social existente como legítimo. Asume, también que ambas partes tienen
competencias, y que tienen la capacidad de cumplir las obligaciones; por tanto, plantea en el otro
cierta responsabilidad y compromiso, las cuales son similares a las que posee uno (Cohaila, 2015).
La relación de confianza no está exenta de la evaluación. En esta evaluación se vuelve a
repasar la forma cómo ha sido entablada, y si ha sido o no beneficiosa para las partes. Del mismo
modo, pueden recrearse dichas situaciones por los sujetos y ser comunicados a otros, marcando
ciertas pautas sobre lo aprendido, generando una institucionalización, y como menciona Berger
y Luckmann (1996) toda actividad humana es sujeta a la adición; y a partir de esta adición se
pueden realizar tipificaciones.
La institucionalización está presente cuando se realizan tipificaciones, y como la relación
de confianza puede generar tipificaciones también puede generar procesos de
institucionalización. Este tipo de procesos, en la medida de su recurrencia, generarán
mecanismos de legitimación. Como menciona Douglas (1999) toda institución necesita
legitimarse, así comprime las ideas dándole una forma común; pero sobre todo le da
herramientas para explorar la realidad donde habita.
La relación de confianza al igual que la institución necesitará legitimarse, pero solo en la
práctica constante despejará incertidumbres; por tanto, necesita ser practicada, y solo en esta
práctica constante se podrá observar que esta relación va tomando la cualidad de la que se
hablaba anteriormente.
1.3. Diferenciando la relación de confianza y el clientelismo
Tanto las relaciones clientelares como la relación de confianza procuran establecer
vínculos entre los individuos o entre un individuo y una institución, aunque no lo efectúan bajo
la misma forma.
En la relación de clientelismo, se observa claramente la desigualdad, ya que los individuos
tienen una marcada diferencia, donde uno tiene más cuota de poder que el otro, uno es
claramente quien detenta más poder y tiene acceso a los bienes o recursos; por tanto ambos no
se reconocen con las mismas capacidades; situación que es diferente en la relación de confianza,
donde ambas se reconocen con capacidades y también con necesidades, pero sobre todo como
un actor capaz de legitimar procesos y generar relaciones sólidas que son plausibles de perdurar
en el tiempo.
Si bien en ambas relaciones, el establecimiento se realiza a través de la acción. El fin de
esta acción difiere en este tipo de relaciones, ya que en el clientelismo se prioriza el recibir el bien
o recurso; en cambio en la relación de confianza, el establecimiento de vínculos está más allá de
obtener algo.
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�La evaluación se da en ambos tipos de relación, sin embargo como en la relación
clientelar se prioriza el bien o recurso obtenido, este tomará prioridad al momento de dicha
evaluación, por tanto pesará más en su evaluación y en la generación de vínculos si el patrón
tiene la capacidad de conseguir los bienes o recursos; en cambio en la relación de confianza, si
bien el resultado también es importante, no se focaliza solo en él, permitiendo la evaluación
posibilita observar todo el proceso entablado.
La rutinización de procesos puede ser generado por ambos tipos de relaciones, por tanto,
lo aprendido podrá ser usado en otra circunstancia por el individuo, generando una tipificación;
sin embargo, en la relación de confianza es posible institucionalizar dichos procesos y
legitimarlos; en cambio en la relación clientelar sigue primando un halo de ilegitimo, por tanto
dichas tipificaciones no gozan de dicha cualidad.
Si bien ambas partes pueden manifestar un procedimiento por el cual se dan por sentado
que “las cosan son así” y que la manera de realizarla debe seguir una determinada forma, en la
relación clientelar se observa la desigualdad, en el sentido de que el cliente se ve “forzado” a
entablar ese tipo de relación; en cambio en la relación de confianza sigue primando la no
existencia de una obligación imperiosa, y que además ambas partes se reconocen con una
igualdad de capacidades y necesidades, pero que conjuntamente pueden establecer relaciones y
un entramado social.
2. Diseño Metodológico
Para observar la manera cómo se relacionan los individuos con su institución política, y
si estos se basan en relaciones clientelares o de confianza, se ha procedido a observar la
institución política local en dos distritos de Lima Metropolitana, que pertenecen a un mismo
estrato zonal, y que mantienen una misma historia de organización y fundación, ya que ambos
formaban parte de un solo distrito, estos distritos son San Martin de Porres y Los Olivos27.
La metodología utilizada para observar este tipo de relaciones que se da entre los
individuos y su institución política, combina herramientas cualitativas y cuantitativas. En la parte
cualitativa se entrevistó a dirigentes vecinales, funcionarios de los gobiernos locales y miembros
de organizaciones no gubernamentales que trabajan en los distritos. En la parte cuantitativa se
encuestó a la población de ambos distritos a través de una muestra representativa28.
Se arguye que los individuos, al momento de relacionarse, con la institución política local
utilizan formas habituales aprendidas, que vienen desde el mismo contexto, que lindan con el
clientelismo; pero que pueden generar relaciones de confianza. No obstante, la forma de
27

Hasta mediados de 1980 ambos distritos formaban parte de uno solo, el cual tenía el nombre de San
Martin de Porres, luego se separan formándose un nuevo distrito llamado Los Olivos. El aliciente de que
hayan sido uno ayuda a observar si existen condiciones que diferencien, ahora, a los distritos en su nivel
de confianza o clientelismo, habida cuenta que mantienen un mismo correlato histórico.
28 La muestra trabajada tiene un nivel de confianza del 95% y un margen de error de ± 4,4%. El diseño
muestral fue probabilística por etapas, tomando como marco muestral la cartografía digital actualizada
del Instituto Nacional de Estadística e Informática para el 2007. Se realizó una muestreo sistemático de
viviendas con inicio aleatorio, se respetaron las cuotas de sexo y edad, y el nivel socioeconómico según
distritos.
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�proceder de la autoridad local con los individuos genera construir vínculos que disfrazan un
trasfondo clientelar. Del mismo modo, el nivel de confianza general, confianza interpersonal,
satisfacción con la democracia, y el trato juegan un rol preponderante en la relación entre los
individuos y su institución política local.
El período estudiado (2010 – 2014) contempla el anterior al actual29, sin embargo, habrá
que indicar que dichas autoridades locales estuvieron por lo menos dos periodos consecutivos
en sus cargos.
3. Formas de relacionarse entre la autoridad local y los individuos
3.1. Clientelismo clásico
La práctica del clientelismo es recurrente en ambos distritos, aunque se observan
diferencias entre sí.
En la forma de relacionarse entre la autoridad local y las organizaciones locales se observa
la utilización del clientelismo, donde los miembros de las organizaciones vecinales ven que
obtienen recursos si es que apoyan a la autoridad local. En el distrito de Los Olivos, el
Dirigente_Olivos 30 , indica que “la municipalidad facilita ciertas cosas, pero solo a algunos
sectores que son consentidos”. Igual situación se observa en el distrito de San Martín de Porres,
Dirigente_SMP2 manifiesta que “hay dirigentes que apoyan esta forma porque hacen uso del
clientelismo”.
Pero no solo son recursos los exigidos por los “clientes” sino también puestos de trabajo.
Y los funcionarios municipales puntualizan que este requerimiento, no necesariamente, puede
realizarse. Para Funcionario_Olivos1 los miembros de organizaciones que apoyan al alcalde
desean un puesto de trabajo, “los que participan [organizaciones] quieren oportunidad en el
gobierno local, pero imposible que se abra laboralmente para todos”. Otro ejemplo claro es lo
relatado por Dirigente_Olivos4, quien le preguntó al exalcalde de Los Olivos: “yo le dije Ud.
daría trabajo en la municipalidad a una persona como yo, yo soy bachiller en administración, y
él me dijo que sí, desde esa época trabajo en la municipalidad”. Se observa, que esta práctica es
recurrente pero lo que llama más la atención es su naturalidad, es decir que se expresa y se hace
mención sobre esta sin ningún problema.
Si bien la organización vecinal puede conseguir un recurso o el individuo puede sacar
usufructo, ya sea obteniendo un puesto de trabajo; y la autoridad local consigue apoyo político
que le ayuda a mantener cierta “legitimidad” en el distrito; no quiere indicar que las

29

El período actual recién se encuentra a menos de la mitad; y las autoridades locales son nuevas en sus
cargos.
30

Los nombres de los entrevistados han sido cambiados por códigos según su grupo (dirigente,
funcionario local, miembro de organización no gubernamental) y el distrito de pertenencia. Este cambio
obedece al resguardo propio del Comité de Ética de la PUCP.
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�organizaciones vecinales e individuos no se den cuenta de que son “utilizadas”. Org_Local1 nos
va indicar lo que mencionan las organizaciones:
“Ellos me dicen, Ternero [exalcalde de San Martin de Porres] hoy día nos va a regalar tal cosa,
pero las organizaciones indican: acepto que me das. Existe manipulación, creo el lazo, pero no
soy tan ingenuo, las organizaciones saben, necesito algo acepto, sé hasta dónde vas, las
organizaciones se dan cuenta.”.
Existe un intercambio y cierta reciprocidad entre ambos. Así lo apunta Org_Local2:
“si tú me das algo yo te voy a dar algo, ahora las organizaciones dicen ´que es lo que das
para que te dé´, este intercambio que yo te ofrezco ahora ayuda para que después tú me
apoyes luego”.
Sin embargo, esto tampoco garantiza nada, así lo manifiesta Funcionario_SMP1, ya que
los vecinos muchas veces pueden cambiar de opinión: “muchas personas y dirigentes participan
con el objetivo de ciertos intereses, conseguir algo, pero, así como pueden estar con uno, al día
siguiente están con otro candidato y sin problemas”. Lo anterior manifiesta el riesgo que existe
en este tipo de relación; pero también que los clientes pueden no ser tan leales y cambiantes.
Sin embargo, más allá de los posibles contratiempos que puede generar cualquier
relación, la recurrencia a la práctica clientelar nos habla de una forma de acercar al individuo a la
institución política; permitiendo crear vínculos, como menciona Org_Local2 “que yo pueda
establecer lazos, pueda construir confianza”.
3.2.

Clientelismo próximo

El exalcalde del distrito de Los Olivos, Felipe Castillo, ha permanecido como autoridad
local desde el año 1996 hasta el año 201431. Si bien ha tenido ciertos logros en su gestión, lo cual
se demuestra por las constantes reelecciones, se desea hacer notar cierta práctica en la forma de
establecer vínculos con los vecinos, a las que se denomina clientelismo próximo.
El exalcalde atendía los días jueves al público en general que podía acercarse, donde
escuchaba “los problemas o necesidades” de los vecinos, y luego entregaba una tarjeta con el
nombre de la persona en la municipalidad distrital que tenía que solucionar el problema del
vecino; manifestando al vecino que él haría seguimiento sobre la problemática su problemática.
Esta práctica clientelista puntual, prevé para el vecino una posible solución y, para la
autoridad local genera cierto rédito político, pero sobre todo le ayuda a tener legitimidad local.
Pero lo que se desea resaltar no es la simple práctica sino la forma de la relación. El exalcalde
31

Fue alcalde hasta diciembre de 2014, por seis periodos consecutivos. En el último proceso electoral
decidió postular a la alcaldía provincial de Lima sin éxito.
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�atiende al vecino, de alguna forma lo ubica como un actor que tiene un problema, reconociendo
su problemática como necesaria y que se tiene que solucionar. La relación es directa, cara a cara
y de forma horizontal, genera acercar al vecino, pero, sobre todo, como menciona Org_Local1:
“es un trato personalizado, directo”, generando ante el vecino que “queda bien, escucha, crea
vínculos”. Por tanto, se genera una forma de establecer relaciones, la cual fomenta, escuchar al
otro, acercarlo y genera cierta confianza, como menciona Org_Local2 “solo el hecho de haber
estado con él, y de haberlo escuchado, a la gente le da satisfacción, le genera un nivel de
confianza”.
Para Dirigente_Olivos1 la forma de proceder del alcalde dispone el diálogo, “el alcalde
te atiende, nunca se ha negado, cuando hemos requerido o solicitado una reunión, está dispuesto
al diálogo”. Este proceder de la autoridad genera, además, cierto reconocimiento, para
Funcionario_Olivos1, “es una relación horizontal con el vecino, el alcalde está atendiendo, y el
vecino reconoce”. Sin embargo, esta forma de deferencia no siempre garantiza una solución,
pero marca cierta predisposición a acercar al individuo “se atiende de forma personalizada, pero
no siempre se da solución, pero que se le escuche [al vecino], él [vecino] se siente satisfecho”.32
Este acercamiento propiciado por el exalcalde, genera cierta satisfacción del vecino, pero
no solo con la autoridad local, sino también con el gobierno local33. La recurrencia a esta práctica
obedece en gran parte a que los vecinos suelen comentar la existencia de esta forma de
“atención”, más próxima, cara a cara; lo que de cierta forma genera una rutinización e
“institucionalización”. Sin embargo, para esta forma de relación próxima se requiere de ciertas
habilidades, por tanto, no podría ser posible si es que la autoridad local no las dispone, para
Org_Local1 la autoridad local “es campechano, populoso, del pueblo”. Se observa, entonces,
que para que esta relación sea fructífera, ciertas habilidades por parte de la autoridad local, ya
que sin ellas sería difícil generar acercamientos para con la institución local34.
Por otro lado, la intermediación a la autoridad local, subraya que se recurre a ella para la
solución de una determinada problemática y no se realice la gestión en la propia institución local,
por tanto, ciertos procedimientos, que pueden ser transparentes, son dejados de lado.
Esta práctica habitual y recurrente, denota, también, que es posible generar relaciones y
procurar que los vínculos tengan una cuota de confianza.
4. La relación del clientelismo y la confianza
4.1 El nivel de clientelismo

32

De alguna forma, este proceder genera que, en esta relación clientelar, ya no todo esté supeditado a
recibir un bien o recurso.
33 Sigue habiendo una personificación de la autoridad local con la institución política (gobierno local),
por tanto, lo que la autoridad local haga o deje de hacer repercute en la institución política.
34 Si bien crea vínculos y lazos, aprovechando sus características particulares; aún no se aprecia una
diferencia entre quien detenta el cargo y la institución local; dicha separación no es observada.
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�Se evalúo la actitud clientelar de los individuos en relación con su institución política
local35. A nivel general, los individuos expresan poca actitud clientelar a la hora de relacionarse
con su institución local. La media asciende a 0,39336.
Tabla 1. Clientelismo a nivel general
Aspecto

Media

Clientelismo

0,393

Sin embargo, es posible advertir diferencias entre ambos distritos, observándose una
actitud clientelar mayor en el distrito de San Martin de Porres, la cual denota diferencias
significativas.

Tabla 2. Clientelismo según distritos
Aspecto
Clientelismo

Distrito

Media

San Martín de Porres

0,442

Los Olivos

0,351

T.test
3,89*

p-value&lt;0,001

En ambos distritos se observa una actitud clientelar que si bien no es moderada nos
manifiesta que dicha actitud está presente al momento de relacionarse con la institución local.
La diferencia puede estar supeditada en el distrito de Los Olivos por la forma de relacionarse
que realiza la autoridad local, la cual disfraza una práctica clientelista clásica, matizando este
proceder a partir de la escucha y atención que tiene con el vecino.

35

Para evaluar esta actitud se aplicó determinadas preguntas, que toman al final un valor que va de 0 a
1, 0 indicará “nada” de la actitud evaluada y 1 indicará “mucho” de dicha actitud. Las preguntas iniciales
fueron: a) la mejor forma de establecer relaciones con las autoridades locales es quedarme callado si es
que observo algo incorrecto así puedo recibir favores o beneficios de las autoridades locales, b) la mejor
forma de establecer relaciones con las autoridades locales es asistir a los eventos que realiza y
manifestar apoyo incondicional, así puedo recibir favores de las autoridades locales, c) la mejor forma
de establecer relaciones con las autoridades locales es asistir a las audiencias públicas y no criticar nada
ni dar opinión en contra, así puedo recibir favores o beneficios de la autoridad local.
36 Este valor de la media es bajo, ya que dicha actitud podría tomar valores de 0 a 1, siendo 0,5 una
posición intermedia.
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97

�Esta diferencia solo se observa a nivel general de los distritos, más no según sexo, grupos
de edad y nivel socioeconómico, por tanto, no existe una condición que haga tener más o menos
actitud clientelar37.
4.2. El nivel de la confianza institucional local
El nivel de confianza38 muestra un nivel de 0,40939. Este nivel manifiesta que la confianza
que expresan los individuos sobre su institución política local es baja40.
Tabla 3. Nivel de confianza en la institución política local
Aspecto
Confianza
Institucional

Media
0,409

En los distritos estudiados, el nivel de confianza marca diferencias entre ambos,
observándose una mayor confianza en el distrito de Los Olivos que en el distrito de San Martin
de Porres.
Tabla 4. Nivel de confianza a nivel de distritos
Aspecto

Distrito

Media

Confianza

San Martín de Porres

0,313

Institucional

Los Olivos

0,505

T.test
-12,670*

p-value&lt;0,001

37

Solo se observa una diferencia a nivel de dicho aspecto según nivel socioeconómico, pero solo entre
el A/B y el C, lo cual no advierte una tendencia según esta variable.
38 Para evaluar el nivel de confianza en relación a la institución política local, se evalúo bajo cuatro
aspectos: identificación, administración de recursos, eficiencia en la gestión y resolución de problemas.
Cada uno de estos cuatro aspectos fueron evaluados a partir de una pregunta ordinal, la cual fue
convertida en valores del 0 al 1. Para la construcción del índice de confianza se sumaron y dividieron
entre cuatro, por lo tanto, este índice toma valores del 0 al 1, donde 0 manifestará nada de confianza y 1
mucha confianza. Así mismo estos cuatro aspectos evaluados antes de construir el índice fueron
validados con un Alfa de Cronbach cuyo valor fue superior al 0,7.
39 Este valor es inferior a un valor intermedio que sería 0,5.
40 El nivel de confianza en la institución política local muestra valores que no distan de lo observado
hacia otras instituciones políticas, por otros estudios como el de LAPOP 2014, 2012, aunque la
diferencia es que en estos estudios no se recoge, con un valor representativo, un nivel de confianza a
nivel de la institución política local o gobierno local.
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

98

�Esta diferencia está relacionada al nivel de clientelismo que se indicaba anteriormente, ya
que, en el distrito de Los Olivos, a partir de la forma de proceder del exalcalde se han ido
estableciendo vínculos constantes, próximos y continuos en el tiempo, los cuales han posibilitado
establecer relaciones de confianza. Si bien en el fondo son prácticas clientelares, la forma de la
relación preocupándose por él y teniendo un trato diferente, puede estar distrayendo lo clientelar
y manifestando cierta confianza.
Del mismo modo, que, en la relación clientelar, a nivel de la confianza no se observan
diferencias al interior de cada distrito según el sexo, grupo de edad y nivel socioeconómico.
3.4 Relación entre el clientelismo, confianza institucional local y otras variables
La relación entre el clientelismo y la confianza institucional local manifiesta una
correlación muy débil (el valor del coeficiente de Pearson41 nos da un valor de 0,096), pero con
un tipo de relación directa, por tanto, el incremento del clientelismo ayudará a que se incremente
la confianza institucional local. La relación entre ambos conceptos, puede hacer notar la idea de
que para la creación de vínculos y lazos se pueden generar a partir tanto de relaciones clientelares
como de confianza, lo que marca que ambos pueden tener límites estrechos.
Así mismo, la confianza institucional denota una relación directa con todas las variables
estudiadas, a excepción de la variable “trato” con la cual no muestra significancia. La confianza
muestra una relación más fuerte con la satisfacción con la democracia local y con la confianza
interpersonal. En cambio, el clientelismo muestra relaciones inversas con la confianza
interpersonal y con el trato.
Tabla 5. Correlación entre confianza, clientelismo y otras variables
Confianza
Institucional

Clientelismo

Confianza General

0,194**

0,017

Confianza Interpersonal

0,257**

-,305**

Confianza Institucional

1

,096*

Democracia Local

0,345**

0,034

Trato

0,082

-,322**

Satisfacción

con

la

41

El coeficiente de Pearson mide el tipo de relación y la intensidad, si es positivo indicará una relación
directa, y si es más cercano a +1 o -1 me indicará la intensidad de la relación.
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

99

�Clientelismo

0,096*

1

*p-value&lt;0.05
**p-value&lt;0.01

4.4 Modelos determinantes de la confianza institucional
En general, se observa que el clientelismo puede explicar la confianza que el individuo
expresa en su institución política local, no obstante, dicha explicación es muy pequeña (Modelo
1), ni siquiera llega al 1%. El modelo 2 cuando se añade la confianza interpersonal y la confianza
general, el modelo puede explicar alrededor de un 10%. El modelo 3, al incluir la satisfacción
con la democracia local y el trato, explica alrededor del 20%.
Por tanto, para explicar la confianza en la institución local es plausible hacerla a través
de actitudes clientelistas, la creencia de cómo actuaran los otros, la forma de relacionarse en
entornos interpersonales; pero también el trato entre las partes cuando se establece alguna
relación y la satisfacción con la democracia local. Se observa que el individuo para confiar evalúa
tanto la forma de establecer relaciones, pero también como marcha el entramado social con
respecto a si la democracia funciona o no en el ámbito local; lo que denota de sobremanera la
noción de evaluación que se indicaba.
Tabla 6. Modelos determinantes de confianza institucional
Modelos determinantes

Modelo 1

Modelo 2

Modelo 3

Constante

0,391**

0,249**

0,098*

0,074*

0,124**

0,118**

Confianza General

0,013**

0,012**

Confianza Interpersonal

0,221**

0,161**

Variables Independientes
Clientelismo

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

100

�Satisfacción con la democracia
local

0,025**

Trato

0,008*

R2 / R2 ajustado

0,009

0,105

0,20

* p-value&lt;0.05 (bilateral)
** p-value&lt;0,01 (bilateral)

A nivel de los distritos estudiados, el comportamiento en ellos marca ciertas diferencias.
En San Martín de Porres se observa que el Modelo 1, donde solo participa el clientelismo, explica
hasta un 15,3%, mientras que la inclusión de las otras variables posibilita que el nivel de
explicación sea un poco mayor, dicho incremento no es muy significativo42. Se nota además que
el clientelismo y la confianza mantienen una relación directa. Esto ya se estaba observando al
momento de entablar relaciones por parte de la exautoridad donde primaba el tema de
clientelismo.
En el distrito de Los Olivos, se observa que el clientelismo no es una variable apropiada,
ya que su presencia no se percibe como significativa en ninguno de los tres modelos. Más bien,
la confianza general y la satisfacción con la democracia local si auguran explicar la confianza
institucional hasta en un 31,1%. Por tanto, la forma de proceder de la autoridad local,
estableciendo vínculos y lazos próximos, puede estar ocultando formas de relacionarse como el
clientelismo, y soslayando que dicho accionar procede de la confianza general.
Tabla 7. Modelos determinantes según distritos

42

El modelo de ambos distritos no presenta colinealidad entre las variables, más allá de que no sean
significativos.
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

101

�Modelos determinantes

Modelos Distrito San Martin de

Modelos Distrito de Los

Porres

Olivos

Modelo 1 Modelo 2 Modelo 3

Constante

Modelo

Modelo

Modelo

1

2

3

0,22**

0,182**

0,116**

0,491**

0,0347** 0,287**

0,224**

0,245**

0,236**

0,043

0,073

0,044

Confianza Interpersonal

0,051

0,022

0,073

0,003

Confianza General

0,004

0,004

0,032**

0,029**

Variables Independientes
Clientelismo

Satisfacción

con

la

democracia local
Trato
R2 / R2 ajustado

0,153

0,175

0,009

0,031**

0,006

-0,006

0,192

0,003

0,169

*p-value&lt;0.05 (bilateral)
**p-value&lt;0,01 (bilateral)

4.5. Modelos logísticos de la confianza institucional

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

102

0,311

�De manera general, la probabilidad de que se pueda confiar en la institución local43 está
supeditada a la confianza general y a la confianza interpersonal, las cuales se aprecian mejor en
el modelo 2. Este modelo podría alcanzar a explicar hasta un 8%.
Tabla 8. Modelos Logísticos de la confianza institucional
Modelos Logísticos

Modelo 1

Modelo 2

Modelo 3

Constante

-0,528**

-2.22013**

-2,209635**

Variables Independientes
Clientelismo

-0,2684013 0,3046499

0,311185

Confianza General

0,1363162* 0,1381324*

Confianza Interpersonal

2,65475**

2.669053**

Satisfacción con la democracia
local

0,006142

Trato

-0,0076833

Pseudo R2 ajustado

0,0008

0,0801

0,0821

* Pr (z)&lt;0.05 (bilateral)
** Pr(z)&lt;0,01 (bilateral)

43

Para convertir la variable en una probabilidad se convirtió en 0 a los valores del índice de confianza
alcanzado hasta un nivel de 0,5; mientras que los valores superiores a este fueron catalogados con un
valor de 1.
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

103

�A nivel de los distritos existen diferencias saltantes. En San Martin de Porres la
probabilidad de que se confíe en la institución política local pasa por el tema del clientelismo,
este se observa significativo en los tres modelos presentados, aunque dicha probabilidad es muy
pequeña. En Los Olivos, por otra parte, la confianza general se muestra más adecuada en los
modelos 2 y 3, aunque el modelo 2 que utiliza menos variables podría ser más adecuado, el cual
logra explicar más del diez por ciento.
En el distrito de San Martin de Porres si tiene cabida el clientelismo como una forma de
establecer relaciones y además tiene la capacidad de establecer una probabilidad de ocurrencia
de esta; la diferencia con el distrito de Los Olivos puede estar dado a que el proceder de la
exautoridad conjuga formas de proceder que soslaya formas clientelares.

Tabla 9. Modelos logísticos según distritos

Modelos Distrito San Martin de
Porres
Modelo 1 Modelo 2 Modelo 3

Modelos Distrito de Los Olivos
Modelo 1
Modelo 2 Modelo 3

-3,073**

-3,719**

-3,897**

0,2133

-1,843**

-2,207**

1,895*

2,252*

2,413*

-0,0195

0,4416

0,5144

Confianza Interpersonal

0,132

0,160

1,6626

1,7371

Confianza General

0,071

0,080

0,384**

0,385**

Modelos logísticos

Constante
Variables Independientes
Clientelismo

Satisfacción
con
democracia local

la

Trato
R2 / R2 ajustado
* Pr (z)&lt;0.05 (bilateral)

0,0389

0,0558

0,025

0,0029

-0,019

0,0355

0,084

0,000

0,1279

** Pr(z)&lt;0,01 (bilateral)

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

104

0,1316

�Los modelos determinantes y logísticos muestran que para construir relaciones o
vínculos podrían tener cabida tanto la relación de confianza como el clientelismo44. Las dos
mantienen una relación directa entre ambas. A nivel general, en los modelos determinantes
destaca, además, la forma cómo se establecen las relaciones y la satisfacción con la democracia
local. A nivel de los distritos estudiados, en San Martin se observa una preponderancia del
clientelismo; en cuanto al distrito de Los Olivos destaca la confianza general y la satisfacción de
la democracia local.
En los modelos logísticos el clientelismo aporta en la probabilidad de ocurrencia de la
confianza, pero esto solo se observa en el distrito de San Martin de Porres; situación que ya se
había denotado en los modelos determinantes. De igual manera, en Los Olivos la confianza
general procura la ocurrencia de la confianza institucional.
Conclusiones
-El clientelismo es una práctica utilizada tanto por las autoridades locales como por los
individuos. Es una forma recurrente, contemplada como habitual, que genera en ambas partes
ciertas retribuciones, para la autoridad local le provee de apoyo político; y para los individuos
(clientes) les proporciona acceso a bienes o recursos. La naturalidad y recurrencia con que se
expresa esta práctica denota que esta relación no formal, ayuda a cubrir ciertos vacíos; por tanto,
ayuda a aproximar a los individuos con su institución local.
-En la relación clientelar sigue primando que el cliente no es considerado un actor en
igualdad de condiciones que el otro. Puede reconocer la intención del otro (autoridad), pero sabe
hasta donde son sus límites. En cambio, en la relación de confianza, ambos actores se consideran
con una similitud de condiciones, con capacidades y también con limitaciones, lo que permite la
construcción de su propio espacio y entramado social. Situación que también se puede
vislumbrar en la relación clientelar, ya que también permite, a través de la evaluación y la
rutinización, aprender estrategias y comunicar procedimientos, sin embargo, en esta relación
sigue primando que en esta construcción la existencia de cierta desigualdad.
-Se mantiene la personificación entre la autoridad local y la institución política, no se
observa una separación; por ello la forma como la autoridad se desenvuelva y se relacione tendrá
consecuencias en la forma como el individuo se relacione con la institución local, por tanto,
establecer lazos próximos por parte de la autoridad con los individuos, posibilita también
mejorar la relación con la institución local. En el distrito de Los Olivos, el proceder que ha tenido
el exalcalde ha permitido acercar al vecino, reflejándose en un mayor nivel de confianza que en
el distrito de San Martín de Porres, ocultando o soslayando, también, procederes clientelares.
-La relación de confianza describe una relación directa con prácticas clientelares, por
tanto, generar estas últimas permite una mayor confianza en la institución política local. Esto
44

Si bien los modelos, tanto determinantes como logísticos no tienen una alta explicación o una alta
probabilidad de ocurrencia, que sean significativos y sean superiores a un diez por ciento ya nos indican
que algo puede estar ocurriendo con ambos conceptos, y que la relación directa encontrada establece un
tipo de relación entre ambas.
Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

105

�puede sonar incompatible, pero observando las formas de desenvolverse y relacionarse que han
tenido los individuos en estos distritos denota una herramienta útil y habitual, que se ve reforzada
porque ha sido capaz de conseguir satisfacción en ambas partes; por tanto, genera vínculos que
se ven añadidos de la cualidad de confianza.
-El clientelismo es capaz de explicar relaciones de confianza. Si bien, esta explicación se
observa como baja, demuestra que ambos conceptos pueden mantener límites delgados. Y si a
esto se le añade temas como satisfacción con la democracia, confianza interpersonal y el trato al
momento de establecer las relaciones, este nivel de explicación se incrementa. A nivel de los
distritos, en San Martin de Porres la pertinencia de esta variable, clientelismo, es más visible, en
cambio en el distrito de Los Olivos esta variable no lo es, esto puede estar supeditado a que el
exalcalde al establecer vínculos y formas de relacionarse próximas, rescata el valor de la confianza
general como modo de actuar y proceder y oculta temas clientelares, aprovechando sus recursos
y habilidades personales.
-La probabilidad de que a través de relaciones clientelares se pueda conjugar relaciones
de confianza no es pertinente. Solo se observa dicha pertinencia en el distrito de San Martin de
Porres, aunque la probabilidad de ocurrencia es menor de un diez por ciento. En el distrito de
Los Olivos se expresa mejor la pertinencia de la confianza interpersonal.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

106

�Referencias
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Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

108

�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 2. Núm 3. enero-junio 2016, pp. 109-113
ISSN: 2395-8448

Reseña

Maldonado, Claudia y Pérez, Gabriela (comps.) (2015).
Antología sobre evaluación. La construcción de una disciplina. Ciudad de México:
Centro de Investigación y Docencia Económicas: Centro CLEAR para América Latina,
428 pp. ISBN: 9786079367619
Alberto Vélez Valdez
Estudiante de la Licenciatura en Ciencias Políticas , Universidad Autónoma de Nuevo León
Email: a.vvcreativo@gmail.com
Fecha de envío: 14 de septiembre 2015
Fecha de aceptación: 8 de diciembre 2015

La evaluación como disciplina de investigación puede considerarse como la última etapa
de una política pública o reforma legislativa. En esta Antología sobre evaluación. La construcción de una
disciplina, se encuentra una reunión de once artículos especializados, traducidos del inglés al
español y considerados significativos por su contribución a generar un modelo teórico más
robusto y acumular casos prácticos.
Una coincidencia entre la mayoría de los autores es la utilidad instrumental de la
evaluación para la gestión pública. Y es que la asignación de recursos económicos a una política
pública depende en mayor medida de una evaluación a su desempeño. Para conocer cómo y por
qué el Estado interviene en determinados problemas se requiere consultar evaluaciones a
políticas anteriores. Además, los hallazgos de una evaluación pueden servir como ejercicio de
rendición de cuentas al público, específicamente a los actores interesados que participan en tales
políticas.

Cómo entender la evaluación
Para adentrarse al concepto de evaluación, en el primer capítulo, Preparando el terreno, Carol
H. Weiss propone una definición lo más amplia posible y que podría gozar de mayor consenso
entre la comunidad de evaluadores. Esta es “la valoración sistémica de la operación y/o de los
impactos de un programa o política al compararlos con un conjunto de estándares implícitos o
explícitos para contribuir al mejoramiento del programa o política en cuestión”. Este primer
concepto servirá después para comprender los tipos de evaluación según su finalidad y sobre
todo por objeto de método, pues lo largo del texto se alude a evaluaciones diagnósticas, de
control, de desempeño, etcétera.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�El antecedente de la evaluación a nivel mundial comienza como una práctica en los países
cuna del modelo de gestión pública como Estados Unidos, Gran Bretaña, Nueva Zelanda y
Australia. Los primeros ámbitos de aplicación fueron precisamente aquellos de prioridad
nacional como la educación, la salud o el empleo.
En el segundo y tercer capítulo, La evaluación con sentido: El enfoque basado en la teoría de
Huey-Tsyh Chen y ¿Qué se puede construir con miles de ladrillos? Reflexiones sobre la acumulación de
conocimientos en la evaluación de programas de Mark W. Lipsey, los autores discurren sobre
herramientas metodológicas comúnmente empleadas por evaluadores. Chen se manifiesta por
un diseño de investigación evaluativa basado en la experimentación aleatoria de tipo caja negra,
complementado con un marco teórico de la problemática que se trate, sea de desarrollo social,
seguridad pública, etcétera. Además, argumenta sobre la necesidad de los modelos teóricos en la
evaluación, puesto que adoptar uno idóneo permite a los gobiernos intervenir con acciones más
coherentes en los problemas públicos. Lipsey, en cambio, hace alusión a la teoría de la
intervención como base para el diseño de programas sociales con base en conocimiento mejor
agregado y sistematizado. En relación a esto desarrolla la propuesta del metanálisis como técnica
para producir generalizaciones a partir de hallazgos en cientos de evaluaciones. El potencial de
éste radica en identificar patrones significativos que expliquen el funcionamiento de programas
y abonen a la acumulación ordenada de conocimiento en el área de política.
Carol H. Weiss centra el cuarto capítulo, La interfaz entre la evaluación y las políticas públicas,
en el objeto común de la evaluación: las políticas públicas. Habla sobre cómo el uso directo de
la evaluación en el diseño de las mismas ha sido débil debido a la competencia con otras fuentes
de información, entre otros obstáculos en los canales de distribución y el proceso de toma de
decisiones. En cambio, a lo que la autora considera que la evaluación ha influido mayormente es
a la iluminación: proveer información nueva que puede corroborar o refutar el conocimiento
existente y ayuda a entender mejor las problemáticas sociales.
Si se esperaba encontrar un artículo sugerente sobre el papel ideológico del evaluador, el
quinto capítulo, La evaluación como defensa, de Jennifer Greene es el indicado. La autora explica un
modelo en donde el evaluador se apropia de la política pública a evaluar y deja de lado la
neutralidad de valores, tradicionalmente exigida para un trabajo objetivo e independiente. Bajo
la premisa de que la defensa es una condición inevitable de la investigación evaluativa, ejemplifica
con tres casos cómo el evaluador mejora la legitimidad de sus hallazgos al comprometerse con
el pluralismo democrático: incluir voces distintas de actores interesados en la calidad de una
política pública. Agrega que esto no implica necesariamente un trabajo menos profesional o
políticamente sesgado sino más abierto a la retroalimentación.
La tesis principal de Eleanor Chelimsky en el sexto capítulo, Los propósitos de la evaluación
en una sociedad democrática, es que la evaluación generalmente cumple tres propósitos, los cuales
pueden presentarse al mismo tiempo en una evaluación. Estos son 1) la obtención de
conocimiento para informar al público y acumular evidencia para una mejor comprensión de los
problemas e intervención de políticas posteriores; 2) la mejora de la capacidad de agencia, al
contribuir al desarrollo interno de la organización; y 3) la rendición de cuentas, que sirva como
contrapeso en la supervisión entre poderes. Al preguntarse si estos modelos pueden ser
importados por cualquier país, el criterio para hacerlo es si su forma de gobierno es democrática

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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�y abierta a la crítica. A propósito de los gobiernos democráticos, señala el valor de una sociedad
desconfiada como aquella que investiga a su gobierno, lo evalúa y le exige cuentas. Aunque no
parezca, en una democracia desarrollada la desconfianza a niveles moderados es benéfica.
En el séptimo capítulo, Evaluación, gestión del conocimiento, mejores prácticas y lecciones aprendidas
de gran calidad, Michael Q. Patton ofrece una introducción a la jerga de la comunidad evaluadora.
Se centra en el uso del término mejores prácticas en alusión al conocimiento de un programa que
destaca por su función eficaz. El autor advierte de la escasa validez interna y externa de este
término al utilizarse prescindiendo del contexto en que se da. Un ejemplo es la incorporación
del modelo de gestión pública en un grupo reducido de países, que tardó más en aquellos
restantes debido principalmente a una cultura organizacional más resistente a los cambios de tal
modelo.
Patton propone el uso apropiado de un término con mayor validez y soporte empírico,
como el de lecciones aprendidas de gran calidad, basado en criterios más razonables y diversidad de
fuentes. Al considerar a la evaluación como una disciplina orientada a generar conocimientos,
enfatiza diferenciar el uso conceptual e instrumental de sus hallazgos, en donde se contribuye al
entendimiento de un problema o se produce una mejora a una política, respectivamente.
Aun cuando la evaluación se ha enfrentado a obstáculos para ser tomada en cuenta en
reformas administrativas, hay ejemplos de países que la han incorporado en alguna fase de las
mismas. Así lo demuestra Jean-ClaudeThoening en el octavo capítulo, La evaluación como
conocimientos utilizables para las reformas de la gestión pública. Considera que para llevar reformas al
sector público producto de la evaluación, es necesario aprender de al menos tres buenas
prácticas: centrarse en necesidades específicas de cambio; proveer conocimientos a partir de
datos empíricos y evaluar al interior mientas se implementa la reforma. Este enfoque gerencial
de la evaluación centrado en la eficiencia al interior de las organizaciones es también una forma
de impactar positivamente a la sociedad.
En el noveno capítulo, Más allá de la utilización. La influencia de la evaluación sobre las políticas,
Gary T. Henry y Melvin M. Mark hablan de la amplia variedad de efectos que una evaluación
puede producir para el mejoramiento social. Plantean que la influencia implica procesos de
cambio que pueden darse en tres ámbitos, como en el pensamiento de una persona o grupo
(individual), la interacción de los actores interesados (interpersonal) o en una organización
(colectivo). Para mayores detalles, da ejemplos sobre cómo los hallazgos de una evaluación
influyen en tales ámbitos a través de ciertos mecanismos. Asimismo, compara las ventajas del
término influencia con las limitantes conceptuales de los términos uso y utilización, ambos
empleados comúnmente como sinónimos por evaluadores.
Para finalizar, el décimo capítulo, El contexto social de la evaluación, Peter H. Rossi, Howard
Freeman y Mark W. Lipsey discurren sobre tres temas clave, la ecología social de la evaluación,
profesión, la ética y los estándares profesionales, así como el uso de la evaluación, todos desde
la experiencia estadounidense. Algunos de los puntos de conflicto entre evaluadores son las
diversas perspectivas sobre cómo resolver un problema. También puede ser la forma de
reaccionar ante hallazgos no deseados por parte de patrocinadores y beneficiarios así como los

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

111

�malentendidos en la comunicación debido al léxico complicado que puede utilizarse y su
divulgación en formatos técnicos.
Los autores se cuestionan si en efecto la evaluación es una profesión reconocida
sociológicamente, debido a su diversidad intelectual prestada de otras disciplinas, la educación
de los evaluadores y sus esquemas laborales. En cuanto a los estándares de conducta y ética en
la profesión, existen esfuerzos importantes como la guía The program evaluation standards del
Comité Conjunto de Estándares para la Evaluación Educativa y la Guiding Principles for Evaluation,
de la Asociación Estadounidense de Evaluación. A manera de ejemplo, cita un estándar más
explicativo de los criterios de veracidad y utilidad empleados por Weiss y Bucuvalas, que también
puede tomarse como vinculatorio en el actuar de la comunidad evaluadora.

El estado de la evaluación en México
En México, Ballescá (2015: 15-16) identifica que los sistemas de monitoreo y evaluación
(MyE) en la gestión pública federal se consolidaron a partir de la creación en 2005 del Consejo
Nacional para la Evaluación de la Política Social (CONEVAL) y la expedición en 2006 de la Ley
Federal de Presupuesto y Responsabilidad Hacendaria. A la fecha, las entidades muestran
distintos grado de avance al carecer de una legislación general que homologue los mecanismos
para hacer efectivo el modelo en las treinta y dos por igual.
En México, el principal ejemplo de evaluación a programas presupuestarios federales es
el Sistema de Evaluación de Desempeño, coordinado por la Secretaría de Hacienda y Crédito
Público. En áreas específicas destaca la evaluación por parte de organismos autónomos como el
Instituto Nacional para la Evaluación de la Educación (INEE) o el CONEVAL. Paralelo a los
estudios gubernamentales, existe la evaluación hecha por think tanks, universidades y
asociaciones civiles. Estos son relevantes para la generación de hallazgos desde una posición
menos auto evaluativa y desde un enfoque externo.
Si bien existen evaluaciones al interior y exterior de la organización pública, en la primera
existe mayor probabilidad de que al ser el organismo juez y parte, se obtengan hallazgos sesgados.
Esto puede suscitar cuestionamientos por parte de investigadores sobre si la autoevaluación en
el sector público es confiable, pues se da por supuesto que a los gobiernos les interesa resaltar
más los casos de éxito que los fracasos de sus acciones.

Conclusiones
Una vez leídas las aportaciones de cada uno de los autores y autoras, se puede observar a
la evaluación como una disciplina de avanzada y con un acervo amplio de conocimiento
acumulado. No queda más que reconocer a las compiladoras de la antología por su trabajo en la
selección de artículos significativos para la disciplina. No obstante, se pudieron haber incluido
obras de países latinoamericanos apoyadas por otros autores y organizaciones especialistas, de
igual forma sobresalientes por su aportación teórica y de casos.

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

112

�En países con una gestión pública en modernización y desarrollo democrático medio
como México, la función de la evaluación es generar debate abierto y someter al escrutinio
público los hallazgos generados. En los órganos del Estado mexicano es apenas una herramienta
más para mejorar las condiciones de vida de la sociedad.

Bibliografía
Ballescá, M. (2015). Construyendo un sistema de monitoreo y evaluación para un gobierno
subnacional, pp. 11-45. En Sanabria, P. (coord.) (2015). Avances y retos de la evaluación de
políticas públicas en gobiernos subnacionales. Ciudad de México: Centro de Investigación y
Docencia Económicas: Centro CLEAR para América Latina

Política, Globalidad y Ciudadanía. Universidad Autónoma de Nuevo León Vol. 2 Núm. 3. enero-junio 2016

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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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                    <text>��Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 2. Núm 4. Agosto-diciembre 2016, pp. 1-18
ISSN: 2395-8448

La consulta popular en México: un replanteamiento para superar la
inoperabilidad a la luz de los primeros resultados y los modelos
Latinoamericanos.

Popular consultation in Mexico: a reformulation to overcome the
inoperability in the light of the first outcomes and Latinamerican models

Emanuel López Sáenz
Secretario Técnico de la Comisión de Justicia de la Cámara de Diputados, del H. Congreso de la Unión.
E-mail: emanuel.lopezsaenz@gmail.com
Fecha de envío: 16 de marzo 2016
Fecha de aceptación: 4 de julio 2016

Resumen.
La figura de la consulta popular surge recientemente en el marco jurídico mexicano a la par de
figuras como la iniciativa ciudadana y los gobiernos independientes.
En razón de este nuevo instrumento de participación democrática, es necesario cuestionarnos
sobre la eficiencia del mismo, evaluando los aspectos a mejorar –en caso de haberlos- para darle
plena vigencia a la intención hoy en día más enfática, de crear lazos más sólidos entre el Gobierno
y la participación de sus ciudadanos, situación que fortalece la gobernabilidad de un país.
Surge dicho planteamiento, ya que en un análisis de los primeros casos para llevar a cabo
diversas consultas populares en la jornada electoral del año 2015, todas las solicitudes estudiadas
fueron desechadas por el Máximo Tribunal, quien tiene a su cargo previamente el análisis de la
constitucionalidad de las consultas, determinando que todos los temas planteados estaban
prohibidos por la Constitución.
Lo anterior ha llevado a un debate reciente en distintas latitudes sobre la pertinencia de
replantear la figura, ya que actualmente aún y cuando es un modelo de participación que busca
1

�empoderar al ciudadano, viendo la experiencia del 2015 y con el fin de dar plena vigencia al
derecho ciudadano de participar, es pertinente estudiar las limitantes constitucionales para no
caer en el absurdo de tener por un lado el requisito constitucional de la trascendencia nacional,
y por el otro, la inconstitucionalidad y por lo tanto, la inoperancia de la consulta por la amplitud
de las restricciones de la Carta Magna.
Por todo lo expuesto se entró a un estudio metodológico de derecho comparado, para efectos
de revisar la normatividad y las mejores prácticas de países que cuentan con figuras de consulta
popular similares, lo que arrojó como resultado algunas conclusiones.

Palabras clave: Consulta popular, derecho constitucional, derecho comparado.

SUMMARY
The figure of popular consultation recently emerged in the Mexican legal framework alongside
the citizen initiative and the independent governments.
By virtue of this new tool of democratic participation, it is necessary to question about the
efficiency of it (a question that must be analyzed in the other two), assesing the aspects to be
improved –if applicable- in order to give full validity to the emphatic attempt, to create more
solid links between the government and the participation of its citizens, condition that
strengthens a country’s governance.
This approach arises, since an analysis of the fisrt cases to conduct varied popular
consultations in the electoral day from 2015 was done and all the requests studied were dismissed
by the Highest Court, who is previously in charge of the analysis of the constitutionality of the
consultations, stating that, all the raised issues were prohibited by the Constitution.
This has led to a recent debate in different latitudes about the suitability of reformulate the
figure, since it is nowadays a model of participation that seeks to empower the citizen, however,
from the 2015 experience and with the aim of providing full validity to the civilian right of
participating, is convenient to study the constitutional limitations not to plumb in the depths of
2

�absurdity having on one side the constitutional requirement of national transcendence, an on the
other hand, the inconstitutionality and therefore the inoperativity of the consultation by the
extent of the contitutional restrictions.
For all these reasons, a methodological study of comparative law was initiated, for purposes
of studyng the regulations and best practices from countries that already count with similar
consultation figures, which cast some conclusions.

Key words: popular consultation, constitutional right ,comparative law.

1. Introducción, Marco Teórico y Pregunta de Investigación
La figura de la consulta popular surge recientemente en el marco jurídico mexicano a la par de
las figuras como la iniciativa ciudadana y los gobiernos independientes.
En razón de este nuevo instrumento de participación democrática, es necesario cuestionarnos
sobre la eficiencia del mismo, evaluando los aspectos a mejorar –en caso de haberlos- para darle
plena vigencia a la intención hoy en día más enfática, de crear lazos más sólidos entre el Gobierno
y la participación de sus ciudadanos, situación que fortalece la gobernabilidad de un país.
Dicho planteamiento surge, ya que en un análisis de las primeras peticiones para llevar a cabo
diversas consultas populares en la jornada electoral del año 2015, todas fueron desechadas por
la Suprema Corte de Justicia de la Nación, quien tiene a su cargo previamente el análisis de la
constitucionalidad de aquellas, concluyendo que, todos los temas planteados estaban prohibidos
por la Constitución.
Lo anterior ha llevado a un debate reciente en distintas latitudes que nos lleva a la siguiente
pregunta de invesitgación: ¿es de replantear la figura de consulta popular?. Esto ya que
actualmente aún y cuando es un modelo de participación que busca empoderar al ciudadano,
viendo la experiencia del 2015 y con el fin de dar plena vigencia al derecho ciudadano de
participar, es pertinente estudiar las limitantes constitucionales para no caer en el absurdo de
tener por un lado el requisito constitucional de la trascendencia nacional, y por el otro, la
inconstitucionalidad y por lo tanto, la inoperancia de la consulta por la amplitud de las
restricciones de la Carta Magna.
3

�Es por esto que, mediante un estudio metodológico de derecho comparado, se presenta esta
investigación, para efectos de revisar la normatividad y las mejores prácticas de países que
cuentan con figuras de consulta popular similares, presentando las conclusiones
correspondientes.
2. Metodología de estudio
La presente investigación se abordará siguiendo los métodos deductivo y comparado.
El método deductivo, será a partir del análisis y recopilación de información que sobre el
tema en particular existe (lo general), derivando en argumentos que nos permitan llegar a una
conclusión aplicable al caso mexicano (lo particular).
El segundo, el método comparado, se realizará partiendo de la perspectiva de varios
comparatistas. Es necesario, primeramente definir el derecho comparado, en específico, el
derecho público comparado, por ser la consulta popular, una figura jurídica de derecho
público, para posteriormente destacar algunos elementos esenciales del método que usaremos
como base.
Analizando, definiciones de distintos comparatistas, y tomando los elementos esenciales de
cada definición para construir un concepto, se puede definir al derecho público comparado1
como: la rama del derecho público entendida como operación intelectual (Scarciglia, 2006), o
manera de analizar o de confrontar sistemas jurídicos de derecho público, o los componentes
del mismo (como institutos, normativas, interpretaciones jurisprudenciales, etc.), que tiene por
finalidad principal el operar una confrontación de aquellas reglas jurídicas que concurren de
diversas maneras a imprimir un cierto orden al conocimiento en función de ciertos objetivos
(Bognetti,1994), organizándolo sistemáticamente en el sector que les compete; propone
clasificaciones2 de institutos y sistemas, por medio de analogías y diferencias, creando modelos
dotados de prescripción (Pegoraro &amp; Rinella/ Astudillo 2006); cuya misión no termina en la
indagación a fines meramente especulativos, sino con la posibilidad de utilizar el resultado de la
investigación incluso a nivel práctico.

1

Es importante hacer énfasis que las bases de la ciencia del derecho público comparado han sido
desarrolladas por los privatistas-comparatistas, y que aún existen discrepancias en una definición común.
2
Cappelletti, Pegoraro, Rinella, Scarciglia, entre otros, mencionan el hecho de proponer
clasificaciones y utilizar los resultados a nivel práctico (aunque de manera incidental) dentro de sus
denominadas fases o etapas de la comparación.

4

�En este entendido, el iuscomparatista Lucio Pegoraro (Op. Cit.) menciona que precisando las
finalidades que se propone un estudio de derecho comparado y teniendo claro los mismos, se
puede diferenciar entre la comparación pura y la instrumental: siendo la primera “estudios de
derecho comparado en sentido estricto, a través de un enfoque empírico, plural, bottom-up y
encaminado a construir un tertium comparationis”; y la segunda “estudios nacionales, que representan
un auxilio para estudios, elaborados con un enfoque top-down, en los cuales la exigencia es
aquella de encuadrar un fenómeno en el marco de un ordenamiento, para conocer mejor un
derecho interno” (Pegoraro, 2011), utilizando modelos ya existentes o fenómenos homólogos
para conseguir dicho fin.
Por otra parte, Giullaume Tusseau (2012) señala que en una clasificación, las categorías
seleccionadas debe existir pertinencia en el objeto de estudio y los elementos pre-seleccionados.3
Por último, en todo estudio comparado, para poder analizar o confrontar ordenamientos
jurídicos, el comparatista debe individualizar los sistemas jurídicos que va a comparar (Enriquez,
2010), y de ahí reconocer aquellos modelos que están presentes en los diversos sistemas jurídicos
y que actúan de modo penetrante en la demostración y decisión de cuestiones jurídicas –
formantes–4. En la clasificación de los formantes, tenemos a aquellos verbalizados, que son los
que determinan el derecho vigente, considerados formantes dinámicos o activos (Pegoraro 2012)
pues son aquellos que producen directamente derecho autoritativo: en todos los casos se
encuentra la legislación; en el common law, y en algunos casos también en el civil law, la
jurisprudencia; y por último, la doctrina.5
3
“Un criterio de clasificación de las Constituciones formales como aquel que considere el número par
o dispar de artículos –continua el autor francés – responde a las exigencias del tipo lógico, y así, permitiendo
atribuir a cada Constitución una sola categoría, permite clasificar todas las Constituciones formales. Pero es
posible dudar del interés intelectual que despierte en los juristas un criterio como éste. Parece al contrario, más
interesante aún el hecho que una Constitución instaure un gobierno republicano o una monarquía, que ponga o
no un Estado federal, y se llega así a la tercera propiedad de una buena clasificación: la pertinencia. Mientras
las dos primeras propiedades son objetivas, ésta última es subjetiva y depende de la finalidad de la investigación
comparativa. La elaboración de una clasificación revela un lado utilitarista. Culminando por elaborar conceptos
funcionales en vista de la realización de objetivos intelectuales.
4
La expresión formantes fue utilizada por primera vez por Rodolfo Sacco para indicar a los diferentes
conjuntos de reglas y proposiciones que, en el ámbito del ordenamiento, contribuyen a generar el orden jurídico
de un grupo. Sacco, Rodolfo, “Legal formants: a dynamic approach to comparative law”, American Journal of
Comparative Law, Berkeley, núm. 2, vol. 39, 1991, p. 343 ss; Sacco, Rodolfo, Introduzione al diritto
comparato, 5a. ed., Turín, Utet, 1992, p. 43 ss., en Pegoraro, Lucio y Rinella, Angelo, Introducción al derecho
público comparado. Metodología de investigación, 1ª. ed., trad. de César Astudillo, México, UNAM, Instituto
de Investigaciones Jurídicas, 2006, p. 49 ss.
5
Para profundizar en los temas introductorios sobre el método comparado véase: López Sáenz,
Emanuel, Las aportaciones de Lucio Pegoraro al derecho público comparado dentro del derecho procesal
constitucional: Caso Coahuila de Zaragoza, en Judicatus, Revista del Poder Judicial del Estado de Nuevo León,
Enero-Junio, 2015, 3ra Época, Año 3, Número 5, pp. 143 ss.

5

�Ahora bien, con base en todo lo anterior, y respecto al caso concreto que nos ocupa, es
decir, la figura jurídica conocida como “consulta popular”, podemos señalar los siguientes
elementos y ruta a seguir:


Éste será un estudio de derecho comparado instrumental, ya que es un estudio
nacional, en el que la comparación de otros modelos jurídicos será un auxilio para
la presente investigación, con el objeto de valorar la consulta popular mexicana.



Se restringirá la comparación únicamente a aquellos modelos latinoamericanos,
buscando tomar algunos modelos en ese marco de referencia. Por otra parte, se
justifica la pertinencia del presente estudio ya que es un modelo de reciente
creación y operación en nuestro país, y en razón de los resultados de
improcedencia, huelga analizar las casusas y formas de superación de dicha
improcedencia.



Respecto a los formantes, serán utilizados aquel legislativo, y el judicial, es decir, la
regulación del modelo de consulta popular interno y latinoamericano, tomando
como punto de partida los antecedentes judiciales en México.


3. La consulta popular en México: su regulación y primeras experiencias



3.1 Formante legislativo: la regulación actual de la consulta popular



3.1.1 Antecedentes: la reforma constitucional, esta forma de participación ciudadana
tiene su origen en el decreto de reforma constitucional publicado en el Diario Oficial de
la Federación el día 9 de agosto del año 2012, motivada por el fortalecimiento de la
democracia participativa, en aras de crear instancias complementarias y subsidiarias a ésta,
ya que éste mecanismo tiene “la “virtud de estimular la participación política de los ciudadanos más
allá de las elecciones, al permitirles intervenir en la discusión pública de temas de relevancia nacional que
ameritan un pronunciamiento explícito de los ciudadanos que corre paralelo al debate y a las decisiones
que se adoptan por los órganos representativos del Estado.”6



3.1.2 Surgimiento de la Ley Federal de Consulta Popular, la figura jurídica de la
consulta popular se materializa jurídicamente en nuestro marco nacional como un
instrumento de participación ciudadana de democracia semi directa, en razón de la apenas
creada Ley Federal de Consulta Popular, reglamentaria de la fracción VIII del artículo 35

6

Dictamen de la Comisión de Puntos Constitucionales, Senado de la República (Cámara de origen), Ciudad
de México, gaceta parlamentaria no. 255, miércoles 27 de abril de 2011.

6

�de la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos publicada en el Diario Oficial
de la Federación en fecha 14 de marzo del 2014.


La consulta popular en el sistema mexicano es el mecanismo de participación por el cual
los ciudadanos ejercen su derecho a través del voto emitido por el que expresan su opinión
respecto de uno o varios temas de trascendencia nacional, misma que se efectúa el día de
la jornada electoral federal correspondiente.



Conforme a la Ley Federal de Consulta Popular, se reputan con carácter de trascendencia
nacional los temas que contengan los siguientes elementos: que repercutan en la mayor
parte del territorio nacional, e impacten en una parte significativa de la población.



Además, por mandato constitucional no pueden ser objeto de consulta popular la
restricción de los derechos humanos reconocidos por esta Constitución; los principios
consagrados en el artículo 40 de la misma; la materia electoral; los ingresos y gastos del
Estado; la seguridad nacional y la organización, funcionamiento y disciplina de la Fuerza
Armada permanente.



Cabe mencionar que el resultado de la consulta popular será vinculante para los poderes
Ejecutivo y Legislativo federales y para las autoridades competentes en los casos en que la
participación total corresponda, al menos, al cuarenta por ciento de los ciudadanos
inscritos en la lista nominal.



Las consultas populares deben ser convocadas por el Congreso de la Unión a
petición de: el Presidente de la República; el equivalente al treinta y tres por ciento
de los integrantes de cualquiera de las Cámaras del Congreso de la Unión; o los
ciudadanos, en un número equivalente, al menos, al dos por ciento de los inscritos
en la lista nominal de electores.



Para el ejercicio del derecho del ciudadano para participar en las consultas
populares, la petición de las mismas deben pasar previamente por el tamiz
constitucional con la resolución de la Suprema Corte de Justicia de la Nación de
declaración de constitucionalidad de la materia de la consulta popular, de tal suerte
que el Constituyente Permanente además del juicio de amparo, las controversias
constitucionales y las acciones de inconstitucionalidad, ha otorgado al Máximo
Tribunal Constitucional del país un nuevo medio de control de constitucionalidad,
es decir, las determinaciones de constitucionalidad sobre la materia de consultas
populares. Adicionalmente, conforme al artículo quinto de la Ley Federal de
7

�Consulta Popular, se faculta a la Suprema Corte de Justicia para analizar y resolver
respecto a la trascendencia nacional del tema sujeto a consulta, únicamente
tratándose de aquellas solicitadas por ciudadanos.


3.1.3 Proceso de consulta popular ciudadana y de legisladores.



Ya que las experiencias que se tuvieron en el primer ejercicio consistieron en
peticiones ciudadanos y de legisladores, como veremos más adelante, se hace una
breve explicación de las etapas a seguir en el ejercicio de consulta popular con base
en el contenido de la Ley Federal de Consulta Popular, desde la presentación de su
solicitud hasta la publicación de la convocatoria cuando son aprobadas éstas en
ambos casos.




CONSULTA POPULAR CIUDADANA

1. PLAZO DE PRESENTACIÓN DE CONSULTA POPULAR. Del 15 de
marzo al 15 septiembre del año previo a las elecciones federales). (Art. transitorio
segundo y ley)



2. LUGAR DE PRESENTACION. Cualquiera de las Cámaras del Congreso de la
Unión (Art. 20)



3. PROCEDIMIENTO.



3.1. CIUDADANOS PRESENTAN AVISO DE INTENCIÓN A PRESIDENTE
DE CÁMARA. Dicho aviso deberá presentarse en el formato que la Cámara determine.
(Art. 14)



3.2. PRESIDENTE DE MESA EMITE EN 10 DÍAS HÁBILES CONSTANCIA
DE PRESENTACIÓN DE AVISO DE INTENCIÓN Y FORMATO DE
OBTENCIÓN DE FIRMAS. Dicha constancia debe publicarse en Gaceta
Parlamentaria y ser acompañada de formato para obtención de firmas de apoyo. El
formato de firmas de apoyo lo determinaran las Cámaras del Congreso de la Unión, previa
consulta al Instituto, y deberán contener por lo menos: tema planteado, propuesta de
pregunta, no. folio de cada hoja, nombre, firma, clave de elector u OCR de credencial,
fecha de expedición. (Art. 14 y 15)



3.3 PRESENTACIÓN DE PETICIÓN DE CONSULTA POR ESCRITO A
PRESIDENTE DE MESA DIRECTIVA DE CÁMARA. La solicitud de petición
deberá contener: argumentos por los que se considera de trascendencia; la pregunta que
se propone; nombre completo y domicilio del representante para recibir notificaciones; y,

8

�anexo que contenga los nombres completos de los ciudadanos que representan al 2% de
la lista nominal de electores y su firma, además de la clave de elector y el OCR de la
credencial. (Art 21 y 23)


3.4 RECEPCIÓN DE PETICIÓN POR CÁMARA Y LA REMITE AL INE PARA
VERIFICACIÓN DE PORCENTAJE (2% DE LISTA NOMINAL DE
ELECTORES). Recibida la petición por el Presidente de la Mesa Directiva de la Cámara
que corresponda, éste la publicará en la Gaceta Parlamentaria, dará cuenta de la misma y
solicitará al Instituto que en un plazo de treinta días naturales, verifique que ha sido
suscrita, en un número equivalente, al menos, al dos por ciento de los inscritos en la lista
nominal de electores; (Art. 28)



a) EN CASO DE NO CUMPLIR CON EL 2% DE LISTA NOMINAL: EL
PRESIDENTE DE LA MESA DIRECTIVA DESECHA LA SOLICITUD.
En el caso de que el Instituto determine que no cumple con el requisito del
porcentaje mínimo, el Presidente de la Mesa Directiva de la Cámara que
corresponda, publicará el informe en la Gaceta Parlamentaria, dará cuenta y
procederá a su archivo como asunto total y definitivamente concluido; (Art. 28)



b) EN CASO DE CUMPLIR CON EL 2% DE LISTA NOMINAL:
PRESIDENTE DE LA MESA DIRECTIVA REMITE A SCJN LA
PETICIÓN PARA ANÁLISIS DE CONSTITUCIONALIDAD. En el caso
de que el Instituto determine que se cumple el requisito del porcentaje mínimo, el
Presidente de la Mesa Directiva de la Cámara que corresponda, publicará el
informe en la Gaceta Parlamentaria y enviará la petición a la Suprema Corte de
Justicia, junto con la propuesta de pregunta de los peticionarios para que resuelva
sobre su constitucionalidad dentro de un plazo de veinte días naturales; (Art. 28)



3.5. ANALISIS DE LA SCJN SOBRE CONSTITUCIONALIDAD. Recibida
la solicitud del Presidente para verificar la constitucionalidad de la petición de
consulta popular y calificación de la trascendencia nacional, la Suprema Corte de
Justicia deberá: (Art. 16 y 28)



a) REVISIÓN DE CONSTITUCIONALIDAD DE CONSULTA. Calificar
la trascendencia nacional (art. 5); resolver sobre la constitucionalidad de la materia
de la consulta popular y revisar que la pregunta derive directamente de la materia
de la consulta; no sea tendenciosa o contenga juicios de valor; emplee lenguaje
9

�neutro, sencillo y comprensible, y produzca una respuesta categórica en sentido
positivo o negativo.


b) MODIFICACIÓN A PREGUNTA. Realizar las modificaciones conducentes
a la pregunta, a fin de garantizar que la misma sea congruente con la materia de la
consulta y cumpla con los criterios enunciados en el inciso anterior.



c)

NOTIFICACIÓN A CÁMARA CORRESPONDIENTE SOBRE

RESOLUCIÓN. Notificar a la Cámara correspondiente su resolución dentro de
las veinticuatro horas siguientes a que la emita.


d) EN CASO DE INCONSTITUCIONALIDAD DE CONSULTA Y
CARENCIA DE TRASCENDENCIA NACIONAL: SE ARCHIVA. En el
supuesto de que la Suprema Corte de Justicia declare la inconstitucionalidad de la
materia de la consulta, el Presidente de la Mesa Directiva de la Cámara revisora,
publicará la resolución en la Gaceta Parlamentaria, dará cuenta y procederá a su
archivo como asunto total y definitivamente concluido;



3.6. EN CASO DE CONSTITUCIONALIDAD DE CONSULTA:
CONGRESO EXPIDE Y PUBLICA EN DOF CONVOCATORIA DE
CONSULTA POPULAR. Si la resolución de la Suprema Corte de Justicia es en
el sentido de reconocer la constitucionalidad de la materia, el Congreso por
conducto de sus Mesas Directivas expedirá la Convocatoria de la consulta popular,
la notificará al Instituto para los efectos conducentes y ordenará su publicación en
el Diario Oficial de la Federación. (Art. 28)



4. CONTENIDO DE CONVOCATORIA (art. 30) Fundamentos legales
aplicables; fecha de la jornada electoral federal en que habrá de realizarse la
consulta popular; breve descripción de la materia sobre el tema de trascendencia
nacional que se somete a consulta; la pregunta a consultar, y lugar y fecha de la
emisión de la Convocatoria. El Instituto Nacional Electoral será responsable de la
organización y desarrollo de la consulta popular; correspondiéndole al Consejo
General aprobar: el modelo de papeletas de consulta, documentación necesaria
para realizar la consulta y lineamientos para la organización y desarrollo de la
misma. (Art. 35 y 36)


CONSULTA POPULAR DE LEGISLADORES

10

�

1. REQUISITOS.



1.1 SOLICITUD DEL 33% DE INTEGRANTES (165 DIPUTADOS o 42
SENADORES). Solicitud por el treinta y tres por ciento de los integrantes de la Cámara
y se presentará en la Cámara de la que se es integrante, con el derecho de retirarla hasta
antes de la publicación de la convocatoria de consulta en el DOF. (Frac II Art. 12, 18 y
19)



1.2 CONTENIDO DE PETICIÓN DE CONSULTA. La petición de consulta deberá
contener: nombre completo y firma de los 165 diputados o 42 senadores; propósito de
consulta y argumentos por los que se considera de trascendencia; la pregunta que se
propone; y designación de representante de legisladores promoventes para recibir
notificaciones. (Art. 21 y 22)



2. PLAZO DE PRESENTACIÓN DE CONSULTA POPULAR. Del 15 de
marzo al 15 septiembre del año previo a las elecciones federales). (Art. transitorio
segundo y Ley)



3. PROCEDIMIENTO (ART. 27)



3.1.- RECEPCIÓN DE SOLICITUD DE CONSULTA Y TURNO A
COMISIÓN PARA DICTAMEN. El Presidente de la Mesa Directiva de la
Cámara de origen da cuenta de la solicitud de consulta y la turnará a la Comisión
de Gobernación y, en su caso, a las comisiones que correspondan, según la materia
de la petición, para su análisis y dictamen.



3.2.- DICTAMEN SE SOMETE A VOTACIÓN DEL PLENO DE
CAMARA DE ORIGEN Y REVISORA. El dictamen de la petición deberá ser
aprobado por la mayoría de cada Cámara del Congreso en el que se calificará la
trascendencia nacional de los temas que sean propuestos para consulta; en caso
contrario, basta que una de las Cámaras no lo apruebe para que se procederá a su
archivo como asunto total y definitivamente concluido; (art. 5, 6 y 27)



3.3.- CAMARA REVISORA REMITE A SCJN DICTAMEN PARA
REVISIÓN DE CONSTITUCIONALIDAD. Aprobada la petición por el
Congreso, la Cámara revisora la enviará a la Suprema Corte de Justicia junto con
la propuesta de pregunta para que resuelva y le notifique sobre su
constitucionalidad dentro de un plazo de veinte días naturales;

11

�

3.4.- ANALISIS DE LA SCJN SOBRE CONSTITUCIONALIDAD.
Recibida la solicitud del Congreso para verificar la constitucionalidad de la petición
de consulta popular, la Suprema Corte de Justicia deberá:



a) REVISIÓN DE CONSTITUCIONALIDAD DE CONSULTA. Resolver
sobre la constitucionalidad de la materia de la consulta popular y revisar que la
pregunta derive directamente de la materia de la consulta; no sea tendenciosa o
contenga juicios de valor; emplee lenguaje neutro, sencillo y comprensible, y
produzca una respuesta categórica en sentido positivo o negativo.



b)

MODIFICACIÓN A PREGUNTA. Realizar las modificaciones

conducentes a la pregunta, a fin de garantizar que la misma sea congruente con la
materia de la consulta y cumpla con los criterios enunciados en el inciso anterior.


c)

NOTIFICACIÓN

A

CÁMARA

DE

ORIGEN

SOBRE

RESOLUCIÓN. Notificar a la Cámara de origen su resolución dentro de las
veinticuatro horas siguientes a que la emita.


d) EN CASO DE INCONSTITUCIONALIDAD DE CONSULTA: SE
ARCHIVA. En el supuesto de que la Suprema Corte de Justicia declare la
inconstitucionalidad de la materia de la consulta, el Presidente de la Mesa Directiva
de la Cámara revisora, publicará la resolución en la Gaceta Parlamentaria, dará
cuenta y procederá a su archivo como asunto total y definitivamente concluido;



3.5.- EN CASO DE CONSTITUCIONALIDAD DE CONSULTA:
CONGRESO EXPIDE Y PUBLICA EN DOF CONVOCATORIA DE
CONSULTA POPULAR. Si la resolución de la Suprema Corte de Justicia es en
el sentido de reconocer la constitucionalidad de la materia, el Congreso expedirá la
Convocatoria de la consulta popular mediante Decreto, la notificará al Instituto
para los efectos conducentes y ordenará su publicación en el Diario Oficial de la
Federación.



4. CONTENIDO DE CONVOCATORIA (art. 30) Fundamentos legales
aplicables; fecha de la jornada electoral federal en que habrá de realizarse la
consulta popular; breve descripción de la materia sobre el tema de trascendencia
nacional que se somete a consulta; la pregunta a consultar, y lugar y fecha de la
emisión de la Convocatoria. El Instituto Nacional Electoral será responsable de la
12

�organización y desarrollo de la consulta popular; correspondiéndole al Consejo
General aprobar: el modelo de papeletas de consulta, documentación necesaria
para realizar la consulta y lineamientos para la organización y desarrollo de la
misma. (Art. 35 y 36)

3.2 Formante judicial: los resultados de la consulta popular para la jornada electoral del
2015
3.2.1 Las solicitudes de consulta popular presentadas en 2014, analizando la primera
praxis en la materia, para efectos de llevar a la jornada electoral federal del año 2015, conforme
a los plazos legales, fueron presentadas un año antes diversas consultas populares, entre ellas
cuatro peticiones ciudadanas y una más por integrantes del Senado de la República del Congreso
de la Unión, sin que se haya dado el caso de la solicitud del Ejecutivo Federal.
Las peticiones ciudadanas consistieron en las siguientes preguntas:
1. ¿Estás de acuerdo en que la Ley Federal del Trabajo establezca que la Comisión Nacional
de los Salarios Mínimos fije un nuevo salario mínimo que cubra todas las necesidades de
una familia para garantizar al menos la línea de bienestar determinada por el CONEVAL?
2. ¿Estás de acuerdo o no en que se otorguen contratos o concesiones a particulares,
nacionales o extranjeros, para la explotación del petróleo, el gas, la refinación, la
petroquímica y la industria eléctrica?”.
3. ¿Está de acuerdo en que se mantengan las reformas a los artículos 25, 27 y 28 de la
Constitución en materia energética?
4. ¿Estás de acuerdo en que se modifique la Constitución para que se eliminen 100 de las
200 diputaciones federales plurinominales y las 32 senadurías plurinominales?
Por otra parte, la petición realizada por los legisladores fue la siguiente: ¿Está usted de acuerdo
en que se emita una ley que fije límites máximos a las remuneraciones y prestaciones de los
servidores públicos, y que reduzcan en 50 por ciento las que actualmente perciben el presidente
de la República y altos servidores públicos de la Federación?
3.2.2 Análisis del Senado de la República y de la Suprema Corte de Justicia de la
Nación, aquella solicitada por integrantes del Senado de la República, proponía consultar la
13

�reducción del salario a servidores públicos, fue desechada por el mismo órgano legislativo
argumentando su improcedencia por tratarse de un tema de gasto e ingresos del Estado,7 por lo
que no fue materia de estudio de la Suprema Corte de Justicia.
Las otras cuatro solicitudes, todas ciudadanas, fueron estudiadas y posteriormente desechadas
por el Máximo Tribunal, determinando que si bien es cierto se cumplía con el carácter de
trascendencia nacional, cierto también fue que la materia de las consultas carecían de
constitucionalidad por encontrarse en los supuestos contenidos en el apartado tercero de la
fracción VIII de la Carta Magna, es decir, de los temas prohibidos a ser sujetos de consulta. Tal
fue el caso de la consulta en materia de reducción de los integrantes del Congreso Federal,
desechada por trastocar los principios consagrados en el artículo 40 de la Carta Magna y estar
relacionada con la materia electoral; así como aquellas dos consultas respecto a la reforma
energética y una más en materia de salarios mínimos, las cuales fueron calificadas de
inconstitucionales por versar sobre los ingresos y gastos del Estado.8
4. Algunos modelos latinoamericanos de consulta popular
Se puede observar en la experiencia latinoamericana que el modelo de consulta popular forma
parte también del marco jurídico de diversas naciones.
Tal es el caso de Argentina, en la que se faculta al Congreso, a iniciativa de la Cámara de
Diputados para someter a consulta popular un proyecto de ley, previendo la imposibilidad de
que sean vinculantes las consultas respecto de aquellos procedimientos de sanción que se
encuentren especialmente regulados por la Constitución Nacional mediante la determinación de
la cámara de origen o por la exigencia de una mayoría calificada para su aprobación.9
Por su parte, Colombia establece que el Presidente de la República, con la firma de todos los
ministros y previo aval del Senado de la República, podrá consultar al pueblo las decisiones de
trascendencia nacional, otorgando carácter de obligatoria la decisión del pueblo.10 Su legislación
secundaria establece que no se podrán realizar consultas sobre temas que impliquen

7

Senado de la República, Comunicado 397/2014, miércoles 22 de octubre de 2014.
Suprema Corte de Justicia de la Nación, Comunicados no. 189/2014 de 29 de octubre de 2014, 193/2014 de
30 de octubre de 2014 y 194/2014 de 3 de noviembre de 2014.
9
Artículo 40 de la Constitución de la Nación Argentina y artículo 1º de la Ley Secundaria no. 25432.
10
Artículo 104 de la Constitución Política de Colombia.
8

14

�modificación a la Constitución Política, ni proyectos del articulado ni la convocatoria a una
asamblea constituyente.11
En el Ecuador se prevé el mecanismo de consulta popular para reformar la Constitución,
pudiendo el Ejecutivo solicitar se convoqué a la consulta, a petición de gobiernos autónomos
descentralizados y la ciudadanía, no podrán referirse a asuntos relativos a tributos o a la
organización político administrativa del país, salvo lo dispuesto en la Constitución. En todos los
casos, se requerirá dictamen previo de la Corte Constitucional sobre la constitucionalidad de las
preguntas propuestas.12
Podemos observar que en Guatemala existe la multicitada figura, contemplando que las
decisiones de especial trascendencia deberán ser sometidas a procedimiento consultivo de todos
los ciudadanos,13 previendo inclusive que las reformas del Congreso de la República no entrarán
en vigencia sino hasta que sean ratificadas mediante la consulta popular,14 estableciendo como
excluyentes de reformaste, y por ende, de ser sometidas a consulta toda cuestión que se refiera a
la forma republicana de gobierno, al principio de no reelección para el ejercicio de la Presidencia
de la República, o aquellos que resten efectividad o vigencia a los artículos que estatuyen la
alternabilidad en el ejercicio de la Presidencia de la República.15
5. Conclusiones
De todo lo expuesto se puede destacar que la consulta popular es un modelo de participación
semi democrática que busca empoderar al ciudadano, el cual al igual que la iniciativa ciudadana,
son muestra de una reingeniería jurídica teniente a la transición hacia una democracia más
participativa. Sin embargo, en vista de las primeras resoluciones

respecto a la

inconstitucionalidad de todas las consultas populares presentadas para la jornada electoral del
2015, y con el fin de dar plena vigencia al derecho ciudadano de votar sobre temas de
trascendencia nacional, es pertinente replantear las limitantes constitucionales para no caer en el
supuesto incongruente de lograr por un lado el requisito constitucional de la trascendencia
nacional, y por el otro, la inconstitucionalidad y por lo tanto la inoperancia e inviabilidad de la
consulta. Ante la amplitud de las restricciones contenidas en la Carta Magna, observando que
11

Artículos 49 y 51 de la Ley Secundaria no. 134.
Artículo 104 de la Constitución Política de la República del Ecuador.
13
Artículo 173 de la Constitución Política de la República de Guatemala.
14
Artículo 280 de la Constitución Política de la República de Guatemala.
15
Artículo 281 de la Constitución Política de la República de Guatemala.
12

15

�estas son la causa de la problemática, fue oportuno observar la normatividad en otros países del
Continente.
De la exposición respecto de la experiencia latinoamericana, se muestra que, si bien es cierto,
existen restricciones constitucionales sobre los temas sujetos a consulta, cierto también es que
en algunos casos las limitaciones versan sobre los procedimientos legislativos especiales, como
lo son aquellos exclusivos de alguna de las Cámaras del órgano legislativo, o que requieren
mayoría calificada, como lo es en Argentina, los asuntos relativos a tributos o a la organización
político administrativa del país, como es el caso de Ecuador, la prohibición de reformar la
Constitución Política en Colombia e igualmente ciertos principios constitucionales en
Guatemala.
En el caso de México, los supuestos no distan tanto de los anteriores, lo que nos lleva a
reflexionar en que la inoperancia posiblemente no atienda a un problema en la regulación
constitucional, sino posiblemente en la falta de matización en la legislación secundaria de las
restricciones constitucionales, ya que el artículo 11 de la Ley Federal de Consulta Popular se
encuentra en los mismos términos del numeral 3º del artículo 35 de la Ley Suprema.
Es por lo anterior que, en búsqueda de que el derecho vigente sea derecho viviente, se debe
reflexionar en aquellos matices que permitan la viabilidad de consultar a la ciudadanía asuntos
de trascendencia nacional, por lo que una posible reforma a la legislación secundaria con el fin
de delimitar los alcances del artículo 11, podría ser una forma de superar la problemática
presentada en estas primeras experiencias.
Por último, huelga decir que ante este nuevo modelo es de destacarse que la Suprema Corte
de Justicia de la Nación robustece sus facultades incidiendo directamente en la democracia semi
directa, facultad que el Constituyente Permanente le otorgó, dando así lugar al nuevo control de
constitucionalidad sobre la participación ciudadana.
6. Referencias
Constitución de la Nación Argentina (1995). Ley Nº 24.430. Recuperado de:
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18

�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 2. Núm 4. Agosto-diciembre 2016, pp. 19-42
ISSN: 2395-8448

Determinates do comportamento eleitoral nas eleições legislativas em
Moçambique 1994-201416
Determinates of the electoral behavior in the legislative elections in
Mozambique

ACRISIO PEREIRA VICTORINO
Universidade Federal do Pará - UFPA. IFCH - PPGCP. Rua Augusto Corrêa, 01, Fone/Fax: (91) 8395-8526. Email: acrisio.victorino@gmail.com
Estudante de Mestrado em Ciência Política na Universidade Federal do Pará. Graduado em Administração Pública
na Universidade Eduardo Mondlane, Moçambique. Atuando principalmente nas áreas de Sistema Eleitoral, Estudos
eleitorais, Comportamento Eleitoral, Competição Política e Partidária.
CO- AUTOR
CARLOS AUGUSTO DA SILVA SOUZA
Universidade Federal do Pará - UFPA. IFCH - PPGCP. Rua Augusto Corrêa, 01, Fone/Fax: (91)3201-7441. Email: carlossouza@ufpa.br
Doutor em Ciência Política pelo Instituto Universitário de Pesquisas do Rio de Janeiro – IUPERJ, Professor da
Universidade Federal do Pará, onde exerce atualmente a função de Coordenador do curso Pós-graduação em
Ciência Política. Desenvolve estudos na área de Estudos eleitorais, Competição Política e Partidária, Geografia
Eleitoral, Produção Legislativa.
Fecha de envío: 8 de enero 2016
Fecha de aceptación: 6 de abril 2016

Resumo
O presente artigo apresenta como objetivo, analisar a influência do nível de escolaridade
e pobreza na variação do comportamento do eleitorado nas eleições legislativas em Moçambique
de 1994 a 2014. A pesquisa parte da evidência que há uma tendência de mudança do
comportamento do eleitor ao longo das eleições já realizadas em Moçambique. Neste sentido,
16

Agradeço ao Professor Dr. Rafael da Silva da Universidade Estadual de Maringá pelas
relevantes indicações bibliográficas que ajudaram na construção deste artigo, a Professora
Dra. Eugênia Rosa Cabral do Programa de Pós-graduação em Ciência Política da
Universidade Federal do Pará – PPGCP-UFPA do pelas preciosas sugestões

19

�procurou-se avaliar os fatores determinantes para essa variação comportamental. A metodologia
foi mista (qualitativa e quantitativa), baseada nos dados eleitorais de 1994 a 2014, relacionando
com duas variáveis: nível de escolaridade e o nível de pobreza no país. Os resultados da pesquisa
indicam que a variação do comportamento de eleitorado moçambicano estão relacionados com
os baixos índices de escolaridades e com altos níveis de pobreza.
Palavras-chave: voto branco, voto nulo, abstenções, eleições legislativas de 1994 a 2014
Abstract
This article has as objective to analyze the influence of level of education and poverty on
the variation of voter behavior in the legislative elections in Mozambique from 1994 to 2014.
The research part of the evidence that there is a trend of voter behavior change over the elections
already held in Mozambique. In this sense, we tried to evaluate the determinants for this
behavioral change. The methodology was mixed (qualitative and quantitative), based on electoral
data from 1994 to 2014, relating to two variables: level of education and the level of poverty in
the country. The survey results indicate that the variation of the Mozambican electorate behavior
are related to the low levels of education levels and high levels of poverty.
Keywords: white vote, null vote, abstentions, legislative elections 1994-2014

Introdução
A cada ano eleitoral em Moçambique a Comissão Nacional de Eleições, bem como o
Secretariado Técnico de Administração Eleitoral, promovem campanhas com vista a sensibilizar
o eleitor a participar nos pleitos eleitorais, por meio do exercício consciente do voto, destinado
aos partidos apresentados ou a legendas, decidindo desta forma o futuro do país. Contudo, se
verifica desde as eleições de 2004 um crescimento da não participação eleitoral por parte dos
eleitores ativos nas eleições legislativas.
É neste contexto que esta pesquisa pretende investigar quais fatores tem, possibilitado
a expansão do comportamento eleitoral alienado em Moçambique pós-democratização e para
isso procuramos relacionar tais dados com indicadores socioeconômicos. A questão de fundo,
que motivou este estudo, é se a pobreza e a educação estimula, retrai ou não afeta no nível de

20

�abstenção, votos nulos e em branco nas eleições legislativas no país. Partimos da ideia na qual,
quanto mais pobre o eleitorado maior tende a se absterem nas eleições legislativas, e quanto
menos alfabetizado tende a votar em branco e nulo. Para melhor entendimento do assunto, a
abstenção; os votos brancos e nulos serão agrupados na mesma categoria, a da alienação 17
eleitoral. Apesar de ser um procedimento polêmico usaremos este conceito por ele agrupar a não
participação materializada na abstenção, bem como a participação materializada nos votos
brancos e nulos.
Do ponto de vista teórico, utilizamos a teoria da escolha racional para entender a relação
entre o comportamento eleitoral alienado, educação e a pobreza. Utilizamos uma metodologia
mista (qualitativa e quantitativa) na análise. A pesquisa foi desenvolvida com uma base de dados
secundários, isto é, dados oficiais sobre os indicadores socioeconômico disponível nos sites do
Ministério de Planificação e Desenvolvimento (MPD); Ministério da Educação e
Desenvolvimento Humano (MINEDH); Instituto Nacional de Estatística (INE) (); Programa
das Nações Unidas para o Desenvolvimento (PNUD). Utilizamos, também, os resultados
eleitorais agregados, disponíveis no órgão de gestão eleitoral Secretariado Técnico de
Administração Eleitoral (STAE) e Comissão Nacional de Eleições (CNE). Nestes termos,
fizemos associação da medida de produtividade qualitativa e quantitativa, que foram os
resultados eleitorais de Moçambique e as condições socioeconômicas relacionadas com os
processos eleitorais.
A pesquisa teve o cunho analítico pelo fato de ter usado a pesquisa bibliográfica do
debate sobre alienação eleitoral desenvolvido por Santos (1987); Lima (1990); Nicolau (2002a,
2003b); Figueiredo (2008); Borba (2008); Ramos (2004a, 2006b, 2009c). A análise dos dados
baseou-se em uma modelagem estatística e na construção de tabelas e gráficos, que permitiu a
interpretação, criando correlações. Sendo assim, este trabalho possui a seguinte estrutura: além
desta introdução, a segunda parte é reservada a um breve debate sobre o comportamento
eleitoral alienado. Na terceira parte fizemos uma breve apresentação sobre os resultados relativas
a participação eleitoral e a alienação eleitoral, na quarta parte são apresentados e analisados os
dados empíricos sobre a relação existente entre pobreza e abstenção eleitoral e a relação existente

17

Para melhor adequação ao nosso estudo usaremos o termo comportamento eleitoral
alienado.

21

�entre o nível educacional e os votos nulos e brancos em Moçambique e a última parte reservada
as considerações finais.
Um Debate Sobre o Comportamento eleitoral alienado
Estudos mostram que nas democracias representativas o voto é uma condição
preponderante da participação política. Este pressuposto assenta-se na ideia de que primeiro a
participação eleitoral é uma das formas de participação que envolva um maior número de
cidadãos em regimes democráticos e segundo que esta é uma das formas de participação exercida
com frequência que varia de 4 ou 5 anos, dependendo do país (LEWIS BECK, 1988). Portanto,
há uma um crescimento do comportamento alienado do eleitor ativo nos regimes democráticos
a exemplo do que se vê em Moçambique onde este fenômeno tem oscilado desde 1994 até as
últimas eleições de 2014.
Para Ramos (2004a, 2006b, 2009c), as democracias representativas contemporâneas são
caracterizadas por eleições frequentes dos seus representantes, onde o processo eleitoral possui
dois distintos resultados preliminares, tais como: o total de votos válidos, e o somatório de votos
brancos, nulos e abstenções designado por comportamento eleitoral alienado18. Portanto, nem
todos os eleitores ativos participam nas escolhas dos seus representantes nas eleições legislativas,
ou seja, existe uma tendência atualmente do eleitorado aptos a votar, alienar seu voto, seja por
fatores, políticos, ecológicos ou socioeconômico. Nota-se, especialmente desde a década
noventa, que o nível de abstenção eleitoral, bem como os votos nulos e brancos nas democracias
representativas tem atingido números alarmantes quer na Europa, Estados Unidos, América
Latina e África19.
Sendo o voto em democracias representativas uma condição fundamental da participação
eleitoral e a evolução da não participação eleitoral, materializada nas taxas de abstenção e a
participação eleitoral materializada nos votos em branco e nulo, denominado por
comportamento eleitoral alienado 20 , este fenômeno é visto no cenário da democracia
representativa como um problema para legitimidade dos representantes e das instituições
democráticas (COSTA, 2007; FILGUEIRAS, 2008). Entretanto, a alienação eleitoral é um
elemento crucial da deslegitimação da democracia representativa, pois na medida em que
18

Por um lado o comportamento eleitoral alienado pode ser resultado de falhas mecânicas (como a não
familiaridade com o boletim de votos por parte dos indivíduos que exercem seu voto pela primeira vez, à posição
do partido no boletim de voto, entre outras falhas), por outro lado incapacidade de acesso e a distância entre a
residência e o local de votação e o clima, este conjunto de possibilidades não representam a escolhas, mas sim
restrições.
19
Ver em, Justel (l995); Perea (1999); Lane e Ersson (l987); Freire (2000) e Magalhães (2002) e Wattenberg
(1999 e 2000) e Brito (2007) sobre dados de vários países.
20
Autores como Santos (1987); Silva (2014); Costa (2006) designam por Alienação Eleitoral.

22

�somente uma minoria exerce seu poder cívico efetivamente, há uma maioria que opta por um
comportamento alienado, ou seja somente uma minoria legitima o processo democrático. No
contexto moçambicano, este fenômeno começa ser mais evidente em 2004, onde o
comportamento eleitoral alienado foi de 73%, ou seja, somente 37% participaram de forma
efetiva na escolha dos representantes.
No que concerne à participação eleitoral na vertente da alienação eleitoral, se manifesta
através de duas modalidades de voto (branco e nulo). Existe uma discordância em relação aos
teóricos especializados sobre seu significado. De um lado, temos autores favoráveis à tese dos
votos brancos e nulos como expressão de protesto e de descontentamento do eleitor (SANTOS
1987; BORBA, 2009). De outro, há pesquisadores que defendem que esses votos são reflexos
da baixa sofisticação política do eleitorado, que se materializaria, em parte, nas dificuldades
cognitivas para operar de maneira correta a urna eletrônica ou cédulas eleitorais (NICOLAU,
2002a; 2003b).
O nível da não participação eleitoral se tem tornado um fenômeno universal, atingido
maior proporções em democracias representativas, onde o voto é facultativo21. Porém, apesar
da sua magnitude, não há um consenso na literatura em relação ao significado deste fenômeno.
Duas razões explicativas: 1- a literatura sustenta a necessidade de determinados índices de não
participação eleitoral para a estabilidade do regime democrático, Almond e Verba (1963); Lipset
(1967), 2- olham o fenômeno com preocupação, apontando indícios de desgaste social, apatia e
desinteresse pela política (VITULLO, 2001a; 2002b; KINZO, 2005).
Podemos afastar o pré-conceito do comportamento eleitoral, e mencionar o termo não
participação, que envolve aqueles que não participaram diretamente da escolha de seus
representantes políticos, uma vez que estão inseridos no contingente de eleitores aptos a
participar do processo de votação, tido como abstenção eleitoral. A abstenção, que aparece em
muitos estudos como uma variável de menor magnitude, tende a crescer em países onde o voto
é facultativo em detrimento dos países onde o voto é obrigatório, pois neste contexto o voto é
um poder-dever e não direito. Neste sentido, a abstenção inclui não apenas os eleitores inscritos,
mas sim todos os cidadãos e cidadãs que estão aptos a participar nos pleitos eleitorais e não o

21

Uma visão, tanto dos debates internacionais, quanto aos dados sobre comportamento
eleitoral alienado em Moçambique veja em Terenciano (2016); Brito (2007); Silva (2014);
Costa (2006); Santos (1987) e Ramos (2004a, 2006b, 2009c).

23

�fazem, em situações onde o voto é facultativo este eleitorado ativo tende decidir votar ou não
dependendo das suas condições socioeconômicas.
Teóricos como Santos e Figueiredo afirmam que a não participação eleitoral é, por um
lado, uma consequência mental ou cultural de qualquer sociedade e, por outro lado, é
eminentemente uma ação técnica, onde as pessoas participam quando e se as suas ações são
compreendidas, por elas mesmas, como sendo capazes de produzir resultados esperados, ou seja,
os cidadãos só participam em pleitos eleitorais quando acreditam que suas ações serão efetivadas
(SANTOS, 1987; FIGUEIREDO, 1991). Em relação a este fenômeno, Lima (1990), faz menção
a ideia de “comportamento eleitoral alienado”, como sendo aqueles eleitores que compreendem
e vivem de forma consciente o cenário político e que por algum motivo decidem não participar
no âmbito da escolha dos seus representantes.
Esta suposição em torno do comportamento eleitoral alienado22 está centrada na política,
onde a motivação dos interesses e valores é muito pratica, ou seja, está relacionada à ação. Os
resultados políticos são baseados por algum valor, onde as consequências dos atos nem sempre
condizem com as intenções dos agentes (RAMOS, 2004a). Para Ramos (2004a, 2006b), esta
segunda suposição resulta do caráter prático do político: desde os votos validos depositados
quanto a alienação eleitoral são comportamento dos eleitores. E por último, a terceira suposição,
centra-se na ideia que a intenção e os resultados não são opostos.
No entanto, apesar das motivações que cada fenômeno que constitui o comportamento eleitoral
alienado seja oposto entre si (votos nulos genericamente são relacionados a protesto, votos em
brancos, ao desinteresse, e abstenções, a rejeição aos candidatos, sistema, ou ao comodismo), o
impacto causado pelo comportamento eleitoral sob o distanciamento da legitimidade do sistema
representativo é idêntico para as três formas avançadas de ação (RAMOS, 2004a).

Em torno deste debate, sobre votos validos e alienação eleitoral, podemos referir que o
voto valido é a presença de escolha dos representantes pelos eleitores, e a alienação eleitoral é a
falta da escolha dos representantes, sendo que toda ação social é sujeita a uma intenção, então

22

O termo alienação eleitoral em Ramos (2004a, 2006b, 2009c) é denominado por
“alheamento eleitoral”

24

�se torna fundamental observar o comportamento do eleitorado alienado (votação por meio de
voto branco, nulo e abstenção) ligado a comportamento político (apatia e protesto), e, por
conseguinte as possíveis motivações (alienação, satisfação ou insatisfação política), que são
dimensões subjetivas do processo político (RAMOS, 2006b, 2009c).
Entretanto, algumas características são importantes serem avançadas para explicar a ideia
de alienação eleitoral no contexto moçambicano: 1º, Os votos em branco e nulo representam a
correlação existente entre a baixa sofisticação política e baixo índice de escolaridade Santos
(1987); Ramos (2004a); Figueiredo (1991); Lima (1990), e 2º Abstenção, que é a não participação
do eleitor ativo no processo eleitoral, que está associada ao fator da pobreza, principalmente aos
eleitores de baixa renda (SANTOS, 1987; BRITO, 1995).
Neste contexto, o voto em branco e o voto nulo apresentam uma não escolha. Ressaltese que a doutrina costuma distinguir entre os eleitores que votam nulo, aqueles que o fazem
deliberadamente e os que o fazem por ignorância ou erro, sem consciência da impropriedade de
sua escolha (RAMOS, 2004a, 2009c). Em relação à anulação intencional de votos, agrupa-se um
determinado comportamento de insatisfação política do eleitor ativo em relação aos seus
representantes. Por último, a abstenção se determina por um não comparecimento do eleitor
ativo e escrito nas urnas no dia da votação, e é uma clara demonstração de apatia ou protesto
eleitoral em relação às instituições democráticas, bem como a não identificação do eleitorado
com o candidato ou partido.
As primeiras abordagens sobre esse fenômeno centravam-se principalmente no
procedimento de aglutinação em um único fenômeno, a alienação de distintos comportamentos
do eleitorado (os votos brancos, nulos e as abstenções), para os quais se estabeleceu uma mesma
base causal (LIMA JÚNIOR, 1990). Segundo o autor, pode-se objetivar, no entanto, que a
interpretação do comportamento eleitoral alienado, na medida em que agrega manifestações
eleitorais diferentes, esteja equivocada do ponto de vista dos fatores determinantes da alienação.
Ou, simplesmente: o que leva o eleitor a se abster não é exatamente o que leva o eleitor a votar
em branco ou a anular o voto (LIMA JÚNIOR, 1990).

25

�O estudo de Jairo Nicolau (2002a, 2003b) problematiza os votos brancos e nulos, e
defendem a tese de que, principalmente os votos nulos, devem ser compreendidos como
resultado da baixa sofisticação do eleitorado, especialmente no aspecto da escolaridade. Para o
autor, isso fica evidente ao comparar as taxas de votos nulos antes e depois da instauração da
urna eletrônica, quando se verifica uma queda substancial dos votos brancos e nulos. No
contexto moçambicano onde o nível de população alfabetizada e vivendo na pobreza ainda é
muito maior, sendo que a maior parte do eleitorado se encontra vivendo sob esses problemas,
pode ser um fator importante para perceber o crescimento do comportamento eleitoral alienado,
onde a dificuldade de manusear as cédulas eleitorais faz com que muitos votos sejam anulados
por erro na escrita ou pintura no nome do partido bem como o absentismo.
De um lado, alienação eleitoral entende-se como a manifestação num processo de
eleições, onde os indivíduos, aptos e escritos para exercer seu poder de escolha dos
representantes políticos não o fazem, por outro lado entende-se, por alienação eleitoral a
ausência de uma escolha dos representantes em determinada eleição, de indivíduos que, aptos a
votarem, por variadas razões, não o fazem, ou seja, ou se abstêm, ou votam nulo ou em branco
(COSTA, 2007; RAMOS, 2009b). Contudo, podemos afirmar que os autores alegam que as
variáveis ligadas a idade, renda e condições ecológicas estão diretamente ligadas a abstenção
eleitoral, enquanto que, a escolarização, as questões técnicas e de regras institucionais estão
ligadas a participação materializada através do voto branco e nulo.
O que nenhum dos trabalhos acima ostentou como variável de análise as condições
socioeconômicas e de que forma esta pode influenciar na, não participação, bem como na
participação materializada nos votos brancos e nulos. É notória uma expressiva literatura
internacional sobre o chamado “voto econômico” Kiewiet (1983); Lewis-Beck (1988); Kinder,
Adams e Gronke (1989); Duch (2001) e seu impacto principalmente no plano do
comparecimento eleitoral Downs, (1999); Aldrich (1993), tais análises ainda não foram
devidamente incorporadas ao estudo do tema do comportamento eleitoral alienado em
Moçambique.
Key Junior (1966), explica que os estudos sobre as teorias do voto racional, partem da
premissa, que é: se o crescimento econômico vai bem, os representantes ganham os votos; em
contra partida, se o crescimento econômico vai mal, os indivíduos podem alienar seu voto ou
votar em novos representantes. Esta tentativa teórica e epistemológica de reduzir o eleitor a um
mero juiz que busca punir e recompensar seus representantes é uma forma quase frágil de

26

�analisar o comportamento político e eleitoral (FIGUEIREDO, 2008). Contudo, a partir desta
lógica, é possível associar o exercício do voto, não o mero sentido julgador, mas como uma ação
que pretende ser instrumental, ou estratégica de ponto de vista do eleitor.
Um indivíduo racional de ponto de vista de Downs, se comporta da seguinte forma:
[…] Ele sempre pode tomar uma decisão quando confrontado com
uma série de alternativas; Ele classifica todas as alternativas na ordem
de sua preferência; Seu ranking de preferência é transitivo; Ele sempre
escolhe entre todas as alternativas possíveis, aquela que fica em primeiro
lugar no ranking ordenado de preferência; Ele sempre toma a mesma
decisão quando é confrontado com as mesmas alternativas […]
(DOWNS,1999, p: 28).
Mais uma vez, o elemento economia, é um vetor importante para explicar o não
comparecimento eleitoral (MONROE, 1979; KIEWIET, 1983; KRAMER &amp; GOODMAN,
1975). Desta forma, podemos nos referir que em uma sociedade onde o voto é facultativo, as
pessoas tendem a recorrer à alienação23 dependendo das condições de existência, como é o caso
da escolaridade, pobreza, índice de satisfação com o governo, podem determinar na escolha dos
eleitores, ou de participar politicamente e eleitoralmente escolhendo seus representantes, ou
simplesmente recorrendo a alienação eleitoral nos moldes que está sendo apresentada neste
estudo.
Neste contexto todos os que tomam decisões racionalmente incluindo (partidos
políticos, grupos de interesse e governos), presume-se que possuem as mesmas qualidades, isto
é, a racionalidade. Portanto, um homem racional, sempre opta pela alternativa que lhe
proporciona maior utilidade, ou seja, consideramos que a sua decisão apresenta os pressupostos

23

Seria basicamente o contrário da síndrome de alienação política que foi apresentado por
Figueiredo, citando Robert Lane (1962, p. 162). Que postulam as 3 síndromes de alienação?
Postulam a ideia segunda qual, o indivíduo ou eleitor perante o cenário político, assume que:
1 – eu sou objeto e não sujeito da vida política, eu não tenho influencia e não partido, porque
politicamente falo em voz passiva; 2- o governo não cuida e nem administra no meu interesse;
3- Eu não aprovo o processo de tomada de decisão, as regras são injustas, ilegítimas.
Destacamos com maior ênfase a segunda síndrome, que mais se enquadra na ideia de que, se
a economia está bem, então não necessito participar, e se há variações na economia, então os
eleitores, sobretudo os racionais, como estamos vindo enfatizar, votam para destituir o
governo dia.

27

�racionais, como a informação suficiente, previsibilidade, custo e benefício voltado para o jogo
ótimo (DOWNS, 1999). Assim, um eleitor ao agir racionalmente leva em consideração os
benefícios esperados, resultantes da atividade governamental para escolher o candidato ou
partido que lhe trará a maior utilidade ou opta por alienar seu voto.
A decisão de participar de uma eleição ou não, o eleitor realiza um cálculo que inclui a
tarefa de escolher um candidato, os custos referentes ao deslocamento e as possíveis vantagens
que podem ser obtidas caso decida votar. Se tais benefícios esperados superarem os custos, o
eleitor participa da eleição (DOWNS, 1999). Mas também, é possível associar a teoria do voto
positivo, na medida em que os benefícios extraídos do ato de votar consigam compensar seu
custo de votação, isto é, o eleitor tende a participar de forma constante quando suas ações são
realizadas de alguma forma.
Das Abstenções, Votos Brancos, Nulos e Alienação Eleitoral em Moçambique
O Cenário político moçambicano inicia em 1975, com sua independência do regime
colonialista. Entre 1975 até 1990, o país passou por períodos de intenso conflito derivado da
guerra civil estabelecida entre duas forças políticas que procuravam através da luta armada
assumir o controle do poder político: A Frente de Libertação de Moçambique (FRELIMO) e a
Resistência nacional Moçambicana (RENAMO).
Em 1990, após quase 16 anos de guerra civil é assinado um Acordo Geral de Paz24 entre
as duas principais forças políticas o que permite a Promulgação de uma nova Constituição que
instaura o regime multipartidário que possibilitou o surgimento de novos partidos políticos e a
realização das primeiras eleições multipartidárias em 1994. Desde então, foram realizadas 9
eleições25, sendo 5 eleições Presidências conjugada com eleições e 4 eleições Municipais.
Nas primeiras eleições legislativas, concorreram 14 partidos 26, sendo que apenas três
obtiveram votos suficientes para ultrapassar a clausula de barreira imposta pela legislação, para
preencher os 250 assentos na Assembleia da República. Das cadeiras disponibilizadas 129 foram

24

O Acordo Geral de Paz foi assinado em Roma em 4 de outubro de 1992entre o partidoEstado (FRELIMO) e a RENAMO, que era o movimento de resistência, considerada como
desestabilizador do País, que colocou o fim da guerra civil em Moçambique de 1976-1992.
25
As eleições presidenciais e legislativas foram realizadas nos seguintes anos: 1994, 1999,
2004, 2009 e 2014; as Municipais em: 1998, 2003, 2008 e 2013.
26
Ver em Brito (1995); Terenciano e Sousa (2016)

28

�ocupados por deputados eleitos pela FRELIMO (Frente de Libertação de Moçambique), 112
pela RENAMO (Resistência Nacional de Moçambique) e 9 foram ocupados pela UD (União
Democrática de Moçambique)27, os 11 partidos restantes alcançaram conjuntamente 12,7% do
total dos votos, sem que nenhum tenha alcançado a cláusula de barreira de 5% exigida pela lei
eleitoral28 oriunda do Acordo Geral de Paz, no seu Protocolo III. Portanto, desde as eleições de
1994 é possível notar uma evolução e oscilação em torno das abstenções, votos nulos e brancos
como se pode observar na Tabela 1:
Tabela 1: Participação absoluta e relativa as Abstenções, votos brancos, nulos e alienação
eleitoral nas eleições legislativas em Moçambique: 1994-201429
Anos
Abstenção
Votos brancos
Votos nulos
Alienação eleitoral
Absoluto

%

Absoluto

%

Absoluto

%

Absoluto

%

1994

744.544

13%

457.382

3%

173.691

7%

1.375.617

23%

1999

2.345.711

30%

463.011

11%

239.172

5%

3.047.894

46%)

2004

5.820.100

63%

166.560

5%

110.062

5%

6.096.722

73%

2009

5.503.405

56%

349.499

8%

143.893

8%

5.996.797

72%

2014

5.721.478

52%

445.371

8%

245.145

2%)

6.411.994

62%

Fonte: CNE. Elaborado pelo autor (2016)
Como se pode observar na Tabela 1, entre 1994 e 2004, houve um crescimento
acentuado na taxa de alienação eleitoral, principalmente a abstenção eleitoral, passando de 13%
em 1994, para 30% em 1999 e 63% em 2004 e reduzindo para 56% e 52% em 2009 e 2014
respectivamente.
A explicação para essa redução do índice de abstenção eleitoral, nas últimas duas eleições
é que, primeiro, em 2007, houve um registro eleitoral de raiz e foram eliminados os cadastros de
muitos eleitores que já haviam perdido a vida e continuavam na lista dos eleitores aptos a
votarem, segundo, os idosos que já não tinham condições de participar nas eleições e terceiro,
os eleitores que mudaram de residência e que teriam duplo cadastro, possibilitando assim um

27

União Democrática de Moçambique, que foi uma coligação que teve em voga se juntar entre partidos
pequenos para alcançar a clausula de barreira. Ver em Terenciano e Souza (2016)
28
Ver a legislação eleitoral de 1994.
29
Números de eleitores escritos em: 1994 – 6.148.842; 1999 – 7.099.105; 2004 – 9.142.151; 2009 –
9.890.655 e 2014 – 10. 964.377.

29

�maior controlo da Comissão Nacional de Eleições, sobre os reais eleitores inscritos e reduzindo
deste modo à possibilidade de um aumento artificial de total de eleitores aptos a votar.
Evolução da participação eleitoral nas eleições legislativas em Moçambique
Autores como Nicolau (2002a, 2003b); (Brito) 2006; Figueiredo (1991); Filgueiras (2008);
Mazula (1995a, 2006b) argumentarem que os diferentes tipos de sistema político-partidário
possibilitam a maior ou menor participação eleitoral, concretamente afluência nas urnas de voto,
sendo, entre esses fatores, as regras eleitorais, bem como o regime de voto (obrigatório ou
facultativo) existente. Pois alguns autores alegam que em regimes de voto facultativo o nível de
participação eleitoral tem reduzido ao longo dos anos, mas existem estudos que também
mostram que em países onde o voto é obrigatório também há essa tendência de redução da
participação de eleição à eleição.
Porque a nossa análise é baseada nos resultados das ações não participativas agrupadas
em três categorias (votos em branco, votos nulos e abstenções) que pode se dar por diferentes
motivos, a alienação eleitoral, precisa ser contextualizada em situações empíricas específicas para
que sua explicação se torne clara de acordo com o cenário que se pretende analisar. Os autores
utilizados referem-se a sistemas eleitorais de voto obrigatório 30 e alguns se referem ao voto
facultativo, daí que, consideramos importante na discussão no cenário político Moçambicano31
devido ao crescimento progressivo do comportamento eleitoral alienado nas eleições legislativas
em Moçambique.
No contexto moçambicano, onde o regime de voto é facultativo, é visível essa tendência
decrescente e contínua da participação eleitoral em relação ao comportamento eleitoral alienado,
ao longo das eleições, onde podemos afirmar que o número de participação eleitoral desde 2004
tem sido baixo em relação a não participação eleitoral, o que não têm chegado a atingir os 50%.
Isto quer dizer que há um decréscimo nos níveis de participação eleitoral em Moçambique em
uma linha oscilatória, conforme observaremos no Gráfico 1:
Gráfico 1: Participação Eleitoral relativa as eleições legislativas em Moçambique no período de
1994-2014

30Ver
31

em Borba (2008); Ramos (2009c) e Silva (2014).
Sistema eleitoral de voto facultativo.

30

�100%
90%
80%
70%
60%
50%

Participação Eleitoral

40%
30%
20%
10%
0%
1994

1999

2004

2009

2014

Fonte: CNE, Elaborado pelos autores (2016)
As dinâmicas da participação eleitoral em Moçambique são adversas, e em cada pleito
eleitoral teve variações em termos dos percentuais de participação. Ora, nas eleições fundadoras
de 1994, que instituíam a democracia multipartidária, a participação dos eleitores inscritos foi de
87%, isso nas onde a abstenção eleitoral situou-se em torno de 13%. Esta tendência se manteve
até as segundas eleições de 1999, onde houve uma participação de 70% dos potenciais eleitores,
com a abstenção eleitoral a situar-se em 30%. Alguns estudos desenvolvidos por Mazula (1995);
Brito (2005); Sitoe (2006); Nuvunga (2010), afirmam que, essa tendência de nível d2e
participação deveu-se a vários fatores. De um lado, as eleições de 1994 e 1999, e os eleitores
votavam pela paz, ou seja, para pôr fim definitivo da guerra que assolou Moçambique por cerca
de 16 anos, e por outro lado as pessoas foram movidas pela vontade de exercer seu poder de
voto pela primeira vez, onde o trabalho levado a acabo pelas instituições nacionais e
internacionais no âmbito da educação cívica32 foi fundamental para essa tendência (MAZULA,
1995; MAIA, 1995; NAMBURETE, 1995).
Essa tendência de maior nível participação teve seu auge do declínio nas eleições de 2004,
onde a participação eleitoral foi de 37% dos potenciais eleitores, tendo a abstenção eleitoral
chegado a atingir 73%. Isso mostra por um lado, que as pessoas se fizeram presente no processo
de registro eleitoral, mas não exerceram seu poder cívico de ir votar por alguma razão.

32

Por um lado, a CNE disponibilizou uma equipa de 1.600 agentes de educação cívica, por outro lado as
diversas confissões religiosas e ONG’s também criaram equipas de agentes de educação cívica, que trabalharam
em paralelo. Ver: in Mazula, (1995).

31

�Acadêmicos como Brito (op. cit) e Nuvunga (op. cit) advogam que o declínio na participação
eleitoral nas eleições de 2004 estão ligadas a dois pressupostos todos eles relacionados aos
problemas ecológicos. Por um lado, os problemas ecológicos é uma explicativa relevante para
compreender a baixa participação eleitoral, sendo que estas eleições decorreram num cenário de
chuvas intensas ao longo do todo país. Por outro lado, a não atualização dos cadernos eleitorais
fez com que existisse a duplicação do número de eleitores ativos nos cadernos eleitorais.
Em relação ao nível de participação nas eleições de 2009 e 2014, se nota um crescimento
mais ou menos significante em relação às eleições de 2004, onde o nível de participação foi de
44% e 48% respectivamente. Neste contexto, se verifica que a abstenção ainda continua num
nível acentuado, ou seja, a participação materializada nos votos (validos, nulos e brancos) ainda
continua inferior aos 50%, sendo que em 2009 e 2014 a abstenção se situou em 56% e 52%
respectivamente. Consideramos que essa redução insignificante das abstenções nas últimas
eleições, pode ser explicada pelo fato de que em 2007, ocorreu novamente um registro eleitoral
de raiz, o que possibilitou a eliminação de cadastros duplos bem como de eleitores que já haviam
perdido a vida e os idosos que já não tinham condições de exercer seu ato cívico, possibilitando
assim a redução da abstenção eleitoral. Vis-à-vis aumento da participação eleitoral.
Evolução da Alienação Eleitoral nas Eleições Legislativas em Moçambique
Desde as primeiras eleições legislativas de 1994, há uma indicação de redução da
participação eleitoral em Moçambique, onde o nível de abstenção, votos em branco e nulo têm
crescido de forma regular. Este crescimento, de certa forma revela um desinteresse dos cidadãos
em relação ao sistema político, que também pode ser um sintoma de crise do sistema
democrático representativo (BRITO, 2010).
De acordo com Lewis Beck (1988), existe uma tendência generalizada em países onde o
voto não é obrigatório, de ocorrer redução da participação popular em pleitos eleitorais ao longo
do tempo. Na Europa, por exemplo, por volta da década de quarenta, a participação rondava
em torno dos 86%, apresentando decréscimo em torno de 78% a 80% nos anos 1990, desde
então veem descendo de eleição a eleição, concretamente nos anos 2000 (LEWIS BECK, 1988).
Para o caso de Moçambique, onde o voto é facultativo, a participação eleitoral foi de 87% em
1994, descendo para 70% em 1999, passando para 37% em 2004, sendo que em 2009 e 2014 a
participação eleitoral se situou em 44% e 48% respectivamente, podemos assim dizer que ao

32

�longo das eleições já realizadas, o comportamento alienado dos eleitores tem oscilado de forma
significativamente33.
Este fenômeno, sobre comportamento alienado é notável nas eleições moçambicanas
pós-democratização, com um percentual de 23% em 1994, em 1999 tendo ocorrido o dobro do
percentual de 1994 em relação a alienação eleitoral isto é 46%, passando para 73% e 72% nos
anos 2004 e 2009 respetivamente e em 2014 tendo se fixado em 62%, como vemos no Gráfico
2:
Gráfico 2: Participação relativa da Alienação Eleitoral, nas eleições legislativas em
Moçambique, entre 1994-201434
80%
70%
60%
50%
40%

Alienação Eleitoral

30%
20%
10%
0%
1994

1999

2004

2009

2014

Fonte: CNE. Elaborado pelo autor (2016)
Observe que, Moçambique há uma tendência de crescimento oscilatório do
comportamento eleitoral alienado em relação à participação eleitoral, apesar das oscilações
percentuais em cada pleito eleitoral, ainda continua sendo maior o número dos eleitores que
tende a optar por alienar seu voto durante as eleições. Para Ramos (2004a, 2006b) são vários
motivos que influencia o eleitor ao alienar seu voto desde os fatores políticos, ecológicos e
socioeconômicos como já havíamos referenciado anteriormente.

33

De acordo com os dados da Comissão Nacional de Eleições as taxas de abstenção, votos brancos e nulos nas
eleições legislativas em Moçambique foram de: 1994 -13%, 3% e 7%; 1999-30%, 11% e 5%; 2004-63%, 5% e
5%; 2009-56%, 8% e 8% e por fim 2014-52%, 8% e 2% respetivamente.
34
A percentagem da abstenção foi calculada tendo em conta o número total de votantes e a percentagem de
voto branco e nulo foi calculada de acordo com os votos contidos na urna.

33

�Alguns estudos levado acabo por Mazula (1995); Sitoe, (2006) Brito, (2010) consideram
que as organizações internacionais bem como as nacionais 35 foram importantes para que as
primeiras bem como as segundas eleições em Moçambique fossem realizadas em um ambiente
cordial o que permitiria o seu Sucesso, pois para estes autores, as primeiras como as segundas
eleições multipartidárias em Moçambique eram vista, não só como uma mudança da conjuntura
política, social, mas também, como meio da efetivação e consolidação dos acordos de paz
celebrados em Roma, assinado em 1992, no âmbito do fim da guerra civil que durou quase 16
anos, por isso o n’nível de alienação foi muito baixo em relação as outras eleições como podemos
ver no Gráfico acima.
De acordo com Figueiredo (1991), os indivíduos participam no ato eleitoral, quando suas
ações são compreendidas, por elas mesmas, e que tem a capacidade de produzir resultados
desejados, ou seja, alienação eleitoral tende a ser maior quando o nosso voto nas eleições
anteriores não teve nenhum impacto na nossa vida. No contexto moçambicano pósdemocratização, nota-se um maior nível de alienação eleitoral em relação ao nível de participação
eleitoral desde 2004 nas eleições legislativas.
Um olhar sobre os determinantes socioeconômicas do comportamento do eleitor
Moçambicano
Para Santos (1987) a abstenção bem como os votos nulos e brancos estão associado as
condições socioeconômicas dos indivíduos, privilegiando, sobretudo, o aspecto educacional e
renda. A escolarização bem como a renda, tem sido apontada como fatores que predispõe
favoravelmente o indivíduo para a participação política. Nas eleições legislativas de 2009 e 2014
em Moçambique o nível de educação aumentou e o da pobreza reduziu e ao mesmo tempo a
alienação eleitoral também sofreu uma ligeira redução, conforme ilustra o Gráfico 3 e 4.
Podemos assim afirmar que, a melhoria de condições de vida (redução da pobreza) bem como
o nível elevado de escolaridade, permite com que os níveis de alienação eleitoral reduzam de
forma significante. Estas explicações já tinham sido fundamentadas teoricamente por Santos
(1987) que mostra que os níveis de escolaridade e a redução da pobreza são elementos chaves
para explicar a variação e redução dos índices de alienação.
Programas de educação cívica do STAE e CNE; de algumas ONG’s como AWEPA, NDI, Fundação
Friedrich Ebert, CARITAS; PNUD; ONUMOZ; Santo Egídio; National Democratic Institute; SARDC, CSC,
ONU.
35

34

�A visão econômica do comportamento eleitoral é sustentada, principalmente, pela
intrínseca ligação existente entre as condições socioeconômicas que se encontra aliada na
possibilidade dos representantes eleitos serem responsabilizados pelo crescimento e
desenvolvimento socioeconômico dos representados (Martins, 2010). Desta forma, podemos
considerar que o fator econômico, influencia na maior ou menor abstenção eleitoral, no âmbito
da escolha dos representantes, nas eleições legislativas em Moçambique, conforme
observaremos no Gráfico 3:
Gráfico 3: Relação relativa entre nível da população vivendo na Pobreza e abstenção eleitoral
nas legislativas em Moçambique.

88%
69%

63%
54%

56%
55%

52%
42%

30%
13%
1994

1999

2004

2009

2014

Abstenção

13%

30%

63%

56%

52%

Pobreza

88%

69%

54%

55%

42%

Abstenção

Pobreza

Fonte: CNE; MPD –INE 2013, Elaborado pelo autor (2016)
O fenômeno do comportamento eleitoral alienado em Moçambique encontra-se
dividido em dois momentos, sendo o primeiro que vai de 1994 a 1999 onde este fenômeno é
relativamente baixo mesmo tendo a pobreza em níveis alarmantes, neste primeiro momento os
eleitores afluíram em massa nas urnas com vista a efetivar o processo de acordos de paz que
passava por meio de realização das primeiras eleições multipartidárias bem como na expetativa
de ver suas condições melhorarem. No segundo momento que parte de 2004 até as últimas
eleições em 2014 podemos notar uma racionalidade do eleitor que vendo suas condições não
melhorarem opta por alienar seu voto.

35

�Esses resultados permitem, ilustrar até que ponto a pobreza é um elemento crucial na
participação política, no geral, e em particular as eleições. Para Santos (1987), esse exercício é,
em parte, condicionado pelo acesso ás cabines de votação, extensão territorial e pelo grau de
urbanização que representam custo de deslocamento do potencial eleitor, mas fatores
socioeconômicos influenciam significativamente na alienação eleitoral.
Podemos compreender a partir do Gráfico 3, que apesar do nível acentuado da pobreza
88% em 1994, a abstenção eleitoral em Moçambique foi de 13%, isto deveu-se a mudança da
conjuntura política nacional, com implementação do sistema multipartidarismo e com
consequente realização das primeiras eleições em 1994, fez com que a abstenção fosse baixa
mesmo tendo o nível de pobreza extrema. Teóricos como Mazula (1995); Maia (1995);
Namburete (1995); Brito (1995); Sitoe (2006,) afirmam que a comunidade internacional, os
lideres tradicionais, os agentes de educação cívica, bem como as instituições governamentais
tiveram um papel preponderante para a maior afluência dos eleitores nas 1as eleições, para além
desses autores difundirem a ideia na qual, o voto de cada cidadão poderia mudar o futuro de
Moçambique, os eleitores ativos vinham esse processo como um meio de melhoria das suas
condições de vidas afetadas pela guerra civil que durou aproximadamente 16 anos.
Em 1999, é possível perceber como os eleitores ativos, em tese devido a não melhoria
das suas condições de vida, começam abster o seu voto de forma gradual, onde podemos
confirmaram um aumento acima dos 100% de eleitores em relação às eleições de 1994, passando
deste modo dos 13% para 30%, com o nível de pobreza a manter-se ainda elevado 69% ou seja
em relação a 1994 a pobreza reduziu num percentual de 19%, o que podemos assim dizer, que
os eleitores que não sentiram o impacto da redução da pobreza nas suas vidas, se absterem, pois
como referenciado por Martins (2010); Santos (1987); Figueiredo (2008); Downs (1999), tais
eleitores tende a escolher seus representantes em função da melhorias das condições que se
fizeram sentir na última vez em que exerceu seu dever cívico. Nota-se que em 1999, uma gradual
relação entre o nível de pobreza e o aumento da abstenção, nas eleições legislativas em
Moçambique.
Em 2004 e 2009, a abstenção eleitoral nas eleições legislativas foi de 63% e 56% respectivamente.
Esse aumento considerável deveu-se ao nível de pobreza que ainda se situa acima dos 50%,
sendo que em 2004 a pobreza era de 54% e em 2009 a pobreza era de 55%, nota-se uma subida
insignificante da pobreza em 2009 em relação a 2004, contudo, apesar da pobreza ter reduzido
em 15% em relação a 1999, ainda continua alta nível, o que poderá ter levado os eleitores a se

36

�absterem, pois as suas condições de vida não terá melhorado de forma significante. Estudos
desenvolvidos por Santos (1987); Lima (1990); Nicolau (2003); Silva (2013), alegam que a taxa
de abstenção eleitoral tem como um dos fatores determinantes, o retorno esperado da
participação eleitoral anterior, pois o eleitor encontra-se numa relação de custo-benefício no
momento de exercer seu voto, sendo a melhoria das condições socioeconômicas um fator que
predispõe favoravelmente o indivíduo a participar nas eleições.
Em relação ao período de 2014, podemos notar que por um lado temos uma redução da
pobreza para o nível inferior a 50%, e por outro lado temos uma redução da abstenção. Contudo,
notamos no Gráfico 3, que o nível de pobreza reduziu num percentual de 13% em relação ao
período de 2009, passando desta forma a se situar em 42%, e ao mesmo tempo notamos uma
redução do da abstenção em 4% em relação a 2009, ou seja a melhoria insignificativa de
condições de vida de alguns eleitores ativos possibilitou em tese na redução da abstenção de
forma ligeira. Desta forma, notamos aqui que a melhoria das condições socioeconômica pode
influenciar na abstenção eleitoral, esta ideia também sustentada por autores como Santos (1987);
Key (1966); Figueiredo (2008); Borba (2008); Silva (2013), na qual as pessoas tendem a recorrer
à abstenção eleitoral dependendo das condições socioeconômicas, bem como a insatisfação do
eleitor ativo em relação ao representante (candidato ou partido). Sendo assim, podemos afirmar
que a pobreza é um fator importante na influência do comportamento do eleitor.
Como já havíamos referenciado, o voto em branco e o voto nulo apresenta uma não
escolha. A doutrina costuma distinguir, dentre os eleitores que votam nulo, aqueles que o fazem
deliberadamente e os que o fazem por ignorância ou erro, sem consciência da impropriedade de
sua escolha, em relação à anulação intencional de votos, agrupa-se um determinado
comportamento de insatisfação política do eleitor ativo em relação aos seus representantes
(RAMOS, 2009a). Portanto, podemos considerar que o fator educacional, influencia na maior
ou menor ocorrência de votos nulos e brancos, nas eleições legislativas em Moçambique,
conforme observaremos no Gráfico 4:
Gráfico 4: Relação relativa entre a nível da população analfabeta e voto branco e nulo nas
legislativas em Moçambique

37

�60%

60%
53%

48%

43%

7%
3%
1994

11%
5%

5%

1999

2004

2009

8%
2%
2014

Voto Nulo

7%

5%

5%

8%

2%

Voto Branco

3%

11%

5%

8%

8%

Nivel de Analfabetismo

60%

60%

53%

48%

43%

8%

Fonte: CNE, MINED-INE 2014, Elaborado pelo autor (2016)
Como se pode verificar no Gráfico 4, há uma correlação oscilatória entre o fator
educacional e a variação dos votos nulos e brancos nas eleições legislativas em Moçambique.
Apesar de um alto nível da população analfabeta 60% em 1994 e 1999, os votos nulos passaram
de 7% em 1994 para 5% em 1999 e os votos em brancos de 3% para 11% respetivamente, isto
se deve a baixa sofisticação do eleitorado, pois este processo requer um mínimo de
conhecimento em ralação ao manuseio dos boletins eleitorais, sendo que o eleitorado
moçambicano nestas eleições é composto maioritariamente por eleitores analfabetos, poderá ter
levado à esses níveis de votos nulos e brancos, nota-se uma redução de votos nulos e ao mesmo
tempo um crescimento de votos em branco nas eleições de 1999 em relação as de 1994, sendo
que o percentual de eleitores analfabetos se mantem. Autores como Santos, (1987); Lima, (1990);
Nicolau, (2003b) são consensual ao alegarem que, a baixa sofisticação do eleitorado,
especialmente no aspecto escolaridade, tende a cometer falhas mecânicas devido a não
familiaridade com o boletim de voto por parte dos indivíduos que exerceram seu voto pela
primeira vez.
Nas eleições de 2004 e 2009 e 2014 o voto branco nas eleições legislativas passou de 5%
para 8% nos dois pleitos eleitorais e de 5% para 8% em 2009 e 2% em 2014 número de votos
nulos. Nota-se uma queda de votos brancos em relação as eleições de 1999 e uma queda em
torno dos votos nulos em relação às eleições anteriores a 2014, isto se deve a uma redução da
população analfabeta em 17% de 1994 para 2014, podemos assim afirmar que existe uma relação

38

�entre o nível de escolaridade e os votos nulos e brancos, pois é possível verificar no Gráfico 4,
pois se verifica, que quanto mais escolarizado o eleitor moçambicano, menor tende a ser o
número de votos nulos e brancos, num contexto de voto facultativo que são as eleições
moçambicanas. Estudos levado a cabo por Santos (1987); Lima (1990); Ramos (2009); Silva
(2013), mostram que, os votos em branco e nulo representam a correlação existente entre a baixa
sofisticação do eleitorado e baixo índice de escolaridade.
Considerações finais
Este artigo procurou analisar o comportamento eleitoral, buscando perceber porque os
eleitores tende a alienar cada vez mais seu voto através dos votos (brancos, nulos e abstenções),
nas eleições legislativas em Moçambique de 1994 a 2014. A motivação principal para realização
desenvolvimento dos argumentos do presente artigo realização foi o crescimento significante da
alienação eleitoral no cenário das eleições legislativas em Moçambique, tendo atingindo uma
percentagem máxima de 67% em 2004, e se mantendo ainda em acima de 50% nas eleições de
2009 e 20014.
Buscamos assim na nossa analise, fazer uma relação entre a pobreza e abstenção eleitoral
bem como uma relação entre o nível de escolaridade e os votos nulos e brancos, com vista a
perceber até que ponto a pobreza e a escolaridade influência no comportamento dos eleitores
ativos, ou seja, o comportamento eleitoral (alienação eleitoral) se relaciona com o nível de
desenvolvimento socioeconômico. Assim, o comportamento eleitoral alienado pode ser
explicado, também, em função do contexto socioeconômico, no qual as condições sociais
objetivamente vividas explicam as atitudes e o comportamento político dos eleitores ativos.
Partimos da ideia de que o voto implica uma escolha, no processo de adesão a
participação eleitoral, onde o contexto socioeconômico onde os indivíduos estão inseridos pode
determinar uma maior ou menor adesão ou o posicionamento político do eleitor. Os resultados
da pesquisa sustentam que as condições socioeconômicas, concretamente a pobreza e a
escolaridade explica, em uma grande parte, doo fenômeno da alienação eleitoral, embora existam
outros fatores que influencia este fenômeno da alienação para cada eleição.
Portanto, fica claro que, nas eleições legislativas do período de 1994 a 2014, a variável
estabelecida para este trabalho não é a única possível e tão pouco, por si só, explica as taxas de
alienação eleitoral. O que se procurou demonstrar é que a pobreza e a escolaridade são um dos

39

�fatores chaves para explicar manifestação do comportamento eleitoral por parte dos eleitores
ativos ao longo das eleições legislativas em Moçambique, num cenário de voto facultativo.
Em suma, o que se pode afirmar das duas questões levantadas, na qual se centrava na
influência da pobreza e o nível de escolaridade no comportamento eleitoral, podemos concluir
que foi possível notar uma relação de causa e efeito, de que a abstenção bem como os votos
nulos e em brancos estão relacionados com o elevado nível de pobreza do eleitorado, a baixa
sofisticação do eleitorado, especialmente nos baixos níveis de escolaridade

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�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 2. Núm 4. Agosto-diciembre 2016, pp. 43-78
ISSN: 2395-8448

Mina y mentira: el caso de Magdalena Teitipac, Tlacolula de Matamoros,
Oaxaca.
The mine and the lie: the case of Magdalena Teitipac, Tlacolula of
Matamoros, Oaxaca.

Eusebio Jacinto Cruz Pérez y Minerva Vázquez Ramos
Estudiantes investigadores en Administración Pública
Universidad de la Sierra Sur
ejacinto95@gmail.com
Fecha de envío: 16 de marzo 2016
Fecha de aceptación: 4 de mayo 2016

Resumen

Este trabajo tiene como objetivo analizar el conflicto social y las diferentes acciones colectivas
surgidas por la implementación de un proyecto minero en la comunidad indígena de Magdalena
Teitipac, municipio perteneciente al Distrito 17 de Tlacolula de Matamoros, ubicado en la región
de Valles Centrales de Oaxaca, con la finalidad de evidenciar los actores, intereses y lógicas en
disputa por la apropiación de territorios campesinos e indígenas. Se presenta una investigación
etnográfica en la cual se describe la vida comunitaria y se presentan los conflictos que enfrentó
la población ante un proyecto neoliberal: la explotación de una mina de oro por parte de la
empresa canadiense “Plata Real”, así mismo se describen las respuestas de los actores sociales,
que lograron impedir la imposición del proyecto impulsado por diferentes niveles de gobierno
y corporaciones con capital nacional y extranjero, sin la consulta y aprobación de las poblaciones
campesinas e indígenas propietarias de las tierras en los que éstos pretenden desarrollarse. Se
plantea que este tipo de proyecto no representó una opción de desarrollo para la comunidad, y
por el contrario generó contaminación que perjudicó el agua y la convivencia de la comunidad.
Palabras clave: movimientos sociales, minería, defensa del territorio.

43

�Abstract
This job has an objective to analyze the social conflictive in the different collective actions arising
from the implementation of a mining project in the indigenous community of Magdalena
Teitipac municipality that belongs to the district 17 of Tlacolula of Matamoros, located in the
region of Valles Centrals of Oaxaca, with the finality of showing the actors, interest and logical
in dispute for the appropriation of peasants and indigenous territories. ethnographic research
presented in which community life described is presented the conflicts that faced the population
before a neoliberal project: the exploitation of a gold mine by the Canadian company “Plata
Real”, likewise described the answers of the social actors, who managed to prevent the
imposition of the project, driven for different levels of the government and corporations with
domestic and foreign capital, without the query and approval of rural and indigenous populations
owners land in which they intended to develop. It is proposed that this type of project does not
represent an opinion for a development option for the community, and conversely genre
pollution that damaged the water and coexistence of the community.
Key words: social movements, mining, territorial defense.
En 2007 a la comunidad de Magdalena Teitipac llegó la empresa canadiense Plata Real con la
finalidad de explorar y explotar el oro y la plata de la comunidad. La minera firmó un contrato con
las autoridades de Bienes Comunales (quienes son las encargadas de la administración y protección
de los recursos naturales de la comunidad) para la explotación de dichos minerales.
De acuerdo con un informe de la Secretaría de Economía, en el año 2007 la Dirección General
de Regulación Minera otorgó a la empresa Plata Real, filial de la corporación canadiense, la
concesión 230489 titulada el “Doctor” para explorar y explotar oro y plata en una superficie de casi
9 mil 653 hectáreas de tierras comunales de Magdalena Teitipac, con una vigencia del 6 de
septiembre de 2007 al 5 de septiembre de 2057 (Colectivo, 2013). Sin embargo los conflictos
generados en la comunidad hicieron posible la revocación del permiso
Magdalena Teitipac es un municipio que pertenece al Distrito 27, Tlacolula de Matamoros, que
se encuentra ubicado en la región Valles Centrales del Estado de Oaxaca. La comunidad está situada
a 1,730 metros de altitud sobre el nivel del mar. Cuenta con una extensión territorial de 39.13 km²,

44

�lo que corresponde al 0.1% del total estatal. Se encuentra a 45 kilómetros de la capital del Estado
y colinda al norte con los municipios de Santa Cruz Papalutla y Tlacolula de Matamoros; al sur con
Santo Tomás Jalieza, distrito de Ocotlán y San Bartolomé Quialana; al oeste con San Juan Teitipac;
al este con San Miguel Tilquiapan (INAFED, 2016).
Plata Real es una compañía canadiense filial de Brigus Gold Corp. (antes Lineal Gold Corp.)
dedicada a la exploración y explotación de minerales como oro y plata. Para que una empresa
comience a trabajar primero necesita investigar y hacer un estudio en la zona donde se planea
trabajar, sacar muestras, si existe o no rentabilidad. En esta etapa se ocupan mapas, sobrevuelos,
fotografías aéreas, estudios geológicos, geofísicos hasta aquí aun no requieren títulos mineros o
concesiones pero si el permiso de los dueños del lugar y del municipio. Posteriormente si a la
empresa le conviene, busca a las autoridades para establecer un contrato (CIDVT, 2016).
En un principio, relatan los habitantes de la comunidad, comenzaron a sobrevolar avionetas,
sobre todo en la parte del cerro; después las avionetas comenzaron a tirar flechas en el cerro.
Posteriormente se tuvo conocimiento que la empresa había detectado minerales en la comunidad,
así que buscó a la autoridad del municipio para establecer un acuerdo en el cual permitieran la
extracción del mineral en el cerro del Jacalote y Loma colorada de la comunidad.
Las transnacionales mineras pagan a México sólo un equivalente al 1.18% de los recursos
obtenidos del territorio nacional, concesionando alrededor del 25% de los 2 millones de km 2 que
lo conforman, por un tiempo de 50 años. Para poder explorar y explotar un mineral la minera
necesita tener un permiso del gobierno por lo tanto este le cobra una cuota que oscila entre $5 y
$111 pesos semestrales por hectárea. Según un Informe del resultado de la fiscalización superior
de la Cuenta Pública 2010 (presentado en febrero del año pasado) resulta que la mayor utilidad para
México por la extracción de oro fue de apenas 10.61%, en 2008 (Ramírez, 2013). El valor de la
producción minera estatal en Oaxaca durante el periodo enero-diciembre de 2010 ascendió a 1,061,
931,058.00 pesos participando con el 0.56% del valor total nacional (Alexandri, 2011).
El informe de fiscalización de la Auditoría Superior de la Federación, correspondiente al
ejercicio 2010, precisa que los pagos por explotación y exploración de minas son “simbólicos” y
“contrastan” con el valor de los recursos extraídos del territorio nacional (Ramírez E. , 2012).
Puesto que vivimos en un modelo de desarrollo neoliberal que no tiene en su lógica la maximización
de los derechos fundamentales, sino del beneficio económico, el respeto hacia la identidad es casi
nula puesto que la actual Ley Minera violenta el derecho de consulta de los pueblos originarios y
promueve la contaminación al medio ambiente.

45

�Por el contrario el convenio 169 de la Organización Internacional del Trabajo (OIT) concede a
los pueblos el derecho de consulta y decisión sobre sus prioridades, en cuanto a su proceso de
desarrollo, y el proceso de afectación en la vida y creencias de las comunidades, como un
compromiso internacional, con carácter de ley suprema en el derecho mexicano. Es difícil que este
convenio se constituya como una herramienta de acceso a la justicia para los pueblos, debido a
diversas barreras como el costo de un proceso ante el Tribunal Supremo. El convenio busca superar
las prácticas discriminatorias que afecten a los pueblos y hacer posible que estos participen en los
procesos de consulta y tomar decisiones que afecten sus vidas (Gálvez, 2003).
En la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos en el Art. 27 constitucional, se
establece que los minerales del subsuelo pertenecen a la nación y no a los propietarios de los
terrenos, a excepción del territorio de pueblos originarios (Cruz, 2010). La minería representa una
seria amenaza que enfrentan los pueblos y comunidades indígenas en todo el país, pues implica la
afectación y supervivencia de los pueblos, su ambiente y su modo de vida.
En la comunidad de Magdalena Teitipac, se llegó a un acuerdo y se firmó un contrato por cinco
años con la Autoridad de Bienes Comunales36, dando fe y validez al acto la presencia del visitador
agrario, representante de la Procuraduría Agraria. En el periodo siguiente, el C. Fructuoso Martínez,
representante de bienes comunales en el periodo 2009-2011, renovó el contrato con Philip Frank
Pyle, vicepresidente de exploraciones Gold Corporation, el 27 de mayo del 2009. Cuentan los
habitantes que el C. Fructuoso Martínez recabó firmas de algunos comuneros, “mañosamente”, sin
consultar a todo el pueblo.
Cuando llegó la empresa Plata Real prometió varios beneficios a la comunidad de Magdalena
Teitipac, entre los que destacan: excavación de un pozo profundo, construcción de un centro de
salud y rehabilitación de la carretera; generando empleos para los habitantes de la comunidad
(Zánchez, 2016). Sin embargo, con el paso del tiempo las promesas se quedaron solo en palabras
ya que no se llevó a cabo ninguna de las ayudas que se les había propuesto en un inicio, por el

36

En ese entonces desempeñaba el cargo el Ciudadano Andrés Molina Martínez.

46

�contrario lo que recibieron fue un exceso de contaminación del medio ambiente, principalmente
en el agua.
La industria minera se lleva a cabo sin exigencia de un informe de impacto ambiental y sin la
consulta previa a las comunidades que impactarán. En la comunidad de Magdalena Teitipac, se le
permitió a la empresa Plata Real iniciar operaciones de exploración y explotación de metales
siempre y cuando no utilizara herramientas y materiales que perjudicaran el ambiente natural. La
insistencia en la preservación del medio ambiente se debe a que la tierra es, en su mayoría, de tipo
comunal y las modificaciones que pueda sufrir ocasionan daños en la salud de los seres humanos y
animales.
Comunal significa que es común y no puede enajenarse, por lo tanto, no se pueden establecer
acuerdos de manera unilateral o con unos cuantos comuneros, se necesita la aprobación de toda la
comunidad. La característica de los pueblos con tierras comunales es que además de contar con
una porción de tierra para vivir y trabajar, cuentan con otras tierras que explotan entre toda la
comunidad aportando trabajo solidario, y lo que se hace con ellas se decide en asambleas del pueblo
(García, 2016).
En muchos de los pueblos originarios de Oaxaca, la naturaleza y la tierra son consideradas
patrimonio colectivo y éste es cuidado y protegido en beneficio de la comunidad quienes lo
resguardan generación tras generación. Cada tres años se nombra a una Autoridad de Bienes
Comunales que se encarga de coordinar la protección del patrimonio de la comunidad; se trata de
los propios habitantes que se van rotando la coordinación de esta responsabilidad. Esta Autoridad
de Bienes Comunales es nombrada democráticamente en la Asamblea y sus miembros no perciben
remuneración alguna por ser beneficiarios y usuarios de los bienes comunes, es un servicio que
parte de la responsabilidad y de la tradición que aún persiste en el pueblo.
En Magdalena Teitipac se encuentran 705 viviendas con una población de 4,296 habitantes 2057
hombres y 2208 mujeres. La relación mujer/hombre es de 1,073. El ratio de fecundidad de la
población femenina es de 2.62 hijos por mujer. El porcentaje de analfabetismo entre los adultos
es del 20,94% (14,34% en los hombres y 27,08% en las mujeres) y el grado de escolaridad es de
2.98% (3.32 en hombres y 2.69 en mujeres) (INAFED, 2005).

47

�La Comisión Nacional para el Desarrollo de los Pueblos Indígenas considera como indígena a
todo aquel en el que el jefe o la jefa, su cónyuge o algunos de los ascendientes habla una lengua
indígena (CONEVAL, 2014). Por otro lado el Consejo Nacional de Evaluación de la Política de
Desarrollo Social (CONEVAL) reconoce la estimación de la población indígena, tanto a partir del
habla de una lengua como de la consideración de su pertenencia a un grupo étnico (CONEVAL,
2010). En Magdalena Teitipac el 83,73% de los adultos habla alguna lengua indígena, por lo que el
CONEVAL lo considera un municipio indígena. En la comunidad se habla la lengua zapoteca y
aunque los habitantes saben español, prefieren usar su lengua materna y transmitiéndolo a las
nuevas generaciones.
La marginación como fenómeno estructural expresa la dificultad para propagar el progreso en
el conjunto de la estructura productiva, pues excluye a ciertos grupos sociales del goce de beneficios
que otorga el proceso de desarrollo. De esta forma, el índice de marginación está concebido con el
interés particular de ser una medida que dé cuenta de las carencias que padece la población (De la
Vega Estrada, 2011). La desigualdad de oportunidades, la desventaja social en el proceso de
desarrollo, el rezago educativo y los bajos servicios sanitarios son algunos de los parámetros que
CONAPO toma en cuenta para declarar que una comunidad se encuentra en alto grado de
marginación. En este sentido, Magdalena Teitipac se considera como una comunidad indígena con
un alto grado de marginación.
La empresa Plata Real que se había comprometido a respetar el medio ambiente y no
contaminarlo, violó el acuerdo pues no era rentable seguir trabajando con herramientas y materiales
rudimentarios como la barreta y una compresora, que según los habitantes de la comunidad era lo
que utilizaron en un principio para realizar sus actividades de explotación de minerales.
Necesariamente la empresa tendría que utilizar máquinas que facilitaran el trabajo y que le fuese
menos costoso, aunque esto implicara mayor contaminación sin medir las consecuencias.
La comunidad de Magdalena Teitipac se dedica principalmente a la agricultura. El tipo de suelo
de la comunidad es propicio para cultivar y producir el maguey, aunque la mayor parte de la
población se dedica a cultivar maíz, frijol, calabaza, garbanzo y alfalfa. Estas personas no perciben
remuneración al realizar este trabajo, porque es para autoconsumo. La gran mayoría de sus cultivos
son de temporada o temporal como ellos le llaman; siembran con la esperanza de que llueva. En
general la población carece de ingresos monetarios, salvo quienes son beneficiarios de algún

48

�programa social con los cuales se encuentran satisfechos. La madre tierra es considerada el medio
principal del que sirven los habitantes para proveer sus alimentos puesto que se dedican a la
agricultura de autoconsumo y subsistencia.
Gran parte de la población ha dejado las tierras sin cultivarlas, debido al fenómeno de la
migración a Estados Unidos de América, lo que no les causa mayor problema, porque una vez
acumulada cierta riqueza buscan otras fuentes de empleo en la tierra que los vio nacer. Pueden
optar por alguna actividad que les genere ingresos como alguna miscelánea, carnicería o panadería;
también pueden inscribirse en algún programa social y obtener beneficios, pues en la actualidad
hay diferentes programas y proyectos productivos implementados por el Gobierno Federal y estatal
para ponerlos a disposición de la población.

El clima que predomina en la comunidad de Magdalena Teitipac es templado con lluvias en
verano. La flora la comprende una vegetación de pastizales y plantas semidesérticas. Con algunas
plantas comestibles como los chepiles, tepiches, flor de calabaza, nopales y calabazas. Muchas de
las plantas son cultivadas para autoconsumo. En este lugar crecen encinos, pinos, eucaliptos y otras
especies. Dentro de los hogares pueden cultivar duraznos, manzanas, naranjas, guayabas y nanches.
En el caso de plantas medicinales se puede encontrar el poleo, ruda, albahaca, romero, calavera y
las hojas de pirul. En esta comunidad aún prevalece, como parte de su cultura, el tratar las
enfermedades utilizando las plantas. Como se puede observar, la comunidad de Magdalena Teitipac
es una comunidad eminentemente rural, puesto que es en el campo donde se cultiva, entre otras
plantas, la flor de cempasúchil y algunas enredaderas con flores silvestres; esta comunidad vive de
lo que cultiva.

La fauna local es de tipo silvestre, en su mayoría la constituye el gorrión, el tzenzontle, la paloma,
el gavilán, el murciélago y uno que otro aguilucho. Animales salvajes como la liebre, el tlacuache,
el coyote, la zorra, el armadillo y, según los pobladores, rara vez es observado en el bosque algún
ejemplar de venado y gato montés, mismos que son protegidos por la autoridad de Bienes
Comunales evitando que sean cazados y causen su extinción. En cuanto a los reptiles existen
lagartijas, serpientes, coralillos y otras especies de víboras. Entre los principales insectos se pueden

49

�observar principalmente mariposas, grillos, chapulines, alacranes y tarántulas. Este tipo de fauna es
la que se puso en riesgo con la llegada de la minera.

Según el colectivo oaxaqueño, por testimonio del extesorero, se sabe que el expresidente del
Comisariado de Bienes Comunales, Marcelo Fructuoso Martínez intentó el reparto de 28 de los 30
mil dólares entregados por la filial de la canadiense Linear Gold Corporation entre ellos, pero él se
rehusó porque el dinero era de toda la comunidad. De los 30 mil dólares recibidos por parte de la
minera, se gastaron dos mil en el pago de certificación de documentos para el Procampo.
Concluido el periodo de Fructuoso Martínez a cargo de Bienes Comunales, correspondió tomar
el cargo a Hipólito Aguilar, quien, como nueva autoridad no estuvo de acuerdo con el contrato,
aunque no era el primero, pues el señor Fernando Martínez Molina, tesorero del excomisariado de
Bienes Comunales se había negado a firmar porque sabía que la gente del pueblo no estaba de
acuerdo. La minera, al ver que no tenía total apoyo, decidió generar empleos temporales para los
habitantes. Este empleo consistió en sembrar arbolitos para reforestar la zona, y a cambio pedían
copia de la identificación oficial (Credencial de Elector) a modo de reunir cierta cantidad y
presentarlas como personas que estaban conformes con que la minera siguiera ahí.
Este tipo de proyectos mineros viene a ocasionar molestia a la comunidad y perjudica la
convivencia entre las personas. Ante el incumplimiento del objetivo de la compañía, seguir
explotando la mina por la vía legal, se inclina por la discrecionalidad del uso de métodos y
mecanismos para sobornar. Lo que ocasionó la minera fue el rompimiento del tejido social por lo
que la comunidad se dividió pues algunos estaban a favor y otros en contra por distintas
perspectivas. Provocando así el rompimiento del tejido social de la comunidad de Magdalena
Teitipac, por lo tanto se ignoran las aspiraciones de los pueblos a asumir el control de sus propias
instituciones y formas de vida y de su desarrollo económico, mantener y fortalecer sus identidades,
lenguas y religiones, entre otros.
La inconformidad de las personas iba en aumento. El problema que más resintieron los
habitantes de Magdalena Teitipac fue el de la contaminación del agua, pero ese no fue el único
problema, pues a raíz de que la minera se había establecido en la comunidad la gente comenzó a
inconformarse ya que el ruido que producían los carros de la empresa, sobretodo en la madrugada,
era molesto según algunos vecinos de la comunidad. Además de eso, habían arrancado árboles para

50

�abrirse paso hacia el cerro. Así mismo, los beneficios que la minera había prometido no se veían
reflejados por ningún lado.
Sucedió que el 5 de junio de 2012, el señor Laurencio Méndez López se dio cuenta de que sus
animales habían consumido el agua del río cercano al lugar donde la empresa extraía los minerales,
unos días después sus animales murieron a causa de ello. En un principio la comunidad le dio poca
importancia al acontecimiento pero después se percataron de que el agua del río había resultado
contaminada por las actividades que la minera estaba realizando, resultó riesgoso porque aquel río
es del cual la mayoría de los habitantes se proveen del vital líquido.
Magdalena Teitipac es uno de los 417 municipios que en Oaxaca se rigen por sus usos y
costumbres; son los habitantes de la comunidad quienes, sin intermediación de partidos políticos,
deciden directamente sobre sus bienes y eligen a los encargados de cuidarlos, así como de coordinar
el trabajo de los habitantes durante un determinado periodo. Por esta razón, se decidió, por parte
de las autoridades convocar a una Asamblea para tratar este asunto. En realidad la máxima
autoridad es la Asamblea Comunitaria que se reúne frente al palacio municipal cuando lo solicita el
cabildo o la autoridad de Bienes Comunales. En ocasiones, como en este caso, se convoca a la
Asamblea con carácter de urgente y se atienden los problemas emergentes.
Estructura y Organización de la autoridad municipal de Magdalena, Teitipac.

51

�Presidente
municipal

Alcalde

Tesorero

Sindico
municipal

Regidor de
educación

Regidor de
seguridad
pública

Secretario

Regidor de
hacienda

Topiles

Suplente

A la cabeza de la Administración Municipal del cabildo está el Presidente Municipal, seguido de
Síndico Municipal y 3 regidores: Hacienda, Educación y Seguridad Pública. Además, el
Ayuntamiento para realizar sus funciones se auxilia de un Tesorero Municipal, Secretario
Municipal, un Alcalde Constitucional. Cuenta también con una autoridad de Bienes Comunales,
conformada por un comisariado, que es quien lo dirige, un secretario, un tesorero, y algunos
vocales. La función de esta autoridad es cuidar, vigilar conservar y administrar, conjuntamente con
el cabildo, los recursos naturales con los que cuenta la comunidad.
Según los usos y costumbres, las personas nombradas para cualquier cargo no reciben
remuneración alguna salvo aquellas que ocupan cargos de alto rango y que estén dispuestos y
previstos por la Ley. En esta comunidad aun predomina el tequio, el sentido del servicio a la
comunidad como actividad para colaborar en beneficio de ellos mismos que es parte de su cultura.

52

�Para organizarse, los asuntos de la comunidad están divididos en comités, los cuales son: comités
de las diferentes escuelas (primaria, secundaria y preescolar), comité de agua potable, comité de luz,
comité del panteón, comité de la clínica, comité de obras. Los miembros de estos comités son las
personas de la comunidad, nombradas por el pueblo en una Asamblea para encargarse de los
asuntos de su comité respectivo y que a su vez se integran por un presidente del comité un
secretario, un tesorero y los vocales correspondientes según se requieran.
Las personas que se encargan de dirigir los comités o de integrarlos son nombrados por la
autoridad municipal en función de los que le corresponda según su servicio; es decir se comienza
con cargos pequeños en sentido de responsabilidad hasta llegar a ser presidente de un comité o
regidor, incluso presidente municipal. Esta actividad tradicional al mismo tiempo es un servicio que
se le brinda a la comunidad por ser parte de ella. Son ellos, y en coordinación con las autoridades,
nombradas en Asamblea, quienes plantean las necesidades y se encargan de velar por el buen
funcionamiento de los servicios y los asuntos que le competen a la comunidad.
Tomando en cuenta esto, un grupo de vecinos en coordinación con la Autoridad de Bienes
Comunales decidió convocar a una Asamblea en la cual trataron este asunto de la minera y el daño
que comenzaba a ocasionar, o peor aún, lo que causaría si continuara trabajando. En la Asamblea
se planteó el asunto con el objetivo de buscar las estrategias para resolverlos; se escuchó a los
habitantes de la comunidad. En la Asamblea se decidió y determinó nombrar a un Comité de
Lucha por Defensa del Territorio que se encargaría de llevar este asunto, así como dar por
terminado el contrato con la minera, considerando más importante la vida que el dinero o los
empleos que la empresa podría ofrecerles.
La primera instancia a la que acudieron los habitantes de la comunidad fue a la Procuraduría
Agraria, pero los resultados no fueron los esperados, así que se decidió tomar medidas de presión
pues era un asunto urgente. Posteriormente se originó el conflicto social y las diferentes acciones
colectivas surgidas por la implementación de un proyecto minero en la comunidad indígena; se
planteó que este tipo de proyecto no representa una opción de desarrollo para la comunidad, y por
el contrario genera contaminación que perjudica el agua y la convivencia entre las personas.
Un movimiento social es considerado como un grupo de individuos y organizaciones que
protestan porque su visión del mundo es distinta, además de tener una identidad colectiva que

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�les permite a los participantes poner su acción de protesta en una perspectiva amplia. Por eso
surgen y son precisamente estos los que se encargan de oponer resistencia a la imposición de
formas racionales orientadas a las metas por los actores y defender lo que consideran, según su
perspectiva, lo correcto (De Jesús Lozano, 2013).
Se mostró, por parte de la población, una gran capacidad de organización y reflejo de lo que
es la solidaridad. Ante la falta de atención de las autoridades estatales surgió un movimiento
social, que básicamente protege su visión del mundo, además de tener una identidad colectiva
que les permite emprender y luchar por lo que consideran adecuado. Con el problema que se
desarrolló en la comunidad se generó conciencia, pues las personas tiene una visión distinta de
la realidad, de tal forma que su perspectiva es diferente y reaccionan cuando se atenta contra su
identidad pero sobre todo cuando se pone en riesgo su vida, en este caso el agua que resultó
contaminada por la minera.
Ante la ineficiencia de la vía institucional, se optó por la movilización. La participación de la
mujer es reciente y en este escenario tuvo fuerte presencia. Por otro lado, la resistencia popular
busca impedir que el daño causado por la minera siga avanzando y no solo resarcir as
consecuencias. Fue en febrero de 2013 que la Asamblea determinó expulsar a la compañía minera.
La decisión de expulsar a la empresa Plata Real fue anunciada entre sonidos de caracol y gritos de
“viva zapata”, “¡Que se largue del pueblo!”, “¡No queremos a la mina!”, “¡Queremos agua limpia,
no contaminación!” como parte de la resolución (Colectivo, 2013).
La primera acción colectiva implementada por los habitantes fue tomar la carretera cercana a la
comunidad que permitía el acceso al lugar donde la empresa trabajaba, utilizando barricadas a modo
de presión para que la minera suspendiera el trabajo y se retirara. Después de un tiempo, la empresa
se dedicó a fabricar delitos a los habitantes, principalmente a los que dirigían la demanda, con el fin
de seguir imponiendo su proyecto. Se les tachó de provocadores, que les gustan los problemas. Los
habitantes exigían ya no solo la expulsión definitiva, sino la cancelación de procesos penales de sus
compañeros del pueblo, que participaban activamente en las acciones de protesta. En febrero de
2013 la Asamblea general determinó expulsar a la compañía Plata Real por lo que ésta decidió
retirar su maquinaria. En julio del mismo año, dicha decisión fue ratificada mediante sesión de
cabildo el día 17 de agosto, sin embargo el conflicto en la comunidad continuó. Finamente en junio

54

�de 2015, a las personas que se les había dictado órdenes de aprehensión fueron liberadas por falta
de pruebas.
En la Asamblea celebrada por los comuneros el día 8 de agosto de 2015 y en presencia del
Comisariado de Bienes Comunales, el Consejo de Vigilancia, el Presidente, el Síndico, y el Regidor
de Hacienda Municipal, así como el Comité por la Defensa de la Integridad Territorial y Cultural
de Magdalena Teitipac y la participación de 400 ciudadanos, decidieron respaldar el trabajo
realizado por el C. Pedro Aguilar Aguilar y responsabilizaron a la empresa minera Plata Real por la
fabricación de delitos hacia ellos, criminalizando la defensa del territorio a partir de la fabricación
de diversos delitos contra los defensores comunitarios (Colectivo, 2013).
Actualmente los habitantes se encuentran molestos con la situación vivida y expresan que el
dinero no es lo más importante “¿dinero para qué? Si cada quien va a tener un costal de dinero no
nos va a servir porque lo más importante es la vida, proteger la naturaleza y sobre todo el agua que
es lo que les da vida a las personas, porque si el agua resulta contaminada pone en riesgo su
supervivencia” menciono el C. Hipólito Aguilar excomisariado de Bienes Comunales. Aunque iba
a haber muchos empleos de todas maneras se iba a contaminar, como se puede apreciar algunos
de los arroyos y pozos de la comunidad se han secado, y en el pueblo aún se respira molestia.
Los habitantes han acudido a varios foros a platicar sobre su experiencia y unir a más pueblos
en contra de proyectos neoliberales que buscan beneficiarse engañando a la gente de las
comunidades.
Gracias a su organización y movilización con movimientos regionales y organizaciones civiles la
comunidad de Magdalena Teitipac comparte la idea de que la minería no representa una opción
de desarrollo y sólo busca beneficiarse a costa de contaminar el medio natural (De Jesús Lozano,
2013).
El Colectivo Oaxaqueño en Defensa de los Territorios es una organización a la que se unió la
comunidad de Magdalena Teitipac. Esta organización formada en el año 2009 como un espacio
plural, diverso y propositivo está integrada por organizaciones civiles, sociales y comunitarias, con
acciones para fortalecer la resistencia y la generación de propuestas por las comunidades y pueblos
en defensa de su territorio y sus recursos naturales. El Colectivo Oaxaqueño ha venido
acompañando los procesos de los pueblos y sus bienes comunales para generar estrategias
organizativas y legales con el fin de frenar la imposición de proyectos mineros, así como alertar de

55

�la importancia para prevenir e impedir que se instalen en los territorios indígenas y campesinos
(Colectivo, 2013).
El Colectivo Oaxaqueño en Defensa de los Territorios difundió información en la que se
menciona que en el sexenio de Calderón (2006-2012) se concesionaron cerca de 700 mil hectáreas
del estado de Oaxaca para la industria minera. En Oaxaca existen 41 concesiones de expropiación
minera, de las cuales 35 están en exploración, 3 en operación y tres suspendidas, mismos que han
dejado conflictos en las comunidades donde se lleva a cabo, además del daño al medio ambiente
dijeron ONG´s al anunciar “el foro de minería en el estado de Oaxaca” (Herández, 2016). Linear
Corporation fue una de las beneficiadas. La minera canadiense también tenía una gran cantidad de
concesiones en Chiapas. Derivado del conflicto que vivió la comunidad de Magdalena Teitipac se
enunció la leyenda: “pueblo prohibido para la minería”; es el pueblo que dice no a la minería y sí a
la vida. Para el 2008 las concesiones para la exploración y explotación mineral alcanzaban un millón
de hectáreas alrededor del 12.5% del territorio Oaxaqueño.
Los conflictos medioambientales han ganado pulso en América Latina y en México, pues se ha
manejado que estos se dedican, mediante diversas estrategias, al despojo y expropiación de los
territorios, ganando a su paso dominación, control y ser dueños de la naturaleza para usarla en
explotación y mercantilización mediante discursos de progreso y desarrollo, para así desarrollar sus
proyectos extractivitos (De Jesús Lozano, 2013).
Según un estudio de la Comisión Económica para América Latina y el Caribe (CEPAL), México
es uno de los cuatro países de América Latina que acumulan más conflictos provocados por
empresas mineras en cuanto a contaminación y falta de consulta previa a las comunidades. De
acuerdo con la Secretaría de Energía, en el estado de Oaxaca existe una gran diversidad de
minerales.
La gran pregunta es cómo contrastar las ideas en sus dos vertientes; por un lado convencer a las
personas de la comunidad, que admitan la inversión para después gozar de los beneficios que esto
pudiera generar; a través del crecimiento y desarrollo económico. Por otro lado entenderlos y
otorgarles el respeto que se merecen los pueblos originarios, en su forma de auto determinarse,
decidir sobre los asuntos internos y que finalmente tiene un impacto positivo o negativo en su vida.
Lo que ocurrió en este caso de estudio pareciera complejo pero es simple; existe una respuesta a

56

�una acción que no les parece y que no están acostumbrados a vivir, pues como se ha señalado, su
manera de concebir la realidad es distinta.
Se ha enseñado de generación en generación a transformar a la naturaleza de acuerdo a las
necesidades que la sociedad requiera, dominándola a su antojo, siendo tan fuerte esto que el
ambiente se ha ido deteriorando a gran paso gracias al crecimiento de las fuerzas productivas,
creando así problemas de carácter global como el cambio climático, poniendo la supervivencia de
la humanidad en estado de riesgo, encontrándonos así con una paradoja: resolvemos problemas
con la ciencia cuando la sociedad junto con ella los han creado por culpa de ponernos en cierto
grado de superioridad con la naturaleza olvidándonos del colectivo, enfatizando el individualismo
y exteriorizándonos a tal punto que el desarrollo y la modificación de la naturaleza nos han llevado
a crear un hábitat donde creemos que satisfacemos las necesidades para la convivencia social,
olvidándonos de la manutención de la vida (De Jesús Lozano, 2013).
Hay algo que se llama respeto y la población originaria la merece no se puede permitir que a
costa del beneficio de unos se perjudique a otros más. No es ajeno para nosotros entender que
desde afuera, Oaxaca es visto como un estado anárquico con comunidades indígenas que tienen
sus propias normas consuetudinarias que no respetan la Constitución y que la violan
constantemente debido que poseen un cierto grado de autonomía, sin embargo esto no implica que
no haya ley es solo que es diferente la forma de ver las cosas; es una perspectiva distinta.
La Asamblea es la Autoridad máxima en la comunidad. Los problemas se solucionan en ella
como es el caso del proyecto minero: se plantean los problemas, se ven las soluciones; se ven las
prioridades, se proponen soluciones con la ayuda y la participación de la comunidad a través de sus
respectivos comités. Esta forma de atender las necesidades y solucionar los problemas no es la
panacea pero llama la atención ver que funciona y funciona bien.es un referente de lucha y
resistencia.
En todo sistema de organización, como en cualquier otro, existen problemas, pero el sistema
de usos y costumbres es el que constituye una forma menos peor que las demás, es una alternativa
a la forma de gobernar. La coordinación y la colaboración con los ciudadanos de cerca y de manera
directa permite al Ayuntamiento tomar decisiones, con lo cual resuelven los problemas, aplicando
sus propias leyes. Porque es responsabilidad y función del pueblo evitar que las autoridades

57

�cometan errores. Lo que se evidenció a lo largo de este trabajo es la capacidad que tuvieron los
habitantes de la comunidad de Magdalena Teitipac para organizarse, de manera tal que dio como
resultado la expulsión de la minera canadiense Plata Real y que, actualmente Magdalena Teitipac es
un lugar prohibido para la explotación de minerales pues no representa una opción de desarrollo
extraer este tipo de recursos.

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Zánchez, B. (06 de Junio de 2016). Magdalena Teitipac: Plata real. (E. Cruz, Entrevistador

Resumen
Este artículo se erige como una reflexión acerca de la literatura especializada sobre las
Revoluciones de Color. Por una parte, señala los aciertos que se han dado en el tratamiento
académico de esta dinámica propia del espacio Euroasiático entre el año 2000 y 2006. Por otra
parte, se propone ofrecer una opción a los desafíos derivados del estudio de este tema incluyendo
a los movimientos sociales dentro del espectro de análisis. Inicia exponiendo el porqué las
Revoluciones de Color no pueden considerarse como revoluciones en el sentido clásico del

58

�término debido, principalmente, a su componente no violento y al acotado alcance de sus
resultados. Posteriormente, el artículo avanza hacia la construcción de una definición integradora
de Revolución de Color y, finalmente, concluye resaltando la riqueza de incluir otro tipo de
actores colectivos dentro del análisis, tales como los movimientos sociales.
Palabras clave: Revoluciones de Color, literatura especializada, movimientos sociales, aciertos,
desafíos.
Abstract
This article offers a reflection on the specialized literature on the Color Revolutions. On
the one hand, it points out the successes within the academic treatment of the dynamic that
occurred in the Eurasian region between 2000-2006. On the other hand, it offers an option to
the challenges faced when studying this issue by including social
movements within its spectrum of analysis. It begins by describing
the reasons why the Color Revolutions cannot be considered
revolutions in the classic sense of the term given, principally, their non-violent nature and the
restricted nature of their results. Later, the article advances towards the construction of an
integrated definition of a Color Revolution and finally, concludes highlighting the value of
including other types of collective actors within the analysis, including social movements.
Keywords: Color Revolutions, specialized literature, social movements, successes, challenges.

Siglas

Organizaciones No Gubernamentales

ONG

Revoluciones de Color

RC

Unión Europea

UE

59

�Entre el año 2000 y 2006, Eurasia postcomunista 37 fue escenario de masivas protestas
postelectorales, encaminadas a denunciar el fraude y a exigir la anulación de los resultados obtenidos
en los comicios. Estos eventos, denominados Revoluciones de Color (RC a partir de ahora), generaron
una transferencia de poder no prevista en los cauces institucionales en países tales como la antigua
República Federal de Yugoslavia (RFY a partir de ahora), hoy Serbia38; Georgia y Ucrania, mientras
que en Azerbaiyán y Bielorrusia estuvieron seguidos por el afianzamiento de gobiernos de tinte
autoritario39.La denominación de RC se debe justamente a que estos eventos rememoran la manera
pacífica en la que se puso fin al monopolio del poder político del Partido Comunista checoslovaco
mediante la Revolución del Terciopelo de 1989 y asimismo, busca destacar el marco no violento y el
fuerte componente simbólico que caracterizó a estas protestas.
Esta explosión de RC trajo consigo un gran interés académico que busca dar cuenta de dichos
fenómenos desde diversas aproximaciones tales como las precondiciones institucionales y sociales, los
detonantes de las RC y las razones del éxito o el fracaso de las mismas, entre otras. Con relación a los
actores políticos que protagonizaron las RC, la mayoría de los estudiosos han centrado sus
investigaciones en la figura de los líderes políticos, prestando poca atención al rol desempeñado por
otro tipo de actores como los movimientos sociales. Es por tanto que el presente artículo se erige
como un intento por ampliar la escasa referencia hecha a dichos actores políticos colectivos,
vinculándolos a un marco teórico más amplio.
El desmoronamiento de la URSS estuvo seguido por la expansión universal de la democracia,
en la que se promovió una concepción minimalista de la misma. Esto es, un método político entendido
como un concierto institucional para llegar a ciertas decisiones políticas, esencialmente a la designación
de los gobernantes (Schumpeter, 1983). En este sentido, muchos de los estudiosos del tema continúan
asignándole un gran peso a la figura del Estado y al régimen político, especialmente a partir de las
propuestas derivadas de los enfoques neo-institucionales propuestos por autores tales como Linz y
Stepan (1996) y O´Donnell y Schmitter (1986), y las propuestas desarrolladas por internacionalistas
como Carr, Niebuhr, Schwarzenberger, Kennan, Kissinger, Wight, Bull, Aron y Hoffmann, que
desconocen el aporte que actores no estatales han hecho a este proceso (Salomón, 2002).
Sin embargo, la tarea de la promoción democrática no solamente ha estado en manos de los
Estados. En este proceso, y sobre todo a partir de la llamada tercera ola democrática, también han
intervenido diferentes actores dentro de los que se destacan los movimientos sociales, los partidos
En términos geográficos, Eurasia comprende Europa y la mayor parte de Asia, pero no el subcontinente Indio ni el
Chersky Range, área montañosa al noreste de Siberia. La tradición europea ha considerado históricamente a Europa y Asia
como continentes separados a través de una línea divisoria ubicada entre los Dardanelos, el Bósforo, las montañas del
Cáucaso, el rio Ural y los montes Urales, habiéndose normalizado esta propuesta a lo largo del mundo. Estos dos grandes
espacios a su vez se subdividen en regiones tales como Europa Occidental, Europa del Este, Sureste Asiático, Asia Central
y Asia Occidental, con marcadas diferencias culturales, religiosas, históricas y lingüísticas. A menudo, también se emplea
el término Eurasia en la política internacional como una forma neutral para referirse al área comprendida por los Estados
postsoviéticos (Sengupta, 2009).
37

38La

RFY estuvo vigente hasta 2003, fecha en que pasó a denominarse Serbia y Montenegro. Esta última dio lugar a dos
Estados independientes cuando Montenegro declaró su independencia el 3 de junio del 2006. Puesto que el epicentro de
la Revolución Negra se desarrolló en Belgrado, capital de Serbia, y Montenegro no tuvo un rol protagónico durante estos
eventos, a partir de este momento y a lo largo de todo el texto se hará referencia a la Revolución Negra de Serbia.
39La

Revolución de los Tulipanes de Kirguizistán de 2005, al ser un proceso donde se presentaron niveles relativamente
altos de violencia tanto por los manifestantes como por las fuerzas de seguridad del Estado, no encaja completamente en
el modelo ideal de las RC y por ende ha sido excluido tanto del análisis del presente artículo como de gran parte de la
literatura especializada sobre este tema. Cuando se incluye en los trabajos adelantados por expertos (véase Marat, 2006),
se suele destacar que los niveles de violencia del caso kirguizo difieren significativamente del resto de RC.

60

�políticos y las organizaciones internacionales, entre otros (Huntington, 1994). La participación de estos
actores en el fomento de las prácticas democráticas, ha contribuido a la estructuración de una
definición de la democracia más allá de lo procedimental, inscrita en la consecución de principios
como la igualdad en las relaciones sociales y económicas así como en la participación popular
extendida en los procesos de toma de decisiones en todos y cada uno de los niveles de la política
(Collier y Levitsky, 1998).
Ahora bien, la tarea de redefinir lo que significa el fortalecimiento de la democracia debe superar
el carácter residual de los actores de la sociedad civil. Debe ser formulada a partir del elemento de la
oposición política, tal y como fue concebida por Dahl (1996), y no en los términos tradicionales que
aluden al conjunto partidos en controversia con el proceso de formación de la voluntad política y de
la toma de decisiones. La oposición debe entenderse como aquella integrada por diversos actores no
estatales con diversos intereses, responsables en la actualidad de los procesos de cambio social, de la
transformación de las formas tradicionales de participación política y de la transición hacia una nueva
forma de entender la democracia misma como se observa en los párrafos siguientes sobre cada una
de las RC.
En Serbia, las elecciones presidenciales que desataron las manifestaciones tuvieron lugar el 24
de septiembre de 2000. En esta oportunidad, la Comisión Federal Electoral anunció que puesto que
ninguno de los candidatos en contienda había alcanzado más del 50% de los sufragios, debía realizarse
una segunda vuelta, en la que se elegiría al Presidente de entre los dos aspirantes con mayor número
de votos obtenidos: Slobodan Milošević, del Partido Socialista Serbio y, Vojislav Koštunica, candidato
de la coalición de partidos denominada Oposición Democrática de Serbia. Este anunció fue seguido
por las protestas que tuvieron lugar entre el 24 de septiembre y el 5 de octubre del 2000, y que serían
bautizadas como la Revolución Negra de Serbia40. Este nombre se deriva del color identificativo del
movimiento social Otpor (Resistencia), cuya elección simbolizaba por una parte la radicalización de la
postura de la oposición política y, por otra parte, pretendía ser una parodia de los uniformes usados
por las fuerzas de seguridad del Estado.
En Georgia, el fraude perpetrado en las elecciones parlamentarias del 2 de noviembre del 2003
generó movilizaciones en la capital, Tiflis, y posteriormente a lo largo del territorio nacional. El 22 de
Noviembre, fecha en que se inauguraron las sesiones del Parlamento, Mikhail Saakashvili, Ministro de
Justicia, irrumpió en el recinto portando una rosa, hecho simbólico que junto al uso de esta flor por
parte de los miembros del movimiento social Kmara (Basta), llevaría a bautizar las movilizaciones de
noviembre de 2003 como la Revolución Rosa. De esta manera, Saakashvili quería demostrar que estaba
desarmado y que en nombre de los georgianos pedía pacíficamente la renuncia del Presidente Eduard
Shevardnadze, quien ante la intensificación de las movilizaciones dimitió al día siguiente. Así pues, la
Suprema Corte anuló los resultados de las elecciones parlamentarias y las reprogramó para marzo del
2004, a la vez que convocó nuevas elecciones presidenciales para el 4 de enero del mismo año.
En Ucrania, luego de la segunda vuelta de las elecciones presidenciales celebrada el 21 de
noviembre del 2004, la Comisión Electoral declaró la victoria de Víktor Yanukovich, del Partido de
las Regiones, sobre Viktor Yuschenko, candidato de la coalición Nuestra Ucrania. Este
pronunciamiento desató una oleada de protestas que se prolongó hasta el 8 de diciembre, fecha en
40La

Revolución Serbia del 2000 también se conoció inicialmente como la Revolución Buldócer, debido a la repetición por
parte de diferentes medios internacionales de la imagen de un Buldócer estacionado frente al Parlamento durante las
protestas del 5 de octubre del 2000. Esta imagen sería interpretada como un símbolo del deseo de los serbios por terminar
de raíz con el régimen de Milošević, pero posteriormente perdería fuerza frente a la propuesta más difundida e interiorizada
por los serbios de identificar las protestas postelectorales con el nombre de Revolución Negra.

61

�que se acordó realizar la repetición de la segunda vuelta 18 días después. Dichas protestas serían
bautizadas con el nombre de Revolución Naranja, debido a que los manifestantes y los activistas del
movimiento social Pora (Es la hora), inundaron las calles con banderas y atuendos de este color, elegido
por la oposición para simbolizar el despertar democrático, frente al tradicional azul con amarillo
(colores de la bandera ucraniana) utilizado por el partido de gobierno.
En Azerbaiyán, las elecciones parlamentarias del 6 de noviembre del 2005, otorgaron 116 de los
125 escaños disponibles a los partidos simpatizantes del presidente IlhamAliev, cabeza del Partido
Nueva Azerbaiyán, frente a nueve escaños obtenidos por el bloque opositor Azadliq (libertad). De
nuevo, y tomando como referente el caso ucraniano, los activistas del movimiento social YeniFikir
(Nuevo Pensamiento) junto con la oposición, protagonizaron una segunda Revolución Naranja, pero
a diferencia de la vivida en Ucrania, las protestas iniciadas el 9 de noviembre del 2005 fueron disueltas
de manera violenta por las fuerzas de seguridad 17 días después de iniciadas y los resultados electorales
fueron ratificados.
Finalmente, las elecciones presidenciales bielorrusas del 19 de marzo del 2006, en las que el
Presidente-candidato Aleksandr Lukashenka (independiente entre 1992 y 2007) superó por más de 80
puntos porcentuales a Aleksandr Milinkevič, candidato de la coalición opositora. Por la Libertad,
dieron paso a una serie de protestas entre el 20 y el 25 de marzo del 2006, que se denominaron
Revolución Azul. Este nombre se debe a la utilización de chaquetas de bluyín por miembros del
movimiento social Zubr (Bisonte), quienes eligieron este símbolo ampliamente asociado a la cultura
occidental para expresar su simpatía hacia los valores democráticos a los que se oponía Lukashenka.
Al igual que en Azerbaiyán, las protestas en Bielorrusia terminaron siendo dispersadas violentamente
por las fuerzas de seguridad y Lukashenka fue reelegido como Presidente del país.
Como puede vislumbrarse en los párrafos anteriores, los movimientos sociales tuvieron una
presencia constante y significativa dentro de las RC y fueron parte importante de la oposición política
que desafió el statu quo establecido en dichos países. Para efectos del presente artículo, se adopta la
siguiente definición de movimiento social:
Actores colectivos de carácter movilizador (y, por tanto, un espacio de participación) que
persiguen objetivos de cambio a través de acciones (generalmente no convencionales) y que para
ello actúan con cierta continuidad, a través de un alto nivel de integración simbólica y un bajo
nivel de especificación de roles, a la vez que se nutre de formas de acción y organización
variables. (Ibarra, Martí i Puig y Gomá, 2002, p.29)
Debido a la complejidad de estos procesos y a la multiplicidad de actores intervinientes en los
mismos, un solo enfoque resultaría insuficiente a la hora de abordar las dinámicas revolucionarias
referenciadas. Así pues, y a pesar de la existencia de varias aproximaciones tal y como se mencionó en
párrafos anteriores, la literatura sobre el tema ha priorizado el rol de las élites, tanto gubernamentales
como de oposición, dejando por fuera de las líneas de investigación a otro tipo de actores relevantes.
En breve, se ha indagado con mayor profundidad sobre los actores sujeto del desafío que sobre los
actores retadores. Es por tanto que este artículo propone una aproximación complementaria para el
estudio de las RC, que incluya a los movimientos sociales dentro del espectro de análisis. De esta
manera no se busca competir con las aproximaciones clásicas, sino enriquecerlas y robustecer las
propuestas existentes. Para ello, la primera parte del documento ofrece una reflexión acerca del porqué
las RC no pueden considerarse como revoluciones en el sentido clásico del término, para

62

�posteriormente, brindar una definición propia que no solamente agrupa y resume los principales
elementos señalados por los autores más representativos, sino que responde a las siguientes preguntas:
¿qué son las RC?, ¿dónde ocurrieron?, ¿cuándo sucedieron?, ¿quiénes fueron sus protagonistas?,
¿cuáles fueron sus principales características?, y ¿cuál era su objetivo?.
Subsiguientemente se realiza un breve recorrido por las clasificaciones propuestas acerca de la
literatura sobre las RC, destacando las taxonomías realizadas por autores tales como Tucker (2007),
Silitski (2010) y Polese y Ó Bechaín (2011) y, finalmente, se ofrece una nueva clasificación de dicha
literatura de acuerdo a la formulación de tres interrogantes: ¿cuál fue el detonante de las RC?, ¿por qué
algunas tuvieron éxito mientras otras fracasaron? y; ¿por qué se detuvieron en el 2006? En el
tratamiento de cada una de estas tres preguntas queda de manifiesto la falencia existente a la hora de
dar cuenta del aporte realizado por los movimientos sociales en las RC, especialmente en lo referente
a la unidad de la oposición, la convocatoria de actores sociales y la movilización postelectoral, y por
ende la pertinencia de este artículo concebido como un intento por contribuir a llenar este vacío.
Hacia una Definición de las RC
Desde el estallido de la primera RC, la Revolución Negra de Serbia del 2000, el término RC
comenzó a ser utilizado de manera amplia, primero por los medios de comunicación y posteriormente
dentro de la literatura académica que buscaba dar cuenta de estos eventos.
Resulta evidente que las definiciones de revolución como las propuestas por Tilly (1978) o
Skocpol (1979)41, no capturan la esencia de las RC en una forma adecuada (Tudoroiu, 2007). Siguiendo
con este orden de ideas, aunque las RC conservan ciertos rasgos de las revoluciones clásicas tales como
el papel preponderante que ocupa la ideología, el descrédito público del orden vigente y la subsistencia
de la participación de movimientos de masas, la principal diferencia radica en que no fueron violentas
(Fairbanks, 2007). Sumándose al debate de si estos eventos constituyen ejemplos de revoluciones en
el sentido clásico, Way (2008) sostiene que desde una perspectiva socio-científica estos eventos no
deberían ser considerados como revoluciones sino como cambios de régimen o simples degradaciones
autoritarias. Igualmente, Tucker (2007) asevera que en estos casos la palabra revolución no conlleva
las consecuencias de cambio profundo y de largo plazo ligadas a este tipo de eventos, sino que en los
casos exitosos como el de Serbia en el 2000, Georgia en el 2003 y Ucrania en el 2004, hace referencia
al hecho que las fuerzas de oposición lograron derrocar el régimen vigente, mientras en los casos
fallidos como el de Azerbaiyán en el 2005 y Bielorrusia en el 2006, las protestas postelectorales
estuvieron seguidas por el fortalecimiento de la regla autoritaria.
Dependiendo del enfoque y del mayor o menor peso asignado a determinados factores, la
definición de RC propuesta por cada autor puede hacer énfasis en ciertos elementos y variar de manera
moderada (ver Tabla 1).
41Era

de esperar que las revoluciones socialistas – de acuerdo al Marxismo clásico se suponía que seguirían después y se
aprovecharían de los logros de las revoluciones burguesas-democrática- hubieran ocurrido únicamente en países que
nunca hubieran establecido sistemas políticos democráticos-liberales en primer lugar (Skocpol, 1994). Para Tilly (1978),
una revolución consiste en “una transferencia por la fuerza del poder del Estado, proceso en el cual al menos dos bloques
diferentes tienen aspiraciones, incompatibles entre sí, a controlar el Estado, y en el que una fracción importante de la
población sometida a la jurisdicción del Estado apoya las aspiraciones de cada uno de los bloques”. Por su parte, Skocpol
(1979) hace referencia al término de revolución social, definidas como “rápidas transformaciones básicas del estado de una
sociedad y las estructuras de clase, acompañadas y en parte logradas a través de revueltas populares desde abajo”, y se
acerca al mismo medianteuna perspectiva estructural. Para la autora resulta determinante encontrar regularidades en
situaciones históricas dadas que son las que explican este tipo de revoluciones (De Andrés y Ruíz Ramas, 2009).

63

�No obstante, a pesar de las diferencias existentes, las definiciones propuestas comparten cinco
elementos comunes: 1) las RC no deben entenderse como revoluciones en sentido clásico del término
de acuerdo a lo expuesto anteriormente; 2) el espacio geográfico en el que se desarrollaron se
corresponde con el de Eurasia postcomunista; 3) la temporalidad en que se presentaron comprende
desde el año 2000 hasta el 2006; 4) el núcleo duro de las definiciones lo constituye las protestas
postelectorales y; 5) se subraya el fuerte contenido simbólico y la no violencia que caracterizó estas
protestas.
En un intento por recoger y sintetizar los principales elementos expuestos por los principales
autores de este tema, se ha planteado una definición propia de las RC que busca responder los
siguientes interrogantes: ¿qué son las RC?, ¿dónde ocurrieron?, ¿cuándo sucedieron?, ¿quiénes fueron
sus protagonistas?, ¿cuáles fueron sus principales características?, y ¿cuál era su objetivo?
Teniendo en mente estas preguntas se ofrece la siguiente definición: las RC fueron protestas
postelectorales que tuvieron lugar en Eurasia postcomunista entre el año 2000 y 2006. Fueron
detonadas por el fraude electoral, protagonizadas por la oposición y se caracterizaron por un fuerte
contenido simbólico y el uso de la no violencia. Mientras en el corto plazo reivindicaban el
reconocimiento de resultados electorales legítimos o la realización de nuevos comicios libres y justos,
en el largo plazo el objetivo recaía en la institucionalización de un sistema democrático. El nombre de
RC hace alusión a la manera pacífica en que se desarrolló la Revolución de Terciopelo checoslovaca
de 1989 y a su vez se deriva de la utilización simbólica de colores o nombres de flores empleados
como elementos de identificación por parte de la oposición, particularmente por los movimientos
sociales, actores relevantes tanto para el surgimiento y la caracterización, como para el desenlace
específico de los eventos revolucionarios.

Tabla 1. Definiciones de las RC
Definición

Autor
Valerie
Sharon
(2009)

Bunce y
Wolchik

Han adoptado una definición más neutral: Revoluciones Electorales, para destacar el hecho que las
protestas ocurrieron dentro de un marco de elecciones fraudulentas.

64

�Katya Kalandadze y
Mitchell
A.
Orenstein (2009)

Comparten la definición de McFaul (2005), excepto por la violencia; elemento que para los autores
ayuda a distinguir entre revoluciones electorales exitosas y fallidas. En las revoluciones exitosas no
hay rasgos de violencia, mientras las revoluciones fallidas son a menudo reprimidas por medios
violentos. Lo que hace únicas a las revoluciones electorales es la presencia masiva de manifestantes
en favor de un rasgo clave de la democracia: unas elecciones libres y justas que le den a la oposición
la oportunidad de ganar. El hecho de que le gente tome las calles para defender sus derechos
democráticos le da a las revoluciones electorales un sentido de legitimidad, interna e internacional, de
las que otras protestas masivas pueden carecer.

Michael
(2005)

McFaul

Se refiere a revoluciones electorales y hace énfasis en cuatro rasgos: 1) una elección fraudulenta sirve
como catalizador para las protestas electorales; 2) La oposición hace uso de medios extra
constitucionales, dentro de los que se cuentan protestas masivas, para defender la causa democrática;
3) Debido a la disputa de los resultados electorales tanto gobernantes como candidatos de la
oposición declaran su autoridad; y 4) Ambos bandos evitan cualquier uso significativo de la violencia.

Abel
Polese
y
Donnacha
Ó
Beachaín (2011)

Cada vez con mayor aceptación pero no de manera universal se hace referencia a las revoluciones de
color como protestas postelectorales que tuvieron lugar en Serbia, Georgia y Ucrania y a las
demostraciones que tuvieron lugar en otros Estados postsoviéticos. El significado simbólico del color
no debe ser subestimado. Un color en algunas ocasiones ha sido la vía para expresar la discrepancia
sin necesidad de hablar, ha tenido un impacto visual sustancial y ha sido el símbolo que unió
emocionalmente y políticamente a los manifestantes. No se estima que el término revolución de color
sea engañoso, desprovisto de valor descriptivo porque se han centrado en la sustancia más que en la
forma de las protestas.

Vitali Silitski (2010)

Las revoluciones de color son cambios políticos a lo largo del mundo postcomunista que pueden ser
divididos en tres categorías: 1) elecciones transformadoras; 2) evoluciones electorales como tal; y 3)
levantamientos populares postelectorales.

Joshua
(2007)

Término para referirse a los eventos acontecidos entre los noventa y dos mil en ciertos países de
Europa del Este y las Repúblicas postsoviéticas. El uso de la palabra revolución no implica que
conlleva las consecuencias de largo plazo de esos eventos, sino que se usa para identificar que las
fuerzas anti-régimen fueron exitosas derrocando el régimen en vigor. Específicamente lo empleó para
referirse a la Revolución Negra de Serbia en 2000, la Revolución Rosa de Georgia en 2003, la
Revolución Naranja de Ucrania en 2004 y la Revolución de los Tulipanes de Kirguizistán en 2005.

Tucker

Lucan Way (2008)

Las RC corresponden a la segunda ola de transiciones en Europa del Este y Europa Central. En
muchas definiciones socio-científicas estos eventos no deberían ser considerados revoluciones sino
cambios de régimen o simples degradaciones autoritarias. Sin embargo, por simplicidad y en línea
con muchos observadores de las revoluciones de color, usa el término para referirse a los casos
postcomunistas de cambio autoritario.

Aciertos: Las Primeras Clasificaciones de la Literatura sobre las RC
Desde comienzos del siglo XXI y hasta la actualidad, se ha producido una abundante bibliografía
sobre las RC. Joshua A. Tucker (2007), fue el primero de los autores en proponer una clasificación
de la literatura existente y expuso que hasta ese momento, las explicaciones sobre las RC seguían una
de las siguientes tres vertientes: el primer set de explicaciones ubicó a las RC dentro del amplio marco
del mundo de la post Guerra Fría, donde se vislumbraba una tensión entre oriente y occidente dentro
del panorama europeo. La segunda aproximación se centró en la naturaleza de los movimientos de
oposición, haciendo especial énfasis en las coaliciones de partidos políticos y; una tercera línea,

65

�enfocada a explicar el éxito de las RC, argumentó sobre la inhabilidad de los Presidentes - candidatos
para consolidar sus regímenes autoritarios (ver Figura 1).
Tucker (2007) criticó las orientaciones anteriores, al señalar que se trataban de análisis basados
esencialmente en las élites y como contraprestación, propuso explorar qué pasaría cuando se pone en
el centro del análisis a la masa pública que participó en estas protestas. Siguiendo este orden de ideas,
el autor se preguntó ¿por qué los manifestantes de las RC eligieron la calle luego del fraude electoral?
La respuesta ofrecida por este autor establece que cuando hay grandes agravios por parte del régimen
y la manifestación produce altos costos frente a pocas oportunidades de éxito, la mayoría de los
ciudadanos decide no desafiar el régimen. En el caso de las RC, el fraude electoral es concebido como
un elemento clave a la hora de resolver el problema de la acción colectiva, particularmente en
sociedades donde los ciudadanos han sufrido grandes agravios por parte del régimen, y por ende
funciona como detonante de la movilización.

Figura 1. Clasificación de la literatura sobre las RC (Tucker, 2007)
Tres años más tarde, Vitali Silitski (2010) ofreció una nueva recopilación de la literatura relativa
a las RC, en la que identificó dos paradigmas dominantes en este campo. El primero se centraba en
las precondiciones domésticas requeridas para el cambio de régimen, tales como una débil capacidad
represiva para combatir los desafíos de la oposición democrática y eventualmente, el conflicto creado
entre la intención del grupo dominante para garantizar la sucesión de su autoridad y la necesidad de
su legitimación democrática. El segundo enfoque hacía referencia al efecto bola nieve o de contagio,
y criticaba la comprensión de los eventos revolucionarios desde la aproximación de las precondiciones
domésticas, puesto que fallaba a la hora de explicar el porqué transiciones electorales similares en el
espacio euroasiático postcomunista tuvieron lugar aún en contra del escepticismo no sólo de los
analistas y observadores, sino también de las sociedades en las que se generó un cambio de régimen
(ver Figura 2).

66

�Figura 2. Clasificación de la literatura sobre las RC (Silitski, 2010)
La recopilación más reciente sobre la literatura relativa a las RC fue generada por Polese y Ó
Beachaín (2011). Estos autores sostienen que aunque el debate de las RC ha sido enmarcado
principalmente dentro de la pugna estructura vs agencia, no deben dejarse de lado otros factores
explicativos tales como la difusión y el rol de la oposición política. Además de esto, Polese y Ó
Beachaín han sido los primeros autores en introducir a la sociedad civil como actor relevante dentro
de las RC (ver Figura 3).
Aunque partidarios de la propuesta que hace énfasis en la estructura, e innovadores de la misma
al incluir en el espectro de análisis a actores no estatales, también reconocieron el importante aporte
realizado por los estudiosos de las RC que han optada por la agencia, entendida como el “conjunto de
acciones deliberadas, detalladas, coordinadas y profundamente planeadas tomadas por un amplio
rango de jugadores políticos internacionales pero especialmente domésticos” (Bunce y Wolchik, 2009,
p. 23).

Abel Polese y
Donnacha Beachaín
(2011)

Estructura
(Way, 2005)

Agencia
(Bunce y Wolchik,
2006)

Difusión
(Beissinger, 2007)

Oposición

Sociedad Civil

Figura 3. Clasificación de la literatura sobre las RC (Polese y Ó Bechaín, 2011)
Una vez mencionadas las principales recopilaciones realizadas hasta el momento sobre la
literatura relativa a las RC (Tucker, 2007; Silitski, 2010 y; Polese y Ó Bechaín, 2011), acto seguido se

67

�propone una nueva clasificación que integra los elementos más relevantes de las propuestas expuestas
anteriormente y que pone de manifiesto la necesidad de integrar a los movimientos sociales dentro del
análisis teórico sobre las RC. Siguiendo con este orden de ideas, la literatura ha sido agrupada con el
objetivo de dar respuesta a tres interrogantes: ¿cuál fue el detonante de las RC?, ¿por qué algunas
tuvieron éxito mientras otras fracasaron?, y ¿por qué se detuvieron en el 2006?
Desafios: Hacia una Nueva Clasificación de la Literatura
¿Cuál fue el detonante de las RC?
Con relación al primer interrogante: ¿cuál fue el detonante de las RC? se han ofrecido diferentes
respuestas a partir del modelo de la difusión, el fraude electoral, la dinámica de la post Guerra Fría y
la elección institucional propia de estos países. A continuación se abordará brevemente cada una de
estas cuatro propuestas. Siguiendo a Polese y Ó Beachaín (2011), no es posible encontrar un punto
claro del inicio de las RC, pero se puede argumentar que su referente directo más importante fueron
las elecciones parlamentarias del 25 y 26 de septiembre de 1998 en Eslovaquia. En esta oportunidad,
los cuatro partidos que configuraron la oposición lograron hacerse con la victoria frente a la coalición
tripartita que apoyaba al Gobierno de Vladimír Mečiar. Aunque técnicas electorales similares a las
desplegadas por la oposición eslovaca habían sido empleadas durante años por movimientos de
oposición en las regiones post-socialistas, Eslovaquia proveyó el prototipo de estrategia que sería
desarrollada de manera amplia dentro de las RC y acuñó los elementos clave para la explosión de las
protestas postelectorales. Esta experiencia inspiró el surgimiento y desarrollo de otros movimientos
en la región, que con cada éxito revolucionario y con el acceso a nuevos recursos, fueron mejorando
paulatinamente la estrategia inicial.
En este sentido, hay tres aspectos de la campaña eslovaca particularmente valiosos para el
proceso de aprendizaje de los movimientos sociales en las RC: 1) la coordinación de una campaña
cívica con líderes de la oposición, lo que generó que diferentes frentes trabajaran en conjunto en torno
a metas comunes. 2) El establecimiento de redes con actores externos tales como los Estados Unidos
y la Unión Europea (UE a partir de ahora), cuya intervención ayudó a limitar el nivel de represión
durante la campaña electoral e incidió en la prevención del fraude electoral en 1998. 3) La campaña
desplegada por el movimiento OK’98, Obcianska Kampan (Campaña de educación cívica), basada en la
no violencia y cuyo éxito a la hora de atraer votantes a las urnas hizo de ésta una de las principales
estrategias adoptadas por los movimientos posteriores. La elección presidencial del 2000 en Serbia
constituyó una de las máximas expresiones de esta última estrategia, puesto que los activistas de Otpor
lograron que cientos de miles de jóvenes apáticos frente a la política, transformaran su percepción en
torno a las elecciones y votaran por primera vez en unos comicios que cambiaron radicalmente el
escenario político serbio.
Siguiendo con este orden de ideas, desde el modelo de la difusión las RC deben ser entendidas
como eventos interconectados y no sólo como producto de las decisiones tomadas por los actores en
el ámbito local. Los vínculos entre los casos de democratización han sido la norma, en vez de la
excepción y, a su vez, esos vínculos han afectado los resultados (éxito/fracaso) revolucionarios. Dicho
de otro modo, los actores de las RC, principalmente los movimientos sociales, se prestaron entre sí
tácticas, formas organizativas, consignas e incluso logos. De este modo, a diferencia de autores como
Way (2008) quien sostiene que las RC no deberían pensarse como eventos de una ola interrelacionada,
puesto que cada una pudo haber ocurrido aún si los demás casos en el vecindario no se hubieran

68

�materializado y aún sin la influencia de redes transnacionales, cada RC exitosa produjo una experiencia
que fue conscientemente adoptada por otros, expandida por las Organizaciones No Gubernamentales
(ONG a partir de ahora) y emulada por movimientos sociales locales, formando el contorno de un
modelo de difusión (Beissinger, 2007).
Los elementos básicos de este modelo giran en torno a seis aspectos: 1) el fraude electoral
entendido como el detonante de las movilizaciones masivas en contra de los regímenes pseudodemocráticos, 2) El soporte externo para fortalecer a los movimientos democráticos locales, 3) La
organización de grupos radicales de jóvenes que emplearon tácticas de protesta no convencional antes
de las elecciones, con la finalidad de minar la popularidad del régimen y exigir la renuncia de los
Presidentes – candidatos autoritarios, 4) El establecimiento de una oposición unida, 5) La presión
diplomática externa y un amplio e inusual monitoreo electoral, y 6) Una movilización masiva y no
violenta ante el anuncio de fraude electoral, estrategia propuesta por el gurú de la resistencia pacífica
en occidente, Gene Sharp.
El segundo elemento propuesto para responder a la pregunta de cuál fue el detonante de las RC
hace énfasis en el fraude electoral. Las RC, tanto la Revolución Negra de Serbia del 2000, la Rosa de
Georgia del 2003, la Naranja de Ucrania del 2004, la Naranja de Azerbaiyán del 2005 y la Azul de
Bielorrusia del 2006, comparten el rasgo común de girar en torno a una elección fraudulenta (Tucker,
2007). En todos los casos, una elección (presidencial o parlamentaria) tuvo lugar y los resultados
fueron vistos como ampliamente manipulados por el régimen en vigor. Como resultado, se generaron
protestas masivas encabezadas por movimientos sociales, que en Serbia, Georgia y Ucrania decantaron
en el reconocimiento de la victoria de la oposición, mientras que en Azerbaiyán y Bielorrusia
estuvieron seguidas por el afianzamiento de las élites tradicionales en el poder. De acuerdo a este
planteamiento, el fraude constituiría un importante marco dentro del cual se crean las oportunidades
para movilización, porque parafraseando a Beissinger (2007), los regímenes se tornan más vulnerables
durante el ciclo electoral.
Por otra parte, se encuentran dos conjuntos de explicaciones de tipo geopolítico sobre el
detonante de las RC (Tucker, 2007). Como se mencionó anteriormente, el primer set de explicaciones
ubica estos eventos dentro del marco de la post Guerra Fría, específicamente en la pugna librada entre
Oriente y Occidente dentro del contexto europeo. Este argumento a menudo toma una de las dos
formas siguientes: 1) la primera aproximación se centra en la ayuda ofrecida por varios actores de
occidente a los miembros de la oposición en Eurasia postcomunista, temerosos de que el liderazgo de
sus países podría llevarlos a un patio de permanente exclusión europea, en general, y de las
instituciones europeas tales como la UE, en particular, 2) Especialmente popular en Rusia, la segunda
aproximación generada dentro de esta perspectiva ubica a las RC en el contexto de las luchas
geopolíticas de la post Guerra Fría por el dominio entre Rusia y Occidente, específicamente sobre
áreas que habían sido largamente consideradas bajo la esfera de la influencia soviética.
El segundo conjunto de explicaciones se ha centrado en la naturaleza de los movimientos de
oposición política (conformados principalmente por coaliciones de partidos), en cada uno de los países
escenario de las protestas postelectorales. En pocas palabras, ha subrayado cómo los grupos de
oposición han aprendido a lo largo del tiempo a ser más efectivos, bien sea gracias a sus experiencias
previas, o a través de la transmisión de información de actores externos y en particular, de actores
pertenecientes a países que han experimentado su propia RC.
Finalmente, la última explicación sobre cuál fue el detonante de las RC se deriva de la presencia
del presidencialismo patronal en esta región del mundo. Este tipo de institución está marcada por
oscilaciones regulares y razonablemente predecibles entre periodos de alto cierre político y periodos

69

�(algunas veces repentinos) de apertura política, incluyendo los fenómenos típicamente llamados RC.
La apertura sólo termina en último caso en verdadera democratización si envuelve un cambio en las
instituciones fundamentales del presidencialismo patronal. En suma, las RC deben ser entendidas no
como avances democráticos sino como fases de contestación en los ciclos del régimen, y resultan
exitosas si gana la oposición (Hale, 2006).
A pesar de que la pregunta ¿cuál fue el detonante de las RC? ha encontrado respuestas en el
modelo de la difusión, el fraude electoral, la dinámica de la post Guerra Fría y la elección institucional,
no debe subestimarse la influencia de los movimientos sociales en los orígenes de las RC, en tanto
estos actores resultaron determinantes a la hora de movilizar a la sociedad en contra del fraude
electoral. No solo esto, fueron los movimientos sociales quienes en la mayoría de los casos modelaron
los símbolos (colores y flores) que identificaron a estos eventos y, quienes atravesaron las fronteras
nacionales para capacitar a nuevos activistas en lugares con conato de revolución, contribuyendo de
esta manera a la creación de un complejo, diverso y creativo repertorio de contienda política. Una vez
presentada esta primera clasificación relativa al origen de las RC, se expondrán los principales
planteamientos de la literatura concerniente al éxito o fracaso de dichos eventos, entendido este como
el cambio o permanencia del régimen que se retaba.
¿Por qué Algunas RC fueron Exitosas y otras Fracasaron?
Con relación a la segunda pregunta ¿por qué algunas RC tuvieron éxito mientras otras
fracasaron?, los académicos han hecho énfasis principalmente en los factores estructurales y los
factores contingentes. Mientras que dentro de los primeros se destaca el papel de las élites, dentro de
los segundos se hace mención al Modelo Electoral propuesto por Bunce y Wolchik (2009). No
obstante, y aunque estas dos propuestas han dominado el grueso de la literatura sobre el tema en
cuestión, también se han ofrecido otras propuestas, muchas veces complementarias a las dos grandes
vertientes, dentro de las que cabe destacarse la fuerza del ejemplo.
Antes de hacer referencia a los factores estructurales y contingentes, debe mencionarse que
McFaul (2005) fue el primero en proponer una lista de elementos comunes que unen los casos de
Serbia en el 2000, Georgia en el 2003 y Ucrania en el 2004 como casos de éxito revolucionario. Estos
casos de ruptura autoritaria se parecen entre sí y se diferencian de otras transiciones democráticas, en
cuatro aspectos críticos: 1) en los tres casos, el inicio para el cambio de régimen fue una elección
nacional fraudulenta, no una guerra, una crisis económica, una división entre las élites dominantes, un
choque externo, un factor internacional o la muerte del dictador, 2) Los retadores democráticos
desplegaron medios extra-constitucionales para defender la constitución democrática existente, en vez
de buscar generar nuevas reglas del juego político, 3) Cada país acogió por un tiempo la competencia
entre retadores y retados y los clamores simultáneos para mantener la autoridad soberana, uno de los
sellos de la situación revolucionaria, 4) Todas las situaciones revolucionarias terminaron sin violencia
masiva. Por otra parte, los Presidentes – candidatos ordenaron el uso de métodos coercitivos
incluyendo asaltos a periodistas y candidatos de la oposición y la clausura de medios independientes.
No obstante, no llamaron al ejército o a las fuerzas de seguridad para reprimir las protestas, como sí
ocurrió en los casos de fracaso que tuvieron lugar en Azerbaiyán y Bielorrusia.
Dentro de los factores necesarios para el éxito, Mc Faul (2005) cita los siguientes: 1) la vigencia
de un régimen semi-autoritario en vez de uno totalmente autoritario, 2) La existencia de un Presidente
- candidato impopular, 3) La conformación de una oposición unida y organizada, 4) La capacidad de
saber rápidamente que los resultados electorales fueron falsificados, 5) Contar con suficientes medios
independientes para informar a los ciudadanos sobre el fraude electoral, 6) La presencia de una

70

�oposición política capaz de movilizar manifestantes para protestar en contra del fraude, y 7) Evidencia
de divisiones entre las fuerzas coercitivas del Estado.
Igualmente señala que así como los factores anteriormente citados son determinantes para el
éxito de las RC, hay otros factores que no fueron importantes, dentro de los cuales se cuentan los
siguientes: 1) el estado de la economía o el nivel económico alcanzado por los países no jugó un rol
causal uniforme en los casos de avance democrático, 2) Los tres países tuvieron historias recientes de
tensiones étnicas o problemas que incluían guerras abiertas. No obstante, una completa resolución de
las disputas fronterizas no constituyó una precondición para el avance democrático, 3) Las divisiones
entre las líneas duras y suaves que apoyaban a los Presidentes – candidatos autoritarios también figuran
como poco importantes a la hora de impulsar el cambio democrático, 4) La relación entre las élites
políticas en el poder y occidente no tuvo un peso particular, 5) Los programas de asistencia
democrática de occidente jugaron un rol visible en todos los casos. Sin embargo, la ayuda extranjera
no jugó un rol independiente en ninguno de los avances, pero contribuyó a la conflictividad
aumentando o disminuyendo el valor relativo de cada uno de los siete factores mencionados en el
párrafo anterior como necesarios para el éxito revolucionario, y 6) La calidad de los recursos positivos
o plataformas elaboradas por la oposición en cada país, también parece bastante insignificante.
A partir de la propuesta de Mc Faul (2005) se generó un interés por determinar los elementos
facilitadores del éxito en las RC, siendo los más ampliamente expuestos los factores estructurales y los
factores contingentes. Way (2008), argumenta que los factores estructurales, en oposición a las
dinámicas electorales y de difusión, constituyen la causa real de las recientes olas de triunfos electorales
sobre los dictadores en Eurasia postcomunista. Para el autor, las RC son casos de fracaso autoritario
en vez de casos de democratización. El colapso autoritario trajo democracia en la forma de elecciones
libres y justas y el fin de serias presiones del gobierno sobre los medios. En contraste, la crisis
autoritaria permitió la emergencia de nuevos gobiernos que retomaron muchos de los mecanismos
autoritarios usados por sus predecesores, incluyendo fraude electoral y supresión de los medios.
En breve, Para Way (2008) la crisis autoritaria está relacionada positivamente con la fortaleza de
los lazos con occidente y negativamente con la fortaleza del partido autocrático o del Estado del
régimen vigente. En este sentido, se deben tener en cuenta tres elementos: 1) la presencia de un solo
partido reinante y altamente institucionalizado, 2) Un extensivo y bien fundado aparato coercitivo
que ha ganado un conflicto significativo, y 3) control discrecional del Estado sobre la economía, de
jure o a través de la captura de una gran riqueza mineral como el petróleo o el gas.
En contraprestación a esta propuesta, surgió la iniciativa de que los vínculos entre los casos de
democratización han sido la norma en vez de la excepción y que dichos vínculos han afectado los
resultados (éxito/fracaso) de las RC (Beissinger, 2007). En los fenómenos modulares, la influencia del
ejemplo puede substituir algunos vacíos propios de la desventaja estructural permitiendo a algunos
grupos menos avanzados estructuralmente comprometerse en una acción exitosa gracias a la influencia
del ejemplo previo de otros casos. De esta manera, la imitación de éxitos precedentes es el mecanismo
básico que conduce a la expansión del fenómeno modular. El proceso del ejemplo se diferencia de
otros de contagio debido a que no se define por la proximidad o conformidad, sino por la analogía y
beneficios obtenidos a través de la asociación con el éxito previo.
Por otra parte, el cómo responden las instituciones al proceso modular sugiere si el impacto de
este proceso cambia sustancialmente o no. Esto dependerá, como es obvio, de las vías tomadas por
las instituciones dentro de dicho proceso. Indagando sobre esta dinámica, Beissinger (2007) ha
identificado cuatro condiciones que no necesitan estar presentes pero que aumentan las posibilidades
del éxito revolucionario. Estas son: 1) un grado representativo de apertura política; 2) una tradición

71

�reciente de protesta, 3) la existencia de diferencias regionales entre grupos culturales dominantes, y 4)
control de la oposición sobre los gobiernos locales. Siguiendo la línea argumentativa desarrollada por
Way (2008), Beissinger (2007), se han identificado seis condiciones estructurales que podrían ser
necesarias para el éxito revolucionario: 1) la presencia de fraude electoral, 2) una significativa
representación de la oposición en el legislativo, 3) el año de enrolamiento en la educación superior, 4)
unos lazos débiles entre el régimen y los militares, 5) la presencia significativa de diversas ONG
promotoras de la democracia, y 6) La ausencia de una economía exportadora de energía.
Dimitrov (2009) respalda la propuesta de Way (2008), que sostiene que los niveles de fortaleza
del régimen y los vínculos con occidente ayudan a explicar la crisis del autoritarismo, pero añade el
factor de la popularidad de los Presidentes - candidatos como elemento que puede contribuir a dar
cuenta de la resistencia autoritaria en la región. Así pues, los Presidentes - candidatos deben tener a su
disposición tres estrategias para asegurar su popularidad: 1) populismo económico: el gasto social y el
compromiso con las políticas de redistribución económica aumentan su aprobación pública, 2)
nacionalismo anti-occidente: en algunos países donde el sentimiento público no está a favor de
occidente, los Presidentes - candidatos pueden tener éxito previniendo la unidad de la oposición a
través de la retórica anti occidental; y 3) Control exitoso de los medios: incluye eliminar críticos del
régimen y control estatal sobre la prensa escrita, televisión e información electrónica. Controlar a los
medios les garantiza a los líderes autoritarios cobertura positiva y le niega a la oposición una plataforma
de participación. Estas tres estrategias producen altos niveles de legitimidad del régimen así como de
estabilidad del mismo.
En contraposición a la propuesta de los factores estructurales, y de una manera más cercana a
la propuesta que se busca desarrollar, en la que se destaca el rol de los movimientos sociales dentro de
las RC, Bunce y Wolchik (2009) señalan que la clave del éxito revolucionario recae en los factores
contingentes. En crítica abierta a la propuesta ofrecida por Way (2008), las autoras sostienen que los
científicos sociales no pueden o no deberían reducir sus explicaciones causales a la influencia de una
categoría sencilla de causas, puesto que la estructura, la agencia y el proceso, todos son elementos
importantes. Es por tanto que no solo debe tenerse en cuenta el rol distintivo de las elecciones,
entendidas como espacios para el cambio político, sino también la difusión trasnacional de un modelo
particularmente efectivo para derrotar al dictador, denominado por las autoras como el Modelo
Electoral.
Por otra parte, así como ha sido importante para el éxito de las RC el aprendizaje de los
movimientos de oposición, el fracaso revolucionario ha estado influenciado por el aprendizaje de las
élites para reversar o neutralizar las estrategias de la oposición. Algunas élites políticas han sido
capaces de producir un antídoto para lo que consideraron un virus del color. Han tomado nota de las
lecciones derivadas del fenómeno de las RC y han estado suficientemente unidas, tomando decisiones
efectivas, mientras aseguran la obediencia tanto de los centros formales como de los centros
informales de poder dentro del Estado (Polese &amp; Ó Bechaín, 2011).
En este orden de ideas, la supervivencia del régimen, y por extensión el fracaso de la RC,
depende ampliamente de la capacidad de la élite gobernante de digerir las lecciones sobre cuál es la
mejor manera de neutralizar o contrabalancear las estrategias de los movimientos de la oposición. Se
sugiere que ha existido una estrategia, o set de acciones, que los regímenes han adoptado para frenar
el triunfo de las situaciones revolucionarias, de tal modo que las fallas a la hora de aprender esta
estrategia, o de aplicarla correctamente, podrían abrir el camino para las fuerzas de la oposición y el
cambio político en un país. Así pues, con cada intento de RC, las élites de Eurasia postcomunista
refinaron su comprensión de los procesos. En este sentido, si querían evitar compartir el destino de
Serbia, Georgia o Ucrania, las élites tendrían que tomar acciones preventivas en diferentes niveles. La

72

�mayoría de los regímenes que habían presenciado el éxito de las RC en esos tres países, comenzaron
a identificar las características clave de las RC y a tomar medidas para asegurar que los actores de la
sociedad civil no fueran capaces de lograr el mismo grado de libertad que en dichas sociedades.
El movimiento más notable con relación a estas actitudes fue la evaporación de la tolerancia
para las ONG, particularmente aquellas que habían sido identificadas como colaboradoras de los
movimientos de oposición. La contrarrevolución también avanzó en otras dimensiones: los medios
cayeron bajo un estricto control estatal, se suprimió y/o persiguió a los movimientos que intentaron
emular al Otporde Serbia, al Kmara de Georgia o al Pora de Ucrania y, se prohibió la entrada de activistas
extranjeros al país. Asimismo, los gobiernos que buscaban prevenir RC en sus territorios, crearon
movimientos juveniles pro-régimen como Nasha Rusia (Nuestra Rusia), con el objetivo de
contrarrestar el peso de los movimientos juveniles de oposición. En último lugar, algunos regímenes,
principalmente aquellos con importantes recursos naturales o con significativa importancia estratégica,
encontraron que podían escapar de la censura de occidente (Polese &amp; Ó Bechaín, 2011).
Finalmente, Kalandadze y Orenstein (2009) han adoptado el término revolución electoral
propuesto por Bunce y Wolchik (2009) y han analizado todos los casos que se han presentado desde
1991, distinguiendo entre revoluciones electorales exitosas y fracasadas. A modo de conclusión
afirman que las revoluciones electorales exitosas han mostrado ningún o insignificante progreso
democrático en sus etapas posteriores. Las revoluciones electorales han resultado poco efectivas a la
hora de promover el avance de la democratización, puesto que ponen demasiado énfasis en las
elecciones mismas y no en otros obstáculos fundamentales para la democratización de regímenes
híbridos y autoritarios.
Es así que la democratización ha sido lenta o nula en esos países, principalmente a causa de la
permanencia de sus profundos problemas estructurales, que las revoluciones electorales no estaban
equipadas para resolver. Las elecciones fraudulentas fueron sólo la punta del iceberg en esos países,
donde persisten otros problemas tales como la falta de una cultura de competencia política, una
estructura de partidos políticos poco desarrollada, conflictos de poder más allá del círculo electoral,
corrupción y falta de Estado de derecho, sólo por mencionar algunos. Sumado a esto, todos los países
que han experimentado una RC permanecen pobres o relativamente pobres y, dos de ellos, Georgia y
Serbia, mantienen disputas territoriales. Para terminar, se abordará el interrogante ¿por qué se
detuvieron las RC en el 2006?
¿Por qué se detuvieron las RC en el 2006?
Gran parte de las respuestas a dicho interrogante ha girado en torno a tres ejes fundamentales:
el agotamiento del modelo, el aprendizaje del modo de obrar de la oposición por parte de los líderes
autoritarios y, el efecto Darwin.
Con relación al agotamiento del modelo, Beissinger (2007) sostiene que el peso del ejemplo
afecta el comportamiento de la siguiente manera: la influencia del ejemplo aumenta gradualmente con
el tiempo y con cada éxito revolucionario. Eventualmente, llega a un punto culmen que proviene tanto
del peso acumulativo de los ejemplos de éxito como de la acción emulativa multiplicada rápidamente
a través de los grupos. Posteriormente, el modelo modular enfrenta un segundo momento donde el
efecto del ejemplo en las acciones subsecuentes comienza a disminuir rápidamente y se apaga
eventualmente.
Así mismo Bunce &amp; Wolchik (2009) sostienen que puesto que el modelo se expandió, los
autócratas fueron puestos en preaviso y comenzaron a desarrollar estrategias de contención,

73

�quitándole de esta manera fuerza a la red opositora. Aunque los activistas locales emularon los
procesos observados fuera de sus países, lo hicieron sin mucha planificación y con grandes
constricciones de tiempo y recursos. Como todas las dinámicas de difusión, la expansión del modelo
electoral fue dispareja a través de la espacialidad y temporalidad, y tuvo diferentes consecuencias
locales, hasta que eventualmente llegó a su fin.
Con relación a la propuesta basada en el aprendizaje de los líderes autoritarios, se sostiene que,
las RC provocaron que las élites políticas en el poder de Azerbaiyán, Bielorrusia, Kazajistán, Rusia y
otros países de Eurasia postcomunista reforzaran los esfuerzos domésticos para prevenir desafíos de
la oposición. Las medidas anticipadas incluyeron restricciones de grupos de la sociedad civil y
persecuciones y sanciones a la oposición, así como limitaciones a la asistencia democrática (Polese y
Ó Beachaín, 2011).
El efecto Darwin propuesto por Silitski (2010), describe la contra-reacción a la ola de RC en las
autocracias de Eurasia poscomunista. Éstas se blindaron ante las posibles amenazas al poder
autoritario, mediante el fortalecimiento de las tendencias y la regla autocrática reinante en estos
Estados. Mientras el efecto Darwin explica la contra-reacción autocrática interna, esto es, los esfuerzos
locales para adelantarse a la posibilidad del cambio de régimen, el efecto regional explica la resistencia
exterior al contagio democrático. Por una parte, como la ola de revoluciones golpeó la región hostil al
cambio de régimen, provocó la consolidación de las autocracias sobrevivientes a través de la
convergencia autoritaria. Esta fue expresada en medidas conjuntas, interacciones y alianzas entre los
Estados y regímenes en lo que había un interés por la extinción y reversa de la ola de democratización.
Por otra parte, la ola de revoluciones coincidió y aceleró la reafirmación permanente de la hegemonía
regional rusa, debido al temor de contagio expresado por el Kremlin, en tanto dichos procesos de
transformación democrática podría minar su posición dominante en la región. Esta reafirmación de
poder, facilitada por la dependencia de los países postsoviéticos de Rusia, debilitó las expectativas para
el sostenimiento de los avances democráticos y reforzó el autoritarismo en la región.

Rodríguez (2014)

Detonantes de las RC
-Modelo de la difusión
(Polese y ÓBechaín,
2011)
-Fraude electoral
(Tucker 2007)
-Dinámica post Guerra
Fría
(Tucker, 2007)
-Elección institucional
(Hale, 2006)

Éxito y fracaso de las
RC
-Factores estructurales
(Way, 2008)
-Modelo Electoral
(Bunce y Wolchik,
2009)

Finalización de las RC
-Agotamiento del modelo
(Beissinger, 2007)
-Aprendizaje líderes
autoritarios
(Polese y ÓBechaín,
2011)
-Efecto Darwin
(Silitski, 2010)

Figura 4. Clasificación de la literatura sobre las RC (Rodríguez, 2014)

74

�Conclusión
Durante la primera mitad del siglo XXI el espacio Euroasiático fue testigo de una oleada de RC.
Este fenómeno, en el que se revirtieron procesos electorales fraudulentos mediante protestas masivas,
comenzó con la Revolución Negra de Serbia en el año 2000 y continuó con la Revolución Rosa de
Georgia en el 2003 y la Revolución Naranja de Ucrania del 2004.
Posteriormente, pero esta vez sin éxito, prosiguió con las Revoluciones Naranja de Azerbaiyán
en el 2005 y Azul de Bielorrusia en el 2006. Puesto que las movilizaciones postelectorales se
desarrollaron sin violencia, al menos por parte de los manifestantes, y estuvieron revestidas con un
fuerte contenido simbólico, cada una de ellas fue bautizada con el color adoptado a manera de
distintivo por los movimientos de oposición.
Un rasgo notable de este fenómeno fue que estuvo acompañado por el ascenso de movimientos
sociales conformados principalmente por jóvenes estudiantes, tal y como puede observarse con Otpor
de Serbia, Kmara de Georgia, Pora de Ucrania, Yeni Fikir de Azerbaiyán y Zubr de Bielorrusia. Aunque
en el escenario Euroasiático de estos comienzos de siglo, los movimientos sociales desempeñaron
un papel significativo dentro de las RC, gran parte de los estudios sobre el tema han centrado su
foco de atención en actores tales como las élites gobernantes autoritarias o los partidos de
oposición. Ha sido por tanto el interés de este artículo asumir el desafío de contribuir a la
ampliación del espectro analítico, mediante la inclusión de otro tipo de actores relevantes para la
acción colectiva.
Las RC no deben entenderse como revoluciones en el sentido clásico del término, puesto que
sus dinámicas, desarrollos internos y alcances distan bastante de los resultados expuestos por
estudiosos de los fenómenos revolucionarios tales como Tilly (1978) o Skocpol (1979). Al abordar las
RC deben tenerse en cuenta ciertos elementos particulares tales como el espacio geográfico en el que
se desarrollaron las protestas postelectorales: Eurasia postcomunista; la temporalidad en la que se
presentaron: entre el año 2000 y 2006; el detonante: el fraude electoral y principalmente; el fuerte
contenido simbólico y la no violencia que revistieron dichas protestas, esta última característica
ampliamente construida desde la estructuración y la puesta en marcha del discurso y el repertorio de
contienda política desplegado por los movimientos sociales.
Expuesto lo anterior, se ha planteado una nueva clasificación de la literatura existente sobre las
RC. Dicha iniciativa ha sido construida en torno a tres grandes temas: la génesis de las RC, las posibles
causas de éxito y fracaso de las mismas y, el porqué se extinguieron en el año 2006. A partir de este
abordaje es posible dar cuenta del importante rol desempeñado por los movimientos sociales en las
RC, a la par que se avanza hacia una comprensión más profunda sobre este tipo de actores, sus
dinámicas y logros, desde una perspectiva comparada.

75

�Referencias
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77

�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 2. Núm 4. enero-junio 2016, pp. 78-98
ISSN: 2395-8448

La Economía Popular y Solidaria en Ecuador. Estudio sobre la
implementación de herramientas comunicacionales en organizaciones
manabitas.
The Popular and Solidarity Economy in Ecuador. A study on the
implementation of communication tools in Manabi.
Rosa Cedeño Rengifo.42
Universidad Laica Eloy Alfaro de Manabí (Ecuador)
Fecha de envío: 15 de enero 2015
Fecha de aceptación: 6 de marzo 2015

RESÚMEN:
En los últimos cinco años, se ha considerado a la Economía Popular y Solidaria (en adelante,
EPS) como el motor fundamental del sistema económico ecuatoriano. De acuerdo a la
Constitución del país, la EPS se centra en proporcionar a la población el Buen vivir (Sumak
Kawsay) como modelo de desarrollo y mejora de la calidad de vida de las personas. Las
herramientas comunicacionales, por su parte, permiten la potenciación de un producto dentro
de un imaginario determinado, ya que a través de ellas, los pequeños grupos familiares,
asociaciones, cooperativas, emprendimientos, propios de la EPS, tienen la oportunidad de dar a
conocer los productos y servicios que sus microempresas ofrecen. La utilización, en definitiva,
de diferentes medios y estrategias comunicacionales puede abrir un espacio de dialogo, de
interacción y de información en general; es la oportunidad de llegar a otros espacios geográficos

42

La autora agradece al DCI de la ULEAM el financiamiento al proyecto El capital intelectual: Un enfoque
hacia la economía popular y solidaria de Manabí, de cuyos resultados parciales versa este artículo.

78

�y la posibilidad de conseguir mejores negocios. En un estudio de campo con asociaciones de la
Economía Popular y Solidaria en Manabí (Ecuador) se pudo observar que las microempresas
encuentran en la potencialidad de las herramientas comunicacionales su principal atractivo para
incorporarse al gigante mercado digital que internet constituye. Es la dimensión comunicacional
y los posibles beneficios económicos, el acceso a la sociedad del conocimiento y la información,
lo que impulsa la apropiación por parte de este sector de las clases populares a querer darse a
conocer y ser parte del mundo digital. Motivos estos que analizaremos con detenimiento en la
siguiente presentación.
PALABRAS CLAVES:
Economía popular, herramientas comunicacionales, organizaciones sociales, buen vivir.

SUMMARY:
Last five years, it has been considered the Popular and Solidarity (EPS) Economy as the key
driver of Ecuadorian economic system. According to the Constitution of that country, the EPS
is focused on providing the population live in the Good Living (Sumak Kawsay) as a model of
development and improving the quality of life of people. Communicational tools, meanwhile,
allow the enhancement of a product within a certain imagined, because through them, small
family groups, associations, cooperatives, enterprises have the opportunity to know the markets
and services their microenterprises offer. The different media and communication
implementations use ultimately can open a space for dialogue, interaction and information in
general; It is the opportunity to reach other geographical areas and the possibility of getting
better business. Most microenterprises are in the potential of communication tools main
attraction. It is the communication dimension and potential economic benefits, access to the
knowledge society and information, prompting the appropriation by this sector of the popular
want to be known and be part of the digital world classes. These reasons we will discuss in detail
in the following presentation.
KEYWORDS:
Popular economy, communication tools, social organizations. Good Living.
INTRODUCCIÓN

79

�En Ecuador, según Jácome (2014), las experiencias económicas concernientes con los principios
de la Economía Social y Solidaria han estado presentes a lo largo de la historia. Sin embargo,
durante el siglo XX se excluyó de la historia económica nacional, para en los últimos seis años
pasar a ser considerada como uno de los aspectos estructurales del régimen económico actual.
De acuerdo al objetivo número 6 del Plan Nacional del Buen Vivir, la economía popular y
solidaria se centra en proporcionar a la población el “Buen Vivir” como modelo de desarrollo.
Este modelo implica, entre otros aspectos, mejorar la calidad de vida de la población
fortaleciendo la vínculo social, los valores comunitarios y la participación activa de los individuos
(Plan Nacional del Buen Vivir, 2008).
Actualmente, Ecuador es un paradigma de desarrollo alternativo basado en nuevas relaciones
entre la economía, la sociedad y la naturaleza; fundamentada en una estrategia sostenible de
satisfacer las necesidades básicas de la población, mediante la inclusión financiera y social y lograr
una sociedad más equitativa (Banco Central de Reserva, 2012a). La población nacional en
condiciones de pobreza ha disminuido en forma significativa del 36.74% en el 2007 hasta situarse
en 25.6% en el 2013, es decir 26 de cada 100 personas disponen ingresos menores a $78.10
dólares al mes (Banco Central de Reserva, 2012b). Por ello, la economía popular y solidaria se
orienta hacia la disminución de la pobreza e instaura la organización de la población con
proyectos productivos y sociales que les ayuden a obtener ingresos para darles una vida digna
(Plan Nacional del Buen Vivir, 2008).
En el desarrollo de los primeros años del gobierno del Presidente Rafael Correa se reorganizaron
los ingresos y se redujo la pobreza (un millón cincuenta mil ecuatorianos dejaron de ser pobres
por ingresos, entre diciembre de 2006 y diciembre de 2012). Según el informe "Panorama Social
de América Latina 2012", publicado por la Comisión Económica para América Latina y el Caribe,
el Ecuador es el país que más redujo desigualdades en América Latina entre 2007 y 2011: ocho
puntos (Comisión Económica Para América Latina y el Caribe, 2012a).

La reducción de las brechas en los ingresos es un triunfo considerable, en un espacio geográfico
donde están agrupadas las mayores desigualdades sociales del mundo (Programa de Naciones
Unidas para el Desarrollo, 2013).

80

�Según Suarez (2016), antes del gobierno actual, la economía del Ecuador se vio afectada por
diversas crisis; sin embargo surge en los últimos seis años un nuevo suceso económico que busca
el bienestar colectivo y una óptima distribución de la riqueza con los grupos sociales segregados;
La EPS aparece ante la necesidad de reformar la calidad de vida de obreros, artesanos, jornaleros,
transportistas, agricultores, entre otros integrantes de clase económica baja y desempleada,
mismos que ante la crisis económica conciben nuevas ideas a través de emprendimientos
populares y solidarios con el propósito de mejorar su calidad de vida (Políticas públicas para la
economía popular y solidaria que buscan impulsar un sistema económico más social y solidario
en el Ecuador, 2016).
Ante esto, se aprobó la vigente Constitución en el 2008, donde se reconoció la importancia y
presencia de la economía popular y solidaria dentro de la economía ecuatoriana y es así como se
elabora un marco jurídico e institucional que avalan el funcionamiento de la economía popular
y solidaria (EPS) en Ecuador. En 2014, aparece la Ley Orgánica de Economía Popular y Solidaria
y su respectivo reglamento; también se creó el Instituto Nacional de Economía Popular y
Solidaria y la Superintendencia de Economía Popular y Solidaria, organismos gubernamentales
que son los llamados a respaldar el funcionamiento del sistema social y solidario en Ecuador
(Superintendencia de la Economía Popular y Solidaria, 2014).
Las políticas de la economía popular y solidaria son estrategias de oportunidades que les
corresponde impulsar los recursos públicos nacionales y locales para fortalecer capacidades y
resolver necesidades en la mejora de la calidad de vida de los ecuatorianos y sus futuras
generaciones (SENPLADES, Secretaria Nacional de planificación y Desarrollo, 2013).
Mendoza (2013), comenta que es necesario y urgente que las microempresas utilicen las
herramientas comunicacionales, puesto que traen infinidad de beneficios a las asociaciones,
como: comunicarse con sus clientes, grupos u otras organizaciones que puedan estar interesadas
en sus productos, servicios o gestión; además de lograr la responsabilidad de apoyar en la
transformación social, apoyado en el desarrollo de concientización, organización y reunión de
los grupos sociales en busca del bienestar de la colectividad.
Vivimos en la sociedad de la información y la comunicación, razón por la que son nuevos
modelos los que gobiernan el éxito de los negocios. Naisbitt (1987) comenta que de acuerdo a
cómo progresamos en el establecimiento de la economía apoyada en la información, nos
tropezamos con la necesidad de re direccionar el planeta.

81

�Amado (1992), declara que a medida que transcurre el S.XXI, el éxito empresarial está respaldado
en la información agregada a la imagen o la comunicación corporativa.
Castells y Valls (2003) exponen que las herramientas tecnológicas-comunicacionales son
elementos protagónicos de la sociedad; desde niños hasta personas de la tercera edad se han
convertido en usuarios del accionar tecnológico, convirtiéndose también en consumidores
potenciales; pero estas herramientas deben adecuarse a la cultura y necesidad de cada
microempresa.
Con el progreso de la ciencia y la tecnología, las microempresas han involucrado sus intereses
económicos incentivando a los clientes a elegir, participar e interactuar a través de las redes
sociales, logrando así potenciar e incrementar clientes, ganancias y producción (Quiroz, 2015).
ECONOMÍA POPULAR Y SOLIDARIA
Según la Ley Orgánica de Economía Popular y Solidaria, en su artículo 1, establece que la
economía popular y Solidaria es “la forma de organización económica, donde sus integrantes,
individual o colectivamente, organizan y desarrollan procesos de producción, intercambio,
comercialización, financiamiento y consumo de bienes y servicios, para satisfacer
necesidades y generar ingresos, basadas en relaciones de solidaridad, cooperación y
reciprocidad, privilegiando al trabajo y al ser humano como sujeto y fin de su actividad, orientada
al buen vivir, en armonía con la naturaleza, por sobre la apropiación, el lucro y la acumulación
de capital” (Superintendencia de la Economía Popular y Solidaria, 2014).
Para Coraggio (1991), la economía popular encierra a todos los grupos domésticos que no
dependen de un jefe que les pague un sueldo, ni de ahorros o riquezas acumulados; sin embargo
trabajan de manera independiente para satisfacer sus necesidades. El reto aquí es que estos
grupos esparcidos, logren organizarse en un proyecto común para ser más fuertes y enfrentar
desafíos globales.
Lisboa (2001) sugiere que en el transcurso en que la economía popular avanza y se desarrolla,
centrado en las clases populares y dando protagonismo a los grupos sociales, se crea una nueva
posibilidad de transformación, dejando que el progreso ya no esté centralizado en el Estado, en
las élites vanguardistas y sea la economía popular, integrada por los microempresarios los que

82

�vayan poco a poco edificando un espacio de economía propia con formas colectivas de
producción.
Núñez (1995) opina que la economía popular, asociativa y autogestionaria es la manera más
eficaz por la cual los productores-trabajadores-populares, sin convertirse en capitalistas, lograrán
emprender estrategias de mercado y competir con el capitalismo y su economía de desarrollo.
Los objetivos de la Economía Popular y Solidaria son los siguientes:
Tabla 1. Ecuador: Objetivos de la economía popular y solidaria
Detalle
a)

Reconocer, fomentar y fortalecer la Economía Popular y Solidaria en el sector financiero
popular y solidario en el ejercicio y relación con los demás sectores de la economía y con el
estado.

b) Potenciar las prácticas de la economía popular y solidaria que se desarrollan en las comunas,
comunidades, pueblos y nacionalidad y en sus unidades económicas productivas y con el
Estado.
c)

Establecer un marco jurídico común para las personas naturales y jurídicas que integran la
Economía Popular y Solidaria y del sector financiero popular y solidario.

d) Instituir el régimen de derechos, obligaciones y beneficios de las personas y organizaciones
sujetas a esta ley.
e)

Establecer la institucionalidad pública que ejercerá la rectoría, regulación, control, fomento y
acompañamiento.

Fuente: Superintendencia de Economía Popular y Solidaría (2014)
También se encuentra sustentada en principios, mediante las cuales se guiarán las personas y las
organizaciones entre ellas, como indica la siguiente tabla:
Tabla 2. Ecuador: Principios de la economía popular y solidaria
Principios
a)

La búsqueda del buen vivir y del bien común.

b)

La prevalencia del trabajo sobre el capital y de los intereses colectivos sobre los
individuales.

83

�c)

El comercio justo y consumo ético y responsable.

d)

La equidad de género.

e)

El respecto a la identidad cultural.

f)

La autogestión.

g)

La responsabilidad social y ambiental, la solidaridad y rendición de cuentas.

h)

La distribución equitativa y solidaria de excedentes.

Fuente: Superintendencia de Economía Popular y Solidaría (2014)
La PEA o población económicamente activa de Ecuador en el 2012 era de 45.8%, mientras que
la informal o economía popular y solidaria era de 46.8%, servicio doméstico 2.8% y no
clasificados 4.6% (incluidos en la economía popular y solidaria); por lo que el gobierno promueve
y contribuye a la consolidación del sistema económico social y solidario, bajo los siguientes
aspectos (Ministerio Coordinador de Desarrollo Social, 2012):
a) Impulsar la creación e implementación del marco jurídico e institucional que permitan
reconocer y fortalecer la economía popular y solidaria.
b) Generar conocimiento e información sobre la diversidad y heterogeneidad de este sector.
c) Establecer mecanismos que permitan dinamizar las compras públicas a favor de las
organizaciones de la economía popular y solidaria.
d) Fortalecer a los actores de la economía popular y solidaria del sector financiero popular y
solidario a través de políticas y programas de capacitación, asistencia técnica y financiamiento,
con énfasis en los sectores de producción, comercialización, servicios y finanzas en el marco de
las dinámicas territoriales.
HERRAMIENTAS COMUNICACIONALES
De acuerdo a Franco (2010), las herramientas comunicacionales son aquellas que utilizan la
tecnología, programas y aplicaciones, llamados también software como medio para desarrollar y
enviar información a otras personas, sin estar presente o cerca y sin pagar un valor por su
funcionamiento y uso.
Castro (2013), sostiene que la tecnología es productora de información y a la vez provee
conocimiento rápido que permite crear un nuevo punto de vista competitivo, innovando la

84

�gestión corporativa y el modelo de las microempresas tradicionales, incluso puede dar a conocer
una marca, un servicio o un producto; ya no se fundamenta simplemente en volantes o en
los anuncios de radios o televisión, sino en la web o redes sociales como Facebook, twitter,
Instagram, YouTube, entre otras.
Hoy en día es común observar en las publicidades de distintas marcas y empresas frases
como: Búscanos en Facebook o Síguenos en Twitter, mismas que motivan a los consumidores
o clientes y personas en general a seguir sus gestiones y novedades, como estrategia para
conservar relaciones más accesibles y rápidas (Franco, 2010)
Para Castells y Valls (2003), el campo en el que giran las herramientas comunicacionales cambia
constantemente; las microempresas deben engancharse rápidamente a este ritmo para ir a la par
de la tecnología con sus publicidades y mejorar su producción y rentabilidad utilizando
herramientas de comunicación adecuada; uno de los ejemplos los encontramos en las redes
sociales, las nuevas plataformas: Facebook, Twitter, Linkedin, Pinterest, Instagram, Whatsapp.
Aquino (2014), dice que la utilización del conjunto de técnicas de la comunicación en las
diferentes actividades micro empresariales mejora el éxito productivo micro empresarial. Los
emprendedores deben asesorarse con especialistas para entrar a la vanguardia de la publicidad
digital, hacer reajustes de valores, visión, misión, objetivos; para poder brindar un óptimo
servicio. A través de páginas web, redes sociales, promocionan sus productos o servicios,
describiéndolos, agregando el precio, dirección, imágenes y otros aspectos que involucren el
enganche con el cliente.
De acuerdo a Alarcón (2003), la tecnología y la investigación en los actuales momentos, obligan
a las personas a manejar medios tecnológicos para comunicarse, situación que se aprovecha para
crear empresas en línea, potenciar marcas, servicios y productos; obteniendo de esta manera
ventajas sobre la competencia. Los más usados por las microempresas en cuanto a redes sociales
se refiere son: Facebook, Twitter, youtube, Instagram, Whatsapp y el portal web, que se han
convertido en herramientas indispensables en las empresas y microempresas, porque son
el punto de entrada inmediato de muchos clientes a nivel local, nacional e internacional que
encuentran información las 24 horas del día.

85

�Desde el 2008 en la zona 4 (Manabí y Santo Domingo), el Instituto Nacional de Economía
Popular y Solidaria ejecuta proyectos de emprendimientos de la EPS. Actualmente están
registrados en este organismo 686 microempresas, diferenciadas entre cooperativas de
transporte, cooperativas de ahorro y crédito -205 cooperativas- y 481 asociaciones. Dentro de
las asociaciones están: servicios de alimentos, artesanías, limpieza, textiles, pesqueros, agrícolas,
ganaderos, vivienda, comerciantes minoristas, turismo, construcción –albañiles-, mantenimiento
eléctrico, exequias (Superintendencia de la Economía Popular y Solidaria, 2014).
Según el Ministerio de Coordinación de la Producción, Empleo y Competitividad (2011); en
Manabí existen organismos del estado y locales que deben promover el desarrollo de forma
integral, lo que incluye especialmente la parte productiva; todos en mayor o menor medida están
impulsando iniciativas que promueven emprendimientos. El principal organismo para promover
estas actividades, en virtud de su competencia, es el GAD de Manabí que recorre los diferentes
cantones organizando ferias agrícolas, ganaderas, artesanales, gastronómicas, turísticas; De esta
manera da a conocer los servicios y productos de los microempresarios a través de redes sociales,
televisión, radio, periódicos. El siguiente gráfico muestra la publicidad en Facebook que hizo el
GAD de Manabí a varias microempresas, misma que también se publicaron en otros medios
comunicacionales. El evento triplicó las expectativas propuestas.

Gráfico 1. Manabí: GAD MANABÍ
Fuente: Facebook
De acuerdo a la Superintendencia de Economía Popular y Solidaria (2016), las microempresas
asociadas al Instituto Nacional de Economía Popular y Solidaria cuentan con vida jurídica,
registro único de contribuyente –RUC-, código de organización, entre otros requisitos. Pero son

86

�muchos más los grupos familiares que se asocian y tratan de surgir de manera independiente con
sus pequeños negocios y es a estos grupos a los que el GAD de Manabí apoya, mismos que luego
pasan a formar parte del IEPS (Catastro de organizaciones del sector no financiero, 2016).
Tabla 3. Manabí: Instituciones Públicas de Manabí y el estado que apoyan las
microempresas.
INSTITUCION

PROVINCIA

CONSEJOS PROVINCIALES

1

MUNICIPIOS CANTONALES

22

JUNTAS PARROQUIALES RURALES

53

JUNTAS PARROQUIALES URBANAS

35

INSTITUTO NACIONAL DE ECONOMÍA POPULAR
Y SOLIDARIA
SECRETARÍA NACIONAL DE PLANIFICACIÓN SENPLADES
MINISTERIO DE COORDINACIÓN DE LA
PRODUCCIÓN, EMPLEO Y COMPETITIVIDAD –
MCPEC
MINISTERIO DE INDUSTRIAS Y PRODUCTIVIDAD
- MIPRO
MINISTERIO DE AGRICULTURA, GANADERÍA,
ACUACULTURA Y PESCA - MAGAP
MINISTERIO DE TURISMO – MINTUR

1

MINISTERIO DE EDUCACIÓN

1

MINISTERIO DE INCLUSIÓN ECONÓMICA Y
SOCIAL
MINISTERIO DE RELACIONES LABORALES

1

MINISTERIO DE INDUSTRIAS Y PRODUCTIVIDAD
- MIPRO
MINISTERIO DE AGRICULTURA, GANADERÍA,
ACUACULTURA Y PESCA - MAGAP
MINISTERIO DE TURISMO – MINTUR

1

TOTAL
Fuente: AME, CONCOPE, CONAJUPARE

1
1
1
1
1

1

1
1
123

El Ministerio de Industria y Productividad (2016), informa que la promoción al desarrollo de los
espacios poco considerados, requiere que se garanticen los derechos establecidos en la
Constitución, para tratar de integrar servicios y productos, con doble perspectiva: una visión
general y un alto nivel de solidaridad. Esto se logra promoviendo a través de las diferentes

87

�herramientas comunicacionales, las actividades productivas y las cadenas de valor pero, sobre
todo, dando paso al impulso a la investigación, la ciencia y la tecnología, aplicadas a las
necesidades específicas de cada provincia.
El Consejo de la Producción es un organismo del que forman parte las instituciones del
Gobierno Nacional que tienen relación con la producción y beneficios de los pequeños y
medianos productores. Este apoyo que se describe a continuación es acompañado por diferentes
estrategias comunicacionales para motivar la efectividad de emprendimientos (Consejo de la
Producción, 2010):
 La organización de los productores y la asociatividad, que se promueve mediante la
asistencia técnica, el mejoramiento competitivo de calidad y productividad, los planes
para lograr que los productores se especialicen, la cooperación institucional, entre otros.
 El financiamiento, dinero que se utiliza para mejorar y expandir la producción,
desarrollar nuevos cultivos y mejorar la capacidad de producción.
 Aseguramiento y reaseguramiento de cosechas para protegerse de los riesgos propios de
la actividad agrícola, del clima o de desastres naturales.
 Crear tecnología y compartir esos conocimientos para el desarrollo productivo en
función de la realidad local, del equilibrio ambiental, del clima e, inclusive, de la cultura
para la producción.
 Fomentar la formación de los pequeños y medianos productores y sus organizaciones
para que puedan desarrollar con eficiencia todas las actividades de producción y
administración de la unidad productiva.
 Programas de apoyo a redes y sistemas de comercialización campesina, siempre
pensando en el comercio justo y solidario.
Así, según el Centro de Apoyo Tecnológico (2011), las asociaciones o micro empresas diseñadas
con esquemas de inclusión tecnológica, terminan convirtiéndose en generadoras de empleos en
los sectores donde las fuentes de trabajo no son representativas.
De acuerdo a información del Ministerio de Industria y Productividad (2016), para que las
asociaciones y cooperativas ganen más mercado deben crear estrategias de marketing que son
herramientas eficaces en la comercialización y promoción de los productos y servicios que
venden los miembros de las microempresas.

88

�El uso de las herramientas comunicacionales según Castells (2002) se ha convertido en una
necesidad, porque se ha podido percibir la carencia de conocimiento en el momento de vender
o informar a la cartera de clientes que buscan nuevas opciones prácticas que son proporcionadas
a través de la comunicación digital en el contexto de la globalización en el cual se pregona la
igualdad de los derechos. Ante esta ola de posibilidades tecnológicas y la presencia de la
competencia, los microempresarios deben actuar rápido o terminarán por desaparecer sus
negocios, tal como lo muestra el siguiente gráfico:
Gráfico

2.

Manabí:

Catastro

de

organizaciones

del

sector

no

financiero.

Fuente: Dirección nacional de información técnica y estadística, 2016.
En Manabí son muchas las microempresas que están en proceso de liquidación entre otros
aspectos, como resultado del anonimato y la resistencia a entrar en contacto con la tecnología y
medios comunicacionales. Ante la invisibilidad de los productos y servicios que ofrecen las
asociaciones y cooperativas ¿Son necesarias las herramientas comunicacionales para dar a
conocer, ofertar y extender su mercado?
METODOLOGÍA
Para adentrarnos en el entorno de las microempresas manabitas se recurrió a la metodología
basada en la observación participante. Según DeWalt, B. y DeWalt, K. (1998), la observación
participante es el desarrollo que facilita a los estudiosos a ilustrarse de las acciones de los grupos
humanos en observación en el contexto nativo, mediante la indagación y actuación de acciones.
Este estudio se centra en siete asociaciones de la Economía Popular y Solidaria con las que se
ha compartido conocimientos durante seis meses aproximadamente. Después de detectar las
necesidades en diferentes visitas iniciales -dos o tres, de acuerdo a lo que ofertan y a la
disponibilidad de los socios- se procede al levantamiento de información. Posteriormente se han

89

�realizado dos visitas por mes para observar el proceso de cambio y mejora en caso del uso de las
diferentes herramientas comunicacionales y lo contrario en las microempresas que no consideran
la tecnología como aliado para darse a conocer y vender. La observación participante es usada
para responder y disipar dudas en la investigación, para comprobar o generar teorías o probar
hipótesis (DeWALT &amp; DeWALT 2002).
A continuación las microempresas con las que se está trabajando:
a) Asociación “Tropitagua”, se encuentra en el sitio Sosote, cantón Rocafuerte, provincia de Manabí.
Está integrada por 37 socios con talleres y tiendas, donde el marfil vegetal o tagua lo convierten en
variadas piezas de artesanías - adornos para casa, oficinas, bisuterías, llaveros, entre otros. Esta
microempresa cuenta con una página web www.tropitagua.com y se encuentra en las redes sociales
como Facebook. Tienen clientes no solo locales y provinciales, sino también nacionales y extranjeros
y la posibilidad de exportar a Italia y España sus productos (Informativo Instituto de Economía
Popular y Solidaria de Manabí, 2015).

Gráfico 3. Sosote-Manabí: Visita de campo a los talleres y tiendas que integran la Asociación
Tropitagua.
Fuente: Elaboración propia.
b) Asociación “Elicia Zambrano” se encuentra en el cantón Santa Ana, está conformada por
diez Señoras de la tercera edad que se dedican al tejido y elaboración del sombrero de paja
toquilla; con ayuda de familiares y miembros del Instituto de Economía popular y solidaria, han
entrado al mundo de la comunicación y están teniendo presentaciones en ferias locales,
provinciales y regionales, además de ventas fuera de la provincia (Informativo Instituto de
Economía Popular y Solidaria de Manabí, 2015).

Gráfico 6. Santa Ana-Manabí: Visita de campo a los talleres de la Asociación Elicia Zambrano.
Fuente: Leiberg Santos

90

�Gráfico 4. Santa Ana-Manabí: Visita de campo a la asociación Elicia Zambrano en Santa Ana.
Fuente: Leiberg Santos.
c) Cooperativa de Transporte Manabí (CTM), era parte de las cooperativas populares que
trabajaban entre Manta y Portoviejo en las terminales terrestres de estas dos ciudades; sin
embargo dada la utilización de medios comunicacionales como radio, televisión, redes sociales;
ha logrado incrementar clientela, mejorando así su servicio que ahora es ejecutivo, con televisión,
climatizador y wifi; tienen su propia terminal y se están extendiendo hacia otros cantones como
Santa Ana (folleto informativo CTM, 2016).

Gráfico 5. Manabí: Cooperativa de transporte ejecutiva CTM
Fuente: Facebook
d) Asociación de pequeños trabajadores agropecuarios “Cuatro de junio”, se encuentra en el sitio
La Laguna de la parroquia Rocafuerte del cantón del mismo nombre. Es una pequeña
microempresa dedicada a la producción agrícola y ganadera de la localidad. Están
incorporándose al mundo comunicacional con ayuda de estudiantes universitarios que hacen sus
prácticas de vinculación con la sociedad, ya han participado en varias ferias locales y regionales
dándose a conocer y como resultado el logro de ventas.
e) Asociación de producción textil modas y diseño "Asopromodis", se encuentra en la parroquia
Los Esteros del cantón Manta. Esta microempresa se dedica a confeccionar ropa de damas,
caballeros y niños. Conocen poco de herramientas comunicacionales, pero están siendo
asesoradas y su nombre e imagen que estaba en el anonimato está dándose a conocer con

91

�resultados favorables. Son muchos los pedidos que tienen, lo que ha hecho que se integren
nuevas socias. Por ahora se las encuentra en redes sociales y publicidad radial.
f) Asociación de producción pesquera de armadores y pescadores artesanales y afines “10 de
junio”, se encuentra en la parroquia San Vicente del cantón del mismo nombre. Esta asociación
ha fusionado a los armadores de las pequeñas embarcaciones y a los pescadores, quienes están
apostando a las herramientas comunicacionales en las que se están involucrando, el éxito del
servicio y los productos que ofrecen. También en asesoría de estudiantes universitarios que
hacen servicio comunitario en la localidad.
g) También es parte del estudio la Asociación “Fortaleza femenina” que se encuentra en la
parroquia Leónidas Proaño del cantón Montecristi. Esta Asociación está integrada por diez y
ocho damas que se dedican a preparar alimentos para albergues e instituciones educativas del
estado. La microempresa no está inmersa en las herramientas comunicacionales; es conocida
solo por las tres instituciones a quienes brindan el servicio y no tienen una visión clara de lo que
desean en el futuro; incluso su organización interna es deficiente (Informativo Instituto de
Economía Popular y Solidaria de Manabí, 2015).

Gráfico 6. Montecristi-Manabí: visita de campo a la asociación fortaleza femenina en Leónidas
Proaño – Montecristi.
Fuente: Elaboración propia.
La información de las observaciones realizadas se registra a través de notas de campo que
contienen la cercanía paulatina del investigador con la cotidianidad de los grupos estudiados, y
la información que gradualmente va conociendo (Wright Mills, 1990, p. 36), además de
fotografías y grabaciones de audio y video.
Se realizaron entrevistas enfocadas a los Presidentes de las microempresas y la directiva,
participaron entre seis y ocho miembros. La técnica de grupos focales dirige la investigación a

92

�ser participativa y obtener información cualitativa; siendo una conversación espontanea hay
probabilidad de obtener información más detallada (Valles, 2000).

RESULTADOS:
De manera general, en las observaciones realizadas, todas las cooperativas y asociaciones
necesitan de las herramientas comunicacionales para dar a conocer, ofertar y extender su
mercado.
En las visitas se evidenció que todas las microempresas tienen necesidades comunicacionales,
unas más urgentes que otras y que han ido mejorando poco a poco con la aceptación de estas
herramientas. Entre las debilidades encontradas están:
a)

Poca y ninguna comunicación mediante redes sociales, lo que hace urgente el
requerimiento de mantenerse comunicados, con bajos costos. De acuerdo a Peborch
(2010), las redes sociales desempeñan tres objetivos: Desarrollan la productividad,
expanden conexiones entre las áreas y alivianan el rango y promocionan la autoorganización y son espacios transformadores que ayudan a optimizar el movimiento
productivo, puesto que ofrece al microempresario adelantarse a la competencia,
permitiéndole realizar marketing colaborativo, además de sondear las posibles
necesidades de la clientela, detectar el perfil y formar una interacción con el
consumidor para crear la marca.
La difusión mediante redes sociales ayuda a conocer los beneficios de productos y
servicios que ofrecen al mercado local, nacional e internacional. Correa Navas (2011),
comenta que las microempresas están iniciando una interacción en las redes sociales,
para mejorar el proceso de marketing y organizar una colectividad de consumidores,
a través de fan page, otras herramientas de la web 2.0 y la publicidad en internet y
redes sociales, donde la interacción con los diferentes públicos y la exhibición les
ayuda a conservar relaciones por más tiempo.

b)

Necesidad de diseñar un plan de publicidad tradicional. A pesar de que hay quienes
critican esta estrategia y la suponen arcaica frente a la online, todavía son muchos los
que piensan que es efectiva y rentable. En sus inicios es lo que usan algunas
asociaciones y otras que se resisten a entrar en contacto con tecnología y medios

93

�comunicacionales es lo que se les aconseja para salir del anonimato. Entre las
publicidades tradicionales que han usado y se les aconseja a las que se resisten están:
- Anuncios para los medios de masas: televisión, la radio, la prensa (diarios) y las
revistas.
-Carteles en los espacios públicos: vallas, en paredes de edificios, en paradas de
autobús y otros transportes, en esquinas con semáforos, pudiendo ser estáticos o
animados.
-Folletos, trípticos que se dejan en las puertas de las casas o se entregan en la calle.
-Asistencia a ferias, con ubicación en stand y que no solo sirve para obtener nuevos
clientes, sino también hacer contactos con otros microempresarios.
c)

Desarrollo de marca como Asociación, debido a que solo algunos asociados cuentan
con ello y se requiere fortalecerse como institución, para en el futuro exportar. La
marca es una ventaja para la competencia, es la visión, la fuerza propulsora con la
que se puede diferenciar a la microempresa de otra y hoy la única manera de destacar
en el mercado es a través de la marca (Aaker, 2000).

d)

Desarrollo de empaques y envolturas; estos diseños se necesitan para exhibir en
forma adecuada los productos y poder trasladarlos de un lugar a otro sin riesgos de
romperse con la manipulación; a esto se le agrega la connotación simbólica del
producto, lo que fortalece la imagen (Mason. 2000).

e)

Desarrollo organizativo, ya que algunas no cuentan con una organización
institucional, razón por la que no poseen misión, visión y objetivos de los asociados.
Es necesario para el desarrollo de una empresa o microempresa tener claro lo que
desea a corto y largo plazo, las relaciones humanas deben ser optimas, manejar
estabilidad y orden, procesos de cambio e innovación, mecanismos de coordinación
y control, promoción de autonomía y creatividad (Dávila, 2000).

f)

Capacitación en temas de liderazgo, autoestima, marketing, publicidad, relaciones
públicas, trabajo en equipo y servicios de calidad. Las empresas están manejadas por
personas que ofrecen servicios o productos a otras personas, razón por la que quienes
integran las organizaciones deben capacitarse para promover el crecimiento personal,
incrementar la productividad, calidad y excelencia en el desempeño laboral (Aguilar,
2004).

94

�g)

Desarrollo de nuevos mercados para ampliar la oferta de servicios de sus productos.
Crear, expandir y formar tejidos o redes de contactos con otros empresarios y de
otras regiones, constituye, uno de los objetivos de las organizaciones (Dabat, 2000).

h)

Diseño y estudio técnico de instalaciones. Se requiere una mejor disposición de las
instalaciones dado que algunas microempresas elaboran productos alimenticios. Este
estudio admite la proposición e investigación de las opciones tecnológicas, de
infraestructura, equipos, maquinarias, materia prima e instalaciones necesarias en la
elaboración de productos y servicios; además de costo de inversión. (Bernal, 2007).

CONCLUSIONES
Después de las observaciones realizadas en las visitas a las diferentes asociaciones de la
Economía Popular y Solidaria de Manabí, se obtuvieron las siguientes conclusiones:
1.- El proceso de desarrollo de la economía popular y solidaria está estrechamente vinculado al
fomento de emprendimientos como vía para alcanzar el Sumak Kawsay (Buen vivir), es por esto
que requiere de la ayuda de un sinnúmero de herramientas que den a conocer a públicos externos
a su comunidad, productos y servicios.
2.- Las herramientas comunicacionales, facilitan el momento y el lugar que el usuario desee para
acceder a la información y realizar una compra o consultar datos sobre los productos o servicios
que ofrecen las Asociaciones y Cooperativas de la Economía Popular y Solidaria.
3.- Cada día gana mayor aceptación la comercialización de productos dentro de las redes sociales,
motivo por la que los microempresarios deben estar involucrados con el uso de las herramientas
comunicacionales como un método efectivo para dar a conocer sus productos y servicios,
generando la expansión de las mismas.
4.- Las herramientas comunicacionales brindan a los emprendedores la posibilidad de fortalecer
los vínculos con sus clientes y crear relaciones con potenciales compradores, mediante
herramientas de bajo costo o de manera gratuita, para que luego puedan competir con las
medianas y grandes empresas que poseen mayor número de recursos y que invierten día a día en
publicidad u otras estrategias de promoción para capturar la atención del mercado.
5.- La calidad de las artesanías de tagua en Sosote o el servicio que brinda la cooperativa de
transporte CTM o la supremacía de los productos agrícolas y ganaderos que la provincia ofrece,

95

�son conocidas y han incrementado sus ventas y logrado las familias un mejor nivel de vida con
el uso de diferentes herramientas comunicacionales (Ministerio de Industria y Productividad,
2016).
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Gráfico 3. Sosote-Manabí: Visita de campo a los talleres y tiendas que integran la
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Gráfico 4. Santa Ana-Manabí: Visita de campo a la asociación Elicia Zambrano en
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Gráfico 5. Manabí: Cooperativa de transporte ejecutiva CTM (2016).
Gráfico 6. Montecristi-Manabí: visita de campo a la asociación fortaleza femenina en
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REFERENCIAS DE TABLAS:
Tabla 1. Ecuador: Objetivos de la economía popular y solidaria (2014);
Superintendencia de Economía Popular y Solidaría.
Tabla 2. Ecuador: Principios de la economía popular y solidaria (2014);
Superintendencia de Economía Popular y Solidaría.
Tabla 3. Manabí: Instituciones Públicas de Manabí (2015) Ministerio de Industria y
Productividad.

98

�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 2. Núm 4. enero-junio 2016, pp. 99-136
ISSN: 2395-8448

Problemas de comunicación que afectan la adaptación de personas de
origen indígena que emigran a Nuevo León

Communication problems affecting indigenous adaptation who migrate to
the city
Los autores son docentes e investigadores de la
Facultad de Ciencias de la Comunicación de la Universidad Autónoma de Nuevo León
Julieta Flores Michel
julieta.floresmc@uanl.edu.mx
Sergio G. Torres Flores
sergiotorres63@hotmail.com
Roberto Silva Corpus
robertosilvac61@gmail.com
Fecha de envío: 31 de febrero 2016
Fecha de aceptación: 4 de mayo 2016

Resumen
Las personas que emigran para buscar nuevas oportunidades en otras regiones enfrentan
diferentes problemas de adaptación al nuevo medio; ya sea que migren al extranjero o a otras
ciudades de su país de origen, desde la perspectiva de la Comunicación, se observan diferentes
obstáculos que dificultan dicho proceso. Cuando los emigrantes son de origen indígena estos
problemas pueden derivar además en discriminación. Bajo este contexto se planteó la pregunta:
¿Cuáles son los problemas que dificultan la adaptación de personas indígenas que emigran al
estado de Nuevo León? Se trabajó con una metodología cualitativa con la técnica de entrevista
de profundidad con siete familias de origen indígena radicadas en Ciudad Juárez en el estado de
Nuevo León. Se aplicó un muestreo no probabilístico por conveniencia durante octubre de 2015.
Como resultados sobresalientes se encontró que en el caso los sujetos de estudio, diversas

99

�familias viven en una misma colonia dentro del municipio de Juárez lo que disminuye el
problema de pérdida de sus costumbres ya que conviven cercanamente. Señalan que uno de los
principales problemas es el idioma cuando son emigrantes de primera generación, no cuando ya
tienen familia que los ayuda a adaptarse a las nuevas costumbres y a aprender el castellano.
Aspiran a incrementar sus estudios para buscar nuevas oportunidades y consideran que no son
discriminados. Los resultados pretenden servir como base para generar estrategias que
minimicen los problemas derivados del choque cultural de este grupo de emigrantes. En este
proyecto participaron estudiantes de la licenciatura en Ciencias de la Comunicación de la UANL.
Palabras clave: comunicación, adaptación social, indio sudamericano, discriminación, medio
urbano
Summary
The persons who migrate to look for new opportunities in other regions face different problems
of adjustment to the new way. Already be that they migrate abroad or to other cities of his native
land, from the perspective of the Communication are observed different obstacles that impede
the above mentioned process. When emigrants are of indigenous origin of these problems can
lead to discrimination. In this context the question was raised: What are the challenges to the
adaptation of indigenous people migrating to the state of Nuevo Leon? We worked with a
qualitative methodology with depth interview technique with seven families of indigenous origin
rooted in Ciudad Juarez in the state of Nuevo Leon. a non-probability sampling was applied for
convenience during October 2015. The results are intended to serve as a basis to generate
strategies that minimize the problems arising from cultural shock of this group of emigrants.
Within the categories of analysis are the language, the use of communication technologies and
discrimination. In this project students participated degree in Communication Sciences of the
UANL.
Keywords: communication, social adaptation, South American Indian, discrimination, urban
environment

100

�Problemas de comunicación que afectan la adaptación de personas de origen indígena
que emigran a Nuevo León
La investigación es una actividad que, en el contexto académico universitario en general,
se promueve y desarrolla más en el nivel de posgrado que en el de licenciatura; situación que
suele presentarse entre otros factores, debido a que las tesis no son ya requisito de titulación.
Por lo anterior, los autores de este artículo, con el fin de promover la formación de
investigadores(as) en la Licenciatura en Ciencias de la Comunicación de la Universidad autónoma
de Nuevo León (UANL), han vinculado la teoría del método científico a la par de su
implementación en investigaciones transeccionales bajo la asesoría y dirección en este caso, de
investigadores del Cuerpo Académico Estudios de Cultura, comunicación y Tecnologías de la
Información (CA-UANL-239 Consolidado). Bajo este contexto es que se desarrolla la
investigación presentada en el presente artículo.
El problema de estudio fue seleccionado debido a que la ciudad de Monterrey, capital
del Estado de Nuevo León, México es un foco de interés para personas de origen indígena
provenientes principalmente de los estados de San Luis Potosí (tenek, nahuas), Querétaro
(otomíes), Oaxaca (mixtecos, triquis), Veracruz (nahuas), entre otros. Si bien, es común que los
emigrantes sufran por discriminación cuando sin recursos materiales o una educación básica
dejan sus comunidades en búsqueda de nuevas oportunidades en la ciudad, este problema se
convierte en una doble discriminación al ser además de emigrante, indígena. Aunado a esta
situación el emigrante indígena tiene que pasar por un problema de adaptación al nuevo entorno,
que de no superarlo, difícilmente saldrá del círculo de emigrante – indígena = doble
discriminación.
La realización de esta investigación surge a partir de la preocupación por identificar los
problemas de comunicación que dificultan la adaptación de personas de origen indígena y
generalmente de contextos rurales, al emigrar a una ciudad capital con gran actividad comercial,
industrial y cultural como lo es la ciudad de Monterrey y otras ciudades del área metropolitana
en el Estado de Nuevo León en México.
En este artículo se presentan las preguntas, los objetivos y supuestos de investigación
para este problema, además se definen conceptos teóricos básicos y antecedentes del problema
planteado; de igual forma se describe la metodología y los principales resultados que llevan a
establecer las conclusiones y recomendaciones finales.

101

�Justificación y definición del problema
Los hombres primitivos fueron nómadas, obligados siempre a cruzar tierras que
ofrecieran sustento y abrigo; al menguar los recursos de la naturaleza o enfrentar climas adversos
estas antiguas familias se desplazaban nuevamente hacia otras tierras en búsqueda de nuevas
oportunidades para la manutención de su grupo familiar. Conforme fue avanzado el
conocimiento del ser humano para dominar a la naturaleza, fue creando herramientas que le
permitieron entre otras cosas dominar el fuego, el arte del cultivo de la tierra, la elaboración de
vestido y construcción de vivienda; hasta llegar a la Revolución Industrial con la producción en
masa de productos de consumo. El ser humano al controlar su entorno, pasó del nomadismo al
sedentarismo.
En la actualidad el desarrollo de la ciencia y la tecnología han facilitado aún más el
dominio del hombre sobre su entorno. Se eliminan por ejemplo, las barreras del tiempo y el
espacio gracias a los modernos medios de telecomunicaciones y por ende, se espera una mejor
calidad de vida para el hombre contemporáneo. No obstante, estos recursos tecnológicos y
científicos requieren de infraestructura e inversión monetaria; recursos que no siempre están al
alcance de toda la población. Lo anterior sin mencionar que los avances señalados traen consigo
un cambio de paradigmas que no siempre son fáciles de asimilar para toda la población, ya sea
por sus características generacionales o socioculturales, como el caso de los grupos de indígenas
que emigran a las ciudades.
Nuevo León, uno de los estados más importantes de México por su desarrollo comercial,
industrial y cultural contrasta con otros estados del país que tienen entidades municipales que se
encuentran en situaciones de extrema pobreza como Chiapas, Guerrero, Puebla, Oaxaca,
Tlaxcala, Michoacán, Zacatecas, Hidalgo, Veracruz, Durango (Vértigo, 2013). Si bien, Nuevo
León no escapa a la presencia de cinturones de pobreza en el área metropolitana y algunas zonas
rurales alejadas de la ciudad; resulta un estado considerado como un área de oportunidad por
contar con una importante zona industrial donde destacan las armadoras de carros, el comercio
y la construcción.

La migración es un problema mundial actual y grave, lo que resulta una

paradoja si tomamos en cuenta que el ser humano pasó hace miles de años del nomadismo al
sedentarismo como se comentó en un principio. Ya sea por motivos de guerras, terrorismo,
desastres naturales o problemas económicos; resulta imposible para muchas familias permanecer
y subsistir en sus lugares de origen.

102

�Adaptarse a nuevos contextos es difícil, pero a veces es vital, sobre todo si en el nuevo
territorio se avizoran mejores oportunidades de trabajo.
Es así como personas de origen indígena, ya sea jóvenes en forma individual o grupos
de familias, buscan el sueño de alcanzar una vida mejor en el estado de Nuevo León, sin que, en
muchas ocasiones, están familiarizados con el idioma castellano o con las costumbres y
tradiciones locales que, en muchas ocasiones, contrastan de gran manera con la cultura y modo
de vida de sus lugares de origen. Los cambios drásticos en hábitos y conductas pueden provocar
un desajuste y dificultad para su adaptación a la ciudad de destino. Por el contrario, el conservar
sus costumbres y cultura (idioma, vestido, tradiciones) puede de igual forma, ser motivo de
discriminación por parte de la sociedad que los recibe siendo esto un inconveniente de
adaptación para los emigrantes e incluso para los ciudadanos establecidos ya en el estado.
Además de lidiar con el idioma, las costumbres y tradiciones, cabe mencionar que el
encuentro con el uso de todo tipo de tecnología también suele ser un factor determinante para
que los emigrantes logren adaptarse, ya que el uso de las nuevas tecnologías también es una
barrera de comunicación por ser requisito para acceder a algunos trabajos.
Por lo anterior, la temática de esta investigación se centra en analizar el proceso de
adaptación de los emigrantes en una nueva cultura a través de la comunicación, el cual abarca
identificar los problemas de comunicación intercultural por los que atraviesan los emigrantes
indígenas, su adaptación con respecto al idioma, costumbres y el uso de tecnología, así como su
interés por superarse y a su nuevo contexto. En este sentido, el objetivo de esta investigación es
analizar la migración de indígenas con relación al problema social de su adaptación en el estado
de Nuevo León.
México es un país que posee una gran riqueza cultural que se manifiesta en la historia de
sus pueblos y en la variedad de lenguas y costumbres que caracterizan nuestra identidad nacional.
México, por ejemplo, se ubica en el lugar 61 de 187 en la medición anual del Índice de Desarrollo
Humano (Aristegui Noticias, 2013).
Los Pueblos Indígenas cuentan con 40,137 mil personas, de las cuales la población en
el Estado de Nuevo León representa apenas el 1% de la población de origen indígena. Los
Pueblos Indígenas son muy diversos y en este estado existen personas que hablan náhuatl,
huasteco, otomí y algunas lenguas zapotecas (Cuéntame 2010).
Cabe destacar que en el municipio de Juárez, en el estado de Nuevo León es donde se
encuentra la mayor concentración de personas de origen indígena. Debido a lo anterior, esta

103

�investigación se enfoca en familias que viven en dicho municipio para descubrir quiénes son los
más afectados y por qué al tratar de integrarse a una nueva sociedad.
Con base en lo anterior se plantean los siguientes objetivos, preguntas y supuestos de
investigación.
Objetivo general
Identificar los problemas de comunicación que afectan en el proceso de adaptación de
personas de origen indígena al radicar en la ciudad de Juárez, Nuevo León.
Objetivos particulares
a. Identificar los problemas de comunicación que inciden en el proceso de adaptación
de personas de origen indígena que radican en el municipio de Juárez, N.L.
b. Identificar de qué manera utilizan las TIC las personas de origen indígena que radican
el municipio de Juárez, N.L.
c. Mostrar cuales son las opciones de educación que las personas de origen indígena
consideran más importantes para su formación y progreso en la ciudad.
d. Identificar cuáles son los elementos que inciden en el proceso de adaptación de
personas de origen indígena que radican en la ciudad de Juárez, Nuevo León.
En la figura 1 correspondiente al planteamiento del problema se presentan la pregunta
de investigación general y las específicas, mismas que corresponden a cada uno de los
objetivos anteriores.
INSERTAR AQUÍ FIGURA 1. Planteamiento del problema

Supuestos de investigación
a. Los elementos que inciden en el proceso de adaptación de personas de origen
indígena que radican en la ciudad de Juárez Nuevo León son el idioma, el nivel
socioeconómico, nivel educativo y el manejo de las Tecnologías de Comunicación e
Información (TIC).
b. La discriminación afecta los procesos de adaptación de personas de origen indígena
que radican en Nuevo León.
c. Las TIC se utilizan más con fines de tener una comunicación personal que como
herramienta de trabajo.

104

�d. Las aspiraciones de las personas de origen indígena a la educación, es cursar el nivel
básico.
Delimitaciones y limitaciones
La presente investigación se realizó con la participación de estudiantes de la Facultad de
Ciencias de la Comunicación de la UANL con la asesoría de la Doctora Julieta Flores Michel y
los investigadores Torres y Silva. Se llevaron a cabo entrevistas integradas por 30 preguntas guía,
las cuales se aplicaron a siete familias de origen indígena que llevan tiempo radicando en el estado
de Nuevo León. Las familias se ubican en una comunidad en el municipio de Juárez, Nuevo
León. Las entrevistas fueron aplicadas en el mes de septiembre de 2015. Como limitante se
considera que se hizo solo una visita por familia, si bien se aplicó toda la guía de preguntas, en
posteriores visitas se podría haber obtenido información más detallada.
Conceptos básicos y estado del arte
Investigaciones a cargo de la Comisión de Desarrollo de los Pueblos Indígenas en
coordinación con el Programa de las Naciones Unidas para el Desarrollo (PNUD 2000 y 2006),
señalan que en México el 99% de los municipios cuenta con presencia indígena; cifras que se
refuerzan con estudios realizados por el Consejo Nacional de Población (CONAPO), lo
anterior, contrario a la creencia popular, indica que el tema indígena no es exclusivamente un
fenómeno rural (Fernández Ham, P. y otros 2006).
No obstante, en muchas ocasiones la presencia citadina de estos grupos, como se observa
en el área metropolitana de Monterrey, capital del estado de Nuevo León, es por motivos de
migración ya que el estado no cuenta con grupos indígenas de origen. En el norte, centro y el
oeste de México habitan grupos como los Tarahumaras, Huicholes, Mazahuas, Otomiés,
Purépechas, Mexicas, Nahuas y los Yaquis. Mientras que en el sur y sureste del país los
Tlapanecos, Mixtecos, Mixes, Triquis, Zapotecos y los Yucatecos, entre otros.
Como se señaló anteriormente, estas migraciones pueden afectar a los grupos de
indígenas con problemas como: “La pérdida de identidad y la aspiración de pertenencia a la urbe
que lo rechaza, se convierten en fenómenos de marginación, discriminación y exclusión al que
se enfrentan día con día” (Mendoza, J. 2010, p. 2).
Cada año aumenta el número de inmigrantes en Nuevo León y principalmente en el
municipio de Monterrey, por lo que se crean asociaciones como Zihuame Mochilla (mujeres con
esperanza) que se dedica específicamente a dar atención y asesoría a las mujeres indígenas. Otros

105

�organismos importantes son por ejemplo: la Federación de Estudiantes Indígenas con la cual cuenta
la UANL y el Consejo Estatal de Pueblos Indígenas. En el caso de la asociación “Mujeres con
esperanza”, se puede mencionar que:
Se dedica desde hace 10 años a trabajar con mujeres indígenas en el área
metropolitana. Se ubica en un colorido local frente a la Alameda, el centro de
reunión tradicional de la comunidad emigrante. —No es fácil que la gente se acerque
a nosotros, pero después de varios años aquí ha sido más fácil para nosotros
acercarnos a la gente de la Alameda —comenta Patricio (integrante de esta
asociación), quien aclara que no solo se limitan a reforzar en la comunidad indígena
la conciencia de sus derechos y de la identidad que muchas veces han reprimido para
adaptarse a la sociedad, sino que realizan otro trabajo muy importante capacitando
a servidores públicos del Instituto Estatal de Defensoría Pública (Pérez, 2014).
Muchos de los indígenas que llegan a la ciudad con la educación como meta piensan en
regresar algún día a sus poblaciones originarias. Pero la oferta laboral suele retenerlos aquí
haciendo que se establezcan ellos y sus familias. Sin embargo, especialmente en este sector se
mantiene una fuerte relación con sus orígenes.
La UANL cuenta con una Federación de Estudiantes Indígenas. —Aunque no están ahí
todos los que son —comenta Lilia Patricio—, tan solo en mi salón en la Facultad de Derecho
éramos dos—. La otra joven no hablaba su idioma original, por lo que ella misma no se
asumía completamente indígena. También el Área Médica y la Normal Superior cuentan con
notable población indígena. (Pérez, 2014).
De acuerdo a la UNESCO (United Nations Educational, Scientific and Cultural
Organization) la migración consiste en el movimiento de personas de un lugar a otro. La
migración puede ocurrir dentro del mismo país, o entre países. La migración es distinta del
turismo, ya que la migración se suele usar cuando las personas van a un lugar nuevo para
establecerse o vivir allí a largo plazo, y cuando crean vínculos significativos con el nuevo
lugar. Por otra parte, los emigrantes son personas que se van o huyen de su hogar hacia sitios
nuevos para buscar oportunidades, o un porvenir más seguro y mejor. Por lo tanto, el término
“emigrante” es amplio y puede referirse a solicitantes de asilo, refugiados, personas
desplazadas a nivel interno, trabajadores emigrantes y emigrantes irregulares. Federación
Internacional de Sociedades de la Cruz Roja y de la Media Luna Roja (Red Cross UK 2009).

106

�La migración en este contexto, está presente con mayor fuerza en todo el mundo, en
Europa por los graves problemas de terrorismo y guerras; en América, por problemas del
orden económico principalmente. Sea cual fuera la causa, el emigrante afronta problemas de
adaptación y rechazo en las más de las veces.
La definición de indígena, por otra parte, remite a un concepto muy genérico, la Real
Academia de la Lengua Española (2016), por ejemplo indica que indígena es un vocablo del
latín y lo describe únicamente como “Originario del país de que se trata”. Debido a la
diversidad de pueblos indígenas, en ningún organismo del sistema de las Naciones Unidas se
ha adoptado una definición oficial de “indígena” pero se consideran los siguientes elementos:
a. Libre identificación como miembro de un pueblo indígena a nivel personal y aceptado
por la comunidad como miembro suyo.
b. Continuidad histórica con sociedades pre-coloniales y existentes antes de los
asentamientos.
c. Fuerte vínculo con los territorios y los recursos naturales circundantes.
d. Sistemas sociales, económicos o políticos bien determinados.
e. Idioma, cultura y creencias diferenciados.
f. Son parte integrante de grupos que no son predominantes en la sociedad.
g. Deciden conservar y reproducir sus formas de vida y sus sistemas ancestrales. por ser
pueblos y comunidades distintos.
La comunicación, perspectiva desde la cual se analiza el problema de estudio, no se limita
solo a un intercambio de mensajes. Es, sobre todo, una construcción de sentido. Un discurso
puede tener diferentes niveles de lectura a los que solo las personas con un buen
conocimiento de la cultura de origen pueden acceder. Gudyknust (1995).
Metodología
Para esta investigación se seleccionó el método cualitativo con un muestreo no
probabilístico a conveniencia (Explorable 2016), ya que se seleccionó una comunidad que se
localiza en la ciudad de Juárez, Nuevo León, donde radican el mayor número de familias de
origen indígena provenientes de otros estados de la República Mexicana.
El método cualitativo el cual se guía por áreas o temas significativos de investigación.
(Hernández y otros, 2010) puede desarrollar preguntas de investigación antes, durante o después
de la recolección y el análisis de los datos. Con frecuencia, estas actividades sirven, primero, para

107

�descubrir cuáles son las preguntas de investigación más importantes, y después, para refinarlas y
responderlas. La acción indagatoria se mueve de manera dinámica en ambos sentidos: entre los
hechos y su interpretación, y resulta un proceso más bien “circular” y no siempre la secuencia es
la misma, varía de acuerdo con cada estudio en particular. (Hernández y otros, 2010).
En las investigaciones cualitativas, la reflexión es el puente que vincula al investigador y
a los participantes. La investigación cualitativa se enfoca a comprender y profundizar los
fenómenos, explorándolos desde la perspectiva de los participantes en un ambiente natural y en
relación con el contexto. El enfoque cualitativo se selecciona cuando se busca comprender la
perspectiva de los participantes (individuos o grupos pequeños de personas a los que se
investigará) acerca de los fenómenos que los rodean, profundizar en sus experiencias,
perspectivas, opiniones y significados, es decir, la forma en que los participantes perciben
subjetivamente su realidad (Hernández y otros, 2010).
Muestro no probabilístico
Para la selección de los sujetos de estudio se eligió el muestreo no probabilístico por
conveniencia. Esta es una técnica donde las muestras se recogen en un proceso que no brinda a
todos los individuos de la población iguales oportunidades de ser seleccionados (Hernández y
otros, 2010). Se considera una muestra no probabilística cuando no se conoce la probabilidad de
inclusión en la muestra para todos los elementos seleccionados, o cuando parte del universo no
tuvo probabilidad de inclusión (Valencia, 1972). En conclusión, en este tipo de muestreo no
todos los miembros de la población tienen la misma oportunidad de ser incluido en la muestra.
El investigador utiliza sujetos que están accesibles o representan cierta característica que son
vitales para el investigador. (McMillan &amp; Schumacher, 2001)
Según Cohen, Manion y Morrison (2003), es adecuado utilizar este tipo de muestreo
cuando no se intenta generalizar más allá de la muestra o cuando se está realizando un estudio
piloto. En el muestreo por conveniencia las muestras son seleccionadas porque son accesibles
para el investigador. Los sujetos son elegidos simplemente porque son fáciles de reclutar. Esta
técnica es considerada la más fácil, la más barata y la que menos tiempo lleva. (Explorable, 2009).
El muestreo por conveniencia es una técnica de muestreo no probabilístico donde los sujetos
son seleccionados dada la conveniente accesibilidad y proximidad de los sujetos para el
investigador.

108

�Las categorías de análisis en esta investigación fueron las diferentes edades de las
personas integradas en las familias, el trato que recibieron en la ciudad por su origen étnico, área
de estudios, género, uso de las TIC, pérdida o conservación de costumbres y tradiciones.
Sujetos de estudio
En esta investigación se realizaron entrevistas a siete grupos determinados de familias de
origen indígena que vivían en una misma colonia en el municipio de Juárez, Nuevo León,
México. Estas familias provienen de diferentes estados de la república mexicana. La recolección
de información se realizó durante la última semana de octubre de 2015. Durante la semana se
visitó a las siete familias para realizar la entrevista, los estudiantes participantes en la investigación
decidieron otorgar un presente como agradecimiento a las familias; no obstante, no se les dio a
conocer esta acción sino hasta que se culminó la entrevista para no sesgar el interés o la
honestidad en las respuestas de los entrevistados. La entrevista se realizó por separado a cada
integrante de la familia, con un entrevistador presente que recabó las respuestas de manera
escrita.
La primera familia consistía de cuatro integrantes: la madre de 33 años, el padre de 36
años, un hijo de 19 años y una hija de 17 años. Se les entrevistó el día lunes 26 de octubre en su
casa. La segunda familia se conforma por cinco integrantes: el padre de 46 años, la madre de 41
años, dos hijos varones de 25 y 23 años y una hija menos de 17 años. Se les entrevistó el día
martes 27 de octubre en su casa. La tercera familia está conformada por una pareja: el esposo de
27 años y la esposa de 25 años, se les entrevisto el día miércoles 28 de octubre en su casa. El día
jueves 29 de octubre se entrevistó a la cuarta familia que consistía de tres integrantes: el padre
de 45 años, la madre de 35 años y el hijo de 16 años. La quinta familia se entrevistó el día viernes
30 de octubre y estaba conformada por la madre de 42 años, el padre de 50 años y dos hijos
varones de 23 y 18 años de edad. El día sábado 31 de octubre se le entrevistó a la sexta familia
que estaba conformada por el padre de 47 años, la madre de 40 años y dos hijos varones de 22
y 17 años. Y por último el día 1 de noviembre se entrevistó a la séptima familia en su domicilio.
La familia está integrada por el padre de 63 años, la madre de 59 años, y tres hijos varones de 29,
27 y 20 años.
Técnicas e instrumentos
Se aplicó la técnica de entrevista con base en una guía de 30 preguntas. Se les aplicó por
separado a cada integrante, estuvo presente un entrevistador quien mencionaba las instrucciones
y el por qué de la entrevista y se iban anotando las respuestas del entrevistado. Al obtener todas

109

�las entrevistas se capturaron los datos y se analizaron las respuestas para concluir si los supuestos
serían o no aprobados.
Resultados
En total se entrevistaron a 27 personas, de las cuales 17 eran hombres y 10 mujeres. La
edad mínima de los sujetos de estudio fue de 16 años y 52 la máxima como se observa en la
figura 2.
INSERTAR AQUÍ FIGURA 2. Distribución de sujetos de estudio por género y
rango de edades

Con relación a las actividades que realizan los sujetos de estudio se encontró que más de
a mitad tienen un trabajo remunerado y sólo un 15% se dedica al estudio, lo que es poco
significativo tomando en cuenta que el 38% de la población son jóvenes en edad de estudiar (ver
figura 3).
INSERTAR AQUÍ FIGURA 3. Actividades a las que se dedican los sujetos de
estudio

Cabe destacar que la mayoría de los entrevistados que viven en pareja están casados y
ningunos eñaló ser divorciado(a) ni viudo(a) como se observa en la figura 4. La población de
edades similares originaria del estado de Nuevo León, por otra parte, ve con más posibilidades
las opciones de divorcio o unión libre que la del matrimonio.
INSERTAR AQUÍ FIGURA 4. Estado civil de los sujetos de estudio

La mayor parte de las personas de origen indígena provienen de San Luis Potosí, un
estado cercano a Nuevo León; pero también del sur de la República Mexicana, del estado de
Veracruz, por lo que la cercanía geográfica no es un indicador para la movilidad de estos grupos.
INSERTAR AQUÍ FIGURA 5. Lugar de procedencia de los sujetos de estudio

Con relación al idioma o lengua en la que más se comunican destaca el español, seguido
por el náhuatl; no obstante hay cinco lenguas más que tienen un índice poco significativo en
cuanto a su uso (ver figura 6). Cabe destacar que el 63% de las personas entrevistadas al llegar a

110

�la ciudad de Monterrey tenían conocidos o familiares por lo que esto facilitó el aprendizaje del
español; de igual forma, los ayudó a la adaptación de una nueva ciudad evitando así, la
discriminación o un mal trato. El 37%, por otra parte, no tenían a ningún familiar ni conocido
residiendo en la ciudad, lo que dificultó la adaptación de los sujetos de estudio en la ciudad, no
obstante, con el paso de los años lograron adaptarse al cambio.
INSERTAR AQUÍ FIGURA 6. Idioma o lengua en la que más se comunican los
sujetos de estudio

El fenómeno de la migración en los sujetos de estudio, ha tenido más impacto en los
últimos cinco años que hace una década tomando en cuenta el número de sujetos de estudio que
han emigrado de su lugar de origen a Nuevo León.
INSERTAR AQUÍ FIGURA 7. Tiempo que tienen de radicar en Nuevo León los
sujetos de estudio

Entre los resultados se observó como variable importante para buscar residencia en este
estado el hecho de contar con familia o amistades que ya radicaran en Nuevo León, ya que el
63% de los entrevistados señaló conocer a alguien antes de llegar. Esta situación particular ayudó
a los sujetos de estudio a lograr una mejor adaptación evitando así, la discriminación o un mal
trato. El 37% por el contrario, no tenían a ningún familiar ni conocido residiendo en la ciudad y
esto dificultó su adaptación en la ciudad, aunque con el paso de los años lograron adaptarse al
cambio.
Con relación al uso de tecnologías, en la figura 8 se muestra que el 70% de las personas
entrevistadas utiliza el celular como medio de comunicación, mismo que utilizan para conectarse
a redes sociales siendo Facebook y Whatsapp para estar en contacto con familiares y amigos; no
obstante, en sus trabajos no suelen utilizar las TIC (Tecnologías de Comunicación e
Información).
INSERTAR AQUÍ FIGURA 8. Por cuál medio se comunican los sujetos de estudio
Con relación al bienestar que implica el radicar en Nuevo León, el 48% considera que
su vida residiendo en la ciudad de Monterrey es igual que su lugar de origen; el 22% consideran

111

�que es mucho mejor; el 30% que es algo mejor y ninguno respondió que es peor. Justifican su
respuesta diciendo que no todas las personas son iguales y las personas con las que conviven son
buenas.
Por otra parte, con relación al trato que reciben en la ciudad de acogida, el 44% considera
que las personas de la ciudad los tratan bien, el 26% regular, el 19% muy bien y el 11% mal.
Justificando que los tratan mal haciéndoles gestos o simplemente ignorándolos. En total el 89%
justifica que no han recibido un mal trato de los regiomontanos y no han tenido ningún problema
de discriminación.
Finalmente, el 100% de los entrevistados considera como una opción de superación
personal continuar con su educación, destacando el realizar estudios profesionales, como se
observa en la figura 9.
INSERTAR AQUÍ FIGURA 9. Cómo continuarían su educación los sujetos de
estudio si tuvieran la oportunidad
Conforme a estos resultados, los supuestos de investigación se consideran como:
Supuesto
1. El

Aceptado
elemento

Rechazado

que

X

más incide en el
proceso

de

adaptación

de

personas de origen
indígena

que

radican en la ciudad
de Juárez, Nuevo
León es el idioma.
2. La

discriminación

X

afecta los procesos
de adaptación de
personas de origen
indígena

que

112

�radican en Nuevo
León.
3. Las TIC se utilizan
más con fines de X
tener

una

comunicación
personal que como
herramienta

de

trabajo
1. Las aspiraciones

X

de las personas
de

origen

indígena
educación,

a

la
es

cursar el nivel
básico.

Conclusiones
Los problemas de comunicación más frecuentes o significativos son el idioma ya que
algunas de las personas entrevistadas tenían otra lengua diferente al español y no comprendían
algunos términos. Sin embargo, esto no influye en el trato que reciben de los regiomontanos,
puesto que sienten que son tratados con respeto.
Otros de los puntos importantes es que el manejo de las TIC se limita a solo utilizar las
redes sociales en un contexto personal y no en el laboral por medio del teléfono móvil. Además,
las personas de origen indígena que residen en Nuevo León tienen aspiraciones de superación
en el ámbito académico, pero no cuentan con el apoyo económico y prefieren seguir laborando
en sus empleos actuales
Con base en la información obtenida en la investigación se ha descubierto que el
principal conflicto o factor en el proceso de adaptación de los pueblos de origen indígena que
radican en la ciudad es el idioma. Según los resultados, la mayoría de las personas indígenas que

113

�emigran de una ciudad a otra tienen más problemas en el ámbito de la comunicación, ya que
suelen no entender del todos los códigos usados por ciertos sectores de la población, ya sea
desde la jerga juvenil o palabras muy complejas cuyo significado no se encuentra en su lengua
de origen, haciendo que la comunicación con su nuevo entorno sea su principal conflicto.
El nivel educativo es un impedimento simple con un problema específico siendo este
encontrar buenos trabajos, aunque a la mayoría le gustaría seguir sus estudios ven más viable
tener la secundaria y preparatoria terminada para así tener más rápido un empleo. Aunque un
gran número de la población de origen indígena residiendo en Nuevo León tienen terminados
sus estudios en un nivel básico, según los resultados de la investigación, sugieren que la gran
mayoría aspira a tener estudios de carrera técnica o profesional ya que consideran que eso les
daría una mejor remuneración. Sin embargo se ven limitados por la necesidad de conseguir
trabajos de forma rápida, por lo cual optan por los estudios básicos como medio más eficiente,
esto a su vez dificulta la posibilidad de continuar con sus estudios por la falta de tiempo;
paradójicamente, no ven viable la educación en línea.

El manejo de las TIC se ve reducido en la mayoría de la población, siendo su mayor contacto
con las nuevas tecnologías las del uso del celular y con fines personales, no así la Internet para
fines laborales.
Los resultados han demostrado que la gran mayoría de las personas de origen indígena
no se han sentido discriminados o han recibido un mal trato, incluyendo que los residentes de la
ciudad los trata bien y con respeto. Por lo tanto no se considera que la discriminación sea un
problema muy grande para la adaptación de la mayoría de los sujetos de estudio.
Finalmente, es importante señalar que los resultados aquí obtenidos corresponden a
sujetos de estudio que forman parte de una comunidad particular de personas de origen indígena,
ya que viven en una misma colonia. Por este motivo podría observarse que los resultados aquí
encontrados podrían ser diferentes a las de personas de origen indígena geográficamente más
dispersas en Monterrey y su área metropolitana.

Recomendaciones

114

�A partir de la información obtenida, los estudiantes participantes en esta investigación
sugieren las siguientes acciones para facilitar la adaptación de personas de origen indígena en
Nuevo León:
a. Las instituciones que apoyan a las personas de origen indígena, les proporcionen becas
para que continúen con sus estudios.
b. Identificar a las personas de origen indígena dentro de los empleos e impartir
capacitaciones para el mejor manejo de las TIC.
c. Las organizaciones que los apoyan, los impulsen por medio de dinámicas a facilitar su
integración en la sociedad.
d. Se promueva la cultura de los indígenas como parte de la formación a la igualdad y
facilidad para la integración de los grupos indígenas.
e. Los investigadores que deseen retomar la investigación, investiguen cuales fueron los
motivos que decidieron emigrar a otra ciudad.
f. Participar en una de sus costumbres típicas con motivo de hacerlos sentir adaptados a
nuestra ciudad, sin discriminación alguna.
g. Convivir con ellos una semana y experimentar cuales son las dificultades que enfrentar
en su diario vivir.
h. Comparar la vida que tienen aquí con la que llevaban en su pueblo.
Referencias
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Obtenido de: http://aristeguinoticias.com/1403/mexico/mexico-ocupa-el-lugar61-de-187-paises-en-desarrollo-humano/
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Fernández Ham, P. y otros (2006). Informe sobre Desarrollo Humano de los Pueblos
Indígenas. Programa de las Naciones Unidas para el Desarrollo, Comisión Nacional

115

�para

el

Desarrollo

de

los

Pueblos

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Obtenido

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de Evaluación de la Política de Desarrollo Social (Coneval). México. Obtenido de:
http://www.vertigopolitico.com/articulo/19394/Los-10-estados-con-ms-pobrezaen-Mxico

116

�Anexo 1. Estudiantes del curso de Metodología de la Investigación de la Facultad de Ciencias
de la Comunicación que participaron en este proyecto
1578810

Francia Lizbeth Martínez González

1523662

Maximiliano Meza Mendoza

1702619

Katia Millely Pérez Segundo

1547370

Héctor Omar de la Fuente Guerra

1588343

Paola Viridiana Rojas Leal

1586512

Valeria Anahí Pérez Luna

1593696

Kevin Adrián Wilson Silva

1524485

Tania Yoali Mendoza González

1647515

Joel Huitzilihuitl Ávila Maturino

1457823

Armando Abimael Ramírez Molina

1520207

Diana Fabiola Ibarra González

Resumen
Este artículo se erige como una reflexión acerca de la literatura especializada sobre las
Revoluciones de Color. Por una parte, señala los aciertos que se han dado en el tratamiento
académico de esta dinámica propia del espacio Euroasiático entre el año 2000 y 2006. Por otra
parte, se propone ofrecer una opción a los desafíos derivados del estudio de este tema incluyendo
a los movimientos sociales dentro del espectro de análisis. Inicia exponiendo el porqué las
Revoluciones de Color no pueden considerarse como revoluciones en el sentido clásico del
término debido, principalmente, a su componente no violento y al acotado alcance de sus
resultados. Posteriormente, el artículo avanza hacia la construcción de una definición integradora
de Revolución de Color y, finalmente, concluye resaltando la riqueza de incluir otro tipo de
actores colectivos dentro del análisis, tales como los movimientos sociales.

117

�Palabras clave: Revoluciones de Color, literatura especializada, movimientos sociales, aciertos,
desafíos.
Abstract
This article offers a reflection on the specialized literature on the Color Revolutions. On
the one hand, it points out the successes within the academic treatment of the dynamic that
occurred in the Eurasian region between 2000-2006. On the other hand, it offers an option to
the challenges faced when studying this issue by including social
movements within its spectrum of analysis. It begins by describing
the reasons why the Color Revolutions cannot be considered
revolutions in the classic sense of the term given, principally, their non-violent nature and the
restricted nature of their results. Later, the article advances towards the construction of an
integrated definition of a Color Revolution and finally, concludes highlighting the value of
including other types of collective actors within the analysis, including social movements.
Keywords: Color Revolutions, specialized literature, social movements, successes, challenges.

Siglas

Organizaciones No Gubernamentales

ONG

Revoluciones de Color

RC

Unión Europea

UE

118

�Entre el año 2000 y 2006, Eurasia postcomunista 43 fue escenario de masivas protestas
postelectorales, encaminadas a denunciar el fraude y a exigir la anulación de los resultados obtenidos
en los comicios. Estos eventos, denominados Revoluciones de Color (RC a partir de ahora), generaron
una transferencia de poder no prevista en los cauces institucionales en países tales como la antigua
República Federal de Yugoslavia (RFY a partir de ahora), hoy Serbia44; Georgia y Ucrania, mientras
que en Azerbaiyán y Bielorrusia estuvieron seguidos por el afianzamiento de gobiernos de tinte
autoritario45.La denominación de RC se debe justamente a que estos eventos rememoran la manera
pacífica en la que se puso fin al monopolio del poder político del Partido Comunista checoslovaco
mediante la Revolución del Terciopelo de 1989 y asimismo, busca destacar el marco no violento y el
fuerte componente simbólico que caracterizó a estas protestas.
Esta explosión de RC trajo consigo un gran interés académico que busca dar cuenta de dichos
fenómenos desde diversas aproximaciones tales como las precondiciones institucionales y sociales, los
detonantes de las RC y las razones del éxito o el fracaso de las mismas, entre otras. Con relación a los
actores políticos que protagonizaron las RC, la mayoría de los estudiosos han centrado sus
investigaciones en la figura de los líderes políticos, prestando poca atención al rol desempeñado por
otro tipo de actores como los movimientos sociales. Es por tanto que el presente artículo se erige
como un intento por ampliar la escasa referencia hecha a dichos actores políticos colectivos,
vinculándolos a un marco teórico más amplio.
El desmoronamiento de la URSS estuvo seguido por la expansión universal de la democracia,
en la que se promovió una concepción minimalista de la misma. Esto es, un método político entendido
como un concierto institucional para llegar a ciertas decisiones políticas, esencialmente a la designación
de los gobernantes (Schumpeter, 1983). En este sentido, muchos de los estudiosos del tema continúan
asignándole un gran peso a la figura del Estado y al régimen político, especialmente a partir de las
propuestas derivadas de los enfoques neo-institucionales propuestos por autores tales como Linz y
Stepan (1996) y O´Donnell y Schmitter (1986), y las propuestas desarrolladas por internacionalistas
como Carr, Niebuhr, Schwarzenberger, Kennan, Kissinger, Wight, Bull, Aron y Hoffmann , que
desconocen el aporte que actores no estatales han hecho a este proceso (Salomón, 2002).
Sin embargo, la tarea de la promoción democrática no solamente ha estado en manos de los
Estados. En este proceso, y sobre todo a partir de la llamada tercera ola democrática, también han
intervenido diferentes actores dentro de los que se destacan los movimientos sociales, los partidos
En términos geográficos, Eurasia comprende Europa y la mayor parte de Asia, pero no el subcontinente Indio ni el
Chersky Range, área montañosa al noreste de Siberia. La tradición europea ha considerado históricamente a Europa y Asia
como continentes separados a través de una línea divisoria ubicada entre los Dardanelos, el Bósforo, las montañas del
Cáucaso, el rio Ural y los montes Urales, habiéndose normalizado esta propuesta a lo largo del mundo. Estos dos grandes
espacios a su vez se subdividen en regiones tales como Europa Occidental, Europa del Este, Sureste Asiático, Asia Central
y Asia Occidental, con marcadas diferencias culturales, religiosas, históricas y lingüísticas. A menudo, también se emplea
el término Eurasia en la política internacional como una forma neutral para referirse al área comprendida por los Estados
postsoviéticos (Sengupta, 2009).
43

44La

RFY estuvo vigente hasta 2003, fecha en que pasó a denominarse Serbia y Montenegro. Esta última dio lugar a dos
Estados independientes cuando Montenegro declaró su independencia el 3 de junio del 2006. Puesto que el epicentro de
la Revolución Negra se desarrolló en Belgrado, capital de Serbia, y Montenegro no tuvo un rol protagónico durante estos
eventos, a partir de este momento y a lo largo de todo el texto se hará referencia a la Revolución Negra de Serbia.
45La

Revolución de los Tulipanes de Kirguizistán de 2005, al ser un proceso donde se presentaron niveles relativamente
altos de violencia tanto por los manifestantes como por las fuerzas de seguridad del Estado, no encaja completamente en
el modelo ideal de las RC y por ende ha sido excluido tanto del análisis del presente artículo como de gran parte de la
literatura especializada sobre este tema. Cuando se incluye en los trabajos adelantados por expertos (véase Marat, 2006),
se suele destacar que los niveles de violencia del caso kirguizo difieren significativamente del resto de RC.

119

�políticos y las organizaciones internacionales, entre otros (Huntington, 1994). La participación de estos
actores en el fomento de las prácticas democráticas, ha contribuido a la estructuración de una
definición de la democracia más allá de lo procedimental, inscrita en la consecución de principios
como la igualdad en las relaciones sociales y económicas así como en la participación popular
extendida en los procesos de toma de decisiones en todos y cada uno de los niveles de la política
(Collier y Levitsky, 1998).
Ahora bien, la tarea de redefinir lo que significa el fortalecimiento de la democracia debe superar
el carácter residual de los actores de la sociedad civil. Debe ser formulada a partir del elemento de la
oposición política, tal y como fue concebida por Dahl (1996), y no en los términos tradicionales que
aluden al conjunto partidos en controversia con el proceso de formación de la voluntad política y de
la toma de decisiones. La oposición debe entenderse como aquella integrada por diversos actores no
estatales con diversos intereses, responsables en la actualidad de los procesos de cambio social, de la
transformación de las formas tradicionales de participación política y de la transición hacia una nueva
forma de entender la democracia misma como se observa en los párrafos siguientes sobre cada una
de las RC.
En Serbia, las elecciones presidenciales que desataron las manifestaciones tuvieron lugar el 24
de septiembre de 2000. En esta oportunidad, la Comisión Federal Electoral anunció que puesto que
ninguno de los candidatos en contienda había alcanzado más del 50% de los sufragios, debía realizarse
una segunda vuelta, en la que se elegiría al Presidente de entre los dos aspirantes con mayor número
de votos obtenidos: Slobodan Milošević, del Partido Socialista Serbio y, Vojislav Koštunica, candidato
de la coalición de partidos denominada Oposición Democrática de Serbia. Este anunció fue seguido
por las protestas que tuvieron lugar entre el 24 de septiembre y el 5 de octubre del 2000, y que serían
bautizadas como la Revolución Negra de Serbia46. Este nombre se deriva del color identificativo del
movimiento social Otpor (Resistencia), cuya elección simbolizaba por una parte la radicalización de la
postura de la oposición política y, por otra parte, pretendía ser una parodia de los uniformes usados
por las fuerzas de seguridad del Estado.
En Georgia, el fraude perpetrado en las elecciones parlamentarias del 2 de noviembre del 2003
generó movilizaciones en la capital, Tiflis, y posteriormente a lo largo del territorio nacional. El 22 de
Noviembre, fecha en que se inauguraron las sesiones del Parlamento, Mikhail Saakashvili, Ministro de
Justicia, irrumpió en el recinto portando una rosa, hecho simbólico que junto al uso de esta flor por
parte de los miembros del movimiento social Kmara (Basta), llevaría a bautizar las movilizaciones de
noviembre de 2003 como la Revolución Rosa. De esta manera, Saakashvili quería demostrar que estaba
desarmado y que en nombre de los georgianos pedía pacíficamente la renuncia del Presidente Eduard
Shevardnadze, quien ante la intensificación de las movilizaciones dimitió al día siguiente. Así pues, la
Suprema Corte anuló los resultados de las elecciones parlamentarias y las reprogramó para marzo del
2004, a la vez que convocó nuevas elecciones presidenciales para el 4 de enero del mismo año.
En Ucrania, luego de la segunda vuelta de las elecciones presidenciales celebrada el 21 de
noviembre del 2004, la Comisión Electoral declaró la victoria de Víktor Yanukovich, del Partido de
las Regiones, sobre Viktor Yuschenko, candidato de la coalición Nuestra Ucrania. Este
pronunciamiento desató una oleada de protestas que se prolongó hasta el 8 de diciembre, fecha en
46La

Revolución Serbia del 2000 también se conoció inicialmente como la Revolución Buldócer, debido a la repetición por
parte de diferentes medios internacionales de la imagen de un Buldócer estacionado frente al Parlamento durante las
protestas del 5 de octubre del 2000. Esta imagen sería interpretada como un símbolo del deseo de los serbios por terminar
de raíz con el régimen de Milošević, pero posteriormente perdería fuerza frente a la propuesta más difundida e interiorizada
por los serbios de identificar las protestas postelectorales con el nombre de Revolución Negra.

120

�que se acordó realizar la repetición de la segunda vuelta 18 días después. Dichas protestas serían
bautizadas con el nombre de Revolución Naranja, debido a que los manifestantes y los activistas del
movimiento social Pora (Es la hora), inundaron las calles con banderas y atuendos de este color, elegido
por la oposición para simbolizar el despertar democrático, frente al tradicional azul con amarillo
(colores de la bandera ucraniana) utilizado por el partido de gobierno.
En Azerbaiyán, las elecciones parlamentarias del 6 de noviembre del 2005, otorgaron 116 de los
125 escaños disponibles a los partidos simpatizantes del presidente IlhamAliev, cabeza del Partido
Nueva Azerbaiyán, frente a nueve escaños obtenidos por el bloque opositor Azadliq (libertad). De
nuevo, y tomando como referente el caso ucraniano, los activistas del movimiento social YeniFikir
(Nuevo Pensamiento) junto con la oposición, protagonizaron una segunda Revolución Naranja, pero
a diferencia de la vivida en Ucrania, las protestas iniciadas el 9 de noviembre del 2005 fueron disueltas
de manera violenta por las fuerzas de seguridad 17 días después de iniciadas y los resultados electorales
fueron ratificados.
Finalmente, las elecciones presidenciales bielorrusas del 19 de marzo del 2006, en las que el
Presidente-candidato Aleksandr Lukashenka (independiente entre 1992 y 2007) superó por más de 80
puntos porcentuales a Aleksandr Milinkevič, candidato de la coalición opositora. Por la Libertad,
dieron paso a una serie de protestas entre el 20 y el 25 de marzo del 2006, que se denominaron
Revolución Azul. Este nombre se debe a la utilización de chaquetas de bluyín por miembros del
movimiento social Zubr (Bisonte), quienes eligieron este símbolo ampliamente asociado a la cultura
occidental para expresar su simpatía hacia los valores democráticos a los que se oponía Lukashenka.
Al igual que en Azerbaiyán, las protestas en Bielorrusia terminaron siendo dispersadas violentamente
por las fuerzas de seguridad y Lukashenka fue reelegido como Presidente del país.
Como puede vislumbrarse en los párrafos anteriores, los movimientos sociales tuvieron una
presencia constante y significativa dentro de las RC y fueron parte importante de la oposición política
que desafió el statu quo establecido en dichos países. Para efectos del presente artículo, se adopta la
siguiente definición de movimiento social:
Actores colectivos de carácter movilizador (y, por tanto, un espacio de participación) que
persiguen objetivos de cambio a través de acciones (generalmente no convencionales) y que para
ello actúan con cierta continuidad, a través de un alto nivel de integración simbólica y un bajo
nivel de especificación de roles, a la vez que se nutre de formas de acción y organización
variables. (Ibarra, Martí i Puig y Gomá, 2002, p.29)
Debido a la complejidad de estos procesos y a la multiplicidad de actores intervinientes en los
mismos, un solo enfoque resultaría insuficiente a la hora de abordar las dinámicas revolucionarias
referenciadas. Así pues, y a pesar de la existencia de varias aproximaciones tal y como se mencionó en
párrafos anteriores, la literatura sobre el tema ha priorizado el rol de las élites, tanto gubernamentales
como de oposición, dejando por fuera de las líneas de investigación a otro tipo de actores relevantes.
En breve, se ha indagado con mayor profundidad sobre los actores sujeto del desafío que sobre los
actores retadores. Es por tanto que este artículo propone una aproximación complementaria para el
estudio de las RC, que incluya a los movimientos sociales dentro del espectro de análisis. De esta
manera no se busca competir con las aproximaciones clásicas, sino enriquecerlas y robustecer las
propuestas existentes. Para ello, la primera parte del documento ofrece una reflexión acerca del porqué
las RC no pueden considerarse como revoluciones en el sentido clásico del término, para

121

�posteriormente, brindar una definición propia que no solamente agrupa y resume los principales
elementos señalados por los autores más representativos, sino que responde a las siguientes preguntas:
¿qué son las RC?, ¿dónde ocurrieron?, ¿cuándo sucedieron?, ¿quiénes fueron sus protagonistas?,
¿cuáles fueron sus principales características?, y ¿cuál era su objetivo?.
Subsiguientemente se realiza un breve recorrido por las clasificaciones propuestas acerca de la
literatura sobre las RC, destacando las taxonomías realizadas por autores tales como Tucker (2007),
Silitski (2010) y Polese y Ó Bechaín (2011) y, finalmente, se ofrece una nueva clasificación de dicha
literatura de acuerdo a la formulación de tres interrogantes: ¿cuál fue el detonante de las RC?, ¿por qué
algunas tuvieron éxito mientras otras fracasaron? y; ¿por qué se detuvieron en el 2006? En el
tratamiento de cada una de estas tres preguntas queda de manifiesto la falencia existente a la hora de
dar cuenta del aporte realizado por los movimientos sociales en las RC, especialmente en lo referente
a la unidad de la oposición, la convocatoria de actores sociales y la movilización postelectoral, y por
ende la pertinencia de este artículo concebido como un intento por contribuir a llenar este vacío.
Hacia una Definición de las RC
Desde el estallido de la primera RC, la Revolución Negra de Serbia del 2000, el término RC
comenzó a ser utilizado de manera amplia, primero por los medios de comunicación y posteriormente
dentro de la literatura académica que buscaba dar cuenta de estos eventos.
Resulta evidente que las definiciones de revolución como las propuestas por Tilly (1978) o
Skocpol (1979)47, no capturan la esencia de las RC en una forma adecuada (Tudoroiu, 2007). Siguiendo
con este orden de ideas, aunque las RC conservan ciertos rasgos de las revoluciones clásicas tales como
el papel preponderante que ocupa la ideología, el descrédito público del orden vigente y la subsistencia
de la participación de movimientos de masas, la principal diferencia radica en que no fueron violentas
(Fairbanks, 2007). Sumándose al debate de si estos eventos constituyen ejemplos de revoluciones en
el sentido clásico, Way (2008) sostiene que desde una perspectiva socio-científica estos eventos no
deberían ser considerados como revoluciones sino como cambios de régimen o simples degradaciones
autoritarias. Igualmente, Tucker (2007) asevera que en estos casos la palabra revolución no conlleva
las consecuencias de cambio profundo y de largo plazo ligadas a este tipo de eventos, sino que en los
casos exitosos como el de Serbia en el 2000, Georgia en el 2003 y Ucrania en el 2004, hace referencia
al hecho que las fuerzas de oposición lograron derrocar el régimen vigente, mientras en los casos
fallidos como el de Azerbaiyán en el 2005 y Bielorrusia en el 2006, las protestas postelectorales
estuvieron seguidas por el fortalecimiento de la regla autoritaria.
Dependiendo del enfoque y del mayor o menor peso asignado a determinados factores, la
definición de RC propuesta por cada autor puede hacer énfasis en ciertos elementos y variar de manera
moderada (ver Tabla 1).
47Era

de esperar que las revoluciones socialistas – de acuerdo al Marxismo clásico se suponía que seguirían después y se
aprovecharían de los logros de las revoluciones burguesas-democrática- hubieran ocurrido únicamente en países que
nunca hubieran establecido sistemas políticos democráticos-liberales en primer lugar (Skocpol, 1994). Para Tilly (1978),
una revolución consiste en “una transferencia por la fuerza del poder del Estado, proceso en el cual al menos dos bloques
diferentes tienen aspiraciones, incompatibles entre sí, a controlar el Estado, y en el que una fracción importante de la
población sometida a la jurisdicción del Estado apoya las aspiraciones de cada uno de los bloques”. Por su parte, Skocpol
(1979) hace referencia al término de revolución social, definidas como “rápidas transformaciones básicas del estado de una
sociedad y las estructuras de clase, acompañadas y en parte logradas a través de revueltas populares desde abajo”, y se
acerca al mismo medianteuna perspectiva estructural. Para la autora resulta determinante encontrar regularidades en
situaciones históricas dadas que son las que explican este tipo de revoluciones (De Andrés y Ruíz Ramas, 2009).

122

�No obstante, a pesar de las diferencias existentes, las definiciones propuestas comparten cinco
elementos comunes: 1) las RC no deben entenderse como revoluciones en sentido clásico del término
de acuerdo a lo expuesto anteriormente; 2) el espacio geográfico en el que se desarrollaron se
corresponde con el de Eurasia postcomunista; 3) la temporalidad en que se presentaron comprende
desde el año 2000 hasta el 2006; 4) el núcleo duro de las definiciones lo constituye las protestas
postelectorales y; 5) se subraya el fuerte contenido simbólico y la no violencia que caracterizó estas
protestas.
En un intento por recoger y sintetizar los principales elementos expuestos por los principales
autores de este tema, se ha planteado una definición propia de las RC que busca responder los
siguientes interrogantes: ¿qué son las RC?, ¿dónde ocurrieron?, ¿cuándo sucedieron?, ¿quiénes fueron
sus protagonistas?, ¿cuáles fueron sus principales características?, y ¿cuál era su objetivo?
Teniendo en mente estas preguntas se ofrece la siguiente definición: las RC fueron protestas
postelectorales que tuvieron lugar en Eurasia postcomunista entre el año 2000 y 2006. Fueron
detonadas por el fraude electoral, protagonizadas por la oposición y se caracterizaron por un fuerte
contenido simbólico y el uso de la no violencia. Mientras en el corto plazo reivindicaban el
reconocimiento de resultados electorales legítimos o la realización de nuevos comicios libres y justos,
en el largo plazo el objetivo recaía en la institucionalización de un sistema democrático. El nombre de
RC hace alusión a la manera pacífica en que se desarrolló la Revolución de Terciopelo checoslovaca
de 1989 y a su vez se deriva de la utilización simbólica de colores o nombres de flores empleados
como elementos de identificación por parte de la oposición, particularmente por los movimientos
sociales, actores relevantes tanto para el surgimiento y la caracterización, como para el desenlace
específico de los eventos revolucionarios.

Tabla 1. Definiciones de las RC
Definición

Autor
Valerie
Sharon
(2009)

Bunce y
Wolchik

Han adoptado una definición más neutral: Revoluciones Electorales, para destacar el hecho que las
protestas ocurrieron dentro de un marco de elecciones fraudulentas.

123

�Katya Kalandadze y
Mitchell
A.
Orenstein (2009)

Comparten la definición de McFaul (2005), excepto por la violencia; elemento que para los autores
ayuda a distinguir entre revoluciones electorales exitosas y fallidas. En las revoluciones exitosas no
hay rasgos de violencia, mientras las revoluciones fallidas son a menudo reprimidas por medios
violentos. Lo que hace únicas a las revoluciones electorales es la presencia masiva de manifestantes
en favor de un rasgo clave de la democracia: unas elecciones libres y justas que le den a la oposición
la oportunidad de ganar. El hecho de que le gente tome las calles para defender sus derechos
democráticos le da a las revoluciones electorales un sentido de legitimidad, interna e internacional, de
las que otras protestas masivas pueden carecer.

Michael
(2005)

McFaul

Se refiere a revoluciones electorales y hace énfasis en cuatro rasgos: 1) una elección fraudulenta sirve
como catalizador para las protestas electorales; 2) La oposición hace uso de medios extra
constitucionales, dentro de los que se cuentan protestas masivas, para defender la causa democrática;
3) Debido a la disputa de los resultados electorales tanto gobernantes como candidatos de la
oposición declaran su autoridad; y 4) Ambos bandos evitan cualquier uso significativo de la violencia.

Abel
Polese
y
Donnacha
Ó
Beachaín (2011)

Cada vez con mayor aceptación pero no de manera universal se hace referencia a las revoluciones de
color como protestas postelectorales que tuvieron lugar en Serbia, Georgia y Ucrania y a las
demostraciones que tuvieron lugar en otros Estados postsoviéticos. El significado simbólico del color
no debe ser subestimado. Un color en algunas ocasiones ha sido la vía para expresar la discrepancia
sin necesidad de hablar, ha tenido un impacto visual sustancial y ha sido el símbolo que unió
emocionalmente y políticamente a los manifestantes. No se estima que el término revolución de color
sea engañoso, desprovisto de valor descriptivo porque se han centrado en la sustancia más que en la
forma de las protestas.

Vitali Silitski (2010)

Las revoluciones de color son cambios políticos a lo largo del mundo postcomunista que pueden ser
divididos en tres categorías: 1) elecciones transformadoras; 2) evoluciones electorales como tal; y 3)
levantamientos populares postelectorales.

Joshua
(2007)

Término para referirse a los eventos acontecidos entre los noventa y dos mil en ciertos países de
Europa del Este y las Repúblicas postsoviéticas. El uso de la palabra revolución no implica que
conlleva las consecuencias de largo plazo de esos eventos, sino que se usa para identificar que las
fuerzas anti-régimen fueron exitosas derrocando el régimen en vigor. Específicamente lo empleó para
referirse a la Revolución Negra de Serbia en 2000, la Revolución Rosa de Georgia en 2003, la
Revolución Naranja de Ucrania en 2004 y la Revolución de los Tulipanes de Kirguizistán en 2005.

Tucker

Lucan Way (2008)

Las RC corresponden a la segunda ola de transiciones en Europa del Este y Europa Central. En
muchas definiciones socio-científicas estos eventos no deberían ser considerados revoluciones sino
cambios de régimen o simples degradaciones autoritarias. Sin embargo, por simplicidad y en línea
con muchos observadores de las revoluciones de color, usa el término para referirse a los casos
postcomunistas de cambio autoritario.

Aciertos: Las Primeras Clasificaciones de la Literatura sobre las RC
Desde comienzos del siglo XXI y hasta la actualidad, se ha producido una abundante bibliografía
sobre las RC. Joshua A. Tucker (2007), fue el primero de los autores en proponer una clasificación
de la literatura existente y expuso que hasta ese momento, las explicaciones sobre las RC seguían una
de las siguientes tres vertientes: el primer set de explicaciones ubicó a las RC dentro del amplio marco
del mundo de la post Guerra Fría, donde se vislumbraba una tensión entre oriente y occidente dentro
del panorama europeo. La segunda aproximación se centró en la naturaleza de los movimientos de
oposición, haciendo especial énfasis en las coaliciones de partidos políticos y; una tercera línea,

124

�enfocada a explicar el éxito de las RC, argumentó sobre la inhabilidad de los Presidentes - candidatos
para consolidar sus regímenes autoritarios (ver Figura 1).
Tucker (2007) criticó las orientaciones anteriores, al señalar que se trataban de análisis basados
esencialmente en las élites y como contraprestación, propuso explorar qué pasaría cuando se pone en
el centro del análisis a la masa pública que participó en estas protestas. Siguiendo este orden de ideas,
el autor se preguntó ¿por qué los manifestantes de las RC eligieron la calle luego del fraude electoral?
La respuesta ofrecida por este autor establece que cuando hay grandes agravios por parte del régimen
y la manifestación produce altos costos frente a pocas oportunidades de éxito, la mayoría de los
ciudadanos decide no desafiar el régimen. En el caso de las RC, el fraude electoral es concebido como
un elemento clave a la hora de resolver el problema de la acción colectiva, particularmente en
sociedades donde los ciudadanos han sufrido grandes agravios por parte del régimen, y por ende
funciona como detonante de la movilización.

Figura 5. Clasificación de la literatura sobre las RC (Tucker, 2007)
Tres años más tarde, Vitali Silitski (2010) ofreció una nueva recopilación de la literatura relativa
a las RC, en la que identificó dos paradigmas dominantes en este campo. El primero se centraba en
las precondiciones domésticas requeridas para el cambio de régimen, tales como una débil capacidad
represiva para combatir los desafíos de la oposición democrática y eventualmente, el conflicto creado
entre la intención del grupo dominante para garantizar la sucesión de su autoridad y la necesidad de
su legitimación democrática. El segundo enfoque hacía referencia al efecto bola nieve o de contagio,
y criticaba la comprensión de los eventos revolucionarios desde la aproximación de las precondiciones
domésticas, puesto que fallaba a la hora de explicar el porqué transiciones electorales similares en el
espacio euroasiático postcomunista tuvieron lugar aún en contra del escepticismo no sólo de los
analistas y observadores, sino también de las sociedades en las que se generó un cambio de régimen
(ver Figura 2).

125

�Figura 6. Clasificación de la literatura sobre las RC (Silitski, 2010)
La recopilación más reciente sobre la literatura relativa a las RC fue generada por Polese y Ó
Beachaín (2011). Estos autores sostienen que aunque el debate de las RC ha sido enmarcado
principalmente dentro de la pugna estructura vs agencia, no deben dejarse de lado otros factores
explicativos tales como la difusión y el rol de la oposición política. Además de esto, Polese y Ó
Beachaín han sido los primeros autores en introducir a la sociedad civil como actor relevante dentro
de las RC (ver Figura 3).
Aunque partidarios de la propuesta que hace énfasis en la estructura, e innovadores de la misma
al incluir en el espectro de análisis a actores no estatales, también reconocieron el importante aporte
realizado por los estudiosos de las RC que han optada por la agencia, entendida como el “conjunto de
acciones deliberadas, detalladas, coordinadas y profundamente planeadas tomadas por un amplio
rango de jugadores políticos internacionales pero especialmente domésticos” (Bunce y Wolchik, 2009,
p. 23).

Abel Polese y
Donnacha Beachaín
(2011)

Estructura
(Way, 2005)

Agencia
(Bunce y Wolchik,
2006)

Difusión
(Beissinger, 2007)

Oposición

Sociedad Civil

Figura 7. Clasificación de la literatura sobre las RC (Polese y Ó Bechaín, 2011)
Una vez mencionadas las principales recopilaciones realizadas hasta el momento sobre la
literatura relativa a las RC (Tucker, 2007; Silitski, 2010 y; Polese y Ó Bechaín, 2011), acto seguido se

126

�propone una nueva clasificación que integra los elementos más relevantes de las propuestas expuestas
anteriormente y que pone de manifiesto la necesidad de integrar a los movimientos sociales dentro del
análisis teórico sobre las RC. Siguiendo con este orden de ideas, la literatura ha sido agrupada con el
objetivo de dar respuesta a tres interrogantes: ¿cuál fue el detonante de las RC?, ¿por qué algunas
tuvieron éxito mientras otras fracasaron?, y ¿por qué se detuvieron en el 2006?
Desafios: Hacia una Nueva Clasificación de la Literatura
¿Cuál fue el detonante de las RC?
Con relación al primer interrogante: ¿cuál fue el detonante de las RC? se han ofrecido diferentes
respuestas a partir del modelo de la difusión, el fraude electoral, la dinámica de la post Guerra Fría y
la elección institucional propia de estos países. A continuación se abordará brevemente cada una de
estas cuatro propuestas. Siguiendo a Polese y Ó Beachaín (2011), no es posible encontrar un punto
claro del inicio de las RC, pero se puede argumentar que su referente directo más importante fueron
las elecciones parlamentarias del 25 y 26 de septiembre de 1998 en Eslovaquia. En esta oportunidad,
los cuatro partidos que configuraron la oposición lograron hacerse con la victoria frente a la coalición
tripartita que apoyaba al Gobierno de Vladimír Mečiar. Aunque técnicas electorales similares a las
desplegadas por la oposición eslovaca habían sido empleadas durante años por movimientos de
oposición en las regiones post-socialistas, Eslovaquia proveyó el prototipo de estrategia que sería
desarrollada de manera amplia dentro de las RC y acuñó los elementos clave para la explosión de las
protestas postelectorales. Esta experiencia inspiró el surgimiento y desarrollo de otros movimientos
en la región, que con cada éxito revolucionario y con el acceso a nuevos recursos, fueron mejorando
paulatinamente la estrategia inicial.
En este sentido, hay tres aspectos de la campaña eslovaca particularmente valiosos para el
proceso de aprendizaje de los movimientos sociales en las RC: 1) la coordinación de una campaña
cívica con líderes de la oposición, lo que generó que diferentes frentes trabajaran en conjunto en torno
a metas comunes. 2) El establecimiento de redes con actores externos tales como los Estados Unidos
y la Unión Europea (UE a partir de ahora), cuya intervención ayudó a limitar el nivel de represión
durante la campaña electoral e incidió en la prevención del fraude electoral en 1998. 3) La campaña
desplegada por el movimiento OK’98, Obcianska Kampan (Campaña de educación cívica), basada en la
no violencia y cuyo éxito a la hora de atraer votantes a las urnas hizo de ésta una de las principales
estrategias adoptadas por los movimientos posteriores. La elección presidencial del 2000 en Serbia
constituyó una de las máximas expresiones de esta última estrategia, puesto que los activistas de Otpor
lograron que cientos de miles de jóvenes apáticos frente a la política, transformaran su percepción en
torno a las elecciones y votaran por primera vez en unos comicios que cambiaron radicalmente el
escenario político serbio.
Siguiendo con este orden de ideas, desde el modelo de la difusión las RC deben ser entendidas
como eventos interconectados y no sólo como producto de las decisiones tomadas por los actores en
el ámbito local. Los vínculos entre los casos de democratización han sido la norma, en vez de la
excepción y, a su vez, esos vínculos han afectado los resultados (éxito/fracaso) revolucionarios. Dicho
de otro modo, los actores de las RC, principalmente los movimientos sociales, se prestaron entre sí
tácticas, formas organizativas, consignas e incluso logos. De este modo, a diferencia de autores como
Way (2008) quien sostiene que las RC no deberían pensarse como eventos de una ola interrelacionada,
puesto que cada una pudo haber ocurrido aún si los demás casos en el vecindario no se hubieran

127

�materializado y aún sin la influencia de redes transnacionales, cada RC exitosa produjo una experiencia
que fue conscientemente adoptada por otros, expandida por las Organizaciones No Gubernamentales
(ONG a partir de ahora) y emulada por movimientos sociales locales, formando el contorno de un
modelo de difusión (Beissinger, 2007).
Los elementos básicos de este modelo giran en torno a seis aspectos: 1) el fraude electoral
entendido como el detonante de las movilizaciones masivas en contra de los regímenes pseudodemocráticos, 2) El soporte externo para fortalecer a los movimientos democráticos locales, 3) La
organización de grupos radicales de jóvenes que emplearon tácticas de protesta no convencional antes
de las elecciones, con la finalidad de minar la popularidad del régimen y exigir la renuncia de los
Presidentes – candidatos autoritarios, 4) El establecimiento de una oposición unida, 5) La presión
diplomática externa y un amplio e inusual monitoreo electoral, y 6) Una movilización masiva y no
violenta ante el anuncio de fraude electoral, estrategia propuesta por el gurú de la resistencia pacífica
en occidente, Gene Sharp.
El segundo elemento propuesto para responder a la pregunta de cuál fue el detonante de las RC
hace énfasis en el fraude electoral. Las RC, tanto la Revolución Negra de Serbia del 2000, la Rosa de
Georgia del 2003, la Naranja de Ucrania del 2004, la Naranja de Azerbaiyán del 2005 y la Azul de
Bielorrusia del 2006, comparten el rasgo común de girar en torno a una elección fraudulenta (Tucker,
2007). En todos los casos, una elección (presidencial o parlamentaria) tuvo lugar y los resultados
fueron vistos como ampliamente manipulados por el régimen en vigor. Como resultado, se generaron
protestas masivas encabezadas por movimientos sociales, que en Serbia, Georgia y Ucrania decantaron
en el reconocimiento de la victoria de la oposición, mientras que en Azerbaiyán y Bielorrusia
estuvieron seguidas por el afianzamiento de las élites tradicionales en el poder. De acuerdo a este
planteamiento, el fraude constituiría un importante marco dentro del cual se crean las oportunidades
para movilización, porque parafraseando a Beissinger (2007), los regímenes se tornan más vulnerables
durante el ciclo electoral.
Por otra parte, se encuentran dos conjuntos de explicaciones de tipo geopolítico sobre el
detonante de las RC (Tucker, 2007). Como se mencionó anteriormente, el primer set de explicaciones
ubica estos eventos dentro del marco de la post Guerra Fría, específicamente en la pugna librada entre
Oriente y Occidente dentro del contexto europeo. Este argumento a menudo toma una de las dos
formas siguientes: 1) la primera aproximación se centra en la ayuda ofrecida por varios actores de
occidente a los miembros de la oposición en Eurasia postcomunista, temerosos de que el liderazgo de
sus países podría llevarlos a un patio de permanente exclusión europea, en general, y de las
instituciones europeas tales como la UE, en particular, 2) Especialmente popular en Rusia, la segunda
aproximación generada dentro de esta perspectiva ubica a las RC en el contexto de las luchas
geopolíticas de la post Guerra Fría por el dominio entre Rusia y Occidente, específicamente sobre
áreas que habían sido largamente consideradas bajo la esfera de la influencia soviética.
El segundo conjunto de explicaciones se ha centrado en la naturaleza de los movimientos de
oposición política (conformados principalmente por coaliciones de partidos), en cada uno de los países
escenario de las protestas postelectorales. En pocas palabras, ha subrayado cómo los grupos de
oposición han aprendido a lo largo del tiempo a ser más efectivos, bien sea gracias a sus experiencias
previas, o a través de la transmisión de información de actores externos y en particular, de actores
pertenecientes a países que han experimentado su propia RC.
Finalmente, la última explicación sobre cuál fue el detonante de las RC se deriva de la presencia
del presidencialismo patronal en esta región del mundo. Este tipo de institución está marcada por
oscilaciones regulares y razonablemente predecibles entre periodos de alto cierre político y periodos

128

�(algunas veces repentinos) de apertura política, incluyendo los fenómenos típicamente llamados RC.
La apertura sólo termina en último caso en verdadera democratización si envuelve un cambio en las
instituciones fundamentales del presidencialismo patronal. En suma, las RC deben ser entendidas no
como avances democráticos sino como fases de contestación en los ciclos del régimen, y resultan
exitosas si gana la oposición (Hale, 2006).
A pesar de que la pregunta ¿cuál fue el detonante de las RC? ha encontrado respuestas en el
modelo de la difusión, el fraude electoral, la dinámica de la post Guerra Fría y la elección institucional,
no debe subestimarse la influencia de los movimientos sociales en los orígenes de las RC, en tanto
estos actores resultaron determinantes a la hora de movilizar a la sociedad en contra del fraude
electoral. No solo esto, fueron los movimientos sociales quienes en la mayoría de los casos modelaron
los símbolos (colores y flores) que identificaron a estos eventos y, quienes atravesaron las fronteras
nacionales para capacitar a nuevos activistas en lugares con conato de revolución, contribuyendo de
esta manera a la creación de un complejo, diverso y creativo repertorio de contienda política. Una vez
presentada esta primera clasificación relativa al origen de las RC, se expondrán los principales
planteamientos de la literatura concerniente al éxito o fracaso de dichos eventos, entendido este como
el cambio o permanencia del régimen que se retaba.
¿Por qué Algunas RC fueron Exitosas y otras Fracasaron?
Con relación a la segunda pregunta ¿por qué algunas RC tuvieron éxito mientras otras
fracasaron?, los académicos han hecho énfasis principalmente en los factores estructurales y los
factores contingentes. Mientras que dentro de los primeros se destaca el papel de las élites, dentro de
los segundos se hace mención al Modelo Electoral propuesto por Bunce y Wolchik (2009). No
obstante, y aunque estas dos propuestas han dominado el grueso de la literatura sobre el tema en
cuestión, también se han ofrecido otras propuestas, muchas veces complementarias a las dos grandes
vertientes, dentro de las que cabe destacarse la fuerza del ejemplo.
Antes de hacer referencia a los factores estructurales y contingentes, debe mencionarse que
McFaul (2005) fue el primero en proponer una lista de elementos comunes que unen los casos de
Serbia en el 2000, Georgia en el 2003 y Ucrania en el 2004 como casos de éxito revolucionario. Estos
casos de ruptura autoritaria se parecen entre sí y se diferencian de otras transiciones democráticas, en
cuatro aspectos críticos: 1) en los tres casos, el inicio para el cambio de régimen fue una elección
nacional fraudulenta, no una guerra, una crisis económica, una división entre las élites dominantes, un
choque externo, un factor internacional o la muerte del dictador, 2) Los retadores democráticos
desplegaron medios extra-constitucionales para defender la constitución democrática existente, en vez
de buscar generar nuevas reglas del juego político, 3) Cada país acogió por un tiempo la competencia
entre retadores y retados y los clamores simultáneos para mantener la autoridad soberana, uno de los
sellos de la situación revolucionaria, 4) Todas las situaciones revolucionarias terminaron sin violencia
masiva. Por otra parte, los Presidentes – candidatos ordenaron el uso de métodos coercitivos
incluyendo asaltos a periodistas y candidatos de la oposición y la clausura de medios independientes.
No obstante, no llamaron al ejército o a las fuerzas de seguridad para reprimir las protestas, como sí
ocurrió en los casos de fracaso que tuvieron lugar en Azerbaiyán y Bielorrusia.
Dentro de los factores necesarios para el éxito, Mc Faul (2005) cita los siguientes: 1) la vigencia
de un régimen semi-autoritario en vez de uno totalmente autoritario, 2) La existencia de un Presidente
- candidato impopular, 3) La conformación de una oposición unida y organizada, 4) La capacidad de
saber rápidamente que los resultados electorales fueron falsificados, 5) Contar con suficientes medios
independientes para informar a los ciudadanos sobre el fraude electoral, 6) La presencia de una

129

�oposición política capaz de movilizar manifestantes para protestar en contra del fraude, y 7) Evidencia
de divisiones entre las fuerzas coercitivas del Estado.
Igualmente señala que así como los factores anteriormente citados son determinantes para el
éxito de las RC, hay otros factores que no fueron importantes, dentro de los cuales se cuentan los
siguientes: 1) el estado de la economía o el nivel económico alcanzado por los países no jugó un rol
causal uniforme en los casos de avance democrático, 2) Los tres países tuvieron historias recientes de
tensiones étnicas o problemas que incluían guerras abiertas. No obstante, una completa resolución de
las disputas fronterizas no constituyó una precondición para el avance democrático, 3) Las divisiones
entre las líneas duras y suaves que apoyaban a los Presidentes – candidatos autoritarios también figuran
como poco importantes a la hora de impulsar el cambio democrático, 4) La relación entre las élites
políticas en el poder y occidente no tuvo un peso particular, 5) Los programas de asistencia
democrática de occidente jugaron un rol visible en todos los casos. Sin embargo, la ayuda extranjera
no jugó un rol independiente en ninguno de los avances, pero contribuyó a la conflictividad
aumentando o disminuyendo el valor relativo de cada uno de los siete factores mencionados en el
párrafo anterior como necesarios para el éxito revolucionario, y 6) La calidad de los recursos positivos
o plataformas elaboradas por la oposición en cada país, también parece bastante insignificante.
A partir de la propuesta de Mc Faul (2005) se generó un interés por determinar los elementos
facilitadores del éxito en las RC, siendo los más ampliamente expuestos los factores estructurales y los
factores contingentes. Way (2008), argumenta que los factores estructurales, en oposición a las
dinámicas electorales y de difusión, constituyen la causa real de las recientes olas de triunfos electorales
sobre los dictadores en Eurasia postcomunista. Para el autor, las RC son casos de fracaso autoritario
en vez de casos de democratización. El colapso autoritario trajo democracia en la forma de elecciones
libres y justas y el fin de serias presiones del gobierno sobre los medios. En contraste, la crisis
autoritaria permitió la emergencia de nuevos gobiernos que retomaron muchos de los mecanismos
autoritarios usados por sus predecesores, incluyendo fraude electoral y supresión de los medios.
En breve, Para Way (2008) la crisis autoritaria está relacionada positivamente con la fortaleza de
los lazos con occidente y negativamente con la fortaleza del partido autocrático o del Estado del
régimen vigente. En este sentido, se deben tener en cuenta tres elementos: 1) la presencia de un solo
partido reinante y altamente institucionalizado, 2) Un extensivo y bien fundado aparato coercitivo
que ha ganado un conflicto significativo, y 3) control discrecional del Estado sobre la economía, de
jure o a través de la captura de una gran riqueza mineral como el petróleo o el gas.
En contraprestación a esta propuesta, surgió la iniciativa de que los vínculos entre los casos de
democratización han sido la norma en vez de la excepción y que dichos vínculos han afectado los
resultados (éxito/fracaso) de las RC (Beissinger, 2007). En los fenómenos modulares, la influencia del
ejemplo puede substituir algunos vacíos propios de la desventaja estructural permitiendo a algunos
grupos menos avanzados estructuralmente comprometerse en una acción exitosa gracias a la influencia
del ejemplo previo de otros casos. De esta manera, la imitación de éxitos precedentes es el mecanismo
básico que conduce a la expansión del fenómeno modular. El proceso del ejemplo se diferencia de
otros de contagio debido a que no se define por la proximidad o conformidad, sino por la analogía y
beneficios obtenidos a través de la asociación con el éxito previo.
Por otra parte, el cómo responden las instituciones al proceso modular sugiere si el impacto de
este proceso cambia sustancialmente o no. Esto dependerá, como es obvio, de las vías tomadas por
las instituciones dentro de dicho proceso. Indagando sobre esta dinámica, Beissinger (2007) ha
identificado cuatro condiciones que no necesitan estar presentes pero que aumentan las posibilidades
del éxito revolucionario. Estas son: 1) un grado representativo de apertura política; 2) una tradición

130

�reciente de protesta, 3) la existencia de diferencias regionales entre grupos culturales dominantes, y 4)
control de la oposición sobre los gobiernos locales. Siguiendo la línea argumentativa desarrollada por
Way (2008), Beissinger (2007), se han identificado seis condiciones estructurales que podrían ser
necesarias para el éxito revolucionario: 1) la presencia de fraude electoral, 2) una significativa
representación de la oposición en el legislativo, 3) el año de enrolamiento en la educación superior, 4)
unos lazos débiles entre el régimen y los militares, 5) la presencia significativa de diversas ONG
promotoras de la democracia, y 6) La ausencia de una economía exportadora de energía.
Dimitrov (2009) respalda la propuesta de Way (2008), que sostiene que los niveles de fortaleza
del régimen y los vínculos con occidente ayudan a explicar la crisis del autoritarismo, pero añade el
factor de la popularidad de los Presidentes - candidatos como elemento que puede contribuir a dar
cuenta de la resistencia autoritaria en la región. Así pues, los Presidentes - candidatos deben tener a su
disposición tres estrategias para asegurar su popularidad: 1) populismo económico: el gasto social y el
compromiso con las políticas de redistribución económica aumentan su aprobación pública, 2)
nacionalismo anti-occidente: en algunos países donde el sentimiento público no está a favor de
occidente, los Presidentes - candidatos pueden tener éxito previniendo la unidad de la oposición a
través de la retórica anti occidental; y 3) Control exitoso de los medios: incluye eliminar críticos del
régimen y control estatal sobre la prensa escrita, televisión e información electrónica. Controlar a los
medios les garantiza a los líderes autoritarios cobertura positiva y le niega a la oposición una plataforma
de participación. Estas tres estrategias producen altos niveles de legitimidad del régimen así como de
estabilidad del mismo.
En contraposición a la propuesta de los factores estructurales, y de una manera más cercana a
la propuesta que se busca desarrollar, en la que se destaca el rol de los movimientos sociales dentro de
las RC, Bunce y Wolchik (2009) señalan que la clave del éxito revolucionario recae en los factores
contingentes. En crítica abierta a la propuesta ofrecida por Way (2008), las autoras sostienen que los
científicos sociales no pueden o no deberían reducir sus explicaciones causales a la influencia de una
categoría sencilla de causas, puesto que la estructura, la agencia y el proceso, todos son elementos
importantes. Es por tanto que no solo debe tenerse en cuenta el rol distintivo de las elecciones,
entendidas como espacios para el cambio político, sino también la difusión trasnacional de un modelo
particularmente efectivo para derrotar al dictador, denominado por las autoras como el Modelo
Electoral.
Por otra parte, así como ha sido importante para el éxito de las RC el aprendizaje de los
movimientos de oposición, el fracaso revolucionario ha estado influenciado por el aprendizaje de las
élites para reversar o neutralizar las estrategias de la oposición. Algunas élites políticas han sido
capaces de producir un antídoto para lo que consideraron un virus del color. Han tomado nota de las
lecciones derivadas del fenómeno de las RC y han estado suficientemente unidas, tomando decisiones
efectivas, mientras aseguran la obediencia tanto de los centros formales como de los centros
informales de poder dentro del Estado (Polese &amp; Ó Bechaín, 2011).
En este orden de ideas, la supervivencia del régimen, y por extensión el fracaso de la RC,
depende ampliamente de la capacidad de la élite gobernante de digerir las lecciones sobre cuál es la
mejor manera de neutralizar o contrabalancear las estrategias de los movimientos de la oposición. Se
sugiere que ha existido una estrategia, o set de acciones, que los regímenes han adoptado para frenar
el triunfo de las situaciones revolucionarias, de tal modo que las fallas a la hora de aprender esta
estrategia, o de aplicarla correctamente, podrían abrir el camino para las fuerzas de la oposición y el
cambio político en un país. Así pues, con cada intento de RC, las élites de Eurasia postcomunista
refinaron su comprensión de los procesos. En este sentido, si querían evitar compartir el destino de
Serbia, Georgia o Ucrania, las élites tendrían que tomar acciones preventivas en diferentes niveles. La

131

�mayoría de los regímenes que habían presenciado el éxito de las RC en esos tres países, comenzaron
a identificar las características clave de las RC y a tomar medidas para asegurar que los actores de la
sociedad civil no fueran capaces de lograr el mismo grado de libertad que en dichas sociedades.
El movimiento más notable con relación a estas actitudes fue la evaporación de la tolerancia
para las ONG, particularmente aquellas que habían sido identificadas como colaboradoras de los
movimientos de oposición. La contrarrevolución también avanzó en otras dimensiones: los medios
cayeron bajo un estricto control estatal, se suprimió y/o persiguió a los movimientos que intentaron
emular al Otporde Serbia, al Kmara de Georgia o al Pora de Ucrania y, se prohibió la entrada de activistas
extranjeros al país. Asimismo, los gobiernos que buscaban prevenir RC en sus territorios, crearon
movimientos juveniles pro-régimen como Nasha Rusia (Nuestra Rusia), con el objetivo de
contrarrestar el peso de los movimientos juveniles de oposición. En último lugar, algunos regímenes,
principalmente aquellos con importantes recursos naturales o con significativa importancia estratégica,
encontraron que podían escapar de la censura de occidente (Polese &amp; Ó Bechaín, 2011).
Finalmente, Kalandadze y Orenstein (2009) han adoptado el término revolución electoral
propuesto por Bunce y Wolchik (2009) y han analizado todos los casos que se han presentado desde
1991, distinguiendo entre revoluciones electorales exitosas y fracasadas. A modo de conclusión
afirman que las revoluciones electorales exitosas han mostrado ningún o insignificante progreso
democrático en sus etapas posteriores. Las revoluciones electorales han resultado poco efectivas a la
hora de promover el avance de la democratización, puesto que ponen demasiado énfasis en las
elecciones mismas y no en otros obstáculos fundamentales para la democratización de regímenes
híbridos y autoritarios.
Es así que la democratización ha sido lenta o nula en esos países, principalmente a causa de la
permanencia de sus profundos problemas estructurales, que las revoluciones electorales no estaban
equipadas para resolver. Las elecciones fraudulentas fueron sólo la punta del iceberg en esos países,
donde persisten otros problemas tales como la falta de una cultura de competencia política, una
estructura de partidos políticos poco desarrollada, conflictos de poder más allá del círculo electoral,
corrupción y falta de Estado de derecho, sólo por mencionar algunos. Sumado a esto, todos los países
que han experimentado una RC permanecen pobres o relativamente pobres y, dos de ellos, Georgia y
Serbia, mantienen disputas territoriales. Para terminar, se abordará el interrogante ¿por qué se
detuvieron las RC en el 2006?
¿Por qué se detuvieron las RC en el 2006?
Gran parte de las respuestas a dicho interrogante ha girado en torno a tres ejes fundamentales:
el agotamiento del modelo, el aprendizaje del modo de obrar de la oposición por parte de los líderes
autoritarios y, el efecto Darwin.
Con relación al agotamiento del modelo, Beissinger (2007) sostiene que el peso del ejemplo
afecta el comportamiento de la siguiente manera: la influencia del ejemplo aumenta gradualmente con
el tiempo y con cada éxito revolucionario. Eventualmente, llega a un punto culmen que proviene tanto
del peso acumulativo de los ejemplos de éxito como de la acción emulativa multiplicada rápidamente
a través de los grupos. Posteriormente, el modelo modular enfrenta un segundo momento donde el
efecto del ejemplo en las acciones subsecuentes comienza a disminuir rápidamente y se apaga
eventualmente.
Así mismo Bunce &amp; Wolchik (2009) sostienen que puesto que el modelo se expandió, los
autócratas fueron puestos en preaviso y comenzaron a desarrollar estrategias de contención,

132

�quitándole de esta manera fuerza a la red opositora. Aunque los activistas locales emularon los
procesos observados fuera de sus países, lo hicieron sin mucha planificación y con grandes
constricciones de tiempo y recursos. Como todas las dinámicas de difusión, la expansión del modelo
electoral fue dispareja a través de la espacialidad y temporalidad, y tuvo diferentes consecuencias
locales, hasta que eventualmente llegó a su fin.
Con relación a la propuesta basada en el aprendizaje de los líderes autoritarios, se sostiene que,
las RC provocaron que las élites políticas en el poder de Azerbaiyán, Bielorrusia, Kazajistán, Rusia y
otros países de Eurasia postcomunista reforzaran los esfuerzos domésticos para prevenir desafíos de
la oposición. Las medidas anticipadas incluyeron restricciones de grupos de la sociedad civil y
persecuciones y sanciones a la oposición, así como limitaciones a la asistencia democrática (Polese y
Ó Beachaín, 2011).
El efecto Darwin propuesto por Silitski (2010), describe la contra-reacción a la ola de RC en las
autocracias de Eurasia poscomunista. Éstas se blindaron ante las posibles amenazas al poder
autoritario, mediante el fortalecimiento de las tendencias y la regla autocrática reinante en estos
Estados. Mientras el efecto Darwin explica la contra-reacción autocrática interna, esto es, los esfuerzos
locales para adelantarse a la posibilidad del cambio de régimen, el efecto regional explica la resistencia
exterior al contagio democrático. Por una parte, como la ola de revoluciones golpeó la región hostil al
cambio de régimen, provocó la consolidación de las autocracias sobrevivientes a través de la
convergencia autoritaria. Esta fue expresada en medidas conjuntas, interacciones y alianzas entre los
Estados y regímenes en lo que había un interés por la extinción y reversa de la ola de democratización.
Por otra parte, la ola de revoluciones coincidió y aceleró la reafirmación permanente de la hegemonía
regional rusa, debido al temor de contagio expresado por el Kremlin, en tanto dichos procesos de
transformación democrática podría minar su posición dominante en la región. Esta reafirmación de
poder, facilitada por la dependencia de los países postsoviéticos de Rusia, debilitó las expectativas para
el sostenimiento de los avances democráticos y reforzó el autoritarismo en la región.

Rodríguez (2014)

Detonantes de las RC
-Modelo de la difusión
(Polese y ÓBechaín,
2011)
-Fraude electoral
(Tucker 2007)
-Dinámica post Guerra
Fría
(Tucker, 2007)
-Elección institucional
(Hale, 2006)

Éxito y fracaso de las
RC
-Factores estructurales
(Way, 2008)
-Modelo Electoral
(Bunce y Wolchik,
2009)

Finalización de las RC
-Agotamiento del modelo
(Beissinger, 2007)
-Aprendizaje líderes
autoritarios
(Polese y ÓBechaín,
2011)
-Efecto Darwin
(Silitski, 2010)

Figura 8. Clasificación de la literatura sobre las RC (Rodríguez, 2014)

133

�Conclusión
Durante la primera mitad del siglo XXI el espacio Euroasiático fue testigo de una oleada de RC.
Este fenómeno, en el que se revirtieron procesos electorales fraudulentos mediante protestas masivas,
comenzó con la Revolución Negra de Serbia en el año 2000 y continuó con la Revolución Rosa de
Georgia en el 2003 y la Revolución Naranja de Ucrania del 2004.
Posteriormente, pero esta vez sin éxito, prosiguió con las Revoluciones Naranja de Azerbaiyán
en el 2005 y Azul de Bielorrusia en el 2006. Puesto que las movilizaciones postelectorales se
desarrollaron sin violencia, al menos por parte de los manifestantes, y estuvieron revestidas con un
fuerte contenido simbólico, cada una de ellas fue bautizada con el color adoptado a manera de
distintivo por los movimientos de oposición.
Un rasgo notable de este fenómeno fue que estuvo acompañado por el ascenso de movimientos
sociales conformados principalmente por jóvenes estudiantes, tal y como puede observarse con Otpor
de Serbia, Kmara de Georgia, Pora de Ucrania, Yeni Fikir de Azerbaiyán y Zubr de Bielorrusia. Aunque
en el escenario Euroasiático de estos comienzos de siglo, los movimientos sociales desempeñaron
un papel significativo dentro de las RC, gran parte de los estudios sobre el tema han centrado su
foco de atención en actores tales como las élites gobernantes autoritarias o los partidos de
oposición. Ha sido por tanto el interés de este artículo asumir el desafío de contribuir a la
ampliación del espectro analítico, mediante la inclusión de otro tipo de actores relevantes para la
acción colectiva.
Las RC no deben entenderse como revoluciones en el sentido clásico del término, puesto que
sus dinámicas, desarrollos internos y alcances distan bastante de los resultados expuestos por
estudiosos de los fenómenos revolucionarios tales como Tilly (1978) o Skocpol (1979). Al abordar las
RC deben tenerse en cuenta ciertos elementos particulares tales como el espacio geográfico en el que
se desarrollaron las protestas postelectorales: Eurasia postcomunista; la temporalidad en la que se
presentaron: entre el año 2000 y 2006; el detonante: el fraude electoral y principalmente; el fuerte
contenido simbólico y la no violencia que revistieron dichas protestas, esta última característica
ampliamente construida desde la estructuración y la puesta en marcha del discurso y el repertorio de
contienda política desplegado por los movimientos sociales.
Expuesto lo anterior, se ha planteado una nueva clasificación de la literatura existente sobre las
RC. Dicha iniciativa ha sido construida en torno a tres grandes temas: la génesis de las RC, las posibles
causas de éxito y fracaso de las mismas y, el porqué se extinguieron en el año 2006. A partir de este
abordaje es posible dar cuenta del importante rol desempeñado por los movimientos sociales en las
RC, a la par que se avanza hacia una comprensión más profunda sobre este tipo de actores, sus
dinámicas y logros, desde una perspectiva comparada.

134

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136

�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 2. Núm 4. enero-junio 2016, pp. 137-152
ISSN: 2395-8448

Violencia y Democracia:
Implicaciones de la victimización y percepción de inseguridad sobre la participación
política no electoral

Violence and Democracy: Implications of the victimización and
perception of insecurity on the political not electoral participation
Juan Pablo Bolaños
Centro de Investigación y Docencia Económicas (CIDE)
pablo.bolanos@cide.edu
Fecha de envío: 8 de febrero 2016
Fecha de aceptación: 24 de mayo 2016

Resumen
La violencia y la inseguridad provocan consecuencias negativas y permanentes sobre los
individuos que han sido victimizados por las modalidad más agresivas del crimen (violaciones,
robo en casa habitación, tortura y homicidio, entre otros). Las víctimas, a su vez, encuentran
incentivos y facilidades para influir de manera efectiva sobre su entorno político y social, por
medio de distintas formas de activismo; las cuales no necesariamente responden al espíritu
democrático y, en ocasiones, se asemejan más a modelos de comportamiento autoritario.
En términos generales, la presente investigación analiza la relación entre fenómenos
sociales de violencia con la opinión pública (percepción de inseguridad) y el comportamiento
político (medido como la adopción de formas de participación no electoral). Para ello, se sugiere
un modelo estadístico que mide la influencia de la victimización y de la percepción de inseguridad
sobre la participación política.
Palabras clave
- Violencia
- Democracia
- Participación política no electoral

137

�- Percepción de inseguridad
- México
Abstract
The violence and the insecurity provoke negative and permanent consequences on the
individuals who have been victimized by the most aggressive modalidad of the crime
(violations, theft in dwelling, torture and homicide, between others) The victims, in
turn, find incentives and facilities to influence in an effective way his political and social
environment, by means of different forms of activismo; which not necessarily answer
to the democratic spirit and, in occasions, are alike more models of authoritarian
behavior.
En términos generales, la presente investigación analiza la relación entre fenómenos
sociales de violencia con la opinión pública (percepción de inseguridad) y el
comportamiento político (medido como la adopción de formas de participación no
electoral). Para ello, se sugiere un modelo estadístico que mide la influencia de la
victimización y de la percepción de inseguridad sobre la participación política.
En su obra Leviatán, T. Hobbes (2014, versión) señala que «la obligación de los súbditos con
respecto al soberano no ha de durar ni más ni menos que lo que dure el poder mediante el cual
[el soberano] tiene capacidad para protegerlos». Es decir, la provisión de seguridad a sus
ciudadanos es una de las obligaciones principales del Estado, y uno de los pilares sobre los cuales
reposa su existencia.
Como es sabido, el fenómeno de la violencia no es exclusivo de un país o región. En todo el
mundo, cada año ocurren más de un millón seiscientos mil homicidios. Cada día, suceden
alrededor de cuatro mil seiscientos asesinatos: cada hora más de ciento noventa. En México, en
2011, ocurrieron veintisiete mil doscientos trece homicidios. Setenta y cinco por día; tres cada
hora. En algunas entidades las tasas de homicidio superaban aquellas reportadas en zonas de
guerra.
Desde 2008 en México pasa lo que A. Schedler (2015) ha llegado a considerar como una
guerra civil económica; un fenómeno nunca antes visto en la historia nacional moderna. De ahí
la relevancia de elegir a México como caso de estudio para analizar las consecuencias de la
percepción de inseguridad y la victimización sobre la participación política no electoral de sus
ciudadanos.
Así, en términos generales, este artículo analiza la relación entre fenómenos sociales,
opinión pública y comportamiento político. Concentrándose en la manera en la cual la percepción

138

�ciudadana ante un fenómeno social de violencia, y las deficiencias en la capacidad del Estado para proveer
seguridad, se traducen en acciones políticas concretas.
Pregunta Central e Hipótesis
En este estudio se tiene como objetivo central contestar a la pregunta: ¿(1) si haber sido víctima48
de uno o más delitos considerados de alto impacto afecta el grado de participación política no
electoral49 de los individuos y; (2) si la percepción de inseguridad en el país afecta las formas de
participación política no electoral de los ciudadanos? Como se puede apreciar en la misma
pregunta central, este estudio se enfila hacia explicaciones a nivel micro con encuestas
individuales sobre victimización y percepción de inseguridad.
Como respuestas tentativas a la pregunta de investigación, (H1) se espera que a mayor
percepción de inseguridad haya mayor participación política no electoral, bajo el supuesto que
los ciudadanos buscan influir en política para encontrar una salida a sus demandas básicas de
seguridad. Asimismo, (H2) se espera que la población que ha sido víctima de algún episodio
criminal de alto impacto sea más propensa a la participación política no electoral que la población
en general.
Las hipótesis que aquí se presentan están basadas en dos grandes supuestos. Primero, (1)
y siguiendo lo expuesto por R. Sánchez Ferlosio (1987) , los ciudadanos que en un entorno
cultural occidental como el mexicano han experimentado en primera persona un episodio
criminal, encuentran que por su mera condición de víctimas (entendida como un sacrificio hecho
o cuota de sangre pagada), adquieren legitimidad moral entre las no-víctimas para liderar o
formar parte de movimientos sociales relacionados con el tipo de delitos a los que se enfrentaron
(por ejemplo, Javier Sicilia -que participa, en gran parte, dentro de los límites legales establecidos
y, por otro, las auto defensas en Michoacán -que buscan aplicar la ley por propia mano). Esto
no quiere decir que todas las víctimas tengan incentivos para entrar en formas de participación
48

Se entiende como 'víctima' si la persona encuestada o alguien que habite en su misma vivienda ha
sufrido, en los últimos doce meses, alguno de los crímenes considerados en la encuesta: robo personal, robo a
casa, robo de auto, homicidio, robo a comercio, secuestro y delitos sexuales.
49
Las definiciones que se adoptan para este término son las siguientes: "For the definition of political
participation this report follows an instrumental point of view and regards all activities to be political that are
voluntarily performed by citizens with the aim of influencing decisions at the different levels of a political
system"; "Participants participate voluntarily and their political activities are not part of their job (this would be
the case for professional politicians). Normally, those who take part pursue specific objectives with their activity
that mainly consist of exerting influence on political decisions". (Markus Steinbrecher, CIVICACTIVE Project:
Report on Non-Electoral Participation, Bamberg, Otto-Friendrich-Universität. s.a., p.2, consultado en línea en
www.ucd.ie/civicact/nonelectoralparticipation .doc).

139

�política del tipo que se señala; sino que, las víctimas que deseen canalizar su participación política
por medio de la creación o participación en movimientos sociales tienen, de entrada, la ventaja
de la legitimidad moral que su condición de víctimas les ofrece lo cual facilita la promoción de
sus demandas.
Segundo supuesto, (2) en México la ciudadanía aún confía lo suficiente en las
instituciones del Estado como para buscar canalizar por medios legales y jurídicos sus formas de
acción política. Se considera que los ciudadanos aún suponen que los medios del Estado son los
mejores para influir en las políticas de seguridad pública (o, al menos, que el Estado es aún mejor
canalizador de sus demandas que lo que podrían obtener actuando por propia mano). Para
mostrar esta confianza ciudadana en las fuerzas de seguridad se utilizan datos de la Encuesta
Nacional de Seguridad Pública 2015, la cual tiene como propósito «generar nuevas respuestas
ante la percepción del miedo y la inseguridad que representa hoy el imaginario social y cultural
de una buena parte de la población». Ante la afirmación «Los policías son una autoridad legítima
y las personas deberían obedecer sus decisiones», sólo 32% afirmó estar muy/algo en
desacuerdo. 50 Asimismo, utilizando datos de la encuesta USAL-Colmex 2011, se justifica la
confianza ciudadana en los mecanismos judiciales mexicanos: únicamente 35% de los
encuestados dijeron tener muy mala/mala opinión de los jueces; 37% de los juzgados y; 44% del
ministerio público. Por lo cual, la confianza en las instituciones judiciales y de seguridad —aún
con sus deficiencias y claras áreas de oportunidad a desarrollar— es mayor que la desconfianza
o rechazo.
Mecanismo Causal y Marco Teórico
Al analizar las consecuencias de la victimización sobre el comportamiento político, R. Bateson
concluyó -tras analizar datos de países de los cinco continentes- que las víctimas del delito
adoptan una participación política más activa; con el riesgo de que «las víctimas del crimen
puedan desarrollar simpatías autoritarias al mismo tiempo que se vuelven políticamente más
activas» (Bateson, 2012, p. 570). Es decir, la activación de la participación política motivada por
violencia no responde a voluntades democratizadoras.

50

Elaboración propia con base en la Encuesta Nacional de Seguridad Pública, Los mexicanos vistos
por sí mismos. Los grandes temas nacionales, México, Área de Investigación Aplicada y Opinión, IIJ-UNAM,
2015.

140

�La violencia, la percepción de inseguridad y los eventos relacionados con estos
fenómenos sociales pueden provocar consecuencias negativas sobre la democracia. Al respecto, estudios
anteriores se han enfocado en tratar los efectos de la violencia sobre algunos factores específicos
de la psicología y sociología. Se argumenta que, al tratar los efectos de la violencia sobre los
individuos, resulta útil enfocarse en las consecuencias psicológicas que provoca el sentimiento de
inseguridad. Esto, bajo el entendido que los individuos reaccionan a la interpretación que dan de
su entorno y no a las características reales del entorno en sí.
Para las personas, el sentimiento de miedo no responde de manera necesaria a
consideraciones racionales de ningún tipo; cuando se entra en estado de paranoia social, el origen
del temor pierde relevancia y pasa a primer plano el análisis de las realidades que este miedo
construye o, en palabras de A. Maalouf, «a partir del momento en que una población tiene miedo,
lo que hemos de tener en cuenta es más la realidad del miedo que la realidad de la amenaza»
(Maalouf, A, trad.2009). En este sentido, se argumenta que la noción que se tenga sobre la
inseguridad afecta la forma de vida de las personas y manera en la cual entienden e interpretan
su entorno social.
Lo anterior, muestra parte de los efectos que tiene la violencia sobre el agregado social.
Cabe recordar que para una sociedad que se desarrolla en un marco de paz democrática, los
episodios de violencia significan aún más que sólo una ola criminal: representan un evento
mediático (y mediatizado) que los lleva a pensar que las imágenes e historias locales de violencia
presentadas en los medios les son muy cercanas y, por lo tanto, los coloca en posición de riesgo.
Es decir, la amenaza de la violencia -o la violencia misma- no tiene que ser real para que provoque
consecuencias. Basta con que eventos de violencia -aun siendo casos aislados- sean retomados
de manera sistemática por los sistemas de comunicación masiva para modificar la percepción de
seguridad.51
_________
Al estudiar los efectos de la violencia sobre las víctimas directas del delito, varios autores han
señalado que las consecuencias de la victimización afectan tanto la vida pública como privada de
las personas. Ya desde 1777, al tratar los efectos de la violencia, E. Burke señalaba que, «[los
51

Sobre este sentido, se retoma a John Condry (1994) cuando señala que: "la influencia de la televisión
depende de dos factores: la exposición y el contenido. Cuanto mayor es la exposición del espectador al
espectáculo televisivo, tanto mayor es, en general, la influencia ejercida por el medio"

141

�episodios prolongados de violencia] afectan de manera profunda la forma de las personas. Vician
su política; corrompen su moral, inclusive pervierten su gusto natural por, y defensa de, la
igualdad y la justicia».52 Asimismo, al tratar sobre episodios de violencia internacional, J. Keane
(2004) señala que,
[...] las mujeres que han sido violadas, o los hombres que han sido atacados y robados
en la calle, sufren de pesadillas ocasionales o de ataques de pánico durante el día, o
lloran de manera incontrolada. Durante y después de episodios de violencia, estos
síntomas son experimentados de manera más intensa y por periodos más prolongados
de tiempo; sin duda llegando a ocurrir mucho tiempo después de que las condiciones
de violencia que los originaron hayan desaparecido. Cuando llega la paz -de llegar-, los
individuos cargan la violencia interna con ellos. No experimentan ninguna alegría en la
'victoria' ni en la 'paz'. (p.123)
Así, la violencia causa estragos sobre los individuos a los que toca: al ser fuente de amenaza
constante de muerte, provoca que sus víctimas vivan con, y emanen, miedo (Keane, J, 2004,
p.122). Todo esto es incompatible con las actitudes individuales que se busca promover en
democracia. Los estragos que provoca en la confianza interpersonal de los individuos, y el
sentimiento de temor que experimentan las personas, lleva a que, como ha señalado A. Louw,
los ciudadanos «endurezcan sus actitudes respecto al crimen» (Louw, A, 2007. p.241); o, peor
aún, que apoyen regímenes que emplean medidas autoritarias.
En un estudio conducido por S. Mainwaring (2010) sobre el incremento de la
victimización criminal en América latina, se concluyó que la inseguridad en la región ha provocado
reducciones en el apoyo popular hacia la democracia. En este mismo sentido, empleando datos de la
encuesta USAL-Colmex 2011,53 se encontró que a mayor incidencia delictiva es menor el apoyo
individual hacia la democracia y aumenta la preferencia por regímenes de gobierno de corte
autoritario.54 La diferencia en el apoyo a la democracia entre quienes no fueron víctimas del delito
52

"[Episodes or prolonged violence] strike deepest of all into the manners of the people. They vitiate
their politics; they corrupt their morals; they prevent even the natural taste and relish of equality and justice"
(Burke, E., p.203)
53
Salvador Marti i Puig, et al (eds.), Democracy in Mexico: Attitudes and Perceptions of Citizens at
National and Local Level, (base de datos), Chapel Hill, NC, Institute for the Study of the Americas, (en prensa).
54
Las preguntas de cuestionario que se empelaron en este análisis son, por un lado, «¿Cuál de las
siguientes frases se parece más a su manera de pensar? (1) La democracia es preferible a cualquier otra forma
de gobierno; (2) En algunas circunstancias, un gobierno autoritario puede ser preferible a uno democrático; (3)
A la gente como uno, nos da lo mismo un régimen democrático que uno no democrático» y, por otro, se
construyó un índice que suma la incidencia delictiva sufrida por los individuos, a partir de la pregunta de
cuestionario: «A continuación le voy a leer una lista de delitos. Por favor dígame si en los últimos 12 meses,
usted o alguien de los que viven en este hogar fue víctima de alguno de ellos: [robo personal, robo a casa, robo
de auto, homicidio, robo de autopartes, robo a comercio, riñas, secuestro y delitos sexuales]». Cabe señalar que
en la tabla se muestra únicamente la incidencia delictiva de cero a tres episodios criminales ya que ahí se

142

�y quienes sufrieron tres delitos en los últimos doce meses es de -18 puntos, donde las víctimas
apoyan menos la democracia y más la adopción de regímenes autoritarios (+11 puntos). Estos
resultados se muestran en la Tabla 1.

Tabla 1. Incidencia delictiva y aprobación de la democracia
¿Cuál de las siguientes frases se parece más a su manera de pensar?
Incidencia delictiva:
numero de veces que
una misma persona
fue víctima del delito
en el último año
0
1
2
3

(1) La democracia es
preferible a cualquier
otra forma de
gobierno
67%
64%
58%
49%

(2) En algunas
circunstancias, un
gobierno autoritario
puede ser preferible a
uno democrático
20%
22%
22%
31%

(3) A la gente como
uno, nos da lo mismo
un régimen
democrático que uno
no democrático
13%
14%
20%
20%

Total
100%
100%
100%
100%

En este sentido, para E. Barahona y C. Rivas (2011, pp. 240-241) el mayor peligro que
representan las tasas elevadas de criminalidad es la posible erosión de la democracia; y consideran
la opción que en un ambiente de inseguridad la ciudadanía encuentre algunas medidas
autoritarias como legítimas, por pensar que éstas son el mejor medio para reducir el crimen. Así,
explican las autoras, los episodios de violencia pueden presionar a la ciudadanía a apoyar políticas
de mano dura, con las consecuencias sobre la democracia que ello significa.
Al respecto, en el caso mexicano -y otros tantos en América latina- (Barahona, E., Rivas,
C., 2011, p.215) la ciudadanía identifica la debilidad de la democracia (más que a los gobiernos),
como la causa principal de la violencia; y no consideran que la violencia puede ser causa de malas
políticas gubernamentales o de cambios en los arreglos y estructuras políticas que han quebrado
acuerdos sociales con los que otrora se mantenía el orden y la seguridad pública.
Por último, y en contraste con los sustentos teóricos expuesto hasta el momento, se
encontró que en México las actitudes de las víctimas con respecto a la democracia muestran una
tendencia distinta que las actitudes de las personas que se sienten inseguras. Es decir, de acuerdo

concentra la mayor parte de los casos considerados en la muestra y que a partir de incidencias delictivas de
cuatro casos en adelante el tamaño de la N es muy reducida y menor a treinta.

143

�con datos de la misma encuesta USAL-Colmex, la percepción de inseguridad presiona al alza la
demanda de un régimen democrático, donde entre más se considere que ha aumentado la
violencia más se aprueba un régimen democrático. Los resultados se muestran en la Tabla 2.
Tabla 2. Percepción de delincuencia y aprobación de la democracia
¿Cuál de las siguientes frases se parece más a su manera de pensar?
¿Usted diría que la
delincuencia ha
aumentado o ha
disminuido en nuestro
país?
Disminuido mucho
Disminuido algo
Ni aumentado ni
disminuido
Aumentado algo
Aumentado mucho

(1) La democracia es
preferible a cualquier
otra forma de
gobierno
59%
63%

(2) En algunas
circunstancias, un
gobierno autoritario
puede ser preferible a
uno democrático
21%
23%

(3) A la gente como
uno, nos da lo mismo
un régimen
democrático que uno
no democrático
20%
14%

64%

19%

17%

62%
67%

24%
20%

14%
13%

Total
100%
100%
100%
100%
100%

Metodología
Para dar respuesta a las interrogantes planteadas en este artículo, se emplea la base de datos de
la encuesta USAL-Colmex, 2011, (Marti, S. et al, 2011) la cual consiste en una muestra de 2,900
casos levantados por medio de entrevistas personales (cara a cara) en vivienda con un
cuestionario estructurado; con una población objetivo que consiste en adultos (hombres y
mujeres de 18 años cumplidos y más) que residen de manera permanente en territorio nacional.
Y, con representatividad por regiones de violencia (estados de alta, media y baja violencia) y con
una sobremuestra que vuelve representativos los resultados obtenidos para Guanajuato,
Guerrero, Estado de México, Distrito Federal y Veracruz; con lo cual es posible medir efectos
fijos por región. A continuación se describen la variable dependiente, las variables
independientes y las variables de control consideradas para el modelo:
I. Variable Dependiente:
En el modelo, la variable dependiente que se emplea consiste en si el encuestado dijo haber
participado, o no, en una de las nueve formas de participación política no electoral consideradas
en el cuestionario. Los fraseos de pregunta que se emplearon son: «Ahora le voy a leer una lista
de actividades políticas. Dígame si usted ha participado [o no ha participado] en alguna de ellas»
y «En alguna ocasión ha ido usted a su Ayuntamiento o Delegación política a proponer alguna

144

�idea, apoyar algún proyecto o realizar una demanda, o no lo ha hecho». Las opciones de respuesta
(formas de participación política no electoral) consideradas son: marchas, caravanas de
automóviles, mítines o actos masivos, firma de peticiones, reparto de volantes de casa en casa,
ocupación de edificios públicos (calles, carreteras o avenidas), participar en una campaña política
como colaborador y, participar en el Ayuntamiento. Al tratase de variables dicotómicas, se asignó
el valor 0 a la no participación y 1 a la participación en cada una de las formas de acción política
arriba mencionadas. Posterior a lo cual se procedió a sumar las variables dicotómicas para crear
un índice de participación política no electoral, con valores que van del 0 (no participa) a 9
(participa en todas las formas consideradas en la medición).
Tabla 3. Frecuencias de la variable dependiente: Participación política no electoral

Participación no
electoral
(frecuencia)
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
Total

Frecuencia
1,482
584
275
193
111
80
53
38
59
25
2,900

Porcentaje
51.10
20.14
9.48
6.67
3.82
2.76
1.83
1.31
2.03
0.86
100.00

II. Variables Independientes:
Se consideran dos variables independientes para el modelo: (VI1) la victimización y (VI2) los
cambios en la percepción de inseguridad en el país. La primera de estas variables es de tipo
dicotómica y consiste en si el entrevistado dijo haber sido víctima en los últimos doce meses de
algún delito de alto impacto. La pregunta de cuestionario que se consideró para medir esta
variable lee: «Por favor dígame si en los últimos doce meses usted fue víctima de alguno de ellos»;
donde las opciones de respuesta son: robo personal, robo en casa, robo de auto, homicidio, robo
de autopartes, robo de comercio, riñas, secuestro y, finalmente, delitos sexuales.

145

�La segunda variable considerada mide los cambios en la percepción de seguridad en el
país: «En comparación con hace seis meses, ¿usted diría que la delincuencia ha aumentado o ha
disminuido en nuestro país?». Y, las opciones de respuesta son: ha aumentado mucho, ha
aumentado algo, no ha aumentado ni disminuido, ha disminuido algo y, ha disminuido mucho.

Tabla 4. Frecuencias de la variable independiente 1: Victimización

Victimización
(frecuencia)
0
1
2
3
4
5
6
7
Total

Frecuencia
1,831
668
261
90
29
4
1
1
2,885

Porcentaje
63.47
23.15
9.05
3.12
1.01
0.14
0.03
0.03
100.00

Tabla 5. Frecuencias de la variable independiente 2: Percepción de inseguridad

Percepción de la delincuencia
(frecuencia)
Disminuido mucho
Disminuido algo
Ni aumentado ni disminuido
Aumentado algo
Aumentado mucho
Total

Frecuencia
72
222
356
633
1,596
2,879

146

Porcentaje
2.50
7.71
12.37
21.99
55.44
100.00

�III. Variables de Control:
Las variables de control que se consideran son:55 (VC1) interés en política (medido a partir de
una pregunta de auto ubicación en la cual se cuestiona al entrevistado si él se considera una
persona que se interesa mucho, algo, poco o nada en la política); (VC2) la participación en
organizaciones sociales (considerando la participación activa en sindicatos, asociaciones
profesionales, partidos políticos y organizaciones ambientalistas); (VC3) la intención de voto
futuro (medido a partir de una variable dicotómica construida con la pregunta «Si hoy fueran las
elecciones para Diputados Federales, ¿por cuál partido votaría usted?», agrupando entre quienes
mencionaron un partido [1] y quienes dijeron no votar o no expresaron respuesta [0]); (VC4) si
ha realizado trabajo voluntario que implique donar tiempo; (VC5) asistencia a rituales religiosos
(a partir de la pregunta «En el último mes, en promedio, ¿con qué frecuencia asistió a servicios
religiosos?»); (VC6) confianza interpersonal (medido como una escala de auto ubicación de diez
valores que ubica al encuestado entre quienes consideran que las personas sólo se preocupan por
si mismas [1] y quienes opinan que las personas tratan de ayudar a los demás [10]); (VC7) edad
(a partir de 18 años en adelante); (VC8) ingreso (en las categorías que van del estrato A al G); 56
(VC9) la escolaridad (para lo cual se consideran las siguientes opciones: ninguna, primaria
incompleta/completa, secundaria incompleta/completa, carrera técnica, preparatoria y
universidad o más)57 y; (VC10) género.

55

Con base en lo expuesto por Henry E. Brady, Sidney Verba y Kay L. Scholzman (1995), las variables
que pueden influir sobre la acción política son: donación de tiempo y dinero así como la adopción de habilidades
ciudadanas. Asimismo, de acuerdo con Jan Teorell, Mariano Torcal y José Ramón Montero (2007) lo que
determina la participación política de los individuos es la intención de voto futuro, la participación en
organizaciones sociales y políticas, y la asistencia religiosa.
56
La pregunta considerada para medir los estratos de ingreso dice: «Sumando los ingresos de todas las
personas que trabajan en esta casa, ¿en qué letra ubicaría el ingreso mensual de este hogar?». Los estratos son
los siguientes: A. 0-1 salario mínimo (0-1,460); B. 1-3 sal. mín. (1,461-4,380); C. 3-5 sal. mín. (4,381-7,301);
D. 5-7 sal. mín. (7,302-10,221); E. 7-10 sal. mín. (10,222-14,601); F. 10-30 sal. mín. (14,602-43,803); G. 30 +
sal. mín. (43,804 y más).
57
Al tratar sobre la importancia que tienen las variables de control sobre la democratización de las
sociedades, cabe retomar -de manera breve- la discusión académica sobre la relevancia de la educación y el
ingreso. A continuación se hace un recuento de los argumentos.
Educación: Considerando la actitud ciudadana hacia la democracia, retomamos a S. M. Lipset para
quien el factor aislado más importante que diferencia a las personas que suministran respuestas democráticas
de las demás es la educación, por lo tanto establece que cuanto más elevada sea la instrucción, tanto más
probable es que se crea en los valores democráticos y se apoyen las prácticas de igual tipo. Así, «la educación,
si bien no hace de los hombres buenos ciudadanos, les facilita al menos que se conviertan en tales» (Seymour
Martin Lipset, op. cit., p. 34).
Ingreso: Además de un aumento en la educación, un aumento en la riqueza también sirve a la
democracia pues ambos factores alejan a las clases bajas de enrolarse en determinadas ideologías (adversas o

147

�Resultados
Los resultados obtenidos con el ejercicio de regresión resultan relevantes y reveladores para
contestar a la pregunta de investigación planteada en este artículo: (1) si haber sido víctima de
uno o más delitos considerados de alto impacto afecta el grado de participación política no
electoral de los individuos y; (2) si la percepción de inseguridad en el país afecta las formas de
participación política no electoral de los ciudadanos. Como se muestra a continuación (Gráfico
1) no se puede sustentar la primera hipótesis planteada («[H1] se espera que a mayor percepción
de inseguridad haya mayor participación política no electoral») y; no hay elementos para descartar
la hipótesis dos ya que se encontró una correlación significativa con tendencia positiva entre los
niveles de victimización y la participación no electoral de los ciudadanos («[H2] se espera que la
población que ha sido víctima de algún episodio criminal de alto impacto sea más propensa a la
participación política no electoral que la población en general»). Asimismo, en el apéndice 1 se
muestra los resultados de la estadística descriptiva para cada variable (numero de observaciones,
valores mínimos/máximos, media, desviación típica, oblicuidad y curtosis).

Gráfico 1. Gráfico de coeficientes

contrarias a la democracia) y los hacen menos receptivos a los extremismos políticos. Aún así, todos los estudios
que al respecto se han emprendido indican que la educación es más significativa que los ingresos o la ocupación
(Seymour Martin Lipset, op. cit., pp. 35-36 y 45).
Educación vs. Ingreso. Dos visiones: La literatura sobre desarrollo democrático presenta dos
argumentos divergentes. En primer lugar se encuentran aquellos autores que dan mayor peso a la educación, en
función de la evidencia que muestra que la contribución de la educación a la democracia es muy directa y fuerte,
modificando la conducta individual de la población y haciendo de su cultura política una más afín a los valores
democráticos (Seymour Martin Lipset, op. cit., p. 35) y donde «se entiende por régimen democrático un
conjunto de reglas procesales para la toma de decisiones colectivas en el que está prevista y propiciada la más
amplia participación posible de los interesados» (Norberto Bobbio, op. cit., p. 18). Es decir, que encuentran una
asociación positiva entre la educación y la democratización de la población. Esto lleva a una cuestión irresuelta
sobre si las actitudes del público en general (cultura política) son una causa o un efecto del establecimiento o la
estabilidad de los regímenes democráticos en México (1990-2005), Foro Internacional, 4(2007), p. 927).
En segundo lugar están quienes, como M. Weber, sugieren que la democracia moderna, en su forma
más clara, sólo puede manifestarse bajo la industrialización capitalista (Seymour Martin Lipset, op. cit., p. 26).
Sin embargo, la discusión se remonta mucho tiempo atrás: desde Aristóteles hasta el presente se ha argumentado
que sólo en una sociedad opulenta en la cual relativamente pocos ciudadanos vivan en un nivel real de pobreza,
se puede hallar una situación en la cual la masa de la población participe de manera inteligente en política y
desarrolle la «autoconciencia suficiente para evitar sucumbir al llamado de demagogos irresponsables»; así, una
sociedad dividida en una gran masa empobrecida y una pequeña élite favorecida resulta ya sea en una oligarquía
(gobierno dictatorial del pequeño estrato superior) o en una tiranía (dictadura de base popular). Por lo mismo,
E.N. Muller y M.A. Seligson consideran que uno de los determinantes más importantes para el ámbito
democrático de un Estado es la desigualdad del ingreso (Ma. Fernanda Somuano, art. cit., p. 927).

148

�Conclusiones
A diferencia de lo planteado por la literatura que trata sobre los efectos de las percepciones de
inseguridad, se encontró que para el caso mexicano la percepción del estado que guarda la
violencia en el país no tiene efectos significativos sobre la participación política no electoral de
la ciudadanía. Es decir, se encontró que lo expuesto en la literatura en materia de percepción de
inseguridad y desarrollo democrático no se sustenta para el caso de México -al menos no con los
datos empleados. Esto resulta relevante ya que nos puede servir como una forma de señalar el
grado al que llega la inacción ciudadana en el país; donde a diferencia de otros casos de estudio,
en México el sentimiento de inseguridad no genera formas adicionales de acción política desde
el punto de vista del comportamiento individual de los ciudadanos. Cabe destacar lo grave de
este descubrimiento ya que refleja (1) los retos futuros que van a significar los estragos
psicológicos y psicosociales resultado de una sociedad reprimida en sus formas de participación
política y, (2) la falta de consolidación de los valores democráticos que llevan a la acción

149

�ciudadana encaminada a proteger la continuidad de las reglas y normas a seguir en un régimen
democrático. Lo anterior, de acuerdo con las teorías de consolidación de la democracia que
exponen la importancia de que los ciudadanos consideren que pueden influir de manera real
sobre la toma de decisiones en política por medio de su participación activa en el gobierno.
Asimismo, con los resultados del modelo, es posible asegurar que los índices de
victimización afectan al alza la participación política no electoral; es decir, a mayor incidencia
delictiva mayor la probabilidad de que el ciudadano incurra en formas de participación política
como asistencia a marchas, toma de edificios públicos, firma de peticiones y otras formas de
participación consideradas en el modelo.
Con los resultados obtenidos a partir de este análisis, se dibuja un escenario en el desarrollo
político de las sociedades mexicanas donde son las víctimas del delito las que se encuentran
empujando la participación política de los ciudadanos para influir en el Estado mexicano por
medio de demandarle que cumpla su tarea principal (y motivo de ser), que es la provisión de
seguridad a sus ciudadanos.
Como sociedad no podemos dejar que sean las víctimas las que carguen sobre su lomo
tanto los efectos adversos sobre la psique de vivir un episodio criminal, como la labor ciudadana
de exigir que el Estado cumpla sus tareas primordiales y fundacionales de provisión de seguridad.
Por lo cual resulta muy relevante -y materia de una investigación posterior- las formas que se
pueden impulsar desde la sociedad y los gobiernos, para fomentar la participación ciudadana en
torno a la consolidación de los valores democráticos.

Referencias
Barahona, E., Rivas, C.,(2011) Explorando las implicaciones de la 'epidemia del crimen' en México, en
Marti,S et al. (coord.), La democracia en México. Un análisis a 10 años de la
alternancia, (pp.
240-241). Barcelona: Bellaterra,
Bateson, R. (2012). Crime Victimization and Political Participation. American Political Science
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Brady, H., Verba, S., &amp; Schlozman, K. (1995). Beyond SES: A Resource Model of Political
Participation. American Political Science Review, (2), pp. 271-294.
Burke, E., (1777). A letter to John Farr and John Harris, Esqrs., Sheriffs of the City of Bristol,
The Affairs of America, Londres: s.p,i , p.203.

150

en

�Condry, J., Popper, K., Wojtyla, K., Clark, C., (1994). Ladrona de tiempo, criada infiel, en La
televisión es mala maestra, (Isidro Rosas Alvarado, trad), México: Fondo de Cultura
Económica.
Hobbes, T . (2014). Leviatán: o la materia, forma y poder de una República eclesiástica y civil. México:
Fondo de Cultura Económica.
Keane, J. (2004). Violence and Democracy, Cambridge: University Press, p. 123
Louw, A., (2007), Crime and Perceptions after a decade of democracy, Social Indicators
2 p. 241.

Research,

Maalouf, A. (2009). Identidades asesinas. (Fernando Villaverde, trad.) Madrid: Alianza. (Obra
original publicada en 1999)
Mainwaring, S., Scully, T.R, (2010), Measuring Success in Democratic Governance, en
Mainwaring, S. (ed), Democratic Governance in Latin America, (pp. 29-31). Stanford:
University Press.
Marti, S. Y Ortega, R., Somuano,F., (2011) La democracia en México. Un análisis a 10 años de la
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Sánchez, R. (1987). Mientras no cambien los dioses nada habrá cambiado. Madrid: Alianza.
Schedler, A. (2015). En la niebla de la guerra. México: CIDE.
Teorell, J., Torcal, M., Montero, J., Westholm, A. (2007) Political Participation, en Citizenship and
Involvement in European Democracies: A Comparative Analysis, (pp. 334-357)
London: Routledge.

151

�Apéndice 1: Estadística Descriptiva

152

�Política, Globalidad y Ciudadanía
Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública
Universidad Autónoma de Nuevo León
Vol 2. Núm 4. Agosto-diciembre 2016, pp. 153-167
ISSN: 2395-8448

Laboratorio del Procomún y Teoría del Actor Red: Propuesta de
Aplicación al Proceso de Reforma a la Ley de Aguas en México
“Procomún” Laboratory and Actor-Network Theory: Proposal for
Application on the Reform Process of the Mexican Water Law
Yolanda Alicia Villegas González. Estudiante del Doctorado en Estudios Humanísticos con foco en Ciencia,
Tecnología y Sociedad del Instituto Tecnológico y de Estudios Superiores de Monterrey, Campus Monterrey.
Actualmente se desempeña como Gerente Jurídico Internacional en Alfa, S.A.B. de C.V. Titular de la Comisión
de Energía de la ANADE, N.L. Licenciatura y Maestría en Derecho, Tecnológico de Monterrey, Campus
Monterrey. Ha cursado diplomados en Cornell University, Harvard University, Université de la Sorbonne, y
Georgetown University.
Fecha de envío: 1 de enero 2016
Fecha de aceptación: 13 de abril 2016

Si la antropología es el estudio comparativo de las sociedades, de la humanidad en lo que
tiene de ‘común’, ¿cabría acaso argumentar que entre todas las ciencias sociales es la
antropología la que mejor preparada está para afrontar la problematización de un
fenómeno (aparentemente) emergente como el ‘procomún’?
-Alberto Corsín58

Resumen/ Abstract
Este texto tiene la intención de incentivar el uso del Laboratorio del Procomún y de
la Teoría del Actor Red por la sociedad civil mexicana, de tal forma que se eficiente la

58

A mayor abundamiento, favor de consultar los artículos publicados por dicho autor en el
siguiente link, disponible al 06 de abril de 2016: http://medialabprado.es/person/alberto_corsin_jimenez

153

�participación de la ciudadanía en torno a un problema eminentemente social y con tintes de
seguridad alimentaria y nacional: la Reforma a la Ley de Aguas de México.
This text intends to encourage the use of the Mexican civil society of the “Procomún”
Laboratory and of the Actor-Network Theory in order to increase and improve the citizens’
participation in relation to an issue that can be characterized both as a social matter in terms
of food security governance, as well as a national security problem: the Mexican Water Law
Reform.

El presente artículo tiene la finalidad de presentar una propuesta para que se lleve a
cabo un MediaLab59 en un tema “procomún”, como lo es el caso de la Reforma a la Ley de
Aguas en México (la “Reforma”). En este sentido, se analiza además la racionalidad de
utilizar la Teoría del Actor Red de Bruno Latour como mecanismo para fundamentar la
necesidad de realizar foros donde efectivamente participen los distintos actores humanos y
actantes, en problemáticas que afectan gravemente a la sociedad.
Sobre el particular, es importante visualizar la problemática de la escasez del agua en
México como una cuestión que nos atañe a todos los mexicanos, y por ende, todos los
miembros de la comunidad debieran tener la oportunidad de participar en lo concerniente al
proceso de Reforma.
Y cuando menciono que todos debemos ser partícipes, lo expreso en el tenor de que
por lo menos los grupos más representativos de la sociedad civil (y no solo de los grupos
económicos preponderantes, como lo pueden ser las cementeras, los miembros de la
ANEAS60, algunas universidades de la Ciudad de México, los grupos de agricultores y el
propio Gobierno, a través de sus distintas instancias –Ejecutivo, Legislativo y Judicial-)
tienen que ser escuchados a este respecto.
Habiendo dicho esto, y siendo que existe un área de oportunidad relevante para que
la comunidad en su conjunto exprese sus ideas y sea parte del cambio que se derive de la
Reforma, propongo la utilización de la fórmula del “Laboratorio del Procomún”, creada por

59 Para revisar este término y sus implicaciones, favor de remitirse a la siguiente página web,
disponible al 25 de abril de 2016: http://medialab-prado.es
60
ANEAS es el acrónimo de la Asociación Nacional de Empresas de Agua y Saneamiento
de México, A.C.

154

�Antonio Lafuente, la cual “tiene como objetivo articular un discurso y una serie de acciones
y actividades… Procomún busca expresar mediante un término nuevo una idea muy antigua:
que algunos bienes pertenecen a todos y que en conjunto forman una comunidad de recursos
que debe ser activamente protegida y gestionada” (MediaLab Prado, 2014).
El “Laboratorio del Procomún” es un claro ejemplo de cómo un foro que conjunta a
personas de diversos ámbitos, como lo es el del derecho, el periodismo, la política, la
ecología, el activismo, etc., coadyuva a la formación de grupos de trabajo que se reúnen
periódicamente para trabajar, ya sea en línea o de manera presencial, para debatir y planificar
acciones que aportan concientización en relación con el valor de los diversos “procomunes”,
y sobre los peligros que representan una amenaza a los mismos.
Para Antonio Lafuente:
“La noción de procomún es un concepto ancho, plural y elusivo. Ancho, porque
abarca una considerable diversidad de bienes naturales (selvas, biodiversidad, fondos
marinos o la Luna), culturales (ciencia, folclore, lengua, semillas, Internet), sociales
(agua potable, urbe, democracia, carnaval) y corporales, también llamados de la
especie (órganos, genoma, datos clínicos).
Plural, porque son tan múltiples como los muchos modos de existencia que adoptan
las comunidades, tanto en el plano local, como en el regional, estatal o internacional,
pues no hay comunidad sin un procomún donde asentarse.
Elusivo, porque siendo fundamental para la vida lo tenemos por un hecho dado. Un
don que sólo percibimos cuando está amenazado o en peligro de desaparición”
(MediaLab Prado, 2007).
Así las cosas, al calce de la descripción de Lafuente sobre el concepto de “procomún”
y en conexión con el agua y con la Reforma, podemos decir que siendo que la primera es un
bien natural social con base en el cual se sustenta la vida del ser humano, y que se encuentra
actualmente amenazada en cuanto al sobreuso, explotación y contaminación del recurso en
México, parecería lógico aplicar este tipo de modelo (“Laboratorio del Procomún”) para
examinar la Reforma y sus implicaciones a nivel comunitario.
El “Laboratorio del Procomún” podría llevarse a cabo siguiendo el modelo previsto
por MediaLab Prado para la “Cultura de lo Común”, y según las etapas que indican los

155

�autores Andoni Alonso y Antonio Lafuente (Alonso &amp; Lafuente). Consecuentemente, se
propone la siguiente metodología para utilizarse con actores de la comunidad (sociedad civil)
en el estudio de la Reforma:
Fase

Nombre

Descripción

1

Taller

Los interesados en el proyecto se reunirán en un taller que
se celebrará en un foro/auditorio, para adoptar las primeras
decisiones y atribuir las primeras responsabilidades.

2

Wiki

Cada

uno

de

los

autores

comprometidos

tomará

responsabilidades en la redacción de una o varias propuestas
en relación con la Reforma, y se enlistarán las principales
áreas de oportunidad y preocupaciones del grupo.
Asimismo, se creará un índice que permita captar
ordenadamente las diferentes aportaciones que los demás
miembros del proyecto quieran efectuar.
3

Libro

Una vez transcurrido el periodo fundacional (la duración
puede variar dependiendo del número de personas que
deseen participar, del alcance geográfico del proyecto, y del
lapso que los asistentes decidan otorgar para la presentación
de la Wiki), la Wiki quedará abierta a la colaboración de
cualquier persona que desee participar, miembros o no del
colectivo inicial, y seguirá creciendo como un proyecto
procomunal. Simultáneamente, el trabajo inicial podría
publicarse en el formato de libro (con licencia abierta y pdf
gratuito, además de accesible) para lograr otras formas de
complicidad, de sinergia y de lectura distintas a las que se
dan en la red. Además, se podrá presentar el resultado ante
los legisladores para que sea tomado en consideración en la
Reforma.

En conexión con la realización de un “Laboratorio del Procomún” para la Reforma,
es vital percatarse de que “convocar a la gente para discutir sobre el procomún (los bienes

156

�que creíamos de todos y de nadie al mismo tiempo que debemos legar a las generaciones
futuras) plantea el problema de identificar las comunidades que sostiene y son sostenidas por
estos bienes compartidos. No hay procomún sin comunidad, y viceversa” (Lafuente, 2008).
Para el caso del agua y de la problemática de su escasez, es notorio que existe
preocupación de la población por este tema, y que si se incentiva adecuadamente la
participación de la sociedad civil en este modelo, será bastante sencillo agrupar distintos
segmentos (escuelas, académicos, empresas, público en general, etc.) que opten por formar
parte del “Laboratorio del Procomún”.
La racionalidad detrás de conjuntar a la sociedad civil en el análisis de la Reforma,
tiene su origen en el hecho de que en muchas ocasiones los gobernantes y legisladores de
nuestro país toman decisiones que no apuntan al beneficio de la población, y que favorecen
a grupos de poder que cabildean para salvaguardar intereses de corto plazo, y que incluso
ponen en peligro o amenazan la sustentabilidad de las fuentes convencionales de agua.
Además, hemos sido testigos a lo largo de la historia política de México que dichos
grupos de poder han logrado vender sus ideas al Gobierno y al sistema legislativo nacional
so pena de altos costos tanto a nivel económico como ambiental.
Por ende, si (i) se logra aplicar una nueva forma de trabajo colaborativo (que simule
las prácticas de un laboratorio tradicional) al tema procomún de la escasez del agua, y (ii) se
convoca, en adición a miembros de la sociedad civil, a cierto número de expertos que
escuchen las exposiciones de invitados al “Laboratorio del Procomún”, discutiéndose
finalmente el contenido de la exposición, (a) se hace factible para la comunidad el clarificar
los fundamentos empíricos y los alcances teóricos del marco conceptual de la Reforma, y (b)
se institucionaliza la relación entre dichos expertos y el público en general.
El modelo que se plantea puede ser adoptado para una amplia gama de temas en
México, y tiene el propósito de generar un laboratorio de ideas compartido por la comunidad
en el que se apueste por un mundo hecho entre todos, un mundo común. Tal y como lo
menciona Antonio Lafuente en sus reflexiones sobre cómo puede evolucionar el
“Laboratorio del Procomún”:
“Un laboratorio sirve para hacer visibles aspectos ocultos (o desdibujados) de la
realidad, así como para reunir fragmentos diseminados del entorno, lo que explica
que muchos antropólogos o sociólogos afirmen que en la práctica un laboratorio crea

157

�la realidad. Y por eso no es sorprendente que la realidad pueda ser vista como un
laboratorio o que el laboratorio pueda ser visto como lugar de producción y
reproducción de la realidad. O, en pocas palabras, que cada vez es más difícil
distinguir dónde empieza y termina el laboratorio, o cuáles son sus fronteras. Tanto
es así, que hablar de laboratorio sin muros no implica apostar por algo inexistente o
ultimísimo, sino reconocer la dificultad para dibujar la línea divisoria entre el dentro
y el fuera de lo que (allí) sucede” (Lafuente, Laboratorio sin muros).
De lo anterior se desprende que el “Laboratorio del Procomún” genera un esquema
sin muros que crea una comunidad de practicantes alrededor de un problema, con una serie
de reglas que les permite producir resultados e interactuar con actores experimentados y sin
experiencia en la temática, con el objeto de “hacer visibles comunidades emergentes de
concernidos: darles la palabra, darles el tiempo, darles la experiencia, darles la tecnología,
darles los media, darles las palabras” (Lafuente, Laboratorio sin muros).
A mayor abundamiento,
“el procomún entonces es creado y recreado, conectado y reconectado: nace de la
interacción entre los concernidos que echan en falta algo que se les está negando y
que lo daban por hecho, heredado o inalienable. El procomún es un estado de
emergencia (por imprevisible y por urgente), surge del empoderamiento de los
afectados que reclaman derechos amenazados o destruidos. El procomún redime a los
públicos de su condición de súbditos/consumidores y fragmenta la sociedad en
comunidades resistentes a la realidad. No hay procomún sin comunidad: hacerlo
visible es el trabajo del laboratorio” (Lafuente, Laboratorio sin muros).
Del texto de Lafuente antes transcrito, podemos vislumbrar la importancia del
empoderamiento de los participantes del “Laboratorio del Procomún”, de tal forma que
puedan constituir elementos de lucha contra la realidad imperante. Esa lucha, en el caso de
la Reforma, es vital para lograr un cuerpo normativo ad-hoc con las necesidades de
suministro de agua para todos los sectores de la población mexicana. Debemos crear
“comunidad” para todos los “procomunes” y generar dinámicas de laboratorio con grupos,
acciones y objetivos claros, que coadyuven a la iniciación de nodos, redes de actores
“ciudadanos” y actantes en aras de concretar acuerdos con los órganos de gobiernos

158

�respectivos, que impidan la destrucción de tales bienes, o bien, que reduzcan la amenaza que
se posa sobre ellos.

Asimismo, es trascendental cambiar la visión sobre las formas y mecanismos de
acceso de las masas a la información y al conocimiento. Es relevante mencionar que “por un
largo periodo de tiempo, la infraestructura epistémica fue controlada por las élites, y sólo
para el beneficio de las élites” (King, 2012). Luego entonces, el “Laboratorio del Procomún”
permitiría efectuar un cambio en la infraestructura epistémica mexicana y puede incluso
lograr nuevas formas de conocimiento y de aportación ciudadana; se convertiría en un
proyecto donde se aplique el término de “Research in the Wild”61, y que sensibilice (al mismo
tiempo que obligue) en cierta medida a nuestros legisladores a tomar las mejores
consideraciones (o al menos las consideraciones consensuadas con múltiples grupos de
interés) en cuanto a la problemática de la escasez del agua en México.
Y es precisamente en este punto donde es pertinente volver al argumento esbozado
inicialmente por Lafuente, en el sentido de que la degradación de un bien implica el
debilitamiento de una comunidad. La explicación que este autor da en su artículo
“Comunidades de afectados, procomún y don expandido”, es particularmente interesante.
Antonio Lafuente concretamente expresa que:
“La relación entre procomún y comunidad es estructural, al extremo de que no hay
procomún sin comunidad, ni comunidad sin procomún. La noción de comunidad está
repleta de connotaciones tan complejas como delicadas… Nuestras comunidades
están formadas por personas que se sienten amenazadas y que echan en falta algo que
de pronto, desde que les ha sido arrebatado, consideran clave. Hablamos entonces de
comunidades de extraños, emergentes y en lucha. Lo que tienen en común, lo que
forzó su cohesión, tiene una doble naturaleza: de una parte, que a todos les aprieta el
zapato en el mismo sitio y, de otra, que han decidido luchar contra lo que consideran
una agresión. Hablamos entonces de comunidades de afectados que intentan ser de

61

Este concepto hace alusión a una nueva manera de investigar, en la cual participan actores
científicos y personas de una comunidad determinada (que no pertenecen al ámbito
científico) que tienen interés en la realización de tal actividad investigativa, y cuyo resultado
es la creación de sinergias entre la comunidad científica y la sociedad civil.

159

�empoderados y, en el extremo, de afectos” (Lafuente &amp; Corsín, Comunidades de
afectados, procomún y don expandido, 2010).
Con base en lo anterior, es menester señalar que el agua es un bien que debe ser
tutelado por los seres humanos con el mayor de los cuidados, y es, sin lugar a dudas, una
cuestión sobre la cual todos podemos unirnos y luchar. El empoderamiento intrínseco en las
comunidades que se crean en el “Laboratorio del Procomún”, apoya a la lucha en contra del
mal uso y de la pobre gestión que el gobierno mexicano ha realizado sobre el recurso hídrico.
Ahora bien, ya que he ilustrado la necesidad de optar por un foro como el del
“Laboratorio del Procomún”, es relevante señalar que uno de los principales temas a tratar
(cuando menos al inicio del laboratorio), es el de la identificación de los actores humanos y
actantes dentro del sistema gubernamental y privado del agua en México. Para ello, propongo
la utilización de la “Teoría del Actor Red” de Bruno Latour, y enmarco la importancia de
efectuar este ejercicio en el hecho de que la comunidad debe entender las situaciones fácticas
y las relaciones de poder que se entremezclan en el aparato estatal y no gubernamental, que
ayudan o que simbolizan por el contrario un deterioro en el uso sustentable del agua en
nuestro país.
Y más aún, el propio “Laboratorio del Procomún” puede ser una fuente de
investigación aplicada dentro de la teoría de Latour. Podría contemplarse como un caso de
estudio, y dada la importancia del fenómeno que se investiga, sería una gran oportunidad
para crear conocimiento compartido.
En este sentido, la “Teoría del Actor Red” es susceptible de aplicación porque los
participantes del “Laboratorio del Procomún”, requerirán conocer los paradigmas de ciencia
que cada actor (gubernamental y no gubernamental) detenta en relación con la escasez del
agua. Además, es necesario que los ciudadanos comprendan las redes que se encuentran atrás
de las decisiones y consideraciones a ser plasmadas en la Reforma.
Dado que para solventar el problema de la escasez del agua en México se requiere de
hacer cambios tanto a nivel de política pública, como a nivel legislativo, organizacional y de
forma de implementación de las políticas públicas y de la legislación, es menester reconocer
que como sociedad debemos estar al tanto de los aspectos tecno-científicos a ser aplicables
al manejo y gestión del vital recurso. Sobre el particular, vuelvo a insistir en la importancia
de examinar las prácticas cotidianas de los actores más relevantes en la materia. Un actor

160

�fundamental es la Comisión Nacional del Agua (“CONAGUA”), y en este tenor, es factible
analizar las prácticas cotidianas de esta institución y con base en ello presentar sugerencias
claras y precisas a ser contempladas en la Reforma.
Tal y como lo señala John Law:
“La teoría del actor-red es una familia diversa de herramientas semiótico-materiales,
sensibilidades y métodos de análisis que tratan todos los elementos de los mundos
naturales y sociales como un efecto, generado permanentemente, de las redes de
relaciones dentro de las que están ubicados” (Law, 2007).
En este marco contextual, al revisar las redes dentro de la propia CONAGUA, los
participantes serán capaces de lograr instaurar mecanismos normativos que impidan que el
bien procomún continúe en peligro o amenazado. Y aquí es donde las potencialidades y
valoraciones sobre probabilidades (retomados por la “Sociedad del Riesgo”) de que los
peligros puedan limitarse o erradicarse con base en las propuestas de ley a ser retomadas en
la Reforma, así como en la cuestión de implementación por este órgano desconcentrado
(CONAGUA), adquieren particular relevancia.
Un tema que el “Laboratorio del Procomún” podría revisar, es el paradigma de
innovación que la CONAGUA ha adoptado en cuanto a la construcción de infraestructura y
de métodos para lograr el suministro de agua a todos los sectores de la población. Al
efectuarlo, sería prudente entonces que el pasado perdiera su poder para determinar al
presente, y que el futuro se construyera a partir de consideraciones consensuadas donde se
incentive, por ejemplo, la aplicación de nuevas tecnologías que sean más eficientes, eficaces,
sustentables y económicamente viables, al ser menos costosas.
En seguimiento a lo anterior, el “Laboratorio del Procomún” podría analizar las
políticas públicas en materia de agua de los últimos 25 años (periodo en el que ha estado
vigente la Ley de Aguas Nacionales), y las redes entre actores gubernamentales y privados
(verbigracia, las cementeras y los miembros de la ANEAS, entre otros) para proponer
regulación que impida que el conflicto de intereses prevalezca en el manejo/gestión del agua
y de su suministro a la población.
A la luz de lo expuesto, cabe hacer valer el hecho de que los ciudadanos tienen la
prerrogativa de resistirse contra el Estado cuando el mismo incumple con sus obligaciones

161

�de garantizar la seguridad y la paz públicas; y siendo el agua un recurso vital para la
supervivencia del ser humano, se insta porque los espacios y foros consagrados al estilo del
“Laboratorio del Procomún”, sean percibidos bajo esta concepción originaria de Thomas
Hobbes, como una forma de resistirse ante la ineficacia de los gobernantes y autoridades en
la materia, con respecto a la gestión hídrica en México.
En la actualidad, los ciudadanos somos conscientes de la escasez del agua y del estrés
hídrico en diversas áreas del país, por lo cual cívicamente hay que vislumbrar que “no hay
mejor abono para los riesgos que el negarlos” (Beck, 2001). Entonces, a efecto de disminuir
los riesgos en el tema del agua, hay que ganar empoderamiento como ciudadanos e influir en
la toma de decisiones de los agentes que se encuentran en el poder.
En este orden de ideas, es necesario tomar en cuenta lo previsto por Ulrich Beck en
torno a que “cuantos menos riesgos se reconozcan públicamente, más riesgos se producen”
(Beck, Retorno a la Teoría de la Sociedad del Riesgo, 2001). Por ende, el “Laboratorio del
Procomún” representa un formato que ayudaría a publicitar las áreas de oportunidad en la
legislación y en las concepciones de ciencia y tecnología de los actores y agentes
primordiales en la Reforma, causando así la reducción de riesgos futuros en el manejo del
agua.
Acorde con Ulrich, “muchas teorías sociales (incluidas las de Michael Foucault y las
de la Escuela de Frankfurt de Max Horkheimer y Theodor Adorno) pintan la sociedad
moderna como una prisión tecnocrática de instituciones burocráticas y conocimiento experto,
en las que las personas son meros engranajes de una máquina gigantesca de tecnocrática y
burocrática racionalidad” (Beck, Retorno a la Teoría de la Sociedad del Riesgo, 2001). En
mi opinión, estamos ante una Reforma que nos permite rechazar esta concepción social y que
puede establecer en la especie a la sociedad civil como un actor fundamental, aminorando la
cultura tecnocrática y burocrática de nuestro país.
Ahora bien, si tenemos presente que la “Teoría del Actor Red” pretende describir el
mundo natural y social como producto de redes de relaciones entre actores, será de interés el
entendimiento de los participantes del “Laboratorio del Procomún” en los “cómos” más que
en los “porqués”. Además, es pertinente utilizar dentro de dicho foro la “investigación en
libertad” realizada por los ciudadanos sensibilizados en el tema del agua, y preocupados
porque la Reforma cumpla adecuadamente con las necesidades de suministro de la población.

162

�De esta manera, se tiene que “la incorporación de otros actores [además de los agentes
gubernamentales y del cabildeo de la iniciativa privada en materia de agua] en procesos de
aprendizaje social en los que expertos y grupos de la sociedad civil cooperan en la
investigación, tiene como resultado, según Callon, que la investigación y la innovación se
transfieran de forma más natural a la sociedad” (Echeverría &amp; González, 2009). Y ello es
trascendente porque nuestra sociedad requiere conocer los aspectos tecno-científicos
imperantes para opinar sobre la mejor forma de cuidar los “procomunes”.
Además, es vital concientizarnos de que:
“… Tanto sociedad como naturaleza, antes que causas, son consecuencias, el efecto
de complejas negociaciones, alianzas y contraalianzas que forman parte de la
actividad de los científicos. Nada es autoevidente o ajeno a la necesidad de ser
explicado, ni siquiera distinciones tan aparentemente fundamentales como la
distinción entre seres humanos y no humanos… Tanto las entidades que
denominamos sociales como las llamadas naturales son construcciones o emergencias
de redes heterogéneas, de entramados compuestos por materiales diversos cuya
principal característica es precisamente la mencionada heterogeneidad que se da entre
ellos” (Tirado &amp; Domenech, 2005).
Luego entonces, podríamos afirmar que es de gran importancia la propuesta de incluir
a la sociedad civil en el proceso de toma de decisiones con respecto a la Reforma. Asimismo,
las relaciones que se entrelazan entre los actores y actantes involucrados en la Reforma son
tan complejas, que la única forma coherente y eficaz de que las ideas de la población sean
consideradas es a través de foros de discusión que estén representados por distintos gremios
sociales, y que tengan ese empuje y empoderamiento ante el Gobierno, y por qué no, ante las
diversas élites, a efecto de alcanzar consensos y de eliminar prácticas que ponen en peligro a
los “procomunes”.
En este mismo orden de ideas, “una de las propuestas más controversiales de la TAR
[Teoría del Actor Red] ha sido la introducción del concepto de “agencia” para referirse a la
capacidad de acción de los “no-humanos”” (Vaccari, 2008). Este concepto de “agencia” es
importante porque para el tema de la escasez del agua, hay que encontrar soluciones tecnocientíficas que nos permitan lograr el suministro sustentable del recurso hídrico, sin impedir
el crecimiento económico, agrícola e industrial del país. Las innovaciones serían actantes con

163

�gran influencia que constituirían un rompimiento con los paradigmas de ciencia adoptados
hasta el momento por la CONAGUA y demás organismos e instituciones vinculadas a la
gestión y al manejo del agua en México. Su “agencia” tendría tal relevancia, que causaría
disrupciones en los mercados del agua, y trastocaría por supuesto el modelo de infraestructura
utilizado en las últimas décadas por el Gobierno.
Precisamente por ello es que la realización del “Laboratorio del Procomún” debe
revestir singular importancia en este momento crítico. La gente requiere estar informada y
saber que le es posible participar en las decisiones que afectan a los “procomunes” y a la
comunidad. Y sobre todo, es fundamental que el conocimiento en la materia permee a la
sociedad civil para que puedan exigir la implementación de innovaciones tecno-científicas,
que disminuyan los gastos del erario público en infraestructura que, en la mayoría de los
casos, no resuelve el problema de fondo y que es llevada a cabo por intereses de índole
económico, más que por salvaguardar el recurso hídrico y su cabal suministro a la población.
La aplicación de la “Teoría del Actor Red” (en el ámbito del “Laboratorio del
Procomún”) para el caso de la Reforma es necesaria porque “la TAR [Teoría del Actor Red]
es un conjunto de pequeños relatos o historias. En ellos, el analista siempre pone su mirada
sobre relaciones y no sobre entidades fijas o estaciones establecidas. Del mismo modo, su
preocupación es siempre el cómo se producen las mencionadas relaciones, cómo éstas se
ensamblan, giran alrededor de ciertas entidades o constituyen otras nuevas” (Callén,
Domenech, López, Rodríguez, Sánchez, &amp; Tirado, Diásporas y transiciones en la Teoría del
Actor-Red, 2011). Consecuentemente, son bastas las sinergias que se pueden reproducir
derivadas (1) del estudio de los actores, actantes y redes de la Reforma –efectuado por parte
de los participantes del “Laboratorio del Procomún”-, y (2) del análisis de las pautas entre
dichos elementos al interior del propio “Laboratorio del Procomún” –es decir, del espacio de
reflexividad de los propios actores, actantes y redes del “Laboratorio del Procomún”-.
Tenemos pues que “la TAR [Teoría del Actor Red] permite reconceptualizar nuestra
imagen de la ciudad, las infraestructuras de movilidad de la misma y la participación
ciudadana en sus políticas de acción” (Callén B. , Domenech, López, Rodríguez, Sánchez, &amp;
Tirado, 2011).
Y si tenemos en cuenta que “las estructuras [sociales] se basan en jerarquías y poder,
que definen roles específicos de acción sobre las posiciones estratificadas que permiten

164

�castigar o recompensar, así como gobernar un sistema de difusión de la información que
permite o restringe la acción de los actores sociales” (Stinchcombe, 1975), entonces se vuelve
aún más importante la conceptualización y aplicación del “Laboratorio del Procomún” y de
la “Teoría del Actor Red” en la Reforma. Se requiere que la sociedad civil sea un actor con
preponderancia que impida la mala gestión de un recurso que es vital para la supervivencia
humana.
En otro tenor, y a mayor abundamiento respecto a los temas a tratar en el “Laboratorio
del Procomún”, los autores Hans K. Klein y Daniel Lee Kleinman a través de su escrito “The
Social Construction of Technology: Structural Considerations”, ejemplifican su visión de la
construcción social de la tecnología, con base en un caso de estudio, y manifiestan que el
resultado final de cualquier artefacto tecnológico está determinado por el tema social. Es
decir, por la construcción social, la cual puede ostentar un “marco tecnológico que promueva
ciertas acciones y que desincentive otras” (Klein &amp; Kleinman, 2002). Así las cosas, es
factible realizar un símil o analogía con el caso de la Reforma y de las implicaciones que el
uso de nuevas tecnologías puede generar en materia de agua. Si el paradigma tecnológico de
la CONAGUA, del Gobierno y de los legisladores en México no promueve la innovación y
la utilización de tecnologías en el manejo del agua, la Reforma carecerá de un aspecto
primordial, que es el de solventar la problemática de fondo. Este es pues un tema que sería
susceptible de análisis dentro del “Laboratorio del Procomún”.
Es así que, tal y como lo menciona Marcelino Cereijido, los científicos mexicanos se
han lamentado de que “en Latinoamérica no hay empresarios, sino fabricantes y vendedores”
(Cereijido, 1997). Y esta visión de ciencia y la falta de apoyo y promoción a la innovación,
han causado estancamiento en sectores como el agua y la agricultura, al no tener disponibles
nuevas tecnologías disruptivas que faciliten el manejo y la gestión del recurso hídrico. En
México se necesita de empresarios que impulsen la creación de tecnologías innovadoras que
apoyen la preservación de los “procomunes”.
Finalmente, he de decir que así como Bruno Latour y Steve Woolgar señalan en su
escrito “La vida en el laboratorio: La construcción de los hechos científicos”: “… No sólo
las afirmaciones de los científicos crean problemas para la elucidación histórica; también
ocultan sistemáticamente la naturaleza de la actividad que producen sus informes de
investigación… Por ello es necesario recuperar parte del carácter artesanal de la actividad

165

�científica mediante observaciones in situ de la práctica científica” (Latour &amp; Woolgar, 2001);
nosotros, de una forma analógica debemos también, como sociedad civil, estar al tanto de lo
que ocurre con nuestros “procomunes”, y, en este caso, con la Reforma. Y qué mejor modo
de participar en este complejo proceso que a través de un “Laboratorio del Procomún” que
permita observar la práctica de los principales actores involucrados en la Reforma, de sus
paradigmas de ciencia, y por qué no, de la reflexividad que como grupos de interés podemos
ostentar del propio comportamiento alrededor de este foro, en virtud del cual, tal y como lo
expresa Juan Carlos Salazar Elena, resultará vital entender la manera en que “refuerzan estas
formas de coordinación” (Salazar Elena, 2007) sociales, y se entablan por ende objetivos
alcanzables y trascendentales para la vida humana.

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                    <text>Año. 3, No 5, Enero - Junio 2017. ISSN 2395-8448

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Se autoriza la reproducción total o parcial de los artículos citando la fuente y el autor o
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Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 5, Enero - Junio 2017,
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ISSN 2395-8448

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COMITÉ CIENTÍFICO EDITORIAL
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Director Revista Políticas, Globalidad y Ciudadanía
Dr. Daniel Buquet Dr. Hernando Rojas
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EQUIPO EDITORIAL
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Facultad Latinoamericana de Ciencias Sociales
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Centro de Investigación y Docencia Económicas (CIDE)
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Universidad Autónoma de Nuevo León
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Centro de Investigación y Docencia Económicas (CIDE)
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Universidad Autónoma de Zacatecas
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Coordinador / Coordinator: Dr. Luis Alberto Paz Pérez
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�REVISTA POLÍTICA, GLOBALIDAD Y CIUDADANÍA
REVISTA CIENTÍFICA DE LA FACULTAD DE CIENCIAS POLÍTICAS Y
RELACIONES INTERNACIONALES
ISSN-23958448

Los derechos de copyright a la Revista Política, Globalidad y Ciudadanía. Se autoriza la
reproducción siempre y cuando se tilice las citas y referencias de cada autor.
UNIVERSIDAD AUTÓNOMA DE NUEVO LEÓN
Campus Mederos. Praga &amp; Trieste. Col. Residencial Las Torres. CP 64930.
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segundo piso, Oficina No. 1
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía
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Monterrey, Mexico

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�Presentación

La Universidad Autónoma de Nuevo León es una institución dedicada a la formación integral
en los campos de las ciencias, las humanidades y la tecnología, la investigación científica y la
promoción del desarrollo cultural e ideológico de la sociedad, formando líderes y dirigentes con
responsabilidad ética, compromiso histórico y con el propósito de fortalecer la identidad regional,
nacional y latinoamericana. La revista digital Política, Ciudadanía y Globalidad, revista científica
de esta institución, se articula a todas las instancias de este proyecto.
Política, Ciudadanía y Globalidad circula semestralmente en presentación electrónica, y en
el sistema Open Access, desde enero de 2015. Busca convertirse en un medio insoslayable para
la publicación de artículos científicos, inéditos, y producto de una investigación en español e
inglés, de autores nacionales e internacionales los cuales ceden todos los derechos de publicación
al editor, sometiéndose los artículos a una evaluación de árbitros, bajo la modalidad doble ciego,
a fin de liderar un espacio de promoción del desarrollo científico, el aprendizaje y el desarrollo
desde la región Noreste de México.
Más en específico, es un instrumento para la socialización del conocimiento de las comunidades académicas que engloba la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales de la
Autónoma de Nuevo León, y es un espacio para la reflexión y el debate crítico, propicio para la
construcción de conocimiento que redunde en el desarrollo académico, organizacional y social,
en el entorno local, nacional e internacional.
Política, Ciudadanía y Globalidad está dirigido a investigadores, estudiantes de educación
superior, funcionarios públicos, empresarios, gremios, y a toda la sociedad de conocimiento. A
través de esta revista científica, se divulga la producción intelectual y la investigación para el
desarrollo de la ciencia política, incluyendo todas las sub-áreas propias de la misma. El equipo de
colaboradores está comprometido con el fortalecimiento de los criterios de calidad científica, editorial, visibilidad e impacto en la comunidad científica, como respuesta a los nuevos lineamientos
del Modelo Redalyc.
Presentation
Our university, Universidad Autónoma de Nuevo León is an institution dedicated to promote
integral education in the fields of science, humanities and technology, scientific research and it
fosters cultural and ideological development of society. This institution is in charge of forming
responsible and ethical leaders who must have historical commitment and who must have the
purpose of strengthening the regional, national and Latin American identity. The digital magazine
Política, Ciudadanía y Globalidad, a scientific journal of this institution, links directly to all the
instances of this project.
Política, Ciudadanía y Globalidad, has circulated each semester on its electronic version in
Open Access system, since January 2015. It is trying to become a relevant medium in terms of
publishing scientific articles derived from research studies done, etiher in Spanish or English,
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�by national and international authors who give in the rights for the editor to publish them. These
articles go through an evaluation process, Double Blind Review, before they are selected to be
published in order to achieve the goal of promoting scientific development and learning in Northeastern Mexico.
It is also a tool for the socialization of the academic communities of The School of Political
Science and International Relations of our institution. Likewise, it is a space for reflection and critical debate in order to construct knowledge that will end up enriching academic, organizational
and social development in local, national and international contexts.
Política, Ciudadanía y Globalidad is aimed towards researchers, students, public officials,
businessmen, trade associations and the entire knowledge society. Intellectual production and
research done for politics development is disclosed in this scientific magazine. Contributor crew
is committed to the scientific, editorial, visibility and impact criteria enhancement, in response to
the new Redalyc Model guidelines.

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�Tabla de Contenido

Editorial...........................................................................................................................11
Inglés
La observación de segundo orden y el método funcional, una mirada de gran angular en sociología..............................................................................................................15
The second-order observation and functional method, a look of wide angle in sociology
Aldo Mauricio, Lara-Mendoza
Universidad Autónoma del Estado de México
Claudia Elisa, López-Miranda
Universidad Autónoma Metropolitana
Programa comedores comunitarios de la cruzada nacional contra el hambre. el
asunto de la participación ciudadana...........................................................................34
Community dining program of the national crusade against hunger. the issue of citizen
participation
Daniel, Campuzano-Martínez
Universidad Autónoma del Estado de México
La importancia de la profesionalización del servicio público. avances y retrocesos
en materia de profesionalización en el estado de nuevo león....................................44
The importance of professionalization of the public service. advances and setbacks in
professionalization in the state of nuevo león.
Xunaxhi Monserrat, Pineda-Rasgado
Universidad Autónoma del Estado de México
Análisis de la problemática de mortalidad materna en el estado de nuevo león en la
actualidad ......................................................................................................................57
Analysis of the maternal mortality problematic in nuevo león state nowadays
Gerardo, Tamez-González
Hannia Melissa Treviño Treviño
Universidad Autónoma de Nuevo León

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�10

Financiando esfuerzos contra el cambio climático en américa latina............................65
Afinancing efforts against climate change in latin america
Sandra, Guzmán
Mariana, Castillo
Alin, Moncada
Grupo de Financiamiento Climático para América Latina y el Caribe (GFLAC)
Politica Editorial.............................................................................................................78
Publiching Policy.............................................................................................................85

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 5, Enero - Junio 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/7

�11
Editorial
La revista Política, Globalidad y Ciudadanía, revista académica editada por la Facultad de Relaciones
Internacionales y Ciencias Políticas de la Universidad Autónoma de Nuevo León, pretende consolidarse
como un espacio de convergencia en la que investigadores tanto de México, como del extranjero puedan
publicar los resultados de sus investigaciones y de esta manera coadyuvar a la consolidación de las ciencias
sociales. Adicional a esto, la revista tiene la misión de estar a la vanguardia en cuanto a las incipientes líneas
de investigación que en la actualidad contribuyen a buscar evolucionar la disciplina.
El volumen que el lector tiene en sus manos contiene temas tan relevantes para la vida pública internacional como lo es la discusión metodológica en la investigación, la participación ciudadana, el servicio
público, temas de emergencia social, el cambio climático y el cuidado del medio ambiente, las energías
renovables y el crecimiento sustentable. Lo que distingue las obras que se incluyen en esta edición, es precisamente que abordan temas de relevancia y de avanzada dentro del estudio general de la Ciencia Política.
Dentro del primer artículo, que se encuentra a cargo de los autores Aldo Mauricio Lara Mendoza y Claudia Elisa López Miranda, de la Universidad Autónoma del Estado de México y la Universidad Autónoma
Metropolitana, respectivamente, se realiza una aportación importante en materia de discusión metodológica. A través de una exhaustiva revisión bibliográfica, los autores contribuyen a la comprensión y debate
sobre el método funcional del que Niklas Luhmann es uno de los principales exponentes.
En el caso de un análisis de políticas públicas, Daniel Campuzano-Martínez de la Universidad del Estado de México, realiza un estudio documental con el fin de constatar la eficacia de la aplicación del programa
de Comedores Comunitarios que correspondió a la estrategia de “Cruzada contra el hambre” que emprendió
el gobierno de Enrique Peña Nieto. En este caso, se trata de un análisis necesario que sirve como muestra
de un ejercicio en el que la academia contribuye a evaluar los programas de gobierno y presentar algunas
observaciones puntuales en torno a aquello que fue objeto de estudio.
El tema de la profesionalización del servicio público es clave dentro del estudio de la Administración
Pública. Por esa razón, el artículo de Xunaxhi Monserrat Pineda Rasgado resulta relevante en cuanto realiza
un recorrido importante en torno al servicio profesional de carrera, tanto en el contexto global como en el
nacional, para terminar de aterrizar en lo que acontece en el Estado de Nuevo León. La obra cumple con
ofrecer una óptica amplia sobre las posibilidades y realidades concretas de los servidores públicos en uno
de los estados económicamente más prósperos de México.
La obra de Gerardo Tamez González y Hannia Melissa Treviño, reflexiona sobre la búsqueda universal
de la reducción de la mortalidad materna, como parte de los Objetivos de Desarrollo del Milenio (ODM)
y cómo se ha materializado en el Estado de Nuevo León. Resulta un ejercicio importante en cuanto a que
pone en perspectiva la respuesta institucional regional frente a desafíos que han generado consensos en el
terreno internacional.
El cambio climático por su parte ha ameritado incontables análisis en medios de comunicación, discusiones públicas por parte de expertos, como un tema en la agenda pública internacional de suma importancia. Es por ello por lo que la reflexión de Sandra Guzmán, Mariana Castillo y Alin Moncada, se vuelve
relevante, en cuanto a que reconoce que este es un problema que debe de abordarse de manera conjunta por
parte de la sociedad civil, el sector público y privado en su conjunto, siendo un esfuerzo transnacional que
requiere de acciones múltiples.

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 5, Enero - Junio 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/7

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Un abordaje necesario en cuanto a la materia de la responsabilidad de las empresas en la importante
cuestión de los derechos humanos es el que podemos identificar en la obra de Humberto Cantú Rivera,
quien se enfoca en el sector energético. Es un esfuerzo bien documentado que argumenta a favor de la
necesidad de que los estados nacionales protejan, ante todo, el bienestar de las personas por encima de los
intereses económicos que invierten en el sector.
Sobre el mismo sector estratégico en materia energética, Alejandro Castillo pondera en “Cooperación
internacional para el desarrollo de energías renovables: energía eólica y solar en el mundo”, reflexiona
sobre las posibilidades de estas energías. Es sin duda un tema relevante, en cuanto a que el desgaste de las
fuentes tradicionales de energías obliga a una discusión social, en torno al actual panorama y las necesidades de las energías renovables.
Finalmente, la edición cierra con un asunto fundamental para el cumplimiento de México de los Objetivos de Desarrollo Sustentables (ODS) en el plano internacional por parte de Katya Pérez Guzmán, Isela
Elizabeth Tellez León del International Institute for Applied Systems. En este artículo se realiza una introspección interesante de algunas medidas y cambios de paradigma que podría adoptar el Estado mexicano en
la ruta del desarrollo sustentable.
Como es posible identificar, son diversos los asuntos que aborda esta edición. Sin embargo, un elemento
en común es que se abordan algunas de las incipientes líneas de investigación que sin duda serán objeto de
un posterior y más profundo desarrollo por parte de la academia en varios contextos. En ese proceso, esta
aportación que realiza la revista Política, Globalidad y Ciudadanía, tiene la misión de contribuir a un debate
con pares de diferentes instituciones y cooperar a la construcción de una amplia bibliografía que contribuya
a la claridad, análisis y estudio de estos temas de suma relevancia para la sociedad.
Daniel Javier de la Garza Montemayor
Editor Revista Política, Globalidad y Ciudadanía

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 5, Enero - Junio 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/7

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Editorial

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, academic magazine edited by the School of Political Science and International Relations from Universidad Autonoma de Nuevo Leon, intends to become a merging
place where researchers, not only from Mexico but also from overseas, can publish their research results,
so they can contribute to the social sciences consolidation. In addition to this, the magazine has the mission
to be at the forefront in terms of the early standards of research that nowadays contribute to pursue the
discipline evolution.
The volume that the reader has in his/her hands includes so relevant topics for the international public
life such as the methodological discussion in the research, the citizen participation, the public service, social emergency issues, the global warming and the care of the environment, the renewable energies and the
sustainable growth. What distinguishes the projects included in this edition is precisely that they address
significant and advanced issues within the general study of the Political Science.
In the first article, that is in hands of the authors Aldo Mauricio Lara Mendoza and Claudia Elisa López
Miranda from Universidad Autonoma del Estado de México and Universidad Autonoma Metropolitana,
respectively, there is an important contribution in terms of methodological discussion. Throughout a profound bibliographical revision, the authors contribute to the comprehension and debate from the functional
method from which Nicklas Luhmann is one of the main expositors.
In the case of a public policy analysis, Daniel Campuzano-Martinez from Universidad del Estado de
México, conducts a documental study with the purpose of proving the effectiveness from the Soup Kitchens
program application that corresponded to the National Crusade Against Hunger taken by the Enrique Peña
Nieto government. This case, deals with a necessary analysis that acts as a sample of a situation where the
academy contributes to evaluate the government programs and to present some prompt observations related
to what was the subject of study.
The public service professionalization issue is crucial in the Public Administration study. That is why,
the Xunaxhi Monserrat Pineda Rasgado’s article is relevant in respect of conducting an important path
related to the career professional service, not only from the global context but also from the national one,
concluding with Nuevo León. The work offers an expansive view about the possibilities and concrete realities of the public servers in one of the most economically successful states from Mexico.
The work of Gerardo Taméz González and Hannia Melissa Treviño, reflects about the universal searching of the maternal mortality reduction, as part of the Millennium Development Goals and how it has
been embodied in Nuevo León. It results an important practice because it puts into perspective the regional
institutional answer in the face of challenges that have generated general agreements in the international
field.
The climate change has merited countless analyses in terms of communication, public arguments from
experts, as a really important topic from the public international agenda. That is why, the observation from
Sandra Guzman, Mariana Castillo and Alin Moncada becomes relevant in terms of accepting that this is a
problem that must be addressed jointly by the civil society, the public and private sector in group, being a
multinational effort that requires multiple actions.
A necessary approach in terms of Corporate Responsibility related to the important issue of human rights is the one that we can identify in the Humberto Cantú Rivera’s work, who focuses on the energy sector.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 5, Enero - Junio 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/7

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It is a very well documented effort that arguments in favor of the necessity that the national states protect,
primarily, the well-being of people above the economic interest that contribute in the sector.
About the same strategical sector in the energy field, Alejandro Castillo deliberates in “International
cooperation for the development of renewable energies: solar energy and wind power in the world”, reflects
about the possibilities from this energies. It is certainly a relevant topic, in respects that the deterioration of
the traditional energy sources forces a social argument, regarding the actual overview and the renewable
energies’ necessities.
Lastly, the edition closes with a fundamental issue about the Mexico’s achievement of the Sustainable
Development Goals in the international field by Katya Pérez Guzmán, Isela Elizabeth Téllez León from
International Institute for Applied Systems. in this article, an interesting introspection about some actions
and paradigm shifts that the Mexican state could adopt in the sustainable development path is made.
As it is possible to identify, there are diverse issues in this edition. However, a common element is that
some standard lines of research are addressed, which will be the aim of a later and profound development
from the academy in different contexts. In this process, that contribution that Revista Política, Globalidad y
Ciudadanía conducts, has the mission to contribute in a peer to peer debate from different institutions and to
cooperate in the elaboration of an ample bibliography which contributes to the clarity, analysis, and study
of those significant issues for the society.
Daniel Javier de la Garza Montemayor
Editor Revista Política, Globalidad y Ciudadanía

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 5, Enero - Junio 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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La observación de segundo orden y el método funcional, una mirada de gran angular en
sociología
The second-order observation and functional method, a look of wide angle in sociology
Aldo Mauricio, Lara-Mendoza1
Universidad Autónoma del Estado de México
Claudia Elisa, López-Miranda2
Universidad Autónoma Metropolitana
RESUMEN
El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo consistió en mostrar evidencia de la
relación entre el método funcional y la observación de segundo orden. Se aplicó el método de análisis, con un enfoque
cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico transversal. Tras la revisión documental
se encontró que: Luhmann trabajó a principios de los años 70 de forma más intensa en torno al método funcional. A
partir de los años 80 y hasta su muerte incorporó el cálculo de la forma de George Spencer Brown y la teoría de la second order cibernetics. Se concluye que a partir de los aportes teóricos de Luhmann y Spencer se reorganizó el método
funcional.
Palabras clave: Desparadojización, Equivalencia funcional, observación de segundo orden, método funcional.

ABSTRACT
This article is the product of a literature review, whose aim consisted in showing evidence of the relationship between the functional method and the second-order observation. The method of analysis was applied with a qualitative
approach, non-experimental design, under a documentary-literature cross sectional level. After the documentary review, it was found that: Luhmann worked intensively at the beginning of the 70’s, centering on the functional method.
Since the 80’s and until his last day, he integrated George Spencer Brown’s form of calculus and the second-order
cybernetics theory. It can be concluded that the functional method was reorganized from the theorical contributions of
Luhmann and Spencer.
Key words: De-Paradoxofication, Fuctional Equivalent, Second-order Observation, Fuctional Method.

Cómo referenciar este artículo:
Lara-Mendoza, A, &amp; López-Miranda, C. E. (2017). La observación de segundo orden y el método funcional, una mirada de gran angular en sociología. Política, Globalidad y Ciudadanía, 15-33.

Recibido: 02 de Julio 2016 - Aceptado: 05 de Septiembre 2016

1
2

Maestrante en Administración Pública y Gobierno en la Uaemex. aldomauriciolaramendoza@gmail.com
Doctorante en Sociología en la UAM. ely_lopezm@hotmail.com
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 5, Enero - Junio 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 15-33. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/33

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La observación de segundo orden y el método funcional...
1- INTRODUCCIÓN
Iniciaremos con una definición sucinta de método funcional (MF), el método funcional consiste en
relacionar varias causas que son funcionalmente equivalentes para producir el mismo efecto. El presente
texto tiene la intención de clarificar cómo se lleva a cabo este proceso y de responder cuál es el criterio de
selección de una causa para producir cierto efecto y con relación a qué función cumple dicho efecto.
Interesa, además, enfatizar la relevancia de este método para la investigación sociológica, pues, a pesar
de sus rendimientos, existe una serie de prejuicios en torno a él, que, como sostienen Marco Estrada y Edgar
Guerra (2012), se deriva, en gran medida, de las críticas a la Teoría Funcionalista Parsoniana.
Se piensa que, desde el método funcional, 1) el sistema social es concebido en términos de orden y
equilibrio, en este contexto, la estructura debe mantener una función (status quo); por tanto, 2) descuida el
cambio y el conflicto social y 3) no cuenta con actores sociales auténticos sino, únicamente, con portadores
de funciones sociales, a través del ejercicio de roles específicos (Estrada y Guerra, 2012: 265). A dichas
objeciones, se suman las corrientes críticas, cuya vocación política impide establecer un diálogo entre sus
propios marcos teóricos y otras propuestas como la autopoiesis (Maturana y Varela: 2003) o el método
funcional3.
Finalmente, nos parece sustancial agregar una quinta crítica, según la cual el MF no cumple con los
requerimientos mínimos de la ciencia y señalar que, justamente, uno de los objetivos del presente trabajo
es refutar los cinco prejuicios mencionados, que responden, por un lado, a la presión de la vocación política
y por otro, al desconocimiento de la propia lógica del método funcional. Para ello se pretende exponer,
brevemente, en qué consiste el método funcional, posteriormente, daremos cuenta en qué consiste la observación de segundo orden y, por último, haremos una relación entre el método funcional y la observación
de segundo orden.
2- FUNDAMEDAMENTO TEÓRICO
Método Funcional
A diferencia de los métodos de corte objetivista de la ciencia, cuya pretensión es encontrar causas fijas
a efectos ‘concretos’, el MF problematiza las condiciones de posibilidad de cualquier fenómeno social y
abstrae un criterio de referencia a partir del cual se buscan diversas soluciones. Estas soluciones, al momento de dirigirse a un mismo problema son equivalentes funcionalmente entre sí; en otras palabras, “hechos
sociales que exteriormente parecen distintos, pueden ser tratados como equivalentes funcionales” (Pintos,
1999:564).
Desde este punto de vista, no basta explicar las causas por los efectos que producen, se debe tener en
cuenta las razones a partir de las que los efectos se relacionan con la realización de la función de un sistema
social particular, que puede ser un sistema interaccional, organizacional, algún subsistema funcional de la
sociedad o un sistema de protesta (movimiento social).
Esta forma de atender los problemas se denomina funcional-estructuralista y no estructural-funcionalista. Es necesario plantear la función abstracta del sistema en un entorno o dentro de un sistema, así como
el problema (también abstracto) de referencia y la equivalencia entre las posibles soluciones del mismo.

3
“Mouffe, por ejemplo, ve en Luhmann, el arquetipo ejemplar de neo-conservador tecnócrata, quien desea
‘transformar problemas políticos en administrativos o técnicos’ y ‘restringir el campo democrático de decisiones a,
cada vez más, áreas bajo el control de supuestos expertos neutros’ (Mouffe, 1993, p. 48)” (Rasch, 1997: 112) [“Mouffe, for instance, sees in Luhmann the type of technocratic neo-conservative who wishes to ‘transform political problems into administrative and technical ones’ and ‘restrict the field of democratic decisions by turning more and more
areas over to the control of supposedly neutral experts’ (Mouffe, 1993, p. 48)”] Muchas veces la discusión teórica es
reemplazada por atribuciones morales del tipo; neo-conservador, de derecha, tecnócrata, pro-sistema, Schmittiano,
etc. Logrando, por mucho, un ‘diálogo’ que se puede continuar por vía de la polémica.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 5, Enero - Junio 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 15-33. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/33

�Lara-Mendoza, A &amp; López-Miranda,C
Desde un punto de vista funcional, en lugar de centrar la discusión sobre la existencia o no de las causas, por
ejemplo, de si realmente existe un ´ecocídio´ o si realmente hay un maltrato contra los perros, es necesario
observar que cada uno de estos temas cumple la misma función para un movimiento de protesta en relación
a la sociedad, a saber, de alarmar a la sociedad, lo que permite enlazar la protesta en la comunicación (Luhmann, 1998: 358-362)4.
Todo ello, en contraste con la imagen común en la Sociología, de funciones mecánicas subordinadas
al mantenimiento de estructuras o del status quo; en un contexto donde dichas estructuras son vistas como
causas y el mantenimiento del sistema como el fin de las funciones. En la lógica del método funcional,
“mantenimiento” tiene que ver con garantizar la reproducción de las operaciones, es decir, garantizar la
autopoiésis, a saber, la producción de una diferencia, la diferencia entre sistema/ entorno y no alguna estructura (Luhmann, 2007: 45).
El método funcional vincula posibilidades que en un momento se encontraban aisladas, al ponerlas en
estrecha relación con un problema de referencia, “el sentido del análisis funcional reside en la apertura de
un ámbito de comparación” (Luhmann, 1973: 19), permite poner en equivalencia procesos que en su carácter puramente concreto no tendrían forma de ser comparados.
Desde tal punto de vista los efectos aislados aparecen como equivalentes,
intercambibles entre sí, funcionales, mientras que como procesos concretos son
incomparablemente distintos. Una función es por lo tanto — […] de acuerdo con
la definición de Kant —‘la unidad de la acción de ordenar diversas ideas bajo otra
común’ (Luhmann, 1973: 21).
A partir de ello podemos reflexionar en torno a las relaciones entre nexos causales y preguntar por lo que
se ha dejado de lado en dichas construcciones. El observador tiene que preguntarse por lo no dicho, puesto
que “algo puede tener un efecto cuando está presente y cuando no está presente” (Arnold y Robles, 2000:
58). También es necesario enfatizar el carácter temporal de los elementos que se ponen en relación, ya que,
siempre que se habla de las construcciones causales es relación a un sistema y en relación a la reproducción
de sus elementos5.
El análisis funcional tampoco se preocupa por buscar generalizaciones, tan recurrentes en el pensamiento metafísico-ontológico. Las generalizaciones tienen por objetivo clasificar los objetos investigados, en
tanto y cuanto que Son. Desde este punto de vista no tiene sentido entonces buscar lo que no son, porque se
encontraría en la contextura de la Nada. El método funcional, en contraste, presupone “que algo puede ser y
también no ser” (Luhmann, 1973: 23, cursivas añadidas) El valor de la función, no está dada por sí misma,

4
Por ejemplo; “el método que consiste en elevarse de lo abstracto a lo concreto no es sino la manera de proceder, del pensamiento para apropiarse lo concreto, para reproducirlo mentalmente como cosa concreta” (Marx, 1978:
269). Luhmann va más allá de Marx pues, con la herramienta del constructivismo operativo, se pregunta, además,
por las condiciones de posibilidad de la misma abstracción. Presupone un objeto de estudio complejo y precisamente
por eso, necesita de una teoría compleja para abordarlo (es decir, presupone que se trata de sistemas reales, que se
describen a sí mismos); “[...] Esto excluye un programa científico que intente explicar lo concreto, así como reducir
este programa, es decir, renunciar a múltiples detalles, conformarse con una comprensión aproximada de lo concreto,
porque el problema no sólo reside en la complejidad inaprensible de lo concreto, sino en su discontinuidad temporal.
Esta comprensión nos obliga a un cambio radical del programa científico. La pregunta central, entonces, ya no es:
¿cómo ha surgido este o aquel estado concreto? Más bien debe plantearse: ¿cómo es posible la abstracción?” (Luhmann, 1998: 266).
5
La situación es la misma cuando hablamos de un elemento como el enunciado que es parte de una formación discursiva. Esto se relaciona estrechamente con la definición funcional Foucultiana del enunciado; por su
“explicación funcional: un enunciado no es una unidad sino “una función que atraviesa el campo de estructuras y las
unidades posibles” (Foucault, 1972: 126 y 127)” (en Stäheli, 2008: 284) Para Foucault el análisis de la función enunciativa, consiste en estudiar al enunciado no a partir de “una relación específica que la concierne a ella misma, y no a
su causa, no a sus elementos” (Foucault, 2010: 117, cursivas añadidas) sino a través de la formación discursiva de la
cual forma parte y sirve.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 5, Enero - Junio 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 15-33. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/33

17

�18

La observación de segundo orden y el método funcional...
no es ninguna esencia, ya que la función por sí misma es pura abstracción.
Cuando la lógica trata proposiciones incompletas, por ejemplo, “... es azul” como
funciones sintácticas, ello no significa sino que de tal modo queda abier
t o
un ámbito de comparación limitado, constituido por determinadas posibili d a
des de completar lo que falta y convertir la oración en una verdadera declaración.
“El cielo”, “mi automóvil”, “una violeta” son posibilidades de complemen
to equivalentes a esta función. La función pura es pues una abstracción. No da
ningún sentido sintáctico acabado (Luhmann, 1973: 20 y 21).
Más al ponerla en relación a una determinada formulación teórica, es posible restringir las posibilidades
a las opciones que se abren, en consecuencia, los resultados se logran estructurar. El valor del MF depende
de la definición precisa del punto de referencia funcional y al revés, “dicha definición tiene la misión de
constituir el ámbito de equivalencia y sólo es justificable a través de esa capacidad de ordenamiento” (Luhmann, 1973: 21). De esta forma, el método funcional tiene una relación autológica con los presupuestos que
evoca y lo justifican. Por un lado, el valor del mismo depende de las relaciones que despliega con referencia
a la misma función que enuncia y por el otro, el análisis funcional prueba su pretensión de veracidad al
compararse a sí misma con las funciones que designa en los objetos que busca aprehender.
El método funcional busca sustituir un funcionalismo de la ciencia causal, por un funcionalismo de las
equivalencias (Luhmann, 1973: 23). El funcionalismo no busca justificar algún tipo de efecto y después
encontrar una respectiva causa legítima que garantice la producción de tal efecto. Antes bien, la referencia a un tipo de efecto particular debe servir de estímulo para comparar y equiparar determinados hechos
causales6. Pues el criterio aceptable está dado por motivos prácticos o teóricos que constituyan el foco de
interés, que el método funcional “utiliza como punto de partida constante para el problema de la relación
causal equivalente” (Luhmann, 1973: 26).
De la misma forma, pueden existir causas que se consideren problemáticas, por lo cual se justifica como
criterio de referencia para compararlo con otras posibilidades, es decir con otras causas. Por ejemplo, si
para tomar una foto se requiere de la luz del sol, se puede buscar una lámpara que cumpla la misma función, es decir, provocar una causa similar (luz) para producir un efecto equivalente (iluminar) sin tener que
esperar la salida del sol.
Otro ejemplo de corte más sociológico, expuesto por Estrada Saavedra (2010: 432-434), son los diversos proyectos con miras a una formación hegemónica, por los que las comunidades indígenas modificaron
su organización autopoética. Tanto la constitución del ejido como forma de producción de la vida social
principalmente durante el Cardenismo, la civitas christi, instaurada por los catequistas de la diócesis de San
Cristóbal, así como el intento de instaurar una mini república de masas en los ejidos con poder popular por
parte de líderes maoístas y finalmente, la constitución de las comunidades indígenas como comunidades
armadas rebeldes (bases de apoyo del EZLN), más que ser vistos como proyectos equivalentes para la liberación, pueden ser asumidos como equivalentes funcionales para la instauración de un orden social.
Hasta este punto, debe quedar claro que el método funcional no es solo una forma causal entre otras7.
6
“La función no es ningún efecto a producir, sino un esquema lógico regulador, que organiza un ámbito de
comparación de efectos equivalentes. Caracteriza una posición especial a partir de la cual pueden ser comprendidas
en un aspecto unitario diversas posibilidades.” (Luhmann, 1973: 20) Nosotros podríamos agregar que la función es
una distinción, que busca a su vez tratar de ser la forma más clara de complejizar su objeto de estudio, a los sistemas.
Explicaremos posteriormente en qué consiste la observación a partir de una distinción cuando hablemos de observación de primer y segundo orden.
7
“La metafísica de Aristóteles [...] distingue cuatro casos de causación: la formal, la material, la eficiente y la
final. Todos estos casos siguen el mismo esquema inferencial, en el cual un efecto está ligado a una causa a través de
una regla de transformación. Sin embargo, en el caso de la causa eficiente, la regla de transformación es usualmente
interpretada como una “ley de la naturaleza”, con la causa precediendo al efecto, y en el caso de la causa final, la
secuencia temporal de causa y efecto se invierte: una acción ahora es causada por una meta en el futuro —un propóRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 5, Enero - Junio 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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En este caso, la relación de subordinación se invierte, la causalidad es un “caso especial de la aplicación de
categorías funcionales” (Luhmann, 1973: 10, cursivas nuestras). Esto se debe, entre otras razones, a que el
funcionalismo parte de una concepción del mundo como horizonte último, es decir, como aquel entramado
de remisiones irrebasable. Desde esta perspectiva el horizonte ya no es el mundo como estado objetivo
donde todas las cosas se encuentran relacionadas a partir de su diferencia con el Ser y en armonía con éste.
En tanto que el “Universo es, lógicamente hablando, ‘mono-contextural’. Todo ahí, pertenece a la contextura universal del Ser objetivo. Y lo que no pertenece a él, es solo la nada” (Günther, 1973: 3)8.
Tampoco es aquel cosmos, ni universitas rerum donde la totalidad se relaciona a través de la naturaleza.
Si se opta por tomar en cuenta la relación entre las causas y sus posibles sustituciones funcionales, resulta
que “ya no es posible interpretar la causa y el efecto como determinados estados del ser y verificar la causalidad como relación invariable entre una causa y un efecto. No resulta posible justificar la exclusión de
todas las otras causas y efectos” (Luhmann, 1973: 25)9.
La principal consecuencia de lo anterior es la imposibilidad de la ciencia de poder verificar todas las
demás causas que podrían influenciar y producir el mismo efecto, pues al limitar el mecanismo causal a
explicar un efecto a partir de una sola causa, la comprobación de “la exclusión de todos los otros factores
causales no puede ser realizada efectivamente” (Luhmann, 1973: 25 y 26). Y en este punto no se puede
llevar a cabo el famoso principio de falsabilidad de Popper. Pues la relación entre una causa y su efecto no
es considerada de forma óntica, sino con relación a su riqueza problemática. El caso de que ‘A’ sea capaz de
influir ‘B’ carece de sentido dentro del análisis funcional. Ya que de lo que se trata es de buscar si “A, C, D,
E son funcionalmente equivalentes en su propiedad de influir a B” (Luhmann, 1973: 39) .
Es por esto que, para Luhmann, no existe, ni tampoco es necesario buscar, un fundamento de la reproducción de un sistema a partir de la invariabilidad de causas y efectos, el análisis funcional no procede a
partir de la exclusión de todas las otras causas posibles y la designación de una, sino de la:
Inclusión. Porque no interpreta la permanencia de un sistema en términos de constantes […] relaciones entre causas y efectos. Su tarea es más bien descubrir rendimientos que son equivalentes en su función de resolver problemas particulares
de los sistemas. En este caso los rendimientos no necesitan tener algo en común
excepto, por su puesto, su función de resolver problemas del sistema10 (Bednarz,
1984: 358).
Muchas veces se interpreta el análisis funcional como definición entre constantes y variables, cuando las
mismas constantes y variables se deben buscar en los propios sistemas sociales11, o como una relación entre

sito— siendo el agente impulsor el deseo o la obediencia. La causa finalis parecería ser en la metafísica de Aristóteles
el verdadero primer principio: “Todo sirve a un propósito” (Von Foerster, 1991: 95-96).
8
Universe is, logically speaking, “mono-contextural”. Everything there is belongs to the universal contexture of objective Being. And what does not belong to it is just Nothingness.
9
Básicamente el mismo argumento es usado por Bednarz, “En el lenguaje de la causa y el efecto, esto
significa que una función no es cumplida cuando se descubre que A causa a B sino cuando se descubre que A, C, D
etc. son equivalentes en su capacidad de causar a B.” (Bednarz, 1984: 349) [In the language of cause and effect this
means that a function is not fulfilled when one discovers that A causes B but when one discovers that A,C,D, etc. are
equivalent in their ability to cause B]
10
[inclusion because it does not interpret the permanence of a system in terms of constant (invariant) relations between causes and effects. Its task is rather to discover performances which are equivalent in their function of
solving particular system problems. In this case the performances need have nothing in common except, of course,
their function of solving system-problems]
11
De hecho así proceden aún muchas investigaciones, manejando variables y constantes de forma arbitraria,
más bien, el analista funcional debe observar las constantes y variables que de hecho ya imponen cada sistema social.
Así por ejemplo una organización incluye a un número de miembros y excluye a los que no lo son y esto lo hace
independientemente si un cientista social decide investigar sólo un número arbitrario de estos miembros, en este caso,
el cientista debe correlacionar sus variables y constantes con los límites que se impone la propia organización y no de
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diversos componentes interactuantes estáticos, o como una serie de reglas a seguir y como un catálogo de
funciones privilegiadas que se deben cumplir12.
Existe una estrecha relación entre el método funcional y la fenomenología Husserliana, pues ambos
conciben al mundo como horizonte último de posibilidades que se diferencian y se reproducen constantemente en la actualidad operacional del sistema.
En escritos posteriores a los 80s, Luhmann se da a la tarea de incorporar los aportes de la fenomenología trascendental husserliana a la teoría de sistemas. El método funcional, por ejemplo, se relaciona con
el concepto de sentido, en tanto que buscar ordenar una serie de alternativas (posibilidades que se buscan
actualizar) a un problema de referencia. Sin que, de cualquier forma se busque determinar todo lo posible,
dado que la remisión a más posibilidades siempre es posible.
En la contingencia y la remisión a otras posibilidades se puede observar, con claridad, la relación entre
el sentido y el análisis funcional, “el método funcional comparativo y la presentación del concepto de las
posibilidades problemáticas de Husserl […] interpretan las alternativas como posibilidades determinadas
de solución para un problema”13 (Bednarz, 1984: 354).
Finalmente, no hay que perder de vista, que el método funcional requiere de un marco teórico sistémico
que le faculte para formular los problemas teóricos que servirán como criterios funcionales de referencia.
La ganancia se obtiene de la riqueza teórica en la comparación entre rasgos estructurales entre sistemas
de diverso tipo (como las organizaciones, sistemas interaccionales, sistemas funcionales, movimientos de
protesta). Sin un marco teórico sólido el método funcional “operaría, por decirlo así, en un vacío” (Bednarz,
1984: 26)14. El potencial del análisis funcional va de la mano con el potencial y la relación que existe entre
éste y la diferenciación sistema/ entorno de la teoría de sistemas.
En este sentido, es necesario distinguir entre referencia funcional y sistemas sociales como objetos de
investigación (Luhmann, 1973: 47), con el uso del método funcional no se buscarán “problemas a secas,
sino problemas para un sistema” (Galindo, 2008: 59). Los aportes de la teoría de sistemas dan pie a “superar los problemas derivados del relativismo implicado en la búsqueda de problemas” (Galindo, 2008: 59).
Operación de observación
Para esclarecer la relación entre el método funcional y la observación de segundo orden, es necesario
aclarar en qué consiste la operación de la observación15. Una observación es hecha por un observador cuando este distingue algo de todo lo demás16. Cuando el observador puede sacar algo del unmarked space del

manera arbitraria.
12
De esta forma describe Bobbio el análisis estructural-funcionalista de un sistema: “Con ‘sintaxis sistémica’
nos referimos en cambio al conjunto de tales reglas, o sea al ‘modelo’ resultante de las varias ‘funciones’ que regulan
la interacción de las partes que componen un sistema. Es a través de este concepto que nace el verdadero y propio
‘sistema observante’ la armazón-hipótesis que produce los instrumentos aptos para la búsqueda de las relaciones políticas empíricas que constituyen los s. [sistemas] Políticos ‘reales’” (Bobbio, 1998: 25). Está de más mencionar que
Bobbio entiende a los sistemas como reales/ analíticos, un prejuicio ontológico común.
13
[the comparative functional method and Husserl’s presentation of the concept of problematic possibilities
now becomes clear. Both interpret alternatives as definite possibilities of solution to a problem]
14
[would operate, as it were, in a theoretical vacuum if it was not supplemented by a theory of social systems
which would “concretize”, “...the class of functionally equivalent alternatives... so that explanations or predictions
become possible]
15
“denominemos la reproducción de los elementos acontecibles como operación. Siempre que se hable, en lo
sucesivo, de las «operaciones» de un sistema, nos referiremos a esto” (Luhmann, 1998: 68).
16
Hay que ser cuidadosos con el término “observador”, pues se utiliza dicho concepto, a diferencia de “persona”, “sujeto”, “individuo”, etc. precisamente para no reducir el alcance del mismo, pues se suele pensar en “seres
humanos”. Cuando hablamos de observador nos podemos referir entonces a; un sistema psíquico, un organismo vivo,
una célula, el sistema nervioso, una organización, una maquina inteligente (computadora), un movimiento de protesta, un sistema social, entre otros. Un observador es entonces a todo aquél al que se le pueda atribuir una observación
observable con la excepción de Dios “el diablo como observador de Dios ya no lo está; y mucho menos aún sus
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mundo17. La forma de la observación consiste en la distinción entre indicar/ distinguir. La forma entonces
tiene dos lados, el lado que se marca y el otro lado, del cual se distingue cuando se indica. Aquí la forma
de la observación, del indicar distinguiendo, parece algo simple18, incluso trivial. No obstante, el asunto se
vuelve sumamente complejo (no trivial) cuando observamos cómo funciona la operación de la observación.
La complejidad radica en el ejercicio de observar cómo observa el observador que observa a otro observador (observación de tercer orden).
Se toma por dado que “no podemos hacer una indicación sin dibujar una distinción”19 (Spencer, 1979:
01). Cada vez que hacemos una indicación, cada vez que nombramos algo como algo, la distinción marca
una diferencia en términos operativos, podemos pensar que se trata de dos operaciones. ¿Por qué puede
parecernos que se trata de dos operaciones? En un principio, una operación es la de indicar (se indica algo),
a pesar de que ese algo indicado, crea un límite que en el momento de ser creado es invisible para el observador. Ese límite es el que separa la indicación de lo distinguido. La operación de distinguir puede ser vista
como una no-operación simultanea inobservable que se ejerce forzosamente a espaldas del observador, en
sentido estricto es una no-operación (dado que no se puede estar en los dos lados, sino solo en uno, el otro
lado más bien se presupone). Podemos decir que no se puede empezar con la indicación sin antes haber
distinguido.
A esto se refiere Luhmann con respecto a los rames de toda distinción en la cual se trazan dos límites,
el límite interior del marco, ‘esto es’ y el límite del mismo marco que excluye, ‘esto es, no es esto otro’
(Luhmann, 1995: 44). La forma de dos lados no aparece en ninguno de los lados, empero, un observador
puede tratar de designarla. Cuando busca observar los dos lados el observador se ve castigado por la paradoja20. Incluso (y con mayor razón) cuando la dirige a su propia observación, cuando se índica a sí misma:
es verdad que soy un mentiroso.
El carácter autorreferencial del enunciado al referirse a sí mismo, hace de él una paradoja, pues si miento digo la verdad y si digo la verdad miento. Consecuentemente el acto de observar se tiene que dirigir a
otra cosa que no sea así misma. Por lo tanto, la distinción no aparece en ninguno de los dos lados, siempre
se oculta, permanece latente; “si observar es distinguir, entonces la distinción no es observable; pues no
puede ser indicada ni como un lado de la distinción ni como el otro” (Luhmann, 1999: 129). Aunque claro,
se puede utilizar una metaforma y distinguir distinciones (Luhmann 2007: 43 y 294). Por ejemplo, se puede
distinguir un amor verdadero (a diferencia del falso) de una decisión política legítima (y no ilegítima), pero
en este caso, sólo se repite el problema.
El observador en su operación de indicación no puede distinguirse a sí mismo al mismo tiempo. Consecuentemente “el observador es el parásito de su observación” (Luhmann, 1999: 129). La observación es
entonces la primera diferencia que es distinguida por otro observador, que a su vez se vuelve la primera
diferencia para otro, esto da como rendimiento un cálculo; “es decir una secuencia de indicaciones que, al
ser cumplidas, dan determinados resultados que, para cada observador del observador, si cumple con las
mismas indicaciones, serán los mismos resultados” (Luhmann, 1996: 59).
Ello podría malentenderse, pensar que apunta a interpretaciones de base intersubjetiva, sin embargo,
la cuestión es más complicada. No sólo se trata de la realidad de los objetos en el mundo constatada por

competidores, los teólogos” (Luhmann, 1999: 64) Y aquél cuya observación se le pueda distinguir de otras, es decir,
que su observación sea observable.
17
La misma opinión de la operación de la distinción es defendida por Maturana y Varela: “El acto de señalar
cualquier ente, cosa o unidad, está amarrado a que uno realice un acto de distinción que separa a lo señalado como
distinto de un fondo” (Maturana y Varela, 2003b: 24).
18
Se trata de una estructura compleja que no es observable, más que teóricamente, pues en el mundo cotidiano no es necesario darse cuenta del asunto. Por ejemplo, cuando se dice; ‘el té, aún no está caliente.’ ya se distinguió
entre té de café, refresco etc., también lo caliente de lo frío, así como servir ahora de tener que esperar para servirlo.
19
[we cannot make an indication without drawing a distinction].
20
Para un trato de la paradoja de forma más exhaustiva ver el apartado ‘Paradoja y política de la desparadojización’[QUÉ TEXTO, DÓNDE, QUÉ AÑO]
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un ‘yo’ y por un ‘otro yo’. No se trata entonces solo de la capacidad operativa de la distinción utilizada
por los observadores y su correspondencia o no correspondencia entre sus indicaciones. Dos observadores
si utilizan la misma distinción (viz, azul/ no azul) pueden constatar que el cielo es azul. Sin embargo, el
principal “problema reside en la relación que las dos versiones de subjetividad tienen […] aunque cada uno
de nosotros desde su propio punto de vista es el Yo subjetivo y cualquier otro sujeto es un Tú objetivo, la
situación es revertida desde el punto de vista de cualquier Tú”21 (Günther, 1979:7).
Además del problema anterior, una de las principales razones por las que no podemos suponer una realidad intersubjetivamente consensuada o no consensuada sobre el mundo, se debe a que primeramente, la
forma de sujeto/ objeto no permite que el sujeto se observe como un objeto de su propia observación. Dicho
en otras palabras, no permite que el sujeto se vea en su observación como aquel residuo ineliminable de su
observación, aunque solamente lo pueda hacer posteriormente. No existe una respuesta satisfactoria desde
el paradigma del sujeto a esta cuestión22.
Parte del problema recae “en […] el modelo clásico de pensar con una concomitante ontología monocontextual que no ofrece ningún lugar para el observador”23 (Günther, 1973: 4). El problema del sujeto,
como mencionamos, no es solamente que la realidad intersubjetivamente construida no se pueda sostener
en el paradigma de la conciencia24, sino igualmente sus lastres ontológico-teóricos y su asimetrización de
la forma sujeto/ objeto que sólo permite la reflexión de uno de sus lados, a saber, del lado del sujeto. El
sujeto es el único que puede conocer al mundo. No tiene entonces la forma de explicar la relación entre el
‘Yo’ y el ‘otro Yo’ y el papel de intercambio que constantemente se realiza25. Incluso en la autoobservación:
el Yo subjetivo de las formas cognitivas puede confrontarse con cualquier otro Yo
en una relación de intercambio. O, para hablar en términos más abstractos de un
algoritmo: lo que es una relación (que significa un relator) debe volverse ahora
un relato y lo que era previamente un relato debe elevarse a la posición de relator
(Günther, 1979: 20)26
Lo que lo subordina constantemente a suponer una versión unidireccional, unilateral y parcial de la ‘realidad’, es decir, a una construcción intersubjetiva del mundo. Igualmente hay que tener en cuenta (y aquí se
esconde la relación entre autorreferencia y heterorreferencia, que es un producto secundario de la diferencia
entre sistema/ entorno) que en cualquier operación de observación se encuentra otra distinción (claro, esto

21
[problem lies in the relation both versions of subjectivity have [...] Although everyone of us from his
own viewpoint is the subjective Ego and any other subject is an objective Thou the situation is reversed from the
viewpoint of any Thou.]
22
Aunque claro, se puede recurrir a una solución trascendental, en versión kantiana o neokantiana.
23
[in the history of logic and of epistemology that the classic pattern of thinking with its concomitant mono-contextural ontology offered no place for the observer]
24
Por ejemplo Habermas da una salida a través del lenguaje. Así menciona que “un pasaje del paradigma de
la filosofía de la conciencia o el paradigma de la filosofía del lenguaje consiste en un corte de la misma profundidad.
A partir de este momento, los signos lingüísticos, que sirven sólo como instrumentos o equipo de las representaciones, adquieren, como reino intermediario dos significados lingüísticos, […] Las relaciones entre lenguaje y mundo,
entre proposiciones y estados de cosas, remplazan las relaciones sujeto-objeto” (Habermas, 1990:15) [A passagem
do paradigma da filosofia da consciência para o paradigma da filosofia da linguagem constitui um corte de igual profundidade. A partir deste momento, os sinais lingüísticos, que serviam apenas como instrumento e equipamento das
representações, adquirem, como reino intermediário dos significados lingüísticos, (...) As relações entre linguagem e
mundo, entre proposição e estados de coisas, substituem as relações sujeito-objeto]
25
Esto no hay que confundirlo con el intercambio de roles por ejemplo, en un sistema interaccional entre
espectador/ actor. Pues en este caso se trata de una condicionalización interna asimétrica que tiene otros fines según el
problema de referencia y sistema de referencia. Nosotros hablamos en este punto de un problema del conocimiento.
26
[the subjective Ego of cognizance forms with any other Ego it may confront an exchange relation. Or, to
speak in the more abstract terms of an algorithm: what is a relationship (which means a relator) may now become a
relatum and what was previously the relatum may now be elevated to the position of a relator]
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solo puede ser visto, cuando un observador observa la forma de la operación del observar utilizando dicha
diferencia: referencia interna/externa, pero no antes ni después). Así “La referencia (lo que designa una
observación), ciertamente tiene que ser distinta de la operación que refiere; pero esta distinción debe entenderse de manera puramente funcional […] que caracteriza únicamente la correspondiente operación de la
observación” (Luhmann, 1996: 60). Esto es así, porque cualquier operación de observación tiene un carácter autorreferencial. Inclusive se encuentra implícito cuando un sistema se refiere sobre algo del entorno, es
decir, cuando se trata de una operación (interna) heterorreferencial27. Puesto que toda operación es interna,
el sistema no puede utilizar sus operaciones para tener un contacto con en el entorno. No puede superar
su diferencia entre sistema/ entorno. De aquí que sea muy distinto decir, que un sistema (como el sistema
sociedad) no puede entablar relaciones directas con el entorno, pero si puede comunicar sobre el entorno.
Asimismo, la relación entre la operación/ observación, es una relación de complementariedad, no es
ninguna relación causal, en tanto que no podemos decir que la operación es la causa y la observación el
efecto (Luhmann, 1996: 61). La operación es ciega, pues el observador no puede saber si su observación al
mismo tiempo, por ejemplo, es verdadera o falsa. Esto depende de una observación posterior que se dirija a
la anterior para la que vale lo mismo28. La “distinción de la frase ‘A es’ y ‘Es verdad que A es’, sólo puede
ser llevada al cabo mediante una observación de la operación del conocimiento, mediante una observación
del observar, en la que la primera observación ‘A es’, se distingue de las demás” (Luhmann, 1999: 76).
Por esta razón, los errores y las falsedades tienen la misma realidad operativa que los aciertos y verdades29, en tanto que indicaron algo, no podían saber al mismo tiempo si su oración era acertada o verdadera,
para hacerlo se necesitaba una observación posterior que se dirija a su observación para saberlo.

27
Por ejemplo, un Estado sistema político puede distinguir entre su forma de operar de la de una organización
de su entorno como una ONG, entretanto no se confunden sus decisiones políticas con los comunicados de dicha
organización. Puede entonces el Estado distinguir entre las comunicaciones políticas (autorreferencia) y la ONG
como tema (heterorreferencia). Además no hay que perder de visión que la distinción auto/ heterorreferencia, es una
construcción interna del sistema. Se lleva a cabo por operaciones internas del sistema. Por lo que la distinción “(contacto-con-el-entorno / heterorreferencia-capaz-de-enlace-sólo-interna)” (Luhmann, 2007: 66-67) no es posible. Y el
observador que lo hace, lo hace con observaciones que son operaciones internas que pertenecen a un sistema.
28
“Cuando un observador opera con la distinción verdadero/falso, él no puede, al mismo tiempo, distinguir si
esa operación asimismo es verdadera o falsa” (Luhmann, 1999: 76).
29
Aquí podemos distinguir entre realidad/ objetividad. La realidad “está dada con la realización de la
operación” De cualquier forma “no es posible sacar conclusiones de la realidad a partir de la realización operativa
de las observaciones, con respecto a su objetividad. Dicho de otra manera, la realidad de la observación no surge
de una extensión hacia un mundo que exista independiente del observador” (Luhmann, 1996:62). A menos que una
comunidad de observadores cometan el mismo ‘error’ (operacionalmente interno) de suponer una realidad que existe
independientemente de ellos. Lo que nos permite constatar la operación y por tanto la realidad es la forma de “lo que
sucede a diferencia de lo que no sucede. Utiliza esta diferencia consigo mismo para observar algo que no es la operación misma” (Luhmann, 1996:64). Ya mencionamos que si la observación se dirigiera a sí misma al mismo tiempo,
caería en una paradoja. Lo que conduciría al observador observar su propia imposibilidad que la hace posible. O sea,
tampoco la observación cuando observa un objeto puede observarse con la diferencia de lo que sucede/ no sucede. Ni
puede observar al mismo tiempo el objeto que observa a diferencia de otros objetos. Estas observaciones son post-racionalizaciones. Productos de un observador de segundo orden. No disponibles en la simultaneidad, que precisamente
el carácter de simultaneo significa que es in-influenciable. Además no es que la observación después cuando se dirige
a una observación antes echa, pueda decir algo sobre la objetividad de la misma. Esto nunca lo puede hacer un observador, pues en su operar ninguna observación, ni la de segundo orden puede suponer que exista una realidad objetiva
y otra ilusoria. Por ejemplo, hay un experimento que practica Maturana sobre una salamandra rotándole el ojo 180°
grados. La salamandra entonces cuando se le pone un gusano enfrente reacciona con 180° de ‘desviación’ (desviación
para un observador que distingue a la salamandra de su entorno, la salamandra misma no usa esta distinción). La pregunta es sí la salamandra aprendería a corregir su puntería. Sin embargo ya la misma manera de formular la pregunta
es auto-engañadora para el biólogo que se la formula. Entonces podíamos decir que la salamandra “se equivoca, (...)
está apuntando a un gusano ilusorio: (...) está confundiendo ilusión con realidad” pero la misma distinción ilusión/
realidad es en sí misma ilusoria. Lo que pasaba era que “el cerebro de la salamandra en su operar no se equivoca,
hace lo único que puede hacer y en su operar no tiene sentido (...) [la] equivocación. La salamandra no tiene cómo
distinguir en su experiencia visual entre gusano real y uno ilusorio, y nosotros tampoco” (Maturana, 2009: 187).
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23

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La observación de segundo orden y el método funcional...
Es por estas razones que cualquier observación incluso la de segundo orden obra de forma acrítica, ingenua y ciega con respecto a su propia referencia, pues no la puede distinguir. En el momento en que indica,
presupone su referencia. Cualquier intento por buscar fundamentar la forma de la distinción en la unidad
de una identidad, cae en otra distinción30. Aunado a esto, el observador no puede observar ni el principio
ni el final de su observación. Para lograr tal fin necesitaría de una observación posterior que le permitiera
distinguir entre el comienzo y el final de su observación: “ a no ser que emplee otra distinción distinta a
aquella con la que ha empezado y distinta a la que utiliza para continuar después de haber acabado” (Luhmann, 1999: 113). En ambos casos el observador es aquel objeto inobservable atado a la operación y por
esta razón principal, no puede observarse al mismo tiempo. Mientras que el tiempo tiene una relación de
simultaneidad con el entorno, el observador sólo puede observar el pasado o futuro en el presente. El futuro
nunca llega. “‘El tiempo está fuera de quicio’, y es por eso que nunca hay un comienzo o un fin del tiempo”
(Laclau, 1995: 94)31.
La solución a esta paradoja de la distinción se encuentra en la dimensión temporal. El tiempo es la dimensión que permite desparadojizar la paradoja de la distinción. Igualmente, para cualquier operación, el
pasar de un lado de la forma al otro lado se usa inevitablemente tiempo:
De forma que, para cualquier observador el tiempo está dado antes que nada por
el hecho de que toda distinción se constituye por dos lados, y para pasar de uno a
otro se necesita una operación y con ella también se precisa de tiempo. Por tanto:
la diferencia entre simultaneidad y diferencia, entre antes y después es el tiempo
(Zamorano, 2008: 64, cursivas nuestras).
Puesto que los dos lados de la forma están dados simultáneamente, el mundo se encuentra dado así
mismo en lo simultáneo y es lo que nos permite movernos de un lado a otro de la forma. Es lo que hace que
tenga sentido describir algo como temporal, porque solo tiene sentido el cruce cuando se está en un lado y
se puede cruzar el límite de la forma hacia el otro lado y cuando se condiciona temporalmente este crossing.
Finalmente, la relación entre operación/ observación es una relación circular. Cualquier observación
como operación es ciega, no se puede observar a sí misma. La operación es un elemento que reproduce el
sistema. Pero la observación también es posible, pues de otra forma no sabríamos nada de las operaciones.
Incluso una contradicción no puede renunciar a tener un rendimiento funcional de reproducir al sistema.
Puede presentarse un caso en el que la contradicción se aparezca y se llegue a un momento de indeterminación en el sistema, que permita al sistema reaccionar sin cognición32. Sin embargo, se reacciona, es decir, se
logra mantener una capacidad de enlace, incluso si la capacidad de enlace es negativa.
En consecuencia, podemos decir que la autopoiésis del sistema jamás se interrumpe, a menos que el
sistema cese33. En este entendido, la constante reproducción autopoiética del sistema social vuelve más
30
Para Spencer Brown, la forma de la observación es la distinción que consiste en indicar/ distinguir, que es
ella misma la distinción entre indicar y distinguir. Se trata de una forma auto-contenida. De una diferencia, no de una
identidad que le deba su condición de posibilidad a algo externo a sí misma. Aquí podemos alegar el cambio de paradigma de la teoría de sistemas; “se está hablando de la diferencia entre identidad y diferencia, y no de la identidad
entre identidad y diferencia” (Luhmann, 1998: 34) Asimismo hay que tomar en cuenta que el Ser no permite distinciones, no sé puede sacar nada del Ser con respecto al ente, “Si nosotros estamos buscando distinciones, tenemos que
movernos en el reino de lo particular. El Ser en general no muestra distinción alguna.” (Günther, 1973: 1) [“If we are
looking for distinctions we have to move into the realm of the particular. Being-in-general shows no distinctions.”]
Aunque hay que tener precaución, porque Luhmann, también menciona la distinción medium/ forma y variación/ selección como otras diferencias directrices. El cambio de paradigma va más allá de la distinción sistema/ entorno -para
más véase la entrevista a Niklas Luhmannn, 1992.
31
[“The time is out of joint,” but because of that there is never a beginning-or an end-of time.]
32
Sin cognición porque se actúa discriminando sin conocimiento del entorno. Contradicción en el sentido de
una construcción semántica, no en el sentido puro de la lógica formal
33
Es el caso del carácter efímero de los sistemas interaccionales y las organizaciones que llegan a un punto
en que cesan. Es posible porque se mantiene de trasfondo a la sociedad misma. Estos pueden terminar y empezar de
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comprensible la relación operación/ observación. Porque si no es posible escapar a las operaciones del sistema y siempre que se observa se utilizan, entonces podemos entender que la relación entre ambas, es una
relación circular doble que se separa por latencias:
En resumen, la correspondencia entre operación y observación es doblemente circular y ambos círculos se mantienen separados a través de latencias. Por un lado,
las observaciones son operaciones que reproducen de manera autopoiética a los
sistemas operativos, pero no son capaces de observarse a sí mismas. Por otro,
todas las operaciones pueden observarse mediante observaciones dirigidas hacia
ellas; de otro modo no sabríamos nada acerca de ellas (Luhmann, 2007: 425-426).
Observación de segundo orden y método funcional
En el apartado anterior explicamos en qué consiste la operación de observar y mencionamos implícitamente en qué consiste la observación de segundo orden, en la que profundizaremos en este aparatado, al
tiempo que haremos explícita su relación con el método funcional.
La observación de segundo orden consiste en una sencilla demanda: ‘Observa al observador’34 Esto
significa, poner atención en la distinción que utiliza. En otras palabras, el observador de segundo orden que
busca observar la distinción del observador de primer orden, para ello requiere utilizar otra distinción, si utilizara la misma distinción entonces solamente se trataría de colocar “a una serie de sujetos que contemplan
el mismo mundo (nivel de la ‘intersubjetividad’)” (Pintos, 2004: 20), permaneciendo aún en la dimensión
de observaciones de primer orden.
En contraste, el observador de segundo orden busca preguntar: ¿qué es lo que el observador de primer
orden deja de lado cuando utiliza esa distinción? ¿Qué no puede ver el observador de primer orden? ¿Por
qué esa distinción y no otra? Y el principal paso del observador de segundo orden es que él puede pasar de
preguntas del tipo ‘qué’, al tipo ‘cómo’ (Niels, 2003: 63).
En este sentido, el observador de segundo orden puede preguntar ¿cómo observa el observador de primer orden? luego entonces también podría preguntarse sobre los presupuestos que el observador de primer
orden da por sentados.
El observador de segundo orden puede buscar desparadojizar la paradoja que se encuentra en la base
de la distinción del observador de primer orden. En este sentido él puede distinguir su distinción. Sin embargo, alguien se puede preguntar ¿Qué se gana con esto, de qué sirve observar cómo observa el observador de primer orden? No se gana certidumbre ciertamente. Tampoco garantías para generar o exhortar al
consenso. Ni promete ninguna seguridad al observador. Mucho menos permite plantear leyes generales, al
contrario, busca producir incertidumbre y tratar de normalizarla (Luhmann, 2006: 277).
Es necesario aclarar ¿cómo es posible lograr la normalización? Ya habíamos mencionado que la observación de la observación de los observadores tiene como rendimiento un cálculo, pero cabe señalar que este
cálculo es de un tipo particular, a saber, un cálculo recursivo35. Entonces la realidad de las observaciones se

nuevo, precisamente porque la sociedad permanece siempre realizable. Los sistemas de interacción, las organizaciones, los subsistemas funcionales y los movimientos sociales reproducen a la sociedad, pues utilizan comunicación.
Aunque estos estén condicionados por la diferencia directriz respectiva.
34
Así Luhmann menciona que: “Y donde el teórico trascendental buscaría en el dominio de la libertad ciertas
bases incondicionales de todo conocimiento empíricamente dependiente; allí, la cibernética de las relaciones de la
observación indicaría: ¡observa al observador!” (Luhmann, 1996: 61).
35
“Dado que en estos casos de clausura uno introduce el resultado de una operación de nuevo en esa misma
operación, se habla de ‘operaciones recursivas’ (de re: de nuevo, y currere: introducir)” (Foerster, 1991: 146). Podemos entonces decir, que la recursividad reside en “(...) relacionar cada contingencia individual, como contingencia,
con otras contingencias seleccionadas en el contexto de la construcción de asignaciones de probabilidad o respectivamente, redundancias” (Baecker, 2005: 29) [(...) in linking every individual contingency, as a contingency, with other,
selected contingencies in the context of constructing allocations of probability or, respectively, redundancies.]
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encuentra en la facticidad y validez de las operaciones del observador, y no se basa en buscar el consenso
o disenso, es decir, tampoco consiste en la relación de “los esquemas de diferencias de otros observadores
y ajustarse a sus puntos de observación” (Arnold, 2000: 95). Tampoco reside en el observar al observador
mismo36. Su garantía de realidad se encuentra en el entramado o red recursiva cerrada de observaciones.
Entonces podemos afirmar que “la operación no es posible como resultado aislado, se da mediante un
cálculo recursivo de cálculos. El cálculo de cálculos conduce a valores propios37” (Luhmann, 2006: 284).
Cabe aclarar, no hay que confundir los valores propios del sistema y la forma en que se producen los objetos
e identidades a los cuales se dirigen sus observaciones. Si bien la repetición de las designaciones condensa
las identidades, esto es dentro de un entorno no idéntico, históricamente contingente, donde las circunstancias siempre son no idénticas y siempre distintas en su diferencia con el sistema38. El sistema no es capaz
de penetrar operativamente hacia el entorno39. Por esta circunstancias podemos decir que debido a que en
la sociedad contiene una gran variedad de auto-descripciones de sí misma40 se genera una gran masa de
observaciones de las observaciones (observaciones de 2° orden) que generan una realidad en la que ya no
hay forma de sostener una razón vinculante, ni mucho menos hablar de un metarrelato en el cual una de las
partes representaría al todo; “Uno cae siempre en nuevas distinciones de distinciones, que en todo lo que se
piensa y dice siempre llevan consigo también el otro lado. Así de inflado, el mundo es una gigantesca black
box” (Luhman, 2006:289)41.
Y sólo por la razón anterior, se hace necesarios entonces restablecer estas intransparencias e irresolubles
enredos de la comunicación creada por la observación de segundo orden “y se podrá recomendar que se
vuelvan transparentes por lo menos algunas estructuras de interacción y que se conformen nuevamente con
una observación de primer orden, whitening the black box” (Luhman, 2006:289)42. Se vuelve a exhortar por

36
La ganancia en observar al observador es que todo lo otro se deja de lado, con esta reducción de complejidad se llega al mundo y sólo en el observar como observan otros se puede empezar a ampliar (construir) la complejidad. Hay que recordar que sólo mediante la reducción de complejidad se llega a una ampliación del conocimiento (y
por tanto de la complejidad misma) (Luhmann, 1996: 125 y 126). Por ejemplo, la hoja en blanco es complejidad en
bruto. Para empezar a ampliar la complejidad hay que empezar a marcar distinciones (escribir en la hoja) para comenzar a construir complejidad.
37
Esto es muy notable en un ejercicio matemático muy sencillo. Cuando se aplica la raíz cuadrada iterativamente al resultado del resultado de cualquier número, el resultado cada vez se acercara más al uno, es decir, a un
valor propio (eigen).
38
Tampoco hay que olvidar que el sistema es su diferencia con el entorno. No hay que entender al sistema
como si estuviera aquí y por otro lado el entorno se encuentra allá como si se tratara de identidades dadas. Como si
se tratara de sujetos y objetos. Por ejemplo, es común cometer el error al suponer que “Luhmann (1996) sustituye
los conceptos tradicionales de subjetividad y objetividad por los de autorreferencia y heterorreferencia.” (Del Angel,
2008: 30) La respuesta de Luhmann a ese prejuicio ontológico común sería la siguiente; “sería cometer un error lógico muy simple el tener al «auto» de la autorreferencia por el observador mismo […] El observador es la unidad de la
diferencia de autorreferencia / heterorreferencia. No puede por tanto, nombrarse a sí mismo. Permanece invisible para
sí mismo.” (Luhmann, 2007: 27-28).
39
Se podría decir en consecuencia que”(...) el sistema como una función de sí mismo en participar con un
entorno cambiante, es solo el mismo cuando nunca es el mismo. (Baecker, 2005: 94) [The system, as a function of
itself in engaging with a changing environment, is only the same in never being the same]
40
Los movimientos de protesta por ejemplo tienen diversas descripciones de sí mismos: i.e., movimientos de
regeneración, movimientos ambientalistas, movimientos revolucionarios, movimientos anticapitalistas, movimientos
anti-globalización. Y algunas descripciones (muchas veces externas), desde el sistema ciencia como; movimientos
antisistémicos, movimientos sociales y no por último movimientos de protesta, entre otros. Como ejemplo, véase,
(Wall, 2005).
41
Esta black box, la explica de forma pedagógica Gregory Bateson: “representa todo un conjunto de partes y
a esa caja le ponen un rótulo que indica lo que ese conjunto de partes se supone que hace, (...) [n]o es una explicación
de cómo lo hace.” (Bateson, 1998: 67)
42
Para este tipo de problemas, se dice que la sociedad ha creado una serie de instituciones, semánticas, dispositivos de inmunidad que se pueden nombrar como “entendimiento”. Que va desde una identidad vinculante, hasta
prescripciones terapéuticas, como cualquier tipo de exhorto a la moral, a lo normativo, que relacionan elementos de
diverso género: como son, institutos de “transparencia” de la extensión de la corresponsabilidad, etc. que se encuentra
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consiguiente a la dimensión intersubjetiva, al carácter vinculante; de lo normativo, del rol, de la persona,
de los valores y como caso límite a la razón misma. Se busca volver de nuevo a la observación de primer
orden para hacer transparente lo intransparente, para hacer manejable la complejidad qué sale del cálculo
recursivo resultado de las observaciones de observaciones:
Se aprende por segunda vez el lenguaje. Se aprende nuevamente a distinguir entre
significante y significado, entre lo presente para todos los observadores de primer orden y aquello que se pueda observar como su observación. Esta diferencia
rompe con el llamado consenso con todo y los requerimientos tradicionales de
sinceridad, veracidad y cumplimiento de un contrato. Hay formas operativas del
sistema que funcionan porque no se les toma en serio (Luhmann, 2006: 291, cursivas nuestras).
Esto nos permite constatar dos situaciones particulares:
1) Que no se puede ver que no se puede ver lo que no se puede ver43 y; 2) que el observador de segundo
orden puede ver lo que el observador de primer orden no puede ver44. Es necesario precisar este punto.
Es totalmente falso suponer que “si se quiere saber, hay que observar lo que sea observar. Una vez
más: habría que saber lo que no se sabe para llegar a saber eso que no se sabe” (Del Angel, 2008: XII).
El observador de segundo orden puede ver lo que el observador de primer orden no puede ver, justamente
porque utiliza otra distinción. Es decir, el observador puede distinguir dicha distinción al utilizar otra. Pero
esta distinción no le permite observar el punto ciego del observador de primer orden directamente. Solo le
permite formular lo que el observador de primer orden no puede ver por medio de negaciones.
“El observador de segundo orden puede observar como observador […] al observador de primer orden
solamente cuando ve que este observador no ve que él no ve lo que no ve. Esto se puede formular (observar) solamente con la ayuda de negaciones” (Luhmann, 2007b: 26, cursivas nuestras). Si el observador de
primer orden observa con la distinción útil/ inútil y dice que todos los párrocos son inútiles. El observador
de segundo orden puede ver que el observador de primer orden no puede ver lo agraciado/ no agraciado
de los párrocos. Precisamente porque no puede distinguir lo indistinguible con la distinción que usa en ese
momento (o sea, no puede observar lo agraciado/ no agraciado en la medida en que utiliza la distinción útil/
dada en “los documentos, actas y pruebas las que ganan importancia, así en un mundo constituido en el campo de la
observación de segundo orden son los entendimientos los que cobran importancia” (Luhmann, 2006: 290).
43
De la misma forma Maturana y Varela “Nuestra experiencia visual es de un espacio continuo y, a menos
que hagamos estas manipulaciones ingeniosas, no percibimos que de hecho hay una discontinuidad que debería aparecer. Lo fascinante con el experimento del punto ciego es que no vemos que no vemos” (Maturana y Varela, 2003b:
8). Trivializaríamos la cuestión si suponemos de nuevo una dimensión ontológica donde los sujetos ven o no ven
y cuando ven que no ven, entonces ya están viendo. El asunto es que esto se llega a saber mediante ejercicios muy
específicos, pero en general partimos, en que el punto ciego es la condición de la posibilidad del observar.
44
Empero, la distinción del observador de 2° orden permanece oculta pues nadie la estaría diferenciando, a
menos que se trate de un observador de 3°orden para el cual vale lo mismo. Es necesario esclarecer en este punto, que
la observación de segundo orden no significa una “mejor” observación, o una observación prestigiada o privilegiada
que le permita situarse con autoridad frente a otros observadores. Como hemos estado sosteniendo a lo largo de este
artículo, tanto la observación de primer y segundo ordenes, ambas tienen un punto ciego, lo cual no les hace tener un
conocimiento más justo de la realidad. Por mucho la observación de segundo orden es más reflexiva, en el sentido
de la prudentia. Además podemos decir que “la ciencia no puede adjudicarse la autoridad que resultara de haber
descubierto y ocupado el único acceso correcto al mundo real y poder comunicar eso a otros” (Luhmann, 1996: 78).
Como muchas posiciones críticas sobre la sociedad ufanan o como la misma reputación y autoridad científica (como
equivalente de la verdad) muchas veces sostiene. Tampoco podemos declararnos como aquella clase de vanguardia o
intelectual orgánico qué tiene una visión más certera y por lo tanto más real de la realidad. Antes bien “el teórico del
conocimiento se reconocerá como una rata dentro de un laberinto y deberá reflexionar desde qué nicho observa a las
otras ratas” (Luhmann, 1999: 78). Asimismo el observador de segundo orden siempre puede regresar la distinción que
se encuentra en la base de la observación y por ejemplo preguntarse si la distinción acción comunicativa/estratégica
es ella misma comunicativa o estratégica.
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inútil).

El valor de la observación de segundo orden:
resulta incomprensible si nos aferrarnos a la unidad de un sujeto cognoscente al
que se enfrenta un objeto que el sujeto ve o no ve, que puede ver o puede no ver.
Entonces la comprobación sólo excluye la contradicción de que el sujeto ve lo que
no ve, y así sigue siendo trivial (Luhmann, 1998b: 60, cursivas nuestras)45

La principal tentación es regresar a la ontología monocontextual en donde las cosas se encuentran de
lado del Ser o de la Nada, en la cual no vale un tercio incluido como excluido, que en este caso, se trataría de
la posición de cualquier observador. Pero, la receta metodológica que el observador de segundo orden debe
seguir, si quiere saber algo de cómo proceder con la distinción del observador de primer orden, es observar
cómo este último desparadojiza la paradoja que se encuentra en la base de su distinción. La cual, mientras
se mantenga en el nivel de contemplación, no puede ser observada. Entonces el observador de segundo
orden utiliza en su distinción la forma paradoja/ desparadojización y puede utilizarla, al igual que cualquier
observador, solamente designando un lado u otro lado de la forma, pues si buscara observar ambos lados,
cómo se sabe, se volvería paradójica su observación, se vería castigado por ella46. Entonces el observador
de segundo orden necesita, con respecto a la distinción de quién observa, “temporalizarla en una sucesión
del problema (paradoja) y la solución del problema (desparadojización)” (Luhmann, 1996: 75)
De esta forma podemos conectar la observación de segundo orden con el método funcional, que nos
permite observar las diversas opciones que pueden sustituirse en una relación de equivalencia y sirven para
cumplir dicho fin, a saber, para la desparadojización de la paradoja del observador47. La observación de
segundo orden, asimismo “puede comparar diversas observaciones, y sobre todo observaciones científicas
y cotidianas desde el punto de vista de la desparadojización de su paradoja” (Luhmann, 1996: 78).
El método funcional es también una observación hecha por un observador, entonces, aquél observador
que utiliza el método funcional parte de una distinción. Podemos entender la distinción del método funcional como la diferencia entre problema/ múltiples soluciones equivalentes del problema.
Dicho de otra forma, “como unidad de la diferencia de problema y múltiples soluciones equivalentes
y funcionales del problema, no importando si son conocidas una o más soluciones del problema o no”48.
A decir de Luis Pintos, otra forma de observar al método funcional es a través de “la distinción ‘causalidad / posibilidad’. En lugar de entender a la ciencia por sus causas, se tiene la opción de buscar los “equivalentes funcionales” (Pintos, 1999: 564) Esto abre la opción de poder responder no solo preguntas del tipo
‘cómo’ sino también del tipo ‘qué’. Es decir, con la observación de los observadores pasamos a preguntas
de tipo ‘cómo’ y una vez resuelto este problema, por medio del análisis funcional podemos regresar a los
45
Esta confusión se repite una y otra vez a lo largo del trabajo de tesis doctoral de Juan Soto Del Angel. A
lo largo de su trabajo sostiene y repite ad nauseam que la paradoja del conocimiento consisten en saber lo que no se
sabe. Y procede de manera contraria a lo propuesto por Luhmann, a saber, procede trivializando la observación de
segundo orden. Véase pp. (Del Angel, 2008: viii, xii, 7, 10, 50, 166, 167, 252, 319, 348, 366, 369).
46
Así por ejemplo, en el famoso mito islámico es castigado Iblis (Lucifer). Puesto que él era de los ángeles,
los más queridos de Dios, hasta que Dios le dio la instrucción de adorar a Adán. Él sabía que Dios era el único digno
de adoración, pero al mismo tiempo sabía que no podía desobedecer a Dios, tenía frente así una paradoja que no podía desparadojizar. En cualquier caso este se convertía en un observador de Dios: “Experimenta la instrucción como
paradoja, como contradicción entre la instrucción y la propia voluntad de Dios (una distinción que él mismo inventa
para explicar su comportamiento)” (Luhmann, 2009b: 219). El castigo del observador es entonces no poder observar
la unidad de la distinción que a fin de cuentas es la unidad de una diferencia. Los movimientos de protesta al distinguirse de la sociedad (y en esa diferencia se encuentra la unidad de su diferencia) en lugar de descender al infierno,
ascienden.
47
Que puede ser, como se ha tratado de aclarar: un sistema de protesta.
48
“Solamente cuando se pregunta con la precisión suficiente, se obtienen como respuesta equivalencias tangibles. ¿Cómo puede conocerse con más exactitud algo que se encuentra muy alejado? Yendo hacia allí o por medio de
unos prismáticos.” (Luhmann, 2007b: 103)
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problemas del tipo ‘qué’. Si se toma en serio lo anterior, podemos decir que:
desde una perspectiva funcionalista todo lo que se deja incorporar se vuelve contingente, a saber, se lo expone a una comparación con otras posibilidades. La
abstracción del problema de referencia regula el alcance de esta modalización, es
decir, la proporción de diversidad que puede aún describirse como solución equivalentemente funcional del mismo problema (Luhmann, 2007b: 103).
Contingente, en el sentido de que todo aquello que entra en tensión con otras alternativas equivalentes
se asimila a sí mismo como no necesario, ni tampoco imposible, que podría ser pues, de otra forma y que
también podría seguir siendo como es. En este sentido, la teoría de sistemas y la second order cibernetics
logra colocarse de lado de teorías con un enfoque postontológico49, por un lado, “la observación de segundo orden es una observación de primer orden especializada en la ganancia de complejidad [...] que se
efectúa en la medida en que renuncia a la conformación última de validez y de seguridades ontológicas y
en la medida en que no puede apelar a formas esenci[alistas]” (Luhmann, 2009: 169). Y por el otro lado, la
extracción del plexo causal del método funcional vuelve cualquier solución contingente.
En este sentido, es posible argumentar que “las funciones son siempre construcciones de un observador” (Luhmann, 2007b: 103, cursivas nuestras) de otra forma presupondríamos una realidad objetiva, única
y absoluta e independiente del observador50.
3- METODO
Diseño
El enfoque investigativo de la presente investigación es cualitativo, de acuerdo con Hernández, Batista
y Fernández (2014) “Utiliza la recolección y análisis de los datos para afinar las preguntas de investigación
o revelar nuevas interrogantes en el proceso de interpretación” (p.7).
Alcanzando un diseño no experimental “Que se realiza sin la manipulación deliberada de variables y
en los que sólo se observan los fenómenos en su ambiente natural para después analizarlos” (Hernández,
Batista y Fernández, 2014, p. 149).
El alcance establecido es el exploratorio “emplean cuando el objetivo consiste en examinar un tema
poco estudiado o novedoso” (Hernández, Batista y Fernández, 2014, p. 91).
Instrumentos
Para la construcción del marco teórico-conceptual de la teoría del método funcional, se consultaron un
total de cuarenta y dos referencias bibliográficas utilizándose como instrumento las ideas, argumentos y
proyectos que fueron interpretados desde una perspectiva analítica y crítica.

49
Similar a la teorías desarrollada por Foucault, Laclau y Kosselleck, según Niels, 2003.
50
Lo que no significa que el constructivismo operativo no necesite presuponer conocimiento para abordar
cualquier problema del conocimiento o de su objeto. Tampoco que el constructivismo sea un anti-realismo. No niega
que exista una realidad externa, sino que la condicionalización de las construcciones internas del sistema se dan,
precisamente porque no se puede conocer esta realidad externa (pues el entorno es como es). Por lo que la realidad
de cualquier conocimiento se encuentra en la facticidad de sus operaciones que la hacen posible, sin la necesidad de
recurrir a una instancia externa. A lo único que recurre es a los componentes que le son dados por medio de la operación del distinguir indicando, de las cuales en el entorno no existe ninguna correspondencia, ni relación punto por
punto. Entonces “los constructivistas radicales ven en este paso de lo «aunque imposible» a lo «porque imposible»,
una radicalización liberadora que puede hacer que la reflexión de dos mil años sobre el conocimiento se tenga por
inútil” (Luhmann, 1999: 71).
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Procedimiento
Con relación a la comprensión del problema de la investigación se recopilan fuentes secundarias de documentos académicos. En el marco de referencia se definen los conceptos básicos relativos a las teorías del
actor red y redes de internacionalización de la empresa. Una vez recopilada y analizada la información se
construye el documento objeto de este trabajo. Por último, se realizan las recomendaciones y conclusiones
conforme a los objetivos trazados (Lechuga, 2018, p. 196).
CONCLUSIONES
Estos argumentos son relevantes por varias razones, en primer lugar, exponen la amplitud de perspectiva que permite el MF y la observación de segundo orden, pero, por otro lado, son una muestra fehaciente de
que las críticas en torno al supuesto ‘conservadurismo” de la teoría luhmanniana y el método funcional no
tienen origen en la reflexión teórico-metodológica, sino en el prejuicio y el desconocimiento.
Como sostiene Torres (en Luhman, 1998: 17), en nuestro medio, es común el rechazo al trabajo de Niklas Luhmann, bajo la queja de que su teoría resulta demasiado compleja. Ello tiene efectos hondos en el
pensamiento sociológico, pues, como señalamos, o se critica a Luhmann desde la falta de comprensión o,
sencillamente, se descarta como explicación posible. Esta situación ilumina la necesidad de elaborar ejercicios de ‘traducción’, de clarificación de la teoría luhmanniana y los recursos que involucra, con el ánimo
de entablar diálogos académicos que excluyan perspectivas políticas o morales.
El método funcional, como señalamos, consiste en relacionar varias causas que son funcionalmente
equivalentes para producir el mismo efecto, e intenta identificar cuál es el criterio de selección de una causa
para producir cierto efecto y con relación a qué función lo cumple. Partir del reconocimiento del carácter
abstracto de las funciones y de los problemas de referencia, observar la equivalencia entre las posibles soluciones del mismo, permite una mirada de gran angular, desontologiza, complejiza, transita por ‘lugares’
que, con el uso de otros métodos, quedan completamente invisibilizados.
En este sentido, reiteramos, a propósito del ‘carácter conservador’ atribuido al MF, que el funcionalismo no busca justificar algún tipo de efecto y después encontrar una causa que garantice la producción
del mismo, más bien, utiliza la referencia a un tipo de efecto particular como estímulo para comparar y
equiparar determinados hechos causales. Por ello, no procede a partir de la exclusión de todas las otras
causas posibles y la designación de una, sino de la inclusión, pues su pretensión es identificar rendimientos
equivalentes en la resolución de problemas particulares de los sistemas sociales.
Esta manera de proceder sólo es posible a partir de una construcción particular del concepto de observación, a saber, observar como el trazo de una distinción, como el ejercicio de sacar algo del unmarked space
del mundo, como una operación que no adquiere sustancia alguna, sino que únicamente actualiza un lado
de una forma, una forma que siempre aparece como ‘invisible’ para quien observa y que por ello reclama
la perspectiva del segundo orden.
La observación de segundo orden permite identificar la distinción que utiliza el observador de primer
orden, con ello es posible clarificar ¿qué es lo que el observador de primer orden excluye cuando utiliza esa
distinción?, ¿qué es lo que ésta no le permite ver?, ¿por qué esa distinción y no otra? Dicha estrategia se
traduce en una ‘crítica’ más profunda que cualquiera planteada por las ‘teorías marxistas’, en el sentido de
que presenta una imagen compleja del mundo, que excluye explicaciones unilaterales y simplistas.
Mirar desde el segundo orden, permite acceder a un concepto de realidad que sólo puede ser resultado
de una red de observaciones cuya ‘consistencia’ y validez se explica sólo a partir de su facticidad. Es decir,
en la base del orden social no aparece ningún tipo de consenso o instrucción ontológica, sino un entramado
de observaciones recursivas.
Pensar, desde la teoría de sistemas, a la sociedad moderna como resultado de una multiplicidad de observaciones permite reconocer que siempre existe ‘el otro lado’, que quien observa es incapaz de percibir
las discontinuidades y las distinciones de las que parte la propia observación, es decir, es incapaz de ver
lo que no ve, por tanto, es en este sentido que la observación de segundo orden se convierte en un recurso
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imprescindible en la sociología, pues permite ver lo que el observador de primer orden no puede.
Sólo en este contexto adquieren relevancia las posibles soluciones a los problemas, que no fueron
seleccionadas. Bajo este concepto de realidad la noción de contingencia juega un papel central, pues la
selección de una solución a un problema de referencia sólo es una entre otras soluciones posibles, es decir,
es contingente.
A partir de ello es posible comprender, por un lado, la importancia de la relación entre el método funcional y la observación de segundo orden en la propia teoría luhmanniana y por otro, la relevancia de este
binomio para el pensamiento sociológico, en el sentido de que, el MF, permite, también reconocer que su
observación es una observación hecha por un observador, en este sentido, puede ser observada.
Finalmente consideramos importante enfatizar que la discusión desarrollada en el presente artículo refuta las críticas (prejuicios) señaladas al inicio de la exposición. Pues frente a la idea de que, por herencia
parsoniana, el método funcional de Niklas Luhmann concibe al sistema en términos de orden y equilibrio,
por tanto, las estructuras deben mantienen una función estática, es necesario recordar, que tal y como sostiene Galindo (2008: 58) en la reconstrucción que Luhmann elaboró del método funcional, buscó, fundamentalmente, rescatarlo de las premisas del estructural funcionalismo parsoniano.
Mientras que, para Parsons, la existencia del sistema social depende sólo de cuatro funciones, para Luhmann, como ya se demostró, la idea de función y estructura no permanece estática, por el contrario, éstos
son vistos como componentes dinámicos que pueden ser transformados. El reconocimiento del dinamismo
en el sistema, es decir, de que todo sistema social se compone de elementos basalmente inestables y que
en este sentido las estructuras están supeditadas a las operaciones, responde a la segunda crítica, citada en
las primeras líneas de este texto, que sostiene que el método funcional descuida el cambio y el ‘conflicto’.
Por otro lado, la perspectiva formal del método funcional anula toda noción de actores portadores de
funciones; como se especificó, para Niklas Luhmann la función no tiene sustancia, tampoco es un efecto
a producir, ésta es únicamente un esquema lógico regulador, que organiza un ámbito de comparación de
efectos equivalentes.
Reservamos el final de este artículo a la crítica según la cual el método funcional ‘no cumple con los
requerimientos mínimos que demanda la ciencia’, porque consideramos sustancial, subrayar que pocas rutas de análisis permiten una imagen tan amplia de los problemas sociológicos, como la que logra el método
funcional.
La posibilidad de observar las diversas opciones que pueden sustituirse en una relación de equivalencia
y logran desparadojizar la paradoja del observador, el ejercicio de comparar diversas observaciones, científicas y cotidianas, la forma problema/ múltiples soluciones equivalentes del problema amplían la visión
científica, como no lo había hecho antes ninguna perspectiva. La ‘duda metódica’ que se logra con la visión
funcionalista es una innovación revolucionaria en sociología.
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Programa comedores comunitarios de la cruzada nacional contra el hambre. el asunto de la
participación ciudadana1
Community dining program of the national crusade against hunger. the issue of citizen participation
Daniel, Campuzano-Martínez
Universidad Autónoma del Estado de México
RESUMEN
El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo consistió en conocer cuáles han sido los
mecanismos de participación y construcción ciudadana a partir de la implementación del programa Comedores Comunitarios que forma parte de la estrategia federal denominada Cruzada Nacional contra el Hambre. Se aplicó el método
de análisis, con un enfoque cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico transversal.
Tras la revisión documental de un estudio de caso se encontró que: existe un problema alimentario que se contrasta en
el artículo con la posición oficial con parámetros de investigadores y críticos entorno a este fenómeno social en los tópicos de ciudadanía y participación ciudadana; asimismo, se describe los objetivos y propósitos de la Cruzada y del programa Comedores Comunitarios con el fin de conocer si existe un contraste entre su formulación y su implementación.
Palabras clave: Ciudadanía, Comedores Comunitarios, Cruzada, Participación ciudadana, Política social.
ABSTRACT
This article is the product of a literature review, whose aim consisted in knowing what the civic engagement and
building mechanisms have been from the implementation of the Soup Kitchens Program that is part of the federal strategy called National Crusade Against hunger. The method of analysis was applied with a qualitative approach, non-experimental design, under a documentary-literature cross sectional level. After the documentary review of a case study,
it was found that: there is a food problem that is contrasted in the article with the formal position of the researchers
and critics parameters around this social phenomenon in the topics of citizenship and civic engagement; likewise, the
goals and proposes of the Crusade and the Soup Kitchens Program are described in order to know if there is a contrast
between the formulation and the implementation.
Key words: Citizenship, Soup Kitchens, Crusade, Civic Engagement, Social Policy.

Cómo referenciar este artículo
Campuzano-Martínez, D. (2017). Programa comedores comunitarios de la cruzada nacional contra el
hambre. el asunto de la participación ciudadana. Política, Globalidad y Ciudadania, 34-41.
Recibido: 15 de Julio 2016 - Aceptado: 20 de Septiembre 2016

1
Maestrante en Administración Pública y Gobierno, Universidad Autónoma del Estado de México. Correo:
dcampuzano29@gmail.com
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 5, Enero - Junio 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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�Programa comedores comunitarios de la cruzada nacional...
1- INTRODUCCIÓN
A pesar de los diversos esfuerzos institucionales por atender el problema del hambre en el mundo, en
la actualidad un número exorbitante de personas carece todavía de los alimentos necesarios para disfrutar
de una vida activa y saludable. Las estimaciones más recientes indican que unos 795 millones de personas
de todo el mundo, lo que equivale a algo más de una de cada nueve, estaban subalimentadas en el período
2014-2016 (FAO, FIDA, PMA, 2015).
En nuestro país en las últimas tres décadas las diferentes administraciones han combatido la pobreza
con políticas focalizadas de corte asistencial, teniendo como eje el otorgar transferencias de recursos a los
pobladores en situación vulnerable y con ello atender las principales carencias que afectan la dignidad y calidad de vida de las personas, si bien, algunas metas y objetivos de dichos programas han sido reconocidos
por su aporte social, actualmente la mitad de la población del país continua en pobreza, lo que demuestra
que la visión de los programas asistencialistas, instaurados en los últimos años, no han resuelto problemas
fundamentales, prevaleciendo la carencia de acceso a una sana alimentación.
La actual administración federal, ha trazado en el Plan Nacional de Desarrollo (PND) 2013- 2018 la
orientación de las políticas del Gobierno para los próximos años con el fin de que “todos los mexicanos tengan un acceso efectivo a los derechos de la Constitución, en un México Incluyente, con una Política Social
de Nueva Generación, enfocada en alcanzar una sociedad de derechos ciudadanos y humanos plenos”.2
En este sentido, según describe el PND se proponen políticas sociales que giran en torno al ciudadano,
ubicándolo como un agente de cambio, protagonista de su propia superación a través de su organización y
participación activa.
En enero de 2013, con el argumento de combatir la pobreza y especialmente el hambre, el gobierno
federal anuncia la puesta en marcha de la Cruzada Nacional contra el Hambre, estrategia nacional que alinea programas y acciones, así como permite la creación de programas nuevos, entre los cuales sobresale el
programa Comedores Comunitarios3 que a la fecha lleva instalados más de 5 mil a lo largo del país.
El Estado de México ha sido una de las entidades con mayor número de comedores instalados, llegando
a dos mil comedores en el presente año4 no obstante, a la fecha no hay registros académicos que permitan
conocer cuáles han sido hasta ahora los resultados de la implementación de los Comedores Comunitarios,
ya que más allá de conocer las cifras oficiales, el objetivo del proyecto es conocer el alcance que este programa ha tenido para disminuir la carencia por acceso a la alimentación, y no sólo eso sino saber cómo
su instalación ha propiciado mecanismos de participación social y construcción ciudadana y cómo estos
aspectos han dado influido en la implementación del programa.
2- FUNDAMENTO TEÓRICO
Para realizar el proyecto se ha tomado en consideración la amplia gama de conceptos oficiales y académicos que permiten conocer el marco de la investigación, entre los cuales identificamos algunas palabras
clave como: pobreza, pobreza extrema, pobreza de alimentación, hambre, nutrición, entre otras, que son
referentes dentro de la Cruzada Nacional contra el Hambre.
Se comienza este apartado señalando una conceptualización a partir del Consejo Nacional de Evaluación de la Política Social (Coneval)5, organismo federal encargado de evaluar los programas sociales. El
Coneval identifica a una persona en situación de pobreza cuando presenta al menos una carencia social (en
los seis indicadores: rezago educativo, acceso a servicios de salud, acceso a la seguridad social, calidad y
espacios de la vivienda, servicios básicos en la vivienda y acceso a la alimentación), y su ingreso es insuficiente para adquirir los bienes y servicios básicos que requiere para satisfacer sus necesidades alimentarias
y no alimentarias.
Siguiendo este criterio una persona se encuentra en pobreza extrema cuando tiene tres o más carencias
sociales (de las seis posibles) y su ingreso es menor al valor de la línea de bienestar mínimo; mientras que
una persona considerada en situación de pobreza extrema de alimentación refiere cuando ésta se encuentra
en pobreza extrema y presenta carencia por acceso a la alimentación.
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A nivel internacional la Organización de las Naciones Unidas para la Alimentación y la Agricultura
(FAO) entiende al concepto hambre como una sensación incómoda o dolorosa causada por no ingerir en un
determinado momento suficiente energía a través de los alimentos. El término científico para el hambre es
privación de alimentos.
La nutrición se entiende cuando en el consumo de alimentos existe un aprovechamiento biológico de
éstos. En contraposición la Desnutrición es un término usado para explicar la carencia a nutrientes que
se puede caracterizar por una alimentación suficiente de ingesta alimentaria, pero carente por ejemplo de
micronutrientes. De acuerdo con Carlos Monteiro la desnutrición es un padecimiento provocado por una
alimentación insuficiente en energía y nutrientes o por un inadecuado aprovechamiento biológico de los
alimentos ingeridos, generalmente debido a enfermedades de tipo infeccioso (Gordillo y Gómez, 2005:
165-166).
Sin embargo, desde la perspectiva de diversos investigadores estos conceptos pueden tomar diversas
extensiones, por ejemplo, Vizcarra, Mondragón y Thomé (2011: 8)7 definen la pobreza como:
(…) un síndrome situacional en el que se asocia ya no solo el infraconsumo y la desnutrición, sino
también el subconsumo y la mala nutrición, asociada a precarias condiciones de vivienda, bajos niveles
educacionales, malas condiciones sanitarias, una inserción inestable en el aparato productivo, actitudes de
desaliento y anomia, poca participación en los mecanismos de integración social, y quizás la adscripción a
una escala particular de valores, diferenciada en alguna manera de la del resto de la sociedad.
En la perspectiva socio-antropológica Messer8 (1980, citado en López y Espinoza 2002: 9) ubica al
hambre como: (…) un fenómeno que debe ser abordado a partir del estudio de las relaciones entre los individuos y el alimento; se le estudia, tanto en forma longitudinal, como transversal.
Las relaciones pueden abarcar: las vías de selección de alimento, los ritos y tradiciones generados en
torno a un determinado tipo o grupo de alimento, así como la denominada cultura alimentaria.
Tomando la definición de Young8 (1975, Ídem: 7) el hambre podría ser entendida como la necesidad de
uno o varios elementos que son esenciales para mantener la homeostasis, el crecimiento, la reproducción o
el funcionamiento normal de un organismo, además de que el hambre la ubica como:
(…) una infamante y endémica patología social, y un detonante universal que genera violencia; a su vez,
éstas se articulan en un nudo gordiano indisoluble que no sólo rompe los moldes y esquemas de tiempo y
espacio, sino que crece como monstruo vociferante en las entrañas del hombre nuevo que hemos gestado
ante la indiferencia cómplice de quienes todo lo tienen, y han usurpado para sí mismos los frutos de la tierra.
(Ídem)
Pese a ello, el Programa Nacional México Sin Hambre (PNMSH)6 definió el hambre como la situación
que enfrenta una persona al encontrarse en pobreza extrema de alimentación, es decir, que su ingreso corriente total no le permite adquirir la canasta alimentaria aunque utilice todos sus recursos para ese propósito, y enfrenta tres o más carencias sociales, entre las que se incluye la carencia de acceso a la alimentación.
Ésta es la población objetivo del Programa.
En este sentido se da cuenta que no existe una conceptualización de los factores que influyen en el
“hambre”, sino más bien son elementos de medición que focalizan a la población factor que no permite
comprender correctamente el problema. Pues como rescata Arzate (2014: 119).
Las situaciones de hambre suponen no sólo identificar las magnitudes y efectos físicos de la carencia
alimentaria, sino identificar cómo se produce y reproduce socialmente dentro de las familias y las comunidades, es decir, conocer la manera en que se reproduce la distribución inequitativa de estos alimentos en
función de la edad, el sexo y la clase social de los individuos.
Otro de los términos que resulta indispensables para comprender el rumbo de un programa o política
alimentaria, es el de Soberanía Alimentaria. La Soberanía Alimentaria es un término que en las últimas dos
décadas ha tomado relevancia por la resistencia que representa hacia el modelo de mercado predominante
neoliberal. En este término existe un factor intrínseco para comprender el fenómeno alimenticio desde su
raíz, procurando la participación efectiva de los pueblos para decidir su forma alimentaria en cuanto a sus
tradiciones y cultura. De acuerdo con la Declaración de Nyéleni (2007:1) la Soberanía Alimentaria es “el
derecho de los pueblos a alimentos nutritivos y culturalmente adecuados, accesibles, producidos de forma
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sostenible y ecológica, y su derecho a decidir su propio sistema alimentario y productivo”.
Lo cual desde esta perspectiva “pone a aquellos que producen, distribuyen y consumen alimentos en el
corazón de los sistemas y políticas alimentarias, por encima de las exigencias de los mercados y de las empresas” (ídem) además “da prioridad a las economías locales y a los mercados locales y nacionales, y otorga
el poder a los campesinos y a la agricultura familiar, la pesca artesanal y el pastoreo tradicional, y coloca
la producción alimentaria, la distribución y el consumo sobre la base de la sostenibilidad medioambiental,
social y económica” (ídem: 2)
Las Cifras Actuales
De acuerdo con las últimas cifras del Coneval, entre 2012 y 2014 el porcentaje de población en pobreza
se incrementó de 45.5 a 46.2 por ciento. Por lo que en 2014 el total de población en situación de pobreza
ascendió a 55.3 millones de personas, respecto a las 53.3 millones personas en los dos años previos, lo que
representa un incremento de aproximadamente 2 millones de personas.
En cuanto al tema alimentario, la Carencia por Acceso a la Alimentación pasó de 23.3 por ciento a 23.4,
es decir de 27.4 a 28.0 millones de personas.
Números exactos sin redondeo son estimados para los Estados Unidos Mexicanos en 53,349 900 para
el año 2012 y en 55,341 560 para el año 2014.
Cuadro 1. Evolución de la Carencia por acceso a la alimentación 2008-2014 en México

Fuente: Elaboración propia con datos de Coneval. Comunicado de prensa no. 005. México,
d.f., a 23 de julio de 2015.
Pese a que la pobreza extrema se redujo de 11.5 a 11.4 millones de personas, una reducción de aproximadamente 90 mil personas, los números absolutos reflejan que algo se está haciendo mal, incrementando
la población en pobreza multidimensional sobre todo en las población urbana2.
Para el caso del Estado de México se contabilizaron 8 millones 269 mil 900 personas que viven en condiciones de pobreza, mientras que los dos años anteriores se reflejaba una cifra de 7 millones 328 mil 700
personas (2012); es decir, se pasó de un 45.3 por ciento en 2012 a un 49.6 por ciento para 2014.
En cuanto a la población en situación de pobreza extrema en la entidad se pasó de 5.8 por ciento en
2012 a 7.2 por ciento en 2014, lo que equivale que de 945 mil 700 personas ascendió a un millón 206 mil
900 pobladores. Para el caso de la Carencia por Acceso a la Alimentación, ésta tuvo una evolución de 17.7
por ciento a 21.3, equivalente a 2 millones 858 mil en 2012, ascendió a 3 millones 550 mil 300 habitantes.

2
Las diferencias entre las zonas rural y urbana se vieron marcadas por un notable incremento en la segunda
quedando de la siguiente manera. El porcentaje de la población rural en pobreza pasó de 61.6 a 61.1 por ciento y en el
caso de la población urbana la pobreza pasó de 40.6 a 41.7 por ciento.
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Campuzano-Martínez, D
Cuadro 2. Evolución de la Carencia por acceso a la alimentación 2008-2014 en el Estado de México.

Fuente: Elaboración propia con datos de Coneval. Pobreza 2014, Estado de México
Los datos que se presentan aquí sirven como referencia para más adelante exponer mediante análisis
y conclusiones como ha sido la evolución de la pobreza, pero sobre todo de las carencias alimentarias lo
cual a agrandes rasgos presentan cifras negativas, sobre todo al abordarse en números absolutos, más que
en porcentaje lo cual refleja la inquietud que los programas de esta índole en general no han combatido las
causas que lo originan.
La Cruzada Nacional contra el Hambre
En enero de 2013, el actual Gobierno de la República Mexicana, echó a andar en el Estado de Chiapas
la estrategia nacional denominada Cruzada Nacional Contra el Hambre (CNCH) con una serie de objetivos
que enuncian un combate coordinado entre gobierno, sector privado y sociedad.
Según la página oficial SINHAMBRE.com10 la Cruzada Nacional contra el Hambre es una estrategia
de política social, integral y participativa que pretende una solución estructural y permanente a un grave
problema que existe en México: El hambre.
Sus objetivos son:
Cero hambre a partir de una alimentación y nutrición adecuada de las personas en pobreza multidimensional extrema y carencia de acceso a la alimentación;
Eliminar la desnutrición infantil aguda y crónica, y mejorar los indicadores de peso y talla de la niñez;
Aumentar la producción de alimentos y el ingreso de los campesinos y pequeños productores agrícolas;
Minimizar las pérdidas post-cosecha y de alimentos durante su almacenamiento; transporte, distribución y comercialización;
Promover la participación de comunitaria para la erradicación del hambre.
Por ello mediante el cruce de datos, es que la CNCH ubicó en todo el país a 7.01 millones de personas
que viven en Pobreza Extrema de Alimentación, personas a quienes va dirigida la atención de la estrategia,
ubicadas en todos y cada uno de los 32 estados del país, y en los 2 mil 457 municipios que hay en México.
En este contexto y con información del programa se describe a continuación el total de personas en
Pobreza Extrema de Alimentación según el cruce con las carencias encontradas, es decir:
3 de cada 10 no cuenta con servicios de salud.
4 de cada 10 tiene rezago educativo.
5 de cada 10 habita en viviendas de materiales de baja calidad, con piso de tierra y espacios inadecuados.
7 de cada 10 no cuenta con servicios básicos en la vivienda.
9 de cada 10 no tiene seguridad social.
Ahora bien, no se debe dejar de señalar la suspicacia frente a las cifras que buscan describir el estado
social en cuanto al fenómeno de la pobreza, sobre todo si se trata de estadísticas susceptibles en su manejo
por cuestiones de conveniencia, pues como lo describe Arzate (2005):
(…) el conjunto de métodos cuantitativos para medir desigualdades sociales en países en desarrollo
tienen ante sí un importante obstáculo: la poca fiabilidad de las estadísticas oficiales; ya que la mayor parte
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de las veces estas son modificadas por las autoridades locales o los funcionarios encargados de los diversos
programas de la política social; los fines políticos son regularmente la causa de tales alteraciones.
Al día de hoy esta estrategia de combate al hambre ha marcado etapas de ejecución; en la primera de
ellas se incluye la atención de 400 municipios con cerca de la mitad de la población total en Pobreza Extrema de Alimentación; mientras que la segunda etapa se incorporó a 612 municipios más con el objeto de
alcanzar a 5.5 millones de personas en pobreza extrema alimentaria lo que representaría el 78.4 por ciento
de la población objetivo.
Uno de los componentes del Sistema Nacional México Sin Hambre fue la creación de Comités Comunitarios, establecidos como “el Órgano de participación social y representación de una comunidad, ya sea
urbana, rural o indígena, electos de manera democrática en Asamblea General”. Este Comité Comunitario
tendría por funciones:
1. Promover la organización de los miembros de la comunidad, estableciendo la
Asamblea General como órgano de decisión de la comunidad.
2. Detectar y priorizar la problemática existente en la comunidad.
3. Informar a los miembros de la comunidad acerca de los avances del Plan Comunitario
4. Establecer los mecanismos de corresponsabilidad entre la comunidad y los tres órdenes de gobierno.
5. Participar en los procesos de ejecución, supervisión, control y seguimiento de proyectos y acciones
de los Programas Sociales Federales
A partir de lo cual se pretendía dar un cambio en la política social que había combatido a la pobreza y
al hambre, ya que los Comités Comunitarios generarían sus propios planes de política social acorde a las
necesidades diarias que ellos vivían. De la misma manera orientarían los apoyos recibidos de las instancias
de gobierno, a las familias que más lo necesitaran. Cada Comité estaría integrado por once miembros que
fungirían un cargo específico: Presidente, Secretario, Tesorero, Vocal de Control y Vigilancia, Vocal de
Educación, Vocal de Comisión Salud, Vocal de Comisión Seguridad Social, Vocal de Comisión Calidad de
Vivienda, Vocal de Comisión Servicios Básicos de Vivienda, Vocal de Comisión Alimentación, Vocal de
Comisión Ingreso.
Programa de Comedores Comunitarios
A partir del Decreto6 por el que se establece el Sistema Nacional para la Cruzada contra el Hambre
(SINHAMBRE), a través de la Secretaría de Desarrollo Social (Sedesol) se instrumenta el Programa de
Comedores Comunitarios. Su propósito, implica el desarrollo de procesos de organización comunitaria y el
diseño de procedimientos que permitan que la población se involucre y responsabilice en la operación de
los comedores para atender a las personas objetivo del Programa.
Su Objetivo General es el desarrollar, fortalecer y consolidar una estrategia de atención alimentaria y
nutricional, proporcionando alimentos nutritivos de calidad y cantidad suficiente, a grupos poblacionales
con problemas de desnutrición, en riesgo de padecerla y en inseguridad alimentaria, a partir del fomento de
la participación comunitaria, y con ello, contribuir a abatir la carencia por acceso a la alimentación.
Sus Objetivos Específicos son:
Mejorar la situación nutricional de niños y niñas de 0 a 11 años de edad, mujeres en gestación y lactantes, personas con alguna discapacidad, adultos mayores de 65 años y aquellas personas que determine
el Comité Comunitario por su condición de pobreza multidimensional extrema y carencia de acceso a la
alimentación (en adelante, Población Atendida o Población Objetivo) mediante la instalación y operación
de Comedores Comunitarios.
Promover la inclusión social de la Población Atendida por los Comedores, a través de acciones integrales que involucren a las familias y a la comunidad, para avanzar en dinámicas sociales incluyentes que
permitan aportar a la transformación positiva de su entorno.
Impulsar acciones de orientación nutricional entre la Población Atendida de los Comedores, que sustente el desarrollo de una cultura alimentaria nutricional.
Su propósito reside en brindar solución a las necesidades de alimentación a los sujetos de atención,
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identificados dentro de las comunidades, cuyas condiciones de edad, discapacidad, pobreza extrema y de
carencia alimentaria los hacen elegibles para recibir acceso al consumo de alimentos nutritivos y la transformación de hábitos alimenticios para una vida saludable.
En este sentido la instalación de los Comedores también pretenden representar lugares incluyentes de
cohesión social, donde se fomente la relación familiar y comunitaria, la sana convivencia, la comunicación,
el encuentro, la participación, etcétera.
Además en ellos se pretende difundir y generar hábitos alimentarios, incluyendo ingredientes tradicionales y naturales de la región, conjuntamente busca coadyuvar al desarrollo de habilidades y destrezas de
producción de alimentos básicos y derivados que garanticen su aprovisionamiento cotidiano y que repercutan en mejorar los hábitos alimenticios de toda la comunidad en la que operen.
Así todas las características descritas anteriormente constituyen la conformación de entes sociales y la
coordinación de órdenes de gobiernos y de estructuras ciudadanas que presentan un nuevo enfoque para
combatir la pobreza de manera tácita y pragmática.
Por ello el presente proyecto construye un marco metodológico que permita mostrar en la práctica cómo
es que los usuarios transforman su acción social en un espacio público, y así conocer la trascendencia del
programa.
3- MÉTODO
Diseño
El enfoque investigativo de la presente investigación es cualitativo, de acuerdo con Hernández, Batista
y Fernández (2014) “Utiliza la recolección y análisis de los datos para afinar las preguntas de investigación
o revelar nuevas interrogantes en el proceso de interpretación” (p.7).
Asimismo la metodología cualitativa proporciona información acerca de “si los objetivos de las políticas han sido logrados, cuáles han sido los efectos en los comportamientos tanto de la ciudadanía como
la burocracia, la forma en que pueden operar adecuadamente y si es posible ampliar su cobertura”. (ídem)
De esta forma Hernández, Batista y Fernández, 2014 (2014) identifican las grandes bondades de la recolección de información y los modelos de análisis de este enfoque, entre los cuales se encuentra que: Los
datos son de primera mano, provienen de los actores en su ambiente natural, por lo que las descripciones
son mejores que los obtenidas mediante técnicas como la encuesta; los datos proporcionan percepciones de
los actores, con ello hay una mayor cercanía sobre el sentir ciudadano, de manera que se puede interpretar
la forma en que piensan, sienten y actúan.
Además la importancia de utilizar acercamientos cualitativos también permite conocer y comprender
la acción social de los sujetos sociales en desventaja y en situación de riesgo. Por lo que una investigación
(evaluación) desde la perspectiva cualitativa, al tener como objetivo el estudio de un programa social de
manera transversal, se encuentra en la necesidad de cuestionarse cómo los programas gubernamentales se
filtran en el tejido social, y al hacerlo generan procesos de acción social que comienzan a construir formas
de reproducir la vida dentro, en, y a los bordes de los procesos de desigualdad, lo cual significa “echar una
mirada a la densidad de los micro-procesos moleculares de la acción: construcción social de grupos organizados” (Arzate, 2015: 35) como cocineras, vecinos, campesinos, escuelas, trabajo comunitario y solidario,
etc.
Alcanzando un diseño no experimental “Que se realiza sin la manipulación deliberada de variables y
en los que sólo se observan los fenómenos en su ambiente natural para después analizarlos” (Hernández,
Batista y Fernández, 2014, p. 149).
El alcance establecido es el exploratorio “emplean cuando el objetivo consiste en examinar un tema
poco estudiado o novedoso” (Hernández, Batista y Fernández, 2014, p. 91).

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�Programa comedores comunitarios de la cruzada nacional...
Instrumentos
Para la construcción del marco teórico-conceptual de la participación ciudadana, se consultaron un total
de treinta y cuatro (34) referencias bibliográficas utilizándose como instrumento las ideas, argumentos y
proyectos que fueron interpretados desde una perspectiva analítica y crítica.
Procedimiento
Con relación a la comprensión del problema de la investigación se recopilan fuentes secundarias de
documentos académicos. En el marco de referencia se definen los conceptos básicos relativos a las de la
participación ciudadana. Una vez recopilada y analizada la información se construye el documento objeto
de este trabajo. Por último, se realizan las recomendaciones y conclusiones conforme a los objetivos trazados (Lechuga, 2018, p. 196).
CONCLUSIONES
Se puede deducir que los comedores comunitarios propician un incremento alimenticio (más no totalmente nutricional) entre los beneficiarios, sin embargo, contrario a la pretensión del Plan Nacional de
Desarrollo este programa da muestra de una política asistencial que no generará agentes (ciudadanos) que
transformen su realidad, ni que otorgue las condiciones para un desarrollo favorable.
En el rubro alimentario es necesario establecer una persona autorizada (promotor o coordinador) que
este calificado para reconocer el aporte nutricional que se da a la población que asiste a los comedores
comunitarios, más allá que haya existido o no capacitación no se 19 cuenta con una persona que supervise
el aporte nutricional lo que se podría perder de vista el objetivo principal del programa, el cual va más allá
de tan sólo alimentar.
En cuanto a la perdurabilidad del programa será necesario evaluar la viabilidad de la permanencia del
programa de comedores comunitarios una vez que la administración presente culmine, ya que usualmente
estos programas de corte asistencialista son emergentes y temporales, por lo cual no cuentan con ninguna
base sólida y el presupuesto otorgado es sumamente fluctuante.
El ciudadano debería ser concebido como ciudadano, agente de cambio y productor de su vida: Es importante reconocer que estos programas asistencialistas pueden atacar de cierta medida el hambre y la pobreza, sin embargo, no combaten de fondo las causas reales que las originan. Es por ello necesario resaltar
que para que las personas pobres pueden funcionar como agentes de cambio, deben de tomar las riendas de
su vida y por ende el Estado debería de propiciar no sólo medidas emergentes de apoyo, si no brindar las
herramientas necesarias para que logren auto-sustentabilidad y desarrollo, más allá de tan sólo estar esperando un beneficio del propio gobierno a cambio de redes clientelares de apoyo político.
El hambre es un hecho real y crudo que ha cobrado la vida de personas alrededor del mundo combatirla
no es tan sólo un tema del discurso político sino una necesidad primordial para evitar muertes. Su combate
y erradicación son necesarios para buscar el desarrollo en entornos armónicos y comunidades sostenidas,
sociedades comprometidas y ciudadanos que sepan defender sus derechos a la vida.
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La importancia de la profesionalización del servicio público. avances y retrocesos en materia de
profesionalización en el estado de nuevo león
The importance of professionalization of the public service. advances and setbacks in professionalization
in the state of nuevo león.
Xunaxhi Monserrat, Pineda-Rasgado1
Universidad Autónoma del Estado de México
RESUMEN
El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo consistió en mostrar evidencia de la
importancia de la profesionalización del servicio público en el Estado de Nuevo León. Se aplicó el método de análisis,
con un enfoque cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico transversal. Tras la revisión
documental se encontró que: Por años, distintos países han realizado esfuerzos por consolidar un sistema de profesionalización que aseguren la carrera dentro del sector público a las personas más capaces. En México, por ejemplo,
se cuenta con una ley que tiene aplicación a nivel federal para el Sistema Profesional de Carrera, sin embargo, en el
presente estudio se intenta brindar un panorama general de las circunstancias en que este sistema de profesionalización
se encuentra en las entidades federativas y de manera específica en el Estado de Nuevo León, primer gobierno estatal
independiente.
Palabras clave: Desparadojización, Equivalencia funcional, observación de segundo orden, método funcional.
ABSTRACT
This article is the product of a literature review, whose aim consisted in showing evidence of the importance of
the public service professionalization in the state of Nuevo León. The method of analysis was applied with a qualitative approach, non-experimental design, under a documentary-literature cross sectional level. After the documentary
review, it was found that: efforts have been made by different countries for years in order to consolidate a professionalization system that assures the career within the public sector to the most capable people. In Mexico, for example, there
is an applicable law at a federal level for the Career Professional System, however, in this study, it is intended to give
an overall picture of the circumstances of this professionalization system is in the federal entities and in a specific way
in the state of Nuevo León, first independent state government.
Key words: De-Paradoxofication, Fuctional Equivalent, Second-order Observation, Fuctional Method.

Cómo referenciar este artículo: Pineda-Rasgado, X. M. (2017). La importancia de la profesionalización
del servicio público. avances y retrocesos en materia de profesionalización en el estado de nuevo león.
Política, Globalidad y Ciudadanía, 41-53.

Recibido: 30 de Julio 2016 - Aceptado: 15 de Septiembre 2016

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Maestrante en Ciencias Políticas, Universidad Autónoma de Nuevo León. Email: xmpinedar@gmail.com
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México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 44-56. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/63

�La importancia de la profesionalización del servicio público...
1- INTRODUCCIÓN
El desarrollo constante de las sociedades vuelve cada vez más complejas las responsabilidades del Estado. Hoy por hoy, pareciera inconcebible que las personas responsables de aspectos como la seguridad, la
economía, las finanzas, la educación, entre otras, carezcan de algún tipo de especialización en la materia.
En el entendido de que el gobierno, a través de la administración pública debe procurar el bienestar social,
resulta indispensable la existencia de un cuerpo de funcionarios del estado que se encarguen no solo de representar el poder público, sino que con base en leyes y ordenamientos administrativos ejerzan dicho poder
a fin de satisfacer de la mejor manera las necesidades públicas.
La naturaleza misma de las tareas del Estado exige que las personas que encabecen la administración
pública cuenten con cierta preparación, conocimientos, habilidades y aptitudes específicas que les permita
desempeñar de manera satisfactoria su labor. Es entonces, bajo la premisa anterior que destaca la importancia del estudio de la implementación del Servicio Civil de Carrera dentro del sector público.
Ahora bien, el interés por los sistemas de carrera dentro de las administraciones públicas no es un tema
nuevo. En México, por ejemplo, existe desde el año 2003 una Ley del Servicio Profesional de Carrera con la
cual se busca establecer un sistema de profesionalización en la administración pública federal que pudiera
garantizar la integración de un cuerpo de funcionarios y servidores públicos preparados y capaces para el
desempeño de la función pública. Sin embargo, esta es una política pública que sigue siendo cuestionable
debido a que no se percibe como que el sistema de profesionalización funcione de la manera esperada.
Estudios como el de Sánchez (2017) comprueban lo anterior, pues a través del análisis de datos proporcionados por la Secretaría de la Función Pública (SFP) a través de una solicitud de acceso a la información
pública, le es posible señalar que el sistema de carrera no está operando de manera correcta, pues ni siquiera
se está cumpliendo con la Ley que rige el SPC. Los datos analizados por Sánchez muestran que el número
de puestos ocupados con titulares y eventuales son mucho mayores a los puestos reportados como sujetos
al SPC, así mismo señala que los servidores públicos no están cumpliendo con la capacitación que la ley
señala como obligatoria. En ese contexto, surge el interés por estudiar la situación en la que se encuentran
los gobiernos locales en materia de profesionalización, y de manera específica el gobierno de Nuevo León.
Con base en el Manual de Administración Pública que emite la Organización de las Naciones Unidas
(ONU), Pardo (2005b) señala que para la implementación de un Servicio Civil de Carrera deben existir dos
elementos básicos: una ley de administración del personal público así como un organismo responsable de
su aplicación. En ese sentido, el presente estudio resulta ser de carácter exploratorio, pues busca ofrecer un
acercamiento al conocimiento de las recientes condiciones del gobierno estatal en materia de profesionalización de la función pública. El objetivo es indagar en la legislación existente a fin de poder explicar cuál
es el marco jurídico que actualmente rige la profesionalización en el gobierno estatal, si existe un Servicio
Civil de Carrera que coadyuve la gestión de los recursos humanos dentro del aparato administrativo, cuál o
cuáles son los organismos que operan dicho sistema y de qué manera funciona.
En la primera parte del documento se busca definir y diferenciar los conceptos sobre los que versa esta
investigación, el Servicio Civil de Carrera y la Profesionalización. Posteriormente, se busca resaltar la
importancia que guarda la existencia de los sistemas de carrera para frenar prácticas antiéticas dentro del
servicio público. En el penúltimo apartado se explica cuáles son los esfuerzos reales que han existido por
parte del gobierno federal y algunos gobiernos locales por instaurar un Servicio Profesional de Carrera.
Finalmente, a la luz de la teoría y la experiencia federal, podrán señalarse los avances y retrocesos que ha
mostrado el gobierno de Nuevo León en materia de profesionalización, así como la aparente ambigüedad
que existe sobre la prevalencia de un Sistema de Carrera para la burocracia neoleonesa.
2- FUNDAMENTO TEÓRICO
Servicio Civil de Carrera y Profesionalización
México es un país que cotidianamente asume a su gobierno con poca capacidad para responder a las
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Pineda-Rasgado, X
necesidades de los ciudadanos. Incluso, el término burocracia se ha diluido y se ha alejado de lo que Weber
(2001) entendía como el cuerpo de funcionarios del estado, responsables de representar y ejercer el poder
público. Sin embargo, en la cultura popular, la burocracia se percibe como el grupo de personas e instituciones que entorpecen la resolución de problemas públicos. Buena parte de este ideario cultural respecto
a la burocracia se debe en buena medida a la falta de profesionales estables dentro de los gobiernos y al
uso faccioso de esta como recurso del poder político y de los intereses corporativos totalmente opuestos al
modelo weberiano (Echebarría, 2008).
En la introducción de este documento se hizo mención de distintos conceptos que pudieran originar confusión pues pudieran parecer sinónimos, Servicio Civil de Carrera (SCC) y Profesionalización. De acuerdo
con Pardo (2005b) el SCC es: “un conjunto de acciones sistemáticas mediante las cuales los servidores
públicos pueden ingresar, permanecer y desarrollarse profesionalmente dentro de la administración pública,
proporcionando a su vez niveles altos de eficiencia y eficacia que redunden en el cumplimiento óptimo de
los objetivos institucionales como respuesta a las demandas públicas que el gobierno recibe por conducto
de su aparato administrativo” (p. 9). Es decir, la autora describe netamente un sistema que permite gestionar
de manera ordenada los recursos humanos.
Además, los miembros de este tipo de sistemas constituyen un cuerpo apolítico y permanente de funcionarios que forman la espina dorsal de una determinada administración. Los elementos esenciales de
un sistema de carrera son una ley básica de administración de personal y un organismo responsable de su
aplicación (Naciones Unidas, 1962). Los principios fundamentales dentro de los sistemas de carrera son: el
mérito, y la igualdad de oportunidades.
El principio del mérito supone que los cargos públicos deben estar ocupados por las personas más capaces y preparadas, es decir, aquellos que “merecen” las designaciones gracias a sus conocimientos, habilidades y aptitudes (Dussauge, 2002). Por otra parte, la igualdad de oportunidades establece que el acceso a los
cargos no puede estar condicionado por la situación económica, social o por el género de los aspirantes. La
igualdad implica que cualquier persona interesada en un puesto de la estructura burocrática puede acceder
a él sin discriminación alguna, con las únicas limitaciones de sus propias capacidades y por supuesto, las
necesidades del cargo (Dussauge, 2002).
Vale la pena rescatar un tercer elemento, este es el referente a la estabilidad en el cargo. Esto significa
que los funcionarios lleven a cabo sus responsabilidades sin suponer que los cargos son de su propiedad,
pues ellos se encuentran sometidos a una rigurosa disciplina y vigilancia administrativa. Es por eso que los
funcionarios deben estar en constante perfeccionamiento. La estabilidad del cargo es un mecanismo que
permite evitar la existencia de un sistema de botín que ampare movimientos y despojos dentro de la administración (Pardo, 2005a).
Los rasgos característicos de los servicios de carrera son, principalmente, la selección mediante exámenes competitivos; las restricciones a la remoción arbitraria del cargo; la exigencia de neutralidad política a
los funcionarios que aspiran a entrar y permanecer; y la existencia de un cuerpo regulador independiente
que vigile el funcionamiento integral del sistema. El objetivo principal de estos sistemas, es conseguir la
permanencia de los funcionarios más capaces a pesar de los cambios es la estructura política del gobierno
(Pardo, 2005a). En otras palabras, lograr la estabilidad dentro del aparato administrativo pese a la inestabilidad política que pudiera existir.
Los sistemas de carrera en el servicio público no es una propuesta netamente reciente, como tampoco lo
es la falta de confianza en las instituciones, la corrupción, el clientelismo, la falta de personal público especializado, etcétera, en los diferentes gobiernos. Pero todo esto último es lo que ha llevado a distintos países
a tratar de implementar un Servicio de Carrera en sus gobiernos que sirva como instrumento para corregir y
reivindicar la imagen de las administraciones públicas, mismas que en su mayoría se han convertido, frente
a los ciudadanos, en un sinónimo de la ineficiencia gracias a la falta de capacidad de los servidores públicos
para atender las necesidades sociales.
Muchos gobiernos alrededor del mundo, incluido México, reconocen que la adopción de un sistema
como este permitiría a la función pública combatir el deficiente desempeño del servicio público, y brindará la capacidad necesaria a los servidores para cumplir con las tareas que les competen, así como poder
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�La importancia de la profesionalización del servicio público...
desarrollar mayores y mejores políticas públicas. Eso trae como resultado no solo la existencia de un buen
gobierno, efectivo en respuesta y con servicios de calidad, sino que además combatirá de manera positiva
la crisis de legitimidad que actualmente atraviesan.
Lo conceptualizado sobre el Servicio Civil en los párrafos anteriores puede provocar cierta confusión
con la definición que retoma Longo (2008) sobre la profesionalización. Según el autor, la Carta Interamericana de la Función Pública define en su preámbulo que la profesionalización es “la garantía de posesión
por los servidores públicos de una serie de atributos como el mérito, la capacidad, la vocación de servicio,
la eficacia en el desempeño de su función, la responsabilidad, la honestidad y la adhesión a los principios y
valores de la democracia” (p. 45).
Según explica Longo (2008), existe una relación entre la posesión de estos atributos con la existencia
de un sistema de gestión del empleo. Es decir, que los principios de eficacia y eficiencia son compatibles
con el mérito e imparcialidad de los sistemas de carrera. En otras palabras, la idea de profesionalización
consiste en hacer más profesional al servicio civil. En este punto resulta pertinente recordar el paradigma de
la Nueva Gestión Pública, pues es este nuevo enfoque de la administración pública el que de alguna manera
origina y pone sobre la mesa la importancia de la profesionalización de las burocracias.
En las últimas décadas del siglo XX, surge en distintos países un nuevo modelo de gestión pública
llamado Nueva Gerencia Pública (NGP). La idea principal de este modelo residía en obtener una mayor
eficiencia en el trabajo gubernamental implementando en el quehacer público los métodos y prácticas que
se aplican en las organizaciones del sector privado.
La llegada de este nuevo paradigma dentro de la administración, consistía en un modelo que va del
énfasis en la política pública, a uno en las capacidades gerenciales; de un fuerte énfasis en los procesos, a
un énfasis en los resultados; de jerarquías ordenadas, a la competencia en espacios de mercados, o cuasi
mercados; de seguridad en el trabajo y salarios precisos para la burocracia, a evaluación del desempeño y
firma de contratos específicos amarrados a la obtención de ciertos resultados (Arellano, 2002).
La Nueva Gerencia Pública surge como respuesta a los problemas que presenta la Administración Pública Tradicional. Según Hood y Hughes (citados en Martínez, 2003b), la Administración Pública Tradicional
presentaba dos grandes problemas. En primer lugar, la propia eficiencia del modelo burocrático se veía
afectada por el excesivo celo respecto a las reglas y los procedimientos.
En segundo lugar, la siempre falaz separación entre políticos y administrativos, la pretendida despolitización de la burocracia, la deshumanización de los procesos racionalizadores o las propias condiciones
de trabajo que imponía el modelo generaban dificultades en la tarea de control políticos (Martínez, 2003b)
En ese sentido, el modelo burocrático tradicional pasa a un modelo postburocrático que trae consigo una
perspectiva diferente. En primer lugar, se pasa de enfocar las necesidades y perspectivas propias a enfocar
las del cliente o ciudadano; Segundo, el modelo burocrático se define asimismo tanto por la cantidad de
recursos que éste controla como por las áreas que éste desempeña, mientras que el postburocrático se define asimismo por los resultados que éste alcanza para sus clientes; Tercero, el burocrático se enclava en la
rutina, el potsburocrático modifica sus operaciones en respuesta a las cambiantes demandas de sus servicios
(Martínez, 2003b)
Cuarto, el burocrático insiste en seguir sus procedimientos estandarizados, el postburocrático se construye de la elección al interior de sus sistemas de operación atendiendo a un propósito; y quinto, el burocrático establece planes y políticas, el postburocrático engrana una comunicación de dos vías con sus clientes
para revisar y evaluar la estrategia de sus operaciones (Martínez, 2003b).
A partir de estos elementos, la profesionalización se convierte en una herramienta fundamental de la
NGP para trata de superar algunos de los problemas típicos de las administraciones tradicionales, tales
como que, al permanecer estas sin vigilancia, se vuelven corruptas e incompetentes, además que se desarrolla dentro de ellas una burocracia más poderosa y prácticamente inamovible. El objetivo es convertir a
las burocracias tradicionales en un cuerpo de funcionarios y servidores públicos altamente capacitados para
atender de manera más eficiente las demandas ciudadanas.
La periódica evaluación del desempeño que se propone dentro del modelo profesional intenta acabar
con esas prácticas. Primeramente, reduciendo el cuerpo de funcionarios al servicio del Estado, tratando de
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establecer un sistema que no deje de lado la continuidad en el servicio pero que también permita contar con
una nueva burocracia capaz y profesional.
Clientelismo político: Ausencia de ética pública
Además de la búsqueda de la eficiencia y la eficacia en el servicio público, la profesionalización es
también el mecanismo que busca terminar con lo que, en Estados Unidos, durante el siglo XIX, se conoció
como spoil system, en español conocido como clientelismo político o sistema de botín (Pardo, 1995).
Resulta lógico entender que el clientelismo político es la antítesis de los sistemas de carrera, el llamado
“amiguismo” o “compadrazgo”, son expresiones que permiten entender de una manera burda el significado
del clientelismo político, que no es otra cosa más que la práctica de nombrar a ciertas personas para detentar
cargos dentro de la burocracia por motivo de lealtad a cierta persona en el poder o a un partido político.
Desafortunadamente, el nepotismo es algo que se da con mucha frecuencia en los gobiernos y lo que deja
en evidencia es la ausencia de una formación ética del servicio público.
Por otra parte, el servicio de carrera tiene como principal eje de función, el mérito. Y por qué no decirlo,
también la lealtad, pero no a cierta persona, sino a la administración como tal. El ingreso al servicio, así
como la promoción dentro del mismo se fundamentan en un sistema meritocrático, completamente contrario a lo que sucede en las prácticas clientelares. El sistema clientelar se conforma por grupos de personas
que giran en torno a un poderoso patrón que reparte los cargos como método de ingreso al servicio. Este
patrón jerárquicamente puede fungir como presidente, secretarios de estado, gobernadores o alcaldes, según sea el caso (Zapata, 2016)
Estos valorarán con base en su propio beneficio y conveniencia a aquellos que habrán de ocupar los cargos públicos. En este sistema de botín, el requisito principal para ser seleccionado es la absoluta lealtad que
demuestren a la persona que los eligió, dejando prácticamente en último término cuan preparados y aptos
se encuentran para ejercer dichos cargos. En este sentido, el objetivo principal de esta burocracia clientelar
consiste en cumplir única y exclusivamente con las tareas que les haya establecido el poderoso que los eligió, siendo éste el único al cual importe entregar cuentas, ya que ello permitirá obtener como recompensa
el aseguramiento del puesto o un ascenso, según sea el caso (Hernández, 2000).
De modo que aquel funcionario que no forme parte de esta dinámica en la que la prioridad es satisfacer
los intereses de quien esté al mando, puede ser removido de su cargo sin tomar en cuenta su trayectoria o si
aportó algún beneficio para la institución o para la sociedad. De cierta manera este sistema también podría
considerarse finito y a la vez cíclico, ya que cada clientela con su respectivo patrón disfruta de un tiempo
determinado de labores para que al término de su administración ésta sea sustituida para dar paso a la siguiente clientela, la cual habrá de regirse bajo los mismos esquemas y principios.
Como resultado se obtiene una interminable lista de funcionarios que además de no estar profesionalizados, enfrentan una enorme inestabilidad laboral que usualmente desemboca en la inexistente continuidad
de las políticas y acciones del gobierno anterior. Todo esto ha ocasionado daños profundos a las administraciones públicas, ya que este problema ha tenido tanta presencia en los gobiernos que el mismo sistema
administrativo de alguna manera ha aprendido, heredado y continúa reproduciendo estas viciadas prácticas.
Son estas acciones las que han deteriorado la imagen del gobierno, y lo han convertido ante los ojos
de la sociedad en un ente que carece de credibilidad y de capacidad de gestión de las tareas estatales. Una
burocracia conformada por elementos sin ningún tipo de aptitud para el servicio público, da como resultado un baja calidad en los servicios públicos, carencia de política pública y la casi inexistente capacidad
de respuesta de los gobiernos a las necesidades sociales. En esa lógica, el servicio de carrera debe buscar
remediar ese problema permitiendo la existencia de un gobierno eficaz que goce de una continuidad en sus
quehaceres sin importar la eventual renovación de aquellos ocupan los cargos superiores (Pineda, 2017).
Un servicio público no profesionalizado se convierte en un freno para el desarrollo de las administraciones, impide el establecimiento de filtros que aseguren la especialización y capacitación de los servidores
y que a la vez se resistan a la instrumentación de mecanismos de mejora. Es por ello por lo que resulta
imprescindible tomar medidas y llevar a cabo acciones que permitan la creación y el fortalecimiento de meRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 5, Enero - Junio 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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canismos que aseguren un servicio público integrado por personas aptas y capaces para gestionar las tareas
que les sean encomendadas, y que su lealtad esté fundamentada en el objetivo de atender las necesidades
sociales.
Servicio Profesional de Carrera en México
Tal y como se señaló con anterioridad, el esquema de la nueva gerencia pública se asienta sobre la idea
de construir un modelo diferente de gobierno que funcione bajo preceptos empresariales, es decir que,
tomando como ejemplo las prácticas de trabajo del sector privado se pretendía lograr un gobierno más eficiente y eficaz a través de la profesionalización del servicio público. En este contexto México comienza a
tomar medidas orientadas a este nuevo enfoque a finales de la década de los ochenta, sin embargo, en tema
de profesionalización, no es hasta el año 2003 que el interés genuino por profesionalizar al servicio púbico
toma lugar.
Previamente se hizo la distinción entre Servicio Civil y profesionalización, se dijo que ambos conceptos
son complementarios en horas no solo de asegurar un sistema que tenga como base fundamental el mérito,
sino que también posea una esencia de la búsqueda de la eficiencia y eficacia en el servicio, trascendiendo
la visión burocrática del cumplimiento exclusivo de la norma, a la búsqueda de resultados.
En ese tenor, el gobierno federal mexicano, busca consagrar esa complementación de conceptos y en el
año 2003 publica en el diario de la federación la Ley del Servicio Profesional de la Administración Pública
Federal. Esta ley tenía por objeto establecer las bases para la organización, funcionamiento y desarrollo
del Sistema de Servicio Profesional de Carrera en las dependencias de la Administración Pública Federal
Centralizada.
La ley se piensa también como una herramienta de gestión del capital humano que permitiría al gobierno federal organizar de manera adecuada al personal que acceda al sector público garantizando el ingreso,
el desarrollo y la permanencia de servidores mediante el mérito y la evaluación permanente del desempeño.
Al respecto, Martínez Puón (2003a), señala que esta ley más que de carácter laboral, es de carácter administrativo porque lo que crea es un régimen especial para los servidores públicos denominados “de confianza”.
De manera clara, la ley señala a la Secretaría de la Función Pública (SFP) como el órgano encargado de
dirigir, coordinar y evaluar el funcionamiento del sistema en las dependencias de la administración central
y vigilar que se cumpla con los principios rectores de la norma. No obstante, cabe señalar que la operación
del sistema quedará a cargo de cada una de las dependencias de la administración federal (Artículo 2º).
Las facultades que se otorgan a la SFP para cumplir su labor se señalan en su artículo 69º de la ley, entre
las que se rescatan: emitir los criterios y establecer los programas del sistema, elaborar el presupuesto anual
para la operación del mismo, administrar los bienes y recursos, expedir los manuales de organización y
procedimientos, dar seguimiento a la implantación y operación del sistema en cada dependencia y en caso
de ser necesario, dictar las medidas correctivas que se requieran.
De igual manera, debe encargarse de aprobar los mecanismos y criterios de evaluación, promover y
aprobar los programas de capacitación y actualización, establecer mecanismos necesarios para conocer la
opinión ciudadana respecto al funcionamiento del sistema, y revisar de manera periódica la operación del
Sistema en las diversas dependencias.
Profesionalización en las Entidades Federativas
En 2007, el Instituto Nacional para el Federalismo y el Desarrollo Municipal (INAFED) realizó un estudio diagnóstico sobre los sistemas de profesionalización existentes en 21 de las 32 entidades federativas
del país. El objetivo del estudio consistía en valorar en términos de consistencia y funcionalidad las tendencias organizativas, de planeación y de los procesos de los sistemas de profesionalización que operan en
distintas entidades federativas disponer de elementos de análisis para la formulación del Modelo de Sistema
de Profesionalización tipo para servidores públicos de las administraciones estatales (INAFED, 2007). El
reporte del INAFED ofrece una valoración general sobre las condiciones del sistema de profesionalización
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en términos normativos, organizacionales y de funcionamiento. El documento no se centra en el análisis
específico de cada Estado, por lo que a partir de la información proporcionada por cada estado, se brinda un
panorama general de las administraciones locales.
La publicación de la ley del servicio profesional a nivel federal fue un avance importante en la materia
debido a que esto impulsó a distintas administraciones locales a realizar esfuerzos orientados a mejorar el
sistema existente, y en algunos casos, a construir uno que les permita construir una burocracia profesional
y capaz, que contribuya de manera positiva al desempeño del gobierno y a la mejora continua (INAFED,
2007). Las particularidades que se registran en las entidades federativas respecto a la profesionalización
son diversas. En algunos casos, entidades que al menos cuentan con una ley clara que regule el sistema,
tal es el caso de Zacatecas2, o el entonces Distrito Federal3. Por otra parte, estados que simplemente no se
tiene un marco normativo claro, y en algunos otros se logra observar cómo aún se encuentran en proceso
de desarrollo, es decir, no existen aún los elementos suficientes que permitan evaluar su funcionamiento.
Profesionalización del Servicio Público en el Estado de Nuevo León
Tal y como se ha tratado de explicar a lo largo del texto, establecer un sistema de profesionalización requiere de varios elementos técnicos y de organización. Es necesario contar con una normativa clara que defina el objetivo del sistema, la manera en que debe operar, el órgano encargado de su ejecución, etcétera. No
obstante, vale la pena partir del entendido que la profesionalización, tal y como lo estudia Arroyo (2010),
es una política pública que en primera instancia debe ser un elemento que integre la agenda política, pues
mucho depende el adecuado funcionamiento del sistema de la voluntad del poder político para conseguirlo.
El Plan Estatal de Desarrollo 2016-2021 cuenta con nueve capítulos, de los cuales se rescatan el tercero, Gobierno Eficaz y Transparente, y el octavo, Prioridades de Gobierno. En ambos apartados se señala
la importancia y a necesidad de fortalecer la capacidad de acción del gobierno, hacer del aparato estatal
un gobierno capaz de responder a las necesidades ciudadanas. De manera específica, el tema 2 del tercer
capítulo, de manera clara señala la profesionalización del servicio público como algo imperativo de este
nuevo gobierno.
Lo anterior sirve para confirmar lo que se mencionaba al principio de este texto, los gobiernos verdaderamente entienden que la profesionalización se ha vuelto en un imperativo de los gobiernos, como un
mecanismo que puede ayudar a la lucha contra la corrupción que tanto ha permeado en las administraciones
públicas. Abogar por la profesionalización del servicio público parece incluso un discurso indispensable
dentro de las plataformas de gobierno, sin embargo, tal parece que los esfuerzos reales y tangibles no acompañan ese entendido.
El estado de Nuevo León cuenta con una Ley del Servicio Civil, publicada en el Periódico Oficial del
estado el 26 de junio de 1948, reformada por última vez el 29 de diciembre de 2017, y tiene por objeto
regular las relaciones de trabajo del gobierno del estado con sus servidores, además de ampliarse para los
trabajadores de los ayuntamientos. Esta legislación protege al trabajador desde el momento en que toma
posesión del empleo o el cargo para el que haya sido designado o desde que aparezca su nombre en nómina
o lista de raya (INAP, 19999). En otras palabras, a nivel estatal, esta es la ley que rige la relación laboral
de los trabajadores públicos con el gobierno, señala entre otras cosas, los derechos y obligaciones de los
trabajadores, horas laborales, descansos, salarios, entre otras cosas. Es decir, no es una norma que contemple la existencia de un sistema público de carrera que regule el ingreso, la capacitación, la promoción y la
separación del cargo4.
2
Periódico Oficial del Gobierno del Estado de Zacatecas. Ley del Servicio Profesional de Carrera del Estado
y Municipios de Zacatecas. 10 de junio de 2003.
3
Gaceta Oficial del Distrito Federal. Ley del Servicio Público de Carrera de la Administración Pública del
Distrito Federal. 13 de junio de 2000.
4
Ley del Servicio Civil del Estado de Nuevo León. Disponible en: http://www.hcnl.gob.mx/trabajo_legislativo/leyes/leyes/ley_del_servicio_civil_del_estado_de_nuevo_leon/
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No obstante, de acuerdo con la investigación de Arroyo (2010), el estado de Nuevo León tuvo un
importante avance en la materia, pues como parte del Plan Estatal de Desarrollo 2004 – 2009, así como
del Programa Sectorial de Modernización Administrativa y Competitividad Gubernamental, el sistema de
profesionalización se formaliza mediante el Decreto que establece el Estatuto de Profesionalización para
el Servicio Público del Estado de Nuevo León, en el cual se define el marco jurídico básico que regula el
Sistema de Profesionalización de la Administración Pública de Nuevo León.
Con el mismo decreto se creó el Instituto de Profesionalización para el Servicio Público del Estado
de Nuevo León como órgano rector del sistema, disponiendo para el desarrollo e implementación de la
política, de infraestructura administrativa, capital humano, recursos tecnológicos y materiales, así como de
la asignación de presupuesto para administrar, operar y desarrollar el sistema de profesionalización y los
subsistemas que lo integran (Artículo 29º).
Sin embargo, el problema principal para que este estatuto se cumpla es que debería estar vigente. De
acuerdo con el mismo estatuto, en su artículo 42º señala que le corresponde a la Oficialía Mayor de Gobierno administrar y operar el Subsistema de Ingreso; desarrollar y administrar el Catálogo General de Puestos
de la Administración Pública Estatal, en atención a las necesidades de profesionalización y en coordinación
con el Instituto de Profesionalización; así como coordinar, integrar, analizar, validar y registrar los perfiles
de puestos.
En la reforma de 2016 a la Ley orgánica de la administración pública estatal establece una nueva estructura orgánica en la que se sustituye a dicha oficialía por una Coordinación Ejecutiva de la Administración
Pública del Estado. Lo lógico hubiera sido reformar y actualizar esa información en el estatuto de profesionalización, sin embargo, no fue así. En el mejor de los casos, pudiera suponerse que en la práctica, el
sistema de profesionalización operaría omitiendo ese detalle de forma en la normatividad, sin embargo tal
suposición resulta imposible debido a que una vez revisada la estructura de gobierno mediante la información pública en el portal del gobierno estatal, el Instituto de Profesionalización no se contempla en ningún
sitio web, ni forma parte de algún organigrama. Ese instituto no se contempla en el listado de dependencias
públicas que se encuentra disponible en el portal del gobierno del estado5.
La misma reforma a la ley orgánica del año 2016, sustituye el texto del artículo 31 que Arroyo (2010, p.
17) había tomado para su investigación, en la cual se señalaba en su fracción VII “llevar a cabo programas
y acciones... relativos a establecer la profesionalización del servicio público en el Estado”. El texto actual
de ese mismo artículo es el siguiente: “La Secretaría de Administración es la dependencia encargada de administrar los recursos humanos, materiales y servicios que requiera la Administración Pública del Estado”,
el mismo artículo 31 señala que a la Secretaría de Administración le atañe la responsabilidad de programar
y celebrar los contratos por los cuales se realicen las contrataciones de recursos humanos, así como tramitar
los nombramientos, promociones, cambios de adscripción, licencias, bajas y jubilaciones de los servidores
públicos del Poder Ejecutivo.
De más está decir, que esta reforma de 2016 a la ley orgánica, no solo deja de lado al estatuto del servicio profesional y al instituto de profesionalización como elementos que rijan la integración del servicio
público, sino que además dota de total discrecionalidad al poder ejecutivo para contratar y nombrar a
funcionarios y servidores públicos de la manera que más le convenga. Sin mencionar que se minimiza de
manera exponencial la importancia de la implementación de un sistema profesional en el gobierno estatal
pues la gestión de los recursos humanos del ejecutivo estatal, solo quedaron bajo la responsabilidad de una
Dirección General perteneciente a la Secretaría de Administración.

5

Dependencias del Gobierno Estatal. Consultar en: http://www.nl.gob.mx/dependencias
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3- MÉTODO
Diseño
El enfoque investigativo de la presente investigación es cualitativo, de acuerdo con Hernández, Batista
y Fernández (2014) “Utiliza la recolección y análisis de los datos para afinar las preguntas de investigación
o revelar nuevas interrogantes en el proceso de interpretación” (p.7).
Alcanzando un diseño no experimental “Que se realiza sin la manipulación deliberada de variables y
en los que sólo se observan los fenómenos en su ambiente natural para después analizarlos” (Hernández,
Batista y Fernández, 2014, p. 149).
El alcance establecido es el exploratorio “emplean cuando el objetivo consiste en examinar un tema
poco estudiado o novedoso” (Hernández, Batista y Fernández, 2014, p. 91).
Instrumentos
Para la construcción del marco teórico-conceptual de la importancia de la profesionalización del servicio público en Nuevo León, se consultaron un total de cuarenta y dos referencias bibliográficas utilizándose
como instrumento las ideas, argumentos y proyectos que fueron interpretados desde una perspectiva analítica y crítica.
Procedimiento
Con relación a la comprensión del problema de la investigación se recopilan fuentes secundarias de
documentos académicos. En el marco de referencia se definen los conceptos básicos relativos a la profesionalización del servicio público en Nuevo León. Una vez recopilada y analizada la información se construye
el documento objeto de este trabajo. Por último, se realizan las recomendaciones y conclusiones conforme
a los objetivos trazados (Lechuga, 2018, p. 196).
CONCLUSIONES
Estos argumentos son relevantes por varias razones, en primer lugar, exponen la amplitud de perspectiva que permite el MF y la observación de segundo orden, pero, por otro lado, son una muestra fehaciente de
que las críticas en torno al supuesto ‘conservadurismo” de la teoría luhmanniana y el método funcional no
tienen origen en la reflexión teórico-metodológica, sino en el prejuicio y el desconocimiento.
Como sostiene Torres (en Luhman, 1998: 17), en nuestro medio, es común el rechazo al trabajo de Niklas Luhmann, bajo la queja de que su teoría resulta demasiado compleja. Ello tiene efectos hondos en el
pensamiento sociológico, pues, como señalamos, o se critica a Luhmann desde la falta de comprensión o,
sencillamente, se descarta como explicación posible. Esta situación ilumina la necesidad de elaborar ejercicios de ‘traducción’, de clarificación de la teoría luhmanniana y los recursos que involucra, con el ánimo
de entablar diálogos académicos que excluyan perspectivas políticas o morales.
El método funcional, como señalamos, consiste en relacionar varias causas que son funcionalmente
equivalentes para producir el mismo efecto, e intenta identificar cuál es el criterio de selección de una causa
para producir cierto efecto y con relación a qué función lo cumple. Partir del reconocimiento del carácter
abstracto de las funciones y de los problemas de referencia, observar la equivalencia entre las posibles soluciones del mismo, permite una mirada de gran angular, desontologiza, complejiza, transita por ‘lugares’
que, con el uso de otros métodos, quedan completamente invisibilizados.
En este sentido, reiteramos, a propósito del ‘carácter conservador’ atribuido al MF, que el funcionalismo no busca justificar algún tipo de efecto y después encontrar una causa que garantice la producción
del mismo, más bien, utiliza la referencia a un tipo de efecto particular como estímulo para comparar y
equiparar determinados hechos causales. Por ello, no procede a partir de la exclusión de todas las otras
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causas posibles y la designación de una, sino de la inclusión, pues su pretensión es identificar rendimientos
equivalentes en la resolución de problemas particulares de los sistemas sociales.
Esta manera de proceder sólo es posible a partir de una construcción particular del concepto de observación, a saber, observar como el trazo de una distinción, como el ejercicio de sacar algo del unmarked space
del mundo, como una operación que no adquiere sustancia alguna, sino que únicamente actualiza un lado
de una forma, una forma que siempre aparece como ‘invisible’ para quien observa y que por ello reclama
la perspectiva del segundo orden.
La observación de segundo orden permite identificar la distinción que utiliza el observador de primer
orden, con ello es posible clarificar ¿qué es lo que el observador de primer orden excluye cuando utiliza esa
distinción?, ¿qué es lo que ésta no le permite ver?, ¿por qué esa distinción y no otra? Dicha estrategia se
traduce en una ‘crítica’ más profunda que cualquiera planteada por las ‘teorías marxistas’, en el sentido de
que presenta una imagen compleja del mundo, que excluye explicaciones unilaterales y simplistas.
Mirar desde el segundo orden, permite acceder a un concepto de realidad que sólo puede ser resultado
de una red de observaciones cuya ‘consistencia’ y validez se explica sólo a partir de su facticidad. Es decir,
en la base del orden social no aparece ningún tipo de consenso o instrucción ontológica, sino un entramado
de observaciones recursivas.
Pensar, desde la teoría de sistemas, a la sociedad moderna como resultado de una multiplicidad de observaciones permite reconocer que siempre existe ‘el otro lado’, que quien observa es incapaz de percibir
las discontinuidades y las distinciones de las que parte la propia observación, es decir, es incapaz de ver
lo que no ve, por tanto, es en este sentido que la observación de segundo orden se convierte en un recurso
imprescindible en la sociología, pues permite ver lo que el observador de primer orden no puede.
Sólo en este contexto adquieren relevancia las posibles soluciones a los problemas, que no fueron
seleccionadas. Bajo este concepto de realidad la noción de contingencia juega un papel central, pues la
selección de una solución a un problema de referencia sólo es una entre otras soluciones posibles, es decir,
es contingente.
A partir de ello es posible comprender, por un lado, la importancia de la relación entre el método funcional y la observación de segundo orden en la propia teoría luhmanniana y por otro, la relevancia de este
binomio para el pensamiento sociológico, en el sentido de que, el MF, permite, también reconocer que su
observación es una observación hecha por un observador, en este sentido, puede ser observada.
Finalmente consideramos importante enfatizar que la discusión desarrollada en el presente artículo refuta las críticas (prejuicios) señaladas al inicio de la exposición. Pues frente a la idea de que, por herencia
parsoniana, el método funcional de Niklas Luhmann concibe al sistema en términos de orden y equilibrio,
por tanto, las estructuras deben mantienen una función estática, es necesario recordar, que tal y como sostiene Galindo (2008: 58) en la reconstrucción que Luhmann elaboró del método funcional, buscó, fundamentalmente, rescatarlo de las premisas del estructural funcionalismo parsoniano.
Mientras que, para Parsons, la existencia del sistema social depende sólo de cuatro funciones, para Luhmann, como ya se demostró, la idea de función y estructura no permanece estática, por el contrario, éstos
son vistos como componentes dinámicos que pueden ser transformados. El reconocimiento del dinamismo
en el sistema, es decir, de que todo sistema social se compone de elementos basalmente inestables y que
en este sentido las estructuras están supeditadas a las operaciones, responde a la segunda crítica, citada en
las primeras líneas de este texto, que sostiene que el método funcional descuida el cambio y el ‘conflicto’.
Por otro lado, la perspectiva formal del método funcional anula toda noción de actores portadores de
funciones; como se especificó, para Niklas Luhmann la función no tiene sustancia, tampoco es un efecto
a producir, ésta es únicamente un esquema lógico regulador, que organiza un ámbito de comparación de
efectos equivalentes.
Reservamos el final de este artículo a la crítica según la cual el método funcional ‘no cumple con los
requerimientos mínimos que demanda la ciencia’, porque consideramos sustancial, subrayar que pocas rutas de análisis permiten una imagen tan amplia de los problemas sociológicos, como la que logra el método
funcional.
La posibilidad de observar las diversas opciones que pueden sustituirse en una relación de equivalencia
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y logran desparadojizar la paradoja del observador, el ejercicio de comparar diversas observaciones, científicas y cotidianas, la forma problema/ múltiples soluciones equivalentes del problema amplían la visión
científica, como no lo había hecho antes ninguna perspectiva. La ‘duda metódica’ que se logra con la visión
funcionalista es una innovación revolucionaria en sociología.
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Análisis de la problemática de mortalidad materna en el estado de nuevo león en la actualidad
Analysis of the maternal mortality problematic in nuevo león state nowadays
Gerardo, Tamez-González1
Hannia Melissa Treviño Treviño2
Universidad Autónoma de Nuevo León
RESUMEN
El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo consistió en mostrar evidencia de la
mortalidad materna como un elemento clave de la teoría del desarrollo humano, así como los distintos entornos institucionales, políticos y sociales que brindan el acceso a la salud en el estado de Nuevo León, como uno de los factores
principales para avanzar hacia una sociedad sustentable con un nivel alto de calidad de vida. Se aplicó el método de
análisis, con un enfoque cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico transversal. Tras
la revisión documental se encontró que: la medición de indicadores de salud en el estado de Nuevo León son diseñados
sobre la base de las instituciones mundiales en salud, que brindan información esencial y especifica respecto a la salud
materna.
Palabras clave: Mortalidad materna, objetivos del desarrollo del milenio, salud reproductiva.
ABSTRACT
This article is the product of a literature review, whose aim consisted in showing evidence of the maternal mortality
as a key element of the theory of human development, as well as the different institutional, political and social settings
which provide access to healthcare in the state of Nuevo León, as one of the main factors to move towards a sustainable
society with a high-quality life level. The method of analysis was applied with a qualitative approach, non-experimental
design, under a documentary-literature cross sectional level. After the documentary review, it was found that: the measuring of the health indicators in the Nuevo León State are designed on the basis of the global institutions on health,
which provide vital and specific information regarding to maternal health.
Key words: Maternal Mortality, Millennium Development Goals, Reproductive Health.

Cómo referenciar este artículo: Tamez-González, G., &amp; Treviño Treviño, H. M. (2017). Análisis de la
problemática de mortalidad materna en el estado de nuevo león en la actualidad. Revista Políticas,
Globalidad y Cuidadanía, 57-64.

Recibido: 03 de Agosto 2016 - Aceptado: 05 de Octubre 2016

1
Doctor en Gerencia y Política Educativa, pertenece al Sistema Nacional de Investigadores de CONACYT,
perfil PROMEP.
2
Estudiante de la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales. hannymelissa@hotmail.com
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 5, Enero - Junio 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 57-64. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/55

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Análisis de la problemática de mortalidad materna...
1- INTRODUCCIÓN
En la actualidad la mortalidad materna es considerada como uno de los primordiales marcadores de
inequidad en el ámbito mundial e internacional, haciendo mención al estado de salud de la población y,
enfocándonos en las mujeres. El reducir el índice de la mortalidad materna ha sido considerado como una
prioridad en las políticas de salud, sobre todo desde la que los países miembros de las Naciones Unidas
crearon los Objetivos de Desarrollo del Milenio (ODM), que en el año 2000 incluían la reducción en 75%
de la razón de mortalidad materna (RMM) global.
La mortalidad materna atenta contra los derechos humanos. Por consiguiente, la clasificación de los
derechos humanos relacionados con la mortalidad materna propuesta por Rebecca Cook, señala la violación
de los derechos en situaciones de exclusión, la deficiencia de los sistemas de salud y la falta de apoyo a la
mujer durante el embarazo y el parto.
Pisanty-Alatorre (2017), menciona que la divergencia en la RMM entre países ha sido ampliamente
documentada, al grado que ha sido nombrada “la mayor discrepancia de todas las estadísticas de salud
pública”. Sin embargo, la RMM muestra importantes diferencias al interior de los países, y México no es la
excepción. El Observatorio de Mortalidad Materna (OMM) da a conocer cada año un análisis de las cifras
de mortalidad materna generadas por la Secretaría de Salud (SSA).
“Actualmente, con todos los avances médicos con los que cuenta la humanidad, la muerte materna es
considerada entre los principales problemas de salud pública; una violación a los derechos humanos de las
mujeres, particularmente a sus derechos sexuales y reproductivos” mencionó al respecto el IPAS (International Pregnancy Advisory Services, 2016).
Algunos de los indicadores que fueron seleccionados dentro de este contexto están propuestos en el Objetivo 5: (mejorar la salud materna) de los Objetivos de Desarrollo del Milenio por la Organización de las
Naciones Unidas. Una de las características identificadas de estos indicadores, es que se tiene información
de diferentes años de observación, con la cual se puede apreciar su tendencia. Por consiguiente, bajo estas
circunstancias, formando parte con las “trayectorias de atención”, nos permite entender que, para que una
mujer muera de “muerte materna”, deben seguir factores que pueden incluir, desde la falta de ingresos, la
deficiencia de estado nutricio y la falta de medios de transporte, hasta la disminución de acceso de carácter
económico, geográfico o cultural a los servicios médicos. Estos factores se manifiestan de manera desigual
y no aleatoria en espacios o territorios concretos.
Algunas de las causas conocidas, que han dado origen a esta problemática son: el rezago social, la
escolaridad, la atención prenatal, los embarazos previos, las causas obstétricas indirectas (neumonías), la
enfermedad hipertensiva del embarazo y el aborto, las cuales son cada vez más relevantes y tienden a incrementar, en relación a la hemorragia obstétrica y la infección puerperal.
Ahora bien en el artículo se analiza como problema la mejora de los indicadores de Salud Materna con
respecto a los indicadores del Observatorio de Mortalidad Materna en México, los Objetivos de Desarrollo
del Milenio y Objetivos del Desarrollo Sostenible de la ONU, en el estado de Nuevo León. Se plantea como
pregunta problema: ¿Cuáles son las causas de la mortalidad materna en el estado de Nuevo León? Siguiendo una metodología cualitativa se realizó una investigación teórica con fuentes secundarias, se presentan
elementos cuantitativos como apoyo a la pregunta, con el objetivo de analizar las causas de mortalidad
materna en el estado de Nuevo León.
2- FUNDAMENTO TEÓRICO
Panorama de Salud Materna en Nuevo León.
Para comprender de una mejor manera la problemática de la salud materna en el estado de Nuevo León
y sus factores, resulta fundamental dar cuenta a la comprensión de diversos conceptos básicos y análisis de
los mismos: salud materna, salud reproductiva, teoría del desarrollo, objetivos del milenio, embarazos. De
esta manera le daríamos un enfoque más específico y esencial a la salud materna.
Con respecto a la Organización Mundial de Salud la salud materna es conocida por constituir todos los
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aspectos de la salud desde el embarazo, al parto hasta el postparto. Aunque la maternidad es una experiencia de felicidad y alegría para muchas mujeres, en otras ocasiones es sinónimo de tristeza, enfermedad e
incluso muerte.
De acuerdo a este contexto, en la Conferencia Internacional sobre Población y Desarrollo, que se llevó
a cabo en el Cairo en 1994, se señaló que “La salud reproductiva es un estado general de bienestar físico,
mental y social, y no de mera ausencia de enfermedades o dolencias, en todos los aspectos relacionados
con el sistema reproductivo y sus funciones y procesos. En consecuencia, la salud reproductiva entraña la
capacidad de disfrutar de una vida sexual satisfactoria y sin riesgos de procrear, y la libertad para decidir
hacerlo o no hacerlo, cuándo y con qué frecuencia.”
Según las Naciones Unidas, en la Cumbre del Milenio de septiembre del año 2000, señala que “los
Objetivos de Desarrollo del Milenio (ODM) son las metas, cuantificadas y cronológicas, que el mundo ha
fijado para luchar contra la pobreza extrema en sus varias dimensiones: hambre, enfermedad, pobreza de
ingresos, falta de vivienda adecuada, exclusión social, problemas de educación y de sostenibilidad ambiental, entre otras.”
De acuerdo a la Norma Oficial Mexicana NOM-007-SSA2-1993 y al Hospital General de México, se
denomina embarazo, gestación o gravidez (del latín gravitas) al período que transcurre desde la implantación en el útero del óvulo fecundado al momento del parto.
Ilustración 1: Cómo avanzó México para alcanzar los Objetivos del Desarrollo del Milenio

Fuente: Naciones Unidas, 2016, Recuperado de http://www.un.org/es/millenniumgoals/pdf/2015/
mdg-report-2015_spanish.pdf
En la imagen presentada anteriormente, se observan los resultados finales de los objeticos con relación a
los indicadores establecidos por las Naciones Unidas, en México, el cuál se concluye que los únicos 2 objetivos no logrados son el objetivo 4. Reducir la mortalidad Infantil y el objetivo 5. Mejorar la Salud Materna,
objetivos que requieren ser atendidos a través de políticas públicas del gobierno federal.

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Análisis de la problemática de mortalidad materna...
Salud Materna
Este artículo hace mención, describe y analiza la trayectoria del índice de mortalidad materna (MM)
con base a los Objetivos de Desarrollo del Milenio y Objetivos de Desarrollo Sostenible. En septiembre
del año 2000 en la Cumbre del Milenio en Nueva York, convocados por las Naciones Unidas, 190 países
plasmaron en los Objetivos del Milenio diversos aspectos a nivel internacional en relación con la salud y al
índice de desarrollo humano; dichos objetivos están orientados a mejorar las condiciones socioeconómicas
y ambientales de los países para alcanzar una mejor calidad de vida de sus habitantes. Sin embargo algunos
de sus indicadores fundamentales son la tasa de mortalidad infantil y la tasa de mortalidad materna.
La ONU junto con la Declaración del Milenio fijó el 2015 como fecha límite para alcanzar los Objetivos de Desarrollo del Milenio (ODM). Los ODM son las metas u objetivos que el mundo se ha fijado para
eliminar la pobreza extrema, el hambre y las enfermedades, para promover la igualdad de género, la salud,
la educación y la sostenibilidad ambiental. Así mismo, se expresan algunos de los derechos humanos básicos, como los derechos a la salud, la educación y la vivienda. Ese logra destacar que el panorama general
con respecto a lograr los ODM se ha tornado difícil. El gran crecimiento económico que se ha generado en
algunos países en desarrollo en los últimos 5 años, hacía pensar que al menos el objetivo número 1 relativo
a la pobreza podría alcanzarse en todo el mundo, pero se acentúo un gran golpe debido a las crisis de los
alimentos, los combustibles y los mercados financieros, lo cual crea nuevos riesgos. Como meta de medio
plazo se sigue esperando una disminución de la proporción de madres en situación grave de salud materna
en el mundo en desarrollo, pero se considera que será a un ritmo menor al que se había previsto antes, debido a la desaceleración del crecimiento económico.
Al partir del 2015, se dio a conocer el paso a una nueva agenda Internacional, debida al incumplimiento
de los ODM, lo cual ahora se conocen como Objetivos del Desarrollo Sostenible (ODS). Esto no hace referencia a la desaparición de los ODM si no que los ODS no solo complementan si no también profundizan
el trabajo ya realizado para la mejoría de la calidad de vida de las personas.
Razón de mortalidad materna (defunciones por cada 100 mil nacidos vivos) Nuevo León
Gráfica 1 Razón de mortalidad materna (defunciones por cada 100 mil nacidos vivos) Nuevo León

Fuente: Recuperado de http://www.objetivosdedesarrollodelmilenio.org.mx/Default.aspx?Param=GRAODM005000200010,28,019,2014,False,False,False,False,False,False,False,0,0,E
En la gráfica anterior se observa la razón de mortalidad que abarca desde el año de 1990 hasta el 2015,
se muestra la meta nacional establecida por las Naciones Unidas, y se logra destacar la desestabilidad que
se ha presentado a lo largo de esos años.
Al haberse cumplido el tiempo estimado de los ODM, las Naciones Unidas pactaron en 2015 los Objetivos de Desarrollo Sostenible (ODS), entre los cuales encontramos la reducción de la RMM general a menos
de 70 muertes por 100 000 nacidos vivos para el año 2030.
Así, para enfrentar ese enorme reto y procurar la reducción esperada de la mortalidad materna en los
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años siguientes conforme a los ODM, habría que fortalecer seriamente acciones tendientes a mejorar los
procesos de atención vinculados con el embarazo, parto y puerperio en todas las entidades federativas,
puesto que se sabe con datos de 2009 que la gran mayoría de las muertes maternas ocurren en instituciones
públicas de salud.
Según Sergio Arellanos Balderas, la Secretaría General de Salud, en el 2009, implementó una estrategia
que daría beneficio a la reducción de la mortalidad materna e impulsaría mejores prácticas sanitarias. Gracias a ello se firmó el Convenio General de Colaboración Interinstitucional para la Atención de la Emergencia Obstétrica entre el Instituto Mexicano del Seguro Social, el Instituto de Seguridad y Servicios Sociales
de los Trabajadores del Estado y la Secretaría de Salud, en el cual se establece que todas las mujeres que
presenten complicaciones obstétricas deberán ser atendidas en cualquiera de las unidades de salud de dichas
instituciones, sin importar su condición de afiliación.
Cabe señalar que el Diputado Sergio Arellano Balderas, del H. Congreso del Estado de Nuevo León,
propuso atender de emergencia a embarazadas en el año 2016, haciendo referencia a la nueva agenda de las
Naciones Unidas con fecha limite al 2030. Hace mención a la falta de educación, alimentación nutricia, de
soporte social y de infraestructura médica, los cuales se conocen como factores directamente asociados a la
salud materna, y hace referencia la falta de equidad de las clases sociales.
Aunque se puede observar que ha disminuido, desde el 2010 al presente año en Nuevo León, el índice
de mortalidad materna, la Observación de Mortalidad Materna de Nuevo León menciona que el número de
fallecimientos por cada 100 mil nacidos vivos, es de 20 mujeres muertas.
Ilustración 2 Numeralia 2015 Nuevo León

Fuente: Recuperado de http://www.omm.org.mx/images/stories/Documentos%20grandes/Numeralia_2015_26mar.pdf
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Por consiguiente, en el 2015 se plantearon diversas reformas a la Ley General de Salud, en la Ley del
Seguro Social y en la Ley del Instituto de Seguridad y Servicios Sociales de los Trabajadores del Estado,
todas relacionadas con las urgencias obstétricas, obligando a los establecimientos médicos a tomar las
medidas necesarias que aseguren la valoración médica de la embarazada y el tratamiento completo de la urgencia o la estabilización de sus condiciones generales, para que pueda ser transferida a otra unidad médica
con el fin de preservar su vida e integridad física, sin restricciones de ningún tipo.
Por lo anterior, se estableció el siguiente decreto:
“DECRETO
ÚNICO.- Se reforma el artículo 31 bis y se adiciona el artículo 31 bis 1 de la Ley Estatal de Salud, para
quedar como sigue:
Artículo 31 bis.- La atención a la salud de la mujer comprende, principalmente, los programas de prevención de cáncer cérvico uterino, cáncer mamario, así como la prevención y control de riesgo preconcepcional y de enfermedades de trasmisión sexual, sin menoscabo de los servicios proporcionados mediante la
atención materna infantil y la planificación familiar.
Artículo 31 bis 1.- Los servicios de salud referidos en el artículo 20 de la presente Ley, prestarán atención expedita a embarazadas que presenten una urgencia obstétrica, solicitada de manera directa o a través
de otra unidad médica, en las unidades con capacidad para la atención de urgencias obstétricas, independientemente de su derechohabiencia o de su afiliación a cualquier esquema de aseguramiento. “
En el estado de Nuevo León, de acuerdo a la Dirección General de Epidemiología (2017), la RMM
alcanzó un valor de 32.6 defunciones maternas por cien mil nacimientos estimados, lo cual representa una
reducción de 8.7 defunciones porcentuales. Y en datos más recientes, en julio 2 del 2018, la RMM calculada es de 28.3 defunciones por cada 100 mil nacimientos estimados, con un decremento de 15.9 puntos
porcentuales respecto a los datos registrado el año pasado.
3- METODO
Diseño
El enfoque investigativo de la presente investigación es cualitativo, de acuerdo con Hernández, Batista
y Fernández (2014) “Utiliza la recolección y análisis de los datos para afinar las preguntas de investigación
o revelar nuevas interrogantes en el proceso de interpretación” (p.7).
Alcanzando un diseño no experimental “Que se realiza sin la manipulación deliberada de variables y
en los que sólo se observan los fenómenos en su ambiente natural para después analizarlos” (Hernández,
Batista y Fernández, 2014, p. 149).
El alcance establecido es el exploratorio “emplean cuando el objetivo consiste en examinar un tema
poco estudiado o novedoso” (Hernández, Batista y Fernández, 2014, p. 91).
Instrumentos
Para la construcción del marco teórico-conceptual de la teoría del método funcional, se consultaron un
total de diecisiete referencias bibliográficas utilizándose como instrumento las ideas, argumentos y proyectos que fueron interpretados desde una perspectiva analítica y crítica.
Procedimiento
Con relación a la comprensión del problema de la investigación se recopilan fuentes secundarias de
documentos académicos. En el marco de referencia se definen los conceptos básicos relativos a la mortalidad materna en Nuevo León. Una vez recopilada y analizada la información se construye el documento
objeto de este trabajo. Por último, se realizan las recomendaciones y conclusiones conforme a los objetivos
trazados (Lechuga, 2018, p. 196).
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 5, Enero - Junio 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 57-64. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/55

�Tamez-González, G &amp; Treviño Treviño, H
CONCLUSIÓN
En Nuevo León la tasa de mortalidad materna durante el periodo 1990 a 2010 presentó una reducción
de 11 puntos, pasando de 37.6 defunciones por cada 100 mil nacidos vivos en 1990, a 26.6 en 2012, y en
lo que va del año 2018 se ha calculado 28.3 defunciones. Esto indica que se ha mejorado la atención médica desde el periodo de gestación hasta el alumbramiento, lo cual es importante resaltar las condiciones
de salud de los infantes y de las mujeres embarazadas a nivel nacional. Los problemas de las mujeres en
gestión de salud deberían ser un factor primordial en nuestro estado, y no una fatalidad o un problema que
sea complejo con una difícil decisión.
“La Organización Panamericana de la Salud (OPS) señala que el 95% de la muerte materna es prevenible con el conocimiento existente, si la mujer recibe oportunamente atención digna y de calidad, pues esta
problemática es expresión de la inequidad y desigualdad y de la falta de empoderamiento de las mujeres”,
menciona el informe SAPI-ISS-74-15 presentado por la Cámara de Diputados, firmado por la Investigadora
Parlamentaria Claudia Gamboa Montejano y la Maestra Sandra Valdés Robledo.
Es por lo anterior que se debe lograr la equidad de género en Nuevo León, además el gobierno
debe crear políticas públicas enfocándose en la salud materna, y resolver esta problemática.
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Financiando esfuerzos contra el cambio climático en américa latina
Afinancing efforts against climate change in latin america
Sandra, Guzmán1
Mariana, Castillo2
Alin, Moncada3
Grupo de Financiamiento Climático para América Latina y el Caribe (GFLAC)
RESUMEN
El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo consistió en presentar una visión sobre
la evolución del financiamiento climático a nivel global, y cómo éste ha impactado en la región de América Latina, con
particular énfasis en la participación del financiamiento en materia de energías alternativas y renovables. Se aplicó el
método de análisis, con un enfoque cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico transversal. Tras la revisión documental se realiza un breve análisis de cómo se ubica México en estas discusiones y las
necesidades nacionales que se derivan de los procesos internacionales como el Acuerdo de París. Se concluye que se
requiere una acción conjunta, coordinada y determinante de todos los actores involucrados. Los gobiernos nacionales
y locales, el sector privado, los fondos multilaterales, la banca, la sociedad civil, etc.
Palabras clave: América Latina, cambio climático, desarrollo sustentable, y financiamiento.
ABSTRACT
This article is the product of a literature review, whose aim consisted in submitting a vision about the evolution of
the funding of climate change in a global level, and how this has had an impact on the Latin America region, with a
special focus on the funding participation with regard to alternative and renewable energies. The method of analysis
was applied with a qualitative approach, non-experimental design, under a documentary-literature cross sectional level.
After the documentary review a brief analysis is done about where Mexico is in these arguments and the needs that arise
from the international processes such as the Paris Agreement. It concludes that it is necessary a coordinate, determining
and joint action from all of the involved actors. The local and national governments, the private sector, multilateral
funds, banking, civil society, etc.
Key words: Latin America, Climate Change, Sustainable Development, Funding.

Cómo referenciar este artículo:
Guzmán, S., Castillo, M., &amp; Moncada, A. (2017). Financiando esfuerzos contra el cambio climático en
américa latina. Política,Globalidad y Ciudadanía, 65-74.
Recibido: 23 de Agosto 2016 - Aceptado: 26 de Octure 2016

1 Master en Política y Regulación Ambiental por la London School of Economics and Political Sciencie (LSE).
2 Coordinadora de la Agenda Naciaonal, Grupo de Financiamiento Climático de América Latina y el Caribe (GFLAC).
alin.moncada@gmail.com
3 Coordinadora de Comunicación Estratégica, Grupo de Financiamiento Climático de Americe Latina y el Caribe
(GFLAC). alin.moncada@gmail.com
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 5, Enero - Junio 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 65-77. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/68

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Financiando esfuerzos contra el cambio climático...
1.- INTRODUCCIÓN
Las soluciones a los impactos y consecuencias del cambio climático se han ido constituyendo desde
un enfoque multi nivel y multi sector, debido a un creciente reconocimiento de que la acción unilateral, o
uni-sectorial no servirán para contrarrestar los impactos hasta ahora ocasionados por el problema.
A nivel global, se han hecho estimaciones sobre el costo del cambio climático y sobre el costo de la
inacción (Stern, 2006, 2009). Aunque los montos han variado de estudio a estudio, se calcula que el costo
de atender el problema podría representar al menos el 2% del producto interno del mundo; sin embargo, se
habla de que el costo de la inacción podría significar hasta el 20% (Stern, 2006, 2009).
Estas estimaciones han generado un debate internacional que hoy se ha traducido en una creciente
discusión sobre los medios necesarios para financiar las acciones requeridas, con el propósito de reducir
las emisiones que causan el problema, así como para financiar acciones que incrementen la resiliencia y
disminuyan la vulnerabilidad.
En este capítulo, se presenta una visión sobre la evolución del tema de financiamiento climático a nivel
global, y cómo esto ha impactado a la región de América Latina, con un particular énfasis en la participación del financiamiento en materia de energía renovable. De igual forma, se presenta un breve análisis de
cómo se ubica México en estas discusiones y las necesidades nacionales que se derivan de los procesos
internacionales, como lo es el Acuerdo de París.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Perspectivas del financiamiento climático a nivel global
El tema de financiamiento ha sido uno de los pilares de las discusiones globales desde la Conferencia
de las Naciones Unidas sobre el Medio Humano celebrada en Estocolmo en 1972, en la que ya se hablaba
de los costos que la destrucción ambiental podría traer a los países. Estos argumentos sentaron las bases
para que el tema de financiamiento se colocara en la agenda de la Conferencia de Río de Janeiro en 1992
de la que se derivaron la creación de las Convenciones de Biodiversidad, de Desertificación y de Cambio
Climático. En dicha Conferencia de 1992, hubo un planteamiento inicial basado en la responsabilidad de
los países desarrollados en la generación de los problemas ambientales existentes y, por ende, la responsabilidad que tienen de brindar recursos financieros, tanto para llevar a cabo sus propias acciones, como para
apoyar la acción de países en desarrollo.
En este sentido, la creación de la Convención Marco de Naciones Unidas sobre Cambio Climático
(CMNUCC), fue la que estableció la relación donante-receptor que perduró por años. El Artículo 3º de
la CMNUCC apuntala que “las Partes que son países desarrollados y las demás Partes desarrolladas que
figuran en el anexo II, proporcionarán recursos financieros nuevos y adicionales para cubrir la totalidad de
los gastos convenidos que efectúen las Partes que son países en desarrollo para cumplir sus obligaciones”
(CMNUCC, Artículo 3).
Al respecto, la Convención señala en su Artículo 5º que “las Partes que son países en desarrollo y las
demás Partes desarrolladas que figuran en el anexo II tomarán todas las medidas posibles para promover,
facilitar y financiar, la transferencia de tecnologías y conocimientos prácticos ambientalmente sanos, o el
acceso a ellos, a otras Partes, especialmente las Partes que son países en desarrollo, a fin de que puedan
aplicar las disposiciones de la Convención” (CMNUCC, Artículo 5).
Este mandato es el que ha guiado de manera primaria la visión del financiamiento para atención del
cambio climático, no obstante, su interpretación se ha dado en función de las necesidades de los países.
Si bien, se reconoce que los países desarrollados son los que proporcionarán recursos, el Artículo 5 señala
que los países en desarrollo deben promover, facilitar y financiar también tecnologías y conocimiento para
atender el problema.
Aunque hay un manifiesto de que las diversas partes deben tomar medidas, ha existido discrepancia en
la interpretación de esto. Por una parte, dentro del grupo de países en desarrollo, se encuentran diversos
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países, como la mayoría de países africanos y los denominados países menos desarrollados, cuyas capacidades económicas son restringidas. Por otra parte, esta misma clasificación incluye a países como China,
India, Brasil y otros, que se encuentran en una trayectoria de desarrollo y crecimiento económico distinta,
y por tanto su incorporación dentro de esta clasificación ha sido puesta en tela de juicio, por considerarse
economías de renta media que no deberían recibir más fondos de cooperación.
Este debate es el que perduró en el marco de las negociaciones de cambio climático durante años, hasta
hace poco con la creación, aprobación y entrada en vigor del Acuerdo de París. El Acuerdo, si bien reconoce que los países desarrollados deben mantener el liderazgo en la provisión y movilización de flujos de
financiamiento, también reconoce y da la bienvenida a que “otras partes” en capacidad de hacerlo, provean
de financiamiento para la atención del cambio climático (Acuerdo de París, Artículo 9).
Lo anterior, ha traído nuevos debates a la esfera internacional, como la manera en que los países deben
definir lo que es y lo que no es financiamiento climático y en qué momento dicho financiamiento debe ser
o no contabilizado. Esto debido a que en 2009 se propuso y en 2010 se acordó, que los países desarrollados
transferirán 100 mil millones de dólares anuales a países en desarrollo a partir de 2020 (COP15, Copenhague y COP16, México).
Aunque no existe un sustento que justifique la cifra de los 100 mil millones, es la cifra que ha guiado
el debate internacional, y el mayor cuestionamiento ha sido la manera en que los países alcanzarán dicha
transferencia y la importancia de definir las fuentes que serán parte de esta transferencia, es decir, si serán
fuentes públicas o si también se contarán fuentes privadas.
Para ello, el Comité Permanente de Financiamiento llevó a cabo en 2014 su primera evaluación bianual
de flujos de financiamiento de cambio climático, con el fin de conocer las cantidades transferidas para 2011
y 2012. En dicho estudio se observó que en 2011 se transfirieron 340 mil millones de dólares, mientras que
en 2012 se transfirieron 650 mil millones (SCF, 2014).
En un segundo estudio publicado en 2016, el Comité identificó que en 2013 se transfirieron 687 mil millones de dólares y en 2014, 741 mil millones (SCF, 2016). Los resultados obtenidos en estos dos estudios
muestran que las cifras son superiores a los 100 mil millones comprometidos en 2009; sin embargo, el debate se ha concentrado en la definición de lo que el Comité contempló en estas estimaciones y la necesidad
de revisar que no se traten de cifras que hayan sido doblemente contadas.
En este sentido y derivado del Acuerdo de París, actualmente se encuentran en proceso de definición
las modalidades de contabilidad de financiamiento provisto y movilizado. Si dichas modalidades son implementadas a cabalidad, esto permitirá definir con claridad qué será y qué no será contabilizado como
financiamiento climático y, por ende, cuál es la cifra que realmente está fluyendo y con ello, identificar las
brechas existentes entre lo que se tiene y lo que se necesita.
Tales modalidades podrían ayudar a definir lo que la comunidad internacional debería entender como
financiamiento climático, ya que a la fecha no existe una definición universalmente aceptada.
La relevancia de esta discusión radica en que, mientras existe una creciente necesidad de actuar en materia de mitigación y adaptación, aún no existe una definición de qué tipo de actividades serán consideradas
como mitigación o adaptación. Un ejemplo de esta discrepancia se presentó en 2015 cuando la Organización para la Cooperación y el Desarrollo Económico (OECD) y la Iniciativa de Política Climática (CPI),
presentaron un informe sobre el estatus del financiamiento global de cara al cumplimiento de los 100 mil
millones de dólares, y dentro de su metodología se determinó que ciertas actividades no deberían ser consideradas como cambio climático, aun cuando los donantes así lo consideren. Este fue el caso de proyectos
relacionados con “carbón limpio” promovidos por países como Japón (OECD, CPI, 2015).
La importancia de la definición de financiamiento climático también radica en que en 2015 los países
parte de la CMNUCC, fueron llamados a someter sus contribuciones nacionalmente determinadas (NDCs).
Éstas son acciones que los países, tanto desarrollados como en desarrollo, proponen poner en marcha para
cumplir con el Acuerdo de París y así evitar un aumento de la temperatura global de más de 2°C e idealmente en no más de 1.5°C.
Dichas contribuciones son de carácter nacional, es decir, que fueron definidas por países partes y presentan una serie de propuestas y medidas que están dispuestos a implementar como nación. Algunos países
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sometieron contribuciones que los países están dispuestos a implementar de manera incondicional, es decir,
con sus propios recursos, mientras que la mayoría de los países presentaron contribuciones condicionadas
a la existencia de apoyo financiero (CMNUCC, 2015).
En este sentido, la importancia de definir qué es el financiamiento climático, será un factor que ayudará
a definir cuáles de las acciones integradas por los países serán susceptibles de financiamiento internacional
o no. Esto es particularmente relevante para una región como América Latina que es altamente vulnerable
pero también responsable del 9% de las emisiones globales (CEPAL).
El financiamiento climático en América Latina
Estudios realizados por organismos como el Overseas Development Institute (ODI) y la Fundación
Heinrich Böll, muestran que la región de América Latina y el Caribe no es la principal receptora de financiamiento climático y que la región de Asia Pacífico es la que recibe la mayor cantidad de fondos en ese rubro.
Por otro lado, del financiamiento climático recibido en Latinoamérica, se ha comprobado que existe una
inequitativa distribución de los fondos. Históricamente Brasil y México han sido los mayores receptores del
financiamiento climático de la región (55%), habiendo conseguido entre ambos países más de 1,500 millones de dólares entre 2003 y 2016. (ODI, HBF, 2016). Este financiamiento se refiere principalmente a fondos
climáticos como el fondo de adaptación, el Fondo Verde del Clima, y otros en operación bajo la CMNUCC.
De igual forma, se ha identificado que la mayor parte del financiamiento se dirige a acciones de mitigación, pese a ser una región altamente vulnerable y requerir atención específica en el tema de adaptación al
cambio climático. Esta tendencia se confirma también con el estudio del Comité, ya citado, que ha detectado que 70% del financiamiento climático se va a mitigación y sólo 25% a la adaptación.
Por otro lado, de acuerdo a un estudio llevado a cabo por el Grupo de Financiamiento Climático para
Latinoamérica y el Caribe (GFLAC), se identifica que la mayor parte de los países de la región hacen mención sobre la necesidad de tener recursos financieros para cumplir con sus compromisos. Sin embargo, el
estudio muestra que pocos países han integrado cifras sobre las necesidades de financiamiento y estrategias
claras de cómo desean implementar dichas contribuciones (GFLAC, 2015).
El estudio señala que pese a reconocer la necesidad del financiamiento, aún existen limitaciones en la
identificación e integración del tema de financiamiento como eje transversal en las políticas climáticas.
En la revisión de casos, el GFLAC identificó que los dos principales instrumentos que se han utilizado
para la provisión de financiamiento internacional son préstamos y donaciones (Estudios de GFLAC en Argentina, Bolivia, Chile, Ecuador, Guatemala, Honduras, Nicaragua, y Perú, 2014-2015).
Tabla 1. Flujos internacionales de financiamiento climático en ocho países latinoamericanos (en
millones de dólares)

Fuente: Elaboración propia, 2017.
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Un aspecto fundamental en este sentido es la visión de financiamiento que se ha creado a nivel internacional, la cual está centrada en la cooperación internacional, cuando existen una diversidad de mecanismos
financieros que pueden ser parte de la provisión de recursos para la atención del problema.
En este sentido, el GFLAC también propone la revisión no sólo de los flujos que se reciben de cooperación internacional, sino también aquellos que se asignan vía los presupuestos públicos. En estudios
realizados por la organización sobre gasto público en materia de cambio climático se ha encontrado que, si
bien el gasto relacionado con cambio climático se ha incrementado, en general los países destinan menos
del 1% de su presupuesto público a financiar acciones de cambio climático, con la excepción de Guatemala,
Honduras y Nicaragua (GFLAC, 2017).
Tabla 2. Gasto público nacional relacionado con el cambio climático en América Latina (siete países)

Fuente: Elaboración propia, 2017.
Financiamiento para la transición energética en Latinoamérica
En América Latina y el Caribe, la principal fuente de emisiones es el sector energético que representa el
42% de las emisiones totales de la región (CEPAL, 2015b). Esto resulta particularmente relevante ya que se
espera que la demanda de energía primaria de la región sea al menos 80% más alta que los niveles actuales
(IDB, 2016), significando así un enorme riesgo de aumento de emisiones en la región. Para hacer frente a
la creciente demanda energética de Latinoamérica a la vez que se mantengan los compromisos climáticos,
será entonces de suma importancia tener una oferta de energía baja en emisiones y por las condiciones de
la región, la opción que parece óptima son las energías renovables.
Latinoamérica es una región altamente favorecida por la naturaleza: cuenta con radiación solar muy
alta, fuertes vientos en diversas zonas, corrientes de agua vastas, yacimientos geotérmicos, etc. El potencial
de la región se ha ido aprovechando cada vez más y se ve reflejado en la creciente inversión en energías
renovables que fue de 4.6 miles de millones de dólares en 2005 y aumentó drásticamente a 16.4 miles de
millones de dólares en 2015.
Costa Rica, por ejemplo, cuenta con una oferta eléctrica más limpia que países como Estados Unidos o
Australia. El país tico genera más del 99% de su electricidad a través de 5 fuentes renovables: hidroeléctrica
(78%), eólica (10%), geotermia (10%), biomasa y solar (1%) y en noviembre de 2017 rompió su propio
record al abastecer su demanda eléctrica exclusivamente por renovables durante 300 días del año.
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De 2005 a 2009, Brasil fue el país que atrajo el mayor monto de inversiones en renovables en la región
(70%), sin embargo, desde 2010 esa diferencia ha ido a la baja y cada vez más, la inversión en renovables
se distribuye en más países y a través de la región (ver Imagen 1). En 2015 la inversión en renovables destinada a Brasil fue del 40%.
Figura 1. Inversión en energía renovable en Latinoamérica por país

Fuente: IRENA, (2016).
Cabe señalar que el sector energético en donde más se ha invertido ha sido el eléctrico y cada vez más se
ha dejado de lado a los biocombustibles. Por otro lado, es necesario también identificar que las inversiones
corresponden a un incremento en la capacidad instalada eléctrica y la producción de electricidad renovable
(ver Imágenes 2 y 3). No basta con invertir mucho (o poco), pues la inversión va asociada al precio de la
tecnología en la que se invierte, es decir que, para medir la efectividad de la inversión en renovables, la
capacidad instalada y generación eléctrica deben observarse también al alza.
Figura 2. Capacidad eléctrica renovable (excluyendo grandes hidroeléctricas

Fuente: IRENA, (2016).
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Figura 3. Generación eléctrica renovable (excluyendo grandes hidroeléctricas)

Fuente: IRENA, (2016).
Latinoamérica tiene las emisiones de carbono más bajas por la generación de electricidad, sin embargo,
todavía existen 15 millones de personas en la región sin acceso a electricidad. El reto será entonces proveer
esa necesidad eléctrica a través de fuentes renovables y, sobre todo, que la mezcla energética total de la
región tenga una mucho mayor participación de renovables (ver Imagen 4).
Figura 4. Total de suministro de energía primaria en Latinoamérica en 2013

Fuente: IRENA, (2016).
Se espera que el pico de emisiones mundial por la generación de energía se dé en 2050, mientras que, de
acuerdo con el reporte New Energy Outlook 2017, el pico de emisiones por la producción de electricidad se
dará mucho antes, en 2026. Esto debido al retiro de emisiones de China por la generación eléctrica a través
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de carbón. El New Energy Outlook 2017 provee también un pronóstico alentador para México, al establecer
que para 2040 el país generará el 80% de su electricidad a través de renovables (la energía solar se espera
que tome un rol más importante y el país se convierta 29% más eficiente en el uso de electricidad). Sin
embargo, el reporte también hace referencia a que la tasa de crecimiento de renovables no será suficiente
para cumplir con los objetivos de reducción de emisiones globales.
A pesar de que 2016 vio un decremento del 23% respecto a 2015 en la inversión mundial en energías renovables, hoy en día atestiguamos cifras alentadoras que indican que Latinoamérica va por un buen camino.
El desarrollo de renovables se ha enfrentado a estructuras políticas y de instituciones fuertemente basadas
en los combustibles fósiles en Latinoamérica (por ejemplo, México, Brasil y Venezuela), sin embargo, poco
a poco las renovables han despegado y el propio mercado ha demostrado que hacen sentido económico para
la región. Por ejemplo, en 2016 Honduras proveyó el 9.8% de su electricidad a través de solar fotovoltaica,
mientras que en Uruguay la energía eólica abasteció el 22.8% de la demanda eléctrica. Por su parte, varias
islas caribeñas como Aruba, Curazao, Bonaire y San Eustaquio, alcanzaron niveles de energía renovable
superiores al 10% de su mezcla total.
En el mundo, se ha observado que, a pesar de las tendencias positivas, la tasa de desarrollo de renovables no será suficiente para lograr los compromisos del Acuerdo de París. Es necesario entonces acelerar el
desarrollo de renovables y para ello se necesitan mitigar las barreras existentes que en cada caso les impiden
despegar. Se han identificado dos aspectos clave para poder atraer inversiones privadas, ya sean locales
o internacionales: 1) el acceso al financiamiento de los proyectos y de la infraestructura asociada, y 2) el
compromiso y credibilidad de las entidades públicas a través de un marco legal específico, transparente y
constante en el tiempo (CEPAL, 2012).
Será importante también implementar medidas de incentivación de renovables no sólo en el desarrollo
de electricidad renovable, sino de energía renovable en su totalidad (calor, combustibles, etc.). Por otro
lado, para poder incrementar la participación de renovables de manera sustentable, será clave adoptar medidas de eficiencia energética mucho más agresivas para disminuir la energía “fósil” que actualmente no
se aprovecha.
Es un hecho que hay condiciones alentadoras en la región latinoamericana para el desarrollo de energías
renovables, sin embargo, es necesario fortalecer este ímpetu con políticas claras y condiciones favorables
para los inversionistas. Latinoamérica cuenta con el potencial natural, pero falta asegurar las demás condiciones para convertirlo en líder mundial.
Presupuesto público en materia de cambio climático en México
A nivel internacional se ha hablado mucho de la importancia de transferir recursos financieros para invertir en diversas actividades en materia de mitigación y adaptación y esta discusión se ha centrado mucho
en la transferencia de fondos de países desarrollados a países en desarrollo. Sin embargo, el llamado del
Acuerdo de París abre una nueva discusión que es la participación del financiamiento que viene de “otros
países” que también están haciendo contribuciones, esto se refiere a países en desarrollo.
El papel que los países en desarrollo tendrán en el financiamiento climático también será crucial, y esto
se relaciona con el rol de sus presupuestos públicos. El caso de México es significativo, pues es el segundo
país emisor en la región. Estudios en progreso muestran la evolución del gasto público y lo limitado que ha
sido la participación del mismo en las acciones de política climática (Guzmán, 2018).
En 2008 la partida presupuestal para el Programa Especial de Cambio Climático no existía, en 2009
se creó y se le asignaron recursos, mismos que en 2010 y 2011, en el contexto de la COP16 que se llevó a
cabo en Cancún en diciembre de 2010, aumentó. Sin embargo, en 2012 dicho presupuesto tuvo una caída
del 62%, y para 2013 dicha partida presupuestal desapareció.
En el mismo año, se creó el Anexo 16 para acciones de mitigación y adaptación al cambio climático que
en 2013 tuvo un ingreso de $3,956 millones de pesos mexicanos (mdp). Esta cantidad se ha aumentado de
manera muy limitada desde entonces, llegando a recibir $4,746 mdp en 2016 que sólo representa el 0.9%
del total del presupuesto.
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El objetivo del Anexo es identificar el monto del gasto público asignado para hacer frente al cambio
climático en las entidades relacionadas con el problema, en este caso los miembros de la Comisión Intersecretarial de Cambio Climático (CICC) (Guzmán, S, 2018). De acuerdo con Guzmán, la cantidad de
dinero identificada desde 2013 hasta 2017, respectivamente, ha estado entre $34,514 y $36,878 mdp, con
la cantidad más baja en 2017 (2018).
Figura 5. Evolución de la asignación presupuestaria al Anexo sobre cambio climático.

Fuente: INECC, (2017).
En 2017, la Oficina de Evaluación del Instituto Nacional de Ecología y Cambio Climático (INECC),
que se encarga de evaluar el progreso de la política climática en México de acuerdo con la Ley General de
Cambio Climático (LGCC), llevó a cabo una evaluación sobre el funcionamiento de este Anexo. Con base
en esta evaluación, se identificaron tres aspectos clave, entre otros:
1.

2.

3.

No existe una metodología para definir claramente qué constituye actividades de cambio climático.
Se identificó que las personas que organizan la información presupuestaria no son las mismas que
quienes están a cargo del diseño real de los programas. En ese sentido, no existe una correlación
entre los objetivos de la política y la asignación del presupuesto público.Si bien la Secretaría de
Hacienda y Crédito Público (SHCP) está a cargo de la provisión de metodologías para la creación
de estos Anexos, la metodología que ellos brindan no incluye la consideración o los criterios del
cambio climático para definir lo que cuenta como cambio climático. Sólo incluye disposiciones
relacionadas con la presentación de la información presupuestaria.
No existe una correlación entre lo que se incluyó en el Anexo y las medidas incluidas en el Programa Especial de Cambio Climático (PECC), que según la Ley es el documento que debe definir
las disposiciones presupuestarias para implementar las actividades incluidas en el programa. Esto
significa que no todos los programas incluidos en el Anexo son parte del PECC, y otros programas
incluidos en el PECC no son parte del Anexo. El informe del INECC señala que los servidores públicos entrevistados expresaron que no toman en cuenta sus compromisos establecidos en el PECC,
pero que la prioridad para las dependencias es el cumplimiento de sus objetivos sectoriales (2017:
27) que van más allá del cambio climático.
El Sistema Nacional de Cambio Climático (SINACC) y la CICC, que son los dos organismos con
atribuciones para definir la orientación para incorporar el cambio climático dentro de los procesos
de planificación y particularmente para el cumplimiento de los objetivos incluidos en el PECC,
no han proporcionado orientación para incorporar el cambio climático dentro del gasto público, y
por lo tanto, tal ejercicio aún no se ha integrado en el Anexo. En la misma línea, se identificó que
el papel del Congreso como entidad con la atribución de aprobar el presupuesto, no ha jugado un
papel en el proceso de integración del cambio climático en la aprobación del presupuesto cada año.

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El presupuesto público en general ha sufrido recortes, sin embargo, los recortes más importantes se han
dado en el sector ambiental. Por ejemplo, la propuesta de Presupuestos de Egresos de la Federación (PEF)
2017 para medio ambiente presenta una reducción del 47% con respecto a lo aprobado en 2016.
La asignación de recursos para la atención al cambio climático, se vincula también con la protección
de derechos humanos fundamentales, consagrados en la Constitución Mexicana. En este sentido, existen
sub-funciones dentro del ramo de medio ambiente que son claves para la protección de los derechos humanos de las y los mexicanos. El caso de la sub-función “Administración del Agua” presenta una reducción de
más de $1,700 mdp, lo cual significa una caída real de 25.68%. Mientras que la sub-función “Ordenación de
aguas residuales, drenaje y alcantarillado” tiene un recorte de $3,802 mdp, lo que en términos reales se traduce en una reducción de 31.3%. Más aún, sub-funciones como “reducción de la contaminación” y “otros
temas de Protección Ambiental”, muestran un recorte de $340 mdp, es decir, una caída real de 25.29%, y
la segunda de $17,016 mdp, lo que representa, en términos reales, una reducción del 63.27% (PAN, 2016).
Esto no sólo es un problema para el sector en general, sino para temas de alta relevancia para el país
como el cambio climático. En el caso del presupuesto para cambio climático, aunque la tendencia de la
asignación presupuestal ha mostrado algunas mejoras en recientes años, ésta no es suficiente.
Lo anterior quiere decir que, aunque el tema de cambio climático ya no es sólo uno de tipo ambiental,
sino de tipo transversal que requiere de la participación de más sectores y que además afectará a otros tantos, el país sólo gasta 0.9% de su presupuesto en atender este tema. No obstante, México se ha colocado
como líder en la agenda internacional de cambio climático y desde el GFLAC señalamos que no existe
congruencia entre las acciones y compromisos establecidos a nivel internacional y las acciones que el país
realiza a nivel nacional.
3.- MÉTODO
Diseño
El enfoque investigativo de la presente investigación es cualitativo, de acuerdo con Hernández, Batista
y Fernández (2014) “Utiliza la recolección y análisis de los datos para afinar las preguntas de investigación
o revelar nuevas interrogantes en el proceso de interpretación” (p.7).
Alcanzando un diseño no experimental “Que se realiza sin la manipulación deliberada de variables y
en los que sólo se observan los fenómenos en su ambiente natural para después analizarlos” (Hernández,
Batista y Fernández, 2014, p. 149).
El alcance establecido es el exploratorio “emplean cuando el objetivo consiste en examinar un tema
poco estudiado o novedoso” (Hernández, Batista y Fernández, 2014, p. 91).
Instrumentos
Para la construcción del marco teórico-conceptual del financiamiento de esfuerzos contra el cambio climático, se consultaron un total de treinta y ocho referencias bibliográficas utilizándose como instrumento
las ideas, argumentos y proyectos que fueron interpretados desde una perspectiva analítica y crítica.
Procedimiento
Con relación a la comprensión del problema de la investigación se recopilan fuentes secundarias de
documentos académicos. En el marco de referencia se definen los conceptos básicos relativos al financiamiento al esfuerzo contra el cambio climático. Una vez recopilada y analizada la información se construye
el documento objeto de este trabajo. Por último, se realizan las recomendaciones y conclusiones conforme
a los objetivos trazados (Bascón et al, 2016, p. 39).

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CONCLUSIONES
Estado será clave en el desarrollo de renovables, pues se requieren mitigar aceleradamente las barreras
que impiden su desarrollo para poder asegurar más inversiones en la región que se den de manera Cada vez
es más evidente que, para alcanzar los objetivos que se establecieron en el Acuerdo de París, será necesaria
una acción conjunta y determinante de todos los actores involucrados. Los gobiernos nacionales y locales,
el sector privado, los fondos multilaterales, la banca, la sociedad civil, etc. deberán coordinar en conjunto
y eficazmente las acciones que nos permitan mantener a nuestro planeta por debajo de un aumento de temperatura de 1.5°C.
Para lo anterior, se requiere que los países establezcan de manera clara los costos para alcanzar las metas
establecidas en sus contribuciones nacionales, así como la identificación de los recursos que actualmente
reciben y hacia donde se están destinando estos recursos, para verificar que efectivamente están alineados
con las prioridades establecidas a nivel nacional en materia de cambio climático.
Como se presentó en este artículo, es necesario contar con metodologías para contabilizar el financiamiento climático, en las que se establezca qué actividades van a ser consideradas como financiamientos
climáticos y cuáles no. Contar con información precisa sobre el financiamiento climático, es fundamental
para apoyar la toma de decisiones tanto a nivel internacional como nacional, de modo que los actores relevantes puedan reconocer dónde hay vacíos en la provisión de financiamiento y orientar efectivamente sus
esfuerzos para solventar esas deficiencias.
A pesar de las diferencias metodológicas que se traducen en cifras distintas, la información existente
muestra que la mayor parte de los recursos se destinan a acciones de mitigación, requiriendo mayores esfuerzos para dirigir recursos para reducir vulnerabilidad e incrementar resiliencia. En cuanto a mitigación,
hablando particularmente del sector energético de Latinoamérica, la inversión en energías renovables es una
clara medida que se deberá de tomar para evitar que la región aumente desmesuradamente sus emisiones.
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                    <text>Año. 3, No 6, Julio-Diciembre 2017. ISSN 2395-8448

�REVISTA POLÍTICA, GLOBALIDAD Y CIUDADANÍA
REVISTA CIENTÍFICA DE LA FACULTAD DE CIENCIAS POLÍTICAS Y
RELACIONES INTERNACIONALES
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REVISTA CIENTÍFICA

POLÍTICA,
GLOBALIDAD Y
CIUDADANÍA
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Se autoriza la reproducción total o parcial de los artículos citando la fuente y el autor o
los autores

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 6, Julio - Diciembre 2017,
Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México, pp. 1-86,
ISSN 2395-8448

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RECTOR
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SECRETARIO GENERAL
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SUBDIRECTORA DE INVESTIGACIÓN DE LA FACULTAD DE CIENCIAS POLÍTICAS Y
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COMITÉ CIENTÍFICO EDITORIAL
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Director Revista Políticas, Globalidad y Ciudadanía
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Universidad de Murcia, España Universidad de Santiago de Compostela, España
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EQUIPO EDITORIAL
Dr Benjamin Temkín Yedwab
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Dr Jorge Schiavon Uriegas
Centro de Investigación y Docencia Económicas (CIDE)
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Dr. Víctor López Villafañe
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Coordinador / Coordinator: Dr. Luis Alberto Paz Pérez
Email: revista.politicas@uanl.edu.mx
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Los derechos de copyright a la Revista Política, Globalidad y Ciudadanía. Se autoriza la
reproducción siempre y cuando se tilice las citas y referencias de cada autor.
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�Presentación
La Universidad Autónoma de Nuevo León es una institución dedicada a la formación integral en los
campos de las ciencias, las humanidades y la tecnología, la investigación científica y la promoción del
desarrollo cultural e ideológico de la sociedad, formando líderes y dirigentes con responsabilidad ética,
compromiso histórico y con el propósito de fortalecer la identidad regional, nacional y latinoamericana. La
revista digital Política, Ciudadanía y Globalidad, revista científica de esta institución, se articula a todas
las instancias de este proyecto.
Política, Ciudadanía y Globalidad circula semestralmente en presentación electrónica, y en el sistema
Open Access, desde enero de 2015. Busca convertirse en un medio insoslayable para la publicación de
artículos científicos, inéditos, y producto de una investigación en español e inglés, de autores nacionales
e internacionales los cuales ceden todos los derechos de publicación al editor, sometiéndose los artículos
a una evaluación de árbitros, bajo la modalidad doble ciego, a fin de liderar un espacio de promoción del
desarrollo científico, el aprendizaje y el desarrollo desde la región Noreste de México.
Más en específico, es un instrumento para la socialización del conocimiento de las comunidades académicas que engloba la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales de la Autónoma de
Nuevo León, y es un espacio para la reflexión y el debate crítico, propicio para la construcción de conocimiento que redunde en el desarrollo académico, organizacional y social, en el entorno local, nacional e
internacional.
Política, Ciudadanía y Globalidad está dirigido a investigadores, estudiantes de educación superior,
funcionarios públicos, empresarios, gremios, y a toda la sociedad de conocimiento. A través de esta revista
científica, se divulga la producción intelectual y la investigación para el desarrollo de la ciencia política,
incluyendo todas las sub-áreas propias de la misma. El equipo de colaboradores está comprometido con el
fortalecimiento de los criterios de calidad científica, editorial, visibilidad e impacto en la comunidad científica, como respuesta a los nuevos lineamientos del Modelo Redalyc.
Presentation
Our university, Universidad Autónoma de Nuevo León is an institution dedicated to promote integral
education in the fields of science, humanities and technology, scientific research and it fosters cultural and
ideological development of society. This institution is in charge of forming responsible and ethical leaders
who must have historical commitment and who must have the purpose of strengthening the regional, national and Latin American identity. The digital magazine Política, Ciudadanía y Globalidad, a scientific
journal of this institution, links directly to all the instances of this project.
Política, Ciudadanía y Globalidad, has circulated each semester on its electronic version in Open Access system, since January 2015. It is trying to become a relevant medium in terms of publishing scientific
articles derived from research studies done, etiher in Spanish or English, by national and international authors who give in the rights for the editor to publish them. These articles go through an evaluation process,
Double Blind Review, before they are selected to be published in order to achieve the goal of promoting
scientific development and learning in Northeastern Mexico.
It is also a tool for the socialization of the academic communities of The School of Political Science and
International Relations of our institution. Likewise, it is a space for reflection and critical debate in order
to construct knowledge that will end up enriching academic, organizational and social development in
local, national and international contexts. Política, Ciudadanía y Globalidad is aimed towards researchers,
students, public officials, businessmen, trade associations and the entire knowledge society. Intellectual
production and research done for politics development is disclosed in this scientific magazine. Contributor
crew is committed to the scientific, editorial, visibility and impact criteria enhancement, in response to the
new Redalyc Model guidelines.
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�Tabla de Contenido

Editorial...........................................................................................................................10
Inglés
De la reforma energética a los contratos de exploración y extracción de hidrocarburos ...................................................................................................................................16
From the energy reform to the exploration contracts and the hydrocarbon extraction
Gaspar Franco
Yolanda Villegas
Anayantzín Almanza
Gobernando el desarrollo sustentable: de la gobernanza global a la gobernanza multinivel....................................................................................................................................32
Governing the sustainable growth: from the global governance to the multilevel governance
Walid, Tijerina
Universidad Autónoma de Nuevo León
Impactos a la biodiversidad por parques eólicos en el noreste de México...................41
Biodiversity impacts from wind parks in the northeastern part of mexico
Franco Gerardo Robles Guerrero
Universidad Autónoma de Nuevo León, México
Las consideraciones metodológicas para la evaluación de políticas y programas de
energía en México............................................................................................................50
Methodological consideration for the politics evaluation and energy programs in Mexico
Abel Villarreal
Universidad Autónoma de la Ciudad de México

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�Cooperación internacional para el desarrollo de energías renovables: energía eólica y
solar en el mundo............................................................................................................62
International cooperation for the development of renewable energies: wind and solar
energy in the world
Alejandro, Castillo-Maldonado
Universidad Autónoma de Nuevo León
Politica Editorial.............................................................................................................73
Publiching Policy.............................................................................................................80

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�10
Editorial
Co-beneficios y retos para la transición energética
El objetivo número siete de Desarrollo Sostenible para la agenda 2030 de la ONU convoca a un plan de
acción para garantizar el acceso universal a servicios energéticos asequibles, fiables y modernos. Las metas
concretas para lograr dicho objetivo son (United Nations, 2015):
7.2 Aumentar considerablemente la proporción de energía renovable en el conjunto de fuentes energéticas
7.3 Duplicar la tasa mundial de mejora de la eficiencia energética
7.a Aumentar la cooperación internacional para facilitar el acceso a la investigación y la tecnología
relativas a la energía limpia, incluidas las fuentes renovables, la eficiencia energética y las tecnologías avanzadas y menos contaminantes de combustibles fósiles, y promover la inversión en infraestructura energética y tecnologías limpias
7.b Ampliar la infraestructura y mejorar la tecnología para prestar servicios energéticos modernos
y sostenibles para todos en los países en desarrollo, en particular los países menos adelantados, los
pequeños Estados insulares en desarrollo y los países en desarrollo sin litoral, en consonancia con
sus respectivos programas de apoyo
Los sistemas energéticos están en el corazón del ODS7 pero impactan el resto del resto de los Objetivos de Desarrollo Sustentable (ODS). Los sistemas energéticos abarcan todos los componentes humanos,
ambientales e industriales involucrados en la extracción, producción, conversión, distribución y uso final
de energía. Una perspectiva multidisciplinaria, global y sistémica es necesaria para entender la complejidad
de los flujos de provisión y uso de energía y facilitar intervenciones efectivas que impulsen cada una de las
metas de la transición energética.
México es un país con enorme potencial de recursos energéticos renovables. Una transición energética
que cumpla con los objetivos del ODS7 promete numerosos beneficios sociales, infraestructurales y ambientales para impulsar el capital humano y económico del país.
Energía y medioambiente
El reporte de la UNEP “Opciones para Energías Verdes” presenta un análisis de los beneficios de la transición hacia energía renovables para la salud humana, ecosistemas y la conservación de recursos primarios
(UNEP-IRP, 2017). El estudio concluye que cambiar hacia energías renovables implica una reducción drástica de contaminación por partículas en suspensión, toxicidad humana, polución del aire y contribución al
cambio climático. Así mismo, las energías renovables implican menor eutrofización marina y de agua dulce
y una reducción de emisiones tóxicas ambientales. El reporte también señala que proyectos hidroeléctricos
masivos pueden afectar la biodiversidad y cambiar ecosistemas de manera irreversible. Adicionalmente, se
mencionan los riesgos de las turbinas eólicas para las especies áreas. Aspectos que requieren de atención
especial en un país mega diverso como lo es México.
A pesar de que construir la infraestructura de generación renovable requiere grandes cantidades iniciales de acero y cobre, el estudio concluye que a largo plazo esta estrategia ahorraría recursos minerales. En
resumen, transformar los servicios energéticos hacia renovables presenta beneficios en todas las categorías
relevantes comparadas con un mix de hidrocarburos (Hertwich et al., 2014; UNEP-IRP, 2017). Esto significa que lograr el ODS7 facilita la lucha contra el cambio climático (ODS13), la salud pública (ODS3), la
conservación de vida terrestre y marina (ODS14-15) y conservar los recursos hidrológicos (ODS6).

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�11
Energía y calidad de vida
La provisión universal de servicios de energía modernos y asequibles contribuye a el nivel de vida y
bienestar humano. De esta manera, el ODS7 tiene un papel importante en los esfuerzos de erradicar pobreza
(ODS1). Cumplir la transformación energética elevará el nivel de vida por medido de facilitar la provisión
de servicios básicos tales como servicios a la salud, educación (ODS3–4) e infraestructuras de saneamiento
(OSD 7,9). El acceso a energía mejorará las condiciones de vivienda y de vecindarios (OSD1,11), facilitando la generación de empleos (OSD8) y mejorando los sistemas de provisión de bienes básicos (OSD2).
Igualmente, el acceso a energía está ligado a la equidad de género, al ecualizar las oportunidades de educación (Pachauri &amp; Rao, 2013) (ODS 5). El acceso a energía también impulsa la equidad de clases sociales nacional e internacional, al ecualizar el acceso a tecnologías e información (Fuso Nerini et al., 2017)
(ODS10). Estos son sólo algunos ejemplos de las múltiples sinergias entre el objetivo de lograr acceso universal a energía limpia y otros objetivos sociales que impactan la calidad de vida (Fuso Nerini et al., 2017).
Los retos de la transición energética requieren de mayor gobernabilidad de los sistemas de energía. Instituciones justas y transparentes, que operen bajo un estado de derecho, incluyendo la participación y consulta ciudadanía. Las instituciones líderes deben ser incorruptas y operar de manera transparente, auditable
y con información pública fidedigna. El reto es mayor en México, donde cuantiosas poblaciones rurales
dependen directamente de los recursos naturales y uso de suelo. Por ejemplo, proyectos hidroeléctricos de
gran escala que no consideren las necesidades y condiciones de las comunidades, resultarán en conflictos
sociales, políticos y dificultaran el sustento de dichas comunidades (Fuso Nerini et al., 2017). Proyectos
que impacten el uso de suelo para parques eólicos, solares o producción de biomasa para biocombustibles
pueden desencadenar conflictos similares al competir con tierras de cultivo o afectar el acceso de las comunidades a recursos naturales. Estos ejemplos señalan la importancia de la consulta y participación ciudadana, así como el papel fundamental de los recursos naturales para la calidad de vida de muchas comunidades
mexicanas. Prevenir dichos conflictos requiere a una política radicalmente distinta, que utilice mecanismos
de co-creación y co-desarrollo junto con las comunidades para garantizar éxito de los proyectos. De esta
manera quizás micro turbinas hidroeléctricas en lugar de mega-presas, pueden lograr el mismo objetivo
ODS7 sin los impactos sociales y ambientales, por ejemplo.
Energía e infraestrucura
Todas las infraestructuras físicas y sociales dependen de energía para su construcción, mantenimiento y
operación a lo largo de su vida útil. Energía confiable implica infraestructuras confiables para operar hospitales y clínicas, sistemas de tratamiento de agua, comercio y actividad industrial etc. En un sentido más
amplio, los diversos sistemas energéticos mueven ciudades y comunidades (ODS11) y hacen posible una
vida urbana de calidad y segura (Fuso Nerini et al., 2017).
Adicionalmente, nuevas infraestructuras serán requeridas para lograr el acceso universal a energía moderna. El reto es implementar una combinación adecuada de infraestructuras descentralizadas y centralizadas coordinadas bajo una red eléctrica inteligente que balancee la generación renovable e involucre a los
consumidores como activos para regular la red. Además, otro de los retos particulares para las llamadas
“soluciones inteligentes” del desarrollo sustentable es el obstáculo que los sectores energéticos tradicionales, sobre todo los dependientes de energías fósiles, presentan para el acceso de nuevas tecnologías, sectores
y actividades energéticas (definido en inglés como “institutional lock-in”) (ver Foxon, 2014). Para evitar
estos bloqueos institucionales, las políticas públicas de infraestructura e innovación deben comenzar a idear
incentivos para que los agentes económicos desarrollen actividades empresariales en sectores de energías
alternativas; por otro lado, se deben fortalecer en paralelo a órganos reguladores (como la Comisión Reguladora de Energía o la Comisión Federal de Competencia) para que sancionen prácticas monopólicas dentro
de los sectores energéticos.

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Gobernabilidad
Claramente, lograr el ODS7 no puede ser aislado del resto de los objetivos. Una transición energética
con visión sistémica dependerá de diálogos intersectoriales entre instituciones y ministerios, públicos y
privados. El reto es establecer una visión nacional que se traduzca a esfuerzos locales públicas y privados,
apoyados en colaboraciones globales. Para esto, se requieren nuevas formas de dialogo, de crear responsabilidad y empoderamiento colectivos a través de sectores sociales y establecer consensos que sean respetados más allá del mandato en turno. Para lograr esto, se requiere un formato radicalmente distinto de toma
de decisiones. Las decisiones deben integrar visiones y objetivos tanto verticales como horizontales y con
una visión de muy largo plazo (Fuso Nerini et al., 2017)
Para que las políticas puedan apoyarse en ciencia de calidad, la investigación debe ser interdisciplinaria.
Esto requiere colaboración entre disciplinas y diferentes actores sociales trabajando bajo una cultura abierta
de compartir información, datos y conocimiento. Una aproximación científica holística requiere de una
visión clara del papel que juegan diferentes disciplinas científicas y las preguntas relevantes que deben ser
esclarecidas desde múltiples perspectivas para facilitar políticas efectivas y robustas.
El objetivo para México requiere de madurez institucional y científica. Solo así podremos maximizar
las sinergias y minimizar los riesgos implicados en una transición energética que estimule el resto de los
objetivos de desarrollo.
REFERENCIAS
Foxon, T. J. (2014). Technological Lock-in and the Role of Innovation. En Atkinson, G., Dietz, S. y
Neumayer, E. (Eds.) Handbook of Sustainable Development. Northampton: Edward Elgar Publishing.
Fuso Nerini, F., Tomei, J., To, L. S., Bisaga, I., Parikh, P., Black, M., … Mulugetta, Y. (2017). Mapping
synergies and trade-offs between energy and the Sustainable Development Goals. Nature Energy,
3(January), 1–6. https://doi.org/10.1038/s41560-017-0036-5
Hertwich, E. G., Gibon, T., Bouman, E. ., Arvesen, A., Suh, S., Heath, G. a., … Shi, L. (2014). Integrated
life-cycle assessment of electricity-supply scenarios confirms global environmental benefit of lowcarbon technologies. Proceedings of the National Academy of Sciences, 112(20), 201312753. https://
doi.org/10.1073/pnas.1312753111
Pachauri, S., &amp; Rao, N. D. (2013). Gender impacts and determinants of energy poverty: Are we asking
the right questions? Current Opinion in Environmental Sustainability, 5(2), 205–215. https://doi.
org/10.1016/j.cosust.2013.04.006
UNEP-IRP. (2017). Green Energy Choices : The Benefits, Risks and Trade-Offs of Low-Carbon Technologies
for Electricity Production. United Nations Environment Programme,.
United Nations. (2015). Transforming Our World: the 2030 Agenda for Sustainable Development.
Department of Economic and Social Affairs, 1–29.

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Editorial
Aim number seven of Sustainable Development of United Nations’ agenda calls for an action plan to
ensure and guarantee global access affordable, reliable and modern energy services. The concrete goals in
order to achieve that objective are (United Nations, 2015):
7.2 To increase considerably the renewable energy proportion in the set of energetic sources
7.3 To duplicate world’s average of energetic efficiency improvement
7.a To increase international cooperation in order to ease the access to research and technology related to clean energy, including renewable sources, energetic efficiency, cutting-edge technologies,
less polluting fossil fuels and the promotion of investment in energetic infrastructure and clean
technologies.
7.b To expand infrastructure and to improve the technology in order to provide sustainable modern
energetic services for developing countries, particularly the least advanced countries, the small ones,
the ones that do not have coastlines, working according to its support programs.
Energetic systems are in the heart of SDG7 but they affect the rest of the Sustainable Development
Goals (SDG). Energetic systems involve all human components, from environmental to industrial ones
involved in the extraction, production, conversion, distribution and use of energy. A global, multidisciplinary and systematic perspective is needed to understand the complexity of provision flow and energy use
and likewise, it is needed to ease effective interventions that impulse each and every goal of the energetic
transition.
Mexico is a country that has a huge energetic renewable sources potential. An energetic transition that
fulfills the SDG goals promises numerous social, infrastructural and environmental benefits to impulse
human resource and the country’s economy.
Energy and Environment
In the UNEP report “Green Energy Options” presents an analysis of the transition benefits on its way
to human health, ecosystems, and primary resource conservation (UNEP-IPR, 2017). The report concludes
that changing our way to renewable energies implies a drastic reduction of pollution produced by suspended particles, human toxicity, and air pollution y climate change contribution. Likewise, renewable energies
imply less marine and freshwater eutrophication as well as a reduction of toxic environmental emissions.
The report also states that massive hydroelectric projects could affect biodiversity and could also change
ecosystems in an irreversible way. In addition, wind turbine risks for the bird species are mentioned. All the
aspects mentioned before are supposed to be taken seriously and they deserve to have special attention if
we consider that Mexico is as diverse as it is.
Even though building the infrastructure of renewable energy generation requires big amounts of steel
and copper, the report includes the fact that in long term this strategy would conserve mineral resources.
In summary, the attempt of transforming energetic services into renewable ones brings all kind of relevant benefits compared to a mix of fossil fuels or hydrocarbons (Hertwich et al., 2014; UNEP-IRP, 2017qq).
This means that achieving SDG7 eases the fight against climate change (SDG13), public health (SDG3)
earthly and sea life conservation (SDG14-15) and hydrologic resource conservation (SDG6).
Energy and quality of life
Global affordable, reliable and modern energy services supply contributes to life level and human wellbeing. Thus, the SDG7 has a crucial role in the efforts to eradicate poverty (SDG1). Fulfilling the energetic
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transformation will rise living standards by means of easing the supply of basic services such as healthcare
services, education (SDG-4) and sanitation infrastructure (SDG7.9). Energy access will improve living
conditions (SDG1.11) while it eases job creation (SDG8) as it improves basic services supply systems
(SDG2). Likewise, energy access is linked to gender equity, as it equalizes education opportunities (Pachauri &amp; Rao, 2013) (SDG5). Energy access also impulses equity in terms of social classes nationally and
internationally, as it equalizes the access to the use of technology and information (Fuso Nerini et al., 2017)
(SDG10). These are only some examples of the multiple synergies between the objectives of fulfilling
global energy sources access and other social objectives that impact life quality (Fuso Nerini et al., 2017).
Energetic transition challenges require a greater governability of energy systems, fair and transparent
institutions that work under a rule of law, including citizen participation and consultation.
Leading institutions should not be corrupt and they should work in a transparent, auditable way using
reliable public information. The challenge is even bigger in Mexico, where many rural populations depend
directly on natural resources. For example, hydro electrical big projects that do not consider the community
needs and conditions will end up in social and political conflicts and the will interfere with these communities’ development. (Fuso Nerini et al., 2017). Projects that impact land use for wind or solar parks, or
biomass production might either bring similar conflicts when competing with farmlands or might affect the
access to natural resources for the communities. These examples show the importance of citizen participation and consultation, as well as the crucial role of natural resources for many Mexican small communities
in terms of quality of life. In order to prevent those conflicts, a radically different policy is required, one
that uses co-creation and co-development mechanisms along with communities to guarantee the project
success. Thus, maybe hydro electrical micro turbines might fulfill the objective stated in SDG7 without
social and environmental impacts.
Energy and infrastructure
Every physical and social infrastructure depends on energy to be constructed, to be maintained throughout its useful life. Reliable energy implies reliable infrastructures to work on hospitals, water treatment
systems, trade and industrial activity. In a wider sense, diverse energetic systems make cities and communities move (SDG11) and the make urban life possible (Fuso Nerini et al., 2017).
In addition, new infrastructures will be required to fulfill global access to modern energy. The real
challenge is to implement an adequate combination of decentralized and centralized infrastructures, coordinated under a smart electrical web that balances the creation of renewable energy and that involve consumers as actives to regulate this web. Furthermore, another challenge for the so called “smart solutions”
of sustainable development is the obstacle that traditional energetic sectors might present for the access of
new technologies, sectors and energetic activities (defined in English as “institutional lock-in) (see Foxon,
2014). In order to avoid these institutional impasse, public infrastructure and innovation policies should
create incentives in order the economical agents develop entrepreneurial activities in alternative energy
sectors; on the other hand, controller institutions should be strengthen (for example Comisión Reguladora
de Energía o la Comisión Federal de Competencia) in order for them to punish monopolist practices among
energy sectors.
Governability
Clearly, fulfilling SDG7 cannot be isolated from the rest of the objectives. An energetic transition that
contains a systematic vision will depend on the sectorial dialogs among private and public institutions and
ministries. The real challenge is to establish a national vision that can be translated into public and private
local efforts, supported on global collaborations. In order for this to be possible, new forms of dialog are
required. It is also required to create a sense of responsibility and empowerment throughout social sectors
as well as it is needed to establish a consensus that is respected. In order to achieve this, a radically different
format of decision making is needed. Decisions must integrate visions and objectives in long term.
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In order for the policies to be supported, research must be interdisciplinary. This requires collaboration
among disciplines and different social actors, while they work in an information sharing culture. A scientific
holistic approximation requires a clear vision of the role that different scientific disciplines play, and the
relevant questions that should be clarified from multiple perspectives in order to ease effective policies.
Mexico’s objective requires institutional and scientific maturity. Only in that way we would be able to
maximize the synergies and to minimize the implicated risks in an energetic transition that stimulate the
rest of the development objectives.
References
Foxon, T. J. (2014). Technological Lock-in and the Role of Innovation. En Atkinson, G., Dietz, S. y
Neumayer, E. (Eds.) Handbook of Sustainable Development. Northampton: Edward Elgar Publishing.
Fuso Nerini, F., Tomei, J., To, L. S., Bisaga, I., Parikh, P., Black, M., … Mulugetta, Y. (2017). Mapping
synergies and trade-offs between energy and the Sustainable Development Goals. Nature Energy,
3(January), 1–6. https://doi.org/10.1038/s41560-017-0036-5
Hertwich, E. G., Gibon, T., Bouman, E. a., Arvesen, A., Suh, S., Heath, G. a., … Shi, L. (2014). Integrated
life-cycle assessment of electricity-supply scenarios confirms global environmental benefit of lowcarbon technologies. Proceedings of the National Academy of Sciences, 112(20), 201312753. https://
doi.org/10.1073/pnas.1312753111
Pachauri, S., &amp; Rao, N. D. (2013). Gender impacts and determinants of energy poverty: Are we asking
the right questions? Current Opinion in Environmental Sustainability, 5(2), 205–215. https://doi.
org/10.1016/j.cosust.2013.04.006
UNEP-IRP. (2017). Green Energy Choices : The Benefits, Risks and Trade-Offs of Low-Carbon
Technologies for Electricity Production. United Nations Environment Programme,.
United Nations. (2015). Transforming Our World: the 2030 Agenda for Sustainable Development.
Department of Economic and Social Affairs, 1–29.

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México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/8

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De la reforma energética a los contratos de exploración y extracción de hidrocarburos
From the energy reform to the exploration contracts and the hydrocarbon extraction
Gaspar Franco1
Yolanda Villegas2
Anayantzín Almanza3
RESUMEN
El presente capítulo abordará temas relacionados con los recursos y las reservas energéticas con las que cuenta el
país, algunas de las razones por las que fue considerada necesaria la reforma energética –enfatizando la situación en
producción e inversiones del sector hidrocarburos en el cual se encontraba nuestra nación–, aspectos principales que
involucra la reforma energética y los principales acontecimientos referentes a su implementación, hasta llegar a los
contratos que tiene ahora México en vigor.
Palabras clave: Reforma energética, contratos, hidrocarburos, política pública, Mexico
ABSTRACT
The present chapter will address issues related to the energy resources and reserves that the country has, some of the
reasons why the energy reform was considered to be – emphasizing the situation of production and investments from
the hydrocarbon sector at which our nation was -, main issues that involve the energy reform and the main highlights
referred to its implementation, to reach into the current contracts that Mexico has.
Key words: Energy reform, contracts, hydrocarbons, public policy, Mexico

Cómo referenciar este artículo:

Franco, G., Villegas, Y., &amp; Almanza, A. (2017). De la reforma energética a los contratos de exploración
y extracción de hidrocarburos. Políticas, Globalidad y Ciudadanía, 16-31. Recuperado de http://
revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/75

Recibido: 15 de Enero 2017 - Aceptado: 02 de Marzo 2017

1
Comisionado de la Comisión Nacional de Hidrocarburos electo por el Senado de la República. Master en
Habilidades Directivas por parte de la Universidad Autónoma del Carmen.
2
Doctora en Estudios Humanísticos con foco en Ciencia, Tecnología y Sociedad por el ITESM. .
3
Ingeniera Petrolera por la Universidad Nacional Autónoma de México.
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�De la reforma energética a los contratos...
1.

INTRODUCCIÓN

La reforma energética de 2013 (“Reforma Energética”) representó un cambio de rumbo en el desarrollo
de México. En este sentido, se estima que, al ser nuestro país un estado con bastos recursos y reservas de
hidrocarburos para realizar actividades de exploración y extracción, las entidades gubernamentales involucradas y la sociedad en su conjunto, deberán continuar avanzando ahora con la implementación y el
aprovechamiento de las oportunidades que ofrece la Reforma Energética.
En esta línea de pensamiento, en este capítulo se abordarán de manera general temas relacionados con
los recursos y las reservas con las que cuenta el país, algunas de las razones por las que fue necesaria la Reforma Energética –enfatizando la situación en producción e inversiones del sector hidrocarburos en el cual
se encontraba nuestra Nación–, aspectos principales que involucra la Reforma Energética y los principales
acontecimientos referentes a su implementación.
Los recursos petroleros
México se ha caracterizado por ser un territorio con una gran diversidad en recursos petroleros, ya que
cuenta con campos en zonas terrestres, campos en zonas marinas someras, profundas y ultra profundas,
áreas no convencionales en Chicontepec, recursos no convencionales en diferentes estados de la república,
campos de gas en la cuenca de Burgos, campos de aceite extrapesado y diversos campos maduros (Fuentes,
2011). Lo anterior se ejemplifica visualmente en la Figura 1 (Rangel, 2014) siguiente:
El presente capítulo abordará temas relacionados con los recursos y las reservas energéticas con las que
cuenta el país, algunas de las razones por las que fue considerada necesaria la reforma energética –enfatizando la situación en producción e inversiones del sector hidrocarburos en el cual se encontraba nuestra nación–, aspectos principales que involucra la reforma energética y los principales acontecimientos referentes
a su implementación, hasta llegar a los contratos que tiene ahora México en vigor.
Figura 1. Recursos en México

Los recursos y reservas con las que cuenta México se encuentran ubicados en ocho cuencas petroleras denominadas: Tampico-Misantla, Burgos, Veracruz, Sabinas, Aguas Profundas, Plataforma de Yucatán,
Cinturón Plegado de Chiapas; de las cuales, en seis de ellas se han extraído más de 58 mil millones de barriles de petróleo crudo equivalente. De hecho, al 1 de enero de 2017 se tienen cuantificados y certificados más
25 mil millones de barriles de petróleo crudo equivalente en reservas 3P. Adicionalmente, en esas cuencas
se estima que cuentan con más de 112 mil millones de barriles de petróleo crudo equivalente en cuanto a
recursos prospectivos (Comisión Nacional de Hidrocarburos, 2017). A continuación, se muestra la Tabla 1,
generada con información publicada en la página web de la Comisión Nacional de Hidrocarburos (“CNH”).

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Tabla 1. Reservas y Recursos de México (miles de millones de barriles de petróleo equivalente).
Reservas
Recursos Prospectivo
Prod.
Cuenca
1P
2P
3P
Conv.
No. Conv.
Acumulada
-90%|
-50%
-10%
Sureste
49.3
7.74
12.46
17.6
14.5
Tampico-Misantla
6.3
1.02
3.65
6.49
2.3
34.7
Burgos

2.3

0.19

0.33

0.41

3.2

10.8

Veracruz

0.9

0.13

0.16

0.17

1.4

0.8

Sabinas
Aguas Profundas

0.1
0

0
0.06

0.01
0.16

0.01
1.17

0.4
27.8

13.9

Plataforma de Yucatán

1.8

Cinturón Plegado de Chiapas

1.2

Total

58.9
9.16
16.77
25.86
52.6
Fuente: (Comisión Nacional de Hidrocarburos, 2017)

60.2

Asimismo, es importante mencionar que el país cuenta con más de 700 campos que se componen de
más de 1,300 yacimientos, los cuáles son clasificados dependiendo sus grados API, escala de gravedad específica que desarrolló el Instituto Estadounidense del Petróleo (American Petroleum Institute) para medir
la densidad relativa de diversos líquidos de petróleo expresada en grados (Schlumberger Limited, 2017).
Conforme al Acuerdo publicado por la Secretaría de Hacienda y Crédito Públicoen su capítulo I, clasifica al petróleo tomando en cuento los grados API (Secretaría de Hacienda y Crédito Público de México,
2015), como se muestra en la Tabla 2:
Tabla 2. Yacimientos de aceite clasificados por sus grados API conforme al Acuerdo emitido por la
SHCP
Clasificación grados API
Núm. de yacimientos
Super ligero
39.0&lt;API
146
Ligero
Mediano
Pesado
Extra pesado

31.1&lt;API≤39.0
22.3&lt;API≤31.1
10.0&lt;API≤22.3

224
181
163

API≤10.0

20

Fuente: Elaboración propia
Es decir, derivado de esta clasificación, los 734 yacimientos de aceite se dividen en súper ligero, ligero,
mediano, pesado y extra pesado. Por otro lado, de conformidad con la clasificación de la Administración de
Información Energética (“EIA” por su nombre en inglés -Energy Information Administration-), esos yacimientos de aceite se pueden clasificar en ligeros, intermedios y pesados, tal y como se muestra en la Tabla 3:

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�De la reforma energética a los contratos...
Tabla 3. Yacimientos de aceite clasificados por sus grados API acorde a la EIA
Clasificación grados API
Ligero
Intermedios
Pesado

Núm. de yacimientos
38.0 &lt; API

168

38.0≤API&lt;22.0
API≤22.0

383
183

Fuente: Elaboración propia con datos de la EIA
Como se puede observar, el país cuenta con esta gran variedad de recursos, ofreciendo un gran reto y
oportunidad para todo el sector de Exploración y Extracción de Hidrocarburos, y representa un territorio
donde se pueden poner a prueba las diversas tecnologías para la diversidad de recursos petroleros. Además,
de acuerdo con el BP Outlook 2017, se pronostica que en el año 2035, el petróleo, el gas y el carbón, seguirán siendo las fuentes dominantes de energía que alimenten el mundo, representando más de tres cuartas
partes de los suministros totales de energía en 2035 (BP, 2017). Lo anterior se muestra en la Figura 2:
Figura 2. Energía dominante hasta 2035

Fuente: BP Energy Outlook (2017)
Esto general que en nuestro país se sigan realizando actividades para contar con el suministro de energía
derivado de la producción de aceite y gas.
Diagnóstico del sector petrolero en México
En el año 2013, se observó que la producción del país había sufrido una disminución en la producción
del petróleo de aproximadamente 900 mil barriles diarios, a pesar de la realización de mayores inversiones.
Esta situación puede considerarse natural en la actividad petrolera debido a que cada vez más frecuentemente, los operadores se enfrentan a mayores retos en acumulaciones de hidrocarburos de mayor complejidad y más alejadas a lo que se realizó en el pasado (PEMEX, 2014). En este tenor, la Figura 3 contiene el
diagnóstico de producción petrolera y las inversiones correspondientes:

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Figura 3. Diagnóstico de producción de petróleo e inversiones en exploración y producción

Fuente: Gobierno de la República (2013)
Respecto a la producción y consumo de gas, se ha observado que, en el 2013, se estaban importando
alrededor de 34% para satisfacer el consumo nacional, lo que generó en el país una mayor dependencia
por el gas, haciéndolo vulnerable en el tema de seguridad energética, conforme se muestra en la Figura 4:
Figura 4. Diagnóstico de Producción y consumo de gas.

Fuente: Gobierno de la República (2013)

Actualmente, la producción de aceite está por debajo de los dos millones de barriles por día y la importación de gas rebasa el 70%. Por lo que, con la incursión de más de 70 empresas petroleras en el sector de
Exploración y Extracción de hidrocarburos, se espera revertir tal declinación e incluso, llegar a niveles de
producción de más de 3 millones de barriles en la próxima década.
Reforma Energética
El 12 de agosto de 2013 fue presentada por el presidente de la República Enrique Peña Nieto, la iniciativa de Reforma Constitucional en Materia Energética. Dicha Reforma Energética fue aprobada en el Senado
de la República el día 11 de diciembre de 2013, y el 12 de diciembre del mismo año, fue aprobada por la
Cámara de Diputados, siendo el 18 de diciembre declarada constitucional por el Poder Legislativo Federal,
quedando promulgada por el Ejecutivo y publicada en el DOF el 20 de diciembre de 2013 (Presidencia de
la República de los Estados Unidos Mexicanos, 2013).
Dicho proceso de Reforma Constitucional en Materia Energética, resultó ser un parte aguas en la forma
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�De la reforma energética a los contratos...
en que el Estado venía ejerciendo sus funciones en materia de abasto, uso de recursos y en general, en la
manera en que se desarrollaba la política energética del país.
Atendiendo a una perspectiva legal, la Reforma Constitucional cobra vital importancia, al tratarse de
un cambio al texto de la norma suprema de nuestro sistema jurídico, mismo que requiere de formalidades
esenciales descritas en la propia Constitución, en su artículo 135.
Asimismo, resulta importante mencionar que desde una óptica técnico-económica y social, representa
el primer paso a la modernización del sector energético mexicano, en el que se permite la participación de
privados, sin privatizar las empresas públicas dedicadas a la Exploración y Extracción de Hidrocarburos,
lo cual permite mantener la rectoría de estas actividades al Estado. De esta manera, el marco jurídico que
derivó de la Reforma Energética tanto constitucional como de legislación secundaria, reglamentos y regulación, fue resultado directo de la necesidad de crear un entorno jurídico confiable y certero que brindara
a los participantes del sector, seguridad en la toma de decisiones de inversión para el beneficio del país.
En la Reforma Energética se observó la modificación de tres artículos de la Constitución Política de los
Estados Unidos Mexicanos y la adición de 21 artículos transitorios, con lo cual dio inicio a una nueva etapa
para el país, puesto que con ello se estaba abriendo el sector energético a la inversión privada sin privatizar
a la empresa que por más de 70 años se hizo cargo de la industria petrolera.
Es así, como se da un paso decisivo, marcando el rumbo del sector energético en México y, en específico, en el sector de Exploración y Extracción de Hidrocarburos. El artículo 25 constitucional, refiere a que
el Gobierno seguirá siendo responsable de las áreas estratégicas, en las cuales se incluyen la Exploración y
Extracción del petróleo y los demás hidrocarburos, así como de los organismos y empresas productivas del
Estado. También menciona que la equidad social, productividad y sustentabilidad, aparecen como criterios
para apoyar e impulsar a los sectores social y privado, cuidando siempre el medio ambiente.
En el artículo 27 de la Constitución, se aborda que, tratándose del petróleo y de los hidrocarburos
sólidos, líquidos o gaseosos en el subsuelo, esto permanecerán siendo propiedad de la Nación, por lo que
deberá expresarse así en las Asignaciones y los Contratos, los cuales serán la forma en la que se podrán
realizar actividades de Exploración y Extracción del petróleo y demás hidrocarburos, con el fin de obtener
ingresos para el Estado que contribuyan al desarrollo de largo plazo.
Además, deja claro que las Asignaciones serán con empresas productivas del Estado y los Contratos
serán con las empresas productivas del Estado o con Particulares. En el artículo 28 constitucional se establece que el Poder Ejecutivo contará con la CNH y la Comisión Reguladora de Energía (“CRE”) como
Órganos Reguladores Coordinados en Materia Energética. Además, se menciona que el Estado contará con
un fideicomiso público denominado Fondo Mexicano del Petróleo para la Estabilización y el Desarrollo,
cuya institución fiduciaria será el banco central, teniendo como objeto principal el recibir, administrar y
distribuir los ingresos derivados de las Asignaciones y Contratos4.
El 11 de agosto de 2014, fueron publicadas en el DOF 21 Leyes Secundarias (Secretaría de Gobernación, 2014), de las cuáles 9 leyes nuevas se expidieron y 12 leyes existentes se reformaron, tal y como se
muestra en la Tabla 4:

4
Lo antes mencionado está contenido en el Decreto por el que se reforman y adicionan diversas disposiciones
de la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos, en Materia de Energía publicada en el DOF en fecha 20
de diciembre de 2013: http://dof.gob.mx/nota_detalle.php?codigo=5327463&amp;fecha=20/12/2013
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Tabla 4. Leyes Secundarias.
Leyes nuevas
Ley de Órganos Reguladores Coordinados en Materia Energética
Ley de Hidrocarburos
Ley de Ingresos sobre Hidrocarburos
Ley de la Agencia Nacional de Seguridad Industrial y de Protección al Medio Ambiente del Sector
Hidrocarburos
Ley del Fondo Mexicano del Petróleo para la Estabilización y el Desarrollo
Ley de la Comisión Federal de Electricidad
Ley de la Industria Eléctrica
Ley de Energía Geotérmica

Leyes reformadas
Ley de Inversión Extranjera
Ley Minera
Ley de Asociaciones Público-Privadas
Ley Federal de los Derechos

Ley Orgánica de la Administración Pública Federal
Ley Federal de las Entidades Paraestatales
Ley de Coordinación Fiscal
Ley de Aguas Nacionales

Ley General de Deuda Pública
Ley Federal de Presupuesto y Responsabilidad
Hacendaria
Ley de Adquisición, Arrendamiento y Servicios
del Sector Público
Ley de Obras Públicas y Servicios relacionado con
las mismas
Fuente: Senado de la República (2013)
A manera de resumen, se tiene que como resultado de las adecuaciones al marco jurídico fueron emitidas de 9 Leyes Secundarias nuevas y 6 reglamentos a dichas leyes; y se reformaron, adicionaron y derogaron diversas disposiciones de 12 Leyes existentes, además de emitirse 2 reglamentos con el objeto de modernizar y hacer viable la ejecución de las atribuciones y facultades de los órganos reguladores coordinados,
previstas en el nuevo marco normativo del sector energético, situación que es toral para el desarrollo óptimo
del mercado de hidrocarburos y de otras energías en México.
Ronda Cero
El 13 de agosto de 2014, se llevó a cabo el que pudiera ser el primer acto de implementación de la Reforma Energética en materia de hidrocarburos, la denominada “Ronda Cero” que dio cumplimiento al Sexto
Transitorio del Decreto de Reforma (Secretaría de Energía, 2015). La Secretaría de Energía (“SENER”)
con la asistencia técnica de la CNH, determinó asignarle a Petróleos Mexicanos (“Pemex”) un portafolio
diversificado mediante la modalidad de Asignaciones, es decir, el 100% de lo que solicitó en reservas 2P
y el 68% de lo que solicitó en recursos prospectivos (Secretaría de Energía, 2015; Comisión Nacional de
Hidrocarburos, 2017).
El 21 de marzo de 2014, Pemex sometió a consideración de la SENER la adjudicación de las áreas en
exploración y campos en producción con las que contaba la capacidad de operar a través de la figura de
Asignaciones; para ello, debió acreditar que contaba con las capacidades técnicas, financieras y de ejecución necesarias para explorar y extraer los hidrocarburos de forma eficiente y competitiva. En la Figura
5 que se muestra a continuación, se observa que de las reservas 2P nacionales, lo solicitado y otorgado a
Pemex al 1 de enero de 2014, representó el 83% que corresponde a 20.6 mil millones de barriles de petróleo crudo equivalente; por su parte, lo asignado a Pemex en recursos prospectivos representó el 31% de la
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cifra nacional que corresponde a 34.8 mil millones de barriles de petróleo crudo equivalente. Lo restante,
pasaría a formar parte del Estado; es decir, al 1 de enero de 2014, 4.2 mil millones de barriles de petróleo
crudo equivalente de Reservas 2P y 77.4 mil millones de barriles de petróleo (Secretaría de Energía, 2015).
Figura 5. Porcentaje otorgado a Pemex derivado de la Ronda Cero

Fuente: Secretaría de Energía (2015)
Así, Pemex estaba dando el primer paso para su fortalecimiento como empresa productiva del Estado al
contar con 489 Asignaciones, de las cuales, a 108 Asignaciones se les realizarían actividades de Exploración, a 286 Asignaciones se le realizarían actividades de Extracción y 95 Asignaciones que formaban parte
del Estado y eran campos en producción, se le asignaron a Pemex para que las Asignaciones continuarán
con dicha producción por un periodo de dos años o hasta que el Estado las licite como se muestra en la
Figura 6:
Figura 6. Asignaciones otorgadas a Pemex.

Fuente: Plan Quinquenal (Secretaría de Energía, 2017)
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Lo anterior se efectuó con la intención de que dicho primer paso de la implementación de la Reforma
Energética, también resultara similar a la experiencia de las Reformas de Brasil (1997) y Colombia (2009),
países donde el mecanismo de “Ronda Cero” fue eficaz para fortalecer a las empresas estatales, estimular
la participación de otras compañías que contribuirían a la producción de hidrocarburos y para incrementar
la renta petrolera del Estado (Secretaría de Energía, 2015).
Plan Quinquenal
Del resultado de la Ronda Cero, los campos y áreas petroleras que conservó el Estado servirían para seleccionar las 14 áreas de la primera convocatoria en aguas someras, adjudicándose 2 áreas; las 5 áreas de la
segunda convocatoria, adjudicándose 3 áreas; y las 25 áreas de la tercera convocatoria en campos terrestres,
adjudicándose 25 áreas. Todas las anteriores licitaciones formaron parte de la Ronda 1 a la que por primera
vez se enfrentaba el país con gran éxito debido a los altos estándares de transparencia con los que se regía
el proceso para llevar a cabo el acto de apertura y presentación de propuestas (Secretaría de Energía, 2015).
El 30 de junio de 2015, se presenció otro gran paso de la implementación de la Reforma Energética, la
SENER presentaba y publicaba del Plan Quinquenal 2015-2019 (Secretaría de Energía, 2015), el cual se
elaboró a partir de la propuesta de la CNH y de los resultados de las licitaciones anteriores. Este documento
sentaría las bases para la definición de las rondas de licitación a realizarse en los años venideros (Comisión
Nacional de Hidrocarburos, 2017).
A partir de esa fecha, se inició el proceso de evaluación y modificación a tal Plan Quinquenal, que
involucró la participación de los gobiernos locales y de la industria, el cual concluyó el 30 de septiembre
de 2015 (Secretaría de Energía, 2015). El 2 de marzo de 2017, se anunció la Evaluación 2016 y Nueva
Estrategia 2017 del Plan Quinquenal (Secretaría de Energía, 2017) como parte de su continua evaluación,
recomendando que:
• Se abrieran todas las áreas para la nominación;
• Las áreas para licitación se dividieran en cuatro categorías: Aguas Profundas, Aguas Someras, Terrestres no convencionales (Lutitas y Chicontepec), y Terrestres convencionales;
• Se programaran dos procesos licitatorios por año, en el primer semestre para áreas en aguas profundas y terrestres no convencionales y, en el segundo semestre, para áreas en aguas someras y
terrestres convencionales; y
• Se estandaricen los tamaños de las Áreas Contractuales de acuerdo con su categoría.
El 24 de enero de 2018, se presentó la actualización del Plan Quinquenal denominada Evaluación 2017
(Secretaría de Energía, 2018), la cual, en comparación con la versión demarzo de 2017, presentó un incremento en la superficie de las categorías de terrestres no convencionales y de aguas profundas, de 239 mil a
más de 262 mil kilómetros cuadrados, y en los recursos prospectivos, de 42 mil 681 a 43 mil 267 millones
de barriles de petróleo crudo equivalente.
Por último, se adiciona que se llevará a cabo por lo menos un proceso licitatorio por año por cada una
de las 4 categorías. Con el Plan Quinquenal se tiene la oportunidad de visualizar lo que el Estado pondrá
disponible en las próximas licitaciones y así los interesados podrán planear mejor sus estrategias de participación en el sector, al poder contar con información sobre el tipo de áreas y retos que se podrían tener en
el corto y mediano plazo.
Previo al Proceso Licitatorio
Como se señaló, el Plan Quinquenal es la base para la definición de las áreas que se van a licitar y, finalmente, para llevar a cabo su anuncio, por lo que se deben considerar dos procesos anteriores:
• La selección de áreas a licitar y definición del modelo de contrato; y
• La selección de áreas conforme al artículo 29 y 31 de la Ley de Hidrocarburos (Secretaría de
Gobernación, 2014).
En el primer proceso, la SENER selecciona las Áreas Contractuales conforme a los criterios que la
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�De la reforma energética a los contratos...
misma establezca, con la asistencia técnica de la CNH, como se muestra en la Figura 7:
Figura 7. Proceso selección de Áreas

Fuente: (Franco Hernández, 2017)
Básicamente, inicia con la solicitud de asistencia técnica que envía la SENER a la CNH en la cual
incluye los criterios a considerar para dicha selección y si existe nominación por parte de la industria. A
partir de la tercera licitación de la Ronda 1, se incluye lo que se señala en el Plan Quinquenal. Por su parte,
la CNH analiza dicha información mediante indicadores, los cuales variarán dependiendo de la ubicación
de las áreas, ya sean terrestres (convencionales o no convencionales) o marinas (aguas someras o aguas
profundas). Para el caso de áreas terrestres se evalúa el volumen original y remanente, la reserva remanente,
el valor presente neto (“VPN”), el factor de recuperación (“Fr”), entre otros. Sin embargo, para las áreas
en zonas marinas, algunos indicadores son la cobertura sísmica, si cuentan con pozos, si cuentan con áreas
contiguas a áreas adjudicadas o áreas que estén en licitación, etc (Secretaría de Energía, 2015).
Con ello, se permite jerarquizar las áreas, proponer la unión de ciertas áreas o la inclusión de nuevas
áreas en la propuesta de CNH que emite a la SENER con previa aprobación del Órgano de Gobierno. En
el segundo proceso previo, diversas Entidades Gubernamentales intervienen para la determinación del modelo de contratación para la licitación conforme al artículo 36 del Reglamento de la Ley de Hidrocarburos
(Secretaría de Gobernación, 2014):
Figura 8. Proceso determinación del modelo de contratación

Fuente: Franco (2017)
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La SENER envía a la SHCP y a la CNH la propuesta de modelo de Contrato. Dicho modelo de Contrato
corresponderá a los mencionados en el Cuarto Transitorio del Decreto de Reforma que son: de servicio,
de utilidad o producción compartida, o de licencia. Tanto la SHCP y la CNH emiten su opinión al respecto
en los plazos dictados por la ley aplicable. Así que la SENER determina el modelo, así como las condiciones técnicas del Contrato. Por su parte, la SHCP determinará las condiciones económicas relativas a
los términos fiscales y la Secretaría de Economía (“SE”) emitirá su opinión sobre el porcentaje mínimo de
Contenido Nacional.
La Comisión Federal de Competencia Económica emite su opinión sobre los criterios de precalificación
y el mecanismo de adjudicación que se apeguen a las mejores prácticas de la industria, así como a los principios generales en materia de libre concurrencia y competencia económica, dando paso a que la SENER
elaboré los documentos finales que son enviados a CNH.
Desde noviembre de 2014, como se muestra en la Figura 9, la CNH ha emitido 29 opiniones al modelo
de contratación y de éstas sólo en 6 ocasiones se ha diferido de la propuesta realizada por la SENER:
Figura 9. Estadística de las opiniones al modelo de contratación

Fuente: Franco (2017)
Proceso Licitatorio
Una licitación da inicio con la publicación de la convocatoria en el DOF con base en el artículo 23 de
la Ley de Hidrocarburos (Secretaría de Gobernación, 2014) y finaliza con la firma de los Contratos de las
áreas adjudicadas, como se muestra en la Figura 10:

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 6, Julio - Diciembre 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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�De la reforma energética a los contratos...
Figura 10. Proceso de una licitación

Fuente: Franco (2017)
En las Disposiciones administrativas en materia de licitaciones de contratos para la Exploración y Extracción de Hidrocarburos, se define a una licitación como el conjunto de actos, etapas, bases, información
y procedimientos para la adjudicación de Contratos para la Exploración y Extracción de Hidrocarburos. La
entrega de los documentos pertinentes a la licitación se realiza de manera presencial, a través de medios
electrónicos o por una combinación de ambas, salvaguardando la transparencia y seguridad del proceso.
En la Figura 11, se muestran las etapas del proceso licitatorio, las cuales varían dependiendo del tipo de
licitación; es decir, si las áreas de la licitación se ubican en Aguas Someras y Aguas Profundas, el proceso
cuenta con 7 etapas. Sin embargo, para las áreas que se ubiquen en zonas Terrestres, se adiciona la etapa
denominada “Visitas a Áreas Contractuales”, cuya finalidad es que los Interesados en la licitación conozcan
las Áreas Contractuales de la misma, proporcionándoles una mayor certeza de las áreas por las que quieren
invertir, ya que visualizan si cuentan con infraestructura, de qué tipo, y todo lo relacionado con las áreas
de interés:
Figura 11. Etapas del proceso licitatorio de acuerdo con su ubicación

Fuente: Franco (2017)
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 6, Julio - Diciembre 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 16-31. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/75

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Conviene señalar que una vez concluido el periodo para inscribirse en la Licitación correspondiente,
no se realiza modificación alguna a los requisitos de Precalificación, ya que únicamente existirán, en caso
de ser necesarias, aclaraciones o interpretaciones. Por su parte, la SHCP determina los valores que serán
aceptables respecto cada una de las dos variables que componen la Propuesta Económica, a más tardar en
la fecha que se publique la versión final de las Bases. Lo anterior, con base en el artículo 9 del Reglamento
de la Ley de Ingresos sobre Hidrocarburos.
Lo antes mencionado, también está contenido en diversas Bases de Licitación publicadas en el portal
digital (https://rondasmexico.gob.mx/). De las 13 licitaciones concluidas con 125 Áreas para la E&amp;E en:
Aguas Someras, Campos Terrestres y Aguas Profundas, México cuenta con 91 Áreas adjudicadas, de las
cuales 69 cuentan con un Contrato firmado, 3 se encuentran en proceso de firma y 19 se adjudicaron el pasado 31 de enero de 2018. En esta última licitación participaron 71 empresas, de las cuales 36 son internacionales y 35 son mexicanas. Además, se tiene una prospección de inversiones de más de 150 mil millones de
dólares y actualmente se tiene el compromiso de perforar 129 pozos en el corto plazo para ir comprobando
el potencial petrolero de las áreas adjudicadas (Secretaría de Gobernación, 2015).
Lo anterior, permitirá estar en posibilidades de continuar aprovechando las principales fuentes de energía que se demandarán en el futuro, en tanto se van desarrollando e incrementando el uso de diferentes
fuentes de energía, que en suma diversifiquen y complementen la matriz energética mundial y nacional.
Retos en el sector de Exploración y Extracción de Hidrocarburos
Hablar de una exitosa Reforma Energética, requiere del cumplimiento de grandes retos como los que ha
señalado el Comisionado Presidente de la CNH, Mtro. Juan Carlos Zepeda Molina (2017), entre ellos, la
generación de mayor ingreso nacional, la consolidación de la industria doméstica, las licencias sociales y la
seguridad o autosuficiencia energética.
En adición a dichas premisas, es importante que el Estado vigile que los Asignatarios y Contratistas
realicen las actividades de Exploración y Extracción de Hidrocarburos bajo las mejores prácticas para
la evaluación del potencial de Hidrocarburos, la incorporación de reservas, la delimitación del área, que
la tecnología a utilizar y el Plan de Desarrollo permitan maximizar el factor de recuperación, el aprovechamiento del Gas Natural y la medición de los Hidrocarburos; todo ello procurando que se realicen con
apego a los principios de transparencia, honradez, certeza, legalidad, objetividad, imparcialidad, eficacia y
eficiencia, y sobre todo, que se permita promover el desarrollo de las actividades de Exploración y Extracción de Hidrocarburos en beneficio del país de conformidad con lo establecido en el artículo 44 de la Ley
de Hidrocarburos (Secretaría de Gobernación, 2014) y el artículo 39 de la Ley de Órganos Reguladores
Coordinados en Materia Energética (Secretaría de Gobernación, 2014). Asimismo, otro reto fundamental
será la Administración de los Contratos y de las Asignaciones Petroleras, la cual permite dar seguimiento a
los mismos mediante el cumplimiento de cada etapa o fase que se compone.
En el 2008 Panadero (2008), prevé lo anterior publicando un artículo en el que describe el paquete de
reformas no aborda algunos problemas, como las medidas para mejorar la exploración, la exploración y
producción en aguas profundas y el mandato del director general corporativo y la cuales presentan como
tiene como objetivo mejorar la compañía petrolera nacional ‘Pemex’, mejorar el gobierno corporativo en
Pemex mediante la reestructuración y expansión de la junta directiva, y otorgar a Pemex una mayor flexibilidad para diseñar modelos contractuales para bienes y servicios. Por otra parte se identifican las reformas
de Noruega, Venezuela y Ecuador, su impacto social y empresarial (Hallmark, Jones, McCulley, &amp; Wood,
2010; Lander, 2005; Núñez, Sánchez, Sotelo, Miranda-Medina, &amp; Osorio, 2017).
Finalmente, el corolario de este artículo radica en el hecho de que, en la opinión de los suscritos, el éxito
de la Administración de Contratos Petroleros y de las Asignaciones Petroleras dependerá en gran medida
del compromiso de cada una de las diferentes Entidades Gubernamentales, de la sinergia que generen entre
ellas y sus contratistas, de la oportunidad de las decisiones que se vayan tomando en la ejecución de los
Contratos y Asignaciones, del espíritu de servicio de cada uno de los servidores públicos que genuinamente
buscan el beneficio para México, de informar de manera oportuna y transparente sobre el desempeño de los
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�De la reforma energética a los contratos...
contratos petroleros y, de forma indispensable, de la participación de la sociedad para demandar de manera
proactiva que sus instituciones realicen las atribuciones que por ley tienen encomendadas.
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Gobernando el desarrollo sustentable: de la gobernanza global a la gobernanza multinivel
Governing the sustainable growth: from the global governance to the multilevel governance
Walid, Tijerina1
Universidad Autónoma de Nuevo León
RESUMEN
El presente artículo aborda las aportaciones que la gobernanza del desarrollo sustentable ha dejado y su utilidad
como referente para planes del desarrollo de México. Se realiza un análisis documental sobre gobernanza global,
regional y nacional de las políticas emanadas sobro desarrollo sustentable. Se identifican las propuestas provenientes
de las naciones unidas, las de la comisión europea y la agenda nacional que se desarrolla en la actualidad que aborda
la temática en cuestión. Se pudo concluir que los retos que el desarrollo sustentable genera en las agendas de políticas
públicas se encuentran vigentes, en lo referente a la coordinación, continuidad e implementación efectiva.
Palabras clave: Desarrollo sustentable, gobernanza multinivel, Unión Europea, gobernanza global

ABSTRACT
The present article addresses the contributions that the sustainable growth governance has left and its utility as a
standard for Mexico development plans. A documental analysis is executed about global, regional and national governance of emitted policies about sustainable development. Proposals coming from the United Nations are identified such
as the ones of the European Commission, and the currently national agenda that address the current issue. It was possible to conclude that the challenges generated by the sustainable development in the public policy agendas are valid,
with regard to the coordination, continuity and effective implementation.
Key words: Sustainable growth, multilevel governance, European Commission, global governance

Cómo referenciar este artículo:
Tijerina, W. (2017). Gobernando el desarrollo sustentable: de la gobernanza global a la gobernanza
multinivel. Políticas, Globalidad y Ciudadanía, 32-40. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/
index.php/RPGyC/article/view/76

Recibido: 22 de Enero 2017 - Aceptado: 18 de Marzo 2017

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Walid Tijerina es Doctor en Ciencias Políticas por la Universidad de York, Inglaterra. Es profesor-investigador en la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales de la UANL.
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México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 32-40. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/76

�Gobernando el desarrollo sustentable
1. INTRODUCCIÓN
En las conformaciones del sistema internacional, los procesos de integración regional y de cooperación
han tomado particular protagonismo en definir la agenda del desarrollo. La implementación que estados
soberanos hacen eventualmente de esta agenda está influida en gran manera por ejercicios de prospectiva
política por parte de organismos como las Naciones Unidas, a nivel global, o como la Unión Europea, a
nivel regional. A final de cuentas, entre estos dos mecanismos (de cooperación y de integración, respectivamente) existe una retroalimentación constante en la que objetivos del desarrollo sustentable cada vez se
arraigan más en los tratados y directivas de esas agendas (Aponte, 2013).
A partir de los relativamente recientes Objetivos del Desarrollo Sostenible de las Naciones Unidas, se
ha enviado un mensaje muy claro a la comunidad internacional de que la sustentabilidad se ha posicionado
cada vez más como uno de los ejes rectores de nuestro desarrollo (Organización de las Naciones Unidas,
2015). Entre los objetivos de las Naciones Unidas y la implementación de países, no obstante, prevalece el
riesgo en las fallas y alcances. En esta línea de ideas, a nivel Naciones Unidas parece haberse definido ya
una agenda de “sustentabilidad fuerte”, donde los recursos naturales son considerados insumos esenciales
que no pueden ser substituidos por manufacturas o por el factor humano –es decir, donde el capital natural
de un país se mantiene separado del capital manufacturero (Van der Bergh, 2007, p. 66). Ello se proyecta,
en términos de las Naciones Unidas (2015), al recomendar “políticas y herramientas en torno a un gran impulso ambiental, con una alineación integrada y coherente de todas las políticas públicas –normativa, fiscal,
de financiamiento de la inversión, de planeación y de inversión pública, social y ambiental.” (Organización
de las Naciones Unidas, 2015).
Por otra parte, según reluce en compromisos internacionales y sus agendas nacionales de desarrollo,
los países aún esbozan proyectos de desarrollo más enfocados hacia una “sustentabilidad débil”, donde el
énfasis en el crecimiento económico continúa combinando los capitales natural y manufacturero, dando pie
posteriormente a consideraciones de resiliencia ambiental (Van den Bergh, 2007).
La prevalencia de esta discordancia entre los alcances de los Objetivos del Desarrollo Sostenible y las
agendas de política pública a nivel nacional genera, por tanto, interesantes retos a la llamada “gobernanza
multinivel” en la temática ambiental. Según la definición de Marks (1993) la gobernanza multinivel es un
“sistema de negociación continua entre gobiernos anidados en distintos niveles territoriales” junto con distintas redes de política pública que involucran a gobiernos supranacionales, nacionales, regionales y locales
(p. 392). En consecuencia, uno de los obstáculos tradicionales para los distintos niveles de gobierno en una
agenda de sustentabilidad como ésta es el grado de coordinación que lleguen a tener los distintos niveles
de gobierno.
A su vez, Hooghe &amp; Marks (2003) han resaltado como un organismo de integración tan ambicioso
y experimental como la Unión Europea se ha apoyado en mecanismos flexibles y descentralizadores de
gobierno a fin de adaptarse a las distintas necesidades y contextos que una política pública pudiera exigir
a nivel nacional y local. De acuerdo con estos autores, “el gobierno centralizado no está preparado para
acomodar intereses divergentes” (Hooghe &amp; Marks, 2003, p. 6). Y a la fecha, un modelo gubernamental
flexible como el de la Unión Europea pareciera ser el más apropiado para aterrizar las nuevas prerrogativas
del desarrollo sustentable.
Desde sus precedentes más antiguos (la Comunidad Europea del Carbón y del Acero signada en el Tratado de París de 1951), la Unión Europea se ha caracterizado por su capacidad de asumir los variados intereses nacionales en busca de consolidar un frente regional más sólido hacia el mundo exterior. Gradualmente,
los tratados firmados por los miembros de esta integración evolucionaron hasta el culminar en el Tratado
de Maastricht de 1993, donde por primera vez en la edad moderna se firma un mecanismo de integración
regional que incluía una moneda comunitaria (Cano, 2015; Poptcheva, 2014; Morilloc, 2006).
La política monetaria entonces fue uno de los primeros reflejos de la difusión de poderes y soberanía
que se estaba llevando a cabo de los tradicionales Estados-nación al entre supranacional en que se convirtió
la Unión Europea. En los albores de este siglo, sin embargo, el creciente impacto de la globalización ha
generado problemas sustantivos en materia de rendición de cuentas. Ahora, consecuentemente, el reto al
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que se enfrente la Unión Europea no se refiere solamente a cuestiones de funcionalidad o eficiencia, sino
también a cuestiones de proximidad y rendición de cuentas a nivel de suelo. Un reto que, a final de cuentas,
contiene lecciones importantes para el reto multinivel de políticas públicas que los nuevos Objetivos del
Desarrollo Sostenible y las nuevas prioridades de sustentabilidad representan para cualquier país signatario.
La gobernanza de la sustentabilidad y los Objetivos del Desarrollo Sostenible
Dos fenómenos son los que, en particular, han incrementado los retos del Estado contemporáneo: la
globalización y la democratización. En primera instancia, la globalización, agudizada a partir de 1990
con las tecnologías de la información, ha desdibujado las fronteras nacionales que hacían eco en el Estado
moderno desde que, en 1648, el Tratado de la Paz de Westfalia conjugó a las fronteras territoriales con la
soberanía de un gobierno. Esto ha dado pie a una creciente integración en aspectos no sólo políticos, sino
económicos, sociales y culturales también. Al mismo tiempo, en el ámbito democrático, la Tercera Ola de
la Democratización (Huntington, 1993)creó nuevas oportunidades para niveles gubernamentales que estaban tradicionalmente supeditados al gobierno nacional, tanto en gobiernos federales como unitarios. Uno
de los ejes impulsores para la democratización de los sistemas políticos desde finales del siglo pasado fue
precisamente la rendición de cuentas y la proximidad entre el agente formulador de políticas públicas (el
funcionario) y el agente receptor de ellas (el ciudadano).
Por estas mismas razones son por las cuales la gobernanza ha sido implementada gradualmente a nivel
global. En palabras de Rosenau (1995) la gobernanza global “fue concebida para incluir los sistemas de
gobierno de todos los niveles de la actividad humana” (p. 13) generando un impacto a nivel transnacional.
Son entonces aquellos fenómenos globales y transfronterizos a los que la comunidad internacional ha pretendido dar respuesta mediante métodos de gobernanza, donde actores de la sociedad civil y organismos no
gubernamentales se convierten en actores proactivos. Y éste ha sido el caso particularmente en la problemática del cambio climático, teniendo ejemplos como la Convención Marco de la Naciones Unidas para el
Cambio Climático firmada en 1992, pasando después al Protocolo de Kioto en 1997: en palabras de Mette
(Mette, 2004) estos ejemplos de “regímenes internacionales surgen porque los estados reconocen que la
globalización exige la cooperación internacional” (pp. 86-7).
Las señales hasta ahora apuntan a que la gobernanza global ha surgido para quedarse cuando se trata
de perseguir una agenda sustentable del desarrollo. En el siglo 21, los países se han visto afectados cada
vez más por los impactos adversos del cambio climático. En consecuencia, los evolventes compromisos
globales, ya sea mediante tratados internacionales u organismos internacionales, evidencian cómo el desarrollo sustentable se ha convertido en una de las agendas prioritarias de los gobiernos. Y es aquí donde
las Naciones Unidas se han esforzado por continuar marcando la pauta al redactar, en 2015, los Objetivos
del Desarrollo Sostenible como el esfuerzo de prospectiva política más reciente de la gobernanza global en
temática ambiental (Organización de las Naciones Unidas, 2015).
Ahora bien, en estos objetivos, es el número 7 el cual aborda en específico el reto principal que la presente obra ha abordado: la transición energética. Para las Naciones Unidas, existen tres prerrogativas a la
hora de contemplar los objetivos energéticos de las siguientes décadas. Primero, el acceso universal a los
servicios modernos de energía; segundo, mejorar el rendimiento o eficiencia de dichos servicios; y, tercero,
aumentar el uso de fuentes renovables, es decir, impulsar la transición energética de los Estados miembros
(Organización de las Naciones Unidas, 2015).
Para el caso de la transición energética de los países hacia energías renovables y limpias, el objetivo 7.a
establece que de aquí al año 2030 se debe:
(…) aumentar la cooperación internacional para facilitar el acceso a la investigación y la tecnología
relativas a la energía limpia, incluidas las fuentes renovables, la eficiencia energética y las tecnologías avanzadas y menos contaminantes de combustibles fósiles, y promover la inversión en infraestructura energética y tecnologías limpias (Organización de las Naciones Unidas, 2015).
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�Gobernando el desarrollo sustentable
Así entonces, lo citado anteriormente es el objetivo marco que los Estados miembros de las Naciones
Unidas deben seguir en torno a la transición energética. Paralelo a este esfuerzo de la gobernanza global por
aterrizar de manera más tangible el desarrollo sustentable a lo largo y ancho del mundo, tenemos otro esfuerzo de gobernanza, aunque a nivel regional. En el caso de la Unión Europea, que bien pudiera ejemplificar lecciones de aplicación de políticas públicas para otros países, su gobernanza se ha denominado “multinivel”, considerando inercias evolutivas que van más allá de movimientos descentralizadores o federalistas.
El caso de la Unión Europea: Visión 2020
En el año 2008, la crisis financiera tuvo resonancia con aquella Gran Depresión de 1929 para conformar
una de las mayores crisis económicas de la historia. La burbuja inmobiliaria, que creció con base créditos,
hipotecas y endeudamiento insostenible por parte del sector financiero de Estados Unidos, tuvo implicaciones globales. En Estados Unidos, América Latina, Asia y Europa se llegó a una recesión económica en que
se perdieron porcentajes su bstanciales de empleos. Ya el reto que cada nación tenía para 2009 era, por tanto, estructurar su recuperación económica. Sin embargo, los esfuerzos acelerados por reactivar la economía
de los distintos países representaron, a su vez, un auge en la emisión de contaminantes. De acuerdo con Peters et.al. (2012, p. 2), en el 2010 las emisiones de carbono por combustión de energías fósiles y producción
cementera aumentaron en un 5.9% a nivel global, borrando la reducción de 1.4% que se había tenido en el
2009. ¿Se estaba cristalizando un borrón y cuenta nueva de tratados y protocolos internacionales contra el
cambio climático a fin de dinamizar las economías de los países?
Ya para el año 2010, la Unión Europea reconoció que estos esfuerzos precipitados de recuperación estaban echando abajo cerca de medio siglo de cooperación internacional en pro del medio ambiente. ¿Cómo
entonces regresar a esa senda sustentable del progreso económico? Para fortuna de los países miembros de
la Unión Europea, el mecanismo gubernamental que hasta entonces los había integrado cada vez más sería,
a su vez, una de las herramientas idóneas para implementar de nueva cuenta las prioridades del desarrollo
sustentable en las distintas plataformas de gobierno: ya fuera a nivel supranacional (instituciones europeas),
a nivel nacional o a nivel local (mediante gobiernos municipales o provinciales) (Poptcheva, 2014).
El primer impulso, no obstante, surgió claramente de la Unión Europea mediante el acuerdo de uno de
sus pilares institucionales: la Comisión Europea. Dicha Comisión, que es una especie de gabinete gubernamental de la Unión, lanzó en 2010 la iniciativa “Europa 2020: una estrategia para un crecimiento inteligente, sostenible e integrador”. Las tres prioridades que en su conjunto conformaron esta estrategia fueron:
i. Crecimiento inteligente: desarrollo de una economía basada en el conocimiento y la innovación.
ii. Crecimiento sostenible: promoción de una economía que haga un uso más eficaz de los recursos,
que sea más verde y competitiva.
iii. Crecimiento integrador: fomento de una economía con alto nivel de empleo que tenga cohesión
social y territorial.
En el eje rector del crecimiento sostenible, las metas puntuales fueron que se redujeran las emisiones
de gas de efecto invernadero en un 20% en comparación con el año 1990, que se incrementaran hasta en
un 20% las fuentes de energía renovable y que se aumentara en un 20% la eficiencia energética. De igual
forma, con la finalidad de respaldar esta estrategia de Europa 2020 se formularon siete “iniciativas emblemáticas” con temáticas como la innovación, el impulso a la juventud, la digitalización de la economía, la
eficiencia energética, el combate a la pobreza, la política industrial y el fomento a empleos de mayor valor
agregado.
Como en los nuevos retos transfronterizos, el impulso al desarrollo sustentable a nivel regional ha
significado una continua curva de aprendizaje que se ajusta particularmente a las cualidades adaptativas
de la gobernanza multinivel. Al considerar esta interminable curva de aprendizaje en que las instituciones
europeas continúan redefiniendo sus funciones, autores como Jessop (2016) han caracterizado a la Unión
Europea como un “régimen político que funge como un laboratorio en tiempo-real para experimentos de
gobierno y gobernanza con implicaciones para el rediseño de comunidades políticas, política y políticas
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públicas” (p. 8), donde los errores son señales no para borrar alguna agenda (como en este caso el desarrollo
sustentable) del panorama europeo, sino para corregir el rumbo.
En el caso de la Unión Europea, la creciente integración supranacional de los países miembros implicó
en su inicio una migración de capacidades y funciones estatales hacia arriba –es decir, hacia las instituciones
pilares de la Unión Europea, como la propia Comisión. A finales del siglo pasado, no obstante, la dinámica
migratoria de funciones estatales se fue modificando. Debido a criterios funcionales (Tranholm-Mikkelsen,
1991), las atribuciones estatales que se habían cedido a instituciones supranacionales fueron regresando
gradualmente a gobiernos nacionales y subnacionales a fin de proveer mayores márgenes de eficiencia y
respuesta gubernamental.
Ahora bien, a partir de la estrategia supranacional de Europa 2020, el Parlamento Europeo en conjunto
con el Consejo Europeo lanzaron dos directivas claves como marcos legales para que los estados miembros siguieran profundizando en la consecución de los objetivos de reducción de emisiones de carbono y
aumento de eficiencia energética. Primero, la Directiva de Energías Renovables del año 2009 para impulsar
la transición hacia energías renovables mediante estipulaciones vinculantes para los estados miembros;
y, segundo, la Directiva de Eficiencia Energética del año 2012, con la cual se ha buscado cumplir con los
objetivos de eficiencia energética para el año 2020 al establecer estándares de desempeño y mecanismos
fiscales para incentivar políticas públicas y prácticas empresariales que contribuyan a dicha meta (Eurostat,
2016, p. 92).
Finalmente, y haciendo eco con los ejercicios de política pública desarrollados actualmente por países
como México, las instituciones pilares de la Unión Europea desglosaron las metas de transición energética
según los contextos y capacidades de sus estados miembros a fin de que cada uno de ellos pudiera desarrollar su propio Plan Nacional de Energías Renovables (Benavides, Santiago, &amp; Ortiz, 2015). Estos planes
nacionales se convirtieron en una obligación vinculante para cada estado miembro, a través de los cuales
reportan avances provisionales a la propia Comisión Europea, ya sea englobando las economías nacionales
o desglosador por sectores industriales (Eurostat, Op. Cit., p. 99).
A través de estos mecanismos de gobernanza es que las políticas públicas ambientales europeas se han
convertido en uno de los ejemplos más progresivos a nivel global (Jordan, 2012). Y la oficina estadística
de la Unión Europea, la Eurostat, es la encargada de brindar estos resultados a manera de seguimiento. En
reducción de gases de efecto invernadero, por ejemplo, se ha reducido del 90.3% de emisiones en el año
2008 a 77.1% en 2014, superando ya la meta de llegar a un 80% en comparación con los índices de 1990;
asimismo, de 2008 a 2014 se ha aumentado el uso de energías renovables de un 11% a un 16%, en camino
para llegar a la meta de 20% para el año 2020 (Eurostat, 2016, p. 9).
En palabras de la Eurostat (2016), “la transición hacia una economía baja en carbono no es sólo una
estrategia para prevenir un cambio catastrófico del clima. Las políticas climáticas y energéticas contribuyen al objetivo central de la Estrategia Europa 2020 de permitir un crecimiento sostenible” (p. 88). Aquí es
entonces donde podemos atisbar los comienzos de un reemplazo de iniciativas de sustentabilidad fuerte en
sustitución de aquellas con sustentabilidad débil (Van den Bergh, 2007). Es decir, al menos a nivel supranacional, ya sea por parte de las Naciones Unidas o por parte de la propia Unión Europea, se ha posicionado
cada vez más a las prerrogativas de los recursos naturales como eje rector de los planes de desarrollo.

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�Gobernando el desarrollo sustentable
Figura 1. Emisiones globales de carbono por combustión de energías fósiles (En millones de toneladas de CO2)

Fuente: Eurostat (2016, p. 96) con datos de la Agencia Internacional de Energía
Estos son algunos indicios de cómo los ejercicios de gobernanza y de prospectiva de políticas públicas
–es decir, de planeación estratégica a largo plazo–, han dado resultados positivos en la Unión Europea. En
palabras de Loorbach (2010), lo que ha estado facilitando la gobernanza multinivel es una administración
transicional (transitional management) del desarrollo sustentable en los países europeos, donde los procesos de formulación e implementación de políticas públicas en la materia son cada vez más difusos no sólo
entre actores de gobierno, sino entre actores no gubernamentales y de la sociedad civil.
¿Habrá lecciones de la Unión Europea que se puedan tomar para la transición gubernamental y energética de México? De inicio, pareciera ser que sí. A partir de los compromisos de México ante el reciente
Acuerdo de París, el gobierno federal y gobiernos estatales, como se verá en la siguiente sección, han sido
cada vez más enfáticos en posicionar el desarrollo sustentable como una agenda prevalente a corto, mediano y largo plazo.
El desarrollo sustentable en México: nuevos ejercicios de gobernanza
En diciembre de 2016, México firmó el llamado “Acuerdo de París”, el cual se formuló dentro de la
Convención Marco de las Naciones Unidas sobre el Cambio Climático. Dicho acuerdo representa un compromiso que pudiera dividirse en tres vertientes principales: mantener el aumento de la temperatura por
debajo de 2º C, incrementar la capacidad de adaptación a los efectos adversos del cambio climático y, por
último, facilitar el financiamiento de una transición hacia modelos económicos con bajas emisiones de carbono. Incluso, en ámbitos internacionales, se llegó a resaltar que México fue de los pocos países en llegar
a la Conferencia COP21 de París con un compromiso ya redactado para mitigar el cambio climático (IEA,
2016, p. 11). Pero, ¿qué pasos ha dado México para implementar esos compromisos desde dicha fecha?
Para darle frente a nuevos retos nacionales y transnacionales, el gobierno federal ha desplegado ya
mecanismos de gobernanza tendientes a afrontar las complejidades particulares de la coordinación entre
distintos niveles de gobierno y distintos sectores de lasociedad –destacando en este último caso a los sectores público, privado y académico. Bajo este orden de ideas, México implementó recientemente el Sistema
Nacional de Derechos Humanos y Empresas como un ejercicio de gobernanza multinivel donde se buscaba
recabar las inquietudes y aportaciones de los principales actores relacionados a la materia, ya fueran públicos o privados.
Con ello, México se ha esforzado en dar respuesta a los Principios Rectores de las Naciones Unidas
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sobre derechos humanos y empresas (Cantú, 2017), temática en donde, a su vez, se inserta el desarrollo
sustentable y la protección de los derechos económicos, sociales y culturales relacionados con el mismo.
En este ejercicio a nivel nacional, se han realizado consultas públicas con otros niveles y dependencias de
gobierno, con agentes empresariales y sindicales y con representantes de la comunidad académica para dar
cabida a una gobernanza donde la propia ciudadanía forme parte en aportar
De igual forma, para dar respuesta a los compromisos adquiridos en el combate al cambio climático
liderado por las propias Naciones Unidas, México desplegó una plataforma gubernamental parecida. En
evidente asimilación de los variados retos que el compromiso sobre el cambio climático representaba, el
gobierno federal se dio a la tarea de concebir un Sistema Nacional de Cambio Climático para “promover
la aplicación transversal de la política nacional de cambio climático en el corto, mediano y largo plazos
entre las autoridades de los tres órdenes de gobierno” (SNCC, 2014, I. a). El objetivo de este Sistema es
proveer una plataforma conjunta para que todos los actores relevantes en la materia puedan crear sinergias
de trabajo.
El Sistema, en consecuencia, está conformado por la Comisión Intersecretarial del Cambio Climática
(consistente en 14 secretarías del gobierno federal), el Instituto de Estadística y Geografía (INEGI), el
Consejo de Cambio Climático (como órgano de consulta), el Instituto Nacional de Ecología y Cambio
Climático, el Congreso de la Unión, junto con las entidades federativas y municipios. El reto, claramente,
está en coordinar los distintos niveles gubernamentales en consecución de los objetivos trazados por el
Acuerdo de París.
A su vez, cabe resaltar que México, junto con el Reino Unido, fue de los primeros en contar con una ley
nacional –en este caso, la Ley General de Cambio Climático— que abordara las estrategias e instituciones
encargadas de mitigar los efectos adversos del cambio climático (SEMARNAT, 2015, p. 48). Para respaldar
dicha Ley, se publicó por parte del gobierno federal la Estrategia Nacional de Cambio Climático, Visión
10-20-40 como “eje rector y orientador de la política nacional” con el reto de reducir a nivel nacional las
emisiones de carbono en un 30% para el 2020 y 50% en 2050, con relación a los niveles del año 2000 (SEMARNAT, 2015. p. 48).
A la fecha, sin embargo, el gran reto a nivel nacional parece ser no sólo la coordinación de los distintos niveles de gobierno involucrados en las estrategias del cambio climático, sino también el seguimiento
puntual de los avances y compromisos adquiridos por México tanto a nivel global (con el Acuerdo de
París) como a nivel nacional (con la Estrategia Nacional de Cambio Climático). En el primer apartado, las
lecciones y continua curva de aprendizaje gubernamental de la experiencia de la Unión Europea pudieran
servir como punto de partida para optimizar la coordinación en México entre niveles gubernamentales y
entre sectores público y privado. Tras una lectura de los componentes del Sistema Nacional de Cambio Climático, se detectan mecanismos como “consultas sociales” que pudieran consolidarse aún más para fungir
como un puente o vínculo más estrecho con actores de la sociedad civil, laboratorios de ideas (think tanks)
y organizaciones no gubernamentales líderes en la materia.
Es aquí donde resalta el experimento gubernamental llevado a cabo por Nuevo León que bien pudiera
trasladarse a nivel federal, principalmente para abatir el problema de la falta de continuidad de políticas
públicas como las del desarrollo sustentable a largo plazo. Esta entidad se ha convertido en pionera al
aterriza los objetivos 2030 de las Naciones Unidas mediante plataformas de gobernanza respaldadas en el
modelo de “triple hélice”, con participación constante del gobierno, sector privado y academia (Consejo
Nuevo León, 2015). A nivel nacional, se instaló en el 2017 el Consejo Nacional de la Agenda 2030 para el
Desarrollo Sostenible, con un modelo similar al del estado de Nuevo León; sin embargo, ha carecido de los
mecanismos de seguimiento y evaluación que, hasta la fecha, sí se han cristalizado en la entidad del noreste.
Para el logro de esta agenda se hace necesario que se incluyan procesos de análisis de cambio climático,
la economía circular, la inclusión (Núñez, Sánchez, Sotelo, Miranda-Medina, &amp; Osorio, 2017; Alandete &amp;
Miranda-Medina, 2012), energías renovables,emisiones de co2, desarrollo sustentable, servicios ecosistémicos, gobernanza, la biomasa, la evaluación del ciclo de la vida y la educación para la paz.

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�Gobernando el desarrollo sustentable
CONCLUSIONES
Los retos que el desarrollo sustentable genera en las agendas de políticas públicas siguen presentes,
principalmente al considerar temas de coordinación, continuidad e implementación efectiva. No obstante,
las nuevas prácticas de gobernanza a nivel global y regional están marcando una senda del desarrollo con
mayores posibilidades de éxito. Es aquí donde se debe valorar la experiencia de mecanismos gubernamentales multinivel de un organismo como el de la Unión Europea, donde el énfasis está en la capacidad de
coordinar agendas a largo plazo entre actores de distintos niveles gubernamentales y de distintos sectores
–como el público, el privado y el académico.
En México, el Sistema Nacional de Cambio Climático involucra a todas las dependencias gubernamentales relevantes a nivel nacional y subnacional; sin embargo, tiene amplias áreas de oportunidad en cuanto
al involucramiento del sector privado y al seguimiento puntual, mediante informes y resultados, de los
progresos de la mencionada Estrategia Nacional de Cambio Climático. A la fecha, es el ejercicio de “triple
hélice” del Consejo Nuevo León el que ha demostrado mayores alcances al momento de coordinar una
agenda sustentable a largo plazo con mecanismos evaluativos de acompañamiento.
En especial, lo que ejercicios coordinados de “triple hélice” pudieran aportar en la agenda del desarrollo
sustentable es abatir uno de los problemas principales del desarrollo de un país como México: la falta de
continuidad en sus políticas públicas. Como han repasado distintos autores (ver Migdal, 2001), la ausencia
de una meritocracia en México y las constantes alternancias de personal gubernamental en cada cambio
de administración presidencial o de gobiernos subnacionales dificultan la implementación de ejercicios de
prospectiva política. Una agenda compartida entre sectores públicos, privados y académicos, por tanto, se
debe comenzar a impulsar cada vez como primer paso para remediar la discontinuidad de planes de desarrollo.
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Impactos a la biodiversidad por parques eólicos en el noreste de México
Biodiversity impacts from wind parks in the northeastern part of Mexico
Franco Gerardo Robles Guerrero2
Universidad Autónoma de Nuevo León.,México
RESUMEN
El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo consistió en analizar cómo el noreste de
México desde la reforma energética de 2013 ha tenido un aumento de producción de energías renovables, destacándose
la energía eólica, esto debido a condiciones orográficas que generan condiciones climáticas favorables. Se aplicó el
método de análisis, con un enfoque cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico transversal. Tras la revisión documental se encontró que, Si bien la producción eólica mitiga la dependencia de combustibles
de origen fósil, pormenoriza el hecho por el cual la instalación y operación de parques eólicos desencadena impactos
a la biodiversidad, en especial a especies con capacidad voladora (aves, murciélagos y mariposas), entre los que se
destacan; colisiones con aerogeneradores, disturbio ambiental, así como modificación de hábitat. Se concluye que es
evidente el crecimiento de la industria eólica que mantiene y mantendrá el noreste del país.
Palabras clave: Biodiversidad, Impacto, Noreste de México, Parques Eólicos, Reforma energética.
ABSTRACT
The present article is a product of a bibliographical revision, which aim consisted of analyzing how the northeastern
part of Mexico, from the energy reform of 2013, has had an increase of renewable energy production, becoming prominent the wind energy, this due to orographic conditions that generate friendly weather conditions. The analysis method
was applied, with a quality approach, non-experimental design, under a cross documental-bibliographical level. Following the documental review, it was found that, although the wind power relieves the fossil fuel dependence, itemizes
the fact whereby the installation and the operation of wind parks causes impacts to the biodiversity, specially to flying
capacity species (birds, bats, and butterflies), in particular; collisions with wind turbines, environmental disturbance,
as well as habitat changes. It is concluded that it is clear the growth of the wind industry that sustains and will sustain
the northeastern part of the country.
Key words: Biodiversity, impact, Northeastern part of Mexico, Wind Parks, Energy reform.

Cómo referenciar este artículo:
Robles Guerrero, F. G. (2017). Impactos a la biodiversidad por parques eólicos en el noreste de México.
Política, Globalidad y Ciudadanía, 41-49. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/
RPGyC/article/view/78
Recibido: 29 de Enero 2017 - Aceptado: 23 de Marzo 201

2
Biólogo egresado de la Facultad de Ciencias Biológicas de la Universidad Autónoma de Nuevo León. Durante su desarrollo profesional (2008 a la fecha) ha tenido la oportunidad de participar en múltiples proyectos con
regulación tanto federal, como estatal de la LGEEPA (Ley General de Equilibrio Ecológico y Protección al Ambiente), colaborando con instituciones tanto públicas como privadas. Su trabajo actual consiste en evaluación de Impacto
Ambiental de proyectos de generación energías renovables, derivados de la implementación de la Reforma Energética
(2013).
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México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 41-49. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/78

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1.- INTRODUCCIÓN

El noreste de México, comprendido por los estados de Tamaulipas, Nuevo León y Coahuila, se encuentra subdividido en un total de 12 sub-provincias fisiográficas –delimitación del territorio nacional por
presentar características similares de orografía, diversidad taxonómica, así como afinidad estructural en
cuanto al ambiente circundante, (CONABIO, 1990)— entre las que podemos destacar; por su extensión
territorial, las denominadas “Sierras y Llanuras Coahuilenses”, “Llanuras de Coahuila y Nuevo León”,
“Llanura Costera Tamaulipeca”, las cuales albergan una abundante biodiversidad, llegándose a reportar
especies tanto residentes como migratorias, dando como resultado una zona de suma importancia en cuanto
a riqueza de especies se refiere.
Desde la implementación de la reforma energética aprobada en el 2013 en nuestro país, la cantidad de
parques eólicos ha tenido un alza importante en varios estados de la república, si bien el estado de Oaxaca
es el que cuenta con el mayor número de parques eólicos, así como la mayor producción de Megawatts,
presentando una producción registrada de 2,756 Mw , cabe mencionar que los estados de Tamaulipas,
Coahuila y Nuevo León acumulan un total de más de 1500 Mw (AMDEE, 2018) vienen siguiendo sus
pasos a una velocidad constante, no solo por su producción actual, sino también por su constante esfuerzo
en la construcción de infraestructura para la obtención de una mayor producción de Mw, prospectando una
producción al 2020 de 5,076 Mw por Oaxaca, seguido de 2,265 Mw en Tamaulipas, así como una producción de 750 y 710 Mw para Coahuila y Nuevo León respectivamente (AMDEE, 2018).
Aunque la producción eólica se implementa con el fin de amortizar la dependencia de energía fósil que
el actual funcionamiento de la infraestructura socio-cultural sostiene, su establecimiento acelerado pormenoriza el impacto que genera tal amortización en las poblaciones residentes y migratorias que se desarrollan
en las entidades federativas antes mencionadas. Donde en mayor escala, los grupos de organismos más
afectados son Aves, Mariposas y Murciélagos, esto por presentar una relación directa en el vuelo de los
mismos sobre las áreas donde se construyen tales complejos energéticos (Sokavool, 2009,2012).
Los impactos generados y a generar en las poblaciones de aves, mariposas y murciélagos dan como
resultado la perdida de nichos ecológicos (servicio ambiental generado por cada especie en su área de
desarrollo (Hubbel, 2001), mediante los que se obtiene un equilibrio ambiental, que al perderse daña las
condiciones establecidas perdiéndose la estabilidad ecológica del sistema natural de las especies con su
entorno. Así mismo la pérdida de flujo génico producto del detrimento de individuos podría vulnerar grupos
de especies ante posibles eventos climáticos adversos, resultando en una carente capacidad de adaptación
debido a la reducción de variabilidad genética. Es así que en el siguiente capítulo se abordarán escenarios
tanto actuales como prospectivos del panorama relacionado a la industria eólica instalada y prospectada a
implantarse en el país.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICOS
Noreste de México.
El noreste de México se encuentra comprendido en orden Este a Oeste, por las entidades federativas de
Tamaulipas, Nuevo León y Coahuila, mismas que en conjunto cubren una extensión territorial de 296,000
km2 contemplando un total de 14 sub-provincias fisiográficas delimitadas por la CONABIO en 1990.
Del total de sub-provincias fisiográficas comprendidas en los estados de Tamaulipas, Nuevo León y
Coahuila, tres de ellas son las que presentan mayor importancia, denominadas: “Sierras y Llanuras Coahuilenses”, “Llanuras de Coahuila y Nuevo León”, “Llanura Costera Tamaulipeca”, (CONABIO, 1990). Esto
por presentar la mayor cobertura territorial de las entidades federativas y a su vez por ser las áreas con el
mayor desarrollo de parques eólicos.
Las condiciones orográficas de cada una de estas sub-provincias, dan como resultado condiciones geográficas óptimas para el desarrollo de fuertes corrientes de aire, generando así una buena productividad de
los parques eólicos y justificando la inversión necesaria para generar la implementación de los complejos
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�Robles Guerrero, F
energéticos en el noreste del país.
Parques Eólicos
La energía eólica tiene su origen en el movimiento de masas de aire, mejor conocidas como viento,
el viento proviene del sol, ya que, mediante su calor, se generan gradientes de temperatura entre distintas
zonas geográficas, dando como resultado cambios de presión que propician el desplazamiento de las masas
de aire antes mencionadas, dando como producto la materia prima de los parques eólicos.
De tal forma que el viento se encuentra disponible en cada rincón de la tierra, más sin embargo la
constancia e intensidad del mismo es lo que hace atractiva una zona para el desarrollo de un parque eólico.
En general las zonas costeras, las llanuras interiores abiertas, así como los valles transversales y las zonas
montañosas presentan la mayor afinidad para solventar las necesidades energéticas para desarrollar un
parque eólico rentable.
Cabe mencionar que el noreste de México cuenta con tales condiciones, iniciando por Tamaulipas con
exposición costera al este, colindando con el Golfo de México, seguido de La Llanura Costera del Golfo,
en su camino al oeste, la llanura costera se conecta con la Sierra Madre Oriental, misma que atraviesa los
tres estados implicados. Consecuentemente entre tal accidente orográfico se
localizan múltiples valles
y con rumbo al norte se desarrollan grandes llanuras que hacen de esta región una promesa ferviente para la
industria eólica, mismas que en conjunto logran un escenario ideal para el florecimiento eólico del noreste.
Impactos a la biodiversidad
Los grupos de organismos con mayor vulnerabilidad a la instalación de parques eólicos son los denominados fauna voladora, incluyéndose aves, murciélagos y en el presente caso, donde se analiza la región
noreste del país, cabe resaltar a Danaus plexippus también conocida como mariposa monarca.
Los impactos de los parques eólicos a la vida silvestre pueden ser divididos en tres grandes grupos
(Tiago et. al., 2018):
• Colisión
• Disturbio ambiental
• Modificación de hábitat
Dentro de cada una de estas subdivisiones de impacto podemos diversificar en cada una de ellas, siendo
así que, en la primera, correspondiente a “colisión” las puede haber tanto directas como indirectas (etapa de
operación, ver inciso 4). Directas, ejemplar ya sea ave, murciélago o mariposa choca en el aerogenerador,
mayormente en aspas de éste, generando ya sea muerte instantánea o fractura de algún apéndice locomotor
que en muchos casos impide el reinicio de vuelo para quedar en tierra como presa fácil a depredadores; por
otra parte, se encuentra la colisión indirecta, en este caso restringida solamente a murciélagos. Tal fenómeno se denomina “baro-trauma”, fenómeno mediante el cual el gradiente de presión atmosférica generado
por el girar de las aspas del aerogenerador propicia que cuando el individuo transita cercano a ellas, tal
gradiente de presión genera una expansión y contracción súbita en los pulmones del ejemplar, generándose
un infarto respiratorio fulminante (Erin et al., 2008).
Así mismo los impactos correspondientes al disturbio ambiental suelen generar menos alarma debido
a que no se ve la fatalidad, más sin embargo están presentes durante construcción y operación del parque
eólico (ver inciso 4), donde estudios recientes sugieren que tales impactos generan alta susceptibilidad
al ambiente debido al desequilibrio ecológico que generan (Tiago et. al., 2018). De manera general, los
efectos de tal impacto podrían ser el desplazamiento de especies, alteración de rutas migratorias, así como
perdida de nichos ecológicos clave en la estabilidad poblacional de un sistema ambiental.
Por último, cabe destacar el tercer impacto, resultando en la modificación del hábitat, mismo que genera
desplazamiento de especies, disminución en la disponibilidad alimenticia para la comunidad biótica presente en la zona, impacto al paisaje, tanto en construcción como en operación del parque eólico generando
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�Impactos a la biodiversidad por parques eólicos...

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fragmentación de hábitat, desencadenando un efecto de barrera de especies (Primack, 1998), pudiendo llegar a restringir comunicación entre poblaciones, resultando en aislamiento genético, dando lugar a una falta
de adaptabilidad a posibles cambios en estructuras poblacionales, generando así, en el peor de los casos,
una posible extinción de especies.
La Secretaria de Medio Ambiente y Recursos Naturales (SEMARNAT) en su compromiso con el cuidado del medio ambiente, crea desde el 2010 la Norma Oficial Mexicana “NOM-059-SEMARNAT-2010”,
misma que tiene como objetivo identificar las especies o poblaciones de flora y fauna silvestres con riego en
la república mexicana, así como establecer los criterios de inclusión, exclusión o cambio de categoría para
las especies o poblaciones, mediante un método de evaluación de su riesgo de extinción y es de observancia
obligatoria en todo el territorio nacional.
Donde establece los criterios de conservación de la especie (Estatus) como sigue:
•
•
•
•

Probablemente extinta en el medio silvestre (E). Aquella especie nativa de México cuyos ejemplares en vida libre dentro del territorio nacional han desaparecido.
En peligro de extinción (P). Aquellas cuyas áreas de distribución o tamaño de sus poblaciones en el
territorio nacional han disminuido drásticamente poniendo en riesgo su viabilidad biológica.
Amenazadas (A). Aquellas que podrían llegar a encontrarse en peligro de desaparecer a corto o
mediano plazo, si siguen operando los factores que inciden negativamente en su viabilidad.
-Sujetas a protección especial (Pr). Aquellas que podrían llegar a encontrarse amenazadas por factores que inciden negativamente en su viabilidad.

A continuación, se enlistan algunas de las especies con susceptibilidad a impacto por parte de grupo
taxonómico de Aves (Tabla. 1) consecutivamente se presentará un segundo listado con relación a los murciélagos (Tabla. 2) y un tercero con relación a mariposas (Tabla. 3).
Tabla 1. Aves con estatus en la NOM 059 con riesgo de impacto en industria eólica en Noreste del
país.
Especie

Botaurus lentiginosus
Accipiter cooperi
Parabuteo unicinctus
Buteo lineatus
Buteo swainsoni
Geranoaetus albicaudatus
Buteo albonotatus
Aquila chrysaetos
Charadrius montanus
Asio flammeus
Vireo atricapilla
Geothlypis tolmieii
Ictinia mississippiensis

Nombre común

avetoro del eje
neo-volcánico
gavilán de Cooper
aguililla rojinegra
aguililla pecho rojo
aguililla de Swanson
aguililla cola blanca
aguililla aura
águila real
chorlo llanero
búho cuerno corto
vireo gorra negra
chipe de Potosí
milano de Mississipi

Familia

Estacionabilidad

Estatus NOM
059-SEMARNAT-2010

Ardeidae

Migratorio

A

Accipitridae
Accipitridae
Accipitridae
Accipitridae
Accipitridae
Accipitridae
Accipitridae
Charadridae
Strigidae
Vireonidae
Parulidae
Accipitridae

Migratorio
Migratorio
Migratorio
Migratorio
Migratorio
Migratorio
Migratorio
Migratorio
Migratorio
Migratorio
Migratorio
Migratorio

Pr
P
Pr
Pr
Pr
Pr
A
A
Pr
p
A
Pr

Fuente: Elaboración propia, (2017).
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 6, Julio - Diciembre 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 41-49. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/78

�Robles Guerrero, F
Tabla 2. Murciélagos con estatus en la NOM 059 con riesgo de impacto en industria eólica en Noreste
del país.
Especie
Cheronycteris
Mexicana
Leptonycteris
nivalis
Euderma maculatum
Lasionycteris
noctivagans
Myotis
planiceps

Nombre común

Familia

Estacionalidad

Estatus NOM 059-SEMARNAT-2010

murciélago trompudo Phyllostomidae

Migratorio

A

murciélago hocicudo
mayor

Phyllostomidae

Migratorio

A

murciélago pinto

Vespertilionidae

Migratorio

Pr

murciélago pelo plateado

Vespertilionidae

Migratorio

Pr

murciélago cabeza
plana

Vespertilionidae

Endémica

P

Fuente: Elaboración propia, (2017).
Tabla 3. Mariposas con estatus en la NOM 059 con riesgo de industria eólica en noreste del país.
Especie
Nombre común
Familia
Estacionalidad
Estatus NOM 059-SEMARNAT-2010
Danaus
mariposa monarca
Danaidae
Migratoria
Pr
plexippus
Fuente: Elaboración Propia, (2017).
Industria Eólica en México
La industria eólica en México inicia en 1994 con el parque eólico “Venta I” ubicado en el Istmo de
Tehuantepec, Oaxaca; proyecto a cargo de la CFE, su inauguración fungió como prototipo en exploración
hacia un mercado prometedor, el proyecto constó de siete aerogeneradores con una producción de 225 Kw,
iniciando así la era eólica en la república mexicana. Posterior a ello se realizaron las evaluaciones pertinentes, donde a la par se iniciaron las negociaciones e inversiones necesarias para llegar al 2007 (Campo-Márquez et. al., 2009), año en el que se generó el segundo parque eólico llamado “Venta II” continuando con el
proyecto de la energía eólica, mismo que a la fecha continúa en constante crecimiento.
Prueba de ello es que al 2016 se contaba con presencia de parque eólicos en 10 estados de la república,
al presente, se cuenta con industria eólica en 14 estados y al 2020 se prospecta presencia de parques eólicos
en 17 entidades federativas. Del total de estados se destacan y se destacarán Oaxaca, Yucatán, Tamaulipas,
Coahuila, Nuevo León y Baja California (AMDEE, 2018).
Cabe resaltar que los datos anteriores ponen en evidencia la importancia que presenta la región noreste
del país, esto debido a las condiciones climáticas con las que se cuenta, manteniéndose relativamente constantes durante todo el año (García, 1998) generando así la confianza en inversionistas y desarrolladores de
tecnología. Lo cual asegura una producción constante de energía renovable por al menos 30 años.
Industria Eólica en el Noreste de México
Tamaulipas es el estado a la fecha cuenta con un total de tres parques eólicos en operación distribuidos
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 6, Julio - Diciembre 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 41-49. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/78

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�Impactos a la biodiversidad por parques eólicos...

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en los municipios de Llera, Güemes y Victoria mismos que prospectan una generación de más de 1361 Mw
de energía. Así mismo, mantiene una construcción de siete parques eólicos más (El Financiero, 2017), donde uno de ellos a construirse en Reynosa, Tamaulipas, resultará en el de mayor tamaño del país con un total
de 123 aerogeneradores con una altura de 120 metros, mismos que en conjunto generarán un total de 424
Mw (Acciona, 2017). Es así que la entidad federativa se prospecta para ser el productor de una quinta parte
del total de energías renovables en todo el país para el 2019, actualmente contando con una producción del
14% prospectan llegar al 19%.
En Nuevo León, actualmente, la entidad cuenta con tres parques eólicos en operación ubicados en los
municipios de Santa Catarina (REVE, 2013) y General Bravo “Ventika” y “Ventika II” (REVE, 2016) que
en conjunto acumulan alrededor de 300 Mw de producción. Así mismo en la actualidad se lleva a cabo la
construcción del parque eólico “El Mezquite” en el municipio de Mina que contará con una producción total de 250 Mw, se prospecta iniciará operaciones el primer trimestre de 2019 (REVE, 2017). Es importante
mencionar que actualmente se encuentra en fase de preparación el proyecto de un parque eólico para el municipio de China, a cargo de la empresa EPM de origen colombiano, misma que planea iniciar construcción
de un establecimiento con capacidad de producción de hasta 267.75 Mw (REVE, 2018).
Coahuila, a su vez, cuenta con un parque eólico en operación “Eólica de Coahuila” ubicado en el municipio de General Cepeda con una capacidad de 200 Mw (EDPR, 2018), aunado a esto, uno más se encuentra
en fase de construcción al norte del estado, ubicado en el municipio de Ciudad Acuña denominado “Amistad” con una producción de 200 Mw, así como dos más denominados “Carabina I” y “Carabina II” mismos
que se encuentran en fase de obtención de permisos.
Resulta evidente visualizar el noreste del país como una potencia en cuanto a energía eólica se refiere.
Por lo tanto, resulta imperativo observar las interacciones que presentan dicha infraestructura con los ecosistemas, esto con el fin de determinar los impactos que se pudieran generar, así como una ruta para desarrollar las medidas de mitigación necesarias para obtener una producción sostenible. Donde de continuarse
con la tendencia hasta ahora tomada, la cantidad de parques eólicos en el noreste del país tendrá un aumento
que podría alterar circunstancialmente el equilibrio ecológico de los sistemas ambientales comprendidos.
3.- MÉTODO
Diseño
El enfoque investigativo de la presente investigación es cualitativo, de acuerdo con Hernández, Batista
y Fernández (2014) “Utiliza la recolección y análisis de los datos para afinar las preguntas de investigación
o revelar nuevas interrogantes en el proceso de interpretación” (p.7).
Alcanzando un diseño no experimental “Que se realiza sin la manipulación deliberada de variables y
en los que sólo se observan los fenómenos en su ambiente natural para después analizarlos” (Hernández,
Batista y Fernández, 2014, p. 149).
El alcance establecido es el exploratorio “emplean cuando el objetivo consiste en examinar un tema
poco estudiado o novedoso” (Hernández, Batista y Fernández, 2014, p. 91).
Instrumentos
Para la construcción del marco teórico-conceptual del tema Derechos humanos y responsabilidad empresarial en el sector energético, se consultaron un total de veintiocho referencias bibliográficas utilizándose como instrumento las ideas, argumentos y proyectos que fueron interpretados desde una perspectiva
analítica y crítica.
Procedimiento
Con relación a la comprensión del problema de la investigación se recopilan fuentes secundarias de doRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 6, Julio - Diciembre 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 41-49. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/78

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cumentos académicos. En el marco de referencia se definen los conceptos básicos en relación a biodiversidad eólica. Una vez recopilada y analizada la información se construye el documento objeto de este trabajo.
Por último, se realizan las recomendaciones y conclusiones conforme a los objetivos trazados (Bascón et
al, 2016, p. 39).
CONCLUSIONES
A través del desarrollo del presente capítulo se hace notar el evidente crecimiento en industria eólica que
mantiene y mantendrá el noreste del país, mismo que cuenta con una correlación de productividad directamente proporcional a la costa del Golfo de México, donde a mayor cercanía a la costa, mayor productividad eólica. Iniciando por Tamaulipas con datos de productividad bastante prometedores, perfilándose para
equiparar productividad con el Istmo de Tehuantepec seguido de Nuevo León y Coahuila que llaman a la
inversión por su constancia de viento a lo largo del año.
Desafortunadamente tal producción conlleva un efecto secundario que se traduce en el impacto a las
poblaciones silvestres de flora y fauna. Afectando directa e indirectamente al equilibrio ecológico que
mantienen las zonas donde se desarrollarán los complejos eólicos (en el caso de no tener previo impacto).
Es así que las medidas de mitigación que se proponen y autorizan en la obtención de permisos deberán ser
aplicadas al pie de la letra, esto con el fin de garantizar la preservación de los medios naturales en los que
se desarrolla la industria.
Así mismo, las medidas de mitigación deberán ser orientadas a priorizar la conservación sobre la producción. Es importante generar investigación acerca del modelaje poblacional relacionado a impactos de
cambio de hábitat y desplazamiento de especies, acción que resultará en obtención de información circunstancial en el entendimiento global de los impactos generados por la industria eólica.
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México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 41-49. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/78

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Las consideraciones metodológicas para la evaluación de políticas y programas de energía en
México
Methodological consideration for the politics evaluation and energy programs in Mexico
Abel Villarreal1
Universidad Autónoma de la Ciudad de Méxic
RESUMEN
El presente artículo describe algunas consideraciones metodológicas para la evaluación de políticas y programas
relacionados con el sector energético, en específico dentro del contexto del sistema de evaluación mexicano. Lo anterior
se debe a que el sistema de evaluación de México no está diseñado para realizar evaluaciones ad hoc a los programas de
energía, es decir, de aquellos relacionados con el sector eléctrico o de los hidrocarburos, sino para realizar evaluaciones
cuyo interés principal es el componente social y, más específicamente, el de la reducción de la pobreza. Provocando
un desajuste entre los elementos a observar en un programa social y un programa energético, cuyos fines, medios y
elementos, entre otras cuestiones metodológicas, son muy diferentes, y en algunos casos contradictorios, a aquellos
cuyo contenido es predominantemente social.
Palabras clave: Política energética, sistema de evaluación, programa energético, evaluación
ABSTRACT
The present article describes some methodological considerations for the politics evaluation and programs related
to the energy sector, specifically within the context of the Mexican evaluation system. This is due to the Mexico evaluation system that is not designed to evaluate the energy programs ad hoc, in other words, those related to the electric
or hydrocarbon sector, but to create evaluations which main interest is the social component and, specifically, the one
from the poverty reduction. Causing a mismatch between the elements to observe in a social and energy program,
which aims, means and elements, among other methodological issues, are completely different, and in some occasions,
contradictory, to those whose content is merely social.
Key words: Energy policy, evaluation , evaluation system, energy program,

Cómo referenciar este artículo:
Villarreal, A. (2017). La consideraciones metodológicas para la evaluación de políticas y programas de
energía en méxico. Política, Globalidad y Ciudadanía, 50-61. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.
mx/index.php/RPGyC/article/view/79

Recibido: 02 de Febrero 2017 - Aceptado: 07 de Abril 2017

1
Profesor – Investigador de tiempo completo en la Universidad Autónoma de la Ciudad de México. Plantel
Casa Libertad. Academia de Ciencia Política y Administración Urbana.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 6, Julio - Diciembre 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 50-61. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/79

�Las consideraciones metodológicas para la evaluación...
1.

INTRODUCCIÓN

El sistema de evaluación mexicano puede es considerado como uno de los sistemas evaluadores más
innovadores desde la década de los noventa por su gran aportación a la construcción de herramientas metodológicas para el análisis, seguimiento y evaluación de las políticas de combate a la pobreza (Castro et al,
2009). En cierta forma, una gran parte de los países en desarrollo, sobre todo de América latina y del Caribe,
utilizan la experiencia mexicana para replicar los modelos en sus propios sistemas de evaluación. Pero es
precisamente en este punto en donde reside una de sus mayores debilidades: su enfoque exclusivamente
social. En efecto, el sistema de evaluación mexicano utiliza en sus metodologías, sobre todo en sus análisis
ex ante y durante, el enfoque del desarrollo social y no otros enfoques metodológicos acordes al tipo de
políticas que se pretenden evaluar.
Lo anterior puede observarse en las herramientas metodológicas proporcionadas por el Consejo Nacional de Evaluación de la Política de Desarrollo Social (CONEVAL 2015) o en el mismo Modelo Sintético
de Información de Desempeño de la Secretaría de Hacienda y Crédito Público (SHCP) y que se refleja en
sus informes de evaluación, pues hasta la fecha se considera a estas instituciones como las únicas entidades
gubernamentales con la experiencia y capacidad técnica en evaluación de programas públicos. En éstas, las
evaluaciones de diagnóstico de programas nuevos, de diseño de los programas, de consistencia y resultados, de evaluación específica de desempeño, de procesos y de impacto, contienen en su mayoría variables
e indicadores creados específicamente para evaluar programas de desarrollo social o programas presupuestarios con la finalidad del desarrollo social o del combate a la pobreza, pero no para otro tipo de programas,
como los de índole energético.
Por lo anteriormente expuesto, la postura inicial de este trabajo consiste en mencionar, en primer lugar,
algunas metodologías para la evaluación de las políticas y programas del sector energético, y en segundo,
en plantear que las variables e indicadores utilizados para evaluar programas públicos en México, desde un
punto de vista social, son los más adecuados, pero no para evaluar en su totalidad otros programas con una
naturaleza distinta a la social. En otras palabras, los programas relacionados con el sistema de seguridad y
de justicia, los de movilidad y de transporte, de infraestructura o los programas culturales deberían de ser
evaluados con metodologías acordes a su sector y no someterlos en todas sus fases a un enfoque de tipo
social. Lo anterior aplica con mayor razón a las políticas y programas de energía, pues su objetivo final
no es sólo contribuir a reducir las enormes brechas de desigualdad que existen en el país, sino también
para otro tipo de fines y subrayamos fines porque en general se confunden los medios con los fines que
persigue un determinado sector, fines que requieren observaciones diversas, a saber, garantizar la seguridad
energética del país, contribuir a la reducción de gases de efecto invernadero, asegurar la rentabilidad del
sector energético para el Estado, fomentar la igualdad, la equidad y la justicia energética, e incluso, lograr
la democratización de la energía para sus ciudadanos.
Para ilustrar mejor esta postura, construiremos este trabajo sobre tres premisas básicas; en primera
instancia, mencionaremos algunos marcos metodológicos aplicados a la evaluación de las políticas y los
programas de energía; en segundo lugar, mostraremos los tipos de evaluación existentes y las variables que
desencajan con el tratamiento energético; y en tercer sitio, ilustrando las variables utilizadas en otros sistemas de evaluación y que podrían introducirse en las metodologías de evaluación de México. .
Metodologías utilizadas en la evaluación de los programas de energía
El objetivo principal de este segmento es comentar y reflexionar, pues hasta allí llega su alcance, sobre
el marco metodológico más adecuado para evaluar políticas y/o programas relacionados con el sector energético, bien sea con la industria de los hidrocarburos o de la electricidad.
A su vez, reiteramos que una política, un plan o un programa de energía; entendida la primera como la
directriz principal de un gobierno, y los segundos, como las estrategias y los diseños con que se llevarán a
cabo esas directrices; son ante todo un medio y no un fin en sí mismo. Es decir, toda política y todo programa de energía es un medio para conseguir algo más, pero un medio que debe ser correctamente definido,
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�Villareal, A

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que debe ser congruente con los objetivos nacionales e internacionales, que debe estar bien administrado
en cuanto a su eficiencia (relación costo-beneficio), su eficacia (logro de resultados independientemente del
costo), su calidad (ejecutado de la mejor forma posible); y armónico con un conjunto de valores nacionales
que marcan el rumbo de una determinada sociedad y protegido por un conjunto de instituciones.
Así, por ejemplo, puede que la política energética de un país como Alemania vaya acorde con algunas
directrices principales relacionadas con la seguridad energética, pero al final, de esas directrices se desprenderán un conjunto de planes nacionales, programas por sector y proyectos específicos que son, en suma,
el aterrizaje concreto de esas directrices principales. O bien, como en el caso de México, cuya principal
directriz, entendida como política, es, ante todo, garantizar el abastecimiento energético “oportuno” y a
precios “accesibles” para el conjunto de actores que necesitan de los insumos energéticos (PESENER,
2013). También en este caso, de esa directriz se desprenderán un conjunto de planes, programas, estrategias
y proyectos encaminados a darle fondo y forma a esa directriz y a sus objetivos secundarios. Sea cual sea
el caso, los países replican modelos1, establecen políticas e instrumentan planes, programas y proyectos
ejecutados por un conjunto de instituciones con conocimientos científicos y técnicos y que deberán resolver
un problema determinado a fin de coadyuvar al logro de esos objetivos planteados.
Si bien podría afirmarse que, aunque sus evaluaciones están basadas en métodos reconocidos y aceptados, no siempre éstas estarán exentas de tendencias, prejuicios, errores o de una u otra manera, pre condicionados por paradigmas científicos y perspectivas teóricas aprendidas durante su socialización y que
impregnarán sus conclusiones futuras. Por ello, los resultados de dichas evaluaciones, independientemente
del tipo de evaluación del que se trate, pueden llegar a conclusiones también diferentes (Kuhn, 1980).
Pero entonces, ¿existe o no un tipo ideal de evaluación o una forma correcta de llevar a cabo una evaluación? Como toda construcción científica mucho depende del contexto en que se lleve a cabo una evaluación. Diferentes sistemas de evaluación de distintos países, regiones o comunidades pueden tener disímiles
tipos de evaluaciones o elementos constitutivos dentro de un mismo tipo de evaluación, puede también que
tengan distinto nombre, diferente peso o formas de conceptualización. Lo cierto es que, para llevar a cabo
una determinada evaluación es necesario partir de las preguntas principales, a saber, para qué queremos
una evaluación, quién la necesita, qué se pretende obtener o modificar con dicha evaluación, qué aspecto
de la realidad necesitamos conocer, y con base en ello determinaremos el tipo de evaluación, sus premisas
teóricas, sus métodos y sus técnicas, y por ende, las conclusiones a las que llegaremos.
Metodologías de evaluación de políticas energéticas
Si de evaluar políticas o programas de energía se trata, existen múltiples enfoques y métodos para
llevarlos a cabo, en gran parte, la mayoría de ellos se observa en las políticas energéticas nacionales y en
indicadores que sirvan de comparación con otros países. A su vez, cada uno de estos enfoques enfatiza en
aspectos que son importantes para un país en particular o para la agencia que diseñó las metodologías y los
indicadores, en estos casos tenemos metodologías que analizan un aspecto en particular del área energética.
Es decir, es imposible contar con una teoría universal que abarque absolutamente todos los aspectos de la
evaluación de políticas energéticas. Lo que si tenemos en cambio, son variables o categorías que son de mayor peso para una agencia u otra, como la sustentabilidad y/o la sostenibilidad, la participación ciudadana,
la seguridad energética o de criterios económicos como la eficiencia y la intensidad energética.

1
Es preciso diferenciar entre un modelo energético y una política energética, en el caso de este ensayo entendemos la política como la postura o la directriz principal que asume un gobierno, lo cual no significa que dicha directriz
sea la misma en su forma oficial y en la práctica. Es decir, una política puede ser diversificada en la norma oficial pero
concentrada en un solo negocio en la práctica. En cambio, un modelo, que puede contener un conjunto o diferentes
tipos de políticas es más bien un arquetipo o el arquetipo de un conjunto de políticas que es replicado a su vez por otros
actores.
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�Las consideraciones metodológicas para la evaluación...
Indicadores Energéticos de Desarrollo Sostenible
De esta forma, en el plano internacional tenemos la propuesta de los Indicadores Energéticos para el
Desarrollo Sostenible (IEDS). Estos indicadores fueron creados en 1999 por Arshad Khan y Garegin Aslanian de la sección de Planificación y Estudios Económicos de la Organización Internacional de Energía
Atómica (OIEA). Dichos indicadores, como mencionamos anteriormente, son indicadores energéticos de
seguimiento en el contexto del desarrollo sostenible. Es decir, que introducen una categoría a considerar
por cualquier sistema de evaluación, la sostenibilidad de los programas públicos, en este caso por el sector
energético. Estos han sido referentes de los indicadores de Desarrollo Sostenible adoptados por los estados
miembros de las Naciones Unidas y las organizaciones internacionales al amparo del Programa 21 y de la
Comisión sobre el Desarrollo Sostenible de las Naciones Unidas.
Estos indicadores de seguimiento de la política energética, fueron tratados en un texto por el Organismo
Internacional de Energía Atómica en conjunto con el Departamento de Asuntos Económicos y Sociales de
las Naciones Unidas (DAESNU), la Agencia Internacional de la Energía (AIE), el EUROSTAT2, y la Agencia Europea de Medio Ambiente (AEMA). Los IEDS, como son llamados, son utilizados por la mayoría de
los países que conforman las Naciones Unidas para evaluar sus sistemas energéticos y hacer un seguimiento
de sus progresos en lo tocante a la consecución de objetivos y metas de desarrollo sostenible fijados a nivel
internacional (OIEA, 2008).
Los indicadores están divididos en tres dimensiones: la social, la económica y la medioambiental, a su
vez, están divididos por siete temas: equidad, salud, perfiles de uso y producción, seguridad, atmósfera,
agua y tierra; y 19 subtemas. Contienen un total de 30 indicadores conocidos en su versión original como
Energy Indicators for Sustainable Development o EISD.
Comencemos por la primera dimensión; la dimensión social. Esta dimensión asume que la disponibilidad de energía tiene una repercusión directa sobre la pobreza, las oportunidades de empleo, la educación,
la transición demográfica, la contaminación en ambientes cerrados y la salud, y posee implicaciones relacionadas con el género y la edad (OIEA, 2008). La equidad social es un pilar del desarrollo sostenible y
abarca la imparcialidad y universalidad con las que se distribuyen los recursos energéticos, se facilita el
acceso a los sistemas de energía y se formulan precios para garantizar su asequibilidad. El principio que la
rige es que la energía debería ser un bien al alcance de todos y a un precio justo, y no como un negocio de
pequeños y poderosos grupos. En tanto, asume también que el uso de la energía no debería perjudicar a la
salud humana, sino más bien promoverla. No obstante, la producción de energía conlleva la posibilidad de
provocar daños o enfermedades, puesto que favorece la contaminación o los accidentes. Uno de los objetivos entonces, consiste en reducir o eliminar esos impactos negativos (OIEA, 2008).
De esta manera, la dimensión social se subdivide en dos temas; el primero es la equidad y el segundo la
salud. En el primero, los subtemas son la accesibilidad; que se mide por el porcentaje de hogares sin electricidad o energía comercial, o muy dependientes de energías no comerciales; el subtema de la asequibilidad,
que se mide obteniendo el porcentaje de ingresos de los hogares dedicado a combustibles y electricidad; y
el subtema de las disparidades que mide el uso de la energía en los hogares de ingreso y combinación de
combustibles utilizados. Por parte del tema de la salud existe el subtema de la seguridad, y éste se mide
analizando el número de víctimas mortales de accidentes por la energía producida por la cadena de combustibles.
Por otra parte, la dimensión económica asume que las economías modernas dependen de un suministro
de energía seguro y adecuado, y los países en desarrollo necesitan tenerlo garantizado como condición sine
qua non para su industrialización. Todos los sectores de la economía; residencial, comercial, transporte, servicios y agricultura, exigen servicios de energía modernos. A su vez, estos servicios fomentan el desarrollo
económico y social a nivel local, elevando la productividad y promoviendo la generación local de ingresos.

2
El EUROSTAT es la Oficina Europea de Estadística de la Comisión Europea y que produce y armoniza datos
estadísticos de sus estados miembros.
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México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 50-61. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/79

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El suministro de energía afecta a los puestos de trabajo, la productividad y el desarrollo (OIEA, 2008).
De esta manera, se divide la dimensión económica en dos temas y 9 subtemas. El primero es por patrones de uso y producción, este se divide a su vez en el subtema del uso global, donde se mide el uso de la
energía per cápita; la productividad global, que mide el uso de la energía por unidad del PIB; la eficiencia
del suministro, que mide la eficiencia de la conversión y distribución de la energía; el subtema de la producción que es la relación entre las reservas y la producción y la relación entre los recursos energéticos y
la producción; el subtema del uso final de la energía, que mide las intensidades energéticas de la industria,
las intensidades energéticas del sector agrícola, las intensidades energéticas del sector comercial y de los
servicios, la intensidad energética de los hogares y la intensidad energética del transporte; el subtema de la
diversificación (combinación de combustibles), que mide los porcentajes de combustibles en la energía y
la electricidad, el porcentaje de energía no basada en el carbono en la energía y electricidad y el porcentaje
de energías renovables en la energía y la electricidad. El subtema de los precios que registra los precios de
la energía de uso final por combustible y por sector. Por su parte, el tema de la seguridad se divide en el
subtema de las importaciones, que mide la dependencia de las importaciones netas de energía y el subtema
de las reservas estratégicas de combustibles, que mide las reservas de combustibles críticos por consumo
del combustible correspondiente.
En cuanto a la tercera dimensión, la dimensión medioambiental, la OIEA justifica que:
La producción, distribución y consumo de energía dan lugar a presiones sobre el medio ambiente
en el hogar, el lugar de trabajo y la ciudad y a nivel nacional, regional y mundial. Los impactos
ambientales dependen en gran medida de la forma en que se produce y se utiliza la energía, de la
combinación de combustibles, de la estructura de los sistemas energéticos y de las medidas de reglamentación conexas en materia de energía y de la estructura de los precios. Las emisiones de gases
procedentes de la quema de combustibles fósiles también contaminan a la atmósfera. Las grandes
presas hidroeléctricas causan el encenagamiento de las aguas y los dos ciclos de combustible, basados respectivamente en el carbón y en la energía nuclear, emiten algún tipo de radiación y generan
desechos. Las turbinas eólicas a su vez pueden desfigurar un hermoso paisaje y la recogida de leña,
acarrear la deforestación y la desertificación (OIEA, 2008).
De esta manera, la dimensión del medio ambiente contiene el tema de la atmósfera, que se divide en el
subtema del cambio climático, este mide las emisiones de Gases de Efecto Invernadero (GEI) por la producción y uso de energía, per cápita y por unidad de PIB; y el subtema de la calidad del aire, que se divide
a su vez en dos indicadores, el indicador de las concentraciones ambientales de contaminantes atmosféricos
en zonas urbanas y el indicador de emisiones de contaminantes atmosféricos procedentes de los sistemas
energéticos.
El tema del agua, que tiene como subtema la calidad del agua y el indicador de descargas de contaminantes en efluentes líquidos procedentes de los sistemas energéticos, incluidas las descargas de petróleo;
el tema de la tierra que se divide en el subtema de la calidad de los suelos, este mide las zonas del suelo en
las que la acidificación supera la carga crítica; el subtema de los bosques, que mide la tasa de deforestación
atribuida al uso de energía; el subtema de la generación y gestión de desechos sólidos, que mide la relación
entre la generación de desechos sólidos y las unidades de energía producida, el indicador dos, que mide la
relación entre los desechos sólidos adecuadamente evacuados y el total de desechos sólidos generados; el
indicador tres, que mide la relación entre los desechos sólidos radiactivos y las unidades de energía producida; el indicador cuatro, que mide la relación entre los desechos sólidos radiactivos en espera de evacuación
y el total de desechos sólidos radiactivos generados.
Como dijimos en un principio, estos son en general los indicadores más utilizados por los países que
conforman las Naciones Unidades y que cuentan con un enfoque predominantemente medioambiental.
Indicadores Políticos y de Sustentabilidad
La Comisión Económica para América Latina y el Caribe ha desarrollado también otra propuesta de
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México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 50-61. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/79

�Las consideraciones metodológicas para la evaluación...
indicadores para evaluar y dar seguimiento a las políticas energéticas de los países de América Latina y el
Caribe (CEPAL). Dicha propuesta de indicadores difiere de la propuesta de la Organización Internacional
de Energía Atómica y de las Naciones Unidas porque asume la existencia de intereses políticos presentes
en las políticas nacionales de los países latinoamericanos y por tener, al menos, una herencia de las percepciones históricas sobre la dependencia de la periferia con respecto a las potencias occidentales.
Lo anterior puede notarse en el rescate de los indicadores de la CEPAL se realizaron en un estudio del
2009, denominado: Política Mexicana e Indicadores de Sustentabilidad (Sheinbaum, Rodríguez, &amp; Robles,
2009). En su estudio, analizan la sustentabilidad del sistema energético mexicano basado en estos indicadores de la CEPAL para los años de 1997 al 2006. En este estudio se destaca, que si bien los temas e indicadores de sustentabilidad que presenta la metodología de la OIEA (2005), tienen una mayor desagregación
en términos de los sectores de consumo final de la energía, usos finales e impacto en la atmósfera, el agua y
el suelo; los indicadores de la CEPAL (2003) reconocen con mayor amplitud las dimensiones económicas
y sobre todo las políticas, dimensión que está ausente en la propuesta de indicadores de la Agencia Internacional de Energía Atómica y que es de gran interés para el análisis del sistema energético mexicano.
En pocas palabras, el estudio insiste que desde 1982 la política nacional energética de México no ha respondido a los criterios de independencia y sustentabilidad, sino de priorizar los objetivos de apertura de los
mercados y de la integración energética con América del Norte. Algunas de las conclusiones a las que han
llegado destacan el cambio de modalidad de coordinación sectorial que responde al desmantelamiento de
los organismos energéticos de México y a los criterios de apertura de mercado; promoción del gas natural,
concentración de los recursos públicos en la extracción de petróleo crudo y empleo de capital privado; utilización de PEMEX y CFE como instrumentos al servicio de las políticas de estabilidad macroeconómica;
búsqueda de la seguridad energética, ya no en el ámbito nacional sino en un marco regional (en el marco
de la Alianza para la Seguridad y Prosperidad de América del Norte: ASPAN). Bajo este marco, es que se
analizan los indicadores de la CEPAL aplicados a la realidad mexicana.
Básicamente, los indicadores de evaluación de la sustentabilidad del sistema energético mexicano se
asientan en 8 temas y 12 indicadores. El primero de ellos es la autarquía energética. Esta también es llamada
autosuficiencia energética ya que implica que un país pueda garantizar el suministro energético de largo
plazo mediante recursos propios y, por lo tanto, dependa cada vez menos de las importaciones. Este tema
se divide entonces en dos indicadores: importación de energía primaria e importación de hidrocarburos.
El segundo tema se refiere a la robustez frente a los cambios externos. Este término es a la vez una categoría que expresa la vulnerabilidad económica del país ante cambios externos relacionados con el sector
energético, como el precio internacional del crudo. Para medirla, se diseñaron tres indicadores: valor de las
exportaciones de crudo con respecto al PIB, participación del ingreso petrolero en el total de los ingresos
nacionales y peso relativo del endeudamiento en la inversión del sector petrolero.
En tanto, el tercer tema, llamado productividad energética, se define como lo inverso a la intensidad
energética, que a su vez puede medirse como el consumo nacional de energía por unidad del PIB. Mientras
menor sea la intensidad energética, la productividad y la eficiencia energética del país aumentan. El cuarto
tema tiene que ver con la cobertura eléctrica. Este se mide sobre todo midiendo el porcentaje de viviendas con electricidad. El quinto tema es la cobertura de necesidades energéticas básicas. Para evaluar esta
categoría se definen dos indicadores: eficiencia de transformación entre energía final y útil per cápita y
equidad en el gasto de energía por deciles para diversas fuentes. La energía útil se define como la cantidad
de energía que llega a la vivienda (energía final), multiplicada por la eficiencia en su uso. De acuerdo con la
metodología de la CEPAL, la energía útil se calcula conforme a las eficiencias establecidas por el Sistema
de Información Económica y Energética (SIEE) de la Organización Latinoamericana de Energía (OLADE).
Por su parte, la equidad en el gasto de energía se presenta a través del índice de Gini, que muestra la concentración en el gasto de diferentes energéticos por decil de ingreso monetario. El sexto tema es la pureza
relativa del uso de la energía y se mide a través de las emisiones de bióxido de carbono, el principal gas de
efecto invernadero que provoca el cambio climático global. Estas emisiones se calculan de acuerdo con la
metodología del Panel Intergubernamental de Cambio Climático (IPCC, 1996) para el consumo de energía
de los sectores de uso final y la energía consumida para la generación eléctrica y el propio sector energético,
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reportado en el balance nacional. Para medir esta pureza relativa se utilizan dos indicadores: las emisiones
totales y las emisiones per cápita. El séptimo tema es la participación de las energías renovables, esta se
define como el porcentaje de renovables respecto al consumo nacional total. Incluyen la hidro energía, la
geo-energía, la energía eólica, las biomasas de leña, bagazo de caña y otras fuentes. El octavo tema es el
alcance de recursos fósiles, este se estima como el cociente de las reservas de hidrocarburos (incluyendo reservas probadas, probables y posibles o 3p) entre su producción bruta anual. Dichos indicadores se sustentan con las cantidades relacionadas con la producción de petróleo para la exportación, los descubrimientos
de pozos petroleros y la inversión en exploración.
Como vemos, la propuesta de la CEPAL toma en cuenta los criterios de sustentabilidad mencionados
anteriormente, pero añaden un componente ausente en la metodología de la Agencia Internacional de Energía Atómica, y este es el componente político. Palabras como soberanía, independencia o autosuficiencia
están ausentes de la primera propuesta.
En resumen, en el ciclo de vida de las políticas públicas la evaluación bien sea en sus formas ex ante,
durante o intermedia y ex post, es de suma trascendencia para el éxito de una política pública. El éxito en
este caso, es el logro de los objetivos planteados con calidad, eficiencia y eficacia, pero para ello es necesario fortalecer metodológicamente los instrumentos de evaluación. Como mencionamos anteriormente, las
metodologías de evaluación utilizadas en México cuentan con un componente eminentemente social o de
seguimiento presupuestario, priorizando categorías e indicadores propios de los programas sociales y no de
los programas de energía. Los instrumentos pueden estar precedidos por paradigmas científicos. Entre estos
métodos, los métodos cuantitativos y los métodos cualitativos sobresalen por encima del método comparado o el método histórico, aunque si de evaluar una política o un programa se tratase, no debería descartarse
pues todo depende de la pregunta con la cual iniciemos la evaluación. Dicho de otra manera, si tenemos
en claro quién desea una evaluación, para qué y qué busca específicamente podemos proceder al tipo de
evaluación que más corresponda a la pregunta planteada.
Así por ejemplo, si lo que deseamos conocer es si un programa o una política está correctamente diseñada bajo la normatividad vigente o la estructura mínima de un programa entonces utilizaremos una
evaluación de diseño de programa bajo el método cuantitativo o cualitativo; si en cambio lo que deseamos
es conocer si se cumplieron los objetivos planteados, entonces no hay duda, necesitamos una evaluación
de resultados; si por el contrario queremos conocer de qué manera ha impactado un programa dado en una
comunidad en específico, entonces debemos remitirnos nuevamente a la premisa anterior, depende de la
pregunta, esto es, si deseo conocer el impacto en el bolsillo de los hogares de una comunidad, entonces
escogemos una evaluación de impacto bajo métodos cuantitativos
De las premisas anteriores podemos continuar planteándonos preguntas que deriven en instrumentos y
métodos específicos o bien, de una combinación de ellos, pero básicamente una evaluación debe tomar en
cuenta ciertas premisas que se encuentran más allá del propio instrumento de evaluación. Dicho de otra
manera, adecuar el instrumento a la naturaleza del programa.
Antes de iniciar una evaluación hay que tomar en cuenta varias cosas: en primer lugar, bajo qué modelo
energético estamos. Aquí entendemos por modelo básicamente como una forma de hacer las cosas y que
puede ser replicado, un modelo energético bien puede estar orientado hacia criterios basados en la dependencia de los combustibles fósiles y una política rentista o bien, en un modelo orientado hacia el desarrollo
sustentable. También es necesario conocer cuál es la política nacional energética bajo la cual dependen
todos los programas, planes y proyectos. Esto para saber hacia dónde apunta un programa o para ver de qué
manera converge o aporta una determinada política. Posteriormente, también es importante conocer cuáles
son los fines y los medios bajo los cuales operarán los programas en el cumplimiento de una política energética nacional, es decir, hacia dónde quiere ir un país a diferencia de a dónde va.
Así las cosas, podemos preguntarnos, cómo se encuentran entonces los instrumentos de evaluación en
México, qué tan adecuados son para la interpretación de programas relacionados con el sector de energía,
bien sea en el ámbito de los hidrocarburos o de la electricidad, dónde están sus incompatibilidades y cómo
pueden cambiarse, o mejor dicho, qué categorías, variables e indicadores pueden cambiarse para mejorar
los instrumentos. En las siguientes líneas comenzaremos por realizar una descripción de los instrumentos
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�Las consideraciones metodológicas para la evaluación...
de evaluación, sus incompatibilidades y los puntos de cambio.
La evaluación de los programas de energía en México
En términos generales, la evaluación de los programas de energía se ha concentrado sobre todo en tres
tipos de evaluación: evaluación de diseño, evaluación de consistencia y resultados y evaluación de impacto.
A su vez, las evaluaciones han sido realizadas por la Facultad de Ingeniería de la Universidad Nacional
Autónoma de México (UNAM), el Instituto Nacional de Administración Pública (INAP) y por algunas
consultoras privadas pero de ninguna manera es una práctica extendida entre las universidades mexicanas
o entre las organizaciones de la sociedad civil. Casi todas las evaluaciones realizadas se encuentran en las
bases de datos del CONEVAL o de la SHCP desde, por lo menos, el 2008. La gran mayoría de estas evaluaciones cumplen al pie de la letra con las guías metodológicas contenidas en los términos de referencia del
mismo CONEVAL (2013) y de la SHCP. Sin embargo, adolecen de dos aspectos: 1) no son equipos multidisciplinarios los que realizan las evaluaciones, o bien son ingenieros, o bien son especialistas de políticas
públicas; y 2) los instrumentos de evaluación no encajan completamente con el contenido de los programas
pues la metodología, como mencionamos en la introducción de este trabajo, no corresponde en su totalidad
con la temática energética, sino con los programas de desarrollo social. Es decir, la gran mayoría de los
elementos contenidos en las guías metodológicas corresponden al análisis de un buen diseño de programa,
pero coloca la mirada en aspectos del desarrollo social, de la arquitectura del programa o de la ingeniería
del mismo, razón por la cual los fines, que en materia de energía interesan, quedan ausentes.
La combinación de estos dos desfases da como resultado evaluaciones que en el fondo están bien hechas, acordes a los términos de referencia y requisitos del CONEVAL o de Hacienda pero que se quedan
cortas con las pretensiones de lo que debe llevar un buen programa de energía, en especial si lo que nos
interesa es conocer el aporte de un determinado programa a los fines de la política energética y conocer la
ruta o el camino real que sigue la política nacional. O bien, conocer qué tipo de política se está construyendo
en el país y que beneficios está dando como resultado de la operación de sus programas en aspectos como
la democracia, el bienestar social, la lucha contra el cambio climático, la eficiencia energética, la ciencia, la
tecnología y el empleo, etc. También, qué distancia hay entre lo que se dice que se va a hacer y lo que hay.
Dicho de otra manera, la distancia entre la política energética formal y la real.
Comenzaremos con el primer problema en cuestión. La gran mayoría de las evaluaciones realizadas no
pertenecen a equipos multidisciplinarios que combinen el análisis de un experto en materia de energía y
otro u otros expertos en materia de políticas públicas. Esto genera que algunos de los análisis hechos por
los especialistas de un campo dejen de lado aspectos que desde otra disciplina puedan ser mejor comprendidos y explicados. Pongamos sólo un ejemplo: el de las centrales eólicas de Juchitán Oaxaca. Aquí muchos
economistas verían a primera vista elementos como la producción, el consumo, la eficiencia energética o la
intensidad energética; por su parte, los especialistas en políticas públicas tratarán en un primer momento de
observar la congruencia entre las metas, los indicadores, las líneas de acción, o los objetivos estratégicos,
pero un sociólogo o un antropólogo estaría más interesado en observar la manera en que dichas inversiones
o megaproyectos y el personal a su cargo interactúan y afectan a una comunidad que habite en esos lugares.
Lo que obtendremos con la suma de las disciplinas son nuevos lentes con los cuales observar un mismo
fenómeno y acercarnos más a su complejidad real. Es por esta razón que sostenemos que algunas de las
evaluaciones realizadas, por lo menos en las observaciones realizadas en las respuestas que colocan en sus
informes finales, nos parece que podrían tener un salto cualitativo si fueran compuestos por especialistas
de distintas materias.
Algunas de las evaluaciones a los programas de energía que se han hecho desde esta, unidisciplinariedad tienen su antecedentes desde el 2008, sin embargo, el componente energético en otros programas
puede encontrarse desde el año 2007, así por ejemplo, investigadores de la Universidad de Berkeley en
California (Gertler, Fuchs &amp; Sturdy, 2008), evaluaron el impacto del componente energético del Programa
Oportunidades en el bienestar de los hogares beneficiarios del Programa y en el gasto que éstos realizan en
energéticos. Su metodología es básicamente cuantitativa basada en análisis econométricos sobre el gasto de
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los hogares y el impacto de los subsidios y las políticas de focalización versus las políticas universalistas.
Para el 2008 encontramos más evaluaciones en programas de energía, esta vez, evaluaciones con la metodología del CONEVAL aplicados sobre todo a PEMEX y CFE.
Por ejemplo, el Instituto Nacional de Administración Pública (INAP), realizó en el 2008 una evaluación
de diseño al programa presupuestario B001: producción de petróleo, gas, petrolíferos y petroquímicos a
la empresa Petróleos Mexicanos. También en el 2011 con una evaluación de consistencia y resultados al
programa presupuestario E011: comercialización de petróleo, gas, petrolíferos y petroquímicos de PEMEX.
En el 2008, el Centro de Investigación en Energía de la UNAM realizó algunas evaluaciones de diseño
para la Comisión Nacional para el Uso Eficiente de la Energía (CONUEE), en ella, el Centro evaluó los
programas P008. Seguimiento y evaluación de políticas públicas para el aprovechamiento sustentable de la
energía; programa E009. gestión e implementación en aprovechamiento sustentable de la energía; programa
G007. supervisar el aprovechamiento de la energía; y el F012. Promoción en materia de aprovechamiento
sustentable de la energía. Los resultados de la evaluación señalan como principales debilidades: falta de
claridad y precisión en la definición de Fin, Propósito, Componentes y Actividades del Programa; contenido de la matriz de indicadores ya que carecen de lógica vertical y horizontal; ausencia de una estructura de
trabajo aprobada oficialmente; falta de manuales de organización y procedimientos, así como de un programa específico de trabajo; personal insuficiente para la realización de actividades del programa, entre otros.
Sánchez (2014), Inició con la evaluación de diseño del programa presupuestario 562: operación,
mantenimiento y recarga de la Nucleoeléctrica Laguna Verde para la generación de energía eléctrica a
cargo de la Gerencia de Centrales Nucleoeléctricas de la Comisión Federal de Electricidad; Evaluación de
consistencia y resultados 2014 del programa presupuestario E570: operación y mantenimiento de los procesos de distribución y de comercialización de energía eléctrica; Evaluación de consistencia y resultados
2014 del programa presupuestario K027, Mantenimiento e infraestructura a cargo de la Comisión Federal
de Electricidad; Evaluación de consistencia y resultados 2014 del programa presupuestario E562: Operación, mantenimiento y recarga de la nucleoeléctrica Laguna Verde para la generación de energía eléctrica; y
evaluación de consistencia y resultados 2014 del programa presupuestario E563: suministro de energéticos
a las centrales generadoras de electricidad de la CFE.
Las evaluaciones se han concentrado sobre todo en diseño y consistencia y resultados desarrolladas por
el CIE, la Facultad de Ingeniería y el INAP han encontrado que una gran parte de las categorías a analizar
no han encajado plenamente a través de los instrumentos y por lo tanto se han generado evaluaciones parciales. Así por ejemplo, en estos dos tipos de evaluaciones, de diseño y de consistencia y resultados, encontramos categorías que no están encajando en las evaluaciones pero que también pueden encontrarse en el
resto de los tipos de evaluaciones como las evaluaciones de programas nuevos, estratégicas de desempeño,
de procesos y de impacto.
CONCLUSIONES
En el terreno de la evaluación de las políticas públicas y más específicamente en la evaluación de las
políticas nacionales energéticas y los programas relacionados con el sector energético, no existe, ni un marco teórico único ni un marco metodológico que goce de amplio consenso entre la comunidad evaluadora o
estudiosa de las metodologías de evaluación. En nuestras conclusiones el punto central se encuentra en la
pregunta principal, en algunos casos en las hipótesis, y/o en las preguntas centrales que surjan por parte del
interesado en la evaluación. Que bien pueden ser múltiples actores, están desde el principal responsable del
programa, los académicos o los ciudadanos interesados en el rumbo de un programa o en los mismos interesados hacia los cuales se les está aplicando el programa. En el mundo, existen no sólo múltiples modelos,
políticas, programas o proyectos con objetivos y formas distintas al resto de países, incluso dentro de una
misma región, sino también diferentes enfoques teóricos y metodológicos con los cuales analizar dichas
políticas o programas y México no es la excepción.
Más aún, en México se carece de experiencia para la evaluación de políticas y programas relacionados
con el sector energético y tal vez, las únicas instituciones en México que están adquiriendo una especializaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 6, Julio - Diciembre 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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�Las consideraciones metodológicas para la evaluación...
ción en el terreno de la evaluación de programas de energía sean: La Facultad Latinoamericana de Ciencias
Sociales, Sede FLACSO, La Facultad de Ingeniería de la UNAM, el ahora, Instituto de Energías Renovables también de la UNAM, el Instituto Nacional de Administración Pública de la UNAM, la Universidad
La Salle en Guanajuato y la Facultad de Ciencias Políticas y Administración Pública de la Universidad
Autónoma de Nuevo León. Pero también, en estas instituciones no existen métodos consensuados para le
evaluación de la política energética y sus evaluaciones se basan en los instrumentos diseñados por el CONEVAL o de la Secretaría de Hacienda.
A decir verdad, tampoco en otros países se cuenta con esa metodología unificada de evaluación y a la
mejor manera de avanzar en el camino hacia una evaluación de calidad es reflexionando, investigando y
haciendo meta-evaluaciones a los instrumentos bajo el método comparativo. Si, como hemos visto, las
metodologías de evaluación en México carecen de los elementos necesarios para una evaluación de políticas energéticas ad hoc a su naturaleza, ello no significa que en otros países se haya encontrado el eslabón
perdido de la evaluación, sino que se encuentran a su vez en una misma curva de aprendizaje, es decir, nadie
ha llegado al punto final de la evaluación. Sin embargo, lo que a todas luces se destaca es que en materia
de evaluación energética muchos países le llevan años de ventaja al sistema de evaluación de México donde se privilegia el énfasis en la arquitectura y la ingeniería de los programas, pero no la naturaleza de los
programas ni sus fines.
En otras palabras, es como analizar el diseño y el funcionamiento de una embarcación, pero no su
destino o su rumbo. Por ello, la propuesta inicial de este trabajo es comenzar por señalar sus debilidades,
incompatibilidades y propuestas de recambio por los fines, medios y puntos de acuerdo en el análisis comparativo con otros sistemas de evaluación, como la introducción de las dimensiones políticas, económicas,
sociales y ambientales.
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�62
Cooperación internacional para el desarrollo de energías renovables: energía eólica y solar en el
mundo
International cooperation for the development of renewable energies: wind and solar energy in the world
Alejandro, Castillo-Maldonado1
Universidad Autónoma de Nuevo León
RESUMEN
El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo consistió en mostrar evidencia del
estado de la cooperación internacional para el desarrollo de las energías renovables, particularmente la energía eólica
y solar. Se aplicó el método de análisis, con un enfoque cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico transversal. Tras la revisión documental se encontró que: Debido a la disminución en las reservas
internacionales y caída de los precios del petróleo, las energías renovables (ER), no sólo pueden ser una opción de
un desarrollo sustentable, sino también pueden ser fuente de nuevos empleos e innovación. En el presente capitulo se
abordará de manera general. Se concluye que se requiere determinar las características de las energías renovables en
el mundo, así como las acciones que han tomado diversos países para promoverlas de manera local y a través de la
cooperación internacional.
Palabras clave: Cooperación internacional, desarrollo, sustentabilidad global, energía renovable, energía eólica,
energía solar.
ABSTRACT
This article is the product of a literature review, whose aim consisted in showing evidence of the international
cooperation status for the development of the renewable energies, especially solar and wind energies. The method of
analysis was applied with a qualitative approach, non-experimental design, under a documentary-literature cross sectional level. After the documentary review, it was found that: due to the decrease on the international reserves and the
drop on oil prices, renewable energies (RE) can not only be a sustainable option, but can also be a source of innovation
and new jobs. In this chapter it will be reviewed in a general way. It is concluded that it is necessary to determine the
renewable energies characteristics in the world, likewise the actions that several countries have taken to promote them
in a local way and through the international cooperation.
Key words: International cooperation, development, global sustainability, renewable energy, wind energy, solar
energy.

Cómo referenciar este artículo:
Castillo-Maldonado, A. (2017). Cooperación internacional para el desarrollo de energías renovables:
energía eólica y solar en el mundo. Política, Globalidad y Ciudadanía, 62-72. http://revpoliticas.uanl.
mx/index.php/RPGyC/article/view/80
Recibido: 14 de Febrero 2017 - Aceptado: 18 de Abril 2017

1
Maestría en Relaciones Internacionales por Universidad Autónoma de Nuevo León, Email: alejandro.fpoliticas@gmail.com
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 6, Julio - Diciembre 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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�Cooperación internacional para el desarrollo...
1.- INTRODUCCIÓN
La sustentabilidad global y el desarrollo de nuevas alternativas energéticas están entrelazados a la
cooperación internacional para el desarrollo, es por ello que resulta importante determinar el estado de
las energías renovables en el mundo, particularmente la energía eólica y solar, así como las posibilidades
de que se traduzcan en desarrollo. Se propone determinar las características de las energías renovables en
el mundo, debido a que “la finitud de las fuentes fósiles y su impacto al medio ambiente. La estructura
energética mundial es no sustentable y se requiere de un cambio de paradigma energético basado en la eficiencia energética y el uso de fuentes alternas como las energías renovables (ER). La demanda energética
mundial está en continuo aumento a un ritmo de crecimiento anual del 2.47%” (Estrada, 2013). Es así que
las acciones que han tomado diversos países para promoverlas de manera local y a través de la cooperación internacional son de importancia para analizar la situación actual y el futuro de las ER.
Durante las últimas décadas ha cobrado importancia significativa el interés por el medio ambiente, como resultado de una preocupación genuina sobre el estado que guarda el planeta, “los costos de
adaptación al cambio climático serán colosales: sugiere que para 2030, el mundo tendrá que gastar más
de 200,000 millones de euros anuales en medidas como construir barreras de defensa contra inundaciones, transportación de agua para agricultura y reconstrucción de infraestructura afectada por fenómenos
climáticos” (Parry et al. 2009)2.
Temas como medio ambiente, calentamiento global, efecto invernadero, contaminación son escuchados por los diversos medios informativos y estudiados desde cualquier ámbito relacionado con la ciencia
y la academia; incluso se han creado carreras universitarias como las de ingeniería ambiental, administración de la energía y desarrollo sustentable entre otras, las cuales buscan formar profesionistas e investigadores en la materia.
El clima depende de un gran número de factores que interactúan de manera
compleja. (…) Cuando un parámetro meteorológico como la precipitación o la
temperatura sale de su valor medio de muchos años, se habla de una anomalía
climática ocasionada por forzamientos internos, como inestabilidades en la atmósfera y/o el océano; o por forzamientos externos, como puede ser algún cambio en la intensidad de la radiación solar recibida o incluso cambios en las características del planeta (concentración de gases de efecto invernadero, cambios en
el uso de suelo, etc.) resultado de la actividad humana. (Magaña, 2004)
La importancia creciente de los problemas de seguridad energética y la cooperación internacional en
el sector de la energía ha fomentado los esfuerzos por concretar una energía sin fronteras, es decir, cooperación internacional en energías renovables y tecnología verde. Uno de los problemas más importantes a
los que se enfrentan tanto la comunidad internacional como el derecho internacional es la reconciliación
energética y ambiental. Los precios inestables, el calentamiento global, la dependencia de las importaciones de energía y los crecientes costos de producción hacen que sea necesario desarrollar nuevas fuentes de
energía. Las economías más importantes quieren salvaguardar su seguridad energética en tecnologías de
bajas emisiones. Entonces, una posible solución al problema del fortalecimiento de la seguridad energética internacional y el desarrollo sostenible es el uso de tecnologías verdes y fuentes de energía renovables.
Se requiere determinar qué puede hacer la comunidad internacional para materializar la idea de la solidaridad en el ámbito de la energía, las acciones que deberían tomarse para apoyar el desarrollo de fuentes
de energía renovables, los temas de las nuevas tecnologías energéticas; las fuentes de energía renovables,
incluida la energía eólica y los nuevos combustibles para el transporte. La seguridad energética y la cooperación internacional, nuevas políticas ambientales y tecnologías verdes; y un nuevo tema, la seguridad

2

Traducción libre del autor

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y gobernanza energética.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO

Energías renovables en el mundo: energías eólica y solar
Sin bien la preocupación ha llevado a los gobiernos de los países y a las organizaciones de la sociedad
civil y organismos no gubernamentales a desarrollar mecanismos de cooperación y desarrollo internacional en materia ambiental, que buscan contrarrestar el fenómeno del calentamiento global, a esto también
se le puede sumar la reciente situación de la industria petrolera, cuyos precios han mostrado una caída
significativa en el último trienio, provocando una posible crisis energética de hidrocarburos global. “Este
contexto de declinación de las reservas del “petróleo fácil” es ya evidente. Muchos de los campos de
petróleo y gas del mundo están llegando a su madurez” (Estrada, 2013).
En general todos los países del mundo, ya sean desarrollados como Alemania, Estados Unidos y
Rusia; o los también llamados Small States como Dinamarca, Estonia e Islandia, y los países emergentes
como Brasil, China, Colombia y México necesitan para su desarrollo e inclusión en la arena internacional
desarrollar una infraestructura que incluya cada vez más a las energías modernas, debido a los altos consumos energéticos de sus poblaciones en la actualidad e inclusive como estrategia de seguridad energética
nacional y como parte de su política exterior y como medio de defensa ante el actual ambiente de seguridad internacional. Es por esta razón que “la instalación y uso de Fuentes No Convencionales de Energía
(FNCE), tales como la energía eólica y la fotovoltaica, al igual que todo proyecto que se ejecute en una
región, tienen asociados unos impactos ambientales, sociales y económicos que se deben evaluar con el
n de tomar decisiones tales como el lugar de ubicación del proyecto, el tamaño de la instalación, etc. Con
el fin de considerar todos los posibles impactos de un proyecto de este tipo se deben evaluar los impactos
en las 3 fases principales de su ejecución: construcción, operación y desmantelamiento” (Pasqualino et al.
2015).
De acuerdo a IEA, (2014) y REN21 (2014) citado en Beltrán Téllez et al. (2017):
El papel de la energía solar puede pasar de ser un margen pequeño de contribución, como se considera actualmente, a llegar a ser la más importante fuente
energética en el 2050, debido a que este tipo de energía tiene el potencial más
amplio de todo el portafolio de energías disponibles, con un 40 %.
La energía del viento o eólica, está basada indirectamente en la energía del sol.
Una pequeña proporción de la radiación solar recibida por la Tierra se convierte
en energía cinética. La causa principal es el desequilibrio entre la salida de
energía neta de altas latitudes y la entrada de energía neta a bajas latitudes. La
rotación de la Tierra, características geográficas y gradientes de temperatura,
afectan la localización y naturaleza del viento requiere que la energía cinética
se transforme en energía mecánica (movimiento de las aspas) y ésta en energía
eléctrica, a través de generadores, para que llegue a ser útil.
Para comprenderlo de una mejor manera, “el viento, que es el aire en movimiento, es causado principalmente por el efecto térmico en capas bajas de la atmósfera. En la capa próxima a la superficie terrestre,
hasta 15 km, llamada troposfera, el aire es calentado indirectamente por la radiación solar. Esta energía es
absorbida por la tierra e irradiada a la troposfera, que absorbe una parte. Las diferencias térmicas provocan, a su vez, diferencias de presión que originan la circulación de masas de aire facilitando el intercambio de calor entre el ecuador y los polos” Brizuela (2004).
Sin duda la energía solar en sus distintas formas (directa e indirecta) es la energía renovable más
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abundante, ya que puede aprovecharse desde la radiación solar directa o difusa hasta la energía eólica,
hidráulica y biomasa.
Existen diversas situaciones que han propiciado la búsqueda de nuevas fuentes de energía, de acuerdo
a Estrada (2013):
Entre los factores que han permitido el desarrollo de los mercados de las Fuentes Renovables de Energía (FRE), se pueden mencionar a los siguientes:
• El alza de los precios de los hidrocarburos que llegó a 139 USD por barril en junio del 2008 y que
podrían llegar a los 150 dólares por barril o más en los años venideros.
• El mercado mundial de emisiones de CO2 que está en 19 USD la tonelada y en el futuro podría
llegar hasta los 40 o 60 dólares la tonelada.
• Las políticas voluntarias de varios Estados (Unión Europea, Estados Unidos, China, India, Brasil)
más iniciativas locales que crean incentivos especiales para usar tecnologías FRE.
• El progreso acelerado que han tenido las tecnologías renovables.
•
Figura 1. Capacidad total de generación eléctrica mundial, 2007-2016 (MW)

Fuente: Secretaría de Energía (SENER), México.
Como se ha mencionado efectivamente muchos gobiernos de países se han inclinado por establecer
políticas públicas con el fin de proteger al medio ambiente, y esto ha generado un incremento en la participación de la capacidad instalada de energías renovables a nivel mundial.

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Figura 2. Participación de las energías renovables en la capacidad instalada mundial, 2007 y 2016

Fuente: Secretaría de Energía (SENER), México.
Cooperación internacional para el desarrollo de las energías renovables
La cooperación internacional en materia de combate al cambio climático en la actualidad y como
resultado de la preocupación por el medio ambiente ha propiciado la creación de mecanismos de cooperación internacional que buscan contrarrestar los efectos dañinos al medio ambiente, entre ellos el
Consejo Mundial de Energía y su programa para los futuros líderes, Panel Intergubernamental sobre el
Cambio Climático, PIIC, la Convención Marco de las Naciones Unidas sobre el Cambio Climático, el
Protocolo de Kioto y la Conferencia de las Partes de París en 2015, “cuyo objetivo es lograr un acuerdo
universal, jurídicamente vinculante, para reducir las emisiones de gases de efecto invernadero a fin de
limitar el aumento de la temperatura global del planeta a 2 °C respecto a los niveles preindustriales. La
Conferencia de París constituye la culminación de un largo proceso de negociación, arduo y difícil, para
renovar los compromisos asumidos por las Partes en 1997. Como en anteriores Conferencias, su conclusión exitosa requerirá grandes dosis de trabajo, paciencia y habilidad negociadora, puesto que el proceso
de negociación ha sufrido un desgaste importante a lo largo de estos años, especialmente desde 2009. La
situación ya no es la misma que llevó a finales de los noventa a subscribir de modo entusiasta el Protocolo
de Kioto. De hecho, desde su entrada en vigor, todo el proceso se encuentra lastrado por la falta de apoyo
y de confianza entre las Partes,4 especialmente de los actores principales en la escena internacional.”
(Campins, 2015)
Es importante mencionar que para poder continuar con las metas establecidas en diversos foros internacionales y al ritmo que se ha incrementado en las últimas décadas, es necesario seguir invirtiendo en
I+D+E+i+e, es decir, investigación y desarrollo, educación, e innovación y emprendimiento, ya que es a
través de la convergencia de estas, incluyendo la creación de empresas y empleos en el sector, generando
el desarrollo tecnológico y económico que propicia el crecimiento.
Beltrán Téllez et al. (2017) menciona que “en cuanto al desarrollo tecnológico, los 10 principales
fabricantes de turbinas, que capturaron el 73.2 % de ventas del mercado mundial en 2015, frente al 77 %
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en 2012, se distribuyeron de la siguiente manera: China (5), Europa (4), y EE. UU. (1). En el 2015, China
dominó el mercado con el 28 %, seguida por Dinamarca con 11.8 % y EE. UU. con un 9.5 % (REN21,
2015; REN21, 2016). En el 2015, la marca Goldwind obtuvo el primer lugar en ventas, con un 12.5 %,
Vestas el segundo con el 11.8 %, GE Wind el tercero y Siemens obtuvo el cuarto lugar (REN21, 2014;
REN21, 2015; REN21, 2016).”
La cooperación internacional, como ya se ha mencionado incluye no sólo la cooperación entre Estados, sino también entre organizaciones no gubernamentales (ONG´s), empresas, universidades, individuos y organizaciones internacionales, incluyendo las principales actividades de la población, tal como
menciona el Consejo Mundial de Energía (2014):
En colaboración con otras organizaciones internacionales, como la Organización Mundial de
Comercio (OMC), el CME aspira a influir en los debates a nivel regional e internacional para
mejorar el acceso a los mercados y superar las barreras comerciales transnacionales a las que
se enfrentan los bienes y servicios energéticos. Las recomendaciones de nuestras Reglas para
el comercio ya han sido aprovechadas por los miembros del Foro de Cooperación Económica
Asia-Pacífico, quienes han acordado poner un límite del 5% a las tasas arancelarias para 54 tipos
de bienes “ecológicos”.
En este caso el comercio internacional afecta el cambio climático debido al consumo de energía
derivada de la transportación de insumos y mercancías, así como la emisión de CO2 por los medios de
transporte utilizados, y este proceso incluye la logística inversa, para reciclaje o por defectos en su producción, provocando un proceso extra en el que también se consume energía y se genera contaminación
por transporte y almacenaje.
Acciones que se han tomado en el mundo para promoverlas de manera local: los casos de Dinamarca,
España y Estonia
Aunque existen países en los que el fenómeno del cambio climático se ha tomado muy seriamente y
han mostrado grandes avances en la búsqueda, desarrollo y utilización de fuentes de energía renovables
como la eólica y la solar, también hay países que se han quedado rezagados o bien que aún se desconoce el potencial que tienen en esta materia, como es el caso de Rusia, que, “con poca experiencia rusa en
este sector, escaso conocimiento tecnológico sobre las energías renovables y estructuras inadecuadas del
mercado interno, el desarrollo de un sector nacional de bioenergía sólida no es nada fácil. Por lo tanto, los
desarrollos de pellets de madera del noroeste de Rusia no pueden remontarse a nuevas políticas federales,
solo en parte a la demanda local y la estimulación, y significativamente a los conductores extranjeros. La
gran demanda de la UE de pellets de madera y la intensificación de la colaboración con empresas extranjeras y organizaciones líderes en el campo de la investigación, la tecnología y el comercio de bioenergía
sólida han desencadenado estos desarrollos. Pero es un largo camino antes de que Rusia sea liberada de su
adicción a los combustibles fósiles, como reiteradamente prometieron los funcionarios gubernamentales”
(Pristupa y Mol, 2015).
El caso de Dinamarca.
Uno de los países líderes en la generación de energía eólica en el mundo es Dinamarca, de acuerdo a
la Asociación Danesa de la Industria Eólica (2014):
Una mirada rápida a los números lo dice todo: en Dinamarca, las turbinas eólicas son una parte
vital del sistema energético, ya que proporcionan alrededor del 39% de la electricidad danesa en
2014. En enero de 2014, las turbinas eólicas entregaron un promedio del 63% del consumo total.
Hoy, Dinamarca usa la mayor parte de la energía eólica por ciudadano en el mundo. El porcentaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 6, Julio - Diciembre 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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je récord destaca la posición de Dinamarca como líder en la búsqueda del sistema energético más
renovable y competitivo en costos del futuro.
Dinamarca es un ejemplo en generación de energía eólica, además de ser uno de los pioneros en el
mundo, sigue buscando ser referencia en el sector, y se espera que para el 2022 la generación combinada
de energías renovables alcance el 70% de la energía danesa.
El caso de España
España es sin duda alguna uno de los países en el mundo en donde el desarrollo de energías renovables, principalmente la eólica y solar han tenido un éxito incomparable, ya que ha contribuido también a
la creación de empleos en un momento de crisis económica interna, y al ser también un país exportador de
generadores de energía eólica y paneles solares ha provocado el ingreso de divisas extranjeras.
Jiménez (2011) menciona que:
En relación a la meta de energías renovables, a mediados del año 2005 el gobierno español publicó el “Plan de Fomento de las Energías Renovables 2005-2010”, el cual buscaba revisar las
metas fijadas en el plan anterior (período 2000-2010), además de definir nuevas acciones para
alcanzar dichos objetivos. El objetivo principal era que a finales del 2010 las energías renovables
cubrieran el 12% del consumo primario energético, pero también se buscaba que estas energías
produjeran el 30,3% del consumo bruto de electricidad y proveyeran el 5,8% de la energía utilizada en el transporte.
Sin embargo, a pesar de este éxito, es preciso que se mantenga e incremente la capacidad española de
generación de energía eólica y solar para no quedar rezagada de los nuevos países que están invirtiendo
exitosamente en este tipo de energías.
El caso de Estonia.
La capacidad de generación de energía eólica en el Mar Báltico ha sido aprovechada por varios países
nórdicos como Noruega, Suecia, Finlandia y por supuesto Dinamarca cuyo caso ya se ha expuesto en este
trabajo de investigación. Sumado a ellos, los Países Bálticos, Lituania, Letonia y Estonia han iniciado
desde hace tiempo también sus respectivos proyectos de generación de energía eólica, siendo también
pioneros en la cooperación internacional en esta materia. De acuerdo al Ministerio de Asuntos Económicos y Comunicación de la República de Estonia (2015), “se han establecido mecanismos de cooperación
acorde con la Directiva Europea (2009/28/EC, Art. 6-8), en el cual se establece que cualquier Estado
Miembro puede conjuntamente con otro colaborar para alcanzar sus propias metas de generación de energía renovable. Es decir que pueden solicitar a otro Estado Miembro que produzca energía renovable para
ellos financiándole las instalaciones ofreciendo como ventaja para el Estado productor mejorar en sus
estadísticas ambientales.” Menciona también lo siguiente:
• El objetivo de energía renovable de la UE 2020 para Estonia es del 25%.
• En 2006, la participación de la energía renovable en el consumo final bruto de energía de Estonia
fue del 16%.
• Hoy se espera que Estonia tenga un excedente de energía renovable hasta el año 2020 ya que la
participación de ER alcanzó el 25% ya en 2011.
• Experiencia y confianza en el comercio internacional de emisiones.
• Entre 2010-2011, más del 50% de las ventas de cuotas gubernamentales de CO2 (AAU) del excedente del mundo se han hecho por Estonia. Durante 2010-2013, las ventas de AAU-s por parte de
Estonia ascendieron a 392 millones de EUR.
• Impulsor pionero en la Implementación Conjunta (JI). Estonia ha implementado 12 proyectos
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exitosos en cooperación con Finlandia, Austria, Suecia y la Nordic Environment Finance Corporation.
• Se adoptará pronto una base jurídica para permitir las negociaciones de los mecanismos cooperativos de ER con otros Estados miembros de la Unión Europea.
• Ecofys: un consorcio creado por la Comisión Europea ha explorado la implementación práctica
de mecanismos de cooperación ER. De sus cinco estudios de caso, uno fue sobre la Transferencia
Estadística entre Estonia y Luxemburgo.
Con ello se han establecido ya diversas granjas eólicas en el territorio de Estonia, que goza de un litoral al Mar Báltico y una multitud de islas, muchas de ellas deshabitadas que sirven de sitio perfecto para
continuar con el ambicioso plan estonio en materia energética. Cabe mencionar que al ser Estonia un país
que en su historia reciente ha alcanzado un alto nivel tecnológico, gracias a sus políticas de promoción de
las nuevas tecnologías y fomento a la cultura del emprendimiento, en el cual incluso el acceso a internet
de alta velocidad es gratuito y establecido como un derecho ciudadano básico en su propia Constitución.
Entonces al ser un país interconectado resulta de importancia vital, y parte de su seguridad nacional
contar con un sistema de energía moderno, eficiente, seguro y autosuficiente, como es el caso de la energía eólica.
Figura 3. Energía eólica en Estonia: Granjas eólicas funcionando en el país.

Fuente: Ministerio de Asuntos Económicos y Comunicación, República de Estonia
Contribución de las energías renovables y la cooperación internacional para el desarrollo: Proyecto
de la Agencia Islandesa de Cooperación Internacional para el Desarrollo (ICEIDA, por sus siglas en
inglés), de saneamiento de agua en Malawi.
La cooperación internacional abarca no sólo el proceso de promoción, investigación y desarrollo de
energías renovables, sino también el desarrollo de comunidades vulnerables mediante la utilización de
fuentes de energía renovable, como es el caso del proyecto islandés de agua y saneamiento en el distrito
de Mangochi, Malawi:
Un proyecto que puede ser un pionero para proyectos similares en otras áreas en el futuro, ya
que afecta positivamente en la vida cotidiana local. En cooperación con el gobierno de Malawi,
ICEIDA gestiona un proyecto de agua y saneamiento en el lago Malawi en el distrito de Mangochi, Nankumba, con el principal objetivo de mejorar el acceso al agua potable y mejores instalaciones sanitarias para prevenir el estallido de enfermedades relacionadas con el agua como
el cólera. El sistema de agua en Mangochi está alimentado con energía solar, y existen grandes
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 3 No. 6, Julio - Diciembre 2017, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México Monterrey, México, ISSN 2395-8448. pp 62-72. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/80

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expectativas de que dichos sistemas en el África subsahariana rural se alimentarán de esa manera
(ICEDA, 2009).
El ejemplo de Islandia en materia de cooperación internacional para el desarrollo utilizando fuentes
de energía renovable, en este caso de energía solar, no solamente fomenta la creación de energía, sino
que a su vez ayuda a mejorar las condiciones de vida de la población de un país en desarrollo utilizando
la energía solar como instrumento para el saneamiento de agua, lo cual sirve de ejemplo para otros países
que buscan cooperar con otros en el desarrollo y utilización de energías renovables.
3.- MÉTODO
Diseño
El enfoque investigativo de la presente investigación es cualitativo, de acuerdo con Hernández, Batista
y Fernández (2014) “Utiliza la recolección y análisis de los datos para afinar las preguntas de investigación o revelar nuevas interrogantes en el proceso de interpretación” (p.7).
Alcanzando un diseño no experimental “Que se realiza sin la manipulación deliberada de variables y
en los que sólo se observan los fenómenos en su ambiente natural para después analizarlos” (Hernández,
Batista y Fernández, 2014, p. 149).
El alcance establecido es el exploratorio “emplean cuando el objetivo consiste en examinar un tema
poco estudiado o novedoso” (Hernández, Batista y Fernández, 2014, p. 91).
Instrumentos
Para la construcción del marco teórico-conceptual del estado de la cooperación internacional para el
desarrollo de las energías renovables, particularmente la energía eólica y solar, se consultaron un total de
diecisiete referencias bibliográficas utilizándose como instrumento las ideas, argumentos y proyectos que
fueron interpretados desde una perspectiva analítica y crítica.
Procedimiento
Con relación a la comprensión del problema de la investigación se recopilan fuentes secundarias de
documentos académicos. En el marco de referencia se definen los conceptos básicos relativos al estado
de la cooperación internacional para el desarrollo de las energías renovables, particularmente la energía
eólica y solar. Una vez recopilada y analizada la información se construye el documento objeto de este
trabajo. Por último, se realizan las recomendaciones y conclusiones conforme a los objetivos trazados
(Bascón et al, 2016, p. 39).
CONCLUSIONES
La tendencia mundial actual de energía verde y la inversión sustancial en tecnología de energía limpia
está proporcionando un rápido aumento en las oportunidades de cooperación internacional y de negocios
para los especialistas en la materia que incluye no solamente a los gobiernos de los distintos países del
mundo, sino también a organizaciones internacionales, investigadores, tecnólogos, científicos, operadores,
empresas productoras de equipos de generación de energía eólica y paneles solares, empresas especialistas en carga de proyectos que tienen las capacidades requeridas en la gestión de la cadena de suministro
de equipos de gran tamaño.
De acuerdo a Jiménez (2016), “el cambio climático es un tema de interés global y local. Para ser
analizado de manera holística es necesario su énfasis en la parte de la economía y su gobernanza que
implica consideraciones científicas y prácticas”. Es por esta razón que resulta primordial incrementar no
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sólo la cooperación internacional en sector de energías renovables, sino también la investigación científica
del mismo. Durante este trabajo de investigación se han encontrado dificultades por la poca información
confiable y actual sobre un tema que resulta de importancia relevante para el desarrollo sustentable del
mundo; se ha encontrado también que, si bien existen en el mundo diversos mecanismos de cooperación
internacional puestos en marcha desde la década de 1970 incluso, tales como redes temáticas, acciones
que incluyen I+D+E+i+e (Investigación, Desarrollo, Educación, Innovación y Emprendimiento) que
coadyuvan a la investigación y transferencia tecnológica y mejora de competitividad y colaboración entre
las empresas y países líderes en el sector de energías renovables, eólica y solar, primordialmente. Aún se
requiere de una mayor y más estrecha cooperación entre los distintos actores internacionales y nacionales
previamente mencionados para poder alcanzar las metas establecidas en los diversos foros internacionales, así como plantear retos todavía más ambiciosos como los que algunos países ya se han estado implementando, como son los casos de China, Dinamarca, Estonia, Estados Unidos, Islandia y México.
En este sentido se puede ver que en muchos países siguen mencionando las ER como una tarea
pendiente a futuro, y siguen basando su economía y desarrollo en fuentes energéticas no renovables, las
cuales se basan en modelos energéticos que pronto podrían ser obsoletos por el alto costo económico y
por su impacto negativo al medio ambiente.
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                    <text>Año. 4, No 7, Enero-Junio 2018. ISSN 2395-8448

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El editor y los autores son responsables de los artículos aquí publicados.
Se autoriza la reproducción total o parcial de los artículos citando la fuente y el autor o los autores

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de
Nuevo León, Monterrey, México, pp. 1-95,
ISSN 2395-8448

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Universidad de San Diego Universidad de Concepción
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EQUIPO EDITORIAL
Director
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Factultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internaciones
Revista Políticas, Globalidad y Ciudadanía

Editores
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Dr. Francisco Gorjón Gómez
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Asistentes Editoriales:
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�Presentación

La Universidad Autónoma de Nuevo León es una institución dedicada a la formación integral en los
campos de las ciencias, las humanidades y la tecnología, la investigación científica y la promoción del
desarrollo cultural e ideológico de la sociedad, formando líderes y dirigentes con responsabilidad ética,
compromiso histórico y con el propósito de fortalecer la identidad regional, nacional y latinoamericana. La
revista digital Política, Ciudadanía y Globalidad, revista científica de esta institución, se articula a todas
las instancias de este proyecto.
Política, Ciudadanía y Globalidad circula semestralmente en presentación electrónica, y en el sistema
Open Access, desde enero de 2015. Busca convertirse en un medio insoslayable para la publicación de
artículos científicos, inéditos, y producto de una investigación en español e inglés, de autores nacionales
e internacionales los cuales ceden todos los derechos de publicación al editor, sometiéndose los artículos
a una evaluación de árbitros, bajo la modalidad doble ciego, a fin de liderar un espacio de promoción del
desarrollo científico, el aprendizaje y el desarrollo desde la región Noreste de México.
Más en específico, es un instrumento para la socialización del conocimiento de las comunidades académicas que engloba la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales de la Autónoma de
Nuevo León, y es un espacio para la reflexión y el debate crítico, propicio para la construcción de conocimiento que redunde en el desarrollo académico, organizacional y social, en el entorno local, nacional e
internacional.
Política, Ciudadanía y Globalidad está dirigido a investigadores, estudiantes de educación superior,
funcionarios públicos, empresarios, gremios, y a toda la sociedad de conocimiento. A través de esta revista
científica, se divulga la producción intelectual y la investigación para el desarrollo de la ciencia política,
incluyendo todas las sub-áreas propias de la misma. El equipo de colaboradores está comprometido con el
fortalecimiento de los criterios de calidad científica, editorial, visibilidad e impacto en la comunidad científica, como respuesta a los nuevos lineamientos del Modelo Redalyc.
Presentation
Our university, Universidad Autónoma de Nuevo León is an institution dedicated to promote integral
education in the fields of science, humanities and technology, scientific research and it fosters cultural and
ideological development of society. This institution is in charge of forming responsible and ethical leaders
who must have historical commitment and who must have the purpose of strengthening the regional, national and Latin American identity. The digital magazine Política, Ciudadanía y Globalidad, a scientific
journal of this institution, links directly to all the instances of this project.
Política, Ciudadanía y Globalidad, has circulated each semester on its electronic version in Open Access system, since January 2015. It is trying to become a relevant medium in terms of publishing scientific
articles derived from research studies done, etiher in Spanish or English, by national and international authors who give in the rights for the editor to publish them. These articles go through an evaluation process,
Double Blind Review, before they are selected to be published in order to achieve the goal of promoting
scientific development and learning in Northeastern Mexico.
It is also a tool for the socialization of the academic communities of The School of Political Science and
International Relations of our institution. Likewise, it is a space for reflection and critical debate in order

�to construct knowledge that will end up enriching academic, organizational and social development in
local, national and international contexts. Política, Ciudadanía y Globalidad is aimed towards researchers,
students, public officials, businessmen, trade associations and the entire knowledge society. Intellectual
production and research done for politics development is disclosed in this scientific magazine. Contributor
crew is committed to the scientific, editorial, visibility and impact criteria enhancement, in response to the
new Redalyc Model guidelines.

�Tabla de Contenido
Editorial.......................................................................................................................................................11
De la democracia participativa al gobierno Abierto: hacia una delimitación conceptual...............................................................................................................................................................14
From participatory democracy to Open government: towards a conceptual delimitation
Carlos Gómez Díaz de León, Universidad Autónoma de Nuevo León, México
La transformación biopólítica del Estado-Nación “El arte de gobernar a las poblaciones en el neoliberalismo”...........................................................................................................................................................31
The bio-political transformation of the Nation-State “The art of governing populations in neoliberalism”
Gustavo García Rojas, Universidad Autónoma de Nuevo León, México
The political communication as an influencer of public opinion on human rights issues. Case Study:
San Salvador Atenco...................................................................................................................................42
La comunicación política como un influenciador en asuntos de derechos humanos. Caso de Estudio: San
Salvador Atenco
Pedro Rúl, Rivera-Hernandez
Felipe de Jesús, Marañon-Lazcano, Universidad Autónoma de Nuevo León, México
Relaciones diplomáticas de México con Estados Unidos y América Latina en las primeras década del
siglo XXI......................................................................................................................................................55
Diplomatic relations of Mexico with the United States and Latin America in the first decades of the 21st
centurySan Salvador Atenco
José Manuel, Vázquez-Godina, Universidad Autónoma de Nuevo León, México
Turbulencia con los datos personales, entre lo Público y lo Privado.....................................................68
Turbulence of Personal Data, between Public and Private
José Guillermo, García-Murillo, Universidad Autónoma de Nuevo León, México
Percepción de las instituciones formales e informales en la formación ciudadana de las Niñas y los Niños................................................................................................................................................................82
Perception of formal and informal institutions involved in the civic education of children
Moncerrat, Arango Morales, Universidad Autónoma de Nuevo León, México
Politica Editorial.........................................................................................................................................95

�11
Editorial

Jorge Isaac Lechuga-Cardozo
Coeditor Revista Política, Globalidad y Ciudadanía
https://orcid.org/0000-0002-0999-5468
Cómo referenciar la editorial:
Lechuga-Cardozo, J. (2018). Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, 11-28. Recuperado de http://
revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/94/83
Hoy por hoy gran parte del mundo ha sido testigo de transformaciones fundamentales, tanto en las relaciones entre los estados y sus sociedades nacionales, así la emergencia de las redes sociales, la revolución
de las telecomunicaciones, la tendencia al multilateralismo y la diversificación de los asuntos políticos,
exigen de la política actual sea un instrumento para la negociación, el intercambio de ideas y la acción, lo
que supone un reto para los actores gubernamentales. En este sentido, el presente volumen, los autores,
muestran resultados de sus investigaciones relacionadas democracia, gobierno, comunicación política, diplomacia y Habeas data.
De modo que la revista Política, Globalidad y Ciudadanía, revista científica editada por la Facultad de
Relaciones Internacionales y Ciencias Políticas de la Universidad Autónoma de Nuevo León, consiente de
la necesidad del estudio y reflexión de las ciencias sociales, presenta a la comunidad académica-científica,
nacional e internacional un nuevo número, en la que se pueden consultar investigaciones relacionadas con
las distintas áreas de las ciencias sociales. Como es el caso de la investigación desarrollada por Carlos Gómez Díaz de León, presenta un estudio cuyo objetivo consistió en consistió en reflexionar sobre el concepto
de democracia como una forma de participación política de la sociedad en su conjunto. Se concluyó, que
las transformaciones económicas, sociales y tecnológicas han provocado reformas trascendentales en el
modelo de gobierno, afectando de esta manera el funcionamiento de las democracias modernas.
Por su parte, Gustavo García Rojas, presenta un artículo producto de una revisión bibliográfica con
el objetivo de debatir sobre las transformaciones conceptuales clave en lo referente al papel del estado o
el “arte de gobernar” desde la postura crítica de la biopolítica. Se encontró que se articula este cambio de
concepciones histórico con las formulaciones críticas de la colonialidad y la forma política del estado de
excepción en la trayectoria de transformaciones que ha tenido el papel del estado-nación como forma privilegiada de poder en el capitalismo. En el presente capitulo se abordará de manera general.
Asimismo, Pedro Paul Rivera Hernández y Felipe de Jesús, Marañón-Lazcano presentan un artículo
el cual tuvo como objetivo analizar el impacto de la comunicación política en el estudio de caso de San
Salvador Atenco, donde las fuerzas policiales y los ciudadanos se enfrentaron, generando una serie de
violaciones de los derechos de este último y afectando la imagen de los políticos asociados con el tema,
se concluye haciendo una reflexión de la contribución que la mediación tiene en la búsqueda del respeto
a los derechos humanos y cómo esta afecta la percepción de los actores políticos involucrados en el caso.
Al mismo tiempo, José Manuel Vázquez Godina en su artículo cuyo objetivo fue analizar las Relaciones Diplomáticas a lo largo del tiempo de México con Estados Unidos y México con América Latina. Se
encontró que las relaciones que México ha sostenido con Estados Unidos y Latinoamérica han sido controvertidas, esto ha generado que los objetivos de la política exterior de México planteados por los diferentes
jefes de estado consideren como una variable de mayor influencia al país vecino del norte.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/9

�12
Ahora bien, José Guillermo García Murillo en su artículo cuyo objetivo consistió en mostrar evidencia del Hábeas Data como un instrumento en el sistema Jurídico Mexicano. Se encontró que La protección
de datos personales en México reviste de una garantía Constitucional y facultades conocidas como derechos
ARCO, vinculándose a la esfera del derecho a la información y libertad de expresión, pero, además, como
un límite para proteger la privacidad, intimidad y la dignidad de los individuos. El límite del derecho a la
información es el respeto que debe de tenerse a la vida privada de las personas quienes son las únicas facultadas para dar su consentimiento y que se pueda difundir su información.
Finalmente, es importante resaltar, que el presente número de la revista Política, Globalidad y Ciudadanía comprende el análisis y reflexiones de diversos asuntos de las ciencias sociales con el ánimo de
contribuir a un debate con pares de diferentes instituciones y cooperar de nuevos conocimientos que generen aportación social.
Editorial
Jorge Isaac Lechuga-Cardozo
Coeditor Revista Política, Globalidad y Ciudadanía
https://orcid.org/0000-0002-0999-5468
Today, a great part of the world has witnessed fundamental transformations, both in relations between
states and their national societies, as well as the emergence of social networks, the telecommunications
revolution, the tendency to multilateralism and the diversification of political affairs demand the current
politics be an instrument for negotiation, the exchange of ideas and action, which is a challenge for governmental actors. In this sense, the present volume, the authors show results of their research related to
democracy, government, political communication, diplomacy and Habeas data.
So that Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, a scientific journal edited by the School of Political Sciences and International Relations of Universidad Autónoma de Nuevo León, aware of the need for
the study and reflection of social sciences, presents the national and international academic - scientific community a new number in which you can consult research related to the different areas of social sciences. As
is the case of the research carried out by Carlos Gómez Díaz de León, he presents a study which objective
was to reflect on the concept of democracy as a form of political participation of society as a whole. It was
concluded that the economic, social and technological transformations have caused transcendental reforms
in the government model, that affect the functioning of modern democracies.
On the other hand, Gustavo García Rojas, presents an article that is the product of a bibliographic review with the objective of discussing the key conceptual transformations regarding the role of the state or
the “art of governing” from the critical position of biopolitics. It was found that this change of historical
conceptions is articulated with the critical formulations of coloniality and the political form of the state of
exception in the path of transformations that the role of the nation-state has had as a privileged form of
power in capitalism. This chapter will be addressed in a general way.
Likewise, Pedro Paul Rivera Hernández and Felipe de Jesús, Marañón-Lazcano present an article
which aimed to analyze the impact of political communication in the case study of San Salvador Atenco,
where police forces and citizens clashed, generating a series of violations of the rights of the latter and
affecting the image of the politicians associated with the issue, it is concluded by reflecting on the contribution that mediation has in the search for respect for human rights and how this affects the perception of the
political actors involved in the case.
At the same time, José Manuel Vázquez Godina in his article, which objective was to analyze DiRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/9

�13
plomatic Relations throughout the time between Mexico and the United States, and between Mexico and
Latin America. It was found that the relations that Mexico has had with the United States and Latin America
have been controversial, this has generated that the objectives of Mexico’s foreign policy proposed by the
different heads of state consider the neighboring northern country as a variable of greatest influence.
Now, José Guillermo García Murillo in his article, which objective was to show evidence of Habeas
Data as an instrument in the Mexican Legal System, it was found that the protection of personal data in
Mexico has a Constitutional guarantee and powers known as ARCO rights, linking to the sphere of the right
to information and freedom of expression, but also as a limit to protect the privacy, intimacy and dignity of
individuals. The limit of the right to information is the respect that must be given to the private life of people
who are the only ones empowered to give their consent for their information to be disseminated.
Finally, it is important to highlight that the present issue of the journal Revista Política, Globalidad
y Ciudadanía includes the analysis and reflections of various social science issues with the aim of contributing to a debate with peers from different institutions and cooperating with new knowledge that generates
social contribution.

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/9

�14
De la democracia participativa al gobierno abierto: hacia una delimitación conceptual
From participatory democracy to open government: towards a conceptual delimitation
Carlos Gómez Díaz de León1
Universidad Autónoma de Nuevo León
DOI: http://dx.doi.org/10.29105/pgc4.7-1 			

https://orcid.org/0000-0001-6796-5569

RESUMEN
El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo consistió en reflexionar sobre el concepto de democracia como una forma de participación política de la sociedad en su conjunto. Se aplicó el método de
análisis, con un enfoque cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico transversal. Tras
la revisión documental se encontró que: debido a las profundas transformaciones que se viven a nivel mundial producto
de los distintos movimientos sociales, políticos y económicos, inducen a la reflexión serena y aguda sobre las mejores
formas de organizar las instituciones gubernamentales y sobre todo el papel del ciudadano en los sistemas políticos. Se
concluye que las transformaciones económicas, sociales y tecnológicas han provocado reformas trascendentales en el
modelo de gobierno, afectando de esta manera el funcionamiento de las democracias modernas.
Palabras clave: Democracia, Gobierno, Gobierno Abierto, Legitimidad Democrática, Participación Ciudadana.
ABSTRACT
This article is the product of a literature review, which objective was to reflect on the concept of democracy as a
form of political participation of society as a whole. The method of analysis was applied, with a qualitative approach,
non-experimental design, under a transversal documentary-bibliographic level. After the documentary review, it was
found that: due to the profound transformations that are experienced worldwide as a result of the different social, political and economic movements, they induce a serene and acute reflection on the best ways to organize government
institutions and especially the citizen’s role in political systems. It is concluded that the economic, social and technological transformations have caused transcendental reforms in the government model, thus affecting the functioning of
modern democracies.
Key words: Democracy, government, open government, democratic legitimacy, citizen participation.

Cómo referenciar este artículo:
Gómez Díaz, C. (2018). De la Democracia participativa al Gobierno Abierto: hacia una delimitación conceptual.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, 14-30. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/
article/view/86
Recibido: 05 de Julio 2017 - Aceptado: 30 de Agosto 2017

1
Doctorado en Derecho Público en Sceaux Francia, Docente Investigador en la Facultad de Ciencias Políticas
y Administración Publica, Universidad Autónoma de Nuevo León. Correo electrónico: dr.cgomez56@gmail.com
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 14-30. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/86

�De la Democracia participativa al Gobierno Abierto...

1.

INTRODUCCIÓN

Desde los tiempos más remotos de la historia de la humanidad los hombres se han preocupado por
organizar su comunidad a fin de decidir sobre los aspectos que conciernen a todos, a la colectividad. Esta
actividad es precisamente lo que conocemos como política; la sociedad se organiza por medio del gobierno,
y de acuerdo con los teóricos y filósofos de la ciencia política, la mejor forma de participar en este proceso
ha sido la democracia.
Muy probablemente ningún otro concepto haya sido tan analizado en la historia de la teoría y la filosofía
política como este último concepto, la democracia. En efecto, a pesar de contar con más de dos siglos y
medio de existencia como categoría social y de una experiencia efímera en la antigua Grecia, la democracia sigue siendo hoy, en pleno siglo XXI objeto de debates y controversias entre politólogos y académicos
sociales que tratan de explicar sus condiciones, características, valores, medios, contextos, etc. Sin lugar a
dudas es lícito afirmar que la democracia se ha convertido en el modelo moderno de sistema de gobierno
por excelencia.
El proceso de desarrollo histórico del concepto desde la acuñación del concepto por parte de los antiguos griegos ha venido renovando su significado llevándola a diversos momentos y características que han
dado lugar a calificativos que pueden ser contrastados y que revisten una connotación muy diversa. Desde
las célebres clasificaciones de Aristóteles de las distintas formas de gobierno, pasando por Maquiavelo
clasificación de las formas de organización de los Estados, y con la caracterización de la democracia que
nos ofrece Tocqueville, hasta la identificación de las condiciones actuales que conforman los modelos democráticos modernos (Sartori, 2008; Bobbio, 2000; Cerroni, 1997, entre otros filósofos políticos recientes).
Por eso, como bien lo señala Bovero de una forma muy original y analógica (2002), en la era moderna del
concepto y para su construcción teórica y empírica es necesario agotar su “gramática”, y podemos pasar de
los sustantivos o la cosa por definir, a los adjetivos, es decir a los calificativos o modalidades, y de éstos a
los verbos de la democracia, es decir las dinámicas que involucra, y con ello no agotaríamos los diversos
ángulos bajo los cuales puede analizarse esta institución.
Por lo anteriormente expuesto, el tema resulta de especial interés en momentos en que se están viviendo
profundas transformaciones a nivel mundial producto de movimientos sociales, económicos y políticos que
inducen a la reflexión serena y aguda sobre las mejores formas de organizar las instituciones gubernamentales y sobre todo el papel del ciudadano en los sistemas políticos. Esto último en razón de la potencialización que han dado a la participación ciudadana dos fenómenos estrechamente relacionados y que afectan
directamente el funcionamiento y la dinámica gubernamental. Primeramente, el vertiginoso desarrollo tecnológico del sector de telecomunicaciones, información digital, ingeniería artificial, robótica, entre otros
aspectos. Desde la perspectiva de la comunicación y la información este extraordinario desarrollo ofrece
una ventana de interacción entre el gobierno y el ciudadano que incluso se convierte en un desafío por la
necesidad de su adecuada regulación y uso mesurado. En segundo lugar, desde la perspectiva de la sociedad
civil, la emergencia de las redes sociales como consecuencia del desarrollo tecnológica arriba mencionado,
proporciona mayores espacios de comunicación, reflexión, organización e intervención de la ciudadanía en
los asuntos públicos.
En este contexto, la categoría gobierno también se ha visto influenciada por los vertiginosos cambios en
el entorno global y local en función de las exigencias ciudadanas de mayor eficacia, calidad y posibilidades
de participación en los procesos deliberativos de las políticas públicas. Como veremos en este trabajo la
categoría ha llegado a su punto más actual con la caracterización del Gobierno Abierto. Se identifica como
un modelo de gestión (Mariñez Navarro, 2013, pág. 42); implica un conjunto de cambios en la perspectiva
de la cultura organizacional y de gestión. Con la interacción de sus elementos rectores que son la transparencia, la participación y la colaboración, y su plataforma que son las tecnologías de la información, el
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 14-30. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/86

15

�16

Díaz de León, C.

gobierno abierto se ha convertido en una nueva forma de fortalecimiento de las capacidades del gobierno y
la modernización de la administración pública (Mariñez Navarro, pág. 43).
La crisis gubernamental en términos de eficiencia, eficacia y legitimidad (Cabrero: 1997), va conformando condiciones de ingobernabilidad en las cuales se ponen en entredicho las capacidades gubernamentales para dirigir y dar cumplimiento a los objetivos del Estado en términos de progreso, estabilidad y paz
social. Es por ello que a partir del último tercio del siglo XX aparece el concepto de gobernabilidad y en la
última década como una extensión de éste los analistas y académicos han acuñado el término gobernanza
apelando a una nueva forma de gobernar a la sociedad con la sociedad. Si a ello añadimos el espectacular
desarrollo tecnológico de las telecomunicaciones y en general de las tecnologías de la información y comunicación (TIC´S), ello ha contribuido a revitalizar un concepto referido a esta colaboración entre ciudadano
y gobierno, por un lado, y la utilización de las tics para fomentar, mejorar y hacer eficiente el proceso de
gobierno, por otro, con lo cual aparece el concepto o más bien categoría social de Gobierno Abierto. En
esta forma, se articula una relación muy estrecha entre los elementos del modelo democrático con los
paradigmas que las nuevas tecnologías abren a las reformas del Estado moderno y en particular desde la
perspectiva de la participación.
En este marco general, en el presente trabajo partiremos del análisis teórico de los elementos de la
democracia moderna a partir de los postulados de Tocqueville y que conforman el centro de la teoría democrática liberal es decir la igualdad y la libertad, para ir explicando su derivación al modelo representativo
y posteriormente su gradual transformación hacia el gobierno abierto. Para ello analizaremos también los
postulados del régimen de derecho que garantiza el modelo democrático y todo el entramado institucional
que da el marco normativo al proceso de gobierno acorde a la estructura institucional de la división de poderes propuesta por la teoría clásica de Montesquieu.
Metodológicamente, desde un enfoque cualitativo se utilizará el análisis discursivo a partir de los textos
de Tocqueville, Bobbio, Bovero, Cerroni, Sartori y algunos clásicos de la ilustración francesa. Para ello
se discurrirá sobre la evolución de la democracia directa hacia la democracia representativa hasta analizar
las características de los alcances que tiene el gobierno abierto desde la perspectiva democrática. El punto
central del análisis será la participación como un componente indispensable del modelo democrático y su
legitimidad como factor de permanencia. La hipótesis del trabajo plantea que, a través de la participación
colaborativa del ciudadano en la gestión pública, el Gobierno Abierto se convierte en un elemento revitalizador de la democracia en este siglo XXI. Específicamente, partimos de la premisa que la fortaleza y la funcionalidad del acceso a la información como derecho ciudadano, de la transparencia como política pública,
de la rendición de cuentas como mecanismo de responsabilización, y la colaboración como característica
funcional, constituyen las bases de una administración abierta y de un gobierno democrático fundado en el
Estado de derecho.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
La democracia de Tocqueville
Para propósitos del presente trabajo, partiremos de la noción de democracia que nos ofrece uno de los
autores que con mayor lucidez y al mismo tiempo simplicidad ha estudiado el modelo democrático. Sobre
una metodología comparativa y empírica, Alexis de Tocqueville nos ofrece un retrato inigualable de la democracia como sistema de gobierno al describir el sistema político norteamericano. La base sobre la cual se
genera según este autor el modelo democrático es la igualdad de condiciones (Tocqueville, 2012, pág. 31).
Considera que el desarrollo de esta cualidad además de ser providencial tiene las siguientes características:
“universal, durable, que escapa a la potestad humana y todos los acontecimientos, como todos los hombres,
sirven para su desarrollo” (pág. 33). Si bien considera también a la libertad como un valor intrínseco a la
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democracia, la subordina a la igualdad como producto precisamente de ese factor generador que es la igualdad de condiciones. Esto lo explica magistralmente al ponderar la igualdad versus la libertad en la segunda
parte del segundo volumen de su obra al expresar: “No difiriendo entonces ninguno de sus semejantes, nadie podrá ejercer un poder tiránico, pues en este caso, los hombres serán perfectamente libres, porque serán
del todo iguales, y perfectamente iguales porque serán del todo libres, siendo este el objeto ideal hacia el
cual propenden siempre los pueblos democráticos” (pág. 463). Para complementar el modelo, Tocqueville
coincide con sus contemporáneos (Rousseau y Montesquieu) en el sentido que la soberanía reside en el
pueblo y nos explica los principios de representación y del gobierno de la mayoría. En Norteamérica nos
dice este autor, “el pueblo nombra a quien hace la ley y a quien la ejecuta (…) nombra directamente a sus
representantes y los escoge cada año, a fin de tenerlos completamente bajo su dependencia”, también integra los jurados que castigan las infracciones a la ley, y finalmente concluye, “la mayoría es la que gobierna
en nombre del pueblo” (pág. 191). En este breve análisis incluye los tres poderes que constituyen la base del
modelo democrático sustentado en la división de poderes propuesto por Montesquieu Con estos elementos
conceptuales ofrecidos por Tocqueville se construyen los argumentos y estudios que han conformado la
teoría democrática identificada como formal en los debates modernos sobre la democracia y que veremos
con más detalle en el siguiente apartado.
De la democracia formal a una democracia representativa
En la historia del pensamiento político la democracia se ha convertido en el valor ideal de las formas
de gobierno modernas. A pesar de algunas críticas derivadas de visiones limitadas, las cuales sin lugar a
dudas no tienen fundamentación sólida, ya que consideran que esta forma de gobierno nacida en la tradición
teórica occidental de la antigua Grecia no es aplicable en ciertos contextos como es el caso de las culturas
orientales y de países pobres, en los cuales este sistema ha tenido un desempeño más deficiente que los
regímenes autoritarios (Sen: 2007), el modelo democrático es el “menos peor de los regímenes políticos”,
o de manera positiva la mejor forma de gobierno y organización política y social.
Desde la perspectiva de la teoría clásica de la democracia liberal (Bobbio, 2002; Sartori, 2008), los
sistemas políticos modernos y que además pueden caracterizarse como democráticos están sustentados en
dos sólidos pilares: en primer lugar, un conjunto de normas jurídicas que regulan el funcionamiento orgánico del sistema, así como las relaciones necesarias entre los actores participantes en el juego político. Esto
constituye precisamente el régimen de derecho que se constituye en la piedra angular del sistema.
En segundo lugar, ante la imposibilidad de que la sociedad en su totalidad, es decir de que todos y cada
uno de los individuos integrantes de la comunidad política puedan participar directamente en las decisiones
públicas, aparece la institución de la representación como un componente fundamental de las democracias
modernas y que permite un funcionamiento relativamente ágil y eficaz del sistema político.
Así, la democracia se construye a partir de un sistema institucional y complejo de separaciones y equilibrios entre poderes, un entramado de límites y vínculos a su ejercicio, de garantías establecidas para la
tutela de los derechos fundamentales, de técnicas de control y reparación frente a sus violaciones y de una
continua comunicación entre autoridad y ciudadano que vitaliza la legitimidad del proceso de gobierno.
Este complejo sistema de vínculos y equilibrios, desde la perspectiva formal, no es otra cosa que el
régimen de derecho en sentido restringido. En sentido amplio esta ingeniería institucional es el marco
constitucional que regula el funcionamiento de las instituciones públicas y que se convierte en la garantía
fundamental de la democracia y desde el punto de vista sustancial, es decir como sistema de derechos fundamentales establecidos frente a cualquier tentación despótica en el ejercicio del poder, en garantía de la
igualdad y de la representación de las necesidades de todos.
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En palabras de Cerroni (1991) estos procedimientos y controles establecidos como garantía de la representación y del principio de la mayoría integran las reglas de la democracia moderna. Junto a estas dos
reglas encontramos las referidas a otros elementos constitutivos del juego democrático:
•

•
•
•
•
•
•

Regla del consenso: condición sine qua non; es la institucionalización de la confrontación pública, a través de la cual las opiniones y las preferencias dejan de ser idiosincrasia privada, pueden
matizarse, corregirse y modelarse por acción recíproca, converger y reagruparse, y de esta manera
constituir la base de decisiones (públicas) ponderadas.
Regla de la competencia: confrontación de opiniones y competidores
Regla de la mayoría: ninguna decisión tomada por la mayoría debe limitar los derechos de las
minorías
Regla de la minoría: posibilidad de alternancia
Regla del control: poder controlable
Regla de la legalidad: sin violencia
Regla de la responsabilidad: cada uno es responsable de conformar la voluntad general, el interés
público, sacrificando otros intereses.

En esta forma, el modelo democrático procesal-formal se estructura normativamente mediante este
conjunto de reglas, pero no logra asegurar la participación efectiva de amplios grupos de la sociedad en la
toma de decisiones. Por ello es necesario encontrar fórmulas que fomenten esa participación ciudadana a
través de mecanismos y canales plurales y abiertos a la expresión de la ciudadanía. Es a través del capital
social que se legitima el régimen al incorporar a la sociedad civil en los objetivos sociales comunitarios.
Por otra parte, en estrecha relación con el tema de la participación, desde la evolución de la teoría institucional se va conformando un marco teórico sobre la importancia de las relaciones, las normas y los valores2 en los procesos de desarrollo democrático y va construyéndose la noción de capital social (Kliksberg:
2004) y sus implicaciones sobre las políticas públicas, sobre todo en las orientadas hacia la lucha contra la
desigualdad, la pobreza y la marginalidad. El sustrato esencial de esta noción son las relaciones que derivan
de la participación de los individuos y grupos en objetivos comunes. Es precisamente a partir de esos objetivos comunes que podemos incorporar este concepto de capital social a nuestro análisis político.
Con base en estos tres componentes, democracia, capital social y participación, constituyen los principales fundamentos teóricos de cada uno de estos constructos sociales y se trata de vincularlos en la búsqueda de un modelo que articule la participación ciudadana para lograr las metas del desarrollo democrático.
De la democracia representativa a la democracia participativa.
En este marco conceptual, debemos de entender por régimen democrático un conjunto de reglas procesales para la toma de decisiones colectivas en el que está prevista y propiciada la más amplia participación
posible de los interesados (Bobbio, 1984). Estas reglas establecen: quién está autorizado a tomar las decisiones colectivas y, bajo qué procedimientos. Respecto de la modalidad de decisión, la regla básica de la
democracia es la regla de la mayoría.
Es necesario que los representantes, es decir, aquellos llamados a tomar decisiones o que seleccionen
a quiénes van a tomar las decisiones, cuenten con alternativas reales y estén en condiciones de elegir entre
unas y otras. Quienes deciden deben tener garantizados los derechos de opinión, expresión, reunión, asociación, etc. (los derechos “inviolables” del individuo).
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Entre estos valores destacan: confianza, reciprocidad, asociavitidad, civismo, ética.
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Por otra parte, según Robert Dahl (1999: p. 47), existen cinco criterios que un gobierno democrático
debe satisfacer a fin de asegurar que todos los miembros de la sociedad sean políticamente iguales: 1) Participación efectiva; 2) Igualdad de voto; 3) Alcanzar una comprensión ilustrada; 4) Ejercitar el control final
sobre la agenda; 5) Inclusión de los adultos.
A su vez, la satisfacción de estos estándares exige un sistema institucional que cumpla con ciertas características: primero, que esté a cargo de representantes electos; segundo que garantice elecciones libres,
limpias y frecuentes; tercero que garantice la libertad de expresión; cuarto que provea información alternativa; quinto que permita la libertad y la autonomía asociativa; y, sexto, que incluya en la ciudadanía a la
totalidad de los adultos.
Sin embargo, desde la perspectiva de O’Donnell, las modernas democracias son democracias en el
sentido de que cumplen con los criterios de Robert Dahl antes mencionados, pero no son democracias
representativas y menos aún participativas, por lo que las denomina democracias delegativas. Este tipo de
democracias las concibe más bien como una disfunción de la democracia ante la falta de representatividad
de los intereses colectivos, así como de un control efectivo sobre ellos, con lo que busca expresar una forma
de gobierno autoritaria legitimada a través de elecciones democráticas, en el marco de una estructura administrativa autoritaria. Del planteamiento de Dahl llama la atención su reiterada insistencia por el control
de la agenda pública por parte de la ciudadanía como un mecanismo de ajuste permanente para garantizar
la efectiva representatividad de los intereses de la sociedad. Por ello insiste en revisar y controlar ciertos
aspectos a fin de reducir los riesgos de la degeneración a un sistema oligárquico. Estos son: 1) La estabilización de las desigualdades sociales; 2) la deformación de la conciencia cívica; 3) la distorsión de la agenda
pública y, 4) la usurpación del control final sobre la política.
Como podemos apreciar, estas ideas nos advierten las limitaciones del enfoque reduccionista de la democracia a elecciones y votos. Además, se circunscribe al ámbito político.
Superando este enfoque formalista, Bobbio, afirma que la democracia representativa quiere decir que
las deliberaciones colectivas, es decir, las deliberaciones que involucran a toda la colectividad no son tomadas directamente por quienes forman parte de ella, sino por personas elegidas para este fin. De esta forma,
en un Estado representativo, las principales deliberaciones políticas son realizadas por los representantes
elegidos, en este caso, el titular del Poder Ejecutivo y los representantes en el Poder Legislativo, tanto en
el ámbito federal, como estatal y municipal. No obstante, Bobbio (1986) considera que una de las tareas
pendientes de la democracia es rebasar el ámbito estrictamente político y trascender a los espacios empresariales y de los aparatos administrativos. El desarrollo de la democracia debe medirse a partir del incremento
no tanto de los que tienen derecho a participar sino de los espacios para la participación. Es aquí donde se
abre la ventana del gobierno abierto como condicionante del desarrollo democrático. Mientras en los dos
grandes sectores de poder que caracterizan a las sociedades avanzadas, a saber, las empresas y el aparato
administrativo, no se vean procesos democráticos en los cuales se tengan espacios de participación, la democracia estará muy limitada. Esa es la oportunidad que ofrece el Gobierno Abierto.
Guillermo O’Donnell señala que la representación implica, por un lado, el reconocimiento del derecho
de los representantes de hablar en nombre de los que dicen representar y, por otro lado, la capacidad de los
representantes de lograr que los representados concuerden habitualmente con lo que ellos deciden.
Las democracias representativas que nosotros conocemos son democracias en las que por representante
se entiende una persona que tiene las siguientes características:
•

En cuanto goza de la confianza del cuerpo electoral, una vez elegido ya no es responsable frente a
sus electores y en consecuencia no es revocable;

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•

No es responsable directamente frente a sus electores, precisamente porque él está llamado a tutelar
los intereses generales de la sociedad civil y no los intereses particulares de esta o aquella profesión.

Por su parte, como mencionamos más arriba, Bovero identifica cuatro verbos o acciones típicas a través
de los cuales se desarrolla el juego democrático, es decir, el funcionamiento de la democracia. Uno de ellos
es “representar”. La representación puede ser considerada democrática sólo cuando los órganos representativos reflejan las diversas tendencias políticas de los ciudadanos sin exclusiones y en las proporciones
representativas.
No obstante, Bobbio se refiere a la representación como una de “las promesas incumplidas de la democracia”, ya que afirma que la norma constitucional según la cual los legisladores serán los representantes
de la nación en su conjunto y no de grupos de interés particular es el más violado de todos los principios.
Esto en razón de que en las decisiones se atiende a los intereses corporativos y/o particulares y no al interés
general.
En el pensamiento de Bovero, así como más expresamente en el de Rawls, lo fundamental es el debate,
es decir que la democracia debe verse en términos de razonamiento público, con la debida oportunidad
del debate público, así como de la participación interactiva y del encuentro razonado. Sin embargo, este
razonamiento está sustentado en ciertas exigencias sociales que contribuyan al discernimiento objetivo y
justo, tales como la incorporación de información pertinente, la pluralidad de puntos de vista, discusiones
y debates públicos y abiertos. Solo así se logra el razonamiento constructivo y eficaz (Sen: p. 45). Por eso,
el modelo participativo del capital social que es el que se adopta en este trabajo, se inserta mucho más en la
visión comunitarita y neo republicana de la democracia que subraya la inclusión de la sociedad civil en la
toma de decisiones colectivas que ofrece Taylor (Aguilera: p. 61).
En esta visión, “la noción de sociedad civil comprende la multitud de asociaciones libres que existen
fuera del patrocinio oficial y que con frecuencia están dedicadas a propósitos considerados generalmente
no políticos. Ninguna sociedad puede considerarse libre si no permite el funcionamiento de estas organizaciones voluntarias”. Así, la categoría de ciudadano está determinada por el grado de compromiso con la
participación en el espacio público con fundamento en valores, deberes y virtudes sociales, tales como la
solidaridad, la justicia social, la equidad y la igualdad formal y material.
En este marco, consideramos que el modelo de democracia participativa y su vinculación con el capital
social se fundamenta desde tres argumentaciones: primero en la postura de ciudadanía de Marshall y de la
Carta de Derechos y deberes del ciudadano de 1948, en segundo término, en la propuesta de democracia
participativa de Dewey y por último en considerar a la participación ciudadana como fuente de legitimidad
democrática. A continuación, ampliaremos brevemente estas argumentaciones.
La participación política: una responsabilidad ciudadana
El concepto de ciudadanía está estrechamente relacionado con el de democracia. De hecho, es consustancial a la democracia, es decir que no se puede concebir una democracia sin ciudadanos. En este orden de
ideas, la crisis de la democracia se debe a un déficit de ciudadanía. Así lo sentencia Victoria Camps (2010:
p. 10) cuando afirma que “las democracias liberales adolecen de capital social, los ciudadanos no viven
cohesionados y no se sienten motivados para hacerse cargo de unas obligaciones que conciernen a todos”.
Desde la perspectiva histórica, la construcción de la ciudadanía se ha acompañado de la conquista y evolución gradual de los derechos fundamentales, que según Thomas Marshall (1997) pasó de los derechos
civiles a los derechos políticos y después a los derechos sociales.

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De acuerdo con la categorización que nos ofrece Marshall al integrar el concepto de ciudadanía con
tres elementos: el civil, el político y el social. El elemento civil consiste en los derechos necesarios para
gozar de la libertad individual (libertad de la persona, libertad de expresión, de pensamiento y de religión,
el derecho a la propiedad, a cerrar contratos válidos, y el derecho a la justicia). Esta libertad se ejerce en el
continuo intercambio que los individuos realizan entre sí y que corresponden fundamentalmente al ámbito
privado.
Con respecto al elemento político, si bien Marshall se refiere al derecho a participar en el ejercicio del
poder político como miembro de un cuerpo investido de autoridad política, o como electo de los miembros
de tal cuerpo; podemos decir, que hoy en día existen muchas otras formas de participación ciudadana, ya
sean formales o informales, mediante las cuales se puede incidir directa o indirectamente en los asuntos
públicos, sin que ésta se reduzca al fenómeno electoral, es decir a la emisión del sufragio. En efecto, podemos afirmar que se ha venido ampliando el radio de la participación dando lugar incluso a lo que se ha
denominado gobierno abierto. De ello discutiremos más adelante.
Por su parte, el elemento social se refiere a todo el conjunto de prerrogativas que van desde el derecho
a un mínimo de bienestar económico y seguridad, hasta llegar a considerar el derecho a participar del patrimonio social y al vivir de un ser civilizado conforme a los estándares corrientes en la sociedad.
Sin embargo, según Jordi Borja (2002), los derechos que configuran la ciudadanía en nuestros días son
mucho más complejos que en el pasado y se tienen que adecuar a poblaciones y exigencias sociales mucho
más diversificadas e individualizadas. Este autor señala que la construcción histórica de la ciudadanía obedeció a dos procesos fundamentales: por una parte, a la ampliación de los derechos formales de las personas
y por otra parte, al desarrollo de los contenidos reales de los derechos mediante políticas públicas que redujeran las desigualdades sociales y culturales, sin las cuales, los derechos políticos son formales y ficticios,
lo cual supone dar contenidos materiales a los derechos teóricos, ampliando incluso su formulación inicial
y añadiendo nuevos derechos.
En la actualidad, la globalización nos exige establecer cartas de derechos universales, estructuras representativas de regulación y participación en ámbitos supra estatales y políticas públicas que garanticen estos
derechos en los distintos ámbitos, a saber: en contextos internacionales, nacionales y locales.
Esta idea la Organización de las Naciones Unidas (ONU) la consagró en la Declaración Universal de los
Derechos Humanos y particularmente del artículo 29:
•
•

Toda persona tiene deberes respecto a la comunidad puesto que sólo en ella puede desarrollar libre
y plenamente su personalidad.
2En el ejercicio de sus derechos y en el disfrute de sus libertades, toda persona estará solamente
sujeta a las limitaciones establecidas por la ley con el único fin de asegurar el reconocimiento y el
respeto de los derechos y libertades de los demás, y de satisfacer las justas exigencias de la moral,
del orden público y del bienestar general en una sociedad democrática.

De esta forma vemos que los derechos no vienen solos, sino más bien como dice Borja (2002), la ciudadanía es un concepto dialéctico entre derechos y deberes, ya que todos los derechos comportan evidentemente los deberes correspondientes por parte de sus titulares, sin lo cual los derechos pierden eficacia para
el conjunto de la ciudadanía. En la misma dirección, Puyol (2010: p. 55) apunta que el ciudadano es sujeto
de deberes y obligaciones que le vinculan a la vida colectiva y lo comprometen a una visión política con
cierta institucionalidad, y con contenido de justicia social.
En este sentido, le corresponde al Estado como máxima instancia de articulación social, garantizar el
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pleno ejercicio de los derechos fundamentales. Por ello, para efectos de este trabajo centraremos nuestra
atención en el ejercicio de los derechos civiles y políticos, específicamente en el derecho de participación
como un elemento fundamental de la democracia como afirma Víctor Abramovich (2006), que al mismo
tiempo permita alcanzar los derechos sociales como componentes fundamentales del desarrollo democrático.
La educación cívica y la democracia participativa de Dewey
Desde la visión pragmatista del filósofo estadounidense John Dewey, la democracia es una lucha incansable por la libertad y la igualdad. Por lo tanto, la democracia participativa la plantea desde un enfoque
que tiene como base fundamental la educación cívica. En este sentido converge con las ideas de la filósofa española Camps (2010: p. 15), quien sentencia parafraseando a Aristóteles: “de nada sirven las leyes
más útiles, aún ratificadas unánimemente por todo el cuerpo civil, si los ciudadanos no son entrenados y
educados en el régimen”. A partir de prácticas de convivencias plurales y pacíficas es posible construir un
sistema de decisiones públicas maduro y sólido que sea eficaz en la conducción de la vida comunitaria. Para
Dewey, la democracia consiste en un proyecto ético político, un modo de vida personal y colectiva que se
debe incorporar concretamente en las prácticas cotidianas. Es precisamente a partir de esta concepción que
se puede apreciar el vínculo teórico entre gobernanza democrática y participación a través del capital social
que destacamos en este estudio. De acuerdo con Aguilera (2009, p 64), “Dewey ve en la democracia moral
exigencias que vinculan a los individuos y a los grupos.
La sociedad es un entramado de relaciones intersubjetivas, donde los individuos son resultados, productos y agentes participantes de este enjambre social. De este modo, a los individuos se les puede exigir
participar según su capacidad y sus necesidades en la actividad y en los valores del grupo”. Más adelante
el propio Dewey al destacar el valor moral de la democracia, nos ofrece su coincidencia con la perspectiva
institucional que muchos años después perfeccionaría Douglass North y que también guarda una estrecha
relación con el capital social. Si la democracia tiene un significado moral, éste consiste según Dewey en
que “… establece que la prueba suprema de todas las instituciones políticas y todos los dispositivos de la
industria está en la contribución de cada una de ellas al desarrollo acabado de cada uno de los miembros de
la sociedad”. El filósofo norteamericano considera a la democracia como un reflejo de la educación cívica
que debe estar presente en las prácticas cotidianas del ciudadano; un ideal de vida comunitaria. Por lo tanto,
concibe la moral como consecuencia de esa práctica fundada en el valor supremo de desarrollar nuestras
capacidades y las de la colectividad a partir de problemáticas concretas generadas en la propia realidad y
que dan oportunidad de generar los aprendizajes individuales y colectivos que enriquecen el desarrollo
social. Finalmente sentencia: “Una sociedad es democrática en la medida en que facilita la participación en
sus bienes de todos sus miembros en condiciones iguales y que asegura el reajuste flexible de sus instituciones mediante la interacción de las diferentes formas de vida asociada”. Podemos apreciar como involucra
no solamente a individuos, sino que enfatiza el rol de los grupos sociales. Así, por un lado, los individuos
deben participar según su capacidad en la actividad y valores del grupo y por otro, los grupos deben liberar
y ayudar a desarrollar todas las potencialidades de los individuos de acuerdo con el interés de la comunidad.
La participación ciudadana, fundamento de la legitimidad democrática
La legitimidad es la piedra angular del modelo democrático. Si los valores son la igualdad y la libertad,
la legitimidad es su condición funcional. De manera general, decimos que una cosa o situación es legítima
cuando se considera justa, relacionada con la justicia. En sentido estricto (Levi: 2013: p. 862.) a la política
se refiere “a un atributo del Estado que consiste en la existencia en una parte relevante de la población de
un grado de consenso tal que asegure la obediencia sin que sea necesaria (…) recurrir a la fuerza”. Por lo
tanto, se requiere un alto nivel de consenso para que a un gobierno se le considere como legítimo. En este
sentido, la legitimación se presenta como una necesidad que tiene la autoridad por obtener el consenso. Sin
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embargo, hay suficiente evidencia de que la manipulación del consenso existe también en los regímenes
democráticos (Levi, 2013, pág. 865). Los tipos de modelos más conocidos de legitimidad son los propuestos por Max Weber y por Karl Deutsch. El primero (Weber, 1970) nos propone tres tipos de legitimidad en
función del origen de la autoridad; 1) la legitimidad tradicional, fundada en las costumbres y tradiciones
arraigadas en la comunidad; 2) la carismática; sustentada en las cualidades y virtudes del líder; y 3) la
formal o racional, que se basa en las normas establecidas y del derecho que de éstas derivan. Por su parte,
Deutsch nos propone tres tipos de legitimidad según ciertas circunstancias (Política y Gobierno, págs. 2729); 1) Por procedimiento, se refiere a la forma en que se accede al poder en un gobierno, es decir al nivel
de aceptación y compatibilidad que los gobernados tienen respecto al gobernante y a su forma de acceso
al puesto; 2) Por representación, en función de la delegación de poder que, a través de la designación de
los representantes, los electores transfieren a sus gobernantes; y 3) Por resultados. Se refiere sobre todo
a lo que se hace en la política, es decir además del principio de racionalidad y de representación, apela a
la compatibilidad de lo que el gobierno hace, las políticas respecto a lo que la comunidad desea, espera y
valora. Así, la legitimidad racional, por delegación y por resultados se complementan para configurar ese
consenso que evita que se califique a un gobierno como ilegítimo, con lo cual se corre el riesgo de violentar
la estabilidad del régimen o degenerar en una tiranía, una revolución e en otra forma de rompimiento del
conjunto social (Deutsch, pág. 28).
En los sistemas políticos modernos es la representación la forma en la cual la participación política se
traduce en gobierno, en decisiones, en acciones y en políticas públicas. En un primer momento se conforma en las decisiones que mediante los procesos legislativos se convierten en decretos, leyes, programas,
políticas lineamientos que prefiguran la gestión pública. En un segundo momento esta representación se
convierte en acción mediante la gestión pública que convierte esas decisiones en bienes y servicios que
ininterrumpidamente intentan satisfacer las exigencias y demandas de la sociedad procurando su progreso
y desarrollo social.
No obstante, si bien la participación es una demanda latente por parte de la sociedad, ésta no siempre se
materializa si no se cuenta con un sistema político adecuado (Instituciones representativas y partidos políticos). En este sentido, debe considerarse que la representación tanto en el legislativo como en el ejecutivo
debe darse con compromiso, transparencia y sencillez. No se puede esperar una participación ciudadana
libre, consciente e informada cuando el lenguaje de las autoridades es demagógico (retórico) y/o encriptado
(sumamente rebuscado), o cuando no se ofrecen medios efectivos para participar en la elaboración y ejecución de las decisiones. Y sin estas premisas, de conformidad con los criterios que nos propone Dahl, es
imposible hablar de gobiernos democráticos modernos 3.
La participación requiere por parte del ciudadano la credibilidad en el gobierno por lo menos en tres
aspectos: 1) Que se considere verdaderamente democrático (legitimidad), 2) Que el proceso sea honesto, es
decir con plena transparencia de los actores al momento de intervenir en éste; y 3) Que sea eficiente, que no
represente altos costos ni a las entidades públicas ni a los ciudadanos. Representativo a todos los niveles,
descentralizado y defensor decidido de las libertades de la sociedad. Honesto y eficiente en todas las administraciones públicas, transparente en su funcionamiento y gasto, flexible y dialogante en su relación con la
ciudadanía. Es en este marco en el cual se abren las posibilidades para fortalecer la democracia mediante el
impulso del gobierno abierto.
En efecto, la descentralización efectiva del Estado (consolidando y creando entes regionales, locales y
barriales con competencias y recursos) y la modernización del gobierno (no para eliminar la gestión pública

3
Ver supra, p. 7. No se cumplen los criterios relativos a la participación, la comprensión ilustrada y el control
de la agenda que propone este autor en su modelo democrático.
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sino para hacerla más productiva, competitiva frente a proveedores alternativos de servicios públicos) son
requisitos para implementar la participación democrática.
La participación y el gobierno abierto
La actual situación de escasez de recursos públicos y de mayores demandas sociales en las localidades
de base (la necesidad de reactivación económica y de la creación de empleos; las demandas de seguridad
pública; de salud; de educación; de construcción y rehabilitación de vivienda; vialidad y transporte público,
entre otros) ofrece la participación como una alternativa para movilizar los recursos potenciales latentes en
la colectividad mediante la cooperación y la solidaridad social. Sin embargo, esta participación no sustituye
la opacidad, la ineficacia, la insensibilidad y la baja productividad de un gobierno, sino que una gestión
pública justa y activa y unos programas ambiciosos e innovadores que contribuyan al mejoramiento de las
condiciones de vida de la ciudadanía, son condiciones previas para el desarrollo de la participación.
La participación se basa en el contenido material de ésta, es decir, en expectativas fundadas de progreso individual y colectivo, pero también en que exista un conjunto de mecanismos institucionales y que se
reconozcan estos derechos ejercitables. Y son las mayorías populares y marginadas las que más necesitan
esta institucionalización.
La regulación de los derechos difusos (consumo, urbanismo, medio ambiente, comunicación social,
servicios públicos, etc.) mediante las cartas al ciudadano; la participación en la elaboración y ejecución
de programas de actuación pública; la autogestión de servicios con el apoyo de la Administración; la intervención de la democracia de base en las instituciones representativas (Derecho de Audiencia Pública,
Comisiones Mixtas, etc.) son aspectos pendientes de la agenda participativa en los diferentes ámbitos de
gobierno. Todos ellos se ven potenciados mediante el modelo de gobierno abierto.
Se deben fortalecer los espacios públicos y a los interlocutores colectivos para potenciar la participación. Si bien éstos ya existen, (organizaciones sociales, cívicas, sindicales, culturales, ambientales, de
interés común, entre otras) tienen características y fortalezas distintas. Unos se distinguen por su representatividad, otros por sus iniciativas, otros por su capacidad de gestión y organización. Por otra parte, hay que
considerar las intervenciones individuales y espontáneas que derivan de la interactuación entre ciudadano
y gobierno a través de la administración pública. En todo caso, es necesario establecer el equilibrio entre
la participación pública y la participación de la sociedad civil de conformidad con la naturaleza de la intervención social y de la propia organización.
La voluntad de un gobierno participativo se manifiesta por el apoyo que brinda a las organizaciones
sociales locales y/o nacionales sin exigir ningún tipo de dependencia administrativa o partidaria. La participación debe considerarse un método de gobierno, un estilo de hacer política en el estado, en y con la
sociedad, que supone cumplir con los requisitos previamente señalados: la racionalización de la gestión
pública y la descentralización de las políticas de estado. La cultura democrática se desarrolla en un contexto
dialéctico de pluralismo y consenso, de confrontación y de negociación, que sólo puede ofrecer un estado
descentralizado y participativo, en un contexto de gobernanza.
Por su parte, Kliksberg (2001) nos propone seis tesis que justifican la participación ciudadana y que, a
su vez, nos muestran el papel que ésta juega en el gobierno abierto:
1.
2.

La participación genera resultados. En la esfera social, la participación ciudadana produce resultados muy superiores a otros modelos tradicionales de organización, incluyendo los de tipo burocrático y paternalista.
La participación tiene ventajas comparativas. Los proyectos de infraestructura cuando se organizan
alrededor de la participación intensa de la comunidad, permite alcanzar metas que van más allá de

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3.
4.
5.

6.

los propósitos directos de las obras y proyectos. Se podrían denominar los “meta o supra objetivos”.
Entre ellos los siguientes:
• Eficiencia y productividad: es decir, el uso óptimo de recursos escasos.
• Equidad: en términos de la distribución igualitaria y permanente entre diversos sectores de la
comunidad de los beneficios de un proyecto.
• Sostenibilidad: significa la prolongación de la vida útil y los beneficios de un proyecto en el
largo plazo.
Estas ventajas comparativas arrojan, en conjunto, resultados superiores a los modelos burocráticos
o paternalistas que se organizan de arriba abajo.
La participación contribuye a mejorar la gerencia pública y la administración.
La participación enfrenta resistencias e intereses poderosos.
Para fortalecer la participación se requieren políticas y estrategias activas. La idea subyacente es
reemplazar la democracia pasiva por una democracia activa, inteligente y viva. En esta última
habría canales abiertos de comunicación para que el ciudadano se mantenga bien informado; para
que pueda hacer llegar su opinión a las instituciones políticas por diversos medios, no únicamente
los días de votación; para lograr una influencia continua y genuina sobre la administración pública.
La participación es inherente a la naturaleza humana. Es un fenómeno que “eleva la dignidad humana y crea la posibilidad de desarrollo y realización. Trabajar a favor de la participación es, sin
duda, devolver un derecho fundamental a los marginados…”.

En suma, podemos afirmar con Pichardo Pagaza (2004) que la participación ciudadana es una pieza
clave en la legitimidad y en la gestión eficaz de políticas públicas por lo cual debe en todo momento estar
en la voluntad política de todo gobernante que se reclame como democrático.
La participación ciudadana, el espacio público y el gobierno abierto
7. Reconociendo que la legitimidad democrática trasciende la participación electoral, la democracia
representativa y la democracia procedimental, entonces el reto se plantea a nivel del funcionamiento del gobierno, es decir de la propia gestión pública. Esto implica que los gobiernos deben
concebirse como plataformas de democracias participativas cuyos elementos constitutivos son la
transparencia, la rendición de cuentas, y la colaboración de ciudadanos con las administraciones
públicas apoyados en las tecnologías de información y en un modelo de gestión basado en la ética y
la confianza (Mariñez Navarro, pág. 45). En este sentido, la evolución de la participación ciudadana
se inserta en la agenda de la administración pública y en la misma medida contribuye al fortalecimiento de la democracia a través del gobierno abierto. Ello es evidente en las consideraciones
teóricas que se han enfocado en el tema de la participación ciudadana en reuniones y cumbres internacionales (Sánchez González, pág. 57), pero también en la legislación que ha venido ampliando
los mecanismos y espacios de comunicación entre ciudadanos y gobiernos, y que se ha reflejado
en nuestro país a nivel nacional y local dando mayor relevancia a la participación ciudadana en el
gobierno.
Gobierno abierto en México
El concepto de gobierno abierto tiene sus orígenes en el siglo pasado en un artículo de Wallace Parks
titulado Open Governement (1957) en el cual este autor se refiere a la necesidad de reducir la opacidad en el
gobierno y favorecer la publicidad de la información. Medio siglo después, el concepto resurge en la agenda
internacional con el Memorandum de Barack Obama sobre transparencia y gobierno abierto de enero de
2009. Como consecuencia de ello, se consolidad el tema en la agenda gubernamental con la iniciativa del
mismo Obama sobre la Alianza para el Gobierno Abierto de septiembre de 2011, a la cual se adhieren 8
países: Brasil, Indonesia, México, Noruega, Filipinas, Sudáfrica, Reino Unido y Estados Unidos. A partir de
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esta iniciativa se diseña en nuestro país el primer Plan de Acción promovido originalmente por la Secretaría
de la Función Pública y algunas organizaciones de la sociedad civil. El plan incluía 18 compromisos, sólo
uno de la sociedad civil por lo cual no fue muy bien recibido por parte de este sector. Por ello, se propuso
la creación de un Secretariado Técnico Tripartita, (STT) como órgano de gobierno de la AGA México,
conformado por una representación en igualdad de condiciones y poder de decisión de las tres partes involucradas: el Poder Ejecutivo, el Instituto Nacional de Transparencia, Acceso a la Información Pública y
Protección de Datos Personales(INAI) y las OSC. Como resultado de esta instancia, se formuló un Plan
de Acción Ampliado con 36 propuestas y compromisos siendo los más numerosos los referidos al manejo
eficiente y eficaz de los recursos.
De acuerdo a un estudio realizado en 2015, los avances en México eran pobres y limitados. En el ranking sobre GA efectuado por el Proyecto Mundial de Justicia (WPJ), México alcanzó una calificación de
.56 sobre .100; ocupo el lugar 42 entre 102 países en el Índice de Gobierno Abierto, y el sexto lugar de 19
países de América Latina. Según este índice la mejor posición de nuestro país fue en el ejercicio del derecho
a la información, en el que se ubicó en el lugar 29; en mecanismo de queja alcanzo el sitio 34; en legislación
y datos de gobierno fue el número 64 y en participación cívica se posicionó en el 67 (Bautista Farías, 2016).
A partir de entonces, debido a diversos acontecimientos relacionados con actos de corrupción que estremecieron al gobierno federal y varios estatales (ODERBRECH, La estafa Maestra, La Casa Blanca, entre
otros), los avances en materia de gobierno abierto fueron prácticamente nulos, con excepción de algunos
avances realizados a nivel local.
Conceptualización de Gobierno Abierto
Son más las discordancias que los acuerdos cuando se habla de Gobierno Abierto. Para muchos significa
cambio tecnológico más participación y colaboración ciudadana, para otros consiste en una nueva forma de
gobernar, por lo cual implica un modelo de gestión pública más aun una nueva cultura de gestión que genera cambios en procesos, en las organizaciones públicas y en las relaciones, fortaleciendo las capacidades
del gobierno y la modernización de la administración pública. En este sentido se inscribe la concepción de
Insulza (Insulza, 2012, pág. 9), que sostiene que GA es una política pública que incluye la transparencia,
participación y colaboración de los ciudadanos en donde la información y los datos gubernamentales desempeñan un papel esencial. Los países que integran la Alianza por el Gobierno Abierto coinciden en sus
cuatro principios constitutivos que son indivisibles: la transparencia, la participación ciudadana; la rendición de cuentas y las tecnologías e innovación. En muchos casos, las críticas al concepto se centran en que
es tendencialmente prescriptivo ya que se refiere a un deber ser sin que opere realmente en la forma en que
se concibe.
Por nuestra parte, coincidimos en que se debe entender como un modelo de gobierno y de gestión que
impacta de forma sustancial y simultánea el modelo político y el quehacer administrativo, potenciando las
capacidades gubernamentales, y mejorando la eficiencia y la eficacia institucional a través del uso de los
tics y de la transferencia y reutilización de datos e información pública entre ciudadanos y organizaciones
públicas. Por otra parte, refuerza la vitalidad democrática al reforzar la transparencia y la rendición de
cuentas. La transparencia resulta una dimensión clave para el Gobierno Abierto, ya que la visibilidad y
publicidad del gobierno son premisas fundamentales de la democracia y el acceso de los ciudadanos a la
información es condición de una rendición de cuentas responsable y oportuna. Ambas dan apertura a la
participación y extienden las posibilidades de que la administración pública sea aceptada como un sistema
de interacción y comunicación para fortalecer el principio de publicidad en favor de los gobernados. Es, por
lo tanto, una cualidad del poder democrático que permite la ampliación de la legitimidad (Uvalle Berrones,
2007, pág. 46) Ya mencionaba Bobbio que una de las promesas incumplidas de la democracia era precisamente la visibilidad del poder. En pleno siglo XXI todavía enfrentamos opacidad en la toma de decisiones
gubernamentales y en los procedimientos de la gestión pública. Es a través del GA que tenemos la oporRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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tunidad de ampliar el horizonte democrático desde la administración pública. Insulza percibe claramente
esta oportunidad describiendo los impactos del GA al permitir la participación ciudadana en las decisiones
públicas (Insulza, pág. 10), iniciar la interacción ciudadano-gobierno más colaborativa mediante el internet,
fomentar la transparencia y promover la rendición de cuentas. En este aspecto, para algunos especialistas
puede ser considerado como un modelo de reingeniería de la vida democrática de la sociedad en red, ya que
fortalece la democracia participativa, vincula a los tomadores de decisiones con los ciudadanos, posibilita
las decisiones en función de preferencias y opiniones, genera valor público mediante la co-creación, aprovechando el empoderamiento ciudadano (Bojorquez 2012: 175).
Desde la perspectiva de la gestión y la función gubernamental, Oszlak destaca varios elementos que
inciden en las relaciones ciudadano, gobierno y los resultados de este último. En primer lugar, la facilitación que la tecnología ofrece para la comunicación e interacción recíproca entre ciudadanos y gobierno;
en segundo, los canales que tiene el gobierno posibilitan la contribución de los ciudadanos en la toma de
decisiones mediante las opiniones ofrecidas sobre las políticas públicas, pero también en el seguimiento,
control y evaluación de los resultados de la gestión pública y, en tercer lugar, el involucramiento ciudadano
en la responsabilización en estos nuevos roles colaborativos. La clasificación de las acciones emprendidas
por los diferentes gobiernos durante los últimos años ofrece una amplia gama de propósitos subyacentes
en estas acciones. Este es el esquema identificado por el estudio de Oszlak (Oszlak &amp; Kaufman, 2014, pág.
7): 1. Ampliar la información Pública disponible para la ciudadanía; 2. Garantizar y mejorar el ejercicio del
derecho a la información pública; 3. Mejorar el acceso a los servicios públicos y sus canales de entrega; 4.
Proteger los derechos de usuarios y funcionarios; 5. Incrementar la transparencia en la gestión pública; 6.
Promover la participación ciudadana en la gestión gubernamental; y 7. Aumentar la capacidad institucional
para una gestión abierta.
En estas argumentaciones observamos que el proceso participativo y el resultado de éste es influir en
la gestión pública como protagonista y no solamente como receptor de bienes y servicios. Por lo tanto,
afirma Oszlak (2014, pág. 26), trasciende con mucho el proceso de consulta pública. Mediante el proceso
de información, intercambio, consulta de datos y la participación del ciudadano y de organizaciones de la
sociedad civil, como interlocutores en el diseño e implementación de las políticas públicas, se democratiza
la gestión pública. Esta constituye a nuestro parecer la contribución más importante del modelo de gobierno abierto al sistema democrático moderno. Por lo tanto, se requieren nuevas estrategias que amplíen las
posibilidades de participación activa y los espacios públicos para que la colaboración ciudadano-gobierno
se traduzca en mejores gobiernos, eficientes, transparentes, sujetos a la rendición de cuentas y al estado de
derecho, y con una mayor legitimidad sustentada en los resultados de su gestión. Es así que se arriba a la
democracia deliberativa.
Gobierno Abierto y Democracia deliberativa
De acuerdo con el análisis de las acciones arriba mencionadas en el estudio de Ozslak y Kaufman sobre
Gobierno Abierto, en nuestra opinión, el rubro que mayormente incide en la democracia deliberativa es el
referido a Promover la participación ciudadana en la gestión estatal. Incluso así lo afirma expresamente
el autor en cuestión cuando subraya que “la participación ciudadana otorga a los gobiernos una pátina de
legitimidad que mejora las condiciones de gobernabilidad y constituye un paso positivo hacia la construcción de una democracia deliberativa” (pág. 26). El fundamento en el que basan su argumentación es la
Carta Iberoamericana de Participación Ciudadana en la Gestión Pública, aprobada por el CLAD en 2009
y adoptada por la XIX Cumbre Iberoamericana de Jefes de Estado y de Gobierno, en la cual se reconoce
plenamente el derecho de la ciudadanía a intervenir activamente en las diferentes fases de la gestión pública. El documento, afirma Ozslak, sostiene implícitamente, que los pilares de una democracia plena son
los derechos de información, participación, asociación y expresión sobre lo público, es decir “el derecho
genérico de las personas a participar en la gestión pública colectiva e individualmente”. Y estos principios,
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valores que plantea la Carta, y los elementos que constituyen las premisas de gobierno abierto, a saber:
acceso a la información, transparencia, participación, colaboración, se corresponden totalmente. Esto nos
permite afirmar que es precisamente la participación el elemento crítico que tanto desde la perspectiva de
la democracia, como de la conceptualización y la práctica del Gobierno Abierto lo que da contenido a la
esencia de ambas categorías. No se puede concebir la democracia sin la participación como tampoco se
puede entender el gobierno abierto sin la participación ciudadana en la gestión pública. Esto se traduce en
la trascendencia de una democracia deliberativa a una democracia colaborativa. Una prueba de ello es precisamente el último eje de las acciones del gobierno abierto descritas por el estudio de Oszlak que se orienta
a aumentar la capacidad institucional para una gestión abierta.
3.- MÉTODO
Diseño
El enfoque investigativo de la presente investigación es cualitativo, de acuerdo con Hernández, Batista
y Fernández (2014) “Utiliza la recolección y análisis de los datos para afinar las preguntas de investigación
o revelar nuevas interrogantes en el proceso de interpretación” (p.7).
Alcanzando un diseño no experimental “Que se realiza sin la manipulación deliberada de variables y
en los que sólo se observan los fenómenos en su ambiente natural para después analizarlos” (Hernández,
Batista y Fernández, 2014, p. 149).
El alcance establecido es el exploratorio “emplean cuando el objetivo consiste en examinar un tema
poco estudiado o novedoso” (Hernández, Batista y Fernández, 2014, p. 91).
Instrumentos
Para la construcción del marco teórico-conceptual del tema de la democracia participativa al gobierno
abierto: hacia una delimitación conceptual, se consultaron un total de veintiún referencias bibliográficas
utilizándose como instrumento las ideas, argumentos y proyectos que fueron interpretados desde una perspectiva analítica y crítica.
Procedimiento
Con relación a la comprensión del problema de la investigación se recopilan fuentes secundarias de
documentos académicos. En el marco de referencia se definen los conceptos básicos en relación a Democracia y participación ciudadana. Una vez recopilada y analizada la información se construye el documento
objeto de este trabajo. Por último, se realizan las recomendaciones y conclusiones conforme a los objetivos
trazados (Bascón et al, 2016, p. 39).
4.- CONCLUSIONES
Las transformaciones económicas, sociales y tecnológicas han provocado reformas trascendentales en
el modelo de gobierno, afectando de esta manera el funcionamiento de las democracias modernas. Una
consecuencia evidente de ello ha sido la emergencia del gobierno abierto. Como hemos tratado de exponer
en el presente trabajo el gobierno abierto se puede describir como un enfoque aglutinador de esfuerzos por
mejorar las capacidades del gobierno y modernizar las administraciones públicas bajo los principios de la
transparencia y apertura, de la participación ciudadana en la gestión pública y la colaboración entre gobernantes y gobernados en las políticas públicas.
De conformidad con nuestra hipótesis podemos afirmar que el modelo de gobierno abierto contribuye
al fortalecimiento del modelo democrático ya que permite incentivar la participación ciudadana y a través
de la accesibilidad de datos, de su política de transparencia y del desarrollo de plataformas y canales de comunicación con la población, ampliando los espacios públicos. De esta forma, abona a desarrollar el juicio
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político ciudadano sobre los problemas públicos y la forma de resolverlos, abriendo así las posibilidades de
colaboración y co-creación de valor público. Por lo tanto, cuantos más ciudadanos estén implicados en este
proceso, mayor será la fortaleza de la democracia, mejor funcionará el sistema, mayor será su legitimidad
e igualmente, mayor su capacidad para controlar al gobierno e impedir abusos de autoridad y corrupción.
En este sentido y partiendo de la premisa que en la democracia siempre debe de asegurarse el control del
ciudadano sobre los gobernantes, todos los componentes del modelo contribuyen a fortalecer este proceso
de control. El control del poder es una condición de la democracia que requiere instituciones que faciliten
una mejor comunicación entre las administraciones públicas y los ciudadanos. Transparencia, rendición de
cuentas y evaluación ciudadana son procesos que permiten que los ciudadanos tengan oportunidad de conocer qué, cómo, con qué, porqué el gobierno y la administración pública hacen lo que hacen y asi se puede
evitar el abuso, la arbitrariedad y la corrupción. En este sentido, con un gobierno de ciudadanos que cuentan
con medios para monitorear efectiva y oportunamente la gestión pública, nos acercamos verdaderamente a
la democratización de la administración pública. Hacia allá nos conduce el gobierno abierto.
En fundamento a estas argumentaciones, podemos concluir que la hipótesis y la premisa formulada
al inicio de documento se constatan en la medida en que un gobierno democrático debe tener como ejes
los elementos que forman el andamiaje institucional del gobierno abierto: acceso a la información, transparencia, rendición de cuentas, colaboración en la gestión pública, predictibilidad y mejora de la gestión.
En función del desarrollo de las dos vertientes fundamentales de un gobierno abierto se fortalecerá la democracia colaborativa. Estas vertientes son: por una parte, la apertura de datos públicos, que pretende la
transparencia y una mayor eficiencia en el servicio público, permitiendo reutilizar los datos públicos para
nuevas actividades económicas y la rendición de cuentas ante los ciudadanos; y por la otra, la apertura y
desarrollo de medios sociales y espacios públicos, que procuran facilitar la comunicación entre gobierno y
ciudadanos y la participación ciudadana, aprovechar el conocimiento y experiencia de los ciudadanos para
ayudar en los provisión de los servicios públicos, la colaboración en redes internas y entre dependencias y
entidades de las administraciones públicas.
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La transformación biopólítica del Estado-Nación “El arte de gobernar a las poblaciones en el
neoliberalismo”
The bio-political transformation of the Nation-State “The art of governing populations in neoliberalism”
Gustavo García Rojas1
Universidad Autónoma de Nuevo León
DOI: http://dx.doi.org/10.29105/pgc4.7-2 			

https://orcid.org/0000-0001-6502-0684

RESUMEN
El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo consistió en debatir sobre las transformaciones conceptuales clave en lo referente al papel del estado o el “arte de gobernar” desde la postura crítica de
la biopolítica. Se aplicó el método de análisis, con un enfoque cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico transversal. La revisión documental construye una articulación entre este cambio de concepciones
histórico con las formulaciones críticas de la colonialidad y la forma política del estado de excepción en la trayectoria
de transformaciones que ha tenido el papel del estado-nación como forma privilegiada de poder en el capitalismo. En
el presente capitulo se abordarán estas cuestiones de manera general. Se concluye con la introducción de la concepción
de Necrocapitalismo para comprender la forma en que los estados controlan a sus poblaciones como una determinación
del cálculo económico global en el mundo contemporáneo.
Palabras clave: Biopolitica, Colonialidad, Estado de Excepción, Necrocapitalismo.
ABSTRACT
This article is the product of a bibliographic review, which objective was to discuss the key conceptual transformations regarding the role of the state or the “art of governing” from the critical stance of biopolitics. The method of
analysis was applied, with a qualitative approach, non-experimental design, under a transversal documentary-bibliographic level. After the documentary review it was found that: this change of historical conceptions is articulated with
the critical formulations of coloniality and the political form of the state of exception in the path of transformations that
the role of the nation-state as a privileged form of power in the capitalism has had. This will be addressed in a general
way in this chapter. It is concluded that the conception of Necrocapitalism is introduced to understand the way in which
states control their populations as a determination of the global economic calculation in the contemporary world.
Key words: Biopolitics, coloniality, state of exception, necrocapitalism.
Cómo referenciar este artículo:
García Rojas, G. (2018). a transformación biopólítica del Estado-Nación “El arte de gobernar a las poblaciones en el
neoliberalismo”. Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, 31-41. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/
index.php/RPGyC/article/view/87

Recibido: 16 de Julio 2017 - Aceptado: 08 de Septiembre 2017

1
Doctor en Ciencias Sociales, con especialización en Relaciones de Poder y Cultura Política, en la UAM-Xochimilco
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 31-41. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/87

�La transformación biopólítica del Estado-Nacion...

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1.- INTRODUCCIÓN

Controlar y regular la gestión de la población es uno de los efectos del proceso que Michel Foucault
describe como la transición de una sociedad de soberanía a una sociedad de control y la transformación de
la gestión de la tarea de gobernar que trae aparejado éste. Ubicado en el siglo XVI en la Europa occidental,
dicho proceso consistió en lo que el filósofo francés caracterizó como una interiorización de las tareas de
gobierno, a diferencia de las formas de las sociedades de soberanía anteriores al siglo XVI (y a la construcción de estados monárquicos centralizados) que concebían a las tareas de gobernar como un acto exterior2
y al estado como fuente exclusiva o predominante de poder. Para Foucault, la tarea de gobierno puede ubicarse en una pluralidad de espacios (la familia, el trabajo, el estado) por lo que el poder puede entonces ubicarse en una gama amplia de ámbitos y no puede ubicársele en un solo lugar privilegiado - e.g. el estado3.
Tanto o más importante que lo anterior, es un efecto que contiene una importancia toral: el predominio
del modelo de la economía (racionalidad, cuantificación, estadística) en la gestión de gobierno, se instituye
en esta época también, coincidente con el surgimiento de la economía política, predominio que ha permanecido en forma intermitente a lo largo de dos siglos.
La discusión entonces, sobre lo que Foucault llama “gubernamentalidad” como paradigma del “arte de
gobernar” es decir, de controlar y gestionar las poblaciones y las distintas esferas de la vida, se ubica en el
ámbito político contemporáneo en el inicio de diversas teorizaciones académicas (y prácticas de gobierno)
de la economía que él llama indistintamente “liberales” y “neoliberales” en Alemania y Estado Unidos, al
final de la segunda guerra mundial4.
Estas teorizaciones surgen como una reacción al predominio de políticas económicas intervencionistas
y estatistas en buena parte del mundo de posguerra, identificadas con la figura de John M. Keynes. Foucault
analiza al diseño del estado alemán pos-nazismo y de la teorización económica de la escuela de Chicago en
EE. UU como modelos de “fobia al estado” 5 en los que se teoriza al estado interventor como mutilador de
libertades esenciales y obstructor del desempeño adecuado de la economía.
En el caso norteamericano específicamente, representado por los economistas de Chicago, el modelo
busca “extender la racionalidad del mercado, los esquemas de análisis que éste propone y los criterios de
decisión que sugiere a ámbitos no exclusiva o no primordialmente económicos, como familia, natalidad,
delincuencia y política penal”6. Foucault ubica en esta extensión del modelo general de la economía en
todos los ámbitos de la gestión gubernamental al concepto que da nombre a su curso de enero de 1979:
la Biopolítica. Él mismo aporta varias definiciones dispersas de lo que entiende por este término, de entre
varias adelanto una que pueda servir como herramienta de discusión que aparece en el resumen del curso
ya citado:
“…la manera como se ha procurado, desde el siglo XVIII, racionalizar los problemas planteados a la
práctica gubernamental por los fenómenos propios de un conjunto de seres vivos constituidos como pobla-

2
Michel Foucault Seguridad, Territorio y Población, Curso del college de France (1977-1978) FCE, Buenos
Aires, 2006,(1978) pp.139-160
3
Michel Foucault, “Gubernamentalidad”, Giorgio Gabriel y Fermín Rdz. Comps. Ensayos sobre biopolítica.
Excesos de vida, Paidós, Buenos Aires, 2007 (1978), pp.187-215
4
Michel Foucault, El Nacimiento de la Biopolítica, Curso del College de France, FCE, Buenos Aires
2007(1979), pp.93-122
5
Nacimiento de la Biopolítica, p.94
6
Nacimiento de la Biopolítica p.365
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 31-41.. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/87

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ción: salud, higiene, natalidad, longevidad, razas…”7
El paso a las sociedades de control que funda el arte de gobernar o las tecnologías llamadas de gubernamentalidad se caracteriza por un denodado esfuerzo del control de las poblaciones en todos los ámbitos posibles, esfuerzo apuntalado por una invasión continua y sistemática de la racionalidad económica (liberal)
en dichos ámbitos. En lo que sigue trataré de engranar la discusión foucaultiana de biopolítica y biopoder
con debates que han derivado de esta concepción pero que se desmarcan en varios puntos de la concepción
general del autor francés. Trataré de ubicar las continuidades y las rupturas en la discusión temática de varios autores que han dado un uso divergente de estos conceptos para referir a ámbitos de realidad distintos
a los que refirieron en su concepción en las alocuciones del College de France.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
El Biopoder y la Nuda vida
En su discusión sobre los estados de excepción, el politólogo italiano Giorgio Agamben utiliza el concepto de biopoder aplicado a una noción retomada del filósofo marxista Walter Benjamín, la de “Nuda
Vida”8 Agamben utiliza la concepción general de biopoder para explicar la forma en que se establecieron
estados de excepción en el mundo del siglo XX como paradigma general de gobierno, una vez más referido
geográficamente a Europa Occidental. Estos estados de excepción tienen en el estado alemán de 1933-1945
y en los campos de concentración nazis, un paradigma del más alto grado de excepción como regla9. La
nuda vida hace referencia a la vida reducida a su cualidad biológica, como vida desechable. Refiere a una
figura del antiguo derecho romano que calificaba como Homo Sacer a aquella persona que no calificaba
para ser sacrificada a los dioses, por lo tanto, su asesinato no obtenía la calidad de delito, era matable, desechable10.
Los Lager nazis son para este autor el modelo del estado de excepción como campo de indefinición en el
que los sujetos son despojados de todo derecho y cualidad de ciudadanos (bios) y reducidos a la zoé o vida
biológica. Esto los convierte en materia humana disponible, de ahí la matanza, la experimentación médica
utilizando como conejillos de indias a los internos de los campos y otras formas de mortificación de la vida
y de los cuerpos11.
El paradigma de los campos de concentración como campos de exterminio en donde la regla era la ausencia del derecho entendido en su forma liberal de derechos políticos y civiles individuales es extrapolado
por Agamben como la forma de los estados que se construirán en el futuro con los campos de concentración
como modelo trágico y destino inevitable. La relación con Foucault de Agamben se da en torno al concepto del estado de excepción como forma de gobernar la vida, pero a diferencia del primero, el exemplae
histórico que propone como materia de análisis es el de un estado nacional, que se constituye en una gran
fábrica de muerte, lo que lo aleja de la concepción general y de la forma de análisis foucaultiano de los
micro poderes.

7

Ibid, p.359

9

Giorgio Agamben Estado de Excepción. Homo Sacer II, Pre-textos, Valencia, 2003

8
El concepto es utilizado en Walter Benjamín, “Para la crítica de la violencia” en Angelus Novus, Edhasa,
Barcelona, 1971, p.194
10
11
2000

Giorgio Agamben Homo sacer I. El poder soberano y la Nuda Vida, Pre-textos, Valencia, 1998
Giorgio Agamben Lo que queda de Auschwitz. El archivo y el testigo. Homo Sacer III, Pre-textos, Valencia

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La biopolítica no es un efecto de la pluralidad de formas que adquiere el poder sino una forma específica en que el poder estatal se transforma en una máquina de biopoder que transforma a los sujetos en vida
biológica inerme, despojada de la cualidad humana colectiva que solo le confiere su constitución en sujeto
político.
La concepción de Agamben es muy sugerente por cuanto provee un ejemplo históricamente situado de
las consecuencias de la biopolítica, a diferencia de lo que en Foucault es una discusión general sin referentes empíricos claros. Pero esta forma de análisis contiene limitaciones que es importante señalar y que
vistos a la luz de determinantes históricos y geográficos adquieren un nuevo sentido de interpretación.
Necropolítica y Colonialidad
El biopoder y la biopolítica son una expresión contemporánea de las formas mundiales de control de
la vida mediante su utilización o simbiosis con la producción de mercancías y el ensanchamiento de los
mercados. A estos objetivos corresponde una forma específica de política como soberanía en la cual se implementan una serie de dispositivos que forman un repertorio de acciones tendientes al dominio.
El colonialismo es una forma privilegiada de ampliar los horizontes del capital hacia otras fronteras. El
filósofo camerunés Achille Mbembé ha dado un giro importante a las tesis de la biopolítica y del estado de
excepción, relacionado con esta problemática. La concepción de Agambén sobre los campos de exterminio
nazis como forma histórica privilegiada de los estados de excepción y de biopoder, es históricamente
incompleta puesto que existieron fenómenos anteriores a los campos alemanes, fuera de Europa, en donde
el control y gestión de la vida (y el derecho de muerte) fueron ejercitados como política cotidiana sobre
grandes extensiones de población y que implicaron formas de terror tanto o más (históricamente hablando)
graves que las de los campos de exterminio nazis.
Para Mbembé, el colonialismo histórico y contemporáneo son formas de establecer estados de excepción en donde se construye a una parte de la humanidad, -los colonizados, como material humano disponible. Mbembé plantea que a través de mecanismos como el racismo, la separación y el aislamiento territorial,
los habitantes de países colonizados fueron constituidos en nuda vida a manos de las naciones imperiales
que los consideraban en tanto fuerza de trabajo disponible para la producción de la metrópoli.
A este fenómeno Mbembé lo bautiza como “Necropolítica” que consiste en:
“…la instrumentalización generalizada de la existencia humana y la destrucción material de los cuerpos
y las poblaciones”12
El camerunés encuentra que la necro política tiene en la plantación y la colonia
dos de sus manifestaciones políticas explícitas como fenómeno de excepción. El trabajo esclavo en las
plantaciones es una forma en la que la biopolítica se transforma para dar paso a una espiral de muerte:
“Como instrumento de trabajo, el esclavo tiene un precio. Como propiedad, el o ella tienen valor. Su
trabajo es necesitado y usado. El esclavo es pues, mantenido vivo, pero en un estado injurioso, en un mundo
fantasmal de horror y crueldad intensa…la vida esclava, es en muchos sentidos una suerte de muerte-en-vida” 13.

12
Achille Mbembé, “Necropolitics” en Public Culture 15 (1):11-40, Duke University press, Durham (todas las
traducciones en adelante G.G.R)
13
“Necropolitics”, p.21
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Los esclavos sufren una intensa violencia cotidiana gratuita que no tiene otro objeto que infundir terror.
Es en este ataque constante a la vida en la que se encuentra la necro política de manera nítida. El esclavo,
nos dice Mbembé sufre una triple pérdida en este proceso: la pérdida del hogar, del derecho sobre el cuerpo,
y del status político, en los hechos es una forma de “expulsión de la humanidad”. La plantación es pues
una forma de poner en juego la vida en la que los seres humanos pierden su cualidad de vida política y
se convierten en nuda vida disponible para ser desechada e intercambiada por otra que tenga un valor de
cambio equivalente.
Por otra parte, el fenómeno de la colonización es producto del cruce de tres elementos según el autor
africano: la biopolítica, el estado de excepción y el estado de sitio. Estos elementos se concatenan con la
raza para producir una forma renovada de terror, según las palabras del autor:
La selección de razas, la prohibición de casamientos mixtos, la esterilización forzada, aún el exterminio
de pueblos sometidos tiene su primer terreno de prueba en el mundo colonial. Aquí se puede ver la primera
síntesis entre masacre y burocracia, esa encarnación de la racionalidad occidental. Hannah Arendt desarrolla la tesis de que existe un vínculo entre el nacionalsocialismo y el imperialismo tradicional…Lo que
uno puede ver en la segunda guerra mundial es la extensión sobre los pueblos “civilizados” de los métodos
previamente reservados a los “salvajes”14.
Para Mbembé existen dos formas políticas contemporáneas que sirven como ejemplo empírico de la forma en que se engranan los tres elementos arriba mencionados, el recién fenecido régimen de Apartheid en
Sudáfrica, y el más actual de la ocupación de los territorios palestinos por el estado de Israel. La separación
y el cercamiento eran elementos comunes a los dos casos, también en ambos había una orientación racial
y de clase en la dominación ejercida por los poderosos. En el caso sudafricano las villas y asentamientos
reservados para la población negra eran parte del diseño de gobierno de la forma de control de la población
y sus movimientos, no había manera de salir de esos lugares o de entrar en otros, sin ser apercibido y vigilado. En el caso palestino, el estado de sitio se muestra en el control y el sometimiento habitual a castigos
colectivos sin aparente sentido contra el pueblo palestino cometidos por el ejército y los colonos ilegales
de Israel. Estas son formas contemporáneas de colonialidad en las que el necro poder muestra sus peores
formas, pero el argumento de Mbembé es también extensivo al colonialismo tradicional y al más alejado
históricamente de la conquista y colonización de América, en todos estos la vida humana es tratada y usada
como vida desechable en base a la interiorización y deshumanización del otro, -e.g. el genocidio cometido
contra los Pueblos Indígenas por los colonizadores españoles y portugueses.
En el fondo del planteamiento de Achille Mbembé se encuentra la idea de centrar desde la “diferencia
colonial”15 el argumento de la biopolítica y los estados de excepción y extender la crítica de los efectos perniciosos de la modernidad occidental a los pueblos colonizados por ella, y sobre todo a éstos. La modernidad de Occidente se impuso a la fuerza en buena parte del mundo y fue en el mundo no-occidental en donde
se registraron los más largos y extendidos ejercicios de terror biopolítico que en algún momento tocaron
el corazón imperial desde donde irradiaba a todo el mundo la razón. Desde esta perspectiva el análisis del
filósofo africano avanza en un sentido descolonizador de lo que significa el horror para los sujetos de mundo poscolonial y saca la discusión del ámbito de intelectuales metropolitanos como Foucault y -Agamben,
planteando la posibilidad de que sus argumentos tengan un verdadero carácter universal y no se los analice
desde el ámbito de la diferencia imperial exclusivamente.

14
“Necropolitics” p.23
15
Walter D. Mignolo “El pensamiento des-colonial. Desprendimiento y apertura. Un manifiesto” Ponencia presentada en el Centro de Estudios Avanzados de la Universidad de Coimbra, Portugal (Primavera 2006) http://redalyc.
uaemex.mx/ Tristestópicos
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Las formas del Necrocapitalismo

Esta razón, sin embargo, era producto -y en esto traigo a Foucault otra vez a la mesa- de un modo de
organizar la sociedad fundado en la preeminencia del modo de producción económica y de su disciplina,
la economía política en todas las esferas de la vida humana. El capitalismo es un modo de producir en la
sociedad que invade esferas y mundos de la vida de manera sistemática, la producción de la muerte y la
sistematización del terror y la tortura se encuentran imbricados en el modelo de racionalidad de la empresa
capitalista, pero no es sino en el modelo del imperialismo clásico y del establecimiento de colonias y de
formas de acumulación colonial, poscolonial o neocolonial que estos fenómenos adquieren una diáfana nitidez. Los procesos de colonización tienen una duración más allá de las luchas de liberación de los pueblos
y se traducen en prácticas de sometimiento internas y externas.
S.B Banerjee acuña un término para referir a estas realidades en base al cruze del análisis de los autores
citados aquí (Foucault, Agamben, Mbembé) con la escuela de economía política marxista y propone un
concepto-síntesis de dos tradiciones radicales pero contrapuestas, Necrocapitalismo, al que es necesario
entender como una práctica que: Opera a través del establecimiento de soberanías coloniales…y de cómo
estas soberanías son establecidas en la economía política actual, donde el negocio de la muerte puede ser
establecido a través de estados de excepción…la necro política se interesa en la producción de la muerte,
o la subyugación de la vida al poder de la muerte, entonces es posible hablar de una necro economía –un
espacio de dejar vivir o exponer a la muerte16.
El elemento del colonialismo y del papel jugado por la empresa multinacional como actor estelar del
necro capitalismo planteado por Banerjee contiene dos elementos importantes a analizar, la acumulación
por desposesión y los estados neoliberales de excepción.
La acumulación por desposesión es un concepto entresacado de un segmento poco atendido del tomo
I de El Capital de Marx, sobre la acumulación originaria17. El geógrafo David Harvey ha desarrollado la
temática sobre la acumulación capitalista y sus prolegómenos en base a esta discusión de Marx, pero reactualizándola a fenómenos contemporáneos y la ha llamado acumulación por desposesión, ésta consiste en
…encontrar nuevos campos para la acumulación de capital. Uno de los mayores impedimentos para esta
acumulación era el hecho de que el capital no se podía introducir en la salud, en la educación, en la vivienda
pública, así que parte del programa de flexibilización (neoliberal) era convertir todo esto en una mercancía
para que el capital privado pudiese gestionarla. Después se privatizó el agua, todo tipo de actividades estatales públicas, y finalmente llegó el desmantelamiento del estado de bienestar. Pienso que deberíamos ver
esto como parte de un largo proceso histórico que podemos llamar, en referencia a las privatizaciones en
el campo británico, el “enclosure of the commons”, el cierre de los campos comunales, la privatización de
la propiedad comunal. Notad que, con el neoliberalismo, el capital utiliza a los gobiernos para privatizar,
y curiosamente en el siglo XVIII también fue el gobierno británico quien cerró los “commons”. Como la
privatización abre nuevas oportunidades para la acumulación, los capitalistas pueden decir que tenemos una
economía muy dinámica, pero el precio que hay que pagar por ello es que la gente pierde sus derechos comunales en todos los dominios que se privatizan. Por esa razón le llamo “acumulación por desposesión”18.

16
S.B Banerjee “Live and Let die. Colonial modernities and the Death worlds of Necrocapitalism” ponencia
presentada en el Taller de Estudios de Gerencia Crítica, Atlanta, agosto 2006
17
Karl Marx, cap. XXIV, “La llamada acumulación originaria”, en El Capital, Tomo I, ed. FCE, México, 1972
(1946) pp.607-649
18
Araceli Varela y Marcos Bariño “Los nuevos rostros del imperialismo. Entrevista a David Harvey” en Herramienta. Revista de Debate y Crítica Marxista, www.herramienta.org
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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La búsqueda de nuevos terrenos para la acumulación de capital o de terrenos antes vedados a la mercantilización y a la creación de valor son parte del entramado necro capitalista en términos de la diferencia
colonial, las metrópolis imperiales (nuevas y antiguas) requieren de nuevos campos para la acumulación y
sus colonias o satélites los pueden proveer través de la Privatización de la tierra y el subsecuente desplazamiento forzado de campesinos, la conversión de propiedad pública en privada, las restricciones al uso
público de recursos de propiedad común, las practicas neocoloniales de apropiación de bienes, el control
de los recursos naturales en las ex-colonias, y la supresión de formas indígenas alternativas de consumo y
producción19.
Para Banerjee la acumulación por desposesión es un elemento inseparable de los nuevos diseños del
capital en el mundo de la economía global. Este fenómeno de acumulación que deprecia la vida en forma
sistemática requiere un tipo de soberanía y de tecnologías de gobierno adecuados para sus fines. Banerjee
recurre al trabajo teórico y etnográfico de la antropóloga feminista malaya Aihwa Ong para explicar el diseño específico de gobierno correspondiente a las necesidades del capital ya mencionadas, haciendo acopio
de las categorías acuñadas por ella, como “soberanía gradual” y “neoliberalismo como excepción”20 explica como en el neoliberalismo asiático se ha diseñado un trato diferencial para poblaciones fragmentadas
de por sí (por raza, clase, etnia, género y región) como producto de la relación de los estados con el capital
trasnacional, este trato diferenciado se acompaña asimismo por una reconfiguración del poder a manos de
corporaciones trasnacionales en zonas especiales de procesamiento de exportaciones (como en las zonas de
maquiladoras en la frontera norte de México). Como resultado de esta interacción se crean áreas diferenciadas de soberanía; en algunas hay una presencia fuerte del estado y en otras mandas el mercado global y el
capital extranjero “la soberanía estatal se dispersa porque el capital y los mercados globales con la colusión
de los gobiernos crean estados de excepción en donde priva la coerción, la violencia y el asesinato”21.
Asimismo, los territorios son “limpiados” de rebeldes (ciudadanos fuera de la ley) para dar paso a concesiones, oleoductos y minas. El papel del estado en este sentido se reduce a resguardar ciertos derechos
democráticos en la esfera estrictamente política, mientras en la esfera económica estos mismos derechos
son socavados de manera sistemática por la explotación y la violencia.
Poblaciones dispensables en el mundo de la neocolonialidad
Desde otros registros discursivos se ha dado cuenta a lo largo de la historia de los procesos arriba descritos, pero en base a interpretaciones lejanas a la tradición posestructuralista. Desde el marxismo la problemática de los países descolonizados de África ha sido analizado desde la lógica de acumulación de capital
y las transformaciones estructurales del patrón mundial de acumulación de capital. El antropólogo francés
Claude Meillassoux llega a conclusiones en mucho análogas a las planteadas por Banerjee dando cuenta
de las formas de utilización instrumental de la vida como parte de los procesos de reacomodo mundial del
capital, en lo que refiere a la demografía de la población africana y a los gritos de alarma lanzados desde las
metrópolis y los organismos multilaterales acerca de la superpoblación de ese continente.
Meillassoux describe el proceso por el cual los países africanos merced a procesos históricos de desarrollo capitalista de los cuales tienen poco o ningún control, son colocados en una situación de dependencia
alimentaria, al mismo tiempo que crece su población. De manera paralela el trabajo en sus países se pierde
cada vez más, y la demanda de mano de obra en los países centrales disminuye, Meillassoux plantea que

19
S.B Banerjee, “Live and Let die…” Op. cit. p.9
20
Brett Neilson y Gigi Roggero “Neoliberismo comme una tecnologia di governo, economia sovranità e cittadinanza. Un’intervista con Aihwa Ong” Il manifesto Quotidiano Comunista http://www.ilmanifesto.it traducción GGR
21
“Live and Let die”… p.12
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 31-41. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/87

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…la población que creció en estos decenios (1950-1970) bajo los efectos de una política de importación
alimenticia y de existencia de empleos está hoy en una situación de sobrepoblación relativa. El problema
para la economía capitalista que la creó, es hacerla desaparecer sin hacerse cargo. Ideológicamente se la
presenta como una superpoblación absoluta, confundiendo la población actual con las predicciones de una
futura población gigantesca y aterrorizante, pero en este momento imaginaria…el control de la demografía
de los pueblos explotados por medios demográficos (control de la natalidad, esterilización, etc.) fracasó.
Por tanto, se establece una forma de control mediante el hambre, la enfermedad y la muerte, más eficaz y
más cruel, con el pretexto de la “racionalidad económica” y el “ajuste estructural”: la lección de Malthus
fue comprendida22.
El diagnóstico sobre el futuro que espera a las poblaciones de África, de terror y muerte, parece validarse de manera constante cuando escuchamos de una nueva masacre, de abusos cometidos contra sectores
vulnerables (mujeres y niñ@s), de una nueva plaga de hambre en otro país de África. La política de muerte
que el capitalismo tiene reservada a sectores de la población mundial que se consideran irrelevantes es una
forma de vida desnuda anterior al nazismo y que lo sobrevive hasta esta fecha. Para el África y para otras
poblaciones del mundo periférico esta ha sido una constante de vida que solo ha tenido respiros históricos
intermitentes.
Un caso de excepcionalidad latinoamericana
Un caso de surgimiento de amplios sectores de población como vida desnuda y del establecimiento de
la excepcionalidad como norma de vida es el caso de Colombia, desde hace decenios, pero agravado con lo
que con el último gobierno se ha llamado “política de seguridad democrática”. Diversas organizaciones de
víctimas de la violencia estatal han denunciado el carácter esencialmente represivo de este diseño político
de gobierno y la relación de imbricación entre los más altos mandos del gobierno, la policía y e l ejército
con los carteles del narcotráfico y especialmente con los grupos paramilitares de derecha.
De manera tal que la seguridad democrática tiene un único objetivo, acabar con las organizaciones
insurgentes armadas, y en primer lugar con las FARC y suprimir por el medio que sea a las organizaciones
sociales, sindicales y populares que luchan contra las políticas del gobierno, haciendo tabla rasa de todas
ellas, identificándolas como “colaboradores de la guerrilla” lo que equivale a declararlos vida inservible,
matable. Ningún estado latinoamericano tiene el registro que tiene Colombia de desapariciones forzadas,
y ejecuciones extrajudiciales, además del desplazamiento forzado de sectores enteros de población campesina e indígena por la acción genocida de las Autodefensas Unidas de Colombia (AUC), el principal grupo
paramilitar.
Se ha registrado incluso la forma en que las AUC son contratadas por empresas multinacionales, ganaderos y terratenientes y narcotraficantes para hacerse de tierras en determinados sectores geográficos, ya
no como producto de un conflicto entre distintas organizaciones civiles armadas, sino como parte de una
planeación deliberada de acumulación por desposesión23. Para las empresas, los paramilitares aseguran un
“entorno seguro para los negocios” mediante la desaparición y asesinato de dirigentes sindicales y de obreros, y en el caso de desplazamientos forzados, la tierra que ha sido abandonada es concedida a terratenientes
para el cultivo de productos agroindustriales o la ganadería. De esa forma avanzan las “inversiones” y los

22
Claude Meillassoux L’economie de la vie. Demographie du travail ed. Page Deux, Paris, 1997, pp.106-109,
traducción GGR
23
Cfr. Iván Cepeda-Castro “Los paramilitares: Dispositivo del modelo “democrático” de control social” en sitio
digital del equipo Nizkor, 29 de septiembre 2003, Internet, ver http://www.derechos.org/nizkor/colombia/doc/cepeda8.
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negocios en ese país, mediante la siembre del terror para la población que se insubordina.
Paradójicamente todo esto ocurre en un entorno de democracia y elecciones libres y de existencia formal del estado de derecho. De la manera como ONG ha estudiado para Asia la forma en que en el neoliberalismo existen formas graduales de soberanía y en algunos sectores el estado simplemente ha acordado
no hacer nada para hacer cumplir la ley o ha impuesto una forma de legalidad de excepción que permite
mediante la ambigüedad una manga ancha para permitir vivir o dar la muerte. Así en Colombia, el estado
tolera y solapa a los cárteles del narcotráfico y a las AUC, porque son parte de su diseño de gobierno de la
población y herramienta de las clases dominantes nativas y del capital transnacional para abrir nuevas zonas
a la acumulación y ensanchar el horizonte de sus ganancias.
3.- MÉTODO
Diseño
La discusión contenida en esta investigación documental se enmarca en la tradición cualitativa interpretativa de los debates teóricos en Ciencias Sociales (Álvarez-Gayou, 2003; Vasilachis, 2006) referidas
al estado, a su caracterización y sus transformaciones (Osorio, 2004; Abrams, Gupta y Mitchell, 2015). Se
encuadra en las concepciones de investigación naturalista no-experimental de los fenómenos sociopolíticos
con un alcance de nivel exploratorio (Borsotti, 2007) de la construcción de nuevas interrogantes sobre la
naturaleza del estado en el contexto de las grandes transformaciones ocurridas desde el último tercio del
siglo XX.
Instrumentos
Para la construcción del marco teórico-conceptual del tema la transformación biopolitica del Estado-Nación, se consultaron un total de veinte referencias bibliográficas utilizándose como instrumento las
ideas, argumentos y proyectos que fueron interpretados desde una perspectiva analítica y crítica.
Procedimiento
Con la intención de realizar una comprensión del problema de la investigación se recopilaron fuentes
secundarias de documentos académicos. En el marco de referencia se definen los conceptos básicos con
relación a Biopolítica y Estado Nación. Una vez recopilada y analizada la información se construyó el
documento objeto de este trabajo. Finalmente se construyeron una serie de conclusiones relativas a los
objetivos trazados
4.- CONCLUSIONES
De manera harto coincidente el marxismo y la tradición que proviene del posestructuralismo plantean
diagnósticos muy emparentados acerca de la forma en que los diseños del poder crean tecnologías de gobierno o esferas de dominación para controlar la vida humana sea para hacerla florecer o para extinguirla,
según el momento histórico y el grupo específico de población que se trate. Existen, sin embargo, diferencias que es imposible soslayar, respecto del lugar de enunciación (la diferencia imperial o la diferencia colonial), respecto del compromiso político con los sujetos de las investigaciones y respecto de la conveniencia
o no de plantear caminos emancipatorios o prescripciones para luchar contra este tipo de diseño de poder.
Desde la visión foucaultiana, no es deseable plantear otro diseño de poder, pues este podría desembocar
igualmente en otra forma opresiva. No así desde la visión general del marxismo, que plantea a la investigación como una parte de la tarea política de lucha contra la explotación y de liberación de los oprimidos.
La adscripción de cada investigador o académico es más bien parte de una decisión ética y un compromiso político como sujetos. Por lo pronto, algunos de los autores revisados aquí dan cuenta del significado
de las Ciencias Sociales como crítica de lo existente y proveen herramientas para aquellos que desde otros
espacios plantean la lucha por un mundo en donde la muerte no sea el destino inexorable para muchos seres
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humanos.
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The political communication as an influencer of public opinion on human rights issues. Case
Study: San Salvador Atenco
La comunicación política como un influenciador en asuntos de derechos humanos. Caso de Estudio:
San Salvador Atenco
Pedro Paul, Rivera-Hernandez1
Universidad Autónoma de Nuevo León
https://orcid.org/0000-0002-2137-2538
Felipe de Jesús, Marañon-Lazcano2
Universidad Autónoma de Nuevo León
DOI: http://dx.doi.org/10.29105/pgc4.7-3 			

https://orcid.org/0000-0002-0705-6336

ABSTRACT
Jaime Cárdenas (1996) defines the Rechtsstaat as the framework that allows the balance between the concepts of
apparatus and community, which through an institutional design seeks the way to serve the country ordered by a series
of laws around a constitution. Therefore, one of its primary objectives is the maintenance of social order, where the
media can play a decisive role to be a watchful eye of the social events. In this way, this study analysis the impact of
political communication within the case study of San Salvador Atenco, where police forces and citizen clashed, generating a series of violations of the rights of the latter and affecting the image of politicians associated with the issue. There
is a brief reflection on the contributions that mediatization has in the search for respect for human rights and how this
affects the perception of the political actors involved in the case.
Keywords: Human rights, political communication, and public opinion.
RESUMEN
Jaime Cárdenas (1996) define el Estado de Derecho como el marco que permite el equilibrio entre los conceptos
de aparato y comunidad, que a través de un diseño institucional busca la manera de servir al país ordenado por una
serie de leyes entorno a una constitución. Por lo tanto, uno de sus objetivos principales es el mantenimiento del orden
social, donde los medios pueden desempeñar un papel decisivo para ser un ojo vigilante de los eventos sociales. De esta
manera, este estudio analiza el impacto de la comunicación política dentro del estudio de caso de San Salvador Atenco,
donde las fuerzas policiales y los ciudadanos se enfrentaron, generando una serie de violaciones de los derechos de
estos últimos y afectando la imagen de los políticos asociados con el tema. Hay una breve reflexión sobre las contribuciones que la mediatización tiene en la búsqueda del respeto de los derechos humanos y cómo esto afecta la percepción
de los actores políticos involucrados en el caso.
Palabras Clave: Derechos humanos, comunicación política y opinión pública.
Cómo referenciar este artículo:
Rivera-Hernandez, P. R., &amp; Marañon-Lazcano, F. d. (2018). The political communication as an influencer of public
opinion on Human Rights issues. Case Study: San Salvador Atenco. Revista Política, Globalidad y Ciudadanía,
42-54. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/88
Recibido: 23 de Julio 2017 - Aceptado: 13 de Septiembre 2017
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Doctor en Filosofía con orientación en Ciencias Políticas. Email: pedro_riverahdz@hotmail.com
Doctor en Filosofía con orientación en Ciencias Políticas. Email: felipe.maranonl@uanl.mx
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México, ISSN 2395-8448. pp 42-54. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/88

�The political communication as an influencer of public...

1.

INTRODUCCIÓN

This article has the objective to explain the link there is between public opinion and human rights, considering the influence of media about interest as a boosting tool. These phenomena will be described using
political communication as the causal because of the impact it causes into society to build an image upon
an event, whether this image is partially true or false.
For Fulya Sen (2014), communication represents an essential and very important human need as well as
a basic human right. The right to communication should be considered in the framework of the freedom of
expression and the pluralist democracy.
It is well known by the Mexican citizens and it has been revealed to audiences worldwide how human
rights are violated as an every-day practice by the Mexican Government. Such organizations as it is the
United Nations High Commissioner for Human Rights in its report ‘Double injustice. Ayotzinapa case’ has
indicated that the acts of torture and other human rights violations represent, precisely, a double injustice.
On one hand, the guarantees of personal integrity and due process of the detainees are violated and, on the
other, they affect the right to the truth for the victims and society.
Because as the representative of this organ in Mexico mentioned, Jan Jarab, “those who suffer torture do
not necessarily tell the truth but rather what the torturer wants”, renewed action on the part of the authorities
in charge of procurement of justice should be taken, in order to avoid an institutional practice of committing acts of torture, as well as their tolerance and concealment. Also, the role of political communication
by influencing political opinion should have a larger weight on the power of the Government to encourage
public policies to help reach agreements with society. However, this mechanism should also be free from
manipulation and corruption, with the right of freedom of speech as the main motive of truth.
2.- THEORICAL FRAMEWORK
Human Rights
One of the ways in which the establishment of a culture of peace in society can be achieved is through
community mediation. This mechanism serves to achieve peaceful solutions and in response to differences
that arise within communities. Its inclusion as a public policy -that is, as a Government action- makes a
number of contributions to society. In order to achieve this, these policies must achieve a cultural change
and, consequently, strengthen the acts of Government and society that allow for unrestricted respect for
human rights, while also seeking to consolidate a democratic State governed by the rule of law.
In an era like the one we live in today -with unlimited access to sources of information, connected all the
time with each other, with many investigations, laws and regularizations- it is difficult to find people who
are not familiar with the concept of human rights. It is quite normal to hear about them, to make comments
about them and to believe that we know for sure what they mean and how they are applied. In reality, this
term corresponds to modern times since historically speaking human rights have had a long journey through
different times to become what we now know and that somehow we try to recognize any individual and give
them the respect they deserve.
The creation of the concept human rights is influenced by four “generations” forged throughout history.
The first generation, where the civil and political rights were created by the French Revolution raised the
issue of non-interference by the State in the lives of citizens; however, over time it became clear that these
rights were not sufficient and that they needed to be supplemented, which leads to the second generation.
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They arose when a written paper was no longer sufficient, but rather the practice of these rights that included the improvement of economic and cultural aspects was required. Thanks to Bobbio (quoted by Pérez
Luño, 2005:25) it is clear to us that the Mexican Constitution of 1917 and the German Constitution of 1919
influenced the momentum of this generation of rights. In both countries, rights were already demanded in
relation to employment, housing, fair wages, health services and rest, among others.
The emergence of the third generation of human rights took place in the 1970s, and it housed a whole
range of different prerogatives, such as the right to development, the environment and peace. This generation, as can be seen, is focused on peoples and communities; it was born in response to the need for cooperation among nations.
The last and fourth generation of human rights speak of equality between individuals and also require
the State to make no distinction between men and women and to have access to all rights in an equitable and
egalitarian manner. In addition, the aim is to ensure that there is no discrimination of any kind, including
nationality, political orientation, gender, etc.
In light of the foregoing, to speak of community mediation as a public policy and more precisely, as
an instrument for the protection of human rights, is of importance for the consolidation of a democratic
system. The State, as a body organized jointly with citizens and civil society organizations, is obliged to
implement actions that result in greater protection of the rights of every individual as a member of the State.
The discipline of public policies arises to fill a knowledge gap, to know how government decisions
are made and to know whether they are based on rational data, analysis and calculations, which increase
the effectiveness of the decided action, or whether they are based on other criteria (Aguilar Villanueva,
2010:19).
The political and technical components of public policy are well articulated, with no tensions, when
the actions decided by the government have sufficient social acceptance and produce results. Other times,
the two components of public policy do not correspond, they confront each other and one tries to prevail
over the other, which happens when political considerations lead to promising valuable, beautiful social
situations that are not feasible or are senselessly expensive, or when public policy makers do not care
much about the political consequences, perhaps disastrous, that their technically sound decisions provoke
(Aguilar Villanueva, 2010). In this way, it is clear that citizens need to be involved in the creation of public
policies that are ultimately aimed at satisfying their needs, including the protection of human rights.
With the reform of article 17 of the Constitution, in 2008, a reference point for community mediation
was presented and, therefore, another way of protecting human rights. In accordance with the constitutional
reform in the area of security and justice -and with all the work carried out in forums, meetings of legislators with experts in mediation, academics and society in general-, there is a guideline for the design and
implementation of public policies aimed at including a culture of peace in our daily actions. This is intended
to reduce confrontation between members of society.
It can be said that human rights are related to public policies because, since they are clearly regulated
by our Constitution, it is up to the State to carry out governmental actions, specifically public policies that
allow it to guarantee their respect. It is also stressed that they ensure the well-being of citizens and that there
is harmony and respect for our rights. For this reason, it is important to consolidate community mediation
as another tool that seeks to achieve a culture of peace in which respect for the rights that we all have as
citizens prevails.
Through community mediation, problems that are considered to have no legal relevance can be contaiRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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ned and the conflict prevented from reaching other levels; that is to say, community mediation creates an
institutionalized space for conflict resolution through the intervention of professionals trained to prevent
disputes from turning into violent actions, the result of court battles, and, therefore, from disrupting social
order. Community mediation plays an important role because its implementation can prevent the breakdown of the social order within the community and thus consolidate peace, understood as part of human
rights. This procedure includes an interactive process related to the transmission of information between
political actors, media and the public which is defined by the concept of political communication according
to Norris (2000).
Political Communication
Political communication is composed of two big concepts difficult to tackle, politics and communication. There are four major definitions of political communication managed by some theorists (Grestlé,
2005):
•

•

•

•

Instrumental and reductionist conception, which is essentially based on the fact that political communication is constituted by the set of techniques and procedures available to political actors to seduce and manage public opinion. However, this definition dissociates policy communication since
it emphasizes its technocratic character, considering communication as a tool to manage image and
politics as the image itself
Ecumenical vision, which defines political communication as an interactive process related to the
transmission of information among political actors, the media and the public (Norris, 2000). Although this raises a circulation of communication without obstacles, it has the drawback of referring
to the notion of exchange that implies a more symmetrical than complementary communication,
that is, everything happens as if equality prevailed in the realization of communicative exchanges.
Competitive conception (Blumer &amp; Gurevich, 1995), which refers to the competence to influence
and control through mainstream media, public perceptions of major political events and what is at
stake. A struggle for the control of collective representations, emphasizing the role of the cognitive
and symbolic of political processes and insisting on the media
Finally, the deliberative conception unites the technological fascination with communication and
politics. This means that it is in the discussion, in the public and collective debate, where the
conditions for democracy will be found, including all citizens. That is, this vision is linked to the
definition of deliberative democracy (Grestlé, 2005).

These definitions of political communication have two aspects: one emphasizes communication and
the other emphasizes politics. It will depend on the theorists and researchers the use of the inclination that
is made of the political communication. It is evident that the political implies the social and the communication is, also of evident form, a social bond. Both the problems and solutions of a collective or political
group are socially carried out by transmitting to the masses directly and indirectly through the use of the
same citizenship or the media.
Specifically, Dader (2008) proposes the following definition, which in some way groups the concepts
explored up to now: “Political communication is the production, diffusion and exchange of symbols and
cognitive representations about politics, with the consequent generation of perceptions and reactions about
that policy “(p. 3).
As Roth (2015) mentions, political leaders usually take the coverage given by traditional media to an
issue (when there is a free press) as a substitute for public opinion. However, there are two relatively recent
and notable changes in this traditional understanding of shaming human rights. First, the rise of social media means that there are more people influencing public opinion than traditional journalists, more ways in
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which people can learn about human rights issues as well as through the dominant media, and more ways
in which policy makers can discern the views of a relevant public than by consuming news through newspapers and broadcasts. Second, some human rights violators have become much more sophisticated about
the use of the media, both traditional and social, to influence world opinion.
This role played by the media has led, as Dader (2008) points out, to a conversion of societies towards
the mediocracy, that is, media-centered democracy, as the main link between political communication and
the mass media communication.
Nowadays, there is an extensive literature on the interaction between media and politics, which, although largely focused on electoral processes, also addresses issues such as infotainment or personalization,
which target issues other than politics of elections. However, the vast majority of these works describe
specific experiences without looking too much at the general trends that can already be identified in the
behavior of the media. On the other hand, the focus of these approaches is worked from the perspective of
cultural studies, or from the communication sciences, and not with a vision that integrates from the object
of study to political science.
For Wolton (1989), political communication is an indispensable process for the contemporary political
space, it allows the confrontation of political discourses: ideology and action for politicians, information
for journalists, communication for public opinion and polls. These three discourses are in constant tension,
each one of them keeps a part of the democratic political legitimacy and tries to interpret the political reality
of the moment, excluding the other.
As established by Mendé &amp; Smith (1999) “The mass media mobilizes before the event; the politicians
before the action; public opinion before the hierarchy of issues and concerns that do not obey either the
pace of political action or the mass media. This demonstrates the differences in time scale and concern that
exist in each of the actors… the fundamental role of political communication is to avoid the seclusion of
the political debate itself, integrating the issues of all kinds that acquire political interest and facilitating
the permanent process of selection, hierarchy and elimination, providing sufficient elasticity to the political
system. It serves to address the main contradiction of the democratic political system: to alternate a system
of opening up to new problems with a system of closures destined to avoid that everything is in permanent
debate.” (p. 202).
Political communication offers the preamble for public opinion, since this is where it arises. It takes
place starting the subject of interest, later media oversees disseminating the information and finally the
people interested generate a criterion upon which they debate with others. As to the government, it serves
as an incentive to act and produce strategies such as public policies like community mediation in order to
give a solution to the problem established.
Public opinion
According to Jürgen Habermas (1994), public opinion was born at the end of the 17th and the beginning
of the 18th century at the cafes and bars of Paris and London where people met to debate different issues of
common interest. These places became centers of discussion and argumentation; the cities were centers of
literary advertising and began to have significant political and literary weight. The discovery of America,
wars, literary novelties or courtly news were the most-talked-about topics at these bars and cafes.
It is from the bourgeois revolutions and the alliance between the people and the bourgeoisie that the
popular classes will begin to feel themselves as an active political subject. It is beginning to be observed
that the opinions of private individuals could evolve into public opinion through a rational-critical debate of
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a public made of citizens, which was open to all and free from domination (Pareja and Echeverría, 2014).
The institutions of mass communication, mentions Habermas (1994), gradually replaced in importance
the bars and cafes. The commercialization of mass communication altered the critical nature of the social
sphere. What once was a forum for rational and critical debate became another field of cultural consumption.
The French are considered the inventors and disseminators of the public opinion, Noelle-Neumann
ensures that the first user of the combination of opinion and public as a united expression was Rousseau.
He saw public opinion as a way of carrying out the common will, which was given through egalitarian and
reasoned debate.
Botero Montoya (2006) indicates that Necker (Minister of finance of the French Crown) was in favor of
the total publicity of state activities and stated that “only the crazy, the pure theorists or the apprentices fail
to take into account public opinion”.
Moving on to the 1900s, the change in public opinion studies was becoming increasingly clear within
the social sciences as it turned into a major object of study for sociologists, psychologists and political
scientists.
Throughout history, many generations of authors have tried to give a concept to public opinion, but
there is no generally accepted definition. Public opinion is currently considered one of the most important
and decisive concepts in the social sciences, alluding to a social phenomenon.
Efforts to define the term have led to expressions of frustration such as “public opinion is no the name
of anything, but a classification of a set of things” (Davison, 1968).
Pareja and Echeverría (2014) mention that public opinion can be understood as a concept that articulates a social phenomenon in which there is a series of ideas, thoughts and beliefs around diverse themes of
collective character.
Public opinion is then understood as the freedom to express and opinion on general or public affairs of
the State (“common good”, “public necessity”, “general interest”…) and, in connection with this, on the
content and form of State government that is, on the content and form of governmental decisions relating
to such general affairs. (Aguilar Villanueva, 2017).
Another of the definitions that help to understand public opinion in a simpler way is the following:
Public opinion is the result of individual opinion on topics or subjects of common interest and that
originate, first, in human communicative forms, in individual processes and then, in collective processes to
varying degrees, depending on the nature of the information shared by individuals, and at the same time influenced by the particular interests of the social groups that are affected (Reyes Montes, O’ Quínn Parrales,
Morales y Gómez, &amp; Rodríguez Manzanares, 2011).
Considering the definition above given it can be understood that the individual opinions of each citizen
are born from the information they receive about a topic of common interest. Califano (2015) tells us that
Harold Lasswell said that those who control the media will have an important advantage in presenting this
knowledge throughout society. Public opinion is the key to their deliberative policy proposal, which is an
alternative for overcoming the democratic deficits of contemporary politics.
A high-profile case of public opinion in Mexico occurred in 2001 when the then president, Vicente Fox,
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announced the construction of a new airport in the areas of Texcoco, San Salvador de Atenco and Chimalhuacán.
This caused some discontent among the inhabitants and let to marches and demonstrations against the
construction. The People’s Front in Defense of the Land (FPDT) was also created. This fact is remembered
due to the violent events that happened and the countless human rights violations that took place.
Throughout the conflict, the collective resistance against the construction of the airport had two fronts
of struggle: legal and social mobilization.
Kuri Pineda (2010) explains that once this news was made public in Mexico, numerous positions emerged within the Mexican public opinion on which of the two candidacies to build the new airport represented
the best alternative in economic, ecological, urban and aeronautical terms.
This author also mentions that the airport conflict was an intense process of confrontation that marked
the communities, in such way that the people still experience the division between those who decide to
participate in the movement and those who were willing to sell their land.
In conclusion, this mega-project gave rise to various forms of citizen participation in a formal and informal, community, organizational, institutional and autonomous manner. A new relationship between the
government and citizens was experienced (Moreno Sánchez, 2014).
3.- METHODOLOGY, SAMPLE PERIOD AND DATA USED
The purpose of this study is to understand all the parts of the Salvador Atenco`s case, and thus be able
to understand better from the inside and how political communication, public opinion and human rights are
related in this event.
Up to this point, we have seen that the process, which proceeds creating a public opinion, starts with
the violation of any human right that is publicly exposed, it can be through television, radio, magazines
or newspaper (Pareja and Echeverría, 2014). However, journalist aren’t the only people publishing about
the matter nor are they doing it only by the “traditional method”; the subject jumps into Internet and it’s
being posted and commented on by anyone in the world who may be able to watch it. This is where public
opinion starts to happen (Habermas, 1994). This specific space, virtual or non-virtual, where people share
their thoughts about a topic. Therefore, the research questions are the following:
•
•
•

Did the government’s political communication regarding the ‘San Salvador Atenco’ case have a
positive impact on public opinion?
Did the attack on the human rights of the inhabitants of San Salvador Atenco received the necessary
exposure from the media?
Did the media generate in public opinion an idea of human rights violations in the case of San
Salvador Atenco?

4.- RESULTS
The case study is known as a research method that is characterized by the use of cases from unique
social or educational entities in which it has to carry out a systematic and in-depth examination of them.
It differs from sample research in that the case is pre-selected because it offers better and greater learning
opportunities in the field (Stake 1995).
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For Yin (1989), the case study consists of the detailed description and analysis of unique social units or
educational entities. Whereas for Stake (1998) it is the study of the particularity and complexity of a singular case, to understand its activity in concrete circumstances.
It is a qualitative research method that can measure and record the behavior of the people involved
within a studied phenomenon (Yin, 1989). It is mainly characterized by the investigation of several phenomena in which it seeks one or more answers to the questions that may arise as the investigation progresses.
The case study is interested in the characteristics of a project design, as well as the results of a program or
social intervention experience. Other characteristics of the case study, according to the author Pérez Serrano
(1994) are:
•
•
•
•

It is particularistic: this means that it is characterized by an idiographic approach, aimed at understanding the singular reality.
It is descriptive: a rich qualitative description is obtained as the final product of a case study.
It is heuristic: because it discovers new meanings, broadens the experience or simply confirms what
was already known with a strategy aimed at decision making.
It is inductive: it is based on inductive reasoning to generate hypotheses and discover relationships
and concepts from the detailed system where the case takes place.

Cases are unique social situations or entities that deserve to be investigated. Case studies may be composed of single or multiple case studies (depending on their units of analysis), but their purpose is to understand the particularity of the case (Serván and Muñoz, 1999). Yin (1989) distinguishes three different
types of objectives:
•
•
•

Exploratory: the results of which can be used as a basis for asking research questions
Descriptive: tries to describe what happens in a particular case
Explanatory: facilitates interpretation

Types of cases:
Values case: Each individual has a scale of values. Two people may meet affectively in a “here and
now”, but as soon as they approach an issue from their respective core values they will find themselves in
antagonistic positions
Incident case: The ultimate aim is to actively seek out additional information from the participants in
order to clarify the individual processes of the decision.
Case of reasoned solution: It differs from the incident case in that there is no additional information
here: the group has to be satisfied with the data of the case and concentrate its efforts on reconciling the
various solutions in order to find a reasonable solution.
Case where imagination is applied: From imagination promote in the group a representation of the case
based on real situations.
Real search case: It can be used when there has previously been an ideological discussion or an awareness process about a particular problem shown in the news or the media, where some questions are made
upon a selected case, which is the type we are doing for this study.
Thematic case: What is of interest is not the case itself but the substance of the case. Stake (1998) points
out that due to their characteristics, a case study is difficult to structure with defined steps, but Montero and
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León’s proposal (2002) develops a five-phase method.
•
•
•
•
•

The selection and definition of the case.
Preparation of a list of questions.
Location of data sources.
Analysis and interpretation.
The preparation of the report.

Description of San Salvador Atenco´s Case
After a year of announcing the start of construction of a new airport in Mexico City, President Vicente
Fox postponed the project indefinitely. The movement was defined from the beginning of 2001 as a way of
manifesting itself in the construction of Mexico City’s international airport, this project was considered as
an urban proposal that should be developed.
The main protagonists of the movement are communal land holders from a locality near Mexico City,
belonging to the popular sectors where there is a transformation of the actor-subject: a) The actors of this
movement identify and structure themselves based on a certain identity, demands and principles, with the
particularities of the socio-cultural condition of the social category to which they belong; b) by their own
demands or claims regarding their condition, and c) by the organizational and institutional characteristics
of the environment in which they operate (Munck, 1995).
The municipality of Atenco is located in the central part of the Valley of Mexico and in the eastern part
of the State of Mexico; it is separated from the former Federal District (current Mexico City) by the municipalities of Nezahualcóyotl and Ecatepec. It is located 22 kilometers from Mexico City and belongs to the
region of Texcoco. It is bordered to the north by the municipalities of Acolman and Tezoyuca, to the south
by the municipality of Texcoco, to the east by Chiautla, Tezoyuca and Chiconcuac, and to the west by the
municipality of Ecatepec.
Most of the social movements that have emerged in Mexico’s history are a reflection of class conflict,
but in this case it is a struggle of a joint community to express the class in which they live. Its form depends
on the state of the political system and social organization.
All social movements have a raison d’être and are constituted in class relations. The case of Atenco
helps us to visualize it as a regional, social movement that receives coverage and diffusion because its
background is based on the struggle with the local space, as well as the defense of something that can be
considered as delicate: the possession of land in the Metropolitan Area of Mexico City. Alain Touraine
(2005) considers that social movements are above all cultural movements, very different from those whose
socio-economic orientations had been anchored in industrial societies. Such is the case of Atenco.
The conflict may have been initiated for the purpose of maintaining a single element, but its characteristics imply differences according to the place and order of events; orientations or resources, social or cultural
characteristics may also be helpful in defining the movement’s strategy. The actors of a movement do not
form a social environment that can be defined by common choices, by a personal and collective social identity. A social movement, on the other hand, is constantly trying to question the social definition of roles, the
functioning of the political game, the social order.
At the beginning of the social conflict, 2001, there were no major education centers in the municipality,
as in Texcoco, but in 2011 the Universidad Mexiquense del Bicentenario, known as the “Unidad Académica
Universitaria Atenco” (Atenco University Academic Unit), located in the Santa Isabel Ixtapan community,
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was already in operation and offers two degrees: Industrial Engineering and Information and Communication Technologies Engineering.
In 2001, the President of the Republic was Vicente Fox, who presented the proposal to build the best
urban work of the six-year term with the installation of the international airport of the largest metropolitan
area in Latin America. It would be located in Mexican territory and specifically in the municipalities of
Atenco and Texcoco. Undoubtedly Vicente Fox and the then secretary of communications and transportation, architect Pedro Cerisola Weber were the main actors in the airport project. The decrees of expropriation of land in the Texcoco region gave them constitutional powers to build and operate an airport. The State
has the power to ensure the free movement of goods and persons by air and their movement by air or land
may not be limited to one territory or one physical space.
The Atenco problem took another direction in 2006 with the repression of the state government and the
executive branch of government. The social movement has continued with less impact in Atenco, but not in
other latitudes or in the MCMA, where it is recognized as a “social movement”, in which several social and
political actors participate. This continues, but the issue is no longer limited to disagreements between the
federal government and the communal land holders, who carry machetes as a defense and icon no longer
of the land, but of citizen demands for justice, freedom, human rights, employment and security, among
others. It should be remembered that each social movement is associated with the social data itself and with
the historical cultural processes that are the fruit of a democracy and rationality at a given time.
Atenco has had to face and get used to a poorly organized and planned urban development in its different
localities; this has required a greater supply of public services (drinking water, electricity, drainage, among
others); the redeﬁnition of the population in its territory; and the change of land use in the last decade from
agricultural to urban, semi-industrial, or commercial. This municipality has become an extension of the
great city, since its traditions, its forms of organization, its cultural expressions, its values and the ways of
life of its inhabitants are intertwined. They receive the inﬂuence of the region and of a modernity where
the different actors are structured from a certain identity, from certain principles, with the socio-cultural
condition and the characteristics of an area that belongs to the State of Mexico, but receives the inﬂuence
determining of the most important metropolis of the country and of Latin America.
5.- CONCLUSIONS
In this part, the article will give an answer to the established research questions above. The first questions inquired if the political communication offered by the government regarding the Atenco case had
had a positive impact on public opinion. According to the described case, the answer is a negative one. As
previously seen, public opinion is studied as a reflection of a series of collective thoughts, behaviors and
customs that play the role of reference of the opinions held by individuals. Public opinion, from this perspective, is linked to the prevailing set of beliefs in a given community. Thus, if the State is not able to reach
the whole audience through this communication channel that encompasses emotions, thoughts, experiences
and values then the government just simply won’t have the capacity to create a link with the community
and therefore, the public policies proposed by the government won’t have the participation of the citizens
and they won’t be good enough to satisfy their necessities. The clear example of this is the fact that even
when Fox decided to back out and public “apologies” were made, it was also Enrique Peña Nieto who said
“There won’t be a negotiation. The law will be applied, and the rule of law will be enforced.” That had a
larger and negative impact for the Government, due mainly to the images that had been infiltrated. Thus, the
government’s political communication regarding this case did not have a positive impact on public opinion.
To the second question the answer would have to be an affirmative one. At the moment it was some
pretty big news, but then again, so was Ayotzinapa or any femicide case. However, all these events have
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Rivera Hernández, P. &amp; Marañón Lazcano, F.

in common the same characteristic: they gain popularity for some time and then become history. All of a
sudden nobody remembers about it and it doesn’t mean the situation has been solved. In the case of Mexico, the citizens decide to forget and forgive. No movement has become strong enough to actually make a
change on society, even when it received sufficient exposure from media. Regarding the ‘forget &amp; forgive’
concept we mean that as no rightful action is taken from the government, impunity reigns. Leading to the
attitude of thinking that not any achievement from the population towards the government makes a difference and they decide to not care anymore, so they eventually forget which later turns into forgiveness. At
the time the Atenco case occurred, Fox was certainly the President of the Mexican Republic, but Enrique
Peña Nieto was the then governor of the state where the events happened: State of México. After his speech
previously mentioned, he didn’t seem to gain any popularity, thus after Fox and Calderon he became the
current President of the Mexican Republic: people forget and forgive. Overall, the case did have enough
exposure by the media at the time, but it seemed tackled by the effervescence effect that hunts every other
event in our country.
The third question asks if the media generated in the public opinion an idea of human rights violations.
And as established before, it did. Media captured the moments by photos, by testimonials, by recording it
and it was able to transmit it; at this moment the process of developing a public opinion as such had taken
place and people were critical about it, however it didn’t cause a bigger impact. Neither on the population to
take up a different strategy to reach the Government, nor the State to also stop using the ‘old-way’ methods
(violently) that only leads us backwards as a society.
At the end, if we were to analyze the three answers as a whole rather than separately, we would see how
they are connected. It all starts with the violation of human rights which manages to be noticeable. After the
media has captured attention on the audience, the Government makes an announcement regarding the topic,
using political communication as a method and finally, this political communication creates and impact on
the citizens to formulate a criteria based on the situation, this is called public opinion which normally agrees
with the fact that human rights are being violated. Nevertheless, this cycle of three is not strong enough to
stop the abuse, at least not in Mexico and that is why with these conclusions the necessity and importance
of further case studies is highlighted, as well as encouraged.
The importance of studying this matter lies in identifying the role of public opinion as a spokesperson
through political communication who can demand an answer to the violation of the human rights of citizens. A way to accomplish it could be by the press, since it acts as a counterweight tool and a mediator
between the citizenship and the achievement of their rights. Political communication comes along with a
public opinion made of social consciousness thanks to the capacity of the media in publicizing abuses of
violations, spreading facts and facilitating the exercise of rights.
Also, the determination of different aspects that could cause the violations of human rights. For example, most experts argue that human rights violations should decrease with economic development, however
it’s proven by Dreher, Gassebner &amp; Siemers (2012) that they increase with economic growth. Mitchell y
McCormick (1988) support this idea when they mention that the better the economic situation, measured by
the quantity and quality of goods and services available, the less potential for conflict and therefore repression. Which is why further studies should include what external factor may influence the cycle of political
communication and public opinion regarding the violation of human rights and that also may indicate the
cause of why it hasn’t alone accomplished to lower the levels of this abuse.
Finally, it should be stressed that it is not enough to simply create and give the public a perspective on
certain issues, in this case the violation of human rights, but to make an effort to educate citizens and to
teach them to be active with the media. This includes a twofold task: on one hand, to have the capacity to
reconstruct the culture offered by the media and on the other, to inform, train and transform education in
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human rights and peace, constituting an important instrument for building a new culture (Tuvilla, 1997).
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Relaciones diplomáticas de México con Estados Unidos y América Latina en las primeras década
del siglo XXI
Diplomatic relations of Mexico with the United States and Latin America in the first decades of the 21st
centurySan Salvador Atenco
José Manuel, Vázquez-Godina1
Universidad Autónoma de Nuevo León
DOI: http://dx.doi.org/10.29105/pgc4.7-4 			

https://orcid.org/0000-0003-2161-2770

RESUMEN
El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo consistió en analizar las relaciones diplomáticas a lo largo del tiempo de México con Estados Unidos, y México con América Latina. Se aplicó el método de
análisis, con un enfoque cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico transversal. Tras la
revisión documental se encontró que: las relaciones que México ha sostenido con Estados Unidos y Latinoamérica han
sido controvertidas, esto ha generado que los objetivos de la política exterior de México planteados por los diferentes
jefes de estado consideren como una variable de mayor influencia al país vecino del norte.
Palabras clave: Administración, diplomacia, estado, política, relaciones internacionales.

ABSTRACT
This article is the product of a bibliographic review, which objective was to analyze diplomatic relations throughout
the time between Mexico and the United States, and between Mexico and Latin America. The method of analysis was
applied, with a qualitative approach, non-experimental design, under a transversal documentary-bibliographic level.
After the documentary review, it was found that: the relations that Mexico has had with both the United States and
Latin America have been controversial, this has caused that the objectives of Mexico’s foreign policy proposed by the
different heads of state consider the neighboring country of the north as a variable of greater influence.
Key words: Administration, diplomacy, state, politics, and international relations

Cómo referenciar este artículo:
Vázquez-Godina, J. M. (2018). Relaciones diplomáticas de México con Estados Unidos y América Latina en las
primeras década del siglo XXI. Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, 55-67. Recuperado de http://
revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/89

Recibido: 02 de Agosto 2017 - Aceptado: 13 de Octubre 2017

1
Posdoctorado en Filosofía con Orientación en Relaciones Internacionales, Negocios, y Diplomacia, Doctorado en Gerencia y Políticas Educativas. Email; jose.vazquezgd@uanl.edu.mx
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1.

INTRODUCCIÓN

Las relaciones diplomáticas entre los Estados Unidos de América, México y América Latina han sido
controvertidas a través del tiempo, esto ha generado que los objetivos de la política exterior de México
planteados por los diferentes jefes de estado consideren como una variable de mayor influencia al país
vecino del norte. Desde el nacimiento como Estado-Nación, México ha estado influenciado por la política
de Estados Unidos.
Los antecedentes más cercanos, se encuentran durante el período de Carlos Salinas y Ernesto Zedillo,
donde influyen los factores internos y externos en la elaboración e implementación de los objetivos de
la política exterior; uno de los factores que más influyó fue la cercanía con Estados Unidos, los lazos de
amistad entre los mandatarios políticos de una nación y otra, así como las tendencias de la globalización
económica y el triunfo del capitalismo en el sistema internacional.
Posteriormente, con la llegada del nuevo siglo, llega una serie de cambios en el sistema internacional,
así como en el país, con la llegada a la presidencia de la República del Partido Acción Nacional (PAN),
derrotando al partido oficial, hegemónico, que había permanecido en el poder por cerca de 70 años, se
percibía un cambio de rumbo en la política exterior del país, sin embargo, la influencia de Estados Unidos
permanece, a pesar de los cambios políticos internos.
De esta manera el tiempo que va del Siglo XXI, México ha tenido cuatro presidentes, que se consideran
como las olas del mar, de pronto hay mucha participación en el sistema internacional y después va disminuyendo, pero es necesario que cada mandatario realice un buen diagnóstico de la situación social, política
y económica en la cual se encuentra el país y el mundo, con la intención de elaborar objetivos de la política
exterior a corto mediano y largo plazo, de acuerdo a estos objetivos, generar estrategias que permitan alcanzarlos y ser evaluados por el poder legislativo, para que al mismo tiempo se implementan los instrumentos
diplomáticos que ayuden a lograr cada uno de los objetivos.
Durante el gobierno de Peña Nieto, la diplomacia mexicana se encargó de promover los intereses nacionales, participando en los esfuerzos internacionales a favor del desarrollo sostenible y la cooperación, de la
paz y la seguridad –aspiración que se resume en la noción de responsabilidad global. A partir de esta visión,
se desplegó una intensa política exterior que profundizó en el diálogo y la cooperación con otras naciones,
fortaleciendo la presencia de México en foros multilaterales y regionales (SRE, 2015).
Desde los inicios de la Administración de Peña Nieto, la Agencia Mexicana de Cooperación Internacional para el Desarrollo (AMEXCID), asumió como tarea principal la consolidación internacional de México.
Con el objetivo de promover la producción mexicana en el extranjero, fortaleció los lazos comerciales con
países de diversos continentes; de esta manera la Agenda del Gobierno Federal tuvo como misión lograr un
crecimiento en la productividad, respaldada bajo una política exterior que tenía como misión promover el
comercio internacional y atrae la Inversión Extranjera Directa (IED).
A inicios de la administración de Enrique Peña Nieto las relaciones bilaterales entre México y Estados
Unidos habían dejado atrás algunos problemas como el de migración y narcotráfico. En el ámbito económico, el Diálogo Económico de Alto Nivel (DEAN) se fortaleció al firmarse un acuerdo de reconocimiento
mutuo en materia aduanera único en el mundo, como un importante impulso al comercio exterior, que haría
de Norteamérica una región más competitiva. Sin embargo, durante el año 2015, la red consular en Estados
Unidos expandió su capacidad de documentación consular en un 50% con respecto al 2014, debido al incremento de la demanda, y a los problemas migratorios, aumentando el número de pasaportes.
Para el caso de América Latina, México ha ido fortaleciendo sus relaciones diplomáticas a través de la
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integración de la Alianza del Pacifico (AP), siendo esta una institución internacional de carácter regional
con mayor madurez, gracias a la integración de países observadores; de esta manera México tiene Tratados
de Libre Comercio con diez países latinoamericanos y con trece países acuerdos económicos, es el primer
socio comercial de América Latina y el Caribe en Belice; el segundo en Brasil; el tercero en Cuba y Honduras; y el cuarto en Chile y El Salvador.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Antecedentes
La participación de un país en el escenario internacional, depende del perfil de la persona que se encuentra en el poder, del conocimiento cognoscitivo, es decir de su trayectoria educativa, de su literatura,
el tipo de universidad en la cual fue preparado, todo esto influye al momento de tomar decisiones claves
para el país que en esos momentos se encuentra representando, ya que las experiencias, la influencia de los
modelos educativos son los que lo llevarán a tomar decisiones a nivel global.
De esta manera, partiendo de esta idea, las relaciones diplomáticas de México con Estados Unidos y
América Latina, fortalecerlas e incrementarlas parte de un modelo neoliberal del cual está influenciado el
presidente Carlos Salinas de Gortari (1989-1994), debido a que desde el momento que inicia la presidencia,
la política exterior mexicana toma un rumbo diferente, la visón, los objetivos, las metas y los instrumentos
diplomáticos se incrementan, ya no es solamente Estados Unidos, ahora se integra Europa, Asia y África,
pretendiendo una diplomacia total.
Considerando las ventajas de los factores internos y externos que se estaban presentando en esos momentos, como fue la caída del muro de Berlín y la integración de Alemania, la desintegración de URSS
y el triunfo del capitalismo, de esta manera de acuerdo a Holsti, para un cambio de postura se requiere la
percepción de aquellos tomadores de decisiones, que conozcan las condicionantes de situación política,
económica y social del país y del sistema internacional, combinado con el deseo personal de reestructurar
las relaciones diplomáticas del Estado con sus similares de la sociedad global.
En esos momentos se inicia la globalización, con un presidente influenciado por el modelo neoliberal,
que pretendía cambiar la imagen de México frente a la sociedad internacional, convencer al gobierno de
Estados Unidos, George Bush que el futuro de las relaciones internacionales, la paz mundial y la seguridad
internacional no se encontraban en las armas, sino, en una diplomacia comercial, las alianzas comerciales,
para poder competir era necesario la firma de un tratado comercial donde se incluyera Canadá.
De esta manera los cambios no son por si solos, ya que, para poder integrar a México al sistema internacional, fue necesario hacer lo mencionado por Herman y Holsti que mencionan que al re direccionar la
política exterior de un país, no es solamente por un cambio de gobierno o de régimen, sino, que los cambios
vienen de los ajustes, los programas, los problemas, las metas y la orientación del país en el sistema internacional. Para entender las condiciones que promueven una redirección fundamental en política exterior,
Hermann sugiere cuatro áreas de conocimiento. 1) Sistema Político interno, 2) toma de decisiones en la
burocracia, 3) cibernética, y 4) aprendizaje.
Con la entrada en vigor del Tratado de Libre Comercio con América del Norte (TLCAN), parecía que
las relaciones entre ambas naciones eran cordiales, que todo era felicidad, pero los problemas seguían
siendo como hace cien años, la inseguridad en las fronteras, se agregaba el narcotráfico, la migración, los
polleros, etc., los reclamos por parte de Estados Unidos al presidente de México, se debía a la falta de una
patrulla fronteriza que vigilara la situación de los migrantes del país y centroamericanos.
La cercanía con Estados Unidos, no permitió que se alejara de América Latina, ya que la forma medianRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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Relaciones diplomáticas de México con Estados Unidos y América...

te la cual había llegado a gobernar, obligo a Carlos Salinas a buscar una legitimidad a través de resultados,
siendo el programa Solidaridad con mayor éxito en sus primeros tres años, que le permitió ser considerado
como uno de los ejemplos en Latinoamérica, promovió la integración de América Latina y el Caribe, en
aquellos momentos se cumplían quinientos años del descubrimiento de América, para lo cual se organizan
foros, reuniones y encuentros entre los países iberoamericanos.
Al que realmente le toca lidiar con la problemática entre ambas naciones es al presidente Ernesto Zedillo de León (1994-2000), ya que se enfrenta a la Ley de Libertad y Solidaridad Democrática con Cuba,
mejor conocida como Helms-Burton en 1996, el gobierno de Bill Clinton amenaza a México con dejar de
comprar el producto e incrementar los aranceles a las empresas que invertían en Cuba, siendo una de las
empresas perjudicadas CEMEX, la situación llegó al punto de intentar de romper el TLCAN.
Más adelante con el gobierno de Vicente Fox, parecía que la situación cambiaría, con un gobierno
mexicano que llego gracias a la democracia, con una legitimidad y credibilidad por parte de los ciudadanos,
desea ingresar y participar en el escenario de la arena política mundial, solicita al gobierno norteamericano
para que respaldo su candidatura para ingresar al Consejo de Seguridad de las Naciones Unidas, es aceptado y por tercera vez México participaría en un órgano de gran importancia para el desarrollo de la política
internacional.
Todo aquello, parecía una luna de miel, hasta que llegaron los primeros problemas, en la Asamblea
llevada a cabo en Monterrey, Vicente Fox le solicita a Fidel Castro, que la situación no estaba en un ambiente estable, por lo que le pedía no tener acercamientos con George W. Bush, que diera su conferencia y
se retirara del evento.
Al respetar esta decisión, al pie de la letra, Fidel Castro, esperaba un respaldo por parte de Vicente Fox,
sin embrago en la Asamblea en Ginebra, no sucede nada, la decisión de México es abstenerse, algo que le
molesta a Castro, sale enojado de la reunión, se reedita la conversación con Fox y la manda a los medios de
comunicación, quienes hacen su trabajo, se convierte en un chisme de vecindad que termina con la renuncia
de Jorge Castañeda, quien ocupaba el puesto de Secretario de Relaciones Exteriores.
De acuerdo a Rafael Velázquez (2004), posterior a los acontecimientos en Monterrey, N.L. y las votaciones en Ginebra, los resultados fueron una relación entre México y Cuba prácticamente congeladas,
debido a que varias actividades entre ambas naciones se cancelaron por parte de las autoridades mexicanas.
Así también provocaron la renuncia del embajador mexicano en Cuba a finales del 2002, la cancelación
de las fiestas del día de la independencia de México, e inclusive existieron amenazas del Servicio Exterior
para hacerle auditorias sobre malos manejos, por lo que Pascoe (2004), mencionó en su carta de retiro que
México se alejó de Cuba cuando se acercó a Estados Unidos.
Posterior a este conflicto, se va suscitar el atentado terrorista al Wallet Street, generando una serie de
problemas internos y externos en Estados Unidos, la política exterior norteamericana cambia de giro, ahora
su preocupación ya nos es el mercado, es la seguridad internacional, e inclusive Bush menciona “están con
Estados Unidos o con el terrorismo”. Para la siguiente reunión en Ginebra es debatir la invasión de Estados
Unidos a Irak; presentándose otro grave problema para el gobierno de Fox, ya que por un lado está el compromiso con Estados Unidos y por otro el cumplimiento de los principios de la Política Exterior de México.
Las decisiones que se toman en materia de política exterior de estos tres sexenios es debido a la influencia que tienen de Estados Unidos, que toman una directriz diferente a la de los anteriores mandatarios, que
se arropan de funcionarios públicos con las mimas ideologías neoliberales, con un grupo de asesores que
contaban con un amplio conocimiento de la problemática nacional e internacional, que sabían que para
lograr que el país fuera tomado en cuenta en materia de seguridad internacional y del mercado global, se
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deberían de hacer una serie de reformas en materia social, política y económica.
Una de las reformas que ayuda al crecimiento y al cambio, es la reforma educativa de 1993, con la
intencionalidad que los futuros ciudadanos y egresados de las universidades públicas y privadas estudiaran
ingeniería automotriz, para que el país contara con recurso humano en el sector automotriz, para lo cual promueve las universidades tecnológicas y las preparatorias técnicas, logrando que para el año 2 mil México
ocupara el primer lugar en producción de piezas de autos.
Las decisiones que toma los mandatarios, pueden ser de manera horizontal o vertical, es decir, que al
momento que exista una situación internacional en la cual se pide la postura del país, el presidente considera al grupo de asesores (políticos, económicos, religiosos, medio ambiente, etc.) o bien la decisión pude ser
unipersonal, pero siempre se deben de considerar los factores endógenos y exógenos, procurando mantener
el orden y la paz internacional.
Factores internos y Externos que han influido en las Relaciones diplomáticas de México con Estados
Unidos en el siglo XXI
Los objetivos de la política exterior mexicana se han caracterizado por no ser demasiados, ya que cada
mandatario establece de cuatro a seis, con la intención de cumplirlos, pero esos objetivos deben de estar
respaldados en un diagnóstico de la situación política, social y económica que vive el país, así como el sistema internacional; siendo estos los factores internos y externos que influyen al momento de establecerlos
(objetivos), posterior a ellos se establecen las metas a corto, mediano y largo plazo para lograrlos, al mismo
tiempo que se generan las estrategias e instrumentos diplomáticos.
El siglo XXI trajo para México cambios en la estructura política, que le permitieron al gobierno de
Vicente Fox alcanzar su legitimidad al interior y al exterior, gracias a la forma democrática mediante la
cual llegó, ayudó a dirigir una política exterior basada en los principios democráticos y derechos humanos,
convirtiéndose en el Presidente de historia de México que más cumplió con los principios de la política exterior; sin embargo fue traicionado por su poca experiencia en la función pública, la cual podemos clasificar
como poca eficiente al no poder manejar al mismo tiempo la política interna y externa.
Uno de los factores externos que influyeron en las relaciones bilaterales de México con Estados Unidos
fueron los acontecimientos del 11 de septiembre del 2001, esta situación genera que el país vecino cambie
sus objetivos de la política exterior y después de estarle apostando al comercio exterior, al desarrollo del
capitalismo, ahora es la seguridad internacional y el orden internacional y los enemigos son los terroristas,
al mismo tiempo que señala a México y Colombia como los principales de América Latina del problema
del narcotráfico de drogas, por lo tanto se genera un programa para disminuir está situación.
Aquellos atentados terroristas del 9/11 significaron para Estados Unidos, y el resto del mundo un cambio radical en la política exterior, algo que México no logro entender, ya que nunca realizo ajustes a sus
objetivos, debido a que si gobierno de Washington daba un giro 180 grados en su política exterior, Vicente
Fox también debió de hacer lo mismo, sin embargo las pretensiones del gobierno mexicano era culminar
su período con la firma de un convenio para ayudar a los indocumentados mexicanos que se encontraban
en Estados Unidos.
Al inicio del sexenio de Vicente Fox, los objetivos de la política exterior estaban claros, apoyar en todo
a Estados Unidos y dejar de hacerlo con la Isla de Cuba, e incrementar la participación del país en la arena
política internacional, se dejó a un lado el nacionalismo mexicano, se cambiaron los intereses políticos del
Estado; se pide el apoyo de Estados Unidos para ocupar un escaño en el Consejo de Seguridad de las Naciones Unidas, al mismo tiempo que busca convencer a George W. Bush de que el caso de los indocumentados
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entrara a la Agenda política de su país.

Las relaciones diplomáticas de México-Estados Unidos llevadas a cabo durante el gobierno de Vicente
Fox, las podemos analizar a través de los tres niveles de análisis, ya que de acuerdo Kenneth Waltz (2007),
los problemas existentes entre entidades políticas e independientes (naciones), las causas que originan el
conflicto entre ellos se encuentran en los tres niveles de análisis: el sistémico, el estatal y el individual.
Los cambios ideológicos del gobierno entrante, apoyados por las tendencias de la globalización, la visión de las naciones Unidas, que no eran otras que las de Estados Unidos, pero lo que más le preocupaba a
Cuba era esa nueva generación de políticos, con otro visón, ya que, en el año 2000, Jorge Castañeda declaró
en Miami, “las puertas del Centro Cultural están abiertas”, provocando que cientos de cubando comenzaran
a pedir acilo político en la embajada mexicana de la Habana Cuba.
Durante su primer año, el gobierno de Vicente Fox, se la pasó negociando la entrada al Consejo de Seguridad y su alejamiento con la Isla de Cuba, cuando inicia el año 2001 se organiza el Foro de las Culturas
en Monterrey Nuevo León y el gobierno de Washington le pide al mexicano que no deseaba encontrarse
con Fidel Castro, para lo cual se le solicita al gobierno cubano vía telefónica acudir a la reunión por la
mañana y después del almuerzo retirarse entres otras recomendaciones, para lo cual el Presidente de Cuba
amablemente acepta.
Pero la política internacional es como un juego de grandes ligas, hay que saber jugar, algo que Vicente
Fox nunca pudo comprender, si la decisión al inicio de su gobierno fue apoyar en todo a Estados Unidos,
eso es lo que debió de haber hecho, sin embargo en la Conferencia de Ginebra, a Fox se le presenta un conflicto, por un lado se encuentra la presión de Estados Unidos, que exige el apoyo, por otra parte se encuentra
Fidel Castro que solicita la recompensa, es decir un voto a su favor por parte de México, devolviendo el
favor, y también se encontraba el Congreso del Estado, que a través de un memorándum, exigía a Vicente
Fox cumplir con los principios de la Política Exterior, estipulados en la Constitución Política de los Estados
Unidos Mexicanos.
Otro de los factores externos que influyeron en la política exterior del gobierno de Vicente Fox, fue las
nuevas tendencias en las relaciones internacionales del sistema internacional, que se caracterizaba por la
formación de bloques regionales, como le venía haciendo tiempo atrás países europeos al formar la Unión
Europea, al igual que Asía y África, de este mismo modo pretendía hacer Estados Unidos hacer algo similar, uniendo a los países de América y formar un solo bloque económico, que llevaría como nombre Área
de Libre Comercio para América (ALCA), que a la postre le atrajo graves problemas al Presidente Fox; de
corte diplomáticos, la mayoría de ellos innecesarios como fue el caso de Argentina y Venezuela posterior a
una reunión en Mar del Plata, Argentina.
De esta manera el sexenio Vicente Fox, se caracterizó por estar a favor del Área Comercial de América
propuesta por Estados Unidos, sin embargo, existían países latinoamericanos que no se encontraban totalmente a favor, como Brasil; que por cuestiones históricas, no le convencía integrar este bloque, debido a
que en décadas pasadas, había solicitado ayuda a Estados Unidos para salir de su crisis económica, no tuvo
respuesta positiva, por tal motivo la negativa por parte de este país, se observa como una venganza.
Los roces políticos entre los gobiernos latinoamericanos con Estados Unidos, debido a que la idea surgió del gobierno de Washington, y que México estuviera apoyándolo, les parecía algo fuera de serie, debido
a que durante toda la historia México se mantenía al margen o bien apoyaba a los latinoamericanos, por lo
que esta decisión generó que los países sudamericanos rechazaron la propuesta, lograr una Área de Libre
Comercio para las Américas (ALCA) fue imposible, dejando a México como uno de los peores negociadores diplomáticos, ya que no hizo su tarea de convencer a los mandatarios de votar a favor de esta iniciativa.
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Las esperanzas norteamericanas culminaron cuando Vicente Fox, que durante la Cumbre de Mar de
Plata, no pudo defender la propuesta del Área Comercial, sin tener el respaldo de los vecinos, al contrario,
fueron demasiadas críticas y fricciones con algunos países como fue el caso de Argentina y Venezuela, a
tal grado que ocasiono un berrinche de George W. Bush, su salida de la cumbre y un rompimiento de las
relaciones diplomáticas con México, donde los resultados fue que nunca se firmó el convenio de los indocumentados.
En palabras del propio Rafael Velázquez, menciona que, bajo un criterio cualitativo, las relaciones de
México se centraron básicamente en Estados Unidos y al final del sexenio, la política exterior de Vicente
Fox no tuvo la suficiente capacidad para mejorar las condiciones internas del país. Es decir, Fox deja en el
2006 una situación menos favorable en términos sociales, económicos y políticos que las que recibió (R.
Velázquez 2008).
Los factores internos y externos de aquel momento fueron muy poco aprovechados por el gobierno
de Vicente Fox, para llevar a cabo una política exterior más eficiente, debido a se enfocó básicamente en
un solo país: Estados Unidos; que de acuerdo a Rafael Velázquez (2008), la política exterior hacia otras
regiones estuvo influenciada indirectamente por este país, en especial frente a América Latina y el Caribe.
Es decir, la diversificación de las relaciones internacionales de México se mantiene como un mito; ya que
a pesar de ser uno de los objetivos del PND referentes a la política exterior, el mayor socio comercial, a
donde van dirigidas las exportaciones e importaciones es Estados Unidos, por tal motivo nunca deja de ser
el principal socio comercial de México.
Factores internos y Externos que han influido en las Relaciones diplomáticas de México con América
Latina en el siglo XXI
De acuerdo a la manera mediante la cual Vicente Fox llega a la presidencia de la República, se podía
esperar una política exterior enfocada a la democracia, a la protección de los derechos humanos y a los
principios de la participación ciudadana en la elección de sus mandatarios, que las relaciones diplomáticas
de México con los países de América Latina, se manifestarán de acuerdo a lo que mencionó Raúl Villanueva
embajador de Chile en México en año 2004; que “México, es el “puente geopolítico” entre el Sur y el Norte
del hemisferio Occidental, está llamado a transformar las relaciones culturales y económicas antiguas con
Estados Unidos, para crear una comunidad única integrando las Américas del Norte y del Sur” ( Sudarev,
V. 2013).
En estos momentos, Vicente Fox, no se da cuenta de la dimensión de su poder político, no solamente el
que se encuentra establecido en el artículo 89 constitucional, sino, aquel que tenía por encima de la Carta
Magna, gracias a su legitimidad, ya que el poder político es uno de los puntos centrales de la política exterior, tal como lo afirma Hans Morgenthau, que para alcanzar los objetivos planteados por los estados en el
sistema internacional es prerrequisito tener poder, de esta forma la persona que se encuentra dirigiendo al
Estado podrá alcanzar sus objetivos a corto, mediano y largo plazo.
El poder político se manifiesta de diferentes maneras, pude ser explícito o implícito, de acuerdo a los
estudios realizados por Cabello, M. (2013), la globalización en todas sus manifestaciones, incluyendo la
democrática, tiene como resultado que el ambiente de otros sistemas estatales influya de tal forma que no
puedan desarrollarse las políticas sectoriales nacionales sin tomar en cuenta las que se aplican en otros
países, ya sea por disposiciones jurídicas de carácter internacional, o como influjo de las políticas públicas
aplicadas en otra latitud, y que cusan sus efectos no sólo en el sistema estatal donde se suscitan, sino en
terceros ajenos.
El pretender ampliar la influencia de México en los países de América Latina, no era otra cosa que una
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respuesta a los cambios globales en la naturaleza del poder de la política internacional, que ha enfatizado el
poder suave (Soft power), definido como la capacidad de influir indirectamente en la conducta o los intereses de otras entidades políticas por medios culturales, económicos o ideológicos, y del multilateralismo,
definido como la concertación de varios estados en cuestiones políticas específicas (Harlan Koff, 2013).
Cuando las relaciones informales de poder son asimétricas, la integración tiene un impacto negativo
en la cohesión social, mientras que cuando estas relaciones son simétricas, la colaboración transfronteriza
mejora la cohesión. Al integrarse los Estados entre sí, buscan mantener una cohesión solidaria y de cooperación para que los efectos positivos se reflejen en el grupo; que de acuerdo a la teoría realista el Estado-Nación al igual que los seres humanos buscan la sobrevivencia y lo logran a través de la integración ya
sea para dominar a los demás o bien los débiles para protegerse de los fuertes.
Las relaciones diplomáticas de México con América Latina y el Caribe siempre habían sido de amistad,
pero, durante el Gobierno de Vicente Fox se percibe un déficit debido a su forma de actuar frente a los países de Latinoamérica, esto a que desde sus inicios tomó la bandera de la democracia, enfocado a un modelo
neoliberal, haciendo saber al país de Cuba que las relaciones diplomáticas cambiarían; de acuerdo a Jorge
Castañeda (2015), esto se lo hacen saber desde el primer día como gobierno panista, que todo cambiaría,
que ellos (gobierno) no tendrían las mismas complacencias como había sucedido durante el gobierno priista.
Por otra parte las relaciones diplomáticas de México con los países de América Latina habían sido de
cooperación política, ayudarse y protegerse de los ataques militares y económicos de las potencias, sobre
todo de los Estados Unidos de América, varias de las ocasiones los acercamientos fueron de carácter político, sobre todo durante la Guerra Fría, que más de una ocasión la integración tenía el objetivo de protegerse
de los embates norteamericanos, quien buscó aprovechar las ventajas dela desintegración latinoamericana.
La actividad de México frente al Continente de América Latina es de una manera de aliados; ya que de
acuerdo a teóricos del realismo como Morgenthau, Wraith y Waltz, mencionan que la política exterior es
una actividad racional dirigida al logro de la mejor opción de política. Ellos promueven la idea del Estado
como un agente racional unitario, aunque en muchas de las ocasiones al tomar una decisión en momentos
de crisis para muchos no sea la adecuada y que posteriormente es estudiada bajo la lupa con la intencionalidad de conocer los errores que posteriormente son cuestionados pero que en ese momento fue eficiente
(Attiná, Flavio, 2001).
Sin embrago percibimos que las relaciones diplomáticas de México con América Latina han vivido un
parte aguas, un antes y después del 2000, anterior a esta fecha, a la que le llamaremos como lo dice Vargas
llosa “la dictadura perfecta”, en la cual el Partido Revolucionario Institucional (PRI), domino por cerca de
70 años y las relaciones eran de cordialidad, después llega otra era la cual fue bautizada por el presidente
Vicente Fox como “el día del nacimiento de la democracia” y los cambios se reflejaron al interior y exterior,
el trato con Cuba ya no fue igual, y en esos momentos comenzaron los problemas de México con los países
de Latinoamérica.
Sin embargo, el problema no es a quien apoyo, sino, que no se tomaron las decisiones acertadas en política internacional, que existieron momentos en la historia de Vicente Fox en las cuales se tenía que tomar
una postura, y en esa encrucijada, prefirió la neutralidad, basándose en los principios de la política exterior,
que decidir apoyar a Estados Unidos o no, más cuando eres el número trece en participar y la tendencia ya
está decidida.
De esta manera podemos afirmar que los cambios que ha sufrido el sistema internacional en política y
economía, ha ocasionado que los Estado redefinan su política exterior por lo que Méndez (2009, p.34), nos
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menciona que el tema de la construcción de una nueva política exterior, implica redefinir nuestro entendimiento de los actores sociales. La propuesta debe quedar planteada en un marco de complejidad, donde
las decisiones no se tomen en consideración a corto plazo o por tendencias políticas de fuerte contenido
ideológico.
Al igual que Seara (1983, p.37) y Velázquez (2008, p.67), Méndez (2009, p.16), dicen que la nueva
política exterior debe de reflejar un entendimiento de los el Poder Ejecutivo y el Senado e inclusive ser
factor para darles cuerpo y viabilidad a los nuevos actores que están conformando las nuevas necesidades
del sistema tanto global y regional. Cuando analizamos el sexenio de Felipe Calderón, nos damos cuenta de
la congruencia entre los objetivos, lineamientos y acciones de política exterior; debido a que algunas de las
metas planteadas al inicio de su sexenio fue recuperar la imagen del en el sistema internacional, colaborar
en la construcción del orden mundial y contribuir al desarrollo nacional; estas metas son el embalse de
una política exterior de cualquier país, sin embargo, no son las medidas específicas que solucionarían los
problemas externos y mucho menos internos de cualquier país por lo que hacía falta ser más específico y
puntual en cuanto a política exterior se refiere (Covarrubias, A. 2013).
Los factores externos que influyeron en la política exterior del gobierno de Felipe Calderón se encontraba la necesidad de mejorar las relaciones con Cuba, el caso del golpe de Estado en Honduras, convocar
a la Cumbre de la Unidad para formar la CELAC, gestionar un asiento no permanente en el Consejo de
Seguridad, participar en el Grupo de Río o ser sede de las reuniones del G20 y la COP16, empero, cualquier
país que este realmente interesado en la participación productiva y activa en el ámbito internacional, estas
medidas son las que deben de tomarse sean o no convenientes para la ideología política interna del país.
Por otra parte uno de los factores internos que influyen en los objetivos de la política exterior es la manera mediante la cual obtiene el poder, debido a que existen muchas dudas de su legitimidad al ganar la elección con un margen de 0.62% a su oponente que era Manuel López Obrador del Partido de la Revolución
Democrática (PRD), es por esta razón, que una de sus prioridades fue restablecer el orden interno y no la
política exterior; que de acuerdo a Covarrubias, A. (2013), esta es la consecuencia por la cual el Presidente
de la República no contaba con un proyecto claro en esta área.
Debido a los problemas de inseguridad que se estaban viviendo en el país, los lineamientos de política
exterior se convirtieron en un medio para satisfacer intereses internos; la idea primordial era apoyar el desarrollo económico, social y político del país participando en esquemas de cooperación internacional, que
de acuerdo Covarrubias (2013), el Plan Nacional de Desarrollo presentó los siguientes puntos en materia
de política exterior: Política exterior como palanca del desarrollo nacional; México parte de la construcción
del orden mundial; mayor cooperación con EUA; diversificación de la agenda de la política exterior; y
ayudar a los mexicanos en el exterior.
Otro de los factores internos que influyen al momento de diseñar los objetivos de la política exterior del
gobierno de Felipe Calderón es la inseguridad que vive el país, terminarla se convierte en una prioridad; de
esta manera utiliza la diplomacia con Estados Unidos para generar una cooperación bilateral con el objetivo
de culminar con el crimen organizado y el tráfico de armas llegada del vecino del norte. Ejemplo de esta
cooperación bilateral se encuentra la Iniciativa Mérida, la cual es considerada uno de los proyectos más importantes de Calderón; por medio de Iniciativa, el gobierno de Barack Obama destinó recursos económicos
para los estados fronterizos de México; en el primer año, se destinaron 1,400 millones de dólares a México
en equipo y entrenamiento.
En general podemos decir que el sexenio de Felipe Calderón en materia de política exterior su relevancia la dividimos en dos etapas, la primera que se dedica a solucionar los problemas internos del país, así
como los conflictos con aquellos países con los cuales el gobierno anterior había tenido problemas diplomáRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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ticos; en la segunda etapa, la política exterior es activa, con el Plan Pueble-Panamá, la Alianza del Pacifico,
como estrategias para promover el desarrollo económico y social del país.
Los factores externos que influyeron en la formulación de los objetivos de la política exterior mexicana durante el gobierno de Enrique Peña Nieto, la tendencia de integración de América del Norte; la
cooperación con Centroamérica y el Caribe; la interlocución efectiva con América del Sur; la alianza con
Asia-Pacífico; la integración de la Unión Europea (UE). Se observa que durante este sexenio se adopta una
política exterior pragmática, proactiva y moderna, basada en una nueva realidad, orientada más al sector
económico, fortaleciendo las relaciones diplomáticas con Estados Unidos.
Otro de los factores que influye en la política exterior es el factor económico, como el impulso a mejorar
la integración regional para poder competir con Asia, principalmente China, a través de las inversiones,
con la Alianza del Pacifico, se pretende mantener una competencia con el ASEAN, donde ahora es realizar
un diagnóstico interno, para identificar los productos nacionales que se le pueden ofrecer a China y poder
competir. Por otra parte, durante este período se crearon políticas de cooperación con Centroamérica con la
finalidad de enfrentar de una manera más eficaz el crimen organizado.
Por otra parte, el factor externo que mayor influyo en la política exterior del gobierno de Peña Nieto
es el cambio de gobierno en Estados Unidos, ya que con la llegada de Donald Trump a la Casa Blanca, la
política exterior mexicana sufre cambios que se dan a conocer a través de su página oficial, identificando
dos grandes prioridades que son:
a) Fortalecer la presencia de México en el mundo, diversificando los vínculos políticos, comerciales,
de inversión, turismo y cooperación con las regiones de todo el mundo (América Latina y el Caribe, Centroamérica, América del Sur, Europa, Reino Unido, Asia Pacífico, Medio Oriente y África). Para ello, el
gobierno mantendrá una agenda equilibrada, pragmática y oportuna, profundizará las relaciones bilaterales
y el dialogo político con actores clave, y defenderá las mejores causas de la comunidad internacional en
foros y mecanismos multilaterales.
b) Construir una nueva etapa de diálogo y negociación, en la relación bilateral con Estados Unidos
de América. En este punto queda claro que México está obligado a tomar acciones para defender su interés
nacional. El presidente mexicano ha manifestado los principios y los objetivos que se respetarán durante las
negociaciones. Son cinco los principios para la negociación: el respeto a la soberanía nacional, el respeto al
Estado de Derecho, una visión constructiva y propositiva, la integración de Norteamérica, la negociación
integral. Los objetivos de la negociación se resumen en diez:
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.

Compromiso para garantizar un trato humano y respetuoso a los migrantes,
Proceso de repatriación ordenado y coordinado, respetando los protocolos y acuerdos.
Trabajo conjunto en la promoción del desarrollo en los países de Centroamérica.
Libre flujo de remesas.
Colaboración para detener el ingreso ilegal de armas y dinero de origen ilícito.
Libre comercio entre Canadá, E.E. U. U. y México.
Incluir los nuevos sectores, como el sector energético, las telecomunicaciones y el comercio electrónico.
8. Mejorar los salarios de los mexicanos.
9. Proteger el flujo de inversiones.
10. Promover una frontera que una y no que divida.
A pesar de que el Plan Nacional de Desarrollo (PND, 2012-2018), implementado a los inicios del gobierno de Peña Nieto, contemplaba que la política exterior sería una herramienta para el desarrollo nacional,
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buscando que se reflejara en una mayor cooperación internacional, acuerdos de libre comercio, promoción
de exportaciones, inversión extranjera, en el cual el objetivo fundamental estaba dirigido a diversificar la
agenda de política exterior en el entorno internacional; la coyuntura internacional llevó al gobierno nacional, hacer cambios concretos en su política externa, todo esto, debido a la diplomacia coercitiva practicada
por Donald Trumps.
De acuerdo a todo lo anterior, podemos afirmar que su política exterior se basó en la cooperación internacional para el desarrollo, como una expresión de solidaridad y, al mismo tiempo, un medio para impulsar
al bienestar y la prosperidad del país y de la comunidad internacional. Se comenzó el año 2017, muy activo
a nivel internacional, con un Presidente de Estados Unidos amenazante, que para los mexicanos era un debate si cumpliría con las amenazas o bien hasta qué punto llegaría a cumplirlas. Existían muchos escépticos,
que mantenían la esperanza de un arrepentimiento, mientras que los realistas le apostaban a que llegando
a la casa blanca iniciaba un apocalipsis para los mexicanos que se encontraban radicando ilegalmente en
Estados Unidos.
Esos cambios, provocaron que México modificara las estrategias de su política exterior hacia este país,
ya que uno de los puntos a tratar es la renegociación del Tratado de Libre Comercio de América del Norte
(TLCAN), que de acuerdo al presidente norteamericano Donald Trumps no existían ventajas económicas
para su país. A principios de la renegociación se percibía un interés por parte del gobierno mexicano de
llevar en buenos términos el tratado, pero por otra parte el gobierno norteamericano tenía poco interés, sin
embargo, para marzo del 2018, los intereses cambian, ahora México mostraba poco interés y Estados Unidos mucho, debido a la tendencia de las votaciones.
Por consiguiente, la política exterior seguida por Peña Nieto, estuvo marcada por factores internos y
externos. En su artículo, La Política Exterior del presidente Enrique Peña Nieto, Luz María de la Mora
Sánchez establece que se destacó por ser una “política exterior pragmática, proactiva y moderna” (De la
Mora, 2017). Además, quedó de manifiesto que México se movería según las vicisitudes y realidades del
momento, y no mediante política de principios como algunos de sus antecesores.
A finales del gobierno de Peña Nieto se presenta otro problema, que es el caso de los migrantes centroamericanos que utilizaban al país de México como trampolín para llegar a Estados Unidos; las Caravanas
que llegan de Centroamérica, lo hacen en un momento en la cual existe un vacío de poder en el país, es decir
hay un presidente electo, pero que todavía no toma posesión del poder, por otra parte hay un presidente que
le queda un mes de poder, pero que ya no quiere, ni desea meterse en problemas.
3.- MÉTODO
Diseño
El enfoque investigativo de la presente investigación es cualitativo, de acuerdo con Hernández, Batista
y Fernández (2014) “Utiliza la recolección y análisis de los datos para afinar las preguntas de investigación
o revelar nuevas interrogantes en el proceso de interpretación” (p.7).
Alcanzando un diseño no experimental “Que se realiza sin la manipulación deliberada de variables y
en los que sólo se observan los fenómenos en su ambiente natural para después analizarlos” (Hernández,
Batista y Fernández, 2014, p. 149).
El alcance establecido es el exploratorio “emplean cuando el objetivo consiste en examinar un tema
poco estudiado o novedoso” (Hernández, Batista y Fernández, 2014, p. 91).
Instrumentos
Para la construcción del marco teórico-conceptual de la teoría del método funcional, se consultaron un
total de diecinueve referencias bibliográficas utilizándose como instrumento las ideas, argumentos y proRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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yectos que fueron interpretados desde una perspectiva analítica y crítica.
Procedimiento
Con relación a la comprensión del problema de la investigación se recopilan fuentes secundarias de documentos académicos. En el marco de referencia se definen los conceptos básicos relativos a la Relaciones
diplomáticas de México con Estados Unidos y América Latina en las primeras décadas del siglo XXI. Una
vez recopilada y analizada la información se construye el documento objeto de este trabajo. Por último, se
realizan las recomendaciones y conclusiones conforme a los objetivos trazados (Lechuga, 2018, p. 196).
4.- CONCLUSIONES
Las relaciones diplomáticas de México con Estados Unidos y América Latina, en estas primeras décadas
del siglo XXI, han estado influenciadas por los factores internos y externos; en los primeros se encuentran
desde la formación académica de los mandatarios, su trayectoria política, el medio ambiente que los rodea,
hasta los grupos sociales, políticos y económicos internos que tienen sus propios objetivos y misiones, que
buscan de una u otra manera influir en la formulación de los objetivos de la política exterior.
Por otra parte, se encuentra la posición geográfica del país, sus recursos naturales, su nivel de analfabetismo, cantidad de instituciones de educación superior, la innovación, la tecnología, pero sobre todo el
porcentaje que se le destina al desarrollo de la innovación, la tecnología e investigación del Producto Interno Bruto (PIB); que todo ello te permite tener la capacidad para negociar en la arena política internacional.
Pero al momento del diseño de los objetivos de la política exterior, no solamente influyen los factores
internos, sino, que también se encuentras todos aquellos elementos del sistema internacional, que se deben
de considerar, como es la distribución del poder político y económico, entender las tendencias de las relaciones internacionales, que se encuentran encaminadas a la política, a lo social y a la economía.
Cada uno de los mandatarios que les tocó dirigir al país, se han encontrado con una serie de factores endógenos y exógenos, que han ayudado a diseñar la política exterior, sin embargo, también hay que también
considerar que hay momentos de la vida política, en la cual hay que saber tomar decisiones, es decir una
política exterior pragmática, donde está en riesgo la paz y el orden del sistema internacional.
Hoy en día es necesario realizar una evaluación del sexenio de Peña Nieto, en los albores de lo que será
la nueva Política Exterior establecida por López Obrador, es menester realizar un análisis de las acciones
emprendidas a lo largo de estos seis años, y con ello, emitir un juicio de valor positivo o negativo como
resultado del total de las actividades en materia de política exterior.
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Turbulencia con los datos personales, entre lo Público y lo Privado
Turbulence of personal data, between Public and Private c
José Guillermo, García-Murillo1
Universidad Autónoma de Nuevo León
DOI: http://dx.doi.org/10.29105/pgc4.7-5 			

https://orcid.org/0000-0002-3856-9281

RESUMEN
El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo consistió en mostrar evidencia del
Hábeas Data como un instrumento en el sistema Jurídico Mexicano. Se aplicó el método de análisis, con un enfoque
cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico transversal. Tras la revisión documental
se encontró que: La protección de datos personales en México reviste de una garantía Constitucional y facultades
conocidas como derechos ARCO, vinculándose a la esfera del derecho a la información y libertad de expresión, pero,
además, como un límite para proteger la privacidad, intimidad y la dignidad de los individuos. El límite del derecho a
la información es el respeto que debe de tenerse a la vida privada de las personas quienes son las únicas facultadas para
dar su consentimiento y que se pueda difundir su información. Se concluye que los datos personales protegen los datos
sensibles del ciudadano que de revelarse pudieran causar un menoscabo en su dignidad o una discriminación por sus
preferencias. La legislación mexicana requiere de un análisis sobre la función y eficacia en el ejercicio de este derecho,
así como el establecimiento del Hábeas Data del Derecho comparado.
Palabras clave: Acceso, datos personales., cancelación, oposición y rectificación.
ABSTRACT
This article is the product of a bibliographic review, which objective was to show evidence of Habeas Data as an
instrument in the Mexican Legal System. The method of analysis was applied, with a qualitative approach, non-experimental design, under a transversal documentary-bibliographic level. After the documentary review it was found that:
The protection of personal data in Mexico has a Constitutional guarantee and powers known as ARCO rights, linking
to the sphere of the right to information and freedom of expression, but also as a limit to protect the privacy, intimacy
and dignity of individuals. The limit of the right to information is the respect that must be given to the private life of
people who are the only ones empowered to give their consent for their information to be disseminated. It is concluded
that personal data protects the sensitive data of the citizen that, if revealed, could cause impairment of their dignity or
discrimination based on their preferences. The mexican legislation requires an analysis of the function and efficacy in
the exercise of this right, as well as the establishment of the Habeas Data of Comparative Law.
Key words: Access, personal data, cancellation, opposition and rectification.
Cómo referenciar este artículo:
García-Murillo, J. G. (2018). Turbulencia con los Datos Personales, entre lo Público y lo Privado. Revista Política,
Globalidad y Ciudadanía, 62-73. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/106
Recibido: 11 de Agosto 2017 - Aceptado: 29 de Octubre 2017

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Doctor en Derecho por la Universidad Nacional Autónoma de México;Email: garmurg@hotmail.com. ORCID: 0000-0002-3856-9281
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 68-81. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/106

�Turbulencia con los Datos Personales...

1.

INTRODUCCIÓN

El derecho a la información tutela dos garantías: la primera de ellas es que el ciudadano pueda accesar
a toda la información pública a fin de contar con datos de calidad para la toma de decisiones, en la vida democrática del Estado, es una condición indispensable. La otra garantía se refiere a una acción de protección
a la confidencialidad, se trata de respetar la vida privada e íntima, en la cual ni el estado y ningún otro sujeto
tiene derecho a invadir la esfera particular de las personas. Estamos frente a un derecho a la protección de
los datos personales y por lo tanto, la información debe de ser reservada. Esto es, el ejercicio de exigir que
las asociaciones públicas transparenten su información, ponerla en una caja de cristal donde todos podamos
visualizarla y, por lo tanto, evaluar y criticar su actuación y comportamiento.
En contraste, los individuos no son cajas de cristal, su derecho está sustentado en la idea de que sus actos
están en una dinámica de lo personal y en el caso de exponerlos pueden enfrentar serios daños irreversibles.
En esa ponderación siempre es más importante el derecho a la intimidad y la dignidad del individuo, sus
datos sensibles deben de estar resguardados, tales como: preferencias ideológicas, sexuales, religiosas, sindicales, políticas, salud, e inclusive el domicilio y la edad, a fin de evitar una trazabilidad del individuo que
lo identifique o sea identificable, exponiéndolo o vulnerándolo, de ahí el axioma que determina: “Quiero
estar solo y que me dejen estar solo”.
La protección de datos personales es un tema cuyo estudio se ha difundido en el panorama internacional y que implica además, el análisis de características muy particulares que lo delimitan y proporcionan
un ámbito propio, se encuentra íntimamente relacionado con el derecho a la información, el cual se define
como el conjunto de normas jurídicas relativas al ejercicio, alcance y limitaciones de las libertades de
expresión e información por cualquier medio; en este contexto, la protección de datos personales es el derecho que impone límites al derecho a la información, toda vez que limita el uso de información personal
conservada en bases de datos electrónicas, especialmente en la información sensible, es decir, toda aquella
que pueda originar discriminación.
El Jurista Eduardo Mongoa Real opina lo siguiente:
“La vida social moderna nos muestra que con frecuencia se observa una posición entre el derecho
de un sujeto al secreto de su vida privada y el derecho de los demás a estar informados de lo que
sucede dentro de la sociedad de la que todos forman parte. ¿Podría, por ejemplo, sostener un jefe de
estado que una alteración nerviosa, profunda que padece debe quedar sustraída del conocimiento
de los demás ciudadanos por ser algo que concierne a su esfera privada personal? En la vida
privada de un ser humano parece plantear exigencias que chocan con la necesidad de otros, de
tener una amplia información sobre lo que sucede en la vida social. Son casos en que el derecho
a la vida privada se presenta como puestos a la libertar de información que reclaman los demás
miembros del cuerpo social”. (2)
En efecto, la tesis principalista da como resultado un ejercicio de argumentación jurídica en caso de una
coalición de derechos, cuál de los dos debería de prevalecer, algunos juristas afirman que todos los derechos
deben de estar armónicamente integrados y que se complementan entre sí, de tal suerte, que la formula x
+ y = q como de facto se genera una conjunción, sin embargo, puede haber un tercero excluido bajo la fórmula xy, necesariamente en la disyunción, una debe de prevalecer, bajo la idea garantista de la ponderación
cuando la finalidad es la dignidad del ser humano, si bien es cierto, que los derechos humanos no se pueden
fundamentar, también es innegable que en una pugna, en un conflicto debe de existir el principio de aplicar
lo que sea más favorable a la dignidad de la persona.
En el análisis del principalísimo se debe dejar en claro que entre el derecho de libertad de información,
sus características deben de ser públicas, amplias y de máxima publicidad, sin que exista de por medio ninRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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guna limitación, pero en contraste en la esfera privada es frecuente que un sujeto argumente su necesidad
de mantener confidencialidad en torno a su vida privada; por lo tanto, ser una figura pública no plantea que
sea una exigencia del derecho a la información dar cuenta de sus actividades intimas y para ello, oponerse
a cualquier posibilidad de intromisión para acceder a su vida privada.
El 20 de febrero del 2014 el Primer Tribunal Colegiado de Circuito de la Suprema Corte de Justicia de
la Nación resolvió sobre el caso para el acceso al expediente clínico del Presiente Enrique Peña Nieto, fue
un amparo interpuesto por Article 19 y fue negado en primera instancia conforme al proyecto presentado
por el Magistrado Joel Carranco, bajo el siguiente argumento:
“Que no existe diferencia alguna entre el presidente de la república y cualquier ciudadano, la ley
protege los datos personales de toda persona independientemente del cargo que ostente, por lo
tanto, la información del expediente clínico es confidencial. Durante el debate el Magistrado Julio
Hernández difirió sobre ese argumento, señalando que no es lo mismo el presidente de la Republica
a cualquier otra persona o funcionario público, y advirtió que si bien existe información dentro del
expediente médico que es relevante, el documento completo debe ser confidencial. Sin embargo,
estos argumentos no tuvieron eco alguno en los otros dos magistrados (Joel Carranco y Carlos
Compson) al respecto, algunos periodistas y críticos opinaron que la autoridad debe de realizar
versiones publicas cuando existan parte de los expedientes que sean de interés público y otras que
sean confidenciales, sin restringir absolutamente el derecho al acceso a la información.” (3)
Los críticos mantuvieron también su posición argumentando que el estado de salud de los altos funcionarios mexicanos en el desempeño de sus encargos no podrá conocerse jamás, cualquiera de ellos tiene garantizado que los datos sobre el perfil psicológico que tenían al momento de tomar decisiones trascendentes
serán siempre confidenciales sin importar si estuvieron incapacitados por alguna enfermedad, según consta
en los lineamientos y resoluciones elaboradas por el IFAI:
“Los comisionados del IFAI llegaron a esa resolución tras analizar una solicitud de acceso a la información planteada por este semanario (Proceso), mediante la cual se pretendió conocer el expediente médico
del presidente Felipe Calderón, después de que se fracturó el hombro izquierdo en una caída de bicicleta en
los pinos el 30 de agosto del 2008”. (4)
En ese entonces, continúa el reporte diciendo, el Estado mayor presidencial les bastó mencionar que
los datos sobre la salud física y psicológica están clasificados como confidenciales, aún más, argumentaron
que las evaluaciones hechas a Calderón durante su gobierno permanecen bajo resguardo desde el momento
en que se practicaron, por lo que a diferencia de otros casos de datos reservados no es necesario esperar a
que alguien solicite esos datos para pedir su difusión. En el caso del expediente de salud del presidente, la
confidencialidad es automática. Caso cerrado.
El pasado 14 de noviembre del 2018, ciudadanos y organizaciones civiles se manifestaron exigiendo
que los candidatos y el presidente de la República desde hace tres sexenios, muestren un informe médico
las condiciones de salud en las que toman decisiones y ejercen el poder.
“Tenemos Derecho como sociedad a esa información para nosotros tomar nuestras decisiones (…)
es una decisión pública que sigue vigente porque es importante conocer esta situación, no sólo en
términos de salud física, sino mental; hay que saber quién está tomando las decisiones del estado
mexicano”.
“Sin embargo, la presidencia y luego el INAI, determinaron la negativa de acceso a la información,
al clasificar al tema como un asunto íntimo del titular del Ejecutivo Federal, bajo el argumento de
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proteger el derecho a la vida privada de los presidentes, por encima del derecho a la información
de los ciudadanos”, comentaron especialistas de la UNAM.
De lo anterior se desprende, que la libertad de la información es un concepto prácticamente limitado por
dos consideraciones que según algunos juristas deben de prevalecer el sentido de la seguridad nacional o el
de la protección de datos personales, me parece que es un debate que sigue siendo abordado desde nuestras
universidades de una manera incompleta y sesgada, habría que revisar este asunto a la luz del derecho comparado para avanzar en el campo jurídico de restituir a la libertad de información una consideración integral
sobre nuestro derecho a conocer como se gobierna y en qué condiciones se gobierna.
Pero reflexionemos, si las personas ejercitan su derecho, cualquiera que sea en su naturaleza en la forma
y modo que establece la ley, no se puede herir el derecho de otro, cuyo límite es el límite del derecho ajeno,
ya que no se concibe que dos personas distintas, tengan, sobre el mismo objeto, dos derechos iguales en
especie y contenido, por lo que, podemos inferir que cuando se ocasiona un perjuicio a alguien por el que se
deba responder o hubo extralimitación del derecho, se ejercitó en modo o forma distintos a los establecidos
por la ley y que el perjuicio sea una consecuencia de esa extralimitación o de esa manera normal de actuar el
derecho, nos encontramos frente a los abusos del derecho. Así, cualquiera que, con motivo del ejercicio del
derecho, comete una falta de la que resulta un daño a otro, está obligado a repararlo. Se sostiene en seguida,
que el ejercicio del derecho es culpable en los dos casos siguientes:
Primero, cuando la persona que lo ejercita ha obrado únicamente con la intención de perjudicar; y segundo, cuando ha cometido una imprudencia que un hombre muy diligente colocado en la misma situación
no hubiere cometido. Se piensa que fuera de esos casos el ejercicio del Derecho, aunque produzca un daño,
no engendra la obligación de repararlo, contrario a cualquier concepto individualista sobre las libertades
absolutas del Derecho que se ejercen dentro de los límites marcados, nadie tiene derecho a exigir cuenta al
titular, no solamente sobre el modo que lo ejerció, sino tampoco sobre cuál fue su intensión en el momento
de obrar; esto quiere decir, que nadie tiene el derecho a preguntarte por qué y cómo lo causó, aun cuando
cause perjuicio a otro sin beneficio alguno para él, y aunque al hacerlo haya tenido en mira ese daño y
negándose en todo momento a corregir, rectificar, atenuar o permitir la réplica de lo demás, partiendo del
presupuesto del que se encontraba con la obligación de informar y en el uso de su libertad de expresión, sin
tener ningún interés económico individual o social, el daño que se comente a los individuos en particular
o a la sociedad en su conjunto no puede ser permitido, ya que el objeto del derecho y su uso se miden por
su utilidad.
La ponderación en todo caso, es si el servidor público o el propio Presidente de la República accede
a dar la información que el pueblo en su estricto derecho de estar informado se lo piden bajo su propia
autonomía, el funcionario puede acceder a entregarla sin que por eso se pudiera violentar la garantía de
protección a los datos personales, porque en aras de la confianza, credibilidad y la seguridad debe de actuar
dando su consentimiento para que se revele en todo o de forma reduccionista la información que en la esfera
de protección respecto de su persona pudiera otorgar la información proponiendo un dialogo abierto con
una perspectiva crítica, poniendo encima de la mesa argumentos y razones para dar o no dar la información.
No estamos ante una argumentación simplista que no requiera de una difícil labor de contrapesar derechos
e intereses legítimos en conflicto. En definitiva, se trata de que la sociedad se sienta segura, atendida e
informada.
El razonamiento entronca con los postulados básicos del interés público, aquí el espacio de libertad
individual no sólo viene restringido por el espacio de libertad equivalente del que también gozará el resto
de los ciudadanos, sino que, además, la propia comunidad en el interés público impone ciertos límites a la
libertad del individuo.
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Ahora bien, reflexionemos sobre la creación de los derechos fundamentales de un sistema normativo
con las siguientes ventajas:
1.
2.
3.
4.
5.

Confieren a sus titulares un verdadero derecho en el sentido técnico jurídico de la palabra;
Proporcionan medios de defensa y reconocimiento en el plano jurídico para asegurar sus garantías;
Están inspirados en principios étnicos que le confieren un mínimo contenido ético al estado y su
derecho, el cual debe inspirar no sólo la creación de normas, sino, la actuación misma de los poderes públicos, los cuales no pueden en un principio atentar hacia esos valores;
Dan pauta para la actividad del Estado y también inspiran la regulación que este emite para la
relación entre los particulares, al ser principios étnicos, jurídicos ya incorporados, que sirven para
establecer los criterios de conducta válidos para los individuos;
Generar una obligación implícita del estado para hacer realidad en la medida de lo posible, los fines
que persiguen estos derechos, este es, debe crear las condiciones que sean necesarios tanto formal
como materialmente para hacer posibles estos derechos.

Los derechos fundamentales constituyen básicas pautas valorativas que deben regir en y para el Estado,
pueden contribuir a la teoría de la ley para darle una consistencia racional, no sólo desde el punto de vista de
la expedición de los objetivos que debe perseguir y las razones por las cuales debe restringir esos derechos
fundamentales (Legitimidad). Es decir, puede contribuir a la creación de una teoría de la legitimidad de las
normas jurídicas.
La ley ha llegado a ocupar un lugar destacado dentro de las Instituciones modernas. En base a ella, no
sólo se da forma y existencia a este tipo de organización, sino, que es el vehículo de su expresión, de tal
grado que al Estado moderno sólo se le concibe como Estado de Derecho.
La idea del Estado de Derecho ha quedado insuficiente, ya que sólo se preocupó por el aspecto formal
de su exteriorización de los objetivos sociales que deberían de perseguir. En su defecto, se pugna por un
estado social y democrático de derecho, que luche por la consecución de los objetivos sociales y la afectiva
realización de los objetivos superiores en una comunidad.
Si la concepción actual del Estado se ha revisado, es necesario también cambiar el concepto de ley.
El concepto de ley, es igual que el concepto de los derechos fundamentales, es necesario examinarlos
dentro del proceso histórico filosófico que ha generado su aparición y transformación, así podemos comprender la tarea que se ha encomendado y las principales dificultades por las que han atravesado, dentro de
ese procedimiento podemos intentar la reelaboración del concepto de ley que nos ayude a transformar los
requerimientos actuales de los estados contemporáneos (que ya se han escrito en la delimitación al derecho
a la información en el contexto internacional).
Las tareas de limitar los derechos fundamentales pueden producir la neutralización de la garantía jurídica, que presenta el reconocimiento del derecho positivo; y puede producir la desvalorización de todo el
sistema jurídico cuando el Legislativo tenga que regular los valores que tiene que respetar. Y los principios
morales que respaldan estos derechos pueden ser desconocidos por otra clase de valores o políticas, que no
estén colocados en el ámbito constitucional, en el mismo rango que los mencionados derechos fundamentales.
Se admite, sin resquemor alguno, que los personajes de la escena pública han de soportar las críticas
adversas de una forma más resignada que las personas privadas. Es el precio que deben pagar por las luces
de la notoriedad y fama.
A tal efecto, la doctrina distingue dos categorías de personas públicas: por un lado, aquellos que alcanRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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zan la notoriedad cuyo pensamiento y acción tienen trascendencia decisiva en la vida de la comunidad general; y, por el otro, aquellos que poseen popularidad, pero cuya conducta no produce efectos significativos
en el destino común de la sociedad.
En el primer grupo se incluye a los hombres de Estado y a los políticos, y en el segundo, a los deportistas, los artistas y los científicos, etcétera.
El carácter de persona publica o de vida privada incide, así mismo, en la evaluación de la relevancia
pública de la información que, como tal, justifican su divulgación por medio de la prensa.
Las figuras públicas disponen de un ámbito más estrecho de protección de su intimidad, ya que son personas que, por sus actos, modo de vivir, fama o por haber adoptado una profesión que confiere al público
un interés legítimo en sus actividades, se han convertido en personajes públicos.
El estrechamiento de la tutela se debe a que estas personas han buscado, en muchos casos, la publicidad
y, aún más, la han admitido, de modo que en razón de sus propios actos no pueden rechazarla. Otras veces,
ocurre que las personas involucradas en la información ocupan cargos públicos, páginas adentro iremos
determinando cuales son los alcances y límites de la Protección de Datos Personales.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
La libertad de Expresión e Información.
El Artículo 19 de la Declaración Universal de Los Derechos Humanos establece:
“Es inviolable la libertad de escribir y publicar escritos sobre cualquier materia. Ninguna Ley ni autoridad puede establecer previa censura ni exigir fianza a los censores o a los autores, ni coartar la libertad de
imprenta, que no tiene más límites que el respeto a la vida privada, a la moral y a la paz pública. En ningún
momento podrá secuestrarse la imprenta como instrumento de delito”. (5)
La libertad de expresión se complementa con el derecho a la información, de ahí que la tesis sustenta la
necesidad de hacer efectivo el derecho a la información en México, mantiene una relación inmediata con el
artículo sexto constitucional, ambos preceptos deben fortalecer mediante una legislación que haga explícito
el derecho a la información consagrado en dicho artículo, el cual establece:
“La manifestación de ideas no será objeto de ninguna inquisición judicial o administrativa, sino en
el caso de que ataque a la moral, los derechos de los terceros, provoque algún delito o perturbe el
orden público; el derecho a la información será garantizado por el Estado”. (6)
Las libertades informáticas sólo se explican en el fondo si satisfacen un derecho fundamental: el derecho a la información del público. La libertad de expresión en el campo del derecho a emitir ideas, opiniones y juicios de valor; el derecho de buscar, procesar y difundir hechos de carácter noticioso, constituyen
herramientas de intermediación entre las fuentes públicas y privadas y el destinatario final, la libertad de
información será garantizada por el Estado. Esta oración asegura una condición de igualdad y de certeza
para que todos los mexicanos obtengan una información oportuna, veraz, objetiva y plural, ya sea por medio de comunicación o directamente de los órganos del estado manteniendo la libertad de información en
el acceso a las fuentes directas, así quedó consagrado en el artículo sexto de la Constitución Política de los
Estados Unidos Mexicanos, no omito señalar que las libertades de expresión e información tienen 5 limites
previstos en la propia Constitución:
a)

Derecho a la vida privada. Que es un límite a estas libertades informativas;

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b)
c)
d)
e)

Respeto a la moral pública;
Respeto al orden público;
Respeto a la Paz Pública, y
Respeto al derecho de terceros.

Bajo este criterio, se sostiene que la vitalidad de la democracia depende de la participación ciudadana;
la desinformación o el ocultamiento de información es contrario a las bases esenciales de una sociedad democrática, constituyendo una característica de los regímenes autoritarios y totalitarios. La información es
un bien público que debe ser protegido por la democracia, ya que el pluralismo informativo y la recepcion
de las diversas informaciones de relevancia pública, es de gran trascendencia para el control de los asuntos
públicos y de gobierno por la ciudadanía.
El artículo 16 de la Constitución es la dimensión del derecho que protege la vida privada y los datos personales en una idea de orden obliga a todos aquellos sujetos que controlen o administren datos personales
a mantenerlos en confidencialidad en sus sistemas de información, con la excepción de que el sujeto titular
de los derechos haya otorgado un consentimiento expreso por escrito o por medio de autenticación similar
a efecto de posibilitar el acceso a su información como persona física, identificada o identificable. Estamos
hablando del derecho a hacer, existir, pensar, a vivir y actuar como entes valiosos cuya integridad implica
el respeto pleno a su dignidad. No puede existir una ciudadanía democrática en la que no se proteja este
derecho en su doble naturaleza de conocer y preservar la privacidad.
En síntesis, se debe de resguardar la información que le haya sido otorgada de manera confidencial al
estado o la información de datos personales, los cuales deben de tener un tratamiento con un registro correcto, sin incurrir en error o falsedad, lo que incluye así mismo su actualización; y no proveer datos a nadie sin
la autorización del titular o requerimiento de una autoridad competente por alguna razón de importancia; y
evitar su extravío, destrucción o deterioro.
Concepto de Vida Privada y Pública.
Todo derecho individual queda limitado por los derechos y libertades de los demás. Aquí es donde surge
la difícil cuestión relativa al derecho que los demás tienen a estar debidamente informados, puede restringir
o anular el derecho a la vida privada de alguien.
El derecho a la vida privada aparece como un sustrato necesario de los valores sociales, pero no nació
como construcción jurídica, sino posteriormente a las declaraciones universales de derechos a comienzos
del siglo pasado, en derecho a la privacidad se ha visto constantemente vulnerado por la complejidad de la
vida actual, sobre todo, en las grandes ciudades.
La vida privada ha sido una condición siempre presente en el hombre como un único ser capaz de llevar
una actividad social interactuando con objetos exteriores, creando una relación exógena, de dentro hacia
fuera, cualquiera que sea el ámbito en que opera social, político o cultural, y a su vez desarrolla una actividad que radica en el propio ser y en lo que lo rodea de modo próximo e inmediato.
La vida pública es la vida social del hombre, que se desarrolla normalmente en contacto con sus semejantes, vida profesional, vida académica, vida mundana, en una palabra: vida exterior. Se podría decir, a la
inversa, que la vida privada es la vida familiar, personal del hombre, su vida interior, espiritual; ésta constituida por el conocimiento íntimo de la persona y que de ser publica, poder turbarlo moralmente afectando
inclusive su pudor o recato con la excepción de que esa misma persona dé su consentimiento para volverla
pública.
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El derecho a la privacidad de las personas está protegido en el artículo 7 de nuestra constitución, en
el párrafo que prescribe como limite a la libertad de prensa el respeto a la vida privada; en el artículo 16
constitucional que establece:
“Nadie puede ser molestado a su persona, familia, domicilio, papeles o posesiones, sino en
virtud de mandamiento escrito de la autoridad competente, que funde y motive la causa legal del
procedimiento”.
Y en este mismo artículo lo que se conoce como los derechos ARCO: acceso, rectificación, cancelación
y oposición a datos personales.
Los datos se pueden clasificar con los siguientes criterios:
“Nominativos: es el dato de una persona física o jurídica conocida o identificada y que a su vez se
divide en directos cuando lo identifica sin necesidad de proceso alguno; indirectos cuando permite
la identificación, pero no lo hace de forma directa, sino agrupando datos.
La identificación más simple o sencilla para identificar a la persona puede ser el nominativo pero
indirecto, es el uso de dato estadístico o científico que no identifica persona alguna porque la
información archivada no se refiere a él, sino a sus actividades y también existen datos que no
afectan a la sensibilidad de las personas porque se trata de información irrelevante o anodina
que por las características que tiene no permite herir los sentimientos más íntimos de la persona
revelada ni afectar su derecho a la privacidad. Sin embargo, hay que tener mucho cuidado con
afirmar que el dato irrelevante no afecta el derecho a la intimidad, porque hemos visto cómo se pude
procesar la información y lograr de ella perfiles y costumbres cambiando las reglas de la colección
(caso de los directorios telefónicos)”.
En cualquier caso, ninguna persona puede ser obligada a proporcionar datos sensibles, en ningún caso
se puede exigir a ninguna persona que dé a conocer su afinidad o voto con un partido político ni cualquier
otro dato que por sus características ideológicas o religiosas, origen racial, salud o vida sexual puedan
generar efectos discriminatorios, en síntesis la dualidad entre lo público y lo privado tiene una dicotomía
entre aquello que el público tiene derecho a conocer y lo que el ciudadano tiene derecho a conservar para
su intimidad personal, de ahí, se puede inferir el termino como el derecho a la soledad.
La Protección de Datos Personales como Límite al Derecho a la Información.
La búsqueda de información se realiza en una etapa previa a la reunión y compilación de datos, noticias,
investigaciones, acciones, en las cuales se puede llegar a comprometer la vida privada de las personas,
ahí mismo inicia el conflicto que debe ponderarse ¿qué es más importante la libertad de información o la
libertad de intimidad? Es posible que podamos establecer jerarquías y en un criterio principalista se podría
inferir a través de una prueba de daño, cual es el menor daño que se puede producir de frente al mayor
beneficio que de dar a conocer o no una información cual sería el bien común y la autoridad pública, sin
embargo, en el contexto de la vida privada es necesario reconocer que aun invocando la libertad de la información no puede socavarse la dignidad individual que exige la persona humana donde se pone en juego:
la honra, la propia imagen, la reputación, etcétera. Si se vulneran la persona experimenta un daño moral al
sufrir la violación de su privacidad, al sentirse desprotegida o invadida su intimidad y ese agravio inicia en
el mismo momento de la recolección y obtención de la información, sin embargo, pueden existir algunas
excepciones, tales como el interés público justifica las intromisiones o indagaciones sobre la vida privada
de una persona sin su previo consentimiento.
La igualdad como estándar valorativo del derecho se rompe cuando existe una dominación de dominio
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de quien posee la información sobre la persona, todo dominio personal restringe en la libertad e impone
desigualdad entre quien posee información y quien no tiene acceso a ella. El jurista Osvaldo Alfredo Gozaíni considera que las averiguaciones a datos personales son una actividad lícita siempre y cuando la forma
de practicarla no se inmiscuya con artilugios en la vida privada o con maniobras engañosas para obtener el
conocimiento necesario y lograr la información.
En la recóndita intimidad del ser humano recuérdese aquello:
“De que un individuo no es uno sólo. Es, primero, el que es y que sólo Dios conoce; es, en segundo
lugar, el que él cree que es; es también el que los demás creen que es y, por último, es el que él cree
que los demás creen que es”.
Bajo esta afirmación, se desarrollan dos teorías, la de las “esferas” y las del “mosaico”. En la teoría
de las esferas se desarrolla una esfera secreta en la cual, nadie tiene acceso e incluso, el mismo individuo
mantiene a veces en el subconsciente esto es, todo aquello que el individuo genera en su propio imaginario
y actúa conforme a lo que él pretende o cree ser.
La esfera íntima es aquella en la que no deja entrar absolutamente a nadie, es él y su conciencia. En
la esfera de confianza acceden unos cuantos cercanos a él, la esfera individual se divide en dos: propia y
privada. En esta esfera están las relaciones personales, el caso de los clientes, amigos, familiares. La esfera
social, el individuo es consciente de su propia fama prestigio y es observado por una colectividad, la esfera
pública, el individuo busca posicionarse en la sociedad y provoca que los demás se introduzcan ahí.
En la teoría mosaico, se advierte de que el sujeto no solo es una información, sino un complejo de ellas
y de una manera sintéticamente relacionadas una a una pueden configurar un mural de la imagen del individuo, es aquí donde un dato aislado dado a una persona o conocido por ella, puede no suponer invasión de
la vida privada, pero si quien accede, es otra persona distinta, entonces se puede dar una trazabilidad de los
gustos o preferencias de esa persona (el uso de una tarjeta de crédito puede ser un hecho aislado y puede
ser un dato aislado, pero cuando analizamos los movimientos constantes de la persona, podemos tener una
trazabilidad de sus comportamientos, preferencias, gustos, relaciones, lugares de interés, necesidades y más
datos que pueden llegar a vulnerar o a conocer su vida privada).
De lo anterior, queda claro que la forma en que se puede dar manejo en datos personales, aplicando la
teoría del mosaico (redes sociales, teléfonos celulares, etcétera), se puede afectar la intimidad de las personas y se puede analizar en las áreas de la actividad económica, administrativa, política y de seguridad
social donde se evidencia un creciente proceso de informatización y se puede dar entonces, en la realidad
un control de la conducta humana a partir de sus propios datos.
Así se configuró el derecho a la intimidad como forma de amparar a las personas y garantizar el derecho
a no ser molestado.
Sin embargo, hasta la fecha no podemos afirmar que exista un concepto unívoco del derecho a la intimidad siempre hay una dificultad inclusive para poder definirlo:
“Se emplean por igual las expresiones intimidad, vida privada o esfera privada, ámbito intimo o
privado, y la, cada vez más común, privacidad, un neologismo que, como los anteriores, sirve para
referirse a ese deseo de disfrutar lo personal y la pretensión consiguiente de exigir a los demás el
respeto y, en su caso, su protección legal”.
Los límites al derecho a la información en la obtención y recuperación de los datos de la persona deben
de tener como consecuencia la obtención de los datos propios de la persona, así como la propia negativa
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del propio sujeto del derecho a suministrarlos: esto es, la posibilidad de ejercitar los derechos de acceso,
rectificación, cancelación y oposición. Otro límite a la información esta referenciado, garantizado el deber
de secreto pues los responsables de administrar información otorgada en lealtad y confidencialidad en cualquier fase del tratamiento de los datos de carácter personal están obligados al secreto profesional.
El derecho de acceso consiste en cualquier momento la persona tiene derecho a solicitar gratuitamente
información de sus datos de carácter personal en posesión de los sujetos obligados, en el derecho de rectificación y cancelación, los responsables del tratamiento de datos personales deben de informar a la brevedad
posible cuando los datos sean inexactos o incompletos y se debe de permitir el ejercicio del derecho de la
rectificación y cancelación de esa información sin exigir ninguna contraprestación.
El derecho de oposición es cuando el individuo se opone a que cualquier información de datos personales deba de publicarse e impida que cualquier información deba de transferirse u otorgarse a un tercero
sin su autorización.
El derecho a ser informado consiste en la garantía que tiene cualquier sujeto titular de los datos para ser
informado de que sus datos van a ser utilizados y de la finalidad para la que se van a utilizar.
La información está vinculada con el acceso cuando la misma sea un requisito indispensable para que
el interesado pueda ejercitar derechos de defensa conforme a la misma.
“La esencia de cualquier tratamiento de datos personales es el consentimiento del titular de los datos,
pues en dicho requisito se manifiesta el bien protegido, es decir, el derecho a la autodeterminación.
El consentimiento debe ser siempre un consentimiento informado, es decir, un consentimiento que
se dé conociendo y teniendo en cuenta la situación”.
De lo anterior queda claro, que la protección de datos personales no debe correr ningún riesgo para el
sujeto de verse perjudicado, con la divulgación de los mismos, pues de antemano el titular de los datos es
quien tiene el derecho a la autodeterminación.
Tratamiento de los Datos Personales.
El tratamiento de los Datos Personales mantiene como una condición importante de licitud el seguimiento, algunos principios que son relativos a la calidad de la información que se encuentra en esos datos.
El tratamiento de Datos Personales define los siguientes principios:
•
•

•

Principio de lealtad; este principio es el deber de cuidado y determina la forma licita y cuidadosa
en que deberán de tratarse los datos personales que han sido suministrados en algunos estados bajo
este principio “se prohíbe la recogida de datos por medios fraudulentos, desleales o ilícitos.”
El principio de finalidad; establece que los datos personales deben ser recogidos con unos fines determinados y explícitos y se debe de explicar la finalidad con la cual será utilizados, se permite que
dicha información pueda utilizarse para fines distintos de aquello para los cuales fueron recogidos,
pero exige que haya compatibilidad. Esos fines pueden ser históricos, estadísticos o científicos, los
cuales se consideran compatibles, la incompatibilidad surge si estos pudieran darse para fines de
carácter comercial, económico, de vinculación social, etcétera. En este principio se hace énfasis al
Derecho al olvido, el cual, establece que toda la información debe de ser dada de baja o cancelada
de los archivos, toda vez que ha cumplido con la finalidad para la cual la información fue recogida.
Principio de pertinencia, exactitud y conservación; Este principio se relaciona en forma directa con
el principio de finalidad, pues los datos deben de ser pertinentes, exactos y deben de conservarse
durante el tiempo necesario en función de la finalidad.

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•

•

•

Principio de consentimiento del interesado; El requisito del consentimiento para el tratamiento de
datos personales es una condición necesaria donde debe de mediar la manifestación de la voluntad,
libre, inequívoca, especifica e informada, esto quiere decir que para que exista el consentimiento, el
sujeto debe estar previamente informado del tratamiento de datos personales que se va a efectuar.
Principio de interés público; este es el criterio legitimador que, en ausencia del consentimiento, el
estado puede dar un tratamiento necesario a los datos personales para el cumplimiento del interés
público, en este principio, se comprende que la actividad administrativa siempre deberá perseguir
la salvaguarda del interés general.
Interés legítimo, se considera legítimo todo aquello que aún sin el consentimiento en el tratamiento
de datos personales existe un interés público que debe prevalecer sobre los intereses del afectado.
Aquí siempre se debe de realizar un acto de ponderación entre el interés público y los intereses del
afectado.

De lo anterior podemos poner como ejemplo el recurso de revisión de Datos Personales 004/2018 del
Instituto de Transparencia e Información Pública de Jalisco, mediante el cual, se señala que el Consejo
de la Judicatura del Estado de Jalisco determina que las notificaciones que se realicen por volatín judicial,
gaceta o periódico judicial se debe de expresar el nombre con apellido completo de las partes y justifica su
acto de conformidad con lo establecido en el artículo 1068 del Código de Comercio, el ITEI, revoca esa resolución y determina que el sujeto obligado es responsable de proceder a la cancelación de datos personales
cuando dichos datos no son materia de juicio activo, sino que corresponden a un juicio ya concluido. En
el principio de observancia, el sujeto obligado es responsable de observar los principios de licitud, lealtad,
calidad, proporcionalidad, información y responsabilidad en el tratamiento de los datos personales, por lo
tanto se resolvió que cuando un juicio ha causado ejecutoria el titular de los derechos ARCO puede solicitar
la cancelación de sus datos personales de los archivos, registros, expedientes y sistemas del responsable, a
fin de que los mismos ya no estén en su posesión, dejando de tratar y oponerse al tratamiento de sus datos
personales y dejar que se cese el mismo, por consiguiente fue precedente revocar la resolución emitida por
el sujeto responsable porque se consideró que el Boletín Judicial publicaba el nombre de un ciudadano
que consideraba que la difusión de los datos personales del boletín Judicial propiciaba una expresión de
discriminación a su persona, honor y reputación y por tal motivo, ejercía su derecho de oposición, pues lo
afectaba en su persona, ya que aparecía como una persona que enfrento un juicio por una situación económica, dañando su honor y reputación, siendo que como se observa del resultado de la búsqueda, nunca
hubo un juicio en el que se le condenara por cualquier situación siendo que en la publicación transgrede la
presunción de inocencia, de tal manera que el ITEI requirió a la unidad de transparencia del Consejo de la
Judicatura reponer el procedimiento y se dé trámite a la resolución de oposición para los derecho ARCO,
así lo resolvió el 2 del mes de mayo de 2018 la Presidenta del Pleno, Cynthia Cantero Pacheco.
3.- MÉTODO
Diseño
El enfoque investigativo de la presente investigación es cualitativo, de acuerdo con Hernández, Batista
y Fernández (2014) “Utiliza la recolección y análisis de los datos para afinar las preguntas de investigación
o revelar nuevas interrogantes en el proceso de interpretación” (p.7).
Alcanzando un diseño no experimental “Que se realiza sin la manipulación deliberada de variables y
en los que sólo se observan los fenómenos en su ambiente natural para después analizarlos” (Hernández,
Batista y Fernández, 2014, p. 149).
El alcance establecido es el exploratorio “emplean cuando el objetivo consiste en examinar un tema
poco estudiado o novedoso” (Hernández, Batista y Fernández, 2014, p. 91).

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Instrumentos
Para la construcción del marco teórico-conceptual de si es necesario o no establecer un instrumento de
Hábeas Data en el sistema Jurídico Mexicano, se consultaron un total de veinte y ocho referencias bibliográficas utilizándose como instrumento las ideas, argumentos y proyectos que fueron interpretados desde
una perspectiva analítica y crítica.
Procedimiento
Con relación a la comprensión del problema de la investigación se recopilan fuentes secundarias de
documentos académicos. En el marco de referencia se definen los conceptos básicos relativos a si es necesario o no establecer un instrumento de Hábeas Data en el sistema Jurídico Mexicano. Una vez recopilada
y analizada la información se construye el documento objeto de este trabajo. Por último, se realizan las
recomendaciones y conclusiones conforme a los objetivos trazados (Bascón, 2016, p. 37).
4.- CONCLUSIONES
En la actualidad, es necesario seguir trabajando desde el ámbito académico en la transferencia del conocimiento para forjar una cultura del derecho de acceso a la información pública y la protección de datos
personales, a fin de alcanzar mejores y mayores estándares para un buen sistema de protección de datos
personales y para ello, se requiere el ejercicio de este derecho por parte de los ciudadanos para ejercer los
derechos denominados ARCO (Acceso, Rectificación, Cancelación y Oposición), derecho que sólo podrá
limitarse por razones de seguridad nacional, disposiciones de orden público, seguridad y salud pública o
para proteger los derechos de terceros; y por otra parte, reconocer que los datos personales en el derecho
a la información y en la libertad de información tiene una naturaleza autónoma, además es preciso que en
México se tome en consideración la experiencia internacional en la materia para lograr una legislación
eficaz, se requiere trabajar en una acción sumarísima como la de Hábeas Data.
Se debe de reconocer que la corriente sociológica del derecho es una combinación positivista y realista
en el sentido de que toma el sistema jurídico positivo como el objeto de estudio y del realismo jurídico o
sociológico si este es funcional y eficaz, a fin de construir un parámetro axiológico de orden y seguridad
jurídica.
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pdf

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Percepción de las instituciones formales e informales en la formación ciudadana de las Niñas y los
Niños
Perception of formal and informal institutions involved in the civic education of children
Moncerrat, Arango-Morales1
Universidad Autónoma de Nuevo León
DOI: http://doi.org/10.29105//pgc4.7-6			

https://orcid.org/0000-0002-8399-8448

RESUMEN
El presente artículo es producto de una investigación, cuyo objetivo consistió en determinar si las niñas y niños
de 10 a 12 años de los municipios de Monterrey y Guadalupe Nuevo León, perciben el valor libertad de expresión
necesario para coadyuvar en la formación ciudadana, en la institución informal televisión. Se aplicó el método mixto,
descriptivo, exploratorio, transversal a través de la técnica la encuesta. Tras la aplicación de los cuestionarios a una
muestra de 384 niños y niñas, se encontró que: las niñas y los niños perciben que sus personajes televisivos favoritos
manifiestan uno de los valores necesarios en la formación ciudadana, la libertad de expresión. Los menores expresan
sus ideas, utilizando para ello, la comunicación tanto verbal como no verbal, pero también utiliza acciones como: insultando y ofendiendo a los demás personajes. Se concluye que la escuela y la televisión son instituciones formales e
informales que contribuyen a la formación ciudadana de las niñas y los niños, estas desempeñan un papel fundamental
como formadores de opinión, por lo que son determinantes para lograr una sociedad más equitativa que ayude a crear
un capital activo para el mantenimiento del orden, las costumbres y tradiciones de México.
Palabras clave: Formación Ciudadana, Libertad, Menores, Instituciones Formales e Informales y Televisión.
ABSTRACT
This article is the product of an investigation, which objective was to determine whether girls and boys from 10
to 12 years of age in the municipalities of Monterrey and Guadalupe Nuevo León, perceive the value of freedom of
expression necessary to contribute to citizen training, in the informal television institution. The mixed, descriptive,
exploratory, cross-sectional method was applied through the survey technique. After applying the questionnaires to a
sample of 384 boys and girls, it was found that: girls and boys perceive that their favorite television characters manifest
one of the necessary values in citizen training, freedom of expression. Children express their ideas, using both verbal
and non-verbal communication, but also use actions such as: insulting and offending other characters. It is concluded
that school and television are formal and informal institutions that contribute to the civic education of girls and boys;
they play a fundamental role as opinion makers, and are therefore decisive in achieving a more equitable society that
helps create an active capital for the maintenance of order, customs and traditions of Mexico.
Key words: Citizen Education, Liberty, Smaller, Formal and Informal Institutions, Televisión.
Cómo referenciar este artículo:
Arango Morales, M. (2018). Percepción de las instituciones formales e informales en la formación ciudadana de las
Niñas y los Niños. Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, 82-94. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/
index.php/RPGyC/article/view/159
Recibido: 20 de Agosto 2017 - Aceptado: 30 de Octubre 2017

1
Doctora en Filosofía con orientación en Ciencias Política por la Universidad Autónoma de nuevo León.
Coordinadora de la Facultad de Ciencias de la Comunicación de la Universidad Autónoma de nuevo León. Email:
monserrat.arangom@uanl.mx
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�Percepción de las instituciones formales...

1. INTRODUCCIÓN
La Formación Ciudadana se inicia de manera informal en la familia, a través del ejemplo de acciones y
actitudes de los padres, y de manera formal en la escuela a través de materias relativas a la educación cívica,
de esta manera, los futuros ciudadanos estarán mas preparados y comprometidos con el bien común, ya que
la consolidación de una ciudadanía solo puede darse a través de la educación, y si esta es desarrollada desde
la infancia dentro de los espacios educativo formales e informales, los menores adquirirán valores cívicos
que podrán ser interiorizados y desarrollados a plenitud en su desenvolvimiento en sociedad.
Los menores de edad se desenvuelven de manera natural a través de distintos factores, como edad, el
conocimiento, la convivencia y por su puesto la televisión, respecto a ellos Oliva y Castro (2012) apuntan
que actualmente el proceso educativo se encuentra rebasado por el avance tecnológico, y que si bien aún no
se encuentra generalizado es previsible pensar que pronto cubrirá todo los espacios, igual que ocurrió con
la televisión y cuya presencia se encuentra en casi todos los hogares mexicana.
Sobre lo anterior, es importante señalar que componentes como la educación, la cultura política y la
participación ciudadana son aspectos ligados a los asuntos públicos, y que “son atributos sociales que
pueden contribuir a que la incipiente democracia mexicana alcance mejores estadios de calidad” (Téllez y
González, 2013, p. 102).
La instituciones formales como la escuela y las informales como la televisión, son elementos necesarios
para lograr que los niños que serán los futuros ciudadanos tengan una educación en las cuestiones de la
comunidad y puedan tener mayor participación en los asuntos públicos, por ello, es necesario que se desarrollen desde temprana edad los valores democráticos, ya que si estos se interiorizan profundamente, el
régimen alcanza estabilidad y su respuesta es socialmente eficiente (Téllez y González, 2013, p. 98).
Por tanto, la disposición hacia la democracia es producto del aprendizaje social, y de ahí se deriva la
importancia de la influencia en la interiorización de las normas que son las que establecen las libertades individuales y la adhesión a los principios democráticos (Corvera, 2010), de esta manera, la ciudadanía precisa del desarrollo de las capacidades individuales para que se puedan ejercer los derechos, y la institución
académica aparece como el principal factor que los gobiernos tienen para educar a los futuros ciudadanos.
Bajo esta mirada, la primera competencia que se le presenta a la institución educativa en la adquisición
de valores, es la Televisión; esta herramienta transmite normas o las contradice, presentan valores o antivalores, pero de cualquier manera contribuye a forjar una determinada visión del mundo. La televisión es una
herramienta que también educa, aunque ésta educación no sea lo que se espera. La Televisión llegó para
quedarse ya que forma parte de la cotidianidad de la vida familiar y no solo de las familias urbanas sino
también de las urbanas.
El contexto actual del desarrollo de las niñas, niños y adolescentes están experimentando cambios
importantes en la construcción de su identidad, por ello, la Televisión adquiere importancia, porque trata
aspectos socio morales que generan que los menores se identifiquen con ciertos programas y personajes,
que generan concepciones de vida y prejuicios, entre otros, este medio de comunicación, aumenta la posibilidad de socialización cuando sus “contenidos responden a expectativas, necesidades o intereses previos
del grupo de referencia” (Medrano y Airbe, 2008, p. 54).
Es por ello, que la educación es el factor más importante a la hora de empoderar a los futuros ciudadanos, y es que fuera del contexto escolar es complicado transmitir a los menores valores cívicos. Aún así,
evidentemente, hay que aprovechar también la educación no formal, como los medios masivos de comunicación (Ferrete, 2011).
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Arango Morales, M.

2. FUNDAMENTO TEÓRICO
Instituciones Formales e informales en la formación ciudadana de los menores
La ciencia política sienta sus raíces en el estudio de las instituciones, teorías como el conductismo y
la elección racional argumentan que los individuos no se ven obligados por las instituciones formales o
informales a tomar elecciones, sin embargo existen estudios que demuestran que instituciones como la Televisión influyen en los infantes al ser un sector vulnerable y exponerse de tres a cuatro horas diarias a ella
(Aldea, 2004; Cerda, 2009; Lazo, 2005), y que pueden ser influenciados a construir su propia perspectiva
del mundo, creando una visión falsa de la realidad.
Sobre esta influencia y desde la perspectiva de Guy Peters (2003) la formación de las instituciones
públicas da inicio debido a la necesidad de orientar el comportamiento inestable de los individuos y por la
necesidad de orientarlos hacia un bien común, estas instituciones han sido definidas por Scott (citado en
Guy Peters, 2003) como: “ estructuras y actividades cognitivas, normativas y reguladoras que brindan estabilidad y significado al comportamiento social (p.159). Esta estabilidad se debe a la versión de la actividad
reguladora del Institucionalismo que se apoya en las reglas para definir las instituciones; este enfoque tiene
como razón regular el comportamiento de la sociedad, por lo que las reglas, van a las Instituciones y estas
a su vez serán un medio a través de la cual se influirá sobre los individuos.
Tomando como base la información expuesta, se asume que las instituciones son sistemas que regulan
las conductas tanto individuales como colectivas, y estas tienen sin duda como primer referente los valores
que se adquieren en el transcurso de la vida y han sido interiorizados mediante la repetición de las acciones,
de ahí la importancia de la socialización con las instituciones por parte de los menores.
Respecto a estos valores, Frondizi (1945, citado en Uvalle Berrones R., 2011) postula que tanto en la
concepción como en la funcionalidad de la sociedad, los valores son referentes obligados dado que en términos de gobierno, son inherentes para su estructuración, vigencia y funcionalidad, alguno de ellos son: el
bienestar, equidad, desarrollo, igualdad, justicia y calidad de vida. Este mismo autor señala otros valores
como: el civismo, civilidad, tolerancia y respeto, ya que son parte de la conducta de los actores (ciudadanos), las organizaciones e instituciones en diversos momentos del quehacer colectivo. Por tanto, se asume
que las instituciones se ven influenciadas por los valores que cada individuo trae consigo.
Para este trabajo, una de las organizaciones institucionales informales más importantes es la de la industria del entretenimiento, y de entre ellas: la Televisión. La Televisión como institución se relaciona con lo
que es público y privado, y conceden importancia a las relaciones que establecen no solo con las personas
sino también con organizaciones sociales, culturales, políticas y económicas en las sociedades modernas
(Elizalde 2013). Douglas North (1993 citado en Elizalde 2013) asume que la Televisión es una institución,
porque funciona como patrón y guía para la interacción humana y que esta interacciones son distintas en
cada país, ya que las personas se encuentran condicionadas para actuar cada que cambian de sociedad aunque desarrollen acciones similares.
La Televisión como Institución Informal
La Televisión podría ser al mismo tiempo una organización y una institución. Una organización porque
está conformada por el grupo de personas que la forman, que tienen objetivos que persiguen como organización y una forma de planeación, en tanto que la institución es el conjunto de reglas, normas sociales y
valores que condicionan la conducta de esas personas para que desarrollen una acción ordenada (Douglas,
1993, citado en Elizalde 2013).
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�Percepción de las instituciones formales...

Por tanto, el personal que labora al interior de la institución Televisión, deben tener conocimiento de la
Ley General de los Derechos de Niñas, Niños y Adolescentes y de la Ley Federal de Telecomunicaciones
y Radiodifusión, para cumplir con su responsabilidad social, y generar contenidos aptos para los menores
que contribuyan a su formación difundiendo información de conformidad con los objetivos de la educación.
Este conocimiento es importante debido a que laTelevisión y las nuevas tecnologías se relacionan
con los Niños desde temprana edad, y dependiendo del tipo de formación educativa que cada sociedad
practique, es el tipo de ciudadano que tendrá. La Televisión a través de las actividades lúdicas que llevan a
cabo, realizan la socialización neesaria para que se interiorisen las costumbres y valores de la comunidad y
los individuos aprenden a conducirse en ella. De acuerdo con los modelos teóricos de Bandura y Gerbner
(Igartúa, 2008), los niños pueden aprender una gran cantidad de cosas sobre la vida social viendo televisión,
puede modelar sus comportamientos y fomentar la interiorización de temas como: roles sexuales, ancianos,
las profesiones, los tipos de familia, las minorías étnicas e inmigrantes entre otros.
Tomando en cuenta que el objeto de estudio de este trabajo de investigación son las y los niños de 10 a
12 años, que se encuentran en una etapa en la que están construyendo su identidad, y donde adquieren categorías fundamentales de evaluación y juicio (Lagroye, 1994), se presenta como importante conocer cuáles
son sus programas y personajes favoritos para conocer que es lo que los menores están consumiendo. Dada
la etapa en la que se encuentran y que tienen acceso ilimitado a la televisión, probablemente se encontrarían
frente a mensajes opuestos a los aprendidos en la familia y la escuela, y ello podría reforzar y perturbar sus
creencias o actitudes sobre temas en los que necesitan ser guiados por padres o maestros.
La Televisión, tanto en su sistema de señal abierta como de paga, se consideran factores que generan
socialización, ya que cumplen un papel decisivo en la conservación de opiniones y cuyo efecto principal
es consolidar las representaciones de diversos temas, entre ellos los políticos (Lagroye ,1994), este autor
argumenta que estas creencias son analizadas por los diversos receptores y recibidas de manera selectiva
por los individuos, desde esta mirada, el rol de la familia sigue siendo fundamental en el desarrollo ciudadano de los menores, ya que es en este espacio, donde los menores escuchan los comentarios de los adultos
referente a la vida política de la sociedad, y es en la familia donde se encuentra la herramienta Televisión
y en esta socialización, se exponen diversas opiniones, que “sirven para conservar y reforzar las opiniones
preexistentes” (Lagroye, 1994, p. 400).
La Televisión en la formación de valores
Los valores se manifiestan como referentes de funcionalidad de una sociedad y los contextos que ayudan a su adquisición se presentan como importantes de investigar, ya que estos generan conductas que son
el resultado de dicha influencia (Instituto Federal Electoral, 2000). Uno de estos contextos con los que el
Niño tiene contacto directo y en algunas ocasiones sin supervisión de la familia, es la Televisión. Sobre el
contenido de esta herramienta es que se establece un análisis respecto a su contribución en la formación de
valores.
La Televisión como institución, exponen valores que son importantes para ésta investigación, por ello,
el concepto valor lo entenderemos como los principios que nos permiten orientar nuestro comportamiento
a fin de realizarnos como individuos y que reflejan nuestros intereses, sentimientos y convicciones, siendo
además la base para vivir en comunidad y relacionarnos con las demás personas, permitiéndonos regular
nuestra conducta para el bienestar colectivo y tener de esta manera una convivencia armoniosa (Jiménez J.
C., 2008).
Por tanto, la crisis en la formación de los valores solo es posible modificarla a través de instituciones
estructuradas y bien organizadas como la familia, pero, como ya se ha indicado anteriormente, los menores
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están recibiendo aprendizaje no solo por medio de la institución educativa formal (escuela) sino también a
través de la televisión con la que los niños tienen constante contacto y que también es una herramienta que
proporciona aprendizaje. Este instrumento tecnológico cumple un doble papel, por una parte su actividad es
vital para el desarrollo económico de cualquier país y por otra, hacen realidad los derechos fundamentales
de las personas, a través de la libertad de expresión (Unión, 2012).
Otros aspectos formadores de valores como conductas, actitudes y expresiones verbales y no verbales
que se repiten, pueden ser tomadas por los infantes como un conocimiento común, por lo que resulta necesario analizar la calidad de los contenidos de programas televisivos consumidos por la niñez, ya que el lenguaje que se encuentra en los contenidos audiovisuales, es un fuerte estímulo en su relación con los medios
que genera influencia en su capacidad lingüística (Fernández y Mª DoloresTur Viñes, 2005).
De esta manera, y aunque estos trabajos exponen datos que manifiestan que los programas contienen
mensajes auditivos y visuales negativos, existen otras opiniones que afirman que la Televisión por sí solo
no enseña nada, que para que pueda realmente tener efecto sobre los menores, es necesario que los niños
se conecten con sus propias experiencias e ideas a los mensajes que se transmiten (Alonso, Mantilla y Vázquez, 1995, en Digón Regueiro, 2008).
Respecto a la emisión de estaciones televisivas, el Estado de Nuevo León recibe señal abierta de las
siguientes televisoras: Televisa (10 y 5); Televisión Azteca(13 y 7); Canal Once (Instituto Politécnico Nacional); Canal 40 (Propiedad de Televisora del Valle de México y sus contenidos son producidos por Televisión Azteca); Canal 22 (Televisión de la República Mexicana (TRM TV UNAM (Universidad Nacional
Autónoma de México (UNAM) en sinergia con la Dirección General de Televisión Educativa (DGTVE),
responsable de la red de señal satelital educativa EDUSAT); Canal 12(Multimedios Estrellas de Oro); Radio y Televisión de Nuevo León; Canal 53 (Universidad Autónoma de Nuevo León).
Cada una de estas 11 estaciones televisivas cuenta con una programación que genera entretenimiento e
información para diferentes públicos, mucha de ella generada para una cultura diferente. El canal once del
IPN, lanzó el 24 de agosto de 2015, una barra infantil, que inicia sus transmisiones de lunes a viernes de
ocho y media de la mañana a cinco de la tarde; sábado de ocho a doce del mediodía y los domingo de ocho
a una de la tarde, sin embargo, los contenidos siguen siendo extranjeros.
Respecto a los contenidos, Abelman y Atkin (2000, citados en Igartua, 2008) realizaron un estudio con
una muestra de 700 niños de entre 7 y 12 años, con la que buscaban demostrar los principales motivos por
los que los menores se exponían a la Televisión, en donde se determinaron cinco factores principales: a)
pasar el tiempo o por habito, b) búsqueda de entretenimiento, c) información, d) compañía y e) escape. Además comprobaron que los niños que observaban en mayor cantidad la televisión son aquellos que buscan:
entretenimiento, el hábito y el escape, mientras que los niños que buscaban en la televisión información y
compañía mostraban un menor nivel de consumo televisivo.
Formación ciudadana en las Niñas y los Niños
Para efecto de este trabajo de investigación, el concepto de ciudadanía, será tomado del Instituto Nacional Electoral (INE, 2007) quién manifiesta que el término representa una relación entre el individuo y
el Estado como consecuencia de una serie de derechos y obligaciones. Con ello se entiende que un ciudadano es miembro de una comunidad política y que al igual que los otros miembros de ella, tiene derechos
y obligaciones.
Dentro de la comunidad y en un sistema político democrático, el argumento principal de acción depende
no solo de sus estructuras básicas sino también de las cualidades y actitudes de los ciudadanos, de ahí que
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la relación entre democracia y educación sean indisolubles. Por tanto, el sistema político no puede desentenderse de la educación de los individuos ya que es el responsable de que los sujetos estén interesados en
la cosa pública (Corvera, 2010).
Weber (citado en Corvera, 2010) afirmaba que todo hombre es producto de la estructura social de su
época y que él mismo contribuye a modelarlas y cambiarlas. Visto de esta manera, la calidad de los ciudadanos es una condición dentro del Estado que alude a sus derechos, y a los que los individuos tienen
acceso por el hecho mismo de ser ciudadanos de una nación y por haber cumplido la edad requerida, esta
calidad también dependerá de los procesos de formación ciudadana que le proporcionan al ciudadano las
competencias para vivir en la democracia.
Hablar de ciudadanía implica entenderla -como se expresó en el Consejo Europeo en el 2000 y publicado en el Measuring Active Citizenship -como un medio que empodera a los ciudadanos con el objeto de
que tengan voz en su comunidad, un sentimiento de pertenencia a ella, valorar la democracia y comprender
la diferencia con otras culturas (Hoskins et al., 2006 citado en IFE, 2014). El ejercicio de esta ciudadanía
en un gobierno democrático implica que debe existir un sistema legal que garantice los mismos derechos e
igualdades para todos los ciudadanos (IFE, 2014), en este sentido el Estado de Derecho resulta notable en
la protección de los ciudadanos.
En la actualidad, la democracia es considerada como la mejor forma de gobierno y organización de la
vida social, sin embargo, Aguilera (2008) apunta que esta forma de gobierno se expone como muy fragil
y vulnerable ya que depende fundamentalmente de la consolidación institucional del Estado de Derecho y
una sólida ética alcanzada a través de una educación ético-cívica. Tomando esto como base, se puede argumentar que una de las finalidadades de la educación, es lograr una comunidad reforzada en valores como la
justicia, el respeto y la igualdad de género entre otros (Aguilera, 2008).
La libertad como valor ciudadano
Las sociedades democráticas modernas se caracterizan por su multiculturalidad y pluralidad de ideas,
en ellas, es posible visibilizar diversos valores, entre los que podemos mencionar: la Libertad, la Igualdad
y la Tolerancia. Dichos valores, son elementos necesarios para generar la formación ciudadana, así como
son precisos en la construcción de un gobierno democrático, y constituyen además tres factores elementales
para la convivencia en comunidad.
Esta convivencia nos remite a la noción de Libertad, y al de la acción libre de los hombres, determinando la necesidad de ella en términos de decidir no solo sobre lo dado sino sobre lo posible, teniendo además
como misión y fin, el de “asegurar la vida en el sentido más amplio” (Arendt citada en Sánchez, 2008,
p.13), hacer esto, es hacer posible que el individuo persiga sus fines en términos de paz y tranquilidad y que
permita además convivir con otros en una organización política.
Como consecuencia de esta convivencia, se debe tomar conciencia de la Libertad en la medida en que
se realiza mediante contacto con los demás, y no en términos de una Libertad interior, ya que la Libertad es
entendida como un status del hombre libre, que le permite de forma física, desplazarse de un lado a otro y
encontrarse con otros individuos utilizando para comunicarse la acción y la palabra (Benítez, 2008).
Así mismo, la Libertad no puede manifestarse separando los derechos y deberes individuales de los
colectivos, ya que una comunidad depende del sentido comunitario de sus ciudadanos y los deberes individuales que están relacionados con los colectivos en la búsqueda de proyectos en común y sobre los que
deben dedicar buena parte de sus esfuerzos y recursos (Thesing, 1999). Por ello, la Libertad debiera ser
vista como un factor que permite la asimilación e interiorización de valores que expone el individuo como
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ser individual y que al mismo tiempo los expone como ciudadanos, ya que solo de esta manera se lograría
la unificación de los valores en aras de lograr un beneficio para todos los ciudadanos.
Es por ello que una democracia requiere que sus ciudadanos sean autónomos, críticos y reflexivos, capaces de generar una participación e integración de proyectos en común (Aguilera, 2010), y esto solo se logra
mediante la educación de los futuros ciudadanos. Esta educación formal e informal debe fundamentarse en
el reconocimiento de los derechos de libertad -sin la protección de esos derechos la democracia sería imposible-ya que se presenta como inconcebible pensar que a los individuos se les prohibiera ejercer su derecho
a la elección (Woldenberg, 2007). Esta libertad a la elección debe ser aprendida desde la infancia, ya que
es durante esta etapa que se adquieren las evaluaciones y juicios, constituyéndose también las actitudes que
forman las creencias (Lagroye, 1994).
Si es durante la infancia que los menores aprenden a ejercer la elección es donde mayor cuidado se
debe tener, sobre todo en la supervisión de los programas que consumen, así como las redes sociales a las
que tienen acceso y las personas con las que se conectan por parte de los padres, ya que son los menores
quienes eligen lo que más los satisface, los que los mantienen entretenidos, y bajo esta mirada, los menores
pueden aprender observando caricaturas, películas y programas unitarios de Televisión, que la violencia es
un concepto que puede generar risas, porque en ellos se generan imágenes donde los personajes pueden
ser lastimados de diversas formas y siempre resulta divertido sin que exista una reacción (castigo) frente
al evento. Programas con este tipo de contenidos, representan un problema para la Formación Ciudadana,
ya que los niños construyen su personalidad al identificarse con acciones, actitudes y lenguajes con los que
tiene constante contacto.
La Televisión es una herramienta que se encuentra presente en cada hogar como un instrumento que
genera entretenimiento, los niños se encuentran en constante contacto con ella, y es a través de su observancia que puede descubrir normas y creencias con el objeto de asimilarlas y más adelante reproducirlas
en su conducta en relación con sus pares. Lagroye (1994) señala que el Niño trata de observar actividades
que podrían considerarse como normales por parte de quienes lo rodean, familia, pares, escuela y los medios masivos de comunicación (MMC); trata de aprender aunque sea de forma confusa las creencias que
se encuentren acorde con esas actitudes sobre la base de la repetición. Si a través de los MMC, los niños
escuchan las noticias y las reafirman con los comentarios de su familia, implica valoraciones de actitudes
frente al poder (padres). Por tanto, aprenderá de acuerdo a las acciones realizadas por el Estado, que vive
en una sociedad democrática o no (Lagroye, 1994).
5. MÉTODO
Diseño
El presente estudio tuvo como Objetivo realizar un trabajo exploratorio que generara evidencia respecto
de la percepción que las Niñas y los Niños de 10 a 12 de los municipios de Monterrey y Guadalupe, Nuevo
León, tienen de sus programas y personajes televisivos favoritos. El método seleccionado es cuantitativo,
de donde el instrumento de medición es el cuestionario. Esta herramienta consiste en un conjunto de preguntas respecto a las variables que se van a medir y su contenido estuvo conformado por preguntas cerradas
y abiertas.
Participantes
Conforme a datos del INEGI (2010), en Nuevo León se contaba con una población de 4,653, 458 Individuos. La población objeto de este estudio, Niñas y Niños con edades entre los 10 y los 12 años, resultaron
en un total de 92, 562, por lo que la muestra representativa, se calculó en 384 que viven en los municipios
de Monterrey y Guadalupe NL. Aplicándose una muestra real de 500 cuestionarios. Se obtuvo una muestra
no probabilística ya que la selección fue referida por las y los directores de las escuelas primarias públicas,
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de dichos municipios, siendo quienes seleccionen los grupos a los que se les aplicó el cuestionario. Dicha
selección se realizó al azar, ya que se consideró que en algunas escuelas se cuenta con dos y hasta con tres
grupos de quinto y sexto año de primaria.
Procedimiento
Se utilizaron análisis no paramétricos, que se limitan a analizar las propiedades nominales de los datos
y, añaden el termino de distribución libre para referirse a los contrastes que no necesitan establecer supuestos sobre las poblaciones originales de las que se extrae la muestra (Hernández et al., 2006). A partir de
la información proporcionada por la muestra, se podrá conocer cuál es el comportamiento de la población
con un riesgo de error en términos de probabilidades. Este trabajo utilizó el sistema SPSS para realizar el
análisis de los datos.
4. RESULTADOS
Los resultados generados a partir del análisis de los datos capturados de 500 cuestionarios en el sistema
SPSS, en las que se aplicaron 33 reactivos (preguntas abiertas y cerradas ) y cuyo objeto de estudio son
las Niñas y Niños de 10, 11 y 12 años de Monterrey y Guadalupe, Nuevo León, arrojaron información que
permite determinar si las niñas y los niños perciben que sus personajes televisivos favoritos expresan libremente sus ideas y de que forma llevan a cabo la expresión de este valor. Además se buscó determinar si el
valor señalado anteriormente es interiorizado a través de expresiones y actitudes que los menores realizan
en su vida diaria.
Este trabajo de investigación inició por establecer cuál era el programa y el personaje favorito de las Niñas y los Niños, concluyendo que el programa de mayor preferencia de los menores de ambos sexos es Bob
Esponja, coincidiendo este mismo personaje como el de mayor gusto. Con la obtención de estos datos, era
necesarios determinar si los menores perciben que su personajes favoritos expresan sus ideas libremente.
Al preguntar a los Niños si el personaje favorito de su programa preferido expresaba libremente sus
ideas y pensamientos, independientemente de lo que digan los otros personajes, el 88.2% (n=441) contesto
que sí, mientras que el 11.8% (n=59) respondió que no.
Tabla No. 1. Frecuencia
¿Tu personaje favorito expresa libremente sus ideas y pensamientos?
Si
No

Frecuencia
441
59
Fuente: Elaboración propia. N=500

Porcentaje
88.2
11.8

Una vez establecido que los personajes favoritos expresan libremente sus ideas, lo siguiente era que
señalaran que tanto espresan sus ideas y pensamientos, encontrandose los siguientes resultados:
Tabla No. 2. Frecuencia
¿Qué tanto expresa tu personaje favorito sus ideas y pensamientos?
Mucho
Poco
Nada

Frecuencia
325
163
12
Fuente: Elaboración propia. N=500

Porcentaje
65.0
32.6
2.4

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Los niños respondieron que mucho con 65.0% (n=325), poco con 32.6% (n=163) y nada con 2.4%
(n=12). Si los personajes favoritos expresan sus ideas mucho, poco o nada, ahora era importante conocer
las formas en que expresan sus ideas los personajes, encontrándose que los códigos arrojados fueron: comunicándose, con 47.4% (n=237); con acciones positivas 17.4% (n=87); divertida y emocionada con 15.0%
(n=75); con acciones negativas con 7.4% (n=37) y haciendo tonterías con 6.6% (n=33).
Tabla No. 3
Tabla de contingencia ¿Tu personaje favorito expresa libremente sus ideas y pensamientos, independientemente de lo que digan los otros personajes? ¿Qué tanto expresa sus ideas?
¿Tu personaje favorito expresa libremente sus ideas y
pensamientos, independientemente de lo que digan los otros
personajes?
No
Si

¿Qué tanto expresa sus ideas?

Poco
7.4%
25.2%
Fuente: Elaboración propia. N=500

Mucho
2.6%
62.4%

El grupo muestra, afirmó con un 87.6% que sí; mientras que solo el 10.0% respondió que no y de hecho,
los menores perciben que suelen expresar mucho sus ideas, con un 62.4% de los Niños así lo perciben; sin
embargo, hay un 25.2% que cree que solo puede hacerlo poco. Estos datos arrojan información que describe que los menores perciben la Libertad de expresión en un gran porcentaje, lo cual es importante, porque
demuestra que los infantes entienden la Libertad de un hombre respecto a otro (Espejel Mena, 2005).
Esta percepción se expone como vital ya que según Lagroye, (1994) la Libertad a la elección debe
ser aprendida desde la infancia, ya que es durante esta etapa que se adquieren las evaluaciones y juicios,
constituyéndose también las actitudes que forman las creencias. Este valor debe ser conocido y reafirmado
en los futuros ciudadanos si es que se quiere que formen parte de una sociedad en términos de expresarse
libremente y toma de decisiones, independientemente de si los individuos que los rodean estén de acuerdo
o no con él.
Una vez definido que los menores perciben que el valor Libertad es expresado por su personaje favorito,
el siguiente objetivo específico era identificar la forma en que esa Libertad era expresada por el personaje
favorito, del programa de mayor audiencia de las Niñas y los Niños.
Tabla No. 4. Frecuencia
¿En qué forma expresa sus ideas el personaje?
Comunicándose
Con acciones positivas
Divertida y emocionada
Con acciones negativas
Haciendo tonterías
No expresa sus ideas
No sabe

Frecuencia
237
87
75
37
33
15
7
Fuente: Elaboración propia. N=500

Porcentaje
47.4
17.4
15.0
7.4
6.6
3.0
1.4

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La tabla arroja datos que exponen que los menores perciben que sus personajes favoritos, utilizan la comunicación para expresar sus ideas independientemente de lo que piensen los demás. Se expone que la acción más recurrente es: a) comunicándose con 47.4% (n=237) cuyo código significa: lo hace libremente, de
manera inteligente, seria, respetuosa y directa; seguido de b) con acciones positivas con 17.4% (n=87)que
significa: canta, baila, construye, ayuda a los demás, aconseja; además, c) de manera divertida y emocionada con 15.0% (n=75), que se interpreta como: juega, ríe, se pone alegre, bromea; acciones negativas con
7.4% (n=37) que significa: peleándose, insultando, agrediendo verbalmente, hace lo que quiere y se burla.
Este trabajo de investigación determinó la forma es que los personajes favoritos de los menores expresan la libertad de expresión, y como ya se mostró anteriormente, lo hacen a través de la comunicación
verbal y no verbal entre otras, y si la comunicación y las acciones positivas son factores relevantes en la
expresión de las ideas, entonces se presenta como importante conocer cómo perciben los menores, el Respeto de los personajes a las ideas de los demás.
Tabla No. 5
Tabla de contingencia ¿Qué tanto consideras que tu personaje favorito respeta las ideas de los demás
personajes? Sexo del entrevistado
Qué tanto consideras que tu personaje favorito
respeta las ideas de los demás personajes?
Mucho
Poco

Hombre

131
26.2%
100
20.0%
Fuente: Elaboración propia. N=500

Mujer

Total

160
32.0%
92
18.4%

291
58.2%
192
38.4%

Sobre el valor Respeto, se encontró que es percibido por ambos sexos como que sí se respetan mucho las
ideas de los otros 58.2% (n=291; y en un comparativo, el sistema arrojó datos que muestran que las mujeres
perciben que si se respetan mucho las ideas con un 32.0% (n=160); mientras que los hombres perciben
que se respetan mucho con 26.2% (n=131). De forma general, el 58.2% de los menores perciben que no
tienen una verdad absoluta y por lo tanto pueden aprender a solucionar los conflictos que se les presenten
utilizando la comunicación para llegar a puntos de acuerdo, escuchando siempre la opinión de los demás.
La LFTYR (2014) manifiesta que las Niñas y los Niños aprenden a crearse una valoración interna, que
les permite aprender que sus acciones físicas, personalidad y capacidades, serán evaluadas en función de
ciertos estándares y que por lo tanto podrían ser sujetos de la aprobación de sus pares o incluso ser rechazados, por ello, siguen las acciones que la mayoría realiza y están pendientes de lo que necesitan hacer o tener
para seguir perteneciendo a un grupo, ya que esta pertenencia les otorga protección y seguridad.
En nuestra sociedad los individuos se relacionan con otros a fin de lograr sus metas, como consecuencia de esta convivencia, toman conciencia de los límites de su libertad ya que esta es entendida como un
status mediante la cual puede desplazarse de un lado a otro y encontrarse con otros individuos utilizando la
palabra para expresar sus ideas. Esta valoración puede demostrar que los menores están conscientes de la
importancia de la toma de decisiones y de la libertad de expresión, en la realización de actividades y convivencia en sociedad, en donde el diálogo y el respeto se presentan como variables básicas para el desarrollo
del menor en sus relaciones de pares y familiares.

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5. CONCLUSIONES
El Objetivo General de este trabajo de investigación era determinar si el valor de la libertad de expresión
se encontraba presente en el programa favorito de las Niñas y los Niños de 10 a 12 años de Monterrey y
Guadalupe, NL., para lograr lo anterior, se les pregunto a los menores si su personaje favorito expresaba
libremente sus ideas y pensamientos, independientemente de lo que digan los otros personajes.
Se concluye que las Niñas y los Niños perciben que los personajes favoritos expresan mucho sus ideas,
utilizando para ello, la comunicación tanto verbal como no verbal, generando para ello expresiones como:
diciendo lo que piensa, cantando, dialogando, hablando con familiares y amigos, incluso, con acciones
como: insultando y ofendiendo a los demás personajes. Los datos muestran que los menores encuestados
detectan que sus personajes favoritos expresan sus ideas en términos positivos, y que prefieren entablar
ante todo un diálogo para expresar cuestiones con las que podrían no estar de acuerdo, y tratar a través de
la comunicación establecer ideas y pensamientos para llegar a un disenso y de esta manera lograr acuerdos
antes de generar posibles confrontaciones que terminarían en problemas.
La percepción de la Libertad de expresión, de los personajes favoritos, incluyen no solo acciones verbales, sino también no verbales, ya que también se comunican gesticulando con las manos y haciendo gestos
con el rostro para atraer aún más la atención en los asuntos que tienen por compartir. Asimismo, dentro del
código acciones positivas se detectó que tratan también de comunicar sus ideas a través de actividades artísticas como hacer dibujos, cantar, o bailar. Esto coincide con lo que Huizinga (2000) argumenta, las grandes
ocupaciones de la convivencia humana están impregnadas de juego, y un ejemplo de ello es el lenguaje,
primer instrumento de comunicación que el hombre creó para comunicarse, enseñar y mandar. Bajo esta
mirada, los menores pueden aprender observando las gesticulaciones que sus personajes realizan, además
de escuchar caricaturas, películas y programas unitarios de Televisión.
De esta manera, la comunicación en sus diferentes variables, siempre será una mejor opción por encima
de la violencia, y aunque la violencia es un concepto que puede generar risas -porque en ellos se exponen
imágenes donde los personajes pueden ser lastimados de diversas formas y en ocasiones se escuchan risas
al final de cada acto- pueden ser capaces de entablar un diálogo para llegar a acuerdos mutuos sin generar
actos violentos o imponer su opinión.
Lo anterior responde de manera afirmativa que los menores perciben que los personajes si manifiestan
Libertad de expresión, tanto de manera positiva como negativa, probablemente por encontrarse en procesos
de desarrollo donde el análisis de la situación se encuentra en vías de adquisición. Este trabajo también
responde el objetivo de identificar si los menores detectan la forma en que se comunican. Queda expuesto
que sus personajes favoritos expresan mucho sus ideas.
En las sociedad los individuos se relacionan con otros a fin de lograr sus metas, como consecuencia de
esta convivencia, toman conciencia de los límites de su libertad ya que esta es entendida como un status mediante la cual puede desplazarse de un lado a otro y encontrarse con otros individuos utilizando la palabra
para expresar sus ideas. Esta valoración puede demostrar que los menores están conscientes de la importancia de la toma de decisiones y de la libertad de expresión, en la realización de actividades y convivencia en
sociedad, en donde el diálogo y el respeto se presentan como variables básicas para el desarrollo del menor
en sus relaciones de pares y familiares.

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Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 7, Enero - Junio 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp. 82-94. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/159

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Se autoriza la reproducción total o parcial de los artículos citando la fuente y el autor o los autores

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de Nuevo León, Monterrey, México, pp. 1-103,
ISSN 2395-8448

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Factultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internaciones
Revista Políticas, Globalidad y Ciudadanía

Editores
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Ing. Gabriela Baltodano García

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REVISTA CIENTÍFICA DE LA FACULTAD DE CIENCIAS POLÍTICAS Y
RELACIONES INTERNACIONALES
UNIVERSIDAD AUTÓNOMA DE NUEVO LEÓN
ISSN 2395-8448

Los derechos de copyright a la Revista Política, Globalidad y Ciudadanía. Se autoriza la reproducción
siempre y cuando se utilice las citas y referencias de cada autor.
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�Presentación
La Universidad Autónoma de Nuevo León es una institución dedicada a la formación integral en los
campos de las ciencias, las humanidades y la tecnología, la investigación científica y la promoción del
desarrollo cultural e ideológico de la sociedad, formando líderes y dirigentes con responsabilidad ética,
compromiso histórico y con el propósito de fortalecer la identidad regional, nacional y latinoamericana. La
revista digital Política, Ciudadanía y Globalidad, revista científica de esta institución, se articula a todas
las instancias de este proyecto.
Política, Ciudadanía y Globalidad circula semestralmente en presentación electrónica, y en el sistema
Open Access, desde enero de 2015. Busca convertirse en un medio insoslayable para la publicación de
artículos científicos, inéditos, y producto de una investigación en español e inglés, de autores nacionales
e internacionales los cuales ceden todos los derechos de publicación al editor, sometiéndose los artículos
a una evaluación de árbitros, bajo la modalidad doble ciego, a fin de liderar un espacio de promoción del
desarrollo científico, el aprendizaje y el desarrollo desde la región Noreste de México.
Más en específico, es un instrumento para la socialización del conocimiento de las comunidades académicas que engloba la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales de la Autónoma de
Nuevo León, y es un espacio para la reflexión y el debate crítico, propicio para la construcción de conocimiento que redunde en el desarrollo académico, organizacional y social, en el entorno local, nacional e
internacional.
Política, Ciudadanía y Globalidad está dirigido a investigadores, estudiantes de educación superior,
funcionarios públicos, empresarios, gremios, y a toda la sociedad de conocimiento. A través de esta revista
científica, se divulga la producción intelectual y la investigación para el desarrollo de la ciencia política,
incluyendo todas las sub-áreas propias de la misma. El equipo de colaboradores está comprometido con el
fortalecimiento de los criterios de calidad científica, editorial, visibilidad e impacto en la comunidad científica, como respuesta a los nuevos lineamientos del Modelo Redalyc.
Presentation
Our university, Universidad Autónoma de Nuevo León is an institution dedicated to promote integral
education in the fields of science, humanities and technology, scientific research and it fosters cultural and
ideological development of society. This institution is in charge of forming responsible and ethical leaders
who must have historical commitment and who must have the purpose of strengthening the regional, national and Latin American identity. The digital magazine Política, Ciudadanía y Globalidad, a scientific
journal of this institution, links directly to all the instances of this project.
Política, Ciudadanía y Globalidad, has circulated each semester on its electronic version in Open Access system, since January 2015. It is trying to become a relevant medium in terms of publishing scientific
articles derived from research studies done, etiher in Spanish or English, by national and international authors who give in the rights for the editor to publish them. These articles go through an evaluation process,
Double Blind Review, before they are selected to be published in order to achieve the goal of promoting
scientific development and learning in Northeastern Mexico.
It is also a tool for the socialization of the academic communities of The School of Political Science and
International Relations of our institution. Likewise, it is a space for reflection and critical debate in order
to construct knowledge that will end up enriching academic, organizational and social development in
local, national and international contexts. Política, Ciudadanía y Globalidad is aimed towards researchers,

�students, public officials, businessmen, trade associations and the entire knowledge society. Intellectual
production and research done for politics development is disclosed in this scientific magazine. Contributor
crew is committed to the scientific, editorial, visibility and impact criteria enhancement, in response to the
new Redalyc Model guidelines.

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Tabla de Contenido
Editorial.......................................................................................................................................................11
La Nueva Gobernanza de los sistemas universitarios.............................................................................14
The new gobernance of University Systems
Barbara, Kehm, Universidad de Glasgow, Alemania
Repensando un modelo inclusivo de educación desde el pensamiento complejo para la enseñanza de
los derechos humanos.................................................................................................................................20
Rethinking an inclusive model of education from complex thinking for the teaching of human rights
Laureano, Redondo-Duran, Universidad Simón Bolívar, México
La Paradiplomacia Universitaria: La internacionalización de la educación superior en América.....37
University Paradiplomacy: The internationalization of Higher Education in latin America
David Horacio, García Walman
Paulina Jimenez Quintana
María Gabriela Zapata Moran, Universidad Autónoma de Nuevo León, México
Análisis Epistemólogo de los Estudios de género en la Universidad Pública Norestense....................49
Epistemological Analysis of Gender Studies at the Norestense Public University
Olga Nelly, Estrada-Esparza, Universidad Autónoma de Nuevo León, México
Las Competencias de egreso y su relación con el mercado laboral en el área de las Ciencias Políticas.................................................................................................................................................................56
The Graduation Skills and their relationship with the labor market in the area of political Sciences
Luis Gilberto, Ramos-Peña, Universidad Autónoma de Nuevo León, México
Estratégias didácticas para la esperanza de los conceptos ecológicos de individuo, población, comunidad y ecosistemas en el municipio de Palermo y el área protegida parque vía isla Salamanca..................................................................................................................................................................75
Didactic strategies for the teaching of the cological concepts of the individual, population, community and
ecosystems in the municipality of Palermo and the protected area Via Parque Isla de Salamanca
Albaro Enrique, Candanoza-Henríquez, Institución Universitario ITSA, México
Politica Editorial.........................................................................................................................................90

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 8, Julio - Diciembre 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/10

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Editorial
“Reflexionar sobre la educación, es debatir el futuro”
Daniel de la Garza Montemayor
Editor Revista Política, Globalidad y Ciudadanía
https://orcid.org/0000-0001-6962-9059

Cómo referenciar la editorial:
Montemayor, D. (2018). Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, 11-13. Recuperado de http://
revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/98/99
En la Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, es una revista académica que está interesada en la promoción de trabajos académicos multidisciplinarios, pues partimos de la convicción de que algunas líneas
de investigación que se encuentran en pleno desarrollo necesitan del talento y el aporte de personas con
aptitudes distintas en las que se pueda lograr una plena convergencia.
En este sentido, esta edición vigente contiene aportaciones valiosas en un tema que entrelaza a todos los
enfoques que son de interés para esta revista: la educación. Por esta razón, se revisará el ámbito educativo
desde su gobernanza, pasando por la manera en que los programas de estudio pueden abonar a una cultura
de paz y una mayor equidad de género, así como a la incidencia en asuntos importantes para la localidad.
También se exponen trabajos en los que se profundiza en la internacionalización de la educación y la manera en que los programas de estudio se encuentran alineados con aquello que demanda el mercado laboral. A
continuación, realizaremos una breve exposición de los artículos que contiene esta obra.
En esta edición contamos además con la destacada participación de la Dra. Bárbara Kehm de la Universidad de Glaslow, con un tema importante que nos permite identificar algunas pautas fundamentales dentro
del sistema educativo. En la medida en que ningún proceso o institución académica se mantiene estática,
el artículo de Kehm tiene la virtud de demostrar de forma documentada que el concepto de gobernanza
universitaria también forma parte de su contexto.
Partiendo del mismo tema, el especialista Laureano Redondo-Durán, de la Universidad Simón Bolívar
nos describe cómo la educación puede contribuir a construir la paz social. En un momento en el que la
cultura de los derechos humanos avanza en buena parte del contexto internacional, Redondo-Durán señala
la ausencia de una educación que se encuentre inmersa en la priorización de crear consciencia sobre los
derechos humanos, una circunstancia necesaria para contribuir a construir condiciones sociales en donde
se fortalezca la paz.
Además de una cultura de paz, es importante el proceso de internacionalización que siguen las universidades. Sobre esto, David Horacio García Waldman, Paulina Jiménez Quintana y María Gabriela Zapata
Moran escribieron una disertación en torno a las estrategias empleadas en este importante tema, tomando
en cuenta a tres países que son clave en el contexto latinoamericano: Brasil, Argentina y Chile.
Cuando se refiere a políticas progresivas, éstas también parten desde el proceso educativo. Por ello la
destacada participación de Olga Nelly Estrada-Esparza quien realiza un análisis sobre el discurso que revela
cómo algunos de los preceptos más retrógadas en cuestión de género no terminan de ser superados desde el
ámbito educativo. Para lograr avanzar en la agenda de equidad de género por la que varias generaciones han
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luchado, es importante que el ámbito educativo pueda tener una transformación acorde con ese progreso
social.
También es importante destacar la aportación de Luis Gilberto Peña-Ramos, quien establece algunas
de las competencias que requiere el material. Este análisis es importante, porque establece una serie de
consideraciones que pueden tomarse en cuenta cuando cualquier Universidad revise sus respectivos programas de estudio, con el fin de que las competencias que se ofrecen puedan empatar con las demandas de
un mercado laboral complejo.
Por último, Alberto Enrique Candanoza-Henríquez concluye este número, con un ejemplo en torno a
cómo se puede conectar la educación con mejorar el medio ambiente. En otras palabras, es posible desde el
aula el poder fortalecer algunas alternativas que puedan incidir de manera positiva en el entorno.
Nos gustaría concluir con el compromiso que tiene la revista con la difusión científica que contribuya
al mejoramiento de distintas disciplinas. En esta edición, nos complacemos en presentar diferentes perspectivas y estudios en torno al proceso educativo, que resulta fundamental para coadyuvar en transformar
y mejorar el entorno que nos rodea.
Editorial
“Reflexionar sobre la educación, es debatir el futuro”
Daniel de la Garza Montemayor
Editor Revista Política, Globalidad y Ciudadanía
https://orcid.org/0000-0001-6962-9059

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 8, Julio - Diciembre 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/10

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Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 8, Julio - Diciembre 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/10

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La Nueva Gobernanza de los sistemas universitarios
The new gobernance of University Systems
Barbara, Kehm1
Universidad de Glasgow
DOI: http://dx.doi.org/10.29105/pgc4.8-1		

https://orcid.org/0000-0002-8890-9029
RESUMEN

El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo consistió en estudiar y clasificar los
regímenes de gobernanza de las universidades a nivel internacional, sus dinámicas de cambios y tendencias evolutivas, con un enfoque cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico transversal. Tras la
revisión documental se encontró que: la gobernanza universitaria es un concepto que tiene una constante evolución,
adaptándose a los diversos panoramas y diferentes perspectivas. En conclusión, las políticas educativas responden cada
vez más a una arena internacional en las que están sucediendo la configuración de agendas, los desarrollos de criterios
y directrices.
Palabras clave: Gestión pública, gobierno, gobernanza, política, universidad..
ABSTRACT
This article is the product of a bibliographic review, which objective was to study and classify the governance
regimes of universities at international level, their dynamics of changes and evolutionary tendencies, with a qualitative
approach, non-experimental design, under transversal documentary-bibliographic level. After the documentary review,
it was found that: university governance is a concept that has a constant evolution, adapting to different scenarios and
different perspectives. In conclusion, educational policies respond more and more to an international arena in which the
configuration of agendas, the development of criteria and guidelines are happening.
Key words: Government, governance, management public, politics, university.

Cómo referenciar este artículo:
Kehm, B. (2018). La Nueva Gobernanza de los sistemas universitarios. Revista Política, Globalidad y Ciudadanía,
4(8), 14-19. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/99

Recibido: 06 de Enero 2018 - Aceptado: 30 de Febrero 2018

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Doctora en Literatura Alemana por Universidad Ruhr Bochum. Docente Investigadora en la Escuela de Educación de la Universidad de Glasgow. Email: Barbara.Kehm@glasgow.ac.uk
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 8, Julio - Diciembre 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 14-19. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/99

�La Nueva Gobernanza de los sistemas universitarios

1.

INTRODUCCIÓN

El presente artículo contiene diversas recopilaciones de investigaciones realizada por académicos universitarios europeos, quienes se han desempeñado en el sector universitario y responsables de políticas
educativas universitarias, así mismo, el documento cuenta con puntos de vista de Europa y América Latina.
El concepto de gobernanza sirve para explicar los mecanismos de la coordinación de actividades de los
distintos, aunque interdependientes, actores en un campo determinado. También se puede describir mecanismos de coordinación y dirección en el marco de los procesos económicos. En pocas palabras, el término
gobernanza significa procesos de regulación y coordinación orientados al bienestar, que ayudan a resolver
problemas sociales.
La gobernanza universitaria tiene que pasar por un proceso de innovación para poder adaptarse con
mayor facilidad, vivimos en un mundo que está en constante cambio y cada día es más dinámico, así que,
el sistema universitario ha pasado por una constante evolución en sus diversas ramas de estudio con el fin
de adaptarse a las nuevas necesidades.
El desarrollo de nuevas herramientas y enfoques es vital para diseñar nuevos sistemas universitarios, sin
embargo, los cambios en la gestión pública son más escasos y difíciles, y no solo porque son los que exigen
mayor financiación adicional, sino por su ejecución. Así que hay que crear políticas universitarias que se
puedan implementar en todas sus ramas y en la vida diaria de los estudiantes y docentes.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Gobernanza y gestión publica
La gobernanza y la nueva gestión pública son parte de la agenda europea para modernizar la universidad
y hacerla más responsable de las necesidades sociales y económicas en la era de la sociedad del conocimiento. Es un claro ejemplo de cómo se puede implementar exitosamente las políticas públicas, para mejorar la economía y la sociedad de cualquier país, todas las universidades y gobiernos afrentan un gran reto,
que es investigar e implementar acciones a favor de los estudiantes, docentes y ciudadanos.
Mucho se habla sobre lo que más se necesita es una idea unificada de la universidad del siglo XXI que
pueda establecer una base para renovar la confianza de la sociedad en la institución, sin embargo, lo que
más se necesita son nuevas formas de evaluar y enseñar con bases fundamentales para el desarrollo de una
mejor sociedad. La innovación se puede dar, teóricamente, en todas y en cada una de sus funciones, en cada
una de ellas, el cambio es más fácil o difícil, tiene mayor o menor impacto y requiere más o menos financiación, pero se debe de realizar para poder avanzar.
El libro menciona que la gobernanza a nivel sistémico implica una nueva relación entre universidad,
Estado y sociedad, que muy seguido se necesitan cambiar de enfoques y crear una nueva visión y gestión
pública; esto me parece excelente ya que su intención principal es que dejen de ser instituciones burocráticas a organizaciones gestionadas y así, crear una mayor participación en el Estado como actores.
Como en todos lados, existen los conflictos de poder, que hasta donde debe de llegar la participación de
una universidad y que tipo de esquema organizativo se necesita para alcanzar la excelencia, garantizar la
curiosidad libre y demostrar responsabilidad social y cultural.
La nueva gestión pública es la primera narrativa, que vio la luz a finales de los años setenta como parte
de las reformas conservadoras de Margaret Thatcher. Esta combina jerarquías y mercados, y, básicamente,
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Kehm,Barbara

refuerza el papel de los gestores, además de obligar a las universidades a diversificar las bases sobre las
que se fundaron.
La segunda narrativa se centra en la gobernanza en red, que emergió en los años noventa, trata sobre el
Estado-Nación y su pérdida de funciones, autoridad y responsabilidad en dominios regionales y supranacionales, la distribución de poder es más difusa y pluralista. Esto obliga a las universidades a operar estratégica
y simultáneamente en distintas redes en los campos regional, nacional e internacional.
La tercera narrativa, también llamada Neoweberiana, es sobre revitalización democrática de instituciones públicas altamente burocratizadas. Esto se puede observar en muchos países latinoamericanos, donde
se observa una mayor participación en las decisiones institucionales y en las políticas de desarrollo público.
Así que, las narrativas se enfocan mucho en la profesionalización de la gestión pública y en que las instituciones públicas satisfagan las necesidades de la ciudadanía. Con estas tres narrativas y sus implicaciones
en la gobernanza universitaria, los autores intentan predecir algunos síntomas e instrumentos para la gestión
institucional. También proponen una agenda de investigación adicional, para poder desarrollar sus reformas
educativas y planes de estudio de la mano.
Cada vez más, la gobernanza universitaria se entiende como una combinación de relaciones verticales
como jerarquías y mercados, y de relaciones horizontales como redes de actores. Las políticas nacionales,
se están adaptando a estos nuevos contextos y condiciones, tratando al mismo tiempo de salvaguardar la
tradición nacional, sin embargo, se necesitan modernizar todos sus aspectos para poder competir a nivel
internacional con otras universidades.
La combinación de diferencias y semejanzas en la gobernanza universitaria se puede demostrar con el
modelo de ecualización de la gobernanza, aunque finalmente necesita operar en cada dimensión con una
lista de indicadores apropiados, tienen la intención de transformar las actitudes de la profesión académica y
la manera en la que tradicionalmente hacen su trabajo en la enseñanza y la investigación. Un factor importante en este desarrollo es la profesionalización y la orientación gestora de los líderes de las universidades.
Rectores o presidentes ya no son vistos como los primeros entre iguales, con un poder de decisión relativamente limitado, sino como ambiciosos gerentes de entidades corporativas.
En la actualidad, los universitarios y ciudadanos ya no creen que el gobierno pueda realizar un cambio
verdadero en la sociedad, así que existe una presión más fuerte para ejecutar acciones que si funcionen; los
ciudadanos cada vez están más involucrados para crear políticas públicas y ser un parteaguas en el gobierno.
El enfoque principal es la cuestión de cómo las universidades, en tanto que organizaciones, reaccionan
a cambios de condiciones en su ambiente, como los estudiantes y docentes lograr adaptarse, con qué facilidad, etc. Esto es muy importante para lograr una mayor participación en las políticas públicas y aumentar
el rating universitario y político.
Uno de los economistas más citados, Paul E. Samuelson (1954) menciona que para que un bien sea
considerado público ha de cumplir dos prerrequisitos: no ser excluyente y no tener rivalidad. Lo primero
conlleva que cada uno puede usar o tener acceso a dicho bien sin excepción; mientras que lo segundo significa que el uso del bien por un individuo no debe mermar su disponibilidad para otros usuarios.
En el texto se debate si la educación debe de ser un bien privado o público, ya que recibe financiamiento
por parte del gobierno y organizaciones y tienen que seguir con las reformas educativas que implementan
los legisladores. En el campo de la educación superior esto va más por el dado de un proceso de privatización y a la introducción de fuerzas mercantiles, por ejemplo, en forma de competencia por la reputación y
por la financiación. Con esto, la naturaleza de la universidad se ha acercado más a lo que se entendería por
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un bien privado susceptible de ser comercializado tal como lo prevé el Acuerdo General sobre el Comercio
de Servicios.
El escepticismo sobre si la educación aún representa un bien público ha crecido en los últimos treinta
años bajo el influjo de políticas neoliberales en las reformas del sector público, sin embargo, se necesita
encontrar un balance y ser más transparente en sus políticas universitarias.
Mediante la adopción de nuevas estrategias y modalidades, los gobiernos buscan inducir cambios en la
conducción de las universidades: nuevas formas de gobernanza, fijación de prioridades y metas, autoevaluación en función de indicadores de desempeño, foco en la eficiencia interna y externa, atención hacia las
demandas y expectativas de partes interesadas ajenas a la comunidad universitaria, ganancias de productividad académica, generación de excedentes, contribución al desarrollo regional y local, internacionalización,
etc.
Vale resaltar que, a lo largo de todos estos años, las universidades están pasando por un proceso de
innovación por medio de acreditaciones internacionales, con el fin de adaptarse a todas las necesidades
que diario se presentan y así poder competir con universidades no solo locales, sino, internacionales. Este
libro aborda puntos muy bien estructurados de cómo ha sido la evolución de los actores han influido en los
cambios de las políticas públicas y universitarias.
Las organizaciones internacionales o supranacionales han ido ganando influencia en las políticas para
la educación superior en el mundo. Cada vez se las universidades crecen con las influencias de estas organizaciones internacionales, para poder tener un mejor nivel universitario, considerando sus influencias e
impacto social y así, provocar una internacionalización de las políticas universitarias.
Cuestiones de competitividad y problemas de escasez de fondos, llevaron a nuevas exigencias de especialización y creación de perfiles líderes, igualmente, no todas las universidades deberían seguir ofertando
un amplio espectro de programas y servicios donde tengan lagunas y no se pueda implementar correctamente, es preferible tener un programa investigador variado. La especialización y el esfuerzo en establecer
un perfil posiblemente único podría ser una solución a la escasez de fondos y a la alta competitividad. La
búsqueda de la excelencia o primeros puestos en rankings nacionales o internacionales ha provocado una
mayor participación de los sistemas universitarios nacionales. Las consecuencias se pueden ver en el surgimiento de nuevos subsistemas y redes que tienen cierto impacto en la lógica de los sistemas universitarios.
Para sobrellevar las nuevas responsabilidades en su gestión, las universidades han creado nuevos puestos de trabajo en todas las áreas de la universidad, así como de gestión o han delegado más responsabilidades estratégicas a los trabajos administrativos, esto con el fin de crear un ambiente más competitivo y poder
alcanzar un mejor lugar en la tabla de posicionamientos.
Los nuevos profesionales en la universidad, producto de estos cambios, suelen estar altamente cualificados y llevan a cabo tareas determinantes tanto en los procesos de docencia e investigación como de gestión
al más alto nivel. Preparan y mantienen asuntos de alto nivel, ofrecen servicios o desempeñan funciones
que hacen de puente entre las unidades básicas y la dirección central. De este modo, los objetivos de las
universidades en todos los niveles están identificados mediante actividades de gestión con el fin de aumentar la eficiencia y la efectividad.
Aún queda mucho que hacer para reforzar todas estas áreas de competitividad, una herramienta que
ayuda a mejorar las relaciones entre universidades internacionales es crear pactos entre ellas para implementar los intercambios académicos, las capacitaciones, mejorar la calidad educativa, entre muchas otras
acciones. El número de acciones con las que las reformas internas de las estructuras en las universidades se
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Kehm,Barbara

implementan es muy alto, esto quiere decir que, al implementar nuevos puestos y la mejora de un salario,
los docentes aumentan su rendimiento en el trabajo para lograr un mayor desempeño.
La introducción de reformas inspiradas en la nueva gestión pública en las universidades tiene como
objetivo alcanzar una doble transformación, la combinación de instrumentos varía según el país o la institución. Se debe de realizar una combinación de todos los recursos que tengan para poder realizar reformas
exitosas e implementarlas correctamente.
El libro también toca unos puntos muy importantes, sobre como las dificultades e inconvenientes que
han tenido que superar para conseguir un determinado objetivo y mejorar en todos los aspectos las ramas
de la educación.
El ámbito de la gestión universitaria, el día a día, trae consigo una serie de situaciones que resultan
complicadas y dificultan la labor del gestor. Actualmente en la sociedad, cada día, los gobiernos tienen la
responsabilidad de generar cambios y mejoras en las instituciones, imponer nuevos retos educativos, para
poder realizar nuevos modelos educativos.
3.- MÉTODO
Diseño
El enfoque investigativo de la presente investigación es cualitativo, de acuerdo con Hernández, Batista
y Fernández (2014) “Utiliza la recolección y análisis de los datos para afinar las preguntas de investigación
o revelar nuevas interrogantes en el proceso de interpretación” (p.7).
Alcanzando un diseño no experimental “Que se realiza sin la manipulación deliberada de variables y
en los que sólo se observan los fenómenos en su ambiente natural para después analizarlos” (Hernández,
Batista y Fernández, 2014, p. 149).
El alcance establecido es el exploratorio “emplean cuando el objetivo consiste en examinar un tema
poco estudiado o novedoso” (Hernández, Batista y Fernández, 2014, p. 91).
Instrumentos
Para la construcción del marco teórico-conceptual de la nueva gobernanza de los sistemas universitarios, se consultaron un total de ocho referencias bibliográficas utilizándose como instrumento las ideas,
argumentos y proyectos que fueron interpretados desde una perspectiva analítica y crítica.
Procedimiento
Con relación a la comprensión del problema de la investigación se recopilan fuentes secundarias de
documentos académicos. En el marco de referencia se definen los conceptos básicos relativos a la nueva
gobernanza de los sistemas universitarios. Una vez recopilada y analizada la información se construye el
documento objeto de este trabajo. Por último, se realizan las recomendaciones y conclusiones conforme a
los objetivos trazados (Oliveros et al, 2018, p. 72).
4.- CONCLUSIONES
Finalmente, se concluye que las políticas educativas responden cada vez más a una arena internacional
en la que están sucediendo la configuración de agendas, los desarrollos de criterios y directrices, el establecimiento de objetivos y la clasificación más resistentes y difíciles de modificar son las ideologías emanadas
de cada uno de los regímenes de gobernanza universitaria y de sus principales elementos que los dispositivos organizacionales, de economía política y jurídica que los acompañan, que estos hacen que la gestión
universitaria tenga sus fortalezas y sus debilidades.
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�La Nueva Gobernanza de los sistemas universitarios

Lo que estos desarrollos educativos para los gobiernos y las autoridades necesitan saber que las responsabilidades y las políticas sobre la gobernanza en la educación superior en un nivel sistémico han dejado de
ser una responsabilidad exclusiva de los gobiernos nacionales. Algunas responsabilidades se han trasladado
hacia arriba, a niveles supranacionales; otras, hacia abajo, al nivel institucional a través de una desregulación y otras, hacia fuera, a agencias dependientes o semiindependientes.
Esta es una gran tarea que todos tenemos y que aún no se ha podido completar, se necesitan realizar
políticas públicas de alto impacto para poder mejorar las políticas universitarias, también los cambios que
se han realizado por las reformas educativas en la gobernanza han hecho a las universidades pasar de instituciones administradoras a organizaciones, las relaciones entre las universidades y el gobierno público han
sido redefinidas y basadas en nuevas ideas sobre qué debe ser dirigido y cómo.
Así mismo, la idea de generar nuevos líderes universitarios y políticos, para poder tener una mayor participación directa e indirectamente es muy importante, ya que son actores en esta nueva etapa universitaria.
Este artículo establece por puntos una comparación de la gobernanza universitaria en Europa con otros
países de Latinoamérica, donde se habla que aun que en cada país tenga su propio avance en estas áreas,
aún queda mucho por hacer de la mano con el gobierno y sus reformas educativas.
REFERENCIAS
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Universidades.
González García, Y. (2008). El reto de la autonomía universitaria. Universidades, Año LVIII.
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Meléndez Guerrero, M. A., Solís Pérez, P. C. y Gómez Romero, J. G. I. (2010). Gobernanza y gestión de la
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las Pymes de Boyacá. Revista Desarrollo Gerencial, 9 (2), 68– 87.
Rubio, F. (2012). Innovación y buenas prácticas en el gobierno y la gestión de universidades. Revista de
Universidad y Sociedad del Conocimiento (RUSC).
Schumpeter, J. (1978). Teoría del desenvolvimiento económico. México: Fondo de Cultura Económica.
Quinta Reimpresión.
Schwartzman, S. (1996). El papel de la universidad en el desarrollo social. Revista de Educación Superior,
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Repensando un modelo inclusivo de educación desde el pensamiento complejo para la enseñanza de
los derechos humanos
Rethinking an inclusive model of education from complex thinking for the teaching of human rights
Laureano, Redondo-Duran1
Universidad Simón Bolívar
DOI: http://dx.doi.org/10.29105/pgc4.8-2 		

https://orcid.org/0000-0002-1923-7433
RESUMEN

El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo consistió en analizar la educación en
relación con los derechos humanos en Latinoamérica. Se aplicó el método de análisis, con un enfoque cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico transversal. Tras la revisión documental se encontró que:
realizar un análisis del sistema educativo en la región latinoamericana es muy compleja y es necesario mirar hacia otras
vías para poder realizar este análisis. Se concluye que existe una falencia en materia de educación de derechos humanos
lo que no permite tener una verdadera cultura de paz.
Palabras clave: Creatividad, crisis, comportamiento, derechos humanos, dialogo y multiculturalidad.
ABSTRACT
This article is the product of a bibliographic review, which objective was to analyze education in relation to human
rights in Latin America. The method of analysis was applied, with a qualitative approach, non-experimental design,
under a transversal documentary-bibliographic level. After the documentary review it was found that: carrying out an
analysis of the education system in the Latin American region is very complex and it is necessary to look towards other
ways to conduct this analysis. It is concluded that there is a lack of human rights education which does not allow for a
true culture of peace.
Key words: Creativity, crisis, behavior, human rights, dialogue and multiculturalism

Cómo referenciar este artículo:
Redondo-Duran, L. (2018). Repensando un modelo inclusivo de educación desde el pensamiento complejo para la
enseñanza de los derechos humanos. Revista Políticas, Globalidad y Ciudadanía, 4(8), 20-36. Recuperado de
http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/100

Recibido: 11 de Enero 2018 - Aceptado: 02 de Marzo 2018

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Magíster en Educación. Profesor Investigador, Universidad Simón Bolívar. Email: lredondo@unisimonbolivar.edu.co
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 8, Julio - Diciembre 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 20-36. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/100

�Repensando un modelo inclusivo de educación desde el pensamiento ...

1.

INTRODUCCIÓN

Los derechos humanos les pertenecen a todas las personas desde el primer momento de su vida, independientemente de sus escenarios y calidades únicas. Por eso la educación de los derechos humanos en todo
momento histórico ha sido de suma importancia para la educación del futuro y sin olvidar la importancia de
estos en el pasado. Los derechos humanos son un tema bastante discutido. En esta cultura dominante, que
hemos catalogado como “postmoderna” y que de la modernidad solo ha mantenido la tecnología, es una
cultura cada vez más al lado de los derechos humanos. Según el programa mundial para la educación en derechos humanos (en curso desde 2005): Los derechos humanos deben ser entendidos dentro del movimiento
magno de pensadores, filósofos y ciudadanos del mundo. Ellos han pensado en reivindicar en la historia los
derechos de todos los ciudadanos, resaltar su dignidad y mirar su alteridad en un contexto que siempre ha
sido el contexto de la violencia y la guerra que es también obligación de todos los formadores planetarios.
En esta dirección se puede considerar de particular interés, de la misma manera, asociar las ideas que
guardan relación con el tema de la interculturalidad y los procesos de aprendizaje, tales como lo enseña
el pedagogo Paulo Freire: “El dialogo es una exigencia existencial. Y siendo el encuentro que solidariza
la reflexión y acción de sus sujetos encauzados hacia el mundo que debe ser transformado y humanizado,
no puede reducirse a un mero acto de depositar ideas en un sujeto en el otro, ni convertirse tampoco en un
simple cambio de ideas consumadas por sus permutantes” (Freire, 1998: 101).
Existen otras formulaciones de orden históricas que también hacen referencia al tema desde una perspectiva similar con respecto a los derechos humanos y la multiculturalidad. Estos hacen énfasis sobre el
reconocimiento a la paz y a las diversidades. Afirman: que no puede obviarse bajo ninguna circunstancia los
procesos de guerras internas vividas en países de América Latina entre los años 1970 y el 2000 en la región
Centro americana y en países de américa del sur respectivamente. Siendo que los procesos de amnistía y
de paz consecutivamente permitieron la apertura a espacios de negociación en el seno de las sociedades
nacionales. Fue precisamente el país guatemalteco quien sirvió como paradigma para entender lo cruel de
una guerra que arrasó de manera inmisericorde con una gran parte de una cultura histórica como fue la
Maya. Pero no hay mal que por bien no venga; este conflicto permitió una paz y un tránsito democrático y
solidario, haciendo posible el reconocimiento de las diversidades étnicas (Moya, 2009).
América latina al igual que otros espacios del universo ha sido y sigue siendo el escenario de la violencia de todo tipo. Sin embargo, podemos afirmar que en todas las sociedades del mundo existe la violencia y
se piensa en la paz. En todo caso es admisible la idea expuesta por Morín, al reflexionar en torno a la cultura
y a la violencia. Por eso plantea la imperiosa necesidad de “desocultar, de revelar, en y por su diversidad,
la unidad de la especie, la identidad humana, los universales antropológicos. La identidad del hombre, es
decir, su unidad/diversidad compleja se vio ocultada y traicionada, en el corazón mismo de la era planetaria
por el desarrollo especializado/compartimentado de las ciencias” (Morín, 2006: 64).
Esta situación nos conduce directamente a mirar de una manera diferente, y por decirlo así sería una
forma de hacer compleja la situación y llevarla al aula a través de una flexibilidad transhumanista, con el
dialogo con los otros por medio de un método transdisciplinar ya que la educación no está a la altura de los
tiempos y después de la unidad, viene la complejidad y haciendo posible un verdadero pensamiento crítico,
que no separe, que no sea visto estudiado el problema desde el ojo de una sola disciplina sino que una y
permita estudiar todos los problemas de manera transdsiciplinar en un tejido, denominado: pensamiento
complejo.
Asistimos hoy a un debate bastante neurálgico. Estamos ante un problema bastante gigante que nos insta
a cambiar y hacer del proceso de aprendizaje un sistema que permita a las nuevas generaciones formarse
de manera integral, que permita un giro cualitativo hacia la educación. Es preciso cambiar profundamente
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el pensamiento y la enseñanza. Su forma profunda contribuirá principalmente a realzar sobre los peligros
enormes y la comunidad de destino, al mismo tiempo, hará posible y visible la acción transformadora desde
la base. Hay que hacerles frente a los desafíos que nos presenta la posmodernidad y los planteamientos
venidos desde la tercera ola de la que nos habla de manera contundente el teórico (Toffler, 1987).
Es preciso a la vez, globalizar y desglobalizar, crecer y decrecer, desarrollar, e involucionar, conservar
y transformar. Es una obligación en este sentido del que se refiere, deshacernos de las alternativas globalización/desglobalización,crecimiento/decrecimiento,desarrollo/involución,conservación/ transformación
como premisas necesarias que no serán nada fácil de transitar y de lograr, dichas alternativas como tal
expresan un pensamiento dicotómico, segmentados y al mismo tiempo simplificador, propio de la clásica
ciencia positivista, que es reductora y compartimentado en el contexto de la ciencias en este caso de la
educación, que es el tema que estamos estudiando. (Morin &amp; Delgado, 2016).
La creatividad, hoy en el aula es muy importante para destacar y despertar el sentido del amor de los
seres humanos y la construcción de un modelo de formación personalizante. La educación debe ser trasparente y debe estar orientada hacia al mantenimiento de las estructuras sociales y económicas. Entonces
habrá una sociedad nueva, cuando tengamos hombres nuevos, los cuales sean gestores y creadores. Estos
hombres se forjan en contacto “el que es la verdad”, el único que entrega la auténtica libertad humana, y si
de humanismo se trata es importante asumir junto con la educación católica, ya que esta es liberadora por
ser evangelizadora. Para la iglesia en este caso la católica, educar al hombre es parte integral de su verdadera misión predicadora y evangelizadora. Esta educación según el documento de la misma iglesia tiene como
finalidad anunciar de forma explícita al cristo liberador.
Se tiene en cuenta también en esta polémica, las contribuciones que hace Dewey en torno a la forma
de como capacitar a los jóvenes, para compartir una vida en común, y cuál será la forma más eficaz para
alcanzar este objetivo en una sociedad compleja como este afirma: “que no es posible que niños y jóvenes
aprendan directamente por medio de la participación en las actividades realizadas por las personas adultas.
Por esta causa aparecen las denominadas Instituciones Intencionadas, con el objeto de preparar a la juventud de manera tal que este pueda llegar a ser un miembro adulto con la capacidad y disposición de participar
y desenvolverse de manera permanente en su propia comunidad” (Dewey, 1917: 18).
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
La Complejidad del proceso creativo
Los cambios sociales y culturales que ha provocado la globalización, el impacto cultural, radicalizado por el modelo neoliberal, que se ha convertido en una potente ideología hasta los momentos actuales
más conocida, sigue adquiriendo un carácter de sacralidad, hasta transformarse en una especie de religión
nueva, con los elementos también reforzados como una nueva idolatría, imponiendo un mercado único,
representado este por la ideología neoliberal, que excluye y condena a la miseria a los más pobres (Peresson
Tonelli, s.f.).
Haciendo referencia al problema del mercado neoliberal, es oportuno vincular el todo con las partes,
de pronto son aquellos que ese modelo mercantilista y utilitarista no tiene en cuenta; tal como lo presenta
(Goicovic, 2015): son los cambios sociales y culturales que la globalización a la que estamos referencia
han provocado en la humanidad y que son estos los que han abierto la necesidad de desarrollar importantes trasformaciones en los procesos de aprendizajes en las nuevas generaciones, siendo que existen ya las
posibilidades de mirar otras alternativas que enfrenten estas formas de exclusión en todos los ámbitos, en
especial la educación en los niveles de la educación superior con nuevas urgencias de educación.
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Existe una relación muy estrecha entre la creatividad y la educación. El tema es expuesto desde muchos
ámbitos de lo educativo, por ejemplo, asumimos la posición que al respecto nos brindan algunos teóricos:
La creatividad radica especialmente en la capacidad y la actitud para dejar huellas de tipo personal, social
e institucional. Esto permite generar un:
•
•
•
•

Potencial personal o grupal, producto de la interacción de un conglomerado de dispositivos socioculturales, psicoactivos y biológicos donde la potencia mental vinculada a lo emocional resulta
clave.
Una orientación especialmente hacia una actitud abierta y flexible, con disponibilidad para sacar
provecho de los estímulos brindados por el medio.
Comunicación y expresión de ideas, comportamientos y realizaciones que tienen como resultado la
originalidad, de interés personal, como un bien social y de la colectividad en común
de proyección hacia los demás, de orden personal con la capacidad de impactar y con la posibilidad
de transformar el entorno de los seres humanos en pro de una mejor vida (Saturnino &amp; Violant,
2003)

Un modelo educativo basado en la inclusión y convivencia
Hablar para una educación para la inclusión, la convivencia y los derechos humanos para el territorio de
la América Latina, nos obliga a revisar y resignificar el concepto educación, máxime si se trata de formar
en los valores de convivencia pacífica, el fenómeno de la inclusión o en su defecto los derechos humanos.
Desde hace muchos años se vienen pregonando diversos discursos sobre el proceso de aprendizaje y sus
diferentes problemas en nuestro territorio colombiano. No se puede decir que estos modelos propuestos
desde afuera hayan sido todos exitosos o en su defecto desastrosos. Lo que si hay que tener en cuenta es
que estos en los momentos actuales ya no dan respuestas positivas a las generaciones actuales, ni tienen la
posibilidad de hacer posible el cambio que requiere nuestra sociedad.
Se supone que hablar de una educación con los viejos sistemas o paradigmas, para ser un poco más explícito ya no tiene ninguna respuesta. A propósito de este punto, nos dice (Morín &amp; Delgado, 2016: 35): “El
saber científico sobre el mundo, situado por encima de las comunidades y las personas, se enfrenta hoy a
nuevos problemas para los que no tiene respuesta, por que escapan a su racionalidad instrumental subyacente” Esto nos convoca a mirar el papel que ha mantenido Las ciencias, desde la modernidad; estas ciencias
nos hicieron creer que todos los fenómenos se podían conocer, mirar conducir, incluso de manera exacta y
sin equívocos en favor de la humanidad, hoy en pleno siglo XXI estas ciencias enfrentan a un conjunto a
conjunto de fenómenos de todo tipo, que no pueden ser estudiados desde una sola mirada, y estos requieren
de múltiples disciplinas para poder ser comprendidas como problemas.
Dentro de este cumulo de problemas el proceso de aprendizaje es esencial para entender y transformar el
mundo de hoy, tomar conciencia del papel de esas redes electrónicas donde la información acumulada podría tomar las riendas de esa creatividad y por ende de la conducta humana de este siglo, sabias las apreciaciones destacadas desde la óptica de los retos de la educación en la modernidad liquida: “Después de todo,
el aprendizaje y la educación fueron creados a la medida de un mundo que era duradero, esperaba continuar
siéndolo y apuntaba hacerse aún más duradero de lo que había sido hasta ese entonces. En ese mundo duradero, la memoria era considerada como un valor positivo. Asistimos hoy a un mundo volátil de cambios
instantáneos y erráticos, costumbres solidas establecidas y arraigadas por la tradición, marcos cognitivos y
procesos de aprendizajes sólidos también, la plena validez de los valores sólidos y estables, esos objetivos
hoy quizás se tornan desventajosos y producen una quiebra entre el ayer y el hoy en el denominado mercado
del conocimiento. Por ese motivo, la llegada de la sociedad moderna liquida significó la desaparición de las
utopías centradas en la sociedad y en general de la misma sociedad denominada “buena” (Bauman, 2005)
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Para ser efectivo y hacerles frente a los retos dilucidados desde la modernidad liquida al problema de
los problemas y poder transformar el pensamiento, es necesaria la reinvención de la educación que integre
y permita comprender que las poli crisis ocultan y develen a cada vez una crisis mayor, que es la crisis de
la humanidad que puja por alcanzar a ser humanidad, ya que el contexto en que se desenvuelve la vida y
la educación en los momentos actuales , es el de la poli crisis de la humanidad: una poli crisis que a su vez
solicita la creatividad y audacia para enfrentar los abismos que se nos vienen encima cada vez más. Necesitamos con urgencia reinventar una educación superior para que se formen hombres capaces de combatir
con los desafíos globales y planetarios de esas polis crisis (Morin &amp; Delgado, 2016).
Es de esta manera como lograremos una sociedad que ponga en práctica los valores de la solidaridad y
el respeto por las diferencias de los demás; donde todos quepamos.
Fines de este modelo educativo
La finalidad de la educación en todo momento siempre ha sido la de contribuir enormemente a la integración y cohesión social. Pero a pesar de este propósito en algunas sociedades se viene desarrollando una
práctica de exclusión y marginamiento a grandes masas. A esto se le puede sumar, otros fenómenos que
demuestran la falta de cobertura en educación, salud, recreación y aspectos tales como la falta de oportunidades a las personas con discapacidad de todo tipo, generando una enorme desigualdad, siendo el resultado
una exclusión a todos los grupos étnicos y comunidades afrodescendientes habitantes del territorio nacional.
En este sentido el propósito consiste primordialmente en mirar y desarrollar un modelo inclusivo de
educación para los derechos humanos para el contexto de América Latina que sea acorde a las urgentes
necesidades de su entorno sociocultural y la puesta en marcha de políticas educativas que permitan la
convivencia sana de las comunidades a pesar de las grandes diferencias que por año los distancian; siendo
que la educación intercultural es clave para desarrollar una eficiente educación en los derechos humanos
asumida de una manera crítica dirigida hacia una buena comprensión hacia la diversidad étnico-cultural,
una dirección que permita de igual forma hacer realidad o materializar los vínculos positivos entre los distintos grupos culturales, hacerle frente a la xenofobia, la discriminación y la exclusión. (Walsh, 2009: 9-11).
Heterogeneidad de la sociedad latinoamericana y los derechos humanos
América se encuentra catalogada como una sociedad multicultural en la que se puede encontrar diversas culturas. Esta sociedad abarca lo diverso del conjunto de costumbres de todas estas comunidades. Lo
multicultural guarda una relación muy cercana con la problemática que vive el mundo por la discriminación planetaria. Existe Una variada gama de conceptos que involucran de forma sistemática el análisis y
conceptualización de la diversidad en todos sus ámbitos. Existe un sistema intelectual que involucra la
multiculturalidad, y es precisamente la producción norteamericana.
Desde esa perspectiva intelectual denominada norteamericana, solo se hizo uso del término multicultural desde una visión, que hacía uso de la “tolerancia” y el respeto por la “diversidad” desde lo meramente
social. Estos lineamientos emergen al coger el hatillo o sea en otras palabras, que cada grupo se ubique en
su lugar sin perturbar al otro. Al mismo tiempo y desde esa misma perspectiva se desarrollan y se hacen
practicas las decisiones de políticas públicas, cuyo objetivo está dirigido exclusivamente a garantizar la
igualdad en el acceso a los múltiples servicios que debe ofrecer el Estado o los gobiernos de turno a las
personas (CENEP, 2008).
Contando con el apoyo de pensadores, antropólogos, geógrafos y sociólogos, es pertinente tomar en
cuenta sus diferentes percepciones y afirmaciones sobre el fenómeno del multiculturalismo en el actual
milenio, y de igual forma los vínculos existentes entre educación y derechos humanos para la mejor conviRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 8, Julio - Diciembre 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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vencia, la formación integral y el uso apropiado del Estado social de derecho y la igualdad de oportunidades
en el caso de Colombia. Por ejemplo: la diferencia cultural se cree, afectan la igualdad de oportunidades.
El multiculturalismo cree que deberíamos extender los derechos humanos a los derechos culturales. La
cultura, en un vasto sentido en donde se incluye la lengua, la pertinencia nacional y las creencias religiosas,
es un tejido necesario para que el conjunto de individuos pueda optar su propio modo de vida y su manera
de trabajar (Puyol, 2008: 67-81).
Bien no se descarta bajo ninguna circunstancia que el multiculturalismo y la globalización son temas
análogos y vinculados con lazos muy visibles. Pero el aumento desmesurado de las desigualdades económicas y sociales ha llevado al mundo ha conllevado a la emigración desde las zonas menos desarrolladas
a zonas más avanzadas del planeta, existiendo un impacto y extendiéndose de personas con culturas diferentes, pero la globalización y su adorado modelo neoliberal ha supuesto el deterioro de muchos derechos
sociales y el estado de bienestar, incrementando lógicamente las desigualdades en estos países avanzados
en su interior (Abella, 2003: 135). El resultado de todo este proceso es la gran indiferencia de los habitantes
que viven de forma cómoda y poseen una calidad de vida optima, y no carecen de nada; mientras que llegan
buscando afanosamente nuevas alternativas para salir de la pobreza y con la esperanza de un retorno próximo a sus países de origen, esta situación ensombrece el panorama e insta a los gobiernos a buscar soluciones a tan grave problema. Decimos al unísono una frase que nos enseña a respetar los derechos humanos a
los diferentes: Negar a los extranjeros la entrada en nuestra ciudad, y a nuestros ciudadanos el permiso para
viajar por los demás países, es una cosa que no se puede hacer en absoluto, pues se calificaría de bárbara e
inhumana por los demás hombres; nos echarían en cara que teníamos la horrible costumbre de excluir de
nuestro país a los extranjeros y que nuestras costumbres eran rudas y salvajes” (Platón, 1999).
El artículo 26 de la Declaración Universal de los Derechos Humanos reza: “Toda persona tiene derecho
a la educación… tendrá por objeto el pleno desarrollo de la personalidad humana y el fortalecimiento del
respeto a los derechos humanos y a las libertades fundamentales, favorecerá la comprensión, la tolerancia y
la amistad entre todas las naciones y todos los grupos étnicos o religiosos; y promoverá el desarrollo de las
actividades de las Naciones Unidas para el mantenimiento de la paz” Sin duda alguna la UNESCO tiene una
larga tradición en materia de educación de derechos humanos, de manera tal que ha venido afianzándose de
forma universal, al reafirmar una visión humanista de la educación, afirmando que la educación no puede
resolver por sí sola todos los grandes problemas surgidos por el denominado desarrollo, pero una visión
holística, humanística de la educación puede conducir y contribuir a la adquisición de un nuevo modelo de
desarrollo.
En ese modelo de manera apremiante debe estar vinculado la propuesta de un desarrollo sostenible, las
discusiones para lograr una paz duradera en todo el planeta, la inclusión y la justicia social, y la suma de
principios tan importantes dentro de un modelo económico excluyente como es el capitalismo. A este modelo se le debe sumar también la formación ética y axiológica, siendo que una verdadera visión humanística
y holística del desarrollo debe afrontar y erradicar la violencia, la discriminación hacia las comunidades
homosexuales, la intolerancia, las xenofobias y los odios hacia las demás creencias religiosas que existen
en el mundo. En lo concerniente a la tarea educativa se cree que es por medio de esta tarea que es posible
dejar a tras o erradicar las practicas utilitaristas, economicistas, consumistas de miradas cortas para integrar
una mirada que mire las miradas y haga posible las dimensiones múltiples de la existencia humana. Esta
holística nos embarca en una nave que permite el ingreso de: discapacitados, miembros de la comunidad
LGTIBIT, minorías indígenas y afrodescendientes, y todo ser humano (UNESCO, 2015).
La ceguera propia de un modo de conocimiento, que, al desarrollar la compartimentación, fragmentación de los saberes, permite la desintegración de los grandes problemas fundamentales y globales que exigen un conocimiento interdisciplinar; el occidental-centrismo, que nos ubica en el sitial de la racionalidad
nos entrega la ilusión de ostentar lo universal. Por lo tanto, no es solo nuestra ignorancia, también es nuesRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 8, Julio - Diciembre 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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tro conocimiento lo que nos produce esa ceguera y la misma ignorancia (Morín, 2011). Retomando estas
afirmaciones se mira las desventajas que traen el modelo de educación parcelario que divide y fomenta la
separación de saberes. Eso en estos momentos genera esas cegueras e ilusiones. El conocimiento que proponemos es venido, del término humano es rico, contradictorio, ambivalente: de hecho, como dice Morín,
es demasiado complejo para las mentes formadas en el culto de las ideas claras y distintas. El conocimiento
que estamos proponiendo es complejo: porque reconoce que el sujeto humano que estudia esta también
incluido, inmerso en su objeto. Este concibe inseparablemente unidad y diversidad humanas: el hombre es
un ser bio-pisco-socio-cultural e histórico (Morín, 2001, p. 17).
Atendiendo a estas afirmaciones, son contundentes y acertadas las frases de algunos pensadores: “Una
concepción compleja del análisis de lo social debe oponerse, por tanto, a la forma como se ha institucionalizado su conocimiento, que ha reconocido en cada disciplina una parcela estrecha de su objeto de estudio
y aún ha fragmentado de manera interna cada ciencia, destruyendo así la multidimensional dad, el acercamiento multiparadigmático y sus múltiples interacciones” (Luengo, 2009, pp. 1-2).
La economía ha producido riquezas múltiples e inauditas y al mismo tiempo miserias en todos los
ámbitos es precisamente la falta de control la que da rienda suelta a la riqueza de pocos contra la pobreza
de muchos. Por eso se dice que la globalización es lo peor que le ha podido suceder a toda la humanidad.
Estamos abocados a perder el tren de la historia. Esto debería enseñarnos que este mundo del siglo XXI será
un mundo dominado por grandes asociaciones de países, que se integran cada vez más; este será un mundo
de grandes transaccionales y de múltiples redes comunicacionales. Mucha razón tenía Octavio Paz cuando
decía estas palabras para un mundo como el nuestro: “Gentes de las afueras, moradores de los suburbios de
la historia, los latinoamericanos somos los comensales no invitados que se han colado por la puerta trasera
de occidente, los intrusos que han llegado a la función de la modernidad cuando las luces están a punto de
apagarse -llegamos tarde a todas partes, nacimos cuando ya era tarde en la historia, tampoco tenemos un
pasado o, si lo tenemos, hemos escupido sobre sus restos, nuestros pueblos se echaron a dormir durante
un siglo y mientras dormían los robaron y ahora andan en andrajos , no logramos conservar ni siquiera lo
que los españoles dejaron al irse, nos hemos apuñalado entre nosotros…” (Paz, 1993 citado por Moena
Gonzales, 1997, p.237).
El desarrollo del desarrollo produce y acentúa sus crisis y lleva de la mano a la humanidad a grandes
desastres en cadena. Es en otras palabras más apropiada, lo que nos muestra el sociólogo Ulrich Beck. En
este sentido nos plantea que vivimos el pasaje desde la modernidad industrial hacia una sociedad del riesgo,
por medio de una metamorfosis producida por la confrontación de la modernidad con las consecuencias no
deseadas de sus propias opciones. El concepto de riesgo implica invertir la relación entre pasado, presente
y futuro. Entonces el futuro adopta su lugar como causa de la experiencia y la acción actual. Nos dirigimos
hacia esa metamorfosis. Existe un peligro nuclear que se agrava cada vez más por las mismas cegueras del
conocimiento, siendo que toda crisis implica la necesidad de superar la misma historia humana (Beck, s.f.)
Existe una clara apreciación que guarda relación con los juicios que se han adelantado en esta parte del
trabajo; y son precisamente las palabras del Teólogo y filósofo francés: Teilhard de Chardin quien distingue
en el universo un “fuera” y un dentro. Nos dice él que el error grande de las ciencias fue el considerar solamente el “fuera” como si todo se redujera a un simple mecanicismo, a una máquina, pero hay que asegurar
la continuidad física en todas sus fases, a este vasto desarrollo ampliado a distintas miradas de elementos
esparcidos en la inmensidad de los tiempos, un solo mecanismo sin ninguna duda es: la educación; y yo le
agregaría a este juicio para este siglo XXI una educación integral.
Una educación que se continua y emerge bajo forma reflexiva al igual que en sus dimensiones sociales,
el trabajo biológico hereditario que desde sus génesis hace emerger el mundo dirigiéndolo hacia zonas de
conciencia cada vez más elevadas. En esta dirección sobre el presente son ricas las palabras de reflexión
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filosófico-teológicas de Teilhard que desde la educación se opera a la vez directa e indirectamente la incorporación del mundo al verbo encarnado para vivir y comprender lo humano. En el momento presente
y sobre el planeta tierra es menester tener en cuenta las apreciaciones desarrolladas por Fontalvo, Peralta
(2008) Página 15, al referirse especialmente al concepto de calidad de la educación, está afirmando este investigador que la formación humana va cogida de la mano en su relación con los sujetos y goza de manera
inmanente del acompañamiento de los desafíos sociales y también culturales. Por lo tanto, la calidad de la
educación y por ende la formación en Derechos humanos se extiende a las necesidades e intereses al igual
que los retos de la condición Humana y toma de manera diferente el concepto de reforma, palabra modesta
pero implícitamente con un sentido de importancia en el aprendizaje de los humanos, pues ella implica
cambio en el pensamiento y reforma de la sociedad. El sentido de formación compleja entonces apunta
hacia el futuro en una sociedad planetaria violenta e incomprensiva cada vez más.
Los usos y costumbres indígenas y el respeto a los derechos humanos
Tratar el tema de los usos y costumbres indígenas, lo mismo el respeto a los derechos humanos, no es
cosa que se pueda apreciar de manera simplista. Hacerlo desde una sola mirada implica dejar por fuera muchos aspectos que son importantes para un estudio serio y concienzudo. Existe en ciertas comunidades indígenas una cosmovisión de orden particular que los identifica y los hace fuertes a pesar de la intromisión del
blanco a sus tierras y la progresiva globalización avasallante del terrateniente que los despoja de sus tierras
y pretende aniquilar su cultura. Caso particular que llama poderosamente la atención y que es significativo
para una mayor comprensión de sus usos y costumbres, como también el respeto por los derechos humanos:
“Somos hijos de la tierra
Somos generaciones de vida
Somos pueblos en resistencia”
(Risaralda, 2012)
Desde el punto de vista histórico, existen muchas versiones que ventilan el problema y lo acomodan a
unos intereses particulares, omitiendo muchas situaciones que descubren y enrostran el grave problema que
viven nuestros indígenas en Colombia.
El verdadero propietario de la tierra en nuestra geografía nacional, son los indígenas. Ellos son víctimas
del conflicto que durante muchos años ha conmovido al país, y los viene desplazando hacia las principales
ciudades. En cuanto al respeto de los derechos humanos, se puede argumentar que dichos derechos solo
privilegian un universalismo abstracto, que no tiene espacio para las comunidades indígenas y que poseen
un lenguaje distinto. La idea sería tenerlos a todos en cuenta e insertar las políticas multiculturalitas dentro
de las estrategias de esos derechos humanos que tenga la posibilidad también de gozar del derecho a la
distintivita, el derecho a lo propio, derecho a lo preferente y a su mejoramiento, económico y social. (UNICEF, s.f.).
La globalización a la que asistimos, nos conduce a mirar nuevas formas de comprensión y articulación
que permita la humanización de lo humano. Siendo que el lenguaje legitimo para hacer visible el problema
que afronta muchas comunidades indígenas en el planeta, como el despojo de sus tierras, el marginamiento y desplazamiento y el desconocimiento de su cultura, sea la praxis de una democracia y la posibilidad
de crear muchos derechos humanos multiculturales en un contexto de la diversidad y legalizar las luchas
indígenas sin politizar, ni mucho menos darle el carácter de terrorismo (FIDH, 2004). Es por medio de un
diálogo intercultural que es posible establecer la capacidad para proteger y al mismo tiempo impulsar el
respeto a los derechos humanos, tal cual como se encuentra escrito en el Convenio Europeo de derechos humanos, son entonces la democracia y el Estado de derecho, con el fin de promover el entendimiento mutuo.
Aquí también existe la direccionalidad de brindar protección y la puesta en práctica la diversidad cultural
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y la concepción de la dignidad humana; y le agregamos también la enseñanza de la condición humana y
la comunicación. Estos puntos consagrados la mayoría en este libro, hace posible dirigir y reconocer las
diferencias existentes conforme a los valores universales. Explica también este libro, que, para seguir catapultando este propósito del diálogo intercultural, es camisa de fuerza ajustar y afianzar diversos aspectos
relacionados a la gestión democrática de esa diversidad. Afirma de forma coherente el consejo de Europa
que está completamente convencida de que todos tenemos la responsabilidad moral y común de crear una
sociedad en la que todos quepamos, vivamos con los mismos derechos, y obviamente los mismos deberes.
Aquí también es requerirle incluir a los pueblos indígenas y a las negritudes en todo el mundo. Esto debe
regir para todos. (Consejo de Europa, 2008).
En Colombia todos estamos marcados por la violencia en distintas facetas. La violencia está presente en
todos los ámbitos. Desde la llegada de los invasores españoles quienes impusieron la esclavitud por medio
de las instituciones socioeconómica dictadas desde la metrópolis europea. A propósito de la violencia y
sus orígenes históricos, resulta importante recordar, que fue el oro la presa que más codiciaba el Blanco
Español. Fue la base para exterminar la mano de obra indígena. Para la muestra un botón: “en efecto Fray
Antonio de Montesinos, en la tosca iglesia improvisada y techada de paja, en vísperas de Navidad del año
1.511, se inició una cruzada que haría historia, Fray Antonio de Montesinos en el pulpito y frente a todos los
grandes de la isla pronunció el famoso sermón que transformaría los destinos del mundo nuevo:
… me he subido aquí -les dijo-yo soy la voz de Cristo en el desierto de esta isla, y por tanto conviene
que, con atención, no cualquiera, sino con todo vuestro corazón, la oigáis; la cual voz o será la más
nueva que nunca oísteis, la más áspera y dura, la más espantable que jamás pensasteis oír…Todos
estáis en pecado mortal y en él vivís y morís, por la crueldad y tiranía que usáis con estas inocentes
gentes. Decid. ¿Con qué derecho y con qué justicia tenéis en tan cruel y horrible servidumbre a
questos indios?” (Liévano, 1987).
La historia es una ciencia que nos permite ventilar los acontecimientos históricos de una manera dialéctica. Precisamente es ella la ciencia más apropiada para conocer en detalle, la barbarie en que un pueblo
como el indígena de América Latina, fue sometido, empleando la cruz y la espada. A este sometimiento hay
que anexarle las denominadas instituciones socio-económicas, que sirvieron como forma de esclavitud y
exterminio casi en su totalidad de la mano de obra indígena; pero la colonia permitió la creación de impuestos para ser pagados al erario español por parte de los criollos.
Hoy pagamos un precio muy alto, porque después de todo las violaciones e imposiciones, aún continúan
por una clase dirigente genuflexión del imperio americano. La llegada del colono blanco nos marcó y nos
sigue sometiendo a su capricho, con políticas, y guerras genocidas. El narcotráfico y el empleo de la mano
de obra indígena para sembrar y recoger los denominados cultivos ilícitos ha sido la desgracia. No ha existido en nuestro país una verdadera reforma agraria que favorezca a los campesinos e indígenas que son los
verdaderos dueños y tienen en su poder los títulos de propiedad que nos muestra la misma historia. Ese ha
sido el camino nuevo emprendido por los indígenas y hombre pobres del campo; después de la revolución
cubana en el año 1959 se inició en Colombia la denominada violencia, un conflicto entre liberales pobres
y conservadores pobres. Se alzan voces que afirman de manera consistente (Ospina, 2007): que cuando
una sociedad no es capaz de realizar a tiempo las reformas requeridas y que el orden social reinante exige
para su continuidad la historia las resuelve por sí misma y a su manera con costos elevadísimos para todos.
Siendo que el Frente nacional organizado por los azuzadores liberales y conservadores frenaron las posibilidades de un desarrollo constitucional, moral y político que acrecentó el poder de estas elites burguesas.
(Ospina, 2016). Pero este no es el final de este cuento.
Surgen entonces los primeros brotes de inconformismo liderado por los liberales. La aparición de una
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guerrilla Liberal con influencias político-ideológica de la Habana Cuba, quienes lideraron un proceso
emancipa torio del imperialismo norteamericano, con el derrocamiento de Fulgencio Batista en el año de
1959.Las guerrillas en sus inicios estaban influenciadas por la filosofía y modelos de la URSS. Pero todo
tiene su final. La perestroika, permitió el derrumba del bloque socialista que se mantuvo aproximadamente
hasta la década de los ochentas. Entonces entro a jugar un papel muy importante el narcotráfico, una patología social que, para Colombia, ha producido los actos de violencias más salvajes e inhumanos, y con un
acompañante; el paramilitarismo. Güerilla, Paramilitarismo y Estado, forman una trilogía digna de analizar
y de estudiar con mucho detenimiento para poder entender un conflicto que comenzó hace ya mucho tiempo, es la historia la que puede brindarnos la información real de estos sucesos y la responsabilidad que le
compete a cada uno de estos organismos. Pero se hace la salvedad que esta responsabilidad es más que todo
del gobierno de turno.
El resultado de estos sucesos; es un sin número de desparecidos, desplazados, asesinatos y el genocidio
más brutal de la historia colombiana. En este escenario, reina la injusticia, la impunidad, la corrupción,
elementos que son necesarios para descubrir el gigante problema de una nación como la nuestra. Según
Amnistía Internacional, en el conflicto armado interno que vive nuestra nación, hasta el 1 de diciembre
del año 2016, la Unidad de víctimas, establecida por el gobierno, ha registrado casi 8 millones de víctimas
del conflicto que data desde el año de 1985, entre los que había unas 268 mil víctimas de homicidios, la
mayoría civiles, más de 7 millones de víctimas de desplazamiento forzado; alrededor de 46 mil víctimas
de desaparición forzada; al menos 30 mil casos de tomas de rehenes; más de 10 mil víctimas de torturas; y
aproximadamente más de 10.800 víctimas de minas terrestres denominadas, también quiebra patas).
Las luchas del indio que bajo de la montaña al valle de la civilización
La base de la cultura de un pueblo es sin duda su práctica, su experiencia cotidiana y su proyección
histórica, su modo de vida, su legado social que le va dando forma a su forma de pensar, de expresarse, de
entender su mundo propio y el mundo de los demás, incluyendo su todo espiritual mental conformado por
elementos interdependientes, en un fondo colectivo de saberes, creencias, mitos, valores y fines, conglomerados de actitudes y su ideología sui generis, o propias de sí mismas. Este recorrido de orden cultura nos
permite ver muy de cerca la situación del indígena en Colombia. Toda la desgracia comenzó con la incursión del blanco europeo, pero luego vinieron otros episodios desgarradores con la llegada de latifundistas
que se apropiaron de las tierras, usurparon sus propiedades y desbarataron poco a poco sus creencias, hoy
son los que han llegado tarde a la modernidad (Vasco, s.f.).
La cultura está asociada al mundo de la construcción e invención a la gran creatividad. En un mundo
predador como el nuestro, donde la educación se dedica a llenar la cabeza de todos, o sea una cabeza repleta
y no una cabeza bien puesta. Si entendiéramos estos aspectos los recursos de los pobres negros y campesinos pobres no serían jamás esquilmados. A este problema hay que agregarle otro pedazo que siempre se
deja por fuera de todo programa gubernamental. Es el componente denominado el narcotráfico. Es por esto
y mucho más que al indio se la ha perseguido en todos sus intereses morales materiales y también espirituales por la llamada civilización y esta se los ha arrebatado. El indio se debate entre la vida y la muerte de
sus tradiciones:
Mis intenciones son de todo corazón proteger el futuro de mi raza que duerme todavía en la ignorancia,
para hacerle frente al enemigo de nosotros los indígenas, y que conozcamos la pradera de nuestros grandes
destinos, y no corramos como mujeres enamoradas abandonando el cariño de sus padres, a buscar la gran
sociedad del estado de la civilización, porque nosotros los indios tenemos más memoria, y se nos presente
la inspiración más ligera que el relámpago. El indio se pasea mejor y más rápido que la abeja en todas las
flores del jardín de las ciencias” (Quintín, 1973).
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Pese a que existen muchos propósitos para proteger a los indígenas, afrodescendientes y campesinos
en el territorio nacional…Esa idea es más que toda una ilusión, una utopía y proyecto solo imaginario en
la mente de los gobernantes de turno. En un país de alta violencia como Colombia, es urgente enfrentar el
asunto de las violencias, porque son múltiples las formas de expresión y materialización de esos actos violentantes, por medio de una formula apropiada que integre a toda la sociedad en general. Sabido es que en
nuestro país se han elaborado distintas reformas parciales en cuanto a la educación, aunque aparentemente
se tiene en “cuenta” las comunidades indígenas habitantes de nuestro territorio, incluso se predica y se
visibiliza el tema de sus derechos, pero solo es pura letra muerta. Estos grupos indígenas, los afrodescendientes, los pobres son excluidos, incluso vistos por la sociedad de ricos y pobres como objetos. El trato
que reciben estos es de carácter degradante y xenofóbica. Se cree que es por medio de la educación que se
puede realizar un trabajo o una especie de reforma al pensamiento que logre hacer transformar las mentalidades humanas, e inculcar en los niños el respeto a las diferencias o en otros aspectos en un lenguaje menos
coloquial las denominadas alteridades.
La educación es un proceso de formación permanente. Eso significa que es inacabada, es un constructor
de orden epistemológico y axiológico, supeditada a los grandes cambios impuestos por la tecnología de este
siglo XXI. El educador de hoy debe estar untado de estos cambios y presente a los cambios emitidos desde
la denominada postmodernidad. Postmodernidad que nos induce a ver y asumir el mundo de manera no
lineal y ortodoxa. Para nadie es un secreto que la postmodernidad es el producto de la derrota del proyecto
de la modernidad emitida durante la ilustración y la caída de los grandes conceptos filosóficos y políticos
que no lograron sus fines como se anunció en esos siglos por los pensadores de ese momento histórico.
En este proceso, si es posible de usar el término de carácter Marxista muy popular en la década de los
sesentas: dialéctico. Que significa cambio, transformación y quizás mejoría para algunos legos de la política, la sociología y la historia. Se emplea una afirmación que describe y es la punta de lanza del tema de la
educación intercultural y la democracia en sus pros y contras; como la siguiente: “En algunos países de la
región Andina se desarrollaron profundas reformas estatales en las décadas pasadas a través de asambleas
constituyentes, que produjeron resultados óptimos para el tenido institucional de la democracia. Eso puede
significar unos avances en materia democrática, social, educativa , que ajuicio personal es un avance en
medio de esta vorágine de violencia generalizada y auspiciada por los medios de comunicación más sofisticados máxime si en los años noventa se logró incorporar instituciones de democracia participativa en
sus constituciones políticas o carta magna y se reconoce el carácter multicultural y pluriétnico de sus sociedades y puso en la palestra el debate plurinacional de la sociedad con el reconocimiento de los derechos
colectivos indígenas y la praxis de reconocimiento entre democracia, diversidad social e interculturalidad(Nicolás Trotta y Pablo Gentili,2016).
Todos estos avances son importantes, si se tienen en cuenta que todo podría ser letra muerta sino se
difunde a las nuevas generaciones y se les inculca la existencia de estas formas de democracia. Es por
medio de una educación en derechos humanos, como eje transversal que sería posible realizar ese sueño
de una sociedad más justa y solidaria, respetuosa de las diferencias y portadora de un sistema que abarque
las múltiples diferencias surgidas en esta postmodernidad. Este proceso debería tener como acompañante
inigualable las propuestas venidas desde los saberes de la educación para el futuro. Freire plantea: que la
educación, es entonces, un campo de prácticas y valoración social y culturalmente asumidas por lo que se
valora al sujeto.
El proceso de enseñanza aprendizaje es un proceso dialógico que permite la otredad y la nostridad, es un
proceso comunicativo cargado de sentimientos y relaciones humanas, capaces de transformar al hombre y
no es una tabula rasa como se dijo en Existe en el ser humanos un ethos. De aquí se desprende los procesos
de la ética del que la pléyade de pensadores nos ha persuadido desde hace muchos siglos atrás desde los
más materialistas como Nietzsche hasta los más idealistas como Santo Tomás de Aquino. Al margen de
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esta discusión el hombre es un proyecto que merece ser educado. La educación en derechos humanos es la
alternativa de eso que no quepa la menor duda. Este proceso no es un conjunto de leyes y decretos escritos
en manuales de derechos, sino que deben estar acompañados de procesos vivenciales que acompañen a los
padres de familia, comunidades indígenas, afrodescendientes en un todo la vida y el respeto de esta. Hay un
concepto propio de esa predicación de la enseñanza de los derechos humanos: La dignidad es un valor que
se debe mostrar en los diferentes actos de la sociedad; es desde la cuna que debe ser predicado a través de
actos y asumido como un valor humano en todas las etapas de la vida.
En torno al concepto de dignidad humana y su proceso de aplicabilidad al campo pedagógico y la enseñanza de los derechos humanos se encuentra presente y se suma a una percepción digna de tener en cuenta
en todo proceso de aprendizaje que dé cuenta de los derechos. Hay un término propio de la categoría de los
derechos humanos: la dignidad. Esta goza de diferentes significaciones y repercusiones, está presente en las
constituciones españolas desde 1812. Siendo que el término se aplicaba como factor de distinciones, o de
prestigio que hacían diferenciar unas personas de otras, pero hay que establecer las diferencias que no son
por su patrimonio material, sino por su patrimonio moral. Suponemos que, con el logro de los derechos del
hombre y el ciudadano, quedó establecido no solo la dignidad humana, sino la misma condición humana.
(Chueca, 2015).
Existe muchas fórmulas para afrontar los graves problemas de violación de los derechos humanos en el
planeta; lógicamente que la más ajustada a nuestros tiempos y creo que a los tiempos pasados, fue y seguirá
siendo la educación. Se ha venido haciendo un recorrido desde los griegos hasta nuestros días actuales del
siglo XXI y no cabe la menor duda que es la educación la vía más segura para transformar la sociedad;
acogemos significativamente el concepto de vivir en nuestra convulsionada sociedad: Vivir es una aventura.
El error y la ilusión dependen de la naturaleza misma de nuestro conocimiento. Eso desde la perspectiva de
los derechos humanos, quiere significar, que el error y la ilusión van a depender de nuestro conocimiento y
vivir es afrontar sin cesar el riesgo de los errores.
El problema no se puede analizar desde una mirada simple, sino desde miradas complejas, siendo que
la fórmula que lo visualiza es la propuesta del pensamiento complejo. Todo lo que se enseña en las aulas de
clases en todas las etapas constituye en cierto modo, una ayuda para vivir. Es necesaria el aporte brindado
por las ciencias humanísticas y las científicas. Pero lo más esencial seria unirlas y de esa manera construir
una cultura permanente y auxiliar de nuestras vidas donde quepamos todos, sin discriminación de ninguna
especie. (Morin, Edgar) Enseñar a vivir: manifiesto para cambiar la educación-1 Edición ciudad Autónoma,
Buenos Aires: Nueva Visión, 2015).
El papel de la mujer en la cosmovisión indígena
Los problemas de violencia contra la mujer, es un fenómeno que también afecta terriblemente a la
mujer indígena en toda la América Latina., atacando de forma directa el principio básico del derecho a la
vida. Derecho que siempre ha sido vulnerado y desconocido por muchos gobiernos y dictadores de todo el
multiverso. Según el documento de la CSW57, marzo del 2013 y gracias a la agencia española de Cooperación Internacional para el Desarrollo- AECID y la Fundación Ford, quienes por medio de este documento
Violencia y Mujeres Indígenas, han facilitado una información adecuada y transparente para conocer y
visibilizar más de cerca este asunto que poco alcance ha tenido en el contexto de la sociedad del siglo XXI.
Es poco lo que se ha dado a conocer por las instituciones gubernamentales sobre la violencia contra
la mujer indígena. Llama poderosamente la atención para todos aquellos que tenemos la oportunidad de
abordar de una manera más visible los problemas que padecen las mujeres en ciertas comunidades indígenas. Tan olvidados están que estos problemas pasan inadvertidos para los ministerios de cultura y otros
ministerios; el problema es bastante complicado, tan complicado que a veces nadie quiere comprometerse
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a denunciar el despojo de sus tierras sagradas y tesoros invaluables para sus creencias religiosas y ancestrales. Para los Blancos, estos aspectos son de poca valía; a estos blancos solo les interesa son sus tierras, y el
despojo que de estas tierras extensas se haga.
Pero el problema no termina allí. La agencia española de Cooperación Internacional AECID, informa en
sentido estrecho de salvaguardar la vida y brindar posibilidades de desarrollo que hagan más saludable, activa y propositiva la vida de la mujer indígena. Las mujeres en todo momento de la historia de estos pueblos
han encabezado la lucha por el territorio ya que la mujer indígena es la propulsora sobre la biodiversidad,
de tal manera que todo tipo de violencia contra la mujer indígena afecta una u otra forma la existencia de
los pueblos indígenas y la destrucción de una riqueza tradicional y la diversidad de la sociedad en su todo.
Es digno de resaltar y tomar como derrotero el informe efectuado por esta agencia CSW57 con la misma fecha y la fundación Ford; quienes afirman que los países que reúnen el mayor número de indígenas
(87%) lo constituyen México, Bolivia, Guatemala, Perú y Colombia y más de la mitad de sus integrantes
lo conforman las mujeres. Pero lo más asombroso de todo este proceso es la exclusión de la mujer, siendo
el racismo y la discriminación y las xenofobias constituyentes de una política provenientes de Estados y
gobiernos propulsores de exclusión y abandono de estas comunidades ricas en cultura y de una espiritualidad incomparable. Entonces la invisibilzación de todos sus derechos hace imposible o mejor dicho limitan
el acceso a los sistemas jurídicos y a la participación justa de los derechos, tales como acceso a la salud,
educación, salud, participación política. Existen parámetros dictados por las organizaciones internacionales
que promulgan acuerdos y tratados que garantizan y demandan sus derechos Colectivos e individuales, de
igual manera el reconocimiento de sus territorios soberanos-llámese resguardos para el caso de Colombia o
reconocimiento jurídico de su hábitat natural.
La propiedad en el mundo indígena
La tierra es la vida del indígena. “La Tierra resume los diferentes aspectos simbólicos que son la base
no solo de la riqueza y el poder, sino también de la cultura” (Nobre y Brito, 2017. P.8). Los verdaderos propietarios de las tierras en América son los indígenas. “La Tierra resume los diferentes aspectos simbólicos
que son la base no solo de la riqueza y el poder, sino también de la cultura” (Nobre y Brito, 2017. P.8). Esto
puede ser analizado tomando como punto de partida la carta del gran jefe Sehtal. Este significa históricamente la relación existente entre la tierra y el espíritu indígena. No solo en Colombia nuestra tierra, sino
también en ese mundo denominado global. Por eso es significativo tomar este mensaje cuando el presidente
de los Estados Unidos, Franklin Pierce en el año 1854 le dirige una carta al Gran Jefe Seattle de la tribu
SUWAMISCH para que le vendiera los territorios del noroeste de los EE.UU.
Es muy importante conocer la respuesta entregada por el gran jefe Seattle, donde afirma que cada
pedazo de la tierra es sagrado, los ríos son nuestros hermanos y calman la sed de cada criatura viviente.
Pero sigue el exterminio propiciado por el hombre blanco que se cree dueño de todo; el exterminio de los
animales, la desaparición de la fauna, miles de pájaros y mariposas que hacen parte del paisaje bello que
constituye el gran concepto de poder de los indígenas en sus tierras. La tierra lo es todo para el indígena en
todas las partes del mundo, desde el polo norte hasta la Patagonia.
Sin embargo, el mundo occidental ha establecido una política hegemónica en lo político, en lo económico, pero imponiendo una visión única de ver al mundo. Las privatizaciones de las tierras están a la orden
del día. En Colombia por ejemplo los grupos paramilitares despojaron a sangre y fuego grandes extensiones
de tierra. Tierras que como se ha dicho son sagradas. La explotación de dichas tierras sigue en manos de
grandes empresas internacionales que usufructúan los bienes de esos territorios. El campesino y el indígena
han sido víctimas de la violencia acaecida en Colombia durante muchos años de guerras entre el Estado
y los grupos insurgentes. Son miles de indígenas que han venido a las grandes metrópolis, junto con sus
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pocas cosas y han engrosado las filas de la miseria y sentándose en barrios tuguriales y Presa de la violencia
urbana, que también ha desencadenado problemas sociales y enfermedades que diezman dicha población
y lo doblegan al sufrimiento y al desprecio. (La torre Restrepo, 1/03/14 11:23) nos ilustra sobre este punto,
afirmando: “frente a este disputa de intereses, los Estados dueños del monopolio de producción del Derecho
se han desplazado en una dirección más garantista de los derechos de los pueblo indígenas” Ello significa
que con esto se busca responder al conjunto de demandas y protestas de esos grupos étnicos Existen algunos
instrumentos de orden legal e internacional que reconocen los derechos de los pueblos indígenas y lo reafirman en sus proclamas, como la Declaración de la Naciones Unidas sobre los derechos de todos los pueblos
indígenas del año 2007 y acogida y ratificada por 143 países del mundo. Por aquí está la cosa en materia
de propiedad indígena. Pero a pesar de todas estas ratificaciones, siguen en Colombia las explotaciones y
desplazamientos de indígenas de sus propios territorios; caso especial los indios Cogui en la sierra Nevada
de santa marta, que es su lugar de origen, y el santuario donde viven con su familia. Este es su mundo.
“Los pueblos indígenas y las comunidades afrocolombianas comparten una vulnerabilidad en especial con los conflictos de tierras” (Alfonso, Grueso y otros. P.202) Estas comunidades también comparten
algunos mecanismos de protección legal, tales como el derecho a su identidad cultural y el derecho a la
consulta previa. Ese derecho a la consulta previa es desarrollado por el convenio 169 de la Organización
Internacional del Trabajo Declaración Universal de los pueblos Indígenas de la Asamblea General de las
Naciones Unidas, de igual manera el conjunto de criterios adjuntos a la Corte Interamericana de los Derechos Humanos y la Corte Constitucional Colombiana. La consulta previa: Para (Rodríguez Morris y otros,
2010) según el programa de justicia Global y Derechos Humanos de la Universidad de los Andes en Colombia, especificando en la consulta previa a Pueblos Indígenas toma al (CDR) tras la entrada en vigor del
Convenio Internacional sobre la eliminación de todas las formas de discriminación contra estos pueblos de
minorías étnicas a partir del año 1969.
Este ente como lo es el (CDR) tiene como objetivo recomendar medida especificas a los estados pertenecientes y firmantes de dichos convenios, sobre todo en situaciones donde se desarrollen actos discriminatorios contra estas minorías étnicas, de igual manera tiene la funcionalidad de recibir quejas en casos
específicos donde se discrimine y se atente culturalmente contra sus costumbres y creencias de todo ámbito.
(Rodríguez, 2014) Afirma: Teniendo en cuenta la importancia jurídica que posee un instrumento como
este el de la consulta previa, que se constituye en un instrumento jurídico que hace reconocimiento de los
derechos políticos, culturales, territoriales y sociales de las comunidades étnicas sentadas en el territorio
nacional, siendo que este es el teatro de los acontecimientos que les permite el logro de su verdadero desarrollo atado a sus costumbres ancestrales y tribales. Todas estas costumbres deben respetarse y vincularse
directamente con algunos de estos aspectos:
La consulta previa: Se relaciona con cualquier medida legislativa que lesiones los intereses de estas
comunidades. Participar siempre que sea posible en los beneficios que reporten ciertas actividades, explotación de recursos mineros y demás; Enseñarles a sus niños a escribir y leer respetando su propia lengua, es
necesario consultarse de manera imperiosa los planes de desarrollo a esas comunidades y de manera transparente con un lenguaje claro, de respeto, culturalmente adecuada, de buena fe y lograr el consentimiento.
En fin, una concertación dialógica que integre también el consentimiento libre, previo e informado, basado
en el respeto a la libertad y a la libre determinación de todos los pueblos herederos de las culturas.
Criterio etnolinguistico y derechos diferenciados de autogobierno
En cuanto a este aspecto, vale la pena anunciar lo interesante que es tomar al pie de la letra este punto
sin omitir cualquier detalle. El criterio etnolingüístico, resulta muy interesante desde el punto de vista histórico. Histórico, porque nos revela la gran riqueza de lenguas y dialectos ricos que conllevan a babelizar el
rico mosaico de formas de comunicación entre estas comunidades, dignas de tener en cuenta en un estudio
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que se relaciona con los derechos humanos. Se trata pues de dilucidar ese rico mosaico y asociarlos a los
derechos diferenciados. A propósito, diferenciados. ¿Por qué diferenciados? Existe entonces el derecho a
exigir derechos nuevos derechos positivos y legales y es una necesidad que poseen las minorías étnicas de
reconocimiento de sus capacidades deliberativas. Kymlicka atiende en ese sentido la pertinencia cultural a
un mismo Estado a una etnia, aunque este no hace claridad sobre la pertinencia a un grupo oprimido.
En este sentido se piensa la interculturalidad. Hay una visión ofrecida desde la invitación ofrecida a
entender el derecho diferenciado desde (Abya-Yala/América Latina Edwin Cruz Rodríguez, 2013) Para
Kymlicka,1969 más allá de la tolerancia y la coexistencia: respeto y convivencia el multiculturalismo tiene
la gran pretensión de conciliar los valores de la filosofía liberal-tolerancia, libertad individual, igualdadcon los derechos diferenciados con el empleo del grupo requisito para salvaguardar la igualdad , justicia
y quizás la libertad entre las culturas múltiples. Eso quiere significar o darnos a entender que los derechos
del autogobierno son concernientes a una autonomía política, a la territorialidad jurisdiccional que vuelvan
permisiva la autodeterminación de esos pueblos al igual que su desarrollo propio y de acuerdo a sus ideas
y pensamientos culturales y políticos.
3.- MÉTODO
Diseño
El enfoque investigativo de la presente investigación es cualitativo, de acuerdo con Hernández, Batista
y Fernández (2014) “Utiliza la recolección y análisis de los datos para afinar las preguntas de investigación
o revelar nuevas interrogantes en el proceso de interpretación” (p.7).
Alcanzando un diseño no experimental “Que se realiza sin la manipulación deliberada de variables y
en los que sólo se observan los fenómenos en su ambiente natural para después analizarlos” (Hernández,
Batista y Fernández, 2014, p. 149). El alcance establecido es el exploratorio “emplean cuando el objetivo
consiste en examinar un tema poco estudiado o novedoso” (Hernández, Batista y Fernández, 2014, p. 91).
Instrumentos
Para la construcción del marco teórico-conceptual de la teoría del modelo inclusivo de educación desde
el pensamiento complejo, se consultaron un total de veintiún referencias bibliográficas utilizándose como
instrumento las ideas, argumentos y proyectos que fueron interpretados desde una perspectiva analítica y
crítica.
Procedimiento
Con relación a la comprensión del problema de la investigación se recopilan fuentes secundarias de
documentos académicos. En el marco de referencia se definen los conceptos básicos relativos al modelo
inclusivo de educación desde el pensamiento complejo. Una vez recopilada y analizada la información se
construye el documento objeto de este trabajo. Por último, se realizan las recomendaciones y conclusiones
conforme a los objetivos trazados (Oliveros et al, 2018, p. 72).
4.- CONCLUSIONES
De este artículo se desprende un sin número de apreciaciones muy importantes en el ámbito educativo
y en especial en la educación para los derechos humanos en el contexto de la educación a todos los niveles
existentes. Aquí se ha acudido una revisión exhaustiva sobre las falencias de algunas propuestas venidas
de gobiernos y políticos de turnos que carecen de sentido y no conducen a una verdadera cultura de paz, ni
se respeta, ni valora la diversidad cultural, ni se han mostrado verdaderos avances que sean bienvenidos y
tomados en cuenta por el actual modelo de aprendizaje que nos rige; a nuestra consideración se viene otras
debilidades que son también significativas, tales como la imposibilidad de enseñar el conjunto de saberes
sobre derechos humanos con la mirada fija hacia las competencias y el conglomerado de leyes, tanto nacioRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 8, Julio - Diciembre 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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nales como internacionales, ya que estas deben estar también acompañadas de manera inmanente hacia una
apertura a la otredad, si de respetar a los demás se trata. Pero se sigue cometiendo las mismas falencias de
otrora. Por eso la vía que proponemos es la pedagogía compleja como exploración de una nueva esperanza
para la humanidad, desenado que todos los educadores del planeta sean los protagonistas de esta reforma al
pensamiento; siendo que la ética del género humano debe considerarse como afirma Morín como el bucle:
individuo-sociedad-especie (UNESCO, 1999).
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México, ISSN 2395-8448. pp 20-36. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/100

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La Paradiplomacia Universitaria: La internacionalización de la educación superior en América
University Paradiplomacy: The internationalization of Higher Education in latin America
David Horacio, García Walman1
Universidad Autónoma de Nuevo León
https://orcid.org/0000-0002-0623-4874

DOI: http://dx.doi.org/10.29105/pgc4.8-3			

Paulina, Jiménez Quintana2
Universidad Autónoma de Nuevo León
https://orcid.org/0000-0003-3460-5668
María Gabriela, Zapata Moran3
Universidad Autónoma de Nuevo León
https://orcid.org/0000-0002-4386-084X

RESUMEN
El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo consiste en analizar el impacto que las
universidades tienen como agentes de Paradiplomacia en la esfera internacional a través de sus procesos y estrategias
de internacionalización para lo cual se tomó el caso de algunas Universidades de tres países latinoamericanos, Chile,
Argentina y Brasil. Se aplicó el método de análisis, con un enfoque cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel
documental-bibliográfico transversal. Tras la revisión documental se realiza un breve análisis en el cual se encontraron
diferentes estrategias de internacionalización, así como los procesos históricos que llevaron a las Universidades a expandirse. Se concluye que la internacionalización de la educación superior en América Latina sigue enfrentando retos,
sin embargo, las estrategias implementadas por estos países han lanzado a sus Universidades al mercado internacional.
Palabras clave: Internacionalización de la educación, Latinoamérica, movilidad estudiantil, paradiplomacia.
ABSTRACT
This article is the product of a literature review, which objective is to analyze the impact that universities have as
agents of Paradiplomacy in the international sphere through their internationalization processes and strategies for which
the case of some Universities of three Latin American countries, Chile, Argentina and Brazil were taken. The method of
analysis was applied, with a qualitative approach, non-experimental design, under a transversal documentary-bibliographic level. After the documentary review, a brief analysis is carried out in which different internationalization strategies
were found, as well as the historical processes that caused the Universities to expand. It is concluded that the internationalization of higher education in Latin America continues to face challenges, however, the strategies implemented
by these countries have launched their universities to the international market.
Key words: Internationalization of education, Latin America, student mobility, paradiplomacy.
Cómo referenciar este artículo:
García Walman, D., Jiménez Quintana, P., &amp; Zapata Moran, M. (2018). La Paradiplomacia Universitaria: La
internacionalización de la educación superior en América. Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, 4(8), 37-48.
Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/101
Recibido: 11 e Enero 2018 - Aceptado: 02 de Marzo 2018

1
Doctor en Filosofía con orientación en Relaciones Internacionales, Negocios, y Diplomacia. . Email: david.
garciaw@uanl.mx Orcid ID: https://orcid.org/0000-0002-0623-4874
2
Maestra en Ciencias del Emprendimiento y la innovación para un mundo sostenible. Email: paulina.jimenezq@uanl.edu.mx. Orcid ID: https://orcid.org/0000-0003-3460-5668
3
Doctorando en Filosofía con orientación en Relaciones Internacionales, Negocios, y Diplo.macia. Email:
gabrielazapmor15@gmail.com. Orcid ID: https://orcid.org/0000-0002-4386-084X
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México, ISSN 2395-8448. pp 37-48. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/101

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1.

INTRODUCCIÓN

La educación superior se encuentra inmersa en un ambiente altamente competitivo a nivel internacional;
sin embargo, a través del tiempo la colaboración (o cooperación) ha dejado en claro las ventajas que conlleva para las mismas. El éxito de estos esfuerzos de colaboración y la cooperación depende de una serie de
factores, y una preocupación central de estos acuerdos y su potencial para persistir en la medida en que los
problemas de autonomía institucional pueden abordar el éxito.
Los programas de intercambio han forzado el contacto entre diferentes sistemas educativos en diferentes países y han constituido el primer paso en los cambios en la educación superior que nacieron con la
Declaración de Bolonia. Esta realidad se debe al hecho de que podemos apreciar cómo las habilidades de
comunicación interculturales y multilingües ofrecen a los profesionales mejores oportunidades de trabajo y
ventajas competitivas para sus negocios (Rondeau &amp; Dejanon , 2016).
En la presente investigación se plantea el papel de las universidades latinoamericanas en el proceso de
internacionalización y como estos esfuerzos y estrategias han creado un ambiente de diplomacia alternativa, que los lleva a exponer y potencializar sus regiones o países.
La paradiplomacia cobra un sentido importante en el contexto de la internacionalización de las universidades, pues es a través de estas relaciones internacionales paralelas que el profesional y el investigador
fortalecen sus capacidades para el futuro.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Paradiplomacia Universitaria: Convenios y acreditaciones
En 1961, el historiador diplomático Rohan Butler definió “paradiplomacia” como el ejercicio de diplomacia personal y paralela que complementa o compite con la política exterior regular del gobierno
(Butler, 1961). Aunque excluyendo cualquier forma de agencia gubernamental, esta definición conlleva las
connotaciones que hacen de la “paradiplomacia” un concepto polémico hoy en día. También está presente
la consideración de la paradiplomacia como una forma no gubernamental de mediación alternativa, ahora
fomentada significativamente por las nuevas tecnologías de los medios.
Por su parte, Cornago (2000) define a la paradiplomacia como la participación de gobiernos no centrales
en las relaciones internacionales a través del establecimiento de contactos ad hoc con entidades privadas o
públicas del extranjero, con el fin de promover asuntos socioeconómicos y culturales, así como cualquier
otra dimensión externa de sus competencias constitucionales. Por otro lado, Duchacek (2009) hace una clasificación entre la paradiplomacia directa e indirecta. “La paradiplomacia directa se da cuando la región o
subgrupo tiene una actuación directa en la escena internacional y tiene las verdaderas relaciones al exterior.
En cambio la paradiplomacia indirecta, se usa cuando desde el interior se hace presión para moldear las
políticas que usara el gobierno central al exterior” ( p. 20).
Es importante para esta investigación definir la Paradiplomacia, pues es una via en que las Universidades pueden crear convenios que después se pueden extrapolar entre los Estados como regiones, por lo tanto,
la internacionalización de la educación puede en este sentido ser parte del proceso de la Paradiplomacia
indirecta.
La educación superior es la base del desarrollo del recurso humano del país, por lo que su papel en la
internacionalización representa un pilar crucial en el desarrollo de la competitividad del Estado. También
se habla de las relaciones de los gobiernos no centrales con centros culturales, de otros Estados incluyendo
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relaciones con los gobiernos de Estados extranjeros y se distingue de la diplomacia clásica que es específica
sectorialmente, más que en representar a toda una unidad territorial (Iglesias &amp; Zubelzú, 2008).
De igual manera Iglesias y Zabelzú (2008) hablan de la peculiaridad de cada institución o región y la
importancia de hacer estudios diferentes en ellas, la internacionalización no ha sido un proceso equitativo y
por lo tanto es posible identificar notables diferencias en los perfiles de gestión, la capacitación en recursos
humanos y los diseños institucionales que contribuyan a una efectiva gestión internacional.
Aunque existen autores como Ivo Duchacek (1984) y Soldatos Panayotis (1988) que remarcan que las
Universidades no pueden ser parte del fenómeno de la Paradiplomacia, existen estudios como el de Martins
Senhoras (2009) que no solo habla de ciertos actores fuera del Estado central, sino que también incluye
también a todos los actores que tienen una actividad internacional, siendo o no estatales; así, las empresas
o las universidades pueden hacer paradiplomacia pues emplean ciertos elementos que son fundamentales
del concepto.
Pues, aunque existen estrategias por parte de las universidades, todavía hay mucho que hacer en cuanto
al tema de internacionalización de la educación superior y del papel de las universidades en la cooperación
internacional en sus regiones. Ruiz (2014) lo establece de la siguiente manera: “No se trata solo de enviar
alumnos y docentes sino también de recibir, de generar convenios, hacer investigaciones no solo a un nivel
local o de país si no en cooperación con otro país que puede ser de beneficio para ambos. El principal reto
es la conciencia sobre la importancia de la internacionalización de la educación, muchas instituciones en
América Latina y el Caribe no reconocen el valor en traer estudiantes extranjeros a sus instituciones, no
comprenden aún que cuando esto se da, se genera ya una habilidad en múltiples grados, una multiculturalidad y un cambio paulatino en la cultura universitaria.” (p.54).
La fuga de cerebros es otro de los problemas a los que se enfrenta la educación superior en América
Latina, en la tabla 1 se muestra la relación entre los estudiantes nacionales adscritos a la Universidad Autónoma de Nuevo León y realizan una estancia o intercambio en el extranjero y los estudiantes extranjeros
que ingresan a la universidad de igual manera.
La OCED definió en 2005 a la educación superior como un nivel o una etapa de estudios posterior a la
educación secundaria. Dichos estudios se adelantan en instituciones de educación terciaria, como universidades públicas y privadas, institutos de educación superior y politécnicos, así como en otros tipos de escenarios como escuelas de secundaria, sitios de trabajo, o cursos libres a través de la tecnología informática y
gran variedad de entidades públicas y privadas.
En concreto, para los fines de esta investigación las acciones internacionales en materia cultural y educativa que lleva a cabo las universidades donde se incluyen dentro de la llamada diplomacia pública específicamente en su componente cultural (diplomacia cultural), en virtud de que éstas se dirigen a públicos
en el exterior entre los que se consideran universidades, cuerpos académicos, institutos de investigación,
comunidades de diásporas, gobiernos, empresas, comunidades culturales, entre otros.
Para el caso de las motivaciones que originan el quehacer internacional de las universidades, consideremos que para Duchaceck (1990), éstas, sus académicos, los think tanks, los medios de comunicación, así
como los líderes políticos, constituyen “grupos de presión” al interior del Estado que rompen con el supuesto de su unidad racional. En este sentido, al encontrarse al interior del Estado agentes con las condiciones
suficientes para ser considerados actores internacionales, se pone en evidencia el ejercicio cotidiano de la
puesta en marcha de una dimensión internacional multinivel.
Las universidades, como agentes sociales, han visto afectado su desarrollo, al igual que otros actores,
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debido a los procesos de la globalización y el avance de las tecnologías de la comunicación y la información, que poseen una incidencia negativa en la planificación y la política educativa (Law &amp; Pelgrum, 2004).
Tanto es así que muchas de estas instituciones se sujetan a procesos de certificación y acreditación
internacional de sus planes educativos, internacionalizan sus currículos y ponen en práctica políticas de
educación intercultural, estudios en el extranjero, así como el establecimiento de convenios con pares internacionales (Middlehurst, 2008).
Se parte de la idea de que las acreditaciones internacionales son importantes para fomentar la Paradiplomacia a través de la interacción de las instituciones evaluadoras y las Universidades, además de que es
importante mencionar que las acreditaciones influyen en el ranking con el que está valorado las universidades y que a su vez es un factor importante en la decisión de los alumnos extranjeros.
México
La necesidad de algún proceso de acreditación surgió primero con problemas asociados con la definición institucional, vastas diferencias en la calidad institucional sin una base ampliamente aceptada para
determinar la calidad y dificultades encontradas por estudiantes e instituciones en la transferencia de créditos (Bogue, 1992, p 36). Por su parte Davenport (2001) asevera que, en los últimos años, el cambio en
el énfasis de la acreditación ha sido dramático. Antes de 1980, los estándares de acreditación se centraban
principalmente en los procesos, procedimientos e insumos, que se cree forman estudiantes bien educados
y preparados.
Los factores determinantes que han influido en la internacionalización de la educación en México y por
ende en los gobiernos estatales provienen de recomendaciones internacionales realizadas principalmente
por la UNESCO y sus manifiestos sobre educación superior (Declaración sobre la Educación Superior en
América Latina y el Caribe, de La Habana en 1996 y la Declaración Mundial sobre la Educación Superior
en el Siglo XXI de París en 1998) y por la Organización para la Cooperación y el Desarrollo Económicos
(OCDE) con el programa de Gestión de las Instituciones de Educación Superior (IMHE): a través de ellos,
los Estados, entre ellos México, se han comprometido a impulsar reformas a la educación superior encaminadas a mejorar su competitividad y la de sus instituciones educativas, así como establecer políticas para
fortalecer la dimensión internacional de la educación superior (Angulo, 2015).
Hasta hace poco la Universidad Autónoma de Nuevo León, no había reportado esfuerzos importantes
en cuanto a la acreditación de sus programas, hoy en día cada vez más programas son acreditados internacionalmente por distintos organismos para mejorar su calidad y ser más competentes en el catálogo
internacional.
Los esfuerzos de la UANL, son recientes, en 2010, la Universidad Autónoma de Nuevo León no reportó
Programas Educativos (PE) acreditados internacionalmente (UANL, 2010), es hasta 2011 cuando aparece
el primer dato siendo seis los PE que contaban con dicha acreditación, esta cifra se ha quintuplicado en proporción ya que para 2015 son 32 PE los que han alcanzado una acreditación internacional (UANL, 2015).
Por lo que se refiere a los convenios de colaboración e intercambio académico con instituciones extranjeras
firmados por año se observa que la cifra se duplicó para 2015. Este dato suena relevante por los beneficios
que dicha gestión ha de reportar. Resultaría de interés conocer los términos en los que se elaboran y que
acciones contemplan, así como analizar el impacto de los mismos.
A pesar de los logros y actividades mencionadas, se deben redoblar esfuerzos no solo en el área de la
acreditación sino también en el área de la cooperación y las relaciones que se crean. A pesar de que se han
llevado a cabo cambios desde el rediseño curricular y la incorporación de la movilidad estudiantil al interior de las instituciones, hasta las tareas de investigación y gestión en las universidades, aún es necesario
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mejorar los mecanismos de coordinación y de reconocimiento mutuo entre las instituciones para establecer
un marco local regional e internacional para cooperación y colaboración (Buendía, 2012). Esto resulta importante para establecer mecanismos y estructuras que permitan la cooperación internacional y fomenten
las relaciones internacionales de maestros, investigadores y estudiantes.
La cantidad y diversidad de estructuras es extensa: desde relaciones simples entre colegas de diferentes
instituciones, hasta redes, asociaciones, alianzas, asociaciones, consejos, coaliciones, pactos, federaciones,
colaboraciones y consorcios. La “cooperación interinstitucional” aparece en la literatura como un término
general, capaz de incluir cualquier cosa, desde el simple intercambio de información hasta las estructuras
mucho más formales de colaboración y consorcios (Bjork, 1984).
En este sentido, Berliner (1997) ofreció una definición de cuatro formas de asociación: trabajo en red,
coordinación, cooperación y colaboración en ella caracterizó el trabajo en red como un intercambio muy informal de información, con una participación mínima de los demás. La coordinación es un poco más formal
porque involucra a más personas, con un intercambio de ideas y algo de acceso a servicios y productos, pero
las organizaciones siguen trabajando de manera independiente. El siguiente nivel, que se refiere a la cooperación, es una relación formal con organizaciones que trabajan juntas pero que aún conservan su autonomía.
Aunque los esfuerzos de la universidad autónoma de Nuevo León han sido de importancia, es necesario
seguir fomentando la movilidad estudiantil y los convenios de cooperación, pues no se presenta un flujo
constante de los mismos, como se puede apreciar en la siguiente tabla:
Tabla 1. Internacionalización de la UANL

Fuente: Elaboración propia, 2018.
Existen algunas universidades que han podido ejercitar la Paradiplomacia e impulsar su ciudad o región
el caso más importante en el país es la Universidad Autónoma de México, de tal manera que ya cuenta con
oficinas o sedes abiertas en otros países, hasta el año 2018 la Universidad Autónoma de México, contaba
con 14 sedes en el exterior, de acuerdo al El coordinador de Relaciones y Asuntos Internacionales (CRAI)
de la UNAM, Francisco Trigo En Estados Unidos se tienen dos escuelas de extensión en San Antonio y
Chicago y tres centros de Estudios Mexicanos en Seattle, Los Ángeles y Tucson, por el lado europeo la
sede abierta en Alemania se ubica en el edificio internacional de la Universidad Libre de Berlín, y también
se tiene presencia en España, Francia e Inglaterra (2018). A estas se refiere el coordinador como “nuestras
embajadas para apoyar a alumnos y profesores en esas naciones, para promover y facilitar el intercambio
con otras universidades” (Trigo, 2018).
Por lo tanto, en un alto grado la UNAM promueve y ejecuta las funciones centrales de la paradiplomaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 8, Julio - Diciembre 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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cia, en la siguiente tabla se muestra la relación entre el número de estudiantes y el número de convenios
internacionales firmados por año, como es posible observar en la siguiente tabla.
Tabla 2. Convenios y Movilidad UNAM

Fuente: Elaboración propia, 2018.
Consecuentemente, la importancia de la paradiplomacia y la cooperación entre actores a nivel internacional no se ha incorporado de manera definitiva en las agendas gubernamentales ni tampoco en las políticas educativas de los gobiernos estatales de México, debido a la carencia de diversos elementos tales como
recursos económicos, interés gubernamental, visión internacional y estrategia de vinculación internacional
en materia de educación superior. Pese a la insuficiencia de estos elementos, en general, las entidades federativas cuentan con un marco jurídico educativo local que les permite actuar internacionalmente y también
han establecido acuerdos interinstitucionales en este sector (Angulo, 2015).
El número de estudiantes de movilidad y de convenios firmados podría considerarse poco representativo
en el caso de algunas universidades en México, por lo que hay que redoblar los esfuerzos en las estrategias
de internacionalización, reformular planes de desarrollo que estén íntimamente relacionados con las características del lugar, de la universidad y de los objetivos a alcanzar.
Chile: La internacionalización después de la dictadura
Las Universidades en Chile han demostrado una participación mayor en la arena internacional en los
últimos años, a pesar de que no hace mucho vivían oprimidas por una dictadura militar, lo cual las colocaba
con un sesgo negativo en los medidores internacionales a diferencia del resto de Latinoamérica en cuanto a
la exposición global y a la búsqueda de la excelencia incluso a nivel nacional.
La política internacional de la transición constituyó un determinante significativo del estilo transnacional en las relaciones exteriores. En adelante, los procesos políticos regionales ejercerían gran influencia en
la definición de las prioridades de la política exterior, lo que afectaría el uso de determinados instrumentos
políticos y diplomáticos, particularmente en el ámbito del multilateralismo (Wilhelmy, 2003).
De acuerdo a Wilhelmy (2003) en Chile, varias instituciones académicas y centros de estudio jugaron
un rol relevante en la constitución de grupos de trabajo que aportarían antecedentes analíticos y prácticos
para la confección de la política exterior de los gobiernos de la transición. Destacados actores de dicha
política, como José Miguel Insulza, Heraldo Muñoz, Juan Somavía, Juan Gabriel Valdés, Carlos Portales y
Alberto van Klaveren hicieron aportes esenciales desde la fase programática, basándose en sus relevantes
conocimientos especializados. Posteriormente, varios de ellos asumirían altas responsabilidades oficiales.
Por otra parte, como un modo de reinsertar al país en el escenario internacional tras el aislamiento imRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 4 No. 8, Julio - Diciembre 2018, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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puesto por los 18 años de dictadura, los gobiernos democráticos, desde 1990, promovieron el fomento de
iniciativas tendientes a fomentar la internacionalización de la educación superior (Castillo, 2016).
En el análisis de los estudiantes que deciden estudiar en América Latina y el Caribe los estudiantes
móviles provienen en su mayoría de dentro de la misma región: siete de cada diez alumnos extranjeros que
estudian en alguna universidad latinoamericana son de origen latinoamericano (Geldres, 2013).
La academia es cada vez más internacional en sus alcances “los programas que impulsan la internacionalización en Latinoamérica son los intercontinentales como ALFA y COLOMBUS; convenios subregionales, como el Convenio Andrés Bello, Asociación de Universidades del Grupo de Montevideo (AUGM),
para MERCOSUR; redes iberoamericanas (RIACES) y agencias regionales (IESALC). Cada vez son más
las alternativas de postular a programas de diversos países, redes entre universidades regionales y mundiales que otorgan financiamientos becas a estudiantes latinoamericanos” (López, 2008).
Las políticas no tan sólo apuntan a incorporar la dimensión internacional en las actividades de índole
académica sino también en las de administración y gestión, lo cual implica apoyar a las diversas instancias
de las estructuras universitarias y los docentes para realizar contactos, para buscar pares internacionales y
para obtener el financiamiento adecuado para llevar adelante sus proyectos y programas.
Respecto a la satisfacción de los estudiantes en relación a su experiencia de movilidad internacional,
se identificó el idioma de origen afecta la relación de los estudiantes extranjeros con profesores y alumnos
locales, impactando el grado de satisfacción con la experiencia total. En general, los estudiantes extranjeros
tuvieron una buena percepción del programa y de su experiencia, fortaleciendo sus competencias académicas, personales e interculturales. Sin embargo, algunos manifestaron su disconformidad en relación con
algunos profesores y estudiantes locales, como también con los paros estudiantiles y los servicios de hospedaje de bajo nivel en las dos ciudades donde vivieron. El estudio sugiere que las universidades en destinos
emergentes deben capacitar a sus profesores y alumnos para integrar a los estudiantes extranjeros, así como
agregar servicios de hospedaje para satisfacer las necesidades de éstos (López, 2008).
En este contexto, el proyecto “Consolidación de la Internacionalización de la Investigación y Postgrado
de la Universidad de Chile” surge como una oportunidad de reforzar el enfoque internacional en la institución y constituirse en un polo relevante para el desarrollo de la investigación y la formación doctoral
a nivel regional y global, ofreciendo alternativas formativas para jóvenes talentos provenientes de otros
países, capacidades instaladas para llevar adelante proyectos de investigación cooperativa y para impulsar
el desarrollo de redes internacionales de cooperación (Chile, 2019).
Argentina: Una política exterior local
La internacionalización de la educación superior es una de las tendencias clave del desarrollo. Existen
varios enfoques sobre cómo lograr la competitividad y el rendimiento en la educación superior y la movilidad académica internacional; programas de intercambio de estudiantes, asociaciones son algunos de los
aspectos que pueden desempeñar un papel importante en este proceso.
En Latinoamérica se han creado redes de cooperación que han ayudado a fortalecer las relaciones entre
las Universidades y a promover las regiones de una manera más local. A finales de la década de los 90,
se crea el Programa de Desarrollo del Sector Educativo del MERCOSUR, el cual amplió las bases para el
desarrollo del proceso de internacionalización de la educación superior, mediante la configuración de políticas regionales en materia educativa, que vienen a instalar la internacionalización de la universidad como
asunto prioritario para los gobiernos, instituciones y actores universitarios (Ramírez, 2017). En un contexto
internacional, donde está cambiando la arquitectura de la cooperación, resurgen programas de Cooperación
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Sur-Sur como instrumentos que invitan a elaborar proyectos de desarrollo endógeno, de características
horizontales y fomento de la integración regional (Oregioni, 2015) .
En Argentina, los gobiernos vienen impulsando desde el año 2003 líneas de acción y financiamiento
en materia de políticas públicas de fomento de la internacionalización que han potenciado las actividades
de cooperación de las internacionales de las universidades y ha impulsado su posicionamiento en la región
(Astur &amp; Larrea, 2012).
Ramirez (2017) habla del caso en Argentina, en el cual se menciona que la internacionalización de la
educación superior como tema de agenda de políticas educativas, viene a instalarse en Argentina hacia el
año 2000, en un contexto nacional e internacional con tendencias que favorecen la integración y la cooperación entre los países. Frente a este escenario, indagó sobre cuáles han sido las implicancias de las acciones
de internacionalización en las últimas décadas en las universidades argentinas y en qué medida estos procesos han colaborado o contrarrestado a la mayor dependencia académica o al despliegue de estrategias al
interior de las instituciones de educación superior, tendientes a la internacionalización en casa.
A partir de la primera década del siglo XXI, cuando en el país se comienza a configurar un dispositivo político, desde el Ministerio de Educación a través de la Secretaría de Políticas Universitarias, con la
implementación de programas que fomentan la internacionalización de las universidades argentinas como
Universidad Nacional de La Pampa y la Universidad Nacional de las Artes, se viabilizó en mayor o menor
grado la inclusión y la participación de todas las universidades nacionales; Esto, a su vez, generó un proceso
dinámico y cambiante al interior de las instituciones, en el que algunas universidades se alinearon de una
manera más proactiva, otras se adecuaron al nuevo contexto de forma más reactiva y otras en algunos casos
excepcionales se vieron fraccionadas por encuentros y desencuentros de los propios actores, que asumieron
posiciones antagónicas ante este proceso (Ramírez, 2017).
La internacionalización de la educación superior a nivel nacional e institucional en cualquier país debe
entenderse como el proceso de integración de una dimensión internacional o intercultural internacional
dentro de las funciones principales del sistema educativo. En el caso argentino, crearon un proceso en el
que el gobierno estaba involucrado en el proceso de internacionalización de las Universidades a través de
políticas de cooperación.
En este marco, se ha tratado de mostrar que aquellas universidades que ya tenían incorporada en su
proyecto institucional la esfera internacional, a priori de las políticas nacionales impartidas, sus acciones y
estrategias institucionales en estos últimos años asumieron una posición más proactiva, que giró en torno a
gestionar las actividades ya existentes, a las nuevas estructuras, funciones y roles internos creados, orientándose más hacia la búsqueda de un sentido propio, alineados a las tendencias de la internacionalización
en casa y privilegiando la cooperación solidaria (Ramírez, 2017).
Brasil: El Estado nacional y la educación superior
Los sistemas nacionales de educación superior de los países en desarrollo como es el caso de Brasil y de
los países de América Latina y el Caribe viene pasando a lo largo de las últimas tres décadas por un intenso
proceso de transformación.
Este proceso multidimensional tiene que ver con la expansión de la matrícula en la educación superior,
de manera convergente con la experiencia de otras regiones del mundo, como las de Norteamérica, Europa,
Asia y África (Acevedo, 2004).
El debate sobre la enseñanza superior en Brasil atravesó el siglo XX acompañando el agravamiento de
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las asimetrías que ese sistema perpetúa como por ejemplo la masificación de la matrícula, ocurrida desde
los gobiernos militares. En Brasil, la internacionalización de la educación superior viene cargada de tensiones entre una postura global y una postura local. Aunque la incidencia de la producción en el país sea pequeña, lleva una visión positiva y posibilita prever el crecimiento de la importancia de la internacionalización
en la educación. Este hecho es acentuado por la fuerza del Estado en las determinaciones de la Enseñanza
Superior en el país y se refleja en los marcos regulatorios nacionales (Acevedo, 2004).
La dimensión nacional refleja discusiones sobre la presencia del estado evaluador y, más recientemente,
en cuanto al nivel internacional en contextos de liberalización de la educación. En el caso brasileño, retrata
la fuerte presencia del estado nacional en la educación superior (Afonso, 2015).
Por ejemplo en el gobierno Lula Da Silva, la política externa mantuvo una postura multilateralista, con
características de una política influenciada por la fuerte liderazgo personal del presidente, aunque existir la
acción diplomático activo y dinámica de Celso Amorim, en el gobierno de Lula, Brasil aumento el perfil de
la relaciones con la países africanos, con el fin de no solamente promover las relaciones económicas, sino
también el rescate de la llamada la deuda humana, social y cultural (Vigevani, 2007).
En el caso específico brasileño, en términos comparativos entre los periodos de gobierno de Lula da
Silva y el gobierno de Dilma Rousseff, se notó una secuencia en el aumento de alumnos en la enseñanza
superior, teniendo en cuenta el aumento de instituciones de enseñanza superior en Brasil y los programas
lanzados durante el período de gobierno Lula da Silva para acceso a la enseñanza superior, como el PROUNI y el REUNI, que se mantuvieron durante el gobierno de Dilma. Al analizar el número de alumnos que
estudian en el extranjero, fue posible observar que no hubo una clara la diferencia en el flujo de estudiantes
de movilidad (Piva, 2018).
La internacionalización de sus Universidades refleja posturas paradigmáticas de la formación de recursos humanos de alto nivel para competir en un mercado internacional en el que el tránsito por países desarrollados exige calificación. Representa también en menor escala la apertura a los países latinoamericanos
y africanos en un paradigma de solidaridad (Moog, 2018).
Brasil se enfrenta a otro problema para su región y es el idioma pues son pocos los países que hablan
portugués, y por otro lado las instituciones de enseñanza superior de alto nivel enfrentan la competencia
de nuevas unidades; lo cual ha forzado, junto con el incumplimiento a adoptar mecanismos de control, el
financiamiento externo en lo que no ha dejado de ser atendido generosamente por el Estado.
El funcionamiento del mercado producirá una cierta selección y las menos equipadas para el objetivo
están desapareciendo con la misma velocidad que anuncian sus productos. Es notable el fortalecimiento
de la enseñanza privada para la que migran profesores jubilados o con baja remuneración en la enseñanza
pública. Este es un punto de difícil equilibrio dado los rumbos de la economía y las asimetrías sociales y
regionales del país (Piva, 2018).
3.- MÉTODO
Diseño
El enfoque investigativo de la presente investigación es cualitativo, de acuerdo con Hernández, Batista
y Fernández (2014) “Utiliza la recolección y análisis de los datos para afinar las preguntas de investigación
o revelar nuevas interrogantes en el proceso de interpretación” (p.7).
Alcanzando un diseño no experimental “Que se realiza sin la manipulación deliberada de variables y
en los que sólo se observan los fenómenos en su ambiente natural para después analizarlos” (Hernández,
Batista y Fernández, 2014, p. 149).
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El alcance establecido es el exploratorio “emplean cuando el objetivo consiste en examinar un tema
poco estudiado o novedoso” (Hernández, Batista y Fernández, 2014, p. 91).
Instrumentos
Para la construcción del marco teórico-conceptual del tema “La paradiplomacia Universitaria: La Internacionalización de la educación superior en América Latina.” se consultaron un total de treinta y nueve
referencias bibliográficas utilizándose como instrumento las ideas, argumentos y proyectos que fueron
interpretados desde una perspectiva analítica y crítica.
Procedimiento
Con relación a la comprensión del problema de la investigación se recopilan fuentes secundarias de
documentos académicos. En el marco de referencia se definen los conceptos básicos relativos a la paradiplomacia universitaria. Una vez recopilada y analizada la información se construye el documento objeto de
este trabajo. Por último, se realizan las recomendaciones y conclusiones conforme a los objetivos trazados
(Bascón et al, 2016, p. 39).
4.- CONCLUSIONES
Los retos de las Universidades en Latinoamérica ante la globalización y la internacionalización no son
fáciles, pues luchan contra gobiernos fallidos o repletos de corrupción, el idioma y la falta de consciencia
ante un panorama internacional, como lo fue revisado en los casos anteriores. De esta manera, encontramos
dos dificultades principales: la primera y más importante para los macro actores sociales es que las universidades del hemisferio norte logran seguir manteniendo en funcionamiento por el gran número de estudiantes
extranjeros que los países envían para estudiar en los países desarrollados; y la segunda es la posibilidad
de generar intercambio de conocimiento, mejorando la formación de los estudiantes de los países en desarrollo, que generalmente son países con poca inversión en educación y que pagan para enviar una parte de
sus jóvenes para formarse. En ese segundo caso, algunos jóvenes brillantes pueden no regresar a su país
de origen, siendo capturados por los países desarrollados para formar parte de empresas, investigaciones,
por lo que se encuentra un problema grave de fuga de cerebros, y las universidades latinoamericanas no se
presentan atractivas para el desarrollo profesional de los estudiantes, sin embargo, los esfuerzos expuestos
en este artículo son palpables.
La nueva economía y la nueva sociedad basada en el conocimiento deben rediseñar el sistema de educación superior sólo para proporcionar las habilidades apropiadas y las habilidades para afrontar los nuevos
desafíos; las universidades deben comprender la nueva posición en la que se encuentran como receptores
de estudiantes internacionales y el impacto positivo que eso tiene en sus regiones y países.
Por tal motivo, es importante que se asuma el reto y que existan las políticas de internacionalización
necesarias y adecuadas tanto a nivel institucional como local para promover la diplomacia paralela que
podría ser el resultado de la cooperación entre Universidades.

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Análisis Epistemólogo de los Estudios de género en la Universidad Pública Norestense
Epistemological Analysis of Gender Studies at the Norestense Public University
Olga Nelly, Estrada-Esparza1
Universidad Autónoma de Nuevo León
https://orcid.org/0000-0002-3400-569X

DOI: https://doi.org/10.29105/pgc4.8-4
RESUMEN

El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo consistió en analizar la inclusión de la
disciplina del análisis de los estudios de género para una reflexión epistemológica sobre la trascendencia que tiene la
educación lingüística. Se aplicó el método de análisis, con un enfoque cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel
documental-bibliográfico transversal. Tras la revisión documental se encontró que: existe una transformación positiva
tanto en hombres como en mujeres al ingresar a la universidad y estar en contacto con los estudios de género, ya que
abre una puerta a la sensibilización de una nueva cultura y proporcionan la capacidad para distinguir la desigualdad
social en que han vivido las mujeres desde la antigüedad. En conclusión, se tiene que la universidad además de proporcionar conocimientos y valores se necesita que sea igualitaria para ambos sexos.
Palabras clave: Educación, genero, igualdad, mujeres y universidad.
ABSTRACT
This article is the product of a bibliographic review, which objective was to analyze the inclusion of the discipline
of gender analysis for an epistemological reflection on the importance of linguistic education. The method of analysis
was applied, with a qualitative approach, non-experimental design, under a transversal documentary-bibliographic
level. After the documentary review it was found that: there is a positive transformation in both men and women when
entering university and being in contact with gender studies, since it opens a door to raising awareness of a new culture
and provides the ability to distinguish the social inequality in which women have lived since ancient times. In conclusion, it is necessary that the university, in addition to providing knowledge and values, to be equal for both sexes.
Key words: Education, gender, equality, women and university.

Cómo referenciar este artículo:
Estrada-Esparza, O. (2018). Análisis Epistemólogo de los Estudios de género en la Universidad Pública Norestense.
Revista Politica, Globalidad y Ciudadanía, 4(8), 60-70. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/
RPGyC/article/view/102

Recibido: 29 de Enero 2018 - Aceptado: 01 de Abril 2018

1
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Doctora en Estudios de Género. Email: olganelly@yahoo.com. Orcid: https://orcid.org/0000-0002-3400-

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1.

INTRODUCCIÓN

La presente investigación ofrece algunos avances que se han hecho desde el aula universitaria para implementar una nueva mirada y eliminar la discriminación por el hecho de ser estudiante del sexo femenino
o con alguna discapacidad. Asimismo, se habla de algunas prácticas misóginas que perjudican la imagen y
trabajo de las mujeres en las diferentes áreas de la sociedad y dentro de la institución educativa y se plantean
diferentes estrategias para eliminar estereotipos que dañan a las mujeres. Existe la necesidad de discutir este
tema para poder alcanzar el estatuto social de igualdad. Los cambios demográficos y laborales que se ha
tenido en América Latina y México han modificado el lugar social de las mujeres, por consiguiente, existe
una mayor inserción de mujeres en la matrícula en el nivel superior, así como docentes universitarias, pero
no en la toma de decisiones del espacio de poder. El techo de cristal todavía está muy arraigado en el deber
ser de las mujeres y esto ha provocado que no haya suficientes mujeres en los cargos altos tanto de la educación como el de la industria.
La expresión de techo de cristal se refiere a la barrera transparente o discriminación sutil contra las
mujeres que les impide llegar a los puestos jerárquicos más altos en organizaciones o en la universidad. En
estudios recientes que examinan ampliamente el techo de cristal (Chernesky, 2003) continúan poniendo de
manifiesto que la situación de desventaja de las mujeres en este ámbito persiste. Estos impedimentos contra
las mujeres son establecidos por el sistema patriarcal a través de dogmas, narraciones y el lenguaje sexista
para que un gran porcentaje de mujeres no cuestionen su capacidad para desarrollar su profesión desarrollar
y a la par que su familia. Leer la historia de las mujeres hace visible su abierta participación y evolución de
sujetos domésticos a seres activos, dejando historia de lo que hacen y provocando reacciones en la lucha
por el empoderamiento de sus propias vidas. Este estudio demuestra que todavía hay mucho por hacer y
cambiar el imaginario de subordinación que han tenido las mujeres en la sociedad y en el campo educativo
para mejorar el estilo de enseñanza-aprendizaje para no seguir reproduciendo y generando más inequidad
en las universidades, y por consiguiente, en el mundo.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
En el siglo XIV, los varones eruditos, influenciados por la visión Aristotélica de la inferioridad de las
mujeres, debatían sobre la conveniencia y argüían las desventajas que la educación de las mujeres traería a la sociedad; sin tomar en cuenta que Platón propugnó por igual educación para unas y otros; en La
República o de lo Justo opinó: “si reclamamos para las mujeres idénticos servicios que para los hombres,
fuerza será que les demos una misma educación”. Platón, (2000 p.93) Aunque en otros discursos Platón
era misógino sabía que la educación era buena para ambos sexos y quedó registrado para testimonio de la
humanidad. Durante siglos predominó el discurso de la inferioridad de las mujeres y se repiten las ideas
filosóficas y sobre todo las aristotélicas e influyen en gran medida en Jean-Jacques Rousseau (2004) para
continuar con esas ideas hasta en la actualidad, pero gracias a los estudios de género que implementaron las
estudiosas de la historia, filósofas, activistas sociales y feministas en general se habló de la opresión femenina y se visibilizó la gran injusticia en la cual vivían las mujeres. Con esto dilucidaron nuevos discursos
a favor de los derechos de las mujeres hasta llegar a la academia universitaria por primera vez a finales de
los años setenta en la UNAM. La UNAM fue la primera universidad en México en incorporar los estudios
de las mujeres en la cátedra.
En la problemática de la educación desde los pueblos precolombinos ha sido diferente tanto para hombres como para mujeres, con el objetivo de que prevalezcan los usos y costumbres de la hegemonía masculina. Las imágenes que reproducimos desde el nacimiento aunado con los estereotipos de género como
el deber ser mujer y estar al cuidado del otro son las representaciones sociales que han sido fundamentales
para manipular y predecir la realidad y el comportamiento de las mujeres a través de la objetivación y el
anclaje histórico, de acuerdo con Moscovici (2008). La educación ha sido androcéntrica y por lo tanto se
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debe de construir a una educación incluyente y no sexista par la mejor convivencia de todos los seres humanos. Por tal razón el objetivo de esta investigación es poder reflexionar que para brindar una educación de
calidad se necesita incluir y contar con la perspectiva de género en la curricular para una mejor enseñanza
y sobre todo conocer la trascendencia que tiene la educación lingüística no sexista en el logro de la equidad
de género con un análisis epistemológico del lenguaje. En este sentido, el filósofo y pensador francés, Edgar
Morín comenta que la nueva educación del siglo XXI es asumida por la UNESCO: “Se trata de armar cada
mente en el combate vital para la lucidez” (Morín, 1999, p. 34) lo que implica educar la individualidad
desarrollando habilidades para pensar la vida y el mundo de manera más igualitaria y sin distinción de
sexos. Para nuestro presente se necesita una educación y un lenguaje incluyente que permita darse cuenta
de falacias, de falsos discursos que carecen de congruencia y que solo incitan a reproducir estereotipos que
dañan y discriminan a las mujeres, niñas y niños.
Por lo tanto, la autora de este trabajo señala la necesidad y la importancia de una educación que posea un
enfoque de género transversal con un lenguaje incluyente donde mujeres y hombres se vean, se traten y se
conciban como pares y donde prevalezcan una cultura y un lenguaje no sexista, de igualdad y sin discriminación ante la urgencia de que la educación asuma su tarea para dilucidar este mal que aqueja cada vez más
a la sociedad mexicana. (Estrada, 2012). Se trata de revisar los discursos educativos, los planes y programas
escolares para que contribuyan a forjar una cultura de no discriminación y a eliminar los estereotipos que
dañan y denigran a las mujeres y que los estudios de género lo han hecho evidente, por tanto, epistemológicamente es necesario analizar los discursos en la cotidianidad y en el aula escolar.
3.- MÉTODO
Diseño
El enfoque investigativo de la presente investigación es cualitativo, de acuerdo con Hernández, Batista
y Fernández (2014) “Utiliza la recolección y análisis de los datos para afinar las preguntas de investigación
o revelar nuevas interrogantes en el proceso de interpretación” (p.7).
Alcanzando un diseño no experimental “Que se realiza sin la manipulación deliberada de variables y
en los que sólo se observan los fenómenos en su ambiente natural para después analizarlos” (Hernández,
Batista y Fernández, 2014, p. 149).
El alcance establecido es el exploratorio “emplean cuando el objetivo consiste en examinar un tema
poco estudiado o novedoso” (Hernández, Batista y Fernández, 2014, p. 91).
Instrumentos
En este trabajo se propone al estudio del discurso como la herramienta transdisciplinar que permite
dar sentido de la cultura hegemónica que ha hecho invisible a nuestra percepción la discriminación del
género femenino. La incorporación de la perspectiva de género en los cambios educativos y sociales como
lo menciona Pacheco (2010) y revisar en la historia de la educación femenina y los roles impuestos por la
cultura sexo-género y el imaginario del rol del deber ser entre los sexos de manera cualitativa. Se discute
sobre la pertinencia de adoptar un enfoque epistemológico para fomentar el pensamiento crítico y explicar
las relaciones de poder en el discurso que determinan la desigualdad entre mujeres y hombres con Cazés y
García (2007).
Para la construcción del marco teórico-conceptual del discurso como herramienta transdisciplinar, se
consultaron un total de veintiún referencias bibliográficas utilizándose como instrumento las ideas, argumentos y proyectos que fueron interpretados desde una perspectiva analítica y crítica.
Procedimiento
Con relación a la comprensión del problema de la investigación se recopilan fuentes secundarias de documentos académicos. En el marco de referencia se definen los conceptos básicos relativos a los retos para
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el discurso como herramienta transdisciplinar. Una vez recopilada y analizada la información se construye
el documento objeto de este trabajo. Por último, se realizan las recomendaciones y conclusiones conforme
a los objetivos trazados (Oliveros et al, 2018, p. 72).
4.- RESULTADOS
Históricamente a las mujeres se les ha restringido el ejercicio de sus derechos sociales, educativos,
económicos, políticos, culturales, sexuales y reproductivos mediante prácticas discriminatorias y excluyentes, basadas en estereotipos de género y lenguaje sexista. Ante la situación de evidente desigualdad,
la reflexión que en este trabajo se construye, abona a la toma de conciencia para erradicar los procesos de
naturalización de la violencia que existen en la sociedad (Bourdieu, 2003). A finales del siglo XX, a partir
de nuevos modelos educativos, los movimientos sociales internacionales, el movimiento de mujeres, los
avances científicos y el fenómeno de la globalización, la educación de las mujeres se vuelve más promisoria
y de matrícula masiva.
Esto implica la formación de una nueva representación social, de un imaginario social con atisbos
de libertad contrario al imaginario del ideal patriarcal. Flores y Estrada (2016). Por lo tanto, la supuesta
liberación de la mujer y el movimiento feminista, hicieron eco en cuestionar la representación social de
subordinación, así como también en la educación que recibían de manera diferenciada a través de textos con
una escritura y un lenguaje sexista y patriarcal. Por lo tanto, incluir la perspectiva de género en las materias
escolares, brindar capacitación a las y los maestros para que su lenguaje no sea discriminatorio, racista,
clasista y misógino es tarea de todos y de la institución universitaria. Por ejemplo, el fundador del Instituto
de Artes Gráficas de Oaxaca (IAGO) lamentó que en la televisión mexicana existan personajes como La
India María, Los Xochimilco, Chano y Chin, ya que este tipo de series degradan la imagen de los indígenas
y de las mujeres en general. Con estos programas que se trasmiten, se puede observar solo un ejemplo de
la naturalización de la lengua y su discurso misógino que se sigue reproduciendo estereotipos que dañan el
entorno social, lo violenta y denigra. De acuerdo con Montesino “la producción colectiva de conocimiento
hace de la representación una forma de pensamiento social” (2007, p. 70).
Otros ejemplos encontrados en las entrevistas hechas lo vemos en la universidad como, por ejemplo:
existen usos que demuestran sexismo en los hablantes. Este hecho devela, por supuesto, la ideología y los
prejuicios existentes en la valoración de los roles sexuales que los hablantes de esa sociedad poseen. Este
punto de vista referente al uso desigual de sentidos de las palabras (García, 1994, p. 22) se encuentra, por
ejemplo, en la diferencia de sentido que se percibe entre las expresiones consignadas en el siguiente cuadro:
Cuadro 1. Ejemplo.

Fuente: Elaboración propia, 2018.
Observamos en letra cursiva las expresiones lingüísticas y entre paréntesis los sentidos que adoptan
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al ser empleadas por los hablantes mexicanos. Estos “duales aparentes”, dice el autor, constituyen una
herencia del pasado, son expresivos de valores sociales hoy en revisión, que figuran en todas las lenguas
pertenecientes a sociedades de hábitos patriarcales (García, 1994, p. 31). Son expresiones similares donde
se emplea el mismo adjetivo para cada vocablo que designa cada género y sin embargo, como se ve, existe
una carga semántica valorativa en sentido negativo en las expresiones que se refieren al sexo femenino con
respecto a las que aluden al sexo masculino.
La pertinencia de la revisión del sexismo y la exclusión en la lengua radica en que, en este país, la situación es cotidiana. Las y los alumnos universitarios hablan con naturalidad y con un lenguaje sexista. Y,
si no se atiende esta área en el estudio del discurso en el ámbito educativo, se seguirán reproduciendo los
patrones sexistas en la lengua, por ignorancia. Nos apropiamos de las palabras de García Meseguer para
enunciar que “Estos ejemplos son una muestra del sexismo lingüístico que hemos heredado y que nos invade a todos, por causa de una costra cultural de carácter patriarcal” (1994, p. 21). La universidad tiene que
ser garante de la inclusión de un lenguaje incluyente para todas y todos. Entre los resultados se encontró que
las y los estudiantes que habían tomado cursos y diplomados de género tenían un lenguaje más incluyente
y de respeto a la diversidad racial y de género que vivimos en la sociedad.
5.- CONCLUSIONES
La universidad que se desea es una institución que además de proporcionar conocimientos y valores
que sea igualitaria para ambos sexos. La escuela es un pilar fundamental para contrarrestar estas formas
de exclusión social. Sin embargo, existe un sistema de género dentro de la institución que hace que las
personas, hombres y mujeres, actúen de acuerdo con reglas no escritas de lo que es propio para una mujer
y para un hombre, es decir, las diferencias de género establecidas socialmente permean en la universidad y
las instituciones académicas. Blázquez, (2008, p.63).
Las y los docentes universitarios necesitan una permanente reflexión de cómo se relacionan con las
alumnas y los alumnos, para no continuar ayudando a construir una realidad estereotipada, donde, desde el
momento que nace un nuevo ser, se le viste, se le habla, canta, se juega con él o con ella, de forma diferente
si ha nacido mujer o varón. Gonzalvo, (1987).
En la teoría y en la ley se habla de igualdad entre hombres y mujeres, el modelo de educación que se
transmite en la práctica real en las organizaciones contribuye a desarrollar una cultura, unas “formas de
hacer”, unas costumbres y unas prácticas implícitas contrarias a los planteamientos de la igualdad de oportunidades entre mujeres y hombres. Amorós, (1994, p.56). Se ha observado que en el ámbito educativo se
proclama habitualmente que éste es un espacio igualitario donde existe y se practica la igualdad y el trato
no discriminatorio entre las y los profesionales y las y los alumnos que lo integran, pero la realidad es que
no se ha logrado esa igualdad en la vida cotidiana. Por ello, se puede convertir en uno de los espacios menos receptivos al análisis y el debate sobre la desigualdad de género en la cultura organizativa implícita,
al considerar que es una tarea “ya realizada”. Ejemplo: (más mujeres universitarias como maestras y menos directivas en los planteles, a pesar de ser un trabajo feminizado.) y como dice, Amy Guttman, en una
profesión que, sin embargo, está bastante feminizada, la presencia de mujeres en cargos de organización y
directivos decrece sustancialmente. Guttman, (2001, p.45).
De acuerdo con Morín, se debe dejar atrás la barbarie de la incomprensión, subordinación y exclusión
que se hace a través del lenguaje sexista y de los discursos patriarcales en contra de las mujeres para conformar una comunidad terrenal, una ciudadanía planetaria. Este pensador suscribe que la educación de este
siglo debe estar sustentada en una conciencia humanizada, empática. Informar y transmitir conocimiento
sobre materias aisladas unas de otras —y que poco tienen que ver con la convivencia— dejó de ser suficiente hace décadas para formar individuos cabales que puedan interactuar y trabajar colaborativamente en
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un mundo tan complejo. La iniciativa que se necesita es deber de toda la comunidad para una sociedad más
igualitaria. Se deberán realizar más cursos y clases donde se explique la historia social de la imposición de
la subordinación de las mujeres para comprender que fue una imposición por el sistema sexo-género para
que no se repitan estas supuestas normas sociales y así alcanzar la ciudadanía y democracia tanto en la
universidad como en la sociedad que el siglo XXI necesita.
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Las Competencias de egreso y su relación con el mercado laboral en el área de las Ciencias Políticas
The Graduation Skills and their relationship with the labor market in the area of political Sciences
Luis Gilberto, Ramos-Peña1
Universidad Autónoma de Nuevo León
DOI: http://dx.doi.org/10.29105/pgc4.8-5
RESUMEN
El presente artículo es producto de una investigación, cuyo objetivo consistió en determinar si las competencias
empleadas dentro de la licenciatura en Ciencia Política son las adecuadas. Se aplicó el método de análisis, con un
enfoque cuantitativo, diseño no experimental, bajo un nivel correlacional. Tras el análisis de los resultados se encontró
que: existe correlación entre las competencias de egreso con las competencias laborales que el trabajo exige en los tres
principales aspectos de demanda laboral. Se concluye que resulta importante que los egresados puedan adaptarse a las
demandas del empleo, y esto se logra con el cumplimiento y desarrollo de competencias que le permitan situarse en un
contexto competitivo que exige calidad educativa y adaptación al cambio.
Palabras clave: Ciencias políticas, competencias, egresados, investigación, mercado laboral.
ABSTRACT
This article is the product of a research, which objective was to determine if the competences used in the Bachelor
of Political Science are adequate. The method of analysis was applied, with a quantitative approach, non-experimental
design, under a correlational level. After analyzing the results, it was found that: there is a correlation between the
competences of graduation and the labor competences that work requires in the three main aspects of labor demand. It
is concluded that it is important that graduates can adapt to the demands of employment, and this is achieved through
the fulfillment and development of skills that allow them to be placed in a competitive context that demands educational
quality and adaptation to change.
Key words: Political sciences, competencies, graduates, research, labor market.

Cómo referenciar este artículo:
Ramos-Peña, L. (2018). Las Competencias de egreso y su relación con el mercado laboral en el área de las Ciencias
Políticas. Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, 4(8), 56-74. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/
index.php/RPGyC/article/view/103

Recibido: 08 de Febrero 2018 - Aceptado: 10 de Abril 2018

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Profesor adscrito a la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales de la Universidad Autónoma de Nuevo León. Email: luis_ramos_@hotmail.com.
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�Las competencias de Egreso y su relación...

1.

INTRODUCCIÓN

La finalidad de este artículo es describir la importancia y las competencias del perfil de egreso de la
licenciatura en Ciencias Políticas, como una doctrina que forma parte de las Ciencias Sociales, tomando
en cuenta distintas perspectivas nacionales y a nivel internacional y así mismo, se toma esta información
como referencia para analizar los factores que influyen directamente en el desarrollo de las competencias.
El aprendizaje mediante el modelo por competencias genera un conjunto integrado de conocimientos,
capacidades y habilidades. En este sentido, la UNESCO (2000) afirma que:
´´Ser competente implica poder realizar una actividad profesional, resolver problemas o desarrollar
proyectos en tiempo oportuno movilizando integralmente un saber realizar, conjuntamente con los saberes
conceptuales pertinentes y con capacidades diversas de acción y de relación, con el fin de obtener resultados
de calidad. Implica conocer lo que se realiza, tener conciencia de sus consecuencias y capacidad de evaluar
la acción. Supone capacidad para aprender, innovar y generar nuevos conocimientos´´.
De manera que, competencias en las ciencias sociales y en específico en la ciencia política se define
como la capacidad de actuar de manera eficaz en un tipo definido de situación, capacidad que se apoya en
conocimientos, pero no se reduce a ellos ya que brindan la oportunidad única de abrir un importante espacio
de reflexión.
El motivo es definir las competencias que determinan el perfil de egreso deseado y el más adecuado para
un desarrollo eficiente de esta profesión, además que influyan de manera positiva en el mercado laboral de
las ciencias políticas.
En la actualidad se está llegando incluso a la creación de institutos y centros dentro de las mismas universidades dedicados a la formación de habilidades y competencias profesionales, conscientes de la importancia de esta formación no sólo para determinadas titulaciones sino hacia la totalidad de los estudiantes en
las diferentes titulaciones (Hofstadt y Gómez 2006).
Por lo que respecta a este estudio, el centro de la investigación se basará en el perfil de Egreso en Nivel
Superior de la Licenciatura en Ciencias Políticas y Administración Pública de la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales perteneciente a la Universidad Autónoma de Nuevo León.
En la actualidad, nos encontramos con tiempos donde la sociedad de nuestro país se ha mostrado insatisfecha y con un hartazgo hacia las personas que se encuentran gobernando y decidiendo el rumbo de
nuestro país; incluso, manifiestan su hartazgo hacia las personas que intentan contender a un cargo de
elección popular debido a que los perfiles que presentan estas personas son iguales o similares a los que se
encuentran en función ejerciendo el poder; de ahí emana la necesidad de analizar, cuidar y mantener perfiles
de Politólogos a la altura de la situación que exige el país y que concuerde con lo que la sociedad demanda
de sus gobernantes.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Antecedentes Históricos
Tradicionalmente, un título universitario era el único requisito que se necesitaba para ejercer una profesión; hoy en día, según manifiesta Hofstadt y Gómez (2006) se consideran aspectos en los que nunca se
había pensado que se muestran como los más valorados y como mejores predictores del posterior éxito
profesional, o al menos se les da una importancia que antes no tenían, sobre todo cuando son las empresas
las que opinan sobre los requisitos que deben cumplir los titulados universitarios.
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Para Kedrov (1967), la ciencia es un importantísimo elemento de la cultura espiritual, la forma superior
de los conocimientos humanos; es un sistema de conocimientos en desarrollo, los cuales se obtienen mediante los correspondientes métodos cognoscitivos y se reflejan en conceptos exactos, cuya veracidad se
comprueba y demuestra a través de la práctica social, y permite prever y transformar la realidad en beneficio
de la sociedad.
Al respecto, las competencias disciplinares básicas de ciencias sociales están orientadas a la formación
de ciudadanos reflexivos y participativos, cualidades que tenían los ciudadanos que dieron origen a la
Ciencia Política, conscientes de su ubicación en el tiempo y el espacio, pero que con el pasar del tiempo
se fueron perdiendo. Su desarrollo implica que puedan interpretar su entorno social y cultural de manera
crítica, a la vez que puedan valorar prácticas distintas a las suyas, y de este modo, asumir una actitud responsable hacia los demás.
Al respecto, las competencias disciplinares básicas de ciencias sociales están orientadas a la formación
de ciudadanos reflexivos y participativos, cualidades que tenían los ciudadanos que dieron origen a la
Ciencia Política, conscientes de su ubicación en el tiempo y el espacio, pero que con el pasar del tiempo
se fueron perdiendo. Su desarrollo implica que puedan interpretar su entorno social y cultural de manera
crítica, a la vez que puedan valorar prácticas distintas a las suyas, y de este modo, asumir una actitud responsable hacia los demás.
El licenciado en Ciencia Política debe obtener a lo largo de su periodo formativo no sólo conocimientos
teóricos, sino capacidades para el trabajo en grupo y la negociación, adaptación a través de la formación
continua, uso de nuevas tecnologías e idiomas, aptitudes y una ética que les lleve a ser curiosos, creativos,
innovadores y emprendedores; toda una serie de herramientas imprescindibles para adaptarse a situaciones
y entornos laborales diferentes y cambiantes (Díaz, 2010).
En este sentido, las competencias permiten poner el acento en los aprendizajes imprescindibles de la
vida diaria, desde un planteamiento integrador y orientado a la aplicación de los saberes adquiridos, hasta
poder lograr la realización personal, ejercer la ciudadanía activa e incorporarse a la vida laboral en un nivel
digno de desempeño.
Aproximación a las Competencias
El ser humano no sólo busca sobrevivir, sino explicar y desarrollarse en el mundo mismo. Así la naturaleza y sus fenómenos causaron intriga en los seres humanos, mismos que hicieron un gran esfuerzo a lo
largo de los años para poder dar respuesta a ellos y lograr desenvolverse de una mejor manera.
Fue inevitable que el hombre se preguntara en el camino de su desarrollo sobre las características o los
aspectos que los ubicaban en una mejor posición respecto a sus semejantes. Una vez desarrollada la capacidad de comunicación el hombre empezó a buscar respuesta ante lo que pasaba a su alrededor. Mediante
el auxilio de los poderes crecientes de la observación y el análisis lógico fue ensanchando constantemente
la esfera de la especulación política.
En este sentido, y tomando en cuenta estas características o aspectos de superación personal ante la
sociedad, surgen las competencias, las cuales brindan al estudiante un ambiente más propicio para su formación científica, profesional y humanista ya que ofrece mejores condiciones para su desempeño laboral,
que será el primer reto a enfrentarse una vez terminados sus estudios profesionales.

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3.- MÉTODO
Diseño
Esta investigación es de tipo Transversal, no experimental y correlacional. Al respecto, con la recolección de datos obtendremos la identificación entre nuestras variables. Se contempla un desarrollo de
corte correlacional-causal, el cual describe relaciones entre dos o más categorías, conceptos o variables
en un momento determinado, ya sea en términos correlacionales, o en función de la relación causa-efecto.
Enestos diseños, en su modalidad únicamente causal, se reconstruyen las relaciones a partir de la variable
dependiente, en otras a partir de la independiente y en otras más sobre la base de variabilidad amplia de las
independientes y dependientes (León y Montero, 2003).
La investigación no experimental según Hernández (2010) establece que estamos más cerca de las
variables formuladas hipotéticamente como reales y, en consecuencia, tenemos mayor validez externa, por
ende, existe posibilidad de generalizar los resultados a otros individuos y situaciones comunes.
Por tal motivo se expondrá la información para posteriormente analizar los resultados obtenidos, a fin
de extraer generalizaciones significativas que contribuyan al conocimiento y al beneficio de los egresados
de esta licenciatura, por consiguiente, poder verlos reflejados en un óptimo desempeño laboral.
Participantes
La población total de la que es objeto de estudio esta investigación consta de 270 egresados del 2008 al
2016 de la licenciatura en Ciencias Políticas y Administración Pública, de la Facultad de Ciencias Políticas
perteneciente a la Universidad Autónoma de Nuevo León, ubicada en el campus Mederos.
El estudio se realizó en el Septiembre de 2017 y concluyo en Febrero de 2018, con egresados de la
licenciatura, tomando en cuenta una muestra representativa de 162 personas, lo cual representa el 60% de
la población a efecto de estudio, de las cuales el 40.7% lo representan mujeres, es decir una muestra de 66
personas del género femenino, y un 59.1% hombres, es decir 96 personas del género masculino, todas ellas
dentro del rango de 21 años de edad hasta 35 años.
Instrumento
Para la realización del estudio se desarrolló una encuesta que consta del llenado de información personal
y de un formulario de 45 preguntas, de las cuales 35 corresponden a la escala de Likert, 8 cerradas dicotómicas, 1 cerrada politómica y 1 abierta.
Se realizó pilotaje con 30 encuestas previo a la implementación con el total de la muestra, dando como
resultado del pilotaje que el instrumento es confiable, tomando como variable dependiente las competencias
de egreso.

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Tabla 1. Prueba de fiabilidad de la consistencia interna del instrumento con el Alpha de Cronbach.

Elaboración propia, 2018.
Procedimiento
En el presente artículo se hace uso de la técnica de la encuesta, aplicadas a un grupo de egresados de
manera presencial y vía web, siguiendo una metodología cuantitativa descriptiva correlacional no probabilístico, ya que se pretende conocer las competencias predominantes a través de la descripción exacta de
las actividades, situaciones y procesos que van incluidos dentro del proceso de enseñanza-aprendizaje y
desempeño laboral.
4.- RESULTADOS
El 54.9% de los encuestados manifiesta que su formación profesional en el aspecto teórico fue Buena
mientras que en la práctica el 50% manifestó fue regular.
Gráfico1. ¿Cómo considera que fue su formación profesional en lo práctico?

Fuente: Elaboración propia, 2018.

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Gráfico 2. ¿Cómo considera que fue su formación profesional en lo teórico?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
Con respecto a la necesidad de dominar otro idioma aparte del español, solamente el 6.1% de los encuestados manifiesta que ha sido de bastante utilidad el uso de otro idioma en el desempeño de su trabajo,
mientras que un 9.3% opina que no ha sido nada útil. Mientras que los que sí han utilizado de alguna u otra
manera otro idioma ocupan el 84.6%, siendo el idioma inglés con un 86.4% el más utilizado.
Gráfico 3. ¿Utiliza o ha utilizado otro idioma para el desempeño de su trabajo?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
Gráfico 4. ¿Cuál otro idioma ha utilizado para el desempeño de su trabajo?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
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Como se puede observar, la mayor concentración de respuestas es regular con un 38.3% de utilización
de otro idioma. Del total de los encuestados, el 33.3% manifestó que la unidad de aprendizaje de Ciencia
Política resultó ser la de mayor utilidad en su desempeño laboral, seguida por Derecho con un 28.4%,
después Políticas Públicas con un 16%, Gestión Pública con 12.3% y por último con 9.9% Sistemas Electorales.
Gráfico 5. Tomando en cuenta las materias cursadas en su carrera profesional ¿Cuál considera que ha
sido de mayor utilidad para su desempeño laboral?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
En cuanto a las unidades de aprendizaje que menor utilidad han brindado a su desempeño laboral aparece con un 35.2% Ambiente y Sustentabilidad y con menos del 2% de las menciones la unidad de aprendízaje
de Economía, lo cual nos resulta interesante su poca mención haciendo alusión a que sí es importante para
su desarrollo laboral.
Gráfico 6. Tomando en cuenta las materias cursadas en su carrera profesional ¿Cuál considera que ha
sido de menor utilidad para su desempeño laboral?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
Destaca el bajo porcentaje de opiniones que recibió la materia de Economía, ya que ésta en realidad representa una materia que recibe mucha importancia para los egresados de esta licenciatura.
El 77.8% de los egresados encuestados trabajaron previo a concluir sus estudios profesionales y de manera equilibrada un 38.9% en algo relacionados con su carrera profesional y el otro 38.9% no.

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Gráfico 7. ¿Trabajó antes de concluir sus estudios?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
El 38.9% de los estudiantes confeccionaban sus competencias y habilidades académicas en el
campo laboral previa a la culminación del curso, lo cual eleva en gran medida la habilidad de la ejecución
de sus conocimientos, ya que este porcentaje es muy similar con el porcentaje de los egresados que continuo con el trabajo que previamente contaba durante el curso de su licenciatura con un 37.7%. Un 16.7%
tardó menos de un mes en encontrar trabajo y un 21.6% tardó de uno a menos de tres meses en encontrarlo.
Gráfico 8. Al concluir sus estudios ¿Cuánto tiempo demoró en obtener un empleo?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
El factor que más ha determinado la posición laboral actual de los egresados ha sido las Relaciones
Personales con un 29.6%, la productividad con un 28.4%, la experiencia profesional con un 22.2% y el
historial académico con un 19.1%.
Gráfico 9. ¿Qué factor ha determinado en mayor medida su posición laboral?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
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Tomando en cuenta lo ya citado por Bandala (2012), surgen las siguientes posibles respuestas en cuanto
al conocimiento indispensable para el futuro laboral inmediato. El 39.5% de los encuestados prevé a futuro
el conocimiento sobre Políticas Públicas Sociales como el más importantes e indispensable, seguido con
un 27.2% por conocimientos económicos, 25.3% por Programas y apoyos Federales, 6% conocimiento
de Sistemas Políticos y por último con un 2% conocimientos sobre el orden Internacional e Instituciones
Internacionales.
Gráfico 10. De las siguientes opciones ¿Qué conocimiento prevé a futuro como indispensable para su
desarrollo laboral?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
Los acontecimientos del pasado y actuales de la humanidad han arrastrado a la Ciencia Política a un
proceso de disputa de sistemas o doctrinas que tratan de posicionarse de mejor manera y dominar el orden
internacional, en algunos casos radicales y de minoría tratando de aniquilar al estado, sus formas democráticas y las Instituciones, una mayoría justificando el actual de la autoridad, otros casos con intenciones de
cambio y revolución y por último el surgimiento de especulaciones al futuro y la modernidad.
Casualmente la Ciencia Política se ha visto envuelta en las grandes crisis de la historia. De cualquiera
que haya sido la índole del conflicto nacional o internacional, éste siempre va acompañado del acontecer
político. Por lo que podemos decir, que la restauración de la Ciencia Política es tomar conciencia de los
principios y no repetir los procesos teóricos del pasado.
La ciencia política debe ser capaz de generar nuevos principios y conocimientos a través de una labor
técnica y teórica que surja de situaciones concretas de la historia, teniendo en consideración el conocimiento y las experiencias empíricas.
De lo anteriormente mencionado, se desprenden las siguientes habilidades como una mejor opción
para su desarrollo laboral. El 27.7% de los egresados contestó que la habilidad indispensable a futuro será
aplicar métodos y técnicas de investigación política, seguido con un 22.8% de técnicas de comunicación
política, 19.8% interpretar procesos políticos, 18.5% análisis del comportamiento de actores políticos y por
último 11.7% de actitud analítica y autocrítica ante acontecimientos políticos.

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Gráfico 11. De las siguientes opciones ¿Qué habilidad prevé a futuro como indispensable para su
desarrollo laboral?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
El 56.1% de los encuestados manifiesta que el grado en que las actividades que desempeña laboralmente
en su cargo tienen alta y muy alta relación con su carrera profesional. Un 30.9% que es regular, mientras
que un 13% manifiesta que es muy bajo.
Gráfico 12. ¿Grado en el que las actividades desempeñadas en su cargo laboral tienen relación con su
carrera profesional?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
Existe una brecha amplia de exigencia entre la competencia laboral del uso de la metodología de la
investigación como necesaria para desenvolverse de mejor manera y la competencia de egreso que recibió
el estudiante al momento de egresar de la Licenciatura.
Gráfico 13. ¿Usa la metodología de investigación para realizar sus actividades en los diferentes ámbitos laborales?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
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El empleo de la metodología de la investigación previo a la toma de decisiones en el ámbito laboral es
importante para las Ciencias Sociales también, ya que con ella se tomará en cuenta contextos históricos de
situaciones que se han repetido en el transcurso de los años y que dichos acontecimientos bien pudieran
darnos la respuesta que necesitamos.
En cuanto a la realización de investigación electoral, el mercado laboral exige mucho el dominio
de esta competencia que se manifiesta como una falta de preparación en esta área por parte de los egresados.
Gráfico 14. ¿Realiza investigación electoral?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
El dominio de los principios de planeación estratégica para la toma de decisiones por parte de los egresados es regular, mientras que la exigencia laboral resulta ser bastante para el dominio de esta competencia,
por lo que se traduce como una insuficiencia en el dominio de dicha competencia.
Gráfico 15. ¿Aplica los principios de la planeación estratégica en la toma de decisiones?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
Solamente 7 personas que representan el 4.3% de los egresados encuestados labora en algo que no tiene
nada de relación con la administración pública, 24 personas o el 15% tiene poca relación, 38 personas o el
23.8% tiene regular relación, mientras que un 48 personas sí tiene mucha relación con ella y 43 bastante
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relación con la administración pública, ocupando entre estas dos opciones un 56.8%.
Gráfico 16. ¿Labora en la administración Pública en cualquiera de sus ámbitos de gobierno?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
La demanda laboral de egresados se inclina más por la administración pública con un 54%, seguido con
un 27% por mercadotecnia política y un 19% por políticas públicas.
Gráfico 17. En donde labora, ¿por qué aspectos se inclina más la demanda de egresados?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
Tomando en cuenta los tres aspectos que menciona la Tabla 18 respecto a la demanda laboral, formulamos las siguientes competencias en relación a estos tres aspectos, partiendo del cuestionamiento hacia el
egresado sobre su competencia de egreso y hacia el mismo sobre la competencia laboral que su trabajo le
exige:
Políticas Públicas.
Esta competencia muestra bastante relación y relevancia respecto a lo que ofrece el egresado y a lo que
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exige su posición laboral.
Gráfico 18. ¿Diseña Políticas Públicas o programas de Gobierno?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
Dentro de la Gestión de proyectos, programas o políticas públicas de desarrollo social, económico,
existe un margen interesante de más de veinte puntos porcentuales de diferencia por encima de la exigencia
de la competencia laboral.
Gráfico 19. ¿Gestiona Proyectos de desarrollo social, económico y político?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
El conocimiento del marco normativo del Derecho para el diseño de políticas públicas muestra de manera equilibrada los mismos resultados entre las exigencias de las competencias.

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Gráfico 20. ¿Usa el conocimiento del marco normativo como una orientación central en el proceso de
diseño de políticas públicas?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
Administración Pública
Dentro del Aspecto de la Administración Pública encontramos en esta competencia el mayor margen
entre lo que exige la competencia laboral, siendo de menor a mayor escala el interés sobre el dominio de
esta competencia y lo que ofrece el egresado, ya que éste manifiesta desconocer esta competencia.

Gráfico 21. ¿Utiliza las herramientas de finanzas públicas para aplicar correctamente el presupuesto

Fuente: Elaboración propia, 2018.
Aunque en menor grado que la anterior competencia, gestionar recursos financieros en los diferentes
niveles gubernamentales también muestra una diferencia significativa en el dominio de dicha competencia.

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Gráfico 22. ¿Gestiona y aplica programas y recursos de nivel federal en los ámbitos estatal y municipal?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
Las variables muestran resultados muy similares en la implementación de la competencia en la
toma de decisiones, lo cual significa que los egresados se encuentran bien posicionados laboralmente, cumpliendo con un rol importante en la toma de decisiones de la organización.
Gráfico 23. ¿Toma decisiones de carácter administrativo en el diseño de las áreas de administración?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
Mercadotecnia Política
En este este aspecto, y en particular en la competencia de comunicación social existe una amplia
diferencia entre el valor que le da la competencia laboral frente a la competencia que ofrece el egresado.

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Gráfico 24. ¿Realiza tareas de comunicación social que le permitan establecer un contacto con la
población?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
El uso de las estadísticas electorales para el diseño de campañas políticas efectivas tiene una muy
estrecha similitud.
Gráfico 25. ¿Utiliza las estadísticas electorales para el diseño de campañas efectivas?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
El uso y dominio de paquetes estadísticos para el análisis de mercadotecnia electoral muestra al
igual que la competencia anterior mucha similitud, sin embargo, en esta ocasión el empleador tiene una
mayor ponderación en el grado de nula utilización, presentándose, así como la única competencia en la cual
es mayor el grado de irrelevancia por parte de los empleadores.
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Gráfico 26. ¿Maneja paquetes estadísticos para realizar análisis de mercadotecnia electoral?

Fuente: Elaboración propia, 2018.
En la tabla 28, podemos observar el grado de asociaciones entre el perfil de egreso con el que cuenta el
egresado y el perfil necesario en su actividad laboral. Se puede observar que las competencias con las que
cuenta el egresado (r = .766, p &lt; .01) tienen importante nivel de asociación con las competencias aplicadas
en el mercado laboral, respondiendo con este elemento a la comprobación de la hipótesis central de la investigación.
Tabla 2. Perfil de Egreso y su relación con el Perfil del Empleador

**. La correlación es significativa al nivel 0,01 (bilateral).
Fuente: Elaboración propia, 2018. Nota: La composición del perfil de egreso y el perfil laboral se realizó
determinando el promedio los indicadores de evaluación de cada variable
5.- CONCLUSIONES
Resulta primordial que los egresados puedan adaptarse a las demandas del empleo, y esto se logra con el
cumplimiento y desarrollo de competencias que le permitan situarse en un contexto de gran competitividad
donde se exige calidad y capacidad de cambio, en un contexto de reducción de recursos públicos.
Encontramos que el dominio de otro idioma por parte de un egresado en ciencia política, si bien pudiera
considerarse importante, sobre todo el idioma inglés por encima de los demás, el uso de este idioma no es
muy frecuente.
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�Las competencias de Egreso y su relación...

La Unidad de Aprendizaje que los egresados valoran como más útil es la ciencia política y el derecho,
dejando a la materia de Políticas Públicas en un tercer lugar, sin embargo, casi un 40% de los encuestados
prevé a las Políticas Públicas Sociales como conocimiento indispensable para el desarrollo laboral.
La Unidad de Aprendizaje que los egresados mencionan resulta de menor utilidad para su desempeño
laboral es Ambiente y Sustentabilidad. Es de destacar que solamente 1 persona de las 162 encuestadas
mencionó a la Unidad de Aprendizaje de Economía como la de menor utilidad y es que esta materia es
considerada por casi el 30% de los egresados como indispensable para el desarrollo laboral.
En cuanto a las habilidades indispensables para su desarrollo laboral, la más mencionada es Aplicar
métodos y técnicas de investigación, y es que más del 50% de los egresados utiliza en gran medida la metodología de la investigación dentro del desempeño de su cargo administrativo, sin embargo no para realizar
investigación electoral que es donde se presenta una falta de conocimiento y habilidad a desarrollar. Seguida por la habilidad de técnicas de comunicación como indispensable para el desarrollo profesional, ya que
los egresados consideran que las Relaciones Personales son el factor que más ha determinado su posición
laboral, seguida por la productividad, la experiencia profesional y el historial académico.
El 80% de los egresados encuestados manifiestan que laboran en el sector público desde cualquiera de
sus ámbitos, y que es precisamente la Administración pública el aspecto que tiene más demanda por parte
de los empleadores, seguida por la mercadotecnia política y por último las políticas públicas.
La competencia que tiene mayor relevancia y uso en el campo laboral es, en primer lugar, saber gestionar proyectos de desarrollo social, económico y político; en segundo, seguida inmediatamente, saber
cómo aplicar los recursos económicos de nivel federal en los ámbitos estatal y municipal y en ambas existe
un margen considerable para realizar algunos cambios y hacer mayor énfasis en ellos para lograr acortar
la distancia que existe entre el dominio que considera tiene el egresado sobre esta competencia y lo que le
exige su posición laboral y en un tercer lugar, diseñar Políticas Públicas o programas de Gobierno en el cual
existe una similitud dentro de las dos variables.
Algunas otras competencias que son necesarias para formar un perfil de egreso adecuado son el emprendimiento, manejo de estadísticas financieras, capacidad de negociación y diplomacia, solución de conflictos, responsabilidad social, reglas de operación de programas, innovación y liderazgo.
Con este estudio podemos determinar que existe mucha correlación entre las competencias de egreso
con las competencias laborales que el trabajo exige en los tres principales aspectos de demanda laboral.
Solamente existe una competencia con una diferencia considerable dentro de cada uno de los tres aspectos.
REFERENCIAS
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primera actualización. Cd. Universitaria: UANL

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Estratégias didácticas para la esperanza de los conceptos ecológicos de individuo, población,
comunidad y ecosistemas en el municipio de Palermo y el área protegida parque vía isla Salamanca.
Didactic strategies for the teaching of the cological concepts of the individual, population, community
and ecosystems in the municipality of Palermo and the protected area Via Parque Isla de Salamanca
Albaro Enrique, Candanoza-Henríquez1
Institución Universitario ITSA
https://orcid.org/0000-0002-6555-0797

DOI: https://doi.org/10.29105/pgc4.8-6
RESUMEN

El presente artículo es producto de una investigación, cuyo objetivo consistió en examinar la necesidad de vincular
la riqueza de especies y recursos naturales con los cuales cuenta el municipio de Palermo, con un enfoque cuantitativo,
diseño no experimental, bajo un nivel descriptivo transversal. Tras el análisis de los resultados se encontró que: existe
un interés por la riqueza de especies y recursos naturales con los cuales cuenta el parque natural de isla Salamanca,
en el departamento del Magdalena, al sector educativo y específicamente a los docentes de la Institución Educativa
Departamental Rural Palermo, sede Caño Valle y sede principal, para mejorar sus prácticas pedagógicas e investigativas. Se concluye que el impacto que generó la estrategia didáctica; a través de las salidas de campo fue positiva, por
toda la dinámica de saberes y experiencias que generó en los maestros y que les permitió adquirir herramientas para
fortalecer sus procesos pedagógicos y de aula, por lo que se recomienda seguir fortaleciendo al interior de las I.E rural
del municipio de Palermo.
Palabras clave: Didáctica, ecológico, ecosistema, enseñanza, Salamanca
ABSTRACT
This article is the product of a research, which objective was to examine the need to link the richness of species
and natural resources that the municipality of Palermo has, with a quantitative approach, non-experimental design,
under a transversal descriptive level. After analyzing the results, it was found that: there is an interest in the richness
of species and natural resources which exist in the natural park of Isla Salamanca, in the department of Magdalena, by
the educational sector and specifically by the teachers of Institución Educativa Departamental Rural Palermo, Caño
Valle headquarters and main headquarters, to improve its pedagogical and research practices. It is concluded that the
impact generated by the didactic strategy, through the field trips, was positive due to all the dynamics of knowledge and
experiences that it generated in the teachers and that allowed them to acquire tools to strengthen their pedagogical and
classroom processes, so it is recommended to continue strengthening within the rural EI of the municipality of Palermo
Key words: Didactic, ecological, ecosystem, teaching, Salamanca
Cómo referenciar este artículo:
Candanoza-Henríquez, A. (2018). Estratégias didácticas para la esperanza de los conceptos ecológicos de individuo,
población, comunidad y ecosistemas en el municipio de Palermo y el área protegida parque vía isla Salamanca.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, 4(8), 75-89. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/
RPGyC/article/view/104
Recibido: 23 de Febrero 2018 - Aceptado: 09 de Abril 2018

1
Magister en Gerencia de sistemas de Gestión Integral, Docente Catedrático de la Institución Universitario
ITSA. Email: Profesorcandanoza@gmail.com
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1.

INTRODUCCIÓN

La paulatina preocupación del ser humano, frente a la defensa y manejo responsable de los recursos que
tiene la naturaleza, permitió que este artículo se enmarcará en el área de educación ambiental y desarrollo
sostenible específicamente en la enseñanza de la ecología y a partir de allí generará sinergias entre sectores
(medio ambiental – educativo) frente a las zonas de reserva natural que tiene el municipio de Palermo y las
zonas rurales de Caño Valle y Caño Clarín, y a su vez establecer la preservación de los bosques, especies
presentes, conectividad entre bosques y servicios eco sistémicos que ellos brindan, a fin de mejorar los
niveles de apropiación que presentan los docentes de ciencias naturales de las Instituciones Educativas Departamentales Rurales de Palermo, sede Caño Valle y la Institución Educativa departamental rural Palermo,
sede principal , en sus prácticas pedagógicas y de aula y su articulación al contexto local.
La isla de Salamanca recibió la denominación ‘Vía Parque’ porque permite al visitante contemplar bosques de manglar, ciénagas y playas excepcionales desde la carretera que comunica Barranquilla con Santa
Marta. Fue declarada Área de Importancia para la Conservación de las Aves (AICA). Además, esta área,
junto con el Santuario de Fauna y Flora de la Ciénaga Grande de Santa Marta, fueron declaradas en 1998
como Sitios Ramsar de importancia mundial, y en noviembre de 2000, como Reservas de la Biosfera por la
UNESCO. La isla de Salamanca es, en realidad, un agregado de pequeñas islas formadas por acumulación
de sedimentos del delta del Magdalena, sobre el fondo de una antigua bahía; comunicadas por pequeños
canales, integran una barrera que separa la Ciénaga Grande de Santa Marta del mar Caribe (Colparques,
2018).
Cuando hacemos mención a las áreas protegidas se crea una conexión entre la preservación de especies
de fauna y flora, debido a que ellas en sí mismas se convierten en un hábitat propicio para el conocimiento
e interdisciplinariedad tanto en lo social, económico, político, ambiental y educativo. De allí deriva su
importancia y riqueza.
A fin de abordar este artículo, se dio apertura con un estado del arte, que permitió analizar el tema de
las áreas protegidas en otros argumentos, en torno a las áreas protegidas a nivel de Centroamérica, Honduras, México y Colombia. Como referente teórico se trabajó el modelo pedagógico constructivista con el
autor David Ausubel y su teoría sobre el aprendizaje significativo; además de los aportes de la Enseñanza
para la Comprensión de David Perkins. El referente conceptual en la cual se ajusta el artículo es en la enseñanza de la ecología, retomando como aspectos legales la Constitución Colombiana de 1991, el Decreto
único Reglamentario del sector Ambiente y Desarrollo Sostenible1076 de 2015, la Ley 2372 de 2010 del
Sistema Nacional de Áreas Protegidas, los Estándares Curriculares de Ciencias Naturales del Ministerio
de Educación Nacional. Para el diseño metodológico, el cual se desarrolló en las Instituciones educativas,
se propuso una investigación mixta que permitió arrojar tanto datos de tipo cualitativo como cuantitativos,
para lo cual se desarrolló un test, encuestas, formaciones y salida de campo.
Se evidenció que existen falencias en algunos de los contenidos propios de la enseñanza de la ecología
y la dificultad para asociar las riquezas del contexto como eje articulador de prácticas educativas. Como
producto final se establecieron algunas ideas o recomendaciones que permitirán proyectar el conocimiento
de las Áreas Protegidas en Instituciones Educativas Departamentales Rurales de Palermo, sede Caño Valle
y la Institución Educativa departamental rural Palermo, sede principal y seguir fortaleciendo los diferentes
semilleros de investigación con los cuales cuentan.
Este documento se encuentra estructurado de la siguiente manera: primero se presentan unos aspectos preliminares donde se ubican el título de la investigación, la descripción del problema, justificación
y objetivos. Luego un marco referencial el cual incluye el modelo constructivista y la enseñanza para la
comprensión, además de los marcos legales y espaciales y todos los contenidos disciplinares de la ecología.
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Tercero el diseño metodológico que abarca los instrumentos o materiales y la implementación de la estrategia didáctica y finalmente la sistematización de la información, conclusiones y recomendaciones.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Antecedentes
Las áreas protegidas son zonas geográficamente determinadas, con la intención de conservar la diversidad biológica que en ellas se encuentra, a nivel de especies de fauna y flora. Se convierten en escenarios
propicios para intervenir a nivel administrativo, por todos los servicios ecosistémicos que ellos ofrecen con
propósitos dirigidos al bienestar social, local y regional.
La coyuntura de las zonas de reserva natural a nivel pedagógico se da dentro del currículo de las ciencias naturales, el cual ofrece desde la enseñanza básica, media y académica diversos módulos y temáticas
relacionadas con el reconocimiento de las riquezas del entorno y la preservación de los recursos naturales.
Siendo concretamente en la media académica grados décimo y undécimo, propuestos por el Ministerio de
Educación Nacional (MEN) donde se hace mención dentro del componente del entorno vivo y de los procesos biológicos al tema objeto de estudio.
De ahí la propuesta de articular dicho contenido a las áreas protegidas, como un hábitat favorable para el
establecimiento de comunidades que interactúan en el biotopo lo que facilita su uso en labores pedagógicas
para enseñar las interacciones entre los organismos.
En el caso de nuestro país, específicamente En el sector de la islã de Salamanca recibió la denominación
‘Vía Parque’ porque permite al visitante contemplar bosques de manglar, ciénagas y playas excepcionales
desde la carretera que comunica Barranquilla con Santa Marta. Fue declarada Área de Importancia para la
Conservación de las Aves (AICA). Además, esta área, junto con el Santuario de Fauna y Flora de la Ciénaga Grande de Santa Marta, fueron declaradas en 1998 como Sitios Ramsar de importância mundial, y en
noviembre de 2000, como Reservas de la Biosfera por la UNESCO. La isla de Salamanca es, en realidad,
un agregado de pequeñas islas formadas por acumulación de sedimentos del delta del Magdalena, sobre el
fondo de una antigua bahía; comunicadas por pequeños canales, integran una barrera que separa la Ciénaga
Grande de Santa Marta del mar Caribe.Colparques(2018).
Teoría de Enseñanza para la Comprensión
Los diversos saberes disciplinares se apoyan en teorías que les permiten tener una mayor fundamentación de las ideas o conceptos que desean exponer. De este artículo se sustentó en la teoría de Enseñanza para la Comprensión de David Perkins (Stone, 2005) y en el Modelo Pedagógico Constructivista que
aborda a tres investigadores: David Ausubel, Jean Piaget y Vygotsky (1970). Enfocando el proyecto con la
ayuda del Aprendizaje Significativo de Ausubel (1983).
Al hablar de la teoría constructivista, se debe recordar que se apoya en la psicología cognitiva, la cual
se basa “en que para que se produzca aprendizaje, el conocimiento debe ser construido o reconstruido por
el propio sujeto que aprende a través de la acción, esto significa que el aprendizaje no es aquello que simplemente se pueda transmitir” (Ausubel, 1983).
Lo anterior se fundamenta a su vez, en lo propuesto por los autores (Hiltz &amp; Turoff, 1993) “el aprendizaje cooperativo se define como un proceso de aprendizaje que enfatiza el grupo o los esfuerzos colaborativos entre profesores y estudiantes. Destaca la participación activa y la interacción tanto de estudiantes
como profesores. El conocimiento es visto como un constructo social, y por lo tanto el proceso educativo
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es facilitado por la interacción social en un entorno que facilita la interacción, la evolución y la cooperación
entre iguales”.
Por su parte, desde la Teoría de Enseñanza para la Comprensión, propuesta por David Perkins (2005),
podemos darnos cuenta de que no todo lo que se aprende en la secundaria causa en los estudiantes un aprendizaje de tipo significativo, debido a que los contenidos son memorizados y repetidos sistemáticamente,
lo que provoca un desfase o reducción de temas complejos abordados por la ciencia. Se retoma la idea del
autor, a fin de vincular el objeto de estudio de este artículo, que si bien no hace parte literal del currículo;
por su importancia hace parte de los temas complejos de ser abordados y tratados por la ciencia y por ende
en la enseñanza y que no necesariamente deben ser abordados a través de la memorización.
Por otro lado, la propuesta de la enseñanza para la comprensión es que los conocimientos perduren a lo
largo de toda la vida y no que se olviden con facilidad, debido a que fueron aprendidos no de forma sustancial, sino errada y no lograron impactar la vida de quien aprende, ni muchos menos establecer vínculos o
relaciones con otros campos del saber (Blythe &amp; Perkins, 1999).
De igual forma como se ha indicado en este documento, el tema elegido para la capacitación de los
docentes es el de áreas protegidas, con el fin de suministrar las herramientas académicas relacionadas con el
objeto de su aprendizaje. Lograda la formación de los docentes, se espera la transmisión de sus conocimientos a los estudiantes estableciendo la creatividad en ellos y estimulando unos saberes de forma significativa.
En relación con las áreas protegidas objeto de estudio de este artículo; fue preciso contar con las contribuciones de diferentes fuentes bibliográficas, algunas locales como el Ministerio de Medio Ambiente y
Desarrollo Sostenible del gobierno colombiano y El Sistema de Parques Nacionales Naturales. Además, se
indagó en aquellas búsquedas que permiten un acercamiento al concepto de áreas protegidas y cómo estas
se pueden convertir en una estrategia didáctica para enseñar algunos conceptos de ecología, como son:
individuo, población, comunidad y ecosistemas.
Ahora bien, con el fin de contextualizarnos un poco frente al objeto de estudio de esta propuesta de este
artículo, que gira en torno a procesos ecológicos y que pretende articular las áreas protegidas en relación
a los conceptos de individuo, población, comunidad y ecosistema, es necesario considerar que el término
ecología surgió en 1866 con el zoólogo alemán Ernst Haeckel. (Nasón, 1991).
“El termino ecología deriva de las palabras griegas oikos, que significa “casa” y logia, que significa
“estudio de”. Literalmente la ecología es el estudio de la casa. El autor antes citado lo llamó Oecologie y
definió su ámbito de aplicación como el estudio de las relaciones entre los animales y su ambiente” (Smith
Smith, 2001).
De este modo, al hablar del concepto clave en la propuesta se abarca el de población, “el cual es un
conjunto de individuos de la misma especie que habitan un área determinada, que comparten cierto tipo
de alimentos y que, al reproducirse, intercambian información genética. Las poblaciones pueden ser mono
específicas u homogéneas o poli específicas y heterogéneas. Las primeras además de convivir en un área
determinada realizan el intercambio de información genética, de ahí que presenten los mismos parámetros
en términos de natalidad, mortalidad, crecimiento”. (González &amp; Medina, 1995).
3.- MÉTODO
Diseño
En este sentido, se utilizó el método basado en la acción participante; que permitió la recolección de
la información proporcionada por los docentes de la Institución Educativa Rural de Palermo, en relación
a sus prácticas pedagógicas y de esta manera se establecieron unas conclusiones o análisis a partir de sus
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experiencias.
Se considera importante señalar que el método acción participante se concibe como: “Un método de
estudio y acción que busca obtener resultados fiables y útiles para mejorar situaciones colectivas, basando
la investigación en la participación de los propios colectivos a investigar” (Nistal, 2008).
Debe señalarse, que en cuanto a lo cualitativo se resaltan las múltiples realidades subjetivas que derivan
de las prácticas pedagógicas y experiencias de los docentes en la enseñanza de las ciencias naturales en la
media académica.
Se utilizó un enfoque de investigación mixta, porque integró tanto elementos cualitativos como cuantitativos. En el aspecto cualitativo “proporciona profundidad a los datos, dispersión, riqueza interpretativa,
contextualización del ambiente o entorno, detalles y experiencias” (Hernández, 2010). En lo cuantitativo
porque “tiene en cuenta el fenómeno y sus componentes, define variables, ofrece predicciones y explica las
relaciones entre variables existentes” (Hernández, 2010).
Instrumentos
Se aplicaron encuestas a los docentes participantes evaluando las percepciones de los educadores a
través de la visita de campo.
Participantes
Se hizo intervención en la Institución Educativa Rural de Palermo, teniendo como muestra representativa a un grupo de veinte (20) docentes del área de ciencias naturales y educación ambiental, de la formación
básica secundaria y media académica.
Procedimiento
Se desarrollaron las siguientes fases a fin de darle cumplimiento a los objetivos específicos: Para conocer los saberes previos de los docentes en relación a la planificación de sus clases; se desarrolló una encuesta diagnóstica, donde debían seleccionar si estaban completamente de acuerdo, en desacuerdo, acuerdo o
completamente en desacuerdo a algunas afirmaciones en aspectos tales como: Saberes previos, Objetivos
de clase , Uso de materiales, Actividades de aprendizaje, Gestión de aula-evaluación formativa, Realización
de proyectos pedagógicos, Sistematización de experiencias significativas e Integración de las TIC. Una vez
recabada la información se sintetiza a través de gráficos y luego se realizan las conclusiones a la luz de los
objetivos.
4.- RESULTADOS
El cuestionario contaba de cuatro opciones de respuesta (A. Completamente de acuerdo, B. De acuerdo,
C. En desacuerdo y D. Completamente en desacuerdo) fue realizado por 29 docentes de las Instituciones
educativas Rurales de Palermo, sede Caño Valle y la Institución Educativa l rural Palermo sede principal.

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Saberes Previos

Gráfico 1. Apreciación de Docentes del nivel de conocimiento de los estudiantes en la planeación de
las actividades

Fuente: Elaboración propia, 2018.
De acuerdo al grafico 1, el 89,99% (26 docentes) responden completamente de acuerdo cuando tiene
en cuenta el nivel de conocimeinto de los estudiantes al planear las actividades y el 10,34% (3 docentes)
responden de acuerdo.
Objetivos de la Clase
Gráfico 2. Apreciación de Docentes del diseño de las clases de ciencias

Fuente: Elaboracion propia, 2018.
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De acuerdo al grafico 2, el 93,10% (27 docentes) responden completamente de acuerdo cuando opina
que las clases de ciencias estan diseñadas teniendo en cuenta los estandares basicos de competencias y los
DBA (Desempeños Basicos de Aprendizaje) y el 6,90% (2 docentes) responden de acuerdo.
Gráfico 3. Apreciación de Docentes sobre la planeación de los objetivos de la clase

Fuente: Elaboracion propia
De acuerdo al grafico 3, el 93,10% (27 docentes) responden completamente de acuerdo cuando opina
que la planeación del objetivo de la clase orienta a los estudiantes en la actividad y su propósito y el 6,90%
(2 docentes) responden de acuerdo.
Gráfico 4. Apreciación de Docentes sobre la relación entre las actividades y el objetivo

Fuente: Elaboración propia.
De acuerdo al grafico 4, el 96,55% (28 docentes) responden completamente de acuerdo cuando opina
que las actividades estan relacionadas con el objetivo de aprendizaje y el 3,45% (1 docentes) responden de
acuerdo.
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Uso de Material

Gráfico 5. Apreciación de Docentes sobre el uso de material educativo

Fuente: Elaboración propia.
De acuerdo al grafico 5, el 82,76% (24 docentes) responden completamente de acuerdo cuando opina
sobre el uso de material educativo para el desarrollo de la clase el 13,79% (4 docentes) responden de acuerdo y solo 1 docente responde que esta en desacuerdo.
Actividades de Aprendizaje
Gráfico 6. Apreciación de Docentes sobre el uso de material educativo y la promoción del aprendizaje

Fuente: Elaboración propia.
De acuerdo al grafico 6, el 68,97% (20 docentes) responden completamente de acuerdo cuando opina
sobre el uso de material seleccionado y la promocion del aprendizaje en el mas alto nivel previsto y el
31,03% (9 docentes) responden de acuerdo.
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Gráfico 7. Apreciación de Docentes sobre la inclusión de actividades que refuerzan competencias y
componentes en ciencias naturales

Fuente: Elaboración propia.
De acuerdo al grafico 7, el 75,86% (22 docentes) responden completamente de acuerdo cuando opina
sobre la inclusion de actividades que refuerzan competencias y componentes en ciencias naturales y el
24,14% (7 docentes) responden de acuerdo.
Gráfico 8. Apreciación de Docentes sobre la organización de grupos de aprendizaje cooperativo

Fuente: Elaboracion propia.
De acuerdo al grafico 8, el 72,41% (21 docentes) responden completamente de acuerdo cuando opina
sobre la organización intencional de grupos cooperativos par apoyar el aprendizaje de los estudiantes y el
27,59% (8 docentes) responden de acuerdo.
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Gestión de Aula- Evaluación Formativa

Gráfico 9. Apreciación de Docentes sobre el proceso de evaluación en las clases

Fuente: Elaboración propia.
De acuerdo al grafico 9, el 93,10% (27 docentes) responden completamente de acuerdo cuando opina
sobre tener en cuenta el proceso evaluativo en las clases mientras el 6,9% (2 docentes) responden de acuerdo.
Gráfico 10. Apreciación de Docentes sobre la planeación detallada de la clase

Fuente: Elaboración propia.
De acuerdo al gráfico 10, el 89,66% (26 docentes) responden completamente de acuerdo cuando opina
sobre tener en cuenta la planeacion detallada de las clases mientras el 10,34% (3 docentes) responden de
acuerdo.
Realización de proyectos pedagógicos e investigativos que promuevan el aprendizaje.
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Gráfico 11. Apreciación de Docentes sobre la realización de proyectos pedagógicos e investigativos

Fuente: Elaboracion propia.
De acuerdo al grafico 11, En el aspecto realización de proyectos pedagógicos e investigativos que promuevan el aprendizaje, el 27,59% (8 docentes) responde con la menor calificación y el 17,24% (5 docentes)
responde con la mayor calificacion. Obteniendose un promedio de 2,82 en este aspecto.
Apreciación de Docentes sobre la sistematización de experiencias significativas.
Gráfico 12. Sistematización de experiencias significativas.

Fuente: Elaboracion propia.
De acuerdo al grafico 12, el aspecto sistematizacion de experiencias signficativas, el 13,79% (4 docentes) responde con la menor calificación, mientras que el 44,83% (13 docentes) responde con la mayor
calificacion. Obteniendose un promedio de 3,69 en este aspecto.
Integración de las tecnologías de la información y comunicación en su práctica pedagógica.

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Gráfico 13. Apreciación de Docentes sobre la integración de las TIC a la práctica pedagógica

Fuente: Elaboración propia.
De acuerdo al grafico 13, el aspecto Integración de las tecnologías de la información y comunicación en
su práctica pedagógica, el 17,24% (5 docentes) responde con la menor calificación, mientras que el 44,83%
(13 docentes) responde con la mayor calificacion. Obteniendose un promedio de 3,79 en este aspecto.
Generación de procesos creativos al interior del aula de clase.
Gráfico 14. Apreciación de Docentes sobre la realización de proyectos pedagógicos e investigativos

Fuente: Elaboración propia.
Según el grafico 14, en el aspecto Generación de procesos creativos al interior del aula de clase, el
17,24% (5 docentes) responde con la menor calificación, mientras que el 58,62% (17 docentes) responde
con la mayor calificacion. Obteniendose un promedio de 4,0 en este aspecto.

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México, ISSN 2395-8448. pp 75-89. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/104

�Candanoza-Henríquez, A.

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Apropiación de la bioética en las prácticas de enseñanza
Gráfico 15. Apreciación de Docentes sobre la apropiación de la bioética en las prácticas de enseñanza

Fuente: Elaboración propia.
En el grafico 15, el aspecto Apropiación de la bioética en las prácticas de enseñanza, el 20,69% (6
docentes) responde con la menor calificación, mientras que el 24,14% (7 docentes) responde con la mayor
calificacion. Obteniendose un promedio de 3,2 en este aspecto.
5.- CONCLUSIONES
Se cumplió a cabalidad con el desarrollo de los objetivos propuestos. En cuanto al objetivo general se
desarrolló la propuesta didáctica a través de las diferentes actividades lúdicas de forma más amena a los
estudiantes y para identificar las riquezas naturales del corregimiento de Palermo, caño clarín y caño valle
localidades pertenecientes al municipio de sitio nuevo magdalena, a través de sus áreas protegidas como lo
es el parque vía Isla Salamanca. Las apreciaciones de los docentes en el aspecto de planificación de la clase
muestran altos resultados en relación con: el nivel de conocimiento de los estudiantes, el cumplimiento de
los objetivos planteados, el uso del material didáctico disponible para el desarrollo de las actividades de
aprendizaje y la gestión de la evaluación. Sin embargo, las apreciaciones docentes presentan que se debe
mejorar en aspectos como la realización de proyectos pedagógicos e investigación que promuevan el aprendizaje y en la apropiación de la bioética en las prácticas de enseñanza.
Finalmente, el impacto que generó la estrategia didáctica a través de la salida de campo que se realizaron los días 20 de abril ,15 de mayo de 2018, en el sector de caño Valle, caño Clarín y sede principal del
IED zona rural de Palermo, corregimiento de Sitio Nuevo departamento del Magdalena, la práctica fue muy
positiva, por toda la dinámica de saberes y experiencias que generó en los maestros y alumnos y que les
permitió adquirir herramientas para fortalecer sus procesos pedagógicos y de aula. Se recomienda seguir
fortaleciendo al interior de las I.E del municipio de Palermo, la enseñanza de la educación ambiental desde
una mirada interdisciplinar; que permita el reconocimiento de las áreas protegidas del municipio no solo
para la conservación de sus especies en fauna y flora; sino como eje articular de nuevas formas de acceder al
conocimiento del entorno biológico. A continuación, se presentan algunos aspectos que se podrían realizar
en un futuro para emprender investigaciones similares o fortalecer la investigación realzada:
Incorporar dentro del currículo un área o subtema de obligatorio la consecución; en torno a las áreas
protegidas como lo es el parque vía isla salamanca, con el objeto de empezar a conocer las riquezas que se
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�Estrategias didácticas para la enseñanza...

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tienen; y que perfectamente se articulan a la enseñanza de las ciencias naturales. Seguir capacitando a los
docentes del área de ciencias naturales y educación ambiental, de las diferentes instituciones educativas
del corregimiento de Palermo, en los contenidos disciplinares de su área, para cualificarlos y contar con
diversas estrategias didácticas y métodos mediados a través del uso de las TIC para hacer más llamativo el
proceso de enseñanza en los estudiantes. Contar con diversos agentes del sector público como privado y
de los directos responsables del proceso educativo (secretaria de educación municipal-alcaldía municipal,
secretaria de medio ambiente y desarrollo agropecuario) para realizar e incentivar este tipo de actividades
y salidas de campo de forma regular, a las zonas de reserva para medir los niveles de impacto que se están
generando en estos corredores biológicos y desde el campo generar diferentes proyectos de investigación
que den cuentan de las problemáticas locales más relevantes. Seguir fortaleciendo comunidades de aprendizaje con las entidades municipales.
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            <name>Access Rights</name>
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                <text>Universidad Autónoma de Nuevo León</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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        <name>Epistemología de los Estudios de Género</name>
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                    <text>�REVISTA POLÍTICA, GLOBALIDAD Y CIUDADANÍA
REVISTA CIENTÍFICA DE LA FACULTAD DE CIENCIAS POLÍTICAS Y
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Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de
Nuevo León, Monterrey, México, pp. 1-137,
ISSN 2395-8448

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SECRETERIA DE INVESTIGACIÓN CIENTÍFICA Y DESARROLLO
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�Presentación
La Universidad Autónoma de Nuevo León es una institución dedicada a la formación integral en los
campos de las ciencias, las humanidades y la tecnología, la investigación científica y la promoción del
desarrollo cultural e ideológico de la sociedad, formando líderes y dirigentes con responsabilidad ética,
compromiso histórico y con el propósito de fortalecer la identidad regional, nacional y latinoamericana. La
revista digital Política, Ciudadanía y Globalidad, revista científica de esta institución, se articula a todas
las instancias de este proyecto.
Política, Ciudadanía y Globalidad circula semestralmente en presentación electrónica, y en el sistema
Open Access, desde enero de 2015. Busca convertirse en un medio insoslayable para la publicación de
artículos científicos, inéditos, y producto de una investigación en español e inglés, de autores nacionales
e internacionales los cuales ceden todos los derechos de publicación al editor, sometiéndose los artículos
a una evaluación de árbitros, bajo la modalidad doble ciego, a fin de liderar un espacio de promoción del
desarrollo científico, el aprendizaje y el desarrollo desde la región Noreste de México.
Más en específico, es un instrumento para la socialización del conocimiento de las comunidades académicas que engloba la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales de la Autónoma de
Nuevo León, y es un espacio para la reflexión y el debate crítico, propicio para la construcción de conocimiento que redunde en el desarrollo académico, organizacional y social, en el entorno local, nacional e
internacional.
Política, Ciudadanía y Globalidad está dirigido a investigadores, estudiantes de educación superior,
funcionarios públicos, empresarios, gremios, y a toda la sociedad de conocimiento. A través de esta revista
científica, se divulga la producción intelectual y la investigación para el desarrollo de la ciencia política,
incluyendo todas las sub-áreas propias de la misma. El equipo de colaboradores está comprometido con el
fortalecimiento de los criterios de calidad científica, editorial, visibilidad e impacto en la comunidad científica, como respuesta a los nuevos lineamientos del Modelo Redalyc.
Presentation
Our university, Universidad Autónoma de Nuevo León is an institution dedicated to promote integral
education in the fields of science, humanities and technology, scientific research and it fosters cultural and
ideological development of society. This institution is in charge of forming responsible and ethical leaders
who must have historical commitment and who must have the purpose of strengthening the regional, national and Latin American identity. The digital magazine Política, Ciudadanía y Globalidad, a scientific
journal of this institution, links directly to all the instances of this project.
Política, Ciudadanía y Globalidad, has circulated each semester on its electronic version in Open Access system, since January 2015. It is trying to become a relevant medium in terms of publishing scientific
articles derived from research studies done, etiher in Spanish or English, by national and international authors who give in the rights for the editor to publish them. These articles go through an evaluation process,
Double Blind Review, before they are selected to be published in order to achieve the goal of promoting
scientific development and learning in Northeastern Mexico.
It is also a tool for the socialization of the academic communities of The School of Political Science and
International Relations of our institution. Likewise, it is a space for reflection and critical debate in order
to construct knowledge that will end up enriching academic, organizational and social development in
local, national and international contexts. Política, Ciudadanía y Globalidad is aimed towards researchers,

�students, public officials, businessmen, trade associations and the entire knowledge society. Intellectual
production and research done for politics development is disclosed in this scientific magazine. Contributor
crew is committed to the scientific, editorial, visibility and impact criteria enhancement, in response to the
new Redalyc Model guidelines.

�10
Tabla de Contenido
Editorial.......................................................................................................................................................11
Spectacular and systematic human rights abuse in Mexico P.................................................................17
Abuso espectacular y sistemático de derechos humanos en México
Tuur, Ghys, Universidad Autónoma de Nuevo León
The quadruple disappearance: Analytical proposal to reflect the social and media representation
of the victims of disappearance in Jalisco, Mexico..................................................................................25
La cuádruple desaparición: propuesta analítica para reflexionar la representación social y mediática de las
víctimas de desaparición en Jalisco, México
Darwin, Franco-Migues, Universidad de Guadalajara
Social Representations and Acknowledgement of Human Rights in the city of Monterrey, Mexico.......43
Representaciones sociales y reconocimiento de los derechos humanos en la ciudad de Monterrey, Mexico
Beatriz Elena, Inzunza-Aced, Universidad de Monterrey
Primer proceso de regulación de las casas hogar (Centros de Asistencia Social) en el Estado de Nuevo
León, México...............................................................................................................................................58
First regulation process of Residential Child Care (Social Assistance Centers) in the Estate of Nuevo León,
México
Leticia Ivonne, López-Villarreal, Universidad de Monterrey
Perspectiva de Género y Política Pública Deportiva: El Caso de la CONADE....................................75
Gender mainstreaming and sports public policy: The case of CONADE
Francisco Javier, Mendoza-Farias
Rocío Ivonne, Quintal-López
Leticia Janet, Paredes, Universidad Autónoma de Yucatan
Mediación policial como mecanismo alterno de resolución de conflictos comunitarios......................90
Police mediation as an alternative mechanism of solution in community conflicts
Lenin, Ramírez-Matus &amp; Genaro, Hernández-Velazco, Universidad Juárez Autónoma de Tabasco
The Rhetoric Empire: Rise and Fall.......................................................................................................106
Said, Dahdah-Antar, Universidad cental de Venezuela
Politica Editorial.......................................................................................................................................124

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/11

�11
Editorial
Tuur,Ghys
Editor Invitado - Revista Política, Globalidad y Ciudadanía
https://orcid.org/0000-0003-4582-5578
How to reference the editorial:
Ghys, T. (2019). Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, 11-16. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.
mx/index.php/RPGyC/editor/submission/121
In his 1961 classic The Labyrinth of solitude, Octavio Paz offered his much discussed metaphor of
Mexican masks, referring to the gap in Mexican culture between formal expressions and actual intention
or content. This gap between formal agreement and practical rejection is abundantly clear in the field of
Human Rights.
Mexico is a founding signatory of the Universal Declaration of Human Rights (1948), and in contrast to
its Northern neighbor an early adopter of almost any other additional treaty thereafter. Importantly, it also
recognizing the corresponding institutions such as the Inter American Court of Human Rights. The mask
fits tightly. Yet the Human Rights record in the past decades, both visible in formal investigations as in the
everyday experience of its citizens, speaks of a different reality. Here we don’t just refer to the disappearances, lack of security, etc., but also about the frequent violations of rights related to work and the provision
of services like social insurance, education and healthcare. This in combination with the notorious impunity
and failure of the legal system to effectively address such rampant violations, makes the smiling mask look
all the more cynical.
Alternatively, we could also accept the challenge that Human Rights pose, and try to match pretention
with reality. Mexico does have a basic legal, educational, democratic, social, etc. infrastructure that, given
reforms, can serve to build an institutional landscape that supports Human Rights. At the moment of writing, a new progressive government shows revamped interest in social and economic rights, alongside the
more usual promises of more transparency, democracy and fighting corruption. If this can be achieved, and
if it will be done so with respect for civil rights, it could mark a point of hope rather than a tradeoff.
One precondition for any of this to happen, is an awareness of the human rights framework itself.
Starting with one’s own rights, but also those of others. Yet the violations of certain groups happen either
far outside of our view (in forests or prison sells), or are not understood as Human Rights violations (such
as obstacles to joining syndicates). By speaking to transnational migrants making the journey to the U.S.
through Mexico from Honduras, Guatemala and El Salvador, my team learned a lot about hidden horrors.
Murder and rape by criminal groups on trains, robbery and extortion at the hand of security forces in
the forests, destitution from drought and disease the Northern deserts. All indicate a systematic failure of
protecting, respecting and providing of rights like security, freedom of torture and health, amongst many
others. Yet we only knew because of the survivors.
The relative visibility and enforceability of the human rights of certain groups form the red thread that
connects the first four articles in this special issue of Política, Globalidad y Ciudadanía, which is focused on
Human Rights. Articles five, six and seven are part of the normal publication cycle of this journal, although
it is difficult to truly stray far from topics that are relevant to human rights, as the entries on gender and
policing demonstrate.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/11

�12
As far as the first part on Human Rights is concerned, the goal is to draw attention to the systemic, continuous and often less visible human rights issues of Mexico. The aim is to do this in two ways:
1.
2.

By presenting studies on systematic HR problems and the surrounding struggles, often involving
marginalized groups.
By reflecting on the recognition, visibility and handling of these human rights issues as human
rights issues.

Although to some extend present in all, the first will be mainly covered in the entries on disappearances
(2) and foster children (4), while the second question surfaces more prominently in the this text (1) and the
entry on the media representation of human rights (3) of this special issue.
We will engage in this endeavor with an interdisciplinary approach and assemble. Various authors have
identified the field of human rights as fertile grounds for interdisciplinary work (Freeman, 2002; De Feyter,
2008). A frequent starting point for the study of universal rights is the field of international law (and with
that, international relations), yet the focus of this issue is national and thus not primarily concerned with
the international aspect of HR. The analysis borrows much from a sociological approach, since the focus is
often on “the societal processes and relations that shape and define how human rights are generated, defined
and employed in specific social and political arenas” (Madsen, Verschraegen, 2013, p. 4). Besides law and
sociology, our interdisciplinary assemble of authors employs perspectives from communication sciences
and political science.
In what follows, I will briefly walk the reader through the index of this issue of Política, Globalidad y
Ciudadanía:
In the first article, Tuur Ghys offers a general introduction to the topic and logic of human rights that
will be useful in understanding the other entries in this journal. It also deepens the discussion of the central
topic of unequal attention and why certain groups struggle to construct their grievances as Human Rights
abuse. This article was written in English.
In the second article, Darwin Franco Migues makes a deep reflection on the problem of disappearances
in Mexico. Approaching the problem from a communication point of view, he explores how the disappeared
are often stigmatized and forgotten, as well as the resistance of their families to try to re-frame these human
rights abuses. The article was written in English.
In the third article, Beatriz Elena Inzunza Acedo presents an empirical study on the knowledge and social imaginaries about human rights. This study, focused on Monterrey, presents data on what people know
about HR, how they know it and what issues they imagine as human rights issues. This article was written
in English.
In the fourth article, Leticia Ivonne López Villarreal offers a case study of the interplay of public policies and private actors in organizing the protection human rights of foster care children in Nuevo León.
It shows that a complex web of multi-level processes and actors is required to give voice to the rights of a
particularly voiceless group. This article was written in Spanish.
The fifth article deals with public policy in the field of sports. Francisco Javier Mendoza-Farias, Rocío
Ivonne Quintal-López and Leticia Janet Paredes analyze the limited and slow process of implementing
gender equality and sensitivity in CONADE between 2012 and 2018. This article was written in Spanish.
In the sixth article, Lenin Ramírez Matus and Genaro Hernández Velazco make a case for improving
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police mediation in neighborhood conflicts. Reviewing literature, they conclude that local police need to
further develop their role and responsibility in pacifying community relations. This article was written in
Spanish.
In the final, seventh entry, Said Dahdah Antar takes a more historical approach to the topics usually
discussed within this journal. His article attempts to trace back the roots of rhetorical speech in political
communication and citizen participation back to the ancient Greece and the Roman empire. This article was
written in Spanish.
As the editor of this issue, I would first of all like to thank the authors, especially the group that had
the patience to stick with the human rights project until the end. Second, I want to thank any anonymous
students and student assistants for their contribution, as they often form a hidden part of the academic production process. Lastly, in the name of the authors I want to thank all interview or survey respondents for
their time and testimonies that gave empirical substance to our research. Enjoy the read.
REFERENCIAS
De Feyter, K. (2008). In Defence of a Multi-Disciplinary Approach to Rights. In: K., De Feyter, G. Pavlakos
(Eds). The Tension between Group Rights and Human Rights. Oxford: Hart Publishing.
Freeman, M. (2002). Human Rights: An Interdisciplinary Approach. Oxford: Polity Press.
Madsen, M.R. &amp; Verschraegen, G. (Eds.). (2013). Making Human Rights Intelligible. Towards a Sociology
of Human Rights. Oxford/Portland: Hart Publishing.
Paz, O. (1961). The Labyrinth of Solitude. New York: Grove Press. United Nations (1948). Universal
Declaration of Human Rights. United Nations.

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Editorial
Tuur,Ghys
Co-editor Revista Política, Globalidad y Ciudadanía
https://orcid.org/0000-0003-4582-5578
Como referenciar esta editorial:
Ghys, T. (2019). Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, 11-13. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.
mx/index.php/RPGyC/editor/submission/121

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México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/11

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México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/11

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Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/11

�17
Spectacular and systematic human rights abuse in Mexico P
Abuso espectacular y sistemático de derechos humanos en México
Tuur, Ghys1
Universidad Autónoma de Nuevo León
DOI: http://dx.doi.org/10.29105/pgc5.9-7		

https://orcid.org/0000-0003-4582-5578

ABSTRACT
This paper served as an introduction to the special issue of this journal on Human Rights. It starts with a general
introduction to the concept and logic of human rights, as well as a framework for understanding the different types
of law and international norms that are often referred to in discussions on Human Rights. The central part of the text
discussed systemic or structural human rights abuses, which were often less visible than ‘spectacular’ events. The article explored why certain rights (for example economic rights) are harder to politicize as explicit human rights issues,
giving consideration to both the institutional landscape, the social position of the affected social groups and the rights
themselves. It concluded by stressing the importance of framing all human rights abuse as human rights abuse, which
requires sustained research attention for systemic problems of vulnerable groups.
Keywords: Deservingness, human rights, international law, systemic abuse.
RESUMEN
Este artículo sirve como una introducción a la edición especial de esta revista en Derechos Humanos. Empieza con
una introducción general al concepto y lógica de los derechos humanos, así como también un marco referencial para
entender los diferentes tipos de leyes y normas internacionales a los que se refieren usualmente en Derechos Humanos.
La parte central del texto discute los abusos sistémicos y estructurales a los derechos humanos, los cuales son menos
visibles que los eventos “espectaculares”. El artículo continua explorando por qué ciertos derechos (por ejemplo los
económicos) son más difíciles de politizar como problemas explícitos de los derechos humanos, considerando tanto
el escenario institucional, la posición social de los grupos afectados, y los derechos como tal. Concluye enfatizando la
importancia del encuadre de todos los abusos de derechos humanos como abusos, lo cual requiere de atención por parte
de los investigadores para los problemas sistemáticos de los grupos vulnerables.
Palabras claves: Abuso sistemático, derechos humanos, ley internacional, mérito.
Cómo referenciar este artículo:

Ghys, T. (2019). Spectacular and systematic human rights abuse in Mexico. Revista Política, Globalidad y Ciudadanía,
5(9), 17-24. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/114
Recibido: 29 de Junio 2018 - Aceptado: 27 de Julio 2018

1
*Doctor en Sociología por Universiteit Antwerpen, Profesor de tiempo completo de la Facultad de Ciencias
Políticas y Relaciones Internacionales de la Universidad Autónoma de Nuevo León. Email: tuur.ghys@uanl.edu.mx.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 17-24. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/114

�Spectacular and systematic human rights abuse in Mexico

18
1.- INTRODUCTION

“The logic of human rights (…), is the logic of human society, one that is dialogic, democratic, equitable, and grounded in the
synergetic processes of everyday life” (Blau, Moncada, 2013, p. 179).
Mexico has seen a very broad palette of human rights violations in the last three decades. When one gazes over the list of rights
mentioned in the Universal Declaration of Human Right (United Nations, 1948), examples of each are readily available. Starting
with the violation of the right to self-determination and political participation with the rigged 1988 elections which introduced the
era of neoliberalism; to the endless (and during election times weekly) reports of voter suppression and coercion. From the many
murdered journalists to the routine censorship of local media. Neither should we forget structural shortcomings in access to education
on the countryside or the decades of insufficient pensions and other parts of the right to social security. In the field of security years
of reporting by Non-Govermental Organizations (NOG’s) like Amnesty International on torture cases could be noted, as well as the
abysmal conditions of Mexican prisons. Two topics that attracted moderate attention in the last years deserve special mentioning. First,
the nation’s notorious Internal Security Law of 2017; of which the American Commission on Human Rights expressed concerns for
allowing the military to increasingly invade public space and more easily break up protests. Second, the increasingly illuminated reality of massive human rights breaches (torture, rape, murder, discrimination, etc.) of Middle-American transnational migrants who try
to cross Mexico to the U.S.. Yet of all Human Rights [from here onwards also written as HR] scandals, the ‘Ayozinapa’ mass murder
of 2014 is by far the most politicized case in recent history. The disappearance and murder of 43 protesting students in the state of
Guerrero triggered large street protests in the capital, attracted international media attention and was subject of an investigation by the
Inter-American Commission on Human Rights.
However not all HR violations are created equally. For all the commotion it generated, the morbid spectacle of Ayozinapa drowns
in the sea of political violence and daily underreported systematic violations and disappearances. For example a strong candidate for
the most commonly breached universal human right is the daily violation of the right to just and favorable working conditions. Among
other problems, the International Labour Organization (2014) estimated that nearly 60% of Mexican workers have informal jobs,
with the minimum wage in the formal sector historically falling below the patrimonial poverty line (although the new government
announced improvements in the latter case). Existing rights including severance pay are rarily enjoyed, as most worked don’t reach the
requirements or are cheated out of them (Valencia, Foust, Tetreault, 2012, p. 35). Rarely were Mexican labor conditions constructed as
a human rights issue, even if the suffering (and probably avoidable death toll) of this and other structural causes of poverty far exceed
that of a single spectacular act of violence. This imbalance is institutional, because even if a case regarding labor conditions would
attract such media attention, it would not be received by the Inter American Court of Human Rights which only deals with civil and
political rights.
Observations like the previous one form the starting point of both this text and the special issue of this journal, which both will
take an interdisciplinary approach (Freeman, 2002; De Feyter, 2008). This introductionary text is theoretical of nature, based on both
the respective international laws and secondary literature on the history, philosophy and sociology of human rights. For various examples it will also draw on insights from our research on migration (Inzunza, Ghys, 2018) and poverty (Ghys, 2018). In what follows
we will first offer a general conceptual introduction to human rights for those unfamiliar with the topic. After this we continue the
theoretical reflection on why some rights and groups seem less deserving of attention and intervention than others.
2.- THEORICAL FRAMEWORK
A brief introduction to human rights
This brief overview of the field of human rights serves as orientation for readers new to the topic, as well as to bind together the
inevitable slight variations in views on this issue amongst the authors in this special journal issue. We will not attempt to be original;
the following borrows heavily from the influential conceptualization in Jack Donnelly’s standard work Universal Human Rights in
Theory and Practice (2013). We will first highlight some essential elements of the concept of human rights, and later discuss the relation between various human rights treaties.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 17-24. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/114

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First of all, Human Rights are the rights one has for being human, aimed at protecting human dignity. Human rights are individual
entitlements, not to be confused with the objects of those rights or the corresponding values (Donnelly, 2013). They refer to a legal
relationship, encoded in various human rights treaties that are part of what would be called public international law (Shaw, 2014), and
thus implying commitments from states. Human rights place right holder A in a special relationship to state B (either the one who’s
territory A is in or belongs to as a national). This commitment includes not only a duty to respect the right (for example not to censor),
but also to protect (for example from systematic insecurity risks) and fulfill (to provide access to education). Although technically this
responsibility belongs only to the state, there has been much debate in the last decades on expanding this to other powerful actors such
as multinationals (Ruggie, 2013). We will limit ourselves to an orthodox state centered interpretation, where humans rights are ideally
made enforceable under national law.
If human rights are the rights one has for being human, they would logically apply to all humans, which brings us to the topic of
the universally of HR: they apply to everyone and they apply to them equally. This universality (and this global applicability) has been
object of sustained debate since the signing of the original 1948 Universal Declaration. Besides the effective large overlapping legal
consensus on the HR treaties (despite the often cynical support, see Smith-Cannoy, 2012), other proposed grounds for HR include
human needs, natural law and religious reflections. One of the most appealing grounds for human rights is that they protect people
from two major threats to human dignity introduced by modernity: the capitalist market and the modern state (Donnelly, 2013). Giving
at least one of these institutional contexts is present in almost all nations, HR could be seen as a universal protection and promotion
of human dignity:
“Fundamental rights provided the conceptual and institutional tools to help protect individuals from the increasingly invasive
powers of state, market, etc., while at the same time guaranteeing the free and equal access to modern social institutions such as mass
education, public healthcare and labour markets, which provided them with the means - both material and symbolic - to construct their
life-projects” (Madse, Verschreagen, 2013, p. 7).
Although interesting, the debate on universality is of no direct concern to us given the national focus of this special journal issue.
Although its HR track record would not betray it, Mexico is one of the 48 founding signatories of the original Universal Declaration of
Human Rights. It was also an early signatory of the International Covenant on Civil and Political Rights (1966) and the International
Covenant on Economic, Social and Cultural Rights (1966), and has ratified the American Declaration of the Rights and Duties of Man
(1948) also known as the Bogota declaration.
The last aspects of HR we will highlight in this introduction is their indivisibility and inalienability. Human rights are not a menu
of options, but are presented as one indivisible whole in the Universal Declaration of Human Rights (United Nations, 1948). However,
various actors (including governments) have tried to weaken this notion by giving preferential treatment to certain right, a topic we
will discuss further in the next section. The fact that HR are inalienable implies that one cannot stop having human rights because
one cannot stop being human (Donnelly, 2013). This does not mean that every human is in a position to enjoy them at any time (for
example children cannot vote). One can also still get trapped in certain zones of ‘exception’ where the enjoyment of certain rights is
temporarily suspended (compare Agamben, 2005). This includes situations such as being in prison or in situations of statelessness or
undocumented migration, as Hannah Arendt pointed out early (1951). However none of these situations imply that human rights can
be categorically earned or lost, they always remain with the individual. This matters highly, since HR violations are often targeted at
marginalized groups that are dehumanized by more powerful ones.
In terms of strictly legal entities, the field of HR encompasses various treaties and laws, which can cause confusion on which
rights are actual human rights. The surrounding legal regimes further encompass various institutions that promote, monitor, protect
and enforce them, which often offer their own formulations, interpretations and relating values. To structure the discussion, we will
present various types of HR-related law in an onion model with the Universal Declaration at the center, and with each additional layer
being further removed from the core concept of HR. Notice that this ordering is purely for didactic and conceptual purposes; it does
not imply any hierarchy in power or enforceability (often on the contrary).
At the core we have the original list of thirty articles in the Universal Declaration of Human Rights (United Nations, 1948), also
referred to as the UDHR. These form the normative core of the global human rights regime, and are what most people (both laymen
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and experts) refer to when generally talking about human rights. Since it is a declaration and not a treaty, it serves as a foundational
norm that in the international field has no legal power of and in itself (although some countries copied it into their constitution). The
most prominent treaties operationalizing these norms are the International Covenant on Civil and Political Rights (United Nations,
1966) with 171 signatories; and the International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights (United Nations, 1966) with 166
signatories.
In a second tier we find various additional international rights declarations that follow the concept of Universal Human Rights
and share similar institutions (the U.N. treaty bodies). These include the right of woman; the rights of handicapped people, the rights
of the child, etc. Although these parallel treaties are sometimes referred to as human rights and enjoy as much (if not more, in case of
the rights of the child) universal support, they differ in a number of ways from the UDHR regime. First of all, they usually practically
apply to certain groups (woman, indigenous people) instead of the entire human race, offering additional protections. Second, they are
part of mostly younger legal regimes that don’t have the same history and (depending on the region and treaty) institutional support
and authority that the more known Universal Human Rights have. For example Mexico signed and ratified amongst others the Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women (United Nations, 1971); the Convention on Rights of the
Child (United Nations, 1989) and the Conventions on Rights of Persons with Disabilities (United Nations, 2006).
In a third type of rights that are sometimes brought into (Mexican) human rights discussions are constitutional rights. The Mexican constitution grants various rights to inhabitants that in concept, tone and authority are sometimes similar to Universal Human
Rights, but hold no relation to international law. In Mexico’s specific case this also includes certain additional rights to groups like
indigenous people.
Under the fourth layer of laws relevant to this debate we can group all kind of international ‘soft’ law. Here we refer to other
international treaties that do not generate binding obligations towards citizens or take the form of rights, but that can inform legal
judgement and implementation of human rights. These include important international texts such as for example the Paris Agreement
on climate change (U.N., 2015), the Global Compact for Migration (U.N., 2018) or interpretations of human rights by the relevant
treaty bodies, U.N. commissioners or organizations like the International Labour Organization. In the remainder of this text we will
limit ourselves to the first core layer when referring to Human Rights.
Some rights are more equal than others.
Our focus in this special issue is on systemic and enduring human rights violations and deprivations. In this context systemic
refers to these violations being part of the everyday functioning of society. This can either be because they are structurally (for example in the economic model) or legally locked into the operation of society, and/or because they are widely ignored. For example the
non-enjoyment of the right to social security and protection from destitution due to old age was structural in so far it followed from
the overhaul of legally guaranteed pensions in 1995 (OECD, 2016, pp. 42-44). Combined with the highly informal labor market, these
reforms left many elderly people structurally without any or sufficient pensions. Enduring violations are thus normalized as part of
everyday life, in contrast to ‘spectacular’ Human Rights violations such as active genocide or the imprisonment of an opposition leader
that refer to a specific (media) moment or case. Systemic HR problems such as the issue of disappearances can of course generate a
‘spectacular’ moment like in the Ayozinapa case where 43 students disappeared at once. However, as Darwin Franco indicates (see
elsewhere this issue), the wide media attention for this event did not necessarily illuminate or even benefit the handling of the wider
problem of disappearances. Another example of a systemic HR issue is the daily and deadly hazards (torture, murder, rape, disappearance, starvation, sickness, etc.) that transnational migrants are exposed to on their journey up North2. Although these sometimes
involve government forces and shortcomings of the duty to protect, one could argue that these issues (mostly caused by organized
crime) are not the intended consequence of a single governmental action. Yet they are systematic in the way they have been ignored for
2
The author was involved in a research projects that included 60 interviews with transnational migrants.
Although the research question centered around their sources of information and imaginaries of the journey and destination (and thus contained no direct questions on abuse).; our interviewers were flooded with horror stories of rampant
HR violations. Only recently has this topic attacked more mainstream attention.
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decades. Flagrant disregard for the plight of migrants became part of the long list of irregularities, impunities and institutional failure
that together formed the paradoxical normality of Mexican surrealism.
Yet some issues are able to attract more attention than others, and some (such as the right to fair pay) are barely conceived as
human rights issues (see the entry by Beatriz Inzunza elsewhere in this issue for more on imaginaries of human rights). In this it is
crucial to keep in mind that Mexico is not a ‘rogue’ country that doesn’t recognize or makes reservations on human rights, but instead
a founding signatory of human rights and overall loyal participant in additional international HR law3. The question thus becomes why
this society recognizes human rights and at the same time accepts certain systematic violations as everyday normality. The following is
not meant as an exhaustive analysis of why certain human right violations become normalized or generate no paths to justice. Instead,
we intend to draw a broad overview of possible perspectives that can help provide background to the further contents of this issue.
One set of reasons clusters around the particular group that is experiencing difficulties in enjoying their human rights. This might
have to do with the perceived deservingness of particular social groups. Besides power, individuals and groups also hold a certain status (or symbolic capital) within society, which among other things influences what societal rewards or punishments society is willing
to grant them. This shows clearly in for example the field of poverty reduction and social assistance (Gans, 1996), where audiences
and politicians often favor the ‘deserving’ poor (widdows, the physically impaired) over ‘undeserving’ poor such as the unemployed.
Various groups in society suffer from similar forms of ‘symbolic violence’ (Bourdieu, 1984): they are denied respect and recognition
from groups with higher prestige, which reinforces inequality. But we could apply this to Human Rights more generally, especially
when dealing with groups that break or broke certain societal norms. Research by Drolet, Hafer and Heuer (2016) indicates that “if the
target of Human Rights violation engaged in highly morally reprehensible behavior in the past (even behavior that is not directly related to the violation), people will perceive the target as deserving of extremely negative treatment” (p. 430). This is troubling for HR,
since these rights are supposed to be a safeguard exactly when one is not respected in society (Donnelly, 2013). One example would
be the seemingly generalized political and public disregard for the abyssal conditions of certain Mexican prisons; of which some are
so abandoned that they are left to self-governance of the prisoners. Prisoners are the ultimate ‘undeserving’ group, since even without
knowing them one can assume the crimes they committed to end up in prison violated explicit societal norms. Violations of their human rights are thus easily ignored and might even be approved by other social groups. From the perspective of policy makers, prison
reform might yield considerable societal and security benefits, but giving attention to the HR of prisoners is an unattractive political
position given they are seen as undeserving. Besides, In Mexico they don’t have the right to vote (Cantú, 2011)4.
The latter ties into the factor of the relative powerlessness of certain groups. Although their rights are preexisting and don’t need to
be conquered or earned, various groups in practice lack the power to enforce them. This can be because they lack other civil rights or
stand in an exceptional relation to the law, such as is the case with (undocumented) migrants or the aforementioned prisoners. Or because they lack the economic, social and/or political influence in Mexico (Ghys, 2018) or access to justice (lawyers, courts) to demand
the active respect of their labor rights. It is for example harder for poor farm workers to draw attention to evident violations of labor
rights, than for judges and other magistrates to attempt using HR to shield them from wage reforms. Additionally, if not automatically
provided, rights must be claimed via legal instruments and courts, which is simply an unlikely course of action for various vulnerable
groups (Madsen, Verschreagen, 2013). This not only assumes the availability and accessibility of adequate legal recourse, but also a
level of awareness and knowledge of one’s own rights and the will, time and resources to engage in legal processes. As with rights in
general, the poor tend to be least capable of enforcing them: “It is well known that most failures in assuring human rights are more or
less directly related to poverty” (Madsen, Verschreagen, 2013, p. 10). This also draws attention to the need of Human Rights education

3
To add a point of comparison: while Mexico early on signed and ratified additional conventions on the rights
of children, woman, and people with disabilities, the United States did not ratify any of the aforementioned.
4
Another example of a group lacking this right that is often constructed as undeserving is transnational migrants. While the problem itself has been largely ignored for decades, in the second half of 2018 transnational migrants
suddenly lost much of what remained of their ‘deservingness’ in the eye of large parts of the Mexican public. After a
brief wave of immigration and the reaction of U.S. president Trump, migrants fell victim to an intense stigmatizing
(social) media campaign. Working on this topic, I found myself surprised at the speed and effectiveness of assault on
deservingness, making drawing attention to the savage abuses this group experiences harder overnight.
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and making people familiar with their rights and the available channels of claiming them.
A last variant are groups whose rights (and sometimes bodies) are rendered invisible. Abuses that we do not know, such as that of
trans migrants in the woods or those tortured and illegally imprisoned, cannot attract attention. Darwin Franco’s contribution in this
issue details how for example many disappeared persons are rendered invisible in multiple ways, hiding the true extend of the problem. Complaints of abuse might also be silenced within the justice system itself, given Mexico’s notorious reputation for corruption
and impunity in both police forces as the court system. The underreporting of abuse in media, especially if it involves the silencing of
that same media (a HR abuse in itself), further ads to the problem.
Another cluster of reasons for variations in attention for HR issues are not connected to the victims but to the rights themselves.
Human Rights, like other institutions, are socially constructed: they are what we through social interaction make of them (Berger,
Luckmann, 1966). That means that regardless of their roots in any type of law, in practice our perception and valuation of them, as
well as the corresponding institutional resources largely determine how ‘real’ the role of a certain human right is in the lives of people.
The universality of human rights is sometimes challenged by not giving social, economic and cultural rights (work, social security, education, etc.) the same importance as civil and political rights (Blau, Moncada, 2013). As Donnelly (2003) explains, this partly
stems for cold war debates in which some mainly U.S. intellectuals adherred to a philosophical tradition that regarded civil and political rights (plus property) as the only ‘true’ rights. Without delving into this debate, we agree with Donnelly that there are no conclusive
arguments for this view, which is essentially a political one favoring a certain conservative ideological constellation. We hold that
the various human rights reinforce each other and dividing them often makes little sense in practical situations in which political and
socio-economic exploitation go hand-in-hand (Donnelly, 2013). The practical impact of violations of economic rights (for example
starvation or lack of healthcare) are certainly as tangible for people involved than violations of for example the right to protection
from torture. Even if we leave these ideological discussions behind, one must be aware that there are also practical discriminations
against social and economic rights relevant to our Mexican context. For example the Inter American Court of Human Rights which
has jurisprudence over Mexico only covers the American Convention of Human Rights, which only induces civil and political rights.
International NGO’s like Amnesty International and Human Rights Watch have historically focused much more on civil and political
rights. This makes attracting wider (international) attention to social and economic rights (which are amongst the most frequently
violated) harder, depoliticizing issues like exploitation and inequality.
Besides the geopolitical context, while various rights such as freedom of speech can be inconvenient to all sorts of governments,
the less politicized social and economic ones can also run counter to the interests of capital. Rights regarding social protection often
imply redistribution via taxation (Royce, 2015), and rights to fair working conditions and vacations can delay capital accumulation.
Regarding the latter, while the state is legally responsible for not offering the required protection/provision, worker right issues are
often experienced versus private companies who might violate national laws but are technically not bearers of HR obligations. This
can contribute to the overlooking of social and economic rights violations as real human rights issues. A similar situation can occer
when governments are disswayed from improving Human Rights conditions by other more powerful countries. For example Mexico
faced pressure from the United States over the last decades to disencourage and hinder the passage of Middle American migrants.
Lastly, certain rights might run counter to the survival of the political class as such (Donnelly, 2013). While this might be broadly
imaginable for any right given particular circumstances, for instance of government falling over its ability to reach consensus of an issue relating to family rights, some rights are more evident candidates. Freedom of press comes to mind in the Latin-American context,
as well as rights to legal recourse and protection from violence and torture. Although these issues might be more easily recognizable
as HR violation (see discussion above), governments might have very strong interests in depoliticizing them, for example by framing
disappearances as side effects of criminal lifestyles.
3.- CONCLUSIONS
This introduction was not intended to disclose original analysis or findings, but rather to guide the reader towards the Mexican
context, and to offer frames of understanding how the central problematic could play out in the remaining contributions. However, it
also draws attention to the need to keep framing human rights abuse as human rights abuse. While the same event, for example the
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denial of joining a trade union, can be viewed and politicized from many perspectives, the human rights approach deserves its own
space. It empowers victims and transforms them into right holders, firstly in a normative sense (knowing one is right), secondary in
a legal sense if appropriate resources are available. If these resources are not available, the first provides a ground to struggle for the
second. Yet HR also create arguments and legal obligations to provide, protect and respect in instances that could otherwise be framed
in terms of regrettable but anonymous inefficiency, crime or corruption. They point towards the needs for (and right to) continued
institutional improvement aimed at increasing the human dignity of all people.
This call extends to academic research itself, more precisely to keep directing attention to groups that are stigmatized, deemed
undeserving or dangerous, as well as those that are hard to study. Continuing the sociological angle, we must admit that practical considerations are part of research designs and the choice of topics, and certain potential research questions raise more practical barriers
than others. Besides cultural barriers, this could be as simple as being repulsed by reasons of plain physical location: ‘dangerous’
neighborhoods, remote countryside, traveling populations, etc. A second step is studying how these groups in their practical context
can use their human rights, or draw attention to their inability to do so, in achieving more dignified lives. As mentioned before, such
research lies as the crossroads of law, sociology, the field of social work, and the political and communication sciences.
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The quadruple disappearance: Analytical proposal to reflect the social and media representation of
the victims of disappearance in Jalisco, Mexico
La cuádruple desaparición: propuesta analítica para reflexionar la representación social y mediática de
las víctimas de desaparición en Jalisco, México
Darwin, Franco-Migues 1
Universidad de Guadalajara
DOI:http://dx.doi.org/10.29105/pgc5.9-6		

https://orcid.org/0000-0003-2979-2956
ABSTRACT

This article is a documentary and contextual review of the disappearance of people in Jalisco, Mexico between
2006 and 2018. Disappearance is a crime against humanity, which has increased since the Mexican State declared war
against the organized crime in 2006. The inaction of the authorities facing this grievous crisis on human rights has forced the families of the disappeared to lead their search, in life and in death. Therefore, the objective of the text is a critical analysis the political and media discourse which has reduced the disappeared to just statistics, confining their media
and social representation to a figure where the criminalization of the victim has more importance than the demand of
justice for the amount of Human Rights that are being violated. This article found that a person in Mexico does not
disappear once, but four times: 1) physical, where their human right to freedom is denied; 2) juridical-administrative,
in which they’re reduced to an statistic, disregarding their right to equality and juridical security; 3) social-symbolic,
where they’re criminalized, and stigmatized taking away their right to presumption of innocence; and 4) media, in
which they’re victimized again, violating their right to dignity.
Palabras clave: Physical, Legal-Administrative, Media and Social-Symbolic Disappearance.
RESUMEN
El presente artículo es una revisión documental y contextual de la desaparición de personas en Jalisco, México
entre 2006 y 2018. La desaparición es un crimen de lesa humanidad, que ha aumentado desde que el Estado Mexicano
declaró la guerra contra el crimen organizado en 2006. La inacción de las autoridades ante esta grave crisis de derechos
humanos ha forzado a las familias de los desaparecidos a realizar su búsqueda, tanto en la vida como en la muerte.
Por tanto, el objetivo del texto se centra en el análisis crítico del discurso político y mediático que ha reducido a los
desaparecidos sólo a estadísticas, confinando su representación social y mediática a una figura donde la criminalización
de la víctima tiene más importancia que la exigencia de justicia alrededor de los derechos humanos que le han sido
violentados. En este sentido, el artículo encontró que una persona en México no desaparece una vez, sino cuatro: 1)
física, donde se niega su derecho humano a la libertad; 2) jurídico-administrativo, en el que se reduce a una estadística,
sin tener en cuenta su derecho a la igualdad y la seguridad jurídica; 3) social-simbólica, donde son criminalizados y
estigmatizados eliminando su derecho a la presunción de inocencia; y 4) mediática, en la cual son re-victimizado nuevamente, violando su derecho a la dignidad.
Key words: Desaparición Física, Jurídico-Administrativa, Mediática y Socia-Simbólica.

Cómo referenciar este artículo:

Franco-Migues, D. (2019). The quadruple disappearance: Analytical proposal to reflect the social and
media representation of the victims of disappearance in Jalisco, Mexico. Revista Políticas, Globalidad y
Ciudadanía, 5(9), 25-42. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/113
Recibido: 16 de Julio 2018 - Aceptado: 20 de Agosto 2018

1
Doctor en Educación por Universidad de Guadalajara, Profesor de tiempo completo del Programa de Estudios de la Comunicación Social de la Universidad de Guadalajara. Email: darwinfranco@cencar.udg.mx
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 25-42. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/113

�The quadruple disappearance...

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1.- INTRODUCTION

“We must build a collective memory facing the disappearances, because if we don’t, the powerful
(The State) will come and tell us this didn’t happen… that it wasn’t true”.
Leticia Hidalgo, mother of Roy Rivera, forcedly disappeared
on January 11th, 2011, in San Nicolás de Los Garza, Nuevo León.
Even though they’re here, eternally present, not much is spoken about the disappeared in Mexico; because, for many –including the State- it is unimportant to know who were the 34 thousand 268 people that
are disappeared right now. All of them, women, men, adults, young people and children that one good day
had restricted their human right to freedom under the setting of a failed security strategy that started on
December 11th, 2006. On this day the former President of Mexico, Felipe Calderón, made a war declaration
against all the drug trafficking groups that operated on the country.
Under the setting of this war, the civil society has been the most vulnerable sector, such as the most
violated on matter of their human rights, because in Mexico, 226 thousand 024 people have been murdered
(SESNSP, 2018); 36 thousand 265 people have been disappeared (RNPED, 2018) and 310 thousand 527
more have been displaced from their territories because of the violence (CMDPDH, 2017)2.
However despite these alarming statistics, the Mexican State during two administrations, Felipe Calderón’s (2006-2012) and Enrique Peña Nieto’s (2012-2018), has systematically denied the existence of a
Human Rights crisis. It even has reiterated on several occasions before international organisms, like the Inter-American Court of Human Rights and the Office of the United Nations High Commissioner for Human
Rights (OHCHR), that a setting of rights exists in the country and guarantees the enjoyment and respect of
all Human Rights.
As counterpart, these same organizations have marked out that in Mexico, human rights violations are
being committed systematically; a similar conclusion was derived on the commission of crimes against
humanity, such as: murder, torture, forced disappearance, forced displacement, extrajudicial executions and
arbitrary detentions.
The 7th article from the Rome Statute of the International Criminal Court (subscribed by Mexico since
January, 2006), defines a crime against humanity as: “a generalized or systematic attack against a civil
population and with knowledge of said attack”. The same statute defines that this attack is “a conduct line
that implicates the multiple commission of acts (…) against a civil population, in accordance to a State’s or
organization’s politics to commit this attack” (CPI, 2002; p.3). Crimes against humanity can be perpetuated
by governmental forces, such as organized armed groups (Open Society Justice Initiative, 2006).
Some of the crimes against humanity that have been committed on Mexico according to the international
principles in terms of Human Rights, are: the disappearance of the 43 students of the Escuela Normal Rural
“Raúl Isidro Burgos” de Ayotzinapa, which happened on September 26th, 2014 on Iguala, Guerrero; the
extrajudicial execution of 15 civilians in hands of the Mexican Army, which happened in Tlatlaya, Estado
de México, on June 30th, 2014; the “grave violations” suffered by 49 migrants found lifeless in Cadereyta,
Nuevo León, on May 2012; the disappearance, torture and homicides committed against 72 migrants in San

2

The number of victims of violence were accounted from January 1st, 2006 to April 30th, 2018. The current
federal government of Andrés Manuel López Obrador has recognized that the number of missing persons exceeds 40
thousand; However, official data on the number of missing persons has not been updated since April 2018.
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Fernando, Tamaulipas, between August 22nd and August 23rd, 2010. These are just some of the cases that
received more social and media attention on the past years. Let’s remember that crimes against humanity
are crimes that do not prescribe or can be attached to any kind of amnesty or legal immunity, in which not
it only is needed to judge and consign the material authors, but every single one who had participated in
the commission of the felony. Especially, the hierarchical superiors which, by action, omission, inaction or
collusion had a link with the facts.
To this adverse panorama we would have to add also that Mexico is one of the countries in the world in
which human rights defenders take mayor risks, because in the last 11 years, 106 activists and/or defenders
of human rights have been murdered (Red TDT, 2017). Regarding the broader freedom of expression and
press, 117 journalists have lost their life and 23 are disappeared right now (Article 19, 2018). Even though a
Law for the Protection of Human Rights Defenders and Journalists exists since June 2012, and a Protection
and Defense Mechanism that detaches from the same law, these crimes are not just unpunished but also the
majority of them are not linked to activism or journalistic exercise as one of the possible causes of death
or disappearance.
The last update from the National Human Rights Commission (CNDH), that retrieves the violations to
Human Rights in Mexico during 2017, registered an increase of 117 percent on recommendations by the
presumed violations to Human Rights on public instances like the Office of the General Prosecutor (PGR),
and the National Security Commission (CNS). This incidence propitiated the organism to announce 97
recommendations; in which five standed out by crimes against humanity and eight standed out for torture
acts committed by different areas of Public Security. The ombudsman, Luis Raúl González Pérez specified:
“Mexico hasn’t experienced a significant and objective act towards a higher respect on Human Rights,
it hasn’t either managed to strengthen our democratic environment of Rights neither has accomplished to
positively modify the environment which, when the sexennial (of Enrique Peña Nieto) started, millions
of Mexicans had already faced: insecurity and violence, impunity and corruption, inequality and poverty”
(CNDH, 2018; p. 11).
As a response, the President Peña Nieto answered that in spite of the criticism regarding the protection
of human rights his government is “moving forward on the right direction”.
The Movimiento por Nuestros Desaparecidos en México (Movement for our disappeared in Mexico) – a
collective that engages more than 30 collectives from relatives of disappeared people in the country- has
named Enrique Peña Nieto’s administration as: “The sexennial of disappearances”. In his rule not only the
43 normalistas of Ayotzinapa –icon of the disappearances inside and outside the country- disappeared, but
also 20 thousand 351 people disappeared, which corresponds to 60 percent of all the disappearances.
2.- THEORICAL FRAMEWORK
The theoretical support of this article rests on two concepts: necropolitics (Mbembe, 2011) and gore
capitalism (Valencia, 2016); the first concept refers to the use of social and political power to dictate how
some people can live and how some should die; the second concept it is an analysis tool that focus the economic, sociopolitical landscape, symbolic and cultural Mexican affected and rewritten by drug trafficking;
in both, the key is the understanding of violence as the main articulator of power and terror caused not only
to the violent bodies but also to all those that are conceived as possible goods to which they can be disappeared or for economic and territorial control purposes.
Through his dissertation he will realize that the disappearance of people in Mexico is based, in part, on
an economy of death that sees the disappeared, mainly young people, as a commodity that they can exchanRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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ge and reuse to achieve the objectives (economic and power) pursued by the various drug cartels in their
collusion with the Mexican State.
At the same time, a dissertation on the evolution of the concept is presented: disappeared, and on which
its current conceptual inability is needed to account for the characteristics that disappearances have in
Mexico today, which are not associated - as in the past- to the political-ideological positions of the disappeared, because now the center is not in the disappearance of the so-called enemy, but in the disappearance
of people who allow narcomaquinaria (Reguillo, 2011) to maintain and enhance the functioning of the
death economy that now prevails in Mexico.
This theoretical analysis focuses on the way in which the Cártel Jalisco Nueva Generación has been
carrying out the disappearance of people in Jalisco, a state where the main victims of this crime are young
people who are then employed for the sowing and production of drugs, the sicariate or the sex trade.
The wider context of disappearance and the disappeared
Disappearance is, in juridical terms, a crime that consists in “the arrest, detention, kidnapping or any
other way of deprivation of liberty”. In fact, the Declaration on the Protection of All Persons from Enforced
Disappearance states that this crime can be the “work of State agents or people or groups of people that
act with the authorization, support or acquiescence of the State”. A disappearance is considered as existent
when it is given “the negative to recognize this deprivation of liberty or the hiding of the fate or whereabouts of the missing person, subtracting it to the protection of the law” (ONU, 1993; p.1)3.
Disappearance is therefore an offence that is not time-barred, as it not only involves the moment when
the person is disappeared but also includes all moments after the disappearance. The protection of the State,
in this sense, must go beyond the investigation of why the disappearance occurred and who is responsible,
since it must also include attention to all the grievances that the disappearance generates in the victim’s
family. They are disappeared and thus victim of a crime, not just someone that suffers a condition of absence or non-localization, as generally are pointed out in the Mexican State and their multiple government
organs. Thus, someone can be considered as missing when, product of a Human Rights violation, a person
or a group of them deliberately decide to deprive them from their liberty. In this context, disappearance
constitutes a crime that is not only permanent but also being prolonged day by day.
A huge part of this international juridical acknowledgment of disappearance and enforced disappearance we owe to the fights, complaints and organization of collectives of relatives from the detained-disappeared4 that denounced this crime systematically. This originated mainly under the frame of the military

3

The first international recognition on disappearances occurred on September 20th, 1978, when the United
Nations published the resolution 33/173; which insisted that all the member countries: “assign the necessary resources
to the search of missing people, in application to the law and respect of people’s Human Rights” (ONU, 1978; p.166).
Since this date, disappearance is known as an aggravating and flagrant violation to Human Rights. This was reassured
by the UN on 1992 when in the resolution 47/133 was written the Declaration on the Protection of All Persons from
Enforced Disappearance, in which is established that disappearance can be considered as a crime against humanity. In
1992 the International Convention for the Protection of All Persons from Enforced Disappearance was made. Countries
like Mexico agreed to create “mechanisms for prevention of enforced disappearance and to fight against impunity in
which concerns the commission of this crime.”

4

Social category with which Argentina named all people who were deprived from their liberty by the military
dictatorship that this country lived between 1976 and 1983. The Argentinean State only recognizes the disappearance
of 13 thousand people; however, the Association of “Las Madres de Plaza de Mayo” precise that the disappeared in this
period were more than 30 thousand. See: http://www.madres.org
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dictatorships in Latin America in countries like Argentina, Brazil, Chile and Guatemala, just by mentioning
some of the cases that were taken to the Human Rights Commission of the UN.
Disappearance, as a crime, generates a series of obligations to the State in which the disappearance
happened and is still happening, since this is the responsible authority with the obligation of generating
politics and strategies to create and follow actions that propitiate: 1) strategies for the prevention of a crime
such as disappearance; 2) the research of the crime to find the location of the direct and indirect responsible;
3) the ruling of sentences to punish those who commit this crime; and most relevant, 4) the localization,
mainly while alive, of the disappeared person; if the localization wouldn’t be given this way, the State also
has the obligation to locate the body and/or the rests of the disappeared person to deliver them with dignity
to their relatives5.
This series of legal conceptualizations must be accompanied by socio-political and socio-historical dissertations that place disappearances and the disappeared in contextual frameworks that allow us to understand why people, especially young people, are disappearing in Mexico, and what their whereabouts could
be. Understanding the causes and motives for which people are disappearing would help to identify that
they (disappearances) constitute a crime against humanity that is constantly denied by the State. This not
only minimizes the existence of this crime but, at the same time, criminalizes the disappeared to make them
responsible for their own disappearance. This generates the construction of stigma around disappearances
that constantly violates the dignity and integrity of the disappeared, which undermines the possibility of
social cohesion around the victims of this crime.
This criminal connotation of current disappearances, imposed by the Mexican State, is different from
the somewhat generic definition of disappearances and disappearances in international human rights treaties and legislation, in which disappearance is thought of as part of the political-ideological actions developed by the victims. The name “detainee-disappeared” that appears in these treaties is not entirely tied to
this other type of disappearance, which is committed by both the State and drug traffickers, as happened in
Colombia and is currently manifested with force and terror in Mexico.
Thereon, Robledo (2016) thinks the disappearance and disappeared must not be detached from the
social life that contains them, because it is in this reference frame that the actions their family make daily
are attached. This process is expressed in their memory devices (Souza, 2018) and in the legal-political and
political-social struggle they are carrying out to ensure recognition of the existence of the crime, the innocence of their disappeared and the inability of the State to confront this humanitarian crisis.
Gabriel Gatti (2017), one of the main theorists of Latin American’s disappearances, created a conceptual
genealogy to establish what is meant by disappearance and what is meant when a person is named as missing or disappeared. In his social-historical revision of both terms, based on Mahlke (2017), he establishes
that the ideal type of disappeared does not only goes through a penal-juridical phase, but also by esthetic,
psyche-clinical, social-political and social-historical criteria; Sugerencia It will be included on the media
denomination.
The esthetic refers to universal representations that signifiy the disappearance, the disappeared and the
pain that both facts generate in their families. The images of mothers carrying the pictures of their loved

5

In Mexico these series of obligations are stipulated on the General Victim’s Law (GVL), and the General Law
on Forced Disappearance of Persons and disappearance committed by individuals. Both Legislations were the result of
the fight of victims of violence; the first case was leaded by the Caravana por la Paz con Justicia y Dignidad; and the
second, by the Movimiento Nacional por Nuestros Desaparecidos en México.
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missing ones on their chests is, perhaps, one of the most intense representations, as it is the search sheets
with the caption “missing” that are posted in public places or distributed massively on digital social media
(Franco, 2016).
The psyche-clinical refers to the psyche-social and psyche-emotional materialization, both propitiate
the unfinished mourning, the rupture of the biographic process and fragmentation of everyday life that
come after the disappearance. Here the focus is on the victims condition and the effects that: “persist on
the survivors and their social environment, inscribing the pain in a dispute and power relationships field in
which is possible to find forms of solidarity and practices of stigmatization and public rejection” (Robledo,
2017; p.21).
This process is intimately connected to the social-political space of articulation of the mobilization that
produces not only public acknowledgement of the absence, but also of the absence of access to justice.
Judith Butler (2016) has analyzed the distribution of the value of the loss or missing of lives in public spaces, whereof forms of social organization exist, where “the unsettling and democratizing character of the
mourn” helps to visualize the tragedy (p.45). On this matter, the thousands of public manifestations of the
families of the disappeared in Mexico constitute actions not just of public demand for justice but also of
memory. They give public visibility to the existence of these disappearances, but also to the social-historical
causes that provoked them. That is why the social-historical component is key to think about the causes
linked to the commission of this crime in the past (even though this is still being manifested on the present).
The majority of the disappearances that were generated in Mexico between the 60’s and the 80’s had political-ideological components; which means that the people were mainly disappeared by the Mexican State
because their political actions and thoughts constituted a risk to the political order. On the period known as
“La Guerra Sucia” (The Filthy War), that covered the decades of the sixties and seventies in Mexico, there
are 532 known cases of enforced disappearance (CNDH, 2001). From these, the authorities only confirmed
their own participation in the actions that violated Human Rights of 275 people who victims of detention
were, questioning and eventual enforced disappearance by elements of the Mexican State. Despite the official recognition, there does not exist any kind of sentence for these acts.
The current social-historical scenario that promotes the disappearance of 36 thousand 265 people in
Mexico has been the presence of organized crime. We can think about disappearances as a terror strategy,
but also consider the disappeared as victims of a violence that registers under the frame of a war against
organized crime.
The disappeared, at least in the current Mexico, are the result of the commodification of the body and
bodies. The utilitarian and expressive violences, as Reguillo (2011) states, combine all social and symbolic
life. This creates utilitarian logics where “they kill just for killing” or “disappear just for disappearing” as
long as the ends (mainly economic) allow it and justify it, because people are not seen as humans but as
mere merchandise products that can be disposable or reusable as long as it profits the criminal activity.
This is feasible because in Mexico the nexus that unites the State with narco and necropolitics lies in the
existence of a scenario of impunity where there is “a complex system of profit persecution that, however,
remains hidden, encrypted or hidden as a residual element in the message delivered through the thousands
and thousands of broken bodies that accumulate in the war on drugs” (Reguillo, 2011; p. 31).
Therefore, if we remove the disappearance and disappearance from the society that contains them, it
will be very difficult to understand why this crime is committed in total impunity and, above all, to whom
the disappeared are useful. If the existence of this crime is stripped of this contextual density, the humanitarian crisis that follows a disappearance will be missed, which, as Gatti (2017) maintains, is “a social
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catastrophe” because it implies the destabilization not only of the social structure and fabric but also of
human relations.
For now, these relationships are reconfigured through presence and absence, life and death, all through
narratives where the present cannot be completely mixed with the past because the disappeared is a person
“who is neither alive nor dead: he is disappeared”. This uncertainty generates unfinished grief in the victims
but, at the same time, promotes social actions that have as their objective the search for the disappeared and
the demand for justice.
For example, such as those actions taken by Mirna Nereyda Medina6, leader of the collective Las
Rastreadoras de El Fuerte, a collective of relatives from the disappeared on the north of Sinaloa that make
a search of ‘missing treasures’ twice a week. They name their disappeared “treasures” that the organized
crime has buried on the hidden pits, because they identify that each one of them are the most precious thing
a family has and, locating them, among all the barbarism, is similar to when someone finds a treasure under
earth. She says:
“Now my life is searching. We, Las Rastreadoras, don’t have a life anymore: this is our life. We
are not just a group, we are a family, and this family is missing a lot of treasures yet. I come to the
searches to find treasures; I do it like that every Wednesday and Sunday because this is my life. I
found Roberto, my son, but I’m still missing my partner’s treasures… My Roberto belongs to them
and all their treasures also belong to me, and until we find everyone I won’t stop looking. Searching
is now my life.7”
For instance, when we’re speaking about disappearances and positioning the disappeared, we can’t nor
musn’t obviate the context (esthetical, psico-clinical, social-political and social-historical) in which the
person disappeared. Because there is where the analytic key resides to understand this tragic fact not just
as a crime (which, is and will still be) or as a condition (the disappeared is and will keep being a violence
victim). It must also be seen a terrible expression of a social moment in which the power of the state and/
or the power of the narcomáquina establish exclusion criteria in which the necropolítica acts by making the
lives of some people more tortuous and vulnerable; propitiating terror schemes that, like in the Mexican
case, make the youths their main victims.
The quadruple disappearance
Earlier I specified that a victim of disappearance does not disappear one time, but four. The disappearances suffered by a victim of disappearance in Mexico are: physical, juridical-administrative, social-symbolic
and mediatic.
The first disappearance, the physical one, is not only the main but also the most painful disappearance.
In it the Human Right to freedom is disrupted by a criminal act that disappears a person with or without
specific determined purposes, although always linked to the narcopoder and the narcomáquina that overlay

6

Mirna Nereyda Medina is Roberto Corrales Medina’s mother, who disappeared on July 14th, 2014 on El
Fuerte, Sinaloa, when armed men took him from his business. Mirna Nereyda found her son Roberto three years after
his disappearance, on July 14th, 2017, on an area between the communities of Ocolome and Los Muros. She herself
digged out her treasure from a hidden pit (Franco, Souza and Guerrero, 2017); despite of accomplishing her promise to
find her son, Mirna is still leading the group Las Rastreadoras.

7

Personal conversation made on November 19th, 2017, under the frame of a field research where Las Rastreadoras located the bodies of nine people on the periphery of the city of Los Mochis, Sinaloa.
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any logic and security strategy of the State powers. This physical disappearance has left unfinished the life
plan of 36 thousand 265 people; 26,938 men and 9,327 women. Every effort from the State should go into
their search.
However, this does not happen because the disappeared in Mexico have to go through a strong bureaucratic system on the matter of justice procuration. Which leads to his second disappearance: the juridical-administrative. This disappearance occurs when the State seeks to minimize the impact of disappearances and their victims by decreasing crime statistics and reducing the number of disappeared persons to
statistics or judicial records.
In this second phase of the disappearance, the most relevant factor is not the actions of search and justice but the configuration of a legal framework that allows the political administration of the tragedy. In
Mexico, it is common practice for governments to hide their crime rates in order to generate a favorable
public image of both the ruling party and the politician in charge of either the country, state or municipality.
In some cases, the public or media relevance of a disappearance can break the bureaucratic inertia but
not the essence of its conception, because, when they give major priority to one case above others, the disappeared Human Rights are being violated regarding juridical equality and security. Since, in accordance
to the law and the international agreements on matter of Human Rights, discrimination on the research and
search of a victim of enforced disappearance must not exist.
The collectives of the disappeared’s relatives in Jalisco denounced that after the disappearance of the
43 normalistas of Ayotzinapa, the authorities did not attend their cases because “the priority was to find the
students”; after almost four years of their disappearance, the authorities have not found either the normalistas nor the thousand more disappeared they had to put on hold to be attended again by the authorities.
However, the juridical-administrative search of the disappeared in Mexico is being done at a desk;
which means, the disappeared are searched through a bureaucratic process that prioritizes the exchange of
collaboration applications rather than the search and field research. The only thing that happens is that many
juridical files are generated through the disappearance of a person. Mexico is full of sheets that do not help
at all the process of searching and justice:
“In more than two years, the research file of my son has more offices than reports of field research.
The Public Ministry brags that the file is getting fatter (thicker) but nothing there is focused on
finding Juan Carlos… there are times that my file doesn’t even moves forward because they are all
focused on the new cases… as if one disappeared was more important than others”.8
The last testimony corresponds to the reflection Adriana made, mother of Juan Carlos Zaragoza Gaona, 19 years old, who was disappeared outside his home by a group of armed men, on May 16th, 2015,
in Zapopan, Jalisco. She belongs to the collective Por Amor A Ellxs, which –since 2016- takes actions of
accompaniment and search of the disappeared in Jalisco. In several occasions, they have reported the juridical-administrative obstacles that exist on the search for their relatives. These include:
1.

8

The excessive rotation of Public Ministries and police researches on the disappeared people research area of the Jalisco’s Public Prosecutor’s Office, which forces their cases to start all over
again and again, since the new Prosecutor requires to read the file to know the case and, with this,

Personal conversation with the author, February 23rd, 2018.
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2.

3.

4.

start working on it.
Non access to the file. This blocks them of knowing if, indeed, the authority is searching for their
relative or has done forensic acts to find the offender of the disappearance. Since they cannot check
or have a copy of the file, it is impossible for them to contribute on the research that’s made for
finding their missing loved ones.
Unworthy treatment by the personnel that leads the research. On the majority of cases, families had
to suffer harassment and stalking of the authority that devoted the first hours of search on finding
the disappeared responsible for their own disappearance, such as possibly linking of the family in
the act.
Generalization on the official declarations and/or communications about the disappearances in
which, on a systematic manner, the disappeared is criminalized, linking them with the organized
crime or the commission of criminal activities. They empathize on these acts, for which no proof is
presented, as the main reason of the disappearance.

These two last points promote which has already been named as the social-symbolic disappearance.
This third disappearance is the one that breeds when the dominant social narrative to talk about disappearance and the disappeared is attached to stigmatization. This derivates in two processes: 1) The criminalization of the victim of disappearance by holding him or her responsible for his or her own disappearance;
and 2) The rupture of social bonds of the relatives of the missing ones with their primary and secondary
communities, since the stigma propitiates and generates the creation of borders, rejection and abandonment
of the families when they publicly confess they have a missing person.
Monica, also a member of Por Amor a Ellxs, is looking for her husband and son since September 19th,
2013, day in which both went missing in Guadalajara, Jalisco. She testifies that the stigmatization of the
disappearance weights on her shoulders and her daughter’s:
“I feel like stinky. We, families of the disappeared, are stinky, because in the moment you say you
have a missing relative people run away quickly, they abandon you because they think that if they’re
near you, the same is going to happen to them, or they leave because they think you supported the
wrong path your loved ones were taking… but the reality that not many people know is how painful
it is to be in this situation… we are death in life but they just see the stigma that the fucking authority
encourages when they mark that our disappeared were criminals or involved in drug trafficking” 9
Gloria Inéz Peláez (2007), under the frame of the violence generated by drug trafficking in Colombia,
states that the social stigma over the violence victims is something that is transferred directly to their families since these are “contaminated by the violent death of their relatives, their mourners carry the corresponding social healing, being segregated and feared by the contagion of their condition” (p. 92).
This “feeling stinky”, as Mónica narrates, is part of this social blindness that arises and is nourished not
only by the stigma but also by the self-affirmation of goodness and immunity that makes us believe that
this (disappearance) only happens to “people who are in bad steps”. This same blindness causes society
to imagine the disappeared as people with few studies who live on the outskirts of the city where extreme
poverty is driving them to join the narcos. Their disappearance as a result of this decision and, therefore,
they are largely to blame for what happened to them.
This social-symbolic disappearance, in consequence, generates inclusion and exclusion mechanisms

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Personal conversation sustained on October 20th, 2016.
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The quadruple disappearance...

where some disappeared in comparison to others acquire more public, social and media relevance, since
these are “more alike us”. In consequence, there’s no doubt that these were good people, which leads us
many to share without hesitation their search sheets or convinces us to attend to public actions (marches,
concentrations, memory acts, etcetera) because there is not suspicion that they should have never disappeared and, therefore, is the State’s obligation to locate them alive.
The social stigma about disappearances and the disappeared generates the invisibility of thousands of
cases, which never reach public opinion because it is believed, as already stated, that the disappeared person is the main suspect and responsible for their disappearance. This stigma has a strong influence on the
family tracing process because many of these accusations are generated by the State itself, which, since the
complaint was filed, has raised suspicions about the victim and his or her relatives.
Often the journalistic and media field prioritizes the official discourses that place the disappeared as responsible for their disappearance. It is framed as a dispute between members of rival drug trafficking bands.
The media forms a fourth disappearance, involving the establishment of communicational and informational logics where the stigma is presented as a category that homogenizes and depersonalizes the disappeared
by giving them a “social identity” that does not match with their personal identity (as a victim). When the
stigma operates this way, as Goffman (2006) states: “we stop seeing the person whole and common and
reduce them to an infected and underestimated being” (p.12).
What do we imagine when we see the face of a missing person in communication media or in digital
social media? What do communication media tell us about the reasons why the disappeared, like their families, become enforced victims? How are media representation of victims constructed? How do groups
of relatives of the disappeared dispute these same representations when they fight for the restoration of the
dignity of their disappeared person?
A media representation can be understood as a synthetic cultural formation that looks for placing and
setting a type of particular meaning on a subject, fact or process that is named and/or visualized throughout
communication media. It is a media production that does not only make the social representations visible,
as “a conjunction of concepts, declarations and explanations created on everyday life and in the course of
inter-individual communications” (Moscovici, 1981; p. 180); but they add symbolic and discursive elements with which they look for disputing and/or imposing a sense or meaning regarding what is represented/produced.
In contrast with social representations, but not far away from them, the media representations use the
myths and belief systems of society to position determined meanings. In these, the reference and representation of matters are not the subjects nor the facts or processes themselves, but those proposed representations through which they are capable of modifying the symbolic forms (Thompson, 2006). Robledo (2015)
states that “the historical relationships act as the real support of the existence and endurance of the stigma,
which denies the biographies of the disappeared and frames them on a series of social marks and attributes
different from their existence” (p.100).
Therefore, the media disappearance that the missing people and their families in Mexico suffer is a
key element to understand the fights that the relatives of the disappeared collectives do to reverse the stigma
of the disappeared. There currently exists a “representation crisis” that surrounds the nowadays humanitarian crisis of disappearances in Mexico:
“Under the frame of a war against drugs, a great part of the fight of the disappeared relatives, since
the beginning of their presence in public territory on 2011, has consisted in the recovery of the
honour of their loved ones and the questioning on the discourses that declare victims as collateral
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damaged, as if they were participants or accomplices of the conflict. This fight is sustained in the
purpose of overcoming the representation crisis through which the subject has been deprived of
their identity to be consignee of general attributes that de-subjective them. In this process, a double
discourse of guilt and victimization is presented, in which the recognition of the disappeared is
compromised” (Robledo, 2015; p.101).
The effort of reconfiguring the governmental, social and media representation of their disappeared has
been a vital task for them, because of the presence of a “criminalizing stigma” over the disappearances and
the disappeared.
The fight against the double discourse that stigmatizes the disappeared and the ones who look for them
constitutes one of the main lessons the Mexico’s relatives of the disappeared collectives have given us.
All this effort should be recovered to generate actions that bring back the names, identity and life story to
the disappeared. Because of that, especially for communication scientists it is important that seriously ask
ourselves: 1) what type of media representation is generated by the media in Mexico around disappearance
and the disappeared?; 2) How are media representations of disappearances and the disappeared valued,
evaluated, approved or refuted by the families of these victims?; 3) What type of communicational inputs
do families and collectives of Mexico’s disappeared generate to dispute the production of sense around the
social stigma that comes from the governmental and media narratives?
One of the most powerful examples of these governmental narratives came when the government of
Enrique Peña Nieto built a “historical truth” about the disappearance of the 43 normalistas de Ayotzinapa.
For the Mexican government, the students were killed and cremated in the municipal dump of Cocula,
Guerrero. The Interdisciplinary Group of Independent Experts of the Inter-American Court of Human Rights, which investigated the disappearance at the request of the relatives, stated that there is no scientific
evidence to support this version. To date, the families of the 43 normalistas are demanding their search in
life, the State insists that they are dead.
This type of governmental narrative is repeated in many of the cases of disappearances in Mexico. Most
of the groups of relatives of the disappeared have sought to counteract these “historical truths” through
messages posted not only on their own websites but also on various digital social networks (Facebook,
Twitter, Instagram or YouTube). From these platforms they broadcast their own press releases, positions
and audiovisual productions (photographs, videos and live recordings) in order to account for themselves,
regardless of the media, their actions, searches and demands for justice.
Graphic 1. The Quadruple Disappearance

Source: Own elaboration.
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This analytic model is a proposal to think about the phases of disappearance that a victim of this crime
has to live in Mexico. These are phases or processes that occur in an united way and that are always anchored to the vital space of life and fight that the families and/or the collectives undertake on the search of the
disappeared.
This involves four phases of analysis that start from the criminal act to give an account of the difficult
process that the families of the disappeared go through in order to demand that the authorities comply with
their obligation to search for and justice. Because of that, there’s an emphasis on the social-historical and
social-cultural processes that are circumscribed to the construction of the social and media representation
of the disappeared, since it is believed that in these phases of the disappearance of a person, stigmas are
articulated, which is a key in their social-symbolical disappearance and in their media invisibility.
The model proposes that by analysing these four different disappearances that a disappeared and their
family experience, we could account for the social and symbolic complexity surrounding the commission
of this felony. Each one of these disappearances do not just constitute a part of the catastrophe (Gatti, 2017),
but also a central element of mourning and social drama (Robledo, 2017) that implicates the disappearance
of a person.10
Being young and disappeared in Jalisco, Mexico
In Mexico, officially, the existence of 34 thousand 268 disappeared people is recognized; from these,
15 thousand 445 are young people; which means that 42 percent of all disappeared persons in the country
are around 14 to 29 years. From these disappeared youths, 10 thousand 104 are male and 5 thousand 341
female.
In Mexico, a whole generation born between 1990 and 2014 has turned into the main victims of disappearance; states as Tamaulipas (2,128 disappeared youths); Estado de México (1,763); Jalisco (1,403);
Sinaloa (1,324); Nuevo León (1,231); Puebla (1,069) and Chihuahua (993), bring together the 63 percent
of all youth’s disappearance.11
Why are young people disappearing in Mexico? The reasons why young people disappear in Mexico
depend on many different factors such as: 1) the zone where the disappearance happens; 2) the gender
and age of the disappeared, 3) the authorities that rule on that state or municipality, but above all; 4) the
organized criminal group that dominates the territory where a young man or woman was disappeared. This
not just because young people are linked to drug trafficking, but because the delinquencent activities of the
organized crime are the ones that generate and propitiate the disappearances, on the majority of cases, with
the involvement of the municipal, statewide, and federal authorities.Javier Salomón Aceves Gastélum (27
years old), Marco Francisco García Ávalos (20 years old) and Jesús Daniel Días García (20 years old), all
of them students of the Universidad de Medios Audiovisuales (CAAV) went missing on March 19th, 2018,
on Tonalá, Jalisco. Their disappearance generated a series of unprecedented protests in Jalisco, which fa-

10

Robledo (2017) also proposes an analytic model to study the disappearance social drama; based on Victor
Turner’s theoretical proposals, and pro four phases: 1) The breaking of the regular; 2) the crisis; 3) Action on relief, and
4) Reintegration, what is needed in them is to understand the social behaviour under the process of drama that a disappearance implicates. Our model is not focused on the social drama per se, but on the construction process of the social
and media representations of disappearance of the disappeared in each one of the four disappearances here proposed.
Both models, however, point to understand how a disappearance is anchored to the victim’s social lives modifying the
roots of their biography and their social bonds.

11

Jun 26st, 2018. Consult can be provided through internet on the website: https://rnped.segob.gob.mx/

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cilitated that the Civil Society baptized again the Glorieta de Los Niños Héroes12 (Roundabout of the Hero
Children) as the Glorieta de las y los Desaparecidos de Jalisco (Roundabout of Jalisco’s Disappeared). The
profile of a disappeared person in Mexico is a youth between 14 and 19 years, middle or lower class, which
regularly lives in the periphery of the urban zone.
The above is explained in an academic and journalistic research work that has been carried out during
six years of the disappearance of people in Jalisco13. This state has been under the domain and terror of the
Cártel Jalisco Nueva Generación (CJNG)14 since 2007. This criminal group - which emerged, grew and
consolidated in the midst of the “war on drugs” - has regional leaders who carry out not only the tasks of
territorial control but also those of drug production and trafficking, mainly methamphetamine. This control
includes the protection of the territory from rival groups such as relationships of collusion and corruption
that are established with statewide and municipal authorities, and the commission of felonies like extortion,
disappearance and homicide.
Throughout the 13 regions in which Jalisco is divided, the CJNG has managed to diversify its illicit
activities so much that the labor force required to operate is growing every day. In this sense, young people
are the main victims of disappearance because their labour force is employed by the cartel for forced labour
such as: 1) slavery and the sex trade; 2) the planting of marihuana and/or poppy; 3) the chemical production
of synthetic drugs; 4) drug decanting; 5) hit man labor (vigilant) inside and outside the domained territory;
and, 6) illegal extraction of minerals, iron mainly, to be traded on the black market by the chemical precursors that the Cartel uses on the elaboration of meth.
Many of the above functions implicate the dehumanization of the body and dissolution of human dignity as if the disappeared people were just disposable bodies under the frame of a “death economy” (Mbembe,
2011). This refers to an economy in which people: “are not conceived as irreplaceable, inimitable and indivisible beings, but are reduced to a group of production forces easily replaceable” (p. 15).
Below we present some stories15 that account and confirm the disappearance of youths in Jalisco for
work and enforced slavery under the frame of a death economy promoted by practices such as necropolítica
(necropolitics) and capitalismo gore (gore capitalism).
Juan, 19 years old, is original from the highland region of Jalisco. His everyday labors were divided
between the family business and his studies until the day he went missing, together with other youths, on
San Gabriel’s municipality. He remained a few more than three years in huge poppy crops that the CJNG
possesses on Jalisco’s highlands until the day that a distraction on his captors allowed him to escape. He
ran for three days; he was afraid of being discovered, because he knew that death waited for him; it also happened to other youths who fought for their freedom under those fields of enforced labor. Now their bodies

12

The “Niños Héroes” were a group of young soldiers who gave their lives after the invasion of the USA army
on Mexico, on September 13th, 1847. On the same roundabout, on 2013, the first protest of Jalisco’s relatives of the
disappeared happened.

13

Jalisco is one of the most important states on terms of culture and economy. It is also a drug trafficking nest
in Mexico, because here during the 80’s, one of the first drug Cartels arose (Cártel de Guadalajara). Until April 30th,
2018, it is the second state in Mexico with most disappearances: 5 728. In an update released in March 2018, the Jalisco
government accepted that there are 7117 missing persons in the state.

14

According to intelligence informs, the CJNG has presence on 22 of the 32 states of Mexico; it is also one of
the main meth distributors in Europe and Asia.

15

In these stories the name of the youths were changed because of confidentiality and security. These personal
interviews happened between 2015 and 2017, product of my journalistic-academic activity.
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are in the secret pits that once Juan had to dig in order to bury those who, like him, were disappeared just
to satisfy the production of the poppy for the criminal organization.
Another horror story was the one of Luis, 21 years old, who attended to a job appointment on Tala’s
municipality. The lack of opportunities and resources forced him to move to this municipality to obtain the
job, which would allow him to keep studying. Everything looked good, the job was attractive, and they had
granted it to him; the problem emerged when they told him before he returned home, they would take him
to meet “the security company” that had just hired him; he accepted and there was where he went missing.
These jobs as security guard happened to be the forefront of the enforced training fields that the CJNG
possesses on different spots in Jalisco; there, dozens of youths arrive to be trained on the use of weapons
and, with that, become the first impact line that the Cartel uses in combat against enemy groups or State
elements. The direct threat is: if they do not do as they’re told, their families will be murdered.
Luis knew he had given them all the information to locate his family when he introduced himself in the
“job interview”. He lived more than two years being a hit man under the orders of the criminal organization; like him, many other young people were enforced to kill and disappear. Their lives and bodies were
disposable to the cartel, as it conceives of these young people as:
“products of exchange that disturb and break the logics of the process of capital production, since they
subvert the terms of this when they take out of the game the merchandise production phase, changing it for
a merchandise literally incarnated on the body and human life, through predatory extreme violence techniques as kidnapping and murder by commission” (Valencia, 2016; p.25)
Luis’ story is inscribed in the logic of death that the philosopher Valencia (2016) has constructed to explain that today Mexico is subsumed in a process of narcoempoderamiento (trafficking empowerment) that
is configured through “dystopian actions and perverse self-affirmation achieved through violent practices”
(p. 31). The narco-poder (trafficking power) as one of the main expressions of a capitalismo gore where
“death has become the most profitable business” (p. 26).
Joaquín, 18 years old, reveals clearly this narcoempoderamiento, since he was a victim of the barbarism
that rules the logic of the narco-poder. He was not disappeared to force him to do any labor; he went missing
just to use his body as a message. Days after him and his partners, all workers of construction, went missing
on the colony of San Juan de Ocotán in Zapopan. Their tortured bodies were found lifeless, on November
24th, 2011, under the sculpture artwork “Los Arcos del Milenio” (The millennial arcs), located on Guadalajara city. Their disappearance and death were reduced to the medium that Los Zetas (rivaling group that
operates near the Mexican Gulf) used to send a message against the CJNG.
This “ghostly, untraceable and vague” violence that operates from what Reguillo (2011) has named
the narcomáquina (trafficking machine), is a device of violence that gambles to be the dissolution of the
humane through the constant exercise of fear and terror by organized crime. It is, disgracefully, one of the
constants that haunts youths more in Jalisco than as in the rest of the country. Juan, Luis and Joaquín are
victims of this narcomaquinaria (trafficking machinery) that makes hard to understand the real origin of this
violence, since it is not possible to execute the narco-poder, as Reguillo and Valencia stand, without a link
or collusion of institutional machinery.
Due the historic conditions, the narco-máquina blurrs almost always the difference between criminal
violence and political violence (Robledo, 2016). This narcomaquinaria and its necropolítica do not just define which bodies are disposable but also precise which could be reusable and under which conditions they
might be, whether they are the medium of a terror message or to form part of the people trading network
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that is operated by the diverse cartels in their territories.
Ana, 16 years old, disappeared because she was “very pretty”, that’s what her captors said to her. She
spent some months in security houses from the CJNG so she could be later transferred to diverse brothels that the same Cartel operates. Ana worked four years before she could pay her freedom. In Mexico, 8
thousand 798 women are disappeared; 5,034 (57 percent) are youths that, like Ana, could be one of the 21
thousand women that every year are victims of human trafficing (HIP, 2017).
The stories here described could continue because what happens in Jalisco, takes part of the modus
operandi of the majority criminal groups in Mexico. Besides, it is incorporated into the politics and transnational economic production and drug trafficking strategies, in which, as Valencia (2016) stands, states of
exception are generated, in which the capitalismo gore –b side of the neoliberal movement- uses violence
as the main power and terror.
This is why disappearance is not just a crime that is used as a terror strategy but also as a modern slavery
form where youths are the main victims, whether is for their labor strength or their moldable, useful and
reusable capacity on the infinity of crimes the drug trafficking cartels control inside and outside Mexico.
3.- METODOLOGY, SAMPLE PERIOD AND DATA USED
Design
This article was made through a documentary and contextual analysis of the political and media speeches that have been developed about the disappearances that have occurred in Mexico between 2006 and
2018, This involved the revision of journalistic notes in local newspapers16; the collection of testimonies
of relatives of missing persons and victims of disappearance who escaped from places where they were
deprived of their liberty; as well as government programs and actions that have been created to face the
commission of this crime.
Likewise, under a qualitative approach (Andara &amp; Mertz, 2015), various testimonies were collected
to understand what implies a disappearance from the voice, thought and meaning of those who have been
victims of this crime.
For this, various theoretical perspectives were used that allowed, through contextual analysis, to outline
the predominant profile of the victims of disappearance in Mexico and, at the same time, offer a possible
answer as to why it is that the country disappears mainly young people and what they are used for.
Instruments
This article used several qualitative interviews that this author personally conducted with four young
people (Juan, Luis, Joaquín and Ana), who managed to survive a disappearance in Jalisco, as well as with
Mirna Nereyda Medina, leader of the Las Rastreadoras collective of El Fuerte; All these interviews conducted in person gave empirical material for the conformation of the theoretical-analytical bet called: The
fourfold disappearance of people in Mexico.

16

An analysis of the newspapers El Informador, El Occidental and NTR Guadalajara was carried out; the first
two from January 1, 2006 to December 31, 2018; as NTR from January 1, 2012 to December 31, 2018.
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Process

The analysis of political and media discourses on disappearances allowed us to establish a contextual
panorama (How many missing persons are there in Mexico and what are their characteristics?). But also
in analytical terms; that is, he delved into pointing out the social, political and economic causes that affect
the disappearance of young people in Mexico, which could focus more through the qualitative analysis that
was carried out of the testimonies of the victims of disappearance, specifically, of those who managed to
survive this crime.
In total, four young survivors of disappearance were interviewed and five relatives of disappeared persons articulated by the groups Por Amor A Ellxs and Las Rastreadoras de El Fuerte.
4.- CONCLUSIONES
This text tried to concretize an analytic framework in order to analyze disappearance and the disappeared through a social life that contains them and anchors them to a specific societal context. It is sustained
that in Mexico they disappear four times. In the societal context in which disappearances happen, they
should be framed as part of an aggravating humanitarian crisis propitiated by an institutional failure, where
neither human will nor politicizes exist to fix this problem that daily violates the Human Rights of the disappeared and their families.
The diverse manifestation of political and criminal violence that nowadays coexist in Mexico and is
being operated through the narcomáquina, make evident the necessity to build, transdisciplinarity, theoretical-analytic models that allow the comprehension of the terrible moment we’re living in. A moment that
must be analyzed not only through the narcoempoderamiento with which Sayak Valencia (2016) explains
the operation of the capitalismo gore, but also through the presence and civilian fight that generates actions
“against the machine” in the public space.
This, following the theoretical proposal of Reguillo (2011), allowed us to deploy a series of actions with
which we have accomplished “resistance, visibility, and subtraction of power from the narcomáquina”, but
also to the institutional machinery that systematically denies the crisis we endure. For this reason, we must
also report on the empowerment that the families of the disappeared have generated as a reaction, response
and counter-response to the violence of which they are victims. The path is long but the fight for the respect
of Human Rights of every disappeared (and victims of violence in general) deserve that our actions against
the machine, against the official and media narratives keep growing in form and sense. The aggravating
crisis of Human Rights in Mexico forces us to leave “fragility, intermittency and non-expression” to give
way to personal and collective actions capable of reversing the multiple forms of violence that constrain us,
even the possibility of living a full democracy (Bolaños, 2016).
Hence, one of the conclusions of this article is to propose the holistic analysis of disappearances in
Mexico through the theoretical-analytical proposal that we have termed here “the fourfold disappearance”,
which we consider could provide a reference framework closer to the terrible reality that, unfortunately, we
live in Mexico around the disappearance of people.
The challenge is thinking that the disappearances, like that, in plural, concern us because in them lies
a “I, missing” that is faced with two options: indolence or hope. The first one separates us from the disappeared and increases the stigma that exists among them, but the second hangs an humanitarian bridge
between both, which makes possible the understanding of Human Rights as a collective act and not just as
an individual act.
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¡Vivos se los llevaron, Vivos los queremos! (They took them alive! We want them alive!).
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Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 25-42. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/113

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Social Representations and Acknowledgement of Human Rights in the city of Monterrey, México
Representaciones sociales y reconocimiento de los derechos humanos en la ciudad de Monterrey, Mexico
Beatriz Elena, Inzunza-Acedo 1
Universidad de Monterrey
DOI:http://dx.doi.org/10.29105/pgc5.9-2		

https://orcid.org/0000-0002-2168-9914

ABSTRACT
This article focuses on the social representations of Human Rights in Mexican news media, in the city of Monterrey,
Mexico. It analyses how Monterrey citizens learn about human rights, and what role could different sources play in
their construction of social representations. Furthermore, it researches the acknowledgement and knowledge of the subject by these citizens. The analysis is built on N239 surveys collected from Monterrey news readers, supplemented by
data from twenty-four participants in four focus groups. The conclusions confirm that news media is the main source of
information on Human Rights, but that there is a weak founded social representation regarding human rights. Attitudes
are often fatalistic, and participants have limited knowledge of how to act upon human rights.
Key words: Human Rights, Monterrey, news media, social representations.
RESUMEN
El artículo tuvo como objetivo indagar en las representaciones sociales sobre derechos humanos que hay en los
medios mexicanos, particularmente en los de la ciudad de Monterrey. Analiza cómo los ciudadanos regiomontanos
aprenden sobre los derechos humanos, así como qué papel juegan las diferentes fuentes de información en la construcción de sus representaciones sociales. Además, investiga el reconocimiento y conocimiento del tema que tienen dichos
individuos. El estudio recogió 239 encuestas de lectores de noticias en Monterrey, y posteriormente se llevaron a cabo
cuatro grupos de discusión con un total de 24 participantes. Las conclusiones confirman que los medios de comunicación son la principal fuente de información en materia de derechos humanos, pero los conocimientos son débiles.
Además, las actitudes respecto a ellas son fatalistas, y los participantes desconocen la aplicación de dichos derechos.
Palabras clave: Derechos humanos, Monterrey, Noticias, Representaciones sociales.

Cómo referenciar este artículo:

Inzunza-Aced, B. (2019). Social representations and acknoeledgement af human rights in the city of Monterrey,

Mexico. Revista Políticas, Globalidad y Ciudadanía, 5(9), 43-57. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/
index.php/RPGyC/article/view/110
Recibido: 03 de Agosto 2018 - Aceptado: 02 de Septiembre 2018

1
Doctora en Estudios Humanísticos; Especialidad en Comunicación y Estudios Culturales por la Universidad
de Monterrey. Profesor de tiempo completo de la Universidad de Monterrey. Email: beatriz.inzunza@udem.edu.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 43-57. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/110

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1.- INTRODUTION

A simple online search of “human rights” and “Mexico” leads to an important amount of news articles,
reports and other texts that discuss a list of human rights violations in the country. The organization Human
Rights Watch, in its Annual Report of 2018 described a number of events in which Mexico failed to protect Human Rights: forced disappearances, extrajudicial executions, impunity and military abuse, tortures,
prison system, attacks to journalists and human rights advocates, women and children’s rights, children
migrants, sexual and gender identity, and people with disabilities (Human Rights Watch, 2018).
In December 10th, 2018, the Universal Declaration of Human Rights celebrated its 70th anniversary,
since it was approved in 1948. Mexico voted in favor of this document along with other 47 countries, which
means that, as a state, it would assume a commitment to look after the human rights of its citizens through
all its institutions. This protection is part of International Law, which forces states to assume the obligations
in order to respect, protect and promote human rights as well as intervene on its application. It is mandatory
for states to adopt the necessary positive means to allow basic human rights to happen (PUDH UNAM,
2017). Several articles from the Mexican Constitution are either inspired or directly related to the articles
of the Universal Declaration of Human Rights, meaning, Mexico as a State has looked after a legal way
to instate basic human rights. However, as mentioned before, the institutions haven’t been successful in
guaranteeing all these rights to its citizens.
Even when human rights violations are a recurrent topic of journalists, and the Commission of Human
Rights (both in state and national level) is a popular source of information for news, there seems to be a
poor culture and knowledge in this respect. Often enough, there are confusing terms and facts regarding
human rights, which lead to misinformation in the news’ audiences. This points to an early conclusion of
how Mexico has failed in promoting the education of human rights in its population.
Human Rights is not a topic considered as a priority to learn at school (in contrast to the Mexican Constitution Law, rights and obligations of citizens, amongst other). It seems that the most likely source to learn
about human rights, without specifically looking for them, is media, especially news. Based on this premise, this study aims to know what the main sources in the acknowledgement of human rights by Monterrey’s
citizens are, and what do they know and understand by them in their context. The hypothesis is that news
sources will be the most frequent and therefore most significant source of learning about human rights.
2.- LITERATURE REVIEW
The analysis human rights and public opinion has been explored from different disciplines, although rarely done with enough fieldwork to obtain representative results. Hertel, Scruggs &amp; Heidkamp (2009) found
in their research that Americans support human rights abroad, but their interest is fueled by global humanitarian concerns and current events. In their surveys, they also found that their commitment to human rights
weakens when it comes to the investment of national resources or to take risks on behalf of human rights.
According to Anderson, Regan and Ostergard (2002), the models of political action assume that people
have information and act on it. By this reasoning, activists have been focusing an important amount of resources in making themselves visibles, especially through new technologies. “Today activists of all stripes
recognize the necessity of having a presence online”, especially to attract younger generations (McLagan,
2002).
The other function on media related to human rights is to act as surveillance of the State, since it is
through the exposure of abuses of public authority that the government is held to public scrutiny (Apodaca,
2007). In any way, whether it is to publicize a cause or to report State misconduct, this works as the distriRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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bution of Human Rights information to its audiences.
This matters since, as McCorquodale &amp; Fairbrother (1999) state, “when people know about human rights and are aware about human rights abuses, they are more likely to seek to protect them… and exposure
can lead to changes in policy by the state concerned”. Therefore, the assumption would be that the more
educated audiences are on human rights, the more they will care for them.
When learning about human rights and culture of legality is left only to news, then it becomes relevant
to study the reception of this topic in news audiences. In order to delimit this reception study, we decided
to choose seven news portals that are popular enough to be able to find participants that follow their publications.
The analysis of this topic from a communication sciences perspective is remarkably unexplored, which
justifies the relevance of this study. Two theories seem basic to understand the construction of their social representations and their knowledge on human rights: Social Representations theory from Moscovici
(2001), and Mediations theory from Martín-Barbero (1987) and Orozco (1997). Moscovici defines social
representation as:
“a system of values, ideas and practices with a twofold function: first, to establish an order which will
enable individuals to orientate themselves in their material and social world and to master it; and secondly
to enable communication to take place among the members of a community by providing them with a code
for social exchange and a code for naming and classifying unambiguously the various aspects of their world
and their individuals and group history” (1976, p.xiii).
The reason why it is important to learn about individual’s social representations on human rights is
because it is a cognitive system that includes stereotypes, opinions, beliefs, values and norms that lead to
attitudes and behavior of people. Social representations work as guidelines for a community of people, since they become the collective consciousness on certain topics, allowing that community to act accordingly
in a way that becomes acceptable to all members (Araya, 2002).
It is important to reflect on the fact that knowledge is an important element of social representations.
Based on what people know, whether it is correct or incorrect, they will construct their attitudes and beliefs
around that topic. If Monterrey citizens have a low knowledge regarding human rights, then there is also a
possibility that the social representations constructed around them are based on intuition or weak foundations.
The question that follows would be: how Monterrey citizens learn about human rights, and what role
could different sources play in their construction of social representations. For that matter, we will revisit
Mediations theory which was originally proposed by Martín Barbero (1987). Both theories consider mass
media as a significant source of information in the formation of attitudes, beliefs and so on of individuals.
Orozco (1997) was the first to operationalize Martin Barbero’s Mediation theory into four categories:
individuals (which are subdivided into cognitive and structural), institutional (family, religion, state, media…), video-technology, and situational. This paper is focused in the individual (which will take into consideration their knowledge, comprehension, interpretation and attitudes on human rights) and institutional
(which will look at news portals or other media sources that participants consume with certain frequency).
The results of this project will sustain that knowledge of human rights is basic when it comes to the
defense and promotion of a society that has a healthy justice and social system. The more aware individuals
become of the universal human rights, the better they can become advocates in their societies and influence
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state power to keep their protection.

The following section will explain the methodology designed to obtain the participant’s knowledge,
attitudes and opinions regarding human rights.
3.- METODOLOGY
In order to study how Monterrey news followers understand human rights, we collected 239 surveys
with adult inhabitants of the city and organized four focus groups, who read at least one of the following
news portals: El Norte, Milenio, Animal Político, SDP Noticias, Excelsior, Aristegui Noticias, or La Jornada. This criterion was a filter question to select the participants of the survey. If the person didn’t read or
follow any of the news portals listed before, then the survey would not be responded by him or her.
The approach of this project was explorative, and did not intend to be representative of the population
analyzed. Due to the lack of information and studies done in this topic, it was rather necessary to do a
qualitative examination that responded to the question of how much do Monterrey’s adult news readers
perceive they know about human rights, and what role do they give to news in that knowledge. This was
done through mixed methods: survey and focus groups.
The population of Monterrey is considered to be ideologically right wing due to the industrial and company history behind it. It’s one of the three largest cities in Mexico, and the closest one to the border of US,
which is noticeable in its influence. Considering that the most important news portal due to its popularity
is El Norte, we can also deduce that the population has a tendency towards conservative politics. For the
purpose of diversification, we chose an ideological variety of news portals. A brief description of all the
news portals mentioned earlier:
El Norte. This is the local version in Monterrey that belongs to Grupo Reforma. It has the largest amount
of printing and is traditionally conservative and right wing (which represents the local culture).
Milenio. Slightly less conservative than El Norte, is the second most popular newspaper in Monterrey.
It belongs to a media conglomerate called Multimedios.
Animal Político. It is an independent news portal with no printed version. It is well known for their
research journalism focused on corruption scandals, and also for pointing out human rights violations.
SDP Noticias. It’s also only available in the digital version, although they barely have any information
of their editorial board and sources. It is particularly popular in social media thanks to their spectacularized
titles.
Excelsior. It is one of the most important national newspapers, and a news portal that has free access.
Ideologically, it can be considered to have a tendency to officialist.
Aristegui Noticias. It is a fully online news portal. Carmen Aristegui became popular through her radio
show, and after she investigated a corruption scandal of the First Lady and the President Enrique Peña Nieto, she got fired. She became an independent journalist who still keeps a significant number of followers,
and ideologically is well known as progressive.
La Jornada. This newspaper is known amongst the most left wing, since it usually covers stories regarding labor rights, corruption scandals, social inequality problems, etc. It has a national reach.
The survey was applied by a convenience sample, in different spots from the city as well as through
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snowball technique. The questionnaire was composed of 28 both open-ended and multiple options questions. It explored how much the respondent knew about human rights; what social groups they believe
deserves more attention by the human rights commission; what are the main needs in Mexico and for themselves; how do they interpret certain articles from the Universal Declaration of Human Rights; and what
news portals are they used to visit as well as which ones focus on the topic of human rights.
Regarding the profile of the participants, 68% were women, ages 17-75. The majority of the participants
were in their twenties. 54.4% had a university diploma or were currently university students2. 50.2% follow
news through their Twitter account, 70.3% through their Facebook account, 43.5% visit the news websites
by their own initiative, 21.3% buy printed newspapers, and 13.8% have an APP of a news portal to follow
news.
After an analysis through IBM SPSS Statistics, we designed a guide to explore deeper into certain questions with discussion groups. Each of the four discussion groups had six participants with a profile similar
to the survey respondents, which means that we had a total of 24 individuals for the qualitative stage of this
project. Afterwards, these focus groups were transcribed and later analyzed.
During the focus groups, we analyzed different categories in order to explore further the comprehension
that the participants had on human rights. The different categories were: learning sources of human rights,
reception of news on human rights, labor related human rights, interpretation of certain articles, and perception of human rights in Mexico.
The profile of the participants were adults ages 20-30. Half of them had a full-time job, and the other
half were university students. The purpose of these two profiles was mainly to compare the perceptions
on the category of labor human rights (human rights that would interest anyone who is employed, such as
social security, retirement, minimum standard of living, paid vacations...). For the rest of the categories, we
found no significant differences.
A special thanks is entitled to students of Theories and Research Methodologies group, of the program
for Communication and Information Sciences of Universidad de Monterrey. This specific generation took
the course in the months August-November 2017.
4.- RESULTS
The results section is divided in three parts: 1) Participants and news consumption, which offers a general description of the participants viewpoint on human rights and consumption of news, given that the main
filter was based on what news portals they visit more frequently; 2) Participants understanding of human
rights, which will point out the comprehension that they have on the topic, as well as what participants feel
most confused about; and 3) Participants and their perception of human rights in Mexico, because most
of the attitudes are based not on the need of human rights globally, but on the pursuit of them in Mexico.

2
The research team was composed of university students that were taking the course of Research Methodologies now of the fieldwork. It is important to point out that while we were looking for representation of all news
audiences, the sample by convenience most likely led them to acquaintances in their university communities, which is
a limitation worth mentioning in this article.
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Participants and News Consumption

The main criterion for choosing the participants was whether they followed news portals.
Graphic 1. Participant news consumption, in Frequency.

Source: Author.
The consumption is in line with the popularity of the local newspapers, meaning, the most printed papers are also the ones that are consumed the most by our participants. Their perception on who speaks the
most about human rights, however, changes from what they consume the most:
Graphic 2. News portals that cover the most about human rights, according to survey participants, in
Frequency.

Source: Author.
The majority of the participants identify Carmen Aristegui’s news portal as the most preoccupied with
the topic of human rights violations, which is in line with her reputation of pointing out the scandals related
to government and politics. It seems like the participants are not particularly interested in following news
that cover human rights stories, since they correctly pinpoint what news portals discuss it the most, however, they don’t actively follow or read these portals. The following graphic shows where participants learn
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about human rights from:
Graphic 3. How participants learn from human rights news, in Frequency.

Source: Author.
This shows a tendency on how participants do not have initiative to follow human rights news, since
most of them learn about the related stories through their social media. While most of what they read comes from the Facebook or Twitter account of news portals, this depends entirely on what appears on their
newsfeed since they don’t actively look into news websites or newspapers to learn more about it. This is
problematic when we consider the factor of social media algorithms, after all it is not guaranteed that even
when you follow certain news portals you see all posts from that page.
The focus groups were consistent with this result. While there were participants that remember learning
about them at school or at specialized courses, the majority hear and learn the most of human rights through
news (in all of their formats). Rarely they buy a newspaper or watch TV news, but they follow news portals
and therefore they read about them in their Facebook and Twitter accounts.
During the conversations in the qualitative sessions, they mostly indicated that they associate human
rights with bad news, considering they have never heard of a successful case globally. They believe that
while they are needed in different circumstances, the UN and the National Commissions of Human Rights
don’t seem to have much power other than writing recommendations to the government (Alejandro, session
3). All of the participants believe that in the Mexican case, the government doesn’t care about citizen’s
human rights.
In other regards, 33.9% of the participants (81 individuals) say they have read the full list of Human
Rights (from the Universal Declaration of Human Rights). This means that a third of the respondents would
have a minimum base of knowledge of what are the human rights in the first place.
When discussing what cases on human rights they remember the most, we asked separately for Mexico
and for the world. For Mexico, they mentioned the most popular crime news even when they mentioned
some that were not directly related to human rights. The most frequent responses were the Ayotzinapa
case (43 missing students in a rally), the murder of Mara Castilla (rape and murder by a Cabify driver),
earthquake corruption scandals (Oaxaca, Chiapas and Mexico City disaster and with corrupt construction
contracts), central American migrants (rape, murder, kidnapping, torture…), indigenous communities (discrimination and aggression), journalists (murder, kidnapping, threats), feminicides, and other gender crimes
(such as LGBTQ+ discrimination, controversy of same sex marriages).
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On global cases they mix sources from news and documentaries. They mentioned the shooting in Las
Vegas (October 1, 2017), Venezuela (with no further explanation), KKK in US, DACA retreat in US by
Trump, Black Lives Matter’s causes, shooting in club in Orlando (June 12, 2016), Catalonia’s rallies, Bangladesh’s factory collapse and labor conditions, War in Syria, countries where homosexuality is considered
illegal, women’s rights in different countries, and migrants in different regions (Africa, Asia, Latin America).
It is important to point out that both of these questions were open ended, therefore, participants would
mention whatever came to their minds in this regard. As it is evident in the cases, not all of them are human
rights violations (implying systematic failure of the state), but other types of crimes. This already suggests
that there is confusion on the topic amongst the respondents.
The multiple choice question we asked was: “Which are the most popular human rights mentioned in
the news?”, for which they chose Liberty of opinion and expression (Freq: 87), Right to life, liberty and
security (Freq: 46), and Right to education (Freq: 38). For the first, it is related to the insecurity that journalists face nowadays in Mexico, since it is one of the countries where this career is considered one of the
most unsafe. The second, consistent with the insecurity for journalists, is the violence wave in Mexico in
the context of drug war and corruption, for which impunity is clear and constantly pointed out in the news.
Regarding the right to education, it appears in news related to corruption scandals within the schools or the
syndicate of teachers. Less frequently, this is connected to violence in schools.
Participants and their understanding of Human Rights
We start with the question of responsibility. Given Human Rights are public international law, they are
primarily rules regarding the conduct of states, in this case the obligation of the state to protect, provide
and respect certain rights regarding human dignity. Our research indicates that there is confusion about
what institution or figure is responsible to guarantee the citizen’s human rights in Mexico, as we can see in
Graphic 4:
Graphic 4. Figure responsible to guarantee human rights.

Source: Author.
For this question, participants were able to choose as much responses as they wanted. In the most frequent replies, they marked UN and citizens as the ones who are the most responsible to guarantee human
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rights, and State comes only until the third option with 150 responses. Based on the discussions in focus
groups, we were able to understand that the majority didn’t precisely understand that the violations of human rights come from public authorities (or their failure to protect against them), confusing it with other
type of crimes.
We left an “other” as an open-end question and that’s when CNDH was mentioned five times. However,
during the focus groups, even the most knowledgeable participants didn’t know there was a State Commission of Human Rights (CEDH). When we asked where to file a complaint regarding human rights, nobody
knew that the commission was the place to go. They would mention other figures such as the police, the
army, or private lawyers. However, in most scenarios, they mentioned they wouldn’t dare to file a complaint
in Mexico out of fear. In this regard, they pointed out the government as the figure that most violates human
rights; in less frequency, they mentioned police and military, and one participant mentioned “the biggest
companies”.
Regarding what social groups deserve or need the most attention from human rights commission, participants could choose two options from the following (plus an open “other” who had almost no responses).
Graphic 5. Who needs the most attention from human rights?

Source: Author.
According to this graphic, migrants (Freq: 83), indigenous people (Freq: 64), minors (Freq: 58), women
and the poor (both freq: 54) are the most in need. In the open end responses some indicated that “everyone”
is in need, while one replied “colored people”. However, this differed from the discussions in the qualitative
sessions, since when we asked if the participants belonged to a group that had need for human rights, most
of them replied they didn’t. Meaning, they don’t consider themselves vulnerable in this matter (even when
there were women participants).
They actually pointed out that the need for human rights protection is strongly related to social class.
They mentioned how often they see that the poor are the social group that gets the most violated in their
rights, since they unjustly convict them, accuse them, fail to protect them and so on. They recognized this
doesn’t happen with upper classes, since even when they’re guilty of charges, they get an acceptable or
good treatment by law. The conclusion after this discussion was that corruption plays an important role in
how human rights are respected to each individual.
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In a specific section of the survey, we transcribed two articles: the 5th and the 16th. The exercise consisted in identifying their interpretation of these articles on a writing gap or misinformation due to the lack
of specification in the human right as it is in the Declaration.
Table 1. Article 5 interpretation. 37.2% abstained from responding this question.

Source: Author.
Many participants of the survey seemed confused about this article, since a significant amount decided
not to reply due to a lack of information. In any case, it seems like the majority believes that torture, cruel,
inhuman or degrading treatment or punishment is not only about physical aggression, but also psychological. Article 16 is more related to gender rights for the LGBTQ+ community:
Table 2. Article 16 interpretation. No one abstained from responding the first question, 40.8% abstained from responding the second question

Source: Author.
Mexico, and specially cities like Monterrey, have a typically conservative society, and has been discussing throughout the last years the LGBTQ+ rights. While in the Constitution gay marriage is legal, States
are autonomous in deciding whether this is acceptable within the states or not, which is not the case for
Nuevo Leon that doesn’t allow gay marriage up to the moment when the survey was done (state where
Monterrey is located). The majority of the states do not marry gay couples at the moment.
Based on this response, the participants have already a very clear position regarding gay marriage, but
they don’t when it comes to adoption in homoparental families. In any case, the majority of the respondents
agree that the way this human right article is edited, leaves a space of interpretation to allow gay marriages
and adoption to be part of that right.
Considering how these three questions worked in the survey, we decided to include this exercise in the
focus groups with other articles. We first added article 3: “Everyone has the right to life, liberty and security
of the person”, and asked since what moment this right is applicable: conception, since the birth, or when
would they mark the starting point. Most of the participants were confused and looked like they didn’t have
a clear position. However, the majority considered that conception was the starting point, since they were
against abortion. Only three participants indicated that since birth, and one mentioned from four weeks
since conception. Based on this, the term “everyone” would include embryos and fetuses.
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Another article that was discussed was the 23rd: “(1) Everyone has the right to work, to free choice of
employment, to just and favourable conditions of work and to protection against unemployment. (2) Everyone, without any discrimination, has the right to equal pay for equal work. (3) Everyone who works has
the right to just and favourable remuneration ensuring for himself and his family an existence worthy of
human dignity, and supplemented, if necessary, by other means of social protection. (4) Everyone has the
right to form and to join trade unions for the protection of his interests”. The question we asked was “How
does this right work with people with informal unemployment, such as domestic employees, construction
workers, outsourcing, etc.?”
In Mexico, 57.2% of the occupied population has an informal employment (Cruz, May 17, 2017).
This means that these employees do not get the mandatory benefits such as social security, savings funds,
retirement funds, paid vacations, etc. This became an uncomfortable question since the majority of the
participants admitted they have domestic employees without a contract. However, some believed that they
gave the legal benefits to their employees by feeding them or giving them a room in case they were “stay-in
maids”. Only one participant pointed out a State initiative to promote formal contracts for domestic employees. But no clear answer was given by anyone on how this human right applies in the Mexican scenario.
In general, we noticed a lack of comprehension of human rights. When we asked if they thought new
human rights should be included now in the declaration, they mostly indicated that probably there is no
need to add, but there is definitely a need to be clearer and more specific about the articles that already exist.
Participants and their perception of Human Rights in Mexico
90.8% believe that when a State doesn’t guarantee human rights to their population, an international
intervention should be done. It is interesting to see that 95.8% of the participants think that Mexico has a
problem in respect to the violations of human rights. Based on these responses, participants would agree
with an international intervention in Mexico.
This is coherent with what has been explained before since the majority of the participants, both in
surveys and discussion groups, have a deep mistrust in Mexican authorities. Based on an INE survey, only
little over 20% of the Mexican population trusts the police force in Mexico, less than 30% trusts the municipal or state government, and close to 35% trust the federal government (Hernández, 2014). We must keep
in mind this refers to the Peña Nieto era. This is consistent with the attitudes of the respondents.
The following tables had the objective to identify which human rights do the participants of the survey
believe are the most important for them, for Mexico and for the world. For this exercise, we shortened the
list and worked with the rights that appear in the following tables, with the purpose of using the most popular ones mentioned in the pilot survey we initially did. When it comes to what human rights they believe
are the most important for them, we asked them to choose three in order of importance:

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 43-57. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/110

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Social Representations and Acknowledgement...

Table 3. Which human rights do participants find most important for themselves?

Source: Author.
Based on this table, we can see that there is a tendency to find importance in the right for education, right
for life, liberty and security, and the right to opinion and expression. While the right for education is not
a common topic in the news, articles 3 and 19 are frequent cases of violations of human rights in Mexico
that constantly are mentioned in the news. This can explain why participants find them the most urgent to
protect. If we compare this table with what they believe Mexico needs the most:
Table 4. Which human rights do participants find most important for Mexico?

Source: Author.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 43-57. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/110

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When it comes to the needs of Mexico, the result changes to more basic types of services such as security, social security and education. While Mexico has institutions that look after free access to school,
health care and police force, constantly is seen in the news that there are corruption scandals in all public
secretaries and political figures which means there is a failed effort from the State in accomplishing this
human right. Therefore, it is not surprising to see that this is what most participants identify as urgent for
the majority of the population. And finally, on a global scale this is what they pointed out:
Table 5. Which human rights do participants find most important for the world.

Source: Author.
On a larger scale, education, life, liberty and security are repeated. This reflects the values of the participants since it is something that is consistent also in the individual level. In respect to life, liberty and
security, it is consistent as well with the human rights cases they remember since they are mostly related to
insecurity and violence. While none of the participants indicated that they ever needed to file a complaint
by being victims of a violation of human rights themselves, they still feel aware of the insecure context
around the world.
As mentioned before, most of the participants showed mistrust to the government and public authorities. However, they pointed out that insecurity was not an issue that only Mexico had, since they compared
organized crime in this country with terrorism in other regions like Europe. The most influential mediation
is easily identifiable as mass media, since all of the mentioned sources for these cases were social media,
news and documentaries.
Compared to what survey participants believed are the most popular human rights in the news, all three
come up as what they consider the most important ones for themselves, Mexico and the world. Adding
up to them, they also indicated Liberty of thought, conscious and religion and Right to social security. 31
participants believe that the Right to social security comes up often in news, and 27 believe that Liberty of
thought, conscious and religion is frequently in the agenda, which are lower figures than the other three.
When we asked out of this list which human rights participants believed were going to be included in
the agenda of the presidential candidates in 2018, there was barely any agreement, but the most mentioned
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�Social Representations and Acknowledgement...

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ones were Right to life, liberty and security; Right for education; and Right to get social security. Again,
all of them are within the human rights that are perceived to be the most popular within the news agenda.
5.- CONCLUSIONS
Three main conclusions can be drawn to understand the acknowledgement of human rights amongst
Monterrey citizens. The first one is regarding the misinformation and lack of interest in the topic of human
rights; secondly, identifying the role of news and other sources in their acknowledgement of human rights;
and third, the pessimistic attitude of the impunity and corruption in Mexico.
Unfortunately, as expected, there is a weak founded social representation regarding human rights. Most
of the participants in surveys and focus groups base their knowledge (and therefore their attitudes, interpretation, beliefs and so on) in information that arrives to them without them looking into it. Indeed, most
of what is seen in the news (which can be considered the main source of learning about human rights) is
pessimistic and even at some point fatalistic, which can explain their deep mistrust and negative viewpoint
on the topic. In this regard, there is a need to do some educational efforts in order for people to first know
their human rights, and second, how to act upon them.
Considering that mass media is probably the most important way to establish and strengthen social
representations (since it represents in a consolidated form all topics and standpoints of a society), then the
Commission of Human Rights should consider campaigns to both educate journalists and promote their role
in society. On the one hand, the role of journalists should be that of an expert in the topics they’re writing or
reporting about. If the journalist him/herself doesn’t know about human rights and their correct terms, then
most probably misinformation will be broadcasted. On the other, the Commission of Human Rights and the
State have as a clear responsibility the promotion of human rights. If they don’t do more efforts on getting
known by the population, they definitely have failed in one of their objectives.
Second, the hypothesis on news playing a significant role on people’s learning of human rights was
confirmed. While the news arrives to audiences through different platforms, the format is the same: people
read about human rights when it comes to news-reporting and cases of violations, typically unresolved.
This adds up a responsibility to journalists as explained in the first conclusion from the past paragraphs.
And third, the fatalistic viewpoint has probably created resistance from the part of the population on
wanting to learn more about it, since they all agreed that human rights news is always “bad news”. The
perception of the participants is that there is nothing they can do because violations are mostly done with
corruption, and as stated in the article, there is a clear mistrust in authorities. In a very comfortable position,
the majority of the participants expect an international-external institution to intervene Mexico in order
to resolve this problem of corruption and impunity. Another value that could be promoted by journalists
should be citizen empowerment. That way, by learning what can be done, what are the human rights, where
to report violations; there could be individuals that get interested in also contributing to the solution of
problems and the promoting of human rights.
In this matter, we could see how institutional mediations are the most influential in learning about human rights. However, due to lack of interest and/or understanding, it doesn’t transcend in a significant way
into individual’s attitudes, thoughts, emotions or general knowledge. Based on this, we can affirm that there
is a weak or practically nule social representation of human rights in general in Monterrey’s news readers.
In the meanwhile, learning about a population’s social representations on human rights can shed light on
how much culture is enabling the failure in the protection of human rights in a country like Mexico. Finding
out what sources are also contributing in the construction of these social representations, should inspire the
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involved institutions and authorities to do a better job in communicating knowledge and a better attitude
towards human rights protection.
There is evidently need for more studies in this matter. Future research should focus in comparing individuals who are not active news readers with those who are, to see if there is an actual difference in their
fatalistic point of views; as well as more studies in different regions to find out if there is difference in their
understanding and knowledge of the topic.
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Primer proceso de regulación de las casas hogar (Centros de Asistencia Social) en el Estado de
Nuevo León, México
First regulation process of Residential Child Care (Social Assistance Centers) in the Estate of Nuevo
León, México
Leticia Ivonne, López-Villarreal1
Universidad de Monterrey
DOI: http://dx.doi.org/10.29105/pgc5.9-1		

https://orcid.org/0000-0002-9834-7250

RESUMEN
El presente artículo es producto de una investigación cuyo objetivo consistió en generar una explicación teórica de
formas de organización en red que contribuya a la generación de políticas públicas y describir el modelo de protección
de derechos humanos de niños, niñas y adolescentes sin cuidados parentales que habitan en Centros de Asistencia Social (CAS) del 2006 al 2012. Estas organizaciones conocidas también como Casas Hogar. Se aplicó el método de Acción- Aprendizaje (Reginald Revans), con un enfoque cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico transversal, entrevistas y diario de campo. Tras la revisión documental y el trabajo de campo, se encontraron
tipologías emergentes de roles de organización dentro de una red de protección de derechos humanos de niños, niñas y
adolescentes sin cuidados parentales, y en paralelo se retrató el inventario de capacidades y relaciones generadas por los
actores involucrados en su construcción. Se concluye que las redes de relaciones cambian con el tiempo, aumentando
y disminuyendo su capital social (relacional), y el proceso de regulación de las Casas Hogar en Nuevo León, fue un
proceso institucional de aprendizaje y cambio, que pudiera ser útil para otras zonas geográficas, ahora que existe una
normativa para regular este tipo de instituciones, pero a nivel nacional, desde el 2015.
Palabras clave: Capital social, huérfano, infancia, innovación social, y política pública.
ABSTRACT
This article is the product of an investigation whose objective was to generate a theoretical explanation of forms of
network organization that contributes to the generation of public policies and describe the model of protection of human
right of children and adolescents without parental care living in Social Assistance Centers (CAS) from 2006 to 2012.
Also known as residential Child Care. The action-learning method (Reginal Revans) was applied with a qualitative
approach, non-experimental design, under a transversal documentary-bibliographic level, interviews and field diary.
After the documentary rewiw and the fieldwork, emerging typologies of organizational roles were found within a network for the protection of human rights of children without parental care, and in parallel the inventory of capacities and
relationships generated by the actors involved in its construction. It is concluded that the networks of relations change
over time, increasing and decreasing their social capital (relational), in the process of regulation of care homes in Nuevo
León, was an institutional process of learning and change, which could be useful for others geographical areas, now that
there is a regulation to regulate this type of institutions but at the national level, since 2015.
Keywords: Social capital, orphan, childhood, social innovation, and public policy
Cómo referenciar este artículo:

López-Villarreal, L. (2019). Primer Proceso de regulación de las casas hogar (Centro de asistencia social) en el
Estado de Nuevo León, México. Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, 5(9), 58-74. Recuperado de http://
revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/109
Recibido: 05 de Agosto 2018 - Aceptado: 19 de Septiembre 2018
1
Doctora en Ciencias Sociales, Directora del Centro para la Solidaridad y la Filantropía, Universidad de Monterrey. Email; leticiaivonne.lopez@udem.edu.mx.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 58-74. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/109

�Primer proceso de regulación de las Casas Hogar ...

1.- INTRODUCCIÓN
Durante los últimos 20 años el capital social, la participación y la innovación social han tomado impulso
dentro de la gestión pública en las zonas urbanas. Han surgido modelos sociales basados en capital relacional. A medida que las capacidades individuales de las regiones se expanden e interconectan, se cree que las
instituciones en red podrían convertirse en un activo colectivo basado en el conocimiento para el desarrollo.
Se publica una nueva normativa de regulación a las Casas Hogar en Nuevo León durante el 2011, después
de un caso de trata denunciado públicamente durante el 2008 dentro de este tipo de organizaciones. Esta
nueva normativa provocó el surgimiento de una red para cumplir con los nuevos requisitos de operación,
necesarios para recibir licencia que permitiera a este tipo de organizaciones seguir atendiendo niños, niñas
y adolescentes en situación de abandono.
Claramente, en el surgimiento de una sociedad totalmente en red, una pregunta importante es ¿cómo
crear redes para fortalecer la sociedad civil y el gobierno?, para la protección de derechos humanos a nivel
regional. Responder a esta pregunta, llevaría a una estrategia para superar problemas como marginación,
exclusión y desigualdad social, ausencia de instituciones públicas y privadas para regenerar regiones empobrecidas y garantizar derechos humanos de la población. Por lo que este documento analiza como las
personas en las ciudades desarrollan nuevas formas de organización, participación y ciudadanía, siguiendo
nociones de sociedades basadas en el conocimiento generado de un proceso de aprendizaje.
El estudio tiene como objetivo analizar las prácticas y posibilidades de la red, para promover acciones,
y políticas públicas, que a su vez favorecería la protección de derechos humanos de niñas, niños y adolescentes sin cuidados parentales, algunos huérfanos y abandonados en Centros de Asistencia Social (CAS),
que éste es el término que se empezó a utilizar para nombrar a las Casas Hogar, después de la publicación
de la Ley General de Derechos de Niñas, Niños y Adolescentes a nivel nacional, en Diciembre del 2014.
En el artículo 4, en el apartado V se indica que este tipo de organización es un establecimiento, lugar o
espacio de cuidado alternativo o acogimiento residencial para niñas, niños y adolescentes sin cuidado parental o familiar que brindan instituciones públicas, privadas y asociaciones Se categorizarán las prácticas
socio-organizacionales: en un proceso de regulación a las Casas Hogar en Nuevo León (México), que inició
en el 2006 y que terminó en el 2012 con la entrega de licencias de operación por parte del gobierno estatal.
Se analizará desde una perspectiva sociológica como los miembros de una red crean conocimiento mediante procesos de aprendizaje que surgen de la experiencia de sus relaciones. Aprender, es una capacidad
institucional para afectar los procesos de participación ciudadana, la gobernanza y la gestión de la innovación social. Este documento presenta un estudio contextualizado de la colaboración en red entre la sociedad
civil y el gobierno en sus tres niveles. La investigación tiene una revisión de la literatura existente sobre la
transición entre el Estado de bienestar y el Estado relacional, que depende de las redes de colaboración para
realizar sus objetivos sociales.
Se vuelve significativo analizar el caso de Nuevo León por el hecho de ser éste el primer Estado de la
federación en proponer y publicar una ley para regular el funcionamiento de las Casas Hogar. También
porque creó una serie de áreas administrativas para regular y profesionalizar estas instituciones desde el
Gobierno Estatal. Estas iniciativas hacen de Nuevo León una zona territorial que se encuentra en proceso
de institucionalización de las Casas Hogar. De esta forma, este trabajo de investigación aspira a brindar
un nuevo lenguaje regional en materia de generación de políticas públicas para la protección a la infancia
institucionalizada en Nuevo León, donde las Casas Hogar, empezaron a tener un lugar importante en la
agenda pública.

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2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Capital social y redes en una sociedad relacional.
Una de las definiciones del Estado en términos de gestión pública ha sido el del Estado habilitador (Gilbert, 2002). Al teorizar un Estado relacional potencial, Gilbert (2005) enfatiza el enfoque a un Estado, cuya
función es proporcionar protección social a través de apoyo, generando así responsabilidades privadas.
Xunaxhi y Pineda (2017) indican:
La profesionalización se convierte en una herramienta fundamental de la nueva gestión pública para
trata de superar algunos de los problemas típicos de las administraciones tradicionales, tales como que, al
permanecer estas sin vigilancia, se vuelven corruptas e incompetentes, además que se desarrolla dentro de
ellas una burocracia más poderosa y prácticamente inamovible. (p.47).
Se vuelve un proceso significativo en procesos de protección de derechos humanos donde la eficiencia
de las acciones de supervisión debe cuidarse en lo administrativo, para cumplir los objetivos de regulación
planteados a instituciones que en este caso, atienden niños, niñas y adolescentes sin cuidados parentales y
se encuentran en situación de abandono en estas organizaciones privadas o públicas.
Por otro lado, el sociólogo británico Giddens (2007) prefiere un tipo diferente de Estado relacional, un
Estado garante que influye en los resultados de las acciones para favorecer el interés público, en lugar de un
Estado habilitador que emplea la inversión social tanto como sea posible para ayudar a las personas a ayudarse a sí mismas. A diferencia de la aproximación de Gilbert (2005), Giddens (2007) propone un Estado
que busca empoderar a sus ciudadanos, además de proporcionar un marco de garantías (salarios mínimos,
por ejemplo). Donde las instituciones de servicio público deben ser tan receptivas a las necesidades de
aquellos que sirven como lo hacen la mayoría de las empresas privadas frente a sus clientes.
Etzioni (1998) y Giddens (1994, 1998), empezaron a incluir en las nociones emergentes de gestión
pública, el concepto icónico de la gobernanza. Kooiman (2003) define la gobernabilidad como la totalidad
de las interacciones públicas y privadas dedicadas a resolver problemas y crear redes sociales, oportunidades. Él lo llama gobernanza interactiva. Hay aspectos relevantes en esta perspectiva que se relaciona con
la definición de Estado relacional donde un Estado fuerte no se deriva de una constitución, es una cuestión
contextual (Pierre y Peters, 2000). Enfoques de gobernanza que serían relevantes para la noción del Estado
relacional, son aquellos que se analizan tanto de adentro hacia afuera como de afuera hacia adentro de la
institución pública (Mendoza y Vernis, 2008). “Porque es necesario desarrollar la capacidad de pensar a
nivel de asociación, de red para fomentar la experimentación y la diversidad” (Mendoza y Vernis, 2008,
p.25).
Generación de conocimiento colectivo
Por otro lado, el término red designa una relación social entre los actores. Los actores en una red social
pueden ser personas, pero también colectivos en forma de grupos, instituciones, comunidades o incluso
sociedades (Seufert et al., 1999). Las redes son determinadas por su contenido (productos o servicios, información), forma (por ejemplo: duración y cercanía de la relación) e intensidad (por ejemplo: frecuencia
de comunicación). Se piensa que la forma y la intensidad de las relaciones de red, establecen la estructura
de la misma (Burt, 2000). Además, las relaciones entre los actores se basan en interrelaciones personal-organizacional o técnico-institucionales a largo plazo (Seufert et al., 1999).
Pero, ¿qué es el conocimiento? Hay una tradición que se remonta hasta Platón, conocida como la teoría
tripartita del conocimiento que la define como creencia verdadera justificada. La teoría dice: si crees en
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�Primer proceso de regulación de las Casas Hogar ...

algo, con justificación, entonces sabes eso, de lo contrario, no lo sabes (desde http: //www.theoryofknowledge). Claramente cuanto más profundo sea nuestro aprender, lo más consciente, específico y articulado será
nuestro conocimiento de lo que no sé. En cierto modo, a nivel individual, tomamos conciencia de nuestra
ignorancia (Popper, 1963). Sin embargo, este trabajo se adhiere más a las definiciones de conocimiento
como un proceso de aprendizaje social, y, por lo tanto, una cosecha colectiva.
Esta conceptualización de los procesos de conocimiento como procesos sociales prevalece en la literatura moderna basada en el conocimiento y en el aprendizaje. Como Giddens (2007) y Berends (2003),
creen que la estructura es un recurso para la interacción en el sentido de que los individuos o actores no
construyen la realidad social desde cero, sino que se basan en elementos estructurales preexistentes en sus
acciones. Las reglas y recursos existentes hacen posible las acciones humanas, pero a su vez, la acción
humana está restringida por las estructuras existentes, que provoca esa estructura como habilitación y restricción (Berends et al., 2003; Timbrell et al., 2005).
Redes en relación
Las redes de conocimiento social también se definen por diferentes grados de transferencia de conocimiento y capacidades. Hansen (1999) descubrió que los vínculos débiles ayudan a una búsqueda de conocimiento útil, pero impiden la transferencia de conocimiento tácito, que requiere fuertes lazos entre las dos
partes para una transferencia efectiva (ver figura1). Capital social vinculante se refiere a los lazos intracomunitarios dentro de grupos relativamente homogéneos (familia y grupo étnico, entre otros), en el que los
miembros pueden depender en situaciones de necesidad. La unión del capital social ayuda a construir la
cohesión social y un sentido de objetivos compartidos. Unir el capital social se refiere a los lazos intercomunitarios entre individuos y grupos, que atraviesan divisiones sociales, como el origen étnico, el género
y el estatus socioeconómico. A pesar de que es poco probable que estos sean tan fuertes como los lazos
intracomunitarios, parece que se requiere una combinación de ambos para que los individuos trasciendan
sus comunidades (Gratnovetter, 1995).
Figura 1. Fuerza de la Red.

Fuente: Adaptación de Hansen (1989), en Augier y Vandelo (1999).
Taylor et al. (2004), indica que: “la vinculación del capital social o la integración, para algunos autores
se refiere a la naturaleza y extensión de los vínculos que conectan las esferas civil y política” (p.228). “Y
las relaciones entre individuos y grupos en vertical, es decir, relaciones jerárquicas o basadas en el poder” (Healy, 2002, p.79). “El concepto de la inclusión refleja una distribución relativamente horizontal de
las relaciones de poder que fomenta confianza mutua y normas de cooperación entre los ciudadanos y el
Estado” (Wallis y Killerby, 2004, p.250). Los lazos fuertes aparentemente permiten la interacción cara a
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cara entre las dos partes involucradas en la transferencia, y por lo tanto la riqueza de los medios utilizados
para el conocimiento y la transferencia es alta y es más adecuada para la transferencia de conocimiento
tácito (Augier y Vendelo, 1999). Por otro lado, autores como Mellucci (1999) agregan dimensiones como
solidaridad e interdependencia, cuando los actores de una red producen una acción colectiva porque son
capaces de definirse a sí mismos y su campo de acción (relaciones con otros, disponibilidad de recursos,
oportunidades, limitaciones).
Sin embargo, (Gratnovetter, 1973), indica que los lazos débiles, son altamente eficientes para compartir
conocimiento porque dan acceso a información novedosa mediante la conexión de grupos e individuos.
“Sorprendentemente, es probable que los lazos fuertes proporcionen redundante información, ya que a
menudo existen entre un pequeño grupo de actores conocimiento que ya saben, lo que los otros también
conocen” (Hansen, 1999, p.83). Por lo tanto, en términos de capital social relacional, se asocia una caracterización de redes por su vinculación de capital social y transferencia de conocimiento. En consecuencia, los
vínculos fuertes, es decir, las relaciones con personas más conocidas, pueden no proporcionar información
nueva e inesperada como los lazos débiles. Putnam (2000) también hizo hincapié en cómo la unión del capital social promueve unas intensas y estrechas redes interpersonales. En los conceptos de capital social, el
capital está conectado a las relaciones entre los miembros que participan activamente y que se conocen. Sin
embargo, el concepto de capital puente se refiere a los vínculos sociales entre personas que no se conocen
muy bien. Este tipo de capital puente se refiere a las relaciones entre aquellos miembros que son bastante
inactivos y participan dentro de la red en actividades solo de forma ocasional (García, 2006). En resumen,
nadie puede poseer capital social, solamente por sí mismo, ya que se encuentra en las relaciones entre las
personas. Para fines de este artículo, se ha adoptado la definición de capital social según Burt (1992), que
se refiere tanto a los contactos de recursos como a la estructura de contactos de una red. “Una persona que
participa en una determinada posición en una red social puede ser “un activo por derecho propio. Ese activo
es capital social” (Burt, 1992, p.12).
Redes de protección de derechos humanos para niñas, niños y adolescentes sin cuidados parentales en
Nuevo León.
La región fronteriza del Norte de México ha pasado de repente a ser un “modelo para economías en
desarrollo a un símbolo del caos de la guerra contra las drogas en México, absorbido en una espiral oscura
de asesinatos de pandillas, crímenes violentos y creciente anarquía” (Emmott, 2011). En ese contexto, la
ciudad de Monterrey en Nuevo León presenta una sólida vida y cultura industrial, en donde se establecieron
estándares empresariales de más de cien años de antigüedad. Tal cultura ha creado un corredor notorio de
capital social y oportunidades de colaboración dentro de México y sus vecinos de Texas (Pavlakovich-Kochi et al., 2004). De ahí, un valioso debate e investigación alrededor de la idea de que el capital social y la
creación de redes se pueden expresar y aprovechar en tales contextos.
De hecho, en el contexto de los Centros de Asistencia Social que atienden a niñas, niños y adolescentes
sin cuidados parentales, se generó un conjunto de procesos dinámicos que provocó la creación de una red
en Nuevo León. Como consecuencia de una sucesión de hechos en 2011. En este año, se publicó una ley a
nivel Estatal para regular a este tipo de instituciones y evitar violaciones de derechos humanos al interior
de las mismas, generando también legitimidad y confiabilidad para los benefactores. Por lo que la norma,
generó una serie de cambios en las interacciones y relaciones entre las Casas Hogar y el gobierno local,
lidereados por el Sistema de Integral para el Desarrollo de la Familia (DIF) del Estado de Nuevo León.
En este contexto de crisis, surgieron nuevos actores y las nuevas regulaciones marcaron el ritmo para el
desarrollo de capacidades dentro de las instituciones que buscaban la protección de los derechos de niñas,
niños y adolescentes en Nuevo León.
Por lo tanto, el presente trabajo de investigación emprende el análisis de las relaciones entre actores en
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�Primer proceso de regulación de las Casas Hogar ...

el proceso de institucionalización de la infancia y adolescencia que vive en las Casas Hogar en Nuevo León
(México), y el tipo de agencia que retratan es de acuerdo a la perspectiva sociológica de Giddens (1990)
antes y después de que la norma del gobierno se hiciera pública. La investigación implicó la observación
del aprendizaje y los procesos de generación de redes entre los grupos de interés. Lo más importante, es que
también implicó una reflexión sobre la acción dentro del espacio observado, tanto con la supervisora de la
tesis doctoral asignada como en reuniones constantes con algunos de los actores que formaron parte de este
proceso durante siete años. Los actores que permanecieron durante este período son individuos que pasaron
por el proceso de institucionalización y regulación del 2006 al 2012, y que tenían funciones de acogimiento residencial, familiares de las niñas y niños y oficinas de gobierno. El núcleo de la investigación fue la
observación de sus relaciones y el cambio de las estructuras sociales para la protección de esta población
que se encuentra en instituciones sin cuidados parentales (niñas y niños separados de forma temporal o
permanente de su familia de origen).
Se realizó mi observación del aprendizaje institucional y de los procesos de generación de redes. Principalmente como participante observador de este proceso de interacción intenso y continuo entre las partes
interesadas. Durante siete años, tuve un papel en el proceso de institucionalización como actor, observador
participante, y analista, desde una perspectiva como investigadora. Me uní a algunas discusiones de grupos
pequeños, donde se estaba gestionando el conocimiento adquirido, por los cuestionamientos, planificación
de proyectos. Estas interacciones se convirtieron en aprendizaje significativo y al mismo tiempo contribuyó
tanto al análisis en términos de la investigación y también en términos de planificación a favor de las Casas
Hogar para el cumplimiento del nuevo marco legal.
En este contexto, tenía un rol privilegiado: era un actor activo, profundamente involucrado en el proceso. En esos términos, creo que me convertí en un agente (Giddens, 1990), definido de la siguiente manera:
•

•

•

Un agente es competente: el criterio fundamental de competencia es que un actor es capaz de explicar todas las actividades que realiza, si se le pregunta. Agentes de rutina y casi sin esfuerzo de tener
una comprensión teórica continua de los fundamentos de su actividad. Como parte de una organización de la sociedad civil (OSC), me uní a un comité del gobierno, para la toma de decisiones sobre
regulación y profesionalización de Casas Hogar, donde me preguntaban mi opinión en relación a
las acciones y las decisiones.
El agente es reflexivo: la reflexividad es la capacidad del agente para registrar sistemáticamente
aspectos sociales de los contextos en los que se mueve. Esta reflexividad es lo que posibilita las
prácticas sociales recursivas. Utilicé un diario de campo en todas las reuniones, entrevistas, eventos, trabajos en grupo, et. Grabé aspectos importantes en ese diario, que incluía diálogos de cada
encuentro, que luego analizaría desde una perspectiva sociológica para compartir con los actores
para alcanzar consenso y acuerdos. Esto a su vez, me llevó a construir una vista panorámica y a
integrar la visión de todos los involucrados en la realidad observada.
El agente es intencional: el agente responde a las razones y motivos de sus acciones, aunque muchas de estas motivaciones no son parte de sus discursos. Giddens distingue dos elementos (ambos
forman parte de un modelo): racionalización y motivación. La racionalización corresponde a lo teórico, y la motivación lo que le mueve a actuar, desde deseos que no son necesariamente conocidos
por el agente. Por ejemplo, crecí preocupada por los niños y niñas abandonados que viven en Casas
Hogar antes de que supiera mi historia familiar, en donde mis dos abuelos paterno y materno, fueron adoptados. Me involucré a medida que crecía la conciencia de la realidad vivida por este sector
vulnerable de nuestra sociedad. Estaba muy consciente (en medio de una escalada violenta en Monterrey) que habría consecuencias amargas en la sociedad si no se llegaba a una solución mediante
acciones concretas a favor de las Casas Hogar o Centros de Asistencia Social. Giddens (1990) cree
que la acción se considera intencional cuando el actor conozca que él tendrá cierto resultado y usará
ese conocimiento para lograr tal resultado. Además, la acción del agente tiene consecuencias no

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deseadas e implicaciones imprevistas que están más allá del alcance del agente, de ahí la intencionalidad. De hecho, Giddens (1990) define la intención como un acto del cual el autor es conocido,
o se cree que tiene una calidad y un resultado particular, y es quién cuenta con ese conocimiento
utilizado por el actor para lograr la calidad o el resultado implícito. Cuando empecé mi proceso de
investigación en el 2009, no imaginé que tendría esta experiencia en un momento histórico a nivel
nacional en temas de protección de derechos humanos de la infancia y adolescencia institucionalizada y los cambios estructurales que traería.
3.- MÉTODO
El enfoque investigativo de la presente investigación es cualitativo, de acuerdo con Hernández, Batista
y Fernández (2014) “Utiliza la recolección y análisis de los datos para afinar las preguntas de investigación
o revelar nuevas interrogantes en el proceso de interpretación” (p.7)
Este documento se deriva de una investigación que duró cuatro años a nivel de doctorado que comenzó
con una pasión por la articulación de las interacciones sociales, un espíritu emprendedor y una aspiración
por la innovación social. Mucho antes de emprender la investigación doctoral fundé una organización no
gubernamental llamada Pequeños Gigantes Mexicanos con el objetivo de proteger los derechos humanos
de niñas, niños y adolescentes que habitan en Casas Hogar o Centros de Asistencia Social. A través de la
cual se tuvo un rol de mediación entre las Casas Hogar de Nuevo León y el gobierno, durante el proceso de
regulación que empezó en el 2011 a nivel local. Por lo tanto, estuve totalmente involucrada en el proceso
de regulación y profesionalización de este tipo de instituciones, además que como comenté anteriormente,
mis abuelos paterno y materno fueron adoptados. Sin embargo, no era consciente de todos los mecanismos
involucrados en un proceso de regulación institucional en una región geográfica concreta. Me di cuenta
durante el proceso de investigación, de las implicaciones e incluyendo mis prenociones basadas en mi
experiencia familiar.
Diseño
En términos de investigación, se adoptó un enfoque socio-constructivista, en el sentido de que consideré
uno por uno, todas las perspectivas de los actores involucrados para observar los procesos de institucionalización y regulación. Sin embargo, ya que la investigación analizó desde mi propia práctica y participación en el proceso, seleccioné el enfoque de Acción-Aprendizaje (Acción-Learning) acuñado por Revans
(1959), como la más adecuada herramienta para el tipo de investigación que estaba realizando. Esta metodología fue desarrollada por Revans en la década de 1940, Acción-Aprendizaje ofrece un método probado
para acelerar el aprendizaje, lo que permite a las personas manejar problemas complejos de manera más
efectiva. Se trata de trabajar en problemas reales, centrados en el aprendizaje y en la implementación de
soluciones. Es una forma de aprender haciendo. Así, seleccioné esta metodología para reflejar y analizar el
proceso observado, a través de mi rol dentro de Pequeños Gigantes Mexicanos, y permitirme rendir cuentas
y reflexionar sobre mi acción y articulación de algunos actores que han participado en el proceso de institucionalización realizado por el Estado de Nuevo León.
El Acción-Aprendizaje es un proceso dinámico, una forma de aprender de nuestras acciones y experiencias; en un espacio de tiempo determinado dedicado solamente a: cuestionar, reflexionar para después
planear cómo actuar de forma diferente en el futuro en base al aprendizaje significativo obtenido de la
actividad realizada (MacGill y Beaty, 2001) El grupo de reflexión no puede ser de más de 6 personas, en
mi caso la Dra. Blanca García, quién fue mi directora de tesis doctoral era parte de ese espacio de reflexión
grupal principal. Aunque tuve varios grupos de reflexión con los diferentes actores mencionados (Casas
Hogar, Gobierno Estatal, miembros de la Red de Apoyo a Casas Hogar) y que formaban parte del proceso
de institucionalización.
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Se consideraron en el estudio 16 Casas Hogar de 40 que se encontraban operando en Nuevo León hasta
diciembre del 2012. Se consideraron algunas criterios endógenos y exógenos de validez para la selección
de la muestra de las Casas Hogares, los cuales se dividieron en tres niveles A, B y C para tener instituciones
representativas de la población total; con la finalidad de aplicar las herramientas de investigación y elaborar
el perfil de los actores, así como la obtención de la información sobre las relaciones generadas durante el
proceso de institucionalización. Éstas fueron a quiénes se aplicó una entrevista a profundidad para conocer
su forma de operar, identificar la vida social al interior de estas e identificar las relaciones entre ellas y con
los otros actores que se consideraron integrar en el análisis: el gobierno que es el responsable de regularlas
y la Red de Apoyo a Casas Hogar que apoyaron con capital social al cumplimiento de la ley.
La unidad de análisis fueron las relaciones entre los actores del proceso de institucionalización de las
Casas Hogar, así como su agencia desde la perspectiva sociológica de autores como Giddens (1984) antes
y después de la norma gubernamental, se fue obteniendo en base al aprendizaje que se fue construyendo
en mis grupos de reflexión, elemento indispensable de la metodología mencionada. Dichos grupos contaban como miembros a mi directora de tesis y parte de los actores entrevistados: Gobierno, familiares de la
infancia institucionalizada, Casas Hogar y Comité de Gestoría y Redes de Apoyo a Casas Hogar. Porque
estos actores interactuaron conmigo no sólo una vez; sino muchas veces por 5 años y medio, a veces de
forma cotidiana, en donde mi rol como observador participante era de investigadora, gestora, articuladora,
y administradora; todo al mismo tiempo.
Esta visión propone que los individuos y la sociedad perciben como realidad lo que no es más que una
construcción, una creación de la interacción social entre esos individuos y los grupos. Y desde esta perspectiva, se le da mayor importancia a los significados, reflexiones, discursos y comprensión de los actores
en relación con el proceso social en la que se encuentran. Es por lo anterior que este método fue el más
adecuado para esta investigación.
Instrumentos
Siguiendo a Revans (1982), se coincide en que no existe aprendizaje sin acción y no existe acción sin
aprendizaje. Y en sociología, la entrevista cualitativa es una técnica importante para la generación de un
conocimiento sistemático sobre el mundo social. Por lo que los instrumentos que se seleccionaron para
obtener la información de esta investigación fueron:
a) Entrevistas
b) Documentación generada por los actores
c) Diario de campo generado de observación participante
d) Grupo de enfoque.
e) Notas del Grupo de Reflexión o “Set” de Aprendizaje Acción (Ejemplo.- Junta de Redes de Casas
Hogar de la Región Noreste en el 2011, Sesiones del Comité Interinstitucional para la regulación de las
Casas Hogar en Nuevo León).
La diferencia metodológica de la aplicación de los primeros dos instrumentos con lo que se realiza tradicionalmente, es que las entrevistas fueron aplicadas a las mismas personas por 5 y medio años, y parte de
la documentación empírica generada fue como resultado de la sistematización de las mismas; en donde yo
tomé parte en su construcción. El diario de campo si se realizó una sola vez. Se desarrolló con el mismo proceso etnográfico que se sigue en diferentes trabajos de campo para la obtención de la información empírica.
El trabajo de campo fue proporcionado por colegas de organizaciones de la sociedad civil con los que
ya había colaborado anteriormente y estaban profundamente involucrados con la realidad observada, enRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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trevistas semi-estructuradas. Las cuales produjeron narrativas reflexivas de los actores que aumentaron la
riqueza de lo aprendido en siete años. Se tuvieron dos líneas de reflexión durante el proceso metodológico:
1.
2.

Información generada por 16 Casas Hogar (de un total de 40 que estaban operando en Nuevo León
en diciembre del 2012). Permitió identificar la forma como funcionaban estas instituciones, su vida
social y conocer el tipo de relaciones que mantenían con el gobierno.
Información generada por algunas personas clave dentro del DIF Nuevo León que tenían un estado
de involucramiento del 2006 al 2012. Estos documentos se revisaron mediante el análisis del discurso, con el fin de detectar aún más el nivel e intensidad de las relaciones y construcción de la red.

Se privilegiaron los métodos cualitativos, debido a que éstos enfatizan el proceso. Por ejemplo, Tárres
(2001) menciona que los métodos cualitativos ponen énfasis en la visión de los actores y el análisis contextual en el que éstos se desarrollan, centrándose en el significado de las relaciones. Por lo que fueron los
cualitativos, los más adecuados para capturar esas relaciones y la subjetividad de los actores. Los métodos
cuantitativos no consideran los detalles, los cuales para este análisis son relevantes; porque permiten conocer las funciones de los actores mencionados en el problema de investigación. Son los métodos cualitativos
los que conceptualizan la realidad, que en este caso se requiere para que la información se convierta en un
análisis del proceso de institucionalización de las Casas Hogar de Nuevo León
Procedimiento
Esta metodología de Acción-Aprendizaje está basada en 3 elementos para el análisis de la información empírica obtenida del trabajo de campo:(1) Aprendizaje = (2) Administración del conocimiento + (3)
Cuestionamiento. Por lo que fue necesario un grupo de reflexión que tuviera la función del intercambio de
conocimiento, que se obtiene de la experiencia de la acción en un determinado contexto y tiempo. En este
espacio se realizaron los cuestionamientos para la administración del conocimiento generado a través del
intercambio de información. Al analizar esa información mediante el dialogo, puede convertirse en nuevo
conocimiento; y por lo tanto aprendizaje significativo que fue aportando los argumentos para cumplir con
los objetivos de investigación.
Así que la observación y la obtención de la información empírica se realizó y obtuvo de 4 tipos de actores en la sociedad: 1) gobierno; 2) familiares de la infancia institucionalizada; 3) Casas Hogar; 4) Comité
de Gestoría y Redes de Apoyo a Casas Hogar. Ahora bien, desde el paradigma socio-constructivista es la
comunidad receptora la que valida los resultados de investigación (Easterby-Smith, et. al., 2012) lo cual se
logró plenamente al entregarle a la comunidad un Manual Normativo para Casas Hogar (López, 2014) que
tendrá su aplicación piloto primero en Nuevo León y después en otros estados a nivel nacional.
A los cuatro tipos de actores o fuentes de información se les llamó en términos metodológicos sujetos
del conocimiento, porque cuando reflexionaban sobre el contexto que les rodeaba o establecían procesos
de dialogo en beneficio del modelo de protección a la infancia institucionalizada en el que participaban y
pertenecían, empezaban a construir conocimiento. De acuerdo al proceso metodológico de Acción-Aprendizaje propuesto por Revans (1998), el individuo que forma parte de su propia realidad y reflexiona sobre
ella comienza a transformar su conocimiento tácito en conocimiento explícito, y logra aprendizajes significativos y transformadores de dicha experiencia.
El análisis se realizó bajo la técnica cualitativa de análisis de contenido, debido a que considera el contexto de producción del discurso, y las características socio-lingüísticas del contexto y el mensaje. Además,
que permitió realizar indagaciones sobre los procesos de producción o recepción de los mensajes mediante
la construcción de categorías de análisis y árboles conceptuales que explican en el modelo de atención de la
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infancia institucionalizada en Nuevo León, que se expresa en los resultados de este documento.
Sin embargo, parte de la información observada y recopilada se filtró con algunas pre-nociones que no
logré hacer conscientes durante el trabajo de campo, y durante parte de la redacción del documento. Esto,
como efecto de haber estado altamente involucrada como un actor más dentro de la realidad observada,
especialmente al inicio de esta investigación y en parte del trabajo de campo.
La validez de los resultados se obtuvo a través de la triangulación de datos, debido a que como resultado
de la investigación se elaboró un Manual Normativo para las Casas Hogar, con la finalidad de apoyarlas en
el proceso de regulación que estaban experimentando en ese momento por parte del gobierno estatal. Para
fines metodológicos, estas tres fuentes de información fueron llamados sujetos de conocimiento, porque
cuando a estos actores se les pidió reflexionar sobre el contexto que los rodeaba o establecer procesos de
diálogo a favor del modelo de protección en el que participaban, usualmente eran capaces de construir nuevos conocimientos (conocimiento tácito en conocimiento explícito) (Nonaka, 1991).
4.- RESULTADOS
Sistema de redes emergentes y prácticas sociales a favor de la infancia institucionalizada.
En 2012, se estaban teniendo dificultades por parte de las Casas Hogar de Nuevo León para recibir
licencias de operación por parte del gobierno estatal, por la falta de cumplimiento de los requisitos que establecía la nueva ley publicada en el 2011, a nivel local. Los requisitos eran exigentes, por lo que se realizó
una extensión al cumplimiento del plazo por petición de las Casas Hogar, uno de los primeros pasos de
nueva acción colectiva. Por otra parte, el 80% de este tipo de instituciones corrían el riesgo de ser cerradas,
por la falta de cumplimiento, lo que produjo que se movilizaran por primera vez buscar asistencia y apoyo. Esto también creó un problema para el gobierno estatal, porque si las cerraban, tendrían que reubicar
a todos los niños y niñas, y no se tenían espacios para ello. Es decir, el gobierno no tenía la logística ni un
plan para abastecer las necesidades emergentes. Hasta ese momento las Casas Hogar no tenían una comunicación constante entre sí ni con el gobierno.
Por otro lado, el gobierno estatal, en un esfuerzo por prepararse para la aplicación de la Ley que regula
a las Instituciones de Guarda y Custodia del Estado de Nuevo León, publicada en el 2011, reestructuró su
personal en julio de ese mismo año, para dar seguimiento a la regulación. Pasando de 8 a 33 empleados, de
esta forma el DIF Nuevo León buscaba asegurar que prácticamente cada institución tuviera un delegado
que le apoyara al cumplimiento de los requisitos y avanzar en términos de cuidado de esta población. Por
su parte, las Casas Hogar comenzaron a interactuar entre sí, y a discutir sus prácticas para los retos del futuro, así como las nuevas relaciones que establecerían con el gobierno, con la finalidad de poder obtener la
licencia de operación y evitar ser cerradas. Algunas personas en estas instituciones expresaron desacuerdo,
tenían muchos puntos contra la ley. Esta movilización desencadenó la creación de redes y el establecimiento de relaciones nuevas entre las Casas Hogar. Como menciona Mellucci (1999), los actores producen
colectivamente acción porque son capaces de definirse a sí mismos y el campo de acción (relaciones con
otros, disponibilidad de recursos, oportunidades, restricciones). Esta categorización de los roles dentro de
la organización de una red podría ser útil cuando se analizan de la siguiente forma: 1) servicio de redes de
implementación, 2) redes de difusión de información, 3) redes de desarrollo de capacidades, 3) redes de
resolución de problemas. Todas estas redes estaban presentes y se consideraron para el proceso analizado
en Nuevo León, como se presentarán a continuación.
A medida que continuaba el trabajo de investigación de campo, se observó que los nuevos roles (y tipos)
de interacciones y socialización entre los diferentes agentes implicados en el funcionamiento de las Casas
Hogar. Antes del 5 de julio del 2011, algunas instituciones no tenían un consejo dentro de su estructura, el
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director era el abogado contador, por lo que debía realizar varias funciones al mismo tiempo. Desde el DIF
Nuevo León se les comenzó a asesorar y apoyar en la creación de la gobernanza para su consolidación. Este
tipo de acción desencadenó varios tipos de socialización, que se relacionan con las posturas de Gratnovetter
(1985), Melluci (1999) y AbouAssi (2013) como: disruptivo, articulador resiliente e interdependiente:
•

•

•

Agentes Protectores (interdependientes). - son los responsables de asegurar la protección de los
derechos de la infancia institucionalizada en Nuevo León. Garantizar que se realicen las acciones
necesarias para que sus derechos no sean violados y puedan ejercerlos libremente porque el contexto donde se encuentran internados tiene las condiciones para este fin. Siguen los lineamientos de la
Convención de los Derechos del Niño y las directrices que se han generado por parte de organismos
internacionales para su cumplimiento. Es de donde surgen las reformas y publicaciones de nuevos
marcos jurídicos que contribuyan a la protección de los derechos de la infancia en las Casas Hogar.
Agentes Reguladores (disruptivos).- tienen como principal función la supervisión del cumplimiento de la ley por parte de las Casas Hogar. Su responsabilidad es crear los mecanismos necesarios
para asesorar a estas instituciones, para que puedan realizar los cambios necesarios dentro de su
operación para cumplir con la normativa. Son los organismos que tienen la autoridad legal de regulación, supervisión, administración y sanción de las Casas Hogar en Nuevo León
Agentes Cuidadores (articuladores resilientes).- sus acciones están enfocadas a brindar apoyo a las
Casas Hogar con la finalidad de mejorar su operación y colaborar para que puedan cumplir con los
lineamientos establecidos en el marco jurídico vigente. Realizan donativos en especie, en efectivo,
crean proyectos y programas enfocados al desarrollo integral del menor, así como del personal que
trabaja dentro de estas instituciones. Parte de su responsabilidad es desarrollar y cuidar un plan de
vida para los menores, así como colaborar en su formación durante su estancia dentro de la Casa
Hogar.

A continuación, se presenta el modelo de protección de derechos de la infancia y adolescencia institucionalizada en Nuevo León que comenzó a operar a partir del 2012, y se estuvo estableciendo progresivamente
como un sistema. Con el tiempo se observó que cada agente cambiaba sus prácticas sociales, así como el
tipo de relaciones con autoridades gubernamentales, empresas, instituciones educativas, y organizaciones
de la sociedad civil. En el fondo, se tenía la visión de impregnar en el resto de los agentes del sistema para
proteger los derechos humanos de esta población en el Estado. Y es producto de las acciones colectivas de
los agentes que pertenecen al proceso de institucionalización de las Casas Hogar en Nuevo León. Es decir,
se analizan las acciones de sus agentes colectivos e individuales como un sistema.

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Figura 2.- Modelo de protección de derechos de la infancia y adolescencia institucionalizada en Nuevo
León, durante el 2012

Fuente: Elaboración propia.
5.- CONCLUSIONES
En los modelos de capital social se piensa que las prácticas sociales se construyen en hábitos que son
duraderos y transferibles en el tiempo (Bourdieu, 1990). Estas prácticas estuvieron presentes en las actividades diarias de las Casas Hogar desde su fundación y hasta el 2011; algunos con cambios graduales a lo
largo del tiempo pero que se relacionaban con la protección de los derechos humanos. La integración de la
acción a la estructura existente se realizó en dos niveles de acuerdo a la teoría de la estructuración, uno de
ellos es la integración social (micro), que se refiere a las prácticas de comunicación y a la acción individual
de cada actor. Antes de la publicación de la ley, los actores como personas con información privilegiada en
una Casa Hogar tenían prácticas recursivas (o categorías mentales) traducidas a acciones que fueron moldeadas por el espacio social donde estos actores han estado interactuando constantemente en la historia del
funcionamiento de estas instituciones en Nuevo León.
En los siguientes párrafos, algunas de las acciones individuales que se realizaron continuamente a lo largo del tiempo dentro de una institución de tutela y custodia se han categorizado y conceptualizado, partiendo del análisis de las relaciones de las organizaciones. Este trabajo ha considerado el comportamiento de
redes locales responsables de la protección de esta población a medida que fueron respondiendo a cambios
en la política pública. Elementos del comportamiento de la red y cambios de capital social (Mellucci, 1999;
Giddens, 2006) se mantienen constantes en este análisis. Por otra parte, una atención a múltiples tipos de
conexiones (contratos, referencias, intercambio de información, proyectos conjuntos, etc.) que mantienen
unidas a las redes de organizaciones, fueron la base del análisis.
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Con este proceso de institucionalización se iniciaron nuevas formas de socialización durante las interacciones entre los agentes colectivos e individuales, que se pueden observar en Figura 2: a) socialización
colaborativa.- es cuando sucede una interacción con reciprocidad entre los agentes, es decir, ambos van
modificando sus acciones por el intercambio de estímulos que se presentan en la relación. Los agentes
individuales van cambiando su forma de operación, creencias, forma de pensamiento, la forma misma de
relacionarse, lo cual impacta en la relación e interacción que tienen con otros actores. En este tipo de socialización es donde se generan los cambios en las prácticas sociales que se habían estado realizando a través
del tiempo; b) socialización legalista.-se expresa entre dos agentes, en donde uno de ellos tiene la autoridad
legal de regular y supervisar al otro durante la interacción. Esta autoridad legal es brindada por un marco
jurídico vigente, es una relación de regulación, imposición y por lo tanto sumisión de parte del otro agente;
c) socialización soporte.- se manifiesta en la interacción de dos agentes, cuando uno de ellos apoya mediante conocimiento, recurso humano, donativos en efectivo o especie, acompañamiento, asesoría, programas,
proyectos de apoyo al otro; como parte de sus objetivos de operación. Estas tres formas de interacción se
observan en la tipología identificada con agentes, como se presenta a continuación.
1.-Alto acceso a recursos y oportunidades/fuertes lazos: interdependientes o agentes protectores.
El alto acceso a los recursos muestra la capacidad de una organización para promover el primer elemento por excelencia en las redes: la solidaridad.
La solidaridad, se cree que deriva en un comportamiento interdependiente (Mellucci, 1999), que es la
capacidad de los actores para reconocerse ellos mismos y ser reconocidos como miembros del mismo sistema de relaciones sociales. En el análisis se observó que las 40 Casa Hogar que se localizaron por el DIF
Nuevo León, posteriormente fueron convocados para capacitación. En este contexto, los funcionarios de
gobierno fueron considerados como parte de una red informal, que, aunque tienen estatus y una racionalidad diferente, persiguen el mismo objetivo de protección a la infancia institucionalizada siendo aliados de
las propias instituciones en el proceso.
2.-Bajo acceso a recursos y oportunidades/fuertes lazos: disruptivos o agentes reguladores.
El bajo acceso a los recursos muestra la capacidad de una organización para promover y articular nuevas
relaciones. Por ejemplo, dado que uno de los requisitos del DIF era certificar sus planes de construcción de
instalaciones, alrededor de diez Casas Hogar se reunieron para buscar asesoría de un arquitecto, en un acto
de solidaridad sin precedentes. Descubrieron que, si solicitaban varias instituciones a una sola empresa de
arquitectos, producirían certificaciones a un costo más bajo. En efecto, estas 10 instituciones califican como
actores colectivos disruptivos que negociaron y renegociaron diferentes aspectos de su acción (Mellucci,
1999).
3.-Alto acceso a recursos y oportunidades/ vínculos débiles: resiliente o agentes cuidadores.
El alto acceso a los recursos muestra la capacidad de una organización para promover u fomentar procesos de aprendizaje. El aprendizaje anuncia tanto un proceso de cambio como de presencia de conflicto. En
nuestro análisis, todas las Casas Hogar emprendieron una renovación de sus acciones y un aprendizaje, que
en lo sucesivo regularía sus operaciones al interior. Sin embargo, algunas personas expresaron desacuerdo
con el gobierno y lo veían como adversario. Tales hallazgos, consolidan las tipologías de los agentes con la
naturaleza de sus relaciones, y confirman que los elementos relacionales dentro de las redes aumentan de
forma sustancial, por ejemplo, la asesoría legal, psicología, trabajadores sociales, son actores que ahora son
parte de la operación cotidiana de este tipo de organizaciones. De hecho, esta primera aproximación a los
hallazgos confirma la tipología de Mellucci (1999) del comportamiento del agente, que residen en la débil
vinculación del agente resiliente, seguidas de los agentes interdependientes o protectores.
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Este documento está relacionado con la operación de las Casas Hogar en Nuevo León, que estuvieron
pasando por un proceso institucional de aprendizaje y cambio, que pudiera ser últil para otras zonas geográficas, ahora que existe una normativa para regular este tipo de instituciones, pero a nivel nacional, desde el
2015. Una reconstrucción utilizando Aprendizaje-Acción como metodología y contextualización de estos
fenómenos que se observaron con fines de investigación, mientras que el cambio constante de actores y
agentes fue observado en el contexto de una sociedad con problemas sociales agudos que nos llama a todos
y todas a la acción. Este documento nos indica que las redes de relaciones cambian con el tiempo, aumentando y disminuyendo su capital social (relacional).
Regresando a nuestra pregunta de investigación inicial ¿cómo crear redes para fortalecer la sociedad
civil y el gobierno?, para la protección de derechos humanos a nivel regional. Estas redes están formadas
por vínculos débiles y fuertes basados en las relaciones existentes y como se construyen y desarrollan a lo
largo del tiempo a través de intercambio e interacciones. Comenzando como conexiones débiles, las relaciones se confirman y los lazos evolucionan, se fortalecen y maduran cuando las interacciones se hacen más
frecuentes, los intercambios se extienden más y la confianza se vuelve recíproca (Hansen, 1999 ; Augier y
Vandelo, 1999). Esto significa el tipo de vínculos (fuertes o débiles) que una entidad en la red podría cambiar con el tiempo, dependiendo del rol, la función y la acción que desempeña dentro de la red. La acción
colectiva resultante dentro de la red también puede cambiar.
Los hallazgos sobre tipologías emergentes de roles de organización dentro de una red, en paralelo con
modelos como los que propone Mellucci (1999), fue una herramienta útil para retratar el inventario de
capacidades y relaciones generadas por una red. Experimentando profundos cambios en su estructura y
desempeño. Cumpliendo así, con nuestro objetivo de investigación: analizar las prácticas y posibilidades
de la red, para promover acciones, y política pública, que a su vez favorecería la protección de derechos
humanos de niñas, niños y adolescentes sin cuidados parentales, algunos huérfanos y abandonados en Centros de Asistencia Social (CAS). Se categorizaron las prácticas socio-organizacionales: en un proceso de
regulación a las Casas Hogar en Nuevo León (México), que inició en el 2006 y que terminó en el 2012 con
la entrega de licencias de operación por parte del gobierno estatal.
Claramente, el modelo era un caso específico en el sentido que explica el comportamiento organizacional bajo tensión, movimiento y cambio. De hecho, se está construyendo colectivamente una estructura
completamente nueva para cuidar y proteger a las niñas, niños y adolescentes sin cuidados parentales en
Nuevo León. Es una tarea que requiere un millón o más de redes.
Propongo algunas líneas de investigación que pueden contribuir a profundizar aún más en comprender
los procesos de institucionalización de las Casas Hogar y las relaciones entre los agentes públicos y privados que participan en ellos, en materia de protección a la infancia.
La primera línea de investigación propuesta es identificar las funciones que desempeñan los egresados
de Casas Hogar en la sociedad y analizar los efectos de la institucionalización en su edad adulta, al convertirse en un actor más de la estructura social.
La segunda propuesta de investigación es analizar a las familias de origen de los niños, niñas y adolescentes que habitan las Casas Hogar, e identificar las principales motivaciones que provocan que entreguen
de forma temporal o permanente a los menores a estas instituciones. Así como categorizarlas para comprender el tipo de familia que contribuye a la institucionalización de los menores.
La tercera línea de investigación podría estar relacionada con el capital social de las Casas Hogar que
les brindan apoyo económico y humano para su operación, como lo son los miembros del Consejo o Patronato, las empresas a través de su responsabilidad social, voluntarios, organizaciones de la sociedad civil,
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estudiantes de servicio social de diferentes instituciones educativas, organizaciones de la sociedad civil,
entre otros actores. La propuesta es analizar el capital social de este tipo de instituciones para comprender
su forma de organización e interacción con las Casas Hogar, así como identificar la racionalidad y motivación de su actuar.
REFERENCIAS
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Perspectiva de Género y Política Pública Deportiva: El Caso de la CONADE
Gender mainstreaming and sports public policy: The case of CONADE
Francisco Javier, Mendoza-Farias1
Rocío Ivonne, Quintal-López2
Leticia Janet, Paredes3
Universidad Autónoma de Yucatan
DOI:http://dx.doi.org/10.29105/pgc5.9-3		
RESUMEN
El presente artículo es una revisión sobre la incorporación de la perspectiva de género en la CONADE, cuyo objetivo consistió en identificar a través de entrevistas y análisis desde un enfoque cualitativo la situación de la incorporación
de la perspectiva de género en el ámbito de la política pública de deporte de alto rendimiento en México, entre el 2012
y el 2018. Así como la identificación de algunas brechas de género. El acercamiento fue desde el método de teoría
fundamentada donde los datos van construyendo la teoría. Se encontró que las mujeres han ido accediendo de manera
gradual a puestos de toma de decisiones pero aún hay un gran camino por recorrer, también se evidenció la falta de
políticas de conciliación de la vida laboral, familiar y social, así como las estrategias de atención ante casos de acoso y
hostigamiento. Se concluye que el avance en materia de perspectiva de género y deporte ha sido lento pues se observa
que algunas medidas se quedan en un punto de buenas acciones sin mayor trascendencia como la falta de capacitación
a deportistas sobre temas de acoso y hostigamiento.
Palabras clave: Brechas de género, deporte, igualdad de género, perspectiva de género, política pública.
ABSTRACT
This article is a revision about the incorporation of the gender mainstreaming in the CONADE, the objective was to
identify with interviews and an analysis from a qualitative perspective the situation of the incorporation of the gender
mainstreaming in the sports public policy of high performance between the 2012 and 2018, and also to identify some
gender gaps. The method was the grounded theory where the theory is created from the information. It was found that
women have been gradually accessing decision-making positions but there is still a long way to go, also the lack of
policies of conciliation of work, family and social life, as well as attention in cases of harassment. It is concluded that
progress in terms of gender perspective and sport has been slow since it is observed that some measures are still a sample of good actions without major importance as the lack of giving information to athletes about harassment.
Key words: Gender equality, gender gaps, gender mainstreaming, public policy, sport.
Cómo referenciar este artículo:

Mendoza-Farias, F. &amp; Quintal-López, R. &amp; Paredes, L. (2019). Perspectiva de Género y Política Pública Deportiva: El

Caso de la CONADE. Revista Políticas, Globalidad y Ciudadanía, 5(9), 75-89. Recuperado de http://revpoliticas.
uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/108
Recibido: 13 de Agosto 2018 - Aceptado: 24 de Septiembre 2018

1
Maestro en Psicología Aplicada en el Área del Deporte, Estudiante del Doctorado en Ciencias Sociales,
Correo: javier.mendoza.farias@gmail.com
2
Doctora en Ciencias Sociales con Especialidad en Estudios de Género, correo: rocio.lopez@correo.uady.mx
3
Doctora en Conocimiento y Cultura de América Latina, correo: guerrero@correo.uady.mx
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 75-89. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/108

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1.- INTRODUCCIÓN

El presente artículo muestra un primer acercamiento a la situación actual sobre la perspectiva de género
en México y de que manera se ha avanzado en su implementación desde la perspectiva de la Comisión
Nacional de Cultura Física y Deporte (CONADE).
Desde esta postura, resulta importante señalar que la desigualdad de género es una realidad en el mundo
actual, esto se pone en evidencia con los índices de brechas de género establecidos por el Foro Económico
Mundial (2018), con base en ellos México ocupa el lugar 50 de los 149 países evaluados, donde la brecha se
ha reducido principalmente en las áreas educativa, salud y esperanza de vida, pero aún falta un largo camino
en rubros como participación, oportunidades económicas y empoderamiento político.
Una de las estrategias para reducir las brechas de género ha sido mediante la incorporación de la perspectiva de género en las políticas públicas. A fin de cumplir con los compromisos internacionales en materia
de igualdad de género, el gobierno mexicano planteó, por primera vez, en el Plan Nacional de Desarrollo (PND) 2012-2018 la perspectiva de género como una de sus estrategias para ser abordada de manera
transversal en toda la política pública federal; tratando de cumplir con ello las metas orientadas a lograr la
igualdad sustantiva entre hombres y mujeres.
Si es abordada de manera transversal la perspectiva de género en la Política pública, se deben valorar
las consecuencias que tendrán para los hombres y para las mujeres cualquier acción que se planifique, ya
se trate de legislación, políticas o programas, en todas las áreas y en todos los niveles de gobierno (Consejo
Económico y Social de las Naciones Unidas,1997 en Guerrero, Hurtado, Azua y Provoste, 2011).
En este trabajo se analiza de qué manera y en qué grado lo planteado, acerca de la transversalización de
la perspectiva de género en el Plan Nacional de Desarrollo se ha cumplido en material de política pública
deportiva en el contexto mexicano. Para ello, se analizan una serie de entrevistas realizadas a funcionarios
pertenecientes a la Comisión Nacional de Cultura Física y Deporte (CONADE), que es el organismo encargado de supervisar todo lo referente a cultura física y deporte en el gobierno federal.
Como punto de partida se cuenta con datos que hablan de que el ámbito deportivo mexicano es un espacio en el que la desigualdad y discriminación por razones de género se han vuelto parte natural de este
escenario. Muestra de ello es la investigación realizada en México por Espinosa y Vargas (2005) donde
señalan que solo 2.8% de las federaciones deportivas contaban con área de atención a las mujeres y solo el
10.5% capacitaban a su personal en la perspectiva de género. Esta investigación también arrojó información
sobre las esferas en las que había más desigualdad en el entorno deportivo de la CONADE, estas eran la
certificación de entrenadores deportivos con la presencia de sólo un 21.5% de mujeres en comparación con
los hombres certificados, otro indicador de desigualdad es el número de directivos, desagregados por sexo,
del Sistema Nacional de Cultura Física y Deporte donde la presencia de la mujer es solo del 17.8%.
La exclusión, trato desigual y discriminación se ha venido perpetuando en el ámbito deportivo producto
de las normas culturales que favorecen y naturalizan la desigualdad en México, esto debe combatirse por
medio de la incorporación de la perspectiva de género en las políticas públicas deportivas, que debieran
estar orientadas a confrontar la visión dominante que ha prevalecido en la cultura, que marca diferencias
entre hombres y mujeres como algo natural, producidas y reproducidas desde los ámbitos educativo, familiar y cultural (zafra, 2005).
A lo largo de los años en el deporte se han aceptado las diferencias y desigualdades de género como
algo natural, lo que también daba validez para otro tipo de acontecimientos como la discriminación a nivel
social, político, económico, y jurídico para las mujeres, usando como argumento la diferencia biológica y
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�Mendoza-Farias, F. &amp; Quintal-López, R. &amp; Paredes, L.

física (Antúnez, 2000), se debe entender que la diferencia entre hombres y mujeres no debe ser sinónimo
de desigualdad social y de género.
Por este motivo a pesar de las intenciones de llegar a un momento de igualdad de oportunidades y derechos, existen dificultades para incorporar la perspectiva de género en el deporte, pues es en este ámbito que
se sostiene el patrón patriarcal del deporte. En ocasiones se han ofrecido los mismos servicios y actividades
para los hombres y las mujeres, la cuestión es que no toma en cuenta el hecho de que las mujeres tienen una
carga cultural que les impide o condiciona el acercarse a una actividad competitiva (Antunez, 2009), el entorno deportivo no debería ser un espacio sesgado por los factores socioculturales, políticos y estructurales
que benefician a los hombres.
A finales del año 2018 se nombró a Ana Guevara como la Directora de la CONADE, esto significa que
es la primera mujer en México en dirigir el máximo organismo deportivo en México y ayuda a visibilizar
la presencia de las mujeres en puestos de toma de decisiones en el deporte pero no
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
La perspectiva de género como punto de partida
La perspectiva de género contribuye a la elaboración de propuestas de equidad no sólo entre hombres y
mujeres, sino entre grupos sociales que se enfrentan a las desigualdades y discriminación. A su vez, también
permite la comprensión de los factores económicos, políticos y socioculturales que explican la percepción
sobre las desigualdades para acceder a recursos, y los efectos que genera en un grupo la repartición de tareas
por sexo o clase social (Programa de las Naciones Unidas para el Desarrollo, 2006).
Existen una serie de factores que condicionan o favorecen la promoción de políticas públicas con
perspectiva de género, entre ellos puede mencionarse en primer lugar la existencia de un contexto político
que facilite la comprensión y priorización del tema de género, en segundo lugar la asignación de presupuesto para los programas y proyectos orientados a combatir la desigualdad de género, la visibilización de
la desigualdad entre hombres y mujeres, supervisar que no se reproduzcan los estereotipos de género ni
en la vida pública, ni en la privada; así como la implementación de mecanismos institucionales (Red de
municipalidades Rurales de Perú, 2007).
¿Qué es la transversalización de la perspectiva de género?
De acuerdo con Inchaustegui y Ugalde (2006) el análisis de transversalización de la perspectiva de
género consta de tres dimensiones, la dimensión de la política, la dimensión de la estructura y la dimensión
del actor. La dimensión de la política se refiere a la manera como se incluye la perspectiva de género en la
política pública. La dimensión de la estructura aborda todo el conjunto de reglas escritas y no escritas en
el accionar de las instituciones que influyen en la organización y jerarquía de la misma. La dimensión del
actor o del agente de equidad aborda a la capacidad del organismo concerniente de impulsar la perspectiva
de género en las instituciones y el conjunto de actores encargados de impulsar la agenda de la equidad de
género. El fin último del proceso de perspectiva de género es lograr la institucionalización.
La transversalización de la perspectiva de género exige la reflexión sobre la construcción de las relaciones entre hombres y mujeres en distintas áreas de la vida como son la escuela, el trabajo y la familia
para lograr modificar los mecanismos de discriminación y modificar también la ideología (Secretaría de la
Mujer del Estado de Michoacán, 2009). Estas reflexiones se deben llevar a cabo también en el deporte, pues
existen una serie de creencias sobre las mujeres que merman su presencia en este ámbito.
¿Por qué son necesarias políticas públicas con perspectiva de género en el deporte?
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El Programa de las Naciones Unidas para el Desarrollo (PNUD, 2014) identifica a las políticas públicas
como un medio para combatir las brechas de género y sostiene que estas deben estar orientadas hacia acciones especificas que reduzcan la desigualdad. De este mismo modo el Foro Económico Mundial (2018)
define las brechas de género como la desigualdad de acceso a las oportunidades entre hombres y mujeres,
sin importar la cantidad de recursos que existan. En este sentido, las políticas públicas son el mecanismo
para reducir estas brechas de género en el deporte.
El campo de la investigación de políticas públicas, género y deporte, se ha abordado desde distintas
vertientes, destacando algunas reflexiones como la de Domínguez (2011), quien sostiene que para reducir
las brechas de género que actualmente existen en el deporte se debe intervenir de manera directa y mediante políticas públicas en la educación física de los jóvenes, la práctica deportiva del ciudadano medio y
el deporte competitivo. Asimismo, agrega que se debe buscar premiar de igual manera la participación de
los hombres y las mujeres, así como dar la misma importancia en los medios de comunicación a los logros
femeninos como a los masculinos.
Un elemento a tomar en cuenta es que todavía existen una serie de factores que limitan la elaboración de
políticas públicas deportivas con perspectiva de género, entre los que se encuentran la falta de datos estadísticos, de investigación académica y de formación sobre temas de género en las organizaciones vinculadas
con el deporte. Sin subsanar estas faltas será complicado llegar a un enfoque que contemple diferencias y
similitudes por cuestiones de género y orientar los programas y proyectos de tal manera que se orienten a
la igualdad de género (Antúnez, 2009).
En cuanto a la incorporación de la perspectiva de género en las políticas públicas deportivas en diferentes países, destaca Canadá como un referente en esta materia, como señala Saffai (2013) las políticas deportivas canadienses se han orientado a reducir las barreras de desigualdad de género mediante tres acciones
específicas: 1. Desarrollando estrategias colaborativas para incrementar la comprensión y participación en
el deporte para todos, 2. Participando con la asociación canadiense para el avance de las mujeres, el deporte
y la actividad física para desarrollar e implementar una estrategia para las mujeres y las niñas y 3. Emprendiendo una iniciativa para incrementar las oportunidades de las mujeres para fungir como entrenadoras y
líderes voluntarias, así como incrementar la participación de personas con diversidad funcional y minorías
visibles.
Para Lenskyj (2008, citado en Saffai, 2013) no basta con incrementar la participación de las mujeres
en actividades deportivas, esa acción por sí sola no va a brindarles oportunidades de liderazgo. Según esta
autora las instituciones deben adoptar políticas de acción afirmativa, para ir cerrando la brecha de la mayor
cantidad de hombres que ocupan puestos de dirección, administración y entrenamiento deportivo, sino se
impulsan estas acciones afirmativas se corre el riesgo de nunca cerrar dicha brecha de género.
CONADE: Un actor clave de la política pública deportiva en México
En el año de 1977 es creada la Subsecretaría de la juventud, la recreación y el deporte, ésta a su vez
es dependiente de la Secretaría de Educación Pública. En 1981 se creó la Subsecretaría del Deporte y el
Consejo Nacional del Deporte (funcionando como órgano para asesorar y consultar). En 1984 se avanza
de manera significativa pues se crea la Escuela Nacional de Entrenadores Deportivos (ENED) y en 1986 la
Escuela de Capacitación Deportiva del Sector Obrero. De esta manera surge la necesidad de conformar una
estructura formal de carácter normativo y que fomente el deporte nacional, es entonces que se publica en el
Diario Oficial de la Federación el Decreto de la creación de la Comisión Nacional del Deporte (CONADE)
como un organismo desconcentrado de la SEP. Es en el 2003 cuando por medio de un decreto se crea la Comisión Nacional de Cultura Física y Deporte (mantiene sus siglas CONADE) como un organismo público
descentralizado de la administración pública general (CONADE, 2013).
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 75-89. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/108

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La CONADE es la institución responsable de proponer, dirigir, ejecutar y evaluar la política nacional
de cultura física y deporte, así como de plantear lineamientos de competencia a los deportistas en justas
nacionales e internacionales tomando siempre en cuenta la normativa internacional.
La misión actual de la CONADE es la creación, desarrollo e implementación de políticas de Estado en
materia de ocio, cultura física y deporte para que puedan fortalecer el desarrollo integral de las personas
promoviendo la igualdad de oportunidades buscando que se logre la participación y excelencia en el deporte.
En este mismo sentido la visión de la CONADE es posicionar a México como un país con un alto nivel
de conocimiento sobre cultura física, recreación y deporte para fomentar hábitos saludables en los y las
mexicanas, fomentar el desarrollo social y humano, así como el desarrollo de deportistas de excelencia
internacional.
3.- MÉTODO
Diseño
La presente investigación es de tipo cualitativa, exploratoria e incorpora los referentes propios de la metodología feminista. Los estudios de género también se han llamado estudios feministas y tienen como ejes
centrales el incremento de las mujeres en espacios que antes eran dominados por hombres y los efectos que
han tenido la presencia o ausencia de las mujeres en distintas áreas. De acuerdo con lo anterior, debe contemplarse una epistemología feminista que sea capaz de criticar los marcos tradicionales de interpretación,
así como la influencia social, cultural y política a la hegemonía epistemológica en la ciencia (Blazquez,
2012).
En el proceso de investigación feminista también se contempla la deconstrucción como una manera
de identificar los sesgos sexistas y androcentristas que han tenido las diversas disciplinas pero que nunca
habían sido desarticulados para analizar los motivos que han llevado a la generación de un conocimiento
sesgado y discriminador (Bartra, 2012).
El análisis se realizó orientado desde la teoría fundamentada, pues este método sugiere que la teoría
surge a partir de los datos recogidos de manera sistemática y analizados con rigor. La premisa es que no se
inicia la investigación con una teoría preconcebida o si se tiene una teoría, el objetivo sería contrastarla y
ampliarla (Strauss y Corbin, 2012).
La investigación se llevó a cabo desde un diseño de estudio de caso. El objetivo fue identificar desde la
postura institucional cuál era el trabajo realizado en materia de perspectiva de género, conociendo el caso
especifico de la CONADE como encargada de incorporar la perspectiva de género en el deporte.
Participantes
En el estudio participaron 8 personas (7 mujeres y 1 hombre) que forman parte de la CONADE en
distintas áreas. En la tabla se muestra el seudónimo, área y cargo que ocupan de 7 participantes debido a
que una participante prefirió permanecer en el anonimato sin mencionar su cargo. Los participantes seleccionados son relevantes para la investigación debido a que forman parte del personal de la CONADE y
ofrecen una visión institucional sobre la perspectiva de género y las acciones llevadas a cabo. Para poder
participar en la investigación los criterios de inclusión eran tener mínimo trabajando seis meses dentro de
la institución.
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Tabla 1. Participantes en la Investigación

Fuente: Elaboración propia
Instrumentos
Para la investigación se diseñó y aplicó una entrevista semiestructurada que permite flexibilidad al momento de realizar la entrevista para abordar temas que vayan surgiendo pues al ser un tema poco estudiado,
fue relevante no dar por entendido nada e indagar. El guion de la entrevista constaba de 16 preguntas abiertas agrupadas en categorías de género y deporte, brechas de género en el deporte, avances y obstáculos de
la perspectiva de género en la institución y asimetría de poder en la institución. La entrevista se piloteo con
dos personas que trabajaban en instituciones deportivas a nivel estatal para identificar la claridad y confiabilidad de las preguntas, no se pudo replicar más por las características especificas de la población objetivo.
Procedimiento
La investigación se desarrolló en tres fases. Durante la primera se seleccionaron las técnicas de recolección de información, definiendo el uso de la entrevista semiestructurada. Se definieron los temas que
se abordarían y se identificaron los actores sociales relevantes para la investigación. En la segunda, se
contactó vía correo electrónico y llamada telefónica a personal de la CONADE, obteniendo respuesta en
un primer momento sólo de dos personas y mediante la técnica bola de nieve se pudieron conseguir seis
entrevistas más. Durante las entrevistas se gestionó la firma del consentimiento informado. Las entrevistas
se realizaron en instalaciones de la CONADE en la Ciudad de México. En la tercera fase se transcribieron
y codificaron las entrevistas, para elaborar las categorías de análisis.
4.- RESULTADO
Hallazgos: sobre la participación igualitaria en la CONADE
Al ser la CONADE, como se explicó antes, la institución encargada de llevar a cabo el proyecto deportivo del país, resultaba fundamental indagar qué tanto en ella se promueve y fomenta la participación
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igualitaria en términos de género, así como la percepción que se tiene de esto. Para tal fin, se les preguntó
a los/as entrevistados/as si desde su percepción se permitía la participación igualitaria, con base en sus respuestas, en este trabajo se retoman como indicadores de la presencia de brechas de género en la CONADE
los siguientes aspectos: a) acceso de mujeres a puestos de poder, b) ausencia de Políticas de conciliación
familiar-laboral, c) brecha salarial entre hombres y mujeres, d) presencia de acoso y hostigamiento. A continuación, se revisa cada uno de ellos.
a.

Acceso de mujeres a puestos de poder

El concepto de participación igualitaria abarca desde la posibilidad de aspirar a los mismos puestos
dentro de la institución, creación de políticas de igualdad y una negociación de los roles tradicionales, con
el objetivo de romper los estereotipos de género. Con base en los testimonios analizados se puede observar
una falta de consenso, pues la opinión es dividida. Están los que sostienen que hay igualdad de oportunidades para hombres y mujeres y los que consideran que todavía hay brechas. En este sentido las participantes
expresan:
Si, bueno yo podría hablarte de mi área, estoy en el área médica y hay apertura
para que las mujeres podamos realizar nuestro trabajo, interactuar, dar puntos
de vista, realmente tenemos una participación muy activa en el equipo médico
(María, Coordinadora del área de psicología del deporte).
Depende los niveles ¿no? a veces en ciertos niveles hay más participación de
hombres y menos de mujer. A nivel general si está equitativo o podría hablarte de
un 40/60 (Ana, Subdirectora de centros deportivos escolares).
“es mínimo (el apoyo) en relación a los hombres y los hombres creo que entre
ellos mismos se dan más oportunidades que a las mujeres aunque los reglamentos
internacionales y las federaciones internacionales que son los rigen los deportes
pues son atípicos, o sea no dicen; esta convocatoria es para hombres o esta es
para mujeres, finalmente los que son apoyados normalmente pues son los varones
(Sandra, Departamento de alto rendimiento).
María identifica que se ha avanzado en el camino hacia la igualdad de género dentro del área en la que se
desempeña. En ello coincide Ana, quien menciona que se ha venido cerrando la brecha en algunos niveles
de la institución. La estimación que da Ana de un 40% de mujeres en comparación con un 60% de hombres
participando en puestos de toma de decisiones dentro de la CONADE; sin embargo, cuando se contrasta
la percepción de Ana y Sandra con la información recabada en esta misma investigación a través de otras
fuentes, como la que se brinda en la página oficial de la CONADE , las cifras son menos alentadores. En los
primeros puestos de toma de decisiones de siete personas, solo una es mujer y es en el área de comunicación
social. Esto es avalado por testimonios como los de Luisa y Rebeca:
No hay igualdad porque en los puestos directivos principalmente hay más hombres, , en los niveles medios como que ya se está incorporando más a la mujer
pero son niveles de subdirección y jefaturas…las mujeres como que están todavía
limitadas para llegar a esos puestos directivos del más alto nivel (Luisa, Jefa del
departamento de fomento a la excelencia deportiva).

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Una Directora general de CONADE nunca ha habido, a nivel subdirector solamente dos mujeres en todos estos años (Rebeca, Sub directora de atención a
centros deportivos).
La escasa presencia de mujeres en puestos del más alto nivel dentro de las Instituciones deportivas es
una tendencia no sólo en México, sino a nivel mundial. El Instituto Europeo de la Igualdad de Género
(2015) menciona que se ha ido incrementando la participación de las mujeres en el deporte en varias áreas,
pero aún sigue habiendo menor representación de la mujer en puestos de toma de decisiones a nivel mundial.
b.

Políticas de conciliación

La falta de adecuación de políticas de conciliación familiar-laboral de la institución se identifica como
un obstáculo para la participación igualitaria de hombres y mujeres en el ámbito deportivo, pues aún se
percibe la influencia de esto como elemento condicionante para aspirar a ocupar otro tipo de cargos o funciones:
Podría ser con el tema de cargo de tu hijo o de tu hija, si en determinado momento
no cuentas con quien te lo pueda cuidar y tienes un jefe como muy cuadrado se
torna un tanto más difícil esa situación y esa posición para una mujer que para un
hombre ¿no? y tal vez en determinado momento repercute en el movimiento de tu
cargo o demás por tal vez recurrir a estos permisos llámese enfermedades de los
hijos (Ana, Subdirectora de centros deportivos escolares)
Espinosa y Vargas (2005) encontraron que, en el ámbito deportivo mexicano, específicamente hablando
de federaciones deportivas el 54% no gozaba del permiso por maternidad, pues la mayoría eran contratadas por honorarios y no tenían acceso a esta prestación. El escenario es distinto en el caso de instituciones
estatales, pues el 96% cuenta con el permiso por maternidad y otorga entre 44 y 132 días. Por otro lado, un
obstáculo es el hecho de que solo el 20% de los organismos estatales contaba con permiso por paternidad
y el periodo era solo de uno a tres días. Esto tiene relación con el hecho de que algunas mujeres consideran
que, si quieren ascender o hacer una carrera en el entorno deportivo, deben sacrificar o posponer temas
como la maternidad o el tiempo familiar.
En este sentido se deben de plantear políticas de conciliación de la vida familiar, laboral y personal que
contemple estructuras que permitan el cuidado de personas dependientes, así como una reorganización de
los tiempos y espacios de trabajo para facilitar la modificación de los roles tradicionales sobre el involucramiento con la familia, hogar y trabajo (Fundación mujeres, 2010), así se estarán brindando posibilidades
iguales a hombres y mujeres independientemente de la persona a cargo.
c.

Brecha salarial en el ámbito deportivo

Una de las principales brechas para trabajar desde la política pública es el caso de la brecha salarial. Las
brechas salariales son el reflejo de la discriminación y desigualdad que viven las mujeres en distintas áreas,
esto ha ido disminuyendo poco a poco pero aún se mantiene y esto supone un impedimento para la independencia económica de las mujeres (CEPAL, 2016). El hecho de realizar el mismo trabajo, pero recibir una
remuneración distinta solo por el hecho de ser mujer.
La Organización de las Naciones Unidas (2007) señala que a pesar de que se haya logrado el acceso de
las mujeres a los deportes, aún existe desigualdad en el acceso a ciertos recursos, así como en los premios
y salarios como deportistas entre hombres y mujeres.
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El diario el Economista (2018) explica el motivo de los bajos salarios en el caso de México y la joven
Liga MX Femenil pues no se ha podido explotar el mercado, tiene una organización irregular comparada
con otras ligas femeniles y la brecha salarial existente en general en México. Se señala que el salario promedio es de es de 3, 643 pesos. De acuerdo al diario El Universal (2017) la futbolista mejor pagada gana
29,688 pesos al mes y la mayoría no supera los 6,000 pesos al mes, datos contrastantes con la liga varonil
donde el mejor pagado gana 6,494,355 pesos al mes.
Entre los avances que se han tenido, se destaca el hecho de tener salarios iguales para hombres y mujeres que ocupen el mismo puesto como lo mencionan a continuación:
Déjame te comento que en nuestro caso de deporte no es tan marcado ese asunto
porque en los temas de deporte lo principal es el resultado y entonces si tu tienes
una escuela que tiene un interés en que su selección estudiantil universitaria sea
un equipo fortalecido y que esté ganando, no importa si es una entrenadora o un
entrenador, lo que importa es que ganen (Alberto, Director ENED).
En cuanto al personal médico yo diría no hay brecha salarial, creo que tampoco
por género, hay brecha salarial por otras cuestiones, por ejemplo, si un médico
gana mucho más que un psicólogo en este caso, pero también es cuestión ya como
de carreras específicas (María, Coordinadora del área de psicología del deporte).
Pues no hay brecha porque el sueldo es estándar en cada puesto y las becas que
dan en lo que es el área de alto rendimiento no importa si eres hombre o mujer
(Rebeca, Subdirectora de atención a centros deportivos).
De acuerdo con la información brindada dentro de la CONADE y las dependencias públicas no existiría
la brecha salarial debido a que se rigen por tabuladores, aplica igual para deportistas, entrenadores y entrenadoras; este escenario cambia si pasamos del deporte amateur al deporte profesional pues se ha privilegiado el deporte masculino por encima del deporte femenino en cuanto tiempo en televisión y patrocinios, y
así lo expresa Mariana:
Todavía nos falta camino por recorrer. Un caso muy concreto es esta liga profesional de fútbol soccer que lazó el año pasado en su primera temporada la Federación Mexicana de Fútbol Asociación y si es marcadísimo, muy marcado, todavía
bueno si a nivel internacional pues digo bueno que va a pasar entre nosotros pero
creo que es algo que tenemos que seguir trabajando y allegándonos de pues de
otros ámbitos, incorporar o desde luego involucrar al 100% al sector privado, al
sector empresarial porque por la vía de las exenciones fiscales y esto pues ellos
podrían muy bien sumar o aportar pero si hay, si hay desde luego una disparidad
(Mariana, jefa de departamento).
En este sentido, se reconoce que en el tabulador de la CONADE no existe una brecha salarial, en cuanto
a becas o remuneración económica por el mismo trabajo, pero sí se identifica la brecha salarial en lo que es
el deporte profesional. A pesar de ser atletas de alto rendimiento, los y las deportistas que reciben beca y patrocinios pueden catalogarse como amateurs, pues no tienen la posibilidad de vivir de la práctica deportiva,
por eso hacen la mención de la liga de fútbol femenil donde la diferencia salarial entre hombres y mujeres
es evidente a pesar de que las dos se definen como ligas profesionales y donde la justificación para mantener
esta brecha es el hecho de ver el fútbol como un negocio y al no tener tantos seguidores la liga femenil, las
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condiciones de ésta no pueden mejorar.
d.

Presencia de hostigamiento y Acoso: Situación en la CONADE

Las entrevistas dieron como resultado el hecho de que sí se han presentado casos de acoso y hostigamiento, pero que existen áreas encargadas específicamente para abordar estos casos que se presenten en
los trabajadores y en los deportistas. No es un tema que pase desapercibido, sino que se ve resuelto por un
comité de ética si se presenta algún caso:
Aquí en la CONADE está muy regulado, constantemente llegan correos y notificaciones e información del área jurídica que está encargada del acoso y el hostigamiento y que si hubiera una situación puede determinarlo (María, Coordinadora
del área de psicología del deporte).
Sí, si hay, si existe eso en la Institución desde nivel deportistas hasta nivel este
ya como trabajador y si existen instancias que llevan a cabo el estudio de esa
acción y que es lo que se va a hacer (Rebeca, Subdirectora de atención a centros
deportivos).
Por otro lado, en la ENED se han presentado casos pero que son resueltos dentro de la misma institución:
Si hemos tenido casos de acoso y hostigamiento donde de alguna forma le hemos
dado atención a través de nuestro comité académico, a través de nuestra área de
recursos humanos y yo te puedo decir que por lo menos desde el tiempo que tu
servidor es director de la ENED no hemos tenido un caso donde el alumno e
inclusive el profesor haya tenido que realizar la denuncia correspondiente en el
ministerio público (Alberto, Director ENED)
El acoso y el hostigamiento sexual se ha normalizado en muchas áreas, de acuerdo con la información
brindada se demuestra que se está trabajando con directivos y personal de la CONADE por medio de correos informativos que les llegan, debe explorarse si este tipo de campañas también se realiza con los y
las deportistas pues no se menciona en ningún momento la sensibilización de las y los deportistas en estos
temas. Si bien dentro de la institución está regulado y se brinda constante información, no obstante, de
acuerdo con Emakunde (2015) son las deportistas las personas que son más susceptibles a sufrir acoso y
hostigamiento sexual por encima de las entrenadoras, directivas y árbitras.
La CONADE (2016) realizó un pronunciamiento de cero tolerancia contra el acoso y hostigamiento
sexual donde de manera explicita señala que no se tolerarán comportamientos como:
•
•
•
•
•
•
•

Señales sexualmente sugerentes.
Contacto físico sugestivo o de manera sexual.
Hacer regalos, dar preferencias indebidas o manifestar de manera abierta el interés sexual por una
persona.
Llevar a cabo conductas dominantes, agresivas o intimidatorias con el objetivo de que se someta a
sus deseos o intereses sexuales.
Espiar a una persona mientras ésta se cambia de ropa o se encuentra en el sanitario.
Condicionar la obtención de algo a cambio de aceptar conductas de naturaleza sexual.
Obligar a realizar actividades que no competen a sus labores en represalia por rechazar proposiciones de carácter sexual.

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•
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•
•
•
•
•
•

Condicionar la prestación de un trámite o servicio a cambio de que el solicitante acceda a sostener
conductas sexuales de cualquier naturaleza.
Expresar comentarios o burlas con connotación sexual.
Expresar insinuaciones, invitaciones, favores o propuestas de carácter sexual.
Preguntar a una persona sobre fantasías o preferencias sexuales o sobre su vida sexual.
Exhibir o enviar a través de algún medio de comunicación mensajes, fotos o ilustraciones con imágenes o estructuras de carácter sexual, no deseadas ni solicitadas por la persona receptora.
Difundir rumores o cualquier información sobre la vida sexual de una persona.
Expresar insultos o humillaciones de naturaleza sexual.
Mostrar deliberadamente partes íntimas del cuerpo a una o varias personas.

El pronunciamiento muestra una preocupación y posicionamiento de la CONADE ante este fenómeno,
el siguiente paso sería indagar sobre la incidencia de esto en la institución, deportistas, entrenadores/as y
árbitros/as.
e.

El proceso de incorporación de perspectiva de género en la CONADE

Como se ha mencionado antes, el PND 2012-2018 de México incluye como uno de sus ejes transversales la perspectiva de género, lo que significa que la CONADE tendría que haber trabajado bajo estos
lineamientos.
Como parte de la investigación se revisó si los funcionarios de esta institución conocían conceptos como
perspectiva de género, incorporación de la perspectiva de género, transversalización de la perspectiva de
género e institucionalización de la perspectiva de género. A continuación, se analizan sus respuestas.
Sobre la perspectiva de género comentaron:
La perspectiva de género son todas esas visiones de manera transversal y transdisciplinar que permiten precisamente que podamos convivir en el mismo sentido
bajo las mismas mediciones, sobre todo de justicia a los hombres y las mujeres
(Alberto, Director ENED).
Perspectiva de género es que nos vean, hablando de la mujer, que nos vean como
alguien, como personas capaces, que nos tomen en cuenta, que a nivel de en el
trabajo nos, que no somos nada más el sexo femenino, o sea que no somos nada
más mujeres, que tenemos muchas cosas que nos amparan y no nada más por el
hecho de ser por el sexo mujer, ya nos cataloguen y nos clasifiquen como ineptas
y eso sino que vean a nuestro alrededor todo lo que somos capaces, no, entonces
eso pues se está metiendo, se está tratando de que se haga aquí en la CONADE
(Luisa, Jefa del departamento de fomento a la excelencia deportiva).
En este caso lo expresado por Alberto y Luisa destaca el buscar condiciones de igualdad para hombres
y mujeres. Luisa señala un elemento importante que es visibilizar y romper con estereotipos negativos que
condicionen la participación de éstas solo por el hecho de ser mujeres. Veléz (2012) menciona que se debe
visibilizar el hecho de que no se parte en condiciones de igualdad debido a la cultura y factores sociales,
sumándole a esto en ocasiones una doble jornada (laboral y familiar) pocas veces compartida.
En cuanto al tema de incorporación de perspectiva de género las participantes lo entienden como:

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En este caso en distintas instituciones sin importar que sean públicas o privadas
lo que se busca es que se puedan realizar propuestas para que dentro de estas
políticas en áreas públicas y privadas tengamos una mejor visión transversal y
transdisciplinar de inclusión hacia las mujeres, hacia éstas áreas en los programas
públicos y privados sin importar que si sean unos u otros de mayor importancia,
sino que todos podamos ser considerados de la misma forma….es introducir esta
visión a toda la gente que ya está participando en un entorno social para que podamos entender estos términos y como poder vincularlos (Alberto, Director ENED).
El testimonio de Alberto señala la importancia de la incorporación en cuanto a la inclusión de las mujeres en la esfera pública, buscando capacitar a las personas que están en los puestos de toma de decisiones
y elaboración de proyectos, la transversalización de la perspectiva de género busca en este sentido romper
con toda la visión sexista y machista que existe en el deporte y romper el modelo hegemónico con el que
se ha trabajado normalmente.
Sobre la definición de transversalización de perspectiva de género las participantes mencionaron:
Se refiere a que las conexiones o las ligas que se hacen en diferentes ámbitos
deben de confluir, deben de coincidir para permitir que a la hora de que se hace
una vinculación, estos caminen o sea esto es la transversalidad, que todo mundo
tiene una manera de como poder aportar, de cómo enriquecer esta dinámica pero
donde se haga la participación de manera integral para que todo mundo aporte o
sume para este esfuerzo y se logren los resultados esperados (Mariana, Jefa de
departamento).
Una participante menciona que conoce los dos conceptos y los integra para dar su definición:
En mi caso de un punto separado como la transversalidad, como la perspectiva
de género ¿por qué? porque a veces nosotros hacemos acciones transversales a lo
propio del programa ¿no? sin embargo pues siempre va esta inclusión, esta equidad de género, esta perspectiva y se hace de manera pues ya por sí sola, siendo
participativos en torno a hacerlo de manera equitativa tanto para hombres como
mujeres (Ana, Subdirectora de centros deportivos escolares).
En este sentido lo expresado por Mariana demuestra conocimiento conceptual sobre la transversalización de la perspectiva de género y cumple con el objetivo del PND 2012-2018 de conocer como se debería incluir un eje transversal, en este mismo sentido, Ana no conoce el concepto, pero tiene claro cuales
tendrían que ser las actividades a realizar por parte de la CONADE como el tomar en cuenta de manera
equitativa a hombres y mujeres.
En cuanto a la definición de institucionalización y último punto del proceso las participantes señalan:
Eso de institucionalización es ya cuando queda establecido, queda establecido de
que así ya va a ser el trato a las mujeres, así va a ser el trato a los hombres y todo
va a ser igual pero ya es una, algo ya establecido, ya no hay de que, si quieres
lo haces, si no quieres no lo haces (Luisa, Jefa del departamento de fomento a la
excelencia deportiva)
La institucionalización implica que determinado aspecto en este caso de perspectiva de género no sea una opción que para que una persona o un grupo de personas
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de manera intencional o voluntaria, ingresen esta perspectiva de género en su
institución pública o privada, la institucionalización implica que sea una conducta
prácticamente a través de distintos procesos tanto normativos a través de leyes,
lineamientos, reglamentos sea un aspecto a través de una política pública, si, sobre
todo pública o gubernamental tenga que ser incluido este aspecto de perspectiva
de género en las distintas instituciones no importa si sean públicas o privadas
(Alberto, Director ENED).
Estos resultados demuestran un dominio conceptual de los términos sobre el proceso de perspectiva de
género y significa el cumplimiento en cierta medida de los compromisos adquiridos en el PND 2012-2018,
la institucionalización debe ser el fin último de este proceso pues eso significa que la perspectiva de género
se encuentra arraigada en la institución.
En este sentido, de acuerdo con la Ley General para la Igualdad entre Mujeres y Hombres que existe en
México, el 23 de abril de 2018 se reformulan dos artículos y se agregó un lineamiento a cada uno para promover la igualdad en el deporte. Estos son el artículo 9 que agrega el lineamiento V para “proponer iniciativas y políticas de cooperación para el desarrollo de mecanismos de participación igualitaria de mujeres y
hombres, en los ámbitos de la economía, toma de decisiones y en la vida social, deportiva, cultural y civil.”
y el artículo 17 que adiciona el lineamiento XIII para “fomentar el desarrollo, participación y reconocimiento de las mujeres en las diferentes disciplinas deportivas, así como en la vida deportiva.”
5.- CONCLUSIONES
Existen una serie de barreras para identificar los avances o retos de la política pública con perspectiva
de género en el deporte, uno de los obstáculos es la falta de datos recientes, la última investigación abordando temas de género y deporte por parte de la CONADE e INMUJERES es un trabajo del 2005 y a partir
de la información recabada, se observa que se ha avanzado de manera general en cuanto a la perspectiva
de género; sobre los temas de participación igualitaria se pretende cerrar esta brecha con la reforma de la
ley de igualdad para mujeres y hombres, esto sugiere el establecimiento de cuotas de género dentro de la
CONADE.
Otro de los avances que se han tenido es la capacitación sobre temas de género, en los informes del
Comité de ética y de prevención de conflictos de interés se han realizado capacitaciones en materia de
derechos humanos, prevención de la discriminación e igualdad de género, esto significa un avance dentro
del proceso de perspectiva de género pues se sensibiliza y capacita al personal de la CONADE y supone un
parteaguas dentro del proceso de inserción de estos temas dentro de la cultura institucional.
En cuanto al acoso y el hostigamiento se encuentra que la CONADE hizo un pronunciamiento en contra
del acoso y hostigamiento sexual en el deporte, así como que el Comité de ética y de prevención de conflictos de interés ha difundido el protocolo para la prevención, atención y sanción del Hostigamiento y Acoso
sexual mediante correo electrónico a los servidores públicos, a pesar de esto no se encuentran datos sobre
la incidencia del acoso y hostigamiento sexual, quizá por la normalización o invisibilización del tema. Un
elemento a destacar es el hecho de los protocolos que se tienen para los casos y que se ha informado a los
trabajadores y las trabajadoras sobre esto y como actuar, pero a los y las deportistas no se les ha informado
en este sentido. El acoso y el hostigamiento genera malestar en demasía a la victima, es por esto que se
debería de elaborar un protocolo especifico para el contexto deportivo, además se debe capacitar a los y las
deportistas en esta materia para ayudar a identificar este tipo de comportamientos y conocer la manera de
proceder si se llega a presentar alguna de estas situaciones en el contexto deportivo, el socializar la información y protocolos (no específicos) responde a un primer nivel de atención pero no se debe quedar ahí, se
debe proceder capacitar y sensibilizar a deportistas y entrenadores.
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Sobre la brecha salarial se pone en evidencia que no se presenta esta brecha dentro de la institución al
estar regulado mediante un tabulador; en este mismo sentido, la percepción sobre esta brecha es distinta
cuando se aborda el plano de entrenadores y entrenadoras por el enfoque predominante en la búsqueda
de resultados pues la elección es independiente de que la persona que entrene a ese deporte sea hombre o
mujer, aunque esta brecha si existe en otras esferas del deporte como lo es el deporte profesional, si bien
la CONADE es un referente en lo que concierne al deporte en México, la implementación de acciones
afirmativas que favorezcan la presencia de mujeres como entrenadoras, como parte de un equipo técnico,
dirigentes para que se normalice su presencia y dentro del deporte profesional mexicano.
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Mediación policial como mecanismo alterno de resolución de conflictos comunitarios
Police mediation as an alternative mechanism of solution in community conflicts
Lenin, Ramírez-Matus 1
Genaro, Hernández-Velazco2
Universidad Juárez Autónoma de Tabasco
DOI:http://dx.doi.org/10.29105/pgc5.9-5
RESUMEN
El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo consistió en explicar la importancia que
tiene la mediación policial como mecanismo de resolución en conflictos comunitarios. Se aplicó el método de análisis,
con un enfoque cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico transversal. Tras la revisión
documental se encontró que; los conflictos que se presentan en los barrios son inherentes en el proceso de convivencia
e interacción entre los distintos individuos que los integran, de manera que, se hace necesario emplear herramientas
alternativas que auxilien en la transformación del conflicto, como es el caso de la mediación policial, esto debido a que
los agentes encargados de la seguridad se encuentran de forma constante en contacto con los ciudadanos, además, son
los guardianes responsables de preservar la paz y el orden público. Se concluye que la mediación policial es el método
más efectivo para resolver los conflictos que se suscitan en los barrios, también, aunque no se encuentra desarrollado
este mecanismo completamente en México, se han impulsado herramientas similares como la policía de proximidad en
el Estado de Nuevo León, que ayudan a facilitar el acercamiento entre los ciudadanos y los cuerpos policiales.
Palabras clave: Conflicto, fuerza pública, mediación policial, policía, Seguridad Pública.
ABSTRACT
This article is the product of a literature review, whose objective was to explain the importance of police mediation
as a mechanism for resolution in community conflicts. The method of analysis was applied, with a qualitative approach,
non-experimental design, under a transversal documentary-bibliographic level. After the documentary review it was
found that; the conflicts that occur in the neighborhoods are inherent in the process of coexistence and interaction between the different individuals that integrate them, so that it is necessary to use alternative tools that help in the transformation of the conflict, as is the case of mediation police, this because the security officers are constantly in contact with
citizens, in addition, they are the guardians responsible for preserving peace and public order. It is concluded that police
mediation is the most effective method to resolve conflicts that arise in neighborhoods, also, although this mechanism
is not fully developed in Mexico, similar tools have been promoted such as the proximity police in the State of Nuevo
León, which help facilitate the rapprochement between citizens and police forces.
Key words: Conflict, public force, police mediation, police, public safety
Cómo referenciar este artículo:

Ramírez-Matus, L. &amp; Hernández-Velazco, G. (2019). Mediación policial como mecanismo alterno de solución

en conflictos comunitarios. Revista Políticas, Globalidad y Ciudadanía, 5(9), 90-105. Recuperado de http://
revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/112
Recibido: 29 de Agosto 2018 - Aceptado: 02 de Octubre 2018

1
Maestrante en métodos de Solución de Conflictos y Derechos Humanos por la Universidad Juárez Autónoma
de Tabasco. Email; leninmatus@hotmail.com
2
Maestrante en métodos de Solución de Conflictos y Derechos Humanos por la Universidad Juárez Autónoma
de Tabasco. Emai: genarohv@hotmail.com
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 90-105. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/112

�Mediación policial como mecanismo alterno...

1.- INTRODUCCIÓN
A lo largo de los años, el uso de la fuerza pública ha sido la herramienta que los cuerpos policiales utilizan comúnmente para detener a los autores de los conflictos comunitarios, así como, a los agentes delictivos
que se encargan de cometer delitos dentro de las comunidades, de manera, que la policía como responsable
de la paz y seguridad ciudadana se encuentra legitimado para usar la fuerza pública cuando sea necesario.
No obstante, Antón (2008) señala que resulta fácil entender el modo en que actúan los policías, su actitud,
además, de las diferentes intervenciones que se le presentan, no obstante, está de acuerdo que estos sujetos,
adopten una serie de medidas preventivas que irán en armonía con la gravedad que tenga el hecho o circunstancia que motiva la intervención.
En ese sentido, ¿cuál será el mecanismo alterno a la fuera pública que servirá como medida preventiva
de los conflictos comunitarios? La mediación policial surge como la herramienta o el medio de prevención
que ayuda a reducir los conflictos que se presentan en los barrios o comunidades, así, esta técnica es el método alterno en donde un tercero neutral, llamado policía facilitador, construye el puente de comunicación
entre dos o más partes que originaron en el conflicto comunitario.
La mediación policial como herramienta, ayuda a que las tasas de incidencia delictiva dentro las comunidades disminuyan, además, auxilia a que los integrantes de las comunidades se integren con los cuerpos
policiales en la resolución de leves conflictos comunitarios, como el descuido de animales domésticos
que causan molestias a los vecinos, invasión de espacios entre los mismos, pandillerismo, entre otros. No
obstante, los policías tienen que considerar que no todos los conflictos entran dentro del catálogo de controversias que son susceptibles de resolver por mediación, dado que, dependiendo de la gravedad del hecho y
la peligrosidad del delincuente, se calificará la procedencia de resolución del conflicto.
En esa tesitura, el desarrollo de la presente temática ayudará a que los encargados de la seguridad ciudadana consideren dejar del lado el uso de la fuerza a menos que sea estrictamente necesario, y empezar con
la aplicación de la mediación policial, este como un nuevo mecanismo alterno de solución de controversias,
además, facilitará a que tanto ciudadanos como policías construyan la confianza que tanto se necesita dentro
de las comunidades o barrios.
En ese tenor, los mecanismos alternos de solución derivados del derecho humano de acceso a la justicia
ofrecen un abanico de posibilidades para aquellas personas que se encuentran en constante convivencia con
los demás, resuelvan sus conflictos. En esa tesitura, los policías son los servidores públicos del estado que
se encuentran mayormente en contacto con los habitantes de una comunidad, además, de ser aquellos que
presencian las controversias originadas por disturbios dentro de la colectividad.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
El conflicto comunitario y la Policía
Como primer punto, dentro en la historia de las sociedades siempre se ha encontrado presente el conflicto, así, desde las revoluciones, las guerras, hasta las manifestaciones pacíficas, el conflicto siempre se
ha sido el origen de estos movimientos, en razón de los intereses que los grupos sociales, como los partidos
políticos, los países, los grupos guerrilleros, los poderes de la unión -ya sea de un sistema republicano o
monárquico –intentan hacer valer de frente a quien atenta contra las mismas. En ese sentido, Galtung (como
se citó en Concha, 2009), menciona:
Partimos con la constatación de que los conflictos aparecen como una constante en la historia de la
humanidad. Son, como afirmará este autor, inherentes a todos los sistemas vivos en cuanto portadores de
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objetivos. En algunas etapas de la historia fueron como la force motrice que contribuyeron a generar verdaderos cambios en provecho del hombre, pero en otras, trascendiéndose a sí mismos y convirtiéndose en
violencia (metaconflicto) condujeron hacia la deshumanización absoluta (Concha, 2009, p.61).
De lo anterior se colige, que el conflicto ha estado presente en los movimientos de las sociedades, así los
grandes líderes sociales o los jefes revolucionarios, son ejemplos de grandiosos impulsores en los cambios
económicos, políticos y sociales de un estado o país, que derivados de un conflicto, hicieron posible la consolidación de sus posiciones. En ese orden de ideas, si las sociedades en su conjunto lucharon por defender
ideales, o bien por proteger sus intereses o necesidades, con mayor razón, en los grupos más pequeños, o en
territorios menores también se encuentra el enfrentamiento entre personas.
Sin embargo, el conflicto dentro de la doctrina especializada ha sido definido de diversas formas, entre
las cuales destaca la de Thomas (1992) quien define el conflicto como: “el proceso que comienza cuando
una parte recibe que la otra afecta negativamente, o está próxima a afectar negativamente a algo que le
concierne” (p.653).
Asimismo, entre otras definiciones, se encuentra la de Evert Van de Vliert (1998) quien señala: “se dice
que dos individuos, un individuo, y un grupo o dos grupos de personas están en conflicto en tanto que al
menos unas de las partes, siente que está siendo obstruido o irritado por la otra” (p.351).
En efecto, como mencionan los autores citados, la controversia no solo se origina en pequeños grupos,
de modo que, puede producirse en asociaciones más extensas a causa de los intereses que cada uno de ellos
pretende posicionar frente a otros. Por ende, es común que los intereses de las comunidades o estén siendo
obstruidos, o bien, la parte contraria este provocando de cierta forma a la persona con la cual tiene la controversia que como consecuencia es probable que la disputa termine en agresiones físicas o resolviéndose
en los tribunales del estado.
Sin embargo, cuando hablamos de comunidades, surge la pregunta de que es una comunidad, la cual
autores como Robert Morrison Mclver (1940) señala que “es un círculo de personas que viven juntas, que
permanecen juntas, que tienen como objetivos no un interés particular sino un conjunto de intereses, que
abarquen la totalidad de sus vidas”.
Incluso, el concepto de comunidad tiene elementos que lo caracterizan como una asociación, entre las
cuales se encuentran el territorio, la población, el gobierno que los rige y también, las leyes que se encargan
de regular las actividades que a diario llevan a cabo. Por tal razón, los habitantes de las colectividades, al
estar unidos por estos factores, tienden a convivir ó entablar cualquier tipo de relaciones, por lo que es
probable que, en un momento dado, presenten conflictos que pueden repercutir en la paz y el orden público
de las comunidades.
Por otro lado, en la historia de México, los conflictos comunitarios siempre han estado presente, ya que
a partir de las culturas antiguas estos se originaban por diferentes motivos y, además, existían funcionarios
que se encargaban de solucionar las controversias, de modo que, en la antigua sociedad azteca, los jefes de
familia eran los encargados de resolver las disputas comunitarias que surgían entre las familias consanguíneas. Sin embargo, en la actualidad este tipo de controversias se reflejan principalmente en las comunidades
indígenas, por razones de invasión o apropiación de bienes naturales, o bien, por conflictos de territorio.
De igual forma, en las 32 entidades federativas en la República Mexicana, las colonias presentan conflictos comunitarios, estos a diferentes causas como el descuido en los desechos de residuos, la falta en el
cuidado de animales domésticos, la contaminación por ruido, la invasión de espacios entre vecinos, entre
otros, son algunos ejemplos de cómo se crean las controversias dentro de pequeñas comunidades o barrios.
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Dichas razones, hacen que los individuos lleguen ante las autoridades jurisdiccionales que se encargan
de resolver sus disputas, y de ahí que el juez -en la modalidad de ganar-perder- solucione las diferencias
de los inquilinos, vecinos, o bien, cualquier parte que conviva con los demás en las comunidades. Como
consecuencia, de la decisión que tome el a quo en la sentencia, otorgará la razón a aquella persona que se
apegue a lo que dicta el marco legal que regule a la comunidad.
No obstante, aparecen los mecanismos alternos de solución de controversias, los cuales tienen su sustento en el artículo 17 constitucional, donde la conciliación, la mediación y el arbitraje surgen como las herramientas alternativas que se encargan de resolver los conflictos entre los integrantes de las comunidades.
Así, dentro de la doctrina especializada, estos mecanismos han sido concebidos como un derecho humano
derivado del acceso a la justicia que le pertenece a todo individuo.
En ese tenor, cuando hablamos de mediación, se encuentra un tercero denominado mediador, quien es
un profesional dedicado a facilitar la comunicación entre las partes que tengan la divergencia de intereses,
y, además, ayuda a que propongan soluciones y alternativas a sus disputas.
En ese sentido, dentro de algunos estados de la República mexicana, se encuentran profesionales certificados que se encargan de llevar a cabo la mediación comunitaria en centros especializados, sin embargo, en
la doctrina especializada y en algunos estados de la república se ha estudiado y puesto en práctica otro tipo
de mediación, la cual se encuentra adherida a la de tipo comunitario, misma que se conoce como mediación
policial, así, Gallardo y Cobler (2012) señalan:
Cuando hablamos de Mediación Policial, es decir, de la Policía Mediadora, hablamos de que el Policía
tiene un rol de prevención de sostenimiento y de respuesta efectiva frente a los actos contra la vida comunitaria civilizada; de hecho es la Policía más cercana a los ciudadanos que ha asumido, de hecho y de derecho,
un rol central en todos los problemas inherentes a la seguridad, organizándose respecto a nuevos parámetros
de presencia física, relaciones con los ciudadanos, mediación y resolución de conflictos. (p.66).
En efecto, los cuerpos policiales son aquellos que se encuentran más en contacto con la ciudadanía en
los barrios o colonias, incluso, están más cercanos a los conflictos que se suscitan en la vida diaria de los
ciudadanos. No obstante, para abundar más de lo que se trata la mediación policial, es necesario, analizar
el marco constitucional y convencional de la seguridad pública, así como lo que ha mencionado el máximo
tribunal de nuestro país respecto a la seguridad y la mediación policial.
Marco constitucional y Convencional del sistema de seguridad pública.
De entrada, González (2002) señala que, en la evolución de las comunidades primitivas, se crean normas con el objetivo de defender sus intereses, mismas que tienen como finalidad delegar la función de
defensa en los individuos que sean más capacitados para tales objetivos. Así, el mencionado autor señala
que estos hombres son los encargados de usar la fuerza como herramienta necesaria para mantener el orden
público, además, son aquellos veladores del bienestar colectivo, investidos con la autoridad necesaria para
garantizar las disposiciones y los intereses de la comunidad a través de la fuerza.
En esa tesitura, en el estado mexicano, se encuentran hombres encargados de mantener el orden y la
seguridad de los ciudadanos, de modo que se encuentran distribuidos a lo largo del territorio mexicano
cumpliendo funciones de defensa en interés de la comunidad. Por lo tanto, los cuerpos policiales a los que
se hace referencia tienen facultades de utilizar el auxilio de la fuerza pública en los casos necesarios, todo
esto de conformidad lo que disponen los derechos humanos establecidos en la constitución, y además conforme a la proporcionalidad que amerite.
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De igual manera, las facultades además del auxilio de la fuerza pública, se encuentran establecidas
dentro de la normatividad especializada en seguridad, la cual, es el eje normativo que guía la actuación de
los policías. Asimismo, todo parte de lo que dispone el texto constitucional, hasta las legislaciones que la
federación, las entidades federativas y los municipios disponen respecto a la seguridad pública.
En el mismo sentido, las disposiciones constitucionales que rigen la actuación de los hombres encargados de la seguridad pública son los artículos 16 párrafos primero y segundo, 21 párrafos noveno y décimo,
así como el artículo 90 de la Constitución. En el primer precepto constitucional mencionado, se establece
uno de los derechos fundamentales en derecho procesal más conocido como el derecho a la debida fundamentación y motivación de las ordenes de las autoridades, así el policía como autoridad administrativa,
debe justificar sus actos o motivos de molestia hacia el ciudadano, de modo que, cuando este funcionario
elabora sus informes policiales homologados, debe motivar sus argumentos en base a la norma que lo faculte para llevar a cabo tal actuación. De igual manera, en los actos de vigilancia que a diario llevan cabo
los cuerpos policiales, se pueden presentar ocasiones en los cuales los ciudadanos infrinjan disposiciones
de orden público, lo que conlleva a que se originen infracciones administrativas o bien, arresto hasta por 36
horas, de ahí que estos servidores de la vigilancia tengan los conocimientos legales necesarios para poder
justificar los actos que puedan ejecutar en un momento dado.
Por lo tanto, el derecho a la seguridad pública se encuentra en lo que dispone el artículo 21 constitucional:
Artículo 21. (…)
La seguridad pública es una función del Estado a cargo de la Federación, las entidades federativas y los
Municipios, cuyos fines son salvaguardar la vida, las libertades, la integridad y el patrimonio de las personas, así como contribuir a la generación y preservación del orden público y la paz social, de conformidad
con lo previsto en esta Constitución y las leyes en la materia. La seguridad pública comprende la prevención, investigación y persecución de los delitos, así como la sanción de las infracciones administrativas,
en los términos de la ley, en las respectivas competencias que esta Constitución señala. La actuación de las
instituciones de seguridad pública se regirá por los principios de legalidad, objetividad, eficiencia, profesionalismo, honradez y respeto a los derechos humanos reconocidos en esta Constitución.
De tal manera, este precepto constitucional es la base de los actos que llevan a cabo todos los agentes
de la seguridad a nivel nacional, ya que se establece la organización de los tres órdenes de gobierno para
garantizar la seguridad de los ciudadanos, así como velar por la paz social y el orden público, sin embargo, este precepto fue reformado el 17 de junio de 2016, donde se modificó el párrafo noveno mencionado
anteriormente. Por un lado, el máximo tribunal de este país ya había mencionado en la controversia constitucional 132/2006 que la federación, en ese entonces Distrito Federal (hoy Ciudad de México), los estados
y los municipios, deben coordinarse para establecer el sistema de seguridad nacional bajo la legislación
de la materia q ue expida el Congreso de la Unión en seguridad pública, ya que esta debe ser una materia
concurrente en la coordinación.
En ese sentido, como Sepúlveda (2013) señala, se tiene que considerar el tipo de facultades que otorga
el artículo 21 constitucional, las cuales tienden a hacerse concurrentes en situaciones de trascendencia que
conduzcan a las autoridades de los tres niveles de gobierno a unirse para combatir los delitos. Por ende, en
situaciones como la delincuencia organizada o violaciones graves de derechos humanos, se necesita de la
actuación de todos los municipios, la policía federal y estatal para velar por la seguridad ciudadana.
No obstante, no se debe dejar pasar el comentario, a la nueva reforma del párrafo décimo que se refiere
a la Guardia Nacional, mismo que fue modificado en el presente año. Así, en el artículo 21 constitucional,
quedo establecida la Guardia Nacional como una institución policial de la federación con carácter civil, la
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cual se encuentra adscrita a la Secretaría de Seguridad Pública y Seguridad Ciudadana, empero, no se debe
dejar de lado que aquí también, es posible impulsar la mediación policial para los nuevos miembros de la
Guardia, de modo que, esta también sea una herramienta que les sirva para asegurar la seguridad de los
ciudadanos.
Seguidamente, otro precepto constitucional sumamente importante, es el artículo 115 fracción III inciso
h además de la fracción VII:
Artículo 115. (…)
III. Los Municipios tendrán a su cargo las funciones y servicios públicos siguientes:
a)-f)
h) Seguridad pública, en los términos del artículo 21 de esta Constitución, policía preventiva municipal
y tránsito; e
(….)
VII. La policía preventiva estará al mando del presidente municipal en los términos de la Ley de Seguridad Pública del Estado. Aquélla acatará las órdenes que el Gobernador del Estado le transmita en aquellos
casos que éste juzgue como de fuerza mayor o alteración grave del orden público. El Ejecutivo Federal
tendrá el mando de la fuerza pública en los lugares donde resida habitual o transitoriamente;
En ese sentido, como Ramírez (2016) señala el precepto constitucional refrenda la competencia original
del municipio con el objetivo de realizar las funciones de seguridad pública dentro del ámbito territorial que
le corresponde, dado que este cuerpo policial estará al mando del presidente municipal de conformidad con
las leyes de ese municipio, como ejemplo se encuentra el bando de policía y gobierno que regula en parte
las actuaciones de estos elementos de seguridad pública.
Por lo tanto, el municipio es la forma de organización política más cercana a la ciudadanía, debido a que
dentro del ámbito territorial que le corresponde lleva a cabo diversas funciones que le sirven a los habitantes
en sus actividades cotidianas, en razón de que no solo la seguridad pública es parte de los servicios que esta
organización municipal les brinda, de modo que, los permisos de comercio, las licencias para construcción
de alguna obra en particular, o bien otro tipo de diligencias, son algunos ejemplos de servicios básicos que
ayudan a las actividades cotidianas de la comunidad, de ahí, que las autoridades municipales están más en
contacto con los integrantes de aquella, tal como Martínez (2002) refiere “la primera comunidad a su vez,
que resulta de muchas familias y cuyo fin es servir a la satisfacción de las necesidades que no son meramente las de cada día, es el municipio” (p.626).
En ese sentido, las necesidades de cada habitante se ven satisfechas cuando el presidente municipal o los
órganos adscritos a los ayuntamientos brindan los servicios a cada ciudadano que desea dedicarse a la actividad que desee, de ahí que la seguridad pública, sea una de las necesidades más importantes de la comunidad. Así, este razonamiento lo ha refrendado el máximo tribunal de este país, quien argumento que el estado
mexicano por medio de sus tres niveles de gobierno, y todas aquellas autoridades directa o indirectamente
que tengan relación con las atribuciones de seguridad, deben trabajar de manera conjunta para cumplir los
objetivos que son la libertad, la paz y el orden público, los cuales son las condiciones imprescindibles para
que se gocen de las demás garantías que la constitución le brinda al ciudadano.
Por otro lado, al estar consignada la seguridad pública dentro del catálogo de derechos humanos en el
texto constitucional, es lógico que, dentro de los tratados internacionales más importantes ratificados por el
estado mexicano, se establezca tal derecho, por lo tanto, dentro de la normatividad internacional, se encuentra la Convención Americana de Derechos Humanos, la cual establece de manera indirecta el derecho a la
seguridad pública. De igual manera, la Declaración Universal de Derechos Humanos, el Pacto Internacional
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de Derechos Civiles y Políticos prevén el derecho a la seguridad y la libertad de la persona.
En ese orden de ideas, dentro de la Convención Americana de Derechos Humanos se encuentra plasmado el derecho a la seguridad pública dentro de los artículos 4 y 5 del tratado aludido, así como el artículo 7
de la Convención. Por lo tanto, la Corte Interamericana de Derechos Humanos, ha señalado la obligación
del estado para brindar la seguridad de todos los ciudadanos, así en el caso Cantoral Benavides vs Perú se
menciona lo siguiente:
Todo uso de la fuerza que no sea estrictamente necesario por el propio comportamiento de la persona
detenida constituye un atentado a la dignidad humana [...] en violación del artículo 5 de la Convención
Americana. Las necesidades de la investigación y las dificultades innegables del combate al terrorismo no
deben acarrear restricciones a la protección de la integridad física de la persona.
Por ende, la seguridad pública, de conformidad con el razonamiento del tribunal internacional se refiere
a que cuando se emplee el auxilio de la fuerza pública en todo momento debe haber un respeto a la integridad humana. De ahí que la seguridad sea una garantía que proteja el libre ejercicio de todos los derechos
de los ciudadanos tal como lo señala Jiménez (2011): “La seguridad está asociada al libre ejercicio de los
derechos y libertades individuales y también, al orden público, a la paz social, a la tranquilidad, al bienestar
y, como se suele decir ahora, a la calidad de vida” (p.278).
A pesar de que los cuerpos policiales deben utilizar el uso de fuerza para garantizar la seguridad, (el uso
de la fuerza esta justificada cuando exista una agresión inminente, real, actual) existen otras formas ara que
sea garantizada a los ciudadanos, de ahí que, los mecanismos alternos de solución de controversias sean otra
alternativa de transformación del conflicto que los cuerpos policiales enfrentan día a día.
No obstante, ¿Qué se ha mencionado dentro de la interpretación constitucional sobre la mediación policial? la Suprema Corte de Justicia de la Nación en la acción de Inconstitucionalidad 25/2016 y sus acumuladas 27/2016 y 28/2016, donde la Comisión Nacional de Derechos Humanos, la legislatura del Estado de
México, y la Comisión estatal de Derechos Humanos del Estado de México, impugnaron diversos preceptos
de la Ley que Regula el Uso de la Fuerza Pública en el Estado de México, en ese sentido, dentro de las demandas de acciones de inconstitucionalidad, el punto que interesa al presente trabajo, es el argumento que
elaboró la CNDH en su demanda, el cual consistió como “Violación al principio constitucional de última
razón en el empleo del uso de la fuerza” De tal manera, el Ombudsman mencionó que las primeras opciones
antes del empleo del uso de la fuerza deben ser los medios no violentos y a partir de ahí si estos resultan
ineficaces, entonces se procede al empleo del uso de la fuerza y el uso de armas de fuego.
En efecto, mediante estos razonamientos el máximo tribunal del Estado Mexicano, en sus considerados
determinó el auxilio del uso de la fuerza como la última ratio:
Dado que se trata del terreno de aplicación de fuerza, para que una intervención pueda ser válidamente
considerada como necesaria, debe estar precedida por acciones o medidas pacíficas que hayan resultado
inexitosas, inútiles y/o ineficaces para el logro de los fines. La fuerza es necesaria, se insiste, cuando ya las
alternativas que la excluyen no dieron resultados.
En pocas palabras, la necesidad de una acción de fuerza deviene de un agotamiento previo de otras
alternativas; está en función de los fines que con la misma se persigue y de las respuestas que el agente
-o la corporación- deba ir dando a los estímulos externos que reciba, y ya que no es criterio autónomo, la
necesidad del uso de la fuerza está, a su vez, acotada y regida por los demás principios ya mencionados. (el
subrayado es del autor)
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En ese sentido, por primera vez, dentro de la acción de inconstitucionalidad donde se promovió contra
la Ley que Regula el uso de la fuerza pública en el Estado de México publicada en el periódico oficial del
Estado de México el 18 de Marzo de 2016, la Suprema Corte de Justicia de la Nación hizo mención de los
mecanismos de solución de controversias, de entre las cuales, se encuentra la mediación policial, que como
se analizará un poco más adelante, es el medio efectivo no violento mediante el cual un tercero neutral, que
en este caso es el policía, se encarga de transformar el conflicto entre las partes.
Por ende, en el desarrollo de esta herramienta, el tercero neutral debe considerar que en el momento
de resolver, el auxilio de la fuerza pública y el uso de armas de fuego son las ultimas alternativas que debe
utilizar para resolver un conflicto, esto como se refleja comúnmente en la realidad, suele suceder cuando
las personas responden con violencia hacia los servidores de la vigilancia del estado o municipio, o bien los
delitos que estén cometiendo sean de alto impacto.
En ese tenor, Cobler (2014) señala que los policías comúnmente han sido preparados para repeler respuestas agresivas, por lo tanto, se hace necesario también una buena formación en la resolución de problemas ó mediación para que adquieran las habilidades y capacidades necesarias con el objetivo de que
obtengan los métodos y bases que partan de la mediación policial y aprovechen el enorme potencial de esta
herramienta. En ese sentido, Cobler señala:
Metafóricamente sería como llevar el cinturón junto a la porra y la emisora, las técnicas de mediación
policial para utilizarla en los momentos en los que sea útil, ofreciendo un valor añadido al servicio, mejorando la imagen de la policía una imagen innovadora, de una policía moderna adaptada a los tiempos que
corren y próxima y cercana a los ciudadanos a los que sirve (Cobler, 2014, p.129).
Por lo tanto, el objetivo del presente trabajo es mostrar un nuevo tipo de mediación que recoge el espíritu por el que fue creado el cuerpo policial, así, este tipo de herramienta servirá a las nuevas generaciones
de las academias policiales, quienes tendrán a la mano las técnicas necesarias con las cuales puedan brindar
un mejor servicio a la ciudadanía. No obstante, como se vio el máximo tribunal de nuestro país, así como
el marco constitucional e internacional estipulan el derecho a la seguridad pública de toda persona, y a la
vez este se encuentra en conexión con el derecho a los mecanismos de solución de controversias que juntos,
juegan un papel sumamente importante en la protección de los demás derechos humanos de los ciudadanos.
La mediación policial
En primer lugar, como señala Petit (2018), la sociedad siempre ha procurado proteger a sus integrantes,
por lo que ha delegado esa responsabilidad a las personas más aptas para esa labor, de modo que, fueron
servidores responsables de proteger a la comunidad en una primera etapa, y se les facultó para usar la fuerza
como el medio que preserva el orden.
Estos sujetos, son los policías, que como señala Gonzalo (2018), el término policía, despliega comúnmente dos significados, donde en primera son órganos creados para garantizar el orden público y en segunda, son los miembros que la integran. En ese sentido, la raíz etimológica del término tiene su origen
en el griego que se denomina Politeia y del latín que se conoce como politia los cuales, se encuentran en
conexión con la administración gubernativa o gobierno de la ciudad. Por ende, tal como lo señala Gonzalo
(2018): “Se refiere a la organización y reglamentación interna de un Estado, cumpliéndose las leyes u ordenanzas establecidas para guardar orden y seguridad pública.” (p,59).
En ese tenor, los policías nacen como los nuevos sujetos encargados de defender la seguridad de los
ciudadanos, y de igual manera, la paz y el orden público. No obstante, Ugarte (2003) menciona que, en los
diversos sistemas de seguridad pública, existen distintos tipos de modelos policiales, de los cuales destacan
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dos, que son el europeo continental que lleva por nombre Policía de Estado¸ y el modelo anglosajón, o
conocido como policía de Comunidad.
Por consiguiente, como señala el autor mencionado, la policía de Estado es un sistema policial que se
constituye desde el poder hacia el pueblo, de arriba hacia abajo, el cual tuvo su nacimiento en el poder real
de la Francia absolutista, pero permaneció y se perfeccionó tras la revolución francesa. De igual manera, se
ubica el policía comunitario, el cual tuvo su origen en Inglaterra, y se formó por ciudadanos comunes que
se encontraban revestidos de facultades policiales por parte del Estado.
En ese orden de ideas, cuando se menciona a los policías comunitarios, son los que comúnmente se
encuentran de cerca a la ciudadanía, debido a que están más apegados a los conflictos comunitarios que se
originan día a día entre los habitantes de un barrio o comunidad. Así, los responsables de velar por la seguridad de los ciudadanos deben considerar que existen métodos más efectivos que las agresiones para poder
transformar el conflicto, y de ahí que la mediación policial sea la herramienta más positiva para resolverlos.
Sin embargo, el autor que consideró este mecanismo alterno como un medio positivo para resolver los
conflictos en la comunidad, es el profesor Herman Goldstein, quien ha dedicado estudios en relación con
los conflictos que se resuelven a través de los agentes, y, asimismo, considera al policía como el actor capaz
de resolver problemas.
En ese sentido, los autores Berlanga y Mogro (2012) definen a la mediación policial:
La Mediación Policial es la forma en que las personas pueden resolver sus conflictos, por medio del
diálogo y con ayuda de un Policía Mediador, que deberá ser imparcial, en donde cada una de las partes en
conflicto tienen la oportunidad de exponer el problema, y colaborar voluntariamente con el fin de lograr un
acuerdo que pueda satisfacer a ambas partes, reparando el daño causado y solucionando el problema. Por
Mediación Policial entendemos la participación de una tercera parte neutral (en nuestro caso por policías
locales mediadores) que ayuda a las personas insertas en un conflicto a llegar a un acuerdo consensuado
(p.738).
Por ende, como Redorta (2004) señala: “La mediación policial se ha de diferenciar de los procesos
habituales de mediación, y su inclusión viene ligada estrechamente en el ámbito de la policía comunitaria”
(p.35). En la misma línea, Garfella (2016), define a la mediación policial como una técnica que usan los
agentes de la seguridad pública para ayudar a resolver a las personas a través del diálogo y de una manera
rápida, los conflictos que surgen en la vida diaria, con el objetivo de que estos no terminen en procesos judiciales. Así, Garfella (2016) considera que, este tipo de mecanismo encuadra dentro del tipo de mediación
comunitaria, donde se promueve la participación de los ciudadanos, debido a que estos se reapropian de las
controversias, sin necesidad de someterlos ante las autoridades del estado, contando con el auxilio de un
policía mediador neutral, imparcial, y objetivo.
En efecto, esta herramienta a la que aluden los autores citados, resuelve los conflictos comunitarios de
una forma más rápida y sencilla a través de la policía, que aunque investida de las facultades para hacer
uso de la fuerza pública, tiene la oportunidad de demostrar ante los ciudadanos, el verdadero objetivo por
el cual fueron creados los cuerpos policiales Por lo tanto, el acercamiento a los ciudadanos ayudará a que
los habitantes recuperen la confianza de estos, además, los ciudadanos auxilien en la resolución de otros
conflictos que se presentan dentro las comunidades que habitan. Así, tal como Cabello (2015) menciona:
La implementación de este nuevo modelo de justicia, es una vía de intervención social que fortalece los
lazos entre la comunidad y el gobierno, el capital social que se crea ayuda a solucionar de manera pacífica
y prevenir el surgimiento de delitos muchas veces considerados como “no importantes” por los agentes
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del orden, el sentimiento de inseguridad que es percibido por las comunidades también es reducido con la
instauración de este tipo de intervenciones, debido a que se incrementa la colaboración y el sentido de la
responsabilidad de la comunidad, convirtiéndose de igual manera en estrategias de inclusión social (p.23).
Por lo tanto, al llevar a cabo la implementación de estas herramientas y capacitaciones a los cuerpos
policiales del estado, se logrará el objetivo de reducir los conflictos comunitarios que se presentan en los
barrios, asimismo, se conseguirá que las tasas de delitos disminuyan con el uso de esta herramienta. El uso
de la mediación hace que el policía sienta empatía con la situación de los ciudadanos, además, previene que
los conflictos acrecienten y evita que los mismos habitantes de la comunidad cometan delitos a raíz de las
disputas que entre ellos se crea.
Sin embargo, cuando se lleva a cabo la mediación policial, se debe tomar en consideración los límites
que existen para aplicación de esta en la resolución de conflictos comunitarios, así, Redorta (2004) ha mencionado que son dos los acotamientos que se deben considerar en la aplicación de la mediación policial,
los cuales son la distancia social y el grado de exigencia de la ley. En ese tenor, el autor de referencia ha
elaborado una tabla, correlacionando la distancia social (grado de intimidad) con el nivel de exigencia de
la ley, la cual sería la siguiente:
Cuadro 1. Margen de Intervención con mediación policial

Fuente: Redorta Josep, (2004).
La tabla que elabora Redorta hace referencia al grado de relación que tienen las personas que conviven
dentro de una comunidad y el impacto de las obligaciones legales que tienen sus conflictos comunitarios,
por ende, de una forma más detallada en relación a la distancia social y el grado de exigencia de la ley, lo
ha precisado Black (1980) en la siguiente lista, donde hace mención del tipo de grado de convivencia que
tienen cada uno de los habitantes en una comunidad y el nivel del efecto legal, dado que estos son las bases
para que la mediación policial se pueda desarrollar:
1.
2.
3.
4.

Mediation of conflicts between cohabitanting persons or individuals with kinshipties, usually called
domestics (low social distance, high legal obligations.)
Mediation of conflicts between landlords and tenants, but now of a different character tan in the past
(moderate social distance, moderate legal obligations)
Mediation of conflicts between acquaintances, including residential neighbors, (low social distance, moderate legal obligations).
Mediation of conflicts between neighborhood residents and locations (comercial or residential)
deemed to be atractive nuisances, such as crackhouses and shooting galleries; tippling houses and
bars; porn shops, saunas, heatl spas, and massage-parlorprostitutionfronts; fraternity houses; and so

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5.

forth (high social distance, low legal obligation)
Mediation between guardians/owners and regulating bodies such as bars and liquor commisions,
subsidized housing sites, and their fundingsources (high social distance, high legal obligation).

En ese sentido, se puede mencionar que dependiendo de las circunstancias en las que se presente el
conflicto comunitario, el policía mediador evaluará el grado de legalidad que tiene el conflicto comunitario,
así como la relación de convivencia que se presenta entre las partes para poder someterlo a una mediación,
por consiguiente, puede intervenir y emplear las técnicas de mediación necesarias con las cuales obtendrá
resultados positivos acorde a como haya desarrollado la mediación, o bien, en su caso lo puede remitir a un
centro especializado en resolver conflictos comunitarios. Sin embargo, debe considerarse que en algunos
casos el agente encargado de la seguridad no puede emplear la mediación, dado la trascendencia del mismo
y los graves daños que pueden repercutir en la parte afectada o bien en un momento dado, en la comunidad
en la cual se susciten los hechos.
Asimismo, los casos que se presentan y que pueden ser resueltos a través de la mediación policial son
los siguientes: a) problemas de convivencia vecinales; b) molestias por ruidos (vecinos, bares, zonas de
ocio) c) olores desperfectos y molestias en la comunidad; d) molestias por animales o mascotas; e) problemas de salubridad e higiene; problemas por el uso de espacios públicos (parques, calles); e) problemas de
relación entre familiares (padres e hijos, entre hermanos, etc.); f) conflictos en la puerta de la escuela, g)
conflictos entre jóvenes y adolescentes h) bullying, sexting (Cobler, 2014, p. 139). Comúnmente, este tipo
de conflictos origina una molestia en las personas lo que conlleva a agresiones físicas o emocionales entre
las mismas, consecuentemente, terminan resolviendo sus controversias ante la autoridad.
Por otro lado, se encuentran los recursos y habilidades que debe de tener un policía mediador, los cuales Elena Cobler se ha encargado de detallar minuciosamente. En primer lugar, Gallardo y Cobler (2012)
refieren a que este protector de la seguridad debe de tener los siguientes recursos: a) acompañar en el viaje;
b) ayudar a las personas participantes a identificar y compartir los temas sobre los que van a hablar; c) promover una comunicación efectiva para facilitar un mutuo entendimiento; d) ayudar a establecer el respeto
mutuo y la comunicación abierta, evitandolas coacciones y las descalificaciones; e) auxiliar en los tipos de
soluciones posibles , f) Ayudar en la negociación y en la construcción de un acuerdo viable y aceptable para
las personas participantes.
Además, la autora señala que otros de los recursos que necesita el policía mediador son especializarse en las técnicas de mediación; asimismo, debe establecer las reglas que hacen posible el desarrollo del
mecanismo; así como justificar su asistencia, es decir, hacer que las partes entienda la razón de porque su
intervención como mediador les cuesta menos para poder resolver sus conflictos ante un tribunal.
En ese sentido, los recursos a los que hace alusión la autora son la parte más importante en la formación
de un policía que desconoce de las técnicas de mediación, debido a que al conocer los distintos modos de
resolver los conflictos que se presentan la comunidad, se hará innecesario el auxilio de la fuerza y salvaguardará de un modo más efectivo la paz y la seguridad pública.
Por otra parte, Cobler (2014) ha mencionado que el perfil del mediador policial se debe basar en una
persona asertiva, debe saber escuchar a las personas, tiene que saber hablar, saber elogiar lo bien hecho, así
como debe saber aceptar sus errores y disculparse, saber en qué momento decir no, el conocimiento para
presentar una queja y como recibirla, y una de las partes más importantes es saber negociar y ponerse de
acuerdo con quien no lo estaba, también, debe saber expresar los sentimientos, conocer cómo se enfrenta
el miedo al ridículo o al fracaso, tener la capacidad de observar, la disposición para aprender, el sentido
común, debe ejercitar el pensamiento crítico, debe suprimir la ira y por último, tiene que ser una persona
tolerante.
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El objetivo de la mediación policial es formar nuevos profesionales en la seguridad pública, por lo que,
conociendo las herramientas necesarias, lograrán que los habitantes de una comunidad convivan mejor, así
los tres niveles de gobierno deben preparar sus integrantes para que dejen a un lado las formas de contestar
agresivamente a los conflictos y construyan un panorama diferente en la forma de solucionarlos.
La mediación policial en México
Por último, se deben hacer breves comentarios en relación al impulso de la mediación policial en México, así como los mecanismos que se han construido en los estados de la República, los cuales estén
avanzando en algún proceso de mediación, o bien, como se encuentra la normatividad local dentro de los
estados que regulan dicha figura.
En ese sentido, derivado de algunas solicitudes de acceso a la información, la mediación en México aún
no se encuentra completamente desarrollada o impulsada por los gobiernos actualmente, debido a que así
lo han manifestado en las respuestas a las solicitudes que se han hecho a través de la Plataforma Nacional
de Transparencia, a algunos estados como Baja California , Campeche , Ciudad de México, Guanajuato ,
Michoacán , Nayarit , Oaxaca Sonora , Sinaloa , Quintaba Roo , San Luis Potosí , Tamaulipas , Yucatán ,
Zacatecas .
En cambio, estados como Baja California Sur, a pesar de que no contemplan el mecanismo alterno en
la Ley del Sistema Estatal de Seguridad pública del Estado de Baja California Sur, así como en el Reglamento de Servicio de Carrera Policial, han impulsado la mediación policial durante el periodo de 2016 con
el acuerdo del programa rector de profesionalización en la Academia Estatal de Seguridad Pública, donde
se impartió un taller presencial con la finalidad de dar a conocer las habilidades que un policía mediador
debe tener para el control de emociones, toma de decisiones, y la intervención en el manejo de conflictos.
No obstante, es importante resaltar un modelo de mediación policial que se está llevando a cabo en el
municipio de Escobedo del Estado de Nuevo León, el cual se denomina Proxpol (Policía de proximidad).
En ese sentido, González, Pérez, Salgado y Caballero (2017) mencionan que este mecanismo es un paso
más en el concepto de policía de barrio que tiene como finalidad la construcción de un método de trabajo
basado en el acercamiento entre la policía local y ciudadana, de igual manera mejora la eficacia y la eficiencia de la policía en el ámbito de la convivencia ciudadana.
Este mecanismo fue impulsado por la administración de la Secretaría de Seguridad Pública y Vialidad
Municipal de Mariano Escobedo (Nuevo León), el cual puso en marcha el modelo de policía de proximidad, misma experiencia que fue extraída de la policía local de Castellón de la Plana, España, la cual tiene
la certificación de la Universidad Jaume I de España y el Instituto Estatal de Seguridad de Nuevo León.
En ese sentido, González (2017) menciona que los objetivos del modelo denominado proxpol, son los
siguientes: a) Focalizar la vigilancia en un área reducida (establecida de acuerdo a los criterios de cada
sector proxpol; b) Mantener contacto directo con la comunidad y considerar sus percepciones relativas
al entorno de seguridad c) Impulsar acciones preventivas en coordinación con la comunidad; d) Realizar
diagnósticos de los espacios de asignación; e) Entrenamiento en la resolución de conflictos comunitarios;
f) privilegiar la prevención.
De igual forma, este modelo policial, se basa fundamentalmente en una metodología que se guía mediante los siguientes ejes: a) Conocimiento empírico del territorio y entorno; b) Generación de una batería
de indicadores que permitan medir la evolución; c) formación específica a “agentes de barrio”; y d) Fomento de la transversalidad en el trabajo policial.
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Seguidamente, durante el sexenio del expresidente Enrique Peña Nieto, se llevaron a cabo las políticas
Públicas de “policía de proximidad” las cuales tienen un acercamiento a la comunidad como un modelo basado en la prevención de la violencia y la delincuencia, donde se puede notar que en el Boletín No. 117/16,
se informó en llevar a cabo una estrategia de seguridad donde participaron la Subsecretaría de Prevención
y Participación Ciudadana, la Comisión Nacional de Seguridad, la Policía Federal y por el INEGI, la Directora General de Coordinación Intersecretarial de esta dependencia, para realizar las labores necesarias y
poner en práctica la proximidad entre la policía y las comunidades.
Finalmente, en el estado de México, la ley de seguridad regula la mediación policial en sus artículos 190
al 198 donde se puede notar como se les concede a los municipios la facultad de llevar a cabo el desarrollo
de esta herramienta en sus respectivos territorios.
Sin embargo, estas políticas públicas que se han manejado en diferentes estados de la república sirven
de guías para los demás estados pongan en marcha la función de la proximidad policial con los ciudadanos,
y unas de ellas son los mecanismos de solución de controversias.
3.- MÉTODO
La presente investigación presenta un enfoque cualitativo, dado que busca encontrar nuevos datos que
ayuden a interpretar el fenómeno de la mediación policial que la literatura científica se ha encargado de estudiar, así en una investigación cualitativa Sampieri ( ) menciona que el enfoque se basa en una recolección
de datos ni estandarizados predeterminadamente.
Asimismo, se puede hablar de un diseño de investigación no experimental, porque se revisó la literatura
que trata sobre la mediación policial, y de ahí se interpretaron el conocimiento que la doctrina se ha encargado de estudiar en relación con la mediación policial.
Por otro lado, se hizo un estudio de forma exploratoria, debido a que se revisó una temática que no ha
tenido un análisis profundo sobre la mediación policial, de manera que, se llevó a cabo la búsqueda de documentos, bibliografía, y revistas especializadas que tratarán del tema en comento.
De igual forma, se lleva a cabo una revisión documental exploratoria donde se trate el tema de la policía
de proximidad en el Estado de Nuevo León, donde se vea como se estructura, y de donde se origina este
mecanismo alterno de solución de conflictos en seguridad pública.
Instrumentos
Se llevo a cabo el estudio con la revisión de bibliografía respecto a la mediación policial, y además
se analizaron artículos de revistas especializadas que abarcarán el tema relacionado, con estas bases, se
interpretaron cada uno de los argumentos que se exponían en estos documentos, así como se construyeron
nuevos razonamientos, que ayudarán a comprender como se desenvuelve este procedimiento dentro de la
práctica.
De igual manera, se llevó a cabo la revisión bibliográfica donde se haya analizado la policía de proximidad en el Estado de Nuevo León, su estructura y origen
Procedimiento
El presente se desarrolló a partir de la búsqueda de material académico que tratara sobre los temas de
mediación policial y policía de proximidad, así se analizaron argumentos que reforzarán los conceptos
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esenciales de la investigación, también se utilizó una tabla que demostrará los limites donde la policía pueda llevar a cabo la resolución de conflictos comunitarios.
Seguidamente, se elaboró solicitudes de acceso a la información a través de la Plataforma Nacional de
Transparencia, para comprender de qué manera la mediación policial se ha llevado a cabo dentro de los
Estados de la República, de ahí que se analicen cada uno de los modelos de capacitación policial que se han
implementado en México.
Por último, se llevó a cabo la interpretación de todos los resultados y se construyeron argumentos de
conformidad con lo que se investigó en la Bibliografía.
4.- CONCLUSIONES
La mediación policial hoy en día empieza un nuevo camino en la resolución de conflictos en la comunidad, dado que estos hombres encargado de la seguridad pública, son los servidores del estado que están
más en contacto con la ciudadanía e interactúan con ellos en los problemas que suscitan entre las diferentes
partes.
Los problemas dentro de la comunidad pueden variar, así como el grado de obligación legal y la distancia social, por ende, el policía en el momento de llevar a cabo el análisis de la situación debe valorar que tan
grave es en el conflicto, y si existe la posibilidad de resolverlo por los mecanismos alternos de solución de
controversias. No obstante, observado los límites que se mencionaron en el presente trabajo.
Los cuerpos policiales como responsables de la seguridad del estado deben garantizar el derecho humano a la seguridad pública de los ciudadanos, sin embargo, ya existen otras alternativas que el policía debe
considerar para solucionar los conflictos que se presentan en la comunidad, y con la mediación, se garantiza
la estabilidad social y el derecho a la paz ó el orden público, que son los elementos necesarios para la convivencia dentro de la colectividad.
En ese sentido, si hay un orden público, como consecuencia, los habitantes de una comunidad empezaran a convivir de manera pacífica con sus semejantes y además se establecerá la confianza con los cuerpos
policiales que día a día llevan a cabo la vigilancia dentro de los barrios.
Por otro lado, la preparación del mediador policial tiene que ir encaminada en tener una vocación de
servicio con los ciudadanos, tiene que estar entrenado para activar la escucha activa, ser empático, saber
tomar decisiones en el momento correcto, sin embargo, no debe olvidar los principios que dirigen el proceso de mediación los cuales son la voluntariedad, la imparcialidad, la honestidad, entre otros, que son los
elementos básicos para el desarrollo de estas herramientas.
Por ende, este modelo alternativo de justicia ofrece un panorama diferente que ayudará a que los cuerpos de seguridad sean eficientes en el momento de resolver conflictos comunitarios, así para que esto suceda, se necesita de la colaboración de los ciudadanos, de la difusión a través de los medios de comunicación
que es lo que se pretende hacer con la mediación policial, así como la capacitación de los policías en las
academias policiales, también, la impartición de talleres a los policías en los tres órdenes de gobierno para
que aprendan como ser mediadores cuando se presenta un conflicto latente o bien ya materializado.

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El império retórico: Auge y Caída
The Rhetoric Empire: Rise and Fall
Said, Dahdah-Antar 1
Universidad cental de Venezuela
DOI:http://dx.doi.org/10.29105/pgc5.9-4		

https://orcid.org/0000-0001-7433-305X
RESUMEN

El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica cuyo objetivo consistió en mostrar evidencia de los
fundamentos clásicos de la comunicación política. Se aplicó el método de análisis, con un enfoque cualitativo, diseño
no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico transversal. Tras la revisión documental se encontró que el debate sobre la retórica, en la antigüedad, constituía la esencia misma de la participación de los ciudadanos en los asuntos
de la comunidad. Si bien ha sido vista usualmente con descrédito, la retórica fue objeto de importantes reflexiones en la
Grecia y Roma clásicas. Se concluye que el arte de persuadir públicos mediante el uso de la palabra ha logrado construir
una maquinaria conceptual, cuyos aportes serán descritos en este análisis. La distinción que con frecuencia se hace en
política entre las palabras y los hechos, entre el “no veas lo que dice el presidente, sino lo que éste hace”, se cuestiona
en la perspectiva retórica: el decir es también una manera de hacer.
Palabras clave: Ciudadanía, comunicación política, discurso político, persuasión, retórica
ABSTRACT
This article is the product of a bibliographic review whose objective is to show evidence of the classical foundations of political communication. The method of analysis was applied, with a qualitative approach, non-experimental
design, under a transversal documentary-bibliographic level. After the documentary review it was found that the debate
on rhetoric, in ancient times, constituted the very essence of citizen participation in community affairs. Although it has
usually been seen with description, the rhetoric was the subject of important reflections in classical Greece and Rome.
It is concluded that the art of persuading audiences through the use of the word has managed to build a conceptual
machinery, whose contributions will be necessary in this analysis. The distinction that is often made in politics between
words and deeds, between “do not see what the president says, but what he does this”, is questioned in the rhetorical
perspective: saying is also a way of doing.
Key words: Human Rights, Monterrey, news media, social representations.
Cómo referenciar este artículo:

Dahdah-Antar, S. (2019). El império retórico: Auge y Caida. Revista Políticas, Globalidad y Ciudadanía, 5(9), 106123. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/111

Recibido: 30 de Agosto 2018 - Aceptado: 07 de Octubre 2018

1
Máster de Escritura para la Televisión, Cine y Narrativas Transmedias, Universidad Autónoma de Barcelona.
Profesor e Investigador del Instituto de Estudios Políticos, Facultad de Ciencias Jurídicas y Políticas, Universidad Central de Venezuela. sda07@hotmail.com
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. pp 106-123. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/111

�El Imperio Retórico: Auge y Caída

1.- INTRODUCCIÓN
La comunicación política es una disciplina científica en proceso permanente de construcción y reelaboración. Mauro Wolf, en su Investigación de la Comunicación de Masas, define su objeto de estudio como
proteiforme. Las investigaciones en este ámbito muestran una multiplicidad de problemas, ensayos de
solución y procedimientos de análisis, gracias a los cuales “ha resultado un conjunto de métodos, enfoques
y puntos de vista tan heterogéneo y disforme” (Wolf, 1996, p.11). Los orígenes de la disciplina se hallan en
la Antigüedad clásica: sus fundamentos aparecen en la Grecia del siglo V a.C., a propósito de la cuestión
de la retórica; y en la Roma imperial, donde se establecieron sus principios gracias a la controversia sobre
la oratoria.
El presente artículo propone un recorrido por el debate de la retórica en la Antigüedad clásica. Se expondrán las principales tesis y corrientes que configuran su marco conceptual. En la Grecia del siglo V a.C.,
se abordarán los exponentes de las dos corrientes de pensamiento predominantes: la sofística de Gorgias,
Protágoras, Pródico y los Eristas; y la filosofía de Platón y Aristóteles. En la República romana, nos enfocaremos exclusivamente en la figura del político y orador Marco Tulio Cicerón, con una obra y reflexión
prolífica sobre la materia.
El problema básico consiste en reconstruir los mecanismos clásicos de persuasión política, entendiendo
que la elaboración de discursos, y por ende la capacidad de articular diálogo efectivo, opera como alternativa a la búsqueda de soluciones de fuerza o de imposición de valores comunes; así como incrementa las
posibilidades de integración social2. El objetivo principal gira en torno a describir los esquemas básicos del
discurso político, con la finalidad de exponer la pertinencia de rescatar dichas nociones para el análisis contemporáneo de la comunicación política en democracia. Para ello identificaremos los conceptos decisivos
en cada planteamiento, la fundamentación teórico práctica de los mismos, y de ser posible su recreación
histórico conceptual. Ahora bien, el desprestigio tradicional de la cuestión retórica, y de la palabra política
en general, así como la casi nula preservación de los textos antiguos sobre la sofística, gravitan como limitaciones principales de esta revisión bibliográfica.
Que la retórica y la oratoria sean términos diferentes, además de haber sido empleadas en épocas distintas, en poco modifica el sentido de principal de la materia discutida: la persuasión política y las formas
idóneas para su consecución. Ferrater Mora entiende a la persuasión, básicamente, en términos de los
esfuerzos que se hacen para convencer al oyente o interlocutor a aceptar aquello que se le propone o se le
dice (1965, p.408). La retórica y la oratoria se encuentran relacionadas con la elocuencia: con esos estilos o
caminos apropiados en ciertas ocasiones para afectar las opiniones, los valores y las creencias de un público
particular. Retórica y oratoria son en este artículo manifestaciones del mismo fenómeno.
Bice Mortara Garavelli, en su Manual de Retórica, afirma que la retórica guarda dos sentidos y una
diversidad de juicios. La retórica se entiende como práctica y técnicas comunicativas. Un modo de expresión o un quehacer comunicativo, en resumen. La retórica se refiere también a una disciplina, la ciencia del
discurso; un conjunto articulado de doctrinas o reglas que describen su correcto funcionamiento. “Retórica,
pues, quiere decir práctica y teoría: elocuencia y sistema de normas que han de respetarse para ser ‘elocuentes’ y que son objeto de estudio sistemático” (1991, p.9).

2
Véanse los trabajos de Julieta Flores, Sergio Torres y Roberto Silva, y de Pedro Rivera-Hernández y Felipe
Marañon-Lazcano, ambos publicados por la Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, titulados “Problemas de Comunicación que afectan la adaptación de personas indígenas que emigran a Nuevo León” y “La comunicación política
como un influenciador en asuntos de Derechos Humanos. Caso de Estudio: San Salvador Atenco”, respectivamente.
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El marco de comprensión de la retórica ha sido ampliado por Roland Barthes en su obra Investigaciones
Retóricas (1974). Este autor considera que el ámbito retórico se constituye por seis prácticas: la retórica
como técnica, enseñanza, actividad científica, práctica moral, práctica social, y práctica lúdica. La comunicación política es vista también como un hacer o un quehacer político. La distinción usual entre palabras
y hechos, entre el “no mires lo que dice el presidente, sino lo que éste hace”, comienza a ser cuestionada.
Las palabras, o el discurso político, son acciones o actuaciones que pueden generar efectos, aunque en
dimensiones de la realidad distintas a la física, como la psíquica o psicológica. El decir es también una
manera de hacer.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
La retórica en la Grecia clásica.
El contexto histórico.
La reflexión sobre la persuasión política surgió por primera vez, y con fuerza, en el mundo helénico
del siglo V a.C. La controversia sobre el arte de construir discursos persuasivos se presentó, en parte, por
la necesidad de precisar los límites entre dos escuelas: la sofística y la filosofía. La disputa en relación con
la retórica representó un esfuerzo por esclarecer el sentido de la filosofía, su objeto de atención y su metodología. La confusión entre ambas esferas representó uno de los problemas intelectuales más importantes
de la época.
El debate acerca de la retórica debe ser situado en su contexto histórico: una crisis profunda de la aristocracia griega, no sólo en cuanto a forma política, sino especialmente como cultura. En esta época surge
un cuestionamiento intenso de los valores tradicionales, principalmente hacia la areté. Werner Jaeger, en su
Paideia, sostiene que la areté expresa el más alto ideal de la educación y se define, de cierta manera, como
una virtud humana que sólo encuentra perfección en almas selectas. Según Jaeger, sólo unos distinguidos
mortales podían alcanzar una posición dominante en el orden social, aquellos que mediante sus aptitudes
físicas habían obtenido la victoria en el combate. La areté era, pues, una virtud propia de los guerreros
(Jaeger, 1957).
La crisis de la aristocracia se asocia con el acceso del demos a la política en la Grecia clásica. La areté
no es descartada en el lapso democrático. Ésta experimenta variaciones que conducen a “la superación de
todos los privilegios de la antigua educación para la cual la areté sólo era accesible a los que poseían sangre
divina” (Jaeger, 1957, p.264). Dicha crisis cultural se enfoca en la negación de la estirpe para optar a una
educación y a la conducción de la polis. La nueva noción de virtud sustituye la norma sanguínea por una
fundada en la razón. Jaeger comenta que: “sólo parecía haber un camino para llegar a la consecuencia de
este fin el acceso a la areté: la formación consciente del espíritu en cuya fuerza ilimitada se hallaban
inclinados a creer los nuevos tiempos” (Jaeger, 1957, p. 264).
La retórica tiene una clara dimensión política. El término alude al rétor, no al que enseña la retórica, sino
al rector de la polis. La retórica es la materia de la actividad del político, del ciudadano libre que asume el
rectorado de la comunidad política, aquél que maneja los asuntos de todos. Como afirma Jaeger: “La edad
clásica denomina al político puramente retórico, orador. La palabra no tenía el sentido puramente formal
que obtuvo más tarde, sino que abrazaba el contenido mismo. Se comprende, sin más, que el único contenido de los discursos fuera el estado y sus negocios” (1957, p.267).
La democracia ateniense.
La retórica hace vida en forma de gobierno donde la palabra ocupa un sitio privilegiado. Los modelos
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aristocrático y oligárquico no solicitan su uso intensivo; las decisiones son tomadas por unos cuantos: los
distinguidos por la nobleza de sangre, o por las riquezas poseídas. David Held (2001) afirma que el valor de
la igualdad destaca en la democracia ateniense: el derecho y la obligación que tienen todos los miembros
de participar en las decisiones comunes. Dicha participación se concreta en asamblea, y consiste en la posibilidad de ser escuchado, y de acceder a un cargo público. La democracia clásica consiste en el gobierno
del pueblo: una forma política de autogobierno que coloca a la ciudadanía como autoridad suprema de la
polis (Held, 2001).
Este gobierno de «la multitud» o de «la igualdad numérica, sobre la noción del reparto equitativo de
la práctica de gobierno, tiene como requisito a la palabra política . Al depender la toma de decisiones de
muchos, el despliegue de la democracia exige la formación de una opinión común acerca del camino más
adecuado a seguir. La formación de la opinión ciudadana se subordina a una discusión, en asamblea, sobre
los asuntos de interés para la polis. La toma de decisiones se sostiene en: “(…) la disertación libre y sin
limitaciones, garantizada por la isegoría, el derecho de todos por igual a hablar en la asamblea soberana.
Las decisiones y las leyes descansaban, así se creía, en la convicción la fuerza del mejor argumento” (Held,
2001, p.32, 33).
La palabra es igual de importante por los conflictos que aparecen en esos procesos de formación de opinión ciudadana. Las posibilidades de obtener una decisión como resultado de la homonoia, por unanimidad,
eran muy bajas, incluso en una comunidad pequeña como la polis ateniense, debido a las complejidades
de los procesos de toma de decisiones y a sus alcances. La valoración de la palabra, por consiguiente, sólo
puede concretarse en un contexto donde existen amplias diferencias de opinión en relación con el rumbo
que han de seguir los asuntos públicos.
El arte del buen hablar para persuadir se fortalece ante la necesidad de convencer a quienes disienten
de la posición defendida, ya que éstos son iguales en términos de poder -político, económico y militar. El
valor del discurso político se aprecia en contextos caracterizados por la presencia de facciones en amplia
oposición y con un poder simétrico que neutraliza el empleo de la violencia en la resolución de conflictos.
En suma, el desarrollo antiguo de la retórica parece haber sido estimulado por la presencia de situaciones donde se desplegaron rivalidades políticas con fuerzas casi equitativas. El diálogo representa una manera de canalizar o abordar el conflicto político, con el propósito de obtener un resultado que no implique
la destrucción de las partes en disputa. La guerra sería, en este enfoque, ausencia de diálogo y por ende de
retórica.
Una prueba de lo señalado está en los orígenes de la retórica. Roland Barthes (1974, p.80) afirma que
la retórica como metalenguaje nació hacia el año 485 a.C., cuando dos tiranos sicialianos, Gelón y Hierón,
tomaron un conjunto de decisiones cuyas consecuencias inmediatas fueron la deportación y el traslado de la
población, así como expropiaciones para ser concedidas a mercenarios que luego repoblasen Siracusa. Una
vez derrocada la tiranía por el pueblo de Siracusa, se iniciaron una enorme cantidad de reclamos judiciales,
que tenían el propósito de restablecer la situación previa en materia de propiedad de la tierra. Los procesos
judiciales, según Barthes, movilizaron grandes jurados populares. El arte arte de persuadir mediante el buen
hablar se nutre de ambientes de conflictos.
Los sofistas: la práctica retórica en búsqueda del éxito político.
Aproximarse a los sofistas no es tarea fácil. La dificultad radica en la pérdida de sus textos principales.
A excepción de los discursos “Elogio de Helena” y “Defensa de Palamedes”, ambos textos de Gorgias, la
discusión sobre el pensamiento sofístico se produce mediante las citas y los comentarios de Platón, Aristóteles, Sexto Empírico, Planudes y Proclo. Además, los sofistas y su ideal de educación fueron los coproRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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tagonistas de la disputa entre la retórica como el reino de lo verosímil y de la opinión (doxa), y la filosofía
como espacio de lo verdadero y del conocimiento (episteme). La filosofía venció en esta controversia, por
ello la imagen que quedó de la sofística fue muy negativa. José Solana Dueso (1997) resalta que esta actitud
de repudio se inició en el círculo socrático: Platón y Jenofonte.
La evaluación apropiada de esta escuela enfrenta los obstáculos propios de la distorsión con que nos
llega este marco de interpretación. La dificultad principal que se ha mantenido en el tiempo es aquella:
“(…) creencia de que Platón y Aristóteles dieron con la interpretación de las doctrinas sofísticas y que, por
tanto, su crítica fue definitiva” (Solana Dueso, 1997, p.94). Por otra parte, a sofística no fue una escuela homogénea, con una propuesta de saber único o con un conocimiento coherente; sino que albergaba diversas
corrientes de pensamiento que, incluso, llegaban a oponerse entre sí. Para Jaeger (1957, p.274), el factor
de unión, entre la pluralidad y divergencia de contenidos y procedimientos entre los sofistas, consiste en la
estimación común a percibirse como maestros de la virtud política, individuos provistos del conocimiento
necesario para formar a las almas humanas con miras a la participación en los asuntos de la polis.
La sofística redefine la noción tradicional de areté, al elevar el saber a la categoría de criterio que estructura la formación de los ciudadanos en la polis. Los sofistas renuncian a la tradición basada en la sangre
como factor determinante de la excelencia humana. La educación era artífice de un segundo nacimiento
para el hombre: el parto social. Según Jaeger, los sofistas: “son los creadores de la conciencia cultural en
que el espíritu griego alcanzó su telos y la íntima seguridad de su propia forma y orientación (…) tomaron
conciencia y se la dieron a su pueblo de que la educación humana era la gran tarea histórica que les había
sido asignada (1957, p.278)”.
Los sofistas inauguran el período de la formación humana consciente, donde la retórica tiene un rol determinante. Con ello modifican el eje del pensamiento filosófico, al abandonar la problemática de la physis
y enfocar por primera vez la reflexión en el hombre. Éste nace como objeto o centro de las indagaciones del
mismo hombre, dedicándose a la reflexión de la polis, las relaciones sociales, así como del lenguaje político
y sus prácticas. Para Ferrater Mora, los sofistas “descubren realidades que sin la crisis hubieran permanecido ocultas. Lo que encuentra el hombre ante sí es tanto el universo como la realidad humana, pero una
realidad inestable y por ello problemática” (1965, p.702).
Visto que la nueva areté se basa en el saber, y dado que ese saber será enseñado por los maestros del conocimiento, se hace inevitable el estudio de la comunicación. Los sofistas “convirtieron el saber en oficio y,
por tanto, debían exigir una compensación para vivir y poder difundirlo” (Reale y Antiseri, 1995, p.75-77).
Los sofistas hacen de la retórica una práctica social solo accesible a quien pudiera pagarla; se orientaba a
la satisfacción de la necesidad que tenían los ciudadanos: persuadir con éxito a los conciudadanos y obtener con ello resultados favorables en los debates asamblearios (Barthes, 1974: 9-10). Jaeger lo afirma con
precisión al indicar que:
… los sofistas se dirigían ante todo a una selección y a ella sola. A ellos iban los que querían formarse
para la política y convertirse en un día en directores del estado. Semejantes hombres … no debían limitarse
a cumplir las leyes, sino a crear leyes del estado, y para ello era indispensable, además de la experiencia
que se adquiere con la práctica política, una intelección universal sobre la esencia de las cosas humanas.
Verdad es que las cualidades capitales de un hombre de estado no pueden ser adquiridas … pero las dotes
para pronunciar discursos convincentes y oportunos pueden ser desarrolladas … mediante la cual puede
orientar y constreñir suavemente las asambleas. (1957, p.267)
Protágoras.
Los aportes de Protágoras al arte de la persuasión se comprenden al situarnos en el núcleo de su pensamiento. Protágoras asume una posición relativista frente al problema de la verdad: se considera imposible
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hallar un criterio absoluto que permita discernir entre lo verdadero y lo falso, lo bueno y lo malo, lo justo
y lo injusto. En la mirada de Protágoras, “nadie estaría estaría en falsedad, sino todos estarían en la verdad
[en su verdad]” (Reale y Antiseri, 1995, p.78). Dicho relativismo se resume en su más célebre máxima: el
homo mensuras, “el hombre es la medida de todas las cosas, de las que son en aquello que son, y de las que
no son en aquello que no son” (Reale y Antiseri, 1995, p.78).
La verdad sólo se encuentra en la norma del juicio de cada hombre, en lo que estime como la medida de
los hechos y experiencias. La realidad sería una convención tanto en su confección como en su aplicación.
El hombre se convierte en árbitro de todos los hechos, la verdad y su realidad es un producto de la voluntad
humana. “si es cierto que debe reposar en el objeto, no lo es menos que la “norma”, “criterio” o “medida”
de la verdad solo puede serlo el sujeto, es decir, es el único que puede decidir si hay o no correspondencia”
(Solana Dueso, 1997, p.99).
El relativismo protagórico conduce a la noción del conflicto como elemento propio de la vida en toda
comunidad. Si la verdad depende de las apreciaciones de cada sujeto, son altas las posibilidades de que
aparezcan múltiples opiniones divergentes. Ante la ausencia de la palabra política, la comunidad se encaminaría a un estado de fragmentación, a su inestabilidad permanente o incluso a su disolución, por la amenaza
constante de acudir a la violencia como forma de resolver las “naturales” diferencias de apreciación de los
asuntos públicos y, en definitiva, de criterios para establecer lo verdadero.
La retórica quedaría definida como el arte del buen hablar, no para sostener la verdad, sino para mostrar la razón más convincente (Mortara Garavelli, 1991, p.18). En la sofística de Protágoras, si no hay una
verdad, y ésta es múltiple y diversa, resulta necesario que en cada argumento se identifiquen por lo menos
dos tesis opuestas. El principal recurso del sofista son las antilogías, una técnica de argumentación que se
condensa en la afirmación: “acerca de cada cosa hay dos razonamientos que se contraponen entre sí, es
posible decir y contradecir, esto es, se pueden aducir razones que se anulan” (Reale y Antiseri, 1995, p.78).
Si a cada ser se le puede afirmar y negar una cualidad, dado que tal atribución depende del criterio de cada
hombre, la fortaleza o debilidad de un argumento no reside sólo en su contenido, sino también en el lenguaje y en los modos empleados para su expresión convincente.
Así nace también la noción retórica que en toda controversia el argumento débil puede llegar a ser
el argumento fuerte y viceversa. Ambas técnicas fueron probadas por Gorgias en su discurso “Elogios a
Helena”. Arquetipo de belleza en la mitología griega, Helena fue censurada por la opinión común en la
Grecia clásica, ya que su rapto por París, que desencadenó la guerra de Troya, no era considerado como
tal, sino que se asumía la complicidad de Helena. Gorgias toma dicha figura mitológica para desarrollar
un argumento en su defensa, proponiéndose fortalecer la posición más débil ante la opinión común. La defensa de Helena se ejecuta con la anulación o suspensión de la responsabilidad que se le adjudicaba sobre
los hechos, introduciendo tesis que señalaban la presencia de poderes frente a los cuales ninguna voluntad
humana podría resistir.
Protágoras propuso además la premisa retórica de lo oportuno para cada caso. Este axioma, junto con
la antología como técnica de la argumentación, constituye una herramienta retórica rudimentaria, luego
desarrollada por Aristóteles. “Protágoras da una aplicación formal (...) de lo que es oportuno en un discurso:
pueden ser oportunas, según los casos, la concisión o la abundancia. Y una misma materia puede constituir
el objeto de un discurso amplísimo o de uno conciso” (Mortara Garavelli, 1991, p.20). Lo oportuno no se
refiere a la posición que se asumirá en el debate, como enseña la antilogía, sino al tamaño conveniente del
discurso. Por lo demás, la extensión de los discursos es un elemento que aparece de forma recurrente en
todo el debate clásico de la retórica.

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Gorgias.
Gorgias de Leontini es considerado como el padre de la retórica. Su nombre sirve de título al principal
diálogo platónico en torno al arte de persuadir mediante el buen uso de la palabra. Su planteamiento llega
hasta nuestros días por la conservación de los fragmentos de sus discursos: Elogio a Helena y Defensa de
Palamedes. La retórica adquiere una alta significación, en parte por su renuncia a cualquier aspiración en la
capacidad de los seres humanos para comprender la realidad circundante. Alejado de una postura dogmática, dado que la esencia de las cosas es inaprehensible, se concluye que lo único existente es la palabra. Para
Gorgias el ser y la verdad solo pueden ser lenguaje dotado de sentido.
El lenguaje se constituye en una realidad independiente. El discurso, como poderoso soberano, nace
como objeto de estudio. Para Barthes, la palabra alcanza con Gorgias un dominio tal que se puede hablar
de un imperio del lenguaje: un territorio con existencia autónoma, regido por reglas y en donde conviven
las figuras. Con la retórica de Gorgias: “nuestra sociedad ha reconocido el lenguaje, su soberanía (...) [La
retórica es] una ideología de la forma, como si (...) existiera para cada sociedad una identidad taxonómica,
una socio-lógica, en cuyo nombre es posible definir otra historia, otra sociedad” (Barthes, 1974, p.11-12).
La comunicación nace así como ámbito discernible del conocimiento humano, en cuanto área de reflexión
que tiene al lenguaje como objeto de estudio.
En esta retórica subyace una orientación nihilista. Según Sexto Empírico (Barrio Gutiérrez, 1984), la
conclusión escéptica del sofista siciliano se refleja en las tres tesis siguientes. Primero, nada existe: las cosas
no encierran una sustancia necesaria, la palabra no contiene indispensablemente una realidad verdadera. Si
algo existiera, sería incognoscible: las capacidades humanas son limitadas y los instrumentos dispuestos
por el hombre son inadecuados para conocer. Y si algo existiera y fuese cognoscible, sería incomunicable.
La separación entre el ser de las cosas y el lenguaje se fundamenta en esta última premisa. El lenguaje se
presenta como una realidad con una “naturaleza” sin una relación inevitable con la esencia de la realidad.
La problemática del ser y el decir consiste en que:
Si no existe verdad absoluta y todo es falso, la palabra adquiere una autonomía propia, casi carente de
límites, porque no está sometida a los vínculos del ser. Dada su independencia onto-veritativa, es o puede
convertirse en algo dispuesto a todo. Y es aquí donde descubre en lo teórico aquel aspecto de la palabra
por el cual ésta, prescindiendo de toda verdad, puede hacerse portadora de toda persuasión, de creencia y
sugestión. La retórica es exactamente aquel arte que aprovecha hasta el fondo este aspecto de la palabra y
que puede definirse como el arte de persuadir. (Reale y Antiseri, 1995, p.80).
Gorgias descubre que la realidad y el lenguaje no siguen necesariamente la misma dirección. La realidad de la palabra permite construir ficciones. El discurso se convierte en el dominio de la ilusión, la república de las promesas. La separación entre pensamiento y palabra ocurre por las limitaciones del lenguaje
para transmitir los estados conscientes del comunicante; y por las dificultades del discurso para producir
idénticos estados en el comunicado. La existencia de una pluralidad de emisores, con pensamientos y experiencias diversas, incluso únicas, contribuye a convertir el lenguaje en un hecho equívoco. Esta conciencia
de la imperfección del lenguaje conduce a realizar esfuerzos constantes por mejorarlo: siendo la expresión
la única forma de establecer relaciones sociales, su desarrollo constituye el único camino para construir una
polis (Barrio Gutiérrez, 1984).
El tránsito de una época nihilista a una etapa retórica, en Gorgias, se explica como sigue: la única realidad posible, aunque imperfecta, es la palabra. Por ello la apariencia, el modo de decir las cosas, adquiere
significación. El buen hablar no es afirmar lo verdadero, sino emplear las formas más convincentes del
discurso. Lo importante para la persuasión son las formas que asume el significante, ya que se renuncia a
buscar lo inexistente: el significado de los objetos.
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El avance retórico adquiere un componente estilístico. Ésta vendría a ser una estética de la palabra
orientada a la persuasión del oyente. La segunda contribución de Gorgias a la retórica es, por tanto, el
desarrollo de una clasificación de las figuras del lenguaje. La apóstasis, por ejemplo, consiste en separar
unos de otros los pensamientos para formar con ellos proposiciones aisladas y singulares. La prósbole es un
ataque, una agresión o impulso violento, y como figura retórica permite iniciar inmediata y bruscamente los
pensamientos. La metáfora y la alegoría representan, en cambio, traslados del sentido recto de las voces a
otro figurado, en virtud de una comparación tácita. Mientras que la epanalepsis, entre otras figuras, consiste
en la repetición de una palabra. Reale y Antiseri expresan esta vertiente estilista de la retórica de un modo
conciso:
Gorgias fue el primer filósofo que trató de teorizar lo que hoy denominaríamos vertiente estética de la
palabra y la esencia de la poesía (padecimiento del alma por efecto de las palabras,muy padecimiento que
le es propio). El arte, pues, al igual que la retórica, consiste en provocar sentimientos, pero a diferencia de
aquella, no se propone intereses prácticos, sino un engaño poético en cuanto tal (estética no patética), y
dicho engaño, naturalmente, es una pura ficción poética. (1995, p.80)
La psicagogía surge con Gorgias por el énfasis en el estilo. Esta sofística no se preocupa tanto por el
intelecto para persuadir, sino por el manejo de las pasiones a través de las prácticas estilísticas, como intento
de movilización de las emociones, de manera de impulsar la opinión del oyente a favor o en contra de los
asuntos que se discutían en los órganos de poder establecidos en la polis. La retórica vendría a ser la virtud
del bien hablar, de construir discursos que convenzan a otros a inclinarse favorablemente hacia lo que se
encuentran renuentes (Platón, 1964).
Bice Mortara Garavelli expresa sobre la psicagogía que ella: “no pretendía convencer de que un argumento válido era verosímil (eikos) mediante una demostración técnicamente impecable, sino mediante la
atracción que la palabra, sabiamente manipulada, podía ejercer sobre los espectadores. El efecto que pretendía alcanzar era la reacción emotiva, no la adhesión racional” (1991, p.18-19). Y el mismo autor termina
afirmando también que, en el discurso Elogio de Elena, Gorgias estima que la psicagogía: “actúa a través
del engaño; de la ilusión o fascinación poética que el logos (la palabra, el discurso) es capaz de provocar:
«acercándose a la opinión del alma, su poder encantatorio la fascina, la persuade, la seduce, y la modifica
con una ilusión mágica»” (1991, p.21). En el debate clásico, se constituyen las dos rutas a seguir para la
persuasión política: la racional con la argumentación lógica (las antilogías), y la pasional con la afectación
de las emociones humanas (psicagogía).
Pródico y los Eristas.
Pródico y los Eristas representan corrientes sofísticas que ofrecieron elementos clave para la construcción de discursos persuasivos en la antigüedad clásica. En Pródico destaca especialmente la invención de la
sinonimia, la técnica “que proponía distinguir entre los diversos sinónimos y en la exacta determinación de
los matices que entraña el significado de cada una” (Reale y Antiseri, 1995, p.81). Los Eristas, en cambio,
introducen el empleo de formas destructivas de argumentación. El objetivo se centra en identificar las debilidades en el razonamiento de los oponentes, para conducirlos después a posiciones contradictorias que les
coloquen en situaciones de apremio. Hay quienes consideran que este combate lingüístico, conocido con el
término de disputa, representa una clase de diálectica, metodología desarrollada por Platón. En este sentido,
Mortara Garavelli afirma que “la Erística, considerada como un artificio dialéctico estéril, pero como una
invitación al esclarecimiento del lenguaje, ha servido históricamente, en las disputas científicas (…) para
poner en evidencia los puntos oscuros y confusos” (1991, p.20).
Los Eristas, finalmente, son los artífices del sofisma. Según Ferrater Mora, el sofisma consiste en un
argumento falaz que plantea defender lo falso mediante la confusión del contrario. El sofisma es un discurso
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que golpea la estructura mental de los oyentes. El absurdo que encierra los sofismas es capaz de desestabilizar hasta dejar aturdidos a los oponentes. Un ejemplo de sofisma es aquel que niega el antecedente de
un condicional: “Si Ivan es ruso, entonces Ivan es inteligente. Ivan no es ruso. Ivan no es inteligente”, o
aquel que afirma el consecuente de un condicional “Si Ivan es ruso, entonces Ivan es inteligente. Ivan es
inteligente. Ivan es ruso” (Ferrater Mora, 1965, p.701).
Los filósofos: la retórica como reino de lo verosímil.
Platón: la moralidad en la retórica.
La importancia de Platón en la retórica clásica no se aprecia tanto en los aportes técnicos al arte de
la persuasión política. Jaeger sostiene que este filósofo, en su diálogo Fedro, define el discurso como un
cuerpo vivo, el cual se compone de varias partes: unos pies (la introducción), un tronco y sus extremidades
(el cuerpo o desarrollo) y una cabeza (la síntesis o conclusión). Platón aporta la noción de un esquema orgánico del discurso: su confección exige que el retórico garantice una relación adecuada o armoniosa entre
las partes de ese cuerpo; las formas del discurso deben mantenerse en unas proporciones ajustadas (Jaeger,
1957, p.995-996).
La significación retórica de Platón se ubica más en las posibilidades de trazar las fronteras de los discursos persuasivos. Platón construye una evaluación moral del arte del buen hablar. En su diálogo Gorgias, repudia la práctica retórica pues la percibe como perjudicial para la formación humana; si bien en su diálogo
Fedro, esta actitud ya no es de amplio rechazo y comienza a asumir una postura próxima a una aceptación
condicionada de la retórica. A juicio de Jaeger, en la Carta Séptima, Platón expone “la problemática que
supone siempre la plasmación del pensamiento por medio de la palabra escrita (…) para formular la paradójica declaración de que ni él mismo ha encontrado posible exponer su teoría, razón por la cual no existe una
filosofía platónica escrita” (1957, p.997). En correspondencia con este giro en la valoración de la retórica,
se encuentran los esfuerzos que Platón por exponer sus ideas con metáforas: la alegoría de la caverna para
exponer su pensamiento fundamental; o la metáfora del cocinero y del médico para describir la retórica
misma; también las metáforas del tejedor, del pastor, del patrón de navío y del grande y robusto animal (con
la que se refería a la masa del pueblo), para referirse a lo político. Platón fue en este sentido un retórico.
En Platón, la labor de la filosofía y del filósofo, a diferencia de la retórica, consiste en conocer la naturaleza de la justicia, la bondad y la belleza. Dicha postura filosófica se ha conocido como idealismo: el conocimiento no se busca en la realidad sensible, se halla supeditada a la indagación de las ideas de las cosas.
Esta postura se acercaría hacia un abstraccionismo, una desvinculación del filósofo con la realidad inmediata, como condición para capturar la esencia de la realidad. Una vez que se hace con ese conocimiento
ideal, el filósofo retorna a la realidad empírica para cotejar la realidad de la idea con la realidad empírica y
determinar cuánto se aproxima la primera con respecto a la segunda.
En esta perspectiva, el filósofo también debía practicar la enseñanza para que los hombres aprendiesen
a vivir conforme a la verdad de las ideas. El filósofo persigue dos propósitos: investigar la realidad de las
ideas, pretendiendo el conocimiento verdadero; trascender lo aparente y las opiniones, y adentrarse en la
esencia del mundo. Por otro lado, el filósofo es un educador y su actividad consiste en enseñar la verdad y
transformar la vida de los hombres. Así como ocurre con la sofística, se comienzan a establecer las fronteras
entre la filosofía y la educación.
Al contrario de Protágoras y Gorgias, quienes asumen una postura relativista y escéptica, respectivamente, Platón era un convencido en la posibilidad de conocer la verdad. Se entiende así su cuestionamiento
a la retórica, pues la considera como una herramienta que no se preocupa por comprender lo verdadero. Al
permanecer en el nivel de las apariencias o lo superficial, la retórica no era un poder, tal y como presumían
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los sofistas. Para Platón, al abandonar la búsqueda de lo esencial, la retórica era incapaz de procurarle un
bien a quien le poseía.
La retórica tampoco fue estimada como un arte para Platón, entendiendo por arte “todo conjunto de
reglas idóneas para dirigir una actividad cualquiera” (Abbagnano, 1993, p.100). El arte de una actividad
requiere necesariamente la exposición de las razones que permitan encontrar el objetivo buscado. Los sofistas no daban con las causas o los fundamentos de cada uno de sus aportaciones al manejo persuasivo del
discurso, según Platón. La retórica no era más que una actividad rutinaria, una adquisición experimental de
producir placer en el oyente (ensayo y error). La filosofía platónica y su método, la dialéctica, no pretenden
abarcar lo que parece ser bueno, sino la bondad, no se aborda lo tangencial, como son las formas y razonamientos verosímiles.
La aspiración es a profundizar en la comprensión cabal de la sustancia de las cosas, aunque ésta no se
acomode a los gustos. En la visión platónica, la retórica se ocupa de procurar lo placentero sin detenerse en
los perjuicios que podrían obtenerse de ello; la clave persuasiva parece encontrarse en el deleite de las audiencias. El principal elemento de controversia entre la filosofía y la sofística queda expuesto: la distinción
entre la verdad como esencia de las cosas, y la verosimilitud como apariencia de las cosas, la distinción
entre entre episteme y doxa.
La percepción de platónica sobre la utilidad de la retórica se modifica en el tiempo. Tal cambio no implica una aceptación irrestricta. Así es como Platón desarrolla su tesis moral de la existencia de dos retóricas,
la buena y la mala. La persuasión positiva es la que asume en sus contenidos la verdad de las cosas, al no
haber mayor poder de convicción que la verdad misma. Dicha postura se proyectará en la antigüedad clásica y en el medioevo: para ser retórico es necesario contar con una cultura basada estrictamente en el saber
filosófico. La retórica recta procura lo mejor en términos filosóficos. La persuasión negativa es adulación,
sólo complace lo apetecido, el discurso se ajusta al público y sus inclinaciones. La retórica perjudicial está
vinculada a lo placentero o, en palabras de Claude Bremond, al hedonismo: la generación de una sensación
de goce (Bremond, 1974).
Aristóteles: el artificio de la retórica.
La propuesta retórica de Aristóteles surge en medio del debate entre la sofística y el platonismo. En
concordancia con su ética de la acción, que postula la necesidad de conocer las finalidades de las cosas y
los medios para lograr tales propósitos, Aristóteles problematiza la producción de la persuasión política e
indaga en los caminos a seguir para convencer a los oyentes. La sofística se cuestiona porque sus propuestas
no ofrecen reglas claras basadas en razones.
La retórica se eleva a la calidad de arte, renunciando a continuar la discusión sobre los aspectos positivos o perniciosos de sus usos. Según Jaeger, la antigüedad clásica consideraba al arte como una práctica
sujeta a un conjunto de reglas generales. La producción artística no se condiciona al arbitrio o capricho del
artista, tampoco a la experiencia de los ensayos y errores, sino a unas normas idóneas (1957, p.514-515). En
su obra Retórica, Aristóteles le define como la capacidad de considerar, en cada caso, las reglas necesarias
para persuadir. La técnica persuasiva divide la argumentación en tres elementos: el que habla, sobre lo que
se habla, y el que escucha (emisor, mensaje, receptor). Las reglas idóneas para persuadir a los oyentes se sitúan en el ámbito del mensaje, pues consisten en el empleo de la figura lógica conocida como el entimema.
Según Aristóteles, la argumentación retórica es un razonamiento a medias, debido a que se fundamenta
en una lógica entimemática. Él entimema es un silogismo incompleto, que constituye por tres premisas:
una proposición mayor, una proposición menor y la conclusión. El persuasor político encuentra con ello un
camino para introducir una idea en la mente del público. Al suprimir una de las premisas del silogismo, la
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operación de concluir con la argumentación queda en manos de la audiencia.
Barthes profundiza en el entimema en cuanto a forma del razonamiento retórico y, por tanto, como el
principal modo de razonar en política. La supresión de uno de los componentes del silogismo se efectúa
por varias razones. La premisa de partida es que no se puede negar la ignorancia del oyente. El público es
incapaz de seguir razonamientos complejos, y durante mucho tiempo. Considerando que estimular la vanidad del oyente es una forma acertada de convencer, el persuasor explota la ignorancia de la audiencia, haciéndole creer que alcanzó una conclusión valiosa gracias a su esfuerzo y talento (Barthes, 1974, p.49-54).
El entimema permite que sea el oyente quien disfrute completando una estructura formal de pensamiento.
La creencia es otro elemento del entimema que se considera como aporte aristotélico a la retórica. Según
Barthes, el filósofo concibe el entimema como razonamiento silogístico; en vez de estimarlo solo como
eliminación de una premisa, la entiende en términos de premisas o conclusiones contenidas por creencias.
La materia de la argumentación retórica es el sentido común, aquello estimado por el oyente como creíble:
lo que aparece como verdadero, sin serlo necesariamente. La retórica no pretende obtener y enseñar la verdad, entendida como realidad cierta, sustancia o esencia necesaria de las cosas (Abbagnano, 1993; Ferrater
Mora, 1965). La persuasión se refiere de manera exclusiva a las realidades aparentes, a las ilusiones en
torno a las cosas, a lo que se cree que es. El discurso político puede entenderse como un tratado acerca de
lo probable. Según Barthes, la materia del mensaje retórico es lo que la audiencia tiene como real, aunque
lo real no exista. Las premisas aristotélicas de la argumentación asumen un carácter verosímil. La verosimilitud es aquello que parece verdadero, sin pretender serlo (1974, p.17-18).
El discurso retórico recrea situaciones creíbles por el público, aunque los acontecimientos no hayan sucedido de esa manera. En Aristóteles, la regla del silogismo es precedida por otra norma, aquél aviso según
el cual es preferible un verosímil imposible que un posible verosímil: “más vale contar lo que el público
cree posible, incluso si es posible científicamente, que contar lo que es posible realmente, si este posible
es rechazado por la censura colectiva de la opinión corriente” (1974, p.17-18). La retórica se esfuerza en
adaptarse al nivel del público, con mensajes dotados de sentido común, razonamientos cortos y de sencilla
conclusión. El discurso se elabora siguiendo un saber compartido por un grupo social, es decir, se sostiene
en los estereotipos.
El arte de confeccionar discursos consiste en aplicar, según el caso, las reglas descritas. La primera
clasificación de la retórica se elabora a partir de tal estimación. Al ser el oyente la finalidad que persigue
todo empeño persuasivo: la retórica dirige toda su actividad, y su producción queda condicionada por las
exigencias del público. Las audiencias son de dos tipos: un espectador que juzga la habilidad desplegada
por el retórico; o un árbitro que evalúa lo ya ocurrido o aquello que va a acontecer. El primer caso se refiere
a la retórica demostrativa. Los discursos de este tipo se producen con temas que halagan o critican la ejecución de una actividad. La retórica demostrativa se enfoca en el presente, el ahora, y evalúa la belleza o
fealdad de una ejecución, su rendimiento. Ante este modelo, los oyentes se expresan aplaudiendo o pitando.
El segundo caso es el género persuasivo de tipo forense o judicial. Este discurso retórico se elabora a
partir de los juicios sobre lo ya acontecido. La retórica forense se remite al pasado, considera las acciones
según su justicia y su confección muestra dos rutas: la condena o la absolución. De último permanece el
discurso deliberativo, que condiciona la retórica a la evaluación del futuro. Este discurso busca persuadir
en relación con lo provechoso o lo perjudicial de las decisiones. La retórica deliberativa suele oscilar entre
esparcir esperanzas en la audiencia o infundirles temor.
Dicha clasificación del oyente revela que el juicio es la naturaleza fundamental de las audiencias; y
los públicos evalúan la realidad de manera absoluta. Este concepto de la persuasión permite estructurar
la política alrededor de dos núcleos: la acción y el discurso. Toda expresión política buscaría disponer los
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juicios de la audiencia a favor o en contra de una acción. El público es un árbitro de todo cuanto acontece
en la ciudad política. La acción política puede examinarse con criterios estéticos, prácticos o morales y sus
juicios llegan a ser categóricos. El persuasor vendría a ser un sujeto que acude ante el juicio del público
para afianzar o modificar su posición.
La antigua Roma (siglo I a.C.).
Antecedentes históricos.
En la Roma clásica se concreta otro avance retórico en la forma de la oratoria. Su desarrollo se produce
durante la crisis y caída de la República; en un contexto de cambio y transformaciones desde una forma de
gobierno aristocrática, cuya expresión máxima era el Senado, hacia un gobierno donde las decisiones sobre
los asuntos públicos estarían concentrados en un principado. Es en esta etapa clásica cuando se aprecian
intensas luchas políticas, que emplean constantemente la violencia en cualquiera de sus modalidades, y
que cristalizan finalmente en aquella guerra civil donde Julio César y sus partidarios se enfrentan contra
Pompeyo y sus seguidores aristócratas.
La figura del político Marco Tulio Cicerón destaca en la formación o consolidación de tales conflictos.
Cicerón despliega una parte importante de su actividad política en el Senado, donde ejecuta una labor
oratoria reconocida para la época y la posteridad. Cicerón concebía a la oratoria como una herramienta indispensable para asegurarse alguna influencia en el Senado y en el pueblo romano. Tal era la trascendencia
de la oratoria, que Cicerón sitúa al orador en su ideal republicano. El orador sería una figura dedicada a la
dirección de los asuntos públicos, que cuenta principalmente, en su accionar político, con la fuerza persuasiva de la palabra para resolver los conflictos (Grimal, 1986).
El ideal del orador se oponía a la figura ya existente del emperador, magistrado que se apoyaba en el
uso de la fuerza como recurso de gobierno: “La autoridad soberana era lo que se llamaba el poder militar
(imperium). Gracias a ella el funcionario que la ejercía poseía el más amplio derecho de mandar y ordenar
o de prohibir e impedir; dirigía los asuntos de la comunidad (res publica), especialmente en lo que a la
justicia y el ejército se refiere” (Bloch, 1942, p.33). Los esfuerzos dedicados por Cicerón a la reflexión de
la oratoria son de gran valor, y quedando expuestos en escritos como los Dialogos del Orador, El Orador y
la Retórica a Herennio.
Cicerón: la retórica como expresión operática.
Cicerón representa el momento culminante en la estimación de la oratoria como acción política. El
ciudadano romano no oponía el discurso a la práctica política: le consideraba una expresión de la última.
Tal manera de apreciar a la retórica parece haber sido inaugurada con Catón. Pierre Grimal sostiene que
en la evolución del debate sobre la elocuencia, cuya finalidad es en definitiva la voluntad de actuar, Catón:
“aparece como precursor. Es uno de los primeros -tal vez el primero- que quiso que sus discursos fuesen publicados, más que por la vanidad de autor, sin duda con el propósito de prolongar su acción” (1986, p.187).
La visión ciceroniana de la retórica es ante todo política. Sus aportes al arte de la persuasión son difíciles
clasificar en la tipología de Roland Barthes. Cicerón no es, ni parece pretender ser un técnico, un educador y
mucho menos un científico de la retórica. Su preocupación no se inclina a la búsqueda del lucro, ni defender
o subvertir una moralidad. Su labor consiste en una práctica que sitúa a la retórica al servicio del gobierno,
así como a las expresiones culturales. La retórica es un instrumento político y su empleo ha puesto en evidencia los efectos deseables que puede producir en el ambiente político.
Los aportes de Cicerón al arte de la persuasión son las del hombre político, el individuo que reflexiona
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sobre una herramienta no por su valor intrínseco, sino para perfeccionar su uso, con miras a conseguir el
éxito político. Pierre Grimal afirma que Cicerón no aprecia la cultura como destino cierto del hombre romano, tampoco el abandono por completo de cualquier cultivo humanista, sino: “el que se afana por ser,
ante el pueblo y en el Senado, un «buen consejero»; por consiguiente, el que es capaz de descubrir o al
menos reconocer la verdad acerca de cada problema” (1986, p.188-189). La conexión de la reflexión a la
acción política, claro está, no está exenta de los intereses que se defienden, sino que surge en el auge de los
conflictos.
La retórica es en esencia expresión para Cicerón. Ésta es vista como una herramienta al servicio de la
fiel manifestación de los pensamientos y afectos. La expresión retórica debe ir más allá de la argumentación; o la disposición de las partes del discurso; y el empleo de las figuras elocuentes. A su entender, el
orador también ha de observar la pronunciación. El discurso adquiere con ello movimiento, perdiendo la
estática del lenguaje escrito. La pronunciación representa la acción del discurso; es el ritmo que busca y
entabla una especie de danza entre el orador y el oyente, y en el cual el primero le conduce hacia donde
su voluntad indique; también es el tono que le imprime suavidad, agudeza o fuerza al discurso. El orador
perfecto es aquél que expresa los afectos con su acción y que conmueve las pasiones de los oyentes.
En sus Diálogos del Orador, Cicerón (1946) señala que la pronunciación exige la manipulación del semblante. El orador tiene en su rostro a la mejor forma expresiva, en especial sus ojos, ellos reflejan muy bien
las variaciones de las emociones. Los ojos serían el espejo del alma. La pronunciación exige también del
gesto, con ella declara la totalidad de una idea. En este repertorio resalta luego el sonido. Para ello conviene
que el orador eduque su voz con esmero, siempre atento a la dicción y a la adecuada respiración. En escena
entra, finalmente, el cuerpo humano apreciado en su totalidad. El buen orador asume una postura erguida,
fuerte y varonil; cual si se tratase de un director de orquesta, sigue el ritmo de las palabras pronunciadas con
sus manos. El orador, con su pie, debe golpear el piso con fuerza, al inicio o al final de su acción discursiva.
Cicerón sostiene la necesidad de que el orador mantenga sus brazos alzados, listos para lanzar el rayo de
la elocuencia.
La voz exige un tratamiento más extenso, al ser uno de los fundamentos de la pronuntiatio. En El Orador, Cicerón (1967) clasifica las formas retóricas según el estilo de voz, a saber: el majestuoso o grave, el
sencillo o agudo, y el intermedio o templado. Cada una de las categorías son definidas según las escalas en
la modulación de los sonidos; siendo amplificador el primero, simplificador el segundo y el último representa una escala de tipo intermedio. La escala más baja le corresponde al estilo sencillo, propio de quien
enseña, el que intenta desarrollar una argumentación. El estilo sencillo es una imitación del uso ordinario
de la lengua. Por su forma llana y modesta, el orador se aleja de lo llamativo. La sobriedad impera en este
discurso.
El segundo estilo es el grandilocuente, propio de quien pretende vencer a los contrarios, por la vehemencia o contundencia en el hablar. La oratoria majestuosa es la dicción inflamada, la modulación de la voz que
se dirige a encender las emociones. Esta oratoria es la que gobierna los ánimos. Ésta tiene la capacidad de
implantar o arrancar una opinión, el éxito político sólo puede obtenerse con esta acción discursiva. El estilo
moderado, en cambio, es un punto medio entre las anteriores, propio de quien busca agradar al oyente. Se
deleita con una conversación amena, alejada de los excesos propios de la sobriedad o el hablar suntuoso. La
voz no abandona el ritmo y la tonalidad; el ritmo introduce una sucesión de voces y pausas que le adhiere
al discurso un movimiento necesario para atraer y mantener la atención de la audiencia.
El buen orador sabe cuándo emplear cada uno de los estilos. El sentido de la oportunidad es fundamental. Cicerón sostiene la necesidad de aprender a reconocer la ocasión aplicar cada acción discursiva. Dicho
aspecto es tratado como lo decoroso, es decir, tomar en cuenta al oyente: condición, jerarquía, autoridad,
edad, además del lugar y el tiempo de ejecución. Lo decoroso sería lo apropiado conforme al oyente y las
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circunstancias. Las audiencias no pueden ser tratados con el mismo discurso, tanto en palabras como en
tonalidades. La retórica consiste en acomodar, en cada caso, los argumentos, las pruebas, las figuras, la
disposición y la pronunciación.
El requisito de calibrar el momento se relaciona con la clase de asunto a tratar y los riesgos propios
de los estilos de oratoria. El estilo sencillo sirve para tratar temas corrientes; bajo en ritmos, conduce a la
monotonía y al aburrimiento. Este discurso se aplica en la enseñanza: permite alcanzar un estado de ánimo sosegado, favorable para el aprendizaje. La oratoria moderada se emplea en asuntos de trascendencia
media, por lo que se procura generar agrado: podría agotar al oyente, con su inclinación a complacer los
diversos gustos. El estilo majestuoso se usa en las grandes ocasiones, al arrancar sonoros aplausos. La grandilocuencia conlleva un mayor riesgo. El orador puede aparecer como un insensato o con poca cordura, por
las muestras de desequilibrio que exige su desempeño, aventurándose así al desprecio del público.
Barthes califica a la oratoria como teatralidad; quizá sea más adecuado catalogarla como expresión
operática. El orador aparece como un actor, dispuesto a variar las tonalidades de su discurso, según lo exija
el decoro de cada situación. No es un actor común, sino uno que está convencido plenamente en lo que
dice; éste cree profundamente en el papel que interpreta. En los Diálogos del Orador, Cicerón afirma que
el oyente no puede sentir dolor, odio, envidia, temor y tampoco puede mover al llanto o misericordia, si
tales afectos no se encuentran inscritos en el orador. Conmover a una audiencia requiere una perturbación
idéntica en el ánimo del orador.
3.- MÉTODO
Diseño
El presente artículo consiste en una revisión de la literatura sobre la retórica antigua. La revisión ha
sido selectiva, enfocándonos en autores que se han constituido en referencia sobre la materia, en la Grecia
y la Roma antiguas. El estudio presenta, por consiguiente, un diseño exploratorio, no experimental, y de
naturaleza cualitativo.
Instrumentos
La investigación aplica un nivel de análisis documental-biliográfico de tipo transversal; se apoya en lecturas contemporáneas de textos clásicos, indagando básicamente en torno a fuentes primarias. El análisis de
la retórica antigua, como categoría del discurso político, requiere acudir a las fuentes directas por su mismo
carácter controversial. Es importante precisar que, en relación con la escuela sofística, origen del debate
retórico antiguo, casi no se disponen de documentos o bibliografía de sus autores fundamentales.
Procedimiento
El procedimiento aplicado consistió en la revisión exhaustiva de la bibliografía sobre la temática de la
retórica, la persuasión y la propaganda políticas, visto que el discurso en democracia consiste en una apelación permanente por votar en favor de una candidatura. Es fundamental resaltar la consulta de especialistas
de la comunicación política, con una reconocida trayectoria y visión clave en el área, y con cuyos concursos
se facilitó la elaboración de un mapa temático exhaustivo. La recuperación de la literatura no representó
dificultad alguna, mientras que el proceso de revisión y extracción cuidadosa de la información fluyó en
torno a la elaboración de fichas bibliográficas contentivas de ideas y notas de trabajo.

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4.- CONCLUSIONES
El descrédito de la retórica sólo se descarta en la década de los cincuenta del siglo XX. La aparición del
Traité de l’argumentation, de Chaim Perelman y Lucie Olbrechts-Tyteca; así como los aportes del Grupo de
Lieja (Dubois, Edeline, Klikenberg, Minguet, Pire y Trinon), le otorgan una estabilidad científica e institucional. Los estudios neorretóricos se caracterizan por una separación entre la teoría de la argumentación y
la teoría de las figuras; y también por una diferenciación entre la retórica de la ficción literaria y la retórica
de lo cotidiano.
Los estudios modernos de retórica se enfocan, como nuevo paradigma, en descubrir y explicar las reglas
del juego comunicativo, en lugar de formular los preceptos necesarios para la confección conveniente de
los discursos. Una explicación a este revolución en el análisis de los discursos, y del político en particular,
obedece a las posibilidades técnicas que ofrece la misma modernidad. La reflexión clásica difícilmente
podía asumir una aproximación descriptiva y explicativa del fenómeno discursivo, dadas las casi insalvables dificultades de conservar físicamente un discurso. Los estudios modernos de retórica se alejan del
tratamiento especulativo de los discursos, puesto que en la actualidad se cuentan con los instrumentos para
la grabación y reproducción material de los mismos.
Las contribuciones de la retórica antigua a la disciplina de la comunicación política son de distinta
índole. En primer lugar, el discurso político nace como objeto de análisis. Con los sofistas aparece la problemática fundamental de todo lenguaje: la brecha entre el discurso y la realidad. Esta escuela antigua se
enfoca tanto en identificar las dificultades del acto humano de comunicar, como en ampliar las posibilidades
expresivas del lenguaje. Por otro lado, el artefacto retórico, o la máquina, en palabras de Roland Barthes,
como productos de una cultura y civilización, queda constituido, a saber: la inventio, la elocutio, la dispositio, la pronuntiatio y la memoria.
Las dos primeras piezas, el razonamiento y la cualidad emocional de los discursos políticos, son elementos esenciales en el desarrollo de la comunicación política y los mensajes electorales, en tanto vías
acertadas para operar como mecanismos persuasivos. La dispositio y la memoria, poco valoradas en su
potencialidad comunicativa, fueron ejes de la propaganda hitleriana. En este esquema totalitario, el primer
elemento fue definido como la orquestación, y consistía en la organización de los mensajes y su difusión. La
segunda pieza se planteó en términos de la repetición incensante del mensaje, hasta adherirse en las mentes
y los corazones de los receptores.
El desarrollo de ambas estructuras retóricas, una argumentativa y lógico-racional, y otra emotiva o
pasional y de naturaleza psicológica, se verifica en Aristóteles, considerado por ello como precursor de
nuestra cultura de masas. Los esfuerzos por construir mensajes políticos ajustados a las formas de pensar
y sentir del público, precepto fundamental del marketing político (political consulting), son próximos en
la época clásica y en la modernidad; si bien en nuestra sociedad contemporánea predomina la noción de
una democracia de masas. De allí el desarrollo de técnicas de medición de opinión pública, cuantitativas
y cualitativas, como las encuestas, los talleres focales y el análisis etnográfico, principalmente. Asimismo,
en la reflexión clásica se identifican las principales áreas que configuran los estudios de comunicación política: un emisor, un receptor, un canal o medio de transmisión (pronuntiatio) y un mensaje, tanto en lo que
concierne a sus contenidos (inventio), como a sus continentes (elocutio).
La retórica ha sido recuperada para la comprensión de los procesos electorales. En su Political Campaign Communication, Judith Trent y Robert Friedenberg definen las elecciones como eventos donde se
producen distintos intercambios retóricos o funciones comunicativas. Las campañas electorales son descritas como actos retóricos, pues reflejan contextos sociopolíticos que despliegan estrategias de persuasión.
El mensaje retórico es el mismo: “Voten por mi candidatura”. Para Trent y Friedenberg, en los distintos
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momentos de las campañas electorales se ejecutan dos clases de intercambios retóricos: una instrumental
o pragmática, que realiza contribuciones específicas y tangibles en la decisión del elector; y una retórica
simbólica o de consumación, que pretende satisfacer expectativas y requerimientos de naturaleza ritual.
Ambas dimensiones se resumen en el mitin electoral (political convention), tanto en su esfuerzo persuasivo, como en su carácter de fiesta electoral. La utilidad comunicativa de ambos tipos retóricos se centran
en activar o reforzar a los partidarios con argumentos que les permitan identificar y superar los desafíos
de la campaña electoral (pragmática); y en despertar o consolidar los vínculos que les cohesionan como
miembros de una comunidad política (ritual). Es importante señalar que Angel Alvarez, en su trabajo ¿Para
qué sirve la publicidad electoral?, propone una metodología de análisis de contenido de los anuncios electorales, con base en la clasificación aristotélica de los oyentes. El planteamiento central consiste en clasificar
los discursos políticos, según si es el mensaje se inclina a premiar o castigar el pasado; esperanzar o atemorizar el futuro; y aclamar o pitar la realización presente. La aplicación de este esquema de análisis sería un
objetivo en futuros trabajos de investigación empírica.
En la Era Digital, la retórica se constituye en una variable a ser estimada en el desarrollo de la comunicación estratégica. La capacidad de las organizaciones para articular discursos que conecten con públicos
globales, que demandan información a diario y al instante, con coberturas permanentes de eventos y proyectos, representa una dimensión fundamental en la construcción de imagen corporativa. Como indican Daniel Barredo y Daniel de la Garza (2016), en su Comunicación Estratégica. Metodología y Resultados de un
Análisis de Imagen Corporativa, la comunicación organizacional contemporánea enfatiza la necesidad de
potenciar el uso de las redes sociales. En tal sentido, sería valioso indagar la estructura discursiva presente
en las comunicaciones de la Era de la Posverdad política, como las fakes news o bulos informativos, y sus
efectos en los consumidores; o la confección de mensajes electorales, con una combinación de ataques y
escándalos, a través de plataformas digitales 2.0 como Twitter, la cual sólo ofrece 280 caracteres de espacio.
Asimismo, en esta Era de la Información y la Posverdad, la dispositio y la memoria han adquirido una
significación tan relevante, que quizá se han convertido en el mensaje mismo. El desarrollo de la inteligencia artificial (AI), y la aparición de los bots y los trolls, permite inundar las redes sociales con mensajes
repetitivos, simulando una interactividad generadora de espirales de opinión que pueden ser determinantes
en ambientes electorales con resultados estrechos.
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�El Imperio Retórico: Auge y Caída

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México, ISSN 2395-8448. pp 106-123. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/111

123

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Politica Editorial
Misión.
•

Somos una revista científica de calidad, que busca la socialización del conocimiento de la comunidad académica de las ciencias políticas y las relaciones internacionales, a través de la reflexión y el
debate crítico, de sus artículos publicados, contribuyendo en la construcción de conocimiento que
redunde en el desarrollo académico, organizacional en el entorno local, nacional e internacional.

Visión.
•

Ser para el 2024 una revista de referencia para el mundo académico por su periodicidad, calidad científica, citación en bases de datos de impacto, aceptada en bases bibliográficas con comité
científico de selección (BBCS).

Objeto y alcance de la revista.
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía es una revista científica de Ciencias Sociales, Políticas
y Relaciones Internacionales que impulsa el intercambio, la difusión y la transferencia del conocimiento en el campo, con énfasis en el área de Política; para ello, toma como referente la realidad
política de América Latina y el mundo. Se fundamenta en la calidad de la producción científica, con
base en la sistematicidad y el rigor, utiliza en su proceso de revisión por pares la metodología doble
ciego (Double Blind Review), publica artículos originales resultados de proyectos de investigación
y revisiones bibliográficas bajo los lineamientos de las normas de publicaciones de la American
Psychological Association (APA) sexta edición.

•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía acoge las buenas prácticas del Comité de Ética en Publicación (COPE, por sus siglas en inglés Committe on Publication Ethics), se edita semestralmente
enero-junio, julio-diciembre y circula desde el año 20015, bajo el patrocinio de la Universidad
Autónoma de Nuevo León, en formato electrónico en Open Access. Divulga sus trabajos en los
idiomas español e inglés y está dirigida a la comunidad científica en Política; en especial, a investigadores y docentes que se ocupen del campo de la ciencia política y las relaciones internacionales.

Líneas Temáticas.

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Cuerpos Académicos
Administración Pública
Comercio y Negocios Internacionales
Comunicación Política
Estudios Regionales Internacionales
Gestión y Política Educativa
Gestión Energética y sustentabilidad
Gobernanza Universitaria
Participación Ciudadana y DDHH

•
•
•

Subáreas Scopus
Ciencias Políticas
Ciencias Políticas y RI
Sociología y Ciencias Políticas

Proceso de gestión editorial. Postulación y recepción del artículo: Esta etapa inicia con el envío del
artículo por parte del autor a través de la plataforma del OJS (Open Journal Sistems). El autor debe
enviar el artículo en formato Word, junto con su hoja de vida. Una vez el artículo es postulado, se

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hace de forma automática la recepción del artículo y el acuse de recibido.
•

Revisión Editorial previa: Los editores en un periodo máximo de 72 horas a partir de la recepción
evaluarán los artículos postulados y determinarán si estos se encuentran dentro del alcance de la
revista. En esta fase se hace una revisión de la calidad editorial y la contribución al conocimiento
del artículo postulado. Se revisa su estructura (forma y contenido), verificando que se cumpla con la
norma de publicación de la American Psychological Association (APA). Si el artículo postulado no
cumple con los criterios editoriales establecidos se le notificará al autor la decisión editorial, si por
el contrario el articulo supera la etapa de revisión previa pasa inmediatamente a revisión por pares.

•

Revisión por Pares: Esta evaluación se realiza bajo la modalidad del método doble ciego, es decir,
el artículo será enviado en completo anonimato. En esta etapa se designan dos revisores expertos
en la temática, para que, con base en las políticas editoriales, y teniendo en cuenta un formato de
evaluación analicen el articulo asignado. Los revisores tendrán un periodo de tiempo de quince
(15) días para realizar su respectiva revisión. Una vez los evaluadores emiten su concepto se le
comunica al autor principal. Si el articulo no fue aceptado por los pares se le comunica de manera
sutil al autor principal. Si el artículo fue aceptado con algunas sugerencias, se le envía al autor la
evaluación anónima para que realice los respectivos ajustes.

•

Revisión Editorial (después de pares): El editor verificará detalladamente que los autores hayan
realizado las correcciones sugeridas por los pares.

•

Revisión de estilo: Una vez el editor haya verificado que las correcciones se han realizado, se procederá a enviar a corrección de estilo. En esta etapa, el corrector se encargará aspectos de redacción
y estilo del texto.

•

Traducción: Después de la corrección de estilo, el artículo se envía a un experto en segundo idioma
para que haga la respectiva traducción del resumen y las palabras clave.

•

Diagramación (Edición): Esta etapa busca garantizar la apariencia estética del artículo adecuando
los espacios, la tipografía y los colores.

•

Revisión final del editor: El editor otorga la aprobación definitiva.

•

Publicación: Los artículos se encuentran en la etapa final del proceso, listos para ser publicados.

•

Tipo de artículos aceptados. Los autores pueden postular a Revista Política, Globalidad y Ciudadanía tres tipos de artículos: Originales resultados de proyectos de investigación científica y
tecnológica, revisiones bibliográficas y reseñas.

•

Artículos de investigación científica y tecnológica: Documentos que presentan de manera, detallada, los resultados originales de proyectos de investigación terminada. La estructura contiene título,
resumen, abstract, introducción, método, resultados, discusión, conclusiones y referencias. Debe
presentar 30 referencias, preferiblemente, citando a otros artículos de revistas científicas, los cuales
deben estar citados al interior del documento. Un artículo científico es un informe escrito y publicado que describe resultados originales de una investigación.

•

Artículos de Revisión: Documentos resultantes de una investigación donde se analizan, sistematizan e integran los hallazgos de investigaciones publicadas o no publicadas, sobre un campo en ciencia y tecnología con el fin de dar cuenta de los avances y las tendencias de desarrollo. Se caracteriza

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por presentar una cuidadosa revisión bibliográfica de por lo menos 50 referencias.
•

Reseñas: Documento resultado de la revisión crítica de la literatura sobre un tema particular.

Funciones del Comité Editorial y Científico.
•

Para su operación, la revista cuenta con un comité editorial y un comité científico conformado por
investigadores nacionales e internacionales. El papel de estos comités es trazar la política y la estrategia de la revista con el fin de lograr un posicionamiento significativo en la comunidad científica
de las Ciencias Políticas y velar por la calidad de los trabajos en ella publicados.

Comité Editorial.
•

Es el órgano compuesto por docente-investigadores reconocidos en el área de ciencias políticas y
relaciones internacionales, con afiliación institucional en México y amplia trayectoria investigativa.
Su función en primera instancia consiste en asesorar al editor-jefe y coeditor en la gestión editorial
de la revista, además de evaluar el desempeño de ésta y formular recomendaciones para mejorarla.

Sus funciones están enfocadas a:
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•

Diseñar la política editorial en conjunto con el editor-jefe
Velar por el cumplimiento de todos los procesos editoriales para garantizar el rigor y el valor
científico de los artículos publicados
Asesorar en la planificación estratégica de la revista
Apoyar en la asignación de árbitros
Verificar y aprobar los números publicados en las ediciones de la revista
Aprobar las líneas temáticas
Realizar convocatorias para la postulación de artículos
Promocionar la revista en eventos, conferencias y espacios de difusión
Proponer temáticas de números especiales
Sugerir bases de datos para la indexación de la revista.

Comité Científico.
•

Es el cuerpo de investigadores reconocidos en el campo de las ciencias políticas y relaciones internacionales, con afiliación institucional extranjera que tiene la función de garantizar la credibilidad de la revista. Además, es el encargado de evaluar permanentemente la calidad científica del
contenido publicado y asesorar al comité editorial en cuanto a la actualización de los lineamientos
y políticas editoriales con el fin de contribuir al mejoramiento continuo de las publicaciones. Son
funciones de este comité:

•
•
•

Participar junto con el comité editorial en la formulación de la política editorial
Asesorar al comité editorial en el establecimiento de los criterios de calidad
Invitar a miembros reconocidos de instituciones internacionales a que publiquen sus artículos en
la revista
Promocionar la revista en eventos, conferencias y espacios de difusión.

•

Política de acceso abierto
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía proporciona acceso abierto inmediato a su contenido,

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sobre el principio de que la investigación libremente disponible para el público apoya un mayor
intercambio global de conocimientos. La revista está autorizada en el marco de la Licencia Creative
Commons Atribución-No Comercial-Sin Derivadas 4.0 – México, que permite a terceros descargar
las obras y compartirlas con otros, siempre que se reconozca su autoría, pero no se pueden cambiar de ninguna manera ni se pueden utilizar comercialmente. Se deja en claro, que los autores no
asumen ningún costo por el proceso editorial de sus artículos ni su publicación. Todos los costos
editoriales son asumidos por la Universidad Autónoma de Nuevo León como institución editora.
Copyright.
•
•
•
•
•

El copyright de Revista Política, Globalidad y Ciudadanía pertenece a la Coordinación de Investigaciones de la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales de la Universidad
Autónoma de Nuevo León.
Para la reproducción del material publicado en esta revista se deberá solicitar autorización a la Coordinación de Investigaciones de la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales de
la Universidad Autónoma de Nuevo León.
Dirección: Universidad Autónoma de Nuevo León, Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones
Internacionales, Praga y Trieste s/n Col. Residencial Las Torres, Monterrey, Nuevo León, México.
C.P. 64930. http://www.facpoliticas.uanl.mx/
E-mail: revista.politicas@uanl.mx; revistapoliticas.uanl@gmail.com; publica.policas@uanl.mx
Una vez aceptado un artículo para su publicación, el autor (es) traspasa los derechos de copyright a
la Revista Política, Globalidad y Ciudadanía.

Frecuencia de publicación.
•

La Revista Política, Globalidad y Ciudadanía publica de manera semestral, de enero a junio y de
julio a diciembre.

Declaración de conflictos de interés
•

Los autores no evidenciaran conflictos producto de relación con cualquier tipo de institución o asociación comercial o de otra índole, en relación con lo divulgado en el artículo. Es decir, dar conceptos negativos o juzgar de manera muy positiva lo publicado por intereses personales, competencias
académicas, pasión intelectual.

•

Los autores que postulen artículos de investigación, artículos de revisión, y reseñas a la Revista
Política, Globalidad y Ciudadanía, deben garantizar que sus procedimientos y metodologías se
ajustan a los códigos éticos de publicación cuya garantía constará por escrito en el formato aceptación o compromiso de cesión de derechos patrimoniales de autor y declaración de conflictos de
intereses, el cual se solicitará conjuntamente con el envío del artículo para su revisión preliminar,
haciendo plenamente responsable al o los autores de prácticas poco éticas, discriminatorias, ofensivas, agresivas, etcétera; en las que hayan podido incurrir dentro de la investigación de donde deriva
el artículo.

•

Del mismo modo el autor está obligado a informar los conflictos de interés que pueda tener su trabajo en caso de que los tenga. La persona que haga el envío del manuscrito para publicación será
identificada como el garante del trabajo en su totalidad y con él se establecerán las comunicaciones
relacionadas con el proceso de edición.

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Normas de ética en investigación.
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía acoge las buenas prácticas del Comité de ética en Publicación (COPE, por sus siglas en inglés, Committe on Publication Ethics), el cual se encarga de la
ética y moral de las publicaciones científicas. La revista toma como referente las normas internacionales para editores y autores y las incorpora dentro de su proceso de gestión editorial estableciendo
una guía ética para el editor, los autores y los revisores.

Equipo editorial.
•
•

El equipo editorial debe realizar sus funciones editoriales basadas en las buenas prácticas de edición
científica fomentando la transparencia, la originalidad, la integridad y la calidad de todas las publicaciones.
Debe adoptar medidas para la detección de plagio, auto plagio, fraude por falsificación o manipulación de datos, publicación redundante o duplicada.

Editor
•

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•
•
•

El editor es el responsable de todo lo publicado en la revista, debe basar sus decisiones en la validez
del trabajo y en la importancia que tenga para los lectores; por lo tanto, se hace libre de expresar
de forma crítica pero responsable y respetuosa sus impresiones derivadas de la revisión de los
artículos.
Las decisiones de aceptar o rechazar un artículo para publicación deben ser objetivas y basarse
únicamente en la importancia, originalidad y claridad del objeto de estudio.
Debe sostener una comunicación cordial y respetuosa con los miembros del equipo editorial, comités científicos y editorial, autores y revisores.
Debe fomentar un comportamiento responsable y disuadir de las malas prácticas editoriales.
Debe actuar como garante de la confidencialidad de la información contenida en los manuscritos
recibidos y en los comentarios de evaluación.
Debe proporcionar información actualizada sobre los criterios de autoría siguiendo las normas
éticas internacionales en publicación.
Debe tomar medidas correctivas en caso de plagio u otra mala conducta.
Debe informar a los autores si el artículo será admitido a proceso de evaluación por pares.
Podrá retirar artículos publicados en caso de una mala práctica comprobada.

Autores
•
•
•
•
•
•
•

Los autores deben tener un compromiso con el desarrollo ético y responsable de sus investigaciones.
Sus trabajos de investigaciones deben ser producción propia, inédita y original. No deben tener
plagio ni auto plagio.
Deben proporcionar de forma correcta sus datos personales
Los artículos deben ser coherentes con el contenido del trabajo, es decir, el problema de investigación identificado debe corresponder con los objetivos del artículo, la metodología, los resultados
y las conclusiones.
Deberán enviar de forma transparente y original toda la documentación requerida por el equipo
editorial
Deben proporcionar el uso de permisos si se utilizó recursos de otros autores (imágenes, etc.).
Deben confirmar que la propuesta del manuscrito no ha sido enviada a otra revista.

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•

Se comprometen a declarar cualquier posible conflicto de interés.

Revisores
•
•
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•
•
•

Los revisores deben adoptar una posición integral al momento de evaluar los artículos, la revisión
debe ser objetiva en relación con el contenido del trabajo.
Las decisiones de los revisores deben estar fundamentadas en el rigor y la calidad científica.
Sus comentarios deben estar argumentados mostrando siempre respeto por el trabajo del autor.
Deberán informar al editor en caso de detectar similitud entre el trabajo que revisa y alguna obra
publicada, o si tiene conocimiento de una obra similar en proceso de revisión.
Los revisores no tendrán acceso a los datos de los autores del artículo que evalúan y tampoco podrán exigir información acerca de ellos.
Deberán enviar las evaluaciones en el tiempo estipulado por la revista.

Privacidad y Confidencialidad.
•
•
•
•

La identificación de información de organizaciones y empresas no deberá ser publicada en el artículo sin previo consentimiento de manera escrita para la publicación.
El editor no expondrá la información de los artículos, el estatus de revisión por árbitros y la aceptación o negación de la publicación.
Los árbitros deberán respetar los derechos de propiedad privada de los autores, por ende, no podrán
en ningún caso discutir su trabajo de manera pública o apropiarse de las ideas de los autores. Prohibiéndose compartir información con otro árbitro.
La evaluación del árbitro permanecerá en anónimo y no deberán ser expuestos en forma pública sin
permiso del autor y el editor.

Política Anti-Plagio.
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía se rige por la normativa de la Organización mundial de
propiedad intelectual, la cual rige para México a través de la Ley Federal del Derecho de Autor. Por
esta razón todos los artículos presentados a la revista serán sometidos a verificación con software
anti-plagio.

Política de preservación de archivos digitales.
•

La Revista Política, Globalidad y Ciudadanía utiliza para la conservación de sus archivos digitales
el sistema LOCKSS para crear una herramienta de archivo distribuido entre bibliotecas colaboradoras, a las que permite crear archivos permanentes de la revista con fines de conservación y
restauración.

Publicación duplicada.
•

•

La publicación del artículo que coincide en su contenido y estructura con otro trabajo previamente
publicado en medio magnético o en papel, sin otorgarle crédito a la fuente inicial, constituye una
violación ética de las normas de publicación de la Revista Política, Globalidad y Ciudadanía. Bajo
las siguientes situaciones:
Reproducción completa de un artículo previamente publicado, unión de dos artículos o más para
producir otro artículo, utilización de la muestra de un artículo original reportando diferentes resultados, adición de nuevos datos a un artículo preliminar, utilización de parte de las muestras de un

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estudio con los mismos resultados y muestras y resultados diferentes del artículo original.
Solicitud de aclaración.
•
•

Si un autor considera que se ha tomado una decisión inapropiada sobre su publicación, entonces
puede solicitar una aclaración mediante una comunicación formal enviada al Editor a través de
correo electrónico revista.politicas@uanl.mx.
Dependiendo de la complejidad de la situación, esta podrá ser resuelta directamente por el Editor en
su defecto el Comité Editorial quienes analizaran la situación planteada a fin de dar una respuesta
oportuna.

UNIVERSIDAD AUTÓNOMA DE NUEVO LEÓN
Campus Mederos Ave. Praga y Trieste s/n Col. Residencial Las Torres, C.P. 64930. Monterrey, México. Revista Política, Globalidad y Ciudadanía
Tel: (52)- 8183294000
Monterrey - México
Contactos:
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Publishing Policy

Mission.
We are a quality scientific journal which seeks the socialization of knowledge of the Political Science and
International Relations academic community through reflection and critical debate of its published articles,
contributing to the construction of knowledge that will help the academic and organizational development,
locally, nationally and internationally.
Vision.
To be, by 2024, a reference journal for the academic world due to its periodicity, scientific quality, reference
in impact databases, accepted in bibliographic bases with a scientific selection committee (BBCS).
Object and Scope of the Journal.
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía is a scientific journal on Political Science and International Relations (Social Sciences) that promotes the exchange, dissemination and transfer of
knowledge in the field, with emphasis on the area of Politics; for this purpose, it is based on the
political reality of Latin America and the rest of world. It relies on the quality of scientific production considering systematics and rigor; it uses the Double Blind Review methodology in its peer
review process; it publishes original articles, results of research projects and literature reviews
under the guidelines of the publishing standards of the American Psychological Association (APA),
sixth edition.

•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía welcomes the good practices of the Committee on Publication Ethics; it is edited semi-annually, January-June and July-December, and it is distributed
since 2015 under the support of the Universidad Autonoma de Nuevo León , in electronic format in
Open Access. It spreads its work in Spanish and English and it is addressed to the scientific community in Politics, mainly to researchers and teachers who deal with the field of Political Science
and international Relations.

Líneas Temáticas.
Cuerpos Académicos
• Public administration
• International Trade and Business
• Political Communication
• International Regional Studies
• Educational Management and Politics
• Energy Management and Sustainability
• University Governance
• Citizen Participation and Human Rights

Subáreas Scopus
• Political Science
• Political Science and International
Relations
• Sociology and Political Science

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México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/11

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Editorial Management Process.
•

Application and Reception of an Article: This stage begins with the submission of the article by the
author through the Open Journal Systems (OJS) platform. The author must send the article in Word
format, along with his curriculum vitae. Once the article is applied, the reception of the article and
the acknowledgment of receipt are automatically made.

•

Prior Editorial Review: Editors will evaluate the applied articles and determine if they are within
the scope of the journal in a maximum of 72 hours from receipt. In this phase, a review of the
editorial quality and the contribution to the knowledge of the applied article is made. Its structure
(form and content) is reviewed, verifying that the publishing standard of the American Psychological Association (APA) is complied with. If the applied article does not comply with the established
editorial criteria, the author will be notified of the editorial decision; if, on the contrary, the article
exceeds the prior review stage, it is immediately reviewed by peers.

•

Peer Review: This evaluation is done under the modality of double-blind method, that is, the article
will be sent in complete anonymity. In this stage, two reviewers’ experts in the subject, based on
the editorial policies, and taking into account an evaluation format, analyze the assigned article.
The reviewers will have a period of fifteen (15) days to carry out their corresponding review. Once
the evaluators issue their concept, the main author is informed. If the article is not accepted by the
peers, the main author is communicated subtly. If the article is accepted with some suggestions, the
anonymous evaluation is sent to the author to make the corresponding adjustments.

•

Editorial Review (after pairs): The editor will verify thoroughly that the authors have made the
corrections suggested by the peer.

•

Style Review: Once the editor has verified that the corrections have been made, the article will be
sent to style correction. In this stage, the proofreader will be responsible for checking aspects of
writing composition and text style.

•

Translation: After the style correction, the article is sent to an expert in the second language in order
to translate the abstract and the keywords.

•

Layout (Edition): This stage seeks to guarantee the aesthetic appearance of the article adapting
spaces, typography and colors.

•

Final Editor Review: The publisher grants final approval.

•

Publication: The articles are in the final stage of the process and they are ready to be published.

Type of Accepted Articles.
The authors can apply three types of articles to Revista Política, Globalidad y Ciudadanía: Original
containing results of scientific and technological research projects, literature reviews and reviews.
•

Scientific and Technological Research Articles: Documents that include thorough original results of
completed research projects. The structure contains title, summary, abstract, introduction, method,
results, discussion, conclusions and references. It must submit 30 references preferably quoting
other articles from scientific journals, which must be mentioned within the document. A scientific
article is a written and published report that describes original research results.

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 9, Enero - Junio 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/11

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•

Review Articles: Resulting documents from research that analyze, systematize and integrate the
findings of published or unpublished research on a field in science and technology in order to
justify for progress and developmental trends. It features a careful literature review of at least 50
references.

•

Reviews: Resulting document from the critical review of literature on a particular topic.

Fnctions of the Publishing and Scientific Committee.
•

For its operation, the journal has a publishing committee and a scientific one made up of national
and international researchers. The role of these committees is to draw the policy and strategy of the
journal in order to achieve a significant position in the scientific community of Political Science and
to ensure the quality of the work it publishes.

Publishing Committee.
•

It is the body made up of renowned teachers-researchers in the area of Political Science and International Relations, with institutional affiliation in Mexico and extensive research experience. Its
function in the first instance consists of advising the editor-in-chief and co-editor in the editorial
management of the journal, as well as evaluating its performance and formulating recommendations to improve it. Its functions are focused on:

		

•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•

Suggesting databases for indexing the journal
Designing the editorial policy working with the editor-in-chief
Ensuring compliance with all editorial processes to guarantee the scientific rigor and
value of published articles
Advising on the strategic planning of the journal
Supporting the allocation of arbitrators
Verifying and approving the issues published in the editions of the journal
Approving the main topics
Making calls for the submission of articles
Promoting the journal in events, conferences and diffusion spaces
Proposing topics for special issues
Suggesting databases for indexing the journal.

Scientific Committee.
•

It is the group of renowned researchers in the field of Political Science and International Relations
, with foreign institutional affiliation that has the function of guaranteeing the credibility of the
journal. In addition, it is in charge of permanently evaluating the scientific quality of the published
content and advising the editorial committee regarding the updating of guidelines and editorial
policies in order to contribute to the continuous improvement of publications. The functions of this
committee are:
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To participate along with the publishing committee in the formulation of editorial policy,
To advise the editorial committee in the establishment of quality criteria,

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México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/11

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To invite renowned members of international institutions to publish their articles in the
journal, and
To promote journal in events, conferences and dissemination spaces.

Open Access Policy.
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Revista Política, Globalidad y Ciudadanía provides immediate open access to its content, on the
principle that research freely available supports a greater global exchange of knowledge. The journal is authorized under the Creative Commons Attribution-Noncommercial-No Derivatives 4.0 Mexico License, which allows third parties to download the works and share them with others,
provided their authorship is acknowledged, but they cannot be changed, nor can they be used commercially. It is clear that authors do not assume any cost for the editorial process of their articles or
their publication. All editorial costs are assumed by the Universidad Autonoma de Nuevo Leon as
a publishing institution.

Copyright.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía copyright belongs to the Research Coordination of the
School of Political Science and International Relations of the Universidad Autonoma de Nuevo
Leon.
For reproduction of the material published in this journal, authorization must be requested to the
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http://www.facpoliticas.uanl.mx/.
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Once an article has been accepted for publication, the author (s) transfers the copyright to Revista
Política, Globalidad y Ciudadanía.
Frequency of Publication
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Revista Política, Globalidad y Ciudadanía is published semi-annually, January to June and July to
December.

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The authors will not evidence conflicts arising from any type of commercial or other institutional
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judging in a very positive way what it is published due to personal interests, academic competences, or intellectual passion.

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Authors who submitt research articles, review articles, and reviews to Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, must guarantee that their procedures and methodologies conform to the ethical
publishing codes whose guarantee will be included in the format acceptance or commitment of
assignment of patrimonial rights of author and declaration of conflict of interest, which will be requested jointly with the sending of the article for its preliminary revision, making the authors fully

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responsible for unethical, discriminatory, offensive, aggressive practices, among others; in those
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In the same way, the author is obliged to report any conflict of interest that his work may have,
if this is the case. The person who sends the manuscript for publication will be identified as the
guarantor of the work as a whole and communication will be established with him/her during the
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Revista Política, Globalidad y Ciudadanía welcomes the good practices of the Committee on Publication Ethics (COPE), which is responsible for the ethics and moral of scientific publications. The
journal considers the international standards for editors and authors as reference and it incorporates
them into its editorial management process, establishing an ethical guide for the editor, the authors
and the reviewers.

Publishing Team
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The editorial team must perform its editorial functions based on good scientific publishing practices, promoting transparency, originality, integrity and quality of all publications.
It must adopt measures for the detection of plagiarism, self-plagiarism, fraud by falsification or data
manipulation of data, redundant or duplicate publication.

Editor
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The editor is fully responsible for what it is published in the journal; he/she should base his/her
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to express his/her opinions, derived from the review of the articles, critically but responsibly and
respectfully.
Decisions to accept or reject an article for publication must be objective and based only on the
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He/she must encourage responsible behavior and discourage bad editorial practices.
He/she must act as guarantor of the confidentiality of the information contained in the manuscripts
received and in the evaluation comments.
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ethical standards of publication.
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Authors
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Their research work must be produced by themselves, unpublished and original. They should not
be plagarised self-plagarised.
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The articles must be coherent with the content of the work, that is, the identified research problem
must correspond to the objectives, the methodology, the results and the conclusions of the article.

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They must send in a transparent and original way all the documentation required by the publishing
team
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They must confirm that the proposal of the manuscript has not been sent to another journal.
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The reviewers must adopt an integral position when evaluating the articles; the review must be
objective considering the content of the work.
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another one, use of the sample of an original article reporting different results, as of new data to a
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and results of the original article.

Clarification Request:
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If an author considers that an inappropriate decision has been made about his/her article, he/she can
submit a clarification request by means of a formal communication sent to the Editor through email
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Depending on how complex of the situation might be, this can be resolved directly by the Editor or
the Editorial Committee who will analyze the situation in order to give a timely response.

UNIVERSIDAD AUTÓNOMA DE NUEVO LEÓN
Campus Mederos. Praga &amp; Trieste. Col. Residencial Las Torres. CP 64930. Monterrey,Mexico. Revista Política, Globalidad y Ciudadanía
Tel: (52) - 8183294000
Monterrey, Mexico
Contact:
revista.politicas@uanl.mx
http://revpoliticas.uanl.mx/RPGyC/index.php/RPGyC

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México, ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/11

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            <name>Access Rights</name>
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                <text>Universidad Autónoma de Nuevo León</text>
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            <name>Rights Holder</name>
            <description>A person or organization owning or managing rights over the resource.</description>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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        <name>Casa Hogar</name>
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        <name>Conflictos comunitarios</name>
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        <name>Derechos humanos</name>
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        <name>Desaparicion forzada</name>
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        <name>Perspectiva de Género</name>
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        <name>Politica pública</name>
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                    <text>�REVISTA POLÍTICA, GLOBALIDAD Y CIUDADANÍA
REVISTA CIENTÍFICA DE LA FACULTAD DE CIENCIAS POLÍTICAS Y
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REVISTA POLITICA, GLOBALIDAD Y CIUDADANIA
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a la literatura científica y es signataria de la Declaración DORA an Francisco, Declaration on
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y se encuentra incluida en:

El editor y los autores son responsables de los artículos aquí publicados.
Se autoriza la reproducción total o parcial de los artículos citando la fuente y el autor o los
autores
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad
Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México, pp. 1-137,
ISSN 2395-8448

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RECTOR
M.E.C. Rogelio G. Garza Rivera

SECRETARIO GENERAL
Dr. Santos Guzmán López

SECRETARIO ACADÉMICO
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SECRETARIO DE EXTENSIÓN Y CULTURA
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SECRETERIA DE INVESTIGACIÓN CIENTÍFICA Y DESARROLLO
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DIRECTOR DE PUBLICACIONES
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COMITÉ CIENTÍFICO EDITORIAL
Manuel Vidaurri Arechiga José Antonio Peña-Ramos
Universidad de la Salle - México Universidad de Granada - España
Carlos Pilia Manuel Torres
Universidad de Cagliari - Italia Universidad Internacional de Andalucía España
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Colegio de Sonora - México Facultad Latinoamericana de Ciencias Sociales
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COMITÉ CONSULTIVO
Dr. Francisco Gorjón Gómez Mtra. Patricia Sepúlveda
Presidente Vicepresidente
Dr. Osvaldo Leyva Cordero Teodoro Berdugo
Secretario Universidad de Cuenca
Adriano Moura Carles Ramírez
Universidad Estacio OMT
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Robert Mckenna Lidia Aguilar Balderas Benemérita
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Universidad de San Diego Universidad de Concepción
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Fátima Recuero López José Salvador Zepeda López
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Sergio Díaz Rendón Lola Herrero
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EQUIPO EDITORIAL
Director
Dr. Abraham Hernández Paz
Factultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internaciones
Revista Políticas, Globalidad y Ciudadanía
Editores
Dr. Daniel de la Garza / Editor Jefe
Dr. Oswaldo Leyva Cordero
Dr. Carlos Miranda Medina
MSc. Jorge Lechuga Cardozo

Asistentes Editoriales:
Lic. Cristian Rivas Castillo
Lic. Mónica Talavera

Aministradora Open Journal Sistem
Ing. Gabriela Baltodano García

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Los derechos de copyright a la Revista Política, Globalidad y Ciudadanía. Se autoriza la
reproducción siempre y cuando se utilice las citas y referencias de cada autor.
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segundo piso, Oficina No. 1
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revistapoliticas.uanl@gmail.com; publica.policas@uanl.mx; revista.politicas@uanl.mx
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�Presentación
La Universidad Autónoma de Nuevo León es una institución dedicada a la formación integral en los campos de las ciencias, las humanidades y la tecnología, la investigación científica y
la promoción del desarrollo cultural e ideológico de la sociedad, formando líderes y dirigentes
con responsabilidad ética, compromiso histórico y con el propósito de fortalecer la identidad regional, nacional y latinoamericana. La revista digital Política, Ciudadanía y Globalidad, revista
científica de esta institución, se articula a todas las instancias de este proyecto.
Política, Ciudadanía y Globalidad circula semestralmente en presentación electrónica, y en
el sistema Open Access, desde enero de 2015. Busca convertirse en un medio insoslayable para
la publicación de artículos científicos, inéditos, y producto de una investigación en español e
inglés, de autores nacionales e internacionales los cuales ceden todos los derechos de publicación al editor, sometiéndose los artículos a una evaluación de árbitros, bajo la modalidad doble
ciego, a fin de liderar un espacio de promoción del desarrollo científico, el aprendizaje y el
desarrollo desde la región Noreste de México.
Más en específico, es un instrumento para la socialización del conocimiento de las comunidades académicas que engloba la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales
de la Autónoma de Nuevo León, y es un espacio para la reflexión y el debate crítico, propicio
para la construcción de conocimiento que redunde en el desarrollo académico, organizacional y
social, en el entorno local, nacional e internacional.
Política, Ciudadanía y Globalidad está dirigido a investigadores, estudiantes de educación
superior, funcionarios públicos, empresarios, gremios, y a toda la sociedad de conocimiento.
A través de esta revista científica, se divulga la producción intelectual y la investigación para el
desarrollo de la ciencia política, incluyendo todas las sub-áreas propias de la misma. El equipo
de colaboradores está comprometido con el fortalecimiento de los criterios de calidad científica,
editorial, visibilidad e impacto en la comunidad científica, como respuesta a los nuevos lineamientos del Modelo Redalyc.

Revista Política, Ciudadanía y Globalidad

�Presentation
Our university, Universidad Autónoma de Nuevo León is an institution dedicated to promote
integral education in the fields of science, humanities and technology, scientific research and it
fosters cultural and ideological development of society. This institution is in charge of forming
responsible and ethical leaders who must have historical commitment and who must have the
purpose of strengthening the regional, national and Latin American identity. The digital magazine Política, Ciudadanía y Globalidad, a scientific journal of this institution, links directly to
all the instances of this project.
Política, Ciudadanía y Globalidad, has circulated each semester on its electronic version in
Open Access system, since January 2015. It is trying to become a relevant medium in terms of
publishing scientific articles derived from research studies done, etiher in Spanish or English,
by national and international authors who give in the rights for the editor to publish them. These articles go through an evaluation process, Double Blind Review, before they are selected to
be published in order to achieve the goal of promoting scientific development and learning in
Northeastern Mexico.
It is also a tool for the socialization of the academic communities of the School of Political
Science and International Relations of our institution. Likewise, it is a space for reflection
and critical debate in order to construct knowledge that will end up enriching academic,
organizational and social development in local, national and international contexts. Política,
Ciudadanía y Globalidad is aimed towards researchers, students, public officials, businessmen,
trade associations and the entire knowledge society. Intellectual production and research done
for politics development is disclosed in this scientific magazine. Contributor crew is committed
to the scientific, editorial, visibility and impact criteria enhancement, in response to the new
Redalyc Model guidelines.

Revista Política, Ciudadanía y Globalidad

�10
Tabla de Contenido
Editorial---------------------------------------------------------------------------------------------------11
Los canales de comunicación de la investigación en ciencias políticas y relaciones
internacionales
Communication channels of research in political science and international relations
Carlos Miranda-Medina
Universidad Autónoma de Nuevo León, México
Modelización de la atractividad territorial en las metrópolis----------------------------------17
Modeling territorial attractiveness in the metropolis
Elizabeth Guadalupe, Carrillo-Nuño
Universidad Tecnológica de Guadalajara, México
Ray Freddy, Lara-Pacheco
Universidad de Guadalajara,México
Betsy Astrid, Vidales-Astello
Universidad Autónoma de San Luis Potosí, México
Flujos migratorios en el sur de Chiapas: una narrativa local del impacto de las caravanas
migrantes y los grupos africanos -------------------------------------------------------------------43
Migratory flows in southern Chiapas: a local narrative of the impact of migrant caravans and
African groups
Cándido, Chan-Pech
Universidad Autónoma de Chiapas, México
Responsabilidad Social Empresarial a las Responsabilidades en Derechos Humanos ---63
Corporate Social Responsibility to Human Rights Responsibilities
Luis Alejandro, Rodríguez-Cruz
Verónica, Cuevas Pérez
Víctor Néstor, Aguirre Sotelo
Universidad Autónoma de Nuevo León, México

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 1-161. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/12

�11
La simplificación en el procedimiento de servicio social-----------------------------------------80
Simplification in the social service procedure
Citlalli, Hernández-Ortega
Claudia Iveth, González-Lozano
Brenda, Montemayor-Fuentes
Universidad Autónoma de Nuevo León, México
El asilo diplomático y el principio de no devolución ---------------------------------------------97
Diplomatic asylum and the principle of non-repayment
Leonel, Caraballo-Maqueira
Instituto Superior de Relaciones Internacionales Raúl Roa García, Cuba
Neoliberalismo petrolero en la política económica exterior de México --------------------110
Oil Neoliberalism in Mexico’s Foreign Economic Policy
Einer David, Tah-Ayala
Universidad del Mar, México
Mediación comunitaria al cumplimiento del acceso a la justicia como objetivo de desarrollo
sostenible -----------------------------------------------------------------------------------------------134
Community mediation for compliance with access to justice as a sustainable development
objective
Lisbeth Carolina, Velásquez-Cruz
Universidad Nacional Autónoma de Nicaragua, Nicaragua
Politica Editorial

----------------------------------------------------------------------------------146

Publishing Policy

----------------------------------------------------------------------------------154

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 1-161. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/12

�12
Editorial
Los canales de comunicación de la investigación en ciencias políticas y relaciones
internacionales1
Carlos, Miranda-Medina2
Co-Editor - Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, México
https://orcid.org/0000-0003-4582-5578
Como referenciar la editorial:
Miranda-Medina, C. (2019). Los canales de comunicación de la investigación en ciencias
políticas y relaciones internacionales. Revista Política, Globalidad y Ciudadania, 12-16.
Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/115
______________________________________________________________________
En este editorial se presentan los canales de comunicación con las que cuentan los investigadores de ciencias políticas y relaciones internacionales en las bases de datos Scopus y redalyc.
Esto se hace abordado desde la teoría del análisis del dominio científico el cual consiste en el
estudio de los campos de conocimiento (dominios de conocimiento) en conexión directa con
comunidades de pensamiento o comunidades discursivas, basadas en la división social del trabajo en la sociedad (Hjorland &amp; Albrechtsen, 1995).
El dominio científico tiene como características principales la unidad de discurso, los canales
de comunicación y el uso de la literatura de manera común por los miembros de la comunidad.
En este caso se analizarán las revistas que son parte de los canales de comunicación por donde
los investigadores transmiten y reciben los adelantos investigativos en las Ciencias políticas
y Relaciones Internacionales. Para esto se identificará la cantidad de revistas incluidas en las
bases de datos que están vinculadas al área temática.
En cuanto a Scopus se decidió utilizar la información que registra Scimago Rank, el cual utiliza la información de Elsevier como insumo, por otro lado se identificaron las revistas incluidas en redalyc. En Scimago se encontró que la incluye en el área de las ciencias sociales y en
la categoría temática de ciencias políticas y relaciones internacionales, estas están integradas
por 463 revistas a nivel mundial, de las cuales 405 son de acceso restringidos y 58 open Access,
geográficamente se identifica que en Latinoamérica existen 16 revistas del tema en cuestión,
aportando 14 en open Access.
Redalyc es una base de datos con sesgo regional a Iberoamérica, las categorías se encuentran separadas en las disciplinas de política y la de relaciones internacionales. En políticas se
encuentran incluidas 34 revistas, se identifica que los países que más revistas aportan son México, Colombia, España y Brasil. En relaciones internacionales se encuentran 12 revistas, México
1
Escrito derivado del proyecto de investigación doctoral la mediación como constructo científico, auspiciado por el CONACYT y la
Universidad Autónoma de Nuevo León.
2
Doctor en Métodos Alternos de Solución de Conflictos, de Universidad Autónoma de Nuevo León, México. Correo: publinves@
gmail.com
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 12-16. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/115

�13
y Colombia aportan más del 50% de las mismas.
Esto permite identificar que los investigadores en ciencias políticas y relaciones internacionales cuentan con una cantidad que se acerca al 0,02% de revistas del área temática del universo de 24.702 revistas que integran el ranking de Scimago a nivel global. A nivel Iberoamericano, la cantidad de revistas incluidas en las disciplinas de políticas y relaciones internacionales
alcanzan el 0,03% del universo de 1,314 que se encuentran incluidas en redalyc.
La cantidad de revistas es menor teniendo en cuenta que las ciencias políticas y las relaciones internacionales hacen presencia desde hace mucho tiempo en los diferentes países donde
se desarrollan investigaciones sobre la tematica. Así mismo es una ciencia de conexión interdisciplinaria en las áreas de ciencias exactas, ciencias sociales (Islas, Vera, &amp; Miranda-Medina,
2018), humanidades y las ingenierías (Núñez, Sánchez, Sotelo, Miranda-Medina, &amp; Osorio,
2017; Miranda-Medina, 2018), por esta razón la cantidad investigadores que desarrollan estudios sobre el tema en cuestión es alto, lo que lleva demandar mayor cantidad de espacios de
divulgación para los hallazgos. Aun así es importante resaltar que la tendencia de las publicaciones en ciencias sociales se encuentra concentradas en las publicaciones de libros, capítulos
de libros, actas de congresos entre otros.
Es teniendo en cuenta lo anterior surge la necesidad de fortalecer y cualificar revistas que
abordan las temáticas de ciencias políticas y relaciones internacionales en Latinoamérica y a
nivel global, que promuevan la divulgación de adelantos investigativo con perspectivas desde
lo glocal (Brenner, 1998). Tomando como referencia esta necesidad, la Facultad de Ciencias
Políticas y Relaciones Internacionales, ha decidido mejorar la calidad editorial, científica, de
estabilidad, accesibilidad y visibilidad de la Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, aportando así un espacio de comunicación por donde transita el discurso científico en la temática.
Política, Globalidad y Ciudadanía, se presenta como una revista científica que su principal
objetivo es de difundir artículos resultados de investigación, que contribuyan a robustecer el
espectro del conocimiento científico en las ciencias políticas y las relaciones internacionales.
Par esto se reestructuró el proceso editorial de la revista, todos los documentos son sometidos
a procesos de arbitraje bajo la modalidad de doble par ciego, se incluyeron los criterios editoriales de publicaciones internacionales, se ajustó su política ética y se mejoraron las prácticas
editoriales, propendiendo que la revista sea evaluada e indexada en las diferentes bases de datos
que generan impacto a nivel global.
REFERENCIAS
Brenner, N. (1998). Global cities, glocal states: global city formation and state territorial
restructuring in contemporary Europe. Review of International Political Economy, 5, 1-37.
Hjorland, B., &amp; Albrechtsen, H. (1995). Toward a New Horizon in Information-Science
Domain-Analysis. Journal of the American Society for Information Science, 46(6), 400425.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 12-16. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/115

�14
Islas, Vera, &amp; Miranda-Medina, C. (2018). La cultura de paz en las políticas de Educación
Superior de México, Colombia y El Salvador. Educación y Humanismo, 20(34), 312-325.
Miranda-Medina, C. (2018). Francisco Gorjón: Mediación, Su valor intangible y efectos
operativos. Una visión integradora de los métodos alternos de solución de conflictos.
Comunitania., 15, 277-280.
Editorial
Communication channels of research in political science and international relations
Carlos, Miranda-Medina
Co-Editor - Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, México
https://orcid.org/0000-0003-4582-5578
How to reference the editorial:
Miranda-Medina, C. (2019). Communication channels of research in political science and
international relations. Revista Política, Globalidad y Ciudadania, 12-16. Recuperado de
http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/115
______________________________________________________________________
This editorial presents the communication channels that political science and international
relations researchers have in the Scopus and Redalyc databases. This has been addressed from
the theory of the analysis of the scientific domain, which consists in the study of the fields of
knowledge (domains of knowledge) in direct connection with thought communities or discursive communities, based on the social division of work in society ( Hjorland &amp; Albrechtsen,
1995).
The scientific domain has as main characteristics the speech unit, the communication channels and the use of literature in a common way by the members of the community. In this case,
the journals that are part of the communication channels through which researchers transmit
and receive research advances in Political Science and International Relations will be analyzed.
For this, the number of journals included in the databases that are linked to the subject area will
be identified.
Related to Scopus, it was decided to use the information registered by Scimago Rank, which
uses Elsevier’s information as input; on the other hand, the journals included in Redalyc were
identified. In Scimago it was found that it is included in the area of social sciences and in the
thematic category of political sciences and international relations. These are integrated by 463
journals worldwide, of which 405 are restricted and 58 have open Access; geographically, it is
identified that in Latin America there are 16 journals of the subject matter, contributing 14 in
open Access.
Redalyc is a database with regional bias for Latin America, the categories are separated in
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 12-16. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/115

�15
the disciplines of politics and international relations. In politics 34 journals are included. It is
identified that the countries that contribute with the most journals are Mexico, Colombia, Spain
and Brazil. In international relations are 12 magazines, Mexico and Colombia contribute with
more than 50% of them.
This makes it possible to identify that researchers in political science and international relations have an amount that is close to 0.02% of journals in the thematic area of the universe
of 24,702 journals that integrate the Scimago ranking globally. At a Latino-American level,
the number of journals included in the disciplines of politics and international relations reach
0.03% of the universe of 1,314 included in Redalyc.
The number of journals is smaller considering that political sciences and international relations have been present for a long time in the different countries where thematic researches
are carried out. It is also an interdisciplinary connection science in the areas of exact sciences,
social sciences (Islas, Vera, &amp; Miranda-Medina, 2018), humanities and engineering (Núñez,
Sánchez, Sotelo, Miranda-Medina, &amp; Osorio, 2017; Miranda-Medina, 2018). For this reason,
the number of researchers who develop studies on the subject matter is high, which leads to
demand more spaces in order to share the findings. Even so, it is important to highlight that the
trend of social science publications is concentrated in book publications, book chapters, proceedings of conference, among others.
Taking into consideration the above presented, it can be seen that there is a need to strengthen and qualify journals that address the topics of political science and international relations
in Latin America and globally, that promote the dissemination of research advances with perspectives from the glocal level (Brenner, 1998). Taking this need as a reference, the School of
Political Science and International Relations, has decided to improve the editorial, scientific,
stability, accessibility and visibility quality of Revista Política, Globalidad y Ciudadanía journal, thus providing a communication space where the scientist discourse is presented on the
subject.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía is presented as a scientific journal whose main
objective is to disseminate research results articles, which contribute to strengthening the spectrum of scientific knowledge in political science and international relations. For this, the editorial process of the journal was restructured, all documents are submitted to arbitration processes
under the double blind peer modality, the editorial criteria of international publications were
included, its ethical policy was adjusted and editorial practices were improved, suggesting that
the journal will be evaluated and indexed in the different databases that generate global impact.
REFERENCIAS
Brenner, N. (1998). Global cities, glocal states: global city formation and state territorial
restructuring in contemporary Europe. Review of International Political Economy, 5, 1-37.

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 12-16. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/115

�16
Hjorland, B., &amp; Albrechtsen, H. (1995). Toward a New Horizon in Information-Science
Domain-Analysis. Journal of the American Society for Information Science, 46(6), 400425.
Islas, Vera, &amp; Miranda-Medina, C. (2018). La cultura de paz en las políticas de Educación
Superior de México, Colombia y El Salvador. Educación y Humanismo, 20(34), 312-325.
Miranda-Medina, C. (2018). Francisco Gorjón: Mediación, Su valor intangible y efectos
operativos. Una visión integradora de los métodos alternos de solución de conflictos.
Comunitania., 15, 277-280.
Núñez, N., Sánchez, L., Sotelo, V., Miranda-Medina, C., &amp; Osorio, C. (2017). Emprender
después de una discapacidad. En E. Olivero, K. Barrios, &amp; J. Acosta-Prado, Perspectivas
Empresariales e Inclusivas del emprendimiento (págs. 117-144). Barranquilla: Ediciones
Universidad Simón Bolívar.

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 12-16. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/115

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Modelización de la atractividad territorial en las metrópolis1
Modeling territorial attractiveness in the metropolis
Elizabeth Guadalupe, Carrillo-Nuño2
Universidad Tecnológica de Guadalajara, México
https://orcid.org/0000-0001-9616-7494
Ray Freddy, Lara-Pacheco3
Universidad de Guadalajara,México
https://orcid.org/0000-0002-1021- 0824
Betsy Astrid, Vidales-Astello4
Universidad Autónoma de San Luis Potosí, México
https://orcid.org/0000-0001-7804-0422
____________________________________________________________________________________________________________________________
RESUMEN
El presente artículo es una revisión teórico-metodológica de la Atractividad Territorial para la construcción de un modelo cualitativo siendo
este uno de los principales aportes de la investigación, construido con base en la literatura revisada. Sobre el tema existe poca bibliografía del
estudio de las metrópolis analizadas desde la Atractividad Territorial y de la Mercadotecnia de ciudades, por lo cual las discusiones presentadas
en el artículo, provienen de otras escalas territoriales, aunado a eso, cabe señalar que estudiar metrópolis desde el punto de vista de la mercadotecnia es un área poco incursionada en la actualidad en México, pero que esto podría representar cambios verdaderamente significativos si
se potencializa el uso de dichas herramientas. La realización de esta investigación fue de corte inductivo tomando un enfoque cualitativo de
carácter descriptivo y analítico mediante la aplicación de la técnica de modelización, el cual data del 2015 al 2018 tomando cuatro perspectivas
de la Atractividad Territorial. Entre los hallazgos importantes se puede indicar que las áreas metropolitanas poseen características propias y
pueden posicionarse de manera consciente en la mente de su ciudadanía, servidores públicos, turistas, inversionistas, capital humano, a través
de la adopción de una marca ciudad metropolitana. Y con ello, asume que todas las ciudades, incluidas las metrópolis, pueden desarrollar estrategias de posicionamiento desde la competitividad y la mercadotecnia con miras a insertarse en el medio internacional.
Palabras claves: Atractividad territorial, Mercadotecnia de ciudades, Metrópolis, Desarrollo urbano, Planificación urbana.
ABSTRACT
This article is a theoretical-methodological review of Territorial Attractiveness for the construction of a qualitative model. The aforementioned is one of the main contributions of this research, which is built on the basis of the revised literature. There is little bibliography on the
subject: “the study of the metropolis analyzed from the Territorial Attractiveness and the marketing of cities.” Therefore, the discussions presented in the article come from other territories, it should also be noted that studying the metropolis from the marketing point view is an area
that is not very dabbled at present in Mexico; nevertheless this could represent truly significant changes if the use of these tools is enhanced.
The conduct of this research was inductive in nature, taking a descriptive and analytical qualitative approach through the application of the
modeling technique, which dates back from 2015 to 2018 taking four perspectives of Territorial Attractiveness. Among the important findings,
it can be indicated that metropolitan areas have their own characteristics and can consciously position themselves in the minds of their citizens,
public servants, tourists, investors and human capital through the adoption of a metropolitan city brand. On top of that, it assumes that all
cities, including metropolises, can develop positioning strategies from competitiveness and marketing with a view to inserting themselves in
the international environment.
Keywords: City Marketing, Competitive Cities, Metropolitan Areas, Territorial Attractiveness, Urban Areas.
Recibido: 10 de Enero 2019 - Aceptado: 01 de Abril 2019
Cómo referenciar este artículo:
Carrillo-Nuño, E. G., Lara-Pacheco, R. F., &amp; Vidales-Astello, B. A. (2019). Modelización de la atractividad territorial en las metrópolis.
Politica Globalidad y Ciudadanía, 17-42. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/122

1
Artículo de revisión derivado del proyecto de investigación: Modelización de la atractividad territorial en las metrópolis
2
*Maestra en Dirección de Mercadotecnia por la Universidad de Guadalajara, Profesora de asignatura, Universidad Tecnológica de
Guadalajara. Email: elizabeth.carrillo@uteg.edu.mx
3
*Doctor en Estudios Internacionales por la Universidad del País Vasco, Profesor Investigador Titular, Universidad de Guadalajara.
Email: ray.lara@academicos.udg.mx
4
*Maestra en Dirección de Mercadotecnia por la Universidad de Guadalajara, Profesora de asignatura, Universidad Autónoma de
San Luis Potosí. Email: betsy.vidales@mm.gmexico.com
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 17-42. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/122

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1.- INTRODUCCION
Desde hace cuatro décadas hay retos globales que exigen acciones innovadoras que permitan
a los Estados-nación, regiones y ciudades desarrollar diferentes estrategias para visibilizarse y
proyectarse a nivel internacional, dotándose de una imagen y una marca que los haga reconocibles con base en su identidad, y a través de la implementación de modelos de posicionamiento.
Es importante partir del hecho de que estudiar ciudades desde el punto de vista de la Mercadotecnia y las Relaciones Internacionales es una área poco incursionada en México, la cual puede
lograr cambios verdaderamente significativos si se logra comprender el potencial que tiene el
utilizar herramientas de la mercadotecnia territorial de una manera más objetiva y provechosa,
debido a que cuando se habla de estos temas equivocadamente se puede pensar que se trata
únicamente de la creación de un logo, de diseños gráficos y eslóganes, de ver a la ciudad como
producto mediante publicidad o promoción, sin embargo estás prácticas van más allá de vender
ciudades como productos.
En el caso de las ciudades, desde su origen han sido actores políticos, económicos y sociales
clave en la prosperidad de los territorios que las contienen. Ya que es en este nivel donde se desarrollan las principales actividades socioeconómicas como generación de riqueza, incremento
de la competitividad, promoción de la sostenibilidad, implementación de servicios sociales,
avance de la gobernabilidad, y lo más importante mejorar calidad de vida de los habitantes
(Seidedos, 2007). Para Belinda Yuen (2012) del Banco Mundial a inicios de la década señalaba
que la vida urbana está llena de marcas. Ahora, las mismas ciudades están adoptando la perspectiva de colocar su propia marca. Ya que el desarrollo urbano ha incluido la imagen como
dispositivo de atracción e instrumento de desarrollo territorial (Liouris y Deffner, 2005), debido
que un lugar “conocido” crea oportunidades para el reconocimiento internacional, la adopción
de eventos, localización de inversiones y, por lo tanto, convertirse en un lugar “ganador”. No
obstante, existen desafíos y desventajas que puede causar una dependencia a este tipo de estrategias de atractividad.
Simon Anholt (2012, p. 110) indicaba que “una imagen poderosa y positiva resulta en atracción de turistas, inversionistas, talentos, genera una cobertura positiva de los medios, y a su
vez es capaz de exportar productos, servicios, ideas y cultura”. A saber, “las ciudades se promocionan a través de eslóganes o marcas como ciudad digital, ciudad sostenible, ciudad de la
paz, etcétera. De esta misma manera son creadas políticas destinadas a utilizar los más diversos
medios para poner la ciudad en el mapa o hacerla visible en el contexto internacional” (V. Marx,
2006, p. 5). Así, “el desarrollo de una estrategia de promoción de imagen suele ser un elemento
importante de la política exterior subnacional” (Salomón, 2007, p. 12) o estrategia paradiplomática (Zeraoui y Castillo, 2016). Por tal razón, “es necesario expandir el potencial de la marca
ciudad a otras dimensiones de la ciudad (como la cultura, la inclusión social, el respeto a la
diversidad, la sustentabilidad ambiental)” (Zeraoui y Castillo, 2016, p. 236).
La pregunta entonces radica en cómo las ciudades pueden diseñar marca-ciudad con miras
en posicionarse a nivel interno y a su vez proyectarse a nivel internacional. Para responder al
cuestionamiento, el artículo tiene dos objetivos:
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1. En un primer momento, mostrar la atractividad territorial como una forma de inserción
de las ciudades en el medio internacional, entendida como las estrategias y actividades
competitivas que realizan los territorios para posicionarse e insertarse internacionalmente.
2. Un segundo momento, presentar un modelo de investigación para la mercadotecnia de
ciudades para áreas metropolitanas que por esencia poseen características propias y que
pueden posicionarse de manera consciente en la mente de su ciudadanía, servidores públicos, turistas, inversionistas, capital humano, a través de la adopción de una marca
ciudad, y que no ha sido estudiada de manera amplia.
Para ambos objetivos, la técnica empleada será la abstracción mediante la modelización,
entendida como “una tarea de una alta abstracción, que requiere destacar aquellos elementos
que explican un fenómeno y lo caracterizan mejor, para luego establecer los lazos dinámicos
que los unen” (Rivas Tovar, 2006, p. 22). Así, el artículo está compuesto por cinco apartados,
la presente introducción, la construcción teórica que parte de la atractividad territorial como estrategia de inserción internacional y generación de identidad, posteriormente se parte el diseño
metodológico para presentar como resultado el modelo de investigación para la mercadotecnia
de ciudades para áreas metropolitanas, y por último, las consideraciones finales que identifican
la importancia de diseñar modelos de planeación estratégica enfocados desde la atractividad
para un mejor entendimiento académico y la buena toma de decisiones a nivel profesional.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Sobre la atractividad territorial
Durante esta sección se presenta los aspectos teóricos y metodológicos del estudio de la
atractividad territorial (y su funcionamiento) como forma de inserción en el medio internacional de una ciudad así como las formas principales de gestión (competitividad y mercadotecnia
de ciudades), centrándose específicamente en la segunda, donde se reseña de forma breve su
complementariedad con las relaciones internacionales a través del diseño de marcas ciudad. Ya
que se debe tomar en cuenta que “para que un modelo cumpla con el propósito de reducir la
realidad sin deformarla, se requiere una buena revisión del estado del arte, de modo que se elijan con cuidado los elementos que integran el modelo y sean definidas las reglas bajo las cuales
opera” (Rivas Tovar, 2006, p. 22).
Por obvio que se lea, en los territorios surge la atractividad territorial que parte de la necesidad de éstos para identificarse localmente e insertarse en el medio nacional e internacional,
con la intención de lograr un posicionamiento global. Es decir, “permite el posicionamiento
de lugares gracias al desarrollo de sus ventajas competitivas y sus procesos identitarios con el
propósito de atraer a turistas, inversiones y capital humano” (Lara, 2017, p. 1), en el caso de
ciudades, “se convirtió en un elemento ineludible para la evaluación del desempeño” (Cusin y
Damon, 2012, p. 80). Convirtiéndose en uno de los ejes centrales de los gobiernos centrales y
locales, como parte de las buenas prácticas para mejorar la calidad de vida de sus ciudadanos,
aumentar la atracción de turismo nacional e internacional, la captación de inversiones y la
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localización de empresas, buscando promover la estabilidad de la ciudad y el bienestar de sus
habitantes (Vidales, 2019).
La atractividad territorial es sumamente importante ya que tiene como objetivo crear estrategias que permitan impulsar su competitividad mediante su identidad, imagen y promoción.
Estos territorios están interesados en proyectarse con una identidad propia, creando una imagen que los identifique y les permita ser reconocidos nacional e internacionalmente. Para ello
desarrollan estrategias basadas en su vocación de ciudad, y capacidades, fortalezas, ventajas,
además de las características profesionales de sus poblaciones. En otras palabras, Mihalis Kavaratzis (2004, p. 70) sostiene que la marca ciudad tiene como objetivo el desarrollo económico
(atracción de turismo e inversiones) y el desarrollo social (fortalecimiento de la identidad local
e inclusión social). En el caso de las ciudades, la atractividad busca construir una identidad
(imagen única) para favorecer a su ciudadanía, posicionarse y sobresalir internacionalmente.
Por dar un ejemplo, es una estrategia determinante para la atracción de capital humano así
como la selección de los estudiantes internacionales para una universidad destino para realizar
alguna movilidad o estudiar un posgrado; ya que éstos consideran el ambiente multicultural, la
calidad educativa, las recomendaciones e interacción social, ambiente seguro, características
de la ciudad, la ubicación geográfica, los agentes educativos, la localización de la universidad,
entre otros (García y Sepúlveda, 2016); lo que también se puede entender como una estrategia
de paradiplomacia universitaria o diplomacia alternativa, comprendida como “las acciones internacionales en materia cultural y educativa que lleva a cabo las universidades, en virtud de
que éstas se dirigen a públicos en el exterior como universidades, cuerpos académicos, institutos de investigación, comunidades de diásporas, gobiernos, empresas, comunidades culturales,
entre otros” (García, Jiménez y Zapata, 2018, p. 39). A continuación se presenta la importancia
de adoptar estrategias de atractividad territorial para el posicionamiento internacional de un
territorio, para fines del artículo, centrados en las ciudades.
Sobre la relación entre la atractividad territorial y la inserción de la ciudad en el medio
internacional
Las ciudades son mucho más que un referente para un Estado-nación, son territorios con
imagen e identidad propia. Ya en su momento Chadwick Alger indicaba con relación al activismo político de las ciudades que “si otros sectores de la vida comunitaria desarrollaran una
preocupación en común no necesariamente de acuerdo a los asuntos de política exterior de su
Estado, esto podría tener un efecto perceptible en la imagen de la misma ciudad [...] que podría
ser un escenario plausible para el proceso de cambio en la propia identidad de la ciudad” (Alger,
1977, p. 311).
Sobre esta idea, se ha llegado a declarar que “las relaciones internacionales ya no están activas por los Estados, ni por entidades macro, sino por entidades mucho más simples, independientes, activas: las ciudades” (Torrijos, 2009, p. 357). Es por ello, que actualmente las ciudades
conviven en una constante cooperación competitiva ─competitive cooperation─ (Pluijm y Melissen, 2007, p. 13) o co-opetitividad ─co-opetition─ (Pasquinelli, 2013 en Zeraoui y Castillo,
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2016) ya que les permite que compitan y cooperen al mismo tiempo entre ellas, así como con
los actores no estatales, y en algunos casos, con el mismo Estado-nación, lo que genera una
internacionalización o inserción en el medio internacional de las ciudades.
Las ciudades han desarrollado diferentes estrategias para visibilizarse e insertarse a nivel
internacional, dotándose incluso de una identidad, un modelo de ciudad o una marca para ser
reconocidas mundialmente a través de la atractividad territorial, debido a ello, “persiguen cada
vez más una imagen consolidada: ciudad del arte, ciudad bella, ciudad ordenada, ciudad eficiente, ciudad sustentable, ciudad mágica, ciudad rica, ciudad vibrante, ciudad incluyente, etc.
Cuando estas cualidades se arraigan en el imaginario colectivo, son incluso capaces de determinar el destino de la ciudad” (Lara, Meléndez, Zapata, 2015, p. 20) y por ende su posicionamiento internacional. Es por eso que las ciudades pueden consolidar una imagen y con ella
una nueva identidad con base en sus buenas prácticas, sus políticas públicas y los modelos de
ciudad que adopte.
Para ello se podría inferir una Pirámide de la Atractividad Territorial, en específico para las
ciudades, que señala en la parte inferior su objetivo primordial, detonar la atracción de nuevo
talento humano, el aumento de turistas nacionales e internacionales, nuevos inversionistas y
empresas que buscan localizarse, además de eventos, congresos, convenciones de prestigio en
busca de un territorio sede (Vidales, 2019, p. 34) mediante la adopción de un modelo de ciudad.
Esta pirámide invertida parte de dos conceptos específicos: la mercadotecnia de ciudad y la
competitividad de ciudades. Así las funciones principales de la atractividad territorial son: (1)
Diseño e implementación de planes de mercadotecnia para identificar nichos de mercado específicos (comunicación). (2) Desarrollo y promoción de ventajas competitivas (competencia).
(3) Adopción de modelos de lugar para convertirse en referencias modeladoras (capital humano). Según estas funciones “el contenido de un territorio puede ser manipulado y su carácter
diseñado” (Lara, 2015, p. 227), además cada una de ellas puede complementarse o actuar de
manera independiente. Ver Gráfico 1.

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Gráfico 1. Pirámide de la atractividad territorial de las ciudades

Fuente: Vidales, 2017, a partir de Lara 2015.
Así la atractividad territorial a través de la mercadotecnia y la competitividad permite a las
ciudades un posicionamiento a nivel internacional. Dentro de las actividades e instrumentos que
han diseñado estos lugares para internacionalizarse, Jordi Borja y Manuel Castells, señalaban
básicamente tres mecanismos: participación en las asociaciones y redes de ciudades, así como
el desarrollo de la mercadotecnia de ciudades y la presencia activa en eventos internacionales
(2006, p. 320). En la actualidad hay más opciones de inserción, las actividades paradiplomáticas, la cooperación ciudad-ciudad, la competitividad, redes globales y ciudades modelo (Lara,
2015; Lara, 2019).
Sobre la identidad y la imagen de las ciudades
En este sentido desde las relaciones internacionales es importante la identidad, y desde la
atractividad territorial lo determinante es la imagen ya que “el diseño de imagen y la potenciación de los procesos de identidad urbana, son nuevos recursos para la gestión del desarrollo urbano, no solo con el objetivo de atraer nuevas inversiones sino al momento de plantear políticas
de atracción de residentes o como una estrategia de posicionamiento de nuevas ofertas orientadas al turismo urbano o el fomento de las ventas externas” (Fernández y Paz, 2005, párrafo
9). Con un claro reflejo institucional en la participación activa de los gobiernos locales ─en
algunos casos junto con los demás grupos de interés o stakeholders─, no se debe de olvidar que
“las ciudades son lugares, pero también instituciones y entidades que se gestionan desde dos
puntos de vista, la demanda interna (ciudadanos e instituciones) y la demanda externa (turistas,
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visitantes, inversionistas)” (Muñiz y Cervantes, 2010, p. 131).
Las aportaciones en cuestión de imagen son muy amplias, sencillamente porque no se puede
hablar de hacer marcas sin buscar la identidad de una organización o territorio, Gabriel Fernández y Sergio Paz (2005, p. 16), mencionan que la identidad se presenta como un conjunto
de percepciones y asociaciones que caracterizan inmediatamente a los espacios, y se transforma en el vehículo principal de diferenciación frente a los otros. Florián Loreto y Gema Sanz
(2005) asumen a la identidad de una ciudad como la aspiración que refleja las percepciones
que deberán desarrollarse y reforzarse para que ésta perdure. Desde una perspectiva social, la
atractividad territorial permite a las ciudades presentar su identidad ante el mundo. No hay que
olvidar, y como lo muestran Norberto Muñiz y Miguel Cervantes (2010, p. 124), la existencia
de ciudades que tienen identidades claras en relación con ciertos atributos que les confieren
notoriedad; otras, sin embargo, especialmente las grandes ciudades, tiene identidades múltiples
o híbridas. Como lo son las metrópolis.
Es importante referenciar que “ninguna ciudad es indiferente a su imagen y a las implicaciones que ella conlleva. Por una parte, los ciudadanos y los responsables de la gestión urbana
deben sentirse satisfechos con la imagen de la ciudad. Por otra parte, dado que la imagen resume lo más significativo de la ciudad, es el vehículo adecuado para promocionarla a los propios residentes, atraer visitantes y captar actividades empresariales” (Gómez, 2003, p. 23). Así,
“la producción de imagen y la inversión en mercadotecnia de ciudad pueden ser consideradas
como: 1) Resultado y una estrategia de los procesos de reestructuración urbana; 2) Instrumento
del nuevo planeamiento urbano; 3) Instrumento para la legitimación de los intereses de las coaliciones locales dominantes” (Benach, 1997, p. 42, citada por Benach y Sánchez, 1999, p. 29).
A final de cuentas, el objetivo es buscar construir una identidad (imagen propia) de la ciudad
para favorecer a su ciudadanía, posicionarse y sobresalir en el exterior.
Sobre la competitividad de ciudades
Una estrategia de atractividad territorial es el desarrollo de la competitividad internacional
de las ciudades. Desde la economía espacial “la característica más prominente de la distribución
geográfica de la actividad económica es su concentración” (Krugman, 1992, p. 11). Por casi un
siglo se habían considerado a las ciudades sólo como el lugar específico (locus o enclave) para
la localización empresarial. Ahora, “cada territorio tiene una combinación específica de factores que aseguran su atractivo y desarrollo, centrándose en sus puntos fuertes (diversidad social,
económica, cultural y natural) estableciendo así, las ventajas competitivas en comparación con
otras ciudades” (Ezmale, 2012, p. 121). Esta dinámica identifica a las ‘ciudades competitivas’.
Para la finalidad del presente artículo se concuerda con los postulados de Enrique Cabrero y
grupo de trabajo, sobre la competitividad de ciudades, que la sitúan como la promoción de un
entorno social, tecnológico, ambiental e institucional propicio para el mejor desempeño de las
actividades económicas (Cabrero, Orihuela y Ziccardi, 2005). Es decir, “al proceso de generación y difusión de competencias, la capacidad para participar en el entorno globalizado, la posibilidad de crear ambientes propicios para el desarrollo de sus agentes económicos y sociales”
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(Cabrero, 2009, p. 11). En otras palabras, “cuando una ciudad es capaz de generar un ambiente
propicio para la competitividad, se habla de una ciudad competitiva” (Cabrero, 2012, p. 4).
Edward Glaeser (2011, p. 347) indica que “es mucho mejor que las ciudades descubran sus
propias ventajas competitivas”. Como proceso de atractividad territorial las ciudades tienen que
identificar sus ventajas competitivas con la intención de competir con otras ciudades con similares características. Donde, “la noción de ventaja competitiva en el ámbito urbano, hace referencia a aquellos atributos que desarrolla y forja la ciudad por sus propios medios para mejorar
su posicionamiento económico y social dentro de su área de influencia o del sistema urbano en
el que opera” (Rojas, Cuadrado y Fernández, 2005, p. 68).
Ahora bien, las ciudades son innovadoras y difusoras del conocimiento, aumentan la calidad
de vida y promueven el desarrollo socioeconómico. Sintéticamente, esta dinámica ha provocado un círculo virtuoso donde las ciudades, a través de sus ventajas competitivas, buscan la
atracción de habitantes, turistas, empresarios, etc., que, a su vez, serán los actores que desarrollarán las nuevas ventajas competitivas de la ciudad. Para ello, “es necesario, que la ciudad adquiera las características deseadas por el ‘mercado’. Hay que convencer para seducir y atraer a
la gente, hacer que se quede, que vuelva” (Amendola, 2000, p. 297) debido a ello es importante
su posicionamiento a nivel interno e internacional.
Sobre la mercadotecnia de ciudades
Otra de las estrategias más socorridas para impulsar la atractividad de un territorio ha sido la
mercadotecnia de ciudades. La cual “se usa para fidelizar tanto a sus pobladores permanentes
como temporales (inversionistas, turistas, visitantes académicos, estudiantes, etc.), así como
para proyectar a la ciudad hacia el exterior” (Lara, et. al., 2015, p. 27). Además, permite a los
territorios encaminarse a ser espacios que destacan sus atributos por medio de estrategias que
permitan conducirlos hacia su pleno posicionamiento a escala internacional, con la finalidad de
persuadir a sus ciudadanos, la atracción de turistas y la captación de empresas o inversionistas
interesados en establecerse en la ciudad.
Su objetivo es el diseñar estrategias de promoción y difusión para mejorar la reputación de la
ciudad, ya que “modela un insumo intangible: la imagen” (Fernández y Paz, 2005, párrafo 12).
Debido a ello, es importante diseñar “la promoción de la ciudad hacia el exterior que desarrolle
una imagen fuerte y positiva apoyada en una oferta de infraestructuras y de servicios (comunicaciones, económicos, culturales, seguridad, etc.) que atraiga inversores, visitantes y usuarios
solventes a la ciudad y que facilite sus exportaciones (de bienes, servicios y sus profesionales)”
(Borja y Castells, 2006, p. 153). Así la mercadotecnia de ciudades potencializa las ventajas
competitivas de la ciudad, de ahí que ambas estrategias estén situadas desde la atractividad
territorial.
Perspectiva teórico-metodológica de la mercadotecnia de ciudades
Podría existir confusión entre los términos de mercadotecnia territorial y de ciudades, si bien
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se rigen por los mismos principios, es claro que existen diferencias bastante marcadas; por un
lado, la mercadotecnia territorial en sus diferentes acepciones (de lugares ─place marketing─,
destinos turísticos y mercadotecnia turísticas, entre otras) puede contemplar un municipio, región, país, o ente supranacional, es decir abarca los territorios en general, por otro lado, la
mercadotecnia de ciudades ─city marketing─ sólo se centra en el espacio definido como urbe
ya sea conurbado o metropolitano “para fidelizar tanto a sus pobladores permanentes como
temporales, para proyectar a las ciudades hacia el exterior mediante el uso de estrategias de promoción, imagen y publicidad con el fin de posicionarla, diferenciarla y dotarla de una imagen
para hacerla más atractiva como destino” (Lara, et. al., 2015, p. 27).
La relación entre la mercadotécnica territorial y la mercadotecnia de ciudades es el posicionamiento y fidelización de sus principales grupos de interés como lo son sus residentes permanentes y temporales. Gracias a ello se comienza a analizar los temas referentes, y sus respectivas teorías y metodologías que han dado paso a nuevas líneas de investigación para la gestión
de las ciudades, en tal caso hacer un acercamiento a estas perspectivas es indispensable para
analizar sus modalidades ─pero que no es transcendental para fines del artículo─, los elementos
que retoma y de qué forma atribuyen a la gestión urbana.
En el Gráfico 2, Ray Freddy Lara (2015) realiza una modelización del estudio de la mercadotecnia de ciudades basada en cuatro perspectivas: (1) Territorial y desarrollo económico
(compuesta por la escuela de Identidad, imagen y reputación de los lugares y Gestión urbana);
(2) Políticas públicas (compuesta por las escuelas de Gestión urbana y Atractividad); (3) Para-diplomacia de las ciudades (compuesta por las escuelas de Atractividad y Marca Ciudad); (4)
Interpretación cultural de la promoción del lugar (compuesta por las escuelas de Marca ciudad
e Identidad, imagen y reputación de los lugares).
Gráfico 2. Perspectivas teórico-metodológicas para la mercadotecnia de ciudades

Fuente: Lara, 2015
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Éstas a su vez, conciben cuatro aspectos fundamentales para la mercadotecnia de ciudad (a)
Gestión urbana, (b) Atractividad, (c) Marca ciudad, e (d) Identidad, imagen y reputación de los
lugares, estos cuatro aspectos se rigen bajo las cuatro perspectivas dependiendo del cuadrante
donde se intersecten en el gráfico. Las perspectivas se ubican bajo la concepción de dos estilos
de pensamiento, uno objetivo (profundo), orientado a la experiencia a través de las políticas públicas, en donde la atractividad y la gestión urbana forman engloban la categoría, y el subjetivo
(superficial) orientado a la percepción a través de la imagen y promoción de la ciudad que dan
cabida a la marca ciudad, a la identidad, imagen y reputación de los lugares.
Sobre la marca ciudad
Se ha escrito previamente de la importancia de la atractividad territorial para la gestión de
las ciudades y de la importancia de la marca ciudad, ya que para bien o para mal, “cada ciudad
tiene una imagen internacional con la que debe lidiar” (Kresl, 1989, p. 192). Esta marca es la
reputación que tiene una ciudad, o las asociaciones mentales que provoca, entre sus diferentes
públicos y la “predisposición de las personas con respecto a todo lo que este lugar dice, hace o
propone, y se convierte en un elemento clave en la toma de decisiones” (Belloso, 2013, p. 20).
Debido a ello, hoy en día desempeña un rol estratégico fundamental, a tal punto que en muchas
empresas, naciones y ciudades es donde se encuentra su mayor activo.
De igual manera es importante destacar que la imagen, promoción y publicidad de un territorio debe ser proyectada por lo que se es y no por lo que se dice ser, por lo cual recomienda
“construir las marcas mediante una reputación justa, verdadera, poderosa, atractiva que refleje
de manera honesta el espíritu, el genio y deseo de su gente” (Anholt, 2012, p. 111) lo que nos
hace reflexionar que al exagerar una marca o atribuirle aspectos que no se tienen, podemos
conseguir un efecto negativo al prometer valor que no va ser entregado.
Una marca ciudad es el nombre, término, símbolo o diseño, o combinación de ellos que trata
de identificar las características de la ciudad y diferenciarla de otras ciudades (Loreto y Sanz,
2005), es decir, “un activo altamente estratégico para potenciar los valores culturales, los negocios turísticos y comerciales de una ciudad” (Agüero, Brea y Mirabal, 2006, p. 21). La marca
ciudad identifica los atributos diferenciales de una localidad en lo específico o de una región
con localidades muy cercanas, “convirtiéndose en un punto clave para el posicionamiento de
regiones, naciones y ciudades, dónde los productos, íconos, lugares, personajes, arte, cultura,
empresa y sociedad son sintetizados en una serie de mensajes atractivos con el objetivo de promover el interés interno y externo por una comunidad en específico” (Valenzuela, 2014, p. 67).
De acuerdo a lo anterior, se puede inferir como un vehículo e instrumento de la mercadotecnia
de ciudades utilizada como estrategia de inserción nacional e internacional de las ciudades, por
lo cual no debe confundirse con promoción o publicidad. Es por ello, la importancia de diseñar
modelos para diseñar la mejor estrategia de posicionamiento.
Existen varios modelos académicos que permiten el diagnóstico y análisis del lugar, así
como la adopción y diseño de marcas ciudad (Kotler, Haider, y Rein, 1994; Rainisto, 2003 y
2007; Deffner y Metaxas, 2007; Elizagarate, 2007; Moilanne y Rainisto, 2009; Govers y Go,
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2009; Rivas, 2015; Zenker y Braun, 2017), que ha permitido a los profesionales y tomadores
de decisiones tener una perspectiva de los pasos a seguir en la implementación de este tipo de
estrategias. Pero es importante reconocer la crítica sobre la pertinencia de un modelo establecido de marca ciudad de “talla única” (one size fits all), Sebastian Zenker y Erik Braun (2017)
sobre este punto identifican las marcas lugar son, por definición, muy complejas, debido a los
diferentes nichos o grupos objetivo así como la diversidad de oferta de lugares y otro atractivos.
Por lo tanto, para la gestión de una marca se tiene que identificar los nichos específicos mediante el desarrollo de marcas secundarias así como desarrollar una marca paraguas (city umbrella
brand) de la ciudad.
Las marcas ciudad deben reunir ciertas condiciones. En primer lugar, la imagen que transmiten de la ciudad debe parecer realista, a riesgo, si no lo es, de suscitar expectativas que no
quedarán cumplidas y de no estar en capacidad de fidelizar a sus nuevos habitantes. En segundo
lugar, debe basarse en una representación y en una estrategia que los actores locales comparten.
Por último, debe ser “capaz de fortalecer el orgullo de los habitantes, al mismo tiempo que atrae
a los inversionistas y a nuevos inmigrantes” (Cusin y Damon, 2012, p. 91). Como función inicial es atraer la atención y diferenciarse de sus competidores, entre sus elementos constitutivos
Fernando Castillo-Villar (2000, p. 163) identifica los siguientes:
1. Posicionamiento. Permite la identificación de los atributos funcionales competitivos del
bien o servicio en la mente del consumidor.
2. Personalidad. Genera un cambio de perspectiva de la marca desde lo que quieren los
consumidores hacia lo que ellos reciben.
3. Poder de la marca. Radica en la transmisión de atributos físicos, y de valores simbólicos
y emocionales reflejados por el producto y la empresa, para efectos prácticos, la ciudad
y el gobierno o institución encargada de la marca ciudad.
Existen muchos aspectos para sintetizarlos en una marca, si bien no existe una fórmula para
la creación de marcas, Keith Dinnie (2011, p. 20) resume los pasos para el diseño de una marca
ciudad:
1. Incorporar una posición de marca y persona clara, distintiva, ambiciosa pero realista.
2. Basar el posicionamiento de la marca en los valores, actitudes, comportamientos y características de la población.
3. Reflejar una estrategia clara de la ciudad y sus puntos de énfasis con respecto a las habilidades, recursos y capacidades.
4. Adaptarse de manera efectiva para brindar beneficios a los grupos destinatarios.
5. Comunicarse exitosamente con personas influyentes clave.
6. Integrarse eficientemente en varios medios de comunicación o canales de mercadotecnia.
7. Ser constante a lo largo del tiempo.
Básicamente estos puntos resumen de manera general la planeación o arquitectura de la marca, aunque hay muchos otros puntos que deben considerarse; es prudente recordar que la marca
también es un proceso de análisis profundo para su concepción, por ello siempre se debe diseñar
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modelos de diagnóstico e implementación de marca ciudad.
El espacio metropolitano y la mercadotecnia de ciudad
Existen investigaciones y estudios de caso que han generalizado la adopción de marcas en
las ciudades (Ashworth y Kavaratzis, 2010; Dinnie, 2011; Kavaratzis, Warnaby y Ashworth,
2015) sin tener en cuenta ciertas particularidades en materia escalar, ello se puede entender
como un recurso metodológico para realizar generalizaciones y estandarizar algunos criterios
para el diagnóstico, diseño, adopción e implementación de dichas marcas; pero en el último
lustro se ha dado un viraje a la revisión de estas características que hacen propias a una ciudad
para observar su identidad y potencial para insertarse en el medio internacional y posicionarse en el imaginario de las personas ─ por dar algunas referencias: Polska y Polski, 2017 para
ciudades pequeñas; Badillo, 2010; Metaxas, Deffner y Chalkiadaki, 2013; ciudades medianas o
intermedias; Gómez, 2003; Carrillo, 2017 para metrópolis; Rauhut y Rauhut, 2016 para áreas
rurales; Boesso, Sole y Torrresan, 2012; Rivas, 2018; Andersson, Solitander y Ekman, 2019
para clústeres─.
La metropolización se ha potencializado en las últimas cuatro décadas. Para precisar en términos urbanísticos, habría que partir de la distinción, que hace Manuel Castells (1981, p. 89)
entre la metrópolis propiamente dicha (originada por la expansión de la ciudad que constituye
el núcleo metropolitano), la conurbación (encuentro espacial de varias ciudades en expansión)
y la megalópolis o región urbana (conjunto de actividades inter-penetradas, difundidas en el
espacio con independencia de sus núcleos iniciales. Sobre la realidad socioeconómica, el área
metropolitana se sitúa, en general, por encima de las divisiones jurídico-administrativas del
territorio municipal así como sus funciones principales, es decir, dentro de una metrópolis existen centros de servicios especializados de apoyo a la producción, puertos industriales, ciudades
turísticas, centros maquiladores, medios innovadores, centros administrativos, entre otros.
Eduardo Rojas, Juan Cuadrado y José Miguel Fernández (2005, p. 67) definen un área metropolitana como un territorio o conjunto de territorios que muestran: (a) Intensas interdependencias funcionales; (b) Un mercado laboral amplio y con oferta profesional diversificada; (c)
Una concentración espacial de externalidades y efectos de desbordamiento; (d) Un ecosistema
humano que comparte los mismos recursos naturales; (e) Una identidad cultural distintivamente homogénea; (f) Exigen cuantiosos medios materiales (transportes, infraestructuras básicas,
agua y energía); (g) Una transformación del medio físico para satisfacer sus necesidades de desarrollo. Así se considera, que hoy el “medio natural en el que se desarrolla la actividad económica es el ámbito urbano-regional, o la ciudad metropolitana” (Borja y Castells, 2006, p. 190).
Con respecto a nuestra área de interés, la mercadotecnia de ciudades permitiría a las metrópolis y sus territorios anticiparse a cambios repentinos, preparándolos para afrontar nuevos
retos que se están presentando, así como aportar valor al mercado, mediante el conocimiento
de sus fortalezas y debilidades, con el objetivo de enfrentar desafíos cruciales en el futuro,
buscando el posicionamiento de los territorios ─y sus centralidades─, así como la fidelización
de sus stakeholders. Su desafío “es fortalecer la capacidad de las comunidades y regiones de
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adaptarse al mercado cambiante, aprovechar las oportunidades y sostener la vitalidad” (Kotler,
Haider y Rein, 1994, p. 17), además potenciar su identidad y promover su inserción en el medio
internacional.
Por lo tanto, la mercadotecnia de ciudades como técnica, “implicará que la ciudad deberá
analizar las necesidades y deseos de los grupos de interés que configuran su mercado objetivo,
con el fin de satisfacer sus necesidades de la mejor forma para ellos, y también para la ciudad.
A su vez, tendrá una orientación estratégica, en el sentido de que, no se limitará a la satisfacción de las necesidades individuales, sino que deberá lograr que sus acciones, a largo plazo,
favorezcan a la comunidad en su conjunto” (Elizagarate, 2007, p. 301). Ello permitiría, conocer
el territorio profundamente y en consecuencia adaptarse a cambios repentinos y situaciones
emergentes.
3.- MÉTODO
Diseño
Si se parte de la idea en que “cada metrópolis debe inventar sus propios desafíos de desarrollo en un proyecto que debe ser construido. Enmarcadas en una agenda que integra acciones
como implementación de políticas urbanas, mejora de infraestructura, reordenamiento urbano,
planes de mercadotecnia de ciudad de acuerdo a su vocación-profesión de ciudad” (Lara, 2009,
p. 115). La finalidad última de este artículo es presentar un modelo que describa de una manera
esquemática las características más significativas de la atractividad territorial y la mercadotecnia de ciudades que pudieran ser aplicables a las áreas metropolitanas.
Abordar las ciudades y áreas metropolitanas desde el punto de vista de la mercadotecnia
territorial no es una tarea sencilla, ya que requiere de una profunda indagación de lo que la metrópoli conjuga en las ciudades conurbadas, sobre todo cuando está regida por una marca que
define lo que en esencia es esa área, por esa razón el diseño metodológico del presente tomó un
enfoque cualitativo, Binda y Balstre afirman que “el método de investigación seleccionado está
condicionado por el objeto de estudio” (2013, p. 185), en otras palabras, “el método cualitativo
se orienta en profundizar casos específicos y no a generalizar, su preocupación no es prioritariamente medir, sino cualificar y describir el fenómeno social a partir de rasgos determinantes”
(Bonilla y Rodríguez citados Bernal, 2011).
La recolección de la información para la construcción del modelo se elaboró mediante el
método documental, el cual implica la búsqueda de datos mediante fuentes de información
escritas, documentos de cualquier índole, libros, revistas, periódicos, fuentes electrónicas, etc.
con el propósito de establecer relaciones, diferencias, etapas, posturas o estado actual del conocimiento, se apoyó del método analítico, el cual consiste en separar las partes de un fenómeno
que se pretende estudiar, observando de manera secuencial sus causas y efectos, esto la idea de
comprender la esencia del objeto de estudio (Martínez, 2012, p. 87-89).
Se empleó el método inductivo, el cual parte de la observación directa para luego hacer una
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serie de generalizaciones respecto a los fenómenos observados, lo que permite llegar a la formulación de leyes generales (Martínez, 2012, p. 83). Así mismo la investigación fue de carácter
exploratorio la cual según Rivas Tovar, indica que “este tipo investigaciones abren un campo
de conocimiento y se diseñan porque no existen trabajos previos: literalmente exploran un
continente del saber” (2006, p. 138), fue de orientación descriptiva, porque describe un sistema
o una organización Según Bernal (2010) en la investigación descriptiva se muestran, narran,
reseñan o identifican hechos, situaciones, rasgos, características de un objeto de estudio o se diseñan productos, modelos, prototipos, guías etc. además se soporta principalmente en técnicas
como la encuesta, la entrevista, la observación y la revisión documental.
Instrumentos
La investigación tuvo como finalidad presentar un modelo el cual describiera de una manera
esquemática y sencilla las características más significativas de la atractividad territorial y la
mercadotecnia de ciudades aplicables a las áreas metropolitanas, para Rivas Tovar “un modelo
identifica las variables importantes para entender un problema, especificando como se relacionan las variables, es una tarea de alta abstracción, que requiere destacar aquellos elementos
que explican un fenómeno y lo caracterizan mejor para establecer los lazos dinámicos que los
unen” (2016, p. 222). Este modelo permite identificar las variables, dimensiones e indicadores
así como la relación entre ellas para poder concebir un modelo metropolitano de marca ciudad.
Procedimiento
Para la realización del modelo se revisó la literatura de las diversas corrientes de la mercadotecnia territorial y de ciudades para localizar las variables que describirán mejor el modelo
propuesto, con la intención de describir la conducta de los elementos seleccionados en un sistema. Una vez recopilada la información histórica, conceptual, teórica y contextual se procedió a
la presentación del modelo de mercadotecnia de ciudades para áreas metropolitanas.
Poder medir el impacto de una marca metropolitana por medio del modelo presentado, sigue
siendo un reto, debido a que el modelo debe probarse con una marca metropolitana, sin embargo, hacer énfasis que las variables que componen el modelo, son el resultado del análisis y
revisión de literatura de una forma profunda, pero que son las características que más destacan
entre la diversidad de autores.
4.- RESULTADOS
El Propuesta de modelo para implementar una marca ciudad metropolitana
A partir de la revisión de la literatura sobre las cuatro perspectivas de la mercadotecnia de
ciudades (1) Territorial y desarrollo económico; (2) Políticas públicas; (3) Para-diplomacia de
las ciudades; (4) Interpretación cultural de la promoción del lugar. Así como, los hallazgos de
metodologías empleadas por otros autores y la concepción de la Pirámide de la atractividad
territorial de las ciudades como fin último para la atracción de ciertos tipos poblacionales y
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nichos de mercado, se presenta un modelo de investigación de mercadotecnia de ciudades para
áreas metropolitanas el cual se basa en la visión de la metrópoli como ente único que se quiere
posicionar a nivel local, estatal e internacional.
Entendiendo como modelo de investigación “la descripción y representación esquemática, sistemática y conscientemente simplificada de una parte de la realidad, realizada mediante
símbolos, signos, formas geométricas o palabras” (Rivas Tovar, 2006, p. 222). Se propone, un
modelo que describa, caracterice y simplifique la realidad de la mercadotecnia de ciudades con
la intención de adoptar una marca metropolitana con miras a la inserción en el medio internacional. El modelo propuesto es conocido como de diagrama; es importante recalcar que “en el
campo de la administración, lo modelos suelen expresarse como un diagrama de variables que
incorpora las dimensiones e indica la relación entre las variables mediante flechas que señalan
el sentido de dichas relaciones” (Rivas Tovar, 2006, p. 227). Ver Gráfico 3.
Gráfico 3. Modelo de mercadotecnia de ciudades para áreas metropolitanas

Fuente: Carrillo, 2017.
Operativización del modelo
El funcionamiento del modelo parte de cuatro ejes principales: (1) Planeación estratégica de
la ciudad; (2) Gestión de la ciudad; (3) Competitividad de la ciudad; y (4) Marca metropolitana,
estos ejes están interconectados dada su naturaleza de acción, sin embargo, cada eje tiene sus
propias funciones las cuales permiten y contribuyen a una visión integral de la ciudad. Ya que
es importante mencionar, y como lo indica Luis Rivas Tovar (2006, p. 222) un modelo identifica las variables importantes para entender un problema, especificando como se relacionan las
variables, es una tarea de alta abstracción, que requiere destacar aquellos elementos que explican un fenómeno y lo caracterizan mejor para establecer los lazos dinámicos que los unen. A
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continuación, se describe cada parte del modelo.
Planeación estratégica de la ciudad. El plan estratégico de mercadotecnia de la ciudad es la
herramienta que dará la pauta para la creación de todo lo referente a la marca, autores como
Kotler et. al. (1994), Seisdedos (2006), Elizagarate (2008), entre otros, han hecho aportaciones
sobre la importancia de esta actividad en las ciudades, y desde su concepción se define que este
eje es el punto de partida que dictará el rumbo que deberán seguir los gestores de la ciudad. Hay
que enfatizar que le corresponde al ente metropolitano realizar el plan estratégico, es importante
consultar la opinión de todos actores de la ciudad para establecer los lineamientos que la ciudad
requiere. Este eje contempla una serie de variables que darán la estructura a las actividades que
se desempeñaran en los siguientes ejes del modelo, las cuales son:
•
•
•
•
•
•

Definición de los objetivos, los cuales deberán establecerse de una manera clara y específica, que sean medibles, de tal manera que permita modificar en un futuro las estrategias,
que sean realistas y alcanzables estableciendo un límite de tiempo.
Realización de un diagnóstico interno y externo mediante el análisis de las fortalezas,
oportunidades, debilidades y amenazas de la ciudad para la dotación de recursos y características a la ciudad, en dado caso de la marca.
Diseño de estrategias establecerá todas las actividades deberán seguirse para alcanzar los
objetivos propuestos, así mismo el diseño de estrategias deberá anticiparse de acuerdo a
los posibles escenarios que pusieran presentarse.
Implementación será el momento en el que deberán aplicarse las actividades que darán
paso a que las estrategias tomen su lugar.
Monitoreo que cada actividad del plan esté cumpliendo con las expectativas, y que cada
persona, órgano, institución o cualquiera que sea el responsable de dicha actividad esté
haciendo sus tareas asignadas.
Seguimiento, ajuste, control y adaptación comprende cualquier cambio que sea necesario para alcanzar los objetivos.

Gestión de la ciudad. En orden de jerarquía de la aplicación del modelo, sigue la gestión de
la ciudad, que desde un nivel metropolitano la gerencia de la ciudad juega un papel crucial en
llevar a cabo la ejecución del plan estratégico de la ciudad, es importante destacar que se recomienda tener una gerencia a nivel metropolitano dadas las características del modelo, para que
este eje funcione, se recomienda involucrar no solo al gobierno, sino de una manera primordial
a todos los actores de la ciudad, como lo son la ciudadanía, el sector privado, y todos los stakeholders que conforman parte del área metropolitana, cuya función principal será la construcción
de políticas públicas que permitan desarrollar de forma eficaz el producto ciudad, el cual debe
incluir las características de la ciudad, Elizagarate (2008, p. 77-79) propone las siguientes, y
que son conocidas como las 4As:
•
•

Amenidades de la ciudad, es decir, la arquitectura, monumentos, entre otros, que proporcionan una oferta de valor único.
Accesibilidad, la cual debe incluir los accesos de la ciudad en todos sus rubros, como
carreteras, vialidades, puertos, aeropuertos, etc. Así como la misma movilidad dentro de

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•
•

ella valorando sus modos de acceso.
Atracciones implican los centros turísticos, museos, zonas arqueológicas, entre otros,
que tendrán la capacidad de atraer a diversos públicos objetivos.
Acciones que comprenden los eventos que se realizan en la ciudad, ferias, congresos, por
mencionar algunos, que permitirán a la ciudad competir.

Hay que mencionar que estos puntos permiten a la ciudad dotarla de una identidad, es por
ello que se hace mención de que cada eje está interconectado, ya que permite que cada parte
sume a la visión global de la ciudad.
Competitividad de la ciudad. La principal razón por la cual las ciudades compiten “se debe
a la rápida expansión en la mejora de las infraestructuras de transporte, comunicación y el
desarrollo de las tecnologías de comunicación, dando lugar a una mayor competencia entre territorios en términos de inversión, turistas y residentes” (Seisdedos, 2006, p. 2), de esta manera
la ventaja competitiva de las ciudades proviene de los recursos y capacidades que pueden ser
activos materiales (físicos, financieros, etc.) o activos inmateriales (comerciales, tecnológicos y
empresariales) con los que la ciudad cuente. (Tinto, 2008, p. 108).
Este eje dependerá de la participación que la ciudad pueda alcanzar a nivel nacional, regional
e internacional, de esta manera, deberá buscar tener las capacidades y recursos competitivos en
los siguientes ámbitos: (1) Recursos humanos, (2) Recursos financieros, (3) Recursos económicos, (4) Recursos físicos, (5) Recursos tecnológicos, que permitan el desarrollo de todos sus
sectores, enfatizando que también podrían cooperar con otras ciudades para lograr: (a) Participar en el mercado nacional, regional e internacional de bienes y servicios, (b) Incrementar el ingreso real y el bienestar de los ciudadanos, (c) Promover el desarrollo sustentable, (d) Promover
la cohesión social combatiendo la exclusión (Cabrero, Orihuela y Ziccardi, 2005).
Marca ciudad. El área metropolitana a través de la agencia encargada ─si existiese─ deberá
partir de dos componentes importantes el primero es la identidad, la cual deberá ser elaborada a
partir de los valores de las personas, de las características que la ciudad tiene, de las tradiciones
de sus habitantes, de la cultura, de su historia, estilo de vida de las personas que en ella habitan.
Uno de los aspectos clave de esta variable son los ciudadanos debido a que son los abanderados
o promotores naturales de la marca y los que la aceptaran o rechazaran.
El segundo componente es la comunicación, punto fuerte dentro del modelo, su importancia
radica en el impacto transversal de todas las variables del modelo, dado que no se pueden coordinar las actividades que a cada quien le corresponde sin que exista una buena comunicación de
por medio; pero desde el punto de vista de la marca, se traduce como la promoción y publicidad
de la marca, la cual debe ser ofrecida por medios convencionales, medios online, eventos y
productos que la ciudad ofrece.
Esta misma publicidad debe ser hecha para dos sectores diferentes, internos y externos, en
dónde el sector interno está comprendido por sus habitantes y residentes (audiencia interna), y
el externo por los turistas, inversionistas y el mundo en general, cabe señalar que toda publiRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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cidad debe ser lo más apegada a la realidad, ya que no se puede prometer algo que no se tiene.
Finalmente, los esfuerzos de comunicación se traducen en la imagen que tanto las audiencias
internas y externas perciben de la ciudad, resultando en un posicionamiento.
Este modelo se puede desagregar, mediante un análisis de las variables que lo conforman,
de tal manera que se presenta una tabla que analiza los alcances y las formas de medir la aplicabilidad del mismo.
Tabla 1. Variables e indicadores del modelo de Modelo de mercadotecnia de ciudades para
Variable del

Ítems

modelo
Planificación
estratégica

Variable del

Tipo de

Indicador

indicador
Objetivos, Diagnóstico, Diseño y
selección de estrategias, Implemen- Cualitativo
tación, Monitoreo
y Adaptación

Ítems

modelo

•

Tipo de

Capacidad de los gestores y diseñadores de la ciudad para
plasmar en un plan la visión de la misma.

Indicador

indicador
Gobierno
Administración
de los recursos.

Cualitativo

Construcción de

•

Vinculación directa con toda la metrópolis,

•

Territorio integrado, (Asociación y cooperación de
todos los municipios de un área)

•

Autonomía financiera, Fondo financiero compartido
por la metrópoli.

•

Organización, legislación y gestión de todos los municipios.

Gestión

políticas

•

Aumento de políticas públicas a nivel metropolitano.

metropolitana

públicas.
Ciudadanía

•

Desfragmentación del ente metropolitano

•

Consolidación de la ciudadanía metropolitana

•
•

Igualdad ciudadana en el territorio metropolitano
Involucramiento del sector privado en el desarrollo
metropolitano

•

Presencia del sector privado en el desarrollo de todo el
territorio metropolitano.

•

Inclusión del sector privado para el desarrollo de la
metrópoli.

•

Aumento empresas en todo el territorio metropolitano.

Cualitativo

Sector

Cualitativo y

Privado

Cuantitativo

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Variable del
modelo

Ítems

Tipo de
indicador

Indicador
•
•
•
•
•

Aumento del presupuesto
Igualdad financiera en todo el territorio
Aumento de inversiones
Aumento de las actividades primarias, secundarias, terciarias
Crecimiento del PIB

Cualitativo y
Cuantitativo

•
•
•

Aumento de talento cualificado
Mayor disponibilidad de talento humano
Aumento de mercado de trabajo

Recursos
tecnológicos

Cualitativo y
Cuantitativo

•
•
•
•
•
•
•

Optimización de energías
Aumento de la conectividad
Aumento de las telecomunicaciones
Aumento del Desarrollo Tecnológico
Aumento de la cobertura de servicios de telecomunicación
Aumento de las TIC
Aumento de Desarrollo e Innovación

Infraestructura

Cualitativo y
Cuantitativo

•
•
•
•
•
•
•
•

Cobertura de servicios
Servicios especializados
Gama de recursos de calidad
Infraestructura especializada
Aumento de servicios
Aumento de conectividad
Aumento de competitividad
Ampliación de comunicaciones

•
•
•
•

Aumento de las transacciones de la metrópoli
Atracción de nuevos mercados
Atracción de inversionistas
Aumento en Diversificación de las actividades económicas
del territorio
Aumento en Especialización de productos y servicios
Aumento de empresas

Recursos
financieros

Cuantitativo

Recursos
humanos

Competitividad

Participación
de mercado

Cualitativo y
Cuantitativo

•
•
•
•
Desarrollo

Cooperación

Cuantitativo

Cualitativo y
Cuantitativo

•
•
•
•

Disminución de pobreza
Aumento de las actividades económicas (primarias, secundarias, terciarias
Crecimiento económico
Aumento de la calidad de vida
Inversión extranjera directa
Tasa de desempleo

•
•
•
•
•
•
•
•

Acceso a recursos
Fortalecimiento de capacidades del territorio
Promoción del territorio
Alianzas para mejorar desarrollo de un territorio
Aumento del número de acuerdos
Aumento de proyectos
Hermanamientos
Pertenencia a redes y/o asociaciones de ciudades

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Variable del
modelo

Marca
metropolitana

Ítems

Comunicación

Identidad

Fuente: Elaboración propia

Tipo de
indicador

Cualitativo y
Cuantitativo

Cualitativo y
Cuantitativo

Indicador
•
•
•
•
•
•
•
•
•

Aumento de audiencias
Alcance de nuevos espectadores
Captación de público objetivo
Posicionamiento de la imagen e identidad de marca
Aumento de visitas en la metrópoli
Aumento de la interacción con públicos objetivos
Incremento en la identidad del ciudadano
Aumento del sentido de pertenencia del ciudadano
Modificación de la imagen de la metrópoli

Implicaciones
El crecimiento de las ciudades es un hecho inevitable, por lo cual se ha convertido en una necesidad imperial adelantarse con ingenio, inteligencia, innovación y creatividad a las demandas
del desarrollo de las ciudades, por lo que no es una opción generar investigaciones y conocimiento sin conocer su aplicabilidad, es un compromiso de los que desarrollan investigación, así
como de la sociedad en general velar por el desarrollo de los territorios que habitamos. Llevar a
la práctica los insumos que generó la investigación, más allá de la generación del conocimiento
y la aportación teórica que este estudio describe, es imprescindible comprobar la efectividad
del modelo teórico propuesto en el documento, con la finalidad de comprobar su aplicabilidad
al sujeto de estudio.
Por lo tanto, los planes estratégicos son el punto de partida para dar dirección y rumbo a una
marca y al producto ciudad, simplemente no deberían tomarse acciones sin un plan previamente
visionado. Ya que una ciudad, por sí sola carece de recursos, mientras que sus ciudades vecinas podrían tener algunas de éstos, desde este enfoque, se debe exhortar a que estos territorio
también trabajen de manera conjunta, y no en torno de competencia así de esta forma será más
provechoso trabajar bajo sistemas colaborativos que permitan el desarrollo de áreas metropolitanas bien integradas.
5.- CONCLUSIONES
El Cada territorio debe crear por sí mismo su estrategia de atractividad, porque cada ciudad, ayuntamiento, municipio, prefectura, etc., tiene historia propia, características geográficas
únicas, modelos económicos y políticos diversos, y poblaciones con distintos objetivos ante la
situación actual. A pesar de lo que se puede pensar, a principios del Siglo XXI, las ciudades se
han convertido en el escenario en el que se acumulan tensiones, desarrollo y nuevas formas de
expresión sociales. Y no pueden basar todo en la cooperación, necesitan competir para sobresalir. Está dinámica influye de manera determinante en el desempeño de estos lugares a nivel
interno y externo. Es decir, se transfiguran a espacios que luchan por ser poseedores únicos de
atributos diferenciadores que logren identificarlo como el más atractivo en comparativa a los
demás, abonando a la reputación del lugar y logrando aportar a la derrama económica local y
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nacional así como su inserción internacional.
Con respecto al primer objetivo que se reseñó en la introducción, es a través de la atractividad territorial que tiene bajo su responsabilidad la reputación, imagen e identidad global de
los territorios. Para ello es necesario construir una identidad propia de la ciudad, que es ineludiblemente el primer acercamiento del territorio hacia fuera, al exterior y a nivel internacional.
Su acción promocional, a través de la mercadotecnia de ciudades, se encarga de posicionar a la
ciudad en la mente de sus poblaciones locales, así como en la de inversionistas, turistas, académicos, talento del exterior así como la misma organización de eventos temporales y/o permanentes en su territorio como los eventos deportivos, festivales o ferias internacionales. Debido
a ello, gestionar la ciudad mediante esta mercadotecnia permite crear estrategias con objetivos
claros, buscando nuevas oportunidades de aprovechamiento, con la finalidad de crear territorios
más competitivos y más insertados en el medio internacional.
Sobre el segundo objetivo que se planteó al inicio del artículo fue la formulación de un modelo que pretenda trazar el rumbo de las ciudades bajo diversas perspectivas, sobre el producto
ciudad, es decir, lo que la ciudad ofrece en un nivel metropolitano, la manera en la ciudad debe
ser gestionada, y la manera en cómo debe crearse y ejecutarse su marca. La creación del modelo
de investigación de mercadotecnia de ciudades para áreas metropolitanas nace como consecuencia de la necesidad de buscar alternativas para la prosperidad de las ciudades, para ello, se
revisó la literatura de las diversas corrientes de la mercadotecnia territorial y de ciudades para
localizar las variables que describirán mejor el modelo propuesto, la finalidad es que describa
la conducta de los elementos seleccionados en un sistema.
Tanto la mercadotecnia como la competitividad de ciudades contribuye al desarrollo social,
debido principalmente a que las ciudades se enfocan en atender las necesidades de diversos sectores o consumidores, como lo son los mismos habitantes de una ciudad, los turistas, empresarios, talentos de otros países, entre otros, por lo tanto la mercadotecnia de ciudades contribuye a
realizar propuestas para el diseño de políticas públicas a favor de esos sectores y de la sociedad,
y a su vez permite al territorio posicionarse a nivel internacional.
Sin olvidar, que variables como identidad, comunicación y sentimiento de pertenencia, son
un factor clave en el desarrollo de las marcas, por sí solas cada una ha permitido que las ciudades ganen su vocación y que sean identificadas nacional e internacionalmente para demostrar su
papel crítico en la construcción de marcas. Así el propósito del presente fue señalar que a través
de la atractividad territorial y la mercadotecnia de ciudades se puede abstraer una marca ciudad
metropolitana, ya que no existen los suficientes estudios de este tipo de ciudades para realizar
investigaciones y estudios de diagnóstico desde estas perspectivas. Tomando en consideración
que el modelo presentado en el artículo buscan la descripción de los elementos, la causalidad
del fenómeno y la simulación a través de la interacción de las dimensiones y las variables, se
puede asumir que todas las ciudades, incluidas las metrópolis, pueden desarrollar estrategias de
posicionamiento desde la competitividad y la mercadotecnia con miras e insertarse en el medio
internacional, lo importante es identificar sus fortalezas, reconocer sus áreas de oportunidad,
entender su entorno local, regional, estatal y global, y lo más importante, reconocer que los
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 17-42. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/122

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grupos de intereses y los habitantes del territorio son el elemento central para la consolidación
de una estrategia de este tipo, ya que ellos asumirán e identificaran como propias dichas estrategias de imagen e identidad. Por ello, se asume que un elemento primordial para diseñar marcas
ciudad metropolitanas, es adoptar el modelo propuesto de mercadotecnia de ciudades para áreas
metropolitanas, que fue concebido como una estrategia de planeación estratégica enfocados
desde la atractividad territorial para una buena toma de decisiones a nivel profesional y, a su
vez, un mejor entendimiento académico.
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Flujos migratorios en el sur de Chiapas: una narrativa local del impacto de las caravanas
migrantes y los grupos africanos 1
Migratory flows in southern Chiapas: a local narrative of the impact of migrant caravans and
African groups
Cándido, Chan-Pech2
Universidad Autónoma de Chiapas, México
https://orcid.org/0000-0003-0030-0313
__________________________________________________________________________
RESUMEN
El presente artículo es una revisión documental cuyo objetivo es presentar una narrativa que plantea el impacto
de la migración que se está dando en la ciudad de Tapachula, Chiapas. Se aplicó el método cualitativo y en particular el etnográfico utilizando como técnica de investigación la revisión documental, considerando como insumo las
narrativas locales encontradas en las noticias, reportajes y artículos que los periódicos locales generan. Se parte de
la narrativa cronológica de la migración centroamericana a través de las caravanas, y los grupos de África-caribeños los cuales están impactando en dimensiones como la cotidianeidad de la vida local y la mutación de las formas
y maneras de migrar, todo ello en el periodo de octubre 2018- septiembre 2019. Se encontró que desde el año pasado el flujo de migrantes ha aumentado exponencialmente provocando una serie de interrelaciones culturales que
están reconfigurando la cotidianidad; emergiendo así nuevas realidades y culturas como las muestras de xenofobia
y discriminación que se están dando dentro de una política strictu sensu implementada desde el mismo gobierno.
Se concluye con el planteamiento del nacimiento de una comunidad africana atrapada, avizorando nuevas crisis
latentes en la cotidianidad.
Palabras claves: caravanas migrantes, migración africana, migración centroamericana y narrativas locales.
ABSTRACT
This article is a documentary review whose objective is to present a narrative that raises the impact of the
migration that is taking place in the city of Tapachula, Chiapas. The qualitative method and in particular the ethnographic method were applied using the documentary review as a research technique, considering as input the local
narratives found in the news, reports and articles that the local newspapers generate. It is based on the chronological narrative of Central American migration through the caravans, and the African-Caribbean groups which are
impacting on dimensions such as the daily life of local life and the mutation of the forms and ways of migrating,
all in the period from October 2018- September 2019. It was found that since last year the flow of migrants has increased exponentially causing a series of cultural interrelations that are reconfiguring everyday life; emerging new
realities and cultures as the examples of xenophobia and discrimination that are taking place within a strictu sensu
policy implemented from the same government. It concludes with the approach to the birth of a trapped African
community, seeing new latent crises in everyday life.
Keywords: African migration, Central American migration, migrant caravans, and local narratives
Recibido: 18 de Enero 2019 - Aceptado: 12 de Abril 2019
Cómo referenciar este artículo:
Chan-Pech, C. (2019). Flujos migratorios en el sur de Chiapas: una narrativa local del impacto de las caravanas
migrantes y los grupos africanos . Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, 43-62. Recuperado de http://
revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/123

1
Artículo de revisión derivado del proyecto de investigación: Gobernanza y Políticas migratorias en el sur de Chiapas financiado por
la Escuela de Humanidades y el Centro de Investigación con Visión Mesoamericana de la Universidad Autónoma de Chiapas.
2
* Doctor en Pedagogía Crítica y Educación Popular por el Instituto Mclaren de Pedagogía Crítica., Profesor de Tiempo Completo,
Escuela de Humanidades C-IV, y el Centro de Estudios con visión Mesoamericana, de la Universidad Autónoma de Chiapas. Email: c.chan@
live.com.mx
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 43-62. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/123

�Flujos migratorios en el sur de Chiapas...

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1.- INTRODUCTION
Después de observar casi un año la inusual migración que se inició en octubre de 2018,
donde miles de centroamericanos formaron caravanas masivas en la frontera con México, se
registró un rio humano entre 7 y 10 mil personas que recorrió las carreteras, ocupando parques
y espacios públicos.
En el marco de esta percepción, se generó una inquietud ante una realidad cambiante determinada por la migración que dio origen al cuestionamiento de ¿cómo está impactando esta
serie de éxodos masivos en la vida cotidiana, económica y social de Tapachula Chiapas? Este
planteamiento se origina considerando que es la primera vez que México enfrenta un comportamiento inédito en el flujo migratorio centroamericano, especialmente el número de hondureños
que han abandonado su país con destino a Estados Unidos pasando por México, al tiempo que
creció también de manera inédita la proporción de mujeres y menores de edad. Aunado a ello se
está dando el flujo de los llamados “migrantes extracontinentales”, que vienen fuera del continente americano, particularmente de África y Asia y que han arribado en cantidades inusuales,
sin olvidar el caso de los cubanos, que desde 2016 empezaron su éxodo desde Nicaragua, otros
desde Venezuela o Ecuador, además de los congoleños, angoleños y haitianos que están varados
en espera de un salvoconducto para cruzar el país.
El abordaje de este fenómeno migratorio es pertinente toda vez que incide en las políticas
públicas de atención a la migración en el sentido de que a partir del Marco de Gobernanza
sobre la migración propuesto por la Organización Internacional de la Migración (OIM, 2018)
se pueden advertir graves problemas en la puesta en marcha de los principios reguladores de
la migración. Es importante reconocer que, aunque son los primeros éxodos masivos, esto es
ya una realidad constante toda vez que se tiene que considerar que el sur de Chiapas es por su
ubicación geográfica un espacio fronterizo y por lo tanto existe una importancia geopolítica.
Estos éxodos están irrumpiendo en la vida cotidiana de los habitantes provocando un impacto en todos los ámbitos de la vida económica, social y cultural dando lugar a un cambio, una
reconfiguración y recomposición de los imaginarios y representaciones sociales en la región,
promovido y continuado por las políticas de restricción migratoria, las cuales para Roberto S.
Aruj (2008) se pueden asumir como políticas strictu sensu, una política de contención más que
de control, dictadas por las políticas del actual gobierno de Trump.
Lo planteado en este estudio, todavía es a modo de radiografía inicial para profundizar en
nuevas aproximaciones sobre el impacto a largo plazo, la posibilidad de una crisis humanitaria,
la atención a una comunidad africana atrapada, y el análisis del crecimiento exponencial y su
impacto en la educación, la salud y la seguridad.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
DuraLa migración es un fenómeno global con impactos contradictorios y complejos; por un
lado, impulsa el crecimiento económico, reduce las desigualdades, conecta sociedades diferentes y ayuda a la movilidad demográfica del crecimiento y el declive de la población; por otro
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�Chan-Pech, C.

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lado provoca conductas racistas xenofóbicas, discriminación y a veces violencia (Aruj, 2008).
El impacto de la migración ha sido motivo de estudio, calculando el coste de las políticas de
migración, la mano laboral y el aumento del consumo, y el mantenimiento de la vigilancia de
las fronteras. Sin embargo, a veces no son suficientes estos indicadores para explicar el impacto
en relación de los escenarios micro regionales, puesto que está en función de la magnitud y modalidades, el perfil demográfico regional y las características de los individuos. Estos efectos no
se refieren únicamente a la recomposición y estructuración sociodemográficas, sino también a
la modificación de las condiciones socioeconómicas, políticas y culturales, en total repercusión
en lo personal y familiar.
Edelia Villarroya (2015), propone cuatro parámetros para explicar el impacto 1) el número
de individuos, los que migran y los receptores generando cambios a partir de la “percepción de
seguridad y control en el poder de decisión (que cambia) según el tamaño percibido, aunque
no necesariamente manejan el poder sociopolítico las mayorías numerales”. 2) El tiempo de
exposición al impacto: el tiempo de permanencia del inmigrante y el de exposición al contacto
de los autóctonos con otras culturas. Entre más tiempo se queden en espacios receptores, más
cambios se generan. 3) Los efectos transitorios o permanentes se valoran a partir de las diferencias intergeneracionales, 4) La distancia geográfica, lingüística y cultural: a mayor distancia
mayor diferencia entre la cultura de origen y la de acogida, genera mayor shock cultural.
Villarroya (2015), recupera el modelo la teoría de Hofstede, las “cinco dimensiones útiles
para comparar las culturas entre sí: distancia al poder, individualismo/colectivismo, masculinidad/ feminidad, tolerancia a la incertidumbre y proyección vital a corto o largo plazo. Estas sirven para la comparación cultural y entender que a mayor distancia, se requiere mayor esfuerzo
por las culturas en contacto y es necesaria una mayor plasticidad en sus individuos”(Villarroya,
2015). De las cinco dimensiones, la del individualismo/colectivismo es la más pertinente para
evaluar el impacto del cambio aculturativo, cercana al concepto de apoyo social percibido y a
la necesidad de un sentido de pertenencia que pone en la mirada las diferencias en la manera de
afrontar el miedo a lo desconocido y a la inseguridad que provoca la soledad, y todo esto tanto
para los que emigran como para los que reciben. En el estudio de las discrepancias culturales es
imprescindible la aportación de Geert Hofstede (1978), en la Teoría de las Dimensiones Culturales que explica el porqué de las actitudes de rechazo en la interacción con personas de otras
culturas y da marcos para examinar los procesos de percepción de las diferencias culturales,
y especialmente esa visualización de otras culturas que aparentemente parecen comportarse y
pensar de modo diferente.
En el encuentro del receptor y el migrante, ocurren diversos fenómenos que se ha estudiado
desde la multi y la pluriculturalidad: la integración social del inmigrante es multidimensional
y abarca sentidos que van desde lo jurídico hasta lo cultural. En ello se establecen lógicas de
interrelación entre distintos grupos, consigo mismos y con las sociedades receptoras. En tal
proceso se configuran de manera compleja nuevas formaciones culturales, respecto a lo que
suele definirse como pertenencia o identidad. Para Lestage, (2001) hay fases sedentarias en el
movimiento circulatorio de los migrantes las cuales pueden durar algunos meses hasta años; en
esos periodos se pueden advertir relaciones de identidad-alteridad, procesos de identificación
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�Flujos migratorios en el sur de Chiapas...

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que se dan entre los migrantes. Lestage, asegura que los migrantes en los contextos receptivos
combinan el reconocimiento – o a veces la reivindicación – de su identidad y los componentes
implícitos. En ese inter se pueden generar procesos de adaptación o bien de inserción: categorías que ayudan a definir las reconfiguraciones o recomposiciones culturales en una dinámica
contextual.
Estos marcos de referencia se complementan desde la teoría de la alteridad, fundamentalmente planteada por Emmanuel Levinas, que hace alusión a la conciencia de la diferencia
relacionada con la experiencia de lo extraño y ajeno; a partir del encuentro con desconocidas
singularidades de otro grupo humano; la alteridad siempre se refiere -en relación con la pertenencia grupal propia- a Otros. Para Levinas (1987) (cit. por González; 2009), el otro se impone
de un modo distinto a como lo hace la realidad de lo real; se impone porque es otro, porque esta
alteridad incumbe al yo con toda su carga de indigencia y de debilida. Levinas (1993) (cit. por
González, 2009) introduce el término reconocimiento concebido como semejante a nosotros y
al mismo tiempo, exterior; la relación con otro, que bajo esta mirada es una relación mistagógica.
3.- MÉTODO
Una mirada desde la etnografía
Esta narrativa tiene su fundamento en la etnografía, considerada como una “metodología artesanal en la era de la informática, sigue siendo útil para conocer y comprender mundos lejanos,
no en términos geográficos como antaño, sino culturales. Hoy las ciencias sociales recurren a
este trabajo de campo para explicar nacionalismos, regionalismos, movimientos sociales, culturas de la pobreza y la globalización misma (Guber, 2001)” (cit. por Duplatt, 2018). La mirada
etnográfica, realiza una visión holística para descubrir una nuevamente en una reconstrucción,
que está allí pero que se oculta y solo puedes ser vista mediante un acercamiento reflexivo de la
realidad empírica y la complementariedad teórica con el objetivo de comprender el problema en
su totalidad. Así, el objeto de estudio de la investigación etnográfica es el estudio de una nueva
realidad que emerge de la interacción de las partes constituyentes, en una búsqueda dentro de su
estructura con su función y significado, incluyente de lo práctico y lo teórico.(Ramírez, 2009)
Las narrativas locales
En estos flujos, que intervienen grupos y escenarios se necesitan narrativas para entender
las formas globales a partir de historias locales. Las narrativas no es solo lo que se cuenta, sino
lo que se escribe no en el sentido estricto de la función de contar, sino en dejar un texto como
evidencia de una mirada y la intención de su incidencia. Las noticias del periódico pueden ser
narrativas escritas especialmente cuando el periodista o reportero asume un papel que desecha gran cantidad de información, que incorpora anécdotas, recurre a cifras, a estadísticas, a
entrevistas convirtiéndose en un periodismo narrativo; pues reconstruye atmósferas, lugares,
personajes; bajo una mirada subjetiva. Van de la mano con la interpretación como componente
subjetivo y sus herramientas basicas son la mirada, el análisis y la descripción del periodista
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que los realiza (Puerta, 2011).
Anne-Catherine Brigida (2016) afirma que, en la era global, es más fácil leer los grandes
periódicos del mundo, pero esta “información hace que los periodistas se planteen la pregunta
ética acerca de quién cuenta las historias y cómo”. Ante la manera sensacionalista y condescendiente con que los medios nacionales elaboran noticias locales, alternativamente se elaboran
periódicos comunitarios que cuentan las historias. “no desde la visión de un foráneo, sino desde
la perspectiva de quienes viven ahí, sufren y sobrellevan los problemas, pero que también disfrutan de las cosas”. (Brigida, 2006).
Es prácticamente un rechazo a una “narrativa estigmatizada por parte de los medios de comunicación”. Cinthya Alejandro Pizarro acuña el concepto de “narrativas locales” que, aunque
no se refiere a las del periódico; implícitamente nos remite claramente como “representaciones-construcciones de eventos en donde los narradores, son discursos sesgados pero que puedan
dar pistas metadiscursivas que orientan a los interlocutores sobre cómo interpretar los eventos
narrados”. (Pizarro, 2005).
Por otro lado, José Manuel Zorrilla Barroso, en su tesis doctoral afirma que los titulares
de las noticias, representan constructos que pueden interpretarse como un insumo narrativo:
“Estudiándolos como textos, los titulares también tienen unas cualidades propias, de las que
resaltan su carácter imprescindible, su elaboración típicamente colectiva y su distinción icónica”(1996). Por su contenido pueden contener elementos para construir una narrativa general
pues como elementos de análisis son “textos autónomos que encabezan las noticias que publica
la prensa, identifican el relato informativo, designan los hechos, destacan gráficamente, poseen
un lenguaje propio y tienen la misión de llamar la atención de los lectores para que lean los textos informativos…” (p.9). la riqueza de los sentidos y significados son suficiente presupuesto
para construir narrativas, como la de este ejercicio de narrar la migración. En pocas palabras
“la narrativa está al servicio de hacer visibles las contradicciones, para lo cual se sumerge en el
movimiento y trae las voces históricamente relegadas”(Duplatt, 2018).
Se consideraron insumos para este estudio, las narrativas locales, entendidas como las noticias generadas por los reporteros y periodistas de los periódicos locales más importantes de la
región; “El orbe” y “El diario del Sur”. Considerando dichos documentos susceptibles de análisis, y fuente documental como un “vestigio escrito”, son “fuente de observaciones sociales”,
y “tiene carácter secundario ya que no ofrece los mismos fenómenos sociales que han tenido
lugar, sino el resultado de la percepción e interpretación de ellos”(López, 2011). En consecuencia, aunque no nos permite un contacto directo con los hechos”, más bien es un instrumento
mediato, que permite “ver” a través de ellos la riqueza de la narrativa del contenido nos permite
“para estudiar los cambios a través del tiempo” (Lopez, 2011) . Ambos periódicos son los más
difundidos y leídos por la comunidad y tienen un tiraje de aproximadamente 12,000 ejemplares
diarios. Se recopilaron 1321 noticias, cuyo criterio de elección se consideraron aquellos que
describieran los hechos suscitados en estos once meses (octubre-2018, septiembre de 2019).
Se escogieron 124 titulares de primera plana, 524 de segunda plana y el resto fueron títulos
secundarios.
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La construcción de una narrativa
Una vez construido el corpus de narrativas, las técnicas que se utilizaron para el análisis
giraron en torno a la recuperación cronológica de los hechos desde octubre 2018, fecha en que
iniciaron las caravanas de centroamericanos hasta las manifestaciones africana, para ello fue
necesario establecer la relación entre eventos narrados, para hacer una segunda narrativa, esto
fue posible encontrar la constante que marca el hilo cronológico: la evolución del flujo. Para
la organización de los documentos se utilizó la metodología de análisis de contenido (Abela,
1960) en los que se ordenaron bajo dos criterios: 1) de manera cronológica; por mes, y 2) la
utilidad de la nota para a) eslabonar la crónica, b) integrar datos que comprendan los antecedentes y hechos contextuales y, c) describir los hechos para completar la mirada holística de la
narrativa.
Prácticamente, la narrativa se estableció en dos líneas: la cronología de la caravana y el impacto en la cotidianidad. Para la primera, encontramos cuatro ejes para entender lo contradictorio y complejo de este periodo de narrativa: un flujo que evolucionó de la solidaridad al rechazo
por la comunidad receptora; de las caravanas masivas de centroamericanos a las caravanas de
grupos de africanos; de caravanas en condiciones precarias a los grupos de cubanos con recursos suficientes; y, desde una política de solidaridad a una política de contención.
4.- RESULTADOS
El Una narrativa cronológica: Caravana centroamericana a una comunidad africana
atrapada. Un flujo que evoluciona.
En el análisis cronológico de las narrativas periodísticas, se observa que en tan solo un año
se ha dado una metamorfosis en la marea migratoria: Un cambio de la forma; de masiva a grupos pequeños; de centroamericanos a cubanos, africanos y haitianos; de ilegales a legales; de
grupos de extrema pobreza a grupos con recursos suficientes. Por otro lado, la política inicial de
solidaridad planteada por el presidente López Obrador, a la política de contención dictada por
Trump; de actitudes de solidaridad y humanismo hacia una muestra de xenofobia. En esta extraña mutación social de la migración, se puede advertir, por un lado, que el impacto económico en
la región receptora se da en dos lecturas: desde una derrama económica, especialmente por los
cubanos y los hindúes, así como la proliferación de trabajo de obra hacia un reclamo de la baja
de ventas y el turismo; por otro lado, desde la cotidianidad donde se percibe un shock, al ver los
espacios públicos ocupados y ver a “otros”, con otro lenguaje y otra cultura.
De los valores de solidaridad a las actitudes de racismo y xenofobia.
Durante las dos primeras caravanas masivas, los habitantes se solidarizaron, los municipios
prepararon espacios públicos para descansar; algunas ONG´s los alimentaron y dieron víveres,
ropas y hasta dinero. Algunas parroquias fueron acondicionadas, las autoridades municipales
y Protección Civil estuvieron pendientes de sus necesidades, habilitando banquetas aledañas y
calles improvisadas con carpas. Fueron recibidos con comida caliente, servicio médico, baños,
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regaderas y atención a mujeres y niños; manos humanitarias proporcionaron ropa, agua, entre
otras prendas donadas. Existieron casos como el del apoyo humanitario de mujeres solidarias al
cocinar más 6 mil tamales añadiendo ropa, agua y jugos. En su caminar pidieron “aventones” a
camionetas de cargas que solidariamente los trasladaron en recorridos cortos: fue común ver a
decenas “colgados” de ellos. Se suscitaron tragedias como el caso de un adolescente que perdió
el equilibrio y falleció al caer, al que llamaron el “primer mártir de la caravana”.
Asimismo, fue muy fuerte el rumor de niños que se fueron con otras personas, mientras los
padres buscaron sin resultados. Conforme pasaron las siguientes caravanas, los habitantes de
los pueblos dejaron de dar apoyo. La policía federal y los agentes de migración iniciaron la persecución de los grupos que se rezagaban para remitirlos a un centro de detención en Tapachula.
La cuarta caravana fue la que más sufrió este cambio tan abrupto; fueron escoltados por la Policía Federal desde el ingreso en la frontera y en su recorrido hasta Tapachula; después de una
semana de haber partido de Honduras, la mayoría cruzo el río fronterizo Suchiate, para evadir
la vigilancia de cientos de policías mexicanos sobre el puente internacional y solo se permitió
el paso a mujeres y niños.
Otro grupo decidió esperar en el puente fronterizo para ingresar legalmente, mientras que
otros desertaron por temor y cansancio. Durante el recorrido, en medio de un calor intenso, se
animaron ellos cantando: “Nadie nos va a detener, si ya nos aventamos al río y ya hicimos de
todo para llegar hasta acá, no nos detienen”. Constantemente se escucharon los comentarios
de ánimo, mientras algunos casos caminaron con dificultad debido a las llagas en sus pies. El
contingente llegó después de un recorrido de al menos seis horas en el que soportaron un domingo de intenso calor y con la ayuda de pobladores que ofrecieron comida y agua, e incluso
vehículos.
En comunicados oficiales, la Secretaría de Relaciones Exteriores y Gobernación constantemente advirtieron a aquellos que cruzaron por el río serían sujetos a “procesos administrativos”,
e incluso podrían ser repatriados. Los titulares de los periódicos difundían que personal de la
Embajada de México en Guatemala y del Consulado de México en Tecún Umán publicaron
la información y requisitos para su ingreso a México. En clara propaganda declararon haber
coadyuvado en actividades de hidratación y atención médica a los migrantes; exhibieron los
esfuerzos de los gobiernos de Honduras y Guatemala que apoyaron a cerca de 500 personas en
el regreso voluntario que decidieron a sus lugares de origen en Honduras.
Durante el recorrido, autoridades de la Policía Federal y del Instituto de Migración ofrecieron autobuses para trasladarse a un albergue habilitado en Tapachula, pero también pidieron
someterse a controles migratorios, oferta que rechazaron totalmente. Continuamente en el recorrido los altavoces amenazaron: “no pueden continuar en territorio nacional de manera irregular”, “Por favor, regularicen su situación migratoria, pueden tener el refugio, la condición de refugiados, si así lo desean, están en todo su derecho de solicitarla”, argumentaban al conminarlos
a acudir al albergue. Si bien les aseguraron que podían solicitar asilo o refugio, en comunicados
previos el gobierno mexicano advirtió sobre repatriaciones, y la Comisión Nacional de Derechos Humanos (CNDH) señaló que no había certeza sobre lo que pasará con ellos. “Estamos
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cansados, pero no nos vamos a subir a los camiones. Lo que tememos es que nos mientan y nos
lleven a una estación migratoria o nos deporten”, comentaron al tiempo del rechazo.
Las autoridades insistieron en subir y trasladarlos en autobuses a un albergue habilitado para
unas 5 mil personas en el recinto ferial Expo Mesoamericana: la caravana hizo caso omiso y
persistieron en su camino con el temor de que al acudir al albergue ya no los dejaran salir ante
una especie de centro de encarcelamiento para luego deportarlos. Ya en la ciudad, prefirieron
apostarse en el parque central a la espera de definir cuáles serán los siguientes pasos. Otras centenas de personas fueron canalizadas a instalaciones del Instituto Nacional de Migración (INM)
en Tapachula, dando prioridad a grupos familiares, en particular con niños, niñas, adolescentes,
mujeres, mujeres embarazadas y adultos mayores. Algunas decenas de migrantes cuando expresaron su interés de solicitar refugio fueron trasladados a una instalación para atenderlos por
el INM, aunque no detallaron qué pasó con ellos, si fueron retenidas o bien pudieron salir y les
concedieron asilo.
En contraparte, muchos migrantes se quedaron varados en Tapachula, pernoctando por semanas enteras en el parque central del centro histórico. Ante ello empezó a surgir un rechazo y
la disminución de apoyo de ciudadanos y empresarios aludiendo a la falta de seguridad y bajas
ventas, además de actos de inseguridad, violencia, alertas sanitarias; argumentando la violación
al estado de derecho y a las leyes mexicanas, pidiendo el retiro del parque y centro histórico.
Para marzo, se observó un grupo numeroso apostado en el parque central por tiempo indefinido
a la espera de una caravana más numerosa de más de nueve mil migrantes varados entre Ciudad
Hidalgo y Tapachula, provocando malestar entre los negocios asociados y organizados. Los
comerciantes y empresarios expresaron que los migrantes asentados en el parque se dedicaron
a pedir constantemente a los peatones o empezó a aparecer el trabajo sexual irregular; escenario
que fue incomodo a los compradores, nacionales o extranjeros, los cuales -para la mirada de los
empresarios- han dejado de visitar el centro de la ciudad.
Los periódicos anunciaron que casi el 80 por ciento de un aproximado de dos mil 500 a tres
mil guatemaltecos que diariamente visitaban Tapachula para realizar compras dejo de hacerlo,
debido a la incomodidad y el aspecto que los cientos de migrantes generaron al asentarse en la
ciudad. Los habitantes del centro histórico de Tapachula comenzaron a rechazarlos y pidieron
que ser removidos. La Secretaría de Seguridad Pública Municipal recibió el constante reporte
de vandalizar en la vía pública, ingerir bebidas alcohólicas en la calle y dejar basura, tipificadas como faltas administrativas. Algunas narrativas de los periódicos recuperaron frases de los
pobladores que mostraron una actitud de “nos están invadiendo”, “están ocupando nuestros
espacios” o bien la de “porque el gobierno no los expulsa”, demostrando el rechazo colectivo a
los espacios propios de la cotidianidad e identidad local.
Este sentimiento de “distintividad” que supone la ocupación de un territorio es también una
manifestación de la identidad personal o grupal. Esta “identidad territorial” o diferenciación del
territorio identifica al sujeto consigo mismo y también con los otros y ante los otros; se convierte así en un “espacio defendible” esto sugiere la presencia de rasgos y signos territoriales como
conductas y actitudes explicitas por los ocupantes y como disuasión de posibles invasiones, la
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eficacia de los rasgos territoriales depende -además de la calidad física inherente y del significado simbólico- del contexto social en el cual es percibido (Gimenez, 2005). Las conductas
xenofóbicas, en este sentido son la indignación y la defensa de los espacios simbólicos de la
comunidad receptora.
De caravanas masivas de centroamericanos a caravanas silenciosas e invisibles de cubanos, haitianos y africanos.
Las caravanas de migrantes inicialmente constituidas por centroamericanos fueron realmente éxodos de familias completas, mujeres con bebés en brazos, niños, jóvenes y adultos. Se
observaron enfermos en silla de ruedas y un contingente de LGBTI que exhibieron su preferencia sexual y los motivos de su éxodo en pancartas improvisadas. En cuanto a las cantidades no
se puede precisar pues solo se tienen datos aproximados: la primera partió de San Pedro Sula,
Honduras, y de otros puntos de este país y se inició por unos mil hondureños el 13 de octubre
a los que se fueron añadiendo salvadoreños y guatemaltecos hasta llegar entre 7 y 10 mil. Una
segunda, de casi de mil hondureños partió de Esquipulas, Guatemala, el 21 de octubre; otras tres
caravanas conformadas por salvadoreños, que partieron desde El Salvador en días posteriores,
y otra de hondureños que salió de San Pedro Sula el 14 de enero de 2019. En total fueron 6, que
fueron diluyéndose por la política de contención que se inició en de abril de 2019.
La migración en caravanas disminuyo en los primeros meses del año, sin embargo, se observó que aumentaron los migrantes cubanos, que de manera silenciosa y casi invisible llenaron
los primeros cuadros de la ciudad, la mayoría ilegalmente pidiendo una visa transitoria permanecieron estacionados en espera de obtenerla para llegar a la frontera estadounidense y pedir
asilo. En algunos casos los encerraron en la Estación Migratoria Siglo XXI y fueron liberados
tras múltiples denuncias sobre las condiciones infrahumanas en que se encontraban lo que provocó la salida de la delegada regional del INM y el despido del personal de la oficina. La mayoría de migrantes pidió apoyo a la Comisión Mexicana de Ayuda Refugiados (COMAR) para
iniciar el proceso que permitiese solicitar refugio, esperando así, la decisión de la Secretaría de
Gobernación de otorgar la condición de refugiado. Durante todo el proceso de salida del centro
de detención, los migrantes contaron con el asesoramiento del Alto Comisionado de las Naciones Unidas para los Refugiados (ACNUR).
En el mes de mayo, cientos de migrantes obtuvieron su permiso correspondiente para transitar por el país, siguieron su destino por avión generando una demanda inusualmente vista.
Aunque los cubanos disminuyeron se acrecentó en el año el número de ciudadanos de países
como Afganistán, Eritrea, Bangladesh, Nepal, Pakistán, India, China, Nigeria o Brasil, entre
otros. La fisonomía de la migración cambio radicalmente, y aparecieron grupos numerosos que
llegaron del Congo y Camerún. Se plantaron frente a la Estación Migratoria, para solicitar un
permiso para transitar hasta Tijuana, en la espera establecieron una especie de campamento en
las banquetas y en terrenos baldíos con casas de campaña y material improvisados. Mientras
tanto, comenzaron a hacer colas interminables a las afueras de la COMAR, para pedir asilo en
calidad de refugiados, las cuales se pueden observar hasta la fecha. La imposibilidad de atenderlos provoca que se “estacionen” por días, semanas y meses, en espera de pasar a realizar
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el trámite. Allí duermen y realizan sus necesidades básicas. Muchos de ellos solicitan a apoyo
al ACNUR, sentados a las afueras en las banqueas esperando su turno por largas horas y días
completos. Es muy común observar grandes contingentes concentrados en las calles aledañas, a
la COMAR y a la ACNUR; algunas ONG´s que extienden algunos documentos de apoyo para
la obtención de permisos. El espacio más significativo es el campamento asentando frente al a
la Estación Migratoria s. XXI, donde miles están prácticamente pernoctando durante ya más de
ocho meses. Este espacio se ha convertido en un lugar autoconstruido y marginal, en el sentido
de que no cuenta con todos los servicios, la imagen es evidencia de una agudización de la estigmatización implícita en la atención burocrativa.
Este panorama viene a reconfigurar la formas y maneras del fenómeno migratorio en Chiapas, estado que por su situación fronteriza siempre ha sido espacio de flujos y circuitos de
migración, llamado tradicionalmente como un territorio de inmigración, emigración y tránsito
(Anguiano, 200), otros lo han denominado migración en ciclos interno, regional e internacional
(Villafuerte y García, 2014), esencialmente es una región donde conviven, los que van de paso,
los que no pudieron pasar, los que vienen a quedarse, y los que regresan del norte y de centroamericana; sin embargo esta migración africana y afroacaribeña, nunca se ha dado y mucho
menos de manera masiva y aguerrida, lo que permite avizorar que en estamos siendo parte del
movimiento internacional de migración.
De centroamericanos pobres a cubanos “con dinero”.
Las caravanas de centroamericanos mostraron la pobreza con las condiciones precarias: cansados, ropas raídas, con hambre, arrastrando bultos de ropa vieja, zapatos desgastados, aceparon todo lo que se les donaba. Muchas caminaron con sus respectivas familias, otros en pareja,
madres solteras y madres ancianas. Se observaron enfermos en silla de ruedas, niños espantados
con rostros desnutridos. La gran mayoría jóvenes adolescentes que en su lenguaje y expresaron
su esperanza para lograr el sueño. Algunos comentaban que tienen familiares “allá” y que los
estaban esperando, otros dejaron atrás familia con la esperanza de ayudarles o traerlos consigo.
Se entretejieron historias de valor humano, de sueños por conseguir y anhelos que motivan a
superar la condición de pobreza, marginación y de riesgo.
A diferencia de los migrantes cubanos; en lugar de pernoctar en albergues prefirieron rentar
cuartos económicos de hoteles y en muchos casos se asociaron para rentar casas de seguridad.
En la zona norte de la ciudad se pueden observar actualmente colonias habitadas por migrantes
cubanos. Son visitantes asiduos de las plazas comerciales y los cafés, esperando pasar el tiempo
para conseguir “los papeles” y migrar. A diferencia del centroamericano con una fisonomía peculiar: morenos, bajos de estatura y complexiones robustas: el cubano alto, esbelto y un moreno
diferente al lugareño o centroamericano y con un acento claramente identificable provoca que
los propios empiezan a sentirse desplazados de los espacios de convivencia pública. Durante
los primeros meses agentes de migración iniciaron redadas en las colonias suburbanas donde
muchos cubanos y africanos sin papeles fueron encerrados para determinar su situación legal, lo
que provocó que cientos de detenidos estuviesen hacinados en la estación migratoria y en varias
ocasiones utilizaron la violencia para escapar superando en número a los vigilantes del lugar.
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El hecho fue de mucha tensión y mientras las colas eran largas, el ambiente fue propicio para
exasperar los ánimos y provocó situaciones de reclamo. Algunas expresiones como la de “Estamos huyendo de una dictadura”, “Tenemos familia en los Estados Unidos. Pero los mexicanos
no quieren ayudarnos” fueron gritos de los que se concentraron para esperar atención frente a la
agencia de refugiados mexicanos. Los que tienen acceso a dinero en efectivo pueden recurren
a contrabandistas, o coyotes, expertos en eludir los puestos de control, y conocidos por pagar a
los funcionarios mexicanos. Sin embargo, los precios para cruzar la frontera ilegalmente pueden ascender a 5.000 dólares o más por persona.
De una política de solidaridad a una política de contención.
En la conformación de las narrativas, están presentes los discursos de las políticas migratorias, y no se pueden entender las realidades locales sin el contexto discursivo en la implementación, donde actores administrativos, con intereses y hábitos, operativizan decisiones en hechos.
La puesta en marcha fue siempre “visible en un discurso institucionalizado, procedimental y
burocrático”. Considerando que los discursos se dan de acuerdo con el tipo de política que
se trata, Lowi (2007) explica que estas puede ser: regulatorias, distributivas, redistributivas y
constitutivas. En este caso las políticas regulatorias encontraron en este año el escenario y una
arena en un marco institucional y donde mediante discursos evidenciaron el tránsito de un argumento solidario a una de normatividades regulatorias.
Durante los últimos meses de la administración de Peña Nieto, el canciller Videgaray anunció pedir apoyo a la ONU para gestionar las peticiones de asilo. Se anunció que toda persona
que ingrese al país de manera irregular será rescatada y sujeta a procedimiento administrativo
y, en su caso, será retornada a su país de origen, de manera segura y ordenada. En ese entonces
el presidente electo anunció que implementaría un programa para dotar de visas de trabajo a
los migrantes centroamericanos, prometió que respetarían sus derechos y ofreció otorgarles
permisos de trabajo para incorporarse a proyectos como el Tren Maya. En octubre de 2018, el
gobierno anterior envió a 244 elementos de la Policía Federal, anunciando que “no era parar”
el avance de la caravana, sino apoyar al INM en la “atención” de los migrantes. Las autoridades ofrecieron asilo o retorno a sus países de origen; sin embargo, la mayoría de los migrantes
decidió continuar su camino.
Contradictoriamente, en la cuarta caravana, agentes migratorios mexicanos comenzaron a
detener decenas durante el recorrido a los grupos que se rezagaban o se adelantaban. Para la
quinta caravana, no se dio acceso por el puente internacional, y el contingente cruzó por el Río
Suchiate. Durante la estancia en, el INM se encargó de colocar brazaletes y otorgó “tarjeta de
visitante por razones humanitarias” con la cual además de comida, podían acceder a empleo
mientras permaneciesen en suelo mexicano. Se ofreció otorgar visas migratorias con el fin de
reducir el flujo de personas hacia Estados Unidos. La entrega de documentos legales fue hasta
permanecido hasta siete meses realizando trámites; estas Tarjetas de Residente Permanente, Residente Temporal, de Visitante por Razones Humanitarias y de Visitante Regional, fue medida
de control y de registro, se incrementó a partir de las políticas de retención, anunciando siempre
“tienen que ser previamente aprobados, cumplir con los requisitos legales, además del registro,
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donde firman una documentación y son tomadas huellas dactilares y fotografías, bajo una serie
de requisitos, ante la COMAR, el INM y el ACNUR. Aunque la intención explicita fue la regularizar y permitir la estancia legal, se planteó como la atención y servicios brindados a quienes
permanecen en un proceso de regularización, que en promedio se tarda aproximadamente siete
meses para la respuesta o bien para obtenerla. Los trámites son engorrosos y demasiado burocráticos; acuden a una oficina de regulación, solicitan el acceso con una serie de documentos
como condición para otorgar el permiso, las cuales son periodos de espera hasta de ocho meses.
Para los cubanos, esto es desesperante, en virtud de que no pueden salir de Chiapas, so pretexto
de continuar con otros trámites y estar pendientes de acudir a firmar a las oficinas migratorias,
lo cual obliga a una erogación económica no prevista. En tanto centroamericanos que reciben
la Tarjeta de Visitante Regional, por un año, solamente pueden circular por Chiapas, Tabasco,
Campeche, Quintana Roo y Yucatán, por los acuerdos de autoridades federales, en donde pueden realizar actividades laborales.
Esta situación agudiza a los africanos toda vez que solo quieren un “oficio de salida” para
viajar a otros estados o llegar al norte e ingresar a Estados Unidos y muchos casos ni papeles
poseen o no reúnen los requisitos exigidos. Como es de esperarse, se niega la petición, quedando en un estado de indefinición: no pueden seguir adelante, no pueden regresar a su país y no
es viable para ellos quedarse.
En consecuencia, se genera una crisis que se agrava ante el estancamiento de cientos de
ellos, sin que obtengan respuesta en torno a su solicitud de salida. La situación es caótica para
muchos, y en consecuencia decenas de africanos iniciaron protestas frente a la Estación Migratoria. Aunque las autoridades mexicanas negociaron un proceso de atención e información
realmente no pueden atenderlos sin que llenen los requisitos. Esta situación se complica aún
más, en el terreno de las políticas migratorias, toda vez que, a inicio de junio, Estados Unidos
y México llegaron a un acuerdo migratorio que evitó que el primer país impusiera aranceles a
todos los productos provenientes del segundo. Ante tal presión, se envió a las fronteras norte
y sur a la Guardia Nacional -un nuevo cuerpo de seguridad impulsado por el Ejecutivo- y se
contrató a más personal migratorio. El Gobierno de México informó que, a raíz del acuerdo, por
el cual se desplegó la Guardia Nacional en las fronteras norte y sur, se ha reducido periódicamente el flujo migratorio un 56 %. Según datos del INM, en el periodo de enero a septiembre,
el gobierno “presume” haber deportado a 106.552 indocumentados.
Algunos migrantes frustrados trataron de escabullirse hacia el norte por etapas, tomando minibuses públicos hasta llegar justo antes de los puntos de control de inmigración, luego caminaron alrededor de las barreras, antes de subirse a otro tipo de transporte en dirección norte. Pero
luego son víctimas de ladrones y secuestradores, dando lugar a narrativas que los periódicos
cuentan: “Nos atacaron, pero nos las arreglamos para combatirlos y escapar”, dijo Teresa Mayadal, de 46 años, una técnica química de La Habana que, junto con su esposo, llegó a la ciudad
mexicana de Arriaga, una terminal de tren de carga a unos 150 kilómetros al norte de Tapachula.
Sus pies estaban cuidadosamente vendados, como resultado de las ampollas de días de caminar
hacia el norte desde la frontera guatemalteca. Sentada a su lado, una hondureña de 21 años con
lágrimas en los ojos cuenta, con la voz entrecortada, que había sido agredida sexualmente mienRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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tras caminaba por un puesto de control, los agresores también robaron su teléfono celular y su
bolso: preguntó a algunos visitantes si podía pedir prestado un teléfono para llamar a su novio
en Estados Unidos y buscó el equivalente a un dólar para pagar un baño en una casa privada.
Muchas solicitudes han sido denegadas después de meses de espera, y ordenan abandonar el
país en cuarenta días, esto ocasiona un doble problema, porque el país más cercano es Guatemala, con menos probabilidad de mejora. Así que deciden quedarse en las inmediaciones de la
Estación Migratoria, iniciando una especie centro de concentración voluntaria. Las autoridades
no pueden llevarse a todos hasta África y deportarlos, para lo cual los denomina “apátridas”,
adjetivo que se interpreta que no sabe qué hacer con ellos.
El cambio en el discurso que se dio por el presidente López Obrador antes y después de
asumir su responsabilidad como presidente, ha sido decisivo en la evolución y el impacto de
la migración en esta región fronteriza. La política de contención está siendo el muro que no se
construyó en el norte pero que finalmente se levantó aquí en el sur y que lejos de ser de ladrillos y cemento, es un muro de exceso de burocracia. Los habitantes de este lado del muro están
construyendo una realidad ineludible la de compartir un territorio migrante con centroamericanos y africanos, generada por políticas de contención cuyos formuladores también configuran
los términos del discurso al combinar el vocabulario, la retórica y el simbolismo de las intenciones políticas.
Impacto en la cotidianidad
La sobrepoblación y la vida cotidiana.
Las narrativas periodísticas, afirman que en Tapachula habitan alrededor de 80 mil migrantes
que se encuentran en espera de una resolución de su solicitud de refugio. Por otro lado, en la
estación migratoria se mantienen alojadas aproximadamente a 900 personas entre ellos menores de edad. La sobrepoblación migratoria ha provocado que otros cientos de migrantes se
manifiesten afuera de la estación, bloqueando el acceso principal y exigiendo a las autoridades
que se les permita transitar libremente por el país. Hasta el momento de los 80 mil migrantes,
solo existen 21 mil solicitudes de refugio.
Frente a la cifra que podría aumentar hasta 55 o 60 mil que llevan un proceso para su solicitud; afuera de la estación migratoria se observan todos los días largas filas esperando ser recibidos para hacer el trámite. Tapachula se ha vuelto una pequeña ciudad internacional y llena
de cultura de cientos de países de todo el mundo. La vida en las calles es de espera: sentados,
platicando y yendo de un lugar a otro resolviendo su situación migratoria. Además, se ha vuelto
parte de la economía que fluye en los pequeños negocios del lugar. Migrantes de Haití, Honduras, el Salvador, Cuba y África conviven discretamente enriqueciendo las calles con su cultura,
su gastronomía y sus idiomas. Muchos toman trabajos temporales como obreros, cocineros y en
otras posiciones de servicios para ayudar a comprar comida y alquilar viviendas baratas. Una
docena o más de personas a menudo viven hacinadas en habitaciones individuales, durmiendo
en colchonetas y mantas. Los migrantes se reúnen diariamente bajo la sombra de los árboles
en la plaza central de Tapachula, a la espera de las limosnas. Al final de la calle del centro de
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inmigración Siglo XXI, un barrio de chozas de haitianos y africanos en su mayoría a la espera
de los papeles de salida ha brotado, dando a la zona una clara identidad afrocaribeña.
En esa cotidianeidad se van construyendo historias que van narrando los periódicos. Por
ejemplo, el de una mujer centroamericana que atiende un hostal, que llegó a México y consiguió un empleo, en su narrativa dice que ama al país desde que llegó, porque muchos como ella,
logaron obtener un trabajo en la ciudad, lo que les permite tener un ingreso, además colaboran
cotidianamente para que la estancia de otros migrantes sea positiva en un contexto de violencia
y xenofobia que se vive en el país.
Otro caso es el de Selma Etelvina Hernández, mejor conocida como Mama África, ella
aprendió a preparar comida cubana y africana para los migrantes. Comenzó a tener clientes provenientes de Somalia, quienes le pidieron preparar comida como la de lugar natal. Ellos comparan los condimentos y se los dan a Mama África para que ella cocine y pueda tener comida
preparada como en sus países, aunque no sepa igual se están combinando los sabores y sazones
para generar nuevos guisados. Otra narrativa, es el nacimiento del primer niño de padres africanos que mantuvo un paro de 20 días a las afueras de la Estación Migratoria Siglo XXI quienes
solicitan los oficios de salida. Ellos viven en el campamento improvisado en casas de campaña
con temperaturas que superan los 36 grados centígrados por la mañana y fuertes aguaceros por
las tardes. Muanda, el padre le puso por nombre Manuel López Obrador, con la esperanza que
con su nacimiento en tierras mexicanas puedan obtener sus documentos para poder viajar al
norte del estado.
Derrama económica.
Las narrativas destacan que en las calles los pequeños comerciantes se encuentran en los
migrantes un consumidor constante y seguro, incluso hay quienes aseguran “cuando no hay
muchos migrantes se viene abajo el negocio” específicamente aquellos que se dedican a la venta
de chip y celulares en el centro de la ciudad; desde que comenzaron a llegar, hay una creciente
en las ventas de líneas telefónicas y de otros productos. El grupo de migrantes que se mantienen
en el centro, aseguran gastar más de 10 mil pesos cuando llegan a esta ciudad, en la compra de
alimentos, ropa, zapatos y otros artículos de primera necesidad.
Por otro lado, los empresarios especialmente del centro dicen que la llegada de los migrantes ha incrementado la inseguridad; perciben una mala imagen que proyecta Tapachula a nivel
nacional especialmente en el ingreso violento de migrantes centroamericanos. Los empresarios
en el ramo turístico cuentan que se han visto seriamente afectados debido a que no existen las
condiciones necesarias para que lleguen visitantes nacionales a esta región Soconusco. Algunos indican que por razones de inseguridad prefieren “cerrar temprano sus comercios, o viven
con un miedo constante de ser asaltados”. Para ellos el ingreso masivo de migrantes africanos,
cubanos y centroamericanos, se vive con zozobra con el temor de ser violentado cuando se va
al centro; se sienten inseguros al acudir a los bancos y a comprar en los comercios del Centro,
además que empaña el trabajo realizado para impulsar y promocionar los lugares naturales de la
región, pues ha caído el arribo de turistas. Las narraciones aluden a las formaciones de colonias
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enteras de migrantes que han preferido quedarse a vivir en esta ciudad; y al no existir condiciones de generación de empleo se agrava la situación, además que se ha cancelado el proyecto de
zona económica especial en Puerto Chiapas.
Una estancia que atrapa.
En su llegada los migrantes centroamericanos buscaron un lugar para permanecer en Tapachula, en lo que expiden las tarjetas, llegaron y se asentaron en el parque central Miguel
Hidalgo, la situación se agravó porque fueron llegando más personas. Los albergues estuvieron
a su máxima capacidad y aunque autoridades implementaron espacios, los migrantes ante el
temor de ser deportados encontraron el parque central un espacio seguro para acampar, además
que siendo el centro de la ciudad siempre está protegido por la policía y eso hace sentir seguro.
Algunos activistas constantemente pidieron a las autoridades que establecieran un lugar para
la comunidad migrante de manera temporal; mientras que le están entregando las tarjetea que
permite tener acceso para el tránsito o empleo, o bien para seguir su camino a los Estados Unidos.
Las noticias periodísticas escogieron deliberadamente a portavoces de diversas asociaciones
civiles y empresariales, que exigieron al gobierno que atienda la problemática como una situación sanitaria, considerando la presencia de una población flotante que tenía que ser atendida
con medidas de prevención sanitaria y además demandó la improvisación de lugares para que
realizar las necesidades básicas. El panorama que exhibieron son situaciones de contaminación
al aire libre, y ante la falta de recursos económicos, se convirtieron en indigentes pidiendo para
su alimentación; algunos pronunciamientos fueron xenofóbicos que exigieron la expulsión o la
deportación. Estas expresiones y demandas fueron acompañadas de quejas de los habitantes y
visitantes del centro por el desaseo en los espacios que habitaron. Manifestaron que las personas ya no acudieron al centro o al parque Bicentenario ante un mal olor existente.
Esto se incrementó desde el 7 de junio cuando se firmó un acuerdo con Estados Unidos por
el que México se comprometió a incrementar la presión sobre los migrantes a cambio de que
Washington no impusiese aranceles a las exportaciones. Desde entonces, la Guardia Nacional
se desplego y se multiplicaron las detenciones y deportaciones. Según datos de la Secretaría
de Relaciones Exteriores, el flujo de migrantes se redujo cerca de un 40% en el mes de julio.
Entre las historias narradas se encuentra de un camerunés, que, como cientos de compañeros sin
papeles, llegó a Chiapas y se entregó al INM para tener los servicios básicos; pasó una semana
encerrado y cuando recibió el oficio de salida se le calificó como “apátrida” a pesar de reconocer que su nacionalidad es camerunesa, le explicaron que esto ocurre porque el consulado
de su país no respondió a los requerimientos de México para ser reconocido. Pero en realidad,
ese adjetivo se entendía de que no será deportado porque no hay a donde llevarlo, sin embargo,
en un oficio anexo se le instruye a regularizar su situación, que, en caso contrario, tendrá que
abandonar el país por su frontera sur.
En ese sentido la frase “por su frontera sur” es ya una amenaza de expulsión, puesto que antes de la implementación de la política de contención los migrantes recibieron el oficio en el que
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tenían que dejar México, pero no se determinaba por dónde, así que aprovecharon los 20 días
que determina la temporalidad para llegar al norte y pedir asilo en Estados Unidos. Muchos los
cuales muchos con el dinero suficiente se trasladaron en avión hasta Tijuana. Esto llevó a que,
equivocadamente, el oficio de salida fuese comúnmente conocido como “salvoconducto”. Este
mecanismo fue empleado por migrantes procedentes de todas las partes del mundo: cameruneses, haitianos y cubanos, sin embargo, esto ha cambiado y en consecuencia los ciudadanos de
diversos países de África, Asia o el Caribe no tienen opciones para abandonar Chiapas desde
entonces.
Las instrucciones para el INM, sobre el oficio de salida “con fines de regularización” indican que “no otorga una condición de estancia”, sino la posibilidad de legalizar su situación si
cumple con la ley; además, específica que “con dicho documento las personas extranjeras no
pueden transitar libremente por territorio nacional”, incluyen las reglas para abandonar el país.
“En concordancia con lo establecido en la fracción IX del artículo 240 del Reglamento de la
Ley de Migración, la persona extranjera que obtenga este beneficio y no presente el trámite
correspondiente en el plazo que le fue señalado, deberá abandonar territorio nacional dentro del
mismo plazo a través de un lugar destinado al tránsito internacional de personas en la frontera
sur más cercano al lugar donde se expidió el citado documento”. Esta referencia a la frontera
sur aparece en los oficios de salida que migrantes, como el camerunés mencionado, vienen recibiendo en las últimas semanas.
Constantemente se comenta que el gobierno ya no dará pases a migrantes de forma masiva,
por lo que ha planteado a los extracontinentales que regularicen su estancia, ya sea reubicándose o pedir asilo, pero el permiso para transitar definitivamente no llegará. Muchos africanos
están empecinados en el oficio de salida sin aceptar otra prerrogativa. De aceptar la propuesta
del Gobierno Federal de establecerse implica planear el apoyo a los africanos a establecerse en
no solo en Chiapas sino en los estados del sur en donde implicaría crear empleos, acceso a la
salud y educación. Sin embargo, para el sentido de vida de muchos ellos es solo el paso para ir
al norte solo un pequeño grupo de africanos aceptó y fueron llevados a las Costas de Oaxaca.
Los titulares plantean ya una propuesta: “Piden que a migrantes les den el salvoconducto o que
los deporten” o bien “Migrantes deben aceptar propuesta de establecerse en estados del sur”.
El panorama que se viven con el fortalecimiento del control migratorio, la necesidad de
conseguir recursos económicos para la subsistencia ante una prolongada estancia temporal en
este espacio de tránsito, y la imposibilidad o el no deseo de regresar a los países de origen, se
está traduciendo en largos tiempos de permanencia en Tapachula de una comunidad africana en
tránsito. Estas situaciones promueven que Tapachula deje de ser un territorio de tránsito para
convertirse en destino temporal o permanente ante las actuales solicitudes de refugio.
5.- DISCUSIONES
Considerando la premisa de que todo flujo migratorio trae consigo un impacto y como tal
un cambio en las estructuras tanto de los receptores como de los que se desplazan, en los flujos
migratorios que se están dando en la región del sur de Chiapas, particularmente en Tapachula,
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la migración el análisis es obligado desde una lectura cultural como potencial para la transformación normativa y desde una perspectiva estructural con sus ingredientes demográficos y
económicos.
Considerando que la propuesta de los niveles en los estudios sobre el cambio que se ubican
en el micro nivel de los individuos y las familias, el meso nivel de las comunidades y las regiones, y el macro nivel de los Estados nación y la economía global (Massey et al., 1998; Portes,
1999) (cit. por Portes, 2009).; las narrativas anteriores plantean cuatro posibles líneas para generar un análisis micro y meso nivel en dos direcciones: por un lado, en el sentido antropológico
en la emergencia de conductas propias de la enculturación y bien por otro, desde los efectos de
las políticas de contención migratoria.
En primer lugar, se observa por parte de la comunidad receptora, una “invasión” de migrantes que nunca se había visto, y aunque la migración centroamericana fue parte de la “normalidad”, nunca se había visto caravanas masivas irrumpiendo y ocupando los espacios que le
dan identidad cívica al tapachulteco, provocando una reacción xenofóbica argumentada con el
descuido de los espacios públicos. En segundo lugar, la presencia de africanos es vista también
como una invasión, no tanto al espacio, sino a la cultura y a la identidad. Alejandro Portes
(2009) le llama “movimientos telúricos”, que vienen a desestabilizar en una baja intensidad las
estructuras de poder asentados en los “planos institucionales” y los “planos simbólicos” generalmente dibujados en la cotidianidad de las comunidades.
En tercer lugar, la política de contención migratoria, desde un análisis geopolítico, se puede
considerar en términos hipotéticos como la concreción del muro que había planteado Trump:
todo parece indicar que el discurso de una política de considerar a México de ser un “tercer país
seguro”, se concretiza de en la creación de una “región segura”, flanqueada por un “muro burocrático” que está obligando al nacimiento de una comunidad a desarrollar una cultura para vivir
de este lado del muro. Y finalmente en cuarto lugar, el efecto Trump es el nacimiento de una
comunidad africana en consecuencia de las políticas de contención que no permiten el tránsito
regular: los migrantes acusan que el documento de tránsito que ofrece los obliga a salir solo por
la frontera sur de México y ya no les permite llegar al norte.
Si bien, toda migración representa el lugar de destino como el objetivo final de la movilidad,
esto implica iniciar una etapa de integración que va desde la regularización migratoria hasta los
mecanismos de sustento; ¿Cómo se darían en estas fases, en un país que no es el destino, pero
que obligados se tendrían que adaptar? ¿Cuáles serían los efectos, costes políticos y económicos para la región?
5.- CONCLUSIONES
En términos antropológicos, las narrativas sobre la migración en el sur de Chiapas contienen el ingrediente que traen consigo una recomposición de la vida cotidiana. Los habitantes
de Tapachula, en su vida diaria se están acostumbrando a ver a largas filas de migrantes, en su
mayoría centroamericanos, frente a las oficinas de las agencias de refugiados.
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Este movimiento está implicando varios cambios, incluidos los lugares de convivencia cotidiana, de trabajo y de consumo, significa que existe una ruptura en el ámbito individual o social,
en tal vía implica un aprendizaje social en términos internacionales e interregionales, creando
nuevas relaciones, nuevas solidaridades y un nuevo capital social y aunque no corresponde a
una ruptura total, si se puede acudir al concepto llamado transnacionalismo o el de comunidades transnacionales. (Peixoto, 2007). Prueba de ello es la cotidiana multitud políglota de África,
Asia y el Caribe que se reúne regularmente en la sede local del INM y la agencia de asuntos
migratorios. Los tapachultecos conviven con los que se encuentran atrapados en una creciente
represión de las autoridades mexicanas y abandonados en esta asfixiante ciudad del sur. Los
migrantes no pueden continuar sin arriesgarse a ser detenidos, y permanecen en Tapachula juntando la documentación para viajar legalmente.
Las historias narradas, cuentan como el aumento en este año del número de migrantes junto
con los puestos de control a lo largo de la carretera costera y obviamente la estrategia mexicana
es previsible tanto que el hecho de colocar puntos de contención en las carreteras tiene como
sentido acorralarlos y detenerlos en el sur. Ante la necesidad de propuestas, la secretaria de
Gobernación planea crear un cinturón de contención en el Istmo de Tehuantepec, el punto más
estrecho para evitar que avance hacia el norte.
El escenario en Chiapas está cambiando la atmósfera de los meses pasados, cuando decenas
de miles de centroamericanos -tanto en caravanas organizadas como en pequeños grupos- se
movieron libremente por la zona. A muchos se les concedieron rápidamente visas humanitarias
como parte de la promesa del presidente López Obrador de ayudar a los migrantes. La alfombra
de bienvenida ha sido retirada y en la carretera costera, agentes de inmigración, la policía federal y oficiales militares exigiendo a los pasajeros documentos, los que carecen y no demuestran
su estatus legal son escoltados a las camionetas de inmigración.
Las voces representativas expresan preocupadamente que los migrantes que llegan a Tapachula, no tienen otra opción que quedarse y solicitar documentos de inmigración - visados,
permisos de visitante temporal, estatus de refugiado o documentos de salida que dan a los
beneficiarios 30 días para salir de México. Convirtiéndose en una tortuosa y asfixiante espera.
La demanda abruma a la burocracia migratoria, que además tiene recortes presupuestarios.
La agencia de refugiados del país espera que las solicitudes se dupliquen este año en comparación con las del año pasado. Mientras que los centroamericanos representan la mayoría de los
migrantes, un gran número de los llamados extracontinentales de todo el mundo también han
hecho el viaje. La percepción de esta realidad es el reconocimiento y la aceptación que existe
otra sociedad y para “los otros”, y “estar aquí” es vislumbrar para ellos un nuevo horizonte social, lo que significa que tiene lugar un “cambio subjetivo radical” (Peixoto, 2007), es decir una
ruptura y a una revolución en la vida cotidiana; lo que permite comprender que los migrantes
en su travesía demuestra que no están resignadas a su condición social.
Los habitantes de esta ciudad también están aprendiendo a vivir en represión y un desplieRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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gue planeado de la Guardia Nacional, esto ha generado protestas contra la militarización de la
frontera sur de México al estilo estadounidense, que se comparan con los intentos de Trump de
construir un muro a lo largo de la frontera entre ese país y Estados Unidos, creando una realidad
nueva en tan solo un año.
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Responsabilidad Social Empresarial a las Responsabilidades en Derechos Humanos1
Corporate Social Responsibility to Human Rights Responsibilities
Luis Alejandro, Rodríguez-Cruz2
https://orcid.org/0000-0002-4714-9238
Verónica, Cuevas Pérez3
https://orcid.org/0000-0001-6901-1398
Víctor Néstor, Aguirre Sotelo4
https://orcid.org/0000-0003-0469-2414
Universidad Autónoma de Nuevo León, México
___________________________________________________________________________
RESUMEN
Este articulo tiene como objetivo explicar la relación asimétrica que se encuentra en la Responsabilidad Social
Empresarial (RSE) y los Derechos Humanos (DH), iniciando con el origen de la Responsabilidad Social y como le
da paso a la existencia Empresarial, tomando como base diferentes eventos claves como la Cumbre del Milenio y
el Pacto Global de la Organización de las Naciones Unidas (ONU), así como documentos esenciales para expresar
conforme a la teoría, como los Diez principios del Pacto Global, Los Principios Rectores de las Naciones Unidas;
haciendo una reflexión acerca de los desafíos empresariales para cumplir con sus responsabilidades y no afectar
los derechos humanos. La conclusión se centra en exponer esa estrecha relación de la RSE y Derechos Humanos,
dando recomendaciones a futuros trabajos en la misma línea de investigación.
Palabras clave: Consulta Previa Libre e Informada, Derechos Humanos, Organización de las Naciones Unidas,
Responsabilidad Social, Responsabilidad Social Empresarial.
ABSTRACT
The objective of this article is explain the asymmetric relation that is found in the Corporate Social Responsibility and the Human Rights, starting with the origin of the Social Responsibility and the existent business existence,
based on different key events such as the Millennium Summit and the Global Compact of the United Nations (UN),
as well as essential documents to express according to the theory, reflecting on business challenges to fulfill their
responsibilities and not affect human rights. The center of this conclusion is exposing the relation of RSE and Human Rights, giving recommendations for future work in the same line of investigation.
Keywords: Free and Informed Prior Consultation, Human Rights, United Nations Organization, Social Responsibility, Corporate Social Responsibility.
Recibido: 25 de Octubre 2018 - Aceptado: 29 de Febrero 2019
Cómo referenciar este artículo:
Rodríguez-Cruz, L. A., Cuevas Pérez, V., &amp; Aguirre Sotelo, V. N. (2018). Responsabilidad Social Empresarial a
las Responsabilidades en Derechos Humanos . Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, 63-79. Recuperado
de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/136

1
Artículo de revisión derivado del proyecto de investigación: Responsabilidad Social Empresarial a las Responsabilidades en Derechos Humanos.
2
* Doctor en Filosofía con Orientación en Relaciones Internacionales, Negocios y Diplomacia. Profesor-Investigador en la Universidad Autónoma de Nuevo León. Email: alejandro_rdz88@hotmail.com
3
* Doctora en Filosofía con acentuación en Ciencias Políticas. Profesora tiempo completo en la Universidad Autónoma de Nuevo
León. Email: veronicacp70@hotmail.com
4
* Doctor en Filosofía con acentuación en Ciencias Políticas. Profesor tiempo completo en la Universidad Autónoma de Nuevo
León. Email: victor.aguirrest@uanl.edu.mx
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�Responsabilidad social empresarial...

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1.- INTRODUCCIÓN
En los últimos años, con el fenómeno de la globalización, surgen cambios y nuevas estrategias entre las empresas y los mercados para competir a nivel internacional. Emerge también un
nuevo paradigma buscando medir la sustentabilidad económica, social y ecológica. La medición de este paradigma nace ante la observación en la nueva gestión de hacer negocio a través
de la Responsabilidad Social Empresarial (RSE).
La exigencia ética de sostenibilidad invita a redefinir los modelos de gestión de las organizaciones y los territorios locales, nacionales y regionales, la responsabilidad social no es acción
social que se mantenga al margen de la actividad principal de la organización, sino un nuevo
sistema de gestión de la organización.
La competitividad en las empresas es cada vez mayor, es por esto que para su supervivencia
deben atraer a los clientes con argumentos buenos y diferentes a las demás organizaciones. La
responsabilidad social es uno de los argumentos más importantes, de esta manera la organización que se funda en este argumento como lo es la responsabilidad social, presenta una imagen
más transparente y sincera a los clientes. Es por esto que surge la necesidad de crear empresas
que buscan crear un buen ambiente social, donde exista el respeto al trabajador, la ética y la
responsabilidad social.
En la Actualidad la Responsabilidad Social se ha ido evolucionando y se han arraigado en diferentes Organismos Internacionales, hoy se habla ya de una manera sólida de sustentabilidad;
hoy se han realizado grandes documentos como el Libro Verde y el Blanco; y se han publicado
guías extraordinarias como las Directrices de la Organización para la Cooperación y el Desarrollo Económico (OCDE) o la tan ansiada ISO26000; además la economía global ha hecho que
las acciones sociales se conviertan en una herramienta estratégica de negocio. La razón de ser
de las compañías no debe centrarse en resolver las necesidades de los sectores menos atendidos,
sin embargo, sí es necesario que conciban la idea de generar valor social y económico.
La RSE no es una obligación legal que tiene que cumplir la organización, pero cabe mencionar que el mercado ha aprendido a diferenciar de entre aquellas empresas que realmente
están comprometidas socialmente de aquellas que no lo están. El uso de la RSE en pequeñas
y medianas empresas es fundamental ya que son las que más contribuyen a la economía y a la
creación de puestos de trabajo. Las iniciativas sociales van de la mano con la misión y visión de
la empresa, se debe de mantener un balance entre los negocios y las actividades sociales.
La RSE ha de ser ética en el sentido de conversión sobre las reflexiones filosóficas y morales hacia las corporaciones para que guíen los comportamientos de las personas dentro de las
ejecuciones y el cumplimiento de los fines estipulados, de igual manera, ha de gozar
de integridad y neutralidad a todos sus grupos de interés, generando oportunidad en
igualdad de condiciones y permitiendo elementos equitativos asociados al aspecto coherente
de sus intenciones y realizaciones; la coherencia es un aspecto de la RSE enfocado a la
equivalencia entre las decisiones plasmadas y las acciones tomadas en la consecución de
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los planes y estrategias por medio de gestiones y prácticas que reflejen la veracidad, seguridad y viabilidad de las expectativas e intereses de las partes relacionadas y por último ha de
reconocer el dialogo como construcción de tácticas de administración y dirección compartida
mediante la participación activa en posibilitar los juicios en prácticas concretas Adarme Durán,
J. S., &amp; Maldonado Vásquez, J. A. ( 2020).
En un mundo globalizado, donde las empresas son tan poderosas, mucho más que los países,
los Estados-Naciones van perdiendo un poco de poder. Ya no hay fronteras, hoy el comercio es
muy importante, es por eso que la RSE de la empresa es muy importante y va más allá de vender
un buen producto, de satisfacer a sus consumidores, de pagar bien a sus obreros o darles alguna
ganancia a sus inversionistas, mientras más grande sea la empresa, más responsabilidades tiene.
Las personas frecuentemente se preguntan si las empresas tienen sus códigos de ética. Si hacen informes respecto a lo que hicieron en cuestión de responsabilidad social, si es qué hay algo
que realmente los impulsa o si sólo lo hacen para tener un buen marketing, las personas deben
diferenciar si estas actividades de ética realmente corresponden a los ideales de la empresa o
solo es para crear una imagen y posicionar su producto, sin embargo, la RSE es algo que se debe
de hacer por el simple hecho de estar inmersos en la sociedad.
Y es aquí donde surge la relación asimétrica de la RSE y los DH, ya que nace a partir de que
las empresas puedan ser sancionadas por violar las normas internacionales de protección de
los derechos humanos siendo así un elemento esencial obligatorio para estas, por lo cual esta
relación las invita a cumplir con obligaciones jurídicas que deben ser respetadas en cualquier
parte donde necesiten desarrollar proyectos, asumiendo los tratados internacionales en derechos
humanos, las empresas al tener esta Responsabilidad Social (RS) le garantiza permanencia en
una cultura de la legalidad, contribuyendo al bienestar social mundial.
La pregunta es ¿Cómo es el impacto de las Empresas Socialmente Responsables en términos de Derechos Humanos para los grupos vulnerables mediante los proyectos implantados en
territorios de estos? Nuestro objetivo es explicar la relación asimétrica que se encuentra en la
Responsabilidad Social Empresarial (RSE) y los Derechos Humanos (DH) que con el tiempo
ha ido evolucionando de pasar de una simple distinción como empresa que emerge con políticas
de RSE a su impacto en los DH de los grupos vulnerables.
La cuestión de la responsabilidad empresarial en el ámbito del derecho internacional no es
una cuestión que haya aparecido recientemente en el escenario global; por el contrario, es un
tema que durante cuarenta años se ha desarrollado en múltiples frentes y con distintos propósitos, desde el establecimiento de un nuevo orden económico internacional hasta la consagración
de estándares laborales y de responsabilidad social empresarial; desde 1977 se buscó desarrollar un código de conducta para las empresas transnacionales que regulara los diferentes aspectos y efectos de su actividad, dentro de cuyos estándares se encontraba una referencia sobre la
obligación de las empresas transnacionales de respetar los derechos humanos y las libertades
fundamentales de los países en que operen. (Cantú, Rivera, H. 2017).
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Lo que hace que exista una problemática que se está haciendo más visible y común, dentro
del tema relación entre empresa y derechos humanos, esto por la creciente evidencia que dejan
ver las organizaciones de ciudadanos preocupados por la violación de los derechos humanos,
así como las instituciones que se dedican a esto; específicamente en el desarrollo de proyectos
que impactan en territorios de grupos vulnerables.
Ghys, T. (2019) menciona que los derechos humanos crean argumentos y obligaciones legales que hacen que se protejan y se respeten en diferentes casos que son enmarcados en términos
de ineficacia lamentable como el crimen o la corrupción, además de señalar la necesidad de
continuar realizando una mejora institucional que aumente la dignidad de todas las personas.
Esa situación viene haciendo cada vez más evidentes los efectos que frecuentemente la actividad empresarial puede tener sobre los derechos humanos. La actividad económica, tanto
pública como privada suele tener un impacto directo sobre las personas y comunidades que se
desenvuelven tanto en su entorno como en su interior. Las consecuencias sobre el medio ambiente, la salud, la afectación de los derechos de las comunidades, especialmente indígenas, la
vulneración de los derechos fundamentales de sus trabajadores, particularmente a través de la
adopción de medidas discriminatorias de distinta naturaleza, son los ejemplos más reiterativos
de una realidad cada vez más acuciante. (Ljubetic, Y. 2017).
Para decir que una empresa pueda llegar a tener responsabilidad internacional se suele tomar
como referencia que tengan o no personalidad legal internacional en analogía con otros actores
no estatales. Ello supondría que se pasara de un concepto tradicional de responsabilidad vertical
en derechos humanos a un concepto de horizontalidad que gana fuerza a medida que los actores
no estatales violan la dignidad y los derechos humanos. (Tapia Gutiérrez, 2014).
La relación empresa – derechos humanos, es sencillamente invitar a cumplir a los actores
privados a cumplir con las obligaciones en DH lo cual es importante para ambos actores, ya que
se cumple con no violar los derechos de grupo vulnerables y las empresas pueden maximizar
sus utilidades lo cual es su principal objetivo al momento de desarrollo proyectos que pudiesen
impactar dichos grupos.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Responsabilidad Social
Compromiso u obligación así es llamada la responsabilidad social que involucra a los miembros de una sociedad, como individuo o como parte de un grupo social que al momento de
tomar una decisión arrojara un impacto positivo o negativo.
El concepto de responsabilidad ha sido un término de referente común para diferentes ámbitos de la vida, y el derecho lo ha trabajado ampliamente desde la teoría general de la responsabilidad. En busca de un sentido concreto, el derecho ha concebido la responsabilidad a través
de los criterios de imputación. Para comprender el término de responsabilidad social, el análisis
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debe partir de entenderla como un compromiso ético-moral de individuos, grupos, entidades,
organismos e instituciones con la sociedad. (Torres, J. B., &amp; Alemán, L. S. 2020).
La responsabilidad social tiene su origen desde el inicio de la historia, desde nuestros antepasados, en lo cual los principales actores era la misma humanidad, para que esto se realizara,
podemos observar en las palabras del político - filosófico Cicerón en su libro primero de “ Los
Deberes” donde explica sobre los deberes que tiene el hombre hacia la sociedad y hacia el mismo y plantea que existe únicamente una ley verdadera, la cual es la recta razón, que de acuerdo
con la naturaleza, gobierna sobre toda la humanidad, es infinita y no cambia. Esta ley estimula
a la sociedad a cumplir con sus deberes, prohibiéndoles hacer el mal.
La responsabilidad permite establecer las características que debe tener un ciudadano del
mundo con la competencia de la responsabilidad social, una de las definiciones más específicas
que llama más la atención, es que la responsabilidad social es la preocupación por las consecuencias ambientales y sociales de la actividad humana o de las organizaciones.
EL Libro Verde de la Comisión Europea, menciona que la responsabilidad social es “la responsabilidad de las empresas por sus impactos en la sociedad”.
La responsabilidad social es el compromiso contraído por las acciones u omisiones de cualquier individuo o grupo que generen un impacto en la sociedad; pudiendo recaer éstas en una
persona, organización, gobierno o empresa. Dichas acciones suelen traer consigo una valoración positiva o negativa por parte de la comunidad. (Comisión Europea, 2001).
En un entorno de economía globalizada, las relaciones productivas y sociales cambiaron
radicalmente, evidenciando la incapacidad del Estado para proporcionar respuestas. Ahora la
ciencia y la tecnología están aportando estructuras de oportunidad que marginan a amplios
sectores de la población y generan conflictos institucionales, al tiempo que las instituciones
financieras, incluidas las públicas, se observan disfuncionales como promotoras del crecimiento. Bajo esta lógica la pobreza parece tener un nuevo y más severo rostro en la medida que la
globalización ha producido acentuados índices de desigualdad, marginación y exclusión social.
(Kliksberg, 2004).
La responsabilidad social no es algo que va de paso sin dejar huella, sino una obligación
universal para asegurar la sostenibilidad social y ambiental de nuestro modo de producción y
consumo en un planeta frágil en el cual todos tenemos iguales derechos a una vida digna. (Vallaeys, F., De la Cruz, C., &amp; Sasia, P. M., 2009).
Responsabilidad Social Empresarial
Cuando se habla de Responsabilidad Social Empresarial, se tiene que enfatizar en el origen
de su existencia, y quien la origino fue la Responsabilidad Social con la cual hablamos de tener
una inspiración voluntaria, de aceptar el compromiso que tenemos con nuestra sociedad, de
hacer el cambio, de ser maduros y hacer consciencia en los demás ante los problemas que se
nos presentan como sociedad, el cual nos hará adoptar hábitos que nos ayudaran a resolver esas
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problemáticas que se nos pudiesen presentar y causar un fuerte impacto.
Martínez (2005) menciona a la Responsabilidad Social Empresarial como “el compromiso
audible de la empresa con los valores éticos que dan un sentido humano a su empeño por el desarrollo sostenible buscando una estrategia de negocios que integre el crecimiento económico
con el bienestar social y la protección ambiental”.
Aguilera Castro, A. &amp; Puerto Becerra, D. P (2012) definen a la Responsabilidad Social Empresarial como una decisión de carácter voluntario, la empresa determina deliberadamente si
asume o no ese compromiso. Una vez asumida, la Responsabilidad Social Empresarial debe ir
orientada coherentemente con los principios de la empresa y con el cumplimiento integral de la
visión que se ha establecido tanto a nivel interno como a nivel externo; considerando las expectativas de las partes interesadas (stakeholders), demostrando el respeto por los valores éticos,
por la gente, por las comunidades, por el medio ambiente, y contribuyendo, de esta manera, con
la construcción del bien común.
La RSE nace en los años 20, pero fue en los años 30 cuando se incrementó debido a la gran
depresión, la cual ocasionó desempleo y pobreza, en EEUU, Europa y Latinoamérica. En 1950
y 1960 el mercado norteamericano comenzó a tomar más conciencia acerca de la labor social,
es en estos años donde las empresas comienzan a crear mecanismos para incentivar las contribuciones caritativas, que además favorece a las empresas ya que estas contribuciones representan menos impuestos para las empresas.
Es en este tiempo que el autor Howard R. Bowen (conocido como el Padre de la RSE) publicó el libro “Social Responsibilities of the Businessman” y fijó para siempre las bases de lo que
hoy entendemos como responsabilidad social empresarial.
Es en este libro es donde por primera vez se define a la RSE como “las obligaciones de los
empresarios para impulsar políticas corporativas para tomar decisiones o para seguir líneas de
acción que son deseables en términos de los objetivos y valores de la sociedad”; lo cual expresa
la relación entre la empresa y la sociedad.
En 1960 algunos empresarios plantean la idea de la Responsabilidad Social Empresarial,
pero es en el año de 1990 cuando este concepto fue tomando fuerza y se ha ido evolucionando
tras el desarrollo de la globalización, la actividad económica, la conciencia hacia el medio ambiente y las nuevas tecnologías. La importancia por la RSE no es nueva, desde mediados del
siglo XX se consideraba que las empresas deberían tomar en cuenta las consecuencias sociales
de sus decisiones. También en esta segunda parte del siglo XX aumenta la importancia de la
sensibilidad social respecto a la ética en los negocios.
En 1999 en la cumbre económica mundial, celebrada en Suiza, el secretario general de
las Naciones Unidas realizó una invitación a las empresas a cooperar dando muestras de una
buena ciudadanía global, propuso un acuerdo mundial que incluyera tres áreas: derechos humanos, condiciones de trabajadores y protección del medio ambiente, conciliando así los intereses
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comerciales y sociales.
Este hecho dio origen a lo que hoy se conoce como “el pacto mundial” que es la fuente inspiradora de la RSE.
La cumbre del milenio y el pacto global de la ONU.
La cumbre del milenio es un factor clave a nivel internacional para lo que hoy es la defensa
en derechos humanos y las responsabilidades que tienen las empresas en objeto de Responsabilidad Social a nivel mundial.
La cumbre del milenio de las naciones unidas, siendo parte integral de la asamblea del milenio se llevó acabo el 6 de septiembre del año 2000 en Nueva York, aprobada el 15 de marzo
del mismo año.
Entre los objetivos con la intención declarada de promover la paz, la seguridad y el desarme, los líderes mundiales se comprometieron a fortalecer el estado de derecho y a garantizar
el cumplimiento de las decisiones de la Corte Internacional de Justicia, a fin de proporcionar
a las Naciones Unidas los recursos necesarios para la prevención de conflictos y su resolución
pacífica, y para tomar medidas contra el problema internacional de las drogas y el terrorismo.
Los líderes mundiales que se reunieron en la Cumbre comprometieron a sus naciones a una
nueva alianza mundial para reducir la pobreza extrema y establecieron una serie de metas con
plazos concretos, con el 2015 como fecha límite, que se conocen desde la Cumbre del Milenio
como los Objetivos de Desarrollo del Milenio.
Dentro de la Resolución aprobada por la Asamblea General 55/2 Declaración del Milenio,
nos enfocamos en el punto I. Valores y principios, numero 6 específicamente en el de “Responsabilidad común”: La responsabilidad de la gestión del desarrollo económico y social en
el mundo, lo mismo que en lo que hace a las amenazas que pesan sobre la paz y la seguridad
internacionales, debe ser compartida por las naciones del mundo y ejercerse multilateralmente.
Por ser la organización más universal y representativa de todo el mundo, las Naciones Unidas deben desempeñar un papel central a ese respecto.
El tema del respeto a los derechos humanos para la ONU es de suma importancia, así que
dentro de sus estrategias para evitar las violaciones de derechos humanos opto por una metodología diferente que implementara el buen comportamiento empresarial, ya que estaba identificando que de forma directa o indirecta elevadas violaciones a los derechos humanos por parte
de las empresas, es así que de la mano del secretario general Kofi Annan en 1999, en el Foro
Económico Mundial de Davos, se extendió la invitación a los líderes mundiales empresariales
a llevar a cabo un importante Pacto Global, que por voluntad propia deberían integrar principios que estuviesen dentro de la normatividad internacional a sus prácticas y políticas internas
empresariales.

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Es así como el Pacto Global de las Naciones Unidas fue lanzado en julio del año 2000, como
una plataforma política y un marco practico para las empresas comprometidas con la sostenibilidad y las prácticas empresariales responsables, la cual pretende armonizar en todo el mundo
las operaciones y estrategias comerciales con diez principios universalmente aceptados en los
ámbitos de los derechos humanos, los estándares laborales, el medio ambiente y la lucha contra
la corrupción.
A través de un amplio abanico de vías de trabajo especializadas, instrumentos de gestión,
recursos y programas temáticos, el Pacto Mundial de las Naciones Unidas se propone avanzar
hacia el logro de dos objetivos complementarios: Incorporar los diez principios en las actividades empresariales de todo el mundo; y Catalizar las acciones en apoyo de los objetivos más
amplios de las Naciones Unidas, incluidos los objetivos de desarrollo del Milenio.
El Pacto Mundial de las Naciones Unidas no es un instrumento normativo, sino una iniciativa voluntaria basada en la rendición publica de cuentas, la transparencia y la divulgación de
información destinada a complementar la regulación y ofrecer un espacio para la innovación.
El Pacto Mundial se divide en cuatro áreas en las que las empresas deben realizar esfuerzos:
derechos humanos, derechos laborales, medio ambiente y combate a la corrupción. Tal como se
anuncia, este proyecto se trata de una plataforma para el desarrollo, la implementación y la revelación de políticas y prácticas corporativas responsables y sostenibles, que resulten en el alineamiento de operaciones y estrategias comerciales con los diez principios en ella enunciados,
en un diálogo permanente y conjunto, y en un esfuerzo colectivo por apoyar la implementación
de los Objetivos de Desarrollo del Milenio de las Naciones Unidas (UN Millennium Development Goals). Al unirse a tal iniciativa, las empresas se comprometen a entregar anualmente un
informe en el que se detallen la forma en que los diez principios del Pacto Mundial son aplicados, y a hacer un donativo anual cuyo monto depende del tamaño de la sociedad.
El Pacto Global es un marco práctico para desarrollar, implantar y divulgar políticas
y prácticas de sostenibilidad empresarial, que ofrece a las organizaciones que se adhieren, una amplia gama de recursos y herramientas de gestión para ayudarles a implementar
modelos de negocio y desarrollo sostenible. (Comité Minero Energético (CME) Guías Colombia en Empresas, DDHH y DIH, Pacto Global Red Colombia , 2019)
Dicho proyecto, a pesar de ser uno de los más aceptados por la comunidad empresarial
—esencialmente por su laxedad regulatoria—, también ha sido objeto de fuertes críticas por
parte de las organizaciones no gubernamentales y de la sociedad civil, ya que consideran que
al no existir algún mecanismo de regulación o control, las empresas pueden hacer uso de la
propaganda y logotipos de la iniciativa sin tener que cumplir con sus compromisos adoptados,
ni verdaderamente esforzarse por mejorar sus récords en materia de derechos humanos. (Cantú
Rivera, H. 2013)
Finalmente, el objetivo del pacto global fue promover el diálogo social para la constitución de una ciudadanía corporativa global, que posibilite conciliar intereses de empresas, con
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demandas y valores de la sociedad civil.
Este cambio creo en los miembros de las organizaciones mayor interés en los derechos de
los trabajadores y sobre los instrumentos para obligar al respeto de estos. Algunas influencias
que han ayudado a la evolución de la RSE son el desarrollo constante de la globalización, la
liberalización del comercio, el desarrollo ambiental sostenible, la acelerada degeneración del
medio ambiente y la exclusión de diferentes grupos en la sociedad
Los diez principios del pacto global
El objetivo de los diez principios del pacto global es invitar a las empresas a hacer conciencia para que apoyen, apliquen y se comprometan a influir en los derechos humanos, en el medio
ambiente, en la lucha contra la corrupción y la cuestión laboral de la sociedad.
Espinoza Santeli, (2016), menciona que las empresas adheridas al Pacto Global se clasifican
en tres categorías: la primera categoría es la de plataforma de aprendizaje en la cual las empresas pueden emitir sus Cop ́s (Comunicación del Progreso) sin cumplir con todos los requisitos
que exige el Pacto Mundial; la plataforma está disponible para ser utilizada una sola
vez y las empresas tienen un periodo máximo de un año para cumplir con todos los requisitos.
La segunda categoría es la de nivel activo, aquí se encuentran todas las empresas que
cumplen disciplinadamente todos los requisitos requeridos por el Pacto Mundial y en
caso de no reportar sus Cop ́s corren el riesgo de ser expulsadas. La última categoría es
la de nivel avanzado, aquí las empresas se enfocan en mejorar sus niveles de sostenibilidad y
rendimiento demostrando que cumplen cada uno de los principios del Pacto Mundial.
Los principios del pacto global están enfocados principalmente en los derechos humanos, los
cuales deben ser apoyados y respetados por las empresas, las cuales no deben ser cómplices de
violarlos en ninguna instancia.
En la cuestión laboral, las empresas deben apoyar la negociación laboral, no fomentar el
trabajo forzado, erradicar el trabajo infantil y acabar con la discriminación en el empleo y la
ocupación.
Con el medio ambiente, se deberá prevenir cualquier cosa que lo afecte y fomentar iniciativas que ayuden a la responsabilidad ambiental, apoyándose en el desarrollo y difusión de la
tecnología que respete al medio ambiente y por último eliminar la corrupción y el soborno en
toda instancia.

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Tabla 1 Principios del Pacto Global
PRINCIPIOS
PACTO GLOBAL
DERECHOS HUMANOS
Principio 1
Las empresas deben apoyar y respetar la
protección de los derechos humanos fundamentales reconocidos universalmente.
Principio 2
Las empresas deben asegurarse de que no
son cómplices de la vulneración de los derechos humanos.
Principio 3
Las empresas deben apoyar la libertad de
asociación y el reconocimiento efectivo del
derecho a la negociación colectiva.
ESTANDARES LABORALES
Principio 4
Las empresas deben apoyar la eliminación
de toda forma de trabajo forzoso o realizado
bajo coacción.
Principio 5
Las empresas deben apoyar la erradicación
del trabajo infantil.
Principio 6

Las empresas deben apoyar la abolición de
las prácticas de discriminación en el empleo y
la ocupación.

MEDIO AMBIENTE
Principio 7
Las empresas deberán mantener un enfoque preventivo
que favorezca el medio ambiente.
Principio 8
Las empresas deben fomentar las iniciativas que promuevan una mayor responsabilidad ambiental.
Principio 9
Las empresas deben favorecer el desarrollo y la difusión de las tecnologías respetuosas
con el medio ambiente.
ANTICORRUPCION
Principio 10
Las empresas deben trabajar en contra de
la corrupción en todas sus formas, incluidas
la extorsión y el soborno.
Fuente: Elaboración Propia. (2019)
Principales factores en los cuales las empresas deben apoyar, aplicar e influir para cumplir
con la Responsabilidad Social Empresarial en Derechos Humanos.
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La creación de los diez principios del Pacto Global fortalece el cambio de perspectiva de la
Responsabilidad Social, dejando atrás solamente el cumplimiento de una responsabilidad con la
sociedad, ahora ratifica que en su deber de cumplir con la sociedad se compromete a no violar
sus derechos en cualquier situación que le competa.
Jonh Ruggie, Representante especial del secretario general de la ONU sobre empresas y
derechos humanos
.
El respeto a los derechos humanos es fundamental para cualquier instancia a cumplir, y es así
que tomamos de base a John Ruggie, quien siendo profesor de Harvard fue nombrado representante especial del secretario general de la ONU sobre empresa y derechos humanos con el único
fin de desarrollar un proceso inspirado en el Pacto Global que pudiera sustituir las Normas
sobre las responsabilidades de las empresas trasnacionales y otras empresas comerciales en la
esfera de los derechos humanos, elaboradas en el 2003, cuyas normas imponían obligaciones
de protección y promoción de los derechos humanos a las empresas, las cuales no eran equivalentes a las del Estado.
El proceso de Ruggie a lo que hoy se le llama Principios Rectores de las Naciones Unidas
sobre empresas y derechos humanos, empezó señalando y aclarando normas uniformes sobre la
responsabilidad social empresarial, precisar la función del Estado en ese campo, el proceso tuvo
varias fases, la primera “el estado del arte” donde se pretendían equiparar las obligaciones de
las empresas con el estado, la segunda Política denominada Marco “Proteger, respetar y remediar” la cual agrupaba una serie de análisis e iniciativa que estaban dispersas, y la tercera poner
en práctica el marco y dar recomendaciones para su implementación orientando a Estados,
empresas y otras partes interesadas y fue así como John Ruggie, presenta en el 2011 al Consejo
de Derechos Humanos las recomendaciones con el nombre de Principios Rectores sobre las
Empresas y Derechos Humanos .
El Marco de las Naciones Unidas “Proteger, respetar y remediar” está basado en la interrelación de tres principios fundamentales:
•

•

•

El Estado tiene la obligación de proteger a las personas frente a los abusos de los derechos
huma- nos cometidos por terceros, incluidas las empresas, mediante medidas adecuadas,
actividades de reglamentación y sometimiento a la justicia. Esa protección constituye la
base misma del régimen internacional de derechos humanos.
Las empresas tienen la obligación de respetar los derechos humanos, lo que significa
actuar con la debida diligencia para no vulnerar los derechos de terceros y reparar las
consecuencias negativas de sus actividades. Ese respeto encarna la expectativa social
más elemental en relación con las empresas.
Es necesario mejorar el acceso de las víctimas a vías de reparación efectivas, tanto judiciales como extrajudiciales, pues ni siquiera los esfuerzos mejor coordinados pueden
impedir totalmente que se cometan abusos.

Sobre estos pilares se estructura un modelo dinámico que procura proponer a Estados y
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empresas las mejores prácticas para asegurar la efectividad de los derechos humanos. (Rulli &amp;
Bautista Justo, 2012), así mismo Rivera Hernández, P. &amp; Marañón Lazcano, F. (2018) mencionan que una de las formas en que se puede lograr un establecimiento de una cultura de paz es a
través de una mediación comunitaria por lo mismo es importante que se aparte de las acciones
del gobierno como una política pública que contribuyan a la sociedad en un cambio cultural y
permitan el respeto irrestricto de los derechos humanos.
El proceso que Ruggie ha llamado Principios Rectores se toma como fundamento para que
las empresas y el estado cumplan con el respeto a la Consulta Previa Libre Informada (CPLI) a
las comunidades indígenas, que son un caso específico de los grupos vulnerables.
Los principios rectores de las Naciones Unidas sobre empresas y derechos Humanos
Cantú Rivera (2017) menciona “El consenso sobre el respaldo unánime de los Principios
Rectores sobre las empresas y los derechos humanos en el Consejo de Derechos Humanos en
2011, así como la renovación del mandato del Grupo de Trabajo en 2014 son una muestra de la
trascendencia e importancia que este tema tiene en el escenario internacional, y del reconocimiento de la necesidad de que cada uno de los actores involucrados cumplan con sus respectivas responsabilidades.”
Los principios rectores son una puesta en práctica del marco de las Naciones Unidas para
“proteger, respetar y remediar”; son aplicados a todos los estados y a todas las empresas, tanto
trasnacionales como de otro tipo, con independencia de su tamaño, sector, ubicación, propietarios y estructura y se basan en el reconocimiento de:
• El deber del estado de proteger los derechos humanos.
En este primer pilar se adentran los primeros principios (1-10) los cuales se pueden resumir
de tal manera:
1. Protección por parte del estado, contra la violación de los derechos humanos cometidas
en su territorio incluyendo las empresas.
2. Asegurarse que las empresas respeten los derechos humanos en todas sus actividades.
(Funciones reglamentarias y normativas del estado de carácter general)
3. Cumplir con la obligación de protección, haciendo cumplir las leyes que tengan por objeto cumplir con los derechos humanos, revisar que otras leyes no restrinjan el respeto
a los DH por las empresas, así como asesorar, alentar o exigir a las empresas para que
mediante sus actividades respeten los DH.
(Nexo entre el estado y las empresas)
4. Nexo entre el estado y las empresas, a lo cual el estado debe adoptar medidas de protección contra las violaciones de los DH cometidas por empresas de su propiedad o bajo su
control.
5. Los estados deben cumplir con sus obligaciones internacionales en DH cuando contratan
los servicios de empresas.
6. El estado debe promover el respeto de los DH cuando realicen acuerdos comerciales.
(Fomentar el respeto de los derechos humanos por las empresas en zonas afectadas por conRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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flictos)
7. El estado debe asegurarse que las empresas que operan en zonas de conflicto, no se vean
implicadas en abusos y violaciones de los DH.
(Garantizar la coherencia política)
8. Los estados deben asegurarse de que todo organismo que configuran en prácticas empresariales respeten y sean conscientes de las obligaciones de los DH del estado.
9. Los estados deben mantener un marco normativo nacional para asegurar el cumplimiento de sus obligaciones de DH, cuando exista algún tratado o contrato de inversión con
las empresas.
10. Cuando el estado actúe en calidad de miembro de instituciones multilaterales debe asegurarse que las instituciones no se limiten a cumplir con la obligación de respetar los
DH, así mismo a alentarlos e inspirarse en los principios rectores para que exista cooperación internacional en la solución de problemas.
• La responsabilidad de las empresas de respetar los derechos humanos
En este segundo pilar se adentra la parte central de los principios (11- 24) los cuales se pueden resumir de tal manera:
11. Las empresas deben de respetar los DH y afrontar consecuencias negativas si tienen alguna participación en la violación de estos.
12. La empresa tiene la responsabilidad de respetar los DH reconocidos internacionalmente
y enunciados en la Carta Internacional de Derechos Humanos y en la Declaración de la
OIT.
13. Las empresas deben evitar que con sus actividades provoquen la violación de los DH
y prevenir las consecuencias negativas sobre los DH de acuerdo a su responsabilidad
establecida.
14. La responsabilidad de las empresas de respetar los DH es independientemente de su tamaño, giro, contexto operacional, propietario o estructura.
15. Las empresas deben contar con políticas y procedimientos para cumplir con su responsabilidad de respetar los DH.
Compromiso Político
16. Las empresas deben expresar su compromiso de respetar los DH mediante una declaración de política que esté aprobada y se difunda interna y externamente.
La debida diligencia en materia de derechos humanos
17. Las empresas deben proceder con una diligencia en materia de DH, que incluya un impacto real y potencial de sus actividades, como actual al respecto y darle un seguimiento.
18. Las empresas deben identificar y evaluar las consecuencias negativas sobre los DH en las
cuales puedan verse vinculados.
19. Las empresas deben integrar las conclusiones de sus evaluaciones de impacto en el marco de las funciones y procesos internos y tomar medidas oportunas.
20. Con el fin de verificar si se toman las medidas necesarias, las empresas deben hacer un
seguimiento de la eficacia de su respuesta.
21. Las empresas deben explicar las medidas que toman ante las consecuencias de sus actividades y para esto deben estar preparadas para comunicarlas exteriormente.
Reparación
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22. Las empresas deben reparar o contribuir a su reparación por medios legítimos de las
consecuencias negativas que llegasen a ocasionar.
Cuestiones de contexto
23. En cualquier contexto las empresas deben cumplir con todas las leyes aplicables, buscar
formas para respetar los DH, y considerar el riesgo de provocar o contribuir a violaciones
graves de los DH.
24. Cuando sea necesario las empresas deben dar prioridad a resolver las consecuencias negativas, reales y potenciales y tratar de prevenirlas.
• Acceso a mecanismos de reparación.
En este tercer pilar se adentra la parte final de los principios (25- 31) los cuales se pueden
resumir de tal manera:
25. Los estados deben tomar medidas apropiadas para garantizar, por las vías judiciales,
administrativas, legislativas o de otro tipo que correspondan para que puedan acceder a
mecanismos de reparación eficaces.
Mecanismos Judiciales Estatales
26. Los estados deben asegurar la eficacia de los mecanismos judiciales nacionales cuando
existan violaciones de DH por parte de las empresas.
Mecanismos Extrajudiciales de Reclamación del Estado.
27. Los estados deben establecer mecanismos de reclamación extrajudiciales eficaces y
apropiados, paralelamente a los mecanismos judiciales.
Mecanismos de reclamación No estatales
28. Los estados deben facilitar el acceso a los mecanismos de reclamación no estatales relacionado con los DH y las empresas.
29. Las empresas deben establecer o participar en mecanismos de reclamación eficaces de
nivel operacional a disposición de las personas y las comunidades que se vean afectadas.
30. Los mecanismos de reclamación eficaces deben estar disponibles y ser garantizados por
las corporaciones industriales, las colectividades de múltiples interesadas.
31. Los mecanismos de reclamación extrajudiciales, tanto estatales como no estatales, deben
ser: legítimos, accesibles, predecibles, equitativos, transparentes, compatibles con los
derechos, una fuente de aprendizaje continuo, basarse en la participación y el dialogo.
Finalmente podemos decir que los Principios Rectores los cuales fueron presentados en la
sesión del Consejo de Derechos Humanos, son un informe de un experto que los ha distinguido
por darle el seguimiento desde el momento que se llevó a cabo su implementación por diferentes actores especialmente por los Estados miembros de las Naciones Unidas, que ha dado
paso a la firma de tratados internacionales en materia de Derechos Humanos, que dan un nuevo
comportamiento desde la regulación estatal hasta las empresas trasnacionales.
3.- MÉTODO
Diseño
El enfoque investigativo de la presente investigación es cualitativo, de acuerdo con HernánRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 63-79. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/136

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dez, Batista y Fernández (2014) “Utiliza la recolección y análisis de los datos para afinar las
preguntas de investigación o revelar nuevas interrogantes en el proceso de interpretación” (p.7).
Alcanzando un diseño no experimental “Que se realiza sin la manipulación deliberada de
variables y en los que sólo se observan los fenómenos en su ambiente natural para después analizarlos” (Hernández, Batista y Fernández, 2014, p. 149).
El alcance establecido es el exploratorio “emplean cuando el objetivo consiste en examinar
un tema poco estudiado o novedoso” (Hernández, Batista y Fernández, 2014, p. 91).
Instrumentos
Para la construcción del marco teórico-conceptual de la temática “Responsabilidad Social
Empresarial a las Responsabilidades en Derechos Humanos”, se consultaron un total de veinte
referencias bibliográficas utilizándose como instrumento las ideas, argumentos y proyectos que
fueron interpretados desde una perspectiva analítica y crítica.
Procedimiento
Con relación a la comprensión del problema de la investigación se recopilan fuentes secundarias de documentos académicos. En el marco de referencia se definen los conceptos básicos
relativos a la Responsabilidad Social Empresarial. Una vez recopilada y analizada la información se construye el documento objeto de este trabajo. Por último, se realizan las recomendaciones y conclusiones conforme a los objetivos trazados (Bascón et al, 2016, p. 39).
4.- CONCLUSIONES
Con el fin de cumplir con su responsabilidad en el tema de Responsabilidad Social Empresarial, las empresas promueven la ejecución de acciones voluntarias de conducta con las cuales
se compromete a respetar y cumplir las normas internacionales de derechos fundamentales
como parte esencial de sus Políticas de RSE, sin embargo aún hay empresas que continúan
obstaculizando la codificación de los derechos humanos y las obligaciones correspondientes
involucrando a los diferentes sectores de la sociedad.
El tema de la medición de desempeño en estándares Derechos Humanos ha sido señalado
como un aspecto que necesita mayor análisis y desarrollo a nivel internacional, por el Grupo de
Trabajo de la ONU sobre empresas y derechos humanos, además de convertirlo en prioridad en
su agenda. Para medir sus impactos, analizarlos y determinar la mejor manera de resolver los
problemas que existen, las empresas se han valido de mecanismos como encuestas, herramientas de gestión, informes.
Con base a la teoría hemos visto que a nivel mundial se disponen de leyes que ponen a las
empresas a mantener una línea en el respeto a los derechos humanos, pero aun así queda en
duda si las autoridades de gobierno investigan las irregularidades que son cometidas por las
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 63-79. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/136

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empresas las cuales la única responsabilidad que se les invita a ejercer es respetar los derechos
humanos, pero que en muchos casos por conseguir sus beneficios y éxitos en los proyectos es a
costa de abuso contra el ser humano, uno de estos casos y el que nos interesa en esta investigación es el de las Comunidades indígenas que muchas de las veces se quedan en el intento para
que se haga justicia, pero no tienen suficientes elementos por no tener el apoyo de los sistemas
jurídicos, la corrupción, el no tener una información correcta y principalmente la gran relación
entre el Estado y la Empresas.
Finalmente contrastando como lo indicaba Cantú Rivera con el establecimiento de un nuevo
orden económico internacional a lo largo de los años la consagración de estándares laborales
de RSE, aparece esta relación con los Derechos Humanos, con el único objetivo de que sean
respetados estableciéndose en Organismos Internacionales a ir mas allá de una invitación a que
sea una obligación de las empresas trasnacionales de respetar los DH, siguiendo un código de
conducta ya establecido.
Se han realizado avances importantes utilizando estrategias y metodologías que han sido
usadas por las empresas para cumplir en los procesos del respeto a los derechos humanos en los
grupos vulnerables, haciendo distintos intentos a lo largo del tiempo con el principal objetivo
de que las empresas trasnacionales asuman su responsabilidad en proyectos de regulación internacional en el contexto del respeto a los derechos humanos.
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La simplificación en el procedimiento de servicio social1
Simplification in the social service procedure
Citlalli, Hernández-Ortega2
https://orcid.org/0000-0002-5114-5918
Claudia Iveth, González-Lozano3
https://orcid.org/0000-0003-2852-9216
Brenda, Montemayor-Fuentes4
https://orcid.org/0000-0001-6103-2725
Universidad Autónoma de Nuevo León, México
___________________________________________________________________________
RESUMEN
El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo consistió en analizar la evolución
e implementación del procedimiento administrativo y académico de la unidad de aprendizaje de servicio social.
La investigación fue de carácter no experimental, de tipo transeccional, univariado. Se aplicó el instrumento a una
muestra de alumnos inscritos para realizar el servicio social de agosto de 2015 a agosto de 2017, en la Facultad
de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales de la UANL. Tras la revisión documental se encontró que; la
asignatura de servicio social es una unidad de aprendizaje obligatoria de octavo semestre, de las tres licenciaturas
impartidas en dicha facultad, de la Universidad Autónoma de Nuevo León. Dentro del estudio se concluye que
la asignatura ha facilitado el seguimiento, procedimiento y evaluación al estudiante, al trabajo del docente y del
coordinador de servicio social, así como, a las instituciones receptoras.
Palabras clave: Servicio comunitario, servicio social, siase, simplificación.
ABSTRACT
This article is the product of a bibliographic review, whose objective was to analyze the evolution and implementation of the administrative and academic procedure of the social service learning unit. The research was
non-experimental, since the variable was not manipulated. The design to carry out the research was of the transectional type, since the data collection was only carried out at a single moment in time and included only one
variable. The population of interest were students enrolled for Social Service from August 2015 to August 2017,
at the Faculty of Political Science and International Relations of the UANL. After the documentary review it was
found that; the social service subject is a compulsory learning unit for the eighth semester, of the three degrees taught at the Faculty of Political Science and International Relations, of the Autonomous University of Nuevo León.
It is concluded that the subject has facilitated the monitoring and evaluation of the student, the teacher and social
service coordinator, as well as the receiving institutions
Keywords: Community service, siase, simplification, social service.
Recibido: 07 de Diciembre 2018 - Aceptado: 04 de Marzo 2019
Cómo referenciar este artículo:
Hernández-Ortega, C., González-Lozano, C. I., &amp; Montemayor-Fuentes, B. (2019). La simplificación en el
procedimiento de servicio social . Revista Política, Globalidad y Ciudadanía,80-96. Recuperado de http://
revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/137

1
Artículo de investigación derivado del proyecto de investigación: La simplificación en el procedimiento de servicio social.
2
* Maestra en Contaduría Pública por la Universidad Autónoma de Nuevo León, Docente de tiempo completo, Facultad de Ciencias
Políticas y Relaciones Internacionales Universidad Autónoma de Nuevo León. Correo: citlalli.hernandezor@uanl.edu.mx
3
* Maestra en Relaciones Internacionales por la Universidad Autónoma de Nuevo León, Docente de tiempo completo, Facultad de
Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales Universidad Autónoma de Nuevo León. Correo: claudia.gonzalezlzn@uanl.edu.mx
4
* Maestra en Ciencias Políticas por la Universidad Autónoma de Nuevo León, Docente de tiempo completo, Facultad de Ciencias
Políticas y Relaciones Internacionales Universidad Autónoma de Nuevo León. Correo: brenda.politicas@gmail.com
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 80-96. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/137

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1.- INTRODUCCIÓN
El presente artículo se plantea como problema analizar y entender las dificultades que presentan los alumnos de las diferentes instituciones quienes tienen la obligación de realizar su servicio social y que por falta de implementación de un programa de apoyo influya a que diferentes
alumnos se queden sin una plaza. Debido a que es bien conocido que en la nueva economía y
la nueva sociedad basada en el conocimiento deben rediseñar el sistema de educación superior
sólo para proporcionar las habilidades apropiadas y las habilidades para afrontar los nuevos
desafíos; las universidades deben comprender la nueva posición en la que se encuentran como
receptores de estudiantes internacionales y el impacto positivo que eso tiene en sus regiones y
países. (García, Jiménez, Zapata. 2018).
Por lo tanto, buscando un buen sistema de educación superior enfocado en el servicio social,
surge la pregunta ¿Cuáles son los factores que influyen en que los jóvenes que desean realizar
su servicio social no alcancen una plaza disponible?.
El artículo plantea como hipótesis: implementar un sistema que permita que los procesos
para la inscripción y realización del servicio social de los estudiantes sea más fácil, práctico y
eficiente, de esa manera ayudará a que más jóvenes logren terminar el servicio y que la mínima
cantidad se quede sin la plaza, con lo que se facilitará la reducción de pasos dentro del procedimiento, la eliminación del traslado físicamente de estudiantes, en el registro, seguimiento,
control y certificación del servicio social; ahorrando tiempo en los proceso y dinero que antes
debían invertir en traslados y en exceso de impresiones. Éste proyecto sin duda alguna trae
grandes beneficios para la comunidad estudiantil integral para la administración de los servicios
educativos.
El presente estudio se justifica en razón de pretender resolver la problemática que se presenta con los estudiantes de la Universidad Autónoma de Nuevo León, quienes se encuentran en
proceso de culminar sus estudios y que cuentan con la responsabilidad de realizar su servicio
social. Con la implementación de este nuevo sistema se desea reducir los conflictos y situaciones adversas que vive un estudiante a la hora de llevar a cabo su servicio social, y sobre todo al
encontrar una plaza disponible en donde realizar su servicio.
En el presente artículo se realizará un análisis de la evolución e implementación del procedimiento administrativo y académico de la unidad de aprendizaje de servicio social. El servicio
social, actualmente es una unidad de aprendizaje obligatoria de octavo semestre, de las diferentes licenciaturas impartidas en la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales,
de la Universidad Autónoma de Nuevo León.
Así mismo, se compartirán algunas experiencias, que contribuyeron en las mejoras durante
el registro, selección de plaza, inscripción, seguimiento, evaluación y certificación del servicio
social; y la implementación del sistema digitalizado que agiliza el proceso, que lleva como
nombre “Sistema Integral para la Administración de los Servicios Educativos” (SIASE).
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 80-96. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/137

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Esta simplificación en el procedimiento del servicio social, es el resultado de la renovación y
actualización en el área académica, administrativa, investigación, infraestructura, tecnología y
de responsabilidad social de la Universidad Autónoma de Nuevo León de acuerdo con la Visión
2020.
Para comprobar lo anterior, se analizará la experiencia de los estudiantes de la Facultad de
Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales de la UANL, específicamente en el periodo de
enero de 2015 a diciembre 2017, alcanzando interesantes resultados que benefician a los estudiantes, profesores, e instituciones públicas y privadas receptoras de estudiantes de servicio
social, así como la misma Universidad.
La simplificación en el procedimiento de servicio social apoyó en la facilidad y rapidez con
la que hoy se maneja, así como el soporte que ha dado el sistema (SIASE) para obtener indicadores que originen áreas de oportunidad para seguir cumpliendo con los objetivos y la visión de
la Universidad Autónoma de Nuevo León.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Concepto de servicio social y su fundamento
El servicio social tiene su fundamento legal, en el Artículo 52 y 53 de la Ley Reglamentaria
del Artículo 5º de la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos, relativo al ejercicio de las profesiones; al Reglamento para la prestación del servicio social de los estudiantes
de las instituciones de educación superior en la república mexicana; (Reglamento de Servicio
Social, 2014).
Al Artículo 38, Capítulo VIII de la Ley de Profesiones del Estado de Nuevo León: Los servicios profesionales de índole social deberán ser prestados (Congreso de Nuevo León, 2012)
por las siguientes personas:
I.- Por los estudiantes de las profesiones anotadas en el artículo 5o. de la presente Ley, y
que como requisito previo a la obtención de su título profesional durante un lapso no menor
de seis meses ni mayor de dos años, siempre y cuando no tengan impedimento físico o mental
para cumplir con el servicio; los estudiantes o egresados de las instituciones universitarias o de
educación superior existentes en la entidad, deberán prestar sus servicios en el Estado de Nuevo León; la realización de éste o de actividades que con dicho carácter pudieren corresponder,
según el tipo de profesión, sea por estudiantes, pasantes o graduados, que no hubieren cursado
la carrera profesional en instituciones de la Entidad, podrá autorizarse bajo circunstancias de
reciprocidad y de acuerdo a los reglamentos de los comités de evaluación que para cada profesión se emitan.
II.- Por cualquier profesional cuando así le sea solicitado por el Ejecutivo del Estado a través
del Departamento de Profesiones, para satisfacer el interés público, siempre que la naturaleza
del servicio sea de carácter temporal y no resulte incompatible con sus actividades;
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III.- Por los Colegios Profesionales.
Artículo 58, Sección 6 del Capítulo III de la Ley de Educación del Estado:
Los estudiantes del nivel de licenciatura deberán prestar servicio social en los casos y términos señalados en la Ley y demás disposiciones reglamentarias correspondientes. En éstas, se
preverá la prestación del servicio social como requisito previo para obtener el título profesional.
(Congreso de Nuevo León, 2019).
El servicio social se efectuará en actividades relacionadas con la formación profesional del
estudiantado y con una orientación de beneficio social. (Congreso de Nuevo León, 2019)
Artículo 4, Fracción IV de la Ley Orgánica de la Universidad; en lo referente a la prestación
del servicio social, como requisito para la titulación de los estudiantes.
La función de servicio social, que comprende aquellas actividades que promueven el desarrollo socio-económico y el bienestar de la población, realizándolas en términos de docencia e
investigación. (Congreso de Nuevo León, 1971).
En el ejercicio de sus funciones, la universidad se rehusará a fomentar o permitir todo aquello que atente contra la paz, la vida o la dignidad humana. (Congreso de Nuevo León, 1971)
La Universidad Autónoma de Nuevo León, a través de la Dirección de Servicio Social y
Prácticas Profesionales, se da a la tarea de realizar un reglamento de servicio social, cuya última
actualización es en el año 2014; en este reglamento se incluyen, las normas para la prestación,
seguimiento, evaluación y certificación del servicio social.
En el reglamento de Servicio Social de la Universidad Autónoma de Nuevo León, se define
como servicio social, al conjunto de actividades teórico-prácticas, de carácter temporal, que
ejecuten y presten los pasantes y estudiantes en beneficio de la sociedad, el estado y la comunidad universitaria. (Reglamento de Servicio Social UANL, 2014)
Es muy importante el servicio social, considerando que el principal fin, es promover la mejora social, incrementando la sensibilidad humana, y permitiendo que el estudiante desarrolle
una actitud de servicio; mediante programas que contribuyan en acciones de responsabilidad
social universitaria.
Considerando la finalidad del servicio social que es promover la ética, la mejora social y
la responsabilidad social de los estudiantes en la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones
Internacionales, desde agosto de 2012 únicamente se permite que los estudiantes realicen su
servicio social en instituciones públicas o asociaciones civiles de beneficencia social, cumpliendo con el artículo 10 del Reglamento de Servicio Social que manifiesta la preferencia a que el
servicio social se realice en instituciones públicas.
A partir de agosto del año 2015, en la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones InternaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 80-96. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/137

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cionales, el servicio social es una unidad de aprendizaje obligatoria de octavo semestre, con
un valor curricular de 16 créditos, de un total de 22 créditos. Dicha unidad de aprendizaje no
cuenta con calificación numérica, sino que se evalúa como CU (Cumplió).
Cabe mencionar que el servicio social no está sujeto a oportunidades de evaluación como
en las otras unidades de aprendizaje impartidas en la Universidad Autónoma de Nuevo León;
por lo que en el caso de que un estudiante no logre la certificación de su servicio social, deberá
volver a registrarse para cumplirlo en un periodo posterior.
Para lograr acreditar los 16 créditos de la unidad de aprendizaje de servicio social, el estudiante cubrirá 480 horas (456 horas en la organización receptora y 24 de servicio comunitario),
así mismo, llevará 12 horas aula-teoría siendo estas las reuniones de retroalimentación convocadas por un profesor a su cargo y el cual brindará seguimiento al cumplimiento del estudiante.
Requisitos para cursar la asignatura de servicio social
De acuerdo con el artículo 23 del Reglamento de Servicio Social de la UANL, son requisitos
para realizar el servicio social, los siguientes:
I. Estar inscrito según lo establecido en el Reglamento General sobre los Procedimientos de
Admisión y Permanencia de los Estudiantes.
II. Apegarse a lo establecido en el plan de estudios correspondiente.
III. Haber cubierto al menos el 70% del total de los créditos académicos del plan de estudios.
IV. Asistir al taller de servicio social impartido por la dirección
(Congreso de Nuevo León, 2014)
El primer requisito para realizar el servicio social, es que el estudiante se encuentre inscrito
de acuerdo al Reglamento General sobre los Procedimientos de Admisión y Permanencia de los
Estudiantes, ante la Universidad Autónoma de nuevo León; así como haber cubierto el 70 % del
total de los créditos del plan de estudios. Por lo que el estudiante, debe estar cursando el séptimo
semestre de la carrera para registrarse como candidato a cursar la unidad de aprendizaje en el
semestre inmediato siguiente. (Congreso de Nuevo León, 2012).
Una vez inscrito deberá acudir a un curso, impartido por la coordinación de la facultad, y
cuyo principal objetivo es explicar al estudiante el proceso administrativo y académico que deberá realizar, así como los tiempos y fechas programadas para inscribirse de manera definitiva
en una de las instituciones que solicitan vacantes, las cuales previamente se registraron en el
sistema SIASE y realizó de manera formal la entrega de documentos necesarios para solicitar
estudiantes de servicio social en un programa. Dicha entrega se realiza ante la Dirección de
Servicio Social y Prácticas Profesionales de la Universidad Autónoma de Nuevo León.
Tanto el procedimiento realizado por el estudiante, como el registro de vacantes, se encuentran en un manual realizado por la Dirección de Servicio Social y Prácticas Profesionales de la
Universidad Autónoma de Nuevo León, en el cual se explica de manera detallada los pasos a
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 80-96. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/137

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85
seguir.
Es importante destacar, que la inscripción definitiva para el semestre Enero – Junio se realiza la primera semana del mes de mayo iniciando con su servicio social el día 1 de junio. Y
la inscripción definitiva para el semestre Agosto – Diciembre es la primera semana del mes de
noviembre, iniciando con su servicio social el 1 de diciembre.
Procedimiento para el registro y selección de plaza de servicio social antes del año 2012.
El procedimiento antes del año 2012, es la fecha en que se inserta el sistema para registro,
inscripción, selección, seguimiento y certificación de servicio social a través del SIASE (Sistema Integral para la Administración de los Servicios Educativos).
Como hoy en día, el proceso administrativo de servicio social comenzaba con un pre registro
que el estudiante realizaba en la Jefatura de Servicio Social de la facultad, el registro era de
manera manual, sólo se solicitaban los datos personales y el horario deseado para realizar su
servicio social.
Meses después del registro, aproximadamente en los meses de noviembre y/o mayo se citaban a los estudiantes a un curso, donde se explicaba el procedimiento y se mostraban las plazas
disponibles para cada una de las carreras de facultad, así como se les explicaban las instrucciones que debían de cumplir al acudir a seleccionar la vacante en la Dirección General de Informática de la UANL, ubicada en Ciudad Universitaria en San Nicolás de los Garza, Nuevo León.
El horario de las citas era en función al promedio general de las calificaciones de los semestres
cursados de los estudiantes interesados.
En la Dirección General de Informática acudían los estudiantes a una sala donde existían
solamente un total de 30 computadoras, por lo que se organizaban en grupos de 30 estudiantes
cada 20 minutos. Ahí mismo el estudiante contaba con el acceso al sistema, seleccionaban su
plaza de acuerdo a los horarios de su preferencia y se les entregaba una boleta de presentación
que le serviría al estudiante para acudir a una entrevista en la institución receptora de servicio
social para ponerse de acuerdo en horario, actividades, funciones, etc.
Una vez que el estudiante se encontraba de acuerdo y era aceptado, nuevamente debía acudir a la ciudad universitaria a la Dirección de Servicio Social y Prácticas Profesionales de la
UANL, para notificar el estatus de la solicitud de aceptación en la institución receptora, o en
su caso, notificar lo contrario.
En el caso de que el estudiante y la institución no llegaban a un acuerdo, el estudiante al
acudir nuevamente a ciudad universitaria a la Dirección de Servicio Social y Prácticas Profesionales de la UANL, se le mostraban las vacantes que habían quedado disponibles y seleccionaban una a la que acudiría nuevamente a entrevistarse para llegar a un acuerdo y nuevamente
regresaría a notificar su aceptación o rechazo en la misma.

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México, ISSN 2395-8448. 80-96. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/137

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Si el estudiante fuera aceptado por la institución receptora, y se encontrara de acuerdo en
realizarlo en la misma, la Dirección de Servicio Social y Prácticas Profesionales de la UANL, le
entregaba el nombramiento, documento oficial de inicio de su servicio social. Dicho documento
contaba con 4 hojas de colores (una amarilla para el estudiante, una azul para la facultad, una
rosa para la institución donde hacían su servicio social y una verde para rectoría). El nombramiento que se le entregaba, debía de ser llevado a ser firmados y sellados por la institución
receptora de Servicio Social y entregarlos ya firmados y sellados a tres instancias; la primera
era dejarla en la misma institución donde realizaría su servicio social, la siguiente debía entregarla en la facultad y por último en la Dirección de Servicio Social y Prácticas Profesionales
de Rectoría.
Una vez que entregaba los nombramientos, iniciaba de manera oficial su servicio social.
Cada mes se debía llenar un reporte mensual de manera física en la institución misma y posteriormente el estudiante entregaba a la facultad cada mes. En dicho reporte se retroalimentaba
las actividades que desempeñaba el estudiante, así como la cantidad de horas que cubría en ese
mes, la cual era evaluada por parte de la institución. Era de gran importancia que el documento
se encontrara firmado y sellado por Recursos Humanos de la Institución para darle la formalidad y credibilidad requerida.
En ese momento en la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales de la
UANL, era permitido que los estudiantes realizaran su servicio social en instituciones privadas,
esto debido a que no se contaba con la cantidad de vacantes suficientes para cubrir la demanda
de los estudiantes. Actualmente, por fortuna no sucede esto y solamente los estudiantes pueden
realizar su servicio social en instituciones públicas o asociaciones civiles siempre y cuando
demuestre ser de responsabilidad social.
Al concluir el servicio social y después de verificar que la institución haya realizado los 6
reportes mensuales en el SIASE, así como la revisión del cumplimento por parte del estudiante
de un total de 480 horas en la misma, el estudiante debía solicitar a la institución una constancia
de terminación en donde manifestaba el haber concluido de manera satisfactoria su servicio social, así como la fecha en la que inició y lo termino. Posteriormente, el documento era firmado,
sellado y membretado por Recursos Humanos de la institución. También, el estudiante debía
llevar un reporte global, el cual era llenado por la institución receptora y en él se evaluaba al
estudiante en su desempeño, asistencia, puntualidad, etc.
Ambos documentos se entregaban en la Jefatura de Servicio Social de la Facultad, junto con
el nombramiento y un acta de nacimiento. Una vez entregados estos documentos, la Jefatura
de Servicio Social de la Facultad, elaboraba una constancia donde avalaba que el estudiante
había concluido satisfactoriamente. Al término del procedimiento, el estudiante debía llevar
toda la papelería original y dos copias de los 5 documentos a la Dirección de Servicio Social y
Prácticas Profesionales de la UANL. Una vez entregado los documentos, el estudiante esperaba
aproximadamente de 2 a 3 meses para que la carta de liberación llegue a la facultad y así concluir el procedimiento.

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Como se puede observar, era un procedimiento largo en donde el estudiante realizaba un sin
número de traslados de un lugar a otro y una cantidad importante de pasos con diversos documentos.
Procedimiento del servicio social en la actualidad.
Actualmente, se ha avanzado de manera significativa tanto en la simplificación del proceso
como en la agilización de los tiempos, mediante la implementación de un sistema en el cual, se
encuentra un solo registro en línea y en donde el estudiante solo lleva a la Jefatura de Servicio
Social de la facultad, el documento impreso del SIASE. Posteriormente, se le cita a un curso en
la misma facultad con el objetivo de explicar el procedimiento administrativo y académico que
debe realizar, así como los tiempos de selección de plaza, mismos que puede realizar desde la
comodidad de su casa.
Este mismo sistema le ofrece al estudiante las vacantes disponibles, las cuales puede seleccionar la de su preferencia e imprimir la boleta de presentación para acudir a una entrevista en
la institución seleccionada.
En caso de no llegar a un acuerdo, el mismo día puede nuevamente regresar al sistema para
seleccionar otra vacante y acudir a una entrevistarse con la institución.
En caso de haber llegado a un acuerdo, solo lo notifica en el mismo sistema, para posteriormente imprimir la boleta de confirmación de plaza, en la que aparecen los datos de la institución, así como el horario y fecha de inicio de su servicio social.
El seguimiento de servicio social, tanto del estudiante como de la institución receptora, es
realizado mediante reportes mensuales que cada mes llenan los estudiantes y las instituciones
receptoras.
Una vez concluido el servicio social y habiendo cumplido el estudiante con al menos 456
horas en la institución, con los 6 servicios comunitarios y un total de 24 horas, haber concluido
y llenado los 6 reportes mensuales entre el estudiante y la institución. El sistema le permite
imprimir la constancia de terminación a la institución, misma que debe entregar a la Jefatura
de Servicio Social de la facultad para que ésta, a su vez, organice los documentos y realice una
constancia que avale la terminación y cumplimiento por parte del estudiante de servicio social.
Hasta ese momento, el profesor sube la calificación de Cumplió (CU) en el SIASE. Tanto la
carta de terminación de la institución, como la carta emitida por la Jefatura de Servicio Social,
son entregadas por parte de la Coordinadora de Servicio Social de la facultad a la Dirección de
Servicio Social y Prácticas Profesionales de la UANL.
Herramientas de apoyo para el cumplimiento de servicio social.
La Dirección de Servicio Social y Prácticas Profesionales de la UANL, ha realizado enormes
avances en los últimos 3 años, ya que el servicio social se convierte en una unidad de aprendiRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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zaje que el estudiante debe acreditar, con carga curricular de 16 créditos. Para facilitar el cumplimiento de todas las partes involucradas, se elaboraron 3 manuales, uno para el estudiante,
uno para el coordinador y uno para el profesor de la unidad de aprendizaje de servicio social.
Actualmente, ya no es necesaria la carta de liberación en físico como requisito indispensable
para que el estudiante se titule de licenciatura, ahora de manera automática, el sistema le permite monitorear al departamento de Escolar si el estudiante acreditó o no la unidad de aprendizaje
de servicio social para continuar con su proceso de titulación.
Los periodos en los que el estudiante realiza su servicio social también cambiaron, anteriormente eran:
1) De agosto a febrero de cada año.
2) De febrero hasta agosto.
Actualmente se ajustan los tiempos:
1) Del 1 de diciembre al 30 de mayo
2) Del 1 de junio al 30 de noviembre
Adicional al cambio en las fechas de inicio y término del servicio social y del proceso administrativo que el estudiante realiza, también existe un proceso académico que el estudiante
cumple en el semestre que cursa la unidad de aprendizaje de Servicio Social. El Servicio Social,
es una unidad de aprendizaje semi-presencial con una cantidad de sesiones presenciales utilizadas y con el principal objetivo de dar seguimiento al cumplimiento de las obligaciones en el
sistema. Adicional a ello, una cantidad de sesiones en la plataforma NEXUS para cumplir con
actividades académicas y en las cuales, el estudiante realiza la entrega de evidencias que son
evaluadas en línea vía NEXUS (García, 2014) (Fig. 5.2); de este modo se obliga a que todos
los que participan en el Servicio Social intervengan en el proceso de seguimiento, evaluación y
acreditación del Servicio Social. (Dirección de Servicio Social y Prácticas Profesionales, 2014).
El estudiante en el semestre es evaluado con 4 evidencias y un Producto Integrador, las 4
evidencias son:
1. Expectativas en la organización receptora: el estudiante realiza un ensayo de lo que esperaba de las actividades en la institución dónde realiza el servicio social.
2. Reseña en la organización: el estudiante describe las actividades que realiza, y evalúa la
importancia de éstas para la organización y para su entorno.
3. Desafíos y soluciones en el servicio social: el estudiante describe las situaciones de contingencia que ha vivido durante el desarrollo de su servicio social y debe mencionar
cómo se ha enfrentado y que solución ha brindado.
4. Experiencia en el Servicio Social: el estudiante narra los acontecimientos que vivió durante los 6 meses y describe las habilidades que considera logró desarrollar y de qué
manera enriqueció su formación integral.
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También debe de realizar un Producto Integrador, que es un documento que contenga la
descripción de las actividades realizadas durante el servicio social y una reflexión personal de
los aprendizajes obtenidos durante el lapso del cumplimiento, así como si se realizó alguna
aportación adicional que haya dejado durante su estancia en la institución. (Programa Sintético
de la Unidad de Aprendizaje de Servicio Social UANL, 2013).
En el Producto Integrador se incentiva al prestador de servicio social a realizar una autoevaluación de la experiencia tanto en el servicio social como en su servicio comunitario.
Así mismo para el Coordinador de Servicio Social de la facultad es una herramienta, ya que
permite identificar a los estudiantes que aportaron algo adicional a las actividades que realizaba
en su servicio social, es decir, quienes enriquecieron y aportaron una mejora que fue adoptada
en el área donde realizó el servicio y se les invita a participar en el Premio a la Excelencia Universitaria del Servicio Social y Voluntariado que otorga la H. Consejo Universitario de la Universidad Autónoma de Nuevo León, y el que por 3 años consecutivos lo ha ganado la Facultad
de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales.
Todos los avances anteriormente descritos, han sido el resultado del gran trabajo realizado
de catedráticos y expertos en la materia; sin embargo, es muy importante no descuidar las áreas
de oportunidad detectadas hasta el momento; así como mantener los avances hasta el momento
logrados.
Como se ha observado en solo este periodo de 2 años, hubo un cambio radical y de contar
con un proceso lleno de pasos, traslados físicos y la impresión de un sinnúmero de documentos, a simplificar el procedimiento tanto del estudiante como de las instituciones que solicitan
estudiantes de Servicio Social.
Es a través del Sistema Integral para la Administración de los Servicios Educativos (SIASE), que es una plataforma de la Universidad Autónoma de Nuevo León, que se optimizan los
procesos administrativos de los departamentos de la Institución (Escolar, Recursos Humanos,
Finanzas, Servicio Social, entre otros) para obtener información en forma oportuna y confiable.
Y del software Oracle Secure Global Desktop (SGD).
3.- MÉTODO
Diseño
El diseño metodológico utilizado en el presente estudio, fue empleando el método cualitativo, desarrollando una pregunta de investigación y una hipótesis para utilizar la recolección
y análisis de los datos, así afinar las preguntas de investigación o revelar nuevas interrogantes
durante el proceso de interpretación.
La principal variable que se consideró, fue a través de la pregunta de investigación: ¿Cuáles
son los factores que influyen en que los jóvenes que van a realizar su servicio social no alcancen
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una plaza?
La hipótesis es considerada una hipótesis general y fue utilizada para establecer de forma
previa al estudio y conceptualmente, sin cuantificar las variables. La hipótesis nació del proceso
de generalización a través de ciertas observaciones que se han presentado sobre el fenómeno
de estudio.
En la presente investigación se tomaron como base los datos obtenidos por los reportes del
Sistema de Servicio Social, estos reportes son habilitados solamente para el Coordinador de
Servicio Social de las diferentes facultades de la UANL. La investigación fue de carácter no
experimental, ya que no se manipuló la variable. El diseño para realizar la investigación fue
de tipo transeccional, ya que la recolección de datos sólo se realizó en un momento único en el
tiempo e incluyó una sola variable. La población de interés fueron los alumnos inscritos para
realizar servicio social de agosto de 2015 a agosto de 2017, en la Facultad de Ciencias Políticas
y Relaciones Internacionales de la UANL. Para la codificación de datos se usó una hoja tabular
de Excel, en la cual se capturó la información arrojada por los reportes y se elabora la gráfica.
Paradigma Constructivista es una herramienta que nos ayuda a afirmar que el mismo es un
sustento para la investigación cualitativa; a continuación se indican las siguientes afirmaciones
como aportaciones principales de este paradigma.
• La realidad se la construye socialmente desde diversas formas de percibirla.
• El saber se construye de forma social por los participantes en el proceso investigativo.
• La investigación no es ajena a los valores del investigador.
• Los resultados no pueden ser generalizados en forma ajena al contexto y el tiempo
(Ramos, 2015).
Para el presente proyecto se ha decidido trabajar con estudiantes de la Universidad Autónoma de Nuevo León, próximos a culminar sus estudios para probar y medir resultados de un
antes y un después de existir SIASE, ya que son los principales afectados por el problema que
se presentaba por la ausencia de un programa o servicio que les simplifique los trámites y procesos para realizar su Servicio Social.
Participantes
Los participantes de este proyecto de investigación fueron los alumnos inscritos para realizar Servicio Social de agosto de 2015 a agosto de 2017, en la Facultad de Ciencias Políticas y
Relaciones Internacionales de la UANL.
En la investigación cualitativa, la decisión sobre el mejor modo de obtener los datos y de
quién o quiénes obtenerlos se toman en el campo, ya que los participantes del estudio nos resultan desconocidos cuando se inició y es la propia información obtenida la que va guiando el
muestreo.

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Con un muestreo estratificado resultará conveniente segmentar la muestra según las variables de interés. Para ello se debe conocer la composición estratificada de la población objetivo
para realizar un muestreo. Una vez calculado el tamaño de muestra apropiado, este se reparte
de manera proporcional entre los distintos estratos definidos en la población.
Tiende a asegurar que la muestra represente adecuadamente a la población en función de
unas variables seleccionadas. Se obtienen estimaciones más precisas y su objetivo es conseguir
una muestra lo más semejante posible a la población en lo que a la o las variables estratificadoras se refiere.
Instrumentos
Siguiendo la lógica de la metodología “investigación de campo”, se realiza directamente
esta técnica en el medio donde es presentado el fenómeno de estudio. La observación como el
primer paso de este proyecto, es una técnica que consiste en observar y analizar atentamente
el fenómeno, hecho o caso, recabar información y registrarla para su posterior análisis. La
observación es un elemento fundamental de todo proceso investigativo, en ella se apoya el
investigador para obtener el mayor número de datos, después se tiene la entrevista, encuesta,
cuestionario. Esta técnica fue elegida a raíz de los datos e información observados directamente
de la realidad a través del uso de técnicas de recolección de datos (entrevistas, cuestionarios y
encuestas) con el fin de dar respuesta a las situaciones o problemas que presentaban los estudiantes a la hora de registrar su servicio social.
Procedimientos
La investigación científica consta de ocho pasos:
1. Formulación del problema, siempre precisa de dos pasos: 1.-La selección de una idea
o tema a investigar, en este caso es el proceso tardío, los problemas o dificultades que
presentaban los alumnos e incluso los maestros en cuanto la realización del Servicio
Social que se tiene que realizar por parte de los estudiantes, antes del sistema digital que
actualmente facilita el proceso de inscripción y es denominado Sistema Integral para
la Administración de los Servicios Educativos (SIASE). 2.-Realizar una investigación
exploratoria de ese tema, básicamente es revisar todos los conflictos y los factores que
influyen en ese problema y la solución que se le ha dado.
2. Identificar factores importantes, los factores que forman parte del problema, es decir, que
lo describen. Los factores que están correlacionados con él y los factores que inciden en
él precisando sus relaciones casuales.
3. Recopilación de la información, búsqueda de los datos que permitirán confirmar o refutar una hipótesis. El científico no debe buscar confirmar las hipótesis sino probarla. Una
búsqueda indebida de confirmación de las hipótesis puede dar lugar a investigaciones
contrarias a investigaciones fiables.
4. Probar la hipótesis, contrastar o comparar las hipótesis propuestas con la información
real obtenida en el proceso de la recopilación de datos. Para realizar esta comparación
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5.
6.

7.
8.

es preciso someter los datos a un análisis estadístico de manera que se descartaron los
resultados obtenidos al azar o a algún factor no considerado. El análisis estadístico se
realiza mediante técnicas como la estadística descriptiva, prueba de hipótesis o la estadística inferencial.
Trabajar con la hipótesis, los resultados de la investigación se expresan mediante índices
aritméticos tales como porcentajes o tasas, índices de correlación, etc. Se muestran en
tablas de frecuencias, gráficos, etc. de tal manera se puede extraer una conclusión.
Reconsiderar la teoría, la naturaleza misma de las teorías empíricas es que pueden modificarse según los resultados de las investigaciones futuras. En este sentido, la confirmación o la refutación de una hipótesis es una contribución más en la construcción de una
teoría, contribuyendo de forma general en la ciencia misma.
Formular nuevas preguntas, la confirmación o refutación de una hipótesis es una plataforma para plantear nuevas preguntas de investigación o mejorar, actualizar o sustituir
las conclusiones obtenidas.
Publicación de los resultados, los resultados obtenidos son sometidos a evaluación mediante un artículo, en una publicación científica, para su evaluación por parte de la comunidad científica y reiniciar el ciclo.

4.- RESULTADOS
Los resultados del presente trabajo determinan que después de simplificar el procedimiento
de servicio social, que sin duda fue un trabajo exhaustivo y metódico, en el cual intervino la
colaboración de catedráticos, administrativos y expertos en el área de servicio social; y al ser
implementado, se observa que disminuyo la deserción y rotación de estudiantes; así como, se
incrementó la eficiencia terminal en aquellos que realizan servicio social.
En este contexto, se puede observar de una manera muy clara, un antes y un después de la
simplificación del procedimiento de servicio social; por mencionar algunos de los resultados
positivos de la simplificación del procedimiento se encuentra:
•
•
•
•
•

Incremento en vacantes.
Incremento en la eficiencia terminal de los estudiantes.
Reducción de pasos dentro del procedimiento.
Ahorro de impresiones.
Eliminación del traslado físicamente de nuestros estudiantes en el registro, seguimiento,
control y certificación del servicio social; ahorrando tiempo y dinero que antes debían
invertir.

Se puede comprobar lo anterior, ya que, en el mismo sistema, existe un reporte de la cantidad de estudiantes que realizan servicio social, la fecha, sus datos personales, si cumplió con el
llenado de reportes mensuales de seguimiento del estudiante y de la organización receptora, así
como si el estudiante entregó papelería y concluyó el proceso.
Con los datos de ese reporte, se elaboró la gráfica 7.1 y la tabla 7.1, que muestra la cantidad
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de estudiantes que realizaron Servicio Social por periodo y la eficiencia terminal de cada uno,
por lo que es claro el avance en el incremento la cantidad de Servicio Social realizadas por año,
y el aumento en la eficiencia terminal de las mismas.
Gráfica 1. Estudiantes que realizaron Servicio Social, del año 2012 al año 2017

Fuente: Elaboración propia, 2018.
Tabla 1. Vacantes de Servicio Social y su eficiencia terminal, del año 2012 al año 2017

Plazas de SS
% eficiencia
terminal
Estudiantes
realizando SS
Estudiantes
No Liberados
Estudiantes
Liberados

Ago
2012

Ene
2013

Ago
2013

Ene
2014

Ago Ene Ago
2014 2015 2015

Ene
2016

Ago
2016

Ene
2017

Ago
2017

27

29

28

29

31

33

33

35

37

50

42

95

94

96

91

92

95

98

99

98

98

97

444

346

494

375

224 392 223

431

216

446

233

21

21

20

32

19

3

5

7

6

423

325

474

343

205 374 219

428

211

439

227

18

4

Fuente: Elaboración propia, 2018.
5.- CONCLUSIONES
Por último, se sabe que las Instituciones de Educación Superior, progresan la investigación
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junto con la docencia y la extensión, para fomentar la durabilidad del desarrollo de las comunidades y su calidad de vida; ya que en sus programas y diseños curriculares se han incluido
experiencias comunitarias a través del servicio social comunitario, ayudando así a que el desarrollo humano y social de su entorno pueda tener un desarrollo visible.
En estos últimos años en los que el Servicio Social es una unidad de aprendizaje con valor
curricular, donde el estudiante debe realizar un proceso administrativo y un proceso académico,
para cursarla y acreditarla; es importante destacar que era de gran importancia reducir y simplificar el procedimiento de servicio social desde el registro, control, evaluación y certificación del
mismo; que antes se realizaba de manera física y manual, ya que era un área de oportunidad no
atendida, y que los estudiantes e instituciones requerían se atendiera. Afortunadamente hoy ya
se cuenta con el Sistema Integral para la Administración de los Servicios Educativos (SIASE),
donde de manera digital el estudiante, la institución receptora y los maestros, manejan ingresando al sistema desde una computadora, Tablet o celular inteligente para realizar el todo el
procedimiento de servicio social.
Esta simplificación del procedimiento de Servicio Social permite contar con un control más
eficiente, así como, tener mejores resultados en el seguimiento de éste. Otra de las ventajas de
la simplificación es el ahorro de documentación que antes se requería imprimir y ahora solo se
requiere monitorear a través del sistema. Es importante destacar que el sistema también permite evaluar el cumplimiento en lo académico de la unidad de aprendizaje al subir a NEXUS
(plataforma institucional para cursos presenciales, semi-presenciales y a distancia); las cuatro
evidencias y el Producto Integrador que el estudiante debe cubrir para acreditar la unidad de
aprendizaje de Servicio Social.
Por lo anterior, se considera que es de suma importancia la simplificación del procedimiento
de Servicio Social, ya que se toma el control desde la inscripción, el registro, la aceptación, el
seguimiento, el control, el seguimiento a los Servicios Comunitarios y la liberación; sin duda
aún se puede detectar más áreas de oportunidad para seguir facilitando a los estudiantes y a
todos los actores que participan en el procedimiento de servicio social pero constantemente se
sigue trabajando en la mejora continua del procedimiento.
Concluyendo con la idea de que actualmente las instituciones requieren de este tipo de actividades en donde logren ser pioneras de las distintitas competencias y habilidades que alcancen a desarrollar en los estudiantes principalmente aquellas actitudes de servicio con un sentido
humano y con una responsabilidad social que sean capaces de desenvolverse en los diferentes
contextos sociales.
Es así, como en la actualidad el servicio social debe de mantenerse en constante transformación para que los estudiantes que realizan las diferentes actividades multidisciplinarias y que
van más allá de un perfeccionamiento del área profesional del prestador del servicio social, se
conviertan en un motivante integrador a la realidad de los distintos panoramas del ejercicio
profesional.

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Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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El asilo diplomático y el principio de no devolución1
Diplomatic asylum and the principle of non-repayment
Leonel, Caraballo-Maqueira2
Instituto Superior de Relaciones Internacionales Raúl Roa García, Cuba
https://orcid.org/0000-0002-5244-7846
___________________________________________________________________________
RESUMEN
El objetivo de este articulo científico es analizar la figura del asilo diplomático en el contexto actual, tomando
como referente el caso de Julián Assange, para ello se realizó una revisión documental-bibliográfico transversal,
para el análisis cualitativo de la figura del Asilo diplomático y el principio de no devolución. La revisión documental permitió identificar que el asilo es la protección y seguridad que un Estado brinda a una persona extranjera que
lo solicita, por estar en peligro su vida y seguridad por razones políticas, económicas, religiosas o científicas. Se
concluye que al asilo diplomático se le aplica el principio de no devolución que es norma imperativa en el sistema
internacional, reconocido por la Corte Interamericana de Derechos Humanos.
Palabras clave: Asilo diplomático, asilo internacional, derecho internacional, refugio.
ABSTRACT
The objective of this scientific article is to analyze the figure of the diplomatic asylum in the current context,
taking as a reference the case of Julian Assange, for this purpose a cross-sectional documentary-bibliographic
review was carried out, for the qualitative analysis of the diplomatic asylum figure and the principle of non-repayment. The documentary review made it possible to identify that asylum is the protection and security that a State
provides to a foreign person who requests it, because it is in danger of its life and security for political, economic,
religious or scientific reasons. It is concluded that diplomatic asylum is applied to the principle of non-reimstation
which is a mandatory rule in the international system, recognized by the Inter-American Court of Human Rights.
Keywords: diplomatic asylum, international law, refuge, territorial asylum.

Recibido: 13 de Febrero 2019 - Aceptado: 26 de Abril 2019
Cómo referenciar este artículo:
Caraballo-Maqueira, L. (2019). El asilo diplomático y el principio de no devolución . Revista Política, Globalidad
y Ciudadanía, 97-109. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/138

1
Artículo de revisión derivado del proyecto de investigación: El asilo diplomático y el principio de no devolución
2
* Doctor en Ciencias Jurídicas. Profesor Titular del Instituto Superior de Relaciones Internacionales Raúl Roa García. Correo:
leonel@isri.minrex.gob.cu
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1.- INTRODUCCIÓN
La institución del asilo diplomático en América Latina ha jugado un papel fundamental en la
protección de la persona perseguida por su ideal político.
El 11 de abril de 2019, el Gobierno ecuatoriano retiro a Julián Assange, el asilo diplomático
que le había otorgado en su Embajada en el Reino Unido y lo entrego a las autoridades británicas.
En el Derecho un precedente, una decisión tomada como solución o respuesta a una situación
determinada, influye para bien o para mal, en las respuestas que en el futuro se den a situaciones
similares. Por ello, lo ocurrido con Julián Assange debe ser analizado por la academia, por cuanto puede tener implicaciones en una institución latinoamericanas como es el derecho de asilo
diplomático ¿Es de aplicación al asilo diplomático, el principio de no devolución reconocido
como norma imperativa de derecho internacional?
La respuesta a esta interrogante debe partir de la comprensión de la génesis y evolución del
asilo diplomático, entender la razón de su surgimiento y analizar a partir de lo dispuesto en los
tratados sobre la materia y los pronunciamientos que la Corte Internacional de Justica y la Corte
Interamericana de Derechos Humanos el imperio en él, del principio de no devolución.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Asilo
El Asilo es la protección y seguridad que un Estado brinda a una persona extranjera que
lo solicita, por estar en peligro su vida o seguridad personal, por razones políticas, religiosas,
científicas o de discriminación. El Asilo, comprende el Asilo Territorial y el Asilo Diplomático.
La institución del Asilo tiene larga data. “En el momento que los Estados modernos se apropiaron de la figura del asilo de una manera secular, se puso fin a una tradición que había durado
por más de 1000 años” (Jaramillo, 2012: 82).
En el año 1296 a.m. tuvo lugar la batalla de Kadesh, entre los ejércitos del Faraón Ramsés II
y el Rey de los Hititas Hatusil II, que trajo como consecuencia la firma del primer Gran Tratado
de Paz y Alianza
.
El tratado suscrito entre estas dos potencias de la época, acordó la extradición de personas,
dispuso que sin importar su rango o condición, el refugiado seria prendido y devuelto al soberano del país del cual huyo, prohibió que a los extraditados se les impusieran castigos, se les infiriera lesiones en su cuerpo, se ejerciera venganza sobre su gente (esposa e hijos), se le destruyera su casa, o se promoviera proceso por delito alguno en su contra (Malpica, 1980: 108-111).
En época tan temprana como en 1296 a.n.e., la vida e integridad de la persona refugiada y
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extraditada eran protegidas y aseguradas.
En Grecia, en sus ciudades estados existía el “asylom (asylum, de asylos: invulnerable),
institución asociada a los espacios físicos que eran imponderables, en el cual nadie podía ser
violado o vulnerado” (Jaramillo, 2012: 84)
Roma sigue similares derroteros, se protege a la persona en los templos o santuarios hasta
que la disputa fuera solucionada o liberada de la esclavitud, se eximían de esta protección por
edicto imperial, determinados delitos.
En el Antiguo Testamento, los israelitas reconocen la existencia de ciudades de refugio: “El
Señor hablo a Josué y le dijo: Habla con los israelitas y diles que escojan ciudades de refugio”
(Jos.201-9) para acoger aquel que mataba a otro sin intenciones y pudiera protegerse de la venganza del pariente más cercano.
“En la civilización azteca, todo esclavo cuya condición se debiera a deudas o delitos, podía
recuperar su libertad si alcanzaba a refugiarse en el Tecpán, el palacio real. Solo su amo o los
hijos de éste podían oponérsele; ningún otro tenía derecho a impedir la acción de refugio del
esclavo bajo la pena de ser considerado el mismo como tal” (Imaz: 1993)
El Corán reconoce el derecho de asilo en la mezquita. “Si uno de los politeístas te pide asilo,
ofréceselo hasta que oiga la palabra de Dios y luego hazle llegar a un lugar seguro para él. Eso
es porque son un pueblo que no sabe.” (9:6)
En el siglo XII el Corpus Iuris Canonice excluía de la protección del asilo los delitos considerados graves. En 1869 el Papa Pio IX declara que tiene el derecho de excomulgar el que viole
el derecho de asilo. En 1917 del Código Canónico regula el derecho de asilo hasta 1983 cuando
el nuevo Código promulgado por San Juan Pablo II no lo reconoce.
En 1681, el Rey Carlos II brindo refugio en Inglaterra, a los calvinistas franceses que eran
perseguidos.
El ascenso económico de la burguesía, frente al autoritarismo monárquico, tuvo como levadura el racionalismo, ese regreso en espirar al humanismo grecolatino. El Homo sapiens pasó
de ser objeto, a ser sujeto de la historia, con derecho humanos inalienables e imprescriptibles.
La soberanía se consolida en un espacio físico y en una arquitectura jurídica nacional e internacional, que, si bien por veces es vulnerada o manipulada, brinda un margen de estabilidad
política en las relaciones internacionales. Las misiones diplomáticas adquieren un carácter de
permanente y se impulsa la codificación de lo que hasta ese momento era sostenido fundamentalmente por la costumbre, todo lo cual tiene un necesario impacto en las relaciones internacionales, en que se manifiesta el Asilo.
En toda su evolución, el asilo tuvo como objetivo la protección de la vida del perseguido,
durante su permanencia en los lugares sagrados o inviolables, y se brindaban garantías para que
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una vez abandonara el mismo, fuera protegido de la venganza y la persecución.
Asilo Territorial.
El asilo territorial, tiene su fundamento en la soberanía del Estado (N.U. AG 23/12) y tiene
un carácter personalizado. Está dirigido a dar protección a personas individuales cuya vida e
integridad está en peligro por razones políticas, a diferencia del refugio que brinda protección
a los movimientos masivos de personas que tiene en riesgo su vida, por motivos religiosos,
étnicos o raciales, persecución política, conflicto bélico, catástrofe natural, u otra situación que
ponga en riesgo su vida.
Al traspasar el perseguido la frontera territorial del Estado asilante, la soberanía de éste se levanta como un escudo protector de su vida y libertad, frente a la acción del Estado perseguidor.
De la Declaración sobre el Asilo Territorial de las Naciones Unidas (N.U. AG 23/12) destacamos dos aspectos:
•

Quedan excluidos los que hayan cometido un delito contra la paz, un delito de guerra o
un delito contra la humanidad, de los definidos en los instrumentos internacionales elaborados para adoptar disposiciones respecto de tales delitos (Art.1-2).

Sería un contrasentido dar tutela a un verdugo de los derechos humanos.
•

La calificación de la causa del asilo corresponde al Estado que lo otorga (Art. 1-3), lo que
evita que el Estado de procedencia del asilado lleve a cabo manipulaciones técnicas que
descalifiquen el derecho del perseguido a la protección del asilo.

Asilo diplomático.
Para Vilariño Pintos (2016) el Asilo Diplomático se manifiesta como Derecho Diplomático
de Hecho y como Derecho de Asilo Diplomático. En el primer caso, no se genera ninguna obligación ni para el Estado acreditante, ni para la persona asilada que pueda ser exigido al Estado
perseguidor, como es la entrega de un salvoconducto que le permita abandonar la sede diplomática y el territorio con seguridad para su persona. Derecho que sí está presente en Derecho de
Asilo Diplomático, como lo disponen la Convención de Asilo de La Habana, de 1928 en su artículo 2-3 y el Tratado sobre Asilo y Refugio Político de Montevideo de 1939 en su artículo 6 .
El Derecho de Asilo Diplomático, es una institución fundamentalmente latinoamericana.
Para unos estudiosos se fundamenta en la inviolabilidad de los locales diplomáticos, para otros
es una expresión de la soberanía territorial que se extrapola como ficción jurídica al espacio de
la sede diplomática.
En América Latina, el asilo diplomático tiene su propio desarrollo.

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El 23 de enero de 1889, se firma en Montevideo, por los delegados de la República Oriental
del Uruguay y las repúblicas de Argentina, Bolivia, Paragua y Perú, el Tratado de Derecho Penal Internacional, que dispone en su artículo 16, que “El asilo es inviolable para los perseguidos
por delitos políticos” y el derecho del jefe de legación de exigir las garantías necesarias para que
el refugiado salga del territorio nacional, respetándose la inviolabilidad de la persona (Art. 17).
En el Tratado de Montevideo, no se concibe la devolución del asilado y comienza a dibujarse
en el imaginario jurídico lo que hoy conocemos como el principio de no devolución.
En 1927, una Comisión de Jurisconsultos reunidos en Rio de Janeiro, preparo y aprobó un
Proyecto sobre Asilo que disponía que el asilo concedido a delincuentes políticos en las legaciones, seria respetado (Art. 2), el artículo 7 prescribe que los asilados no podrán ser desembarcados en ningún punto del territorio nacional ni el lugar demasiado próximo a él (Bustamante,
1938)
Como explica Bustamante, la Conferencia Panamericana que tuvo lugar en 1928 en La Habana, incorpora a la Convención de Asilo con un mayor grado de concreción, lo expresado en
el Proyecto de Rio de Janeiro. Dispuso en su artículo 2, el asilo de delincuentes políticos en
Legaciones, navíos de guerra, campamentos o aeronaves militares como un derecho o humanitaria tolerancia y no establece en su articulado la devolución del asilado al Estado territorial.
De la Convención de Asilo adoptada en la Sexta Conferencia Internacional Americana, que
tuvo lugar en La Habana en 1928, destacamos los aspectos siguientes:
1. Dispone que el asilo se concederá en caso de urgencia y por el tiempo estrictamente
indispensable para que asilado se ponga de otra manera en seguridad. (Artículo 2- 1),
seguridad que tiene implícito su no devolución.
2. Garantiza la transparencia en las relaciones diplomáticas al disponer que se debe poner
en conocimiento del Ministro de Relaciones Exteriores o de la autoridad administrativa
competente del país donde está la sede diplomática la concesión del asilo. (Art. 2- 2),
como paso previo al otorgamiento del salvoconducto.
3. El Agente diplomático del país que, concedido el asilo, puede exigir las garantías para
que se respete la inviolabilidad de la persona. El asilado no podrá ser desembarcado ni en
el territorio nacional ni en un lugar próximo a él. (Art 2- 3 y 4) lo cual reitera de manera
implícita la no devolución.
4. El asilado no puede practicar actos contrarios a la tranquilidad pública, de lo contrario la
sede no estaría contribuyendo a fomentar las relaciones de amistad entre ambos países, a
la luz de la Convención de Viena sobre Relaciones Diplomáticas. (Art. 2- 5)
La delegación de los Estados Unidos de América, presento reservas a la Convención de La
Habana, haciendo contar que no reconocían y no firmaban la llamada doctrina del asilo como
parte del Derecho Internacional.
El Tratado sobre Asilo y Refugio Político de Montevideo de 1939 retoma las normas fundamentales de la Convención de La Habana de 1928, y regula como aspecto novedoso, la posibiRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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lidad de dar asilo a un número de personas que excedan la capacidad normal de los lugares de
refugio, habilitando otros locales bajo el amparo de su bandera, lo cual debe ser comunicado a
las autoridades del país donde está acreditada la sede diplomática (Art.8).
El artículo 8 del Tratado sobre Asilo y Refugio Político de Montevideo de 1939 daba respuesta a futuro, a situaciones como las enfrentadas por varias embajadas durante la Guerra Civil
española (1936-1939). En 1937 hubo 7 500 asilados reales en locales diplomáticos, lo que llevó
al cuerpo diplomático (excepto EE. UU, Reino Unido, URSS, Ecuador, Irlanda y Japón) representado por su Decano, a establecer las coordinaciones con el gobierno español para enfrentar
este asilo masivo. (Vilariño Pintos, 2016).
La Convención sobre Asilo Territorial, adoptada en la Décima Conferencia Interamericana
realizada en Caracas, el 28 de marzo de 1954, dispone en sus artículos 1 y 2 que, en ejercicio de
su soberanía, el Estado tiene el derecho de admitir dentro de su territorio a los perseguidos por
sus creencias, opiniones o filiación políticas. Permite la libertad de expresión del pensamiento,
de reunión o asociación de los asilados o refugiados, siempre y cuando no inciten al empleo
de la fuerza o violencia contra el gobierno de otro Estado (artículos VIII y IX) y dispone que
ningún Estado está obligado a entregar a otro Estado o a expulsar de su territorio o extraditar, a
personas perseguidas por motivos políticos (Art. III y Art, IV), lo cual está en correspondencia
con la Declaración Universal de los Derechos Humanos, proclamados seis años antes, por Resolución 217-A (III) de 10 de diciembre de 1948 de la Asamblea General que en su artículo 14
dispone que “en caso de persecución toda persona tiene derecho a buscar asilo y disfrutar de él
cualquier país”.
El derecho de asilo ha tenido su reflejo en el constitucionalismo latinoamericano. (ACNUR,
s.f.), en la tabla 1, se describen los países en América latina que reconocen el Asilo dentro su
marco jurídico.
Cuadro 1. Países que recogen la figura del Asilo.

Bolivia

Artículo 29 de la Constitución Política. (2009)
I. Se reconoce a las extranjeras y los extranjeros el derecho a pedir y recibir asilo o refugio por persecución política o ideológica, de conformidad con las leyes y los tratados internacionales.
II. Toda persona a quien se haya otorgado en Bolivia asilo o
refugio no será expulsada o entregada a un país donde su vida,
integridad, seguridad o libertad peligren. El Estado atenderá de
manera positiva, humanitaria y expedita las solicitudes de reunificación familiar que se presenten por padres o hijos asilados
o refugiados.

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Brasil

Artículo 4 de la Constitución Política (1988):
La República Federativa de Brasil se rige en sus relaciones internacionales por (…) la concesión de asilo político.
Parágrafo único: La República Federativa del Brasil buscará la
integración económica, política, social y cultural de los pueblos
de América Latina, con vistas a la formación de una comunidad
latinoamericana de naciones.

Colombia

Artículo 36 de la Constitución Política (1991):
Se reconoce el derecho de asilo en los términos previstos en la
ley.

Costa Rica

Artículo 31 de la Constitución Política (1949):
El territorio de Costa Rica será asilo para todo perseguido por
razones políticas. Si por imperativo legal se decretare su expulsión, nunca podrá enviársele al país donde fuere perseguido.

Cuba

Artículo 17. De la Constitución (2019)
La República de Cuba puede conceder asilo, de conformidad
con
la ley, a los perseguidos por sus ideales o luchas por la liberación nacional, por actividades progresistas, por el socialismo y
la paz, por los derechos democráticos y sus reivindicaciones,
así como a los que luchan contra el imperialismo, el fascismo,
el colonialismo, el neocolonialismo y cualquier otra forma de
dominación, la discriminación y el racismo.

Ecuador

Artículo 41 de la Constitución (2008):
Se reconocen los derechos de asilo y refugio, de acuerdo con
la ley y los instrumentos internacionales de derechos humanos.
Las personas que se encuentren en condición de asilo o refugio
gozarán de protección especial que garantice el pleno ejercicio
de sus derechos. El Estado respetará y garantizará el principio
de no devolución, además de la asistencia humanitaria y jurídica
de emergencia.
No se aplicará a las personas solicitantes de asilo o refugio sanciones penales por el hecho de su ingreso o de su permanencia
en situación de irregularidad.
Artículo 28 de la Constitución Política (1983):

El Salvador

El Salvador concede asilo al extranjero que quiera residir en su
territorio, excepto en los casos previstos por las leyes y el derecho Internacional. No podrá incluirse en los casos de excepción
a quien sea perseguido solamente por razones políticas

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Honduras

Artículo 101 de la Constitución (1982):
Honduras reconoce el derecho de asilo en la forma y condiciones que establece la Ley. Cuando procediere de conformidad
con la Ley revocar o no otorgar el asilo, en ningún caso se expulsará al perseguido político o al asilado, al territorio del Estado que pueda reclamarlo.
El Estado no autorizará la extradición de reos por delitos políticos y comunes conexos.

México

Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos (1917
y sus reformas)
Artículo 11. (…)
Toda persona tiene derecho a buscar y recibir asilo. El reconocimiento de la condición de refugiado y el otorgamiento de asilo
político, se realizarán de conformidad con los tratados internacionales. La ley regulará sus procedencias y excepciones.

Nicaragua

Artículo 5 de la Constitución Política (1987):
Nicaragua fundamenta sus relaciones internacionales en la
amistad y solidaridad entre los pueblos y la reciprocidad entre los Estados. Por tanto, se inhibe y proscribe todo tipo de
agresión política, militar, económica, cultural y religiosa, y la
intervención en los asuntos internos de otros Estados. Reconoce
el principio de solución pacífica de las controversias internacionales por los medios que ofrece el derecho internacional, y proscribe el uso de armas nucleares y otros medios de destrucción
masiva en conflictos internos e internacionales; asegura el asilo
para los perseguidos políticos, y rechaza toda subordinación de
un Estado respecto a otro.
Artículo 42 de la Constitución Política:
En Nicaragua se reconoce y garantiza el derecho de refugio y de
asilo. El refugio y el asilo amparan únicamente a los perseguidos por luchar en pro de la democracia, la paz, la justicia y los
derechos humanos. La ley determinará la condición de asilado
o refugiado político, de acuerdo con los convenios internacionales ratificados por Nicaragua. En caso de que se resolviera la
expulsión del asilado, nuca podrá enviarse al país donde fuese
perseguido

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Paraguay

Artículo 43 de la Constitución (1992):
El Paraguay reconoce el derecho de asilo territorial y diplomático a toda persona perseguida por motivos o delitos políticos
o por delitos comunes conexos, así como por sus opiniones o
por sus creencias. Las autoridades deberán otorgar de inmediato
la documentación personal y el correspondiente salvo conducto. Ningún asilado político será trasladado compulsivamente al
país cuyas autoridades lo persigan.

Perú

Artículo 36 de la Constitución (1993):
El Estado reconoce el asilo político. Acepta la calificación del
asilado que otorga el gobierno aislante. En caso de expulsión,
no se entrega al asilado al país cuyo gobierno lo persigue.

Venezuela

Artículo 69 de la Constitución (1999):
La República Bolivariana de Venezuela reconoce y garantiza el
derecho de asilo y refugio. Se prohíbe la extradición de venezolanos y venezolanas.

República
Dominicana

Artículo 46 de la Constitución Política (2010): Toda persona
que se encuentre en territorio nacional tiene derecho a transitar,
residir y salir libremente del mismo, de conformidad con las
disposiciones legales.
1) Ningún dominicano o dominicana puede ser privado del derecho a ingresar al territorio nacional. Tampoco puede ser expulsado o extrañado del mismo, salvo caso de extradición pronunciado por autoridad judicial competente, conforme la ley y
los acuerdos internacionales vigentes sobre la materia;
2) Toda persona tiene derecho a solicitar asilo en el territorio nacional, en caso de persecución por razones políticas. Quienes se
encuentren en condiciones de asilo gozarán de la protección que
garantice el pleno ejercicio de sus derechos, de conformidad con
los acuerdos, normas e instrumentos internacionales suscritos y
ratificados por la República Dominicana. No se consideran delitos políticos, el terrorismo, los crímenes contra la humanidad, la
corrupción administrativa y los delitos transnacionales.

Fuente: ACNUR, s.f..

El Derecho Internacional en su conformación no es ajeno a la política y esta no es ajena a
la economía. Hay un flujo y reflujo constate entre ellas, pero la estabilidad y seguridad internacionales necesitan de reglas de conducta, que, asumidas por los Estados de manera soberana, se
traducen en tratados y acuerdo que ordenan y regularizan las relaciones internacionales, donde
el derecho diplomático con su ancestral voluntad negociadora y arropado en la inviolabilidad
de sus locales, asume un papel central en el derecho de asilo.
Principio de no devolución.
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En América Latina hubo un hecho que sentó un precedente en cuanto al análisis del asilo
diplomático.
El 3 de enero de 1949 el Embajador de Colombia en Perú concedió asilo diplomático a Víctor Raúl Haya de la Torre, dirigente del Partido Alianza Popular Revolucionaria Americana,
acusado de instigar la rebelión militar que tuvo lugar en el Perú. El Embajador de Colombia en
Perú, solicito un salvoconducto que permitiera a Haya de la Torres abandonar el país. El Gobierno peruano denegó el salvoconducto aduciendo que Haya de la Torre había cometido delitos
comunes. Ambas partes pusieron en conocimiento de la Corte Internacional de Justicia la Litis.
Respecto a la posibilidad de retirar la condición de asilado, la Corte Internacional de Justicia
en su fallo de 13 de junio de 1951 expreso “conforme a la tradición latinoamericana en materia
de asilo, con arreglo a la cual un refugiado no debe ser entregado. (…) Para abandonarla, se habría requerido una disposición convencional expresa; el silencio de la Convención implica que
se ha querido dejar la solución de tales circunstancias en decisiones inspiradas por consideraciones de conveniencia o simple oportunidad política.” Y reconoce que “la entrega del asilado
no es la única forma de poner fin al asilo”.
La Convención de Asilo de La Habana de 1928 como ya hemos señalado, no autoriza la entrega del asilado una vez retirado el asilo diplomático. La Convención sobre asilo territorial de
Caracas de 1954 prohíbe la extradición del perseguido político.
El Tratado sobre Asilo y Refugio Político de Montevideo de 1939, en su artículo 5, dispone
que mientras dure el asilo “no se permitirá a los asilados practicar actos que alteren la tranquilidad pública o tiendan a participar o influir en actividades políticas. Los agentes diplomáticos o
comandantes requerirán a los asilados sus datos personales y la promesa de no tener comunicación con el exterior sin su intervención expresa. La promesa por escrito y firmada, si se negara
o infringiera cualquiera de esas condiciones, el agente diplomático o comandante hará cesar
inmediatamente el asilo” lo que no significa la entrega del asilado a las autoridades locales, la
“entrega no es único modo de poner fin al asilo.” (Corte Internacional de Justicia. Caso Haya de
la Torres. Fallo de 13 de junio de 1951).
La Opinión Consultiva de la ACNUR sobre aplicación extraterritorial de las obligaciones
de no devolución en virtud de la Convención sobre el Estatuto de los Refugiados de 1951 y su
Protocolo de 1967, “ofrece un panorama general de las obligaciones de no devolución de los
estados con respecto a los refugiados y solicitantes de asilo” (ACNUR, Opinión Consultiva; 1)
expresa que la prohibición de devolución ante un peligro de persecución se extiende a su entrega, lo cual está en correspondencia con el Pacto Interamericano de Derechos Civiles y Políticos
de 1966, según interpreta el Comité de Derechos Humanos (ACNUR , Opinión Consultiva: 10).
La Opinión Consultiva No.4-3-21/2016 presentada a la Corte Interamericana de Derechos
Humanos, por solicitud del Gobierno de Ecuador relativa a “El alcance y fin del derecho de asilo a la luz del derecho internacional de los derechos humanos, del derecho interamericano y del
derecho internacional” expresa que se debe tomar en cuenta el enriquecimiento de la figura del
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asilo en sus diversas modalidades y las interpretaciones que se han hecho del “derecho a buscar
y recibir asilo a la luz del artículo 22.7 de la Convención Americana de Derechos Humanos y
del artículo XXVII de la Declaración Americana de los Derechos y Deberes del Hombre” (Corte Interamericana de Derechos Humanos; Opinión Consultiva No.4-3-21/2016: 2)
La Comisión de Derecho Internacional, en su Cuarto Informe sobre las normas imperativas
de derecho internacional general (ius cogens) prestado por DireTladi, Relator Especial, reconoció que el “principio de no devolución es otro de los principios del derecho internacional cuya
candidatura a figurar entre las normas de carácter imperativo cuenta con un amplio apoyo y que
su vinculación por la Corte Interamericana de Derechos Humanos a la prohibición de la tortura,
lo convierte en un principio absoluto “y adquiere también carácter de norma imperativa de derecho internacional consuetudinario, es decir de ius cogens. (Corte Interamericana de Derechos
Humanos; Opinión Consultiva No.4-3-21/2016: 2)
3.- MÉTODO
Diseño
El presente artículo científico, presenta un enfoque cualitativo, dado que busca encontrar
nuevos datos que ayuden a interpretar el asilo diplomático que la literatura científica se ha
encargado de estudiar, para ello se efectuó una investigación cualitativa (Sampieri, 2014). El
enfoque se basa en una recolección de datos no estandarizados.
Se revisó la literatura disponible sobre el asilo diplomático, identificando que no existe publicación que lo relacione con el principio de no devolución, lo cual caracteriza el presente
artículo como novedoso.
Instrumentos
Se llevo a cabo una revisión de bibliografía de la figura jurídica del Asilo, y se analizaron
artículos de revistas especializadas y disposiciones de organismo internacionales relacionados
con el tema, lo que permitió la construcción de nuevos razonamientos.
Procedimiento
El artículo científico se desarrolló a partir de la búsqueda de material académico que tratara
sobre los temas de Asilo diplomático y principio de no devolución, los que fueron objeto de
análisis que fundamentan las conclusiones a que se arriban.
4.- CONCLUSIONES
Latinoamérica ha realizado destacados aportes al derecho internacional y uno de ellos es el
Derecho de Asilo Diplomático a los perseguidos políticos.

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En todo el desarrollo del Asilo, tanto en su concreción territorial como diplomática, la tradición y su reflejo normativo, han delineado aspectos esenciales.
Se otorga a perseguidos políticos cuya vida e integridad personal peligra.
La calificación de la conducta es del Estado que otorga el asilo.
Se garantiza al asilado el derecho a no ser expulsado, extraditado o devuelto a cualquier otro
Estado en que pueda ser objeto de persecución, como una condición necesaria para garantizar
su vida y seguridad personal. Así se dispuso desde la antigüedad, hasta nuestros días, con la
Declaración 23/2l (N.U. AG 23/12) de las Naciones Unidas.
El análisis de la relación que existe entre el asilo diplomático y el principio de no devolución,
no se agota en este artículo científico, el tema de investigación no se agota en este artículo. La
realidad de nuestro Continente exige de la Academia un pensamiento crítico que defienda la
institución de asilo, como una garantía del ejercicio de los derechos humanos.
El principio de no devolución, es una garantía para el asilado que ha ejercido su derecho a
tener una opinión política o criterio diferentes, a que su vida o seguridad personal peligren, con
su devolución al país que lo persigue. Es una obligación para el país que otorga el asilo de no
entregarlo a sus captores.
Los romanos cuya sabiduría jurídica llega hasta nuestros días sentenciaron, “Ubie ademest
ratio, eadem jurisdis positeio sse debet (Donde hay igual razón, debe haber igual disposición)
(Digesto, lib. I, tit. III, leyes 4ta, 5ta, 6ta, 12, 13 y 32). Por lo que “sin importar cuál sea la
modalidad del asilo otorgado o bajo qué régimen regional de derechos humanos o de derecho
humanitarito ha sido otorgado el derecho de asilo o el estatuto de refugiado, la protección del
principio de no devolución es universal.” (Corte Interamericana de Derechos Humanos; Opinión Consultiva No.4-3-21/2016: 23)
La entrega de Julián Assange por el gobierno ecuatoriano de Lenin Moreno al gobierno
británico, con la certidumbre de su extradición a EE.UU. donde será juzgado y condenado,
constituye una violación del principio de no devolución reconocido como norma imperativa de
derecho internacional consuetudinario, que no admite excepciones, según criterio de la Asamblea General de Naciones Unidas. (Corte Interamericana de Derechos Humanos; Opinión Consultiva No.4-3-21/2016: 2).
REFERENCIAS
ACNUR (s.f.). El derecho de asilo figura en la constitución. Recuperado de: https://acnur.org/
fileadmin/Documentos/Proteccion/Buenas_Practicas/9208.pdf
Convención sobre Asilo de La Habana. 1928
Convención Americana de Derechos Humanos. 1969
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Convención sobre el Estatuto de los Refugiados de 1951 y su Protocolo de 1967.
Corte Internacional de Justicia. Caso Haya de Torres. Fallos de 20 de noviembre de 1950 y 13
de junio de 1951.
Corte Interamericana de Derechos Humanos, por solicitud del Gobierno de Ecuador. Opinión
Consultiva No.4-3-21/2016.
Declaración Americana de los Derechos y Deberes del Hombre (1948).
Declaración sobre el Asilo Territorial de las Naciones Unidas.N.U. AG 23/12.
Diez de Velazco, M. (1990) Instituciones del Derecho Internacional Público. Madrid. Tecnos.
S.A.
Imaz, C. (1993). El asilo diplomático en la política exterior de México. Revista Mexicana de
Política Exterior, 40 (41), 53-71. Recuperado de https://revistadigital.sre.gob.mx.
Jaramillo Echavarría, R. (1980) El Concepto religioso de refugiado: los santuarios, la tradición
y la fe. Virages, 14 (2), 79 – 97.
Malpica de Lamadrid. L. (1981). La Historia comienza en Egipto con un acto de Derecho
Internacional. México D.F.: Grijalbo S.A.
Rubio Correa, P. (1999). El concepto de refugiado en la Convención sobre el Estatuto de los
refugiados de 1951: tratamiento normativo y realidad. Agenda Internacional, 6 (12) 137148.
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Neoliberalismo petrolero en la política económica exterior de México1
Oil Neoliberalism in Mexico’s Foreign Economic Policy
Einer David, Tah-Ayala2
Universidad del Mar, México
https://orcid.org/0000-0001-8293-9852
___________________________________________________________________________
RESUMEN
El objetivo del artículo es analizar la importancia que ha tenido el neoliberalismo, en la industria petrolera,
como política de desarrollo para México, y elemento comercial y soberano para el país, desde los resultados comparados con la política de Industrialización por Sustitución de importaciones aplicada en los cuarenta años previos
a su aplicación. Para este análisis fueron comparadas la cantidad de reservas, la producción, las exportaciones e
importación de crudo y productos derivados, en cantidad, ingresos y gastos, así como el precio internacional de
petróleo y las políticas alternas que propone el nuevo gobierno de Andrés Manuel López Obrador. Como resultado, el artículo comprobó que el neoliberalismo incrementó la producción y las reservas y, en primera instancia,
también los ingresos, pero con el paso del tiempo también aumentaron las importaciones de productos refinados
y químicos y disminuyeron los ingresos haciendo a la empresa, junto con las reformas estructurales de 2013, una
especie de clúster petrolero. Por esa razón, el presidente López Obrador propuso cambiar el sistema petrolero y
regresar a la política de protección del recurso como elemento soberano, aunque los analistas no concuerdan con
las primeras acciones de su gobierno.
Palabras Clave: Exportación, Importación, Neoliberalismo, Petróleo mexicano, Política exterior.
ABSTRACT
The objective of the article is to analyze the importance that neoliberalism has had as a development policy
for Mexico and a commercial and sovereign element for the country and its oil industry, from the results compared with the Import Substitution Industrialization policy applied in the forty years prior to its application. For
this analysis, the amount of reserves, production, exports and imports of crude and derived products, in quantity,
income and expenses, as well as the international oil price and the alternative policies proposed by the government of Andrés Manuel López Obrador were compared. As a result, the paper found that neoliberalism increased
production and reserves and -in the first instance- also revenues, but over time also increased imports of refined
and chemical products and decreased revenues making the company, beside with the structural reforms of 2013,
a kind of oil cluster. For that reason, President López Obrador proposed changing the oil system and returning to
the resource protection policy as a sovereign element, although analysts do not agree with the first actions of his
government.
Keywords: Export, Foreign Policy, Import, Mexican Oil, Neoliberalism.

Recibido: 10 de Enero 2019 - Aceptado: 09 de Abril 2019
Cómo referenciar este artículo:
Tah-Ayala, E. D. (2019). Neoliberalismo petrolero en la política económica. Revista Política, Globalidad y
Ciudadanía, 110-133. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/124

1
Artículo de investigación derivado del proyecto de investigación: El papel de la identidad en los procesos de desarrollo global
financiado por la Universidad del Mar.
2
* Doctor en Estudios del Desarrollo Global por Universidad Autónoma de Baja California Campus Tijuana. Profesor-Investigador
de tiempo completo, Universidad del Mar, Campus Huatulco. Correo: einer.david@huatulco.umar.mx.
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1.- INTRODUCCIÓN
El petróleo en México ha pasado por diferentes etapas dependiendo de la época en la que
atravesaba el país. Tras casi 150 años de historia, el petróleo sufrió diversas adaptaciones a la
economía nacional haciéndolo parte medular de la industria energética y, con ello, parte de la
identidad nacional que lo constituyó como el medio de ingreso más importante del país. El
sexenio de Miguel de la Madrid Hurtado fue decisivo para la historia mexicana al significar la
entrada del país al mercado económico global y, con esto, del petróleo, a pesar de que el discurso continuó siendo a favor de la protección del mineral como propiedad de la nación.
En ese sentido, el siguiente artículo analiza las características petroleras del comercio internacional del país como las importaciones y exportaciones, las ganancias y pérdidas por estos
conceptos y las reservas y explotación de éstas desde 1911 hasta septiembre de 2019, tomando
en cuenta los periodos políticos y tratando de aterrizar el comportamiento del petróleo mexicano con los procesos coyunturales del escenario internacional. De esa manera, el crecimiento,
aumento de reservas y producción; el incremento de ingresos —y gastos por importación de
productos refinados— ocasiona que sea necesario replantear los proyectos sobre la industria
petrolera nacional. Sin embargo, habría que cuestionarse si las propuestas y primeras acciones
del gobierno lopezobradorista son significantes para cambiar el camino que ha tenido México
desde 1986.
El problema a analizar en el escrito es que la política neoliberal ocasionó cambios es la forma
en la que fueron desarrollados la explotación y exportación en la industria petrolera nacional,
al tiempo que aumentaron las reservas, las exportaciones, pero también las importaciones. En
ese sentido, la pregunta del problema es hasta qué grado la política neoliberal cambio la forma
de desarrollar la industria petrolera del país, específicamente desde las exportaciones, las importaciones, las reservas y producción y tomando en cuenta el precio internacional del petróleo.
Si bien el neoliberalismo mostró problemas para resolver totalmente las necesidades y limitaciones de la industria petrolera mexicana, e incluso éstos incrementaron, la propuesta de
regresar a la protección del recurso no suena descabellado. Sin embargo, la tendencia energética
internacional es contraria a la propuesta mexicana, por lo que el país estaría explotando recursos que, según los estudios, tienen los días —o de manera más exacta, los años— contados.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Evolución petrolera mexicana: antecedente al liberalismo petrolero
Las expediciones para localizar petróleo en México datan de mediados del siglo XIX pero
fue hasta 1863 que el primer poso fue perforado en Tepetitán, Macuspana estado de Tabasco. Al
finalizar el siglo XIX, el gobierno de Porfirio Díaz otorgó protección legislativa para incentivar
la inversión extranjeros y generar la infraestructura necesaria para la explotación y desarrollo
de la industria petrolera (Garner, 2015).

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Según José López Portillo y Weber (1975, pág. 29), citado en Andrés Manuel López Obrador
(2008), con la protección gubernamental a la inversión extranjera a diversos sectores del país,
incluido el sector petrolero, la producción de crudo incrementó gradualmente.
En 1901, la producción era 10 mil barriles al año, mientras que en 1911 la producción ascendió a casi 12 millones 600 mil barriles al año, con exportaciones de más del 80 % de la producción. El valor total de la producción en 1901 fue de 2 mil 69 pesos y aumentó a casi 4 millones
200 mil pesos en 1911 (pág. 18).
La producción petrolera solamente benefició a las empresas extranjeras pues éstos eran los
únicos que contaban con capital, capacidad de gestión y experiencia tecnológica (Brown, 1993,
pág. 8; y Meyer, 1981, pág. 50). De los 104 millones de pesos de inversión extranjera en 1911:
40 millones de pesos procedía de Estados Unidos; 57 millones 200 mil pesos, de Gran Bretaña
y 6 millones 800 mil pesos, de Francia (Lajous, 2010, pág. 29). En 1911, México exportó 900
mil barriles al año, convirtiéndose en el cuarto productor mundial de petróleo (Uhthoff, 2010,
pág. 9).
Con el estallido de la Revolución, Estados Unidos influyó en las decisiones gubernamentales
al interior del país. Por este —entre otros factores—, la Revolución dio sentido a la Constitución de 1917 y abrió la posibilidad de una futura expropiación. Sin embargo, la Primera Guerra
Mundial impidió que Estados Unidos tomara represalias por la promulgación de la Constitución
de 1917. El descubrimiento de los pozos del Cerro Azul —en la zona de la Faja de Oro— hizo
posible enfrentar los problemas bélicos incrementando la producción hasta alcanzar los 260 mil
barriles diarios (Aguilera, 2015, pág. 21).
De 1911 a 1918, la producción casi llegó a 64 millones de barriles —valor de casi 90 millones de pesos— convirtiendo a México en el segundo exportador de petróleo a nivel mundial
(Uhthoff, 2010, pág. 9).
Entre 1918 y 1921, dos tercios del petróleo nacional eran exportados y solamente el 6 % era
para consumo interno (Uhthoff, 2010, págs. 9-10). Para 1921, la producción petrolera superó
los 193 millones de barriles de los cuales, 151 millones y medio (78 %) fueron extraídos de la
Faja de Oro.
Según la Secretaría del Patrimonio (1961), para 1924, la producción descendió a poco menos
de 140 millones de barriles, de los cuales, la Faja de Oro aportó 39 millones (27 %) (Como citó
López Obrador, 2008, pág. 42).

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Gráfica 1. Producción anual de petróleo en Millones de Barriles, de 1900-1945

Fuente: Elaboración propia, con información de MéxicoMaxico.org.
A partir de 1924, la producción petrolera fue en descenso llegando a su punto más bajo en
1933 —descendió a 31 millones de barriles—. Con Lázaro Cárdenas, y el nacimiento de Petróleos de México A.C., la producción nacional ascendió. En 1934, la producción pasó de poco
más de 36 millones a superar los 40 millones de barriles en 1935 —casi llegando a 47 millones
en 1937—. La expropiación generó un descenso, aunque mínimo, en la producción: en 1938,
superó los 38 millones; en 1939, casi llegó a 43 millones y en 1940, apenas superó 44 millones
de barriles. Con Manuel Ávila Camacho la producción mantuvo un ascenso hasta superar los
49 millones de barriles hasta 1946 (Aguilar, 2009).
El petróleo mexicano en el escenario mundial
De 1940 hasta 1982, el escenario global del petróleo sufrió una serie de cambios significativos. En ese periodo de 42 años, las diversas regiones del mundo sufrieron muchos cambios en
la producción de petróleo y en sus reservas probadas. La producción y las reservas mundiales
hasta 1970 tuvieron un incremento gradual y constante que cambió en los años posteriores
cuando la situación global de inestabilidad política, económico y social en diversos países devino en un constante periodo de cambios que se reflejaron en el tema petrolero: en su producción
y las reservas probadas globales.
Producción y reservas mexicanas: la estabilidad posterior a la expropiación
La expropiación petrolera significó un aumento constante en diversos aspectos de la industria mexicana. De 1938 a 1946, las reservas pasaron de mil 276 millones de barriles a mil 437
millones (aumento de 13 %). De 1946 a 1953, el aumento alcanzó los 2 mil 241 millones de
barriles (56 %). De 1952 a 1958, las reservas pasaron de 2 mil 241 millones a 4 mil 70 millones
de barriles (aumento de 82 %); mientras que la producción diaria pasó de 216 mil barriles diarios (total de casi 79 millones) hasta 276 mil barriles diarios (total anual de más de 100 milloRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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nes de barriles, aumento de 28 %). Hasta 1964, las reservas probadas alcanzaron los 5 mil 227
millones de barriles; mientras la producción diaria llegó a 354 mil barriles (total anual de 129.5
millones). Sin embargo, hasta 1970, las reservas aumentaron únicamente el 7 %, hasta alcanzar
5 mil 568 millones; aunque la producción aumentó 38 % hasta llegar a 487 mil barriles diarios
(total anual de 177.5 millones).
Gráfica 2. Reservas totales de hidrocarburos, en Millones de Barriles, de 1938-1976

Fuente: elaboración propia, a partir de información del Anuario Estadístico de PEMEX, de
1977 y 1988.
De 1938 a 1946, la producción aumentó de 39 millones a 49 millones de barriles (28 %).
Conforme a la productividad diaria, México pasó de 106 mil barriles, en 1938, a 136 mil barriles, en 1946. De 1946 a 1952, la producción diaria pasó de 136 mil barriles diarios (49.5
millones totales) hasta alcanzar los 216 mil barriles diarios, (casi 79 millones). Las reservas aumentaron 76 % en los de 1938 a 1952; mientras que la producción total y diaria aumentó 103 %.
Gráfica 3. Producción de crudo, condensado y líquido, en miles de barriles, de 1938-1976

Fuente: Elaboración propia, a partir de información del Anuario Estadístico de PEMEX, de
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1977 y 1988.
Por la crisis petrolera de la década de 1970, México generó una sobreexplotación de sus
hidrocarburos. Hasta 1976, las reservas probadas alcanzaron 11 mil 160 millones de barriles
(aumento de 100 % respecto a 1970); mientras que la producción diaria llegó a 894 mil barriles
(más de 327 millones de total anual). Hasta 1982, las reservas probadas crecieron 545 % hasta
alcanzar los 72 mil 8 millones de barriles en 1982; mientras la producción diaria alcanzó los 2.7
millones de barriles diarias, un aumento del 207 %.
Exportaciones mexicanas de crudo y derivados
El medio internacional tuvo una repercusión en el mercado global del petróleo, por lo que las
exportaciones mexicanas tuvieron un periodo de inestabilidad. Entre 1938 y 1945, las exportaciones mexicanas de hidrocarburos pasaron de casi 9 millones de barriles hasta poco menos de
5 millones en 1945. Hasta 1952, el país exportó más de 15 millones de barriles, pero hasta 1958,
México únicamente exportó poco más de 11.5 millones de barriles. Hasta 1964, las exportaciones mexicanas llegaron a 17.1 millones.
Gráfica 4. Exportaciones totales, crudo y derivados, en miles de barriles, de 1938-1976

Fuente: elaboración propia, a partir de información del Anuario Estadístico de PEMEX, de
1988.
En los primeros años de la década de 1970, la inestabilidad global generó un descenso en las
exportaciones de hidrocarburos mexicanos. De 1964 a 1970, las exportaciones alcanzaron 22.4
millones de barriles. A partir de la crisis de la OPEP, México pasó de exportar 8.6 millones de
barriles, en 1973, a 12.4 millones en 1974, alcanzando un tope de casi 56 millones exportados
en 1982, muestra de la sobre explotación petrolera de esa década.

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Gráfica 5. Exportaciones totales, crudo y derivados, en miles de barriles, de 1970-1988

Fuente: Elaboración propia, a partir de información del Anuario Estadístico de PEMEX, de
1988.
El papel de México en el entorno global fue en aumento hasta 1982. La crisis de la década de
1970 significó un aumento en las reservas, exportaciones y producción de petróleo mexicano.
Poco a poco, la presencia mexicana internacional aumentó dándole, al gobierno, medios para
financiar sus políticas de bienestar social y metiendo al país en una extrema dependencia sobre
el petróleo. De 1982 a 1988, las exportaciones pasaron de casi 56 millones a poco más de 52
millones de barriles.
Éste sexenio generó un último momento para la forma de producción mexicana de hidrocarburos y también fue el período clave de cambio para la adopción de las políticas económicas
que dieron paso al Neoliberalismo.
En este escenario, de 1979 a 1982, las exportaciones netas pasaron de 532.8 mil barriles
diarios hasta 1.4 millones (180 %), con ganancias que pasaron de 3 mil 811 millones de dólares
a 15 mil 622 millones de dólares (310 %). De 1982 a 1988, las exportaciones pasaron de 1.4
millones a 1.3 millones de barriles; mientras que las ganancias pasaron de 15.6 millones de
dólares a 5.8 millones de dólares.

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Gráfica 6. Exportaciones netas de petróleo crudo. (Millones de dólares, miles de barriles
diarios, de 1979 a 1982)

Fuente: Elaboración propia, a partir de información del Anuario Estadístico de PEMEX, de
1988.
Con Miguel De la Madrid, 1982 a 1988, las reservas totales de hidrocarburos —incluidos
gas líquido y seco— descendieron de poco más de 72 mil millones de barriles a 67.6 mil millones de barriles. Mientras que el país pasó de producir 1.3 mil millones de barriles (2.7 millones diarios), en 1976, a generar mil 248 millones (2.5 millones por día) en 1988. Lo anterior
significó un descenso en la producción y reservas intensificando la crisis que vivió el país ese
sexenio (PEMEX, 1988). La balanza comercial de hidrocarburos también mostró un cambio
ese sexenio: mientras las exportaciones fueron en descenso las importaciones aumentaron. Las
exportaciones pasaron de un millón 492 mil a un millón 306 mil; y las ganancias descendieron
de 15.6 mil millones a 5 mil 854 millones. En contraparte, las importaciones ascendieron de 9.1
mil barriles a 81.8 mil barriles diarios; es decir, un gasto que pasó de 149.3 millones de dólares
a 379.6 millones de dólares.
Tabla 1. Balanza de comercio exterior de Hidrocarburos del sexenio de Miguel de la Madrid,
1982-1988

Fuente: Elaboración propia, con información del Anuario Estadístico de PEMEX, 1990.
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Al final del sexenio de De la Madrid, el país mantenía una situación de crisis extendida por
lo que México debía implementar medidas políticas para revertirlas. Estas políticas neoliberales
estaban dirigidas a mantener una apertura económica en todos los sectores del país y la industria
petrolera tenía que abrir diversos sectores en su producción para poder intervenir en la globalización del mercado pero sin interferir en los aspectos identitarios del mismo.
El Neoliberalismo y su repercusión en la industria petrolera de México
Los acontecimientos de la década de 1970 replanteó el papel del Estado dentro de las tareas
básicas del crecimiento de los países y dio fin a la intervención estatal dentro de los temas económicos marcando el inicio de un nuevo proceso coyuntural de la economía y la política: el
Neoliberalismo (Cruz, 2002).
El nuevo escenario global, y los organismos financieros globales, obligaron a los Estados en
crisis a reestructuren sus estrategias económicas y financieras. Los países debían cambiar sus
estructuras para cumplir las exigencias del Fondo Monetario Internacional y el Banco Mundial
y así aplicar las políticas neoliberales. En México, estas políticas recayeron en tres acciones específicas: la primera, una reforma fiscal que amplíe la base gravable, baje la tasa de impuestos y
reduzca el impuesto al valor agregado (IVA) para incrementar los ingresos fiscales; en segundo
lugar, reducir —o en algunos casos eliminar— el control de precios, las barreras aduanales, la
protección de monopolios, las subvenciones y la rigidez en el mercado en las que había caído
con la intervención del Estado; y por último, la privatización de las empresas paraestatales para
reducir el peso y los gastos del Estado (Revueltas, 1996). Los gobiernos que buscaron frenar
los problemas estructurales adoptaron las medidas que la nueva tendencia neoliberal indicaban
cancelando programas de bienestar social financiados por el Estado, aflojaron las leyes laborales, desarmaron las estructuras formadas por los Estados y permitieron la compra de empresas
paraestatales por privados y extranjeros (Cruz, 2002).
Para América Latina, y para México, el neoliberalismo dio fin al modelo de Industrialización por Sustitución de Importaciones para buscar un crecimiento hacia el exterior gracias
a las exportaciones de productos estratégicos —idealmente, con explotación privada en esos
recursos—. La apertura de sectores estratégicos ayudarían a incrementar y mejorar la productividad y la repartición de los ingresos modernizando el mercado interno (Revueltas, 1996). Sin
embargo, las políticas neoliberales únicamente generaron una dependencia hacia el mercado
estadounidense.
En 1988, el país tuvo un pequeño repunte en su desarrollo y el presidente Carlos Salinas
buscó mayor estabilidad. La firma del TLCAN significó crecimiento y estabilidad en los índices
de desarrollo al pasar de 1.24 % en 1988 a 5.06 % en 1990. Al momento de la entrada en vigor
del Tratado de Libre Comercio en 1994, el país contaba con un crecimiento de 4.72 % pero
descendió hasta -5.75 % con la crisis de 1995. Para 1996, la tasa de crecimiento alcanzó 5.87
% y de 6.96 % en 1997. Para 1999, hubo una caída hasta llegar a 2.66 %, aunque la alternancia
motivó el crecimiento para llegar a 5.29 % en el 2000 (Banco Mundial, 2017).

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Con Salinas, las reservas totales de hidrocarburos pasaron de 67.6 millones de barriles en
1989 a 64.5 millones de barriles en 1994. La caída continuó en el sexenio de Zedillo cuando las
reservas totales pasaron de 63.2 millones en 1995 a 58.2 millones de barriles en el 2000 (PEMEX, 1990; y PEMEX, 1999). Con esto, los primeros dos sexenios neoliberales tuvieron una
tendencia de decrecimiento constante.
Gráfica 7. Reservas totales en el sexenio de Carlos Salinas y Ernesto Zedillo, 1988-2000

Fuente: Elaboración propia, con información del Anuario Estadístico de PEMEX, 19901999.
De 1988 a 1994, la producción diaria de hidrocarburos aumentó de 2.5 millones de barriles
a 2.6 millones de barriles diarios. Mientras que de 1995 al 2000, continuó el aumento de 2.6
millones de barriles a superar 3 millones gracias al hallazgo de nuevos pozos en Campeche (PEMEX, 1990; y PEMEX, 1999). De esta manera, en los sexenios de Salinas y Zedillo, mientras
las reservas descendieron, la producción diaria aumentó.
Gráfica 8. Producción diaria en el sexenio de Carlos Salinas y Ernesto Zedillo, 1988-2000

Fuente: Elaboración propia, con información del Anuario Estadístico de PEMEX, 1990Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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1999. Nota: Producción (Miles de barriles diarios).
De 1988 a 1994, la balanza comercial petrolera mostró un mínimo crecimiento a las exportaciones pero las importaciones de productos petrolíferos incrementaron. Las exportaciones
pasaron de un millón 277 mil barriles diarios (7 mil 281 millones de dólares) a un millón 307
mil barriles (6 mil 624 millones de dólares). Sin embargo, las importaciones aumentaron de 122
mil barriles (800.4 millones de dólares) en 1989 a 188.7 mil barriles diarios (mil 466 millones
de dólares) en 1994. De 1994 al 2000, la situación fue similares: las exportaciones pasaron de
poco más de un millón 300 mil barriles diarios (6 mil 624 millones de dólares) a un millón 652
mil (14 mil 886 millones de dólares). Igualmente aumentaron las importaciones, que pasaron
de 188 mil barriles diarios (mil 466 millones de dólares) a 365 mil barriles por día (4 mil 699
millones de dólares), acortando la distancia entre las ganancias por exportaciones y pérdidas
por importaciones.
Tabla 2. Balanza de comercio exterior de Hidrocarburos del sexenio de Carlos Salinas y
Ernesto Zedillo, 1988-2000

Fuente: Elaboración propia, con información de los Anuarios Estadísticos de PEMEX, 19901999-2001.
Es de notar que las exportaciones del país estaban conformadas por crudo de diferentes
zonas de país, gas natural y productos petrolíferos —gasolinas y combustibles— y petroquímicos —azufres, propilenos, entre otros—. Si bien, hubo alzas en las exportaciones de crudo
y derivados, también fue mayor la importación de éstos mostrando el poco interés de PEMEX
por mantener su papel como principal productor en el país en estos aspectos.
El siglo XXI y el camino a la reforma energética

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Para el año 2000, la impopularidad presidencial y la expectativa que despertó el Partido Acción Nacional (PAN), y su candidato Vicente Fox Quezada, resultaron en la primera alternancia
en la presidencia. Como presidente, Fox cambió la visión del petróleo como columna vertebral
del desarrollo nacional y permitió reuniones de altos funcionarios del gobierno y del sector
energético con empresarios estadounidenses y canadienses para invertir recursos privados en
materia energética (Cuellar, 2008) firmando convenios de cooperación científica y tecnológica
(con Royal Dutch Shell; Petrobras y Statoil; y en 2006 con Nexen y Chevron-Texaco), aunque
no implicaría operaciones comerciales y a pesar del discurso proteccionista (Lomas, s/f). Para
el sexenio de Calderón, ese mismo ímpetu ocasionó la búsqueda de una reforma energética que
sería lograda en el 2008 y que traería cambios, de nuevo, en la estructura energética y petrolera
del país.
El gobierno de Fox permitió la entrada, masiva y libre de aranceles, de destilados de hidrocarburos provenientes de Estados Unidos y Canadá, al tiempo que aceleró la extracción de
crudo. En 2005, el congreso reformó la Ley para permitir la generación de energía junto con
Estados Unidos (Cárdenas, 2009). El descenso en las reservas probadas, y la sospecha que solamente llegarían hasta el 2012, aportó el argumento para permitir la incursión privada en el ámbito petrolero y así evitar futuras importaciones (Salinas, 2008). Del 2001 al 2006, las reservas
totales pasaron de 56 mil 154 millones a 46 mil 417 millones de barriles. De 2006 a 2012, las
reservas totales disminuyeron al pasar de 46 mil 417 millones de barriles a 43 mil 837 millones.
Gráfica 9. Reservas totales en el sexenio de Vicente Fox y Felipe Calderón, 2000-2012

Fuente: Elaboración propia, con información de los Anuarios Estadísticos de PEMEX, del
2001 al 2013.
De 2000 al 2006, la producción de crudo y derivados incrementó —tímidamente— al pasar
de 3 millones 127 mil barriles a 3 millones 255 mil barriles diarios. De 2006 a 2012, la producción pasó de 3 millones 255 mil barriles a 3 millones 548 mil barriles diarios. En resumen, en
los sexenios panistas, mientras las reservas descendían la producción diaria aumentaba, lo que
apoyó el argumento sobre la disminución de las reservas, la mayor exigencia del mercado y la
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gran dependencia de las finanzas del país sobre el petróleo
Gráfica 10. Producción diaria en el sexenio de Vicente Fox y Felipe Calderón, 2000-2012

Fuente: Elaboración propia, con información de los Anuarios Estadísticos de PEMEX, de
2001 a 2013. Nota: Producción (Miles de barriles diarios)
Durante el sexenio de Fox, el país tuvo los ingresos petroleros más altos de su historia (orbitaron arriba de 78 dólares por barril) (Cuellar, 2008). Entre el 2000 y el 2006, las exportaciones
pasaron de un millón 652 mil barriles diarios (14 mil 886 millones de dólares) a un millón 792
mil barriles por día (34 mil 706 millones de dólares); mientras que las importaciones pasaron
de 365 mil barriles diarios (4 mil 700 millones de dólares) a 368 mil barriles diarios (11 mil 291
millones de dólares), un aumento de más de 150 %. La diferencia entre ganancias por exportación y gastos para importación de petrolíferos era cada vez más corta: en 2006 el gasto era de
casi el 33 % del total de los ingresos.
De 2006 a 2012, las exportaciones disminuyeron al pasar de un millón 792 mil barriles diarios (más 34 mil millones de dólares) a un millón 255 mil barriles por día (casi 47 mil millones
de dólares). Conforme a las importaciones, pasaron de casi 369 mil barriles diarios (más de 11
mil millones de dólares) a casi 671 mil barriles (más de 31 mil millones de dólares). Los gastos
que el país requería para importar combustibles correspondía a dos tercios —66.40 %— de las
ganancias por exportar petróleo crudo.

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Tabla 3. Balanza comercial de hidrocarburos del sexenio de Vicente Fox y Felipe Calderón,
2000-2012

Fuente: Elaboración propia, con información de los Anuarios Estadísticos de PEMEX, del
2001 al 2013.
De esta manera, si bien el gobierno de Vicente Fox en el tema petrolero y mantuvo un crecimiento constante —comparado sexenios anteriores—, también aumentaron las exportaciones y
las importaciones de productos refinados. La política petrolera de Calderón estuvo encaminada
a la privatización de las actividades de producción. La inversión pública para PEMEX disminuyó considerablemente (de 2.9 % del PIB en 1982 a 0.57 % en 2007) consiguiendo que las principales actividades petroleras dejaran de desarrollarlas trabajadores y técnicos de la paraestatal
y fueran cedidos, por contratos de servicio múltiples, a empresas privadas (Cárdenas, 2009).
Ésto generó Calderón y Peña Nieto buscaran reforzar la industria petrolera y explorar nuevas
regiones para aumentar las reservas.
La reforma y la firma de contratos con empresas privadas buscaron generar miles de empleos, dinamizar la industria petrolera —clave para México— y reducir la dependencia sobre
las importaciones de combustibles y gasolinas; reforzando la posición del petróleo como elemento clave para el desarrollo de México (Rivas, 2009).
La reforma también modificó la Ley Federal de Presupuestos y Responsabilidad Hacendaria
(último trimestre de 2008 y previo a la Ley de Ingresos del 2009) convirtiendo en deuda pública
las PIDIREGAS de PEMEX (178 mil millones de pesos o 14 mil millones de dólares). Con este
cambio, el gobierno privatizó casi la totalidad de la inversión de PEMEX, que pasó del 39 % en
1998 al 88 % en el 2008 (Gutiérrez, 2011).
Repercusiones de la reforma energética del 2013 y los gobiernos de Peña Nieto y López
Obrador
La reforma energética del 2013 buscaba fortalecer al país, los procesos de producción petrolera y la tecnología para explorar y explotar fuentes alternas que otros países habían tomado
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para continuar con el desarrollo del país. Entre 1980 y 1990, la dependencia gubernamental sobre el petróleo disminuyó aunque no para las finanzas públicas. Las aspiraciones por aumentar
el crecimiento del país —a través de la inversión privada al sector petrolero— fracasaron, entre
otras cosas, por la caída de los precios internacionales del petróleo (Freindenberg y Aparicio,
2016).
Para julio de 2008, el precio internacional del petróleo aumentó hasta un máximo de $120.5
dólares por barril. Sin embargo, hasta diciembre de 2008, los precios internacionales alcanzaron
un mínimo de $33.70 dólares. Entre 2009 y febrero de 2011, hubo cierto ascenso y estabilidad
entre los $112.82 y $90 dólares por barril que duró entre 2014 hasta 2017 cuando alcanzó un
máximo de $45.70 dólares. A partir de marzo de 2016, el precio de la mezcla mexicana mantuvo
un crecimiento constante hasta octubre del 2018 cuando alcanzó $71.29 dólares por barril y a
partir de ese año ha ido en descenso hasta $58.41 de septiembre de 2019.
Gráfica 11. Precio internacional del petróleo (Periodo mensual. De enero de 2005 a agosto
de 2019)

Fuente: Elaboración propia, con información del Servicio Geológico Mexicano de la Secretaria de Energía, BANXICO, y DatosMacro.com.
Con Enrique Peña Nieto, las exportaciones petroleras disminuyeron. De 2012 a 2017, las
exportaciones pasaba un millón 255 mil barriles por día (casi 47 mil millones de dólares) a un
millón 184 mil barriles diarios (apenas superiores a 26 mil millones de dólares). Mientras que
las importaciones aumentaron de 670 mil barriles (32 mil millones de dólares) a casi 980 mil
barriles (32 mil 688 millones de dólares), significando que el país ha importado el 82.77 % de
lo exportado, equivalente a 6 mil 176 millones de dólares

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Tabla 5. Balanza de comercio exterior de hidrocarburos del sexenio de Enrique Peña Nieto
y Andrés Manuel López Obrador, 2012-2019

Fuente: Elaboración propia, con información de los Anuarios Estadísticos de 2007 a 2018 y
los indicadores petroleros de PEMEX de 2019
Hasta septiembre de 2019, en el sexenio de Andrés Manuel López Obrador, las exportaciones han superado el millón 132 mil barriles al día (15 mil 730 millones de dólares), mientras
que las importaciones apenas llegan a los 855 mil barriles (17 mil 110 millones de dólares)
significando el 75.53 % y mil 380 millones de dólares de diferencia.
De 2012 a 2018, las reservas totales del país disminuyeron de 43 mil 837 millones de barriles
a 21 mil 89 millones. Por su parte, la producción nacional también descendió de superar los 3.5
millones de barriles diarios a un millón 833 mil barriles. Hasta septiembre de 2019, el promedio
de producción llegó al millón 672 mil barriles por día y las reservas apenas sobrepasaron los 20
mil 453 millones de barriles.
Tabla 6. Reservas totales y producción en el sexenio de Enrique Peña Nieto y Andrés Manuel
López Obrador, 2012-2019

Fuente: Elaboración propia, con información de los Anuarios Estadísticos de 2007 a 2018 y
los indicadores petroleros de PEMEX de 2019.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 110-133. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/124

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De la mano del petróleo es un símbolo nacional, PEMEX ha sido la vaca sagrada a lo largo
de las décadas. Sin embargo, la corrupción —falta de transparencia, independencia y rendición
de cuentas— ha sido un tema importante en la paraestatal. Por esta razón, el gobierno de López
Obrador trata de mantener una política de protección nacional siguiendo una estrategia diferente a la establecida por la reforma energética del 2013.
En ese sentido, desde 1988 hasta el 2004, las exportaciones pasaron de poco más de un
millón 306 mil barriles diarios a poco más de un millón 870 mil barriles al día. De 2004 hasta
septiembre de 2009, las exportaciones han disminuido hasta poco más de un millón 135 mil barriles diarios. Del total de exportaciones, el continente americano es el principal destino para el
petróleo mexicano al pasar de 745 mil barriles diarios en 1988 hasta un millón 655 mil barriles
diarios en 2004 (Estados Unidos, el principal receptor, pasó de casi a 685 mil barriles por día
en 1988 hasta un millón 622 mil barriles hasta septiembre de 2019 792) (PEMEX, 1999-2019).
El segundo destino del petróleo mexicano ha sido Europa. Desde 1988, las exportaciones
pasaron de 376 mil barriles por día hasta 195 mil barriles diarios, en 2019 (el principal destino
fue España con 204 mil barriles al día en 1988 hasta 162 mil barriles diarios en 2014) (PEMEX,
1999-2014). En Asia y Medio Oriente, las exportaciones pasaron de 184 mil barriles diarios
en 1988 hasta 316 mil barriles hasta septiembre de 2019 (Japón fue el principal destino con
174 mil barriles en 1988 hasta 2003 con 10 mil barriles al día, aunque a partir del 2000 India
importa petróleo mexicano pasando de casi 5 mil a más de 80 mil barriles diarios) (PEMEX,
1999-2014). El último destino del petróleo mexicano es África aunque únicamente fue de 1997,
cuando exportaba 12.7 mil barriles al día, hasta mil 400 barriles diarios en 2005.
Gráfica 12. Volumen de exportaciones de petróleo crudo de México por destino, 1988-2019

Fuente: Elaboración propia, con información de los Anuarios Estadísticos de 1988 a 2018 y
la base de datos institucional de PEMEX.
Las ganancias por exportación de 1988 a 2018, pasó de 5 mil 854 millones hasta 43 mil
341 millones hasta alcanzar 26 mil 512 millones. Hasta septiembre de 2019, las exportaciones
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llegaron a 15 mil 730 millones de dólares. Del total de ganancias, América aportó de 3 mil 353
millones en 1988 hasta 15 mil 364 millones en 2018, y 8 mil 869 millones de dólares hasta
septiembre de 2019. Europa pasó de mil 622 millones de dólares en 1988 a 4 mil 330 millones
en 2018 y 2 mil 595 millones de dólares hasta septiembre de 2019. El Lejano Oriente pasó de
878 millones de dólares en 1988 a 6 mil 819 millones de dólares en 2018. Mientras que África
aportó de 75 millones en 1997 a 7 millones de dólares 2005.
Gráfica 13. Valor de las exportaciones de petróleo crudo por destino geográfico, 1988-2019

Fuente: Elaboración propia, con información de los Anuarios Estadísticos de 1988 a 2018 y
la base de datos institucional de PEMEX.
En ese sentido, la exportación y las ganancias de crudo mexicano reflejan un declive. Por
esa razón, el gobierno de López Obrador propone un cambio de rumbo de la producción que
PEMEX y en la forma en la que el gobierno haga valer su propiedad sobre sus recursos naturales que ha mantenido, no solo desde la apertura económica, sino desde de la reforma energética
del 2013.
La nueva visión gubernamental mantiene, e intensifica, el discurso político nacionalista alrededor del impulso a la seguridad y soberanía petrolera. En ese sentido, el gobierno del presidente López Obrador trazó en su Plan Nacional de Desarrollo “un propósito de importancia
estratégica […] es el rescate de Pemex y la CFE para que vuelvan a operar como palancas
del desarrollo nacional” (Presidencia de la República, 2019, pág. 50). Como acciones para el
cumplimiento de ese objetivo, el gobierno federal propone la rehabilitación de las refinerías ya
existentes, la creación de la una nueva refinería en Dos Bocas (The Economist, 2019).
De igual manera, el presidente ha insistido en fortalecer a PEMEX con recursos extraordinarios obtenidos a través de la política de austeridad y recortes presupuestales a diversos sectores
públicos. Sin embargo, analistas económicos argumentan que esa estrategia no tendrá los resultados esperados pues cambia los ejes de las reformas del 2008 y 2013: la explotación petrolera
en aguas profundas —500 metros de profundidad o menos— y ultra profundas —más de 1,500
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metros de profundidad—. Con esto, López Obrador demuestra no tener interés por continuar
con los proyectos que iniciaron los gobiernos priistas y panistas en el periodo neoliberal, por lo
que el presidente canceló la licitación de siete empresas privadas y entregó nuevas asignaciones
a PEMEX (Solís, 2019).
A pesar de esto, PEMEX declaró que una de las estrategias del gobierno de López Obrador
es asegurar la visión, a largo plazo, de las oportunidades exploratorias. En ese sentido, la comisionada Nacional de Hidrocarburos, Alma América Porres Luna, declaró que esperar a que
los costos de las exploraciones en aguas profundas disminuyan tiene beneficios pero también
perjuicios: “cuando una empresa quiera sacar el crudo en aguas profundas, el precio que tenga
el hidrocarburo puede ser tan bajo que no sea económicamente viable, o el hidrocarburo tal vez
ya no sea la energía que se requiera” (Solís, 2019). De esta manera, el presidente propone que
la paraestatal tendrá una recuperación en tres años y el país volverá a ser autosuficiente en la
producción de combustible. Sin embargo, las consultoras —como Standard and Poors y Moody´s— ven con escepticismo la propuesta presidencial (BBC, 2019).
3.- MÉTODO
Diseño
El trabajo utiliza medios explicativos y analíticos al retomar todos los datos que proporciona PEMEX y otros medios que contabilizan las importaciones y exportaciones petroleras, así
como países destino de ese crudo, precios internacionales y el tamaño de producción y reservas.
De igual manera, los relaciona con los periodos presidenciales desde la aparición del petróleo
en México y como estos periodos, a partir del neoliberalismo, crecieron, o no, con ayuda del
petróleo.
Por esta razón, los recursos utilizados son los registros disponibles en los anuarios estadísticos de PEMEX, las bases de datos institucionales y otros registros disponibles para medir el
incremento de las variables del estudio. En ese sentido, el estudio relacionó la importación y
exportación con las reservas probadas y la producción nacional en el periodo de sustitución de
importaciones y neoliberal para comprobar la repercusión de ésta política en la industria petrolera nacional.
Instrumentos
La investigación utilizó las bases de datos registradas en los anuarios estadísticos y las bases
de datos institucionales de PEMEX, registros del Mundo Mundial, del Banco de México, de
Méxicomaxico.com y los registros de Expansión para el precio internacional de petróleo —
Brent y WTI—. Las bases de datos y los registros trataron de categorizar elementos medibles
para cruzar diferentes aspectos del comercio internacional del petróleo mexicano centrándose
en el periodo neoliberal pero tomando el periodo de sustitución de importaciones como antecedente.
La razón que utilizar los registros y bases de datos, así como elegir estos aspectos —creciRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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miento, precios, importación y exportación, reservas, producción y destino— para categorizar
las variables fue para tratar de abarcar el mayor espectro posible del comercio petrolero internacional para concluir si el periodo neoliberal fue una política que trajo beneficio —o no— a
la economía mexicana y compararla con la posible política económica del nuevo gobierno. A
pesar de que podría ser una conclusión subjetiva por los pocos elementos analizados hasta ahora
(septiembre de 2019 a menos de un año de gobierno lopezobradorista) si podría concluirse que
las variables son las mismas, por lo que ambos aspectos son medidos bajo las mismas reglas
básicas.
Procedimiento
La investigación pasó por dos periodos: el primero, retomar todos los datos posibles referentes al petróleo en México y, la segunda, construir categorías básicas de medición a partir de
los elementos e información disponible en las principales fuentes de información consultadas.
Con esta idea básica, los primeros elementos tomados en cuenta fueron las importaciones y
exportaciones de crudo y derivados, en cantidad de barriles y dinero, para comprobar el déficit
que tiene el país.
Inmediatamente después fue necesario analizar las reservas y la producción de crudo para
comprobar qué tan grande ha sido la explotación del recurso así como los beneficios que han
devenido con esa explotación. Después de eso, fue necesario conocer cuál es el precio con el
que se vende el crudo mexicano en el mercado internacional y compararlo con nuestros principales competidores, seguido de identificar el principal destino de los recursos y las ganancias
que recibe PEMEX de esos lugares por concepto de comercio petrolero. Con esto, el estudio
fue delimitado en periodos sexenales y la información fue cruzada con la aplicación de políticas
de sustitución de importaciones, neoliberalismo e inicio del gobierno de López Obrador, para
concluir con los resultados reales de las políticas aplicadas.
4.- RESULTADOS
El análisis muestra como resultados que la política petrolera aplicada en el periodo neoliberal fue deficiente conforme a las décadas anteriores en las que la política de industrialización
por sustitución de importaciones aumentó las reservas y la producción, a pesar de que fue a
través de un aumento del endeudamiento que generó —de la mano con muchos otros elementos
originados en el escenario internacional— las crisis de las décadas de 1970 y 1980, dando paso
al periodo neoliberal.
En ese sentido, la aspiración de la política neoliberal fue minimizar los problemas de crisis
y mantener el aumento de las exportaciones aumentando la explotación de las reservas. Sin
embargo, conforme la producción y exportación fue en aumento, los precios internacionales
disminuyeron resultando, por un lado, en una necesidad cada vez mayor por recursos y, por otro
lado, la necesidad de importar productos refinados.
En resumen, el neoliberalismo propició la necesidad de producir cada vez más petróleo para
exportar y cada vez más necesidad de productos refinados. Por esa razón, el nuevo periodo preRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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sidencial del presidente López Obrador buscó minimizar la dependencia de productos refinados
importados. Sin embargo, la propuesta no contempla inversión en exploración o en tecnología,
por lo que la autosuficiencia no parece probable.
5.- CONCLUSIONES
El petróleo ha estado en constante cambio en el país desde su aparición hasta las diferentes
reformas que se han aplicado bajo argumento de beneficio colectivo. La institucionalización
de la revolución, y con esto la adopción del petróleo como elemento de identidad nacional, financió el crecimiento de país a través de las políticas de sustitución de importaciones, creando
empresas paraestatales en todos los ámbitos de la productividad nacional y dio paso al “milagro
mexicano”, que duró hasta las finales de la década de 1970 y que significó un cambio en los
manejos económicos del país reflejados en las reformas de 1986 que planteaba la apertura del
país en términos económicos, principalmente, pero también en lo político y social.
A partir de ese momento, la clase política mexicana requirió mantener un argumento nacionalista y de corte social para reformar aspectos referentes a la industria petrolera. La apertura
económica de finales de la década de 1980 propició que, a nivel discursivo, el gobierno propusiera los cambios requeridos por la industria a partir de los beneficios colectivos que estas
reformas traerían. En la primera década del siglo XXI, el discurso planteaba reformar el sector
y alargar los beneficios petroleros dando forma a la reforma de 2013. Con esta reforma, el gobierno proponía hacer más eficaz a la industria y cambiar la situación deficitaria de la balanza
comercial petrolera. Sin embargo, en los pocos años de aplicación, esos problemas han empeorado por diversos factores coyunturales.
Con el nuevo gobierno de López Obrador, los factores coyunturales del país no ofrecen
muestras reales de éxito para las propuestas del presidente López Obrador pues éstas están
centradas en gastos de construcción de refinerías, cuando la tendencia global va en sentido contrario, y nula inversión en tecnología y exploración.
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Mediación comunitaria al cumplimiento del acceso a la justicia como objetivo de desarrollo
sostenible1
Community mediation for compliance with access to justice as a sustainable development
objective
Lisbeth Carolina, Velásquez-Cruz2
Universidad Nacional Autónoma de Nicaragua, Nicaragua
https://orcid.org/0000-0003-2488-2653
___________________________________________________________________________
RESUMEN
El presente artículo es producto de una revisión bibliográfica, cuyo objetivo está orientado al análisis de los
Objetivos de Desarrollo sostenible, en particular a lo referido a la garantía del acceso a la justicia con igualdad
desde los métodos alternos de solución de conflictos, especialmente la mediación comunitaria y la relación con el
derecho al acceso a la justicia. Se aplicó el método de análisis documental, con enfoque cualitativo, diseño no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico transversal. Tras la revisión documental se observó que: existen ordenamientos jurídicos nacionales e internacionales y programas en Latino América que regulan la función
y practica de la mediación comunitaria como instrumento de solución pacífica de los conflictos en la comunidad.
Se concluye que la mediación comunitaria contribuye a crear ciudadanía, participación inclusiva de las personas,
desarrollar la cultura de paz en las comunidades y dar cumplimiento al derecho de acceso a la justicia.
Palabras claves: acceso a la justicia, desarrollo sostenible, mediación comunitaria, objetivo dieciséis.
ABSTRACT
This article is the product of a bibliographic review, whose objective is oriented to the analysis of objective sixteen of the Sustainable Development Goals, in particular as regards the guarantee of access to justice with equality
from alternative methods of conflict resolution, especially community mediation and the relationship with the right
to access justice. The method of documentary analysis was applied, with a qualitative approach, non-experimental
design, under a transversal documentary-bibliographic level. After the documentary review, it was observed that:
there are national and international legal systems and programs in Latin America that regulate the function and
practice of community mediation as an instrument for the peaceful resolution of conflicts in the community. It is
concluded that community mediation helps to create citizenship, inclusive participation of people, develop a culture of peace in communities and comply with the right of access to justice.
Keywords: access to justice, community mediation, objective sixteen, sustainable development.

Recibido: 28 de Septiembre 2018 - Aceptado: 20 de Enero 2019
Cómo referenciar este artículo:
Velásquez-Cruz, L. C. (2019). Mediación comunitaria al cumplimiento del acceso a la justicia como objetivo de
desarrollo sostenible . Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, 134-145. Recuperado de http://revpoliticas.
uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/139

1
Artículo de revisión derivado del proyecto de investigación: Mediación comunitaria como estrategia para desarrollar una cultura de
paz en las comunidades.
2
* Máster en Derecho Procesal Civil por la Universidad Nacional Autónoma de Nicaragua. Docente de la Facultad de Humanidades
y Ciencias Jurídicas de Universidad Nacional Autónoma de Nicaragua. E-mail: lisvelasquezcruz@yahoo.com, lilly121293@hotmail.com.
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1.- INTRODUCCIÓN
En el año 2000, los Estados miembros de las Naciones Unidas aprueban la Declaración
del Milenio cuyo objetivo primordial fue establecer una serie de Objetivos del Desarrollo del
Milenio (ODM) que sean los cimientos indispensables de un mundo mejor, más pacífico, más
próspero y justo.
Los Estados partes reconocieron que, “además de las responsabilidades que todos tenemos
respecto de nuestras sociedades, nos incumbe la responsabilidad colectiva de respetar y defender los principios de la dignidad humana, la igualdad y la equidad en el plano mundial” (Naciones Unidas, 2000). Esto como parte del cumplimiento efectivo de los Estados a la Carta de
Naciones Unidas.
La declaración del milenio contenía ocho objetivos que los Estados miembros definieron de
carácter prioritario con relación a las problemáticas que existían en su momento como parte de
los compromisos adquiridos en la cumbre:
Reafirmamos nuestra determinación de apoyar todos los esfuerzos encaminados a hacer respetar la igualdad soberana de todos los Estados, el respeto de su integridad territorial e independencia política; la solución de los conflictos por medios pacíficos y en consonancia con los
principios de la justicia y del derecho internacional (Naciones Unidas, 2000).
Las problemáticas principales contenidas en los ODM son la erradicación de la pobreza, acceso a educación primaria de forma universal, lucha contra la violencia, protección de Derechos
Humanos, la democracia y el buen gobierno, protección de las personas vulnerables, combatir
el VIH y Sida y otras enfermedades, reducir la mortalidad de la niñez, medio ambiente sostenible.
Los ODM constituyen “los buenos deseos y al trabajo realizado durante los quince años,
los problemas enraizados en muchas sociedades no han sido resueltos y muchas personas en el
mundo lo siguen padeciendo como la pobreza extrema” (Quispe Remón, 2018) . Las problemáticas definidas en los objetivos si bien no han sido resueltas en su totalidad constituyen un
avance significativo para la creación y readecuación de iniciativas para eliminar las dificultades
que generan perjuicios a la sociedad mundial.
Es por lo que, al transcurrir quince años de la Declaración del Milenio, los Estados miembros
de las Naciones Unidas se reúnen nuevamente para evaluar el trabajo realizado y establecer las
áreas de oportunidad generadas a partir de los ocho objetivos estipulados. Es así como surgen
los Objetivos de Desarrollo Sostenible (ODS).
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
La mirada de los Objetivos de Desarrollo Sostenible

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Objetivos de desarrollo sostenible
Las Naciones Unidas en aras de continuar en la promoción, protección y cumplimiento de
los Derechos y obligaciones señaladas en la Carta de Naciones de Unidas y la Declaración del
Milenio en el año 2000, los Estados partes retoman los ODM y los amplían a diecisiete objetivos orientados a la sostenibilidad de estos.
Los objetivos de desarrollo sostenible (ODS) son el sustento y la base para construir un
mundo mejor, un marco de referencia en donde los Estados se comprometieron a cumplir, en un
máximo de quince años, a partir del año 2015 al 2030. Estableciendo una serie de metas e indicadores que abordaran los avances en la aplicación de estrategias que aportan significativamente a la solución de las problemáticas que aquejan a la sociedad, con el involucramiento de todos
los actores claves en el mundo: los Estados, sociedad civil, empresas y población en general.
Los ODS establecidos por las Naciones Unidas son los siguientes:
Ilustración 1 ODS según la ONU

Fuente: Elaboración propia, 2019.
En la ilustración 1, se señalan los objetivos que han sido designados como parte de una
nueva agenda de desarrollo sostenible hasta el 2030. En este sentido, Alicia Bárcena Secretaria
Ejecutiva de la CEPAL refiere que: “Los ODS también son una herramienta de planificación
para los países, tanto a nivel nacional como local. Gracias a su visión a largo plazo, constituirán
un apoyo para cada país…”. Es por ello, que los Estados y sus gabinetes de gobiernos preparan
y realizan los planes de desarrollo de acuerdo con las principales necesidades y problemáticas
que poseen.
Objetivo dieciséis: paz, justicia e instituciones sólidas
Este objetivo propuesto se “centra en la promoción de sociedades pacíficas e inclusivas para
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el desarrollo sostenible, la provisión de acceso a la justicia para todos y la construcción de instituciones responsables y eficaces a todos los niveles” (CEPAL, 2016). Las tres dimensiones de
este objetivo (promoción de la paz, acceso a la justicia e instituciones) se resumen en el fortalecimiento de las instituciones que son garantes de los derechos fundamentales y la vigilancia
en el cumplimiento de estos.
Las metas del objetivo dieciséis, según (Naciones Unidas, s.f.) son:
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•

Reducir significativamente todas las formas de violencia y las correspondientes tasas de
mortalidad en todo el mundo.
Poner fin al maltrato, la explotación, la trata y todas las formas de violencia y tortura
contra los niños.
Promover el estado de derecho en los planos nacional e internacional y garantizar la
igualdad de acceso a la justicia para todos
De aquí́ a 2030, reducir significativamente las corrientes financieras y de armas ilícitas,
fortalecer la recuperación y devolución de los activos robados y luchar contra todas las
formas de delincuencia organizada
Reducir considerablemente la corrupción y el soborno en todas sus formas
Crear a todos los niveles instituciones eficaces y transparentes que rindan cuentas
Garantizar la adopción en todos los niveles de decisiones inclusivas, participativas y
representativas que respondan a las necesidades
Ampliar y fortalecer la participación de los países en desarrollo en las instituciones de
gobernanza mundial
De aquí a 2030, proporcionar acceso a una identidad jurídica para todos, en particular
mediante el registro de nacimientos
Garantizar el acceso público a la información y protegerlas libertades fundamentales, de
conformidad con las leyes nacionales y los acuerdos internacionales
Fortalecer las instituciones nacionales pertinentes, incluso mediante la cooperación internacional, para crear a todos los niveles, particularmente en los países en desarrollo, la
capacidad de prevenir la violencia y combatir el terrorismo y la delincuencia
Promover y aplicar leyes y políticas no discriminatorias en favor del desarrollo sostenible

El objetivo dieciséis señala metas para el cumplimiento y logro de este propósito, tomando
en cuenta la labor de todos los sectores en la sociedad: gobierno, sociedad civil y población en
general. Es importante la integración de todos los sectores para que juntos aporten a la solución
y reducción de las problemáticas que acontecen en el mundo. Para (Mesa, 2017, pág. 31) “El
ODS 16 ofrece una oportunidad para reflexionar sobre los conceptos de paz, justicia y gobernanza global, así́ como sobre sus factores constitutivos”.
El derecho a la igualdad del acceso a la justicia como objetivo de desarrollo sostenible
Nociones generales del acceso a la justicia

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El acceso a la justicia como noción radica en que encierra dos de los propósitos fundamentales del sistema de justicia: por una parte, el acceso al sistema judicial que es donde las personas
pueden reclamar el cumplimiento de sus derechos y, por otra, los medios alternos de resolución
de conflictos, desde una perspectiva amplia de justicia (judicial y extrajudicial) que involucre a
las instituciones públicas en su conjunto.
Tradicionalmente, el acceso a la justicia fue entendido más como una prerrogativa del Estado que como un derecho fundamental y en las últimas décadas ha venido cobrando fuerza la
idea del acceso a la justicia como un derecho y más que derecho una garantía fundamental.
En ese aspecto, señala (Marabotto, 2003) “El acceso a la justicia es un derecho humano y,
por lo tanto, es esencial. Siempre y en todo caso se debe procurar el acceso a ella de la mayor
parte, si no de todos los habitantes de un país”. A su vez, la importancia del acceso a la justicia
como derecho fundamental es que por medio de este derecho se le da contenido material a la
igualdad formal mediante la exigibilidad de otros derechos y la resolución de conflictos entre
particulares o entre particulares y el Estado.
Según, (Zambrano, 2015):
El acceso a una justicia imparcial e independiente que garantice la tutela judicial efectiva de
los derechos y la vida en un entorno libre de amenazas, violencia y temor, es presupuesto
indispensable para alcanzar el desarrollo integral de las personas, mejorar su calidad de vida
y lograr el ejercicio pleno de sus derechos y libertades democráticas.
Entonces, el acceso a la Justicia es aquella que no sólo incluye la tutela judicial efectiva y las
garantías del debido proceso en el sistema de justicia, sino que abarca todo mecanismo que sea
eficaz para la resolución de un conflicto. Por lo mismo, el acceso a la justicia es concebido como
una especie de “derecho bisagra”, en cuanto permite dar efectividad a los distintos derechos,
civiles y políticos y económicos, sociales y culturales, abriendo el camino para reclamar por su
cumplimiento y así garantizar la igualdad y la no discriminación.
El acceso a la justicia incluido en el objetivo dieciséis
El objetivo dieciséis, refiere a la construcción de sociedades justas y pacíficas con el cumplimiento efectivo de los derechos fundamentales para garantizar la paz y la justicia. Los derechos
que señala este objetivo es únicamente el de acceso igualitario a la justicia, que, a su vez, este
derecho no lo incluía los ODM.
En este sentido, en el centro del objetivo dieciséis se encuentra el aspecto vital para lograr la
convivencia pacífica y el desarrollo en igualdad de condiciones de todas las personas, el acceso
a la justicia (Mesa, 2017). Es decir, el derecho al acceso a la justicia es transcendente para alcanzar las metas y objetivos señalados en los ODS, ya que a través de este derecho es el medio
para el cumplimiento de otros derechos.
Normas de especial protección al derecho del acceso a la justicia
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La administración de justicia, como instrumento fundamental para el logro de una convivencia armoniosa y equilibrada, no puede liberarse del compromiso de incorporar en su estructura,
organización y políticas, una perspectiva de protección, con el fin de garantizar el acceso a la
justicia y con ello, el goce y ejercicio pleno de los derechos humanos y libertades fundamentales, entre ellas vivir libres de cualquier forma de violencia.
El acceso a la justicia se encuentra consagrado en las distintas normas del Derecho Internacional de los Derechos Humanos, como el Artículo 10 de la Declaración Universal de Derechos
Humanos, el Artículo 14 del Pacto Internacional de Derechos Civiles y Políticos y el Artículo 8
y 24 de la Convención Americana sobre Derechos Humanos que reconocen al acceso a la justicia como un derecho de que a las personas se les escuchen ante los tribunales y cortes de justicia
con igualdad y sin discriminación, que cada Estado debe cumplir con esa garantía fundamental
de que las personas puedan libremente tocar las puertas del sistema de justicia y que este les
tutele de forma efectiva su derecho.
En este sentido, el acceso a la justicia está consagrado en el artículo 8 de la Convención
Americana sobre Derechos Humanos o Pacto de San José, que se encuentra íntimamente ligado
con el derecho a la asistencia jurídica, y en general, con poner en funcionamiento el aparato judicial. También se relaciona con la eliminación de todos los impedimentos fácticos, subjetivos
u objetivos para hacerlo.
Artículo 8: garantías judiciales (Organización de Estados Americanos, 1969):
Toda persona tiene derecho a ser oída, con las debidas garantías y dentro de un plazo razonable, por un juez o tribunal competente, independiente e imparcial, establecido con anterioridad por la ley, en la sustanciación de cualquier acusación penal formulada contra ella, o para
la determinación de sus derechos y obligaciones de orden civil, laboral, fiscal o de cualquier
otro carácter.
Esto último se refiere a la posibilidad material del ciudadano y la ciudadana, de acceder a la
justicia como elemento que se requiere para poder cumplir con el objetivo que persigue la Ley,
como es prevenir, erradicar y sancionar las conductas que ponen en riesgo o vulneran bienes
jurídicos protegidos.
La mediación comunitaria y la relación con el acceso a la justicia
Noción de mediación comunitaria
La mediación comunitaria es parte de los Métodos Alternos de Solución de conflictos, corresponde a la mediación en el ámbito social, según (Nató, Rodríguez, &amp; Carbajal, 2006):
Es un recurso humano y un instrumento cívico mediante el cual los integrantes de una sociedad pueden tramitar sus diferencias y/o gestionar los conflictos que se le presentan en el ámbito
privado y/o público, así como también participar en la construcción de la sociedad que integran.
Para el Programa de Mediación Comunitaria de la Defensoría en Montevideo, Uruguay, “La
mediación comunitaria es un espacio de encuentro que busca la construcción de soluciones a las
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situaciones problemáticas que enfrentan las personas” (Defensoría de Vecinas y vecinos, 2017).
En este sentido, la mediación comunitaria es un método de prevención y solución de controversias comunitarias, un servicio que el objetivo primordial es fortalecer la comunidad y generar espacios que involucren a los miembros de la sociedad, a fin de garantizar la paz y armonía
entre ellos.
La mediación comunitaria reconocida en normas internacionales
La Convención Americana sobre Derechos Humanos sirvió de fundamento para abordar los
Métodos Alternos de Solución de conflictos, por ende, la mediación comunitaria, en tanto, reconoce las garantías judiciales como el derecho al acceso a la justicia (Organización de Estados
Americanos, 1969).
Los Estados signatarios del Tratado Americano de Soluciones Pacíficas mejor conocido
como el “Pacto Bogotá”, se comprometen a resolver las futuras controversias que pudieran surgir entre ellos, mediante el uso de métodos pacíficos que auspicien el mantenimiento de la paz,
como los procedimientos de: los buenos oficios, la mediación, la investigación, la conciliación,
el arbitraje y el procedimiento judicial. (Cabello Tijerina &amp; Vázquez Gutiérrez, 2015).
Siendo la mediación comunitaria parte de los Métodos de solución de conflictos tiene la investidura y protección especial por parte de los Estados que son los garantes de los Derechos,
en particular, el derecho al acceso a la justicia. La Administración de Justicia le corresponde
al Estado y a su vez, es instrumento fundamental para el logro de una convivencia armoniosa y
equilibrada.
Mediación comunitaria y acceso a la Justicia en Nicaragua, México y Panamá
En Nicaragua, México y Panamá los Mecanismos de Solución de Conflictos en particular
la mediación, se encuentran reflejados en los ordenamientos jurídicos desde la perspectiva del
derecho humano del acceso a la justicia, la tutela judicial efectiva y el reconocimiento de la
participación ciudadana, las formas de gobierno y solución tradicional de conflictos de las comunidades indígenas, zonas urbanas y rurales.
Existen programas, centros y experiencias innovadoras de Mediación comunitaria vinculadas al cumplimiento del derecho al acceso a la justicia de las comunidades, zonas urbanas y rurales, cuyo funcionamiento y operatividad pertenece tanto al Estado (Poder judicial y ejecutivo)
como también la sociedad civil y organizaciones internacionales.
Por su parte, la Asamblea Nacional de Panamá dicta la Ley que establece la justicia comunitaria de paz y las disposiciones sobre mediación y conciliación comunitaria, esta norma viene
a promover la solución pacifica de las controversias comunitarias a fin de garantizar el acceso
a la justicia por igual, sin discriminación de raza, sexo o ideología política, que al igual que la
experiencia de Nicaragua crean el Sistema Nacional de Facilitadores Judiciales que junto con
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el Órgano Judicial y Alcaldías municipales establecen una estructura organizacional en cada
municipio.
En el caso de México, específicamente el Estado de Nuevo León incluye los Mecanismos
Alternativos de Solución de controversias en el ordenamiento jurídico tomando en consideración la Carta Magna de la Nación y Constitución del Estado Libre y Soberano de Nuevo León
que preceptúan el reconocimiento de la mediación para fomentar y difundir la cultura de paz y
la restauración de relaciones interpersonales y sociales (Congreso del Estado de Nuevo León,
2017).
En este sentido, el Instituto de Mecanismos Alternativos de Solución de Conflictos del Estado de Nuevo León, ofrece a la sociedad el servicio de Mediación. Según informe actualizado
hasta el 26 de marzo de 2019, se realizaron 16,617 mediaciones y 12,593 convenios acordados
en total. En el caso de mediaciones comunitarias del 2007 al 30 de abril de 2018 se realizaron
60 solicitudes de mediaciones comunitarias en sede del Instituto (Instituto de Mecanismos Alternativos para la solucion de controversias, s.f.).
En Nicaragua la experiencia de la mediación comunitaria es a través del Servicio Nacional
de Facilitadores Judiciales que son auxiliares de justicia, cuenta con 4,764 facilitadores a nivel
nacional y se va a seguir ampliando el servicio en 5 mil. El magistrado de la Corte Suprema de
Justicia de Nicaragua Dr. Marvin Aguilar expresa que: “El 80% de la población rural nicaragüense tiene acceso a la justicia a través de los Facilitadores Judiciales.
La eficiencia se percibe en cada comunidad y barrio, con la disminución del delito, lo que
genera mayor producción, gobernabilidad, seguridad, paz, armonía, más acceso a la justicia y
menos retardo, mayor ejercicio democrático por ser los facilitadores judiciales electos popularmente” (Corte Suprema de Justicia de Nicaragua, 2016).
El Servicio Nacional de Facilitadores Judiciales (SNFJ) tiene como fin brindarle a la comunidad celeridad en el acceso a la justicia, disminución de los costos y se descongestione el sistema de administración de justicia, al no ingresar causa por faltas penales o delitos a la Policía
Nacional, Ministerio Público ni a los Despachos Judiciales (Corte Suprema de Justicia, 2015).
También, el acceso a la justicia descansa en las y los líderes comunitarios que con un espíritu
voluntario y de servicio, amor a su comunidad, el cual brinda la confianza y proporciona el ambiente adecuado para que las personas que acuden ante él o ella, previo a acuerdos, establezcan
la solución de sus conflictos y el facilitador judicial levanta el acta donde se recoge la manifestación de la expresión y voluntad de las partes.
Dentro de las principales logros que ha alcanzado el SNFJ se encuentran la reducción de los
conflictos en cada una de las zonas y comunidades del país, facilita la paz y la convivencia social, el cual permite que las personas desprotegidas y con mayores dificultades para acceder a la
justicia acudan ante el facilitador judicial para recibir orientación, información o asesoría sobre
el conflicto que tenga, se fomenta la cultura jurídica dentro de la población al realizar charlas
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comunitarias el cual es producto de las capacitaciones que reciben por parte del Poder Judicial
(Corte Suprema de Justicia de Nicaragua, 2016)
En ese aspecto, han contribuido al desarrollo, gobernabilidad y fortalecimiento democrático
y coordinación entre los administradores de justicia e instituciones del Estado, lo cual ha permitido que la administración de justicia sea más efectiva, promoviendo la participación ciudadana
e inclusiva.
En resumen, estos países tienen como común denominador el de desarrollar mecanismos que
permitan el fácil y oportuno acceso de todas las personas a la justicia, en particular a aquellas
de menores ingresos, adoptando medidas que doten de mayor transparencia, eficiencia y eficacia a la labor jurisdiccional. En este contexto, promoverán, desarrollarán e integrarán el uso de
métodos alternativos de solución de conflictos en el sistema de justicia (Segunda Cumbre de las
Americas, 1998).
3.- MÉTODO
Diseño
El enfoque investigativo del presente artículo es cualitativo, de acuerdo con Hernández, Batista y Fernández (2014) “Utiliza la recolección y análisis de los datos para afinar las preguntas
de investigación o revelar nuevas interrogantes en el proceso de interpretación” (p.7). Se utilizó
la técnica de análisis de contenido, siendo esta “una técnica de investigación para la descripción
objetiva, sistemática y cuantitativa del contenido manifiesta de la comunicación” Berel son citado en (Rodríguez-Burgos &amp; Rivas Castillo, 2018).
El alcance establecido es el exploratorio “emplean cuando el objetivo consiste en examinar
un tema poco estudiado o novedoso” (Hernández, Fernández, &amp; Baptista, 2014). Alcanzando
un diseño no experimental “Que se realiza sin la manipulación deliberada de variables y en los
que sólo se observan los fenómenos en su ambiente natural para después analizarlos” (Hernández, Fernández, &amp; Baptista, 2014).
Instrumentos
Para la construcción del marco teórico-conceptual de la temática “La mediación comunitaria
al cumplimiento del acceso a la justicia como objetivo de desarrollo sostenible”, se consultaron
un total de veintitrés referencias bibliográficas utilizándose como instrumento las ideas, argumentos y proyectos que fueron interpretados desde una perspectiva analítica y crítica.
Procedimiento
Con relación a la comprensión del problema de la investigación se recopilan fuentes secundarias de documentos académicos. En el marco de referencia se definen los conceptos básicos
relativos a los ODS, derecho al acceso a la justicia y la mediación comunitaria. Una vez recoRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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pilada y analizada la información se construye el documento objeto de este trabajo. Por último,
se realizan las recomendaciones y conclusiones conforme a los objetivos trazados (Bascón et
al, 2016, p. 39).
4.- CONCLUSIONES
Los objetivos de desarrollo sostenible (ODS) son la base para la construcción de un mundo
mejor y el marco de referencia en donde los Estados se comprometieron a cumplir en coordinación con todos los actores claves en la sociedad: gobiernos, sociedad civil y privada y por
supuesto la población en general.
El objetivo dieciséis aborda la necesidad de fortalecer instituciones sólidas que fomenten la
paz y el cumplimiento efectivo de los derechos sobre todo el de justicia, en el que se promueva el estado de derecho tanto en el ámbito nacional e internacional y garantizar la igualdad de
acceso a la justicia para todos.
El acceso a la justicia es un derecho humano y fundamental, es una forma segura de hacer
justicia social, de tutelar efectivamente los derechos y garantías de las personas. Es esencial
para la construcción de sociedades pacíficas, duraderas y justas.
El acceso a la justicia a través de la mediación comunitaria es una forma novedosa de hacer
cumplir este derecho de justicia con igualdad y sin preferencia, facilita la información oportuna
para la resolución de un conflicto y no solo eso, sino para aconsejar y realizar actividades que
brinde información de diferentes temas y problemáticas que afrente la comunidad. Las personas
se sienten en confianza de abordar sus problemas, de acudir ante el facilitador para la solución
pacifica de su conflicto.
La mediación comunitaria garantiza el acceso a la justicia en la sociedad y contribuye efectivamente al cumplimiento del objetivo de desarrollo sostenible. En tanto, el acceso a la justicia
desde la mediación comunitaria permite el involucramiento y participación inclusiva de la sociedad. La labor de los facilitadores o mediadores comunitarios es a través de la coordinación
entre el facilitador como auxiliar de la Administración de justicia entre las distintas Instituciones del Estado y la población, que aporta significativamente al reconocimiento y cumplimiento
del derecho al acceso a la justicia y la solución de los conflictos en su comunidad.

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un servicio público de transporte entre las ciudades de Ceuta-Tetuán y Melilla-Nador. En
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Politica Editorial
Misión.
•

Somos una revista científica de calidad, que busca la socialización del conocimiento
de la comunidad académica de las ciencias políticas y las relaciones internacionales, a
través de la reflexión y el debate crítico, de sus artículos publicados, contribuyendo en la
construcción de conocimiento que redunde en el desarrollo académico, organizacional
en el entorno local, nacional e internacional.

Visión.
•

Ser para el 2024 una revista de referencia para el mundo académico por su periodicidad,
calidad científica, citación en bases de datos de impacto, aceptada en bases bibliográficas
con comité científico de selección (BBCS).

Objeto y alcance de la revista.
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía es una revista científica de Ciencias Sociales,
Políticas y Relaciones Internacionales que impulsa el intercambio, la difusión y la transferencia del conocimiento en el campo, con énfasis en el área de Política; para ello, toma
como referente la realidad política de América Latina y el mundo. Se fundamenta en la
calidad de la producción científica, con base en la sistematicidad y el rigor, utiliza en su
proceso de revisión por pares la metodología doble ciego (Double Blind Review), publica artículos originales resultados de proyectos de investigación y revisiones bibliográficas bajo los lineamientos de las normas de publicaciones de la American Psychological
Association (APA) sexta edición.

•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía acoge las buenas prácticas del Comité de Ética en Publicación (COPE, por sus siglas en inglés Committe on Publication Ethics), se
edita semestralmente enero-junio, julio-diciembre y circula desde el año 20015, bajo el
patrocinio de la Universidad Autónoma de Nuevo León, en formato electrónico en Open
Access. Divulga sus trabajos en los idiomas español e inglés y está dirigida a la comunidad científica en Política; en especial, a investigadores y docentes que se ocupen del
campo de la ciencia política y las relaciones internacionales.

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México, ISSN 2395-8448. 1-161. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/12

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Líneas Temáticas.

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Cuerpos Académicos
Administración Pública
Comercio y Negocios Internacionales
Comunicación Política
Estudios Regionales Internacionales
Gestión y Política Educativa
Gestión Energética y sustentabilidad
Gobernanza Universitaria
Participación Ciudadana y DDHH

•
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•

Subáreas Scopus
Ciencias Políticas
Ciencias Políticas y Relacones
Internacionales
Sociología y Ciencias Políticas

•

Proceso de gestión editorial. Postulación y recepción del artículo: Esta etapa inicia con
el envío del artículo por parte del autor a través de la plataforma del OJS (Open Journal
Sistems). El autor debe enviar el artículo en formato Word, junto con su hoja de vida.
Una vez el artículo es postulado, se hace de forma automática la recepción del artículo y
el acuse de recibido.

•

Revisión Editorial previa: Los editores en un periodo máximo de 72 horas a partir de
la recepción evaluarán los artículos postulados y determinarán si estos se encuentran
dentro del alcance de la revista. En esta fase se hace una revisión de la calidad editorial
y la contribución al conocimiento del artículo postulado. Se revisa su estructura (forma
y contenido), verificando que se cumpla con la norma de publicación de la American
Psychological Association (APA). Si el artículo postulado no cumple con los criterios
editoriales establecidos se le notificará al autor la decisión editorial, si por el contrario
el articulo supera la etapa de revisión previa pasa inmediatamente a revisión por pares.

•

Revisión por Pares: Esta evaluación se realiza bajo la modalidad del método doble ciego,
es decir, el artículo será enviado en completo anonimato. En esta etapa se designan dos
revisores expertos en la temática, para que, con base en las políticas editoriales, y teniendo en cuenta un formato de evaluación analicen el articulo asignado. Los revisores
tendrán un periodo de tiempo de quince (15) días para realizar su respectiva revisión.
Una vez los evaluadores emiten su concepto se le comunica al autor principal. Si el articulo no fue aceptado por los pares se le comunica de manera sutil al autor principal. Si el
artículo fue aceptado con algunas sugerencias, se le envía al autor la evaluación anónima
para que realice los respectivos ajustes.

•

Revisión Editorial (después de pares): El editor verificará detalladamente que los autores
hayan realizado las correcciones sugeridas por los pares.

•

Revisión de estilo: Una vez el editor haya verificado que las correcciones se han realizado, se procederá a enviar a corrección de estilo. En esta etapa, el corrector se encargará
aspectos de redacción y estilo del texto.

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•

Traducción: Después de la corrección de estilo, el artículo se envía a un experto en segundo idioma para que haga la respectiva traducción del resumen y las palabras clave.

•

Diagramación (Edición): Esta etapa busca garantizar la apariencia estética del artículo
adecuando los espacios, la tipografía y los colores.

•

Revisión final del editor: El editor otorga la aprobación definitiva.

•

Publicación: Los artículos se encuentran en la etapa final del proceso, listos para ser
publicados.

•

Tipo de artículos aceptados. Los autores pueden postular a Revista Política, Globalidad
y Ciudadanía tres tipos de artículos: Originales resultados de proyectos de investigación
científica y tecnológica, revisiones bibliográficas y reseñas.

•

Artículos de investigación científica y tecnológica: Documentos que presentan de manera, detallada, los resultados originales de proyectos de investigación terminada. La estructura contiene título, resumen, abstract, introducción, método, resultados, discusión, conclusiones y referencias. Debe presentar 30 referencias, preferiblemente, citando a otros
artículos de revistas científicas, los cuales deben estar citados al interior del documento.
Un artículo científico es un informe escrito y publicado que describe resultados originales de una investigación.

•

Artículos de Revisión: Documentos resultantes de una investigación donde se analizan,
sistematizan e integran los hallazgos de investigaciones publicadas o no publicadas, sobre un campo en ciencia y tecnología con el fin de dar cuenta de los avances y las tendencias de desarrollo. Se caracteriza por presentar una cuidadosa revisión bibliográfica
de por lo menos 50 referencias.

•

Reseñas: Documento resultado de la revisión crítica de la literatura sobre un tema particular.

Funciones del Comité Editorial y Científico.
•

Para su operación, la revista cuenta con un comité editorial y un comité científico conformado por investigadores nacionales e internacionales. El papel de estos comités es
trazar la política y la estrategia de la revista con el fin de lograr un posicionamiento significativo en la comunidad científica de las Ciencias Políticas y velar por la calidad de
los trabajos en ella publicados.

Comité Editorial.
•

Es el órgano compuesto por docente-investigadores reconocidos en el área de ciencias
políticas y relaciones internacionales, con afiliación institucional en México y amplia

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trayectoria investigativa. Su función en primera instancia consiste en asesorar al editor-jefe y coeditor en la gestión editorial de la revista, además de evaluar el desempeño
de ésta y formular recomendaciones para mejorarla.
Sus funciones están enfocadas a:
•
•
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•

Diseñar la política editorial en conjunto con el editor-jefe
Velar por el cumplimiento de todos los procesos editoriales para garantizar el rigor y el
valor científico de los artículos publicados
Asesorar en la planificación estratégica de la revista
Apoyar en la asignación de árbitros
Verificar y aprobar los números publicados en las ediciones de la revista
Aprobar las líneas temáticas
Realizar convocatorias para la postulación de artículos
Promocionar la revista en eventos, conferencias y espacios de difusión
Proponer temáticas de números especiales
Sugerir bases de datos para la indexación de la revista.

Comité Científico.
•

Es el cuerpo de investigadores reconocidos en el campo de las ciencias políticas y relaciones internacionales, con afiliación institucional extranjera que tiene la función de
garantizar la credibilidad de la revista. Además, es el encargado de evaluar permanentemente la calidad científica del contenido publicado y asesorar al comité editorial en
cuanto a la actualización de los lineamientos y políticas editoriales con el fin de contribuir al mejoramiento continuo de las publicaciones. Son funciones de este comité:

•
•
•

Participar junto con el comité editorial en la formulación de la política editorial
Asesorar al comité editorial en el establecimiento de los criterios de calidad
Invitar a miembros reconocidos de instituciones internacionales a que publiquen sus
artículos en la revista
Promocionar la revista en eventos, conferencias y espacios de difusión.

•

Política de acceso abierto
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía proporciona acceso abierto inmediato a su
contenido, sobre el principio de que la investigación libremente disponible para el público apoya un mayor intercambio global de conocimientos. La revista está autorizada en
el marco de la Licencia Creative Commons Atribución-No Comercial-Sin Derivadas 4.0
– México, que permite a terceros descargar las obras y compartirlas con otros, siempre
que se reconozca su autoría, pero no se pueden cambiar de ninguna manera ni se pueden
utilizar comercialmente. Se deja en claro, que los autores no asumen ningún costo por
el proceso editorial de sus artículos ni su publicación. Todos los costos editoriales son
asumidos por la Universidad Autónoma de Nuevo León como institución editora.

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Copyright.
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El copyright de Revista Política, Globalidad y Ciudadanía pertenece a la Coordinación
de Investigaciones de la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales de
la Universidad Autónoma de Nuevo León.
Para la reproducción del material publicado en esta revista se deberá solicitar autorización a la Coordinación de Investigaciones de la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales de la Universidad Autónoma de Nuevo León.
Dirección: Universidad Autónoma de Nuevo León, Facultad de Ciencias Políticas y
Relaciones Internacionales, Praga y Trieste s/n Col. Residencial Las Torres, Monterrey,
Nuevo León, México. C.P. 64930. http://www.facpoliticas.uanl.mx/
E-mail: revista.politicas@uanl.mx; revistapoliticas.uanl@gmail.com; publica.policas@
uanl.mx
Una vez aceptado un artículo para su publicación, el autor (es) traspasa los derechos de
copyright a la Revista Política, Globalidad y Ciudadanía.

Frecuencia de publicación.
•

La Revista Política, Globalidad y Ciudadanía publica de manera semestral, de enero a
junio y de julio a diciembre.

Declaración de conflictos de interés
•

Los autores no evidenciaran conflictos producto de relación con cualquier tipo de institución o asociación comercial o de otra índole, en relación con lo divulgado en el artículo. Es decir, dar conceptos negativos o juzgar de manera muy positiva lo publicado por
intereses personales, competencias académicas, pasión intelectual.

•

Los autores que postulen artículos de investigación, artículos de revisión, y reseñas a la
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, deben garantizar que sus procedimientos y
metodologías se ajustan a los códigos éticos de publicación cuya garantía constará por
escrito en el formato aceptación o compromiso de cesión de derechos patrimoniales de
autor y declaración de conflictos de intereses, el cual se solicitará conjuntamente con el
envío del artículo para su revisión preliminar, haciendo plenamente responsable al o los
autores de prácticas poco éticas, discriminatorias, ofensivas, agresivas, etcétera; en las
que hayan podido incurrir dentro de la investigación de donde deriva el artículo.

•

Del mismo modo el autor está obligado a informar los conflictos de interés que pueda
tener su trabajo en caso de que los tenga. La persona que haga el envío del manuscrito
para publicación será identificada como el garante del trabajo en su totalidad y con él se
establecerán las comunicaciones relacionadas con el proceso de edición.

Normas de ética en investigación.

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Revista Política, Globalidad y Ciudadanía acoge las buenas prácticas del Comité de ética en Publicación (COPE, por sus siglas en inglés, Committe on Publication Ethics), el
cual se encarga de la ética y moral de las publicaciones científicas. La revista toma como
referente las normas internacionales para editores y autores y las incorpora dentro de su
proceso de gestión editorial estableciendo una guía ética para el editor, los autores y los
revisores.

Equipo editorial.
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El equipo editorial debe realizar sus funciones editoriales basadas en las buenas prácticas de edición científica fomentando la transparencia, la originalidad, la integridad y la
calidad de todas las publicaciones.
Debe adoptar medidas para la detección de plagio, auto plagio, fraude por falsificación o
manipulación de datos, publicación redundante o duplicada.

Editor
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El editor es el responsable de todo lo publicado en la revista, debe basar sus decisiones
en la validez del trabajo y en la importancia que tenga para los lectores; por lo tanto, se
hace libre de expresar de forma crítica pero responsable y respetuosa sus impresiones
derivadas de la revisión de los artículos.
Las decisiones de aceptar o rechazar un artículo para publicación deben ser objetivas y
basarse únicamente en la importancia, originalidad y claridad del objeto de estudio.
Debe sostener una comunicación cordial y respetuosa con los miembros del equipo editorial, comités científicos y editorial, autores y revisores.
Debe fomentar un comportamiento responsable y disuadir de las malas prácticas editoriales.
Debe actuar como garante de la confidencialidad de la información contenida en los
manuscritos recibidos y en los comentarios de evaluación.
Debe proporcionar información actualizada sobre los criterios de autoría siguiendo las
normas éticas internacionales en publicación.
Debe tomar medidas correctivas en caso de plagio u otra mala conducta.
Debe informar a los autores si el artículo será admitido a proceso de evaluación por
pares.
Podrá retirar artículos publicados en caso de una mala práctica comprobada.

Autores
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Los autores deben tener un compromiso con el desarrollo ético y responsable de sus
investigaciones.
Sus trabajos de investigaciones deben ser producción propia, inédita y original. No deben tener plagio ni auto plagio.
Deben proporcionar de forma correcta sus datos personales
Los artículos deben ser coherentes con el contenido del trabajo, es decir, el problema de

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investigación identificado debe corresponder con los objetivos del artículo, la metodología, los resultados y las conclusiones.
Deberán enviar de forma transparente y original toda la documentación requerida por el
equipo editorial
Deben proporcionar el uso de permisos si se utilizó recursos de otros autores (imágenes,
etc.).
Deben confirmar que la propuesta del manuscrito no ha sido enviada a otra revista.
Se comprometen a declarar cualquier posible conflicto de interés.

Revisores
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Los revisores deben adoptar una posición integral al momento de evaluar los artículos, la
revisión debe ser objetiva en relación con el contenido del trabajo.
Las decisiones de los revisores deben estar fundamentadas en el rigor y la calidad científica.
Sus comentarios deben estar argumentados mostrando siempre respeto por el trabajo del
autor.
Deberán informar al editor en caso de detectar similitud entre el trabajo que revisa y alguna obra publicada, o si tiene conocimiento de una obra similar en proceso de revisión.
Los revisores no tendrán acceso a los datos de los autores del artículo que evalúan y tampoco podrán exigir información acerca de ellos.
Deberán enviar las evaluaciones en el tiempo estipulado por la revista.

Privacidad y Confidencialidad.
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La identificación de información de organizaciones y empresas no deberá ser publicada
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y la aceptación o negación de la publicación.
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entonces puede solicitar una aclaración mediante una comunicación formal enviada al
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Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 5 No. 10, Julio - Diciembre 2019, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 1-161. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/12

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Publishing Policy
Mission.
•

We are a quality scientific journal which seeks the socialization of knowledge of the
Political Science and International Relations academic community through reflection
and critical debate of its published articles, contributing to the construction of knowledge that will help the academic and organizational development, locally, nationally and
internationally.

Vision.
•

To be, by 2024, a reference journal for the academic world due to its periodicity, scientific quality, reference in impact databases, accepted in bibliographic bases with a scientific selection committee (BBCS).

Object and Scope of the Journal.
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía is a scientific journal on Political Science and
International Relations (Social Sciences) that promotes the exchange, dissemination and
transfer of knowledge in the field, with emphasis on the area of Politics; for this purpose,
it is based on the political reality of Latin America and the rest of world. It relies on the
quality of scientific production considering systematics and rigor; it uses the Double
Blind Review methodology in its peer review process; it publishes original articles, results of research projects and literature reviews under the guidelines of the publishing
standards of the American Psychological Association (APA), sixth edition.

•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía welcomes the good practices of the Committee on Publication Ethics; it is edited semi-annually, January-June and July-December,
and it is distributed since 2015 under the support of the Universidad Autonoma de Nuevo
León , in electronic format in Open Access. It spreads its work in Spanish and English
and it is addressed to the scientific community in Politics, mainly to researchers and
teachers who deal with the field of Political Science and international Relations.

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Líneas Temáticas.
Cuerpos Académicos
Subáreas Scopus
• Public administration
• Political Science
• International Trade and Business
• Political Science and Interna• Political Communication
tional Relations
• International Regional Studies
• Sociology and Political Science
• Educational Management and Politics
• Energy Management and Sustainability
• University Governance
• Citizen Participation and Human
Rights
Editorial Management Process.
•

Application and Reception of an Article: This stage begins with the submission of the
article by the author through the Open Journal Systems (OJS) platform. The author must
send the article in Word format, along with his curriculum vitae. Once the article is applied, the reception of the article and the acknowledgment of receipt are automatically
made.

•

Prior Editorial Review: Editors will evaluate the applied articles and determine if they
are within the scope of the journal in a maximum of 72 hours from receipt. In this phase,
a review of the editorial quality and the contribution to the knowledge of the applied
article is made. Its structure (form and content) is reviewed, verifying that the publishing standard of the American Psychological Association (APA) is complied with. If the
applied article does not comply with the established editorial criteria, the author will be
notified of the editorial decision; if, on the contrary, the article exceeds the prior review
stage, it is immediately reviewed by peers.

•

Peer Review: This evaluation is done under the modality of double-blind method, that
is, the article will be sent in complete anonymity. In this stage, two reviewers’ experts in
the subject, based on the editorial policies, and taking into account an evaluation format,
analyze the assigned article. The reviewers will have a period of fifteen (15) days to carry
out their corresponding review. Once the evaluators issue their concept, the main author
is informed. If the article is not accepted by the peers, the main author is communicated
subtly. If the article is accepted with some suggestions, the anonymous evaluation is sent
to the author to make the corresponding adjustments.

•

Editorial Review (after pairs): The editor will verify thoroughly that the authors have
made the corrections suggested by the peer.

•

Style Review: Once the editor has verified that the corrections have been made, the arti-

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cle will be sent to style correction. In this stage, the proofreader will be responsible for
checking aspects of writing composition and text style.
•

Translation: After the style correction, the article is sent to an expert in the second language in order to translate the abstract and the keywords.

•

Layout (Edition): This stage seeks to guarantee the aesthetic appearance of the article
adapting spaces, typography and colors.

•

Final Editor Review: The publisher grants final approval.

•

Publication: The articles are in the final stage of the process and they are ready to be
published.

Type of Accepted Articles.
The authors can apply three types of articles to Revista Política, Globalidad y Ciudadanía:
Original containing results of scientific and technological research projects, literature reviews
and reviews.
•

Scientific and Technological Research Articles: Documents that include thorough original results of completed research projects. The structure contains title, summary, abstract, introduction, method, results, discussion, conclusions and references. It must submit 30 references preferably quoting other articles from scientific journals, which must
be mentioned within the document. A scientific article is a written and published report
that describes original research results.

•

Review Articles: Resulting documents from research that analyze, systematize and integrate the findings of published or unpublished research on a field in science and technology in order to justify for progress and developmental trends. It features a careful
literature review of at least 50 references.

•

Reviews: Resulting document from the critical review of literature on a particular topic.

Fnctions of the Publishing and Scientific Committee.
•

For its operation, the journal has a publishing committee and a scientific one made up of
national and international researchers. The role of these committees is to draw the policy
and strategy of the journal in order to achieve a significant position in the scientific community of Political Science and to ensure the quality of the work it publishes.

Publishing Committee.

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•

It is the body made up of renowned teachers-researchers in the area of Political Science
and International Relations, with institutional affiliation in Mexico and extensive research experience. Its function in the first instance consists of advising the editor-in-chief
and co-editor in the editorial management of the journal, as well as evaluating its performance and formulating recommendations to improve it. Its functions are focused on:

		

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•
•

Suggesting databases for indexing the journal
Designing the editorial policy working with the editor-in-chief
Ensuring compliance with all editorial processes to guarantee the scientific rigor and value of published articles
Advising on the strategic planning of the journal
Supporting the allocation of arbitrators
Verifying and approving the issues published in the editions of the journal
Approving the main topics
Making calls for the submission of articles
Promoting the journal in events, conferences and diffusion spaces
Proposing topics for special issues
Suggesting databases for indexing the journal.

Scientific Committee.
•

It is the group of renowned researchers in the field of Political Science and International
Relations , with foreign institutional affiliation that has the function of guaranteeing the
credibility of the journal. In addition, it is in charge of permanently evaluating the scientific quality of the published content and advising the editorial committee regarding
the updating of guidelines and editorial policies in order to contribute to the continuous
improvement of publications. The functions of this committee are:
		
		

•
•
•
•

To participate along with the publishing committee in the formulation of editorial policy,
To advise the editorial committee in the establishment of quality criteria,
To invite renowned members of international institutions to publish their arti
cles in the journal, and
To promote journal in events, conferences and dissemination spaces.

Open Access Policy.
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía provides immediate open access to its content, on the principle that research freely available supports a greater global exchange
of knowledge. The journal is authorized under the Creative Commons Attribution-Noncommercial-No Derivatives 4.0 - Mexico License, which allows third parties to download the works and share them with others, provided their authorship is acknowledged,

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but they cannot be changed, nor can they be used commercially. It is clear that authors
do not assume any cost for the editorial process of their articles or their publication. All
editorial costs are assumed by the Universidad Autonoma de Nuevo Leon as a publishing
institution.
Copyright.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía copyright belongs to the Research Coordination of the School of Political Science and International Relations of the Universidad
Autonoma de Nuevo Leon.
For reproduction of the material published in this journal, authorization must be requested
to the Research Coordination of the School of Political Science and International Relations of the Universidad Autonoma de Nuevo Leon.
Address: Universidad Autonoma de Nuevo Leon, School of Political Science and International Relations, Praga &amp; Trieste, Col. Residencial las Torres, Monterrey, Nuevo León,
Mexico. CP 64930. http://www.facpoliticas.uanl.mx/.
E-mail: revista.politicas@uanl.mx; revistapoliticas.uanl@gmail.com; publica.policas@
uanl.mx
Once an article has been accepted for publication, the author (s) transfers the copyright to
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía.
Frequency of Publication
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía is published semi-annually, January to June
and July to December.

Declaration of Conflict of Interest
•

The authors will not evidence conflicts arising from any type of commercial or other
institutional association, in relation to what it is disclosed in the article. That is, giving
negative concepts or judging in a very positive way what it is published due to personal
interests, academic competences, or intellectual passion.

•

Authors who submitt research articles, review articles, and reviews to Revista Política,
Globalidad y Ciudadanía, must guarantee that their procedures and methodologies conform to the ethical publishing codes whose guarantee will be included in the format acceptance or commitment of assignment of patrimonial rights of author and declaration of
conflict of interest, which will be requested jointly with the sending of the article for its
preliminary revision, making the authors fully responsible for unethical, discriminatory,
offensive, aggressive practices, among others; in those that may have incurred within the
research from which the article derives.

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•

In the same way, the author is obliged to report any conflict of interest that his work may
have, if this is the case. The person who sends the manuscript for publication will be
identified as the guarantor of the work as a whole and communication will be established
with him/her during the editing process.

Research Ethics Standards:
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía welcomes the good practices of the Committee on Publication Ethics (COPE), which is responsible for the ethics and moral of
scientific publications. The journal considers the international standards for editors and
authors as reference and it incorporates them into its editorial management process, establishing an ethical guide for the editor, the authors and the reviewers.

Publishing Team
•
•

The editorial team must perform its editorial functions based on good scientific publishing practices, promoting transparency, originality, integrity and quality of all publications.
It must adopt measures for the detection of plagiarism, self-plagiarism, fraud by falsification or data manipulation of data, redundant or duplicate publication.

Editor
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•
•

The editor is fully responsible for what it is published in the journal; he/she should base
his/her decisions on the validity of the work and the importance it has for readers; therefore, he/she is free to express his/her opinions, derived from the review of the articles,
critically but responsibly and respectfully.
Decisions to accept or reject an article for publication must be objective and based only
on the importance, originality and clarity of the object of study.
He/she must maintain a cordial and respectful communication with the members of the
editorial team, scientific and editorial committees, authors and reviewers.
He/she must encourage responsible behavior and discourage bad editorial practices.
He/she must act as guarantor of the confidentiality of the information contained in the
manuscripts received and in the evaluation comments.
He/she must provide updated information on the authorship criteria following the international ethical standards of publication.
He/she must take corrective action in case of plagiarism or other misconduct.
He/she must inform the authors if the article will be admitted to the peer evaluation process.
He/she can remove out published articles in case of a proven practice.

Authors

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Authors must be commited to the ethical and responsible development of their research.
Their research work must be produced by themselves, unpublished and original. They
should not be plagarised self-plagarised.
They must provide their personal information correctly.
The articles must be coherent with the content of the work, that is, the identified research
problem must correspond to the objectives, the methodology, the results and the conclusions of the article.
They must send in a transparent and original way all the documentation required by the
publishing team
They must provide permits if resources of other authors’ resources were used (images,
etc.).
They must confirm that the proposal of the manuscript has not been sent to another journal.
They agree on declaring any possible conflict of interest.

Reiewers:
•
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•

The reviewers must adopt an integral position when evaluating the articles; the review
must be objective considering the content of the work.
The reviewers’ decisions must be based on accuracy and scientific quality.
Their comments should always be stated respectfully regarding the author’s work.
They should inform the editor if they detect similarity between the work they are reviewing and any other published article, or if they are aware of a similar work under review.
The reviewers will not have access to the author’s personal information, nor will they be
able to ask for information about him/her.
They must send the evaluations in time and according to the journal’s requirements.

Privacy and confidentiality:
•
•
•
•

Information about organizations and companies should not be published in the article
without prior written consent for the publication.
The editor will not expose the articles’ information, the status of review by arbitrators
and the publication’s acceptance or refusal.
The arbitrators must respect the authors’ private property rights; therefore, they cannot,
in any case, discuss their work publicly or appropriate their ideas. It is forbidden to share
information with another arbitrator.
The arbitrator’s evaluation will remain anonymous and should not be publicly exposed
without the author’s and editor’s permission.

Privacy and confidentiality:
•
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Anti-Plagiarism Policy
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía is governed by the rules of the Intellectual
Property World Organization, which governs Mexico through the Federal Law of Copy-

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right. For this reason, all articles submitted to the journal will be subject to verified using
anti-plagiarism software.
Privacy and confidentiality:
•
•

Policy for the Preservation of Digital Files
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía uses the LOCKSS system for preserving its
digital files to create a tool of distributed file among collaborating libraries, which allows
them to create permanent files of the journal for conservation and restoration purposes.

Duplicate Publication:
•

•

The article’s publication that coincides in content and structure with another previously published work in magnetic media or on paper, without granting credit to the initial
source, constitutes an ethical violation to the publication standards Revista Política, Globalidad y Ciudadanía. Under the following situations:
Complete reproduction of a previously published article, joining two or more articles to
produce another one, use of the sample of an original article reporting different results, as
of new data to a preliminary article, use of part of the samples of a study with the same
results and different samples and results of the original article.

Clarification Request:
•
•

If an author considers that an inappropriate decision has been made about his/her article,
he/she can submit a clarification request by means of a formal communication sent to the
Editor through email revista.politicas@uanl.mx
Depending on how complex of the situation might be, this can be resolved directly by
the Editor or the Editorial Committee who will analyze the situation in order to give a
timely response.
UNIVERSIDAD AUTÓNOMA DE NUEVO LEÓN
Campus Mederos. Praga &amp; Trieste. Col. Residencial Las Torres. CP 64930. Monterrey,Mexico. Revista Política, Globalidad y Ciudadanía
Tel: (52) - 8183294000
Monterrey, Mexico
Contact:
revista.politicas@uanl.mx
http://revpoliticas.uanl.mx/RPGyC/index.php/RPGyC

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                <text>Política, globalidad y ciudadanía, es una revista científica de calidad, que busca la socialización del conocimiento de la comunidad académica de las ciencias políticas y las relaciones internacionales, a través de la reflexión y el debate crítico, de sus artículos publicados, contribuyendo en la construcción de conocimiento que redunde en el desarrollo académico, organizacional en el entorno local, nacional e internacional. Inicia en el 2015 y es publicada semestralmente y se mantiene activa.</text>
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                <text>Garza Montemayor, Daniel, de la, Editor Responsable</text>
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                <text>El diseño y los contenidos de La hemeroteca Digital UANL están protegidos por la Ley de derechos de autor, Cap. III. De dominio público. Art. 152. Las obras del dominio público pueden ser libremente utilizadas por cualquier persona, con la sola restricción de respetar los derechos morales de los respectivos autores.</text>
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REVISTA CIENTÍFICA DE LA FACULTAD DE CIENCIAS POLÍTICAS Y
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a la literatura científica y es signataria de la Declaración DORA an Francisco, Declaration on
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El editor y los autores son responsables de los artículos aquí publicados.
Se autoriza la reproducción total o parcial de los artículos citando la fuente y el autor o los
autores
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad
Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México, pp. 1-265,
ISSN 2395-8448

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RECTOR
M.E.C. Rogelio G. Garza Rivera

SECRETARIO GENERAL
Dr. Santos Guzmán López

SECRETARIO ACADÉMICO
Dra. Emilia Edith Vasquez Farías

SECRETARIO DE EXTENSIÓN Y CULTURA
Dr. Celso José Garza Acuña

SECRETERIA DE INVESTIGACIÓN CIENTÍFICA Y DESARROLLO
Dr. Juan Alcocer González

DIRECTOR DE PUBLICACIONES
Dr. Antonio Ramos Revillas

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COMITÉ CIENTÍFICO EDITORIAL
Manuel Vidaurri Arechiga José Antonio Peña-Ramos
Universidad de la Salle - México Universidad de Granada - España
Carlos Pilia Manuel Torres
Universidad de Cagliari - Italia Universidad Internacional de Andalucía España
Úrsula Freundt-Thurne Roberto Dominguez
Universidad Peruana de Ciencias Aplica- Suffolk University - USA
das - Perú
Francisco Ganga Contreras Jorge Schiavon Uriegas
Universidad de los Lagos - Chile Centro de Investigación y Docencia Económicas (CIDE) - México
Felipe Aliaga Saez Rafael Velázquez Flores
Universidad Santo Tomás - Colombia Centro de Investigación y Docencia Económicas (CIDE) - México
Victor S. Peña Benjamin Temkín Yedwab
Colegio de Sonora - México Facultad Latinoamericana de Ciencias Sociales
- México

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COMITÉ CONSULTIVO
Dr. Francisco Gorjón Gómez Mtra. Patricia Sepúlveda
Presidente Vicepresidente
Dr. Osvaldo Leyva Cordero Teodoro Berdugo
Secretario Universidad de Cuenca
Adriano Moura Carles Ramírez
Universidad Estacio OMT
Raul Carnavalli Amaro la Rosa
Universidad de Talca Universidad César Vallejo
Robert Mckenna Lidia Aguilar Balderas Benemérita
Universidad Autónoma de Puebla
David Shirk Violeta Isabel Montero Barriga
Universidad de San Diego Universidad de Concepción
Nicolás Gissi Barbieri Edgar Alán Arroyo Cisneros
Universidad de Chile Universidad Juárez del Estado de Durango
Fátima Recuero López José Salvador Zepeda López
Universidad Pablo de Olavide Universidad Autónoma de Nayarit
Sergio Díaz Rendón Lola Herrero
Universidad Autónoma de Coahuila OMT

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EQUIPO EDITORIAL
Director
Dr. Abraham Hernández Paz
Factultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internaciones
Revista Políticas, Globalidad y Ciudadanía
Editores
Dr. Daniel Javier de la Garza Montemayor / Editor Jefe
Dr. Oswaldo Leyva Cordero
Dr. Carlos Miranda Medina
MSc. Jorge Lechuga Cardozo

Asistentes Editoriales:
Lic. Cristian Rivas Castillo
Lic. Mónica Talavera

Aministradora Open Journal Sistem
Ing. Gabriela Baltodano García

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En el marco de:
Red Iberoamericana de Investigación en Imaginarios y Representaciones (RIIR). Avalada
por la Universidad Santo Tomás de Colombia

Red Internacional de Estudios Migratorios, U-NÓMADES de la Universidad de Chile.

Los derechos de copyright a la Revista Política, Globalidad y Ciudadanía. Se autoriza la
reproducción siempre y cuando se utilice las citas y referencias de cada autor.
UNIVERSIDAD AUTÓNOMA DE NUEVO LEÓN
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segundo piso, Oficina No. 1
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http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/index

�Presentación
La Universidad Autónoma de Nuevo León es una institución dedicada a la formación integral
en los campos de las ciencias, las humanidades y la tecnología, la investigación científica y la
promoción del desarrollo cultural e ideológico de la sociedad, formando líderes y dirigentes con
responsabilidad ética, compromiso histórico y con el propósito de fortalecer la identidad regional, nacional y latinoamericana. La revista digital Política, Ciudadanía y Globalidad, revista
científica de esta institución, se articula a todas las instancias de este proyecto.
Política, Ciudadanía y Globalidad circula semestralmente en presentación electrónica, y en
el sistema Open Access, desde enero de 2015. Busca convertirse en un medio insoslayable para
la publicación de artículos científicos, inéditos, y producto de una investigación en español e
inglés, de autores nacionales e internacionales los cuales ceden todos los derechos de publicación al editor, sometiéndose los artículos a una evaluación de árbitros, bajo la modalidad doble
ciego, a fin de liderar un espacio de promoción del desarrollo científico, el aprendizaje y el
desarrollo desde la región Noreste de México.
Más en específico, es un instrumento para la socialización del conocimiento de las comunidades académicas que engloba la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales
de la Autónoma de Nuevo León, y es un espacio para la reflexión y el debate crítico, propicio
para la construcción de conocimiento que redunde en el desarrollo académico, organizacional y
social, en el entorno local, nacional e internacional.
Política, Ciudadanía y Globalidad está dirigido a investigadores, estudiantes de educación
superior, funcionarios públicos, empresarios, gremios, y a toda la sociedad de conocimiento.
A través de esta revista científica, se divulga la producción intelectual y la investigación para el
desarrollo de la ciencia política, incluyendo todas las sub-áreas propias de la misma. El equipo
de colaboradores está comprometido con el fortalecimiento de los criterios de calidad científica,
editorial, visibilidad e impacto en la comunidad científica, como respuesta a los nuevos lineamientos del Modelo Redalyc.

Revista Política, Ciudadanía y Globalidad

�Presentation
Our university, Universidad Autónoma de Nuevo León is an institution dedicated to promote
integral education in the fields of science, humanities and technology, scientific research and it
fosters cultural and ideological development of society. This institution is in charge of forming
responsible and ethical leaders who must have historical commitment and who must have the
purpose of strengthening the regional, national and Latin American identity. The digital magazine Política, Ciudadanía y Globalidad, a scientific journal of this institution, links directly to
all the instances of this project.
Política, Ciudadanía y Globalidad, has circulated each semester on its electronic version in
Open Access system, since January 2015. It is trying to become a relevant medium in terms of
publishing scientific articles derived from research studies done, etiher in Spanish or English,
by national and international authors who give in the rights for the editor to publish them. These articles go through an evaluation process, Double Blind Review, before they are selected to
be published in order to achieve the goal of promoting scientific development and learning in
Northeastern Mexico.
It is also a tool for the socialization of the academic communities of the School of Political
Science and International Relations of our institution. Likewise, it is a space for reflection
and critical debate in order to construct knowledge that will end up enriching academic,
organizational and social development in local, national and international contexts. Política,
Ciudadanía y Globalidad is aimed towards researchers, students, public officials, businessmen,
trade associations and the entire knowledge society. Intellectual production and research done
for politics development is disclosed in this scientific magazine. Contributor crew is committed
to the scientific, editorial, visibility and impact criteria enhancement, in response to the new
Redalyc Model guidelines.

Revista Política, Ciudadanía y Globalidad

�10
Tabla de Contenido

Editorial -----------------------------------------------------------------------------------------------------------12
Monográfico Migraciones internacionales: Procesos de incorporación en Iberoamérica
Monographic International Migrations: Incorporation processes in Ibero-America
Felipe Aliaga Sáez, Universidad de Santo Tomás, Colombia
Nicolás Gissi Barbieri, Universidad de Chile, Chile
Beatriz Padilla, Universidad de South Florida, EUA
Estado y migración: El reflejo de las políticas en la movilidad externa de cubano ----------------26
State and migration: the reflection of the policies in the external mobility of Cubans
Yulianela Pérez-García, Universidad de las Artes, Ecuador
Trazos y trazas de la migración haitiana post-terremoto

------------------------------------------50

Traces and scars of the post-earthquake Haitian migration
Wooldy Edson Louidor, Pontificia Universidad Javeriana, Colombia
Políticas públicas de integración de inmigrantes. Éxitos y fracasos en Venezuela -----------------73
Public policies of integration of immigrants. Successes and failures in Venezuela
Jenny Liliet Moreno Flórez, Universidad Pedagógica Experimental Libertador, Venezuela
Políticas de inserción laboral de los migrantes colombianos retornados entre 2012 y 2018 -------96
Labor insertion policies of returning Colombian migrants between 2012 and 2018
Donna Catalina Cabrera-Serrano, Universitat Rovira i Virgili, España
Stéphanie López-Villamil, Universidad Nacional de Colombia, Colombia
Os desafios da nova política migratória brasileira diante do fluxo migratório haitiano ----------124
The Challenges of Brazilian Migration Policy in the Face of Haitian Migration Flow
Leonardo Cavalcanti, Universidade de Brasília, Brazil
Lorena Pereda, Universidade de Brasília, Brazil
Marília de Macêdo, Universidade de Brasília, Brazil
Tânia Tonhati, Universidade Católica de Brasília, Brazil
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
ISSN 2395-8448. 1-265. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/14

�11
Migración haitiana en Santiago de Chile: Expulsiones, imaginarios e inserción social en un Estadonación neoliberal ----------------------------------------------------------------------------------------------146
Haitian migration in Santiago, Chile: expulsions, imaginary and social insertion in a neoliberal nationstate
Juan Carlos Rodríguez-Torrent, Universidad de Valparaíso, Chile
Nicolás Gissi Barbieri, Universidad de Chile, Chile
Tres décadas después… Evolución de las políticas de incorporación de inmigrantes en Portugal:
una nueva lectura
-----------------------------------------------------------------------------------------171
Three decades later… Evolution of immigrant incorporation policies in Portugal: a new reading
Beatriz Padilla, University of South Florida, Estados Unidos
Thais França, ISCTE-IUL, CIES-IUL, Portugal
Análisis de algunos vectores sobre las migraciones internacionales en España: Las políticas de
integración e integración educativa a debate ------------------------------------------------------------203
Analysis of some vectors on international migration in Spain: Educational integration and integration
policies under debate
Antonia Olmos Alcaraz, Universidad de Granada, España
Aproximación teórica a la integración de los inmigrantes en tres niveles: Comprensión, adaptación
e inclusión -------------------------------------------------------------------------------------------------------224
Theoretical approach to the integration of immigrants at three levels: Understanding, adaptation and
inclusion
Felipe Aliaga Sáez, Universidad Santo Tomás, Colombia
Politica Editorial

----------------------------------------------------------------------------------------------246

Publishing Policy

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
ISSN 2395-8448. 1-265. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/14

�12
Editorial
Monográfico Migraciones internacionales: Procesos de incorporación en Iberoamérica1

https://doi.org/10.29105/10.29105/pgc6.11-1

Felipe, Aliaga Sáez2
Universidad de Santo Tomás, Colombia
https://orcid.org/0000-0003-4635-1132
Nicolás, Gissi Barbieri3
Universidad de Chile, Chile
https://orcid.org/0000-0001-5059-7691
Beatriz, Padilla4
Universidad de South Florida, EUA
https://orcid.org/0000-0002-2359-3369

Como referenciar la editorial:
Aliaga, F., Gissi, N. &amp; Padilla, B. (2020). Monográfico Migraciones internacionales: Procesos
de incorporación en Iberoamérica. Revista Política, Globalidad y Ciudadania, 12-18.
Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/141
___________________________________________________________________________
En Desde la última década del siglo XX y hasta el presente, se ha constatado un incremento
considerable en los flujos migratorios globales e intrarregionales (OIM 2015; PNUD 2009). En
el mundo habría más de 270 millones de migrantes internacionales (Naciones Unidas, 2019),
aumentando su relevancia política, económica y cultural. No sólo han crecido las corrientes
migratorias en cuanto a su tamaño y diversidad, sino que se han convertido en el centro de los
debates sobre políticas públicas, derechos humanos e inclusión social. Asimismo, la xenofobia,
el racismo y la discriminación han acompañado y ensombrecido estos procesos. América Latina
no ha estado exenta de estas tendencias y preocupaciones (vivienda, empleo, salud, educación,
entre otras), aumentando los desplazamientos dentro de la región de manera importante durante
los últimos años (Martínez y Orrego, 2016), siendo Argentina, Brasil, Colombia y Chile los
países que concentran actualmente el mayor flujo inmigratorio a nivel regional. Por otro lado,

1
Escrito derivado de la Red Iberoamericana de Investigación en Imaginarios y Representaciones (RIIR), avalada por la Universidad
Santo Tomás de Colombia y la Red Internacional de Estudios Migratorios, U-NÓMADES de la Universidad de Chile.
2
Doctor en Sociología y Procesos Políticos Contemporáneos por la Universidad de Santiago de Compostela. Docente investigador a
tiempo completo en la Facultad de Sociología de la Universidad Santo Tomás, Colombia.
3
Doctor en Antropología por la Universidad Autónoma de México. Académico Departamento de Antropología, Universidad de
Chile.
4
Doctora en Sociología, Profesora del Departamento de Sociología de la Universidad de South Florida, EUA e Investigadora del
ISCTE-IUL, Portugal.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
ISSN 2395-8448. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/141

�13
desde la década de 1990, España juega un papel importante como país de llegada de latinoamericanos, lo mismo que Portugal para el caso de los brasileños (Padilla, 2009).
Esta nueva realidad socio-espacial, dinámica y compleja, plantea múltiples desafíos, lecturas
y valorizaciones en torno a la convivencia pluricultural y el desarrollo social en las ciudades receptoras, convocando el interés de las ciencias sociales en Iberoamérica, lo que se ha traducido
en un mayor número de proyectos de investigación, cursos de especialización, centros de estudios y colaboración nacional e internacional interregional y transatlántica que reflexionan sobre
las migraciones, la convivencia y la incorporación social. Estos cambios han llevado que antiguos países de emigración se conviertan en destinos migratorios (España y Portugal; México),
y a la inversa, que viejos destinos de inmigración (Venezuela) se hayan tornado expulsores de
inmigrantes (Gissi, Ghio y Silva, 2019), o que alberguen tanto emigración como inmigración,
realidad que se hizo patente en la Península Ibérica durante la última crisis mundial (Padilla y
Ortiz 2012) o en el nuevo contexto migratorio en América Latina (Perú, Colombia, Ecuador,
Brasil), en la actualidad muy marcada por el éxodo venezolano. Inclusivamente, se ha hecho
evidentes como los procesos políticos y electorales influencian cada vez más la inmigración
(França y Padilla, 2018), por ejemplo, en los últimos dos años, el crecimiento de la migración
brasileña hacia Portugal se agilizó, alcanzando un aumento de 43% del 2018 para 2019.
Los flujos migratorios Sur-Norte y Sur-Sur, y aun los Norte-Sur, se deben tanto a factores
externos como internos de los países, siendo relevantes los procesos de atracción y expulsión,
así como los de globalización (Padilla, 2009). Las últimas crisis económicas internacionales y
regímenes políticos neopopulistas (i.e.Venezuela) y neoconservadores (i.e. Colombia), tienen
como trasfondo los procesos globalizadores de las últimas cuatro décadas, en particular la reforma estructural neoliberal que consolidó el sistema-mundo y el capitalismo global en un contexto histórico poscolonial y de división internacional y sexual del trabajo (Wallerstein, 2007;
Canales, 2015). Estos fenómenos macro, productos de un modelo de desarrollo orientado a las
exportaciones, han generado un nuevo “metabolismo” social que desestabiliza el espacio y la
reproducción cultural, generando una “marea que levanta todos los botes” (Portes y Roberts,
2005, p. 25), debilitando los contratos sociales y mecanismos de protección, que ya eran frágiles en muchos países, y aumentando las asimetrías entre los países y regiones, y las desigualdades al interior de cada sociedad, tendiendo a crecer los riesgos, la exclusión social y la pobreza
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(Beck y Beck-Gernsheim, 2012), así como alentando la imaginación y deseo de los individuos
y sus familias (Appadurai, 2001).
Esta inestabilidad política y económica en Iberoamérica ha desembocado en una nueva actitud frente a los beneficios y riesgos de la movilidad (Douglas y Wildavsky, 1983), estableciéndose grandes movimientos hacia países de destino donde el Estado brinde mayor seguridad
(Solimano, 2008), ocasionándose también cambios en la legislación migratoria de los países
históricamente receptores a nivel mundial, como Estados Unidos, proclives a un mayor control
migratorio (Sassen 2015; Portes 2012), especialmente con las nuevas migraciones de refugiados y los mayores controles fronterizos implementados por el presidente Trump en EE.UU.
Por otro lado, los procesos y legislaciones migratorias de los países de la península Ibérica, han variado en los últimos 30 años, a veces tornándose más amigables y otras menos, en
relación a la evolución de los flujos migratorios, siendo el 2006 un año clave dada la implementación de la Agencia Europea para la Gestión de la Cooperación Operativa de las Fronteras
Exteriores de los Estados Miembros de la Unión Europea (FRONTEX), la cual centró sus esfuerzos en el control de fronteras y la lucha contra la inmigración irregular, interceptando a los
migrantes especialmente procedentes de África, lo cual llevó a que se bautizara al continente
como la “Europa Fortaleza”.
Los casos de España y Portugal, países que históricamente han sido de emigración, pasan
a recibir población inmigrante a partir de los ‘90, pero con la crisis de 2008, experimentan
nuevamente procesos de emigración. En España en tiempos del Partido Popular en el poder, se
vino restringiendo la apertura migratoria, donde incluso la ultra-derecha ha ganado terreno, con
partidos anti-inmigración; cuestión que va configurando una base de significados negativos en
torno a las migraciones en la cual aparece el imaginario del inmigrante (Aliaga, 2008) como un
“chivo expiatorio” (Aliaga, 2014), cargando las culpas de los problemas de la sociedad.
Como consecuencia de ello, en términos de recepción migrantes, se han generado nuevos
ejes de producción de localidad y subjetividad, a través de nuevos objetos, formas políticas y
comportamientos sociales, que han provocado un cambio en las trayectorias y destinos migratorios, así como en los procesos de incorporación y exclusión social, cuestión que se ve reflejada
en el conjunto de Iberoamérica.
Al respecto, en este monográfico contamos con nueve capítulos que ilustran estas nuevas
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realidades en el espacio Iberoamericano. En el texto de Yulianela Pérez García, “Estado y migración: el reflejo de las políticas en la movilidad externa de cubanos”, se da cuenta sobre cómo
la migración externa cubana se enfrenta a los retos de un gradual dinamismo, la diversificación
de sus corrientes, la complejización de sus motivaciones y la profundización de los vínculos
entre los migrantes y su país de origen, siendo la actividad normativa del Estado cubano fundamental en estas transformaciones, intentando controlar el potencial migratorio y neutralizar su
impacto socioeconómico, incidiendo, entre otros elementos, en la diversificación de las expresiones de la migración y modificado los flujos, una vez que se adecuan a las oportunidades que
les ofrece el marco político normativo nacional.
El capítulo de Wooldy Edson Louidor, “Trazos y trazas de la migración haitiana post-terremoto”, describe los trazos de los trayectos de migrantes haitianos a lo largo del continente americano tras el terremoto del 12 de enero de 2010, así como las trazas de los impactos desastrosos
de políticas migratorias hostiles de países de tránsito y destino sobre dichos migrantes, particularmente en las fronteras. A partir de la reconstrucción de las dos categorías, trazos y trazas,
retomadas de Édouard Glissant y Severo Sarduy respectivamente, y de la lectura hermenéutica
de un corpus de textos publicados de 2010 a 2019 sobre la migración haitiana post-terremoto,
el artículo evidencia la heterogeneidad de ésta desde una doble perspectiva, geográfica y político-jurídica.
El texto de Jenny Moreno, “Políticas públicas de integración de inmigrantes. Éxitos y fracasos en Venezuela”, realiza un esbozo de las políticas de atención al inmigrante en Venezuela
desde 1989 hasta la actualidad, a través del análisis documental de textos científicos y de artículos de prensa. En este trabajo se describe la política de los inmigrantes desde 1989 hasta el
2003; hace referencia al periodo del presidente Hugo Chávez que marca una diferenciación con
el resto de los periodos presidenciales; analiza las políticas sociales denominadas misiones que
nacen en el 2003 y que se mantienen hasta el día de hoy, donde se destaca la misión identidad,
destinada a dotar de documentación legal a los migrantes que llegan a Venezuela, realiza hace
una revisión detallada del marco legal y finalmente describe la situación actual.
El capítulo de Donna Catalina Cabrera Serrano y Stéphanie López Villamil, “Políticas de
inserción laboral de los migrantes colombianos retornados entre 2012 y 2018”, analiza la coordinación entre las políticas migratorias y las medidas en materia laboral para la población retorRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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nada en Colombia desde la aprobación de la Ley de Retorno de 2012. Considera el contexto de
la emigración y del retorno en Colombia, incluyendo la participación de la población retornada
en los puestos de trabajo de los países de acogida, así como las dinámicas recientes del mercado
de trabajo en el país entendiendo algunos factores estructurales como el desempleo y la informalidad y la necesidad de considerar estos aspectos en el diseño de propuesta de integración
socioeconómica para los retornados. Se enumeran las principales intervenciones propuestas en
temas de empleabilidad y emprendimiento y se realiza un análisis detallado de los informes de
gestión presentados por los Ministerios de Relaciones Exteriores y del Trabajo para el período
de estudio para evidenciar la existencia de mecanismos de coordinación interinstitucional.
El capítulo de Leonardo Cavalcanti, Lorena Pereda, Marília de Macêdo y Tânia Tonhati
analiza las respuestas del Estado brasileño para el caso de la migración haitiana en Brasil. La
formulación de la Ley de Migración (13.445/2017) permite la entrada regulada de inmigrantes
haitianos en territorio nacional, sin embargo, a través del estudio cualitativo realizado en la
investigación Inmigración y crisis económica. Migración de retorno de Haití y tácticas de circularidad”, en Brasilia y Curitiba durante 2018-2019, se vio que las estructuras y mecanismos
de integración no se desarrollaron al mismo ritmo que las reglas de gestión del flujo, siendo un
desafío para los formuladores de política migratoria en Brasil.
Por su parte, el capítulo de Juan Carlos Rodríguez Torrent y Nicolás Gissi Barbieri, “Migración haitiana en Santiago de Chile: expulsiones, imaginarios e inserción social en un Estado-nación neoliberal”, sostiene que la migración haitiana cuestiona antropológicamente la idea
de los límites espaciales, temporales e identitarios chilenos, ofreciendo diversos planos desde
la perspectiva del migrante haitiano sobre la posibilidad de superar las barreras que enfrentan
en una sociedad neoliberal. En este texto, a través de trabajo de campo y entrevistas en profundidad, se analiza la migración haitiana en Chile, comprendiendo desde sus subjetividades las
vulnerables relaciones que establecen con los distintos actores con que interactúan en la vida
cotidiana y el papel que juegan en la paulatina transformación de espacios sociales y laborales.
El texto de Beatriz Padilla y Thais França, “Tres décadas después… evolución de las políticas de incorporación de inmigrantes en Portugal: una nueva lectura”, discute la evolución de las
políticas portuguesas de incorporación de inmigrantes, desde la década de 1980 hasta la legislación actual de 2018. Se argumenta que, si bien se han registrado avances, no existe por parte del
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Estado portugués una estrategia sólida, continua y coherente. Específicamente, se abordan dos
tipos de políticas de incorporación para argumentar que mientras se registraron grandes avances en las políticas de acceso a la nacionalidad, el progreso en la legislación antidiscriminación
ha sido menos acentuado, pudiéndose interpretar como una expresión de racismo institucional
anclado en antiguos imaginarios coloniales.
Por su parte, el capítulo de Antonia Olmos Alcaraz, “Análisis de algunos vectores sobre las
migraciones internacionales en España: las políticas de integración e integración educativa a
debate”, analiza la gestión migratoria española, sobre la que se está edificando la actual sociedad multicultural en el país, entendiendo los procesos de integración como dinámicas de carácter unidireccional que operan en distintas esferas de la realidad (espacios educativos, laborales,
etc.) y que van desde la sociedad mayoritaria al resto de la sociedad. Se realiza un análisis de
carácter multinivel (comunitario, estatal y regional-local) y sectorial (destacando la incorporación educativa).
Finalmente, el ensayo de Felipe Aliaga Sáez, “Aproximación teórica a la integración de los
inmigrantes en tres niveles: comprensión, adaptación e inclusión”, analiza desde una perspectiva sociológica la integración de los inmigrantes en tres niveles: a través del surgimiento de un
esquema comprensivo de los individuos; adaptación a los artefactos y procesos; y la inclusión
en los sistemas funcionales básicos de la sociedad. El ensayo busca plantear una tesis nueva
sobre la integración, por medio de análisis y articulación conceptual desde diversos autores (P.
Bourdieu, A. Giddens, A. Schütz, M. Walzer, Ch. Taylor, entre otros).
REFERENCIAS
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and environmental dangers. Berkeley: University of California Press
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Editorial
Monographic International Migrations: Incorporation processes in Ibero-America 1

https://doi.org/10.29105/10.29105/pgc6.11-1

Felipe, Aliaga Sáez2
Universidad de Santo Tomás, Colombia
https://orcid.org/0000-0003-4635-1132
Nicolás, Gissi Barbieri3
Universidad de Chile, Chile
https://orcid.org/0000-0001-5059-7691
Beatriz, Padilla4
Universidad de South Florida, EUA
https://orcid.org/0000-0002-2359-3369

Como referenciar la editorial:
Aliaga, F., Gissi, N. &amp; Padilla, B. (2020). Monographic International Migrations: Incorporation
processes in Ibero-America . Revista Política, Globalidad y Ciudadania, 19-25. Recuperado
de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/141
___________________________________________________________________________
From the last decade of the 20th century until now, there has been a considerable increase in
global and intraregional migration flows (IOM 2015; UNDP 2009.) In the world, there would
be more than 270 million of international migrants (United Nations, 2019), increasing their
political, economic and cultural relevance. Not only have migratory flows grown in size and
diversity, but they have also become the center of debates on public policy, human rights and
social inclusion. Likewise, xenophobia, racism and discrimination have accompanied and overshadowed these processes. Latin America has not been exempt from these trends and concerns (housing, employment, health, education, among others), increasing displacement within
the region significantly in recent years (Martínez and Orrego, 2016), being Argentina, Brazil,
Colombia and Chile, the countries that currently concentrate the greatest immigration flow at
the regional level. On the other hand, since the 1990s, Spain has played an important role as a

1
Escrito derivado de la Red Iberoamericana de Investigación en Imaginarios y Representaciones (RIIR), avalada por la Universidad
Santo Tomás de Colombia y la Red Internacional de Estudios Migratorios, U-NÓMADES de la Universidad de Chile.
2
Doctor en Sociología y Procesos Políticos Contemporáneos por la Universidad de Santiago de Compostela. Docente investigador a
tiempo completo en la Facultad de Sociología de la Universidad Santo Tomás, Colombia.
3
Doctor en Antropología por la Universidad Autónoma de México. Académico Departamento de Antropología, Universidad de
Chile.
4
Doctora en Sociología, Profesora del Departamento de Sociología de la Universidad de South Florida, EUA e Investigadora del
ISCTE-IUL, Portugal.
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country of arrival for Latin Americans, the same as Portugal in the case of Brazilians (Padilla,
2009.) This new socio-spatial reality, dynamic and complex, raises multiple challenges, lectures
and valuations around multicultural coexistence and social development in the receiving cities,
calling the interest of the social sciences in Ibero-America, which has translated into a greater
number of research projects, specialization courses, study centers and national and international
interregional and transatlantic collaboration that reflect on migration, coexistence and social
integration. These changes have led former emigration countries to become migration destinations (Spain and Portugal; Mexico), and conversely, that old immigration destinations (Venezuela) have become expellers of immigrants (Gissi, Ghio and Silva, 2019), or that host both
emigration and immigration, reality that became evident in the Iberian Peninsula during the last
world crisis (Padilla and Ortiz 2012) or in the new migratory context in Latin America (Peru,
Colombia, Ecuador, Brazil), currently very marked by the Venezuelan exodus. Inclusively, it
has become evident how political and electoral processes increasingly influence immigration
(França and Padilla, 2018), for example, in the last two years, the growth of Brazilian migration
to Portugal has accelerated, reaching an increase in 43% from 2018 to 2019.
South-North and South-South migratory flows, and even North-South, are due to both external and internal factors of the countries, where the processes of attraction and expulsion are
relevant, as well as those of globalization (Padilla, 2009.) The latest international economic
crises and neopopulist (example Venezuela) and neoconservative (example Colombia) political
regimes have as a background the globalizing processes of the last four decades, in particular,
the neoliberal structural reform that consolidated the world-system and global capitalism in a
postcolonial historical context and the international and sexual division of labor (Wallerstein,
2007; Canales, 2015.) These macro phenomena, products of an export-oriented development
model, have generated a new social “metabolism” that destabilizes space and cultural reproduction, generating a “tide that lifts all boats” (Portes and Roberts, 2005, p .25), weakening social
contracts and protection mechanisms, which were already fragile in many countries, and increasing asymmetries between countries and regions, and inequalities within each society, tending
to increase risks, social exclusion and poverty (Beck and Beck-Gernsheim, 2012), as well as
encouraging the imagination and desire of individuals and their families (Appadurai, 2001.)
This political and economic instability in Ibero-America has led to a new attitude towards
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the benefits and risks of mobility (Douglas and Wildavsky, 1983), establishing large movements
towards destination countries where the State provides greater security (Solimano, 2008), causing also changes in the immigration legislation of historically receiving countries worldwide,
such as the United States, prone to a greater immigration control (Sassen 2015; Portes 2012),
especially with the new migrations of refugees and the greater border controls implemented by
President Trump In the USA.
On the other hand, the migratory processes and legislation of the countries of the Iberian
peninsula have varied in the last 30 years, sometimes becoming more friendly and sometimes
less, in relation to the evolution of migratory flows, 2006 being a key year given the implementation of the European Border and Coast Guard Agency (FRONTEX), which focused its efforts
on border control and the fight against irregular immigration, intercepting migrants especially
from Africa, which led to the continent being baptized as the “Fortress Europe.”
The cases of Spain and Portugal, countries that have historically been known for emigration,
began to receive immigrant populations from the 1990s onwards, but with the 2008 crisis, they
experienced emigration processes again. In Spain, in times of the Popular Party, immigration
openness was restricted, where even the ultra-right has gained ground, with anti-immigration
parties; question that is configuring a base of negative meanings around migrations in which
the image of the immigrant appears (Aliaga, 2008) as a “scapegoat” (Aliaga, 2014), bearing the
blame for the problems of society.
As a consequence, in terms of migrant reception, new axes of production of locality and subjectivity have been generated, through new objects, political forms and social behaviors, which
have caused a change in migratory trajectories and destinations, as well as in the processes of
incorporation and social exclusion, an issue that is reflected in Ibero-America as a whole.
In this regard, in this monograph we have nine chapters that illustrate these new realities
in the Ibero-American space. In the text by Yulianela Pérez García, “State and migration: the
reflection of policies in the external mobility of Cubans”, she realizes how Cuban external
migration faces the challenges of a gradual dynamism, the diversification of its currents , the
complexification of their motivations and the deepening of the links between migrants and their
country of origin, being the normative activity of the Cuban State fundamental in these transformations, trying to control the migratory potential and neutralize its socioeconomic impact,
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influencing, among other elements, in diversifying expressions of migration and modifying
flows, once they are adapted to the opportunities offered by the national normative political
framework.
In the chapter written by Wooldy Edson Louidor, “Traces of Post-Earthquake Haitian Migration,” he describes the traces of the migrant movements of Haitians throughout America after
the earthquake of January 12, 2010, as well as the traces of the disastrous impacts of hostile migration policies from transit and destination countries on these migrants, particularly at the borders. From the reconstruction of the two categories, traces and trappings, taken from Édouard
Glissant and Severo Sarduy respectively, and from the hermeneutic reading of a corpus of texts
published from 2010 to 2019 on post-earthquake Haitian migration, the article evidences the
heterogeneity of it from a double perspective, geographic and political-legal.
Jenny Moreno’s text, “Public policies for the integration of immigrants. Successes and failures in Venezuela”, outlines the policies of care for immigrants in Venezuela from 1989 to the
present, through documentary analysis of scientific texts and newspaper articles. This paper
describes the politics of immigrants from 1989 to 2003; it refers to the period of President
Hugo Chávez that marks a differentiation with the rest of the presidential periods; it analyzes
the social policies called missions that were born in 2003 and that remain until today, where
the identity mission stands out, aimed at providing legal documentation to migrants arriving
in Venezuela, it performs a detailed review of the legal framework and finally it describes the
current situation.
The chapter written by Donna Catalina Cabrera Serrano and Stéphanie López Villamil, “Policies for the labor insertion of Colombian migrants returned between 2012 and 2018”, analyzes
the coordination between migration policies and measures in labor matters for the returned
population in Colombia since the approval of the 2012 Law of Return. It considers the context
of emigration and return in Colombia, including the participation of the returned population in
the jobs of the host countries, as well as the recent dynamics of the labor market in the country,
understanding some structural factors such as unemployment and informality and the need to
consider these aspects in the design of a proposal for socioeconomic integration for returnees.
The main proposed interventions in employability and entrepreneurship are listed, and a detailed analysis of the management reports submitted by the Ministries of Foreign Affairs and
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Labor for the study period is carried out to demonstrate the existence of inter-institutional coordination mechanisms.
The chapter written by Leonardo Cavalcanti, Lorena Pereda, Marília de Macêdo and Tânia
Tonhati analyzes the responses of the Brazilian State for the case of Haitian migration in Brazil.
The formulation of the Migration Law (13,445 / 2017) allows the regulated entry of Haitian
immigrants into national territory, however, through the qualitative study carried out in the Immigration and economic crisis investigation. The formulation of the Migration Law (13,445 /
2017) allows the regulated entry of Haitian immigrants into national territory; however, through
the qualitative study carried out in the “Immigration and economic crisis, return migration from
Haiti and circularity tactics research ”, in Brasilia and Curitiba during 2018-2019, it was found
that the integration structures and mechanisms did not develop at the same rhythm as the flow
management rules, being a challenge for migration policy makers in Brazil.
On the other hand, the chapter written by Juan Carlos Rodríguez Torrent and Nicolás Gissi
Barbieri, “Haitian Migration in Santiago de Chile: Expulsions, Imaginations and Social Insertion in a Neoliberal Nation-State”, argues that Haitian migration anthropologically questions
the idea of spatial limits, temporal and Chilean identities, offering various planes from the
perspective of the Haitian migrant on the possibility of overcoming the barriers they face in a
neoliberal society. In this text, through fieldwork and in-depth interviews, Haitian migration in
Chile is analyzed, including from the subjectivities, their vulnerable relationships they establish
with the different actors with whom they interact in daily life and the role they play in gradual
transformation of social and labor spaces.
The text written by Beatriz Padilla and Thais França, “Three decades later ... the evolution of
the policies of incorporation of immigrants in Portugal: a new reading”, discusses the evolution
of the Portuguese policies of incorporation of immigrants, from the 1980s to the current legislation of 2018. It is argued that, although progress has been made, there is no solid, continuous
and coherent strategy on the part of the Portuguese State. Specifically, two types of incorporation policies are addressed to argue that, while great advances were made in access to nationality policies, progress in anti-discrimination legislation has been less accentuated, and this could
be interpreted as an expression of institutional racism anchored in ancient colonial imaginaries.
The chapter written by Antonia Olmos Alcaraz, “Analysis of some vectors on international
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migration in Spain: educational integration and integration policies under debate”, analyzes
the Spanish migration management, on which the current multicultural society is being built in
the country, understanding the integration processes as unidirectional dynamics that operate in
different spheres of reality (educational, work spaces, etc.) and that go from the majority society to the rest of society. An analysis of a multilevel (community, state and regional-local) and
sectoral nature is carried out (highlighting educational incorporation.)
Finally, the essay by Felipe Aliaga Sáez, “Theoretical approach to the integration of immigrants at three levels: understanding, adaptation and inclusion”, analyzes from a sociological
perspective the integration of immigrants at three levels: through the emergence of a scheme
understanding of individuals; adaptation to artifacts and processes; and inclusion in the basic
functional systems of society. The essay seeks to propose a new thesis on integration, through
analysis and conceptual articulation from various authors (P. Bourdieu, A. Giddens, A. Schütz,
M. Walzer, Ch. Taylor, among others.)
REFERENCIAS
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Estado y migración: El reflejo de las políticas en la movilidad externa de cubano1
State and migration: the reflection of the policies in the external mobility of Cubans

https://doi.org/10.29105/10.29105/pgc6.11-2

Yulianela, Pérez-García2
Universidad de las Artes, Ecuador
https://orcid.org/0000-0002-9897-4158

______________________________________________________________________________________________________________________

RESUMEN

El presente artículo es resultado de un análisis documental, cuyo objetivo consistió en explicar la influencia de la
política del Estado cubano para la cuestión migratoria en el desarrollo de la migración externa desde la Isla. Se
utilizó un enfoque cualitativo desde una concepción estructuralista con la utilización de métodos teóricos como
el lógico histórico, analítico-sintético e inductivo-deductivo. Se encontró que desde la década del noventa y en
correspondencia con el comportamiento mundial de los flujos, la migración externa cubana se enfrenta a los retos
de un gradual dinamismo, la diversificación de sus corrientes, la complejización de sus motivaciones y la profundización de los vínculos entre los migrantes y su país de origen. En estas transformaciones la actividad normativa
del Estado cubano ha sido fundamental. Se concluye que los esfuerzos realizados por el Estado y sus instituciones
para controlar el potencial migratorio y neutralizar su impacto socioeconómico han incidido, entre otros elementos, en la diversificación de las expresiones de la migración y modificado los flujos, una vez que se adecuan a las
oportunidades que les ofrece el marco político normativo nacional.
Palabras claves: Cuba, Estado, migración externa, política migratoria.
ABSTRACT
This article is the result of a documentary analysis, whose objective was to explain the influence of the State’s State
and migration: the reflection of the policies in the external mobility of Cubans
This article is the result of a documentary analysis whose objective was to explain the influence of the State’s
policy on the migration issue in the development of international migration of Cubans. A qualitative approach was
used from a structural conception with the use of theoretical methods such as historical, analytical-synthetic and
inductive-deductive logic. It was found that since the 1990s and in correspondence with the global behavior of the
flows, Cuban external migration faces the challenges of a gradual dynamism, the diversification of its currents,
the complexity of its motivations and the deepening of ties between migrants and their country of origin. In these
transformations the normative activity of the Cuban State has been fundamental. It is concluded that the efforts
made by the State and its institutions to control the migratory potential and neutralize its socioeconomic impact
have influenced, among other elements, the diversification of the expressions of migration and modified the flows,
once they are adapted to the opportunities offered by the national regulatory policy framework.
Keywords: Cuba, external migration, migration policy, state.
Recibido: 10 de Enero 2019 - Aceptado: 25 de Junio 2019 - Corregido: 08 de Noviembre 2019
Cómo referenciar este artículo:
Pérez-García, (2020). Estado y migración: El reflejo de las políticas en la movilidad externa de cubano. Politica
Globalidad y Ciudadanía, 26-49. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/
view/126

1
Este artículo expone parte de los resultados presentados de la Tesis La migración laboral de cubanos hacia Angola y su relación con
la política migratoria del Estado cubano (1990-2012) en obtención del grado de Doctor en Ciencias Políticas en la Universidad de la Habana,
Cuba, en 2016.
2
Doctora en Ciencias Políticas por la Universidad de La Habana. Actualmente es Directora y docente del Departamento de Teorías
Críticas y Prácticas Experimentales de la Universidad de las Artes, Ecuador. Email: yulianela23@yahoo.es.
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1.- INTRODUCCION

Desde los años noventa la migración externa cubana ha experimentado cambios que la acercan
a las características y comportamientos de los flujos mundiales como un mayor dinamismo, una
creciente diversificación en sus corrientes, la gradual complejización de sus motivaciones y la
profundización de los vínculos entre los migrantes y su país de origen. Este complejo proceso
ha hecho de la cuestión migratoria un tema cada vez más visible en el debate nacional cubano
por su trascendencia en el actual escenario socioeconómico, pues atraviesa a toda la estructura
de la sociedad.
Los factores determinantes de las modificaciones en el proceso migratorio externo son múltiples, entre ellos, la actividad normativa del Estado ha sido uno fundamental y sobre el que los
investigadores han discutido de manera fragmentada.
El presente artículo constituye una reflexión histórico-política sobre la relación entre las
principales transformaciones de la migración internacional cubana y la política del Estado
como condicionante de las circunstancias en que se mueve la población en determinado contexto histórico. La discusión se articula desde el cuestionamiento sobre qué incidencia ha tenido
la política del Estado cubano para la cuestión migratoria en el desarrollo mismo del proceso
migratorio externo.
Se parte de la premisa de que los esfuerzos realizados por el Estado cubano y sus instituciones para regular y controlar el potencial migratorio y neutralizar su impacto socioeconómico
han diversificado también las expresiones de la migración y modificado los flujos, una vez que
se adecuan a las oportunidades que les ofrece el marco político normativo nacional.
En la discusión se considera la migración no solo como el proceso social de movilidad socioespacial sino como la acción de residir en el lugar al que uno se ha trasladado durante un
determinado período de tiempo. Su naturaleza política comienza a manifestarse no solo entre
las motivaciones que originan los movimientos sino como una constante en la dinámica que
condiciona sus comportamientos desde la modernidad. Esta constante se expresa en lo que el
sociólogo argelino Sayad (2008) denomina como “pensamiento de Estado” definido por la relación entre el Estado como orden nacional y el orden de la migración. Es decir, no es posible
analizar la migración sin asociarla a los mecanismos de legitimación del Estado-nación. Así,
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tanto las diferentes actitudes ante la migración están vinculadas con las especificidades de los
procesos históricos de conformación de los estados-nacionales, las formas de regulación de la
movilidad y la variedad de derechos y obligaciones que se derivan de la pertenencia o no a la
nación, como las transformaciones mismas de los procesos migratorios se articulan con estas
condicionantes políticas.
En esta relación, la política migratoria constituye una dimensión más, que según varios autores se puede asociar de manera general con los preceptos jurídicos y normativos que expresan
el carácter, forma y voluntad del gobierno en cuanto a la movilidad de la población (Hollifield,
2008; López Salas, 2006; Rosenblum, 2003). Por su parte, Mármora (2004) agrega que las
políticas migratorias responden a los objetivos nacionales del Estado y, al responder ante un
proceso multidimensional, se vinculan con las políticas que el Estado desarrolla en otros ordenes sociales, de ahí que para su implementación, se requiera de legislaciones que permitan no
solo controlar el movimiento sino que incorporen la gestión del proceso migratorio en beneficio
del desarrollo nacional. Sin embargo, en el caso cubano, Aja (2009, p.129) delimita la política
migratoria desde un enfoque operativo enfatizando más en la direccionalidad de la migración
como cuestión de seguridad al definirla como “(…) el conjunto de medidas, decisiones y regulaciones adoptadas por el Estado, en las que se define su conducta y las regulaciones a cumplir
por sus ciudadanos para salir de los límites territoriales del país, ya sea temporal o definitivamente”. La política del Estado para la cuestión migratoria se refiere, entonces, a las estrategias,
normas y prácticas que adopta el Estado cubano, dirigidas a regir su actuación en materia de
movimiento poblacional, a fin de prevenir y controlar su impacto en lo que define como “objetivos de seguridad nacional” según cada momento histórico.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
La migración externa de cubanos: características y tendencias.
Desde la década del noventa, la migración externa cubana comenzó a mostrar un ligero incremento y diversificación de sus destinos, además de una creciente circularidad y temporalidad en
la acción migratoria y una mayor participación de población trabajadora calificada en los flujos.
Estas tendencias no se alejan de los comportamientos de la migración a nivel internacional y
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Latinoamericana identificados en estudios de múltiple alcance (CEPAL, 2018; OIM, 2018).
En el caso cubano, varias fuentes estadísticas e investigaciones permiten comprobar las variaciones en la migración externa. Las estadísticas publicadas por el Anuario Demográfico elaborado por la Oficina Nacional de Estadísticas e Información de Cuba (ONEI) hasta el año 2018
reconocen que el comportamiento del saldo migratorio externo (La ONEI publica las cifras
referidas al saldo migratorio externo desde 1990 a partir de la información suministrada por la
Dirección de Inmigración y Extranjería (DIE), actual Dirección de Identificación, Inmigración
y Extranjería del Ministerio del Interior (MININT) sobre la migración que llega y sale del país
con carácter definitivo. En el registro queda invisibilizada la migración de carácter temporal
que hoy se considera como uno de los fenómenos de más rápido crecimiento y que se hace más
difícil de contabilizar a partir de las reformas a la Ley de Migración implementadas a inicios
de 2013), muestra valores negativos sostenidos entre el rango de las -30 mil a -40 mil personas
anualmente para el período de 1994 a 2013 y alrededor de los -20 mil en los años 2015 a 2018
(ONEI, 2019 p. 125).
En cuanto a la distribución geográfica, Aja, Rodríguez, Orosa y Albizu-Campos (2017) exponen que en 2016 América del Norte (en especial los Estados Unidos) era el destino más importante de la migración internacional cubana agrupando al 84% del stock total de migrantes,
luego le seguían Europa y América Latina y el Caribe con el 10% y 5% respectivamente. No
obstante, a estos destinos tradicionales se han ido incorporando desde los años noventa nuevos
espacios en África y Asia que acogen el 1% de los migrantes de origen cubano, estimados aproximadamente en más de 24 mil personas.
Aunque los estudios realizados sobre el proceso migratorio externo cubano hacia estos nuevos destinos, en lejanos contextos geográficos y culturales, cuyos países por lo general tienen
Índices de Desarrollo Humano (IDH) muy inferiores a los de Cuba, resultan aún escasos y
tienen un perfil descriptivo y exploratorio, sus resultados muestran que el comportamiento de
este flujo no es muy diferente del tradicional patrón migratorio internacional de cubanos de
los últimos años (Aja, Rodríguez, Orosa y Albizu-Campos, 2017 y Sorolla, 2013). En cuanto
a las características sociodemográficas fundamentales como sexo, color de la piel y edad, se
trata de una migración compuesta mayormente por hombres que viajan solos (sin demeritar la
elevada presencia femenina), en edad laboral activa (entre los 40 y 50 años), que se incorporan
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en estos complejos espacios de manera regular, con un carácter temporal y con altos niveles de
circularidad.
Según Aja et al. (2017, p. 44) y Sorolla (2015, pp. 98-99) la tendencia al aumento de los
desplazamientos temporales en los flujos externos cubanos es cada vez más visible, así como
la creciente circularidad de la migración por motivaciones familiares y laborales, fundamentalmente después de enero de 2013, fecha en que se implementaron el Decreto-Ley No.302
y el Decreto No.305, modificativos de la Ley de Migración y su Reglamento de 1976 y 1978
respectivamente, sobre los cuales se debatirá más adelante. Esta modalidad reciente de los flujos migratorios también se puede argumentar desde las estadísticas recogidas por la Encuesta
Nacional de Migración, realizada entre finales de 2016 e inicios de 2017, que evidencian el
rápido incremento de cubanos que viven en otro país de manera temporal entre 2013 y 2016 en
comparación con los años previos a 2012 (ONEI, 2018, p.26).
La mayor presencia de profesionales en los flujos internacionales es otra tendencia que destacan las investigaciones en este campo, impulsadas también por las políticas migratorias selectivas promovidas por los países de destino (Aja et al., 2017; Sorolla, 2013). Según Lozano y
Gandini (2011, p. 687), el porciento de profesionales cubanos residentes en países de la Organización para Cooperación y el Desarrollo Económicos (OCDE) había aumentado hasta el 40%
para 2008 mientras que en 1990 eran el 36%. Luego de 2008 algunos países latinoamericanos
como México, Argentina, Brasil, Chile y Ecuador se transformaron en destino de la migración
de profesionales calificados en correspondencia con las facilidades de acreditación y reconocimiento de los títulos profesionales, la reestructuración de los sistemas de ciencia y tecnología
y la implementación de políticas públicas de atracción y repatriación de profesionales, en el
contexto de la emergencia de gobiernos progresistas en esos años (Pedone y Alfaro, 2018).
No obstante, la tendencia al progresivo incremento de la migración de profesionales expresa
no solo la creciente selectividad de las políticas y regulaciones migratorias de los diferentes
países sino también una consecuencia endógena ante la ausencia de políticas económicas de
atención a determinados sectores de la población nacional económicamente activa, reflexión
sobre la que se regresará más adelante.
Por ejemplo, la elevada presencia de sujetos calificados, en especial de profesionales en
áreas como la salud y educación, es considerablemente representativa en los nuevos contextos
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geográficos de inserción ya referidos con anterioridad. Estudios exponen que, en algunos países
de asentamiento en regiones no tradicionales como África, los cubanos profesionales pueden
llegar a representar entre el 60 y 70% del total de cubanos establecidos (Pérez, 2013 y 2015).
Parte de los argumentos que sustentan este flujo tan peculiar se explican no solo desde el contexto de destino sino también desde el centro expulsor de la migración.
Contexto interno de la migración externa cubana
Las modificaciones en el comportamiento de los flujos migratorios externos deben ser analizadas en estrecha relación con el desarrollo de las condiciones del contexto cubano de las últimas
décadas. Una de ellas se refiere a las consecuencias de la profunda crisis socioeconómica vivida
entre 1990 y 1993 y que tuvo su punto detonante en el impacto negativo que produjo el derrumbe del sistema socialista en Europa Oriental, la acumulación de errores y deficiencias en ciclos
productivos precedentes, la reinserción de la Isla en el sistema capitalista mundial en condiciones de franco intercambio desigual y el recrudecimiento del bloqueo económico impuesto por
los Estados Unidos desde 1962.
Aunque el inicio de la crisis no haya sido inadvertido, su rápido desarrollo y magnitud fueron hondos. Solo se referirán algunas cifras para ilustrar el acelerado proceso de contracción
económica que experimentó el país durante esos años, el historiador Silva (2003) reconoce que:
“En 1992, el intercambio comercial con respecto a 1989 había disminuido en un 70%. En
comparación con ese mismo año, el Producto Interno Bruto (PIB) decreció en un 24% y
el uso de la capacidad industrial instalada, en un 30%.” (p.123).
La estrategia de emergencia diseñada para minimizar las afectaciones de esta crisis en la población comprendió la adopción de un conjunto de medidas a nivel macro y micro. No obstante,
el plan denominado como Período Especial en Tiempo de Paz, también socavó irreversiblemente las relaciones sociales entre las clases y distintos grupos sociales.
Tanto las consecuencias de la crisis económica como las decisiones tomadas para amortiguar
sus efectos, se reflejaron inmediatamente en el deterioro general de las condiciones de vida de
la población cubana y devino causa fundamental de problemas aún hoy vigentes. La creciente
carencia de recursos monetarios para adquirir bienes necesarios por parte de amplios sectores
de la fuerza laboral, la reducción del acceso a un grupo muy limitado de productos, la exclusión
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de importantes segmentos de la población del consumo en el mercado de divisa extranjera, el
surgimiento de niveles de vida divorciados de los resultados del trabajo y una reestratificación
social caracterizada por el ensanchamiento de las distancias económicas y sociales entre las clases, capas y grupos sociales por la diversificación de las fuentes de ingresos, la polarización de
estos y las posibilidades de acceso al bienestar material y espiritual (Espina, 2009, pp.182-183;
Espina, 2008, p.161 y Togores, 2000, p.2) son algunos de ellos.
Otra dimensión importante en la cual incidió la crisis económica de inicios de los noventa
fue en el sistema de relaciones sociales de trabajo. Sus consecuencias negativas, aún sin solución, se manifestaron en las visibles diferencias en la calidad del empleo, las cuales no se
corresponden con el desempeño, la cualificación o la importancia social de la actividad que lo
justifica. En esta misma dirección se suma otro elemento, el inefectivo sistema de remuneración
por el trabajo, disociado por completo de los niveles reales de productividad . Y por último, la
falta de coincidencias entre las demandas de los contenidos de trabajo y las competencias de
quienes los asumen en términos de calificación y capacidad, quedando subutilizadas las potencialidades de la fuerza laboral que se caracteriza por su calificación relativamente media-alta
(Martín, 2012, pp.37-41).
Estas problemáticas se pueden sintetizar, según aportes de la autora, en el concepto, de
“deficiente ordenamiento socioeconómico nacional”. Desde este enfoque se explican varios
procesos. Primero, la relación antagónica entre el desarrollo social humano de la Isla, que ha
alcanzado índices elevados (sobre todo en cuanto a la capacitación e instrucción de las fuerzas
productivas) y el desarrollo mismo de la estructura productiva, caracterizado históricamente
por su relativo bajo nivel y su alta dependencia hacia determinados actores internacionales. Esta
relación antagónica ya ha sido definida antes por los historiadores cubanos Fresneda (2014)
quien la denominó como “heterogeneidad productiva socialista” (p.115) y por Arboleya (2013)
quien la trabajó como “crisis de desarrollo humano” (p. 226).
En segundo lugar, también incluye la reflexión sobre cómo, en condiciones de una baja
productividad histórica, el mantenimiento de la estrategia del gobierno revolucionario de incorporación social plena a partir de mecanismos homogeneizadores instituidos desde la visión
político-ideológica centralizada por el Estado (por el que se garantizan a nivel básico metas
como la salud, educación, alimentación y empleo a escala nacional) permanece en conflicto
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constante con las expectativas de bienestar a escala individual. Este proceso se expresa como
una constante contradicción en el ámbito político-ideológico cuando se antepone la satisfacción
de las expectativas individuales ante los principios de compromiso con la colectividad y de participación conjunta en la construcción del proyecto social nacional cubano, trayendo también
a cuestionamiento los niveles de confianza en que ese modelo de sistema político sea capaz de
satisfacer las diferentes escalas de bienestar y prosperidad a que se aspira de manera individual
dentro de su idea generalizada de desarrollo social.
Estas contradicciones se reflejan en el agotamiento de parte de la fuerza de trabajo, con un
especial énfasis en el amplio sector de los trabajadores profesionales, que no percibe en la organización del sistema y en los escasos mecanismos de redistribución de los bienes producidos,
la satisfacción de sus necesidades y buscan una solución a sus problemas en el proyecto migratorio hacia otras sociedades.
Igualmente, desde esta lógica, se puede argumentar cómo a pesar de la moderada recuperación que experimentaron algunos indicadores económicos a finales de los noventa y principios
del siglo XXI, los ya referidos fenómenos negativos que profundizó la crisis continúan manifestándose aún hoy sin una solución de manera integral desde las políticas generales del Estado y se enraízan entre los elementos determinantes del constante incremento de la migración
externa de los cubanos en este período. Las reformas en el sistema político hacia una mayor
democratización “diseñada desde arriba” han avanzado con resultados más o menos visibles en
la continua institucionalización de la sociedad desde los años setenta, pero aún aparecen desconectadas dialécticamente del denominado proceso de “actualización del modelo socioeconómico”, aprobado por el Partido Comunista de Cuba (PCC) en su VI Congreso, cuyos resultados
se diluyen en un “inmovilismo” que no ha revertido las condiciones en que se conforma el
potencial migratorio de la nación.
De este modo, las características del contexto político y socioeconómico cubano constituyen
uno de los argumentos que explican el incremento de la migración externa cubana y la diversificación de los destinos incorporándose incluso nuevos países receptores con IDH inferiores al
de Cuba en las últimas décadas. Si bien es cierto que la migración hacia estos espacios, como
“estrategia de compensación”, está motivada en el plano individual por razones económicas y
profesionales, a nivel de la estructura nacional se pueden interpretar tanto como resultado del
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deficiente ordenamiento socioeconómico interno y de su reflejo negativo sobre parte de la fuerza de trabajo, así como una respuesta a nivel familiar e individual ante esta situación.
No obstante, en el debate sobre los cambios en las manifestaciones de la migración externa
cubana, contextualizados en el entorno político y socioeconómico nacional, falta uno que interviene de manera directa y sustancial y tiene que ver con las políticas que ha implementado
el Estado cubano para la cuestión migratoria y cómo a través de estas se puede interpretar la
posición misma del Estado frente este fenómeno y su contribución o no a la transformación
dialéctica de los flujos en determinadas condiciones histórico-políticas.
La progresiva flexibilización de la política del Estado cubano hacia la cuestión migratoria
Dentro del heterogéneo marco internacional referido a las tendencias de los estados para el control y la regulación de los flujos de sus ciudadanos y extranjeros (Mármora, 2004), la política
del Estado cubano ante la cuestión migratoria ha evolucionado de manera dialéctica con las
características de los distintos períodos del desarrollo político y socioeconómico de la nación,
las peculiaridades del proceso migratorio externo y las representaciones sociales que se han
construido desde el Estado y los propios migrantes sobre la migración.
No se puede comprender este proceso sin evaluar el cambio cualitativo que representaron
las transformaciones políticas, económicas y sociales que emprendió la Revolución a inicios
de 1959 y la respuesta que estas acciones suscitaron por parte de los gobiernos de los Estados
Unidos. Al momento del triunfo de la Revolución el gobierno norteamericano tenía importantes
intereses políticos en Cuba que se habían hecho acompañar de la diversificación de la inversión y la presencia norteamericana en distintos sectores productivos del país. Estos intereses se
vieron afectados por las políticas nacionalizadoras que implementó el gobierno revolucionario
en los primeros años y constituyeron parte importante de los fundamentos de las acciones del
gobierno estadounidense contra el sistema político cubano (Silva, 2003).
El tema migratorio fue incluido como un instrumento más de presión en la agenda de desestabilización política contra Cuba, desde esa fecha, siendo centro de la manipulación a lo largo
del conflicto que ha marcado las relaciones entre ambos estados. Fue en este complejo y convulso contexto donde se definieron las bases de la política del Estado cubano para la cuestión
migratoria que trascienden hasta nuestros días y se concretan principalmente en su carácter
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restrictivo y defensivo.
En las décadas siguientes se sumarían, progresivamente, otros principios que serían expresados mediante pronunciamientos públicos de los líderes de la Revolución, como el discurso de
Raúl Castro en la Sesión Ordinaria de la VII Asamblea Nacional del Poder Popular en agosto
2011, en el que se descubren elementos relacionados con el respeto al derecho de los ciudadanos a salir del país y retornar de forma legal, ordenada y segura, la preservación del capital humano creado frente al robo de talentos y el favorecimiento de las relaciones entre la nación y su
emigración (Castro, 2011). No obstante, estos principios se deben comprender en un contexto
histórico, social y político completamente distinto al de inicios del gobierno revolucionario y
en el que tanto la migración como su representación social habían sufrido una radical transformación por lo que la acogida de la sociedad a estas posiciones más flexibles del Estado fue de
gran expectativa.
Muestra de la naturaleza restrictiva y defensiva de la política del Estado ante la cuestión
migratoria luego de triunfada la Revolución fue la introducción en 1959 de la Ley No.2 por el
nuevo gobierno, que derogaba la Ley-Decreto No.1463 del 10 de junio del 1954 y establecía el
Permiso de Salida. Con esto se hacía evidente el interés estatal por controlar el movimiento de
la población a fin de evitar con ello el éxodo de las clases favorecidas y grupos vinculadas al
régimen precedente .
Junto a esto, cabe resaltar el establecimiento de categorías migratorias diferentes e “irreconciliables” según fueran los motivos del viaje, por interés estatal o personal. A partir de ellas
el Estado cubano y sus instituciones, como actores de la política migratoria, han elaboraron
normas específicas que rigen sus mecanismos de realización. A la restricción manifestada del
Estado para las salidas por interés personal se ha opuesto la canalización de los viajes cuando
responden al interés estatal ya sea por los principios de solidaridad que han movilizado a contingentes de trabajadores de la salud y la educación a muchas naciones del Tercer Mundo, por
solo citar un ejemplo, o las facilidades otorgadas a jóvenes cubanos para cursar estudios en los
países del antiguo campo socialista.
A esta Ley se sumaron en 1961 la Resolución 453 del Ministerio del Interior (MININT)
que instituyó el Permiso de Entrada para los que habían salido de Cuba después de 1959, y
la Ley 989 por la que se confiscaban los bienes y valores de los cubanos que abandonaban el
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país con carácter definitivo o aquellos que no regresaban a Cuba después de haberse cumplido
su Permiso de Salida. Estas normativas restrictivas y sancionatorias representaron la posición
defensiva asumida por el Estado ante la migración y contaron con un amplio respaldo popular a
tono con la intensidad del conflicto con los Estados Unidos y la naturaleza clasista de la migración externa en los primeros años de la Revolución, manifiestamente opuesta al sistema cubano
(Arboleya, 2013).
El proceso de institucionalización nacional vivido en los años setenta ratificó los principios
de la política del Estado hacia la cuestión migratoria con el establecimiento de la Ley de Migración No.1312 de 1976, vigente hasta la actualidad. En su Artículo 1 se recogía el principio
de restricción de la movilidad con la legislación de permisos (de entrada y salida) solo otorgados por el MININT. Sin embargo, se comenzaban a mostrar atisbos de la necesidad de realizar
precisiones en cuanto a otros tipos de migración cuyas causales no estaban relacionadas con el
conflicto de clases a raíz del triunfo del movimiento revolucionario.
Por esta causa surgió el Permiso de Salida Indefinido (PSI) para los ciudadanos cubanos
cuya emigración respondía a un matrimonio con un extranjero y no a motivos políticos, por lo
que no se le sometía a la confiscación de bienes y se le permitía visitar el país una vez al año,
previa solicitud de Permiso de Entrada. Las causas de esta flexibilización se encuentran en la
cantidad de matrimonios entre ciudadanos cubanos y extranjeros que comenzaron a proliferar a
finales de los setenta y principio de los ochenta y que tuvieron lugar a partir de las prolongadas
estancias de los caribeños en países a los que el Estado cubano autorizaba los viajes de acuerdo
con los intereses estatales. Tómese como ejemplo la realización de uniones y matrimonios que
ocurrieron, en esta época, entre cubanos que prestaban servicios de colaboración civil y militar
en Angola con nacionales de este país (Pérez, 2015 y 2017).
En este contexto, también se organizaron las instituciones que garantizaban la efectividad
del control migratorio y que asumirían la responsabilidad de ejecutar la política dictada por el
Estado en esta materia. Así, la política migratoria cubana se fue construyendo e institucionalizando en la medida en que fue necesario controlar la salida, el régimen jurídico de los extranjeros y los flujos de entrada al país, enfocado siempre desde la seguridad y defensa nacional
(Fraga, 2011).
El marco legal de la política del Estado ante la cuestión migratoria, refleja la estratificación
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institucional que se desprende de la complejidad de la temática migratoria en los distintos
ámbitos de la sociedad y en diferentes momentos: las normas y reglamentos abarcan desde la
Constitución de la República, hasta las Resoluciones de determinados Organismos de la Administración Central del Estado, a partir de sus facultades administrativas, como el MININT,
el Ministerio de Relaciones Exteriores (MINREX) y los Ministerios de Trabajo y Seguridad
Social (MTSS) y de Finanzas y Precios (MFP).
Como se explicaba, a finales de la década del setenta comenzó a evidenciarse una tendencia
hacia la flexibilización de las primeras medidas de acuerdo con el mayor predominio de elementos familiares y también económicos -incluyendo la movilidad laboral- como motivaciones
de los viajes. Entre los sucesos que impulsaron este viraje resulta importante el Diálogo entre
el gobierno cubano y figuras representativas de la comunidad cubana en el exterior celebrado
en La Habana en 1978.
Como resultado de este proceso se autorizaron las visitas a Cuba de emigrados cubanos
organizados en grupos, o de forma individual por razones humanitarias, que contribuyeron al
restablecimiento de los vínculos mutuos entre los emigrados, el país y las familias. Se comenzó
a propiciar la reunificación familiar, autorizando la salida por razones humanitarias a los ciudadanos cubanos con vínculos directos con cubanos residentes en Estados Unidos u otros países,
señalando que dicha reunificación debía producirse preferiblemente en el exterior. Además,
se acordó la excarcelación de 3 mil reclusos sancionados por delitos contrarrevolucionarios y
de 600 por violaciones de la legislación migratoria, los que fueron autorizados a trasladarse al
exterior junto a sus familiares inmediatos (Sorolla, 2008 y Arboleya, 2013).
En la década del ochenta, marcada por las entradas violentas a sedes diplomáticas extranjeras en la capital cubana y la crisis migratoria del Mariel , surgieron nuevas figuras migratorias
en las regulaciones cubanas. Se creó en 1984 el Permiso de Residencia en el Exterior (PRE)
para los cubanos que contraían matrimonio con extranjeros y fijaban residencia fuera del país,
permitiéndoles entrar a Cuba cuantas veces lo necesiten, previa autorización del Consulado cubano en el país de radicación. En 1987 se autorizan además los Permisos de Viajes al Exterior
(PVE) con carácter temporal a hombres mayores de 60 años y mujeres mayores de 55.
Sin embargo, el periodo de mayor flexibilización ha sido el de la década del noventa y los
años posteriores, vinculado con el ya referido proceso de contracción económica experimentaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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do en la Isla y sus consecuencias en la movilidad internacional de la población. En esta etapa
son adoptadas paulatinamente un grupo de medidas que surgieron de los debates en el marco de
la I y II Conferencias de la Nación y la Emigración celebradas en La Habana en 1994 y 1995
. En lo fundamental, las nuevas medidas evidenciaban el cambio de la política cubana hacia el
mayor intercambio y acercamiento de la comunidad cubana residente en el exterior con su país
de origen.
Las normativas incluyeron, entre otras modificaciones: la eliminación a partir de 1992 del
requisito de haber emigrado antes del 1 de diciembre de 1978 para que los cubanos residentes
en el exterior pudieran viajar al país; la disminución hasta 18 años la edad como mínimo para
realizar viajes temporales por PVE; la ampliación de 6 a 11 meses del tiempo de estancia en el
exterior por esta categoría; la flexibilización en las causales para el otorgamiento del PRE y la
eliminación del requisito de solicitar Permiso de Entrada al país, a los titulares del mismo, permitiéndoles entrar a Cuba tantas veces como lo desearan sin mediar trámite; la eliminación del
requisito de esperar cinco años desde que la persona emigra legalmente para regresar de visita
al país; la autorización a jóvenes cubanos que residen en el exterior a cursar estudios de postgrado en Cuba; la eliminación de la obligatoriedad de hospedarse en hoteles a los emigrados
que visitan familiares en Cuba y la flexibilización de las causales para la repatriación o regreso
definitivo al país (Sorolla, 2008 y 2015; Arboleya, 2013).
En correspondencia, desde esta época también tuvieron lugar cambios en el tratamiento discursivo desde los altos líderes del Estado sobre la migración que incidieron en la “despolitización del proceso migratorio”, entendido como el desmontaje ideológico de las categorizaciones
construidas en torno a la migración como elemento contrario a los principios y funcionamiento
del sistema político cubano después de 1959 y que repercutieron en todos los niveles de la sociedad, no solo a la dirección política del país, sino de la sociedad misma y de su emigración
(Arboleya, 2013, p.231; Martín, Aja, Casaña y Martín, 2007, p.156). Esto provocó transformaciones en las representaciones sociales del fenómeno migratorio, con una tendencia acentuada
hacia la pérdida de la connotación política que adquirió durante los primeros años de la revolución y una mayor aceptación de la decisión migratoria y del proceso mismo.
En respuesta al contexto de la crisis socioeconómica nacional, una de las salidas de la población fue la búsqueda de nuevos espacios laborales (vinculados a sectores remunerados en
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divisas) y geográficos (con iguales fines) donde poder solucionar temporal o permanentemente
las difíciles situaciones cotidianas. La migración adquiere entonces un carácter predominantemente económico, como estrategia de superación de los efectos de la crisis, lo que cambia el
sentido de los viajes temporales que se efectuaban hasta el momento motivados por cuestiones
familiares fundamentalmente.
Por la vía particular, ya se apuntaba que la normativa migratoria cubana había establecido
desde 1987 los PVE para los hombres y mujeres mayores de 65 y 55 años respectivamente,
teniendo en cuenta que la motivación principal era por razones particulares de visitar a sus
familiares residentes en el exterior y por periodos cortos generalmente (hasta un máximo de
180 días). Esto fue cambiando en el nuevo contexto y con la adopción de nuevas medidas en
julio de 1994 (la extensión de 6 a 11 meses los PVE y la disminución hasta los 18 años la edad
mínima para viajar) propició que un grupo más joven y amplio de ciudadanos cubanos vieran
el marco jurídico legal para llevar a efecto sus objetivos de buscar y diversificar las fuentes de
ingresos familiares.
Comienzan así a identificarse dentro del patrón migratorio, la motivación laboral como parte
de la categoría PVE atendiendo a que sus protagonistas, en gran medida adquirían permisos
de trabajo o residencia legal en los países de destino, pero debían retornar a Cuba antes de los
11 meses de estancia máxima, contados desde su salida de Cuba. De no cumplir con ello, sin
dar fe de su actuación ante las autoridades consulares cubanas en ese país, se convertirían en
emigrados y se les aplicaba la Ley 989/61 que confiscaba, a favor del Estado cubano, los bienes
que poseyera la persona. En correspondencia, un número importante de personas mantenían
este tipo de movilidad temporal con carácter circular hacia el destino donde pudieran viajar de
acuerdo con las regulaciones.
El momento de “cambio histórico de los métodos e instrumentos, con que la migración ha
sido manejada por Cuba” (Morales, 2012, p.1) llegaría el 14 de enero de 2013 con la implementación de los mencionados Decreto-Ley No.302 y Decreto No.305, modificativos de la Ley de
Migración y su Reglamento de 1976 y 1978 respectivamente. Estos dieron una flexibilización
cualitativa en la concepción estratégica de la política migratoria del Estado y sus procedimientos a partir del cambio en el tratamiento por parte de la dirección del país y de la sociedad hacia
la migración y del propio cambio en la actitud y composición de la migración, la cual mostraba
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un mayor interés por la temporalidad y circularidad del proyecto migratorio atendiendo a su
creciente acercamiento y participación en la vida nacional.
Las medidas aplicadas, de forma general, contribuyeron significativamente a normalizar las
relaciones del país con los migrantes radicados en el exterior, eliminaron restricciones de viaje,
requisitos y trámites burocráticos vigentes hasta ese momento y disminuyeron los costos de
los viajes. Además, fue derogado Artículo 1 de la Ley 1312/76 que institucionalizó el Permiso
de Salida y la Ley 989/61 que disponía la nacionalización de los bienes de las personas que se
ausentaran con carácter definitivo del país, eliminando así las denominadas “anomalías” de la
política migratoria del Estado cubano con respecto a las normativas internacionales.
Una flexibilización de importancia para la modificación del comportamiento y manifestaciones de los flujos es la relacionada con los plazos de permanencia en el exterior de los ciudadanos cubanos sin perder la condición de residentes en territorio nacional y los derechos y deberes
que esto implica. Las modificaciones implementadas extendieron estos plazos desde los 11
hasta los 24 meses a partir del momento de salida de la Isla e independientemente de la tipología
de la visa o incluso de la condición de residencia o ciudadanía en otro país. Estas reformas en el
marco legal determinaron el incremento del número de viajes al exterior por motivos personales
desde inicios de 2013, así como el fortalecimiento de la tendencia a la temporalidad y circularidad de la migración (Sorolla, 2015).
No obstante, este Decreto Ley aún mantiene medidas de retención a la salida a través del
Decreto No. 306 en el que establece los requisitos por la que determinado ciudadano cubano
residente en el país no pueda obtener su pasaporte, condición imprescindible para viajar. Estos
criterios se sustentan desde la naturaleza selectiva y proteccionista de la política migratoria en
su actuación sobre determinados segmentos de la población, como es el caso de los profesionales en cargos vitales y deportistas de alto rendimiento, entre otros, ante la necesidad de atenuar
los perjuicios en el desarrollo socioeconómico nacional por la pérdida de los recursos humanos
calificados (MINJUS, 2012).
De conformidad con estas medidas se añadió, en noviembre de 2015, la decisión de aplicar
mayores regulaciones a escala ministerial para las salidas al exterior por asuntos particulares
de profesionales médicos de diferentes especialidades que realizan actividades vitales en los
servicios de sa¬lud a la población y en la actividad científico-técnica (Editorial Granma, 2015).
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La evolución histórica de la política migratoria del Estado cubano muestra el proceso paulatino que ha llevado a la voluntad política del gobierno y de la sociedad en su conjunto a lograr
la normalización del flujo migratorio y las relaciones de la nación con los cubanos radicados en
el exterior, a partir del progresivo proceso de flexibilización de su normativa y de acuerdo con
los objetivos de seguridad nacional.
Sin embargo, esto se debe comprender de manera dialéctica, pues la flexibilización de la
política migratoria es un proceso continuo con antecedentes desde la década de los setenta a
partir de su constante adecuación a la realidad de la migración externa y, a la vez, forma parte
del conjunto de elementos que incentivan la transformación en las manifestaciones de los flujos
al existir menos barreras jurídico-administrativas para la movilidad (o al menos pasar estas a
concentrarse en los requisitos que imponen entonces los países receptores). Así, el contexto
político y socioeconómico ha determinado, en parte, el desarrollo de nuevas manifestaciones
en el proceso migratorio externo cubano, pero estas no se podrían comprender completamente
sin el análisis de las políticas que ha implementado el Estado ante la cuestión migratoria y que
han constituido elementos modificativos del desarrollo de los flujos.
3.- MÉTODO
Diseño
La investigación de la que resultó la presente reflexión histórico-política tomó como referencia
un diseño metodológico cualitativo, estructurado fundamentalmente en técnicas como el análisis lógico-histórico, deductivo-inductivo y analítico-sintético de los contenidos de las múltiples
fuentes especializadas que aportaron presupuestos sobre el tema.
La discusión de los resultados se estructuró desde la concepción materialista de la historia,
paradigma teórico-metodológico continuado en los años 50 del pasado siglo por la escuela
histórico-estructural, corriente de pensamiento que ha contribuido con la tesis sobre cómo la
estructura social y económica de la sociedad condiciona y explica los fenómenos sociales, en
la analogía de que ninguna de las partes del complejo sistema social puede entenderse sin la
comprensión del “todo sistémico”. Este paradigma reforzó la mirada sobre un fenómeno multicausal, tan complejo y cambiante, como es la migración y su dimensión política en relación
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con el Estado.
Instrumentos
Para realizar esta investigación ha sido evaluado un amplio conjunto de fuentes de doble naturaleza. Primero, fuentes primarias, como leyes, decretos y discursos de líderes políticos que
sitúan el análisis en el marco histórico concreto. Segundo, fuentes bibliográficas formadas por
libros, artículos científicos, artículos en publicaciones periódicas, informes y documentos de
trabajo de organismos internacionales y de instituciones oficiales cubanas sobre la migración
internacional, su contexto de origen y las políticas del Estado para su manejo y control .
Aunque la mayoría de las obras han centrado su atención en la tradicional migración hacia
los Estados Unidos y Europa Occidental, brindan un enfoque histórico-político sobre el proceso
migratorio y sus causas en correspondencia con las particularidades del desarrollo histórico nacional. Recientemente se han incorporado investigaciones sobre el flujo de cubanos hacia otros
destinos en el Sur y sobre algunos de los efectos de la migración externa en la sociedad que
permitieron explicar las principales transformaciones de los flujos internacionales.
No obstante, deben tomarse en consideración las limitaciones que presentan estas fuentes
para el análisis concreto del tema:
La primera son los escasos estudios desde las ciencias sociales cubanas que profundicen
en los nuevos comportamientos de la migración externa, principalmente aquella que se dirige
hacia destinos no tradicionales y cómo éstos se han relacionado con la política migratoria implementada por el Estado cubano. Y la segunda es que la Ciencia Política coloca sobre el tapete
otro punto de debate, necesario y aún inconcluso, sobre la dimensión política de la migración.
Desde este enfoque, tampoco son suficientes los análisis sobre el proceso migratorio externo
cubano y los retos que suponen sus nuevas manifestaciones y tendencias para el Estado y sus
instituciones. La dimensión política de la migración cubana actual ha cargado con el sesgo de
las investigaciones que desde las Ciencias Históricas argumentan el carácter político y clasista
del proceso migratorio cubano hacia los Estados Unidos en las primeras décadas de la Revolución y la modificación paulatina de los flujos hacia un carácter familiar y económico sin
reconocer, en su totalidad, la dimensión política como eje transversal de este proceso social
independientemente de la coyuntura histórica.
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Procedimiento
La investigación se desarrolló en distintas fases de apropiación y re-construcción crítica del
conocimiento que respondieron a los siguientes objetivos específicos: caracterizar la migración externa de cubanos y su contexto de desarrollo en el marco del deficiente ordenamiento
socioeconómico que ha vivido el país en las últimas décadas y determinar la significación de la
política del Estado cubano para la cuestión migratoria en las transformaciones de la migración
externa.
En esta dirección, la primera de las fases fue la búsqueda, clasificación y crítica del material
bibliográfico especializado. Seguidamente se realizó la interpretación de los datos y la triangulación con las fuentes primarias disponibles para construir argumentos de conformidad con los
objetivos planteados.
4.- CONCLUSIONES
Si bien la transformación de las características de los flujos migratorios externos de cubanos
hacia una práctica cada vez más heterogénea en cuanto a sus motivaciones, destinos y modalidades se ha correspondido con el desarrollo socioeconómico coyuntural del contexto nacional,
entre otros elementos globales, la actuación del Estado ha incidido de manera esencial. En este
sentido, ha sido significativo el reflejo de la política y las regulaciones migratorias, promovidas
desde el Estado, en la modificación del comportamiento y las manifestaciones que asume le
proceso migratorio. También ha sido importante la actuación del Estado en el avance o ralentización del debate general sobre las percepciones que se construyen en torno a la migración por
parte de los actores que intervienen en ella y los argumentos que son utilizados para la adopción
y fundamentación de una política específica desde el gobierno para el enfrentamiento o gestión
de la cuestión migratoria.
En este caso, aunque la política migratoria del Estado cubano comparte muchos elementos
de la tendencia general que asumen las políticas internacionales sobre migración, sus especificidades y evolución se han ajustado a las condiciones particulares del momento histórico en
que han sido implementadas, las características del proceso migratorio y la percepción sobre el
mismo que se han construido desde el Estado y la sociedad en su conjunto. La intervinculación
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dialéctica de estos elementos ha condicionado la actuación del Estado ante el fenómeno migratorio externo que ha transitado de posiciones como la confrontación de este problema hacia la
vinculación con su migración externa. Esto ha tenido su expresión concreta a través el proceso
de flexibilización de la política general del Estado ante la cuestión migratoria y las normativas
para su control.
No obstante, si bien la evolución de la política migratoria del Estado y las normativas que las
implementan han tenido un objetivo regulador hacia la movilidad, han constituido mecanismos
de transformación de los flujos, principalmente después de los años noventa cuando, a tono
con la situación socioeconómica del país y su impacto en el proceso migratorio externo, se implementaron medidas cada vez más flexibles hacia el fenómeno migratorio. Los efectos de las
normativas se reflejaron en las modificaciones de las principales tendencias como el cambio en
la duración de la migración, ahora más temporal y circular que definitiva, el predominio de las
vías regulares en la salida y las variaciones en la composición y comportamiento de los migrantes, por solo mencionar algunos puntos. En retroalimentación, las maneras que los migrantes
han usado la normativa migratoria, según los marcos legales establecidos, para llevar a efecto
sus motivaciones individuales ha contribuido a la constante y necesaria revisión de la norma y
su procedimiento.
Las nuevas manifestaciones en el comportamiento de la migración y su relación con la flexibilización general de la política gubernamental ante esta cuestión, suponen también la revisión
y ajuste más estructural del sistema político y socioeconómico cubano en su conjunto en cuanto
a que la práctica migratoria, como acción social, altera las relaciones que se establecen entre los
sujetos y el orden estatal y sus distintas formas de organización institucional y procedimientos
legales. Desde esta reflexión se propone, entonces, la discusión a futuro sobre las siguientes
cuestiones que están emergiendo en el ámbito de lo político:
La redacción de una nueva Ley de Migración que armonice, homogenice y actualice el
cuerpo normativo de decretos y resoluciones que conforman en general la política migratoria
del Estado cubano y que tenga un alcance mayor al de las modificaciones de la Ley de 1978.
No constituye un alcance mayor la modificación de los procedimientos si la normativa está
desfasada.
El continuo perfeccionamiento de la política migratoria del Estado cubano y su reglamento
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con el objetivo de hacerla más cercana a la realidad del proceso migratorio. En este proceso
se puede, por ejemplo, permitir y viabilizar el retorno de los migrantes y el aprovechamiento
de sus capacidades en el desarrollo nacional, fortalecer las estrategias de cooperación de los
migrantes con las instituciones cubanas en el ámbito científico mediante el asesoramiento y el
intercambio de experiencias, metodologías y resultados, permitir la participación política desde
el exterior solo concedida a los cubanos que viajan al exterior de la Isla por interés oficial del
Estado.
El debate sobre las nuevas formas de pertenencia y vinculación con el Estado-nación, esto
incluye el reconocimiento de los derechos y deberes asociados con la ciudadanía y la residencia.
En el proceso de incorporación en la sociedad de acogida y en los niveles de participación a los
que se aspira, muchos cubanos han accedido a la ciudadanía por naturalización, asumiendo los
deberes y derechos del Estado receptor. Sin embargo, esta condición no supone un conflicto con
el interés en preservar la ciudadanía cubana. La normativa cubana en cuanto a la ciudadanía se
rige por la Ley de 1944, la cual se basa en los principios de la Constitución de 1940, ratificados
en la Constitución de 1976. Aunque esta Ley no admite la doble ciudadanía, sus mecanismos
para prohibirla están desajustados, por ejemplo, en la actualidad se aplica el reconocimiento
de la ciudadanía efectiva lo que implica que los cubanos residentes en el exterior tienen que
entrar y salir de Cuba con el pasaporte cubano, aunque se reconozca que tienen doble o triple
ciudadanía.
Este conflicto se complejiza con las modificaciones introducidas en 2013 respecto al tiempo
permitido de permanencia en el exterior sin perder la condición de residencia en Cuba (figura
a la cual están asociada derechos fundamentales como educación y salud gratuita, derecho a la
propiedad y deberes políticos) extendido hasta los 24 meses a partir de la fecha de salida de la
Isla e independientemente del estado de residencia o ciudadanía en otro país. ¿Supone entonces
la condición de múltiple ciudadanía o doble residencia un compromiso en cuanto a “lealtades
compartidas” para con dos o más Estados?
Relacionado con este punto se encuentra el análisis sobre las implicaciones de la flexibilización en el permiso de permanencia en el exterior sin perder la residencia en Cuba y del retorno
de muchos migrantes en la participación dentro del sistema político y electoral cubano luego de
haber vivido en otros tipos de sistemas políticos.
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Los límites en las funciones del Estado, principalmente en sus procedimientos para preservar a la población económicamente activa y calificada aun cuando no se tienen las condiciones
socioeconómicas para contrarrestar el potencial migratorio.
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Trazos y trazas de la migración haitiana post-terremoto1
Traces and scars of the post-earthquake Haitian migration

https://doi.org/10.29105/10.29105/pgc6.11-3

Wooldy Edson, Louidor2
Pontificia Universidad Javeriana, Colombia
https://orcid.org/0000-0002-28306947

____________________________________________________________________________________________________________________________

RESUMEN
Este artículo describe los trazos de los trayectos de migrantes haitianos a lo largo del continente americano tras el
terremoto sucedido en Haití el 12 de enero de 2010, así como las trazas de los impactos desastrosos de políticas
migratorias hostiles de países de tránsito y destino sobre dichos migrantes particularmente en las fronteras. A partir
de la reconstrucción de las dos categorías, trazos y trazas, retomadas de Édouard Glissant y Severo Sarduy respectivamente, y de la lectura hermenéutica de un corpus de textos publicados de 2010 a 2019 sobre la migración
haitiana post-terremoto, el artículo evidencia la heterogeneidad de ésta desde una doble perspectiva geográfica y
político-jurídica.
Palabras claves: Heterogeneidad, migración haitiana post-terremoto, políticas migratorias hostiles, trazas, trazos.
ABSTRACT
This paper describes the traces of the trajectories of Haitian migrants throughout the American continent after
the earthquake that affected Haiti on January 12, 2010, as well as the scars of the disastrous impacts of hostile
migration policies of transit and reception countries with respect to those migrants in particular at the borders.
Through the reconstruction of both categories, traces and scars, taken up from Édouard Glissant and Severo Sarduy respectively, and a hermeneutical reading of a corpus of texts written from 2010 to 2019 about the post-earthquake Haitian migration, the paper shows the heterogeneity of this migration from a double geographical and
political-legal perspective.
Keywords: Heterogeneity, hostile migration policies, post-earthquake haitian migration, scars, traces.
Recibido: 20 de Febrero 2019 - Aceptado: 05 de Junio 2019 - Corregido: 11 de Noviembre 2019
Cómo referenciar este artículo:
Louidor, W. E. (2020). Trazos y trazas de la migración haitiana post-terremoto. Politica Globalidad y Ciudadanía,
50-72. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/127

1
Este artículo es producto del proyecto “Heterogeneidad del sujeto migrante haitiano. Estudio de caso de tres figuras: el bracero, el
exiliado y el migrante humanitario”, financiado por el Instituto de Estudios Sociales y Culturales PENSAR de la Pontificia Universidad Javeriana. Iniciado en 2015 y finalizado en 2019.
2
Doctorando en Filología en la Universidad de Leipzig (Alemania). Profesor e investigador del Instituto de Estudios Sociales y
Culturales PENSAR de la Pontificia Universidad Javeriana (Colombia). Email: wlouidor@javeriana.edu.co
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1.- INTRODUCCION
El presente artículo de investigación se centra en la migración haitiana hacia las Américas, tras
el terremoto que afectó tremendamente este país caribeño el 12 de enero de 2010 (PNDA, 2010
). Se pueden distinguir dos grandes cortes: de 2010 a 2015 , cuando más de cien mil migrantes
haitianos emigraron de Haití a Sudamérica, en particular a Brasil, Chile y, en menor cantidad,
Ecuador; y de 2016 a 2019, cuando decenas de miles de ellos vienen reemigrando de Sudamérica a Estados Unidos de América (EUA, de aquí en adelante) y puntualmente en 2017 a Canadá desde EUA. Nos centraremos en los trayectos de esos migrantes que no son directamente
identificables ni tampoco se pueden conocer a ciencia cierta en la amplia geografía americana.
Además, es cada vez más difícil mapear estos trayectos, debido a que- por el endurecimiento
de las medidas migratorias de gobiernos de países de tránsito y destino- cada vez más migrantes haitianos se han visto obligados a cambiar de rutas, recorriendo las que son más escondidas
y, por lo tanto, más difíciles y riesgosas . Algunos de esos gobiernos han tratado de esconder,
principalmente en las fronteras, sus prácticas hostiles para ocultar las consecuencias desastrosas
de éstas sobre dichos migrantes. De allí la justificación del uso epistemológico de las dos categorías, trazos y trazas , retomadas de la obra literaria de Glissant y Sarduy respectivamente,
para rastrear las huellas de los trayectos de los migrantes haitianos y las heridas y cicatrices
causadas por los impactos invisibilizados de esas medidas hostiles. La pregunta que se busca
responder con el artículo es la siguiente: ¿De qué manera las medidas políticas y jurídicas,
tomadas por los diferentes gobiernos del continente americano frente a la migración haitiana
post-terremoto, afectan los trayectos y los cuerpos de los migrantes haitianos, en particular, en
las fronteras?
El artículo consta de cuatro partes: la primera, de corte contextual-histórico, se enfoca en
ubicar la migración haitiana post-terremoto en la amplia historia de la migración haitiana. La
segunda de naturaleza teórico-metodológica reconstruye las dos categorías de trazos y trazas y
el modo cómo éstas serán aplicadas en la investigación. La tercera presenta algunos hallazgos
de ésta, y la cuarta discute esos resultados en clave de la heterogeneidad desde la doble perspectiva geográfica y político-jurídica.

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2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Tres grandes olas de la migración haitiana
Podemos distinguir tres grandes olas en la historia de la migración haitiana. La primera empezó a inicios del siglo pasado en el marco de la penetración del capital financiero-económico
estadounidense en el Caribe. EUA libraron una guerra contra España, en alianza con los independentistas cubanos, para expulsar definitivamente a ésta en 1898 de esta isla. El Tratado de
París, firmado el 10 de diciembre de 1898 por España y EUA, consagró la victoria militar y
diplomática de estos últimos, quienes tomaron formalmente el control de Cuba y Puerto Rico
(convertido en 1917 por la Jones Act en un estado de la Unión).
EUA invadieron la isla compartida por Haití -27.750 km2- en 1915 (hasta 1934) y República
Dominicana -48.442 km2- en 1916 (hasta 1924) (Théodat, 2003). Estas ocupaciones militares
fueron acompañadas por la dominación económica estadunidense sobre estos países del Caribe,
reducidos al servicio del capital de EUA y, en concreto, del capital de Wall Street que decidió
“convertir la Cuenca del Caribe en una gran plantación de caña” (Veras, 1991: 110). EUA erigieron una división del trabajo en la que República Dominicana y Cuba pusieron la tierra, y
Haití –y algunas islas de habla inglesa- la mano de obra. Los orígenes de la migración haitiana
se ubican en esta reconfiguración socioeconómica del Caribe, dentro del sistema mundo capitalista y, en particular, en esa nueva fase de la globalización en que EUA se estaban convirtiendo
en el país hegemónico del mundo (Wallerstein, 2006 &amp; Trouillot, 2011). De hecho, las primeras
contrataciones de trabajadores cañeros haitianos, llamados braceros, fueron formalizadas desde
1919 por el ocupante de la isla: EUA (Cuello, 1997). Las plantaciones e ingenios azucareros
pertenecieron a empresas estadunidenses, de 1916 hasta 1940, cuando el presidente Rafael
Trujillo empezó a introducir poco a poco el capital dominicano en esta industria; proceso que
culminó con la creación en 1966 del Consejo Estatal de Azúcar –CEA- (Pierre­Charles, 1988;
Wooding y Moseley-Williams, 2004; Hernández, 2011 y Pérez et al., s/f).
La segunda gran ola de la migración haitiana inició con la denominada Guerra fría que fue
protagonizada por EUA y la Unión de Repúblicas Socialistas Soviéticas (URSS), con uno de
sus epicentros en el Caribe, en torno a la disputa por Cuba, declarada comunista tras la revolución castrista en 1959. Como consecuencia de ello, EUA apoyaron en Haití durante casi treinta
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años (de 1957 a 1986) la dictadura de los Duvalier, quienes emprendieron una persecución
a muerte contra los comunistas y todos los profesionales de clase media que pretendieron o
pudieron eventualmente desafiarlos (Pierre-Charles, 1969). A raíz de esa persecución, cientos
de miles de haitianos tuvieron que exilarse a Canadá (Quebec), EUA, Francia, otras islas del
Caribe, América Latina- Venezuela y México- e incluso a África (Icart, 2004 &amp; Gabriel, 2009).
Muchos otros, quienes no pudieron ir en avión o contaron con poco dinero, tuvieron que ir en
veleros peligrosos hacia otras islas del Caribe o a EUA: son los llamados boat-people, quienes
hasta hoy –esto sí, en menor cantidad- siguen emprendiendo este peligroso viaje (Catanese,
1999).
Después de estas dos grandes olas de la migración haitiana, sigue esta tercera que inició con
el terremoto de 2010. Ésta se diferencia de las dos anteriores por su factor desencadenante:
una catástrofe medioambiental, que agravó las ya precarias condiciones socioeconómicas del
país, las consecuencias de las crisis políticas y de las anteriores calamidades medioambientales
(inundaciones, huracanes, etc.). Pero la diferencia más grande que tiene la migración haitiana
post-terremoto con respecto a las dos grandes olas anteriores tiene que ver con su demografía:
la mayoría de esos migrantes son jóvenes, oriundos de ciudades y cuyo objetivo fundamental
es estudiar, además de ubicarse en el mercado laboral (Rojas Pedemonte et al., 2017; OIM &amp;
IPPDH, 2017 y Louidor, 2019c).
Además, después de la destitución de la presidenta brasileña Dilma Rousseff en 2016 y la
llegada al poder en 2018 en Chile del presidente conservador Sebastián Piñera, esta migración
ya se encuentra en errancia en busca de hospitalidad a lo largo del continente americano. Por
lo que no hay claridad ni sobre los trayectos -cuyos trazos presentaremos a continuación - que
siguen estos migrantes en las Américas, ni sobre los impactos que tienen las medidas tomadas
por los gobiernos sobre dichos migrantes particularmente en las fronteras, adonde se tiene poco
acceso.
De allí algunas preguntas que quedan hasta ahora sin respuestas: ¿Cuántos hombres, mujeres
y niños haitianos han recorrido los diferentes trayectos desde Brasil o Chile hacia EUA? ¿Por
qué rutas han transitado? ¿Cuántos han muerto en el camino? ¿Cómo? ¿Devorados por animales, asesinados por grupos delincuentes, ahogados en ríos y en el mar, muertos de cansancio,
inanición, deshidratación y por enfermedades? ¿Cuáles grupos de delincuentes operan en estos
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trayectos? ¿Cuántos de esos migrantes, principalmente mujeres y niños, fueron violados? ¿Cuáles son las condiciones humanitarias a las que se han visto expuestos? ¿Cuáles son los abusos y
violaciones de derechos humanos a los que son más vulnerables? (Louidor, 2019c)
Reconstrucción de las dos categorías, trazos y trazas
Si bien el campo de los estudios migratorios no dispone de herramientas para cartografiar con
exactitud algunos trayectos extremadamente complejos de migrantes a través del mundo; sin
embargo, se puede recurrir a otros campos de estudio para al menos identificar unas huellas
(narrativas, pictóricas, etc.) de dichos trayectos. Por ejemplo, Feature Shoot (2013) es un proyecto en el que fotógrafos profesionales recorrieron el desierto de Arizona para documentar con
imágenes las largas caminatas mortales que hicieron los migrantes en esos trayectos.
En esta misma línea, pero con miras a aproximarnos a las huellas de los trayectos de la
migración haitiana post-terremoto, reconstruimos dos categorías, trazos y trazas, que fueron
utilizadas respectivamente por Glissant (1958, 1964 y 1997) y Sarduy (1999) en su obra literaria. Nos paramos desde la literatura, en particular, desde las reflexiones de estos dos escritores
caribeños ̶ Sarduy y Glissant ̶ quienes, al intentar narrar y analizar su propia historia como
cubano exiliado y martiñiqueno miembro de una comunidad de origen africano desarraigada
respectivamente, se dieron cuenta que sólo cuentan hoy día con las huellas de dicha historia en
el cuerpo y en la memoria. Ante este hecho, ambos desarrollaron toda una perspectiva epistemológica para rastrear dichas huellas: para Glissant éstas son trazos, mientras que para Sarduy
son trazas. Para ambos, estas huellas del pasado, que ya no está presente y del que no tenemos
evidencias claras y distintas, sirven para aproximarnos al conocimiento del mismo pasado a
través del rastreo de los impactos que dejó este pasado.
La primera categoría traces, que traducimos del francés al español como trazos, ha sido
utilizada en la obra literaria de Glissant para rastrear las huellas dejadas por los africanos, quienes fueron capturados en África, posteriormente trasladados en los barcos negreros hacia las
Américas en el marco de la trata transatlántica y finalmente esclavizados desde el siglo XVI en
Martinica (y en todas las Antillas y en el continente americano). Los trazos representan las huellas, físicas e históricas, que dejan dichos africanos en la geografía y la memoria histórica de los
países, adonde llegaron para trabajar como esclavos en las plantaciones de los colonizadores.
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Además, un objetivo esencial del régimen de la esclavitud en el nuevo continente consistía en
“des-africanizar” a los esclavos (Glissant, 1997 &amp; Hurbon, 2007), en el sentido que todo estaba
orientado a borrar el ser, la historia, la memoria y la cultura de los africanos. Pero, gracias a
los trazos, lo africano pudo permanecer a través de los pliegues (Déleuze, 1988) del régimen
colonial-esclavista desafricanizante: pliegues que van desde lo culinario hasta lo religioso, pasando por lo musical y lo socio-económico. Por ejemplo, los que se encargaron mayormente de
dejar los trazos africanos en los tiempos de la esclavitud fueron primeramente los cimarrones,
es decir, estos africanos que prefirieron huir hacia las montañas para buscar su libertad, en vez
de quedarse como esclavos en las plantaciones al servicio de sus amos. Ellos hicieron sus vidas
en las montañas, construyendo familias, modificando la naturaleza, creando toda una cultura,
reproduciendo su historia africana.
La noción de trazos, retomada de la historia de estos cimarrones, lleva a Glissant a plantear
que si bien África como origen está ausente en Martinica- ya que es imposible hoy en día para
los descendientes de los africanos conocer la historia de ésta y mucho menos retornar a ella-;
sin embargo, ella está presente en los trazos que dejaron estos fundadores (cimarrones) en las
huellas del paisaje geográfico, la memoria y algunos rasgos culturales.
Reconstruyendo la noción de trazos para aplicarla al campo de los estudios migratorios,
podemos definirla como las huellas que dejan los trayectos ya borrados o invisibilizados de los
migrantes -quienes ya murieron o siguieron sus caminos o llegaron a sus lugares de destino-.
Dichas huellas son la presencia de esta ausencia en la geografía, que fue recorrida por dichos
migrantes -ya ausentes- y que puede ser reconocida por otros migrantes, medios de comunicación y las mismas autoridades (tres fuentes que forman lo esencial de nuestro corpus de textos
que, como lo veremos más adelante, seleccionamos para rastrear estos trazos).
Por otra parte, la categoría de trazas fue elaborada por el escritor exiliado cubano, Severo
Sarduy, quien la utiliza en su autobiografía titulada El Cristo de la Rue Jacob (1999), en la que
pretende dar a conocer algunos registros de su vida y su exilio. Allí Sarduy plasma las epifanías,
que son cicatrices de heridas que quedan inscriptas en su piel y en su memoria (1999: 51). Estas
trazas se hallan pues en los múltiples estratos y capas de las heridas, cuyas cicatrices pueden ser
encontradas solamente por una arqueología de la piel y de la memoria.
Reconstruyendo la noción de trazas para aplicarla al campo de los estudios migratorios, poRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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demos definirla como las huellas de los impactos dolorosos -principalmente aquellos que son
invisibilizados y que no se conocen del todo- que dejan las políticas migratorias de los gobiernos y en general de las autoridades de países de tránsito y recepción sobre los migrantes.
En el marco de nuestra investigación sobre la migración haitiana post-terremoto, aplicamos
ambas categorías, trazos y trazas, para rastrear a) las imágenes -extremadamente móviles- con
las que esta migración desesencializa la geografía del imaginario migratorio haitiano, y b) las
cicatrices y heridas dejadas en estos migrantes por políticas migratorias hostiles que han tomado algunos gobiernos de países de tránsito y recepción.
3.- MÉTODO
Diseño
Para la aplicación de estas dos categorías trazas y trazos y en general para el desarrollo del
estudio, se adoptó el enfoque de investigación de corte cualitativo, ya que éste permite hacer
un diseño flexible, adaptado a estos estilos de investigaciones filológicas como ésta (CLACSO,
2005: 40).
Hemos seleccionado como materiales para la investigación un corpus de una treintena de
textos (véase la primera parte de la bibliografía sobre las fuentes primarias y secundarias), entre artículos, informes y documentos oficiales de gobiernos y organismos internacionales, que
fueron escritos en esta década. A esos textos que dividimos en fuentes primarias y secundarias,
les aplicamos el método hermenéutico, inspirado de manera específica en la hermenéutica filosófica de Hans-Georg Gadamer.
Nos interesó utilizar este método por dos razones. Primero, nos permitió acercarnos a estos
textos con una pregunta específica: ¿De qué modo los gobiernos latinoamericanos han respondido a esta migración haitiana post-terremoto, principalmente en las fronteras? Segundo,
esperamos, durante la lectura- es decir, yendo “a la cosa misma”, esto es, confrontando nuestra
precomprensión con los textos (Gadamer, 1990: 270)-, no solo encontrar las respuestas proporcionadas por los textos, sino también las preguntas que éstos nos hacen a nosotros (véase las
conclusiones). Nuestra comprensión de dichos textos, que fundamenta el diseño global de esta
investigación filológica, constituye pues un proceso de diálogo entre nosotros y el texto, entre
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nuestro horizonte de hoy y el horizonte del texto (Gadamer, 1990: 368-375).
Instrumentos
La treintena de textos que seleccionamos como materiales de estudio fueron divididos en dos
grupos. Primero, algunos fueron escogidos por ser las principales fuentes primarias (oficiales),
en las que los gobiernos de diferentes países del continente y algunos organismos internacionales, tales como las entidades de la ONU, proporcionaron informaciones sobre la migración
haitiana post-terremoto. Segundo, los demás textos fueron seleccionados por ser las más importantes fuentes secundarias en las que algunos medios de comunicación y otras entidades
complementaron y contrastaron, a partir de sus informes, estudios y noticias, las informaciones
dadas por las fuentes primarias.
Ambos grupos de textos fueron analizados según dos criterios -que a continuación (en los
procedimientos y en los resultados) se justificarán-:
uno diacrónico, que parte de la evolución lineal del tiempo - de 2010 a 2019- en que éstos
fueron emitidos;
otro sincrónico, que mira su grado de sintonía (de menos a más) con las características de
las “políticas de la hostilidad”, entre otras: cierre de fronteras, criminalización, deportación y
necropolítica ( se define como un régimen de poder que se caracteriza por perseguir, dominar
e incluso matar a los otros diferentes y banalizar la muerte de éstos por el simple hecho de ser
otros y diferentes. El nazismo es un buen ejemplo de ello, así como el colonialismo, tal como
fue practicado en África.) (Mbembe, 2016).
Procedimiento
Con respecto al desarrollo de la investigación, se procedió primero a buscar en archivos físicos
y virtuales los textos pertinentes sobre nuestro objeto de estudio, tal como éstos fueron clasificados (en fuentes primarias y secundarias) y desde un doble criterio: diacrónico, tomando
en cuenta la secuencia temporal de 2010 a 2019 (con el objetivo de identificar los trazos), y
sincrónico, considerando el grado de hostilidad (de menos a más) de las medidas migratorias
de los diferentes gobiernos del continente con respecto a la migración haitiana post-terremoto
(con miras a definir las trazas).
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De esta manera, se aplicó el método hermenéutico de lectura e interpretación de los textos,
previamente seleccionados, que a la vez permitió responder a las preguntas de investigación
-una vez halladas, clasificadas y analizadas las informaciones- y orientó la comprensión de los
resultados encontrados y las discusiones en torno a éstos en las conclusiones.
4.- RESULTADOS
Trazos de la migración haitiana post-terremoto
A continuamos, presentamos los siguientes trazos de la migración haitiana post-terremoto de
manera diacrónica, según la secuencia temporal-lineal divida en dos cortes: 2010-2015 y 20162019; tomando en cuenta que de 2010 a 2015 los migrantes haitianos se dirigían principalmente
a Sudamérica y, a partir de 2016, éstos vienen reemigrando hacia Norteamérica.
Primer corte, de 2010 a 2015
Si bien inmediatamente después del terremoto en 2010 se dio más relevancia a los impactos de
la tragedia sobre las personas que vivían en el país que a las que salieron expulsados del mismo
(Weiss Fagen, 2013); sin embargo, podemos identificar las primeras rutas, que siguieron dichos
migrantes, quienes se dirigieron principalmente hacia Ecuador, Chile y Brasil (Hay que señalar
que, en el caso de Brasil, no menos de 3 mil haitianos estuvieron varados en Tabatinga en el
año 2011, esperando una respuesta del gobierno; hasta que el 12 de enero de 2012 el gobierno
decidiera otorgarles la visa humanitaria (información recogida en entrevistas con autoridades
brasileñas durante nuestra visita de campo en la Amazonia). Podemos decir que las imágenes de
los trayectos de estos migrantes eran bastante claros, al menos en el año 2010.
El Servicio Nacional del Turismo (2011) señaló que, entraron a Chile 820 haitianos en 2010
y 1.389 sólo en los tres primeros meses de 2011, cuando habían ingresado en 2008 únicamente
392 y en 2009 la cifra de 477. La Dirección Nacional de Migración de la Policía de Ecuador
(2011) informó que, si en 2009 ingresaban a este país sólo 1.258 haitianos, ya para 2010 y el
primer trimestre de 2011 entraron 1.687 y 1.112 respectivamente. Es decir que un buen número
de haitianos escogían a Sudamérica como lugar de destino, debido a que, por ejemplo, Ecuador
y Chile no les exigían ni visas ni otros requisitos para ingresar a sus territorios.
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Sin embargo, los datos empezaron a faltar, cuando varios de los haitianos que llegaron a
Ecuador siguieron su viaje hacia Brasil (Louidor, 2011a): ya las imágenes de los trayectos de
estos migrantes en Sudamérica empezaron a ser borrosas para las mismas autoridades. Por
ejemplo, supimos de algunos trazos de dichos trayectos, cuando el gobierno brasileño señaló
vagamente la presencia en su territorio de ciudadanos haitianos, quienes ingresaron allí por la
triple frontera colombo-peruano-brasileña (en la Amazonia, del lado de Tabatinga) y también
por la frontera peruano-brasileña (por Acre), mientras que otros llegaron allí desde Chile pasando por la frontera con Bolivia y de allí a Epitaciolândia, Rondônia y Mato Grosso do Sul. Ya
no era posible para las autoridades identificar de manera precisa los trayectos de los haitianos
desde Ecuador, Perú, Bolivia y Chile hacia Brasil: uno diría que las imágenes eran casi “fantasmales”.
Todo se iba a complicar aún más, cuando Brasil endureció su política migratoria contra los
migrantes haitianos a finales del 2010. Una de las razones de este endurecimiento se debió a
que el gobierno francés de Nicolas Sarkozy decidió en septiembre de 2010 endurecer en Guyana Francesa (Guyana Francesa, Martinica y Guadalupe son los tres departamentos de ultramar
de Francia que se encuentran en el continente americano) – que comparte una amplia frontera
con Brasil- su política migratoria contra los haitianos (Collectif Migrants Outre-Mer –MOM-,
2010). En junio de 2011 Brasil adoptó el Plan Estratégico de Fronteras (PEF) para reforzar la
presencia del Estado en sus fronteras con los demás países; una de las estrategias militares de
dicho plan era la llamada Operação Sentinela, coordinada por el Ministerio de Justicia (2011).
A partir de entonces, se volvía cada vez más difícil para los haitianos ingresar a Brasil; además, no se tenían noticias de los trayectos que estaban tomando dichos migrantes en la vasta
geografía de Sudamérica para alcanzar Brasil (a pesar del mencionado cierre de fronteras).
Obtuvimos algunos trazos de sus trayectos, cuando medios de comunicación (Campos, 2011) y
autoridades locales peruanas informaron que, ante el cierre de las fronteras brasileñas, cientos
de haitianos quedaban varados en la región amazónica peruana, en la zona de Madre de Dios.
Incluso el ACNUR llamó el 4 de diciembre de 2011 a las autoridades brasileñas a adoptar “una
solución humanitaria para cerca de un centenar de haitianos varados en la región amazónica
peruana, cerca de la frontera con Brasil” (Prensa Latina, 2011).
Por otro lado, en la misma comunidad brasileña de Tabatinga -en la Amazonía- que visitaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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mos, a mitad de 2011 había más de quinientos haitianos varados allí a la espera de una decisión
de las autoridades, quienes les impedían seguir hacia Manaos (Louidor, 2011). Estos haitianos
venían de hacer un largo viaje, pasando por la ruta República Dominicana- Ecuador-Perú o por
la otra ruta Chile-Bolivia, con la “ayuda” de redes de traficantes.
Ante las denuncias de violaciones contra los derechos humanos de los migrantes haitianos,
Brasil decidió el 12 de enero de 2012 regularizar a los haitianos que llegaron al país hasta esta
fecha y retornar (a países por donde entraron, en este caso, Perú o Bolivia) a quienes llegarían
a su territorio después de la mencionada fecha (Diário Oficial da União, 2012). Sin embargo,
estas decisiones no contribuían a mejorar la situación de los haitianos que estaban retenidos en
Perú. De hecho, en febrero de 2012 hubo inundaciones en la remota localidad peruana de Iñapari, en la frontera con Brasil, donde 284 migrantes haitianos se encontraron en una situación humanitaria grave: sin agua potable, sin comida y sufriendo de problemas estomacales, faringitis e
infecciones urinarias y vaginales en el caso de las mujeres (Radio Francia internacional, 2012).
Podemos ver que en estos mismos trazos rastreados sobre los trayectos de migrantes haitianos en este primer corte (en las fronteras de la Amazonía brasileña y de Acre en Perú), se ven en
la mayoría de ellos los impactos humanitarios desastrosos que causaron las medidas migratorias
hostiles sobre dichos migrantes.
Segundo corte, de 2016 a 2019
El segundo corte de la migración haitiana post-terremoto en América latina empezó en 2016,
cuando en Brasil estallaron la crisis política con la destitución de Dilma Rousseff y la crisis
económica subsecuente. Sin trabajo, un gran número de haitianos tuvieron que abandonar Brasil para ir hacia EUA: no se tenían tampoco informaciones sobre sus trayectos (Se sabía desde
2013 aproximadamente que existía esta ruta que recorrían principalmente migrantes africanos
y cubanos (OIM, 2013). Se encontraron huellas de esta reemigración, cuando los haitianos
fueron retenidos en la frontera de Colombia con Panamá a mitad de 2016 (Semana, 2016). El
gobierno de Panamá en aquel entonces decidió cerrar su frontera con Colombia (Presidencia de
la República de Panamá, 2016), debido a las medidas unilaterales que habían tomado a finales
de 2015 los gobiernos de Nicaragua y Costa Rica, que bloquearon el paso a los migrantes principalmente cubanos y haitianos, dejando a éstos varados en la frontera de Panamá con Costa
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Rica, principalmente en Gualaca, Chiriquí y Puerto Obaldía. Por la Operación Escudo, Panamá
decidió también militarizar su frontera con Colombia para impedir el paso a los migrantes haitianos en el Darién (Canal RCN, 2016). Miles de migrantes haitianos quedaron bloqueados en
la localidad colombiana de Turbo, enfrentando una seria crisis humanitaria (CODHES et al.,
2016); de ésos, las autoridades de Migración Colombia (2017) reportaron haber deportado a su
país de origen a más de 20 mil durante el año 2016.
A los 16 mil haitianos - que lograron llegar a México en 2016 (cruzando las fronteras centroamericanas, junto con la llamada caravana (El ACNUR y otras entidades internacionales hicieron el monitoreo de los trayectos que siguieron la caravana, al menos en 2018, y señalaron lo
peligrosos que son dichas rutas y también las precarias condiciones humanitarias en las que los
migrantes están viajando) y que pidieron asilo en Estados Unidos en ese año-, se les negó este
estatus; por lo que tuvieron que regresar a México (Courrier International, 2017). De hecho,
en 2017 la administración de Donald Trump amenazó con no renovar el Estatuto de Protección
Temporal –el Temporary Protection Status les ha permitido hasta ahora permanecer de manera
legal en EUA- a los cerca de 60 mil haitianos y con deportarlos si no hallaban otra manera de
regularizar su situación migratoria; por miedo a la deportación, miles de haitianos cruzaron la
frontera hacia Canadá para solicitar asilo: por ejemplo, solamente en Quebec 448 pidieron refugio en junio y 1.174 en julio, a tal punto que los procedimientos habituales se vieron limitados
ante tantas demandas (Garant, 2017).
México también endureció su política migratoria de manera drástica a partir del 18 de junio
de 2019, cuando cerró manu militari, con el despliegue de la Guardia Nacional, el paso a los
haitianos -y a otros migrantes de la caravana- en su frontera con Guatemala, precisamente en la
localidad de Tapachula, obligando a éstos a quedarse allí en el centro de internamiento Estación
migratoria Siglo XXI y deportando a varios de ellos hacia su país de origen (Louidor, 2019a).
Guatemala, por su parte, lanzó en julio de 2019 la Operación Gobernanza (Prensa Latina, 2019)
que consistió en militarizar su territorio, en particular sus fronteras, “cazando”, aprehendiendo
y retornando a los haitianos que circulan allí de manera irregular (Louidor, 2019b).
Ahora procedamos al análisis sincrónico ya mencionado de la migración haitiana post-terremoto, desde la identificación de las políticas y medidas gubernamentales, en particular, las
hostiles que generaron en los migrantes impactos desastrosos e invisibilizados que aquí llamaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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mos trazas.
Las trazas sobre los migrantes haitianos
Inmediatamente después del terremoto de 2010, el ACNUR y el Alto Comisionado para los Derechos Humanos (ACNUDH) llamaron el 18 de febrero de 2010 –llamado que fue relanzado el
21 de junio de 2011- a los Estados y gobiernos del mundo a no deportar a los migrantes haitianos y, al contrario, a permitirles permanecer en sus respectivos territorios (ONU, 2010 &amp; 2011).
Todos los países dieron en 2010 diferentes moratorias sobre las repatriaciones de haitianos o, en
algunos casos como Ecuador –y también Venezuela, Chile, México, etc.-, regularizaron a éstos.
El ejemplo más solidario, lo dio México al enviar un barco a Haití para recoger a familiares de
haitianos que vivían en su territorio (Instituto Nacional de Migración, 2010).
Sin embargo, nueve meses después de la catástrofe, algunos gobiernos ya empezaron a endurecer sus medidas contra los migrantes haitianos. Tal es el caso de Guyana Francesa, que
impidió a los haitianos entrar a su territorio a través de la frontera con Brasil, en particular en
Oiapoque (Granger, 2014). En una visita de campo realizado en Tabatinga en julio de 2011, encontramos a más de 500 haitianos varados en esta frontera brasileña, quienes nos contaron que
siguieron esta ruta (Puerto Príncipe- Santo Domingo o Punta Cana-Quito-Lima-Iquitos) y se
encontraban en muy malas condiciones humanitarias y siendo vulnerables a las enfermedades
comunes en la Amazonia.
Casi como en un efecto de dominó, Brasil que dejaba pasar sin problemas a los haitianos en
sus fronteras empezó también entre finales de 2010 e inicios de 2011 a detener a éstos y a negarles el protocolo de refugiado -documento que permite a los solicitantes de asilo circular libremente en Brasil-. Del mismo modo, Perú tomó en 2012 –al ver que Brasil no dejaba ingresar a
los haitianos y que éstos estaban varados en sus propias fronteras- la decisión de exigirles visas
como requisito para entrar a su territorio (Presidente de la República de Perú, 2012). Ecuador
y Chile empezaron también a imponer a los haitianos varios requisitos adicionales para poder
ingresar a sus respectivos territorios, tales como presentación de cartas de invitación, prueba de
solvencia económica para sustentarse durante la estancia en dichos países, etc. Las medidas de
endurecimiento se vieron también reflejadas en los obstáculos que ambos países han puesto a la
hora de otorgar o renovar los permisos de regularización o residencia para ellos.
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Por ejemplo, por medio del llamado Plan Humanitario de Regreso Ordenado, aplicado desde
noviembre de 2018, el gobierno chileno de Sebastián Piñera ha estado repatriando a migrantes
haitianos y convocándolos más bien a regresar a su país de origen(Dicho programa “consiste en
facilitar, a través de aviones financiados por el gobierno de Chile, el traslado a su país de origen
a ciudadanos que así lo soliciten, previa evaluación de requisitos y estableciendo una prohibición de ingreso al país en un tiempo determinado (9 años)” (Gobierno de Chile, s/f)). Chile
- que ya contaba con, según algunas fuentes (El Mostrador, 2018), más de 100 mil en 2017 - y,
Brasil, que tuvo cerca de 50 mil migrantes desde 2015 (OIM &amp; IPPDH, 2017: 49), dejaron de
ser los dos principales países de destino con los que los migrantes haitianos sueñan.
Desde 2016, la migración haitiana post-terremoto se viene redirigiendo de Sudamérica a
EUA; en un inicio, dichos migrantes no encontraban problemas en su tránsito por México y
Guatemala. Pero frente a las presiones de Donald Trump, quien incluso amenazó con imponer
aranceles sobre los productos mexicanos, la nueva administración mexicana endureció las medidas migratorias, militarizando la frontera sur con Guatemala, deteniendo a los migrantes y
maltratando a éstos (Proceso, 2019).
EUA negociaron, con el apoyo de México, con Guatemala para que este país centroamericano contribuyera a detener los flujos de migrantes provenientes de Centroamérica, a cambio
de una sustanciosa ayuda para el desarrollo que ambos le prometieron. Como consecuencia de
ello, entre mayo y junio de 2019, Guatemala ya controla su territorio, empezando con suspender las órdenes de abandono, que autorizaban a los migrantes seguir su camino hacia México.
Militariza sus fronteras y se pone a aprehender y retornar a migrantes a los países por donde
entraron.
Los impactos de estas políticas migratorias hostiles, en términos humanitarios y de violaciones de derechos humanos (Nieto, 2014: 67), han sido graves principalmente en las fronteras,
como lo acabamos de ver. Son efectivamente unas trazas porque no son fácilmente identificables: ocurren en lugares invisibles (en las fronteras), son poco conocidos e investigados, cuentan con poca cobertura mediática y no son visibilizados por los gobiernos, pero sus heridas y cicatrices sobre dichos migrantes son profundas: van desde la crisis humanitaria hasta la muerte.
Uno de sus casos más emblemáticos es el del migrante haitiano Maxène André, quien murió el
6 de agosto de 2019 en condiciones infrahumanas en la Estación migratoria Siglo XXI, sin que
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el gobierno mexicano haya podido dar una explicación razonable del suceso (Louidor, 2019b).
Este caso evidencia también cómo en esas fronteras los migrantes haitianos no tienen acceso ni
siquiera a lo mínimo básico: son reducidos a la “nuda vida” (Agamben, 2004).
A causa del racismo que marca nuestra historia colonial como continente, estas trazas afectan
de manera más fuerte a los migrantes africanos y haitianos, quienes se ven discriminados por
su color de piel y por venir de países pobres. El ser otro y diferente (por ejemplo, el no hablar
el español) aumenta la posibilidad de ser víctimas no sólo de las medidas políticas y jurídicas
de dichos gobiernos a nivel nacional y local, sino también de la necropolítica que banaliza la
violencia racial contra dichos migrantes y vulnerabilidades de todo tipo (incluso sexual) a las
que están expuestos, en particular las mujeres migrantes negras.
5.- CONCLUSIONES
Los hallazgos de esta investigación dejan claro que la migración haitiana post-terremoto es
heterogénea: no es “un todo armonioso sin costuras ni fisuras”, sino que tiene “piezas diversas
y divergentes” (Grossberg, 2012: 38) y, por lo tanto, no se puede esencializar en categorías rígidas o en mapas prefabricados.
Esta heterogeneidad se manifiesta geográficamente en la gran diversidad de trayectos y también de destinos que vienen escogiendo los migrantes haitianos: Sudamérica (Chile, Brasil,
Ecuador, Guyana Francesa), de 2010 a 2015; EUA y México, de 2016 hasta ahora; y Canadá,
de manera puntual, en 2017.
Lo que lleva a desesencializar la geografía del imaginario (Utilizamos el concepto de “geografía del imaginario” que tomamos del antropólogo haitiano Michel-Rolph Trouillot (2011),
para subrayar el modo cómo se solía representar la migración haitiana antes del terremoto, en
particular, la emigración. Este modo determinaba que se podía definir a priori a cuáles países
va a emigrar el haitiano, basándose en su estatus social, su procedencia urbana o rural, su capital social, etc. Esta geografía del imaginario postula de manera rígida que, si el emigrante es
pobre, analfabeta, obrero o campesino, está predeterminado a emigrar a República Dominicana
o Cuba; y si es culto, rico, viene de la clase media acomodada, está condicionado para emigrar
a países del norte como EUA, Canadá y Francia. La investigación que mejor ejemplifica esta
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representación esencialista se halla en el libro: Bastide, R., Morin, F. et Raveau, F. (1974). Les
Haïtiens en France.) que se tenía sobre la migración haitiana antes del 2010. Los múltiples trayectos que acabamos de trazar no se pueden quedar inmovilizados (como si fueran unas fotos
fijas en un mapa), porque se mueven constantemente como imágenes en perpetuo movimiento:
desde Oiapoque hasta Tijuana e incluso la frontera de EUA con Canadá. Por lo tanto, el destino
que va a tomar el migrante haitiano no está predeterminado: depende del contexto –disponibilidad de oportunidades, grado de apertura de las políticas migratorias, existencia de redes
migratorias, entre otros factores- en el país en donde se encuentra o adónde va.
Esta heterogeneidad se evidencia también político-jurídicamente en la gran diversidad de
medidas que han tomado diferentes gobiernos latinoamericanos para responder a esos migrantes haitianos; los cuales, si bien no califican para ser elegidos como refugiados, tampoco pueden
ser considerados simplemente migrantes voluntarios o económicos: su migración es forzada
(Louidor, 2017: 65-86). Sin embargo, al cruzar el doble análisis diacrónico y sincrónico, se observa la siguiente constante en esta heterogeneidad político-jurídica: después del 12 de enero de
2010, todos los gobiernos latinoamericanos tomaron diversas clases de medidas humanitarias
frente a esta migración haitiana; pero, desde septiembre del mismo año, se da una intensificación progresiva hasta hoy de las políticas de la hostilidad contra los migrantes haitianos -con
excepción de Brasil que adoptó en enero de 2012 una medida abierta-; y esto, a pesar de que en
2014 los gobiernos de la región hayan firmado y ratificado la Declaración y plan de acción de
Brasilia de 2014 (ACNUR, 2014). “El 2 y 3 de diciembre de 2014, los Gobiernos de América
Latina y el Caribe se reunieron en Brasilia en ocasión del 30º aniversario de la Declaración de
Cartagena sobre Refugiados de 1984. A la clausura de la Reunión Ministerial, organizada por
el Gobierno de Brasil, 28 países y tres territorios de América Latina y el Caribe [...] adoptaron
por aclamación la Declaración y el Plan de Acción de Brasilia, acordando trabajar juntos para
mantener los estándares de protección más altos a nivel internacional y regional, implementar
soluciones innovadoras para las personas refugiadas y desplazadas, y ponerle fin a la difícil
situación que enfrentan las personas apátridas en la región” (ACNUR, 2014).
Dichas políticas tratan al migrante haitiano como si fuera un enemigo: al cerrarle el paso y
dejarlo varado y sin posibilidad de seguir su camino; al endurecer las medidas migratorias para
dificultar su ingreso y permanencia; al criminalizarlo por su situación irregular y prácticamente
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al cazarlo para aprehenderlo y deportarlo o regresarlo a la frontera por donde entró; al no dar
importancia a su vida y, cuando se muere, “nadie siente, con respecto a este tipo de vida o de
muerte, algún sentimiento de responsabilidad o de justicia” (Mbembe, 2016: 63). Del corpus de
textos ya revisado sobre la migración haitiana post-terremoto, surgen estas dos preguntas, a las
cuales aún no tenemos respuestas: ¿Aún es posible revertir en América Latina la tendencia de
cada vez más gobiernos –independientemente de sus preferencias ideológicas (izquierda, derecha, centro)- a hostilizar a los migrantes, en particular en las fronteras, donde éstos son más vulnerables? ¿Cómo documentar y visibilizar los trayectos de los migrantes y los abusos que éstos
sufren en las fronteras y en otras zonas de no derecho en la vasta geografía latinoamericana?.
De este artículo se puede sugerir esta doble acción a modo de aporte a la respuesta:
1. Enriquecer creativamente las perspectivas epistemológicas y metodológicas del campo
de los estudios migratorios no sólo con los aportes de todas las disciplinas de las ciencias
sociales, sino también con los de otros dominios, como el arte y la literatura, para poder
rastrear eficazmente los trazos y trazas cada vez más invisibilizados de las personas migrantes en las fronteras y en otras geografías oscuras y escondidas;
2. Poner en diálogo los resultados de nuestras pesquisas sobre migración con las autoridades y la opinión pública en general para visibilizar y discutir sobre las formas cotidianas
como se siguen cometiendo a lo largo de nuestro continente múltiples vacíos de protección de las personas migrantes, las violaciones a sus derechos humanos de éstas y la necropolítica, con miras a contribuir a generar conciencia y debates sobre nuestra relación
con los otros y los diferentes en la sociedad.
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Políticas públicas de integración de inmigrantes. Éxitos y fracasos en Venezuela1
Public policies of integration of immigrants. Successes and failures in Venezuela
Jenny Luliet, Moreno Flórez 2
Universidad Pedagógica Experimental Libertador, Venexuela
https://doi.org/10.29105/10.29105/pgc6.11-4
https://orcid.org/0000-0001-6517-099X
____________________________________________________________________________________________________________________________
RESUMEN
El presente artículo es un producto de una revisión bibliográfica – documental. Su objetivo, es hacer un esbozo y análisis de
las políticas de atención al inmigrante en Venezuela desde 1989 hasta el 2019. Se estructura en cuatro apartados: el primero
muestra un recorrido sincrónico del fenómeno migratorio hacia Venezuela desde el siglo XX, con los principales rasgos de la
época; en el segundo, se dan a conocer teóricamente las políticas destinadas a los inmigrantes, desde 1989 hasta 1999, posteriormente se caracteriza el momento gubernamental del presidente Hugo Chávez, el cual tiene particularidades distintivas en
relación con el resto de periodos presidenciales. De igual modo se incluye las políticas denominadas misiones y se contrastan
con el apoyo de algunos autores (Montero, 2000; Gómez, 2006; Lastre, 2006). En el tercer apartado, se detalla el marco legal
para migrantes en Venezuela y la situación actual de los inmigrantes en territorio venezolano. Además, un cuarto apartado, que
indica el método, el cual tuvo un enfoque cualitativo, bajo un nivel documental – bibliográfico. El quinto y, último apartado,
dedicado a las conclusiones pormenoriza, a modo de discusión y análisis, los elementos significativos respectivos a la evaluación de políticas públicas dedicadas a la migración, la situación actual de la movilidad humana en Venezuela, conjuntamente
con la reiteración que se deben crear nuevos mecanismos que faciliten la acogida de extranjeros al país, como políticas públicas
en el área de migrantes.
Palabras claves: Inmigrantes, misiones, políticas públicas.
ABSTRACT
This article is a product of a literature review - documentary. Its objective is to make an outline and analysis of immigrant care
policies in Venezuela from 1989 to 2019. It is structured in four sections: the first shows a synchronous route of the migratory
phenomenon towards Venezuela since the 20th century, with the main features of the time; in the second, the policies aimed at
immigrants are theoretically known, from 1989 to 1999, later the governmental moment of President Hugo Chávez is characterized, which has distinctive features in relation to the rest of the presidential periods. Similarly, the policies called missions
are included and contrasted with the support of some authors (Montero, 2000; Gómez, 2006; Lastre, 2006.) In the third section,
the legal framework for migrants in Venezuela and the current situation of immigrants in Venezuelan territory are detailed. In
addition, a fourth section, which indicates the method, which had a qualitative approach, under a documentary - bibliographic
level. The fifth and last section, dedicated to the conclusions details, by way of discussion and analysis, the significant elements
respective to the evaluation of public policies dedicated to migration, the current situation of human mobility in Venezuela,
together with the reiteration that New mechanisms must be created to facilitate the reception of foreigners to the country, such
as public policies in the area of migrants.
Keywords: Immigrants, missions, public policies.
Recibido: 20 de Mayo 2019 - Aceptado: 10 de Septiembre 2019 - Corregido 11 de Noviembre 2019
Cómo referenciar este artículo:
Moreno Flórez, J., L. (2020). Políticas públicas de integración de inmigrantes. Éxitos y fracasos en Venezuela. Politica
Globalidad y Ciudadanía, 73-95. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/128

1
Artículo de revisión derivado del proyecto de investigación: Políticas públicas de integración de inmigrantes. Éxitos y fracasos en
Venezuela.
2
Postdoctora en Políticas Públicas por la Universidad Pedagógica Experimental Libertador de Venezuela (UPEL), Coordinadora
General de investigación del Instituto Pedagógico Rural Gervasio Rubio (IPRGR) de la Universidad Pedagógica Experimental Libertador de
Venezuela (UPEL). Correo: jennyluliet1@ho0tmail.com.
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ISSN 2395-8448. 73-95. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/128

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1.- INTRODUCCION
La temática central en este artículo es el tema migratorio en Venezuela y cómo se ha manejado
desde las políticas de Estado. A partir de las revisiones hechas, se puede decir que la migración
no se presenta dentro de la agenda pública durante el siglo XX, sobre todo en los períodos que
imperó el autoritarismo con dos dictaduras, la de Juan Vicente Gómez (1908-1935) y Marcos
Pérez Jiménez (1948-1958). A pesar de esto, emergió en el imaginario del venezolano la concepción de su territorio como un receptor de inmigrantes por la llegada de europeos después de
la segunda guerra mundial, ya que el régimen de Pérez Jiménez creó políticas que permitieron
el ingreso regulado y legal de los extranjeros.
El tema se aborda desde varias perspectivas, entre ellas la política de los inmigrantes en Venezuela, en diferentes etapas, con énfasis en el período presidencial Hugo Chávez y las políticas
de misiones sociales implementadas, el marco legal de los migrantes y la situación actual de
estos migrantes. De acuerdo con Rodríguez (2010), la decisión oficial de acoger masivamente a
emigrantes a mitad del siglo pasado, tuvo un claro sesgo, ya que se hacía mención de “puertas
abiertas” al extranjero, pero, realmente la apertura estaba limitada a personas provenientes de
Europa. Igualmente, Balza (2002) reitera que el arribo masivo de europeos a una Venezuela
rural ocurrió en las siguientes fechas:
Entre 1948 y 1961, Venezuela tuvo una experiencia de inmigración masiva cuando 614.425
extranjeros recibieron cédula por primera vez, se trata del documento de identidad emitido por
Venezuela. Pero para esa época eran pocos los registros por ellos, se estima que sumando los
que no se documentaron infantes, se podría aseverar que la inmigración durante este periodo
debió haber alcanzado la cifra de 800.000 personas. (p.99).
Este grupo de extranjeros, según Balza (2009), estaba compuesto en un 78% por españoles,
italianos y portugueses, el resto provenía de otros países europeos. Para ubicar adecuadamente
la magnitud de aquella migración debe precisarse que, según las cifras oficiales compiladas por
el Informe de la Facultad de Ciencias Sociales de la Universidad de Los Andes (2001) sobre la
población venezolana, en 1961 Venezuela estaba habitada por 7,7 millones de personas.
De aquel ingreso intenso de extranjeros a mitad del siglo XX, con el pasar de los años se reconstruyeron historias en diferentes ámbitos, como el económico, el social, el político donde los
extranjeros eran una fuerza pujante, que impulsaba la mediana y gran empresa en el país. Por
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ello se afirma que Venezuela, se consideró como país receptor de migrantes, a partir del boom
petrolero de los años 70 del siglo pasado.
Durante los años siguientes los 80 y 90 la migración que llegó al país era de otro estilo,
provenía de los países de América del Sur como chilenos, argentinos y uruguayos tras la implantación de dictaduras militares en sus territorios, así como peruanos, ecuatorianos, dominicanos y colombianos en busca de oportunidades de trabajo cuando en sus países se comprimía
la situación económica.
Según Álvarez (2009) en 1977, cuando Venezuela contaba con 13 millones de habitantes,
un 10% eran extranjeros con cédula y residencia legal dentro del país, Sin embargo, existía una
población numerosa de extranjeros en diversos ámbitos de la economía informal, que no estaban contabilizados o cuya forma de vida era de manera pendular en la frontera, ya que vivían en
Colombia, pero trabajaban en Venezuela. Desde mediados de los 80, con la debacle económica
que comienza en Venezuela a partir del llamado “viernes negro” —la primera gran devaluación
de la moneda en décadas y una severa contracción económica— se da inicio a una “migración
de retorno”. Este proceso, a su vez, se ve alimentado al final de aquella década con las transiciones a la democracia en la mayoría de países del cono sur, con lo cual muchos exiliados políticos
deciden regresar a sus naciones.
Buena parte de la historia contemporánea de Venezuela, sobre todo el final de la segunda
década del siglo XXI, fue un país abierto a la recepción de extranjeros y sin volúmenes significativos de sus habitantes saliendo hacia otros países, situación que fue cambiando de manera
muy drástica para finales del siglo XXI. Balza (2009)
Para León (2005), la primera ola migratoria de venezolanos durante el chavismo tras el
triunfo de Hugo Chávez en el referendo revocatorio de 2004. Por un lado, se analizaba la generación de una “patria virtual”, en un texto de Martínez (2005) que daba cuenta de los migrantes
venezolanos de aquel momento, fundamentalmente jóvenes profesionales muy calificados, que
fueran la base de las siguientes oleadas de inmigrantes venezolanos en el mundo y cuya característica principal es el uso de las redes sociales para mantenerse al tanto del acontecer venezolano.
Según lo precedente, el objetivo general de este artículo es el análisis de las políticas de atención a los inmigrantes en Venezuela desde 1989 hasta el 2019, no obstante, hubo una limitante
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para ahondar en la consulta de antecedentes, porque no existen investigaciones previas. Por tal
razón, este estudio se justifica teórica y de forma práctica por ser un análisis que representa un
antecedente de los procesos de movilidad humana en el territorio venezolano.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
La política de los inmigrantes en Venezuela 1989-1999
Para 1989, durante el segundo gobierno de Carlos Andrés Pérez, se inició la aplicación de un
programa de ajuste para la estabilización de la moneda y de la economía nacional, denominado
despectivamente “el paquete”. Estas medidas de ajuste provocaron el rechazo de los sectores
menos favorecidos, generándose los sucesos de violencia del 27 y 28 de febrero conocido como
“el caracazo”. En resumen, las políticas de ajuste recomendadas por el Fondo Monetario Internacional (FMI) para los países deudores de América Latina, entre los que figuraba Venezuela,
restringieron la dinámica económica en dichos países. Se redujo el nivel salarial y aumentó el
desempleo en todas sus formas. Al respecto Torrealba (1987) afirma: “en estos años, el comportamiento de los migrantes comienza a ser negativo conformando una nueva tendencia que se
mantiene hasta el presente” (p.134).
Para autores como Sassen-Koob, (1980) la migración laboral calificada, se puede ubicar a
partir de 1970, podría tener como hito importante al Programa de Recursos Humanos (PRH),
dependiente de la Presidencia de la República. Este tuvo como objetivo primordial la selección
y aprobación del ingreso de mano de obra calificada al país. Se estima que entre 1976 y 1980,
los proyectos del V Plan de la Nación habrían añadido entre 900.000 y un millón de nuevos
trabajadores al mercado laboral, una cifra bastante significativa si se compara con la población
activa que en 1976 sumaba 3,7 millones.
Durante la época de los años 80, según Álvarez (2009), se define una nueva política que se
compone de tres elementos los cuales fueron: 1) la creación de un organismo encargado del reclutamiento de trabajadores extranjeros conocido como PRH; 2) la firma de tratados bilaterales
para la importación de trabajadores, por ejemplo con España y Portugal y; 3) la firma del Convenio sobre la Libre Circulación de Trabajadores entre los países miembros del Pacto Andino,
que tenía como uno de sus objetivos, la legalización de los indocumentados, a fin de evitar la
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masiva migración ilegal.
La política gubernamental, mencionada anteriormente, generó un aumento evidente en el
número de extranjeros con residencia permanente en el país, contándose para octubre de 1977,
con la cifra de 1.2 millones, en una población total de 13 millones, lo que es bastante significativo, dado que, en 1961, después de una década de inmigración masiva, apenas la cifras alcanzaban el medio millón de extranjeros con permisos de residencia. El cambio de esta tendencia
migratoria tuvo su mayor expresión entre 1971 y 1977, período en el cual la población extranjera residente, principalmente la colombiana, casi duplicó su número.
De igual modo, Gómez y Rengifo (1999) expresan que la población colombiana residente
en Venezuela experimentó un incremento de 194% entre 1970 y 1990. Los autores especifican
que la motivación fundamental por la cual, la población colombiana ingresó a Venezuela era de
tipo laboral, constituida mayoritariamente por adultos, quienes migraban de forma individual,
dejando a sus familiares en sus lugares de origen, con el fin de obtener ingresos económicos y
luego ir por la familia completa.
Durante la misma época se evidenció un ingreso de migrantes, lo cual llevó al país a tener
que implementar un programa de inmigración mucho más selectivo, por lo que, en 1976, se
centralizó el otorgamiento de visas a través de la Dirección de Identificación y Extranjería
(DIEX), del Ministerio del Interior, así mismo, se produjo la suspensión de visas para turistas
y la creación de un permiso de trabajo como documento complementario de la visa de ingreso,
tramitado y aprobado por el PRH.
En este sentido, los datos del Informe del Ministerio de Relaciones Exteriores MINTRA
(2005) :
En la Oficina de Identificación y Extranjería ONIDEX, el total de extranjeros cedulados entre
1980-2005, ascendía a 1.305.033. Según la actividad económica, el mayor porcentaje de extranjeros se concentra en Servicios Comunales, Sociales y Personales con un 76.86%, seguido
de Comercio, Restaurantes y Hoteles con un 10.31%, Agricultura, Explotación de Minas e
Industria Manufacturera agrupan un total de 10.71%. El 24.25% del total de extranjeros cedulados por ONIDEX, para este período, declararon pertenecer a la categoría de Empleados,
seguidos de los Profesionales y Oficios del Hogar con un 22.9% y 22,6% respectivamente. Los
de profesión Comerciante en 12.9% y los Estudiantes y demás Profesiones sumaban 17.1%. La
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ONIDEX también reporta que para el mismo período el número de extranjeros no cedulados
correspondía a 205.371 personas, de las cuales el mayor porcentaje corresponde a los profesionales con un 45.3% (p.32).
Las cifras contrastan la realidad de país receptor con grandes posibilidades de crecimiento
para la época. Ahora bien, Balza (2009), afirma que desde 1980 se ubica el fenómeno denominado migración de retorno, como consecuencia del drástico cambio de la economía venezolana,
a partir de la década de los 80, debido a la merma de los ingresos petroleros, producidos por el
derrumbamiento de los precios internacionales de este producto, el cual fue el mayor generador
de los recursos fiscales que ingresan a la nación, se comenzó a observar los efectos recesivos
en la baja del gasto público, los ajustes salariales, la alta tasa de desempleo y, altos niveles de
inflación.
Este desequilibrio fiscal significó que el país no tenía el suficiente atractivo para ser receptor
de migrantes, contrario a lo que había ocurrido en las décadas anteriores, con lo que se concluye
que se da por terminada la fase de recepción de grandes masas de inmigrantes, se comienzan a
vivir etapas de migración de retorno y de inmigración nacional, es decir, de los venezolanos que
salen ahora del país en magnitudes nunca vistas anteriormente.
Otro factor a considerar son las tasas de crecimiento intercensal, donde se observa una disminución de la intensidad migratoria de estos hacia el país, al igual, que un proceso lento de retorno. Sin embargo, debe aclararse que lo que disminuyó para la década del 90, fue la intensidad
de la inmigración, mas no el número de inmigrantes, lo cual hace concluir que hasta comienzos
de esta década no hubo un cese de la migración colombiana en Venezuela (CEPAL/CELADE/
OIM: 1999).
Finalmente, para la década de los años dos mil la dinámica cambia, el flujo migratorio colombo-venezolano se modificó en razón de las motivaciones económicas, pero la presencia de
los migrantes colombianos se mantuvo hasta el 2008, las casusas que los hicieron continuar
ingresando a territorio venezolano, fue el grave conflicto de orden interno que ha atravesado
por largo tiempo Colombia.
El periodo de Hugo Chávez 1999-2013
Hugo Rafael Chávez Frías, presidente de la República de Venezuela desde el 2 de febrero de
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1999 hasta el 2013, es el presidente número 53 de Venezuela, que se mantuvo por 3 periodos
(1999-2001), (2001-2007), (2007-2013) completos y fue reelecto para un nuevo periodo presidencial. (2013-2020) el cual no pudo concluir, producto de una larga enfermedad que no pudo
ser tratada con éxito, el presidente Chávez muere el 5 de marzo de 2013.
Un análisis sincrónico según Díaz (2001) relata que el presidente Chávez asume en febrero
de 1999 la primera magistratura y promete realizar una Asamblea Constituyente para redactar
una nueva Constitución que estuviere acorde a estos tiempos, de hecho, se realizó y, puso su
cargo a la orden del órgano Supraconstitucional, el 9 de agosto de ese mismo año la Asamblea
Nacional Constituyente le vuelve a tomar juramento como primer Mandatario de la República
de Venezuela.
En diciembre de este mismo año (1999) el día 15, el pueblo venezolano va a un referéndum
para decidir si se aprueba la nueva Constitución Bolivariana de Venezuela, votando el pueblo
a favor de ésta; quedando publicada en Gaceta Oficial el 30 de diciembre de 1999. Luego el
30 de Julio de 2000, se relegitiman los poderes volviendo el presidente Hugo Chávez a ganar
la presidencia de la República Bolivariana de Venezuela y el 19 de agosto de 2000 toma juramento nuevamente como primer mandatario ante la nueva Asamblea Nacional. A partir de este
momento su gobierno comenzaría una etapa conflictiva que derivó en episodios como el Paro
Nacional el 10 de diciembre del 2001, el Golpe de Estado de abril del 2002, el Paro de diciembre del 2002, y el Referéndum Revocatorio del 2004. (p.87).
En diciembre del 2006, Hugo Chávez Frías, recibe un país con la mayor bonanza en la historia, porque se comenzaban a situar muy altos los precios del petróleo como principal producto
de exportación venezolano, lo que permitió una amplia riqueza para desarticular el sistema de
administración pública tradicional, creando toda una estructura política y económica que posibilitó exportar la llamada Revolución del siglo XXI al resto del continente, en el plano interno
se diseñaron las llamadas misiones que fueron las políticas sociales de los gobiernos de Hugo
Chávez Frías . De acuerdo a Balza (2009):
Durante este lapso 2003-2008 el PlB real tuvo una variación extraordinaria, incrementándose 1,62 veces, pero ya en el 2009 el crecimiento del PlB ha vuelto a ser negativo ese período, caracterizado por la abundancia de recursos en manos del Estado, ha sido adverso para
el control de la inflación. Luego de una tasa de 31 % en el 2003 cae a 13,7% en el 2006, para
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cerrar en el 2008 de nuevo en 31,4% Y 28,6% en el 2009. Por otra parte, uno de los problemas
que ha planteado la alta inflación es la sobrevaluación de la moneda debido al régimen de tipo
de cambio fijo que se adoptó́ desde el 2003. (p.45).
Esa situación ha llevado a que los costos de las importaciones estén en su nivel mínimo y que
los productos venezolanos resulten elevados en el mercado regional y mundial. En ese contexto
el crecimiento económico se redujo, lo que condujo a un aumento de la informalidad, dentro de
la estructura ocupacional, aunque en el 2008 todavía la mitad de la población económicamente
activa ocupada se concentraba en el sector informal. Este cambio ha sido favorecido, en cierta
medida, por un incremento de la población inactiva, en especial en las categorías de estudiantes
y quehaceres del hogar, ligado a los beneficios de las transferencias económicas a los hogares
y las misiones educativas.
Estos periodos gubernamentales, se caracterizó por la fuerte presencia de grupos migrantes
provenientes de la República de Cuba, Rusia, Irán, China, Turquía, quienes podían obtener fácilmente documentos para legalizar su permanencia en el país y así acceder a los servicios que,
hasta el último periodo presidencial en el año 2013, funcionaban con normalidad.
Paralelo a esta realidad de la cual no se tienen registros oficiales, los ciudadanos cubanos
estaban inmersos en las políticas sociales denominadas misiones como personal de apoyo, es
decir, son los profesionales que las ejecutan, por ejemplo, en el caso de la misión sonrisa, destinada a las operaciones para los niños con labios leporinos, los cubanos eran los médicos designados en dichas misiones. Otro ejemplo muy presente fueron los entrenadores cubanos en todas
las disciplinas deportivas, o en las misiones educativas los docentes cubanos eran los asesores
o supervisores del sistema educativo en los niveles de básica y primaria.
Otra particularidad de esta adopción del migrante cubano se evidenció, en su forma de vida,
estaban apostados en villas que eran de uso exclusivo, no podían tener acceso a la prensa, ni a
una vida libre, simplemente debían cumplir con su trabajo y adaptarse a esas villas totalmente
equipadas para ellos.
Las políticas sociales denominadas Misiones. 2003-2019
Entre los años 2003 y 2004 se crearon 13 misiones impulsadas por el gobierno venezolano
con el apoyo de la república de Cuba, como se especifica en los párrafos anteriores, con persoRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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nal calificados en las diferentes áreas ( salud, deporte, educación,) Según Montero (2000) el
Sistema Nacional de Misiones, oficialmente Sistema Nacional de Misiones, Grandes Misiones
y Micro-Misiones «Hugo Chávez», son una serie de programas sociales desarrollados en Venezuela durante el gobierno de Hugo Chávez desde el año 2003 y que continúan vigentes en el
actual gobierno de Nicolás Maduro.
Estas políticas fueron una figura no prevista en el ordenamiento constitucional ni legal, denominada “misiones sociales” inicial y oficialmente concebida para la ejecución de políticas
públicas urgentes que buscaban atender necesidades fundamentales de la población más desprotegida.
Estos programas fueron atendidos de forma muy puntual por la migración proveniente de
Cuba que como se señaló anteriormente tenía fines de asistencia social y política, datos que no
se tienen registrados de manera oficial pero que son vox populis en los medios de cada ciudad
donde está instalada una villa para el establecimiento de dichos grupos.
En relación con el planteamiento anterior, es importante conocer la contraparte respecto al
papel de las misiones, Maestre (2006) afirma que las misiones sociales son una expresión de
una práctica política con rostro humano, donde los beneficios directos los tendrá la población
más desfavorecida, pues el mayor impacto los obtendrá en función del crecimiento y desarrollo
humano. Pese a los lineamientos emanados por el gobierno central, las indagaciones, dejan ver
que el Estado no ha cubierto las expectativas y tampoco las necesidades con la implementación
de dichas políticas. Las misiones sociales no se han mantenido. Gómez (2006) detalladamente
expone el propósito de las misiones sociales durante el gobierno de Hugo Chávez:
Las misiones sociales fue el nombre con el que se empezaron a designar la mayor parte de
las acciones y/o programas de tipo social del gobierno de Hugo Chávez, a partir de 2003, en
un contexto sociopolítico caracterizado por una situación política conflictiva, polarizada y de
serios obstáculos a la gobernabilidad democrática. Formalmente, los objetivos de las misiones
están dirigidos a potenciar la inclusión de la población de menores recursos que han sufrido las
deficiencias del sistema de bienestar social. Cabe destacar que, a pesar de la existencia previa
de una propuesta en materia de política social, rápidamente estas misiones se constituyeron en
parte importante de la intervención gubernamental en el área social, creándose para su ejecución –en algunos casos– estructuras paralelas al sistema de asistencia social ya existente. (p.20).
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Indudablemente, se pretende mejorar la calidad de vida de las clases sociales más desvalidas,
la intención de dotar desde servicios de salud, educación vivienda, hasta generar espacios productivos con recursos nacionales es uno de los tantos objetivos de las misiones; contrariamente
de ello la intervención gubernamental en el área social se ve afectada por intereses de actores
políticos, así como la falta de sistematización de las misiones que favorecen el populismo y
figura paternalista del Estado.
Otra categoría importante al estudiar las misiones sociales, es su figura legal, que fue introducida en el ordenamiento jurídico, específicamente en la Ley Orgánica de la Administración
Pública en el año 2008, como una “nueva forma organizativa de la Administración Pública
Nacional”, creada por el presidente de la Republica en Consejo de Gobierno. En el devenir
histórico se tienen registradas un total de 37 misiones que fueron creadas, para la atención de
diversos grupos, lo que permitió que sus condiciones de vida mejoraron en alguna medida, sin
embargo, los efectos positivos de las misiones no han logrado mantenerse en el tiempo ni disminuir indicadores sociales como la pobreza, que lejos de disminuir se ha incrementado.
Respecto al tema de la integración de inmigrantes existe una misión llamada identidad la
cual establece como uno de su objetivo garantizar el derecho a la identidad de todos los ciudadanos del Estado Bolivariano de Venezuela y los inmigrantes que cumplan con los requerimientos constitucionales para vivir en el territorio. La prestación consiste en la disposición de
una infraestructura mínima en distintos puntos del país con el fin de obtener la cedulación de
manera inmediata, requisito fundamental para poder acceder a los beneficios sociales y laborales que ofrecen en el país.
Según la oficina encargada de esta misión denominada SAIME (Servicio Administrativo de
Identificación, Migración y Extranjería) se define esta misión como el programa que se orienta
a garantizar el derecho a la identidad de todos los ciudadanos del Estado Bolivariano de Venezuela y, a los inmigrantes que cumplan con los requerimientos constitucionales para vivir en el
territorio. La prestación, consiste en la disposición de módulos en diferentes puntos del país con
el fin de obtener la cedulación de manera inmediata. Su fecha de implementación es 2003. Este
programa está diseñado bajo los principios que se sustentan en el derecho a la vida, el desarrollo, y el derecho a la no discriminación.

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Marco Legal
Marco Legal para Migrantes en Venezuela
El Estado venezolano, realmente cuenta con una política migratoria enfocada a los extranjeros,
fundamentada en la ley de extranjería y migración, promulgada en el 2004, (LEM), la cual tiene
como “objeto regular todo lo relativo a la admisión, ingreso, permanencia, registro, control e
información, salida y reingreso de los extranjeros y extranjeras en el territorio de la República,
así́ como sus derechos y obligaciones”. Esta es la primera norma jurídica dedicada al tema.
Para Borges (2012)
Dichas disposiciones son aplicables sin distinción de la condición migratoria del extranjero.
El marco jurídico venezolano reconoce constitucional y legalmente igualdad de derecho entre
nacionales y extranjeros, con las limitaciones establecidas en la Constitución y la Ley; y dentro
de la categoría de extranjeros no hace discriminación alguna en cuanto al trato de los migrantes
con diferente condición migratoria al afirmar que las disposiciones de la LEM se aplicaran a los
extranjeros y extranjeras que se encuentren en el territorio de la República, independientemente
de su condición migratoria.
Citando lo previsto y dispuesto por el legislador en el Art. 13 de la Ley de extranjería y
Migración encontramos que “...los extranjeros y extranjeras que se hallen en el territorio de la
República Bolivariana de Venezuela tendrán los mismos derechos que los nacionales, sin más
limitaciones que las establecidas en la constitución de la República Bolivariana de Venezuela y
en las leyes”. Esta disposición alude a los diferentes derechos reconocidos en la constitución y
que conforman el ejercicio pleno de los derechos de un ciudadano”. (p.32).
Por consiguiente, en teoría se puede sostener que los extranjeros y extranjeras que se encuentren en el territorio de la República, tendrán los mismos derechos que los nacionales, sin más
limitaciones que las establecidas en la constitución de la República Bolivariana de Venezuela
y las leyes. (Art. 13 LEM) y de acuerdo con el Artículo 3 de la LEM esta norma sustantiva,
también es aplicable a los extranjeros independientemente de su condición migratoria. Existen
múltiples disposiciones que obligan a los estados a eliminar la distinción entre un extranjero y
un nacional para el ejercicio de derechos, sin embargo, en la práctica existen todavía muchas
limitaciones en el ejercicio de los mismos, tanto por los nacionales, como por las autoridades.
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En relación al reconocimiento de los derechos civiles, políticos y culturales se puede señalar
los siguientes:
Los derechos civiles, donde se ubican el derecho a vida, integridad física y libertad personal, la no privación arbitraria de la libertad, condiciones de detención, debido proceso en los
trámites migratorios, garantías de defensa frente a violaciones, son especialmente protegidos
en caso de la población migratoria en virtud de su vulnerabilidad. El Estado debe respetar estos
derechos y garantizarlos a los migrantes igual que a cualquier otra persona. Para Borges (2009)
es importante destacar la protección que debe prestar el Estado en la determinación estricta de
las causas y condiciones para proceder a la detención en el ejercicio de su control migratorio,
así como la garantía de un juez independiente e imparcial en el control de la legalidad de la
detención y de su duración por un tiempo razonable. (p.45).
Del mismo modo, en caso de detención a la población migratoria, existen estándares internacionales derivados de la Convención Americana que deben ser aplicados a los trabajadores migrantes y sus familias. La legislación migratoria venezolana contiene disposiciones que
protegen a las personas migrantes contra la trata y el tráfico de personas. Situaciones de gran
vulneración de derechos son tipificadas en la legislación:
Facilitación de ingreso ilegal (artículo 52 de la LEM), Explotación laboral de migrantes
(artículo 53 LEM), Promoción de la inmigración ilícita (artículo 55 LEM), Tráfico ilegal de personas (artículo 56 LEM). A pesar de que existe la tipificación de los delitos migratorios todavía
los órganos nacionales tienen muchos retos frente la aplicación de los mismos. (p.11)
Otro punto importante de destacar, en este apartado, es el acceso a la justicia y garantías judiciales: cuando se habla de población migrante, el debido proceso legal debe ser contemplado
en un sentido amplio, abarcando las instancias judiciales, administrativas y de cualquier orden,
civil, penal, laboral. Para Martínez (2009), ha sido particularmente importante la determinación
de los componentes del debido proceso en sede administrativa, en especial, a) adjudicador
imparcial, b) derecho a ser oído, c) Información, traducción e interpretación d) representación
legal, e) revisión judicial, f) acceso a autoridades consulares y g) condiciones de detención
apropiadas. Igualmente, los sistemas internacionales de derechos humanos, establecen la prohibición de deportaciones masivas de migrantes indocumentados. Estos sistemas han puesto de
manifiesto la importancia del respeto al debido proceso y las garantías judiciales en lo que se
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refiere al tratamiento de personas migrantes.
Venezuela ha reconocido en la LEM la vigencia de este principio de protección y ha establecido en sus disposiciones la especial importancia que tiene la contemplación de las normas
del debido proceso. En este sentido el Artículo 15 de la LEM ser refiere al derecho a la tutela
judicial efectiva y lo define en los términos siguientes:
Los extranjeros y extranjeras tienen derecho a la tutela judicial efectiva en todos los actos
que a estos conciernan o se encuentren involucrados con respecto a su condición de extranjeros. En los procedimientos administrativos que se establezcan en materia de extranjería se
respetaran en todo caso las garantías previstas en la constitución de la República Bolivariana
de Venezuela y las leyes sobre el procedimiento administrativo, especialmente en lo relativo a
la publicidad de los actos, contradicción, audiencia del interesado y motivación de las resoluciones. Los actos y resoluciones administrativas adoptadas en relación con los extranjeros y extranjeras, serán recurribles de conformidad con lo establecido en esta Ley y en la ley que regule
los procedimientos administrativos, en cuanto le sean aplicables. Igualmente, la ejecución de
los actos administrativos relacionados con la condición o situación jurídica de los extranjeros,
se realizará conforme a lo establecido a tal efecto en esta Ley. (p.8).
Los procesos de detención y la actuación de las autoridades venezolanas en la materia son,
tal vez, uno de los aspectos más preocupantes con respecto al tema migratorio. Existen situaciones en las que se verifica la actuación indebida de las autoridades, durante los detenciones,
traslados y alojamiento de las personas migrantes en comisarías.
Para Borges (2012) uno de los grandes problemas en esta área es el desconocimiento de los
derechos de las personas migrantes y la desarticulación con que se despliegan en los operativos
de verificación migratoria. Las autoridades relacionadas con el tema de seguridad, como la
Policía Nacional o la Guardia Nacional realizan solicitudes de documentos como una forma de
amedrentar y extorsionar, lo cual deriva en abuso a esta población, lo que origina un espacio
para que estos derechos sean vulnerados. De la misma forma, son muy pocas las situaciones
denunciadas ante las autoridades competentes, debido al temor de las personas migrantes a ser
deportados o a recibir alguna sanción por su condición migratoria.
De acuerdo con Martínez (2009) estos operativos o solicitudes de documentos realizados por
la Policía Nacional, la Guardia Nacional y las policías locales, no facultados para ello, propicia
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que los migrantes sean objeto de otro tipo de vejaciones, tales como abusos sexuales, principalmente en agravio de mujeres y niños, lesiones, robos y extorsiones. Según los estándares
internacionales los países deben adoptar las medidas necesarias para que únicamente sean las
autoridades competentes las encargadas de llevar a cabo el control y regulación de los asuntos
migratorios.
Por último, los derechos más limitados en la mayoría de las legislaciones son los derechos
políticos. Tanto el derecho al voto, como el derecho a ser elegido, siguen siendo derechos exclusivos de los nacionales. La comunidad internacional coincide en que los derechos políticos son
de ejercicio exclusivo de los nacionales de un determinado Estado, en virtud de los principios
de soberanía popular, orden público y defensa de la nación. Este tema es de vital importancia
para el análisis de la relación y adaptación de los migrantes en Venezuela, ya que el diseño de
la misión identidad que tiene como propósito dotar de la documentación legal correspondiente
a los extranjeros, se percibió en la población nacional con fines meramente electorales, ya que
estos ingresaban a las filas de posibles electores que podían ejercer su derecho para las elecciones presidenciales.
En cuanto a los derechos culturales, Martínez (2009) especifica, que es muy importante
reflexionar sobre los retos que implica la convivencia en sociedades plurales; los principios de
tolerancia y respeto que prevalezcan en una sociedad son primordiales para el ejercicio de los
derechos de las personas migrantes. La garantía de estos, depende en gran parte del elemento
social y cultural dominante y requiere por parte de los estados una amplia oferta cultural para
que se de dicha integración, con el objetivo orientado hacia el respeto a los derechos culturales.
Para el ejercicio de los derechos culturales es de trascendente la lucha contra las discriminaciones y la aplicación de las normativas relativas a los derechos, para lograr un entorno con
menos características de segregación, y de exclusión social es importante la promoción de una
visión tolerante a costumbres y usos derivados de otras culturas. En relación a estos derechos,
la Constitución Venezolana tiene un amplio catálogo de derechos establecidos y, de acuerdo a
los criterios de no distinción entre nacionales y extranjeros, son de igual manera aplicables a las
personas migrantes que se encuentren en Venezuela.
Respecto a los derechos sociales, el sistema internacional de protección de los derechos de
los inmigrantes, ha determinado que los estados deben procurar el acceso a los derechos sociaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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les básicos, así como el acceso a la educación y salud en igualdad de condiciones. Existen importantes observaciones en dicho sistema, sobre la adopción de medidas tendientes a legalizar
y regularizar la situación de trabajadores indocumentados, y en especial la de sus hijos, ya que
la misma les impide el ejercicio de derechos fundamentales tales como la salud y la educación.
Igualmente, se ha señalado que es deber de los estados garantizar la prohibición del trabajo
forzoso y del trabajo infantil, la protección a la mujer trabajadora, la protección al derecho a
asociación y sindicalización, negociación colectiva y salario justo por trabajo realizado, duración de la jornada, condiciones laborales adecuadas, descanso e indemnización. Como lo
señala Martínez (2009) los convenios 111 y 143 de la OIT, comprometen al Estado a aplicar
una política nacional destinada a promover y a garantizar la igualdad de oportunidades y de
trato en materia de ocupación y empleo, seguridad social, y derechos sindicales y libertades
individuales y colectivas.
Para Borges (2009) es importante destacar que En el caso de trabajar sin un visado laboral
de conformidad con el numeral 2 del artículo 38 de la LEM dispone que:
“... los que hayan ingresado al territorio de la República para desempeñar actividades sometidas a la autorización laboral y no cumplan con dicho requisito estarán sujetos a medida de
deportación”. Sin embargo, la ley prevé́ la protección para aquellos que, aunque trabajando sin
el visado correspondiente puedan ejercer sus derechos. De acuerdo a la LEM un trabajador no
puede ser privado de sus derechos laborales. El trabajador extranjero tiene derecho al cobro
de todos sus beneficios laborales al igual que un nacional. Según el artículo 49 de la LEM, los
trabajadores extranjeros tendrán derecho a percibir todos los beneficios establecidos en la ley
que regula las relaciones de trabajo, contrataciones colectivas y demás leyes sociales aplicables
con ocasión de la relación laboral. (p.89).
Existe a su vez una sanción para aquellos patronos que contraten a personal sin la debida
autorización, según el Artículo 36, numeral 3, de la LEM, todo empleador que contrate extranjeros y extranjeras ilegales para la prestación de determinado servicio será́ sancionado con
doscientas unidades tributarias, los cuales fueron aplicada por varias instituciones, entre ellas el
Servicio Administrativo de Identificación, Migración y Extranjería (SAIME), creado en 2009
y dependiente del Ministerio Popular para Relaciones Interiores, Justicia y Paz, y el Ministerio
del Poder Popular del Trabajo y la Seguridad Social, encargado de aprobar permisos de trabajo
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para los inmigrantes, facilitar el acceso a cursos educativos y promover los derechos de los
trabajadores foráneos.
Para Burelli (2009) la actual normativa de extranjería venezolana le reconoce a los inmigrantes una serie de derechos sociales y acceso a la justicia en igualdad de condiciones que los
nacionales; además, producto de su participación como miembro asociado al Mercado Común
del Sur (Mercosur), los venezolanos se beneficiaron del Acuerdo sobre Residencia para los
Nacionales de los Estados Partes del Mercosur, Bolivia y Chile, signado en 2002 y que ha concedido flexibilizar los desplazamientos migratorios regionales, así como el obtener residencias
temporarias de dos años y también definitivas.
Conforme a Ochoa (2015) es necesario insistir que los fundamentos de una política migratoria más abierta hacia los nacionales de países vecinos se generaron durante el gobierno de
Chávez, quien, a través de diferentes mecanismos sudamericanos, promovió la integración en
la región en temas políticos, económicos y sociales, mientras que desde la llegada al poder de
Nicolás Maduro en 2013, los roces diplomáticos con Colombia se han reavivado en materia de
seguridad y de migración fronteriza, colocando a Venezuela al borde de posibles guerra por la
expulsión de ciudadanos y el cierre de fronteras.
Claro ejemplo de esto es lo ocurrido en agosto del 2015, cuando Maduro ordenó el cierre
fronterizo en seis municipios del occidental estado venezolano de Táchira tras acusar a supuestos paramilitares colombianos de atentar contra militares venezolanos y un civil; al mismo
tiempo, decretó en septiembre el estado de excepción en esta zona y en los municipios fronterizos de los estados Zulia y Apure. Estas decisiones fueron acompañadas por la deportación entre
el 19 de agosto y el 23 de septiembre de casi 2.000 colombianos que habitaban en localidades
venezolanas fronterizas y se dio el retorno voluntario de otros 22.342 colombianos ante el
temor de ser deportados. Todo esto apunta a una nueva realidad de los migrantes, que se trata
seguidamente.
La actualidad de los inmigrantes
El panorama en la actualidad sobre los inmigrantes que llegan a Venezuela, es totalmente opuesto al escenario anteriormente descrito, tanto de manera cuantitativa como de manera cualitativa,
ya que no son ni grandes masas de extranjeros ni se pueden seleccionar de acuerdo a la nacionaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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lidad o el perfil, simplemente se mantienen muy pocos y son solo aquellos que aún mantienen
un vínculo político con el gobierno, como es el caso de los cubanos en Venezuela.
Según el portal Economía de Venezuela (2004) :
De acuerdo con los últimos datos publicados por la ONU, 1.426.336 de inmigrantes, lo
que supone un 4,85% de la población de Venezuela. La inmigración masculina es superior a
la femenina, con 714.422 hombres, lo que supone el 50.08% del total, frente a los 711.914 de
inmigrantes mujeres, que son el 49.91%. Si lo comparamos con el resto de los países vemos que
es el 87º país del mundo por porcentaje de inmigración. La inmigración en Venezuela procede
principalmente de Colombia, el 69,41%, España, el 5,32% y Portugal, el 3,89%. En los últimos
años, el número de inmigrantes que viven en Venezuela, ha aumentado en 21.888 personas, un
1,56%. (p. 2).
Asimismo, en una nota de prensa del periódico el Nacional de fecha 25 de junio del 2019
el presidente de Venezuela, Nicolás Maduro, presentó cifras oficiales sobre los migrantes que
residen en el país, quienes provienen mayoritariamente de Centro y Suramérica, Europa, Asia y
África. Durante una rueda de prensa desde el Palacio de Miraflores en Caracas (capital), el jefe
de Estado destacó que el 29 por ciento de la población en Venezuela corresponde a extranjeros.
Cifras que se contrastan con las obtenidas por organizaciones no gubernamentales como el observatorio de derechos humanos de la UCAT en su informe del 2018 indica que ya más del 80
por ciento de los extranjeros que residían en el país se regresaron a sus tierras de origen debido a
la crisis económica y social que vive Venezuela, donde no existen garantías de seguridad social
ni jurídica, el acceso a los servicios públicos es muy débil.
El mismo informe estima que la tercera generación de estos migrantes que llegaron al país
en los años 70 ya emigró y engrosa las listas de la diáspora que hoy se encuentran por el resto
del mundo tratando de adaptarse a un país y a una cultura diferente.
Actualmente los grupos de cubanos que se mantenían empleados como personal de apoyo
en las diferentes misiones del Gobierno son cada vez menores, se subraya que no existen datos oficiales, pero dichas políticas funcionan en menor proporción por las razones asociadas a
las crisis sociales y económica del país. Los otros grupos de migrantes como los chinos y los
turcos están más asociados a las empresas estadales que contratan con el gobierno y que cada
vez disminuyen por las mismas razones expuestas, la situación está obligando al retorno a sus
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países de origen.
3.- MÉTODO
Diseño
El diseño metodológico de la investigación, de acuerdo con Martínez (2007) tiene como fin
“dar una visión, en conjunto, de la investigación y de sus etapas en forma secuencial y detallada.” (p.39). Esto permite describir cómo se realiza la investigación. Debido a la naturaleza del
objeto de estudio, se asumió un paradigma cualitativo, este facilitó ahondar y comprender la
realidad a estudiar, las misiones sociales en Venezuela.
De la misma manera, Ruiz (1998) afirman por su parte que los métodos cualitativos (1989)
“estudian significados intersubjetivos, situados y construidos” (p.24). específicamente en su
contexto. Los significados a los que se refieren los autores pueden ser propios de cada individuo
o conjunto de individuos, pues se deben a situaciones sociales o momentos históricos, en este
artículo, los períodos de la misión identidad.
Con el propósito de analizar las políticas hacia los migrantes en el periodo gubernamental
del Hugo Chávez, se utilizó la investigación documental, que Hernández, Fernández y Baptista (2000) la definen como aquel proceso que consiste en “Detectar, obtener y consultar la
bibliografía y otros materiales que parten de otros conocimientos y/o informaciones recogidas
moderadamente de cualquier realidad, de manera selectiva, de modo que puedan ser útiles para
los propósitos del estudio.” (p.50). Se realizó un arqueo de los principales documentos y publicaciones oficiales sobre el tema, así como de otros textos y fuentes que contienen información
rigurosa vinculada a los movimientos migratorios hacia el territorio venezolano.
El paradigma cualitativo, facilitó el acceso a la recolección y sistematización de la información de manera jerárquica, además, estudiar la movilidad humana en relación con programas
gubernamentales que deben ser vistos de manera transversal, donde entran en juego elementos
sociales, políticos, económicos, culturales, entre otros. Arias (2006), define a la investigación
documental, como un proceso basado en la búsqueda, análisis y critica de los datos secundarios,
es decir de los datos obtenidos de otros investigadores. De la misma forma Nava (2008) agrega
que, una investigación documental, es formal, abstracta, que recoge analiza e interpreta. Por
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tanto, este artículo constituye una investigación, exclusivamente, documental.
Para el análisis de la información, se requirió de lecturas críticas, revisión y selección de cada
uno de los documentos significativos, equivalentemente, se contrastaron las fuentes para tener
mayor confiabilidad en cada uno de los datos seleccionados para la construcción del artículo.
Instrumentos
Para la conformación de este artículo de las migraciones, se consultaron veintitrés (23) referencias, como fundamentos para ahondar en el tema objeto de estudio, así como argumentar e
interpretar la postura de los autores e instituciones que se refieren al proceso migratorio y la
misión identidad.
Procedimiento
Se recopilaron, seleccionaron, organizaron y analizaron críticamente las fuentes necesarias: libros, artículos en publicaciones periódicas, informes, leyes, lineamientos gubernamentales, entre otros documentos científicos-académicos, que sustentaron cada uno de los apartados de este
artículo. Por último, se presentaron las conclusiones concernientes con el objetivo del artículo.
4.- CONCLUSIONES
En torno a la realidad de la migración en Venezuela, su legislación y su análisis desde la evaluación de las políticas públicas, se observan aspectos positivos y negativos. Uno favorable, se
puede atribuir a la implantación de una política, sino que es una característica cultural, es el
hecho que Venezuela continúa siendo una sociedad abierta y tolerante a las oleadas migratorias,
con un aparato legislativo que se ha ido adaptando a los principios y estándares internacionales
sobre el tema. Pero como aspecto negativo, se evidencian algunas deficiencias en lo relativo a
la aplicación de la legislación interna, y al hecho de que el país se mantiene al margen de los
más importantes tratados internacionales en el área, por haber renunciado a los tratados internacionales.
Actualmente, se cuenta con un gran desarrollo de enfoque de derechos para la protección de las personas migrantes en los sistemas internacionales, existe una plataforma normativa
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y referencial para la actuación de los estados, que debe ser un mandato y no una opción para los
gobiernos; en los grupos que apoyan al régimen cuentan con la protección total por parte del
gobierno.
En el caso de Venezuela, la relación, hoy día, es de manera inversa, ahora son los venezolanos los que salen de su territorio, debido a la crisis económica y social que se vive, más de
un tercio de esta población ha retornado a su sitio de origen, Borges (2012). Para superar las deficiencias en la protección de las personas migrantes parte de la voluntad política del gobierno
en esta materia. En consecuencia, el estado Venezolano debe demostrar su compromiso con la
protección migrante, una forma de hacerlo es suscribiéndose a la Convención sobre Trabajadores Migrantes y sus Familiares, expresando así su voluntad y su compromiso frente a la protección de los derechos humanos en general, sin sectarismos con algunas nacionalidades como la
Cubana que tiene algunos beneficios sobresalientes frente al resto de los grupos migrantes, esto
por razones políticas, puesto que siempre han estado vinculados política e ideológicamente al
anterior Presidente Hugo Chávez y al actual Nicolás Maduro, al punto que se les denomina en
público los padres de la revolución Venezolana.
En relación al tema de evaluación de las políticas públicas como tal, se deben proponer retos
que se asuman con vista al futuro a fin de poder tener una evaluación positiva. Uno de estos
son la restitución del acceso público a las estadísticas migratorias elaboradas por el SAIME, la
producción de información sobre la emigración de venezolanos, para que esta no permanezca
invisibilizada en las políticas migratorias y en los instrumentos legales.
Un reto adicional, que se puede tratar como recomendación, es superar las barreras de la
polarización política y procurar establecer relaciones de sinergia y complementariedad para un
tratamiento integral del fenómeno migratorio. Igualmente, la revisión de la legislación vigente
y la formulación de propuestas de reformas necesarias para lograr una mejor atención. Para
culminar, es necesario hacer presión para que el tema de la emigración de venezolanos se encuentre presente como un elemento inherente a las políticas migratorias del país, ya que, es un
problema no solo del país sino de la región en general, y el verdadero reto es vivir en armonía
y en paz.
Finalmente, después de revisar todos los documentos científicos – académicos vinculados
con la evaluación de políticas públicas en Venezuela destinadas a los migrantes, se puede conRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
ISSN 2395-8448. 73-95. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/128

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cluir que el rasgo principal es la ausencia de una política definida para el recibimiento y acogida
de los extranjeros al país. Por otra parte, se debe agregar el momento actual de Venezuela, el
territorio y su población entre el 2018 y 2019, ha tenido que enfrentar un fenómeno social-económico que ha marcado la realidad de sus habitantes, el éxodo masivo de venezolanos.
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Políticas de inserción laboral de los migrantes colombianos retornados entre 2012 y 20181
Labor insertion policies of returning Colombian migrants between 2012 and 2018

Donna Catalina, Cabrera-Serrano2
Universitat Rovira i Virgili, España
https://orcid.org/0000-0002-8570-0043
Stéphanie, López-Villamil3
Universidad Nacional de Colombia, Colombia
https://doi.org/10.29105/10.29105/pgc6.11-5
https://orcid.org/0000-0002-6480-9461
____________________________________________________________________________________________________________________________
RESUMEN
En este artículo se propone analizar la coordinación entre las políticas migratorias y las medidas en materia laboral para la
población retornada en Colombia desde la aprobación de la Ley de Retorno de 2012. Para esto, se emplea como metodología
un análisis de contenido derivado de una revisión documental de información del mercado laboral y políticas en materia migratoria y de empleo, teniendo en cuenta aspectos relacionados con el diseño de programas diferenciados para la población
retornada y el desarrollo de mecanismos de seguimiento sobre las intervenciones realizadas. El artículo considera el contexto
de la emigración y del retorno en Colombia, incluyendo la participación de la población retornada en los puestos de trabajo
de los países de acogida, así como las dinámicas recientes del mercado de trabajo en el país entendiendo algunos factores estructurales como el desempleo y la informalidad y la necesidad de considerar estos aspectos en el diseño de una propuesta de
integración socioeconómica para los retornados. Posteriormente se analizan las principales intervenciones propuestas en temas
de empleabilidad y emprendimiento y se realiza un estudio detallado de los informes de gestión presentados por los Ministerios
de Relaciones Exteriores y del Trabajo para el período de estudio para evidenciar la existencia de mecanismos de coordinación
interinstitucional. A partir de ello, se evidencia la necesidad de recolectar y difundir información continua y detallada sobre la
inserción laboral de los retornados con el fin de recoger más insumos técnicos y de diferentes actores que permita adecuar los
programas o las políticas destinadas para ello.
Palabras clave: Mercado laboral, políticas migratorias, retornados, retorno laboral, inserción laboral, desempleo
ABSTRACT
The article aims to analyze if the linkages between migration policies and labor related measures for returnees in Colombia
since the approval of the Law of Return, 2012. In order to do so, the authors use a documentary analysis methodology derived
from a desk review of labor market information, employment and migration policies. This process considers aspects related
to the design of differentiated programs for the returnee population and the existence or development of monitoring mechanisms. The article considers the context of emigration and return in Colombia, the labor profile of Colombian migrants in host
countries, as well as the recent dynamics of the labor market in Colombia, discussing some structural factors such as unemployment and informality and the need to consider these aspects in the interventions created for the socioeconomic integration of
returnees. The authors list and analyze the main activities on issues of employability and entrepreneurship as presented by the
Ministries of Foreign Affairs and Labor in their management reports to demonstrate the existence and extent of inter-institutional coordination mechanisms. The article concludes with the need to permanently collect and disseminate information on the
evidence of the labor insertion of returnees in order to gather and propose technical inputs from different actors that could be
included in the programs or policies aimed at doing so.
Keywords: Labor market, migration policies, returnees, labor market integration, unemployment.
Recibido: 25 de Junio 2019 - Aceptado: 18 de Septiembre 2019 - Corregido: 18 de Noviembre 2019
Cómo referenciar este artículo:
Cabrera-Serrano, D. C., &amp; López-Villamil, S. (2020). Políticas de inserción laboral de los migrantes colombianos retornados
entre 2012 y 2018. Politica Globalidad y Ciudadanía, 96-123. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/
view/129

1
Artículo de investigación derivado en parte de la tesis doctoral de la Doctora Stephanie López Villamil “Alcances y Limitaciones
de las políticas migratorias sobre el retorno”, Universidad Nacional de Colombia, 2019.
2
Maestría en Migraciones y Mediación Social por Universitat Rovira i Virgili de España. Investigadora independiente en migración
internacional. E-mail: donna.cabrera@gmail.com. ORCID: https://orcid.org/0000-0002-8570-0043
3
Doctora en Estudios Políticos y Relaciones Internacionales por Universidad Nacional de Colombia. Investigadora del Grupo Migraciones y Desplazamientos. E-mail: slopezv@unal.edu.co . ORCID: https://orcid.org/0000-0002-6480-9461
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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1.- INTRODUCCION
La estimación reciente del director de Migración Colombia de más de 400.000 retornados a
Colombia (Colprensa, 2018) por la crisis humanitaria de Venezuela invita a pensar el tema de su
(re)inserción socio-económica. Si bien Colombia cuenta con una Ley de Retorno desde 2012,
la Ley 1565, los retos que plantea este flujo a las instituciones son variados en la medida en que
factores estructurales del mercado de trabajo se presentan como obstáculos para su reinserción
laboral particularmente. Además, el acceso al empleo de esta población se dificulta por varios
factores: la falta de documentación, de certificados laborales, la convalidación de diplomas, el
desconocimiento de las dinámicas de búsqueda de empleo, la edad, entre otras (Prieto-Rosas,
2017; López, 2019). Por lo general, los migrantes recurren en primera instancia a sus redes de
conocidos, familiares e incluso ex-patrones. Aquellos que han permanecido más tiempo fuera
de su país y quienes han perdido contacto con sus redes sociales y/o laborales tienen más dificultades para encontrar un empleo en los primeros 3 meses, vitales en la sostenibilidad de este
retorno.
Ahora bien, el retorno de migrantes ha sido un tema que se ha puesto en la agenda a nivel
latinoamericano en las últimas dos décadas; en parte también esto ha sucedido en los países de
destino quienes han orientado sus políticas hacia esta población como un mecanismo de selección de las migraciones. En Colombia, son pocos los estudios sobre la migración de retorno
que se centran en las políticas migratorias laborales; en este sentido, este artículo intenta aproximarse a las diferentes problemáticas a las que se enfrentan los migrantes en edad de trabajar
a su retorno para encontrar un empleo.
Algunas preguntas surgen para encontrar soluciones a estas problemáticas y vacíos y así poder contribuir al estudio de la inserción laboral de los retornados en Colombia: ¿Cuáles son las
oportunidades que se les presentan (o no) por parte del Estado? ¿Qué falencias tienen las políticas orientadas a la población retornada y en qué se pueden mejorar (recomendaciones)? En aras
de resolver algunas de estas inquietudes, en el presente artículo se propone analizar las políticas
migratorias en materia laboral para la población retornada en Colombia desde la aprobación
de la Ley de Retorno de 2012. Para ello, en un primer momento se aborda el marco referencial
desde la definición de las políticas migratorias de retorno y del debate entre migración y desarrollo. En un segundo momento, se describe la metodología aplicada en la investigación. En un
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tercer momento se describe el contexto laboral colombiano y las políticas laborales. Por último,
se analizan los programas de retorno laboral y se hacen algunas recomendaciones.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Para abordar la problemática de las políticas migratorias laborales destinadas a la población
retornada es necesario repasar algunos fundamentos teóricos al respecto: primero, sobre cómo
se formulan políticas migratorias y enfocadas en qué sujetos entendidas como políticas de recuperación del emigrante (Mármora, 2004); segundo, sobre el nexo entre migración y desarrollo,
entendido en el marco de las migraciones internacionales de retorno desde una perspectiva
crítica (Delgado-Wise, 2009).
Las políticas de recuperación del emigrante, tal como son definidas por Mármora (2004),
tienen como objetivo repatriar a los migrantes o generar vínculos con el país de origen. Los programas que surgen de estas políticas son clasificados en: retorno voluntario de migrantes laborales, reasentamiento de migrantes forzados y recuperación de recursos humanos calificados (en
adelante RHC). Las características y estrategias de estos programas se resumen así: “identificar
los puestos de trabajo necesarios en el país de origen y luego promover el retorno del migrante
adecuado; o bien, a la inversa, planes para inducir a los migrantes para que vuelvan y ayudarlos
posteriormente en su reinserción laboral” (Mármora 2004, 302).
En el caso del retorno voluntario de migrantes laborales, hay varios instrumentos que pueden
utilizarse desde los países de destino como cursos de capacitación laboral o incentivos económicos. En los países de origen de los migrantes se implementan programas, bien sea con la
ayuda de la cooperación internacional, con la ayuda de países de destino o por iniciativa propia
del país. Estos programas están orientados a la reinserción laboral mediante apoyos a proyectos
productivos o autoempleo (Mármora, 2004). Ahora bien, este marco no aborda el retorno forzado de migrantes por lo que sería necesario ahondar en algunos aspectos como la preparación
al retorno y la movilización de recursos (Cassarino, 2004) que son diferentes en un contexto de
migración forzada.
El estudio de las políticas laborales orientadas a la población retornada implica fijarse en el
nexo entre migración y desarrollo, que, no es siempre desde una visión optimista en la que el
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retornado es un agente de desarrollo económico para el país de origen. Así, algunos autores latinoamericanos, haciendo investigación sobre lo que sucede en los países de origen argumentan
que esta visión, que es la dominante, no tiene sustento en la medida que,
Ignora las causas del éxodo de millones de trabajadores del mundo que se han visto forzados
a buscar el sustento familiar en los países desarrollados; hace tabla rasa de las contribuciones
de los inmigrantes al crecimiento de las economías receptoras, y encubre las múltiples transferencias y costos, materiales y humanos, que la migración significa para los países emisores, con
el agravante de que estas pérdidas no son compensadas por el flujo de remesas (Delgado-Wise
2009, 27)
Según estos autores, de las corrientes marxistas de las teorías de las migraciones internacionales, es el desarrollo desigual el que lleva a las personas a migrar, con lo cual esta sería
forzada. En resumen, desde esta perspectiva que sitúa los países de destino en el centro y los
países de origen de los emigrantes en la semi-periferia o en la periferia, los primeros los países
del centro van a aprovechar el bono demográfico y así acudir a la explotación laboral de mano
de obra barata (Delgado-Wise 2009, 28).
La globalización económica, como fase actual del capitalismo, no ha generado desarrollo en
los países de origen. Así, se entiende que la fuga de cerebros es uno de los factores que genera
subdesarrollo y es vital en términos del retorno. En este sentido, el impacto en el desarrollo
puede ser negativo siempre que la migración produzca desplazamientos hacia áreas urbanas
(Ravenstein, 1885) que demandan manufactura y productos extranjeros lo cual incide en que
la producción local se vea afectada por importaciones de productos y de alimentos (De Haas,
2008).
A partir de ello, se asume que, para generar un tipo de desarrollo económico, los migrantes
retornados deben contar con otras condiciones de estabilidad en los países de origen, pues, hay
factores estructurales como el desempleo, que pueden desincentivar este retorno. La preparación del retorno con el objetivo de facilitar la inserción laboral del migrante, debería considerar
la esfera individual como lo propone Cassarino, y el ajuste de las políticas públicas de recuperación de capital humano de las que habla Mármora.
Asimismo, se hace necesario diseñar estas medidas considerando la situación socio-económica en el país de origen, así como el mercado laboral y las nuevas herramientas o entidades
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que se han posicionado en la oferta de servicios de intermediación laboral o de apoyo al emprendimiento, en este último aspecto es prudente considerar las opciones de inclusión financiera con las que cuentan los retornados que no han residido en el país recientemente. Un paso
adicional podría analizar la eficacia de las medidas a partir de la coordinación interinstitucional
presente o no en el país de retorno, entendido como la alineación entre las políticas migratorias
y las de empleo.
En su análisis de los programas de retorno voluntario de latinoamericanos desde Europa,
González (2013) destaca la desconexión entre el retorno y la reintegración como uno de los
limitantes en la implementación de estrategias de inserción laboral. Es por esto que realiza cuatro propuestas para mejorar la gestión que hacen los países de origen: “1. Establecer programas
diferenciados en la promoción del retorno sostenible, 2. Definir de forma más ambiciosa la
población objetivo de los programas de retorno y reintegración, 3. Desarrollar dispositivos de
apoyo que permitan personalizar y monitorear las medidas orientadas a la reintegración, y 4.
Monitorizar las actuaciones de apoyo individual y evaluar los programas de ayuda implementados.” (González, 2013: 63-64).
3.- MÉTODO
Diseño
Teniendo en cuenta el marco anterior, la investigación se planteó a partir de los conceptos teóricos que permiten hacer un análisis de las acciones emprendidas por el Estado para el período
de estudio, para dar solución a algunas de las problemáticas mencionadas.
Para analizar la inserción laboral de la población retornada es necesario hacer una breve
referencia a los procesos de emigración registrados en el país, entendiendo las motivaciones y
destinos principales de este movimiento. A partir de este escenario se presentan las principales
medidas legislativas que se han diseñado e implementado para atender a la población colombiana que retorna del exterior.
Este análisis se complementa con una revisión de la dinámica reciente del mercado de trabajo nacional para el período 2012 a 2016, de las políticas activas de empleo y de emprendimiento
que buscan por un lado mejorar el encuentro entre oferta y demanda, y por el otro generar meRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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canismos alternativos de generación de ingresos como el autoempleo y la creación de pequeñas
y medianas empresas.
Participantes
Este documento se centra en el análisis de las políticas migratorias del Estado Colombia entre
los años 2012 y 2018 centradas en facilitar la inserción laboral de la población retornada. Se
consideran tres aspectos fundamentales, la legislación nacional en la materia, las acciones del
Ministerio de Relaciones Exteriores, entidad que coordina la política migratoria en Colombia,
y las acciones del Ministerio del Trabajo, institución a cargo de la política laboral.
Instrumentos
La discusión central de este artículo se centrará en el análisis de las políticas y programas para
el retorno en Colombia fijando la atención en los aspectos descritos por Mármora, políticas de
retorno entendidas como de recuperación del migrante, y en dos de las propuestas realizadas
por González: diseño de programas diferenciados para la población retornada y desarrollo de
mecanismos de seguimiento sobre las intervenciones realizadas. Para ello, se hace una revisión
documental de la normativa y de los planes, programas y proyectos implementados por los
Ministerios de Relaciones Exteriores y del Trabajo a través de la revisión de los informes de
gestión anual que presentan las entidades entre el año 2013 y 2018 Los informes de gestión
anual se realizan por las entidades públicas colombianas con el propósito de hacer una evaluación transparente para medir el desempeño, impacto y resultados de su gestión (Ministerio de
Relaciones Exteriores de Colombia, 2019). El análisis comparativo de estos informes permite
observar cómo se materializa la coordinación entre las entidades, sus planes y programas para
atender las necesidades de los retornados en su inserción al mercado de trabajo colombiano.
Procedimiento
La investigación se realizó en dos fases de acuerdo a unos objetivos específicos: un primer acercamiento indagó en el contexto del mercado laboral colombiano para identificar condiciones
estrcuturales que impiden que el retorno laboral se haga en el marco de una estrategia nacional
o local de desarrollo económico. En un segundo momento se abarcó la problemática desde lo
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institucional tanto con el análisis de los instrumentos de política existente como de la normativa en materia de retorno laboral. El estudio pretende dar luces sobre la reintegración laboral
de los migrantes retornados en Colombia y las políticas implementadas desde la Ley 1565 de
2012 hasta el 2018 con el propósito de formular algunas recomendaciones. La discusión final
y recomendaciones consideran si el diseño de programas diferenciados y el monitoreo de los
mismos ha sido suficiente para facilitar la inserción laboral de los retornados en Colombia, y si
es ésta la vía para evidenciar los vínculos entre la migración y el desarrollo a pesar o a la par de
la existencia de condiciones estructurales como el desempleo y la informalidad en Colombia.
4.- RESULTADOS
Colombia ha sido tradicionalmente un país de emigrantes: desde los años sesenta se inició una
salida considerable de colombianos primero hacia Venezuela, luego hacia Estados Unidos alrededor de los años ochenta y posteriormente a España, a finales de los años noventa. Ecuador,
Canadá y Chile, se incluyen recientemente entre los países de destino. Acorde a los resultados
de la Encuesta Nacional de Migración Laboral y Remesas - ENMIR (2009), las principales
razones de la salida de los colombianos del país se relacionaron con motivos económicos y
laborales, familiares y de estudio (Mejía et al, 2009). Las razones de tipo social y político, vinculadas sobre todo al contexto del conflicto interno, también han sido relevantes a la hora de
tomar la decisión de emigrar por parte de los colombianos (Ciurlo, 2015). La elección de países
de destino de la emigración colombiana ha estado caracterizada por el contexto económico de
dichos países, la disponibilidad de puestos de trabajo que pueden ser llenados por trabajadores
migrantes, la posibilidad de contar con mejores ingresos que sirven para sostener al migrante
y a su familia en Colombia, y la existencia de redes sociales de apoyo que facilitan la llegada e
inserción de los colombianos en el mercado de trabajo de estos países (Mejía, 2013).
En cuanto a la inserción laboral de los colombianos en los tres principales países de destino,
Venezuela, Estados Unidos y España se presentan las siguientes consideraciones. En Venezuela, y para el año 1990, la población inmigrante, donde la población colombiana ocupaba
el primer puesto en importancia, se insertaba sobre todo en los sectores comercio, servicios e
industrias (Torales, González y Peréz, 2003). Adicionalmente los colombianos se enganchaban
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en labores propias de la agricultura (Torales, González y Peréz, 2003).
En Estados Unidos y para el período comprendido entre 1960 y 2016, los principales sectores donde se ha incrementado la participación de hombres son construcción, servicios comerciales diversos, y lugares para beber y para comer (Mejía 2019). En el caso de las mujeres los
sectores más importantes son servicios educativos, servicios comerciales diversos y servicios
médicos y otros de salud, excepto hospitales (Mejía 2019).
En España y entre los años 1993 y 2001, los colombianos se insertaron principalmente en
el sector servicios, destacándose una principal participación en el servicio doméstico (OIM y
ONU, 2003). La participación en los sectores de industria y construcción fue baja y muy cambiante, y en el sector agrario se presentó un incremento importante para el año 2001 (OIM y
ONU, 2003).
A partir de estos datos se puede asumir que la participación laboral de los colombianos en el
exterior ha permitido que el perfil laboral de esta población se especialice en los conocimientos
y competencias específicas del sector servicios. El perfil ocupacional se complementa con las
competencias adquiridas en otros sectores de inserción secundaria como comercio, industria,
construcción y agricultura.
Las condiciones económicas, de acceso a derechos y a servicios, y la flexibilidad o restricción de las políticas migratorias, juegan un rol determinante tanto en el proceso de emigración
como de retorno. Es así que en el caso de la población colombiana el regreso al país se puede
entender a partir de dos hechos importantes: por un lado, el comportamiento de las economías
de los países de destino, como Estados Unidos, España y recientemente Venezuela, han influido
en la búsqueda de mejores oportunidades donde el retorno a Colombia es una opción relevante.
En segunda medida, la aparición de medidas migratorias restrictivas en los países de destino, y
el desarrollo de una legislación alrededor de la migración del retorno en Colombia. La expedición de medidas que buscan favorecer la integración socioeconómica de los colombianos que
vuelven al país, ha encontrado eco en la comunidad residente en el exterior quienes han buscado
acogerse a los beneficios creados por el país de origen.
Aunque los ajustes legislativos en materia de retorno pueden encontrarse a partir del año
2009 en la expedición del documento CONPES (del Consejo Nacional de Política Económica y
Social) 3603, que es la propuesta de desarrollo de políticas generales aprobados por el gobierno
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a través del Departamento Nacional de Planeación - DNP, en este caso sobre Política Integral
Migratoria, las medidas específicas se toman a partir del año 2012 con la ley 1565, razón por
la cual se analizarán algunos indicadores del mercado laboral en el país entre 2012 y 2018 para
acercarse al contexto de inserción laboral con el que se encuentra la población retornada.
Los datos contenidos en la Tabla No. 1 demuestran que la Tasa Global de Participación –
TGP se mantiene estable durante el período de estudio y que la Tasa de Ocupación crece paulatinamente hasta el año 2015. Es durante este periodo que la Tasa de Desempleo alcanza una cifra de un dígito para el total nacional, en el año 2013, respondiendo a un proceso progresivo de
disminución de dicho indicador y tras convertirse en uno de los objetivos en materia de empleo
del plan de Gobierno del período 2010-2014 (Uribe, Fajardo y Romero, 2017). Sin embargo, en
el año 2016 se aprecia un nuevo incremento en dicha tasa manteniéndose su aumento durante
los años siguientes. Este comportamiento puede relacionarse con bajos niveles de crecimiento
del Producto Interno Bruto (en adelante PIB) que se evidencian sobre todo a partir del año 2015,
una tendencia que empieza a revertirse en el año 2018.
Tabla No. 1 Tasa Global de Participación, Tasa de Ocupación, Tasa de Desempleo y Producto Interno Bruto en Colombia. Años 2012 a 2018

Fuente: GEIH, Cuentas Nacionales – DANE. Elaboración propia
La evolución del desempleo en Colombia a partir de la década de los noventa demuestra dos
hechos importantes: en primer lugar, aun cuando se presenten períodos de crecimiento económico, estos no implican una disminución directa de la tasa del desempleo y, en segundo lugar,
el impacto de las crisis económicas a nivel mundial no siempre afecta el desempeño económico
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del país entendido como el aumento de la tasa de desempleo (Peña, 2013). Sin embargo, este
rezago entre crecimiento económico y disminución de la tasa de desempleo incide en que,
Colombia ocupe el segundo puesto a nivel latinoamericano en relación a la tasa de desempleo
histórica más alta de la región (Peña, 2013). Este es un primer punto a considerar para el análisis
de una política laboral para la población retornada pues se constituye como un factor estructural
ligado al desarrollo económico del país.
Además de esto, las posibilidades de participar en el mercado de trabajo son más favorables
para los hombres que para las mujeres. Entre 2012 y 2018 la tasa de desempleo de las mujeres
es siempre mayor a la de los hombres, aun cuando hay una tendencia a que dicha diferencia
disminuya (exceptuando el trimestre móvil de diciembre 2015 a febrero de 2016, brecha que
parece ajustarse a partir del siguiente año). Este factor también debe considerarse en las políticas, desprovistas de un enfoque de género que debe incluir, además el tema de los cuidados.
La participación en el mercado laboral también se determina a partir de otras características
demográficas como la edad. El desempleo juvenil históricamente supera el indicador total nacional y este hecho se exacerba aún más para las mujeres jóvenes: Para el trimestre móvil marzo
- mayo de 2018 la Tasa de Desempleo para los jóvenes (14 a 28 años) fue de 16,7%, donde los
hombres representaron el 13% mientras que las mujeres tenían el 21,6% (DANE, 2019a).
Tabla No. 2 Tasa de desempleo por sexo en Colombia. Trimestres móviles diciembre - febrero 2012 a 2019.

Fuente: GEIH – DANE. Elaboración propia.
Además, Colombia cuenta con un alto nivel de informalidad, fenómeno que se mide a partir
del tamaño de la empresa, el número de trabajadores, ocupación y contribución al sistema de
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seguridad social (Peña, 2013). Aun cuando la informalidad ha ido en descenso, aún representa
una participación de casi la mitad de la ocupación en el país lo cual es otro de los factores estructurales del desarrollo económico que deben considerarse en una política laboral de retorno
de migrantes. Para el trimestre móvil de diciembre de 2012 a febrero de 2013 este indicador
para 23 ciudades y sus áreas metropolitanas se encontraba en 51,4% y para el mismo período de los años 2018 a 2019 se situó en 47,3% (DANE, 2019b). El descenso reciente en este
indicador puede relacionarse con las iniciativas del Gobierno 2010 – 2014, que incluyeron el
mejoramiento de las condiciones para los trabajadores, la implementación de una estrategia
de formalización laboral (Uribe, Fajardo y Romero, 2017), así como el posicionamiento de un
sistema de ahorro voluntario, llamado Beneficios Económicos Periódicos (en adelante BEPS)
que busca brindar una alternativa de protección para la vejez de dichos trabajadores. La informalidad presenta retos para la población migrante y retornada en dos sentidos: En primer lugar,
puede resultar más rápido una vinculación en un empleo informal o en un emprendimiento que
en el mercado de trabajo formal, y en segunda medida, las medidas de formalización laboral
no consideran el contexto migratorio de la persona para incluirlo dentro de los beneficiarios de
las mismas. Es por esto que se hace necesario habilitar el acceso y permanencia de la población
retornada en el Sistema de Seguridad Social.
Políticas de empleo y de generación de ingresos
Como parte de las actividades realizadas en el país por el Gobierno nacional para mejorar la
empleabilidad de la población, desde el sector Trabajo se han tomado una serie de medidas
orientadas a facilitar el acceso al mercado de trabajo, haciendo énfasis en los grupos poblacionales que cuentan con más dificultades de participar en el mismo como mujeres, víctimas del
conflicto, personas en situación de discapacidad y jóvenes (SPE, 2015). Es así que, en el año
2013, se creó la Unidad Especial del Servicio Público de Empleo (en adelante SPE) que reúne
a una red de operadores a nivel regional para dinamizar el acceso de la población a procesos de
orientación ocupacional, formación para el trabajo y vacantes a empleos formales.
El Ministerio del Trabajo a través del SPE, que opera en coordinación con el Servicio Nacional de Aprendizaje (en adelante SENA), ha desarrollado programas especiales dirigidos a mejorar la participación de población con altos niveles de exclusión del mercado de trabajo como
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mujeres, víctimas del conflicto, personas en situación de discapacidad, migrantes y retornados,
y jóvenes, que incluyen una labor de sensibilización con los empresarios y la implementación
de incentivos encaminados a ampliar las vacantes que sean cubiertas por esta población. Adicionalmente a través de programas como los contratos de aprendizaje del SENA, y 40.000 primeros empleos, se ofrecen subsidios directos para cubrir el costo de contratación de los jóvenes
y practicantes y así facilitarles la adquisición de experiencia laboral, factor que se identificó
como una de las barreras de empleabilidad de la población joven en el país.
Otra de las iniciativas que ha estado vinculada al desarrollo de mecanismos para mejorar la
empleabilidad y generación de ingresos de los trabajadores tiene que ver con la apuesta por el
emprendimiento. Tarapuez, Osorio y Botero (2013) describen el desarrollo de las políticas de
emprendimiento en el país desde el año 1991 y a partir de su análisis se pueden desprender tres
premisas fundamentales: 1. El SENA, a través de la formación y acompañamiento de emprendedores, y el Ministerio de Comercio, Industria y Turismo (en adelante MINCIT), a través del
fomento de la inversión y la creación de empresas, son dos de las entidades que han estado más
vinculadas a la promoción de la temática. 2. En coordinación con universidades, centros de investigación y cámaras de comercio locales se ha promovido la innovación y la tecnología como
aliados del emprendimiento. 3. El fomento del emprendimiento se vincula con las estrategias de
creación de empleo y este hecho se fortalece en particular en períodos donde se registran tasas
de desempleo altas y sostenidas en el país (Tarapuez, Osorio y Botero, 2013).
Iniciativas como el Fondo EMPRENDER del SENA creado a través de la Ley 789 de 2002,
están disponibles para que la población colombiana se forme en emprendimiento y a partir de
la formulación y diseño de una idea de negocio, acceda a través de una convocatoria, a recursos
económicos para su implementación. Diversas iniciativas de tipo nacional en el marco de la política de emprendimiento liderada por el MINCIT, y de tipo regional donde las Cámaras de Comercio realizan convenio con las administraciones locales, han sido desarrolladas para mejorar
el ámbito del emprendimiento en el país. Tanto el Fondo EMPRENDER, como las iniciativas
locales donde participan las Cámaras de Comercio, han venido vinculado a población retornada
y migrante dentro de los beneficiarios de los procesos de emprendimiento que han acompañado
(Ministerio de Relaciones Exteriores, 2018a).
Las políticas de inserción laboral de migrantes retornados en Colombia
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El retorno de los colombianos radicados en el exterior, ha sido un tema de interés sobre todo
en las políticas migratorias, laboral como el CONPES 3603 y el convenio bilateral de migración
laboral con España, y científica colombianas, como el vínculo que fomenta el Departamento
Administrativo de Ciencia, Tecnología e Innovación (en adelante COLCIENCIAS) con los
científicos que retornan y que residen fuera del país para facilitar la circulación de su conocimiento en pro de las necesidades de innovación y desarrollo del país.
Y a partir de este interés las entidades del sector educación y trabajo también han adecuado
sus iniciativas y programas para promocionar la emigración y retorno de los colombianos en
relación con el sistema educativo y con el mercado de trabajo. Por ejemplo, el Ministerio de
Educación ha adecuado y facilitado el proceso de convalidación de títulos profesionales adquiridos en el extranjero para colombianos y extranjeros residentes en el país. A través del Instituto
Colombiano de Crédito Educativo y Estudios Técnicos en el Exterior (en adelante ICETEX)
y su oferta de becas virtuales y en el exterior se promueve la formación del capital humano
colombiano en programas académicos disponibles en otros países. Lo anterior manifiesta parte
de la adecuación y diseño de programas orientados a facilitar la participación en el mercado de
trabajo de los colombianos que residían en el exterior.
En la ley 1565 de 2012 se establecen cuatro tipos de retorno: solidario, humanitario o por
causa especial, laboral y productivo, que han sido cuestionados por su carácter estático principalmente (Aliaga et al., 2019). Pasaremos revista a los programas desarrollados en cuanto
a los tipos laboral y productivo, sin dejar de lado la mención a los programas orientados a la
migración calificada. Según la ley, el retorno laboral busca reconocer la experiencia y conocimiento adquiridos en el exterior como un factor de incidencia en la empleabilidad de la persona
en Colombia, mientras que el retorno productivo promueve la puesta en marcha de una idea de
negocio que se relacione con las prioridades de desarrollo del sitio al que se retorna.
A partir de esta Ley, se crea a través del Decreto 1000 de 2013 el Registro Único de Retornados – RUR: un registro administrativo a través del cual las personas que se quieren acoger a
los beneficios de la Ley 1565 de 2012 consignan información sociodemográfica y migratoria
con la cual la Comisión Intersectorial para el Retorno - CIR, determina si la persona cumple
los requisitos y puede acogerse a los beneficios de la Ley. Para el período comprendido entre el
inicio de la aplicación del registro en el año 2013 y marzo de 2018, en la Tabla No. 3 se aprecia
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que, del total de las 16.371 solicitudes realizadas por retornados, fueron aprobadas el 54,5%.
El tipo de retorno más solicitado por los connacionales que volvieron al país fue el laboral con
el 19,6% seguido del humanitario con el 14,2%, el productivo con el 12,1%, y solidario con el
3,9%. El 2,7% de las personas no escogieron algún tipo de retorno al solicitar ser beneficiarios
de la Ley. Las solicitudes de los tipos de retorno productivo y solidario son las que tienen un
porcentaje de aceptación más alto.
Tabla No. 3 Total de solicitudes aprobadas y rechazadas en el Registro Único de Retornados
– RUR por tipo de retorno. 2013 – 2018 (marzo)

Fuente. Cancillería. Registro Único de Retornados – RUR. Presentación Programa Colombia Nos Une. Elaboración propia.
Al analizar los datos por país de retorno, en la Tabla No. 4, Venezuela es el país con un
mayor número de solicitudes alcanzando el 61,4% del total, esto evidencia que la población
colombiana residiendo en Venezuela de vieja data regresa al país por la crisis humanitaria, pero,
además, que hay un subregistro importante en la medida en que se calcula que han retornado
más de 400,000 colombianos. Con ello, en el RUR estarían registrados menos del 2,5% de estos retornados. Le siguen muy de lejos Estados Unidos y España en el segundo y tercer puesto
representando el 10,9% y 10,1% del total respectivamente; y Canadá y Ecuador son los países
que ocupan la cuarta y quinta posición con porcentajes del 2% y 1,6%. El porcentaje de aprobación de las solicitudes para quienes retornan de Venezuela es el más bajo de toda la muestra
con el 38,7%, seguido de Ecuador con el 58,9%. Para el caso venezolano, esto se debe a que los
retornados no cumplen con algunos de los requisitos de la Ley como el registro de movimientos
migratorios o el registro de vivienda en el exterior. Todos los otros países de retorno cuentan
con un porcentaje de aprobación de más del 74% siendo Canadá el país para el cual se aprueban
un mayor número de aplicaciones.
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Tabla No. 4 Total de solicitudes aprobadas y rechazadas en el Registro Único de Retornados
– RUR por país de retorno. 2013 – 2018 (marzo)

Fuente. Cancillería. Registro Único de Retornados – RUR. Presentación Programa Colombia Nos Une. Elaboración propia
A partir de los datos es claro que los tipos de retorno laboral y productivo son los más importantes en términos de participación, esto ha llevado a que las entidades desarrollen rutas de atención específicas para estos dos tipos de retorno. Sin embargo, la inserción laboral y productiva
debe extenderse a quienes se acogen a los otros tipos de retorno, a quienes no fueron incluidos
en el RUR y a la población retornada en general.
Este antecedente de caracterización de la población, y del mercado laboral en el país, es útil
para entender si las medidas que en materia de retorno laboral y productivo que han tomado los
Ministerios de Relaciones Exteriores y de Trabajo desde el año 2013 consideran el perfil y necesidades de la población, y la oportunidad de su vinculación en el mercado laboral colombiano.
La información sobre las medidas institucionales que se presenta en este aparte y que se
encuentra en la Tabla No. 5, se extrae de los informes anuales de gestión presentados por los
Ministerios de Relaciones Exteriores y del Trabajo. Los informes de Cancillería cubren la vigencia anual, mientras que los informes del Ministerio del Trabajo cubren las actividades del
segundo semestre del primer año y del primer semestre del segundo año. Cada entidad privilegia aspectos específicos en el reporte de la información que están determinados por temas de
seguimiento y monitoreo interno que no son el objeto de análisis de este artículo, igualmente las
dos entidades no siguen los mismos parámetros de presentación de la información.
Las actividades reportadas se presentan en cuatro grandes líneas: 1. Orientación a retornaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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dos, 2. Medidas directas de vinculación en empleos y de financiación de proyectos productivos, 3. Coordinación y capacidad instalada, y 4. Formulación de política. La mayoría de las
actividades se relacionan con los aspectos de coordinación interinstitucional, la disponibilidad
de acceso a procesos de orientación general y formación para emprendimiento y trabajo, y la
creación de rutas de orientación para población retornada. Sin embargo, en este último caso y
para la información del Ministerio del Trabajo, no es claro si la ruta de orientación es una herramienta consolidada o si se construye nuevamente para cada uno de los períodos en los que
reportan información.
Los informes de gestión presentan datos cuantitativos sobre el número de retornados, país
de retorno, departamento de llegada y tipo de retorno, aun así, sólo en el período 2017-2018 el
Ministerio del Trabajo reporta haber construido caracterizaciones específicas de la población a
partir del RUR. Las menciones sobre cambios normativos o de política que faciliten la inserción laboral o productiva de la población retornada sólo se mencionan en el período 2018 por
Cancillería, y dichas decisiones están enfocadas exclusivamente a la población que retorna de
Venezuela.
Retomamos las dos consideraciones citadas por González (2013), diseño de programas diferenciados para la población retornada y desarrollo de mecanismos de seguimiento sobre las intervenciones realizadas, para analizar la respuesta institucional en materia de inserción laboral.
En relación al diseño de programas diferenciados para la población retornada, se puede
mencionar que los cuatro tipos de retorno definidos por la Ley 1565 facilitan la atención de la
población acorde a sus necesidades específicas, es decir se cuentan con medidas diferenciadas.
Las entidades han desarrollado rutas de atención especializadas para los tipos de retorno que se
socializan con los retornados y con los funcionarios a cargo de su atención.
Las entidades desarrollan nuevos mecanismos para hacer otro tipo de intervención o para
mejorarla, es el caso de la Alianza con Cámaras de Comercio de España que reporta el Ministerio del Trabajo para el período 2012 - 2013 o la Construcción del Plan nacional de emprendimiento para el retorno productivo que reporta Cancillería en 2016. La realización de seis
caracterizaciones detalladas de la población retornada reportadas por el Ministerio del Trabajo
para el período 2017-2018, resultan provechosas y necesarias para conocer las especificidades
de las personas en relación a temas de empleabilidad y emprendimiento que pueden orientar
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mejor la toma de decisiones y las intervenciones planteadas.
Tabla No. 5 Medidas en materia de retorno laboral y productivo de los Ministerios de Relaciones Exteriores y del Trabajo. 2013 - 2018

Fuente: Informes de gestión anual Ministerios de Relaciones Exteriores (2013, 2014, 2015,
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2016, 2017, 2018) y del Trabajo (2012-2013; 2013-2014; 2014-2015; 2015-2016; 2016-2017;
2017- 2018). Elaboración propia
Aunque existen las medidas diferenciadas para la población retornada, las entidades no reportan si dichas medidas están facilitando la inserción laboral de los connacionales que regresan al país. A partir de la información no se conocen los resultados, riesgos y oportunidades de
las intervenciones realizadas, de las nuevas alianzas o de las rutas creadas. Aunque se mencionan los departamentos de llegada, solo en uno de los casos se menciona la inserción en puestos
de trabajo mas no se entiende si se están considerando las competencias y experiencias de los
migrantes en relación a las demandas de los mercados de trabajo o las apuestas de desarrollo de
los departamentos a los que llevan.
Aunque la definición de tipos de retorno es útil como punto de entrada para una primera
caracterización y orientación de la población en su proceso de reintegración, no son una categoría a la que deberían estar asociados de manera permanente pues ello puede ser problemático
(Aliaga et al. 2019). Los procesos que faciliten la inserción laboral y productiva deberían estar
disponibles para todos los retornados considerando su perfil ocupacional, a partir de caracterizaciones regulares y públicas, así como las dificultades recurrentes que enfrentan lo que facilitaría
el diseño de medidas para superarlas (González, 2013). Las rutas de atención no especifican si
incluyen las medidas que se han diseñado para disminuir las barreras de acceso a empleo que
tienen grupos poblacionales como las mujeres, jóvenes o personas en situación de discapacidad,
por lo que se infiere que las medidas de atención privilegian el historial migratorio antes que
otras condiciones sociales que influyen en la consecución o no de un puesto de trabajo.
En relación al desarrollo de mecanismos de seguimiento sobre las intervenciones realizadas,
el Decreto reglamentario de la Ley prevé que la CIR, hace el seguimiento a los casos aprobados,
sin embargo, este hecho no queda reflejado en los informes de gestión presentados por las dos
entidades. Es necesario acudir al informe ejecutivo de la CIR (2018) para recabar información
sobre este aspecto. En dicho documento se reconoce un bajo acceso de los retornados a la oferta
de las entidades, por lo cual se recomienda fortalecer la oferta se servicios y hacer un mejor seguimiento al uso que de ellos está haciendo la población retornada (Colombia Nos Une, 2018).
La principal propuesta en este sentido es la de crear Subcomités que lideren las actividades que
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por tipos de retorno se presentan.
Considerando que es una propuesta reciente no se cuentan con datos sobre los resultados de
dicho proceso. Sin embargo, la información recogida en los informes de gestión evidencia que
hay una falencia en la concepción de los mecanismos de seguimiento y por ende en el monitoreo que de los mismos se puede hacer. Por ejemplo, el Ministerio del Trabajo habla en tres ocasiones del diseño, creación o puesta en marcha de una Ruta de orientación en materia laboral,
no es claro si se trata del mismo instrumento o de tres iniciativas distintas. En tal sentido no se
puede evaluar si la ruta está funcionando, si ha merecido ser mejorada o si se han desarrollado
rutas específicas para subgrupos dentro de la población retornada.
Aunque Cancillería presenta datos sobre los proyectos de emprendimiento y sus beneficiarios, no es posible saber si las iniciativas siguen en curso o si se han vinculado con otros
programas de fortalecimiento de emprendimientos, por ejemplo. En materia de vinculación a
puestos de trabajo solo se hace una mención por parte del Ministerio del Trabajo para el período
2015-2016 y no se presenta ninguna retroalimentación sobre el proceso de inserción laboral.
Otra falencia se encuentra al analizar los datos de los beneficiarios del Fondo Emprender y de
trabajadores colocados del SPE ya que se presenta solo un dato total general y no se identifica
a la población retornada.
Los mecanismos de seguimiento deberían contar con indicadores de gestión verificables y
los resultados deberían ser de acceso público, es posible que la información se esté circulando entre las entidades del CIR pero no con actores como el sector privado, trabajadores y la
academia que pueden contribuir con recomendaciones sobre la gestión de los retos y oportunidades de la inserción de la población retornada. A la fecha y según los informes de gestión
de las entidades no se hace un seguimiento y no se incluye la voz de otros actores. El tema de
la participación de la sociedad civil en la política se ha discutido concluyendo sobre la falta de
gobernanza (López Villamil, 2018).
Discusión
De lo anterior se desprenden tres hechos fundamentales: en relación con las actividades que
realizan las entidades según su competencia, la coordinación interinstitucional a nivel nacional y regional, y las expectativas de la población retornada al buscar los beneficios de la Ley
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de retorno. Esto se analiza a partir del marco teórico y, en particular, de la dupla migración y
desarrollo, este último entendido como desarrollo económico según lo visto en los programas.
Por un lado, el Ministerio del Trabajo está a cargo de las actividades de inserción laboral para
los retornados, y estas actividades se sustentan en el mejoramiento de la empleabilidad de las
personas y en el acceso a las vacantes disponibles en el aplicativo del SPE. Existen aspectos que
merecen una revisión especial para mejorar la efectividad de la participación esta población en
el mercado de trabajo, como el análisis de los perfiles ocupacionales en relación con la oferta de
vacantes en las ciudades a las que se retornan; la reconstrucción de redes sociales que faciliten
el acceso a las oportunidades laborales; la influencia del sexo y la edad en la calificación que
se hace de los candidatos a una vacante; y las expectativas de los retornados en relación a las
ocupaciones que se espera desempeñar, a la remuneración y a las condiciones laborales.
Por otro lado, el SENA, en cuanto al retorno productivo es consecuente tanto con el rol que
la entidad tiene a nivel nacional en materia de emprendimiento, como con la capacidad institucional en términos de formación, seguimiento y acceso a recursos. Que el SENA haya adecuado los requisitos para facilitar el acceso de la población retornada al Fondo Emprender refleja
que los programas se adaptan a las necesidades de la población retornada, pero dicho hecho
no garantiza que toda la población que se acoja a este tipo de retorno desarrolle una idea que
logre ser financiada en el marco del proyecto. Adicional al cumplimiento de los requisitos, se
requiere obtener superar la evaluación de la viabilidad del plan de negocios, y surtir el proceso
de la aprobación de recursos, estos factores no resultan sencillos para todos aquellos que están
buscando emprender.
Con respecto a temas de emprendimiento, la intervención de Cancillería resulta problemática ya que técnicamente la orientación de la entidad es la política exterior y migratoria más no
el desarrollo y acompañamiento de proyectos productivos. Por esta razón es que Cancillería
debe suscribir convenios con otras entidades, y aunque esto hecho incida en el aumento de los
recursos para financiar las ideas de emprendimiento, aumenta la complejidad en la coordinación interinstitucional toda vez que se trata de entidades que no participan de la CIR, ni de la
estrategia de emprendimiento, función del Ministerio de Comercio.
Aun cuando existe la Comisión, las Oficinas de Atención al Migrante, y las oficinas regionales del Ministerio del Trabajo, SPE y SENA, no existe un registro sistemático sobre los retos
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y buenas prácticas de la coordinación interinstitucional a nivel nacional y regional. Tampoco
existe un mecanismo que permita entender la participación de otros actores que cuentan con
oferta de servicios para población retornada como la cooperación internacional, Colciencias y
Colfuturo, y no existe un vínculo claro entre la inserción laboral y productiva de los retornados
en los procesos de desarrollo regionales. A partir de ello, resulta problemático el acercamiento
que se hace al desarrollo económico desde la política pues no se hace una coordinación con las
políticas de desarrollo locales para la reintegración de los retornados al mercado laboral.
Las expectativas de los migrantes retornados siguen siendo uno de los temas más álgidos de
intervenir en los programas desarrollados en el país, más aún cuando la difusión sobre los beneficios de la Ley de Retorno no ha sido clara y no presenta en detalle los pasos que hay que surtir
para insertarse en el mercado de trabajo o para acceder a oportunidades de emprendimiento en
el país.
Este panorama institucional se complementa con las barreras que encuentran los colombianos retornados para su inserción en el mercado laboral y que se desprenden del trabajo de
Prieto-Rosas (2017) en el país. Las barreras se resumen en seis:
“1) el desajuste entre demanda y oferta; 2) la edad avanzada de los retornados; 3) las trabas
que encuentran para acreditar la experiencia y los saberes adquiridos en el extranjero; 4) la
ausencia de certificados y cartas de referencias que les permitan probar la experiencia laboral
previa; 5) el desajuste entre lo que se paga en el extranjero y lo que se paga en Colombia por las
tareas de baja cualificación, y 6) la conciliación familia-trabajo para las mujeres” (Prieto-Rosas,
2017, p. 24)
La identificación de estas barreras le permite a los formuladores de política desarrollar a su
vez soluciones para la inserción de la población retornada en el mercado laboral teniendo en
cuenta los factores estructurales anteriormente descritos entre los cuales destacan el desempleo
y la informalidad. El análisis de la política laboral de retorno de migrantes en Colombia da
solamente algunas pistas sobre cómo podría estar fundamentada en el desarrollo económico
de las comunidades de acogida de los retornados. La institucionalidad relacionada con el tema,
al carecer de coordinación, además de la falta de información para los retornados suponen un
desafío mayor para su implementación.

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5.- CONCLUSIONES
Al regresar a Colombia, los retornados se encuentran con múltiples barreras para insertarse laboralmente o para desarrollar un emprendimiento. Dichas barreras están asociadas con la falta
de información clara sobre las estrategias de orientación que se han desarrollado por parte de las
instituciones encargadas, con las condiciones estructurales del país en cuanto a la dinámica del
mercado de trabajo como son el desempleo y la informalidad, con el desconocimiento generalizado sobre el contexto del país y de la ciudad a la que retornan, y con los tiempos, requerimientos y conocimientos necesarios para diseñar e implementar una idea de negocio.
Aun cuando se han diseñado publicaciones, coordinaciones interinstitucionales y hojas de
ruta que guíen la inserción laboral y productiva de los retornados, es necesario contar con canales de comunicación diversos a través de los cuales se circule información permanente no solo
de las implicaciones de las políticas y programas de apoyo al retorno sino del contexto general
del país y de las dinámicas institucionales colombianas, reconociendo las implicaciones que
en términos de integración socio laboral pueden tener las expectativas con las que vuelven las
personas.
A partir de este tipo de iniciativas, se propende por facilitar el diálogo entre las diferentes
instituciones relacionas y la población retornada, para garantizar su participación en la construcción de las políticas y programas que les competen y contribuir así en la reconstrucción de
la confianza en las instituciones colombianas, factor que se relaciona con las razones que motivaron la emigración en un primer momento.
Ahora bien, la coordinación interinstitucional y la difusión de información entre las instituciones sobre las especificidades, oportunidades y necesidades de los retornados es un proceso
que debe seguirse mejorando. Adicional a los materiales y orientación que se realiza para esta
población, y a la interlocución entre las instituciones con competencia en el tema migratorio, es
fundamental insertar el tema migratorio y de retorno en las agendas nacionales y locales de desarrollo más allá de lo meramente económico. Es a partir de la consideración del ciclo migratorio como un fenómeno social que debe ser gobernado desde las diferentes políticas sectoriales,
que se pueden incidir en una mejor integración socioeconómica de la población facilitando la
transferencia de su conocimiento y de su capital humano con los procesos de desarrollo a nivel
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local. El intercambio de información entre entidades debe enfocarse a reconocer las iniciativas
implementadas y adecuar la oferta de programas al perfil de los retornados y las necesidades de
mercado o apuestas de desarrollo regionales.
Las políticas públicas deberían incluir un mecanismo de seguimiento y monitoreo que sea
retroalimentado por todas las instituciones a nivel nacional y local, que tienen incidencia en la
respuesta a la inserción laboral de la población retornada. A pesar de que existen iniciativas y
se difunde información sobre el avance de las políticas y de los mecanismos de coordinación,
es necesario construir un sistema de monitoreo con indicadores de gestión precisos que permitan evaluar la eficacia de las medidas que se toman en relación a la migración de retorno. Este
mecanismo idealmente y como mínimo, debería vincular a los representantes de los empresarios y de los trabajadores. Existen mecanismos tripartitos desarrollados por el Estado, como la
Subcomisión para el Diálogo Social Tripartito en Gestión Migratoria Laboral, que pueden ser
útiles para realizar este tipo de seguimiento.
La orientación ocupacional es una oportunidad única con la que cuentan los buscadores de
empleo y los retornados, y debe proponerse como una herramienta que permite a cada persona
facilitar su camino en el acceso a oportunidades de empleo y de emprendimiento. En este espacio se debería brindar información amigable y sencilla sobre la dinámica del mercado de trabajo
en la ciudad, salarios ofrecidos, participación por edad, nivel de cualificación y sexo, entre
otras. En este sentido, se plantea promover y acompañar la generación de redes de apoyo entre
los retornados no solo como una estrategia para mejorar la inserción laboral y productiva, en
tanto que se circula conocimiento sobre opciones locales, sino que además permite identificar
factores de resiliencia en el proceso de inserción e integración social (Anleu, 2016).
Ante un período sostenido de desempleo la orientación ocupacional debería ampliar las posibilidades de búsqueda en el mercado de trabajo de otras ciudades en el país que requieran las
competencias de las personas retornadas. La remisión o inclusión en una ruta de emprendimiento debe considerar el perfil emprendedor de la persona, la duración del período de formación y
la necesidad de contar con fuentes reales de financiación para llevar el proyecto a cabo. Propiciar la implementación de proyectos que se vinculen con las apuestas de desarrollo locales es
una de las tareas pendientes. Los proyectos de emprendimiento no solo deben ser vistos como
alternativa de sobrevivencia, sino como parte de procesos que incidan en la transferencia del
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conocimiento adquirido por los migrantes en el diseño de respuestas innovadoras a las necesidades de los contextos a los que se retorna.
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Os desafios da nova política migratória brasileira diante do fluxo migratório haitiano1
The Challenges of Brazilian Migration Policy in the Face of Haitian Migration Flow
Leonardo, Cavalcanti2
https://orcid.org/0000-0002-9592-3005
Lorena,Pereda3
https://orcid.org/0000-0003-2638-9571
Marília, de Macêdo4
https://orcid.org/0000-0002-0793-3650
Universidade de Brasília, Brazil
Tânia, Tonhati5
https://orcid.org/0000-0002-1841-977X
https://doi.org/10.29105/10.29105/pgc6.11-6 _____________________________________________________
Universidade Católica de Brasília, Brazil
_________________________________________________
RESUMO
Nos últimos anos, o Brasil tornou-se protagonista nos processos migratórios latino-americanos. Com o intuito de contribuir com esse debate, o
presente artigo faz um breve resgate das diversas políticas migratórias brasileiras adotadas do final do século XIX até os dias atuais. Ademais,
destaca as atuais respostas do Estado brasileiro ao caso específico da migração haitiana. Argumentamos que as políticas de gestão migratória
no Brasil transformaram-se ao longo dos anos, no início foram baseadas no modelo de abertura e assentamento, posteriormente securitização
e, nos dias atuais, abertura e acolhimento. O artigo tem como base o estudo qualitativo realizado no marco da pesquisa “Imigração e crise
econômica. As táticas migratórias de retorno e circularidade dos haitianos”. Essa pesquisa contou com análise de documentos oficiais (leis,
decretos, normativas, portarias) e trabalho de campo realizado com os haitianos em Brasília, Curitiba e Haiti entre 2018 e 2019. Foram realizadas vinte entrevistas semiestruturadas, e dois grupos focais. Os resultados do estudo revelaram, que a formulação de uma “nova” Lei de
Migração (13.445/2017), as Resoluções Normativas e as Portarias Interministeriais, permitiram a entrada regularizada dos imigrantes haitianos
no Brasil. No entanto, a construção de uma política pública de acolhimento ainda é insipiente. As regras de gerenciamento desse fluxo foram
implementadas, mas faltam políticas para acolhimento, acesso aos serviços públicos e de não discriminação. Esses são desafios pendentes para
os formuladores da política de migração no Brasil.
Palavras-chave: Brasil, Migração, Política de Migração.
RESUMEN
En los últimos años, Brasil se tornó protagonista de los procesos migratorios latinoamericanos. Para contribuir con ese debate, hacemos una
breve revisión de las políticas migratorias brasileñas adoptadas entre el siglo XIX y hoy. Además, destacamos las respuestas actuales del Estado
brasileño al caso específico de la migración haitiana. Así argumentamos que las políticas de gestión migratoria en Brasil se han transformado
a lo largo de los años, basándose primero en un modelo de apertura y asentamiento, luego de seguridad y, actualmente, de apertura y acogida.
El presente artículo se basa en la investigación “Inmigración y crisis económica. Las tácticas migratorias de retorno y circularidad de los haitianos” que contó con análisis de documentos oficiales y con trabajo de campo junto a migrantes haitianos en Brasilia, Curitiba y Haití entre
el 2018 y 2019. Fueron realizadas veinte entrevistas y dos grupos focales. Los resultados revelaron que la formulación de una “nueva” Ley de
Migración (13.445/2017), de Resoluciones Normativas e Interministeriales permitieron la entrada regularizada de los migrantes haitianos a
Brasil. No obstante, la formulación de una política pública de acogida aún es insipiente. Las reglas de gerenciamiento fueron implementadas
pero hacen falta políticas de acogida que permitan el acceso a servicios públicos y de no discriminación. Esos son los desafíos pendientes para
los formuladores de la política migratoria brasileña.
Palabras clave: Brasil, migración haitiana, política migratoria.
ABSTRACT
In recent years, Brazil has become a protagonist in Latin American migration processes. This article contributes to Latin American debate
in migration by briefly reviewing several Brazilian migration policies adopted from the end of the 19th century to the present day. Furthermore,
it highlights the current responses of the Brazilian State to the specific case of Haitian migration. We show how migration policies have been
transformed over the years. Changing from the model of openness and settlement to securitization and, today, openness and “welcome.” The
article is based on qualitative study named “Immigration and economic crisis. The migratory tactics of Haitians’ return and circularity.” This
research included analysis of official documents (laws, decrees, regulations, ordinances) and fieldwork carried out with Haitians in Brasília,
Curitiba and Haiti between 2018 and 2019. Twenty semi-structured interviews were conducted and two focus groups. The study revealed that
the formulation of a “new” Migration Law (13,445 / 2017), the Normative Resolutions and ordinances have allowed the regular entry of Haitian
immigrants into Brazil. However, the “welcome” policies are still incipient. The rules for managing migration flows into Brazil have been implemented, but still lack policies for accessing public services and to prevent discrimination. These are challenges for policy makers in Brazil.
Key-words: Brazil, Haitian migration, migration policy
Recibido: 28 de Abril 2019 - Aceptado: 14 de Agosto 2019 - Corregido: 18 de Noviembre 2019
Cómo referenciar este artículo:
Cavalcanti, L., Pereda, L., de Macêdo, M., &amp; Tonhati, T. (2020). Os desafios da nova política migratória brasileira diante do fluxo migratório
haitiano. Politica Globalidad y Ciudadanía, 124-145. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/130

1
Artículo de revisión derivado del proyecto de investigación: Imigração e crise econômica. As táticas migratórias de retorno e circularidade dos haitianos.
2
Professor da Universidade de Brasília (UnB) e Coordenador Científico do Observatório das Migrações Internacionais – OBMigra.
Email: leonardocavalcanti@unb.br.
3
Mestra do Departamento de Estudos Latino-americanos (ELA/UnB) e pesquisadora do Observatório das Migrações Internacionais
– OBMigra. Email: lorena.obmigra@gmail.com.
4
Mestra do Departamento de Estudos Latino-americanos (ELA/UnB) e Coordenadora Executiva do Observatório das Migrações
Internacionais – OBMigra. Email: marilia.obmigra@gmail.com.
5
Doutora pela Universidade de Londres, em Sociologia e pesquisadora do Observatório das Migrações Internacionais. Professora da
Universidade Católica de Brasília (UCB)– OBMigra. Email: taniatonhati@gmail.com.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
ISSN 2395-8448. 124-145. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/130

�Para além da Nova Lei de Migração...

125
1.- INTRODUCÇÃO
Os discursos sobre a globalização difundido a partir dos anos 1980 traziam consigo a ideia de livre movimento. Para
Martinez e Stang (2005), este movimento se dá para “una serie de factores, como capital, bienes y tecnología” (p. 63).
No entanto, a movimentação de pessoas pelo globo ainda é restrita às lógicas das soberanias dos Estados, que formulam suas políticas migratórias influenciadas pelas relações unilaterais, monopólicas e excludentes, características do
fenômeno da globalização neoliberal (Baganha, 2001).
Nas últimas décadas houve uma mudança significativa nos padrões de deslocamento migratório. Países, como o
Haiti, localizado geograficamente no hemisfério Norte, mas que epistemologicamente pode ser categorizado como
pertencendo a um sul global (Santos e Meneses, 2010), tem visto seus cidadãos emigrar para países da América do Sul.
Essa região vem se tornando um “espaço emergencial” de migração, o que levou a uma ampliação do debate sobre
políticas migratórias.
Tendo em vista a chegada desses novos fluxos migratórios na região, analisaremos o caso do Brasil, especificamente
as respostas do Estado brasileiro frente à migração haitiana, que marcou a retomada do país como receptor de imigrantes (Baeninger e Peres, 2017). Com isso, pretendemos avaliar o alcance da política migratória nacional, a partir dos seus
aspectos positivos bem como suas limitações.
O argumento central deste artigo é demonstrar que o Brasil tem mantido uma produção de políticas de gestão de
fluxos migratórios mesmo antes da Lei de Migração (13.445/2017), através das Resoluções Normativas e das Portarias
Interministeriais editadas pelo Conselho Nacional de Imigração (CNIg). Órgão esse que por muitos anos manteve um
papel essencial para a regulamentação dos imigrantes no país. No entanto, ao analisarmos as etapas posteriores a da
chegada dos imigrantes haitianos ao país, tornou-se evidente o déficit nas políticas de acolhimento e integração. Procuramos demonstrar que as políticas de acolhimento e integração não apresentam o mesmo ritmo de formulação das
normativas de gestão de fluxo imigratório.
O artigo divide-se em quatro partes, sendo a primeira a apresentação do marco teórico sobre governabilidade e política migratória. Na segunda parte, descrevemos a metodologia utilizada, procedimentos e instrumentos de pesquisa. Já
na terceira seção analisamos as informações e dados recolhidos, dando ênfase na resposta do Estado brasileiro ao caso
da imigração haitiana. Por último, apresentamos nossas considerações finais.
2.- FUNDAMENTAÇÃO TEÓRICA
Desenvolvimento do trabalho: Estado como formulador de políticas migratórias
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
ISSN 2395-8448. 124-145. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/130

�Cavalcanti, L., Pereda; L., De Macêdo, M. &amp; Tonhati, T

126
O debate no campo das migrações internacionais voltou a ganhar destaque no Brasil nas últimas
décadas mediante a complexidade e proporção do fenômeno migratório. Para Sayad (1998) as
migrações são processos desafiadores, pois questionam diversos âmbitos da vida social, sendo base para inovar, fortalecer e desenvolver políticas diversas. Nessa linha, para Jarochinski
(2017) às migrações, em primeiro lugar, podem ser entendidas como processos, que desafiam os
Estados na determinação de prerrogativas soberanas, que permitem - ou não - o ingresso de não
nacionais no território. Nesse sentido, para o país que recebe o imigrante esse “‘nasce’ nesse dia
para a sociedade que assim o designa” (Sayad, 1998, p. 16). As prerrogativas de soberania dos
Estados geralmente se traduzem nas políticas migratórias. O Estado por deter o monopólio dos
meios e mecanismos legítimos sobre o seu território e cidadãos pode guiar os deslocamentos
(Reis, 2004, p. 150).
Em termos de gestão migratória, as políticas nacionais, muitas vezes, moldam-se pela dinâmica do “sistema internacional de Estados” (Siciliano, 2013, p. 9), ou seja, vão depender “[...],
sobretudo, da condição do país emissor ou do país receptor de migrantes” (Siciliano, 2013, p.
25). Assim, “as condições dos Estados de origem também influenciam a forma em que os Estados de destino dão proteção aos estrangeiros” (Pacheco, 2017, p. 281). Nesse sentido, como
demonstra Peixoto (2007) e Brown-Gort (2016), nos seus estudos sobre regimes migratórios,
a governança migratória, não é imutável, pelo contrário modifica-se devido às singularidades
dos fluxos, como por exemplo, o volume ou características sociodemográficas dos próprios
migrantes.
Dentre os autores que relacionam as formas de gestão dos fluxos migratórios, Mármora
(2002) propõe três modelos de governabilidade migratória. O autor demonstra que há: 1) um
modelo de securitização, voltado ao controle rígido das fronteiras, a segurança nacional, ao
equilíbrio dos mercados laborais e a visão do imigrante como ameaça ao bem-estar social da
sociedade receptora. Esse modelo concentra-se no controle de entrada e saída de migrantes e as
políticas de acolhimento e integração do migrante está diretamente relacionada com a situação
migratória desses.
O segundo modelo é nomeado de 2) benefícios compartilhados. Esse formato de governabilidade migratória fomenta a criação dos acordos, da integração e do “desenvolvimento
conjunto” entre a sociedade emissora e receptora, objetivando uma migração regular e segura.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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�Para além da Nova Lei de Migração...

127
Nesse modelo prevalece a busca da integração do migrante pelo direito à diferença cultural.
Finalmente, o terceiro modelo 3) desenvolvimento humano, nesse a migração é considerada
como um processo decorrente do desenvolvimento e não como uma consequência de subdesenvolvimento (Castles, 2004). Assim, dentro deste modelo “consideram-se os direitos da pessoa
migrante como o centro de toda política migratória” (Mármora, 2002, p. 77). O autor ressalta
que estes modelos são tipos ideais (Em alusão a construção Weberiana de tipos ideais, o termo
nos serve de recurso analítico e interpretação) que podem acoplar-se indistintamente.
Dependendo dos modelos de governabilidade, as políticas de gestão migratória poderão ser
de cinco formatos: 1) de regulação, restringindo ou canalizando os deslocamentos. 2) de promoção, fomentando a entrada voluntária dos imigrantes através de informação, créditos, assistência econômica de transporte, e vinculação com programas de migração seletiva. 3) de incorporação migratória, caracterizada pelo fomento de programas de inserção e assistência social.
4) de retenção, com o objetivo de gerar situações que mantenham à população imigrante na
sociedade receptora e evitem seu deslocamento. Este tipo de políticas costuma estar vinculada
à geração de emprego, diminuição de brechas de desenvolvimento, protecionismo comercial,
etc. 5) e de recuperação, diretamente relacionadas à repatriação física do imigrante. Todos
estes tipos de políticas podem complementar umas às outras, não necessariamente são opostas
(Mármora, 2002).
Outra forma de categorizar as políticas de gestão migratória foi elaborada por Freeman
(1995 citado en Zolberg, 1999, p. 86). Ele propõe uma tipologia para os Estados receptores. A
primeira é chamada “settler societies”, que incentiva o acolhimento e assimilação dos imigrantes (denominados positive folklore). A politica migratória deste tipo de sociedade é formulada
por instituições com experiência em imigração. O segundo tipo seria, “guest-workers”, nesse
caso há um interesse em um grupo de pessoas para realizar alguma atividade laboral específica.
Finalmente, teria o terceiro tipo “new countries of immigration”. Diferentemente das anteriores, este tipo de sociedade caracteriza-se pela transição de uma sociedade de emigração para
de imigração. Por essa razão, a procura da regularização da imigração mediante leis e procedimentos administrativos seria estabelecida mantendo uma relação de ajuda e irmandade com
os imigrantes, com o objetivo de garantir residência, permissões de trabalho, direitos civis,
políticos e sociais.
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Assim, podemos nos perguntar em qual desses modelos de gestão migratória o Brasil mais
se enquadra nos últimos anos?
Como os próprios autores afirmam as tipologias apresentadas são guias de análise, pois
dificilmente um país irá se enquadrar em um único modelo de gestão dos fluxos migratórios.
Assim, tomamos elas como guias de análise para esse artigo. Veremos mais adiante no texto,
que às tipologias apresentadas terminam se relacionando.
Ao longo do século XX e primeira década do século XXI, o Brasil teve diferentes formas
de gestão migratória. No início de século XX incentivou a vinda de imigrantes, e na década de
1980 e 1990 tornou-se um país de emigrantes, sendo o número de brasileiros vivendo no exterior maior que o número de imigrantes no país (Patarra, 1995). Já a partir dos anos de 2010, com
a chegada do fluxo migratório haitiano o Brasil viu-se, mais uma vez, como um país receptor,
que tinha uma legislação atrasada para lidar com a dinâmica desses novos fluxos migratórios.
Nesse sentido, surgem diversos debates nas esferas governamentais, acadêmicas e da sociedade
civil sobre a necessidade de mudar a política migratória interna. Tais mudanças têm sido realizadas ao longo desses últimos anos, vamos agora demonstrar dentro desse processo, os paradoxos das formas de governabilidade da gestão migratória brasileira atual.
3.- MÉTODO
Esse artigo é fruto de análises realizadas no projeto “Imigração e crise econômica. As táticas
migratórias de retorno e circularidade dos haitianos”. Tal projeto de pesquisa foi realizado pelo
Laboratório de Estudos sobre Migrações Internacionais (LAEMI) do Departamento de Estudos Latino-Americanos (ELA) da Universidade de Brasília (UnB) com apoio da Fundação de
Apoio à Pesquisa do Distrito Federal (FAP-DF) em conjunto com a Universidade Federal do
Paraná (UFPR). O escopo geral do estudo foi analisar as respostas dos haitianos à crise econômica brasileira.
A pesquisa foi de ordem qualitativa. Primeiramente, foi realizada análise bibliográfica e
secundária nas leis migratórias e em documentos oficiais (decretos e normativas). Após a análise dos dados secundários, foi realizado trabalho de campo junto aos imigrantes haitianos na
cidade de Curitiba, entre os dias 03 e 13 de agosto de 2018, e na cidade de Brasília, onde as
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entrevistas se deram entre os anos de 2018 e 2019, conforme íamos entrando em contato com
os participantes em função da sua disponibilidade. Em Curitiba contamos com um total de vinte
e nove participantes (vinte homens e nove mulheres) e em Brasília com dezesseis participantes
(catorze homens e duas mulheres). Para além das entrevistas semi-estruturadas, também foram
realizados grupos focais (um em cada cidade) com os imigrantes haitianos nas universidades
mencionadas. Ademais, foram realizadas entrevistas no Haiti, nas cidades de Porto Príncipe,
Petionville e Jacmel, entre os dias 18 de agosto a 01 de setembro de 2018, e 27 de setembro e
09 de outubro de 2018. No total entrevistamos um total de 19 participantes (treze homens e seis
mulheres).
Estes instrumentos foram aplicados a homens e mulheres haitianos maiores de 18 anos,
seguindo o critério de heterogeneidade e acessibilidade, recorrendo também à técnica da bola
de neve quando necessário. Os nomes apresentados neste artigo são fictícios para o respeito da
identidade dos participantes.
4.- RESULTADOS
Um breve histórico sobre a gestão da política migratória no século XIX e XX: abertura e fechamento.
Com a crise do setor produtivo e a diminuição progressiva da mão de obra escrava, as primeiras
migrações para o Brasil no século XIX, foram instrumento para a colonização e (re) povoamento das terras brasileiras desocupadas do meio rural. As migrações desse período também
eram de interesse da elite política e econômica, que visava um “projeto civilizatório” e de nação
priorizando a busca de indivíduos brancos considerados mais capazes para o trabalho (Cervo e
Bueno, 1992; Azevedo, 2012; De Cequeira, 2000; De Oliveira, 2016). Como resultado dessas
diretrizes, a Lei de Imigração de 1890 em seu 1º artigo limitava a entrada a,
[...] indivíduos válidos aptos para o trabalho, que não se acharem sujeitos á acção criminal
do seu paiz, exceptuados os indigenas da Asia, ou da Africa que sómente mediante autorização do Congresso Nacional poderão ser admittidos de accordo com as condições que
forem então estipuladas.

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Foi através do Decreto nº 5.285 de 28 junho de 1890, que se regularizou a força de trabalho de imigrantes no Brasil. O Estado brasileiro era o responsável pelo pagamento integral
das passagens de vinda destes imigrantes, da proteção dos trabalhadores pelos primeiros seis
meses decorrentes após a chegada em terras brasileiras (Art. 12), da transferência até outras
localidades dentro do território nacional, da facilitação da compra de propriedades, para iniciarem seu próprio cultivo como ferramentas e meios de subsistência para até nove meses (Art.
25). Inclusive responsabilizava-se pelo repatriamento de viúvas e órfãos de imigrantes do sexo
masculino, e de imigrantes que por consequências de desastre sofrido no ambiente de trabalho,
ficassem “inutilizados” nos termos do decreto (Art. 17, parágrafo 2º).
As políticas migratórias brasileira desse período tiveram um pouco de cada modelo de gestão citados acima: caracterizaram-se pela promoção da imigração em grande escala, porém sem
deixar de ser planejada e regulada, pois as políticas promoviam a chegada de imigrantes e o
faziam controlando suas características. A maioria dos trabalhadores eram europeus, principalmente, da península ibérica e da Itália. Uma vez que, enquadrados no perfil “desejado” eram
dadas aos imigrantes algumas garantias e benefícios, que de alguma maneira incorporavam e
mantinham o imigrante na sociedade brasileira. Ademais, essas políticas assumiram a responsabilidade de repatriação, mesmo que em situações específicas, o que demonstra a preocupação
pela recuperação do imigrante retornado ao país de origem.
No entanto, as políticas migratórias de abertura e acolhimento aos imigrantes tinham seus
dias contados. Com o fim da 1º Guerra Mundial em 1914, muitos imigrantes começaram a
reivindicar melhores condições de trabalho, emancipação política e a cidadania brasileira. Isso
atemorizou as elites brasileiras, fato que contribuiu para que os imigrantes passassem de “desejados” para “indesejados”. Tal fato levou a transformações na política migratória. A atração e
facilidades foram diminuindo e as políticas se restringindo.
Na Era Vargas (1930-1945), como consequência da implementação de uma política econômica externa protecionista, a política migratória tinha o objetivo de regular “[...] as condições
do imigrante, as quotas de entrada e sua determinação, as cartas de chamada e a concentração
e assimilação dos alienígenas” (Relatório Ministerial do Trabalho, Indústria e Comércio, 19351947). Tal projeto traduziu-se na Constituição de 1934 – e reforçou-se na de 1937, com a
criação de órgãos para um maior controle do ingresso de imigrantes no território nacional. (De
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1938 a 1944 foram criados o Departamento Nacional de Imigração, a Delegacia dos Estrangeiros e a Divisão de Polícia Marítima, Aérea e de Fronteira. Inclusive o Departamento de Ordem
Política e Social (DOPS/SP), foi o órgão responsável pela emissão de visto, da fiscalização,
entrada, permanência e saída de imigrantes (Correa, 2008)
Ainda no governo Vargas, principalmente, pela associação da mão de obra imigrante com
movimentos sindicalistas de orientações socialistas e anarquistas (Fausto, 1976; Dean, 1971;
Rodriguez, 1969) e pela “caça ao comunismo” na região, a imigração passou a ser uma “ameaça”
marcando o início de uma política migratória voltada para a Segurança Nacional. Em 1968, ratificou-se a Convenção Internacional sobre a Eliminação de Todas as Formas de Discriminação
Racial, adotada pela Resolução nº 2.106-A da Assembleia das Nações Unidas em 21 de dezembro de 1965. Entendia-se como discriminação racial qualquer “distinção, exclusão, restrição ou
preferência baseada em raça, cor, descendência ou origem nacional ou étnica”. Ao ratificar essa
convenção, o Brasil buscou fortalecer uma imagem de que o país era uma “democracia racial”
(Fernandes, 2008), ou seja, que era um país, que acolheria diferentes etnias de forma igualitária
e amistosa. Na prática, a ratificação de tal convenção e a “democracia racial” não ocorreu. Entre
os anos de 1967 e 1969 o modelo de securitização e discriminação de alguns grupos de imigrantes passou a prevalecer. Os Decreto-lei, nº 314 e nº417 foram implementados e dispunham
sobre a expulsão de estrangeiros considerados nocivos à ordem pública.
A pauta de restrição se manteve durante a década de 1970. E, na década de 80, com a Lei
nº 6.815, de 19 de agosto de 1980, conhecida como o Estatuto do Estrangeiro, que regulava os
direitos e deveres dos imigrantes, sendo a vigilância e o controle as bases do estatuto. Encerrado
o Período de Ditadura Militar no país (1964-1985) o Estatuto do Estrangeiro converteu-se no
único dispositivo legal a regular a migração no Brasil.
Em suma, com base na análise de alguns dos principais documentos oficiais da política migratória no Brasil, do final do século XIX e início do XX, observamos que a gestão da migração
no Brasil variou entre o modelo de “benefícios compartilhados” e “securitização”, segundo
a categorização de Mármora (2002). Em um primeiro momento, a gestão migratória focou no
processo de chegada dos imigrantes, promovendo a chegada regulada e o assentamento. Já do
final da década de 1930 em diante, as políticas migratórias se tornaram mais restritivas e selecionavam os imigrantes. Nesse momento, prevaleceu uma gestão voltada para a securitização,
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criando um imaginário do imigrante como sendo uma ameaça ao país e a soberania nacional.
Durante aproximadamente setenta anos o país estagnou-se no modelo de securitização. Será
apenas a partir de 2010 que o Brasil retoma os debates sobre a gestão dos fluxos migratórios, devido à chegada de novos fluxos migratórios ao país, como por exemplo, o coletivo haitiano. Os
novos fluxos demandaram respostas inovadoras do Estado brasileiro, como veremos a seguir.
A chegada da migração haitiana no Brasil e a nova gestão da política migratória brasileira
A emigração haitiana tem se dirigido tradicionalmente para os Estados Unidos, Canadá, França,
Guiana Francesa e aos países vizinhos do Caribe, como República Dominicana (Audebert,
2017). O Brasil tornou-se um importante destino dessa diáspora após o terremoto de 2010 e as
subsequentes crises que assolaram o país, como por exemplo, no mesmo ano o surto de cólera,
que matou mais de 8.000 pessoas. E, ainda, em 2012, os furacões, Issac e Sandy, que destruíram
a produção agrícola, principal fonte de recursos econômicos da população (Handerson, 2015;
Fernandes e Castro, 2014).
Segundo Tonhati (2016 et. al), os imigrantes haitianos utilizaram diferentes formas de mobilidade para chegar e se registrar no Brasil. Os autores identificaram que a entrada e permanência
no país ocorreu através do uso de: 1) visto por razões humanitárias expedidos nos consulados
brasileiros, especialmente em Porto Príncipe e Quito; 2) Solicitação de refúgio, principalmente daqueles imigrantes que entraram pelo Estado do Acre, e 3) Autorizações concedidas pelo
Conselho Nacional de Imigração (CNIg). Essas foram as principais formas encontradas para a
formalização desses imigrantes em território nacional.
Diante de um fluxo migratório contínuo, adentrando ao país de diferentes formas, o governo
brasileiro viu-se pressionado a criar políticas específicas para acolhê-los. Coube ao Conselho
Nacional de Imigração (CNIg) avaliar a possibilidade de autorização da concessão dos vistos de
residência permanente por razões humanitárias. Assim, promulgou-se a RNº 97 de 12/01/2012,
que dispunha sobre a concessão do visto permanente previsto no art. 16 da Lei nº 6.815, de 19
de agosto de 1980, por razões humanitárias aos nacionais do Haiti. As razões humanitárias para
efeito desta Resolução Normativa foram “aquelas resultantes do agravamento das condições de
vida da população haitiana em decorrência do terremoto ocorrido naquele país em 12 de janeiro
de 2010.” (CNIG, 2012). A promulgação dessa resolução possibilitou regulamentar os haitiaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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nos, que já estavam no país e o ingresso daqueles que desejassem migrar para o Brasil.
O Brasil, portanto, passou a adotar uma política migratória não excludente e flexível. A migração haitiana fez com que fosse necessário um desdobramento de medidas, ações e políticas
públicas para adequar o Brasil a esses novos fluxos. Tal fato intensificou os debates sobre a
necessidade de uma nova Lei de Imigração.
A Lei de Imigração (nº 13. 445/2017) trouxe diversos elementos inovadores como, por
exemplo, o tratamento humanitário dos imigrantes, a institucionalização da política de vistos
humanitários e a instituição do repúdio à xenofobia e ao racismo. Essa lei afastou a gestão
migratória brasileira do modelo de securitização e o aproximou mais do modelo de “desenvolvimento humano” (Mármora, 2002).
Outra medida importante para a gestão da política migratória brasileira foi a Portaria Interministerial nº 10, de 6 de abril 2018.Essa através da publicação da “dispõe sobre a concessão do
visto temporário e da autorização de residência para fins de acolhida humanitária para cidadãos
haitianos e apátridas que residam naquele país.” (Brasil, 2018).
A Lei de Migração (nº 13. 445/2017) e a portaria Interministerial nº 10 demonstram como o
estado brasileiro, de forma contínua, realiza adequação na sua política migratória. Essas medidas são evidências de que o Brasil superou o modelo restritivo, e busca adotar um modelo de
gestão dos fluxos migratórios baseado na abertura e entrada regularizada. O Brasil, portanto,
procurou se posicionar como um Estado receptor de imigrantes do tipo “new countries of immigration” (Freeman, 1995 citado en Zolberg, 1999, p. 86).
Entretanto, apesar das novas medidas, leis, regulamentações a formulação de políticas
para o subsequentemente processo de acolhimento e integração dos imigrantes na sociedade
brasileira ainda apresenta lacunas e desafios.
Desafios pendentes da política migratória brasileira
Dentre os desafios pendentes da política migratória brasileira foram achados pelo presente estudo: 1) falta de medidas de prevenção das ações de atravessadores (coiotes); 2) a falta de preparação nas cidades de fronteiras com o Peru, a Bolívia e a Colômbia, para o acolhimento desses
fluxos, que continham um número grande de pessoas e 2) a falta de políticas para o processo
posterior à entrada dos imigrantes.
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O visto humanitário concedido pelo governo brasileiro facilitou a chegada regular para os
imigrantes haitianos. No entanto, não houve nenhuma política que cuidou de criar medidas para
prevenir as ações dos atravessadores - conhecidos como coiotes, dos próprios agentes migratórios ou policiais de fronteira. Os entrevistados relataram que muitas das vezes tiveram que
recorrer aos coiotes ou de fazer pagamentos nas fronteiras para chegarem ao Brasil. Foyamo
(Brasília, 2018) relembra que era frequente coiotes e policiais pedirem subornos para o transporte de uma fronteira a outra.
Você passa a primeira barragem, com o policial, que não são muitos, mas nesse ônibus
passou fazendo um checape viu que tem uma pessoa, que o visto dele não tá legal, você
vai ter um problema grande, porque, como que foi meu caso, meu visto tinha um mês
vencido. Nesse posto, eu não posso passar isso é o normal, tem que entrar no SAIME
(Serviço Administrativo de Identificação, Migração e Estrangeria (SAIME), instituição
do governo venezuelano), que é a migração deles para pegar o visto, mas naquele posto,
você só paga eles para passar, e esse mesmo soldado que você paga aqui, 2 ou 3 já pegam
a moto, vão lá na frente esperar você. Então uma viagem de 12 horas, você vai passar
dois dias, porque você passa desse posto, paga para eles, tem alguns que deixam o posto
para esperar você na frente de novo.
Já Rachel (Haiti, outubro 2018), recorda como os abrigos de acolhida para os imigrantes
eram improvisados e a infraestrutura não dava conta das necessidades básicas dos mesmos. Diz
ela:
No dia que eu cheguei, eu cheguei de manhã porque quando a gente chegou lá era umas
3h da manhã, daí umas 5h a gente chegou lá, aí quando eu cheguei meu deus eu comecei
a chorar porque eu vi um monte de gente deitada no chão no colchão. Ai eu falei aonde
é que eu vou dormir? Aí eu chorei, chorei, chorei, e falava como eu ia deixar meu país,
minha casa, minha cama, pra poder dormir aqui, que eu não tava passando fome no meu
país e aí eu falei me empresta um telefone pra poder ligar pra minha mãe, não conseguia
achar um celular, falando creóle com o pessoal, né? [...] Aí eu peguei e liguei pra minha
mãe e falei que não tinha nenhum lugar pra gente tomar banho porque era assim, eles
usavam cortinas de plásticos pra você ficar atrás e tomar banho.
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Assim a acolhida dos imigrantes haitianos ficou predominantemente sob a responsabilidade de entidades da sociedade civil e em menor medida das prefeituras ou estados federativos.
Como relata Amelie, (Curitiba, mês, ano):
No final de 2010 eu comecei o trabalho junto com pastoral, com acolher migrante e tava
pouca gente. E 2011 começam vir bastante, bastante pessoal do Haiti e a gente tem que
dar todos os auxílios: aula de português, casa para morar, comida, tudo, tudo a gente
tem que correr atrás. [...] E vamos correr atrás para conseguir este sonho. Não só a associação vai dar auxílio para as pessoas encontrar trabalho, comida, mas a cabeça precisa
comer também, e é lá que a gente junto com a Casa Latino-americana a gente começa a
trabalhar com aula de português, e aula de português na universidade federal
Em outras entrevistas também foram mencionadas as pastorais, associações religiosas (Destacam-se entre elas: Conectas Direitos Humanos, Missão Paz, Cáritas Arquidiocesana de São
Paulo, Centro de Referência de Acolhida para Imigrantes de São Paulo - CRAI/Sefras, Centro
de Estudios Legales y Sociales (CELS), Instituto Terra, Trabalho e Cidadania (ITTC), Instituto
Migrações e Direitos Humanos (IMDH) e o Centro de Direitos Humanos e Cidadania do Imigrante (CDHIC), entre outras) e ONGs que administravam os abrigos, providenciaram aulas de
português, assistência jurídica, e direcionamento para o mercado de trabalho formal tendo em
vista que os imigrantes haitianos com o visto humanitário podiam obter carteira de trabalho.
Nessa linha, a emissão de carteiras de trabalho e contratações no mercado de trabalho formal
para este contingente migratório no Brasil tem seguido uma tendência crescente, sendo registrado de 2010 até 2017, um total de 95.497 nacionais do Haiti (OBMIGRA, 2018). E a maior
movimentação no mercado de trabalho apesar da forte recessão econômica brasileira de 2015
(Cavalcanti et al, 2018).
Não obstante, observamos que ter o direito a permissão de trabalho legal no país não garantiu um tratamento justo aos haitianos, que relataram diversos casos de discriminação e racismo
no âmbito laboral, o que apareceu em nosso estudo como sendo o terceiro ponto pendente de
ações e um desafio para a política migratória brasileira: Em entrevistas os imigrantes haitianos
relataram a suas dificuldades de inserção e crescimento dentro do mercado de trabalho. Eles relacionaram tal fato a questão racial. Como argumenta Serch na sua entrevista (Curitiba, agosto
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2018)
Eu tô há cinco anos no Brasil. Já fiz um curso de eletrônica aqui. Eu nunca [estive] fora
da escola. E eu tô fazendo mais um de eletrônica. Eu sempre estou estudando. Olha, esse
aqui é o curso que eu tô fazendo (mostra uma pasta repleta de diplomas e certificados).
Eu estou sempre estudando [...] Chegou aqui no Brasil você vai lá ver, em cem empresas,
você vai ver o cargo dos haitianos. Trabalha só na produção, limpeza... Por exemplo, eu
cheguei no Brasil. Eu tenho um estudo [de] cinco anos na economia... Onde eu trabalhava eu cheguei com um diploma de economia. Já tinha uma experiência de quatro anos
através da ONG que eu trabalhava lá no Haiti com cargo responsável. Eu não vou pedir
pros brasileira “aceita meu diploma”. Eu cheguei no Brasil [e] tudo bem. Eu fiz um curso de solda, eu comecei a trabalhar como soldador. Eu fiz um curso de dois anos. Meu
auxiliar, pessoa brasileira que trabalha como auxiliar meu, fez um curso de ferramentaria seis meses. Na minha cara ele já passou. Uma área de ferramentaria, que tem mais
conforto. Tudo bem. A empresa deu e eu não vou pedir favor pra ninguém. Tudo bem. Mas
isso também prova uma coisa: porque eu [que] tenho um estudo de dois anos... eu tenho
um monte de certificado na área de metalúrgico, curso soldador... um monte eu fiz. Eu
nunca parar de estudar [e] pessoa só me deixava como soldador? Eu fiz mais um, iniciei
mais um [e] a pessoa fica só me olhando. Mesmo que eu tivesse levado o diploma lá, nada
aconteceu. Eu vi pessoa lá, qualquer brasileiro que fazem cursinho já passava prá frente,
um cargo mais. Isso tem uma definição prá mim. Isso é uma coisa que vale. Porque nós,
haitianos que vem pro Brasil, vem pra trabalhar. É isso que qualquer pessoa fala na rua:
‘povo trabalhador’, ‘negão gente boa’. É isso, isso é a literatura de nós.
Esse depoimento de discriminação se reforça com as experiências de racismo sofridas por
outros imigrantes entrevistados. Venala, (Curitiba, em agosto 2018), que trabalhou em uma
empresa de comida “fast-food” relatou:
E eu lembro uma vez que eu tava o patrão que tava no plantão e me deixava quase um
mês na chapa, eu ué como assim que eu já tinha quase sete meses na empresa e o pessoal
que vinha depois de mim sempre fica na entrega, no caixa e no caixa você não precisa
falar muito porque a pessoa só fala o pedido e você faz o pedido na tela, é bem fácil, daí
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eu já sabia fazer de tudo, daí eu fiquei não entendo, porque? Mas eu não perguntei pra
ele, daí eu fiquei assim será, daí teve um cara, colega de trabalho, aí eu falei “porque só
eu que tenho que ficar na chapa?”, porque ficar na chapa é ruim, você queima todo dia,
ai ele falou “ah, porque você é negra, sua pele agüenta mais, eu sou branca, não posso
ficar na chapa.
Esses tratamentos discriminatórios e racistas levaram alguns imigrantes haitianos a retornarem ao Haiti. Sanité (Haiti, mês 2018), por exemplo, preferiu priorizar a qualidade de vida emocional das suas filhas, que no Brasil poderiam sofrer diversas formas de preconceitos. Ela disse:
[...] você vai no supermercado e um vigilante te segue, teve um momento que eu segui o
vigilante também, aí ele entrou e eu fui lá falar “qual o problema? porque que o vigilante
está me seguindo?” “Ah, mas você tem certeza?” “Sim tenho certeza, não sou só eu,
várias pessoas que tem a mesmo cor do que eu, falaram a mesma coisa”, [...] eu estava
falando e andando e as meninas que estão na escola, ah não, eu falei as minhas filhas
vão crescer pensando que são gente de segunda categoria, não quero isso, não vou ficar
no Brasil de jeito nenhum. A gente fez os nossos caminhos, a gente cumpriu os nossos
deveres, fiz o doutorado na dor [...].
Para além do espaço do trabalho, os imigrantes haitianos entrevistados relataram sofrer com
tratamento discriminatório dentro da universidade e nos postos de saúde. Alguns relataram o
trato de professores que não tomavam consideração a diferença de idioma e o ritmo da aula,
embora seja evidenciado nas falas mediante a comparação entre experiências nas diferentes
cidades brasileiras. Como podemos ver na fala de Jack (Brasília, 2019).
Então eu já tenho essa vivência, com professores da PUC e os professores daqui. É, na
PUC, tem grande diferença, o acolhimento, enfim, você sente que o professor se importa
mais com você e eu não sei se é porque os professores tem mais disponibilidade, ou se é
porque tem uma turma, enfim, turmas que eles tem mais controle e tal. Mas aqui, dá pra
ver que o contato com os professores é muito pouco, quase inexistente. Uma coisa que
eu percebi, por exemplo, quando eu tava na PUC, já os professores, a grande maioria
dos professores, sabia no mínimo o nome de grande parte das pessoas da turma, ou no
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mínimo sabem que eu sou estrangeiro e sabem que sou haitiano. Quando estão falando
alguma coisa lá na frente sempre vão dar esse toque: “gente, tá tudo bem?”, porque
talvez tenha essa dificuldade em relação ao idioma. Mas aqui, não estava tendo essa
preocupação. Graças a Deus não foi aqui que eu iniciei meu curso, eu iniciei lá na PUC,
mas assim, sem dúvida, pelo fato de que aqui é uma universidade pública a estrutura, por
exemplo, você precisando de alguma ajuda e tipo a disponibilidade que tem lá na PUC é
bem maior, só com um e-mail você pode resolver coisas, mil coisas, tem tal departamento,
ligado com tal departamento. Aqui se você precisar de alguma coisa, você tem que ir lá
e ir no outro, e no outro.
Já outros falaram mais especificamente sobre o sistema de saúde, como Amelie e Foyamo:
Falam só sobre trabalho, mas entra a discriminação dentro da saúde, mesmo dentro da
universidade. [...] mas, com a crise, não sei o que aconteceu com as pessoas. Voltou a
acontecer que as pessoas vão no posto da saúde a discriminar: ‘os haitianos só sabem
fazer criança’, uma coisa que não tem sentido dentro de uma saúde que é público, para
todos [...]
Eu contei para ela que eu sentia uma dor no estômago, então tá bom, eu vou lá na farmácia para ver se encontro alguns medicamentos para passar para você, ela entrou, voltou e
falou assim, Foyamo desculpa, infelizmente não tem, então eu vou te dar uma prescrição,
vou te passar uma e você vai comprar, você não vai acreditar não, ela entrou, precisou de
um papel para escrever a medicação e não encontrou, você sabe o que ela fez? Pegou um
guardanapo e me deu a prescrição, desculpa Foyamo, não tem, você vai me desculpar mas
vai comprar esse remédio, em um guardanapo [...]
O estudo revelou que diante dessas dificuldades, os imigrantes haitianos apoiam-se nas
próprias redes, construídas para facilitar os processos de acolhida e integração. Esses tipos de
ajuda mútua revelam as conexões desconhecidas pelas estruturas do Estado, e as dimensões
sensíveis ao sistema migratório, que só se avistam nas ações cotidianas e articuladas dos imiRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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grantes. São as redes de familiares, amigos e organizações não governamentais, geralmente
religiosas, que os ajudam no processo de relacionar-se com a sociedade e especificidades da
cultura brasileira.
O estudo observa que, o Brasil não tinha a intenção de atrair novos fluxos migratórios, como
ocorridos no século XIX e XX, e tampouco estava preparado para recebê-los. Contudo, uma
vez iniciada a afluência migratória haitiana, o governo brasileiro optou pela construção de uma
política migratória a favor da abertura das fronteiras para construção de uma migração regulada.
No entanto, o processo de acolhimento para além das regulamentações não teve um compasso similar. Há ainda âmbitos que precisam ser desenvolvidos. As entrevistas demonstraram a
necessidade de iniciativas de prevenção à exploração do migrante, a incorporação da discussão
e do debate, ações integradas, capacitação, e a aposta pela visibilidade positiva do imigrante,
ou seja, divulgar os impactos da imigração na sociedade receptora e vice versa. Especialmente,
pelo fortalecimento contemporâneo dos fluxos migratórios sul-sul, caracterizados por escaparem das diretrizes tradicionais e pelas demandas e desafios que carregam.
5.- CONCLUSÕES
Através da análise das leis, decretos e portarias sobre as políticas de gestão das migrações no
Brasil, esse estudo demonstrou as diversas políticas migratórias adotadas do final do século
XIX até os dias atuais. As primeiras medidas, do final do século XIX e início XX, foram na busca de atração de imigrantes, e priorizaram o povoamento de terras desocupadas e o branqueamento da população. Foram atraídos os imigrantes europeus, em substituição da mão de obra
escrava. Sendo assim, entendemos que a política migratória desse período fomentou a criação
dos fluxos migratórios para o Brasil. Em outras palavras, a política migratória organizada pelo
estado brasileiro tanto no processo de atração, ou seja, anterior a chegada dos imigrantes, como
também posterior, no processo de acolhimento e adaptação dos mesmos, foi fundamental para
que os imigrantes permanecem no país e se tornassem parte constitutiva da sociedade brasileira.
Nossa analise demonstrou, ainda, que depois das políticas de atração, acolhimento e assentamento de imigrantes, que perdurou até meados de 1930, o Brasil adentrou em um longo período
de formulação de políticas restritivas. Como vimos, foram aproximadamente setenta anos de
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políticas, que restringiram e selecionaram a entrada dos imigrantes. Ademais, essas políticas
consideravam o imigrante como “ameaça” a soberania nacional. Ao analisar os documentos
oficiais foi possível verificar, que entre o período do final dos anos de 1930 até os anos 2010, as
políticas de gestão migratória foram restritivas e ficaram estagnadas.
Esse estudo também revelou que as políticas migratórias (leis, normativas, portarias), que
surgem a partir de 2010, foram respostas emergenciais do Estado brasileiro à chegada dos imigrantes haitianos, que já se encontravam no país e que continuavam emigrando. Como demonstrado, o Brasil aprovou um novo marco legal, a Lei de Migração (nº 13. 445/2017). Essa foi a
principal resposta às conjunturas migratórias atuais e especificamente à complexidade do caso
haitiano. Com essa lei de migração, o Brasil adotou políticas de gestão dos fluxos migratórios
mais inclusivas e humanitárias, proporcionando no âmbito legal aos imigrantes meios de regularização e permanência no país, direitos de mobilidade, laboral e acesso aos serviços públicos.
Apesar dos direitos alcançados através do novo marco legal, os depoimentos apresentados
neste artigo evidenciaram a falta de instrumentos públicos de acolhimento aos imigrantes na
sociedade brasileira e a dificuldade de acesso aos serviços públicos. Tal fato evidenciou que a
política migratória ainda não ultrapassou a etapa de regularização dos imigrantes. O visto humanitário concedido aos haitianos permitiu o acesso a documentos, como carteira de trabalho
e o cartão do Sistema Único de Saúde (SUS), porém o direito de portar o documento não garantiu, de fato, o acesso desses imigrantes a tais serviços públicos. É importante destacar que a
integração social e cidadã dos imigrantes vai além da documentação.
Tal fato demonstra a importância de pensar em políticas migratórias para além da Lei de Migração. O Brasil tende a receber novos fluxos migratórios e deve criar mecanismos não somente
de entrada regular e documentação dos imigrantes. Há urgência de avanços na promoção do
acesso efetivo aos direitos e serviços, garantindo assim condições dignas de permanência aos
que escolhem o Brasil como destino.
Em suma, os achados deste artigo possuem suas limitações, é necessário avançar nos estudos comparados entre os países da América Latina, para analisarmos as transformações das
políticas migratórias e situar o Brasil dentro de uma perspectiva maior. O estudo também teve
como limitação um olhar específico para o coletivo haitiano. Há atualmente a necessidade de
incluir outros grupos de imigrantes, como os venezuelanos, que já são a segunda força de traRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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balho no Brasil. O artigo também não conseguiu avançar em debates mais específicos, como as
diferenças encontradas por homens e mulheres no acesso a serviços, documentação, inserção
laboral. Esses são importantes elementos a serem aportados em pesquisas futuras.
O artigo, no entanto, contribui de forma profunda para pensarmos as migrações sul-sul dentro da América Latina. Esse situa o Brasil como um país que novamente atrai imigrantes e, que,
portanto, passa a ser protagonista no debate sobre as migrações contemporâneas. O imigrante
que chega ao Brasil na atualidade, como vimos, não é mais o europeu, mas sim “latinos”, de
países vizinhos como os venezuelanos, ou da América central como os haitianos. Dessa forma,
entender a gestão migratória brasileira é fundamental para melhor compreender as novas dinâmicas de mobilidade na América Latina.
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�146
Migración haitiana en Santiago de Chile: Expulsiones, imaginarios e inserción social en
un Estado-nación neoliberal1
Haitian migration in Santiago, Chile: Expulsions, imaginary and social insertion in a neoliberal
nation-state

https://doi.org/10.29105/10.29105/pgc6.11-7

Juan Carlos Rodríguez-Torrent2
Universidad de Valparaíso, Chile
https://orcid.org/0000-0002-8451-2200
Nicolás Gissi Barbieri3
Universidad de Chile, Chile
https://orcid.org/0000-0001-5059-7691

____________________________________________________________________________________________________________________________
RESUMEN
El objetivo del presente artículo es caracterizar y analizar la migración haitiana en Chile, en el contexto global en que ocurre,
abordándolo desde un nivel micro y meso, comprendiendo desde sus subjetividades las vulnerables relaciones que establecen
con los distintos actores con que interactúan en la vida cotidiana y el papel que juegan en la paulatina transformación de espacios sociales y laborales. El tipo de investigación es cualitativo, a través del método etnográfico. Se observa que la migración
haitiana en un desafío para el Estado chileno en términos de demanda de servicios y convivencia, ubicado en el ámbito de los
derechos económicos, sociales, políticos y culturales. Particularmente la migración haitiana cuestiona antropológicamente la
idea de los límites espaciales, temporales e identitarios chilenos, ofreciendo diversos planos sobre la posibilidad de mejorar su
vida y superar las barreras que enfrentan en una sociedad neoliberal. Se concluye que los/as haitianos/as tienden a ser racializados y excluidos, quedando subalternizados, sin embargo, en la medida que logran trabajar de manera estable, se insertan e
incluso generan una disposición al arraigo considerando que la posibilidad del regreso hacia Haití es bastante incierta, dados
los graves problemas político-económicos de su país de origen.
Palabras claves: Haitianos, imaginarios, inserción social, migración, racialización.
ABSTRACT
The objective of this article is to characterize and analyze Haitian migration in Chile, in the global context in which it occurs, addressing it from a micro and meso level, understanding from its subjectivities the vulnerable relationships established
with the different actors with which they interact in life daily and the role they play in the gradual transformation of social and
work spaces. The type of research is qualitative, through the ethnographic method. It is observed that Haitian migration is a
challenge for the Chilean State in terms of demand for services and coexistence, located in the field of economic, social, political and cultural rights. Particularly, Haitian migration anthropologically questions the idea of Chilean spatial, temporal and
identity boundaries, offering various plans on the possibility of improving their lives and overcoming the barriers they face in a
neo-liberal society. It is concluded that Haitians tend to be racialized and excluded, being sub alternated, however, to the extent
that they manage to work in a stable manner, they are inserted and even generate a willingness to take root considering that the
possibility of returning to Haiti is quite uncertain, given the serious political-economic problems from your country of origin.
Keywords: Haitians, imaginary, migration, racialization, social insertion.
Recibido: 15 de Marzo 2019 - Aceptado: 15 de Julio 2019 - Corregido: 14 de Noviembre 2019
Cómo referenciar este artículo:
Rodríguez-Torrent, J. C., &amp; Gissi, N. (2020). Migración haitiana en Santiago de Chile: Expulsiones, imaginarios e inserción
social en un Estado-nación neoliberal. Politica Globalidad y Ciudadanía, 146-170. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.
mx/index.php/RPGyC/article/view/131

1
Este artículo es producto del Proyecto Fondecyt Regular 1200082 “Construyendo el futuro desde Chile: Prácticas, imaginarios, y
arraigos entre migrantes venezolanos, colombianos y haitianos residentes en Santiago y Valparaíso” (2020-2024).
2
Dr. en Antropología (UNAM, México), Investigador del Centro de Vulnerabilidades e Informalidades Territoriales-CINVIT, Facultad de Arquitectura, Universidad de Valparaíso. Email: juan.rodriguez@uv.cl.
3
Dr. en Antropología (UNAM, México), Investigador del Departamento de Antropología, Facultad de Ciencias Sociales, Universidad de Chile. Email: ngissi@uchile.cl.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
ISSN 2395-8448. 146-170. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/131

�Migración haitiana en Santiago de Chile...

147
1.- INTRODUCCION

En los últimos 20 años Chile se ha convertido en un país que como referencia imaginaria se ubica en la ruta de “los deseables” de América, ya sea para vivir temporalmente o de forma estable,
dentro de un proceso de migración Sur-Sur. Haití, Venezuela, Colombia, Ecuador, Perú, Bolivia
y República Dominicana han sido los países que más han contribuido a la reconfiguración de la
genealogía de la “chilenidad” desde comienzos del siglo XXI, obligando -como señalara Charles Taylor (1993)- a examinar localmente valores éticos, las formas cómo las personas y los
grupos hacen sus elecciones importantes y ponderan los modos de vida propios y de los demás,
así como dentro de una política del bien común a conceder derechos por igual a “otros”.
De acuerdo con los últimos datos del Instituto Nacional de Estadísticas (INE) y Departamento de Extranjería y Migraciones (DEM, 2019), en el país habría 1.251.225 inmigrantes,
representando el 6.6% de la población total, estando la comunidad haitiana en tercer lugar, con
179.338 personas residiendo, solo superados en cantidad por los venezolanos, con 288.233, y
peruanos, con 223.923, siendo el colectivo haitiano por cuestiones idimáticas y de redes sociales el que ha vivido más dificultades para incorporarse.
En el caso de la población haitiana, a quienes Duffart (2016) caracteriza como “afro-negro-haitianos”, la migración es parte de una crisis local y de carácter nacional que involucra
también a su vecina República Dominicana, histórica primera parada del proceso de movilidad
intercontinental. Haití es un país sobrepoblado y con recursos naturales hiperexplotados, con
una carga histórica asociada a invasiones, dictaduras y fenómenos naturales como terremotos
y huracanes, que generan una desestructuración social permanente, asociada tanto a cuestiones
económicas como de violencia e inseguridad, existiendo pocos países en el mundo que presentan unos deltas tan agudos y crecientes entre la oferta de trabajo y la densidad demográfica de
su fuerza de trabajo. La precariedad de los servicios básicos, vivienda, carreteras, redes de electrificación y sanitarias, y su elevada deuda externa, hacen que el país tenga muy pocas posibilidades de rehabilitación y alcanzar una estabilidad mínima, a pesar de los aportes de organismos
internacionales y ONGs (Duffard, 2016). De ello se desprende el bajo umbral de expectativas
de su población en el país, a pesar de la ayuda internacional.
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�Rodríguez Torrent, J. C. &amp; Gissi Barbieri, N.

148
La presión o restricción migratoria inmediata la ha puesto República Dominicana, que comparte la misma isla, generando internamente prejuicios diversos hacia los inmigrantes, incluyendo a muchos dominicanos/as de ascendencia haitiana, lo que dificulta su permanencia y
expectativas. A partir del terremoto sufrido el año 2010, que dejó 316.000 muertos, 350.000
heridos y 1.5 millones sin hogar, los países agrupados en la UNASUR se comprometieron a
recibir en sus países a la población haitiana que lo necesitara. “Para este grupo poblacional, la
Argentina difícilmente hubiera sido un destino migratorio si no fuera por la facilidad que presentaba a su ingreso y la gratuidad de los estudios universitarios” (Duffard, 2016), proporcionando visas humanitarias y no de refugiados, lo que ayudó a configurar un proceso migratorio
más multipolar, integrando dentro de sus diferencias a países fuera de ruta: Brasil, Argentina
y Chile. Sin embargo, esto ya contaba con antecedentes previos en la llamada “Declaración de
Santiago sobre Principios Migratorios”, firmada en 2004. En ésta, los ministros sostienen que
el MERCOSUR debe reafirmar ante el resto del mundo su vocación de trabajar hacia una nueva
política migratoria, fundamentada en la dimensión ética del respeto a los Derechos Humanos
(MERCOSUR, 2004). Una cuestión muy distinta será la posibilidad que las instituciones públicas puedan dar reconocimiento a la cultura de la diferencia y a las identificaciones pasadas y
presentes, ya que lo importante es cómo se produce el proceso de recreación propio y de todos
aquellos con los que se interactúa. Por ello, lo importante -siguiendo a Taylor (1993)- no es la
singularidad a través de la atomización, sino la construcción dialógica que permite la construcción y expresión de las diferencias.
Estos países se encontraban absolutamente fuera del radar de los destinos clásicos como
Estados Unidos, Canadá y Francia, donde las redes sociales de acogida operaban desde hace
décadas. Sin embargo, en la medida que las exigencias tienden a ser más restrictivas, la relación
ya no puede ser pensada binariamente: origen-destino. Por el contrario, la necesidad de abrir
horizontes y encontrar otras rutas, aunque más inciertas y riesgosas, genera una experiencia de
individuos y cuerpos en movimiento, que supera toda experiencia previa de un haitiano/a que
nunca ha salido de su país, y que además, le expone a una nueva condición de vulnerabilidad
por la carencia de redes y una institucionalidad como la chilena no preparada para hacerse cargo
de la diferencia.
En una escala global, hay evidencia en los distintos continentes que aún estamos muy lejos
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�Migración haitiana en Santiago de Chile...

149
de asegurar a las personas migrantes esa premisa fundamental de los derechos humanos como
“derechos iguales e inalienables de todos los miembros de la familia humana”, como ha postulado desde 1948 la Asamblea General de la ONU. Los migrantes, como sostiene Gil (2019),
han vivido una ambigüedad permanente, ubicándose en los márgenes del derecho internacional
de los derechos humanos, y siempre atrapados entre los principios de universalidad abstracta y
las normativas y reglas excluyentes que decide cada Estado soberanamente a partir de su legislación nacional.
De este modo, es presionada la “concepción imaginaria de la sociedad” sobre el “nosotros”
hegemónico, donde las instituciones democráticas que representan, parcial y laboriosamente,
intereses “particulares” articulados con intereses generales (Dubet, 2017:102), ya no pueden
responder a las nuevas exigencias que impone de manera inmediata la diferencia. Así, muchos
inmigrantes se ven enfrentados a una progresiva pérdida de derechos que termina por minar su
condición de ciudadanos e incluso de su misma humanidad. Se trata, en los casos más extremos,
a través de discursos ocultos (hiddens transcript) o discursos públicos (public transcript) de
una depreciación existencial y axiológica que cosifica y aniquila seres trascendentes y valiosos
en sí, por el solo hecho de ser personas extranjeras.
La percepción negativa que a veces se impone localmente, y que ve en los inmigrantes una
suerte de “invasores”, obedece en parte a la creencia errada de que la pobreza es el principal o
único móvil que anima a un individuo a abandonar su país de origen. Se trata, y así lo asumimos, de la búsqueda de un conjunto de recursos que permiten el despliegue de las capacidades
que constituyen la posibilidad de “ser” y “hacer”, aumentando las posibilidades de bienestar
efectivo en lo material y lo psicológico (Sen, 1981, 1987 y 1992). El bienestar sólo se materializa cuando las personas son capaces de hacer “más cosas” desde sus vidas, disponer de más
alternativas, y decidir, diferenciándolas de aquellas cuestiones que tienen que ver con el simple
consumo o acceso a bienes. En este sentido, Haití representa para el migrante el lugar de las
cosas que no se pueden realizar en los espacios institucionalizados. Por el contrario, Chile, un
Estado neoliberal y constitucionalmente subsidiario, representa en el “imaginario” inmigrante
haitiano, entendido como conjunto de esquemas organizadores que emergen como condición
de representabilidad de todo lo que una sociedad puede darse u ofrecer, y como una manera de
mirarse y pensarse, un nuevo lugar y una oportunidad: la recuperación de lo perdido tempranaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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mente, lo negado, el logro de lo nunca obtenido y la apertura a otras condiciones de vida. Resaltamos la idea de subsidiario, ya que la Constitución establece derechos fundamentales, aunque
no los garantiza. Por ejemplo, el Estado “ayuda” al acceso a la vivienda traspasando parte del
valor de un inmueble (subsidia parte del costo), pero el camino para acceder a éste y como única
formula para los sectores más carenciados, es a partir del ahorro previo de un individuo.
El imaginario del migrante haitiano (como los de “otros”) está asociado al beneficio que
puede alcanzar en el país de destino, es decir, a la satisfacción relativa, y no a una fórmula que
indique estabilidad y control de todas las variables, ya que es el país receptor el que fija las condiciones del mercado de trabajo y de ingreso al territorio, así como el riesgo migratorio termina
siendo asumido individualmente por cada sujeto. Se trata de la búsqueda de una recompensa
laboral, salarial, afectiva, de reconocimiento, de estimulación y movilidad social ascendente, la
que el Estado haitiano no pudo ofrecer. Ninguna de ellas es controlable absolutamente, salvo
-mayormente- para aquellos migrantes de alta calificación, en la medida que su expertise es
portable (Gissi, Rodríguez y Balaguera, 2019).
En el caso particular de la migración haitiana, se trata de capacidades bloqueadas producto
de la desinstitucionalización del país de origen, que limita la posibilidad de educarse, de acceso
a la salud, al trabajo y la vivienda como parte de un contrato social precario, a lo que se suma la
violencia política y la destrucción ambiental. Entonces, ¿pueden los haitianos lograr una mejor
vida en este Chile neoliberal de la segunda década del siglo XXI?, ¿qué barreras y posibilidades
enfrentan en Santiago de Chile? Éstas son algunas de las preguntas que queremos responder
preliminarmente en estas páginas.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Capital, Estados, expulsiones e inserción social racializada
La migración ocurre por los problemas estructurales vividos en algunos Estados-nación (pobreza, desastres ambientales, guerras internas, persecución política). Ahora bien, en las migraciones Sur-Sur, los mecanismos de expulsión (Sassen, 2015) presentes en un país, corresponden de manera dominante al éxodo de parte de la fuerza de trabajo con orientación dirigida y
marcada por la reproducción del capital dentro de estructuras globales. Expulsado el nacional
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y convertido en migrante, cualesquiera sean las rutas que éste tome, debe buscar el sustento
dentro de la precarización y vulnerabilidad de la vida, y por qué no decirlo, de la proletarización
del trabajo en tierra ajena. Esto es, una parte significativa de la realización del trabajo dentro del
binomio Estado-Capital, está asociada a la baja o nula provisión de cuestiones como los servicios educativos, de salud y vivienda, así como las pensiones en la edad posproductiva, lo que
genera una multiplicación de la mano de obra de bajo costo y un aumento de la tasa de ganancia
en los capitalistas locales. Esta es la condición que ofrece Chile a buena parte de su población,
pero se ve favorecido como destino elegido por migrantes frente a otros países de la región, por
los mayores índices relativos de desarrollo humano, seguridad y estabilidad que son parte de la
mitología estadística internacional.
De este modo, una discusión necesaria corresponde a la posición de los inmigrantes de cara
al proceso de incorporación social nacional, como elemento estructural de la composición económica actual de los países en las relaciones Sur-Sur. Cuestión que tiene como marco una
inscripción en los procesos capitalistas, en su versión neoliberal, ya que en las sociedades de
destino suelen ocurrir fenómenos velados o explícitos como el racismo, la xenofobia o la discriminación en el contexto de la construcción de interacciones sociales nuevas. Siempre hay
interés en mano de obra “más barata”, profundizando relaciones desiguales de producción y
consumo, que son parte del “ADN” de la misma estructura social que define a los países. Así,
aunque esta posición en la estructura laboral pueda generar “ganancias” a muchos migrantes,
los umbrales salariales a los que pueden acceder le impiden consumir el producto de su propio
trabajo y materializar parte de su imaginario (i.e. el acceso a la vivienda propia).
Así, las posibles protestas o rechazos hacia la población extranjera como ocurre con haitianos y haitianas en República Dominicana y Chile, alientan la tentación de un autoritarismo y
disciplinamiento normativo; o, desde otras ideologías, sin matices puede problematizarse sólo
como un problema de lucha de clases. Sin embargo, nos parece que el fenómeno migratorio
debe comprenderse desde un esquema más amplio, y en un espacio geográfico regional y nacional específico en que ocurren los mecanismos de expulsión, atracción y retención. Es decir, se
trata de lo político, como economía política, como relaciones de poder, que ayudan a explicar
la marginación o uso de un colectivo extranjero dentro de la estructura ocupacional, ya que
cargan con una condición excedentaria en términos de posibilidades de realización del trabajo
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necesario en sus lugares de origen. Los flujos migratorios deben ubicarse como propios de la especulación financiera internacional y de la descomposición institucional como ocurre en el caso
de Haití, y de cómo compiten y se desangran países que están en una condición de colonizados
o neocolonizados por organismos multilaterales, que conducen a proveer estos flujos migratorios de fuerza de trabajo de distinta intensidad y magnitud, que operan como contingentes de
reemplazo en el plano local.
La primera cuestión que se establece sobre el inmigrante, es que éste inaugura dos espacios
simultáneos: el político y el cultural. Es decir, lo concerniente a cuestiones jurídicas sobre su
status migratorio y las posibilidades de ciudadanía, y el despliegue de su cultura, memoria y
autonomía en la vida cotidiana.
En el caso de Chile, lejos de aceptar en plenitud inmigrantes como los haitianos (reconocimiento público de derechos básicos universales y abstractos y las necesidades particulares específicas que pueda tener como colectivo inmigrante), se los define desde una economía financiera
que está lejos de tener preocupación por los derechos básicos de los individuos y por aquellas
cuestiones asociadas a los modos de ver el mundo del que son portadores. Economía, que -además- dada su exposición y dependencia de las exportaciones, su canasta monoexportadora y
flexibilidad cambiaria, ajusta permanentemente su fuerza de trabajo como flexibilidad laboral
frente a procesos de contracción o expansión de la demanda internacional.
Como país receptor de la migración Sur-Sur, dentro del binomio estabilidad-inestabilidad
económica, está lejos de ser regular en reconocimiento de derechos y posibilidades, siendo muy
funcionales los extranjeros con menos redes y soportes de protección. Ya que, por una parte,
como “Estado subsidiario” no está obligado a satisfacer las demandas de la población; y, por
otra, con su importante grado de especulación y pragmatismo en los negocios de su economía
financiera no ofrece condiciones favorables, permanentes o de largo plazo para sostener una
incorporación plena. Sin embargo, desde abajo, es decir, desde el mundo precarizado que reside
para subsistir, para la migración haitiana se ofrecen o quedan abiertas posibilidades para laborar de manera autónoma en ámbitos comerciales y labores ocasionales y de baja calificación
(i.e. comercio informal y sin distinción de sexo), que identifican y conforman un segmento
poblacional racializado, y con posibilidades de ingreso ubicado en los niveles inferiores de la
“pirámide”. Es decir, se trata de actividades ofrecidas para una fuerza de trabajo ubicada en
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umbrales de subsistencia, siempre menores para la población haitiana que para la chilena, lo
que va construyendo una memoria racializada, otrificada y subalterna.
El segmento laboral que ocupan haitianos y haitianas, se da dentro de estructuras neoliberales, de alta segregación y de etnodiferenciación ya que en el país se puede vivir en condiciones
tan polares como Noruega o Irak. Una expresión velada del racismo, funcional al capitalismo
local y sus empresarios, con complicidad del Estado, operando permanentemente en un juego
dentro-afuera, legal-ilegal, admitido-rechazado, que justifica la mano de obra barata y excluye
a poblaciones del mercado de trabajo. De ahí que la migración termine siendo una expresión
funcional de las desventajas en el mercado mundial y de las hegemonías de clase, que interpela
por la nación en términos políticos, económicos y culturales dentro de la economía neoliberal,
y cómo son integrados los inmigrantes al mercado laboral internacional en países que aparentemente ofrecen salidas y oportunidades ante la necesidad de empleo y de reorganización de la
vida. En estos términos, en los centros metropolitanos cuando la economía se contrae, aumenta
el desempleo y/o los sueldos son limitados, aflora toda la condición de xenofobia, la etnodiferenciación, los problemas de indocumentación y las dificultades de auxilio por parte de las
instituciones del Estado, vulnerabilizándolos en el día a día, mientras dura la crísis.
Un país receptor como Chile -y sus empresarios- se beneficia del drama haitiano; los brazos
del inmigrante caribeño son más baratos que los locales. Y la racialización no hace más que naturalizar una condición de abuso mientras no se tengan las fortalezas necesarias (i.e. regularización migratoria, redes e instituciones de apoyo a inmigrantes, conocimiento de la legislación),
cuestionando toda idea de incorporación en el marco de una economía neoliberal y reforzando
la imagen de pobreza que se tiene sobre la isla y sus habitantes.
En estas condiciones económicas y políticas entrecruzadas, surgen los imaginarios sociales
locales como producción de creencias e imágenes colectivas, esto es, las imágenes construidas
sobre los otros y nosotros, sobre lo conocido y desconocido, basadas en las subjetividades y
contextos concretos donde se expresa y recrea la experiencia del migrante. Desde esta perspectiva, la capacidad de imaginar (antes, durante el proceso de ajuste y en el asentamiento
de los inmigrantes) permite devenir sujetos a los individuos, enfatizando la pluralidad de sus
experiencias de cara a esta economía política. Es por esto que el imaginar como deseo que las
cosas sean de una determinada manera, se vuelve un concepto relevante al momento de estudiar
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fenómenos como la migración, ya que el migrante -siendo parte de la trama del capitalismo
global- es por definición un individuo que observa desde afuera, tratando de asimilar lo que
percibe, pero sin manejar la misma pauta cultural que el grupo con el que interactúa. Así, entonces se suma a las ansiedades y aprehensiones del proceso migratorio el hecho de lidiar con
aquellas construcciones imaginarias de la sociedad de destino (Gissi, Pinto y Rodríguez, 2019)
y desarrollar líneas de fuga y autonomía para hacer frente a la adversidad (Mezzadra, 2005).
Lo esencial es la demanda migrante de ciudadanía y las acciones emprendidas para que
aquello ocurra, lo que no solo es inducir fuerzas en una dirección, sino verificar los espacios de
la diáspora y la hibridación generada dentro de un modelo desgarrado en su concepción tradicional de ciudadanía (ver Mezzadra, 2005). Por ello, la posición migrante alcanza importancia
en cuanto se inquista en las estrías del sistema y de su propia descomposición, siendo parte de
la dimensión del trabajo y de las relaciones sociales de producción.
3.- MÉTODO
A partir del trabajo de campo realizado entre los años 2018 y 2019 en las comunas de Santiago,
Estación Central y Quilicura en la ciudad capital de Santiago, se realizaron entrevistas en profundidad a 28 mujeres y hombres migrantes de nacionalidad haitiana , quienes al momento de
la entrevista llevaban entre dos y cinco años de residencia en el país, y tenían entre 21 y 53 años
de edad, con predominancia de edades situadas entre los 27 y 35 años. Estas comunas fueron seleccionadas para dar cuenta etnográficamente de la heterogeneidad social y urbana de la capital,
respectivamente centro, peri-centro (Estación Central) y periferia, espacios en los que se están
desarrollando nuevas formas de interacción social y segregación, debido a la modificación de
las ocupaciones espaciales y la etnodiferenciación social durante la última década.
Para realizar este análisis cualitativo, los participantes relataron en las entrevistas por qué
decidieron emigrar hacia Chile, el itinerario de su trayectoria, cómo ha sido la experiencia de
habitar en Chile, qué hechos han sido positivos, negativos o extraños en su convivencia con
chilenos, especialmente respecto a los ámbitos económico, político, cultural y espacial de la
incorporación o exclusión social, y cómo se imaginan su futuro, quedándose en Chile, regresando a su país de origen o re-emigrando. El contenido de las entrevistas fue analizado por medio
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de una malla temática que se construyó a partir de la pauta de entrevista que contenía una ruta
de 50 preguntas. El proceso de codificación se realizó paralelamente al de categorización, incluyendo categorías emergentes. Finalmente, se utilizó el software Atlas-ti 7.0, el que permite
visualizar patrones y difundir los resultados. Construimos una ficha técnica de registro que está
bajo custodia del equipo de investigación para asegurar resguardos bioéticos, con un criterio de
identificación y su sexo, lo que nos permitía recurrir a la entrevista.
Esta producción de datos primarios se complementó con la búsqueda de información que
entregan las bases de datos estatales, INE (2019), encuesta CASEN (2017), Censo 2017 (INE,
2018) y del Departamento de Extranjería y Migración (DEM), del Ministerio del Interior y
Seguridad Pública.
4.- RESULTADOS
Visualizando las causas de la migración hacia Chile
La población haitiana tuvo un claro crecimiento en Chile durante la última década. Es de destacar que el Departamento de Extranjería y Migración (DEM) tiene dos fuentes de información
para configurar la dinámica de la población extranjera en el país: el otorgamiento de permisos
de Permanencia Definitiva (PD) y los permisos de residencias temporales o Visas Temporarias
(VT). Al año 2014, 1.649 personas eran de origen haitiano, lo que representa un 0,4% del total
de extranjeros. De esta cifra de población haitiana, 60% serían mujeres y 40% hombres. Sin
embargo, el año 2015 aumenta a 5.244 visas otorgadas. Estas se distribuyen entre la Región
Metropolitana con un 97.4 %, 0.8 en la Región de Valparaíso (a 100 km. de distancia) y 0.4 en
la Región de Coquimbo (a 490 km. de distancia) (Rojas et al. s/f). Después, aumentaron visiblemente durante los años 2017 y 2018 y bajaron en 2019, dadas las políticas implementadas por
el Presidente Sebastián Piñera en su segundo mandato (2018-2022).
Se reconoce en los discursos de los haitianos determinados imaginarios migratorios en base
a tres factores respecto a la venida a Chile: 1) de proximidad (geográfica, espacial, con posibilidad y frecuencia de tránsito vía República Dominicana), 2) de cercanía social (histórica y cultural, presencia de fuerzas de paz de Naciones Unidas), y 3) de estabilidad político-económica
en Chile, que posicionan a Chile positivamente frente a otros referentes migratorios (Índices de
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Desarrollo Humano). Dentro de una migración Sur-Sur, los haitianos han identificado en Brasil
y Chile nuevos destinos con promesas de seguridad y posibilidades reales de ingreso regular,
a diferencia de Estados Unidos, Canadá, Francia y España que habían sido tradicionalmente
sus destinos migratorios. Las informaciones de flujos a Brasil y Chile indican que estos países
sudamericanos serían destinos eventualmente transitorios en sus proyectos migratorios, en la
medida que hay redes de más antigua data ya afincadas en los países del Norte. Algunos testimonios retratan esta situación diáspora:
“tengo familia en Estados Unidos (tres tíos), en República Dominicana (familia de mi madre), Brasil (dos primos), en Francia (una tía), y en Chile (dos primos)” (Hugo, 23 años).
A pesar de los pocos estudios que existen acerca de las rutas migratorias y los motivos que
hay para elegir a Chile como país de destino, se han identificado dos grupos de población
haitiana. Un primer grupo, “con recursos económicos y culturales que durante algunos años
privilegió ir a Brasil por un grado de afinidad cultural y que sólo en base a la crisis actual, ha
escogido dirigirse a Chile o, incluso, trasladarse desde Brasil hacia Chile”. Un segundo grupo,
identificado “en base a la precariedad económica y a deudas contraídas, y en muchos casos frente a la profunda exclusión social que les depara República Dominicana como destino próximo,
asumen ‘el riesgo’ de buscar nuevas perspectivas de vida en Chile” (Rojas et al. 2015, 224).
En los registros de las entrevistas se observa un bajo nivel de conocimiento pre-migratorio
sobre Chile. Más allá de ciertas generalidades, destaca la asociación con un país seguro y con
un mayor nivel de desarrollo que Haití. Chile sería un país más accesible para iniciar un proyecto migratorio que Estados Unidos, Canadá o Francia; se lo considera inicialmente como un
país menos racista que Estados Unidos o República Dominicana, y se lo describe con una situación económica relativamente mejor que Brasil. Al margen de dichas causas estructurales que
corresponderían solamente a ciertos desequilibrios en términos de desarrollo (Portes y Borocz,
1989), no se puede dejar de lado otro tipo de factores que tienen que ver con formas históricas
de contacto o penetración previa (militar, económica o cultural) del país de destino en el país
de origen, que vuelve a ciertos países especialmente atractivos para los migrantes (ibid: 608).
Por cierto, esto responde también a la existencia o no de redes de apoyo en el destino en que se
piensa llevar a cabo el proyecto migratorio.
Un primer ámbito que aflora como encuadre, refiere a la disonancia de expectativas en la
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medida que la inserción “no era tan fácil como se pensaba” y más aún si “no se cuenta con formación especializada”. En general se desempeñan en trabajos precarios: en bodegas, limpieza,
ventas por cuenta propia o como dependientes en almacenes y verdulerías, reponedores y auxiliares de supermercados, construcción, gasolineras, en cuidado de parques y jardines, además
de la agricultura y otras actividades rurales. Otros, los menos, con trabajos más formales como
dependientes en talleres o en conducción de vehículos de reparto.
Este proceso Margulis (1999: 17) lo denominó como racialización, entendiendo un esquema
de percepciones y modo de clasificación de amplio espectro de personas, grupos y sectores
poblaciones identificados como populares, que viven en condiciones de precariedad, los que
son evaluados en virtud de atributos corporales, estéticas, formas de consumo y prácticas. El
esquema clasificatorio es adverso como construcción de repertorio inicial de posibilidades y
conduce a una devaluación, inferiorización y marginación, ya que establece sistemas binarios:
deseable-no deseable; bueno-malo; mejor-peor; legítimo-ilegítimo .
En un primer ámbito se trata de “racialización de las relaciones de producción”, en cuanto
adscribe a un segmento social a una posición que queda definida por el trabajo precario y rotativo, hasta alcanzar estabilidad, confianza y conocimiento de algunas claves para negociar desde
alguna fortaleza. Un segundo ámbito son las apreciaciones de una condición de “soledad” y
urgente necesidad de la construcción de redes de apoyo, poniendo una voz de alerta sobre su
salud mental. Los migrantes suelen transmitir hacia Haití que se encuentran “bien”, aunque
cuenten con pocas amistades chilenas y un incipiente contacto con otros compatriotas. Todos/as
extrañan a la familia y envían remesas de dinero en la medida de lo posible, pero se ven imposibilitados de ir y volver para tener un contacto directo. En los casos más dramáticos, confiesan
que desearían “traerse a todos” (familiares y amigos) por las condiciones de mayor seguridad
y la necesidad de compañía. La situación de expulsión (como bien plantea Sassen, 2015) es
bastante clara y se expresa en los siguientes testimonios:
Jorge: “Muy difícil la situación. La política era mala, el dinero escaseaba y qué decir de la
seguridad. El peligro acechaba en cualquier esquina… ver gente muerta era pan de cada día…
Vivía sin luz y la comida escaseaba… Una vez que viajé a Chile, mis problemas acabaron, ahora vivo tranquilo…” (25 años).
José: “Trabajaba en una radio evangélica, no terminé los estudios… En Haití no había nada,
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no había comida. Acá hay…Mi familia sufrió mucha hambre y ya no quiero esa situación. Si
tengo a toda mi familia sería muy feliz. Quiero trabajar mucho para tener plata y traerlos a todos
y que no sufran más….” (38 años).
Al intensificarse las conexiones entre el país de destino y la sociedad de origen, el proceso
transnacional cambia cualitativamente, abarcando dimensiones sociales, políticas y culturales
más allá del carácter de los proyectos migratorios iniciales (Portes, 1997: 15) asociados a la
generación de un nuevo proyecto de vida. Dicho fenómeno tiene implicancias importantes y
disonantes para los migrantes y los potenciales migrantes, al hacer conscientes los bemoles asociados desde el momento previo a la decisión de la migración como al transmitir hacia Haití hoy
una determinada imagen de Chile -mayor o menormente velada, larvada, explícita, auspiciosa,
segura, confiada-, la que probablemente sea móvil conforme pasa el tiempo. Todos y todos tratan de transmitir que están “relativamente bien”, o que “están saliendo adelante”.
Significando las movilidades de otros, de nosotros y las mías: trayectorias inconclusas de incorporación
Son las referencias de viajes, de muchos viajes emprendidos por otros y otras, las que inspiran
los desplazamientos así como el frenesí y las modalidades que se adoptan en los itinerarios.
Aquí, etnográfica y etnológicamente encontramos en la experiencia un cierto saber social, apoyado por una oralidad de los procedimientos empleados por otros inmigrantes para abrir las
rutas. En estos términos hay modalidades aprendidas de significar los viajes, ya que ello caracteriza las formas de experiencia migratoria (Jensen, 2013). Se trata de una memoria pionera del
cómo hacerlo, de los momentos, las oportunidades, los contactos, las redes. A veces, el cuándo
y cómo, dependen de un número telefónico, una referencia lejana, porque un dato puede tener
incidencias determinantes en la trayectoria y en la relación primera con la otredad, ya sea como
éxito o como frustración.
Mirado así el proceso, los inmigrantes son quienes cambian el eje de sus vidas. Trasladan sus
vidas desde un socio-espacio a otro, entendiendo que en este movimiento hombres y mujeres
deben negociar, reaprender a producir, reproducir e intercambiar elementos simbólicos y materiales para generar condiciones de sobrevivencia y dar curso a sus inquietudes, necesidades
e imaginarios. En este sentido, históricamente los países que cuentan con mayor estabilidad
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democrática, y cuotas importantes de estabilidad social y condiciones permanentes de incorporación, son más receptivos políticamente a facilitar la inmigración, ya que a partir del aprendizaje crean las condiciones institucionales adecuadas. Por eso mismo, una vez instalados los
inmigrantes en el Estado de recepción, los derechos no reconocidos se convierten en eje de sus
reclamos y en potencial movimiento social. Pero precisamente, las diversas crisis del Estado de
bienestar, o políticas neoliberales radicales y exacerbadas como la chilena, han puesto en duda
el modelo integrador que les caracterizó en el pasado. De este modo, los inmigrantes entendidos
como actores comunes que solicitan beneficios, se encuentran a la deriva ante el sistema solidario de prestaciones que representa el Estado de bienestar, lo que cuestiona la libertad equitativa,
extrae lo que fortalece las posibilidades de autorrealización y la autonomía personal, es decir,
excluye de lo común, de los ciudadanos, de los derechos.
En Chile todo inmigrante debe entender prontamente que el modelo socio-económico (hoy
en crisis de legitimidad ciudadana, con una protesta nacional de ya de más de tres meses, que
ha sido caracterizada con la frase “Chile despertó”) opera en base a tres ejes: 1) sobre una economía primaria, de escaso valor agregado; 2) una amplia base de trabajo comercial e informal
de baja calificación y baja productividad; y 3) que sólo “algunas” certificaciones profesionales
operan como movilizador social. Por ello, aunque algunas comunidades migrantes puedan internamente dividirse y sub-agruparse por tener o no tener calificación, la inserción no es expedita. Esto significa que hay una gran base para trabajos sin calificación o de poca calificación
profesional que son de libre acceso o despreciados por otros.
Sólo a algunos migrantes les es dado entrar e insertarse en plenitud, en la neoliberal sociedad
chilena. Lo mismo que les acontece a muchos nacionales. Sin embargo, de un lado, parecieran
aumentar las libertades a través de los mercados, de algunas instituciones y de las tecnologías
de la información; de otro, también la violencia de políticas cada vez más excluyentes producto de un modelo migratorio securitista, hacen que la agresión pueda tener nombre propio y se
dirija sobre grupos definidos, especialmente sobre coyunturas sociales, económicas y políticas
que hagan revisar la condición de los inmigrantes y se los invite a retornar a su país, como lo
hizo el “Plan Humanitario de regreso ordenado” con la población haitiana, que impide regresar
durante nueve años .
Sus particularidades raciales y culturales crean cierta incertidumbre en la vida social chileRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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na. Una incertidumbre frente a un “otro” que sostiene un orden de prelación sobre la identidad
nacional imaginada (Gissi y Aliaga, 2017), los valores, los recursos y los beneficios. Los encontramos en la prensa escrita, radial, televisiva, y también en la WEB, en la filas para regularizar
la condición migratoria, en papeleos, sacando una cédula de identidad, un permiso de trabajo,
en los tribunales. Muchos están también en las iglesias, algunos en agrupaciones de migrantes,
en el activismo construyendo una ciudadanía pluricultural, aunque constitucionalmente no exista como principio en el Chile de 2019.
Quizá lo más importante es si estos inmigrantes son parte de algún contrato social, pueden
serlo y las condiciones de realización dentro de un marco de demandas ciudadanas de cambio
de modelo económico y cultural. Entre lo singular y lo colectivo, entre lo particular y la institucionalidad, está el Estado y su política migratoria con grandes vacíos y ambiguedad sobre
el quiénes y para qué, ya que resignifican la propia ciudad al poner a la vista fronteras con
barrios y ghetos, y también con dispositivos de control asociados a la necesidad de gobernanza
y soberanía. Lo que es cierto, es que la condición del inmigrante ubicado en un interregno en
el plano del reconocimiento y su papel social, demuestra que se han roto los acuerdos basales
que sustentan el contrato social y la condición de ciudadano; algo se ha violentado, algo se ha
sustraído en el reconocimiento. La condición migratoria contiene una vertiente segregadora,
sea política, económica, de violencia institucional, de inseguridad; una condición que hay que
explorar, ya que es parte del debilitamiento de un orden social e institucional que no logra dar
forma orgánica al peso que posee la multiplicación del espacio. Una situación que dentro de la
insularidad en la que ha vivido Chile, habrá que tratar en la construcción colectiva de una nueva
Constitución, durante los próximos meses y años, ya que salvo sectores nacionalistas fanáticos
y radicales puedan argumentar en favor de la no participación de aquellos y aquellas que pagan
impuestos, tienen hijos chilenos que asisten a las escuelas y servicios de salud, y que se han
nacionalizado como los que llegaron en el siglo XIX y XX.
Vulnerabilidad y racismo en el marco de una sociedad neoliberal y en vías de desarrollo
Las relaciones entre chilenos y haitianos requieren de un encuadre específico: la vulnerabilidad
en la que están situados. Ésta puede ser definida como concepto relacional y social, que articula
contradicciones y conflictos (Bohle, 1993) en distintas dimensiones de la vida en común, y no
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se puede separar de un escenario de riesgo. Esto, por una parte, porque es un individuo o una
familia la que toma una decisión en la que se abandona un lugar, los bienes, el trabajo cuando
tenían, y los medios que permiten el sustento y el conocimiento que se tiene en términos estratégicos. Por otra parte, es una apertura a la incertidumbre, ya que ningún migrante controla la
eventual posibilidad de recuperación de lo que ya tenía, o lo que podrá conseguir. El desheredado, el que no tiene trabajo y no ve futuro transita, sin la certeza del lugar último en que encontrará condiciones para el arraigo. Este lugar es ontológicamente indeterminado e indefinido, y
son los imprevisibles movimientos marcados por la errancia, la búsqueda y el reconocimiento,
los que establecen el forzado camino para encontrar una nueva certeza. El inmigrante requiere
datos fidedignos frente a lo menesteroso que le resulta la sociedad nueva, ya que no hay sistemas universales que procuren la certeza y la subjetividad que marca la vía transitada por otros,
los desvíos, los caminos marginales, los laterales y los zigzagueantes. De este modo, respecto
del asentamiento en Chile, los haitianos señalan como cuestiones medulares y de signo positivo
y negativo, las siguientes experiencias: Aspectos negativos:
1. Valor y dificultad para conseguir vivienda, y la incomodidad e inseguridad de las mismas
(caras, precarias y hacinadas).
2. Las distancias espaciales existentes entre la residencia y el trabajo.
3. La lentitud en los procesos de documentación y tiempos de espera para conseguir las visas que den cierta estabilidad, y que permitan el acceso a un trabajo formal.Los aspectos
regulatorios juegan un papel importante. No es sólo la lentitud de los trámites sino la
cantidad de requisitos que se empiezan a sumar. Por ejemplo, Óscar sostiene:
“el proceso es en sí es bastante engorroso. Se necesita un contrato de trabajo, pero para éste
se necesita un carné de identidad, y para este último, 8 meses de imposiciones con contrato;
entonces, se hace un círculo vicioso que, muchas veces, impide la legalidad. Para mí, este problema burocrático significa el principal obstáculo para la correcta integración de los extranjeros
en Chile… estoy en proceso de obtener la permanencia definitiva, pero para eso necesito pasar
ocho meses seguidos de pago de impuestos. Por el momento estoy en visa temporal, la cual
vence en noviembre” (27 años).
4. Poca transparencia en los contratos de trabajo, actividades laborales precarizadas y la
posibilidad incierta de obtener un mejor sueldo. En términos de posibilidades de mejora
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laboral, predominan experiencias ilustrativas como las de Beatriz, quien manifiesta su
desazón:
“antes me gustaba Chile, cuando podía trabajar y había una esperanza. Eso era antes, ahora
pienso que no era verdad. Yo tengo dos años en Chile, tengo carné indefinido y hace 6 meses
que no tengo trabajo… en todas las entrevistas me preguntan si tengo permanencia indefinida… a las chilenas le pasan el uniforme y los bototos, y a mí me dicen que me van a llamar;
los de otros países también pasan la entrevista. Solo quiero trabajar, solo eso me duele, sino
me iría a Haití. Yo quiero estudiar enfermería y trabajar acá. Chile no puede ayudarnos, todo
es muy caro acá. A mí me duele la cabeza pensar en eso” (24 años).
5. Procesos de discriminación y racismo. Sonia (30 años) expresa que la han tratado mal:
“Mal, como con todos nosotros. Me han robado, sabiendo que no nos ayudan en carabineros. El chileno es racista, la gente es hiriente. Es difícil llegar a Chile. El idioma te
cierra puertas. Si no sabes español, no puedes hacer nada... y uno escucha: ‘estos negros
nos quitan la pega’”.
6. Dificultades con el idioma, lo que es una limitante para hacer trámites o conseguir trabajos de mejor estatus.
7. El alto costo de la vida, vida cotidiana muy cara (especialmente comer y pagar arriendo);
y acceso a la vivienda definitiva. Las condiciones de vida en Chile suelen generar desilusiones, como señala Néstor:
“uno tiene un sueldo base de 301 (mil) , bueno ahora lo subieron, y cuando uno está pagando
una casa completa está arriba de los 400, y uno tiene sueldo base de 301, entonces no es como
las cosas parecen… no tienen sentido. Como que uno no se encuentra con una vida mejor acá,
como que uno salga de su país a buscar una mejor vida y cuando uno llega acá a veces se dan
cuenta que no es así, porque llegas a un país donde tu sueldo base vale menos que la cantidad
que estay pagando una casa, no estás viviendo… Por eso tú puedes ver que te dicen que las
personas viven en zonas muy fuera de Santiago (muy alejadas de sectores centrales, de baja
conectividad y pocos servicios). ¿Y por qué pasa eso?, porque ahí pueden encontrar que una
casa que tiene un precio más bajo, pero eso no significa que estén bien porque uno se pasa de
frío…” (29 años).
8.

Algunos perciben que “los chilenos no están preparados para el multiculturalismo”.

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9.

No viajan a Haití por su condición migratoria a veces no regularizada, que podría impo-

sibilitarlos de volver, y por el alto valor de los pasajes en relación a sus sueldos.
10. El frío característico del invierno chileno.
Por su parte, los aspectos positivos más destacados hacen alusión a:
1. La ayuda que ofrecen iglesias cristianas, que operan como instituciones de acogida y
socializadoras.
2. “Los que llegaron antes tendrían muchas mayores facilidades”, ya que les permite ser
traductores y asesores frente a los recientemente llegados.
3. El acceso gratuito a algunos servicios públicos: hospitales, consultorios, escuelas.
4. A los que ingresan a la educación superior se les abren amplias posibilidades de incorporación.
Estas realidades positivas generan discursos como el de Emilio (24 años): “Yo y mi familia
queremos quedarnos a vivir para siempre”. Óscar (27 años), señala: “hay mucha ignorancia en
lo que respecta a mi cultura y nacionalidad, hay gente que te insulta en la calle y cosas por el
estilo, pero yo busco ver todo en una forma optimista”. Néstor indica aspectos positivos y negativos: “Me gustan los chilenos porque son muy cariñosos, pero no me gusta que tomen y fumen
mucho. Solo por el clima no me gusta mucho Chile, lo demás está bien…”.
De este modo, como sostiene Delaunay, “los movimientos de personas son quizás, antes que
nada, estrategias para acercarse a oportunidades contextuales más favorables” (2007:89). Sin
embargo, es evidente que las aspiraciones tiendan a verse frustradas en un país como Chile, en
la medida que territorialmente la segregación espacial y el mercado segmentado de la vivienda
son indicadores de una posición en la estructura social. La extensión de la ciudad, se expresa
como un gran erial en la medida que al salir de las zonas centrales y de conectividad de la red
de metro, la ciudad moderna palidece, se hace difusa y desconocida. Y para muchos haitianos y
haitianas, es la única alternativa de ciudad posible y conocida.
En este momento la población haitiana, como también muchos chilenos, están mayoritariamente ubicados en los estratos correspondientes a la pobreza. Simultáneamente, los elementos
para mantenerse en una suerte de “flotación” y que faciliten la permanencia y persistencia, se
relacionan a una imagen compartida: el trabajo informal o ambulante, asociado al comercio de
ropa china, bisutería (objetos de adorno personal que imitan joyas), refrescos y golosinas, o
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preparación de comida en las calles. También se trata de la tercerización o externalización de
las faenas, la flexibilidad, el contrato a plazo fijo, el trabajo por horas y la informalidad de gran
parte de las fuentes laborales, que constituyen el acceso a trabajo ubicado en tramos de mano
de obra barata. Condición muy coherente con la baja calificación de la mayoría de los entrevistados, lo que va generando una naturalización que se estabiliza como un habitus en términos de
Bourdieu, pero distante de las exigencias de una economía más global, o a tono con los índices
de educación terciaria del país. La cualificación o la certificación de un inmigrante es una cuestión bastante difícil de ajustar a las condiciones chilenas.
Imaginarios de futuro: ¿quedarse a vivir en Chile?
Para establecer un contrapunto entre el acá (Chile) y el allá (Haití o República Dominicana), entre el trabajo y la expectativa de mejora, considerando el rol de la iglesia evangélica, las nuevas
redes que ofrecen ciertas coberturas, el reconocimiento como promesa de entendimiento ético
(Taylor, 1993) y estabilidad, indagamos sobre sus proyectos de vida y específicamente cómo
imaginaban su vida en cinco años más. Las respuestas nos señalan:
“Quiero una casa, es lo mejor para mí y mi esposa. Ella también es haitiana. Con ella nos
conocemos hace 5 años y queremos tener hijos, pero con nuestra casa propia. En 15 años quiero
estar con un trabajo, mi casa y mi familia felices” (Daniel, 30 años).
“en 5 años más me imagino viviendo en Santiago con mi familia, mi madre y mis hermanos.
Trabajando en un mejor lugar… me gustaría tener más dinero” (Óscar, 27 años).
“Cuando uno puede hacer un negocio, ganar plata, entonces uno puede decidir quedarse a
vivir…” (Andrés, 27 años).
Jorge, llegado en 2017, con sus padres en Haití, con experiencia de vida en República Dominicana - donde están sus hermanos-, y con primos en Brasil, reconoce la necesidad de buscar
oportunidades como medio de sustento y generar expectativas. Señala:
“Extraño a mis padres y mis amigos de la infancia… pero lo que no echo de menos, definitivamente, es la pobreza…siento que en esta parte (en Chile), encontré una vida un poco mejor
para mí. En 5 años más quiero cumplir con mis sueños, pero en 15 años más me gustaría estar
terminando una carrera de estudios y trabajar en aquello de lo que me he titulado…Para mí,
cumplir un sueño es una cosa muy sencilla. Solo tengo que ver una persona que esté en un nivel
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más alto que el mío y preguntarme: ¿puedo llegar a ese nivel? Entonces, desde ahí empiezo a
trabajar mucho, porque para mí todo lo es mi sueño. Me iría sólo si lo que hago no me da frutos… Así es la vida” (26 años).
Emilio (24 años), reconoce sus propios avances, y cree que es posible cambiar su vida en
Chile:
“En cinco años más me proyecto trabajando en lo que me gusta hacer; juntar dinero para
poder comprarme una casa. Pienso que en 5 años más mi hijo tendrá entre 5 y 6 años, irá al
colegio y tengo que ver dónde va a estudiar. Y en 15, mi hijo va estar estudiando. Yo quiero
que estudie humanidades. Yo me voy a encontrar mejor de lo que estoy ahora, y voy a tener un
dinero ahorrado para que siga estudiando”.
Por su parte Fernando, responde frente a la misma pregunta:
“me imagino con una familia, mi vida estable y tranquila, con mucho cariño. Tengo que tener
confianza en Dios y después trabajar y guardar dinero. Así, pienso de poco a poco, voy donde
me gustaría. En este momento pienso quedarme en Chile” (27 años).
Se observa una visión positiva en la medida que se pueda trabajar de manera estable, generándose un cierto arraigo considerando que la posibilidad del regreso hacia Haití es bastante
incierta, pues las noticias hablan de agudización de problemas sociales y políticos, así como
económicos, de disponibilidad de dinero líquido y de acceso a crédito. Reemigrar a otro país
también se hace difícil pues implica tener ahorros, especialmente cuando se tienen hijos la decisión es mucho más compleja. Más bien, esta posibilidad se restringe a personas solteras y sin
compromisos ni arraigos fuertes. Sin embargo, existe una crítica compartida sobre la sociedad
chilena, que marca el acento en dos cuestiones centrales: el miedo a lo distinto y el individualismo. Al menos tres testimonios lo expresan con claridad:
“Para las personas negras, igual es difícil integrarse, ya que los chilenos le tienen miedo a lo
distinto” (Emilio, 24 años).
“Lo que no me gusta de los chilenos es que son individualistas y se quedan en las apariencias…En el primer trabajo me costó mucho integrarme, hacer amistades y relacionarme con mis
compañeros de trabajo, son muy individualistas…” (Daniel, 30 años).
“Hay mucha ignorancia en lo que respecta a mi cultura y nacionalidad, hay gente que te
insulta en la calle y cosas por el estilo, pero yo busco todo de ver en un forma optimista…
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pienso que los niños son los que se integran con mucha mayor facilidad, ya que no vienen con
muchos esquemas culturales, y al relacionarse desde temprana edad son aceptados por sus pares
sin prejuicios o barreras de lenguaje…Extraño la vida en Haití, donde se veía gente sonriendo
a diario y música en todas partes. Acá, en cambio, se ve una actitud mucho más individualista
y poco comprometida con su entorno. Haití es mucho más colorida frente al gris de Santiago”
(Óscar, 27 años).
Este último testimonio corresponde a alguien que trabajaba como promotor en una ONG
en Haití, y con dominio del español tras su paso por República Dominicana. También algunos
discursos diferencian las dificultades para hombres y mujeres, como el de Andrés:
“En el mundo hay gente buena y gente mala. Por eso, cuando un chileno me trata mal, no
pienso que todos los chilenos son malos; y, cuando alguien me hace bien, también sé que hay
malos. Es difícil integrase, ya que es distinto idioma y la forma de vida, y de ahí es empezar
a adaptarse al estilo de vida nada más. Personalmente es más fácil para un hombre integrarse,
cuesta menos encontrar trabajo”.
María (26 años), que aprendió español en República Dominicana, coincide en que hay discriminación de género: “los dueños creen que una puede salir embarazada, y ‘después tengo
que darle seis meses, y después cuatro más’”. Beatriz (24 años), destaca los abusos laborales:
“Si todo el día es trabajar… es muy duro… ¿y qué hago después? Yo antes trabajaba de
siete a siete… Y después dije que no podía tanto y me echaron… Por eso no tratan muy bien a
la gente haitiana. La gente haitiana sabe hacer muchas cosas, yo solo quiero una oportunidad”.
Consultados/as acerca de las posibilidades de articulación a través de algunas instituciones
formales o informales, destaca la no participación en instancias de agrupamiento colectivo, instancias de encuentro, protección, orientación y asesoramiento. Pese a que las redes son importantes para trabajar, estudiar y conseguir alojamiento, asuntos que son difundidos vía soportes
telefónicos y redes virtuales, la dispersión por distintas comunas periféricas y barrios con servicios deprimidos, ha impedido fortalecer la propia cohesión e instancias como “la casa de Haití”,
y al Estado le ha faltado visión para ayudar a generar este tipo de iniciativas, lo que favorecería
la posibilidad de una interlocución más clara con este colectivo, comprender sus necesidades,
regularizar de manera más expedita su condición migratoria, y favorecer los derechos humanos
y su protección.
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5.- CONCLUSIONES
Lo que está en juego con los procesos migratorios ya en la sociedad de destino, es la posibilidad
de incorporación, la aceptación, la calidad de los “nuevos” vínculos sociales, y el aprender a
vivir juntos en un país que ha tendido a vivir insularmente. En este punto, todo indica que el Estado chileno no ha tenido la responsabilidad ética esperable de un Estado moderno luego del ingreso masivo de inmigrantes haitianos, pues éstos han sufrido abusos individuales y colectivos,
no respetándose sus derechos, y asignándoles tipos de visados (visa consular de turismo simple,
en abril de 2018) que tienden a excluirlos de la chilenidad. Menos aún, sobre la procuración de
espacios de encuentro, de interculturalidad, de un diálogo horizontal.
Debemos reconocer que en las políticas migratorias existe hoy una perspectiva difusa, que
pone en cuestión, o al menos en tensión, los presupuestos de los estudios migratorios, entre
perspectivas de derechos versus enfoques de securitización. En el caso presentado, entre el viaje, la llegada y el avecindamiento, hay un evidente origen del proceso migratorio en el colectivo
haitiano: la desintegración de la figura del nosotros interno y un proceso de desinstitucionalización de la vida en su propio país. Como hemos apreciado a lo largo de estas páginas, por una
parte, lo que se disuelve es la idea de la comunidad nacional, la fragilización de la confianza, la
proximidad, la violencia y la muerte que ha recorrido las calles de los distintos lugares (urbanos
y rurales) de origen en Haití, el que ha sido calificado como un Estado fallido. Al parecer este
origen de nación con fama de poco desarrollada, sumado a la piel negra de la mayoría de los
haitianos y a la ausencia de una política migratoria, no les ha ayudado a tener una recepción
hospitalaria de parte del Estado y sociedad chilena.
Los bemoles de la trama haitiana están asociados a la pérdida de las seguridades básicas, a
una cohesión nacional que se ha disuelto por conflictos internos típicos de una historia neocolonial. Como se revela en los testimonios y el análisis, el nuevo esfuerzo es encontrar una estabilidad en Chile, una proximidad diferente, un reconocimiento dentro de la diferencia, afiliaciones gratificantes en un país diverso y exitista, pero que lucha contra sus propios fantasmas:
vivienda, salud, educación, pensiones, precariedad laboral, deudas, segregación socio-espacial,
discriminación. Todo el trayecto haitiano es una lucha contra las condiciones de vulnerabilidad
y la ampliación de los derechos sociales. Una lucha por reconocimiento cuyos marcos son doRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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bles en una sociedad chilena presente que se caracteriza por la acentuación del individualismo,
la disolución de lo colectivo, y la profunda polarización entre “el pueblo” y la élite, exigiendo
disminuir las desigualdades características de los últimos 40 años.
Quizá la dimensión más denigrante que se enfrenta sea el hacinamiento residencial, pero
que los iguala a muchos chilenos precarizados y escondidos en la marginalidad de los barrios
desprovistos de todo servicio, por lo que aquello que está en el proyecto viajero suele no corresponder a lo vivido. De este modo, la interpelación de haitianos y no haitianos es hacia la
construcción de nuevos vínculos y la cobertura de servicios sociales que el Estado neoliberal
no provee de manera adecuada, o que como Estado subsidiario sólo asegura de manera parcial a toda la población. La pérdida de Haití como país, en el sentido que su vínculo se vuelve
indirecto a través de elementos digitales dado lo oneroso de los viajes, implica la pérdida de
una comunidad de referencia para el diario vivir y asumir que con ello se refuerza una nueva
condición: la ausencia de derechos (aunque existan de manera formal) como recién llegados,
especialmente cuando no se tiene una documentación al día. Más aun cuando no hay un convenio entre ambos países para convalidar los títulos universitarios, lo que los transforma en parte
del segmento laboral más precario.
La meta de una buena incorporación se constituye como una combinatoria de dimensiones
que va desde lo económico a la autorrealización como persona. Los haitianos se confrontan desde la búsqueda de una nueva estructura de oportunidades, con un país que enrostra permanentemente las dificultades de movilidad social, que tiende a mal mirar como pobres a la población
afrodescendiente y culturalmente distinta, más aun cuando los nacionales tienen problemas de
empleo y racializan su frustración. Los testimonios dan cuenta de trabajos flexibles, abusos
en los arriendos de vivienda, bajos salarios, poco reconocimiento de sus capacidades y de sus
estudios. Todo este conjunto de dificultades refiere a una fuerte segmentación en el mercado
laboral de los haitianos, en cuanto los trabajos son de baja calificación, y también -en muchos
casos- abusivos desde el punto de vista de las horas trabajadas, lo que también retrasa la posibilidad de continuidad de estudios o estudiar el pregrado en Chile. Sin embargo, las expectativas
suelen ser quedarse en Chile, en la medida que se tenga un trabajo estable que permita generar
un nuevo proyecto de vida.

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Tres décadas después… Evolución de las políticas de incorporación de inmigrantes en
Portugal: Una nueva lectura
Three decades later… Evolution of immigrant incorporation policies in Portugal: A new reading
Beatriz, Padilla1
University of South Florida, Estados Unidos
https://orcid.org/0000-0002-2359-3369
Thais, França2
ISCTE-IUL, CIES-IUL, Portugal
https://doi.org/10.29105/10.29105/pgc6.11-8
https://orcid.org/0000-0003-1279-412X
____________________________________________________________________________________________________________________________
RESUMEN
El presente artículo discute la evolución de las políticas portuguesas de incorporación de inmigrantes, desde la década de 1980,
hasta la legislación actual de 2018. Pese a que las políticas incorporación de inmigrantes se integraron a la agenda pública portuguesa recientemente, a lo largo de estos 30 años, se han registrado cambios significativos. Argumentamos que, si bien se han
registrado avances, no existe por parte del Estado portugués una estrategia sólida, continua y coherente que se mueva de forma
conjunta, sino que los avances han sucedido en un mismo sentido, pero a dos velocidades, pudiendo ellas estar relacionadas con
las diferentes presiones ejercidas por la sociedad civil, la Unión Europea y las propias convicciones del Estado en lo que deben
ser las políticas. Específicamente, nos centramos en dos tipos de políticas de incorporación para argumentar que mientras se
registraron grandes avances en las políticas de acceso a la nacionalidad, el progreso en la legislación antidiscriminación ha sido
menos acentuado. Para demostrarlo, analizamos la evolución legislativa (leyes, decretos) y los programas oficiales del gobierno
portugués, en dichos ámbitos, con una mirada crítica.
Palabras clave: Incorporación, políticas migratorias, Portugal, regulación.
ABSTRACT
This article discusses the evolution of Portuguese immigrant incorporation policies, from 1980s to 2018. Migrants’ incorporation policies have become part of the national public agenda only recently, however, throughout this period of 30 years, many
significant changes have been registered. We argue that even if advances have taken place, there is no single solid, continued
and coherent strategy of the Portuguese State, changes have been advancing in one direction but at two different speeds. The
difference in speeds may be associated with existing pressures arising from civil society, the European Union and the State’s
own convictions about what policies should be. We focus on two different types of incorporation policies to argue that while
nationality policies have moved forward, anti-discrimination policies have been less progressive and assertive. To show this,
we critically analyze the evolution of legislation (decrees &amp; laws) and the official programs of the Portuguese government in
these two fields of incorporation policies.
Keywords: Incorporation, migration policies, Portugal, regulation.
Recibido: 05 de Junio 2019 - Aceptado: 01 de Octubre 2019 - Corregido: 06 de Noviembre 2019
Cómo referenciar este artículo:
Padilla, B, &amp; Thais, F. (2020). Tres décadas después… Evolución de las políticas de incorporación de inmigrantes en Portugal:
Una nueva lectura. Politica Globalidad y Ciudadanía, 171-202. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/
RPGyC/article/view/132

1
Doctora en Sociologia, Professora de Departamento de Sociologia de la Universidad de South Florida, EUA e Investigadora del
ISCTE-IUL, Portugal, E-mail: padilla.beatriz@gmail.com
2
Doctora en Ciências Sociales, Investigadora del ISCTE-IUL, CIES-IUL, Portugal. E-mail: thaisfrancas@gmail.com
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
ISSN 2395-8448. 171-202. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/132

�Tres décadas después…

172
1.- INTRODUCCION
El carácter multifacético y dinámico de las migraciones, sus diferentes modalidades, sujetos e
itinerarios hacen con que los Estados utilicen distintos y variados instrumentos para gestionar
los flujos de entrada, salida y permanencia de los migrantes en el territorio nacional, así como
para integrarlos a la sociedad receptora. Las políticas migratorias, en sus diversas variantes,
suelen aparecer como la principal herramienta utilizada por los Estados para orientar sus acciones relacionadas con los movimientos migratorios. Así, de acuerdo con el momento político o
económico de los países en cuestión, e cada vez más a nivel global, es posible identificar políticas migratorias en general, que tienen como propósito la atracción, restricción, prevención,
vinculación, control, regularización o incorporación de los migrantes (Mármora, 2002; Padilla,
2017).
Padilla (2017) subraya que las políticas migratorias son un tipo específico de políticas públicas, y por ello frutos de disputas entre el Estado, la sociedad civil organizada (asociaciones,
organizaciones no gubernamentales e etc.), los organismos internacionales (Organización Internacional de las Migraciones, Alto Comisionado de las Naciones Unidas para los Refugiados, entre otros) y las entidades supranacionales (Unión Europea, Mercosur, para citar algunos
ejemplos). Por lo tanto, aunque en cuestiones migratorias el Estado sea un actor privilegiado,
por sus recursos y poder de intervención, otros atores también pueden jugar un papel fundamental, influenciando el proceso del policy-making y sus resultados.
La presencia (o no) de las cuestiones migratorias en las discusiones públicas de un país
resulta inicialmente de la percepción de la necesidad de realizar acciones específicas sobre el
tema y posteriormente de un proceso complejo de negociaciones entre los diferentes actores
involucrados (Padilla, 2017). El caso portugués no escapa a ese proceso, por lo que a lo largo
de la historia de las políticas migratorias de Portugal, distintos actores e intereses estuvieron
presentes en la planificación (aunque en verdad mayoritariamente no se trate de planificación
sino de reacción ante una determinada realidad) de las estrategias y medidas de intervención
relacionadas con los movimientos migratorios.
Históricamente, Portugal ha sido por siglos un país de emigración, incluso en la actualidad,
en la cual conviven emigración e inmigración. Por ello, el enfoque de las políticas migratorias
portuguesas, durante mucho tiempo, se centraron en la emigración: quien, como, porque cruzaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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ba las fronteras nacionales hacia fuera. Durante el gobierno dictatorial (1933-1974), especialmente después de la creación de la Junta Nacional de Emigración (JNE) en 1947 (posteriormente transformada en Secretaria Nacional de Emigración en 1970), las políticas migratorias
se ocupaban mayoritariamente de la gestión y control de los flujos transatlánticos de salida
hacia las colonias portuguesas y Brasil y posteriormente para Europa, especialmente Francia y
Alemania (I. Santos, 2014).
Varios autores insisten en que las políticas portuguesas volcadas a la emigración has sido
siempre ambiguas inclusivamente contradictorias (Baganha 2000, Carreiras et al. 2007). Por un
lado, se perseguía el control de flujos hacia el exterior, prohibiendo oficialmente la emigración
o controlándolos a través de la emisión de los pasaportes de emigrantes, situación que llevó
a que se hablara de emigración clandestina desde la perspectiva del estado de origen y no de
destino. Por el otro lado, el Estado portugués desarrolló políticas que asistían o daban apoyo
a sus ciudadanos en el exterior, por lo que sus políticas pueden ser consideradas pioneras. La
cruel realidad que los portugueses enfrentaron en el exterior, hizo que el Estado prestara apoyo
y firmara acuerdos bilaterales con los países de destino, como acción complementaria al trabajo que las asociaciones de portugueses en el exterior realizaban a través de las mutualidades
y sociedades de socorros mutuos (Carreiras et al. 2007), si bien también movido por el interés
del Estado en maximizar las remesas de los emigrantes (Baganha 1994, 2000). Por ejemplo,
Portugal firmó en 1953 ratificado en 1957, el primer Acuerdo de Amistad y Consulta con Brasil,
que sería renovado en 2000, así como acuerdos consulares (1995) y de seguridad social (1997)
entre otros (Padilla 2010). Portugal también fue pionero en otorgar el voto a los portugueses en
el exterior y darles representación parlamentar en 1976 con la sanción de la nueva constitución
(Costa Lobo, 2007).
Solo después de la revolución de los claveles que puso fin a la dictadura, en 1974, es que
las políticas de control de la emigración fueran sustituidas por un entendimiento general de
la emigración como un derecho de los ciudadanos portugueses, asegurados en la constitución
portuguesa (art. 44 , no. 2) de 1976 (V. Santos, 2004). En las décadas siguientes, la emigración
no fue restringida como tal, sin embargo, este periodo coincide con el proceso de preparación y
posteriormente entrada de Portugal a la Unión Europea, lo que llevó a que paulatinamente ganase atractividad como país de destino, y lentamente, comenzase a forjar políticas de inmigración,
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la cuales con el tiempo ganaron mayor visibilidad en la agenda pública portuguesa.
Así, a partir de la década de 1980 se pueden identificar las primeras políticas públicas centradas específicamente en cuestiones inmigratorias o derivadas de ellas (Baganha &amp; Góis, 1998;
Padilla &amp; França, 2016). Gradualmente, en las décadas siguientes, la legislación migratoria se
hará más intensa, en respuesta a la realidad nacional, como por ejemplo el aumento de la demanda de mano de obra a fines de la década de 1990 e inicio del nuevo siglo, o su disminución
debido al aumento del desempleo como consecuencia de la crisis económica a partir de 2010; o
en respuesta a las imposiciones y directrices de la Unión Europea, proceso llamado de europeización de las políticas (Padilla, 2017). Desde entonces la política migratoria portuguesa reflejada en diferentes medidas – leyes, decretos, planes y programas – fueron siendo elaboradas e
implementadas en un contexto donde conviven tanto las prioridades determinadas por el estado
portugués como por las presiones de la Unión Europea para adaptar los marcos regulatorios
nacionales a los comunitarios, sumados a las presiones de la propia sociedad civil organizada
que a través de asociaciones de inmigrantes y otras organizaciones no-gubernamentales, ejercen presión hacia la adopción de políticas migratorias amigables, siendo que todas estas fuerzas
juegan un papel importante en la conformación de dichas políticas.
Con base a lo expuesto, el presente capítulo se propone analizar la evolución de las políticas
portuguesas de incorporación de inmigrantes, intentando responder a dos preguntas centrales:
i) cuales son los principales cambios identificados en las políticas de incorporación desde la
década de 1980 hasta la actualidad? ii) por qué el avance de las políticas se produce en una
dirección pero en dos velocidades, en particular las políticas relacionadas con la adquisición de
nacionalidad y las políticas antidiscriminación? Para ello, realizamos un análisis cualitativo de
las políticas de inmigración y recurrimos también al análisis secundario de datos estadísticos
oficiales. Con el objetivo de atender a los propósitos descritos, el capítulo comienza presentando un encuadramiento de las políticas migratorias en el contexto actual, para luego avanzar con
la descripción y contextualización de los flujos migratorios para Portugal, seguido del análisis
de la evolución de las políticas de incorporación inmigrantes. Finalizamos con algunas consideraciones que sugieren que pese a las mejorías en las políticas portuguesas de incorporación
inmigrantes, ni todas ellas han avanzado con el mismo ímpetu e intensidad.

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2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Las políticas migratorias de incorporación
Las políticas migratorias, en cuanto políticas públicas, pueden tener un carácter anticipador o
reactivo a los hechos o fenómenos migratorios (Hammar, 1985). Mientras el primero ambiciona
prever, pronosticar y planificar nuevas características y dinámicas migratorias que puedan surgir, guiando (atrayendo, controlando o gestionando) los flujos migratorios, el segundo intenta
responder a la situación registrada de la mejor manera posible, dentro de los parámetros que los
estados definen como convenientes o aceptables. En la práctica lo que sucede es que la mayor
parte de las políticas migratorias tienen más rasgos de reacción que de planificación, ocurriendo
en un momento ex-post en lugar de ex-ante (Padilla, 2017). O sea, en general, las políticas migratorias siguen un abordaje más pragmático de “resolución de problemas” (problem-solving)
no previstas a tiempo, o simplemente reaccionan a una necesidad o realidad repentina (Zapata-Barrero, Caponio, &amp; Scholten, 2017).
Para fines didácticos las políticas migratorias pueden ser dividas en dos grandes grupos: políticas de regulación de flujos y políticas de incorporación, siendo que cada una de ellas engloba
una gran variedad de políticas específicas, y son identificadas también como políticas de inmigración y de/para inmigrantes (Hammar, 1985). Algunos autores al profundizar en las políticas
migratorias, también diferencian como una categoría aparte a las políticas de adquisición de
nacionalidad y naturalización, mientras otros las incluyen como una subcategoría dentro de las
políticas de incorporación o integración. Sin embargo, lo que resulta práctico es distinguir lo
que hay por detrás de dichas políticas. Mientras las de regulación están asociadas a los controles de fronteras y visados, porque deciden quienes pueden entrar, permanecer y salir del país,
y cuales las condiciones o estatutos que los encuadran legalmente en el país, las políticas de
incorporación, por su lado, pretenden facilitar el proceso de inclusión de los inmigrantes y sus
familias en la sociedad de destino, a través de acciones de promoción de ciudadanía por medio de la participación en actividades económicas, culturales, políticas y religiosas (Hammar,
1985; Padilla, 2017). Además, las políticas de incorporación tienen como objetivo fortalecer la
cohesión social, a través de la promoción de la interacción de los inmigrantes con la comunidad
local, sus valores y costumbres, y brindándoles protección frente a la discriminación y los preRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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juicios. Money (N/D) afirma que existe una relación intrínseca entre las políticas de regulación
y de incorporación que suele ser poco considerada, lo que dificulta la elaboración de políticas
migratorias eficaces. Por su lado, Fitzgerald et al. (2018) sostienen que mientras las políticas de
integración y ciudadanía se basan en procesos socio-históricos influenciados por consideraciones de orden cultural, las políticas de regulación de flujos devienen de acuerdos internacionales
y normas vinculadas a los derechos humanos. Por ello, los objetivos de las políticas regulatorias y de incorporación son contrapuestos, y habitualmente no son planificadas conjuntamente,
siendo gobernadas por lógicas y fuerzas políticas distintas. Sin embargo, en relación a las varias
políticas de incorporación, pueden coexistir también una diversidad de lógicas, principios y
predisposiciones. Por ejemplo, las relacionadas con la “capacidad de asimilación”, o nivel de
aceptación hacia como el otro (extranjero) se torna nosotros (ciudadano nacional) accediendo
a la membresía ciudadana, según se refleja en los regímenes de adquisición de la nacionalidad;
o aquellas relacionadas con los imaginarios sociales que constituyen la identidad nacional basadas en una historia, tradición, cultura y lengua común. En el caso portugués, este imaginario,
denominado luso-tropicalismo y lusofonía, se remonta al periodo colonial y ha sobrevivido hasta la actualidad. El mismo se asienta en la creencia en la convivencia racial pacífica no racista,
que en la práctica no admite como posible la existencia/práctica de racismo por parte de los
portugueses debido a tu naturaleza universalista. Analizaremos esta interacción más adelante.
Una vez que el proceso de incorporación de los inmigrantes a la sociedad de destino es un
fenómeno que atraviesa innumerables y diversas esferas – trabajo, educación, diversidad cultural, participación política, entre otras –, las políticas de incorporación suelen enfocarse en distintos ámbitos. Padilla (2017) identifica por lo menos seis ejes de actuación de las políticas de
incorporación, y alerta sobre la variedad de esas políticas y sus distintos campos de actuación.

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Tabla 1. Tipos de Políticas de Incorporación
Políticas
Descripción
Políticas de Regulari- Procesos/programas que visan regularizar los inmigrantes cuyos
zación
documentos están en situación irregular. Generalmente son promovidos en carácter excepcional.
Políticas de inserción Programas educacionales enfocados en el aprendizaje de lo idioma
sociocultural
y costumbres locales: ingreso en el sistema educativo local que
puede tener características multiculturales, bilingües o monolingües.
Políticas de participa- Programas de promoción de actividades o acciones de carácter poción política y cívica lítico en nivel local o nacional: derecho a votar, elegirse, cuotas en
los partidos políticos, organizar asociaciones etc.
Políticas de adquisición de nacionalidad

Procesos que permiten o acceso a ciudadanía nacional a través del
derecho de nacimiento (ius solis), descendencia (ius sanguinis),
residencia (ius domicili) o declaración de voluntad por matrimonio,
unión de facto o adopción.

Políticas de inserción Programas/Medidas que promuevan oportunidades de inserción lasocioeconómicas
boral igualitarias libres de discriminación, formación, capacitación
o entrenamiento profesional y acceso a beneficios sociales.
Políticas de promoción de la diversidad

Programas y acciones afirmativas o positivas y legislaciones antidiscriminación que fomentan la protección y promoción de la diversidad étnica, racial, religiosa, de género y de orientación sexual.

Fuente: Elaboración propia, s.f.
Las diferentes políticas de incorporación interactúan entre sí, resultando en complejos y
distintos niveles de integración. Por ejemplo, un determinado país puede presentar excelentes
políticas de promoción de la diversidad mientras al mismo tiempo poseen políticas de regularización insuficientes (Martiniello, 2006). Si bien existe consenso entre migrantólogos sobre la
relevancia de producir e implementar políticas de incorporación adecuadas que garanticen la
inserción digna de los inmigrantes en la comunidad de acogida (Domenech, 2007; Moraes &amp;
Aguiar, 2018; Oliveira &amp; Oliveira, 2017), no existe tal consenso sobre quién es responsable de
que el proceso de inserción social, económica, cultural y político sea exitoso, si el Estado, los
inmigrantes, la sociedad receptora, o todos ellos. Por ello, los conceptos de integración e incorporación llevan una carga política e ideológica en sus definiciones.
El concepto de integración, tal vez el más utilizado, implica en general un modelo unidireccional en el cual integrarse es responsabilidad del inmigrante, sin reconocer el papel que juega
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también la sociedad de destino (Padilla, 2017). El modelo resulta de una evaluación aislada de
las políticas de gobierno en lugar de inserida y vinculada a los procesos sociales más amplios.
Asimismo varios autores defienden que el concepto de integración propone en realidad un modelo de asimilación disfrazada del inmigrante, puesto que las fuerzas de la mayoría nacional y
de los inmigrantes son asimétricas (Houtkamp, 2015). En ese sentido, la noción de incorporación resulta más apropiada puesto que se refiere a la inserción en el tejido social de la sociedad
de acogida que permite una participación más amplia en dicha sociedad. Al mismo tiempo reconoce que la inserción de los inmigrantes en la sociedad de destino es resultado de las acciones
de los inmigrantes, de la sociedad, del Estado y sus instituciones (Faist, 2009; Padilla, 2017).
En los últimos años Portugal ha sido reconocido por distintas instituciones como uno de los
países más avanzados en lo referido a las políticas migratorias, en especial las de incorporación. Segundo los datos del Índice de Políticas de Inmigración e Integración (MIPEX), en 2011
y 2015 Portugal ocupó el segundo mejor lugar en el ranking de las políticas de integración
(como las denomina el índice) a nivel general, detrás de Suecia y el primero en las políticas
de adquisición de nacionalidad. Además, varias de las otras políticas de incorporación sobre la
reunificación familiar, la inserción laboral y la lucha contra la discriminación fueron igualmente
evaluadas positivamente. Asimismo, en 2009 y 2012 la Organización de las Naciones Unidas
también destacó las políticas portuguesas de integración como las mejores a nivel mundial (Padilla &amp; França, 2016). En el contexto general de las “políticas buenas o amigables” se suman
también los Planes de Integración de los Inmigrantes (2007-2009) y (2010-2013), celebrados
nacional e internacionalmente como instrumentos innovadores y que contribuyeron a mejorar
aún más la imagen de Portugal como modelo a seguir (França, 2017).
Según lo expuesto, el caso portugués aparece como emblemático para ser analizado debido
al reconocimiento internacional de sus políticas. No obstante, no todas las políticas gozan del
mismo nivel de avance, y por lo tanto no todas promueven una incorporación plena de los inmigrantes, por otro lado, la literatura también reconoce restricciones a las evaluaciones positivas
de las políticas de incorporación. Una limitación del MIPEX es que tal índice evalúa y analiza
las políticas como instrumentos legales, pero no su aplicación e implementación, por lo que la
discrepancia entre lo que dice la ley y como se lleva a cabo, puede ser significativa (Padilla et
al 2018), siendo por ello necesario evaluar con datos empíricos lo que sucede en la práctica.
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Igualmente, si bien la ONU distinguió a Portugal por sus políticas de incorporación, por el otro,
contradictoriamente una de sus agencias, el Comité de las Naciones Unidas para la Eliminación de la Discriminación Racial (2004 y posteriores) advirtió que en Portugal son notorios
los actos de odio motivados racialmente, la persistencia de la intolerancia y discriminación,
especialmente hacia las minorías negras. Asimismo, entidades europeas han mencionado las
alegaciones sobre la mala conducta de la policía hacia los extranjeros y el uso excesivo de la
fuerza (ECRI, 2018; ONU, 2004). Estas acusaciones no dejan de ser actuales ya en el presente
los tribunales se debaten en un juicio sobre un grave caso de racismo y maltrato policial recibido por inmigrantes negros en Portugal, que tuvo lugar en 2015.
Inmigración, lusotropicalismo y políticas migratorias en Portugal
Tal como mencionado, Portugal históricamente fue un país de emigración y sólo después de la
Revolución de los Claveles en 1974, de la descolonización de los territorios en África y de la
restauración de la democracia, el país comienza a recibir los primeros flujos migratorios, que
vinieron a consolidarse y crecer en las décadas siguientes (Baganha &amp; Góis, 1998; Peixoto,
2004). No obstante, esta tendencia fue interrumpida por la crisis económica que se instaló
en el país a partir de 2008 y alcanzo su ápice en 2011, con la TROIKA y la implementación
de medidas de austeridad, momento en el cual la emigración volvió a crecer y la inmigración
disminuyó (Padilla &amp; Ortiz, 2012). Sin embargo, superada la crisis, la inmigración ha vuelto a
ganar ímpetu desde 2016, lo que se ha reafirmado en 2017 y 2018 (SEF, 2018).
En consecuencia, una mirada de largo plazo nos indica que la realidad inmigratoria portuguesa es reciente. A partir de la década de 1980 el estado comienza tímidamente a trazar sus
primeras políticas migratorias, centradas sobretodo en la regulación de los flujos, ambicionando
aproximarse a los estándares de la Unión Europea (Baganha &amp; Góis, 1998). Sin embargo, este
patrón no siempre fue logrado (Baganha, 2005), como lo prueban los varios procesos de regularización extraordinarios que se aprobaron desde la década de 1990: 1992, 1996, 2001, 2003,
2005, 2007 (abierto) hasta 2017 (Padilla 2007; Padilla 2017; Padilla y França 2016). Con el
tiempo, el arraigo de los inmigrantes llevó a la necesidad de considerar su inclusión. Así, como
resultado de la presión ejercida por las asociaciones de inmigrantes y otras organizaciones de la
sociedad civil sumada a la presión para que Portugal cumpliese con las Directivas de la Unión
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Europea, todo lo concerniente a las políticas de incorporación se suman a la agenda y al debate
nacional (Maeso &amp; Araújo, 2013; Padilla &amp; França, 2016).
Desde entonces, ya sea para responder a las presiones de la Unión Europea, a sus propios
intereses nacionales (mercado laboral, crisis económicas, cambios de gobierno, mantener buenas relaciones diplomáticas con los países de la Comunidad de Países de Lengua Portuguesa
(CPLP) y demandas de la sociedad civil, además del creciente el interés en mantener la visibilidad internacional ganada debido a su buena posición en los rankings internacionales de políticas migratorias, Portugal ha invertido de forma más sistemática en la promoción de políticas
de incorporación (Padilla &amp; Ortiz, 2017). La Comunidad de los Países de Lengua Portuguesa
fue creada en 1996 como un foro multilateral privilegiado de relaciones políticas y culturales
entre los países de lengua oficial portuguesa – Angola, Brasil, Cabo-Verde, Guinea-Bissau, Mozambique, Portugal, Santo Tomé y Príncipe, Timor Oriental y Guinea-Ecuatorial. La creación y
consolidación de la CPLP responden a los intereses portugueses en abrir un espacio privilegiado desde donde ejercer liderazgo y protagonismo en el nuevo orden mundial (Freixo, 2009). La
siguiente tabla ilustra algunas de las principales medidas implementadas.
Tabla 2. Medidas de promoción de la incorporación de los migrantes en Portugal 1991-2015
Año
Medida
1991 Creación de la secretaria de programas para educación multicultural
1993 Creación del proyecto de educación intercultural
1993 Creación de la Comisión para la integración de los Inmigrantes y Minorías Étnicas
1996 Creación de la figura de Alto Comisario para la Inmigración y Minorías Étnicas
(ACIME)
1998 Creación del Consejo Consultivo para los Asuntos de la Inmigración (COCAI)
1999 Creación de la Comisión para la Igualdad y contra la Discriminación Racial (CICDR)
2001 Programa Escojas (Programa Escolhas) – inclusión de jóvenes inmigrantes
2001 Programa Portugal Acoge (Portugal Acolhe) – formación en los derechos básicos
portugueses y enseñanza de portugués
2001 Ley 16/2001, Reafirmación de la libertad religiosa y promoción del dialogo inter-religioso
2002 Creación del Alto Comisariado para la Inmigración y Minorías Étnicas (ACIME)
2003

Creación de la Red de los Centros Locales de Apoyo a la integración de los Inmigrantes (CLAIIS)

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181
2003
2004
2004
2007
2007
2008
2010
2014
2015

Creación del Observatorio de la Inmigración
Creación de la Oficina de Apoyo Técnico a las Asociaciones de Inmigrantes (GATAI)
Creación de lo Centro Nacional de Apoyo a lo Inmigrante (CNAI)
Restructuración del ACIME en Alto Comisariado para la Inmigración y el Diálogo
Intercultural (ACIDI)
I Plan de Integración de los Inmigrantes (2007-2009)
Creación del Programa Portugués para Todos (PPT) – oferta de cursos de lengua
portuguesa gratuito
II Plan de Integración de los Inmigrantes (2010-2013)
Restructuración del ACIDI en Alto Comisariado para las Migraciones (ACM)
Presentación del Plan Estratégico para las Migraciones (2015-2020)

Fuente: Horta &amp; Gonçalves de Oliveira, 2014; Padilla &amp; França, 2016.
No obstante, para comprender mejor las políticas de incorporación en Portugal, más allá
de los actores políticos involucrados, es fundamental tener en cuenta el imaginario social portugués ya que esta influencia la auto-imagen y auto-percepción de “ser portugués” y de la
identidad lusa. El imaginario actual portugués deviene del misticismo colonial de la época de
los descubrimientos y de la historia de la colonización, según la cual la cultura portuguesa es
históricamente tolerante y universalista, que la hace abierta a la diversidad y a entender al otro.
Castelo habla del “modo portugués de estar en el mundo”, el cual consiste en una manera particular y especifica de relacionarse con otros pueblos y culturas, basado en altos niveles de tolerancia, humanidad, fraternidad y cristiandad (Castelo, 2011, p. 112). En este sentido, el discurso
dominante describe al colonialismo portugués como tolerante y con ausencia de discriminación
racial y/o étnica, que en la práctica se traduce en la negación del racismo. Maeso y Araujo
sostienen que la construcción de dichos mitos conforma el “sentido común” portugués que “es
modelado y permeado por ideas políticas y prácticas racistas y discriminatorias. Esas ideas y
prácticas ven a los inmigrantes como “otros”, que deben probar su contribución a la sociedad
nacional, para luego poder integrarse dentro de los límites de tolerancia trazados por la sociedad
de acogida” (2013: 14). Por su parte, Araújo (2008), afirma que la paradoja de que la experiencia colonial resultó en un “Portugal no racista” persiste porque el discurso del luso-tropicalismo
encubre las relaciones desiguales de poder y dominación, la cual se traduce en nuestros días en
la representación de Portugal como uno de los países más acogedores de Europa, de costumbres
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blandas y naturalmente intercultural.
Según lo expuesto, es necesario analizar y entender la trayectoria legislativa y estadística sobre el proceso de adquisición de la nacionalidad, por un lado, y sobre la evolución de la
legislación anti-racista por el otro. En paralelo, es importante intentar desvendar la motivación
principal para los cambios en dichas políticas, si se debe a presiones de la sociedad civil, del
propio estado y/o os de la Unión Europea.
En la sesión siguiente sección comparamos como las políticas de adquisición de nacionalidad y antidiscriminación han evolucionado a lo largo del tiempo.
Evolución histórica de las políticas de adquisición de nacionalidad y antidiscriminación
Políticas de adquisición de nacionalidad
Las políticas de adquisición de la nacionalidad portuguesas han sido identificadas como
un buen ejemplo de políticas públicas de incorporación según MIPEX (Costa, 2016), aunque
no siempre fue así. A lo largo del tiempo, y debido a su historia imperial y de emigración, el
desarrollo de la ciudadanía portuguesa fue atravesado tanto por medidas de inclusión como de
exclusión (Sobral, 2007).
Padilla y Ortiz (2017) realizan un análisis detallado de las transformaciones de las políticas
de adquisición de la nacionalidad desde el siglo XVII hasta los días actuales. Las autoras demuestran que hasta 1959 Portugal favoreció el ius solis, aunque en algunos momentos es posible identificar la existencia de sistemas mixtos que consideraban simultáneamente lo criterios
de ius solis y de ius sanguinis. Además, identifican un sesgo sexista vigente en ciertos periodos
históricos, que tendía a otorgar derechos distintos a los hombres, padres (pater ius sanguinis)
y maridos – las mujeres extranjeras adquirían la nacionalidad del marido, perdiendo la propia.
Igualmente apuntan a la centralidad de la discrecionalidad administrativa como un rasgo fundamental, usado en diferentes momentos para aprobar o rechazar los pedidos de nacionalidad.
El cuadro analítico elaborado por las autoras permite visualizar de manera objetiva diferentes
fases de la política de adquisición de nacionalidad en los años más recientes (1950-2018).

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Descolonización en África
1974-1986

Pre-Estado Novo y Estado Novo
1950-1974

Tabla 3. Leyes portuguesas de acceso a la nacionalidad
Período
Ley
Descripción
- Sistema mixto de adquisición de nacionalidad ius solis e ius
sanguinis.
Además, tenían acceso a la nacionalidad:
Ley de 1867
- Hijos nacidos de padres y/o madres portuguesas trabajando en
extranjero a servicio de la Corona
- Mujeres extranjeras casadas con hombres portugueses
- Alteración en código civil para naturalización: tiempo de resiLey de 1930 dencia en Portugal 3 años, no tener antecedentes penales y cumplir los deberes militares en el país de origen.
- Adquisición de la nacionalidad a través de ius sanguinis para
aquellos nascidos en el extranjero por vía de una declaración del
padre y/o de la madre portugueses.
Ley 2098/59
- La mujer portuguesa perdía la nacionalidad cuando se casaba
con un extranjero y las mujeres extranjeras casadas con portugueses adquirían la nacionalidad.
- Los nacidos en Portugal aún que residieran en las ex-colonias
por el principio del ius solis mantendrían la nacionalidad portuguesa.
- Las personas nascidas y residentes en las ex-colonias adquirían
la nacionalidad de los nuevos Estados.
Decreto-Ley - Las personas nascidas en las ex-colonias que comprobasen la
308-A/1975 manutención del vínculo con Portugal continental tendrían nacionalidad portuguesa.
- Excepciones: Naturales de Goa, Damão y Diu nascidos antes
de la anexión de territorio por la India fueran considerados portugueses y también los individuos de ascendencia india residentes en Mozambique.
- Consagración de la nacionalidad como un derecho fundamental
Ley 37/1981 - Prevalencia del ius sanguinis para favorecer los descendientes
portugueses en el extranjero
&amp;
Decreto-Ley - Nacionalidad por ius solis: naturalización o adquisición después de 6 años viviendo en Portugal
322/82
- Extinción del gaño o perdida de la nacionalidad por casamiento (separación entre casamiento y ciudadanía)

Ley 25/94

- Vinculación de la adquisición de la nacionalidad a la legalidad
de la residencia, restringiendo el acceso por uis soli o ius docimili

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Ley orgánica
1/04

- Elevación del tiempo de residencia para adquisición de la nacionalidad para 10 años, con excepción de los extranjeros lusófonos que necesitarían solamente de 6 años.
- Introducción de la regla de la retroactividad para la readquisición de la nacionalidad beneficiando a los descendientes portugueses nacidos en el extranjero, por ius sanguinis.
- Aumento de las posibilidades de adquisición de la nacionalidad portuguesa: principio ius solis, ius sanguinis y ius domicili.
a. hijos de progenitores que adquieran la nacionalidad portuguesa
b. matrimonio o unión de facto con nacional después de 3 años
de vínculo
c. menores por adopción plena
d. nacidos en territorio nacional (padre o madre portuguesa)
e. hijos de padres o madres portuguesas nacidos en el extranjero
a servicio del Estado portugués o por manifestación de los progenitores
f. Extranjeros residentes regularmente en Portugal por 6 años
g. Menores nascidos en Portugal con el primer ciclo de educación básica concluido o uno de los progenitores con residencia
legal por 5 años
h. Nacidos en el extranjero con un ascendente de 2 grados de
ciudadano portugués (nietos de portugueses)
i. Portugueses apátridas que perdieron la nacionalidad portuguesa
j. Ciudadanos en situación de prestación de servicio especial al
Estado o a la comunidad nacional
l. Nacidos en Portugal con residencia habitual en Portugal por
10 años

Ley orgánica
8/15 y 9/15

-Impedimento de adquisición de nacionalidad para sujetos que
representan un peligro o amenaza para la seguridad nacional
(actos terroristas)
- Para los nacidos en el extranjero con un ascendente de 2
grados con nacionalidad portuguesa (nietos de portugueses)
exigiese la obligatoriedad de vinculación con la comunidad
portuguesa, conocimiento de la lengua portuguesa y ausencia de
condenaciones por crímenes condenados a más que tres años de
prisión

Seguridad e Integración
2000s

Ley orgánica
2/06
Y Decreto
Ley 237-A/06

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Seguridad e Integración
2000s

Decreto-Ley
71/17

- Ciudadanos de países de lengua oficial portuguesa no necesitan demostrar la vinculación con la comunidad ni conocimiento
de la lengua portuguesa
- Fin de la obligatoriedad de la presentación del certificado de
registro criminal a los requirentes que residan fuera del país de
origen desde los 16 años
Ley-Orgánica - Adquisición de nacionalidad originaria de menores nascidos en
Portugal, hijos de extranjeros, siempre que por lo menos uno de
2/2018
los progenitores resida legalmente en Portugal 2 años.
- Adquisición de nacionalidad originaria de menores nascidos en
Portugal hijos de extranjeros, si uno de los progenitores también
nació en Portugal y tenga residencia, independiente del título, al
tiempo del nacimiento
- Naturalización de menores extranjeros si por lo menos uno de
los progenitores ha residido en Portugal 5 años y el menor haya
concluido un ciclo de enseñanza
- Padres y madres de portugueses de origine pueden tener la nacionalidad de los hijos desde que residan en Portugal a 5 años
- Extranjeros residentes legales por 5 años
- Para el conteo de plazos de residencia legal considera la suma
de todos los períodos de residencia legal en territorio nacional,
seguidos o intercalados en el intervalo máximo de 15 años.

Fuente: Padilla y Ortiz 2011, y actualización
El análisis de la Tabla 3 ilustra las grandes alteraciones del marco legal del acceso a la nacionalidad, pasando por períodos más restrictivos hasta el presente, adquiriendo paulatinamente
un carácter más inclusivo. En forma general se puede afirmar que las leyes han evolucionado
positivamente hacia un sistema mixto más equilibrado que considera ius solis, ius sanguinis y
ius domicilis. Del periodo más reciente, la ley orgánica Nº2/2006 puede ser calificada como un
punto de inflexión en el nivel de inclusividad ya que facilita tanto los procesos (desburocratización) como los requisitos necesarios en los procesos de adquisición de la nacionalidad (Padilla
&amp; Ortiz, 2017). Esta ley introduce un criterio de mayor objetividad al limitar la discrecionalidad
de los funcionarios responsables del análisis de los pedidos, además remueve la obligatoriedad
de presentar pruebas de medios de subsistencia económica. Además, de manera general refuerza el entendimiento de la ciudadanía como un derecho fundamental (Ramos, 2007). A pesar del
avance, este diploma no llega a compensar a aquellos ciudadanos provenientes de África y sus
descendientes quienes fueron perjudicados en la década de 1970 y 1980 al perder la nacionaliRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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dad, justamente por no prever la retroactividad. Este gafe legal no casual tiene un sesgo racista
porque solo afecta a los africanos de las ex colonias y sus descendientes.
Las alteraciones introducidas por el decreto ley de 2017 dan continuación al carácter inclusivo y menos burocrático de la ley orgánica Nº2/2006, simplifican el proceso de adquisición de
nacionalidad, en particular, la no obligatoriedad de la prueba de idioma portugués para los ciudadanos oriundos de países de lengua oficial portuguesa. Por otro lado posibilita la adquisición
de nacionalidad a los nietos de portugueses nacidos en el extranjero (Baganha &amp; Sousa, 2006;
Padilla &amp; Ortiz, 2017).
Finalmente, los cambios introducidos por la Ley Orgánica Nº2/2018, avanzan todavía más,
en el combate a la exclusión social, al extender el acceso tanto a la nacionalidad originaria como
a la naturalización, especialmente a los menores nacidos en territorio portugués. Los principales
progresos incluyen la atribución de nacionalidad originaria a los menores nacidos en Portugal,
hijos de extranjeros que, por lo menos uno de los progenitores, resida legalmente en Portugal
hace 2 años; la naturalización de menores hijos de inmigrantes que vivan en Portugal hace 5
años independientemente del título de residencia; la disminución del tiempo de residencia legal
de 6 para 5 años para solicitar la naturalización; la inclusión de la naturalización por ascendencia y el establecimiento de un nuevo sistema de conteo de los años para demostrar el plazo de
residencia legal.
Según lo expuesto, las transformaciones sucedidas en el marco legal vigente para acceder a
la nacionalidad portuguesa ya sea por adquisición, naturalización o atribución, contrariamente
a lo que ha sucedido en otros países europeos, han evolucionado en un sentido de mayor inclusión, respondiendo a las demandas derivadas del crecimiento de la inmigración al mismo
tiempo que manteniendo y asegurando los vínculos de Portugal con su diáspora.
Si bien el nivel de inclusión ha mejorado significativamente, aún restan algunas restricciones. La más importante, como mencionado, es la deuda o reparación histórica hacia quienes
fueron extirpados de la nacionalidad. Una segunda categoría de excluidos es la constituida por
los sujetos que representan un peligro o amenaza para la seguridad nacional, sin que existan
más especificaciones. Finalmente, existe silencio u omisión sobre la concesión de la nacionalidad por vía expeditiva, a los refugiados que así lo soliciten de modo a facilitar su inserción
a la sociedad. La Figura 1 permite observar los efectos positivos del régimen de acceso a la
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nacionalidad, siendo que la aplicación de la ley de 2006 se refleja claramente a partir de 2008
(no existen datos para 2007 por haber sido el año de transición).
Figura 1. Evolución de la adquisición de la nacionalidad en Portugal

Fuente: PORDATA, 2018.
Más allá del aumento continuo de los flujos migratorios desde fines de la década de 1990,
los procesos atribución de la nacionalidad solo registraron un aumento elocuente a partir de
la aplicación de la norma sancionada en 2006, que tal como mencionado, además facilitar los
requisitos (disminución de los plazos de residencia y simplificación de los procesos) puso fin
al poder discrecional de los funcionarios, que hasta el momento habían sido un obstáculo para
los ciudadanos provenientes de las ex colonias en África, en especial los caboverdianos. Si bien
la legislación anterior en teoría facilitaba el acceso a los ciudadanos de la (CPLP) al exigir un
periodo de residencia de 6 años mientras para el resto de los inmigrantes el periodo era de 10
años, en la práctica nunca se traduzco como un beneficio ya que los procesos eran rechazados
por los funcionarios. Por ello, el uso de la discrecionalidad hacia los inmigrantes africanos
como estrategia de negación del derecho a la nacionalidad puede ser vista como una práctica
de racismo institucional, sin que este fuera reconocido como tal al estar disfrazado bajo el poder de decisión del funcionario. Esta situación nos lleva a abordar el tema de las políticas de
anti-discriminación.

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Políticas antidiscriminación
Las políticas antidiscriminación y de combate al racismo en Portugal han sufrido transformaciones importantes a largo de los años, aunque con un impacto mucho menor. Analizando el
intervalo de 1976 – con la promulgación de la Constitución Portuguesa – hasta el día de hoy, la
“gestión de la diversidad cultural” ha ganado algún espacio en la agenda pública, aunque no la
misma capacidad de respuesta. Una fuerza conductora en este sentido ha sigo la Unión Europea,
que exige la adaptación y adopción de normas compatibles que tiendan a combatir el racismo y
todas las formas de discriminación étnico-raciales. Éstas se enmarcan en el discurso oficial de la
integración e interculturalidad como estrategia política de gobernanza de la diversidad cultural
(Maeso &amp; Araújo, 2013).
Fue principalmente a partir de los años 2000, debido a la presión de la Comisión Europea
para la transposición de sus directivas, que se identifican cambios evidentes en el orden jurídico
nacional en lo que se refiere al combate al racismo (T. Santos &amp; Lima, 2011). La tabla 4 presenta esquemáticamente el desarrollo de las medidas de combate al racismo y antidiscriminación
desde 1976 hasta la última ley, promulgada en 2017.
Tabla 4. Leyes portuguesas antidiscriminación
Documento
Descripción
Constitución de la
- Principio de la igualdad de todos los ciudadanos, independiente de
República Portuguesa la ascendencia, sexo, raza, lengua, territorio de origen, religión, convicciones políticas o ideológicas, instrucción, situación económica o
condición social.
- Derecho a la protección legal contra todas las formas de discriminación.¿
Código Penal
- Crimen de discriminación racial, religiosa o xenófoba, con causas
fundadas en la raza, color, origen étnico, nacional, religión, sexo u
Art. 240
orientación sexual.
Convención Internacional sobre la Eliminación de todas las
formas de Discriminación Racial, 2001
Decreto-ley nº3-A/96

-Adopción de medidas para eliminar la discriminación racial en todas sus formas y manifestaciones y a prevenir y combatir las doctrinas y prácticas racistas.
- Institución del Alto Comisario para la Inmigración y Minorías Étnicas con las competencias de contribuir para eliminación de la discriminación, combatir el racismo y la xenofobia.

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Ley nº134/99
Y
Decreto Ley
111/2000

Decreto-Ley
251/2002
Decreto-Ley
nº99/2003

Decreto-Ley
nº18/2004

Decreto-Ley
nº167/2007
Decreto-Ley
nº93/2017

- Prevenir, prohibir, sancionar la discriminación racial y xenófoba
basada en raza, color, nacionalidad u origen étnico.
- Definición de discriminación racial.
- Identificación de las prácticas discriminatorias punibles.
- Encuadramiento de los crímenes de discriminación racial, religiosa
o xenófoba, con causas fundadas en la raza, color, origen étnico, nacional, religión, sexo u orientación sexual.
- Estabelecimiento de un régimen de sanciones para comportamientos discriminatorios.
- Creación de la Comisión para la Igualdad y Contra la Discriminación Racial (CCIDR)
- Creación del Alto Comisariado para la Inmigración y Minorías Étnicas (ACIME) con competencia de implementar políticas antidiscriminación y de combate al racismo.
- Transposición de la directiva 2000/78/CE.
- Prohibición de discriminación directa o indirecta en el acceso al
trabajo y al empleo por razones de nacionalidad, origen étnico, religión e etc.
- Transposición de la directiva 2000/43/CE
- Prohibición de prácticas discriminatorias raciales o étnicas en el
ámbito de la seguranza social, salud, beneficios sociales, educación,
habitación.
- Transformación del ACIME en Alto Comisariado para la Inmigración y Diálogo Intercultural (ACIDI), con el objetivo de promover la
igualdad de derecho y oportunidades entre los inmigrantes y la promoción de la interculturalidad.
-Alteración del régimen jurídico de combate y prevención de la discriminación racial.
-La CICDR concentra todas las fases del proceso de infracciones.
-Inclusión de nuevas formas de discriminación (territorio de origen
y ascendencia), discriminación múltiple y por asociación a persona o
grupo de personas detentores de criterios protegidos.

Fuente: Elaboración propia y T. Santos &amp; Lima, 2011.
Con la sanción de la Constitución de 1976, Portugal comienza a implementar algunos instrumentos y mecanismos legales para combatir el racismo y la discriminación racial y étnica – entre ellos normas penales, civiles y administrativas, así como también la ratificación de tratados
internacionales – aunque con un alcance limitado y poca eficacia. Por ello, la instauración de
la CICDR, recién en 1999, es vista como el primer gran paso hacia establecer un marco para
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la monitorización y fiscalización de las prácticas discriminatorias y racistas en el país. Dicha
Comisión es presidida por el Alto/a Comisario/a de las Migraciones o ACM (anteriormente
ACIME/ACIDI) y los consejeros que sumaban al momento de su creación con 17 personas,
número que a la fecha ha aumentado a 31 consejeros). Vemos como es solo a partir del nuevo
milenio que el tema del racismo y discriminación alcanzan la agenda pública nacional y que se
introduce el primer marco legal e institucional contra la discriminación (Peixe et al., 2008). En
respuesta a la exigencia de la Directiva europea 2000/43/CE de creación de “Equality Bodies”
u organismos independientes del gobierno, responsables por aplicar el principio de la igualdad
de tratamiento a las personas, sin distinción de origen, racial o étnica la Comisión fue reconocida como tal en Portugal (Maeso &amp; Araújo, 2013).
En la práctica la transposición de las dos directivas europeas constituye el cuerpo más sólido
de las políticas de combate a la discriminación étnica y racial en Portugal. Sin embargo, pese
a esas transposiciones y a las transformaciones más recientes en las instituciones responsables
por las cuestiones migratorias – entre otras, la evolución del ACIME a ACIDI y actualmente
a ACM –, la actividad desplegada en materia anti-discriminatoria ha sido insuficiente. Por lo
que no llama la atención que el Comité de las Naciones Unidas para la Eliminación de la Discriminación Racial (CERD, sigla en inglés) considerase que las políticas antidiscriminación,
en especial de combate al racismo contra los afro-descendientes y gitanos eran insuficientes.
Asimismo, dicho comité criticó el sistema de control de quejas sobre discriminación racial por
ser ineficaz (CERD, 2015), aunque en su defensa, el gobierno Portugués argumentó que el Decreto-Ley nº93/2017 ambiciona promover mejorías en esa esfera a través de la centralización
de los procesos de fiscalización en la CICDR.
En el actual sistema de denuncia de casos de discriminación y/o racismo en Portugal, la queja debe ser formalmente registrada en el ACM, el cual a través de la CICDR es responsable de
analizar, guiar y decidir sobre todo el proceso, salvo en casos relacionados con la esfera laboral
que está bajo la coordinación de la Autoridad para las condiciones de trabajo. El ACM puede,
si así lo decide, solicitar asistencia de otras entidades competentes para analizar el caso y tiene
90 días para concluir si hay indicios suficientes para avanzar con el proceso y 15 días más para
presentar un informe y borrador de decisión. Dicho documento es enviado a la Comisión que
tiene un plazo suplementar de 15 días para decidir si se instaura o no un proceso.
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La Figura 2 permite visualizar la evolución del número de quejas presentadas y de procesos
instaurados por discriminación racial a lo largo de los años. Las cifras indican que las denuncias
por racismo o xenofobia han sido limitadas, no alcanzando los 100 casos anuales, y la mayoría de ellas no pasaban a procesos, sino que eran consideradas inconclusas y no se aplicaban
penalidades a los infractores. Sin embargo, 2014 parece ser el punto de inflexión en el cual el
aumento en el número de denuncias muestra un cambio que se hace más evidentes en 2016 y
luego de la aprobación de la nueva norma, Ley nº93/2017. En el corto periodo desde septiembre
de 2017 hasta fines de agosto de 2018, el número de quejas reportando situaciones de racismo
o xenofobia creció significativamente, llegando a los 207 casos. Sin embargo, los procesos no
han acompañado dicho crecimiento.
Figura 2. Evolución del número de quejas por discriminación racial y procesos abiertos 2006
-2018

Fuente: CICDR, elaboración propia. Nota: * Los datos disponibles para 2005/06 son agregados desde septiembre 2005 hasta diciembre 2006. ** El valor de 2018 corresponde apena hasta
1 de septiembre.

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Tabla 5. Porcentaje de las quejas transformadas en procesos.
Año
Quejas transformadas en procesos (%)
2005/06
20
2007
36,90
2008
28,38
2009
37,10
2010
28,57
2011
36,84
2012
33,33
2013
31,67
2014
30,00
2015
15,48
2016
15,13
2071
24,58
Fuente: CICDR, elaboración propia, año.
En 2017, de las 179 quejas registradas, solamente 44 o alrededor de 25% resultaron en
procesos, en 2016 y 2015 aproximadamente el 15% avanzaron como tales. Si bien en años anteriores el promedio había sido superior, aunque variable, entre 25 y 35% de las quejas se convirtieron en procesos. Por ello, la figura permite apreciar que el cambio ha sido provocado por
el aumento del número de quejas, mientras que las respuestas hasta ahora no han acompañado
la tendencia. Si además se analizan las condenas, la situación es todavía más dramática, puesto
que entre 2005 e 2017 fueran oficialmente registradas 1057 quejas, pero solamente un 2% (23
casos) resultaron en procesos completos que finalizaron con la aplicación de multas a los infractores. Peixe et. al (2008) advierten que la normalización de la falta de penalizaciones y de
condenas en los casos de discriminación racial pone en evidencia tanto la falta de interés como
la inoperancia del Estado en esta materia. Asimismo, el reducido número de condenas confirma
la ineficiencia de la aplicación del marco legal anti-discriminación vigente y la lentitud y atrasos en los procesos (Maeso &amp; Araújo, 2013). Esto demuestra que además de la falta de interés,
inoperancia e ineficiencia, existe una ceguera que no permite reconocer, por parte del Estado y
sus instituciones, el racismo y discriminación como práctica en la sociedad portuguesa, ya sea
el institucional como el individual.
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Dicha ceguera permite también cuestionar la neutralidad, la autonomía política y la eficacia
de la CICDR. Ya en 2007, e actualmente en 2018, los informes de la European Commission
against Racism and Intolerance (ECRI) denunciaba la falta de imparcialidad que se manifiesta
en el rol asumido por el Alto-Comisario como actor principal en la Comisión (presidente, responsable por las quejas, investigación, voto decisorio y organismo decisor la sanción), hecho
que pone en causa la independencia de las acciones de la comisión, puesto que el Alto-Comisario per se no es neutro (ECRI, 2007, 2018). Además, para la ECRI, la CICDR, la Inspección-General de la Administración Interna (IGAI) no son realmente independientes del Executivo. En la actual configuración que resulta de la Ley Nº93/2017, la CICDR se ha tornado aun
menos independiente del Estado puesto que la misma pasa a ser compuesta por 27 ministros,
11 más que el formato anterior.
Por ello, la ECRI (2018) critica fuertemente el posicionamiento de la policía y de la IGAI
en relación al racismo, considerando que en muchos casos las dos instituciones son tolerantes
con el racismo y en otra promotora del mismo. Esto lo demuestra un caso emblemático de
2015, sucedido en la comisaría policial del barrio de Alfragide (Municipio de Amadora, cerca
de Lisboa) donde 18 oficiales de policía fueron acusados de torturar 6 víctimas negras. Los
testimonios de los detenidos muestran el nivel de odio y racismo hacia las poblaciones negras
en Portugal, ilustrando claramente la existencia de racismo institucional, arraigado tanto en la
policía como en los tribunales, que en general se niegan a reconocerlo.
Además, el propio marco legal cuando aplicado hasta las últimas consecuencias solo se limita a sancionar el pago de multas, sin que existan consecuencias mayores que consideren prisión, realización de trabajos comunitarios, o resarcir a las personas perjudicadas. Por otro lado,
la nueva norma no contempla situaciones de intereseccionalidad que permita registrar quejas
por discriminación racial y de género al mismo tiempo, dividiendo la realidad que las mujeres
negras y las minorías enfrentan frecuentemente, ilustrando la doble ceguera, racial y de género
y una doble opresión.
La resistencia a reconocer los casos de discriminación y racismo existentes en Portugal por
parte de los órganos y autoridades responsables, es una consecuencia de la sobrevivencia del
imaginario colonial, por el cual el pueblo portugués no se reconoce como racista, sino por el
contrario, su narrativa consagra a Portugal como un país acogedor, tolerante, humanistas, pioRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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nero en la interculturalidad y convivencia con la diferencia (Maeso &amp; Araújo, 2013).
3.- MÉTODO
Diseño
Si se parte de la idea en que “cada metrópolis debe inventar sus propios desafíos de desarrollo
en un proyecto que debe ser construido. Enmarcadas en una agenda que integra acciones como
implementación de políticas urbanas, mejora de infraestructura, reordenamiento urbano, plane.
Instrumentos
La investigación tuvo como finalidad presentar un modelo el cual describiera de una manera
esquemática y sencilla las características más significativas de la atractividad territorial y la
mercadotecnia de ciudades aplicables a las áreas metropolitanas, para Rivas Tovar “un modelo
identifica las variables importantes para entender un problema.
Procedimiento
Para la realización del modelo se revisó la literatura de las diversas corrientes de la mercadotecnia territorial y de ciudades para localizar las variables que describirán mejor el modelo propuesto, con la intención de describir la conducta de los elementos seleccionados en un sistema.
Una vez recopilada la información histórica, conceptual, teórica y contextual se procedió a la
presentación del modelo de mercadotecnia de ciudades para áreas metropolitanas.
4.- CONCLUSIONES
Las políticas portuguesas de inmigración siguen siendo ambiguas y contradictorias tal como
en su momento lo fueron las de emigración. Si bien en general la evolución de las políticas ha
sido hacia políticas más abiertas y amigas de los inmigrantes en general, hay excepciones que
muestran un avance en dos velocidades distintas. Las políticas de incorporación de inmigrantes
en Portugal son relativamente recientes, han pasado por diferentes fases y han sido el resultado
de presiones provenientes de varios actores: la sociedad civil y asociaciones de inmigrantes,
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la Unión Europea y el propio Estado en defensa de lo que considera sus intereses. Por un lado
las políticas de adquisición de nacionalidad han evolucionado no solamente más rápido sino
que también han sido más generosas, mientras que las antidiscriminación han progresado más
lentamente y con menos magnanimidad, incluso muestran un severo déficit de aplicación, tal
como en su momento existió con el régimen de acceso a la nacionalidad cuando predominaba
la discrecionalidad.
En este sentido, el acceso a la nacionalidad es una política de incorporación que resulta de
la presión de la sociedad civil organizada (asociaciones de inmigrantes) y del propio reconocimiento del estado de la bondad que el acceso a la ciudadanía acarrea para los inmigrantes.
Por otro lado, la evolución de la legislación antidiscriminación, resulta también de la presión
de la sociedad civil, pero es incorporada al marco legal, por la necesidad (y obligatoriedad)
de transponer las normas de la Unión Europea, y no por interés propio. Por lo tanto, aunque
el marco legal mejore, no lo hace necesariamente su aplicación, dada la falta de convicción de
las autoridades competentes, especialmente del Alto-Comisariado y de la propia figura del Alto-Comisario, que ejerce su poder discrecional al decidir sobre esta materia.
Actualmente, la legislación de adquisición de nacionalidad, Ley 2/2018 con sus varias alteraciones, es bastante más flexible, menos burocrática y permite menos discrecionalidad que
las normas anteriores, ilustrando una abertura hacia la extensión de la nacionalidad portuguesa,
y promoviendo, por lo tanto, el acceso igualitario y los derechos formales a la populación extranjera. No obstante, el marco legal podría ser mejorado aun hacia aquellos que perdieron la
nacionalidad en los años 1980 y sus descendientes, que en muchos casos continúan viviendo
situaciones de exclusión y discriminación. Asimismo, adoptar el ius solis automático para los
nacidos en suelo portugués, sería otra medida de mayor apertura al no poner énfasis en el estatuto legal del menor (o de sus padres) para reconocerlo como ciudadano e incluirlo desde su
nacimiento como tal.
En el caso de las políticas antidiscriminación, la evolución de la legislación ha sido mucho
más lenta, avanzando en lo formal pero no en lo concreto. Por ello el reconocimiento del racismo como un problema social en Portugal es todavía un asunto que debe ser resuelto ya que no
hay aceptación oficial de su existencia. En el campo legislativo, las acciones del Estado se han
centrado principalmente en la transposición de las directivas europeas, sin que exista un acomRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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pañamiento efectivo de su implementación en la práctica ni una internalización que muestre
que la transposición se ha realizado a nivel del espíritu de la ley, lo que implicaría el reconocimiento del racismo y la discriminación como algo real y palpable. Por otro lado, el nivel de
independencia y autonomía de las instituciones responsables por investigar y monitorizar las
denuncias de racismo es limitado. Tanto el ACM, como la CICDR y la IGAI son instituciones
directamente vinculadas al poder Ejecutivo y Legislativo que además de conflicto de intereses,
pueden tener otras intenciones. A esto se suman otros aspectos como el escaso número de quejas de racismo y discriminación que se formalizan convirtiéndose en procesos que requieren
una investigación formal por parte de la CICDR, el escasísimo número de procesos que resultan
en condenas y, por otro lado, la levedad de las sanciones aplicadas que ejercen ningún poder de
disuasión. En conjunto todos ellos desincentivan la presentación de quejas.
Aunque el número de quejas de racismo haya aumentado en los últimos anos, siendo 2018
el año récord, y los medios hayan dado visibilidad a un gran número de casos situaciones de
exclusión, racismo y discriminación racial y de género en los dos últimos años, al contrario de
lo esperado, el discurso oficial sobre el racismo no ha cambiado, sino que sigue negando su
existencia. En la respuesta enviada al informe del ECRI, el gobierno portugués afirma que las
consideraciones de la ECRI son infundadas, y defiende que la policía en Portugal es la “policía
de la libertad”, sin embargo, el informe no presenta ninguna evidencia como prueba de su defensa. Por ejemplo, en respuesta a un caso de agresión física y verbal a una inmigrante colombiana negra en la ciudad de Porto por parte de un fiscal de una empresa de seguridad (ex policía)
en el verano de 2018, el Alto-Comisario para las Migraciones afirmó que los portugueses no son
racistas y que lo sucedido en un caso puntual (Público, 2018). Esta respuesta resulta asombrosa
dado que uno de los casos judiciales que alcanzó mayor visibilidad ese mismo año, fue el caso
mencionado sobre violencia policial en Amadora, contra ciudadanos negros. Por otro lado, la
respuesta oficial del Alto-Comisario, máximo responsable de la CICDR, explica la reticencia
de dicha institución a reconocer casos de discriminación. Lo expuesto ilustra así el poder del
discurso luso-tropical como fuerza que sustenta los argumentos que niegan la existencia del
racismo en el país.
Asimismo, pensamos que la serie de artículos publicados en los periódicos nacionales en los
dos últimos años, denunciando innumerables casos de racismos han potenciado el aumento del
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número de quejas por discriminación racial presentadas a la CICDR, siendo que ambas realidades contribuyen a mostrar como el racismo está presente y arraigado en Portugal.
Lo expuesto nos llevar a pensar que, aunque exista una preocupación por garantizar el acceso integral a los derechos sociales en Portugal a través de la adquisición de la nacionalidad,
no existe el mismo interés en combatir el racismo, la discriminación y xenofobia. Por un lado,
Portugal ha reconocido la importancia del acceso a la nacionalidad como un modo de incorporación a la sociedad, y ha abierto el terreno para que tal suceda. Sin embargo, la ceguera hacia el
reconocimiento de la existencia de discriminación racial hace que no proceda de la misma manera en la eliminación de las barreras racistas a dicha incorporación. Puesto que el imaginario
portugués colonial luso-tropical cimienta esta ceguera, es apropiado que tanto la comunicación
social como la academia contradigan y deshagan dicho discurso. Las transformaciones en la
legislación necesitan ser acompañadas por cambios en las prácticas institucionales, educacionales y culturales, tales como recomendadas en último informe de la ECRI, las que sugieren
la inclusión de una nueva enseñanza de la historia en las escuelas que discutan de manera más
abierta y crítica la violencia de la colonización portuguesa y sus consecuencias.
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Análisis de algunos vectores sobre las migraciones internacionales en España: Las políticas
de integración e integración educativa a debate1
Analysis of some vectors on international migration in Spain: Educational integration and
integration policies under debate
Antonia Olmos Alcaraz2
Universidad de Granada, España
https://doi.org/10.29105/10.29105/pgc6.11-9
https://orcid.org/0000-0001-5852-6492
____________________________________________________________________________________________________________________________

RESUMEN
La realidad migratoria en España viene siendo gestionada a través de diversos instrumentos jurídico-normativos
en consonancia con las directrices que marca la Unión Europea en la materia. Dicha gestión, sobre la que se está
edificando la actual sociedad multicultural en el país, entiende los procesos de integración como dinámicas de
carácter unidireccional, que operan en distintas esferas de la realidad (espacios educativos, laborales, etc.) y que
van desde la sociedad mayoritaria al resto de la sociedad. En el presente artículo se abordará un análisis de dicha
gestión de carácter multinivel (comunitario, estatal y regional-local) y sectorial (integración e integración educativa), a través de la revisión de los principales instrumentos que han funcionado hasta el momento para ello. El
objetivo será la construcción de un diagnóstico sobre cómo se está interviniendo sobre una realidad que está en
permanente evolución y cambio.
Palabras clave: Educación, España, integración, interculturalidad, políticas migratorias.
ABSTRACT
The migratory reality in Spain has been managed through various legal-normative instruments in line with the
guidelines set by the European Union in this area. This management, on which the current multicultural society in
the country is being built, understands the integration processes as unidirectional dynamics, operating in different
spheres of reality (educational, work spaces, etc.) and ranging from majority society to the rest. This article analyses of such multilevel and sectorial management (community, state and regional-local; educational integration and
integration), through the review of the main instruments that have worked so far for it. The objective will be the
construction of a diagnosis on how is the intervention on a reality that is constantly evolving and changing.
Keywords: Education, interculturality, integration, migration policies, Spain.
Recibido: 02 de Mayo 2019 - Aceptado: 16 de Septiembre 2019 - Corregido: 11 de Noviembre 2019
Cómo referenciar este artículo:
Olmos Alcaraz, A.. (2020). Análisis de algunos vectores sobre las migraciones internacionales en España:
Las políticas de integración e integración educativa a debate. Politica Globalidad y Ciudadanía, 203-223.
Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/133

1
Artículo de revisión derivado del proyecto de investigación: Análisis de algunos vectores sobre las migraciones internacionales en
España: las políticas de integración e integración educativa a debate.
2
Doctora por la Universidad de Granada. Profesora Titular de la Universidad de Granada. Instituto de Migraciones. Email: antonia@
ugr.es
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�Análisis de algunos vectores...

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1.- INTRODUCCION
El contexto migratorio actual en España empieza a forjarse en la década de los años ’90, cuando el país comienza a registrar entradas de trabajadores migrantes extranjeros que se ubican en
diversos nichos laborales (agricultura, construcción y servicios en el caso de los hombres; y
especialmente servicios y cuidados, las mujeres). En esos momentos se trataba claramente de
una migración de carácter laboral. Más adelante –a mediados de los 2000– se aprecia como las
migraciones familiares (producidas sobre todo por procesos de reagrupación, aunque no solo)
se vuelven también importantes. Y a partir del 2015 los movimientos migratorios que se registran son además de personas en situación de solicitud de asilo y refugio. Paralelamente desde,
aproximadamente, el año 2012 –coincidente con la crisis económico-financiera en el país– se
registran movimientos migratorios de españoles hacia otros países, por lo que se puede hablar
también de expulsión de flujos y no solo de recepción.
Se puede tener una idea de cómo ha sido la evolución del fenómeno con la siguiente tabla,
sobre residentes extranjeros en el país:
Tabla 1. Evolución población extranjera en España (2000-2018)
Año
Número
%
2000
895.720
2,2
2005
2.738.932
6,6
2010

4.926.608

10,6

2015
2018

4.447.852
5.025.264

9,6
10,69

Fuente: Elaboración propia a partir de datos del Instituto Nacional de Estadística, 2018.
Existe un incremento contante (más acusado en los primeros años de la década del 2000)
que se mantiene hasta el año 2012 aproximadamente, momento en el que el mismo se estabiliza. Siendo así en el momento actual los datos presentan un pequeño repunte, y se cuenta con
un 10,69% de población extranjera residente el país (Instituto Nacional de Estadística, 2018).
Estos datos solo nos dan una información aproximada del fenómeno migratorio, dado que se
trata de datos tipo stock y dado que no se puede olvidar que las categorías “migración” y “exRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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�Olmos Alcaraz, A.

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tranjería” aunque la mayoría de las veces coinciden, no siempre lo hacen. Con respecto a las
nacionalidades, en el momento actual, marroquíes son los más numerosos (714.239), seguidos
de las personas procedentes de Rumanía (671.233), de Reino Unido (287.292), Italia (244.1489
y Colombia (199.540) (INE, 2019).
Esta realidad migratoria es gestionada en España a través de diversos instrumentos jurídico-normativos que –en consonancia con las directrices que marca la Unión Europea– terminan
por construir las estructuras sobre las que se está edificando la actual sociedad multicultural en
el país. En el presente artículo se abordará un análisis de dicha gestión, a través de la revisión
de los principales instrumentos que han funcionado hasta el momento para ello. El objetivo será
la construcción de un diagnóstico sobre cómo se está interviniendo en una realidad que está en
permanente evolución y cambio, a partir de una aproximación multinivel (comunitaria, estatal
y regional-local) y sectorial (integración e integración educativa) a las políticas de integración
dirigidas a las poblaciones procedentes de las migraciones en el contexto considerado.
2.-FUNDAMENTO TEÓRICO
La política de inmigración europea inicia su desarrollo hace algo más de dos décadas, con la
creación del Acta Única Europea (El Acta Única Europea se firma en 1987 e implica la supresión de fronteras interiores en el espacio comunitario, como una forma de ir avanzando hacia la
instauración del mercado único) y el establecimiento del Espacio Schengen (El Espacio Schengen se crea a partir de la firma del Acuerdo del mismo nombre, inicialmente el 14 de junio de
1985, por solo algunos de los países de la entonces Comunidad Económica Europea (Francia,
Alemania, Bélgica, Países Bajos y Luxemburgo), pero es comunitarizado a partir del protocolo
Schengen al Tratado de Ámsterdam de 2 de octubre de 1997. De esta manera la cooperación
en materia de control fronterizo que establece dicho acuerdo –y que fue diseñada en el ámbito
intergubernamental, sin control ni debate democrático– es incorporada a la normativa europea
(a partir del 1 de mayo de 1999) por unas autoridades que dicen abogar por una “Europa de los
ciudadanos” abierta y transparente (Colectivo IOE 2001, citado en Olmos Alcaraz, 2009: 204).
Sin embargo, aún a día de hoy, a pesar de que algunos lo entiendan como “el mayor experimento multilateral de política migratoria conocido” (Pinyol, 2019: 4), se trata de una política inacabada porque no está comunitarizada y los estados siguen presentando “enormes reticencias para
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ceder competencias en este ámbito” (Pinyol, 2019: 2).
Las bases sobre las que se sustenta dicha política inconclusa se establecieron en 1999 con
el Consejo Europeo de Tampere, alrededor de lo que se definió como los tres pilares de la política migratoria: 1). El control de flujos y fronteras; 2). La integración; y 3). La cooperación al
desarrollo. A pesar de esta definición, a priori tan clara, cada uno de estos frentes de actuación
han sido abordados en muy diferente grado de profundidad, habiendo avanzado increíblemente
más en materia de cierre de fronteras y control de flujos, que en integración, o en cooperación al
desarrollo (Pajares, 2000; De Lucas, 2002; Arango, 2006; Olmos Alcaraz, 2009; Pinyol, 2019).
Estas dos últimas cuestiones han quedado “prácticamente relegadas al plano de la retórica comunitaria y entendidas de manera muy particular” (Olmos Alcaraz, 2009: 206-207). En el caso
de la cooperación al desarrollo reduciendo al mínimo la dotación de recursos y derivando estos
en muchas ocasiones a la atención en frontera, algo que es extensivo a otros países de la UE no
solo a España (Rodier, 2017); y en el caso de la integración, priorizando las actuaciones hacia
las personas residentes, y quedando relegados/as todos/as aquellos/as migrantes en situación
administrativa irregular. En esta materia, además, son los propios estados quienes regulan y
legislan al respecto, aunque siempre teniendo en cuenta una serie de áreas prioritarias de actuación que establece la UE (Sánchez, 2019).
El trabajo de armonización de esta política migratoria que debía hacerse desde las instancias europeas se viene realizando a través de recomendaciones, directivas y agendas de trabajo
(Se trata de instrumentos jurídicos de la UE de distinta intensidad y graduación en cuanto a la
obligatoriedad de su cumplimiento. En el caso de las recomendaciones, por ejemplo, no son
vinculantes; las directivas por su parte indican objetivos a conseguir pero cada país miembro
puede elegir qué leyes elaborar para conseguirlos; y las agendas de trabajo no hacen sino
fijar la dirección y prioridades políticas de la UE en distintas materias (https://europa.eu/european-union/eu-law/legal-acts_es). Es decir, todas ellas dejan las competencias últimas –en este
caso– sobre inmigración en manos de cada Estado, por lo que puede considerarse que el “marco
normativo común protege esta unilateralidad” (Pinyol, 2019: 3). La última de ellas, conocida
como la Agenda Europea de Migración, se inicia en 2015 para abordar de la mal llamada “crisis
de los refugiados” (Sería más adecuado nombrar la situación en tanto que crisis integral de legitimidad la Unión Europea como institución, dado que los refugiados “siempre están en crisis”
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�Olmos Alcaraz, A.

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(Ferrero, 2016: 160)) y sigue vigente en la actualidad. Especialistas en la materia afirman que
la Unión Europea sigue sin estar a la altura (Cachón, 2017), y con esta nueva acción sigue sin
lograr afrontar adecuadamente una realidad migratoria que –además– ya no es la misma que
se daba a finales de los años noventa del siglo pasado, fecha en la que empieza la construcción
de la política comunitaria sobre la materia. Es decir, si bien el proyecto de construcción de una
política migratoria comunitaria nunca ha llegado a concluirse de manera que pudiese servir para
hacer frente a los movimientos migratorios de décadas pasadas (fundamentalmente de carácter
económico, posteriormente también por reagrupación familiar como se apuntaba al inicio del
artículo); desde 2015 se presenta aún más ineficiente si cabe, porque no logra adaptarse a una
realidad de flujos migratorios que ya no son fundamentalmente económicos sino de personas
solicitantes de refugio y asilo (Rodier, 2017).
Veamos a continuación cómo ha interpretado España los dictados de la Unión Europea en la
materia, haciendo especial énfasis en el segundo pilar, las políticas de integración, y profundizando en uno de los campos prioritarios de actuación de las mismas: la educación.
Las políticas migratorias en España: a propósito de las actuaciones sobre integración
Políticas y planes estatales de integración en España
Las actuaciones en materia de política migratoria en España se plantean como un proceso multinivel gestionado por el Gobierno Central, los Gobiernos Autonómicos y los Gobiernos Locales.
En relación a las políticas de integración dirigidas a las poblaciones migrantes son las Comunidades Autónomas (autoridades regionales) y los Ayuntamientos (autoridades locales) quienes
son competentes para actuar sobre la materia, y lo hacen con respecto a todos los ámbitos de
primera necesidad en la vida de una persona. Sin embargo, las autonomías y ayuntamientos
siempre actúan escuchando las indicaciones del Gobierno Central, que a su vez se hace eco
de las directivas y agendas de trabajo que pauta Europa. Siendo así las esferas de intervención
prioritarias son inserción laboral, atención sanitaria y educación.
La primera política de integración en el país fue el Plan para la Integración de las Personas
Inmigrantes, diseñada por el Gobierno Central, data del 1994 y en la misma se establecía como
habrían de ser las actuaciones que desarrollasen las distintas autonomías en la materia. El reRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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dactado de dicho plan daba a entender que el target group debían ser solo los “extranjeros en
situación administrativa regular”. Véase como se recogía en el texto en cuestión:
La finalidad última (…) es la consolidación de España como país de inmigración, lo que
nos obliga a poner en práctica una política global que preserve nuestros intereses, nuestra cohesión social y que garantice, de acuerdo con los valores de la España democrática y de la Constitución de 1978, una completa integración del colectivo de residentes
extranjeros que eligieron España para vivir y trabajar. (Plan para la Integración Social
de las personas Inmigrantes, 1994: s/p).
Al hacer mención a la necesidad de garantizar un una completa integración de los “residentes extranjeros” estaba excluyendo a quienes no contaban con permiso de residencia, y que, por
lo tanto, estaban en situación administrativa irregular.
A continuación, en el año 2000, se elabora una nueva política de integración, el conocido
como Programa GRECO (Programa Global de Regulación y Coordinación de a Extranjería
y la Inmigración), que da una vuelta de tuerca y reduce aún más las tipologías de situaciones
administrativas de las personas migrantes a las que iba dirigida. En el mismo podíamos leer lo
siguiente:
Se ha optado por estructurar el contenido del Programa en base a cuatro líneas básicas:
(…) 2.- Integración de los residentes extranjeros y sus familias que contribuyan activamente al crecimiento de España. (Programa GRECO, 2000: s/p).
De manera que al puntualizar que el target group habrían der ser “residentes extranjeros que
contribuyan activamente al crecimiento de España” estaba excluyendo a quienes –estando en
situación administrativa regular– carecían de un permiso de trabajo.
Las dos políticas mencionadas sostenían una “noción de integración con clara orientación
unidireccional” (Olmos Alcaraz y Lastres, 2018: s/p), donde se entendía que eran las personas
migrantes quienes debían “hacer todo el esfuerzo de inclusión en la sociedad de acogida” (Olmos Alcaraz y Lastres, 2018: s/p).
En el año 2007 vuelve a cambiar la idiosincrasia de las políticas de integración, y con el I
Plan Estratégico de Ciudadanía (actualmente en vigor y que ha pasado ya por diversas renovaciones) “se camina hacia una noción de integración multidireccional al hablar de &lt;&lt;sujetos de
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atención&gt;&gt; para referirse a todos los ciudadanos” (Olmos Alcaraz y Lastres, 2018: s/p), migrantes y no migrantes, nacionales y extranjeros:
El Plan Estratégico de Ciudadanía e Integración […] es necesario por cuanto es un elemento fundamental de la gobernanza del proceso de adaptación mutua de las personas
inmigrantes y autóctonas porque trata de contribuir al proceso bidireccional fomentando
un desarrollo económico, social, cultural e institucional avanzado, plural y duradero
para el conjunto de residentes en España, a través de intervenciones equilibradas de
los poderes públicos y la sociedad civil. (Plan Estratégico de Ciudadanía e Integración:
2007: 4)
Dicho plan no establece diferencias explícitas de actuación entre personas extranjeras en
situación administrativa regular e irregular y nomina a todas bajo el término “nuevos ciudadanos” (Olmos Alcaraz y Lastres, 2018).
Las políticas de integración mencionadas están todas diseñadas a nivel central, pero, tal y
como se ha mencionado, tienen su reflejo en las distintas regiones del país. Será a principios del
presente siglo que, ese sentido, pueda observarse cómo las distintas Comunidades Autónomas
empiezan a desarrollar sus propios planes de integración dirigidos a la población migrante residente en su territorio. Veamos el caso de la Comunidad Autónoma de Andalucía, para profundizar –a continuación– en cómo han sido las actuaciones en materia de integración en el plano
educativo.
Políticas de integración y educación: el caso de la Comunidad Autónoma de Andalucía
En el caso concreto de las políticas de integración que tienen que ver con el ámbito educativo en
Andalucía [pero también en España, porque en el resto de regiones las diferencias son mínimas
(García et al., 2008)] se ha trabajado fundamentalmente a través de dispositivos que tratan de
enseñar la lengua vehicular de la escuela a los/as recién llegados. No obstante, para hacernos
una idea más precisa de las medidas adoptadas al respecto es necesario atender, en primer lugar, a: 1). Cómo se regula el derecho a la educación para las personas extranjeras en el país;
y en segundo lugar: 2). Qué dispositivos, planes y programas se han diseñado para atender la
diversidad que aportan las migraciones en espacios educativos en términos de “educación interRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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cultural”. En las líneas que siguen se abordarán estos y otros puntos adyacentes a los mismos,
dejando que emerjan en el análisis las acciones prioritarias que ha llevado a cabo el gobierno
andaluz.
A propósito del derecho a la educación de las personas extranjeras
Aunque el análisis que se muestra corresponde al contexto andaluz, en este caso, para hablar del
derecho a la educación y cómo este se regula con respecto a la población migrante es necesario
que miremos más allá de la normativa autonómica. Siendo así, en primer lugar, hemos de tener
en cuenta que el derecho a la educación en España para las personas extranjeras queda regulado
por la Constitución Española (CE, 1978); en consonancia con las leyes y tratados internacionales en la materia ratificados por el país (como la Convención sobre los Derechos del Niño de
las Naciones Unidas o la Carta de Derechos Fundamentales de la Unión Europea, entre otros);
además de la Ley de Extranjería (Ley Orgánica 4/2000, de 11 de Enero, sobre derechos y libertades de los extranjeros en España y su integración social, con sus correspondientes reformas
y modificaciones a partir de las leyes orgánicas 8/2000, de 22 de diciembre, 11/2003, de 29 de
septiembre, 14/2003, de 20 de noviembre, 2/2009, de 11 de diciembre, 10/2011, de 27 de julio,
Real Decreto-Ley 16/2012, de 20 de abril y por la sentencia del Tribunal Constitucional de 31 de
enero de 2013) y las Leyes de Educación estatales (La actual ley educativa es la Ley Orgánica
de Educación (LOE) 2/2006, de 3 de mayo, modificada parcialmente por la Ley Orgánica para
la Mejora de la Calidad Educativa (LOMCE) 8/2013, de 9 de diciembre (esta última es conocida popularmente como la ley Wert) y regionales (La Ley de Educación de Andalucía (LOA)
17/2007, de 10 de diciembre). En el caso de los menores extranjeros hay que decir que tienen
los mismos derechos en materia educativa que los menores españoles, atendiendo para ello a la
legislación internacional (Art. 2. Convención sobre los Derechos del Niño) (Artículo 2.1. “Los
Estados Partes respetarán los derechos enunciados en la presente Convención y asegurarán su
aplicación a cada niño sujeto a su jurisdicción, sin distinción alguna, independientemente de la
raza, el color, el sexo, el idioma, la religión, la opinión política o de otra índole, el origen nacional, étnico o social, la posición económica, los impedimentos físicos, el nacimiento o cualquier
otra condición del niño, de sus padres o de sus representantes legales”. (Convención sobre los
Derechos del Niño, 1989: 10)), por lo que lo establecido en otras normativas, en principio, no
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sería de aplicación. No obstante, la Ley de Extranjería desarrolla un artículo para describir el
derecho a la educación de los extranjeros, que establece lo siguiente:
Artículo 9.1.
Los extranjeros menores de dieciséis años tienen el derecho y el deber a la educación, que
incluye el acceso a una enseñanza básica, gratuita y obligatoria. Los extranjeros menores
de dieciocho años también tienen derecho a la enseñanza posobligatoria. Este derecho
incluye la obtención de la titulación académica correspondiente y el acceso al sistema
público de becas y ayudas en las mismas condiciones que los españoles. En caso de alcanzar la edad de dieciocho años en el transcurso del curso escolar, conservarán ese derecho
hasta su finalización.
Artículo 9.2.
Los extranjeros mayores de dieciocho años que se hallen en España tienen derecho a la
educación de acuerdo con lo establecido en la legislación educativa. En todo caso, los
extranjeros residentes mayores de dieciocho años tienen el derecho a acceder a las demás
etapas educativas posobligatorias, a la obtención de las titulaciones correspondientes, y al
sistema público de becas en las mismas condiciones que los españoles.
(…)
En dicho artículo no se hace distinción de derechos en función de la situación administrativa del menor, en consonancia con lo establecido con la legislación internacional, por lo que
re-afirma que cualquier menor de 18 años tiene derecho a la educación, incluidas las etapas no
obligatorias. Sin embargo, en el artículo 9.2., relativo a personas mayores de 18 años, al delimitar el derecho a los “extranjeros residentes” se está excluyendo a quienes estén en situación
administrativa irregular del derecho a la educación en los mismos términos que los españoles,
supeditando dicho derecho a lo establecido en las leyes educativas. Si consultamos las actuales
leyes educativas, vemos que no desarrollan dicha cuestión y que lo que hacen es remitir de nuevo a la Ley de Extranjería (Rodríguez, Méndez y ACOGE, 2018), por lo que nos encontramos
con una “doble remisión [que] deja un vacío normativo en cuanto a la regulación a nivel estatal
de la situación del alumnado extranjero mayor de edad sin autorización de residencia, con respecto al acceso a la educación postobligatoria” (Rodríguez, Méndez y ACOGE, 2018: 10). Con
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todo, al considerar la legislación educativa en su conjunto, a día de hoy –no siempre fue así–
puede afirmarse “el carácter universal del derecho a la educación para las personas extranjeras
en España” (Rodríguez, Méndez y ACOGE, 2018: 11), habida cuenta de que la jurisprudencia
existente ha venido a reafirmar dicho derecho. En concreto, según el análisis que hace al respecto la Red ACOGE, son fundamentales las sentencias del Tribunal Constitucional nº 236/2007,
de 7 de noviembre y nº 155/2015, de 9 de julio (Rodríguez, Méndez y ACOGE, 2018).
Sin embargo, se han detectado algunas situaciones de excepcionalidad donde este derecho
no se está cumpliendo o tarda en hacerse efectivo un tiempo, debido a diversas dificultades.
Sería el caso de, por ejemplo, los menores que se encuentran en los Centros de Estancia Temporal de Inmigrantes (CETI) en situación de asilo o solicitud de protección internacional (ellos/
as o sus padres/madres). En estos casos, la no escolarización puede darse debido a la falta de
recursos humanos de los propios centros, y los/as menores pueden llegar a esperar entre 1 y
6 meses para ser escolarizados (Passeti y Sánchez-Montijano, 2018). Pero también, se están
detectando dificultades para hacer efectivo el derecho a la educación en general en los niveles
de Bachillerado, Formación Profesional y Universidad con respecto a “la homologación de los
títulos extranjeros, cuyos plazos de tramitación llegan en algunos casos a dilatarse en el tiempo
de forma excesiva, y terminan privando a la persona de la posibilidad de obtener la titulación e
incluso de acceder a los estudios” (Rodríguez, Méndez y ACOGE, 2018: 37).
A propósito de la educación intercultural y las poblaciones migrantes en la escuela
La atención a la diversidad en la escuela en el contexto estudiado se conceptualiza como “educación intercultural” desde sus inicios, hace ahora algo más de dos décadas (Dietz, 2012; García
et al., 2008; Olmos Alcaraz, 2009, 2016a). Habría dos consideraciones a realizar a este respecto, antes de pasar a analizar cómo se realiza política y administrativamente dicha conceptualización y apuesta de integración educativa.
En primer lugar, hemos de tener en cuenta que dicha acotación no hace sino poner en evidencia cómo –hasta finales de la década de los ’90 del siglo pasado– la atención educativa a
la diversidad obviaba otras diversidades que portaba el alumnado, o al menos las obviaba en
términos de gestión intercultural. Sería el caso de los/as escolares de etnia gitana, por ejemplo,
que nunca fueron target group de políticas educativas de este tipo a pesar de su presencia históRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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rica en España. Hasta que no existe presencia de alumnado procedente de las migraciones no se
comienza a hablar de interculturalidad en el país, por lo que hasta entonces la diversidad existente se había atendido en términos de segregación y asimilacionismo. A través de las conocidas
como “escuelas puente”, experiencia que duró apenas 8 años (finales de la década de los años
’70-mediados de la década de los años ’80) consistente en espacios segregados para alumnado
gitano ubicado en zonas marginalizadas; y la educación compensatoria, que inicia su andadura
a principios de la década de los años ’80, ya como una propuesta con entidad propia y no como
una serie de medidas dispersas, y sigue vigente a día de hoy. (Ver los trabajos de Fernández-Enguita 1999; Gurrea 1999 y Salinas 2009).
En segundo lugar, se ha de considerar cómo el hecho de que sean las poblaciones migrantes quienes motiven el inicio y desarrollo del paradigma intercultural en país, hace que dichas
prácticas y discursos –finalmente, y después de más de dos décadas de vida– hayan quedado
escoradas solo hacia una parte de quienes habrían de ser agentes/protagonistas de las mismas.
En otras palabras, no se ha apreciado que la apuesta por la educación intercultural haya sido una
apuesta dirigida a iniciar procesos de transformación y cambio de carácter estructural (Walsh,
2009), sino que se ha dirigido a implementar acciones muy delimitadas hacia la población procedente de las migraciones y en mucho menor grado al sistema educativo en su conjunto como
parte de la sociedad (Olmos Alcaraz y Contini, 2016a, 2016b), lo que casaría con una idea de
“interculturalidad funcional” (Tubino, 2004; Walsh, 2009). Veamos estas cuestiones con un
poco más de detenimiento.
Es a principios de los años 2000 que se empieza a ver interés por parte de las administraciones educativas por apoyar el desarrollo e implementación de medidas que ellas mismas tildaban
de interculturales. En el caso de Andalucía, es en 2001 –en el redactado del Plan de Atención
Educativa del Alumnado Inmigrante, incluido dentro del I Plan para la Integración de la Población Inmigrante– cuando puede apreciarse que se avanza de manera decidida en esa línea, como
estrategia de gestión para llegar a la integración:
El incremento de la población inmigrante en nuestros pueblos y ciudades es algo que
observamos cotidianamente y, en consecuencia, el número de alumnos y alumnas pertenecientes a familias inmigrantes escolarizados en nuestros colegios e institutos también
viene aumentando de forma paulatina desde hace varios cursos escolares. Ante este heRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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cho la institución escolar no puede quedar indiferente. Es necesario incluir en la acción
educativa la Educación Intercultural como una respuesta del sistema educativo ante las
nuevas características y demandas sociales (Plan de Atención Educativa del Alumnado
inmigrante 2001: 3).
En dicho plan se entendía la interculturalidad y la apuesta por una educación intercultural
como algo que habría de primar la generación de espacios de interacción y diálogo entre todos
los grupos y agentes que componen la diversidad (no solo las minorías), y como una propuesta
de intervención de carácter crítico que habría de trascender es espacio meramente escolar para
sustentar situaciones de igualdad:
La perspectiva intercultural parte de un planteamiento donde lo sustantivo es la interacción, el reconocimiento de que lo cultural es necesariamente un fenómeno interactivo
donde no es posible poner barreras. Construir la interculturalidad precisa de la posibilidad
de afirmar la propia cultura en su relación con las otras culturas. Esto sólo es posible si
se establece un proceso donde todas y todos puedan aportar y donde estas aportaciones
sean sujeto de intercambio y valoración crítica. La interculturalidad va más allá de la
perspectiva multicultural porque, partiendo de la constatación y el reconocimiento del
hecho de la diversidad cultural, sitúa la interacción cultural como un hecho educativo en
sí mismo. La interculturalidad obliga a pensar en las relaciones culturales dentro de un
proyecto educativo, pero también dentro de un proyecto social, que supone hacer posible
la igualdad de derechos y de oportunidades entre los seres humanos que conviven en una
sociedad determinada (Plan para la Atención Educativa del Alumnado Inmigrante, 2001:
8-9).
Afirmaciones perfectamente alineadas con las definiciones científicas en la materia sobre
“qué es y/o debería ser la educación intercultural” (Dietz, 2012), y con una noción de diversidad
muy en línea con la idea de “súper-diversidad” (Vertovec, 2007; Padilla et al., 2015, 2018), pero
que han chocado de lleno con la realidad de la práctica de la implementación de las políticas
en cuestión en los centros escolares. En otras palabras, si bien a nivel formal el planteamiento
sobre la educación intercultural como estrategia pedagógica y social para caminar hacia la inRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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tegración es impecable, a nivel práctico nunca se ha llegado a implementar como tal. Además,
el caso de la Comunidad Autónoma andaluza no es un caso aislado, sino que es extrapolable
con matizaciones mínimas al resto de regiones (García et al., 2008), Incluso en el caso de las
comunidades autónomas donde hay dos lenguas co-oficiales las actuaciones siguen siendo muy
parecidas, encontrando –por ejemplo– que los dispositivos de enseñanza de la lengua vehicular
de la escuela no son para enseñar la lengua específica de la comunidad, sino el español. En
ese sentido las actuaciones se han centrado en: 1). La introducción de clases de español para
extranjeros en aquellos centros educativos que lo han necesitado (Esto se ha realizado con
las conocidas como ATAL (Aulas Temporales de Adaptación Lingüística), dispositivo vigente
desde el año escolar 1997-1998, que no hace sino crecer hasta el curso 2008-09 en el que se
alcanza un total de 310 docentes (Castilla, 2014). A partir de entonces, coincidiendo con los
primeros coletazos de la crisis económico-financiera en el país, los recursos humanos que la
administración autonómica destina a las misma van disminuyendo (Montes, 2015). Las ATAL
se han centrado en trabajar con alumnado procedente de las migraciones que carece de un nivel lingüístico suficiente para seguir el ritmo de su grupo-clase, realizando labores de apoyo
lingüístico, pero también de apoyo curricular. En algunas ocasiones, muy pocas, las mismas se
han implementado dentro del grupo-clase, mitigando así el componente segregador que implica
sacar a un alumno del aula general.
Dichas acciones se han implementado a través de los programas ELCO (Enseñanza de Lengua y Cultura de Origen), iniciativa que no es exclusiva del territorio andaluz o español, sino
que tiene su anclaje en una iniciativa comunitaria que funcionaba ya en los años ‘70, es decir,
existe en otros países europeos desde hace décadas. Los programas ELCO se implementan
una vez finalizada la jornada escolar obligatoria, a petición de las propias familias migrantes,
en los centros educativos. Es por ello que solo los colectivos más organizados son quienes
las demandan. En el momento actual en Andalucía contamos con ELCO marroquí, chino y
rumano, si bien no se trata de una iniciativa que sea excesivamente visible y/o publicitada por
las propias administraciones que las implementan (Ortiz y Bianco, 2019)). La enseñanza de
las lenguas maternas de los escolares migrantes, pero siempre en horario extraescolar, y solo
para las comunidades más organizadas ( Dichas acciones se han implementado a través de los
programas ELCO (Enseñanza de Lengua y Cultura de Origen), iniciativa que no es exclusiva
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del territorio andaluz o español, sino que tiene su anclaje en una iniciativa comunitaria que
funcionaba ya en los años ‘70, es decir, existe en otros países europeos desde hace décadas. Los
programas ELCO se implementan una vez finalizada la jornada escolar obligatoria, a petición
de las propias familias migrantes, en los centros educativos. Es por ello que solo los colectivos
más organizados son quienes las demandan. En el momento actual en Andalucía contamos con
ELCO marroquí, chino y rumano, si bien no se trata de una iniciativa que sea excesivamente
visible y/o publicitada por las propias administraciones que las implementan (Ortiz y Bianco,
2019) Actividades en los centros de carácter lúdico-festivo tipo “fiestas de la interculturalidad”,
pero celebradas de forma puntual.
Otro tipo de acciones que, a priori, se podría pensar que habrían de formar parte de un
proyecto educativo de carácter intercultural, como la transformación de los currículos, la diversificación del profesorado o la participación de la escuela en la comunidad y de la comunidad en la escuela, se han presentado de manera muy puntual, sin continuidad en el tiempo
y/o directamente no se han llegado a trabajar. En el caso de las transformaciones curriculares,
lo que encontramos es que la administración educativa ha apoyado a los centros/profesorado
que han querido iniciar alguna transformación en este sentido con algún tipo de subvención
o apoyo económico y formativo; pero sin embargo es una cuestión que no ha pasado de ser
“voluntaria”, es decir, a realizar exclusivamente por aquellos centros/profesorado que –a título
individual– hayan considerado pertinente actuar e innovar sobre estas cuestiones. Si bien es
cierto que esta forma de operar ha dado como resultado experiencias altamente innovadoras
en el terreno intercultural, también lo es que las mismas han sido muy minoritarias (Olmos
Alcaraz y Contini, 2016a, 2016b). En el caso de la segunda cuestión mencionada, la diversificación del profesorado, en el contexto español no se ha avanzado en absoluto al respecto. De
hecho, no se ha llegado a plantear como opción tal y como sí se ha hecho en otros contextos del
entorno europeo. Y en cuando a las relaciones escuela-comunidad se ha avanzado sobre todo a
través de las conocidas como Comunidades de Aprendizaje (Se trata de proyectos educativos
de innovación y transformación social que tratan de enfatizar las relaciones de la escuela con
su entorno (barrios, familias) para implementar acciones de mejora. Basadas en metodologías
de enseñanza-aprendizaje de carácter cooperativo (grupos interactivos, tertulias y lecturas dialógicas, etc.), las Comunidades de Aprendizaje están tomando fuerza –siendo apoyadas por la
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administración educativa– en el territorio andaluz desde hace apenas una década. Puede verse
el trabajo de Márquez y García-Cano (2013) para profundizar en este tipo de iniciativas en el
contexto considerado), pero –de nuevo– nos encontramos con iniciativas que, aunque en este
caso estén bastante extendidas, no se trata de proyectos educativos implementados en todo el
sistema educativo, sino que solo se están dando en aquellos centros que voluntariamente desean
iniciarse al respecto.
3.- METODO
La metodología de trabajo del presente artículo está basada en análisis del marco normativo e
institucional (legislación, políticas, planes y programas) a partir del cual se articula la gestión
de la diversidad procedente de las migraciones –en especial en el ámbito educativo– en términos de integración. Para ello se ha realizado un abordaje de diversos instrumentos jurídicos,
políticos y administrativos que operan de manera multinivel en el territorio objeto de análisis.
Siendo así se han considerado las indicaciones en la materia realizadas desde la Unión Europea,
las directrices que se desprenden de la legislación estatal en la materia y las pautas que se establecen a nivel regional al respecto. Todo ello teniendo en cuenta también algunos instrumentos
internacionales que interpelan de forma directa dicha realidad.
El procedimiento seguido en el análisis va de lo general a lo específico y sectorial, abordando en primer lugar los delineamientos que se desprenden de las instituciones comunitarias (UE)
en torno a lo que se define como política migratoria europea; para focalizar en uno de los ejes
de actuación de la misma en el contexto español: las políticas de integración; y finalizar con el
abordaje realizado al respecto a nivel regional (en el caso concreto de Andalucía), mostrando el
desarrollo en la materia a partir de lo acontecido en el contexto educativo (integración escolar).
La selección del caso de estudio viene motivada por varias razones. Andalucía fue una de las
primeras Comunidades Autónomas en contar con su propio Plan de Integración para la Inmigración, en el año 2001, junto a las comunidades de Madrid y Cataluña. Por su parte, centrar el
análisis en el ámbito educativo tiene que ver con lo que Dietz (2012) nombra como la “pedagogización de la interculturalidad”, para hacer referencia a cómo el debate teórico y la gestión
política sobre la interculturalidad en el país se inició justamente en el ámbito de la educación.
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4.- CONCLUSIONES
Diversas investigaciones en la materia coinciden en que las políticas de integración dirigidas
a la población migrante en España adolecen de la necesaria coordinación entre los distintos
niveles de gestión implicados en las mismas (Sánchez, 2019; Pinyol, 2019), siendo necesarias
“actuaciones intersectoriales que puedan responder a la multidimensionalidad del proceso de
integración” (Sánchez, 2019: 235). Es cierto que dicha cuestión es especialmente relevante, sobre todo cuando dicha estructura multinivel es usada como excusa para la dejación de responsabilidades y/o la poca implicación por parte de las administraciones competentes, amparándose
para ello en la existencia de vacíos administrativos (Ello sucede fundamentalmente cuando se
producen desavenencias y discrepancias en los casos en los que el signo político del partido en
el poder en el Gobierno Central y el de los partidos de las distintas Comunidades Autónomas
y Ayuntamientos no coincide. Para más detalle sobre esta cuestión consultar Olmos Alcaraz
(2009). Sin embargo este no es más que uno de los problemas que presentan las políticas de integración analizadas en este trabajo. El principal escollo que impide avanzar en la gestión de la
diversidad que tiene que ver con las migraciones en el país es que, aún hoy, más de dos décadas
después del inicio de la actual etapa migratoria y recepción de flujos, no contamos con medidas
de carácter estructural sólidas destinadas a toda la población en su conjunto. Muy al contrario
la “integración” sigue siendo practicada –que no teorizada– como una “integración solo para
ellos”; entendiéndose que “ellos” son las poblaciones procedentes de las migraciones, y no considerando otras diversidades en la composición de dicho exo-grupo. Pero es que además apenas
se atiende en el diseño de las políticas dirigidas a conseguir dicha integración las súper-diversidades (Vertovec, 2007; Padilla et al., 2015, 2018) de esas poblaciones definidas como “otros”,
y mucho menos las “nuestras” o las del conjunto de la sociedad, eminentemente multicultural.
Todo ello hace concluir que, en el diagnóstico que este trabajo se proponía realizar, habría que
hablar de una interculturalidad de carácter funcional (Tubino, 2004; Walsh, 2009) como el
modelo que mejor define las políticas de integración en el contexto estudiado (Olmos Alcaraz
y Contini, 2016a, 2016b); y como educación intercultural funcional las medidas que se llevan
implementando desde hace décadas en los espacios educativos en el marco de dichas políticas
de integración.
No es, por lo tanto, un diagnóstico positivo el que se pueda esbozar al respecto. Las conseRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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cuencias del mal funcionamiento de las políticas de inmigración son visibles en el aumento de
la desigualdad social en la sociedad española en general (Izquierdo, 2019), y que en los países
de nuestro entorno inmediato la situación no esté mejor –incluso podríamos afirmar lo contrario– no debe servirnos como excusa para mirar para otro lado. Pinyol (2019) nos dice que el
camino no es una “deconstrucción de la política europea de inmigración“, porque ello supondría una “inacción grave en términos de gestión pública (…) [que] puede tener un coste elevado
para la supervivencia del propio proyecto europeo” (Pinyol, 2019: 5). Sin embargo, estimo
que una deconstrucción en términos de problematización (no de destrucción) sí se vislumbra,
no solo como pertinente, sino como muy necesaria. Ese ejercicio de de-construcción habría de
cuestionar los esencialismos con los que opera la política migratoria en el contexto estudiado; y
habría de servir para preguntarnos por cómo ciertas categorías que vertebran la misma han sido
producidas desde una óptica occidentalocéntrica y eurocéntrica por la colonialidad del poder/
saber (Quijano, 2000; Grosfoguel, 2006, 2012):
Para ello es necesario “problematizar” todo aquello establecido como la normalidad, realizando un ejercicio crítico para cuestionar incluso nuestra forma de acercarnos a las
realidades sociales que estudiamos. ¿Por qué en la actualidad se construye como legítimo
cerrar las fronteras nacionales a “cal y canto”? ¿por qué el “inmigrante extranjero” es
construido como una figura de alteridad total y como el “enemigo”? ¿por qué las escuelas
occidentales y occidentalizadas entienden que (determinados/as) alumnos/as inmigrantes
extranjeros/as perturban y deterioran el normal curso de las actividades educativas?. (Olmos Alcaraz, 2015: 113).
Y partir de estos y otros interrogantes para desafiar afirmaciones que se toman como verdades absolutas y dadas en gran parte de los instrumentos normativos analizados en este trabajo,
de manera que podamos desentrañar sus lógicas de funcionamiento de forma densificada, no
superficial ni apresurada, para poder seguir construyendo espacios de diálogo.
REFERENCIAS

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Aproximación teórica a la integración de los inmigrantes en tres niveles: Comprensión,
adaptación e inclusión1
Theoretical approach to the integration of immigrants at three levels: Understanding, adaptation
and inclusion
Felipe, Aliaga Sáez2
Universidad Santo Tomás, Colombia
https://doi.org/10.29105/10.29105/pgc6.11-10
https://orcid.org/0000-0003-4635-1132
____________________________________________________________________________________________________________________________

RESUMEN
Este artículo, a modo de ensayo, tiene como objetivo desarrollar una propuesta de comprensión de la integración
de los inmigrantes en tres niveles: a través del surgimiento de un complejo esquema comprensivo de los individuos; adaptación a los artefactos y procesos; y la inclusión en los sistemas funcionales básicos de la sociedad. El
ensayo busca plantear una tesis nueva sobre la integración, desde una perspectiva sociológica, por medio de análisis y articulación conceptual desde diversos autores (P. Bourdieu, A. Giddens, A. Schütz, M. Walzer, Ch. Taylor,
entre otros). Las conclusiones responden a la necesidad del entendimiento mutuo en los procesos de comprensión,
generando escenarios ciudadanos que favorezcan este proceso, reconociendo el aporte del fenómeno migratorio,
en clave de integración intercultural, tolerancia y reconocimiento de la cultura en acciones igualitarias y justas.
La integración implica un proceso de enseñanza y aprendizaje sobre situaciones que se presentan de forma pragmática en la vida cotidiana, en donde los expertos tienen un rol fundamental. La inclusión de los inmigrantes en
la sociedad facilitará su integración, lo que dependerá tanto del funcionamiento de los sistemas, así como por las
demandas de los propios inmigrantes.
Palabras clave: Adaptación, comprensión, inclusión, inmigrantes, integración.
ABSTRACT
This article, as an essay, aims to develop a proposal for understanding the integration of immigrants at three
levels: through the emergence of a complex comprehensive scheme of individuals; adaptation to artifacts and
processes; and inclusion in the basic functional systems of society. The essay seeks to propose a new thesis on
integration, from a sociological perspective, through analysis and conceptual articulation from various authors
(P. Bourdieu, A. Giddens, A. Schütz, M. Walzer, Ch. Taylor, among others). The conclusions respond to the need
for mutual understanding in the processes of understanding, generating citizen scenarios that favor this process,
recognizing the contribution of the migratory phenomenon, in terms of intercultural integration, tolerance and
recognition of culture in egalitarian and fair actions. Integration implies a teaching and learning process about
situations that occur in a pragmatic way in everyday life, where experts have a fundamental role. The inclusion of
immigrants in society will facilitate their integration, which will depend both on the functioning of the systems, as
well as on the demands of the immigrants themselves.
Keywords: Adaptation, inclusion, immigrants, integration, understanding.
Recibido: 20 de Junio 2019 - Aceptado: 10 de Octubre 2019 - Corregido: 18 de Noviembre 2019
Cómo referenciar este artículo:
Aliaga, F. (2020). Aproximación teórica a la integración de los inmigrantes en tres niveles: Comprensión,
adaptación e inclusión. Politica Globalidad y Ciudadanía, 224-245. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.
mx/index.php/RPGyC/article/view/134

1
Artículo de revisión derivado del proyecto de investigación: Aproximación teórica a la integración de los inmigrantes en tres niveles: comprensión, adaptación e inclusión.
2
Doctor en Sociología y Procesos Políticos Contemporáneos por la Universidad de Santiago de Compostela. Docente investigador a
tiempo completo en la Facultad de Sociología de la Universidad Santo Tomás, Colombia. Email: felipealiaga@usantotomas.edu.co
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1.- INTRODUCCION
Dentro del fenómeno migratorio la integración de los inmigrantes es un tema de gran relevancia, la cual ha sido conceptualizada como un proceso de incorporación igualitaria de los
inmigrantes en la sociedad de destino (Blanco, 1993), como mentalidad compartida (Aparicio,
Tornos y Labrador, 1999), o conocimiento de la sociedad por parte de los inmigrantes (Pajares,
2005), convertirse en una parte aceptada de la sociedad (Penninx y Martiniello, 2006), siendo
fundamental el reconocimiento de derechos y obligaciones (De Lucas, 2008).
De esta forma este concepto tiene un gran alcance y puede ser definido desde diferentes planteamientos científicos (Cachón, 2008). Al respecto María Monetti (2016), analiza la integración
desde T. Parsons, en cuanto los inmigrantes se verían presionados por un ajuste cultural y simbólico; existiría una imposición de reglas que facilitarían el proceso, así como una adaptación
de la personalidad. Desde A. Giddens, el inmigrante ya arriba a una estructura materializada por
el Estado, sin embargo también puede generar cambios. Siguiendo a P. Bourdieu los inmigrantes se integran en una serie de relaciones de poder. En relación a las tres perspectivas, la autora
indica que se podría afirmar que:
el grupo inmigrante acabará insertándose en los diversos ámbitos de la sociedad anfitriona y buscará su lugar en un mapa de relaciones sociales atravesadas por el poder. A su vez,
forjarán una nueva identidad cultural a partir de los valores, normas y expectativas de rol
impuestas en ese nuevo espacio social. (Monetti, 2016, p. 37).
Como indican Solé, Alcalde, Pont, Lurbe y Parella (2002) la integración en las migraciones
puede ser comprendida desde el paradigma funcionalista, ya que la sociedad tiende a la estabilidad mediante el ajuste y control de sus partes, pero también desde el conflicto en las interacciones como elemento integrador. Los autores coinciden en que la integración sería “estructural (a
través de la penetración en la estructura ocupacional de la sociedad receptora de inmigración),
integración cultural (ejercicio del derecho a la diferencia y aceptación de unos mínimos de convivencia) e integración jurídica como garantía de igualdad ante la justicia” (Solé et al., 2002,
p. 24).
De esta forma, la integración puede ser vista desde diferentes perspectivas, siendo el objetivo de este artículo presentar un desarrollo conceptual novedoso, que toma como referencia
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elementos planteados desde lo cultural, la identidad y lo normativo, combinando un nivel de
argumentación de corte microsociológico en el cual, desde la comprensión, se alcanzaría el
entendimiento y la convivencia, como proceso constructivista; el segundo nivel superando la
imposición normativa, lo que se establece es la adaptación como un proceso paulatino y necesario para la integración funcional; finalmente los procesos de inclusión sistémica, considerando
que es un proceso de disposición bidireccional, es decir tanto de los inmigrantes como de las
diferentes organizaciones de la sociedad de recepción. Elementos que se profundizan como el
núcleo central de este ensayo teórico.
4.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Primer nivel: surgimiento de un complejo esquema comprensivo entre los individuos
En este nivel concurren todos los individuos en la interacción cotidiana, se abre un nuevo plano de socialización con la llegada de los inmigrantes, ya que los distintos colectivos traerán
consigo múltiples y diferenciadas formas de comprender la sociedad y por ende de actuar en
ella, vemos como hay un entrecruzamiento de búsquedas de inteligibilidad y una presencia de
ininteligibilidad en las distintas maneras de comportarse de los sujetos que debe ser salvada,
ya sea inmigrantes y población local, los significados se remueven y entran en interrogante, los
imaginarios sociales del tipo de sociedad en la que se está viviendo y en cómo se debe operar
dentro de esta, son diversos y muchas veces confusos (Aliaga, 2012).
La interacción es múltiple y novedosa, ya que se da entre sujetos inmigrantes y población
local, pero también entre inmigrantes procedentes de un mismo país de origen, pero de distintas
regiones, o de otros países y continentes. De esta manera los cruces de diferentes interacciones
son abundantes y el esquema comprensivo entre los sujetos no se desarrollará de manera automática, sino que dependerá de los acercamientos que se vayan produciendo en el transcurso del
tiempo, de la transferencia de información y del acostumbramiento a la diversidad de acciones
y significados. Este proceso supone que dentro de un marco moral y legal regulatorio, de respeto hacia los demás y de construcción de un nuevo orden social, las personas logarán llegar a
mecanismos de entendimiento comunes, en donde primarán algunos comportamientos, actitudes y formas de ser, otros serán de carácter marginal, pero que no por ello, no podrán aportar a
la convivencia pacífica.
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Los sujetos idealmente harán esfuerzos por flexibilizar sus posturas y tratar de entender que
existen diferentes maneras de entender y comunicar los aspectos culturales, económicos, históricos, entre otros elementos considerados propios por cada persona, para obtener fines similares
o llegar a acuerdos para una convivencia pacífica entre inmigrantes y locales. En este plano
operan las sensibilidades y las emociones de los sujetos, la relación es de persona a persona, o
cara a cara (Schütz, 1993), es decir, cuando inmigrantes y locales comparten en persona una comunidad de espacio y de tiempo, asumiendo la existencia de esta relación, estando al alcance de
la experiencia directa de los individuos en donde se encuentran diferentes formas de conciencia
en torno a la realidad.
Con la inmigración se produce un cambio en las relaciones de interacción, intercambio y
convivencia entre los individuos, esto dibujará un nuevo espacio social (en la sociedad de llegada, pero también en los múltiples espacios conectados de manera transnacional), el cual para
Pierre Bourdieu es el: “Conjunto de posiciones distintas y coexistentes, externas unas a otras,
definidas en relación unas de otras, por su exterioridad mutua y por relaciones de proximidad,
de vecindad o de alejamiento y asimismo por relaciones de orden” (Bourdieu, 1997, p. 16). En
este, los agentes o grupos se distribuyen en función de su posición, en donde: “El espacio de
las posiciones sociales se retraduce en un espacio de tomas de posición a través del espacio de
las disposiciones (o de los Habitus)” (Bourdieu, 1997, p. 19). Estas disposiciones o habitus los
podemos situar en el lugar de las prácticas, en un plano de conformación identitaria a través de
categorizaciones sociales legitimadas por los propios sujetos, desde las cuales se construirán
imaginarios sociales que intervendrán en el proceso de integración, ya que una de las funciones
del imaginario según Juan Luis Pintos es la de: “Permitir intervenir en los procesos construidos desde perspectivas diferenciadas” (Pintos, 2004, p. 24). El habitus nos permitirá afinar la
comprensión del lugar desde donde se hará la construcción imaginaria de qué se entiende como
integración en la interacción y búsqueda de acuerdos o expresiones de sentido común.
La inmigración hará que se encuentren habitus, tanto los existentes en la sociedad de llegada
como los que traen los inmigrantes, así como los nuevos que se van generando por la combinación y el intercambio de estilos de vida,
A cada clase de posición corresponde una clase de habitus (o de aficiones) producidos
por los condicionamientos sociales asociados a la condición correspondiente y, a través
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de estos habitus y de sus capacidades generativas, un conjunto sistemático de bienes y
propiedades, unidos entre sí por una afinidad de estilo (Bourdieu, 1997, p. 19).
Habitus que empiezan a diversificarse en cuanto al encuentro de personas de distintos orígenes con capitales y elementos identitarios diferentes, lo que hará que las rutinas y formas de
pensar puedan cambiar y por consiguiente la transformación de habitus sea más frecuente, en
la búsqueda de una sociedad en la cual de manera intercultural empiezan a emergen formas
novedosas de relacionamiento.
La integración supondrá el cómo distintos habitus se van acercando, tolerando y comprendiendo, ya que aumentan y se complejizan las diferencias entre las personas; los capitales y las
prácticas son distintas y distintivas, las posiciones en los diversos estilos de vida transforman
el paisaje de las sociedades de inmigración y por lo tanto producen diferentes imaginarios en
torno a la propia migración, a sus procesos y agentes involucrados. Bourdieu apunta que estas
diferencias funcionan en cada sociedad,
…a la manera de las diferencias constitutivas de sistemas simbólicos, como el conjunto
de los fenómenos de una lengua o el conjunto de los rasgos distintivos y de las desviaciones diferenciales que son constitutivos de un sistema mítico, es decir como signos
distintivos” (Bourdieu, 1997, p. 20).
Signos que irán configurando un determinado tipo de sociedad que se construirá desde y
hacia las relaciones sociales que se establezcan entre locales e inmigrantes.
La falta de comprensión como impedimento de la integración
La falta de comprensión producirá una alteración del orden de la sociedad de llegada (y de
forma colateral en la sociedad mundial), lo cual sumado a la incertidumbre de la población
local frente a las intenciones y acciones de los inmigrantes (y viceversa), hace que cambien las
rutinas y los comportamientos, estos últimos entendidos como: “experiencias subjetivas provistas de sentido que emana de la vida espontánea” (Schütz,1962, p. 200), cambios que pueden
generar angustia y desorientación, como indica Anthony Giddens “La seguridad ontológica y
la rutina van íntimamente unidas a través de la perseverante influencia de los hábitos” (Giddens,
1993, p. 96), ya que según Zygmunt Bauman:
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…gracias a la monotonía y a la regularidad de la patrones de conducta recomendados, inculcados y compulsivos, los humanos saben cómo actuar en la mayoría de los casos y rara
vez enfrentan una situación que no esté señalizada, en la que deban tomar decisiones bajo
la propia responsabilidad sin el tranquilizador conocimiento previo de sus consecuencias
(Bauman, 2003, p. 26).
La aparición de los inmigrantes en la sociedad, considerando su amplia diversidad, ya que
su procedencia corresponderá en ocasiones, a países con culturas muy distintas, supondrá que
deban ser revisadas las formas de convivencia y trato, para poder alcanzar niveles de cohesión
y reducir la angustia y desorientación, ya que los individuos se verán en ocasiones enfrentados
a situaciones complejas al no saber cómo llevar adelante algunas interacciones (por falta de
educación, información o políticas), lo cual puede hacer que la sociedad genere relaciones anómicas, “La ausencia de normas o su mera oscuridad – anomia – es lo peor que le puede ocurrir
a la gente en su lucha por llevar adelante sus vidas”(Bauman, 2003, p. 26); según Giddens las
rutinas están relacionadas con la seguridad psicológica, y en caso de que estas sean quebrantadas: “la ansiedad se desborda e incluso los aspectos firmemente cimentados de la personalidad,
pueden alterarse o hacerse trizas” (Giddens, 1993, pp. 96-97). Esto puede desencadenar formas
de discriminación y xenofobia, que se hace necesario prevenir a toda costa.
El otorgamiento de confianza, requisito fundamental
Esta diversificación de la comprensión y reconocimiento de la diferencia cultural, requerirá
proporcionar cuotas de confianza en los demás, “La fiabilidad en las personas implica los compromisos de presencia en los que se busca (dentro de determinados campos de acción) los
indicadores de la integridad ajena” (Giddens, 1993, p. 88). En la sociedad se deberá interactuar con extraños en distintos entornos, pero esto sumado al hecho de que estos extraños son
inmigrantes, los encuentros pueden ser más complejos, en donde la confianza jugará un rol más
importante aún, “Los encuentros, ya sea con extraños, conocidos o íntimos, implican también
prácticas generalizadas que van unidas a la sustentación de fiabilidad” (Giddens, 1993, p. 83).
La posibilidad de generar relaciones sociales, en que las formas de interacción se ven transformadas por las maneras de ser y actuar de los inmigrantes (hablar, vestir, apariencia física,
formas de trabajar, etc.), pueden parecer diferentes y sospechosas, afectando las rutinas habituaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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les de los locales. Esto hará que la integración se relacione con lo que Giddens (1993) apunta
como necesario en el encuentro con extraños, es decir un equilibrio entre fiabilidad, tacto y
poder, en donde el tacto y rituales de cortesía son mecanismos protectores que pueden estar
contravenidos o tergiversados por el poder. La fiabilidad es una cuestión compleja en un mundo
que puede configurar un imaginario negativo en torno al inmigrante, en donde el tacto y los
rituales de cortesía pueden quedar al margen de una sociedad que supedita a los inmigrantes a
una posición de exclusión o carencia de poder (parcial o absoluta).
También el proceso estará relacionado con lo que Giddens denomina: “trasformación de la
intimidad” (Giddens, 1993, p. 110), que afectará la vida cotidiana tanto de inmigrantes como de
locales, ya que entran en juego aspectos importantes en torno a cómo los individuos se constituyen como parte de una sociedad, con identidades que deberían estar adaptadas a la diversidad
de prácticas y expresiones culturales. El flujo mundial de personas, así como el movimiento de
una serie de elementos culinarios, artísticos, estéticos o equipajes culturales en cuanto a una
amplia diversidad de conocimientos y saberes, genera sentimientos, gustos, rituales y rutinas,
es decir, nuevas formas de concebir la sociedad y las relaciones sociales. Transformación, que
como vimos, requiere un reconocimiento y aumento en la confianza entre las personas,
La fiabilidad en un plano personal se convierte en un proyecto, algo que ha de ser “trabajado” por las partes implicadas, y, que exige franqueza. Cuando no puede controlarse por
códigos normativos fijados la fiabilidad ha de ganarse y el medio de ganarla es demostrando la cordialidad y franqueza (Giddens, 1993, p. 117).
En donde habrá que realizar un trabajo para conseguirla, puesto que como indica Néstor
García Canclini:
…cuando la globalización es la convivencia cercana de muchos modos de vida sin instrumentos conceptuales y políticos que propicien su coexistencia, conduce al fundamentalismo y la exclusión, acentúa el racismo y multiplica los riesgos de “limpiezas” étnicas o
nacionales (García Canclini, 1999, p. 108).
Búsqueda de sentido común, tolerancia y reconocimiento
Este plano comprensivo implica un acercamiento de las significaciones de los individuos, en
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lo que Alfred Schütz (1962) va a denominar mundo de la vida cotidiana, en donde se producirán
formas de sentido común que pueden entrar en conflicto en el encuentro entre inmigrantes y locales, ya que el acervo de conocimientos en el que se sustentan estos sentidos están formados en
un mundo cultural intersubjetivo (Schütz, 1962) distinto, es decir, la interpretación del mundo
basada en experiencias previas, que nos sirven como esquema de referencia, pueden variar en
relación al desconocimiento por parte de los inmigrantes o la no disposición de información
sobre esta experiencia en las sociedades de origen, y viceversa los locales pueden desconocer
los mundos de la vida de los inmigrantes, Schütz indica:
A este acervo de conocimiento a mano pertenece nuestro conocimiento de que el mundo
en que vivimos es un mundo de objetos más o menos bien determinados, con cualidades
más o menos definidas, entre los cuales nos movemos, que se nos resisten y sobre los
cuales podemos actuar (Schütz, 1962, p. 39).
Este conocimiento entrará en interrogante en cuanto al cambio de lugar de pautas de comprensión y comportamiento frente a la información que aparece con la llegada o tránsito de personas con distintos bagajes culturales, llevará a recurrir a lo que Schütz propone como la tesis
general de las perspectivas recíprocas, es decir, la construcción del sentido común supera las
diferencias individuales, a través de la idealización de la intercambiabilidad de puntos de vista
y de la congruencia del sistema de significatividades, esta tesis conduce a: “la aprehensión de
objetos y sus aspectos realmente conocidos por mí y potencialmente conocidos por usted como
conocimiento de todos”(Schütz, 1962, p. 43), en una interrelación entre los grupos, llegando a
consensuar, compartir y comprender distintos sistemas de significados.
Para lograr alcanzar esquemas de sentido común, enfrentando el cambio y superando las
dificultades en la interacción, supondrá la necesidad de tolerancia entre las personas, Michael
Walzer indica que un Estado es tolerante de los grupos, considerando que lo que se tolera son
las elecciones y acciones de los individuos,
A las personas, en tanto que individuos, se las incita a ser tolerantes con los otros, a
comprender cada caso de diferencia como una versión personal (en lugar de prototípica)
de la cultura de un grupo, lo que también significa que los miembros de cada grupo, si
muestran la virtud de tolerancia, deberán aceptar las diferentes variantes que exhibe cada
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quien (Walzer, 1998, p. 46).
Esto consistirá en reconocer las diferencias en las sociedades actuales, lo cual iría en relación a modelos que optarían por derechos fundamentales en base a juicios sobre la vida buena,
ocupando un lugar importante la integridad de las personas en clave de una integración intercultural, en cuanto al reconocimiento del valor de las culturas.
Charles Taylor respalda un modelo de reconocimiento en donde, ““el liberalismo no puede
ni debe atribuirse una completa neutralidad cultural”, debido a que las sociedades se tornan
cada vez más multiculturales y más porosas, ya no sería fácil responder simplemente: “así es
como hacemos aquí las cosas”” (Taylor, 2003, p. 93). La dificultad según Taylor estaría en que:
“hay una cantidad de personas que son ciudadanos y que también pertenecen a la cultura que
pone en entredicho nuestras fronteras filosóficas. El desafío consiste en enfrentarse a su sentido
de marginación sin comprometer nuestros principios políticos fundamentales” (Taylor, 2003,
p. 93-94).
La exigencia que plantea es el reconocimiento del valor de las culturas, demanda que hoy
es explícita debido: “a la difusión de la idea de que somos formados por el reconocimiento”
(Taylor, 2003, p. 96), ya que el falso reconocimiento sería un grado de daño, tomando en consideración que pueden existir imágenes deformadas producto de desiguales relaciones de poder
entre los individuos. La hipótesis es que todas las culturas tienen algo que decir, por lo que
podría haber una igualdad de valor.
Taylor nos indica que al entrar en contacto con una cultura distinta a la nuestra el entendimiento de lo que puede tener valor resultará extraño y ajeno, de esta forma se necesita una fusión de horizontes por medio del desarrollo de nuevos vocabularios de comparación, en donde
se plantea la siguiente suposición:
…en caso de encontrar un apoyo sustantivo a nuestra suposición inicial, será sobre la
base del entendimiento de lo que constituye un valor, entendimiento del que carecíamos
al principio. Si hemos logrado formular juicio, ello se deberá en parte a la transformación
de nuestras normas (Taylor, 2003, p. 99).
Según Taylor, a todas las culturas debemos una apreciación de este tipo, en donde esta suRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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posición podría ser una extensión de la política de la dignidad igualitaria, la que se deriva de la
esfera pública en donde la dignidad sería igual para todos los ciudadanos; pero no está seguro
de que esto se puede exigir como un derecho universal, dado que la demanda parece ser más
fuerte: “lo que se requiere son auténticos juicios de valor igualitario que se apliquen a las costumbres y las creaciones de estas culturas diferentes” (Taylor, 2003, p. 101). Tiene sentido exigir esta suposición como un derecho, pero no el formular un juicio concluyente del tipo de valor
(especialmente juicios injustificados de una condición de inferioridad, o una valoración positiva
por condescendencia, o en una valoración que tienda a la homogeneización y a la asimilación).
De esta manera, este nivel se podría caracterizar como un tipo de integración social, en
cuanto:
…la coordinación de las acciones sociales a través de la armonización de las orientaciones de acción. Los individuos orientan sus acciones recíprocamente porque comprenden
y aceptan los significados, las reglas sociales y los valores en cuestión. La “integración
social” precisa ser analizada desde la perspectiva del actor participante en un contexto de
copresencia de acción (Beriain, 1996, p. 76).
Esta integración está amparada en la coexistencia en la vida cotidiana de inmigrantes y locales. En este nivel se requerirá también la dimensión moral de la integración (Beriain), ya que es
necesario disminuir o evitar posibles conflictos derivados de la interacción de los individuos,
así como la salvaguarda de su integridad y bienestar, dimensión que también busca: “el reconocimiento y un trato de las personas moralmente igualitario y justo, con arreglos al principio
ético de “lo justo-equitativo”” (Beriain, 1996, p. 120). Esta dimensión establece un equilibrio
entre los derechos y deberes (los cuales también pertenecen al plano de la convención moral).
Nivel 2: Adaptación a los artefactos y procesos
La comprensión entre los inmigrantes y locales será facilitada por el aprendizaje del cómo
se hacen las cosas en los diferentes contextos. La inmigración implica una transformación en
diversos aspectos de la vida cotidiana tanto de inmigrantes como de locales, ya que la realidad
comienza a modificarse para unos y para otros, dado que como apuntan Peter Berger, y Thomas
Luckmann:
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El mundo de la vida cotidiana no solo se da por establecido como realidad por los miembros
ordinarios de la sociedad en el comportamiento subjetivamente significativo de sus vidas. Es
un mundo que se origina en sus pensamientos y acciones, y que está sustentado como real por
estos (Berger y Luckmann, 1976, p. 37).
Esto sumado a la necesidad de aprender lo que es habitual en las sociedades, tanto para los
mismos habitantes de la sociedad local, como para los procedentes de otras sociedades.
Las experiencias típicas (Schütz, 1962) se mantendrán en la práctica y en la interacción de
los individuos, cuestiones que a pesar del encuentro cultural en base a diferentes sentidos, significados y la necesidad de convivencia, poseerán cierta estabilidad, construcciones de conocimiento tipificado que harán que los individuos se entiendan en la interacción, “La realidad de la
vida cotidiana contiene esquemas tipificadores en cuyos términos los otros son aprehendidos y
“tratados” en encuentros “cara a cara””(Berger y Luckmann, 1976, p. 49), estas construcciones
típicas, responderán a los sistemas de significatividades de los grupos en encuentro, “Esto incluye modos de vida, métodos para abordar el ambiente, recetas eficaces para el uso de medios
típicos tendientes a lograr fines típicos en situaciones típicas”(Schütz, 1962, p. 44).
Será fundamental el conocimiento que tengan tantos los inmigrantes como los locales de
las experiencias típicas de ambos, con la posibilidad de adaptarse a situaciones necesarias para
la convivencia y el propio funcionamiento de la sociedad, el conocimiento de las diferencias
permitirá llegar a un estado de sentido (s) común (es), “en la vida diaria construyo tipos acerca
del campo de trato directo del Otro y del alcance y textura de su conocimiento”(Schütz, 1962,
p. 45), esto puede permitir presuponer posibles campos de acción de los individuos en sociedad.
Estas situaciones se basarán en acciones tipo recetas, a las que los individuos deben recurrir
para poder adaptarse y “definir su situación en la realidad de la vida cotidiana de una manera típica” (Schütz, 1962, p. 310), inmigrantes y locales manejarán el conocimiento de forma
pragmática, permitiendo que los individuos se desenvuelvan en la sociedad, recurriendo a información útil y ubicando los medios para poder acceder y ajustarse a los artefactos y procesos.
De esta forma tenemos un conocimiento de receta, que nos permitirá alcanzar pragmatismo en
las rutinas cotidianas, “gran parte del cúmulo social de conocimiento consiste en recetas para
resolver problemas de rutina” (Berger y Luckmann, 1976, p. 62).
Este conocimiento permitirá a los inmigrantes desenvolverse en el nuevo entorno, ya que
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aprenderán a ver cómo se organiza la sociedad a la que han llegado, sabiendo cómo practicar
ciertas rutinas en determinadas circunstancias, facilitando el saber hacer de actividades cotidianas involucradas con artefactos y procesos, adquiriendo experiencias, posiciones, roles,
estatus, etc., que tendrán coherencia al comprender las experiencias típicas y las recetas del
conocimiento, cuestiones que estarán marcadas e indicadas en la interacción social tipificada.
Esta adaptación supondrá el aprendizaje, interiorización, significación y organización de un
amplio acervo de conocimiento, que se legitima en universos simbólicos, “el universo simbólico se concibe como la matriz de todos los significados objetivados socialmente y subjetivamente reales; toda la sociedad histórica y la biografía de un individuo se ven como hechos que
ocurren dentro de ese universo” (Berger y Luckmann, 1976, p. 125), estos universos simbólicos
encargados de dar legitimidad al orden institucional de la realidad, a los roles cotidianos y a la
identidad de los individuos, organizando la historia, y vinculando a los hombres con sus antecesores y sucesores.
Estos universos pertenecen a las sociedades donde se desenvuelven y pueden ser “imaginados” como un sistema cultural particular, cuestión limitada a un contexto y a una elaboración
teórica, pero que responde a elementos relacionados con la experiencia y la comunicación de
esta, a estilos de vida que se formarán producto del comportamiento social, económico, político, etc., de cada lugar y comunidad en particular. De esta forma los universos simbólicos se
encontrarán circundados en la vida cotidiana por ámbitos finitos de sentido, en donde: “todas
las experiencias que pertenecen a un ámbito finito de sentido apuntan a un estilo particular de
vivencia, vale decir, un estilo cognoscitivo. Con respecto a este estilo, están en mutua armonía
y son compatibles entre sí” (Schütz y Luckmann, 1973, p. 43).
Serán múltiples los aspectos que tendrán que ir develando los inmigrantes en el trascurso
temporal de la interacción en el proceso paulatino de integración, ya que se encontrarán con
elementos alejados de sus universos simbólicos, intereses y trayectorias vivenciales, lo que
supondrá la necesidad de explicaciones y educación para acercar los sentidos, adaptarse a su
existencia o resistirlos. La mayor parte del aparataje simbólico presente en la sociedad deberá
ser comprendido y significado, para alcanzar la praxis del sentido común sobre el funcionamiento de los artefactos y procesos, en donde se establecerá un proceso comunicativo, que según Schütz (1962) se basa en un conjunto de tipificaciones, abstracciones y estandarizaciones.
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En este nivel se pueden presentar conflictos triviales (Aliaga, 2012), es decir, cosas que se
sabían de uso común en el país de origen, en el país de recepción adquieren uno diferente o una
aparente falta de sentido; artefactos y procesos habituales de la vida cotidiana requieren ser interpretados o reinterpretados, tales como: la distribución espacial urbana y los usos de la ciudad
(formas del tráfico; medios de transporte público, ciclo-rutas, parques, etc.); bancos y monedas
(formas de transacción); centros comerciales, supermercados y productos de alimentación; tipos de ropa, modas y estilos; administración pública y burocracia (formas de hacer trámites y
atención en los servicios); arte y tipos de ocio (producción cinematográfica, música, conciertos,
programas de televisión y radio, lugares de esparcimiento, etc.); factores de importancia como
el idioma, así como las formas de hablar (acentos, muletillas, etc.); expresiones del cuerpo y
rostro (formas de mirar, saludos, maneras de coquetear, etc.); sentido del humor, etc.
Según la interpretación de Schütz en torno a la figura del “forastero”, este se enfrentará a
una pauta cultural de la vida grupal en la sociedad de destino, es decir, “todas las valoraciones, instituciones y sistemas de orientación y guía peculiares (tales como usos y costumbres,
leyes, hábitos, etiqueta, modas)”(Schütz, 1964, p. 96), los miembros del endogrupo recibirán
esta pauta como una guía de las situaciones que se dan en el mundo social, es un conocimiento
de recetas dignas de confianza, que le permitirán el pensar habitual, sin embargo, el forastero:
“pasa a ser, esencialmente, el hombre que debe cuestionar casi todo lo que parece incuestionable a los miembros del grupo al que se incorpora” (Schütz, 1964, p. 100), para él esta pauta no
constituye un sistema verificado de recetas, además no comparte la historia del grupo, “desde
el punto de vista del grupo al que se incorpora, él es un hombre sin historia” (Schütz, 1964, p.
100). Dando por cierto el hecho que esta pauta cultural es flexible.
En este proceso el forastero deberá poner en juego la pauta cultural que trae desde su origen con la de la sociedad a la que espera incorporarse, buscando dominar el nuevo contexto
mediante acciones, adquiriendo nuevos conocimientos, pasando de observador a participante
(en el sentido social, económico y político), reformulando significados y recomponiendo los
contenidos de sus experiencias típicas, ya que las pautas culturales de origen generalmente no
le otorgarán la orientación suficiente en el nuevo contexto y frente a la forma de pensamiento
habitual propia del lugar, al respecto el forastero: “se ve ante el hecho de no tener ningún status
como miembro del grupo social al que está a punto de incorporarse y carecer, por ende, de un
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punto de partida para orientarse”(Schütz, 1964, p. 102) . Esto, sin duda, a excepción de quienes
llegan con ventajas en cuanto al capital social que disponen o a los vínculos con el lugar de
destino, así como el estatus del propio inmigrante.
La pauta cultural y las recetas que para el endogrupo representan un núcleo de esquemas
coincidentes de interpretación y de expresión, para el forastero no tienen esta unidad, buscando
la traducción a sus pautas de origen, y después de haber reunido conocimiento sobre esta pauta
puede empezar a adoptarla como parte de su propia experiencia. La pauta cultural le permite al
grupo sentir seguridad y tranquilidad, depositando confianza en esta, sin embargo el forastero
en su condición de extraño deberá definir la situación, “necesita un conocimiento explícito de
sus elementos e indagar no solamente su cómo, sino también su porqué” (Schütz, 1964, p. 105).
Los perfiles de significatividad diferirán entre los forasteros y los miembros del endogrupo,
produciendo que este oscile entre la intimidad y la distancia, además de tener incertidumbre y
desconfianza frente a elementos que resultan simples y confiables para los miembros del grupo.
El campo cultural en un primer momento se transforma para el forastero en un campo de
aventura, una situación conflictiva y difícil de abordar, que se relaciona con el establecimiento
de creencias sobre dichas prácticas, en cuanto: “las personas eligen entre las prácticas sociales
de su entorno, en función de sus creencias sobre el valor de esas prácticas” (Kymlicka, 2010, p.
120), valor, indica el autor, que estará relacionado con la comprensión de los significados que
la cultura le otorga.
Importancia de la eficiencia de los expertos
Los inmigrantes se encontrarán con las personas locales y con los expertos de los sistemas
funcionales, es decir los “profesionales” que atienden las necesidades de la población, en los
diferentes campos sociales, por ejemplo en temas de burocracia, en donde serán diversos los
trámites exigidos para poder regular la vida cotidiana en la nueva sociedad (certificados, convalidaciones, acreditaciones, contratos, etc.), en este proceso se buscará confiar en que la sociedad
debería estar adaptada a estas exigencias, para lo cual se otorgará credibilidad a las credenciales
de las personas que operan con la inmigración. Giddens indica respecto a la fiabilidad: “que
por su misma naturaleza, está impregnada por la credibilidad en la establecida experiencia”
(Giddens, 1993, p. 84), experiencia que en una sociedad determinada, que se encuentre ajusRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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tando constantemente sus políticas, leyes y normativas, hace que la información y su manejo
en ocasiones resulte confuso y desorganizado, llevando a que los expertos se contradigan y
produzcan una pérdida de confianza en la población inmigrante y un dificultad en el proceso de
integración.
La imprevisibilidad y/o falta de información puede hacer que los sujetos inmigrantes, así
como los habitantes locales, sospechen de una falta de coherencia del sistema, “La fiabilidad
en los sistemas, toma la forma de compromisos anónimos sobre los que se sostiene la fe en el
manejo de un conocimiento del que una persona profana es en gran parte ignorante” (Giddens,
1993, p. 88). Al enterarse de errores, confusiones en los trámites o demandas insatisfechas, se
puede generar una falta de fiabilidad en el propio sistema, haciendo que estos parezcan débiles
y vulnerables. El inmigrante y el local se pueden ver defraudados, decepcionados o frustrados,
pudiendo la mala experiencia: “conducir a una suerte de resignado cinismo, o, si es posible, a
desasirse del sistema en general” (Giddens, 1993, p. 91), afectando de lleno el proceso de integración.
Este nivel también guarda relación con la integración social, ya que busca organizar y estructurar determinadas relaciones sociales, sin embargo, apunta a la dimensión funcional de
la integración (Beriain, 1996), en cuanto que inmigrantes se adapten al funcionamiento de los
artefactos y procesos (una vez estando incluidos en los diferentes sistemas, ya sea salud, educación, trabajo, etc.), es decir, logren orientarse y coordinarse frente a acciones externas del
mundo objetivo, en donde:
…se hace necesaria en la coordinación “instrumental” de actividades como la producción
de bienes o la distribución de servicios (la ubicación de recursos, personas y servicios),
pero no se restringe al ámbito de la “producción”, o al trabajo o a la división del trabajo,
sino que también coordina el ámbito de la reproducción de objetivos sociales, la adquisición del conocimiento, la realización de actividades expresivas (como el deporte, representaciones artísticas, etc.) la organización de conversaciones, la reglamentación del tráfico rodado, la coordinación entre la ciencia y la tecnología, etc. (Beriain, 1996, p. 119).
Esto requerirá un aprendizaje continuo y una visibilización de zonas de coordinación necesarias para la convivencia, además de la adquisición de los recursos necesarios (otorgado por la
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inclusión en la sociedad), ya sea dinero, poder, conocimiento técnico e información en general.
Nivel tres: Inclusión en los sistemas funcionales básicos de la sociedad
La inmigración requiere la operación de inclusión en los sistemas sociales , tales como: educacional, sanitario, laboral, habitacional, etc., es decir, elementos primarios para que un sujeto
pueda desenvolverse adecuadamente en la sociedad, bajo los principios de la legalidad existente y el goce efectivo de los derechos humanos. Por decirlo de alguna manera, en este lado
de la integración, el inmigrante debe alcanzar una serie de factores objetivos para satisfacer
necesidades básicas de sobrevivencia y de un estándar de vida digno. Este plano depende de las
interacciones con el ámbito del Gobierno o con organizaciones encargadas de dar solución a
los requerimientos y necesidades del colectivo inmigrante; supone un desafío para la sociedad
de recepción, la cual debe ajustar sus sistemas para dar acogida a las múltiples y diferenciadas
demandas, producto de las procedencias diversas de los inmigrantes y las diferencias en los sistemas funcionales de las sociedades de origen, lo cual incluye un fuerte componente territorial
que debe estar articulado y en contraste permanente para aumentar su eficacia.
El inmigrante buscará la manera de incluirse a estos sistemas en el momento en que los
necesite y la sociedad de recepción deberá facilitar esta inclusión . Estos sistemas, son en su
mayoría, ya conocidos por los sujetos inmigrantes, de una determinada manera desde los países
de origen, pero en cada sitio pueden tener características de inclusión/exclusión diferenciadas,
de esta manera la interacción con los sistemas, supone una previa comprensión entre los sujetos
que participan en los sistemas, así como una adaptación a los artefactos y procesos. Su inclusión en ellos supone un paso para la operatividad funcional dentro de la sociedad, y la incorporación del sujeto a un modelo cultural y productivo que respete sus derechos.
En este plano podemos hablar de individuo y sistema funcional, en una relación de “inclusión primaria” desde la perspectiva de Fernando Robles, en donde: “se puede acceder a los
sistemas funcionales, y si no a ellos, por lo menos a los que aseguran beneficios que otorgan
confianza y proyecto de futuro” (Robles, 1999, p. 323), la sociedad de acogida en el plano institucional, idealmente generará mecanismos para que la interacción con estos sistemas sea de
fácil acceso y comprensión, sobretodo en el caso de aquellos inmigrantes que cumplen con los
requisitos administrativos para permanecer en el territorio de forma regular.
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La exclusión de los sistemas o inclusión sólo en algunos de ellos, generará diferenciación
social y “exclusión primaria” (Robles), ya que los inmigrantes verán limitadas las posibilidades de acceso por ejemplo al trabajo formal; buscando otro tipo de redes para alcanzar niveles
de inclusión, como pueden ser las asociaciones de inmigrantes, ONGs, Fundaciones, redes de
amistad, etc., que les ayuden a encontrar los accesos para la sobrevivencia, en lo que Robles
denomina “redes de inclusión” que son las encargadas de un tipo de inclusión secundaria, lo que
significa: “acceder a redes interaccionales (intra y extrafamiliares) de influencia y de favores de
las que se obtenga provecho” (Robles, 1999, p. 323). Estas redes de beneficios también generarían exclusión (secundaria) al no poder acceder a ellas, así habrán inmigrantes que se podrán
vincular y recibir apoyo durante periodos de tiempo determinados, en ocasiones, quedando
completamente desamparados y desprovistos de asistencia e información útil sobre cómo obtener los recursos necesarios para vivir (alimentos, ropa, cobijo, medicamentos, etc.).
Sin llevar a cabo un análisis de la diferenciación funcional de los sistemas de la sociedad, en
donde las características de estos pueden variar, acorde al contexto o al periodo temporal que
se esté atravesando, con relación a los procesos históricos que lleguen a alterar sus operaciones
de inclusión/exclusión, podemos decir que la inclusión puede responder a estas variaciones,
inclusive en una independencia de las intenciones de inclusión que tengan los individuos, es decir, existiendo o no condiciones favorables para esta, mecanismos que en caso de ser inclusivos,
dependerán de la integración funcional de la sociedad, la cual según Beriain:
…alude al entrelazamiento funcional de consecuencias no intencionales de agregados
de acción que estabiliza plexos de acción operantes como estructuras transindividuales,
más allá de la voluntad y de la conciencia de los actores individuales, que hace posible la
coordinación de la acción de grandes grupos sociales (Beriain, 1996, p. 76).
En este sentido la disposición de los inmigrantes a incluirse, así como las condiciones que
los sistemas provean, en relación a las posibilidades de inclusión a los inmigrantes, llevan a que
se coordinen múltiples requerimientos con los recursos disponibles y las posibilidades para que
existan interacciones que faciliten el proceso.
Los inmigrantes, pueden ir de la inclusión a la exclusión, como una puerta giratoria, los sistemas pueden funcionar en base a la contingencia política y/o económica, según sea la disponiRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
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bilidad de recursos, funcionarios, voluntarios, planes, programas y proyectos, etc., “la situación
prototípica de exclusión es un deambular entre los lapsos de inclusión seguidos de otros períodos de exclusión pero son las personas las que transitan, no el sistema social” (Robles, 1999, p.
321). De esta manera, dependerá de cómo los inmigrantes en muchos sentidos son “atendidos”
por los sistemas, en relación a los recursos o voluntad, pero también como estos reclaman sus
derechos por medio de acciones sociales y civiles.

3.-MÉTODO
Diseño
Este artículo está diseñado como un ensayo académico, el cual sería según Rodríguez (2007)
“un texto escrito en prosa en el cual se plantean una diversidad de temas a escogencia del autor
y a los cuales se les imprime el carácter subjetivo de las opiniones de quien lo escribe” (p. 157).
De esta manera en el ensayo se encuentra “la referencia implícita o explícita a una opinión o
postura personal del autor” (Angulo, 2013, p. 111), buscando expresar una idea nueva, la cual se
plantearía como una tesis “entendida como una opinión o juicio original que un autor adelanta
y sustenta con argumentos acerca de un tema o problema a fin de contribuir al conocimiento de
un campo especializado en el que existen posiciones distintas” (Angulo, 2013, p.112).
Instrumentos
Para el desarrollo del ensayo se realiza una articulación de elementos conceptuales de la sociología y la filosofía política, desde diversos autores (P. Bourdieu, A. Giddens, A. Schütz, M.
Walzer, Ch. Taylor, entre otros), para alcanzar una perspectiva inédita en torno al proceso de integración de los inmigrantes, mediante un proceso de orden reflexivo y argumentativo, “debido
a la naturaleza crítica, dialógica, persuasiva y analítica del ensayo” (Rodríguez, 2007, p.158).
Procedimientos
La estructura del ensayo se realizó siguiendo la perspectiva de Angulo (2013) una introducción
que nos presenta la aseveración o tesis en cuanto al abordaje novedoso de la integración de los
inmigrantes; durante el desarrollo se realiza el análisis del mismo por medio de ideas propias y
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citas de fuentes consultadas como apoyo de la tesis; en las conclusiones se dan sugerencias, se
cierran ideas y se proponen líneas de análisis.
Siguiendo a Rodríguez (2007) en el ensayo se plantea la integración como tema de actualidad, por medio de una visión novedosa; no resulta exhaustivo; más bien resulta breve; se apega
a referentes teóricos de las ciencias sociales que le dan verosimilitud y credibilidad; incluye un
aspecto subjetivo; carece de estructura rígida; y se genera una relación dialógica.
4.- CONCLUSIONES
Podemos concluir que la integración de los inmigrantes en las sociedades de acogida en un
primer nivel pasa por un complejo y necesario esquema comprensivo que busca aumentar el
entendimiento mutuo entre población local e inmigrantes, en el intercambio y convivencia en el
espacio social, en donde se verán afectados los habitus (Bourdieu), los imaginarios sociales y
los procesos identitarios, debido a la presencia de los inmigrantes y el aumento de la diferencia
y los signos distintivos (Bourdieu).
En este plano será importante la comunicación para mejorar los procesos de comprensión y
convivencia y no generar situaciones de conflicto, lo cual se puede impulsar desde diferentes
escenarios ciudadanos, ya sea en espacios de interacción pública, como las instituciones de Gobierno, colegios, iglesias, hospitales, comercios, así como en los barrios con acciones a través
de las organizaciones comunitarias. La confianza aparece como un aspecto fundamental para
facilitar estas relaciones sociales, para lo cual será importante reconocer el aporte que implica
el fenómeno migratorio en el aumento de la diversidad y riqueza cultural, así como los factores
que potencian la economía.
En este proceso toma relevancia la construcción del sentido común, siguiendo la idea de las
perspectivas recíprocas de A. Schütz, en clave de integración intercultural, tolerancia y reconocimiento del valor de los diferentes aspectos culturales (Taylor). Se produce integración social
la cual requerirá de una dimensión moral, en cuanto orientación recíproca de las acciones con
un trato igualitario y justo (Beriain) en los diferentes espacios de interacción de inmigrantes y
sociedad local, buscando desarrollar diálogos, acercamientos entre las personas, conocimiento
de las prácticas, así como denuncia y no aceptación de situaciones de explotación, abuso y discriminación a la población inmigrante.
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Por otro lado, la integración en el nivel de la adaptación a los artefactos y procesos, implica
la interacción en relación a conocimientos y experiencias tipificadas (Schütz), situaciones que
se presentan de forma pragmática en la vida cotidiana, tanto de los inmigrantes como de los habitantes de la sociedad de recepción, como campos de conocimiento sobre rutinas cotidianas, lo
cual está vinculado a los universos simbólicos que entran en intercambio (Berger y Luckmann)
y le otorgan legitimidad a la realidad, elementos que deben ser explicados y compartidos de
forma cotidiana y que requieren campañas de sensibilización, foros, cursos, seminarios, talleres
y reuniones para compartir, aprender y enseñar las formas antiguas y nuevas de hacer las cosas.
Así también se pueden presentar conflictos triviales que será necesario enfrentar, por el desconocimiento, en un proceso que sobretodo se baraja en el campo cultural, ya que será importante el reconocimiento de forma progresiva. Es importante el rol que juegan los expertos,
quienes tienen una responsabilidad en propiciar de mejor forma la integración, dada la información y la forma de manejo que estos pueden llevar a cabo, logrando impactar a la sociedad y
ofreciendo pautas de conocimiento y de intercambio amable y solidario. La integración social
requiere que los aspectos funcionales tengan acuerdos para que provean de respuestas a todos
los sectores de la sociedad, en relación a sus necesidades humanitarias y de la forma más igualitaria posible con la población local.
Finalmente el plano más abstracto de la integración, ya que depende de los niveles anteriores
es la inclusión en los sistemas funcionales de la sociedad, ya que de esto depende la subsistencia
y el logro de un estándar de vida digno del inmigrante en la sociedad de recepción. La exclusión
de estos llevaría a la inclusión secundaria en otros tipos de redes interaccionales que permitan
el sostenimiento y un tipo de integración precaria, por ejemplo por medio del empleo informal.
La integración funcional puede estar condicionada por las estructuras y por la voluntad política,
pero también por las demandas de los propios inmigrantes y la sociedad de acogida, quienes
tienen una alta responsabilidad de vigilancia frente al funcionamiento y el cumplimiento de lo
demandado y lo ofertado por los sistemas. La inclusión supone que un inmigrante alcance la
integración en la sociedad con un goce efectivo de derechos, así como también bajo el cumplimiento de obligaciones, en un proceso que sea sostenido, acompañado y con el objetivo de
generar mecanismos a largo plazo.
De esta manera en la comprensión de la integración pueden cruzarse los diferentes niveles de
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interacción. Cada contexto de inmigración supone características propias y relaciones sociales
diferenciadas, por lo tanto es posible rastrear distintas versiones y umbrales de integración que
necesitan ser analizados y observar si están contribuyendo con el bienestar de las personas.
REFERENCIAS
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Politica Editorial
Misión.
•

Somos una revista científica de calidad, que busca la socialización del conocimiento
de la comunidad académica de las ciencias políticas y las relaciones internacionales, a
través de la reflexión y el debate crítico, de sus artículos publicados, contribuyendo en la
construcción de conocimiento que redunde en el desarrollo académico, organizacional
en el entorno local, nacional e internacional.

Visión.
•

Ser para el 2024 una revista de referencia para el mundo académico por su periodicidad,
calidad científica, citación en bases de datos de impacto, aceptada en bases bibliográficas
con comité científico de selección (BBCS).

Objeto y alcance de la revista.
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía es una revista científica de Ciencias Sociales,
Políticas y Relaciones Internacionales que impulsa el intercambio, la difusión y la transferencia del conocimiento en el campo, con énfasis en el área de Política; para ello, toma
como referente la realidad política de América Latina y el mundo. Se fundamenta en la
calidad de la producción científica, con base en la sistematicidad y el rigor, utiliza en su
proceso de revisión por pares la metodología doble ciego (Double Blind Review), publica artículos originales resultados de proyectos de investigación y revisiones bibliográficas bajo los lineamientos de las normas de publicaciones de la American Psychological
Association (APA) sexta edición.

•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía acoge las buenas prácticas del Comité de Ética en Publicación (COPE, por sus siglas en inglés Committe on Publication Ethics), se
edita semestralmente enero-junio, julio-diciembre y circula desde el año 20015, bajo el
patrocinio de la Universidad Autónoma de Nuevo León, en formato electrónico en Open
Access. Divulga sus trabajos en los idiomas español e inglés y está dirigida a la comunidad científica en Política; en especial, a investigadores y docentes que se ocupen del
campo de la ciencia política y las relaciones internacionales.

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Líneas Temáticas.

•
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•
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Cuerpos Académicos
Administración Pública
Comercio y Negocios Internacionales
Comunicación Política
Estudios Regionales Internacionales
Gestión y Política Educativa
Gestión Energética y sustentabilidad
Gobernanza Universitaria
Participación Ciudadana y DDHH

•
•
•

Subáreas Scopus
Ciencias Políticas
Ciencias Políticas y Relacones
Internacionales
Sociología y Ciencias Políticas

Proceso de gestión editorial.
•

Postulación y recepción del artículo: Esta etapa inicia con el envío del artículo por parte
del autor a través de la plataforma del OJS (Open Journal Sistems). El autor debe enviar
el artículo en formato Word, junto con su hoja de vida. Una vez el artículo es postulado,
se hace de forma automática la recepción del artículo y el acuse de recibido.

Revisión Editorial previa:
•

Los editores en un periodo máximo de 72 horas a partir de la recepción evaluarán los
artículos postulados y determinarán si estos se encuentran dentro del alcance de la revista. En esta fase se hace una revisión de la calidad editorial y la contribución al conocimiento del artículo postulado. Se revisa su estructura (forma y contenido), verificando
que se cumpla con la norma de publicación de la American Psychological Association
(APA). Si el artículo postulado no cumple con los criterios editoriales establecidos se le
notificará al autor la decisión editorial, si por el contrario el articulo supera la etapa de
revisión previa pasa inmediatamente a revisión por pares.

Revisión por Pares:
•

Esta evaluación se realiza bajo la modalidad del método doble ciego, es decir, el artículo
será enviado en completo anonimato. En esta etapa se designan dos revisores expertos
en la temática, para que, con base en las políticas editoriales, y teniendo en cuenta un
formato de evaluación analicen el articulo asignado. Los revisores tendrán un periodo de

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tiempo de quince (15) días para realizar su respectiva revisión. Una vez los evaluadores
emiten su concepto se le comunica al autor principal. Si el articulo no fue aceptado por
los pares se le comunica de manera sutil al autor principal. Si el artículo fue aceptado
con algunas sugerencias, se le envía al autor la evaluación anónima para que realice los
respectivos ajustes.
•

Revisión Editorial (después de pares): El editor verificará detalladamente que los autores
hayan realizado las correcciones sugeridas por los pares.

•

Revisión de estilo: Una vez el editor haya verificado que las correcciones se han realizado, se procederá a enviar a corrección de estilo. En esta etapa, el corrector se encargará
aspectos de redacción y estilo del texto.

•

Traducción: Después de la corrección de estilo, el artículo se envía a un experto en segundo idioma para que haga la respectiva traducción del resumen y las palabras clave.

•

Diagramación (Edición): Esta etapa busca garantizar la apariencia estética del artículo
adecuando los espacios, la tipografía y los colores.

•

Revisión final del editor: El editor otorga la aprobación definitiva.

•

Publicación: Los artículos se encuentran en la etapa final del proceso, listos para ser
publicados.

•

Tipo de artículos aceptados. Los autores pueden postular a Revista Política, Globalidad
y Ciudadanía tres tipos de artículos: Originales resultados de proyectos de investigación
científica y tecnológica, revisiones bibliográficas y reseñas.

•

Artículos de investigación científica y tecnológica: Documentos que presentan de manera, detallada, los resultados originales de proyectos de investigación terminada. La estructura contiene título, resumen, abstract, introducción, método, resultados, discusión, conclusiones y referencias. Debe presentar 30 referencias, preferiblemente, citando a otros
artículos de revistas científicas, los cuales deben estar citados al interior del documento.
Un artículo científico es un informe escrito y publicado que describe resultados originales de una investigación.

•

Artículos de Revisión: Documentos resultantes de una investigación donde se analizan,
sistematizan e integran los hallazgos de investigaciones publicadas o no publicadas, sobre un campo en ciencia y tecnología con el fin de dar cuenta de los avances y las ten-

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dencias de desarrollo. Se caracteriza por presentar una cuidadosa revisión bibliográfica
de por lo menos 50 referencias.
•

Reseñas: Documento resultado de la revisión crítica de la literatura sobre un tema particular.

Funciones del Comité Editorial y Científico.
•

Para su operación, la revista cuenta con un comité editorial y un comité científico conformado por investigadores nacionales e internacionales. El papel de estos comités es
trazar la política y la estrategia de la revista con el fin de lograr un posicionamiento significativo en la comunidad científica de las Ciencias Políticas y velar por la calidad de
los trabajos en ella publicados.

Comité Editorial.
•

Es el órgano compuesto por docente-investigadores reconocidos en el área de ciencias
políticas y relaciones internacionales, con afiliación institucional en México y amplia
trayectoria investigativa. Su función en primera instancia consiste en asesorar al editor-jefe y coeditor en la gestión editorial de la revista, además de evaluar el desempeño
de ésta y formular recomendaciones para mejorarla.

Sus funciones están enfocadas a:
•

Diseñar la política editorial en conjunto con el editor-jefe

•

Velar por el cumplimiento de todos los procesos editoriales para garantizar el rigor y el
valor científico de los artículos publicados

•

Asesorar en la planificación estratégica de la revista

•

Apoyar en la asignación de árbitros

•

Verificar y aprobar los números publicados en las ediciones de la revista

•

Aprobar las líneas temáticas

•

Realizar convocatorias para la postulación de artículos

•

Promocionar la revista en eventos, conferencias y espacios de difusión

•

Proponer temáticas de números especiales

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•

Sugerir bases de datos para la indexación de la revista.

Comité Científico.
•

Es el cuerpo de investigadores reconocidos en el campo de las ciencias políticas y relaciones internacionales, con afiliación institucional extranjera que tiene la función de
garantizar la credibilidad de la revista. Además, es el encargado de evaluar permanentemente la calidad científica del contenido publicado y asesorar al comité editorial en
cuanto a la actualización de los lineamientos y políticas editoriales con el fin de contribuir al mejoramiento continuo de las publicaciones. Son funciones de este comité:

•

Participar junto con el comité editorial en la formulación de la política editorial

•

Asesorar al comité editorial en el establecimiento de los criterios de calidad

•

Invitar a miembros reconocidos de instituciones internacionales a que publiquen sus
artículos en la revista

•

Promocionar la revista en eventos, conferencias y espacios de difusión.

Política de acceso abierto
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía proporciona acceso abierto inmediato a su
contenido, sobre el principio de que la investigación libremente disponible para el público apoya un mayor intercambio global de conocimientos. La revista está autorizada en
el marco de la Licencia Creative Commons Atribución-No Comercial-Sin Derivadas 4.0
– México, que permite a terceros descargar las obras y compartirlas con otros, siempre
que se reconozca su autoría, pero no se pueden cambiar de ninguna manera ni se pueden
utilizar comercialmente. Se deja en claro, que los autores no asumen ningún costo por
el proceso editorial de sus artículos ni su publicación. Todos los costos editoriales son
asumidos por la Universidad Autónoma de Nuevo León como institución editora.

Copyright.
•

El copyright de Revista Política, Globalidad y Ciudadanía pertenece a la Coordinación
de Investigaciones de la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales de
la Universidad Autónoma de Nuevo León.

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•

Para la reproducción del material publicado en esta revista se deberá solicitar autorización a la Coordinación de Investigaciones de la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales de la Universidad Autónoma de Nuevo León.

•

Dirección: Universidad Autónoma de Nuevo León, Facultad de Ciencias Políticas y
Relaciones Internacionales, Praga y Trieste s/n Col. Residencial Las Torres, Monterrey,
Nuevo León, México. C.P. 64930. http://www.facpoliticas.uanl.mx/

•

E-mail: revista.politicas@uanl.mx; revistapoliticas.uanl@gmail.com; publica.policas@
uanl.mx

•

Una vez aceptado un artículo para su publicación, el autor (es) traspasa los derechos de
copyright a la Revista Política, Globalidad y Ciudadanía.

Frecuencia de publicación.
•

La Revista Política, Globalidad y Ciudadanía publica de manera semestral, de enero a
junio y de julio a diciembre.

Declaración de conflictos de interés
•

Los autores no evidenciaran conflictos producto de relación con cualquier tipo de institución o asociación comercial o de otra índole, en relación con lo divulgado en el artículo. Es decir, dar conceptos negativos o juzgar de manera muy positiva lo publicado por
intereses personales, competencias académicas, pasión intelectual.

•

Los autores que postulen artículos de investigación, artículos de revisión, y reseñas a la
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, deben garantizar que sus procedimientos y
metodologías se ajustan a los códigos éticos de publicación cuya garantía constará por
escrito en el formato aceptación o compromiso de cesión de derechos patrimoniales de
autor y declaración de conflictos de intereses, el cual se solicitará conjuntamente con el
envío del artículo para su revisión preliminar, haciendo plenamente responsable al o los
autores de prácticas poco éticas, discriminatorias, ofensivas, agresivas, etcétera; en las
que hayan podido incurrir dentro de la investigación de donde deriva el artículo.

•

Del mismo modo el autor está obligado a informar los conflictos de interés que pueda
tener su trabajo en caso de que los tenga. La persona que haga el envío del manuscrito

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para publicación será identificada como el garante del trabajo en su totalidad y con él se
establecerán las comunicaciones relacionadas con el proceso de edición.
Normas de ética en investigación.
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía acoge las buenas prácticas del Comité de ética en Publicación (COPE, por sus siglas en inglés, Committe on Publication Ethics), el
cual se encarga de la ética y moral de las publicaciones científicas. La revista toma como
referente las normas internacionales para editores y autores y las incorpora dentro de su
proceso de gestión editorial estableciendo una guía ética para el editor, los autores y los
revisores.

Equipo editorial.
•

El equipo editorial debe realizar sus funciones editoriales basadas en las buenas prácticas de edición científica fomentando la transparencia, la originalidad, la integridad y la
calidad de todas las publicaciones.

•

Debe adoptar medidas para la detección de plagio, auto plagio, fraude por falsificación o
manipulación de datos, publicación redundante o duplicada.

Editor
•

El editor es el responsable de todo lo publicado en la revista, debe basar sus decisiones
en la validez del trabajo y en la importancia que tenga para los lectores; por lo tanto, se
hace libre de expresar de forma crítica pero responsable y respetuosa sus impresiones
derivadas de la revisión de los artículos.

•

Las decisiones de aceptar o rechazar un artículo para publicación deben ser objetivas y
basarse únicamente en la importancia, originalidad y claridad del objeto de estudio.

•

Debe sostener una comunicación cordial y respetuosa con los miembros del equipo editorial, comités científicos y editorial, autores y revisores.

•

Debe fomentar un comportamiento responsable y disuadir de las malas prácticas editoriales.

•

Debe actuar como garante de la confidencialidad de la información contenida en los

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manuscritos recibidos y en los comentarios de evaluación.
•

Debe proporcionar información actualizada sobre los criterios de autoría siguiendo las
normas éticas internacionales en publicación.

•

Debe tomar medidas correctivas en caso de plagio u otra mala conducta.

•

Debe informar a los autores si el artículo será admitido a proceso de evaluación por
pares.

•

Podrá retirar artículos publicados en caso de una mala práctica comprobada.

Autores
•

Los autores deben tener un compromiso con el desarrollo ético y responsable de sus
investigaciones.

•

Sus trabajos de investigaciones deben ser producción propia, inédita y original. No deben tener plagio ni auto plagio.

•

Deben proporcionar de forma correcta sus datos personales

•

Los artículos deben ser coherentes con el contenido del trabajo, es decir, el problema de
investigación identificado debe corresponder con los objetivos del artículo, la metodología, los resultados y las conclusiones.

•

Deberán enviar de forma transparente y original toda la documentación requerida por el
equipo editorial

•

Deben proporcionar el uso de permisos si se utilizó recursos de otros autores (imágenes,
etc.).

•

Deben confirmar que la propuesta del manuscrito no ha sido enviada a otra revista.

•

Se comprometen a declarar cualquier posible conflicto de interés.

Revisores
•

Los revisores deben adoptar una posición integral al momento de evaluar los artículos, la
revisión debe ser objetiva en relación con el contenido del trabajo.

•

Las decisiones de los revisores deben estar fundamentadas en el rigor y la calidad científica.

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•

Sus comentarios deben estar argumentados mostrando siempre respeto por el trabajo del
autor.

•

Deberán informar al editor en caso de detectar similitud entre el trabajo que revisa y alguna obra publicada, o si tiene conocimiento de una obra similar en proceso de revisión.

•

Los revisores no tendrán acceso a los datos de los autores del artículo que evalúan y
tampoco podrán exigir información acerca de ellos.

•

Deberán enviar las evaluaciones en el tiempo estipulado por la revista.

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en el artículo sin previo consentimiento de manera escrita para la publicación.

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Publicación duplicada.
•

La publicación del artículo que coincide en su contenido y estructura con otro trabajo
previamente publicado en medio magnético o en papel, sin otorgarle crédito a la fuente
inicial, constituye una violación ética de las normas de publicación de la Revista Política,
Globalidad y Ciudadanía. Bajo las siguientes situaciones:

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más para producir otro artículo, utilización de la muestra de un artículo original reportando diferentes resultados, adición de nuevos datos a un artículo preliminar, utilización de
parte de las muestras de un estudio con los mismos resultados y muestras y resultados
diferentes del artículo original.

Solicitud de aclaración.
•

Si un autor considera que se ha tomado una decisión inapropiada sobre su publicación,
entonces puede solicitar una aclaración mediante una comunicación formal enviada al
Editor a través de correo electrónico revista.politicas@uanl.mx.

•

Dependiendo de la complejidad de la situación, esta podrá ser resuelta directamente por
el Editor en su defecto el Comité Editorial quienes analizaran la situación planteada a fin
de dar una respuesta oportuna.
UNIVERSIDAD AUTÓNOMA DE NUEVO LEÓN

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Publishing Policy
Mission.
•

We are a quality scientific journal which seeks the socialization of knowledge of the
Political Science and International Relations academic community through reflection
and critical debate of its published articles, contributing to the construction of knowledge that will help the academic and organizational development, locally, nationally and
internationally.

Vision.
•

To be, by 2024, a reference journal for the academic world due to its periodicity, scientific quality, reference in impact databases, accepted in bibliographic bases with a scientific selection committee (BBCS).

Object and Scope of the Journal.
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía is a scientific journal on Political Science and
International Relations (Social Sciences) that promotes the exchange, dissemination and
transfer of knowledge in the field, with emphasis on the area of Politics; for this purpose,
it is based on the political reality of Latin America and the rest of world. It relies on the
quality of scientific production considering systematics and rigor; it uses the Double
Blind Review methodology in its peer review process; it publishes original articles, results of research projects and literature reviews under the guidelines of the publishing
standards of the American Psychological Association (APA), sixth edition.

•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía welcomes the good practices of the Committee on Publication Ethics; it is edited semi-annually, January-June and July-December,
and it is distributed since 2015 under the support of the Universidad Autonoma de Nuevo
León , in electronic format in Open Access. It spreads its work in Spanish and English
and it is addressed to the scientific community in Politics, mainly to researchers and
teachers who deal with the field of Political Science and international Relations.

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 11, Enero - Junio 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
ISSN 2395-8448. 1-265. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/14

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Líneas Temáticas.
Cuerpos Académicos
Subáreas Scopus
• Public administration
• Political Science
• International Trade and Business
• Political Science and Interna• Political Communication
tional Relations
• International Regional Studies
• Sociology and Political Science
• Educational Management and Politics
• Energy Management and Sustainability
• University Governance
• Citizen Participation and Human
Rights
Editorial Management Process.
•

Application and Reception of an Article: This stage begins with the submission of the
article by the author through the Open Journal Systems (OJS) platform. The author must
send the article in Word format, along with his curriculum vitae. Once the article is applied, the reception of the article and the acknowledgment of receipt are automatically
made.

Prior Editorial Review:
•

Editors will evaluate the applied articles and determine if they are within the scope of the
journal in a maximum of 72 hours from receipt. In this phase, a review of the editorial
quality and the contribution to the knowledge of the applied article is made. Its structure
(form and content) is reviewed, verifying that the publishing standard of the American Psychological Association (APA) is complied with. If the applied article does not
comply with the established editorial criteria, the author will be notified of the editorial
decision; if, on the contrary, the article exceeds the prior review stage, it is immediately
reviewed by peers.

Peer Review:
•

This evaluation is done under the modality of double-blind method, that is, the article

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will be sent in complete anonymity. In this stage, two reviewers’ experts in the subject,
based on the editorial policies, and taking into account an evaluation format, analyze
the assigned article. The reviewers will have a period of fifteen (15) days to carry out
their corresponding review. Once the evaluators issue their concept, the main author is
informed. If the article is not accepted by the peers, the main author is communicated
subtly. If the article is accepted with some suggestions, the anonymous evaluation is sent
to the author to make the corresponding adjustments.
•

Editorial Review (after pairs): The editor will verify thoroughly that the authors have
made the corrections suggested by the peer.

•

Style Review: Once the editor has verified that the corrections have been made, the article will be sent to style correction. In this stage, the proofreader will be responsible for
checking aspects of writing composition and text style.

•

Translation: After the style correction, the article is sent to an expert in the second language in order to translate the abstract and the keywords.

•

Layout (Edition): This stage seeks to guarantee the aesthetic appearance of the article
adapting spaces, typography and colors.

•

Final Editor Review: The publisher grants final approval.

•

Publication: The articles are in the final stage of the process and they are ready to be
published.

Type of Accepted Articles.
The authors can apply three types of articles to Revista Política, Globalidad y Ciudadanía:
Original containing results of scientific and technological research projects, literature reviews
and reviews.
•

Scientific and Technological Research Articles: Documents that include thorough original results of completed research projects. The structure contains title, summary, abstract, introduction, method, results, discussion, conclusions and references. It must submit 30 references preferably quoting other articles from scientific journals, which must
be mentioned within the document. A scientific article is a written and published report
that describes original research results.

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•

Review Articles: Resulting documents from research that analyze, systematize and integrate the findings of published or unpublished research on a field in science and technology in order to justify for progress and developmental trends. It features a careful
literature review of at least 50 references.

•

Reviews: Resulting document from the critical review of literature on a particular topic.

Fnctions of the Publishing and Scientific Committee.
•

For its operation, the journal has a publishing committee and a scientific one made up of
national and international researchers. The role of these committees is to draw the policy
and strategy of the journal in order to achieve a significant position in the scientific community of Political Science and to ensure the quality of the work it publishes.

Publishing Committee.
•

It is the body made up of renowned teachers-researchers in the area of Political Science
and International Relations, with institutional affiliation in Mexico and extensive research experience. Its function in the first instance consists of advising the editor-in-chief
and co-editor in the editorial management of the journal, as well as evaluating its performance and formulating recommendations to improve it. Its functions are focused on:
•

Suggesting databases for indexing the journal

•

Designing the editorial policy working with the editor-in-chief

•

Ensuring compliance with all editorial processes to guarantee the scientific rig-

		

or and value of published articles
•

Advising on the strategic planning of the journal

•

Supporting the allocation of arbitrators

•

Verifying and approving the issues published in the editions of the journal

•

Approving the main topics

•

Making calls for the submission of articles

•

Promoting the journal in events, conferences and diffusion spaces

•

Proposing topics for special issues

•

Suggesting databases for indexing the journal.

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Scientific Committee.
•

It is the group of renowned researchers in the field of Political Science and International
Relations , with foreign institutional affiliation that has the function of guaranteeing the
credibility of the journal. In addition, it is in charge of permanently evaluating the scientific quality of the published content and advising the editorial committee regarding
the updating of guidelines and editorial policies in order to contribute to the continuous
improvement of publications. The functions of this committee are:
•
		

To participate along with the publishing committee in the formulation of editorial policy,

•

To advise the editorial committee in the establishment of quality criteria,

•

To invite renowned members of international institutions to publish their arti

		

cles in the journal, and
•

To promote journal in events, conferences and dissemination spaces.

Open Access Policy.
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía provides immediate open access to its content, on the principle that research freely available supports a greater global exchange
of knowledge. The journal is authorized under the Creative Commons Attribution-Noncommercial-No Derivatives 4.0 - Mexico License, which allows third parties to download the works and share them with others, provided their authorship is acknowledged,
but they cannot be changed, nor can they be used commercially. It is clear that authors
do not assume any cost for the editorial process of their articles or their publication. All
editorial costs are assumed by the Universidad Autonoma de Nuevo Leon as a publishing
institution.

Copyright.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía copyright belongs to the Research Coordination of the School of Political Science and International Relations of the Universidad
Autonoma de Nuevo Leon.
For reproduction of the material published in this journal, authorization must be requested
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to the Research Coordination of the School of Political Science and International Relations of the Universidad Autonoma de Nuevo Leon.
Address: Universidad Autonoma de Nuevo Leon, School of Political Science and International Relations, Praga &amp; Trieste, Col. Residencial las Torres, Monterrey, Nuevo León,
Mexico. CP 64930. http://www.facpoliticas.uanl.mx/.
E-mail: revista.politicas@uanl.mx; revistapoliticas.uanl@gmail.com; publica.policas@
uanl.mx
Once an article has been accepted for publication, the author (s) transfers the copyright to
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía.
Frequency of Publication.
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía is published semi-annually, January to June
and July to December.

Declaration of Conflict of Interest
•

The authors will not evidence conflicts arising from any type of commercial or other
institutional association, in relation to what it is disclosed in the article. That is, giving
negative concepts or judging in a very positive way what it is published due to personal
interests, academic competences, or intellectual passion.

•

Authors who submitt research articles, review articles, and reviews to Revista Política,
Globalidad y Ciudadanía, must guarantee that their procedures and methodologies conform to the ethical publishing codes whose guarantee will be included in the format acceptance or commitment of assignment of patrimonial rights of author and declaration of
conflict of interest, which will be requested jointly with the sending of the article for its
preliminary revision, making the authors fully responsible for unethical, discriminatory,
offensive, aggressive practices, among others; in those that may have incurred within the
research from which the article derives.

•

In the same way, the author is obliged to report any conflict of interest that his work may
have, if this is the case. The person who sends the manuscript for publication will be
identified as the guarantor of the work as a whole and communication will be established

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with him/her during the editing process.
Research Ethics Standards:
•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía welcomes the good practices of the Committee on Publication Ethics (COPE), which is responsible for the ethics and moral of
scientific publications. The journal considers the international standards for editors and
authors as reference and it incorporates them into its editorial management process, establishing an ethical guide for the editor, the authors and the reviewers.

Publishing Team
•

The editorial team must perform its editorial functions based on good scientific publishing practices, promoting transparency, originality, integrity and quality of all publications.

•

It must adopt measures for the detection of plagiarism, self-plagiarism, fraud by falsification or data manipulation of data, redundant or duplicate publication.

Editor
•

The editor is fully responsible for what it is published in the journal; he/she should base
his/her decisions on the validity of the work and the importance it has for readers; therefore, he/she is free to express his/her opinions, derived from the review of the articles,
critically but responsibly and respectfully.

•

Decisions to accept or reject an article for publication must be objective and based only
on the importance, originality and clarity of the object of study.

•

He/she must maintain a cordial and respectful communication with the members of the
editorial team, scientific and editorial committees, authors and reviewers.

•

He/she must encourage responsible behavior and discourage bad editorial practices.

•

He/she must act as guarantor of the confidentiality of the information contained in the
manuscripts received and in the evaluation comments.

•

He/she must provide updated information on the authorship criteria following the international ethical standards of publication.

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•

He/she must take corrective action in case of plagiarism or other misconduct.

•

He/she must inform the authors if the article will be admitted to the peer evaluation process.

•

He/she can remove out published articles in case of a proven practice.

Authors
•

Authors must be commited to the ethical and responsible development of their research.

•

Their research work must be produced by themselves, unpublished and original. They
should not be plagarised self-plagarised.

•

They must provide their personal information correctly.

•

The articles must be coherent with the content of the work, that is, the identified research
problem must correspond to the objectives, the methodology, the results and the conclusions of the article.

•

They must send in a transparent and original way all the documentation required by the
publishing team

•

They must provide permits if resources of other authors’ resources were used (images,
etc.).

•

They must confirm that the proposal of the manuscript has not been sent to another journal.

•

They agree on declaring any possible conflict of interest.

Reiewers:
•

The reviewers must adopt an integral position when evaluating the articles; the review
must be objective considering the content of the work.

•

The reviewers’ decisions must be based on accuracy and scientific quality.

•

Their comments should always be stated respectfully regarding the author’s work.

•

They should inform the editor if they detect similarity between the work they are reviewing and any other published article, or if they are aware of a similar work under review.

•

The reviewers will not have access to the author’s personal information, nor will they be
able to ask for information about him/her.

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•

They must send the evaluations in time and according to the journal’s requirements.

Privacy and confidentiality:
•

Information about organizations and companies should not be published in the article
without prior written consent for the publication.

•

The editor will not expose the articles’ information, the status of review by arbitrators
and the publication’s acceptance or refusal.

•

The arbitrators must respect the authors’ private property rights; therefore, they cannot,
in any case, discuss their work publicly or appropriate their ideas. It is forbidden to share
information with another arbitrator.

•

The arbitrator’s evaluation will remain anonymous and should not be publicly exposed
without the author’s and editor’s permission.

Privacy and confidentiality:
•

Anti-Plagiarism Policy

•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía is governed by the rules of the Intellectual
Property World Organization, which governs Mexico through the Federal Law of Copyright. For this reason, all articles submitted to the journal will be subject to verified using
anti-plagiarism software.

Privacy and confidentiality:
•

Policy for the Preservation of Digital Files

•

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía uses the LOCKSS system for preserving its
digital files to create a tool of distributed file among collaborating libraries, which allows
them to create permanent files of the journal for conservation and restoration purposes.

Duplicate Publication:
•

The article’s publication that coincides in content and structure with another previously published work in magnetic media or on paper, without granting credit to the initial
source, constitutes an ethical violation to the publication standards Revista Política, Glo-

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balidad y Ciudadanía. Under the following situations:
•

Complete reproduction of a previously published article, joining two or more articles to
produce another one, use of the sample of an original article reporting different results, as
of new data to a preliminary article, use of part of the samples of a study with the same
results and different samples and results of the original article.

Clarification Request:
•

If an author considers that an inappropriate decision has been made about his/her article,
he/she can submit a clarification request by means of a formal communication sent to the
Editor through email revista.politicas@uanl.mx

•

Depending on how complex of the situation might be, this can be resolved directly by
the Editor or the Editorial Committee who will analyze the situation in order to give a
timely response.
UNIVERSIDAD AUTÓNOMA DE NUEVO LEÓN
Campus Mederos. Praga &amp; Trieste. Col. Residencial Las Torres. CP 64930. Monterrey,Mexico. Revista Política, Globalidad y Ciudadanía
Tel: (52) - 8183294000
Monterrey, Mexico
Contact:
revista.politicas@uanl.mx
http://revpoliticas.uanl.mx/RPGyC/index.php/RPGyC

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REVISTA CIENTÍFICA DE LA FACULTAD DE CIENCIAS POLÍTICAS Y
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Se autoriza la reproducción total o parcial de los artículos citando la fuente y el autor o los
autores
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020,
Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México, pp. 1-263,
ISSN 2395-8448

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RECTOR
M.E.C. Rogelio G. Garza Rivera

SECRETARIO GENERAL
Dr. Santos Guzmán López

SECRETARIO ACADÉMICO
Dra. Emilia Edith Vasquez Farías

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SECRETERIA DE INVESTIGACIÓN CIENTÍFICA Y DESARROLLO
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COMITÉ CIENTÍFICO EDITORIAL
Manuel Vidaurri Arechiga José Antonio Peña-Ramos
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Carlos Pilia Manuel Torres
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Úrsula Freundt-Thurne Roberto Dominguez
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Universidad de los Lagos - Chile Centro de Investigación y Docencia Económicas (CIDE) - México
Felipe Aliaga Saez Rafael Velázquez Flores
Universidad Santo Tomás - Colombia Centro de Investigación y Docencia Económicas (CIDE) - México
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COMITÉ CONSULTIVO
Dr. Francisco Gorjón Gómez Mtra. Patricia Sepúlveda
Presidente Vicepresidente
Dr. Osvaldo Leyva Cordero Teodoro Berdugo
Secretario Universidad de Cuenca
Adriano Moura Carles Ramírez
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Universidad de San Diego Universidad de Concepción
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Universidad de Chile Universidad Juárez del Estado de Durango
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Universidad Pablo de Olavide Universidad Autónoma de Nayarit
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EQUIPO EDITORIAL
Director
Dr. Abraham Hernández Paz
Factultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internaciones
Revista Políticas, Globalidad y Ciudadanía
Editores
Dr. Daniel Javier de la Garza Montemayor / Editor Jefe
Dr. Oswaldo Leyva Cordero
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MSc. Jorge Lechuga Cardozo

Asistentes Editoriales:
Lic. Cristian Rivas Castillo
Lic. Mónica Talavera

Aministradora Open Journal Sistem
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Los derechos de copyright a la Revista Política, Globalidad y Ciudadanía. Se autoriza la
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�Presentación
La Universidad Autónoma de Nuevo León es una institución dedicada a la formación integral
en los campos de las ciencias, las humanidades y la tecnología, la investigación científica y la
promoción del desarrollo cultural e ideológico de la sociedad, formando líderes y dirigentes con
responsabilidad ética, compromiso histórico y con el propósito de fortalecer la identidad regional, nacional y latinoamericana. La revista digital Política, Ciudadanía y Globalidad, revista
científica de esta institución, se articula a todas las instancias de este proyecto.
Política, Ciudadanía y Globalidad circula semestralmente en presentación electrónica, y en
el sistema Open Access, desde enero de 2015. Busca convertirse en un medio insoslayable para
la publicación de artículos científicos, inéditos, y producto de una investigación en español e
inglés, de autores nacionales e internacionales los cuales ceden todos los derechos de publicación al editor, sometiéndose los artículos a una evaluación de árbitros, bajo la modalidad doble
ciego, a fin de liderar un espacio de promoción del desarrollo científico, el aprendizaje y el
desarrollo desde la región Noreste de México.
Más en específico, es un instrumento para la socialización del conocimiento de las comunidades académicas que engloba la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales
de la Autónoma de Nuevo León, y es un espacio para la reflexión y el debate crítico, propicio
para la construcción de conocimiento que redunde en el desarrollo académico, organizacional y
social, en el entorno local, nacional e internacional.
Política, Ciudadanía y Globalidad está dirigido a investigadores, estudiantes de educación
superior, funcionarios públicos, empresarios, gremios, y a toda la sociedad de conocimiento.
A través de esta revista científica, se divulga la producción intelectual y la investigación para el
desarrollo de la ciencia política, incluyendo todas las sub-áreas propias de la misma. El equipo
de colaboradores está comprometido con el fortalecimiento de los criterios de calidad científica,
editorial, visibilidad e impacto en la comunidad científica, como respuesta a los nuevos lineamientos del Modelo Redalyc.
Revista Política, Ciudadanía y Globalidad

�Presentation
Our university, Universidad Autónoma de Nuevo León is an institution dedicated to promote
integral education in the fields of science, humanities and technology, scientific research and it
fosters cultural and ideological development of society. This institution is in charge of forming
responsible and ethical leaders who must have historical commitment and who must have the
purpose of strengthening the regional, national and Latin American identity. The digital magazine Política, Ciudadanía y Globalidad, a scientific journal of this institution, links directly to
all the instances of this project.
Política, Ciudadanía y Globalidad, has circulated each semester on its electronic version in
Open Access system, since January 2015. It is trying to become a relevant medium in terms of
publishing scientific articles derived from research studies done, etiher in Spanish or English,
by national and international authors who give in the rights for the editor to publish them. These articles go through an evaluation process, Double Blind Review, before they are selected to
be published in order to achieve the goal of promoting scientific development and learning in
Northeastern Mexico.
It is also a tool for the socialization of the academic communities of the School of Political
Science and International Relations of our institution. Likewise, it is a space for reflection
and critical debate in order to construct knowledge that will end up enriching academic,
organizational and social development in local, national and international contexts. Política,
Ciudadanía y Globalidad is aimed towards researchers, students, public officials, businessmen,
trade associations and the entire knowledge society. Intellectual production and research done
for politics development is disclosed in this scientific magazine. Contributor crew is committed
to the scientific, editorial, visibility and impact criteria enhancement, in response to the new
Redalyc Model guidelines.

Revista Política, Ciudadanía y Globalidad

�10
Tabla de Contenido
Editorial: Resolución de conflictos, política educativa, estado de derecho, y geopolítica: Pasado
y presente --------------------------------------------------------------------------------------------------------- 12
Conflict resolution, education policy, rule of law, and geopolitics: Past and present
Daniel Javier, de la Garza Montemayor
Editor de la Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, México
La evolución de la cuestión nacional y la identidad española a través del Partido Socialista Obrero
Español, 1974-1996: El proyecto socialista español de la transición democrática y más allá ---- 18
The evolution of the national question and Spanish identity through the Spanish Socialist Workers Party,
1974-1996: The Spanish socialist project of the democratic transition and beyond
Borja, García-Vázquez
Universidad Autónoma de Nuevo León, México
Política de planeación de la educación superior en México e industria 4.0: 2013-2024 ----------- 49
Higher education planning policy on México and industry 4.0: 2013-2024
Fernando, Cárdenas-Cabello
Centro Universitario CIFE, México
La Mediación como política de bienestar ------------------------------------------------------------------ 67
The mediation as a welfare policy
Francisco, Gorjón-Gómez
Universidad Autónoma de Nuevo León, México
Vigilancia tecnológica, inteligencia competitiva y cultura organizacional universidad de Cundinamarca Facatativá
------------------------------------------------------------------------------------------ 84
Competitive intelligence, technological vigilance and organizational culture universidad de cundinamarca facatativá
Fabio Orlando, Cruz–Páez
Oswaldo, Vanegas–Flórez
Universidad de Cundinamarca, Colombia
The southern border of Mexico: Problems and challenges of national security and its different dimensions ---------------------------------------------------------------------------------------------------------- 102
La frontera sur de México: Problemas y desafíos de seguridad nacional y sus diferentes dimensiones
José María Ramos García, El Colegio de la Frontera Norte, México
Carlos Barrachina Lisón, Universidad Anáhuac, México
Jimmy Emmanuel Ramos, Universidad Autonoma de Baja California, México

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No.12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 1-263. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/15

�11
Reinventando los espacios como lugares de vida y paz una estrategia desde la lúdica para sectores
vulnerables ------------------------------------------------------------------------------------------------------ 128
Reinventing spaces as places of life and peace, a playful strategy for vulnerable sectors
Greys, Nuñez-Ríos
Kadry, García- Mendoza
Judith, Castillo-Martelo
Nevis, Niño-Jiménez
Universidad de La Costa, Colombia
Modelos de calidad aplicados al servicio de mediación en México --------------------------------- 149
Quality models applied to the mediation services in Mexico
Roberto N, Guerrero-Vega
Universidad Politécnica de Nicaragua, Nicaragua
La Alianza del Pacífico y la hegemonía de China y Estados Unidos -------------------------------- 170
The Pacific Alliance and the hegemony of China and the United States
Flavio Rafael González Ayala
Universidad Autónoma de San Luis Potosí, México
Estado de excepción por coronavirus en Colombia: Entre la colaboración armónica y la descentralización ------------------------------------------------------------------------------------------------------- 188
State of emergency over coronavirus in Colombia: Between harmonious collaboration and decentralization
Juan Sebastián, Sánchez-Gómez
Universidad de los Andes, Colombia
Derecho a la información en Coahuila: Una perspectiva desde la justicia constitucional ------- 207
Right to information in Coahuila: A perspective from the constitutional justice
José Luis, Leal Espinoza
Universidad Autónoma de Coahuila, México
Los derechos procesales en grupos vulnerables desde la normativa nacional e internacional --- 225
Procedural rights in vulnerable groups from national and international regulations
Yahaira Berenice, Martínez-Pérez
Brenda Judith, Sauceda-Villeda
María Salomé, Moreno-Rodríguez
Universidad Autónoma de Nuevo León, México
Politica Editorial ----------------------------------------------------------------------------------------------- 246
Publishing Policy

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 1-263. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/15

�12
Editorial
Resolución de conflictos, política educativa, estado de derecho, y geopolítica: Pasado y
presente
Daniel Javier, de la Garza Montemayor
Editor Revista Política, Globalidad y Ciudadanía
https://orcid.org/0000-0001-6962-9059
https://doi.org/10.29105/pgc6.12-1
Como referenciar la editorial:
De la Garza Montemayor, D. J. (2020). Resolución de conflictos, política educativa, estado de
derecho, y geopolítica: Pasado y presente. Revista Política, Globalidad y Ciudadania, 1214. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/157
___________________________________________________________________________
En la actualidad, el mundo vive grandes desafíos en materia de salud pública, pero también de
encontrar nuevas fórmulas de desarrollo económico. Los sistemas políticos de naciones diversas tienen el reto de encontrar soluciones sostenibles que cumplan con las expectativas de las
naciones (Zamorano Farías, 2010).
En el presente número de la revista “Política, Globalidad y Ciudadanía”, el lector tendrá
acceso a once artículos que profundizan sobre temas que son indispensables para encontrar los
mecanismos institucionales que permitan una mejor convivencia social entre los individuos
que forman parte de una sociedad plural y también entre las naciones. Corresponden a estudios
que se han realizado de manera rigurosa y con una examinación de casos que contribuyen a un
necesario debate en la academia actual.
Al respecto, resulta importante reflexionar sobre el concepto de una democracia de “calidad”
en la que O’Donnell, Vargas y Iazzetta (2004) establecieron que existen algunos elementos
esenciales que nos permiten hablar de una democracia con contenido. Este concepto, se compone entre otras cosas, por la celebración de elecciones libres, por una verdadera independencia
de los medios de comunicación, por contar con índices aceptables en materia de equidad, por el
hecho de que la población tenga acceso a una amplia seguridad social y porque las mayorías y
minorías se encuentren representadas.
Por esa misma razón, es importante que las instituciones puedan convertirse en un mecanismo eficaz que pueda hacer posible que esos ideales de una democracia de calidad se conviertan
en una realidad cotidiana. De acuerdo con un estudio de Tusell (2015), algunos de los factores
que se encuentran inherentemente relacionados con la calidad de la democracia son la rendición
de cuentas y el estado de derecho.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 12-14. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/157

�Resolución de conflictos, política educativa...

13
En términos generales, este es uno de los principales conceptos que nos concierne en la
presente edición: el funcionamiento correcto de los poderes públicos resulta clave en la consolidación de cualquier régimen democrático y en particular, en el de preservar las libertades
fundamentales (Barreda, 2010).
En materia de mediación, se cuenta con un estudio cualitativo por parte de Roberto Guerrero
Vega, de la Universidad Politécnica de Nicaragua, quien propone un modelo de evaluación de
la calidad al servicio de mediación en México. Es necesario resaltar que son investigaciones
como las de Guerrero Vega, las que contribuyen a fijar las bases de una mejoría en la resolución
de controversias, las mismas que contribuyen a generar una mejor convivencia social. Precisamente sobre el tema del bienestar, es que Francisco Gorjón Gómez, de la Universidad Autónoma de Nuevo León (México), nos presenta un trabajo que permite corroborar la presencia de la
mediación como un instrumento para lograr el bienestar colectivo.
En cuanto al análisis jurídico, se presentan las indagaciones de Yahaira Berenice Martínez-Pérez, Brenda Judith Sauceda-Villeda y María Salomé Moreno-Rodríguez de la Universidad Autónoma de Nuevo León (México), quienes argumentan a favor de una reforma jurídica
que protega a los sectores más vulnerables. Además se cuenta con la participación de Jose Luis
Leal Espinosa, de la Universidad Autónoma de Coahuila (México), quien también argumenta
de manera sólida en torno a la necesidad de concretar mecanismos institucionales que garanticen el derecho a la información.
En materia educativa, contamos con las destacadas participaciones de Fabio Orlando Cruz
Paez y Oswaldo Vanegas Florez de la Universidad de Cundinamarca (Colombia) y el caso de
Fernando Cárdenas Cabello del Centro Universitario CIFE (México), quienes nos exponen
sobre el proceso de vigilancia tecnológica y su incidencia en la cultura organizacional de una
prestigiada universidad colombiana en el primer caso, mientras que en el segundo se examina
la adecuación de la política industrial 4.0 en la transición de un gobierno a otro, basado en el
análisis del Plan Nacional de Desarrollo. También los investigadores de la Universidad de la
Costa, Greys Nuñez Ríos, Kadry García Mendoza, Judith Castillo Martelo y Nevis Niño-Jiménez quienes realizan un estudio sobre una intervención comunitaria de cómo se puede motivar
a los ciudadanos a participar en actividades que contribuyan a la paz.
En materia geopolítica, esta edición cuenta con dos productos notables: El análisis de la
relación de la Alianza del Pacífico, que conforma México, Perú, Chile y Colombia, con la República Popular China, que realiza el investigador de la Universidad Autónoma de San Luis Potosí
(México), Flavio Rafael González-Ayala. El lector también puede consultar la investigación
interinstitucional de José María Ramos García (El Colegio de la Frontera Norte, México), Carlos Barrachina Lisón (Universidad Anáhuac, México) y Jimmy Emmanuel Ramos (Universidad
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 12-14. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/157

�de la Garza Montemayor, D. J.

14
Autónoma de Baja California), quienes ponderan sobre los retos de la frontera sur de México,
en cuanto a su importancia en su relación con Estados Unidos.
Por último, la edición cuenta con contribuciones internacionales notables sobre temas actuales y también, de una introspección de la evolución de un partido político que ha sido fundamental para la democracia española: En ellos se encuentra reflejado el compromiso de la revista
Política, Globalidad y Ciudadanía de difundir proyectos de investigación de temas vigentes, así
como aquellos que contienen una oportuna revisión histórica.
En lo relacionado al tema se encuentra con una vigencia oportuna, el trabajo de Juan Sebastián Sánchez Gómez (Universidad de los Andes, Colombia) quien expone el caso del estado de
excepción decretado en Colombia a partir de la pandemia de coronavirus. En el caso de Borja
García-Vázquez (Universidad Autónoma de Nuevo León), se realiza un amplio recorrido del
Partido Socialista Obrero Español (PSOE), desde un año antes de la muerte de Francisco Franco, al año de su primera derrota electoral a nivel nacional, después de detentar el poder por 14
años consecutivos.
En síntesis, el fascículo 6(12) cuenta con artículos de investigadores de prestigio, de centros
educativos también destacados, que reflexionan de temas fundamentales que refuezan las líneas
de investigación vigentes en materia de geopolítica, mediación, estado de derecho y política
educativa. Por lo tanto nuestra intención es contribuir al intercambio permanente en materia
de investigación de calidad, es por esto que esperamos que los académicos que consulten esta
edición puedan encontrar información que les sea de utilidad en sus propias indagaciones.
REFERENCIAS
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Applications. Notre Dame: The University of Notre Dame Press.
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Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 12-14. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/157

�15
Editorial
Conflict resolution, education policy, rule of law, and geopolitics: Past and present
Daniel Javier, de la Garza Montemayor
Política, Globalidad y Ciudadanía Journal Editor
https://orcid.org/0000-0001-6962-9059
https://doi.org/10.29105/pgc6.12-1
To cite this article:
De la Garza Montemayor, D. J. (2020). Conflict resolution, education policy, rule of law,
and geopolitics: Past and present. Revista Política, Globalidad y Ciudadania, 15-17.
Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/157
___________________________________________________________________________
Currently, the world is experiencing great challenges in public health, but it is also experiencing
these challenges in finding new formulas for an economic development. The political systems
of diverse nations are challenged to find sustainable solutions that meet the expectations of the
nations (Zamorano Farías, 2010.)
In this issue of the magazine “Politics, Globality and Citizenship”, the reader will have access
to eleven articles that delve into topics that are essential to find the institutional mechanisms
that allow to have a better social coexistence among individuals who are part of a plural society,
and also among the nations. They correspond to studies that have been carried out rigorously
and with an examination of cases that contribute to a necessary debate in the current Academy.
Thereon, it is important to reflect on the concept of a “quality” democracy in which O’Donnell, Vargas and Iazzetta (2004) established that there are some essential elements that allow
us to speak of a democracy with content. This concept is made up, among other things, by the
conduct of free elections, by a true independence of the media, by having acceptable indices
in matters of equity, by the fact that the population has access to extensive social security and
because the majorities and minorities are represented.
For that very reason, it is important that institutions can become an effective mechanism that
can enable those ideals for a quality democracy to become an everyday reality. According to
a study made by Tusell (2015), some of the factors that are inherently related to the quality of
democracy are accountability and the rule of law.
In general terms, this is one of the main concepts that concern us in this issue: the correct
functioning of public powers is key in the consolidation of any democratic regime and, in parRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 15-17. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/157

�Conflict resolution, education policy...

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ticular, in preserving fundamental freedoms (Barreda, 2010.)
Regarding mediation, there is a qualitative study by Roberto Guerrero Vega, from the Polytechnic University of Nicaragua, who proposes a model for evaluating the quality of the mediation service in Mexico. It is necessary to highlight that these investigations like the ones made
by Guerrero Vega are the ones that contribute to establish the bases for an improvement in the
resolution of controversies, the same ones that contribute to generate a better social coexistence. Precisely on the topic of well-being, is that Francisco Gorjón Gómez, from the Autonomous
University of Nuevo León (Mexico), presents us a study that corroborates the presence of mediation as an instrument to achieve collective well-being.
Regarding the legal analysis, the inquiries of Yahaira Berenice Martínez-Pérez, Brenda Judith Sauceda-Villeda and María Salomé Moreno-Rodríguez from the Autonomous University of
Nuevo León (Mexico) are presented, who argue in favor of a legal reform that could protect the
most vulnerable sectors. In addition, there is the participation of Jose Luis Leal Espinosa, from
the Autonomous University of Coahuila (Mexico), who also argues strongly about the need to
specify institutional mechanisms that guarantee the entitlement to information.
In educational matters, we have the outstanding participations of Fabio Orlando Cruz Paez
and Oswaldo Vanegas Florez from the University of Cundinamarca (Colombia) and the case
of Fernando Cárdenas Cabello from the CIFE University Center (Mexico), who explain to us
about the technological surveillance process and its impact on the organizational culture of a
prestigious Colombian university in the first case, while in the second case, it is examined the
adequacy of industrial policy 4.0 in the transition from one government to another, based on
the analysis of the National Development Plan. Also, the researchers from the Universidad de
la Costa, Grays Nuñez Ríos, Kadry García Mendoza, Judith Castillo Martelo and Nevis Niño-Jiménez carry out a study on a community intervention on how citizens can be motivated to
participate in activities that contribute to the peace.
In geopolitical matters, this issue has two notable products: The analysis of the relationship of the Pacific Alliance, which is made up by Mexico, Peru, Chile and Colombia, with the
People’s Republic of China, carried out by Flavio Rafael González-Ayala, a researcher from
the Autonomous University of San Luis Potosí (Mexico.) The reader can also consult the inter-institutional research made by José María Ramos García (El Colegio de la Frontera Norte,
Mexico), Carlos Barrachina Lisón (Anáhuac University, México) and Jimmy Emmanuel Ramos (Autonomous University of Baja California), who ponder the challenges from the southern
border of Mexico, regarding its importance in its relationship with the United States.
Finally, this issue has notable international contributions on current issues and also an introspection of the evolution of a political party that has been fundamental to Spanish democracy:
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 15-17. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/157

�de la Garza Montemayor, D. J.

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The commitment to disseminate research projects on current issues of the magazine Politics,
Globality and Citizenship is reflected in them, as well as those that contain a timely historical
review.
In relation to the subject, and with validity, we can find the work of Juan Sebastián Sánchez
Gómez (University if Los Andes, Colombia), who has exposed the case of the state of exception decreed in Colombia from the coronavirus pandemic. In the case of Borja García-Vázquez
(Autonomous University of Nuevo León), an extensive tour of the Spanish Socialist Workers’
Party (PSOE) is made, from a year before the death of Francisco Franco, up to the year of his
first electoral defeat at ta national level, after holding power for 14 consecutive years.
In summary, Fascicle 6 (12) has articles written by prestigious researchers, from also outstanding educational centers, which reflect on fundamental topics that reinforce the current lines
of research in the field of geopolitics, mediation, the rule of law and educational policy. Therefore, our intention is to contribute to the permanent exchange in quality research, which is why
we hope that the scholars who have consulted this edition can find information that is useful to
them in their own investigations.
REFERENCES
Barreda, M. (2010). La calidad de la democracia: Un análisis comparado de América Latina.
Política y gobierno, 13(2), 265-295.
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comparado de 60 países. Política y Sociedad, 52(1), 179-204. doi: http://dx.doi.org/10.5209/
rev_POSO.2015.v1.n52.45786
Zamorano Farías, R. (2010). El sistema político como institucionalización de las expectativas.
Boletín Mexicano de Derecho Comparado,43(128),895-921.

Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 15-17. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/157

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La evolución de la cuestión nacional y la identidad española a través del Partido
Socialista Obrero Español, 1974-1996: El proyecto socialista español de la transición
democrática y más allá1
The evolution of the national question and Spanish identity through the Spanish Socialist
Workers Party, 1974-1996: The Spanish socialist project of the democratic transition and
beyond
Borja, García-Vázquez2
Universidad Autónoma de Nuevo León, México
https://orcid.org/0000-0003-0055-6917
https://doi.org/10.29105/pgc6.12-2
___________________________________________________________________________
RESUMEN
El presente artículo es producto de una revisión documental que tuvo por objetivo estudiar la España planteada
por el proyecto socialista de la transición, desde 1974 a 1996, a través de los programas electorales del Partido
Socialista Obrero Español (PSOE) y su publicación oficial, la revista El Socialista. Se aplicó el método análisis,
con la técnica de investigación de revisión documental. Se encontró que el PSOE constituye un actor clave de la
historia de España por su aporte e impacto al desarrollo del conjunto de la sociedad española. Por este motivo,
para entender España y su realidad, es necesario comprobar la visión del país mantenida por uno de sus principales
partidos políticos. Se concluye que, a pesar del tiempo transcurrido, se mantiene la vigencia del proyecto socialista
de la transición, como modelo de convivencia e integración de las distintas regiones que integran España.
Palabras claves: Democracia, socialismo, transición española, Felipe González.
ABSTRACT
This article is the product of a documentary review that aimed to study the Spain raised by the socialist project of
the transition, from 1974 to 1996, through the PSOE’s electoral programs and its official publication, the journal
El Socialista. The analysis method was applied, with the research technique of documentary review. It was found
that the Spanish Socialist Workers Party (PSOE) constitutes a key actor in the history of Spain for its contribution
and impact to the development of the whole of Spanish society. For this reason, to understand Spain and its reality,
it is necessary to check the vision of the country maintained by one of its main political parties. It is concluded that
despite the elapsed time, the validity of the socialist project of the transition remains, as a model of coexistence
and integration of the different regions that make up Spain.
Keywords: Democracy, socialism, Spanish transition, Felipe González.
Recibido: 05 de Noviembre 2019 - Aceptado: 14 de Marzo 2020 - Corregido: 06 de Abril 2020
Cómo referenciar este artículo:
García-Vázquez, B. (2020). La evolución de la cuestión nacional y la identidad española a través del Partido
Socialista Obrero Español, 1974-1996: El proyecto socialista español de la transición democrática y más
allá. Politica Globalidad y Ciudadanía, 18-48. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/
article/view/145

1 Artículo de revisión derivado del proyecto de investigación, la evolución del pensamiento socialdemócrata en Iberoamérica.
2 Doctor en Métodos Alternos de Solución de Conflictos, por la Universidad Autónoma de Nuevo León. Profesor de Derecho Internacional
público en la Facultad de Derecho y Criminología de la Universidad Autónoma de Nuevo León. Email: borjagarcia131@gmail.com
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 18-48. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/145

�La evolución de la cuestión nacional...

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1.- INTRODUCCION
El Congreso de Suresnes (Francia), celebrado en octubre de 1974, constituye el comienzo del
actual Partido Socialista Obrero Español (en adelante PSOE), que desde su fundación en 1879,
su supervivencia a la guerra civil y la posterior dictadura del general Francisco Franco Bahamonde, provocó una ruptura de continuidad del PSOE en suelo español que obligó a sus miembros a mantener su actividad desde el exilio y la clandestinidad. Suresnes marcó la transición
entre los líderes históricos de la formación, con el nombramiento de Felipe González Márquez
como Secretario General del PSOE, respaldado por la presencia de personalidades del socialismo europeo (como François Mitterand, Olof Palme, Pietro Nenni y Willy Brandt) o latinoamericanos (como Carlos Altamirano) sirviendo de preparación del retorno del PSOE a España
como partido legalizado.
Previo a la muerte de Franco, el 20 de noviembre de 1975, había comenzado la descomposición del régimen, siendo en parte interpretado desde el PSOE como consecuencia de la
situación económica que atravesaba el país, marcado por un contexto internacional en el que no
encajaba el capitalismo de la dictadura, propiciando la desconfianza de sus propios integrantes
(El Socialista, 1976a, pág. 14), que habían cimentado un sistema centralista, autoritario y represivo, basado en una unidad de España que negaba las nacionalidades históricas (reconocidas
a través de los siglos, por medio de idiomas e instituciones autóctonas) y que representaba su
lema “Una, grande, libre”.
El 10 de febrero de 1977, los dirigentes del PSOE Luis Yáñez y Luis Gómez Llorente, depositaron en el Ministerio de la gobernación el acta notarial y la documentación necesaria para
legalizar el PSOE, legalización que se hizo efectiva el 23 de febrero de 1977, al ser inscrita en el
Registro de Asociaciones Políticas, por oficio del director general de Política Interior, Enrique
Sánchez de León (El País, 1977) —el mismo día en que el Boletín Oficial del Estado publicaba el Real Decreto 214/1977, 18 de febrero, por el que se creaba la Embajada de España en la
Unión de Repúblicas Socialistas Soviéticas—.
Terminaban así los cuarenta años de régimen para el PSOE y el conjunto de la izquierda
española. Ante el nuevo horizonte democrático, el PSOE aparecía como un partido que se había
definido en su XXVII Congreso, celebrado en Madrid el 5-8 de diciembre de 1976 —el primero
que se llevaba a cabo por el partido en España desde 1932—, como partido de clases —luchando por la supresión de estas—, de masas —para representar los intereses de los trabajadores—,
marxista —por ser esta su metodología de análisis de la realidad—, y democrático, tanto a nivel
de funcionamiento interno, como externo en sociedad para lograr la construcción del socialismo (El Socialista, 1977a, pág. 2); consiguiendo que este Congreso representase la antesala
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020 Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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ideológica de lo que supondría el proyecto socialista para las elecciones de 1977, sentándose
las bases del mecanismo contenedor del pensamiento socialista español, que constituye el eje de
estudio del presente trabajo: el programa, descrito en los siguientes términos: “El Partido tiene
un texto fundamental: su programa máximo que, por seguir vigente, constituye la base de todo
nuestro pensamiento y acción” (El Socialista, 1976c, pág. 5).
Los programas electorales constituyen el conjunto de tesis sobre las que se estructuran las
propuestas de gobierno de una formación política, que han de servir de hoja de ruta de su administración en caso de lograr el triunfo, por lo que dichos programas son el instrumento sobre
el que reposa toda la esencia de un partido, su gestión y su ideario en torno al modelo de país
pretendido. Un instrumento de captación de votos, imbuido de la propaganda, sin que sea vinculante para gobernar, que atiende a la propia evolución de los partidos, y al aglutinamiento
general de la sociedad. Como expresaba Kirchheimer (1969):
Un partido general se interesa principalmente por el éxito electoral inmediato, al ampliar
su seguimiento entre todos los grupos de la sociedad (…) un instrumento para lograr que
sus miembros, anteriormente fuera del sistema, participen plenamente en el proceso político
(…) realizando una función de integración política (pág. xxvi).
La aparente indefinición en que parece encontrarse España hoy ha propiciado el auge de
partidos independentistas (Esquerra Republicana de Catalunya, Junts per Catalunya, Compromis, Euskal Herria Bildu), nacionalistas regionales (Coalición Canaria, Partido Regionalista de
Cantabria) y nacionalistas estatales como Vox; que promueven modelos identitarios alternativos en pos de cautivar al electorado, ya sea con la creación de un nuevo Estado, volviendo a
las raíces tradicionalistas regionales, o buscando la identidad española en un pasado arcaico y
desvinculado del presente.
La finalidad de este trabajo es estudiar la evolución de la cuestión nacional, y la identidad
española en el socialismo democrático contemporáneo, a través de los distintos programas del
PSOE, desde 1977 (con su incorporación al nuevo régimen democrático) hasta la finalización
de la transición española (con el último gobierno de Felipe González Márquez en 1996) atendiendo al contexto histórico en el que fueron redactados los distintos programas, y a través de
las publicaciones de la revista El Socialista, a fin de entender qué es España y el concepto de
nación para el socialismo español.
2.- MÉTODO
Diseño
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 18-48. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/145

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La presente investigación responde a una metodología cualitativa, en palabras de Vasilachis de
Gialdino (2006)“un proceso interpretativo de indagación, basado en distintas tradiciones metodológicas” a través del cual “quien investiga construye una imagen compleja holística (…)
y conduce el estudio en una situación natural” (p. 24), con un diseño estructurado, de acuerdo
a Mendizábal (2006) por ser un “protocolo lineal riguroso, con una secuencia unidireccional,
cuyas fases se suceden en el tiempo” (p.66). Para tal fin, se seleccionó como método la interpretación de textos, con el objetivo de “comprender cada caso (Flick, 2002, pág. 228) alcanzando
un enfoque de estudio comparado “a fin de entender los elementos comunes y específicos” del
fenómeno investigado (Corbetta, 2007, pág. 37).
Instrumentos
Para la construcción del marco teórico-conceptual de la evolución política española desde los
postulados del PSOE, se consultaron los siete (7) programas electorales del partido, publicados
entre 1977 y 1996, y un total de cuarenta y nueve (9) números publicados por su revista El Socialista, de entre 1976 y 1996.
Procedimiento
Los programas electorales y los números publicados por la revista El Socialista, fueron consultados en las hemerotecas online del PSOE (https://www.psoe.es/el-socialista/hemeroteca/) y de
la Fundación Pablo Iglesias (http://archivo.fpabloiglesias.es/index.php?r=hemeroteca/ElSocialista), empleándose como sistema los argumentos e ideas identificadas, para interpretarlas desde
una visión crítica y razonada.
3.- FUNDAMENTO TEÓRICO
El socialismo y la cuestión nacional
En la teoría, el socialismo siempre se ha caracterizado por el internacionalismo , el cual, de
acuerdo con Yañez-Barnuevo, es considerado como “parte constitutiva del socialismo” sin haberse desarrollado el concepto, quedándose en la superficie sin entrar al fondo de la cuestión, lo
que lleva al autor a expresar que: “Tenemos que confesar que demasiado a menudo utilizamos
esta idea —el internacionalismo— como una fórmula meramente ritual” (Yañez-Barnuevo,
1979, pág. 17). Frente al internacionalismo, encontramos la cuestión nacional, la cual ha sido
analizada por el marxismo, motivo que nos lleva a exponer las posiciones de Rosa Luxemburgo, Josef Stalin y Vladimir Lenin, por ser sus estudios anteriores a 1921 —año en que el PSOE
declinó su adscripción a la III Internacional—.
Rosa Luxemburgo trató esta cuestión en su artículo de 1908 El Estado-nación y el proletaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020 Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 18-48. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/145

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rio, haciendo un repaso a la noción de sociedad expuesta por Karl Kautsky, entendida como
un conjunto de elementos burgueses ligados a un periodo concreto dentro del desarrollo de la
sociedad moderna, que dan lugar a la aparición del Estado nacional. Sobre esta base, identifica
una serie de elementos necesarios para el desarrollo de la burguesía, enriqueciendo la postura de
Kautsky —limitada a las condiciones económicas, al centrarse exclusivamente en la necesidad
de los industriales de contar con un mercado nacional en el que vender sus productos— considerando la necesidad de disponer de unas fuerzas armadas capaces de garantizar su independencia interna y su apertura mundial; un sistemas de comunicaciones, educación escolar y justicia;
y la existencia de una política aduanera y financiera.
Con estos elementos se originan unas condiciones políticas que permiten el mantenimiento
del poder de la clase burguesa, siendo un esquema que se repite en todos los Estados-nación,
que de acuerdo a Luxemburgo, constituye una “forma histórica indispensable para la burguesía
para pasar de la defensa nacional a la ofensiva, de la protección y la agrupación de su propia
nacionalidad a la política de conquista y dominación de otras nacionalidades” (Luxemburgo,
1908).
A través de unas concretas condiciones políticas, es que se permite el desarrollo del patriotismo como elemento de lucha de clase, donde por iniciativa de la burguesía surge el Estado-nación como mecanismo de control de la mayoría, adherida a este proyecto a través de los
elementos de cultura y democracia del nacionalismo; sintetizándolo Luxemburgo (1908) con
esta máxima: “el Estado capitalista moderno es ‘nacional’ sólo en la medida en que le permite a
la burguesía de una nacionalidad dada ejercer su dominación sobre toda la población mezclada
del Estado”.
Años más tarde, en 1913, Josef Stalin escribió el artículo El marxismo y la cuestión nacional, en el que enumera los elementos que dan lugar a la aparición de una nación —estructura
distinta del Estado—, recordando a su vez la afectación temporal que atenaza a este tipo de
comunidades “sujeta a la ley del cambio, tiene su historia, su comienzo y su fin”, exponiendo y
argumentando su concepto de nación:
Nación es una comunidad humana estable (no racial o tribal) históricamente formada y
surgida sobre la base de la comunidad de idioma, de territorio, de vida económica y de
psicología, manifestada ésta en la comunidad de cultura (…) sólo la presencia conjunta de
todos los rasgos distintivos forma la nación (Stalin , 1913).
De los planteamientos previos, podemos contraponer la figura del Estado a la de nación,
fusionadas en la idea de Estado-nación, donde el cúmulo de elementos identitarios sirve de
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 18-48. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/145

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coartada para el sostenimiento de una estructura explotadora de clase, siendo esta posición encontrada en el discurso pronunciado en 1919 por Vladimir Lenin, ¿Qué es el poder soviético?:
Mientras exista la dominación del capital, mientras la tierra siga siendo propiedad privada,
el Estado lo gobernará siempre, incluso en la república más democrática y más libre, una
pequeña minoría, integrada en sus nueve décimas partes por capitalistas o ricos (Lenin,
1919).
Lenin critica el Estado, asociándolo a la explotación burguesa, pero no ofrece una estructura
alternativa al mismo, sino que, en contraposición, exclusivamente expone su variante soviética,
al decir que:
el poder del Estado ha sido organizado en Rusia de manera que únicamente los obreros y
los campesinos trabajadores, excluidos los explotadores, constituyen los Soviets, organizaciones de masas a las que se trasfiere todo el poder público (Lenin, 1919).
Lenin no niega el Estado tras la revolución, al contrario, defiende el Estado por encima del
concepto de nación, un argumento que defendió en 1918, en su artículo ¡La patria socialista
está en peligro!, en el que exhortaba a la población a que “el deber sagrado de los obreros y
campesinos de Rusia es defender con abnegación la República de los Soviets” (Lenin, 1918),
priorizando el Estado —soviético— sobre la nación —rusa— rompiendo con el esquema Estado-nación, lo que le lleva a concluir que la nación no es el elemento que motiva la defensa del
territorio sino el ideal soviético de Estado, ligando esta postura a elementos de seguridad y protección de la clase obrera ante las injerencias extranjeras y burguesas. Por este motivo, Lenin
desarrolla un listado de directrices destinadas a la salvaguarda del Estado, como el control sobre
los alimentos, los medios de comunicación o el castigo de todos los elementos contrarrevolucionarios, en una proposición excluyente para las personas que no sean proletarios —frente a la
posición incluyente defendida por el socialismo—.
La antesala democrática (1974-1977)
La naturaleza de España siempre ha sido tema de debate en las filas del pensamiento socialista,
por la defensa de la libre autonomía de la agrupación y el país, constituyente de sus señas históricas, como se aprecia en el Congreso del PSOE de 1921, que supuso el rechazo del partido
a Lenin y al ingreso en la III Internacional, controlada por la Unión Soviética. Si bien existía
unidad en las filas socialista en cuanto al logro de la dictadura del proletariado, la divergenRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020 Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 18-48. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/145

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cia surgió entorno al concepto de revolución entre los bolcheviques, que consideraban que el
partido debía ser el encargado de forzar las circunstancias para que se produjese la revolución,
frente a los socialistas, que creían que el partido solo debía encauzar la revolución cuando se
diesen las circunstancias; además de por ser contrarios a la defensa de un partido único, global y
jerarquizado como un ejército proletario en el que no existía lugar para el pensamiento disidente
(como defendían los bolcheviques) lo cual chocaba frontalmente con la Base 1 del PSOE: “su
autonomía para cuanto concierne a la táctica de lucha, por estimar que ésta ha de ser condicionada por las situaciones de cada momento, y la psicología de cada pueblo” (El Socialista,
1976a, pág. 11).
En 1974, durante el Congreso de Suresnes, se había debatido “sobre las nacionalidades ibéricas” analizando la situación desde la perspectiva de la lucha de clases y la emancipación de la
clase trabajadora, considerando que la problemática existente solo podría superarse con la constitución de una República Federal conformada por las nacionalidades que integran el Estado
español (El Socialista, 1976a, pág. 14). Posteriormente, en 1976, durante el XXVII Congreso el
partido estableció una identificación del socialismo como una postura de rechazo a “cualquier
camino de acomodación al capitalismo o a su simple reforma” abogando por una sociedad “autogestionaria” en la cual, “las nacionalizaciones y la planificación no suponen necesariamente
el Socialismo” (El Socialista, 1976c, pág. 5).
En este congreso, entre otras materias, también se abordó la “cuestión nacional” ligada a
Cataluña, interpretándose como una problemática originada en el contexto de lucha de clases
entre la burguesía catalana y los terratenientes castellanos, que había derivado en la lucha por
la autonomía de Cataluña, donde primaba el interés por lo local frente al desinterés por lo
ocurrido en el resto de España, siendo vista esta actitud, en opinión del PSOE, como una contradicción incompatible para el internacionalismo obrero ante el nacionalismo defendido en
Cataluña (El Socialista, 1976b, pág. 2). El propio Felipe González, consciente del centralismo
y unitarismo que había caracterizado la dictadura, desde la postura federalista defendida por el
partido, entendía que España (como instrumento al servicio de la población) debía ser utilizada
como “un concepto plurinacional y plurirregional” a fin de armonizar la diversidad existente
en el territorio, abogando por una mayor asunción de responsabilidades tanto en las estrategias
socialistas a nivel de España como en la dirección del movimiento socialista, por “las distintas
nacionalidades y regiones” (El Socialista, 1976a, pág. 4).
La cuestión nacional estará presente desde entonces, tratando de concebir una idea de lo que
es España y su unidad, y de cómo encajar en ella los distintos nacionalismos surgidos en el país;
así, en 1977 el partido defendía el federalismo como sistema integrador de los diversos sentires
que se daban en la península, a través de la defensa de la “instauración de una república fedeRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 18-48. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/145

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ral de trabajadores, integrada por todos los pueblos del Estado español” cuyo modelo de “una
España socialista y libre” sólo sería posible por medio de un ejército capaz de defender “por la
fuerza de las intromisiones o presiones de potencias concretas”, abogando por la supresión de
las bases militares estadounidenses en la país y la “creación progresiva de una tercera fuerza
militar real entre países que se encuentren en vías de constituir un socialismo democrático” (El
Socialista, 1977a, págs. 4-5); un planteamiento que rechazaba la incorporación de España a la
Organización del Tratado del Atlántico Norte —OTAN— en favor de una mayor unidad con
Europa y la creación —utópica— de una unión alternativa en el sentido del Pacto de Varsovia
—aunque sin detallar la integración y estructura de esta fuerza—.
Las primeras elecciones democráticas en 41 años: las elecciones generales 1977
El 15 de junio de 1977, 3 meses y 21 días después de la legalización del PSOE, se celebraron
las primeras elecciones generales libres desde febrero de 1936, obteniendo la victoria el partido
Unión de Centro Democrático (UCD), seguido por el PSOE como segunda fuerza más votada, cuyo programa de 1977, compuesto por 27 páginas, se aproximaba a la cuestión nacional
partiendo de la siguiente premisa: “España está constituida por una serie de nacionalidades y
regiones diferenciadas” (PSOE, 1977, pág. 6). El partido era consciente de la realidad española,
negada por la dictadura, sobre las diferentes “lenguas, tradiciones y culturas” que “configuran
la personalidad propia de cada nacionalidad y región” de las que conforman España, siendo
por este motivo, que defendía “la unidad del Estado español” a través de “una fórmula constitucional libremente pactada y abierta tanto a las diferencias entre las distintas nacionalidades y
regiones como a la flexibilidad necesaria para su progresivo desarrollo y concreción” (PSOE,
1977, pág. 6) por medio de la protección de “la autonomía de cada nacionalidad y región con
unas instituciones en el plano político y en el plano económico capaces de asegurar la solidaridad entre todos los ciudadanos del país”, garantizando los derechos básicos de los españoles
(PSOE, 1977, pág. 7).
El programa de 1977 dedicaba un apartado al ejército, por el lugar relevante que se consideraba ocupaban en la defensa del país, y con el objetivo de paliar la falta de estructuras, formación y medios adecuados que padecía desde la dictadura, a fin de “responder a las necesidades
defensivas” de España, para lo cual se aducía que “todo militar debe sentirse pueblo y todo
pueblo debe sentirse ejército” (PSOE, 1977, pág. 23); sin obviar la posición que debía ocupar
el país en el contexto global, con un claro espíritu rupturista frente al pasado, oscilante “entre
una política estrechamente nacionalista y aislacionista y una entrega de hecho a la dominación
extranjera de las grandes potencias y de las empresas multinacionales” (PSOE, 1977, pág. 24).
El PSOE veía España como una comparsa en el enfrentamiento de la guerra fría y quería una
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demarcación que permitiese al país consolidarse neutral ante esta lucha, y desarrollarse frente al
ostracismo de las cuatro décadas previas, sin olvidar su carácter europeo (histórica y geográficamente) y la necesidad de formar parte del proceso integrador de Europa superando “nacionalismos caducos” y estableciendo “un marco para el desarrollo del socialismo, independiente de
los imperialismos y en cooperación con el tercer mundo” para lograr “una Europa democrática
y socialista” (PSOE, 1977, pág. 25); exposición que respondía al espíritu internacionalista que
ha acompañado históricamente al socialismo, y que era interpretado en clave española por el
fomento de la hermandad y la cooperación de los pueblos, en torno a las vecindades geográficas
e históricas (Europa, el norte de África y Latinoamérica) y con la exhortación a la liberación de
los pueblos oprimidos por “la dominación colonial o racista, o la opresión de las tiranías locales al servicio de los intereses imperialistas” a través de “una política concreta de cooperación
técnico-científica y financiera” (PSOE, 1977, pág. 26).
En este contexto histórico, es necesario recordar que en aquel tiempo existía el Partido Socialista Popular (PSP) heredero del denominado Partido Socialista del Interior (PSI) creado por
Enrique Tierno Galván en 1968, cuyo programa electoral de 1977 hacía mención a la cuestión
nacional respecto de la administración del Estado, aspirando a construir un “Estado regional”
en el que las nacionalidades y regiones históricas gozasen de autogobierno por medio de Estatutos, y la enseñanza pudiese ser impartida en “las lenguas vernáculas de las nacionalidades,
aceptando la cooficialidad de las mismas con el castellano” (La Alcarria Obrera, 2011).
Tras las elecciones de 1977, el Comité Federal del PSOE hizo un llamamiento a la unidad
del grupo catalán —Partido de los Socialistas de Cataluña – PSC— y del centro —PSP— (El
Socialista, 1977b, pág. 1), logrando el 25 de enero de 1978, que Felipe González y Tierno
Galván consiguiesen un acercamiento entre ambas formaciones, al reconocerse la ausencia de
barreras ideológicas (El Socialista, 1978a, pág. 1); surgiendo en el mes de febrero, un acuerdo
marco en el que se resolvieron las posibles discrepancias ideológicas, sindicales, organizativas
y de empleo de símbolos indistintamente —el puño y la paloma, el yunque junto con la pluma
y el libro, y el puño y la rosa— (El Socialista, 1978b, pág. 9); hasta que finalmente, el 30 de
abril de 1978, ambas agrupaciones se fusionaron en un único PSOE, democrático, fiel al legado
histórico —cuyo programa original, el conocido “programa máximo” de 1879, fue revisado por
Marx y Engels— y con un proyecto para lograr una nueva sociedad (El Socialista, 1978c, pág.
3), con lo que 99 años después de la fundación del partido el 2 de mayo de 1879 en una taberna
sita en la calle Tetuán, de Madrid —Casa Labra, aún abierta en la actualidad—, el PSOE volvió
a ser uno.
La Constitución española de 1978 y las elecciones generales de 1979
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El 6 de diciembre de 1978, España votó en referéndum a favor de la Constitución, publicada el
29 de diciembre del mismo año en el Boletín Oficial del Estado y vigente desde entonces —en
cuya redacción intervino como ponente del PSOE Gregorio Peces-Barba Martínez— la cual
regula la cuestión nacional en numerosos puntos de su articulado, como su artículo 2 —relativo
a “la indisoluble unidad de la Nación española” — artículo 3 —referente al castellano como
lengua española oficial del Estado, y la cooficialidad de las lenguas así contempladas en los
Estatutos de Autonomía, elemento de “patrimonio cultural” — o el artículo 145.1, que prohíbe
el federalismo. En el debate de redacción del articulado, debemos destacar lo ocurrido en torno
al artículo 2, ante la diversidad de opiniones que sostuvieron los ponentes, tratando de dar una
definición de las nacionalidades, debiendo destacar la exposición de Peces-Barba, quien en un
tono conciliador, sin entrar en el fondo del término nación, abordó la cuestión desde la consideración de España como un Estado plurinacional, “conjunto y la absorción de todas las demás”
(Delgado-Iribarren García-Campero, 2005).
El texto constitucional, recogía a su vez la disposición transitoria octava, por la cual, una vez
aprobada deberían convocarse elecciones, antes del 15 de junio de 1981, por lo que en cumplimiento de lo anterior, el 1 de marzo de 1979 se celebraron nuevas elecciones generales en España, que dieron la victoria a UCD, encontrándose de nuevo en segunda posición el PSOE; quien
acudió con un programa breve —de 31 páginas— en el cual, conscientes de la nueva etapa
democrática en que entraba el país, expresaban cómo constituía “uno de los retos más decisivos
(…) hacer efectivo el derecho a la autonomía de las nacionalidades y regiones” al considerar
que “la autonomía es el camino para acercar el poder a los ciudadanos” (PSOE, 1979, pág. 13).
Ante el centralismo que había caracterizado el periodo de la dictadura, el PSOE defendía la
progresiva elaboración de Estatutos de Autonomía para lograr el objetivo de descentralización
estatal, sin que se propusiese el establecimiento de una federación. Como disponía el propio
programa, uno de los principios que contemplaba para cumplir con la obtención de la autonomía
era “La preservación de la unidad de la nación española, la defensa de los intereses generales y
el cumplimiento de los fines del Estado” (PSOE, 1979, pág. 13); a través de su descentralización —que requería de la cesión de competencias a las Comunidades Autónomas, la simplificación y unidad administrativa, y la coordinación de las haciendas autonómicas con la Hacienda
General del Estado— y la ruptura de implicación con alguno de los bloques antagónicos de la
guerra fría, manteniendo una posición de hermanamiento con los pueblos latinoamericanos y de
condena de aquellos sometidos a la colonización (PSOE, 1979, págs. 17-19).
Ese mismo año, el 28 y 29 de septiembre, se celebró en Madrid el Congreso Extraordinario
del PSOE, fecha que supuso un punto de ruptura histórica en las filas del PSOE, similar a lo
ocurrido con el Congreso de 1921, al procederse al abandono del marxismo por el partido, al
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pronunciar Felipe González “No se puede tomar a Marx como un todo absoluto, no se puede,
compañeros. Hay que hacerlo críticamente, hay que ser socialistas antes que marxistas” (El
País, 1979).
El PSOE hasta las elecciones generales 1982, y su primer gobierno
Entre los días 28 y 30 de mayo de 1980, Felipe González presentó una moción de censura
contra Adolfo Suárez, que, si bien no prosperó, desgastó su imagen, llevándole a presentar su
dimisión el 29 de enero de 1981. Ese mismo año, el 23 de febrero, la recién nacida democracia
enfrentó el intento de golpe de Estado, comandado por el teniente coronel de la guardia civil
Antonio Tejero Molina, quien irrumpió en el Congreso de los Diputados durante la votación de
investidura de Calvo-Sotelo, al mando de un grupo de doscientos guardias civiles al grito de
“¡Quieto todo el mundo!”; al cual se sumó el mismo día el teniente general Jaime Milans del
Bosch y Ussía, quien sublevándose con los golpistas, sacó los tanques a las calles de la ciudad
de Valencia. La madrugada del 24 de febrero, su majestad el rey Juan Carlos dio un mensaje
televisado en el que, dirigiéndose a todos los españoles, ordenaba a las autoridades civiles y a
la Junta de Jefes del Estado Mayor, a que tomasen “todas las medidas necesarias para mantener
el orden constitucional dentro de la legalidad vigente” (RTVE, 1981). A partir de este momento
el golpe comienza a desmoronarse hasta que en la mañana del día 24, Tejero firma su rendición
tras salir del Congreso de los Diputados, sin que se sepa a día de hoy de forma fehaciente, quien
fue el organizador de esta frustrada sublevación.
Tres días después, el 27 de febrero se celebraron en toda España manifestaciones “por la libertad, la democracia y la Constitución”, con más de un millón de personas en la ciudad de Madrid, donde al grito de “¡Dictadura no!¡Democracia sí!”, “¡Libertad, libertad!” y “Depuración”,
España expresó la intención de romper con el pasado (El Socialista, 1981, págs. 4-5). Superada
la intentona golpista, la democracia siguió su curso normal, y la campaña de oposición, el desgaste político interno de UCD, y el recrudecimiento del terrorismo, entre otras causas, hizo que
los españoles diesen en las urnas la mayoría al PSOE el 28 de octubre de 1982, una victoria
que dio comienzo a una nueva etapa en el país, reflejada en la frase expresada por el entonces
nuevo vicepresidente del gobierno, Alfonso Guerra González: “A España no la va a conocer ni
la madre que la parió”.
A las elecciones de 1982, el PSOE se presentó con un programa de 47 páginas, con el título
“Por el cambio”, incidiendo en la cuestión nacional con estas palabras: “El Estado ha de ser garante de la convivencia democrática y de la solidaridad entre los españoles y entre las nacionalidades y regiones de España” (PSOE, 1982, pág. 40); para lo cual hacía una remisión implícita
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al artículo 40 de la Constitución, a través del parafraseo de su contenido3:
(El Estado) tiene, además, según la Constitución, la obligación de promover las condiciones
más favorables para el progreso social y económico y para una distribución equitativa de la
renta personal y regional. Tiene también el deber de crear las condiciones que hagan real y
efectiva la libertad y la igualdad entre los españoles (PSOE, 1982, pág. 40).
La Constitución creó el Estado de las Autonomías, una fórmula de descentralización a medio camino entre el régimen centralista anterior y el federalismo prohibido, concibiéndose el
Estado como propiedad constitucional de la ciudadanía, no de una minoría, ya que de lo contrario se correría el peligro de pervertir la función del Estado, y la gestión de los intereses de la
ciudadanía:
El Estado pertenece constitucionalmente a los ciudadanos. No corresponde a ninguna burocracia ni civil ni militar. Cuando esto se olvida, los intereses burocráticos se anteponen a los
verdaderos intereses públicos, los aparatos burocráticos crecen más allá de lo razonable, se
derrochan los recursos públicos, se debilita la creatividad de la sociedad y se tiende a llevar
al ciudadano a una actitud pasiva de beneficiario o pasivo (PSOE, 1982, pág. 40).
Para evitar el conformismo y la indiferencia ciudadana, la sociedad debía participar en el Estado, un instrumento a su servicio que dependía de él, a fin de que “el Estado se halle de verdad
al servicio de los ciudadanos” (PSOE, 1982, pág. 40). En este contexto, ante la pluralidad de
nacionalidades sentidas por la ciudadanía española y en pos de conseguir la descentralización
estatal, el Estado de las Autonomías era entendido como el sistema para lograr dar cabida a esta
pluralidad; donde el Estado operaría como garante de la actuación solidaria entre las Comunidades Autónomas —a través del correcto funcionamiento del Fondo de Compensación Interterritorial y el desarrollo de la política regional— calificando el programa este objetivo como
“una de las tareas más hermosas y complejas de la democracia española (…) uno de los planes
básicos de la política socialista” (PSOE, 1982, pág. 42).
Otro aspecto recogido por el programa de 1982 fue la posición de España en el mundo, defendiendo la necesidad de contar con un espacio libre de injerencias, que permitiese desarrollar
la labor pacifica del país, contribuyendo “activamente a la causa de la paz, de la libertad, de
3 “Los poderes públicos promoverán las condiciones favorables para el progreso social y económico y para una distribución de la renta regional
y personal más equitativa, en el marco de una política de estabilidad económica. De manera especial realizarán una política orientada al pleno
empleo” (Cortes Españolas, 1978).
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la justicia y del progreso en el mundo (PSOE, 1982, pág. 45). Con esta premisa, y en un claro
ejercicio de coherencia de pensamiento, el PSOE mantuvo y desarrolló la postura mantenida en los programas previos respecto de la condena y la lucha contra las diversas formas de
opresión existentes, siendo conscientes de la especial situación de España en el mundo, como
“país occidental y europeo, con una dimensión mediterránea y una proyección americana que
lo diferencia de otras naciones europeas” situado “en la encrucijada de varias culturas y de
varios continentes”, encontrándose entre las prioridades del programa el fortalecimiento de las
relaciones con América Latina, por medio de “la cooperación política, económica y cultural”
(PSOE, 1982, pág. 46).
La llegada al poder de Felipe González va a tener por finalidad la culminación del Estado de
las Autonomías, iniciado en 1979 —con la aprobación de los Estatutos de Autonomía de Cataluña y País Vasco— desarrollado durante 1981 —Galicia, Andalucía, Asturias, y Cantabria— y
1982 —La Rioja, Región de Murcia, Comunidad Valenciana, Aragón, Castilla-La Mancha, Canarias, y Navarra— a través del impulso de los Estatutos que estaban pendientes de aprobación
—Castilla y León, Ceuta, Comunidad de Madrid, Extremadura, Islas Baleares, y Melilla—.
El primer gobierno socialista tuvo que afrontar la finalización de la descentralización estatal,
en un escenario de crisis económica que arrastraba el país desde el comienzo de la crisis del
petróleo de 1973, que llevó a que en 1983, la Organización para la Cooperación y el Desarrollo
Económico —OCDE— augurase para España un índice de desempleo del 17% y un crecimiento económico del 2% (Díez, 1983, pág. 28), situación que manifestó Felipe González durante
la cumbre de Paris organizada por el Partido Socialista Francés en enero de 1983, al expresar
que existía “mucho egoísmo nacional y de esa manera no hay soluciones, porque de esta crisis
no se sale con egoísmos nacionales, luchando cada país en solitario. Sin la solidaridad entre
las naciones no hay salida” (El Socialista, 1983a, pág. 11); unido al problema del terrorismo,
principalmente de ETA, ante el cual González, preguntado sobre las negociaciones con la banda
respondía: “No estoy dispuesto a que se ponga en cuestión la unidad de España. La discusión,
el debate, será siempre dentro de los límites de la Constitución” (El Socialista, 1983a, pág. 15);
una situación que motivó una guerra sucia iniciada para combatirlo —recordando que desde la
promulgación de la amnistía habían sido asesinados 200 miembros de las fuerzas de seguridad
del Estado— e investigada por el gobierno, por ser considerada esta guerra sucia, en palabras de
González “el asesinato, lo practique quien lo practique” (El Socialista, 1983b, pág. 11).
En diciembre de 1984, el PSOE celebró su XXX Congreso, “España, compromiso de solidaridad”, el primero celebrado tras haber logrado el partido el gobierno del país, en el que se
definió la postura del PSOE respecto de la permanencia de España en la OTAN, pese a haberse
opuesto anteriormente. En este Congreso, Felipe González dio muestra de su pragmatismo poRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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lítico, como sintetizaban sus palabras:
Si yo tuviera que tomar la decisión de incorporar España a la Alianza, creo que no la tomaría, pero estamos dentro de la Alianza, con países como Francia, Alemania, Gran Bretaña,
Canadá, EEUU, Holanda o Bélgica (…) soy absolutamente consciente de que ésta es la
realidad de España (…) cuando hablo de mantener el estatus actual lo estoy haciendo con
la cabeza, no con el corazón, con una gran frialdad, analizando qué es lo que favorece a
España y qué es lo que la perjudica (El Socialista, 1984a, pág. 3).
Con 266 votos a favor, 394 en contra y 23 abstenciones, se decidió que el partido no pidiese
la salida de España de la OTAN (El Socialista, 1984b, pág. 3) acto que configuró la posición del
país como actor internacional, europeo y occidental4, consciente y realista ante los cambios que
atravesaba el planeta, en un determinado escenario económico, donde primaba la apertura ante
el aislamiento que arrastraba el país, como recogió la resolución del Congreso:
España, como país europeo occidental, participa del proceso de cambio global que se produce en la actual etapa del capitalismo. De una sociedad aislada del exterior estamos pasando a una sociedad mucho más abierta, en la que se han intensificado extraordinariamente los intercambios con los demás países, a nivel social, económico e ideológico (El
Socialista, 1985, pág. 2).
Fruto del XXX Congreso, se elaboró el documento “Una política de paz y seguridad” donde
se reconocía la inminente incorporación económica e institucional, así como su posición geoestratégica clave, en Europa; razón por la que se consideraba que la permanencia de España en la
OTAN contribuía a garantizar la paz y la seguridad, al no perturbar el equilibrio de fuerzas de
la guerra fría (El Socialista, 1985b, pág. 7). Del mismo modo, ante la situación exterior, en el
plano interno del país, el Estado de las Autonomías era visto como “una exigencia del desarrollo y consolidación de la democracia” (El Socialista, 1985a, pág. 14).
España no podía ocupar su posición europea y occidental sin democracia, por lo que conscientes de la situación, se reafirmó en el Congreso que “La continuidad del proceso autonómico
es la mejor garantía para la defensa y promoción de la identidad propia de los distintos pueblos
de España” (El Socialista, 1985a, pág. 14), exposición que delimitaba la hoja de ruta a seguir

4 Una posición que se consolidó con la firma por Felipe González, del Acta de Adhesión de España a las Comunidades Europeas, el 12 de junio de 1985.
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por el Partido, en favor de mantener la descentralización y el fomento de la responsabilidad y
la solidaridad entre las Comunidades Autónomas y sus ciudadanos, iguales pese a sus señas
propias de identidad, en la unidad de España.
El segundo gobierno del PSOE: las elecciones generales 1986
El 1 de enero de 1986 España se incorporó oficialmente a las Comunidades Europeas, cuya
primera muestra fue el establecimiento de la igualdad del sistema tributario español respecto del resto de miembros europeos, a través del Impuesto sobre el Valor Añadido —IVA—
que sustituyó 24 impuestos indirectos, encareciendo algunos productos básicos (El Socialista,
1986a, pág. 8); a su vez, el 19 de enero del mismo año, como consecuencia de la incorporación
europea, España estableció relaciones diplomáticas con Israel —35 años después de su fundación— una reparación de la ruptura con el pueblo judío, iniciada con su expulsión en 1492 (El
Socialista, 1986b, pág. 3).
El 30 de enero, se produjo la jura de la Constitución ante las Cortes, por su alteza real el
príncipe de Asturias, Felipe de Borbón y Grecia, al alcanzar este su mayoría de edad, en un
acto que simbolizaba el sometimiento al derecho y al sistema parlamentario representativo y
el compromiso de servicio a las instituciones, y de lealtad al Rey, del futuro monarca —actual
Felipe VI—, como recogen las palabras del entonces presidente del Congreso de los Diputados,
Gregorio Peces-Barba Martínez:
Alteza Real: con el Juramento que vais a prestar estáis simbolizando vuestro sometimiento
al Derecho, vuestra aceptación del sistema parlamentarlo representativo que nuestra Constitución establece, vuestro compromiso de servicio a las instituciones y a los ciudadanos y
vuestra lealtad al Rey. Hoy es un día grande para la democracia, para la Monarquía, y para
todos los hombres y mujeres de esa España viva y plural de las Autonomías (Congreso de
los Diputados, 1986).
La España de 1986 es monárquica, europea, abierta al establecimiento de nuevas relaciones
internacionales y práctica en lo político, como demostró el referéndum sobre la permanencia
de España en la OTAN, una arriesgada maniobra política que mostraba la importancia que representaba la democracia para el gobierno socialista, al anteponer la decisión de la ciudadanía
sobre un tema que era trascendental para el conjunto del país. Celebrado el 12 de marzo de
1986, tras una campaña en la que se sucedieron los movimientos a favor y en contra de la permanencia española en la OTAN, se impuso el sí, con el 52,53% de los votos, con un porcentaje
de participación en el referéndum del 59,73% (El Socialista, 1986c, pág. 3).
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El 11 de abril de 1986, el PSOE celebró un Comité Federal extraordinario para reprobar
internamente —por 82 votos a favor, 2 en contra y 23 abstenciones— la falta de disciplina de
algunos miembros que se mostraron contrarios a la petición de voto favorable por el sí, durante
la campaña sobre el referéndum de la Alianza Atlántica, anteponiendo criterios personales a la
decisión adoptada previamente por el partido, lo cual fue entendido como un acto de deslealtad política; e igualmente, durante el Comité Federal, Manuel Chaves, secretario de asuntos
sociales, económicos y sindicales de la Comisión de la Ejecutiva Federal, y coordinador del
equipo de trabajo de elaboración del programa electoral de 1986, expuso el avance del mismo,
indicando que la línea a seguir sería similar al programa de 1982 (El Socialista, 1986d, pág. 3).
El programa electoral de 1986, titulado “Para seguir avanzando, por buen camino” constaba
de 124 páginas, destacando el tratamiento que se efectuaba de la cuestión nacional, no como un
fenómeno aislado del país, sino en relación a Europa —cuestión que se explica por la incorporación del país a la CEE—. En concreto, el apartado dedicado por el programa a tratar ese tema
llevaba por rubrica “Adaptación a Europa y a los nuevos instrumentos de gestión”.
Para el PSOE, tal y como recoge su programa del 86, el garante de la aplicación y funcionamiento de la política comunitaria era el Estado, requiriéndose para ello de “la coordinación,
lealtad, confianza y solidaridad de los distintos poderes públicos” (PSOE, 1986, pág. 108),
partiendo de la necesidad de organizar y coordinar el funcionamiento de la Administración del
Estado tanto en el centro y las periferias, como entre el Gobierno y las Autonomías (PSOE,
1986, pág. 97). El programa de 1986 mantenía así el continuismo en el abordaje de la cuestión
nacional —salvo la novedad de adaptación europea— como consolidación del proyecto del
Estado de las Autonomías iniciado con la Constitución de 1978, recordando en su texto como
al momento de acceder al cargo los socialistas, el proyecto se encontraba en sus inicios, calificando de trascendental “la superación del Estado autoritario y centralizado” que caracterizó
al régimen anterior —que mantuvo adeptos contrarios a la reforma— y que había sido posible
“gracias al empeño de la mayoría de los españoles” (PSOE, 1986, pág. 105).
La consolidación institucional se preveía a través de la coordinación y la cooperación entre
las administraciones públicas, donde el gobierno de la Nación era el único legitimado democráticamente para definir y ejecutar políticas nacionales (PSOE, 1986, pág. 106) confirmando así
la apuesta por un Estado de las Autonomías, donde el gobierno de la Nación era un primus inter
pares; mientras que en el marco internacional, el Partido se presentaba a las elecciones, con una
labor continuista de la cooperación de su gobierno ante América Latina “en pro de la paz, la libertad, la defensa de los derechos humanos y el logro de mayores cotas de bienestar y progreso
para sus pueblos” (PSOE, 1986, pág. 111); donde todos los lineamientos de exposición de política exterior respondían a la necesidad de España de contar con una credibilidad internacional
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en el marco de las relaciones que mantenía con otros países, lo cual formaba parte de un proceso
que requería desarrollo y fortalecimiento, que se basaba en “Garantizar la integridad territorial,
la soberanía nacional y la seguridad de España (PSOE, 1986, pág. 112).
Durante la campaña de estas elecciones, por primera vez se empleó en España el mensaje
telefónico como publicidad electoral, donde el receptor de la llamada escuchaba la voz grabada
del propio presidente del gobierno (El Socialista, 1986e, pág. 5). El 22 de junio, el pueblo español cumplió con su cita ante las urnas, con una participación del 70,77%, en la que el PSOE
se mantuvo como la principal fuerza política del país, con el respaldo del 44,06% de los votos
(El Socialista, 1986f, pág. 1), garantizando con ello el desarrollo de las políticas socialistas en
España, como expresaba Felipe González la noche del 22 de junio:
Estos resultados hacen posible la continuidad y estabilidad del proyecto de progreso en el
que hemos venido trabajando. Reiteramos la voluntad de que nuestra acción de gobierno
esté presidida por un espíritu de diálogo, acuerdo y cooperación con todas las fuerzas políticas y sociales, así como las Comunidades Autónomas, corporaciones locales y demás
instituciones del Estado (El Socialista, 1986f, pág. 3).
El tercer gobierno del PSOE: las elecciones generales 1989
Del 20 al 22 de junio de 1986 se celebró el XVII Congreso de la Internacional Socialista, en
Lima —Perú— siendo la primera vez que se reunía en un país de América Latina (El Socialista, 1986, pág. 7), una región que al igual que España, estaba afectada por la crisis económica
mundial, agravada por el déficit estructural de estos países, la desigualdad, la inexistencia de
políticas a largo plazo y de un proyecto nacional (Casilda, 1986, pág. 10).
Con una derecha descabezada, tras la renuncia de Manuel Fraga Iribarne al frente del partido
Alianza Popular —AP— algunas voces de las filas socialistas alertaban de las repercusiones
que podía tener esta situación sobre la democracia española, al generar un panorama de ausencia de alternativa que convirtiese el voto en el PSOE “en el voto por el mal menor, por lo malo
conocido” (Paramio, 1986, pág. 3). La crisis afectaba a España, y existía descontento por la
situación económica del momento: la cesta de la compra había ascendido de 20.315 pesetas en
1982 a 30.270 pesetas en 1987 (El Socialista, 1987a, pág. IV), siendo muestra de la inflación
del país, que afrontaba un proceso de reconversión industrial desde la promulgación del Real
Decreto-Ley 30 de noviembre de 1983; además, en 1987 el gobierno tuvo que afrontar: una
moción de censura que no prosperó por 195 votos en contra, frente a 67 votos a favor y 71
abstenciones (El Socialista, 1987a, pág. IV); unos enfrentamientos en la localidad de Reinosa,
en Cantabria, ante la reconversión industrial de la industria Forjas y Aceros —que daba trabajo
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a 1.763 personas de las 13.000 que habitaban la localidad— la cual preveía la pérdida de 463
puestos de trabajo (El País, 1987) que se saldaron con la muerte del trabajador Gonzalo Ruiz el
5 de mayo (Delgado , 1987); y el recrudecimiento de la actividad terrorista de ETA, con atentados como el de Hipercor, el 11 de junio en Barcelona —con 21 muertos, de los cuales cuatro
eran niños, y 45 heridos—, o el de la casa cuartel de Zaragoza el 11 de diciembre —con 11
muertos, entre los que se encontraban cinco niños y un adolescente, y alrededor de 90 heridos—
(Ceberio Belaza, 2018).
Frente a este escenario, el PSOE celebró entre el 22 y el 24 de enero de 1988 su XXXI
Congreso, en el cual Felipe González manifestó su firme convicción en el partido que lideraba
“capaz de articular el conjunto de la sociedad española, capaz de darle cohesión al Estado, capaz de asumir su responsabilidad en la lucha contra el terrorismo, en la superación de la crisis
económica y capaz de llevar adelante las responsabilidades del Gobierno” (El Socialista, 1988,
pág. 3). En el contexto de este Congreso, se presentaron los primeros resultados del llamado
“Programa 2000”. Una comisión de trabajo del partido, que comprendería de 1987 a 1990, para
recoger propuestas en materia de economía, política y sociología, con la intención de obtener
conclusiones sobre cuáles serían las tendencias para el año 2000 (El Socialista, 1987b, pág. 3)
con la siguiente finalidad: “Reconstruir una ideología operativa, un programa básico de estrategias capaz de propiciar la innovación social que España reclama” (Escudero, 1987, pág. 7). De
este Congreso debe destacarse la aprobación, por mayoría absoluta, en los Estatutos Federales
del partido, de la creación de un sistema de cuotas para garantizar la presencia de la mujer en
la directiva del partido, en un porcentaje que no fuese inferior al 25% (El Socialista, 1988, pág.
15) y de igual forma, con la aprobación por el Gobierno del Real Decreto 1/1988, de 22 de febrero, se reguló la incorporación de la mujer a las Fuerzas Armadas.
Con estas medidas, el PSOE mostraba su compromiso con las mujeres, en una clara maniobra de aperturismo social, necesario para el régimen democrático que se estaba consolidando
en aquellos años; una democracia a la que Felipe González aludía en el discurso de cierre del
XXXI Congreso, pronunciando unas palabras que pueden aplicarse hoy, en pleno siglo XXI:
La democracia sigue siendo el menos malo de todos los sistemas, el más digno, el más noble,
el que es capaz de poner al descubierto los defectos de cada cual. Pero la democracia tienes
sus reglas; y a veces uno tiene el sentimiento de que inconsciente o conscientemente esas
reglas se están vulnerando. Esas reglas se vulneran con grave daño cuando se desprestigia
la política y a los políticos en general: todos son iguales, todos vienen a aprovecharse, sean
de donde sean y (añaden algunos en voz baja) si no se han aprovechado es que son tontos.
¿En qué quedamos? (El Socialista, 1988, pág. 13).
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En enero de 1989, España asumió por primera vez la presidencia semestral de la Comunidad
Europea, la cual estuvo marcada, como expuso el entonces ministro de Asuntos Exteriores,
Francisco Fernández Ordoñez, por Europa, el Mercado Interior, los ciudadanos y el espacio
social europeo (El Socialista, 1989a, pág. 4); ese mismo año, siete meses antes de lo previsto,
Felipe González decidió convocar elecciones para el 29 de octubre (El Socialista, 1989b, pág.
3) en las cuales habría conseguido por tercera vez mayoría absoluta, con el respaldo del 39,55%
de los votos, tras una participación del 69,92% (El Socialista, 1989c, pág. 1) si no hubiese sido
por la decisión de la Junta Electoral Provincial de Murcia de dar el noveno escaño de esta provincia a Izquierda Unida —IU—, en perjuicio del PSOE (El Socialista, 1989d, pág. 4), aunque
fue una mayoría absoluta de facto, al obtener 175 escaños de los 176 necesarios, debido a que
los diputados del partido Herri Batasuna, estuvieron ausentes durante toda la legislatura. El 20
de noviembre de ese año, el diputado Iñaki Esnaola, sufrió un atentado, en el que murió el diputado Josu Muguruza, siendo nombrados como sustitutos Rafael Diez Usabiaga y Ángel Alcalde,
respectivamente, pero todos ellos, junto a Itziar Aizpurúa y Jon Idígoras, fueron suspendidos
durante toda la legislatura, por no utilizar la fórmula oficial de acatamiento de la Constitución
(El País, 1989) (El País, 1991).
A esta cita electoral, el PSOE acudió con el programa “España en progreso” de 76 páginas,
con la visión puesta en 1992, año en que se iban a celebrar numerosos eventos de trascendencia
para los españoles: “La creación del Mercado Único Europeo, la conmemoración del Quinto
Centenario del Descubrimiento de América, la celebración de la Exposición Universal de Sevilla, los Juegos Olímpicos de Barcelona y la elección de Madrid como Capital Cultural de
Europa”; siendo visto ese año como “una oportunidad para impulsar España” y demostrar el
grado de integración y apertura internacional alcanzado por el país, viéndose Europa, desde el
proyecto socialista, como el medio necesario para fortalecer la situación interna (PSOE, 1989,
págs. 5-8).
Se deduce del programa que la visión socialista respecto del país comprendía tres posiciones
interconectadas: España en Europa, como parte del proyecto de integración; España con Europa, en la defensa y promoción de las condiciones que propugna; y España frente a Europa,
al no negar el desarrollo de un proyecto nacional propio, en paralelo al desarrollo de la Unión
Europea. En el mismo sentido, Europa era vista como un medio, y no un fin, “para conseguir un
espacio común con más empleo y progreso social” (PSOE, 1989, pág. 8), dedicando en el plano
cultural, un apartado a las lenguas del país considerándolo “un patrimonio enriquecedor, cuya
preservación, estímulo y difusión son objetivos deseables” para lo cual se preveía la promoción
de “medidas e incentivos específicos para la conservación y conocimiento de estas culturas y
lenguas, tanto en España como en su proyección internacional” (PSOE, 1989, pág. 60).
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El PSOE comprendía la riqueza cultural del país, tanto a nivel nacional, como en los distintos
niveles regionales, asumiendo la importancia de defender y difundir este patrimonio inmaterial
de todos los españoles, como elemento cohesionador dentro y fuera de nuestras fronteras: “La
cultura española aspira a consolidar su papel en el mundo (…) Los socialistas españoles reivindicamos el papel de la cultura en la construcción de Europa” (PSOE, 1989, pág. 61). Asimismo,
en el documento se consolidaba la evolución programática del PSOE en Iberoamérica, fijando
como principios orientadores de su actividad “la paz en Centroamérica, la democratización del
Continente y el desarrollo y progreso de sus pueblos”; situación en que destacó la defensa a los
incipientes procesos democráticos de Chile y Paraguay (PSOE, 1989, pág. 75).
El cuarto gobierno del PSOE hasta las elecciones generales 1993
A comienzos de 1990, la Unión Soviética se estaba desmoronando con el consecuente efecto
que esto producía en los movimientos de izquierda del mundo entero. El mes de noviembre
de 1989 los berlineses acabaron con el muro que había dividido su ciudad durante 28 años,
mientras que los países del Este europeo llevaban años organizándose para lograr la independencia, y el ejército soviético seguía combatiendo en la guerra de Afganistán. Los discursos de
izquierda necesitaban una renovación, incluidos los socialdemócratas, ante el riesgo de caer en
el anquilosamiento ideológico y la incapacidad de ofrecer un modelo a seguir. Por este motivo,
el 18 de enero de 1990, se presentó el borrador del manifiesto del Programa 2000, fruto de las
investigaciones realizadas los tres años previos, con el fin de renovar el proyecto socialista (El
Socialista, 1990a, pág. 7), cuya versión definitiva se publicó en junio de ese año (Escuerdo
Zamora, 1990, pág. 6).
El documento, considerado la guía del proyecto socialista para alcanzar un cambio social y
acabar con la explotación —con el apoyo mayoritario de la sociedad— reconocía el papel que
cumple el Estado, a quien se le requería la asunción de nuevas atribuciones tendentes a garantizar el reparto de la prosperidad y el sostenimiento de la democracia (El Socialista, 1990b, pág.
7). A través de este documento, el PSOE defendía una formula federalista —pese a utilizar la
terminología constitucional de Estado de las Autonomías— por entender que solo a través de
ella es como se podía lograr una verdadera democracia, rompiendo con el sistema centralista,
en un ejercicio de coherencia con el pensamiento progresista, sin omitir también la crisis que
atravesaba en aquellos años el comunismo:
Tras setenta y tres años de utopías revolucionarias, convertidas en terror político, la propia
Unión Soviética ha hecho saltar en mil pedazos el referente ideológico del comunismo (…)
la renovación del proyecto del socialismo democrático adquiere así el compromiso de conRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020 Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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vertirse en plataforma para el encuentro de toda la izquierda (El Socialista, 1990b, pág. 10).
El PSOE consideraba que la democracia es el camino, y la socialdemocracia debía ser la
piedra angular sobre la que descansase la política de la izquierda, al entenderse que:
La democracia es una conquista histórica que ha de seguir siendo cincel para modelar el
cambio social hacia una nueva sociedad, en la que el poder, la renta y la riqueza estén repartidas de tal modo que creen las bases materiales para la completa emancipación social
(El Socialista, 1990b, pág. 10).
Ante el descalabro soviético —cuyo último presidente, Mijail Gorbachov, fue el primer y
único dirigente de este país que visitó España, entre el 26 y 28 de octubre de 1990 (El Socialista,
1990c, pág. 13)— el PSOE veía en la socialdemocracia un sólido cimiento frente a otras alternativas, gracias a los principios que habían caracterizado el movimiento: “Talante de seriedad,
de rigor, de sentido de la disciplina, de sentido de la solidaridad (…) de mantenimiento por
encima de todo de un espíritu solidario con los compañeros y de acatamiento a las normas de
funcionamiento democrático interno del partido” (Tezanos, 1990, pág. 9).
La situación internacional fue reconocida en el XXXII Congreso del PSOE, celebrado en
noviembre de 1990. En él, si bien se celebró la caída del Muro de Berlín —el mismo día de
apertura del congreso— como el propio González expresó, se corría el riesgo de que el fracaso
comunista constituyese la sacralización del sistema capitalista, frente a la idea socialista del
mercado como un instrumento de generación de riqueza que debe redistribuirla con la ejecución de políticas dirigidas a ese fin (El Socialista, 1990d, pág. 3). Ante la deriva comunista, el
socialismo se enfrentaba ante el reto de asumir el pleno liderazgo de la izquierda y plantear
alternativas y soluciones a los problemas de la sociedad. Para ello, como se reconoció en el VII
encuentro sobre el futuro del socialismo, celebrado en Madrid el 12-14 de diciembre de 1991,
una de las claves era la recuperación del internacionalismo por parte de la izquierda, para lograr
un fortalecimiento de la solidaridad mundial entre los países del norte y del sur (El Socialista, 1991, pág. 9). Ese internacionalismo fue el aplicado por el PSOE en estos años, logrando
posicionar a España en la esfera internacional como un defensor incondicional de la paz a
cualquier precio, como demostró el aporte al bloqueo internacional contra Sadam Hussein o la
intervención humanitaria durante la guerra de los Balcanes, la celebración de la conferencia de
paz de Madrid en octubre de 1991, la firma del Acuerdo de Maastricht, o la propuesta de Felipe
González de crear la ciudadanía europea.
Entre los días 19 y 20 de junio de 1992, el PSOE celebró su Comité Federal, del cual se
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aprobó la resolución “Objetivo 97”, en el que conscientes de este nuevo escenario mundial, se
fijaba como meta que España llegase a ser “un país a la cabeza del desarrollo económico, un
país eficiente y un país socialmente integrado” no sin antes reconocer que para ello se requeriría
un esfuerzo ciudadano: “Una meta colectiva, no solo por su importancia, sino porque implica
un cambio cultural: superar la ilusión de la ganancia fácil y valorar la importancia del esfuerzo,
del trabajo bien hecho” (El Socialista, 1992, pág. 7).
España atravesaba una delicada situación como consecuencia del paro y los escándalos de
corrupción que estaban salpicando al gobierno, poniendo en peligro el proyecto socialista. Ante
este escenario, Francisco Fernández Marugán fue nombrado coordinador de los trabajos de
elaboración del programa electoral de las elecciones de 1993 (El Socialista, 1993a, pág. 36) y
Felipe González decidió adelantar las elecciones al 6 de junio de ese año, ante el bloqueo institucional que se desarrollaba en el país (El Socialista, 1993b, pág. 21).
El documento obtenido de estos trabajos fue “El programa de la mayoría”, de 98 páginas,
en cuyo comienzo se explicaba cómo España ocupaba el puesto prioritario de sus políticas, sin
olvidar Europa ni el Estado de las Autonomías —bajo la mención de la cohesión nacional y la
solidaridad— (PSOE, 1993, pág. 3). El Estado de las Autonomías era una realidad, pero ante la
descentralización alcanzada, se debía evitar el riesgo de caer en la ruptura, y en la desaparición
de la nación española por el éxito de las naciones que la conforman: “Un Estado tan descentralizado como el español, debe plantearse el mantenimiento de los factores de vertebración que
nos configuran como una nación, en la que todos los ciudadanos gozan de idénticos derechos
en cualquier lugar del territorio” (PSOE, 1993, pág. 81).
El país se encontraba en plena recesión económica, aunque se avistaban ya elementos de
recuperación. Pese a esta situación, el Estado había conseguido la descentralización iniciada
con la Constitución de 1978, sin omitir la unidad entre las distintas regiones: “España es uno
de los Estados más descentralizados del mundo habiendo solucionado unos de sus problemas
históricos. La cohesión territorial es el complemento ineludible de la cohesión social” (PSOE,
1993, pág. 8). A pesar de la descentralización alcanzada, esto no implicaba un desentendimiento
de la cuestión cultural como algo exclusivo de cada autonomía, sino como parte de un proyecto común nacional (PSOE, 1993, pág. 70); y en el ámbito internacional, el programa de 1993
contemplaba la continuidad del proyecto de consolidación europea, en vista de lograr un mayor
protagonismo de España en la integración económica, así como conseguir un posicionamiento
en el eje Mediterráneo a través de la defensa de la paz y los derechos humanos, de acuerdo al
mandato de Naciones Unidas para construir un nuevo mundo tras la superación de la guerra fría,
fijando sus ejes de actuación “en el ámbito del Mediterráneo y en la consolidación de la Comunidad Iberoamericana de Naciones” (PSOE, 1993, pág. 9), al ser imposible negar los especiales
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vínculos existentes entre España e Iberoamérica, por su “vinculación histórica y cultural” que
“constituye un espléndido activo humano y un valioso instrumento diplomático para ambas
partes” (PSOE, 1993, pág. 95).
En 1993, recién colapsado el mundo comunista, la socialdemocracia del PSOE mostraba
su compromiso con el internacionalismo a través de la solidaridad y la cooperación entre los
Estados, y la promoción y defensa de la democracia, los derechos humanos y la paz; así como
la protección de los desfavorecidos, tal y como reconocía el programa al decir que “La inmigración legal y controlada es algo positivo para nuestro país”; a la vez que declaraba el “firme
compromiso de lucha política, jurídica y cultural contra el racismo y la xenofobia” (PSOE,
1993, págs. 64-65), propuestas que permitieron que Felipe González consiguiese imponerse
en las urnas, con el 38,68% de los votos de una participación del 77.28% de la ciudadanía (El
Socialista, 1993c, pág. 20), pero las elecciones de 6 de junio de 1993 constituyeron su última
victoria electoral y la última alcanzada por el PSOE hasta el año 2004.
La derrota electoral de González en las elecciones generales 1996
Como manifestaba Felipe González ante la proximidad del XXXIII Congreso del PSOE, celebrado el 18-20 de marzo de 1994, el paro era la principal preocupación de la sociedad española
(Gonzalez, 1993, pág. 6). La última legislatura socialista en años se enfrentó al problema del
empleo, al que se sumaría la credibilidad del sistema bancario español —con el caso Banesto—
y la incertidumbre en torno a los Grupos Antiterroristas de Liberación o GAL, llegando a ser
preguntado abiertamente el presidente por el periodista Iñaki Gabilondo en una entrevista de
1995 sobre si había organizado él estos grupos.
Son los años del “¡Váyase señor González!” como acuñó José María Aznar —líder del Partido Popular— durante el debate sobre el estado de la nación de 1994, y el rechazo de los
presupuestos generales de 1995, los primeros que no fueron admitidos en la historia del país,
llevando a una situación de crispación que desembocó en la disolución de las Cortes el 8 de
enero de 1996 y a la convocatoria de elecciones para el 3 de marzo de ese mismo año.
A esta cita electoral el PSOE acudió con un programa sin título, de 226 páginas, el más
extenso redactado hasta el momento. El partido asumía la delicada situación que atravesaba el
país —la cual podríamos hacer extensible a la actualidad—:
las elecciones de marzo van a tener lugar en medio de una crisis política innegable. Se ha
extendido una sensación de malestar sobre el modo en que funciona el sistema democrático
(…) nuestra vida pública atraviesa una fase de ensimismamiento y de tensiones que nos impiden centrar la atención en los auténticos retos del futuro (…) los españoles se encuentran
hoy perplejos ante lo que puede pasar, y demandan claridad sobre las perspectivas de futuro
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(PSOE, 1996, pág. 10).
El documento abría con una declaración de intenciones del país: “Vivimos abiertos a Europa
y al mundo”; a la par que exponía que “ya no somos diferentes” (PSOE, 1996, pág. 7) mostrando cómo España había abandonado definitivamente el ostracismo de las décadas pasadas,
habiendo alcanzado una posición de país desarrollado, posicionado internacionalmente e integrado en el contexto europeo, abriendo el espectro de posibilidades al futuro nacional: “Hemos
unido nuestra suerte a la del resto de los países del continente, y nuestra presencia en la Unión
Europea nos permite afrontar con optimismo muchos de los retos que depara el futuro” (PSOE,
1996, pág. 12).
A pesar de las oportunidades que podía abrigar el porvenir, el PSOE era consciente de la
necesidad de la unidad y el esfuerzo nacional para lograr el aprovechamiento de las mismas.
El desgaste político provocado por los incansables años de crisis, la proliferación de los casos
de corrupción que salpicaban al gobierno y la consolidación de la derecha, como alternativa
realista, llevaron al partido a una posición de necesaria evolución:
Queremos cambiar, pero sin destruir lo que hemos logrado (…) movilizar de nuevo a todos
los sectores sociales que ambicionan un futuro mejor (..) que nuestro mensaje sea escuchado
también por esa parte de la sociedad que está excesivamente tensa y crispada, que siente
desafección por los asuntos políticos (…) pero nos preocupa que un hipotético triunfo de
la derecha sea el primer paso para cuestionar parte de lo que hemos logrado (…) (PSOE,
1996, pág. 9).
Ante el descontento popular hacia la política y las instituciones, el PSOE recordaba cómo se
había concluido el proyecto de descentralización, cumpliéndose el objetivo del Estado de las
Autonomías (PSOE, 1996, pág. 8) que permitía la continuidad de la unidad nacional, precisándose de una materialización a través de un efectivo desarrollo de las infraestructuras: “El territorio debe quedar unido por una vasta red de carreteras y de telecomunicaciones, que aumente
su competitividad y reequilibre unas zonas con otras” (PSOE, 1996, pág. 17).
A la par, sostenía la importancia de la pluralidad cultural del país, no como un sumatorio de
fenómenos regionales aislados, sino como complemento de la riqueza del conjunto de España,
motivos por los que defendía un proyecto plural y único en sí mismo:
Queremos ofrecer ante el problema nacional una cultura política de lealtad, mostrando
nuestro reconocimiento y asunción del pluralismo lingüístico, cultural e histórico de EspaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020 Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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ña. Y frente a quienes tratan de explotar el rechazo hacia quienes no son como ellos, nos
comprometemos a garantizar la tolerancia ante los hechos diferenciales de nuestras nacionalidades y regiones (PSOE, 1996, págs. 17-18).
Para ello, se exhortaba “la difusión de la lengua y cultura españolas mediante las instituciones creadas y los medios de comunicación públicos” (PSOE, 1996, pág. 89), asegurando el
aprendizaje de todos los alumnos tanto del español, como de la lengua propia de las Comunidades Autónomas (PSOE, 1996, pág. 51) y “la enseñanza del español y de la lengua propia de la
Comunidad Autónoma de acogida para los inmigrantes de otras lenguas y sus familias” (PSOE,
1996, pág. 91).
Al exterior, España/Europa —como un ente indivisible—, no era independiente del nuevo
escenario geopolítico propiciado por el fracaso soviético, donde si bien se mantenía el espíritu
internacionalista propio del socialismo, se asumía la importancia que desempeñaba la seguridad
de otros países para la seguridad propia nacional:
Desde nuestro punto de vista como socialistas, ni España ni Europa pueden concebir su
futuro desentendiéndose de lo que sucede en el borde mismo de las fronteras del continente
(…) la solidaridad en nuestra política hacia ese grupo de países (en referencia al Este de
Europa y el norte de África) y hacia Latinoamérica no es solo un imperativo moral sino un
requisito de nuestra propia seguridad (PSOE, 1996, págs. 18-19).
En el mismo sentido, la cooperación con Iberoamérica, considerada fundamental para la
política exterior de España fue abordada desde el plano educativo, a través de formación y asistencia técnica (PSOE, 1996, pág. 101), y de programas de intercambio deportivos (PSOE, 1996,
pág. 109); pero sobre todo por medio del impulso de un proceso de integración iberoamericano:
Debemos lograr asentar un mayor espacio social entre América Latina y España y ayudar
a vertebrar la cohesión de la región en sí. Este objetivo impulsa y justifica nuestro esfuerzo por constituir progresivamente una Comunidad Iberoamericana de Naciones” (PSOE,
1996, pág. 217).
De nada sirvió la propuesta de un sólido modelo nacional e internacional de alternativa. El
PSOE obtuvo el 31,83% de los votos, perdiendo por un estrecho margen ante el PP, que obtuvo
el 37,19% (Congreso de los Diputados, 1996). A principios de mayo de 1996, José María Aznar
llegó al Palacio de la Moncloa, la que sería su nueva residencia durante casi una década, marRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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cando así el final del proyecto socialista iniciado en 1982.
4.-CONCLUSIONES
España no se puede entender sin el PSOE. Desde la abstención histórica de formar parte en la
III internacional —como manifestación de independencia ante las injerencias extranjeras de la
Unión Soviética— hasta la anexión al sistema europeo y la entrada en la OTAN —como posicionamiento del país en la esfera internacional occidental, a pesar de su rechazo inicial— el
socialismo español ha sido consciente de las implicaciones de cada decisión adoptada —sin
olvidar los actos criminales cometidos por el GAL—, la importancia del internacionalismo, la
solidaridad y la cooperación entre Estados, junto con la defensa de la paz y el diálogo, elementos indispensables para el cumplimiento del socialismo.
Originariamente el partido proyectó una idea de España como una república federal de trabajadores, cuya defensa correspondía a las fuerzas armadas, como representación del pueblo,
en coordinación con Europa y en oposición a las intromisiones extranjeras. La promulgación de
la Constitución española de 1978, llevó al abandono del republicanismo, aceptando un régimen
monárquico parlamentario en favor de garantizar la estabilidad en los comienzos de la democracia, sin que por ello se abandonasen los objetivos de descentralización progresiva, dentro de
la unidad española, a través del fortalecimiento de la solidaridad entre sus distintas regiones,
el respeto y la defensa de las diversas identidades culturales, el fomento de la responsabilidad
democrática del país y la defensa de los trabajadores.
España se concebía como un primus inter pares, que debía garantizar la armonía y la convivencia entre sus distintas regiones, evitando cualquier ruptura. Su titularidad no era exclusiva
de un grupo o una concreta identidad, sino que agrupaba al conjunto de quienes viven en ella,
encargados de velar por su integridad a través de la responsabilidad democrática al interior, y
con las fuerzas armadas al exterior. Progresivamente, a medida que se iba consolidando la posición del país en Europa y el conjunto de occidente, se comenzó a impulsar los vínculos con
las proximidades geográficas e históricas del norte de África y del conjunto de América Latina.
La acumulación de escándalos políticos, el problema del paro, tres huelgas generales, y el
acoso de la oposición política, desencantaron al electorado, poniendo fin a trece años de gobierno socialista. Terminaba así un proyecto que había logrado acrecentar la descentralización
del antiguo régimen, dando lugar a una España concienciada de su pasado, con el respeto y la
protección de la cultura y las lenguas españolas; abierta al exterior, tanto europea como internacionalmente —y muy especialmente con Iberoamérica— así como al interior —con la conclusión del Estado de las Autonomías y la incorporación de la mujer en los distintos ámbitos de
la sociedad española—; plural, por la defensa y difusión de la cultura y las lenguas españolas;
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pacífica, dialogante, y sobre todo democrática.
REFERENCIAS
Casilda, R. (1986). Deuda latinoamericana. El Socialista, (409).
Ceberio Belaza, M. (2018). ETA y el coche bomba: los atentados más sangrientos. En El País:
https://elpais.com/politica/2018/04/29/actualidad/1525026725_974459.html
Congreso de los Diputados. (1986). Diario de sesiones del Congreso de los Diputados, número
265, II Legislatura. En Congreso de los Diputados. Consultado el 24 de enero de 2020:
http://www.congreso.es/public_oficiales/L2/CONG/DS/PL/PL_265.PDF
Congreso de los Diputados. (1996). Elecciones Generales de 3 de marzo de 1996. En Congreso
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Política de planeación de la educación superior en México e industria 4.0: 2013-20241
Higher education planning policy on México and industry 4.0: 2013-2024
Fernando, Cárdenas-Cabello2
Centro Universitario CIFE, México
https://orcid.org/0000-0003-1592-898X
https://doi.org/10.29105/pgc6.12-3
___________________________________________________________________________
RESUMEN
Este trabajo se fijó por objetivo observar, medir y contrastar la evolución de la importancia que se ha dado a la
formación para la industria 4.0 en la educación superior, por parte del gobierno federal de México en las dos más
recientes administraciones, tomando como fundamento el documento básico de planeación de cada una de estas,
el PND (Pan Nacional de Desarrollo) 2013-2018, y el PND 2019-2024. Para identificar cómo ha evolucionado
la importancia de la formación para la industria 4.0 en la educación superior, en la política de planeación del
gobierno federal de México. El acercamiento teórico se realizó desde la perspectiva de estudio de las políticas
públicas, mientras que el método recurrido para el estudio del objeto en cuestión fue el análisis de contenido. Se
identificó una cualitativamente mayor importancia prestada a la formación superior para la industria 4.0 en PND
más reciente. Se concluye que la política de planeación federal mexicana -desde su documento básico- en materia
de educación superior, se ha ido adecuando cada vez más a las nuevas realidades tecnológicas de la sociedad.
Palabras claves: Cambio tecnológico, desarrollo económico y social, enseñanza superior, política educacional,
política gubernamental.
ABSTRACT
This work had the goal to observe, measure and contrast the evolution on importance given to formation for the
4.0 industry on higher education by Mexican federal government on the two most recent administrations, taking
as basis the planning basic document from each, the NDP (National Development Plan) 2013-2018, and the NDP
2019-2023. To identify how it has changed the importance of formation for 4.0 industry in higher education, on the
planning policy from Mexican federal government. The theoretical approaching was made through public policies
study and the method used was content analysis. A more qualitatively important place was given to formation on
higher education for the 4.0 industry in the most recent NDP. The conclusion is that Mexican federal planning
policy -from its basic planning document- on higher education, has been adapting even more to technological new
realities from the society
Keywords: Economic and social development, educational policy, government policy, higher education, technological change.
Recibido: 30 de Septiembre 2019 - Aceptado: 01 de Febrero 2020 - Corregido: 14 de Marzo 2020
Cómo referenciar este artículo:
Cárdenas-Cabello, F. (2020). Política de planeación de la educación superior en México e industria 4.0: 20132024. Politica Globalidad y Ciudadanía, 49-66. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/
RPGyC/article/view/146

1 Artículo de investigación derivado del proyecto de investigación: Educación superior e industria 4.0 en México, el cual
finalizó en 2019
2 Doctor en Ciencias Políticas y Sociales por la Universidad Nacional Autónoma de México, Investigador del Centro Universitario CIFE y Profesor de la Universidad Autónoma del Estado de Morelos. Contacto: fernando.cardenas@uaem.mx
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 49-66. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/146

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1.- INTRODUCCION
La industria 4.0 es un concepto de gran actualidad y trascendencia, se refiere a la presente introducción de procesos informáticos en la producción y distribución de bienes, y en la provisión
de servicios. Las instituciones de educación superior en México han comenzado una adaptación
hacia esta tendencia actual de los procesos productivos en el mundo a través de la introducción
de programas educativos que buscan formar profesionales acordes a esta nueva realidad de la
industria 4.0.
El documento básico del gobierno federal en México, es el Plan Nacional de Desarrollo, es
la carta de navegación en la que se encuentran las directrices para las diferentes acciones en los
distintos sectores de la administración pública federal, y para el desarrollo de los varios programas sectoriales de las diversas secretarías que componen la estructura del gobierno; así como
para el diseño de las políticas públicas, que deberán poner en marcha dichas dependencias.
La industria 4.0 es una noción que la academia alemana propuso al mundo desde el año 2011
para describir una realidad ya existente de la vinculación de los procesos productivos y comerciales con las tecnologías de la información vía remota, al ser un tema de central importancia
en la actualidad, las directrices de la educación superior mexicana, tendrían que haberla considerado desde la elaboración del PND de la administración pública federal de México para el
periodo 2013-2018, así como en el PND 2019-2024, es decir que los documentos mencionados
debieron tener en cuenta la realidad de la transformación de los procesos productivos e informáticos, y la noción de la industria 4.0, para la elaboración de la planeación de la educación
superior en México en los periodos referidos.
Como se planteó antes, este trabajo busca se exponer con qué amplitud e importancia se
observa la planeación de políticas educativas federales para la industria 4.0, entre el sexenio
actual y el inmediato anterior -con fundamento en el respectivo PND-, ello para identificar si
ha habido una evolución en la preocupación por parte del gobierno federal por adecuar la educación superior en México a las necesidades de la realidad tecnológica de la sociedad actual.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Políticas públicas
El corpus teórico de las políticas públicas encuentra su origen en los planteamientos del politólogo norteamericano Harold Lasswell, quien en Las ciencias de política (The policy sciences),
obra de 1951 sentó las bases para el análisis, diseño, implementación y evaluación de las acciones de gobierno, convertidas en programas, las políticas públicas; el enfoque de las ciencias de
política quedó establecido de la siguiente manera por el propio Lasswell (Ed. 1996, p. 14, citado
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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por Valencia y Álvarez, 2008, p. 99):
La orientación hacia las políticas tiene una doble dimensión: por una parte, se enfoca al
proceso de la política y por la otra hacia las necesidades de inteligencia del proceso. La
primera tarea busca desarrollar la ciencia de la formación y ejecución de las políticas, utilizando los métodos de investigación de las ciencias sociales y de la psicología. La segunda
tarea busca mejorar el contenido concreto de la información y la interpretación disponible
de los hacedores de las políticas y, por consiguiente, rebasa generalmente las fronteras de
las ciencias sociales y de la psicología.
Evidentemente esta primera aproximación se complementa con el planteamiento de Muller
(2007, Citado por Valencia y Álvarez, 2008, p. 96), para quien: “las políticas públicas son la
forma como se le da coherencia, integralidad y sostenibilidad a las decisiones y acciones de los
gobiernos”. Al comentar que lo expuesto por Laswell se entiende en el ámbito de la acción del
gobierno, el cual por un lado atiende a las funciones que le son ordinarias a través de acciones
concretas, del mismo modo que adecua su operación ante demandas o “inputs” que la sociedad
le va planteando, en función de problemáticas específicas nuevas o coyunturales, que se van
incorporando a la agenda de lo público.
Una vez dicho que las políticas públicas son una de las actividades sustantivas del gobierno,
es pertinente añadir un elemento importante presente en la definición propuesta por Evalsed
(2008, Citado por Winchester, 2011, p. 5), quien afirma que estas son: “conjunto de actividades (programas, estrategias, procedimientos, leyes, reglamentos) dirigido hacia un objetivo
general. Estas actividades frecuentemente se acumulan durante años”. El elemento final de esta
definición, no considerado hasta este momento, el temporal, es central al considerar que bajo la
premisa del ensayo y error, las políticas públicas van enfocándose y mejorándose para atender
de un modo más adecuado a los retos de la administración pública.
En un sentido amplio, las políticas públicas tienen por función, desde el punto de vista de
Aguilar (1996, pp. 73-74):
atender problemáticas de auténtico interés general; facilitar el libre acceso de los ciudadanos interesados a la definición de los problemas y a la formulación de las políticas a
través de canales abiertos, no selectivos, de opinión e influencia; construir y elegir políticas
eficientes, maximizadoras de utilidades y minimizadoras de costos para el conjunto; corresponsabilizar a la ciudadanía en el tratamiento de sus problemas y satisfacción de demandas; introducir procedimientos de evaluación, crítica, responsabilización, corrección.
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Las políticas públicas pues, son las acciones emprendidas por el gobierno para atender a las
demandas permanentes de la población, así como a nuevos retos que se van presentando por la
misma, y poseen un ciclo complejo, cuyos elementos mínimos son: formulación, implementación y evaluación.
La elaboración de las políticas públicas en México a partir de la alternancia en el ejecutivo
federal
En el año 2,000 el Partido Acción Nacional, resultó vencedor en las elecciones presidenciales
en México, partido distinto al que había resultado ganador en los comicios para el mismo cargo
por setentayún años, el Partido Revolucionario Institucional; este último había contado con el
apoyo en el congreso hasta 1997 (Ver Cárdenas, 2020), año en que perdió la mayoría absoluta
en la cámara de diputados, apoyo expresado especialmente en reformas legales, nombramientos
y en aprobación de proyectos presupuestales.
A partir de la alternancia en el ejecutivo federal del año 2,000, el sistema político mexicano
debió incluir de manera claramente decidida el elemento conciliador entre diversas fuerzas
ideológico partidistas en la definición de políticas públicas, así como también la consideración
de ciertos intereses y grupos de presión (especialmente empresariales), los cuales comenzaron
a influenciar decisiones de política pública; sin ignorar otras voces que en oposición a esta liberalización de la sociedad fomentada desde el sistema político, pugnaban por la permanencia de
un gobierno fuerte; y por supuesto, demandas sociales.
Entre las diversas fuerzas ideológicas encarnadas en el sistema de partidos mexicano a partir
de la alternancia, se han encontrado expresiones que van desde el conservadurismo religioso, el
liberalismo empresarial, el estatismo abierto a la promoción del libre mercado, los propulsores
de la fortaleza del gobierno (incluso sus expresiones más agudas), hasta el ecologismo (que ha
oscilado en alianza con un partido u otro sin clara definición).
Esta diversidad de perspectivas materializadas en intereses grupales y posturas partidistas, se
ha considerado especialmente desde la alternancia en el ejecutivo federal, para la elaboración
de las políticas públicas en México (Ver Béjar, 2018, y Medrano &amp; Muñoz, 2013) desde el año
2,000 hasta el periodo que cubre esta pesquisa, el 2019; la existencia de la diversidad de intereses partidista e ideológica, se encuentra presente, tanto en la propia política de planeación general expresada en su principal documento, el PND, como en las políticas públicas sectoriales.
En lo que respecta al PND 2013-2018, este muestra en su elaboración una tendencia al fortalecimiento del gobierno, con respecto de los grupos de poder presentes en el escenario del
sistema político nacional, los cuales influyeron notablemente las decisiones de política pública
en los dos sexenios previos, a partir de la alternancia; por su parte en el PND 2019-2024, esa
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misma tendencia de solidez gubernamental es más presente que en el mismo documento para
el sexenio anterior, en consonancia con el discurso del partido que resultó ganador en las elecciones presidenciales de 2018.
La industria 4.0
Es una noción de la mayor contemporaneidad, es un concepto acuñado primitivamente por los
académicos alemanes hacia el inicio de la segunda década del siglo XXI en el escenario de la feria de Hannover de 2011; describe una realidad actual en la que los procesos informáticos están
estrechamente vinculados con los procesos productivos y comerciales, es -en otras palabras- la
cuarta revolución industrial o 4RI.
Para clarificar esta idea de la industria 4.0 y de la 4RI, es necesario recapitular en las anteriores revoluciones industriales, a saber:
La primera revolución industrial se gestó hacia la segunda mitad del siglo XVIII, con la
introducción de las máquinas en los procesos de transformación, la invención de la máquina
de vapor y del ferrocarril; y la utilización del insumo inicial para el funcionamiento de estos
avances tecnológicos, el carbón.
La segunda revolución industrial se presentó a finales del siglo XIX, su principal característica es la recurrencia a la producción en serie en los procesos de manufactura, y la introducción
de un nuevo elemento energético, la electricidad.
La tercera revolución industrial advino hacia la segunda mitad del siglo XX con la introducción de los ordenadores electrónicos y la presencia de un elemento popularizado en la última
década del mismo siglo, la internet.
En cuanto a la cuarta revolución industrial, Schwab (2016, p. 13) dice:
Comenzó a principios de este siglo y se basa en la revolución digital. Se caracteriza por un
internet más ubicuo y móvil, por sensores más pequeños y potentes que son cada vez más baratos, y por la inteligencia artificial y el aprendizaje de la máquina.
Sobre la misma revolución Fernández y Pajares afirman (Citados por Mendizábal, 2018, p.
3): “caracterizada por la digitalización del mundo industrial a través de los procesos de fabricación y interconexión de internet en las cosas”. Y continúa Schwab (2016, p. 13):
no solo consiste en máquinas y sistemas inteligentes y conectados. Su alcance es más amplio.
Al mismo tiempo, se producen oleadas de más avances en ámbitos que van desde la secuenciación genética hasta la nanotecnología, y de las energías renovables a la computación cuántica.
Así, la industria 4.0, es la forma en que se desarrollan los procesos productivos y comerciales en el contexto de la 4RI y con los elementos de esta, como el IoT (internet de las cosas), y
la ingeniería de punta aplicada en la biología, nanotecnología y energía.
Schwab denomina como megatendencias a ciertas condiciones o elementos tangibles que
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han posibilitado o favorecido las condiciones generales de la 4RI, las agrupa en tres tipos, físicas: vehículos autónomos, impresión 3D, robótica avanzada y nuevos materiales; digitales:
como el IoT, sensores conectados en red, el blockchain (bitcoin) que modificará el sistema
financiero internacional actual (Ver Lechuga, 2016), plataformas digitales (Uber, Airbnb); y
biológicas: secuenciación genética, biología sintética, edición genética.
Como podemos observar, el concepto de industria 4.0 y la cuarta revolución industrial3 están
absolutamente ligados:
El término industria 4.0 o también conocida como la cuarta revolución industrial o Fábrica
Inteligente se empezó a utilizar en las industrias alemanas, misma que se define como un nuevo
modelo de organización y de control de la cadena de valor a través del ciclo de vida del producto y a lo largo de los sistemas de fabricación apoyado y hecho posible por las tecnologías de la
información. (Mendizábal y López, 2018, p 13).
La industria 4.0 y la 4RI, describen una condición actual, de interacción entre máquinas,
sistemas informáticos, bases de datos y otros avances tecnológicos (materiales, energía, biotecnología, finanzas); capaces de vincularse sin una muy importante intervención del hombre que
están transformando la manera en que se producen, transportan, almacenan y comercian bienes
en las sociedades más tecnificadas, para modificar la estructura actual (Ver Lechuga, 2018) de
la cadena productiva.
La educación superior en México
Al hablar de educación superior nos referimos invariablemente a aquella que se ofrece un nivel
más alto a la de bachillerato (en países de habla española) o bachelor (en países de habla inglesa). En el informe final de la conferencia mundial sobre la educación superior, efectuada en
París en 1998, se define así: “La educación superior es un componente de un sistema único que
empieza con la educación para la primera infancia y la enseñanza primaria y continúa a lo largo
de toda la vida” (UNESCO, 1998, p. 2). Cuya misión es: “educar, formar, llevar a cabo investigaciones y, en particular, contribuir al desarrollo sostenible y al mejoramiento del conjunto de
la sociedad” (UNESCO, 1998 p. 2).
La Ley para la coordinación de la educación superior (1978, p. 1), de México establece en
su artículo 3º:
El tipo educativo superior es el que se imparte después del bachillerato o de su equivalente.

3 No podemos ignorar la opinión de algunos autores como Brynjolfsson et al, para quien el estado actual de la tecnología no es
una cuarta revolución industrial, sino la segunda era de las máquinas; la primera se caracterizó porque estas eran una herramienta para el hombre y era este quien tomada las decisiones que aquellas operaban, mientras que hoy las máquinas no requieren al
ser humano para actuar. Brynjolfsson es citado por Blanco, Fondrona y Poveda (2017).
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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Comprende la educación normal, la tecnológica y la universitaria e incluye carreras profesionales cortas y estudios encaminados a obtener los grados de licenciatura, maestría y doctorado,
así como cursos de actualización y especialización.
En el caso de México, merece la pena distinguir en la educación superior ofrecida por el
estado de manera pública, entre la de carácter universitario y la educación profesional técnica,
modalidad promovida en México con mayor impulso4 a finales del siglo XX, con un ánimo más
tendiente a la capacitación laboral, que a la formación integral que pretende ofrecer la universidad.
Para la Asociación Nacional de Universidades e Instituciones de Educación Superior
(ANUIES, párrafos 4-6) de México:
La educación superior es el nivel con que culmina nuestro sistema educativo, lo cual implica
que no debe ser considerado en forma aislada, sino en relación con los ciclos educativos que le
preceden… las metas y objetivos que se propongan para mejorar las funciones de la educación
superior, a nivel institucional, regional o nacional, formarán parte de la totalidad del sistema
educativo nacional… la educación superior mexicana se realiza a través de instituciones que,
en su conjunto, pueden clasificarse en públicas o privadas, en autónomas o estatales, en universidades o institutos tecnológicos o de diversa índole. Estas instituciones, aunque distintas por
su régimen legal o por las áreas formativas a que se dedican, constituyen ante todo unidades
sistémicas que, para preservar la cultura, formar profesionales en los diversos campos del saber, ejercitar la investigación, renovar el conocimiento y extender los beneficios de la cultura,
emplean insumos y recursos, aplican procesos, y obtienen productos.
Las funciones básicas de la educación superior en México son la docencia, la investigación
y la difusión de la cultura. Las áreas formativas de la educación superior en México son tres
principalmente: la científica, la tecnológica y la humanística. En cuanto a sus objetivos “se
identifican como objetivos, algunos aspectos que no se distinguen con claridad de las funciones
básicas” (ANUIES, párr. 21) son los siguientes:
Formación de profesionales en los diversos campos del saber, la ciencia y la técnica, capaces
de servir a su comunidad con eficiencia y responsabilidad;
Ejercicio de la investigación como tarea permanente de renovación del conocimiento y como
una acción orientada a la solución, en diversos órdenes, de problemas nacionales, regionales y
locales;
Extensión de los beneficios de la educación superior y de la cultura a todos los sectores

4 Pues la educación profesional técnica pública en México, inició formalmente en 1938 con la fundación del Instituto Politécnico Nacional.
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de la comunidad, con propósitos de integración, superación y transformación de la sociedad.
(ANUIES, párr. 22)
Las principales condiciones necesarias para el funcionamiento y la planeación del sistema
educativo superior de México son: estabilidad, desarrollo de la función crítica e incremento al
financiamiento, a las que se añaden otras no esenciales pero de gran importancia: establecer
acuerdos voluntarios y participativos de las instituciones; y creación de organismos, instancias
y mecanismos requeridos para tomar decisiones.
Debe añadirse, que crónicamente la educación superior está presente en el documento básico
que rige la administración pública sexenal mexicana, el Plan nacional de desarrollo (PND).
El Plan Nacional de Desarrollo y la planeación de la educación superior en México
La tradición de plasmar en un documento sexenal las directrices generales de actuación del
gobierno federal de México se remonta a la administración 1934-1940, a cargo del general Lázaro Cárdenas (Ver PND, 2019-2024), desde entonces a la fecha todos los gobiernos federales
mexicanos han elaborado un documento guía5 en el cual vierten directrices generales de acción
en los distintos sectores de acción del gobierno.
Uno de estos sectores es precisamente el educativo, tema al cual básicamente todos –o por lo
menos así es en los más recientes- los planes nacionales de desarrollo, le dedican un apartado
importante. Martínez (2007) pone de manifiesto la desvinculación entre la política educativa federal plasmada en el PND, y los temas de interés y propuestas operativas del magisterio; supone
que de considerarse estas, el logro de los objetivos educativos sería más eficiente.
El PND se elabora y publica para dar cumplimiento a lo estipulado en la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos, específicamente en el artículo 25 inciso A; así como en
los artículos 5to. Y 20mo. De la Ley de Planeación. Por su parte la planeación de la educación
superior en México tiene sus antecedentes primitivos: en la primera reunión de rectores efectuada en 1940, en la creación de la Comisión Impulsora de la Investigación Científica y en la
creación de la ANUIES en 1950. En cuya instauración estableció:
Responde a un supremo interés nacional la planeación de la enseñanza superior que debe
concebirse en su proyección como un acto de autoridad de las instituciones educativas y su
ejecución, por tanto, se fincará en convenios interuniversitarios dentro de un amplio plan de
colaboración y reciprocidad (Citado por Rangel, p. 62).
En 1957, se dio otro paso en materia de planeación de la educación superior con la creación
5 Es inevitable al hablar del Plan sexenal del gobierno de Lázaro Cárdenas del Río, remitirnos a los documentos programáticos
de la URSS denominados plan quinquenal -los cuales probablemente influenciaron su creación- cuya finalidad era el desarrollo
económico de esa nación y cuya primera versión se diseñó y aplicó a finales de la década de 1920.
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la Comisión de Estudios de Planeación Universitaria, mientras que para 1965 la Comisión Nacional de Planeación Integral de la Educación fue fundada. En 1978 se publicó el documento:
La planeación de la educación superior en México, en el marco de la asamblea general de la
ANUIES del mismo año, en ese documento se expuso la necesidad de la existencia de un Plan
Nacional de Educación Superior, el cual se materializó por primera vez en 1980.
La planeación es un aspecto fundamental en la política nacional, presente con claridad en
uno de sus quehaceres fundamentales que es la educación, y en una de las partes integrantes de
este sistema que es la educación superior.
3.- MÉTODO
Diseño
La metodología recurrida para el abordaje del objeto de estudio ha sido el análisis de contenido,
la cual cuenta con una larga historia como herramienta de las ciencias sociales (Ver Andreu,
2011) y en cuyo desarrollo intervino de manera fundamental Harold Lasswell. El análisis de
contenido puede ser definido según Berelson (1952, p. 18, citado por Andreu, 2011, p. 2) como:
“una técnica de investigación para la descripción objetiva, sistemática y cuantitativa del contenido manifiesto de la comunicación”, por su parte Krippendorff (1990, p. 28, citado por Andreu
2011, p. 3) lo define así: “una técnica de investigación destinada a formular, a partir de ciertos
datos, inferencias reproducibles y válidas que puedan aplicarse a su contexto”.
Desde mediados del siglo pasado, los académicos e investigadores que se valían del análisis
de contenido, debatieron sobre si privilegiar el aspecto cuantitativo o el cualitativo del mismo,
especialmente por la introducción de programas informáticos, que permitían una contabilización detallada de palabras incluidas en los textos y discursos analizados. La perspectiva que ha
sobresalido en este debate es la cualitativa, misma a la que se apega este estudio.
Objeto o tema de análisis
Como se expresó arriba esta investigación se propuso identificar la importancia que se ha dado
en los Planes Nacionales de Desarrollo 3013-2018 y 2019-2024, a la formación para la industria
4.0 en la educación superior de México. Para identificar cómo ha evolucionado la importancia
que ha ido adquiriendo la misma, y si esta presencia e importancia ha aumentado en el segundo
documento con relación al primero.
Participantes
Los documentos analizados, fueron el PND 2013-2018, y el PND 2019-2024.
Procedimiento
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La codificación consistió en que en cada documento se buscaron las alusiones a la educación
superior, referidas a la formación para la industria 4.0; considerando como categorías de análisis las mega tendencias de la 4RI propuestas por Schwab: físicas, digitales y biológicas. Es
decir, se buscó el tratamiento que se dio en cada documento, a la formación de la educación
suprior avocada a cada uno de estos aspectos de la industria 4.0.
4.- RESULTADOS
Políticas de educación superior para la industria 4.0 en el PND 2013-2018
El PND 2013-2018 está dividido en cinco grandes temas, a saber: paz, inclusión, educación,
prosperidad y responsabilidad global; para cada uno de estos temas se especifican objetivos,
estrategias y líneas de acción.
En lo respectivo al tema de educación superior e industria 4.0 es posible observar un objetivo
exclusivo destinado a la innovación y la tecnología denominado: Hacer del desarrollo científico, tecnológico y la innovación pilares para el progreso económico y social sostenible. Previamente, en la descripción general y diagnóstico del tema III: México con educación de calidad,
del cual se desprende el objetivo mencionado, se establece:
un México con Educación de Calidad propone implementar políticas de Estado que garanticen el derecho a la educación de calidad para todos, fortalezcan la articulación entre niveles
educativos y los vinculen con el quehacer científico, el desarrollo tecnológico y el sector productivo, con el fin de generar un capital humano de calidad que detone la innovación nacional.
(PND 2013-2018, p. 59).
El citado pasaje introduce la importancia de la vinculación entre el sector educativo y el
científico, el tecnológico y el productivo, una de las tareas a las que debe atender la educación
superior en general, en lo respectivo a las nuevas realidades a las que remite la noción de industria 4.0. En el mismo apartado introductorio sobre educación, observamos con claridad una
alusión a esta misma realidad tecnológica, expresada del siguiente modo:
Las habilidades que se requieren para tener éxito en el mercado laboral han cambiado. La
abundancia de información de fácil acceso que existe hoy en día, en parte gracias al Internet,
requiere que los ciudadanos estén en condiciones de manejar e interpretar esa información. En
específico, la juventud deberá poder responder a un nuevo ambiente laboral donde las oportunidades de trabajo no sólo se buscan, sino que en ocasiones se deben inventar ante las cambiantes
circunstancias de los mercados laborales y la rápida transformación económica (PND 20132018, p. 60).
En este apartado podemos observar la clara referencia a las nuevas realidades de esta sociedad informatizada y los procesos económicos característicos de la misma, así como la preocuRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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pación por vincular a la juventud con estas nuevas realidades laborales por medio del fortalecimiento de la interrelación entre el sector productivo, la investigación y la educación.
Más adelante en el mismo diagnóstico y presentación de este tema de educación, se platea
también que las políticas y directrices del gobierno federal, en específico en lo relativo a la
oferta educativa deben considerar las necesidades de la sociedad, así como también de la industria: “Para lograr una educación de calidad, se requiere que los planes y programas de estudio
sean apropiados, por lo que resulta prioritario conciliar la oferta educativa con las necesidades
sociales y los requerimientos del sector productivo”. (PND 2013-2018, p. 62).
En la parte correspondiente a los objetivos, estrategias y líneas de acción sobre el rubro de
educación, en el objetivo 3.1 denominado: Desarrollar el potencial humano de los mexicanos
con educación de calidad; específicamente en la estrategia 3.1.3 denominada: Garantizar que
los planes y programas de estudio sean pertinentes y contribuyan a que los estudiantes puedan
avanzar exitosamente en su trayectoria educativa, al tiempo que desarrollen aprendizajes significativos y competencias que les sirvan a lo largo de la vida. Se establece de manera general
para los distintos niveles educativos, la siguiente línea de acción: “Fomentar desde la educación
básica los conocimientos, las habilidades y las aptitudes que estimulen la investigación y la
innovación científica y tecnológica”. (PND 2013-2018, p. 124).
Más adelante en la siguiente estrategia, la 3.1.4 nombrada: Promover la incorporación de las
nuevas tecnologías de la información y comunicación en el proceso de enseñanza aprendizaje.
Se establece como línea de acción general para los distintos niveles educativos: “Intensificar
el uso de herramientas de innovación tecnológica en todos los niveles del Sistema Educativo”.
(PND 2013-2018, p. 124). Identificamos por la disposición de esta estrategia, una preocupación
en la planeación educativa federal del sexenio referido en los tres niveles, incluyendo el superior, una preocupación por el desarrollo de capacidades en el uso de los elementos tecnológicos,
ya presentes en la vida cotidiana.
En el objetivo 3.2 denominado: Garantizar la inclusión y la equidad en el sistema educativo; específicamente en la línea de acción 3.2.3: Crear nuevos servicios educativos, ampliar los
existentes y aprovechar la capacidad instalada de los planteles. Se establece la siguiente estrategia: “Fomentar la creación de nuevas opciones educativas, a la vanguardia del conocimiento
científico y tecnológico” (PND 2013-2018, p. 126). Esta estrategia, habla de la necesidad de
generar nuevas opciones formativas adecuadas a las tendencias de las nuevas tecnologías, como
la informatización de los procesos productivos y comerciales de la industria 4.0.
Como se planteó al principio del estudio del documento PND 2013-2019, este incluye de
manera específica un objetivo completo en el tema de educación destinado a la innovación y
la tecnología, denominado: Hacer del desarrollo científico, tecnológico y la innovación pilares
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para el progreso económico y social sostenible. En la especificación de las estrategias para este
objetivo se habla reiteradamente de la importancia de la tecnología, innovación e investigación
y lo presente que deben tenerse todas estas en la creación de políticas públicas, pero es enfáticamente en la estrategia 3.5.4: Contribuir a la transferencia y aprovechamiento del conocimiento,
vinculando a las instituciones de educación superior y los centros de investigación con los sectores público, social y privado. En la que se plasman líneas de acción específicas, relativas a la
educación superior y las nuevas realidades tecnológicas e informáticas de la industria 4.0. Las
cuales reproducen a continuación (PND 2013-2018, p. 129):
Apoyar los proyectos científicos y tecnológicos evaluados conforme a estándares internacionales.
Promover la vinculación entre las instituciones de educación superior y centros de investigación con los sectores público, social y privado.
Desarrollar programas específicos de fomento a la vinculación y la creación de unidades
sustentables de vinculación y transferencia de conocimiento.
Promover el desarrollo emprendedor de las instituciones de educación superior y los centros
de investigación, con el fin de fomentar la innovación tecnológica y el autoempleo entre los
jóvenes.
Incentivar, impulsar y simplificar el registro de la propiedad intelectual entre las instituciones de educación superior, centros de investigación y la comunidad científica.
Propiciar la generación de pequeñas empresas de alta tecnología.
Impulsar el registro de patentes para incentivar la innovación.
Prácticamente todas la líneas de acción de esta estrategia se refieren a la disposición de políticas educativas de nivel superior para la investigación innovación y desarrollo tecnológicos,
es decir, para la industria 4.0.
En la anterior revisión minuciosa del texto PND 2013-2019 podemos afirmar que existe en
su desarrollo un tratamiento importante de las nuevas realidades tecnológicas actuales, valga
decir de la cuarta revolución industrial (4RI) o industria 4.0, en la disposición de políticas públicas en materia de educación en general y educación superior en lo particular, especialmente
porque el documento le dedica un objetivo completo del tema de educación a lo relativo al
desarrollo tecnológico, la ciencia y la innovación.
Políticas de educación superior para la industria 4.0 en el PND 2019-2024
El documento PND 2019-2024 se compone de tres grandes ejes transversales agrupados en
los siguientes temas: 1.-Igualdad de género, no discriminación e inclusión. 2.-Combate a la
corrupción y mejora de la gestión pública. Y 3.-Territorio y desarrollo sostenible; contempla
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también tres ejes generales agrupados en los siguientes temas: 1.-Justicia y estado de derecho,
2.-Bienestar, y 3.-Desarrollo económico.
A pesar de que en la disposición de los ejes principales del plan, no encontramos de manera
explícita como uno de estos la educación, desde la introducción del documento podemos observar la alusión al fomento de las capacidades de las personas, trabajadores, gobierno, academia,
industria y sociedad; para aprovechar los avances científicos, como se aprecia en el siguiente
fragmento:
Es importante impulsar el desarrollo de nuevas capacidades de todas las personas para facilitar que la fuerza laboral, el gobierno y los sectores académico, productivo y social aprovechen
las ventajas de estos cambios, promoviendo que el avance científico se traduzca en mayor bienestar. (PND 2019-2024, p. 13)
No obstante de que El PND 2019-2024, en su versión publicada por la cámara de diputados
no establece de modo explícito en el índice los objetivos, indicadores y metas de trabajo. Sí se
presentan en el cuerpo del texto objetivos que se ocupan de la educación. En el tema específico
de Bienestar, en el objetivo 2.2, denominado de esta manera: Garantizar el derecho a la educación laica, gratuita, incluyente, pertinente y de calidad en todos los tipos, niveles y modalidades
del Sistema Educativo Nacional y para todas las personas; en el desarrollo de este objetivo, podemos apreciar la importancia para la política educativa del actual gobierno sexenal, el desarrollo de capacidades en los sujetos en formación, para su adaptación a los cambios y condiciones
tecnológicas actuales, como se observa en este texto:
El gran desafío de la educación en México es colocar a las niñas, niños, adolescentes y
jóvenes en el centro de atención del Sistema Educativo Nacional, así como formarlos en el
desarrollo de competencias que les permitan adaptarse a los cambios tecnológicos globales, a
las nuevas exigencias del sector productivo y al auge del aprendizaje a través de plataformas
virtuales. (PND 2019-2024, p. 93).
Al final de la redacción de este objetivo, se estipulan las estrategias específicas para su logro.
Una de estas estrategias para alcanzar este objetivo, el 2.2, que si bien se refiere a la educación
en todos los niveles, incluye por ello a la superior, delinea varias directrices de política pública
del gobierno actual, entre las que se encuentra la que interesa a esta pesquisa, la formación para
el uso de las nuevas tecnologías; la estrategia a la que nos referimos es la 2.2.3, cuya redacción
es la siguiente:
Revisar los planes y programas de estudio en todos los tipos y niveles del Sistema Educativo
Nacional, promoviendo la educación sostenible, artística, científica, tecnológica, financiera,
ambiental, sexual, cívica, indígena, intercultural y comunitaria, que garanticen el derecho a la
igualdad de género, la no discriminación y la eliminación de la violencia. (PND 2019-2024, p.
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95).
Más adelante, ya en el eje general 3: Desarrollo económico, específicamente en el objetivo
3.3, denominado: Promover la innovación, la competencia, la integración en las cadenas de
valor y la generación de un mayor valor agregado en todos los sectores productivos bajo un
enfoque de sostenibilidad. En la parte correspondiente a las estrategias para la logro del referido objetivo, entre otras, se establecen dos, que se relacionan con la vinculación entre el sector
dedicado a la ciencia y los sectores de la sociedad para la producción de conocimiento y el desarrollo tecnológico. Así como el fomento al desarrollo de capacidades de las personas para la
utilización de esas nuevas tecnologías en los sectores productivos, tales estrategias son:
3.3.1 Desarrollar el Sistema Nacional de Innovación de los sectores productivos para fortalecer la protección a los derechos de propiedad industrial e intelectual, que vincule a la comunidad
científica con los sectores público, social y privado, a través de la generación de conocimiento
de frontera y el desarrollo de tecnologías, para contribuir a la atención y solución de problemas
nacionales prioritarios en materia social, económica y ambiental.
3.3.2 Impulsar el desarrollo y adopción de nuevas tecnologías en los sectores productivos
y la formación de capacidades para aprovecharlas, vinculando la investigación con la industria y los usuarios y promoviendo métodos de producción sostenible y patrones de consumo
responsable que promuevan el uso eficiente y racional del territorio y de sus recursos. (PND
2019-2024, p. 156).
En el mismo eje, tercero y último: Desarrollo económico, de manera concreta en el objetivo 3.5 intitulado: Establecer una política energética soberana, sostenible, baja en emisiones y
eficiente para garantizar la accesibilidad, calidad y seguridad energética. Es posible identificar
como directriz de política educativa, una estrategia, la 3.5.6, en la que se observa el impulso a
uno de los temas de la 4RI, la generación de energía; y en este sentido se plantea la formación
de personas dedicadas al uso y la investigación en este sector con altos estándares, como se
aprecia a continuación:
Contribuir a la formación y fortalecimiento de capital humano y científico de alto nivel en el
sector energético mexicano, de calidad mundial, tomando en cuenta su evolución y necesidades
a largo plazo y bajo principios éticos, científicos y humanistas. (PND 2019-2024, p. 167).
Como se puede observar, a pesar de que el PND 2019-2024 no estipula de manera exclusiva
en sus ejes transversales o generales, alguno dedicado de manera privativa al tema de educación, este es una preocupación permanente en diferentes apartados o ejes del documento, en los
cuales se abordan de manera efectiva, diferentes planteamientos que muestran la voluntad de la
administración federal mexicana 2018-2024, de atender desde el sector educativo, las presentes
realidades tecnológicas y del conocimiento, relacionadas con el sector productivo; es decir, con
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la realidad de la 4RI o sociedad 4.0.
Discusión
Los estudios actuales en México sobre planeación de la educación (Martínez, 2007) y planeación de la educación superior (Rangel, 2003); giran sobre su propio eje; del mismo modo lo
hacen los trabajos que versan sobre educación superior e industria 4.0 (Escalante, 2019); no
abundan, además del que se presenta aquí, trabajos que observen el cruce entre la planeación
de la educación superior y la industria 4.0. Esta es una veta de reflexión que podrá proveer de
propuestas de mejoramiento de la planeación de la educación superior dirigida a esta realidad,
cada vez más presente en la vida de las personas, la industria 4.0, ó 4RI.
5.- CONCLUSIONES
La contrastación del contenido y la manera de expresarlo entre los documentos rectores de las
dos administraciones federales mexicanas analizados, requiere el presentar las conclusiones en
dos niveles, el primero de forma, sobre lo expuesto con relación a la educación superior para la
industria 4.0, y el segundo de fondo, sobre el contenido y presentación general de la información vertida en cada una de las dos versiones revisadas del PND.
Conclusiones de forma: Tanto en el documento PND 2013-2018, como en el PND 20192024, está presente la preocupación por formar recursos humanos a nivel profesional que atiendan a las realidades de la industria 4.0.
En cuanto a las unidades de registro -las denominadas mega tendencias por Schwab-: físicas,
digitales y biológicas, ambos documentos se preocupan de su importancia en la formación de la
educación a nivel superior para las digitales, aunque ninguno de los dos habla con profundidad
sobre las biológicas, y en cuanto a las físicas, sólo el PND 2019-2024 se refiere con claridad al
tema de formación para la generación de nuevas alternativas de energía.
Conclusiones de fondo: en primer lugar, desde la portada, el título del PND 2019-2024, se
escribe no sólo en castellano sino también en idiomas y lenguas autóctonas de México, el lenguaje de género es más inclusivo y se evitan los sustantivos en masculino.
Por su parte el PND 2013-2018 tiene la virtud de presentar desde el índice de manera desplegada, además de los grandes temas o ejes, los objetivos; mientras que en el 2019-2024, sólo
se aprecian los ejes o grandes temas; la presentación de los objetivos en el índice, permite una
mayor claridad en la comprensión del documento y un mejor manejo del mismo.
En el PND 2019-2024, los indicadores de los objetivos se expresan en términos numéricos,
con lo cual su evaluación será más fácilmente ponderable, y se podrá verificar al final de la administración si el objetivo se cumplió o no. Se observa que al final de cada eje general en este
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documento se incluye un listado de propuestas ciudadanas para el gobierno.
Por último, es notorio el siguiente aspecto, el PND 2013-2018 incluyó al inicio del documento una imagen del respectivo presidente de la república, mientras que en el 2019-2024 no
se aprecia la imagen del presidente en turno.
Como conclusión final: cuantitativamente se presenta un mayor contenido sobre la importancia de la educación superior para la industria 4.0 en el PND 2013-2018, aunque se observa
una mayor preocupación en términos cualitativos por la formación en la educación superior de
México para la industria 4.0 en el PND 2019-2024. Esta aseveración se deriva de que de las 3
mega tendencias de la 4RI, que para fines metodológicos de la presente pesquisa se convirtieron
en categorías de análisis (físicas, digitales y biológicas), el segundo documento mencionado
(2019-2024) se ocupa de la formación en la educación superior enfocada a atender a dos de
esos tres temas, mientras que el otro (2013-2018) sólo contempla uno de los tres. Así las cosas,
la política de planeación federal de México en lo que respecta a la importancia que presta a
la educación superior para la industria 4.0, ha evolucionado preocupándose cada vez más por
atender a estas realidades en aumento de la sociedad actual.
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La mediación como política de bienestar1
The mediation as a welfare policy
Francisco Gorjón-Gómez2
Universidad Autónoma de Nuevo León, México
https://orcid.org/0000-0001-5296-6454
https://doi.org/10.29105/pgc6.12-4
______________________________________________________________________________________________________________________________
RESUMEN
El presente artículo es parte de una secuencia de diversas investigaciones sustentadas en una LGAC dentro del programa de Doctorado de MASC, que tiene como objetivo central crear una cultura para el uso de los MSC. Representa la parte teórica del proyecto de investigación PAICYT 2019 denominado “Mediación camino al bienestar”,
dirigido a identificar el marco teórico del bienestar y de los MSC, por lo que se realizó una exegesis de la literatura
vinculada al tema desde la perspectiva comparada, permitiéndonos llegar a conclusiones teóricas asertivas, por
lo que la revisión efectuada en esta primera etapa cumplió su cometido, arribando a las siguientes conclusiones:
La mediación es un catalizador de bienestar y de felicidad, genera estabilidad social. La mediación es hoy en día
una vía para la paz. La mediación y los MSC se transforman y gestionan conflictos desde la óptica de los intereses
y del bienestar subjetivo percibido sustentados ambos en la autonomía y el libre albedrio. Se propone invertir la
generación de bienestar en razón de la lógica del bienestar subjetivo percibido, otorgándole un papel protagónico a
las personas, pasando de ser un actor pasivo a un actor activo y de cómo desde su felicidad resuelven sus conflictos.
Palabras claves: Bienestar, bienestar subjetivo, bienestar subjetivo percibido, felicidad, mediación.
ABSTRACT
This article is part of a sequence of diverse research supported by an LGAC within the MASC PhD program, whose main objective is to create a culture for the use of MSCs. Representative of the theoretical part of the research
project PAICYT 2019 called “Mediation path to well-being”, aimed at identifying the theoretical framework of
well-being and the MSC, for which an exegesis of the literature related to the subject was carried out from a comparative perspective, allowing us to reach assertive theoretical conclusions, so the review carried out in this first
stage fulfilled its kite, reaching the following conclusions: Mediation is a catalyst for well-being and happiness, it
generates social stability. Mediation is today a way to peace. Mediation and MSCs transform and manage conflicts
from the perspective of interests and perceived subjective well-being, both supported by autonomy and free will.
It is proposed to reverse the generation of well-being due to the logic of perceived subjective well-being, granting
a leading role to people, going from being a passive actor to an active actor and how from their happiness they
resolve their conflicts.
Keywords: Happiness, mediation, peace, perceived subjective well-being, subjective well-being, well-being.
Recibido: 26 de Octubre 2019 - Aceptado: 01 de Abril 2020 - Corregido: 30 de Abril 2020
Cómo referenciar este artículo:
Gorjón-Gómez, F. (2020). La mediación como política de bienestar. Politica Globalidad y Ciudadanía, 67-83.
Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/147

1 Artículo de investigación original derivado del proyecto: PAICYT 2019 “Mediación camino al bienestar”.
2 Doctor por la Universidad Complutense de Madrid. Director del Doctorado en Métodos Alternos de Solución de Controversias de la Facultad de Derecho y Criminología de la Universidad Autónoma de Nuevo León. Email: fgorjon@hotmail.com
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�La mediación como política de bienestar.

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1.- INTRODUCCION
Actualmente la mediación y los MSC se sitúan en un entorno diferente al de las políticas de
bienestar social por lo que su alcance es limitado, situándose solo en la esfera de las políticas
normativistas, ello representa un verdadero problema porque ante tal exclusión la sociedad
la desconoce y no solo ello limita su evolución y operacionalización, ya que los métodos de
culturización están restringidos, siendo necesario transitar a las políticas de bienestar que le
darán visibilidad, promoción y gestión, pero principalmente utilidad en un entorno que procura
la felicidad y la paz de las personas y no el control como sucede ahora por la limitación y la
restricción que impone la norma.
Proponemos, entonces, en el marco de esta sinergia que la mediación se constituya en una
política de bienestar social y salga del entorno de las políticas normativistas que hasta ahora la
tienen limitada y han impedido con el paso de los lustros la culturización de la sociedad en el
uso de los MSC y han limitado significativamente su operacionalización, teniendo un alcance
mínimo y un insignificante impacto social.
Tradicionalmente las políticas de bienestar recaen su creación y ejecución en el Estado, con
una visión generalista matizada por sus destinatarios, entendiendo que la política de bienestar se
diseña en razón de necesidades sociales y también y porque no decirlo en modelos económicos
y sociales, que atienden a ideologías e intereses diversos, lo que trastoca el fin último de ellas,
“hacer felices a los ciudadanos”. Sin embargo, pensando positivamente que estas políticas de
bienestar son realmente diseñadas para lograr la felicidad de todas y todos los ciudadanos, requieren ser estabilizadas ya que su amplitud las hace laxas, inestables operativamente hablando,
por lo que, en ocasión su fin no se logra en plenitud, no lo cumplen a cabalidad o se dan variables no consideradas generadas por conflictos suscitados por los usuarios o receptores de ellas
por circunstancias generadas alrededor de ellas.
De igual manera surgen un sinnúmero de conflictos derivados de los intereses particulares de
las personas, que son abordados y aparentemente solucionados bajo el esquema de la procuración e impartición de la justica actual, modelo que no favorece la gestión y transformación de
los conflictos hasta ahora no considerados como posibles, porque la norma restringe su interpretación desde cánones previamente establecidos en la ley.
Siendo este un problema real, ya que tradicionalmente los conflictos se tratan como el incumplimiento de la norma, por lo que este se aborda desde esa perspectiva general sin considerar los intereses de cada quien, siendo este el punto de inflexión de la desestabilización de las
políticas de bienestar, no generándolo.
Es entonces en este escenario en donde los MSC principalmente la mediación genera estaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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bilidad desde la perspectiva del mismo bienestar considerando su percepción individual, y de
forma más contundente considera la subjetividad que cada individuo le da u otorga a un acto o
hecho generador de situaciones o circunstancias en su vida diaria, entiéndase problemas, que
desestabilizan el devenir cotidiano del estadio particular de cada quien, que de forma concéntrica interactúa con el de los demás.
Es aquí en donde se considera que la mediación atiende el bienestar subjetivo percibido,
sin alterar el bienestar social en que confluimos todos, como un sistema de solución de controversias que por su método le permitirá atender intereses particulares, sin importar condición o
estrato social, en un marco de interés públicos que no altera el orden público y permite a todos
satisfacer sus necesidades, respetando la lógica de la convivencia en sociedad, ya que los modelos sociales actuales y sus mecanismos de control si distinguen, mientras que la mediación y
los MSC no.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Disrupciones que sitúan a la mediación en el contexto de las políticas de bienestar
La mediación y los MSC cuentan ya con el rango o el nivel necesario para poder ser consideradas como una política de bienestar o como un elemento sine qua non de toda política pública de
bienestar social, con un impacto de bien definido en el marco del bienestar subjetivo en lo general y en lo particular con un evidente impacto en el bienestar subjetivo percibido. Al momento
histórico la mediación no se encuentra en este estadio, aún que cuenta con todo los elementos
para estarlo, por diversas circunstancias de las políticas normativistas, a pesar de que ha evolucionado vertiginosamente en los últimos lustros, limitando su impacto social al actuar solo en
sede judicial preponderantemente y no liberar la mediación privada, aún que las leyes lo prevén,
razón de una dinámica de desconfianza, ya que el sistema de procuración e impartición de justicia limita la certificación de mediadores o facilitadores a ellos mismos, y aun así desconfían
de ellos, requiriendo la supervisión y certificación del acuerdo de mediación, por ellos mismos,
una redundancia irrelevante que genera la involución de la mediación privada, situación que se
puede observar en todos las leyes que regulan los MSC en México (Gorjón Gómez F. J., 2018).
Sin embargo, hay disrupciones que nos permiten considerar y prever de lege ferenda que es
posible la conversión de la mediación y de los MSC de constructo jurisdiccional a constructo de
bienestar, por lo que estamos en presencia de un nuevo paradigma que condicionara el accionar
de la mediación en donde la mediación es una metodología que genera felicidad y paz y no solo
gestiona y transforma conflictos.
La primera de ellas es que la mediación y los MSC son una ciencia social emergente, hemos
categorizado las razones por las cuales afirmamos esto (Gorjón Gómez F. J., 2015). La meRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020 Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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diación y los MSC cuentan con sus propias teorías, modelos y prácticas que le han permitido
generar técnicas propias y estructurada por sus propios arquetipos, con un alto nivel de análisis
derivado de una práctica nutrida con resultados contundentes y de un respaldo normativo y
doctrinal multidisciplinar y multidimensional.
Segunda, la mediación puede ser considerada una profesión por ser producto de una necesidad social, con una metodología propia, con adaptabilidad sistémica (tipología conflictual), se
sustenta en realidades, saberes auténticos y desarrolla habilidades y competencias específicas al
igual de tener un impacto bien definido, armonizar las relaciones humanas y genera paz, teniendo como característica principal la participación ciudadana.
En ambos casos tanto como ciencia social emergente o como profesión, nos permite vislumbrar que la mediación es más que un simple procedimiento, que goza de elementos suficientes
para proporcionar bienestar a la sociedad como cualquier otra ciencia, lo que le permitirá transitar a un sistema de bienestar.
Tercera la mediación y los MSC son generadores de felicidad y paz a través del acuerdo de
mediación, como principales valores intangibles (Gorjón Gómez F. J., 2017), que al ser vistos
desde una óptica positiva los hace valiosos y operativos del bienestar subjetivo percibido, resolviendo entonces los conflictos desde el interés da cada persona, la felicidad es un sinónimo
de bienestar, que a su vez se desdobla en el intangible de la paz, que de forma simbiótica ambos
felicidad y paz generan calidad de vida, esto es vivir bien, es el buen vivir que cada quien necesita, fundamento primigenio del bienestar (García Álvarez, 2016), el quid de esto es resolver
los conflictos de las personas en razón de sus intereses, que da paso al buen vivir.
Cuarta, la progresividad de la mediación ha desencadenado a la mediación al grado de ya
no considerase alterna, es cierto que las leyes la califican aún como alterna por la deficiencia
evolutiva de las leyes, por su actuar lineal, que evidencia el común retraso del derecho a las
nuevas metodologías de construcción social, pero, no ante este hecho debemos aceptarlo, ya
que operativamente y procesalmente hablando es ya la primera opción, el reto aquí, es que no
solo se signifique como una etapa procesal respaldada por el principio del debido proceso, sino
por una necesidad social, ubicada en la genética social, en donde las personas recurran a ella de
manera natural como suelen hacerlo cuando de su salud se trata o de su educación.
Gráfico 1. Disrupciones que sitúan a la mediación como política de bienestar.

Fuente: Elaboración propia,2020
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Secuencia del bienestar, la mediación y los MSC
Este apartado esclarece nuestra postura de la necesidad de situar a la mediación y a los MSC
en el contexto de las políticas de bienestar y desprenderla de las políticas normativista, entendiendo que una política publica son los proyectos/actividades que un Estado diseña y gestiona
a través de un gobierno y una administración pública con fines de satisfacer las necesidades de
una sociedad (Adelantado &amp; Ubasart-González, 2018) y una política normativista es aquella
que se construye como un marco de legalidad, en razón de un estado de derecho que por lo regular es rígido e inflexible, ambos tienen vocaciones diferentes, el primero procura el bienestar
en un amplio espectro considerando los intereses de las personas, el segundo limita los propios
intereses de las personas en razón de reglas generales previamente diseñadas (Barragán, 1994).
Debo de aclarar antes de continuar, que mi postura no es radical en cuanto a desprenderla
de la norma, ya que ello es materialmente imposible, toda política tiene un sustento legal, por
lo que me apego a este principio para descontextualizarla, mas no cercenarla, gozando con ello
de su legalidad y del amplio beneficio de sus intangibles principalmente los de la legalidad, la
felicidad y la paz.
Para lograrlo es imperioso ubicarnos en un nuevo paradigma evolutivo de los MSC, por lo
que es preciso transitar del paradigma de “Resolver nosotros mismos nuestros conflictos” que
nos ha permitido franquear de la simple instrumentalización a la profesionalización y cientificidad, a pasar a otro nivel en el que el paradigma “los MSC son generadores de bienestar y paz”,
permitirá entonces su culturización e impacto social real.
Varios son mis argumentum que nos sitúan en este nuevo contexto en razón de una secuencia lógica de la gestión y transformación de los conflictos y su combinación con los elementos
esenciales del bienestar.
Debemos observar en primera instancia que bienestar es sinónimo de felicidad, por lo que,
en una lógica inversa, felicidad significa bienestar. Esto a su vez nos lleva a observar esta felicidad desde la postura particular de cada quien, una cuestión evidentemente subjetiva y que se le
otorga un valor particular, en razón de la percepción de cada quien, siendo este esquema como
hasta ahora se han entendido las políticas de bienestar, sin embargo, estas políticas aun que
son muy recurrentes por no decir que siempre están presentes en los diversos sistemas político
– jurídicos en la era contemporánea, carecen de un sistema estabilizador que permita a cada individuo seguir gozando de ella, aunque existan conflictos generales, ante su incumplimiento, o
ante el surgimiento de conflictos entre sus receptores, lo que impide su correcta ejecutabilidad.
Ante este escenario vinculamos en un mismo flujo la gestión moderna de los intereses de las
partes, evidentemente particulares, más, sin embargo, limitados a los intereses de los demás,
respetando el funcionar de las relaciones concéntricas sociales, esto es, limitando los intereses
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en relación del interés del otro.
Para lograr que esta secuencia no se interrumpa y fluya de una manera correcta, es necesario
que ante el surgimiento de un conflicto que alterara esta cadena, es necesario gestionar el conflicto a través de un tercero, de un mediador, que su misión principal es asistir la negociación del
conflicto y ser un representante de la realidad, situando a las partes en sus intereses y no es sus
posiciones para que puedan resolver su problema, a través de un procedimiento de mediación,
que concluirá en un acuerdo con un valor intangible para las partes que generara felicidad.
Este acuerdo permitirá a las partes poder continuar con su relación, y más allá, fortaleciéndola, generando lasos de fidelidad entre ellos, y como consecuencia nos sitúa en plenitud en el
vivir bien, el buen vivir (VB/BV) en un esquema de reciprocidad (Schavelzon, 2015).
Gráfico 2. Secuencia del bienestar y la mediación.

Fuente: Elaboración propia, 2020
De lo anterior surge una pregunta ¿cuáles son los elementos del bienestar que inciden directamente en la mediación?, o mejor aún ¿cuáles son los elementos de la mediación que inciden
en el bienestar?
Calidad de vida (VB/BV)
Garantía (Elementos que el Estado proporciona para poder decidir, esto es el estado de derecho, la tutela del estado a los MSC)
Libertad (Capacidad de decidir)
Satisfacción (Solución del conflicto)
Habilidades sociales para relacionarse
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Bienestar Subjetivo Percibido
El bienestar subjetivo percibido (BSP) es un concepto que tradicionalmente se le ha situado en
las ciencias económicas (Membiela Pollán, 2016), vinculándolo directamente al concepto de la
felicidad como un sinónimo y un esquema de medición de la calidad de vida de las personas.
El BSP es una satisfacción asociada a la capacidad de elegir de las personas, pero sobre todo
a la calidad del resultado que esta elección produce, así como su intensidad, que se traduce a la
permanencia en el tiempo como una experiencia retrospectiva que incrementa las sensaciones
positivas de nuestras acciones y de nuestro actuar en sociedad principalmente en nuestra salud
y en nuestras relaciones con la familia, el trabajo y los amigos.
Gráfico 3. Accionar del BSP en la sociedad.

Fuente: Elaboración propia, 2020.
De igual manera es considerado el bienestar como una misión del Estado, como una política
pública que orienta el accionar del Estado Moderno como un elemento crucial sine qua non de
la política y los gobernantes (Vazquez, 2009) que conforma el estado de bienestar. En razón de
ello “el Estado debe de proteger y cuidar a sus ciudadanos y por extensión a su sociedad en su
conjunto debe de orientar su actividad a dotarla del mayor bienestar posible” (Vazquez, 2009).
Esta acción es posible en el marco del bienestar emocional y en el bienestar social como
parte importante del bienestar subjetivo percibido. En relación al primero podríamos decir que
este implica la búsqueda de la felicidad, al ser algo personal, interno y por lo tanto subjetivo,
para percibirlo se requiere de experimentar emociones positivas, esto es, la valoración de la
satisfacción de nuestra vida, de nuestra calidad de vida (Bisquerra Alzina, 2013) que implica
analizar diversos factores externos, como son los ingresos, salud, vivienda, acceso a recursos,
infraestructura, seguridad, bienes materiales, educación, diversión, cultura, etc.
Es en este escenario en donde los MSC intervienen como un generador de bienestar, ya que,
ante la existencia de un conflicto, este perturba la armonía y nuestra calidad de vida, en consecuencia, afecta nuestro bienestar. Los MSC generaran entonces un balance en su interactuar
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social, entendiendo que el bienestar subjetivo se asocia al “grado en que un individuo juzga favorablemente la satisfacción global con la vida que lleva” (Bisquerra Alzina, 2013), por lo que
desestabilizarla ante la existencia de un conflicto le impide gozar plenamente de ella.
Esta postura la confirmamos cuando analizamos el bienestar social, que tiene como rasgo
esencial las relaciones de la persona con su entorno social, ya que las relaciones sociales son
una fuente importante de satisfacción, pero al mismo tiempo son una fuente de conflicto (Bisquerra Alzina, 2013), por lo que concluye nuestro autor que “las relaciones son al mismo tiempo un factor de bienestar y de malestar”.
Al respecto afirma que “nuestro bienestar depende del afecto y aprobación de los demás. Si
a nuestro alrededor se respira ternura, comprensión, amor, entusiasmo, etc., nos va afectar positivamente. Si por nuestra parte aportamos un clima emocional positivo, aportamos bienestar
social que va a repercutir en nuestro propio bienestar: se produce el efecto bumerang que hace
que recibamos afecto positivo como feedback. La persona que ha aprendido las habilidades
sociales para relacionarse de forma satisfactoria con otras personas mejorara su calidad de vida
y su bienestar emocional”.
La visión plasmada en este último párrafo centra a la persona como la responsable de lograr
su calidad de vida a través de habilidades sociales, entendidas estas como competencias básicas
de vida, hacen que las personas se sientan bien con quienes los rodean y tiene una percepción
de bienestar que coincide con el bienestar emocional. “La satisfacción en las relaciones sociales es un factor que se correlaciona significativamente con el bienestar subjetivo” (Bisquerra
Alzina, 2013), por lo que podemos deducir que este es el QUID del vínculo entre bienestar y
los MSC, al considerar la gestión de los conflictos una competencia básica de vida, ya que, si
la sociedad entiende que tiene la opción de resolver sus conflictos por sí mismas, su calidad de
vida mejorara o aumentará y en consecuencia producirá bienestar. Entendiendo de igual manera
que los MSC son una habilidad social que nos permite relacionarnos efectiva y afectivamente
gestionando y transformando nuestros conflictos.
Esto lo reconfirmamos cuando vemos como área de oportunidad la conformación de las
dimensiones del bienestar social (interpersonales, comunitaria y política) para la instrumentalización de los MSC ante la presencia de un conflicto.
Los factores que determinan la dimensión interpersonal son: las relaciones sociales, intimas,
familia nuclear, competencias sociales y emocionales, contribución social, integración social,
valores; en el caso de la dimensión comunitaria observamos el clima emocional, estabilidad
familiar, solidaridad, actitudes de ayuda mutua, civismo, cortesías, comunicación, cooperación,
ausencia de violencia; y para la dimensión política los factores que la definen son: la justicia, la
libertad, paz, democracia, derechos humanos, estabilidad política, seguridad ciudadana, no disRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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criminación, igualdad de oportunidades, igualdad ante la ley, equidad (Bisquerra Alzina, 2013).
En este escenario visualizamos que el conflicto es el principal elemento que puede desestabilizar las dimensiones del bienestar social y en consecuencia impedir que este logre su fin, la
felicidad y la calidad de vida de los ciudadanos.
Más aún si entendemos que la percepción puede potenciar un ambiente positivo o un ambiente negativo, ya que la percepción es la capacidad de una persona de entender el mundo, es
la capacidad de interpretar la información respecto a su entorno, son los estímulos que reciben
sus sentidos, la percepción es el valor que le damos a la vida en razón a lo que tenemos y nos
interesa, es el valor que le damos al acto, al hecho, a la acción u omisión respecto de nuestra
vida en sociedad, como un proceso de selección que nos permite organizarnos en un ambiente
armónico, en donde podemos afirmar que nuestra vida es buena o mala.
Es por ello que ante la ausencia de mecanismos para asegurar el cumplimiento de las políticas públicas de bienestar debe de incluirse la instrumentalización de los MSC, como un
esquema de aseguramiento del bienestar subjetivo percibido, con una participación directa de
las personas en la gestión y transformación de sus conflictos, ya que el conflicto afecta los intereses de las personas pero principalmente su percepción de vida, en sus diferentes roles en
la operacionalización habitual de las dimensiones del bienestar social, impactando de manera
directa en su devenir cotidiano, generando un efecto multiplicador de felicidad o de infelicidad
(Bonete Perales, 2015).
Felicidad
Para poder entender lo que significa vivir en paz, vivir felices, debemos asociar la felicidad
al bienestar, al VB/BV y a la solución de los conflictos (MSC), entendiéndola como una necesidad humana, al grado que el ser feliz puede compararse al estar sano o al amor; tiene que
alimentarse y cuidarse permanentemente, no es algo que se dé por única vez y así permanezca,
se requiere de mantenimiento, se requiere de cuidados, se requiere de un esfuerzo personal,
porque “la mera ausencia de este esfuerzo le quitara a la vida el ingrediente imprescindible de
la felicidad” (Rusell, 2018), por lo que es más fácil ser infeliz que feliz.
Podría decirse entonces, que este esfuerzo se traduce en una negociación continua, perene
en el tiempo, que permita que todos aquellos elementos que se conjugan para obtenerlo estén
en constante armonía y para ello es necesario que cualquier hecho, acción o acontecimiento que
interrumpa nuestras sensaciones positivas, tratarlas o resolverlas, por lo que si no lo hacemos,
evitara el manar del flujo de la felicidad (Csikszentmihalyi, 2016) y en consecuencia se alterara
y afectara nuestro bienestar, disminuyéndolo por no lograr alcanzar nuestros intereses.
Para que este flujo sea continúo se requiere que sea dinámico, de determinadas habilidades
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para que esté vigente, habilidades en este caso, sociales como la gestión de conflictos, que hace
de él, su conversión de una barrera a una oportunidad. Podemos decir entonces que los MSC
son un puente, que, al gestionar y transformar el conflicto, permite que nuestra energía fluya,
en pro de nuestra felicidad y bienestar, significa que nos sintamos fuertes y eficaces, alertas y
con control, por lo que la clave para que este flujo continúe es necesario establecer un equilibrio
entre habilidades y desafíos, por lo que “… tu felicidad depende de la capacidad de encontrar
el espacio perfecto, para fluir con lo que hagas” (Lyubomirsky, 2008) y los MSC representan
ese equilibrio.
La Psicología positiva es quien más ha estudiado la felicidad y el bienestar subjetivo determinando que ambos se refirieren a sensaciones positivas como la alegría o la serenidad y a estados positivos de las personas que influyen en su actuar cotidiano, pero más aún en sus acciones
futuras, entendiendo que el hecho, acto o circunstancia que genera actitudes negativas, que bien
podríamos catalogarlas como infelicidad, traerá consecuencias, impactando en el optimismo, la
esperanza, la seguridad, la fe y la confianza (Carr, 2007).
Si analizamos las bases de un conflicto, tiene que ver con la percepción que una persona tiene de un acto o hecho, que afecta sus necesidades, su realidad y en consecuencia a sus intereses,
generando el problema, ante la ausencia del logro o cumplimiento de sus objetivos, entiéndase
estos como sus intereses, interrumpiendo sensaciones positivas, interrumpiendo el flujo que
nosotros le hemos dado a nuestra vida, que salve decir es diferente al de los demás.
Asociando entonces la afectación de los intereses personales de los ciudadanos y la interrupción de esas sensaciones positivas a la infelicidad, generando actitudes negativas y conflictos,
por lo que nuestro actuar afectara el de los demás, de ahí la necesidad de gestionar y transformar
el conflicto y evitar consecuencias futuras, situándonos en nuestra realidad y en nuestra felicidad, que por consecuencia influye en nuestro bienestar.
Nuestra capacidad de decidir es lo que nos hace felices, por lo que cuando esa capacidad se
ve interrumpida o cuartada somos infelices, escoger lo que nos hace sentir bien es la clave de la
felicidad. Es entonces la capacidad de decidir o bien la libertad y el libre albedrio lo que correlaciona los MSC con la felicidad y el bienestar en un mismo estadio, es a través de la capacidad
y de la libertad la manera de materializar la felicidad, al ser medible podemos definir qué tan
felices somos, a diferencia del bienestar ya que según (Seligman, 2014) este es considerado un
constructo, “que tiene a su vez, varios elementos mensurables, porque cada uno de ellos es una
cosa real y cada uno contribuye al bienestar”.
Uno de estos elementos es la felicidad misma, esas sensaciones positivas que nos permiten
reaccionar positivamente con los demás y se convierte en un circulo virtuoso, a diferencia del
bienestar que se ve condicionado a otros elementos o factores que implican el vivir bien o buen
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vivir, en donde se requieren de otros factores, como los señalamos en apartado anterior, sin embargo, estos al no verse materializados o que cumplan su misión, son generadores también de
conflictos y es en este momento “reitero” en donde la intervención de los MSC hacen posible el
bienestar y la felicidad, como un binomio de vida que difícilmente puede ignorarse.
Ahora bien, que significa vivir bien o buen vivir (VB/BV) y porque lo vinculamos al bienestar y la felicidad, tiene que ver con nuestra conducta y con nuestra actuar con los demás,
significa que lo que hagamos o dejemos de hacer afecta a quienes nos rodean, significa que lo
que uno es o lo que uno representa individualmente trasciende (Schopenhauer, 2017), nuestra
individualidad es nuestra fuerza, vivimos en una sociedad que se compone de individualidades,
pero estas a su vez se suman en un mismo acontecer, a un mismo fin, que hace de las sociedades
sean coherentes, cuando esas individualidades se dispersan, el flujo se interrumpe y el VB/BV
pasa de ser una estadio de oportunidad a un estadio de infelicidad.
VB/BV significa convivir dignamente lo que implica desarrollar capacidades humanas para
lógralo (habilidades sociales de gestión de conflictos), implica la construcción de condiciones
sociales adecuadas para una real apropiación de los medios de producción, que hacen que una
sociedad funcione, implica también equilibrio para lograr autonomía, justicia e igualdad (Contreras Baspineiro, 2016).
Al respecto nuestro autor vincula el VB/BV a la armonía, como una cosmovisión, entiéndase esta como “una forma de ver, de interpretar, de construir el mundo con un conjunto de
creencias y convicciones que nos permiten analizar, interpretar y reconocer la realidad en que
vivimos”.
Entiéndase que lo que se pretende es reivindicar el valor primordial de la vida y para lograrlo es necesario vivir en convivencia, vivir dignamente y vivir plenamente. Este último axioma
es tal vez el de mayor peso en cuanto a nuestro propósito de la gestión y transformación del
conflicto, ya que determina que “la felicidad de uno es la felicidad de todos, con relaciones de
colaboración, sin ostentaciones, con lo suficiente, sin discriminaciones, con justicia” (Contreras Baspineiro, 2016).
Para lograr que el VB/BV se logre en plenitud es necesario forjar una cultura de vida, una
cultura de armonía y esta solo será posible si se logra construir y conciliar las siguientes relaciones según (Contreras Baspineiro, 2016) :
1.
La armonía de los seres humanos consigo mismos. Esta es la dimensión subjetiva y espiritual del VB/BV. Implica trabajar nuestros sentimientos para trabajar por una vida digna
en igualdad de condiciones entre hombres y mujeres, en solidaridad y suficiencia, y
2.
La armonía de los seres humanos en sociedad. Esta es la dimensión comunitaria que
implica vivir colaborativamente, relacionándonos, respetándonos, apoyándonos, trabaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020 Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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jando en comunidad, en justicia.
Ahora bien, para que todo esto mantenga su status quo es necesario que observemos dos
elementos más del VB/BV que es la integralidad y el equilibrio (Contreras Baspineiro, 2016).
La integralidad es el sentido comunitario de la vida, es una identidad colectiva que tiene en la
convivencia solidaria el espacio para satisfacer las necesidades (intereses mas no posiciones).
Es una exigencia normativa que permite una vida fraterna, una vida en convivencia y armonía
que basa su accionar en los valores de la igualdad, la diversidad, la equidad, el bien común, la
transparencia y la ética.
Ahora bien, el equilibrio tiene el mismo sentido de lograr una vida fraternal y en armonía,
entendiéndolo como una balanza de los intereses de los individuos en donde el dintel de esa
balanza es el bienestar y sus extensiones son la convivencia solidaria y amistosa, que permite
construir alternativas desde practicas basadas en la justicia y en la equidad.
Entendemos entonces, que el factor que sincroniza todos estos conceptos es la convivencia,
una convivencia en armonía, justa y equitativa, es entonces, la necesaria integración de los
MSC a las diversas ecuaciones que integran el VB/BV, ya que sin un proceso de gestión de
conflictos que evite la desarmonización de esta convivencia, evidentemente no se lograra el
bienestar, en nuestra más amplia concepción de felicidad.
Escenario de culturización cuando proponemos la implementación de los MSC
Las dinámicas en las que las políticas públicas integran a la sociedad responden a las características mismas por las que fueron creadas, entiéndase como el fin que persiguen, el presente
apartado identifica el escenario es donde se desarrollaría la culturización de los MSC y de cómo
actualmente estas dinámicas condicionan el actuar social en cuanto a la procuración e impartición de justicia y de los MSC desde dos perspectivas: lineal y exponencial; la actual que sitúa a
la mediación en el normativizo (lineal) y la prospectiva que situaría a la mediación como política de bienestar (exponencial) que permitirá su evolución en razón de los elementos operativos
que aplican a otras políticas como lo es la educación o la salud por mencionar alguna en donde
su espectro es multidimensional y de superior alcance impactando a toda la sociedad y no solo
a un sector determinado.

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Cuadro 1. Normativismo vs Bienestar
Normativismo Principal actor

Bienestar Subjetivo Principales actores

(sistema de procuración e impartición de justicia)

(demás sistemas gubernamentales)

Evolución Lineal
1. Paz negativa

Evolución exponencial
1. Paz positiva

2. Poder que genera autodefensa y protagonismo 2. Responsabilidad compartida búsqueda apertura
3. Instrumenta la política pública, es el garante
de la cohesión y justicia social y garantiza un 3. Instrumenta la política pública como un deber privilegiando los intereses particulares y
estado de derecho
sociales
4. Obliga a la sociedad a cumplirla
4. Calidad de vida
5. Dinámica individualista ante la pérdida de
5. Comparte la responsabilidad (trabajo en equicontrol
po, acciones intergubernamentales)
6. La ley limita el accionar de las personas
6. Las políticas públicas alienta la cooperación y
7. Salvaguarda los intereses de la sociedad segeneran sinergias
gún la norma
7. Privilegia los intereses de las personas, pro8. Limitada a los abogados y algunas ciencias
mueve la libertad y la identidad social
auxiliares
8. Es multidisciplinar
9. Los cambios de las normas son complejos y
9. Es dinámica, se adapta, genera apertura y
lentos
máximos beneficios
10. Limita los cambios sociales
10. Gesta cambios sociales

Fuente: Elaboración propia, 2020.
Beneficios de los MSC en el Bienestar subjetivo vs Normativismo
Confrontar las dinámicas de ambos escenarios es conveniente para entender las ventajas que el
bienestar ofrece vs el normativismo en la evolución de la mediación. De forma particular destacamos los efectos sobre los usuarios cuando resolvemos el conflicto desde la perspectiva del
normativismo, que refleja nuestra realidad, y cuál es su efecto. Cuando lo situamos en el bienestar la dinámica cambia y el flujo es diferente, y aún que esto sucede y que no es una suposición,
mantenemos los MSC en el normativismo, por lo que produce una implosión que pide a gritos
su tránsito al bienestar, ya que la lógica de su operacionalización es diferente, ya que mientras
el normativismo es general y trata al conflicto desde el incumplimiento de la norma, la gestión
y transformación del conflicto es abordado desde la impronta del bienestar ubicando el conflicto
desde la perspectiva del interés de las personas de forma particular.
Presentamos entonces ambos escenarios en razón de sus rasgos distintivos ya no solo como
política generalista sino como resultado de su instrumentalización y lo que implicaría situar a
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los MSC dentro del halo del bienestar, pretendiendo con ello convencer al lector de forma razonable de como uno suscita más opciones y mejores oportunidades en relación al otro en cuanto
a la gestión y transformación del conflicto y a la perdurabilidad de sus resultado, derivado de
la experiencia de otras políticas públicas de bienestar que se centran en las personas y no solo
en la norma.
Cuadro 2. Los MSC en el normativismo y en el Bienestar
Los MSC en la política normativista

Los MSC en la política de bienestar

Rasgos distintivos que condicionan sus

Rasgos distintivos que condicionan sus

beneficios
beneficios
1. La norma es de aplicación general, no se cen- 1. El bienestar puede tener diversos destinatarios, se centra en las personas y en sus intetra en el interés de las personas
reses
2. La norma es rígida e inflexible
2. El bienestar es flexible
3. El conflicto se aborda desde el incumpli3. En el bienestar el conflicto se aborda desde el
miento de la norma
interés de las personas
4. Desconfianza
4. Confianza
5. Insatisfacción del resultado
5. Satisfacción
6. La Norma no es perceptible por las partes
6. Su percepción es su mayor fuerza
7. La norma mantiene el status quo de las per7. El bienestar gesta cambios particulares y sosonas
ciales
8. La norma no es positiva ni negativa, es ge8. El bienestar es positivo privilegia la satisfacneral
ción y las emociones, la felicidad
9. La norma no es entendible por la sociedad
9. Es de fácil comprensión y adaptación
10. La sociedad vive
10. Convence a la sociedad de vivir bien, del
buen vivir

Fuente: Elaboración Propia, 2020.
3.- MÉTODO
La propuesta metodológica de la presente investigación tiene un ámbito multidimensional, que
pretende abordar diversos elementos conceptuales operativos en donde la mediación asumiría
un rango de política de bienestar.
La investigación deberá fijar una postura teórico práctica de cada concepto operativo y/o de
influencia vinculado a los métodos de solución de conflictos y al bienestar, al bienestar subjetivo, al bienestar subjetivo percibido y a la felicidad como producto del acuerdo de mediación
y el impacto que este generará en la sociedad, como, por ejemplo, la concertación, el perdón, o
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la felicidad.
Para determinar los diversos vocablos operativos de los métodos de solución de conflictos y
del bienestar deberá observase literatura especifica en el tema de los MSC, del bienestar, de la
felicidad y la paz, así como autores especialistas en el tema, considerando de igual manera los
diversos instrumentos legales o rectores como planes de acción, convenciones o declaración
vinculados, así como las mejores prácticas para la disminución de la violencia estructural, la
generación de bienestar subjetivo percibido y la paz estructural.
Utilizaremos el método analítico sintético, empírico y exegético partiendo de la experiencia
del autor en los diversos métodos y de la experiencia para la elaboración y clasificación de los
vocablos operativos de los MSC y del bienestar que inciden en su instrumentalización.
4.- CONCLUSIONES
La mediación genera estabilidad en las relaciones particulares, por lo que es imprescindible
situarla en el escenario global social a través del bienestar.
La felicidad y el bienestar dependen de una vida en comunidad, por lo que el conflicto los
desequilibra.
La vida en sociedad se caracteriza por las decisiones individuales que afectan a los demás,
por lo que el bienestar y la felicidad dependen de esas decisiones individuales.
El bienestar y la felicidad no tiene un sistema que involucre a las personas para sostener su
estabilidad por lo que requiere de un método para lograrlo.
La mediación y los MSC son una metodología que genera y estabiliza la felicidad y la paz,
a través del acuerdo, como un valor intangible.
La mediación generaría estabilidad de los factores de las políticas públicas de bienestar, estabilizando las decisiones particulares de las personas, ante un eventual conflicto.
Es factible invertir la lógica de la generación del bienestar, otorgándoles un papel protagónico a las personas para su operación y estabilidad.
Los MSC debemos situarlos en el constructo del bienestar como base sustancial e interactuar
solo normativamente en el constructo de la normativización.
El resultado de la mediación y de los MSC se correlaciona directamente al bienestar subjetivo percibido, ya que el conflicto se aborda desde los intereses de las partes.
La mediación al igual que el bienestar produce felicidad, armonía y paz.
Es necesario situar a los MSC en las políticas de bienestar para poder evolucionar exponencialmente y generar una verdadera culturización.

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Vigilancia tecnológica, inteligencia competitiva y cultura organizacional universidad de
Cundinamarca Facatativá1
Competitive intelligence, technological vigilance and organizational culture universidad de
cundinamarca facatativá
Fabio Orlando, Cruz–Páez2
https://orcid.org/0000-0001-7834-2762
Oswaldo, Vanegas–Flórez3
https://orcid.org/0000-0003-2697-3073
Universidad de Cundinamarca, Colombia
https://doi.org/10.29105/pgc6.12-5
___________________________________________________________________________
RESUMEN

El presente artículo se desprende desde el proyecto de investigación Vigilancia tecnológica, inteligencia competitiva y cultura organizacional en la Universidad de Cundinamarca extensión Facatativá en el núcleo temático
Investigación I, con el fin de diagnosticar la importancia, aplicación y gestión de la Vigilancia Tecnológica y la
Inteligencia Competitiva como ejes de interacción que promueven en la relación a las mismas un fortalecimiento
dentro de la cultura organizacional en la Universidad de Cundinamarca Extensión de Facatativá, Cundinamarca,
Colombia. La metodología empleada fue mixta y se realizó con un enfoque cuantitativo y cualitativo, un alcance
descriptivo típico gestionado en campo y un diseño transversal con la recolección de datos por medio de un cuestionario aplicado del método Delphi en donde se indagaron las variables de Vigilancia Tecnológica, Inteligencia
Competitiva y Cultura Organizacional la cuales fueron analizadas por medio de las apreciaciones obtenidas en la
aplicación de las 69 respuestas que se apreciaron de estudiantes de IX y X semestre, graduados, docentes y administrativos de la Universidad de Cundinamarca.
Palabras clave: Cultura organizacional, inteligencia competitiva, Universidad de Cundinamarca vigilancia tecnológica.
ABSTRACT
This article emerges from the research project Technological Vigilance, Competitive Intelligence and Organizational Culture at the Universidad de Cundinamarca Facatativá extension in the thematic nucleus Research I, in order
to diagnose the importance, application and management of Technological vigilance and Competitive Intelligence
as axes of interaction that promote in their relationship a strengthening within the organizational culture at the Universidad de Cundinamarca Extension of Facatativá, Cundinamarca, Colombia. The methodology used was mixed
and was carried out with a quantitative and qualitative approach, a typical descriptive scope managed in the field
and a cross-sectional design with data collection through an applied questionnaire of the Delphi method where the
variables were investigated, Technological vigilance, Competitive Intelligence and Organizational Culture which
were analyzed by means of the appraisals obtained in the application of the 69 responses that were appraised of
students of IX and X semester, graduates, teachers and administrative of the Universidad de Cundinamarca.
Keywords: Competitive intelligence, organizational culture, technological vigilance, Universidad de Cundinamarca.
Recibido: 07 de Diciembre 2019 - Aceptado: 21 de Marzo 2020 - Corregido: 20 de Abril 2020
Cómo referenciar este artículo:
Cruz–Páez, F. O., &amp; Vanegas–Flórez, O. (2020). Vigilancia tecnológica, inteligencia competitiva y cultura
organizacional universidad de Cundinamarca Facatativá. Politica Globalidad y Ciudadanía, 84-101. http://
revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/148

1 Proyecto de investigación “Vigilancia tecnológica, inteligencia competitiva y cultura organizacional en la Universidad de Cundinamarca
extensión Facatativá”, Financiado por la Extensión Facatativá, Semillero de investigación GEICAEC.
2 Magíster en Administración de Organizaciones por la UNAD, Profesor Investigador de la Universidad de Cundinamarca. Email: focruz@
ucundinamarca.edu.co
3 Magíster en Administración de Organizaciones por la UNAD, Profesor Investigador de la Universidad de Cundinamarca. Email: ovanegas@
ucundinamarca.edu.co
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México, ISSN 2395-8448. 84-101. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/148

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1.- INTRODUCCION
En el contexto organizacional de la Universidad para el desarrollo organizacional se indaga la
importancia de la Vigilancia Tecnológica, la inteligencia competitiva y la cultura organizacional partiendo de la interacción de las Universidades con las Empresas, el Estado y la sociedad
en pro de evidenciar como se puede realizar el fortalecimiento dentro de la cultura organizacional en la Universidad de Cundinamarca Extensión de Facatativá, Cundinamarca de Colombia,
para ello se realizó un estado del arte, diseño y aplicación de una encuesta semiestructurada
tipo Delphi aplicada a expertos que tienen relación con la Universidad con el fin de obtener
resultados que permitieran analizar la importancia de la Vigilancia Tecnológica y la Inteligencia Competitiva en la cultura organizacional de la Universidad. De esta manera se inició con la
Formulación del problema ¿Cómo influye la apropiación de estrategias de Vigilancia Tecnológica e Inteligencia Competitiva en el desarrollo organizacional desde la cultura en la Universidad de Cundinamarca Extensión de Facatativá?, del cual se responde que influye mejorando
los procesos y procedimientos que desarrollan en la extensión con empoderamiento de líderes
que fortalezcan la cultura organizacional apoyada desde la Vigilancia Tecnológica e Inteligencia Competitiva promoviendo conocimientos y destrezas para el desarrollo socioeconómico y
culturan en las pymes, grandes empresas y organizaciones.
Respecto a la pregunta problematizadora se hizo la Sistematización del problema y se evidenciaron y respondieron los siguientes interrogantes que posteriormente derivan en los objetivos de la investigación y una primera pregunta es ¿Por qué se hace un diagnóstico de la
cultura organizacional, Vigilancia Tecnológica e Inteligencia Competitiva en la Universidad de
Cundinamarca Extensión de Facatativá? Porque se pueden apreciar las fortalezas, debilidades,
oportunidades y amenazas para formular estrategias de desarrollo organizacional desde la institución para potencializar las competencias de los futuros profesionales que están y/o estarán
inmersos en el sector real productivo. Un segundo interrogante es ¿Para qué se debe promover
el fortalecimiento de la investigación acompañado de Vigilancia Tecnológica e Inteligencia
Competitiva en la Universidad de Cundinamarca Extensión de Facatativá? La investigación
se fortalecerá para promover la apropiación y potencialización de la Vigilancia Tecnológica e
Inteligencia Competitiva como un eje de interacción e innovación en la cultura organizacional
de la Universidad. Finalmente, un último interrogante ¿Qué se va a hacer con la oferta de un
portafolio de servicios en Vigilancia Tecnológica, Inteligencia Competitiva y cultura organizacional? Se aprovecharán las ventajas competitivas y comparativas que tiene la Universidad de
Cundinamarca fortaleciendo continuamente las capacidades de las personas apoyada desde el
Modelo Educativo Digital Transmoderno – MEDIT.
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De acuerdo a la formulación y sistematización del problema el Objetivo general es Promover
estrategias de cultura organizacional, Vigilancia Tecnológica e Inteligencia Competitiva en la
Universidad de Cundinamarca Extensión de Facatativá para el fortalecimiento, gestión y desarrollo organizacional.
Y se tienen tres objetivos específicos así:
Diagnosticar la cultura organizacional, Vigilancia Tecnológica e Inteligencia Competitiva en
la Universidad de Cundinamarca Extensión de Facatativá.
Identificar que la investigación es eje de interacción entre la Vigilancia Tecnológica, la Inteligencia Competitiva y la cultura organizacional para fortalecer la innovación, ciencia y tecnología en la Universidad de Cundinamarca Extensión de Facatativá.
Proponer la creación de un portafolio de servicios en Vigilancia Tecnológica, Inteligencia
Competitiva y cultura organizacional en la Universidad de Cundinamarca Extensión de Facatativá.
Las variables teóricas Vigilancia tecnológica, Inteligencia competitiva y Cultura organizacional se evidencia así:
Para Sánchez, la vigilancia tecnológica es “Una herramienta indispensable que permite buscar, recolectar y analizar información relacionada con conocimientos científicos y tecnológicos,
e información sobre aspectos legislativos, normativos, sociales, económicos y de mercado, entre otros” (2019, p. 19)
Otro rasgo, importante de la vigilancia tecnológica es la reducción del riesgo; pues el estar
informado, “Permite identificar a tiempo cambios y novedades que suceden en el entorno de las
organizaciones, con el fin de tomar decisiones más acertadas frente a oportunidades y amenazas
identificadas con el menor riesgo posible en el desarrollo de un nuevo producto, servicio, política o estrategia” (Sánchez, 2019, p. 19)
En cuanto a la competitividad de las organizaciones “La Inteligencia Competitiva es la recopilación y uso de los conocimientos sobre el ambiente externo en el que operan las empresas.
Se trata de un proceso que aumenta la competitividad de mercado mediante el análisis de las
capacidades y las acciones potenciales de los distintos competidores, así como la situación
competitiva global de la empresa en su sector y en la economía” (García, 2017, citado en Bollás
2018, p. 36)
Según Bollás para la toma de decisiones es importante tener claro que “La base de la Inteligencia Competitiva se encuentra en saber distinguir la diferencia entre la información y la
inteligencia” (2018, p. 37)
Para (Arbaiza 2017, citado en Cajavilca, Palomino, Pozo, Rodríguez 2019, p. 11) “concibe
a la cultura organizacional como la regulación del intercambio social entre los miembros de
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una organización, a fin de definir objetivos, valores y políticas organizacionales, que sirven de
referencia para generar una identidad, reforzar su compromiso, satisfacción y seguridad”.
Las limitaciones de la investigación conciernen al desarrollo de una investigación de proyección a macroproyecto en el mediano plazo en la Universidad para expansión del proyecto.
El alcance de la investigación es descriptivo y se da en el contexto “porque tiene como
prioridad describir cualidades, características de un fenómeno o grupo de personas. Su función
principal es profundizar, describir o medir conceptos o situaciones.” (Investigación científica,
2020, p.1), en el caso de las variables estudiadas.
La justificación de la investigación se realiza con el fin de estudiar las variables teóricas e
importancia de las mismas para la Universidad de Cundinamarca, Extensión Facatativá y así
promover el desarrollo de actividades en el contexto académico y administrativo en pro del
desarrollo organizacional de la Universidad y de cada egresado de la misma en el sector real.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Inteligencia Competitiva – Vigilancia Tecnológica
La Vigilancia Tecnológica y la Inteligencia Competitiva son parte fundamental de los procesos
y la gestión de la calidad en las organizaciones, Sosa, afirma que:
La VT e IC es parte, precisamente, de la gestión de innovación porque la capacidad de cualquier organismo para innovar estará cada vez más estrechamente relacionada con la calidad de
la interacción con el entorno en la que está inmersa. Es por ello que el conocimiento externo
debe ampliarse a todos los actores del medio que resulten relevantes y significativos. (2016, p.5)
Uno de los grandes factores que demuestran la importan de la relación entre la VT y la IC es
el desarrollo de una cultura organizacional apoyada y gestionada en interacción entre ellas por
ello la VT es parte la IC, así:
Hoy queremos acercar la IC al mundo del Diseño Estratégico, perfil con una visión técnica
para el desarrollo de productos y servicios, pero que a su vez tiene un punto de vista holístico
(visión global y sistémica) sobre la forma en la que se ofertan éstos a los clientes. No hay duda
de que las decisiones tomadas de esta manera son más resilientes, viables y satisfactorias. (Innguma, 2019, p.1)
La Vigilancia Tecnológica siendo esta un proceso organizado, selectivo y permanente, de
captar información del exterior y de la propia organización sobre ciencia y tecnología, seleccionarla, analizarla, difundirla y comunicarla, para convertirla en conocimiento para tomar
decisiones con menor riesgo y poder anticiparse a los cambios. (UNE, 2011, citado en Moya y
Moscoso, 2017, p.14)
La Inteligencia Competitiva en el contexto organizacional es de gran importancia ya que
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�Cruz–Páez, F. O., &amp; Vanegas–Flórez, O.

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“es una acción que pretende definir, recopilar, analizar y distribuir información externa sobre
productos, servicios, clientes, competidores o cualquier otro aspecto que ayuda a la toma
de decisiones de la organización y al diseño de planes estratégicos y operativos.” (Salmi,
2009, citado en Moya y Moscoso, 2017, p.14).
De acuerdo a lo anterior se puede expresar que la VT e IC son inherentes a la competencia
perfecta ya que:
En un mercado en donde la brecha entre la empresa líder y las seguidoras sea menor, y por
tanto la competencia por arrebatarse el liderazgo sea mayor, la inversión tendería a ser mayor
que en un mercado en donde la brecha entre líder y seguidoras sea mayor y por tanto, la presión
de las seguidoras sobre la líder sea menor. En síntesis, el corazón del sistema capitalista está en
la empresa y sus relaciones dinámicas con el mercado. (Vargas y Rodríguez, 2016, p.6)
Es por ello que con la Vigilancia Tecnológica y la Inteligencia Competitiva en las empresas
públicas y/o privadas se “pretende diseñar y desarrollar productos y/o servicios innovadores,
crear portafolios corporativos impresos y en línea todo ello con el apoyo de las Tecnologías
de la información y la comunicación” (Cruz, Mera y Lechuga, 2019, p. 187) para impactar el
mercado actual con las dinámicas que se dan en el contexto organizacional.
Así frente a las relaciones de las entidades en el mercado es evidente que la elección de
tecnología en directa relación con la IC y la VT se puede apreciar que el Desarrollo de las
entidades se da cuando se hace uso de tecnologías que competitivamente y comparativamente
posicionan a Universidades, Empresas y Estados con el uso adecuado y comunicación asertiva
con el apoyo de tecnologías especializadas en la inteligencia competitiva ya que:
Las tecnologías que se consideran especializadas abarcan aquellas que son creadas para uso
empresarial, ofreciendo aplicaciones específicas para el procesamiento avanzado de información y la toma de decisiones, por lo cual su uso se delimita a algunos procesos empresariales
afines a la negociación internacional. Estas tecnologías tienen un grado medio y alto de complejidad en su instalación y uso, por lo general se adquieren a través de la compra de licencias que
tienen costos significativos, y brindan soluciones más acertadas y eficientes para la reducción
de costos y tiempos en la negociación. (Cano y Baena, 2015, p.344)
Cultura Organizacional
En la cultura organizacional Salazar, Guerrero, Machado y Cañedo, aseguran que ella ejerce
una fuerte influencia en el clima laboral, pues es un patrón que genera conductas y valores que
comparten los empleados de una organización, de tal forma que generan una serie de elementos
distintivos y particulares que forman elementos diferenciadores de las otras organizaciones.
Los principales elementos son:
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La identidad de los trabajadores con su organización en los estilos de trabajo y disciplina de
este.
Énfasis en el grupo: determina si se realizan trabajos en grupos o de forma individual.
Perfil de la decisión: si las decisiones se toman pensando en los recursos o en el talento humano.
Integración: cómo funciona la organización de forma coordinada o de forma independiente.
Control: determina si existe una tendencia muy fuerte por el control o por otra parte se trabaja con base en el autocontrol.
Tolerancia al riesgo: si se fomenta o no la innovación, la creatividad, la proactividad para el
desarrollo de actividades.
Criterios de recompensa: que factores influyen para motivar a los empleados de la organización.
Tolerancia al conflicto: Si se permite o no el conflicto funcional como elemento del desarrollo organizacional.
Enfoque de la organización: si la gerencia se orienta hacia el mundo externo o hacia el interior de la organización. (2009, p.70)
Teniendo en cuenta los mencionados aspectos, la organización debe buscar el consenso en
todos los miembros de la organización, con el fin de lograr la misión y los más importante generar un ambiente de bienestar con un nivel alto en la calidad de vida de sus empleados, lo cual
se verá reflejado en un mayor compromiso en las actividades realizadas, aumento de la productividad y la competitividad, generando esto beneficios directos en la organización. (Salazar, et
al., 2009, p.1)
Es así como la cultura de la gestión en una organización “implica un conjunto de cambios en
la perspectiva de la cultura organizacional y de gestión.” (Gómez, 2018, p.15) De acuerdo a la
gestión desde la cultura organizacional “se tuvieron en cuenta las nuevas tecnologías dentro
de la estructura formal e informal, sin dejar de lado el sistema social” (Cruz y Bejarano,
2018, p. 43) siendo este último de gran importancia para las Universidades, las empresas y el
estado.
De acuerdo a ello tal y cómo afirma Cruz, 2014, “se podría implementar a nivel nacional en
aspectos de técnicas, procesos, servicios a prestar, comunicación organizacional, tecnologías a
implementar y sistemas de información” (p.38) con el fin de liderar procesos de VT, IC y cultura organizacional desde la Universidad para las empresas y el entorno en general. “En este
sentido, la existencia de una estrategia organizacional, de una visión y una misión, de objetivos
claros, de canales de comunicación claros entre la gerencia y los empleados, y de una cultura de
medición,” (Zipasuca, Cruz, Rojas y Muñoz, 2019, p.14) en las organizaciones mejora la culRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020 Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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tura organizacional en la triple hélice Empresa-Estado-Universidad y de la sociedad puesto que
“El poder está relacionado con los tipos de recursos utilizados para ejercer alguna influencia
sobre la organización.” (Lechuga, Cruz y Cazallo, 2018, p.73)
Universidad de Cundinamarca
La misión de la Universidad de Cundinamarca, muestra que es una organización con grandes
potenciales frente a la apropiación y fortalecimiento continuo de la misma y así se pueden aprovechar la Vigilancia tecnológica y la Inteligencia Competitiva en la entidad y para el entorno
que le circunda,
La Universidad de Cundinamarca, 2019, es una institución pública local del siglo XXI, caracterizada por ser una organización social de conocimiento, democrática, autónoma, formadora, agente de la transmodernidad que incorpora los concesos mundiales de la humanidad y
las buenas prácticas de gobernanza universitaria, cuya calidad se genera desde los procesos de
enseñanza- aprendizaje, investigación en innovación, e interacción universitaria. (p.1)
Así para corroborar la importancia de la Universidad y el empoderar la VT e IC como parte
de la Cultura Organizacional de las entidades se aprecia que, en la visión de la Universidad de
Cundinamarca, 2019, se afirma que:
La Universidad de Cundinamarca será reconocida por la sociedad, en el ámbito local, regional, nacional e internacional, como generadora de conocimiento relevante y pertinente, centrada en el cuidado de la vida, la naturaleza, el ambiente, la humanidad y la convivencia. (p.1).
Finalmente, con base en la afirmación anterior se puede inferir que “Es importante resaltar
que la competitividad es un factor determinante a la hora de penetrar mercados nacionales e
internacionales” (Cruz y Bejarano, 2018, p.52) y es de esa manera que inteligencia Competitiva
junto con la Vigilancia Tecnológica benefician a las organizaciones en general.
3.-MÉTODO
Diseño
La investigación de la cual se desprende el artículo se realizó desde un enfoque cuantitativo,
con una metodología cuantitativa, por medio de un diseño transversal de recolección de datos
en un tiempo determinado, con un alcance descriptivo típico con aplicación en campo. Las variables que se indagaron son Vigilancia Tecnológica, Inteligencia Competitiva y Cultura Organizacional la cuales fueron analizadas por medio de las apreciaciones de estudiantes de IX y X
semestre, graduados, docentes y administrativos de la Universidad de Cundinamarca Extensión
de Facatativá, Cundinamarca, Colombia.
El enfoque investigativo de la presente investigación es cuantitativo ya que “En una invesRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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tigación cuantitativa se intenta generalizar los resultados encontrados en un grupo o segmento
(muestra) a una colectividad mayor (universo o población). También se busca que los estudios
efectuados puedan replicarse.” (Hernández, Fernández y Baptista, 2014, p.5)
El diseño de la investigación es transversal ya que, según Rodríguez y Mendivelso, “El
investigador realiza una sola medición de la o las variables en cada individuo (número de mediciones)” (2018, p. 142)
Para el alcance de la presente investigación se indago el ámbito de los estudios descriptivos
y afirman Burns, N y Grove, S.K. 2004 citado en Müggenburg y Pérez, que:
En el ámbito de los Estudios descriptivos se pueden mencionar: a) descriptivo típico (describe las características de una sola muestra); b) descriptivo comparativo (describe las diferencias
de variables en dos o más grupos); c) estudio de caso (descripción intensa de una unidad de
estudio). (2007, p.36)
Participantes
Las personas que aplicaron el cuestionario fueron estudiantes IX y X semestre, graduados, docentes y administrativos, con el fin de profundizar en la propuesta de Investigación Vigilancia
Tecnológica e Inteligencia Competitiva y Cultura Organizacional en la Universidad de Cundinamarca, Extensión Facatativá liderada desde el núcleo temático Investigación I.
Se obtuvo 69 respuestas segmentadas así: 50,7% de estudiantes X semestre seguido de
27,5% de estudiantes IX semestre, 15,9% de docentes, 4,4% administrativos y 1,5% graduados.
Instrumento
Las personas que participaron aplicando el instrumento de investigación encuesta estructurada
bajo parámetros de cuestionario tipo Delphi, frente a ello se aprecia que: El método Delphi tiene
como finalidad poner de manifiesto convergencias de opinión y hacer emerger ciertos consensos
en torno a temas precisos, mediante preguntas a expertos por medio de cuestionarios sucesivos.
El objetivo más frecuente de los estudios Delphi es el de aportar iluminación a los expertos
sobre zonas de incertidumbre a fin de ayudar a la decisión. (Godet y Durance, 2007, p.78, citado
en Mera, Avendaño y Cruz, 2015, p.79)

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Procedimiento
Fase
Fase 1

Fase 2
Fase 3
Fase 4
Fase 5

Fase 6

Cuadro 1. Fases de la investigación
Descripción
Estado del arte, se indagaron documentos, libros, artículos de investigación,
página web de la Universidad de Cundinamarca relacionados con las variables de la investigación Vigilancia Tecnológica en inteligencia Competitiva,
Cultura Organizacional.
Construcción del marco teórico de las variables Vigilancia Tecnológica en
inteligencia Competitiva, Cultura Organizacional y de la Universidad de
Cundinamarca.
Construcción y validación del instrumento de investigación encuesta tipo
Delphi.
Selección de la muestra de personas y aplicación de la encuesta, se seleccionaron estudiantes, docentes, administrativos y egresados de la Universidad
de Cundinamarca.
Análisis de las encuestas aplicadas y obtención de resultados de la Vigilancia Tecnológica, Inteligencia Competitiva y Cultura Organizacional en la
Universidad de Cundinamarca Extensión Facatativá.
Recomendaciones para propuesta de segunda fase de aplicación del proyecto de investigación para indagar la Vigilancia Tecnológica en inteligencia
Competitiva, Cultura Organizacional a pymes del entorno de la Universidad
de Cundinamarca y todas las sedes y extensiones de la Universidad.
Fuente: Elaboración propia de los autores, 2020.

4.- RESULTADOS
Encuesta Vigilancia Tecnológica e Inteligencia Competitiva y Cultura Organizacional, Universidad de Cundinamarca, Extensión Facatativá. Marco Referencial para aplicación de la encuesta:
Frente a Vigilancia Tecnológica -VT e Inteligencia Competitiva se aprecia que:
La VT tiene como objetivo principal, conocer día a día todo lo que ocurre en un área tecnológica determinada, con el fin de establecer el camino que deben tomar los trabajos de investigación que se desarrollen dentro de una organización (Cegarra, 2004, citado en Ramírez,
Escobar y Arango, 2012, p.244)
y de esta manera lograr discernir, pero con conocimiento. Una primera definición de la
inteligencia competitiva de La Sociedad de Profesionales de Inteligencia Competitiva (SCIP
- Strategic and Competitive Intelligence Professionals) afirma que la IC es un proceso ético
y sistemático de recolección de información, análisis y diseminación pertinente, precisa, específica, oportuna. (Ramírez, Escobar y Arango, 2012, p.244)
Dentro de la formación educativa que se tiene en la Universidad de Cundinamarca ¿Cuál es
el tema que considera de mayor importancia en su rol relacionado con la Universidad?
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El 58% de las personas encuestadas afirman que la inteligencia competitiva – IC es el aspecto más importante en la formación educativa en la extensión Facatativá, seguido del 34,8% de
Cultura Organizacional y un 7,2% de la Vigilancia Tecnológica.
¿Cuáles son los tres principales servicios institucionales que usa con mayor frecuencia?
Los tres servicios más usados son la plataforma institucional con un 87%, seguido de las
aulas virtuales con un 84,1% y la biblioteca con un 63,8%, lo que deja apreciar la importancia
de las herramientas que dispone la universidad para estudiantes, docentes y administrativos
principalmente.
¿Se han realizado capacitaciones donde se abarque o explique la adecuada gestión de los medios tecnológicos con los que cuenta la Universidad, Si o NO? Especifique cuales implementa
usted.
El 26,1% afirmaron que si a través de La Inducción a estudiantes y docentes, manejo de aulas virtuales, de la red social Facebook y Colnodo para la creación de páginas web para el apoyo
de publicidad de futuras empresas, manejo de plataforma institucional, correo institucional,
biblioteca y el sistema de solicitudes SIS, así se repasan los conceptos sobre los medios tecnológicos que posee la universidad y como pueden hacer uso de ellos para facilitar los procesos
académicos y se puede profundizar el manejo de Moodle con talleres de capacitación presenciales y el 73,9% respondieron que hacen uso básico de los computadores de la biblioteca y en
ocasiones de los televisores dispuestos en la era digital para el desarrollo de actividades lúdico
pedagógicas y que falta apoyo publicitario para fortalecer el conocimiento y habilidades para
el manejo de plataformas virtuales, lo cual indica que la mayoría de la comunidad no ha asistido a las capacitaciones programadas y se debe promover mayor accesibilidad, flexibilidad en
horarios y apropiación cultural por parte de las personas frente a la inversión del conocimiento
que realiza la universidad.
¿Cree usted que se están implementando adecuadamente los lineamientos de las funciones
sustantivas, en el área de Ciencia, Tecnología e Innovación? ¿SI o No y por qué?
El 21,7% afirma que si ya que se está interactuando con las TIC y gracias a estas se tiene
un mayor acceso a fuentes primarias de información generadas por estudiantes y docentes de
la universidad. Teniendo así también mayor facilidad de acceso a la universidad, sugieren en
la parte de innovación se podrían implementar más espacios o tal vez la implementación de un
núcleo temático sobre liderazgo innovador para promover con mayor asertividad la iniciativa
de los estudiantes en cuanto a la gestión en el campo de investigación e innovación, con base
en el Modelo Educativo Digital Transmoderno - MEDIT propuesto en la Universidad, ya que
los estudiantes afirmaron que en algunos núcleos temáticos los enfocaron en la innovación
como pilar de competitividad puesto que la academia siempre busca que su mayor legado sea el
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conocimiento basado en la ciencia y apoyado en la exploración e implementación de las nuevas
tecnologías en la interacción de los docentes con los estudiantes mediante las aulas virtuales y
la sensibilización y creación de Semilleros de investigación, y el 78,3% expresa que no porque
los procesos de investigación tienen deficiencia en la cantidad de participantes que están activos e interactuando constantemente en el proceso y se deben divulgar con mayor frecuencia
todos estos procesos para que los estudiantes tengan en cuenta la importancia de la investigación en el mundo empresarial.
¿Desde cuál objetivo institucional cree usted que se podría fortalecer la cultura organizacional enfocada desde la Vigilancia Tecnológica -VT e Inteligencia Competitiva - IC en la
Universidad?
Se evidenció que fomentar la formación profesional, en el marco de la cultura, la ciencia, la
tecnología y la innovación con un 60,9% es el objetivo que podría fortalecer la cultura organizacional desde la Vigilancia Tecnológica y la Inteligencia competitiva, seguido de Consolidar
la presencia institucional en el contexto científico con un 21,7%, Contribuir al desarrollo de los
niveles educativos con un 10,1% y con 7,3% Evaluar de manera continua el quehacer institucional en la Universidad de Cundinamarca, Extensión Facatativá.
La investigación como pilar de la Inteligencia Competitiva en la Universidad de Cundinamarca, Extensión Facatativá se aprecia en mayor medida en:
Se evidenció que los semilleros de investigación con un 39, 1% y las monografías de investigación con 21,7% son los principales pilares de la investigación interrelacionada desde la
Inteligencia Competitiva en la Universidad de Cundinamarca, Extensión Facatativá, seguido de
los núcleos temáticos con un 14,5% , intercambios interinstitucionales y pasantías cada una con
8,7% y 7,3% en interacción universitaria.
Teniendo en cuenta la importancia de realizar estudios de Inteligencia competitiva IC y Vigilancia Tecnológica -VT ¿En qué campo lo aplicaría?
La comunidad de la universidad aplicaría estudios desde la Inteligencia competitiva IC y
la Vigilancia Tecnológica -VT en investigación con 42% y en el sistema organizacional con
39,1% principalmente seguido de la cultura organizacional con un 18,8%.
Incorporar un sistema de I.C. y V.T. permite un ahorro de costos ¿Usted realizaría esta actividad en su Organización con qué fin?
El 95% de las personas afirmaron que si incorporarían un sistema de Vigilancia Tecnológica
e Inteligencia Competitiva en la organización con el fin de generar una reducción de tiempo y
costos y maximizar los ingresos, ampliar el mercado, Automatizar y estandarizar procesos, capacitar el personal, maximizar la producción para innovar y tener un plus en los productos y/o
servicios con efectividad e igualmente generar conocimiento e información, teniendo en cuenta
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que el recurso más importante es el desarrollo de las capacidades de las personas alineadas al
cumplimiento de los objetivos aumentando así las ventajas competitivas con mayor ahorro,
control de personal con auditoría interna y externa por ejemplo a través de los retos de innovación en donde participan todos los colaboradores de la empresa dando ideas de ahorro, de mejora y de innovación esto para la contribución de las metas de la organización lo que permitirá
incrementar la competencia y mantener un correcto control y funcionamiento de la tecnología,
con la inclusión del recurso humano y fomentar la excelencia de los trabajadores. Minimizar
los costos de manejo de documentación y ampliar el espacio de almacenamiento y así mismo
teniendo acceso a la información de la organización invirtiendo en seguridad cibernética y así
aumentar la confianza del cliente interno y externo. También con el fin de visibilizar procesos
y resultados de investigación que permitan posicionar al equipo de trabajo, a la institución y
que finalmente la organización sea más competitiva con el fin de tener un mayor grado de conocimiento del entono que rodea a la organización, de tal manera que con toda la información
recolectada, analizada e interpretada, se efectué un proceso más coherente y objetivo de la toma
de decisiones, para buscar blindar la información de la compañía teniendo en cuenta que quien
tiene la información tiene el poder y se pueden implementar estos sistemas para el mejoramiento de la calidad en cada uno de los procesos para el desarrollo del sistema organizacional.
Finalmente, solamente el 5% expresó que no las implementaría en la empresa.
Estaría dispuesto a participar en cursos, diplomados y/o conferencias con el fin de mejorar
su desempeño y la Cultura Organizacional en relación con la Inteligencia Competitiva y la Vigilancia Tecnológica.
Efectivamente al 92,8% de las personas les gustaría participar en cursos, diplomados y/o
conferencias con el fin de mejorar su desempeño y la Cultura Organizacional en relación con
la Inteligencia Competitiva y la Vigilancia Tecnológica lo cual evidencia la importancia de ser
líderes intraemprendedores desde la extensión Facatativá en proyectos y/o programas que fortalezcan la VT e IC desde la culturización organizacional en la Universidad.
5.- CONCLUSIONES
Las estrategias que se emplean desde la Vigilancia Tecnológica y la Inteligencia Competitiva
fortalecen la cultura organizacional en la Universidad de Cundinamarca Extensión de Facatativá y generan habilidades, destrezas y apropiación del conocimiento para poder gestionarlo
a nivel empresarial y/u organizacional por parte de estudiantes, graduados, docentes y administrativos. Es así como “la vigilancia tecnológica e inteligencia competitiva, a través de bases
de datos de vigilancia tecnológica en páginas web de convocatorias como Colciencias2 , Colfuturo3 , SENA4” (Lechuga, 2015, p.120) son fundamentales en las estrategias de desarrollo
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organizacional.
La cultura organizacional se puede fortalecer con mayor empoderamiento de líderes de la
comunidad académica (docentes, estudiantes y administrativos) en la institución, ya que:
para que la gestión de las IES sea efectiva, tanto en situaciones estables, como de cambio
organizacional, importa caracterizar la cultura organizacional para que sus elementos se conviertan en insumo para la toma de decisiones y el diseño de programas de acción en las instituciones. (Cavazos, Ochoa, Álvarez, 2016, p.1)
La investigación actualmente juega un papel de gran importancia para universidades y empresas del sector real es así como desde la culturización organizacional en el contexto de modelos organizacionales en interacción con y desde la Vigilancia Tecnológica y la Inteligencia
Competitiva servirán como eje de la cultura organizacional en la Universidad y las empresas
y/u organizaciones. Teniendo en cuenta que Santa, 2017, citado en Bollás y Valencia, 2017,
p.2) afirma que:
La inteligencia competitiva va más allá de la investigación de mercado o la vigilancia tecnológica, centrándose en todos los aspectos del entorno para generar ventajas competitivas en la
organización. Las herramientas integradas de vigilancia e inteligencia ayudan a las organizaciones a optimizar sus recursos, automatizando la detección temprana de amenazas y oportunidades, monitorizando la captura de datos y apoyando los procesos de explotación de información.
Se recomienda realizar una nueva investigación en todas las sedes y extensiones de la Universidad de Cundinamarca e igualmente desarrollar una investigación en coautoría con otras
universidades a nivel nacional e internacional como propuesta macroproyecto de investigación
liderado desde la Universidad de Cundinamarca, Extensión Facatativá con entidades con las
cuales se maneja el tema de internacionalización cono el Tecnológico Nacional de México /
Instituto Tecnológico de León de México ya que Huerta, 2013, citado en Lázaro, afirma que “se
establezca una cultura organizacional favorecedora de un clima colaborativo, en donde las opiniones y los argumentos de los docentes sean considerados relevantes en la toma de decisiones.
(2017, p.58-59)
La Vigilancia Tecnológica y la Inteligencia Competitiva son inherentes en conjunto con la
cultura organizacional y se aprecia mayor apropiación de la IC en la Universidad, así se sugiere
la creación y oferta de diplomados, cursos de extensión, seminarios entre otros programas educativos para la comunidad académica y empresarial en la institución como pilar de cultura organizacional en concordancia con el Modelo Educativo Digital Transmoderno – MEDIT, ya que:
Lo digital engloba todo un momento histórico hoy en el mundo, lo cual implica otra manera
de entenderlo, ser y hacer; por lo tanto, no se reduce a una mera concepción asociada a la virtualidad y a la tecnología, sino que se reconoce en su impacto en las formas de conocer de los
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sujetos. (Universidad de Cundinamarca, 2019, p.1)
Agradecimientos
El artículo se deriva del proyecto de investigación “Vigilancia tecnológica, inteligencia competitiva y cultura organizacional en la Universidad de Cundinamarca extensión Facatativá”
desarrollado en el semillero GEICAEC del programa de Administración de Empresas, el proceso de investigación se realizó en el primer semestre académico del año 2019 con el fin de
diagnosticar en conjunto con el co-investigador y con el apoyo de estudiantes auxiliares del
semillero de investigación la relevancia de formular estrategias para la aplicación de modelos
y métodos existentes de la Vigilancia Tecnológica y la Inteligencia Competitiva en la Universidad. Se agradece la participación en la construcción de la encuesta a Omar Giovanni Gómez
Farfán, Valentina Cabanzo Gómez y Erika Vanessa Ávila Galvis, auxiliares del semillero de
investigación GEICAEC.
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�102
The southern border of Mexico: Problems and challenges of national security and its
different dimensions1
La frontera sur de México: Problemas y desafíos de seguridad nacional y sus diferentes
dimensiones
José María, Ramos-García2
El Colegio de la Frontera Norte, México
https://orcid.org/0000-0001-6440-6470
Carlos, Barrachina-Lisón3
Universidad Anáhuac, México
https://orcid.org/0000-0001-7802-297X
Jimmy Emmanuel, Ramos4
Universidad Autónoma de Baja California, México
https://orcid.org/0000-0002-8809-6822
https://doi.org/10.29105/pgc6.12-6
_______________________________________________________________________________________________________
ABSTRACT
The southern border of Mexico presents great challenges and opportunities. It is an area of traditional coexistence
and daily border dynamics. Despite not presenting a can be done traditional enemy; however, the interests of the
United States have made organized crime activities, especially related to drug trafficking; as well as the transit of
undocumented migrants is part of the Mexican National Security agenda. This paper proposes that only from a
multidimensional and comprehensive approach is it possible to manage a border that takes people into account as
human beings, beyond their citizenship.
Keywords: Multidimensional Approach, National Security, Southern Border, US-Mexico Relationship.
RESUMEN
La frontera sur de México presenta grandes desafíos y oportunidades. Es un área de convivencia tradicional y dinámica de frontera diaria. A pesar de no presentar un enemigo tradicional se puede decir; sin embargo, que, a causa
de los intereses de los Estados Unidos en la región respecto al control de las actividades del crimen organizado,
especialmente las relacionadas con el narcotráfico; así como el tránsito de inmigrantes indocumentados, es que la
frontera sur siempre ha formado parte de la agenda de Seguridad Nacional de México. Este documento propone
que solo desde un enfoque multidimensional e integral es posible gestionar una frontera que tenga en cuenta a las
personas como seres humanos, más allá de su ciudadanía.
Palabras clave: Enfoque multidimensional, Frontera Sur, Relación EE UU-México, Seguridad nacional.
Recibido: 30 de Agosto 2019 - Aceptado: 15 de Diciembre 2019 - Corregido: 09 de Enero 2020
Cómo referenciar este artículo:
Ramos-García, J., Barrachina-Lisón, C., &amp; Ramos, J. (2020). The southern border of Mexico: problems and
challenges of national security and its different dimensions. Politica Globalidad y Ciudadanía, 102-127.
Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/149

1 The results presented in this document are part of the investigation of aim K “National Security and Border with Guatemala” of the research
project “Mexico-Guatemala Cross-Border Region” (2018-2020). Large-scale scientific initiative in which more than 90 researchers with a
consolidated track record from Centro GEO, COLEF, CIDE, CIESAS, Instituto Mora, ECOSUR, FLACSO Guatemala and the University of
San Carlos de Guatemala cooperate. Available in http://www.rtmg.org/ms/objetivo_k/narrative/51
2 Doctor en Ciencias Políticas y Sociología por el Instituto Universitario y de Investigación José Ortega y Gasset, profesor adscrito al Departamento de Estudios de Administración Pública del Colegio de la Frontera Norte. Email: ramosjm@colef.mx
3 Doctor en Ciencias Políticas y Sociología por la Universidad Nacional de Educación a Distancia (UNED), Coordinador Académico de Seguimiento y Titulación de Posgrado, Facultad de Derecho, Universidad Anáhuac-México, Email: carlos.barrachina@anahuac.mx
4 Doctorante en Estudios del Desarrollo Global, profesor de asignatura en la Facultad de Economía y Relaciones Internacionales en la Universidad Autónoma de Baja California. Email: Jimmy.ramos@uabc.edu.mx
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México, ISSN 2395-8448. 102-127. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/149

�The southern border of Mexico...

103
1.- INTRODUCTION
The general aim of this article is to highlight the role of the national security approach and policies by the Mexican State on the Mexico-Guatemala and Belize border, analyzing some of the
problems and challenges that have arisen in recent years. For the Mexican State, the southern
border with Central America is a priority in its national security agenda, considering the main
shared border problems: drug trafficking, migration, violence, arms trafficking, smuggling of
goods, and trafficking in persons.
The border between Guatemala, Belize and Mexico has long been porous and pendular migration, related to commercial activity, or justified by different job opportunities has been an
important part of the regional culture (García, 2017: 44 y 45; Chan-Pech, 2019: 48-55). In the
Central American North Triangle, made up of Guatemala, El Salvador and Honduras (Barrachina, 2016: 47-52), violence is part of the population’s daily life by criminal groups deeply rooted
in the territory (Armijo, 2011: 45-48).
The problems caused by organized crime in the region have not been managed effectively
(Olson y Zaino, 2014: 29-34), this has resulted in the current situation being more complex and
generating significant social impacts. Therefore, it is still essential to promote a comprehensive
agenda to promote an effective security and welfare policy on this border (Correa-Cabrera,
2017: 7-11). From the perspective of national security, the inadequate management and implementation of the policy to reduce risks, threats and problems; especially in terms of drug
trafficking, weapons and money laundering.
By way of background, in the 1980s, Guatemala - and, in general, Central America - was a
favorable territory for Colombian cartels to diversify the routes and means of drug transport.
Weak institutions in political and economic dimensions of the region were an excellent breeding ground for cartels to take control of important regions of the territory. The internal armed
conflict reduced attention to drug trafficking, corruption of the military and other officials; as
well as armed bands that provided protection to illicit crops and transport routes. Additionally,
note that there is a large Guatemalan border of about 1,687 kilometers with four countries and a
high degree of border porosity, as well as a network of areas and routes of consolidated traffic;
and poor cooperation and drug policy coordinated with Mexico since the 1980s (Comisión Nacional para la Reforma de la Política de Drogas, 2014).
Over the years, according to the 2016 International Narcotics Control Strategy Report, issued by the United States Department of State, most of the cocaine [90 percent] that enters
that country passes through Central America. This trend has increased since the 1990s with
the strengthening of Mexican criminal groups and their networks with Colombian groups. The
impact of drug trafficking and its profits also show the ineffectiveness of international drug
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�Ramos-García, J. M., Barrachina-Lisón, C., &amp; Ramos, J. E.

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cooperation; of binational cooperation and management on this issue of Central America in the
last 30 years, based on an agenda for national security. Despite this there have been advances;
For example, in 2017, Guatemala had its largest confiscation, consisting of 13.7 tons of cocaine,
with the support of the US Coast Guard (Williams, 2018).
2.- THEORICAL FRAMEWORK
The multidimensional approach of the national security policy of the Mexican state: an effective transversal management model.
The National Security Program 2014-2018 of Mexico “(…) recognizes the impact of those
trends and factors that could have a negative impact on the national interests and aims of Mexico and on the conditions for the social and economic development of its population” (Secretaría
de Gobernación, 2014). The challenge posed by this program is that “(…) gives integral attention to vulnerabilities, risks and threats that directly impact the development of the Mexican
State and the quality of life of its population, establishing a link between security, defense and
development in three aspects: human, political-military and economic-environmental.” (Secretaría de Gobernación, 2014).
This change in the national security approach implied having an effective transversal management model, which in practice has had limitations on the southern border with Central
America and in the relationship with the United States (Angulo, 2006: 17-26) . The analysis of
Mexican drug policy and its relationship with Guatemala, within the framework of national security policy, reflects different limitations, which have not affected on a reduction in the factors
that figure vulnerability and the risks of the interrelationship between security, migration, and
drug trafficking (Arévalo. B. 2002: 162-164).
The challenge of this paradigm is to make its implementation viable by the government actors of the three levels of government in Mexico, to promoting security and development in the
southern Mexican border. The challenge is even greater if “multidimensional national security”
integrates human security not only for citizens, but for all human beings who are in the national
territory (Head. I, 1991: 115-119; Nef. J, 1999: 11-13; Rojas, F and Alvarez, A., 2002: 14-19).
On the southern border of Mexico, the documented or undocumented migratory flow of Central Americans, mainly from the countries that make up the northern triangle (Honduras, Guatemala and El Salvador), is common (International Crisis Group, 2016: 11-16). The dimensions
to which migration responds (Casillas, 2015: 56-61), range from chronic insecurity of the countries and populations of origin (homicides5, kidnapping, smuggling, drug trafficking, collection
5 At the time of the 2014 DHS report, Honduras had the highest murder rate in the world: 74.6 homicides per 100,000 residents that year. El
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�The southern border of Mexico...

105
of land, trafficking in persons, domestic violence, arms trafficking, money laundering, extortion
and former revolutionary and counterrevolutionary movements [Mata Cervantes, 2017: 6-8]),
epidemic violence (aggravated by gangs and organized crime groups), hurricane and earthquake disasters, endemic poverty in the region and economic uncertainties caused by changes
in patterns of production due to climate change (Nawrotzi, Riosmena and Hunter, 2015: 67-69),
as well as basic structural factors of regional economic development.
This diverse context represents a challenge to carry out an effective multilevel management
oriented towards regional security and development. Hence the question, Will the incoming
Mexican administration be able to set up a policy capable of addressing all these dimensions?
These problems have gradually been exacerbated over the years by inefficient cross-cutting
management for development and security, also limited governance based on the rule of law
(Benitez Manaut, R, 2003; Barrachina Lisón, C and Rial, J, 2006: 150-157).
The challenge of managing these problems lies in reconciling the national security risks
agenda versus a human rights agenda (Ghys, 2019: 20-22) and the right to migrate. The difficulty of conceiving this balance is, has been and will be a source of border, local, regional and
intergovernmental tension, because emigration is a human right, the truth is also that in the
migratory flows it is possible to enter people with criminal records, linked to gangs or criminal
groups. Hence the challenge of the institutional capacity of the Mexican State to discuss the
risks in these migratory flows from Central America (Ingram y Curtis, 2015: 25-27).
The attack of September 11, 2001 is the watershed of major geostrategic changes in cooperation relations for border control between the United States, Mexico and Guatemala (Ribando
Seelke and Finklea, 2017: 13-22). The attacks triggered that Mexico modified the way it organized its territorial security. As a result, he had to reconsider the terms in which he would develop
his border and immigration security policy with his neighbors in the South (in Mexico one of
the effects was to include security cooperation in the NAFTA agreements [Lozano-Vázquez
and Rebolledo Flores, 2015: 246-249]). From that moment on, countries acquired the commitment to improve their security by protecting shared borders (Cottam y Otwin, 2005: 20-28).
However, in practice, Mexico has gradually strengthened border security and control, as part
of the Mérida Initiative, since the end of the first decade of the 21st century, porosities are still
maintained.
This situation has facilitated both the flows of irregular Central American migrants to Mexico, as well as drug trafficking to and from Central America. Therefore, the emphasis is on pro-

Salvador ranked second, with 64.2. Guatemala was ninth, with 31.2. In 2016, El Salvador had an even higher homicide rate than Honduras, 91.2
per 100,000 people. The rate for Honduras was 59.1 and the rate for Guatemala was 23.7 (D’Vera, Passel y Gonzalez-Barrera 2017).
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moting effective co-responsibility in the area of migration governance within the framework
of the institutionalization processes of security, migration and development policy towards the
southern border and promoting cooperation from Mexico, with Central America and the United
States that gradually be strengthened (Pastor Gómez, 2016: 6-10).
In the case of Mexico, the first formal policy action was to impose on Guatemala the contents
of the “Smart Borders” agreement, which resulted in the creation in 2002 of the High-Level
Group for Border Security (GANSEF, later, GANSEG) (Ribando Seelke, 2009: 21-25). Since
then, border control and security are a priority issue for both countries (initially as a response to
terrorist threats, and subsequently the fight against drug trafficking from the second half of the
21st century). However, the problems of corruption, lack of professionalization, limited technology, intelligence and research, among others, show the increasing difficulty of substantially
reducing drug trafficking on the Mexico-Guatemala border in the last twenty years. The current
budgetary restrictions of both the federal administration of the United States and Mexico to promote international initiatives for both security and local development show the distrust of the
results of actions and strategies in previous agreements. On the other hand, the Mérida Initiative
has not been successful in its effort to cut drug trafficking, in its transit from Central America to
Mexico and then to the United States.
After September 11, 2001, the “Merida Initiative” was devised with the aim of improving
cooperation and security control between the United States, Mexico and Central America to
stop drug trafficking of transnational criminal organizations; as well as to detect possible terrorist attacks in the region (Ribando Seelke, 2009: 17-20). It started with a financing of 1.6
billion dollars and four pillars of action: 1) disrupting the working capacity of organized crime; 2) institutionalize the ability to support the rule of law; 3) create the border structure of
the 21st century, and 4) build strong and resilient communities (Benitez Manaut y Rodríguez,
2009: 43-45). Funding for programs for improving and professionalized local police was one
of the initiative’s core strategies. The guidance for action were: control of undocumented immigration, strengthening and professionalization of public safety; shared strategies to protect
the southern border of the United States. Over the years, the impact of the Mérida Initiative on
the relationship with Mexico and the border has basically been limited in terms of financing for
infrastructure and biometric equipment to promote immigration regulation and control (Barrachina, 2009: 260-265).
The security thresholds established as a result of the terrorist attacks of September 2001
- which caused a stricter border control, as well as the “criminalization” speech of irregular
migration to the United States - caused Mexico to devote more resources and attention to compliance with the safety community criteria (Benitez Manaut, 2008: 2-6). Given the new security
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�The southern border of Mexico...

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scenario, Mexico increased cooperation in the fight against drug trafficking and migration by
implementing policies on the southern border through Plan Sur (2001-2003) and the Southern
Border Program (2014-2018) (Borja Armas, 2016: 19-29). However, there have been structural
limitations in these cross-border cooperation programs, which have not substantially reduced
drug trafficking or the passage of undocumented migrants across borders.
Southern border program: policies and limitations
On July 7, 2014, presidents Enrique Peña Nieto of Mexico and Otto Pérez Molina of Guatemala, announced the Southern Border Program (PFS), whose purpose was to protect migrants traveling through Mexico. Other goals of the program were: to foster a culture of legality, human
rights, respect and appreciation of migrants; join the issue of migration into regional and local
development strategies; and consolidate effective migration management, based on criteria of
facilitation, international co-responsibility, border security and human security. Promote the
processes of integration and reintegration of migrants and their families; and strengthen access to justice and security for migrants, their families and those who defend their main rights
(López, 2015: 70-72).
The two main goals of the Program are: a) to protect migrants entering Mexico and b) to administer ports of entry in a way that promotes the security and prosperity of the region (Wilson
and Valenzuela, 2014:1-3). The program promoted border custody from a dozen naval bases
in rivers; safety cords that are found along a line between Coatzacoalcos, Veracruz and Salina
Cruz, Oaxaca (on the Isthmus of Tehuantepec). Also, it stipulated that migration officials should
work with the military, federal and state police, to carry out the controls from the issuance of
“Regional Visitor” and “Border Worker Visitor” cards. The repercussions of these border containment cords meant that migrants took more remote and dangerous traffic routes (D´Vera,
Passel and Gonzalez Barrera, 2017: 5-7).
Regarding the aim of “protecting migrants entering Mexico”, the action plan considered five
dimensions: a) orderly migration, b) infrastructure improvements, c) protection of migrants, d)
shared regional responsibility and e) Inter-institutional coordination (Isacson, Meyer y Smith,
2017: 6-8). The problem of management and policies in these dimensions has been its effective
capacity for implementation and transversal coordination that, although it has improved migration controls, has not affected a decrease in drug flows across the borders with Guatemala,
whose destination is mainly to the United States.
Regional and orderly migration: The “Regional Visitor Card of Mexico” was established
with a validity for five years with an unlimited number of tickets, and a limit of 72 hours to stay
in the country; the “Border Worker Visitor Card” would allow working in the border area and
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�Ramos-García, J. M., Barrachina-Lisón, C., &amp; Ramos, J. E.

108
staying for extended periods. The aim was to ease regular, orderly and documented trips of people crossing the border in the region. This has allowed Guatemalans and Belizeans to receive
a pass for tourism, shopping and family purposes in the immediate Mexican border region for
a limited period. The main aim was to protect regional operations by promoting purchases and
cross-border tourism by residents of neighboring countries.
Table 1 Number of Local Visitor Migration Forms and as of 2013 Regional Visitor Cards
delivered per year and Mexican state.
Local Visitor Immigration Form / Regional Visa Card (from 2014)
AÑO

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2015

2016

2017

2018

Chiapas

1376

7067

123322

79267

60896

58019

36537

94936

105069

83533

71176

67120

Tabasco

S/D

S/D

8064

5042

3068

3151

4487

8725

6478

3736

2849

4793

Q. Roo

2139

3577

40673

8152

10141

6465

4134

8377

2670

2547

1417

2167

Total

4515

10444

172059

92461

74105

67635

45158

112038

114217

89816

75442

74080

Source: Prepared by the authors based on statistics from the National Institute of Migration, Mexico in the period 2007-2018.
Table 2 Number of Migrant Forms Border Worker and as of 2013 Border Worker Visitor
Cards delivered per year and Mexican state6
Local Visitor Immigration Form / Regional Visa Card (from 2014)
AÑO

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2015

2016

2017

2018

16613

15056

12348 10544

Chiapas

30655

28570

29953

23177

15749

15358

Tabasco

23

58

40

32

32

33

35

66

48

166

Q. Roo

0

1

1

1

6

0

10

8

3

4

30678

28629

29994

23210

15782

15391

16658

15130

Total

27840 22458

12399 10714

Source: Prepared by the authors based on statistics from the National Institute of Migration, Mexico in the period 2007-2018.
Improve infrastructure for border security and migration control: Focused on conditioning
infrastructure and other types of improvements at customs ports of entry and other border stations to modernize customs and border stations. The proposal of the plan was to create new
Centers for Integral Attention to Border Traffic, which would serve both to offer services to
migrants in transit, and to ease their deportation processes. This is an aim aligned with Mexico’s regional programs to streamline ports of entry with the goal of improving trade and visitor
flows. It was known as the “Border Zone Support Program” and sought to promote regional
6

Source: Prepared by the authors based on statistics from the National Institute of Migration, Mexico in the period 2007-2018.
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integration. Initially, these new centers did not offer services to migrants who decided to stay
in the country, such as services to asylum application, file criminal complaints or receive legal
advice without fear of deportation. This part was consistent with Mexico’s regional programs to
streamline ports of entry to improve trade and visitor flows (Border Zone Support Program) and
to promote regional integration of trade schemes. In 2017, there were five Centers for Integral
Attention to Border Traffic and mobile checkpoints along the border. The services offered for
migrants were medical care, support and advice for minors in the process of repatriation (Ortiz
de Zárate Bejar y Shubich Green, 2015: 171-174).
Protection of migrants: intended to develop medical and social services for families by developing new social and health services for migrants and their families, building five new medical
units in Chiapas and a set of improvements in infrastructure, personnel training and working
protocols for Detention centers and migrant shelters.
Shared regional responsibility: the aim was to coordinate regional efforts based on a “shared
responsibility” between municipalities, Mexican states, Guatemalan departments and countries.
The aim of this proposal was to improve regional collaboration on issues related to migration,
based on a “shared responsibility” between the countries of Central America and Mexico. One
aim to highlight was the interest of the countries of the northern triangle to develop public policies in Central America that triggered changes in their economic and political processes, to
combat the factors that will drive population migration (poverty, insecurity, vulnerability and
violence); However, this policy did not commit Mexico to any financial assistance or help7. An
important point in this part was to promote coordinated work, especially with the Government
of Guatemala, for the dismantling of criminal groups, and to establish centers for the registration and formation of shared border databases (biometric data, criminal organizations, routes
of traffic, traffic routes, vulnerable populations, etc.). However, profound limitations persist in
effective drug cooperation, based on research, intelligence, prevention and vocational training,
hindered the progress of drug cooperation initiatives.
Inter-institutional coordination: The Ministry of the Interior should coordinate with the governments of the States of Campeche, Chiapas, Quintana Roo and Tabasco through a public policy known as “Coordination for the Comprehensive Care of Migration in the Southern Border”
to carry out the strategies, mechanisms and activities stipulated in the program to develop and
implement models of inter-institutional coordination between federal, state and municipal units
involved in border security, and meet the goal of an orderly migration. One of the aims of the
7 The projects for the development of the area are the “Integration and Development Project of Mesoamerica” and the “Alliance for Prosperity”. Also, the Inter-American Development Bank (IDB) made a commitment to support ongoing initiatives to integrate energy markets (connect
Colombia’s electricity networks to Mexico and integrate gas markets in the region).
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strategy was to coordinate the agencies that had the task of enforcing the program guidelines,
integrating from the military institutions, to the municipal police that carried out their own control points and working protocols.
The plan postulated the exchange of information between agencies and coordinated actions
to protect the border and control the flow of migrants and illegal goods8. Emphasized the ways
in which there were limitations in the evaluation and monitoring of these initiatives with a comprehensive approach (migration, security and development), and there were no positive effects
on the progress of the capabilities of interception of illicit drugs, as well as cut the working
capacity of transnational criminal groups. The results of these cooperation initiatives were to
strengthen the infrastructure, border inspection mechanisms and include certain technological
innovation processes. The pending challenges were to strengthen security, reducing the infiltration in Mexico of people with criminal records or practices and promoting better welfare conditions in border populations, which implied a greater impact on the processes of management
and implementation of migration policies and community development. However, the assistance policy of the United States towards Central America (Olson, 2014) and in particular towards
Guatemala has not been integral in the last twenty years, in the sense that the confiscated drug
shipments increased, especially cocaine, the truth is also that the incentives for a real decrease
in drug trafficking have not been eliminated (Cara Labrador and Renwick, 2019). This entails
the need to redefine collaboration strategies for binational and national combating organized
crime. In the case of Mexico, its priority is to make sure greater effectiveness of security policies and carry out effective mechanisms to combat corruption, transparency and accountability
of its various institutes and corporations responsible for implementing policies related to the
southern border.
To implement the Program, a variety of federal agencies participated. These federal agencies
together with state and municipal corporations were responsible for the distribution of competences and functions, which have resulted in programs, policies and strategies with low levels of
efficiency in drug seizures and eradication of the various international and cross-border criminal groups. This institutionalization of the national security policy on the southern border was
not effective in regulating drug flows from Central America and with preferential destination to
the United States. To make this possible improvement in communication and information technologies; police reform and in the prison system; as well as improvements in the intelligence
systems they had to be implemented, as well as, to create an effective model of inter-institutio8 On the border strip between Mexico and Central America there are 370 informal steps and 56 of them are vehicular, that is, where trailers
and trucks of all kinds pass, without any verification. These are located in the 23 border municipalities: 18 in Chiapas, two in Tabasco, two in
Campeche and one in Quintana Roo. (Barrachina, 2013; Isacson, Meyer and Smith, 2015).
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111
nal coordination in the national security agenda with Central America.
Mexico has signed many cooperation agreements with Guatemala and Belize with contents
similar to those signed with the United States, to have greater border control. Some of the
results of these agreements are the Binational Border Security Groups. However, the difficult
geographical conditions of the region — which is jungle, mountainous and has many wetlands
— poor institutional coverage and corruption have limited greater effectiveness in drug policy
over the past 30 years (Benitez, 2011: 188-190; Barrachina, 2013).
The national security policy in the administration of president Andrés Manuel López Obrador
At the time of knowing the election result of the 2018 elections in Mexico, there was great
uncertainty about what the president’s relationship with the Mexican armed forces authorities
would be. One of the most recurrent comments was that Andrés Manuel López Obrador had a
great resentment towards them, that the Presidential General Staff was going to disappear, and
that military institutions were going to lose a lot of political force (Espino, 2018).
Despite fulfilling the promise of the Presidential General Staff disappearing, the reality is
that the armed forces have become a disciplined instrument at the service of the President of
Mexico, and that this follows a policy of continuity with the Mexican tradition of military autonomy (Arteta, 2018; Notimex, 2019). The approval of a National Guard, under military command, and composed of elements of the army, navy and federal police; and its missions focused
on combating organized crime (as a national police), as well as neutralizing the passage of
migrants through Mexican territory confirms this hypothesis. Officially presented, with all the
legal instruments approved, at Campo Marte on June 30, 2019, the National Guard will depend
on the Secretary of Security and Citizen Prevention, and will have General Luis Rodríguez Bucio as the first commander. There is no doubt in pointing out that this institution will become the
central pivot of López Obrador’s security strategy, and that it will directly manage a good part
of the missions related to the national security agenda in the Mexican territory (Damian, 2019).
Obama from the hand of the IDB followed a mixed policy (The White House, 2015). While
on the one hand the repressive policy increased and repatriated many of Central Americans,
inviting Mexico to strengthen its policy of immigration neutralization through the Southern
Border Plan, on the other it promoted the “Alliance Plan for the prosperity of the Northern
Triangle” (PATN), whereby these countries received 8,618 million dollars in different projects
from 2016 to 2018. The policy sought to develop local capacities so that Central Americans
would not leave their countries (Banco Interamericano para el Desarrollo, 2018).
Donald Trump’s threat to impose increasing tariffs on Mexican exports has become the clearest threat to national security facing the Mexican administration (Mars, Ximénez de Sandoval
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112
and Fariza, 2019). The US president put on the table two major issues that are a priority without
delay so as not to fulfill his threats: control of both organized crime and its activities related to
the transit of narcotics to the United States; as of the migratory flows (Briscoe, 2018), especially
of Central Americans on their way (Rooney y Collins, 2018) to the American nation (Bergman,
2017: 135-138). Although we did not trust the idea of a multidimensional national security
agenda, this time, in a “traditional” way, the Donald Trump administration has integrated and
imposed that the fight against drugs and immigration control be matters of national security of
Mexico. The Government of Andrés Manuel López Obrador in Mexico began by proposing an
alternative policy to the securitizing vision of Donald Trump: for a few months it seemed that
Mexico was betting on the development agenda and the United States of America for that of
the hard hand.
As of May 10, 2017, the Trump administration tried to cancel the PATN. On June 15 and 16,
2017 at the “Conference for Prosperity and Security in Central America” (Secretaría de Gobernación, 2018), Vice President Mike Pence met with the leaders of Guatemala, El Salvador, Honduras, Mexico and Colombia in Miami to change the strategy by making that the new approach
falls on security issues. On August 27, 2018, the Consultative Body of the Regional Plan of the
Alliance for Prosperity (2018) met, and on September 9 a first meeting of the foreign ministers
of Honduras, Guatemala and Honduras was suspended with the elected president of Mexico
Andrés Manuel López Obrador (Ola, 2018). As of this moment there is a regional agenda with
two alternative projects: that of the new Mexican administration and that of Donald Trump.
On October 11, 2018, Mexican Foreign Minister Luis Videgaray and Secretary of the Interior Alfonso Navarrete Prida attend the “Second Conference for Prosperity and Security in Central America” in Washington DC. The assistants on the part of the North American government
were Vice President Mike Pence, Secretary of State Mike Pompeo and the Presidents of the
“Northern Triangle” countries, Homeland Security secretary Kirstjien Nielsen affirms that “we
must end transnational criminal organizations and eliminate threats wherever they originate”
(Seguridad en América, 2018).
As of October 29, 2018, Alicia Bárcena Executive Secretary of ECLAC begins with Marcelo Ebrard to develop a development plan for the Mexican southeast and Central America,
with the idea of trying to detonate the economy with projects such as the Mayan train, and the
connection Railway Coatzacoalcos- Salina Cruz (CEPAL, 2018). In their protest as president of
Mexico, on December 1, the presidents of Honduras, Guatemala and El Salvador signed with
López Obrador a pact of understanding to advance the plan sponsored by ECLAC (Animal Politico, 2018); while on December 10 at the Conference for the “Global Compact on Migration”
in Marrakech (Rivera, 2018), the Comprehensive Development Plan was presented, with the
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support of the presidents of North Central America, Mexico and ECLAC. At first, the United
States followed a “diplomatic” position by pressing along the line of securitization; until Trump
finally gave up Nielsen and launched the threat of the gradual rise in tariffs.
On February 20, 2019, the “IV Meeting of Security Ministers of the Northern Triangle and
the United States” is organized in El Salvador. Without the Mexican delegation present, the
members sign a memorandum to bring criminals to justice, share information and secure borders and prevent migrant caravans. On March 6, Secretary Nielsen appears before the Committee on Homeland Security of the United States Congress, pointing out the state of emergency
in the region and requesting the support of congressmen to strengthen the president’s measures
(La Jornada, 2019). On March 29 Trump threatens to close the border with Mexico (Brooks,
2019), and on April 6 Nielsen Kirstjen renounce and its replacement is Kevin McAleenan who
until then served as commissioner for customs and border protection (CNN, 2019).
Despite the tightening of the US position, Mexico continues with its road map and on May
20 at the National Palace, President López Obrador, Foreign Minister Marcelo Ebrard and
ECLAC Secretary Alicia Bárcena present the “Development Plan for Southeast Mexico and
Central America” (CNN en español, 2019) (Sanchez, 2019). Two days later Marcelo Ebrard
presented the plan in Washington DC (Velazquez, 2019), and seven days later he did it in Berlin, where he secured the support of Germany, Spain and the European Union (Sanchez, 2019).
On the other hand, the day after the presentation in Berlin, on May 28, McAleenan traveled
to Guatemala to sign an agreement against human trafficking (United States embassy in Guatemala, 2019), and on May 30, Donald Trump announced that he would gradually increase export
taxes Mexican as of June 10. Before this date, on the 7th, Mexico agreed with the United States
to deploy members of the National Guard on the southern border of Mexico, and that the transit
measures of migrants through the country would be hardened (Ahmed y Villegas, 2019). On
the other hand, Mexico agreed to temporarily accommodate migrants who were requesting their
asylum request in the United States, to support US immigration agencies.
At this time, it is still early to know how this policy will evolve, and what the interaction
dynamics will be. It seems that Mexico is going to tighten its immigration policy, while moving
forward with its regional development project, as Obama already did when. Shortly after all
these movements, Tonatiuh Guillén (El Financiero, 2019), Commissioner of the National Migration Institute resigned, and questioned the little influence that the Secretary of the Interior
Olga Sánchez Cordero was having in the crisis (Riva Palacio, 2019). On the other hand, official
reports on the first amounts of resources sent for different projects to Central America have
already been made (López Ponce, 2019).
Mexico in its border role
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With the aim of preventing the arrival of Central American migration, the United States has
extended its regulatory networks beyond the physical border, towards Mexican politics and
territory. Mexico claims to recognize the human rights of Central American migrants and has
classified irregular migration as an administrative offense, and not as a crime. However, in
practice many of the government actions treat migrants as criminals, and in the population the
social representation that associates migration with “illegality” persists (International Crisis
Group, 2018).
Criminalize migration in Mexico, which means that migrants use organized crime networks
in the country to make their goal. Similarly, criminals have come to control the migration route.
The channeling of migrants, their clandestine status and the increased risks have thus served
to strengthen criminal control over migration routes in the country. In this way, border policies
have been instrumental in maintaining insecurity. Estimates suggest that the measures to prevent Central American migrants from passing through Mexico have not really had any effect;
on the contrary, the numbers increase continuously. The Mexican authorities estimate that between 400,000 and 500,000 irregular migrants have crossed from Central America to southern
Mexico each year - as mentioned in Chancellor Marcelo Ebrard on different occasions- although these numbers fall short to the latest data on arrests in the United States9, with those arrested
and repatriated by Mexican authorities, and those who manage to reach their destination.
A network of shelters, mostly funded by religious entities and other civil society organizations that work along the migration routes, offer some monthly data, but only a percentage of
migrants traveling north stay in shelters. The southern border remains the main route for cocaine trafficked from the Pacific coast of Colombia, and is also part of the logic of economy and
violence of irregular migratory transit. In their territories the context of violence is the product
of the gradual fragmentation and rise of drug cartels (Mazzitelli, 2011); and the spread of Central American street gangs, which are often the armed arm in the populations of border states
and those responsible for controlling migrant transit routes (Dudley, 2011 and 2012).
Since the eighties of the last century we have saw a constant silent migration flow, which
has created security problems for Mexicans. The criminal activities of organized crime, kidnappings, murders of migrants, and difficult living conditions in their countries, is what has led
to them finally being organized in caravans, and that their visibility has generated alarm. In the
border spaces for the inhabitants, the Central American crossing documented on a regular basis
9 According to the Customs and Borders correction Southwest Border Total Apprehensions / Inadmissibles table of the United States government in the fiscal year of 2014, the people arrested were 569,237 people; in 2015 444,859; in 2016 553,378; in 2017 415,517; in 2018 521,090
and in 2019 from January to May 676,282. If we add to this the number of detainees and deportees from Mexico, and those who manage to pass
and settle in the United States, the number of migrants who cross annually is greater than that calculated by the Mexican authorities, Southwest
Border Migration (CBP, 2019).
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is common. In Chiapas, from 2006 to 2018, the registry indicates 17 million 867 thousand 356
crossings (from border workers, regional visitors, tourists and foreigners living with their papers in Mexico and crossing the border). In Tenosique 1 million 208 thousand and in Chetumal
7 million 834 thousand 926. Life on the border is very dynamic. Guatemalans (Vega-Macias,
2017) and Belizeans cross to Mexico every day to the cinema, to buy, to study, to carry out daily
activities, and few have been the problems derived from this daily coexistence10.
Graph 1. Entry of documented visitors in Mexico 2006-2018

Source: Prepared by the authors based on the “Monthly Bulletin on Migration Statistics”
2007-2018.
Also, as noted, people are very accustomed to the passage of undocumented immigrants
(in some places more visibly than in others) and this has also not represented major problems.
Since 2000 the different Mexican administrations have treated the migratory phenomenon with
different approaches, with national security prevailing. From 2001 to 2018, 2 million 146 thousand 852 Central Americans and Cubans returned to their countries of origin from Mexico .

10 All the data that appears are own elaboration based on the different reports published between 2007 and 2018 “Boletín mensual de Estadísticas migratorias” INM. Documented visitors are: Guatemalans and Belizean with a local visitor card, regional visitor, border worker or their
equivalents. Migrants who live in Mexico in a documented way. Tourists from different countries that meet the requirements to visit Mexico;
and Mexicans who seal their entry into the country after visiting Guatemala or Belize.
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The “South Plan” that Vicente Fox implemented was a repressive and police strategy. After
the attacks of September 11, the established plans aimed to support the United States in immigration control. The Government of President Felipe Calderón Hinojosa in Mexico (2006-2012)
faced a new situation, because it was in these years that the increase in homicidal violence in the
country; as well as organized crime activities, it was also reflected in the number of kidnappings
and killings of migrants in transit. The reports of the National Commission of Human Rights
and the massacre of San Fernando de Tamaulipas in 2010, led the administration to see the need
to integrate the concept of Human Rights into legislation and change the approach of approach
to migrants. The common denominator of those years was the drastic reduction of repatriated
migrants (Barrachina, 2013).
Mexico has been a traditional ally of the US administration both in the fight against organized crime, which has generated violence and an unprecedented situation of instability in the
safety of citizens throughout the country; as well as the strategies to contain the irregular migration flows have failed. The complaint of the US president, for lack of collaboration and lack
of understanding makes no sense.
There are not many, relatively, documented migrants, especially from the Central American
area that has remained to live in Mexico; The number of Venezuelan migrants is now significant.
The southern border of Mexico is nevertheless very busy, both documented and undocumented.
This bases the proposal of this work about the fact that it is very important to strengthen border
development policies based on multidimensional strategies that foster a long coexistence that
does not marginalize the benefits to large regions and populations on either side of the border.
3.- METHODOLOGY, SAMPLE PERIOD AND DATA USED
Design
This work has rebuilt and given order, through declarations, official documents, and information obtained in the media, to the difficulties that the Mexican State has had to transform a
traditional policy of securitization of the southern border, into a multidimensional vision that
privileges human security over national security. Despite the intentions, and the statements of
the Mexican government, the reality and pressure from the United States has led to the continuation of a traditional policy in which the armed forces, through the National Guard, play an
important role.
Instruments
This manuscript has used the news provided by the media to describe in detail a political situation that has evolved very rapidly during 2019 and early 2020. Data from the National Institute
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of Migration have been used to try to measure both the important coexistence that exists on the
southern border of Mexico, and the limited number of Central American citizens who choose
to stay and live permanently in Mexico. The “must be” that the literature indicates as ideal for
harmonizing security policies with democracy has been contrasted with the imperative that is
imposed in the political reality.
Process
The analysis of documents, identification of moments and times of the dynamics, and the political pressures of the governments of Mexico and the United States, from a descriptive approach,
allow us to measure the pulse that was experienced in the initial moments of the administration
of President Andrés Manuel López Obrador. Despite the intention of the Mexican administration to visualize the southern border in a multidimensional human security logic, such as the
one proposed in this article, the reality finally prevails, and allows pressure from the United
States to define Mexican border policy.
Specialized literature that reflects on the concepts of national security and human security
has been identified in this article; as well as the one that discusses the consequences of expanding the horizon of these concepts from a multidimensional perspective.
4.- CONCLUSIONS
The general aim of the article was to highlight the role of the national security approach and
policies of the Mexican State on the southern border of Mexico with Guatemala and Belize;
analyzing some of the problems and challenges of implementing strategies and dynamics that
foster cross-border development and security. According to estimates by the US government,
90 percent of the illicit drugs that enter through its southern border pass through the Isthmus
of Central America and Mexico. Of that percentage, about half cross through Central America.
This influence of drug trafficking has conditioned the effectiveness of national security policies
and international and regional cooperation, and with it the multidimensional approach to the
national security perspective of the Mexican State.
Answer the question posed in the text about whether the Mexican government (2018-2024)
will be able to set up a policy capable of addressing an effective multilevel management oriented towards regional security and development? The empirical analysis of the history of the
number of repatriations of Central Americans and Cubans carried out by Mexico clearly shows
the thesis that the strategies implemented on the southern border always respond to dynamic
political interests. In such a way that the data shows four very defined stages: 2001 to 2007
repatriation of 1 million 127 thousand 812 Central Americans and Cubans in a period marRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020 Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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ked by the inertia of the South Plan, which after the terrorist attack of September 11, 2001, in
New York and Washington, tightened the policy; 2008 to 2013, change of the General Law of
Population, modifying the concept of “illegal” by “undocumented”, begins the impulse of the
concept of Human Rights in the law, in such a way that there was relaxation of the repatriation
policy; 2014 to 2018, derived from the Plan Frontera Sur and the close relationship with the
United States’ securitization policies towards the region, there was an increase in the number
of “returnees”. Finally the current stage that begins in 2019 and, although at the beginning it
posed a scenario of great tension due to Mexico’s preference for betting on regional development instead of continuing with the previous policy, based on the threat of tariffs from President
Trump of At the end of May 2019, it decided to follow the policy that the US government dictated.
Recently, the United States Government also introduced the issue of migration in the National Security agenda, and Mexico must take part in this dynamic. Therefore, it is important
to manage a multilevel and transversal agenda on complex issues such as human rights, border
security, immigration regularization, insecurity, social assistance and social polarization. The
failure to set up an agenda that takes these items into account has limited the actions of governments to cut these problems with a perspective focused on security for development.
One of the challenges of the new Mexican migration policy will be to reconcile human mobility, the right to emigrate with the State’s priorities to regulate, control and order international
migrations and its implications for national security, especially with the role of military control
of the National Guard. One situation to highlight is the leadership that the Secretary of Foreign
Relations (SRE) has acquired in defining the migration agenda with the United States, overcoming the limitations of Ministry of the Interior (SEGOB). However, that the SRE lacks an
effective operational capacity and professional expertise in migration management and policy
has led to the Migration’s national institute (INM) and the National Guard having a greater relationship with migrant communities, both in the southern and northern border.
The prospecting of the scenarios of the southern border of Mexico must start from recognizing institutional limitations to promote effective governance that facilitates safe, orderly and
regular migration from a comprehensive regional perspective and thus reconcile the priorities of
migration flows, the right to emigrate and the national security priorities of the Mexican State.

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REFERENCES
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Reinventando los espacios como lugares de vida y paz una estrategia desde la lúdica
para sectores vulnerables1
Reinventing spaces as places of life and peace, a playful strategy for vulnerable sectors
Greys, Nuñez-Ríos2
https://orcid.org/0000-0002-8451-2200
Kadry, García- Mendoza3
https://orcid.org/0000-0002-8451-2200
Judith, Castillo-Martelo4
https://orcid.org/0000-0002-8451-2200
Nevis, Niño-Jiménez5
https://orcid.org/0000-0001-5059-7691
Universidad de La Costa, Colombia
https://doi.org/10.29105/pgc6.12-7

_____________________________________________________________________________________________________________________________

RESUMEN
El presente artículo es producto de una investigación acción - participativa, cuyo objetivo consistió en intervenir a una comunidad de
un sector vulnerable y marginal de la ciudad de Barranquilla, en los aspectos económicos, social y físico con estrategias lúdico – pedagógicas para transformar los espacios de estas zonas expuestas en lugares de vida y de paz, que desde las dinámicas sociales inviten al
fortalecimiento de la participación y las competencias ciudadanas, la inteligencia emocional y la cultura ambiental. Se abordó desde un
paradigma cualitativo con un diseño no experimental y de campo, de alcance descriptivo transversal. Tras la intervención se encontró
que la comunidad se motiva para participar en las actividades que propendan por generar una cultura de paz para el encuentro y disfrute colectivo donde sus actores reinventan sus relaciones y transforman las categorías fundamentales que rigen su vida cotidiana. Se
concluye que estas intervenciones son una oportunidad para acercar a la población al desarrollo de sus competencias ambientales, sensibilizarlos sobre el impacto ambiental y su compromiso con el desarrollo sostenible; así como potenciar su desarrollo afectivo, generar
transformación de historias de vida articulando la lectura y la narración oral para impactar en la relación hombre - sociedad- naturaleza.
Palabras claves: Creación cultural, cultura de paz, desarrollo afectivo, educación ciudadana, grupo vulnerable.
ABSTRACT
This article is the product of an action-participatory research, the objective of which was to intervene in a community in a vulnerable
and marginal sector of the city of Barranquilla, in economic, social and physical aspects, with playful-pedagogical strategies to transform the spaces of these exposed areas in places of life and peace, which from the social dynamics invite the strengthening of citizen
participation and competences, emotional intelligence and environmental culture. It was approached from a qualitative paradigm with
a non-experimental and field design, with a transversal descriptive scope. After the intervention, it was found that the community is
motivated to participate in activities that seek to generate a culture of peace for the encounter and collective enjoyment where its actors
reinvent their relationships and transform the fundamental categories that govern their daily lives. It is concluded that these interventions are an opportunity to bring the population closer to the development of their environmental competencies, sensitize them to the
environmental impact and their commitment to sustainable development; as well as enhancing their affective development, generating
transformation of life stories articulating reading and oral narration to impact the man-society-nature relationship
Keywords: Cultural creation, civic education, culture of peace, emotional development, vulnerable groups.
Recibido: 12 de Octubre 2019 - Aceptado: 12 de Febrero 2020 - Corregido: 15 de Marzo 2020
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1 Proyecto de investigación “Reinventando espacios como lugares de vida y paz: Estrategia para fortalecer la relación hombre-sociedad-naturaleza a través de la Cultura Ambiental y la Promoción de Lectrua”, Financiado por Universidad de La Costa.
2 Magister en Educación por la Universidad Autónoma del Caribe, Profesor medio tiempo, Universidad de la Costa (CUC) Email: gnunez4@
cuc.edu.co
3 Magister en Educación por la Universidad de la Costa, Profesor tiempo completo, Universidad de la Costa (CUC), Email: kgarcia@cuc.
edu.co.
4 Magister en Educación por la Universidad San Buenaventura, Directora del programa de Licenciatura en Educación Básica Primaria de la
Universidad de la Costa (CUC), Email: jcantill39@cuc.edu.co
5 Especialista en ética y Pedagogía de la Universidad Juan de Castellanos, Profesor Catedrático, Universidad de la Costa (CUC), Email:
nnino2@cuc.edu.co
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1.- INTRODUCCION
“Leer es una opción inteligente, difícil, exigente, pero
gratificante. Nadie lee o estudia auténticamente si no asume, frente al texto o al objeto de
la curiosidad, la forma crítica de ser o de estar siendo sujeto de esa curiosidad, sujeto de
lectura, sujeto del proceso de conocer en el que se encuentra. Leer es procurar o buscar
crear la comprensión de lo leído; de ahí la importancia de la enseñanza correcta de la
lectura y de la escritura, entre otros puntos fundamentales”.
Paulo Freire. Cartas a quien pretende enseñar, 1994

El presente artículo de investigación, es producto de la intervención realizada en el sector de
Islita – caño de la ciudad de Barranquilla, por parte de las estudiantes de V semestre del programa de Licenciatura en Educación Básica primaria de la Universidad de la Costa (CUC), a
partir de la reflexión colectiva que surge de la pregunta: ¿Cómo intervenir espacios vulnerables
para transformarlos en lugares de vida y de paz desde la cultura ambiental y la participación
ciudadana?
El objetivo principal de esta experiencia educativa es intervenir el sector vulnerable de islita
– caño para reinventar los espacios como lugares de vida y de paz que fortalezcan la relación
hombre- sociedad- naturaleza a través de la cultura ambiental y el desarrollo de competencias
emocionales.
Para alcanzar este propósito se han establecido los siguientes objetivos específicos:
Implementar la lúdica como dinamizador social para la apropiación de conocimientos y
competencias relacionadas con cultura y la paz abordando problemas de tipo social, cultural,
económico y de memoria histórica que ayudan a reconstruir el tejido social.
Fortalecer las competencias emocionales, autoconocimiento, autorregulación y empatía, a
través de la identificación de las emociones, reconociendo su importancia en la vida diaria.
Con estos objetivos, se plantean estrategias lúdicas para que a través del juego se puedan
proyectar deseos, miedos, emociones que no se pueden expresar fácilmente con palabras y permite la evolución de las dimensiones del ser, aprendiendo a vivir y convivir con el otro, aceptando las diferencias, particularidades e individualidades (Núñez Ríos, G., Márquez Núñez,
E., Guerrero Cuentas, H., Magdaniel Durán, M., &amp; Silvera Goenaga, B. (2019) que permitan
reinventar los espacios como lugares de vida y de paz, robustezcan las relaciones recíprocas de
dar y recibir entre los actores, asumiendo que la paz no es un estado perceptible únicamente de
dejación de armas, sino la armonía perfecta que permite reconstruir la sociedad, promover la
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prosperidad general y garantizar de la efectividad de los principios, derechos y deberes consagrados en la Constitución. (Decreto 1038 del 2015).
Por lo anterior cobra vital importancia el desarrollo de la dimensión afectiva, específicamente de las competencias emocionales, pues se busca el desarrollo de habilidades y actitudes
que les permita a los participantes gestionar sus propias emociones y conocer las emociones
de los demás, teniendo en cuenta que educar las emociones facilita la adquisición de un espíritu
crítico, la resolución de conflictos de manera pacífica y la adquisición de habilidades sociales,
de acuerdo con lo anterior estas habilidades conducen a una vida plena, permiten regular, interactuar con los otros, no intelectuales, pero son una meta educativa. Pantoja y Aguaded (2015).
Cabe resaltar la importancia que tiene el desarrollo de las competencias emocionales en las
primeras etapas, pues juegan un papel esencial para la vida, además, constituyen la base o condición necesaria para el progreso del niño en las diferentes dimensiones de su desarrollo.
Se pretende, por tanto, promover un cambio de mentalidad para pasar de la idea de despojar
la naturaleza” a la idea de entenderse con la naturaleza. Si el hombre no fuera un ser racional,
el hecho de relacionarse de manera abusiva con la naturaleza pudiera pasar de forma desapercibida, sin medir los daños y consecuencias que hoy se viven en el mundo. Pero como el hombre
es un ser pensante, cultural, político y social, sigue siendo posible educarlo en los valores, las
creencias y las actitudes que sean los elementos fundamentales que le den sentido al comportamiento ambiental.
Además de lo anterior, se articula con la participación ciudadana, lo cual le permite proponer
políticas públicas y ambientales que ayuden a controlar los abusos de la humanidad hacia la
naturaleza y se puedan generar proyectos de preservación medio ambiental.
Se pretende por tanto, la transformación en los sectores y poblaciones vulnerables, que ayuden generar una conciencia sobre la conservación del medio ambiente desde los principios
sostenibles, la participación ciudadana y las relaciones entre los hombres de manera armónica
donde la concientización cultural establezca el impacto sobre las condiciones naturales y los
procesos ecológicos con el fin de generar espacios de reflexión útiles que puedan extrapolarse
en todos los contextos.
En consecuencia, se intenta desde estos espacios formar un ciudadano de mundo que construye una ciudad diferente, que lleva en sus arraigos una cultura ambiental necesaria para cambiar y transformar la relación del hombre con la naturaleza. Un hombre que vivencia en la
sociedad los valores de justicia, dignidad, solidaridad, entre otros que lo ayudan a reestablecer
las relaciones armónicas con los demás y donde la participación converge para generar políticas
de desarrollo sostenible.
En este orden de ideas, se propende por la construcción de una cultura ambiental a partir
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de la realidad circundante en las zonas olvidadas y marginadas fortaleciendo la concientización
de esta desde los procesos lúdicos y reflexivos para que se refleje en los espacios sociales y
culturales, como pilar del desarrollo sostenible.
Ilustración 1. Ubicación espacial población de la isla.

Fuente: http://radareconomicointernacional.blogspot.com/
De igual manera, los maestros en formación involucrados en el mismo fortalecen su sensibilidad humanística al descubrir que puede transformar vidas mediante la lúdica, la lectura, el
arte y la enseñanza de la participación ciudadana, de la misma forma robustecen el pensamiento
crítico frente a la vida y el respeto por la naturaleza que ayude a forjar conciencia ambiental
y promover desde otros lenguajes y escenarios de aprendizaje, la importancia que tiene la
interacción hombre-naturaleza, así como sus efectos en el medio ambiente y en el desarrollo
socioeconómico” (Diaz, 2015). Lo que permite contribuir al fortalecimiento de la relación hombre – sociedad – naturaleza, para reinventar los espacios como lugares de vida y de paz.
La intervención a la comunidad, se articula a la labor de Proyección Social del programa
Licenciatura en educación Básica Primaria de la Universidad de la Costa, pues se llega a la población de la Isla la cual es una zona de difícil acceso y un barrio de invasión.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
La lúdica como dinamizador para reinventar los espacios
Para la intervención de los espacios y reinventarlos como lugares de vida y paz, se utiliza la
lúdica como estrategia, la cual según Baquero permite actuar dentro de un escenario imaginario
que el niño asuma un rol específico. Esto ratifica que las actividades lúdicas son una manera
de actuación donde se vincula lo cognitivo con acciones hacia el entorno social articulando el
aprendizaje, la participación en un contexto y la movilización de las funciones ejecutivas superiores de su estructura mental.
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De esta manera que en conjunto el juego y la lúdica generan espacios agradables de aprendizaje y de moldeamiento de conductas, transforman el ambiente hostil en un espacio acogedores
e interesantes para la comunidad, es decir que lo que allí se realiza no está dependiendo del
cumplimiento de reglas, sino que abre la oportunidad de comunicación y participación en su
propio aprendizaje. Así mismo las relaciones sociales, la afirmación de roles, el liderazgo, la
toma de decisiones, la autoestima, las habilidades de pensamiento y las habilidades motrices,
son algunos aspectos que se desarrollan favorablemente a través del juego y la lúdica.
Por otro lado, la lúdica como experiencia cultural es una dimensión transversal que atraviesa
toda la vida, no son prácticas, no son actividades, no es una ciencia, ni una disciplina, ni mucho
menos una nueva moda, sino que es un proceso inherente al desarrollo humano en toda su dimensionalidad psíquica, social, cultural y biológica, desde esta perspectiva, la lúdica está ligada
a la cotidianidad, en especial a la búsqueda del sentido de la vida y a la creatividad humana.
Jiménez (2002) y se caracteriza por ser un medio que resulta en la satisfacción personal a través
del compartir con otro.
Así mismo, Medina (1999), considera que las actividades dirigidas desde la lúdica, permiten
crear unas condiciones de aprendizaje mediadas por experiencias gratificantes y placenteras, a
través de propuestas metodológicas y didácticas innovadoras, diferentes a las convencionales
en las que se desarrollan los pilares fundamentales de la educación: aprende a aprender, aprender a pensar, aprender a hacer, aprender a ser y aprender a convivir. Por tal motivo la lúdica promueve al desarrollo y la autoexpresión que le permiten al individuo fortalecer su personalidad
y está a la vez contribuye directamente al entorno socio-educativo y potencializa la evolución
cognitiva de la comunidad.
De la misma forma, los lineamientos Curriculares de Educación Física, recreación y deporte
(2000), en los apartes donde aborda sobre el desarrollo del estudiante, relaciona la lúdica con
la recreación y considera la primera como la posibilidad expresiva, formadora de sensibilidad,
comunicación e integración cultural y social y como espacio de encuentro con la naturaleza, la
cultura y las propias potencialidades individuales”. En este sentido se relaciona con aquello que
refuerza las formas de convivencia. Es decir, la lúdica es una manera de darle sentido, significación y transformación del juego en diferentes realidades posibles. Por ello la lúdica no se limita
a espacios limitados de la escuela o del tiempo libre, sino que se proyecta a distintos espacios
de la existencia y entorno social.
En este mismo sentido Romero (1992), afirma y da reconocimiento a la lúdica dentro del
uso del tiempo libre como experiencia social y cultural y le atribuye al juego su máxima expresión, reconociéndolo como un mediador de las relaciones entre los hombres que abandona el
valor instructivo y se impone la espontaneidad, de acuerdo con este, el juego no es una forma
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de reproducir los sentidos o regulaciones sociales, sino una manera de producir sentidos y flujos
en los cuales la cultura se reactualiza, es decir, es leída como un presente que es exteriorizado.
En este orden de ideas, se puede considerar que la lúdica no es una estrategia establecida
como tal, sino algo innato de cada persona, son acciones que se realizan a diario y que permiten
expresarse con libertad. Por ello esta herramienta es de vital importancia en la intervención a
la comunidad, porque son actividades al aire libre, en un contexto social, que permite la interiorización de cada uno de los mensajes que se quiere transmitir, representa más que una herramienta metodológica, un redimensionamiento del papel del individuo en el contexto formativo
del niño, el joven y el adulto, que incide positivamente en su forma de ver, actuar y percibir el
mundo. (Moreno, 2003)
Por todo lo anterior, se concluye que la lúdica motivada y estimulada de manera adecuada y
procesual se convierte en una estrategia que puede ser implementada en procesos de rehabilitación, de atención integral de manera individual, grupal y de trabajo familiar, esta no discrimina
y acepta al ser humano, porque reconoce la potencialidad y el talento, materializado por medio
de la detección oportuna de intereses, necesidades y satisfactores lúdicos que faciliten procesos
transformadores. (Moreno, 20003)
Ilustración 2. Estudiantes de V semestre L.E.B.P Universidad de la Costa

Fuente: Elaboración propia, (2016)

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Reinventando los espacios como lugares de vida y paz
Para darle sentido a reinventar los espacios, se significará desde la palabra reinventar, que según la definición del diccionario de Oxford, significa volver a inventar, es decir volver a crear
en los espacios vulnerables una cultura de paz, esperanzadora que trasciende en la sociedad a
partir de momentos de aprendizaje que mejoran la calidad de vida de la población de tal forma
que se pueda como señalan Boqué &amp; otros ( 2014) articular de manera transversal la paz con
justicia social, desarrollo, derechos humanos, democracia y gestión positiva de conflictos.
Reinventar los espacios busca desde su génesis, en los maestros en formación, la adopción
de modos de vida que sean compatibles con la sostenibilidad adquirida, mediante la adecuada
exploración, utilización, uso y manejo de los recursos naturales, aportando así una nueva visión de mundo y una oportunidad de vida, para que a partir de estos puedan sensibilizar a las
comunidades vulnerables sobre la conciencia del cuidado del medio ambiente, la importancia
de los escenarios de paz y la inteligencia emocional fortaleciendo de esta manera la relación
hombre – naturaleza.
Para fortalecer la cultura ambiental en estos escenarios, se parte del análisis de la situación
en el contexto mundial, donde se hace evidente la falta de conciencia sobre el mantenimiento de
su entorno de manera responsable, su uso y su sostenibilidad a largo plazo. Se vive actualmente,
en una “cultura de cemento”, sin importar los daños al ecosistema, el medio ambiente, la capa
de ozono y todos aquellos perjuicios colaterales que surgen desde el mal manejo de los recursos, el inadecuada tratamiento los desechos y la modificación inapropiada del medio ambiente.
A partir de estos, busca que los individuos y las comunidades puedan comprender la complejidad del daño que se le ha causado al ambiente que ha brindado la naturaleza misma desde
su creación y el establecido por el ser humano como parte de su desarrollo cultural siendo
resultado de la interacción de los factores biológicos, físico-químicos, sociales, económicos,
políticos y culturales, para que se adquieran los conocimientos, valores, actitudes, destrezas y
habilidades que les permitan participar de manera responsable, ética, afectiva en la prevención
de la problemática del desarrollo sostenible de manera solidaria y responsable.
Con respecto a la problemática ambiental de orden mundial, Obama (2016), reconoció que
todas las naciones, deben estar alertas al cambio climático al explicar que en Alaska los glaciares se están derritiendo a un ritmo “sin precedentes” y que el mar se está “tragando” a las aldeas.
Estas palabras del presidente de Estados Unidos, son una muestra de la preocupación que
existe en los mandatarios del mundo ante la crisis ambiental mundial y un llamado para que se
fortalezca la cultura ambiental, que trascienda como parte de la formación integral del ser.
Desde la epistemología antropocentrista, el hombre desde el principio de los tiempos, se ha
relacionado con la naturaleza, la ha tomado para su disposición y por tanto ha abusado de los reRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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cursos naturales disponibles. Vélez (2016). Estas razones han llevado a un proceso de reflexión
en el que se promueva una estrategia de convivencia con la naturaleza que permita concientizar
sobre el uso racional y sustentable de los recursos humanos.
Algunos de los problemas ambientales, del mundo contemporáneo, según el mismo Vélez
son: El agotamiento de la capa de ozono (debido al uso excesivo de clorofluorocarburos (CFC))
el agotamiento de los recursos (dada la sobreexplotación de los recursos naturales), la agricultura intensiva ( a causa del sobre pastoreo, el exceso de riego, el monocultivo), el aumento de
especies en vías de extinción (disminución de los polinizadores, blanqueamiento de los corales,
especies invasoras, caza ilegal, etc.), cambios globales(calentamiento global, oscurecimiento
global, disminución de los combustibles fósiles, aumento del nivel del mar, etc.), consumismo
(creencias y prácticas que promueven y estimulan el consumo excesivo de pesca, bosques,
minerías), entre otros.
Además de lo anterior según Rivera (1999), se suma a la contaminación la perturbación de
la estructura de las relaciones de los seres vivos y el medio en que se desarrollan, la deficiente gobernabilidad ( falta de políticas claras, poca aplicabilidad de las leyes), degradación del
medio ambiente y del suelo, poco uso de energías renovables, los residuos, la superpoblación,
valores sociales cambiantes que son algunas de las consecuencias del mal uso del suelo y los
recursos por parte del hombre”.
El desconocimiento del papel del hombre en el mundo con respecto a su relación con otros
hombres, la naturaleza y la sociedad dificulta la interacción del hombre como individuo y con
los miembros de los grupos sociales, generando estilos de vida insostenibles, ya que se generan
procesos de competitividad destruyendo los valores, las creencias, las costumbres, las relaciones haciendo uso inadecuado de los recursos, generando relaciones hostiles y de poca participación y conformismo haciendo del desarrollo un proceso desigual para las sociedades humanas
y perjudicial para los sistemas naturales. (Bayón, 2006).
En este orden de ideas, desde la intervención se hace necesario conocer las diferentes políticas ambientales para la preservación del medio ambiente, despertar el sentido de pertenencia
de su entorno, la ciudad la región el país y el mundo, para que la comunidad cuente con las
bases fundamentales claras que ayuden desde el contexto a la concientización de una cultura
ambiental haciendo de estas un aprendizaje significativo extrapolado al contexto real, como
alternativa para preservar el medio ambiente y garantizar la supervivencia de las especies.
En consecuencia, se pretende la construcción de una cultura ambiental a tono con la realidad
nacional e internacional fortaleciendo la concientización de esta desde los procesos educativos
para que se refleje en los procesos sociales y culturales, como pilar del desarrollo sostenible.
Una cultura ambiental que propenda en palabras de Marulanda &amp; Luna (2003) por la vida
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que todos merecemos, donde se hable no solo de las especies en vida de extinción o de como
disminuir la contaminación, sino también del bienestar de la sociedad, de una cultura que crezca
en el respeto, de calidad de vida para todos los integrantes de la realidad: los factores bióticos,
abióticos, históricos, culturales. Es decir una cultura ambiental que ayude a reconstruir la relación hombre – sociedad – naturaleza, reinventando los espacios como lugar de vida y de paz en
armonía sistemática de todos los elementos que en ella confluyen.
De la misma forma, teniendo en cuenta la intencionalidad de la intervención, se propende
por concientizar y fortalecer participación ciudadana, que genere una cultura de paz, que supone ante todo un esfuerzo generalizado para modificar mentalidades y actitudes con ánimo de
promover la paz. Significa prevenir y transformar los conflictos que puedan engendrar violencia
y restaurar la paz y la confianza en poblaciones que emergen de la guerra. Pero su propósito
trasciende de los límites de los conflictos armados para hacerse extensivo también a las escuelas
y los lugares de trabajo del mundo entero, los parlamentos y las salas de prensa, las familias y
los lugares de recreo.
Forjar una cultura de paz es hacer que los niños y los adultos comprendan y respeten la libertad, la justicia, la democracia, los derechos humanos, la tolerancia, la igualdad y la solidaridad.
Ello implica un rechazo colectivo de la violencia. E implica también disponer de los medios y
la voluntad de participar en el desarrollo de la sociedad. (Documento de la UNESCO hacia una
Cultura de Paz, 1998).
Competencias emocionales
Las competencias emocionales según el autor Jiménez (2011), son consideradas un saber –
hacer contextualizado, que todo ser humano adquiere por vía educativa (formal- no formalinformal), en un determinado contexto, son diferentes en cada contexto y que solo es posible
identificar y evaluar en la acción misma. Ahora bien, al referirse al término de competencia,
se hace referencia a cada una de las capacidades o habilidades, destrezas o conocimientos que
posee el ser humano para desenvolverse de forma efectiva en su vida.
Por su parte el psicólogo Bosque las habilidades o competencias emocionales el Psicólogo
argumenta que las competencias emocionales, hacen parte de las capacidades adquiridas, por
medio de las experiencias y la formación, estas son aprendidas y se pueden fortalecer desarrollándolas.
Por su parte los autores Bisquerra y Pérez (2013), argumentaron que las competencias emocionales son entendidas como un subconjunto de las competencias personales y se pueden
clasificar en conciencia emocional, regulación emocional, autonomía emocional, competencia social, habilidades de vida y bienestar. Resaltando así la aplicación de las competencias
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emocionales en la empresa, la salud y la educación. Aportando significativamente al objeto de
estudio las competencias de este siglo que se pueden expresar en los siguientes términos:
Desde la conciencia emocional, se adquiere conocimiento de las propias emociones y de las
emociones de las personas que están en el entorno.
Las emociones se pueden regular para manejarlas de forma apropiada. Tomando así conciencia de la relación entre emoción, cognición y comportamiento.
La autonomía emocional fortalece la autogestión personal, autoestima, actitud positiva ante
la vida, responsabilidad y capacidad para analizar críticamente las normas sociales.
Competencia social que facilita el manejo de las buenas relaciones con otras personas.
Competencias para la vida y el bienestar: es la habilidad para adoptar comportamientos apropiados y responsables para afrontar satisfactoriamente los desafíos diarios de la vida, ya sean
estos privados, profesionales o sociales”.
Estas competencias permiten organizar la vida de forma sana y equilibrada, facilitando experiencias de satisfacción o bienestar. Es por esto que se considera que, para poder llegar a tener
una inteligencia emocional, se deben poseer competencias que sirvan para toda la vida.
Por otra parte, Gardner (2004) en su Teoría de las inteligencias múltiples introdujo la idea
de la inteligencia interpersonal y la inteligencia intrapersonal, pues son las asociadas a las
competencias e inteligencia emocional. En cierta forma, la inteligencia emocional está formada
por estas dos inteligencias, debido a que la inteligencia interpersonal es una de las facetas de
la personalidad que incluye la capacidad de liderazgo, resolver conflictos y análisis social. El
análisis social consiste en observar a los demás y saber cómo relacionarnos con ellos de forma
productiva. Otra forma de expresar la inteligencia interpersonal es poniendo el énfasis en la
habilidad de comprender a los demás: lo que les motiva, cómo trabajan, cómo trabajar con ellos
de forma cooperativa también puede ser considerada como inteligencia social. (Zirkel, 2000,
Topping, Bremmer y Holmes, 2000; Topping, Holmes y Bremmer, 2000; Cherniss, 2000; etc.
citado por Bisquerra 2009).
En cuanto, a la inteligencia intrapersonal se refiere a la capacidad de formarse un modelo
preciso de sí mismo y de utilizarlo de forma apropiada para interactuar de forma efectiva a lo
largo de la vida, la cual tiende a coincidir con la inteligencia personal (Sternberg, 2000; Hedlund y Sternberg, 2000 citado por Bisquerra 2009 ) aspectos que deberían esencial en la escuela,
debido a que este tipo de inteligencias interviene en las decisiones esenciales de la vida: elegir
una profesión, con quién casarse, dónde vivir, etc. (Bisquerra 2009).
Más tarde, Goleman (2013) menciona que la llamada motivación hace parte de la competencia emocional, desde esta perspectiva, el autor considera que la motivación proviene de cuatro
fuentes principales: el individuo mismo, los amigos, la familia y colegas, complementados con
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un mentor emocional, ya sea real o ficticio; y el propio entorno, es decir, aire, luz, sonido, u
otros objetos de motivación.
Los aportes de los teóricos citados anteriormente permiten tener claridad de la importancia
que tiene formar en competencias emocionales en la relación hombre-sociedad- naturaleza,
teniendo claro que la forma en cómo se resuelven los conflictos, se convierte en oportunidad de
formación tanto para la competencia personal como para la vida en sociedad.
Los conflictos que se presentan en la cotidianidad deben ser resueltos bajo el prisma de
oportunidades y aprendizajes, poniendo en juego el manejo de las emociones. Por consiguiente,
cabe mencionar la influencia de la inteligencia emocional que los científicos Salovey y Mayer
(2001), definen como parte de la inteligencia social y que aborda la capacidad de controlar los
sentimientos y las emociones propias, así como las de los demás. Si bien, resulta imposible
medir cuantitativamente las características sociales y de personalidad, es por esto que se considera sumamente importante estimular con la misma exigencia las capacidades emocionales e
intelectuales.
3.- MÉTODO
Diseño
El presente estudio, se hace desde el enfoque de la investigación acción participativa, que enfatiza en el aprendizaje colectivo de la realidad basado en un análisis crítico con la participación
activa de los actores implicados, los cuales analizan la realidad y orientan las intervenciones
para estimular la práctica transformadora y el cambio social.
El abordaje se hace desde un paradigma cualitativo, que de acuerdo con Bonilla y Rodríguez
(2005), este tipo de investigación se orienta a profundizar casos específicos y no a generalizar.
Su preocupación no es prioritariamente medir, sino cualificar y describir el fenómeno social a
partir de rasgos determinantes, según sean percibidos por los elementos mismos que están dentro de la situación estudiada. (p.60).
El alcance es descriptivo el cual según Tamayo este tipo de estudios, permite analizar, describir, registrar e interpretar la realidad de la naturaleza actual, y la composición o proceso de
los fenómenos. El enfoque se hace sobre conclusiones dominantes o sobre grupo de personas,
grupo o cosas, se conduce o funciona en presente.
Alcanza un diseño no experimental el cual permite realizar el estudio sin la manipulación
deliberada de variables, sólo se observan los fenómenos en su ambiente natural y después se
analizan. (Hernández, Batista y Fernández, 2014, p. 149) y de campo que consiste en la recolección de datos directamente de los sujetos investigados, o de la realidad donde ocurren los
hechos (datos primarios), sin manipular o controlar variable alguna, es decir, el investigador
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obtiene la información, pero no altera las condiciones existentes.
Las técnicas e instrumentos implementados para acceder a la información necesaria y obtener la información durante el estudio fueron: la observación la cual permitió acceso directo al
lugar de estudio ( Isla La Loma), a partir del contacto inicial se hizo la captación para percibir
las características o manifestaciones presentes que van a permitir determinar los temas de abordaje, de la misma forma se utilizó la entrevista que permitió la interacción personal con otras
personas para obtener información y analizar con mayor profundidad la realidad y se realizaron
sesiones en profundidad en las que a partir de la implementación de la lúdica se propicia el flujo
de información para complementar la investigación social, los datos obtenidos se sistematizaron en diarios de campos y en registros fotográficos.
La población participante hace referencia a los actores del sector vulnerable de la Islita Caño
que tienen 500 habitantes aproximadamente representados entre: amas de casa, madres gestantes, vendedores ambulantes, desempleados, lactantes, niños, niñas, jóvenes, adultos y adultos mayores que conforman la comunidad. El muestreo de la población es aleatorio para que
todos los miembros de la comunidad pudieran participar de la intervención con las siguientes
características: Niños, niñas y jóvenes adolescentes entre los 0 y 15 años y madres gestantes o
lactantes.
Procedimiento
El presente estudio se realiza en fases de abordaje que se describen de la siguiente forma:
Fase 1 o fase Inicial: Selección de la población vulnerable para el proceso de intervención; el
cual se lleva a cabo a través de un contacto inicial con la comunidad del sector Isla de la Loma
se hizo una observación directa del sector y una caracterización socio- demográfica, que permitió reconocer las características de dicha población y seleccionar los temas de abordaje para la
intervención. Una vez terminada esta etapa inicial el grupo investigador procedió a realizar un
proceso de reflexión con base a lo recopilado.
Fase 2: Representada en la construcción de un plan de acción, desde la sesión en profundidad para hacer intervención con las actividades lúdicas como dinamizador del proceso para
reinventar los espacios como lugares de vida y de paz con la población muestra participante del
proyecto, los cuales son 20 madres entre gestantes y lactantes y 65 niños entre los 0 y 12 años
y 15 adolescentes entre los 13 y 15 años de edad.
Se programa la ejecución de talleres experienciales, con una duración de 3 horas los fines de
semana. Para su diseño se partió de la conciencia sobre la importancia de la cultura ambiental,
la paz y la inteligencia emocional en las dimensiones del ser humano y en su valioso aporte
dentro de los procesos de convivencia y desarrollo de la comunidad.
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Fase 3: consiste en la Ejecución del Plan de Acción, aquí se retoma la lúdica como una estrategia novedosa y eficaz para desarrollar la capacidad de pensar, como medio de expresión;
tanto en el plano físico, como en el cognitivo, social y psicológico. Así mismo, a través de la
realización de los talleres, se propició el proceso de apropiación y fortalecimiento de la cultura
ambiental, la paz y la inteligencia emocional en la población vulnerable abordada.
Por lo tanto, el diseño de los talleres lúdicos para la reinvención de los espacios, incentivó
en los niños, niñas, jóvenes y madres la curiosidad y la motivación por participar con libertad;
propiciando a su vez la interacción con el entorno cotidiano, de la misma forma complementó
está fase con la técnica de observación participante; por medio de la cual los investigadores se
involucraron en los procesos de aplicación de la lúdica con las población seleccionada, posibilitando espacios de interacción social que les permitió reconocer en las voces de los niños, niñas,
jóvenes y madres en su desenvolvimiento diario.
La ejecución y el trabajo de campo se componen de tres fases que consistieron en la intervención para fortalecer la cultura ambiental, la participación ciudadana y la inteligencia emocional.
Una vez recopilada y analizada la información se construye el documento objeto de este trabajo.
Fase 4: corresponde a la fase de cierre de la Investigación, en la cual se sistematizan, y verifica la incidencia de la lúdica y las temáticas seleccionadas, para poder determinar desde la
reflexión si la dinamización desde la lúdica, coadyuvó a la potenciación de las transformaciones
esperada en la población vulnerable.
Para el proceso de finalización de la intervención se propició un espacio de reflexión donde
participaron todos los actores y el grupo investigador. La información obtenida se recopiló en
el diario de campo y en registros digitales como: videos y fotografías.
Una vez terminada la intervención, se analizó y reflexionó acorde a los resultados obtenidos
por el grupo de actores durante el primer y tercer momento, estableciéndose así las diferencias
relacionadas con el antes y después de la implementación de los talleres; de esta forma se determinó si la lúdica permite reinventar los espacios como lugares de vida y paz de la población
vulnerable.
4.-RESULTADOS
Los alcances del proyecto se abordan en dos etapas:
Fase 1: El contacto con la población vulnerable del sector Isla de la Loma se hizo a través
del convenio con la Biblioteca Infantil Piloto, a través de la entrevista que se le hizo a los funcionarios y que permitió identificar un contexto de aproximadamente 500 familias en condición
de vulnerabilidad, carente de servicios públicos y con condiciones económicas extremadamente
bajas o nulas, un sector con poca intervención del estado, cerca al caño de los Tramposos, sienRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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do un sector de aguas altamente contaminadas.
Para llegar a La Islita existen dos caminos: uno por tierra y otro por agua, atravesando el
caño de las Compañías, sobre la ubicación de este sector la historia de Barranquilla, señala
según Angulo (1992):
A fines del siglo XIX en la zona de la antigua Aduana, enfrente a La Islita, un ingeniero de
nombre Antonio Luis Armenta, responsable de la construcción de una línea del tranvía hizo un
importante descubrimiento de urnas cinerarias que daban testimonio de un viejo cementerio
indígena. Circunstancia que explica la presencia temprana de seres humanos mucho antes de la
llegada de españoles a América. El informe Armenta, fue divulgado en un libro publicado en
1942, titulado Colombia de norte a sur y fue escrito por el arqueólogo español, José Pérez de
Barradas. Esta obra inspiró a Carlos Angulo Valdés, científico costeño del siglo XX, a adelantar
estudios sobre los primeros asentamientos de seres humanos en diferentes lugares del perímetro
de lo que hoy es Barranquilla. Seguramente el caño de las Compañías era aprovechado para la
navegación de vapores que atracaban a la Intendencia Fluvial (adyacente a La Islita), reflejando
con ello un activo comercio de la ciudad.
Para llegar a la Islita el grupo por tierra, ruta que hoy es posible por la construcción de la
Avenida del Río, una larga carretera que se extiende paralela al rio Magdalena y que contribuye
a mejorar la movilidad y el tránsito en este sector de Barranquilla
La Islita es un sector de origen sedimentario. Los ríos de gran caudal, como es el caso del
Magdalena, arrastran grandes cantidades de sedimentos dando origen a la formación de islotes
a lo largo de su curso. De igual manera influyó en su génesis toda la sedimentación que también
arrastran los caños en particular el de Las Compañías. Hoy en día vive una humilde comunidad, sus viviendas han sido construidas en madera y los techos de láminas de zinc. En el barrio
llamado la Islita no existe una institución educativa, los niños deben cruzar todos los días el
caño de Las Compañías para ir a recibir sus clases en la escuela del barrio Barlovento, barrio
que queda al frente de la Islita, con el riesgo de que por alguna imprudencia pueda hundirse la
canoa y ocurra una calamidad.
Por otro lado, muchos padres de familia prefieren no asumir el riesgo de atravesar a sus hijos
en la canoa, por eso decidieron que era mejor no ponerlos a estudiar; una cantidad considerable
de niños están desescolarizados porque viven en una pobreza extrema que no solo es económica. Aquí tampoco existe un puesto de salud, circunstancia que unida a bajos niveles educativos
explica el por qué hay un alto índice de mujeres embarazadas jóvenes que, a pesar de su avanzado grado de gestación, aún no han asistido a su primer control prenatal. Es muy notable que este
lugar no fuera construido de manera planificada, pero de igual manera son familias que piden y
merecen como colombianos la presencia del Estado.
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En cuanto a la seguridad, los habitantes de esta comunidad se han ideado un sistema de alarmas en conjunto con la Policía Nacional. De tal manera que ante cualquier situación de amenaza o sospecha que ponga en riesgo la integridad de la comunidad activa las alarmas y toda la
comunidad se hace presente para ahuyentar la persona que pretende robarles su tranquilidad y
es expulsado inmediatamente.
En otro orden de ideas, el abastecimiento de agua, la toman a través de red de tubos improvisados que la misma comunidad ha construido, y se encuentra conectada a un tubo madre
cercano que la lleva al barrio. De al igual forma ocurre con el alcantarillado y el servicio de
electricidad; hasta hace poco fue colocado un medidor comunitario y aspiran que en poco tiempo les normalicen el servicio de energía porque éste es bastante inestable.
En cuanto a las calles ninguna esta pavimentada y en época de lluvias es difícil trasladarse
de un lado a otro porque se convierten en lodazales. Existe una sola tienda que satisface las
demandas de consumo de sus moradores. En alguna ocasión mientras el proyecto se ejecutaba
hubo necesidad de solicitarle que bajaran el volumen del equipo de sonido porque desde muy
temprano colocan música, circunstancia que dificulta por momentos que los niños gocen de un
ambiente en silencio que les permita concentrarse y consagrarse al mundo de la lectura o participen activamente en las respuestas, a aquellas preguntas de sus maestros.
Sobre las actividades económicas, esta comunidad se dedica a la agricultura y a la pesca.
Algunos de sus habitantes han construido estanques internos donde cultivan mojarra roja y
cachamas. Tienen sembrados de plátanos y cocoteros que una vez han recogido la cosecha la
venden en el mercado de Barranquilla. Otras personas se trasladan a trabajar en las casas de
familia en la ciudad o en actividades informales en el mercado, siempre con la dificultad del
traslado antes de que anochezca.
Fase 2: En esta etapa, desde el aula de clases se busca sensibilizar a los maestros en formación de V semestre, en los escenarios propuestos tales como: población vulnerable, la educación y la cultura de paz, el desarrollo sostenible como artífice del respeto y cuidado del medio
ambiente y la inteligencia emocional.
Para esto, hace todo el abordaje de la problemática mundial del medio ambiente y lo lleva a
reflexionar sobre la construcción de las relaciones de las civilizaciones con el medio, analizando que en un principio el hombre encontró todo lo necesario brindado por la naturaleza, pero
estas relaciones se deterioraron cuando en la edad moderna el hombre al descubrir la razón se
cree dueño y señor, empezando a intentar dominar la naturaleza, olvidando que solo existe este
lugar con las condiciones para ser habitado, así mismo se hace todo el proceso de concientización y fortalecimiento de las competencias en democracia, competencias ciudadanas y participación ciudadana
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De este proceso de sensibilización en el aula, se estructuró una recopilación de historias,
compiladas en CUColibro, que es una creación de los maestros en formación der V semestre de
la Universidad de la Costa en el que se encuentran historias de género literario (fábulas, leyendas, mitos) o género lírico (poesías, canciones), así como rondas infantiles. Cada construcción
textual, tiene como intencionalidad, dejar una enseñanza o moraleja a los niños y niñas acerca
del cuidado del medio ambiente y la formación en participación, los cuales fueron narrados en
el proceso de sesiones a profundidad, una vez terminada esta etapa inicial el grupo investigador
procedió a realizar un proceso de reflexión con base a lo recopilado.
Ilustración 3. Mascota y lema del proyecto, creación estudiantes V semestre de Licenciatura
de Educación básica primaria. Universidad de la Costa- CUC-

Fuente: Elaboración propia, (2016).
Fase 3: En esta etapa los maestros en formación contextualizan y extrapolan las vivencias del
aula a los escenarios posibles donde se pueda reinventar los espacios como lugares de vida y
de paz (zonas vulnerables, parques, teatros, instituciones educativas con problemáticas, etc.).
En estos momentos, el abordaje se está haciendo directamente en la población de la Isla, para
esto los estudiantes preparan con mucha dedicación, en coordinación con la Biblioteca Infantil
del Caribe el plan de acción de cada sesión, que consiste en una actividad inicial de bienvenida
a la comunidad, luego se organizan por grupos de edades e intereses para trabajar las temáticas
propuestas. Casi siempre el encuentro con esta comunidad ocurre cada sábado, momento en el
cual, se organizan actividades educativas, lúdicas y recreativas con los niños de ese sector, se
inicia con la concientización sobre entornos limpios y agradables para el aprendizaje, además
de conocer los colores y las canecas del reciclaje a través de una fábula.
De la misma forma, a través de las actividades lúdicas, se busca cambiar el concepto que
estos niños y niñas tienen acerca de la interacción con el medio ambiente. Entender que la
naturaleza es un ser preciado que se ha dado a los seres humanos para hacer buen uso de ella
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y sobre todo cuidarla y amarla, creando un nuevo concepto de ética donde no está presente el
pensamiento de dominación y mucho menos el de explotación para el beneficio de unos pocos.
Debemos sentir la naturaleza como el hogar común.
Siendo un sector vulnerable y espacio al aire libre, se necesita de la colaboración de la
comunidad para la atención y ubicación de los miembros de la comunidad que participan del
proyecto, para esto la señora Marta (vecina de la comunidad), presta las sillas en las que se ubican los niños y niñas. Algunos de ellos hay que buscarlos a sus casas porque sufren de alguna
discapacidad para movilizarse, y cada maestro sabe cuáles son sus estudiantes. De tal manera,
que para garantizar su asistencia es necesario ir por ellos para que participen activamente y
posteriormente llevarlos a sus casas una vez concluida la actividad.
Los maestros en formación, ejecutan las actividades lúdicas que llevan preparada desde una
fábula o cuento del texto CUColibro, cada lectura tiene la intención de dejar una enseñanza
acerca del cuidado del medio ambiente, conocer acerca de sus derechos como ciudadanos o
aprender cómo resolver los conflictos que se les pueden presentar, en forma pacífica, la animación y recreación de la lectura la hacen los maestros haciendo pausas para preguntar acerca del
texto leído y la enseñanza.
De la misma forma, se juego de roles sobre los derechos humanos, ya que la educación en derechos humanos otorga especial significado a la misma naturaleza humana. En gran parte de esta
actividad se nota en los niños (as), desconocen sus derechos o simplemente no los vivencian y
por tal motivo es necesario hacer que ellos los vivan y los plasmen para convertir los derechos
en parte de la vivencia de esta comunidad.
Mientras los niños(as) están en su espacio de lectura y recreación, a las madres se les enseña algunas manualidades que les sirva para una actividad productiva o, por ejemplo, cuidados
necesarios para la atención del bebé en el caso de las madres gestantes primerizas. A otras se
les enseña acerca del uso responsable y adecuado de los métodos anticonceptivos debido a que
-algunas de ellas son jóvenes y con bajo nivel de escolaridad- tienen hasta cinco o seis hijos
pequeños. De igual forma a toda la comunidad y viendo la dificultad para la obtención del agua
y el fluido eléctrico se les hacen recomendaciones acerca del buen uso de estos.
Como impacto social, se observa el alcance del objetivo del proyecto que es reinventar espacios, que transcurren en la monotonía del diario vivir sin dedicar un espacio a la reflexión, a la
lectura, pero sobre todo a fortalecer esas relaciones interpersonales que enriquecen y permiten
desarrollar y fortalecer ese humanismo que está deteriorado por el incesante transcurrir apresurado del tiempo, es decir como lugares de paz.
Cabe resaltar que la satisfacción más grande del maestro en formación es saber que está
contribuyendo a un espacio lúdico- recreativo en esta comunidad.
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Finalmente, para las actividades de despedida se organiza una fiesta donde se realiza la exposición de los dibujos de los niños(as), todas las manualidades de las madres y los maestros
en formación de la Universidad de la Costa, CUC, dramatizaron la popular obra infantil “El
renacuajo paseador” de Rafael Pombo, Lo más importante es que las conciencias iban llenas
de aquella esperanza de volver a ver en el próximo semestre a esos niños quienes muestran una
alegría sin causa, que logró contagiar con su ternura y espontaneidad. Pero ante todo lograron
despertar en el maestro en formación el tacto o la sensibilidad pedagógica, que se define como
el resultado de las relaciones interpersonales especialmente cuando el maestro trabaja con niños.
De la vivencia de las experiencias, se puede concluir que: La función de los maestros en
formación consiste entonces, en crear a través de su tacto pedagógico un entorno de aprendizaje
seguro y estimulante y ayudar a la comunidad a alcanzar un equilibrio entre las actividades. El
maestro, es entonces un facilitador y no un proveedor de información, es quien debe tener el
deseo de motivar en la comunidad la formación integral para la vida, desde el ser, el hacer, el
convivir y el estar. Trascendiendo el acto pedagógico más allá de las aulas de clases, comprendiendo que la acción de educar es en todo momento y en el lugar que se necesite.
Es así como amplió el pensamiento de la inclusión y la diversidad siendo capaz de vivir la
experiencia, jugar, enseñar y reinventar espacios de vida y de paz a los niños(as) y madres que
encontraron en la Islita.
Los beneficios que ha generado de manera recíproca para las estudiantes de V semestre de
licenciatura en Educación Básica Primaria y para la población beneficiaria en la Islita, son:
Sensibilización sobre el impacto ambiental.
Fortalecimiento y compromiso de desarrollo sostenible
Transformación de historias de vida
Articulación de la lectura y la narración oral para fortalecer la relación hombre - sociedadnaturaleza
Recreación lúdico- pedagógica de la relación hombre- sociedad- naturaleza
La creación de CUColibro como logo del acompañamiento.
Leer y escribir nos hace pensar y con CUColibro lo vamos a lograr como lema.
5.- CONCLUSIONES
La implementación de la lúdica como dinamizador social para reinventar los espacios como
lugares de vida y paz, permitió alcanzar las siguientes conclusiones:
Los niños, niñas, jóvenes y madres intervenidos lograron identificar la importancia de la
cultura ambiental, los espacios de paz y la inteligencia emocional.
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El trabajo de campo y la observación directa permitió conocer con claridad las características de la población lo cual facilitó partir hacia la búsqueda de estrategias de fortalecimiento
de la cultura ambiental, los espacios de paz y la inteligencia emocional.
La implementación de la lúdica se facilitó gracias a la variedad de recursos en desuso que
ofrece el entorno cotidiano del sector Isla de la Loma.
Los talleres de intervención permitieron a los niños, niñas, jóvenes y madres de población
vulnerable expresarse libremente y desplegar al máximo su criticidad y creatividad.
La lúdica es una técnica que dinamiza desarrollo de los procesos de intervención en los sectores vulnerables y garantiza el reconocimiento de la diversidad.
El individuo en la medida que se encuentra expuesto a actividades y procesos lúdicos, desarrolla su personalidad creadora, puesto que se destaca y logra un espacio reconocido por su
manera de pensar y actuar, en la sociedad.
La lúdica se convierte en una técnica llamativa, curiosa e interesante para los individuos, ya
que por medio de ello se logra brindar un ambiente de libertad y respeto.
A través de los talleres lúdicos se garantizó la calidad, equidad e igualdad en la formación
de los individuos.
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Modelos de calidad aplicados al servicio de mediación en México1
Quality models applied to the mediation services in Mexico
Roberto N, Guerrero-Vega2
Universidad Politécnica de Nicaragua, Nicaragua
https://orcid.org/0000-0003-3847-0326
https://doi.org/10.29105/pgc6.12-8

______________________________________________________________________________________________________________________________

RESUMEN
El presente artículo es una investigación que posee un enfoque meramente cualitativo, parte de un diseño no experimental, bajo un nivel documental-bibliográfico trasversal. Tiene por objetivo general analizar los principales
modelos de evaluación de la calidad y definir cuál de ellos ha sido aplicado para evaluar el servicio de mediación
en México. Tras la revisión de la literatura y el análisis documental se determinó que: Los principales modelos de
calidad de índole nacional e internacional, aún no han sido aplicados para evaluar el servicio mediación, ya que
están enfocados en evaluar un contexto general como lo es el sistema de justicia tradicional y otros rubros relacionados a la comercialización de productos y servicios. Sin embargo, se determinó que la calidad del servicio de
mediación ha sido evaluada por modelos estandarizados, desarrollados por algunas investigaciones académicas.
Se concluye que en México existe la necesidad de implementar modelos rigurosos y estandarizados encargados de
evaluar al servicio de mediación, con la finalidad de obtener una certificación nacional e internacional que ratifique
a las instituciones que cumplen con los estándares de calidad.
Palabras Clave: Calidad, consumidor, mediación, modelos, servicio.
ABSTRACT
This article is a research that has a purely qualitative approach, part of a non-experimental design, under a cross-sectional documentary-bibliographic level. Its general objective is to analyze the main quality evaluation models and
to define which of them has been applied to evaluate the mediation service in Mexico. After reviewing the literature and the documentary analysis it was determined that: The main national and international quality models have
not yet been applied to evaluate the mediation service, since they are focused on assessing a general context such
as the traditional justice system and other items related to the marketing of products and services. However, it was
determined that the quality of the mediation service has been evaluated by standardized models developed by some
academic research. It is concluded that in Mexico there is a need to implement rigorous and standardized models
to evaluate the mediation service, with the aim of obtaining a national and international certification that ratifies
the institutions that meet the quality standards.
Keywords: Consumer, mediation, models, quality, service.
Recibido: 26 de Noviembre 2019 - Aceptado: 21 de Abril 2020 - Corregido: 11 de Mayo 2020
Cómo referenciar este artículo:
Guerrero-Vega, R. N. (2020). Modelos de calidad aplicados al servicio de mediación en México. Politica
Globalidad y Ciudadanía, 149-169. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/
view/152

1 Artículo de revisión derivado del proyecto de investigación: La eficacia del mediador como factor determinante en la calidad del proceso
de mediación.
2 Doctorando en Métodos Alternos de Solución de Conflictos, Universidad Autónoma de Nuevo León. Docente Investigador, Universidad
Politécnica de Nicaragua. Email: neftali2787@gmail.com. Orcid ID: orcid.org/0000-0003-3847-0326.
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�Modelos de calidad aplicados al servicio...

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1.- INTRODUCCION
Las primeras expresiones históricas de la calidad en el ámbito industrial surgieron a mediados
de los años 70s, cuando las grandes compañías dedicadas a la manufactura en el mundo, empezaron a competir con las corporaciones norteamericanas. Estas compañías fueron pioneras
en cambiar sus filosofías operativas, entre los primeros enfoques se aplicó la disminución del
tamaño de las industrias, trayendo consigo cambios sustanciales orientados a la satisfacción
de los clientes y el perfeccionamiento de las comunicaciones dentro de las compañías (Diaz,
2016).
Los retos planteados por las compañías en relación a la calidad estaban enmarcados en promover y aumentar la productividad, la capacidad de respuesta, la tecnología, comunicaciones,
servicio al cliente y la reducción de costos.
La calidad no solo se ha manifestado en el ámbito industrial, también se ha venido reflejando
en diferentes civilizaciones como, por ejemplo: En la antigua Grecia donde las primeras poblaciones le denominaban arete, término que era entendido como excelencia (Barraza, 2007).
Por otra parte, en la era del antiguo Egipto ya existía la figura del inspector de calidad, quien
era el encargado de verificar las dimensiones y simetría de los bloques que posteriormente eran
utilizados en las grandes construcciones que edificaba esta civilización. También en China el
antiguo Sun Tzu implementaba una serie de estrategias dirigidas a mejorar la calidad del entrenamiento de sus soldados y también implementaba la calidad en sus técnicas de guerra (Sun,
2009).
En el siglo XVII y XVIII emanan en las grandes ciudades los gremios de artesanos, quienes
establecen especificaciones y requisitos para los materiales con los que se trabajaban y definen
procesos y productos para su elaboración. Estas acciones son consideradas como el inicio de las
organizaciones de certificación, debido a que estos gremios llevaban un control específico de
admisión de sus asociados de acuerdo a los requerimientos establecidos, este factor les permitía
mantener la calidad de su trabajo y de sus miembros (Miranda Gonzalez, 2007).
Etimológicamente la calidad es de procedencia latina, y es denominada como ¨clase¨ o ¨tipo¨;
esta definición promueve diferentes interpretaciones por su abstracta expresión. En la actualidad para la Real Academia Española, la calidad es definida como ¨El conjunto de propiedades
inherentes a una cosa que permite apreciarla como igual, mejor o peor de las restantes de su
especie¨ (RAE, 2019).
Existen otras definiciones que abordan a la calidad desde sus diferentes perspectivas, por
ejemplo:
Para Drucker (1990) la calidad no es lo que contiene el servicio, es lo que el cliente obtiene
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de él y por lo que está dispuesto a pagar (pág. 41); en cambio Ishikawa (1986) plantea a la calidad enfocada en el producto sin menoscabar la utilidad de la calidad del servicio, trabajo de
calidad, calidad del proceso y cualquier otro enfoque relacionado a la excelencia.
Lechuga et al (2017) La calidad es una de las características clave de los productos y servicios que se mide nacional e internacionalmente a través de las denominadas empresas certificadoras de calidad. Las apariciones de estas certificaciones surgen por la necesidad de homogenizar la medición de la calidad de los productos y servicios. (p.34).
Por otro lado, hay que resaltar que la calidad no solo se refiere a la finalización del producto
o del servicio, también está enfocada a la calidad del proceso que esencialmente es el causante
de la excelencia de los anteriores factores (Imai, 1998, pág. 10). De acuerdo a lo anterior se
puede afirmar que con el paso del tiempo el concepto de calidad ha evolucionado su enfoque,
ya no solo se encuentra relacionado en aumentar la productividad o en ofertar un mejor servicio
al cliente; esta definición de calidad es más amplia, así lo refiere (Diaz, 2016) quien también
plantea:
La calidad debe entenderse y debe de ser transmitida como un valor que genera actitudes
y comportamientos en el trabajo y en la vida privada del trabajador; también se trata de
buscar conscientemente los máximos estándares deseables en todo lo que realizamos en la
vida; es una filosofía que debe de estar detrás de todos los movimientos del individuo; es
un estilo de vida; es una cultura, donde lo principal es el trabajo, el servicio, la entrega
completa (pág. 128).
Es notable que las referidas definiciones están planteadas con un enfoque dirigido al producto, servicio ofertado o las fases del proceso que conlleva a la calidad, cabe señalar que todas las
concepciones convergen un denominador común, el cual es construir y alcanzar estándares de
excelencia.
En México existen diferentes modelos nacionales e internacionales que evalúan la calidad
de los servicios y productos que ofertan las diferentes instituciones. Entre los más relevantes
están el Premio Nacional de Calidad (PNC), la Organización Internacional para la Estandarización (ISO). Estos modelos en su mayoría están dirigidos a evaluar actividades relacionadas a la
industria, sin embargo, esta filosofía de calidad ha trascendido a otros campos como los son la
salud, la justicia, la educación entre otros.
Por tanto, en el presente trabajo además de analizar los principales modelos de evaluación
de calidad, también se desarrolla cuáles de estos modelos se han implementado en algunos
rubros en México, al igual se resalta como problemática que estos sistemas de evaluación aún
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no han sido aplicados en los Centros públicos o privados que se dedican a ofertan el servicio de
mediación en México.
Con la finalidad de proponer variantes o posibles soluciones al fenómeno que antecede, en
este estudio se menciona una serie de investigaciones académicas que han evaluado el servicio
de mediación desde diferentes perspectivas, partiendo de modelos estandarizados de calidad.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
La prestación del servicio de mediación
Un servicio representa un conjunto de acciones encaminadas a servir en algo o a alguien, estas
acciones tienen por finalidad cumplir con la satisfacción del individuo o individuos que los
requieren.
La Ley de mecanismos alternativos para la solución de controversias en el estado de Nuevo
León (2017), define a los sujetos e intuiciones encargados en prestar el servicio de mediación.
En primer lugar se encuentra el Instituto de Mecanismos Alternativos para la Solución de Controversias, quien es el órgano del Consejo de Judicatura, que regula y presta los servicios en
materia de los mecanismos alternativos de solución de conflictos (MASC); seguido están los
Centros de mecanismos alternativos, que son definidos por la ley como ¨Todas las instituciones
públicas y privadas que brindan servicios de mecanismos alternativos, distintas al Instituto¨,
cabe destacar que dichos centros deben contar con la acreditación del instituto.
Por otro lado, también la ley define al facilitador o mediador como la persona física que
cuenta con certificación o certificaciones especializadas respaldadas por el Instituto, en virtud
de prestar los servicios de los MASC.
De acuerdo a estas definiciones establecidas por la norma, no cabe duda que la mediación
es considerada un servicio y el mediador es la persona encargada de materializarlo. De igual
manera es importante destacar que la asistencia que funge el mediador no solo coincide con la
definición de servicio, también se relaciona con las características generales de los servicios.
De acuerdo a Zeimthaml y Berry (1988), las características consisten en la intangibilidad, la
heteromogeneidad, la inseparabilidad y el carácter perecedero. En el siguiente apartado se desarrollarán las referidas características partiendo de su conceptualización y la relación que existe
con el servicio de la mediación:
La Intangibilidad
Para Lovelock (1983) todos los servicios son considerados intangibles debido a que no se trata
de un objeto o producto más bien son resultados, así mismo plantea que los servicios no podrán ser juzgado por el consumidor antes de adquirirlos, en vista que estos no pueden sentirse,
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palparse, verse o tocarse. Es por ello que el servicio de mediación, se identifica con la intangibilidad ya que no se trata de un bien o producto del cual se pueda tener posesión; además su
valoración no puede ser en base a sus características físicas ya que son inexistentes. El servicio
mediación y su intangibilidad puede ser evaluada en base a la percepción e interpretación del
usuario o cliente.
La heteromogeneidad
Esta característica se basa en la variabilidad del servicio ofertado y los resultados obtenidos,
estos resultados no pueden ser medibles de forma estandarizada, ya que cada consumidor y el
servicio ofertado son diferentes (Duque Oliva, 2005). Partiendo de lo anterior se debe considerar que el servicio de mediación siempre va ser variable ya que ningún proceso de mediación
resulta ser igual a otro; esta variabilidad dependerá del actuar de las partes en el proceso de
mediación o de las habilidades que aplique el tercero neutral al gestionar el conflicto.
La inseparabilidad
De acuerdo a Duque (2005) este factor está relacionado con la simultaneidad, se trata de la interacción que hay entre la persona prestadora del servicio y el usuario o cliente que lo consume.
Esta característica está centrada en el consumo, factor que será base de la distinción entre el
producto y servicio. El producto se crea se vende y posteriormente se consume por otra parte
el servicio se oferta y se consume en un mismo instante. En cuanto a la mediación como servicio sucede exactamente el mismo debido a que se oferta y se consume en el momento de su
aplicación.
De carácter perecedero
Esto significa que los servicios no subsisten en el tiempo, algunos pueden ser de un solo momento en cambio otros pueden efectuarse en diferentes etapas, partiendo de esta lógica queda
claro que al no tratarse de un producto el servicio no podrá ser almacenado (Diaz, 2016). El
servicio de mediación ofertado por las instituciones descritas en la parte inicial de este acápite,
se clasifica de carácter perecedero, debido a que no es tangible y en consecuencia no puede ser
acopiado, de acuerdo a esta situación se garantiza la imperdurabilidad del servicio ofertado.
Este servicio persistirá solo durante tiempo que dure el proceso de mediación y también durante
se promulguen las diferentes sesiones próximas.
Al leer lo anterior resulta imprescindible no establecer las diferencias que existen entre las
características que contienen un producto y un servicio por ello se plantea el siguiente cuadro:
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•
•
•
•

Cuadro 1. Diferencias entre Producto y Servicio
Producto
Servicio
Es tangible y palpable
• Intangible y no pueden ser evaluado por
su aspecto físico
Un producto podrá ser idéntico a otro
servicio ofertado al consumidor siemEl producto se crea se vende y posterior- • El
pre
va ser variable
mente se consume
• El servicio se oferta y se consume en un
El producto de acuerdo a su tipología
mismo instante
puede perecer o descomponerse
• No persiste en el tiempo ni puede ser almacenado
Fuente: Elaboración propia, 2020

De acuerdo a estas diferencias y a las características antes planteadas queda claro que existe
una relación amplia entre el servicio de mediación y los preceptos generales del servicio, por lo
tanto, la medición como un servicio puede estar sujeta a cualquier tipo de evaluación, siempre
y cuando esta se aplique con la perspectiva de mejorar la calidad de los procesos inmersos en
el servicio.
Modelos de evaluación de calidad
Dando continuidad al enfoque de calidad, es pertinente mencionar que existen diferentes modelos dedicados a gestionar la calidad desde sus diferentes perspectivas. Estos modelos sirven
de guías para todas las instituciones privadas o públicas que se dedican a mejorar un producto
u ofrecer un servicio.
Históricamente en diferentes países del mundo han existido esfuerzos en mejorar los procesos de calidad de las empresas, partiendo de la dinámica de la evaluación y el reconocimiento.
En el año 1951, Japón instituyo el premio Deming como reconocimiento a las empresas que
alcanzaran mejorar sus procesos de calidad; por otro lado, en los Estados Unidos se otorgaba la
distinción Malcon Baldrige, que concordaba con el mismo enfoque de calidad. En el año 1989
México creo el premio nacional de calidad, este era entregado por el presidente de la republica
a las empresas que cumplían con el modelo nacional de competitividad, cabe destacar que el
proceso de selección y valoración a las instituciones estaba a cargo del Instituto para Fomento
a la Calidad Total A.C (Diaz, 2016).
Existen otros modelos de gestión de calidad que se encuentran ligados a la normalización y
estandarización. Para hablar de ellos primero se debe de tener una visión clara de los referidos
enfoques. Castañeda Salas (2019) en su investigación cita diferentes autores que definen estos
dos enfoques:
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Normalización
Según Merlo Vega (2011) la normalización se define … como la guía que permite definir
como debe ser un producto o servicio, de manera que todas las organizaciones que lo desarrollen sigan un mismo modelo… con ello se consigue… que estos productos y servicios
cumplan con uno de los criterios mínimos para que puedan ser evaluados y comparados
para establecer un nivel de calidad determinado, por otra parte asegura que los productos
y servicios sean compatibles entre si.
Estandarización
Se define como … aquellos criterios por los que puede medirse y evaluarse los servicios…
establecidos por las organizaciones profesionales, corporaciones acreditadas u organismos
estatales, los criterios pueden reflejar, los diversos modos o un mínimo ideal un procedimiento modélico, una medida cuantitativa o una evaluación cualitativa (Merlo Vega, 2011).
Los modelos de normalización y estandarización para algunos autores o instituciones son
utilizados como sinónimos, pero de acuerdo a las definiciones antes planteadas poseen diferentes características; en este sentido y con el ánimo de diferenciar ambos modelos a continuación
se plantea un cuadro ilustrativo.
Cuadro 2. Diferencias entre Normalización y Estandarización.
Normalización
Estandarización
• Determina como debe ser un producto o • Define características y criterios para que
servicio.
un producto o servicio pueda ser susceptible de medición o evaluación.
• Se encarga de elaborar, aplicar y mejorar
las normas relacionadas a la calidad.
• Desarrolla sistemáticamente la actualización de los patrones, medidas y especifi• Sustenta la metodología que asegura con
caciones de los productos o servicios.
exactitud la evaluación.
Fuente: (Tafolla, 2000) (SE, 2016); (Castañeda Salas, 2019) elaboración propia, (2020).
Las características de la normalización y la estandarización son parámetros establecidos con
el fin de mejorar la calidad de los procesos en los diferentes ámbitos e instituciones.
Sistema organización internacional para la estandarización (ISO)
Después de la segunda guerra mundial las Naciones Unidas en 1947 crean la Organización
Internacional de Normalización (ISO), que tiene como propósito promover normas y regulaciones internacionales para la fabricación de los productos en donde se garantice su calidad y
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seguridad, posterior en 1951 se publicó el primer estándar ISO dirigido a una referencia de temperatura que se encargaba de medir las longitudes dentro de la industria, siguiendo esta secuencia, ISO creo todo tipo de normas enfocadas en productos, servicios y procesos relacionados al
ámbito de la vida (Castañeda Salas, 2019)
En la actualidad 157 países son parte de la red de organizaciones internacionales de normalización, estas instituciones operan en países grandes o pequeños, industrializados o en vías de
desarrollo de todas las regiones del mundo (ONUDI, 2010). Una peculiaridad de estas organizaciones es que, a pesar de tener un gran impacto en el ámbito industrial y empresarial, su naturaleza yace en el voluntariado, esto quiere decir que estas normas no pueden ser impuestas de
maneras coercitivas para las instituciones públicas o privadas al menos que estás los soliciten.
De acuerdo a lo que plantea Aenor (2002) ISO despliega una serie de normas técnicas de
carácter voluntario que incrementan el valor a todas las operaciones empresariales, entre estas
virtudes se encuentran:
La contribución y el desarrollo de la fabricación y suministro de productos y servicios más
eficientes, seguros y limpios.
Brinda la protección a consumidores con respecto a los productos y servicios.
Facilita y ajusta el comercio entre países.
Mejora la satisfacción de la clientela.
Genera confianza en los consumidores o usuarios.
Se obtiene una certificación de índole internacional.
Es importante observar que entre los beneficios que ofrece la aplicación y el seguimiento de
las normas ISO, se pueden destacar tres elementos fundamentales que se han venido planteando
en cuanto a la calidad del proceso de mediación, entre ellos están la satisfacción al cliente, la
generación de confianza entre los usuarios de cara a las instituciones y por último la calidad
partiendo de un servicio más eficaz.
Existe una variedad de normas ISO que han sido creadas a partir de la reaparición de nuevos
productos o servicios ofertados a la sociedad. En la actualidad no se sabe con exactitud cuántos
tipos de las normas ISO existen, debido a que estás siempre están en constante cambio, es por
ello que en el siguiente grafico se reflejaran las normas más influyentes de algunos ámbitos:

Gráficas 1. Tipos de normas ISO
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Fuente: Elaboración propia, (2020).
En la referida tipología se destaca la ISO 9000, esta norma se encuentra orientada a la estandarización de los sistemas de calidad que no están relacionadas con algún producto, sino con
los procesos de los que derivan los productos y servicios. La finalidad de esta norma es emplear
los métodos, técnicas y procedimientos específicos relacionados al cumplimiento de principios,
objetivos y metas destinados a satisfacer las necesidades de los consumidores o usuarios (Delgado, 2011).
La certificación de norma ISO 9000 y la 9001 son acreditaciones muy demandadas por las
diferentes instituciones privadas y públicas dedicadas a ofrecer un producto o brindar un servicio. En lo que concierne a México específicamente al estado de Nuevo León, las entidades que
lograron alcanzar esta certificación son: el Tribunal Superior de Justicia y otras jurisdicciones u
órganos judiciales y la Procuraduría Federal del Consumidor (PROFECO).
Norma ISO 9001 adoptada por el Tribunal Superior de Justicia del Estado de Nuevo León
El Tribunal Superior de Justicia del Estado de Nuevo León (2003) público en su informe trimestral número 7, algunos de sus principales logros en donde destaco la acreditación ISO 90012000 del Tribunal Superior de Justicia y la postulación de un pilotaje de otras áreas jurisdiccionales que apuntaban a la certificación de calidad, como lo eran la primera sala civil y el juzgado
décimo segundo de lo civil del primer distrito judicial.
En este informe el Lic. Guerrero Gutiérrez expresó que el sistema de calidad en las áreas administrativa, resulta ser de suma importancia ya que la adecuación de la norma ISO permite que
los operadores de justicia y servidores públicos sean evaluados de acuerdo al servicio ofertado a
la comunidad, también recalco que la certificación ISO visibilizaría a la institución por ser parte
de un sistema de estandarización de orden mundial.
Dando continuidad al informe, también hay que destacar algunos beneficios que trae consigo
la aplicación de la norma ISO 9001, entre ellos están:
Lograr un trabajo más organizado al pie de una metodología.
La labor se desempeña de manera eficiente.
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Fomenta la competitividad en el ámbito laboral.
Se detectan indicadores sobre las acciones contrarias a la ley.
Implementa acciones correctivas y preventivas.
Se promueve la capacitación de los actores sobre las políticas que debe contener un sistema
de calidad.
Disminuye el número de quejas
Desarrolla altos niveles en el rendimiento del personal.
Posterior a todo el proceso de análisis, se elaboró un manual de calidad con instrucciones
sobre el trabajo y registro de la calidad, procedimientos generales, instrucciones de trabajo y
registro de la calidad, que fueron utilizados para evaluar el desempeño de otras entidades jurisdiccionales (TJS, 2003).
Norma ISO 9001 adoptada por la Procuraduría Federal del Consumidor (PROFECO)
La Profeco es la institución encargada de la protección del consumidor, así como de difundir el
consumo inteligente. Ambas actividades cuentan con un área de laboratorio para su operación,
este sitio es donde la institución realiza diferentes estudios a la diversidad de productos que
existen en el mercado, los resultados de estas pruebas son publicados en diferentes medios de
comunicación, en donde se enuncia si el producto cumple con los estándares de calidad (David,
2016).
Cuadro 3. Criterios de calidad de Profeco.

Sistema de gestión de calidad
Responsabilidad de la dirección
Gestión de los recursos
Realización de producto
Medición de análisis y mejora

Define todos los procesos que se manipulan con
específicas metodologías y sistemas de control de
calidad.
Supervisa las actividades de Profeco y la vigilancia y
cumplimiento SGC (Sistema de Gestión de Calidad).
Cumple en planear la manera en que va a asignar los
recursos, tomando en cuenta las recomendaciones del
cliente.
Se define los requerimientos del producto y del cliente, así como del proceso para cada servicio.
El SGC es monitoreado de manera completa por
satisfacción del cliente, análisis de tendencias, expedientes de proveedores.

Fuente: Elaboración propia, (2020).
El laboratorio nacional de la Profeco conto con la certificación NMX-ISO-9000-2000 y esRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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tuvo acreditado con NMX-ISO-17025-2005, también poseía un manual de calidad que cumplía
con los requerimientos que establece el ISO 9000-2000, entre ellos los del cuadro 3.
En consideración a lo desarrollado en cuanto a la acreditación de estas instituciones del estado de Nuevo León, el Tribunal Superior de Justicia y la Profeco, ambas apuntaron a la calidad.
El tribunal se enfocó en ofertar un servicio de calidad a los usuarios y a mejorar sus procesos
internos de índole administrativos y la Profeco en ofertar y mantener la calidad en la variedad
de los productos que son consumidos por la población. Ambas instituciones resultan ser de vital
importancia para la sociedad al lograr la estandarización ISO de sus procesos, mejorando así su
compromiso social con los usuarios o consumidores.
Modelo europeo de gestión de calidad (EFQM)
En 1988 fue creada la Fundación Europea para la Gestión de calidad (European foundation
for quality management), que se encuentra constituida por 14 organizaciones europeas con un
propósito en común, el cual era mejorar la calidad de las empresas en el referido continente. En
1922 la fundación creo el Modelo de Gestión de Calidad conocido mejor como EFQM (Diaz,
2016)
Carreón (2013) expresa que el modelo EFQM contiene nueve criterios que se subdividen en
dos grandes grupos, el primero está destinado a los ¨agentes¨ que son los factores por los cuales
se logran los fines y el segundo grupo son los ¨resultados¨ con los cuales se logran la organización; además el autor plantea el desglose de estos criterios:
Agentes
Liderazgo: Este criterio se refiere al compromiso y al estilo de la dirección que son ejercidos
por la gerencia o quien esté a su cargo, también tiene relación con la calidad y el logro de los
objetivos o misión de la organización, realzando entre ellos la satisfacción del cliente.
Política estratégica: Es la dinámica en donde la organización implanta su misión y visión
con la finalidad de desarrollar las estrategias, también describe el paso a paso de la implementación de políticas, planes, objetivos y procesos en donde se materializa la estrategia.
Persona: Se analiza la gestión y el desarrollo del conocimiento de las personas que son parte
de la organización, esta acción permite evaluar el potencial de cada individuo o grupos. También se evalúa como se planifica las actividades con apoyo de la política y estrategias, además
del eficaz funcionamiento de los procesos.
Recursos y alianzas: Este factor se refiere cuando la organización gestiona y planifica sus
recursos internos, y la de sus colaboradores externos, con el objetivo de conocer como estos
apoyan la política y la estrategia en la función eficaz de los procesos.
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Procesos: Este factor es de suma importancia debido a que define la operatividad de la organización.
Resultados
Resultados en los clientes: Computa el grado de satisfacción y las necesidades de los clientes
externos y la elección de medidas para evaluarlas.
Resultados en las personas: Se encarga de medir al igual que el anterior las necesidades y
satisfacción de las personas, pero en este caso de los agentes internos o colaboradores.
Resultados en la sociedad: Este factor está relacionado con la responsabilidad social que tiene la organización desde esferas como la prevención de riesgos laborales, el impacto ambiental
de los productos que distribuye y el comportamiento ético de la empresa.
Resultados clave: Asegura que la organización evalué el grado de cumplimiento de las metas
y objetivos trazados u aquellos elementos que se han identificado como logros importantes, esto
puede darse a corto o a largo plazo y esta enlazado directamente a aspectos financieros de la
institución.
Por otro lado, existe también el Modelo Iberoamericano de Calidad creado por la fundación
iberoamericana para la gestión de calidad (FUNDIBEQ), la cual estableció en el año 2000 la
distinción del premio Iberoamericano ala Calidad. Este modelo tiene una gran relación con el
modelo EFQM en cuanto a su estructura, clasificación y los criterios que aborda, pero también
difiere en la puntuación cuantitativa de alguno de los criterios (Carreon, 2013)
Modelo del premio nacional de calidad mexicano (PNC)
Este modelo fue creado a finales de los años 80 por un grupo de expertos que tenían como
propósito impulsar la mejora continua de las instituciones u organizaciones mexicanas. El eje
principal de PNC se trata de reforzar el valor superior de los clientes y los consumidores atreves
de una mejora continua de los sistemas, procesos, productos y servicios.
Dentro de los propósitos del PNC están (FPNC, 2016):
Estimular el establecimiento de los procesos integrales
Promover la productividad y la calidad en los productos, servicios y procesos
Promover el uso del modelo nacional para la calidad total en las organizaciones mexicanas.
Fomentar las exportaciones en base a la calidad
Promover visibilidad de las empresas
Ofrecer una herramienta útil de diagnóstico y mejora continua
Este modelo a diferencia del EFQM se subdivide en tres bloques de acuerdo al ciclo Deming
y además evalúa 8 criterios, que a continuación se pueden apreciar en la siguiente gráfica:
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Gráficas 2. Criterios de evaluación de la Calidad - PNC

Fuente: Elaboración propia, (2020).
Evaluación de calidad del proceso de mediación
Se puede observar que los modelos de evaluación que anteceden han sido implementados en
distintas instituciones dedicadas a diferentes tópicos como lo son: la salud, el comercio, el medio ambiente, la seguridad en los centros de trabajos, los sistemas de justicia entre otros. Sin
embargo, hasta el momento en la mayoría de países no hay una aplicación centralizada ni estandarizada de un sistema que evalué y procuré la calidad del servicio de mediación (Gonzalez
Ramirez, 2018).
Es relevante mencionar que existen diferentes teorías donde se observa que el servicio de
mediación puede ser evaluado de diferentes enfoques:
La primera está basada en lo que considera el consumidor en relación al servicio (usuario en
el proceso de mediación), de lo cual se engloban las calidades técnicas que consisten en la acreditación profesional y formación del mediador, y la segunda se enfoca cuando el consumidor
juzga el servicio después de haber sido ofertado, siendo este último un factor difícil de medir
en la mediación, en vista que posterior a la realización del acuerdo existen muchos factores
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externos que pueden incidir en la apreciación de las partes, en cuanto al servicio ofertado y la
calidad del mismo (Lehtinen, &amp; Lehtinen,, 1982).
Evaluación de la mediación en base a los resultados
Pruitt &amp; Carnevale (1993) plantean dos criterios de evaluación de la eficacia de la mediación.
Como primer criterio esta la evaluación a corto plazo, la cual corresponde a enunciados que
determinan una buena mediación como, por ejemplo:
1. El sentimiento expresado por partes de la mediación, referido a la satisfacción de la
misma.
2. La voluntad de cumplir los acuerdos alcanzados.
3. La percepción de la eficacia de la mediación, esto implica funcionamiento, rapidez, economía etc.
4. El cumplimiento de lo acordado.
Se deberá tener en cuenta que estos criterios deben de ser evaluados al finalizar la mediación.
Por otra parte, están los criterios de evaluación a largo plazo, los cuales se basan en las siguientes actividades:
1. El grado de cumplimiento de los acuerdos
2. Las mejoras de las relaciones entre las partes.
El conjunto de criterios de evaluación antes relacionados sirven para diagnosticar si se tiene
como resultado una mediación ¨exitosa¨ sin embargo hay que delimitar cuales son los factores
que determinan la eficacia del método (Gonzalo Serrano, 2008).
Evaluación de la mediación en base a la percepción del servicio ofertado
La percepción del usuario para evaluar a la mediación como un servicio, es otro de los enfoques
por los cuales se puede abonar a la calidad del proceso mediación.
Para Díaz Álvarez (2016) la evaluación de la mediación puede ser valorada desde diferentes
factores endógenos que determinan la calidad, es por ellos que plantea en su investigación titulada ¨Mediación Calidad¨ seis características que son base para la evaluación del este servicio;
en las cuales encontramos:
Características físicas de las instalaciones
Habilidad del centro de mediación, servicio promedio y confiable
Disponibilidad de servicio al usuario
Conocimiento, cortesía y confianza por parte del personal hacia el usuario
Cuidado y atención personalizada al usuario
Valor de la mediación en la sociedad (intangibles de la mediación)
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Todas estas características estuvieron enfocadas en evaluar la calidad del servicio de mediación que se oferta a la sociedad por parte de los diferentes centros del estado de Nuevo León
tanto en el ámbito público como privado. Para llevar a cabo la evaluación referida, Álvarez
(2016) aplico el modelo que se describe a continuación.
Modelo service quality (SERVQUAL)
Ilustración 1. Cronología de hechos internacionales, teorías de calidad y modelos de evaluación

Fuente: (Torrez , Maritza, Vasquez, &amp; Carmen, 2015)
En la figura que antecede se muestra una cronología de los principales modelos de evaluación de la calidad, también se destacan hechos internacionales y algunas teorías que contribuyen a la evaluación de la calidad, en las cuales se puede observar algunos de los modelos que
ya se comentaron en este artículo. Por otro lado se puede apreciar el surgimiento del modelo
SERVQUAL que deviene históricamente de la escuela americana de marketing y fue desarrollado por los investigadores Parasuraman, Berry y Zeithaml en 1985 y posteriormente 1988
por medio del análisis factorial se simplifico y albergo la evaluación de los servicios bajo estas
cinco dimensiones (Torrez , Maritza, Vasquez, &amp; Carmen, 2015):
a. Empatía: Muestra de interés a nivel de intención individualizada que ofrece la institución
al usuario.
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b. Fiabilidad: Habilidad para ejecutar el servicio prometido de forma fiable y cuidadosa.
c. Seguridad: Conocimiento y atención de los empleados y su habilidad para inspirar confianza.
d. Capacidad de respuesta: Disposición para ayudar a los usuarios y para presentarles un
servicio rápido.
e. Elementos tangibles: Apariencia física de las instalaciones físicas, material, equipos y
personal.
Se puede apreciar claramente que Díaz Álvarez (2016) en su investigación titulada ¨Mediación Calidad¨ adecuo las dimensiones que platea el modelo SERVQUAL a la evaluación del
servicio de mediación, utilizando este prestigioso gestor de calidad para medir las diferentes
fases del proceso con la finalidad de procurar la calidad y eficiencia en el trámite de mediación.
Por lo tanto, dicha investigación resulta ser la pionera en estandarizar un modelo de calidad
dedicado a evaluar la satisfacción de los usuarios en el ámbito de la justicia alternativa, ya que
este modelo comúnmente se aplica en esferas como a salud, la educación, industria, hotelería y
otro sin números de servicios enfocados en procurar la calidad de los procesos.
Evaluación de la mediación con base a la capacidad y competencias del mediador
Para Aguilar (1994) un elemento determinante para contribuir a la calidad del proceso de
mediación está enfocado en las competencias y capacidades del mediador. Partiendo de este
enfoque se constituyó en Chile una mirada sistemática a la práctica del mediador, que tuvo
como propósito el mejoramiento continuo de las prácticas profesionales por medio de la implementación de una metodología cualitativa y cuantitativa que tuvo como base la observación
del mediador bajo la evaluación y medición de un sistema llamado evaluación de calidad del
proceso de mediación familiar (ECAME).
Instrumento de medición de calidad ECAME
En Chile a partir del año 2011 se han venido implementado un sistema de supervisión entre
pares que tiene como finalidad establecer una modalidad de aprendizaje-acción apegado a los
lineamientos de la investigación experimental, esto consistió en el aprovechamiento de los
conocimientos adquiridos de la práctica y la experiencia, que tuvo por objeto mejorar los sistemas de servicios de mediación existentes y de igual forma contribuir a la calidad del proceso
(Gonzalez Ramirez, 2018)
Dentro de los antecedentes metodológicos del referido sistema se constituyó un estudio inicial denominado ¨Auditoria de Calidad de los Servicios de Mediación Familiar¨ realizado por
UCEN, que de acuerdo a Muños (2015) perseguía las siguientes disposiciones:
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Diseñar un sistema nacional de gestión de supervisiones clínicas para los mediadores.
Implementar la aplicación del ECAME de supervisión.
Sistematizar cualitativamente y cuantitativamente los resultados.
Generar un proceso de retroalimentación y perfeccionamiento del desempeño profesional,
estableciendo criterios de calidad compartidos.
Este sistema en la actualidad cuenta con un proceso que costa de cinco etapas. La primera
se enfoca en la supervisión y observación del proceso de mediación, en esta fase se utiliza la
metodología de la video grabación para obtener un mejor análisis, en segundo puesto se sitúa
la autoevaluación del mediador observado, para que posteriormente de inicio la tercera fase
del proceso que consiste en la retroalimentación que debe de ejercer el supervisor al mediador
evaluado. El cuarto paso se trata de la elaboración de un informe y la asignación del puntaje al
mediador de conformidad a una escala enfocada en los diferentes criterios de evaluación del
servicio y sobre todo de la calidad del mismo, y por último en la etapa número cinco se concentra la capacitación remedial de aquellos factores en donde se encontró un déficit que conlleva
a la elaboración de manuales de buenas prácticas para fortalecer los procesos de mediación
(Gonzalez Ramirez, 2018).
3.- MÉTODO
Diseño
Esta investigación posee un enfoque meramente cualitativo, en vista que no se trata de una mera
especulación, interpretación o reflexión del suscrito investigador, por lo contrario, se basa en
comprobar la existencia del fenómeno de estudio que da origen a la pregunta de investigación
y por ende la hipótesis propuesta.
Entre otras características el estudio parte de un diseño no experimental debido a que no
se manipula ninguna de las variables propuestas, es decir se trata de una investigación en la
cual no se aplica la variación de las variables. También posee un enfoque exploratorio, en vista
que la problemática planteada resulta ser un fenómeno del cual existe escasa literatura. Cabe
destacar que la investigación exploratoria analiza a las variables o factores que podrían estar
relacionados a la problemática y finaliza cuando ya se obtiene una idea clara y relevante de las
variables y cuando se justifica que ya hay suficiente información sobre el tema (Abreu, 2012)
Instrumento
Con el objetivo de recopilar la información que contiene el marco teórico, se llevó a cabo una
exhaustiva revisión de la bibliografía relacionada al sustento de las variables de investigación,
por medio del ejerció de la lectura comprensiva en donde se analizaron con un enfoque critico
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las treinta y una referencias bibliográficas.
Procedimiento
Primeramente, se realizó un análisis compresivo de las fuentes que están meramente relacionadas a la problemática de estudio, como resultado se dedujo que existía escasa información
sobre la aplicación de los modelos de evaluación de calidad en Centros que ofertan el servicio
de mediación en México. Por tal razón se realizó un análisis comparado del fenómeno de lo
cual se obtuvo información derivada de investigaciones académicas y posterior se realizaron
conclusiones y recomendaciones al estudio.
4.- CONCLUSIONES
En los apartados que anteceden se desarrolló de manera clara todo lo relacionado a la calidad en
general y a los tipos de modelos que la evalúan. También se llevó acabo un análisis de algunas
esferas en las que se han aplicado los diferentes sistemas de evaluación de la calidad. En base
a lo dicho podemos concluir lo siguiente:
La calidad es un concepto que trasciende más allá de una actividad en específico, puede ser
considerada como una aptitud, cultura o estilo de vida de un individuo que tiene como fin
alcanzar los máximos estándares de excelencia.
La calidad puede ser analizada desde el enfoque del producto, la calidad del servicio prestado o las fases de un proceso que conllevan a estándares de excelencia.
La mediación debe ser considerada un servicio en vista que cuenta con todos los elementos
esenciales del mismo.
Los modelos de calidad ISO 9000, 9001, EFQM y el PNC concuerdan en los siguientes
criterios:
Todos toman en cuenta la satisfacción del cliente.
Todos concuerdan que el proceso es un factor clave para la operatividad de las organizaciones.
Los tres modelos toman en cuenta la eficiencia, capacitación y evaluación del personal.
Los modelos de calidad ISO 9000, 9001, EFQM Y PNC no han sido implementados en evaluar la calidad del servicio de mediación.
Los modelos de evaluación como SERVQUAL y ECAME ya fueron implementados en evaluar los servicios de mediación con el propósito de mejorar la calidad del servicio ofertado.
Por tanto podemos concluir que en México existe la necesidad de implementar los modelos
de evaluación de calidad nacionales e internacionales, con el propósito de garantizar que el
servicio de mediación ofertado, este avalado por certificaciones de alto prestigio que generan
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confianza, de igual forma se recomienda que los centros de mediación públicos y privados,
implementen sistemas de calidad de manera interna con el objetivo de efectuar evaluaciones
periódicas que fomenten la mejora constante del servicio de mediación.
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La Alianza del Pacífico y la hegemonía de China y Estados Unidos1
The Pacific Alliance and the hegemony of China and the United States
Flavio Rafael González Ayala 2
Universidad Autónoma de San Luis Potosí, México
https://orcid.org/0000-0001-7317-2485
https://doi.org/10.29105/pgc6.12-9
____________________________________________________________________________
RESUMEN

El presente artículo tiene como objetivo explorar la relación de los cuatro países miembros de la Alianza del Pacífico
(AP) con la República Popular China (China). La investigación de este artículo se hizo desde un enfoque y metodología cualitativa de tipo analítica. Se encontró que uno de los objetivos de la Alianza del Pacífico es convertirse en una
plataforma de articulación política, integración económica y comercial, y proyección al mundo, con énfasis en la región
Asia-Pacífico. China es el principal mercado de Asia Pacífico y el segundo a nivel mundial. Sin embargo, la Alianza
tiene vínculos importantes con Estados Unidos, tanto por su modelo económico como por los tratados de libre comercio
(TLC) que cada miembro tiene con dicho país. Estados Unidos y China se encuentran en una guerra comercial, y ambos
compiten por el comercio regional e internacional. El déficit comercial de los miembros de la Alianza del Pacífico con
China, el cual también Estados Unidos comparte, se debe al dominio comercial del dragón asiático en el mundo. La forma en que la Alianza del Pacífico está enfrentando dicho déficit es cerrándose al mercado chino y estableciendo alianzas
con Estados Unidos. Dicha situación genera cuestionamientos como la forma en que afrontan los países de la Alianza
del Pacífico la llamada “guerra comercial entre Estados Unidos y China” y de qué manera enfrentan la dicotomía entre
la importancia del creciente mercado asiático lidereado por China frente a ser parte de la zona de influencia de Estados
Unidos. Este artículo explora las relaciones entre los países de la Alianza del Pacífico y China de lo que se puede concluir
que la nueva Ruta de la Seda es una alternativa para la diversificación de la Alianza del Pacífico.
Palabras clave: Alianza del Pacífico, China, Comercio Internacional, Estados Unidos, Guerra Comercial.
ABSTRACT
This article aims to show the relationship of the four member countries of the Pacific Alliance (AP) and the People’s
Republic of China. The third objective of the Pacific Alliance is to become a platform for political articulation, economic
and commercial integration, and projection to the world, with emphasis on the Asia-Pacific region (Alianza del Pacífico,
2015). China is the main market in Asia Pacific market and the second in the world, however, the Alliance has important
links with the United States, both for its economic model and for the free trade agreements that each member country
has with that country. The United States and China are in a trade war, and both compete for regional and international
trade. The trade deficit with China, which the United States also shares, is due to Chinese commercial dominance with
the world. The way the PA is facing this déficit is by closing the Chinese market and establishing alliances with the
United States. This situation generates questions such as the way in which the countries of the Pacific Alliance face the
so-called “trade war between the United States and China” and how they face the dichotomy between the importance of
the growing Asian market led by China versus being part of the influence zone of the United States. This article explores
the relations between the countries of the Pacific Alliance and China, form which it can be concluded that the new Silk
Road is an alternative for the diversification of the Pacific Alliance.
Keywords: Pacific Alliance, China, International Trade, United States, Trade War.
Recibido: 14 de Diciembre 2019 - Aceptado: 27 de Marzo 2020 - Corregido: 15 de Mayo 2020
Cómo referenciar este artículo:
González Ayala, F. R. (2020). La Alianza del Pacífico y la hegemonía de China y Estados Unidos. Politica Globalidad y
Ciudadanía, 170-187. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/153

1 Articulo resultado del proyecto de Investigación “ELEMENTOS DE LA INTEGRACIÓN ECONÓMICA DE LOS PAISES EMERGENTES
EN ASIA PACÍFICO” financiado por el Programa para el Desarrollo Profesional Docente (PRODEP) iniciado el 22 de enero de 2018
2 Doctorando en Filosofía con especialidad en Relaciones Internacionales, Negocios y Diplomacia en la Universidad Autónoma de Nuevo
León (UANL). Profesor Investigador de la Facultad de Economía de la Universidad Autónoma de San Luis Potosí. Email: flavio.gonzalez@
eco.uaslp.mx
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México, ISSN 2395-8448. 170-187. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/153

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1.- INTRODUCCIÓN
El objetivo de este artículo es indagar la relación y posibilidades de los cuatro miembros de
la AP con la República Popular China. El argumento central de este ensayo es que la AP no
tiene una estrategia estructurada como organismo para relacionarse con Asia Pacífico y menos
con China. Aunque uno de los objetivos de la Alianza es convertirse en una plataforma de articulación política, integración económica y comercial y proyección al mundo con énfasis en
la región Asia-Pacífico. Las relaciones políticas, económicas y comerciales se han dado en un
contexto bilateral. Dicho contexto genera diferentes escenarios, uno con estrecha vinculación y
otro con relación lejana.
Este texto muestra la situación de dicha relación, se divide en cuatro partes. La primera
analiza el contexto global y los mega acuerdos en la región Asia Pacífico. La segunda explora
el antecedente histórico de la ruta de la seda y los vínculos con América Latina. La tercera examina la relación de la AP y de cada integrante con China. Finalmente se concluye observando
las diferentes opciones posibles en la relación con el dragón asiático.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
El contexto global
La Asociación Económica Integral Regional (Regional Comprehensive Economic Partnership,
RCEP) es un proyecto chino, el cual pretende crear el TLC más grande del mundo. El acuerdo
está integrado por quince paises que son: Australia, Brunei Darussalam, Camboya, Corea del
Sur, China, Filipinas, Indonesia, Japón, Laos, Malasia, Myanmar, Nueva Zelanda, Singapur,
Tailandia y Vietnam (ASEAN, 2019). La RCEP abarcará 47% de la población mundial, 32.2%
del PIB mundial, 32.5% de la inversión global y el 29% del comercio del planeta (Vidal Liy,
2019).
La RCEP consolida la influencia de China en Asia, mostrando su éxito político y económico,
que de concretarse mostrará a dicho país como líder global y su capacidad negociadora en un
contexto multilateral del cual Estados Unidos con el gobierno de Trump se ha alejado, prefiriendo negociaciones bilaterales como en el caso del T-MEC cuyas negociaciones fueron en
principio entre los tres países y más tarde realizó negociaciones con México y para el cierre de
las mismas, pidió a Canadá que las aceptará. Frente a la guerra comercial y tecnológica entre
Estados Unidos y China, la RCEP busca fortalecer la economía china, en un periodo en que su
crecimiento se hace más lento.
Por otro lado, Estados Unidos optó por su salida del Acuerdo Transpacífico de Cooperación Económica (TPP), un ambicioso tratado de libre comercio cuyo objetivo era apuntalar la
influencia de Washington en la zona Asia Pacífico; mientras que mantenía negociaciones con
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México y Canadá por el otrora Tratado de Libre Comercio de América del Norte, ahora llamado
T-MEC.
Es decir, RCEP y TPP tienen como zona objetivo a Asia Pacífico y en ello coinciden con la
AP, que busca “convertirse en una plataforma de articulación política, integración económica
y comercial, y proyección al mundo, con énfasis en Asia Pacífico”. Dicho principio pretende
generar vínculos a través del Pacífico y ser la base del desarrollo de acuerdos comerciales y
procesos de integración económica comerciales y procesos de integración económica en la región (Perez Restrepo, Uribe Jaramillo, García Guzmán, Roldán Pérez, Kuwayama, &amp; Scollay,
2018).
La AP está integrada por Colombia, Chile, México y Perú y se formó en 2011; esta alianza
pretende ser una plataforma crucial para el comercio internacional de sus miembros con el
mundo bajo los principios de liberalización comercial, viabilidad mercantil y cooperación económica. De modo que la AP es un acuerdo megaregional, que a pesar de estar integrada por
cuatro naciones, cuenta con la observación de 57 países , además de ser una alianza en potencial crecimiento ya que distintas naciones tienen la intención de integrarse, algunos de ellos son
Costa Rica, Ecuador y Panamá, y otros se encuentran en proceso de incorporación como son
Australia, Canadá, Nueva Zelanda y Singapur (Alianza del Pacifico, 2019).
En el siglo XXI, la región Asia-Pacífico es protagonista del nuevo centro de desarrollo del
comercio mundial. El comercio en esta región se fomenta por un regionalismo abierto que en
un principio contaba con acuerdos entre economías vecinas (intrarregionales) para más adelante
ampliarse y realizar lazos transpacíficos, uno de ellos el RCEP impulsado por China. El antecedente directo al RCEP es el Área de Libre Comercio de Asociación de Naciones del Sureste
de Asia (AFTA por sus silgas en inglés) cuya creación se hizo en 1992, pero fue vigente hasta
2002.
El TPP está integrado por Australia, Brunéi Darussalam, Canadá, Chile, Japón, Malasia,
México, Nueva Zelanda, Perú, Singapur y Vietnam. Su antecedente es el Pacífico Cuatro (P4)
que se formó en 2006 dentro del marco del Foro Económico Asia Pacífico (APEC), y es una
zona de libre comercio entre Brunéi Darussalam, Chile, Nueva Zelanda y Singapur, el cual, se
transformó en 2008 en el TPP, al cual se incorpora Estados Unidos y se retira del acuerdo en
2016. Sin embargo, los demás siguen con la intención de continuar con el pacto.
La salida de Estados Unidos del TPP deja el camino abierto a China para liderear el comercio
en Asia Pacífico. El TPP se concebía como el pilar económico para apuntalar la influencia de
Washington en Asia-Pacífico. Con dicho abandono del acuerdo se dio vitalidad al RCEP, el primer ministro japonés, Shinzo Abe, uno de los principales impulsores del acuerdo transpacífico
afirmó “No cabe duda de que daremos un giro hacia la RCEP si el TPP no avanza”. (Domínguez
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Ibarra, 2018).
La guerra comercial entre Estados Unidos y China genera un creciente proteccionismo, cabe
destacar el papel asumido por este último como promotor del libre comercio y las inversiones
internacionales como el RCEP. A diferencia del presidente de Estados Unidos que se enfrenta a
sus socios, que amenaza y cuyo único proyecto es el de “America First” (America Primero), el
presidente chino Xi Jinping desde el 2013 desarrollo el proyecto más ambicioso en su historia
el llamado “One Belt, One Road” (OBOR) también conocido como la nueva Ruta de la Seda,
prevé la construcción de importantes obras de infraestructura para enlazar Asia con el norte de
África y Europa.
El OBOR involucra la participación de 68 naciones y contempla dos grandes desarrollos de
infraestructura. El One Belt (un cinturón) se enfoca a la construcción de vías de comunicación
terrestre de China con Europa, cruzando Asia Central, y Rusia (aliado estratégico de China)1,
así como las diversas conexiones al Golfo Pérsico y la Península de Indochina. Por otro lado,
el One Road (una ruta) se refiere a la modernización o incluso creación de puertos marítimos
en los mares que conectan la misma ruta, que comprende el Mar del Sur de China, el Océano
Índico, el Mar Rojo y el Mediterráneo (Domínguez Ibarra, 2018).
La ruta del tren de carga Yiwu-Madrid ya está en marcha, comprende 13 mil kilómetros que
cruzan 8 países, conectará el Océano Pacífico con el Atlántico. El proyecto es respaldado por
40 mil millones de dólares provenientes del gobierno chino y del Banco Asiático de Inversión
en Infraestructuras (BAII o AIIB, por sus siglas en inglés). Este proyecto hace que China persuada a otros países sin hacer uso de la fuerza para lograr una relevancia geoestratégica. Con
el OBOR Beijing tendrá mayor control en la operación de la infraestructura y, por lo tanto, del
tráfico comercial regional (Mapa 1) (Domínguez Ibarra, 2018).
China es el país más poblado del planeta, la segunda economía del mundo, lo cual le permite
tener influencia mundial y dominio en las cadenas de suministro globales. Los proyectos del
OBOR, que financiará en parte el AIIB, garantizarán la superioridad económica de China. Los
propósitos la nueva ruta de la seda son obtener una ventaja china en mercados, financiamiento,
tecnología, capacidad de producción, influencia y liderazgo comercial, así como, bases de producción en el extranjero (Kroeber, 2016).
1 Las relaciones diplomáticas entre Rusia y China iniciaron en 1949, dichas relaciones fueron de confrontación y rivalidad. A partir del 2014
después que Rusia anexará Crimea y frente a las sanciones de Estados Unidos y la UE para con este país. Los vínculos sino rusos se intensificaron, ya que por otro lado la relación entre Beijing y Washington se deterioraba particularmente con la guerra comercial.
El comercio bilateral EN 2019 superó el billón de dólares, colaboración militar muy estrecha, ejemplo de esto las maniobras rusas “Tsentir”.
China participo en septiembre de 2018 en las maniobras militares anuales de Rusia.
Rusia llama a su relación diplomática con China “asociación estratégica” que es la más alta consideración que se le otorga a un país. Lo cual
va desde proyectos para la colaboración en el Ártico, ruta fundamental para el proyecto de la Nueva Ruta de la Seda, apoyo tecnológico principalmente en el desarrollo ruso de sus redes 5G.
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Ilustración 1. La nueva Ruta de la Seda.

Fuente: (Domínguez Ibarra, 2018), p. 24.
La ruta de la seda y América Latina
La antigua Ruta Marítima de la Seda, conocida como Ruta de las Especies, conectaba a los
puertos chinos con el Mediterráneo, pasando por el Sur y Sureste de Asia, Medio Oriente y
la costa este de África. Con el viaje de Magallanes-El Cano emerge una nueva ruta a las islas
de las especies. En principio son dos pequeñas islas, Térnate y Tidore, que se encuentran actualmente en el territorio indonesio de Molucas. En estas islas se obtenían el clavo y la canela.
Dicha ruta pasaba por América y da fin al monopolio portugués que lo recorría por África, India
y Sureste de Asia. El tratado de Tordesillas entre España y Portugal de 1494 delimitó sus áreas
de navegación quedando del lado español la ruta directa del Pacífico.
Los vínculos entre America Latina y la región Asia-Pacífico se remontan a 1565, con el viaje
de Legazpi- Urdaneta a las Filipinas. A partir de 1571 se instaura la ruta de Acapulco-Manila
con el Galeón de Manila o Nao de China, permitiendo el intercambio de mercancías que partía
cada año, involucrando a ambas naciones en una relación comercial de más de 200 años. El
último viaje se realizó en 1815, fecha en que se suspendió debido a que en México se libraba la
lucha de Independencia (González Ayala &amp; Almendaréz Santillán, 2016)
La trascendencia de la Nao de China fue importante para México, Centroamérica y las regiones del pacífico de Sudamérica, sobre todo Chile y Perú, no obstante, tuvo menor influencia
en los países de la costa Atlántica de América del Sur, excepto Brasil, ya que, estaba conectado
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con Macao por medio de barcos portugueses4.
Con las independencias de los países latinoamericanos en el siglo XIX disminuye de forma
drástica el vínculo con Asia, en la segunda mitad de dicho siglo el vínculo fue por la búsqueda
de mano de obra. En el siglo XX se establecen vínculos y relaciones con la independencia de
las naciones asiáticas.
Los anterior, muestra que América Latina no es una extensión natural de la Ruta Marítima
de la Seda y su posible inclusión parte del gobierno chino, cuando se planteó la posibilidad de
conectar a Oceanía. Xi Jinping en una reunión con el expresidente de Argentina, Mauricio Macri en Beijing manifestó su visión de América Latina como una “extensión natural” de la Nueva
Ruta de la Seda. Su canciller Wang Yi enfatizó “China no tiene la intención de establecer un
límite geográfico para la Franja y la Ruta, y está abierta a todos los países y todas las regiones
con ideas afines” (Oviedo, 2018).
Los alcances del OBOR son la construcción de una plataforma de cooperación, capaz de
defender y ampliar la libre circulación de bienes, servicios y capitales a nivel mundial. La
apertura china contempla Latinoamérica. El comercio entre América Latina y Asia ha crecido
en las últimas décadas. La Ruta de la Seda puede convertirse en una opción para ampliar los
intercambios comerciales entre ambas regiones. La AP es el mecanismo de cooperación adecuado con el proyecto chino. Además, Chile, México, Perú y China son integrantes del APEC
(Domínguez Ibarra, 2018).
Como se observa América Latina no es una región natural de la ruta de la seda. Sin embargo,
China no tiene límites geográficos al tema y está abierta a incluir a cualquier país que quiera
participar en los proyectos del OBOR. Además, se disputa con Estados Unidos los primeros
lugares como socio comercial de la región. No obstante, la creciente presencia China y sus
volúmenes de inversión extranjera debilitaron la capacidad unilateral de decisiones de Estados
Unidos, que los llevo al enfrentamiento comercial entre ellos y por ende a que algunos países
latinoamericanos estrechen más sus vínculos con el dragón asiático, incluidos algunos miembros de la AP.
La Alianza del Pacífico y China
La influencia China como superpotencia fue evidente en Latinoamérica en las décadas de 1990
y 2000. Las empresas chinas invirtieron en diversos sectores de la economía; en Chile participaron en la minería, en el Caribe en la agricultura, en Ecuador y Argentina en las infraestructuras
4 Las rutas permitidas por la corona española durante el periodo de la colonia fueron en el Océano Atlántico la ruta Sevilla - Buenos Aires, Sevilla - La Habana y La Habana - Veracruz y en el Océano Pacífico Acapulco – Manila. Brasil por pertenecer a la corona portuguesa participaba
de las rutas marítimas de Portugal, que contaba con la conexión Brasil – África y Lisboa – Macao con sus vínculos comerciales.
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de energía y de transporte, en México y Brasil en la industria. Economías como la venezolana
y la ecuatoriana del periodo del presidente Rafael Correa se sostuvieron de créditos chinos.
El gobierno chino contribuyó con alrededor de 60,000 millones de dólares entre 2005 y 2015
(Myers, 2016).
La posición política en América Latina respecto al éxito económico de China y a su presencia en la región han tenido diversas respuestas. En Brasil y Argentina, en la década de 2000, se
crearon diversas coaliciones de empresarios anti chinas frente a los grandes flujos de importaciones e inversiones chinas.
China ha hecho esfuerzos diplomáticos para vincularse con América Latina. En 2004, se
unió como país observador a la Organización de Estados Americanos (OEA) y en 2009 al
Banco Interamericano de Desarrollo (BID), en 2005 creó el Foro de Cooperación Económica
y Comercial China-Caribe y en 2015 el Foro China- Comunidad de Estados Latinoamericanos
y Caribeños (CELAC), el cual, tiene como modelo el Foro para la Cooperación entre China y
África (FOCAC por sus siglas en inglés) (Myers, 2016). También tiene relaciones formales con
el Grupo de Río desde 1990, y crea mecanismos de cooperación con la Comunidad Andina de
Naciones (CAN), el Sistema Económico Latinoamericano (SELA) y la Comisión Económica
para América Latina (CEPAL) desde el año 2000 (Buzo de la Peña, 2013). Lo anterior para
promover la cooperación y los intereses de China en la región.
Las necesidades de abastecimiento de energéticos y materias primas provocaron que el gobierno chino buscará un mayor acercamiento con Latinoamérica. Los intereses chinos en los
foros latinoamericanos, ya mencionados, se rigen por esos motivos, sin importar que sea zona
de influencia de Estados Unidos. El pragmatismo chino hace que sus intereses sean el vínculo
y no la ideología e identidad con los gobiernos comunistas y la lucha revolucionará, razón por
la cual, mantiene relaciones tanto con gobiernos de izquierda y populistas, como con los autoritarios y conservadores de la región (Buzo de la Peña, 2013).
Los miembros de la AP tienen lazos políticos, económicos, comerciales y culturales con
China. Los cuatro son mercado para las exportaciones chinas, Chile y Perú pueden abastecer
de recursos naturales, mientras que México y Colombia son estratégicos para equilibrar la presencia estadounidense.
Como ya se ha comentado, el tercer objetivo de la AP es ser una plataforma mundial con
énfasis en Asia Pacífico, pero sigue sin estar clara dicha plataforma y si la AP ha reforzado
realmente los vínculos comerciales y de inversión con China. Los avances con otros países
asiáticos parecen tener más claridad en lo formal, ejemplo de ello es el plan de trabajo entre
la Asociación de Naciones del Sureste de Asia (ANSEA) y la AP. Sin embargo, en el tema comercial China es de los principales socios comerciales con cada uno de los integrantes de la
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Alianza, se tiene un gran déficit con el país asiático y en las cadenas de valor chinas los países
de la AP ocupan los lugares más bajos. La principal atracción para las empresas chinas en los
cuatro miembros de la AP sigue siendo las materias primas.
Los países de la Alianza están funcionando en diferentes niveles, Chile y Perú son productores de materias primas o de productos agropecuarios; mientras que; Colombia y México son
productores de manufacturas y el actual reto es vincular sus cadenas de producción para poder
enfrentar las dificultades que ambos tendrán con América del Norte. No existe integración productiva de las materias primas con manufacturas dentro de la Alianza (Ramirez Bonilla, 2018).
Chile y Perú tienen relaciones estrechas de ida y vuelta, exportaciones e importaciones diversificadas y hacen al Asia Pacífico un lugar de primer orden, sin que represente una dependencia total de esa región o de China. En cambio, para Colombia y México, el mercado de
América del Norte sigue siendo extremadamente importante y no se observa que estos países
puedan sustituir el mercado de exportación chino como el sustituto del de Estados Unidos (Ramirez Bonilla, 2018).
La relación de China con México y Colombia podría utilizarse en la medida en que sus cadenas productivas de manufactura se vinculen, ya que, son competidores, aunque con diferencia
salarial lo que puede explicar el creciente déficit comercial de estos países latinoamericanos
con China (Correa Serrano, Impacto del crecimiento económico de China en América Latina,
2013).
Relaciones México-China
México cuenta con 12 Tratados de Libre Comercio con 46 países, en 2018 concluye exitosamente la renegociación del TLC con la Unión Europea (UE), fue el primero en ratificar el TPP 11,
también renegoció y fue el primero en ratificar el nuevo Tratado entre México, Estados Unidos
y Canadá (T-MEC) (Secretaría de Economía, 2019). El país quiere diversificar los destinos de
sus exportaciones, ya que, su principal socio comercial es Estados Unidos, de cuya dependencia
en exportaciones es del 73%, y en importaciones del 51% encontrando una diferencia abismal
con el segundo lugar como proveedor, ocupado por Canadá con un 5.2% y como abastecedor
China con un 15% (The Observatory of Economic Complexity, 2019).
Las relaciones entre México y la República Popular de China iniciaron en 1972, cuando se
apoyó la causa de “una sola China” que en su momento permitió tener excelentes relaciones
con el país asiático. Aunque no siempre ha sido así. La estrecha relación que México tiene con
Estados Unidos es la que define el trato de México con China.
La política exterior de México con el gobierno de China es ambivalente, ya que, existe un
sentimiento anti chino en las cúpulas empresariales, debido al gran déficit comercial, que ha
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permeado en algunos grupos de la sociedad. México fue uno de los países que dificultó la entrada de China a la Organización Mundial de Comercio (OMC) debido a varias cuestiones de
comercio desleal. Con su entrada en 2001, México demandó a China con más de 500 demandas
antidumping5, principalmente en los temas del textil y del calzado. La mayoría de ellas no
procedieron.
Un acuerdo comercial entre México y China no se puede dar ya que ambos son competidores
en el mercado estadounidense. De acuerdo con un estudio elaborado por la Conferencia de las
Naciones Unidas sobre Comercio y Desarrollo (UNCTAD), México emerge como uno de los
grandes ganadores de la guerra comercial entre EEUU y China, con 3500 millones de euros en
sus exportaciones a Estados Unidos en sectores alimentos, equipo de transporte y maquinaria,
solo por detrás de Taiwán con 3800 millones de dólares en maquinaria y equipo de comunicaciones (Fariza, 2019). La relación México con China está supeditada a la relación Washington
Beijing, el T-MEC en el apartado 10 del Capítulo 32, relativo a los países que no fomentan la
libertad de mercado, establece que en caso de que alguno de los tres socios tenga la intención
de realizar cualquier acuerdo comercial con un país que no sea promotor del libre comercio,
se dará por terminada la relación trilateral y salida del acuerdo (T-MEC, 2019). Este apartado
impide a México a realizar algún tipo de negociación con China, lo cual es un obstáculo para
que la AP creen la plataforma comercial con énfasis en Asia-Pacífico y es un instrumento de
contención para la injerencia China en América Latina.
No obstante, las inversiones chinas en México se dan en el sector textil, electrónica, autopartes entre otros. Ejemplo de la relación de inversiones y comercio chino en México es la
empresa china Offshore Oil Corporation E&amp;P, mediante licitación pública, se adjudicó dos
áreas marítimas en el Golfo de México para exploración y extracción de petróleo, en mayo de
2017. También la empresa automotriz BAIC abrió su primera planta de ensamble en el estado
de Veracruz, con una inversión estimada de 30 millones de dólares, así mismo, ya inició con el
establecimiento de distribuidoras en todo el país y ya empiezan a circular sus automóviles en
el país. Otra empresa automotriz china JAC estableció su planta de ensamble en el estado de
Hidalgo, con una inversión de 4 mil 400 millones de pesos, en colaboración con la mexicana
Giant Motors (Domínguez Ibarra, 2018). Las comunicaciones aéreas entre México y China, se
realiza por China Southern que opera la ruta Cantón-Ciudad de México con escala en Vancouver, Canadá. La otra opción era el vuelo Ciudad de México-Shangai con escala en Tijuana, sin
embargo, Aeroméxico anuncio la cancelación de dicho vuelo en julio de 2019.
Con relación a las inversiones chinas en México, las situaciones más complejas en los úl5 El término “Dumping” se usa en el comercio internacional y se refiere a vender por debajo del precio de producción.
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timos años fueron la cancelación del tren México-Querétaro, cuya licitación la ganaron tres
empresas chinas y cuatro mexicanas, la cual se pospuso indefinidamente debido a que una de
las empresas mexicanas mantuvo conflicto de interés en el gobierno de Enrique Peña Nieto
durante su gestión como gobernador del estado de México, ya que esa misma empresa fue la
encargada de realizar los trámites de bienes raíces de la propiedad adquirida por la esposa del
presidente conocida como la “Casa Blanca”. Como dato adicional en 2017 las empresas chinas
demandaron al gobierno mexicano por incumplimiento del contrato y en febrero de 2020 el Ejecutivo autorizó retomar el proyecto El otro proyecto de inversión china que causo controversia
fue el megaproyecto comercial en Cancún “Dragon Mart” y que fue cancelado por el impacto
socioeconómico y medio ambiental que generaría.
Aunque Canadá al igual que México es parte del T-MEC, ha explorado al igual que Perú el
financiamiento alterno o complementario de infraestructura del AIIB, para la realidad mexicana
sería prudente buscar esa alternativa (Domínguez Ibarra, 2018).
Las exportaciones mexicanas a China son diversas tanto en bienes manufacturados como
en materias primas, el problema es que existe un déficit comercial para México de -75,922,043
(Banco de México, 2020). Aunque la historia entre México y China es amplia y engloba muchos ámbitos, el sustento de la relación bilateral es lo comercial.
Relación Colombia-China
Colombia al igual que México tiene como principal socio comercial a Estados Unidos, pero su
dependencia en exportaciones no es tan grande, representa el 28% de sus exportaciones y 26%
de sus importaciones. Su segundo socio comercial en exportaciones es Panamá con un 6.6% y
en importaciones China con un 19% (The Observatory of Economic Complexity, 2019).
Colombia a diferencia de los otros socios de la AP, que reconocieron a la República Popular
China en la década de los setenta, lo hace hasta febrero de 1980. La relación se intensifica en
2008 con la intención mutua de promover entre los dos países el comercio, la inversión, la educación y el turismo. En 2009 se firma el Acuerdo de Protección a las Inversiones. El resultado
a 10 años de distancia es que China es el segundo socio comercial en importaciones, solo por
debajo de Estados Unidos. Sin embargo, el comercio es desigual con un déficit comercial, pues
el crecimiento de las exportaciones de minerales y de energéticos colombianos no compensa el
incremento de las importaciones manufactureras chinas (Correa Serrano &amp; Catalán Salgado, La
Alianza del Pacífico: Entre la Geopolítica de China y Estados Unidos., 2015).
La inversión china en Colombia entre 2002 y 2019 fue de 240 millones de dólares. El gobierno chino se comprometió durante la visita del presidente Duque a China en 2019 a apoyar con
1000 millones de dólares en proyectos energéticos y 400 millones para la construcción de una
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carretera en el departamento de Antioquia (Miranda, 2019).
La relación diplomática de Colombia con China está motivada por las expectativas de incrementar sus exportaciones y de que las inversiones chinas aporten al crecimiento económico,
principalmente en el sector agrícola, área en la que se han firmado diversos acuerdos enfocados
en la transferencia de tecnología y generación de infraestructura, con la finalidad de desarrollar
el sector y tener la capacidad de exportar a China (Correa Serrano, Impacto del crecimiento
económico de China en América Latina, 2013). En 2019, se hicieron acuerdos para la importación de aguacate y banano, convirtiéndose en el segundo proveedor de plátano a China, solo
por detrás de Ecuador.
Las exportaciones colombianas se concentran en las materias primas y han tenido dificultad
para diversificarse y desarrollar infraestructura industrial. Colombia es el segundo país en Sudamérica con reservas de carbón, solo después de Brasil y China es el importador neto de carbón,
lo cual, coloca a Colombia como uno de sus principales proveedores. La relación bilateral está
limitada a lo comercial.
Relación Chile-China
China es el principal socio comercial de Chile, las exportaciones chilenas a ese país representan
el 27%, y sus importaciones del 25%, situándose en segundo lugar Estados Unidos con exportaciones del 15% e importaciones del 18%. El comercio chileno es más equilibrado comparado
con el mexicano (The Observatory of Economic Complexity, 2019).
Chile fue el primer país en Sudamérica que estableció relaciones diplomáticas con China,
sucedió en el gobierno de Salvador Allende en 1970, previo a que China entrara como miembro
permanente en el Consejo de Seguridad de Naciones Unidas. En el régimen de Pinochet, la
relación dependió de los intereses políticos, China necesitaba el reconocimiento de su gobierno
y temía que Chile estrechara sus vínculos con Taiwán. Mientras que, Chile necesitaba apoyo
para sus reclamos de soberanía sobre los territorios disputados de la Antártida, lo que generó
un reconocimiento mutuo, que continua vigente en la diplomacia entre ambos países. Chile, ha
sido, el primer país latinoamericano en apoyar la entrada de China a la OMC (2001), el primero
en reconocer a China como economía de mercado en 2004, y el primero en firmar un TLC con
China en 2005. El segundo foro China-CELAC se realizó en Santiago en 2018. Lo anterior,
muestra la prioridad de la relación para ambos países (Errázuriz Guilisasti, 2006). Además,
Chile es considerado dentro del proyecto OBOR.
La razón por la que el principal socio comercial de Chile es China, tiene su sustento en el
Tratado de Libre Comercio que firmaron en 2005, y que ha sido la base del impulso comercial
desde entonces (Correa Serrano &amp; Catalán Salgado, La Alianza del Pacífico: Entre la GeopolíRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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tica de China y Estados Unidos., 2015). No obstante, el acuerdo comercial y que Chile es parte
del OBOR, hacen que las relaciones comerciales sean más intensas que las que tienen México
o Colombia con China. Las exportaciones chilenas siguen siendo las materias primas.
Relación Perú-China
Desde 2014 China es el principal socio comercial del Perú, las exportaciones peruanas a ese país
representan el 26%, y sus importaciones el 23%, situándose en segundo lugar Estados Unidos
con exportaciones del 15% e importaciones del 20%. El comercio peruano es más equilibrado
comparado con el mexicano (The Observatory of Economic Complexity, 2019). La razón por la
que el principal socio comercial de Perú es China, tiene su sustento en el TLC que firmaron en
2009 y que entró en vigor el 1 de marzo de 2010. El cual ha sido la base del impulso comercial.
Se establecieron relaciones diplomáticas en 1971, la relación se basa en principios de derecho internacional, de respeto de la soberanía, convivencia pacífica y no intervención en asuntos
internos y el reconocimiento de que la República Popular China es el único representante legal
del pueblo chino (Ministerio de Relaciones Exteriores del Perú, 2016). Los principios del derecho internacional rigen la diplomacia entre ambos gobiernos, incluso en el periodo del presidente Alberto Fujimori se ratificó el reconocimiento con el gobierno de Beijing. La relación
bilateral en el nuevo milenio se basa en la convergencia de intereses en aspectos económicos
y políticos. Uno de ellos es la búsqueda peruana de nuevos mercados para las exportaciones.
Los acuerdos de cooperación fueron sustento de lo comercial, en 1988 se firma el Acuerdo
Básico de Cooperación Científica y Tecnológica, también se cuenta con un Convenio de Intercambio y Cooperación Académica entre el CONCYTEC y la Academia de Ciencias de China
que data del año 2005 para el intercambio de expertos y programas de becas para estudios de
posgrado (Correa Serrano &amp; Catalán Salgado, La Alianza del Pacífico: Entre la Geopolítica de
China y Estados Unidos., 2015).
La ubicación geográfica del Perú, lo posicionan como un posible puente entre Asia nororiental y Sudamérica, ya que cuenta con conexión con el Océano Atlántico a través de corredores
bioceánicos. El tren bioceánico pretendía unir las costas de Perú y Brasil y pretendía ser un
proyecto con apoyo chino, el cual fue suspendido.
Al igual que las exportaciones colombianas y chilenas, las peruanas se concentran en las
materias primas y han tenido dificultad para diversificarse y desarrollar infraestructura industrial. Sin embargo, a diferencia de México y Colombia, Perú al igual que Chile se incorpora al
OBOR, lo cual le dará acceso a los recursos de infraestructura e inversión que China destina a
dicho proyecto.
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3.-MÉTODO
Diseño
El presente es un estudio de caso: el caso de la AP y la hegemonía de China y Estados Unidos,
en el cual el objeto de estudio es la AP. La investigación en la que se origina este artículo se
realizó desde un enfoque cualitativo, con una metodología cualitativa de tipo analítica como
la revisión documental. Las variables trabajadas son la Alianza del Pacífico en medio de la
confrontación hegemónica entre China y Estados Unidos, cuyo análisis se hace desde medios
documentales. Las variables nacen de la investigación de diversos artículos revisados en los
diversos temas implicados.
Las Estrategias alternativas de indagación en el enfoque de la presente investigación es cualitativo en el cual se realiza un estudio de gabinete para el estudio de casos. Las técnicas del método cualitativo son diversas, para este estudio es narrativa, de teoría fundamentada y estudios
de caso (Creswell, 2009). Además, deben ser abiertos, expansivos, que paulatinamente se van
enfocando en conceptos relevantes de acuerdo con la evolución del estudio, no direccionados
en su inicio, fundamentados en la revisión de la literatura, pero igualmente en la experiencia
en el contexto y la intuición, se aplican a un menor número de casos con que se pueda trabajar
hasta comprender el fenómeno o responder al planteamiento, el entendimiento del fenómeno
es en todas sus dimensiones, internas y externas, pasadas y presentes, se orientan a aprender
de experiencias y puntos de vista de los individuos, valorar procesos y generar teorías fundamentadas en las perspectivas de los participantes (Hernández Sampieri, Fernández Collado, &amp;
Baptista Lucio, 2014).
De acuerdo con Sampieri, del muestreo cualitativo debe tener un objetivo central en el cual
se deben seleccionar ambientes y casos o unidades que nos ayuden a entender con mayor profundidad un fenómeno y aprender de éste, razón por la cual se eligió la Alianza del Pacífico y
su relación con China.
Participantes
Este análisis considera a los integrantes de la Alianza del Pacífico que son Chile, Colombia,
México y Perú y a China.
Instrumentos
Se revisaron fichas bibliográficas de artículos que abordaban el tema, así como, datos de los
ministerios de relaciones exteriores de los países ya mencionados.
Procedimiento
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México, ISSN 2395-8448. 170-187. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/153

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Para entender el problema se realiza una recopilación de fuentes secundarias principalmente de
artículos y de información proveniente de los ministerios de relaciones exteriores de los países
involucrados en este artículo. Una vez compilada la información se construye el artículo. Finalmente se, realizaron las recomendaciones y conclusiones a la luz de los objetivos trazados.
Concluida esta fase, se procedió a la elaboración del informe final, así como del artículo producto del trabajo realizado (El Kadi, Pelekais, Robles y Leal, 2014, p. 79).
4.-CONCLUSIONES
La AP es una apuesta ambiciosa de integración en un contexto de mayor proteccionismo. La
forma en que resuelva su objetivo de crear esa plataforma comercial con Asia Pacífico y responda a los cambios que acontezcan en dicha región será trascendente para que logre su cometido.
El futuro de la AP está en manos de los gobiernos y de la inyección de inversión de las empresas de los cuatro países, ya que se requiere mayor inversión y economías de escala de sus
integrantes. La AP requiere de liderazgo y aunque México es el país más industrializado de los
4, todavía no asume dicho papel, quizás se espere a la entrada de algún integrante que lo asuma,
otras asociaciones han pasado por la misma problemática, ejemplo de ello fue la ANSEA, la
cual, no tenía definido ningún liderazgo y en la década de los noventa pedía el liderazgo japones
que no fue asumido, décadas después vemos que se crea la RCEP con sustento en el AFTA y
con el visible liderazgo chino. Las alianzas entre los integrantes de la AP serán la fuerza que
lleve al éxito de sus proyectos.
La AP debe fortalecer su comercio tanto dentro de la Alianza como fuera de ella, ya que,
emerge como un proyecto con interés en otros países, ejemplo de ello son los 57 observadores
con los que cuenta, lo que representa grandes oportunidades para sus integrantes. Desafortunadamente, la relación con Estados Unidos es muy fuerte, sobre todo con México, y se contempla
una Alianza dividida, cuenta con Chile y Perú que hace esfuerzos por realmente vincularse
con el mercado asiático y una estrecha y estructurada relación con China. Colombia hace sus
esfuerzos que cada vez son mayores y aún con la influencia estadounidense, la apertura comercial permite la inversión y comercio con China. La relación México China es la más compleja
de los cuatro integrantes de la Alianza, pues con la ratificación del T-MEC estará supeditado e
imposibilitado con dicho acuerdo para establecer algún tipo de acuerdo con China.
La relación AP-China dependerá de la comprensión y el conocimiento que se tengan mutuamente y de cómo aprendan a desarrollar estrategias de negociación de forma conjunta. Los
intereses geopolíticos están en juego en la Alianza. Se deben establecer cadenas de valor global
que más allá de los acuerdos existentes o posibles relaciones formales, se vinculen y se cree
un mercado intrarregional, ya que, de otro modo será una relación de explotación de materias
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primas de parte de China.
Los paises de la Alianza están en la encrucijada de seguir sus fuerte vínculos con Estados
Unidos o diversificar sus mercados y enfocar sus esfuerzos hacia el mercado asiático y en particular con China. La AP debe explorar oportunidades en su relación con China, sin perder la
perspectiva comercial, y abrir las puertas a la inversión china para fomentar su comercio.
La AP es un proyecto con visión a futuro, el cual dependerá de su astucia para aprovechar
las sinergias comerciales de Asia Pacífico y la continuidad del comercio con Estados Unidos.
Al observar lo realizado por la AP en su relación con China, se observa que México y Colombia
continuaran fuertemente su vínculo con su vecino del norte, mientras que Chile y Perú podrían
aprovechar sus ventajas con China. La cuestión será el aprovechamiento de los integrantes de
la AP de esta situación. El éxito depende de la interacción y conexión de las cadenas de valor
de los 4 países y de la creación de la plataforma comercial. De esta forma se aprovecharían las
ventajas geoestratégicas de la Alianza impactando en sus economías. Por otro lado, el apoyo
económico del AIIB a Chile y Perú mostrará su capacidad en el desarrollo y creación de infraestructura, que, en un momento dado, será considerado tanto por México como Colombia.
La AP debe construir lo que bien sabe hacer que es la formación de capital humano con
amplio vinculo cultural, las becas que otorga a estudiantes, docentes e investigadores es la gran
riqueza de la AP y el principal vínculo entre sus integrantes, ya que, de las relaciones personales emergen los lazos comerciales, económicos, políticos y culturales que se requieren para
fortalecer y construir la integración de la AP. Dicho esquema se debe crear con Asia, ya que,
se requiere capital humano conocedor de los mercados asiáticos que rompan los prejuicios y
permitan el flujo de mercancías. Lo cultural con Asia será la base de la plataforma comercial,
mientras no se creé y estrechen vínculos, la situación continuará “ceteris paribus”.
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�188
Estado de excepción por coronavirus en Colombia: Entre la colaboración armónica y la
descentralización1
State of emergency over coronavirus in Colombia: Between harmonious collaboration and
decentralization
Juan Sebastián, Sánchez-Gómez2
Universidad de los Andes, Colombia
https://orcid.org/0000-0003-5199-7486
https://doi.org/10.29105/pgc6.12-10
___________________________________________________________________________
RESUMEN
La Organización Mundial de la Salud declaró el Coronavirus como Emergencia de Salud Pública de Importancia
Internacional, afirmando además que traspasa las fronteras geográficas a través de la transmisión de persona a
persona entre viajeros infectados. Esta contingencia fue afrontada por el presidente Iván Duque, a través de 12
decretos presidenciales que expidió días después del primer caso de Coronavirus en Colombia. Sin embargo, la
declaración de estado de emergencia y los mandatos presidenciales sobre orden público, entraron en conflicto con
decretos departamentales y municipales expedidos previamente. Para dirimir este conflicto, el presente artículo
es producto de una investigación cualitativa que hace una interpretación sistémica los 12 decretos presidenciales,
con el fin de verificar el cumplimiento del principio de legalidad de las atribuciones presidenciales y el marco
jurídico de los estados de excepción. Para tal fin, se aplicó el método de hermenéutica jurídica, con la técnica de
análisis documental. Esta investigación evidenció que los decretos presidenciales promovieron la colaboración
armónica entre todos los niveles de gobierno (municipal, departamental y nacional), y concluyó que esta facultad
presidencial ha sido esencial para enfrentar la contingencia del Coronavirus, ante la ausencia de acciones del poder
legislativo y judicial.
Palabras Clave: Colombia, descentralización, estados de excepción, interpretación constitucional.
ABSTRACT
The World Health Organization declared Coronavirus a Public Health Emergency of International Importance, further claiming that it transcends geographical boundaries through person-to-person transmission between infected
travelers. President Iván Duque faced this contingency, through 12 presidential decrees that he issued days after of
the first case of Coronavirus in Colombia. However, the declaration of a state of emergency and the presidential
mandates on public order, came into conflict with previously issued departmental and municipal decrees. To settle
this conflict, this article is the product of a qualitative investigation that makes a systemic interpretation of the 12
presidential decrees, in order to verify the compliance with the principle of legality of presidential powers and the
legal framework of states of emergency. For this purpose, the method of legal hermeneutics was applied with the
documentary analysis technique. This investigation evidenced that the presidential decrees promoted the harmonious collaboration between all levels of government (municipal, departmental and national), and concluded that
this presidential power has been essential to face the Coronavirus contingency, in the absence of actions by the
legislative and judicial.
Keywords: Colombia, constitutional interpretation, decentralization, states of emergency.
Recibido: 22 de Septiembre 2019 - Aceptado: 18 de Febrero 2020 - Corregido: 01 de Abril 2020
Cómo referenciar este artículo:
Sánchez-Gómez , J. S. (2020). Estado de excepción por coronavirus en Colombia: Entre la colaboración armónica
y la descentralización. Politica Globalidad y Ciudadanía, 188-206. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.
mx/index.php/RPGyC/article/view/154

1 Artículo derivado del proyecto de investigación: Interpretación constitucional del Estado de emergencia por Coronavirus en Colombia.
2 Magister en Educación por la Universidad de los Andes. Maestrante en Políticas Públicas en la Universidad de los Andes, Email: js.sanchez14@uniandes.edu.co
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 188-206. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/154

�Estado de excepción por coronavirus en Colombia...

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1.- INTRODUCCIÓN
Los decretos expedidos por el presidente de la República de Colombia, se encuentran dentro de
sus facultades consagradas en el numeral 4 del artículo 189 de la Constitución Nacional, en el
artículo 199 de la Ley 1801 de 2016 y el Decreto 418 de 2020. Estas funciones y atribuciones
presidenciales fueron usadas por el presidente Iván Duque Márquez, para enfrentar la contingencia del Coronavirus COVID-19, a través de la expedición de los Decretos 402 de 2020, 410
de 2020, 411 de 2020, 412 de 2020, 417 de 2020, 418 de 2020, 420 de 2020, 434 de 2020, 438
de 2020, 439 de 2020, 440 de 2020 y 441 de 2020.
En este Estado de emergencia, los políticos no descansan y buscan prevalecer en sus territorios. Conforme Presidencia expedía decretos, los mandatarios municipales (alcaldes) y departamentales (gobernadores) también hacían sus propios decretos con el fin de enfrentar el
Coronavirus. Sin embargo, algunos de estos mandatarios salían públicamente a desconocer los
mandatos del Gobierno nacional, como si prevaleciera el protagonismo político sobre la emergencia sanitaria que el mundo estaba asimilando. Por tal motivo, el presente artículo propone
una interpretación sistémica de los decretos presidenciales relacionados con la contingencia del
Coronavirus para promover la colaboración armónica en todos los niveles de gobierno.
Desarrollo del trabajo
Para tal fin, se comienza mencionando la estructura político administrativa desde 1810, el estado de sitio en la Constitución de 1886 y en la de 1991, así como la estructura actual del Estado
colombiano. Seguidamente se desarrollan el principio de colaboración armónica entre los diferentes órganos y ramas del Estado, con el fin de introducir las funciones presidenciales. Así
mismo, se describe la metodología de interpretación sistémica que será usada para presentar los
resultados de interpretación de los decretos presidenciales relacionados con la contingencia del
Coronavirus. Seguidamente se discuten los conflictos suscitados por los Decretos 417 y 420 de
2020 y cómo se dirimen estos conflictos desde un análisis jurisprudencial de las altas Cortes y
la legislación nacional, para concluir en los efectos positivos de los decretos presidenciales para
promover la colaboración armónica en el Estado colombiano.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Estructura político administrativa de Colombia desde 1810
Desde la independencia de Colombia el 20 de julio de 1810, los libertadores se enfrentaron por
adoptar un modelo político administrativo del Estado. Estos conflictos produjeron inestabilidad
política por las guerras civiles entre centralistas y federalistas y desestabilidad estatal entre
1810 y 1886 por las nueve constituciones nacionales en ese periodo. Ante la inestabilidad, nace
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020 Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 188-206. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/154

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la Constitución de 1886 que establecería un Estado unitario y centralizado, que fortaleció la
unidad nacional, pero incrementó las desigualdades en las regiones (Ordoñez, 2012)
Las desigualdades de este centralismo estatal producido por la Constitución de 1886, hizo
necesaria una reforma en 1986. Reforma que incluyó la elección popular de alcaldes, como una
medida que fortaleció la participación y la democracia local, pero que no fue suficiente para
promover la descentralización y mejorar la autonomía regional. Por lo cual, esta enmienda de
1986 solo fue un mecanismo de participación política local.
Estado de sitio en la Constitución de 1886
El Estado de sitio estaba consagrado en el artículo 121 de la Constitución de 1886, cuyo uso
indiscriminado termino restándole eficacia. Este mecanismo excepcional se caracterizaba por
i) aplicarse por igual en la conmoción interna (con una sociedad dividida y enfrentada) y en la
guerra exterior (con una unidad nacional ante una amenaza extranjera), ii) concederle facultades excepcionales inmediatas al Presidente, iii) permitir la expedición y suspensión de leyes
con la única restricción de que sean conexas, y iv) limitar el control constitucional de la Corte
Suprema de Justicia al ordenamiento jurídico para decisiones políticas con diferentes interpretaciones. Así mismo, esta figura de Estado de sitio se ha utilizado para legislar i) medidas sobre
la creación y suspensión de cargos en la administración pública, ii) medidas sobre la administración de justicia y la Procuraduría General de la Nación, iii) medidas sobre el funcionamiento
del Congreso, las Asambleas Departamentales y los Consejos Municipales, iv) medidas procesales, creación y modificación de delitos en derecho penal, v) medidas modificatorias del derecho civil, vi) medidas sobre derecho laboral, y vii) medidas fiscales modificatorias del régimen
impositivo (Cifuentes, 2002).
Estado de sitio en la Constitución de 1991
Posteriormente, llega la Constitución de 1991, cuyo primer artículo contempla que Colombia es
un Estado social de derecho, que se organiza en forma de República unitaria y descentralizada
que permite la autonomía de sus entidades territoriales. La Constitución de 1991 se caracterizó
por i) establecer las competencias para los gobiernos nacional, departamentales y municipales;
ii) asignar financiación para todos los niveles de gobierno mediante un sistema de participación
de las entidades territoriales en el presupuesto nacional. Este sistema de participación fue reformado en 2001 y 2007, y terminó consolidándose actualmente como el Sistema General de Participación. Este sistema se presume como el músculo financiero de la descentralización, pero
en los últimos años se ha venido modificando por los motivos macroeconómicos contemplados
en los artículos constitucionales 356 y 357 (Constitución de Colombia, 1991). Artículos consRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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titucionales que consagran la sostenibilidad fiscal del Estado, pero que han servido de sustento
para promover la centralización (Ordoñez, 2012).
En este periodo posterior a la Constitución de 1991 y antes de la contingencia por el Coronavirus, se usó tres veces el Estado de emergencia y cinco veces el Estado de conmoción interior.
El primero de ellos fue el estado de emergencia consagrado en el Decreto 333 del 24 de febrero de 1992. Este fue impulsado por el Gobierno, producto de la perturbación del ambiente
laboral en el sector oficial, generada a su vez por la ausencia del aumento oportuno de salarios,
necesaria para afrontar la pérdida del 44% en la capacidad adquisitiva del salario. Este aumento
no fue posible decretarlo de manera expedita, puesto que la nueva Constitución exigía que se
expidiera una ley para salarios públicos que requería de un demorado trámite legislativo. En
palabras de la Corte Constitucional en la sentencia C-004 de 1992, la ausencia de dicha ley de
política salarial amenazaba el orden social, por lo cual se creaba una necesidad extraordinaria
que no podía ser resulta en un tiempo razonable por la legislación ordinaria.
El 23 de abril de 1992 se declara el estado de emergencia a través del decreto 680 de 1992,
producto de la sequía hidrográfica generada por el fenómeno del niño, que afectó el nivel de los
embalses y por consiguiente el suministro de energía y obligó al racionamiento. Este estado de
emergencia declarado constitucional por la Corte Constitucional en la sentencia C-447 de 1992,
es para la Corte un hecho sobreviniente, por “la escasez y el consiguiente racionamiento de un
bien público esencial, de carácter no transable”.
El 10 de julio de 1992 se decretó el estado de conmoción interior mediante el Decreto 1155
de 1992, con el fin de impedir la libertad de aquellos sindicados de delitos graves, al ser resueltos los recursos de Habeas Corpus. La Corte Constitucional en la sentencia C-556 de 1992, la
declaró constitucional por demostrarse la alteración del orden público que resulta desestabilizadora.
Posteriormente el 8 de noviembre de 1992, se decretó el estado de conmoción interior mediante el Decreto 1793 de 1992, por el aumento significativo del radio de acción nacional de
las organizaciones guerrilleras, mediante un incremento en sus miembros y en sus fuentes de
financiación. La Corte Constitucional avaló su constitucionalidad mediante la sentencia C-031
de 1993, aduciendo que constituye una grave perturbación del orden público por atentar contra
la estabilidad institucional, la seguridad estatal y la convivencia ciudadana.
El 1 de mayo de 1994 se decretó el estado de conmoción interior a través del Decreto 874 de
1994, por el inminente regreso a la libertad de 724 personas sindicadas de la comisión de delitos
graves. Sin precedente alguno, la Corte Constitucional declaró inconstitucional este estado de
conmoción interior, ya que no se allegó una prueba sobre la real y efectiva capacidad de alteración del orden público por parte de los sindicados al quedar en libertad.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020 Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 188-206. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/154

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El 16 de agosto de 1995 fue declarado un estado de conmoción interior mediante el Decreto
1370 de 1995, el cual alegaba la congestión judicial, el deterioro del régimen carcelario y el
aumento significativo de las acciones de la delincuencia común, la delincuencia organizada
y la subversión. Al respecto, la Corte Constitucional la declaró inconstitucional mediante la
sentencia C-466 de 1995, ya que dicha declaratoria no tenía lugar porque debía previamente
solucionarse mediante el eficiente y oportuno ejercicio de las facultades ordinarias.
Seguidamente, el 2 de noviembre de 1995 fue decretado un estado de conmoción interior
mediante el Decreto 1900 de 1995, por los hechos de violencia de organizaciones criminales
entre agosto y noviembre. La Corte Constitucional lo declaró constitucional mediante sentencia
C-027 de 1996, al ser propicio para prevenir y evitar la concurrencia de nuevos hechos de violencia, que no podrán ser conjurados mediante las facultades ordinarias de la policía.
Finalmente, el 13 de enero de 1997 se declaró el estado de emergencia económica y social
mediante el Decreto 080 de 1997, por la situación fiscal, cambiaria y de empleo, que perturbaban el orden económico y social y afectaban la macroeconomía nacional. Al respecto, la Corte
Constitucional mediante la sentencia C-122 de 1997, declaró la inexequibilidad del decreto,
porque a su juicio el uso sistemático de los estados de excepción los desvaloriza y les resta
eficacia, y por lo cual la situación alegada por el Gobierno podía ser solucionada mediante las
competencias ordinarias de implementar políticas de gestión económica.
Estructura actual del Estado colombiano
Figura 1. Estructura del Estado colombiano.

Fuente: Elaboración propia, (2020).
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 188-206. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/154

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El artículo constitucional 113 define la estructura del Estado colombiano, compuesto por las
tres ramas del poder público, los órganos autónomos e independientes, los organismos de control, la organización electoral y el sistema de verdad, justicia, reparación y no repetición (ver
Figura 1).
En primer lugar, las tres ramas del poder público son i) la rama legislativa, ii) la rama ejecutiva y iii) la rama judicial. La rama legislativa, representada en el Congreso bicameral (Cámara
de Representantes y Senado), se encarga de hacer las leyes y ejercer el control político sobre
el gobierno. La rama ejecutiva, compuesta por la Presidencia, así como los ministerios, las
gobernaciones y las alcaldías, que garantizan los derechos y las libertades. La rama judicial la
compone las Altas Cortes (Corte Constitucional, Corte Suprema de Justicia, Consejo de Estado
y Consejo Superior de la Judicatura) y la Fiscalía General de la Nación.
En segundo lugar, los órganos autónomos e independientes son el Banco de la República, la
Comisión Nacional del Servicio Civil, las Corporaciones Autónomas Regionales y la Autoridad
Nacional de Televisión.
En tercer lugar, los organismos de control son el Ministerio Público (la Defensoría del Pueblo y la Procuraduría General) y la Contraloría General de la República. Las funciones de los
organismos de control se encuentran en título 10 de la Constitución, específicamente el capítulo
1 contempla la contraloría general y el capítulo 2 el ministerio público.
En cuarto lugar, la organización electoral está compuesta por el Consejo Nacional Electoral
y la Registraduría Nacional. Sus funciones están consagradas en el título 9 de la Constitución,
en especial en el capítulo 2 que contempla las autoridades electorales.
Por último, el sistema de verdad, justicia, reparación y no repetición contiene la Comisión
para el esclarecimiento de la verdad, convivencia y no repetición; la Unidad de búsqueda de
personas desaparecidas y la Jurisdicción Especial de Paz.
La colaboración armónica entre las ramas del poder público colombiano
Aunque las ramas del poder público y los órganos del Estado tengan funciones separadas, si
estas entidades actuaran de forma aislada y desarticulada de las demás, sus resultados se traducirían en funciones públicas ineficientes, en el que cada engranaje funcionaría de manera
particular en lugar de resultar en un funcionamiento sistémico. Por lo cual, el principio de colaboración armónica como principio constitucional, se aplica en función del cumplimiento de
los fines del Estado, en el sentido de prevenir que no sea perturbada la función pública cuando
existen discrepancias entre las ramas del poder público y los distintos órganos del Estado.
La colaboración armónica implica una separación de poderes, en palabras de la Corte Constitucional en la sentencia C-574 de 2011: “[…] la Constitución de 1991 adopta un sistema flexiRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020 Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 188-206. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/154

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ble de distribución de las distintas funciones del poder público, que se conjuga con un principio
de colaboración armónica de los diferentes órganos del Estado y distintos mecanismos de freno
y contrapeso entre los poderes”.
Sin embargo, esta separación no puede ser absoluta, puesto que haría lento el funcionamiento del Estado, cuando lo que se pretende es tener una interacción mutua entre los diferentes poderes públicos (Barreto, 2016, p. 92). El profesor Barreto también menciona que en la práctica
existen tensiones entre las diferentes entidades que figuran en el artículo constitucional 113, una
mirada crítica a la aplicación de este principio se preguntaría si existen mecanismos suficientes
no sólo de diálogo sino también de resolución de conflictos entre las diferentes entidades para
tratar estas tensiones
Funciones del presidente de la República de Colombia
La colaboración armónica en la práctica se cumple, principalmente cuando el presidente (como
cabeza de la rama ejecutiva) asume su atribución presidencial de dirigir el orden público y sobreponerse a medidas de orden departamental y local. En este sentido, el presidente de la República de Colombia es el Jefe de Estado, el Jefe de Gobierno y la Suprema Autoridad Administrativa, por tal motivo según el numeral 4 del artículo constitucional 189 tiene como función “[…]
conservar en todo el territorio el orden público y reestablecerlo donde fuera turbado”. Esta
facultad constitucional se complementa con las atribuciones presidenciales contempladas en el
artículo 199 del Código Nacional de Policía consagrado en la Ley 1801 de 2016 (ver Figura 2).
Figura 2. Funciones del presidente de la República.

Fuente: Elaboración propia, (2020).
Los numerales del artículo 199 de la Ley 1801 de 2016 aplican para todo el territorio naRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 188-206. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/154

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cional al establecer que el presidente está facultado para i) dirigir la fuerza pública, ii) ejercer
la función de policía para garantizar derechos y derechos, iii) tomar medidas necesarias para
garantizar la convivencia, y iv) ordenar medidas a alcaldes y gobernadores que preserven y
reestablezcan la convivencia.
3.- MÉTODO
Diseño
El diseño metodológico está compuesto por el paradigma y el método de investigación. Para
comenzar, se entiende como paradigma la forma en que funciona la ciencia en un estado de
normalidad (Kuhn, 1982). Esta investigación usa el paradigma hermenéutico, que permite relacionar la comprensión de un fenómeno y su posterior interpretación (Packer, 2013), es decir
la relación entre la comprensión del Estado de emergencia por Coronavirus y su interpretación
hermenéutica.
Dentro del paradigma hermenéutico, existe la hermenéutica jurídica, a partir de la cual es
posible interpretar los decretos presidenciales como objetos de investigación desde: i) la interpretación literaria, ii) la interpretación historicista, o iii) la interpretación sistemática.
La interpretación literaria puede ser descrita desde los escritores Jorge Borges (1949) y José
Saramago (1999). En el primer cuento de La busca de Averroes de Borges, el personaje principal Averroes “encerrado en el Islám nunca pudo saber el significado de las voces tragedia y
comedia” (p. 588). Por lo cual, haciendo analogía en el derecho, la interpretación de las leyes
depende del contexto, en la medida en que no existen conceptos absolutos sino diferentes traducciones que dan significado a los conceptos jurídicos. En el segundo cuento de Las palabras
de Saramago, se mencionan los límites de la palabra escrita, en especial cuando una autoridad
guarda silencio administrativo, entendiendo que el silencio “escucha, observa y analiza” (p. 52).
Estos dos textos describen cómo la interpretación literaria se usa en el derecho, como un
ejercicio que depende del contexto y la traducción que cada juez le da a la ley, por lo que una
misma ley puede dar lugar a diferentes interpretaciones manifestadas a través de pronunciamientos de las ramas y órganos del Estado. Así mismo, la interpretación literaria es un “modelo
para el análisis del método jurídico”, en la medida en que el derecho como una práctica social
requiere de una interpretación constructiva que permite mantener una tradición social, una interpretación valorativa que muestra la práctica legal en su mejor justificación y una interpretación pragmática cuyos argumentos deben competir con concepciones de otros autores (Arango,
2016).
La interpretación historicista permite construir la Constitución mediante el uso de estudios
históricos sobre su significado original. En este caso, la Constitución colombiana es muy reRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020 Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 188-206. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/154

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ciente, y las actas de la Asamblea Nacional Constituyente son muy desorganizadas y permeadas
por intereses políticos partidistas, por lo que resultaría complejo darles sentido a los decretos
presidenciales desde la interpretación historicista (López, 2006).
La interpretación sistémica permite “la identificación de normas, valores o principios constitucionales más universales y consensuados que permitieron la consolidación de criterios más
amplios para la protección de derechos fundamentales” (López, 2006). Por tal motivo, dado que
en el caso colombiano prevalecen las interpretaciones sistémicas, se propone como técnica de
hermenéutica jurídica para interpretar los decretos presidenciales en esta investigación.
Instrumentos
Escogida la interpretación sistémica, esta será implementada mediante el instrumento de análisis documental, ya que los decretos presidenciales como objetos de estudio son documentos.
Según Vickery (1970), el análisis documental responde a tres necesidades informativas de los
decretos presidenciales: i) sirve para conocer los fundamentos jurídicos que cada decreto usa
para cumplir con el principio de legalidad, ii) conocer los mandatos presidenciales relacionados
con el orden público, y iii) conocer toda la información importante relacionada a las acciones
estatales para enfrentar la contingencia del Coronavirus. Al respecto, el análisis documental
presenta como categorías de análisis: i) las facultades excepcionales concedidas al presidente y
ii) el aporte al principio de colaboración armónica.
Procedimiento
El procedimiento llevado a cabo consistió en un análisis formal y un análisis de contenidos,
como lo propone Castillo (2004). En el análisis formal se realiza una descripción física título
del decreto, el autor(es) y la fecha de la publicación. Seguidamente en el análisis de contenidos
se resume y se clasifica. En el resumen se representa abreviadamente el contenido del documento y por último la clasificación permite agrupar por clases el contenido del documento. Este
procedimiento se realizó para cada uno de los 12 decretos presidenciales relacionados a la contingencia del Coronavirus, que fueron expedidos por el presidente Iván Duque desde el 13 de
marzo hasta el 20 de marzo de 2020, fecha en la que se escribió este artículo. Los documentos
de los decretos fueron extraídos de la página web de la Presidencia de la República de Colombia, cuyo acceso es público y la vigencia rige desde su publicación.
4.- RESULTADOS
Respecto a la interpretación literaria es importante tenerla en cuenta para dejar en términos
claros y fácil de leer los decretos presidenciales. Sin embargo, para efectos del presente artículo
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se requiere de mayor rigor jurídico para interpretarlos, por lo cual se debe escoger entre la interpretación historicista y la sistémica. Estas dos últimas interpretaciones se han enfrentado históricamente, en una especie de batalla ideológica que enfrenta a conservadores y progresistas. Sin
embargo, es importante analizar estos decretos presidenciales desde una perspectiva sistémica,
con el fin de establecer criterios más amplios que permitan la protección efectiva de derechos
fundamentales y no solo el análisis originario de la Constitución. Por tal motivo, se usará la
interpretación sistémica, con el fin de hacer una reconstrucción plausible de los fines legítimos
que el Presidente Duque ha ajustado al contexto actual de contingencia del Coronavirus.
Decretos presidenciales contra el Coronavirus
Una manifestación de las facultades del presidente son los decretos presidenciales, los cuales
fueron expedidos por el presidente Iván Duque Márquez desde el 13 marzo de 2020, para
enfrentar la contingencia. Estos decretos estuvieron a tiempo, puesto que el primer caso de
Coronavirus fue el 6 de marzo, la declaración de pandemia por la OMS fue el 11 de marzo y la
declaración de emergencia sanitaria por el Ministerio de Salud fue el 12 de marzo. Dentro de
estos decretos presidenciales, se encuentran el Decreto 402 de 2020, el Decreto 410 de 2020, el
Decreto 411 de 2020, el Decreto 412 de 2020, el Decreto 417 de 2020, el Decreto 418 de 2020,
el Decreto 420 de 2020, el Decreto 434 de 2020, el Decreto 438 de 2020, el Decreto 439 de
2020, el Decreto 440 de 2020 y el Decreto 441 de 2020.
El primero de ellos es el Decreto 402 de 2020, publicado por el Ministerio del Interior el
13 de marzo de 2020. Este decreto surge ante la decisión del gobierno venezolano de dejar de
emitir boletines epidemiológicos desde el año 2018, lo cual incumple el deber de reportar inmediatamente los riesgos de salud pública que constituyan amenaza para la salud internacional,
como lo consagra el Reglamento Sanitario Internacional de los Estados Miembros de la OMS.
Por lo cual, este decreto ordenó cerrar la frontera y fluvial con el país vecino de Venezuela desde
el 14 de marzo hasta el 30 de mayo de 2020 (Presidencia de la República de Colombia, 2020a).
Este decreto busca colaborar con los esfuerzos de los municipios colombianos fronterizos de
controlar el acceso al territorio nacional y evitar perturbaciones al orden público en los pasos
fronterizos.
El Decreto 410 de 2020, publicado por el Ministerio de Comercio, Industria y Turismo el 16
de marzo de 2020, modifica “el arancel de aduanas para la importación de productos necesarios
para afrontar la emergencia sanitaria provocada por el Coronavirus”. Este arancel de aduanas
fue adoptado por el Decreto 2153 de 2016 y rige desde el 1 de enero de 2017, por lo que se
hace necesario reducirlo al 0% para la importación de equipos médicos de dotación de unidades
de cuidados intensivos o intermedios neonatal, pediátrica o de adultos y salas de atención de
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enfermedad respiratoria aguda. Esta reducción cuenta con el aval del Comité de Asuntos Aduaneros, Arancelarios y de Comercio Exterior en su sesión 325 y el Consejo Superior de Política
Fiscal en sesión del 13 de marzo de 2020. Adicionalmente, es una reducción imperativa que
aplica desde la publicación de este decreto y rige durante los próximos seis meses (Presidencia
de la República de Colombia, 2020b). Este decreto busca facilitar la labor de las secretarías de
salud departamentales y municipales en la adquisición de equipamiento médico para prevenir y
mitigar la pandemia en sus territorios.
El Decreto 411 de 2020, publicado por el Ministerio de Comercio, Industria y Turismo el 16
de marzo de 2020, dicta medidas transitorias relacionadas con el régimen de zonas francas. En
este sentido, se requiere articular la normatividad de las zonas francas con las recomendaciones
de prevención y mitigación del riesgo de contagio del Coronavirus. Por lo cual, se ordena permitir que empleados y personal calificado pueda realizar sus labores fuera del área declarada
como zona franca, así como incrementar la duración de las zonas francas transitorias, durante
la vigencia de este decreto, por una vez y hasta por 12 meses (Presidencia de la República de
Colombia, 2020c). Este decreto promueve la labor industrial en zonas francas transitorias, para
facilitar las relaciones comerciales en áreas diferentes a las zonas francas.
El Decreto 412 de 2020, publicado por el Ministerio del Interior el 16 de marzo de 2020,
dicta medidas para la conservación del orden público y la salud pública. Dentro de esas medidas, este decreto ordena el cierre de los pasos marítimos, terrestres y fluviales de frontera con
todos los Estados limítrofes, desde el 17 de marzo hasta el 30 de mayo. Esta medida exceptúa
el tránsito por caso fortuito o fuerza mayor y el transporte de carga (Presidencia de la República
de Colombia, 2020d). Este decreto busca controlar el tránsito marítimo y facilitar la labor de las
autoridades portuarias a nivel departamental y municipal.
El Decreto 417 de 2020, publicado por la Presidencia el 17 de marzo de 2020, declara el
Estado de Emergencia Económica, Social y Ecológica en todo el territorio colombiano. Esta
declaración autoriza al presidente ejercer las facultades del artículo constitucional 215, dentro
de las cuales está dictar decretos con fuerza de ley para mitigar y prevenir el riesgo de contagio
del Coronavirus, durante 30 días calendario contados a partir de la vigencia de este decreto
(Presidencia de la República de Colombia, 2020e). Este decreto faculta al Gobierno nacional a
la distribución de recursos a los entes territoriales para que los destinen con eficiencia.
El decreto 418 de 2020, publicado por el Ministerio del Interior el 18 de marzo de 2020,
dicta medidas transitorias para expedir normas en materia de orden público. En este sentido,
se decreta: i) que la dirección del manejo del orden público estará en cabeza del presidente, ii)
todos los mandatos presidenciales tienen aplicación inmediata y preferente sobre los mandatos de gobernadores y alcaldes, iii) las midas departamentales y locales deben ser comunicaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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das inmediatamente al Ministerio del interior, y iv) los gobernadores y alcaldes que omitan el
cumplimiento de este decreto serán sancionados (Presidencia de la República de Colombia,
2020f). Este decreto procura por la organización de todos los mandatos de orden departamental
y municipal, con el fin de coordinar y orientar todas estas normativas de manera organizada y
coherente con las necesidades de cada territorio.
El Decreto 420 de 2020, publicado por el Ministerio del Interior el 18 de marzo de 2020,
imparte instrucciones para expedir normas en materia de orden público en concordancia con
el Decreto 418 de 2020. En este sentido, se decreta desde el 19 de marzo hasta el 30 de mayo:
i) la prohibición del consumo de bebidas embriagantes, reuniones y aglomeraciones de más
de cincuenta personas; ii) el toque queda de niños, niñas y adolescentes; iii) que las medidas departamentales y locales no pueden a) impedir el transporte intermunicipal, de carga y
modalidad especial, b) establecer restricciones de tránsito sobre vías nacionales, c) suspender
establecimientos de alimentación, bebidas, productos de primera necesidad, farmacéuticos, médicos, ópticas, ortopédicos, aseo e higiene, alimentos y medicinas para mascotas, d) impedir la
oferta de productos gastronómicos a domicilio o por plataformas electrónicas, e) restringir el
funcionamiento de infraestructura crítica y estratégica, f) impedir la prestación de servicios de
seguridad privada, g) restringir el funcionamiento de call centers, y h) suspender los servicios
técnicos y de soporte de los servicios públicos esenciales y de telecomunicaciones; por último
iii) sancionar a alcaldes y gobernadores que omitan el complimiento de este decreto (Presidencia de la República de Colombia, 2020g). Este decreto facilita la labor de control del orden
público por parte de las autoridades de policía en coordinación con los decretos de seguridad de
las mandatarios locales y departamentales.
El Decreto 434 de 2020, publicado por el Ministerio de Comercio, Industria y Turismo el 19
de marzo de 2020, establece plazos especiales para: i) la renovación de la matrícula mercantil,
ii) el RUNEOL, iii) los demás registros del Registro Único Empresarial y Social, y iv) las reuniones ordinarias de las asambleas y demás cuerpos colegiados (Presidencia de la República de
Colombia, 2020h). Este decreto concede un plazo razonable para que las Cámaras de Comercio
acompañen a los empresarios mercantiles y las Secretarías de hacienda de orden departamental
y municipal faciliten los trámites mercantiles.
El Decreto 438 de 2020, publicado por el Ministerio de Hacienda y Crédito Público el 19
de marzo de 2020, adopta medidas tributarias transitorias dentro del Estado de Emergencia
declarado en el Decreto 417 de 2020. Debido a los efectos económicos negativos producidos
por el Coronavirus, durante la vigencia del Estado de Emergencia, se decreta: i) la exención
transitoria sobre las ventas (IVA) y ii) la ampliación del plazo hasta el 30 de junio para que contribuyentes realicen el proceso de actualización en el régimen tributario especial (Presidencia
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de la República de Colombia, 2020i). Este decreto permite que las Secretarías de hacienda de
orden departamental y municipal faciliten los trámites tributarios.
El Decreto 439 de 2020, publicado por el Ministerio de Transporte el 20 de marzo de 2020,
suspende el desembarque con fines de ingreso o conexión por vía aérea en territorio colombiano
de pasajeros procedentes del exterior. Por lo cual, se decreta desde el 23 de marzo y durante 30
días calendario: i) la suspensión de ingreso al territorio colombiano exceptuando la tripulación
de empresas de carga aérea y pasajeros excepcionalmente admitidos, los cuales deberá cumplir
con las medidas sanitarias del Ministerio de Salud; ii) el obligatorio cumplimiento de las medidas sanitarias preventivas de aislamiento y cuarentena de catorce días en su lugar de residencia
para los que ingresen al territorio colombiano; iii) las responsabilidades de las aerolíneas de
informar a todos sus usuarios todas las medidas de este decreto; iv) las responsabilidades de
los pasajeros y tripulantes excepcionalmente admitidos, de reportar inmediatamente los síntomas compatibles con el Coronavirus; v) la responsabilidad de las autoridades nacionales y la
vigilancia del cumplimiento de las medidas preventivas de aislamiento y cuarentena; y vi) las
sanciones por el incumplimiento de las medidas adoptadas en este Decreto (Presidencia de la
República de Colombia, 2020j). Este decreto procura la contención de la pandemia, mediante la
prohibición del transporte aéreo por donde estaban ingresando los contagiados por Coronavirus
al territorio nacional.
El Decreto 440 de 2020, publicado por el Departamento Nacional de Planeación el 20 de
marzo de 2020, adopta medidas de urgencia en materia de contratación estatal. Se decreta durante el Estado de Emergencia: i) Realizar audiencias públicas mediante medios electrónicos
informando mínimo dos días hábiles antes la metodología y condiciones para su desarrollo, ii)
suspender los procesos de selección de contratistas y revocatoria de los actos de apertura, iii)
usar los instrumentos de agregación de demanda, iv) contratar los acuerdos marco de precios
por contratación directa para facilitar el abastecimiento de bienes y servicios, v) adquirir bienes
por el instrumento de agregación de demanda de grandes superficies hasta por el monto máximo
de la menor cuantía de la respectiva entidad, vi) contratación urgente y directa del suministro de
bienes, la prestación de servicios y la ejecución de obras, vii) adición y modificación de todos
los contratos estatales que permitan mejorar la gestión y mitigación del Estado de emergencia,
viii) implementación de mecanismos electrónicos para la recepción, trámite y pago de facturas
y cuentas de cobra de contratistas estatales, y ix) autorizar al Fondo Rotatorio del Ministerio
de Relaciones Exteriores celebrar convenios y contratos con empresas extranjeras, con el fin de
adquirir bienes y servicios necesarios para mitigar la pandemia (Presidencia de la República de
Colombia, 2020k). Los entes territoriales requieren de la inversión inmediata y de la contratación directa de bienes y servicios para esta contingencia, por lo cual este decreto facilita estos
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trámites de contratación estatal.
El Decreto 441 de 2020, publicado por el Ministerio de Vivienda, Ciudad y Territorio, dicta
disposiciones en materia de servicios públicos de acueducto, alcantarillado y aseo para enfrentar el Estado de Emergencia. Durante el Estado de Emergencia, se decreta: i) la reinstalación y
reconexión inmediata del servicio de acueducto a los suscriptores residenciales suspendidos y
cortados, ii) el acceso a agua potable en situaciones de emergencia sanitaria, iii) el uso de los
recursos del Sistema General de Participaciones para financiar medios alternos de aprovisionamiento para el acceso a agua potable y saneamiento básico, y iv) la suspensión temporal de
los incrementos tarifarios de los servicios públicos domiciliarios de acueducto y alcantarillado
(Presidencia de la República de Colombia, 2020l). Este decreto permite el acceso sin restricciones a servicios públicos esenciales, principalmente en las regiones en donde el acceso a
estos recursos es limitado y en muchos casos ineficiente, por lo cual se garantiza su acceso y
suministro.
Discusión
Estos 12 decretos presidenciales, le han permitido a Colombia ser pionero en Suramérica en
medidas gubernamentales para prevenir y mitigar el contagio del Coronavirus. La importancia
de estos ha radicado principalmente en las declaraciones del Estado de Emergencia Económica,
Social y Ecológica (Decreto 417 de 2020) y la unificación de los mandatos de orden público en
todo el territorio nacional (Decreto 420 de 2020).
El Decreto 417 de 2020: Estado de Emergencia Económica, Social y Ecológica
El Estado de excepción invocado en el Decreto 417 de 2020 está consagrado en el artículo constitucional 215 como Estado de Emergencia Económica, Social y Ecológica, y fundamentado en
el concepto de soberanía de Schmitt. Para Schmitt (2009), el “soberano es quien decide sobre
la situación de excepción” (p. 155), como aquella situación que pone en riesgo la existencia
del Estado como unidad política, dado que el ordenamiento jurídico es incapaz de afrontar la
emergencia (Campderrich, 2007).
Para Cepeda (1985), el estado de excepción en la Constitución de 1991 es el final de la lucha
histórica que el ejecutivo ha librado para aumentar progresivamente su autonomía del Congreso (p. 21), dado el uso abusivo del Estado de sitio que se mantuvo en la Constitución de 1886
(Restrepo, 2009). En este sentido, Tobón y Mendieta (2017) afirman que la Ley estatutaria de
los estados de excepción (Congreso de Colombia, 1994), reguló la prevalencia de los tratados
internacionales y los mecanismos de control a la limitación de derechos y garantías ciudadanas
(p. 6). Al respecto, la Corte Constitucional en la sentencia C-179 de 1994, la declaró exequible
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advirtiendo que estas facultades presidenciales excepcionales solo se usan cuando la situación
de emergencia lo merezca y no podrán sobreponerse al núcleo esencial de los derechos fundamentales (Corte Constitucional, 1994).
La interpretación sistémica del Decreto 417 de 2020 descrita anteriormente en los resultados, demuestra que las decisiones tomadas por el Presidente Duque están dentro del marco
jurídico de los estados de excepción regulados por el control político del Congreso en la sentencia C-565 de 1997 (Corte Constitucional de Colombia, 1997) y el control constitucional de
la Corte Constitucional de Colombia en la sentencia C-802 de 2002 (Corte Constitucional de
Colombia, 2002).
El Decreto 420 de 2020: ¿Quién dirige el orden público en el territorio nacional?
Después de decretado el Estado de emergencia el 17 de marzo, al día siguiente el Presidente
Duque expidió el Decreto 420 de 2020. Este decreto surge ante la necesidad de unificar todos
los decretos de orden público que los mandatarios departamentales y locales empezaron expedir por esos mismos días para enfrentar el Coronavirus. Dentro de estos decretos se destacan
el toque de queda expedido por la Gobernación de Cundinamarca (Decreto 153 de 2020) y el
Simulacro de Cuarentena de la Alcaldía de Bogotá (Decreto 090 de 2020) que restringían transitoriamente la movilidad de personas.
Sin embargo, estos decretos departamentales y municipales generaron una confusión generalizada en la población que impedía el libre tránsito en todo el territorio nacional y la implementación de políticas sin coordinación nacional. Por tal motivo, el Decreto 420 de 2020 buscaba
coordinar desde el Ministerio del Interior todos estos mandatos, para lograr los fines estatales de
una República unitaria y deslegitimar los intentos departamentales y municipales de prevalecer
en sus territorios por encima del Gobierno central.
La mejor muestra del espíritu de coordinación del Decreto Presidencial 420 de 2020, es el
Decreto 091 de 2020 que modifica el Decreto 090 de 2020 de la Alcaldía de Bogotá y el Decreto
157 de 2020 que modifica el Decreto 153 de 2020 de la Gobernación de Cundinamarca. Estos
dos decretos expedidos el 22 de marzo, se alinean con el Decreto Presidencial 420 de 2020, con
el fin de ampliar el Simulacro Vital en la ciudad de Bogotá y el departamento de Cundinamarca,
hasta el inicio de la Cuarentena General declarada por el presidente, en una clara demostración
de trabajo conjunto entre el gobierno local de Bogotá, el gobierno departamental de Cundinamarca y el gobierno nacional en cabeza del Presidente Duque.
5.- CONCLUSIONES
Colombia es una república unitaria con colaboración armónica entre las ramas de poder público
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y los órganos de su estructura estatal, y ante la contingencia del Coronavirus se requiere no solo
de poner en práctica esa colaboración sino también de una coordinación del orden público en
cabeza del Presidente de la República, como una de sus facultades constitucionales y aquellas
facultades excepcionales que le permiten unificar todos los mandatos territoriales durante la
vigencia del Estado de emergencia declarado en el Decreto 417 de 2020.
También es descentralizada, entendiendo la descentralización como “el método de dividir
poderes de manera que el gobierno central y los gobiernos regionales están, dentro de su esfera,
coordinados e independientes”, tal como la concibe Wheare (2008). Esta autonomía regional en
estado de normalidad, implica el respeto del Gobierno central, y en estado de emergencia implica mayor colaboración con la Presidencia, especialmente de sus atribuciones en la dirección
del orden público.
Por lo anterior, se concluye que, en el marco de una República unitaria y descentralizada, los
12 decretos expedidos por el Presidente Duque para prevenir y mitigar el Coronavirus en todo
el territorio nacional, no solo cumplen con el principio de legalidad sino también están dentro
del marco jurídico de los estados de excepción. Cumplidos estos requisitos, el análisis de contenido desarrollado en los resultados, demuestra además que estos decretos presidenciales buscan crear condiciones para colaborar en armonía con todos los niveles de gobierno (municipal,
departamental y nacional), a través de mandatos conforme con los procedimientos y garantías
de los ciudadanos y cuyos fines sean controlar la crisis del Coronavirus para que no supere los
márgenes de la normalidad.
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Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 188-206. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/154

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Derecho a la información en Coahuila: Una perspectiva desde la justicia constitucional1
Right to information in Coahuila: A perspective from the constitutional justice
José Luis, Leal Espinoza2
Universidad Autónoma de Coahuila, México
https://orcid.org/0000-0002-9072-0057
https://doi.org/10.29105/pgc6.12-11

______________________________________________________________________________________________________________________________

RESUMEN
Este artículo, a modo de ensayo, tiene como objetivo desarrollar una propuesta de comprensión de la integración
Los artículos 46, de la Ley de Acceso a la Información Pública y el 9, bis de la Ley de Notariado de Coahuila,
establecen como sujetos obligados indirectos a los Notarios Públicos, en razón de que éstos llevan a cabo actos de
autoridad. En el objetivo general se establecieron las pautas que el legislador determinó los criterios que se cumplieron en las obligaciones en materia de transparencia. Las razones expresadas en la resolución se expusieron a
través de los métodos documental y cualitativo, bajo el cual el juez constitucional instructor del amparo indirecto
186/2016, establece que, contrario a lo expresado por el legislador, al notario no puede considerársele como sujeto
obligado indirecto, toda vez que esta figura no encuadra en ningún supuesto relacionado con la coadyuvancia al auxilio o colaboración de las entidades públicas, ejercicio del gasto público, utilizar o disponer de recursos públicos,
subsidios o estímulos fiscales, esta razón de forma es entendida en el sentido de que no recibe un sueldo del Estado.
cia.

Palabras clave: Derecho a la información, justicia constitucional, políticas públicas, ponderación, transparen-

ABSTRACT
Articles 46, of the Law of Access to Public Information and 9, bis of the Coahuila Notary Law, establish that public
Notaries are indirect obligated subjects, because they carry out acts of authority. The general objective established
the guidelines that the legislator determined the criteria that were met in the transparency obligations. The reasons
expressed in the resolution were set forth through the documentary and qualitative methods, under which the
constitutional examining judge of indirect amparo 186/2016, establishes that, contrary to what is expressed by
the legislator, the notary cannot be considered an obligated indirect subject, since this figure does not fit into any
assumption related to aid to or assistance from public entities, exercise of public spending, use or disposition of
public resources, subsidies or fiscal stimuli, this form reason is understood in the sense that you do not receive a
salary from the State.
Keywords: Constitutional justice, public policies, right to information, transparency, weighting.
Recibido: 02 de Noviembre 2019 - Aceptado: 04 de Marzo 2020 - Corregido: 04 de Mayo 2020
Cómo referenciar este artículo:
Leal Espinoza, J. L. (2020). Derecho a la información en Coahuila: Una perspectiva desde la justicia constitucional
Politica Globalidad y Ciudadanía, 207-224. Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/
article/view/156

1 Proyecto de investigación “Derecho a la información en Coahuila: una perspectiva desde la justicia constitucional”, Financiado por Universidad Autónoma de Coahuila
2 Doctor en Derecho Constitucional y Derechos Fundamentales por la Universidad de Alicante, España. Coordinador de Posgrado e Investigación de la Facultad de Ciencias Políticas y Sociales, Universidad Autónoma de Coahuila. Email: jose.leal@uadec.edu.mx
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6 No. 2, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey, México,
ISSN 2395-8448. 207-224. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/156

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1.- INTRODUCCIÓN
La sentencia motivo de controversia estipula que, si bien la figura del notario público coadyuva
en auxilio o colaboración de entidades públicas, no realiza actos de autoridad en sentido estricto, pues el notario público no forma parte de la administración pública centralizada, desconcentrada o descentralizada ni es parte de los poderes del Estado. Por tal motivo, su función pública
únicamente va dirigida a autentificar hechos o actos jurídicos con fuerza de fe pública frente
a todos. Dicho lo anterior, la problemática consiste en verificar si las obligaciones enlistadas
para los notarios como sujetos obligados indirectos en las normas impugnadas, vulneran o no
el marco constitucional y legal en materia de transparencia y protección de datos personales.
El documento se estructura en cinco partes. En la primera sección se formulará un estudio
integral sobre las razones que tuvo el Poder Constituyente permanente en replantear el modelo
nacional en materia de transparencia, poniendo especial énfasis en la nueva categoría de sujetos
obligados indirectos establecidos en la reforma constitucional al artículo 6º constitucional, así
como el renovado marco competencial que otorga a las Entidades Federativas en la materia.
A la luz de lo anterior, se realiza un estudio constitucional sobre la pertinencia de la figura
legal introducida por el legislador de Coahuila, al contemplar al notario como sujeto obligado
indirecto en materia de transparencia, exponiendo las razones de índole legislativo y jurisprudencial que justifican la posición discrepante con el criterio judicial primigenio. Una vez superada la fase anterior, las siguientes dos secciones explican que la naturaleza de la información
regulada por la ley como obligatoria a la luz del marco normativo constitucional y legal en
materia de derecho a la información y protección de datos personales.
El objeto específico del cuarto apartado consiste en demostrar que cada una de las obligaciones consagradas en la Ley de Acceso a la Información y Ley de Notariado respectivamente, no
vulneran los derechos de particulares en lo que respecta al derecho humano a la protección de
datos personales, toda vez que no se configura dentro de ninguna de las hipótesis que consagra
la propia ley como información confidencial, al tratarse de versiones públicas que armonizan
los principios constitucionales de transparencia e intimidad. Precisamente, la última sección de
la presente comunicación concluye en este sentido, ya que al realizar un test de proporcionalidad al caso concreto, se concluye que ningún contenido esencial resulta vaciado por completo,
ya que los aludidos principios resultan optimizados, resultando ello en una interpretación contraria a la sostenida originalmente por el juez de distrito.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
La reforma constitucional en materia de transparencia y los nuevos sujetos obligados
La reforma constitucional en materia de transparencia y acceso a la información (Leal y López,
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México, ISSN 2395-8448. 207-224. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/156

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2019) a los artículos 6, apartado a), y 116, fracción VIII, estableció un nuevo catálogo de sujetos obligados en la materia. En el Dictamen formulado por la Cámara de Senadores, realizado
posterior a la presentación de las tres iniciativas destaca de manera trascendental el reconocimiento de los particulares como nuevos sujetos obligados en el contexto del nuevo marco
constitucional propuesto por el Constituyente permanente (las cursivas son nuestras), así como
la cita del Código de Buenas Prácticas elaborado por encargo del antiguo IFAI.
Se está proponiendo que los particulares que actúen como autoridad o la auxilien, o aquéllos que ejerzan gasto público, quedan -por esos simples hechos o circunstancias- de forma
automática o lógica como sujetos obligados –indirectos- en materia de acceso a la información
pública. Sin dejar de advertir, que respecto a la información pública de aquéllas personas físicas
o morales (jurídicas-colectivas) que reciban recursos públicos, o realicen actos de autoridad, se
propone que el acceso se realice a través de la autoridad, ente, órgano u organismo público que
hubiere entregado los montos respectivos, o sea el que supervise la actuación de esos particulares; es decir, en este caso, se está proponiendo que las personas físicas o morales referidas sean
sujetos obligados indirectos en el acceso a la información pública, siendo el vehículo para ello
los propios sujetos obligados directos respectivos. (Gaceta del Senado de la República, 2012,
p. 54)
Otra cuestión ampliamente debatida fue la inclusión, como sujetos obligados, de personas
privadas. Cabe recordar que 23 leyes estatales establecen que las personas físicas y morales
que reciben recursos públicos o realizan funciones públicas son sujetos obligados directos del
derecho de acceso a la información. La experiencia muestra que esta práctica presenta importantes problemas jurídicos y prácticos. No obstante lo anterior, es cierto que existe una cantidad
importante de información relevante que se encuentra en posesión de particulares y de organizaciones privadas. En atención a los múltiples comentarios de las reuniones regionales sobre
la importancia de garantizar el acceso a esta información, el CBP propone, retomando a la
jurisprudencia de los tribunales federales, que cuando un particular realiza actos de autoridad,
la información que genere será considerada como información pública. Este artículo permite
otorgar así acceso a la información de los sindicatos, las asociaciones empresariales o los concesionarios de un servicio público respecto de los actos que realicen en calidad de autoridades.
Debe hacerse notar, sin embargo, que se propone que el acceso no se dará de manera directa,
sino a través de la autoridad que supervise la actuación de esos particulares. La razón de esta
disposición atiende a razones prácticas y a evitar cargas regulatorias excesivas o incumplibles
para las personas privadas.” (Ibid, p.57)
Particulares que reciben recursos públicos o ejercen actos de autoridad: En relación con la
información de particulares el citado Código de Buenas Prácticas, plantea que los particulares
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México, ISSN 2395-8448. 207-224. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/156

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que ejercen actos de autoridad estarán obligados a entregar la información relacionada con esos
actos a través del sujeto obligado que supervise estás actividades. Siendo que lo importante a
destacar es que cuando un particular realiza actos de autoridad, la información que genere sea
considerada como información pública.
Además, en el Código de Buenas Prácticas, se expone que “por acto de autoridad debe entenderse, de acuerdo con la jurisprudencia del Poder Judicial de la Federación, un acto unilateral, coercitivo y con imperio que crea, modifique o extinga situaciones jurídicas que afecten la
esfera legal de los gobernados.
También, se expone que a fin de regular el derecho de acceso a la información pública que
pudieran poseer los particulares se atendió a la ampliación del concepto de autoridad que para
efectos del amparo ha sostenido el Poder Judicial de la Federación: son autoridad aquellos individuos que ejerzan actos unilaterales y usen la fuerza pública para alterar la esfera jurídica de
los gobernados. Es decir, la autoridad se distingue por el hecho de que realiza actos con imperio,
más que por los sujetos que ejecutan el acto. Ahora bien, ante una administración pública cada
día más compleja, la distinción del carácter de cada uno de los actos realizados por entes públicos o que los mismos delegan incluso a particulares se hace más difícil. Así, por ejemplo, casos
como PEMEX o Seguro Social en ciertos esquemas actúa con imperio y por tanto es una autoridad y en otros no. Véase por ejemplo la tesis confederación deportiva mexicana, asociación civil. Tiene la calidad de autoridad para efectos del juicio de amparo, cuando sus actos se funden
en la ley general del deporte, en relación con su estatuto. Es importante precisar que el acceso a
la información de estos particulares, en su caso, se limita a aquella información relacionada con
sus funciones equiparables a actos de autoridad y no al conjunto de sus actividades. A mayor
abundamiento de lo anterior, cabe recordar, que la fracción VI del artículo 6° de la Constitución
Política de los Estados Unidos Mexicanos establece que “las leyes determinarán la manera en
que los sujetos obligados deberán hacer pública la información relativa a los recursos públicos
que entreguen a personas físicas o morales”. Esta disposición constitucional deja justificado
claramente buena parte de la propuesta que se plantea en la presente iniciativa.
En efecto, hay que reconocer que existen algunas personas de carácter privado, ya sean físicas o morales, que ejercen funciones públicas, ya sea por delegación o por un mandato legal.
Como atinadamente apunta Sergio López Ayllón, “este es el caso de los notarios públicos, de
los concesionarios de bienes o servicios públicos, de los colegios de profesionistas o cámaras
comerciales o industriales y aun de los sindicatos. La pregunta es si éstos son sujetos obligados
del derecho de acceso a la información y, si esto es así, cuáles son los mecanismos para ejercerlo”. Más aún, el problema se plantea respecto de las personas privadas que, cada vez con mayor
frecuencia, desarrollan funciones públicas o ejercen por delegación o mandato legal funciones
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de autoridad, sin constituirse propiamente como entidades públicas. La calidad de sujetos pasivos del derecho de acceso a la información de estas personas plantea cuestiones complejas, en
particular respecto a los procedimientos para hacer efectivo el derecho.
Dejando claro, que no por recibir recursos del erario o por ejercer una parte del gasto estatal,
toda actividad de estas personas se convierte en materia de acceso público, sino únicamente de
aquellas en lo que se aplicó el recurso público o bien se ejercitó o ejecuto un acto de autoridad,
no así respecto de otras distintas a estos supuestos, no pudiendo entender que todas las actividades serán consideradas como parte del acceso a la información, sino solo en los casos ya
descritos, lo anterior con el fin de no afectar la privacidad e intimidad de las personas.
Los anteriores razonamientos legislativos contienen claramente el espíritu del Poder reformador de la Constitución (Asensi, 1998), al establecer de manera precisa que los particulares
que ejercen actos de autoridad también pueden ser sujetos obligados indirectos en materia de
transparencia, dejando incluso la potestad a las Entidades Federativas de acuerdo al numeral
116, fracción VIII, de garantizar el derecho de acceso a la información y protección de datos
personales en posesión de los sujetos obligados, de acuerdo a los principios del artículo 6º,
apartado a).
Por ello, es factible y acorde a una interpretación conforme con el artículo 6º constitucional,
considerar como sujetos obligados indirectos a los notarios públicos, toda vez que el concepto
material que tiene el legislador al momento de introducir la figura en el texto fundamental es
acorde a las nuevas realidades derivadas de la teoría contemporánea de la autoridad, que retoman incluso del Código de Buenas Prácticas el concepto ya ampliamente difundido tanto en
la doctrina, la legislación y la jurisprudencia del Poder Judicial de la Federación, es decir “un
acto unilateral, coercitivo y con imperio que crea, modifique o extinga situaciones jurídicas que
afecten la esfera legal de los gobernados”.
El Notario como sujeto obligado indirecto y su discrepancia en el caso concreto
Sentado lo anterior, es menester hacer énfasis en las dos categorías delineadas por el juzgador
en el juicio de amparo indirecto sometido a debate en el presente amparo en revisión, ya que
en la resolución objeto de controversia se establece claramente que al notario público no puede
considerársele como autoridad en sentido estricto, ya que la información que posee no es pública. Lo anterior, se realiza con base en un ejercicio argumentativo de dos dimensiones (Atienza,
2013): que el derecho a la información es una garantía individual y social, y que la transparencia y publicidad de los actos de gobierno son inherentes (Pleno SCJN, 2013, p.5). La siguiente
premisa de la cual parte la negativa es que los notarios no son funcionarios públicos, ya que no
están sujetos a los derechos y deberes de los funcionarios oficiales, ni el Estado responde por
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sus actos. (Contradicción de Tesis 24/2003-SS, p. 70)
No obstante lo anterior, a pesar de que la Segunda Sala de la Suprema Corte emitió criterio
en el sentido de que los notarios no eran autoridad para los efectos precisados, también lo es que
en esa misma decisión se desprende el reconocimiento de que, a pesar que los notarios no son
funcionarios públicos, los mismos “sí realizan una función pública, ya que autentica hechos o
actos jurídicos con fuerza de fe pública frente a todos, incluyendo al Estado; además instruye
a los particulares que a él acuden del alcance jurídico de esos actos, resguarda documentos
originales y expide copias” (Contradicción de Tesis 24/2003-SS, p. 70). Precisado esto, es indispensable formular las siguientes interrogantes:
-- ¿El carácter de sujeto obligado indirecto con el que se identifica a los notarios en las leyes impugnadas los convierte automáticamente en autoridad o en funcionarios públicos?
-- ¿Las obligaciones para los sujetos indirectos en materia de transparencia sólo van dirigidas a quienes reciben presupuesto público o a quienes ejercen actos de autoridad “en
sentido estricto”?
Respecto a la primera cuestión, es dable afirmar que, de acuerdo a lo expuesto por la autoridad responsable existe un vicio lógico de petición de principio cuando se contesta la primera
interrogante, ya que de manera tajante se concluye que el notario no es autoridad porque no es
un funcionario público, aunque su función en sí sea pública. Esto no es más que exponer las
mismas razones de manera circular, dejando segmentado el debate principal, toda vez que el
tema de fondo consiste en indagar si bajo el contexto de las nuevas obligaciones en materia de
transparencia establecidas en la Constitución y la Ley del Estado de Coahuila, el notario realiza
o no actos de autoridad, siendo en consecuencia así un sujeto obligado indirecto.
La segunda cuestión es respondida por la autoridad responsable al afirmar que a pesar de que
los notarios públicos ejercen una función pública, las obligaciones de transparencia únicamente
tienen como destino los actos de gobierno, a partir del esquema de rendición de cuentas, es decir, manejo de recursos públicos, satisfacción de los servicios a su cargo y el cumplimiento de
funciones públicas. En la sentencia, si bien se realiza un estudio parcial basado en la Exposición
de motivos de la reforma constitucional en materia de transparencia, este resulta incompleto, ya
que para saber si las obligaciones en materia de transparencia también incluyen a los notarios
públicos es obligatorio realizar un estudio sobre la naturaleza propia de la información generada por estos en el ejercicio de su función, es decir, un análisis que no solamente se limite al
aspecto formal, sino material, explicando a detalle si la generación de esa información es suficiente para ser considerada como de naturaleza pública.
Dicho en otras palabras, la Constitución en su artículo 6º establece un nuevo catálogo de sujetos obligados indirectos abrió la posibilidad situándose en un paradigma distinto bajo el cual
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lo analiza la autoridad responsable, es decir, el primer modelo de transparencia en su primera
fase 2002, con la entrada en vigor de la Ley Federal de Transparencia y Acceso a la Información Gubernamental y la correlativa reforma constitucional de 2007 (Islas, 2007, pp. 155-174)
, estableció un diseño preliminar mediante el cual se le reconoció el carácter tanto individual
como social a este derecho fundamental, así como a la protección de la vida privada y datos
personales (Carbonell, 2008).
Sin embargo, el esquema a través del cual se razona en la decisión reclamada parte de un
modelo en el cual únicamente la autoridad formalmente reconocida por las leyes es aquella que
puede ser sujeta de obligaciones en materia de transparencia. Por ello, resulta válido afirmar que
existen dos elementos que ha soslayado la autoridad judicial. El primero está relacionado con
la existencia de sujetos obligados indirectos distintos a las autoridades desde el plano formalmente legal, es decir, determinar si los notarios públicos en el ejercicio de una función pública
realizan actos de autoridad, y además, establecer si es constitucional y legalmente válido que las
Entidades Federativas en el ejercicio de su libertad configurativa contemplen esta posibilidad.
Un cambio de paradigma trascendental en los últimos años ha sido la mutación legislativa
que ha sufrido el concepto de autoridad para efectos del juicio de amparo (Sartori, 2016). En
la Ley de Amparo vigente el legislador ha dado un viraje importante, al establecer esta nueva
posibilidad. En la Exposición de motivos de dicha legislación y después de un análisis reflexivo
sobre las distintas vías (civil, administrativa) que pudieran ejercitarse para hacer valer los derechos, el legislador determinó que el juez deberá hacer caso a la afectación material del derecho
fundamental en cuestión, sobre el acto de autoridad, así como las condiciones del particular
para defenderse, y no tanto al aspecto formal de quien emite el acto violatorio de derechos.
… existen casos en los que deban tener este cauce procesal para obtener una protección más
eficaz, más justa y por tratarse de una violación directa a este tipo de derechos. Por ello se considera que la mejor forma de plasmar este concepto en esta Ley y de explicarlo en el presente
dictamen es definir el acto de autoridad y que los particulares tendrán dicha calidad cuando sus
actos u omisiones sean equivalentes a los de autoridad, que afecten derechos en los términos del
acto de autoridad que objetivamente se define en la fracción II, y cuya potestad o función derive
de una norma general y abstracta (Gaceta del Senado de la República, 2011, p. 21).
Es decir, el concepto de personas físicas que realizan “actos de autoridad” como sujetos
obligados en la Ley General establecido en el artículo 23 no es un catálogo cerrado a solamente
aquellas personas que reciban recursos públicos toda vez que el propio legislador federal determinó: “en los ámbitos federal, de las Entidades Federativas y municipal”. Es decir, se debe
atender al ejercicio material de ese “acto de autoridad” para determinar si realmente el ejercicio
de la función notarial deviene en la generación de información de interés público, y así concluir
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si el ejercicio del derecho a la información pública se debe proteger en las relaciones generadas
entre los notarios y la sociedad (Sala SCJN, 2012, p. 798).
Para lograr lo anterior, es necesario partir de una definición mínima de información de interés público que brinda la propia Ley de Acceso a la Información en su numeral 3, fracción XII,
como: “la información que resulta relevante o beneficiosa para la sociedad y no simplemente el
interés individual, cuya divulgación resulta útil para que el público comprenda las actividades
que llevan a cabo los sujetos obligados”. Es decir, la información que están obligados los notarios a dar publicidad que refieren los dos artículos impugnados debe fundamentarse no sólo en
las razones del legislador local en el ámbito de su libertad configurativa como Entidad Federativa, sino que la propia información debe satisfacer el canon de “interés público”, además de ser
proporcional y útil en el marco de la sociedad democrática.
La información a que se refieren las normas impugnadas es de interés público por su propia
naturaleza y es generada por los notarios en el contexto de su función pública
Tal y como quedó apuntado, en la resolución se evade el problema de fondo al afirmar que la
información a que se refieren los artículos 46 de la Ley de Acceso a la Información Pública y
Protección de Datos Personales para el Estado de Coahuila de Zaragoza, y el 9, bis de la Ley
del Notariado de esa misma entidad, no es de interés público porque quien la emite no es una
autoridad en sentido estricto. Este razonamiento es circular y redundante, toda vez que, en la
propia sentencia se reconoce que el notario desempeña una función pública, pero el carácter de
la información en ningún momento es analizado en la resolución, toda vez que para ello hubiera
sido necesario estudiar la naturaleza material de la información sometida a debate.
Por tanto, en primer término serán analizadas las razones expuestas por el legislador del
Estado de Coahuila en la Exposición de Motivos de las legislaciones objeto de controversia,
seguidas del razonamiento lógico jurídico enlazado con criterios jurisprudenciales que explicarán a detalle que la información que como sujetos obligados están obligados los notarios a dar
publicidad es de interés público, a través de un método hermenéutico (López, 2016, pp. 11-12)
integral del contexto de la reforma legal al sistema estatal de transparencia y gobierno abierto
de esta Entidad. Las normas impugnadas establecen que la información que están obligados los
notarios a publicitar es la siguiente:
-- Difundir u nombre, domicilio, teléfono oficial y número de fiat notarial;
-- Publicar los servicios que ofrece y su costo;
-- Divulgar la plantilla de personal y tipo de seguridad social que se le ofrece;
-- Publicar los índices de protocolo; V. Difundir las versiones públicas de las actas fuera de
protocolo;
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-- Divulgar la relación de cursos o programas de actualización o capacitación que se realicen y los que se ofrezca al personal; y
-- Un listado con el número de recepción o de identificación que entregue la autoridad fiscal, de aquellas retenciones enteradas ante la misma.
En la Exposición de motivos de la Ley de Acceso a la Información se establece que:
A fin de atender a los principios del derecho a la información, la Información Pública de
Oficio, reconoce distinciones entre los Sujetos Obligados, de acuerdo a la naturaleza y circunstancias de cada uno. Es por ello, que precisa para aquellos que se definen como Entidades
Públicas: Poder Ejecutivo, Poder Legislativo, Poder Judicial, Ayuntamientos, Universidades e
Instituciones de Educación Superior Pública, Sistemas de Agua y Saneamiento, Organismos
Constitucionalmente Autónomos y Fideicomisos y Fondos Públicos, obligaciones generales
y especiales; y aquellos Sujetos Obligados que no son Entidades Públicas: Partidos Políticos,
Sindicatos, Organizaciones de la Sociedad Civil e Instituciones de Beneficencia, sólo poseen
obligaciones especiales.
Dicha distinción entre Sujetos Obligados, permite garantizar el derecho a la información y
la protección de los datos personales, atendiendo, como se ha hecho mención, no sólo a la fiscalización de recursos públicos, sino al interés público de conocer información que propicia o
retarda el desarrollo del Estado.
En este sentido, la diferenciación normativa que hizo el legislador respecto de los sujetos
obligados directos e indirectos es patente, ya que los notarios públicos (siguiendo la propia exposición de motivos) pertenecen a esta última categoría debido a que su función es esencial para
el Estado y de interés público. Por tanto, el legislador en este caso en particular decidió que:
A cada uno de ellos, dependiendo de sus funciones e interacción con la comunidad, se le
determinan obligaciones de difundir cierta información relacionada con su labor pública.
Por tales motivos, y siguiendo esta línea argumentativa se desprende que existe una distinción realizada por el legislador al momento de definir a los “sujetos obligados” y los “sujetos
obligados indirectos”, es decir, corresponde a los primeros las obligaciones que se detallan en
los artículos 4 a 12, mientras que para los “sujetos obligados indirectos” corresponden únicamente las obligaciones específicas que se detallan en los artículos 43 a 49, dependiendo de
quien se trate. Es decir, se les debe atribuir únicamente las “Disposiciones Generales” establecidas en el Capítulo Tercero, Sección Primera, de la Ley de Acceso a la Información, es decir,
las relativas a la información pública de oficio, mismas que se encuentran establecidas en los
numerales 17 a 20 del mencionado dispositivo legal, es decir:
“Artículo 17. Con excepción de la información reservada o confidencial prevista en esta ley,
los sujetos obligados deberán difundir, actualizar y poner a disposición del público de manera
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020 Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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proactiva, la información pública a que se refiere este capítulo.
Artículo 18. Las páginas electrónicas utilizadas por los sujetos obligados para la difusión de
información pública, observarán los siguientes lineamientos:
I. La página de inicio tendrá un vínculo de acceso, fácilmente identificable y accesible que
cumpla con los requerimientos de sistematización, comprensión y organización, directo
a donde se encuentre la información pública a la que se refiere este capítulo;
II. La información que se difunda en las páginas electrónicas deberá ser confiable, completa
y oportuna;
III. El lenguaje utilizado será claro, sencillo, accesible y que facilite la comprensión de las
personas que consulten dichas páginas;
IV. Deberán contar con un teléfono de atención y correo electrónico por medio del cual los
ciudadanos puedan realizar opiniones, quejas, o sugerencias que atienda directamente el
órgano de control interno o equivalente; y
V. Deberán de utilizarán formatos abiertos y de fácil comprensión. El instituto establecerá
los lineamientos necesarios para asegurar que la información cumpla con lo dispuesto
en este artículo.
Artículo 19. La información pública de oficio deberá de actualizarse en los medios electrónicos disponibles por lo menos una vez al mes. En todos los casos se deberá de indicar en el
medio electrónico la fecha de actualización por cada rubro de información.
Artículo 20. El sujeto obligado deberá difundir, dentro del primer mes de cada año, un calendario de actualización de la información, por cada contenido y área responsable.
Para la publicación de la información pública de oficio, los sujetos obligados utilizarán formatos de fácil comprensión y deberá de tener disponible su traducción en lenguas indígenas.
Dicho esto, la Sección Segunda del Capítulo Tercero de la Ley de Acceso a la Información
corresponde únicamente a las entidades públicas, en sentido contrario a lo determinado erróneamente por el Juez en la resolución de amparo indirecto, al pretender atribuirle obligaciones
que no corresponden al notario público, descontextualizando así la cabal y correcta comprensión del numeral 46 tildado de inconstitucional.
En síntesis, los artículos 17 a 20 de la Ley de Acceso a la Información establecen el medio
o instrumento (medios digitales) a través del cual se garantiza que la información catalogada
como pública de oficio respecto de los sujetos obligados indirectos (en este caso los notarios)
sea realmente efectiva, es decir, esté al alcance de cualquier persona en la Entidad (artículo 46).
En sintonía con ello, la proporcionalidad (Zagrebelsky, 2003) del medio empleado debe
perseguir así una finalidad constitucionalmente legítima, ser adecuada, necesaria y útil para el
fin que se propone. Para lograr tal propósito, el test de proporcionalidad (Alexy, 1991) que se
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realice en el caso concreto mediante un control abstracto de la norma (amparo contra leyes) deberá verificar estas tres fases o pasos. Este ejercicio hermenéutico será realizado en la siguiente
sección, con el fin de verificar la legitimidad constitucional de las normas objeto de debate.
Legitimidad de la medida impuesta a los Notarios como sujetos obligados indirectos de difundir la información pública de oficio establecida en el artículo 46 de la Ley de Acceso a la
Información
El test de proporcionalidad propuesto en el caso concreto consiste en primer lugar, en determinar si los artículos 46, de la Ley de Acceso a la Información Pública y Protección de Datos
Personales para el Estado de Coahuila de Zaragoza, y el 9, bis de la Ley del Notariado de esa
misma entidad, persiguen una finalidad constitucionalmente legítima. En este sentido, dicha
finalidad puede ser medida objetivamente a partir de lo dispuesto por el artículo 2, fracción XII,
de la Ley de Acceso a la Información (vigente al momento de la presentación de la demanda), la
cual dispone que la información pública es toda información en posesión de los sujetos obligados, con excepción de la que tenga el carácter de confidencial, misma definición que es similar a
la dispuesta por la Ley Federal de Acceso a la Información, vigente al momento de la demanda
o a la actual Ley General de Acceso a la Información.
Por ello, mediante un ejercicio de subsunción de lo dispuesto por los artículos 58 y 59 de
esa misma Ley, se concluye que la información que tiene el carácter de reservada , cuando así
se dicta por una autoridad por razones de interés público por las razones que se exponen enseguida:
-- Ponga en riesgo la vida, la seguridad o la salud de cualquier persona;
-- Pueda comprometer la materia de seguridad pública del Estado y sus Municipios;
-- Dañe la estabilidad económica y financiera del Estado;
-- Ponga en riesgo la implementación, administración y seguridad de los sistemas de datos
personales;
-- Aquella cuya divulgación pueda causar un serio perjuicio a: las actividades de prevención o persecución de los delitos; administración de justicia o la seguridad de un denunciante, querellante o testigo, así como sus familias, en los términos de las disposiciones
aplicables; recaudación de las contribuciones; y la que contengan las opiniones, recomendaciones o puntos de vista que formen parte del proceso deliberativo de los servidores públicos, hasta en tanto sea adoptada la decisión definitiva, la cual deberá estar
documentada; y
-- Cuando se trate de información de estudios y proyectos cuya divulgación pueda causar
un daño al interés del Estado o suponga un riesgo para su realización.
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-- Expedientes de averiguaciones previas, siempre y cuando no se haya determinado el
ejercicio de la acción penal o el no ejercicio de la misma, tiempo en el cual serán disponibles en versión pública en términos de las disposiciones aplicables;
-- Acuerdos y procedimientos de mediación, negociación, arbitraje y conciliación hasta en
tanto no se tome un acuerdo firme;
-- Expedientes judiciales o de los procedimientos administrativos seguidos en forma de
juicio en tanto la sentencia no haya causado ejecutoria, posteriormente serán accesibles
en su versión pública en términos de las disposiciones aplicables; y
-- Expedientes de las denuncias y procedimientos de juicio político y de declaración de
procedencia en materia de responsabilidad penal.
Ahora bien, el carácter de información reservada queda dispuesta por los diversos numerales
67, 68 y 69 de la Ley de Acceso a la Información, donde se dispone que tiene dicha naturaleza
cuando se trate de la vida privada y los datos personales, la cual merece un tratamiento especial
de parte de aquellos servidores públicos que la reciban, gestionen, administren o resguarden,
dichos supuestos son los siguientes:
-- Los datos personales que requieran del consentimiento de las personas para su difusión,
distribución o comercialización y cuya divulgación no esté prevista en una ley;
-- La protegida por los secretos comercial, industrial, bancario, fiscal, fiduciario, médico y
profesional; y
-- La información protegida por la legislación en materia de derechos de autor o propiedad
intelectual.
Idoneidad de la obligación de difundir la organización interna de la función de la institución
notarial
En consideración de lo anterior, resulta pertinente analizar el catálogo de obligaciones que derivan de las normas objeto de impugnación, con el fin de verificar en la primera fase del test de
proporcionalidad si éstas persiguen una finalidad constitucionalmente legítima en el marco de
una sociedad democrática. Para lograr tal propósito, se ha propuesto por cuestión de método,
sistematizar las obligaciones de la siguiente manera. Se analizarán en primer lugar aquellas
obligaciones que derivan de la organización interna de la función de la institución notarial, estas
son:
1. Difundir su nombre, domicilio, teléfono oficial y número de fiat notarial.
2. Publicar los servicios que ofrece y su costo.
3. Divulgar la plantilla de personal y tipo de seguridad social que se le ofrece.
4. Divulgar la relación de cursos o programas de actualización o capacitación que se realiRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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cen y los que se ofrezca al personal.
La función pública que desempeña un notario en su calidad de particular con autorización
del estado es fundamentalmente de fe pública, la cual es entendida como “la facultad con la que
están investidos determinados agentes para certificar que los hechos que les constan son verdaderos y auténticos” (Real Academia Española, 2016, p. 830), mientras que la fe pública notarial
es “aquella que se otorga a través de la figura del notario y cuyos efectos jurídicos se traducen
tanto en presunciones de veracidad e integridad como en juicios de legalidad, capacidad, y legitimación, que permiten operar en el tráfico jurídico respecto de cualquier operador” (Ídem).
La función de fe pública deriva directamente del mandato constitucional 121, el cual establece que “en cada Estado de la Federación se dará entera fe y crédito de los actos públicos, registros y procedimientos judiciales de todos los otros”. Este concepto proviene originalmente de
la Constitución Federal de 1824, cuando el Poder Constituyente originario tradujo la expresión
“public acts” del sistema norteamericano refiriéndose a estos como a todas aquellas “manifestaciones de voluntad que conciernen a toda la comunidad y tienen a producir efectos jurídicos”.
Posteriormente, con la promulgación de la Constitución de 1857, el Constituyente siguió la
este mismo hilo conductor de la fe pública, y destacó su relevancia al grado que en 1870 fue
presentado por los Estados de Hidalgo, Guanajuato y Aguascalientes, una propuesta de Ley
Reglamentaria a este artículo que establecía que los documentos expedidos por las autoridades
políticas, judiciales, municipales y militares, así como los registros y actos públicos de los
notarios y escribanos, serían comprobados por sus respectivos gobernadores y, en su ausencia,
por los presidentes de los tribunales superiores, además era necesario realizar una legalización,
por medio de un timbre cuya forma reglamentaría el Ejecutivo de la República. (Del Pilar y
Morales, 2015, p.22)
Derivado de lo anterior, es dable afirmar que la fe pública es una consecuencia directa de la
obligación del Estado de preservar el orden y la seguridad jurídica, tan es así que ha sido preocupación desde el Constituyente originario de 1824. Por lo que el sistema de fe pública está
envuelto en un contexto complejo de relaciones jurídicas que la mayor parte de los ciudadanos
no puede presenciar, pero los actos necesitan verdad, es decir, ser creídos para ser aceptados,
por lo que la función pública que lleva a cabo el notario debe ser transparente para abonar a la
certeza y seguridad jurídica para con las personas que, si bien no presencian los actos, estos
tengan confianza en la institución del notario mediante la propia apertura de la información que
es de orden público.
Este último punto es quizá el punto medular del debate, el hecho que el acto no haya sido
presenciado por la sociedad en general no significa que en automático convierta la información
en reservada o confidencial, toda vez que el Estado tiene la obligación de supervisar esa función
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pública, por lo que en el marco de su ámbito competencial, en el caso concreto el Estado de
Coahuila de Zaragoza, toda vez que no existe un marco referencial establecido a través de una
Ley General por el Congreso de la República, cuenta con la facultad en ejercicio de las facultades residuales con base en el artículo 124 y en respeto al principio de reserva de ley, que se
elaboró el paquete de reformas que ahora son objeto de debate.
En este contexto, que la sociedad coahuilense conozca como información pública de oficio el
nombre, domicilio, teléfono oficial y número de fiat notarial, sus servicios así como su costo del
cada notario que tiene a su cargo el ejercicio de la función pública en su Entidad, y la relación
de cursos o programas de actualización o capacitación que se realicen y los que se ofrezca al
personal (identificadas arriba como obligaciones 1, 2 y 4) es constitucionalmente legítimo, en
razón de la fe pública que le es encomendada por el Estado, toda vez que la misma guarda una
especial importancia debido a los valores y principios constitucionales de seguridad y certeza
jurídica que derivan del bien constitucional, que es la fe pública que autoriza el Estado a los
notarios, que si bien son particulares, el Estado autoriza como profesionales del derecho y son
los ciudadanos acuden a los mismos para solicitar un servicio de fe pública, donde su el derecho
fundamental patrimonial, la identidad, representación, entre otros, pudieran resultar visiblemente afectados en caso de un indebido actuar, por lo que la información previa que se pueda
disponer del catálogo en la Entidad de notarios sobre esta obligación específica es fundamental
para decidir con qué profesional acudir.
Respecto de la obligación concreta de: “divulgar la plantilla de personal y tipo de seguridad
social que se le ofrece”, es importante advertir que en este caso la finalidad que persigue la
fracción referida es constitucionalmente legítima, toda vez que la misma no colisiona con la
información considerada como confidencial, toda vez que no afecta a los particulares, entendidos estos como los trabajadores que laboran en la notaria respectiva, ya que, si bien los datos
personales son definidos como “cualquier información concerniente a una persona física identificada o identificable”, la obligación contenida en la norma reclamada no está en ninguno de los
supuestos prohibidos tanto por la Ley Federal de Protección de Datos Personales en Posesión
de Particulares, como en la propia legislación local, e incluso de la Ley Federal de Acceso a la
Información (vigente al momento).
En este contexto, y bajo el entendido que el dato de carácter personal es aquella información
numérica, alfabética, gráfica, fotográfica acústica o de cualquier otro tipo concerniente a personas físicas, el supuesto concreto aborda un tema de información alfabética, pero el supuesto
normativo prohibitivo nos e actualiza, toda vez que la persona identificada es aquella cuya
identidad está determinada, mientras que la persona identificable es aquella cuya identidad
pueda determinarse, ya sea directa o indirectamente mediante cualquier información referida a
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su identidad física, fisiológica, psíquica, económica, cultural o social.
Dicho lo anterior, la exhibición del tipo de “seguridad social” que se ofrece a la plantilla
de la Notaria no recae en ninguna prohibición sobre datos personales, toda vez que no se está
tampoco afectando la esfera íntima del titular, toda vez que su utilización o conocimiento de
parte de la sociedad no puede dar lugar en ningún momento a discriminación, o que conlleve un
grave riesgo para estos. En concreto, la obligación de informar no incluye en ningún momento
la revelación de aspectos tales como el origen racial o étnico, estado de salud presente y futuro,
información genética, creencias religiosas, filosóficas y morales, afiliación sindical, opiniones
políticas, o preferencias sexuales.
Sentado lo anterior, siguiendo el test de proporcionalidad en su primera fase, la publicación
de la plantilla del personal y el tipo de seguridad social que se les ofrece, encuentra asidero
constitucional en el ejercicio de la institución de la función notarial, así como la existencia
de un marco constitucional que protege y equilibra también el ejercicio legítimo de los datos
personales, ya que no resulta vulnerado tanto en su contenido esencial como en su periferia los
mismos.
Evaluación de la necesidad y proporcionalidad de la medida sobre el instrumento para difundir
la información
El carácter adicional de la información pública de oficio es la proactividad, es decir, que el sujeto obligado ponga a disposición de cualquier interesado en su página de internet la información.
En tal sentido, para analizar si el medio que exige la ley para cumplir con el derecho a la información es válido o constituye una carga desproporcional e irrazonable para los notarios en su
carácter de sujetos obligados indirectos, es necesario evaluar si existen medios alternativos para
cumplir con la ratio del cuerpo normativo aprobado por el legislador Coahuilense (subprincipio
de necesidad).
En la doctrina esta fase hermenéutica (Dworkin, 2009) del principio de proporcionalidad
(necesidad), implica que las medidas es decir, las medidas deben ser necesarias para asegurar
la obtención de los fines que fundamentan la restricción constitucional, es decir, no basta que
la restricción sea en términos amplios útil para la obtención de esos objetivos (efecto útil de las
acciones afirmativas), sino que debe ser la necesaria para su realización, lo que significa que
el fin buscado por el legislador no se pueda alcanzar razonablemente por otros medios menos
restrictivos.
Dicho esto la cuestión a dilucidar es: ¿representa una carga desproporcional o irrazonable
para el notario la difusión en su página de internet de la obligación señalada en la norma? En la
exposición de motivos de la Ley de Acceso a la Información la ratio que inspira dicho ordenaRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020 Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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miento jurídico es una ida vanguardista, que toma en serio el derecho a la información y la protección de datos personales, pero sobre todo se encuentra basada en los principios de Gobierno
Abierto, bajo el entendido que las personas gozan como derecho fundamental solicitar, difundir,
investigar y recabar información pública.
3.- METODOLOGÍA
Como se mencionó en la introducción, esta investigación es de carácter cualitativa y el enfoque
es documental. De acuerdo con Pino Milona (1992), este enfoque resulta útil para concluir,
basado en evidencias documentadas, una interpretación y síntesis del texto a analizar. En este
caso, se analiza la sentencia y los fundamentos legales que son objeto de análisis.
4.-CONCLUSIONES
La Ley de Acceso a la Información en el Estado es la primera en el país que aborda desde esta
visión moderna este eje rector de gobierno abierto. Sentada esta premisa es importante manifestar que la cantidad de información que se pudiera generar con motivo de las obligaciones prescritas por el legislador local hacia el notario como sujeto obligado indirecto encuentran perfecta
armonía con la disponibilidad de recursos tecnológicos con los que pueda contar el mismo, pero
sobre todo, la proporcionalidad de la medida se basa en que la información que se difunda sólo
será en proporcional a su carga de trabajo.
Afirmar que la información que se exige obligatoriamente por ley desbordaría su capacidad
es infundado, toda vez que solamente se exige proporcionalmente lo que hace, no más, es decir,
mientras más carga de trabajo exista, mayor cantidad de información pública generará, pero
esto encuentra justificación en razón del interés que guarda la propia información pública, ya
que es importante para la sociedad el conocerla, tal y como ha quedado apuntado previamente.
Por tanto, el mejor medio para dar difusión en la actualidad a la información pública es,
sin duda alguna internet, ya que a través de esta plataforma digital se pueden dar a conocer de
manera inmediata la información pública, lo cual resulta razonablemente comprensible toda
vez que las distancias en el Estado de Coahuila entre cada municipio son considerablemente
amplias, por lo que el tiempo que le llevaría a un particular por ejemplo, revisar si existen actos
jurídicos que derivan de protocolizaciones de todos los notarios públicos en la Entidad sería demasiado tardado y ello sí representaría una carga injustificada y desproporcional hacia el titular
del derecho a la información que es la sociedad en su conjunto. Con el propósito de armonizar
ambos principios es plausible exigir esa medida al notario de poner a disposición del público la
información pública en su página de internet, toda vez que es la mejor garantía hoy en día para
garantizar el acceso efectivo a la información pública.
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Pareciera que el tema del derecho a la información es un tópico agotado en cuanto a sus
planteamientos epistémicos y axiomáticos, no obstante, los elementos de ponderación y el análisis semiótico de la justicia constitucional constituyen nuevas voces científicas a las cuales
los investigadores deberán de dar causes procedimentales, a efectos de establecer mecanismos
idóneos al nuevo constitucionalismo crítico contemporáneo que garantice el actuar de las instituciones del Estado en aras –como lo sostuviera Zagrebelsky– de reconceptualizar de forma
dúctil el cánon constitucional.
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�225
Los derechos procesales en grupos vulnerables desde la normativa nacional e
internacional1
Procedural rights in vulnerable groups from national and international regulations
Yahaira Berenice, Martínez-Pérez2
https://orcid.org/0000-0002-4047-7298
Brenda Judith, Sauceda-Villeda3
https://orcid.org/0000-0003-3614-7875
María Salomé, Moreno-Rodríguez4
https://orcid.org/0000-0001-8106-1910
Universidad Autónoma de Nuevo León, México
https://doi.org/10.29105/pgc6.12-12
___________________________________________________________________________
RESUMEN

El presente trabajo es producto de una revisión documental que tuvo por objetivo analizar los derechos procesales
en los grupos vulnerables desde el marco nacional e internacional. El estudio enfoca un análisis de tipo reflexivo
y analítico jurídico. Se aplicó un método heurístico de categoría taxonómico en metodología cualitativa. Se ha
desarrollado en dos fases: la primera refiere el marco teórico-jurídico y la segunda busca señalar los derechos
procesales de los grupos vulnerables en los procesos judiciales. En el estudio reflexivo, se observó la existencia
de la vulnerabilidad primaria y secundaria. Se concluye la necesidad de generar un protocolo para la atención de
derechos procesales en los grupos vulnerables en protección de los derechos humanos.
Palabras clave: Derechos humanos, grupos vulnerables, vulnerabilidad
ABSTRACT
This work is the product of a documentary review that aimed to analyze procedural rights in vulnerable groups
from the national and international framework. The study focuses on a reflective and analytical legal analysis. A
taxonomic category heuristic method was applied in qualitative methodology. It has been developed in two phases:
the first refers to the theoretical-legal framework and the second seeks to point out the procedural rights of vulnerable groups in judicial processes. In the reflective study, the existence of primary and secondary vulnerability was
observed. The need to generate a protocol for the attention of procedural rights in vulnerable groups in protection
of human rights is concluded.
Keywords: Human rights, vulnerable groups, vulnerability.
Recibido: 04 de Diciembre 2019 - Aceptado: 07 de Abril 2020 - Corregido: 10 de Mayo 2020
Cómo referenciar este artículo:
Martínez-Pérez, Y., Sauceda-Villeda, B. &amp; Moreno-Rodríguez, M. (2020). Los derechos procesales en grupos
vulnerables desde la normativa nacional e internacional. Politica Globalidad y Ciudadanía, 225-245.
Recuperado de http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/article/view/155

1 Este artículo es derivado del proyecto de investigación “La ausencia de unicidad de criterios normativos y jurisprudenciales reguladores
del debido proceso del adulto mayor en el juicio administrativo a nivel federal”, cuenta con financiamiento de CONACYT y la Universidad
Autónoma de Nuevo León.
2 Doctora en Métodos Alternos y Solución de Conflictos por la Universidad Autónoma de Nuevo León, Profesor titular de la Facultad de
Derecho y Criminología de la Universidad Autónoma de Nuevo León. Email: yahaira.martinezpr@uanl.edu.mx
3 Doctora en Métodos Alternos y Solución de Conflictos por Universidad Autónoma de Nuevo León, Profesor titular de la Facultad de Derecho
y Criminología de la Universidad Autónoma de Nuevo León. Email:judith_sauceda@hotmail.com
4 Doctorante en Derecho Procesal de la Universidad Autónoma de Nuevo León, Profesor catedra de la Facultad de Derecho y Criminología de
la Universidad Autónoma de Nuevo León. Email: salome.morenordz@uanl.edu.mx
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�Los derechos procesales en grupos vulnerables...

226
1.- INTRODUCCIÓN
En el presente artículo se presenta un análisis de los derechos procesales en grupos vulnerables
en la normativa nacional e internacional. En virtud del cual se realiza una metodología cualitativa
a través de la heurística. En este sentido, se observa la necesidad de describir los derechos
procesales y los grupos vulnerables en el esquema de garantía constitucional y universal. Por
consiguiente, los primeros antecedentes del Derecho se remiten a la época de los romanos, se
determina el jus como el conjunto de normas establecida por el Estado imperativas para los
ciudadanos.
El derecho procesal es la ciencia del derecho que integra diversos estudios en el sistema
jurídico, en los tribunales de justicia y en las normas de procedimiento para efectos de garantizar
los derechos de las personas ante los órganos jurisdiccionales (Colombo Campbell, 2002). En
este orden de ideas, el derecho procesal se entiende como la disciplina que estudia de manera
sistemática la organización jurisdiccional del Estado y la impartición de justicia.
Así mismo, se plantea una preocupación en los derechos procesales de aquellos grupos que
por alguna circunstancia son etiquetados por la comunidad como débiles, poniéndolos en un
nivel de desventaja en un estado de inferioridad y exclusión social, es decir, vulnerables a la
segregación lato sensu (Peláez Grisales, 2015).
Ahora bien, en miras de fortalecer la dignidad de las personas, en el año 2011 la Constitución
Política de los Estados Unidos Mexicanos en adelante CPENM, estableció una reforma al
artículo 1º. en materia de los Derechos Humanos (H. Congreso de la Unión), lo cual ha generado
altas expectativas en los procesos judiciales en garantía a los derechos humanos. En el marco
internacional la Declaración Universal de los Derechos Humanos, la Convención Americana
sobre Derechos Humanos en Materia de Derechos Económicos, Sociales y Culturales “Protocolo
de San Salvador” y el Pacto Internacional de Derechos Civiles y Políticos, son reconocidos como
los principales instrumentos de carácter universal donde se sustentan los derechos esenciales
de las personas.
Si bien las normas jurídicas aplicables de contexto nacional y universal establecen garantías
sobre los derechos de los grupos vulnerables, cabe advertir que datos estadísticos expedidos por
la Comisión Nacional de los Derechos Humanos (2018), determinan la existencia de continuas
violaciones a los derechos humanos afectando en su mayoría a las poblaciones vulnerables en
cuanto se carece de un mecanismo incorporado en la norma jurídica de atención a los derechos
procesales de los grupos vulnerables. En este sentido, cabe reflexionar ¿Cuáles son los derechos
procesales en los grupos vulnerables desde la normativa nacional e Internacional?
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Por lo anteriormente descrito, hemos considerado la importancia de identificar los derechos
procesales de los vulnerables, para efectos de garantizar el respeto a los derechos humanos.
Ahora bien, es necesario distinguir quienes son los grupos vulnerables, dado el contexto de
discriminación lato sensu que acoge a esta población en los procedimientos judiciales. También
es importante señalar el marco jurídico nacional e internacional, en este corpus iuris se sustentan
los derechos fundamentales que garantizan el principio de igualdad y con ello el acceso a la
justicia.
En este artículo, se pretende analizar los derechos procesales en los grupos vulnerables
desde el contexto legal, se busca conocer la clasificación jurídica y doctrinal que enmarca a
la población vulnerable, y así mismo, establecer el esquema normativo de orden nacional e
internacional.
Empero, se ha observado que el estudio de análisis normativo sería más enriquecedor con la
recolección de datos a través de trabajo de campo con operadores de justicia de relación directa
en la población vulnerables, a través del cual se busca promover mecanismos más eficaces en
la exigencia de los derechos fundamentales.
2.- FUNDAMENTO TEÓRICO
Contexto legal de los grupos vulnerables.
En el desarrollo de este tema, primero se debe entender el concepto de vulnerabilidad. De
primera instancia partiremos del concepto vulnerable, deriva del latín vulnerabilis denota la
palabra vulnus que significa herida y abilis que expresa posibilidad, es decir, el adjetivo de
situación de riesgo, daño o peligro, sensible e indefenso (Ruiz Rivera, 2011). Cabe referir la
vulnerabilidad humana y la vulnerabilidad típica, en ésta última se clasifican la vulnerabilidad
social, vulnerabilidad económica, vulnerabilidad atípica o jurídica (Uribe Arzate &amp; González
Chávez, 2007).
En primera instancia cabe establecer que la vulnerabilidad se da en el contexto o circunstancia
de mayor indefensión de una situación que presenta una persona, un grupo o una comunidad
ya sea por factores sociales, culturales, económicos y físicos (Pérez Contreras, 2005). Algunos
autores (Beltráo, y otros, 2014) (Uribe Arzate &amp; González Chávez, 2007) refieren a los grupos
vulnerables a los migrantes, las comunidades en situación de pobreza, comunidades indígenas y
comunidades lésbico, gay, bisexual, transexual, transgénico, travesti o intersexual (LGBTTT).
De manera general la vulnerabilidad se encuentra vinculada a la discriminación y la desigualdad.
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Bajo este concepto las personas vulnerables se caracterizan por ser incapaces y frágiles, de
ahí se considera a los niños, niñas y adolescentes, las mujeres, personas adultas y comunidades
indígenas o pueblos indígenas, éstos últimos denominados por el Instituto Interamericano
de Derechos Humanos (2018), quienes tienen una cosmovisión nativa propia conforme a
sus culturas ancestrales, describe que tienen la protección del derecho como “grupos sujeto
de derecho colectivo”. Ahora bien, es necesario considerar que atendiendo los momentos o
circunstancias de un determinado evento cualquier persona puede constituirse como vulnerable.
Siguiendo este orden de ideas, la vulnerabilidad se entiende en la situación social que
resulta de un evento característico en una persona o grupo (Ruiz Rivera, 2011). De tal manera
los enfoques teóricos metodológicos reconocen la presencia de dos elementos esenciales: el
primero refiere la intensidad de peligro y el segundo la relación con la situación en la cual se
encuentra (Cutter, 1996). Por tal motivo es necesario determinar quienes integran los grupos en
situación de vulnerabilidad ya que la doctrina discrepa en las connotaciones establecidas en los
contextos legales.
Bajo este concepto, algunos autores reconocen la vulnerabilidad primaria establecida para
alguna limitación física en la condición humana y la vulnerabilidad secundaria referente a la
situación de riesgo que deriva de la condición social y económica (Uribe Arzate &amp; González
Chávez, 2007).
En el marco legal, la reforma del 2011 al artículo 1º. Constitucional ha sido un parteaguas
en la vida jurídica, cuya finalidad lata sensu es combatir la violencia, la discriminación y desigualdad en la población mexicana fortaleciendo el compromiso en la evolución social y los
derechos humanos. El mencionado artículo sustenta en el párrafo quinto lo siguiente:
Queda prohibida toda discriminación motivada por origen étnico o nacional, el género,
la edad, las discapacidades, la condición social, las condiciones de salud, la religión, las
opiniones, las preferencias sexuales, el estado civil o cualquier otra que atente contra la
dignidad humana y tenga por objeto anular o menoscabar los derechos y libertades de las
personas.
La Carta Magna es muy amplia en este precepto, interpretar la Ley es de manera sui géneris (García Máynez, 2009), en cuanto debemos interpretar toda expresión que establezca un
sentido, tales como la expresión, la significación, la conceptualización así como el objeto que
persigue. En el referido precepto entendemos como grupos vulnerables a todos aquellos que por
sus condiciones religiosas, económicas, sociales y culturales son vulnerados en sus derechos
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humanos.
Por lo tanto, el común denominador en los sujetos en situación de vulnerabilidad es la
“desigualdad” de hecho y de derecho que trastoca el acceso a la justicia en nuestra sociedad,
porque no se establece la procedencia en la aplicación desde la Constitución garante de la
igualdad a los grupos vulnerables.
En este contexto, cabe realizar un estudio profundizado a la integración de los Derechos
Humanos de jure para robustecer la temática de estudio es necesario plantear los derechos
fundamentales como garantías procesales (Ghys, 2019), materiales o sustantivas, en miras de
garantizar la seguridad procesal de los vulnerables.
Contexto Internacional
Podemos mencionar que los principales Tratados Internacionales en materia de derechos humanos
son la Declaración Universal de los Derechos Humanos (1948), la Convención Americana sobre
Derechos Humanos en Materia de Derechos Económicos, Sociales y Culturales (Naciones
Unidas, 1998) y el Pacto Internacional de Derechos Civiles y Políticos.
Dentro del estatuto que establecen las Naciones Unidas en el tema de estudio del presente
trabajo cabe mencionar los siguientes: Declaración Universal de los Derechos Humanos (1948),
Pacto Internacional de los Derechos Civiles y Políticos (1966), Convención sobre la eliminación
de todas las formas de Discriminación contra la mujer (1979), Convención sobre los Derechos
del Niño (1989), Declaración sobre los Derechos de las personas pertenecientes a minorías
nacionales o étnicas, religiosas y lingüísticas (1992), Declaración sobre la eliminación de la
violencia contra la mujer (1993), Convención Belem Do Pará (1995), Protocolo Adicional a la
Convención Americana sobre Derechos Humanos en Materia de Derechos Económicos, Sociales
y Culturales “Protocolo de San Salvador” (1998), Declaración de las Naciones Unidas sobre los
Pueblos indígenas (2006), Convención sobre los derechos de las personas con Discapacidad
(2008), Convención Interamericana para la protección de los Derechos Humanos de las personas
mayores (2015).
En consonancia, el artículo 3 del Protocolo adicional a la Convención Americana sobre
Derechos Humanos en materia de derechos Económicos, Sociales y Culturales “Protocolo de
San Salvador” se sustenta la obligación que tiene el Estado de salvaguardar la no discriminación
y garantizar el ejercicio de derechos de las personas. Siguiendo este orden de ideas, el Pacto
Internacional de Derechos Civiles y Políticos (1966) reconoce a los derechos como iguales e
inalienables, e inherentes a toda la familia humana (Naciones Unidas, s.f.).
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Ahora bien, la Convención sobre la eliminación de todas las formas de Discriminación contra
la mujer establecida en 1979, así como la Declaración sobre la eliminación de la violencia
contra la mujer (Naciones Unidas, 1993), se reconoce como único instrumento internacional
vinculante y reafirma el principio a la no discriminación, de tal manera que advierte que la
comisión de discriminación de cualquier acto contra la mujer pone en evidencia la violación de
los principios de igualdad y respeto a los derechos y de respeto a la dignidad humana (MirandaMedina, y otros, 2019).
Sin dejar de mencionar que en el año de 1995 el Organismo Internacional (Naciones Unidas),
estableció la Convención Belem do Pará con el objetivo de erradicar la violencia de género,
empero, para el Estado Mexicano ha representado un gran desafío ante este fenómeno cultural
y persistente. Según datos del Instituto Nacional de Geografía se señala que el 6.1 % de las
mujeres mayores de 15 años han sufrido algún tipo de agresión (INEGI, 2016) (INEGI, EneroAbril 2017). Así mismo, de jure los informes de los Estados ponen en evidencia la inexistencia
de la igualdad.
En las últimas décadas se ha pronunciado la falta de mecanismos y de prevención, así como
la carencia en la planeación de programas e infraestructura en los tres ámbitos de gobierno
local, estatal y federal (Martínez Pérez &amp; Sauceda Villeda, 2018) (Miranda-Medina, 2019).
Siguiendo en este orden de ideas, la Declaración sobre los Derechos de las personas
pertenecientes a minorías nacionales o étnicas, religiosas y lingüísticas reconoce como derechos
fundamentales la dignidad y la igualdad de derechos entre hombres y mujeres (Naciones Unidas,
1992).
De manera colateral la Declaración de las Naciones Unidas sobre los Pueblos indígenas
reafirma los Derechos humanos reconocidos en el Derecho Internacional hacia los pueblos
indígenas; el artículo 7.1 recalca lo siguiente: “Las personas indígenas tienen derecho a la
vida, la integridad física y mental, la libertad y la seguridad de la persona” (Naciones Unidas,
2007).
Por su parte, la Convención sobre los Derechos del Niño ratificada por el Estado Mexicano
(Naciones Unidas, 1989), es reconocida universalmente como el primer tratado Internacional
de obligatoriedad que reconoce los derechos humanos de todos los niños, niñas y adolescentes,
conceptualizando la descripción de niño refiriendo que es todo menor de 18 años. La
consideración primordial se contempla en el artículo tercero al manifestar el interés superior de
la niñez, de tal forma, permite afirmar una supraprotección dejando al Estado la obligación de
garantizar el respeto a los derechos igualitarios en un marco de seguridad jurídica.
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Para Miguel Cillero en el estudio del interés superior del menor se deben considerar diversos
aspectos antes de tomar cualquier decisión respecto a ellos en una función garantista se deben
adoptar aquellas que protejan sus derechos, entre las cuales el referido autor menciona la
colaboración en la interpretación de la norma jurídica y la importancia de la creación de políticas
públicas que incentiven los derechos de los niños (Cillero Bruñol, 1998).
Por su parte, la Convención sobre los derechos de las personas con Discapacidad establecida
por las Naciones Unidas en el 2008, deja de manifiesto la obligación que adquiere el Estado de
velar y proteger los derechos humanos de las personas con discapacidad en ella se establecen
diversos aspectos iuris et de iure, entre los cuales se encuentran la no discriminación, la
igualdad de oportunidades, la accesibilidad, la igualdad entre hombres y mujeres, la inclusión
a la sociedad y el respeto (Naciones Unidas, 2008). Algunos autores (Lechuga Cardozo, 2018),
suman la seguridad pública y atención médica.
En este contexto, en promoción de los Derechos fundamentales de las personas mayores
las Naciones Unidas establece para los Estados partes la Convención Interamericana para la
protección de los Derechos Humanos de las personas mayores (1978) (2015), donde se observan
diversos aspectos a seguir con este grupo vulnerable como la igualdad, no discriminación, la
autorrealización, seguridad física económica y social con la finalidad de erradicar cualquier acto
de discriminación así como contribuir en la total inclusión, participación e integración en las
comunidades. Cabe advertir que el Estado Mexicano no ha ratificado dicho documento, dejando
en evidencia su preocupación el pasado mes de junio del 2018 en el marco de actividades del
Día Mundial de Toma de Conciencia de Abuso y Maltrato en la Vejez.
Esta Convención establece diversos conceptos entre los cuales destacan el abandono,
discriminación múltiple, discriminación por edad en la vejez, maltrato, negligencia y persona
mayor, contempla también el derecho a una vida libre de violencia. De tal forma denota la
necesidad de enmarcarlos en normas adjetivas que integran los grupos sociales para contribuir
en la certeza jurídica.
Empero, el Estado Mexicano ha contribuido en la creación de normas jurídicas de jurisdicción
local (H. Congreso de la Unión , 2002), se evidencia la necesidad de instrumentalizar una Ley
adjetiva de ejercicio garante a los derechos fundamentales de las personas débiles y grupos
vulnerables en contribución de los deberes substantivum lege.

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Marco jurídico Nacional.
A partir de la reforma Constitucional del 10 de junio del 2011 se observa un nuevo paradigma
de justicia al sustentar los derechos humanos en la Norma Suprema de la Nación y con ello la
creación de nuevas leyes de ámbito local y Nacional que protegen los derechos fundamentales
de los vulnerables. Bajo este contexto, cabe mencionar la Ley de los derechos de las personas
adultas mayores (2002), Ley de Seguridad Nacional (2005), Ley General de acceso de las
mujeres a una vida libre de violencia (2007), Ley General para la inclusión de las personas con
discapacidad (2011), Ley General de los Derechos de Niños, Niñas y Adolescentes (2014), el
Estatuto Orgánico del Instituto Nacional de las Personas Adultas Mayores (2014), Ley General
de Víctimas (2017), Ley del Instituto Nacional de los Pueblos Indígenas (2018), entre algunas
por mencionar.
Con el objeto de velar por la protección de los derechos humanos y el respeto a las garantías
individuales, se expide la Ley de Seguridad Nacional (H. Congreso de la Unión, 2005). Y
en atención a los Protocolos Internacionales establecidos por la Organización de la Naciones
Unidas donde el Estado Mexicano forma parte, objetos de estudio en el apartado anterior, se
expiden la Ley General de acceso de las mujeres a una vida libre de violencia (H. Congreso de
la Unión, 2007), donde se establecen los principios y modalidades para garantizar el desarrollo
a una vida libre de violencia.
Ahora bien, en protección de los menores de 18 años la Ley General de los Derechos de Niños, Niñas y Adolescentes (H. Congreso de la Unión, 2014), contempla los principios del interés superior del menor, universalidad, interdependencia, indivisibilidad y progresividad, igualdad sustantiva, principio pro persona, autonomía progresiva, la no discriminación, la inclusión,
además de garantizar la protección y respeto a los derechos humanos. La normativa jurídica en
el artículo 4 describe la discriminación múltiple en los menores de la siguiente manera:
Discriminación Múltiple: La situación de vulnerabilidad específica en la que se encuentran
niñas, niños y adolescentes que, al ser discriminados por tener simultáneamente diversas
condiciones, ven anulados o menoscabados sus derechos…
Ahora bien, la discriminación múltiple también es conocida como discriminación interseccional (Martínez Fernando, 2008), de tal forma se entiende como aquella que sufre una persona
con varios motivos discriminatorios. Sin embargo, algunos autores (Schieck &amp; Lawson, 2011),
establecen diferencia entre los conceptos “discriminación múltiple”, “doble discriminación”,
“triple discriminación”, “discriminación compuesta”, “discriminación interseccional”. Cabe
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mencionar que la Asamblea General de las Naciones Unidas a través de la Convención de los
Derechos de las personas con discapacidad, establece que las mujeres y niñas con discapacidad
son más vulnerables al estar sujetas a “múltiples formas de discriminación”.
Cabe advertir que, en el Estado Mexicano, no se encuentra contemplada de manera expresa
por la Carta Magna la discriminación múltiple, sin embargo, se interpreta dentro artículo 1º.
Constitucional. En este sentido, es necesario realizar un análisis profundo de cada uno de los
conceptos y contribuir en el fortalecimiento de la creación de nuevas normas jurídicas.
Ahora bien, La Comisión Nacional de Derechos Humanos (CNDH) contempla como grupos
vulnerables a las mujeres, niñas, niños y adolescentes, personas en situación de pobreza, personas
con discapacidad comunidades indígenas y comunidades lésbico, gay, bisexual, transexual,
transgénero, travesti o intersexual (LGBTTT) (Lara Espinosa, 2015). Ante este contexto, la
Ley General de Víctimas numeral 5 párrafo décimo reconoce la necesidad de dar una atención
especializada a los grupos vulnerables y lo establece de la siguiente manera (H. Congreso de la
Unión, 2017):
Enfoque diferencial y especializado. - Esta Ley reconoce la existencia de grupos de población con características particulares o con mayor situación de vulnerabilidad en razón de
su edad, género, preferencia u orientación sexual, etnia, condición de discapacidad y otros,
en consecuencia, se reconoce que ciertos daños requieren de una atención especializada que
responda a las particularidades y grado de vulnerabilidad de las víctimas.
De las reflexiones descritas en este apartado podemos entender que la situación vulnerable
tiene relación con la situación de desventaja, y que incluso podemos encontrar una doble
vulnerabilidad cuando en un grupo colectivo integra a su vez a una persona en situación de
desventaja. Nuevamente se evidencia la necesidad de establecer un instrumento jurídico de
carácter descriptivo y coadyuvar en el corpus iuris de los vulnerables, en función de atender a
los grupos débiles y proteger sus derechos humanos.
Los derechos procesales en los grupos vulnerables.
Los Derechos fundamentales se encuentran fundamentados en los Tratados Internacionales, así como en la Constitución Mexicana, donde se determina la protección de igualdad en
distintos sectores minoritarios de las comunidades, para tal efecto el principio de igualdad
se entiende en dos vertientes, la primera incurre a la igualdad procesal de jure y la siguiente
refiere a la no discriminación.
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Ahora bien, la terminología observa grandes desafíos ya que, aunque se considera la
existencia de suficientes mecanismos jurídicos de especial protección para los grupos débiles y
vulnerables imperan actos de discriminación en la vida diaria (Comisión Nacional de Derechos
Humanos, 2018). Se deja en evidencia que no se encuentran protegidas en sus derechos. Dentro
de este contexto, se debe establecer el concepto de Derechos Humanos. Al respecto, el Instituto
Interamericano de los Derechos Humanos (IIDH), establece la siguiente concepción:
Exigencias elementales que puede plantear cualquier ser humano por el hecho de serlo y
que tienen que ser satisfechas porque se refieren a unas necesidades básicas, cuya satisfacción es indispensable para que puedan desarrollarse como seres humanos. Son unos
derechos tan básicos que sin ellos resulta difícil llevar una vida digna. Son universales,
prioritarios e innegociables.
Los derechos humanos protegen circunstancias, sentidos, momentos que se consideran
fundamentales para las personas. Para algunos autores, las principales características es que
los derechos fundamentales son absolutos, universales e inalienables (Álvarez Gálvez, 2014).
Es importante remarcar que los derechos humanos de observancia en los procesos jurídicos
que atiende grupos vulnerables requieren una vía procesal tuitiva urgente. Así los reconoce el
Instituto Interamericano de Derechos Humanos: “A los Estados les corresponde garantizar
todos los derechos de sus habitantes por medio de un sistema de garantías judiciales conocido
como justicia constitucional”. Siguiendo este orden de ideas, el Estado Mexicano establece el
control de Convencionalidad y el control de Constitucionalidad en función de salvaguardar el
régimen jurídico que acontece los derechos fundamentales de los grupos débiles y personas en
vulnerabilidad.
Ahora bien, la Declaración Universal de los Derechos Humanos señala que los derechos
humanos son universales, inalienables, irrenunciables, intransferibles, imprescriptibles, e
indivisibles. Así mismo, el multicitado artículo 1º. de la Constitución asume la obligación
de respetar los derechos a través de los principios de Universalidad, Interdependencia,
Indivisibilidad y Progresividad que a continuación se describen.
Principio de Universalidad.
Este principio sustenta la aplicación de los derechos humanos urbi et orbi a todas las personas
por igual sin ninguna distinción ni discriminación, así lo establece el párrafo quinto del artículo 1º. Constitucional:
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Queda prohibida toda discriminación motivada por origen étnico o nacional, el género,
la edad, las discapacidades, la condición social, las condiciones de salud, la religión, las
opiniones, las preferencias sexuales, el estado civil o cualquier otra que atente contra la
dignidad humana y tenga por objeto anular o menoscabar los derechos y libertades de
las personas.
Se traduce a que todas las personas sin importar su edad, raza, preferencia sexual o nacionalidad
son titulares de los derechos fundamentales, no obstante, la experiencia empírica establece que
para lograr la igualdad deben considerarse las situaciones que atañen a las personas. Desde este
punto de vista, González Amuchastegui (2004), considera dos vertientes, integra la primera
como paradigma moral de validez universal y la segunda reconoce la condición de sujeto
universal.
Principio de Interdependencia e Indivisibilidad.
El principio de interdependencia también es conocido como indivisibilidad, es decir que el goce
de un derecho vincula a los demás derechos fundamentales, civiles, económicos, sociales y
culturales, sin jerarquía entre ellos. De tal manera, ninguno de los derechos es más importantes
que otros, tampoco debe considerarse como elementos aislados, contrario sensu deben
considerase como un conjunto parte esencial de un todo (Comisión Nacional de Derechos
Humanos, 2018).
Siguiendo este orden de ideas, el principio de indivisibilidad manifiesta que ningún derecho
puede prescindirse de ningún otro derecho, esto es, no pueden ser jerarquizados o divididos,
así en las poblaciones vulnerables se consolidan el respeto a las garantías, la protección de los
derechos fundamentales y la exigibilidad de ellos al Estado para su aplicación.
Principio de Progresividad.
El principio de progresividad solicita que la actuación del Estado proceda en el cumplimiento
de los derechos de una manera expedita y eficaz, con la finalidad de satisfacer los derechos
económicos, sociales, culturales, civiles y políticos. Deben cumplirse de manera gradual, con
las herramientas posibles, necesarias y oportunas, de manera constante y continua en miras de
evitar obstaculizar el proceso de las personas vulnerables.
Cabe mencionar que es responsabilidad de toda la ciudadanía contribuir en el desarrollo de un
proceso judicial en protección a los derechos humanos.
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Teorías constitucionales de los derechos fundamentales.
El autor García Máynez, refiere el Derecho como el conjunto de normas jurídicas coercitivas de
carácter atributivo que en determinado país o época se declaran obligatorios (García Máynez,
2009). Recalcamos el ius poenale y ius piniendi característico en el Derecho positivo.
Por su parte, el Derecho Constitucional “se refiere a la Constitución su valor y eficacia”;
entonces, el Constituyente se encarga de estructurar la mejor ingeniería que se puede establecer
para su organización procesal y generar por parte del Estado las normas especiales. Por ello
compete al Constituyente establecer en forma correcta las beses generales para que no ocurra
el desorden, confusión, caos o desgobierno, en la parte que corresponda a crear un aparto de
justica completo (Prieto Sanchís, 2018).
Por lo que efectivamente, la inclusión de un Derecho Constitucional significa no sólo la
creación normativa realizada por la Ley o Norma Superior creada por el legislador, sino que es
necesario que tome como base valores morales.
Así, el Derecho procesal nace de las exigencias sociales, entendido éste como un conjunto
de reglas que establecen los requisitos y los efectos de aquél, y esa regulación se da por el lado
de la forma, o derecho formal, siendo tales normas sub especie de la norma jurídica, constando
así tal derecho de normas y mandatos concretos, autónomos o complementarios, el cual debiera
llamarse derecho instrumental (Carnelutti, 2007), determina que a juicio del legislador serán
imperativas.
De tal manera, las exigencias sociales y mundiales establecen nuevas formas de resolver los
conflictos sociales, donde específicamente en temas de sujetos débiles y vulnerables se somete
al escrutinio del impulso social por grupos que exigen igualdad ante la ley para obtener esa
justicia en libertad de obstáculos procesales, porque no sólo se trata de un derecho general,
sino de un derecho “instrumental” en el que se establezcan mecanismos que coadyuven en las
circunstancias específicas de los sujetos procesales.
En México el debido proceso y los derechos humanos como se ha reconocido internacionalmente se fusionan a través de las garantías individuales, de esta manera, la igualdad, la libertad, la audiencia, la defensa, el juicio justo, y la protección de los derechos se elevan al rango
derechos fundamentales. Refiere el carácter universal la protección a tales derechos, con una
aplicación vinculante internacionalmente a que se adopte la protección más amplia en pro de
las personas bajo el criterio pro homine que se establece en el referido artículo 1º. de la Constitución de los Estados Unidos Mexicanos.
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A fin de completar un marco idóneo de derecho de los sujetos débiles y vulnerables en el
ámbito procesal en el Estado Mexicano, se considera necesario el conocimiento y aplicación en
la ingería estructural de las normas procesales, nos referimos a la Teoría Iusnaturalista, la Teoría
del Bloque Constitucional o de derecho humanos del autor Héctor Fix Zamudio, del derecho
natural y su moral que no se puede desligar en su teoría Iusnaturalista o de Derechos Humanos
del autor Norberto Bobbio, la Teoría del Garantismo de Luigi Ferrajoli, involucrada con la
Tutela Judicial. Con ello se busca hacer efectivo los derechos procesales ante la desigualdad en
el valor que la población vulnerable exige.
La teoría Iusnaturalista.
En primer orden cabe mencionar que “la teoría iusnaturalista” del autor Norberto Bobbio,
afirma literalmente “la superioridad del derecho natural sobre el derecho positivo”, (Bobbio,
2015), siendo sostenida ésta superioridad que distinguen tres formas típicas de iusnaturalismo; el
escolástico, el racionalista moderno y el Hobbesiano; siendo de aplicación desde la interpretación
para el legislador, desde el derecho natural que dictamina respecto del racionalismo moderno
como dictamina rectae razón.
La teoría de Hobbes o criterio Hobbesiano que aduce el derecho natural queda reducido a
una única norma, por ende el derecho natural es el fundamento o sostén de todo el orden jurídico
positivo; que se refiere a que entonces el derecho natural debe obedecer a principios éticos, que
debe tomar el legislador como “sujeto humano”, el cual debe emitir sus reglas procesales que
se positiven como derecho; éste último según la conocida exposición de Santo Tomás, procede
de lo que es natural por conclusionem o determinationem” (Bobbio, 2015).
En este contexto, retomamos la teoría de Bobbio en presente artículo dado que es de interés
al presente estudio, ya que se pondera el derecho natural, razón previa al establecimiento de
normas y tutela de cierta forma los derechos y valores naturales, acertando de una manera clara
ante el derecho igualitario y humano, aunque parezca que supera la norma positiva, dando así
un juicio real de valor acorde a las condiciones humanas de las personas.
Por ello, la Teoría iusnaturalista robustece el tema de estudio al considerar procesos
humanitarios y otorgar juicios valorativos en la escala de valores hacia la población vulnerable
(Vigo, 2016).

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La teoría del Bloque Constitucional.
La teoría del Bloque Constitucional referida por los autores Héctor Fix Zamudio y Salvador
Valencia Carmona, en su libro “Las Reformas en Derechos Humanos, Procesos Colectivos y
Amparo como nuevo paradigma constitucional” conocida así en el Derecho Supra Nacional,
como “cláusula de interpretación de los derechos humanos”, se asume una teoría ad hoc a los
derecho humanos, en virtud de garantizar los derechos procesales de los grupos vulnerables
en virtud de que los criterios de interpretación son a la luz del Derecho comparado o supra
nacionales (Fix-Zamudio &amp; Valencia Carmona, 2013).
Siguiendo este orden de ideas, el Bloque de Constitucionalidad detalla la aplicación
obligatoria de aplicar las normas, principios o reglas, Tratados de Derechos Humanos, y otros
Tratados Internacionales, los cuales no se encuentran consagrados en la Constitución Política,
mismos que deben que ser tomados en consideración al aplicarse en algún proceso o la tutela
judicial o jurisdiccional, con el objetivo de que sea efectiva.
De tal manera, se busca fortalecer el pleno ejercicio de los derechos de los adultos mayores,
niños, niñas y adolescentes, mujeres y pueblos indígenas desde otros distintos ámbitos sociales,
mediante programas políticos y sociales que fomenten su desarrollo pleno, la igualdad, la no
discriminación, la independencia, así como la independencia.
El reconocimiento de la existencia de un bloque de constitucionalidad implica identificar
todas las normas integrando principios, reglas y valores que materialmente son constitucionales.
La teoría Garantista.
La Teoría del Garantismo del autor Luigi Ferrajoli, en su libro Principia Iuris, Teoría del Derecho, en cuyas páginas aborda el tema del “garantismo” sustenta la protección que realizan
las normas secundarias a la luz de la protección de los derechos humanos. Refiere la garantía
primaria señalando la obligación de prestación y obligación del derecho a la acción abstracta
en el derecho de petición y la obligación en su caso de prohibición de algún acto, para referirse también a la garantía secundaria como la anulación o condena dispuestas en la garantía de
anulabilidad (Ferrajoli, 2011).
Ahora bien, se consideran garantías primarias aquellos mecanismos de salvaguarda que establece el Estado a través de los órganos competentes en protección de la vida, la libertad y los derechos. Se reconoce como garantías secundarias aquellas que protegen los derechos (Ferrajoli,
2011), es decir, la exigencia de parte del Estado a constituir garantías en protección los intereses
y necesidades de los sujetos débiles. Bajo este contexto, cabe referir la obligación del Estado en
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la creación de normas instrumentales que tutelen los derechos fundamentales mediante el establecimiento jurídico de las garantías primarias y secundarias a favor de los grupos vulnerables.
La teoría de tutela judicial efectiva.
El derecho a la tutela judicial efectiva comprende el derecho que tienen las partes de participar
en el proceso a través de los órganos jurisdiccionales (Marinoni, 2007) (Salinas Garza , 2016),
de ahí la obligación del Estado en materialización efectiva de los derechos fundamentales.
De tal forma, es importante que se tutelen efectivamente los derechos, ante la herramienta de
los medios de defensa, del debido proceso y de la sentencia razonada, ello es que las partes
débiles o vulnerables puedan defender en forma igualitarias sus derechos, dando con ello inclusión de un modelo procesal publicista otorgando a los juzgadores un papel más activo, y el juez
asuma la tutela ante el proceso adjetivo (Salinas Garza , 2016).
Dicha Teoría compagina con la mencionada teoría del garantismo de Ferrajoli, donde el Estado
debe tutelar los derechos e intereses sociales y asumir en el Derecho procesal la necesidad de
incluir en la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos a los Grupos Débiles y
Vulnerables y posteriormente asentarlos en las leyes instrumentales.
3.- MÉTODO
Diseño
El proyecto de estudio se desarrolló con un enfoque cualitativo (Hernández Sampieri, Fernández Collado, &amp; Baptista Lucio, 2014), de análisis de discurso a través de la heurística (Cárcamo Vásquez, 2005), en la que se interpretan las tres categorías: a) derechos procesales, b) los
grupos vulnerables y, c) las normativas nacionales e Internacionales, a través de la reflexión a
la Declaración Universal de los Derechos Humanos, la Convención Americana sobre Derechos
Humanos en Materia de Derechos Económicos, Sociales y Culturales y el Pacto Internacional
de Derechos Civiles y Políticos.
Instrumentos
En la elaboración del sustento teórico y legal que integra los derechos procesales, los grupos
vulnerables y las normativas nacionales e internacionales, se consultaron diversos textos bibliográficos, se incluyen los tratados Internacionales que fundamentan los derechos esenciales
de los sujetos vulnerables. También se analizaron Leyes y Protocolos de índole nacional y
universal, así como el Seminario Judicial de la Federación del estado mexicano. Se utiliza un
análisis crítico valorativo de carácter argumentativo, cuya finalidad es indagar la norma jurídica
(Álvarez Undurraga, 2014),
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Procedimiento
En la determinación del problema de investigación parte desde un análisis de tipo reflexivo y
analítico jurídico. Se sustenta a través de la creación de un marco teórico y legal conformado
por Tratados Internacionales vinculantes al Estado Mexicano. Bajo este contexto, se realiza una
análisis de discurso en el estudio de textos legales en cuanto existen discrepancias en el significado de las normas jurídicas nos encontramos en la tarea de descubrir la intención del legislador
(García Máynez, 2009), característica esencial de los secuaces de la exégesis. Posteriormente se
analizan los resultados y las conclusiones.
4.- RESULTADOS
De primer contexto, respecto a los derechos procesales se encontró que la función jurisdiccional se encuentra regulada en la Constitución, sin embargo, se entiende dentro de un esquema
subjetivo, ya que impone la necesidad de acudir ante el órgano jurisdiccional para la exigencia
de los derechos. Atendiendo el marco jurídico internacional, la Declaración Universal de los
Derechos Humanos establece el respeto a los derechos fundamentales a través de los principios
de Universalidad, Interdependencia, Indivisibilidad y Progresividad, en este sentido, los derechos humanos se utilizan para dirimir cualquier tema que involucra la protección a la dignidad
humana, esto es a los grupos débiles y personas vulnerables.
En cuanto a los grupos vulnerables encontramos que la norma nacional carece de una
definición clara y precisa de esta población, ya que el artículo 1º. Constitucional únicamente
refiere el concepto de “igualdad” vinculándose al término de “discriminación”; delimitando
a “origen étnico o nacional, el género, la edad, las discapacidades, la condición social, las
condiciones de salud, la religión, las opiniones, las preferencias sexuales y el estado civil”.
Así mismo, el Pacto Internacional de Derechos Civiles y Políticos asume una diversidad de
derechos individuales entre ellos refiere el derecho de igualdad entre hombre y mujeres y el derecho de igualdad ante la Ley. Sin embargo, partiendo de las cualidades especiales de los sujetos
que participan en los procesos judiciales se debe igualar al corpus iuris por sus condiciones
específicas, estableciendo en contexto de sujetos procesales con igualdad de armas, apoyados
en una sistemática jurídica ad hoc a las condiciones de los sujetos de estudio.
Por su parte, la Convención Americana sobre Derechos Humanos en Materia de Derechos
Económicos, Sociales y Culturales “Protocolo de San Salvador”, reconoce la obligación de los
Estados de no discriminar, pero no conceptúa definición de vulnerable o grupos vulnerables.
Así mismo, se encontró que existen discrepancias en los diversos conceptos de discriminación,
tales como “discriminación múltiple”, “doble discriminación”, “triple discriminación”, “disRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No. 12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
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criminación compuesta”, “discriminación interseccional”. Por lo tanto, no se debe delimitar
únicamente la noción de discriminación, entonces le corresponde al Estado establecer las condiciones necesarias en el goce y disfrute de una vida digna y plena en los derechos humanos.
5.- CONCLUSIONES
En cuanto a los derechos procesales el precepto constitucional referido en el artículo 1º. requiere
fortalecer la descripción legal, ya que no reconoce de manera formal una relación de derechos
fundamentales en las minorías lato sensu lo deja a la interpretación, entendiendo la integración
en grupos minoritarios tales como grupos étnicos, religiosos, culturales, los inmigrantes,
refugiados, tribus y pueblos indígenas.
En la cúspide de los derechos procesales establecidos por las Naciones Unidas se distingue
el common law en los grupos vulnerables. Sin embargo, es importante delimitar las nociones
de vulnerabilidad directa y vulnerabilidad indirecta para efectos de fortalecer el marco
Constitucional, en virtud de homologar la definición de sujetos vulnerables y grupos vulnerables.
En nuestro vértice más inminente se reconoció como valores de los derechos fundamentales
la dignidad, libertad e igualdad. Se observó la existencia de un proceso en el cual a todos los
sujetos de derecho en las Leyes adjetivas se conceden la misma normativa jurídica de defensa
en el debido proceso, ya que “el núcleo duro” lleva implícito ciertas garantías que aplican a
cualquier procedimiento de naturaleza jurisdiccional y son las que la Suprema Corte de Justicia
de la Nación ha identificado como formalidades esenciales del procedimiento. Empero, es
necesario continuar con la creación de nuevas técnicas procesales para efectos de coadyuvar
con el derecho procesal en los grupos vulnerables.
Se concluye que existe la necesidad de generar un protocolo para la atención de derechos
procesales en los grupos vulnerables en protección de los derechos humanos. Así mismo, se
propone generar nuevos estudios de jurisdicción constitucional a favor de los sujetos débiles y
en vulnerabilidad.
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Politica Editorial
Misión.
• Somos una revista científica de calidad, que busca la socialización del conocimiento
de la comunidad académica de las ciencias políticas y las relaciones internacionales, a
través de la reflexión y el debate crítico, de sus artículos publicados, contribuyendo en la
construcción de conocimiento que redunde en el desarrollo académico, organizacional
en el entorno local, nacional e internacional.
Visión.
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calidad científica, citación en bases de datos de impacto, aceptada en bases bibliográficas
con comité científico de selección (BBCS).
Objeto y alcance de la revista.
• Revista Política, Globalidad y Ciudadanía es una revista científica de Ciencias Sociales,
Políticas y Relaciones Internacionales que impulsa el intercambio, la difusión y la transferencia del conocimiento en el campo, con énfasis en el área de Política; para ello, toma
como referente la realidad política de América Latina y el mundo. Se fundamenta en la
calidad de la producción científica, con base en la sistematicidad y el rigor, utiliza en su
proceso de revisión por pares la metodología doble ciego (Double Blind Review), publica artículos originales resultados de proyectos de investigación y revisiones bibliográficas bajo los lineamientos de las normas de publicaciones de la American Psychological
Association (APA) sexta edición.
• Revista Política, Globalidad y Ciudadanía acoge las buenas prácticas del Comité de Ética en Publicación (COPE, por sus siglas en inglés Committe on Publication Ethics), se
edita semestralmente enero-junio, julio-diciembre y circula desde el año 20015, bajo el
patrocinio de la Universidad Autónoma de Nuevo León, en formato electrónico en Open
Access. Divulga sus trabajos en los idiomas español e inglés y está dirigida a la comunidad científica en Política; en especial, a investigadores y docentes que se ocupen del
campo de la ciencia política y las relaciones internacionales.

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será enviado en completo anonimato. En esta etapa se designan dos revisores expertos
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Reseñas: Documento resultado de la revisión crítica de la literatura sobre un tema particular.

Funciones del Comité Editorial y Científico.
• Para su operación, la revista cuenta con un comité editorial y un comité científico conformado por investigadores nacionales e internacionales. El papel de estos comités es
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trazar la política y la estrategia de la revista con el fin de lograr un posicionamiento significativo en la comunidad científica de las Ciencias Políticas y velar por la calidad de
los trabajos en ella publicados.
Comité Editorial.
• Es el órgano compuesto por docente-investigadores reconocidos en el área de ciencias
políticas y relaciones internacionales, con afiliación institucional en México y amplia
trayectoria investigativa. Su función en primera instancia consiste en asesorar al editor-jefe y coeditor en la gestión editorial de la revista, además de evaluar el desempeño
de ésta y formular recomendaciones para mejorarla.
Sus funciones están enfocadas a:
• Diseñar la política editorial en conjunto con el editor-jefe
• Velar por el cumplimiento de todos los procesos editoriales para garantizar el rigor y el
valor científico de los artículos publicados
• Asesorar en la planificación estratégica de la revista
• Apoyar en la asignación de árbitros
• Verificar y aprobar los números publicados en las ediciones de la revista
• Aprobar las líneas temáticas
• Realizar convocatorias para la postulación de artículos
• Promocionar la revista en eventos, conferencias y espacios de difusión
• Proponer temáticas de números especiales
• Sugerir bases de datos para la indexación de la revista.
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• Es el cuerpo de investigadores reconocidos en el campo de las ciencias políticas y relaciones internacionales, con afiliación institucional extranjera que tiene la función de
garantizar la credibilidad de la revista. Además, es el encargado de evaluar permanentemente la calidad científica del contenido publicado y asesorar al comité editorial en
cuanto a la actualización de los lineamientos y políticas editoriales con el fin de contribuir al mejoramiento continuo de las publicaciones. Son funciones de este comité:
• Participar junto con el comité editorial en la formulación de la política editorial
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utilizar comercialmente. Se deja en claro, que los autores no asumen ningún costo por
el proceso editorial de sus artículos ni su publicación. Todos los costos editoriales son
asumidos por la Universidad Autónoma de Nuevo León como institución editora.
Copyright.
• El copyright de Revista Política, Globalidad y Ciudadanía pertenece a la Coordinación
de Investigaciones de la Facultad de Ciencias Políticas y Relaciones Internacionales de
la Universidad Autónoma de Nuevo León.
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Relaciones Internacionales, Praga y Trieste s/n Col. Residencial Las Torres, Monterrey,
Nuevo León, México. C.P. 64930. http://www.facpoliticas.uanl.mx/
• E-mail: revista.politicas@uanl.mx; revistapoliticas.uanl@gmail.com; publica.policas@
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copyright a la Revista Política, Globalidad y Ciudadanía.
Frecuencia de publicación.
• La Revista Política, Globalidad y Ciudadanía publica de manera semestral, de enero a
junio y de julio a diciembre.
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• Los autores no evidenciaran conflictos producto de relación con cualquier tipo de institución o asociación comercial o de otra índole, en relación con lo divulgado en el artícuRevista Política, Globalidad y Ciudadanía, Vol. 6. No.12, Julio - Diciembre 2020, Universidad Autónoma de Nuevo León, Monterrey,
México, ISSN 2395-8448. 1-263. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/15

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lo. Es decir, dar conceptos negativos o juzgar de manera muy positiva lo publicado por
intereses personales, competencias académicas, pasión intelectual.
Los autores que postulen artículos de investigación, artículos de revisión, y reseñas a la
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía, deben garantizar que sus procedimientos y
metodologías se ajustan a los códigos éticos de publicación cuya garantía constará por
escrito en el formato aceptación o compromiso de cesión de derechos patrimoniales de
autor y declaración de conflictos de intereses, el cual se solicitará conjuntamente con el
envío del artículo para su revisión preliminar, haciendo plenamente responsable al o los
autores de prácticas poco éticas, discriminatorias, ofensivas, agresivas, etcétera; en las
que hayan podido incurrir dentro de la investigación de donde deriva el artículo.
Del mismo modo el autor está obligado a informar los conflictos de interés que pueda
tener su trabajo en caso de que los tenga. La persona que haga el envío del manuscrito
para publicación será identificada como el garante del trabajo en su totalidad y con él se
establecerán las comunicaciones relacionadas con el proceso de edición.

Normas de ética en investigación.
• Revista Política, Globalidad y Ciudadanía acoge las buenas prácticas del Comité de ética en Publicación (COPE, por sus siglas en inglés, Committe on Publication Ethics), el
cual se encarga de la ética y moral de las publicaciones científicas. La revista toma como
referente las normas internacionales para editores y autores y las incorpora dentro de su
proceso de gestión editorial estableciendo una guía ética para el editor, los autores y los
revisores.
Equipo editorial.
• El equipo editorial debe realizar sus funciones editoriales basadas en las buenas prácticas de edición científica fomentando la transparencia, la originalidad, la integridad y la
calidad de todas las publicaciones.
• Debe adoptar medidas para la detección de plagio, auto plagio, fraude por falsificación o
manipulación de datos, publicación redundante o duplicada.
Editor
• El editor es el responsable de todo lo publicado en la revista, debe basar sus decisiones
en la validez del trabajo y en la importancia que tenga para los lectores; por lo tanto, se
hace libre de expresar de forma crítica pero responsable y respetuosa sus impresiones
derivadas de la revisión de los artículos.
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Las decisiones de aceptar o rechazar un artículo para publicación deben ser objetivas y
basarse únicamente en la importancia, originalidad y claridad del objeto de estudio.
Debe sostener una comunicación cordial y respetuosa con los miembros del equipo editorial, comités científicos y editorial, autores y revisores.
Debe fomentar un comportamiento responsable y disuadir de las malas prácticas editoriales.
Debe actuar como garante de la confidencialidad de la información contenida en los
manuscritos recibidos y en los comentarios de evaluación.
Debe proporcionar información actualizada sobre los criterios de autoría siguiendo las
normas éticas internacionales en publicación.
Debe tomar medidas correctivas en caso de plagio u otra mala conducta.
Debe informar a los autores si el artículo será admitido a proceso de evaluación por
pares.
Podrá retirar artículos publicados en caso de una mala práctica comprobada.

Autores
• Los autores deben tener un compromiso con el desarrollo ético y responsable de sus
investigaciones.
• Sus trabajos de investigaciones deben ser producción propia, inédita y original. No deben tener plagio ni auto plagio.
• Deben proporcionar de forma correcta sus datos personales
• Los artículos deben ser coherentes con el contenido del trabajo, es decir, el problema de
investigación identificado debe corresponder con los objetivos del artículo, la metodología, los resultados y las conclusiones.
• Deberán enviar de forma transparente y original toda la documentación requerida por el
equipo editorial
• Deben proporcionar el uso de permisos si se utilizó recursos de otros autores (imágenes,
etc.).
• Deben confirmar que la propuesta del manuscrito no ha sido enviada a otra revista.
• Se comprometen a declarar cualquier posible conflicto de interés.

Revisores
• Los revisores deben adoptar una posición integral al momento de evaluar los artículos, la
revisión debe ser objetiva en relación con el contenido del trabajo.
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Las decisiones de los revisores deben estar fundamentadas en el rigor y la calidad científica.
Sus comentarios deben estar argumentados mostrando siempre respeto por el trabajo del
autor.
Deberán informar al editor en caso de detectar similitud entre el trabajo que revisa y alguna obra publicada, o si tiene conocimiento de una obra similar en proceso de revisión.
Los revisores no tendrán acceso a los datos de los autores del artículo que evalúan y
tampoco podrán exigir información acerca de ellos.
Deberán enviar las evaluaciones en el tiempo estipulado por la revista.

Privacidad y Confidencialidad.
• La identificación de información de organizaciones y empresas no deberá ser publicada
en el artículo sin previo consentimiento de manera escrita para la publicación.
• El editor no expondrá la información de los artículos, el estatus de revisión por árbitros
y la aceptación o negación de la publicación.
• Los árbitros deberán respetar los derechos de propiedad privada de los autores, por ende,
no podrán en ningún caso discutir su trabajo de manera pública o apropiarse de las ideas
de los autores. Prohibiéndose compartir información con otro árbitro.
• La evaluación del árbitro permanecerá en anónimo y no deberán ser expuestos en forma
pública sin permiso del autor y el editor.
Política Anti-Plagio.
• Revista Política, Globalidad y Ciudadanía se rige por la normativa de la Organización
mundial de propiedad intelectual, la cual rige para México a través de la Ley Federal
del Derecho de Autor. Por esta razón todos los artículos presentados a la revista serán
sometidos a verificación con software anti-plagio.
Política de preservación de archivos digitales.
• La Revista Política, Globalidad y Ciudadanía utiliza para la conservación de sus archivos
digitales el sistema LOCKSS para crear una herramienta de archivo distribuido entre
bibliotecas colaboradoras, a las que permite crear archivos permanentes de la revista con
fines de conservación y restauración.
Publicación duplicada.
• La publicación del artículo que coincide en su contenido y estructura con otro trabajo
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previamente publicado en medio magnético o en papel, sin otorgarle crédito a la fuente
inicial, constituye una violación ética de las normas de publicación de la Revista Política,
Globalidad y Ciudadanía. Bajo las siguientes situaciones:
Reproducción completa de un artículo previamente publicado, unión de dos artículos o
más para producir otro artículo, utilización de la muestra de un artículo original reportando diferentes resultados, adición de nuevos datos a un artículo preliminar, utilización de
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diferentes del artículo original.

Solicitud de aclaración.
• Si un autor considera que se ha tomado una decisión inapropiada sobre su publicación,
entonces puede solicitar una aclaración mediante una comunicación formal enviada al
Editor a través de correo electrónico revista.politicas@uanl.mx.
• Dependiendo de la complejidad de la situación, esta podrá ser resuelta directamente por
el Editor en su defecto el Comité Editorial quienes analizaran la situación planteada a fin
de dar una respuesta oportuna.
UNIVERSIDAD AUTÓNOMA DE NUEVO LEÓN
Campus Mederos Ave. Praga y Trieste s/n Col. Residencial Las Torres, C.P. 64930. Monterrey, México. Revista Política, Globalidad y Ciudadanía
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Publishing Policy
Mission.
• We are a quality scientific journal which seeks the socialization of knowledge of the
Political Science and International Relations academic community through reflection
and critical debate of its published articles, contributing to the construction of knowledge that will help the academic and organizational development, locally, nationally and
internationally.
Vision.
• To be, by 2024, a reference journal for the academic world due to its periodicity, scientific quality, reference in impact databases, accepted in bibliographic bases with a scientific selection committee (BBCS).
Object and Scope of the Journal.
• Revista Política, Globalidad y Ciudadanía is a scientific journal on Political Science and
International Relations (Social Sciences) that promotes the exchange, dissemination and
transfer of knowledge in the field, with emphasis on the area of Politics; for this purpose,
it is based on the political reality of Latin America and the rest of world. It relies on the
quality of scientific production considering systematics and rigor; it uses the Double
Blind Review methodology in its peer review process; it publishes original articles, results of research projects and literature reviews under the guidelines of the publishing
standards of the American Psychological Association (APA), sixth edition.
• Revista Política, Globalidad y Ciudadanía welcomes the good practices of the Committee on Publication Ethics; it is edited semi-annually, January-June and July-December,
and it is distributed since 2015 under the support of the Universidad Autonoma de Nuevo
León , in electronic format in Open Access. It spreads its work in Spanish and English
and it is addressed to the scientific community in Politics, mainly to researchers and
teachers who deal with the field of Political Science and international Relations.

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Líneas Temáticas.
Research Groups
Scopus Subject Area
• Public administration
• Political Science
• International Trade and Business
• Political Science and Interna• Political Communication
tional Relations
• International Regional Studies
• Sociology and Political Science
• Educational Management and Politics
• Energy Management and Sustainability
• University Governance
• Citizen Participation and Human
Rights
Editorial Management Process.
• Application and Reception of an Article: This stage begins with the submission of the
article by the author through the Open Journal Systems (OJS) platform. The author must
send the article in Word format, along with his curriculum vitae. Once the article is applied, the reception of the article and the acknowledgment of receipt are automatically
made.
Prior Editorial Review:
• Editors will evaluate the applied articles and determine if they are within the scope of the
journal in a maximum of 72 hours from receipt. In this phase, a review of the editorial
quality and the contribution to the knowledge of the applied article is made. Its structure
(form and content) is reviewed, verifying that the publishing standard of the American Psychological Association (APA) is complied with. If the applied article does not
comply with the established editorial criteria, the author will be notified of the editorial
decision; if, on the contrary, the article exceeds the prior review stage, it is immediately
reviewed by peers.
Peer Review:
• This evaluation is done under the modality of double-blind method, that is, the article
will be sent in complete anonymity. In this stage, two reviewers’ experts in the subject,
based on the editorial policies, and taking into account an evaluation format, analyze
the assigned article. The reviewers will have a period of fifteen (15) days to carry out
their corresponding review. Once the evaluators issue their concept, the main author is
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informed. If the article is not accepted by the peers, the main author is communicated
subtly. If the article is accepted with some suggestions, the anonymous evaluation is sent
to the author to make the corresponding adjustments.
Editorial Review (after pairs): The editor will verify thoroughly that the authors have
made the corrections suggested by the peer.
Style Review: Once the editor has verified that the corrections have been made, the article will be sent to style correction. In this stage, the proofreader will be responsible for
checking aspects of writing composition and text style.
Translation: After the style correction, the article is sent to an expert in the second language in order to translate the abstract and the keywords.
Layout (Edition): This stage seeks to guarantee the aesthetic appearance of the article
adapting spaces, typography and colors.
Final Editor Review: The publisher grants final approval.
Publication: The articles are in the final stage of the process and they are ready to be
published.

Type of Accepted Articles.
The authors can apply three types of articles to Revista Política, Globalidad y Ciudadanía:
Original containing results of scientific and technological research projects, literature reviews
and reviews.
• Scientific and Technological Research Articles: Documents that include thorough original results of completed research projects. The structure contains title, summary, abstract, introduction, method, results, discussion, conclusions and references. It must submit 30 references preferably quoting other articles from scientific journals, which must
be mentioned within the document. A scientific article is a written and published report
that describes original research results.
• Review Articles: Resulting documents from research that analyze, systematize and integrate the findings of published or unpublished research on a field in science and technology in order to justify for progress and developmental trends. It features a careful
literature review of at least 50 references.
• Reviews: Resulting document from the critical review of literature on a particular topic.
Fnctions of the Publishing and Scientific Committee.
• For its operation, the journal has a publishing committee and a scientific one made up of
national and international researchers. The role of these committees is to draw the policy
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and strategy of the journal in order to achieve a significant position in the scientific community of Political Science and to ensure the quality of the work it publishes.
Publishing Committee.
• It is the body made up of renowned teachers-researchers in the area of Political Science
and International Relations, with institutional affiliation in Mexico and extensive research experience. Its function in the first instance consists of advising the editor-in-chief
and co-editor in the editorial management of the journal, as well as evaluating its performance and formulating recommendations to improve it. Its functions are focused on:
•
Suggesting databases for indexing the journal
•
Designing the editorial policy working with the editor-in-chief
•
Ensuring compliance with all editorial processes to guarantee the scientific rig		
or and value of published articles
•
Advising on the strategic planning of the journal
•
Supporting the allocation of arbitrators
•
Verifying and approving the issues published in the editions of the journal
•
Approving the main topics
•
Making calls for the submission of articles
•
Promoting the journal in events, conferences and diffusion spaces
•
Proposing topics for special issues
•
Suggesting databases for indexing the journal.
Scientific Committee.
• It is the group of renowned researchers in the field of Political Science and International
Relations , with foreign institutional affiliation that has the function of guaranteeing the
credibility of the journal. In addition, it is in charge of permanently evaluating the scientific quality of the published content and advising the editorial committee regarding
the updating of guidelines and editorial policies in order to contribute to the continuous
improvement of publications. The functions of this committee are:
•
To participate along with the publishing committee in the formulation of edito		
rial policy,
•
To advise the editorial committee in the establishment of quality criteria,
•
To invite renowned members of international institutions to publish their arti
		
cles in the journal, and
•
To promote journal in events, conferences and dissemination spaces.
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Open Access Policy.
• Revista Política, Globalidad y Ciudadanía provides immediate open access to its content, on the principle that research freely available supports a greater global exchange
of knowledge. The journal is authorized under the Creative Commons Attribution-Noncommercial-No Derivatives 4.0 - Mexico License, which allows third parties to download the works and share them with others, provided their authorship is acknowledged,
but they cannot be changed, nor can they be used commercially. It is clear that authors
do not assume any cost for the editorial process of their articles or their publication. All
editorial costs are assumed by the Universidad Autonoma de Nuevo Leon as a publishing
institution.
Copyright.
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía copyright belongs to the Research Coordination of the School of Political Science and International Relations of the Universidad
Autonoma de Nuevo Leon.
For reproduction of the material published in this journal, authorization must be requested
to the Research Coordination of the School of Political Science and International Relations of the Universidad Autonoma de Nuevo Leon.
Address: Universidad Autonoma de Nuevo Leon, School of Political Science and International Relations, Praga &amp; Trieste, Col. Residencial las Torres, Monterrey, Nuevo León,
Mexico. CP 64930. http://www.facpoliticas.uanl.mx/.
E-mail: revista.politicas@uanl.mx; revistapoliticas.uanl@gmail.com; publica.policas@
uanl.mx
Once an article has been accepted for publication, the author (s) transfers the copyright to
Revista Política, Globalidad y Ciudadanía.
Frequency of Publication.
• Revista Política, Globalidad y Ciudadanía is published semi-annually, January to June
and July to December.
Declaration of Conflict of Interest
• The authors will not evidence conflicts arising from any type of commercial or other
institutional association, in relation to what it is disclosed in the article. That is, giving
negative concepts or judging in a very positive way what it is published due to personal
interests, academic competences, or intellectual passion.
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México, ISSN 2395-8448. 1-263. http://revpoliticas.uanl.mx/index.php/RPGyC/issue/view/15

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Authors who submitt research articles, review articles, and reviews to Revista Política,
Globalidad y Ciudadanía, must guarantee that their procedures and methodologies conform to the ethical publishing codes whose guarantee will be included in the format acceptance or commitment of assignment of patrimonial rights of author and declaration of
conflict of interest, which will be requested jointly with the sending of the article for its
preliminary revision, making the authors fully responsible for unethical, discriminatory,
offensive, aggressive practices, among others; in those that may have incurred within the
research from which the article derives.
In the same way, the author is obliged to report any conflict of interest that his work may
have, if this is the case. The person who sends the manuscript for publication will be
identified as the guarantor of the work as a whole and communication will be established
with him/her during the editing process.

Research Ethics Standards:
• Revista Política, Globalidad y Ciudadanía welcomes the good practices of the Committee on Publication Ethics (COPE), which is responsible for the ethics and moral of
scientific publications. The journal considers the international standards for editors and
authors as reference and it incorporates them into its editorial management process, establishing an ethical guide for the editor, the authors and the reviewers.
Publishing Team
• The editorial team must perform its editorial functions based on good scientific publishing practices, promoting transparency, originality, integrity and quality of all publications.
• It must adopt measures for the detection of plagiarism, self-plagiarism, fraud by falsification or data manipulation of data, redundant or duplicate publication.
Editor
• The editor is fully responsible for what it is published in the journal; he/she should base
his/her decisions on the validity of the work and the importance it has for readers; therefore, he/she is free to express his/her opinions, derived from the review of the articles,
critically but responsibly and respectfully.
• Decisions to accept or reject an article for publication must be objective and based only
on the importance, originality and clarity of the object of study.
• He/she must maintain a cordial and respectful communication with the members of the
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editorial team, scientific and editorial committees, authors and reviewers.
He/she must encourage responsible behavior and discourage bad editorial practices.
He/she must act as guarantor of the confidentiality of the information contained in the
manuscripts received and in the evaluation comments.
He/she must provide updated information on the authorship criteria following the international ethical standards of publication.
He/she must take corrective action in case of plagiarism or other misconduct.
He/she must inform the authors if the article will be admitted to the peer evaluation process.
He/she can remove out published articles in case of a proven practice.

Authors
• Authors must be commited to the ethical and responsible development of their research.
• Their research work must be produced by themselves, unpublished and original. They
should not be plagarised self-plagarised.
• They must provide their personal information correctly.
• The articles must be coherent with the content of the work, that is, the identified research
problem must correspond to the objectives, the methodology, the results and the conclusions of the article.
• They must send in a transparent and original way all the documentation required by the
publishing team
• They must provide permits if resources of other authors’ resources were used (images,
etc.).
• They must confirm that the proposal of the manuscript has not been sent to another journal.
• They agree on declaring any possible conflict of interest.
Reiewers:
• The reviewers must adopt an integral position when evaluating the articles; the review
must be objective considering the content of the work.
• The reviewers’ decisions must be based on accuracy and scientific quality.
• Their comments should always be stated respectfully regarding the author’s work.
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• The reviewers will not have access to the author’s personal information, nor will they be
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able to ask for information about him/her.
They must send the evaluations in time and according to the journal’s requirements.

Privacy and confidentiality:
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without prior written consent for the publication.
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results and different samples and results of the original article.
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                  <text>Política, globalidad y ciudadanía, es una revista científica de calidad, que busca la socialización del conocimiento de la comunidad académica de las ciencias políticas y las relaciones internacionales, a través de la reflexión y el debate crítico, de sus artículos publicados, contribuyendo en la construcción de conocimiento que redunde en el desarrollo académico, organizacional en el entorno local, nacional e internacional. Inicia en el 2015 y es publicada semestralmente y se mantiene activa.</text>
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                <text>Política, globalidad y ciudadanía, 2020, Vol 6, No 12, Julio-Diciembre</text>
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                <text>Política, globalidad y ciudadanía, es una revista científica de calidad, que busca la socialización del conocimiento de la comunidad académica de las ciencias políticas y las relaciones internacionales, a través de la reflexión y el debate crítico, de sus artículos publicados, contribuyendo en la construcción de conocimiento que redunde en el desarrollo académico, organizacional en el entorno local, nacional e internacional. Inicia en el 2015 y es publicada semestralmente y se mantiene activa.</text>
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